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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-11-18, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 262 / LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Leonard Cohen, comme un vent chaud Un album posthume, et superbe, vient compléter l\u2019œuvre du poète montréalais GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR oyez l\u2019élégance : même mort, Leonard Cohen vit encore.On en tient pour preuve neuf nouvelles chansons laissées en plan par le poète, reprises au vol par Adam Cohen et rassemblées en un album partout traversé de cette « voix solaire de la mélancolie ».Du beau, du grand, signé Cohen père et fils.Lancé vendredi prochain, Thanks for the Dance devient officiellement le 15e album dans la discographie studio de Leonard Cohen \u2014 et le premier disque posthume.Par ses thèmes, sa gravité, son élévation, la lumière cachée dans l\u2019éclat sombre des textes, la force discrète de l\u2019emballage musical, il s\u2019inscrit en droite continuité avec You Want It Darker, l\u2019album que Cohen a lancé trois semaines avant son décès.INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B4 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Legault fait fi de la science comme Harper, selon Québec solidaire | A 3 MONDE Trump et le côté ukrainien de l\u2019affaire, la chronique de François Brousseau LE DEVOIR DE CITÉ Le vélo d\u2019hiver gagne en popularité B 5 V VOIR PAGE A 4 : COHEN Au terme d\u2019une autre fin de semaine mouvementée à Hong Kong, la police a annoncé dimanche qu\u2019elle envisageait d\u2019employer des « balles réelles » face aux « armes létales » utilisées contre elle durant les affrontements autour d\u2019un campus devenu la principale base arrière de la contestation pro-démocratie.Plus tôt, un policier a été blessé par une flèche tirée par un manifestant.La contestation est montée d\u2019un cran depuis lundi dernier avec une nouvelle stratégie baptisée « Éclore partout » (« Blossom Everywhere »), qui consiste à multiplier les actions \u2014 blocages, affrontements, vandalisme \u2014 pour éprouver au maximum les capacités de la police.Dimanche soir, des centaines de protestataires étaient retranchés dans l\u2019Université polytechnique, où ils ont allumé de grands feux.VOIR PAGE B 1 KIN CHEUNG ASSOCIATED PRESS Flèches d\u2019un côté, menace de balles réelles de l\u2019autre MARCO FORTIER LE DEVOIR Les milieux défavorisés ont 2,5 fois moins de places en centres de la petite enfance (CPE) que les quartiers les mieux nantis.Cette offre « inéquitable » pénalise les enfants les plus vulnérables, qui ont pourtant le plus à gagner des services éducatifs offerts dans les CPE, prévient la Direction régionale de santé publique de Montréal.Dans deux rapports obtenus par Le Devoir, la Santé publique sonne l\u2019alarme : tandis que le nombre de places en CPE connaît une stagnation, la fréquentation des services de garde privés non subventionnés a explosé, notamment chez les enfants les plus défavorisés.La proportion d\u2019enfants démunis ayant fréquenté exclusivement un service de garde non subventionné a augmenté de 10 points de pourcentage en cinq ans, entre les années 2012 et 2017, à Montréal.Cette hausse est jugée « préoccupante » et peu étonnante, compte tenu de la montée en flèche des places en services de garde privés non subventionnés, dont le nombre dépasse désormais celui des places en CPE dans l\u2019île de Montréal.Depuis l\u2019arrivée au pouvoir des libéraux de Jean Charest en 2003, les gouvernements ont fait le choix politique de favoriser les garderies privées aux dépens des CPE.Les enfants de milieux défavorisés en ont payé le prix, selon la Direction régionale de santé publique de Montréal.« Au cours des dernières années, la DRSP [Direction régionale de santé MONTRÉAL « Iniquités » dans les places en CPE Les quartiers défavorisés ont 2,5 fois moins de places que les secteurs nantis de l\u2019île ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR L\u2019INSTITUT DU JOURNALISME D\u2019ENQUÊTE DE L\u2019UNIVERSITÉ CONCORDIA POLITIQUE Le plomb dans l\u2019eau longtemps banalisé VOIR PAGE A 8 : PLOMB publique] a fait valoir dans différents contextes l\u2019importance de développer le réseau des CPE en privilégiant l\u2019accès aux enfants de milieux défavorisés [\u2026].Malheureusement, malgré les nombreux messages portés en ce sens depuis presque 10 ans, force est de constater que les iniquités d\u2019accès aux CPE pour les enfants de milieux défavorisés demeurent inchangées à Montréal », indique un des deux rapports qui seront dévoilés lundi.VOIR PAGE A 2 : CPE 66 % À Montréal, les deux tiers des enfants démunis n\u2019ont jamais fréquenté un CPE.Banalisation, secret et lenteur: les autorités sanitaires et environnementales québécoises ont ignoré pendant plusieurs années des données inquiétantes et les sonnettes d\u2019alarme de leurs propres chercheurs sur la présence de plomb dans l\u2019eau potable des Québécois, en plus de retarder des opérations de communications pour informer le public.Voilà ce que révèle une série de rapports d\u2019études, de mémoires d\u2019experts et de communications internes passés en revue par Le Devoir, l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia et Global News.M I K E L A W R I E A R C H I V E S G E T T Y I M A G E S A F P ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 Le privé d\u2019abord CPE SUITE DE LA PAGE A 1 L\u2019accès aux CPE fait du surplace à Montréal.Les deux tiers (66 %) des enfants démunis n\u2019ont jamais fréquenté un CPE (comparé à 46 % des enfants mieux nantis).La proportion d\u2019enfants en services de garde non subventionnés, elle, est désormais deux fois plus grande dans l\u2019île de Montréal qu\u2019ailleurs au Québec, indique la Santé publique.Le nombre de places en garderies privées non subventionnées a connu une hausse « fulgurante » de 554 % dans l\u2019île de Montréal entre les années 2009 et 2016.C\u2019est un rythme de croissance presque huit fois plus rapide que celui des places en CPE.Résultat : les garderies privées non subventionnées offrent désormais 33 % des places en services de garde éducatifs à Montréal, comparativement à 28 % pour les CPE.Ceux-ci offraient 38 % des places en 2009.La Santé publique recommande au ministre de la Famille, Mathieu La- combe, de créer en priorité des places en CPE dans quatre quartiers montréa- lais \u2014 correspondant au territoire des CLSC de Montréal-Nord, Saint-Mi- chel, Parc-Extension et LaSalle.Ces quartiers les plus défavorisés ont 2,5 moins de places en CPE que les secteurs les mieux nantis (12,5 % des enfants de 0 à 4 ans dans le quintile le plus défavorisé, comparé à 29,5 % dans le quintile le plus favorisé).Ce sont pourtant les enfants les plus vulnérables qui ont le plus besoin des services des CPE, souligne la Santé publique.« Les connaissances les plus à jour indiquent que c\u2019est dans les CPE que l\u2019on retrouve les niveaux de qualité de service les plus élevés.Les services y sont gratuits, notamment pour les enfants de familles prestataires de l\u2019aide sociale.De plus, les CPE ont des liens privilégiés avec les professionnels du CLSC, notamment en vertu des protocoles d\u2019entente entre les CLSC et les milieux de garde pour réserver des places aux enfants vulnérables sur le plan socioéconomique ou développe- mental », indique la Santé publique.Manque de choix Isabelle Laurin, chercheuse à la DRSP et coauteure des deux études, souligne que le but n\u2019est pas de « faire peur aux parents » qui envoient leurs enfants en service de garde privés.« Des services de garde non subventionnés, il y en a d\u2019excellente qualité, et des CPE de moins bonne qualité aussi », nuance-t-elle.La loi 143, entrée en vigueur au printemps 2019, risque d\u2019augmenter la qualité de tous les services éducatifs, publics et privés, estime la Santé publique.« La préférence des parents reste le CPE, mais on ne peut pas dire que les parents ont le choix dans certains territoires de Montréal », précise la Dre Catherine Dea, responsable du Service de développement des enfants à la DRSP de Montréal.« Une proportion de 20 % des enfants de milieux défavorisés a une vulnérabilité développementale, et l\u2019offre actuelle de CPE est déficiente et inéquitable.Ça nous préoccupe», précise-t-elle.Une série de politiques mises en place depuis une quinzaine d\u2019années ont favorisé les garderies privées : levée du moratoire sur l\u2019établissement de nouvelles garderies privées (2003), bonification du crédit d\u2019impôt pour frais de garde (2009 et 2015) et modulation des tarifs de garde (2015).Par contre, le gouvernement Legault vient de rétablir le tarif unique, fixé à 8,25 $ par jour, ce qui est une bonne nouvelle pour les CPE.D\u2019autres facteurs ont contribué à la hausse de fréquentation des garderies non subventionnées par les enfants des quartiers démunis, selon la DRSP de Montréal.Les parents de quartiers mieux nantis sont plus susceptibles de se mobiliser pour avoir un CPE.En outre, les enfants de milieux aisés entrent plus tôt en service de garde, entre autres parce que la mère retourne travailler.Cela donne un avantage aux familles nanties, d\u2019autant que la fratrie a la priorité pour une place en CPE.Agir tôt La Santé publique estime que le gouvernement devrait diriger vers les services de garde une partie du programme Agir tôt, mis en place par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.« Il est bien plus important d\u2019avoir accès à un orthophoniste à l\u2019âge de 2 ou 3 ans qu\u2019à l\u2019entrée à l\u2019école.Plus on agit tôt, plus l\u2019intervention est efficace », dit la Dre Catherine Dea.La DRSP de Montréal recommande par ailleurs aux ministres de la Famille et de l\u2019Éducation de « travailler en étroite collaboration » à l\u2019implantation des maternelles 4 ans, dont les services sont aussi insuffisants dans les milieux défavorisés.LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Environ 150 personnes ont pris part à une marche pour soutenir le peuple d\u2019Haïti, dimanche à Montréal.Les manifestants ont exhorté le gouvernement canadien à dénoncer les politiques du président haïtien, Jovenel Moïse, qu\u2019ils appellent à la démission.«Solidarité avec le peuple haïtien» et « À bas l\u2019impérialisme canadien en Haïti » sont quelques-uns des slogans martelés par la foule, qui réclame la fin du soutien du Canada au président.La démission de celui-ci est exigée depuis le début de l\u2019année par des manifestants en Haïti.« C\u2019est vraiment de prendre une position claire pour dénoncer cette présidence », a expliqué Marie Dimanche, à l\u2019origine du groupe Solidarité Québec-Haïti et coorganisatrice de l\u2019événement.« Ça pourrait même être un tweet, un message qui dit: \u201cMoi, Justin Trudeau, premier ministre du Canada, membre du Core Group, je dénonce les agissements de Jovenel Moïse.Je lui intime d\u2019écouter la population qui exige qu\u2019il parte et qui exige qu\u2019il y ait un procès dans la dilapidation des fonds de Petrocaribe\u201d», illustre-t-elle.Depuis le début de l\u2019année, le climat social en Haïti s\u2019est dégradé.Un rapport de la Cour supérieure des comptes du pays sur l\u2019alliance PetroCaribe \u2014 par laquelle le Venezuela prête de l\u2019argent à Haïti pour le développement de ce dernier \u2014 a accusé le président haïtien d\u2019être au cœur d\u2019un « stratagème de détournements de fonds ».En octobre, la pénurie et la hausse du prix de l\u2019essence ont alimenté la grogne populaire, bloquant la totalité des activités économiques et sociales.Dimanche à Montréal, les manifestants se sont réunis au parc Toussaint- Louverture, avant de se diriger vers le consulat haïtien.Parmi eux, Darlene Lo- zis a fait le chemin depuis Ottawa pour participer à la marche.Elle qualifie la situation actuelle en Haïti d\u2019«injustice sociale ».