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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-11-16, Collections de BAnQ.

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du D : Aless MC Photo de la une Lire : Valérian Mazataud Le Devoir SOMMAIRE C U L T U R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 d\u2019amour.Pour moi, laver quelqu\u2019un qui n\u2019en est plus capable, c\u2019est un acte d\u2019amour éminemment fort.» Si on ignore cette phase médiane d\u2019une relation, croit Brullemans, c\u2019est parce que l\u2019on confond le désir, où l\u2019autre vient combler un besoin, et l\u2019amour, qui consiste à vouloir son bien-être.« On est dans une société actuellement qui comprend l\u2019amour comme si c\u2019était du désir, c\u2019est-à-dire qu\u2019on est beaucoup dans un mode de consommation.Donc, on est toujours en train d\u2019essayer de répondre à nos désirs.» Douleur au mitan Or, une relation qui dure comporte « énormément » de douleur au mitan.« Le désir, à partir du moment où il y a de la souffrance, s\u2019éteint.Pas l\u2019amour.En fait, c\u2019est ce que je comprends avec le show : être amoureux contient plein de choses, positives ou négatives.Mais lorsque c\u2019est négatif, on se dit qu\u2019on ne s\u2019aime plus.Ce n\u2019est pas vrai.Il y a beaucoup de souffrance dans n\u2019importe quelle relation à l\u2019autre.» L\u2019éden, c\u2019est donc ce modèle utopique de couple « qu\u2019on nous vend, sur lequel toute la société est ba- Ce que l\u2019on comprend en travaillant sur le show, c\u2019est qu\u2019on ne peut pas imaginer le monde si on n\u2019est pas en relation avec l\u2019autre.Donc, c\u2019est une réflexion sur la relation à l\u2019autre et sur comment imaginer le monde.PASCAL BRULLEMANS » ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR ascal Brullemans poursuit une exploration de l\u2019intimité depuis Beauté, chaleur et mort, texte sur la mort d\u2019un enfant cocréé avec Nini Bélanger en 2011.« Ce que je cherche à faire, c\u2019est de provoquer quelque chose, explique le dramaturge.Qu\u2019il se passe quelque chose dans ce rassemblement de personnes qui s\u2019appelle le théâtre.Il y a toutes sortes de façons d\u2019y arriver.La mienne a beaucoup été de creuser à travers la peur.» Qualifiée d\u2019« étude sur l\u2019intimité », sa nouvelle pièce émane ainsi, à l\u2019origine, de son insatisfaction par rapport au théâtre, où, comme spectateur, il ne ressentait jamais autant de proximité que devant des spectacles de danse.« Je me questionnais beaucoup : est-ce possible de recréer la même intimité dans un contexte théâtral ?» Éden met ainsi un véritable couple sur scène, les comédiens Émilie Gilbert et Justin Laramée.Cette « fiction bien documentée » s\u2019inspire, au départ, à la fois de leur réalité et de celle de l\u2019auteur, puis bascule « très rapidement » dans l\u2019invention.Ce que Pascal Brullemans nomme sa comédie romantique légère, une pièce « assez drôle, qui descend de temps en temps dans les profondeurs », défile 30 années dans la vie de ce couple, qui traverse toutes sortes de situations.L\u2019auteur la compare à une série de diapositives, sur lesquelles on s\u2019attarde plus ou moins longtemps.Il remarque que lorsqu\u2019on traite de l\u2019amour, c\u2019est toujours pour aborder le début ou la fin d\u2019une relation, qui est plus dynamique.Lui avait envie de parler de l\u2019amour « au centre ».Par exemple, cette période où on redécouvre avec force nos sentiments pour l\u2019autre, après avoir pensé que tout était fini\u2026 « Cet amour-là, on n\u2019en parle jamais.Pour moi, ça a été une surprise complète.C\u2019est quand même extraordinaire.Et je ne vole pas de punch en disant que dans la pièce, le couple ne va pas se séparer, malgré tout ce qu\u2019ils vont vivre.On va aller jusqu\u2019au bout pour parler de cette angoisse : on va mourir, malgré tout ce qu\u2019on aura aimé.» Il juge important de présenter le couple dans ce contexte de finitude prochaine.« C\u2019est une autre forme Au mitan de l\u2019amour Le dramaturge Pascal Brullemans aborde l\u2019engagement dans sa comédie romantique légère Éden P 3 LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 sée », mais qui est inatteignable.« Au fur et à mesure qu\u2019une relation évolue, on a des cicatrices », estime l\u2019auteur, qui cite la psychothérapeute belge Esther Perel : « stay is the new shame » (décider de rester après une infidélité est devenu honteux) « C\u2019est ça maintenant : quand on pardonne, on est faible.» Or, puisque cet amour idéalisé est impossible à tenir, « on va forcément échouer, puis recommencer, etc.La question, c\u2019est : est-ce qu\u2019on recommence avec la même personne, ou avec quel- qu\u2019un d\u2019autre ?» La pièce sonde la notion d\u2019engagement, sans donner de réponse.« Est- ce un conditionnement social, ou on s\u2019engage dans une relation parce qu\u2019on dit partout que c\u2019est ce qu\u2019il faut faire, est-ce un acte de courage ou un signe de dépendance affective ?Est-ce qu\u2019on perd son autonomie ?Je pense que ces questions-là, on doit constamment se les poser.» Dans Éden, le parcours du couple est ponctué par les grands repères so- ciopolitiques ayant marqué la société québécoise ces dernières décennies.Une chronologie de l\u2019actualité défilée par un narrateur (Dany Boudreault).Ce discours historique permet d\u2019avoir des référents temporels.« Mon étude sur l\u2019intimité est devenue aussi une étude sur le temps », remarque Pascal Brullemans.« Et ce que l\u2019on comprend en travaillant sur le show \u2014 d\u2019où le rapport à l\u2019Histoire \u2014, c\u2019est qu\u2019on ne peut pas imaginer le monde si on n\u2019est pas en relation avec l\u2019autre.Donc, c\u2019est une réflexion sur la relation à l\u2019autre et sur comment imaginer le monde.» Pascal Brullemans a d\u2019abord écrit un canevas, avant de faire des ateliers avec Émilie Gilbert et Justin La- ramée.C\u2019est alors que le dramaturge a compris que, puisqu\u2019il avait déjà choisi la distribution et qu\u2019il composait la forme de la pièce dans une écriture de plateau, il allait devoir se charger lui-même de la mise en scène.« Je dis que c\u2019est ma première et ma seule », prédit en souriant ce « solitaire ».Ce processus, qui a comporté de l\u2019improvisation et qui pige plusieurs éléments dans la biographie des créateurs, les a obligés à se poser des questions.« Il a fallu à plusieurs moments qu\u2019on se parle et qu\u2019on se demande si on était à l\u2019aise avec ce qui se passait.Parce qu\u2019il y a différentes sortes de mises à nu.On a tous des zones où on ne veut pas aller.» Avec les étapes créatives, une distance arrive pourtant à s\u2019installer, constate l\u2019auteur.« Je l\u2019avais vu avec Beauté, chaleur et mort.Au début, tu te dis : \u201cMon Dieu, je ne serai jamais capable de dire ça.\u201d Puis, tu finis par trouver la manière.Et pour moi, c\u2019est ça la démarche artistique : à partir de quelque chose d\u2019innommable, d\u2019une souffrance qu\u2019on ne peut pas raconter, disons, c\u2019est de trouver une façon de le poser sur scène pour que ça devienne un objet distant de soi, une forme qui existe de manière indépendante, afin de laisser une place au spectateur.» Le risque de ce type de démarche, c\u2019est aussi de « glorifier la relation [décrite] ou les souvenirs, de tomber dans la nostalgie, ajoute Brullemans.C\u2019est pourquoi l\u2019humour est si important pour moi.Une façon de dire : on est quand même des bibittes mésa- daptées, nous les humains, au final\u2026 » La nouvelle pièce de Pascal Brullemans part à l\u2019origine de son insatisfaction par rapport au théâtre, où, comme spectateur, il ne ressentait jamais autant de proximité que devant des spectacles de danse.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Éden Texte et mise en scène : Pascal Brullemans.Avec Émilie Gilbert, Justin Laramée et Dany Boudreault.Une création du Collectif Petits Lapins présentée à la salle Jean- Claude-Germain du 19 novembre au 7 décembre.Théâtre Testez votre connaissance de la langue française en trouvant les cinq erreurs insérées volontairement dans le texte ci-contre.Trouvez les 5 erreurs : Je suis abassourdie?! J\u2019ai navigué longtemps dans les dédales étourdissantes du menu téléphonique de ma compagnie d\u2019assurance avant de réussir à parler à un conseillé, et celui-ci m\u2019apprend que je devrai débourser cent dollars pour son aide.Moi qui croyait que cet appel n\u2019engendrerait aucun frais! ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 33 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.Une épreuve présentée par LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Musique 4 arts visuels de la SOCAN et présidente du conseil d\u2019administration de la Caisse Desjardins de la culture.Partagé ensuite sur les réseaux sociaux, le témoignage a suscité nombre de réactions de la part des musiciens eux-mêmes.« Ce que me disent aujourd\u2019hui les amis qui montent sur scène, c\u2019est que le plus grand tabou [dans l\u2019industrie] n\u2019est pas la maladie mentale, mais bien la santé mentale, note Geneviève Côté.C\u2019est-à-dire affirmer : \u201cJe suis fatigué, je ne suis plus capable de continuer comme ça\u201d, résume-t-elle.C\u2019est difficile à vivre parce qu\u2019ils croient qu\u2019ils n\u2019ont pas le droit de dire ça, car [les musiciens en tournée] sont en train de vivre leur rêve », celui de gagner sa vie grâce à sa passion.« Hubert Lenoir a parlé de ça à Tout le monde en parle, Camille pendant les Junos, ils sont quelques-uns à en parler ; c\u2019est peut-être que cette génération est plus à même de dire les choses telles qu\u2019elles sont ?» « Tout est lié ; ma vie, c\u2019est mon travail », affirme Camille Poliquin, qui confie avoir consulté une professionnelle de la santé pour soigner une dépression.« J\u2019aurais dû aller chercher de l\u2019aide plus tôt.J\u2019ai vécu deux ans dans comme ça, refusant de refuser quoi que ce soit.Avec la peur que le contrat que je refuse soit le dernier qu\u2019on m\u2019offre.Avec l\u2019absence de routine et le fait de n\u2019être jamais à la maison.Le sentiment de n\u2019être nulle part chez soi, de n\u2019appartenir à rien.De vivre constamment dans l\u2019attente de savoir si ce que je suis en train de faire va ruiner ma vie ou si ce sera mon prochain hit.L\u2019incertitude, notamment financière : ne pas savoir si t\u2019auras assez d\u2019argent pour finir l\u2019année parce que t\u2019es entre deux albums, alors qu\u2019on sait que les redevances sur la musique, c\u2019est pas facile.» La vie de tournée n\u2019a rien de si enviable, assure Geneviève Côté, qui a aussi géré la carrière d\u2019artistes : « Dans les faits, c\u2019est dur, les gens ne le réalisent pas.Tu fais des heures de route, t\u2019as pas de chauffeur, c\u2019est toi ou ton équipe qui conduisez.Arrivé à destination, c\u2019est le test de son, des heures d\u2019attente avant le concert, tu te couches tard et le lendemain, tu recommences », loin des amis, de la famille, de la maison.« Ça revient au jour de la marmotte.T\u2019es plus en lien avec ta vraie vie.» L\u2019éveil du milieu Louis Carrière a fondé l\u2019agence de spectacles et de tournées Preste il y a vingt ans.La tournée, les conditions de travail, les longues heures, il connaît.« Il n\u2019y a pas si longtemps, on n\u2019en parlait pas, des troubles de santé mentale ; pourtant, des artistes exténués, ça existe depuis longtemps.Souvent, t\u2019as l\u2019impression que ça marche des deux bords : t\u2019as l\u2019équipe autour de l\u2019artiste qui travaille tellement fort pour que ça réussisse, l\u2019artiste qui se dit : \u201cMoi aussi je dois faire des efforts, faut y aller à fond, t\u2019as voulu ça toute ta vie.\u201d C\u2019est un cercle vicieux.» « Ça a pris du temps avant qu\u2019on aborde ouvertement le sujet, estime Mikey Rishwain Bernard, directeur de la programmation de M pour Montréal.C\u2019est récent, on dirait, que [les membres de l\u2019industrie] font plus attention à comment je vais.On est plus sensibles à ces questions alors Parler pour soigner L\u2019industrie de la musique prend désormais au sérieux les troubles de santé mentale GRAND ANGLE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR ppelons cela un brutal, mais nécessaire, éveil de conscience.Pour certains, le déclic s\u2019est fait au moment du suicide du compositeur et DJ étoile suédois Avi- cii, au printemps 2018.Pour d\u2019autres, avec celui de Chris Cornell, leader de Soundgarden, l\u2019année précédente.Les troubles de santé mentale sévissent dans tous les milieux de travail et l\u2019industrie de la musique n\u2019est pas épargnée : l\u2019anxiété, la fatigue, le stress, très souvent liés au rythme de vie en tournée, existent depuis que le rock est rock.Aujourd\u2019hui, les acteurs de cette industrie prennent enfin le problème au sérieux, comme en témoigne la conférence « La santé mentale dans l\u2019industrie de la musique » du 22 novembre prochain, mise sur pied par M pour Montréal.Le 16 mars dernier se tenait à London, en Ontario, le gala des prix Ju- nos, lors duquel le duo montréalais Milk & Bone a reçu le Juno de l\u2019album électronique de l\u2019année pour Deception Bay.Devant les collègues et les caméras, Camille Poliquin a ainsi conclu le discours de remerciement qu\u2019elle et Laurence Lafond-Beaulne ont offert : « Nous sommes des musiciens, nous sommes des artistes, nous faisons partie d\u2019une industrie très très difficile ; prenez soin de vous et j\u2019espère que vous aurez tous avec vous une Laurence, sans qui je ne serais pas là [aujourd\u2019hui].» « C\u2019était intense comme déclaration », se souvient Geneviève Côté, cheffe des affaires du Québec et des A qu\u2019auparavant, on était plus \u201cmacho\u201d à propos de la dépression et de la santé mentale \u2014 en musique, en entertainment, on porte le masque\u2026 » Lui-même un ancien musicien ayant évolué sur la scène punk cali- fornienne, Mikey Rishwain Bernard assure avoir organisé une conférence sur le sujet à la demande même des membres de l\u2019industrie : « Je te jure, les gens appellent au bureau pour savoir si on allait à nouveau faire un panel sur la santé mentale, un signe que ça discute fort.» La question est sur toutes les lèvres dans l\u2019industrie, ici et ailleurs.De tous les grands rassemblements de l\u2019industrie, M pour Montréal n\u2019en est incidemment pas à sa première conférence sur le thème de la santé mentale, Pop Montréal a aussi déjà organisé une table ronde sur le sujet.L\u2019hiver dernier, l\u2019importante Folk Alliance Industrie Conference qui s\u2019est tenue à Montréal a aussi consacré quelques heures à la problématique.En juillet dernier, le distributeur numérique suédois Record Union publiait une étude menée auprès de L\u2019anxiété, la fatigue, le stress, très souvent liés au rythme de vie en tournée, existent depuis que le rock est rock ALESS MC Frédérick Gravel Fear and Greed « Totalement désabusé et furieusement rock » Les Inrockuptibles 28 + 29 NOV PARTENAIRE PRINCIPAL © N a n s B o r t u z z o © F r a n c i s D u c h a r m e / M a t h i e u V e r r e a u l t Clara Furey Cosmic Love « L\u2019invisible qui nous unit » Voir 3 + 4 DÉC FORFAIT SPÉCIAL DUO DANSE LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 1500 musiciens montrant que 73 % d\u2019entre eux avaient vécu des troubles de santé mentale.Quelques mois plus tôt, la East Coast Music Association (ECMA) dévoilait les résultats du premier sondage du genre produit au Canada ; de la cinquantaine de musiciens sondés, 40 % affirmaient avoir reçu un diagnostic de trouble de santé mentale et 20 % avaient eu des pensées suicidaires durant le mois où ils ont répondu aux questions de la ECMA.Selon les professionnels de l\u2019industrie musicale questionnés par Le Devoir, c\u2019est justement une vague de suicides d\u2019artistes qui aurait provoqué l\u2019éveil du milieu, « des gens dont on pensait qu\u2019ils allaient bien », dit Geneviève Côté.Mikey Rishwain Bernard fait le même constat en évoquant Chris Cornell et même l\u2019ex- cuisinier, auteur et animateur télé Anthony Bourdain : « Même nos idoles, pleines d\u2019argent, avec les moyens de se payer les meilleurs médecins, même eux ont de la misère.C\u2019est ça qui nous a réveillés et rassemblés.» Solutions Camille Poliquin se porte mieux « et c\u2019est aussi la raison pour laquelle j\u2019ai pris la parole [aux Junos].Je le vois vraiment autour de moi que c\u2019est en train de changer.Sur le coup, j\u2019ai trouvé ça étrange parce que je me suis rendu compte que dans mon entourage, énormément de gens prenaient les mêmes médicaments que moi, avaient passé à travers la même affaire que moi.En ayant eu cette discussion, je comprenais qu\u2019on avait tous eu envie de mourir et que personne ne s\u2019en était parlé avant.Ben voyons donc ! Je sentais que je pouvais en parler parce que j\u2019ai consulté un professionnel de la santé ; avant, je me sentais comme si je me plaignais.» Les ressources pour venir en aide aux professionnels de l\u2019industrie de la musique existent pourtant : en Grande- Bretagne, l\u2019organisme Help Musicians UK avait même été l\u2019un des premiers à se pencher sur le problème, publiant une étude en 2016 révélant que 69 % des 2200 musiciens sondés affirmaient avoir traversé une dépression.Aux États-Unis, la Recording Academy (qui pilote le gala des Grammys) gère l\u2019organisme de charité MusiCares, l\u2019une des nombreuses initiatives dans ce pays pour soulager les musiciens.Au Canada existe depuis 2010 le fonds de bienfaisance Unison, financé notamment par les grandes maisons de disques, vers lequel les professionnels de l\u2019industrie peuvent se tourner pour n\u2019importe quel besoin médical.« Unison, je n\u2019avais jamais entendu parler de cet organisme-là de ma vie, abonde Camille Poliquin.J\u2019aurais aimé ça que quelqu\u2019un de l\u2019industrie me dise : \u201cEn passant, si jamais t\u2019as du mal, parle-nous-en, il y a des options qui s\u2019offrent à toi.\u201d J\u2019aurais aimé ça qu\u2019on me dise qu\u2019il y a des ressources, des gens qui peuvent m\u2019aider.» Geneviève Côté, qui a siégé pendant deux ans au conseil d\u2019administration d\u2019Unison, propose que « chaque fois qu\u2019un artiste signe un nouveau contrat avec une maison de disques ou un tourneur, qu\u2019on lui donne de l\u2019information à propos d\u2019Unison ».D\u2019autres solutions semblent aussi se mettre en place pour atténuer la pression exercée sur les musiciens, constate Louis Carrière.« Les fameuses grandes tournées de 48 concerts en 53 jours, tu n\u2019en sors pas en santé\u2026 Aujourd\u2019hui, de plus en plus souvent, au début d\u2019un projet de tournée ou juste avant que le projet d\u2019un artiste commence à décoller, on se dit : \u201cOK, l\u2019artiste donnera des concerts trois jours en ligne, suivi d\u2019une journée de congé.\u201d \u201cTous les trois weekends de concerts, le quatrième, c\u2019est congé.\u201d Ou encore : \u201cPas de concerts durant telle période.\u201d C\u2019est beaucoup plus directif que ce ne l\u2019était auparavant, un signe que ça change.» Le plus important, selon Mikey Rishwain Bernard, c\u2019est de continuer à parler de santé mentale, « pas juste durant les conférences, mais tous les jours ».Geneviève Côté abonde dans le même sens : « On vit dans une société de performance ; ce problème, c\u2019est la faute de tout le monde et de personne.Le fait de lever le tabou autour de la santé mentale pour qu\u2019on puisse avoir cette conversation, c\u2019est ça le plus important.» Culture 5 Rares sont les artistes québécois qui ont transformé leur village en royaume mythologique pour en faire une allégorie du monde.Il y a eu Gilles Vigneault avec Natashquan.Ce coin de Côte-Nord longtemps coupé de la route au milieu de ses galets, les mots du barde l\u2019auront enchanté à travers ses hivers, ses pêcheurs et sa danse à Saint-Dilon en résonnement planétaire.Ainsi Fred Pellerin avec Saint- Élie-de-Caxton, en Mauricie.Ses fabuleux personnages mi-réels mi- fantasmés extirpés des récits maternels et enjolivés appartiennent désormais à tous les Québécois et à ses admirateurs hors frontières.À force de les avoir fréquentés en spectacle, au cinéma, dans ses livres et partout, chacun les a adoptés comme membres farfelus et délicieux de sa famille élargie.On avait vu les deux poètes réunis à l\u2019écran en 2016 dans le documentaire Le goût d\u2019un pays de Francis Legault sous des vapeurs de sirop d\u2019érable.Pellerin est le fils spirituel de Vigneault par son approche du berceau en miroir de pays.Tout autant par des affinités politiques et lyriques en lesquelles s\u2019effacent les fossés générationnels.Le folklore de leur coin de pays les a nourris à plusieurs années d\u2019intervalle.Reste que mettre leur village à contribution ne s\u2019est pas concrétisé de la même façon pour l\u2019un comme pour l\u2019autre.Circuits réels, circuits rêvés Gilles Vigneault se sera battu longtemps pour transformer sa maison natale en un musée consacré à son œuvre et à sa vie.Après de pénibles péripéties autour d\u2019un éventuel financement d\u2019État qu\u2019il finit par refuser (certains l\u2019accusaient de vouloir restaurer aux frais de la princesse une demeure qu\u2019il n\u2019habitait pas), le bâtiment n\u2019aura ouvert ses portes qu\u2019en juillet dernier après campagne de sociofinancement.La maison du grand-père, adjacente, toujours en restauration, devrait s\u2019ajouter au circuit l\u2019été prochain en résidence d\u2019artistes.Les amoureux de Natashquan comprenaient depuis belle lurette à quel point le village, relié à la route 138 depuis 1996, avait intérêt à orchestrer sa promotion touristique autour du nom magique de Vi- gneault.Il faut dire que les passions entre les poètes et leurs muses locales et nationales sont tissées d\u2019extases, mais aussi de chicanes et de choses pas racontables.Mieux vaut même parfois en garder des bouts sous le boisseau.Pellerin, de son côté, avait édifié depuis une douzaine d\u2019années avec la municipalité de Saint-Élie-de-Cax- ton des promenades consacrées à ses personnages qui attiraient des flots de visiteurs.Ça s\u2019est écrapouti les quatre fers en l\u2019air, comme il dirait.Pas de Féerie de Noël cette année, avec balade nocturne en carriole sous contes, lumières et chansons (déjà portée en 2018 par une autre voix que celle de Pellerin).Les raisons entrelacées derrière la rupture des parcours d\u2019audioguides pour cause de climat toxique entre le célèbre conteur, son collaborateur Jeannot Bournival et la municipalité semblent bien compliquées.Fred Pellerin, qui avait tant contribué à faire parler les maisons et les rues de son village devenu légendaire, évoque une peine d\u2019amour, mais il n\u2019y trouvait plus son compte.D\u2019autres projets avec les gens de Saint-Élie devraient le maintenir près de ses sources.Quand même, le marchand futé Toussaint Brodeur, la belle Lurette et Méo le coiffeur doivent pleurer un peu.Alors je suis allée retrouver tout ce beau monde entre les pages d\u2019un livre.Un village en trois dés, contes publiés aux éditions Sarrazine, qu\u2019il propose aussi en spectacle.Avec Toussaint, Lurette, Méo, le curé neuf et autres vieilles connaissances.Mais l\u2019héroïne de l\u2019heure, c\u2019est la postière Alice, première en titre au village.Un peu comme la mère de Romain Gary dans La promesse de l\u2019aube, elle élabore des correspondances d\u2019outre-tombe, sans en être cette fois l\u2019auteure officielle.Sous sa plume, les lettres sont plutôt signées par les morts des vivants qui les craignent ou les pleurent.Alice est une messagère du pays des ombres dans son coin de campagne rempli de ronces et d\u2019enchantements.Et je me suis délectée de la prose poétique du conteur : « Alors que les clochers comptaient / Comme les antennes les plus visibles / De nos communautés rurales naissantes / Les comptoirs postaux arrivaient quand même bons deuxièmes / Dans la liste des signes de l\u2019existence / D\u2019un nouveau point sur la mappe / Et de la volonté des relais avec les ailleurs.» Les villages de légendes s\u2019érigent d\u2019abord en nous, quand on y pense.On a beau aimer les parcourir in situ en croyant embrasser leur magie là où des volontés humaines s\u2019alignent pour éclairer la scène, il reste que l\u2019imagination demeure leur plus beau nid.« Le hasard / L\u2019illusion / La foi\u2026 / Ce sont là des clés bien différentes / Mais qui travaillent pourtant toutes / À ouvrir la même porte », écrit Fred Pellerin.Les villages des poètes ODILE TREMBLAY LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Cinéma 6 ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Jean-Philippe Tanguay, 16 ans, est passionné de hockey depuis toujours.Chétif de sa personne, il n\u2019aspire pas à une carrière de joueur étoile.Son rêve à lui, c\u2019est de devenir agent sportif.Et il a déjà un client : son cousin Yves, ancien espoir des ligues majeures.Depuis sa brève apparition dans la LNH, Yves, un alcoolique semi-fonctionnel qui fait la pluie et le beau temps au sein de l\u2019équipe amateur Les Barbares de La Malbaie, vit dans le souvenir largement romancé de sa légende.Admirateur indéfectible de ce dernier, J.P.entretient le mythe.En route pour le tournoi canadien de Thunder Bay, l\u2019adolescent espère se faire des contacts, mais surtout, il entrevoit un grand retour au jeu pour Yves.En dépit de sa prémisse, la comédie dramatique de Vincent Biron n\u2019est pas le film de hockey que l\u2019on croit.En effet, Les Barbares de La Malbaie n\u2019offre pas un énième récit d\u2019underdog, où un joueur mal pris mais avec le cœur à la bonne place surmonte l\u2019insurmontable et parvient in extre- mis à briller sur la patinoire, voire où une équipe que tout le monde donne perdante gagne à la fin contre toute attente.Non, on n\u2019est pas en présence d\u2019une variation de l\u2019un ou l\u2019autre des films de la populaire saga Les Boys, du cultissime Slap Shot ou encore de Goon.« La proposition dans le scénario écrit à l\u2019origine par Eric K.Boulianne et Marc-Antoine Rioux [et Alexandre Auger par la suite] était assez semblable à ce qui se retrouve dans le film, confirme Vincent Biron.Même le titre, Les Barbares de La Malbaie, est une fausse piste puisque le film ne porte pas du tout sur l\u2019équipe.C\u2019est le fait qu\u2019on allait ailleurs qui me plaisait tant.Les scénaristes sont des mordus de hockey qui voulaient aller plus loin que les clichés habituels.» Une large part du succès des Barbares de La Malbaie réside dans le parti pris somme toute audacieux, quand on s\u2019y arrête, de déconstruc- tion de la figure traditionnelle du perdant sympathique chère au genre.Zones de gris Pour dire les choses clairement, le personnage d\u2019Yves Tanguay, qui dans un film régi par la recette éprouvée admettrait ses erreurs pour ensuite triompher à la onzième heure, est certes un perdant, mais il n\u2019est pas « sympathique ».Pas plus qu\u2019il a « le cœur à la bonne place ».« Ce gars-là aurait besoin d\u2019une sérieuse thérapie, mais il n\u2019a ni l\u2019envie ni les outils pour s\u2019en sortir.Par contre, un autre aspect qui m\u2019attirait dans le scénario, c\u2019est la mélancolie, les regrets qu\u2019éprouve Yves : ça amène une part d\u2019humanité au personnage à laquelle on peut tous s\u2019identifier dans une mesure ou une autre, je pense.C\u2019est une nuance importante.Mais il reste qu\u2019Yves est un personnage vraiment sombre et autodestructeur.» C\u2019est la raison pour laquelle Vincent Biron explique avoir pensé à Philippe- Audrey Larrue-St-Jacques pour incarner le hockeyeur déchu parce qu\u2019il était convaincu que, de par ce qu\u2019il dégage dans la vie, la vedette de Like- moi saurait apporter une vulnérabilité au personnage.« J\u2019aime les zones de gris : tu peux être un trou de cul tout en étant un être humain.» Hormis la notion de mélancolie, l\u2019autre pôle d\u2019attraction pour le cinéaste tenait aux aspirations de J.P.« Vouloir devenir agent sportif, c\u2019est pas évident, et moi qui ait choisi de Vincent Biron, la belle « feinte » Les Barbares de La Malbaie n\u2019est pas le énième film de hockey que l\u2019on croit « Le titre, Les Barbares de La Malbaie, est une fausse piste puisque le film ne porte pas du tout sur l\u2019équipe.C\u2019est le fait qu\u2019on allait ailleurs qui me plaisait tant », explique le réalisateur Vincent Biron.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR 418 641-6040 1 877 641-6040 514 842-2112 1 866 842-2112 VIOLONSDUROY.COM PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL LE MESSIE DE HANDEL PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC PRÉSENTÉ PAR 11 et 12 DÉCEMBRE 20 H PALAIS MONTCALM, QUÉBEC 13 DÉCEMBRE 19 H 30 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BERNARD LABADIE chef MARIE-SOPHIE POLLAK soprano TIM MEAD contre-ténor AARON SHEEHAN ténor MATTHEW BROOK baryton-basse LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Cinéma 7 faire carrière en cinéma, où il y a beaucoup d\u2019appelés et peu d\u2019élus, je peux certainement m\u2019identifier à ça.Là où Phil amenait de la vulnérabilité à un personnage qui n\u2019en avait peut- être pas tant que ça sur papier, Justin [Leyrolles-Bouchard] amenait de la maturité à un personnage très naïf.Justin a un sérieux dans le regard\u2026 Il réfléchit beaucoup et son instrument est très aiguisé.Je n\u2019ai pas eu à dire grand-chose : tout ce qui aurait pu être caricatural chez Yves, Phil l\u2019a adouci, tandis que Justin, lui, a transcendé par sa gravité l\u2019innocence de J.P.Ils se sont rejoints dans une espèce d\u2019équilibre.» L\u2019histoire de J.P.On finit par le réaliser, Les Barbares de La Malbaie ne s\u2019attarde pas tant au parcours d\u2019Yves qu\u2019à celui de J.P.Le déni initial et le désenchantement subséquent de ce dernier servent d\u2019assises aux premier et deuxième actes de ce qui, au fond, est un récit d\u2019apprentissage campé dans un milieu que les scénaristes aiment manifestement d\u2019amour, mais pas au point de sombrer \u2014 comme leur jeune héros au début \u2014 dans l\u2019idolâtrie.Ainsi les codes et lieux communs, à l\u2019instar de la figure du loser (le terme revient souvent) qui se relève, sont-ils détournés.Un exemple parmi d\u2019autres : lors de l\u2019incontournable séquence dans un bar de danseuses, la seule « danseuse » qu\u2019on verra a terminé son quart de travail et enfilé son manteau d\u2019hiver.« C\u2019est une scène qui relève du cliché de film de hockey, et sachant ça, les scénaristes et moi on se demande : comment être subversifs ?Arriver à l\u2019intérieur du bar une fois que cette jeune femme a fini d\u2019attacher son gros manteau, ce n\u2019est pas convenu, et c\u2019est d\u2019autant plus drôle, il me semble.» Pas de nudité gratuite, pas d\u2019objectivation ordinaire.Idem pour le personnage de Maureen, cette autre jeune femme qui, en rade, se joint avec circonspection au road trip de J.P.et Yves.En suivant la formule éculée, elle aurait été l\u2019enjeu amoureux, le « love-interest ».Pas ici.Au contraire, Maureen, le petit look hommage à Lady Bird, est celle qui la première voit clair dans le numéro d\u2019Yves.Puisqu\u2019elle parle anglais et que J.P.n\u2019est guère bilingue, leurs échanges passent essentiellement par le regard, et ceux que Maureen adresse au jeunot sont lourds de sens.« Maureen est le témoin qui voit tout, à qui rien n\u2019échappe.C\u2019est grâce à elle que J.P.commence tranquillement à remettre en question l\u2019image qu\u2019il s\u2019est faite de son cousin.» Une image correspondant davantage au besoin de cet orphelin de père d\u2019avoir un modèle qu\u2019à la réalité.Car Yves, et on en prend la pleine mesure à peu près au même rythme que J.P., est un triste sire.D\u2019ailleurs, sa prédilection pour Marie-Stone, d\u2019Éric Lapointe, est révélatrice, et l\u2019utilisation qui est faite de la chanson dans le film participe de cet esprit subversif évoqué : « Quand les manchettes sont sorties [le 25 octobre le chanteur a été accu- Le réalisateur dit avoir pensé à Philippe- Audrey Larrue- St-Jacques pour incarner le hockeyeur déchu parce qu\u2019il était convaincu que, de par ce qu\u2019il dégage dans la vie, il saurait apporter une vulnérabilité au personnage.De son côté, l\u2019acteur Justin Leyrolles- Bouchard (photo du bas) a amené de la maturité à un personnage très naïf, celui du jeune cousin qui aspire à devenir agent sportif.Les Barbares de La Malbaie prend l\u2019affiche le 22 novembre.LES FLÂNEURS La beauté à l\u2019opéra Bien des livrets d\u2019opéra, surtout ceux issus de la tradition italienne, se collent aux grandes émotions universelles d\u2019amours contrariées et de trahisons.Ainsi le magnifique Lucia di Lammer- moor de Donizetti à l\u2019Opéra de Montréal, qui peut aujourd\u2019hui encore rallier les foules.La voix remarquable de Kathleen Kim (le rôle-titre est un morceau de bravoure pour une colorature), la solide distribution générale, la performance stylée de l\u2019Orchestre Métropolitain et la mise en scène de Michael Cavanagh, tissée de sobriété, par-delà des décors un brin conventionnels, offrent des moments de pur bonheur.ODILE TREMBLAY Le ton juste En amenant avec elle trois de ses cinq enfants sur la route de la Baie- James, l\u2019animatrice Annie Desro- chers a retracé un pan de l\u2019histoire du Québec, mais elle a aussi mené une quête personnelle ; le développement du vaste projet hydroélectrique dans les années 1970, on le doit à son grand-père, Paul Desrochers, un éminent conseiller de Robert Bourassa.Le balado Transmission explore le legs partagé de cet homme.À elle seule, la série vaut l\u2019installation de l\u2019application OHdio de Radio-Cana- da, où elle loge en exclusivité.FÉLIX DESCHÊNES Frissons de fado Ceux qui n\u2019ont pas pu voir la jeune chanteuse portugaise de fado Car- minho, au théâtre Outremont, peuvent plonger dans l\u2019inimitable spleen portugais sur son disque Maria, dont elle signe plusieurs compositions.Ce nom, à la fois ancien et contemporain, représente pour elle à lui seul le fado, ce chant ancien mais renouvelé qui livre l\u2019âme de ceux qui le chantent.Le premier titre, A tecedeira, chanté a capela, donne le ton de l\u2019expérience.On dit d\u2019ailleurs que le fado implique autant celui qui chante que celui qui l\u2019entend.À écouter religieusement, pour des frissons garantis.CAROLINE MONTPETIT Sur les braises du Brésil Condamné dans la controverse, Luiz Inácio Lula da Silva, ex-président du Brésil, vient d\u2019être libéré après 19 mois d\u2019incarcération tandis que son opposant, Jair Bolsonaro, multiplie les propos incendiaires.Un fossé sépare ces deux hommes et, avec eux, la population.Dans son documentaire The Edge of Democracy, Petra Costa sublime sa vie personnelle pour aborder l\u2019histoire contemporaine du pays et, par une narration sobre et un montage rigoureux, nous propose une immersion privilégiée au cœur d\u2019un appareil démocratique gangrené.Aussi troublant qu\u2019éclairant.Sur Netflix.YANNICK MARCOUX sé de voies de fait sur sa conjointe], le mix final était terminé et j\u2019ai un peu paniqué : j\u2019ai eu peur du tribunal des réseaux sociaux.Mais après réflexion, ça va, parce que Marie-Stone, ç\u2019a beau être une chanson aimée dans l\u2019imaginaire collectif, quand tu t\u2019attardes aux paroles, c\u2019est une tou- ne assez visqueuse.C\u2019est à la base pour ça que les auteurs l\u2019ont inscrite au scénario.Parce que, t\u2019sais, il faut être assez gigon pour penser séduire une femme en lui chantant ça.Ça ne fait que confirmer à quel point Yves est le symbole d\u2019une masculinité toxique.» Masculinité toxique de laquelle, justement, J.P.apprendra à se détourner, non sans heurts, et avec l\u2019aide d\u2019interventions des différentes personnes qu\u2019il croisera en chemin, d\u2019un ancien coéquipier devenu joueur étoile à son employeur dans une boutique de sport en passant par Maureen, sans oublier, lors d\u2019une émouvante conversation téléphonique à demi-mot, sa propre mère.Du faux laid Le niveau d\u2019intensité privilégié est un autre front sur lequel Les Barbares de La Malbaie étonne favorablement.En cela que cette comédie dramatique à dosage « cinquante-cinquante » n\u2019adopte jamais, en prenant encore là le contre- pied des attentes, le ton criard qu\u2019on associe volontiers aux farces sur glace.« C\u2019est tentant de faire un film de hockey où ça gueule, mais moi, mon instinct, c\u2019était de demander aux interprètes de parler moins fort, de juste vivre le moment.En toute transparence, c\u2019était mon premier gros projet, et c\u2019était facile d\u2019angoisser.Pour me rassurer, je me demandais : \u201cEst-ce que ça résonne, émotionnelle- ment?\u201d J\u2019ai choisi de faire confiance au scénario et aux mots pour véhiculer l\u2019humour.C\u2019est pour ça que lorsqu\u2019il y avait des blagues plus colorées et qu\u2019un acteur était porté à y aller à fond de train, je lui suggérais plutôt de faire confiance au texte en se contentant de jouer la situation [\u2026] Les gags sont là de toute façon.La vraie porte d\u2019entrée des spectateurs, c\u2019est l\u2019émotion.» Le processus d\u2019immersion est en outre facilité par l\u2019esthétique réaliste du film.Des dehors d\u2019un ordinaire en l\u2019occurrence étudié.« C\u2019est du faux laid : c\u2019est en apparence rêche, mais il y a un réel souci esthétique derrière.Un de mes photographes favoris est Martin Parr, qui m\u2019a fait comprendre qu\u2019un simple choix de focale peut rendre une composition banale subtilement cocasse.Moi, voir Justin planté comme une grande échalote au milieu d\u2019un décor immense et moche qui l\u2019oppresse, visuellement, je trouve ça très drôle.Marie Davignon [la directrice photo] a accompli un travail d\u2019autant plus fabuleux que c\u2019est pas avec ce genre de propositions qu\u2019on gagne des prix : c\u2019est pas de la \u201cbelle\u201d direction photo.» Mais c\u2019en est une qui a un sens et qui ajoute un niveau de lecture au film.Un film qui, décidément, déjoue les attentes jusque dans sa facture.Une « feinte » aussi réussie que bienvenue. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Cinéma 8 air signé Francis Lai, compositeur indissociable de ce film, décédé il y a un an.« Un homme tellement important dans ma vie, un ange, dit le réalisateur.Je pense à lui tous les jours.» Âgé de 82 ans, Claude Lelouch assure ne pas être un nostalgique.Au contraire, affirme-t-il, d\u2019une voix ferme, c\u2019est le présent qui le fait réagir.L\u2019idée des Plus belles années d\u2019une vie a pris naissance lors du 50e anniversaire d\u2019Un homme et une femme.Non pas par ce qui se déroulait à l\u2019écran, mais en dehors de celui-ci.« Pendant la projection, raconte-t- il, Anouk et Jean-Louis riaient, s\u2019amusaient tellement.Ils se parlaient à l\u2019oreille, se prenaient la main.Il fallait montrer cette complicité, montrer que le temps qui passe n\u2019a pas que des inconvénients.» « Quand on s\u2019approche de la ligne d\u2019arrivée, comme moi, Jean-Louis ou Anouk, on n\u2019a plus le droit de ne pas apprécier le présent », dit-il du même souffle.Une dernière gorgée de bière La mort, « cet endroit mystérieux vers lequel on a tous rendez-vous », Claude Lelouch avoue la redouter, comme tout le monde.Mais il s\u2019y prépare.« Je ne veux pas rater le grand spectacle.» D\u2019où l\u2019importance de vivre chaque instant, chaque plaisir.C\u2019est Jacques Brel qui lui sert de modèle.Il l\u2019avait rencontré quelques jours avant sa mort.Le chanteur belge dégustait sa bière avec un tel soin\u2026 « C\u2019est peut-être la dernière que je bois, lui a expliqué Brel.Depuis que je fais les choses pour la dernière fois, je n\u2019ai jamais été si heureux.Quand je fais l\u2019amour, quand je mange\u2026 » Les plus belles années d\u2019une vie est traversé par une similaire intensité.Les yeux exorbitants d\u2019un homme, le regard attendri d\u2019une femme et, entre eux, la flamme qui reprend.« On a tourné en dix jours, pris tous les risques et le miracle a lieu, croit son auteur.Il fallait aller très, très vite.C\u2019est un film sur la spontanéité et je n\u2019ai pas laissé [les acteurs] jouer la comédie.» Ce 49e titre, Lelouch l\u2019a voulu empreint de moments vrais.Parmi eux, celui qu\u2019il qualifie de « cœur du film » donne à Jean-Louis Trintignant l\u2019occasion de réciter un poème de Boris Vian, Je voudrais pas crever.Une scène forte, livrée par un acteur qui fait son âge et qui semble s\u2019élever avec cet appel à la vie.« Le film est construit sur ce poème, confie le cinéaste.Trintignant le connaît par cœur et c\u2019est parce qu\u2019il le dit d\u2019une façon magique que j\u2019ai voulu l\u2019inscrire dans le film, avec des images du passé.» Lelouch souhaite donner « le sentiment que le film est vrai et non pas une fiction ».Comme Un homme et une femme, autre miracle né à l\u2019époque où le jeune cinéaste traîne une réputation d\u2019artisan de fiascos.Trintignant et Aimée « Un homme et une femme n\u2019est pas qu\u2019une histoire d\u2019amour sur pellicule.Le tournage de ce film, lui aussi, est une histoire de gens qui s\u2019aiment.Et je sais que cela se [voit] sur l\u2019écran », écrit-il, dans l\u2019autobiographie Itinéraire d\u2019un enfant très gâté (2000).Moult fois primé, notamment de la Palme d\u2019or à Cannes et de deux Oscar, Un homme et une femme demeure le chef-d\u2019œuvre de Claude Lelouch.Lui-même considère Trintignant et Aimée comme « mon papa et ma maman ».« Je suis né avec eux et j\u2019avais envie de leur rendre hommage.» Trintignant et Aimée, eux, n\u2019étaient pas nécessairement habités de la même envie.Ils ont accepté sur promesse que le film ne sortirait que s\u2019il leur plaisait.Il faut dire qu\u2019en 1986, l\u2019exercice des retrouvailles avait tourné à l\u2019échec avec Un homme et une femme, vingt ans déjà.Le réalisateur avait eu cette réflexion, révélée dans son autobiographie : « Les suites sont à bannir à tout jamais de mon cinéma » Si l\u2019homme n\u2019a pas tenu parole, c\u2019est que lui, le réalisateur de Hasards ou coïncidence, vibre aux aléas de la vie.« Je m\u2019adapte au présent.» Quitte à renier hier.Empreint néanmoins d\u2019un regard vers le passé, comme si les personnages étaient habités par des regrets, Les plus belles années d\u2019une vie cumule les flash-back.Lelouch puise à même son chef-d\u2019œuvre.Et intègre le long plan-séquence de son court métrage C\u2019était un rendez-vous (1976), une traversée en voiture de Paris, teintée de liberté et d\u2019urgence.