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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-12-02, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 274 / LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Refaire Astérix, sans potion magique Le dessinateur Didier Conrad fait partie de l\u2019équipe qui assure la pérennité de l\u2019œuvre à succès FRANÇOIS LEMAY LE DEVOIR stérix célèbre, cette année, son 60eanniversaire.Ce personnage devenu emblématique par sa fonction de miroir déformant, et surtout amusant, de la société française aura survécu à deux crises majeures.La première étant le décès prématuré de son cocréateur, René Goscinny, en 1977.La deuxième, plus récente, consiste en la passation du flambeau des mains d\u2019Albert Uderzo, qui dessinait et scénari- sait, seul, la série depuis la mort de son ami, vers celles de Jean-Yves Ferri (scénario) et de Didier Conrad (dessin).Ces derniers signaient, en 2013, un premier album, Astérix chez les Pictes, reçu tièdement.Depuis, le duo en a fait paraître trois autres, dont le plus récent, La fille de Vercin- gétorix, sorti cet automne, est sans contredit le plus réussi.Didier Conrad, dessinateur de cette nouvelle aventure, nous parle de cette transition pas toujours évidente et de cette tâche presque irréalisable, presque autant que de trouver le fameux laissez-passer A-38 : assurer la pérennité d\u2019un des plus grands succès de la littérature française.INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 ACTUALITÉS La vie sauvage, la chronique de Jean-François Nadeau | A 3 FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Des groupes de parents adoptants et des organismes de soutien ont fait front commun dimanche pour presser le gouvernement Legault d\u2019amender son projet de loi 51 afin qu\u2019il offre la même durée de congé aux parents adoptifs qu\u2019aux parents biologiques.Car au sommet des besoins de l\u2019enfant adopté, disent-ils, figure le temps, à la fois pour tisser les liens comme pour s\u2019adapter à son nouvel environnement.Trois jours après le dépôt du projet de loi visant à bonifier le Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP) et à lui donner plus de flexibilité, ces groupes, appuyés par le Parti québécois, ont reproché à la Coalition avenir Québec de perpétuer une situation qu\u2019ils décrivent comme purement discriminatoire.« Nous demandons une égalité de traitement parce que les enfants ont besoin d\u2019au moins un an à la maison avec leurs parents », a dit Anne-Marie Morel, présidente de la Fédération des parents adoptants du Québec (FPAQ), mère de deux enfants, dont une fille adoptée aux Philippines.Les familles biologiques bénéficient présentement de 55 semaines de congé au total, c\u2019est-à-dire 32 semaines de congé parental, 18 semaines exclusivement pour la mère et 5 semaines pour le père.Dans le cas d\u2019une adoption, le congé dans son ensemble est de 37 semaines.La CAQ s\u2019était engagée à mettre un terme à cette situation lors de la campagne électorale, a insisté Mme Morel.Parmi les mesures du projet de loi présenté jeudi par le ministre du Travail, Jean Boulet, figure l\u2019octroi de cinq semaines de prestations exclusives à tous les parents adoptants.En outre, pour une adoption hors Québec, « cinq semaines exclusives supplémentaires seraient ajoutées pour les parents devant séjourner à l\u2019extérieur du Québec ».En ne proposant pas la même durée de congé parental à tous, a affirmé la députée Véronique Hivon, porte-parole du Parti québécois en matière de famille et mère adoptive, le gouvernement a commis « une énorme omission ».QUÉBEC L\u2019égalité des congés parentaux réclamée Venise croule sous le poids d\u2019une industrie touristique qui a fait main basse sur la Sérénissime.Une situation qui force les habitants à quitter la ville mythique.Suite de notre série de reportages « En eaux troubles », sur le péril de l\u2019eau à travers le monde.VOIR PAGE A 8 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Didier Conrad MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le Devoir à Venise HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Bisbille sévère chez les verts VOIR PAGE A 4 : CONGÉS A