« J\u2019ai des enfants, et voir en ce moment des jeunes qui sont en train de mourir et que leur mort ne veut absolument rien dire, pour des gens qui ont toutes les capacités de régler le problème [\u2026], c\u2019est la moindre des choses que je pouvais faire, d\u2019être ici», a-t-elle déclaré.Justin Trudeau doit aider à ce que le gouvernement haïtien « fiche le camp », renchérit Luc Auguste, arrivé au Canada en 1974.« La population n\u2019est pas en mesure de se nourrir, de trouver un emploi.Et puis, les acolytes du président s\u2019enrichissent de jour en jour », a-t-il dénoncé.Andréanne Bégin a quant à elle pris part à la manifestation après avoir été ra- Pour que Jovenel Moïse «fiche le camp» Des Montréalais demandent à Justin Trudeau de dénoncer le gouvernement haïtien Les manifestants ont marché dimanche du parc Toussaint- Louverture jusqu\u2019au consulat général d\u2019Haïti, à Montréal.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR patriée d\u2019urgence au Canada, en octobre dernier, à la suite d\u2019un séjour de trois mois en Haïti dans le cadre d\u2019un projet de coopération internationale.«Il y a eu une explosion dans la ville où je demeurais.Plusieurs enfants ont été brûlés sévèrement.[\u2026] Ces enfants-là étaient bloqués sur la route, étant donné les manifestations et la crise du carburant qui secoue le pays depuis plusieurs mois.Il y a des enfants qui sont décédés sur le chemin vers l\u2019hôpital», témoigne-t-elle.La situation actuelle que connaît Haïti est « critique », souligne au Devoir Daniel Erikson, chercheur principal au Centre Penn Biden pour la diplomatie et l\u2019engagement mondial de l\u2019Université de Pennsylvanie.« Bien qu\u2019il y ait d\u2019énormes frustrations par rapport au président actuel et plusieurs appels à sa démission de manifestants en Haïti et à l\u2019étranger, en même temps, aucune solution sur ce qui viendrait après n\u2019a été complètement développée », constate-t-il.Celui qui a déjà été conseiller au département d\u2019État des États-Unis sur l\u2019Amérique latine est revenu la semaine dernière d\u2019un séjour dans la région de Port-au-Prince, réalisé dans le but de mieux comprendre la crise qui secoue le pays.Il estime que la communauté internationale a un rôle à jouer dans la conclusion d\u2019un accord entre le gouvernement haïtien et l\u2019opposition.« Un accord politique doit être conclu entre le gouvernement et l\u2019opposition politique pour permettre le rétablissement de certains niveaux de normalité», croit-il.Au moment où ces lignes étaient écrites, Affaires mondiales Canada n\u2019avait pas encore répondu au courriel du Devoir.La préférence des parents reste le CPE, mais on ne peut pas dire que les parents ont le choix dans certains territoires de Montréal DRE CATHERINE DEA » Rectificatif Dans l\u2019article «\u201cLégion 90\u201d: coup de cœur mélancolique», publié dans notre édition du jeudi 14 novembre et écrit par Sylvain Cormier, nous avons par erreur fait passer Fred Bo- nicard, qui fut le bassiste du groupe Vilain Pingouin jusqu\u2019en 1995, de vie à trépas.Nos plus sincères excuses.ROXANNE OCAMPO À LONGUEUIL LA PRESSE CANADIENNE L\u2019arrivée hâtive de la neige est venue s\u2019ajouter à une dure saison pour les producteurs de grains de la province, qui demandent maintenant de s\u2019asseoir avec le gouvernement pour déterminer comment couvrir leurs pertes.Benoit Legault, directeur général de l\u2019organisme Producteurs de grains du Québec (PGQ), qui représente environ 10 500 agriculteurs, signale leur détresse, tandis que les conditions météorologiques compliquent cette fois la récolte du maïs.Celle-ci s\u2019annonce pénible et coûteuse, avec seulement un quart des superficies récoltées à la mi-novembre.« Les conditions printanières ont fait en sorte que les producteurs ont pris deux à trois semaines de retard pour semer.Ça peut arriver certaines années et l\u2019été permet quelques fois le rattrapage.Mais cette année, les conditions de croissance étaient un peu en bas de la moyenne, donc on voyait déjà en octobre que les plants étaient plus vulnérables », relève M.Legault.Puis, les vents puissants qui ont soufflé le soir de l\u2019Halloween ont fait verser les plants et plier les tiges de maïs.Les épis se retrouvent donc plus près du sol, ce qui complique leur récolte.« Mais quand la neige se mêle à ça, les producteurs perdent tous leurs moyens », se désole M.Legault.Sans compter que la qualité du maïs a elle aussi souffert.Les épis ont gelé avant d\u2019avoir atteint leur maturité et en faire sortir l\u2019humidité ne sera pas chose facile.PGQ craint qu\u2019une bonne partie du maïs reste dans les champs, cette production qui génère annuellement un chiffre d\u2019affaires d\u2019environ 675 millions de dollars.Les producteurs de soya ne sont pas plus rassurés.Près de 10 % des superficies de soya sont maintenant ensevelies sous la neige sans avoir été récoltées.Les chances de les récupérer sont minces, selon M.Legault.La valeur annuelle de cette production est évaluée à 500 millions de dollars.« Ce n\u2019est pas une saison facile pour l\u2019ensemble de la production de grains », résume-t-il.PGQ espère que le ministère de l\u2019Agriculture et la Financière agricole, qui est en quelque sorte l\u2019assureur collectif des producteurs, accepteront d\u2019élargir l\u2019application des programmes déjà en place pour répondre à la crise actuelle.Benoit Legault compte également réclamer une aide particulière, notamment pour les coûts accrus de récolte et de séchage, ainsi que la perte de revenus associée à la qualité moindre des grains.« Pendant ces discussions, je ne vous cache pas qu\u2019on va rappeler que nos programmes ne sont pas à la hauteur de ce qu\u2019on peut voir aux États-Unis ou en Europe », indique-t-il.Des solutions « en amont » En marge de son congrès à Longueuil dimanche (voir page A 3), Québec solidaire s\u2019est dit favorable à une aide d\u2019urgence aux producteurs, tout en prônant une réflexion plus étendue sur leurs pratiques.La co-porte-parole, Manon Massé, a avancé que de tels épisodes se feront de plus en plus fréquents en raison des dérèglements climatiques.«Je pense que c\u2019est un bon moment pour se demander comment on va faire pour soutenir ceux qui nourrissent le Québec et peut-être repenser aussi l\u2019agriculture.Mais une chose est certaine: on ne peut pas les abandonner.Il faut que le gouvernement Legault les soutienne», a-t-elle avancé.AGRICULTURE La météo contrarie les producteurs de grains Une aide est demandée à Québec pour les coûts des récoltes La population n\u2019est pas en mesure de se nourrir, de trouver un emploi.Et puis, les acolytes du président s\u2019enrichissent de jour en jour.LUC AUGUSTE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 Corriger le tir uand le chasseur arriva au bout du chemin forestier qui conduisait, en descendant une pente, à la cabane où il se cachait, il était environ 14 h.À ce temps de l\u2019année, rien n\u2019allait se passer, au mieux, avant 16 h, c\u2019est-à-dire au moment où le soleil se laisse avaler par la nuit.Mais il fallait tout de même être là.Attendre.Ne pas bouger.Sinon le chevreuil ne se pointerait pas le nez.En chemin, le chasseur avait croisé des traces fraîches de coyote.À en juger par leurs dimensions, il s\u2019agissait d\u2019un gros.À chaque fois qu\u2019il en croisait, cela produisait en lui le même effet un peu ridicule qui le faisait sourire.Un air de Tire le Coyote lui venait immédiatement en tête.Il entendait, comme s\u2019il était là, le nez de Benoit Pinette servir de porte-voix à une mélodie prenante dont les paroles tombaient sur lui comme une neige fraîche en novembre.« J\u2019espère faire valser les vieux fantômes / Jusqu\u2019à la limite de nos origines / Pour qu\u2019on puisse donner au soleil son diplôme.» C\u2019est une chose que de sortir marcher par temps froid et de rentrer ensuite à la maison avec les joues cramoisies.C\u2019en est une autre de passer des heures immobile, à braver le vent, les yeux plissés pour espérer voir plus loin, tenant entre ses mains du métal glacé sur lequel se trouve monté un œil de verre.Entre chien et loup, le chevreuil parfois apparaît, comme venu de nulle part pour se poser dans l\u2019horizon du regard.Chaque fois, l\u2019effet produit demeure le même : le cœur s\u2019emballe.Le chasseur épaule.Il relève le cran de sûreté et se tient prêt.Ce geste a beau avoir été répété au fil des années, le rythme cardiaque rappelle que chaque fois, c\u2019est comme la première fois.Peut-être est-ce là un écho profond qui touche aux origines lointaines de l\u2019humanité, à un temps où tout le monde devait chasser, et pas seulement les hommes, comme on nous l\u2019a seriné.À la CBC, dans le cadre de l\u2019émission Ideas, Sally Armstrong l\u2019a d\u2019ailleurs rappelé ces jours-ci à l\u2019occasion d\u2019une série intitulée The Longest Revolution, toute une série de conférences consacrées à l\u2019histoire des femmes.Pourquoi le réseau français ne présente-t-il jamais rien de tel ?J\u2019en reviens à ce chasseur.Avant qu\u2019il n\u2019ose tirer, il doit pouvoir compter les pointes du panache.Le chasseur a beau s\u2019arracher les yeux, il n\u2019est pas certain que celui-là réponde aux exigences de la loi.Il doit reposer son arme dans la saignée de son bras.Doucement, son rythme cardiaque s\u2019apaise.La saison de chasse au cerf de Virginie s\u2019est terminée dimanche.Bon an mal an, le gouvernement vend quelque 135 000 permis de chasse au chevreuil, à 57 $ pièce.Dans certaines zones, le chasseur doit acquérir un permis supplémentaire pour financer une étude globale.Chaque espèce ou presque, y compris la grenouille, nécessite désormais un permis particulier, soit autant de formes de taxes déguisées.Au Québec, le nombre de permis vendus pour le cerf de Virginie est en baisse ces dernières années, alors que cette population monte en flèche.Le nombre de bêtes qui finissent par être abattues oscille aux environs de 50 000.La population totale de chevreuil au Québec ?Probablement plus de 400 000.Samedi, à Saint-Isidore-de-Clifton, tout près d\u2019un des centres destinés à l\u2019enregistrement obligatoire des animaux abattus, un chevreuil blessé se débat sur le bas-côté de la route.Tout près, une voiture gît dans le fossé.Ce chevreuil a été frappé.Mais pas par cette voiture.Celle- ci appartient plutôt à quelqu\u2019un qui, ne voulant écouter que son bon cœur, s\u2019est arrêté.Son conducteur croyait pouvoir faire quelque chose pour que l\u2019animal cesse d\u2019agoniser.Mais les passants lui ont dit de foutre le camp, puisqu\u2019il risque d\u2019être accusé de braconnage selon la législation québécoise actuelle.Et en repartant, la voiture a glissé dans le fossé\u2026 La bête, elle, va continuer de souffrir ainsi une partie de la journée, sans que personne s\u2019en occupe.Les policiers ont d\u2019autres chats à fouetter et ne sont pas particulièrement pressés de faire en sorte d\u2019abréger les souffrances d\u2019un être vivant à moitié mort.Dans les environs pourtant, les chasseurs ne manquent pas.Mais ils n\u2019ont pas le droit de toucher à l\u2019animal.La population de chevreuils augmente.Les accidents aussi.Entre 2012 et 2018, au moins 35 000 chevreuils ont été heurtés sur le réseau routier, soit plus des deux tiers des prises d\u2019une saison de chasse