« Je suis plus connu dans le monde grâce à ce film qu\u2019Un homme et une femme.Pour de vrai, dit-il.Cette course, c\u2019est la métaphore parfaite du temps qui passe à une vitesse incroyable.» Claude Lelouch a voulu filmer sa mémoire, la faire connaître au public.Pour repartir bientôt sur d\u2019autres récits, car le temps presse.Son 50e film, La vertu des impondérables, est déjà prêt, attendu sur les écrans français en janvier.Les plus belles années d\u2019une vie prend l\u2019affiche le 22 novembre.Claude Lelouch propose enfin une suite réussie à Un homme et une femme Revivre un des grands amours du cinéma Claude Lelouch sur le plateau de tournage du film Les plus belles années AZ FILMS ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR a perspective d\u2019un entretien avec Claude Lelouch, voire de la « simple » sortie en salle d\u2019un nouveau Lelouch, ramène à l\u2019esprit une tonne d\u2019images et de titres.L\u2019aventure, c\u2019est l\u2019aventure, Robert et Robert, Les uns et les autres, Tout ça\u2026 pour ça ! Et déclenche une célèbre mélodie.Chabada-bada, cha- bada-bada\u2026 Il est d\u2019autant impossible d\u2019y échapper cette fois, à ladite musique, que le nouveau film du vénérable cinéaste, son 49e, s\u2019offre comme une machine à remonter le temps.Les plus belles années d\u2019une vie, c\u2019est la suite, 53 ans après, de l\u2019acclamé Un homme et une femme (1966).Avec les mêmes Jean-Louis Trinti- gnant et Anouk Aimée dans les premiers rôles.Avec le même puissant L LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR La marque des bons films se reconnaît parfois au traitement exemplaire de certains sujets dont la seule évocation ennuie.Dans notre palmarès personnel non exhaustif figurent la boxe et le baseball, mais qui oserait remettre en question la valeur de Raging Bull ou de Moneyball ?Autre thème devant lequel certains dans notre genre arrivent mal à dissimuler un bâillement : les bagnoles\u2026 Autant vous prévenir tout de suite qu\u2019elles pullulent dans Ford v Ferrari, et celui qui a ici les deux mains sur le volant affiche l\u2019ambition farouche, éclatante, de vous offrir une escapade trépidante où jamais les personnages ne sont laissés sur la voie d\u2019évitement.James Mangold possède une honorable feuille de route (Walk the Line, 3:10 to Yuman, Logan), et se fait une fois de plus habile à dépeindre des figures masculines fragilisées, mais jamais devant le danger, ou à l\u2019heure d\u2019accomplir ce qui semblait à tous impossible.La tâche s\u2019annonce titanesque pour deux écorchés vifs de la course automobile au milieu des années 1960.Après avoir connu la gloire, des ennuis de santé forcent Carroll Shelby (Matt Damon) à vendre des voitures de luxe, tandis que Ken Miles (Christian Bale), devenu mécanicien, est criblé de dettes.Ces deux-là furent de grands amis, même s\u2019il apparaît difficilement concevable de l\u2019être avec Miles, insolent et impulsif.Loin d\u2019eux se déroule un combat plus sanguinaire, cette fois entre la compagnie Ford, prospère, mais déjà associée à une image de « mo- noncle », et Ferrari, celle qui fabrique du rêve à l\u2019italienne sur quatre roues.Las d\u2019être constamment humilié aux 24 heures du Mans, Henry Ford II (Tracy Letts, rendez-vous pour un Oscar) décide de concevoir, dans des temps déraisonnables, un bolide qui écrasera son concurrent européen.C\u2019est là que Shelby et Miles entrent en scène, deux comparses aux méthodes et aux tempéraments opposés, multipliant les essais casse-cou et surtout les bravades devant les bonzes de l\u2019industrie, dont certains ne cachent pas leur mépris pour ces subalternes du volant.Le tandem trouve là un excellent carburant pour peser de tout leur poids sur l\u2019accélérateur afin d\u2019accomplir cette course contre la montre, contre la grande industrie automobile, et pour leur honneur passablement amoché.Or, ce qui constitue le véritable moteur d\u2019un film aussi trépidant que Ford v Ferrari, ce n\u2019est ni le fait qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une histoire vraie pouvant restaurer la gloire d\u2019une industrie jadis florissante, et encore moins l\u2019apologie de la vitesse comme fin en soi.Tout semble d\u2019ailleurs opposer ces deux accros au bitume, à commencer par leur accent (Bale a retrouvé le sien, british à souhait), mais aussi leur manière d\u2019aborder leur métier et d\u2019interagir avec leur entourage (Miles, homme de famille, élément finement développé, et Shelby, solitaire frustré d\u2019être privé de l\u2019adrénaline des compétitions).Ce savoureux contraste constitue la pierre angulaire de ce drame vrombissant d\u2019humanité, une trajectoire amicale en dents de scie ponctuée par des courses prenant chaque fois Culture Cinéma 9 Rapides et généreux Quand une course de bagnoles révèle la détermination des uns et la médiocrité des autres Matt Damon et Christian Bale dans Ford contre Ferrari 20TH CENTURY FOX une amplitude nouvelle, toutes soutenues par un travail sonore relevant de l\u2019orfèvrerie.Vrai qu\u2019elles sont haletantes et diablement efficaces, mais jamais autant que l\u2019énergie déployée par deux stars prenant un plaisir fou à s\u2019affronter entre deux virages abrupts.Bale, redevenu le rachitique qu\u2019il fut parfois avec excès au cours de sa carrière, domine le jeu, mais Damon, sensible et suave, réussit à s\u2019imposer, chacun offrant une vision nuancée d\u2019une masculinité sentant fort l\u2019huile à moteur.Ces deux-là sont rapides et dangereux, mais avec en prime quelques larmes dans les yeux, parfois le poing levé bien haut, ou la pédale au plancher.Et toujours le cœur sur la main.Ford contre Ferrari (V.F.de Ford v Ferrari) Drame biographique de James Mangold.Avec Matt Damon, Christian Bale, Tracy Letts, Caitriona Balfe.États-Unis, 2019, 152 minutes.avec SYLVIE DRAPEAU + KARELLE TREMBLAY ou Samuël Côté + Patricia Houle + Jeanne Madore + Alex-Aimée Martel + Elle-Séane Martel + Théo Macameau + Rosalie Payotte + Edward Sheridan Moras assistance à la mise en scène Stéphanie Capistran-Lalonde tnm.qc.ca SYLVIE DRAPE AU texte original e t adaptatio n A ELA K RAD mise en scène T N M À TOUT P R I X B I L L E T S À PAR T I R D E 35$ LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 ques fétiches de Scorsese avec la voix hors champ, on arrive à proximité d\u2019un vieil homme, Frank « The Irishman » Sheeran, qui se remémore son passé de tueur professionnel.Cette entrée en matière donne le ton à un film qui, s\u2019il est certes ponctué de ces éruptions de violences d\u2019un réalisme cru caractéristiques du cinéma de Scorsese, fait montre d\u2019une économie assez inhabituelle pour le cinéaste.La maestria est au rendezvous, là n\u2019est pas la question, mais un peu comme dans le plus récent Almo- dóvar, Douleur et gloire, on ne se trouve pas tant en présence d\u2019une œuvre de la maturité que de la plénitude.Dans Les affranchis et Casino, Scorsese était au sommet de son art : ça se voyait et se voit toujours.Dans The Irishman, il l\u2019est tout autant, à la différence qu\u2019il ne semble absolument pas préoccupé de le démontrer.À raison : il y a longtemps qu\u2019il n\u2019a plus CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Martin Scorsese compte parmi ces cinéastes dont la feuille de route justifie qu\u2019on le qualifie de géant du septième art sans avoir à préciser sa pensée davantage.Au sein d\u2019une filmographie témoignant d\u2019une fascination pour les gangsters et les désaxés en tout genre, il est un créneau où son brio narratif et son instinct formel très sûr éblouissent particulièrement : la chronique mafieuse.Ce qu\u2019est The Irishman, un projet ambitieux mûri pendant quinze ans et qui revêt des allures de « magnum opus ».On y suit le parcours de Frank Sheeran, une figure criminelle réelle, de son entrée dans le clan Bufalino à son incarcération tardive en passant, surtout, par sa proximité avec le puissant syndicaliste Jimmy Hoffa.De par sa nature, The Irishman s\u2019inscrit dans la continuité de deux des meilleurs films de Scorsese : Les affranchis (Goodfellas), chef-d\u2019œuvre établi, et Casino, chef-d\u2019œuvre aussi dès lors qu\u2019on se donne la peine de le revoir.Sorti en 1995, Casino marquait pour le compte la dernière collaboration entre le réalisateur et sa muse Robert De Niro.Dans The Irishman, on assiste donc aux retrouvailles crépusculaires des collaborateurs d\u2019antan qui, ô joie, sont parvenus à convaincre le partenaire fréquent de De Niro chez Scorsese, Joe Pesci, de sortir de sa retraite.À cela s\u2019ajoute la perspective de voir De Niro donner la réplique à l\u2019autre monstre sacré de sa génération, Al Pacino, et ce, après un face à face trop bref dans Tension (Heat) de Michael Mann (sans compter Le Parrain II, dans lequel ils ne partageaient aucune scène).Long préambule pour établir que, pour des motifs purement cinéphiles, The Irishman émeut avant même d\u2019avoir commencé.Donner le ton Et quel commencement ! Car s\u2019il est un aspect de la réalisation où Scorsese épate, c\u2019est dans la conception de ses séquences d\u2019ouverture.À cet égard, celle de The Irishman constitue une sorte d\u2019antithèse de celles des Affranchis, dans lequel De Niro parachève une exécution sanglante dans un coffre de voiture, et de Casino, dans lequel De Niro prend place dans une voiture qui explose presque aussitôt.Ni bagnole ni cadavre dans The Irishman où, au son mélancolique de la chanson In the Still of the Night, on pénètre dans un foyer pour personnes âgées.La mort n\u2019est pas là, mais elle est proche.À mesure que progresse le plan-sé- quence en steadycam, une des techni- Culture Cinéma 10 Le crépuscule des mafieux The Irishman, chronique mafieuse dont Scorsese a le secret, est empreinte d\u2019une plénitude inédite LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 rien à prouver.Il en résulte un film qui tient à la fois du portrait intime et de la fresque, le scénario de Steven Zaillian (La liste de Schindler) se déployant sur cinq décennies.On est ainsi témoins des principaux pans et étapes charnières de la vie criminelle de Frank Sheeran (De Ni- ro), un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale qui, insatisfait de son salaire de chauffeur de camion réfrigéré, se débrouille pour devenir spécialiste dans un autre genre de viande froide.Remarqué par Russell Bufalino (Pesci), parrain local, mais surtout éminence grise importante auprès de la Cosa Nostra, Sheeran passe vite d\u2019homme de main à homme de confiance.Plus tard, il entre dans la garde rapprochée de Jimmy Hoffa (Pacino), célèbre chef des Teamsters disparu dans les circonstances mystérieuses que l\u2019on sait en 1975.Jeu magnifique Entrecoupé de retours dans un présent campé au début des années 2000, le récit consiste en une suite d\u2019épisodes montrant l\u2019ascension et la chute de Sheeran.Sheeran qui, en choisissant d\u2019entrer dans la famille mafieuse de Bufalino, tourne involontairement le dos à la sienne, avec pour conséquence de s\u2019aliéner sa fille Peggy.À ce propos, peut-être une parenthèse sur la présence féminine dans le film s\u2019impose-t-elle.Alors que dans Les affranchis et Casino, Scorsese faisait de Karen (Lorraine Bracco) et Ginger (Sharon Stone), respectivement, non pas de simples « épouses de », mais des protagonistes actives impartis de motivations propres, dans The Irishman, le cinéaste prend soin de garder les personnages féminins en périphérie.Évidemment, cette quasi-absence attire l\u2019attention.C\u2019est le but.Ainsi le cinéaste consacre-t-il plusieurs gros plans (procédé jamais anodin) à Peggy qui, au gré des années, juge son père du regard, son silence n\u2019étant que plus retentissant.Lorsqu\u2019elle s\u2019exprime enfin, adulte, la question toute simple qu\u2019elle assène à son père, et on taira la teneur de celle-ci, a un effet dévastateur.Bref, Scorsese agit de cette manière dans un dessein précis et non parce qu\u2019il est soudainement devenu misogyne sur ses vieux jours, lui qui du reste a de tout temps su créer, même dans le cadre d\u2019univers très masculins, des partitions étoffées pour des actrices douées.Hormis Bracco et Stone, on songe à Cathy Moriarty dans Raging Bull, Sandra Bernhard dans La valse des pantins (The King of Comedy), Linda Fiorenti- no dans Quelle nuit de galère (After Hours), Barbara Hershey dans La dernière tentation du Christ (Last Temptation of Christ), Michelle Pfeiffer et Winona Ryder dans Le temps de l\u2019innocence (The Age of Innocence), sans oublier son atypique et magnifique Alice n\u2019est plus ici (Alice Doesn\u2019t Live Here Anymore), qui valut à Ellen Bur- styn l\u2019Oscar de la meilleure actrice\u2026 Petit bémol toutefois : la pourtant talentueuse Anna Paquin n\u2019a pas le magnétisme requis pour rendre aussi mémorables que souhaitées les apparitions fugitives de Peggy.Autre légère réserve : les techniques numériques de rajeunissement (de-aging) donnent des visages plus jeunes convaincants à De Niro et à Pacino (et à Pesci, quoique son personnage est d\u2019office plus âgé), mais hélas, les corps, eux, ne mentent pas.En cela que lors des passages où ils sont censés être dans la trentaine et la quarantaine, les acteurs esquissent des mouvements et adoptent des postures qui, parfois, trahissent leur âge véritable.Dans le contexte global du film, ce sont là des broutilles (l\u2019affaire d\u2019une demie étoile, pour énoncer la chose en termes prosaïques).De Niro, Pesci et Pacino livrent en outre des performances magnifiques.Pesci n\u2019a jamais été si bon, si juste, ce qui n\u2019est pas peu dire.Enclin à la flamboyance, Pacino se paie la traite, mais il ne cède pas à la caricature.À l\u2019inverse, De Niro privilégie une intériorité qui rend extrêmement poignants les deux courts passages où Sheeran révèle quelque chose comme de la vulnérabilité.D\u2019ailleurs, il est fascinant de constater qu\u2019après 151 minutes vite écoulées, on en sait au fond que peu sur Sheeran.Scorsese a eu beau le faire se raconter, se confesser, à terme, ses motivations profondes demeurent opaques.Là encore, c\u2019est sans doute voulu, le vrai Sheeran ayant de son vivant toujours refusé d\u2019incriminer ses employeurs, voire de divulguer ses secrets, qu\u2019il avait forcément en quantité.Moments feutrés D\u2019une fluidité remarquable, l\u2019ensemble bénéficie du montage au scalpel de Thelma Schoonmaker, collaboratrice la plus assidue, et précieuse, du cinéaste.Fait intéressant, contrairement à la plupart des films de Scorsese, The Irishman ne comporte pas de morceaux de bravoure visuels qui frappent d\u2019emblée pour devenir ensuite des scènes emblématiques.Chaque séquence atteste du métier et, oui, du brio de Scorsese, pas de doute là-dessus.Mais en l\u2019occurrence, ce qui s\u2019imprime durablement en mémoire relève du minimalisme et non de l\u2019exubérance.Comme ces deux scènes, à des décennies d\u2019écart, montrant Hoffa puis Sheeran dormir la porte entrouverte : hommes puissants le jour, les voici enfants apeurés la nuit venue.Ce sont de petits moments comme ceux-là, feutrés, qui rendent The Irishman si prenant.Mais n\u2019était-ce pas là, au fond, la promesse formulée par Martin Scorsese en ouvrant son film de la sorte ?The Irishman est présentement à l\u2019affiche au Cinéma moderne, au cinéma Starz Langelier et au cinéma Dollar ; il sera aussi présenté à la Cinémathèque québécoise dès le 25 novembre.Il sera mis en ligne sur Netflix le 27 novembre.Russell Bufalino (Joe Pesci) et Frank Sheeran (Robert De Niro) parlent affaires.NIKO TAVERNISE NETFLIX The Irishman 1/2 Chronique mafieuse de Martin Scorsese.Avec Robert De Niro, Joe Pesci, Al Pacino, Ray Romano, Anna Paquin.États-Unis, 2019, 151 minutes.Culture Cinéma 11 présente S A L L E B O U R G I E SALLE BO U R G I E .C A Charles Richard-Hamelin, piano Mercredi 20 novembre \u2022 19 h 30 Œuvres de PROKOFIEV, RACHMANINOV et CHOPIN 19 20 Présenté par Les cordes à l\u2019honneur Dans le cadre de la 80e édition du Concours OSM Vendredi 29 novembre \u2022 18 h 30 Des musiciens d\u2019exception, dont Cameron Crozman, Valérie Milot, Johannes Moser et Stéphane Tétreault sont réunis dans un programme MOZART, BEETHOVEN, MENDELSSOHN et Philippe HERSANT.COMPLET Les Violons du Roy Samedi 30 novembre \u2022 20 h Amours tragiques Christine Rice, mezzo-soprano Jonathan Cohen, chef Avec son timbre envoûtant, Christine Rice incarne toutes les nuances des amours brisées, interdites ou mourantes.Œuvres de RAMEAU, HANDEL, Arvo PÄRT, PURCELL, Grazyna BACEWICZ, ELGAR et BRITTEN.· LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Cinéma 12 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Actrice célèbre, Françoise Crémont, dite Frankie, se meurt.En guise de voyage d\u2019adieux, elle a réuni ses proches dans le cadre idyllique d\u2019un hôtel particulier sis en surplomb d\u2019un village portugais.Au cours d\u2019une journée marquée par l\u2019arrivée des derniers invités, on suit tout un chacun dans des déambulations ponctuées de conversations révélant diverses aspirations et insatisfactions.Prenant pour modèle le cinéma d\u2019Éric Rohmer, l\u2019Américain Ira Sachs offre avec Frankie un exercice de style techniquement accompli, mais qui a tôt fait de tourner à vide.Le film vaut surtout pour la performance lumineuse d\u2019Isabelle Huppert, star jouant une star hors des clichés de démesure attendus.Pour graviter autour de cette étoile qui n\u2019en a plus pour longtemps à briller, le cinéaste propose une galerie de personnages pour la plupart assez inintéressants, de son mari présent (Brendan Glee- son) à la fille de ce dernier, Sylvia (Vinette Robinson), en passant par le fils (Jérémie Rénier) qu\u2019elle a eu avec son ex gai (Pascal Greggory, un habitué de Rohmer).Ce dernier tient plus de la fonction narrative \u2014 il est le témoin qui jauge à distance \u2014 que du personnage proprement dit.Pour le compte, toutes et tous ne jouissent pas des mêmes largesses d\u2019écriture.En maintes occasions, c\u2019est le jeu des interprètes qui sauve la mise.On songe par exemple à la merveilleuse Marisa Tomei qui, d\u2019une simple expression stupéfaite, d\u2019un simple regard perplexe, parvient à donner de la substance au rôle anémique de l\u2019amie maquilleuse avec qui Frankie souhaiterait caser son fils.Ou encore à Brendan Gleeson, époux d\u2019avance éploré dont la posture légèrement abattue malgré une haute stature émeut sans qu\u2019il ait à dire quoi que ce soit.Belle ironie Tandis que des couples possibles se dessinent, d\u2019autres se défont.Il est à ce propos intéressant de noter que deux des femmes de ce récit choral tentent de laisser des hommes qui s\u2019obstinent à vouloir les retenir.Hélas, ce quasi-motif n\u2019est jamais réellement développé, ce qui est en l\u2019occurrence représentatif d\u2019un film qui s\u2019en tient à la surface des choses tout en prétendant, à grand renfort de dialogues pseudo-existentiels, aller au-delà.Ira Sachs a pourtant prouvé son talent pour les portraits en profondeur avec ses excellents Forty Shades of Blue et Keep the Lights On, deux récits d\u2019êtres autodestructeurs.Or, soucieux peut-être de faire « à la manière de », le cinéaste met ici de côté l\u2019approche âpre et nerveuse qui a par le passé conféré une immédiateté, une vérité à ses meilleurs crus, au profit d\u2019une esthétique d\u2019un bucolique impersonnel, emprunté.D\u2019ailleurs, l\u2019ensemble revêt une dimension désincarnée, un peu comme Married Life, un autre exercice de style de Sachs, dans le film noir celui-là.Difficile, du reste, de s\u2019émouvoir devant le bavardage incessant de tous ces gens à l\u2019aise, en santé et, il appert, malheureux d\u2019une manière ou d\u2019une autre.Du lot, c\u2019est de loin Frankie, pourtant condamnée, qui est la plus sereine.Belle ironie, mais comme moteur dramatique, c\u2019est un peu faible.Et la journée de se clore sur un coucher de soleil à l\u2019image du film : joli, mais d\u2019une complète vacuité.Vacuité sous le soleil Ira Sachs propose un exercice de style rohmérien qui a tôt fait de tourner à vide Frankie Drame d\u2019Ira Sachs.Avec Isabelle Huppert, Brendan Gleeson, Jérémie Rénier, Vinette Robinson, Marisa Tomei.États-Unis\u2013France, 2019, 98 minutes.Le film vaut surtout pour la performance lumineuse d\u2019Isabelle Huppert, star jouant une star hors des clichés de démesure attendus.On songe aussi à la merveilleuse Marisa Tomei, qui, d\u2019une simple expression stupéfaite, d\u2019un simple regard perplexe, parvient à donner de la substance au rôle anémique de l\u2019amie maquilleuse.MÉTROPOLE FILMS CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Sous ses dehors rassurants de frêle septuagénaire, Roy Courtnay est un redoutable arnaqueur.Habile à soutirer de fortes sommes à des investisseurs crédules au moyen de stratagèmes élaborés, Roy a cependant un faible pour les portefeuilles de veuves esseulées.Sa plus récente cible, Betty McLeish, s\u2019annonce prometteuse\u2026 pour peu que Roy parvienne à dissiper les soupçons de Stephen, le petit-fils protecteur de Betty.Betty qui, contre tout entendement, paraît prête à croire son nouvel ami coûte que coûte.Mais les choses sont-elles si simples ?Bien sûr que non.En effet, comme le réalisateur Bill Condon le laisse trop facilement deviner, L\u2019art du mensonge (The Good Liar) est le genre de thriller dont l\u2019intrigue repose tout entière sur un retournement, une twist, qu\u2019on voit hélas venir à des kilomètres.Pour camoufler l\u2019évidence, Condon et le scénariste Jeffrey Hatcher, qui adaptent là un roman de Nicholas Searle, multiplient les fausses pistes tout en s\u2019attardant au modus operandi de Roy, un être qu\u2019on découvre sans scrupules ni empathie.L\u2019élaboration des machinations de Roy s\u2019avère Un ami qui vous veut du mal Helen Mirren et Ian McKellen font presque oublier les invraisemblances de ce thriller tarabiscoté En escroc qui s\u2019insinue dans l\u2019existence d\u2019une proie qu\u2019il compte dépouiller jusqu\u2019au dernier sou, Ian McKellen est splendide.Pour sa part, Helen Mirren se révèle, sans surprise, magnifique.WARNER BROS. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture divertissante, mais là encore, le déroulement de celles-ci ne suscite jamais de vraie surprise.À cela s\u2019ajoutent plus d\u2019invraisemblances que le film ne peut en négocier.On pense à cette sous-intrigue avec une victime de Roy qui culmine dans le métro de Londres lors d\u2019une scène certes saisissante, mais franchement improbable.Le dénouement, dont on ne dévoilera pas la teneur, cède carrément au grotesque pendant un moment.Enfin, des retours dans le passé trouble de Roy, en un temps et un lieu qu\u2019on taira aussi, s\u2019arriment de manière assez boiteuse au reste du récit.Ces révélations en cascades surviennent à la onzième heure, alors qu\u2019il y a belle lurette qu\u2019on a compris le « quoi », et viennent sans grande subtilité expliquer le « pourquoi ».Si on éprouve une indéniable satisfaction devant la chute, il n\u2019en demeure pas moins que les circonvolutions qui ont conduit à celle-ci ne convainquent guère.Une chimie parfaite Et pourtant, pourtant, L\u2019art du mensonge se regarde sans trop de déplaisir : la mise en scène de Con- don, d\u2019une élégance discrète, atteste son métier, et le rythme ne faiblit pas.Surtout, le film a deux as dans sa manche : Ian McKellen et Helen Mirren.En escroc qui s\u2019insinue dans l\u2019existence d\u2019une proie qu\u2019il compte dépouiller jusqu\u2019au dernier sou, McKellen (qui collabore avec Condon pour la troisième fois après le merveilleux Gods and Monsters et l\u2019intéressant Mr.Holmes) est splendide.Il insuffle à Roy un côté « vieil escogriffe » et un humour noir, voire un ludisme, qui rendent le personnage étrangement attachant.Cela, en dépit du fait que, à y regarder de plus près, et quoique le scénario n\u2019ait pas le courage d\u2019explorer cette noirceur-là, plusieurs de ses comportements trahissent une nature sociopathe.Pour sa part, Helen Mirren se révèle sans surprise magnifique, elle qui a la tâche ardue de rendre le personnage de Betty de plus en plus difficile à cerner.La chimie entre ces deux interprètes d\u2019exception est parfaite.On leur souhaite, et l\u2019on se souhaite également, un nouveau face-à-face davantage à la hauteur de leur talent.L\u2019art du mensonge (V.F.de The Good Liar) 1/2 Suspense de Bill Condon.Avec Ian McKellen, Helen Mirren, Russell Tovey, Jim Carter.États-Unis, 2019, 110 minutes.ABONNEZ-VOUS ! www.revuelopera.quebec 514 343-6111 poste 2801 NUMÉRO 20 \u2022 ÉTÉ 2019 UN ÉTÉ\u2026 FANTÔME ! DOSSIER : Le cas Verdi PORTRAIT : Vanda Treiser, mécène PROFIL : Les Productions Belle Lurette CODA : Un marathon musical à Paris ENTRETIEN AVEC FRANÇOIS GIRARD \u2026 l\u2019opéra, un territoire d\u2019expression NUMÉRO 1 \u2022 AUTOMNE 2014 L\u2019opéra en effervescence au Québec Notre histoire lyrique a-t-elle 400 ans ?Chaos et merveilles au Festival d\u2019Aix NOTRE AUTOMNE LYRIQUE YANNICK NÉZET-SÉGUIN ENTRETIEN AVEC un chef lyrique NUMÉRO 19 \u2022 PRINTEMPS 2019 UN PRINTEMPS\u2026 EN VOIX ! DOSSIER : Les Mille et un visages d\u2019Offenbach ARTISTE D\u2019ICI, AILLEURS : Florie Valiquette PORTRAIT : Steven Huebner, musicologue CODA : Compositrices d\u2019opéras ENTRETIEN AVEC SUZIE LEBLANC \u2026 une artiste lyrique en mouvance ! UN AUTOMNE\u2026 RUSSE, ITALIEN ET ALLEMAND ! D O S S I E R : Le répertoire lyrique québécois R E N C O N T R E : Patrick Corrigan P R O F I L : Théâtre d\u2019art lyrique de Laval C O D A : La critique et les critiques.de L\u2019Opéra ENTRE TIEN AVEC JOYCE DIDONATO \u2026 l\u2019âme sœur musicale de Yannick Nézet-Séguin ! NUMÉRO 21 \u2022 AUTOMNE 2019 OPE19-05_RevueLOpera_LeDevoir_F6.indd 1 2019-11-13 12:01 LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 C ultur e Notr e s élection cinéma en s alle 14 Les nouveautés sont en rose Harriet ?Esclave dans le Maryland jusqu\u2019à la fin de la vingtaine, Harriet Tubman a trouvé la liberté en fuyant.Puis elle est devenue une artisane de l\u2019abolitionnisme, revenant sur ses pas pour aider d\u2019autres esclaves à fuir.Cette figure historique, qui s\u2019est même battue sur le front de la guerre de Sécession, n\u2019avait jamais fait l\u2019objet d\u2019un film.Voici donc ce Harriet, précieux par son sujet.Le film à la sauce Hollywood, un peu grandiloquent, s\u2019attarde surtout à la lutte que mène la femme contre l\u2019esclavagisme.Tout tourne autour d\u2019elle, de sa force et de sa ténacité, de ses hallucinations aussi, laissant dans l\u2019ombre la pléthore de personnages qu\u2019elle croise.Cynthia Erivo, dans le rôle-titre, porte néanmoins admirablement le film sur ses épaules.Jérôme Delgado Jouliks ?1/2 L\u2019attente fut longue avant que Mari- loup Wolfe ne revienne au cinéma après son premier long métrage, Les pieds dans le vide, mais elle en a valu la peine à en juger par cette adaptation à la fois sombre et lumineuse de la pièce à succès de Marie-Christine Lê-Huu, qui en signe le scénario.La petite fille au cœur de cet univers campagnard des années 1970 jette sur le monde des adultes un regard à la fois lucide et attendri, savourant la liberté que lui procurent ses pa- Terminator.Sombre destin (V.F.de Terminator: Dark Fate) ?Au dire de James Cameron, producteur de la lucrative franchise, ce sixième volet de Terminator serait la suite directe de Terminator 2.Le ju- Une manière de vivre ?1/2 Dans Une manière de vivre, la pensée de Baruch Spinoza se voit évoquée par Micheline Lanctôt au travers des destins momentanément croisés de trois âmes errantes.Tous trois sont, pendant le premier acte, paralysés par un accablement délétère, par une forme ou une autre de culpabilité de ne pas mener une vie «valable ».Ceux-ci opèrent, lors du deuxième acte, un virage existentiel graduel qui culminera, au troisième, par ce que Spinoza nomme « la satisfaction intérieure ».Ces instants individuels, dont on taira les contextes respectifs, émeuvent, voire bouleversent.Pour en arriver là toutefois, il faut s\u2019accrocher et s\u2019investir mentalement.L\u2019impact du rapprochement final n\u2019en sera que plus décuplé.C\u2019est simplement une façon différente d\u2019envisager le cinéma : une manière de raconter qui touche le cœur.François Lévesque rents, et voyant l\u2019arrivée de ses grands-parents comme une possible entrave à son bonheur.Au milieu d\u2019une maison délabrée grouille une fratrie qui s\u2019aime à la folie et se déchire tout autant, des passions dévorantes révélant des clivages culturels et autres malentendus tissant une trame pleine de surprises et de tragédies.Une chronique familiale enjouée et mélancolique portée par des acteurs jouant à l\u2019unisson, avec brio, des plus petits aux plus grands.André Lavoie Matthias et Maxime ?1/2 Matthias et Maxime sont amis depuis l\u2019enfance.Or, à cause d\u2019un pari, ces hé- téros convaincus se voient contraints d\u2019échanger un baiser.Survient alors l\u2019impensable: et s\u2019ils s\u2019aimaient?Avec son brio coutumier mais un supplément de tendresse, Xavier Dolan s\u2019interroge sur les notions d\u2019amitié et d\u2019amour dans un contexte où le cœur n\u2019en fait qu\u2019à sa tête.Le cinéaste crée un lien d\u2019empathie particulièrement puissant, en plus de livrer, comme son partenaire Gabriel D\u2019Almeida Freitas, une formidable prestation.L\u2019auteur n\u2019a rien perdu de sa verve, quoiqu\u2019il ponctue son film de regards et de silences qui parlent davantage.À la mise en scène, l\u2019approche plus contenue séduit, en phase avec des protagonistes qui répriment leurs émois.Le flot visuel emporte le spectateur de la même manière que le doute happe Mat et Max.On vibre avec eux, pour eux, dans l\u2019espoir qu\u2019ils se retrouvent.Qu\u2019importe si c\u2019est en amitié ou en amour.François Lévesque Motherless Brooklyn ?1/2 Détective privé atteint du syndrome de la Tourette, Lionel (Edward Norton) s\u2019entête à enquêter sur la mort de son patron et mentor, assassiné pour d\u2019obscures raisons.Film noir impliquant corruption politique et luttes pour le droit au logement, Motherless Brooklyn nous replonge dans le New York des années 1950, à coups de pièces de jazz et de virées au volant de rutilantes Oldsmobile.L\u2019intrigue y est complexe, comme dans tout bon film à suspens où la quête de vérité(s) mène vers des (fausses) pistes et des pièges sordides.Acteur, réalisateur et scénariste, Norton livre sa vision d\u2019un monde d\u2019injustice contre lequel il veut se battre.Il est accompagné de vedettes du cinéma (Willis, Baldwin, Dafoe) et de gens moins connus, qui livrent tous d\u2019honorables prestations.Jérôme Delgado Parasite (V.O., s.-t.f.) ?Un à un, les membres d\u2019une famille pauvre intègrent la domesticité d\u2019un riche foyer en dissimulant leur lien de parenté.Or, une découverte ahurissante vient un soir tout compromettre.Dans cette satire mordante, fertile en suspense, le lauréat de la Palme d\u2019or Bong Joon-ho poursuit son exploration du thème des classes sociales.Subvertissant l\u2019auguste formule Maîtres et valets (Upstairs, Downstairs), le cinéaste, qui décline à l\u2019infini le motif de l\u2019escalier dans ses compositions hyperprécises, substitue à la sentimentalité inhérente au genre une lucidité féroce.Plus que jamais, Bong Joon-ho fait montre d\u2019une virtuosité, on osera l\u2019hyperbole, orgasmique dans une mise en scène à l\u2019image des protagonistes: d\u2019une aisance trompeuse rendue possible par un sens redoutable de la préméditation.Pas avare de surprises, l\u2019intrigue se révèle à terme aussi astucieuse que les protagonistes.Antihéros aux dents longues pour fable carnassière.François Lévesque Antigone ?Sacré meilleur film canadien au TIFF, choix du Canada à l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère, Antigone de Sophie Deraspe est une émouvante et dynamique adaptation contemporaine de la tragédie de So- phocle et de la pièce d\u2019Anouilh.Cette œuvre sur l\u2019intransigeance d\u2019une jeune Québécoise, ici issue de l\u2019immigration, est portée par la lumineuse prestation de Nahéma Ricci, au profil androgyne.Son esthétique est collée à des codes cinématographiques plus classiquement nord- américains que les films précédents de la cinéaste des Signes vitaux.Par- delà quelques facilités, Antigone remporte brillamment son pari d\u2019ancrer l\u2019héroïne dans les débats de désobéissance civile actuels au nom d\u2019idéaux qui décoiffent et inspirent nos sociétés.Odile Tremblay Docteur Sleep (V.F.de Doctor Sleep) ?Liés par un don psychique, le shining, une fillette et un homme tentent d\u2019échapper à des êtres qui se repaissent d\u2019enfants dotés du shining.Leur destination ultime : l\u2019hôtel Overlook, lieu maudit où l\u2019homme, Dan, faillit périr tout gamin.Dans cette adaptation de la suite du roman Shining ayant inspiré un chef-d\u2019œuvre à Stanley Kubrick, Mike Flanagan s\u2019offre quelques plans hommages, mais n\u2019essaie heureusement jamais de filmer «à la manière de» (c\u2019eût été gênant).En fait, son Docteur Sleep ressemble plus à sa (très bonne) série The Haunting of Hill House qu\u2019à Shining en dépit des rappels visuels et sonores.Film et série partagent d\u2019ailleurs la même propension à su- rexpliquer le surnaturel.Là où Kubrick prenait d\u2019assaut le subconscient avec ses fulgurances horrifiques, Flanagan se satisfait de flanquer une frousse plus traditionnelle.Sur cette base, frissons il y a.D\u2019autant qu\u2019en vampire nouveau genre, Rebecca Ferguson est terrifiante.François Lévesque Douleur et gloire (V.O., s.-t.f.) ?En proie à la douleur chronique et en panne créative, un cinéaste renoue avec un acteur qu\u2019il lança jadis.Enclin à la nostalgie, il est de surcroît hanté par le souvenir d\u2019une mère dont il subit encore les contrecoups du décès récent.Avec cette œuvre introspective, Pedro Almodó- var se livre comme jamais, trouvant en Antonio Banderas (qu\u2019il lança jadis, tiens) un alter ego idéal.Primé à Cannes, ce dernier compose un personnage captivant, très réservé avec autrui, mais qui se dévoile dans la solitude de son chic appartement (qui reproduit celui d\u2019Almodóvar).En dépit du flot de temporalités un peu moins fluide que de coutume (c\u2019est là le premier film du réalisateur sans le défunt monteur José Sal- cedo), Almodóvar affiche une aisance technique absolue.En lieu et place d\u2019une volonté d\u2019impressionner : une maestria tranquille, sereine.Le film y gagne une impression d\u2019équanimité inédite : un cadeau pour le cinéphile et, on l\u2019espère, un baume pour le cinéaste.François Lévesque The Irishman ?1/2 Quinze ans en gestation, cette chronique mafieuse dont Scorsese a le secret revêt des allures de «magnum opus».On y suit le parcours criminel de Frank Sheeran, de son entrée dans le clan Bufalino à sa relation de proximité avec Jimmy Hoffa.De Niro, Pesci et Pacino sont magnifiques en figures de proue.D\u2019une fluidité remarquable, le film, contrairement par exemple à ses cousins directs Goodfellas et Casino, ne comporte pas de morceaux de bravoure comme tel: chaque séquence atteste du brio de Scorsese, dont la maestria est évidente de bout en bout, mais ce qui s\u2019imprime durablement dans les mémoires relève plus du mini- malisme que du flamboyant.Comme ces deux scènes, à des décennies d\u2019écart, montrant Hoffa puis Sheeran qui dorment la porte entrouverte: hommes puissants le jour, les voici enfants apeurés la nuit venue.Ce sont de petits moments comme ceux-là, feutrés, qui rendent The Irishman si prenant.Une œuvre non pas de la maturité, mais de la plénitude.François Lévesque The Irishman, de Martin Scorsese NETFLIX LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Jojo Rabbit ?Coiffé du Prix du public au TIFF, Jojo Rabbit, de Taika Waititi, n\u2019en est pas moins un film burlesque de catégorie B.S\u2019attaquant au défi de proposer une satire sur la vie d\u2019un jeune Allemand au cerveau lavé durant le IIIe Reich sur le mode pop, il est pétri de gags faciles et appuyés sur un scénario décousu, avec la figure tutélaire de Hitler (joué par le cinéaste) en grotesque ami imaginaire de l\u2019enfant.La performance de jeune juive cachée, jouée avec finesse par Tho- masin McKenzie, ne peut racheter cette poutine ambiguë et faussement hardie, usant maladroitement de vieilles recettes comiques sur un thème qui aurait réclamé du doigté et de la maîtrise.Odile Tremblay gement dernier, le meilleur de la série.Or, par endroits, on croirait un remake à saveur féministe de T2 tant son récit s\u2019y apparente.De fait, on y retrouve une femme sans histoire (Nathalie Reyes) qui reçoit deux visiteurs du futur : un Terminator (Gabriel Luna) qui veut l\u2019éliminer et une super-soldate (Mackenzie Davis) qui veut la protéger.Au plus grand plaisir des fans, Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger reprennent respectivement les rôles de Sarah Connor et de T-800.Vingt-huit ans plus tard, tous deux affichent une forme plus qu\u2019enviable.Lui qui avait ébloui la galerie avec le spectaculaire Deadpool, Tim Miller paraît ici bien sage.Sans temps morts, bénéficiant d\u2019effets spéciaux convaincants, sa réalisation enchaîne habilement scènes de poursuite, de fusillades et de combats musclés, sans pour autant surpasser le T2 de Cameron.Manon Dumais Midway ?1/2 L\u2019Académie américaine du cinéma devrait songer à un Oscar pour honorer le cinéaste le plus patriotique: Roland Emmerich gagnerait à tout coup! D\u2019ici là, on finira bien par lui en donner un pour l\u2019ensemble de son œuvre, dont la cohérence est indéniable depuis plus de 20 ans (Independance Day, White House Down, 2012).Midway, inspiré de la célèbre bataille dans l\u2019océan Pacifique pendant la Deuxième Guerre mondiale et déjà illustrée à l\u2019époque du film-catastrophe des années 1970, se déploie entre l\u2019humiliation subie à Pearl Harbor jusqu\u2019à ce premier grand triomphe de l\u2019armée américaine contre les Japonais.Entre les deux, des pantomimes médaillés débitent des réflexions d\u2019une profondeur comparable à celle sur les plaques d\u2019immatriculation, un vide abyssal comblé par d\u2019incessantes salves de mitraillettes.Quand on en vient à trouver du génie à Michael Bay (Pearl Harbor), c\u2019est vraiment signe que l\u2019heure est grave.André Lavoie Frankie ?Actrice célèbre, Françoise Crémont se meurt.En guise de voyage d\u2019adieu, elle a réuni ses proches dans un hôtel particulier du Portugal.Le temps d\u2019une journée, on suit les déambulations et échanges de tout un chacun.Exercice de style rohmérien ayant tôt fait de tourner à vide, ce film d\u2019Ira Sachs vaut pour l\u2019interprétation lumineuse d\u2019Isabelle Huppert, star jouant une star hors des clichés de démesure attendus.Pour graviter autour de cette étoile qui s\u2019éteint, le cinéaste propose une galerie de personnages pour la plupart assez inintéressants, et dont les malheurs n\u2019émeuvent guère.Du lot, c\u2019est de loin Frankie, pourtant condamnée, qui est la plus sereine.Belle ironie, mais comme moteur dramatique, c\u2019est un peu faible.Et la journée de se clore sur un coucher de soleil à l\u2019image du film: joli, mais d\u2019une complète vacuité.François Lévesque L\u2019art du mensonge (V.F.de The Good Liar) ?1/2 Sous ses dehors de frêle septuagénaire, Roy est un redoutable arna- queur.Betty, une veuve au portefeuille garni, semble être une proie facile.Mais les choses sont-elles si simples?Bien sûr que non.Comme le réalisateur Bill Condon le laisse trop facilement deviner, c\u2019est là le genre de thriller dont l\u2019intrigue repose tout entière sur un retournement qu\u2019on voit, hélas, venir à des kilomètres.Le film se regarde pourtant sans trop de déplaisir: mise en scène d\u2019une élégance discrète, rythme qui ne faiblit pas\u2026 Et il y a Ian McKellen et Helen Mirren: en escroc sans scrupules, McKellen est splendide, tandis qu\u2019en proie de plus en plus difficile à cerner, Mirren est sans surprise magnifique.La chimie entre ces deux interprètes d\u2019exception est parfaite.On leur souhaite un nouveau face-à-face davantage à la hauteur de leur talent.François Lévesque Charlie et ses drôles de dames (V.F.de Charlie\u2019s Angels) ?1/2 Quarante ans plus tard, s\u2019agira-t-il de l\u2019ultime épisode inutile?Depuis 1976, et après quelques allers-retours entre télé et cinéma, la série Charlie\u2019s Angels mélange toujours talons hauts, agentes très spéciales et bandits de grand chemin.Encore sous les ordres d\u2019un guide suprême que l\u2019on ne voit jamais, ce trio de drôles de dames présente une nouvelle génération d\u2019actrices où domine Kristen Stewart, ici entourée d\u2019un flou identitaire, flanquée de nouvelles venues (Naomi Scott, Ella Balinska), et d\u2019une lieutenante incarnée par Elizabeth Banks.Véritable maître d\u2019œuvre de cette aventure, comme cinéaste ainsi que scénariste, Banks signe un divertissement léger, tapageur et tape-à- l\u2019œil, saupoudré de prétentions féministes qui ne surprendront que ceux et celles qui dorment sur leurs deux oreilles depuis 1976.André Lavoie Texte David Paquet Mise en scène Philippe Cyr Salle Fred-Barry Théâtre Denise-Pelletier 19 novembre au 7 décembre Le poids des fourmis LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 C ultur e Art s visuels 16 CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Deux bâtiments, deux expositions, deux expériences.Ce n\u2019est pas la première fois que la Fondation Phi pour l\u2019art contemporain (l\u2019ex DHC / ART) propose un tel programme.Le fossé n\u2019avait jamais paru aussi grand que cet automne.Entre les écrans liés au Web d\u2019Eva & Franco Mattes et les installations fortes en écrans de Phil Collins, il n\u2019y a pour ainsi dire que ce support, l\u2019écran, comme point commun.L\u2019expérience dans l\u2019édifice principal de la Fondation, celui en étages, tourne court et lasse rapidement.Par contre, dans le second espace, chaque œuvre a son importance, sa musique.On pourrait y passer des heures et des heures.Ce sont les œuvres de Phil Collins \u2014 non, il ne s\u2019agit pas de l\u2019ex-batteur et chanteur de Genesis \u2014 qui valent le détour dans le Vieux-Montréal.Envoûtante et fortement musicale, l\u2019expo intitulée simplement Phil Collins rassemble trois installations et un film.L\u2019artiste britannique \u2014 comme son homonyme, mais de 19 ans son cadet \u2014, base sa pratique sur la rencontre de membres de communautés diverses.Son approche tient du documentaire, mais le résultat diffère d\u2019une œuvre à l\u2019autre.Le côté immersif de l\u2019expo a sans doute à voir avec ses propres immersions au sein d\u2019un groupe donné.L\u2019installation qui décape, tel son titre, my heart in my hand, and my hand is pierced, and my hand\u2019s in the bag, and the bag is shut, and my heart is caught (2013), est la seule sans écrans.Essentiellement sonore mais aussi garnie de choses, dont des vinyles qu\u2019on est invité à manipuler, elle se compose de six cabines hyperréa- listes.Le public doit y entrer, une personne à la fois, quitte à être l\u2019objet des regards comme à l\u2019époque des téléphones publics.Le projet découle de la collaboration de l\u2019artiste avec des sans-abri de Cologne, qui ont accepté que leurs conversations téléphoniques soient enregistrées.C\u2019est ce à quoi on a droit, en plus de pièces créées à partir d\u2019elles par des musiciens de renom.Intimité et vie publique se confondent dans cette œuvre qui traduit, avec respect, l\u2019expérience de la solitude dans une collectivité.L\u2019expression d\u2019individualités et du travail en collectif sont des traits de la signature Collins.Ils sont le reflet de la vie en société, que ce soit sa propre vie ou celles des gens qu\u2019il côtoie.Le film the meaning of style a été tourné auprès et avec des skinheads antifascistes de Malaisie.Les trois écrans de the world won\u2019t listen font défiler des adeptes de karaoké et fans du groupe rock the Smiths, que Collins a filmés en Colombie, en Turquie et en Indonésie.Enfin, dans l\u2019œuvre inédite dévoilée à Montréal (Bring Down the Walls), Phil Collins donne la parole à des détenus d\u2019une prison de New York, ainsi qu\u2019à des militants de droits de la personne.L\u2019installation est celle qui est la plus proche du documentaire, par son ton et l\u2019évidence de son parti pris \u2014 pour l\u2019abolition d\u2019un système carcéral punitif.Il faut par contre maîtriser quelque peu l\u2019anglais, en l\u2019absence d\u2019une souhaitable traduction.L\u2019œuvre se transforme en boîte de nuit, sous les rythmes entraînants de musique house, cela, à l\u2019écran comme dans l\u2019espace que l\u2019artiste a configuré.Le choix de ce style musical n\u2019est pas anodin, tant le house a symbolisé la résistance dans les années 1980.Il L\u2019expérience de la collectivité L\u2019artiste