VOIR PAGE A 2 : ASTÉRIX VOIR PAGE A 2 : VERTS La famille verte se déchire.Alors que le chef du Parti vert du Québec (PVQ), Alex Tyrrell, songe à se lancer dans la succession d\u2019Elizabeth May sur la scène fédérale, une fronde s\u2019organise contre lui.Des militants lui reprochent de s\u2019être voté un salaire et de ne pas s\u2019être soumis à un vote de confiance, tandis que le principal intéressé les accuse de s\u2019adonner à une campagne de « salissage » parce qu\u2019ils ne voudraient pas de lui et de sa vision « radicale » à Ottawa.Au cours des derniers jours, le groupe Réforme PVQ a lancé une pétition demandant la tenue d\u2019une assemblée générale spéciale afin de se prononcer sur le leadership de M.Tyrrell.La pétition soutient que le chef a « tiré profit de violations majeures » aux règles du PVQ, notamment parce qu\u2019il touche depuis octobre 2018 une rémunération annuelle de 47 000 $ et a obtenu une garantie d\u2019indemnité de trois mois de salaire en cas de départ ou de perte de son poste.« Son salaire a été voté par le conseil exécutif, qui était à ce moment seulement composé de quatre membres, dont Alex.Je trouve ça problématique », explique au Devoir Chad Wal- cott, l\u2019instigateur de la pétition.MONDE « Nous devons mettre fin à notre guerre » contre la planète, insiste António Guterres en vue de la COP25, à Madrid ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 Départs de Montréal.« Solde du Cyberlundi » est une promotion d\u2019une durée limitée, jusqu\u2019à épuisement de stock, applicable à une sélection de forfaits et de dates de départ.Les économies allant jusqu\u2019à 40 % sont calculées en comparant le prix actuel au tarif publié à l\u2019origine, applicables au Royalton Suites Cancun Resort and Spa à Cancún au Mexique pour les départs ayant lieu les 13, 14, 15, 20, 21 et 22 janvier 2020.Les sièges sont sous réserve de disponibilité et leur capacité est contrôlée.Norwegian Encore : L\u2019off re «Réservez une cabine avec balcon au même prix qu\u2019une cabine intérieure » est d\u2019une durée limitée s\u2019appliquant uniquement aux nouvelles réservations eff ectuées d\u2019ici le 4 décembre 2019, pour les départs du 5 et 12 janvier 2020 jusqu\u2019à épuisement des stocks.Cette off re ne peut être jumelée à aucune autre promotion.Cette off re ne s\u2019applique pas aux voyages de groupe.Les pourboires sont en sus.Port d\u2019attache de Norwegian Cruise Line : les Bahamas.Les vols sont exploités par Sunwing Airlines et TUI Airways.Cette off re peut être modifi ée ou retirée à tout moment sans préavis.Pour les modalités et conditions générales de la « Garantie du meilleur prix », visitez le Sunwing.ca.Titulaire d\u2019un permis du Québec n°702928.| 2019-12-02 Destination en vedette Tout NOUVEAU navire! Norwegian Encore 1545$ 5 et 12 janvier Cabine avec balcon Croisière de 7 nuitées dans les Caraïbes incluant le vol! Réservez d\u2019ici le 4 décembre Réservez une cabine avec balcon au même prix qu'une cabine intérieure Solde du Cyberlundi_ Aujourd\u2019hui seulement! Réservez dès aujourd\u2019hui Les places sont limitées! jusqu\u2019à Économisez 40% Mieux Voyager Vous avez raté notre Solde du Vendredi fou?Profi tez des économies massives de notre Solde du Cyberlundi Mieux Voyager Astuce nº543 Pour voir la liste complète des hôtels et pour des astuces sur comment Mieux Voyager, communiquez avec votre agent de voyages ou visitez Sunwing.ca Garantie du meilleur prix Service primé Hôtels et excursions les mieux cotés Nous restons à vos côtés à chaque étape de votre voyage Aventure sous pression ASTÉRIX SUITE DE LA PAGE A 1 Aventure qui commence sur les chapeaux de roues, pour Conrad, qui se trouve à être catapulté directement en plein milieu du village gaulois : « La reprise était programmée d\u2019une autre manière.Il y a eu une recherche de scénaristes, avec des candidatures, et le choix s\u2019est porté sur Jean-Yves [Ferri].Pour le dessinateur, Uderzo avait choisi au départ son assistant [Frédéric Mé- barki], qui faisait ses encrages, pour lui succéder, mais ce dernier n\u2019a pas réussi à le faire.Ce n\u2019était pas un auteur de bédé et il n\u2019avait pas le métier nécessaire pour reprendre une des séries