habituelle.Le nombre d\u2019incidents de la route impliquant des cerfs de Virginie a augmenté d\u2019environ 40 %, selon des statistiques de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec.Nombre de ces bêtes agonisent durant des heures.On ne donne pas cher de leur peau.En Suède, où la pratique de la chasse ressemble assez à celle du Québec, on a pourtant convenu de confier largement aux chasseurs la gestion du gibier victime de la circulation automobile.Je l\u2019ai entendu à la radio de nos impôts.Je n\u2019y croyais d\u2019abord pas trop.Et pourtant, c\u2019est bien vrai : une protéine, faite à base de soya, sert désormais à approvisionner une imprimante 3D d\u2019un type bien particulier.Elle peut imprimer, sous forme de steak haché, une viande végétale.Il a été prévu, ne me demandez pas comment, que du faux sang en sorte lorsque vous la ferez cuire.En Israël, des scientifiques développent par ailleurs une viande, générée en éprouvette, à partir de cellules de bœuf.En quelques semaines, vous obtenez un petit morceau de muscles, qui ne comporte cependant ni gras ni tendons, ce qui influe sur le goût, tout en l\u2019uniformisant.Mais on peut toujours en manger, bien sûr, en tentant de se faire avaler que la science est formidable.On serait en voie, si j\u2019ai bien compris l\u2019entrevue menée par Annie Desrochers, de remplacer l\u2019industrie très discutable de l\u2019élevage des animaux à viande par une industrie non moins discutable capable de produire des succédanés, en tordant de la sorte l\u2019idée louable qu\u2019il faudrait revoir les modes d\u2019alimentation de la planète.J\u2019ai pensé au jour où, à chaque chasseur, on proposera d\u2019installer, dans sa cache au milieu des bois, une imprimante 3D de viande de chevreuil tandis que des milliers d\u2019animaux continuent d\u2019agoniser le long des routes.JEAN- FRANÇOIS NADEAU MARCO BÉLAIR-CIRINO À LONGUEUIL LE DEVOIR Québec solidaire (QS) demande au premier ministre, François Legault, de ne pas utiliser les Québécois comme « cobayes » de l\u2019« idéologie caquiste ».À l\u2019instar de l\u2019ex-chef de gouvernement canadien Stephen Harper, M.Le- gault fait fi du consensus scientifique pour faire avancer des projets, dont celui de troisième lien routier entre Québec et Lévis et celui du complexe de liquéfaction, d\u2019entreposage et de transbordement de gaz naturel GNL Québec, a dénoncé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, au terme du congrès 2019 de sa formation politique dimanche après-midi.La Coalition avenir Québec (CAQ) et QS ont des vues diamétralement opposées sur le Québec, a fait valoir le député de Gouin.« Une petite province sans ambition ou un pays qui voit grand.Un gouvernement qui nous divise, ou un projet de société qui nous rassemble », a-t-il affirmé devant un parterre de quelques centaines de personnes.Aux yeux de sa « camarade » Manon Massé, la CAQ promeut « un nationalisme de peureux ».« La CAQ rêve du Québec d\u2019hier.Nous, on est le parti du Québec tel qu\u2019il est aujourd\u2019hui.Et demain, on va former le plus beau pays du monde, le plus grand, le plus vert, le pays du Québec », a déclaré la co- porte-parole de QS.Les membres d\u2019un gouvernement solidaire bloqueront tout projet d\u2019oléoduc ou de gazoduc, imposeront des mesures d\u2019écofiscalité aux entreprises, percevront et redistribueront les impôts, taxes et contributions fédéraux payés sur le territoire québécois, et ce, même si la Constitution du Canada leur interdit d\u2019aller de l\u2019avant.« L\u2019acte d\u2019autodétermination exige inévitablement des ruptures.Alors, le jour où on va accéder au pouvoir, ça ne sera pas une surprise », a précisé Mme Massé dans une mêlée de presse.Pourtant, QS n\u2019est pas sans savoir que les pipelines interprovinciaux relèvent de la compétence fédérale.« Moi, je vous dis qu\u2019au jour 1 de notre élection, ce ne sera pas de responsabilité fédérale », a lancé la cheffe parlementaire de QS à l\u2019Assemblée nationale, tout en promettant de « ramer fort » lorsque le Canada « va essayer de nous passer un pipeline à travers la gorge ».De toute manière, la Loi constitutionnelle de 1867 dans laquelle le partage des pouvoirs législatifs entre Ottawa et Québec a été couché sur papier est «illégitime», ont souligné à gros traits les ex-di- rigeants d\u2019Option nationale, Sol Zanetti (chef ) et Émilie Charbonneau (présidente) au cours du week-end.« [Elle] a été faite par une gang de vieux lords saouls », a laissé tomber Mme Char- bonneau dans l\u2019auditorium du cégep Édouard-Montpetit samedi, faisant rire les délégués qui y étaient rassemblés.« Bref, un torchon colonial.» Plus de 150 ans après son entrée en vigueur, l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique « tient [le Québec] dans un État pétrolier », estime Manon Massé.« Créer un Québec-État, c\u2019est une façon de couper avec cette réalité- là », a-t-elle fait valoir.Deux poids, deux mesures ?QS reconnaît-il aux autres gouvernements provinciaux le droit de fouler aux pieds la loi fondamentale du Canada afin de concrétiser leurs promesses phares ?« Les provinces feront bien ce qu\u2019elles veulent », a répondu Manon Massé, avant d\u2019ajouter : « Nous, on veut faire l\u2019indépendance du Québec.Ce n\u2019est pas juste : \u201cJe ne fais pas ça parce que ça ne me tente pas.\u201d » On est en processus d\u2019autodétermination », a-t- elle poursuivi.En plus d\u2019inscrire des « gestes de rupture » avec le Canada au programme d\u2019un gouvernement solidaire, les quelque 400 délégués de QS rassemblés ce week-end au cégep Édouard- Montpetit se sont rangés au cours du week-end derrière la proposition de mettre à la porte le lieutenant-gouver- neur du Québec et d\u2019abolir le serment d\u2019allégeance à la reine.Ils ont aussi convenu de doter le Québec d\u2019une armée \u2014 ou plutôt d\u2019une « force d\u2019autodéfense hybride, à composantes civile et militaire, dont le rôle sera axé sur la sécurité collective et la dissuasion » \u2014 après son accession à l\u2019indépendance.Le candidat à l\u2019élection partielle dans Jean-Talon, Olivier Bolduc, a fait une courte apparition sur la scène de la salle Pratt & Whitney Canada dimanche après-midi.Il a laissé derrière lui la députée de Taschereau, Catherine Dorion, qui, selon l\u2019état-major de QS, lui a prêté main-forte tout le week-end dans le bastion libéral de la capitale nationale.«Pendant que les paquebots rouillés de la vieille politique cherchent la carte, nous sommes là pour prendre leur relève, plus nombreux, plus forts et plus solidaires que jamais», a déclaré M.Nadeau-Du- bois, se disant persuadé qu\u2019« une aube orange se lève» sur Québec.POLITIQUE QS oppose son pays au Québec de François Legault SONIA LOGRE À VENISE AGENCE FRANCE-PRESSE Venise, dévastée par les inondations depuis une semaine, a de nouveau subi une marée haute dimanche, mais de moindre ampleur, et des alertes ont également été publiées pour les villes de Florence et de Pise, en raison des pluies incessantes qui s\u2019abattent sur l\u2019Italie.L\u2019acqua alta, ou marée haute, s\u2019est élevée à 150 cm dimanche, loin derrière le pic de 187 cm de mardi qui a frappé la Sérénissime, inondée depuis, et dont les images ont fait le tour du monde.« L\u2019eau a cessé de monter », a tweeté le maire de Venise, Luigi Brugnaro.« Pic de 150 cm\u2026 Les Vénitiens ne sont à genoux que lorsqu\u2019ils prient.Venise va repartir », a-t-il également écrit.Les prévisions météorologiques prévoient des marées n\u2019excédant pas 110 cm pour les jours à venir, ce qui devrait permettre à la cité lacustre d\u2019évaluer les dégâts, d\u2019ores et déjà estimés par le maire à plus d\u2019un milliard d\u2019euros.L\u2019emblématique place Saint-Marc a d\u2019ailleurs été rouverte en fin de journée dimanche.Plus au sud, en Toscane, ce sont deux autres joyaux italiens, Florence et Pise, qui ont été placés en état d\u2019alerte en raison de la menace des eaux.Le président de la région Toscane, Enrico Rossi, a tweeté un avertissement sur le risque de débordement du fleuve Arno et indiqué que des pontons avaient été installés sur les rives à Pise « par mesure de précaution ».La protection civile italienne a conseillé aux habitants de ne pas s\u2019approcher des berges du fleuve.Fragilité accrue Depuis mardi à Venise, plus de 50 églises ont été endommagées, dont la basilique Saint-Marc, et des boutiques et des demeures ont été inondées.Des hôtels commencent en outre à déplorer des annulations pour les fêtes de fin d\u2019année.Le maire de Venise a annoncé vendredi l\u2019ouverture d\u2019un compte bancaire pour tous ceux qui, en Italie et à l\u2019étranger, souhaitent contribuer aux réparations.« Venise, endroit unique, est l\u2019héritage de tout le monde.Grâce à votre aide, Venise brillera de nouveau », a-t-il écrit dans un communiqué.Les habitants dont les logements ont été endommagés peuvent demander une aide gouvernementale immédiate de 5000 euros (7300 $CA), et les commerçants peuvent recevoir jusqu\u2019à 20 000 euros (29 000 $CA).Venise, bâtie sur 118 îles et îlots en majorité artificiels et sur pilotis, est menacée d\u2019engloutissement.Elle s\u2019est enfoncée de 30 cm dans la mer Adria- tique en un siècle.INONDATIONS Léger répit pour Venise Les villes de Pise et de Florence demeurent aussi en alerte Un homme poussait un chariot dans une rue inondée de Venise, à proximité du pont du Rialto.FILIPPO MONTEFORTE AGENCE FRANCE-PRESSE Q LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 PHILIPPE PAPINEAU À SAINT-SAUVEUR LE DEVOIR Œuvrant dans une industrie en crise financière et en déficit de confiance, où il faut souvent faire beaucoup avec peu, les membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ont abordé de front la question de la santé mentale en fin de semaine lors de leur congrès annuel.Alors que plusieurs journalistes se sont inquiétés en discussion d\u2019une forte prévalence des dépressions et de l\u2019anxiété dans les rédactions, la FPJQ a aussi annoncé dimanche une aide à ses membres.Le contexte dans lequel de nombreux journalistes doivent désormais effectuer leur métier a forcé plusieurs d\u2019entre eux samedi à lever un drapeau rouge au sujet de l\u2019état psychologique de plusieurs reporters.Les compressions dans le personnel, les tâches qui se cumulent avec les nouvelles plate- formes, les salaires \u2014 notamment ceux des pigistes \u2014 qui stagnent depuis longtemps et la pression accrue des relationnistes de presse sont parmi les raisons pour lesquels plusieurs se sentent épuisés.Marie Lambert-Chan, la rédactrice en chef de Québec Science, qui participait à une discussion sur la santé mentale, voit beaucoup de détresse dans la profession.«J\u2019ai été salariée, à la pige et patronne, dit-elle.Clairement, je pense que la majorité des journalistes dans mon entourage sont au bout du rouleau.C\u2019est pas normal de faire un métier comme le nôtre.Je trouve bizarre qu\u2019on n\u2019ose pas reconnaître l\u2019exigence de ce qu\u2019on fait.» Cette idée de la dévotion journalistique et du rôle particulier des médias dans la démocratie est revenue dans les discussions.Mickaël Bergeron, un surnuméraire au Soleil qui a aussi été animateur radio et chroniqueur, a vécu un épuisement professionnel qui l\u2019a fait réfléchir sur son métier.« Presque tous les journalistes voient ça comme une vocation, mais sous [cette vision] on en fait toujours plus.Mais c\u2019est à quel prix humain ?» Si Marie-Lambert Chan croit qu\u2019il faut que les journalistes soient plus charitables et bienveillants les uns envers les autres, Mickaël Bergeron croit que les pratiques et les attentes ne peuvent être les mêmes alors que les moyens n\u2019y sont plus.