Phil Collins donne la parole à ceux qui sont dans la marge reflète l\u2019esprit communautaire et solidaire.Une fois par mois, l\u2019installation servira de lieu de discussion le jour, et de fête le soir.Une programmation de conférences, d\u2019actions de sensibilisation et d\u2019événements musicaux a été prévue tout au long de l\u2019hiver.Le malaise virtuel Dans l\u2019autre pavillon, l\u2019expo What Has Been Seen, d\u2019Eva & Franco Mattes, ne peut que souffrir de la comparaison.Le duo certes s\u2019évertue dans la critique sociale, mais le ton est autrement plus méprisant, voire moqueur.Le texte de la Fondation, lui, parle plutôt d\u2019humour.Ici, c\u2019est le monde aliénant du Web qui est montré du doigt et, à l\u2019instar de l\u2019œuvre qui accueille les visiteurs, My Generation, l\u2019expo est teintée de cris et de malaises.Les artistes scrutent les travers des relations virtuelles en faisant d\u2019adeptes de jeux en ligne compulsifs, et enragés, de spectateurs voyeurs ou de travailleurs manipulés les faux héros de leurs images.Dans les salles, ça ne lève pas.Sans raison, sinon pour expérimenter le malaise, le visiteur est même obligé de se coucher par terre.Au final, à l\u2019image d\u2019une longue vidéo mettant en scène un chien, l\u2019expérience est d\u2019une grande banalité.Phil Collins / What Has Been Seen À la Fondation Phi pour l\u2019art contemporain, 451 b et 465, rue Saint- Jean, à Montréal, jusqu\u2019au 15 mars Photo du haut : Phil Collins, Bring Down the Walls, 2018.Photo du bas : Eva et Franco Mattes, What Has Been Seen, 2017.SHADY LANE PRODUCTIONS / FONDATION PHI POUR L\u2019ART CONTEMPORAIN LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 C ulture Arts vi suels 17 CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans une époque où domine un art bourgeois commercial qui veut se donner des allures contestataires, il est bon de voir des œuvres qui s\u2019opposent vraiment au discours dominant.Depuis 1993, les vidéos et installations de Monique Moumblow déconstruisent les manières habituelles \u2014 réconfortantes \u2014 de raconter les récits.C\u2019est ce que les amateurs pourront appréhender devant sept de ses œuvres récentes présentées par la commissaire Nicole Gingras.Voilà un travail qui n\u2019avait pas été assez vu au Québec et que Gingras nous permet d\u2019expérimenter avec plusieurs pièces intelligentes.Un art dont la forme est bien différente de celle utilisée par les images acceptées de tous.Une œuvre qui montre entre autres comment l\u2019identité est complexe, éclatée et pas du tout monolithique.Cela pourra sembler une remarque amusante, mais les vidéos de Moumblow proposent des images et des récits qui semblent avoir le hoquet.Le visiteur de l\u2019exposition aura presque le sentiment que certaines des œuvres fonctionnent mal et que le lecteur vidéo qui les rend visibles s\u2019est détraqué.Les narrations s\u2019y dédoublent parfois dans des jeux de miroirs et de répétitions inquiétants, se déconstruisent, se mettent en pièces un peu comme les sculptures de Jean Tinguely qui s\u2019autodétruisaient après avoir été actionnées.La majorité des « récits » qui y sont dévoilés ne sont pas linéaires, avec un nœud narratif qui se noue pour finalement se dénouer.Bien au contraire.Malgré la simplicité de la trame narrative conviée, plus ces vidéos progressent et plus le spectateur aura la sensation de s\u2019enfoncer dans une énigme.Dans trois des vidéos à l\u2019affiche \u2014 Not Funny (erased), Pillow (erased) et John\u2019s Death (erased) \u2014, cela s\u2019exprime à travers un processus d\u2019effacement et de répétitions déroutant.Nicole Gingras l\u2019explique ainsi : « Le processus dégénératif des trois œuvres de la série erased est alimenté par un algorithme qui efface 5 % du nombre total d\u2019images restantes à chaque lecture de la boucle.Au début, les changements sont imperceptibles ou à peine perceptibles, puis, graduellement, le flux visuel et sonore se transforme en une suite d\u2019interruptions, de sursauts et de bégaiements jusqu\u2019à l\u2019effacement total du signal audio et visuel.» Dans Charles, un jeune homme nous explique, en danois, la dérive psychologique de son frère et les résonances dramatiques de sa maladie mentale sur sa famille.Sur une feuille de papier insérée dans une vieille machine à écrire apparaît ce qui semblera être une traduction de cette histoire.Pourtant, le récit ne devient pas plus clair pour autant.Des passages entiers de la transcription restent occultés par le jeu de la caméra ou le montage vidéo.De petits détails dans les actions du narrateur semblent aussi étranges : la majorité du temps, il porte une tuque dans un espace intérieur et plus tard, il se verse un verre d\u2019eau sur la tête.Le spectateur en vient à douter de la véracité du récit, et même de la possibilité qu\u2019il ait vraiment un frère.Le narrateur souffre-t-il d\u2019un dédoublement de personnalité ?Nous ra- conte-t-il une nouvelle qu\u2019il a écrite après l\u2019avoir inventée ?Le mystère reste entier et nous turlupine bien après le visionnement.Porte-voix Parmi les œuvres phares de cette expo, le visiteur remarquera 1970.Sans paroles, vidéo particulièrement poignante.Pour réaliser cette pièce, Moumblow s\u2019est servi du documentaire de l\u2019ONF élaboré par Jean-Claude Labrecque et Jean-Pierre Masse sur La nuit de poésie qui s\u2019est tenue à Montréal au Gesù le 27 mars 1970.Elle a en particulier utilisé la lecture du poème Speak White faite par Michèle Lalonde.Le résultat est une œuvre qui fera penser au film 24 Hours Psycho (1993) de Douglas Gordon, vidéo qui présentait au ralenti durant toute une journée le célèbre long métrage d\u2019Alfred Hitchcock, qui ne dure que 110 minutes.Moumblow nous propose la performance de Lalonde comme figée en ce qui évoque des photogrammes.Elle insiste sur la manière avec laquelle la poétesse incarna avec passion ses écrits.Elle n\u2019a gardé que les moments où la célèbre auteure prend des pauses entre des mots, moments où ces pauses deviennent des poses dramatiques.C\u2019est d\u2019une étrange beauté.Une démarche créatrice qui mérite plus de visibilité.L\u2019image-énigme chez VOX Monique Moumblow propose des vidéos que le spectateur doit décoder Compositions | Pale Shadows De Monique Moumblow.Commissaire : Nicole Gingras.Au Centre de l\u2019image VOX jusqu\u2019au 7 mars.Image tirée de la vidéo Charles (2012) de Monique Moumblow MONIQUE MOUMBLOW Avec ses interventions sculpturales en résidus industriels, réalisées parfois avec Justin Duchesneau, Philippe Allard ne cesse depuis quinze ans de faire résonner dans l\u2019espace public ses préoccupations environnementales.Une première monographie rend compte de sa singulière occupation du territoire.Monumentales, colorées et construites par accumulation de matériaux, les œuvres du Montré- alais interpellent l\u2019œil.Surtout lorsqu\u2019elles surgissent là où on ne les attend pas, telle Parasitage (2014), choisie pour illustrer la page couverture.Cette intervention éphémère, un trait chez Allard, faisait cracher des barils jaunes à un bâtiment vacant de Pointe- Saint-Charles.La qualité des reproductions est notable, leur nombre aussi.Ce qui fait qu\u2019on est happé par l\u2019ouvrage et poussé à lire le long essai, signé Cynthia Fecteau.Celle-ci qualifie l\u2019artiste de nomade, l\u2019inscrit dans une pratique de l\u2019errance, cet « acte de résistance [à] l\u2019ordre et à la vitesse », et l\u2019associe à « l\u2019écosophie », terme emprunté à Félix Guattari.Ainsi, la sensibilité de Philippe Allard ne se limiterait pas qu\u2019à « la sauvegarde des environnements naturels, mais aussi à la préservation d\u2019écologies dites mentales et sociales ».Jérôme Delgado SUR LE RADAR Accumulations Philippe Allard, Centre Sagamie, Alma, 2019, 154 pages Les résistances spectaculaires d\u2019un sculpteur Parasitages (Sporadiques, Collectif Pik-Nik).Un bâtiment datant de 1909 de Pointe-Saint-Charles, vidé de son contenu, est parasité de chutes à déchet qui sortent de ses cages d\u2019escalier et de ses ouvertures.PHILIPPE ALLARD LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Danse 18 ENTREVUE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRIC LE DEVOIR Fruit des retrouvailles artistiques de Dana Gingras avec le groupe post-rock Fly Pan Am tout récemment recomposé, Frontera est une œuvre- performance où les exploits physiques se marient avec la présence de musiciens sur scène dont la musique donne de la texture aux mouvements.Le temps d\u2019un extrait suivi d\u2019une entrevue dans une salle de répétition du théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, les concepteurs de la pièce Fron- tera ont réveillé la pensée critique du Devoir, allumant une riche et vibrante conversation sur le thème de la surveillance, sur la dictature algorithmique ainsi que sur la liberté de penser au temps des réseaux sociaux.« Au tout début, le projet s\u2019est présenté comme une volonté d\u2019investi- guer la question des limites, des frontières.Autrement dit, tout ce qui réunit le domaine du connu de l\u2019inconnu », raconte Dana Gingras, qui illustre le concept derrière sa chorégraphie avec la frontière invisible qui sépare son quartier de la Petite Italie de celui du Mile End.« Le chemin de fer qui sépare ces deux quartiers constitue un espace liminal.Moi, je trouve cela intéressant de constater la persistance des gens à tracer des sentiers dans cette fausse frontière.» Dana Gingras s\u2019est donc inspirée de ce qu\u2019elle qualifie de « lignes de désir dessinées dans l\u2019espace liminal » pour composer une pièce qui parle de notre façon de bouger dans l\u2019espace urbain.« Ruth Little, notre dramaturge, répète souvent qu\u2019à notre époque, les humains apprennent à bouger de manière algorithmique plutôt que rythmique », avance la directrice artistique de la compagnie Animals of Distinction (autrefois Holy Body Tattoo), qui a choisi des interprètes aux physiques et aux profils différents pour une pièce qui exploite à fond le thème du jeu et de la subversion.« J\u2019utilise beaucoup le parcours et la course libre pour parler des territoires interdits.Je voulais vraiment aller au fond de ce qui est permis et de ce qui est proscrit.Frontera fait référence à ce qui est permis et à ce qui est prescrit, des lieux restreints de liberté et de la provenance de nos résistances.» Panopticon au temps du mobile Le compositeur Roger Tellier-Craig \u2014 fondateur de Fly Pan Am \u2014 explique comment cette pièce très live exige une attention et une présence complètes En chute libre sur une frontière invisible Frontera explore en mouvements et en musique notre façon de bouger dans l\u2019espace urbain Image croquée lors d\u2019une répétition du spectacle Frontera, fruit des retrouvailles artistiques de la chorégraphe Dana Gingras avec le groupe post-rock Fly Pan Am MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Frontera De la compagnie Animals of Distinction.À La Rotonde, à Québec, le 20 novembre,puis au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 4 au 7 décembre, dans le cadre de la série Danse Danse.Au Centre national des arts d\u2019Ottawa les 19 et 20 février.de la part des musiciens.La première collaboration de Tellier-Craig et Gin- gras remonte à 2003, à la faveur de la création de la pièce Monumental par Holy Body Tattoo.Depuis, ils ont multiplié les rencontres artistiques, travaillant notamment ensemble sur le film pour dôme Chute libre, présenté à la SAT en 2018.« Notre travail collectif est un processus très organique : nous avons assisté à plusieurs répétitions, puis construit et raffiné la musique en prenant le mouvement comme point de départ », indique Roger Tellier.L\u2019intensité est dans le tapis, dans la salle de répétition du théâtre Maisonneu- ve, avec des danseurs qui s\u2019élancent dans toutes les directions, boostés par l\u2019antimélodie des musiciens de Fly Pan Am.L\u2019improvisation tient une place de choix dans cette pièce-per- formance qui prend forme avec la contribution du langage des artistes.Frontera est une pièce exigeante qui, de l\u2019aveu de Dana Gingras, a exigé le choix de danseurs aux compétences « kick ass ».« Au début de la création de la pièce, j\u2019ai donné aux danseurs la tâche de partir à la dérive dans la ville.Je leur ai demandé d\u2019aller dans des espaces interdits, comme des immeubles de bureaux.Je les ai invités à explorer des lieux inhabituels, à défricher de nouveaux sentiers.L\u2019idée était de voir ce qui arrive quand on se retrouve soudainement désorienté dans sa propre ville », explique la chorégraphe, qui dit que Frontera fait écho aux conséquences sociales et politiques des mouvements massifs, de déplacements et de migrations, qui bouleversent la planète.« Sur la scène, le concept de limina- lité est rendu par la façon dont les danseurs alternent entre l\u2019ombre et la lumière.Nous élargissons aussi le concept à la surveillance qui se fait par les applications, les téléphones intelligents, les réseaux sociaux.Comment faire pour passer sous le radar et ne pas être traqués ?C\u2019est une question qui nous taraude\u2026 » dit Dana Gingras, en référence à la pensée du philosophe français Michel Foucault et à son analyse du panopticon, transposée dans notre monde digital actuel.« Pour Foucault, l\u2019idée du panopticon illustre notre façon de nous surveiller les uns les autres, et individuellement.À un moment donné, nous devenons notre propre policier intérieur.Une façon de dire comment nous portons, en nous, des frontières intérieures.» Dana Gingras, qui a mis son talent chorégraphique à contribution lors de collaborations avec des icônes culturelles comme Arcade Fire, William Gibson, The Tiger Lillies et Steven Se- verin (de Siouxsie and the Banshees), fait un intéressant parallèle entre Frontera et son identité comme artiste de la marge.« Le centre bouge toujours.Éventuellement, il finit par rejoindre la culture en marge.On le voit avec le phénomène de l\u2019embourgeoisement.» Le musicien Jean-Sébastien Truchy ajoute son grain de sel à cette réflexion sur le côté mouvant de la marginalité portée comme badge d\u2019honneur.« Cela peut être très déplaisant d\u2019être confiné à la marginalité.Cela forge les attentes des gens.» Après une première vie à Québec, Montréal et Ottawa, Frontera partira en tournée, notamment à Sydney, en Australie, à Vancouver et à Berlin.« Tout cela nous amène à repenser notre rapport à l\u2019espace, notre rapport aux autres.En tant qu\u2019artistes qui travaillent sur une pièce de danse contemporaine, nous nous situons à l\u2019extérieur de notre art », ajoute Dana Gingras.Penser par soi-même, déjouer la surveillance, ne pas se soumettre aux lois du marché de la prévisibilité.Les géographes que sont les chorégraphes sont là pour nous rappeler que c\u2019est dans notre corps bougeant librement dans l\u2019espace que réside notre humanité.Culture Le Courrier des écrans, une nouvelle infolettre pour les vrais amateurs de maïs soufflé.Inscrivez-vous: ledevoir.com/courrierdesecrans LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Classique 20 Cultiver son humilité aux États-Unis Avec cette seconde tournée, l\u2019Orchestre Métropolitain est prêt à aller plus loin dans la prise de risques L\u2019Orchestre Métropolitain voyagera avec la 4e Symphonie de Bruckner.Comment s\u2019est fait le choix, risqué, de ce plat de résistance ?« J\u2019ai vraiment tenu mon bout ! » s\u2019exclame le chef Yannick Nézet-Séguin.FRANÇOIS GOUPIL ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR près son concert, dimanche soir à la Maison symphonique de Montréal, l\u2019Orchestre Métropolitain (OM) s\u2019exportera aux États-Unis pour quatre concerts, à Chicago, à Ann Arbor, à New York et à Philadelphie.Il s\u2019agira, après le voyage en Europe en novembre 2017, de la seconde tournée internationale de la « famille » réunie autour de son chef à vie, Yannick Nézet-Séguin.« Je ne vois pas la tournée européenne de 2017 comme un moment unique, un point culminant dans notre histoire », confie le chef québécois, qui veut plutôt s\u2019appuyer sur le succès de cette première tournée pour enclencher un mouvement.Par ce second voyage, « nous prouvons que nous sommes dans un circuit international et que nous sommes là pour de bon », précise le chef au Devoir.« Après cette deuxième tournée, il y en aura une troisième, une quatrième, une cinquième.» Les plans pour la troisième ne sont pas encore concrétisés, car deux projets sont en balance, « mais je pense que le rythme d\u2019une tournée tous les deux ans va être respecté », se réjouit Yannick Nézet-Séguin.Un chef opiniâtre L\u2019OM voyagera avec la 4e Symphonie de Bruckner, un honneur réservé en général aux phalanges de Berlin, Vienne, Amsterdam, Leipzig ou Dresde.Comment s\u2019est fait le choix, risqué, de ce plat de résistance ?« J\u2019ai vraiment tenu mon bout ! s\u2019exclame le chef.Bruckner n\u2019est jamais le premier choix des présentateurs et des salles parce que le compositeur n\u2019est pas réputé facilement vendable.» De plus, comme Carnegie Hall a présenté l\u2019année dernière une intégrale Bruckner avec la Staatskapelle de Berlin et Daniel Barenboïm, il a fallu « insister », de l\u2019aveu même du musicien.Mais « Bruckner est tout de même un compositeur qui nous a définis, l\u2019OM et moi, et je pense que nous avons quelque chose de spécial à dire au niveau du son et de l\u2019approche, surtout maintenant que le cycle a été mené à bien et que nous revisi- tons les œuvres.Pour moi, c\u2019était le choix idéal, aussi pour mettre en valeur nos cuivres.Je suis resté inflexible, et ça a marché », se réjouit-il.Pour ce voyage, l\u2019OM amènera en soliste la mezzo-soprano Joyce DiDo- nato, qui chantera des extraits de La clémence de Titus de Mozart.DiDo- nato, qui fut la soliste du concert d\u2019adieux de Yannick Nézet-Séguin à A LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Classique 21 Rotterdam, partage avec le chef québécois l\u2019honneur d\u2019être « Artiste en perspective » de la présente saison du Carnegie Hall de New York.Deux projets les réuniront : le concert du Métropolitain le 22 novembre et, le 15 décembre, Le voyage d\u2019hiver de Schubert pour lequel le chef deviendra pianiste.Ce cycle sera rodé le 8 décembre à Québec au Palais Montcalm pour le compte du Club musical.« Le choix va de soi », aux yeux de Yannick Nézet-Séguin.« Comme l\u2019idée de Perspective de Carnegie Hall est \u201c qui je suis et d\u2019où je viens , le concert du Métropolitain, le second de la série, s\u2019y intègre parfaitement.Mozart rappellera mes enregistrements d\u2019opéras chez DG et en bis nous donnerons un extrait du Poème de Violet Archer.» Cette œuvre composée en 1939 par la Montréalai- se Violet Archer (1913-2000) avait été présentée lors du concert d\u2019ouverture de la saison.Toujours plus haut Après la tournée européenne de novembre 2017, Yannick Nézet-Séguin a constaté une évolution dans son travail musical avec les musiciens.« Tout est évolutif et l\u2019objectif est \u201ctoujours plus haut\u201d, mais ce n\u2019est jamais une ligne droite.La tournée européenne a marqué un bond au niveau des possibilités expressives liées à la confiance en soi des musiciens.Le travail consiste à profiter de cette confiance en soi pour aller plus loin dans la prise de risques en ce qui touche au son, à l\u2019articulation, à l\u2019écoute chambriste.» Cette tournée-ci, deux ans après, « arrive exactement à point ».« Le but n\u2019est pas différent.Il faut continuer à visiter le monde avec notre son, notre union particulière.Simplement, le niveau de stress est bien moindre, car nous savons que nous avons traversé une tournée avec le succès que l\u2019on connaît.» Le programme sera aussi moins intense, soit quatre concerts dans des salles importantes, dont une, Chicago, que le chef québécois n\u2019a fréquentée qu\u2019une fois, en 2014, avec son orchestre de Rotterdam.« J\u2019avais dû hélas annuler mon rendez-vous avec l\u2019Orchestre symphonique de Chicago pour cause de maladie en 2010 ou 2012 », précise-t-il.Lors du voyage européen, il était beaucoup question de faire sauter le verrou de l\u2019auto-sous-évaluation des musiciens.A-t-il vraiment sauté, au fond, ou est-il ancré dans l\u2019ADN du Métropolitain ?« Où s\u2019arrête l\u2019auto- sous-évaluation et où commence le nécessaire besoin d\u2019humilité en musique ?nous rétorque Yannick Nézet- Séguin.Il y a quelque chose de très beau à cette humilité.Elle change réellement la donne.Ce pour quoi j\u2019adore par exemple travailler avec l\u2019Orchestre de Philadelphie, c\u2019est que je sens que les musiciens ont toujours cette humilité.Et nous ne parlons pas du tout d\u2019un orchestre en crise de confiance.Ils sont au top et ils en ont conscience.C\u2019est pareil au Met.» « Je sais très bien que rendu à Carnegie Hall, tout le monde au Métropolitain va dire : \u201c Je ne peux pas croire que j\u2019y suis ! Il y a encore cet émerveillement, ils ont encore du mal à le réaliser.Moi aussi parfois je m\u2019arrête et j\u2019ai cet émerveillement.C\u2019est très sain.Tout en cultivant la Les concerts de la semaine Philippe Jaroussky.Le contre- ténor vedette sera à Montréal avec les musiciens du Boston Early Music Festival Chamber Ensemble et la soprano Amanda Forsythe pour faire revivre le mythe d\u2019Orphée et Eurydice à travers des airs empruntés à des compositeurs italiens du XVIIe siècle.À la salle Bourgie, le mardi 19 novembre à 19 h 30.Charles Richard-Hamelin.Le pianiste québécois présente son nouveau programme de récital.Au menu, la 4e Sonate de Prokofiev, les Morceaux de fantaisie op.3 de Rachmaninov et une seconde partie Chopin comprenant la 1re ballade, le 1er impromptu et culminant avec l\u2019Andante Spiana- to et Grande polonaise brillante op.22.À la salle Bourgie, le mercredi 20 novembre à 19 h 30.Tournée américaine de l\u2019Orchestre Métropolitain Du 18 au 25 novembre.Concert à la Maison symphonique de Montréal, le 17 novembre, 19 h 30.confiance accrue dans notre jeu, dans qui nous sommes, dans notre son et notre façon de faire de la musique, il est important de continuer à cultiver cette humilité.» Une vraie curiosité Outre les objectifs internes, y a-t-il des messages à envoyer à l\u2019extérieur, ici comme à l\u2019international ?« Les choses changent.La perspective du contrat à perpétuité a aussi changé la vision des choses aux États-Unis.On me connaît comme étant à la tête de deux institutions reconnues au pays, mais savoir que l\u2019Orchestre Métropolitain est l\u2019institution qui m\u2019a vu grandir, mais à laquelle je vais rester associé jusqu\u2019à la fin de ma carrière, c\u2019est un message très différent que si cette annonce n\u2019avait pas eu lieu.» Ici, les changements ont été visibles depuis la tournée précédente.« Il y a eu un gros changement du type d\u2019appuis que nous recevons.Nous le sentons non seulement de la part des gouvernements, mais aussi du secteur privé.Les gens nous regardent différemment depuis deux ans.Mais cela se traduit aussi auprès du public, lorsque cet été nous avons joué au pied du mont Royal devant 35 000 personnes, contre 8000 à 10 000 habituellement.» Cette reconnaissance et cette curiosité gagnent-elles déjà l\u2019Asie, où Yannick Nézet-Séguin vient d\u2019achever une tournée avec l\u2019Orchestre de Philadel- phie ?« Oui.Sans aller jusqu\u2019à parler d\u2019une majorité, je peux dire qu\u2019une grande proportion de disques que j\u2019ai signés dans les interminables séances de signature suivant les concerts était des disques de l\u2019Orchestre Métropolitain.C\u2019est la preuve d\u2019une curiosité au Japon comme en Corée.» C\u2019est prometteur ! Je sais très bien que rendu à Carnegie Hall, tout le monde au Métropolitain va dire : \u201cJe ne peux pas croire que j\u2019y suis !\u201d Il y a encore cet émerveillement, ils ont encore de la peine à le réaliser.Moi aussi parfois je m\u2019arrête et j\u2019ai cet émerveillement.C\u2019est très sain.Tout en cultivant la confiance accrue dans notre jeu, dans qui nous sommes, dans notre son et notre façon de faire de la musique, il est important de continuer à cultiver cette humilité.YANNICK NÉZET-SÉGUIN » LES AMOUREUX THÉÂTRE DENISE-PELLETIER DE CARLO GOLDONI TRADUCTION DE HUGUETTE HATEM MISE EN SCÈNE DE CATHERINE VIDAL 6 AU 30 NOVEMBRE PRODUCTION THÉÂTRE DENISE-PELLETIER DENISE-PELLETIER.QC.CA BILLETTERIE 514-253-8974 Une mise en scène sublime ! [\u2026] Vidal nous offre une mise en scène éclatée et résolument moderne.- Tan Bélanger, ARP Media [\u2026] on sort de la salle le cœur léger, un peu plus réconcilié avec les tourments inhérents à l\u2019aventure amoureuse.-Christian Saint-Pierre, Le Devoir Diablement drôle! [\u2026] De la comédie de très haut niveau [\u2026] Le spectacle endiablé et les interprètes survoltés font sourire et rire pendant 100 minutes bien comptées.- Mario Cloutier, En toutes lettres.Un vrai délice comique et un puissant remède contre la grisaille de novembre.- Stéphanie Morin, La Presse + Partenaire de saison LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Disque 22 Le retour de Gerald Finley à Montréal après onze ans d\u2019absence grâce à la Société d\u2019art vocal* a été salué par un prix Opus du concert de l\u2019année.Le baryton canadien reviendra le 20 mars 2020 à la Maison symphonique, invité par l\u2019OSM et Pro Musica.Après son Voyage d\u2019hiver en 2015, le revoilà au disque dans Schubert.Le Chant du cygne, qui n\u2019est pas un vrai cycle mais une collection des dernières mélodies de Schubert, est intelligemment couplé aux Quatre chants sérieux de Brahms, les « dernières paroles » mélodiques de Brahms.Le tempérament dramatique de Gérald Finley est employé de façon optimale dans les lieder sur les sublimes textes de Heinrich Heine.Der Atlas ou Der Doppelgänger, désolé, tragique et patient, ont la parfaite noirceur avec une superbe densité vocale, alors que l\u2019ultime lied, Die Tauben- post (texte de Seidl), est baigné d\u2019une tendre nostalgie.La gravité de Finley est parfaitement en phase avec les Chant sérieux de Brahms.Mais, la voix s\u2019assombrissant, à sa place, nous n\u2019attendrions pas quatre années pour graver La belle meunière\u2026 Christophe Huss Schubert- Brahms 1/2 Gerald Finley, Julius Drake, Hyperion, CDA 68288 CLASSIQUE Après avoir accueilli un petit groupe de musiciens sur leur dernier album, Joey Ryan et Kenneth Pattengale retournent à leur intimité confortable, seuls aux harmonies générales.The Only Ones n\u2019a pas l\u2019amplitude d\u2019un album ni la concision d\u2019un microal- bum : il se trouve entre les deux, sorte de brève confidence sous les étoiles.On y retrouve sans faute des compositions élégantes et des galops de cowboy en déroute (I\u2019ll Be Gone) qui font The Milk Carton Kids depuis leurs débuts.Mais une nette distinction apparaît dans le soin donné aux histoires, qu\u2019on dirait écrites au télescope.En cernant avec minutie la renonciation au couple, l\u2019ambiguïté des sentiments ou le rapport à l\u2019enfant (superbe As the Moon Starts to Rise), les musiciens américains basculent dans la force du témoignage.Longue et acharnée, plus abstraite aussi (un qualificatif rarement associé au duo), I Was Alive éteint les feux en révélant que, malgré la mort qui rôde en différents mirages, la vie, avec ses lumières, existe encore.Geneviève Tremblay The Only Ones 1/2 The Milk Carton Kids, Thirty Tigers AMERICANA C\u2019est son premier album depuis le triomphe.Oui, à La voix.Elle ne l\u2019aura pas gagné à l\u2019arraché, sa palme : voilà dix-neuf ans qu\u2019elle cherche la meilleure voie d\u2019accès, choriste souvent, pro à large palette (comédies musicales, premières parties), chanteuse tout le temps.La chanson- titre, écrite avec son complice Frédéric Boudreault, dit exactement ça : « J\u2019ai toujours su que je chanterais toujours ».Cela s\u2019entend, le timbre est à la fois doux et placé, le coffre puissant lorsque nécessaire.Son répertoire folk-pop, certes balisé à l\u2019enseigne Musicor-TVA, ne manque pas de joliesse et de mesure dans les arrangements (L\u2019appel du large est la plus réussie du lot), et les collaborations, d\u2019Antoine Gratton à David Portelance, témoignent d\u2019un très grand soin dans la confection.Quelque part entre une Marie-Michèle Desrosiers et une Nicole Martin, il y avait une place à prendre, et ce quatrième disque de Geneviève Jodoin est celui qu\u2019il fallait pour l\u2019occuper.Longtemps.Sylvain Cormier J\u2019ai toujours su 1/2 Geneviève Jodoin, Musicor-TVA CHANSON Ces enregistrements sont le fruit d\u2019un concours de circonstances : l\u2019annulation d\u2019une tournée des concertos de Beethoven par Murray Perahia et la célèbre Academy qui devait culminer par une captation en public à Berlin pour DG.À 24 ans, Jan Lisiecki a relevé le défi du remplacement de Pera- hia et de l\u2019immortalisation discographique.On pourrait crier « au fou ! », surtout pour une étiquette qui a deux versions Kempff et Pollini à son catalogue.Mais la surprise est plutôt bonne.On a assez reproché à de jeunes artistes de « jouer comme des vieux » pour ne pas saluer ici la fraîcheur et même une forme de candeur dans certaines inflexions, lorsque le pianiste canadien cherche à apporter sa touche.Le Beethoven de Lisiecki, dont le piano est placé très en avant par les micros, est élégant, pas immensément riche en couleurs pianistiques et en nuances orchestrales, mais avec suffisamment d\u2019excellentes décisions (tempo du volet central de l\u2019Empereur, admirable section à 3 min 50 s du largo du 3e Concerto) pour être salué.Christophe Huss Ludwig van Beethoven 1/2 Les concertos pour piano, DG, 3 CD, 483 7637 CLASSIQUE « Appréciez-vous notre univers ?Avez-vous aimé la dernière ?» demande une voix d\u2019homme (celle de Mathieu Bédard) sur Se droguer tout en restant en santé, c\u2019est tout un plan, pièce à la mi-temps du premier album du quatuor noise-math- rock Nüshu.Flash d\u2019un autre aparté caustique du même type : « Ça va bien tout le monde ?J\u2019ai rien entendu ! », qui ouvre LP6 de Navet confit.Ça tombe bien, il en est, le prolifique légume racine.Si les paroles sont rarement centrales dans le noise ou dans le math-rock ou dans le garage ou dans l\u2019industriel (classifications diverses qui font Sexe étranger), celles-ci ont l\u2019avantage de sonder le rapport tendu entre l\u2019artiste et le désir d\u2019un public.Parlant de paroles, soulignons aussi une belle mise en musique de Josée Yvon (Commandos-filles bandées).La voix criarde de Jessica Pion est comme une pluie acide, une douche froide en sursauts irréguliers, la claque finale coiffant un processus musical qui nous roue déjà pas mal de coups.Une belle violence.Sophie Chartier Sexe étranger 1/2 Nüshu, indépendant NOISE ROCK Au lieu de repeindre la bâtisse quand ça écaille, Neil Young décape.Il appelle alors Crazy Horse pour l\u2019aider : avec ces ouvriers-là (dont Nils Lofgren emprunté au E Street Band de Springsteen), le boulot est vite accompli.Ces aguerris n\u2019ont pas peur de se salir.Guitares bien tranchantes, basse boulet, batterie massue, ils sont bien équipés.La maison sent le bon bois, les chansons dans leur plus rude état résonnent comme elles ont besoin de résonner.Neil, avec Crazy Horse, se remet à faire des chansons avec des longs solos (She Showed Me Love) et des refrains qui soulèvent (Rainbow of Colors), avec des harmonies à la fois riches et approximatives.Il retrouve le bon bruit de la protestation, Shut It Down est aussi fâchée que l\u2019était Ohio.Le bois nu libère toutes les strates du passé, y compris les incrustations fondatrices de Buffalo Springfield (Green Is Blue) et de CSNY (Milky Way).Le combat peut continuer, la musique peut encore servir.Salutaire chantier.Sylvain Cormier Colorado Neil Young et Crazy Horse Reprise / Warner ROCK Voilà un autre grand disque du compositeur, oudiste et chef d\u2019orchestre Sam Shalabi avec son ensemble d\u2019une vingtaine de musiciens, Land of Kush.Partageant son temps entre Montréal et Le Caire, Shalabi offre en quelque sorte une suite à The Big Mango (2013), inspiré par le Printemps arabe.Sand Enigma s\u2019écoute comme une réflexion de l\u2019Égypte post-révolution, certes chaotique par moments (Broken Ma- qams, Ssssss), mais terriblement beau, de Aha en ouverture, avec la puissante voix de Nadah El Shazly, à Recuerdo chantée par Katie Moore, incroyablement moderne aussi dans ses collages sonores et ses métissages musicaux.Car sur ce Sand Enigma enregistré à l\u2019Hote2Tango, Shalabi explore à nouveau une rencontre entre musique classique arabe, rythmes traditionnels d\u2019Égypte, jazz d\u2019avant-garde, rock et musiques électroniques, épaulé par un ensemble de calibre comprenant Dave Gossage, Alexandre St-Onge, Sarah Pagé et Jason Sharp.Un album double passionnant, opulent et riche sur le plan de la composition.Philippe Renaud Sand Enigma Land of Kush, Constellation AVANT-GARDE Nourri par l\u2019anxiété qui a fait de nous de petites bêtes affolées, ce nouvel album du projet ambient de Matt Kidd, Slow Meadow, est parfaitement de son temps.Deux ans après la douceur humaniste et mélodieuse de Costero, voici la pré-apo- calypse expérimentale de Happy Occident, un titre à prendre évidemment avec ironie.Si un certain bonheur transparaît bien parfois dans le piano mouvant et le paroxysme des cordes, comme sur l\u2019épopée Drifting Phonetics, l\u2019insertion d\u2019éléments élec- tros et d\u2019effets futuristes \u2014 comme des voix numériques \u2014 témoigne qu\u2019il y a bel et bien mutation (quand ce n\u2019est pas dégradation) de ce que nous sommes.Dans sa lecture polysémique du monde, où le fossé entre organique et synthétique ne pourrait être plus marqué, Happy Occident n\u2019est pas toujours fluide ou subtil.Mais certaines compositions touchent au cœur, comme la métaphorique Artificial Algorithm, la forestière Pareidolia et la triste Helium Life Jacket, qui fait de nous les passagers d\u2019un ballon chaud, enfin distants de ce monde fou.Geneviève Tremblay Happy Occident 1/2 Slow Meadow, Hammock Music AMBIENT L E D E V O I R // L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 N O V E M B R E 2 0 1 9 LI RE Pour une écriture inspirée En français ou en anglais, Antidote est l\u2019arsenal complet du parfait rédacteur.Que vous rédigiez un essai, un roman, une nouvelle ou un simple courriel, accédez en un clic aux ouvrages de référence parmi les plus riches et les plus utiles jamais produits.Si vous écrivez à l\u2019ordinateur, Antidote est fait pour vous.www.antidote.info Correcteur avancé avec filtres intelligents Dictionnaires riches et complets Guides linguistiques clairs et détaillés Patrick Senécal La peur de la peur de la mort Salon du livre de Montréal 24 pages pour s\u2019inspirer LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal 24 ENTREVUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR « Zoé, toute seule dans le salon à l\u2019heure des nouvelles, s\u2019écrie avec une telle urgence et un tel enthousiasme que je l\u2019entends du sous- sol : \u201cL\u2019argent va venir d\u2019Ottawa !\u201d » Des anecdotes comme celles-ci \u2014 le rire d\u2019un enfant, l\u2019aile d\u2019un héron, l\u2019éclosion d\u2019un tournesol, les paillettes sur une jupe tourbillonnante \u2014 s\u2019enchaînent comme autant de lumières épinglées au quotidien dans Pour mémoire (petits miracles et cailloux blancs).Né de la collaboration entre Dominique Fortier et Rafaële Germain, ce petit herbier littéraire s\u2019inscrit comme un doux acte de résistance contre le cynisme et le découragement ambiants, rappelant que le quotidien et la banalité voilent une splendeur et une joie aussi puissantes qu\u2019éphémères.« Nous avons voulu sauver, dans ce qui nous entoure, une chose par jour, une histoire fragile, et l\u2019épingler sur le papier avant qu\u2019elle ne s\u2019envole, indique Rafaële Germain.Comme un herbier, qui est en fait le souvenir de fleurs d\u2019un certain été, on a voulu conserver en mémoire quelques fleurs du printemps 2017.» « On a longtemps appelé le projet Le livre des miracles, complète Dominique Fortier.L\u2019objectif n\u2019était pas de prétendre qu\u2019on vit dans un monde de licornes et que nos existences sont extraordinaires, mais plutôt de se rappeler que la vie est courte et fragile et qu\u2019il faut l\u2019apprécier, comme un corollaire à la dureté du monde.» Réunies dans un café bondé du Mi- le-End, les deux écrivaines acquiescent aux dires de l\u2019autre, complètent leurs phrases respectives, s\u2019échangent des souvenirs de leur séjour à la mer, et parlent avec ravissement de l\u2019amitié naissante entre leurs deux fillettes, Zoé et Zaza, personnages récurrents dans le livre.« C\u2019était une chance inouïe d\u2019avoir nos filles pour nous rappeler l\u2019émerveillement constant de l\u2019enfance, souligne Dominique Fortier.Sans prétendre qu\u2019on devrait tous voir la vie comme un enfant, je pense qu\u2019on gagnerait tout à l\u2019aborder avec le regard du convalescent.Pas celui qui découvre le monde, mais celui à qui il est redonné.» Parenté d\u2019âmes Bien avant la naissance de ce projet il y a deux ans, lorsqu\u2019elles ne se connaissaient que de plume, les deux écrivaines ont chacune reconnu dans la prose de l\u2019autre une sororité d\u2019âme inattendue.« Quand j\u2019ai lu Un présent infini, j\u2019ai eu l\u2019impression pour la première fois de ma vie que j\u2019aurais pu écrire les phrases que je lisais, pour- suit-elle.C\u2019était saisissant.J\u2019ai donc demandé à une amie éditrice qu\u2019elle me mette en contact avec Rafaële.» « Je m\u2019apprêtais à écrire à la même éditrice pour les mêmes raisons après avoir lu Au péril de la mer, enchaîne cette dernière.Au même moment, j\u2019ai reçu un courriel de sa part me disant que Dominique essayait de me contacter.On s\u2019est dit qu\u2019on devait au moins aller prendre un café ! » Dès la première rencontre, l\u2019idée d\u2019un projet à quatre mains a fait son chemin.Du début du printemps jusqu\u2019au premier jour de l\u2019automne, les deux complices se sont envoyé chaque semaine les petites lueurs qui enjolivaient chacune de leurs journées.À la lecture, la parenté de cœur est évidente.Tout au long du recueil, les voix, les visions et les regards des au- trices convergent jusqu\u2019à se confondre dans une danse fluide portée par ce qui semble souvent être un seul et même souffle.« J\u2019étais étonnée de voir à quel point nos voix se ressemblaient, souligne Dominique Fortier.Même si, en apparence, nos tempéraments sont très différents, ça a confirmé mon intuition que nos sensibilités s\u2019accordaient parfaitement.» Le doux éclat du quotidien Le résultat aurait pu être mielleux ou convenu, du fait de la grande douceur, de la langue dépouillée et de la sobriété lumineuse des deux amies.Jamais Éloge de la gratitude Dominique Fortier et Rafaële Germain rassemblent les fragiles et minuscules miracles qui habitent sans fracas notre quotidien Venez écouter Dr Guy Breton, actuel recteur de l\u2019Université de Montréal, et Robert Lacroix, qui a occupé les mêmes fonctions entre 1998 et 2005, discuter de l\u2019avenir de l\u2019université.Cette discussion sera suivie par une séance de signatures sur le stand des PUM (731).Mercredi 20 novembre 2019, 16 h 20, Espace littéraire LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Les classes aisées nord-américaines ont hérité d\u2019une curieuse lubie de la gentry anglaise : le beau gazon.Par esprit d\u2019imitation, les classes moyennes ont suivi.L\u2019herbe devint toujours verte chez le voisin.Il y a derrière l\u2019obsession collective pour les pelouses bien rases, homogènes et entretenues à coups de pesticides et d\u2019engrais chimiques un fantasme de pureté qui donne un peu froid dans le dos.Sans compter que les pick-up des entrepreneurs paysagers qui font leur foin de cette manie figurent parmi les pires délinquants motorisés des quartiers résidentiels où ils foncent dans un fracas d\u2019outils le long des rues peuplées de petites familles.Parfois, très rarement, l\u2019intelligence prévaut.Au bord de certaines de nos autoroutes, les épervières, marguerites, épilobes et autres fleurs sauvages ont désormais remplacé les employés du ministère des Transports payés pour faire des rides de tracteur aux frais du contribuable.Plus beau, plus économique, tout le monde est content ou presque : car à l\u2019abri de cette végétation revivifiée, les maudits chevreuils vont maintenant nous sauter en pleine face ! Le vieux contentieux qui oppose les descendants d\u2019un peuple de défricheurs au monde végétal est encore bien loin d\u2019être réglé, et pour un certain type d\u2019automobilistes, il n\u2019y a vraiment rien de pire que d\u2019être obligé de faire attention.Il existe un beau mot en américain pour décrire des pratiques comme celle qui refleurit nos terre- pleins autoroutiers : rewilding.Le ré- ensauvagement.Le plus beau, c\u2019est que vous n\u2019avez pas absolument besoin de construire des viaducs réservés à la faune sauvage (wildlife crossings), ou de réintroduire les loups dans le parc de Yellowstone pour participer à ce grand mouvement continental.Pourquoi ça ne commencerait pas là, dans votre cour ?C\u2019est le genre d\u2019épiphanie qui, en 2015, a visité l\u2019historien Jean Pro- vencher lorsque la « grange-éta- ble » de sa maison de campagne s\u2019est effondrée sous le poids de la glace.« Cet accident m\u2019a fait comprendre que j\u2019entretenais, à grands efforts et à grand bruit, une sorte de terrain de golf devant la grange, autour de la maison et dans mon vieux verger de trente-cinq pommiers.Et si je laissais toute la place à la nature pour un certain temps ?Immense surprise : libéré de la domestication, un tout nouveau monde se propose, peuplé entre autres de fleurs et d\u2019insectes que je n\u2019avais pas encore remarqués.» La lecture de ces Histoires naturelles (Del Busso éditeur, 2019) nous convainc aisément que l\u2019historien que nous connaissions déjà se double d\u2019un naturaliste, et pas des moindres puisque, dans ces pages, il s\u2019affirme comme un des plus éminents disciples contemporains de H.D.Thoreau au Québec.Comme l\u2019auteur de Walden, Provencher a compris que tout est dans le regard et que le véritable amoureux de la nature est celui qui voyage autour de chez lui pour découvrir ce qui, depuis toujours, lui pendait au bout du nez.Pas besoin d\u2019un safari ornithologique tout compris au Costa Rica et des émissions de carbone qui vont avec.