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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-11-30, Collections de BAnQ.

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» se sont exclamés les fans finis à travers le Québec.En ce jour d\u2019octobre, chacun a son explication.Valois, diplomate, se contente de dire que « c\u2019est normal », que « les groupes, ça se sépare et ça se retrouve », que c\u2019est l\u2019histoire mille fois réécrite de musiciens « parmi tant d\u2019autres », comme dans la chanson.Fiori, qui n\u2019a plus beaucoup de filtres, formule ça autrement : « Pour parler moins poliment, disons qu\u2019on a tous eu en de- Et là, on entend des tracks de guitare, de voix, dont on se souvenait pas.On écoute ça avec 45 ans de distance.Et on est sur le cul.Ça sonne, c\u2019est écœurant.Les tracks ont de la place, ça respire.C\u2019est capotant.SERGE FIORI » ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR ouis-Jean Cormier chante Comme un sage, tous les invités aussi, les choristes harmonisent, les musiciens excellent, ça sonne immense dans le studio d\u2019En direct de l\u2019univers.Ça sonne comme c\u2019est censé sonner, ça sonne Harmonium.Serge Fiori est en larmes, mais pas effondré.Il a craqué toutes les trois minutes dans cette émission qui lui est consacrée, mais la bâtisse tient bon.Il tourne autour de Cormier comme un lion en cage.Comme un gars qui joue devant nous une partie de souque à la corde avec lui-même, le créateur, le musicien, le chanteur.Après l\u2019album solo inespéré, l\u2019hommage de l\u2019ADISQ, après les ressorties de L\u2019Heptade, du Fiori-Séguin, la réinvention du répertoire pour le spectacle Seul ensemble du cirque Éloize avec le même Cormier, tout a mené à ce moment de trop-plein.La transe, la musique l\u2019emportent.Fiori s\u2019oublie, s\u2019approche du micro\u2026 et chante.C\u2019est la première fois qu\u2019il rechante devant public depuis\u2026 Depuis quand au juste ?Juillet 1979, avec Richard Séguin ?Les offres n\u2019ont pas manqué depuis, les ponts pavés d\u2019or non plus.Il ne pouvait pas, Serge, ça disait violemment non dans sa tête : paralysé, pétrifié, terrorisé.Il aura fallu la patience et la ferveur de Louis-Jean Cormier pour y arriver.La grande réconciliation Il aura fallu aussi la grande réconciliation.La boucle enfin bouclée.Le trio d\u2019origine enfin réuni.Le premier album enfin remixé, 45 ans plus tard.Le miracle, quoi.L\u2019impossible rendu possible, ouvrant la porte à l\u2019inimaginable.En amont de la sortie du coffret anniversaire de l\u2019album éponyme de 1974 (en magasin le 6 décembre, qu\u2019on se le dise), Louis Valois, Serge Fiori et Michel Normandeau se sont ainsi trouvés dans le même espace-temps, dans les bureaux d\u2019Universal, le 18 octobre dernier.Rencontre de presse.Le Devoir a eu sa demi-heure.Le temps d\u2019accuser le coup.« Nor-man- L 3 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 en rajoute une couche : « C\u2019est la dimension.Il y a des instruments qu\u2019on découvre, qui étaient cachés dans le mix.Ça change pas les chansons, mais ça donne de la profondeur, du relief, c\u2019est assez incroyable avec des écouteurs.» Le grand test Pour Normandeau, la révélation est totale : « Je savais même pas que les bandes originales existaient.» Les trois ont d\u2019abord refait la photo du recto de l\u2019album.Mêmes gars, mêmes poses, même banc, même parc.Normandeau, qui avait la tignasse la plus touffue, a aujourd\u2019hui le crâne le plus dénudé.Pensez Syd Barrett avec Pink Floyd en 1967, puis photographié à la sauvette, deux décennies plus tard.À la fois le même et méconnaissable.À ceci près : le sourire d\u2019un gars heureux.« Quand on s\u2019est revu cet été, on a commencé par la photo, déjà, ça, c\u2019était drôle, et après, en studio, on a écouté ça.Et là, la machine part ! Après vingt secondes, je n\u2019écoutais plus : je nous voyais.Nous trois, Serge, Louis et moi, en train de jouer.» Pour Fiori et Valois, c\u2019était le grand test.Comment Normandeau allait-il réagir ?Fiori sourit : « Ça nous a remis dans la pièce, tous les trois.C\u2019était ça, le but de l\u2019exercice.» Pas difficile de fantasmer, après ça, tous autant que nous sommes dans l\u2019amicale des fans finis.Une fois dans la pièce, dites donc, n\u2019a-t-on pas forcément envie de tout rebrancher, de jouer, de chanter ensemble ?« C\u2019est sûr qu\u2019il se passe quelque chose, dit Fiori sans hésiter.On est à la meilleure place qu\u2019on peut être.Si ça doit se passer, ça va se passer de manière naturelle et agréable.Ça garantit rien, mais on n\u2019exclut rien non plus.» Un mois plus tard, Serge Fiori chante la finale de Comme un sage avec Louis- Jean Cormier.C\u2019est donc vrai : tout est vraiment possible.« Où est allé tout ce monde qui avait quelque chose à raconter ?» Nous sommes tous témoins : Fiori a descellé les briques de son mur de Berlin, fracassé le miroir comme Roger Daltrey dans Tommy.On verra bien.À suivre, sur l\u2019air d\u2019Aujourd\u2019hui, je dis bonjour à la vie.Le groupe d\u2019origine réuni : Serge Fiori, Michel Normandeau et Louis Valois.Il aura fallu aussi la grande réconciliation.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Musique dans une urgence d\u2019indépendance, et ça s\u2019est traduit en sérieux conflits.» Normandeau, assis entre les deux autres, résume l\u2019affaire à sa façon : « Je compare ça à une relation amoureuse.Amour-haine.Nos quatre ans, c\u2019était comme vingt.Trop, trop vite.La cassure pouvait juste être difficile.» Seize pistes et des frissons La réunion n\u2019est pas un renouvellement des vœux ni un conventum.Valois prend le relais.« C\u2019est au-delà de nous trois.C\u2019est la musique qui est responsable.Quand tu rouvres les bandes multipistes, tu rouvres tout.Harmonium se remet à exister.» Pesons sur pause un instant.Interlocuteur interloqué.Pardon, messieurs ?On parle bien des bandes seize-pistes, là, et non pas du mixage qui, du vinyle au CD, a servi à toutes les gravures ?Valois confirme : « Les trois rubans de deux pouces, que j\u2019ai pu récupérer juste avant que ça se retrouve dans un container, dans les années 1990.J\u2019avais juste mis ça à l\u2019abri.» Frissons.Rubans rembobinés.Play.Imaginez les leviers que l\u2019on monte un par un, les pistes ravivées séparément, le chef-d\u2019œuvre ramené à ses composantes.« Et là, on entend des tracks de guitare, de voix, dont on se souvenait pas, précise Fiori.On écoute ça avec 45 ans de distance.Et on est sur le cul.Ça sonne, c\u2019est écœurant.Les tracks ont de la place, ça respire.C\u2019est capotant.» Valois Testez votre connaissance de la langue française en trouvant les cinq erreurs insérées volontairement dans le texte ci-contre.Trouvez les 5 erreurs : Tandis que je me trouvais en plein choc anaphylaxique, une femme, n\u2019écoutant que sa vertue, vint me prêter mainforte.Son arrivée fut de bonne augure, car elle était justement ambulancière et avait cartier libre cette journée-là.Héroïne jusqu\u2019au bout, elle refusa toute forme de rénumération.ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 35 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.Une épreuve présentée par LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Musique 4 ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR un certain moment de la discussion avec David Giguère sur son troisième et nouveau disque Constance, il était difficile de savoir si l\u2019on parlait de ses réflexions amoureuses et personnelles ou bien du long processus qui a mené au disque.Au croisement de tout ça se trouve l\u2019idée de chercher à retrouver une certaine intensité sans y parvenir.Et de devoir faire du ménage pour arriver à ses fins.David Giguère, que l\u2019on peut voir aussi au petit et au grand écran ainsi que sur les planches (Les Simone, District 31), a laissé écouler presque cinq ans entre Constance et Casablanca, disque qui était arrivé rapidement après son premier disque, Hisser haut.Casablanca, explique David Giguè- re, « ç\u2019a juste mis la barre vraiment haut ».Créé comme un tourbillon, rapide et intense, le disque était porté par un sentiment d\u2019urgence, suivi d\u2019un grand bonheur.« C\u2019est un truc que j\u2019avais envie de ressentir à nouveau, en termes d\u2019émotion, de me sentir autant connecté avec ce que je propose.» Et c\u2019est là que le boulot et la réflexion ont commencé.À écouter parler le musicien, on comprend pourquoi on ne sait plus trop si l\u2019entrevue porte sur la création ou sur la passion.« On compare souvent la sortie d\u2019un album à une naissance, dit Giguère.Moi, je pense que mon rapport aux albums est vraiment plus comme une relation amoureuse.C\u2019est comme si j\u2019avais été amoureux ben raide, dans la passion, et après, quand ça finit, tu veux revivre cette passion-là.» D\u2019un point de vue plus personnel, ce désir fort mais tortueux de vouloir toucher à nouveau à une émotion forte malgré le temps qui fuit trouve son chemin dans ces 13 morceaux aux titres majoritairement en anglais malgré des textes en français.Il y a de la peur, des valses-hésitations, des faux- semblants et de l\u2019incompréhension sur Constance.« Si tu veux vivre des affaires nouvelles, crée ton propre changement, dit David Giguère.Il faut trouver d\u2019autres chemins, et ça veut dire tasser des affaires, faire le ménage.Ça veut dire aussi mettre le bordel dans ton appartement, parce que si tu fais un vrai ménage, il faut accepter que pendant un temps ce soit le fouillis.Et c\u2019est ça, cet album-là : accepter que ça va être le bordel un temps pour pouvoir après en profiter.» Un peu partout sur ces nouvelles chansons, une voix féminine presque robotique revient comme un mantra pour laisse tomber un « constance » implacable, qui se lit comme un remède aux montagnes russes des chansons.Constance David Giguère, Mo\u2019fat Productions, déjà en magasin Embrasser son côté pop Sur Constance, David Giguère a donné un coup de balai à son écriture, optant pour une approche très franche, frontale, plus loin des métaphores.« C\u2019est un désir de rejoindre les autres, de voir comment ça fait écho chez eux.La chanson The Abyss, par exemple, commence en disant : « J\u2019ai pas su comment faire / J\u2019ai voulu tout dire en même temps / Regardez-moi, de quoi j\u2019ai l\u2019air / Dites-vous que c\u2019est pire par en dedans ».Il n\u2019y a pas d\u2019images, tout ça devient humain et l\u2019fun à partager.» Créé en bonne partie avec le réalisateur Jonathan Dauphinais et le guitariste Joseph Marchand, Constance met en avant ce que l\u2019artiste appelle des « guitares alternatives », dont les riffs portent des chansons enrobées de plusieurs habits, parfois plus acoustiques, ailleurs plus synthétiques.« En début de processus, en vrai newbie, j\u2019ai découvert Sonic Youth, que je ne connaissais pas du tout.Et il y avait quelque chose dans la recherche des sons de guitares, cristallins, qui était important pour moi.Et après, il y a quelque chose de fondamentalement pop chez moi que j\u2019embrasse.» Au fil des cinq années de création, Giguère et sa petite équipe ont trimé dur pour arriver à ce résultat.« Ça m\u2019a forcé à trouver des assises que je n\u2019avais pas autrement.» Et alors, ce ménage nécessaire, a-t- il été fait dans sa vie personnelle ?« Plus que jamais auparavant, mais je suis loin encore du but, dit-il en rigolant.Je me dis que la manière avec laquelle je peux avoir le plus d\u2019échos dans la vie des gens, c\u2019est si j\u2019en ai une dans la mienne.Le disque sort et j\u2019espère que des gens vont être happés, touchés.Au final, c\u2019est juste ça, [le but], c\u2019est que ça les rejoigne.» La constance du passionné Pour retrouver l\u2019émoi de Casablanca, David Giguère a fait un long et grand ménage afin de retrouver le chemin de la musique Je me dis que la manière avec laquelle je peux avoir le plus d\u2019échos dans la vie des gens, c\u2019est si j\u2019en ai une dans la mienne DAVID GIGUÈRE » À LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture 5 L\u2019auteur-compositeur-interprète David Giguère dans le studio du Devoir.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Trois segments divisés par deux interludes Constance n\u2019est pas un album concept, souligne David Giguère, mais il est structuré en trois segments divisés par deux interludes.« C\u2019est une façon de trouver le meilleur chemin pour que quelqu\u2019un qui écoute puisse passer à travers différentes étapes d\u2019émotions », dit-il.Le premier interlude est fait d\u2019une capsule audio de l\u2019astrologue Rob Brezsny, qui parle des Sagittaires et de leur année 2019 qui sera sous le signe de la réinvention \u2014 tiens, tiens.Le second, une pièce à la guitare, a trouvé son chemin grâce à une amie de Giguère, qui lors d\u2019une séance d\u2019écoute de Constance s\u2019est souvenue de cette piste créée quatre ans plus tôt.« Je l\u2019ai cherchée, on l\u2019a retrouvée.C\u2019était un démo enregistré sur mon cell.On l\u2019a fait jouer et les gens qui étaient là m\u2019ont dit : \u201cSi tu ne la mets pas sur l\u2019album, t\u2019es un idiot.\u201d C\u2019est touchant, simple, c\u2019est trois phrases.Je suis allé déterrer ça et on a l\u2019a mis dessus ! » On doit bien être quelques-uns à boycotter les livraisons de colis par Amazon.Parce que ça tue les petits (et grands) commerces ayant pignon sur rue, mais aussi par une sorte d\u2019aversion épidermique.Le besoin de voir les objets hors d\u2019un écran, de tâter le métal et les tissus, d\u2019essayer une paire de souliers avant de les acheter demeure pour certains, et c\u2019est tant mieux, encore irrépressible.En région éloignée, l\u2019envoi postal se révèle fort pratique, mais en ville, il y a moyen de tout se procurer dans un rayon assez restreint.Et pourquoi s\u2019en priver ?Une position anti-progrès peut-être, mais qu\u2019est-ce que le progrès au juste ?Et s\u2019il nous menait souvent dans le mur, celui-là ?Alors que les manifestations enflamment la planète, revendiquant un monde plus égalitariste et plus vert, la multinationale tentaculaire, comme ses consœurs du GAFA, transforme les règles du jeu capitaliste en se mettant à l\u2019abri des taxes et des garde-fous.Quant à la surconsommation qu\u2019elle génère, les environnementalistes ne sauraient en mesurer les conséquences.À cette enseigne, je recommande fortement d\u2019aller voir en salles Le monde selon Amazon des Français Adrien Pinon et Thomas Lafarge (en version québécoise narrée par Richard Desjardins), coproduit au Québec.Mieux comprendre les signaux d\u2019alarme clignotant dans le sillage des géants de l\u2019industrie aide à prendre position de façon éclairée face aux forces qui bouleversent nos sociétés.Le film sort au moment de la foire consumériste du Vendredi fou, jour faste pour Amazon.La compagnie mise davantage sur ses cotes en Bourse que sur des gains immédiats, remarquez, épongeant des pertes dans plusieurs pays étrangers, l\u2019Inde entre autres, afin d\u2019accroître une emprise à long terme.La stratégie exige d\u2019avoir les reins solides, mais porte ses fruits.Un marché sans entraves Rappelons qu\u2019Amazon, chef de file planétaire de la vente en ligne, a pris naissance en 1994 à Seattle dans le garage de l\u2019informaticien Jeff Bezos comme librairie en ligne.Désormais, elle expédie annuellement 5 milliards de colis sur cinq continents à 300 millions de clients.Elle se positionne également dans les banques de données, les jeux vidéo, la robotique, l\u2019électronique, le cinéma et là où le vent la pousse.Bezos a acquis le Washington Post en 2013.Brillant homme d\u2019affaires sans grands scrupules, son modèle modifie le paysage planétaire de l\u2019avenir.Le commerce en ligne aux quatre coins du monde augmenterait de 30 ou 40 % chaque année et des territoires restent à conquérir.La direction d\u2019Amazon, qui fait perdre infiniment plus d\u2019emplois qu\u2019elle n\u2019en crée, a refusé tout entretien aux documentaristes.Seules des images d\u2019archives nous permettent d\u2019entendre Bezos, favorable à un marché sans entraves, justifier les visées expansionnistes de son empire.L\u2019équipe du film a interrogé les travailleurs qui empaquettent les colis dans divers points du globe, un ancien associé ayant quitté la boîte pour des raisons morales, ainsi que des économistes et politiciens penchés sur ce phénomène galopant avec grande inquiétude.Le p.-d.g.d\u2019Amazon possède une des deux plus grandes fortunes mondiales avec celle de Bill Gates chez Microsoft.Ces magnats des nouvelles technologies, qui rêvaient jadis de changer le monde \u2014 et possèdent parfois, comme Gates, des fondations progressistes \u2014, sont désormais plus cupides en affaires que les anciens bonzes d\u2019un système qu\u2019ils voulaient renverser.Le commerce sans balises fait sa loi et les anciens idéaux de redistribution des biens se voient balayés au détour, par effets pervers du système.En mai 2014, Bezos a reçu le titre de pire patron du monde dans un sondage de la Confédération syndicale internationale.Dans le documentaire, il faut entendre les travailleurs, en Pologne ou en Allemagne, expliquer à quel point leurs conditions de travail les rendent malades, générant des burn-out sous l\u2019ennui des tâches répétitives mal rétribuées.Des manifestations syndicales ont secoué en Europe des succursales d\u2019Amazon, sans modifier le système.La multinationale profite aussi d\u2019une certaine invisibilité planifiée, avec peu de points de vente au détail et une tribune diffuse du Web comme carré de sable.Dans la ville fortifiée du Vieux- Delhi, en Inde, on voit une association de marchands se lever pour faire pression sur le gouvernement afin de protéger les commerces locaux, cœur battant de la cité au vieux bazar.Certains résistent.Le film, qui donne froid dans le dos, convainc, si besoin il y a encore, qu\u2019à défaut de pouvoir freiner pareil raz- de-marée, seules des réglementations politiques musclées contre les géants du Web sont susceptibles d\u2019en détourner quelques profits vers les joueurs lésés de ce marché de dupes.Une bonne partie de la planète, au fait.Le raz-de-marée d\u2019Amazon ODILE TREMBLAY LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 6 Trey Edward Shults écrivit et réalisa deux films.Krisha, son premier, met en scène des membres de sa propre famille dans un récit à vif, et semi- biographique, de dépendance.It Comes at Night, son second, s\u2019attarde là encore à une famille tourmentée, mais littéralement, et dans un cadre de fiction horrifique.Tenant autant de la chronique que du drame psychologique et social, Waves s\u2019avère tout autre chose, quoi- qu\u2019on y retrouve la même vedette que dans It Comes at Night : Kelvin Harrison Jr., tout spécialement brillant dans le rôle de Tyler.« Pendant le tournage d\u2019It Comes at Night, Kelvin et moi sommes devenus très proches ; un vrai coup de foudre de travail et d\u2019amitié.On voulait collaborer à nouveau, dès que possible.Waves a recommencé à m\u2019habiter dans ce contexte-là.» Pendant presque un an, assidûment, le réalisateur et l\u2019acteur eurent de longues conversations téléphoniques et d\u2019intenses échanges par messagerie texte.« On appelait ça nos mini-séances de thérapie.Le but était de partager, d\u2019apprendre à se connaître et se comprendre.On a beaucoup parlé de nos expériences familiales respectives.Kel vient d\u2019un milieu musical : son père et sa mère sont des musiciens connus de La Nouvelle-Orléans, et lui-même était un petit prodige qui s\u2019est senti poussé\u2026 La lutte, ça vient de moi\u2026 Le scénario a pris forme de manière très organique, avec du vécu de Kel et du mien, mais aussi à partir de nos émotions liées à l\u2019école secondaire.» De la légitimité Kelvin Harrison Jr.fut l\u2019une des rares personnes à qui Trey Edward Shults envoya un premier jet du scénario.Des notes et commentaires du comédien résultèrent une autre ébauche, puis une autre\u2026 Cette implication précoce, jumelée aux origines du projet, explique en partie que Trey Edward Shults se fût retrouvé, en cette ère où cela peut être problématique, un cinéaste blanc racontant l\u2019histoire d\u2019une famille noire.Quoique, en l\u2019occurrence, Kelvin Harrison Jr.joue le fils d\u2019une mère noire et d\u2019un père blanc dans It Comes at Night.Il n\u2019empêche, la question de la légitimité a-t-elle hanté le réalisateur ?« Oui et non.Oui parce que c\u2019est risqué, et ce serait irresponsable de ne pas se poser la question.Non, parce que je fais des films en réunissant des gens que je respecte et surtout, Ceux qu\u2019on aime Dans son superbe Waves, Trey Edward Shults conte le destin houleux d\u2019une famille noire comme perçu par le fils, puis la fille ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR aves, c\u2019est l\u2019histoire de Tyler.S t a r d e s o n école secondaire, champion de l\u2019équipe de lutte, il est, et de l\u2019avis de tous, promis à un brillant avenir.Issu d\u2019un milieu aisé, Tyler n\u2019en vit pas moins une situation familiale difficile, son père Ronald exerçant sur lui une pression confinant à l\u2019abus.Waves, c\u2019est aussi l\u2019histoire d\u2019Emily, la sœur cadette de Tyler, qu\u2019on voit, mais entend peu en première partie, avant que la seconde tout entière lui soit dévolue suivant une tragédie qui ébranlera la famille sur ses bases.Enfin, Waves, c\u2019est le nouveau, et magnifique, film de Trey Edward Shults.« Le projet remonte à si loin, avant même mon premier film, relate le cinéaste.Initialement, il n\u2019y avait que de la musique et des adolescents.Je venais de découvrir Dazed and Confused, de Richard Linklater, et j\u2019ai été inspiré.C\u2019est longtemps demeuré assez abstrait : je voulais saisir l\u2019essence émotionnelle, humaine, de ce qu\u2019est le passage à l\u2019école secondaire, de ce qu\u2019est l\u2019adolescence.» Une quête que Trey Edward Shults, dans Waves, ne poursuit pas uniquement par l\u2019entremise du scénario, mais à travers une technique et une esthétique tour à tour mouvementées et planantes, selon l\u2019humeur et le moment.Quant à la musique, elle est restée omniprésente : énergique, pul- sative ou méditative, toujours en phase avec l\u2019humeur des personnages.Avant d\u2019en arriver là, toutefois, W À un moment de l\u2019écriture, il m\u2019est apparu évident que je ne pouvais pas, et ne voulais pas, finir le film comme ça.J\u2019éprouvais l\u2019intime conviction\u2026 comment dire ?Que même si l\u2019arc de Tyler était terminé, l\u2019histoire, elle, ne l\u2019était pas.TREY EDWARD SHULTS » 418 641-6040 1 877 641-6040 514 842-2112 1 866 842-2112 VIOLONSDUROY.COM PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL LE MESSIE DE HANDEL PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC PRÉSENTÉ PAR 11 et 12 DÉCEMBRE 20 H PALAIS MONTCALM, QUÉBEC 13 DÉCEMBRE 19 H 30 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BERNARD LABADIE chef MARIE-SOPHIE POLLAK soprano TIM MEAD contre-ténor AARON SHEEHAN ténor MATTHEW BROOK baryton-basse LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 LES FLÂNEURS Messe noire pour un temps présent Monos, du Colombien Alejandro Landes, est une œuvre saisissante d\u2019immersion totale.Avec une musique et des sonorités exceptionnelles, cette plongée dans un groupe d\u2019adolescents guerriers seuls en pleine jungle se transforme en fable sur tous les lavages de cerveau que l\u2019être humain peut subir.La réalisation qui empoigne son sujet comme on secoue un arbre fait de cette œuvre à charge, puissamment jouée et filmée, un moment de cinéma hypnotique exceptionnel.Une sorte de « Sa Majesté des mouches » parachutée en nos ères apocalyptiques.ODILE TREMBLAY Au bout de l\u2019espace La 2e saison du dessin animé de science-fiction Final Space arrive juste à point pour faire concurrence au Mandalorian de Disney+.Ou peut- être pas.Si l\u2019épopée aux relents westerns spin-off de Star Wars n\u2019apparaît qu\u2019une fois par semaine sur nos écrans, celle-ci est déjà toute disponible sur Netflix, prête à être engloutie d\u2019un trait \u2014 et c\u2019est tant mieux.Avec ses scènes d\u2019humour niaiseux souvent surréalistes, Final Space nous rend nostalgiques du Futurama de notre enfance et, surtout, nous permet de patienter en attendant notre prochaine dose de bébé Yoda.OLIVIER SYLVESTRE Montréal de dépression Mammouth (Héliothrope), le roman de Pierre Samson, nous propulse dans les quartiers centraux de la métropole à la fin de l\u2019hiver 1933, ces berceaux de misère noire peuplés de pauvres Canadiens français et d\u2019immigrants devenus indésirables pour les autorités\u2026 L\u2019écriture sensorielle de l\u2019auteur, qui charrie son lot d\u2019odeurs et d\u2019images peu ragoûtantes, et sa recherche fouillée sur la géographie sociale et commerciale de la ville à ce moment critique de son histoire donnent le goût d\u2019arpenter ces coins de la ville, pour retrouver des traces de passé pas toujours glorieux\u2026 AMÉLIE GAUDREAU Sympathiques perdants La représentation étant complète pour le film choisi, c\u2019est avec perplexité que Les Barbares de La Malbaie fut élu pour la soirée au cinéma.Dès les premières minutes, le choix s\u2019est avéré le bon : il s\u2019agit d\u2019un film bien écrit, drôle et remuant.Yves n\u2019a pas eu la carrière qu\u2019il croyait lui être destinée dans le hockey, mais son cousin JP l\u2019idolâtre, voyant en lui la seule parcelle de réussite d\u2019une famille médiocre.Ce road trip révèle un duo de comédiens loufoque et complice grâce à des personnages en or pour les acteurs Philippe-Audrey Larrue-Saint- Jacques et Justin Leyrolles-Bouchard.VALÉRIE DUHAIME que j\u2019aime.La distribution choisie, j\u2019ai consulté tous les comédiens par rapport au scénario ; j\u2019ai écouté, pris des notes\u2026 Ç\u2019a été une aventure très collaborative.Kelvin m\u2019a encouragé tout en me rappelant constamment que ça devait être vrai et authentique et précis.» Pour l\u2019anecdote, à l\u2019époque d\u2019It Comes at Night, le cinéaste utilisait le terme « post-racial casting » pour désigner l\u2019attribution d\u2019un rôle au meilleur interprète sans que la couleur de peau soit un facteur entrant en ligne de compte.D\u2019ailleurs, dans ce film, le fait que le père soit blanc et la mère, noire, ne constituait pas un enjeu dramatique, mais un état de fait comme n\u2019importe quel autre.« Je reviens à ce que je disais : je collabore avec des gens que j\u2019aime, point.» De préciser Trey Edward Shults, Waves reste en outre, à maints égards, éminemment personnel, voire autobiographique sur certains aspects.Un éclairage différent On l\u2019évoquait, au mitan, Emily (vibrante Taylor Russell) succède à Tyler en tant que protagoniste.Un parti pris qui n\u2019était pas prémédité, mais qui s\u2019est imposé.« À un moment de l\u2019écriture, il m\u2019est apparu évident que je ne pouvais pas, et ne voulais pas, finir le film comme ça.J\u2019éprouvais l\u2019intime conviction\u2026 comment dire ?Que même si l\u2019arc de Tyler était terminé, l\u2019histoire, elle, ne l\u2019était pas.» Et Emily, dans l\u2019intervalle, en était venue à intriguer Trey Edward Shults.C\u2019est donc tout naturellement qu\u2019il voulut aller du côté de sa perspective Trey Edward Shults MIKE COPPOLA AGENCE FRANCE- PRESSE à elle.Plus qu\u2019une « gimmick », ce changement de focalisation narrative permet à l\u2019auteur de jeter un éclairage différent non seulement sur les événements, mais sur les personnages, qui ne cessent de gagner en complexité, en nuances.On songe notamment au père, Ronald, dont on a d\u2019abord l\u2019impression qu\u2019il est en compétition avec son fils et qu\u2019il essaie simultanément de vivre à travers les réalisations de ce dernier.Sauf que par la suite, lors d\u2019une très belle scène de pêche entre le père et la fille où personne n\u2019aura l\u2019occasion de lancer sa ligne, Ronald s\u2019ouvre à Emily avec vulnérabilité \u2014 et une lucidité \u2014 qui bouleverse.« Je n\u2019ai pas cherché à \u201cintégrer\u201d des enjeux, comme celui de la masculinité toxique, qui se dégage de la relation entre Ronald et Tyler.C\u2019est au gré de l\u2019écriture.Dans ce cas précis, ça découlait d\u2019un désir de comprendre mon propre père, et mon beau-père, et dans le cas de Kelvin, son père à lui, et pour nous, de trouver des points communs, mais des disparités aussi, dans nos expériences et perceptions de cette réalité.» Un mot sur le titre, pour conclure : Waves signifie vagues, et on les aperçoit souvent dans le film, où les personnages reviennent irrépressible- ment vers la mer, vers l\u2019eau, s\u2019y immergent\u2026 Les vagues qui sont tantôt rugissement furieux, tantôt apaisante mélopée.Elles sont à l\u2019image de cette jeunesse dont, oui, Trey Edward Shults a su saisir l\u2019essence.Waves prend l\u2019affiche le 6 décembre.Kelvin Harrison Jr.est tout spécialement brillant dans le rôle de Tyler.Dans le rôle de sa sœur Emily, à qui la deuxième partie du long métrage est consacrée, Taylor Russell est tout simplement vibrante.PHOTOS ENTRACT FILMS Culture 7 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 8 de la famille Vachon et du monde de la lutte.Avec tous ses débordements physiques, ses excès de langage et son mauvais goût.Dans le confort feutré de l\u2019INIS, là où Thomas Rinfret a suivi une formation dans le programme documentaire il y a un peu plus de 10 ans après une carrière de skieur alpin, le réalisateur reconnaît qu\u2019il n\u2019avait guère une idée plus élogieuse que la mienne de cet univers tapageur et tape-à-l\u2019œil.Lui dont la feuille de route télévisuelle comprend plusieurs émissions et séries documentaires à caractère sportif (Tout le monde dehors, Ma vie après le sport, Tellement sport) commençait à éprouver une certaine lassitude pour le sport professionnel et amateur.Or, à la faveur d\u2019une entrevue avec La feuille de route télévisuelle du réalisateur Thomas Rinfret comprend plusieurs émissions et séries à caractère sportif, lui qui a connu une carrière en ski alpin.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ENTREVUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Pour beaucoup d\u2019enfants québécois des années 1970 \u2014 du moins ceux dont les parents ne les empêchaient pas de regarder Télé-Métropole \u2014, la lutte faisait partie du paysage culturel et télévisuel ; plusieurs de mes camarades de classe connaissaient sur le bout de leurs doigts les exploits de Tarzan « La Bottine » Tyler, Édouard Carpentier, le Géant Ferré et autres Poudrés d\u2019Hollywood.Mais ceux à qui ils vouaient une admiration inconditionnelle portaient le même nom de famille : Vachon.Véritables légendes de la lutte pendant des décennies, Maurice « Mad Dog » Vachon et son frère cadet Paul « The Butcher » Vachon ont sillonné la planète pour donner des frissons à des foules en délire et souvent en colère contre ces vedettes à la personnalité bien campée, mais surtout face à leur impuissance à changer leur vie de misère.Ces cris de rage, on les entend parfois dans le premier long métrage documentaire de Thomas Rinfret, Les derniers vilains, un hommage à l\u2019incroyable ténacité de Paul, mais aussi un immense portrait : celui Caméra aux poings Pour l\u2019ancien skieur et champion du monde Thomas Rinfret, le documentaire, c\u2019est aussi du sport © D e n i s M a r t i n BENJAMIN HATCHER | SONORE DÉS_ACCORD Avec Olivier Arseneault Stéphanie Boulay Sandrine Martel-Laferrière Philippe Meunier Mélissandre Tremblay-Bourassa Antoine Turmine Ian Yaworski LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 9 Paul Vachon, que tous croyaient être la dernière tant l\u2019homme était mal en point, il a découvert en celui-ci un formidable conteur.« J\u2019avais trouvé mon sujet [de documentaire], et je n\u2019allais pas compter mes heures », se souvient Thomas Rinfret, qui ignorait à l\u2019époque le tempérament vagabond de Paul, et encore moins qu\u2019il passerait cinq ans de sa vie à le suivre un peu partout au Canada et aux États-Unis.« J\u2019ai eu le temps d\u2019avoir deux enfants ! » dit-il en rigolant.Il allait également découvrir que la carrière du Butcher dépassait largement les frontières de l\u2019Amérique, lui qui avait fait plus d\u2019une fois le tour du monde et tourné des films aussi loin qu\u2019en Australie\u2026 et au Pakistan ! On peut même voir des extraits, preuves tangibles que le lutteur n\u2019est pas un fabulateur.« Sa vie était flamboyante, et c\u2019est un formidable conteur », reconnaît le réalisateur, devant qui je partage mon scepticisme quant à l\u2019authenticité de toutes ces aventures.« J\u2019ai fait le pari d\u2019embarquer dans ses contes, je n\u2019ai jamais voulu différencier le vrai du faux, même s\u2019il pouvait me parler d\u2019un séjour au Pakistan où il était devant 350 000 personnes, alors que la fois suivante, le nombre avait changé pour 75 000.» Par contre, celui qui raconte son époque « comme il l\u2019a vécue » ne triche jamais sur les aspects moins glorieux de sa carrière, mais surtout de son existence.Dépasser l\u2019anecdote Car Paul Vachon, né à Ville-Émard en 1938 d\u2019un père policier ayant décidé d\u2019installer sa famille dans une ferme laitière en Estrie, n\u2019avait qu\u2019une seule véritable obsession : voyager.Un goût du large pas toujours compatible avec le rôle de parent, lui qui a eu plusieurs enfants.« Il n\u2019a jamais menti sur les choses importantes, souligne Thomas Rin- fret.Par exemple, il ne va jamais dire breux problèmes de santé se cache un être d\u2019une grande sensibilité qui a conquis le cœur du cinéaste.« Lors de la toute première entrevue, je lui ai demandé quel était le plus beau moment de sa vie.Il m\u2019a répondu : \u201cAujourd\u2019hui, car vous faites un film sur ma famille.\u201d Lorsqu\u2019il l\u2019a vu, il a dit en pleurant : \u201cJe peux mourir\u201d.» Or, lui qui a bien failli mourir plus d\u2019une fois au cours de ce long tournage ne semble pas encore prêt à tirer sa révérence, narguant la mort comme s\u2019il était devant un de ses adversaires sur le ring.L\u2019idée qu\u2019on lui porte tant d\u2019attention n\u2019a sans doute pas nui.« Pour moi, c\u2019est le dernier grand vilain, mon dernier accès à ce monde.Aucun autre lutteur encore vivant ne possède la stature de Paul Vachon.» Les derniers vilains sera présenté au cinéma Beaubien à Montréal et au cinéma Le Clap à Québec à partir du vendredi 6 décembre qu\u2019il s\u2019est occupé des siens\u2026 » Cette authenticité illumine tout le film, de même que celle de sa conjointe, Dee Vachon, la troisième en titre, « qui ne voulait pas être dans le film, mais a fini par dire oui ».Les histoires de Paul, elle les connaît par cœur, mais qu\u2019elles se passent dans les foires, les rassemblements d\u2019anciens lutteurs et le plus souvent sur la route, elle est toujours à ses côtés.Au-delà des récits abracadabrants livrés avec panache, Thomas Rinfret souhaitait surtout dépasser l\u2019anecdote.« À travers Paul, je voulais illustrer une époque où la lutte était presque nécessaire à la société pendant les années 1950 et 1960.Je l\u2019ai rencontré un an après la mort de son frère Maurice [le 21 novembre 2013] ; avec lui, le film aurait été complètement différent, car il était un véritable athlète, prêt à tout pour réussir.Paul, c\u2019était surtout un bon vivant qui voulait vivre ses rêves.» Derrière sa carapace d\u2019autrefois et sa fragilité évidente à la suite de nom- Les derniers vilains est le premier long métrage documentaire de Thomas Rinfret.SPIRA FILMS À travers Paul [Vachon], je voulais illustrer une époque où la lutte était presque nécessaire à la société pendant les années 1950 et 1960.