«À un moment donné, il faut assumer les coupures, a-t-il lancé.Changeons le produit, gardons la qualité.[Sinon] ça tombe sur le dos des employés ou sur la qualité du contenu offert.» Le psychologue et professeur titulaire à l\u2019École des sciences de la gestion de l\u2019UQAM Jacques Forest a pour sa part souligné que « la recherche montre que c\u2019est le bien-être qui mène à la performance, et pas le contraire.Il faut se sentir bien pour être bon ».La FPJQ a elle-même rebondi sur le sujet dimanche matin, lors de son assemblée générale.La fédération a annoncé que ses membres \u2014 et leur famille \u2014 auront droit gratuitement à des ressources d\u2019aide psychologique.Cette mesure sera mise en place à partir du 1er décembre.« On est vraiment fiers de le faire », a lancé la directrice générale de la FPJQ, Catherine Lafrance.Le congrès de la FPJQ a aussi été l\u2019occasion pour ses membres de prendre connaissance d\u2019une étude sur le cyber- harcèlement commandée par la Fédération nationale des communications MÉDIAS Une crise qui accentue la pression sur les journalistes La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a annoncé lors de son congrès annuel la mise en place d\u2019une aide psychologique gratuite pour ses membres « Synthèse de sa vie » COHEN SUITE DE LA PAGE A 1 C\u2019était en novembre 2016, dans un creux d\u2019automne que des milliers de Montréalais étaient venus éclairer à la chandelle devant la maison du poète au parc du Portugal.Trois ans plus tard, revoilà Cohen, comme un vent chaud après la première neige.«Je vois ce disque-là comme une sorte de synthèse de sa vie », confiait vendredi Chantal Ringuet, coauteure du livre Les révolutions de Leonard Cohen.Le Devoir a transmis à cette spécialiste de l\u2019œuvre de Cohen les fichiers numériques de l\u2019album à paraître.«J\u2019avais des doutes sur l\u2019idée d\u2019un album posthume, dit-elle.Mais\u2026 c\u2019est superbe.Et c\u2019est partout très émouvant d\u2019entendre sa voix \u2014 on le sent parmi nous.» Une voix comme une présence.On sait le grain de celle de Cohen, toute la richesse des basses qu\u2019elle remue.Une forme de tremblement dans des profondeurs que seuls ses textes savent fréquenter.Or, sur Thanks for the Dance, Cohen ne chante pratiquement pas : il récite, plutôt, avec cette rythmique narrative caractéristique.« Par moments, ça ressemble à des psaumes », relève Chantal Ringuet.Ébauches C\u2019est aussi cette voix qui forme la matière première du projet.Dans le communiqué accompagnant la sortie du disque, Sony explique qu\u2019Adam Cohen s\u2019est isolé en studio en 2017 avec ce qu\u2019il restait des sessions de You Want It Darker \u2014 un album qu\u2019il a réalisé, avec son père confiné à un fauteuil médical orthopédique, mais pourtant « au sommet de ses pouvoirs », disait-il alors.Il restait donc de ce travail « de simples ébauches musicales, parfois à peine plus que l\u2019enregistrement de la voix ».Dans une entrevue audio accordée au New Yorker en 2016, Leonard Cohen prévoyait déjà qu\u2019il ne pourrait mener à terme ce qui se trouvait alors sur sa table de travail.« Il y a beaucoup de nouveau matériel que je n\u2019ai pas sorti, 50 ou 60 poèmes non publiés, des chansons à moitié terminées et qui ne sont pas mauvaises », disait-il avant de réciter le texte qui ferme aujourd\u2019hui l\u2019album (Listen to the Hummingbird).Avant de mourir, le père a demandé au fils de finir le travail musical : la légitimité de ce projet posthume vient de là.Thanks for the Dance n\u2019est pas un album monté à l\u2019insu de Leonard Cohen, mais plutôt selon sa volonté.Pour mener à bien le projet, Adam Cohen a sollicité plusieurs amis \u2014 Beck joue de la guitare ici, Daniel Lanois du piano là, Silvia Perez Cruz, Jennifer Warnes, Damien Rice et Feist nourrissent les chœurs à tour de rôle, Patrick Watson coréalise une chanson, on entend la chorale Shaar Hashomayim, l\u2019exceptionnel guitariste espagnol Javier Mas est partout.Mais tout cela dans une forme de discrétion qui sert parfaitement le propos : c\u2019est bien Leonard Cohen qui est au cœur de cette dernière danse.Les textes que le poète chante ou récite sont ainsi du pur Cohen.« Il y a tous ses grands thèmes de prédilection, note Chantal Ringuet.La chute, la rédemption, le fardeau que représente la souffrance humaine, les références à l\u2019amour et à la femme aimée, la rivière, les connotations spirituelles, la Shoah, le rapport à la perte et au deuil, l\u2019idée du mouvement\u2026 » D\u2019une chanson- poème à l\u2019autre, Leonard Cohen navigue ainsi entre les ports qu\u2019il fréquente depuis les années 1960.Sur Happens to the Heart, il évoque Marx et le Christ ; la poignante Moving On a le cœur ouvert (And now you\u2019re gone, now you\u2019re gone / As if there ever was a you / Who held me dying, pulled me through / Who\u2019s moving on, who\u2019s kidding who) ; dans The Night of Santiago, c\u2019est le Cohen de l\u2019érotisme métaphorique qui se présente à nous.Aussi brève que puissante, The Goal porte quant à elle une double résonance \u2014 celle de la dépression, mais aussi du vieillissement (As for the fall \u2014 it began long ago/Can\u2019t stop the rain/Can\u2019t stop the snow/I sit in my chair/I look at the street/The neighbor returns my smile of defeat).«Cohen a le désespoir altier», disait un de ses biographes il y a plusieurs années: il l\u2019aura porté jusqu\u2019à la fin.Watson Appelé par Adam Cohen pour travailler sur l\u2019envoûtante The Hills (cela, alors que Leonard Cohen était encore vivant), l\u2019auteur-compositeur-inter- prète Patrick Watson se rappelait jeudi la particularité de cette collaboration.Le « démo » qu\u2019il avait en main comprenait voix et musique : il a essentiellement déshabillé la chanson pour proposer quelque chose de fort différent, que le fils Cohen a ensuite remixé.De cette expérience, Patrick Watson retient surtout un moment de dépouillement.« Après avoir enlevé la musique, je me suis retrouvé avec la voix seule de Leonard Cohen.J\u2019ai beaucoup appris de ce moment-là, parce que j\u2019ai réalisé toute l\u2019intention qu\u2019il savait mettre dans chaque mot.Et c\u2019était déjà tellement beau : juste ça.» (CSN).Basée sur un coup de sonde par courriel ayant rejoint quelque 250 répondants, l\u2019étude a révélé de façon étonnante que 50 % des journalistes avaient été victimes d\u2019attaques en ligne et que davantage d\u2019hommes que de femmes en étaient la cible.La petite taille de l\u2019échantillon et son caractère volontaire ont toutefois été soulignés par les journalistes, qui ont reçu ces chiffres avec doute et étonnement.Notons que, selon des chiffres du Conseil de l\u2019Europe, 21 % des travailleurs du milieu de l\u2019information sont victimes de cyberharcèlement, soit environ 4 fois plus que la population en général.L\u2019éléphant dans la pièce Les effets du Web auront par ailleurs été aussi au cœur des discussions sur la crise de confiance que vivent les reporters, qui était le thème du congrès de la FPJQ.L\u2019image négative que donne Donald Trump de la presse a une incidence dans l\u2019œil du public, mais «l\u2019éléphant dans la pièce, c\u2019est les réseaux sociaux », a affirmé le rédacteur en chef du quotidien La Voix de l\u2019Est, Marc Gendron.«La critique du travail journalistique a toujours existé, mais aujourd\u2019hui, ça trouve écho et c\u2019est diffusé grâce aux réseaux sociaux, a affirmé M.Gendron.Avant [\u2026], c\u2019était le média qui était interpellé.Aujourd\u2019hui, ils le font sans passer par nous.Je le répète, le problème, c\u2019est les réseaux sociaux et la façon dont les gens les utilisent.» Il concède tout de même que c\u2019est une petite part de son lectorat qui fait beaucoup de dommage.L\u2019organisme Reporters sans frontières étudie d\u2019ailleurs la possibilité d\u2019offrir une certification de confiance dans le cadre du projet Journalism Trust Initiative.Son responsable du pôle recherche, Bertin Leblanc, pense à « un ISO 2000 » du journalisme, « pour que le public puisse s\u2019y retrouver.» Thanks for the Dance Leonard Cohen, Columbia En novembre 2016, des centaines de cierges ont été déposés devant la résidence montréalaise de Cohen, près du parc du Portugal, en guise d\u2019hommage.PEDRO RUIZ ARCHIVES LE DEVOIR C\u2019est pas normal de faire un métier comme le nôtre.Je trouve bizarre qu\u2019on n\u2019ose pas reconnaître l\u2019exigence de ce qu\u2019on fait.MARIE-LAMBERT-CHAN » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 « Le sexe chez les aînés, un tabou qui perdure Un organisme donne la parole à des personnes de 55 ans et plus issues de la diversité sexuelle et de genre dans des capsules vidéo visant à lutter contre les préjugés On pense que la sexualité diminue avec l\u2019âge, mais c\u2019est faux.Ce n\u2019est plus le même rythme, mais la sexualité est encore là.Il suffit de l\u2019entretenir », raconte au Devoir Chloé Viau, âgée de 7o ans.Et la sexualité, c\u2019est aussi, voire beaucoup, une question d\u2019expérience et de pratique qui se raffine, rappelle-t- elle.« Disons que j\u2019ai plus de raffinement aujourd\u2019hui.» L\u2019image peut déranger.En effet, l\u2019idée voulant que la sexualité s\u2019arrête à un certain âge est tenace dans la société.Peut-être parce que, penser à la sexualité des personnes âgées, c\u2019est penser à ses parents, à des corps qui flétrissent ou encore à la fatigue et à la maladie.Peut-être aussi simplement parce qu\u2019on n\u2019en parle pas, ou si peu.Pourtant, c\u2019est une réalité et il faut la démystifier, clame Marion Bertrand- Huot, qui lance ce lundi le projet « On existe.Ça existe » avec l\u2019organisme Les 3 sex*, qui milite pour l\u2019amélioration de la santé et des droits sexuels.Une vingtaine de capsules vidéo de moins d\u2019une minute et demie \u2014 mettant en scène des personnes de 55 ans et plus issues de la diversité sexuelle et de genre, racontant leur sexualité, confiant leurs peurs et plaisantant sur leurs expériences \u2014 seront diffusées, jusqu\u2019au mois d\u2019avril, sur le site Web de l\u2019organisme et sur les réseaux sociaux.« L\u2019objectif, c\u2019est de changer les perceptions et les mentalités.Et de marteler le message que la sexualité continue d\u2019exister quand on est une personne aînée et qu\u2019il faut s\u2019y intéresser », explique Marion Bertrand-Huot.On y voit par exemple Chloé Viau, une personne trans lesbienne, témoigner du fait que sa sexualité se porte aujourd\u2019hui « mieux, même beaucoup mieux ».Même si elle a parfois des doutes, parce que son corps change et vieillit.« C\u2019est toujours difficile de penser qu\u2019on peut être désirée.» Denis, 70 ans, raconte que « le désir reste jusqu\u2019à la mort ».Diane, 72 ans, affirme avoir besoin de sexe « pour être équilibrée physiquement et mentalement ».« J\u2019ai la santé [\u2026] Quand t\u2019es en santé, t\u2019as le goût de baiser.» Hélène, 63 ans, décrit ses fantasmes.Et Royal nous apprend qu\u2019à 74 ans, il connaît encore des « matins glorieux ».Une intimité difficile à préserver Les témoignages \u2014 qui visent à lutter à la fois contre les préjugés âgistes, ho- mophobes et transphobes \u2014 sont essentiellement positifs.Une posture adoptée par l\u2019équipe de production dans le but avoué de faire fléchir les idées reçues et d\u2019éveiller les consciences sur le fait que cette sexualité, vécue et appréciée, doit être assortie de droits.« Le scénario idéal, ça serait pas dans ma chambre de résidence », souligne dans une capsule Marie-Michèle, 77 ans.