« Je prends le temps de marcher, de regarder.J\u2019observe, je prends note\u2026 Surtout, j\u2019apprends.Et ça n\u2019a de cesse.» Au bois Beckett, l\u2019autre jour, je regardais un pic chevelu escalader un tronc en y donnant des coups de bec espacés, machinaux et comme distraits.Il n\u2019était pas en train de forer, et j\u2019ai soudain compris que le bec du pic ne lui sert pas qu\u2019à creuser des trous pour harponner les larves dont il se nourrit.Il est aussi la sonde grâce à laquelle, selon la sonorité que rend le bois, il peut repérer les textures et les compositions des habitats de ses proies.Je fréquente les pics-bois depuis au-delà d\u2019un demi- siècle, et ça venait seulement de cliquer dans ma tête de bois.Cette idée de la nature comme une école permanente, c\u2019est bien sûr Thoreau, et c\u2019est aussi Jean Pro- vencher.Nous entraînant à sa suite dans la petite jungle qu\u2019est devenue sa cour, il nous introduit dans l\u2019intimité de la belle-dame, du sphinx gracieux, de la cicindèle, du cerco- pe écumeux et de l\u2019argiope auren- tia, magnifique arachnide dont il tient le compte saisonnier des victimes entoilées.Il est savant, bien documenté, mais surtout attentif et incroyablement empathique à l\u2019endroit de toutes les créatures.Avec lui, on cesse d\u2019avoir peur des guêpes.Voici ce qu\u2019il dit du bourdon : « Son corps vibre en permanence, on le perçoit au toucher, comme chez l\u2019écureuil roux.» Même lorsqu\u2019il s\u2019appuie sur des écrits scientifiques, Provencher est d\u2019abord un naturaliste à la manière des Audubon et Thoreau, un observateur d\u2019une sensibilité exacerbée pour qui comprendre est le contraire d\u2019enfermer dans une définition.De ce survenant des oiseaux qu\u2019est le tarin des pins, il écrit : « Il brise les codes.Il défie les lois communes.Il déstabilise.» Et l\u2019auteur de ces histoires naturelles, comme un grand artiste, renouvelle notre regard.Réensauvagement LOUIS HAMELIN Dans Pour mémoire (petits miracles et cailloux blancs), un livre qui adoucira les pires tempêtes de l\u2019hiver, Dominique Fortier et Rafaële Germain ont cueilli, au fil de deux saisons, un instant lumineux par jour, image, parole ou oiseau, pour l\u2019épingler sur le papier avant qu\u2019il ne s\u2019évanouisse à jamais.Avec leur plume dépouillée et leur regard curieux et résigné, les deux écrivaines font l\u2019éloge de la simplicité, du silence et de la latence dans un monde où la productivité, la réussite et le cynisme intellectualisé sont plus que jamais valorisés.La grande finesse poétique de l\u2019œuvre laisse place, à plusieurs reprises, à un pur état de ravissement.Un modeste et sobre rappel que de fragiles et minuscules miracles habitent sans fracas notre quotidien.À lire avec un bon chocolat chaud, une couverture et une paire de bas de laine.Pour mémoire (petits miracles et cailloux blancs) 1/2 Dominique Fortier et Rafaële Germain, Alto, Montréal, 2019, 176 pages À la lecture, la parenté de cœur est évidente.Tout au long du recueil, les voix, les visions et les regards des autrices convergent jusqu\u2019à se confondre dans une danse fluide portée par ce qui semble souvent être un seul et même souffle.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR la beauté et le bonheur ne se trouvent dans l\u2019artifice, le bonheur filtré et autres aventures mémorables qui se retrouvent généralement affichées avec éclat sur les réseaux sociaux.« Nous ne sommes pas très joviales de nature.Il est toujours plus facile de voir la tache que la paillette qui brille à côté.Mais il existe toujours quelque chose qui vaut la peine qu\u2019on s\u2019y arrête deux minutes, » indique Rafaële Germain.Souvent, ces moments ne se résument qu\u2019à une demi-douzaine de petites merveilles récurrentes, qui se déclinent de mille et une façons d\u2019un jour à l\u2019autre : leurs filles, la mer, les mots des poètes, les couchers de soleil.« Ce livre m\u2019a vraiment permis d\u2019asseoir mon amour de la nature, continue l\u2019écrivaine.J\u2019ai dû parler d\u2019oiseaux et de rivages au moins 80 fois.On valorise beaucoup les écrivains du voyage.Moi, j\u2019aimerais être une écrivaine qui ne décrit que son bout de jardin.Quel plaisir j\u2019ai eu à trouver le mot exact pour décrire la teinte du coucher de soleil : tangerine, saumon.Je n\u2019ai jamais eu l\u2019impression de perdre mon temps.» « On est vraiment revenues au plaisir fondamental de l\u2019écriture, celui de témoigner de ce qui se passe autour de nous, conclut Dominique Fortier.J\u2019en retiens que souvent, l\u2019inspiration naît du silence, de l\u2019absence et de la contemplation.J\u2019accueille mieux ces moments maintenant.» Dominique Fortier et Rafaële Germain seront au SLM les 21, 23 et 24 novembre.2 5 S alon du livr e de Montr éal LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal 26 ENTREVUE ANNE FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR ur sa page Facebook, l\u2019écrivaine Élise Turcotte relaie quotidiennement la parole des femmes à travers des articles qui légitiment leur voix, tout comme leur silence.Plaidoyers en faveur des droits des victimes de crimes sexuels et réflexions sur l\u2019égalité et la colère côtoient œuvres d\u2019art engagées et dénonciations des doubles standards auxquels se heurtent politiciennes et autres femmes de tête.Pas étonnant, donc, qu\u2019elle se soit trouvée aux premières loges des importants débats ayant suivi les mouvements #AgressionsNonDénoncées, en 2014, et #MoiAussi, en 2017.« Les nombreuses voix qui se sont Sauver la parole des femmes Élise Turcotte lutte contre la chasse insidieuse qui traque la voix des femmes jusqu\u2019à l\u2019épuisement L\u2019écrivaine Élise Turcotte s\u2019est retrouvée aux premières loges des importants débats qui ont suivi les mouvements #Agressions NonDénoncées, en 2014, et #MoiAussi, en 2017.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR levées avec courage et la négation souvent insidieuse de ces dernières occupaient constamment mes pensées », soutient Élise Turcotte, rencontrée dans un café à Montréal.« Je me suis rendu compte que les conséquences de cette prise de parole n\u2019étaient pas juste sociales, mais intimes aussi.Les microagressions que l\u2019on subit lorsque notre langue est remise en question pénètrent dans notre corps et notre peau, s\u2019insinuent entre les membres d\u2019une famille.» Dans L\u2019apparition du chevreuil, une écrivaine se retire dans un chalet après avoir été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux.Au cœur de la tempête, elle scrute la forêt où rien n\u2019est tranquille, et observe le grondement sournois qui grandit dans le chalet voisin, abandonné et rongé par la mérule.Remontant le cours de sa colère, elle lutte contre sa propre parole, sans cesse mise en doute par les discours dominants.Peu à peu, la véritable menace se précise ; une histoire familiale et intime qui la hante comme un prédateur.Et si on l\u2019avait suivie ?Chasse à l\u2019épuisement Cette histoire de prédation, de censure et d\u2019affirmation de soi est née dans l\u2019esprit d\u2019Élise Turcotte lors d\u2019un séjour en forêt, pendant la rédaction de son précédent roman, Le parfum de la tubéreuse.« De ma table de travail, j\u2019apercevais un chalet abandonné.Il ne cessait de grandir et de prendre de plus en plus de place dans mon espace imaginaire.Je me disais qu\u2019à l\u2019intérieur, il y avait quelque chose à sau- S LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 27 S alon du livr e de Montr éal hommes, tu n\u2019as pas le sens de l\u2019humour, tu es extrémiste.Ces phrases, que j\u2019ai entendues et lues à de multiples reprises, cherchent à nier la parole des femmes.Je voulais parler de cette violence insidieuse, jamais dénoncée par la masse, qui gruge et essouffle peu à peu.» Tel un chevreuil traqué, la narratrice de l\u2019œuvre est victime de chasse à l\u2019épuisement par son prédateur, une technique qui consiste à poursuivre l\u2019animal jusqu\u2019à ce qu\u2019il ralentisse et devienne une proie facile.« Ma narratrice, comme la plupart des femmes qui écrivent et prennent la parole, finit par ressentir cet épuisement.À force d\u2019être contraintes de se justifier, de rassurer leur interlocuteur, elles finissent par douter de leur propre expérience.» Et par se taire.Même au sein de sa propre famille, le témoignage et le vécu de la narratrice sont constamment remis en doute, considérés comme trop radicaux.« La famille est un endroit où on aime beaucoup le statu quo », poursuit l\u2019écrivaine.« On ne veut pas trop déranger les choses.Un écrivain, avec son regard lucide et curieux, ça ne fait pas toujours plaisir.Mais comme le disait James Baldwin, il y a deux façons d\u2019affronter la vie.On peut accepter ou nier et fuir.Un écrivain ne peut pas nier, même s\u2019il perd parfois des plumes au passage.» Pour transmettre le doute, la tension omniprésente et les multiples interrogations qui se bousculent dans la tête de sa protagoniste, Élise Turcotte a effectué un travail narratif colossal, juxtaposant les temporalités, maniant les sous-titres, enchevêtrant le présent aux souvenirs de réunions familiales et aux rencontres avec une psychologue plongée dans le déni.Le résultat, haletant, est d\u2019une incroyable densité.« Le roman ne fait que 160 pages, mais il est le produit d\u2019un monologue intérieur qui a duré près de cinq ans.» L\u2019autrice déjoue donc les attentes, bouscule le système narratif linéaire, évite de nommer les lieux et les personnages, ainsi que toute forme de justification discursive, ne conservant que les « lignes de force » de son récit, soit les événements et les émotions brutes.« Je voulais cristalliser les voix sans les asseoir dans ce qu\u2019on peut nommer.Je trouve que ça frappe plus fort.Je n\u2019avais pas la volonté d\u2019atteindre une forme de totalité romanesque, de faire un roman psychologique qui expliquerait le comment du pourquoi.Je suis fatiguée de toujours devoir expliquer.C\u2019est l\u2019observation radicale d\u2019une situation qui nous permet d\u2019atteindre la vérité.» Élise Turcotte prendra part à la discussion Femmes de convictions avec Judith Lussier au SLM le 22 novembre à 16 h 55 ; elle sera aussi présente les 20, 22, 23 et 24 novembre.ver.J\u2019ai vite compris que c\u2019était le roman que j\u2019allais écrire qui devait l\u2019être, la voix de ma narratrice, la voix de ces femmes qui ont osé parler.» Bien que le roman ne soit en aucun cas autobiographique, Élise Turcotte n\u2019est pas étrangère aux insultes et menaces lancées à cor et à cri sur les réseaux sociaux.« Tu n\u2019aimes pas les Je voulais cristalliser les voix sans les asseoir dans ce qu\u2019on peut nommer.Je trouve que ça frappe plus fort.Je n\u2019avais pas la volonté d\u2019atteindre une forme de totalité romanesque, de faire un roman psychologique qui expliquerait le comment du pourquoi.Je suis fatiguée de toujours devoir expliquer.ÉLISE TURCOTTE » Entre deux révoltes féministes, une écrivaine se retire dans un chalet pour se mettre à l\u2019abri des menaces qu\u2019elle reçoit sur les réseaux sociaux.Au cœur d\u2019une tempête, qui à la fois obscurcit et enlumine le paysage, elle appréhende la forêt autant que sa parole, confrontant la réalité à son imaginaire, doutant de la validité de son récit hanté par une prédation trop familière.Comme sa narratrice, qui bouscule les attentes sociales, Élise Turcotte déjoue les codes spatio-temporels et les justifications discursives pour ne laisser sur papier qu\u2019une tension pantelante et lucide qui brûle les mains autant que l\u2019âme.L\u2019écrivaine crée un univers aux effluves féeriques, dont les échos traversent le présent.À couper le souffle.L\u2019apparition du chevreuil Élise Turcotte, Alto, Montréal, 2019, 160 pages Théâtre Poésie Littérature jeunesse livres illustrés Littérature jeunesse texte Essais Romans et nouvelles Traduction Nos meilleurs livres de 2019 Les gagnants des Prix littéraires du Gouverneur général LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal 2 8 d\u2019Église qui composent son titre toute leur charge blasphématoire, à force de les écrire et de les réécrire (près de 600 occurrences d\u2019« osti » et un peu moins de 800 de « tabarnac »).« Je voulais exorciser ces deux mots-là, que le lecteur se dise : \u201cOn est loin du juron, on est loin de Bob Binette.\u201d » Parce que la vulgarité, comme de raison, est beaucoup plus affaire de valeurs, d\u2019idées, de comportements que de vocabulaire.L\u2019éducation qui cure tout Résumé très succinct : dans un Moyen Âge imaginaire, les Francols doivent se défendre contre l\u2019invasion de l\u2019armée de l\u2019Unifolie et de Sa Majesté Qing Bloke, mais ils peuvent heureusement compter sur la bravoure des Chevaliers du déconcrissage, une solide bande de méchants moineaux formée d\u2019Osti de Tabarnac, d\u2019Osti de Tocson, d\u2019Osti de Tophe, d\u2019Osti de Pyssou, de Quarisse de Câ- lisse et de Kérisse de Gorlhau.Gros comme la feuille d\u2019érable au milieu du drapeau, le clin d\u2019œil à la situation constitutionnelle québéco- canadienne ?Yes.Et pourtant, Osti de Tabarnac tient moins du miroir tendu à notre histoire que de la fable fustigeant une époque (la nôtre) où les élites, même si elles ne portent plus de couronne, se reproduisent toujours entre elles, dans le lit confortable de la grosse piastre.C\u2019est ainsi, au final, sa société idéale \u2014 fraternelle, ouverte, fière \u2014 que fantasme Taschereau à travers ce roman chevaleresque bien sûr rempli de passages comiques, mais derrière lequel se cache aussi un étonnant plaidoyer pour la solidarité et la connaissance, qui éclaireraient les ténèbres de l\u2019ignorance et de la violence.« Il n\u2019est / d\u2019erreurs, / de désespoirs / et de complexes / que les Francols n\u2019endurent.// Il n\u2019est d\u2019erreurs, / de désespoirs / et de complexes / que l\u2019éducation ne cure.» Telle est la devise de Chevalier Osti de Tabarnac.Telle pourrait également être la devise de Ghislain Tas- chereau, onzième enfant d\u2019une famille de onze, né à Saint-Pierre- Baptiste, dans les Bois-Francs, d\u2019un père garagiste et d\u2019une mère qui se faisait un point d\u2019honneur d\u2019apprendre à lire à sa progéniture avant même qu\u2019elle entre à l\u2019école.« Il n\u2019est de problème que l\u2019éducation ne cure : j\u2019y crois totalement », répète l\u2019auteur avec la conviction de celui qui sait de quoi il parle.« Plus tu es éduqué, plus tu comprends ce qui se passe autour de toi, plus t\u2019as le désir de partager, moins t\u2019es réactionnaire.» Se cultiver soi, pas sa hargne Vingt-cinq ans après la diffusion du dernier épisode de Taquinons la planète (1994) et plus de vingt ans après la publication du premier tome des enquêtes de l\u2019inspecteur Specteur (1998), Ghislain Taschereau est toujours interpellé sous le nom de Bob Binette dans les salons du livre de la province, par d\u2019indélicats téléphages ignorant tout de sa pas-si-nouvelle vie littéraire.La preuve, observe l\u2019homme qui soufflait à l\u2019oreille de Yasser Arafat, que « la télé laisse dans le cerveau des gens des traces hallucinantes », un petit désagrément dont il choisit de s\u2019amuser plutôt que de s\u2019en hérisser.Mais un retour à la satire sociopoli- tique ?Ne comptez pas sur lui pour renfiler le manteau en cuir de son inoubliable bum bègue.« Je n\u2019ai pas regardé les deux derniers Bye Bye, parce que ça me déprime trop, confie-t-il.Rire du fait que nos gouvernements rient de nous autres, moi, ça me fait de moins en moins rire.En 1989, je faisais des blagues [à 100 limite] sur des magouilles politiques et j\u2019ai l\u2019impression que ça n\u2019a pas changé.Pendant ce temps-là, nous, on évolue.Moi, je lis, je me nourris, je m\u2019enrichis, pis au gouvernement, c\u2019est le statu quo.Je préfère me cultiver plutôt que de cultiver ma hargne.» Ghislain Taschereau, chevalier de la zénitude ?« Ça vient avec l\u2019âge », dit l\u2019écrivain de 56 ans, en riant généreusement.« Ça prend du temps avant de ne plus tout te mettre sur les épaules, même si ça n\u2019arrête pas de me rendre triste que tout le monde n\u2019ait pas accès à l\u2019éducation gratuite, que les riches puissent envoyer leurs enfants à l\u2019école privée, que leurs enfants puissent mettre toutes leurs énergies sur les études, pendant que les autres doivent travailler au Tim Hortons pour payer leurs droits de scolarité.» Ghislain Taschereau sera au SLM du 21 au 24 novembre.Les nobles blasphèmes de Ghislain Taschereau Le créateur de l\u2019inspecteur Specteur signe son premier roman de chevalerie Osti de Tabarnac, preux chevalier francol Ghislain Taschereau, Robert Laffont, Montréal, 2019, 408 pages Ghislain Taschereau tente d\u2019arracher aux mots d\u2019Église leur charge blasphématoire.JACQUES NADEAU LE DEVOIR ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR es « fucking » qui ponctuent la parlu- re de beaucoup de Québécois francophones ?Le tic de langage, qui sévit autant chez le concurrent de téléréa- lité que chez le musicien underground, commençait à sérieusement agacer Ghislain Taschereau.« Un jour, en disant \u201costi de tabar- nac\u201d, j\u2019ai entendu la particule nobiliaire, le \u201cde\u201d, et c\u2019est là que je me suis dit : \u201cNos jurons sont nobles !\u201d Pourquoi s\u2019en remettre à un juron qui n\u2019est pas dans notre langue ?En plus, nous, on peut les conjuguer, en faire des adverbes.Ils sont beaux, nos jurons ! » raconte le populaire auteur en se rappelant la genèse d\u2019Osti de Tabarnac, preux chevalier francol, son premier roman de chevalerie (et sorte de réponse à la question « À quoi aurait ressemblé Game of Thrones si Pierre Falardeau en avait signé la réalisation ?»).Contrairement à Tag et Étoiles tombantes, les deux précédentes fictions (Goélette, 2014 et 2015) de l\u2019ex-Bleu Poudre qui faisaient apparaître sous nos yeux, avec un furieux désespoir, un monde putréfié par l\u2019argent et le narcissisme, Osti de Tabarnac laisse le citoyen en colère céder l\u2019avant-scène au lecteur vorace et curieux, qui a fait ses devoirs et bien digéré les classiques du genre auquel il se mesure.À commencer par la fresque historique Fortune de France (13 costauds volumes publiés entre 1977 et 2003) de Robert Merle, dans laquelle le défunt écrivain reconstitue un français mêlé d\u2019archaïsmes et d\u2019occitan et où flamboie tout le savoir-faire de ce spécialiste de « la phrase-fleuve, merveilleusement construite, où tu ne te perds pas même si la phrase fait une page.» Objectif de Taschereau : « dire [à l\u2019instar de son maître Merle] les choses le plus bellement possible », tout en tentant d\u2019arracher aux mots C LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Salon du livre de Montréal Les auteurs se racontent Dans l\u2019ordre habituel, Enki Bilal, Antonine Maillet, Webster et Fanny Britt.CONTENU PARTENAIRE Découvrez Pour souligner la thématique du grand rassemblement annuel des amoureux de la lecture \u2013 Se raconter \u2013 nous explorons le savoir-lire de quatre invités d\u2019honneur.Parce que les auteurs sont tous des lecteurs?! ANTONINE MAILLET Trésor national et international dont la renommée s\u2019étend dans toute la francophonie et bien au-delà, la prolifique auteure de La Sagouine et de Pélagie-la-Charrette (Goncourt 1979) a publié une cinquantaine de romans, contes, pièces de théâtre et essais.Et ce n\u2019est pas fini! Un lieu pour lire Je lis dans un fauteuil profond, sans musique ni thé ni crayon.Lectures préférées J\u2019aime les romans, les essais, la poésie à l\u2019occasion.Les BD sont pour moi joie.Le prochain livre sur votre liste Stephen Hawking \u2013 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019Univers?Le premier livre qui vous a marquée Contes du lundi suivis des Lettres de mon moulin d\u2019Alphonse Daudet durant ma prime adolescence.Un livre récent et épatant Un récit d\u2019enfance qui s\u2019appelle Zéro douze de Marie Chouinard.L\u2019auteur que vous voulez croiser au Salon J\u2019aimerais rencontrer Marie Chouinard.Votre dernier livre, en quelques mots Mon livre à paraître: Le Fabliau des temps nouveaux qui répond, à mes nonante ans, aux questions de mon enfance\u2026 qui n\u2019ont jamais trouvé réponse.Le Salon du livre de Montréal, c\u2019est\u2026 Nécessaire.FANNY BRITT Écrivaine, essayiste, auteure jeunesse, dramaturge, traductrice, Fanny Britt explore avec succès toutes les voies de l\u2019écriture.Après Les tranchées, essai où elle explore la maternité sous toutes ses coutures, son petit dernier, Les retranchées, suit les hauts et les bas de la famille d\u2019aujourd\u2019hui.Un lieu pour lire Je lis où je peux, quand je peux: autobus, métro, banc de béton au skate park pendant que mon fils fait de la trottinette.Bain.Lit.Souvent le lit.Lectures préférées J\u2019aime me plonger dans beaucoup de choses.Le roman : mon premier amour, j\u2019y reviens toujours.Mais aussi la poésie, le théâtre, l\u2019essai, la BD.Le prochain livre sur votre liste Olive, Again, d\u2019Elizabeth Strout, auteure d\u2019un roman que j\u2019ai adoré, Olive Kitteridge.On y revisite le même personnage, désormais âgé.Je me méfie des «sequels» en général, mais le personnage d\u2019Olive m\u2019a beaucoup marquée.Le premier livre qui vous a marquée Un Noël, de Truman Capote.Économe et profond.Un livre récent et épatant Fourrer le feu, de Marjolaine Beauchamp.J\u2019aime tout de son écriture.Un livre que vous aimez offrir La trilogie récente de Rachel Cusk (Transit, Outline, Kudos).Une écriture d\u2019une grande intelligence, et implacable.L\u2019auteur que vous voulez croiser au Salon Julie Delporte.J\u2019admire beaucoup son travail.Votre dernier livre, en quelques mots De quoi la famille actuelle est-elle faite \u2013 et saurons-nous en éviter les pièges?Le Salon du livre de Montréal, c\u2019est\u2026 Émotion, effervescence, déshydratation.WEBSTER L\u2019artiste engagé Aly Ndiaye, alias Webster, sillonne la planète pour animer des ateliers d\u2019écriture sur l\u2019utilisation créative du français à travers le prisme du rap.En 2019, il publie À l\u2019ombre des feuilles, un manuel d\u2019écriture hip-hop, et Le grain de sable, récit relatant l\u2019histoire du premier esclave africain au Canada.Un lieu pour lire Un peu partout: dans un café, sur un banc, au restaurant.Mais chez moi, c\u2019est sur le divan avec du thé et un peu de jazz en arrière-plan.Lectures préférées Des livres à propos de l\u2019histoire.Notamment l\u2019histoire afro-descendante au Québec et au Canada.Le prochain livre sur votre liste Culture et impérialisme d\u2019Edward Said.Le premier livre qui vous a marqué L\u2019autobiographie de Malcolm X par Alex Haley.Un livre récent et épatant We Were Eight Years in Power de Ta-Nehisi Coates.C\u2019est une analyse très intéressante de l\u2019ère Obama et de la réalité afro-américaine aux États-Unis, de la difficulté de l\u2019accès à la propriété à l\u2019incarcération massive.Un livre que vous aimez offrir Mystères de la sagesse immobile de Takuan Soho.C\u2019est le livre qui a le plus influencé mon développement.L\u2019auteur que vous voulez croiser au Salon Ta-Nehisi Coates.Votre dernier livre, en quelques mots Le grain de sable, un livre jeunesse+ inspiré de la vie d\u2019Olivier Le Jeune, premier esclave africain dans la ville de Québec en 1629.Le Salon du livre de Montréal, c\u2019est\u2026 Immense.La quantité de mots imprimés que contient ce Salon correspond probablement au nombre d\u2019atomes dans un livre\u2026 ENKI BILAL En plus d\u2019être l\u2019auteur d\u2019une œuvre culte de bandes dessinées explorant les thèmes de la science-fiction et de la relation à l\u2019espace-temps, il est aussi réalisateur et scénariste.Son dernier album, Bug \u2013 tome 2, aborde la fragilité de notre mémoire virtuelle collective à l\u2019ère informatique.Un lieu pour lire C\u2019est l\u2019endroit qui me choisit.Qu\u2019aimez-vous lire?Tout sauf l\u2019autofiction.Le prochain livre sur votre liste Pas de liste.Le premier livre qui vous a marqué Baudelaire\u2026 Les fleurs du mal\u2026 Un livre récent et épatant Le lambeau de Philippe Lançon.Parce qu\u2019en plus ce n\u2019est pas de l\u2019autofiction.Un livre que vous aimez offrir C\u2019est très variable.L\u2019auteur que vous voulez croiser au Salon Celui qui n\u2019y est pas.Votre dernier livre, en quelques mots Bug, la mémoire virtuelle disparaît.Le Salon du livre de Montréal, c\u2019est\u2026 Générosité et passion.SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL  Du 20 au 25 novembre, à la Place Bonaventure (pour la dernière fois?!).Pour information: Salondulivredemontreal.com Autour d\u2019une communauté d\u2019amoureux du livre et de lecteurs en devenir, la mission première du Salon du livre de Montréal est de promouvoir le livre et le plaisir de la lecture comme biens culturels dans la société québécoise.Les valeurs qui sont au cœur de sa mission sont le partage, la diversité, l\u2019inclusion et le plaisir.Bis est une section qui regroupe des contenus produits pour des annonceurs.La rédaction du Devoir n\u2019a pas été impliquée dans la production de ces contenus. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal 30 La peur de la peur de la mort Patrick Senécal dompte ses frayeurs dans Ceux de là-bas\u2026 ou pas Faisant ressortir son « fan de films d\u2019horreur intérieur », Patrick Senécal s\u2019est employé à offrir, dans ce livre page turner, une série d\u2019apparitions en gradation.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ENTREVUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR ans Ceux de là-bas, il y a des entités macabres.Des jeux d\u2019ombres effroyables.Des craquements sinistres.Des mouvements monstrueux.Des intestins remplis de glace liquide.Ça coule.« Je me suis vraiment amusé à déjouer les codes de l\u2019horreur », confie d\u2019emblée Patrick Senécal.Retenez le mot-clé : amusé.Car il a beau avoir publié son premier roman, 5150, rue des Ormes, il y a de cela 25 ans, l\u2019auteur tripe toujours autant à écrire.Même si ce nouveau récit arbore sa peur suprême.Celle du trépas.Décortiquant cette crainte bien précise, et la peur en général, ce livre horrifique fantastique métaphysique explore ce qui arrive lorsque « ceux de là-bas » débarquent ici-bas.Ou, plus précisément, lorsque des morts commencent à hanter un psychologue qui n\u2019a rien demandé.Mais qui s\u2019est fait hypnotiser lors d\u2019un spectacle qui a mal tourné.Très mal tourné.Laissant l\u2019homme aux prises avec les conséquences désastreuses de l\u2019événement : des hallucinations incessantes.Faisant ressortir son « fan de films d\u2019horreur intérieur », Patrick Senécal s\u2019est employé à offrir, dans ce livre page turner, une série d\u2019apparitions en gradation.Ainsi, l\u2019amoureuse disparue du protagoniste prend la forme d\u2019un fantôme romantique.Feu son père, un homme très croyant, se meut, lui, en spectre des enfers bibliques.Et sa voisine au destin tragique devient une loque se traînant dans une « lente reptation », la bouche emplie de sang et de verre.Et le rythme s\u2019accélère, tandis que les événements déboulent.Que « la fatigue et la peur forment une mélasse mentale » qui rend le personnage principal erratique.Et qui stimule le lecteur, captivé et curieux de découvrir ce qui diable a bien pu se produire durant ce show d\u2019hypnose cata- clysmique.Patrick Senécal nous prévient pourtant : « Ce n\u2019est pas un livre qui a un gros punch.Qui nous fait dire : oh ben câline ! C\u2019est ambigu.Il y a une fatalité qui s\u2019installe.» Précision prise deux : « Ce n\u2019est pas un essai sur la mort.Ce n\u2019est pas un drame psychologique.C\u2019est un thriller.Avec, en toile de fond, une réflexion, une bonne histoire et du fantastique.» Ainsi que de la musique.Beaucoup de musique.Yes, oui, il y a du Nick Cave, du Pink Floyd, des pièces de Marilyn Manson, d\u2019Ariane Moffatt, D LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal d\u2019Hubert Lenoir.« C\u2019est un gars qui aime la provocation, estime l\u2019écrivain.Je pense qu\u2019il trouvera ça cool de se retrouver dans ce livre.» Un livre dans lequel l\u2019auteur du délectable Hell.com a posé ses craintes face à la fin.Les calmant par le fait même ?« On m\u2019a posé cette question dans deux ou trois entrevues déjà.Et j\u2019ai toujours répondu oui.Mais maintenant, je me demande : est-ce que c\u2019est vraiment vrai ?Est-ce que ma peur de la mort est vraiment apaisée ?» « Est-ce que c\u2019est vraiment vrai ?» se demandera également son protagoniste en voyant des spectres surgir devant ses yeux.Et ce n\u2019est pas son créateur qui pourra l\u2019aider à trouver la réponse.« Moi-même, je ne le sais toujours pas ! » s\u2019exclame Senécal.Ambiguïté volontaire.Ce qu\u2019il sait, par contre, c\u2019est qu\u2019il a fait de son héros-pas-très-héroïque un homme de 50 ans (deux ans de moins que lui) avec qui il « partage les réflexions, mais pas la vie ».Et il lui a donné pour antagoniste un expert en sécurité, bien plus jeune et branché, qui porte des t-shirts à l\u2019effigie de l\u2019humoriste Hannah Gadsby.Également d\u2019importance capitale dans ce thriller : l\u2019hypnotiseur, plus grand que nature, inspiré par quelques clichés.Déjà, son nom : Cryp- to.« C\u2019est pas fort, fort », dit l\u2019auteur en s\u2019esclaffant au sujet de celui qu\u2019il qualifie de « pseudo Criss Angel ».« Tu le connais ?enchaîne-t- il.C\u2019est le magicien trash de Los Angeles qui se prend au sérieux, mais qui fait du tape-à-l\u2019œil.Crypto, il est comme ça.Il est ringard.Et salement narcissique.» Dans son périple pour comprendre les motivations de ce type, Patrick Senécal glissera plusieurs clins d\u2019œil.À Lovecraft, qu\u2019il aime beaucoup.À Empire, film expérimental en plan fixe de Warhol.À la bière de micro- brasserie.Il effectue ainsi une véritable valse entre observations du quotidien et explosions de surnaturel où tout dérape.De façon contrôlée.Car si beaucoup associent l\u2019horreur aux excès, l\u2019expert de la chose rappelle que tout est question d\u2019équilibre.« Du sang, de la violence, des cris, des yeux qui brûlent, de la chair qui fond, on peut toujours en mettre.Et c\u2019est là le piège.S\u2019il y en a trop, les lecteurs risquent de dire \u201cc\u2019estn\u2019importequoi- voyonsdoncfranchement\u201d.» Tout aussi franchement, il confie retravailler ses récits.Plusieurs fois.Instructions : il rédige d\u2019abord un premier jet avec du gore à la pelle.Puis un deuxième, plus modulé.Qu\u2019il lit ensuite à voix haute et pendant plusieurs jours à son amoureuse, remerciée une fois de plus en conclusion.« À Sophie, encore, toujours.» Une lectrice à l\u2019œil intraitable (par ailleurs psychologue, comme le personnage) qui commente « le rythme, la longueur, et les affaires auxquelles elle croit moins ».L\u2019écrivain se remémore justement ce passage où un poisson rouge meurt soudain dans son bocal.« Dans la première version, je finissais ça en gros punch », dit-il en prenant une voix ampoulée dramatique : « Et le poisson rouge\u2026 coula ! » « Ma blonde m\u2019a dit : \u201cPfffft, Patrick.Un poisson rouge qui coule.Je trouve pas ça ben ben épeurant.\u201d » Il l\u2019a donc nuancé.Tempéré.Précision : entre le premier jet et le résultat final, il a supprimé 35 000 mots.« Presque l\u2019équivalent d\u2019un roman en soi.» Se débarrasser de tant de matériel, ça doit faire mal au cœur, non ?Non.« Je trouve ça terrible, des auteurs qui se font relire juste par leur éditeur et c\u2019est tout.Moi, j\u2019ai besoin de recul.Je suis ouvert à me remettre en question.» C\u2019est pourquoi il s\u2019est assuré de consulter Jean-Philippe Décarie-Ma- thieu, un spécialiste en cybersécurité.Parce que tout le monde sait que du cafouillage d\u2019histoires de cellulaires et de mots de passe dans un suspense, ça peut tout gâcher.« Cet expert m\u2019a tout expliqué.Je lui ai dit merci, mais mon personnage ne peut pas connaître tout ça, il est psychologue ! » Ledit expert lui a alors suggéré de donner ce rôle à l\u2019acolyte du héros.« J\u2019étais quand même inquiet : ce n\u2019est pas trop arrangé avec le gars des vues ?» Mais non.Le gars, il peut ben arranger ce qu\u2019il veut.Surtout si ça rend la vue meilleure.Patrick Senécal sera au SLM du 22 au 22 novembre.Ceux de là-bas Patrick Senécal, Alire, Lévis, 2019, 544 pages Ce n\u2019est pas un essai sur la mort.Ce n\u2019est pas un drame psychologique.C\u2019est un thriller.Avec, en toile de fond, une réflexion, une bonne histoire et du fantastique.PATRICK SENÉCAL » Rencontres d\u2019auteurs Salon du livre de Montréal 20 au 25 novembre 2019 Stand no 101 \u2022 Dimedia \u2022 Lévesque éditeur Jean Bacon Chroniques de Capitachouane Jeudi 21 \u2022 17 à 19 h Vendredi 22 \u2022 19 à 21 h Samedi 23 \u2022 17 à 19 h Maude Deschênes-Pradet Habiter l\u2019imaginaire Samedi 23 \u2022 13 à 15 h Dimanche 24 \u2022 13 à 15 h Caroline Guindon La mémoire des cathédrales Mercredi 20 \u202217 à 19 h Jeudi 21 \u2022 16 à 17 h Vendredi 22 \u2022 15 à 17 h Samedi 23 \u2022 11 à 13 h Louis-Philippe Hébert Petit-Chagrin Vendredi 22 \u2022 17 à 19 h Samedi 23 \u2022 17 à 19 h Lucie Joubert Rock et Belles Oreilles.Mercredi 20 \u2022 17 à 19 h Jeudi 21 \u202217 à 19 h Vendredi 22 \u2022 18 à 20 h Samedi 23 \u2022 15 à 17 h Dimanche 24 \u2022 15 à 17 h Christelle Paré Rock et Belles Oreilles Vendredi 22 \u2022 15 à 17 h Samedi 23 \u2022 15 à 17 h Dimanche 24 \u2022 15 à 17 h Claude Emmanuelle Yance L\u2019ère des enfants tristes Dimanche 24 \u2022 11 à 13 h Dimanche 24 \u2022 14 à 15 h L\u2019actualité du jour, choisie et résumée pour vous Le Courrier du soir Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdusoir LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Corruption inc.Une double histoire presque aussi terrible que ce que nous propose l\u2019actualité S alon du livr e de Montr éal 32 CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Jean-Jacques Pelletier a le souffle long et l\u2019espace est toujours trop court quand on veut le présenter.Prof de philo, conseiller en placements, essayiste, chroniqueur, c\u2019est d\u2019abord comme romancier qu\u2019il s\u2019impose avec une œuvre considérable d\u2019une vingtaine de gros livres redéfinissant la lutte éternelle entre le Bien et le Mal.Pelletier voit large, c\u2019est un homme qui pense en termes de séries (Les gestionnaires de l\u2019Apocalypse, Les visages de l\u2019humanité, etc.) et celle qu\u2019il consacre à l\u2019inspecteur-chef Henri Dufaux en est déjà ici à son troisième titre ; on peut parier qu\u2019il ne s\u2019arrêtera pas là\u2026 « Meurtres pédagogiques » Comme à l\u2019habitude, Pelletier s\u2019inspire des grands thèmes de l\u2019actualité : ici, toute l\u2019intrigue tourne autour des changements climatiques.Devant l\u2019ampleur du phénomène et devant l\u2019inaction générale, un groupe terroriste décide de frapper très fort pour forcer le gouvernement québécois à adopter des mesures visant à protéger la vie elle-même.L\u2019attaque est radicale, violente et multiple.Les policiers trouvent bientôt des cadavres dans des usines, des abattoirs et dans des élevages industriels ; les corps d\u2019éleveurs de porc et de poulets, de propriétaires de chiens de combat ou de producteurs de foie gras.De pollueurs en tous genres aussi, industriels comme agricoles.Pour accentuer la pression sur le gouvernement \u2014 et diffuser son manifeste dénonçant l\u2019apocalypse et l\u2019inconscience \u2014, le groupe se sert des médias sociaux et de la presse électronique en multipliant les images des exécutions comme des vidéos d\u2019élevages sous pression.Il y a bien sûr là un léger problème moral : l\u2019état catastrophique de l\u2019environnement et la disparition accélérée de milliers d\u2019espèces d\u2019animaux justi- fie-t-elle qu\u2019on exécute des humains, aussi prédateurs et inconscients soient- ils ?Peut-on défendre la vie en donnant la mort ?Tout cela est bien sûr discuté abondamment dans les médias et l\u2019opinion publique réagit à la découverte de chacun des « meurtres pédagogiques ».Pendant ce temps, les policiers avancent à petits pas dans le tumulte en naviguant entre les politiques, les cadavres et la pression de l\u2019opinion.Aidée par la SQ et le SCRS, l\u2019équipe de Dufaux parvient finalement à identifier, d\u2019une part, un très riche commanditaire et, de l\u2019autre, une sorte de « contractuel mercenaire » qui exécute son plan.Dufaux lui-même sera visé directement, mais, bien sûr, il tirera l\u2019affaire au clair.D\u2019autant que la fin de l\u2019enquête débouche sur un combat à mener à l\u2019échelle planétaire, un peu comme Pelletier l\u2019avait fait dans ses premières séries.Aussi bien prendre une grande respiration\u2026 Tout cela nous est raconté à un rythme époustouflant avec, comme souvent, quelques plages pour respirer un peu en constatant à quel point la bêtise peut s\u2019étaler sur les réseaux sociaux.C\u2019est une constante chez Jean- Jacques Pelletier, qui ne peut s\u2019empêcher de dénoncer les apparences de vérité, pour ne pas dire les certitudes toutes faites.Qui s\u2019en plaindra ?Jean-Jacques Pelletier sera au SLM du 22 au 24 novembre.CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Peter Kirby est apparu subitement il y a quelques années avec un roman bouleversant (Vague d\u2019effroi, aux Éditions Linda Leith) racontant l\u2019assassinat, en plein hiver, de plusieurs itinérants aux quatre coins de Montréal.Sa façon de décrire la ville, les images saisissantes avec lesquelles il donnait corps au récit, tout cela était \u2014 ce l\u2019est toujours ! \u2014 le fait d\u2019un regard neuf : celui d\u2019un Britannique installé ici depuis quelques années.Son troisième roman mettant en scène l\u2019inspecteur Luc Vanier, du Service de police de la Ville de Montréal, vient confirmer ses dons d\u2019observateur et l\u2019originalité de son regard.Une double trame Une femme est enlevée en plein jour dans le Vieux-Montréal.Vanier et son équipe découvrent rapidement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une journaliste d\u2019enquête, Sophia Luna, d\u2019origine guatémaltèque.Lorsque l\u2019avocat qu\u2019elle allait consulter est retrouvé assassiné, les policiers ont en main une affaire pour le moins complexe.Le lecteur, lui, le sait déjà puisqu\u2019il suit depuis le début le parcours clandestin d\u2019une certaine Katya, victime d\u2019un réseau de passeurs et de proxénètes.De Kiev à Montréal en passant, d\u2019un camion à l\u2019autre, par Amsterdam, elle verra ses rêves s\u2019effriter en devenant « esclave sexuelle spécialisée » dans un réseau contrôlé ici par la mafia russe.Vanier mettra beaucoup de temps à apprendre l\u2019existence de Katya puisque les liens entre les deux affaires se révéleront circonstanciels et qu\u2019ils ne tiennent qu\u2019à une même exploitation de la naïveté des plus faibles.Le policier continue à fouiller à partir de très rares pistes, et l\u2019on voit bientôt surgir, d\u2019un côté, un tout petit élément après l\u2019autre, une monstrueuse affaire de corruption ayant des retombées sur les plans humanitaire et politique et, de l\u2019autre, en sous- texte presque, une malheureuse histoire de violence et de domination impliquant, encore et toujours, des gens sans possibilité de se défendre.Devant la noirceur du tableau, Va- nier vacille\u2026 Il posera une série de gestes violents, « non officiels » bien sûr, faisant un peu penser à « Dirty Harry »\u2026 et qui ne lui ressemblent pas beaucoup.Il obtiendra néanmoins des aveux qui lui permettront de jouer serré et de clore la double enquête sur un très improbable happy ending.Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que les deux pans du récit pourraient s\u2019inspirer de la réalité de tous les jours.Les catastrophes écologiques permettant aux plus riches de s\u2019enrichir davantage ou les camions transportant des êtres humains comme on transporterait du bétail continuent de faire l\u2019actualité.Peter Kirby réussit à nous raconter ces histoires d\u2019horreur dans une écriture fluide dont le rythme s\u2019accélère en suivant le récit ; encore une fois, la traduction rend bien son sens du détail tout comme la complexité de Vanier.L\u2019histoire repose sur des personnages solides que l\u2019on prend plaisir à voir évoluer d\u2019un livre à l\u2019autre et, malgré les méthodes qu\u2019il emploie ici, Luc Vanier est un policier efficace, honnête et sensible.On attend avec impatience sa prochaine enquête.Peter Kirby sera au SLM du 20 au 24 novembre.La terre promise Peter Kirby, traduit de l\u2019anglais par Rachel Martinez, Éditions Linda Leith, Montréal, 2019, 340 pages On tue.1/2 Jean-Jacques Pelletier, Alire, Lévis, 2019, 676 pages Peter Kirby réussit à nous raconter ces histoires d\u2019horreur dans une écriture fluide dont le rythme s\u2019accélère en suivant le récit.STÉPHANE CHAPUT La série que Jean-Jacques Pelletier consacre à l\u2019inspecteur- chef Henri Dufaux en est déjà ici à son troisième titre.MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY LE DEVOIR Apocalypse now ! Henri Dufaux et son équipe de nerds font face à un complot terroriste LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Pour l\u2019horaire complet des séances de dédicaces : salondulivredemontreal.com L e m é a c s e r a p r é s e n t a u S a l o n d u l i v r e d e m o n t r e a l n o v e m b r e 2 0 1 9 S t a n d 4 1 6 2 0 / 2 5 M i c h e l t r e m b l a y A n t o n i n e m a i l l e t © L a u r e n t T h e i l l e t © D .R .I n v i t é e d \u2019 h o n n e u r - LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 L E M E A C .C O M | S t a n d 4 1 6 Épiphanie Myriam BEAUDOIN Pourquoi m\u2019enfermez- vous ici?Katerine CARON Les abysses BIZ Complet scandale Hélène de BILLY Année Manon Louisa AUGER La brûlure Violaine CHAREST- SIGOUIN © Ma r t i n e D o y o n © Au d r é e W i l h e l m y © An t o n i n o G e r a c i © Cl ai r e S a i n t - G e o r g e s © Ri ch m o n d L a m © Jea n - Y v e s F r é c h e t t e LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Le bou t du monde exis te a i l leurs Hélène RIOUX B l a n c R é s i n e Audrée WILHELMY Nos mères avant nous Françoise PÊTRE Fleuve [ le coffret] Sylvie DRAPEAU La rumeur du monde es t sans beau té François GODIN Le désarroi du vieil Huber t André HAMEL Fécondes Anne GENEST © G o r d o n S h e p p a r d Ton mé t ier, le mien , le Québec PAULINE JULIEN - GÉRALD GODIN © S e a n M o l l i t t - F O T A U .c o m La plupar t du temps je m\u2019appelle Gabrielle Stéfani MEUNIER Nos vies de plume Karine LÉGERON Le coureur de lune Mario CHOLETTE Rivièrances Brad CORMIER M in iatures ind iennes François HÉBERT Rien d \u2019au tre que ce t te félici té Nancy HUSTON Por tra it d \u2019un homme sur les décombres David HOMEL © An n e F o r t i n © Au d r é e W i l h e l m y © Ri ch a r d - M a x T r e m b l a y © Ma r c e l C u s s o n © Ma r t i n B é l a n d © Sh a y n e L a v e r d i è r e © Ma r i n a V u l i c e v i c © Ro d o l p h e L a s n e s © Da n i e l M o n t a m b o © An g e l o B a r s e t t i © Sté p h a n e D a o u s t © Gu y O b e r s o n © Sean M o l l i t t © A.W i l h e l m y LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 L E M E A C .C O M | S t a n d 4 1 6 L\u2019année où Sam a changé Linda AMYOT Vivre grand Johanne JARRY Clara en désordre Gabrielle DELAMER Que sait la l i t térature?Collectif sous la direction de Normand BAILLARGEON et Kateri LEMMENS Une femme regarde les hommes regarder les femmes Siri HUSTVEDT Le chemin de l \u2019école Yvon RIVARD © R a c h i d Y a z i d Vols de temps Mohamed LOTFI Rebelle et volontaire Jeanne LAPOINTE À une minute près André MAROIS Henry et moi Cécile GAGNON © Ma r i o n E t t l i n g e r © Rac h i d Y a z i d © Jacq u e s F r e n e t t e © Féli x A u d e t t e © Ma r t i n e D o y o n © Julie n G u i n g u e t t e © Julia M a r o i © D o minique T.Skoltz 37 LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR « D\u2019aussi loin que je me rappelle, j\u2019ai voulu partir du Québec, l\u2019endroit choisi par mes parents pour se repartir une vie », confie Brad Cormier dans Rivièrances, son premier livre.Très tôt aussi, ses nombreux voyages faits sur le pouce à travers l\u2019Amérique du Nord coulaient de source.Mais il l\u2019avoue, son errance n\u2019était pas que géographique.S\u2019il avait la bougeotte, il se cherchait aussi un peu.Québécois ?Canadien ?Américain ?Tout à la fois ?