les plus emblématiques et les plus abouties dans le genre.Ce qui est logique, quand on y pense, puisque ce n\u2019est pas quelque chose qui s\u2019improvise.» D\u2019ailleurs, même Uderzo a été surpris de la complexité du processus : « Je pense qu\u2019Uderzo se sous-estimait beaucoup parce qu\u2019il a été surpris de voir à quel point c\u2019était compliqué de le remplacer.Mais c\u2019est normal, c\u2019est son style! Pour lui, c\u2019est facile, mais c\u2019est difficile pour tout le monde.Et à partir du moment où ils se sont rendu compte de ça, l\u2019éditeur est parti en quête d\u2019un autre dessinateur, il y a eu des candidatures, il y a eu des tests et j\u2019ai été choisi.» La pression doit être immense.Et elle l\u2019est, pour Conrad, qui ne dispose pas d\u2019autant de temps qu\u2019il l\u2019aurait souhaité : « La pression, c\u2019était horrible la première fois, puisque je n\u2019avais même pas le temps de le faire ! Lorsque j\u2019ai fait les tests, on ne m\u2019avait pas prévenu que c\u2019était pour dessiner cet album-là.J\u2019ai eu huit mois pour faire l\u2019album et apprendre le style en même temps.Je devais faire quelque chose avec, comme référence, des albums qu\u2019Uderzo faisait en neuf mois.Et, en plus, comme il était l\u2019autorité, personne ne lui a jamais demandé de changer des dessins, ce qu\u2019on me demandait tout le temps.Cela m\u2019a fait perdre pas mal de temps et j\u2019ai passé pas mal de nuits sans sommeil, ça, c\u2019est sûr.» De plus, il faut que la chimie prenne entre un dessinateur qui se sent un peu catapulté dans le projet, et un scénariste, alors que les deux membres du duo ne se sont pas choisis, a priori.Et qu\u2019ils ont des visions différentes de ce qu\u2019est la bédé.« Même si on a les mêmes lectures, parce qu\u2019on a pratiquement le même âge, on n\u2019a pas la même conception de la bédé.Jean-Yves a une conception qui est beaucoup plus contemporaine que la mienne.Moi, je suis beaucoup plus traditionnel, en fait, le genre bédé franco- belge gros nez, c\u2019est vraiment mon truc.Ferri, lui, fait de la bédé qui est beaucoup plus moderne, dans la lignée de la bédé française, plus introspective, moins formatée en fait.» Cela revient-il à dire que chacun travaille de son côté, que Ferri arrive avec un scénario que Conrad doit dessiner ?« Pour chaque album, ç\u2019a été différent.Le premier, il était complètement écrit quand je suis arrivé.Pour le deuxième [Le papyrus de César], on a essayé de discuter et de travailler ensemble, et on est partis sur une idée qui m\u2019intéressait moi, l\u2019histoire du journalisme et Julian Assange, notamment, et même si Jean- Yves n\u2019était pas trop à l\u2019aise, il a fait les efforts pour que ça passe et ç\u2019a assez bien pris.Mais ç\u2019a été très dur à faire, on n\u2019était pas d\u2019accord du tout.Dans ce cas, alors, c\u2019est l\u2019éditeur [Céleste Surugue, directeur général des éditions Albert René] qui tranche.On avait commencé l\u2019histoire, on en était au premier quart, et il est intervenu à ce moment-là.» Mais ce qui pourrait ressembler, de l\u2019extérieur, à une chicane créative épique fait partie du processus créatif, surtout quand la pression est aussi forte.Ce qui ne veut pas dire que le tandem se lance des crayons à la figure : « Non, il faut comprendre qu\u2019au début, personne n\u2019avait choisi personne et que personne n\u2019avait vraiment confiance en soi ou dans les autres, tout le monde avait tendance à douter sur tout, parce qu\u2019on voulait toujours mieux faire.Même Céleste, il a fallu que, petit à petit, il se calme parce qu\u2019il voulait qu\u2019on mette le plus possible de choses qui ressemblaient à du Astérix, pour satisfaire le lecteur.» On comprend donc que tout le monde a dû apprendre à travailler ensemble, tout en produisant des albums qui se devaient d\u2019être à la hauteur d\u2019une série légendaire.Dans ces circonstances, Conrad pense-t-il que ce quatrième essai est, quelque part, leur véritable premier ?