« Avec pas de monde qui viennent frapper à la porte : \u201cAvez-vous besoin d\u2019un piqué ?\u201d » Parce que voilà, être une personne âgée et vouloir vivre sa sexualité, c\u2019est souvent devoir lutter pour préserver son intimité.Dans une résidence pour personnes âgées, les portes de chambres ne se ferment pas à clé.Les préposés entrent sans cogner, ou en cognant et en entrant d\u2019un même geste.Les visites sont interdites après le couvre-feu.Et les enfants sont mis au courant lorsque leur parent développe une relation avec un autre résident.Tout pour nuire à l\u2019épanouissement sexuel des aînés, voire les décourager, croit Marion Bertrand-Huot.« Il y aurait sûrement moyen de trouver un système qui serait sécuritaire pour les aînés, mais sans passer outre leur intimité », es- time-t-elle.L\u2019existence du tabou à l\u2019égard de la sexualité des aînés conduit également à des problèmes de santé publique, déplore la sexologue.« Les médecins ne leur demandent plus s\u2019ils sont actifs sexuellement.» Exit donc les tests de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang et les notions d\u2019éducation à la sexualité.« Beaucoup de personnes âgées croient qu\u2019elles n\u2019ont pas besoin de se protéger.» Les cas de gonorrhée, de chlamydia et de syphilis sont conséquemment en hausse chez les aînés.Découvertes Vivre sa sexualité longtemps, ça implique également de l\u2019entretenir et d\u2019accepter qu\u2019elle évolue au fil des ans.« Il faut pouvoir adapter sa sexualité à certains impératifs physiques et élargir ses horizons », suggère Marion Bertrand-Huot.Car la sexualité, c\u2019est aussi la tendresse.«Ça peut être s\u2019embrasser, s\u2019enlacer », souligne Chloé Viau.« On peut être seule et avoir une sexualité.On peut être deux et avoir une sexualité.» Et pour certaines femmes issues d\u2019une génération où le plaisir était tabou, la sexualité au troisième âge, c\u2019est enfin la découverte du temps qui s\u2019étire, des caresses moins furtives et Se regarder, se désirer, puis s\u2019enlacer pour se perdre dans un mélange de sensations et d\u2019abandon.Une scène que l\u2019on croit réservée à ceux dont le corps n\u2019a pas encore été (trop) marqué par le poids du temps.Pourtant, cette scène pourrait bien se dérouler entre deux personnes âgées.Et peut-être même dans une résidence pour aînés (et vlan pour le tabou !).MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Royal (en haut à gauche), 74 ans, Chloé (en haut à droite), 70 ans, Diane, 72 ans, et Gérald, 73 ans, ont accepté de parler de leur sexualité dans des capsules vidéo qui seront diffusées sur le site Internet de l\u2019organisme Les 3 Sex* et sur les réseaux sociaux jusqu\u2019en avril.Le but, dit l\u2019organisme, est d\u2019éveiller les consciences sur le fait que le sexe chez les aînés est vécu et apprécié et qu\u2019il doit être assorti de droits.LES 3 SEX* L\u2019objectif, c\u2019est de changer les perceptions et les mentalités.Et de marteler le message que la sexualité continue d\u2019exister quand on est une personne aînée et qu\u2019il faut s\u2019y intéresser MARION BERTRAND-HUOT » Des ateliers sur la sexualité dans les résidences Parallèlement aux capsules vidéo, des ateliers destinés aux aînés sont également proposés dans le cadre du projet « On existe.Ça existe ».Grâce au soutien financier du Bureau de lutte contre l\u2019homophobie et la transphobie du ministère de la Justice, l\u2019organisme Les 3 sex* compte effectuer des présentations dans une trentaine de résidences pour personnes âgées de la grande région de Montréal.L\u2019atelier vise à éduquer et à outiller les aînés pour qu\u2019ils prennent en main leur intimité sexuelle.Dans les dernières semaines, Mariane Gilbert, sexologue, a offert l\u2019atelier à deux reprises.Mais la tâche s\u2019annonce ardue.« C\u2019est difficile de trouver des endroits.On est tellement à l\u2019intersection des tabous.On se fait dire que ça n\u2019existe pas, que les personnes âgées n\u2019ont pas de sexualité », déplore-t-elle.Et la même peur qui fait dire à certains qu\u2019en parlant de sexualité aux adolescents, on les incite à être actifs sexuellement existe auprès des personnes âgées.« J\u2019ai entendu dire : \u201cOn peut pas leur en parler parce qu\u2019ils vont se mettre à avoir de la sexualité\u201d.Alors que ce sont des adultes, ils savent c\u2019est quoi, et ils la vivent, même si on ne le sait pas ! » d\u2019une sensualité décomplexée.« Puisqu\u2019il n\u2019y a plus l\u2019impératif de la pénétration, pour plusieurs femmes, ça ouvre un nouvel univers », avance Marion Bertrand-Huot.Dans les capsules vidéos, la sexologue a décidé de braquer les projecteurs sur les aînés issus de la communauté LGBTQ+, puisque ceux-ci vivent une double discrimination, mais les capsules visent un public plus large.« Habituellement, on fait des messages en prenant des personnes hétérosexuelles et en disant qu\u2019ils sont pour tous.Là, on a décidé de faire l\u2019inverse, en faisant une campagne avec des membres de la communauté LGBTQ+, mais qui s\u2019adresse à tout le monde.» Malgré les démarches, répétées et étirées dans le temps, la sexologue n\u2019a pas réussi à trouver des représentants des communautés culturelles acceptant de témoigner devant la caméra.Une des capsules vidéo met donc en scène une chaise vide.« Ce n\u2019est pas tout le monde qui s\u2019identifie aux concepts occidentaux de diversité sexuelle.Ce n\u2019est pas tout le monde qui veut ou qui peut parler de sexualité ouvertement », peut-on lire à l\u2019écran.Être une personne âgée et vouloir vivre sa sexualité, c\u2019est souvent devoir lutter pour préserver son intimité LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin n homme de 89 ans a été tué en traversant le boulevard Décarie, angle De Maisonneuve, vendredi à Montréal.C\u2019est le 19e piéton fauché dans la métropole, ce qui fait de 2019 une année plus meurtrière que la précédente pour les bipèdes.En dépit d\u2019une préoccupation accrue de la part de la Ville, comme en témoigne l\u2019adoption de l\u2019approche Vision zéro par l\u2019administration Plante (une initiative lancée par l\u2019ex-maire Denis Coderre), les piétons demeurent encore à risque.Il est plutôt futile de blâmer l\u2019administration Plante, comme tente de le faire l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville, pour les retards dans l\u2019application de la Vision zéro.Voilà le genre d\u2019enjeu qui mérite une approche non partisane et collaborative de la part des élus.La mairesse Valérie Plante annoncera d\u2019ailleurs un investissement majeur à ce sujet lundi, ce qui tombe à point nommé.Les rues de Montréal sont les plus touchées par ce problème majeur de sécurité publique, mais il concerne tout le Québec.Le bilan routier s\u2019améliore année après année, sauf pour les piétons.Selon les statistiques de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ), les piétons représentent maintenant près de 20% de tous les décès sur les routes, comparativement à 12 % il y a une quinzaine d\u2019années.En 2018, 69 piétons ont été tués dans tout le Québec, soit 17 % de plus que la moyenne de 2013 à 2017.C\u2019est « un cri strident et continu auquel il faut répondre de façon urgente », comme l\u2019affirme Jeanne Robin, porte-parole de Piétons Québec.Il ne faut guère chercher longtemps pour trouver des explications à ce phénomène.L\u2019aménagement des rues, en particulier les intersections où surviennent la majorité des accidents mortels, est encore pensé en fonction de la fluidité des déplacements automobiles.À ce chapitre, Montréal a fait beaucoup pour repenser l\u2019aménagement urbain, en ajoutant notamment des saillies, qui permettent d\u2019écourter le temps nécessaire pour traverser.Ces efforts sont encore insuffisants et ils doivent être décuplés dans un environnement complexe.D\u2019un côté, la Ville de Montréal encourage à juste titre les initiatives visant à accroître le recours aux transports actifs, dont la marche fait partie.De l\u2019autre, ces marcheurs arpentent un territoire encore trop hostile, dans une ville où le parc automobile augmente plus vite que la population, ce qui oblige à une vigilance accrue pour assurer le partage harmonieux et sécuritaire des voies publiques.Le vieillissement de la population vient rappeler l\u2019importance de réaménager les rues d\u2019une manière pérenne.En 2031, les 65 ans et plus formeront le quart de la population du Québec, selon les prévisions de l\u2019Institut de la statistique du Québec.Nous n\u2019en faisons pas assez pour anticiper ce choc démographique, dont nous subissons déjà les conséquences.La mort de l\u2019octogénaire montréalais s\u2019inscrit dans une lourde et fâcheuse tendance : les aînés forment plus de la moitié des 105 décès de piétons enregistrés en 2015 et 2016, selon une étude de la SAAQ.C\u2019est bien la preuve que l\u2019aménagement routier est en retard sur l\u2019évolution démographique du Québec.Ce n\u2019est pas en culpabilisant les piétons sur la couleur de leur habillement, comme l\u2019a fait la SAAQ dans une récente campagne de prévention, que le bilan va s\u2019améliorer.«Habille-toi donc pour qu\u2019on te voie», dit en substance la SAAQ aux piétons.C\u2019était «de l\u2019humour», a dit une porte-parole la société d\u2019État en guise de justification.Désolé, bande de farceurs, mais on ne la trouve pas drôle.Ce discours moralisateur et infantilisant revient à faire porter au piéton la responsabilité de sa sécurité, tout en gommant le danger que représente l\u2019automobiliste pour lui.S\u2019il y a un comportement à changer, c\u2019est celui de l\u2019automobiliste insouciant, qui ne daigne même pas reconnaître la priorité aux piétons aux passages protégés, comme l\u2019illustrait une récente enquête de La Presse.Les efforts de prévention les plus utiles ne passent pas par les campagnes d\u2019image et de sensibilisation.Ils doivent porter sur l\u2019aménagement physique.Cette méthode a fait ses preuves pour réduire le nombre de collisions faisant des morts ou des blessés.Il s\u2019agit de sécuriser les intersections, d\u2019installer des feux prioritaires pour piétons, d\u2019allonger le temps alloué pour traverser, d\u2019aménager des refuges pour piétons sur le terre-plein central d\u2019un boulevard, etc.La clé du succès repose sur ces initiatives, qui permettront de limiter la durée d\u2019exposition potentielle du piéton aux voitures en mouvement, entre autres aux intersections, où surviennent les trois quarts des accidents.C\u2019est l\u2019un des principaux avantages de Vision zéro, une politique qui profite aussi aux cyclistes.Elle permet de transformer les aménagements en fonction d\u2019objectifs de sécurité, et non de fluidité.La Ville de Montréal fait figure de pionnière avec Vision zéro.Les autres villes devraient s\u2019en inspirer, de même que la SAAQ et le ministère des Transports.Jean-François Henry Président de l\u2019Ordre des chiropraticiens du Québec Le mercredi 6 novembre dernier, l\u2019éditorialiste Jean-Robert Sansfa- çon basait sa chronique sur la réforme du Programme de l\u2019expérience québécoise.Il y décrivait les changements proposés par le ministre Simon Jolin-Barrette « d\u2019absurdes, dépassés, injustes, contre- productifs\u2026 » L\u2019une des opinions énoncées par M.Sansfaçon pourrait se voir attribuer les mêmes qualificatifs.En effet, il mentionne que la proposition du ministre n\u2019inclut « que 7 doctorats, dont la chiropratique, cette profession approximative interdite dans tout établissement public du Québec ».Cette affirmation démontre une réelle méconnaissance de la