« Si je n\u2019étais pas québécois, je ne savais plus si j\u2019avais envie d\u2019être brayon.» Mais nostalgique, à coup sûr, d\u2019une époque où on pouvait se rendre de l\u2019île d\u2019Orléans à La Nou- velle-Orléans sans passeport, il décide de suivre les anciennes routes d\u2019eau pour en avoir le cœur net.Pendant un mois à l\u2019automne 2010 \u2014 voyage de retour compris \u2014, à la fin de la vingtaine, Brad Cormier s\u2019est offert « un gros road trip sale sur le continent ».Cet ébéniste de Rigaud, né au Nouveau-Brunswick d\u2019une mère américaine, a voulu « suivre les rivières jusqu\u2019au Mississippi », elles qui ont longtemps relié les communautés francophones.Avec l\u2019espoir que la route et les rencontres viennent apporter des réponses à ses interrogations.Poussé dans le dos par l\u2019anthropologue Serge Bouchard et sa série radiophonique De remarquables oubliés, il a pris la route au volant de sa Pontiac : Sault-Sainte-Marie, Prairie du Chien, Hannibal et Saint-Louis ont défilé.Côté passager vont se succéder les fantômes de Samuel de Champlain, de l\u2019explorateur Louis Jolliet et du père Marquette.En plus de quelques écarts de conduite avec Étienne Brûlé, Mark Twain et la fameuse expédition de Lewis et Clark, partie de Camp Dubois en Illinois en mai 1804 pour rejoindre le Pacifique.Courant mal harnaché, emporté par une force brute et parfois un peu naïve, Rivièrances est souvent semé de formules nées aux forceps.« Je sens l\u2019âpreté de ce système routier me râper le seuil de la tolérance dans un doux mélange d\u2019émotions qui tergiverse entre excitation et dégoût.» Le projet est sympathique, à l\u2019évidence, mais Brad Cormier n\u2019est pas écrivain, et son récit en souffre.Voyage rapide \u2014 un tout petit mois, retour compris, pour quelques milliers de kilomètres avalés \u2014, voyage autant fantasmé que réel, ponctué de quelques rencontres colorées et de hasards heureux.Et au bout de la route, tadam !, une sorte d\u2019illumination : « Toutes ces années, je partageais une réalité commune avec tous ceux qui parlent le français en Amérique du Nord, incluant le Québec, mais je ne le savais pas encore.[\u2026] Je suis Franco-Américain.Ça ne peut pas être plus limpide.» Bouillonnant, tergiversant parfois, nettement trop long tout en étant aussi trop rapide, Rivièrances est le récit d\u2019un voyage qui donne l\u2019impression de se faire bien plus dans les livres d\u2019histoire qu\u2019à travers les pays et les paysages.Envolées fictives, oniriques, anecdotiques ou historiques viennent gonfler le cours de ce voyage en réalité un peu mince.Une quête des origines à l\u2019enthousiasme malgré tout contagieux.Brad Cormier sera au SLM les 23 et 24 novembre.S alon du livr e de Montr éal Brad Cormier, hydrographe Sur les traces de l\u2019Amérique francophone le long des anciennes routes d\u2019eau Si Brad Cormier avait la bougeotte, il se cherchait aussi un peu.Québécois ?Canadien ?Américain ?Tout à la fois ?MARTIN BÉLAND Rivièrances Brad Cormier, Leméac, Montréal, 2019, 400 pages CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Le rêve est sa propre réalité.Avant d\u2019arriver au bureau, à onze heures quinze, et de voir la réceptionniste, je ne peux donc pas vraiment savoir si je suis éveillée », raconte la narratrice de « Ryan et Irene, Irene et Ryan », troisième nouvelle de Zolitude.Et nous non plus, ne savons plus tout à fait, dès les premières pages de ce premier recueil de Paige Cooper, si nous lisons bel et bien un livre, ou si nous avons été avalés par un de ces inquiétants cauchemars mettant en scène des visages connus, mais où tout cloche.Dystopie préapocalyptique, fable po- litico-métaphysique, chronique sentimentale sur Mars, thriller kafkaïen, fiction fantastico-vengeresse ; l\u2019autrice d\u2019origine albertaine, désormais installée à Montréal, arpente la mince frontière séparant l\u2019aveuglante lucidité de la sournoise paranoïa, en imaginant des univers qui ressemblent parfois terriblement à notre présent, et d\u2019autres beaucoup moins, sans que l\u2019on puisse déterminer laquelle de ces deux variations sur le réel est la moins affolante.C\u2019est que Paige Cooper, à l\u2019instar d\u2019un David Clerson, aime placer ses scènes les plus banales dans les décors les plus improbables, et ses scènes les plus improbables dans les décors les plus banals.Comme première phrase d\u2019une nouvelle, difficile de faire plus intrigant que « Je croyais que le principal critère de sélection serait notre aptitude psychologique à boire l\u2019urine filtrée de l\u2019autre.» Et pourtant, malgré sa prémisse science-fictionnelle (des couples qui colonisent Mars), « Nouveau Monde » débouche sur un souper de couples dont la (relative) quotidienneté tranche volontairement, et burlesquement, avec son contexte.Si bien que ce qui est le plus étrange ici, c\u2019est sans doute l\u2019idée même d\u2019un souper de couples.Paige Cooper procède parfois à l\u2019inverse, en entamant une nouvelle sur des airs de presque légèreté.Dans « Moriah », une femme stationne son bibliobus dans un village avant de distribuer des livres à ses habitants.Mais, il se trouve, apprend-on quelques pages plus tard, que ce village est une sorte de territoire de quarantaine pour prédateurs sexuels qui seront punis par la rokhe, « une aigle \u201cmaléfique\u201d de la taille d\u2019un 747 ».Retournement de situation, vous dites ?Au-delà de ces visions hallucinées, sinistres et / ou farfelues d\u2019un monde sous le point de basculer, c\u2019est donc toujours, à l\u2019évidence, une série de peurs largement répandues que tente de circonscrire, voire de sublimer l\u2019écrivaine.Celle, insidieuse, des femmes envers les hommes, celle du péril environnemental (« Craton des Esclaves »), ou celle de la futilité de nos existences (« Retraite »).Et s\u2019il arrive que l\u2019on en perde des bouts tant notre guide préfère ne semer des clés de compréhension qu\u2019au fil des textes, l\u2019emprise de son puissant et anxiogène sortilège se resserre sans cesse grâce à des descriptions aussi saugrenues que justes, à des touches d\u2019humour noir ou de poésie et à des phrases comme des épiphanies (« La violence fleurit et s\u2019épanouit avec tellement plus de facilité que l\u2019art.») Les livres contiennent parfois leur propre mode d\u2019emploi et Zolitude compte heureusement parmi ceux-là.« À trop vouloir comprendre l\u2019incompréhensible, on finit par en crever », annonce la narration de « Tranchée ».Autrement dit : un recueil de nouvelles qui donnerait l\u2019impression que tout est à sa place ici- bas constituerait un mensonge.Paige Cooper sera au SLM les 20 et 22 novembre.Zolitude 1/2 Paige Cooper, traduit de l\u2019anglais par Catherine Ego, Boréal, Montréal, 2019, 256 pages C\u2019est toujours une série de peurs répandues que tente de circonscrire, voire de sublimer, l\u2019écrivaine d\u2019origine albertaine Paige Cooper.ADAM MICHIELS Paige Cooper à la frontière entre paranoïa et lucidité La Montréalaise d\u2019adoption écrit des nouvelles comme on jette des sortilèges LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Bernard Werber fait partie du club sélect des auteurs qui publient un nouvel opus chaque année à la rentrée littéraire automnale, un peu comme sa collègue à la même maison d\u2019édition, Amélie Nothomb.Il ne déroge pas à son habitude en proposant un deuxième tome à son cycle « des chats » entamé en 2016, Demain les chats, une dysto- pie « féline » dans un monde pris dans une guerre mondiale qui cause la perte de l\u2019humanité et le triomphe progressif des rats.Dans ce premier volet, écrit en réaction aux attentats qui ont secoué Paris en novembre 2015, quelques chats de la Ville Lumière, dont l\u2019héroïne féline Bastet et son voisin Pythagore, un minet de laboratoire affublé d\u2019un port USB au front qui lui permet de se connecter à Internet, ralliaient des survivants humains et félins de la guerre civile qui a exterminé une large part de la population mondiale, afin de lutter contre une terrible invasion de rats, qui les pousse à se réfugier sur l\u2019île des Cygnes, au milieu de la Seine.On retrouve donc cette armée pas ordinaire, toujours en combat contre « la peste brune », qui continue de gagner du terrain, et à la recherche d\u2019alliés, humains et animaux, pour endiguer cette invasion.L\u2019impériale Bastet, son copain érudit Pythagore et sa « servante » humaine croisent donc dans leur quête différentes espèces avec lesquelles la chatte, qui se voit en souveraine d\u2019un monde dominé par ses semblables, tente de tisser des liens pour élargir sa coalition improvisée.Ce roman d\u2019aventures apocalyptique aborde les thèmes chers à l\u2019écrivain et qui reviennent dans presque tous ses ouvrages : la technologie, la mythologie, l\u2019histoire, la philosophie.Il emprunte des structures narratives déjà présentes dans ses cycles précédents (Les fourmis, Les dieux), en adoptant le point de vue d\u2019une espèce autre qu\u2019humaine.Il ne peut s\u2019empêcher d\u2019inclure des chapitres de son Encyclopédie du savoir relatif et absolu en lien avec les intrigues, d\u2019autant plus qu\u2019apparaît en cours de récit un descendant de son « auteur », Edmond Wells.Cette nouvelle brique qui s\u2019ajoute à la collection imposante de Wer- ber s\u2019avère fort prenante, avec un récit bien construit, quoiqu\u2019assez prévisible, et une prose qui adopte avec beaucoup de charme le point de vue félin, ce qui permet à l\u2019auteur d\u2019émettre des opinions qu\u2019il garderait probablement pour lui autrement\u2026 Un peu de surprise, pour bousculer ses lecteurs fidèles, aurait été bienvenue ! Par ailleurs, les néophytes amoureux des chats ne seront pas déçus\u2026 Bernard Werber sera au SLM du 21 au 24 novembre.Les félins à la rescousse S alon du livr e de Montr éal 38 Bernard Werber propose un deuxième tome à son cycle « des chats » entamé en 2016 Sa majesté des chats 1/2 Bernard Werber, Albin Michel, Paris, 2019, 400 pages Bernard Werber emprunte des structures narratives déjà présentes dans ses cycles précédents en adoptant le point de vue d\u2019une espèce autre qu\u2019humaine.JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE CONCOURS NUMÉRO 805 DÉCEMBRE 2019 NOUVEAU Plus qu\u2019un phénomène météorologique, l\u2019hiver, au Québec, est un fait social total.Il révèle nos vulnérabilités et nos craintes, accentue l\u2019isolement de certains, mais force aussi la solidarité, l\u2019adaptation et l\u2019ingéniosité.Saison à la fois détestée et chérie, l\u2019hiver n\u2019est-il pas à ré?échir davantage, au moment où même dans le Grand-Nord les changements climatiques font vaciller l\u2019hiver et le froid?6 NUMÉROS PAR ANNÉE | 52 PAGES PRIX À L\u2019UNITÉ : 7,00 $ + TAXES EN VENTE EN KIOSQUES ET PAR ABONNEMENT, VERSIONS PAPIER ET NUMÉRIQUE (PDF) Courez la chance de gagner une photographi e encadrée de notre artiste in vité, Jean-François LeBlanc, en participant à notre conco urs, avant le 18 décembre, au www.revuerelations.qc.ca FINALISTES ÉDITION 2020.\u2022 ELISABETH BENOIT // Suzanne Travolta / POL \u2022 LOUIS CARMAIN // Les offrandes / VLB \u2022 NAOMI FONTAINE // Shuni / Mémoire d\u2019encrier \u2022 SIMON LEDUC // L\u2019évasion d\u2019Arthur ou la commune d\u2019Hochelaga / Le Quartanier \u2022 ALEXIE MORIN // Ouvrir son cœur / Le Quartanier prixlitterairedescollegiens.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 CRITIQUE YANNICK MARCOUX COLLABORATEUR LE DEVOIR Sans elles, nous n\u2019existerions pas.Elles sont là, au sommet de nos arbres généalogiques, leur mémoire ballottée par le vent.Parfois, entre les branches, nous entendons l\u2019écho de leurs voix.Laurette Gagnon, née Tétreault, est l\u2019une d\u2019elles.Née en 1916, elle a eu 13 enfants, et au- jourd\u2019hui, elle est au cœur du dernier recueil de poésie de Renée Gagnon (Steve McQueen (mon amoureux), Le Quartanier, 2007), Emparée.Ce recueil est d\u2019abord et avant tout une révérence à sa grand-mère qui, à cette époque pas si lointaine et à l\u2019instar de tant d\u2019autres, a sacrifié sa vie pour le bien-être de sa famille : « Son mari travaillait / rentrait à la maison le soir et je ne dirai rien de ça / du soir / elle se débrouillait toute la journée pour que ses enfants / soient nourris / vêtus / lavés / éduqués / et qu\u2019ils dorment / dorment bien.» Dans ce quotidien qui semblait ne connaître aucun répit, les préoccupations sont constantes et l\u2019attention de Laurette est toujours engagée dans dix tâches simultanées, une réalité que le souffle haletant et digressif de la poète illustre à merveille : « les petits vont venir nous voir et je veux que tout soit \u2014 ah, arrêtez donc j\u2019ai pas envie de m\u2019asseoir à qui vous téléphonez, là ?» Il y est aussi question de ce fils mort dans la fleur de l\u2019âge, frappé par une voiture : « Robert / ton nom / me ride / chaque fois qu\u2019on le prononce / mes larmes creusent / creusent les sillons.» Le nombre ne rend pas le deuil moins pénible et les moments de réjouissance sont rares, mais on sent que l\u2019amour tisse la toile filiale : « et ton visage que je rêve et ton visage que j\u2019ouvre dans ma main ».La tragédie, en réalité, est dans cette vieillesse atrophiée par un trouble cognitif qui atteint sa mémoire : « Je ne me souviens plus exactement de ta voix / des règles des jeux / j\u2019ai trois cartes pareilles / et après / la rivière gèle / je pense je suis encore là / encore avec vous.» C\u2019est alors tout son langage qui se déconstruit : « je corde à danser tombe ».Le temps perd ses repères et elle se croit en enfance : « j\u2019aime beaucoup mon père / je crois qu\u2019il viendra bientôt / nous ferons des plans ».Et au final, cette famille qu\u2019elle a élevée ne reconnaît plus sa souveraineté : « vous rendez-vous compte que vous me regardez comme si / vous me regardez comme si / je n\u2019étais pas moi-même là ?» Emparée se donne à lire sans difficulté.Sa poésie narrative, portée par un souffle près de l\u2019oralité, exprime ainsi une dualité bouleversante avec ce personnage qui est graduellement dépossédé de sa propre langue.Tandis qu\u2019on recense quelques enjambements et vers un peu forcés, le récit est maîtrisé et son morcellement, calqué sur la situation de la protagoniste, vient nous chercher dans nos tripes.Dans la foulée du brillant recueil de Catherine Lalonde, La dévoration des fées (Le Quartanier, 2017), Renée Gagnon livre ici un poignant hommage à ces femmes qui, en attendant les statues qu\u2019elles méritent, poursuivent leur existence dans nos mémoires, nous couvant de leur amour comme jadis elles nous ont donné la vie.Leur vie.Renée Gagnon sera au SLM les 23 et 24 novembre.S alon du livr e de Montr éal Par amour pour elles Emparée, dernier recueil de poésie de Renée Gagnon, est une révérence à sa grand-mère Emparée Renée Gagnon, Le Quartanier, Montréal, 2019, 112 pages Renée Gagnon livre ici un poignant hommage à ces femmes qui, en attendant les statues qu\u2019elles méritent, poursuivent leur existence dans nos mémoires.JUSTINE LATOUR « L \u2019 É g l i s e , s o u s s a f o r m e i n s t i t u t i o n n e l l e , n \u2019 a p a s é t é v o u l u e p a r J é s u s .E l l e d o i t t o u t r e p e n s e r , t o u t r e f o n d e r s i e l l e v e u t ê t r e ?d è l e à s o n f o n d a t e u r .» NO UVE AUT É LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 ENTREVUE PHILIPPE COUTURE COLLABORATEUR LE DEVOIR À PARIS Un camping dans les Landes.À première vue, le décor semble inoffensif.Avant d\u2019être un jeune diplômé en cinéma et désormais un écrivain publié chez Flammarion, Victor Jestin y a passé de nombreux étés en famille, se pliant aux codes d\u2019une microsociété oisive et festive, vouée à l\u2019adoration du soleil, des vagues et des cocktails fruités.Or, pour Léonard, narrateur du roman La chaleur, le camping dissimule mal un revers morbide et une pression sociale malsaine.Adolescent freluquet et mal dans sa peau, qui n\u2019ose pas enlever son t-shirt aussi prestement que les autres et qui supporte mal le cagnard, Léo fait à peine semblant de s\u2019amuser dans les fêtes de bord de mer où tout le monde ne pense qu\u2019à baiser son prochain.Le camping, avec son conformisme ensoleillé et son injonction au plaisir factice, devient le miroir angoissant de son propre mal-être.« Il est d\u2019usage d\u2019aimer la chaleur et de rechercher les vertiges du désir, mais Léonard refuse ce penchant naturel du monde et cette nécessité de l\u2019adolescence », nous dit Victor Jes- tin.Entrant dans sa psyché à coups de phrases courtes et efficaces, dépouillées d\u2019esbroufe mais chargées d\u2019affect, l\u2019auteur dessine un personnage mal-aimé de qui l\u2019on s\u2019entiche néanmoins.Sa lucidité est souvent incendiaire.À la page 36, on peut lire : « Le camping avait ses propres lois.Deux semaines de vacances, c\u2019était une vie entière.On y arrivait comme on naît, pâle et seul.» Ou encore, à la S alon du livr e de Montr éal 40 Victor Jestin et la tyrannie du camping Mal-être, conformisme, langueur et apprentissage du désir forment la trame de La chaleur, premier roman percutant de cet écrivain de 25 ans Après l\u2019extinction de la race humaine, on retrouvera peut-être la trace de ces bipèdes châtiés pour leur hubris en déterrant une carte d\u2019anniversaire sur laquelle figurera le seul vers de Rimbaud dont tout le monde se souvenait : « On n\u2019est pas sérieux quand on a 17 ans ».C\u2019est une itération de ce vers, augmentée d\u2019un prosaïque « sauf une fois au camping », qui nous vrille en tête au sortir de La chaleur.Un premier ouvrage de Victor Jestin où l\u2019économie langagière se mêle à une sensualité ouvertement puisée chez Jean Genet.Plutôt camusien par sa sensibilité fataliste, ce roman, où la misère sexuelle de l\u2019adolescence rencontre Les bronzés, met en scène le réflexe improbable d\u2019un jeune homme qui, après avoir assisté à la mort d\u2019un ami ivre étranglé par les cordes d\u2019une balançoire, décide de l\u2019enterrer à l\u2019insu de tous.Cœur révélateur pourrissant sous le soleil, la dépouille hoquettera alors que l\u2019esprit du protagoniste valdingue dans une spirale de culpabilité on ne peut plus absurde.Ralph Elawani La chaleur Victor Jestin, Éditions Flammarion, Paris, 2019, 139 pages La plume de Victor Jestin conjugue violence et sensualité dans un arrière-plan d\u2019injonction à la virilité.JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Sheila WATT-CLOUTIER Laure WARIDEL Anne-Marie VOISARD Le droit au froid La transition, c\u2019est maintenant Le droit du plus fort Rencontrez nos auteur.e.s au Salon du livre de Montréal Retrouvez toutes les infos: www.ecosociete.org Yves-Marie ABRAHAM Sadia MESSAILI Pascale DUFOUR Pierre MOUTERDE Lorraine GUAY Thierry PARDO Ambre FOURRIER Alain PÉRICARD Dominic LAMONTAGNE Jay SINHA Valérie LEFEBVRE- FAUCHER Chantal PLAMONDON invitée d\u2019honneur LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 41 S alon du livr e de Montr éal page 47 : « C\u2019est beau les Landes, disaient les gens.L\u2019air est pur, il fait chaud, on a l\u2019océan devant soi.Personne ne disait : C\u2019est terrible, les Landes.C\u2019est le faux calme des pins, le fracas des vagues dont on sait bien qu\u2019elles ont déjà tué.» Ces qualités d\u2019écriture ont rapidement fait de La chaleur l\u2019un des romans les plus remarqués de cette rentrée littéraire française, en lice pour le Renaudot, le Médicis et le Femina.Léo est « désynchronisé de son environnement », pense Victor Jestin.Mais sans le savoir, comme un révolté qui s\u2019ignore, il est aussi en lutte contre un monde vacancier préfabriqué.« Il aimerait appartenir à ce monde.Mais les campings vendent de la joie formatée.Soyons clairs, j\u2019ai moi-même beaucoup aimé mon adolescence de campeur, mais ça demeure une industrie qui vend du rêve, et elle peut être insidieusement tyrannique, nous poussant à être heureux parfois malgré nous.Le camping refuse l\u2019idée du tragique, parce qu\u2019il répond strictement à une politique du positif.Refuser ainsi l\u2019idée que les choses puissent aller mal, c\u2019est nécessairement s\u2019aveugler.Je construis mon roman sur ce déni.» Un cadavre sous le sable Comment transformer un camping paradisiaque en cauchemar étouffant ?En y introduisant un cadavre, bien sûr, et une ambiance mystérieuse que ne renieraient pas les plus grands auteurs de polars.Un soir, Léonard assiste à la mort accidentelle et burlesque d\u2019un camarade, qui s\u2019étrangle avec les cordes d\u2019une balançoire.Il aura alors l\u2019étrange idée d\u2019enterrer le cadavre, se chargeant d\u2019une culpabilité dévorante qui ne le quittera plus.« C\u2019est un geste irrationnel mais révélateur, glisse Jestin.En vérité, il n\u2019avait pas besoin d\u2019enterrer un corps pour se sentir mal ! » « Ça m\u2019intéressait d\u2019utiliser quelques ingrédients du polar, ajoute-t-il, et d\u2019y inclure aussi des éléments de comédie.L\u2019ambiance de mon roman est certes plus anxiogène que celle des comédies adolescentes du cinéma américain, mais je pense m\u2019inscrire néanmoins en partie dans ce registre, ou flirter avec les codes du cinéma de Judd Apatow en mettant en scène des ados qui essaient de jouir et qui n\u2019y arrivent que maladroitement.» Une fois le corps d\u2019Oscar bien enfoui sous la plage, Léonard arrivera effectivement mieux à apprivoiser son propre désir sexuel \u2014 non sans balourdise ni sans brutalité.La plume de Victor Jestin conjugue violence et sensualité dans un arrière-plan d\u2019injonction à la virilité.« Apprendre le sexe dans une telle pression de performance, qui vient autant des parents et des pairs que de la publicité ambiante ou d\u2019un certain effet Tinder, ça fait nécessairement des ravages.» Dans le roman, cette tension touche particulièrement Louis, le meilleur ami de Léonard, coincé dans le jeu de la virilité jusqu\u2019à se faire plus mal que nécessaire.Sur ce chemin malhabilement langoureux, Victor Jestin marche à pas délicats, sans trop étirer le trait, épurant la plume au maximum.« Ce qui a été le plus important pour moi était de trouver la bonne musicalité pour ce récit », dit celui qui est aussi percussionniste à ses heures.« J\u2019ai écrit ce livre maintes fois pour ensuite le désécrire, pour y soustraire tout ce qui relevait de la posture et de l\u2019effet, et pour essayer d\u2019aller à l\u2019essentiel.» Un auteur qui a le sens de la mesure. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal 42 ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR En apparence, peu de livres sont aussi différents du diptyque que forment Shenzhen (2000) et Pyongyang (2003), des jalons majeurs de la bande dessinée reportage récemment réédités par les éditions Pow Pow, qu\u2019Ici ou ailleurs, un recueil de croquis de scènes urbaines inspirés de l\u2019univers de Jean Echenoz.Les trois livres sont pourtant tous signés Guy Delisle, et tous guidés par le même sens du détail révélateur.« C\u2019était un tel plaisir d\u2019extraire des phrases de ses romans, de voir à quel point elles sont toutes bien rythmées », explique le bédéiste, depuis Montpellier, au sujet de ce nouveau livre où chaque fragment tiré d\u2019une fiction d\u2019Echenoz appelle un dessin à la fois allusif et net, onirique et réaliste, d\u2019une rue, d\u2019un carrefour, d\u2019un immeuble.« Ce qui nous rapproche, c\u2019est le côté très minimaliste : quand je fais des croquis, ma ligne est très clean, avec juste une ombre pour donner un minium d\u2019informations, et c\u2019est comme ça qu\u2019il fonctionne dans ses livres, avec des descriptions pas très longues.» Dans l\u2019impossibilité d\u2019effectuer lui- même son repérage, Jean Echenoez s\u2019était inspiré de la Corée du Nord que donne à voir Delisle dans Pyongyang pour la dépeindre dans Envoyée spéciale (2016), un emprunt qui débouchera sur quelques rencontres entre les deux hommes.Le Québécois ayant la France comme port d\u2019attache depuis 30 ans, un fidèle lecteur de l\u2019auteur (goncourisé) de Cherokee, évoque ces précieux échanges sur le ton ému que l\u2019on emploierait pour décrire une audience auprès d\u2019un maître.« C\u2019est fou : pour un personnage, il faut absolument qu\u2019il sache où il habite, mais pas de façon abstraite.Il faut qu\u2019il sache précisément que son personnage vit dans le 12e arrondissement, par exemple.Il peut se promener dans une rue, trouver une fenêtre, un balcon et se dire : \u201cOui, c\u2019est bon, c\u2019est là que mon personnage vit.\u201d Il ne va peut-être même pas décrire ce lieu dans son livre, mais le personnage ne peut prendre forme que s\u2019il a un espace géographique où exister.» Éloge du slow journalism Plusieurs des personnages de Guy Delisle sont eux aussi indissociables des lieux qu\u2019ils traversent.Le bédéis- te a la jeune trentaine lors de son second séjour en Chine, où il se rend afin de superviser la production d\u2019un dessin animé, et où il tentera de déjouer son ennui, matière première de Shenzhen.Pyongyang, trois ans plus tard, cristallise ce qui deviendra sa manière, quelque part entre les rires confus provoqués par l\u2019incommunicabilité et l\u2019indignation devant le sort des peuples qui l\u2019accueillent.C\u2019est la naissance de la conscience politique du créateur, qui signera plus tard Chroniques birmanes (2007) et Chroniques de Jérusalem (2011), des livres ayant en commun avec leurs prédécesseurs une réflexion sur le pouvoir de la propagande et des discours officiels.« La Corée du Nord, c\u2019est un voyage dans le temps, se rappelle Delisle.Les dirigeants sont tellement paranoïaques ; ils tiennent leurs citoyens en haleine en leur répétant que la guerre va reprendre demain, et après un petit moment sur place, tu te dis toi aussi : \u201cÇa y est, ça va reprendre.\u201d» Gore Verbinski, réalisateur de Pirates des Caraïbes, devait d\u2019ailleurs adapter Pyongyang au grand écran, avec Steve Carell dans le rôle principal, avant que la compagnie de productions New Regency n\u2019abandonne le projet, à la suite des attaques de pirates (!) nord-coréens subies en 2014 par Sony Guy Delisle chérit sa liberté Rare conversation avec le bédéiste, qui publie un livre inspiré de Jean Echenoz et dont les classiques, Shenzhen et Pyong yang, sont enfin réédités Une planche tirée de Shenzhen, de Guy Delisle POW POW Shenzhen et Pyongyang demeurent de remarquables exemples de la capacité d\u2019un « je » aux ambitions somme toute modestes à jeter une lumière inédite sur une culture, un pays LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal (qui s\u2019apprêtait à lancer le film satirique The Interview).Rares fenêtres sur des sociétés repliées sur elles-mêmes, Shenzhen et Pyongyang demeurent à ce jour de remarquables exemples de la capacité d\u2019un « je » aux ambitions somme toute modestes à jeter une lumière inédite sur une culture, un pays.« C\u2019est comme du slow journalism, illustre l\u2019auteur.Et comme c\u2019est autobiographique, les gens comprennent que je ne suis pas là à leur asséner une vérité, ce que fait davantage le journaliste : \u201cVoilà, c\u2019est comme ci, voilà, c\u2019est comme ça.\u201d Et, contrairement au journaliste, je peux même dire : \u201cJe ne sais pas pourquoi ceci est comme ça, mais c\u2019est comme ça.\u201d J\u2019ai droit au doute.» Une denrée rare.Précieuse liberté Ses enfants étant devenus ados, Guy Delisle a aujourd\u2019hui renoncé aux longs séjours à l\u2019étranger, et aux livres qui viennent avec.Mais le thème de la liberté continue de hanter son œuvre : c\u2019est de la liberté entravée du jeune papa dont s\u2019amusent (en quelque sorte) les quatre tomes du Guide du mauvais père (de 2013 à 2018).C\u2019est, de façon beaucoup plus dramatique, la liberté révoquée d\u2019un humanitaire kidnappé dans le Cauca- se, que dénonce S\u2019enfuir : récit d\u2019un otage (2016).Delisle raconte ce souvenir indélébile du moment où il quitte, à Pyongyang, ceux qui auront été son guide et son interprète pendant deux mois.« Malgré tout ce qui nous séparait, on jouait au billard, on faisait les andouilles et, à la fin, quand vient le temps de partir, on leur dit au revoir, mais on sait qu\u2019on ne les reverra pas.Derrière, ça se referme, et il n\u2019y a aucun moyen de contacter ces gars-là.J\u2019avais le sentiment de les abandonner.Puis, on revient, on se promène dans n\u2019importe quel pays d\u2019Europe et on se rend compte qu\u2019on a une qualité de liberté rare.Ce n\u2019est pas inutile Shenzhen Nouvelle édition Guy Delisle, Pow Pow, Montréal, 2019, 156 pages de se le rappeler, surtout dans des moments où il faut voter.On ne sait jamais.Des fois, on peut en perdre des bouts.» Inquiet, Guy Delisle, du populisme qui semble séduire l\u2019Europe ?« En France, nous, on a l\u2019habitude de voir une Marine Le Pen revenir avec les mêmes vieux thèmes qui datent de l\u2019avant-guerre pour jouer à la populiste, mais elle ne passera jamais.Ce qui fait plus peur, c\u2019est la Pologne [avec Kaczynski] ou la Hongrie [avec Or- bán], où le populisme prend de proportions assez grandes.Ce qui fait plus peur, ce sont les Anglais, qui décident [avec le Brexit] de se séparer de l\u2019Europe, en pensant qu\u2019ils vont être plus puissants, plus libres, ce qui m\u2019étonnerait beaucoup.» Pyongyang Nouvelle édition Guy Delisle, Pow Pow, Montréal, 2019, 186 pages Ici ou ailleurs Guy Delisle et Jean Echenoz, Pow Pow, Montréal, 2019, 88 pages Les trois livres de Guy Delisle sont guidés par le même sens du détail révélateur.NICOLAS GUÉRIN P H O T O A U T E U R © R Ü D Y W A K S P H O T O A U T E U R © A S T R I D D I C R O L L A L A N Z A 21 NOVEMBRE De 14 h 00 à 15 h 00 De 19 h 00 à 20 h 00 22 NOVEMBRE De 12 h 00 à 13 h 00 De 19 h 00 à 20 h 00 23 NOVEMBRE De 11 h 00 à 12 h 00 De 15 h 00 à 16 h 00 24 NOVEMBRE De 11 h 00 à 12 h 00 De 15 h 00 à 16 h 00 21 NOVEMBRE De 14 h 00 à 15 h 00 De 19 h 00 à 20 h 00 22 NOVEMBRE De 13 h 30 à 14 h 30 De 19 h 00 à 20 h 00 23 NOVEMBRE De 11 h 00 à 12 h 00 De 14 h 00 à 15 h 00 24 NOVEMBRE De 10 h 00 à 11 h 00 De 13 h 00 à 14 h 00 Venez rencontrer nos auteurs au Salon du livre de Montréal P H O T O A U T E U R © M I A D A B R O W S K I P H O T O A U T E U R © M I A D A B R O W S K I P H O T O A U T E U R © M I A D A B R O W S K I P H O T O A U T E U R © M I A D A B R O W S K I P H O T O A U T E U R © M I A D A B R O W S K I H O T O P H O T O P H O T O T O H O T O P H O T O O O T O O P H O T O P H O T O H O T O O O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O H O T P H O T O H O P A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R T E U R A U T E U R A U T E U R T E U R T E U R A U T E U R T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R T R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U A U T E U A A U T E U A U T E T T U © M I A © M I A © M I A © M I A © M I A A © M I A © M I A © M I A © M I A © M I A A © M I A © M I A © M I A © M I A © © M I A © M I A © M I A A © M I A A © M I A © M I A © M I © © © © © © © D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O D A B R O D A B R O D A B R O D A D A B D I W S K I W S K I I I I W S K I S K I W S K I I I I W S K W S K W S K W S K W S W S K W S W P H O T P H H O T O H O T O O P H O T O P H O T O P H 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P H O T P H O T P H O O H O H T A U T E U R A U T E R A U T A U T E U R U T E U T A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U A U T E U A U T E U A U T E U A © M I A © M I A © M I A M M I A A © M I A © M I A © M I A A © M I A © M I A © M I A © M I A © M I © M I M M M © D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O A B R O D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O D A B R O B R R D K I W S K I I I W S K I W S K I I I W S K I W S K W S W S K W S K W W S K W S W S W H O T O P H O T P H O T T H O T O O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T P H O T P H O O H O H T A U T E U R A U T E R A U T A U T E U R U T E U T A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U A U T E U A U T E U A U T E U A © M I A © M I A © M I A M M I A A © M I A © M I A © M I A A © M I A © M I A © M I A © M I A © M I © M I M M M © D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O A B R O D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O D A B R O B R R D K I W S K I I I W S K I W S K I I I W S K I W S K W S W S K W S K W W S K W S W S W H O T O P H O T P H O T T H O T O O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T P H O T P H O O H O H T A U T E U R A U T E R A U T A U T E U R U T E U T A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U A U T E U A U T E U A U T E U A © M I A © M I A © M I A M M I A A © M I A © M I A © M I A A © M I A © M I A © M I A © M I A © M I © M I M M M © D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O A B R O D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O D A B R O B R R D K I W S K I I I W S K I W S K I I I W S K I W S K W S W S K W S K W W S K W S W S W H O T O P H O T P H O T T H O T O O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T P H O T P H O O H O H T A U T E U R A U T E R A U T A U T E U R U T E U T A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U R A U T E U A U T E U A U T E U A U T E U A © M I A © M I A © M I A M M I A A © M I A © M I A © M I A A © M I A © M I A © M I A © M I A © M I © M I M M M © D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O A B R O D A B R O D A B R O D A B R O D A B R O A B R O D A B R O B R R D K I W S K I I I W S K I W S K I I I W S K I W S K W S W S K W S K W W S K W S W S W P H O T O A U T E U R © M I A D A B R O W S K I 21 NOVEMBRE De 13 h 00 à 14 h 00 De 18 h 00 à 19 h 00 22 NOVEMBRE De 12 h 00 à 13 h 00 De 18 h 00 à 19 h 00 23 NOVEMBRE De 12 h 00 à 13 h 00 De 17 h 30 à 18 h 30 24 NOVEMBRE De 11 h 00 à 12 h 00 De 14 h 00 à 15 h 00 ALBIN MICHEL STAND 611 LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR En 1932, un professeur de l\u2019Université de Montréal, le frère Marie-Victorin (né Conrad Kirouac au Québec), s\u2019élève contre l\u2019« abject servilisme intellectuel » dicté par ses collèges venus de France, « parce que nous avons résolu une bonne fois d\u2019être nous-mêmes », martèle-t-il, parce que « nous récusons le rôle de nègres blancs ».Il donne le ton à la synthèse des travaux d\u2019Yvan Lamonde.Dans sa Brève histoire des idées au Québec (1763-1965), enrichissement de ses longues recherches, Lamonde présente de manière saisissante l\u2019évolution intellectuelle dans une perspective sociale, sujet auquel il a consacré quatre gros volumes très documentés entre 2000 et 2016.Ce panorama, où brille la dimension critique, s\u2019articule autour de trois courants : le catholicisme, le libéralisme (au sens Brève histoire des idées au Québec (1763-1965) 1/2 Yvan Lamonde, Boréal, Montréal, 2019, 256 pages plus philosophique que partisan) et le sentiment national.La complexité de ce dernier courant n\u2019échappe pas à l\u2019historien même s\u2019il l\u2019englobe sous le terme ambigu de « nationalisme ».Il distingue le « principe des nationalités », idée progressiste qui, au XIXe siècle, valorise l\u2019émancipation des peuples asservis, notamment par Londres, Vienne, Moscou, et le nationalisme qui s\u2019applique trop souvent à l\u2019aspiration hégémonique de grandes puissances, comme la France, l\u2019Allemagne, la Turquie.Dès 1834, sans promouvoir encore expressément le principe des nationalités, Louis-Joseph Papineau, chef politique des patriotes, le sous-entend en doutant des « affections » de la Gran- de-Bretagne pour le Bas-Canada (futur Québec), parce qu\u2019une « nation n\u2019en sut jamais gouverner une autre ».À l\u2019opposé, le journaliste Étienne Parent, adversaire beaucoup plus modéré de la domination britannique, affirme : « Un peuple peut se résigner à un sort malheureux sans déshonneur.» Avec lumière et profondeur, La- monde montre à quel point Papineau et Parent sont à la source des voies contradictoires de notre évolution socioculturelle.Sans les imposer en rien, il propose, à notre libre appréciation, des choix.Deux continuités peuvent se dessiner.À Papineau succéderaient Honoré Mercier, Henri Bourassa et, si l\u2019on S alon du livr e de Montr éal 44 Les idées d\u2019un Québec qui bougeait L\u2019historien Yvan Lamonde dresse un panorama critique de 1763 à 1965 se risque à aborder, par-delà la politique, le domaine de l\u2019imaginaire, le peintre Paul-Émile Borduas.À Parent succéderaient Louis-Hippolyte La Fontaine, Wilfrid Laurier, ces maîtres de la compromission politique, et, si d\u2019aventure l\u2019on place un écrivain au style dépassé, Lionel Groulx.Lamonde a la finesse de souligner une réflexion éclairante faite dans les années 1930 par le journaliste André Laurendeau, figure de ce que l\u2019on appelait de façon très maladroite le nationalisme : « Nous brisons délibérément avec tout \u201cconservatisme\u201d.» Il discerne l\u2019écho de l\u2019indignation de Marie-Victorin en 1932 dans les mots de Gaston Miron écrits en 1958 : « Je n\u2019ai plus rien à faire avec l\u2019Europe.» Le poète décide alors de n\u2019appartenir qu\u2019à l\u2019Amérique.Yvan Lamonde sera au SLM le 23 novembre.Le frère Marie-Victorin, né Conrad Kirouac au Québec ARCHIVES MONTRÉAL Faites-vous une nouvelle tête ! LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Il paraît inconséquent que Louis-Jo- seph Papineau, défenseur de l\u2019émancipation du Bas-Canada (futur Québec) de la tutelle britannique, se prononce pour le maintien du régime seigneurial, système issu de la Nou- velle-France, dans la colonie où le tribun a vu le jour.Héritier d\u2019une seigneurie en Ou- taouais acquise par son père, préfére- rait-il son intérêt à celui de son peuple dont, en bon républicain, il promeut l\u2019égalité sociale ?Cette épineuse question soulevée depuis plus d\u2019un siècle par les détracteurs de Louis-Joseph Papineau (1786- 1871) se trouve notamment éclaircie par lui dans ses Lettres inédites que Georges Aubin, éditeur et commentateur de sa volumineuse correspondance déjà publiée, vient de présenter et d\u2019annoter.Dans une lettre du 9 mars 1855, le tribun soutient que maintenir le régime seigneurial sauvegarderait les préoccupations sociales propres à l\u2019ancienne société semi-féodale.Ce raisonnement, qu\u2019il formule en s\u2019adressant à son neveu l\u2019avocat Au- gustin-Cyrille Papineau, agent de sa seigneurie de la Petite-Nation en Ou- taouais, apparaît pourtant aussi idéaliste qu\u2019intéressé.4 5 S alon du livr e de Montr éal Des inédits de Papineau l\u2019idéaliste De la question du régime seigneurial à la lutte contre les promoteurs de la Confédération Le philosophe Jean-Jacques Rousseau avait-il raison de postuler que les êtres humains naissent bons, mais que la société les corrompt ?La proposition, au premier abord, semble aller de soi.On n\u2019imagine pas, en effet, un bambin de deux ans en monstre.L\u2019idée catholique de péché originel, de nos jours, ne passe plus.C\u2019est pourtant, d\u2019une certaine façon, une relance de cette idée qui vaudra à Richard E.Tremblay, chercheur en psychoéducation, l\u2019honneur de recevoir, en 2017, le prix Stockholm, considéré comme le prix Nobel de la criminologie.Ce scientifique, en effet, a consacré sa carrière à une réfutation du postulat rousseauiste.Selon Tremblay, l\u2019être humain n\u2019est pas d\u2019abord un ange qui devient un animal une fois plongé dans la méchanceté du monde ; il est plutôt, à la naissance, un petit animal agressif qui doit apprendre, grâce à son environnement social, à contrôler ses comportements.« Ce qui est appelé le péché originel, affirme le chercheur incroyant, c\u2019est à mes yeux ce bagage pugilistique, cette propension à l\u2019agression physique.» Si l\u2019éducation échoue dans la tâche consistant à civiliser le bambin barbare, ce dernier, plus tard, risque fortement de grossir les rangs des délinquants.Fondateur, en 1984, du Groupe de recherche sur l\u2019inadaptation psychosociale chez l\u2019enfant (GRIP), Tremblay est reconnu comme une sommité mondiale en la matière.Dans La violence des agneaux (Québec Amérique, 2019, 240 pages), l\u2019excellent vulgarisateur scientifique Mathieu-Robert Sauvé raconte avec admiration le parcours de ce scientifique iconoclaste, qui a fait de la prévention de la délinquance son cheval de bataille.« Peu d\u2019œuvres d\u2019un universitaire contemporain en sciences sociales auront une influence aussi profonde sur notre compréhension de la nature humaine à partir des premiers stades du développement », écrit Sauvé.Né en 1944, Tremblay, fils d\u2019un footballeur professionnel, a été éducateur physique avant de se diriger vers la psychoéducation.Il découvre l\u2019univers des jeunes délinquants à Boscoville, à la fin des années 1960, avant de travailler à l\u2019Institut Philippe-Pinel au début de la décennie suivante.Invité à devenir professeur à la nouvelle École de psychoéducation de l\u2019Université de Montréal, il va faire un doctorat à Londres, où il se familiarise avec l\u2019approche statistique et le concept de recherche longitudinale depuis la naissance.Ces apprentissages influenceront la suite de sa carrière.En 1951, le premier rapport de l\u2019histoire de l\u2019Organisation mondiale de la santé avançait déjà, résume Sauvé, « que, pour prévenir la délinquance à l\u2019adolescence, il faut aider les jeunes filles en difficulté qui deviennent les mères des futurs délinquants ».À partir de 1984, dans cet esprit, Tremblay lance, avec le GRIP, une série de recherches longitudinales visant à « identifier les éléments qui font dévier l\u2019existence des garçons vers la délinquance, puis le crime », et à les prévenir.Ces recherches montrent que les enfants qui ont un comportement antisocial persistant (coups, morsures, agitation, mensonges, etc.) sont des délinquants en herbe.Pour Tremblay, rappelons-le, tous les bambins sont naturellement agressifs, mais capables d\u2019apprendre à se maîtriser.L\u2019échec dans la résorption de la violence originelle est donc attribuable à des lacunes éducatives qu\u2019il s\u2019agit de corriger.La méthode consiste à rencontrer régulièrement les garçons dépistés \u2014 qu\u2019il faut éviter de placer tous ensemble dans des groupes spéciaux \u2014 et leurs parents pour mieux les outiller dans le développement de solutions de rechange à l\u2019agression.Tremblay poussera même son souci de la prévention jusqu\u2019à l\u2019accompagnement des jeunes filles pendant la grossesse.Cette approche biopsychosociale rencontrera des résistances, en France notamment, où Tremblay et son équipe ont été invités en 2005.Des psys, souvent de la mouvance psychanalytique, dénonceront cette approche qui mène, disent-ils, « à dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes » et qui risque de déboucher sur « un formatage des comportements des enfants » à des fins de contrôle social.Tremblay, dont l\u2019intransigeance apparaît à la fois comme une qualité ou comme un défaut, selon le point de vue, n\u2019en sera pas ébranlé.Lecteur des grands romanciers qui, dit-il, lui en ont plus appris sur la nature humaine que Freud, Lacan ou Skinner, familier des philosophes comme Hobbes et saint Augustin qui ont réfléchi sur l\u2019origine de l\u2019agression, le chercheur se fait modeste en affirmant n\u2019avoir « que quantifier, avec des observations systématiques, ce qui avait été décrit par d\u2019autres ».À presque 75 ans, toujours au boulot, il regrette seulement que le Québec ne tienne pas assez compte de ses résultats de recherche.Il a au moins trouvé, en Sauvé, un laudateur compétent.Ange animal LOUIS CORNELLIER Georges Aubin apporte un éclairage sur la volumineuse correspondance de Louis-Joseph Papineau.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Lettres inédites 1/2 Louis-Joseph Papineau, texte avec introduction et notes par Georges Aubin, Point du jour, L\u2019Assomption, 2019, 124 pages Bien qu\u2019il soit étranger aux coutumes du Royaume-Uni, marquées d\u2019une autre manière par l\u2019inégalité sociale, le régime seigneurial du Bas-Canada avait suscité la convoitise de certains Britanniques qui avaient acheté des seigneuries ou les avaient acquises par un mariage.Il n\u2019existe guère au Bas-Canada, à côté d\u2019une foule de seigneurs conservateurs et amis de la domination britannique, que deux seigneurs libéraux (on dirait aujourd\u2019hui progressistes) : Louis-Joseph Papineau et l\u2019un de ses neveux, Louis-Antoine Dessaulles, de Saint-Hyacinthe.Dans la lettre de 1855, le tribun voit en Dessaulles le défenseur idéal du système censuel, c\u2019est-à-dire axé sur le cens, la redevance que les cultivateurs versaient au seigneur.