[.] Avec Maurice, le film aurait été complètement différent, car il était un véritable athlète, prêt à tout pour réussir.Paul, c\u2019était surtout un bon vivant qui voulait vivre ses rêves.THOMAS RINFRET » LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Il s\u2019agit d\u2019une histoire vraie, celle d\u2019une communauté affichant un taux anormalement élevé de cancers, car empoisonnée à son insu par une usine toute proche.Celle, aussi, d\u2019une personne idéaliste qui, contre vents et marées, prend sur elle de faire éclater la vérité afin que justice soit rendue.Non, il n\u2019est pas question ici du film Erin Brockovich, mais de Dark Waters.Les deux affaires au cœur des deux films ont beau être distinctes, sur le plan narratif, les similitudes sont patentes.Exécuté avec panache par Steven Soderbergh dans la veine plus ouvertement populaire de son œuvre, Erin Brockovich était porté par une performance mémorable de Julia Roberts, qui avait à juste titre remporté un Oscar.Et à l\u2019évidence, Mark Ruf- falo, vedette et producteur de Dark Waters, voudrait bien que la parenté entre les deux films s\u2019applique, ultimement, jusque-là.On y reviendra.Dark Waters marque également, pour une première fois dans son cas, une incursion du côté commercial pour Todd Haynes, à qui l\u2019on doit les magnifiques Loin du paradis (Far from Heaven) et Carol.Bien que ce film-ci ne soit pas exempt de belles touches de mise en scène et de plans inspirés, surtout ceux montrant Ruf- falo en pleine recherche dans des monceaux kafkaïens de boîtes de documents, il reste que le brio formel auquel Haynes a habitué les cinéphiles s\u2019y fait assez discret.Ruffalo incarne Robert Bilott, un avocat de Cincinnati qui, alors qu\u2019il vient à peine d\u2019être nommé associé dans le cabinet qui l\u2019emploie, reçoit la visite d\u2019un fermier convaincu que ses vaches sont décédées à cause d\u2019agents contaminants déversés dans les cours d\u2019eau environnants par une filiale de la multinationale DuPont.DuPont qui est le principal employeur de la ville, de telle sorte qu\u2019initialement la population préfère le déni au chômage.Qu\u2019à cela ne tienne, Robert prouve non seulement la contamination, mais le fait que DuPont était au courant.Ce n\u2019est en l\u2019occurrence là que le commencement.Sans entrer dans les détails, disons que la découverte des dangers du Téflon, un « produit fièrement américain » scande-t-on, compte parmi les points d\u2019orgue du film.Presque du copier-coller Le scénario du nouveau venu Mario Correa et du vétéran Matthew Michael Carnahan (World War Z) suit vraiment de près celui de Susannah Grant pour Erin Brockovich, dont il reproduit structure et figures.Tim Robbins, l\u2019attitude « tough-love », incarne le patron qui oscille entre doute et soutien exactement comme Albert Finney chez Soderbergh.Anne Hatta- way tient le fort à la maison comme son pendant Aaron Eckhart, avec cet épisode de crise conjugale lorsque la cause l\u2019emporte sur la famille placé au même endroit du récit.Bill Camp (qui force le trait) est ce premier plaignant qui permet de ne jamais oublier l\u2019humain derrière l\u2019affaire, rôle que tenait peu ou prou Marg Helgenber- ger dans Erin Brockovich\u2026 Ce que Dark Waters n\u2019a malheureusement pas emprunté à son modèle, c\u2019est la verve et le dynamisme.Animé par des convictions sincères et les meilleures intentions, le film s\u2019avère souvent solennel au point de la somnolence.Il faut savoir que Mark Ruffalo est à la ville un militant écologiste inspirant (tout comme l\u2019acteur Bill Pullman, savoureux quoique bref).Or, on a parfois l\u2019impression que le pamphlet l\u2019emporte sur le cinéma.Qui plus est, certaines tirades semblent avoir été conçues afin de faire briller Ruffalo et non par nécessité narrative.On songe à celle, tardive, que Robert adresse à son épouse Sarah (Hathaway) dans un moment de désespoir.À ce propos, il est ironique qu\u2019en dépit du soin qu\u2019il prend de glisser une réplique explicitant que Sarah n\u2019est pas juste « l\u2019épouse de », qu\u2019elle fut avocate autrefois, et que d\u2019être une mère au foyer constitue un choix, mais tout de même un sacrifice, le film n\u2019ait finalement de woke que les mots, au vu de ce qu\u2019il se borne à demander à Anne Hathaway : douée, l\u2019actrice livre la marchandise, mais n\u2019a dans les faits pas grand-chose à se mettre sous la dent.Et Mark Ruffalo ?Il offre une interprétation inégale, son jeu étant tour à tour excellent et appuyé.Comme dans Spotlight, où son travail physique de posture très apparent constituait la seule fausse note au sein d\u2019une distribution offrant un jeu uniformément naturel, le comédien tente une transformation, mâchoire avancée et dos un brin voûté.Dérive de « méthode », désir mal avisé que la performance soit « vue » ?Quoi qu\u2019il en soit, le résultat distrait de l\u2019action.Dark Waters traite d\u2019un sujet important, voire vital, puisqu\u2019il aborde l\u2019enjeu de la pollution de la planète et par extension du corps.Autre ironie, c\u2019est là tout le propos d\u2019un des premiers \u2014 et celui-là foncièrement original \u2014 longs métrages de Todd Haynes, Safe, avec Julianne Moore en jeune femme qui devient littéralement allergique à son environnement.Si Dark Waters a une vertu, c\u2019est de donner l\u2019envie de revoir ce film-là.Culture Cinéma 10 « Erin Brockovich 2 » Mark Ruffalo va à la pêche à l\u2019Oscar dans ce récit factuel d\u2019eau contaminée sur fond de scandale du Téflon Dark Waters (V.O.) Drame de Todd Haynes.Avec Mark Ruffalo, Anne Hathaway, Bill Camp, Tim Robbins.États-Unis, 2019, 126 minutes.CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Paul Marchand aurait-il une quelconque filiation avec la petite Manon des Bons débarras, de Francis Mankie- wicz ?Elle qui préférait « être baveuse plutôt que plate » aurait sans doute apprécié ce correspondant de guerre dont les faits d\u2019armes parlent d\u2019eux-mêmes : de 1984 à 1992 au Liban lors de la guerre civile, et de 1992 à 1994 à Sarajevo pendant la guerre de Bosnie, avec un détour au Koweït au moment de l\u2019invasion irakienne en 1990.L\u2019homme carburait à l\u2019adrénaline des champs de bataille et cherchait (souvent) la bagarre.C\u2019est sa conception de la guerre, sa vision du journalisme et sa vérité qu\u2019il a couchées sur papier dans Sympathie pour le diable (Lanctôt, 1997), un ouvrage qui aura mis du temps à être transposé au cinéma, d\u2019abord par son auteur, décédé de manière tragique en 2009.À l\u2019image du tempérament buté de ce héros accro aux cigares cubains, le cinéaste Guillaume de Fontenay, appuyé des scénaristes Jean Barbe et Guillaume Vigneault, n\u2019a pas baissé les bras, prêt à tout pour revisiter ce Sarajevo à feu et à sang.Car l\u2019éclatement de la Yougoslavie allait provoquer une grave fracture en Europe, mais aussi dans la vie de cet homme admiré de quelques-uns et détesté de beaucoup d\u2019autres.Longtemps connu des auditeurs de Radio-Canada, Paul Marchand n\u2019avait rien d\u2019une star\u2026 mais se comportait comme telle.Électron libre, kamikaze, donneur de leçons, colérique, Qui avait peur de Paul Marchand ?Électron libre et kamikaze, ce correspondant de guerre flirtait avec la mort, pas avec l\u2019objectivité LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 CRITIQUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Au palmarès du dernier Festival de Cannes, Mati Diop avait récolté le Grand Prix du jury pour cette fable mi-surréaliste, mi-sociale aux accents poétiques.Atlantique révèle une plaie béante du Sénégal : l\u2019immigration clandestine, qui pousse bien des enfants du pays, des travailleurs souvent non payés, à prendre la mer sur des barques de fortune pour chercher un ailleurs meilleur en Europe.Plusieurs font naufrage en ne laissant à leurs proches que leurs yeux pour pleurer.L\u2019œuvre élégante et ambitieuse se décline en plusieurs tons : film social presque documentaire, romance, fantastique, polar, avec passages entre les genres pas toujours au point.Un scénario parfois effiloché, des jeux d\u2019interprètes assez appuyés se greffent à des scènes parfois remarquables, nourries de réalisme magique.Ce premier long métrage d\u2019une cinéaste élevée à Paris mais avec un père d\u2019origine sénégalaise aligne de grandes qualités et des facilités, sans dégager la pleine puissance que son thème imposait, si ce n\u2019est par fragments très inspirés.À hauteur de femmes endeuillées Un des grands atouts du film, outre ses beautés visuelles à travers notamment sa façon lyrique de montrer les flots, est de se placer à hauteur de femmes endeuillées, en y gagnant une position de recul.Tout commence ici par une histoire d\u2019amour secrète.Dans une banlieue de Dakar, voici celle de la jeune Ada (Mama Sané) et de Sou- leiman (Ibrahima Traore) qui suivra l\u2019appel des sirènes de l\u2019exil avant de sombrer avec ses compagnons dans l\u2019océan trompeur.La belle est promise à un autre, qu\u2019elle ne supporte pas.Avant la cérémonie du mariage, les conversations des femmes révèlent le poids de discrimination sociale qui pèse sur elles depuis toujours.Le film prend son envol en seconde partie, tandis que les fantômes des noyés, à dégaine de zombies, reviennent de nuit pour se venger du patron esclavagiste, enflammer la chambre nuptiale des futurs époux, donner des ailes aux filles ou retrouver une amante perdue.Le climat onirique sert alors la tragédie, qui trouve une dimension mythologique à travers de grandes scènes de femmes en libération.Mati Diop, au talent porteur de promesses, n\u2019aura pas su maîtriser complètement ce premier film, tout en révélant la grande originalité d\u2019une griffe qui devrait s\u2019affiner au long de sa route.Atlantique 1/2 Drame de Mati Diop.Scénario : Mati Diop, Olivier Demangel.Avec Mama Sané, Ibrahima Traore, Abdou Balde.France\u2013Sénégal\u2013Belgique, 2019, 104 minutes.Au Cinéma Moderne et sur Netflix.Tout commence ici par une histoire d\u2019amour secrète.Dans une banlieue de Dakar, voici celle de la jeune Ada (Mama Sané) et de Souleiman (Ibrahima Traore).MK2 MILE-END Marchand demeurera un mystère tout au long de cette adaptation, n\u2019étalant jamais ses origines ou ses motivations premières sur le plan professionnel.Ce qui signifie que la caméra est constamment collée à ses trousses, un étonnant travail de composition de l\u2019acteur Niels Schneider.SHAYNE LAVERDIÈRE LES FILMS SÉVILLE Sympathie pour le diable Drame de guerre de Guillaume de Fontenay.Avec Niels Schneider, Vincent Rottiers, Ella Rumpf, Elisa Lasowski.France\u2013Canada, 2019, 103 minutes.ceux et celles qui l\u2019ont côtoyé s\u2019en souviennent, tout comme les Serbes et les Bosniaques avec qui il échangeait, se foutant un peu de la neutralité journalistique.Mais quand les balles sifflent de partout, que les cadavres s\u2019amoncellent dans un mépris scandaleux et que les enfants sont pris pour cible, la boussole morale peut se dérégler.Fut-il trop longtemps imprégné de l\u2019horreur libanaise ?Au bout du fil, un rédacteur en chef semble le croire, lui suggérant de prendre des vacances : c\u2019était bien mal le connaître.Marchand demeurera d\u2019ailleurs un mystère tout au long de cette adaptation fiévreuse, énergique et crépusculaire, n\u2019étalant jamais ses origines ou ses motivations premières sur le plan professionnel, toujours en action.Ce qui signifie que la caméra est constamment collée à ses trousses, vu le plus souvent de dos ou de profil, un étonnant travail de composition de l\u2019acteur Niels Schneider.Et qui s\u2019affiche ici avec beaucoup d\u2019humilité, au service d\u2019un personnage aussi opaque qu\u2019antipathique, baignant dans des éclairages blafards, ceux d\u2019un temps glacial, et d\u2019une décennie pourrie à bien des égards.Cette déliquescence, Paul Marchand la dénonçait, rapide sur la gâchette comme les snipers qui entouraient Sarajevo, ne ménageant personne, qu\u2019il s\u2019agisse des Casques bleus ou de ses collègues des grands réseaux de l\u2019information.Le film établit d\u2019ailleurs un contraste fort éloquent entre la manière Marchand, sanguine et sentencieuse, et l\u2019autre, plus factuelle, incarnée par une fière représentante de CNN et dont les scénaristes ne camouflent pas le mépris que lui inspire ce franc-tireur de l\u2019information.Guillaume de Fontenay ne fait de lui ni un héros ni un saint, surtout un homme pressé de dénoncer les mensonges et de souligner l\u2019incurie des dirigeants.Son humanité transparaît davantage au contact de Boba (Ella Rumpf), une traductrice d\u2019origine serbe pour qui il prendra de grands risques, dévoilant au passage autre chose que sa personnalité abrasive.Ce qui favorisera de rares moments de légèreté au milieu de cet enfer à ciel ouvert, une reconstitution étonnante sur les lieux mêmes du drame.Sympathie pour le diable présente surtout le terrain miné qu\u2019était Paul Marchand à cette époque, bombe à retardement dans la jungle journalistique.Il ne sortira pas indemne de l\u2019aventure, et nous non plus devant ce film qui ne fait jamais de la guerre un spectacle exaltant, mais une boucherie qui n\u2019épargne personne.Même les plus arrogants.Culture Cinéma 11 Des zombies et des femmes Le premier film de Mati Diop est magique, mais pas toujours abouti LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 C ultur e Notr e s élection cinéma en s alle 12 Les nouveautés sont en rose Alice et le maire ?1/2 Embauchée pour « inspirer» Paul, un politicien qui, après trente ans de métier, se dit désormais incapable de penser, Alice, une jeune femme issue du monde des lettres, chemine entre lucidité et étonnement dans un monde dont elle ignorait tout.Parti pris ingénieux, que d\u2019arrimer le point de vue du récit à celui d\u2019Alice, le ciné- Les Barbares de La Malbaie ?En route de La Malbaie vers Thunder Bay pour un championnat avec son cousin et idole Yves, une gloire déchue du hockey, JP, un adolescent rêvant de devenir agent, voit ses illusions voler en éclats.Non seulement cette comédie dramatique n\u2019est pas le film de hockey attendu, mais elle n\u2019est, par surcroît, pas à propos de qui l\u2019on croit.En effet, en plus de déconstruire l\u2019hégémonique figure de l\u2019underdog (celui qu\u2019on donne perdant mais qui brille dans l\u2019adversité) chère au film sportif, le film donne la primauté narrative à celui qui serait normalement le second violon.Il en découle un récit initiatique très drôle, très émouvant, et surtout merveilleusement joué.Faisant oublier la maigreur de son budget, Vincent Biron (Prank), qui forge un réalisme légèrement caricaturé du meilleur effet, multiplie les bons flashs visuels.Implacable, et aussi doux- amer que brutal, le dénouement est un poème.Une fichue de belle surprise.François Lévesque Marriage Story (V.O., s.-t.f.) ?De ses propres déboires conjugaux avec l\u2019actrice Jennifer Jason Leigh, Noah Baumbach a tiré son film le plus beau.Or, en dépit d\u2019un côté «récit à clés» assez jouissif pour le cinéphile, le scénario transcende l\u2019anecdote et propose un double portrait d\u2019une humanité, d\u2019un humour et d\u2019une acuité infinis.En époux désireux de mettre un terme à leur union à l\u2019amiable mais en venant pourtant à s\u2019entredéchirer, Scarlett Johansson, qui incarne Nicole, une actrice connue, et Adam Driver, qui joue Charlie, un metteur en scène en vogue, livrent les performances de leurs carrières.À cet égard, Baum- bach non seulement ne ménage pas son alter ego, mais s\u2019avère particulièrement empathique dans son exploration des insatisfactions \u2014 justifiées \u2014 de Nicole.Entre des séquences d\u2019ouverture et de fermeture qui se font brillamment écho, se déploie une œuvre tour à tour drôle, poignante et, force est de le reconnaître, en tous points parfaite.Un grand film.François Lévesque Ford contre Ferrari (V.F.de Ford v Ferrari) ?Les amateurs de bagnoles en auront plein la vue, et les oreilles, tandis que Parasite (V.O., s.-t.f.) ?Un à un, les membres d\u2019une famille pauvre intègrent la domesticité d\u2019un riche foyer en dissimulant leur lien de parenté.Or, une découverte ahurissante vient un soir tout compromettre.Dans cette satire mordante, fertile en suspense, le lauréat de la Palme d\u2019or Bong Joon-ho poursuit son exploration du thème des classes sociales.Subvertissant l\u2019auguste formule Maîtres et valets (Upstairs, Downstairs), le cinéaste, qui décline à l\u2019infini le motif de l\u2019escalier dans ses compositions hyperprécises, substitue à la sentimentalité inhérente au genre une lucidité féroce.Plus que jamais, Bong Joon-ho fait montre d\u2019une virtuosité, on osera l\u2019hyperbole, orgas- mique dans une mise en scène à l\u2019image des protagonistes: d\u2019une aisance trompeuse rendue possible par un sens redoutable de la préméditation.Pas avare de surprises, l\u2019intrigue se révèle à terme aussi astucieuse que les protagonistes.Antihéros aux dents longues pour fable carnassière.François Lévesque Antigone ?Sacré meilleur film canadien au TIFF, choix du Canada à l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère, Antigone de Sophie Deraspe est une émouvante et dynamique adaptation contemporaine de la tragédie de Sophocle et de la pièce d\u2019Anouilh.Cette œuvre sur l\u2019intransigeance d\u2019une jeune Québécoise, ici issue de l\u2019immigration, est portée par la lumineuse prestation de Nahéma Ricci, au profil androgyne.Son esthétique est collée à des codes cinématographiques plus classiquement nord- américains que les films précédents de la cinéaste des Signes vitaux.Par-delà quelques facilités, Antigone remporte brillamment son pari d\u2019ancrer l\u2019héroïne dans les débats de désobéissance civile actuels au nom d\u2019idéaux qui décoiffent et inspirent nos sociétés.Odile Tremblay À couteaux tirés (V.F.de Knives Out) ?Un célèbre auteur de romans policiers a «peut-être» été assassiné.Tandis que la famille de ce riche patriarche attend la lecture du testament, un détective privé enquête avec l\u2019aide de l\u2019infirmière du défunt.Pleine de rebondissements et se présentant comme un pastiche coloré des whodunit d\u2019Agatha Christie, cette comédie policière est à l\u2019image des trompe-l\u2019œil qui abondent dans la décoration du manoir où se déroule l\u2019essentiel de l\u2019action: un film qui en cache un autre.En l\u2019occurrence, une jouissive satire de l\u2019Amérique de Trump.Le film offre un formidable terrain de jeu à sa distribution bigarrée.Jamie Lee Curtis et Toni Collette s\u2019avèrent tout spécialement savoureuses.À l\u2019inverse, Daniel Craig force inutilement le trait.Enlevé, drôle et trépidant, À couteaux tirés marque pour Rian Johnson un heureux retour aux sources, lui dont le premier long métrage, Brick, était un autre exercice de style policier, dans le roman et le film noir celui-là.François Lévesque Atlantique ?1/2 Premier long métrage de la Franco-Sé- négalaise Mati Diop, Atlantique a reçu à Cannes le Grand Prix du jury.Cette fable ambitieuse au mélange de tons et de genres, avec longue incursion dans le fantastique, affiche de vraies beautés visuelles et une magie supérieure, sans toujours maintenir sa charge et son rythme.En abordant par la voix des femmes et des morts le drame de l\u2019immigration clandestine au Sénégal, la cinéaste révèle une voix originale appelée à s\u2019affiner.Odile Tremblay Sympathie pour le diable ?Il n\u2019était pas une star, mais en avait l\u2019étoffe, et parfois les mauvaises manières.Paul Marchand allait là où il ne fallait pas, correspondant de guerre rarement guidé par la neutralité.De son séjour à Sarajevo au début de l\u2019éclate- Vaillancourt : regarde si c\u2019est beau ?1/2 Les images d\u2019archives et les détails biographiques sont peu nombreux dans ce portrait intimiste et bucolique d\u2019Armand Vaillancourt, signé John Blouin.Autour de sa fermette, dans sa grange transformée en gigantesque bazar, sur une route de campagne ou le long d\u2019une rivière, le célèbre sculpteur décrit ses émerveillements créatifs et replonge dans son enfance.Les objets hétéroclites qui entourent Vail- lancourt deviennent d\u2019excellents prétextes pour décrire ses expérimentations musicales, sa passion pour l\u2019éducation aux arts dans les écoles et tout ce qui a pu forger son tempérament rebelle, 16e d\u2019une famille de 17 enfants.En quelques jours de tournage, le cinéaste a su capter l\u2019esprit vif de cet iconoclaste, toujours aussi alerte à 90 ans, et toujours aussi indigné, se décrivant, à juste titre, comme «le bâtard par excellence».André Lavoie Monos (V.O.s.-t.f.) ?Retranché au sommet d\u2019une montagne puis dans la jungle d\u2019un pays non identifié d\u2019Amérique latine, un groupe d\u2019adolescents armés est chargé par une mystérieuse organisation militaire de garder en otage une femme, «la Doctora».Comme pour amplifier le malaise lié à l\u2019âge tendre des protagonistes, ces derniers sont affublés de surnoms naïfs tels Bigfoot, Schtroumpf, Lady, Rambo, Loup, Boum-Boum\u2026 Outre une évidente (et assumée dans sa description de rituels inventés) parenté avec Sa Majesté des mouches, de William Golding, Monos emprunte à Kafka cette absurdité non seulement implacable, mais mortelle qui confère une bonne part de son impact au film.La mise en scène d\u2019Alejandro Landes s\u2019avère aussi précise que soignée, avec un travail sur le cadre, la composition particulièrement évocateur.Entre insolite, brutalité et poésie émerge une œuvre singulière et forte.Le candidat de la Colombie pour l\u2019Oscar du film international.François Lévesque The Irishman ?1/2 Quinze ans en gestation, cette chronique mafieuse dont Scorsese a le secret revêt des allures de «magnum opus».On y suit le parcours criminel de Frank Sheeran, de son entrée dans le clan Bufalino à sa relation de proximité avec Jimmy Hoffa.De Niro, Pesci et Pacino sont magnifiques en figures de proue.D\u2019une fluidité remarquable, le film, contrairement par exemple à ses cousins directs Goodfellas et Casino, ne comporte pas de morceaux de bravoure comme tel: chaque séquence atteste du brio de Scorsese, dont la maestria est évidente de bout en bout, mais ce qui s\u2019imprime durablement dans les mémoires relève plus du mini- ceux que cet univers indiffère\u2026 seront séduits tout autant.Avec sa feuille de route irréprochable, James Mangold (Walk the Line, 3:10 to Yuman, Logan) tient fermement le volant pour raconter cette histoire de rivalités entre deux grandes puissances de l\u2019automobile, mais surtout la relation orageuse entre deux hommes que tout sépare, sauf leur amitié et leur passion pour la course automobile.Quand l\u2019empire Ford décide de triompher aux 24 heures du Mans au milieu des années 1960, c\u2019est à un tandem bien étrange qu\u2019il confie la tâche, exécutée avec une dévotion qui frise l\u2019obsession.Et comptez sur deux acteurs de la trempe de Christian Bale et Matt Damon pour bien négocier les virages abrupts, la pédale au plancher, mais le cœur sur la main.André Lavoie ment sanguinaire de l\u2019ex-Yougoslavie, il a tiré un récit transposé au cinéma grâce à la détermination du cinéaste Guillaume de Fontenay, aussi intrépide que son héros.Dans un style cru, épuré et frénétique, à l\u2019image de ce héros observé tel un oiseau en cage, Sympathie pour le diable décrit un moment charnière dans la trajectoire de ce témoin direct d\u2019une boucherie sans nom, n\u2019hésitant pas à toucher les cadavres et à défier la mort.Rien ne filtre, ou si peu, de ses motivations profondes ou sur les racines de ce conflit: il s\u2019agit d\u2019abord et avant de l\u2019illustration d\u2019un chapitre sanglant de l\u2019Histoire vu à travers le regard fiévreux d\u2019un journaliste pas comme les autres, incarné par Niels Schneider, d\u2019une dévotion et d\u2019une humilité totales.André Lavoie malisme que du flamboyant.Comme ces deux scènes, à des décennies d\u2019écart, montrant Hoffa puis Sheeran qui dorment la porte entrouverte: hommes puissants le jour, les voici enfants apeurés la nuit venue.Ce sont de petits moments comme ceux-là, feutrés, qui rendent The Irishman si prenant.Une œuvre non pas de la maturité, mais de la plénitude.François Lévesque Culture La reine des neiges II (V.F.de Frozen II) ?1/2 Dans cette suite prévisible, mais aussi visuellement sublime que l\u2019original, où elles portent littéralement le pantalon, Elsa (Idina Menzel et ses vertigineuses vocalises) et Anna (Kristen Bell, moins tonitruante que la précédente) devront affronter 1001 dangers afin de sauver le royaume d\u2019Arendelle.Résolument féministe et environnementaliste, la suite de la somptueuse et libre adaptation du conte d\u2019Anderson séduit par sa magnifique imagerie d\u2019inspiration scandinave, ses moments de pure magie et la fluidité de son animation.Et les chansons dans tout ça?Hormis quelques tableaux musicaux longuets et peu inspirés (Lost in the Woods, repris par Weezer au générique de fin), on retiendra Show Yourself, où Menzel semble avoir mis une sourdine, et Into the Unknown (aussi interprétée par Panic! At the Disco), où cette dernière rivalise d\u2019intensité avec Aurora.Parents, considérez-vous comme avertis.Manon Dumais Les plus belles années d\u2019une vie ?1/2 Il en a connu, des échecs, Claude Le- louch, mais aussi d\u2019immenses succès, dont le tout premier, Un homme et une femme, marque encore l\u2019imaginaire 53 ans plus tard.Ce n\u2019est pas sa première virée nostalgique, mais tous préfèrent oublier Un homme et une femme, 20 ans déjà (1986).C\u2019est ce que font les célèbres personnages incarnés par un Jean-Louis Trintignant digne, mais affaibli, et une toujours émouvante Anouk Aimée.Dans un style minima- liste (rare chez Lelouch) et une palpable urgence de filmer, il orchestre les sobres retrouvailles de l\u2019ancien coureur automobile et de la scripte devenue commerçante sous le ciel cotonneux de Normandie, renouant aussi avec les enfants des deux protagonistes, devenus bien grands.Entre le badinage inspiré et quelques séquences fantasmées nous ramenant à Deauville, cette cérémonie des adieux nous réconcilie avec un créateur excessif qui a su, une fois n\u2019est pas coutume, réduire la vitesse.La promenade n\u2019en est que plus douce, et plus touchante.André Lavoie Dark Waters (V.O.) ?C\u2019est une histoire vraie, celle d\u2019une communauté affichant un taux anormalement élevé de cancers, car empoisonnée à son insu par une usine locale.Celle, aussi, d\u2019une personne idéaliste qui, contre vents et marées, tâche de faire éclater la vérité.Non, il ne s\u2019agit pas du film Erin Brockovich, mais de Dark Waters.Mark Ruffalo y incarne Robert Bilott, un avocat de Cincinnati qui reçoit un jour la visite d\u2019un fermier convaincu que ses vaches sont mortes à cause d\u2019agents contaminants déversés dans les cours d\u2019eau environnants par une filiale de la multinationale Du- Pont.Ce que Dark Waters n\u2019a malheureusement pas emprunté à son modèle, dont il reproduit structure et figures, c\u2019est la verve et le dynamisme.Animé par des convictions sincères et les intentions les meilleures, le film s\u2019avère en effet souvent solennel au point de la somnolence.Quant à Ruf- falo, il offre une performance inégale, tour à tour excellente et appuyée.François Lévesque Bonjour, voisin ?Hommage à feu Fred Rogers, vedette du petit écran auprès des tout-petits, salut au métier de journaliste, Bonjour, voisin, de Marielle Heller (The Diary of a Teenage Girl), donne à Tom Hanks un de ses grands rôles.Il incarne avec brio, tout en ambiguïté, l\u2019animateur de la célèbre émission Mister Rogers\u2019 Neighborhood.D\u2019un judicieux réalisme, notamment en ce qui concerne la fantaisie des décors et des accessoires du- dit programme, cette fiction revient sur un fait véridique: le reportage d\u2019un journaliste du magazine Esquire censé dresser le portrait de Fred Rogers.La rencontre, qui ne manque pas de tensions, donne l\u2019ascendant à la vedette télé.Et transforme radicalement le journaliste, ce dont témoignera son récit, publié en 1998.Jérôme Delgado L\u2019art du mensonge (V.F.de The Good Liar) ?1/2 Sous ses dehors de frêle septuagénaire, Roy est un redoutable arnaqueur.Betty, une veuve au portefeuille garni, semble être une proie facile.Mais les choses sont-elles si simples?Bien sûr que non.Comme le réalisateur Bill Condon le laisse trop facilement deviner, c\u2019est là le genre de thriller dont l\u2019intrigue repose tout entière sur un retournement qu\u2019on voit, hélas, venir à des kilomètres.Le film se regarde pourtant sans trop de déplaisir: mise en scène d\u2019une élégance discrète, rythme qui ne faiblit pas\u2026 Et il y a Ian McKellen et Helen Mirren: en escroc sans scrupules, McKellen est splendide, tandis qu\u2019en proie de plus en plus difficile à cerner, Mirren est sans surprise magnifique.La chimie entre ces deux interprètes d\u2019exception est parfaite.On leur souhaite un nouveau face-à-face davantage à la hauteur de leur talent.François Lévesque phile découvrant en même temps qu\u2019elle les menues absurdités de l\u2019exercice du pouvoir.À la fois subtile étude de milieu et satire discrète, le film regorge de perles de dialogue.Livrées de manière faussement désinvolte, ces répliques jouissives s\u2019avèrent souvent plus chargées de sens qu\u2019il n\u2019y paraît.C\u2019est à l\u2019image du film, dont la mise en scène, sous ses dehors minimalistes, se déploie avec un dosage étudié de mesure et de grâce.Il est quelques longueurs et lourdeurs, certes, mais la rencontre De- moustier-Luchini stimule et, à terme, l\u2019acuité (et l\u2019universalité) du portrait l\u2019emporte.François Lévesque LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Théâtre 14 ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR riel Ifergan s\u2019en targue lui-même avec humour : il n\u2019y a sans doute pas de plus emblématique représentant de Côte-des-Neiges\u2013Notre- Dame-de-Grâce (CDN-NDG) que lui.Sans la rencontre de ses géniteurs à la frontière de ces deux quartiers montréalais \u2014 plus précisément, à un arrêt d\u2019autobus, coin Décarie et Côte-Saint-Luc \u2014, le comédien ne serait pas de ce monde.Son père, un Israélien né au Maroc, et sa mère, une Française, étaient tous deux de passage dans la métropole québécoise, possiblement seulement pour une année.Ils ont plutôt pris racine ici.« Pour mes parents, ça ne faisait pas de doute que leur histoire a fonctionné parce qu\u2019ils se sont rencontrés dans un nouvel endroit, plutôt que sur le territoire de l\u2019un ou de l\u2019autre.Ils repartaient sur une nouvelle base.Et Montréal, c\u2019est beaucoup ça, je trouve.» La cinquième édition de Foirée montréalaise, ce chaleureux spectacle- party des Fêtes à La Licorne qui mixte contes, musique et souvenirs « géolo- calisés » de ses créateurs, rend donc hommage à l\u2019arrondissement qu\u2019on dit le plus populeux de la ville.Et l\u2019un des plus cosmopolites.Ariel Ifergan, qui a vécu 26 ans dans Côte-des- Neiges, y voit un quartier plein d\u2019espoir malgré les défis qui sont les siens, comme la pauvreté.« Il y a là beaucoup de gens en transit, qui sont en train de relancer un nouveau plan de vie.» Le coin abrite une large concentration de gros hôpitaux et d\u2019établissements d\u2019enseignement.Notamment, comme l\u2019a expliqué un urbaniste aux artistes de la production, parce qu\u2019« à une certaine époque, c\u2019était la banlieue de Montréal », donc une réserve d\u2019air pur.« Les hôpitaux et les écoles, ce ne sont pas des endroits anodins, ajoute Ifergan.Ce sont des lieux d\u2019espoir, de transition, de moments importants.» Pour nourrir son texte de Foirée, l\u2019auteur-interprète s\u2019est inspiré de son adolescence « assez remuante », des promenades avec le chien (ce qui force à arpenter longuement les rues d\u2019un quartier\u2026) et de toutes les rencontres qu\u2019on peut faire à cette occasion.Le spectacle joue sur la ligne, qu\u2019Ariel Ifergan affectionne beaucoup, entre fiction et autobiographie.« Alors mon texte est plein d\u2019éléments vrais, qui sont arrivés, soit à moi, soit à des amis, et que j\u2019ai mélangés dans un blender fictionnel pour en faire une histoire.J\u2019aime beaucoup cette zone-là.Et de la façon dont je joue le texte, j\u2019ai un personnage.» L\u2019acteur n\u2019est pas étranger à l\u2019écriture, ayant pris la plume pour six productions jusqu\u2019à maintenant.En 2007, il cosignait notamment, avec Anne Millaire, Z comme Zadig.Une adaptation, fort bien accueillie, du conte de Voltaire, où Ifergan interprétait aussi tous les rôles.Le Côte-des-Neiges d\u2019Ariel Ifergan Le comédien a écrit sur son quartier d\u2019origine pour sa participation à Foirée montréalaise Foirée montréalaise Textes : Pascal Contamine, Isabel Dos Santos, Ariel Ifergan, Louis- Dominique Lavigne, Joël Nawej, Julie Renault-Roy, Andréanne Théberge, Davyd Tousignant.Contribution à l\u2019écriture : Karine Cousineau et Emmanuel Schwartz.Mise en scène : Martin Desgagné.Direction artistique : Yvan Bienvenue.Une production du Théâtre Urbi et Orbi.À La Licorne, du 3 au 21 décembre.Ariel Ifergan, qui a vécu 26 ans dans Côte-des-Neiges, y voit un quartier plein d\u2019espoir malgré les défis qui sont les siens, comme la pauvreté.« Il y a là beaucoup de gens en transit.» VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR A LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Théâtre 15 Année sportive Au théâtre, Ariel Ifergan vient de vivre une belle année, très « sportive » (« c\u2019est vraiment grisant de jouer autant, mais il faut être très strict [dans son régime de vie] »), enchaînant Oslo chez Jean-Duceppe, Fanny et Alexandre au théâtre Denise-Pelletier et La maison aux 67 langues à La Licorne.Formé à l\u2019UQAM il y a exactement vingt ans, le comédien aura touché un peu à tout, dont à la mise en scène (particulièrement au Centre Segal) et à un peu d\u2019enseignement, ayant toujours travaillé à temps plein dans son domaine, se réjouit-il.Son identité sépharade n\u2019a pas été un frein, répond le très affable artiste lorsque je lui pose la question.« Au niveau professionnel, tout le monde a des défis ! Parfois, c\u2019est [notre type d\u2019emploi], parfois c\u2019est l\u2019identité.Moi, j\u2019ai toujours eu énormément de travail.Il y a eu des défis dans ma carrière.Est-ce qu\u2019ils sont dus à ça ?Peut-être.Mais si j\u2019avais été quel- qu\u2019un d\u2019autre, il y aurait eu des défis différents.» L\u2019interprète, qu\u2019on a pu voir dans Ruptures, Alerte Amber ou Cerebrum, constate néanmoins des changements quant aux rôles qui lui sont offerts au petit écran.« Récemment, j\u2019ai eu des personnages où on n\u2019a même pas abordé le sujet de mon accent.» Il cite en exemple un travailleur de la construction, dont on devine qu\u2019il a des origines étrangères, mais sans que ça définisse le rôle.Une évolution très positive.Ariel Ifergan voit aussi une mutation au théâtre, tout en regrettant qu\u2019actuellement, il y ait une « petite crispation.Certains diront qu\u2019elle est nécessaire pour vraiment passer à l\u2019étape suivante ».Lui pense, et espère, plutôt que la situation « va finir par se détendre un peu.Dans le sens qu\u2019il y a des gens, pleins de bonnes intentions, qui veulent faire avancer les choses, veulent plus d\u2019égalité par rapport à la diversité.Certains le font de façon adroite et harmonieuse.Et c\u2019est merveilleux.Parfois c\u2019est fait de façon un peu grinçante.C\u2019est moins mon style ».En fait, ironiquement, en raison de son physique méditerranéen, le Montréalais juif a beaucoup joué de personnages arabes au cours de sa carrière.Dans La maison aux 67 langues \u2014 produite par la compagnie qu\u2019il a cofondée en 2003, Les Productions Pas de Panique \u2014, pièce sur le conflit en Israël, il campait ainsi un Palestinien\u2026 Comme dans le téléroman Virginie, de 2006 à 2010.Une proximité qu\u2019il explique par ses origines sépharades du Maroc.« C\u2019est sûr qu\u2019au niveau culturel, je suis mille fois plus proche d\u2019un Maghrébin que d\u2019un Juif polonais.On est des Méditerranéens.» Si cela a donné lieu à des situations « vraiment cocasses » (« je pense que la confusion \u2014 est-il musulman, juif ?\u2014 est demeurée pendant longtemps dans l\u2019esprit de certains producteurs »), la situation ne l\u2019a jamais dérangé.« Au contraire, je suis toujours flatté.C\u2019est sûr que parfois, c\u2019était délicat.J\u2019étais inquiet avant de recevoir tel texte.Mais ça s\u2019est toujours bien passé.» C\u2019est le sens global de l\u2019œuvre qui lui importe.Le respect.Est-ce que ça facilite la compréhension de l\u2019autre, de se mettre dans sa peau ?Ariel Ifergan pense que oui.Un exercice obligé chez les comédiens, qui ne peuvent pas juger leur personnage.« Une chose est sûre, ça aide à ne pas voir les choses en noir et blanc.Et malheureusement, ce qui m\u2019inquiète, c\u2019est ça, la tendance\u2026 » réalisation Annabelle Mauger & Julien Baron PLU S DE 25 0 00 B ILLE TS VEN DUS ! L\u2019EXPOSITION IMMERSIVE BILLETTERIE : imagine-vangogh.ca BILLETS MAINTENANT DISPONIBLES DÈS LE 5 DÉCEMBRE 2019 \u2026une vraie apparition dans un univers classique C.Huss, Le Devoir Un programme à la hauteur de son génie ! Œuvres de Scarlatti, Medtner, Ravel, Liszt 19 janvier 2020, 14h30 Maison symphonique RETOUR TRÈS ATTENDU LUCAS DEBARGUE Phénoménal pianiste Présenté par 514 842-2112 / 1 866 842-2112 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 C ultur e Art s visuels 16 CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Les musées et galeries accueillent de plus en plus d\u2019art créé par des artistes des Premières Nations.Certains trouvent le moyen de s\u2019en plaindre, y voyant une domination du politiquement correct, les œuvres ainsi conviées ne correspondant pas toujours à nos critères esthétiques.Que répondre ?Que c\u2019est très bien ainsi ! Nos certitudes en matière d\u2019art et de bon goût sont aussi remises en question à travers des créations qui ne correspondent pas toujours au dogme artistique dominant.À la galerie Leonard et Bina Ellen, des œuvres de Shuvinai Ashoona, artiste née en 1961 à Kinngait au Nunavut, permettront déjà d\u2019interroger notre vision de ce qui est ou devrait être l\u2019art créé par une Inuite.Nous sommes ici loin du rendu formel ou du choix des sujets de la sculpture en pierre à savon, en os de baleine ou de l\u2019inukshuk.Mais ce n\u2019est pas pour autant que Shuvinai Ashoona se refuse totalement à mettre en scène des sujets qui pourraient sembler traditionnels.Ainsi, un dessin montre deux personnes découpant un phoque.L\u2019artiste nous offre une relecture de l\u2019art inuit traditionnel qui, malgré ce qu\u2019on a pu en penser pendant longtemps, se dévoile comme beaucoup plus qu\u2019un spectacle folklorique pour Blancs occidentaux.Et la réalité de la vie des Inuits continue d\u2019avoir sa place dans les images d\u2019Ashoona.En même temps, elle travaille ces thèmes en les poussant plus loin, en élargissant leurs résonances.Elle nous montre par exemple des images de globes, d\u2019univers habités de réels animaux sauvages (ours, narvals\u2026) ou de créatures et de monstres inventés qui soulignent comment nos mondes réels et imaginaires sont interconnectés.Dans une œuvre intitulée simplement Composition, on a le sentiment que la chaîne formée par des humains et des animaux de la Terre qui se tiennent par la main symbolise comment notre monde est viable, à condition de reconnaître sa nature interrelationnelle.Le système écologique de la Terre est une imbrication entre toutes les formes de vie quelle que soit la latitude où elles sont implantées\u2026 Les dessins de grand format de Shuvinai Ashoona, réalisés avec des marqueurs fins et des crayons de couleur sur du papier, s\u2019inscrivent donc avec originalité dans la démarche de sa cousine germaine Annie Pootoo- gook (1969\u20132016), morte dans de bien tristes conditions, ou de sa grand-mère Pitseolak Ashoona (1908\u20131983).Malgré toutes les qualités de l\u2019œuvre de cette artiste, la commissaire de cette expo semble croire encore en la nécessité de justifier la pertinence de son exposition dans une galerie d\u2019art.