profession chiropratique, et une mise au point allait de soi.D\u2019entrée de jeu, convenons que la chiropratique n\u2019est plus ce qu\u2019elle a déjà été.La profession a évolué considérablement au cours des 25 dernières années.Le Québec peut compter sur l\u2019expertise de plus de 1350 chiropraticiens qui, pour une grande majorité, sont issus du programme de doctorat de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.D\u2019une durée de 5 ans, il est offert depuis 1993 à l\u2019UQTR, première institution dans le monde à avoir offert cette formation doctorale en français.Le programme de 245 crédits comprend près de 5000 heures de formation théorique et pratique.Nous sommes donc bien loin d\u2019une profession approximative ! Mais quel est le rôle du chiropra- ticien ?Le chiropraticien est un expert du diagnostic, du traitement et de la prévention des troubles neuromusculosquelettiques (NMS), soit le système nerveux, le système musculaire et le squelette.Il met également l\u2019accent sur les effets de ces troubles sur l\u2019état de santé général de la personne, afin que celle-ci recouvre et maintienne une santé optimale.Près d\u2019un Québécois sur cinq consulte un chiropraticien pour des douleurs au dos, à la hanche, au genou, pour des maux de tête ou des migraines, pour des problèmes d\u2019épaule, des bursites, des entorses, des fasciites plantaires, et j\u2019en passe.Nous, chiropraticiens, sommes en mesure de poser des diagnostics relatifs au domaine NMS.La Cour d\u2019appel a d\u2019ailleurs tranché en 2005, dans un jugement unanime, de la légalité pour les chiro- praticiens de poser des diagnostics dans leur domaine d\u2019exercice, confirmant ainsi que l\u2019établissement des diagnostics n\u2019est pas exclusif aux médecins.Vétuste Il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019actuelle Loi sur la chiropratique À qui sert le Publisac ?La Ville de Montréal a récemment tenu sa consultation publique sur le contrôle des circulaires visant, entre autres, à limiter la distribution du Publisac sur son territoire.Nous comprenons que cette orientation vise à réduire à la source la quantité de papier et de plastique produite et distribuée sur le marché.L\u2019administration municipale semble toutefois oublier que cet outil, souvent regardé de haut, est d\u2019une grande importance pour plusieurs organismes communautaires, comme nous, qui viennent en aide aux moins bien nantis.Tout d\u2019abord, les ménages à faible et moyen revenus utilisent les circulaires du Publisac pour faire des économies, gérer leur budget, créer leur liste d\u2019épicerie et s\u2019alimenter sainement.Internet, dont l\u2019accès semble facile et banal pour tous de nos jours, est aussi loin d\u2019être accessible pour ces ménages.Dans les faits, il représente un luxe pour plusieurs.D\u2019ailleurs, l\u2019effet rassembleur pour nos membres de consulter les circulaires autour d\u2019une table est puissant.La distribution de La chiropratique loin d\u2019être approximative ! LIBRE OPINION LETTRES BILAN ROUTIER Des piétons à protéger U ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu de professionnels de la santé dans un flou juridique, y compris tous les chiropraticiens.Récemment, l\u2019Ordre des chiro- praticiens du Québec a entamé une tournée de près d\u2019une vingtaine d\u2019ordres professionnels de la santé afin de les sensibiliser à l\u2019importance et à la pertinence de moderniser la Loi sur la chiropratique.Cette modernisation permettrait aux chiropraticiens de jouer pleinement leur rôle.La collaboration interprofessionnelle est la clé du succès pour un meilleur accès aux soins de première ligne pour les patients québécois.Nous avons tous quelqu\u2019un dans notre entourage qui « ne jure que par son chiro » et qui le recommande sans hésitation.Cette relation de confiance s\u2019est développée au fil des ans grâce au professionnalisme et à l\u2019engagement de tous ces professionnels.Nous pouvons en faire davantage pour nos patients, mais pour y arriver, nous devons être régis par une loi moderne qui tienne compte de la réalité et qui reconnaisse la contribution significative de notre profession au système de santé.Et j\u2019émets également le souhait qu\u2019une modernisation de la loi sur la chiropratique et une reconnaissance de notre expertise vienne confondre tous les sceptiques qui disposent de renseignements approximatifs sur notre profession.est vétuste et nous empêche de jouer un rôle optimal pour contribuer au système de santé.En effet, la Loi sur la chiropratique du Québec, qui régit l\u2019exercice des chiro- praticiens au Québec, a été adoptée en 1973, il y a 46 ans, et a besoin d\u2019être modernisée afin qu\u2019elle soit mieux adaptée à l\u2019exercice de la profession d\u2019aujourd\u2019hui et rédigée selon les nouveaux critères de la législation professionnelle afin, notamment, de mieux protéger le public.Depuis 15 ans, l\u2019Ordre des chiropraticiens demande au gouvernement du Québec, toutes allégeances confondues, de moderniser cette loi.Il y a eu une tentative au début des années 2000, avec le projet de loi 90 qui visait à moderniser le système professionnel et à favoriser l\u2019innovation et de nouvelles formes de collaboration entre les professions.Plus de 11 professions de la santé et des services sociaux ont été touchées par l\u2019adoption de ce projet de loi en 2002.Mais le projet de loi visant le même objectif pour les professions de la santé du secteur privé n\u2019est jamais venu, laissant ainsi dizaines de milliers Nous pouvons en faire davantage pour nos patients, mais pour y arriver, nous devons être régis par une loi moderne qui tienne compte de la réalité et qui reconnaisse la contribution significative de notre profession au système de santé les nouveaux arrivants utilisent chaque semaine le Publisac dans différents ateliers et activités pour favoriser l\u2019autonomie et la prise en charge individuelle et collective.L\u2019ensemble des activités que nous organisons contribue à l\u2019amélioration des conditions de vie des citoyens.Par la suite, nous réutilisons les circulaires et le sac pour d\u2019autres besoins et nous les déposons dans le bac à recyclage afin qu\u2019ils soient recyclés.En conclusion, réduire la portée des circulaires, dont le Publisac, mettrait en péril notre source d\u2019économies récurrentes pour offrir des repas à meilleur prix.Cela aurait également des conséquences importantes sur nos cuisines collectives et nos ateliers d\u2019apprentissage, qui permettent de créer un réseau d\u2019entraide et de briser l\u2019isolement social.Les organismes communautaires savent la différence que peut faire ce genre d\u2019outil.Est-ce bien ce que recherche la Ville de Montréal ?France Joyal, présidente, Cuisine collective À toute vapeur ! Carole Therrien, coordonnatrice des cuisines collectives, Maison de Quartier Villeray André Huberdeau, président, Fondation pour l\u2019alphabétisation Brigitte Juteau, formatrice, Centre des lettres et des mots Le 15 novembre 2019 porte en porte répond également au besoin de certaines personnes ayant de la difficulté à se déplacer en leur permettant de planifier leurs achats et d\u2019optimiser leurs déplacements à l\u2019avance.Selon les chiffres de la Ville de Montréal, 37 % des ménages montréalais, ou 339 000, vivent avec moins de 35 000 $ de revenu par année.Ces ménages, pour des raisons économiques, sociales et de santé, doivent faire des pieds et des mains pour combler leurs besoins alimentaires.Les rabais liés aux circulaires et les coupons permettent de réduire de façon substantielle la facture moyenne d\u2019une épicerie.À titre d\u2019exemple, le coût moyen d\u2019une portion alimentaire dans les cuisines collectives tourne autour de 1 $.Le travail que nous faisons avec les cuisines collectives permet de nourrir plusieurs bouches à raison d\u2019un ou deux repas par jour, et ce, pour au moins deux semaines.Ce sont donc des centaines de dollars annuellement que des ménages défavorisés peuvent épargner tout en s\u2019offrant toutes les semaines des repas santé à prix abordable.Plusieurs autres organismes communautaires voués non seulement au soutien alimentaire, mais aussi à l\u2019appui à la littératie et aux ressources d\u2019accueil pour BRIAN MYLES Catherine Fournier Députée souverainiste indépendante de Marie-Victorin La formule est venue d\u2019un participant à une rencontre des signataires de « Faut que ça bouge », une plateforme Web mise sur pied dans la foulée de l\u2019annonce de ma décision de siéger comme députée souverainiste indépendante à l\u2019Assemblée nationale, au printemps dernier.Je questionnais les jeunes présents, foncièrement souve- rainistes, mais orphelins politiques pour la plupart, sur la possibilité d\u2019orchestrer un rassemblement de nos forces.Il faut dire que la culture politique québécoise est fortement imprégnée d\u2019un bipartisme longtemps installé sans broncher au cœur de notre histoire parlementaire.Nous avons été collectivement habitués à une certaine hégémonie d\u2019organisations qui chapeautaient la promotion d\u2019idées X ou Y.Mais la société a changé.La politique aussi.La vérité pour le mouvement souve- rainiste, c\u2019est qu\u2019en mettant tous nos œufs dans le même panier en cherchant constamment à recréer un prétendu « vaisseau amiral » de la cause, nous n\u2019arriverons jamais à être au diapason d\u2019une société qui, qu\u2019on le veuille ou non, est de plus en plus fragmentée.En ce sens, les différences idéologiques animant les souverainistes et les diverses formes d\u2019approche et d\u2019action politique préconisées ne devraient plus être considérées comme des tares au sein du mouvement, mais plutôt enfin comme des forces.Dans mon nouveau livre Le projet Ambition Québec : s\u2019organiser pour l\u2019indépendance qui paraît ce mardi en librairie, je souligne que l\u2019appui d\u2019environ trois millions de Québécois sera nécessaire pour envisager une victoire souverainiste à moyen terme.Ce nombre est imposant.Nous devons en prendre pleinement conscience.Nous devrons multiplier les additions.