« Il défend les intérêts des classes pauvres et laborieuses qui ont été infiniment mieux protégées, partagées, indépendantes sous le système cen- suel qu\u2019elles ne le seront dans l\u2019avenir que des extravagants leur préparent », écrit-il au sujet du neveu, qu\u2019il magnifie tout autant que le régime seigneurial que le gouvernement colonial vient d\u2019abolir parce qu\u2019on le juge désuet.L\u2019homme politique, retraité depuis 1854, est beaucoup plus réaliste et convaincant lorsqu\u2019il proteste contre la corruption de ce gouvernement.Le 1er novembre 1858, il écrit aux partisans des éphémères premiers ministres associés du Canada-Uni, George Brown et Antoine-Aimé Dorion, libéraux beaucoup moins radicaux que lui, l\u2019implacable adversaire de la Confédération que les conservateurs préparent.« Une corruption illimitée dans ses moyens ; des parjures innombrables ; des fraudes inouïes », dénonce-t- il chez ces conservateurs qui ruinent l\u2019action politique à laquelle il a consacré sa vie. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 S alon du livr e de Montr éal 46 Pour une histoire commune Dans un manifeste consacré à l\u2019importance de la lecture, Marie Barguirdjian fait appel à la solidarité de tous l\u2019ère du numérique et des gadgets électroniques.« Il faut maintenir le cap littéraire.C\u2019est sûr que c\u2019est exigeant, plus que papillonner sur Internet, sur sa tablette\u2026 Il ne faut toutefois pas croire que le numérique me fait peur.Je ne suis pas du tout contre lui.Mais le contact humain est essentiel, notamment dans la construction d\u2019un enfant, entre 0 à 6 ans et jusqu\u2019à l\u2019adolescence.Alors, mettre une machine entre un texte et la pensée d\u2019un enfant qui lit, ça me dérange.Une machine ne peut pas voir les réactions, échanger avec l\u2019enfant.Une machine ne répond pas à ça ! Ça me met un peu en colère.» Tenir un livre entre ses mains force au contraire le jeune à communiquer avec ses émotions, ça lui offre une intimité qu\u2019il ne peut pas vivre avec un écran, assure l\u2019autrice.Ne pas perdre contact avec notre humanité, voilà l\u2019essentiel du propos du manifeste.Le problème avec la littérature jeunesse, et donc avec la lecture, au-delà du lectorat, de l\u2019enfance dont l\u2019intelligence est souvent sous-estimée \u2014 comme le mentionnait déjà Vincent Cuvellier dans son essai Je ne suis pas un auteur jeunesse (Gallimard, 2017) \u2014, c\u2019est la perception qu\u2019en ont parfois les adultes, les parents.« On dirait qu\u2019on est dans le show avec la littérature jeunesse.Quand quelque chose arrive, les parents s\u2019attendent souvent à du spectacle.On veut de la distraction.Ça me rappelle une conversation que j\u2019ai eue avec le docteur Jean-François Chicoine.On veut suréduquer les enfants, mais en suréduquant, on veut aussi les distraire, sauf qu\u2019on oublie de prendre du temps pour échanger, pour être dans le silence », se désole-t-elle.Démocratiser la lecture Portée par le désir de fédérer et de décloisonner les livres qui sont enfermés dans les bibliothèques, dans les librairies, Marie Barguirdjian rêve ainsi de les voir partout, dans les autobus, dans les centres commerciaux, pour ainsi participer à la démocratisation de la culture.« Proclamer l\u2019importance de la littérature jeunesse et tout ce que ça comporte pour le développement de l\u2019enfant, ce qu\u2019il va devenir plus tard, voilà ce qui me tient à cœur.Il faut arriver à convaincre tout le monde de se tenir la main », conclut Marie Barguirdjian.On a tous besoin d\u2019histoires sera lancé et offert gratuitement le 23 novembre au Salon du livre de Montréal.Marie Barguirdjian sera au SLM les 20, 22, 23 et 24 novembre.On a tous besoin d\u2019histoires Marie Barguirdjian, Montréal, 2019, 65 pages ENTREVUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR n a tous besoin d\u2019histoires « pour être distraits un instant de sa propre histoire » (Jean- Claude Mourlevat), « pour se souvenir » (Joséphine Bacon), « pour étancher la solitude » (Simon Boulerice), « pour agrandir la vie » (Timothée de Fom- belle), pour « s\u2019émerveiller, même si \u201cl\u2019émerveillement est une chose inutile\u201d, disait Gio Ponti, mais aussi indispensable que le pain ! ».Ils sont jusqu\u2019à maintenant 33 auteurs et autrices, illustrateurs et illustratrices cosignataires d\u2019On a tous besoin d\u2019histoires, écrit, pensé et tenu à bout de bras et avec passion par l\u2019au- trice et passeuse de littérature jeunesse Marie Barguirdjian (La chambre d\u2019Adèle, Édito Jeunesse, 2019).On a tous besoin d\u2019histoires, c\u2019est un manifeste, mais surtout une ode à la lecture, à la culture et à l\u2019imaginaire dans laquelle l\u2019autrice et conférencière propose, en 14 points illustrés par des créateurs, les bienfaits de la lecture.Loin d\u2019elle, toutefois, l\u2019idée de faire de cet ouvrage un document pédagogique.Elle souhaite avant tout dire la beauté de la littérature jeunesse en s\u2019adressant au grand public au sens humain, humaniste du terme.« Je voulais avoir un abord socioculturel.Toucher les gens au cœur.Leur rappeler qu\u2019on ne peut pas se passer de la lecture.C\u2019est inimaginable, pour moi, des gens qui ne lisent pas d\u2019histoires.Les mots, l\u2019imaginaire, c\u2019est de ça qu\u2019on est fait.Il faut revenir à l\u2019essentiel, qui est de partager des histoires, orales ou écrites.Parce que si on ne se nourrit pas de ça, on va s\u2019appauvrir », raconte-t-elle au bout du fil.Le plus gros problème, selon l\u2019au- trice, reste l\u2019accompagnement des jeunes, le suivi, la transmission d\u2019un désir de lire.« Je trouve qu\u2019il y a une forte dichotomie en ce moment.On vit dans une espèce d\u2019opulence du livre.On veut en faire consommer.On s\u2019imagine que, parce qu\u2019on balance des livres, c\u2019est bien, mais je ne crois pas que c\u2019est la solution pour former des lecteurs.On ne crée pas de lecteurs si on ne crée pas de désir intérieur.Tu peux bien donner des livres à tout le monde et dire que ça rend tellement heureux de lire, mais si l\u2019enfant ne comprend pas ce que tu dis, la phrase reste abstraite.Il faut vraiment que ça vienne de l\u2019intérieur.C\u2019est la question du désir qui est là.C\u2019est la question de toute chose.O Le pouvoir de l\u2019humain L\u2019idée d\u2019écrire un manifeste vient souvent de l\u2019urgence d\u2019agir, de dénoncer.D\u2019ailleurs, chacune des citations et chacun des points contenus dans le document témoigne de la nécessité de lire, de faire lire, de raconter.Bien qu\u2019elle n\u2019ait pas le dessein de faire descendre les gens dans la rue, Marie Barguirdjian croit plus que tout au pouvoir de l\u2019engagement social, à l\u2019implication des parents, à l\u2019accompagnement des adultes, d\u2019autant plus aujourd\u2019hui, à Ils sont jusqu\u2019à 33 auteurs et autrices, illustrateurs et illustratrices cosignataires d\u2019On a tous besoin d\u2019histoires, écrit, pensé et tenu à bout de bras par l\u2019autrice et passeuse de littérature jeunesse Marie Barguirdjian.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 C U L T U R E CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR En incarnant Elisabeth II avec une grâce royale et une aisance indéniable dans les deux premières saisons de la série The Crown, Claire Foy a mis la barre bien haut pour sa remplaçante.Sans surprise, Olivia Col- man, oscarisée pour son interprétation époustouflante de l\u2019instable et vulnérable reine Anne dans La favorite, de Yorgos Lanthimos, s\u2019est avérée à la hauteur.Parions que la reine d\u2019Angleterre elle-même sera bluffée ! Il est toutefois dommage que la série, produite par le cinéaste Stephen Daldry (Billy Elliott) et créée par le scénariste Peter Morgan (Sa Majesté la reine), se révèle ici un véhicule bien morne et rigide pour la magistrale actrice.Les décors somptueux n\u2019ont pourtant pas changé, mais ils paraissent froids, trop grands, déserts.La reine y est souvent présentée à distance, de dos.Plus que jamais, la souveraine est engoncée dans le lourd protocole qu\u2019impose la couronne, déconnectée de ses émotions.On est bien loin de l\u2019image de la bonne mamie d\u2019aujour- d\u2019hui versant une larme le jour du Souvenir ou posant tout sourire les mains dans les poches.Quant à la structure narrative, on a opté pour des épisodes fermés, centrés sur différents membres de la famille royale.Exit le souffle épique qui portait les précédentes saisons.Le plus distrayant du lot tourne autour de l\u2019escapade américaine de la princesse Margaret, incarnée avec panache par Helena Bonham Carter, qui n\u2019arrive malheureusement pas à se fondre dans le personnage.Le plus ennuyant est sans contredit celui s\u2019intéressant aux états d\u2019âme du prince Philip, auquel Tobias Menzies (Game of Thrones) insuffle un savant mélange d\u2019élégance, d\u2019arrogance et d\u2019humanité, complètement obsédé par les exploits des astronautes de la mission Apollo 11.Imaginez un épisode presque complet à regarder le duc d\u2019Édimbourg rivé au petit écran\u2026 Tout au plus a-t-on préservé l\u2019esprit critique propre à The Crown.Nul doute que les Windsor n\u2019aimeront pas se voir dépeints comme des êtres oisifs, insignifiants, sans vision, dépassés par la réalité, mal avisés.Ainsi, lorsque l\u2019Angleterre du socialiste Wilson (Jason Watkins) traverse une grave crise financière, Philip se lamente parce qu\u2019il a dû vendre son yacht et ignore s\u2019il pourra continuer à jouer au polo.Évoluent aussi quelques intrigants dans cette famille, dont la reine mère (Marion Bailey) et lord Mountbatten (Charles Dance) : « Ne tourne jamais le dos au grand amour et méfie-toi de ta famille », dira Wallis Simpson (Geraldine Chaplin) peu après le décès d\u2019Edward (Derek Jacobi), qui abdiqua le trône d\u2019Angleterre par amour pour elle, au jeune prince Charles (Josh O\u2019Connor), sur le point de perdre son premier amour, la future Camilla Parker-Bowles (Emerald Fennell).Bref, cette galerie de portraits royaux est peu flatteuse et, hélas ! peu fascinante, malgré tout l\u2019argent mis à l\u2019écran et le prestige de la distribution \u2014 on aura droit à une courte apparition du grand John Lithgow dans le rôle de Churchill.Si la tendance se maintient, l\u2019aspect historique de l\u2019ambitieuse saga pourrait bien s\u2019étioler au profit d\u2019une essence people.On n\u2019a qu\u2019à lire les unes des magazines sur le sujet pour s\u2019en convaincre.Parfum de scandale Et la reine dans tout cela ?Se déroulant de 1964 à 1977, les 10 nouveaux épisodes mettent en scène une reine plus mûre, mère de quatre enfants, vêtue sévèrement \u2014 les swinging sixties ne sont pas sa tasse de thé.« Une vieille chauve-souris ! » s\u2019exclame-t-elle, dans le premier épisode, en comparant le timbre sur lequel elle apparaît aux premières années de son règne et le nouveau timbre à son effigie.De monarque médiocre aux allures de provinciale coincée, Elisabeth est devenue une femme consciente des limites de son pouvoir, s\u2019accrochant à l\u2019image d\u2019idéal qu\u2019elle doit, croit-elle, envoyer au peuple.Parfois jusqu\u2019à l\u2019aveuglement.Parfois jusqu\u2019à négliger la princesse Anne (Erin Doherty), plus délurée que Charles, parce qu\u2019elle n\u2019est pas promise au trône.Parfois jusqu\u2019à traiter froidement Charles, oubliant qu\u2019il est d\u2019abord son fils avant d\u2019être futur roi d\u2019Angleterre \u2014 le sera-t-il vraiment un jour ?Reléguée au rang de personnage secondaire, la reine qu\u2019incarne Olivia Col- man semble sous son aspect glacial couvrir un feu qui la brûle de l\u2019intérieur.Et c\u2019est sans doute dans l\u2019épisode qui fait scandale auprès de l\u2019entourage de la reine que l\u2019actrice montre toute la finesse et l\u2019étendue de son registre.Celui où un coup d\u2019État se prépare au moment où elle parcourt la France et l\u2019Amérique en compagnie de son meilleur ami Porchey (John Hollingworth) pour étudier l\u2019élevage de chevaux.Avant même sa diffusion, Dickie Arbiter, ex-attaché de presse de la reine, s\u2019est empressé de dire que The Crown était mensongère puisqu\u2019elle mettait en scène une liaison entre la reine et son directeur de course de chevaux.Rassurez-vous : aucune scène torride à l\u2019horizon.En revanche, de tendres scènes où la monarque baisse la garde, le temps de concocter un sandwich à son confident et de lui confier, avec un sourire d\u2019adolescente gauche, qu\u2019au fond, cette vie lui aurait peut-être mieux convenu que celle au palais de Buckingham.Rarement aura-t-on vu la reine avec un visage aussi humain.Peut-être est-il là, le scandale ?Enfin, malgré le rythme léthargique et le contenu anecdotique de la troisième saison, c\u2019est non sans impatience qu\u2019on attend la suite afin de découvrir Gillian Anderson sous les traits de Margaret Thatcher, et le traitement qu\u2019on réservera au destin tragique de lady Diana (Emma Corrin).47 Écrans Reine de glace Olivia Colman s\u2019empare de la couronne avec éclat dans une troisième saison de The Crown qui en manque cruellement The Crown 3 Sur Netflix, dès dimanche Se déroulant de 1964 à 1977, les dix nouveaux épisodes mettent en scène une reine plus mûre, mère de quatre enfants, vêtue sévèrement \u2014 les swinging sixties ne sont pas sa tasse de thé.NETFLIX LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Écrans 48 ENTREVUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR « Jon Favreau est de ma génération.Il aime Star Wars.Il a compris la quintessence de Star Wars.C\u2019est un enfant de Star Wars.» À l\u2019image du cinéaste-scénariste-producteur américain, Patrice Girod est un enfant de Star Wars.Il aime Star Wars.Il en a compris la quintessence.Depuis qu\u2019il a vu A New Hope (Épisode IV : un nouvel espoir) en 1977, il a placé tous ses espoirs dans ce classique mythique du cinéma.Voyez un peu : pendant 15 ans, il a édité Lucasfilm Magazine.C\u2019est également lui qui a choisi les objets présentés lors de l\u2019expo Star Wars à la Cité des sciences et de l\u2019industrie de Paris.Lui qui a produit les deux conventions officielles françaises, dont celle ayant marqué la sortie de l\u2019Épisode III.En parallèle, il a rencontré plusieurs fois George Lucas.Et a été figurant dans l\u2019Épisode I.« J\u2019en ai, des heures de vol.» Et comme tous les enfants nés sous la bonne guerre des étoiles, celui qui est aujourd\u2019hui directeur des expositions de ScienceFictionArchives.com se sent un peu tel un gamin à Noël chaque fois que la franchise lance un nouvel opus.Comme elle l\u2019a fait mardi dernier avec The Mandalorian (Le Mandalorien).Une série créée par le Jon Favreau mentionné plus haut.Dotée d\u2019un budget de quelque 100 millions $US.Et proposée sur le nouveau service de webdiffusion Disney+.Parmi toutes les œuvres mises à la disposition des abonnés de ce même Disney+, The Mandalorian était probablement la plus attendue.Le service a connu des ratés durant la journée, à cause du nombre élevé de personnes qui s\u2019y sont précipitées.Combien ?La compagnie de Mickey n\u2019a pas encore dévoilé de chiffres pour ce titre précis (même si elle a annoncé que 10 millions de personnes ont souscrit à l\u2019ensemble au cours des 24 premières heures).Elle n\u2019a pas non plus lancé son service partout en même temps.En France, comme dans plusieurs pays européens, ce n\u2019est qu\u2019en mars 2020 que l\u2019on pourra visionner (ahem, sans pirater) ce Mandalorian.Mais Patrice est patient.Et puis, ça lui rappelle de beaux souvenirs.« Jusqu\u2019à l\u2019Épisode I, en 1999, on a toujours attendu six mois après la sortie des films aux États-Unis pour les voir ici.» La revanche des fans Ici, ou plutôt au Québec, nous avons eu la chance de le voir.Et de découvrir un univers familier sans pour autant être plaqué.Doté d\u2019effets spéciaux du tonnerre, le premier épisode du Madalorien réalisé par Dave Filoni s\u2019ouvre ainsi sur un hommage à la scène de la cantine de A New Hope.Plus loin, un plan de prisonniers congelés dans la carbonite évoque Han Solo dans The Empire Strikes Back (Épisode V : L\u2019empire contre-attaque).Les transitions de la vieille école Père tué, et respecté La folle avancée de la franchise Star Wars propulsée par Disney dans Le Mandalorien, vue par un fan de la toute première heure www.ecm.qc.ca | 514-524-0173 En collaboration avec Salle Bourgie, Musée des beaux-arts de Montréal Œuvres de Michel Gonneville (création) et Erik Satie Dimanche 17 novembre 2019 | 14 h 30 Magali Simard-Galdès, soprano Dion Mazerolle, baryton Louise Bessette, piano Véronique Lacroix, direction | ECM+, 12 musiciens Chansons du Bonhomme de chemin Pierre Morency, textes et dessins Serge Maheu, design de projections Marie-Josée Chartier, mise en espace LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 (les fameux screen wipes) rythment le récit.Le tout suit la formule prisée par Patrice Girod : « On a trahi le père tout en le respectant.» Depuis le rachat de Lucasfilm par Disney en 2012, plusieurs reprochent d\u2019ailleurs à la franchise de s\u2019éloigner de cette règle pourtant simple.Le passé doit être aussi présent que l\u2019innovation.Patrice Girod critique principalement le rythme auquel sortent désormais les titres.Les prochains à marquer au calendrier sont prévus en 2022, 2024 et 2026.Essoufflement.« Ils peuvent me faire un film de Star Wars toutes les heures, il n\u2019y a pas de problème.Mais il faut que la qualité soit là.» C\u2019est qu\u2019il faut du temps pour le faire bien.Justement, parlons-en, du temps.Ceux qui planifiaient de dévorer, ou binge-watcher, comme on dit, les huit épisodes du Mandalorian d\u2019un coup s\u2019en sont pris un coup.Tut tut tut.Plus de saison mise en ligne dans son entièreté comme Netflix nous y a habitués depuis House of Cards.Maintenant, c\u2019est un épisode par semaine.Vous allez attendre.Comme avant.Comme avec le câble (vous pensiez y avoir échappé, hein).Faudra- t-il bientôt rembobiner la cassette ?Et puisqu\u2019il est question « de l\u2019ancien temps »\u2026 Patrice Girod note à quel point la frénésie généralisée générée par The Mandalorian montre que les choses ont changé.« La culture populaire est devenue la culture dominante.» Disney y a contribué, croit-il.Et, bien entendu, les réseaux sociaux.Qui ont permis aux fidèles de se trouver, d\u2019échanger (de se chicaner), de se rassembler.L\u2019expert des étoiles se souvient d\u2019une époque où sa passion était moquée.Ceux qui planifiaient dévorer, ou binge-watcher comme on dit, les huit épisodes du Mandalorian d\u2019un coup s\u2019en sont pris un, coup.Tut tut tut.Plus de saison mise en ligne dans son entièreté comme Netflix nous y a habitués.DISNEY+ Le Mandalorien (V.F.de The Mandalorian) Sur Disney+, dès maintenant, à raison d\u2019un épisode par semaine Étudiant à l\u2019École de commerce (sur les conseils de son père), il a voulu créer un magazine consacré aux films de sa vie.« Tout le monde s\u2019est foutu de moi.Oh là là, mais il n\u2019a pas grandi dans sa tête, celui-là.» Ben voyons.« Vous rigolez aujourd\u2019hui, mais à l\u2019époque j\u2019étais le nerd, le pauvre garçon.» Essayez de vous moquer d\u2019un fan de Star Wars aujourd\u2019hui.Ha.Bref, le respect, il a fallu le gagner, dit Patrice Girod.À force de passion, de persévérance et\u2026 de costumes- cravate.« J\u2019ai pris exemple sur Rick Berman.Le producteur de tous les Star Trek.Dans un entretien avec Larry King, ce dernier lui a fait remarquer qu\u2019il était toujours bien habillé.Rick a répondu : \u201cDéjà que le sujet porte à rigoler, si je ne le fais pas, personne ne me prend au sérieux.\u201d Ça m\u2019avait marqué.Depuis, quand je donne une entrevue, je suis toujours en chemise.» De grandes attentes Cette chemise, certains l\u2019ont déchirée en 2018, à la sortie de Solo : A Star Wars Story ( Solo : une histoire de Star Wars), de Ron Howard.Pas Patrice.Contrairement aux critiques affligés, il a adoré voir Alden Ehrenreich reprendre le rôle mythique de Harrison Ford.Pourquoi ?« Parce qu\u2019il y avait une véritable proposition d\u2019une nouvelle histoire.» Un peu comme Jon Favreau le fait désormais pour Disney+ en reprenant la figure iconique du combattant mandalorien.Sans pour autant que ce Mandalorien soit Boba Fett.On connaît le symbole, on ne connaît pas ce personnage précis.Ce qu\u2019on connaît très bien par contre, ce sont les sonorités qui parsèment le premier épisode.Des bruits qui servent de références subtiles.« De petits clins d\u2019œil très légers qui vont jouer dans notre subconscient et nous rappellent la trilogie mythique en faisant : oh, hé, vous vous souvenez de ce son qui était génial dans L\u2019Empire contre-attaque ?Eh bien, maintenant, quand le personnage ouvre la porte, ça fait le même bruit.» Vous l\u2019avez senti ?Nous aussi.Patrice Girod est fan.Superfan.D\u2019un débit enthousiaste ininterrompu, il salue du même souffle la présence de Werner Herzog dans la série.« Ce n\u2019est peut-être pas une superstar hollywoodienne, mais c\u2019est un grand artiste, un grand acteur.Tout comme l\u2019était Alec Guinness dans le tout premier film.Le gars, il dit sa phrase et il en impose, quoi ! C\u2019est du grand, grand cinéma.» Et cette question de la cinéphilie, elle est constante chez lui.« Quand le film est sorti en 1977, il n\u2019y avait pas de Lego de Star Wars.Ma génération n\u2019est pas fan de la marque.Ni des jouets.Elle est fan d\u2019un bon film.On est des enfants gâtés ! On est de sales petits cons, parce que George Lucas nous a donnés.Et hop ! Allez ! Des cadeaux merveilleux.Révolutionnaires.» Ce dernier cadeau, signé cette fois Favreau, sera-t-il aussi merveilleux et révolutionnaire ?Réponse au fil de la diffusion, épisode par épisode, chaque vendredi sur Disney+.Pour l\u2019instant, pas de cassette à rembobiner.Culture \u2026une vraie apparition dans un univers classique C.Huss, Le Devoir Un programme à la hauteur de son génie ! Œuvres de Scarlatti, Medtner, Ravel, Liszt 19 janvier 2020, 14h30 Maison symphonique RETOUR TRÈS ATTENDU LUCAS DEBARGUE Phénoménal pianiste Présenté par 514 842-2112 / 1 866 842-2112 27 NOVEMBRE 21 H UNFOLD | 7 PERSPECTIVES UNE ŒUVRE CHORÉGRAPHIQUE DE LA COMPAGNIE DE DANSE CONTEMPORAINE LE CARRÉ DES LOMBES Coproduction Festival TransAmériques « Les danseurs déploient une gestuelle intéressante, vibrante, vivante, étourdissante de ?uidité.» \u2014 Francine Grimaldi, Samedi et rien d\u2019autre, ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Écrans 50 SAMEDI OSS 117 : LE CAIRE.NID D\u2019ESPIONS (4) Fr.2006.Comédie d\u2019espionnage de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, Aura Atika.- En 1955, un agent des services secrets français est envoyé en Égypte afin de découvrir l\u2019identité des auteurs du meurtre de son prédécesseur.ARTV 12h PRISON TOUT INCLUS (4) (Get the Gringo), É.-U.2012.Drame de mœurs d\u2019Adrian Grunberg avec Mel Gibson, Kevin Hernandez, Dolores Heredia.- Dans une prison mexicaine où les détenus vivent avec leur famille et où un baron de la drogue fait la loi, un criminel américain s\u2019allie à un gamin assoiffé de vengeance.TVA 14h ROME MON AMOUR (5) (To Rome With Love), É.-U.2012.Comédie de Woody Allen avec Woody Allen, Alec Baldwin, Alessandra Mastronardi.- Croisement de plusieurs intrigues morales et sentimentales dans le grand décor de la Ville éternelle.ARTV 14h LES PIERRAFEU (5) (The Flintstones), É.-U.1994.Comédie fantaisiste de Brian Levant avec John Goodman, Rick Moranis, Elizabeth Perkins.- Les tribulations de deux couples d\u2019amis voisins qui vivent dans une banlieue au temps de la préhistoire.MAX 15h30 HOMICIDE À HOLLYWOOD (4) (Hollywood Homicide), É.-U.2003.Comédie policière de Ron Shelton avec Harrison Ford, Josh Hartnett, Lena Olin.- Diverses tracasseries ralentissent l\u2019enquête de deux détectives sur les meurtres des membres d\u2019un groupe de musique hip-hop.V 16h PARTIS EN 60 SECONDES (5) (Gone in 60 Seconds), É.-U.2000.Drame policier de Dominic Sena avec Nicolas Cage, Angelina Jolie, Giovanni Ribisi.- Une bande de voleurs s\u2019efforce de subtiliser 50 automobiles en 24 heures.MAX 17h30 ROBOTS (3) É.-U.2005.Film d\u2019animation de Chris Wedge.- Dans un monde peuplé uniquement de robots, un jeune inventeur doit contrecarrer les plans machiavéliques d\u2019un tyran.TQ 18h SPIDER-MAN.LES RETROUVAILLES (4) (Spider-Man \u2013 Homecoming), É.-U.2017.Drame fantastique de Jon Watts avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr.- À 15 ans, Peter Parker tente de concilier études, amours et vie de superhéros, au moment où son alter ego Spider-Man est appelé à défendre la ville contre le redoutable Vautour.TVA 18h30 LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON (3) Fr.2007.Drame biographique de Julian Schnabel avec Mathieu Amalric, Anne Consigny, Marie-Josée Croze.- Atteint du «locked-in syndrome», rendu totalement paralysé à l\u2019exception de son œil gauche, un journaliste dicte par clignements de paupière un livre relatant son expérience.ARTV 19h L\u2019AMOUR À LA UNE (5) (The Lost Valentine), É.-U.2011.Drame sentimental de Darnell Martin avec Jennifer Love Hewitt, Betty White, Billy Magnussen.- Une journaliste de la télévision est chargée de convaincre une vieille dame dont le mari est disparu à la guerre en 1944 de venir en ondes raconter son histoire.ELLE 19h LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MAX 20h CLANCHES! (4) (Speed), É.-U.1994.Drame policier de Jan De Bont avec Keanu Reeves, Sandra Bullock, Dennis Hopper.- À Los Angeles, un jeune policier de l\u2019escouade tactique s\u2019efforce de secourir les passagers d\u2019un autobus piégé qui ne peut rouler à moins de 80 kilomètres à l\u2019heure.Z 21h DANS LES VILLES (4) Can.2006.Drame poétique de Catherine Martin avec Hélène Florent, Robert Lepage, Hélène Loiselle.- Durant l\u2019automne à Montréal, une spécialiste en soin des arbres vient en aide à un aveugle, une dame âgée et une adolescente suicidaire.TFO 21h CŒUR ET TRIO (4) (Some Kind of Wonderful), É.-U.1987.Comédie sentimentale de Howard Deutch avec Eric Stoltz, Mary Stuart Masterson, Lea Thompson.- Amoureux d\u2019une camarade de classe, un élève du secondaire s\u2019engage dans des frais exceptionnels pour sortir avec elle.ELLE 21h BABY LE CHAUFFEUR (4) (Baby Driver), É.-U.2017.Thriller d\u2019Edgar Wright avec Ansel Elgort, Lily James, Jon Hamm.- Un jeune as du volant qui carbure au rock tente de mettre fin à son association forcée avec un gang de braqueurs, quand il s\u2019éprend d\u2019une serveuse qui partage ses goûts musicaux.TVA 21h15 DR KINSEY (3) (Kinsey), É.-U.2004.Drame biographique de Bill Condon avec Liam Neeson, Laura Linney, Peter Sarsgaard.- L\u2019existence tumultueuse du scientifique Alfred Kinsey, dont les ouvrages sur la sexualité ont bouleversé les États-Unis dans les années 1950.TQ 22h UNE HISTOIRE DE VIOLENCE (3) (A History of Violence), É.-U.2005.Thriller de David Cronenberg avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris.- Après avoir tué deux dangereux voleurs, un restaurateur du Midwest voit sa paisible vie familiale chamboulée par la visite d\u2019un gangster qui dit bien le connaître.MAX 22h OSS 117 : LE CAIRE.NID D\u2019ESPIONS (4) Fr.2006.Comédie d\u2019espionnage de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, Aura Atika.- En 1955, un agent des services secrets français est envoyé en Égypte afin de découvrir l\u2019identité des auteurs du meurtre de son prédécesseur.ARTV 23h LA DENTELLIÈRE Voir dimanche, 21h.TFO 23h30 TOUT POUR ELLE (5) (The Next Three Days), É.-U.2010.Thriller de Paul Haggis avec Russell Crowe, Elizabeth Banks, Ty Simpkins.- Convaincu de l\u2019innocence de son épouse, condamnée à vingt ans de prison pour le meurtre de sa patronne, un professeur de littérature planifie minutieusement son évasion.TVA 0h LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MAX 0h LA DÉNONCIATION (4) (The Whistleblower), Can.2010.Drame de Larysa Kondracki avec Rachel Weisz, Benedict Cumberbatch, David Strathairn.- Une Casque bleu américaine stationnée en Bosnie découvre que des confrères sont impliqués dans un trafic de jeunes filles issues des pays de l\u2019Est.RC 0h30 L\u2019AMOUR À LA UNE (5) (The Lost Valentine), É.-U.2011.Drame sentimental de Darnell Martin avec Jennifer Love Hewitt, Betty White, Billy Magnussen.- Une journaliste de la télévision est chargée de convaincre une vieille dame dont le mari est disparu à la guerre en 1944 de venir en ondes raconter son histoire.ELLE 1h DANS LES VILLES Voir samedi, 21h.TFO 1h30 DIMANCHE LA FAMILLE BÉLIER (4) Fr.2014.Comédie d\u2019Éric Lartigau avec Louane Emera, Karin Viard, François Damiens.- Une fille de 16 ans se découvre un don pour le chant qui pourrait la conduire loin de ses parents et de son frère, tous sourds-muets.TVA 10h ROBOTS (3) É.-U.2005.Film d\u2019animation de Chris Wedge.- Dans un monde peuplé uniquement de robots, un jeune inventeur doit contrecarrer les plans machiavéliques d\u2019un tyran.TQ 12h RUMBLE \u2013 THE INDIANS WHO ROCKED THE WORLD (4) Can.2017.Documentaire de Catherine Bainbridge.- Avec sa pièce Rumble, le guitariste Link Wray devient en 1958 le tout premier Amérindien à influencer la musique rock.PBS (WETK) 12h LES PRÉDATEURS (5) (Predators), É.-U.2010.Science-fiction de Nimrod Antal avec Adrien Brody, Alice Braga, Topher Grace.- Parachutés en pleine brousse, sept hommes et une femme tentent de survivre aux assauts d\u2019une créature humanoïde féroce qui les a réunis là à dessein.Z 14h SPLASH (4) É.-U.1984.Comédie fantaisiste de Ron Howard avec Daryl Hannah, Tom Hanks, John Candy.- Un jeune commerçant célibataire se désole de n\u2019avoir jamais connu l\u2019amour véritable, jusqu\u2019au jour où une sirène le sauve de la noyade.V 14h LES MONDES DE RALPH (4) (Wreck-It Ralph), É.-U.2012.Film d\u2019animation de Rich Moore.- Las d\u2019être un vilain de jeu vidéo, un démolisseur part à la conquête d\u2019une médaille de héros dans un autre jeu, bouleversant du coup l\u2019univers des arcades.RC 15h ESPIONNE (4) (Spy), É.-U.2015.Comédie d\u2019espionnage de Paul Feig avec Melissa McCarthy, Rose Byrne, Jason Statham.- Malgré sa taille forte et son manque d\u2019expérience, une agente de bureau de la CIA se porte volontaire pour traquer la marchande d\u2019armes qui a tué l\u2019espion dont elle était amoureuse.MAX 15h30 BLONDE ET LÉGALE (5) (Legally Blonde), É.-U.2001.Comédie dramatique de Robert Luketic avec Reese Witherspoon, Luke Wilson, Selma Blair.- Une étudiante insouciante s\u2019inscrit à l\u2019école de droit de Harvard pour y rejoindre son petit ami qui l\u2019a quittée.V 16h30 FOOTLOOSE (4) É.-U.1984.Comédie musicale d\u2019Herbert Ross avec Kevin Bacon, Lori Singer, John Lithgow.- Dans une petite ville du Kansas où la danse et la musique rock sont interdites, un adolescent se démène pour organiser une soirée dansante.MAX 18h UN OURS ET DEUX AMANTS (4) (Two Lovers and a Bear), Can.2016.Drame sentimental de Kim Nguyen avec Dane DeHaan, Tatiana Maslany, John Ralston.- Deux amoureux, qui ont échoué dans l\u2019Arctique canadien afin de fuir un passé trouble, entreprennent à motoneige le long périple vers le sud.ARTV 20h LA DENTELLIÈRE (2) Fr.1976.Drame psychologique de Claude Goretta avec Isabelle Huppert, Yves Beneyton, Florence Giorgetti.- Une jeune coiffeuse a avec un étudiant une liaison dont la rupture l\u2019entraîne à la neurasthénie.TFO 21h PEARL HARBOR (5) É.-U.2001.Drame de guerre de Michael Bay avec Ben Affleck, Josh Hartnett, Kate Beckinsale.- Deux jeunes pilotes en viennent à rivaliser pour l\u2019amour d\u2019une infirmière à la veille du bombardement de Pearl Harbor.MAX 21h30 LE SENS DE L\u2019HUMOUR (4) Can.2011.Comédie d\u2019Émile Gaudreault avec Michel Côté, Louis-José Houde, Benoît Brière.- Deux humoristes en tournée sont kidnappés par un cuisinier timide mais psychopathe, qu\u2019ils avaient pris comme tête de Turc dans leur spectacle.TQ 22h LE GARDE DU CORPS (5) (The Bodyguard), É.-U.1992.Drame de Mick Jackson avec Kevin Costner, Whitney Houston, Gary Kemp.- Victime de menaces anonymes, une chanteuse populaire reçoit la protection d\u2019un garde du corps dont elle tombe amoureuse.TVA 22h45 ROME MON AMOUR (5) (To Rome With Love), É.-U.2012.Comédie de Woody Allen avec Woody Allen, Alec Baldwin, Alessandra Mastronardi.- Croisement de plusieurs intrigues morales et sentimentales dans le grand décor de la Ville éternelle.ARTV 23h27 LES SŒURS BRONTË Voir lundi, 21h.TFO 23h30 UNE SÉPARATION (2) Iran.2011.Drame d\u2019Asghar Farhadi avec Peyman Moadi, Leila Hatami, Sareh Bayat.- Après le départ de son épouse, un homme entre en conflit avec la jeune mère qu\u2019il a engagée pour prendre soin de son père atteint de la maladie d\u2019Alzheimer.RC 0h25 LA DENTELLIÈRE Voir dimanche, 21h.TFO 1h30 LUNDI FLAMME SUR GLACE (5) (The Cutting Edge), É.-U.1992.Comédie sentimentale de Paul Michael Glaser avec D.B.Sweeney, Moira Kelly, Roy Dotrice.- Un jeune hockeyeur accepte de former un duo avec une patineuse artistique au tempérament difficile.TVA 13h LE MASQUE DE L\u2019ARAIGNÉE (5) (Along Came a Spider), É.-U.2001.Drame policier de Lee Tamahori avec Morgan Freeman, Monica Potter, Michael Wincott.- Un détective et une agente des services secrets recherchent la fillette d\u2019un sénateur, kidnappée par un criminel avide de célébrité.MAX 21h LES SŒURS BRONTË (4) Fr.1979.Drame biographique d\u2019André Téchiné avec Isabelle Adjani, Marie-France Pisier, Isabelle Huppert.- Les trois filles d\u2019un pasteur s\u2019adonnent à des travaux littéraires et encouragent leur frère dans ses efforts artistiques.TFO 21h LA BEAUTÉ DU DIABLE Voir mardi, 21h.TFO 23h30 LES SŒURS BRONTË Voir lundi, 21h.TFO 01h30 MARDI LA BEAUTÉ DU DIABLE (2) Fr.1949.Drame fantastique de René Clair avec Gérard Philipe, Michel Simon, Nicole Besnard.- Un savant désabusé vend son âme au diable pour la jeunesse, la gloire et la richesse.TFO 21h FOR SAMA (3) G.-B.2019.Documentaire de Waad Al-Khateab.- Du printemps arabe en 2012 à la quasi destruction d\u2019Alep en 2016, une étudiante filme la guerre civile syrienne, auprès de son mari médecin, fondateur d\u2019un hôpital de fortune.PBS (WCFE) 22h UN BALCON SUR LA MER Voir mercredi, 21h.TFO 23h30 MARINA (5) Bel.2013.Drame biographique de Stijn Coninx avec Matteo Simoni, Luigi Lo Cascio, Evelien Bosmans.- Bravant les préjugés de son père et de la société belge des années 1950, un jeune immigrant italien tente de faire carrière dans la musique.TVA 0h35 LA BEAUTÉ DU DIABLE Voir mardi, 21h.TFO 1h30 MERCREDI MAMAN, J\u2019AI RATÉ L\u2019AVION (4) (Home Alone), É.-U.1990.Comédie de Chris Columbus avec Macaulay Culkin, Joe Pesci, Catherine O\u2019Hara.- Oublié par sa famille partie pour les vacances de Noël, un gamin se met en frais d\u2019assurer la garde de la maison lorsque surviennent des cambrioleurs.TVA 13h UN BALCON SUR LA MER (5) Fr.2010.Drame sentimental de Nicole Garcia avec Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Toni Servillo.- Dans les années 1980, un agent immobilier entame une liaison passionnée avec une cliente, en qui il croit reconnaître son amour d\u2019enfance à l\u2019époque où ils habitaient Oran, en Algérie.TFO 21h LA BRUNANTE Voir jeudi, 21h.TFO 23h30 LA VIE, MA VIE (4) (Brad\u2019s Status), É.-U.2017.Comédie dramatique de Mike White avec Ben Stiller, Austin Abrams, Jenna Fischer.- Le processus d\u2019admission de son fils dans une université d\u2019élite de la côte est déclenche une crise existentielle chez un Californien de la classe moyenne.TVA 0h35 UN BALCON SUR LA MER Voir mercredi, 21h.TFO 1h30 JEUDI LA BRUNANTE (4) Can.2007.Comédie dramatique de Fernand Dansereau avec Monique Mercure, Suzanne Clément, Patrick Labbé.- Frappée par la maladie d\u2019Alzheimer, une femme convainc une jeune chanteuse paumée de l\u2019aider à revoir des gens et des endroits qu\u2019elle a aimés.TFO 21h UN OURS ET DEUX AMANTS (4) (Two Lovers and a Bear), Can.2016.Drame sentimental de Kim Nguyen avec Dane DeHaan, Tatiana Maslany, John Ralston.- Deux amoureux, qui ont échoué dans l\u2019Arctique canadien afin de fuir un passé trouble, entreprennent à motoneige le long périple vers le sud.ARTV 23h TONI ERDMANN Voir vendredi, 21h.TFO 23h30 HUNGER GAMES.LE FILM (4) (The Hunger Games), É.-U.2012.Science-fiction de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hems- worth.- Dans un futur proche, une adolescente participe à la place de sa petite sœur à une téléréalité meurtrière orchestrée par leur gouvernement totalitaire.TVA 23h35 VENDREDI LES PASSAGERS (5) (Passengers), É.-U.2008.Thriller de Rodrigo Garcia avec Anne Hathaway, Patrick Wilson, David Morse.- Une psychologue qui soigne les cinq survivants d\u2019un terrible écrasement d\u2019avion voit ceux-ci disparaître mystérieusement l\u2019un après l\u2019autre.VRAK 20h TONI ERDMANN (2) All.2016.Comédie dramatique de Maren Ade avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn.- Afin de rebâtir les ponts avec sa fille, cadre dans une société basée à Bucarest, un retraité allemand lui fait une visite surprise en empruntant une fausse identité.TFO 21h SELENA (5) É.-U.1996.Drame biographique de Gregory Nava avec Jennifer Lopez, Edward James Olmos, Jon Seda.- La carrière fulgurante de la jeune chanteuse hispano-américaine Selena, qui a été assassinée en pleine gloire par la présidente de son fan club.MAX 22h PICHÉ.ENTRE CIEL ET TERRE (5) Can.2010.Drame biographique de Sylvain Archambault avec Michel Côté, Maxime LeFlaguais, Sophie Prégent.- Après un atterrissage d\u2019urgence qui a fait de lui une vedette médiatique, un pilote d\u2019avion alcoolique entre en cure de désintoxication pour apaiser les démons de son passé.TVA 22h35 PARKLAND (5) É.-U.2013.Drame historique de Peter Landesman avec Billy Bob Thornton, Paul Giamatti, Zac Efron.- L\u2019assassinat du président Kennedy à Dallas en 1963, tel que vécu par un urgento- logue, deux policiers, le frère du présumé meurtrier et un témoin qui a filmé le drame.ARTV 23h CŒUR ET TRIO (4) (Some Kind of Wonderful), É.-U.1987.Comédie sentimentale d\u2019Howard Deutch avec Eric Stoltz, Mary Stuart Masterson, Lea Thompson.- Amoureux d\u2019une camarade de classe, un élève du secondaire s\u2019engage dans des frais exceptionnels pour sortir avec elle.ELLE 23h UN OURS ET DEUX AMANTS (4) (Two Lovers and a Bear), Can.2016.Drame sentimental de Kim Nguyen avec Dane DeHaan, Tatiana Maslany, John Ralston.- Deux amoureux, qui ont échoué dans l\u2019Arctique canadien afin de fuir un passé trouble, entreprennent à motoneige le long périple vers le sud.RC 23h05 LA FAUTE À FIDEL! (4) Fr.2006.Comédie dramatique de Julie Gavras avec Nina Kervel-Bey, Julie Depardieu, Stefano Accorsi.- En 1970, l\u2019existence bourgeoise d\u2019une fillette est bouleversée lorsque ses parents décident d\u2019adhérer à la doctrine communiste.TFO 23h43 LE FILS DE SAUL (2) Hongr.2015.Drame de Laszlo Nemes avec Géza Rohrig, Levente Molnar, Urs Rechn.- Afin d\u2019offrir un service funèbre au cadavre d\u2019un garçon avant son autopsie, un juif membre du Sonderkommando d\u2019Auschwitz-Birkenau brave tous les dangers pour trouver un rabbin.TQ 0h GOON.DUR À CUIRE (4) (Goon), Can.2011.Comédie de Michael Dowse avec Seann William Scott, Jay Baruchel, Marc-André Grondin.- Repêché par les ligues mineures pour ses talents de bagarreur, un joueur de hockey inexpérimenté tente de gagner le respect de ses coéquipiers.TVA 0h50 TONI ERDMANN Voir vendredi, 21h.TFO 1h39 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Cent fois sur le métier.Encore une autre série documentaire qui offre une incursion « unique » dans les coulisses d\u2019un métier captivant.L\u2019intérêt est moins vif qu\u2019au début de cette vague qui déferle depuis quelques années à la télévision québécoise et qui a permis de suivre le quotidien de travailleurs de la santé, de professeurs, de propriétaires de pompes funèbres et, plus d\u2019une fois, de policiers.C\u2019est encore le cas avec cette production qui s\u2019intéresse au travail des membres de l\u2019escouade de sauvetage de la Sûreté du Québec, qui doivent secourir les gens dans des endroits difficilement accessibles et dans des conditions extrêmes.Entre les interventions de la petite équipe de policiers chevronnés, qui sont tous passionnés par leur fonction peu commune, on suit les différentes épreuves fort exigeantes auxquelles doivent se soumettre les candidats qui souhaitent se joindre cette unité d\u2019élite.Le résultat est à la fois divertissant et instructif, mais malheureusement pas très original\u2026 Si on n\u2019a pas encore atteint la saturation de ce genre télévisuel, ça vaut le détour.Sauvetage ultime Explora, lundi, 22 h The Feed Prime Video, vendredi AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Trop, c\u2019est comme pas assez.Voilà ce qui vient en tête en jetant un œil à la liste interminable de nouvelles séries (plus d\u2019une vingtaine) qui sont mises en ligne à quelques jours du long congé du Thanksgiving de nos voisins du Sud, dont une large proportion est diffusée par Netflix.Le géant du visionnement en continu, qui doit partager son marché avec deux nouveaux concurrents de taille apparus depuis à peine deux semaines, semble répondre par une salve de téléréalités, de séries d\u2019animation, de films de saison plus ou moins inspirants, de quoi ne pas trop se casser la tête en digérant sa dinde\u2026 Mais aussi deux séries de fiction qui méritent qu\u2019on s\u2019y attarde un peu.Dolly présente La plus attendue est sans aucun doute la série d\u2019anthologie dont l\u2019histoire de chacun des épisodes est inspirée d\u2019une chanson du répertoire de la reine du country.La chanteuse joue d\u2019ailleurs de petits rôles dans quelques épisodes, en plus de présenter chacun des chapitres de cette anthologie avec la verve et l\u2019élégance qu\u2019on lui connaît.Les deux épisodes rendus disponibles à la presse, consacrés à These Old Bones et à l\u2019immense succès Jolene, déçoivent un peu malgré leurs prémisses intéressantes et la qualité de leurs interprètes (dont la formidable et beaucoup trop rare Kathleen Turner, parfaite en vieille sorcière bienveillante).Ces deux récits pourtant prometteurs finissent par être minés par leur prévisibilité et le trop-plein de bons sentiments.Il reste la musique de Parton, d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, qui berce l\u2019ensemble admirablement, et surtout ses textes, mis en valeur comme jamais.Ange gardien rebelle La proposition la plus intrigante provient pourtant de bien plus au sud que les États-Unis.Le monteur de films de Fernando Meirelles (La cité de Dieu, L\u2019aveuglement), de Walter Salles (Carnets de voyage) et de Tree of Life, le réalisateur brésilien Daniel Rezenda, a créé cette comédie fantastique qui nous entraîne dans un monde où les anges gardiens sont des fonctionnaires, tous rouquins, cravatés et pourvus de petites ailes, qui font ce qu\u2019ils peuvent pour assurer le bien-être de leurs « clients », dans les limites du cadre très strict de la bureaucratie.Et un jour, une première recrue en 300 ans dans ce service bien singulier se met à contrevenir aux fameuses règles pour mieux accomplir sa mission, et vient ainsi chambouler un ordre établi depuis des siècles\u2026 L\u2019esthétique pas très loin de Jeunet et le ton décalé qui transparaissent dans la bande-annon- ce laissent espérer le meilleur.Dangereuse connectivité L\u2019autre gros acteur du visionnement en ligne, Amazon, dévoile pour sa part ce nouveau suspense dystopique britannique adapté d\u2019un roman éponyme par la scénariste américaine Channing Powell (The Walking Dead).Dans un futur pas trop lointain, les cerveaux d\u2019à peu près tout le monde sont connectés par implant à un système, The Feed, qui permet de « partager » instantanément ses pensées, ses souvenirs\u2026 La série s\u2019intéresse à la famille de l\u2019inventeur de ce réseau social hautement addictif (David Thewlis), dont le fils psychiatre se méfie des effets possibles de cette toile et essaie de ne pas en devenir dépendant.Les circonstances lui donnent raison quand quelqu\u2019un de bien mal intentionné prend le contrôle de l\u2019esprit de gens pour assouvir ces pulsions meurtrières.SUR VOS ÉCRANS \u2013 ABONDANCE AVANT L\u2019ACTION DE GRÂCE Dolly Parton.Cordes sensibles (Dolly Parton\u2019s Heartstrings en V.O.) Netflix, dès vendredi Personne ne regarde (Ninguém Ta Olhando en V.O.) Netflix, dès vendredi TINA ROWDEN NETFLIX L\u2019actualité du jour, choisie et résumée pour vous Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdusoir Le Courrier du soir LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 11/16 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Madame Wilson La vérité Le Téléjournal Animaux sauvages TVA TVA nouvelles SPIDER-MAN: LES RETROUVAILLES (2017) Tom Holland.21h15 BABY LE CHAUFFEUR (2017) avec Jon Bernthal, Ansel Elgort.TQ ROBOTS (2005) 19h40 Jungle Cette année-là Belle et Bum KINSEY (2004) Liam Neeson.V Cinéma ALERTE À MALIBU (2017) avec Zac Effron, Priyanka Chopra, Dwayne Johnson.FOLIES DE GRADUATION: LA COURSE DU NAKED MILE (2006) 23h15 Buzz ICI RDI Le Téléjournal Découverte Le National Les grands reportages Le Téléjournal La Facture Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 300 choeurs chantent / Jenifer , Julien Clerc.22h50 Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Tour de Force Les pires erreurs d'ingénierie Le choc des bolides Galas ComédiHa! 