À un mur, un panneau explicatif insiste sur la reconnaissance de son travail sur la scène internationale.L\u2019inclusion des œuvres de cette artiste dans le livre Vitamine D2 portant sur le dessin \u2014 livre publié aux célèbres Éditions Phaidon \u2014 ainsi que leur présentation dans des expositions à Bâle en Suisse, à Sydney en Australie, à North Adams au Massachusetts ou à Santa Fe au Nouveau-Mexique justifieraient la consécration de son travail ici, au Canada\u2026 Comme quoi nous avons encore besoin du regard approbateur des autres pour être sûrs que notre art mérite d\u2019être célébré.Pourtant, même sans cela, son travail mérite notre attention.Il y a une quinzaine d\u2019années, un directeur de musée auquel on reprochait de ne pas montrer assez d\u2019œuvres créées par des femmes ou des Autochtones nous répliquait qu\u2019il ne choisissait pas l\u2019art fait par des femmes, des Noirs, des Autochtones, des homosexuels ou des handicapés [sic], mais des œuvres de qualité.Il semblait croire que nos critères esthétiques ne sont pas conditionnés par nos identités, qu\u2019ils sont transhis- toriques et transculturels.Qui oserait encore de nos jours proclamer ce genre de vision réductrice ?Et ce, même si, à l\u2019évidence, le travail d\u2019Ashoona déborde du cadre des racines culturelles dont il est issu.Art inuit ou art actuel ?Le travail de Shuvinai Ashoona déborde du cadre des racines culturelles dont il est issu Cartographier des univers Shuvinai Ashoona.Commissaire : Nancy Campbell, assistée de Justine Kohleal.À la galerie Leonard et Bina Ellen jusqu\u2019au 18 janvier.Œuvres baroques allemandes profanes et sacrées de Christoph Graupner Mercredi 4 déc.à 19 h 30 514 285-2000 # 4 ideesheureuses.ca 514 343-6427 musique.umontreal.ca Tarif régulier : 14 $ Étudiant : gratuit* 220, avenue Vincent-d\u2019Indy Métro Édouard-Montpetit * Le soir du concert seulement 1 9 \u2013 2 0 FACULTÉ DE MUSIQUE Université de Montréal Salle Claude-Champagne § LA SYMPHONIE FANTASTIQUE Samedi 7 décembre 19 h 30 J.WILLIAMS Harry Potter and the Sorcerer\u2019s Stone (extraits) RAVEL Concerto pour la main gauche BERLIOZ Symphonie fantastique ORCHESTRE DE L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL FÉLIX MARQUIS, piano JEAN-FRANÇOIS RIVEST, direction LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 C ulture Arts vi suels 17 La réalité de la vie des Inuits continue d\u2019avoir sa place dans les images d\u2019Ashoona.En même temps, elle travaille ces thèmes en les poussant plus loin, en élargissant leurs résonances.PAUL LITHERLAND Et un livre Cette exposition de l\u2019œuvre de Shuvinai Ashoona est présentée au moment même où un livre \u2014 préparé lui aussi par Nancy Campbell \u2014 est publié sur son travail par l\u2019Institut de l\u2019art canadien.Cet organisme fondé en 2012 par Sara Angel tente de remédier au manque de recherche et d\u2019éducation en art canadien.L\u2019IAC organise des conférences gratuites, des expositions virtuelles sur son site Internet.Il publie aussi en anglais et en français six livres en ligne par an, ouvrages que vous pouvez téléchar- ger.Certains peuvent aussi être achetés en version papier (malheureusement en anglais).Ont déjà été écrits des ouvrages sur Tom Thomson, Ozias Leduc, Paul-Émile Borduas, Françoise Sullivan, Greg Curnoe, General Idea\u2026 En décembre 2019 sortira un Jean-Paul Riopelle par François-Marc Gagnon, grand historien de l\u2019art décédé en mars dernier.En 2020 suivront des ouvrages sur Sorel Etrog, Mary Pratt et Annie Pootoogook.PRÉSENTEMENT AU CINÉMA UN FILM DE GUILLAUME DE FONTENAY NIELS SCHNEIDER VINCENT ROTTIERS ELLA RUMPF PROJECTIONS SPÉCIALES EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR CE SOIR AU QUARTIER LATIN À 19H ET LE 1ER DÉCEMBRE AU CINÉMA BEAUBIEN À 14H30 «SAISISSANT!» PARIS MATCH «BOULEVERSANT!» ÉCRAN LARGE LE PARISIEN LE FIGARO GRAND PRIX PRIX DU PUBLIC PRIX DU JURY JEUNES MEILLEUR ACTEUR SAINT-JEAN-DE-LUZ FESTIVAL 2019 PRIX DU PUBLIC PRIX DE LA CRITIQUE MEILLEURE ACTRICE MEILLEUR ACTEUR WATERLOO FESTIVAL 2019 COUP DE CŒUR DU PUBLIC COUP DE CŒUR DU JURY - LA CARTE COUP DE CŒUR JURY - ÉTUDIANTS COUP DE CŒUR JURY - LA MAIF LES RENCONTRES CINESSONNE FESTIVAL 2019 PALME DE BRONZE VALENCE FESTIVAL 2019 « UN GRAND FILM.NIELS SCHNEIDER, HALLUCINANT.» TÉLÉRAMA « PUISSANT ET POIGNANT.» ÉCRAN LARGE «REMARQUABLE!» L\u2019OBS « IMPRESSIONNANT D\u2019AUTHENTICITÉ.» L\u2019EXPRESS P h o t o d e C h r i s L e e Chanteurs européens, danseurs de salon et ballet 1er janvier \u2022 14 h 30 514.842.2112 \u2022 salutetovienna.com/montreal Produit par Attila Glatz Concert Productions , chef d\u2019orchestre (Vienne) LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 C ultur e Art s visuels 18 CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR On associe souvent l\u2019œuvre sur papier, notamment le dessin, à l\u2019intimité, à la fragilité et même à la simplicité.Un trait et, pfiou, c\u2019est fait.Sauf que le dessin peut aussi être monumental, solide, complexe.L\u2019exposition Mille-feuilles.Quand le dessin a lieu, à la Maison des arts de Laval, rend compte de la multitude de voies et de formes qu\u2019un trait, aussi simple soit-il, peut prendre.Quinze artistes ont été réunis par l\u2019historienne de l\u2019art Lise Lamar- che.Quinze dessinateurs, devrait- on dire, bien que certains soient connus comme sculpteurs (Michel Goulet, Louise Viger), comme peintres (Louise Robert, Trevor Gould) ou comme auteurs d\u2019installations (Karilee Fuglem, Simon Bilodeau).La professeure retraitée de l\u2019Université de Montréal n\u2019a pas emprunté sa nouvelle carrière de commissaire d\u2019expos pour dicter un abrégé quelconque.Sa troisième expo en six ans n\u2019a rien de didactique.Pas de sous- thèmes, pas de panneaux indicateurs, pas de parcours déterminé.Comme le dessin, Mille-feuilles est libre d\u2019usage.L\u2019âme d\u2019historienne de la commissaire ne s\u2019exprime que dans les références qu\u2019elle cite dans l\u2019opuscule de l\u2019expo.Elle se montre même redevable envers ceux qui l\u2019ont précédée en proposant une « petite liste (vraiment trop courte) » d\u2019expositions de dessins au Québec.Subjective, voire passionnelle, plutôt que théorique, la sélection inclut des « figures tutélaires » en Suzanne Pasquin et André Jasmin, deux artistes qui ont transmis à Lise Lamarche « la connaissance du fusain, de la gouache et de la transparence ».Elle honore aussi deux cas récents d\u2019art public (son expertise comme chercheuse) sur le territoire lavallois (lieu de sa résidence).Ceux-ci concernent les œuvres de l\u2019amphithéâtre voisin de la Maison des arts inauguré en 2017, notamment celle de feu Louise Viger, que l\u2019expo salue dès son seuil.Papiers, tissus, tampons\u2026 Deux « traits » traversent Mille-feuilles : la richesse des matériaux et l\u2019importance du processus de création.« Quand le dessin a lieu », il n\u2019a pas nécessairement lieu sur une feuille de papier.Sur mille plutôt, ou sur cent, comme chez Stéphanie Beaulieu et ses photocopies recto verso.Ou sur un nombre imprécis de pages, comme dans le carnet de travail de François Morelli \u2014 le dessinateur de l\u2019expo.Les feuilles, elles, ne sont pas qu\u2019en papier.Pour les jeux de lumière, d\u2019ombres et d\u2019invisibilité de son installation aérienne Sans titre (waves), Karilee Fuglem utilise du polyester.Jannick Deslauriers dessine, elle, un paysage de fils électriques avec du tulle, de la soie et du plastique pour sa sculpture Ligne brisée.Au-delà de la question des matériaux, peut-être même à cause de cette question, Mille-feuilles ne fait abstraction ni des outils (les tampons encreurs chez Morelli ou chez Louise Robert) ni du mobilier d\u2019appoint.Dans le cas de En répétition, d\u2019Anthony Burnham, il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019un présentoir contenant des œuvres, mais de « dix dessins et une sculpture ».Parler outils et mobilier, c\u2019est évoquer l\u2019atelier et, donc, le travail derrière l\u2019œuvre.Protocolaire, le dessin ?Il suit à tout le moins certains rituels.Autre dessinatrice émérite, Renée Lavaillante affiche son processus de création aux côtés de l\u2019œuvre terminée, preuve que l\u2019une ne va pas sans La complexité d\u2019un trait Mille-feuilles propose peut-être une énième exposition de dessins, mais celle-ci est audacieusement subjective l\u2019autre, preuve que l\u2019un et l\u2019autre sont d\u2019égale importance.Au sujet de Ce que la main a vu\u2026, Lavaillante écrit : « Cycle de travaux à l\u2019aveugle.Il y aura trois chutes de petits galets.À trois reprises, je remplacerai chaque galet par un gaufrage, puis tenterai, à tâtons et les yeux clos, de retrouver ces saillies.Le crayon marque cette recherche à l\u2019aveugle.» Le travail à l\u2019aveugle a été un procédé marquant au début de la carrière de Raphaëlle de Groot, artiste de la collecte et de la rencontre.Ses Dévoilements (1996-2001), à la fois stage dans une réserve muséale et portraits de religieuses, n\u2019auraient pas été possibles sans le protocole qu\u2019elle a imposé, à elle et aux membres d\u2019une congrégation.« Je les dessinais à l\u2019aveugle pendant qu\u2019elles, à l\u2019aveugle, dessinaient une couronne de profession », explique un des cartels de De Groot.La mise en place de toutes ces aventures exploite quelques points communs.Le travail en série, ou exercice « en répétition », rapproche ainsi Burnham de De Groot, ainsi que des aquarelles de Trevor Gould ou celles, presque miniatures, de Jean- François Lauda.Malgré quelques murs diviseurs, la salle d\u2019expo demeure une aire ouverte où les œuvres, même à distance, se répondent.Le dessin, art sans limites, est magnifié par la monumentale proposition in situ de Morelli, inscrite à coups de tampons encreurs dans le foyer du théâtre.Le personnage plus grand que nature de Soulèvements, certains pourraient le voir comme la silhouette géographique de Laval.Sans limites, vous dit-on.Mille-feuilles.Quand le dessin a lieu À la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval, jusqu\u2019au 9 février François Morelli, Soulèvements, 2019 GUY L\u2019HEUREUX La photographie de Matthieu Brouillard est à ranger dans cette zone où les plus sombres réalités donnent lieu à des épopées fantaisistes.Fortement narratives et baroques, les images de celui qui occupe depuis 2019 les fonctions de photographe en chef du Centre canadien d\u2019architecture sont à l\u2019honneur à la galerie La Castiglione.L\u2019exposition comprend deux séries.Christian F., parapentiste malvoyant (2016) confronte cécité et liberté.La seconde, Fragments de la ruine mère (2019), inédite, fait d\u2019une architecture en ruine (une ancienne base aérienne nazie) un lieu aux mille récits.Bien que pas nouvelle, l\u2019approche de Brouillard exalte couleurs et lignes, à la manière d\u2019un Robert Polidori, pour rendre aux bâtiments chaleur et humanité.Jérôme Delgado SUR LE RADAR Matthieu Brouillard À La Castiglione jusqu\u2019au 14 décembre.Récits baroques « Sans titre (poussins) », de la série Fragments de la ruine mère, 2019 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Danse 19 chorégraphique personnelle.« Je suis davantage intéressé à la gigue en tant que langage en soi et capable de créer un dialogue avec les interprètes que par son côté virtuose.Cela me fascine de constater comment la gigue peut être très éclatée et extrêmement précise ; combien elle peut demander une grande méticulosité.» Benjamin Hatcher promet « une pièce où ça bouge beaucoup physiquement.Du travail de solo, des échanges intimes en duo\u2026 La somme du travail entre interprètes pouvant être exprimée de manière tantôt intimiste, tantôt dans une grande exubérance.» Accordant une grande importance à l\u2019intention du geste, à l\u2019importance du toucher, du regard et du contact entre les interprètes, le langage chorégraphique de Benjamin Hat- cher parle d\u2019altruisme, de solidarité\u2026 « Avant tout, je veux engager et interpeller le spectateur, pour qu\u2019il se sente concerné par l\u2019évolution de ces personnages qui composent un collectif, une mini-société qui trouve l\u2019unité dans la diversité.La gigue prend son pouvoir dans sa façon d\u2019être une expression collective, comme un slogan qui serait scandé dans la rue par des jeunes en train de manifester pendant le Printemps érable ! » La vulnérabilité de la condition humaine est au cœur de la pensée créatrice de Benjamin Hatcher, qui a voulu faire écho au besoin de compassion interpersonnelle qui, selon lui, manque cruellement à notre époque.« J\u2019ai senti le besoin de réagir aux discours de jugement, d\u2019intolérance et d\u2019indifférence qui domine le monde, en réunissant un collectif d\u2019individuels auquel le spectateur peut s\u2019identifier.Ces danseurs incarnent la recherche d\u2019une nouvelle façon de faire, de voir la vie, et même, un renouveau spirituel.» Gigueurs d\u2019aujourd\u2019hui Avec Sonore Dés_accord, le chorégraphe Benjamin Hatcher propose une exploration et une modernisation de l\u2019expression québécoise traditionnelle Sonore Dés_accord De Benjamin Hatcher.Au théâtre aux Écuries, les 5, 6, 7, 10, 11, 12, 13 et 14 décembre, 20 h.ENTREVUE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRICE LE DEVOIR vec Sonore Dés_accord, le chorégraphe Benjamin Hatcher compose un espace de rencontre des corps, porté par des danseurs en quête d\u2019exploration de la précarité et de la fragilité des relations humaines.La recherche de soutien et de reconnaissance constitue le moteur de cette pièce rendue par sept interprètes formés en gigue traditionnelle ou contemporaine.« Je côtoie le milieu de la gigue depuis une douzaine d\u2019années.C\u2019est un mouvement qui tapisse de plus en plus le paysage de la danse.La pratique de la gigue célèbre l\u2019expression québécoise traditionnelle, tout en participant à une modernisation de cette forme de danse », partage Benjamin Hatcher.Figure bien connue du circuit de la danse montréalaise, Benjamin Hatcher a dansé Carmina Burana et autres grandes œuvres au sein des Grands ballets canadiens, avant de se frotter au contemporain (Les petites sociétés, L\u2019exil/l\u2019oubli\u2026) du côté de la Fondation Jean-Pierre-Perreault.Sa fascination perpétuelle pour les séquences rythmiques a justement pris forme pendant ses années avec Jean-Pierre Perreault.« C\u2019est un univers sonore qui m\u2019a beaucoup marqué : l\u2019écoulement du temps, le battement rythmique et sonore, le travail de groupe avec les pieds.Je réalise à quel point ce travail est resté proche de moi, et ce, de façon viscérale.» C\u2019est toutefois en 2003, lors de la création d\u2019une pièce pour Les sortilèges, que Benjamin Hatcher s\u2019est d\u2019abord initié aux subtilités et aux rudiments de la gigue.La possibilité d\u2019entrer en déséquilibre, les élans physiques portés tantôt musclés, tantôt empreints de délicatesse, la sonorité des pieds\u2026 Toutes ces possibilités séduisent et inspirent le chorégraphe qui, 16 ans plus tard, renoue avec ce genre, s\u2019entourant d\u2019un groupe de danseurs qui, selon lui, constituent « le noyau fort du mouvement de la gigue contemporaine ».« Ce sont des danseurs très polyvalents, avec de l\u2019expérience en ballet, en danse urbaine, en capoeira, en danse contemporaine\u2026 Ce genre de bagage est très intéressant pour un créateur.» L\u2019unité dans la diversité Le travail de recherche et d\u2019amalgame de la gigue et du contemporain, poursuit le créateur, lui a permis de réaliser des explorations corporelles et de faire émerger une signature A Benjamin Hatcher promet « une pièce où ça bouge beaucoup physiquement ».VANESSA FORTIN Avant tout, je veux engager et interpeller le spectateur, pour qu\u2019il se sente concerné par l\u2019évolution de ces personnages qui composent un collectif, une mini-société qui trouve l\u2019unité dans la diversité BENJAMIN HATCHER » LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Classique 20 que de voir ce chef diriger l\u2019Orchestre du Gouvernement général de Cra- covie ! Swarowsky y a été placé car il est un protégé de Richard Strauss.À Cracovie, il est donc assujetti au gouvernement de Hans Frank, surnommé le « Bourreau de la Pologne », condamné à mort à Nuremberg.Ce que prétend l\u2019article de Corina Kolbe paru dans la Neue Zürcher Zeitung du 22 novembre à Zurich, à partir d\u2019entretiens réalisés avec Manfred Huss, président de l\u2019Académie Swarowsky et éditeur d\u2019une édition augmentée du livre du chef d\u2019orchestre (Wahrung der Gestalt.Le respect des formes), c\u2019est qu\u2019une fois en place à Cracovie, Swarowsky utilisa l\u2019orchestre et le chœur pour faire sortir du camp de P?aszów des juifs et des résistants.« C\u2019est de ce camp que venaient les juifs sauvés par Oskar Schindler », écrit Corina Kolbe.Du blanc dans le noir Ces révélations font tout à fait sens.Swarowsky, qui avait passé une bonne partie des années nazies en Suisse et à Salzbourg, avait offert à l\u2019Angleterre son aide en tant qu\u2019espion (« ses honoraires étaient versés à New York à son fils Anton », nous révèle Kolbe).Il était sur une voie de garage en Allemagne.De son côté, Hans Frank en menait large en Pologne.Dès 1982, Fred K.Prieberg montrait que la musique était son talon d\u2019Achille.Prieberg relate un épisode du 11 juin 1944 où Richard Strauss avait sommé Frank de relâcher des personnes de sa connaissance « qui croupissait mouvements de résistance : le catholique polonais et le communiste\u2026 » Cette confession de Hans Swarow- sky n\u2019est pas une révélation.Cette lettre du 16 mars 1964 à Fred K.Prie- berg, le plus grand historien de la musique sous le Troisième Reich, clôt l\u2019ouvrage de référence Musik im Ns- Staat paru en 1982.Le crime du chef d\u2019orchestre Hans Swarowsky aux yeux du chef de la propagande Goebbels avait été de refuser que l\u2019on joue la 9e Symphonie de Beethoven, bref que l\u2019on chante « tous les hommes seront frères », à des Allemands et à des Polonais dans une salle décorée de drapeaux à croix gammées.Un passé discret Ces actions, Hans Swarowsky ne s\u2019en est jamais vanté.Swarowsky était un Viennois.S\u2019il est né à Budapest, en 1899, c\u2019est parce que sa mère, Leo- poldine, 18 ans, actrice du Théâtre populaire de Vienne, l\u2019a conçu hors mariage et est allée se mettre au vert pour lui donner naissance.Le père ne fut jamais connu.Swarowsky fit mine d\u2019accorder crédit à l\u2019hypothèse qu\u2019il puisse s\u2019agir de l\u2019archiduc Otto François Joseph (1865-1906).En 1933 un père « officiel » notarié lui fut trouvé, un industriel catholique bon teint, certificat d\u2019aryanité oblige.C\u2019était plus sûr pour ce qui s\u2019en venait, car tout porte à croire que son géniteur fut Josef Kranz, l\u2019homme le plus riche de la monarchie, un banquier juif, fils d\u2019un rabbin d\u2019Auschwitz, en Pologne.C\u2019est lui qui paya pour l\u2019éducation de Hans et fournit le luxueux logis à sa mère et à sa sœur.Swarowsky était resté très discret sur ses activités pendant la Deuxième Guerre mondiale.Le livre de Fred K.Prieberg est le seul qui fait mention de lui.Le nom de Swarowsky n\u2019apparaît ni dans The Inextinguishable Symphony de Martin Goldsmith, ni dans Hitler and the Power of Aesthetics de Frederic Spotts, ni dans Polisierte Or- chester de Fritz Trümpi ou Les voix étouffées du IIIe Reich d\u2019Amaury du Closel.Quelle étrange destinée, en considérant sa très probable origine juive, La musique universelle de Hans Swarowsky Peu connu du grand public, il fut pourtant un chef déterminant du XXe siècle Le chef d\u2019orchestre Hans Swarowsky était resté très discret sur ses activités pendant la Deuxième Guerre mondiale.ARCHIVES HANS SWAROWSKY AKADEMIE ÉCLAIRAGE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e chef Hans Swarow- sky (1899-1975) est plus connu pour son legs pédagogique que pour son héritage discographique.Au moment où paraît, sur étiquette Profil, un coffret commémoratif, un article de la Neue Zürcher Zeitung, en Suisse, met l\u2019accent sur le passé d\u2019un « Oskar Schindler de la musique » pendant ses années polonaises à Cracovie durant la Seconde Guerre mondiale.« Goebbels envoya un émissaire, Rainer Schlösser, qui, en ma présence, par une diatribe hautement dramatique, enclencha mon renvoi immédiat et mon remplacement par le très solide nazi monsieur Konwitschny, persona grata chez ces messieurs.[\u2026] Deux semaines plus tard, je vis arriver les chars russes et sautai dans le dernier train.Les musiciens voulaient me retenir, mais je connaissais trop bien les deux L LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Classique 21 dans ces stupides camps de concentration », liste de noms à l\u2019appui.Selon Manfred Huss interrogé par Le Devoir : « Strauss n\u2019a apparemment pas eu de succès avec sa demande, mais Swarowsky savait s\u2019y prendre.La passion de Frank pour la musique l\u2019amenait à vouloir avoir à Cracovie un orchestre de pointe.C\u2019était le levier pour Swarowsky pour prétendre qu\u2019il n\u2019y avait plus assez de musiciens disponibles et qu\u2019il avait le choix entre pas d\u2019orchestre ou un orchestre et un chœur avec des gens libérés des camps.Swarow- sky a fourni l\u2019orchestre et Frank lui a évité en décembre 1944 d\u2019être arrêté par la Gestapo » Selon Manfred Huss, Swarowsky « a aidé directement au moins 80 personnes, plus 200 musiciens qu\u2019il a intégrés à l\u2019orchestre », mais on ne sait pas exactement combien de personnes il a pu sauver.Bourreau certes, mais personnage complexe et tiraillé, Frank, de son côté, désobéissait aux ordres de Berlin demandant de réserver aux Allemands la musique de l\u2019Orchestre du Gouvernement général de Cracovie.Frank avait ouvert les concerts à tous et organisait des reprises uniquement pour les Polonais.La position de chef de l\u2019orchestre personnel du « Bourreau de la Pologne » à Cracovie en 1944, à l\u2019ombre des pires camps de concentration et d\u2019extermination, a probablement nui à la carrière de Hans Swarowsky.Après sa fuite de Cracovie par le dernier train, il a été hébergé et caché par Richard Strauss au sud-ouest de Munich.La liste grise Après la guerre, Swarowsky figura brièvement sur la liste « grise » des Américains, puis fut rapidement dénazifié.En public, il n\u2019a rien dit, il ne s\u2019est vanté de rien.Swarowsky fit sa carrière essentiellement à Vienne avec 1000 représentations de concerts et d\u2019opéras après la guerre, dont 500 avec l\u2019Orchestre symphonique de Vienne.Mais ce que l\u2019on retient de lui, c\u2019est sa carrière de pédagogue puisque, enseignant la direction d\u2019orchestre à Vienne, il est le patriarche qui a formé entre autres Claudio Abbado, Zubin Mehta, Mariss Jansons, Jesús López Cobos, Dimitri Kitaenko, Giuseppe Sinopoli ou les frères Adam et Iván Fischer.Swarowsky a aussi réalisé 200 enregistrements à peu près tous oubliés aujourd\u2019hui.Pour l\u2019étiquette Profil, Reinhard Kapp de l\u2019Université de Vienne et la Hans-Swarowsky-Akade- mie, présidée par Manfred Huss, ont travaillé à la compilation d\u2019un coffret de 11 CD.L\u2019intérêt de ces documents datés (avec quelques distorsions parfois) est essentiellement historique, puisqu\u2019on redécouvre esthétiquement celui qui Au concert cette semaine Festival Bach.Semaine finale du festival avec, notamment, la venue de Maurice Steger dimanche à 18 h à la salle Bourgie, le concert du violoncelliste Christian- Pierre La Marca, lundi, et Les Idées heureuses, mercredi, au même endroit à 19 h 30, la première partie de l\u2019Oratorio de Noël, mardi et mercredi, avec Kent Nagano à la Maison symphonique, Reinhard Goebel, jeudi, à Saint-Viateur et The Knights, en clôture, samedi, à Saint-Pierre- Apôtre.Maxim Rysanov.Le grand altiste et chef revient à I Musici, après un premier contact éblouissant pour un concert autour de Schubert et Britten.Le compositeur anglais sera illustré à travers ses Lachrymae et sa Sinfonietta.Schubert sera entendu en version originale (Symphonie no 5) ou en tant qu\u2019inspirateur : Der Erl- könig d\u2019Akhunov et Fantasy Homage to Schubert de Tabakova.À la salle Bourgie, jeudi 5 décembre à 19 h 30.a formé de grands chefs des 40 dernières années.On n\u2019y déniche pas de « références », mais on rencontre un musicien d\u2019une « honnêteté fanatique par rapport à la partition », pour reprendre les mots de Claudio Abbado et comme en témoigne la 9e Symphonie de Schubert.Swarowsky file droit et clarifie les architectures.Cet esprit, Hermann Scherchen et ensuite Michael Gie- len l\u2019ont incarné avec plus de panache et des orchestres plus affûtés (Gielen).Mais le portait est juste, avec notamment la 3e Symphonie de Mahler, dont Swarowsky possédait la partition annotée par Mahler après la première exécution et, en fin de coffret, deux disques rares et précieux consacrés à Wagner et à Johann Strauss enregistrés en grande partie avec le Philharmonique tchèque.On trouve même un disque étrange, totalement expérimental : les Concertos nos 21 et 27 de Mozart avec Friedrich Gulda en 1963 qui tente, musicalement, le diable, comme Swa- rowsky l\u2019avait fait, dans sa vie, 19 ans plus tôt ! Hans Swarowsky The Conductor Œuvres de Mozart, Haydn, Beethoven, Mahler, Schubert et autres, Profil, 11 CD, PH 18061.En collaboration avec Une exposition réalisée par Pointe-à-Callière en partenariat avec le Musée Art & Histoire de Bruxelles.Figurine féminine : Collection P.& D.Janssen-Arts, L\u2019Agence des Arts et du Patrimoine de la communauté flamande et le MAS, Antwerpen - Photo : Hugo Maertens Figurine zoomorphe de lama : Musée du quai Branly \u2013 Jacques Chirac Vase du Pérou : Linden-Museum Stuttgart - Photo : D.Drasdow LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Disque 22 Huit « grosses tounes » pour « 20 ans d\u2019une pas pire épopée », c\u2019est peu, n\u2019est-il point ?C\u2019est tout ce qu\u2019un elpé (LP, comme dans long-playing) peut prendre, ô dépit.Et pourquoi pas une patente à deux pans, sapristi, un double album pour tout dire ?Pensez qu\u2019on s\u2019est passé de Deviens-tu c\u2019que t\u2019a voulu ?C\u2019est pourtant LA question à laquelle répond cette ponction du corpus, cette compilation pas piteuse : pertinence partout.Daniel Boucher s\u2019est inventé une langue, profusion d\u2019expressions décomplexées, de néologismes épatants, posée sur des musiques imparables, autant les pétarades que les petits bruitages.Payante ou pas payante, la huitaine privilégiée le répète à per- pette : c\u2019est le pied, du Boucher.La désise autant qu\u2019Embarques-tu, La patente autant que Le soleil est parti.La p\u2019tite dernière, la plus-value de l\u2019opération, qui s\u2019appelle opportunément Les gâteaux de fête, proclame la suite à pleins poumons : « On aura des soleil, on aura des tempêêêêtes ! » Sylvain Cormier 20 ans d\u2019une pas pire épopée Daniel Boucher, Boucane bleue COMPILATION Quel titre ! Quel EP, aussi ! Retenons deux choses de Gentil pour un Noir du MC montréalais Raccoon City, son second cette année : d\u2019abord, le jeune rappeur, rompu aux joutes oratoires du circuit WordUp ! Battle, possède un vibrant talent de parolier.Un vocabulaire riche, un flair pour les assonances et les consonances, un sens du récit et de la nécessité d\u2019être cohérent, surtout, à propos de son statut d\u2019Afro-Québécois autant que de l\u2019amour (étonnante et osée Trotter dans la tête !).Ensuite, Raccoon se révèle un fin mitrailleur de rimes à la prosodie calibrée et intelligible, rap- pant dans un français normatif (parfois coloré d\u2019expressions anglaises) jamais coincé.Bien qu\u2019il nous prévienne que nous devrions « arrêter de me comparer » sur la suave Comparer, sa verve et l\u2019ambiance générale de ses productions, du trap au son new-yorkais des années 1990, rappellent à notre mémoire le style d\u2019Obia le Chef, un autre champion du Wor- dUp ! Battle.Lancement le 14 décembre à Montréal au Ministère, et le 21 au Dagobert de Québec.Philippe Renaud Gentil pour un Noir 1/2 Raccoon City, Rico Rich Productions HIP-HOP L\u2019énigmatique barde syrien à moustache et à lunettes noires, charismatique sorcier du son et désormais chouchou des pistes de danse « hipster » a autant, avec ses centaines d\u2019enregistrements, fait émerger en Occident une version modernisée et lourdement « claviérisée » de la dab- ka traditionnelle (sorte de danse en ligne syrienne) que façonné un son nouveau, entre poésie ancienne et dance-music.Sur ce second opus chez Mad Decent (la maison du DJ Diplo), Shlon, le mystique, toujours à cheval entre le bon goût et le ringard, apparaît plus « professionnel » \u2014 en témoigne ce son raffiné plus près de l\u2019acid house ou de l\u2019EDM, presque du hip-hop parfois (Shi Tridin).La voix est plus au-devant.Sa signature élec- tro hyperactive (avec passages de ba- glama et de flûte) n\u2019en est que plus mystérieuse.Grand mage stoïque, Souleyman chante l\u2019amour et la romance, oui, mais aussi la douleur (Mawwal, touchante), dans sa typique prononciation empoignée.Shlon, c\u2019est le même bon vieux Omar, en version plus consciente et sentie.Sophie Chartier Shlon 1/2 Omar Souleyman, Mad Decent DABKA ÉLECTRONIQUE C\u2019est avec l\u2019orchestre qu\u2019il a fondé que François-Xavier Roth enregistre cette Fantastique.La démarche est synonyme de recherche sur des sonorités fruitées d\u2019instruments d\u2019époque et d\u2019un travail particulier sur les cordes (archet, vibrato, portamentos).Roth et Les Siècles avaient accompli le parcours en 2009 dans un CD publié par Actes Sud.Ils semblaient alors vouloir, avec quelque raideur, prouver le bien-fondé de leur démarche, alors que, dix ans plus tard, tout est beaucoup plus détendu dans une approche plus ludique d\u2019un sujet parfaitement dominé.Et la Fantastique devient un feu d\u2019artifice d\u2019élans, d\u2019emportements et d\u2019idées comme on n\u2019en avait pas connu depuis Paul Paray en 1959 et Charles Munch en 1962.Le seul Bal résume par son tourbillon forcené le tumulte qui agite Berlioz.La synthèse entre le soin du détail et l\u2019éloquence dramatique marque une grande interprétation dans laquelle la connaissance du style et des instruments devient un moyen et non une fin.Les deux ultimes mouvements donnent des frissons.Christophe Huss Hector Berlioz Symphonie fantastique, Les Francs-Juges, Harmonia Mundi HMM 902 644.CLASSIQUE Après des années de collaborations fécondes avec Agnes Obel, Nils Frahm, Ólafur Arnalds et combien d\u2019autres, la violoncelliste allemande Anne Müller fait pour la première fois œuvre seule, et pas seulement en partie : entièrement.Piano, violoncelle, arrangements, tout est d\u2019elle \u2014 et même le titre, du nom de la frontière entre le puissant vent solaire et l\u2019espace interstellaire où les tensions doivent supposément se résoudre, est en phase avec ce retranchement soudain.Heliopause incarne ainsi un voyage qu\u2019on dira initiatique : avec ses glissandos de cordes raides, ses voix humaines comme des apparitions, son contrepoint et ses arpèges venteux, ses variations au violoncelle ( robuste Solo ?Repeat !) et son concert d\u2019irradiations, la fracture est évidente.Le monde nouveau où se trouve Anne Müller, bien qu\u2019indéfini, est terriblement présent.On pourra lui trouver une certaine austérité rationnelle, mais ce premier album reste d\u2019une maîtrise absolue et emmène en apesanteur, là où tout reste à réinterpréter, même soi.Geneviève Tremblay Heliopause 1/2 Anne Müller, Erased Tapes NÉOCLASSIQUE Cela se présente comme le complément audio d\u2019un livre chic intitulé Le Gainsbook.Vendu séparément.Pour peu que l\u2019on hume de près la chose, on reconnaît des odeurs : à quelques versions inédites près (des prises instrumentales, surtout), il s\u2019agit plus exactement d\u2019une sorte de best of des nombreux coffrets parus ces dernières années : ici la compilation Jane et Serge 1973, là l\u2019édition 40e anniversaire d\u2019Histoire de Melody Nelson, jusqu\u2019à rapatrier au passage une version de Bloody Jack chantée par France Gall sur une compile Pop à Paris.Si L\u2019intégrale (vingt disques) constitue la source de base, on se sert chez Mister Melody, qui fait en quatre riches disques le tour de la diaspora des interprètes du fournisseur à tête de chou.Pour qui n\u2019a pas pu s\u2019offrir ces fabuleux objets, c\u2019est une consolation pas ruineuse.Pour les fous qui ont déjà tout, c\u2019est embêtant : comment vivre sans les douze minutes du jam de Lola Rastaquouère ?Sylvain Cormier En studio avec Serge Gainsbourg Gainsbourg et divers artistes, Mercury / Universal COMPILATION La discographie de La damnation de Faust est sinistre et sinistrée.Même les « références » sont grevées de défauts : petites coupures dans la partition chez Markevitch, Gedda en forme moyenne chez Colin Davis.Gar- diner est le meilleur choix, malgré le chœur à l\u2019accent anglais.John Nelson nous arrive donc comme un messie, puisque le projet a le même cadre (concerts à Strasbourg, solistes identiques) que ses sublimes Troyens, disque de l\u2019année 2017.Au final, il s\u2019agit du 1er choix discographique, même s\u2019il ne s\u2019agit pas du miracle attendu.Premier atout : une vraie direction dramatique, la meilleure avec Marke- vitch et Gardiner, éloquente sur le chœur (scène de la taverne), habituel parent pauvre, et dans les interventions de Courjal, qui compense un plafonnement dans les aigus par une incarnation parfaite (incantation des follets).Le petit bémol ce sont les deux vedettes : DiDonato et Spyres.Il n\u2019y a sans doute pas mieux au monde et ils sont excellents, mais ils semblent fatigués et on les rêvait encore plus lumineux et parfaits\u2026 Christophe Huss Hector Berlioz 1/2 La damnation de Faust, Erato 2 CD, 0190295417352 CLASSIQUE L\u2019œuvre de la compositrice québécoise Phoebé Guillemot (RAMZi) est une jungle.Elle a présenté huit albums ces six dernières années qui tracent les contours d\u2019un riche et étrange univers constitué de collages sonores, d\u2019échantillonnages de voix, de langues et d\u2019instruments de toutes sortes, percussions d\u2019Asie du Sud, cymbales balinaises, flûtes latino-américaines, etc.Ses belles harmonies sont colorées par les effets de studio du dub jamaïcain et moulées pour former cette forêt de breakbeats humides et de balearic house enveloppante.RAMZi déploie ainsi sa vision d\u2019un genre de house rappelant celui pratiqué par quelques Britanniques (surtout) au début des années 1990 (on pense à The Orb, à Banco de Gaia, au projet System7 de Steve Hillage), mais rafraîchie par l\u2019imprévisibilité des compositions Guillemot, parfois remuées par des rythmes d\u2019influence brésilienne ou indienne \u2014 le vétéran compositeur et réalisateur Bally Sagoo lui offre même un remix ! L\u2019inattendu à chaque détour de ce disque luxuriant et confortant.Philippe Renaud Multiquest Niveau 1 : Camouflé 1/2 RAMZi, Fati Records ÉLECTRONIQUE L E D E V O I R // L E S S A M E D I 3 0 N O V E M B R E E T D I M A N C H E 1 E R D É C E M B R E 2 0 1 9 LI RE Grand angle La chimie des « dream teams » Un cahier 100 % jeunesse LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Lir e 100 % jeuness e 24 de Delphie Côté-Lacroix et Stéphanie Lapointe lorsqu\u2019elles racontent le travail derrière Jack et le temps perdu pour lequel elles viennent de remporter le Prix du Gouverneur général.Mais pour parvenir à cette fusion des idées dont parle Kim Thúy, il faut savoir lâcher prise.« Quand on choisit des gens et qu\u2019on croit en eux, il faut leur laisser de l\u2019espace, et c\u2019est à partir du moment où la confiance est là entre deux partenaires qu\u2019il se passe quelque chose de magique.C\u2019est le grand défi d\u2019ailleurs, celui d\u2019avoir une vision, de garder le cap, mais de savoir aussi se retirer, laisser la place à l\u2019autre, se dire qu\u2019on le fait à deux, le projet.Et c\u2019est un miracle quand ça arrive », confie Stéphanie Lapointe tout soulignant le talent et la sensibilité de Delphie Côté-Lacroix, qui a su mettre son âme dans le livre.L\u2019illustratrice insiste aussi sur cet équilibre trouvé à force d\u2019échanges et de discussions.« On a fait un travail de débroussaillage et d\u2019orientation son regard te parle beaucoup, c\u2019est porteur et ça nourrit.» Au-delà de l\u2019amitié, qui sert ici le projet, Kim Thúy est d\u2019avis que se donner le luxe du temps assure une belle finalité.