« C\u2019est certainement le mieux fait jusqu\u2019à présent au sens ou c\u2019est le plus naturel à lire, je pense.Le rythme est meilleur, les gags sont plus adaptés.C\u2019est vrai que, dans les premiers, il y avait des gags qui étaient forcés, qui ne fonctionnaient pas, simplement parce qu\u2019ils n\u2019étaient pas à l\u2019endroit qu\u2019il fallait.Tandis que là, ils viennent naturellement et, du coup, ils fonctionnent ! » Bref, imaginez que vous devez faire de la potion magique avec des ingrédients approximatifs, sous le regard de Pano- ramix et de tout le village gaulois qui s\u2019attend à ce que celle-ci soit au moins aussi bonne, et efficace, que l\u2019originale.Il y a de quoi en perdre son latin.Le salaire de Tyrrell critiqué VERTS SUITE DE LA PAGE A 1 M.Walcott a été candidat pour le PVQ dans Notre-Dame-de-Grâce en 2018 et a obtenu le deuxième score de la formation avec 6,67 % des voix.Les statuts et règlements du parti en vigueur à l\u2019époque stipulaient que « les membres du conseil exécutif national [auquel siège le chef] ne peuvent occuper de postes rémunérés par le parti ».Les statuts ont été changés en mars afin de permettre une rémunération.Néanmoins, le chef Alex Tyrrell estime que le tout respectait les règles.« Les deux avocats avec qui j\u2019ai vérifié disent qu\u2019il n\u2019y a aucun problème.» Selon lui, il n\u2019est pas disproportionné de toucher 47 000 $ pour diriger un parti politique qui n\u2019a jamais fait élire de député et n\u2019a obtenu que 1,68 % des voix à l\u2019élection de 2018.Ce salaire accapare le quart du budget annuel du PVQ, qui est d\u2019environ 200 000 $.« Je ne pense pas que c\u2019est beaucoup, dit M.Tyrrell.À 40 heures par semaine, ça fait 22,50$ de l\u2019heure.Normalement, ma semaine compte plus que 40 heures.C\u2019est extrêmement rare que ça se limite à cinq jours par semaine.» À titre de comparaison, Elizabeth May a touché 50 000 $ par an lorsqu\u2019elle est devenue cheffe du parti fédéral en 2006, salaire qui est passé à 70 000 $ en 2010.Elle a cessé d\u2019être rémunérée par le Parti vert du Canada (PVC) lorsqu\u2019elle a été élue à la Chambre des communes en 2011.L\u2019ex-candidat Walcott s\u2019interroge plus généralement à propos des finances du PVQ.Dans son dernier rapport financier, on peut lire que « l\u2019audit a permis de déceler des lacunes significatives dans le système de contrôle interne pour les charges, à l\u2019exception du loyer et des frais d\u2019audit.Le montant de ces charges pour l\u2019exercice clos le 31 décembre 2018 est de 229 538 $.Nous n\u2019avons donc pas été en mesure de nous assurer de la réalité et de l\u2019exactitude des charges.» Le vérificateur indépendant qui a rédigé ce rapport a indiqué au Devoir que, pour des raisons de confidentialité, il ne pouvait pas en dire davantage.Vote de confiance et expulsion Les finances ne sont pas la seule source d\u2019insatisfaction.Les signataires de la pétition reprochent à leur chef, en poste depuis 2013, de ne pas s\u2019être soumis à un vote de confiance après chaque élection provinciale, comme le prévoient les statuts.M.Tyrrell réfute cette allégation.Il soutient avoir obtenu un appui « unanime » lors de l\u2019assemblée générale de septembre 2015 à laquelle ont participé « une vingtaine de personnes ».Quant au vote devant suivre l\u2019élection de 2018, il devrait avoir lieu\u2026 en 2021, dit-il.Cette décision sera entérinée cette semaine par les instances du parti.«C\u2019est décevant», note Catherine Pol- son, elle aussi signataire de la pétition et candidate pour le PVQ en 2018.Elle a obtenu le meilleur score de sa formation avec 6,73% des voix.«La majorité des chefs de parti ont leur vote de confiance pas mal tout de suite après une élection.[\u2026] Les gens qui veulent un autre chef ou qui sont déçus par les politiques de M.Tyrrell vont partir d\u2019ici 2021.» Le militant et signataire Joey Leck- man est du même avis.Il trouve inacceptable que le vote de confiance soit tenu à peine un an avant le prochain scrutin.« Attendre à minuit moins une pour déclarer un chef, est-ce une façon pour lui de s\u2019assurer que personne ne va voter contre lui parce que la personne qui le remplacera n\u2019aura pas le temps de se préparer ?» Alex Tyrrell en veut à M.Leckman parce qu\u2019il est aussi vice-président francophone du Parti vert du Canada.Il le soupçonne de piloter la fronde afin de lui bloquer la route à la chefferie fédérale.