2018 Anthony Kavanagh Panique 401 CANAL VIE De taudis à logis Mères à boutte Naissances Maison jackpot Ma maison Body Bizarre (v.f.) Petits animaux en surpoids Mar.aveugle RDS 16h00 Hockey Sports 30 Sports 30 /19h15 F1 Course auto - Grand Prix du Brésil Mobil 1 Grid Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Les pas de De père en fils Yukon Gold: L'or à tout prix Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Extraterrestres ICI ARTV Les filles de Caleb LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON (2007) Mathieu Amalric.Moi et l'autre Moi et l'autre Appelez mon agent Cinéma EXPLORA Navires de Franklin Exploration glaciale La Semaine verte Sexe: Les dessous de la science Pharmachien Z Seuls et tout nu / Pris au piège American Chopper (v.f.) Les Brown: génération Alaska CLANCHES! (1994) avec Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock.sav-media Archi branchés 36.9° Grand chapitre 19h45 Biblioth La bibliothèque de.Inventer le ciel Inventer le ciel Inventer le ciel TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Wapos Bay La grande soif DANS LES VILLES (2006) Rober Lepage.22h35 ONFR+ Rideau/ Mallette Planète Globe cooker Grands Mythes Puissante planète Au fil du Gange The Believers Propagande téméraire CBC CBCNews Hockey Central LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Penguins de Pittsburgh (D) Hockey / Colorado vs Vancouver (D) CTV CTV News Montreal W5 / Shark! The Big Bang The Big Bang SEPARATED AT BIRTH (2017) Paige Turco.CTV National GBL Global News Global National Sesame Street Home to Win CHEATING HITLER: SURVIVING THE HOLOCAUST (2019) Global News ABC 15h30 Football Football Score.Football Score.NCAA Football (D) News CBS 15h30 NCAA Football (D) Ch.3 News Friends Bull / Separate Together 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Time Goes By Appearances Fawlty Towers 19h35 Still 20h05 Miss Fisher 21h05 Doc Martin Shakespeare Hathaway Austin City UNIS Le p'tit cabaret Trait d'humour Le punch Balade L'ODYSSÉE D'ALICE TREMBLAY (2002) Sophie Lorain.Watatatow HBO1 Becoming Warren Buffett 19h35 PHIL SPECTOR (2013) Al Pacino.21h10 GAME CHANGE (2011) Woody Harrelson.Cinéma TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Devils du New Jersey c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 TVA sp.23h15 Hockey SAMEDI 11/17 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Gros labo Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG Révolution / Quart de finale 20h45 Studio G 21h45 TVANou.22h15 Fentanyl 22h45 LE GARDE DU CORPS TQ Les francs-tireurs Y'a du monde à messe Trafic Like-moi! LE SENS DE L'HUMOUR (2011) Michel Côté.V Cinéma Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double ICI RDI Le Téléjournal Enquête Le National La Semaine verte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché 22h15 Champions du monde Journal/ L\u2019invité CANAL D Forces spéciales / La faiblesse Le goût du monde La double vie À la recherche de.Asphalt Cowboys (v.f.) Dossiers NASA CANAL VIE Une garderie Un safari La famille Groulx Les 7 petits Johnston 9 visages de Jane / Qui suis-je?Les gratteux Premier flip Taudis à logis RDS 16h30 LCF Football / TBA/Sask.(D) Sports 30 Blitz /20h15 LNF Football / Bears de Chicago c.Rams de Los Angeles (D) HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Nos ancêtres les extraterrestres JFK déclassifié / La rencontre Les 100 jours de la victoire Les 100 jours de la victoire Armes ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country UN OURS ET DEUX AMANTS (2016) Tatiana Maslany.Appelez mon agent / ASK EXPLORA Stupidité Stupidité Les trains de l'impossible Pharmachien Planète techno Sur les routes de la science Découverte Nature Z P.Lemieux Garage Ridicule Comédie Malades Talk show Galas ComédiHa! 2017 Mais pourquoi?/ Nudité Barry sav-media 18h10 36.9° 18h35 Nerds L'ère robots L'ère robots De garde 24/7 Décor/ Guilleme Couple nerds Archi branchés 36.9° Kebec/ Histoire Balado TFO Benjamin/ Idée Petit ours Berenstain Maya l'abeille Citoyen monde Citoyen monde LA DENTELLIÈRE (1976) Isabelle Huppert.Hogtown ONFR+/ ONFR+ Planète Champs de bataille Namibie Globe cooker Trois villes Grands Mythes L'histoire dates Archives Hist des mégalithes CBC Great Canadian Heartland / Fight or Flight Anne With an E The Fifth Estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang God Friended Me Shark Tank / Anne Wojcicki The Rookie / Clean Cut CTV National GBL Global News Global National Security Security Kids Say / Turkey in Space NCIS: Los Angeles Madam Secretary Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Kids Say / Turkey in Space Shark Tank / Anne Wojcicki The Rookie / Clean Cut News CBS 16h25 LNF Football (D) 60 Minutes God Friended Me NCIS: Los Angeles Madam Secretary PBS (33) Great British Baking / Pastry Sesame Street Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Classic / Poldark Rainy Native America UNIS Les fermiers / La canicule Devenir adulte Monde Les Parent Les Parent La galère Un vrai selfie Un vrai selfie 21 jours HBO1 You Are Here: A Come From Away Story 19h25 Parkland Real Time With Bill Maher Watchmen Silicon Valley Mrs.Fletcher Last Week TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Flames de Calgary c.Golden Knights de Vegas (D) RAW Le TVA sports Fast Life DIMANCHE 11/18 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Discussions Une autre histoire Ruptures Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas Boomerang L'échappée Alerte Amber / Le pardon TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Clovis Génial! Ça vaut le coût Point doc Zone franche Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Mets-y le Mets-y le L'Open Mic Occupation D Whiskey Cavalier / Sauvez Willy Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Un légume à la mode La guerre des trônes Apocalypse: Staline Qui a tué Néandertal?Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Tour de Force Les pires erreurs d'ingénierie Les dossiers de la NASA À la recherche de.Alaska: La ruée CANAL VIE Premier flip Soupers Quoi ton plan?Les gratteux On efface et on recommence Mariage à l'aveugle Une garderie Un safari Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) Blitz 20h15 LNF Football / Chiefs de Kansas City c.Los Angeles Chargers (D) HISTORIA Malédiction Island / Déterrée Compagnons d'armes Le mystère de l'or confédéré La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Malédiction ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Pour l'amour du country Tellement fan! Le cri du rhinocéros 5 degrés EXPLORA Le refuge de l'espoir Brésil sauvage Vivre loin du monde / Hongrie Reconstruire l'histoire Sauvetage Sauvetage Exploration Z Remorquage Week-end Science Garage d'élite Américars / Défi à relever Belle cubaine Garage Arrow / L'archer vert Dexter sav-media 18h10 36.9° 18h35 Nerds L'ère robots L'ère robots Archi branchés Encore plus Couple nerds Inflammatoires Question santé Couple nerds Grand chapitre TFO Les sapiens Maxi/ Maxi Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LES SOEURS BRONTË (1979) Isabelle Huppert.PTango/ L\u2019assa Planète Femmes accusées L'enquête de ma vie Marly, le château Devoir d'enquête Sous emprise L'abbé, le diabl CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries The Scotiabank Giller Prize CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Conners Bob Hearts All Rise The Good Doctor / Moonshot CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Neighborhood 9-1-1 / Kids Today Prodigal Son / Annihilator Bull / Safe and Sound Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars / Semi-Finals The Good Doctor / Moonshot News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Bob Hearts All Rise Bull / Safe and Sound News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow American Masters Independent Lens UNIS Cochon dingue Goût du pays Bouffe en cavale Tournée générale Les petits miracles Eau fraîche Hooké HBO1 18h20 Ramy Youssef: Feelings 19h20 Ice on Fire His Dark Materials Mrs.Fletcher Silicon Valley Watchmen TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Ducks d'Anaheim c.Capitals de Washington (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey LUNDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR La romancière, poète et essayiste cana- dienne-anglaise Margaret Atwood profitait déjà d\u2019une renommée internationale appréciable, bien avant l\u2019adaptation télévisée de son roman dystopique La servante écarlate.La grande popularité de la série et l\u2019écho de son propos dans l\u2019actualité politique et sociale de nos voisins du Sud ont permis à l\u2019écrivaine onta- rienne d\u2019élargir son lectorat et d\u2019acquérir un statut de vedette de la littérature mondiale, rôle qu\u2019elle ne se voyait pas occuper au début de sa carrière.Dans sa biographie très riche en archives audiovisuelles personnelles et médiatiques, on l\u2019entend en entrevue dans les années 1980, surprise d\u2019être devenue une auteure « populaire », alors qu\u2019elle n\u2019aspirait qu\u2019à être une « bonne écrivaine ».On a tendance à croire qu\u2019elle a réussi, au vu et au su de la chronologie des titres marquants de son œuvre, remis dans le contexte de leur création et commentés par certains artistes qui s\u2019y sont aventurés de près, dont les scénaristes des séries télévisées La servante écarlate et Alias Grace, qui se déploie tout au long de ce documentaire classique et parfois complaisant.Au fil des témoignages de proches, de collègues et d\u2019artistes qui l\u2019ont côtoyée et des séquences où l\u2019on suit la Margaret Atwood d\u2019aujourd\u2019hui en voyage à Amsterdam ou sur le plateau de tournage de la Servante, on découvre une femme de tête, de cœur, combative et même militante quand il le faut.Même à l\u2019aube de ses 80 ans.Culture Écrans 52 Écrivaine populaire sans le vouloir Un portrait classique, mais généreux de l\u2019auteure canadienne Margaret Atwood Margaret Atwood : Encounters CBC GEM, dès mardi PETER BREGG WHITE PINE PICTURES Le photoréalisme à la Disney permet des prodiges dont témoigne la récente reprise du Roi lion au rendu parfaitement bluffant.Mais la prise de vues réelles, si époustouflante soit-elle, ne peut rien contre des scénarios ronflants et des caméras sages, comme en témoigne le très gentil remake de La belle et le clochard.Offerte sur Disney+, cette version resucée en imagerie de synthèse adaptée au goût du jour est fort compétente, mais ne casse rien.Parfait pour une écoute en continu en famille.À NE PAS MANQUER La belle et le clochard (V.F.de Lady and the Tramp) Disney+ Gentil, et plus vrai que vrai LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Culture Écrans 53 11/19 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Toute la vie 5e rang Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Animaux retrai Bloopers TVA L'heure bleue Simon Leblanc: Tout court TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Moi j'mange Urgences animales House of Cards (v.f.) Poldark Francs-tireurs V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire La trappe La trappe L'Open Mic Occupation D NCIS: Los Angeles Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Urgences Ma rue couche-toi là Jeunesse arabe, yallah! L'art du crime Journal/ C à dire CANAL D Célèbres et fauchés Le choc des bolides Asphalt Cowboys (v.f.) Panique sur la 401 Les pires prisons du monde Paranormal CANAL VIE La réno La réno Ma maison Premier flip Vendre ou rénover Vancouver?Les héros de la réno Quoi ton plan?Les gratteux Big Love (v.f.) RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Blue Jackets de Columbus (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Profession ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Quelle famille! Les filles de Caleb Les filles de Caleb Appelez agent 22h55 Appelez mon agent EXPLORA Animo S'aime chien Brésil sauvage / Terre de pluies Pharmachien Pharmachien Virus / La variole Nature en équilibre / Bras d'or Les volcans Z Remorquage Week-end Les Brown: génération Alaska Knightfall (v.f.) Surnaturel American Chopper (v.f.) Dexter sav-media CORIM Après/ Après De garde 24/7 Décor/ Guilleme Revenir les bras vides Inventer le ciel Inventer le ciel L'ère robots TFO Les sapiens Motel Monstre Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LA BEAUTÉ DU DIABLE (1949) Gérard Philipe.AmourRo Mamie/ ONFR+ Planète 16h30 Champs de bataille Green Cops / Guyane Blue World Namibie Mission grands requins blancs Puissante planète Sur la route CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.Still Standing 22 Minutes JFL: Gags JFL: Gags CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident This Is Us Emergence / Fatal Exception CTV National GBL Global National Global News NCIS: New Orleans NCIS / Musical Chairs FBI / Codename: Ferdinand New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Bless-Mess Mixed-ish Black-ish Emergence / Fatal Exception News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Musical Chairs FBI / Codename: Ferdinand NCIS: New Orleans News PBS (33) PBS NewsHour Seeing Canada Two for Rd.Finding Your Roots American Experience Frontline / For Sama UNIS Cochon dingue Monde Les Parent Les Parent LE DÉSERTEUR (2008) Émile Proulx-Cloutier.Ciné tout court Trait d'humour HBO1 17h55 THE TRUTH IS IN THE.19h15 IT'S A HARD TRUTH, AIN'T IT (2018) THE APOLLO (2019) Jamie Foxx.22h15 His Dark Materials 23h15 Wig TVA Sports 17h00 JiC Point de mire LE PROGRAMME (2015) avec Chris O'Dowd, Ben Foster.Dave Morissette en direct Le TVA sports Fast Life MARDI 11/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Plan B / Péter une coche Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags LOL :-) Les invisibles Mensonges / Opération: Motti TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs SOS sages-femmes De garde 24/7 V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Ne jamais faire à la maison L'Open Mic Occupation D SEAL Team: Coeur et courage Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chacun son île / Singapour Envoyé spécial Chasseurs d'aventures Journal/ C à dire CANAL D Célèbres et fauchés Forces spéciales / La peur Alaska: La ruée vers l'or Affaires de familles Les pires erreurs d'ingénierie Pays Mitchifs CANAL VIE À la conquête d'une maison Design V.I.P.Soupers Petits animaux en surpoids Mères à boutte Naissances Les 9 visages de Jane Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante Profession: brocanteur De l'acier et du feu De l'acier et du feu Compagnons d'armes L'acier et feu ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Moi et l'autre René / Maîtres chez nous René / L'enfant terrible René René EXPLORA Prédateurs Brésil sauvage Stupidité Stupidité Trains impossible / En altitude Les héros de l'espace Routes science Z Remorquage Week-end Seuls et tout nu Slobby Trésors tech Mais pourquoi?/ Argent Maintenance Barry Dexter sav-media Inventer le ciel Génie d'ici Encore plus Kebec/ Histoire Journal musée Maîtres 21h50 Kick t Après/ Après Revenir les bras vides TFO Les sapiens Métiers/ Métiers Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles UN BALCON SUR LA MER (2010) Cinéma ONFR+/ Compte Planète Au fil du Gange The Believers Femmes accusées L'enquête de ma vie Green Cops / Indonésie CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.The Great British Baking Show Northern Rescue CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Goldbergs The Masked Singer Almost Family / Risky AF Stumptown CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols Modern Family Single Parents S.W.A.T./ Lion's Den Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Stumptown News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols SEAL Team S.W.A.T./ Lion's Den News PBS (33) PBS NewsHour The Farming Project Nature / Bears Nova / The Violence Paradox Amanpour UNIS Cochon dingue Louis la faune Les fermiers 21 jours / Aveugle: Myriam Un vrai selfie Un vrai selfie Tournée générale La galère HBO1 17h25 RECOUNT (2008) Kevin Spacey.19h25 BEST FRIEND'S BETRAYAL (2019) Ernie & Joe: Crisis Cops 22h45 Watchmen TVA Sports 17h00 JiC Le top LNH Avant-match LNH Hockey / Capitals de Washington c.Rangers de New York (D) D.Morissette 23h15 RAW MERCREDI 11/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 100 génies / Dans vos écrans Enquête Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or 100% Lemire J.E.Face à la rue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Mc$ween De garde 24/7 Dans les médias House of Cards (v.f.) Chef cabane V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Les jeux fous d'Ellen L'Open Mic Occupation D Chicago Police Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Jeunesse arabe, yallah! Victimes: leur vie a basculé Urgences Chérif / Disparue Journal/ C à dire CANAL D Anthony Kavanagh Les dossiers de la NASA Les pires prisons du monde Paranormal sur le vif La mosquée: une communauté menacée CANAL VIE Mini-maisons sur mesure Les 7 petits / Urgence familiale La famille Groulx Une garderie Un safari Premier flip Design V.I.P.Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) Blitz /20h15 LNF Football / Colts de Indianapolis c.Texans de Houston (D) HISTORIA Compagnons d'armes De l'acier et du feu FantomWorks Transmission À fond Hors route: défi extrême Hors route ICI ARTV 17h30 Grantche Grantchester Moi et l'autre Pour l'amour du country Les filles de Caleb Les filles de Caleb Cinéma EXPLORA Animal Fight Club / Mort subite L'énigme des bélugas Nature en équilibre Pharmachien Pharmachien Brésil sauvage Brésil sauvage Z Remorquage Week-end Ridicule Malades Galas ComédiHa! 2017 Talk show Comédie Tosh.0 P.Lemieux Dexter sav-media 17h30 Savoir L'ère robots Inventer le ciel 19h55 Défis Maîtres 20h50 Gardiste Après/ Après Génie d'ici Kebec/ Histoire Encore plus Inventer le ciel TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LA BRUNANTE (2007) Suzanne Clément.AmourRo PTango/ L\u2019assa Planète Marly, le château Devoir d'enquête Champs de bataille L'histoire dates Archives Blue World Requins blancs CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.Dragons' Den / DisruptDen CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Young Sheldon Grey's Anatomy How to Get Away With Murder Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Will & Grace The Unicorn GoodPlace Carol's 2nd Act Evil / 2 Fathers Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy A Million Little Things How to Get Away With Murder News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon The Unicorn Mom Carol's 2nd Act Evil / 2 Fathers News PBS (33) PBS NewsHour Made Here Mister Rogers: It's You I Like Aging Backwards Amanpour UNIS Cochon dingue Hôpital vétérinaire Louis la faune Eau fraîche Oiseaux Hooké Goût du pays Bouffe en cavale Peaky Blinders HBO1 18h20 I Am Sam Kinison 20h05 Becoming Warren Buffett 21h40 Silicon 22h10 Ernie & Joe: Crisis Cops TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Sabres de Buffalo c.Bruins de Boston (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Dans le ring JEUDI 11/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Faites-moi rire! Galas ComédiHa! Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire TVA nouvelles 22h35 PICHÉ: ENTRE CIEL .TQ Encore plus Moi j'mange Cette année-là Y'a du monde à messe Like-moi! Zone franche Belle et Bum V Souper parfait Rire et délire L'arbitre Huissiers Huissiers Pompiers Pompiers Heure limite Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Décrypteurs Le National Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR On va s'aimer / Émilie Échappées belles / L'Inde des Maharadjas Chacun son île / Singapour Journal/ C à dire CANAL D Affaires de familles Douanes Douanes Jeunes pour prison / Curtis 60 jours en prison Crimes occultes Forces CANAL VIE Mères à boutte Naissances Premier flip Design V.I.P.Les héros de la réno On efface et on recommence Mères à boutte Naissances Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Faites vos jeux LNH Hockey / Rangers de New York c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Hors route: défi extrême Hors route: défi extrême Les montagnards Les montagnards Les pas de De père en fils Yukon Gold ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter / Yoshua Bengio C'est juste de la TV Esprit critique Cinéma EXPLORA Îles de beauté / Les Malouines Planète techno Pharmachien Les maîtres des éléments / Air Virus / La grippe Les requins Les requins Z Remorquage Week-end Garage Belle cubaine Les pires chauffards canadiens Américars / Défi à relever Infiltration Infiltration Dexter sav-media CORIM Arrêt monde Archi branchés Inflammatoires Question santé Couple nerds CORIM Encore plus Grand chapitre 22h45 Biblioth Demain, l'école TFO Les sapiens Subito texto Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles TONI ERDMANN (2016) avec Michael Wittenborn, Peter Simonischek.Planète Blue World Namibie Mission grands requins blancs Sous emprise Archaic Festivals Globe cooker Grands Mythes Puissante CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.marketplace marketplace The Nature of Things CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang L.A.'s Finest Magnum P.I.Blue Bloods / Peter Fonda CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 The Blacklist SEAL Team Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Fresh Off-Boat 20/20 News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Hawaii Five-0 Magnum P.I.Blue Bloods / Peter Fonda News PBS (33) PBS NewsHour Outdoor Vermont Week Wash.Week Firing Line Great Performances / Much Ado About Nothing To Be Announced UNIS Watatatow Watatatow Les intrépides Les intrépides Galaxie près Galaxie près Fais-moi peur! Fais-moi peur! Trait d'humour Le punch HBO1 16h55 Ice on F 18h40 JANE FONDA IN FIVE ACTS (2018) Silicon Valley Shop: Unint.Watchmen Room 104 TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Devils du New Jersey c.Penguins de Pittsburgh (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Dans le ring VENDREDI CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le 29 janvier 2017, Azzedine Soufiane et ses proches avaient prévu de réchauffer ce dimanche glacial en partageant un couscous après un saut au Centre culturel islamique de Québec, raconte avec douceur son épouse, Najat Naanaa.Le commerçant de 57 ans n\u2019est jamais revenu, tombé comme cinq autres hommes sous les balles d\u2019Alexandre Bissonnette.« Ce jour-là, moi aussi je suis morte », finira-t-elle par glisser dans La mosquée : une communauté menacée, qui dresse un portrait posé, mais douloureux de la vie après l\u2019attentat de la grande mosquée.Un an a passé depuis que l\u2019horreur s\u2019est abattue sur la communauté musulmane de Sainte-Foy dont les plaies sont toujours vives.Ce documentaire choral entre sur la pointe des pieds dans leur intimité, tendant une oreille compatissante aux victimes collatérales d\u2019une haine dont les échos dilués résonnent encore sur les réseaux sociaux, à la radio ou dans la rue.Plusieurs se livrent avec une générosité pudique, mais déconcertante de vérité.On les sent entourés, tissés serré, forts devant l\u2019adversité, mais aussi fragiles, tantôt méfiants, tantôt apeurés.Jamais vengeurs.Cette courtepointe assemblée avec beaucoup de subtilité, mais sans aucun contrepoint critique, offre un éclairage délicat, bien qu\u2019éminemment chargé sur des hommes, des femmes et des enfants qui peinent à se remettre de ce réveil cauchemardesque.Devant le poids de ces secrets d\u2019alcôve partagés avec beaucoup de dignité, force est de se dessiller les yeux : la guérison est encore à venir.La mosquée : une communauté menacée Canal D, jeudi, 21 h ; en reprise dimanche 24 à 19 h et mardi 26 à 10 h La vie après la terreur Un portrait posé, mais douloureux de la vie après l\u2019attentat de la grande mosquée CANAL D V I V R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Le quai de Honfleur GREGORY GERAULT LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Voyage 55 crée une certaine agitation parmi les passagers.Et ça en jette : quels tableaux s\u2019offrent en spectacle ! Installés sur le pont, passé le quartier futuriste de La Défense, on s\u2019inclinera devant les arcades millénaires des ponts de Paris.Et la tour Eiffel ?Si l\u2019élégante est mondialement adulée, admirée sous ses galbes les plus secrets, c\u2019est depuis la Seine qu\u2019elle déploie sa magnificence, toute de jaune et bleu illuminée ce soir-là.Bateau planétaire Il fut un temps, pas si lointain, où les navires rejetaient tout ce qu\u2019ils pouvaient par-dessus bord.Pas étonnant que le monde des croisières soit montré du doigt pour son impact sur l\u2019environnement.Mais, là comme dans d\u2019autres secteurs, la conscienti- sation fait de plus en plus office de mot d\u2019ordre, et les clientèles en redemandent.C\u2019est que tous, autant que nous sommes, nageons dans le même bateau planétaire.« Nous mettons beaucoup d\u2019efforts pour minimiser notre empreinte, dit Monsieur Henri, le commissaire de navigation : remplacement du diesel, du plastique et des matières jetables, traitement des eaux, des déchets et des égouts, préférence pour les bus électriques destinés aux excursions\u2026 » Lui qui veille en bon père de famille au bien-être et à la sécurité de « ses » passagers souligne au passage la propriété familiale quarantenaire de CroisiEuro- pe, entreprise basée à Strasbourg.Ceci expliquant peut-être cela, le climat à bord reste intime.Le MS Botticelli peut accueillir tout au plus 150 personnes.Rien à voir avec les paquebots géants qui grouillent de milliers de croisiéristes sur leurs cités flottantes.Nos hommages à Sandro Botticelli ! Quand la croisière vous fait toute une Seine Et vogue la galère sur le fleuve entre Honfleur et Paris REPORTAGE DIANE PRÉCOURT EN FRANCE LE DEVOIR uand le bateau s\u2019est doucement mis en branle au quai de Honfleur, le vrombissement des moteurs, couplé à l\u2019atmosphère ambiante parmi les passagers, sifflait le début d\u2019une traversée séduisante.Un périple voguant sur la Seine jusqu\u2019à Paris et dont le rythme de croisière s\u2019avérera un heureux dosage entre la fébrilité des villes, le calme des villages et la zénitude inhérente à la vie sur l\u2019eau.L\u2019éloge de la lenteur dans une mer d\u2019exaltation.Que ce soit par la fenêtre panoramique des cabines, les grandes baies vitrées de la salle à manger ou la terrasse extérieure du MS Botticelli de CroisiEu- rope, les paysages défileront telles des séquences de film, à une vitesse qui permet l\u2019arrêt sur images et la contemplation.Bonjour l\u2019antidote à notre cadence quotidienne souvent échevelée, les yeux rivés sur nos iTéléphones.Il y a cependant la navigation Wi-Fi à bord pour l\u2019internaute en mal de réseaux.Au pays du Calvados se succèdent ainsi les scènes colorées de la côte fleurie, de la route des abbayes, des rives de Duclair, de Caudebec-en- Caux\u2026 Et de Rouen, ancienne capitale de la Normandie, une ville coup de cœur pour ses quartiers historiques, ses nombreux monuments, ses cafés et sa place du Vieux-Marché, où la pauvre Jeanne d\u2019Arc fut brûlée vive.Puis, direction Poissy s\u2019enchaînent de blanchâtres falaises de calcaire qui en imposent sur le fleuve.Raids vikings Les jours coulent de source sur les flots de la Seine depuis la Norman- die, région qui fut le théâtre de nombreux raids vikings, dont le pillage de Rouen et l\u2019incendie de l\u2019abbaye de Jumièges, l\u2019un des plus vieux monastères bénédictins en ce « pays des hommes du Nord ».Ses ruines témoignent de neuf siècles d\u2019architecture entre le IXe et le XVIIe.L\u2019histoire de ce monument est fascinante, notamment les péripéties de l\u2019époque où la maîtresse du roi Charles VII, Agnès Sorel, vint l\u2019y rejoindre\u2026 Le Botticelli surfe ainsi sur la vague fluviale jusqu\u2019à ce que souffle le raz- de-marée parisien, généreux contraste avec l\u2019ambiance des jours précédents.L\u2019approche de la Ville Lumière Q Le Botticelli surfe sur la vague fluviale jusqu\u2019à ce que souffle le raz-de-marée parisien.DIANE PRÉCOURT LE DEVOIR Les ruines de l\u2019abbaye de Jumièges témoignent de neuf siècles d\u2019architecture.STEPHANE PFLEGER Bon à savoir CroisiEurope inaugurera l\u2019an prochain une croisière entre Montréal et Saint-Pierre-et-Mi- quelon.Une première.Le trajet inclura Québec, le fjord du Sa- guenay, Tadoussac, Gaspé, Cap- aux-Meules et Saint-Pierre.Six départs sont prévus entre le 26 juin et le 24 septembre 2020, à bord du luxueux MS La Belle des océans (120 passagers).croisieurope.com Tout est compris à bord du Botticelli, une rareté : repas de mets locaux (y compris les boissons alcoolisées hors spécialités), assurance assistance rapatriement, taxes portuaires, audiophones pour les visites.Ne reste qu\u2019à poser ses bagages.Notre croisière proposait une excellente table à la qualité inversement proportionnelle aux dimensions de la cuisine ! Si certaines croisières de la compagnie s\u2019adressent davantage aux quadragénaires et plus, pas question de manquer le bateau pour la relève des clientèles.Ainsi, on offre également des itinéraires culturels, de randonnée pédestre, de gastronomie-œnologie\u2026 Notre journaliste était l\u2019invitée de CroisiEurope, d\u2019Atout France et d\u2019Air France. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 noir, le chien jappe, hop sur le bateau.Assiette du pêcheur pour le souper ?Oh oui ! En choisissant le vin, nous voyons par les fenêtres de la salle à manger un pick-up s\u2019élever dans les airs.C\u2019est ça, un cargo mixte : conteneurs et gastronomie ! On annonce le prochain port en français, en anglais, et en innu-aimun.De nombreux Innus embarqués à Ke- gaska retrouvent leur chez-eux à Una- men Shipu (La Romaine en français).Environ un millier y habite, à côté de la centaine de Blancs et de Malécites.Pick-up, VUS et VTT attendent les arrivants.Ici coule la rivière Olomane, et non pas la Romaine, qui débouche plutôt près de Havre-Saint-Pierre.Le jeudi matin, des parois rocheuses à deux coups de brasse du bateau annoncent Harrington Harbour, et un moment stressant pour le capitaine Aucoin.Si Port-Menier remporte la palme du port le plus exigeant, Harrington Harbour et Natashquan ne sont pas loin derrière.Concentration à son paroxysme à la timonerie, émerveillement sur le pont.Le ministère s\u2019appelle Occupation du territoire.Eh bien, nous, on l\u2019occupe, le territoire ! LE MAIRE RANDY JONES » Vivre Escapade 56 REPORTAGE MÉLANIE ROBITAILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR SUR LA BASSE-CÔTE-NORD aysages infinis, villages isolés, habitants fiers et débrouillards.Un territoire où vivent Innus, Malécites et Blancs, si vaste qu\u2019on peine à croire qu\u2019il est encore au Québec.Le Bella Desgagnés permet d\u2019atteindre cet autre univers, si peu connu, si peu présent dans l\u2019actualité.Une croisière en tout confort, dans un environnement qui peut sembler inhospitalier.Rappelons que le Bella Desgagnés, c\u2019est d\u2019abord un bateau ravitailleur.La route 138 a beau relier Natashquan à Kegaska depuis 2013, il reste quelques bribes non reliées autour des villages plus à l\u2019est sur la Basse-Côte-Nord.Là, le rôle de ce navire prend tout son sens : ravitailler ces villages dont la population varie d\u2019une centaine d\u2019âmes à un peu plus d\u2019un millier.Sur une semaine, 2400 kilomètres, pour 12 ports, à l\u2019aller et au retour.Un horaire chargé, 44 semaines par année.L\u2019avion, ou la motoneige, couvre le reste.Au premier jour du voyage, le lundi, au quai de Rimouski, je regarde le grutier manier habilement la flèche et les câbles pour empiler les conteneurs.Déjà, je fais corps avec le bateau et l\u2019équipage.« Nous » apportons des conteneurs où se trouvent des voitures, des matelas, des électroménagers, des fruits, des légumes, de l\u2019épicerie.Sur ceux-ci s\u2019ajoutent des madriers, un tracteur, des fermes de toit, des tiges de métal, une chaloupe.« Le Bella livre tout ce dont un village a besoin », explique Francis Roy, président-directeur général de Relais Nordik, responsable du bateau.Nous sommes une quarantaine de passagers en cette semaine d\u2019octobre.C\u2019est plus tranquille que la haute saison, où jusqu\u2019à 120 croisiéristes se répartissent dans les 63 cabines.Le navire offre aussi le transport aux journaliers, qui passent d\u2019un village à l\u2019autre.La première nuit nous mène à Sept- Îles.Après le déjeuner, nous partons marcher sur la promenade ensoleillée.L\u2019escale nous donne le temps d\u2019aller au Musée régional de la Côte-Nord, dont l\u2019exposition permanente présente, entre autres, les Premiers Peuples, les colonisations et les migrations.Direction Port-Menier.À partir de 12,5 nœuds d\u2019une vitesse moyenne (23 km/h), on ralentit à 10 nœuds (18,5 km/h) dans la zone de protection des baleines noires, que je ne verrai pas.Nous arrivons au coucher du soleil.L\u2019approche du quai est spectaculaire : notre mastodonte se dirige droit vers le port, tourne sur lui-même et s\u2019arrête net à quai.Le Bella Desgagnés est capable de toutes les pirouettes grâce à ses hélices dirigeables.De la haute voltige du capitaine Jean-Guy Aucoin.Sur l\u2019île d\u2019Anticosti, lors d\u2019une promenade à la lampe frontale, je jase avec plus de chevreuils que d\u2019êtres humains.Pas étonnant, à moins de 200 bipèdes pour environ 120 000 chevreuils ! À notre deuxième visite, au retour du bateau, Tessa Parisée, avec son sourire et son minibus, nous attend sur le quai.Activité prioritaire : chasse au chevreuil.Nous sommes armés de pommes et de grains de maïs.Succès instantané ! Les photos sont notre trophée.Ici, ce qu\u2019on veut préserver du broutage doit être clôturé : les plates-bandes, le jardin communautaire, même les plantations de sapins ! « Les chevreuils du village, on les nourrit, dit Mme Parisée.Les chevreuils du reste de l\u2019île, on s\u2019en nourrit.» Mercredi, je me lève avant l\u2019aube pour arpenter Havre-Saint-Pierre, municipalité à la promenade et à la plage magnifiques.Nez au vent, nous accueillons le saisissant lever de soleil alors que nous quittons le port et passons entre les îles.L\u2019immensité s\u2019offre à nous.Dans les environs de Natashquan, des « oh ! » déçus fusent alors que le tracé du bateau évite le village.Vents défavorables : impossible d\u2019accoster.Au retour, l\u2019arrêt prévu est nocturne.Nous ne verrons pas Natashquan.Nous voilà à Kegaska pour la fin de journée.On s\u2019enregistre auprès de Manon Lapointe, sympathique commissaire aux passagers, puis on visite la place.Église, baie en alcôve, plage, panneaux de fin de la route 138.Il fait Le Bella Desgagnés sur la Côte-Nord, une croisière hors du temps Là où on fait le plein d\u2019espace, de beauté et de chaleur humaine P LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Nous apercevons les petites maisons dispersées sur la roche, ralliées par des trottoirs en bois faisant office de rues.Nulle voiture ici, que des VTT.Rendu célèbre par le film La grande séduction, le village offre une promenade surréaliste : on reconnaît le restaurant, l\u2019église, les maisons et même l\u2019île de la finale de criquet ! Nous voudrions rester, mais Mme Lapointe nous attend.Et s\u2019il manque un passager au retour, le bateau klaxonne ! Tête-à-la-Baleine, à une quinzaine de minutes du port en voiture, n\u2019est accessible que par excursion.Nicole Monger, native d\u2019ici, porte les chapeaux de secrétaire d\u2019une coopérative, concierge de l\u2019école, première répondante et guide touristique.Dans ce village de 120 âmes comme ailleurs, on demande ardemment le parachèvement de la route 138.À La Tabatière, le maire, Randy Jones, revient de la chasse pour nous montrer son coin : Mutton Bay, Pointe-Rouge (population : 2) et La Tabatière.Le maire se bat pour un plan B de ravitaillement quand le Bella ne peut pas venir.Pas de Bella, pas de produits frais à l\u2019épicerie, comme c\u2019est arrivé récemment.« Le ministère s\u2019appelle Occupation du territoire.Eh bien, nous, on l\u2019occupe, le territoire ! » À Blanc-Sablon, Anthony Dumas, ancien maire, chauffeur du minibus scolaire et guide touristique, nous fait faire une tournée agrémentée d\u2019anecdotes familiales et locales : musée, frontière avec le Labrador, sanctuaire de la Vierge Marie, village de Blanc- Sablon, Lourdes-de-Blanc-Sablon et Brador, plage.À partir de Blanc-Sa- blon, le Bella rebrousse chemin.Par ses gens, par sa beauté, par son infini, la Côte-Nord donne de l\u2019amplitude intérieure.Une semaine sur le Bella Desgagnés vaut plusieurs cours d\u2019histoire et de géographie, et ça replace les confins sublimes du Québec dans le cœur.Ce voyage a été possible grâce au soutien de Relais Nordik et de Tourisme Côte-Nord.Si Port-Menier remporte la palme du port le plus exigeant, Harrington Harbour (photo) et Natashquan ne sont pas loin derrière.Concentration à son paroxysme à la timonerie, émerveillement sur le pont.PHOTOS MÉLANIE ROBITALLE 57 Vivre Escapade Le Bella Desgagnés à Port-Menier LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Circuits UNIQUES: Prix IMBATTABLES EXCLUSIF , conçus différemment Hôtel Sélectionnés aux CENTRE-VILLE , voyages CULTURELS , Petits Groupes Pour des voyages pas comme les autres Super Promo Super Promo Promo Voyages 2020 : Départs Printemps: Jusqu\u2019à -600 par couple.Départs Automne : Jusqu\u2019à -1000 par couple.Magistrale Russie et ses villes d\u2019arts Places Limitées Panorama Complet, voyage Unique , découverte Inédite Moscou 5nts , Anneau d\u2019or 5nts Croisière Volga 6nts St \u2013Petersbourg 4nts Tous les repas, audio guide, plusieurs dégustations Grand e Super promo: -800$par cple Porto 3nts, Guimares, Braga, Croisière Douro Coimbra Fatima ,Tomar, Obidos , Evora Madère 3nts, Lisbonne 4nts .46 repas, Toutes les visites.Plusieurs Dégustations Circuit Europe de L Est, Centrale 4nts Prague, Postdam 3nts Berlin, Varsovie, 3nts Cracovie, 3nts Budapest, 3nts Vienne, Salzbourg, et autres villes, 44 repas, toutes les 4nts Naples.Caserta , Paestum, Alberobello Syracuse, Agrigente, Palerme , Rome et autres villes.48 repas Toutes les visites .Plusieurs Dégustations.Petits Groupes P e r m i s d u Q u é b e c Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca 3081, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : HÔTEL UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 1ER DÉCEMBRE 2019 SICILE & ITALIE DU SUD ESCALE AUX ÎLES ÉOLIENNES Départs : 19 avril & 11 octobre 2020 POLOGNE, MÉMOIRE DE L'EUROPE Départs : 17 mai & 30 août 2020 LIBAN & CHYPRE, DU LEVANT DES PHÉNICIENS AU CONFLUENT DES CIVILISATIONS ANTIQUES DE L\u2019ORIENT Du 18 avril au 5 mai 2020 ALLEMAGNE Du 6 au 27 octobre 2020 JAPON SYMBIOSE DE LA BEAUTÉ ET DE LA MODERNITÉ Départs : 29 mars & 2 avril 2020 L\u2019ÉGYPTE 5000 ANS D'HISTOIRE Départs : 11 janvier, 25 février, 14 mars, 24 octobre, 7 novembre, 21 novembre 2020 10h30 10h30 12h15 12h15 14h00 14h00 Départs : tous les vendredis Pour le Jour de l\u2019An : lundi le 30 décembre * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 514 336-0033 / 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides experts et circuits captivants.Le 31 décembre sur Times Square c\u2019est la plus grande célébration du Nouvel An au monde lorsque la grosse boule descend et laisse échapper des ballons, des guirlandes et des confettis pour débuter la nouvelle année et que des feux d\u2019artices illuminent Central Park.C\u2019est un réveillon mémorable qui vous attend! 205 $* NEW YORK Spectaculaire et accueillante À partir de CROISIÈRES Pour des croisières luxueuses et exotiques sur mesure, consultez nos conseillers en voyage et prenez la mer vers le Sud ou vers l\u2019Europe.POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT Communiquez avec le département de publicité 514 985-3399 publicité@ledevoir.com Vivre Société 59 LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Rats des villes, rats des champs Les néoruraux revitalisent les petits villages mité pour la protection de l\u2019eau qui publie des capsules d\u2019informations dans le journal communautaire une fois par mois.Avec d\u2019autres, elle a aussi lancé un groupe de discussion en espagnol qui se tient à la boulangerie tous les mercredis.« On a 54 fermières actives qui tissent, qui tressent, qui brodent », dit- elle.« Et il y a 38 bénévoles qui travaillent à la bibliothèque à tour de rô- le ! On a un salon de thé à la bibliothèque ! Il y a un conte qui est en train de s\u2019écrire pour les enfants de l\u2019école primaire en collaboration avec la bibliothèque ! Wow !!! » énumère celle qui fait également partie de la chorale à l\u2019église.Daniel Lamoureux vient s\u2019asseoir à nos côtés.Arrivé au village il y a à peine deux ans, il est maintenant le président du pôle agroalimentaire, la nouvelle coopérative de solidarité qui revitalisera le local abandonné de l\u2019ancien magasin général.Avec la coopérative, les nombreux producteurs du coin auront accès à une cuisine accréditée pour transformer et mettre en marché des produits locaux selon les normes du MAPAQ.Avec son conjoint, Daniel Lamou- reux possède aussi l\u2019auberge de Lotbi- nière, où une salle de réunion est régulièrement prêtée gratuitement aux comités de la ville.Bref, il est très impliqué dans la communauté.« C\u2019est le secret de l\u2019intégration », dit-il d\u2019un air complice.Daniel Lamoureux et son conjoint vivaient auparavant dans un petit patelin des Cantons-de-l\u2019Est, où la dynamique était toutefois très différente.« Je viens d\u2019un village où les gens de souche ne laissaient aucune place aux gens de l\u2019extérieur, même après 20 ans.Ce que je n\u2019ai pas senti du tout ici , témoigne Daniel Lamou- reux.On est arrivés et c\u2019était comme si on faisait partie du village depuis toujours ! » L\u2019accueil, un privilège Le maire de Lotbinière, Jean Berge- ron, abonde dans le même sens.