« Quelque part, je crois que la confiance mutuelle et le temps, avec qui on ne peut pas tricher, ont fait en sorte qu\u2019à la fin du projet, on ne pouvait plus séparer les illustrations du texte.Les dessins révèlent les mots et ceux-ci sont là pour bien les soutenir sans qu\u2019il y ait une conversation bruyante entre les deux, mais une fluidité.C\u2019est une fusion totale.Comme quand on prépare un ragoût.Ça prend du temps.On peut bien le mettre dans un pressure cooker, la viande va ramollir plus rapidement, mais le goût, cette espèce de mariage parfait entre les ingrédients qui fait qu\u2019on ne peut plus les séparer l\u2019un de l\u2019autre, ça ne peut se faire qu\u2019avec du temps.» L\u2019importance de favoriser les rencontres et les échanges entre humains revient aussi dans le discours La chimie des dream teams Regard sur la dynamique et la mécanique derrière Le poisson et l\u2019oiseau et Jack et le temps perdu Jack et le temps perdu 1/2 Stéphanie Lapointe et Delphie Côté- Lacroix, Éditions XYZ, Montréal, 2018, 112 pages (12 ans et plus) Le poisson et l\u2019oiseau 1/2 Kim Thúy et Rogé, La Bagnole, Montréal, 2019, 36 pages (5 ans et plus) Le duo illustratrice- autrice Delphie Côté-Lacroix et Stéphanie Lapointe raconte le travail derrière Jack et le temps perdu, pour lequel elles viennent de remporter le Prix du Gouverneur général.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR GRAND ANGLE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR i la création d\u2019un album jeunesse n\u2019implique pas toujours la participation d\u2019un duo auteur(-trice) et illustrateur(-trice), elle permet parfois des rencontres aussi improbables que fascinantes.Kim Thúy et Rogé tout comme Stéphanie Lapointe et Delphie Cô- té-Lacroix sont de ces couples formés un peu de façon inattendue, comme un cadeau, mais pour qui le travail doit avant tout être un voyage, une traversée, un échange humain et mutuel.L\u2019histoire derrière Le poisson et l\u2019oiseau, album éminemment artistique signé Kim Thúy et Rogé et tout juste paru à La Bagnole, est portée avant tout par l\u2019amitié, la liberté et la lenteur.C\u2019est en 2014 aux îles de la Madeleine que Rogé, admiratif, avoue à l\u2019autrice de Vi vouloir travailler avec elle.Si l\u2019histoire a germé un moment dans la tête de l\u2019écrivaine, la rédaction s\u2019est faite rapidement.L\u2019illustrateur y va d\u2019ailleurs d\u2019une analogie entre le titre de l\u2019album et leur caractère bien différent.« Ça va vite dans la tête de Kim ! Moi, je me sens plus poisson.Plus lent.Je me fraye un chemin tranquillement.Alors qu\u2019elle, c\u2019est tellement l\u2019oiseau.Elle bat des ailes vite et elle flye assez haut », dit-il en riant au bout du fil.C\u2019est d\u2019ailleurs inspiré par l\u2019écriture dépouillée et poétique de Thúy que Rogé a orienté son travail.« Depuis un moment, je travaillais beaucoup à l\u2019huile, au fusain, mais son texte m\u2019a fait penser à l\u2019eau, alors l\u2019aquarelle s\u2019est imposée.J\u2019ai aussi choisi d\u2019utiliser l\u2019encre de Chine, rappelant les origines de Kim », explique le créateur.Le projet a mis quelques années à se peaufiner, années pendant lesquelles le duo a développé une amitié solide, le livre devenant même prétexte à se voir et à se raconter.« Les livres dont je suis le moins satisfait, c\u2019est sans doute les projets dans lesquels je n\u2019ai pas eu accès à l\u2019auteur.Kim et moi, au contraire, on se visitait.Et elle est vraiment franche, alors quand elle aime on le sait, quand elle n\u2019aime pas on le sait aussi.Ça, c\u2019est important pour moi.Quand tu as accès à l\u2019émotion de l\u2019autre, que S LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 sur le ton pour que ce soit juste.À la fois pour trouver une entente entre ce que Stéphanie avait en tête et ce que je me sentais à l\u2019aise de faire.Je n\u2019aurais probablement pas créé ce Jack et cet univers toute seule, sans feedback.Le retour de Stéphanie a vraiment amené les dessins où ils sont en ce moment.L\u2019échange nourrit le projet et le mène ailleurs.Un peu comme le tout est plus grand que la somme des parties.La collaboration élève le niveau.» Au-delà de ces conditions gagnantes que sont le temps, l\u2019écoute et la liberté, les quatre artistes s\u2019entendent sur l\u2019importance du voyage, du parcours entrepris pour arriver au produit final.Un échange qui, comme le raconte Kim Thúy, ouvre sur la découverte de l\u2019autre, mais aussi sur une connaissance de plus en plus grande de soi.« On est des êtres humains et on a tous nos forces et nos faiblesses.Parfois, on le réalise grâce au regard de l\u2019autre.Par exemple, un poisson qui vit toujours sous l\u2019eau sans se sortir la tête ne peut pas savoir que l\u2019oiseau existe, que voler existe.La rencontre de l\u2019autre, ça peut aussi être la rencontre de nos limites.Quand tu es face à tes limites, tu peux aussi être face à toi-même et à tes valeurs, à ce que tu es vraiment, et c\u2019est là que ça peut éclore.» Quelque part, je crois que la confiance mutuelle et le temps, avec qui on ne peut pas tricher, ont fait en sorte qu\u2019à la fin du projet, on ne pouvait plus séparer les illustrations du texte KIM THÚY » 2 5 Lire 100 % jeuness e Il y a trois critiques littéraires qui vivent sous mon toit, dont deux qui se consacrent exclusivement à la littérature pour enfants.Ces deux- là n\u2019analysent jamais en profondeur les textes qu\u2019on leur soumet.Pas plus qu\u2019ils ne les abordent dans une perspective historique, ou ne les situent dans leur contexte linguistique, socio-économique ou psychologique.Ils ne sont même pas toujours d\u2019humeur à les commenter.Mes enfants appartiennent à cette espèce honnie de critiques qui « résument l\u2019histoire » \u2014 c\u2019est même l\u2019hommage le plus senti qu\u2019ils puissent décerner à un livre \u2014, même si le mot « résumer » n\u2019a pas grand-chose à voir avec les fiévreux comptes rendus à tiroirs des aventures de l\u2019agent Jean par mon fils de neuf ans.Leur méthode est simple : ils lisent, ou pas.Leur verdict est toujours sans appel.Une fois, j\u2019ai rapporté du Salon du livre des Premières Nations (SLPN) de Québec une histoire de superhéros mohawk dans laquelle je voyais un hit assuré auprès de mon petit garçon.L\u2019indifférence glaciale de l\u2019accueil réservé à cet Iroquois revu et corrigé par l\u2019idéologie des comics Marvel m\u2019a permis de sympathiser avec les éditeurs qui vivent régulièrement ce genre de déceptions.Qui suis-je pour discuter des coups de cœur de la chair de ma chair ?Récemment, ma progéniture m\u2019a obligé à lui lire un ouvrage de pure propagande dont l\u2019auteure, Andrea Lynn Beck, est sans doute payée au nombre de petits unifoliés qu\u2019elle réussit à caser dans ses dessins.Le texte ressemble à ceci : « Alors, pré- pare-toi à voyager pour découvrir notre beau pays.Bonjour, Canada ! » Après, on a droit aux castors, aux orignaux et à la police montée, sans oublier les champs de blé de la Saskatchewan et de l\u2019Alberta, vierges de tout hydrocarbure ! Bonjour, Canada ! (Scholastic, 2017, traduit de l\u2019anglais par Isabelle Montagnier) figure dans la même collection que Merci, Canada ! et Le Canada, c\u2019est moi.Il doit y avoir, quelque part, de belles subventions à la clef.Or, les petits ont beaucoup aimé, et ils ont sans doute raison : le Canada est, plus que jamais, un merveilleux conte pour endormir les enfants.Cette année, cédant à une impulsion, j\u2019ai rapporté de Kwahiatonhk ! (autrement dit, le SLPN) un livre inuit dont la facture sobre et les couleurs sombres avaient accroché mon œil chez Hannenorak \u2014 qui est toujours, soit dit en passant, le seul éditeur autochtone du Québec.Unikaangit.Légendes inuites (2019) est le fruit d\u2019un travail collectif réalisé à Inukjuak, dans le Nunavik.Les dessins sont signés « Wazak et les élèves de l\u2019école In- nalik ».Quant à l\u2019auteur réel, tout aussi collectif, il se perd dans la nuit des temps polaire où ont survécu la mémoire et l\u2019imaginaire de ce peuple qui a parfois été qualifié de « plus endurant » de la planète.La coordonnatrice du projet, Maude Ostiguy-Lauzon, a officié à la « libre interprétation des légendes.» Ce livre pour enfants, que j\u2019avais à peine eu le temps de feuilleter, me plaisait bien avec ses illustrations naïves, son texte économe en lettres cursives et son look résolument artistique.On était bien loin de la bé- dé contemporaine et de ses prétentions à se vêtir d\u2019une dignité de « roman graphique » qui n\u2019est rien d\u2019autre, au fond, qu\u2019un sceau de marketing.Mais je savais avoir tout à craindre de la réception critique de cette nouveauté sur la rue Fréchette, à Sherbrooke, l\u2019expérience m\u2019ayant enseigné que le trait de crayon mini- maliste et l\u2019austère simplicité des mythes ancestraux suscitent rarement l\u2019adhésion des plus jeunes.Puis le soir du test est arrivé, je me suis assis au bord d\u2019un petit lit et ma grande fille de six ans a rencontré Inuppasugjiuq, « le géant des vastes terres du Nunavik et du Nunavut ».La qualité d\u2019audition était totale.Je n\u2019ai jamais autant senti qu\u2019un livre, par ma voix, parlait directement à l\u2019imagination d\u2019un enfant.« Le jeu préféré des Qalupiluks est de capturer les enfants qui s\u2019aventurent trop tard sur le bord de l\u2019eau.» Quand, sous ses yeux, le Qalupiluk s\u2019empare d\u2019un petit Inuit et le jette à la mer dans un « splash ! », elle rit.Mais aussitôt après, la vue du petit corps dérivant « à jamais sous l\u2019eau glaciale » lui inspire un long silence recueilli.Son frère nous a maintenant rejoint et les deux, captivés, font ensemble la connaissance de Mahaha, ce « personnage sinistre de la toundra arctique » qui, avec ses grandes mains chatouilleuses, « chatouille jusqu\u2019à la mort ».Comment peut- on être en même temps aussi comique et terrifiant ?Ça nous change du Ô Canada qui fait des bulles\u2026 L\u2019épisode des doigts coupés de la déesse Sedna impressionne beaucoup mes chéris.Et en apprenant que le Turngaq peut « provoquer la perte de mémoire pour nous faire oublier (son) passage sur notre route », ils s\u2019exclament : « Alors nous l\u2019avons peut-être déjà rencontré ! » Ça se pourrait bien, les enfants.Ça se pourrait\u2026 Exigeants et impitoyables LOUIS HAMELIN LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Lir e 100 % jeuness e 26 L\u2019actualité du jour, choisie et résumée pour vous Le Courrier du soir Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdusoir Il n\u2019y a pas beaucoup de texte dans ce nouvel album de Marianne Dubuc (Le Lion et l\u2019oiseau, Au carnaval des animaux) : qu\u2019un petit paragraphe par page.Il ouvre pourtant à un récit beaucoup plus vaste, minutieusement et abondamment illustré dans chacun des tableaux du quotidien d\u2019un immeuble, au 3, rue des Biscottes, où logent des familles de lapins, de hérissons, de souris, de renards et de chats, puis un ours et une chouette.Les amateurs des aventures de Facteur Souris retrouveront avec bonheur l\u2019esthétique caractéristique de l\u2019auteure, marquée par le souci du détail qui titille la curiosité des tout-petits, comme ces apparitions impromptues de personnages rencontrés dans d\u2019autres contes célèbres, qui viennent rajouter un niveau de lecture sans pour autant perturber le cours des petites intrigues qui s\u2019y entremêlent.La richesse de chacun des tableaux permet qu\u2019on s\u2019y attarde longtemps, quitte à oublier un peu l\u2019histoire\u2026 Et à aller se coucher sans se rendre jusqu\u2019à la fin.Amélie Gaudreau ALBUM Chez toi chez moi Marianne Dubuc, Casterman, Paris, 2019, 32 pages (pour les 2-7 ans) La maison d\u2019édition Le Lièvre de Mars poursuit magnifiquement sa mission de donner une nouvelle vie à des classiques de la littérature jeunesse d\u2019ailleurs méconnus chez nous avec ce petit conte irrévérencieux et charmant, le quatrième d\u2019une série d\u2019albums du Japonais Noboru Baba parus entre 1967 et 1996 et qui ont été adaptés pour la scène et les écrans.On y suit les aventures périlleuses d\u2019une bande de chats pas tellement prudents ni obéissants, qui, à force de ne pas écouter les consignes, se retrouvent esclaves d\u2019un monstre rieur.Leur entêtement à ne pas suivre les règles leur sera finalement salvateur\u2026 Le récit, habilement construit malgré les répétitions et son caractère hautement prévisible, est admirablement servi par des illustrations en apparence assez brouillonnes, mais plus généreuses et complexes qu\u2019elles n\u2019y paraissent.Voilà un titre qui fait le bonheur des minets bibliophiles d\u2019âge préscolaire, qui demanderont qu\u2019on leur relise souvent, souvent.Amélie Gaudreau ALBUM 11 matous dans un sac Noboru Baba, Le Lièvre de Mars, Varennes, 2019, 52 pages (pour les 2-6 ans) Drôle d\u2019histoire de Noël, qui n\u2019en est pas vraiment une, que ce récit d\u2019émancipation d\u2019Elijah Betz, un renne du père Noël qui se rebelle et part à Londres, avec l\u2019ambition de former un groupe de punk en cultivant l\u2019apparence et l\u2019attitude rebelles qui vont de pair\u2026 Et finit par trouver que tous ceux qu\u2019il côtoie et les lieux qu\u2019il fréquente ne sont « pas très punk ».Le succès de sa formation avec une bande de musiciens « pas très punk » le ramènera par un « souverain » hasard à ses origines.Cette sympathique fable sur la quête d\u2019identité, bourrée de références amusantes à la culture punk, propose par la bande une virée dans quelques lieux emblématiques de la ville qui l\u2019a vue naître.De quoi prolonger l\u2019expérience de lecture dans d\u2019autres documents consacrés à la capitale anglaise et pour certains parents, sortir des boules à mites leurs musiques d\u2019adolescence\u2026 Amélie Gaudreau ALBUM Elijah Betz, le renne (punk) d\u2019Angleterre Hélène Gloria et Olivier Chéné, D\u2019eux, Sherbrooke, 2019, 48 pages (à partir de 5 ans) L\u2019amour nous fait parfois perdre tous nos moyens.Ce conte campagnard moderne décrit à merveille cette sensation unique à travers la valse-hésitation d\u2019un fermier tellement distrait par ses sentiments pour son vétérinaire qu\u2019il en perd la capacité de s\u2019occuper adéquatement de sa ménagerie et de ses champs.Les animaux joueront à leur façon aux cupidons pour retrouver leur gardien tel qu\u2019ils le connaissent, même si la timidité de ce dernier ne leur facilite pas la tâche\u2026 Le Néerlandais Pim Lammers, dont le premier livre abordait la notion de la transidentité, offre ici un récit fort amusant pour les tout-petits grâce à ses situations loufoques et qui met en lumière la diversité sexuelle sans la marginaliser.Un album charmant et magnifiquement illustré.Amélie Gaudreau ALBUM Le fermier amoureux 1/2 Pim Lammers et Milja Praagman, La courte échelle, Montréal, 2019, 34 pages (pour 3 ans et plus) Librairie indépendante de quartier 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 Rencontre avec Élise Turcotte animée par Claudia Larochelle Jeudi 5 décembre à 19 h Contribution suggérée : 5 $ © J u l i e A r t a c h o LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 27 Lire 100 % jeuness e « Il est vrai qu\u2019il y a 25 ans, la création de romans graphiques pour la jeunesse était assez rare, mais c\u2019est un genre littéraire qui s\u2019est bien installé au fil des 10 dernières années.Le lectorat pour le roman graphique s\u2019est aussi développé et plusieurs jeunes le préfèrent au roman.» Elle assure par ailleurs qu\u2019il y avait au départ une résistance du milieu scolaire à intégrer la bande dessinée en classe, comme si elle n\u2019était pas un genre littéraire.Le roman graphique, avec ses sujets multiples et plus « littéraires », dit-elle, a contribué à estomper la résistance.En parallèle à cette inscription toute naturelle dans l\u2019histoire de la littérature jeunesse, il y a dans la foulée de ces publications une volonté d\u2019attirer les lecteurs.Habitués à la lecture d\u2019images grâce aux albums ou aux documentaires, les enfants de 7-8 ans découvrent naturellement et sans heurt le roman graphique, estime Nadine Robert.Les séries, dans le roman graphique, seraient aussi, selon Frédéric Gauthier, une bonne façon non seulement de titiller le lecteur, mais de maintenir son intérêt.« Nous misons sur le développement de quelques séries, comme Le facteur de l\u2019espace, de Guillaume Per- reault, et 13e avenue, de François Vi- gneault et Geneviève Pettersen.On voit l\u2019avidité que de jeunes lecteurs et lectrices ont à suivre de longues séries de manga, par exemple, et on n\u2019a jamais pris le risque de développer en ce sens.C\u2019est donc avec le désir de pousser nos créateurs à se projeter dans de grands récits que nous souhaitons aller de l\u2019avant dans le roman graphique jeunesse.» GRAND ANGLE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR e l\u2019amitié à l\u2019intimidation en passant par quelques traversées formatrices et artistiques, les thèmes abordés dans le roman graphique ces dernières années sont multiples et éclatés.On souligne au passage le tendre Louis parmi les spectres (La Pastèque, 2016), de Fanny Britt et Isabelle Arsenault, Le tragique destin de Pepito (Comme des géants, 2016), de Pierre Lapointe et Catherine Lepage, une histoire d\u2019intimidation déconcertante, ou encore Ramures (Bayard, 2016), de Bellebrute (Marianne Chevalier et Vincent Gagnon), dans lequel le duo racontait l\u2019amour, la solitude et l\u2019enracinement.Les plus petits ne sont pas en reste avec Même pas vrai (La Bagnole, 2016), de Larry Tremblay et Guillaume Perreault, qui nous présentait Marco, 7 ans et demi, petit garçon à l\u2019imagination débordante.En 2019, la production ne décélère pas, au contraire.Catherine Trudeau et Cyril Doisneau se servent du genre pour explorer l\u2019univers de Réjean Du- charme dans Bérénice ou la fois où j\u2019ai presque fait la grève de tout (La Bagnole).Enzo jase musique manouche dans Ça sent le swing ! (La Bagnole).Monsieur Ed réédite Le lion de Jacob, de Russell Hoban et Alexis Deacon.Tout récemment, La courte échelle emboîtait le pas avec Enterrer la lune, dans lequel Andrée Poulin raconte l\u2019histoire d\u2019une petite Indienne qui, comme 4,2 milliards de personnes sur la planète, n\u2019a pas accès à des installations sanitaires ; alliant poésie et illustrations, l\u2019autrice offre finalement un roman poétique à tendance graphique.L\u2019appellation Ce dernier titre laisse place, encore plus que tout autre, à un questionnement sur l\u2019appellation roman graphique.Pour Frédéric Gauthier, cofon- dateur des éditions La Pastèque, l\u2019expression peut effectivement porter à confusion, mais cela reste en fin de compte de la bande dessinée.« Il y a eu une évolution de la bande dessinée jeunesse vers la forme du roman : longue pagination, illustrations monochromes, format qui s\u2019apparente au roman, mais en son essence, ça reste pas mal du pareil au même.» On se souvient du Voleur de sandwichs (La Pastèque, 2014), de Patrick Doyon et André Marois, que l\u2019éditeur ne considère pas comme un roman graphique, mais comme « un album ou un roman illustré, un hybride entre le roman illustré et la bande dessinée ».Le flou persiste.L\u2019autrice et éditrice Nadine Robert, qui publiera d\u2019ailleurs trois bandes dessinées et deux romans graphiques en 2020 sous la bannière Comme des géants, souligne aussi ces frontières poreuses : « Le roman graphique est une bande dessinée au format un peu plus ambitieux et \u201cdé- construit\u201d.Il permet beaucoup de libertés, dans son contenu et dans sa forme, et cela explique pourquoi il est difficile à définir.» Pourquoi le roman graphique ?Si l\u2019arrivée du format en littérature générale a permis de décloisonner le genre de la bande dessinée, tout en démontrant que la bédé était capable d\u2019investir des sujets intimistes et non seulement des histoires de superhé- ros, sur quoi repose alors son arrivée en jeunesse ?Pour Nadine Robert, elle s\u2019inscrirait dans une évolution de la littérature jeunesse et une diversification du répertoire, qui enrichit l\u2019offre.À l\u2019assaut d\u2019un format pluriel Si le roman graphique existe depuis un bon moment déjà du côté adulte, sa présence dans le monde de la littérature jeunesse est en essor D Les thèmes abordés dans le roman graphique ces dernières années sont multiples et éclatés.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Lir e 100 % jeuness e 2 8 Un territoire à conquérir La bédé jeunesse d\u2019ici se taille lentement une place dans le cœur des lecteurs À la maison d\u2019édition La Pastèque, 15 % du catalogue est maintenant composé de bédés jeunesse GRAND ANGLE FRANÇOIS LEMAY COLLABORATEUR LE DEVOIR elon un rapport publié en 2010 par le Conseil canadien sur l\u2019apprentissage, les bandes dessinées favoriseraient la compréhension de textes chez les jeunes garçons, considérés généralement comme moins habiles en lecture que les jeunes filles.Presque 10 ans plus tard, les éditeurs québécois ont-ils répondu à l\u2019appel ?En en discutant avec des spécialistes de la question, on comprend que si des efforts sont faits en ce sens, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.Denis Côté, qui a signé près d\u2019une soixantaine de livres jeunesse depuis 1983, et qui enseigne la bédé jeunesse à l\u2019Université du Québec à Trois-Ri- vières, fait partie des observateurs les plus crédibles de cette tranche de notre marché littéraire.Et il explique que ça ne fait pas si longtemps que en plus conscients du manque d\u2019offre, et font des efforts en ce sens, c\u2019est quand même avec une certaine prudence qu\u2019ils entrent dans ce marché.Frédéric Gauthier, cofondateur de la maison d\u2019édition La Pastèque, consacrée à la bande dessinée, en est bien conscient.De 10 à 15 % du catalogue est maintenant composé de bédés jeunesse.« On a vu L\u2019agent Jean et son succès phénoménal prendre cette place de marché de la bé- dé d\u2019aventures humoristique, celle qui était occupée par Spirou, par exemple.Nous, on n\u2019a pas la même approche, on fait comme on a fait avec la bédé et le roman graphique pour adultes.Ça a commencé avec Jane, le renard et moi (Isabelle Arsenault et Fanny Britt) et, avec cette bédé, on a pu sentir un intérêt de la part du lectorat.Même chose pour les Paul (Michel Rabagliati).Depuis qu\u2019ils sont entrés dans le réseau scolaire, ils sont enseignés chez les jeunes de 8 à 10 ans, on le constate dans les salons l\u2019on s\u2019intéresse à ce genre au Québec : « Durant les années 1970, il y a eu des tentatives pour faire des albums en bédé jeunesse.Mais, la plupart du temps, c\u2019était des produits dérivés de séries télévisées comme le Capitaine Bonhomme ou Bobino, et ça n\u2019avait pas tellement de succès.La bédé jeunesse plus sérieuse, ça fait 15 ou 20 ans maximum qu\u2019on en fait.» Et même là, toujours selon lui, certains de nos meilleurs bédéistes jeunesse, comme Jacques Lamontagne (qui signe la série Druides), ou encore Julie Rocheleau (dessinatrice de la série Fantomas, chez Dargaud), préfèrent travailler en France et sont très peu connus de ce côté-ci de l\u2019Atlantique.Et comme on publie très peu dans ce genre, les parents finissent par acheter de la bédé jeunesse européenne plutôt que de fouiller pour trouver ce qui se publie ici, toujours selon Denis Côté.Si les éditeurs québécois sont de plus S LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Olga et son inséparable olgamus, Bof, sont de retour pour de nouvelles aventures métaphysico-scientifiques.Cette fois, la zoologiste en herbe et sa créature extraterrestre (un adorable croisement entre un cochon dodu, un chien pelé et un ornithorynque pour ses pattes palmées) en ont plein les bras avec sept bébés olgamus au frais dans le frigo.Écrit sur le ton délicieux d\u2019un carnet d\u2019observation, ce récit nous plonge dans leur quotidien chamboulé avec beaucoup d\u2019humour et de verve.De toute évidence, la formule n\u2019est pas épuisée, et on y plonge avec le même plaisir vif qu\u2019on avait eu à découvrir le monde décalé d\u2019Olga au premier tome.Élise Gravel a le chic pour imaginer des héroïnes complexes, à la fois uniques en leur genre et universelles d\u2019esprit.Elle a surtout le génie d\u2019infuser ici un peu de science et de magie à une série qui ne manque ni de sel ni de crocs.Craquant.Louise-Maude Rioux Soucy Voilà exactement le genre de plaquette sur laquelle on aurait tous voulu tomber un jour, préados ou ados, filles ou garçons.Rempli d\u2019humour et factuellement irréprochable, ce guide décomplexé sur les menstruations épate par son approche d\u2019équilibriste, à cheval entre science et culture, entre croyances (balayées) et références (savamment articulées).À la plume, la journaliste et féministe Élise Thi- ébert manie le fleuret avec aplomb, distillant son savoir avec juste ce qu\u2019il faut de légèreté et de gaillardise pour dissiper tous les malaises.La dessinatrice et blogueuse Mirion Malle ajoute un grain de sel bien personnel à cette entreprise inclusive française aux contours féministes assumés qui connaît ici une nouvelle incarnation toute québécoise grâce aux éditions du Remue-ménage.La mise en page ludique et aérée fait le reste.À laisser traîner subtilement (ou pas) partout.Louise-Maude Rioux Soucy « Petit singe, ta vie n\u2019est pas une vie, c\u2019est un destin », lance Papa ours à Elma, sa fougueuse, un brin colérique, et immensément câline petite fille choisie.On retrouve le duo désassorti en pleine course contre la montre, aux abois devant la montée des eaux maudites qui menacent leur monde.Comme Baloo avec Mowgli, Papa ours a résolu d\u2019aimer et de protéger cette petite d\u2019humain comme si elle était de son sang, attachement qu\u2019elle lui rend bien.Cette tendresse partagée habite toutes les cases de Léa Mazé dont le trait beau et délicat atteint des trésors de finesse et d\u2019inventivité.Sa palette mordorée est traversée de bleus chauds et découpée en cases aériennes et futées qui donnent aux textes charmants, mais un peu convenus d\u2019Ingrid Chabbert (une prophétie, encore, vraiment ?!) un souffle épique certain.Un tendre récit d\u2019apprentissage qui pique juste ce qu\u2019il faut.Louise-Maude Rioux Soucy Olga T.3 : Par-dessus la tête Élise Gravel, texte en français d\u2019Iris Boudreau, Éditions Scholastic, Toronto, 2019, 185 pages (8 à 12 ans) Les règles\u2026 quelle aventure ! Élise Thiébaut et Mirion Malle, Les Éditions du Remue- Ménage, Montréal, 2019, 71 pages (pour préados, ados, et les autres !) Elma, une vie d\u2019ours T.2 : Derrière la montagne 1/2 Textes d\u2019Ingrid Chabbert, dessins de Léa Mazé, Paris, Dargaud, 2019, 45 pages (4 à 10 ans) BANDE DESSINÉ BANDE DESSINÉE BANDE DESSINÉE À trois ans et demi, Guiby maîtrise déjà l\u2019art de la double vie : bambin le jour, génie aventurier la nuit.Le héros de Sampar, Samuel Parent à la ville, emprunte au look du bébé joufflu autant qu\u2019à celui du grand ado efflanqué, tétine à la bouche et kangourou rouge enfoncé sur la tête.À ses côtés, un rat mal équarri et un petit monstre ébouriffé lui tiennent lieu de complices.Si on excepte la mise en place, un brin longuette et didactique, cette aventure du superbébé né en 2013 en couverture souple se déplie rondement dans Le mystère des gadel- les, une première version cartonnée qui débute au moment où disparaît le lapin de Mady, la petite voisine.Les dessins sont magnifiques, nous plongeant dans un bestiaire mêlant insectes réels et créatures fabulées plus grandes que nature.Le grand format sied à merveille à l\u2019énergie frondeuse de Guiby.Le texte reste un peu convenu, mais le tout exhale une belle énergie, petits frissons en prime.Louise-Maude Rioux Soucy Guiby, le superbébé T.1 : Le mystère des gadelles Sampar, Éditions Michel Quintin, Montréal, 2019, 64 pages (8 à 10 ans) BANDE DESSINÉE lection existe parce que je trouvais qu\u2019il y avait très peu de bédés pour les tout-petits.Nos livres sont destinés à des enfants qui apprennent à lire, ou qui ne savent pas encore lire.Donc ce sont les parents qui leur font la lecture.Ce n\u2019est pas un créneau qui est si facile que ça et ce n\u2019est pas celui qui vend le plus.Oui, il y a quelques titres populaires chez les ados, mais pour ce qui est de la bédé pour les tout-petits, ce n\u2019est pas encore très populaire.On dirait que les parents trouvent qu\u2019il y a, peut-être, quelque chose de moins noble dans la bédé que dans les livres jeunesse plus traditionnels.» Une question de sous Lorsque l\u2019on pose la question à Lucie Papineau, à Frédéric Gauthier et à Denis Côté, à savoir pourquoi c\u2019est si compliqué à faire, les trois répondent grosso modo la même chose : ça coûte cher en titi ! Selon Denis Côté, il ne faudrait pas négliger les maigres avances (un premier paiement fait aux auteurs avant même que le livre ne soit sorti et dont la somme sera déduite des recettes éventuelles) offertes ici.« Elles sont beaucoup plus grosses en Europe qu\u2019ici, parce que les éditeurs ont moins d\u2019argent.Les créateurs n\u2019ont pas nécessairement envie d\u2019embarquer dans un projet pour lequel ils ne feront peut-être même pas leurs frais.» Évidemment, il est injuste de comparer le marché européen à celui d\u2019ici, qui est beaucoup plus petit.Frédéric Gauthier et Lucie Papineau en sont conscients.« C\u2019est beaucoup de travail pour un illustrateur.Ce sont de gros projets qui sont difficiles à rentabiliser.On donne des avances qui ne correspondent pas à l\u2019ampleur de la tâche.C\u2019est difficile quand on sait qu\u2019on va vendre 2000 exemplaires, au mieux », explique-t-elle.Toutefois, il y a maintenant une volonté, et les stratégies qui viennent avec, chez les éditeurs de mieux occuper cet espace, comme le dit Frédéric Gauthier : « On s\u2019est ouverts à développer ce créneau-là puisqu\u2019il y a de l\u2019intérêt.Quand on a développé le projet 13e Avenue [François Vigneault et Geneviève Pettersen], l\u2019idée était de s\u2019inspirer des mangas [bandes dessinées japonaises], qui sont très populaires chez les jeunes.L\u2019idée est de travailler ça sous forme de série avec une fin qui invite le lecteur à lire le prochain numéro, et de faire de trois à cinq albums.C\u2019est la première fois qu\u2019on travaille de cette façon.Par exemple, pour Le facteur de l\u2019espace, ce n\u2019était pas planifié qu\u2019il y en ait d\u2019autres.C\u2019est le succès du tome 1 qui a ouvert la porte à des suites.Il y a même une série d\u2019animation et un jeu vidéo, inspirés du facteur, qui sont en développement.Alors, la bédé jeunesse nous mène à autre chose ! » Le chemin est encore long, mais, au moins, les premiers pas sont faits et ils semblent mener vers la bonne direction.Reste à voir, maintenant, si le créneau de la bédé jeunesse va véritablement emboîter le pas à celui de la bédé pour adultes, qui se porte relativement bien ici.C\u2019est à suivre.Si les éditeurs québécois sont de plus en plus conscients du manque d\u2019offre, et font des efforts en ce sens, c\u2019est quand même avec une certaine prudence qu\u2019ils entrent dans le marché de la bédé jeunesse.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR du livre.Beaucoup de jeunes viennent nous rencontrer et la fameuse phrase \u201cpour les 7 à 77 ans\u201d, associée au lectorat de Tintin, s\u2019applique parfaitement à cette série.» Idem aux Éditions de La Bagnole, maison spécialisée en littérature jeunesse, qui a lancé sa collection de bé- dés jeunesse, Mes albums à bulles, il y a de cela quatre ans.Lucie Papineau, directrice de la collection, estime que la production dans ce créneau représente environ 10 % de la production totale.« Ça fait quatre ans que cette col- On dirait que les parents trouvent qu\u2019il y a, peut- être, quelque chose de moins noble dans la bédé que dans les livres jeunesse plus traditionnels LUCIE PAPINEAU » 29 Lire 100 % jeuness e LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 CRITIQUE CROISÉE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Si le documentaire n\u2019est encore pour plusieurs qu\u2019un ouvrage de vulgarisation présenté le plus souvent de façon schématique avec encadrés, photographies et autres détails plutôt formels, force est de constater que, depuis quelque temps, auteurs, illustrateurs et éditeurs jouent d\u2019audace et d\u2019inventivité pour décoincer le genre.Coup d\u2019œil sur un courant qui se poétise.Ainsi en est-il, par exemple, de l\u2019abécédaire, ouvrage en apparence essentiellement didactique qui a pour mission bien précise de présenter l\u2019alphabet aux petits.Mais comment faire pour revoir le tout sans emprunter des ornières ?Christiane Duchesne s\u2019est posé la question en 2009 avec son livre-disque Wapiti ! (La montagne secrète), fouillant de nouveaux mots, autres que ce sempiternel « wagon », par exemple, lorsque vient le temps de parler du « w ».Sans exploiter d\u2019autre support que le livre, Iris Amizlev et Pnina C.Gagnon relèvent le défi à leur façon.Depuis le « a » de l\u2019abeille au « z » du zèbre, Tout le monde dort (Le passage) raconte la vie et le sommeil du monde animal, le tout en laissant défiler l\u2019alphabet.Ainsi apprend-on que le vervet, petit singe d\u2019Afrique, dort assis dans les arbres ou en équilibre sur une branche, En complément Mon premier livre d\u2019art.Le sommeil de Shana Gozansky (Phaidon).Cet album propose à travers 34 tableaux d\u2019artistes de divers horizons une plongée dans les bras de Morphée.Le texte met en lumière l\u2019importance de dormir, phénomène qui trouve écho dans les peintures ou les sculptures choisies.Ainsi en est- il, par exemple, de l\u2019œuvre de William Turner, Coucher de soleil écarlate, choisie par l\u2019autrice pour représenter le moment d\u2019aller au lit.Brillante façon d\u2019initier les petits à l\u2019art.Mémoires d\u2019une pelure d\u2019Angèle Delaunois et Benjamin Deshaies (Les 400 coups).Depuis la pomme, qu\u2019elle recouvre d\u2019un beau rouge, jusqu\u2019à ce jour où elle se fait dépouiller de sa chair, la pelure entreprend un long voyage dans une immense boîte, entourée de coquille d\u2019œuf, de vieux pain, de vers de terre et autres bestioles.Puis, le printemps venu, elle devient terre, prête à aller nourrir le pommier qui l\u2019a vue naître.Simple, concis, ce petit album permet de se placer à hauteur de la nature et de sentir de près l\u2019importance et la beauté du compostage.Tout le monde à table ! d\u2019Alexandra Maxeiner et Anke Kuhl (La joie de lire).Après La famille dans tous ses états, le duo s\u2019attaque à l\u2019alimentation.Depuis notre façon de manger jusqu\u2019à notre rapport à la nourriture, ce dernier aborde différents sujets, allant du gaspillage à la disette en passant par les méthodes de production.C\u2019est, en fin de compte, un tour d\u2019horizon riche en pistes de réflexion présenté sous forme de capsules.Le tout avec humour et désinvolture.Lir e 100 % jeuness e 30 Raconter la vie Si l\u2019histoire de l\u2019humanité a été racontée plusieurs fois, que notre passage sur la Terre depuis la naissance jusqu\u2019à la mort l\u2019a été tout autant, Christian Borstlap et Bruno Gibert ont respectivement trouvé un angle singulier pour le faire à leur tour sans jouer de répétitions.« Il y a très longtemps, bien avant que de longs fils blancs se mettent à pousser sur nos oreilles\u2026 Un mélange de poussière d\u2019étoiles, de météores, de lumière solaire et d\u2019autres choses encore inexpliquées créa\u2026 la vie » Ainsi s\u2019amorce À propos de la vie (Comme des géants), album documentaire dans lequel Borstlap retrace non pas l\u2019évolution de l\u2019homme, mais ce qui témoigne de la vie : la respiration, la perception, le mouvement, la survie, l\u2019immensité et le microcosme, et plus encore.En peu de mots, mais appuyé d\u2019illustrations à la fois tendres et intemporelles, c\u2019est l\u2019essence de ce qui constitue l\u2019existence qui nous est présentée.Dans ce qu\u2019elle a de plus simple et de plus complexe.Les tableaux se suivent et ne se ressemblent pas, offrant à l\u2019œil averti le loisir de découvrir la vie ici, là, cachée, prête à sauter.Adapté d\u2019un court-mé- trage d\u2019animation, l\u2019album est le premier livre carboneutre de Comme des géants.Quand tout concourt à créer du sens.La vie, c\u2019est aussi, d\u2019un point de vue mathématique, un nombre infini de chiffres.Souffler 90 bougies d\u2019anniversaire par exemple, c\u2019est profiter de 4692 dimanches, c\u2019est vivre 32 850 jours, c\u2019est se coucher et se lever 32 800 fois, en ajoutant 50 nuits blanches, c\u2019est naître et mourir une fois et c\u2019est 4 000 000 000 de battements de cœur.Voilà du moins ce que nous raconte Bruno Gibert dans Toute une vie en chiffres (Actes Sud Junior).Bien sûr, ces résultats sont la somme d\u2019une moyenne établie à partir d\u2019Occidentaux \u2014 de Français plus précisément \u2014 omnivores, issus de la classe moyenne.Les heures passées au téléphone, au bureau, sous la douche, la quantité de viande ingérée excluent ici bon nombre de citoyens.Malgré ce côté peu inclusif, l\u2019exercice est intéressant et permet de prendre le pouls différemment de notre mode de vie.Les illustrations faites de lignes pures \u2014 qui rappellent d\u2019ailleurs celles de Cécile Gariépy (que l\u2019on a pu découvrir avec l\u2019album tout carton Coup de vent paru à La Pastèque) \u2014 assurent un bel équilibre avec le texte.Tout le monde dort / Abécébêtes // À propos de la vie /// Toute une vie en chiffres Iris Amizlev et Pnina C.Gagnon, Les éditions du passage, Montréal, 2019, 62 pages (7 ans et plus) / Olivier Tallec, Actes Sud Junior, Paris, 2019, 58 pages (5 ans et plus) // Christian Borstlap, traduit par Nadine Robert, Comme des géants, Montréal, 2019, 56 pages (5 ans et plus) /// Bruno Gibert, Actes Sud Junior, Paris, 2019, 56 pages (8 ans et plus) Depuis quelque temps, auteurs, illustrateurs et éditeurs jouent d\u2019audace et d\u2019inventivité pour décoincer le genre.