« C\u2019est sûr qu\u2019il y a des gens qui ne m\u2019aiment pas.J\u2019avance un programme écosocialiste de gauche à l\u2019intérieur d\u2019un parti [le PVC] qui est traditionnellement au centre.» M.Leckman rétorque qu\u2019au contraire, il a utilisé son poste au PVC pour tenter de rétablir les ponts avec la formation sœur du Québec, mais en vain.Alex Tyrrell s\u2019est attaqué à Elizabeth May pendant la campagne électorale fédérale cet automne à cause de sa position sur les sables bitumineux, qu\u2019il jugeait complaisante.La dernière récrimination des pétitionnaires est que M.Tyrrell a des réflexes non démocratiques.Il a suspendu pour un an le membrariat de Chad Walcott au motif qu\u2019il s\u2019adonne à « la provocation systématique de conflits internes».«Si vous continuez à tenir des propos diffamatoires ou inappropriés envers l\u2019organisation et son personnel, vos chances de réintégrer l\u2019équipe seront mises en péril», dit la lettre envoyée à M.Walcott et signée par le chef Tyrrell.Mme Polson trouve cette pratique fort contestable.«J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019Alex n\u2019est pas trop ouvert aux opinions qui diffèrent des siennes», dit-elle en soulignant qu\u2019elle s\u2019est résignée à signer la pétition lorsqu\u2019elle a constaté qu\u2019elle n\u2019arrivait pas à se faire entendre autrement.«Je trouve l\u2019utilisation du mot \u201cdiffamatoire\u201d insultant.Nous avons des critiques solides et j\u2019aimerais qu\u2019il y réponde.» Joey Leckman soutient pour sa part connaître « six ou sept » membres s\u2019étant fait eux aussi retirer leur carte pour cause d\u2019insubordination.« Il y a un manque de transparence et de démocratie assez sévère avec le chef.» La pétition a été signée par 137 personnes.Outre M.Walcott et Mme Pol- son, neuf autres candidats à l\u2019élection de 2018 l\u2019ont signée.Le PVQ compte, selon son chef, 1200 membres.C\u2019est sûr qu\u2019il y a des gens qui ne m\u2019aiment pas.J\u2019avance un programme éco- socialiste de gauche à l\u2019intérieur d\u2019un parti [le PVC] qui est traditionnellement au centre.ALEX TYRRELL » J\u2019ai eu huit mois pour faire l\u2019album et apprendre le style en même temps.Je devais faire quelque chose avec, comme référence, des albums qu\u2019Uderzo faisait en neuf mois.DIDIER CONRAD » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 La vie sauvage A u début des années 1960, le photographe Gabor Szilasi est envoyé dans les Lauren- tides par le Service de Cinéphoto du Québec.Là, on traque le loup sans relâche.Le loup, dit-on, menace le chevreuil.Il faut le tuer.L\u2019exterminer.L\u2019éradiquer.Sur un des clichés de Szilasi, trois gardes-chasse, vêtus de leur uniforme, se tiennent droits, l\u2019air fier, devant les corps raidis d\u2019une trentaine de loups alignés sur un monticule de neige.Quand on y regarde de près, on distingue parmi ces cadavres deux ou trois renards, de même qu\u2019un lynx.Le loup est alors empoisonné à la strychnine, un puissant poison badigeonné sur des appâts dispersés dans la nature.D\u2019autres animaux que le loup en mangent eux aussi.Et meurent.Cette campagne de destruction du loup est rappelée par un essai photographique de cette époque signé Marcel Cognac, photographe très doué, hélas à peu près oublié aujourd\u2019hui.Cette grande peur collective des loups a fait en sorte qu\u2019il n\u2019en existe pratiquement plus au sud du Québec.Tant que les loups n\u2019auront pas leurs historiens, l\u2019histoire sera racontée par ceux qui les ont tués.Il en va de même pour tous les dominés.L\u2019histoire glorifie toujours les vainqueurs, quels qu\u2019ils soient.Autrement dit, l\u2019histoire est écrite par en haut.On oublie volontiers ceux d\u2019en bas, comme s\u2019ils ne comptaient pas.À la télévision, aux bulletins de nouvelles, on le rappelle d\u2019ailleurs tous les jours.