« Le slogan de la municipalité, c\u2019est : \u201cVous accueillir est un privilège\u201d.On est toujours contents de voir arriver les gens et ce qu\u2019on encourage, c\u2019est que ces gens-là viennent s\u2019intégrer rapidement dans le groupe , dit- il.Lotbinière a toujours été très inclusive, et ça remonte à loin dans le temps.En 1967, c\u2019était le début de la désinstitutionnalisation dans le monde de la santé mentale, on était l\u2019un des premiers villages à accueillir 17 personnes avec des problèmes de santé mentale qui se sont intégrées dans la population comme si de rien n\u2019était.» « Il y a des traditions qu\u2019on garde, ça fait partie de notre couleur , continue le maire.En même temps, il faut avancer.On est très inclusifs, il peut arriver des gens avec d\u2019autres cultures, d\u2019autres idées, ça nous amène juste plus loin.» Dans la salle, la majorité des participants ont plus de 50 ans.L\u2019arrivée de jeunes résidents apporte un peu de fraîcheur.« On a des gens qui arrivent de Montréal, des gens qui ont été élevés ici et qui reviennent ici pour leur retraite, continue Jean Ber- geron.Un phénomène qu\u2019on remarque depuis environ deux ans, c\u2019est qu\u2019il y a de jeunes familles qui étaient complètement étrangères au coin et qui arrivent avec des enfants.Même que cette année, ils se sont posé la question : est-ce que l\u2019école va être assez grande ?» raconte le maire, qui croit que le prix compétitif des propriétés et la proximité des emplois dans les villages voisins attirent beaucoup de gens à s\u2019installer dans la région.De fait, Anik Bastien, Montréalaise d\u2019origine d\u2019une trentaine d\u2019années, travaille à distance dans sa maison située en plein cœur du village.Suzanne Marchand est artiste et donne des cours à distance pour une université des Maritimes.Elle s\u2019est installée à Lotbinière pour le prix compétitif des loyers et la vue sur le fleuve.La Beauceronne Andréanne Vaudreuil est la benjamine du groupe.À 23 ans, elle est déjà propriétaire d\u2019une maison et d\u2019une ferme laitière, après avoir fait un transfert de propriété avec un ami de son père.Il est déjà près de 23 h.Sur la piste de danse, les plus énergiques se déhanchent encore sous les jets de lumière disco, mais la plupart des gens sont déjà partis.Je quitte la salle communautaire avec une promesse de café partagé à la boulangerie le lendemain matin.Sur le bord du fleuve, les vagues se brisent contre un muret de pierres.Les étoiles étincellent dans le ciel.Je repense aux nombreuses invitations lancées au cours de la soirée de me joindre à cette communauté qui fait tout pour continuer à exister.Pendant un bref instant, j\u2019ai presque envie de dire oui.Après tout, c\u2019est vrai que la vie est belle ici.Un accès au fleuve dans Lotbinière MIRIANE DEMERS-LEMAY REPORTAGE MIRIANE DEMERS-LEMAY COLLABORATRICE LE DEVOIR onnerre d\u2019applaudissements.Les flashs des caméras fusent.Près de la scène, une quinzaine de personnes sourient à l\u2019objectif, des paniers remplis de produits locaux dans les bras.Quelque 200 personnes \u2014 le quart du village \u2014 sont réunies dans la salle communautaire.La fabrique organise sa soirée annuelle de financement et on profite de l\u2019occasion pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux résidents.Cette année, 14 adresses accueillent ces nouveaux visages, contre 17 l\u2019an dernier.Bientôt, un duo musical monte sur la scène.« Il n\u2019y a plus de vin ! » s\u2019exclame une jeune femme en brandissant un cruchon vide et en filant au comptoir pour un remplissage.Les étoiles dans les yeux et les joues roses de plaisir, son amie Isabelle Bérubé décrit son amour pour Lotbinière.« Les couchers et les levers de soleil, tu te promènes dans les rues, tout le monde te dit salut, la boulangère vient de me féliciter pour mon poste, la fille du dépanneur te demande si ton quart de la veille a bien été », décrit la jeune femme fraîchement établie dans le village et qui vient d\u2019être coiffée du chapeau de responsable des loisirs de la municipalité.« Qu\u2019est-ce que tu fais, toi ?Viens-t\u2019en ! » s\u2019excla- me-t-elle en riant avant de rejoindre ses amis qui dansent en ligne sur la chanson Achy Breaky Dance.Une communauté dynamisée Isabelle Bérubé n\u2019est pas la seule à être inspirée par la vie communautaire du village.Quelques tables plus loin, France Guimond exulte.« Il y a un phénomène de réappropriation de notre mode de vie, ça nous redonne de l\u2019autonomie », croit la jeune retraitée qui a parcouru le monde et fait carrière comme enseignante au collégial à Trois-Rivières, avant d\u2019acheter une maison à Lotbinière avec sa sœur et son beau-frère.France Guimond a cofondé un co- T LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Vivre Gastronomie 60 Celle que l\u2019on a connue comme Passe-Partout est de retour dans un feuilleton interactif tout frais sorti du four créatif de trois créateurs québécois (Jean-Philippe Thibault, Marie-Andrée Houde et Jean-François Gauthier) à déguster lentement, à petites bouchées, sur un iPad.Manatavo Tempi se déroule dans une maison partagée par toute une série de personnages \u2014 des marionnettes délicieusement animées et intégrées à un monde à la fois peint et en trois dimensions \u2014 que l\u2019on découvre au compte-gouttes sur une durée d\u2019un mois.Narrées par l\u2019inimitable Marie Eykel, ces petites histoires sont à dévorer en famille : on imagine bien les parents s\u2019en délecter tout autant que leurs enfants.Devant ces récits simples, mais abordant des thèmes parfois plus difficiles, brillamment illustrés, on comprendra rapidement qu\u2019on n\u2019a pas affaire à cette junk food numérique qu\u2019on retrouve trop facilement sur YouTube.Chaque jour, on pourra découvrir de nouvelles petites aventures cachées dans la grande maison au cœur du récit.À l\u2019envers de notre désir souvent boulimique de visionnage en rafale, Manatavo Tempi ne se dévoile pas d\u2019un seul coup.Si parents et enfants aiment et décident d\u2019embarquer, ce jeu pourrait bien devenir un nouveau petit rituel familial.Olivier Sylvestre LE JEU DE LA SEMAINE Manatavo Tempi Offert pour iOS.Compter 15 à 30 minutes par jour.Un nouveau rituel en famille ?MANATAVO violons dramatiques.« On n\u2019a pas mis l\u2019accent sur la bouffe, précise le cinéaste.On la voit.Mais on est davantage dans la tête et dans le cœur des chefs.» Dans la tête de « ces débrous- sailleurs, ces éclaireurs » que sont Kim Côté, Colombe Saint-Pierre et Pierre-Olivier Ferry.Des visionnaires du Bas-Saint-Laurent aux cœurs remplis d\u2019amour pour ce métier.Pour le travail bien fait.Pour les produits, la région.Le territoire.Kim Côté, c\u2019est celui que l\u2019on surnomme « l\u2019épicurien ».Un charismatique chef barbu-bourru qui mène le resto Côté Est avec sa compagne Perle, dans le Kamouraska.Devant la caméra de « Nico », il témoigne, vêtu de son t-shirt du Festival des champignons forestiers.C\u2019est d\u2019ailleurs en forêt qu\u2019il se trouve lorsqu\u2019on le joint.À la chasse au lac de l\u2019Est.Ce moment est sacré.Son restaurant, temporairement fermé.« Je passe du temps avec ma famille, mes amis, mes chiens.Avec moi-même.» Cinéma vérité Pour capter leurs valeurs, leur vision, Nicolas Paquet a, lui aussi, passé du temps, beaucoup, avec ses sujets.En suivant l\u2019équation « plein d\u2019observation + zéro mise en scène = vérité ».À la Saint-Jean, il s\u2019est, par exemple, rendu au Bic, à l\u2019établissement de Colombe Saint-Pierre.Ou plutôt, sur sa terrasse, regardant par la fenêtre les convives manger pendant qu\u2019il se faisait, lui, manger par les moustiques.« Le directeur photo était le seul qui pouvait entrer dans la cuisine.C\u2019était minuscule.J\u2019attendais donc que survienne un moment formidable pour atteindre une forme d\u2019intimité.» Nourrir le mouvement Avec Chef.fe.s de brousse, Nicolas Paquet rend un vibrant hommage aux restaurateurs du Bas-Saint-Laurent et à l\u2019alimentation d\u2019ici ENTREVUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR vertissement : ceci n\u2019est pas un show de cuisine.Chef.fe.s de brousse, de Nicolas Paquet, est plutôt une plongée dans le quotidien de la restauration.Et le travail titanesque que cela implique.L\u2019approvisionnement en aliments.La préparation des menus.Le contact avec les fournisseurs.Les réunions de personnel.Les défis constants.Car, les documentaires où rien ne dépasse, où le chef vedette vêtu d\u2019un uniforme immaculé raconte sa vie, confortablement assis, plusieurs en ont soupé.C\u2019est pourquoi ce film est exempt de ballet de plats qui défilent au son de A LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Chef.fe.s de brousse Documentaire de Nicolas Paquet.Canada (Québec), 2019, 70 minutes.En salle le 15 novembre.Ce fervent de La rivière du sixième jour, de Robert Redford, a voulu insuffler à son propre documentaire le même esprit de proximité poétique.Et rendre hommage au Tuktuq de Robin Aubert dès la scène d\u2019ouverture.Une séquence frontale dans laquelle Kim Côté dépèce une tête de bête.« Je voulais éviter le déjà-vu, les réflexes de coucher de soleil.Et montrer le fleuve uniquement pour rappeler que les produits viennent de là.» Des produits que le chef Côté s\u2019emploie, de son côté, à faire aimer.À faire connaître.« Il est arrivé que des clients me disent : \u201cHooon, il y a une p\u2019tite bibitte dans ma salade.\u201d Mais oui, c\u2019est de la salade bio, elle a été lavée, mais elle n\u2019est pas aseptisée.T\u2019en mourras pas ! » D\u2019autres se fâchent de ne pouvoir commander un plat en fin de soirée.« Mais sur un chevreau, il y a juste deux gigots.Il n\u2019y en aura pas pour tout le monde.Et c\u2019est NORMAL, rappelle le chef-chasseur.J\u2019ai aussi quatre maraîchers qui me font pousser des légumes.Mais les gens sont habitués d\u2019aller au restaurant et dire : \u201cJE.VEUX.DES.FRITES.\u201d » Quand il parle de ces clients difficiles, désigne-t-il principalement\u2026 des Montréalais ?« Du Plateau », rétor- que-t-il du tac au tac.Puis il éclate de rire.« Ha.Non, c\u2019est pas vrai ! » Le goût du territoire Quand Nicolas Paquet s\u2019esclaffe, c\u2019est lorsqu\u2019on lui demande si son amour de l\u2019alimentation lui vient d\u2019une expérience en restauration.« Ihhh, je ne devrais même pas en parler.Ma première vraie job de jeunesse était effectivement dans un resto familial.Mais ce n\u2019est pas de là qu\u2019est venu mon engouement.» D\u2019où, alors ?« D\u2019abord du territoire.Puis de l\u2019assiette.» D\u2019ailleurs, ce réalisateur engagé qui a, par le passé, signé le salué Esprit de cantine, a voulu rappeler à quel point l\u2019alimentation, c\u2019est politique.« C\u2019est une clé pour se réapproprier l\u2019identité.Une façon d\u2019avoir un lien de proximité quotidien avec le lieu que l\u2019on habite.De retrouver une fierté.» La fierté de Kim Côté, par exemple, c\u2019est d\u2019avoir décidé de dire à ses clients : « Mange ton Saint-Laurent ».En d\u2019autres mots, de ne servir que du poisson local.« Faque le saumon Atlantic élevé au Chili, c\u2019est non.Tu veux manger un tartare ?Je vais t\u2019en préparer un avec du flétan.» Évitant la facilité, cet homme d\u2019idées embarque souvent sur sa moto pour faire le tour de la Gaspé- sie.« Je me trouve des pêcheurs.Des fournisseurs.» Nicolas Paquet, pour sa part, dit avoir trouvé chez ces chefs et cheffes un environnement fourmillant.« C\u2019est leur milieu, leur cuisine, leur terrain de jeu.» Parlant de jeu : la devise Work hard play hard est souvent citée en cuisine.Et pourtant.Ces derniers temps, ils sont plusieurs à renier la partie party de leur métier.Dans le magazine Caribou, le chef Danny St Pierre a confié avoir cessé de s\u2019enivrer.Sur le site-ré- férence Bon Appétit, David McMillan, du Joe Beef, a raconté avoir, lui aussi, remisé la bouteille.Et ce, même s\u2019il a « bâti sa compagnie sur son foie ».Pour capter leurs valeurs, leur vision, Nicolas Paquet a passé du temps, beaucoup, avec ses sujets.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR C\u2019est ce même David que Kim Côté surnomme son « mentor depuis toujours ».Et qu\u2019il a appelé en mai.En lui demandant s\u2019il pouvait participer à l\u2019une de ses réunions de sobriété.« Il m\u2019a demandé : \u201cÇa va ?\u201d, se souvient Kim.Je lui ai répondu : \u201cÇa pourrait aller mieux\u2026\u201d » Et, depuis ce temps, il va effectivement mieux.Depuis qu\u2019il a visionné Chef.fe.s de brousse pour la première fois, en fait.« J\u2019ai complètement arrêté de boire », dit-il.Pouvoir infini du documentaire ?« Je me suis vu à l\u2019écran.J\u2019ai vu ma face.Ish.J\u2019ai réalisé à quel point j\u2019étais fatigué, maga- né.J\u2019ai constaté que je prenais des cuites souvent.Et je me suis dit que je ne \u201ctofferai\u201d pas comme ça ben ben longtemps.» Car, de longue date, les excès ont offert un certain réconfort aux employés éreintés.« Tout est à portée de main.On a le goût de manger du foie gras ?On en a.Boire une bouteille ?La cave à vin est pleine.En restauration, on est dans l\u2019abondance.» Si le film n\u2019aborde pas ce thème directement, il traite par contre de la succession d\u2019heures de fou.De l\u2019épuisement professionnel qui guette.De l\u2019épuisement étourdissant.Nicolas Paquet ne pensait pas en parler.Mais durant cet été de tournage, le chef Pierre-Olivier Ferry en a souffert.« Son corps l\u2019a lâché.» Avec sa permission, le cinéaste a inséré ses impressions.« Ce n\u2019est pas normal que ces gens travaillent douze heures par jour en mettant leur santé en péril.» D\u2019autant que le travail qu\u2019ils accomplissent pour l\u2019alimentation au Québec est immense.Comme le dit si bien Colombe Saint-Pierre : « Je trouve qu\u2019on a plus à offrir que des Tim Hortons et des McDo sur le bord de la route.» Oui, chef.fe.s ! [L\u2019alimentation], c\u2019est une clé pour se réapproprier l\u2019identité.Une façon d\u2019avoir un lien de proximité quotidien avec le lieu que l\u2019on habite.De retrouver une fierté.NICOLAS PAQUET » 61 Vivre Gastronomie L\u2019actualité du jour, choisie et résumée pour vous Le Courrier du soir Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdusoir Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com , Croisière sur le Nil en Afin de vous faire partager l'authenticité de nos circuits et le contenu historique BON VOYAGE André Bernier SATAN SORT AU PRINTEMPS Roman Satan (qui sort au printemps) est incarné dans le roman par une femme d\u2019une beauté exceptionnelle, appelée tout simplement Belle, qui a une relation sensuelle épisodique, d\u2019où l\u2019amour est exclu, avec un réviseur de mémoires et de thèses.L\u2019auteur sera présent au Salon du livre de Montréal samedi 23 novembre de 15 h à 18 h au kiosque 134 (Distribulivre). LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Vivre Resto 62 CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019élégance du décor est ce qui surprend en premier dans cette pizzeria qui est beaucoup plus que cela.On sent, bien sûr, que la soirée risque de coûter pas mal plus que le 0,99 $ de la pointe offert en ville, mais comme l\u2019élégance se double ici de confort, on est prêt à saigner un peu son porte-monnaie.Ce qui surprend moins, par contre, est la qualité de la cuisine, de la carte des vins et du service ; le célébrissime duo de chefs entrepreneurs, Stefano Faita et son partenaire Michele Forgione sont en effet derrière cette jolie adresse.Comme ils ont déjà trois adresses à gérer \u2014 Impasto, Gema et Tousignant \u2014, ils ont eu la sagesse de s\u2019associer avec deux jeunes fringants, Anthony Di Iorio en cuisine et Benjamin Lemay-Lemieux à la cave.Le chef Di Iorio impressionnait déjà chez Gema avec de succulentes pizzas, et le sommelier Lemay-Lemieux est l\u2019idole de tous les amateurs d\u2019excellentes bouteilles de tous les restaurants susmentionnés.Le soir de notre visite, ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019étaient présents, mais la soirée s\u2019est passée dans une certaine allégresse grâce au travail irréprochable des personnes en cuisine et en salle, et nous sommes sortis en sifflotant de bonheur.Vesta, la déesse du foyer dans l\u2019Antiquité romaine, est sûrement très fière de parler de cette maison avec ses copines de la mythologie.En effet, on mange vraiment bien dans cette pseudo « pizzeria de quartier ».Le menu de Vesta offre une petite dizaine d\u2019entrées et salades, une dizaine de pizzas et quatre desserts.Pour s\u2019assurer que tout le monde y trouve son compte, le chef y a ajouté une trentaine d\u2019extras, légumes, viandes et fromages.En ce beau dimanche soir, toutes les tablées semblaient y avoir trouvé leur bonheur et les plats défilaient allègrement.Conseils éclairés et cuisine lumineuse Sur les conseils éclairés de Jessy, l\u2019impeccable jeune homme qui s\u2019est occupé de nous toute la soirée, nous tombons dans quelques festivités apéritives : Nœuds à l\u2019ail et rappinis straciatella.Les premiers sont des petites bouchées de pâte à pizza frite, posées sur un fond de sauce crémeuse, fromage, poivre sauce et beurre à l\u2019ail (cacio e pepe).Pour les seconds, que l\u2019on appelle aussi en français brocoli-rave, en plus de quelques tranches très fines de piment explosif et de quelques gros grains de raisins blancs qui équilibrent l\u2019explosion, la cuisine marie les rappinis à peine blanchis à des filets de straciatella, ce Une pizzeria de qualité, tendance trattoria Dans Villeray, Vesta est beaucoup plus qu\u2019une pizzeria Vesta, la déesse du foyer dans l\u2019Antiquité romaine, est sûrement très fière de parler de cette maison avec ses copines de la mythologie.En effet, on mange vraiment bien dans cette pseudo « pizzeria de quartier ».PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 63 Vivre Recette Une suggestion du chef Michael Tozzi (environ 24 biscuits) Pour la pâte à biscuit 600 ml de beurre non salé 720 ml de sucre blanc 3 œufs 1 c.à soupe (15 ml) d\u2019extrait de vanille 5 tasses de farine tout usage 1 c.à soupe (15 ml) de poudre à pâte 1 c.à soupe (15 ml) de cannelle 1 c.à thé (5 ml) de sel Pour le sucre à la cannelle 70 ml de sucre blanc ½ c.à thé (2,5 ml) de cannelle Préparation Bien crémer le beurre et le sucre ensemble à l\u2019aide d\u2019un mélangeur électrique.Y ajouter les œufs et la vanille et mélanger jusqu\u2019à ce que le mélange soit homogène.Dans un bol, combiner le restant des ingrédients secs, soit la farine, la poudre à pâte, la cannelle et le sel.Incorporer graduellement le mélange d\u2019ingrédients secs au mélange liquide.Portionner les biscuits en boules de 60 ml (1/4 t.) et rouler dans le sucre à la cannelle.Aplatir légèrement.Congeler.Cuire les biscuits une fois surgelés sur une plaque à biscuits tapissée de papier parchemin à 350 °F pour environ 15 minutes.Michael Tozzi est chef du Dandy, 244 rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal.LA RECETTE DE LA SEMAINE Snickerdoodle MICHAEL TOZZI délicieux fromage des Pouilles.Suivent trois pizzas : l\u2019incontournable « Pepperoni », sauce tomate, pecorino, mozzarella et fines tranches d\u2019un petit pepperoni, la « JMK », sauce tomate, pecorino, ail, basilic, origan, mozzarella et fior di latte et la très chaudement recommandée par Jessy « Boscaiola », sauce tomate, oignons caramélisés, mélange de champignons, mozzarella, huile de truffe.Toutes trois ont une pâte parfaitement croustillante à l\u2019extérieur et d\u2019une surprenante rondeur à l\u2019intérieur.Le levain soutient parfaitement les ingrédients de chacune sans jamais empiéter sur les saveurs des garnitures choisies.Même équilibre dans l\u2019utilisation judicieuse de l\u2019huile de truffe dans la Boscaiola, un élément souvent mal dosé et qui, par conséquent, étouffe tout sous ses puissants effluves.Quand, à 20 h 30, dans un établissement italien, il n\u2019y a plus de spa- ghettini tomate et boulettes de viande, on peut supposer deux choses : soit la cuisine planifie très mal son inventaire, soit la maison est si populaire que dès le premier service, tout le monde s\u2019est précipité sur ce plat.Après vérifications, il y avait eu ce soir-là grosse affluence dès 17 h.À défaut de spaghettini, il reste des penne.Jessy, qui a l\u2019art de changer le négatif en positif, dit des phrases comme : « La cuisine m\u2019informe que nous n\u2019avons plus de spaghettini ce soir, mais je dois vous dire que notre plat de penne est exceptionnel et blablabla\u2026 » Pour renforcer le positif et cacher ma déception, je demande si, par hasard, il resterait quelques boulettes de viande.Il en restait (« Boulettes de Nickie ») et elles étaient délicieuses, tendres et accompagnées d\u2019une succulente purée de tomates qui a été scrupuleusement nettoyée dans une scarpetta de groupe endiablée.On remerciera ce Nickie pour sa recette.Ces penne vantées par notre guide étaient effectivement délicieuses, crème, pesto, pecorino et une idée de pistaches.Les desserts retenus \u2014 gâteau noisettes et tiramisu \u2014 étaient à la hauteur de tout le reste, irréprochables.Le gâteau avait ce moelleux que l\u2019on recherche toujours et le tiramisu contenait cette dose parfaite de café qui fait les grands tiramisus et tire vers le haut comme le dit le nom.Du personnel de qualité Pour conclure, il faut mentionner deux détails qui n\u2019en sont pas : 1.Malgré un chauvinisme très italien dans la composition de la carte des vins, le choix et la sélection proposés à la clientèle assoiffée impressionnent.Du très beau travail du sommelier, notamment en vins nature.(Note à Vesta : nature étant un adjectif invariable, il s\u2019écrit sans « s » ; donc à corriger sur le site\u2026) 2.Le service chez Vesta est un exemple de ce qui se fait de mieux en ville ; pour une petite adresse, le travail des gens en salle (y compris la connaissance de la carte des vins) est un modèle et ajoute au plaisir de manger ici.Vesta 1/2 $$$ 206, rue Jarry Est \u2014 514 543-7725 \u2014 Ouvert à midi du mercredi au vendredi et en soirée, du mardi au dimanche.Trois entrées, une pizza, une assiette de pâtes et deux desserts ont coûté 82 $, avant taxes et pourboire.Marie et moi n\u2019avons bu que de l\u2019eau.Mme et M.Filion sont tombés dans la boisson et monsieur a cité Jean Gabin pour expliquer ses pulsions : « Je boirai du lait le jour où les vaches mangeront du raisin.» Photo du haut : le chef Anthony Di Iorio.Photo du bas : le menu de Vesta offre une petite dizaine d\u2019entrées et salades, une dizaine de pizzas et quatre desserts. LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Vivre Bière 64 l\u2019occasion de discuter des enjeux qui guideront la croissance de l\u2019industrie.La planification stratégique de l\u2019Association se concentre sur quelques dossiers prioritaires, à commencer par « l\u2019environnement d\u2019affaires ».« Nous sommes une industrie qui produit des boissons alcooliques et on est très conscients de ça, ce n\u2019est pas un produit banal », reconnaît la directrice générale, qui espère pouvoir alléger le fardeau des brasseurs soumis à « 33 lois et règlements », certains n\u2019étant plus au diapason de l\u2019industrie.« Par exemple, contrairement aux producteurs de cidre ou de vin, les brasseurs ne peuvent pas vendre leurs produits dans les marchés publics.» La contrainte a son importance dans l\u2019optique d\u2019une meilleure promotion de la bière artisanale québécoise auprès du grand public, un autre objectif de la planification stratégique de l\u2019AMBQ qui, à terme, pourrait mener à une certification Qualité micro- brasserie Québec.« C\u2019est la dimension locale de nos produits qui attire le consommateur, affirme Marie-Ève Myrand.Il veut acheter ici, encourager des emplois créés ici, favoriser les retombées économiques directes et indirectes locales et ne pas voir les bénéfices de cette industrie » sortir du Québec.La promotion des microbrasseries québécoise doit aussi passer par l\u2019agrotourisme, estime-t-elle.« La bière artisanale est le deuxième produit d\u2019appel en importance dans le secteur du tourisme gourmand, après le fromage.C\u2019est pourtant un filon qu\u2019on exploite mal parce qu\u2019on est peu présents sur les routes gourmandes.Il faut se structurer, travailler à une promotion commune pour prendre le virage du tourisme brassicole.» Sujets pétillants Dans les corridors et autour des tables de bières du salon des exposants \u2014 près de 90 kiosques regroupant malteries, houblonnières, fournisseurs d\u2019équipements brassicoles, etc.\u2014, les discussions s\u2019animent autour des thèmes abordés durant les conférences.Un des thèmes principaux du congrès était l\u2019environnement, d\u2019abord avec une table ronde sur la question de la gestion des eaux usées, véritable casse-tête administratif et structurel, surtout pour les microbrasseries établies dans de petites localités.La question des contenants à remplissages multiples (CRM, les contenants de verre, qui peuvent être lavés et réutilisés une quinzaine de fois) était aussi à l\u2019ordre du jour, alors que la tendance pousse les microbrasseries vers le contenant en aluminium, moins écologique, car il ne peut servir qu\u2019une fois avant d\u2019être recyclé.En après-midi lundi dernier, la grande salle était pleine à craquer pour l\u2019exposé du professeur Thomas H.Shellhammer, de l\u2019Oregon State University.Spécialiste de la chimie de la bière, il venait détailler les périls du houblonnage à cru, technique propre aux populaires IPA et responsable de bien des soucis pour certaines brasseries ayant connu ce qu\u2019il décrit comme le « hop creep ».L\u2019industrie brassicole connaît un taux de croissance faramineux, selon l\u2019Association des microbrasseries du Québec.FRANCIS VACHON LE DEVOIR REPORTAGE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR À QUÉBEC La première tempête hivernale n\u2019a pas empêché les brasseurs des quatre coins de la province de converger vers la capitale pour participer au 10e congrès de l\u2019Association des microbrasseries du Québec (AMBQ, ambq.ca), laquelle célébrait aussi son 30e anniversaire.Du 11 au 13 novembre dernier, près de 750 membres de notre industrie brassicole se sont retrouvés en toute collégialité au Centre des congrès de Québec pour discuter de leurs défis, créer de nouveaux contacts entre brasseurs et entre fournisseurs et déguster leurs créations à grandes lampées.Regard sur une industrie vibrante.Les discours inauguraux de la conférence, lundi matin dernier, s\u2019écoutaient comme un concert de louanges.Lors du premier congrès de l\u2019industrie en 2009, il n\u2019y avait qu\u2019une dizaine de kiosques d\u2019exposants et de fournisseurs prêts à accueillir 125 participants représentant 46 brasseries.Depuis, 200 nouvelles entreprises brassicoles ont ouvert leurs portes au Québec, et une trentaine d\u2019autres attendent toujours une réponse à leur demande de permis de brasseur ou d\u2019artisan-brasseur.« L\u2019industrie connaît un taux de croissance faramineux », confirme Ma- rie-Ève Myrand, directrice générale de l\u2019AMBQ, qui a pris la parole devant les congressistes lors de la première plénière réunissant sur scène des pionniers de la scène brassicole québécoise, parmi lesquels Jérôme C.Denys, fondateur du Cheval Blanc, et Jean-François Gravel, de la microbrasserie Dieu du Ciel ! Les défricheurs « Les nouveaux brasseurs n\u2019ont pas toujours la perspective du travail accompli par les défricheurs, estime Myrand.Une industrie qui est forte, c\u2019est une industrie qui reconnaît le travail de ses prédécesseurs.» C\u2019est à eux, ainsi qu\u2019à ceux qui font aujour- d\u2019hui prospérer le milieu brassicole québécois, que les congressistes ont trinqué à l\u2019heure du petit-déjeuner.Et au travail qui reste à accomplir : selon les plus récentes statistiques disponibles (2016), les microbrasseries détenaient 11 % des parts de marché de la bière au Québec \u2014 une proportion qui frôle probablement les 15 % aujourd\u2019hui.Ce n\u2019est encore rien, assurait la directrice générale au Devoir, prenant pour exemple les États du Vermont et de l\u2019Oregon où les parts de marché détenues par les brasseurs artisanaux dépassent les 25 %.L\u2019assemblée générale de l\u2019AMBQ, en clôture du congrès, fut justement Si le houblonnage à cru rehausse les arômes, il peut également provoquer le développement d\u2019enzymes favorisant une nouvelle fermentation en bouteille, laquelle entraîne une hausse de gaz carbonique dans le contenant scellé \u2014 plusieurs brasseries d\u2019ici et d\u2019ailleurs ont dû procéder à des rappels ces dernières années à cause de canettes instables.Le mardi avant-midi, les congressistes débattaient d\u2019une question délicate et contentieuse : le brassage à forfait.Autrement dit : l\u2019activité de brasseries qui brassent dans leurs installations les recettes d\u2019une autre entreprise.Le créateur d\u2019une recette de bière est-il un brasseur ou le gestionnaire d\u2019une « marque » qui occupe de l\u2019espace sur les tablettes des détaillants, mais qui n\u2019a pas à investir, temps et argent, dans la construction d\u2019une brasserie ?Le débat se poursuit.En après-midi, tous les brasseurs assistaient à la conférence de l\u2019auteur et spécialiste de la bière Martin Thibault portant sur les textures de la bière, à la fois carnet de voyage et exposé sur la manière d\u2019apprécier la bière pour ses textures.Thibault a parlé des bières exotiques dégustées durant les nombreux voyages qu\u2019il a faits, qui ont servi de matière pour son récent ouvrage Le goût de la bière fermière.Thibault s\u2019est servi de l\u2019exemple du bistro Sardines pour démontrer les bienfaits des textures : ouvert depuis le début de l\u2019été dans la rue Saint-Jean à Québec, Sardines est (pour l\u2019instant) le seul établissement doté d\u2019un robinet verseur de la compagnie Lukr, qui permet de servir la lager selon la tradition tchèque (mlìko), en versant d\u2019abord une mousse très onctueuse, puis le liquide dessous, transformant ainsi l\u2019expérience gustative.Soulignons enfin l\u2019allocution de Francis Pedneault, terminologue à l\u2019Office de la langue française du Québec, venu présenter devant l\u2019assemblée le nouveau Vocabulaire de la brasserie conçu en collaboration avec l\u2019AMBQ dans l\u2019objectif d\u2019exprimer en français le jargon brassicole, souvent d\u2019origine anglaise ou allemande.Un formidable travail de référence (accessible gratuitement en ligne) pour les amateurs de la langue et du houblon, farci de trouvailles.Des exemples ?La märzenbier, une bière de saison allemande ambrée, se dit « bière de mars » en français, mais gose, bière acidulée également d\u2019origine allemande, demeure un terme accepté tel quel en français.La bière noire anglaise nommée stout s\u2019emploie au masculin comme au féminin, et dry hop se traduit par « houblonnage à cru », avec ou sans excès de gaz carbonique ! Au sommet de la bière québécoise Le tout-brassicole du Québec s\u2019est réuni en congrès pour discuter de l\u2019avenir de son industrie LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 65 Vivre Vin BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Ces « nature » et autres bios cités dans la chronique du 8 novembre ont fait jaser.Des pour, des contre, des « m\u2019en fout » et des « pourquoi pas ».Comme il faudra reconnaître un jour que l\u2019intérêt pour l\u2019environnement n\u2019est tout de même pas un truc banal, pour ne pas dire électoral, maintenons ouvert le sillon pour y semer à nouveau quelques graines.« Ça ne mange pas de pain » après tout, comme le veut l\u2019expression du XVIIe siècle.Il y a un peu plus de 10 ans maintenant (2008), le Grenelle de l\u2019Environnement français mettait la charrue en parallèle avec les bœufs en proposant des pistes de réflexion susceptibles de tracer les sillons d\u2019une agriculture durable en accompagnant les exploitations en vue d\u2019une certification à Haute Valeur environnementale.Les Vignerons indépendants, pionniers de la démarche, obtiennent en 2015 du ministre de l\u2019Agriculture le lancement d\u2019un logo, signe distinctif porté par les produits issus d\u2019exploitations certifiées (source : Association HVE Développement).Le cahier des charges se fait ici sur trois niveaux, à savoir : 1.le respect des pratiques essentielles de la réglementation environnementale ; 2.l\u2019adoption de pratiques techniques à faible impact environnemental ; 3.le niveau d\u2019excellence du dispositif pour les exploitations présentant un haut niveau de biodiversité et un très faible recours aux intrants.Ce troisième niveau semblant correspondre en tous points à cet effet domino qui veut que le moindre petit détail en amont ait des répercussions sur ce qu\u2019il advient en aval.Comme le disait le philosophe présocratique grec Anaxagore il y a 2500 ans et repris par le sympathique Raôul Duguay il y a près de 50 ans, ici au Québec : « Tôuttt est dans tôuttt.» Leurs sagesses séculaires suivant en ce sens le filon adopté par plusieurs paysans-vignerons dont fait partie, bien sûr, l\u2019infatigable Alain Brumont.L\u2019homme a-t-il besoin de présentation ?À 73 balais, Alain Brumont ne met pas seulement la charrue avant les bœufs, il EST à la fois la charrue ET les bœufs ! Tous ceux qui se sont frottés à la dynamique de son vortex en sortent décoiffés, pour ne pas dire déstabilisés.Ce couche-tard-lève-tôt multiplie les projets dans son Madi- ran chéri depuis que son père l\u2019assignait très tôt à 17 ans aux mille et une besognes du domaine.Au début de la trentaine, il prend les rênes du Château Bouscassé (1979) avant d\u2019acheter l\u2019année suivante Château Montus dont la réputation, chez lui en France, mais surtout hors frontières (la Chine lui déroule aujourd\u2019hui un tapis vermillon à la hauteur de la robe profonde du Montus en question), provoque les petites jalousies d\u2019usage parmi les voisins girondins du haut de leurs crus classés.En favorisant une production locale (porc noir de Bigorre, poule Gascogne, truffes, caviar Prunier, etc.) et une biodiversité (vignobles cernés par la forêt), Brumont s\u2019inscrit dans une démarche aussi cohérente que pérenne, à Haute Valeur Environnementale.Il faut d\u2019ailleurs l\u2019entendre discourir sur le soufre, la pyréthrine si chère aux adeptes du bio, des vendanges en vert et autres labours de chevaux (tassement des sols sous l\u2019impact des sabots) pour saisir où il en est à l\u2019aube du millésime 2020 tant ses remises en question sont monnaie courante.Ses vins ?Parfaitement maîtrisés ! Du simple Torus Rouge 2015 (17,05 $ \u2013 466656) (5) 1/2, à base des jeunes vignes, souple et de corps moyen, d\u2019un éclat fruité manifeste, au top Château Montus Cuvée Prestige 2009 (78 $ \u2013 12215914 \u2013 I.P.à venir : ylauzon@markanthony.com) (5+) © 1/2 , somptueux à souhait en passant par son Tour Bouscassé 2011 (18,05 $ \u2013 12284303) (5) et Château Bouscassé 2015, Ma- diran (20,10 $ \u2013 856575) (5+) © , tout est ici réglé pour régaler.À prix d\u2019ami.La semaine prochaine : goûtons aux changements climatiques ! Alain Brumont, laboureur en son pays En favorisant une production locale, ce vigneron indépendant s\u2019inscrit dans une démarche à Haute Valeur environnementale Laurence et Alain Brumont : une équipe qui s'épaule mutuellement JEAN AUBRY LES VINS DE LA SEMAINE (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans © devrait séjourner en carafe Le bio 1/2 Citto 2016, Compania di Volpaia, Toscane, Italie (17,65 $ \u2013 14044653) La célèbre maison toscane se fait ici plaisir en jouant à parts égales cabernet sauvi- gnon et sangiovese sans perdre sa griffe et cela, à prix doux.Un rouge de corps moyen de belle tenue, parfaitement circonscrit sur le plan aromatique, aux tanins frais, succulents, bien maîtrisés.Mamma mia ! La pizza maison n\u2019est pas loin ! (5) Le blanc Riesling Réserve 2017, Fernand Engel, Alsace, France (19,90 $ \u2013 10518591) L\u2019entre-deux saisons vous fout le bourdon et le gris du décor ne vous grise pas comme vous le souhaitez ?Laissez alors l\u2019éclat lumineux et l\u2019énergie exponentielle du beau riesling bio vous redonner les ailes du désir ! Dans sa version nette, claire et sans sucre, légère, florale et \u2014 n\u2019ayons pas peur du mot \u2014 minérale.(5+) © La surprise 1/2 Vina Laguna Terra Rossa 2016, Istra, Croatie (17,85 $ \u2013 13111068) Les rouges de Croatie sont rares à la SAQ, sans que l\u2019on sache trop pourquoi d\u2019ailleurs.Car les propositions honnêtes ne manquent pas.À l\u2019image de cet assemblage de teran, de merlot et de borgonja au profil qui évoque le grain fruité des vins de Toscane.C\u2019est net, souple et bien frais, hautement digeste.(5) Le rouge 1/2 Gran Mascota 2016, Cabernet Sauvignon, Argentine (21,40 $ \u2013 14161032) La classe.Je serais même porté à le répéter, classe indéniable.Serait-ce en raison de l\u2019impeccable définition fruitée, de la maturité juste des jus, de la qualité exemplaire des tanins qui lui assure un « déroulé de bouche » parfait, ou encore le jeu subtil et détaillé de l\u2019ensemble, qui offre une tribune enviable au cabernet sauvignon ?À vous de voir ! (5) © Moins de 16 $ 1/2 Chianti Riserva 2015, Rocca delle Macie, Toscane, Italie (15,95 $ \u2013 12989750) Pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais tout de même à l\u2019aise avec son magret en raison de sa sève et de sa fraîcheur.Un sangiovese moderne de style, axé sur le fruité, souple et de bel équilibre.Si le canard vous laisse de bois, optez pour des pâtes à la tomate, tout simplement.(5) LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Vivr e Mot s de t êt e 66 SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 67 Vivre Mots de tête GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 477 Horizontalement I.Mémorialiste.II.Agalaxie.Eon.III.Rôle.Il.Cric.IV.Rut.Paella.V.Otera.Toi.Mi.VI.Ni.Arêtières.VII.Neptune.Nous.VIII.Irai.Etude.IX.Œdipe.Eon.X.Ronronnement.Verticalement 1.Marronnier.2.Egoutier.3.Malté.Paon.4.Olé.Ratier.5.Râ.Paru.6.Ixia.Enfin.7.Ailette.Pn.8.Le.Loi.Eee.9.Client.10.Sera.Rouée.11.Toi.Meudon.12.Encaissent.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 478 1.Pente difficile à remonter.2.Il lui arrive aussi de faire des bébés.3.S\u2019est longtemps fait rouler.Père de Pâris et d\u2019Hector.4.Pour de beaux meubles de jardin.Ouvre les comptes.5.Préposition.Reconduit.6.Dégage un parfum de résine.Un peu ridicule.Dieu.7.Mise en place des pierres.8.Laissé au passage.Arrivés les premiers.9.Personnel.Montre la tête dangereusement.10.Coup de chaud protecteur.Essence des tropiques.Dans un pois chiche.11.Cries comme une bête.Retient le bâtiment.12.Bien remplies.I.Ont disparu mais ont beaucoup mis au propre.II.Durement frappée.Un peu d\u2019hésitation.III.Saisit.Ont choisi de se couper du monde.IV.Prendre un peu de couleur.Sans le moindre changement.Patron.V.Forme d\u2019avoir.Fondateur de l\u2019Oratoire.Note.VI.Lettres de politesse.Engagea des fonds.Gardien des troupeaux.VII.Peut vous faire dire la vérité.Conviennent.VIII.Sans domicile fixe.Démonstratif.IX.Sortit de l\u2019ensemble.Propulseur et stabilisateur en mer.X.Héracles y chassa le lion.En bouts de lignes.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE « Quoi que l\u2019on crée, on ne pourra jamais rivaliser avec les milliards d\u2019années d\u2019évolution de la nature.» \u2013 Didier Tarquin MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE FRÊNE FRÊLE GRÊLE GÈLE GEÔLE JEUX 1109 1116 1116 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1116 1.Sac 2.Solvant 3.Chère 4.Employer 5.Vaccin 6.Remâcher 7.Écrivain français du 19eme siècle 8.Entre deux collines 9.Raser 10.Crevasse \u2022 PARSEMER \u2022 MERLOT \u2022 LOTUS \u2022 TUSSOR \u2022 SORBET \u2022 BÉTEL \u2022 TÉLESCOPER \u2022 PERVENCHE \u2022 CHE GUEVARA \u2022 ARABESQUE MOULE ÉMET TE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R CORRIGÉ Je suis abassourdie?! J\u2019ai navigué longtemps dans les dédales étourdissantes du menu téléphonique de ma compagnie d\u2019assurance avant de réussir à parler à un conseillé, et celui-ci m\u2019apprend que je devrai débourser cent dollars pour son aide.Moi qui croyait que cet appel n\u2019engendrerait aucun frais ! abasourdie, et non *abassourdie \u2014 adj.abasourdi au fém.sing.(accord : Je).Frappé d\u2019étonnement.étourdissants, et non *étourdissantes \u2014 adj.étourdissant au masc.plur.(accord : dédales).Qui étourdit, assourdit.Attention : le nom dédale (« ensemble compliqué, embrouillé ») est masculin.conseiller, et non *conseillé \u2014 n.Personne qui donne des conseils.À ne pas confondre avec le participe passé du verbe conseiller (ex. : tu m\u2019as conseillé ce livre).croyais, et non *croyait \u2014 v.croire, ind.imparf., 1re sing.(sujet : qui, mis pour Moi).Considérer comme probable.Le pronom relatif qui reprend la personne et le nombre de son antécédent (ici Moi, 1re pers.du sing.).aucuns, et non *aucun \u2014 dét. indéf.(accord : frais).Pas même un.Attention : le nom frais est toujours pluriel, et aucuns s\u2019accorde en conséquence.Remarque \u2014 Le nom assurance dans la locution compagnie d\u2019assurance s\u2019écrit avec ou sans s.© 2019 Druide informatique inc.Tous droits réservés.Épreuve de révision Antidote | no 33 LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2019 Voici un aperçu de la programmation ! Découvrez des genres mis de l\u2019avant Environnement et consommation Engagement citoyen et militantisme environnemental Avec Andrée Poulin Vendredi 22 novembre, 12 h 50 Espace jeunesse TD Le militantisme environnemental Avec Laure Waridel et Sheila Watt-Cloutier Animé par Yanick Villedieu Vendredi 22 novembre, 16 h 15 Espace littéraire Pour une garde-robe responsable Avec Madeleine Arcand, Isabelle Laflèche et Léonie Daignault-Leclerc Animé par Laurence Bareil Vendredi 22 novembre, 17 h 45 Espace littéraire Vivre ensemble et diversité Le 21e siècle sera-t-il religieux ?Avec Asif Arif, Marek Halter, Sébastien Doane et Jonathan Guilbault Animé par Marie-Andrée Lamontagne Mercredi 20 novembre, 17 h 30 Espace littéraire Rencontre avec Andreï Kourkov et Larry Tremblay Animé par Marie-Andrée Lamontagne Dimanche 24 novembre, 13 h 35 Agora La littérature québécoise est-elle vraiment ouverte à la diversité ?Avec Gabriella Kinté, Nadia Lakhdari et Rodney Saint-Éloi Animé par Webster Dimanche 24 novembre, 14 h 15 Espace littéraire La poésie Poésie terre d\u2019accueil Avec Jean Désy et Ouanessa Younsi animé par Jérémy Laniel Samedi 23 novembre, 14 h 35 Espace littéraire Gin et poésie Avec Zachary Richard, Chloé LaDuchesse, Ouanessa Younsi, Jean-Christophe Réhel, Baron Marc-André Lévesque, Laurence Veilleux, Guido del Fabbro et Jean-Paul Daoust Animé par Tristan Malavoy Samedi 23 novembre, 18 h Agora Micro ouvert Venez découvrir de nouvelles voix : quiconque a un bout de poème inédit à lire est invité à le réciter! Animé par Baron Marc-André Lévesque Samedi 23 novembre, 19 h 30 Agora Les littératures de l\u2019imaginaire À quel point lisez-vous de l\u2019imaginaire ?Avec Sonia Sarfati, Fanie Demeule, Ariane Gélinas et Mathieu Lauzon-Dicso Animé par Thomas Dupont-Buist Jeudi 21 novembre, 16 h 55 Agora Bande dessinée de science-fiction : genre pluriel Avec Enki Bilal, Cab et François Vigneault Animé par Jean-Dominic Leduc Jeudi 21 novembre, 17 h 50 Agora Création littéraire, horoscope et savoirs occultes Avec Maude Veilleux, Catherine Mavrikakis et Ariane Lessard Animé par Stéphanie Roussel Jeudi 21 novembre, 19 h 05 Espace littéraire Salon du livre de Montréal 20 au 25 novembre 2019 Place Bonaventure @salonlivremtl #slm2019 Découvrez de grandes thématiques Créez votre horaire personnalisé avec le carnet de visite au www.salondulivredemontreal.com Le passeport illimité est au prix d\u2019un billet régulier jusqu\u2019au 20 novembre."]
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