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR que le sommeil du xiphophore, poisson d\u2019eau douce, « ressemble à un état de rêve éveillé ».Non seulement la plupart des animaux mis en scène permettent au lecteur de découvrir certaines espèces moins connues, mais la signature graphique prend des airs d\u2019œuvre d\u2019art.Pnina C.Gagnon illustre chaque animal de façon intuitive, enveloppant chacun d\u2019eux d\u2019une aura poétique.On entre dans cet ouvrage comme on entre dans un musée, en silence, se délectant de chaque tableau, se laissant porter par l\u2019univers particulier de chaque animal.En éternel et fabuleux cabotin, Olivier Tallec offre pour sa part avec L\u2019abécébêtes (Actes Sud Junior) un truculent et décalé tour de l\u2019alphabet.Chaque lettre devient un poème loufoque dans lequel l\u2019allitération ou l\u2019assonance assurent le rythme.Ainsi, en est-il de l\u2019âne albinos, qui « assis sur son ananas arrose abondamment les ailes de l\u2019albatros accordéoniste », ou encore « du renard rasant une rainette en ramequin se raidit en raison des railleries d\u2019un rat rieur en redingote ».C\u2019est donc 26 lettres et autant d\u2019histoires surréalistes qui trouvent écho dans les illustrations colorées et évocatrices de Tallec.Reprenant l\u2019essentiel du poème, elles ajoutent à la folie de l\u2019ensemble, créant un tout à la fois instructif \u2014 les enfants apprendront beaucoup de nouveaux mots \u2014 et délirant.Le documentaire dans tous ses états La diversité formelle du documentaire jeunesse laisse place à mille et un possibles LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 31 Lire 100 % jeuness e avec une première personne, puis une autre, jusqu\u2019à ce que le réseau de savants s\u2019étende à la France entière.À tout coup, le reporter atypique se donnait comme règle de visiter ces « endroits extraordinaires parfois complexes », comme il l\u2019écrit dans l\u2019album.« Je devais voir sur place, ajoute-t- il en entrevue.Je faisais des photos pour aide-mémoire, mais l\u2019essentiel, c\u2019est ce que je perçois moi, visuellement.Je n\u2019ai jamais fait de reportage d\u2019après photos sans être allé sur place.L\u2019important, c\u2019est la présence, la perception de l\u2019espace, des machines, des couleurs, des ambiances particulières.C\u2019est aussi une rencontre avec les scientifiques qui m\u2019expliquent ce qu\u2019ils font, là où ils le font.» Il y a surtout des hommes dans le lot.Dans ce sens où les femmes se font rares.Mammouth en stock L\u2019album présente 44 laboratoires au total, répartis autour de quatre thèmes : espace et temps (le temps atomique, les trous noirs, les particules de l\u2019espace\u2026) ; au cœur de la matière (observer le Big Bang, petits et gros cristaux\u2026) ; le vivant (génétique du mammouth, stress des plantes, horloges biologiques\u2026) ; et le génie humain (l\u2019homme de Néandertal, la Sainte-Chapelle, le TGV, la recherche musicale\u2026).Jean-Yves Duhoo hésite à hiérarchiser ses sites pour citer un chouchou.Un peu forcé, il avoue tout de même avoir été impressionné par le Grand Collisionneur de hadrons, près de Genève.L\u2019anneau souterrain de près de 27 kilomètres de circonférence permet d\u2019observer les forces en présence dans le Big Bang.Le reporter au crayon ajoute avoir eu de la difficulté à organiser les rencontres avec certains centres et n\u2019avoir abandonné le traitement que d\u2019un seul sujet, celui concernant les mathématiques fondamentales.« J\u2019avais affaire à des gens qui exploraient des concepts en travaillant avec des ordinateurs.Visuellement, je n\u2019ai pas su comment aborder cette question.J\u2019ai besoin de m\u2019appuyer sur des éléments visuels qui me parlent à moi.» Toutes les pages, toutes les informations ont été vérifiées par des experts.Le va-et-vient entre le reporter et son sujet a permis d\u2019affiner le vocabulaire, de décanter les explications.« Les scientifiques ont cette tendance naturelle à préciser les précisions et donc à rajouter du texte.J\u2019ai freiné cette habitude pour rester simple.» Jean-Yves Duhoo s\u2019engagera probablement dans une nouvelle série pour Spirou concernant cette fois les techniques et les sciences de l\u2019environnement.On se le souhaite.S\u2019il te plaît, dessine-moi un labo Un bédéreportage présente 44 laboratoires de France Dans le secret des labos Jean-Yves Duhoo, Dupuis, Charleroi, 2019, 192 pages Jean-Yves Duhoo hésite à hiérarchiser ses sites pour citer un chouchou.Un peu forcé, il avoue tout de même avoir été impressionné par le Grand collisionneur de hadrons, près de Genève.ILLUSTRATION JEAN-YVES DUHOO ENTREVUE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR \u2019acronyme du LAPA résume un nom à coucher dehors, le Laboratoire archéo- matériaux et prévision de l\u2019altération, rattaché au Commissariat à l\u2019énergie atomique de France.Le site du plateau de Saclay, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, propose « une belle architecture d\u2019après-guerre », comme le résume le chapitre qui lui est consacré dans le nouveau livre Dans le secret des labos (Dupuis).« Tout a été construit dans les années 1950.En béton armé », ajoute une bulle de cette très instructive et non moins originale bédé, qui fait faire un tour de France guidé des centres de recherche.Ce pays est trop souvent ramené à son patrimoine naturel et culturel.Voici plutôt son portrait du côté cérébral, scientifique et technique.Le dessin est en lignes claires, les explications aussi.Dans le cas du LAPA, le bédéiste reporter Jean-Yves Duhoo raconte et illustre les recherches menées sur la ferraille à l\u2019intérieur du béton armé et de constructions plus anciennes.Les analyses permettent de comprendre les « archéomatériaux », mais aussi de s\u2019atteler à la « prévision de l\u2019altération » pour mieux construire des édifices capables de résister des millénaires s\u2019il le faut, par exemple pour entreposer des déchets nucléaires.De 9 à 99 ans Ce travail exemplaire découle d\u2019une proposition du journal Spirou, qui cherchait à illustrer une rubrique scientifique pour les jeunes de 9 à 99 ans.L\u2019album de près de 200 pages reproduit une bonne part des planches de la série Le Labo.« La bande dessinée, c\u2019est mon langage à moi, dit au Devoir le bédé- iste joint à Paris.Le dessin permet une compréhension facile de domaines parfois complexes, ce qui constitue le défi de la vulgarisation.Le dessin permet en plus une approche humoristique.En tout cas, c\u2019est une de ses composantes qui permet de dédramatiser des questions lourdes.On pourrait se dire, oh là là, la physique, je n\u2019y comprends rien.Pourtant, quand on dessine les explications de manière très simples, c\u2019est très efficace et ça devient très abordable.» La mécanique de ce bédéreportage est expliquée par une planche d\u2019introduction, comme de fait.L\u2019auteur y raconte avoir visité des laboratoires pendant dix ans, toujours avec la même démarche, en prenant contact L Je devais voir sur place.Je faisais des photos pour aide-mémoire, mais l\u2019essentiel, c\u2019est ce que je perçois moi, visuellement.Je n\u2019ai jamais fait de reportage d\u2019après photos sans être allé sur place.L\u2019important, c\u2019est la présence, la perception de l\u2019espace, des machines, des couleurs, des ambiances particulières.C\u2019est aussi une rencontre avec les scientifiques qui m\u2019expliquent ce qu\u2019ils font, là où ils le font.JEAN-YVES DUHOO » LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Il peut sembler un peu prématuré de proposer une enquête policière à des préadolescents.Puis, on se dit que les émotions fortes et l\u2019intensité font certes partie de la vie des enfants grands et petits et que si « la chose » est bien ficelée\u2026 Rassurez-vous tout de suite, elle l\u2019est ! Laurent Chabin est un vieux routier ayant déjà écrit plus d\u2019une vingtaine d\u2019histoires pour ados et pré- ados en plus de son abondante contribution d\u2019auteur de polars pour adultes.Un pro.Un orfèvre du genre.Son histoire met en scène Thomas, 11 ans, témoin d\u2019une scène traumatisante au beau milieu de ses vacances d\u2019été : il découvre le cadavre d\u2019une femme assassinée près de la rivière.Sous le choc, il entend aussi une sorte de plainte qui s\u2019élève dans l\u2019air du matin alors qu\u2019il voit Bébé, l\u2019idiot du village, quitter en courant les lieux du crime.Qu\u2019il le veuille ou non, Thomas devient le témoin-clé de l\u2019affaire.Un alibi béton Les policiers mettent rapidement la main sur Bébé et retrouvent sur lui le foulard de la victime, Norah : tout semble l\u2019accabler.Mais les apparences sont souvent trompeuses et, au moment où les ragots se mettent à voler dans toutes les directions, on relâche bientôt Bébé, qui a un alibi béton.Et l\u2019assassin court toujours\u2026 On ne vous en dira pas plus, sinon que Thomas est vraiment au cœur de l\u2019histoire et que son sens de l\u2019observation aidera à faire la lumière sur tout cela.L\u2019histoire est menée rondement, habilement, avec Thomas la plupart du temps dans la position du narrateur, ce qui permet au jeune lecteur de vivre l\u2019aventure intensément, de l\u2019intérieur.Les personnages sont crédibles, l\u2019écriture vive, sans compromis\u2026 et votre ado aura eu l\u2019occasion de vibrer sérieusement, bien assis dans son fauteuil.Cool.Michel Bélair Innocent ! 1/2 Laurent Chabin, Éditions Hurtubise \u2013 Atout, Montréal, 2019, 148 pages (10 ans et plus) Bouleversée par les images du petit Alan Kurdi, réfugié s\u2019étant noyé dans la mer Égée, l\u2019autrice anglaise d\u2019origine bangladaise Onjali Q.Raúf se rend peu après dans un camp de réfugiés à Calais.C\u2019est là qu\u2019elle puise l\u2019inspiration de son premier roman, Le garçon au fond de la classe, où l\u2019on suit les péripéties de quatre enfants de neuf ans souhaitant aider leur nouvel ami, Ahmet, courageux réfugié syrien s\u2019exprimant en kurde, à retrouver ses parents.Porté par la voix de l\u2019un des quatre attachants jeunes Anglais, dont nous découvrirons graduellement l\u2019identité au fil du récit, histoire de déjouer les attentes, Le garçon au fond de la classe aborde la crise des migrants telle que vécue par les élèves d\u2019une école provenant de différentes classes sociales.À travers le regard naïf, bien intentionné et rempli d\u2019empathie du personnage principal, Onjali Q.Raúf aborde par la bande l\u2019intimidation, le racisme systémique, l\u2019injustice sociale, le laxisme politique et le pouvoir des médias.Gros programme, direz-vous.Certes, mais ne craignez rien pour vos jeunes lecteurs puisque l\u2019autrice traite habilement chaque sujet avec des explications claires et concises ainsi qu\u2019avec des exemples de la vie quotidienne en faisant entrer en scène des personnages adultes, lesquels ne sont pas tous vertueux ni ouverts d\u2019esprit.Pas plus que les enfants d\u2019ailleurs, dont certains sont cruels et aucunement charitables.Bref, comme dans la vie.Tendre, drolatique et touchant, Le garçon au fond de la classe s\u2019avère un roman vibrant, mené tambour battant, avec des moments tour à tour plausibles, cocasses et choquants.On tiquera peut-être devant quelques grosses ficelles et coups de théâtre, mais on ne résistera pas à la générosité, à la témérité et à la débrouillardise des petits héros.Et on se laissera surtout prendre par l\u2019émotion devant la résilience d\u2019Ahmet.Manon Dumais Lir e 100 % jeuness e 32 Se méfier des apparences Le jeune réfugié Le garçon au fond de la classe 1/2 Onjali Q.Raúf, traduit de l\u2019anglais par Marie Leymarie, illustré par Pippa Curnick, Gallimard Jeunesse, Paris, 2019, 317 pages (9 à 12 ans) GRAND ANGLE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR « Qu\u2019est-ce que ça fait, en dedans, quand on sent le poids de quelqu\u2019un que l\u2019on aime sur soi ?Quand ses mains froides entrent en dessous de notre t-shirt pour la toute première fois ?» Pour parler de sexualité dans Fé M Fé, Amélie Dumoulin a choisi le pouvoir de l\u2019évocation.« Je n\u2019avais vraiment pas envie de faire de la porn d\u2019ados ! Plutôt que d\u2019offrir une sexualité graphique, je souhaitais exprimer des choses par la littérature.Passer par les sens.» Et les sens explosent dans son roman qui suit Fé, presque 15 ans, qui s\u2019éprend de la styliste Fé(lixe).Au cœur de ce récit, un désir « de célébrer ».« Quand je l\u2019ai écrit, je vivais dans le Village.Et je voyais de plus en plus de filles se tenant par la main, s\u2019embrassant.Je trouvais ça super beau.Il y a des endroits dans le monde où ça chie, où on se fait tuer parce qu\u2019on est gai ou lesbienne.Mais ici, même si c\u2019est loin d\u2019être parfait, ça se peut.» Amélie Dumoulin éprouvait toutefois « un petit sentiment d\u2019imposture » : « Je ne suis pas lesbienne.» Comment a-t-elle trouvé une telle justesse de ton ?« En posant des questions super gênantes à mes amies qui le sont ! Genre, quand vous étiez amoureuses à 14 ans, est-ce que vous regardiez vraiment les filles qui vous plaisaient ?Est- ce que ça passait par le corps ?» Elle a eu les réponses.Puis des conseils de son « écrivami » Simon Boulerice, modèle en littérature jeunesse, pour recevoir les coming out d\u2019ados, leurs confessions bouleversantes.Ado, qu\u2019aurait-elle aimé lire dans les romans ?« J\u2019aurais aimé me faire parler de cul, mais d\u2019une bonne manière ! » La manière fine et éclatante qu\u2019elle a employée pour parler Les mots pour le dire Comment la littérature pour ados parle-t-elle de sexualité aux jeunes ?Le monde a changé.Catherine Girard-Audet en a conscience.Signant depuis 12 ans L\u2019ABC des filles, guide pratique pour les adolescentes, elle a ajouté dans les éditions 2019 et 2020 un lexique sur l\u2019identité sexuelle.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Selon une idée reçue, le Québec moderne, en abandonnant la pratique religieuse, se serait converti à l\u2019esprit scientifique.Permettez-moi d\u2019en douter.Il ne s\u2019agit pas, en effet, de se croire scientifique pour l\u2019être.Dans un rapport publié en 2013, le Conseil supérieur de l\u2019éducation affirmait que « la science demeure, encore aujourd\u2019hui et dans bien des écoles, une discipline passablement délaissée ».En septembre 2019, dans Québec Science, le journaliste Joël Leblanc disait avoir rencontré, lors de ses tournées dans les écoles, des centaines d\u2019enseignantes « souffrant d\u2019une allergie aux sciences », une attitude attribuable à leur manque de formation en la matière et à de mauvais souvenirs scolaires reliés à cet univers.Elles ne sont pas seules.Dans les médias grand public, les sujets scientifiques ne cartonnent pas vraiment.Quand il m\u2019arrive d\u2019en traiter dans cette chronique, je suis bien conscient que je m\u2019adresse à un lectorat plus restreint que quand je parle de politique, par exemple.La science, au Québec, tout le monde se dit pour, mais peu nombreux sont ceux qui la chérissent vraiment.D\u2019où l\u2019importance d\u2019une figure séduisante comme celle d\u2019Hubert Reeves, maître d\u2019une vulgarisation scientifique capable de faire aimer la composition des étoiles au quidam.Il y a, au Québec, d\u2019autres astrophy- siciens de talent versés en vulgarisation, comme Pierre Chastenay et Jean-René Roy.Le charisme de Reeves, cependant, est inégalable.Avec son allure et son ton de bon grand-père, le scientifique octogénaire sait charmer.Reeves, en effet, n\u2019est pas qu\u2019un savant ; c\u2019est un conteur et un poète qui donne aux connaissances une vibration humaine.Dans Le chemin de l\u2019école (Leméac, 2019), Yvon Rivard affirme que, « si l\u2019étude des sciences rebute, c\u2019est qu\u2019on les a déconnectées [\u2026] des émotions pour les confier aux bons soins des seules aptitudes intellectuelles ».Dans Comment je vois le monde (Champs, 2017), Albert Einstein écrit que « l\u2019esprit scientifique, puissamment armé en sa méthode, n\u2019existe pas sans la religiosité cosmique », c\u2019est-à-dire sans le désir d\u2019« éprouver la totalité de l\u2019Étant comme un tout parfaitement intelligible ».On ne fait pas de la science que pour faire marcher des choses, mais parce qu\u2019on veut comprendre profondément le monde et sa source.En chantant, selon les titres de ses plus célèbres ouvrages, la « patience dans l\u2019azur » et les « poussières d\u2019étoiles », Reeves retrouve l\u2019émotion dans sa quête de vérité.Dans Je chemine avec Hubert Reeves (Seuil, 2019, 128 pages), un recueil d\u2019entretiens avec l\u2019éditrice Sophie Lhuillier destiné aux jeunes qui cherchent leur voie professionnelle, le scientifique raconte, très simplement, son parcours et explique les raisons qui l\u2019ont motivé à devenir astrophysicien.Son charisme, encore une fois, opère.Né en 1932 de parents qui n\u2019étaient pas des scientifiques, Reeves dit devoir l\u2019élan de sa vocation à sa grand-mère conteuse et au père Louis-Marie, un moine trappiste, ami de la famille, qui l\u2019a initié à la botanique.Quand on lui demande, vers 6-7 ans, au catéchisme, qui sont les êtres invisibles, le petit Hubert, au lieu de répondre « les anges », dit « les microbes ».Il n\u2019a jamais été un premier de classe, confie-t-il, mais il a eu la grâce, dès le début, d\u2019être habité par le « démon de la connaissance ».C\u2019est l\u2019essentiel, évidemment, diront toutes les personnes de culture, mais que faire quand la famille échoue à transmettre cette curiosité ?Il reste l\u2019école, bien sûr, mais aussi, dit Reeves, le travail de vulgarisation.Et la grande force de Reeves, dans cette mission, tient à sa capacité d\u2019insuffler un caractère humain aux sciences de la nature.Spécialiste de la physique nucléaire et plus précisément des éléments chimiques que sont le lithium, le béryllium et le bore, dont il a contribué à établir les origines, Reeves ne perd jamais de vue, comme le note son éditrice, que, dans l\u2019aventure scientifique, « intelligence et émotion sont complémentaires » et « nécessaires à la compréhension du monde ».S\u2019il aime tant l\u2019astrophysique, ex- plique-t-il, s\u2019il la considère comme la discipline idéale pour donner le goût de la science à tous, jeunes comme retraités, c\u2019est, dit-il, « parce que les étoiles inspirent le rêve autant que la rationalité ».Charmant papi encore débordant d\u2019énergie intellectuelle à 87 ans, Hubert Reeves est un inspirant modèle pour une jeunesse en quête d\u2019aventure et de vérité.Militant écologiste résolu qui rappelle la nécessité de se méfier des positions radicales, scientifique agnostique qui laisse une porte ouverte au mystère, Reeves invite au dépassement, tout en soulignant les dangers \u2014 il parle d\u2019expérience, confie-t-il \u2014 d\u2019un excès d\u2019ambition.Avec lui, la science est toujours aimable.Papi Hubert LOUIS CORNELLIER d\u2019amours homosexuelles dans Fé M Fé et sa suite, Fé Verte, a fasciné.« Ce n\u2019était pas calculé, mais le roman est arrivé dans une mouvance.Il faut se le dire : les choses ont bougé depuis les cinq dernières années.» Q pour queer Le monde a changé.Catherine Gi- rard-Audet en a conscience.Signant depuis 12 ans L\u2019ABC des filles, guide pratique pour les adolescentes, elle a ajouté dans les éditions 2019 et 2020 un lexique sur l\u2019identité sexuelle, où elle définit les termes « cisgenre », « queer » et « pansexualité ».« Je suis née en 1981.À l\u2019époque, soit tu étais gai, hétéro ou bi.Maintenant, c\u2019est bien plus éclaté.Les jeunes rejettent ces étiquettes ; elles existaient déjà par le passé, mais elles étaient moins bien vues ou abordées.» Pour l\u2019abécédaire, elle a invité Laurence Beaupré-Battisti à écrire sur son expérience de femme trans.« Je voulais savoir comment on se sent, comment se passe la transformation ; avoir la perspective de quelqu\u2019un qui le vit, c\u2019est encore plus riche.» En parallèle de son guide, Catherine Girard-Audet écrit la série Léa Olivier, où la sexualité est plus « délicate ».« Comme j\u2019ai des lectrices de 9 ans, on n\u2019est pas dans le graphique, on est dans le sentiment.» Sa pétillante héroïne terminant le secondaire, l\u2019autrice planifie d\u2019écrire « la première fois » de Léa.« Ce serait hypocrite de ne pas l\u2019aborder.Je voulais attendre qu\u2019elle soit rendue à un bon moment dans sa vie amoureuse, que ce soit consentant, sans pression.Après tout, on parle d\u2019intimité entre deux personnes.C\u2019est subtil, complexe.» Geneviève Labelle insiste sur l\u2019importance de bien traduire cette complexité.« Si on vise une éducation sexuelle pour les ados par la littérature, il faut amener du contexte, des émotions, des questionnements.» Bien plus que de simples scènes descriptives.Si la sexologue et psychothérapeute devait conseiller un auteur jeunesse pour mieux traiter de tels sujets, elle insisterait sur l\u2019importance de ne pas « généraliser sa propre expérience, de ne pas reproduire des clichés, des stéréotypes, des visions négatives et étroites de la sexualité ».Bref, de se questionner.« Je comprends la différence entre une fiction et la réalité, et je suis d\u2019accord avec la liberté de l\u2019artiste, mais on est quand même responsables de ce qu\u2019on met sur la place publique.» Sur cette place, les jeunes lecteurs commencent enfin à avoir lentement accès à plus de personnages LGBTQ+.« C\u2019est intéressant de libérer l\u2019espace pour des gens qui ne pouvaient pas s\u2019identifier à des modèles auparavant, dit Geneviève Labelle.Or, il faut être vigilant et le faire adéquatement, sans blesser les minorités qui doivent déjà se battre pour exister.Si on aborde les enjeux trans, par exemple, il faut se tenir à jour du vocabulaire.Il y a des choses qu\u2019on disait il y a cinq ans qu\u2019on ne dit plus.Il faut bien traduire les réalités, faire preuve de sensibilité.Après, on peut faire vivre ce qu\u2019on veut à notre personnage.» De Marie-Tempête à Lili-la-Lune Adolescente, Amélie Bibeau trouvait les personnages des romans pour son âge drôlement sages : « Je trouvais tout aseptisé, censuré.» Puis, elle est tombée sur la série Marie-Tempête, de Dominique Demers, et celle des Cas- siopée, de Michèle Marineau.« C\u2019est la première fois qu\u2019on en parlait de façon honnête.» C\u2019est cette consigne qu\u2019elle s\u2019est donnée en se lançant dans l\u2019écriture des quatre tomes de Lili-La-Lune.Être honnête.Réaliste.Pas question d\u2019enjoliver.D\u2019autant plus qu\u2019elle aborde la grave question des agressions sexuelles, de leurs conséquences, ce qui arrive lorsqu\u2019on porte plainte.La scène où l\u2019héroïne se fait agresser a été difficile à écrire pour la Sherbrookoise.« Il fallait que je sois juste.Et crue.Mais pas déplacée.Chaque mot a été pesé.Évalué, réévalué.Trop ?Pas assez ?Il y a le mot \u201cpénis\u201d une fois.Il est voulu.» Pour parler de sexualité saine et consentante, Amélie Bibeau passe par la suggestion, joue avec les images et les arrêts sur ces dernières.Devant une scène se terminant par une main glissée sous la jupe, « le lecteur de 18 ans comprend ce qui se passe ; celui de 12 pense qu\u2019il touche sa cuisse, c\u2019est tout ».Grâce à son authenticité, la créative autrice reçoit souvent des remerciements.« C\u2019est rare qu\u2019on parle de vraies affaires comme ça ! » lui a écrit une fan de Lili.Or, c\u2019est un lecteur de Derrière le masque, sa nouvelle série consacrée à la lutte et à la sexualité du point de vue d\u2019un ado de 17 ans, qui lui a fait le compliment suprême : « C\u2019est le roman le plus adolescent que j\u2019aie jamais lu.» 33 Lire 100 % jeuness e LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Lir e 100 % jeuness e 34 Maria Chapdelaine, Rose Latulipe, Roméo et Juliette et Comme une peau de chagrin se sont notamment retrouvées sur les rayons.« Le temps est un bon indicateur de la valeur d\u2019une œuvre », souligne Damien Hervé, directeur éditorial aux Éditions Auzou, qui est à l\u2019origine de mises à jour de contes parmi les plus célèbres des frères Grimm et de Hans Christian Andersen, ainsi que des Fables de La Fontaine.« Si ces histoires sont considérées comme des classiques, ce n\u2019est pas un hasard.Elles sont partie prenante de notre patrimoine culturel, et il n\u2019en tient qu\u2019à nous de les défendre encore, pour qu\u2019elles traversent un nouveau siècle.» Ce devoir de mémoire l\u2019a incité à publier un recueil de légendes et de contes québécois qui n\u2019existaient jusqu\u2019alors que dans la tradition orale.« Lorsque l\u2019écrivaine Martine Latulip- pe était monitrice dans des camps de vacances, elle racontait les histoires de la Dame blanche, de Rose Latulipe, d\u2019Alexis le trotteur et du Bonhomme Sept Heures aux enfants ; des récits qui se transmettent autour du feu depuis des générations, mais qui sont néanmoins en train de se perdre.En les réécrivant, on les préserve de l\u2019oubli », raconte M.Hervé.Des œuvres qui voyagent Nadine Robert, fondatrice de la toute jeune maison d\u2019édition Le Lièvre de mars, a fait de la réédition d\u2019albums épuisés des six dernières décennies sa mission principale.« Cette idée provient du constat que la durée d\u2019un livre, en 2019, est très courte.C\u2019est vertigineux de songer à tous les recueils qui ont été publiés et qui sont tombés dans l\u2019oubli, dont certains ont une valeur incommensurable.» L\u2019éditrice s\u2019intéresse notamment aux œuvres internationales originales ou issues de la tradition orale, qui ont connu, dans leur pays respectif, un grand succès auprès des enfants.On retrouve donc, dans son catalogue, des récits en provenance du Japon, de la République tchèque, de la Finlande et de la Russie.« Ces œuvres résonnent toutes encore aujourd\u2019hui et permettent aux enfants de réfléchir à des enjeux qui les touchent directement.Dans Cerfeuil, par exemple, joyau oublié de l\u2019auteur américain Ludwig Bemelmans publié en 1953, un cerf se lie d\u2019amitié avec un arbre.Cette histoire parle de l\u2019interdépendance de la faune et de la flore, de la résilience de la nature devant l\u2019homme.C\u2019est plus actuel que jamais.» En plus de permettre à une nouvelle génération de découvrir et de s\u2019approprier une œuvre marquante, la réédition de livres jeunesse est une occasion de leur donner une nouvelle vie auprès d\u2019éditeurs internationaux.Tout récemment, le Groupe d\u2019édition la courte échelle a vendu les droits du roman Un été de jade, de Charlotte Gingras, en Russie, ainsi que la série « Rosalie » en Iran.« Le premier tome, Les catastrophes de Rosalie, a été publié en 1987, indique Mariève Talbot, présidente-direc- trice générale du Groupe.C\u2019est incroyable que ça suscite encore autant d\u2019intérêt.C\u2019est une grande fierté pour nous d\u2019être capables de suivre les tendances et d\u2019innover, tout en créant des œuvres qui sont assez universelles pour rejoindre des jeunes d\u2019une autre génération ou d\u2019un autre pays.» Des enjeux de marketing Un tel travail de réédition suppose bien entendu son lot d\u2019enjeux.Ces classiques doivent bien souvent subir une petite modernisation afin de répondre aux attentes des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.Bien que les éditeurs s\u2019entendent pour dire que les textes ne nécessitent que des modifications mineures, les illustrations originales sont systématiquement améliorées, ou tout simplement mises de côté pour une version plus actuelle.« Ce serait un sacrilège de toucher aux Fables de La Fontaine, soutient M.Hervé.Chaque virgule est en soi un chef-d\u2019œuvre.C\u2019est plutôt du point de vue graphique qu\u2019on fait évoluer l\u2019œuvre, en priorisant un illustrateur actuel ou en modifiant le format.» Même son de cloche du côté du Groupe d\u2019édition la courte échelle.« On relie tous les textes pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a pas de décalage, mais on n\u2019ira pas jusqu\u2019à ajouter des cellulaires pour actualiser l\u2019œuvre.Pour donner un petit vent de fraîcheur, on retravaille plutôt la maquette graphique et la présentation », précise Mme Talbot.Ces mises à jour permettent, la plupart du temps, d\u2019abolir la méfiance que suscitent parfois les « vieux livres ».« Je suis constamment en réflexion afin de trouver les meilleurs moyens de les promouvoir, signale Mme Robert.Ce sont bien souvent les adultes qui entretiennent des préjugés sur la pertinence de ces œuvres.C\u2019est malheureux, car les enfants vont adopter toutes les histoires qui leur parlent, peu importe l\u2019époque.» Malgré l\u2019offre colossale de nouveautés jeunesse, une poignée d\u2019éditeurs se tournent vers le passé pour y puiser des trésors Amoureux de la lecture, un classique à la fois Dans Cerfeuil, joyau oublié de l\u2019auteur Ludwig Bemelmans publié en 1953, un cerf se lie d\u2019amitié avec un arbre.Cette histoire parle de l\u2019interdépendance de la faune et de la flore, de la résilience de la nature devant l\u2019homme.C\u2019est plus actuel que jamais.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR GRAND ANGLE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR u Québec, bon an, mal an, plus d\u2019un millier de nouveaux livres pour enfants et adolescents se disputent les tablettes des libraires, produits d\u2019un effort colossal d\u2019imagination et de virtuosité.Et le zèle paie : un ouvrage sur trois vendu dans la province se destine à un public jeunesse.Malgré le renouvellement perpétuel de l\u2019offre, une poignée d\u2019éditeurs tournent leur regard vers le passé pour y puiser des trésors, incontournables ou méconnus, dont le génie demeure imperméable au cruel passage du temps.Au cours des derniers mois, en plus de nouvelles éditions des intemporels Cendrillon, Jacques et le haricot magique et Les trois petits cochons, des adaptations illustrées de A LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 35 Écrans compte plus le nombre de gens qui m\u2019ont mis leurs enfants dans les bras en disant : \u201cC\u2019est pour elle ou c\u2019est pour lui qu\u2019on vient ici\u201d.» Cette arrivée en sol québécois, il souhaite donc qu\u2019elle se passe le mieux possible.À titre d\u2019exemple, il cite encore son père, qui, après avoir longtemps demandé qu\u2019on le rapatrie dans son pays, a finalement décidé d\u2019être enterré à côté de Pierrette, sa femme.Or, pour rester ainsi au Québec, il faut l\u2019aimer, dit-il.Certains des immigrants qu\u2019il rencontre dans sa série documentaire vivent au Québec depuis longtemps, d\u2019autres moins.Leurs parcours sont variés.Fady est arrivé au Québec comme étudiant étranger, tandis que Cinthia a fui la répression au Venezuela.On rencontrera aussi un Mexicain qui a été immigrant illégal aux États-Unis avant de venir pour la première fois au Québec comme travailleur saisonnier, un Congolais désormais établi à Joliette qui a vu sa famille mourir durant la guerre, ou une Vietnamienne qui a tout laissé derrière elle avec sa famille, avant de s\u2019arrêter dans un camp de réfugiés à Hong Kong et de s\u2019établir ici.« Ça n\u2019est pas une série moralisatrice », dit Gregory Charles, qui voulait tout simplement « documenter » l\u2019immigration dans sa diversité pour éviter, notamment, de tomber dans la logique creuse des chiffres.Il relève d\u2019ailleurs qu\u2019on a beau parler énormément de la quantité d\u2019immigrants que le Québec veut accepter, la majorité de ces immigrants ne reste pas au Québec.Plusieurs immigrants ont confié à Gregory Charles avoir trouvé particulièrement difficile de se faire des amis ici.Gregory Charles aborde aussi un autre écueil à l\u2019immigration, la question de la reconnaissance des équivalences de formation.Il évoque la situation de son propre père, orthopédiste de formation, qui n\u2019a pas travaillé dans son domaine précis au Québec parce que la reconnaissance de ses diplômes a trop tardé à venir.« Leur histoire m\u2019est familière », dit-il au sujet de ces gens qu\u2019il a rencontrés.En créant la série de capsules Je suis Québécois, Gregory Charles souhaitait aussi rendre le Québec plus intelligible aux nouveaux arrivants.Par le biais de ces capsules, il leur explique par exemple, avec un peu d\u2019histoire, ce que sont les cégeps, ou encore le mouvement féministe québécois.Pour apprendre le français parlé au Québec, il suggère l\u2019apprentissage de diverses chansons, québécoises ou françaises.Une façon d\u2019apprendre la langue qui a fait ses preuves, assure-t-il.C U L T U R E L\u2019accueil comme condition d\u2019intégration des immigrants Gregory Charles lance une série documentaire sur ce qui devrait être « une danse à deux » Le vrai nouveau monde Radio-Canada, samedi, 19 h En invitant chez lui, pour sa série documentaire, Fady, Ivoirien d\u2019origine libanaise, aujourd\u2019hui chef du Service de police de Longueuil, Gregory Charles souhaite recréer l\u2019ambiance familiale d\u2019ouverture au monde.ICI RADIO-CANADA ENTREVUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR our Gregory Charles, l\u2019immigration devrait être une expérience heureuse.Et pour réussir cette expérience, il faut qu\u2019il y ait des ouvertures du côté des accueillis, comme du côté des accueillants.L\u2019immigration, « c\u2019est une danse à deux », dit-il en entrevue.Depuis quelque temps déjà, Gregory Charles a choisi de s\u2019employer à faciliter l\u2019intégration des nouveaux arrivants au Québec.Après avoir produit la série de capsules Je suis Québécois, dans laquelle il explique le Québec et certains aspects de la langue française aux immigrants, voici qu\u2019il lance la série documentaire Le vrai nouveau monde, où il rencontre des immigrants aux profils divers, et permet à son public de les connaître.Cette démarche, explique-t-il de long en large, lui est notamment inspirée de ses parents, qui aimaient recevoir chez eux des personnes provenant de tous les coins du monde.Il garde un souvenir attendri de ces soirées aux parfums internationaux, où l\u2019on causait autant de politique que de gastronomie.En invitant chez lui, pour sa série documentaire, Fady, Ivoirien d\u2019origine libanaise, aujour- d\u2019hui chef du Service de police de Longueuil, ou Cintia, journaliste vé- nézuélienne venue au Québec pour protéger sa liberté d\u2019expression, il souhaite recréer l\u2019ambiance familiale d\u2019ouverture au monde.« Mon père était un nouvel arrivant dans les années 1960 », raconte-t-il en entrevue téléphonique.Anglophone originaire de Trinidad et Tobago, Lennox Charles n\u2019a longtemps parlé qu\u2019en français à son fils Gregory, pour s\u2019assurer que celui-ci maîtrise bien cette langue.Jusqu\u2019à la fin de sa vie, lui qui a été happé par une dénei- geuse à Montréal, en 2018, Lennox Charles a aussi œuvré pour favoriser l\u2019intégration des immigrants, notamment à travers l\u2019organisme communautaire PROMIS, dans Côte-des- Neiges.Mais l\u2019idée de cette série documentaire est aussi venue à Gregory Charles depuis qu\u2019il préside les cérémonies d\u2019accession à la citoyenneté canadienne, organisées tous les mois par le gouvernement fédéral.« Je suis devenu très conscient des leitmotive et des motivations qui accompagnent cette réception de citoyenneté, dit-il en entrevue.Je ne P LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 36 qui sont prises dans un cercle de violence de visionner la série rapidement.Loin des regards.En écrivant le scénario avec Gabriel Sabourin, Geneviève Rioux avait d\u2019ailleurs en tête une mère dont le mari est rendu dangereux, qui n\u2019ose pas parler, ou demander de l\u2019aide.Qui a peur pour ses enfants, qui se demande comment elle pourra payer le loyer.« Je voulais que cette spectatrice puisse regarder notre série en cachette.Qu\u2019elle puisse se dire que partir est possible.Et que dans les maisons d\u2019hébergement, elle sera accueillie gratuitement.Encadrée.» Chaque épisode se termine ainsi sur le numéro de SOS violence conjugale.Et le propos, qui offre des parcelles de lumière, des idées d\u2019issues, permet de croire qu\u2019une autre vie, dénuée de violence, est à portée de main.Une deuxième saison est présentement en processus de création.Parlant de création, cette grande téléphage et bouquineuse qu\u2019est Geneviève Rioux ajoute trouver dans la série courte sur le Web un parallèle avec la lecture.« De la même façon que l\u2019on peut décider de visionner un seul épisode ou plusieurs, on peut choisir de lire deux ou trois chapitres à la fois, ou dévorer un roman en quelques heures.» Et son expérience du format ?« Pendant un moment, je pensais que la websérie courte était réservée aux trentenaires, répond-elle honnêtement.Moi, je n\u2019ai pas 30 ans\u2026 mais j\u2019ai des choses à dire ! Aujourd\u2019hui, je vois que ça peut toucher toutes les générations.Et L\u2019âge adulte, j\u2019adore ça ! » Elle n\u2019est pas la seule.Pour une nouvelle fois, l\u2019œuvre brillante imaginée et scénarisée par Guillaume Lambert se retrouve en nomination aux C21 International Drama Awards de Londres, dont les lauréats seront annoncés le 5 décembre.Et pas contre n\u2019importe qui : contre sa série préférée à lui, Fleabag.C\u2019est aux côtés de ce succès surprise signé par l\u2019Anglaise Phoebe Waller-Bridge que « Adulthood » compétitionnera pour le titre de Best returning comedy- drama series.Une catégorie que l\u2019on pourrait appeler « Meilleur série comique-dramatique qui n\u2019en est pas à sa première saison ».L\u2019âge adulte chez les grands Les exploits de L\u2019âge adulte ne s\u2019arrêtent pas là.L\u2019ensemble est aussi en lice pour le prix de la meilleure série dramatique courte et numérique en compagnie de\u2026 Fourchette, de Sarah- Maude Beauchesne.