Éclatement Plusieurs observateurs de la scène politique tournent en ridicule le nombre d\u2019organisations ou de partis politiques souverainistes existant au Québec.Ce n\u2019est pourtant que le résultat de ce qui se passe politiquement partout en Occident.Il y a de moins en moins d\u2019hégémonie sur les grandes idées.Il existe A 7 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy, Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet SOUVERAINISME Une flotte plutôt qu\u2019un vaisseau amiral Il existe de plus en plus de façons de rejoindre les gens Louis Fournier Journaliste et syndicaliste à la retraite Même si le Bloc québécois a effectué un beau retour en force, ce qui est de bon augure pour le Parti québécois, la vague bleue fleurdelisée aurait pu déferler avec encore plus de puissance lors des élections fédérales du 21 octobre.Le parti indépendantiste a recueilli 1 377 554 voix, soit 32,5 % des suffrages au Québec, et fait élire 32 députés.S\u2019il n\u2019a pu obtenir davantage, c\u2019est à cause notamment du vote en faveur du NPD, un parti fédéraliste, d\u2019une forte proportion de l\u2019électorat de Québec solidaire, un parti qui se dit indépendantiste.Et ce, à l\u2019instigation de plusieurs dirigeants et militants de Québec solidaire (QS).Selon des données non diffusées dans les médias et tirées d\u2019un vaste sondage Léger en date du 17 octobre, juste avant le scrutin, une majorité relative des électeurs de QS (37 %) ont répondu qu\u2019ils allaient voter pour le NPD ; 28 % seulement optaient pour le Bloc.En comparaison, près des trois quarts (72 %) des électeurs du PQ ont choisi le Bloc, tout comme 39 % des électeurs de la Coalition avenir Québec.Le Bloc arrive largement en tête chez ces deux partis, surtout au sein du PQ, parti indépendantiste où milite la gauche modérée, sociale-démocrate.De son côté, QS montre, une fois de plus, qu\u2019il est une officine de la gauche radicale avant d\u2019être un parti indépendantiste.Dans une dizaine de circonscriptions, le vote des électeurs de QS pour le NPD a entraîné la victoire des libéraux, de justesse, aux dépens du Bloc.Ce fut le cas dans deux circonscriptions où l\u2019on a dû procéder à des recomptages, Hoche- laga dans l\u2019est de Montréal et Québec au cœur de la Capitale-Nationale, où le Parti libéral l\u2019a emporté à l\u2019arraché.Même scénario dans d\u2019autres circonscriptions où le Bloc a essuyé des défaites crève-cœur : Longueuil\u2013Charles- Lemoyne, Gaspésie\u2013Les-Îles-de-la- Madeleine, Argenteuil\u2013La-Petite-Na- tion, Brome-Missisquoi, Châteauguay- Lacolle et Compton-Stanstead.Dans Chicoutimi-Le Fjord, c\u2019est le député conservateur sortant qui l\u2019a emporté sur le Bloc par un score serré.Les accointances QS-NPD Alors que le PQ a appuyé son parti frère, le Bloc, publiquement et sur le terrain comme à l\u2019accoutumée, QS n\u2019a appuyé \u2014 officiellement \u2014 aucun parti, divisé entre une direction en majorité pro-NPD et une minorité qui penchait vers le Bloc.Beaucoup de dirigeants et militants de QS ont œuvré pour le NPD.Le seul député néodémocrate rescapé au Québec, Alexandre Boulerice, est un militant de longue date de QS, tout comme la candidate vedette Nima Machouf battue dans Laurier\u2013Sainte-Marie.Il en va de même de plusieurs autres députés et Le PQ , QS, le Bloc et le NPD : trouvez l\u2019erreur Québec solidaire est une officine de la gauche radicale avant d\u2019être indépendantiste Line Lamarre Présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec Monsieur le Ministre de l\u2019Immigration, de la Francisation et de l\u2019Intégration, aussi Ministre responsable de la Langue française, En septembre 2019, les membres du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) travaillant à l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) accueillaient favorablement la volonté du premier ministre de revoir la gestion du dossier linguistique.M.Legault avait alors rapatrié vers votre ministère toutes les activités reliées à la défense de la langue française et à la francisation des immigrants.Cependant, la publication en novembre du rapport intitulé Pratiques linguistiques des ministères et organismes publics du gouvernement du Québec a transformé cet enthousiasme en puissant malaise pour nos quelque 28 000 membres.Ces derniers contribuent activement au mieux-être de tous les Québécois, et ce, par une multitude de gestes souvent invisibles liés à l\u2019éducation, à la santé, à la culture, à l\u2019environnement, à la sécurité, aux infrastructures, aux services financiers, à l\u2019aménagement du territoire et au divertissement, sans oublier la langue.À la lecture de ce rapport, nous avons tous été stupéfaits d\u2019apprendre que 74% des employés de l\u2019État à Montréal utilisent parfois une autre langue que le français dans leurs interactions orales avec des personnes physiques au Québec, une proportion qui grimpe à 81 % à Laval et à 88 % en Outaouais.Ainsi, comme le rapportait le Mouvement Québec français, notre propre administration publique traite un allo- phone comme si c\u2019était un anglophone en puissance.Elle bafoue de ce fait le principe du français comme langue commune et langue d\u2019inclusion, tout en transmettant le message pervers que le français n\u2019a pas véritablement de statut de langue officielle au Québec.Par ailleurs, nous observons que votre ministère ne prêche pas toujours par l\u2019exemple dans son maniement de la langue française.Pourtant, la Politique gouvernementale relative à l\u2019emploi et à la qualité du français dans l\u2019administration est très claire: les ministères doivent accorder une attention constante à la qualité de la langue française.Le SPGQ note aussi la multiplication d\u2019échanges entre collègues, pour les mêmes régions évoquées dans le rapport, qui se font dans une langue autre que le français, ce qui n\u2019est pas plus acceptable.Les directions des ministères et organismes doivent rappeler à leurs employés que le français est la langue devant primer au travail.Pour soutenir le français, l\u2019État dispose de deux types de mesures: la promotion et la protection de la langue.Pourtant, votre gouvernement semble faire le choix de se tourner principalement vers les outils de promotion.Selon le SPGQ, le gouvernement gagnerait à nuancer son approche en préconisant aussi l\u2019utilisation de mesures de protection de la langue dans les milieux de travail.Le SPGQ tient également à rappeler qu\u2019il y a dans les organismes linguistiques (l\u2019OQLF, Conseil supérieur de la langue française) une expertise précieuse en matière d\u2019administration de la Charte de la langue française et de sa réglementation.Elles sont appliquées avec tact et jugement depuis quatre décennies grâce à l\u2019expérience et le savoir du personnel professionnel des organismes linguistiques.Si le gouvernement veut assurer une présence accrue de la culture et de la langue française dans le quotidien de l\u2019ensemble de la population québécoise, il doit déployer les ressources nécessaires pour que le statut du français soit maintenu et même consolidé, dans le respect des minorités.Le SPGQ souhaite que vous preniez conscience de tout ce que vos professionnels réalisent pour vos collègues et vous.Les professionnels, gardiens des services de l\u2019État, assument une large responsabilité dans la prestation de services étatiques de qualité.La mise en œuvre des visions et des choix de l\u2019État est le fait de leur travail.Merci donc, Monsieur le Ministre, d\u2019offrir à la langue et aux professionnels la valorisation, la reconnaissance et le respect qu\u2019ils méritent.Français au travail Lettre ouverte à Simon Jolin-Barrette candidats défaits.La raclée subie par le NPD a aussi été une cinglante défaite pour Québec solidaire.Au sein de QS, les appuis les plus forts au NPD sont venus des nombreux et infatigables militants gauchistes issus des groupes révolutionnaires trotskystes, c\u2019est-à-dire communistes, qui ont participé à la fondation du parti.Ces militants d\u2019extrême gauche, disciplinés, ont noyauté QS et y occupent plusieurs postes de direction, selon la bonne vieille tactique de l\u2019entrisme.Le programme marxiste très radical du parti leur doit beaucoup.Ils se sont opposés en bloc à toute « convergence » avec le PQ.Leurs camarades au Canada anglais appuient eux aussi le NPD.Si QS appuyait franchement les pleins pouvoirs pour le Québec, il aurait invité son électorat à voter pour le Bloc, la seule force souverainiste en lice comme l\u2019a martelé à moult reprises son chef, Yves-François Blanchet, qui s\u2019est engagé à « promouvoir inlassablement l\u2019indépendance».Après les élections, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a rappelé cette évidence: «Tous les candidats du Bloc étaient indépendantistes et tous ses élus le sont ! » À QS, on prétexte que la souveraineté du Québec n\u2019était pas du tout à l\u2019ordre du jour des élections.Or, quel que soit le théâtre d\u2019opérations, elle l\u2019est toujours lorsqu\u2019on veut défendre les intérêts du Québec et, en même temps, faire avancer la cause de l\u2019indépendance.Et puis comment peut-on voter pour un parti fédéraliste lorsqu\u2019on veut faire du Québec un pays ?Trouvez l\u2019erreur.Les indépendantistes savent donc pour quel parti voter : le Bloc à Ottawa et le PQ à Québec.Grâce à un effet de vases communicants, la montée en puissance du Bloc devrait favoriser le retour en force du PQ.Un parti refondé et recentré sur sa raison d\u2019être, l\u2019indépendance, puis uni derrière une figure de proue qui serait aussi remarquable qu\u2019Yves-François Blanchet.Il est sûrement possible d\u2019en trouver une\u2026 La société et la politique ont changé, affirme l\u2019auteure.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Si Québec solidaire appuyait franchement les pleins pouvoirs pour le Québec, il aurait invité son électorat à voter pour le Bloc de plus en plus de façons de rejoindre les gens, dans leur individualité et de leur parler.On peut déplorer ce phénomène, mais on ne peut certainement pas le nier.Se rassembler, à l\u2019époque qui est la nôtre, ne signifie donc pas dire et faire tous la même chose.Cela signifie plutôt viser le même port de destination.C\u2019est pour cela que la vision d\u2019une flotte, avec des membres et des moyens différents, qui se complètent pour naviguer ensemble au lieu de se lancer dans une guerre de compétition, est si intéressante pour le mouvement souverainiste.Cette vision est facilement applicable au sein de la société civile souverai- niste puisque, dans tous les cas, un appui gagné par une organisation n\u2019enlève aucun appui à une organisation tierce.La difficulté est évidemment beaucoup plus importante lorsqu\u2019on transpose cette même philosophie dans l\u2019arène politique élective, où nécessairement, un vote de plus pour un candidat entraîne de facto un vote de moins pour un autre candidat.C\u2019est pour cela qu\u2019en se confinant dans une logique où chaque parti sou- verainiste prétend rassembler l\u2019ensemble, on ne peut pas avancer.Comme je le mentionne également dans mon livre, un jour, nous devrons envisager une façon d\u2019y remédier, par une voie différente de celle qui a déjà été tentée, l\u2019ultrapartisanerie des partis nous empêchant de la répéter.Faudra-t-il pousser la pression sur les partis jusqu\u2019à créer une structure se posant au-delà d\u2019eux pour les convaincre d\u2019embarquer ?La question devra se poser avec les acteurs politiques en place au moment où une telle démarche serait jugée nécessaire.À ce chapitre, les Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI-Québec) joueront nécessairement un rôle crucial, par la nature de leur mission.Ils constituent la courroie naturelle de regroupement au sein du mouvement.Sauf qu\u2019une quelconque union électorale réunissant des souverainistes de toutes les tendances idéologiques n\u2019est pas pour demain.Énormément de travail devra être investi pour que cela devienne possible.Pour créer ces conditions favorables à la navigation commune, nous devons pour l\u2019instant retrouver nos fondements partagés, ceux qui nous unissent et qui nous inspirent dans la quête de ce pays auquel nous aspirons.Bien que les partis continuent à jouer un rôle d\u2019avant-plan sur la scène politique, je suis en ce sens persuadée que le renouvellement de l\u2019action sou- verainiste se fera par l\u2019entremise d\u2019initiatives provenant de la base, des initiatives non partisanes favorisant la création et l\u2019innovation.C\u2019est ce à quoi je souhaite contribuer avec le projet Ambition Québec. LEDEVOIR // LE LUNDI 18 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.PLOMB SUITE DE LA PAGE A 1 Une opacité critiquée Des échanges entre ministères obtenus par une demande d\u2019accès à l\u2019information montrent que les autorités concernées ont longtemps minimisé le problème et tenté de le dissimuler.