Énième preuve, s\u2019il en fallait une, que le format se porte bien, très bien au Québec.« On est en train de défoncer le plafond de verre avec des projets portés par une écriture forte.» Courts en séries En prenant le temps de s\u2019y attarder, on s\u2019aperçoit que la websérie courte est en explosion au Québec C\u2019est une portée sociale que la réalisatrice Geneviève Rioux a souhaité atteindre avec Moi, j\u2019habite nulle part.Ce drame se déroule dans une maison d\u2019hébergement pour femmes et est tourné à hauteur d\u2019enfant.ICI RADIO-CANADA GRAND ANGLE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR utrefois, l\u2019appellation « série courte » évoquait les mots « petit sketch », « petit gag », « petit punch ».En bref, le style popularisé par Bref.Les mini-épisodes créés par l\u2019humoriste français Kyan Kho- jandi qui, encore aujourd\u2019hui, demeurent un modèle du genre.Mais la websérie se multiplie.Le format explose.Et sa portée va au-delà du rire.Même si on s\u2019esclaffe toujours en court.« C\u2019est vrai qu\u2019il y a beaucoup d\u2019humour, d\u2019ironie, remarque Geneviève Rioux.C\u2019est le fun, c\u2019est bon pour la société.» C\u2019est toutefois une portée sociale que la réalisatrice a souhaité atteindre avec Moi, j\u2019habite nulle part.Se déroulant dans une maison d\u2019hébergement pour femmes, et tourné à hauteur d\u2019enfant, ce drame teinté d\u2019espoir aborde le sujet de la violence conjugale.Son espoir à elle ?« Que la série puisse sauver quelqu\u2019un.» Et elle ne parle pas de façon métaphorique.Quand elle dit sauver, elle veut réellement dire sauver.Car, dans ce cas précis, le format court acquiert une puissance autre que simplement créatrice.Il permet à celles A Pendant un moment, je pensais que la websérie courte était réservée aux trentenaires.Moi, je n\u2019ai pas 30 ans\u2026 mais j\u2019ai des choses à dire ! Aujourd\u2019hui, je vois que ça peut toucher toutes les générations.GENEVIÈVE RIOUX » LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Et c\u2019est en force que Guillaume Lambert est arrivé, en 2017, avec ses dialogues mordants, ses situations somptueuses.« Il y avait un momentum, croit le créateur.Et un grand intérêt pour les formes nouvelles.» En pleine forme, son écriture drôle, fine et teintée juste ce qu\u2019il faut de « ark caca, ark caca », a séduit sur trois saisons.« J\u2019y suis allé avec mon cœur », révèle celui qui, dans sa démarche artistique, sent le besoin de « faire explorer les formats ».Et qui a trouvé dans celui de la série courte « un terrain de jeu peu exploré ».« Le Web m\u2019a permis de créer un triptyque kaléidoscopique de points de vue.De réaliser tous mes fantasmes.» Et ce, à sa façon, avec sa signature si particulière.Malgré le budget parfois solidement serré.« Je ne sais pas si l\u2019on devient créateur du Web par passion ou par défaut, souligne le finissant en cinéma de l\u2019INIS cuvée 2010.Mais, dans tous les cas, et dans la contrainte, on réussit à offrir des produits forts et originaux.» Car la télé traditionnelle au Québec est encore, selon Guillaume Lambert, « un peu conservatrice ».« Je pense toutefois que, d\u2019ici quelques années, la notion de format va se transformer.On ne parlera plus de Web, de petit écran, de court, de long.On va simplement parler de contenu.» Une idée que partage Éric Piccoli, un vétéran de la websérie d\u2019ici.« Vétéran ?Man, je me sens vieux.» D\u2019accord, on reprend : jeune vétéran.C\u2019est que le trentenaire joue avec le format depuis une décennie déjà.Après avoir exploré la science-fiction avec Temps mort, puis Projet M, l\u2019inspiré cinéaste et producteur de Babel Films a pris une voie qu\u2019il qualifie de « peut-être plus sociale » avec la célébrée série Écrivain public.Prise de risque Justement, il est en plein montage de la troisième saison de cette œuvre aux accents documentaires mettant en vedette Emmanuel Schwartz.Homme Pour une nouvelle fois, L\u2019âge adulte, l\u2019œuvre brillante imaginée et scénarisée par Guillaume Lambert, se retrouve en nomination aux C21 International Drama Awards de Londres, dont les lauréats seront annoncés le 5 décembre.ICI TOU.TV occupé, il travaille aussi sur l\u2019adaptation de Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface, en compagnie de Florence Lafond.Cette websérie de huit épisodes de quinze minutes est inspirée du premier roman d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette, paru en 2010.Le récit du livre se déroule à Hochelaga.Éric Piccoli a choisi de transposer l\u2019action ailleurs.Raison ?« Je trouvais que j\u2019avais fait le tour d\u2019Hochelag\u2019avec Écrivain public, répond-il.Nous allons donc tourner à Saint-Michel, où j\u2019ai grandi.Et l\u2019autoroute 40 va jouer un rôle omniprésent dans le visuel.» Côté jeu, le format court permet de s\u2019amuser, de créer, d\u2019aller plus loin.« Les habitudes des gens ont changé, la télévision s\u2019est transférée sur le Web.Et elle s\u2019est transformée.Elle répond de plus en plus aux envies du public.» Et ces envies, quelles sont-elles ?« Une certaine prise de risque.Du contenu qui n\u2019a pas été filtré par des millions de processus.Des sujets abordés de façon honnête, parfois crue.» En effet, contrairement à l\u2019idée reçue voulant que les spectateurs douillets aiment se réfugier au chaud dans une bulle de contenu consensuel classique, selon le réalisateur, c\u2019est en sortant des sentiers rebattus deux cent soixante-douze fois que l\u2019on réussit à les séduire.Éric Piccoli, par exemple, ne prévoyait pas qu\u2019Écrivain public plairait autant au public, justement.« J\u2019essaie de faire des projets à pertinence sociale, qui ouvrent des discussions.De là à dire que je m\u2019attendais à ce que parler de pauvreté et d\u2019analphabétisme pogne\u2026 ! » Cela dit, le temps est peut-être venu pour plus de compassion, plus d\u2019ouverture, plus de douceur.« Les gens sont écœurés d\u2019être cyniques et découragés.Ils ont besoin d\u2019histoires qui dénoncent, qui créent des ponts et un dialogue.» Et quand les dialogues à l\u2019écran sont aussi bien écrits en plus, le format court convient \u2014 et convainc.PART OEM signe r r ma oquin ier de 6 AU 22 DÉCEMBRE / 300 ARTISANS / PLACE BONAVENTURE / GRATUIT Ceci est plus qu\u2019un sac LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 38 SAMEDI LE BON CÔTÉ DES CHOSES (3) (Silver Linings Playbook), É.-U.2012.Comédie dramatique de David O.Russell avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro.- Un enseignant bipolaire récemment sorti de l\u2019hôpital psychiatrique fait la connaissance d\u2019une jeune veuve à l\u2019équilibre mental fragile déterminée à le conquérir.ARTV 12h SOUTH PARK : PLUS GRAND, PLUS LONG ET SANS COUPURE (4) (South Park : Bigger, Longer & Uncut), É.-U.1999.Film d\u2019animation de Trey Parker.- Dans une petite ville du Colorado, des parents sont outrés par le langage ordurier que leurs enfants ont appris au cinéma.Z 14h JUMEAUX (5) (Twins), É.-U.1988.Comédie d\u2019Ivan Reitman avec Arnold Schwarzenegger, Danny DeVito, Kelly Preston.- Un colosse part à la recherche de sa mère, entraînant avec lui son frère jumeau, un petit escroc qui ne lui ressemble pas du tout.V 14h L\u2019ÈRE DE GLACE.LA DÉRIVE DES CONTINENTS (4) (Ice Age : Continental Drift), É.-U.2012.Film d\u2019animation de Steve Martino.- À l\u2019ère préhistorique, un cataclysme planétaire provoqué par un écureuil sépare brutalement un mammouth, un tigre et un paresseux de leurs familles respectives.TVA 14h15 HAUT DANS LES AIRS (3) (Up in the Air), É.-U.2009.Comédie dramatique de Jason Reitman avec George Clooney, Anna Kendrick, Vera Farmiga.- L\u2019existence nomade d\u2019un consultant pour une firme de licenciement de personnel est menacée par une jeune collègue chargée de réduire les coûts et de sédentariser la main d\u2019œuvre.ARTV 14h30 POURQUOI LUI?(5) (Why Him?), É.-U.2016.Comédie sentimentale de John Hamburg avec Bryan Cranston, James Franco, Zoey Deutch.- Quelques jours avant Noël, un millionnaire du Web excentrique et vulgaire s\u2019emploie à convaincre un imprimeur collet monté et son épouse qu\u2019il est digne de marier leur fille.MAX 15h30 LE 2E VOYAGE.L\u2019ILE MYSTÉRIEUSE (5) (Journey 2 \u2013 The Mysterious Island), É.-U.2012.Aventures de Brad Peyton avec Dwayne Johnson, Josh Hutcherson, Vanessa Hudgens.- Aidé par son beau père, un pilote d\u2019hélicoptère et la fille de ce dernier, un adolescent réussit à trouver l\u2019île de l\u2019Atlantide, où s\u2019est réfugié son grand-père explorateur.V 16h DOCTEUR DOLITTLE (4) (Dr.Dolittle), É.-U.1998.Comédie fantaisiste de Betty Thomas avec Eddie Murphy, Kristen Wilson, Oliver Platt.- L\u2019existence d\u2019un médecin est bouleversée quand, grâce à un don refoulé depuis l\u2019enfance, il devient capable de parler aux animaux.TQ 18h OÙ SONT PASSÉS LES MORGAN?(5) (Did You Hear About the Morgans?), É.-U.2009.Comédie sentimentale de Marc Lawrence avec Hugh Grant, Sarah Jessica Parker, Sam Elliott.- Témoin d\u2019un meurtre et menacé par le tueur, un couple new-yorkais en crise est contraint par le FBI de se cacher dans un village du Wyoming sous une fausse identité.MAX 18h HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS (4) (Harry Potter and the Chamber of Secrets), É.-U.2002.Drame fantastique de Chris Columbus avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson.- Au péril de leur vie, trois apprentis sorciers enquêtent sur le mystère entourant la chambre des secrets de leur école.V 18h LA LÉGENDE DE TARZAN (5) (Legend of Tarzan, The), É.-U.2016.Aventures de David Yates avec Alexander Skarsgard, Margot Robbie, Christoph Waltz.- Après avoir échappé à sa capture dans la jungle congolaise, Lord Greystoke, alias Tarzan, part délivrer son épouse Jane, détenue par un vil émissaire du roi de la Belgique.TVA 18h30 GAZON MAUDIT (4) Fr.1994.Comédie sentimentale de Josiane Balasko avec Josiane Balasko, Victoria Abril, Alain Chabat.- Mécontente des nombreuses absences de son mari, une mère de famille se laisse séduire par une lesbienne qui s\u2019installe chez elle.ARTV 19h IT\u2019S A WONDERFUL LIFE (2) É.-U.1946.Comédie fantaisiste de Frank Capra avec James Stewart, Donna Reed, Lionel Barrymore.- Un ange descend du ciel pour montrer à un ingénieur découragé tout le bien qu\u2019il a réalisé dans sa vie.CTV et NBC 20h SHERLOCK HOLMES (4) G.-B.2009.Drame policier de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams.- Le détective Sherlock Holmes et son fidèle associé, le médecin John Watson, cherchent à neutraliser un meurtrier mégalomane ressuscité d\u2019entre les morts.MAX 20h LA TOUR SOMBRE (5) (The Dark Tower), É.-U.2017.Aventures de Nikolaj Arcel avec Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor.- Un garçon se retrouve transporté dans une autre dimension, où un chevalier affronte un diable surpuissant pour la sauvegarde d\u2019une tour mythique, dont dépend la survie de notre monde.TVA 20h45 LE MUR DE L\u2019ATLANTIQUE (5) Fr.1970.Comédie de Marcel Camus avec Bourvil, Peter McEnery, Sophie Desmarets.- En 1943, un aubergiste normand est mêlé malgré lui à l\u2019évasion d\u2019un aviateur anglais et à un vol de documents à l\u2019état-major allemand.TFO 21h LA RUMEUR COURT (5) (Rumour Has It), É.-U.2005.Comédie sentimentale de Rob Reiner avec Jennifer Aniston, Kevin Costner, Mark Ruffalo.- Après avoir découvert que sa famille a inspiré l\u2019histoire du film The Graduate, une jeune femme cherche à en savoir plus sur ses véritables origines.ELLE 21h DEADPOOL (4) É.-U.2016.Science-fiction de Tim Miller avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein.- Atrocement défiguré à la suite d\u2019une expérience l\u2019ayant doté de pouvoirs d\u2019autoguérison, un mercenaire mal embouché entreprend d\u2019éliminer l\u2019individu responsable de sa condition.V 21h30 POUVOIR D\u2019EXÉCUTER (5) (Absolute Power), É.-U.1996.Drame policier de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Ed Harris.- Un cambrioleur est témoin du meurtre de la femme d\u2019un milliardaire par les hommes du président des États-Unis.TQ 22h SOUTH PARK : PLUS GRAND, PLUS LONG ET SANS COUPURE Voir samedi, 14h.Z 23h LE BON CÔTÉ DES CHOSES Voir samedi, 12h.ARTV 23h ROBIN DES BOIS (4) (Robin Hood), É.-U.2010.Drame épique de Ridley Scott avec Russell Crowe, Cate Blanchett, Mark Strong.- À l\u2019aube du XIIIe siècle, un archer anglais de retour des Croisades s\u2019illustre lors d\u2019une tentative d\u2019invasion française fomentée par un cruel conseiller de l\u2019inique roi Jean.TVA 23h15 CHARADE Voir dimanche, 21h.TFO 23h30 UN CADAVRE SOUS LE CHAPEAU (3) (Miller\u2019s Crossing), É.-U.1990.Drame de mœurs de Joel Coen avec Gabriel Byrne, Marcia Gay Harden, Albert Finney.- Après une liaison avec la maîtresse de son patron, le bras droit d\u2019un magnat de la pègre se met au service d\u2019un rival méfiant.RC 0h30 SHERLOCK HOLMES Voir samedi, 20h.MAX 0h30 LE MUR DE L\u2019ATLANTIQUE Voir samedi, 21h.TFO 1h30 DIMANCHE EMILY DICKINSON.L\u2019HISTOIRE D\u2019UNE PASSION (4) (A Quiet Passion), G.-B.2016.Drame biographique de Terence Davies avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Duncan Duff.- La vie de la poète américaine Emily Dickinson, marquée par son affection pour les membres de sa famille et son sacrifice d\u2019une vie amoureuse, tous deux sublimés dans son art.TVA 10h DOCTEUR DOLITTLE Voir samedi, 18h.TQ 12h SALT (4) É.-U.2010.Thriller de Phillip Noyce avec Angelina Jolie, Liev Schreiber, Chiwetel Ejiofor.- Une agente de la CIA en fuite tente de prouver son innocence après qu\u2019un ressortissant russe l\u2019eut accusée d\u2019être une espionne au service de son pays.Z 14h L\u2019ARME FATALE 2 (4) (Lethal Weapon 2), É.-U.1989.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Danny Glover, Joe Pesci.- Deux inspecteurs disparates poursuivent des truands qui se révèlent être des agents sud-africains protégés par leur immunité diplomatique.V 14h LE PETIT PRINCE (4) (The Little Prince), Fr.2015.Film d\u2019animation de Mark Osborne.- Dans un monde totalement régi par la rationalité économique, une petite fille est initiée par son excentrique voisin à l\u2019histoire du Petit Prince et à son art de vivre.TVA 14h15 HISTOIRE DE JOUETS (3) (Toy Story), É.-U.1995.Film d\u2019animation de John Lasseter.- Animés d\u2019une vie propre, les jouets d\u2019un petit garçon vivent des aventures périlleuses lorsqu\u2019ils tombent entre les mains d\u2019un jeune voisin malicieux.RC 15h OÙ SONT PASSÉS LES MORGAN?Voir samedi, 18h.MAX 15h30 WIMBLEDON (4) É.-U.2004.Comédie sentimentale de Richard Loncraine avec Paul Bettany, Kirsten Dunst, Sam Neill.- Lors de son tournoi d\u2019adieu, un joueur de tennis sur le déclin se remet à gagner lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019une jeune consœur américaine.V 16h30 ROSE BONBON (4) (Pretty in Pink), É.-U.1986.Comédie dramatique d\u2019Howard Deutch avec Molly Ringwald, Andrew McCarthy, Jon Cryer.- Les tribulations sentimentales d\u2019une adolescente, fille de chômeur, étudiant dans une école fréquentée par des jeunes de milieux aisés.MAX 17h30 POUR L\u2019AMOUR DE DIEU (4) Can.2011.Drame sentimental de Micheline Lanctôt avec Madeleine Péloquin, Victor Andrés Trelles Turgeon, Ariane Legault.- À la fin des années 1950, une adolescente découvre qu\u2019une religieuse et un jeune prêtre sont épris l\u2019un de l\u2019autre.ARTV 20h CHARADE (3) É.-U.1963.Comédie policière de Stanley Donen avec Audrey Hepburn, Cary Grant, Walter Matthau.- À la mort de son mari, une jeune femme découvre qu\u2019il détenait le secret d\u2019un trésor.TFO 21h À TRAVERS L\u2019UNIVERS (3) (Across the Universe), É.-U.2007.Comédie musicale de Julie Taymor avec Jim Sturgess, Evan Rachel Wood, Joe Anderson.- Les tribulations sentimentales et politiques d\u2019un groupe de jeunes artistes marginaux à New York au cours des années 1960.MAX 21h30 ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?(5) Fr.2011.Comédie dramatique de Stéphane Robelin avec Jane Fonda, Pierre Richard, Claude Rich.- Aux prises avec différents ennuis, cinq amis septuagénaires décident de vivre en communauté dans une grande maison.TQ 22h HAUT DANS LES AIRS Voir samedi, 14h30.ARTV 23h HUGO (3) É.-U.2011.Aventures de Martin Scorsese avec Asa Butter- field, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley.- Un orphelin vivant incognito dans une grande gare parisienne découvre que le vieux marchand de jouets de l\u2019endroit n\u2019est autre que l\u2019ancien roi du cinéma muet Georges Méliès.TVA 23h15 LE PASSAGE DU RHIN Voir lundi, 21h.TFO 23h31 SUR LA ROUTE (4) (On the Road), É.-U.2011.Drame de mœurs de Walter Salles avec Sam Riley, Garrett Hedlund, Kristen Stewart.- À New York, en 1949, un aspirant écrivain se lie d\u2019amitié avec un ex-détenu qui l\u2019entraînera dans une série d\u2019aventures à travers le pays.RC 0h27 CHARADE Voir dimanche, 21h.TFO 1h36 LUNDI 12 CADEAUX DE NOËL (5) (12 Gifts of Christmas), É.-U.2015.Comédie sentimentale de Peter Sullivan avec Katrina Law, Aaron O\u2019Connell, Donna Mills.- Une artiste fauchée devient acheteuse de cadeaux de Noël pour un publicitaire débordé de travail.ELLE 18h LE CERCLE.LE POUVOIR DE TOUT CHANGER (5) (The Circle), É.-U.2017.Thriller de James Ponsoldt avec Tom Hanks, Emma Watson, Karen Gillan.- Une employée d\u2019une firme de nouvelles technologies et réseaux sociaux accepte de participer à la mise à l\u2019essai d\u2019un nouveau système de surveillance planétaire.MAX 21h LE PASSAGE DU RHIN (5) Fr.1960.Drame de guerre d\u2019André Cayatte avec Charles Aznavour, Georges Rivière, Nicole Courcel.- Deux prisonniers de guerre français connaissent des destinées différentes.TFO 21h01 UN BALCON SUR LA MER Voir mardi, 21h.TFO 23h30 12 CADEAUX DE NOËL Voir lundi, 18h.ELLE 0h ANGE ET GABRIELLE (5) Fr.2015.Comédie sentimentale d\u2019Anne Giafferi avec Patrick Bruel, Isabelle Carré, Alice de Lencquesaing.- Le patron d\u2019une agence d\u2019architectes apprend que son fils, qu\u2019il n\u2019a jamais reconnu, a mis enceinte la fille d\u2019une pharmacienne.TVA 0h35 LE PASSAGE DU RHIN Voir lundi, 21h.TFO 1h31 MARDI GALÈRE AU BRÉSIL (4) (Going to Brazil), Fr.2016.Comédie dramatique de Patrick Mille avec Vanessa Guide, Alison Wheeler, Philippine Stindel.- Parties au Brésil assister au mariage d\u2019une amie, trois jeunes Françaises sont embarquées dans une folle aventure après avoir provoqué la mort accidentelle du marié.VIE 13h LE STAGIAIRE (4) (Intern, The), É.-U.2015.Comédie de Nancy Meyers avec Robert De Niro, Anne Hathaway, Rene Russo.- Las de la retraite, un veuf de 70 ans devient stagiaire pour un site Internet de mode dirigé par une trentenaire.TVA 19h30 UN BALCON SUR LA MER (5) Fr.2010.Drame sentimental de Nicole Garcia avec Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Toni Servillo.- Dans les années 1980, un agent immobilier entame une liaison passionnée avec une cliente, en qui il croit reconnaître son amour d\u2019enfance à l\u2019époque où ils habitaient Oran, en Algérie.TFO 21h01 DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS Voir mercredi, 21h.TFO 23h30 UN BALCON SUR LA MER Voir mardi, 21h.TFO 1h30 MERCREDI DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS (4) Fr.2017.Drame de Noémie Lvovsky avec Luce Rodriguez, Noémie Lvovsky, Mathieu Amalric.- Une fillette de neuf ans est élevée seule par sa mère, une femme fragile, guettée par la folie.TFO 21h UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES Voir jeudi, 20h59.TFO 23h31 MEURTRES À AVIGNON (4) Fr.2016.Drame policier de Stéphane Kappes avec Catherine Jacob, Laetitia Milot, Farouk Bermouga.- Pour élucider la mort d\u2019une femme dont le squelette a été retrouvé dans une chambre forte du palais des Papes à Avignon, une commandante de la police judiciaire fait équipe avec sa nièce.TV5 0h MON AMOUR (3) (Bright Star), G.-B.2009.Drame sentimental de Jane Campion avec Ben Whishaw, Abbie Cornish, Paul Schneider.- L\u2019histoire d\u2019amour tragique du poète John Keats avec la jeune voisine coquette et extravertie qui lui a inspiré certaines de ses plus belles œuvres.TVA 0h35 DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS Voir mercredi, 21h.TFO 1h30 JEUDI UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES (5) Fr.2009.Comédie dramatique d\u2019Alfred Lot avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey.- Un retraité hypocondriaque, convaincu d\u2019être atteint d\u2019un cancer, reçoit en rafale une série de mauvaises nouvelles qui déclenchent en lui une véritable crise névrotique.TFO 20h59 CAMP PAPILLON.UN ÉTÉ DE RÊVE (5) (Camp papillon), Can.2018.Documentaire de Guillaume Sylvestre.- Un camp de vacances québécois accueille chaque année 300 déficients intellectuels et handicapés, encadrés par une centaine de moniteurs âgés de 16 à 20 ans.CD 22h POUR L\u2019AMOUR DE DIEU Voir dimanche, 20h.ARTV 23h LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LA COMMUNAUTÉ DE L\u2019ANNEAU (2) (The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring), É.-U.2001.Drame fantastique de Peter Jackson avec Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen.- Un groupe d\u2019humains et de personnages fabuleux entreprennent un périple pour détruire un anneau magique convoité par un sinistre seigneur.TVA 23h35 UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES Voir jeudi, 20h59.TFO 1h29 VENDREDI POUR L\u2019AMOUR D\u2019HOLLYWOOD (2) (La La Land), É.-U.2016.Comédie musicale de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend.- À Los Angeles, les trajectoires croisées d\u2019une aspirante actrice et d\u2019un pianiste de jazz intransigeant.TVA 19h30 MÉCHANTS PATRONS (4) (Horrible Bosses), É.-U.2011.Comédie de Seth Gordon avec Jason Bateman, Jason Sudeikis, Charlie Day.- Trois amis, dont les patrons sont respectivement un manipulateur arrogant, une obsédée sexuelle d\u2019âge mûr et un noceur incompétent, font un pacte pour les éliminer.MAX 20h JOURS DE TONNERRE (5) (Days of Thunder), É.-U.1990.Drame sportif de Tony Scott avec Tom Cruise, Robert Duvall, Nicole Kidman.- Un jeune homme doué pour la course automobile accède aux épreuves de championnat grâce aux judicieux conseils d\u2019un mécanicien.MAX 22h INTERSECTIONS (5) Fr.2012.Drame de David Marconi avec Roschdy Zem, Frank Grillo, Jaimie Alexander.- Dans le désert marocain, les conséquences d\u2019un accident de la route sur diverses personnes, dont une riche Américaine qui complotait avec son amant le meurtre de son nouveau mari.TVA 22h35 JOYEUX NOËL (3) Fr.2005.Drame de guerre de Christian Carion avec Guillaume Canet, Daniel Brühl, Diane Kruger.- En 1914, à la veille de Noël dans les tranchées, trois régiments, français, écossais et allemands, décrètent une trêve et fraternisent.ARTV 23h POUR L\u2019AMOUR DE DIEU Voir dimanche, 20h.RC 23h05 UN DÉBUT PROMETTEUR (5) Bel.2015.Comédie dramatique d\u2019Emma Luchini avec Manu Payet, Veerle Baetens, Zacharie Chasseriaud.- De retour chez son père horticulteur, un écrivain désabusé et alcoolique s\u2019éprend d\u2019une pétillante joueuse de poker, dont son frère est également amoureux.TFO 23h31 DEUX JOURS, UNE NUIT (2) Bel.2014.Drame de Luc Dardenne avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione, Pili Groyne.- Soutenue par son mari, une employée en congé de maladie dispose d\u2019un week-end pour convaincre ses collègues de renoncer à leur prime afin qu\u2019elle conserve son emploi.TQ 0h MÉCHANTS PATRONS Voir vendredi, 20h.MAX 0h LA FEMME INVISIBLE (4) (The Invisible Woman), G.-B.2013.Drame biographique de Ralph Fiennes avec Ralph Fiennes, Felicity Jones, Kristin Scott Thomas.- Au sommet de sa carrière et à la tête d\u2019une famille de dix enfants, l\u2019écrivain Charles Dickens s\u2019éprend de l\u2019actrice Nelly Ternan, alors âgée de 18 ans.RC 0h37 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 39 d\u2019ici ont pris l\u2019affiche dernièrement.Après Le goût du monde et Chef.fe.s de brousse, qui se sont retrouvés sur vos écrans à la mi-novembre, voilà qu\u2019on a droit au portrait d\u2019une cheffe qui figurait d\u2019ailleurs dans le second documentaire, la singulière Colombe Saint- Pierre.Le réalisateur Guillaume Sylvestre, qui avait déjà donné dans le documentaire « de cuistot » il y a une douzaine d\u2019années avec Durs à cuire, mettant alors en vedette Normand Laprise et Martin Picard, braque cette fois sa caméra sur cette cheffe autodidacte, devenue une vedette dans son domaine, pour qui son art est un engagement social, politique et environnemental, qui se doit d\u2019être pratiqué de façon durable et respectueuse de SUR VOS ÉCRANS \u2013 ENGAGEMENT Le visionnement en continu L\u2019Halloween est passée depuis maintenant un mois.Ça n\u2019empêche pas les vampires de resurgir dans cette nouvelle série de science-fiction et d\u2019horreur \u2014 une autre inspirée d\u2019une série de bandes dessinées \u2014, qui raconte la crise engendrée par la propagation d\u2019un virus qui transforme ceux qui le contractent en êtres assoiffés de sang\u2026 Avec Ian So- merhalder, qui s\u2019est fait connaître pour son rôle principal dans The Vampires Dairies, et Adrian Holmes, l\u2019un des vedettes de la version canadienne-anglaise de 19-2.V Wars Netflix, dès jeudi La singulière Colombe Saint-Pierre EXPLORA Une scène du documentaire Opération Père Noël, de Geneviève Albert UNIS l\u2019environnement et de ceux qui l\u2019habitent et en vivent.Non, ce n\u2019est pas une autre émission culinaire\u2026 La dynastie américaine On a bien l\u2019impression de tout savoir de la famille « royale » des Américains, les Kennedy.Et pourtant, cette série documentaire produite pour le compte de CNN, qui raconte dans le détail le destin pas banal de cette célèbre famille, des années 1930 jusqu\u2019à nos jours, donne souvent l\u2019impression de révéler quelques informations inédites.Il faut être vraiment passionné par ce clan influent du XXe siècle pour les déceler\u2026 Cette chronique des succès et des revers de la famille la plus célèbre des États-Unis, très classique dans la forme et le propos et commentée par une armée de biographes et d\u2019historiens, s\u2019avère tout de même intéressante et, surtout, fort divertissante.Les six épisodes sont diffusés en rafale du lundi au mercredi, jusqu\u2019au 11 décembre.Colombe sauvage Explora, vendredi, 21 h, Radio-Canada, mardi 3 décembre, 21 h Les Kennedy : secrets et tragédies Télé-Québec, dès lundi, 20 h On a bien l\u2019impression de tout savoir de la famille « royale » des Américains, les Kennedy.Et pourtant, cette série documentaire révèle des informations inédites.TÉLÉ-QUÉBEC AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR La « vraie » magie de Noël À quelques semaines de l\u2019orgie de consommation des Fêtes, ce documentaire tout simple de Geneviève Albert met en lumière les (bonnes) actions d\u2019un organisme qui, depuis 25 ans, permet à des milliers d\u2019enfants québécois moins chanceux que les autres de ne pas se sentir complètement exclus et à des donateurs anonymes de faire un peu de bien.Opération Père Noël a des antennes à la grandeur du Québec et se fait recommander des familles dans le besoin par les DPJ et les CLSC de toutes les régions, même du Nunavut.L\u2019organisation caritative, tenue à bout de bras par son couple fondateur, Normand Brault et Thérèse Guillemette, et des dizaines de bénévoles, donne la possibilité aux donateurs, qui restent anonymes, d\u2019être jumelés à des enfants dont ils ont reçu la lettre demandant des cadeaux (des jouets, et parfois des biens de première nécessité\u2026) au Père Noël, et de leur offrir les objets désirés\u2026 Le documentaire, qui raconte les différentes étapes de cette opération annuelle, donne la parole à de jeunes bénéficiaires (des enfants et un jeune couple qui attend son premier enfant) et à des donateurs auxquels ils sont jumelés sans le savoir, dont certains ont déjà profité des services de l\u2019organisme et redonnent au suivant avec beaucoup d\u2019émotion.Et c\u2019est là une des grandes qualités de ce film : il met des visages et des voix sur la pauvreté, parfois invisible, qui sévit au Québec sans misérabilisme, sans jugement et avec une note d\u2019espoir.Et donnera peut-être le goût à ceux qui le regarderont de faire leur part\u2026 Cheffe engagée Les hasards de la production documentaire québécoise font que plusieurs films consacrés à des chefs cuisiniers Opération Père Noël UNIS, lundi, 21 h S A L L E B O U R G I E 5 à 7 Jazz Quand décembre revient Jeudi 12 décembre \u2022 18 h TRIO JULIE LAMONTAGNE Une des pianistes québécoises les plus dynamiques interprète, avec ses musiciens, ses arrangements de pièces du populaire répertoire de Noël.Présenté par Intégrale des cantates de Bach \u2022 An 6 Samedi 21 décembre \u2022 14 h 30 Dimanche 22 décembre \u2022 14 h 30 ENSEMBLE CAPRICE Cantates de J.S.BACH pour Noël et le Nouvel An Le Temps des Fêtes à la salle Bourgie Cancionero de Uppsala Dimanche 15 décembre \u2022 14 h 30 LA NEF 4 chanteurs et 4 musiciens jouant sur instruments d'époque proposent leur interprétation de chants de Noël espagnols du XVIe siècle.SALLE BO U R G I E .C A LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 11/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie Le vrai nouveau monde La guerre des mondes Joanna Le Téléjournal Animaux sauvages TVA TVA nouvelles LA LÉGENDE DE TARZAN (2016) Alexander Skarsgård.20h45 LA TOUR SOMBRE (2017) Idris Elba.22h45 TVANou.Cinéma TQ DOCTEUR DOLITTLE (1998) Eddie Murphy.Grizzy/ Grizzy Cette année-là Belle et Bum LES PLEINS POUVOIRS (1996) Gene Hackman.V HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS (2002) avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint.DEADPOOL (V.F.) (2016) avec Morena Baccarin, Ryan Reynolds.ICI RDI Le Téléjournal Découverte Le National Les grands reportages Le Téléjournal La Facture Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 300 choeurs: les stars chantent leurs plus grands tubes 22h50 Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Tour de Force Les pires erreurs d'ingénierie Le choc des bolides 30 ans de l'ÉNH / Martin Matte , Patrick Huard.Déroute Panique 401 CANAL VIE De taudis à logis Mères à boutte Mères à boutte Maison jackpot Ma maison Accros au look Accros au look Petits animaux en surpoids Mar.aveugle RDS 17h30 Antich.Sports 30 HockeyQc.ca FIFA Soccer de plage FIFA Soccer de plage L'antichambre Sports 30 F1 Magazine HISTORIA Les pas de De père en fils Yukon Gold / De dures leçons Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Extraterrestres ICI ARTV Les filles de Caleb GAZON MAUDIT (1994) avec Alain Chabat, Victoria Abril.Moi et l'autre Moi et l'autre Témoin indésirable Cinéma EXPLORA Sauvetage Sauvetage Aux origines de l'histoire La Semaine verte La vie secrète des animaux du village Outback Pharmachien Z Seuls et tout nus American Chopper (v.f.) Les Brown / Paralysés RESIDENT EVIL: L'AU-DELÀ (2010) Milla Jovovich.Cinéma sav-media Archi branchés Inflammatoires Grand chapitre Biblioth/ Thèse Anxiété 20h50 Kick t Inventer le ciel 21h50 Inventer le ciel 22h40 Inventer le ciel TFO Les sapiens 18h35 Flip Top!/ Top! Amélie Wapos Bay La grande soif LE MUR DE L'ATLANTIQUE (1970) Bourvil.22h45 ONFR+ LE PARI Planète Globe cooker Grands Mythes Trois villes Supernature / Adhérence Histoires de fantômes Les unités d'élite face aux attentats CBC CBCNews Hockey Central LNH Hockey / Sabres de Buffalo c.Maple Leafs de Toronto (D) Hockey / Vancouver vs Edmonton (D) CTV CTV News Montreal W5 IT'S A WONDERFUL LIFE (1946) avec Donna Reed, Lionel Barrymore, James Stewart.CTV National GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Home to Win / That's a (W)rap! Private Eyes / Tex Therapy Mary Kills People / Bloody Mary Global News ABC 15h30 Football Football Score.Football Score.NCAA Football (D) News CBS 15h30 NCAA Football Ch.3 News Friends RobbieReindr RobbieReindr The Story of Santa Claus 48 Hours News PBS (33) Time Goes By Appearances Fawlty Towers Still Open Miss Fisher's Murder Mysteries Doc Martin Shakespeare Hathaway Austin City UNIS Le p'tit cabaret Trait d'humour Le punch Balade NUIT DE NOCES (2001) François Morency.Watatatow HBO1 Ice on Fire 19h40 Grey Gardens 21h25 61* (2000) avec Barry Pepper, Anthony Michael Hall.TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Flames de Calgary (D) Le TVA sports Dans le ring SAMEDI 12/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Gros labo Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Country TVA TVA nouvelles VLOG Révolution / Finale 20h45 Studio G 21h45 TVANou.22h15 Les beaux malaises Cinéma TQ Les francs-tireurs Y'a du monde à messe 20h35 Grands documentaires 21h35 Like! 22h05 ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?V Cinéma Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double ICI RDI Le Téléjournal Enquête Le National La Semaine verte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché 22h15 Champions du monde Journal/ L\u2019invité CANAL D Forces spéciales / La survie Docu-D / Ce silence qui tue La double vie À la recherche de.Parker: Sa ruée vers l'or Dossiers NASA CANAL VIE Une garderie Un safari La famille Groulx Les 7 petits Johnston Les 9 visages de Jane Les gratteux Premier flip Taudis à logis RDS Sports 30 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Bruins de Boston (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Nos ancêtres les extraterrestres JFK déclassifié / L'éclipse Le mystère de l'or / Cap au Sud La malédiction d'Oak Island Armes ICI ARTV Pour emporter / Guylaine Guay Pour l'amour du country POUR L'AMOUR DE DIEU (2011) Quelle famille! Témoin indésirable Cinéma EXPLORA Stupidité Stupidité Les trains de l'impossible Pharmachien Planète techno Sur les routes de la science Découverte Nature Z P.Lemieux Garage Ridicule Comédie Malades Talk show Galas ComédiHa! 2017 Mais pourquoi?/ Religion Barry sav-media 17h50 Muraille 18h45 Nerds 19h10 Nerds Histoire De garde 24/7 Décor/ Guilleme Couple nerds Archi branchés Inflammatoires Kebec/ Histoire Balado TFO Benjamin/ Idée Petit ours Berenstain Maya/ Jour où Citoyen monde Citoyen monde CHARADE (1963) Audrey Hepburn.AmourRo 23h15 Mallette Planète 17h00 L'accusé Champs de bataille Globe cooker Trois villes Grands Mythes L'histoire dates Archives Viol, la vie d'après CBC 17h30 SHREK 2 (2004) Mike Myers.Shrek the Halls SHREK THE THIRD (2007) avec Eddie Murphy, Mike Myers.CBC News: The National CBCNews CTV 16h25 LNF Football (D) NFL on CTV God Friended Me Shark Tank The Rookie / Breaking Point CTV National GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Modern Family Carol's 2nd Act NCIS: Los Angeles / Mother Madam Secretary / Carpe Diem Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Santa Claus Is Comin' to Town Shark Tank The Rookie / Breaking Point News CBS 16h25 LNF Football (D) 60 Minutes 60 Minutes Presents NCIS: Los Angeles / Mother Madam Secretary / Carpe Diem PBS (33) Great British Baking / Patisserie A Place to Call Home The Crimson Field The Crimson Field The Crimson Field Home UNIS Les fermiers / Partager le savoir Devenir adulte Monde Les Parent Les Parent Écrivain public Écrivain public Je suis trans Je suis trans 21 jours HBO1 16h55 BEWARE THE SLEN.18h55 I Love You, Now Die Enthusiasm Enthusiasm Watchmen Silicon Valley Mrs.Fletcher Thrones TVA Sports RAW Tirage au sort Euro 2020 L'ULTIME COMBAT (2008) avec Penn Badgley, Sean Faris.Le TVA sports Hockey / Drum./Rim.DIMANCHE 12/02 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Discussions Deuxième chance Ruptures Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas Boomerang L'échappée / Temps suspendu Boomerang TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Clovis Génial! Ça vaut le coût Les Kennedy Zone franche Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Mets-y le Mets-y le L'Open Mic Occupation D Whiskey Cavalier Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Le roquefort, tout un fromage! La guerre des trônes Apocalypse Staline Megastadium: le tour d'Europe Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Éboueurs Les pires erreurs d'ingénierie Les dossiers de la NASA À la recherche de.Alaska: La ruée CANAL VIE Premier flip Soupers Quoi ton plan?Les gratteux On efface et on recommence Mariage à l'aveugle Une garderie Un safari Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre Blitz 20h15 Football (D) HISTORIA La malédiction d'Oak Island Compagnons d'armes Le mystère de l'or confédéré La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Malédiction ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Pour l'amour du country Allegro Ma Non Troppo Pavarotti, le chanteur populaire 5 degrés EXPLORA Refuge de l'espoir / Axis mundi Mexique sauvage Vivre loin du monde / Ibiza Reconstruire l'histoire Sauvetage Sauvetage Origines Z Remorquage Week-end Science Garage d'élite Américars / Le top 50 Belle cubaine Garage Arrow / Frères et soeurs Dexter sav-media 17h50 Muraille 18h45 Nerds 19h10 Nerds Histoire/ Nature Archi branchés Encore plus Couple nerds Inflammatoires Question santé Couple nerds Grand chapitre TFO Les sapiens Maxi/ Maxi Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LE PASSAGE DU RHIN (1960) Charles Aznavour.Cinéma Planète Femmes accusées L'enquête de ma vie Quintet incestueux Sous emprise Festivals CBC CBCNews JFL: Gags A MERRY MURDOCH CHRISTMAS (2015) Frankie Drake Mysteries CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang The Big Bang All Rise The Good Doctor CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight 9-1-1 / The Christmas Spirit Prodigal Son / Silent Night FBI / Appearances Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Great Christmas Light Fight The Great Christmas Light Fight The Good Doctor News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Rudolph Red Reindeer All Rise Bull / When the Rains Came News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens Amanpour UNIS Cochon dingue Goût du pays Bouffe en cavale Tournée générale Opération père Noël Chars Eau fraîche Hooké HBO1 Cinéma 18h35 I Love You, Now Die Partie 2 de 2 Enthusiasm Enthusiasm His Dark Materials Chernobyl / 1:23:45 Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Golden Knights de Vegas c.Rangers de New York (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Dans le ring LUNDI CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Dans la tête du compositeur François Dompierre, « la mélodie fait danser les mots au fur et à mesure qu\u2019ils sont lus dans sa tête », s\u2019épate son fils, Fred.En huit tableaux touchants, ce dernier décortique avec Vincent Mercier la connexion automatique, pour ne pas dire prodigieuse, qui a permis au mélodiste doué d\u2019écrire de larges pans de la bande sonore de la vie culturelle québécoise dans Allegro ma non troppo.Instinctif et précis, François Dom- pierre s\u2019y révèle en improvisateur-né, bosseur infatigable doublé d\u2019un créateur boulimique et pluriel.La musique n\u2019est pas qu\u2019un don pour lui, elle est aussi une bouée de secours qui le pousse vers l\u2019avant, loin de ses peurs et de ses angoisses.Le ton est celui de la confidence, chaleureux, mais appliqué, régulier comme un métronome.Le créateur y parle de ses débuts, entre Félix Leclerc et Pauline Julien, de ses ritournelles publicitaires (On est six millions, faut se parler !), de son amour pour les comédies musicales (Demain matin, Montréal m\u2019attend), les films et séries télévisées (IXE-13, Le matou).Quelques regrets pointent ici et là : celui surtout de ne pas avoir assez fait de musique pour le simple plaisir, de la musique de concert, cette « musique inutile », qui peut « durer longtemps » et « même revivre ».Entre Sutton et Saint-Jean-de-Luz, François Dompierre cultive ces instants de grâce qu\u2019il a enfin le temps de goûter pleinement après une vie pleine des rêves et volontés des autres.Et on se plaît à rêver pour lui d\u2019un temps suspendu pour qu\u2019il puisse encore nous raconter longtemps.Culture Écrans 40 François Dompierre, pluriel et précis Le compositeur doué et boulimique se raconte à son fils Fred Allegro ma non troppo François Dompierre en huit mouvements concertants ICI Artv, lundi, 20h30 ARTV Vie privée, ségrégation raciale et manipulations médiatiques sont au cœur de la série Truth Be Told avec la formidable Octavia Spencer.Cette dernière prête ses traits à Poppy Parnell, une vedette du balado qui voit l\u2019enquête pour meurtre lui ayant permis de faire ses marques dans le monde médiatique être rouverte bien malgré elle.Celle-ci doit confronter Warren Cave, l\u2019homme qu\u2019elle a contribué à mettre sous les verrous, incarné ici par Aaron Paul.Créée par Nichelle Tramble Spellman (The Good Wife), la série qui surfe sur la vague du true crime se déballera d\u2019abord en trois épisodes offerts en rafale, puis à raison d\u2019un épisode par semaine.À NE PAS MANQUER Truth Be Told Apple TV+, dès le 6 décembre L\u2019envers du crime LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 41 12/03 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Bonne fête ComediHa! Les grands reportages Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas LE STAGIAIRE (2015) avec Anne Hathaway, Rene Russo, Robert De Niro.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Moi j'mange Les Kennedy House of Cards (v.f.) Poldark Francs-tireurs V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire La trappe La trappe L'Open Mic Occupation D NCIS: Los Angeles Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Urgences Le sommeil des animaux Jeunesse arabe, yallah! / Liban Kepler(s) Journal/ C à dire CANAL D Célèbres et fauchés Docu-D Parker: Sa ruée vers l'or Panique sur la 401 Les pires prisons du monde Paranormal CANAL VIE Défi biscuits des Fêtes Ma maison Premier flip Vendre ou rénover Vancouver?Les héros de la réno Quoi ton plan?Les gratteux Big Love (v.f.) RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Islanders de New York c.Canadiens de Montréal (D) Sports 30 Hockey / Ottawa vs Vancouver (D) HISTORIA La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Profession ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Quelle famille! Les filles de Caleb Les filles de Caleb Témoin indésirable Témoin EXPLORA Animo S'aime chien Mexique sauvage / Yucatan Pharmachien Pharmachien Virus / Ebola Nature en équilibre Les maîtres Z Remorquage Dans l'net Les Brown: génération Alaska Knightfall (v.f.) Surnaturel American Chopper (v.f.) Dexter sav-media CORIM Après/ Après De garde 24/7 Décor/ Kick t 36.9° / Migraine de folie Inventer le ciel Anxiété: poison d'un société L'ère robots TFO Les sapiens Motel Monstre Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles UN BALCON SUR LA MER (2010) 22h50 Rideau Mamie/ ONFR+ Planète 17h30 Gr.Cops Les unités d'élite face aux attentats Blue World Namibie Chasseurs d'aventures Trois villes Au fil du Gange CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Still Standing Mr.Bean Schitt's Creek JFL: Gags CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident The Voice Emergence CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Saturday Night Live Christmas NCIS / Daughters Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Brad Paisley / Kelsea Ballerini CMA Country Christmas News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Silent Service FBI / What Lies Beneath NCIS: New Orleans News PBS (33) PBS NewsHour Seeing Canada Two for Rd.Downton Abbey Live! The Spoiler Edition The Brain Fitness Program Amanpour UNIS Cochon dingue Monde Les Parent Les Parent NOUS SOMMES GOLD (2018) Emmanuel Scwartz.Ciné tout court Trait d'humour HBO1 17h30 FlightOfTheConchords My Favorite Shapes Enthusiasm Enthusiasm Mrs.Fletcher Silicon Valley His Dark Materials Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Flyers de Philadelphie (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Dans le ring MARDI 12/04 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Plan B / Maman Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas LOL :-) Les invisibles Philippe Laprise TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Les Kennedy / Frères d'armes Les francs-tireurs SOS sages-femmes De garde 24/7 V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Ne jamais faire à la maison L'Open Mic Occupation D SEAL Team: Coeur et courage Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chacun son île / Îles Fox Envoyé spécial Chasseurs d'aventures Journal/ C à dire CANAL D Célèbres et fauchés Forces spéciales Alaska: La ruée vers l'or Affaires de familles Les pires erreurs d'ingénierie Mushers CANAL VIE À la conquête d'une maison Design V.I.P.Soupers Petits animaux en surpoids Mères à boutte Mères à boutte Les 9 visages de Jane Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LAH Hockey / Monsters de Cleveland c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 Hors-jeu 2.0 HISTORIA Les a$ de la brocante Profession: brocanteur De l'acier et du feu De l'acier et du feu Compagnons d'armes L'acier et feu ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires / Le cercueil Moi et l'autre Les Orphelins de Duplessis Les Orphelins de Duplessis Les Orphelins de Duplessis Orphelins Dup.EXPLORA Prédateurs Mexique sauvage Stupidité Stupidité Les trains de l'impossible Les héros de l'espace Routes science Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nus Slobby Trésors tech Mais pourquoi?/ Jeux vidéo Maintenance Barry Dexter sav-media Anxiété: poison d'un société Génie/ Mat Chi.Encore plus Kebec/ Art Musée/ Art Maîtres 21h50 Mat Chi.Après/ Après 36.9° / Migraine de folie TFO Les sapiens Métiers/ Métiers Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS (2017) 22h35 Magasin Cinéma Planète Supernature / Adhérence Histoires de fantômes Femmes accusées L'enquête de ma vie Green Cops / Colombie Trésors volés CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.The Great British Baking Show The Great British Baking Show CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Goldbergs The Masked Singer Almost Family Stumptown / The Other Woman CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols Modern Family Single Parents NCIS: New Orleans / Inside Out Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Stumptown / The Other Woman News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols SEAL Team / Kill or Cure S.W.A.T./ School News PBS (33) PBS NewsHour The Farming Project Nature Nova / Ultimate Cruise Ship SuperNature: Wild Flyers Amanpour UNIS Cochon dingue Louis la faune Les fermiers 21 jours Je suis trans Je suis trans Tournée générale Écrivain public HBO1 16h35 AVA 18h25 BUZZ (2019) Buzz Bissinger.Enthusiasm Enthusiasm Amanda Seales: I Be Knowin' Ramy Youssef: Feelings Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Avalanche du Colorado c.Maple Leafs de Toronto (D) LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Oilers d'Edmonton (D) MERCREDI 12/05 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 100 génies / L'espace Enquête Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Oeufs d'or UN HOMME DE FAMILLE (2016) avec Gerard Butler, Alison Brie.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Mc$ween De garde 24/7 Dans les médias House of Cards (v.f.) di Stasio V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Les jeux fous d'Ellen L'Open Mic Occupation D Chicago Police Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Jeunesse arabe, yallah! / Liban Victimes: leur vie a basculé Urgences Chérif / Cherif, fais-moi peur Journal/ C à dire CANAL D 17h00 30 ÉNH Déroute Les dossiers de la NASA Les pires prisons du monde Paranormal sur le vif Camp Papillon, un été de rêve CANAL VIE Mini-maisons sur mesure Les 7 petits Johnston La famille Groulx Une garderie Un safari Premier flip Design V.I.P.Big Love (v.f.) RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Avalanche du Colorado c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Compagnons d'armes De l'acier et du feu / La navaja FantomWorks Transmission À fond Hors route: défi extrême Hors route ICI ARTV 17h30 Grantche Grantchester Moi et l'autre Amour du country / Cajun Les filles de Caleb Les filles de Caleb Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Punda le zèbre Nature en équilibre / Fundy Pharmachien Pharmachien Mexique sauvage Mexique Z Remorquage Dans l'net Ridicule Malades Galas ComédiHa! 2017 Talk show Comédie Tosh.0 P.Lemieux Dexter sav-media 17h30 Conféren L'ère robots Inventer le ciel Maîtres 20h50 Histoire Après/ Après Génie/ Mat Chi.Kebec/ Art Encore plus Anxiété TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES (2009) Cinéma Tombe/ ONFR+ Planète Quintet incestueux Champs de bataille Nature, l'empreinte de la guerre Arts backstage Namibie Blue World CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.WINDOW WONDERLAND (2013) Chyler Leigh.CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Young Sheldon The Big Bang David Foster: Off the Record CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood The Unicorn Superstore Carol's 2nd Act Evil / Exorcism Part 2 Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition A Charlie Brown Christmas SAME TIME, NEXT CHRISTMAS (2019) Lea Michele.News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon The Unicorn Mom Carol's 2nd Act Evil / Exorcism Part 2 News PBS (33) PBS NewsHour Made Here Country Music AgingBackwards3 Amanpour UNIS Cochon dingue Hôpital vétérinaire Louis la faune Eau fraîche Oiseaux Hooké Goût du pays Bouffe en cavale Peaky Blinders HBO1 Very Ralph 19h55 Curb 20h25 Curb Watchmen Watchmen Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Bruins de Boston (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey JEUDI 12/06 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Étoiles sur glace ICI on chante / Spéciale de Noël Galas ComédiHa! Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal POUR L'AMOUR D'HOLLYWOOD (2016) avec Emma Stone, Ryan Gosling.TVA nouvelles 22h35 COLLISION (2013) TQ Encore plus Moi j'mange Cette année-là Y'a du monde à messe Like-moi! Zone franche Belle et Bum V Souper parfait Rire et délire L'arbitre Huissiers Huissiers Pompiers Pompiers Heure limite / La loi du talion Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Décrypteurs Le National Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR On va s'aimer / Federico Ma kitchen thérapie: Équateur Abysses d'une légend Chacun son île / Îles Fox Journal/ C à dire CANAL D Affaires de familles Douanes Douanes Jeunes pour prison / Bobby 60 jours en prison / Finir sans bavure En prison Forces CANAL VIE Mères à boutte Mères à boutte Premier flip Design V.I.P.Les héros de la réno On efface et on recommence Mères à boutte Mères à boutte Big Love (v.f.) RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Rangers de New York (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Hors route: défi extrême Hors route: défi extrême Les montagnards Les montagnards Les pas de De père en fils Yukon Gold ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter Lumière sur.Luc Langevin, tours de ville JOYEUX NOËL EXPLORA Des îles / Nées du feu Planète techno Pharmachien Les maîtres des éléments / Feu Colombe sauvage Que mangera-t-on / Food 3.0 Manger Z Remorquage Dans l'net Garage Belle cubaine Les pires chauffards canadiens Américars / Le top 50 Infiltration Infiltration Dexter sav-media CORIM Arrêt monde Archi branchés Inflammatoires Question santé Couple nerds CORIM Encore plus Grand chapitre Biblioth Katia Makdissi TFO Les sapiens Subito texto Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles UNE SAISON EN FRANCE (2017) Eriq Ebouaney.Cinéma Empreint Planète Blue World Namibie Chasseurs d'aventures Sous emprise Archaic Festivals Globe cooker Grands Mythes Trois villes CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Kung Fu Panda DR.SEUSS' HOW THE GRINCH STOLE CHRISTMAS (2000) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang L.A.'s Finest / Armageddon Magnum P.I.Blue Bloods / Bones to Pick CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 The Blacklist SEAL Team Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition NCAA Football - Pac-12 Championship (D) CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Hawaii Five-0 Magnum P.I./ Blood Brothers Blue Bloods / Bones to Pick News PBS (33) PBS NewsHour Outdoor Vermont Week Wash.Week Firing Line Great Performances Amanpour UNIS Watatatow Watatatow Les intrépides Les intrépides Le Loup-garou Le Loup-garou Fais-moi peur! Fais-moi peur! Trait d'humour / Neev / Neev Le punch HBO1 18h20 Any One of Us 19h50 Curb 20h20 Curb 20h50 Barry 21h25 Barry 21h55 Barry Barry Thrones TVA Sports 17h00 JiC Avant-match LCH Hockey / 67's d'Ottawa c.Olypiques de Gatineau (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports VENDREDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Chaque 6 décembre amène son lot de commémorations de la tragédie qui a secoué l\u2019École polytechnique de Montréal et le Québec entier en cette date fatidique de 1989.Trente ans après la tuerie perpétrée par Marc Lépine, les publications et émissions spéciales en vue de ce sinistre anniversaire sont nombreuses, dont ce documentaire, narré par l\u2019actrice Karine Vanasse, une des instigatrices et des interprètes du long métrage de fiction Polytechnique (2009).Cette réalisation de Judith Plamon- don (L\u2019amour à la plage) nous fait revivre cette journée fatidique à travers les témoignages poignants de témoins et de survivantes, dont Nathalie Provost, qui a souvent pris la parole dans les médias à ce sujet au fil des années, mais aussi des étudiants présents dans les classes où Lépine a tué leurs collègues, qui restent profondément marqués par ces événements.Au-delà de la chronologie, détaillée et glaçante, l\u2019intérêt de ce documentaire réside dans la mise en perspective qu\u2019il propose sur la façon dont a été perçue cette tragédie au moment où elle s\u2019est produite, par les médias, les autorités et la société en général.Le caractère antiféministe de ce crime épouvantable a mis du temps à faire son chemin dans le discours public.À cet effet, les interventions de Francine Pelletier, l\u2019une des cibles désignées dans une lettre par Lépine, de Charles Tisseyre, qui était chef d\u2019antenne à Radio-Canada à l\u2019époque et de Christine St-Pierre offrent un éclairage intéressant sur l\u2019évolution du discours sur la violence faite aux femmes et le féminisme, et donnent matière à réflexion.Polytechnique : ce qu\u2019il reste du 6 décembre Radio-Canada, mardi, 20 h, et RDI, mercredi, 20 h Retour sur la tragédie Récit et mise en perspective de la tuerie de Polytechnique par ceux qui l\u2019ont vécue de près ICI RADIO-CANADA V I V R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 « Dans le ring, le rang, l\u2019âge, la couleur de peau et la richesse sont sans importance.» - Nelson Mandela LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 optimisme.« C\u2019est comme si le désir de renouveau qui régnait à la fin de l\u2019apartheid [il y a 25 ans] reprenait de plus belle », observe Lisa Storer, propriétaire du magasin de beaux objets africains The Storer.Les droits de la personne Pour le visiteur, le fait que Nelson Mandela « vive » en ville représente un avantage certain : ses effigies donnent un fil conducteur historique à l\u2019exploration d\u2019une Jozi décousue.Ici et là, des murales immortalisent l\u2019adepte de boxe qu\u2019il était.Pareillement pour la superbe sculpture Shadow Boxing.Celle-ci s\u2019élève en face de la Chancellor House, là où, jeune avocat, il avait fondé, avec Oliver Tambo, futur président du Conseil national africain, le premier cabinet d\u2019avocats du pays appartenant à des Noirs.Un bronze haut de six mètres le représente également dans le square portant son nom, à Sandton.Et puis, à Constitution Hill, il y a la prison Number Four, où il a été détenu (ainsi que Gandhi).Pour mieux comprendre l\u2019histoire récente du pays, on devrait d\u2019ailleurs commencer sa tournée au Musée de l\u2019apartheid.Dès l\u2019entrée ségréguée \u2014 à gauche les Blankes, les Blancs, à droite, les Nie-Blankes \u2014, on est saisi par l\u2019ignominie d\u2019un système échafaudé par la minorité afrikaner, qui aura duré près de 50 ans.On est aussi admiratif du combat, relaté ici en textes et en images, que Nelson Mandela a mené pour y mettre un terme, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix, conjointement avec le président Fre- derik de Klerk, auquel il a succédé.« Vous avez entendu parler du test du crayon ?me demande mon guide Samuel Bikoya.Si vous vous disiez métis [coloured, et donc au-dessus des Indiens et des Noirs dans la pyramide raciale], mais qu\u2019on avait des doutes parce que votre peau était foncée, on passait un crayon dans votre chevelure.S\u2019il y glissait, c\u2019était bon, vous disiez vrai ; s\u2019il y tenait, c\u2019est que vous étiez donc noir.» Voyage 43 Sur la trace des grands hommes à Johannesburg Le safari peut attendre ! À Jozi, prenons le temps de marcher dans les pas de Nelson Mandela et de loger dans la maison qui a abrité un certain\u2026 Gandhi.Newtown et Maboneng sont réputés pour leur street art.PHOTOS CAROLYNE PARENT REPORTAGE CAROLYNE PARENT COLLABORATRICE LE DEVOIR EN AFRIQUE DU SUD l y a Vienne et Mozart.L\u2019Égypte et Agatha Christie.La Havane et Ernest Hemingway.Johannesburg est elle aussi « habitée » par un géant : Nelson Mandela, icône de la lutte anti- apartheid.Et c\u2019est une bien bonne chose pour ceux qui s\u2019attardent dans la capitale du Gauteng, la plus riche des provinces sud-africaines.À peine plus vieille que l\u2019Université de Montréal, Johannesburg, alias Jo- burg ou Jozi, est née d\u2019une ruée vers l\u2019or qui allait chambouler son portrait vite fait : sawubona, gisements épuisés par-ci et puits de mines par-là ! Ce fut ensuite au tour de la ségrégation raciale et des ghettos qui en ont résulté de façonner l\u2019une des plus grandes aires urbaines de la planète.Egoli (la « Cité de l\u2019or » en zoulou) englobe ainsi Melville, un secteur sympa à la Mile-End, et Maboneng, un Griffintown en devenir où mon chauffeur blanc n\u2019irait pas le soir ; Braam- fontein, un quartier estudiantin où se tient le chouette Neighborgoods Market le samedi, et Hillbrow, où mon guide noir ne mettrait pas les pieds le jour.C\u2019est un fait, Jozi est le genre de métropole que votre maman ne souhaite pas vous voir fréquenter.La firme Mercer, qui évalue la qualité de vie des villes selon plusieurs critères, dont celui de la sécurité, la place au 96e rang d\u2019un palmarès de 100 destinations, cette année.Le site SafeAround la classe à la 128e position sur 162.La Gauteng Tourism Authority ne nie pas sa mauvaise réputation.Elle affirme même prendre la sécurité de ses visiteurs au sérieux.« [Afin de prévenir les délits du genre vols à la tire], nous avons investi 26 millions de dollars dans l\u2019installation de caméras de surveillance et dans la formation des forces de l\u2019ordre, l\u2019an dernier, explique Barba Gaoganediwe, directeur du service de la promotion de la destination.Nous avons également déployé 200 jeunes dans les sites touristiques majeurs, où ils travaillent à titre d\u2019agents de sécurité et d\u2019information.Et le vent commence à tourner, la criminalité est en baisse.» Toujours est-il que la capitale économique du pays suscite l\u2019engouement, entre autres, à titre de Mecque artistique du continent.Dans les boutiques et les cafés, on me dit également qu\u2019elle est animée d\u2019un nouvel I LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 nes, soit le tiers de la population du grand Joburg.C\u2019est une mosaïque de bidonvilles et, surprise, de bungalows proprets bordant un boulevard jalonné de vuvuzelas géantes, un clin d\u2019œil à la tenue de la Coupe du monde de football, en 2010.À Orlando, sa zone la plus déshéritée, on peut aujourd\u2019hui sauter en élastique entre les anciennes tours de refroidissement d\u2019une centrale au charbon.Douce ironie : cette centrale, qui a produit de l\u2019électricité pour Jozi pendant 40 ans tout en polluant Soweto sans l\u2019éclairer, est aujourd\u2019hui un symbole du développement touristique de la communauté.À Orlando West, les touristes sont nombreux sur Vilakazi Street, une rue unique au monde, car deux lauréats du prix Nobel y ont vécu.En effet, l\u2019archevêque Desmond Tutu, celui qui rêvait d\u2019une nation arc-en-ciel, et Nelson Mandela étaient pratiquement voisins.Transformée en musée par Winnie Madikizela-Mandela, la première maison de ce dernier, une matchbox house typique du township, est un haut lieu d\u2019un pèlerinage sur les pas de notre héros.Trouver le saint kraal Drôle de hasard, Nelson Mandela a aussi habité, après la fin de son mandat présidentiel, une villa de la Twelfth Avenue située à quelques coins de rue d\u2019une résidence où a vécu Mohandas Gandhi.Pour mémoire, rappelons qu\u2019un Gandhi pré-dhoti se fit éjecter non seulement de la première classe d\u2019un train, mais du train lui-même parce qu\u2019un Sud-Africain blanc refusait de partager ce compartiment avec un Indien, peu importe qu\u2019il eût un billet.C\u2019était en 1893, l\u2019Indien avait 23 ans et l\u2019incident fut certainement le point de bascule de sa vie.Construite en 1907 par l\u2019architecte Hermann Kallenbach, ladite résidence comprend deux bâtiments en forme de hutte, réunis par un toit de chaume, à la manière de la ferme sud-africaine ou kraal.Kallenbach y accueillit son ami et défenseur des droits de la minorité indienne en Afrique du Sud jusqu\u2019en 1909.Reconvertie en musée-maison d\u2019hôtes par Voyageurs du monde, une agence spécialiste des séjours sur mesure ayant une antenne à Montréal, elle s\u2019appelle aujourd\u2019hui Satyagraha House.Satyagraha évoque le mouvement de résistance non violente de Gandhi.Il l\u2019éprouvera au pays, puis en Inde, jusqu\u2019à son célèbre Quit India, adressé à l\u2019Angleterre.« La maison étant inscrite à l\u2019inventaire du patrimoine historique de la Ville, les travaux ont été menés sous la supervision d\u2019un architecte des monuments historiques, d\u2019un historien spécialiste de Gandhi, d\u2019une conservatrice et de deux décoratrices, souligne Fabrice Dabouineau, directeur Afrique de Voyageurs du monde.Et nous avions tous à cœur que l\u2019esprit du lieu soit respecté.» Mission accomplie ! Dans les sept chambres et suites que comptent la maison et ses annexes, comme dans les espaces publics, photos, objets d\u2019époque et panneaux d\u2019interprétation racontent les hauts faits de celui qui, selon Nelson Mandela, est arrivé au pays en tant que Mohandas et l\u2019a quitté en tant que mahatma, « grande âme ».On a même l\u2019impression qu\u2019il vient tout juste de quitter sa pièce préférée, la mezzanine, où la « Chambre haute » avait son bureau et son grabat ! (Dans leur tandem, Kallenbach représentait la « Chambre basse ».) Pour M.Dabouineau, qui connaît bien la ville et « ses bulles de beauté » pour y avoir vécu et partagé l\u2019euphorie post-apartheid, Joburg EST l\u2019Afrique du Sud.« Les touristes veulent aller en safari à Kruger, puis au Cap, dit-il.C\u2019est magnifique, Le Cap, mais si on a envie d\u2019entrer dans un restaurant où il n\u2019y aura pas que des Blancs, mais des représentants de toute la nation arc-en-ciel, c\u2019est à Jo- burg qu\u2019il faut venir.» De grands hommes nous y invitent par ailleurs.Carolyne Parent était en partie l\u2019invitée de Voyageurs du monde.Vivre Voyage 44 À Soweto, la guide Ntiyiso Innocentia fait visiter la maison-musée de Nelson Mandela.En bas à gauche : Joburg, locomotive économique du pays.En bas à droite : à Soweto, on saute en élastique entre les anciennes tours de refroidissement d\u2019une centrale qui produisait de l\u2019électricité pour Jo\u2019burg, mais pas pour les townships.PHOTOS CAROLYNE PARENT Et être noir, ça signifiait, dès l\u2019instauration de ce régime, devoir divorcer d\u2019une douce moitié blanche et être condamné à une sous-existence.À Soweto (acronyme de South Western Townships), ex-quartier général de la résistance anti-apartheid, vivent de trois à quatre millions de person- LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 45 Vivre Escapade cette piste de difficulté intermédiaire suffiront amplement pour nous offrir un bon bol d\u2019air frais.En fin de matinée, après avoir payé le ticket de stationnement et repéré le « corridor » qui nous mène vers cette piste (selon notre carte), nous nous élançons pour une rando qui nous tiendra occupés et en haleine jusqu\u2019à la fin de l\u2019après-midi.Une balade au milieu de cet environnement naturel classé comme l\u2019une des 18 réserves biosphère de l\u2019UNESCO nous fait décrocher immédiatement des stress de la vie urbaine, sans toutefois nous épuiser.Avec quelques collines à grimper et quelques racines à enjamber, une expédition d\u2019un jour dans le parc Frontenac relève davantage de la marche de santé que de la randonnée sportive.La faune et la flore ontariennes Situé du côté sud du Bouclier canadien, le parc Frontenac est aussi un préféré des ornithologues amateurs.Le parc est en effet un site d\u2019observation idéal pour observer la rarissime paruli- ne azurée, le garrulaxe de Louisiane, la paruline à ailes dorées et autres espèces menacées et recherchées pour leur beauté.D\u2019une extrême tranquillité et en retrait de l\u2019activité urbaine, le parc est aussi l\u2019habitat de plusieurs espèces animales.Lors de notre dernière visite, nous avons été salués au départ par d\u2019élégants chevreuils qui ne semblaient pas du tout apeurés par notre présence.Lors d\u2019une randonnée précédente, un ours noir a fait irruption sur notre route.Une compagne de route qui s\u2019était bien renseignée sur les us et coutumes des ours a réussi à l\u2019éloigner en faisant de grands gestes dans les airs et en fredonnant une chanson.Autrement, toutes nos sorties au parc Frontenac ont été de mémorables journées immortalisées par de jolies images de feuillages rougis, de bucoliques bords de l\u2019eau et de pauses « sandwichs » à teneur méditative.Vivement la neige pour attaquer ces sentiers raquettes aux pieds ! Jouer dehors au parc Frontenac À pied, en camping, en canot, en skis ou en raquettes, un petit paradis de plein air à découvrir Cet environnement naturel considéré comme l\u2019une des 18 réserves de la biosphère par l\u2019UNESCO nous fait décrocher du stress de la vie urbaine, sans toutefois nous épuiser.ROB STIMPSON ONTARIO PARKS REPORTAGE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRICE LE DEVOIR iché dans un coin particulièrement bucolique du sud de l\u2019Ontario, le parc Frontenac recèle une véritable mine de trésors cachés pour les amateurs de plein air.Avec ses 100 kilomètres de sentiers en boucle faits pour les courtes et les longues randonnées, ses lacs canotables et ouverts à la pêche, ses sites de camping tranquilles et l\u2019hiver, ses pistes de ski de fond et de raquette, cette forêt de 5355 hectares à un peu plus de trois heures de Montréal est une escale recommandée pour les vacanciers qui aiment marcher, grimper, photographier, observer les oiseaux et mettre au défi leur sens de l\u2019orientation.La piste Bufflehead ou l\u2019Arkon Lake Loop ?Entre ces deux sentiers, notre cœur balance, et nous optons pour le premier, nous disant que les 11 kilomètres de marche que nous réserve N LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Vivre Société 46 ENTREVUE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR e Sylvester Stallone enfermé dans Lock Up à Elvis apprenant des accords dans Jailhouse Rock en passant par Nick Cage s\u2019évadant dans Face Off, Hollywood a fait de la prison un décor de choix.Et le public s\u2019est immergé dans ces fictions, imprégné des mythes présentés.Certes, Gwe- nola Ricordeau ne mentionne pas ces classiques du cinéma (classiques en ce qui a trait au temps, pour ce qui est de la qualité, cela se discute).Néanmoins, elle déplore les clichés véhiculés par les œuvres de ce type.Et ce sentiment de fausse familiarité qu\u2019elles contribuent à transmettre.En résumé : « Tout le monde pense connaître la prison sans y être allé.» Celle qui est professeure-assistante en justice criminelle à la California State University s\u2019y est pour sa part rendue souvent.Dans le cadre professionnel, d\u2019abord, mais également pour visiter des proches.La façon dont ces derniers ont été affectés par l\u2019incarcération constitue du reste l\u2019un des points de départ de son essai Pour elles toutes.Toutefois, dans les pages de ce livre comme en entrevue, la chercheuse Libérées de la prison Gwenola Ricordeau appelle à débattre de l\u2019abolition de l\u2019emprisonnement D Il n\u2019existe pas une prison.Il existe des expériences de la prison.GWENOLA RICORDEAU » LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Pour elles toutes Femmes contre la prison Gwenola Ricordeau, Lux éditeur, Montréal, 2019, 240 pages Celle qui est professeure- assistante en justice criminelle à la California State University s\u2019est rendue souvent en prison.Dans le cadre professionnel, d\u2019abord, mais également pour visiter des proches.La façon dont ces derniers ont été affectés par l\u2019incarcération constitue du reste l\u2019un des points de départ de son essai Pour elles toutes.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR d\u2019origine française n\u2019insiste guère sur le côté individuel de son point de vue.Elle ne veut surtout pas que son propos, qu\u2019elle a longuement fouillé, mûri, réfléchi, soit teinté de « moi, moi, moi, comment je me sens ».« Porter une parole basée sur le vécu, sur la sensibilité personnelle\u2026 Je veux me détacher de ce à quoi on est toujours ramenés.» Pour elles toutes aussi se détache du lot, car le tout est consacré à une idée qui, l\u2019auteure le répète elle-même, est à mille lieues de faire l\u2019unanimité : celle de l\u2019abolition du système pénal, de la fin de l\u2019incarcération.« Je n\u2019ai pas de solution, prévient-elle lorsque nous la rencontrons lors de son passage à Montréal.Je veux juste ouvrir un débat.» Elle souhaite également rappeler qu\u2019il ne faut surtout pas confondre cette position contre les prisons avec d\u2019autres courants abolitionnistes.Principalement celui visant le travail du sexe.« Assez naturellement, ceux qui prônent l\u2019abolitionnisme pénal appuient aussi la décriminalisation des rapports humains.J\u2019ai beaucoup de sympathie et de respect pour les luttes des travailleurs et travailleuses du sexe.Ce sont des personnes extrêmement conscientes de ce que le système pénal fait aux populations les plus vulnérables.» Une autre prise de conscience qu\u2019elle souhaite provoquer chez le lecteur, c\u2019est que l\u2019enfermement n\u2019est pas une expérience uniforme.« Il n\u2019existe pas une prison.Il existe des expériences de la prison.» Qui varient, bien entendu, selon la durée de la peine, selon le type de délit commis, selon le type de ressources dont l\u2019on dispose.« Ce n\u2019est pas la même chose pour un homme issu d\u2019un milieu favorisé qui a des ressorts divers à l\u2019extérieur que pour un jeune en rupture sociale incarcéré pour une longue peine.» Une peine, une tristesse qu\u2019elle aborde également en ses pages, c\u2019est celle causée par ce qu\u2019elle nomme le manque de solidarité.« Il y a un certain désintérêt et même un désintérêt certain de plusieurs courants du féminisme sur la question, croit-elle.En dehors des appels à la criminalisation des auteurs de crimes ou de délits à caractère sexuel, très peu de revendications politiques portent sur les femmes incarcérées ou qui ont des proches en prison.» Précisons, à ce sujet, que Gwenola Ricordeau préfère, et de loin, le mot « proches » à « famille ».Un long passage de son essai est du reste consacré à la raison pour laquelle ce terme la fait tiquer.« Beaucoup de personnes incarcérées vivent des ruptures familiales.Et ce, pour diverses raisons.C\u2019est important de le prendre en considération.Les solidarités sur lesquelles elles peuvent alors compter se trouvent souvent dans l\u2019entourage plus large.Ce sont leurs collègues de travail, leurs voisines.» Car oui, précise-t-elle, « ces proches sont le plus souvent des femmes.» Pour elles C\u2019est pour toutes celles à qui on n\u2019a jamais rendu justice, pour celles qui sont derrière les murs, pour celles qui sont aux portes des prisons que l\u2019essayiste a écrit.S\u2019interrogeant sur la nécessité de porter plainte, abordant la légitime défense et évoquant, notamment, la pensée du sociologue norvégien Nils Christie.Plus particulièrement son article de 1977 « Conflicts as Property » paru dans le British Journal of Criminology, dans lequel il avançait que les conflits font partie de l\u2019expérience humaine et qu\u2019apprendre à les gérer, à les résoudre nous-mêmes, est carrément un droit.« Une propriété, une richesse dont il faudrait éviter d\u2019être dépossédé.» Gwenola Ricordeau renchérit : « Plutôt que de les déléguer à une institution, qu\u2019elle soit la police ou la justice dans son ensemble, il serait plus avantageux pour la société de prendre ces mêmes conflits comme une occasion d\u2019apporter des changements sociaux.Je trouve ça extrêmement beau.C\u2019est donner du pouvoir aux victimes alors que le système pénal a tendance à les rendre passives, à les mettre en attente.» Beau, peut-être, mais réaliste ?« Bien sûr, cela peut paraître extrêmement théorique.Toutefois, lorsqu\u2019on écoute les victimes, elles évoquent souvent de telles frustrations.De ne pas avoir pu parler au moment où elles avaient envie de parler, et de la manière dont elles voulaient le faire.De ne pas avoir pu rencontrer la personne qui leur a fait du tort au moment de leur choix, qui n\u2019est pas nécessairement celui du procès.De ne pas avoir pu leur faire face dans un cadre autre que celui du tribunal.» À propos de cadre, l\u2019essayiste rappelle la pensée de Michel Foucault : « La réforme de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même.Elle en est comme le programme.» Le programme de Gwenola Ricor- deau, lui, appelle à l\u2019inventivité, à une transformation du système, mais surtout à une réflexion profonde.« La prison est quelque chose d\u2019extrêmement récent qui a été imposé à nombre de cultures par la colonisation.Aujourd\u2019hui, on a tendance à penser que c\u2019est presque naturel d\u2019enfermer les gens.Mais c\u2019est loin de l\u2019être, naturel.» 