« On ne peut pas dire qu\u2019ils ne voyaient pas le problème, c\u2019était documenté.C\u2019est qu\u2019ils ne le voyaient pas comme un enjeu de santé publique.C\u2019est encore plus grave comme jugement », laisse tomber Michèle Pré- vost, titulaire de la Chaire industrielle en eau potable et professeure d\u2019ingénierie à l\u2019École polytechnique de Montréal, qui a pendant longtemps conseillé le gouvernement dans ce dossier, à travers ses recherches.Déjà en 2011, le ministère de l\u2019Environnement avait été sensibilisé à l\u2019importance de changer sa méthode d\u2019échantillonnage afin de refléter des valeurs plus exactes.En 2015, une directive de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) considérait des niveaux de plomb entre 10 et 50 parties par milliard (ppb) comme inoffensifs pour la santé, alors que la norme était à 10 ppb depuis 2001.Enfin l\u2019été dernier, l\u2019opération de publication du rapport de l\u2019INSPQ sur la présence de plomb dans l\u2019eau des écoles et des garderies a été menée sous le signe de la banalisation, visant à faire le moins de tapage médiatique possible, révèlent des courriels obtenus par l\u2019équipe d\u2019enquête.Le gouvernement de François Le- gault, qui a ordonné en octobre de tester toutes les fontaines des écoles et des garderies, connaissait d\u2019ailleurs l\u2019ampleur des dépassements depuis au moins avril 2018.L\u2019INSPQ avait envoyé au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ainsi qu\u2019à ceux de l\u2019Environnement, de la Famille et de l\u2019Éducation une version préliminaire de son étude.Sa publication a été reportée à plusieurs reprises par le MSSS pour finalement avoir lieu le 13 juin.Ce délai a notamment permis de parfaire les « lignes de presse » en cas de vague médiatique, bien que le rapport ait été volontairement passé sous silence.« Il n\u2019y aura pas de communiqué de presse.Pour les demandes média, nous répondrons sur les aspects contenus dans notre rapport uniquement.Ils seront référés à vous pour le reste », écrivait une cheffe d\u2019unité scientifique de l\u2019INSPQ au MSSS, le 1er mai.En juillet, Le Devoir a constaté l\u2019existence du rapport et ainsi révélé que 3 % des 436 établissements testés (soit 15) entre 2013 et 2016 dépassaient la norme de 10 ppb, certains allant même jusqu\u2019à 350 ppb.Il aura néanmoins fallu l\u2019enquête de La Presse puis celles du Devoir et de ses partenaires La situation dans les écoles de Flint, au Michigan, cinq ans après l\u2019importante crise de l\u2019eau contaminée au plomb, montre pourtant l\u2019incidence du métal sur la santé.Près de 30 000 enfants ont été touchés, indique une enquête du New York Times, publiée le 6 novembre dernier.Et depuis 2015, le pourcentage d\u2019élèves admissibles aux services d\u2019éducation spécialisée a presque doublé, passant de 15 % à 28 %.D\u2019après le Centre d\u2019excellence de neurodéveloppement \u2014 un centre de dépistage fondé après la crise \u2014, 70 % des 1300 enfants évalués depuis décembre 2018 souffrent de trouble déficitaire de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité, de dyslexie ou encore d\u2019une déficience intellectuelle légère.Pas de panique « Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on vise à abaisser le niveau d\u2019exposition au plomb qu\u2019on doit dire qu\u2019il y a un risque pour la santé », réplique de son côté Monique Beausoleil, toxicologue retraitée, qui travaillait à la DRSP de Montréal il y a encore un an et demi.Dans une lettre envoyée au Devoir en juillet, après la publication du rapport sur les écoles de l\u2019INSPQ, elle soulignait que le lien entre le plomb dans l\u2019eau et la baisse du quotient intellectuel des enfants était «très approximatif», assurant qu\u2019il n\u2019était pas nécessaire de changer les fontaines des écoles pour autant.«Si on affirme que les enfants de certaines écoles pourraient perdre quelques points de QI, imaginez combien leurs parents et leurs grands-parents ont pu perdre de points de QI!», écrivait Mme Beausoleil.« N\u2019affolons pas les parents à ce sujet, ce n\u2019est pas une situation plus grave qu\u2019avant.Au contraire, on a largement réduit les sources d\u2019exposition au plomb », souligne-t-elle, en entrevue avec Le Devoir.Commentant le nouveau plan d\u2019action de la Ville de Montréal, qui compte notamment distribuer des filtres aux familles défavorisées pour se protéger contre le plomb, Mme Beausoleil insiste: le risque est « très faible pour les enfants» et il revient aux parents de choisir.«Il y en a qui, pour une question de santé, choisissent de ne pas faire manger de viande à leurs enfants.Pour le plomb, ça devrait être pareil!» Un autre échange entre deux employées du MSSS, daté du 3 juin, indique qu\u2019une lettre doit être envoyée aux CISSS et aux CIUSSS pour leur rappeler de se conformer à la norme de 10 ppb de plomb dans leurs établissements.Il est précisé que la norme de 5 ppb recommandée par Santé Canada ne sera pas mentionnée, seules « les préoccupations à ce que la norme actuelle soit dépassée » seront soulevées.« Force est de constater qu\u2019au gouvernement du Québec, on agit seul et de façon opaque.La crise médiatique actuelle sur le plomb révèle ce manque de consultation et de transparence et met en évidence une inaction chronique », déplore Michèle Prévost.Conséquences minimisées Mais la professeure ne s\u2019étonne pas outre mesure de ce « manque de volonté » du gouvernement.« Si [les autorités sanitaires] avaient manifesté une ferme inquiétude, [si elles] avaient insisté pour que ce sujet soit une priorité, le ministère [de l\u2019Environnement] aurait changé ses règles », croit-elle.Les études démontrant les effets d\u2019une exposition au plomb sur la santé des enfants et des adultes se sont multipliées dans les vingt dernières années.Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé, une concentration de ce métal dans l\u2019eau, aussi minime soit- elle, représente un danger.Les autorités sanitaires des pays occidentaux ont aujourd\u2019hui resserré leurs règles.Mais au Québec, le message reste le même : « le risque pour la santé est faible ».Un guide d\u2019interventions destiné aux Directions régionales de santé publique (DRSP) rédigé en 2015 par l\u2019INSPQ \u2014 en vigueur il y a encore quelques semaines \u2014 indique que des niveaux entre 10 et 50 ppb de plomb dans l\u2019eau ne représentent pas « une menace réelle ou appréhendée pour la santé ».Pourtant, la norme maximale acceptable de plomb dans l\u2019eau potable a été établie à 10 ppb en 2001.Plusieurs études ont aussi démontré que, même avec une faible exposition, la consommation quotidienne et à long terme d\u2019une eau contaminée par le plomb augmente la plombémie des jeunes enfants.Même le cas d\u2019une école du Sague- nay dépassant 25 fois (soit 250 ppb) la norme québécoise n\u2019a pas inquiété outre mesure le MSSS et la DRSP Sague- nay\u2013Lac-Saint-Jean.Les courriels obtenus par l\u2019équipe montrent qu\u2019en apprenant la situation en novembre 2018, la DRSP a estimé que ces concentrations étaient « trop faibles pour causer des problèmes de santé chez les enfants ».Un conseiller scientifique du MSSS jugeait même qu\u2019une simple purge des robinets le matin réglerait le problème et que la distribution d\u2019eau embouteillée par la Commission scolaire permettrait surtout de rassurer les parents.Il est pourtant prouvé qu\u2019après 30 minutes de stagnation dans les tuyaux, l\u2019eau peut déjà être recontami- née par le plomb.en octobre pour que Québec revoie ses façons de faire.Méthodologie trompeuse Les autorités étaient aussi au courant que la norme de plomb dans l\u2019eau était désuète et que la méthodologie pour échantillonner les écoles et les résidences était trompeuse.En 2011, lors de consultations pour réviser le Règlement sur la qualité de l\u2019eau potable (RQEP), le Comité eau potable de l\u2019organisme Réseau Environnement a recommandé au ministère de l\u2019Environnement d\u2019échantillonner après 30 minutes de stagnation plutôt qu\u2019après avoir laissé couler l\u2019eau cinq minutes.Ce dernier procédé est « inadéquat », car il minimise les niveaux d\u2019exposition des citoyens, plaide le comité dans son mémoire.Ces recommandations n\u2019ont pas été prises en compte dans la mise à jour du RQEP.Ni en 2013, lors de la révision du « Guide d\u2019évaluation et d\u2019intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l\u2019eau potable », lorsque Réseau Environnement a réitéré ses commentaires.« On voyait vraiment un décalage avec les États-Unis, l\u2019Europe et l\u2019Ontario.Au Québec, ça ne progressait pas, on continuait de nous demander plus de données alors qu\u2019on en a produit des tonnes », souligne Mme Prévost qui était à la tête du Comité eau potable de l\u2019organisme à l\u2019époque.Lasse du manque d\u2019écoute des autorités, elle a d\u2019ailleurs démissionné en 2015.Répercussions En mars 2019, la publication des nouvelles recommandations de Santé Canada \u2014 qui proposait la même méthode d\u2019échantillonnage que celle de Réseau Environnement \u2014 a accentué la pression sur les autorités québécoises.L\u2019organisme fédéral recommandait en plus aux provinces d\u2019abaisser la norme à 5 ppb et de tester tous les points de consommation d\u2019eau des écoles.« Un rapport commandé à l\u2019INSPQ devrait être rendu public le 10 mai 2019 puisque, encore une fois, ce qui sera préconisé dans les recommandations de Santé Canada ne correspond pas exactement à ce qui est actuellement fait au Québec », écrivait en avril une conseillère en santé environnementale du MSSS à ses collègues du ministère.Préoccupée par les répercussions de la mise à jour de Santé Canada, elle explique que son équipe prépare «des documents de soutien, [puisqu\u2019il] est possible que la publication de ces informations puisse amener des questions et des inquiétudes de la population ».Rappelons qu\u2019au Québec, un seul échantillon par établissement scolaire était alors exigé et que chaque établissement ne pouvait faire l\u2019objet d\u2019un test plus d\u2019une fois en cinq ans.Crédits Texte : Annabelle Caillou, Le Devoir Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia : Productrice et superviseure : Patti Sonntag Coordonnateur de recherche: Michael Wrobel Coordonnatrice du projet : Colleen Kimmett Le Devoir : Cheffe de projet : Véronique Chagnon Stagiaire : Lea Sabbah Produit par l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia La liste complète des contributeurs est ici : concordia.ca/watercredits L\u2019enquête sur le plomb Des méthodes d\u2019échantillonnage désuètes, des avis d\u2019experts repoussés, un manque de rigueur : voilà un aperçu des nombreuses révélations issues d\u2019une enquête journalistique d\u2019envergure réalisée par Le Devoir, l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia et Global News, qui, pendant plus d\u2019un an, ont examiné des centaines de réponses à des demandes d\u2019accès à l\u2019information et des analyses d\u2019eau dans des villes de toutes tailles à travers la province.En utilisant les méthodes d\u2019échantillonnage préconisées par Santé Canada pour mesurer l\u2019exposition maximale, l\u2019équipe a fait ses propres tests pour démontrer les lacunes flagrantes dans la réglementation québécoise en matière de gestion du plomb dans l\u2019eau potable.Après notre première publication le 16 octobre, le gouvernement Legault a changé de cap pour finalement adopter la norme et la méthodologie recommandées par Santé Canada.Force est de constater qu\u2019au gouvernement du Québec, on agit seul et de façon opaque.La crise médiatique actuelle sur le plomb révèle ce manque de consultation et de transparence et met en évidence une inaction chronique.MICHÈLE PRÉVOST » "]
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