47 Vivre Société Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS Offrez une Aventure gastronomique au moulin à une heure de Québec ! \u2022 Sentiers et raquettes \u2022 Massothérapie \u2022 Ski de fond - 50 km de pistes L\u2019ISLET 1 877 245-2247 À une heure de Québec! www.aubergedesglacis.com auberge gourmande IDEES CADEAUX \u2013 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Le patrimoine rétroludique reste l\u2019une des principales (et lucratives) inspirations des concepteurs indépendants.Et lorsque c\u2019est bien fait, on ne peut pas être contre.Sparklite, premier titre multipla- teforme du studio indépendant Red Blue, situé en Caroline du Nord, allie l\u2019esthétique et la joua- bilité des Zelda d\u2019antan à quelques éléments « roguelite » pour nous offrir un bon petit défi avec un message écologique fort.On y prend la place d\u2019Ada, jeune rouquine armée d\u2019une clé à molette cybernétique menant, avec l\u2019aide d\u2019un groupe de militants écologistes convaincus et d\u2019un petit compagnon robotique, une lutte contre un baron de l\u2019extraction de l\u2019énergie fossile.Après avoir traversé une série de niveaux autogénérés, collectionné (et perdu) une myriade de gadgets \u2014 des gizmos, dans le langage du jeu, eux aussi distribués au hasard \u2014 et accumulé assez d\u2019expérience, on fera face à quatre sbires du baron pollueur avant de pouvoir aller défier leur grand patron.On aime beaucoup l\u2019esthétique rétro du jeu, largement inspirée de la série Zelda telle qu\u2019on la connaissait sur les différents Game Boy de Nintendo.Chaque fois que l\u2019on rencontre un de ces jeux bidimensionnels, pixélisés et très colorés, on a comme l\u2019impression de retrouver de bonnes vieilles pantoufles qu\u2019on aurait malencontreusement délaissées.Devant ce jeu féministe et écologiste, on applaudit les concepteurs pour avoir osé être aussi francs dans leur message politique.Ce Sparklite est une belle petite lumière plantée dans un milieu parfois très, très toxique.Olivier Sylvestre LE JEU DE LA SEMAINE Sparklite Jeu d\u2019exploration conçu par Red Blue Games et édité par Merge Games.Offert pour PC, Mac, PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch.Compter environ six heures.Un Zelda écolo ?RED BLUE GAMES CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Sur le site Internet de cette minuscule maison, il est écrit : « Paloma est un restaurant de quartier situé dans Villeray.Nous servons une cuisine du sud de la France à influence italienne.Paloma est une collaboration entre père, Armand Forcherio, et fille, Rosalie Forcherio.» C\u2019est ça qui est ça.Toujours guidé par saint Thomas, je suis quand même allé vérifier sur place pour vous en parler le cas échéant.Lorsque c\u2019est quelconque, je m\u2019abstiens, si c\u2019est mauvais, je vous préviens, lorsque c\u2019est bon, je me fais toujours une joie de vous en parler.Ici, ce n\u2019est pas seulement bon, c\u2019est excellent.Jubilons donc.Le seul instant de trouble de cette soirée, par ailleurs exquise, chez Pa- loma aura été lorsque mon trompettiste ami, monsieur Di Lauro, chauvin comme un vrai Italien, a découvert que le chef \u2014 dont il avait tant aimé la cuisine, nous bassinant toute la soirée avec les qualités supérieures de la cuisine italienne, des produits italiens, de la grande bellezza di tutti l\u2019Italia \u2014 ne venait ni de Parma ni de Firenze, mais de Nice.Nice, préfecture du département des Alpes- Maritimes ! Les Italiens ont beau continuer d\u2019appeler cette ville presque frontalière Nizza, la ville se trouve bien sur le territoire français ; comme bien d\u2019autres pays, la France a une riche histoire de rapines.Si vous aimez les petits restos de quartier, vous allez aimer ce Paloma.Surtout si vous aimez les petits restos de quartier où l\u2019on mange vraiment bien.Le chef Armand Forcherio a déjà démontré ses qualités de cuisinier entre autres au Nizza, autrefois voisin du Latini, où l\u2019on mangeait, ma foi, fort bien \u2014 pour quelques piécettes au Nizza et une brouette de billets au Latini.Au Paloma, le chef a eu la bonne idée d\u2019écouter sa fille, Rosa pour les intimes, qui lui a proposé d\u2019ouvrir quelque chose avec elle.Est ainsi né le Pa- loma, sur le boulevard Saint-Laurent, juste au sud du boulevard Crémazie.Une trentaine de places, cuisiniers en fond de salle, décor élégamment mini- maliste, cuisine remarquable.Dans une si petite maison, il y a quelque chose de rassurant à voir un menu de seulement une dizaine de propositions, trois entrées, quatre plats principaux et trois desserts.Ça veut dire que le chef sait exactement combien il peut accueillir de clients et comment les recevoir avec des plats à leur sommet.S\u2019ajoutent à ce court menu deux petits pots de caviar d\u2019aubergine et de tapenade, une salade piquante, une assiette de radicchio dans une sauce crémeuse relevée de parmesan, une autre de cœurs d\u2019artichauts et une dernière d\u2019excellentes charcuteries choisies par le chef chez Philip Viens, coppa, guanciale et soppressata.Tout est préparé avec soin et, à trois ou quatre affamés, on peut facilement choisir de prendre tous ces antipasti.La maison les sert avec quelques tranches d\u2019un excellent pain grillé venu de chez Joe la croûte, boulanger de son état en bordure du marché Jean-Talon.Cette première entrée de tripes avait quelque chose de réjouissant.Tomatée, parmesan, oignon, un peu de pied de veau pour lier, l\u2019assiette a été scrupuleusement nettoyée par madame Di Lauro, une personne habituellement discrète à la limite de l\u2019effacement et peu portée sur les abats.Petite cuisine niçoise de grande qualité Au minirestaurant de quartier Paloma, on savoure une excellente cuisine québéco-niçoise Vivre Resto 48 Le chef Armand Forcherio (notre photo) a eu la bonne idée d\u2019écouter sa fille, Rosalie Forcherio , Rosa pour les intimes, qui lui a proposé d\u2019ouvrir quelque chose avec elle. LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 49 Vivre Recette Paloma $$$ 8521, boulevard Saint-Laurent, à Montréal, 514 544-8521.Ouvert à midi du mardi au vendredi et en soirée du jeudi au samedi.Avant taxes et pourboires, ce délicieux \u2014 et pantagruélique \u2014 souper aura coûté 200 $ pour trois personnes.Actualités culinaires C\u2019est moi le chef ! Pour la troisième année de suite, le marché Jean-Talon accueille les ateliers de cuisine des p\u2019tits explorateurs.Ceci tend à prouver que le marché pense également à sa clientèle de demain.La formule gagnante de C\u2019est moi le chef ! reste la même : une fois par mois, un chef accueille un petit groupe d\u2019enfants (environ une dizaine pour les ados et la même chose pour les moins de 11 ans) et cuisine avec eux.L\u2019atelier de dimanche dernier, « Surprises gourmandes », avec le chef Olivier Perret du Renoir, a fait salle comble.Une pause est prévue en décembre et les ateliers reprennent dès janvier.En janvier et en février, cuisines autochtone et syrienne avec la cheffe micmaque Norma Condo du restaurant Miq- mak Catering Indigenous Kitchen et Les Filles Fattoush.La saison se terminera le dimanche 14 juin, sur le thème « En attendant l\u2019été », avec le chef Jonathan Lapierre- Réhayem du restaurant de l\u2019ITHQ.Les inscriptions, y compris les abonnements de saison, se font sur la page Facebook.Une suggestion du chef Olivier Perret ; donne quatre portions.Ingrédients 3 kg d\u2019oignons jaunes épluchés puis émincés finement 50 ml d\u2019huile végétale 25 g de sel fin 50 ml de sirop d\u2019érable ambré ou foncé 1 bouteille de 335 ml de bière brune ou rousse, pas trop amère 2,5 litres de bouillon de poulet fait maison ou du commerce (peut se remplacer par du bouillon de légumes pour une recette végétarienne) Quantité suffisante de croûtons de pain grillé en cubes d\u2019environ 1 cm (prendre de la baguette idéalement), calculer environ une poignée de croûtons par personne 400 g de fromage d\u2019Oka, environ 3 belles tranches par personne (coupé style raclette) Préparation Faire tomber les oignons émincés dans la braisière (ou dans une grande casserole) avec l\u2019huile végétale.Ajouter le sel et laisser cuire à feu doux jusqu\u2019à coloration.Déglacer au sirop d\u2019érable et laisser caraméliser encore un peu.Mouiller à la bière, laisser réduire de moitié.Ajouter le bouillon de poulet et porter à ébullition pendant 5 minutes.Éteindre le feu et laisser reposer 20 minutes.Préchauffer le four à gril et placer la grille au centre du four.Verser la soupe bien chaude dans un bol tête de lion (ou dans un bol à soupe à l\u2019oignon) aux trois quarts.Bien répartir les croûtons sur la soupe et y déposer le fromage d\u2019Oka.Terminer au four à gril jusqu\u2019à ce que le fromage soit bien gratiné.Servir immédiatement.Conseil du chef : Au moment de servir, ajouter de fines lamelles de truffes sur la soupe pour la période des Fêtes.Olivier Perret est chef du Renoir à l\u2019hôtel Sofitel, 1155, rue Sherbrooke Ouest, Montréal.LA RECETTE DE LA SEMAINE Soupe à l\u2019oignon gratinée au fromage d\u2019Oka OLIVIER PERRET Suivent deux entrées à base de pâtes : 1.Mezzaluna di zucca, de petits raviolis farcis d\u2019un soyeux mélange de courge, de parmesan et de ricotta ; quelques traces de pignon et comme une trace d\u2019alcool amer.Le beurre à la sauge rend la chose divine.2.De classiques linguini vongole, jus de palourdes et trois ou quatre palourdes pour amuser sans alourdir.Pâtes parfaitement al dente.Trois plats principaux exactement comme on les imagine à la lecture, à commencer par ces quelques calmars farcis au chorizo, chair à saucisse, bette à carde, parmesan.Dans un dynamique jus de veau persillé (échalote hachée, persil, citron, huile d\u2019olive, sel, poivre), un petit pavé de bœuf (tagliata) accompagné d\u2019un classique gratin dauphinois, de haricots verts et de branchettes d\u2019épinard.Sur un lit de tagliatelles, cuites elles aussi parfaitement al dente, une portion de joue de veau fondant sous le palais.Au moment des desserts, tous faits maison, j\u2019ai beaucoup pensé à vous en picorant ce semifreddo au café, un parfait parfait, y compris un long biscotti raisonnablement solide sous la dent.Ron a vite dévoré son gâteau « Ouistiti », biscuit amandes, pralin noisette, ganache au chocolat, crème légère au chocolat ; Ron partage rarement ses desserts.Annoncée aux pommes, ma tarte était aux poires ; fond savoureux et appareil à flan.Le chef propose une petite sélection de vins classiques (côtes-du-rhône, Haut-Médoc, pomerol, Saint-Julien et autres paulliac).Moins conventionnelle, Rosa monte une carte des vins impressionnante, non par la richesse délirante des offres de grandes maisons, mais par l\u2019intelligence de sa vingtaine de choix.Ce Terre Siciliane 2018, Catarratto, N.Barraco, plein de souvenirs de Méditerranée, était éblouissant.En sortant de chez Palo- ma, madame Di Lauro, éblouie et un peu pompette, parlait fort et faisait plaisir à voir dans cette bonne humeur de fin de soirée.Son époux, bienveillant et ne buvant que de l\u2019eau, la soutenait de tout son amour d\u2019Italien.Situé sur le boulevard Saint-Laurent, c\u2019est un resto d\u2019une trentaine de places, cuisiniers en fond de salle, décor élégamment minimaliste, cuisine remarquable.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Vivre Bière 50 Frédéric L\u2019Écuyer prévient cependant le goûteur : « N\u2019oublions pas qu\u2019il s\u2019agit de notre interprétation d\u2019une steam beer \u2014 le goût sera différent avec une authentique », comme celle brassée depuis 1896 par la Anchor Brewing Company de San Francisco, considérée comme la steam beer de référence.« D\u2019abord, on utilise le malt pâle anglais Maris Otter, un malt \u201chéritage\u201d , c\u2019est-à-dire l\u2019ancêtre des malts utilisés aujourd\u2019hui et qui a des propriétés supérieures à ceux-ci.C\u2019est quelque chose qu\u2019on valorise beaucoup à notre brasserie \u2014 on comprend que la tendance est aux bières sures ou houblonnées, mais on a une grande affection pour ces malts plus complexes.Ensuite, j\u2019aime quand même beaucoup le houblon, donc j\u2019en mets un peu plus », essentiellement des houblons anglais, Golding, Northern Brewer, avec un peu de Cascade.Quid de ce curieux nom, 42 & 2 ?Le brasseur en chef ricane : « Mon partenaire d\u2019affaires et moi sommes deux geeks \u2014 42, c\u2019est la réponse universelle à toutes les questions de l\u2019univers, selon [l\u2019œuvre de science- fiction] The Hitchiker\u2019s Guide to the Galaxy.Et le 2 , c\u2019est parce que nous sommes aussi tous deux fans du groupe métal Tool, qui a composé une chanson intitulée Forty-six & 2 », sur l\u2019album Ænima (1996).Cette délicieuse California common ale n\u2019a aujourd\u2019hui plus de secrets.Inspiré par ses proches Parlant de déménagement, le brasseur Patrick Laurin devra aussi s\u2019y résoudre : la microbrasserie qu\u2019il a fondée et qu\u2019il opère seul depuis un an et demi se cherche un nouveau local dans son patelin de Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, où il brasse ses recettes sur les lieux de l\u2019incubateur d\u2019entreprises la Manufacture.Chacune des étiquettes de ses bières arbore le dessin d\u2019un de ses proches, qui ont inspiré les noms donnés à chacune des bières.Comme son amie et ancienne coloc Nicole : « Je suis entré dans le monde de la bière grâce au stout, lors d\u2019un voyage en Irlande où j\u2019ai accroché sur la Guinness, raconte le brasseur.De retour chez moi, Nicole était la seule dans mon entourage qui buvait du stout ; lorsque j\u2019en ai brassé une, je me suis dit qu\u2019il fallait qu\u2019elle porte son nom.» Un exemple classique de stout bien fait, noir comme le café, peu capiteux, sans grand sucre résiduel et affichant un discret 4,6 % d\u2019alcool par volume.Laurin ne cherche pas à réinventer le style, simplement à le brasser avec respect, quoiqu\u2019en y mettant un peu de personnalité, spécialement avec le houblonnage composé de Chinook et de Hallertau, deux variétés peu associées à cette recette irlandaise communément brassée avec du Kent Goldings.« Le Chinook est un amérisant le fun, je l\u2019utilise dans beaucoup de bières ; ensuite, le Hallertau, je l\u2019aime pour son côté terreux pas dominant.» « Ensuite, je ne suis pas un amateur de café, mais j\u2019aime les saveurs torréfiées de l\u2019orge, c\u2019est ce que je voulais qui ressorte dans mon stout », poursuit le brasseur.À l\u2019orge torréfiée et au malt ESB, il ajoute une touche de malt chocolat, de blé torréfié, ainsi que des flocons d\u2019avoine et de blé.« Ça donne un stout un peu sec, qui se boit bien mais qui propose beaucoup de notes de torréfaction, ça manquait à mon livre de recettes » très diversifié, allant d\u2019une triple d\u2019inspiration belge (3 Sœurs) à une sure houblonnée (Pascal).À l\u2019orge et à vapeur Deux styles de bières ancestraux revisités par la Brasserie du Bois-Blanc et la microbrasserie La Veillée ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR n attendant les excès du temps des Fêtes, deux suggestions de bières raisonnablement alcoolisées, mais généreusement goûteuses : le stout classique de la microbrasserie La Veillée, baptisé Nicole, et la 42 & 2 de la Brasserie du Bois-Blanc, une recette inspirée d\u2019un style méconnu et peu brassé au Québec, la California common ale.Intrigante California common ale Gros automne pour la jeune Brasserie du Bois-Blanc qui, trois ans et demi après avoir démarré ses activités à Hudson, vient de déménager dans ses nouvelles installations de Coteau- du-Lac, là où le brasseur en chef, Frédéric L\u2019Écuyer, concoctera désormais ses savoureuses bières d\u2019inspiration anglaise ainsi que cette intrigante California common ale, longtemps considérée comme le seul style de bière authentiquement états-unien.On l\u2019appelle aussi bière vapeur (steam ale) sur la côte ouest américaine depuis la fin du XIXe siècle.La particularité de la California common ale, explique le brasseur, tient au type de levure utilisée : « On travaille cette ale avec une levure à lager en la faisant fermenter à plus haute température comme avec une levure à ale, ce qui donne un goût particulier à la bière en raison des esters différents que génère la levure ».Ambrée, titrant 5,1 % d\u2019alcool par volume, la 42 & 2 de la Brasserie du Bois-Blanc met les arômes du malt à l\u2019honneur, alors que celles induites par la levure lui confèrent un côté fruité.Effervescente, elle offre un bel équilibre entre sécheresse et volupté, quelque part entre une cream ale et une bitter anglaise \u2014 « une bonne bière de soif », estime Frédéric L\u2019Écuyer.Il y a une raison pratico-historique à cette technique de brassage : la California common ale était produite durant la ruée vers l\u2019or par des brasseurs habitués à faire des lagers plutôt que des ales, « mais qui, en raison de la météo en Californie, étaient incapables de lageriser la bière », c\u2019est-à-dire de la laisser reposer à basse température pendant six à huit semaines pour en raffiner le goût.Puisque les techniques de réfrigération étaient encore rudimentaires à l\u2019époque, les brasseurs laissaient reposer leurs brassins dans des cuves à aire ouverte placées à l\u2019étage de la brasserie « pour qu\u2019ils puissent se refroidir grâce au vent qui souffle près de la mer » de San Francisco, ce qui dessinait des colonnes de vapeur s\u2019échappant de la brasserie\u2026 E La California Common Ale, de la Brasserie du Bois-Blanc, et la Nicole, la stout classique de la microbrasserie de La Veillée, de Sainte- Agathe- des-Monts MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Recettes de bières & industrie brassicole 2019 Pour une seconde année, les éditions Baron Mag proposent leur volumineux (130 pages) magazine Recettes de bières & industrie brassicole 2019, qui se lit comme un survol du bouillant monde de la bière québécoise, en plus d\u2019offrir une quarantaine de recettes, accompagnées d\u2019entrevues avec les brasseurs professionnels, destinées aux brasseurs amateurs voulant s\u2019amuser à reproduire, par exemple, la Juteuse de Ras l\u2019Bock, l\u2019Herbosophie de Noctem, la Dunkel Munich de Vrooden ou encore celles de brasseries européennes.Ailleurs, on y lit des entretiens avec Simon Bossé, illustrateur et directeur artistique de la brasserie Dunham, Audrey Girard, directrice générale de la microbrasserie Riverbend, à propos de la place des femmes dans l\u2019industrie brassicole québécoise, ainsi qu\u2019un dossier sur le monde de la bière en France. LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 51 Vivre Vin BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Environ 16 000 vignerons détiennent 90 % du vignoble champenois.Impossible de vous les présenter tous.Des vignerons qui vendent entièrement leurs raisins aux grandes maisons \u2014 des « négociants manipulants », exportant à eux seuls plus de 70 % des volumes dans le monde (selon le Comité interprofessionnel du vin de Champagne) \u2014 ou d\u2019autres encore, les « récoltants manipulants », qui eux vendangent, champagnisent leurs fruits et couchent sur lattes leur production, à l\u2019ombre de leur caveau familial.Je vous dressais le profil de ces derniers, ici même, à pareille heure l\u2019année dernière.Ces Bérêche, Couche, Doquet, Gerbais, Gimonnet, Las- saigne, Selosse et autres Savart, des artisans qui s\u2019emploient, à leur échelle, à personnaliser leurs cuvées issues de l\u2019un ou l\u2019autre des 319 crus (communes) champenois, mais aussi de parcelles familiales uniques dont l\u2019empreinte terroir assure un surcroît de singularité à leurs cuvées.Jean-Baptiste Geoffroy, de la maison familiale du même nom, est de ceux-là.Les Geoffroy sont de Cumiè- res, une commune de la Vallée de la Marne, où les 160 hectares sont classés 1er cru.En 2008, pour des raisons d\u2019espace logistique, Jean-Baptiste et sa compagne, Karine, décident de déplacer leurs activités à Ay, tout en faisant fructifier une mosaïque de 35 parcelles (15 hectares au total, dont trois en bio- dynamie) du côté des communes de Damery, Hautvillers, Fleury la rivière et surtout Cumières.Je rencontrais l\u2019homme récemment.Aussi captivant que ses champagnes.Quelques notes.C\u2019est avec la cuvée amirale que l\u2019on saisit l\u2019esprit d\u2019une maison.Un condensé de savoir-faire où l\u2019assemblage judicieux de plusieurs millésimes constitue le fil d\u2019Ariane.C\u2019est le cas de cette cuvée Expression 1er Cru (58,75 $ \u2013 13699754) déclinant pour tiers pinot noir, pinot meunier et chardonnay avec 35 % de réserve (vins de millésimes antérieurs) sur une base de 2014.Clarté fruitée sur un ensemble tonique (pas de malolactique ici), émancipé, digeste, d\u2019excellente tenue.Des tests de dosage (ajout de liqueur avant expédition, ici à base de moût rectifié de raisin) permettent d\u2019ajuster le tir avec plus de précision.Bref, un champagne maîtrisé, mais aussi inspiré.(5+) 1/2.Les six autres cuvées offertes (en quantités hélas limitées) valent le détour.Empreinte 1er cru 2012 (73,50 $ \u2013 14140848).Ses 70 % de pinot noir fermenté, pour 80 % sous bois, combinés à un élevage de quatre ans sur lattes, confèrent à cette mousse enveloppe et profondeur, sans la moindre touche de réduction.Style et caractère ! (5+) Volupté 1er Cru Blanc de Blancs 2011 (95,50 $ \u2013 14140856).Cette cuvée issue de deux parcelles parfaitement orientées (dans ce millésime compliqué) brille avec une exquise pureté, intégrant liqueur de dosage et vin avec une rare complicité (après un an de dégorgement, soit ici décembre 2018).À peine dosé, avec une tension fine, une texture et une longueur de bouche plus qu\u2019appréciable.(5+) Les Houtrants Complantés 1er Cru (319,50 $ \u2013 14140864).Ce brut nature issu de la complantation de cinq cépages (dont l\u2019arbane et le petit mes- lier) n\u2019a ni genre ni sexe, mais les rassemble tous ! Un assemblage d\u2019une rare liberté de ton qui, sur une base de 2013, s\u2019enrichit des cinq millésimes antérieurs pour mieux donner cours à une ouverture presque mozar- tienne.Un champagne bien sec, intense, complexe, d\u2019une exquise musicalité.(10+) 1/2 Rosé de Saignée 1er Cru (81 $ \u2013 13699797).Ce pinot noir, à 100 %, est « saigné » alors qu\u2019il macère encore en phase aqueuse avec pour résultat une délicatesse de flaveurs qui le destine à la table ou à un autre endroit plus festif encore.À vous rosir l\u2019esprit tant sa finesse touche et trouble à la fois.(5) Blanc de Rose 1er Cru (139 $ \u2013 13699738).Symbiose parfaite entre pinot et chardonnay, qui, à l\u2019intérieur d\u2019une comacération, unissent leur profil pour une synthèse tout ce qu\u2019il y a de magique.C\u2019est ensorceleur, grisant, d\u2019une sensibilité à fleur de peau.(5) 1/2 Chez les Geoffroy de Cumières, des gens inventifs et appliqués (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans © devrait séjourner en carafe La surprise 1/2 Chardonnay Le Grand Clos 2017, Le Clos Jordanne, Péninsule du Niagara, Ontario, Canada (45,50 $ \u2013 14222851) Impressionnant.Sans aucun doute, l\u2019un des meilleurs du genre au pays.Mais si juvénile encore qu\u2019il permet de rêver.Le fruité y est aromatique et consistant, épaulé par cette filiation intime avec le bois neuf du meilleur cru, qui le porte et l\u2019élève.Une montée en bouche généreuse, mais élégante, fine et tonique.Signé Thomas Bachelder.Bravo ! (5+) © Moins de 16 $ 1/2 Aranleon Blés Crianza 2017, Espagne (14,55 $ \u2014 10856427) Tourtières et ragoûts de boulettes, daube et autres rôtis de palette sont déjà dans le viseur d\u2019une table des fêtes proposée à la famille élargie ?Laissez ce solide vin rouge issu de l\u2019agriculture biologique concocté par Maria Sancho vous régaler plus encore par sa force de caractère, ses intentions fruitées soutenues et sa mâche inégalable.(5) © Le blanc Beaujolais blanc 2018, Jean-Paul Brun, France (25,95 $ \u2013 713495) Le millésime 2017 accusait une largeur et une plénitude fruitée des plus exquises, avec deux années de cave, conférant à l\u2019ensemble texture et moelleux.Ce 2018 m\u2019a semblé plus riche, plus dense et substantiel encore, le tout parfaitement maîtrisé sur le plan du boisé.Un blanc sec toutefois peu acide, savoureux à souhait.(5) © Le rouge 1/2 Scabi 2018, San Valentino, Émilie-Romagne, Italie (18 $ \u2013 11019831) J\u2019ai la nette impression que Roberto Mas- carin se fait ici plaisir en nous proposant le type de vin même qu\u2019il souhaiterait voir couler dans son verre plus souvent.Sans chichis ou cérémonial compliqué, que du fruit et du bon, que ce sangiovese bio au fruité de cerise filtrant entre les dents avec souplesse et sincérité.(5) Le bio Clos Bellane 2017, Côtes-du-rhône villages Valréas, Rhône, France (23,15 $ \u2013 12577085) Grenache et syrah dialoguent ici avec une civilité qu\u2019aucun tanin rébarbatif ne vient entraver.Ce Bellane s\u2019élève avec une certaine grâce au-dessus de la mêlée, proposant, derrière sa jolie robe vermillon, des arômes de fruits frais d\u2019une grande pureté ainsi qu\u2019une texture moelleuse et fondante à faire rêver.Un petit bijou.(5) © LES VINS DE LA SEMAINE Vue du village de Cumières à partir du vignoble complanté Les Houtrants CHAMPAGNE GEOFFROY La semaine prochaine : les cuvées prestiges des maisons de Champagne s\u2019invitent aux festivités ! LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com Départs : tous les vendredis Pour le Jour de l\u2019An : lundi le 30 décembre * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 514 336-0033 / 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides experts et circuits captivants.Le 31 décembre sur Times Square c\u2019est la plus grande célébration du Nouvel An au monde lorsque la grosse boule descend et laisse échapper des ballons, des guirlandes et des confettis pour débuter la nouvelle année et que des feux d\u2019artices illuminent Central Park.C\u2019est un réveillon mémorable qui vous attend! 205 $* NEW YORK Spectaculaire et accueillante À partir de CROISIÈRES Pour des croisières luxueuses et exotiques sur mesure, consultez nos conseillers en voyage et prenez la mer vers le Sud ou vers l\u2019Europe.Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca 3081, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : HÔTEL UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 1ER DÉCEMBRE 2019 SICILE & ITALIE DU SUD ESCALE AUX ÎLES ÉOLIENNES Départs : 19 avril & 11 octobre 2020 POLOGNE, MÉMOIRE DE L'EUROPE Départs : 17 mai & 30 août 2020 LIBAN & CHYPRE, DU LEVANT DES PHÉNICIENS AU CONFLUENT DES CIVILISATIONS ANTIQUES DE L\u2019ORIENT Du 18 avril au 5 mai 2020 ALLEMAGNE Du 6 au 27 octobre 2020 JAPON SYMBIOSE DE LA BEAUTÉ ET DE LA MODERNITÉ Départs : 29 mars & 2 avril 2020 L\u2019ÉGYPTE 5000 ANS D'HISTOIRE Départs : 11 janvier, 25 février, 14 mars, 24 octobre, 7 novembre, 21 novembre 2020 10h30 10h30 12h15 12h15 14h00 14h00 Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT Communiquez avec le département de publicité 514 985-3399 publicité@ledevoir.com Vivre Alcool 53 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 REPORTAGE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR \u2019épopée du cidre débute dès les premières explorations.Jacques Cartier et son équipage, en dignes Bretons, prennent soin de se munir d\u2019outres remplies du précieux liquide.Du cidre normand fait aussi partie des rations apportées par Champlain au début des années 1600.Lors de l\u2019hiver 1609, il fait si froid que le cidre gèle dans les tonneaux et qu\u2019on doit littéralement y casser les rations ! Au début du XVIIe siècle, les colons français apportent des pépins de Nor- mandie afin de démarrer un petit verger aux abords de la rivière Saint- Charles, à Québec.Les premiers pommiers atteignent leur maturité dans les années 1620.Une production modeste peut alors commencer.Le cidre est une boisson facile à confectionner pour les colons, qui le fabriquent surtout pour leur usage personnel : il est rarement commercialisé.Certaines communautés religieuses, dont les Au- gustines et les Sulpiciens, possèdent aussi des vergers et un pressoir.Tout au long du régime français, la production de cidre demeure modeste, car les habitants préfèrent nettement le vin.Goût anglais La population d\u2019origine britannique qui s\u2019installe dans la vallée du Saint- Laurent après 1760 amène un goût accru pour le cidre.Quelques décennies auparavant, le scientifique suédois Pehr Kalm avait d\u2019ailleurs remarqué que les colons des colonies anglaises étaient beaucoup plus friands de cidre que ceux de la Nouvel- le-France.Cette tendance va donc s\u2019accentuer avec l\u2019arrivée de milliers d\u2019Anglais et d\u2019Écossais, puis de loyalistes dans la décennie 1770.C\u2019est tout d\u2019abord vers l\u2019importation que ces buveurs de cidre se tournent : dans La Gazette de Québec, on mentionne la disponibilité chez certains marchands de « Devonshire Cyder » (1765), de « New England Syder » (1768) et de « Cider from Bristol, Engl.» (1770).La production reprend toutefois : plusieurs y voient un grand potentiel pour l\u2019économie locale\u2026 et aussi pour « assainir » les mœurs compromises par l\u2019abus de spiritueux ! On presse du cidre presque sans arrêt tout au long du XIXe et au début du XXe siècle.La production du cidre régresse toutefois pendant l\u2019exode rural qui caractérise la période industrielle, surtout entre 1800 et 1850 : les ouvriers se tournent surtout vers la bière, brassée en ville.Une situation ubuesque En 1921, l\u2019adoption de la Loi concernant les liqueurs alcooliques confère la responsabilité de la vente et de la surveillance de la qualité de l\u2019alcool à la Commission des liqueurs, qui obtient du même coup le monopole de la gestion et de la distribution d\u2019alcool.Toutefois, la loi ne mentionne pas explicitement la production et la vente de cidre.Même si elle n\u2019est pas officiellement interdite, la cidricultu- re devient pour ainsi dire invisible ! Ce statut étonnant, qui ne sera corrigé que 50 ans plus tard, n\u2019empêche cependant pas les producteurs de faire du cidre et même de procéder à certaines expérimentations.En 1932, une communauté de moines cisterciens français acquiert un verger à Rougemont : ces moines étant des vi- niculteurs aguerris, ils décident de fabriquer du cidre selon la méthode champenoise.Les années 1970 marquent le retour en force, en toute légalité cette fois, du cidre québécois.Or, les premiers cidres commerciaux sont faits à partir de pommes de qualité inférieure, souvent cueillies trop tôt\u2026 Certaines personnes plus âgées se souviennent encore de ces cidres aigrelets, voire acides, qui avaient une fâcheuse tendance à donner mal à la tête ! Paradoxalement, c\u2019est une catastrophe climatique qui vient rétablir l\u2019équilibre.Des gels intenses pendant l\u2019hiver 1980-1981 rayent de la carte des vergers entiers, forçant les producteurs à replanter l\u2019été suivant.Ils choisissent alors des pommiers nains et semi- nains, qui résistent mieux aux intempéries et qui facilitent la cueillette.La Le cidre, 400 ans d\u2019histoire au Québec Tranquille, de glace ou de feu, cette boisson à base de pommes n\u2019a pas fini de nous séduire Si le cidre est aujourd\u2019hui une boisson très prisée des Québécois, il n\u2019en a pas toujours été ainsi.Comme un phénix, il a disparu et est reparu à plusieurs reprises au fil du temps, renaissant notamment grâce au feu\u2026 et surtout grâce au froid ! Bref survol de 400 ans d\u2019histoire.L cidriculture doit évidemment s\u2019ajuster à la situation.Au lieu de miser sur une grosse production industrielle, on revient donc à un mode de production à échelle humaine.C\u2019est finalement en 1987 que sont accordés les premiers permis autorisant la fabrication et la vente de cidre artisanal.Le roi du Nord Le cidre de glace est au cœur de la renaissance de la production de cidre au Québec.Inventé ici même, en tirant profit de l\u2019hiver québécois, il possède des arômes complexes qui lui permettent d\u2019occuper une niche (ou plutôt une barrique !) à part.C\u2019est en 1990 que débute véritablement l\u2019histoire du cidre de glace, quand un viticulteur a l\u2019idée d\u2019utiliser les rigueurs hivernales pour concentrer le sucre des pommes avant de les presser, à la manière des raisins pour le vin de glace.Il faut en moyenne 9,5 kg de pommes pour produire un litre de cidre de glace, contre 1,7 kg pour le cidre tranquille ou effervescent.Une indication géographique protégée (IGP) a été créée en 2014, assortie d\u2019un cahier de charges.Le cidre de glace du Québec jouit aujourd\u2019hui d\u2019une renommée mondiale, son excellence étant récompensée par des prix dans des concours prestigieux.Comme l\u2019a déjà dit la sommelière Véronique Rivest, le cidre de glace est devenu une véritable carte de visite de l\u2019excellence des produits gastronomiques québécois.Plus récente encore est la naissance du cidre de feu.Concentrés sous l\u2019action de la chaleur, les sucres présents naturellement dans le fruit confèrent au cidre de feu une saveur subtile qui, comme son cousin né du froid, présente un camaïeu gustatif qui ravit aussi bien les connaisseurs que les néophytes.En définitive, la cidriculture est certes favorisée par l\u2019engouement actuel des consommateurs québécois pour le terroir et les produits locaux, mais c\u2019est surtout grâce aux très hauts standards de qualité que cette industrie a su se démarquer.Et cette fois, on peut parier que le cidre est là pour de bon.Le cidre de glace du Québec jouit aujourd\u2019hui d\u2019une renommée mondiale.GETTY IMAGES LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Vivr e Mot s de t êt e 54 SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 55 Vivre Mots de tête GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 479 Horizontalement I.Effeuilleuse.II.Sordide.Trop.III.Tuée.Odon.Li.IV.Endiablées.V.Mas.En.Sis.VI.Aviateurs.La.VII.Tiaré.Bât.Si.VIII.Il.Eclatés.IX.Oie.Tec.Muon.X.Nerveusement.Verticalement 1.Estimation.2.Fou.Avilie.3.Freesia.Er.4.Eden.Are.5.Ui.Détecté.6.Idoine.Leu.7.Léda.Ubacs.8.Obérât.9.Etnl (lent).Stemm.10.Ur.Es.Sue.11.Soleils.On.12.Epissaient.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 480 1.Grandes tenues pour belles poulardes.2.Suit de près vos mouvements amoureux.3.Duché lombard.Sur une table asiatique.4.Donne le ton.Passage du rein à la vessie.5.Sigle de l\u2019adénosine triphosphate.Facilitent la traction.6.Ses mœurs seraient bien légères.7.Estuaires bretons.Le chrome.8.Prit en note.Parfumai de senteurs marines.9.Résiste.Souvent chez Chateaubriand.10.Dans le bide.Vient percuter nos oreilles.11.Bien organiser.12.Livrés en tubes.Entraîne bien loin de la réalité.I.Fait beaucoup de bruit et de gros dégâts.II.Informent le lecteur au début de l\u2019ouvrage.Jus de pommes.III.Personnel.Quitte le parc pour le plateau.Sur la portée.IV.De même comme avant.Mauvaise fin de partie.V.Contagieuse chez les équidés.Se mettent à cinq pour tout saisir.VI.Personnel.Geste écologiste.Aux bouts du coin.VII.Deux d\u2019un duo.Homme des fonds.VIII.Ardentes.On les retrouve à l\u2019hôpital et en politique.IX.Rapprochera.Dame aux pattes palmées.X.Que l\u2019on retrouvera deux fois à chaque tour.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Quand donc ai-je pris conscience pour la première fois que j\u2019étais, dans mon pays, d\u2019une espèce destinée à être traitée en inférieure?\u2013 Gabrielle Roy MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE FACE LACE LACHE LÈCHE FLÈCHE JEUX 1123 1130 1130 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1130 1.Matériau stratifié 2.D\u2019une île de la mer Egée (pluriel) 3.Semer 4.Club 5.Dans un loquet 6.Grande rencontre sportive 7.Mammifère rongeur 8.Candide 9.Incontinence 10.Monsieur \u2022 GORETEX \u2022 TEXTILE \u2022 ILE-AUX-COUDRES \u2022 RESTREINT \u2022 INTÈGRE \u2022 GREFFER \u2022 FERMAS \u2022 MASSER \u2022 SERPOLET \u2022 LET IT BE LIÈGE POIRE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R CORRIGÉ Tandis que je me trouvais en plein choc anaphylaxique, une femme, n\u2019écoutant que sa vertue, vint me prêter mainforte.Son arrivée fut de bonne augure, car elle était justement ambulancière et avait cartier libre cette journée-là.Héroïne jusqu\u2019au bout, elle refusa toute forme de rénumération.anaphylactique, et non *anaphylaxique \u2014 adj.Relatif à l\u2019anaphylaxie (« augmentation de la sensibilité de l\u2019organisme face à une substance donnée, après qu\u2019une dose minime de celle-ci y a été introduite par ingestion ou par injection »).vertu, et non *vertue \u2014 n. f. [Soutenu] Disposition à faire le bien.bon, et non *bonne \u2014 adj.(accord : augure).Attention : le nom augure (« signe qui semble prédire l\u2019avenir ») est masculin.quartier, et non *cartier \u2014 n. m.Avoir quartier libre : [Figuré] avoir un moment de liberté.rémunération, et non *rénumération \u2014 n. f.Somme que l\u2019on reçoit pour un travail, pour un service.Remarque \u2014 Le nom mainforte désigne une aide apportée dans une situation difficile ou dangereuse.Il s\u2019emploie surtout dans des constructions figées avec quelques verbes comme prêter, donner et demander.En graphie rectifiée, il s\u2019écrit sans trait d\u2019union entre main et forte.© 2019 Druide informatique inc.Tous droits réservés.Épreuve de révision Antidote | no 35 LE DEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1 ER DÉCEMBRE 2019 Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdusoir Inscrivez-vous?: ledevoir.com/lescourriersdudevoir Mordu d\u2019info?Étanchez votre soif d\u2019actualité grâce à nos infolettres quotidiennes?! 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