À tel point qu\u2019on ne s\u2019en aperçoit même plus.Chaque jour, on nous indique par exemple l\u2019indice du Dow Jones, celui du TSX, le prix de l\u2019once d\u2019or, celui du baril de pétrole brut.Tout cela comme si votre vie en dépendait, même si à peu près personne ne comprend quelque chose à cette valse à mille temps des indices boursiers et pétroliers.Les statistiques sur les dominés, les vaincus, les opprimés, les indices de la vie des sans-voix, des sans-grade, des sans-dents à bout de nerfs, ces chiffres-là demeurent quasi confidentiels.Ceux-là mêmes dont parlait Gérald Godin \u2014 « tous les coincés / des paiements à rencontrer / les hypothéqués à perpétuité / la gang de christs / qui se plaint jamais / les derniers payés / les premiers congédiés » \u2014, on ne donne guère d\u2019outils quotidiens pour suivre la courbe de leur vie.Ce sont pourtant les gens les plus nombreux.On ne donne pas, au quotidien, le taux de chômage ni le taux de mortalité infantile.On ne dit pas le nombre d\u2019ouvriers blessés ou tués au travail, semaine après semaine.On ne donne pas les chiffres des gens qui attendent pour voir un médecin.On ne chiffre pas le manque de livres dans les bibliothèques des écoles.On ne rappelle pas le taux de plomb et d\u2019autres métaux lourds dans l\u2019eau qui nous entoure.Les taux de glyphosate dans la farine de blé, la base de l\u2019alimentation de notre civilisation, demeurent inconnus, même s\u2019ils nous menacent du cancer.On ne dit pas la progression affolante de nombre d\u2019enfants signalés aux services de la DPJ.On ne rappelle pas les écarts d\u2019espérance de vie selon les régions ou les quartiers.On ne donne pas non plus le tableau des espèces vivantes menacées ou tout simplement en voie d\u2019extinction.Au quotidien, sans se poser de question, on finit par croire que la prospérité d\u2019une nation se mesure à coup d\u2019indices économiques tels que le Dow Jones, qui laissent pourtant dans l\u2019ombre le lourd coût humain qui sous-tend cette apparente performance.Nous ne sortons pas indemnes de ce grand conditionnement.L\u2019immense majorité de la planète regarde défiler sur les écrans les chiffres et les images d\u2019un monde imaginaire, plus ou moins étranger à celui où l\u2019on vit.Au sein des pays réputés les plus prospères économiquement, les conflits sociaux sont volontiers passés sous le tapis.En France, après des mois de révolte des gilets jaunes, ce costume voué à rendre visibles des gens qui sont toujours menacés à force de ne pas l\u2019être, on a entendu ces jours derniers que le président Macron avait été bouleversé en assistant à la projection d\u2019une adaptation cinématographique des Misérables de Victor Hugo\u2026 À certains, le réel apparaît bien lointain.Comme le premier ministre Trudeau, qui ânonne que la vie change parce qu\u2019il crée un ministère de la Prospérité de la classe moyenne, comme si cela changeait quelque chose à l\u2019emprise paralysante du Dow Jones sur sa façon d\u2019envisager l\u2019expérience humaine Dans Charlevoix, un rare troupeau de caribous forestiers ne cesse de dépérir.On le sait depuis des années.Des rapports autant que des observateurs chevronnés ont répété que leur pauvre situation tenait à des coupes abusives de la forêt et à une déperdition constante de leur milieu de vie sous l\u2019effet d\u2019une pression humaine.Cette atteinte à leur écosystème s\u2019est avérée catastrophique.Il n\u2019y a pas si longtemps, confronté à un même problème en Abitibi, un ministre avait considéré de tout bonnement transporter les caribous restants dans un zoo.Cet espace inventé par l\u2019homme pour qu\u2019il puisse admirer son éclatant triomphe sur la nature n\u2019est-il pas une formidable métaphore d\u2019une époque qui voit dans l\u2019enfermement et le cloisonnement la solution universelle à toutes les difficultés ?Un rapport rendu public ces derniers jours par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a trouvé mieux pour ne pas accuser l\u2019activité économique d\u2019être seule responsable de la déperdition des caribous.Il montre du doigt le loup comme un responsable de la déperdition des caribous de Charlevoix.Il faudrait les abattre, dit-on, pour mieux protéger les cervidés.Les prédateurs, en société, ne sont pas toujours ceux qu\u2019on croit.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Au quotidien, sans se poser de question, on finit par croire que la prospérité d\u2019une nation se mesure à coup d\u2019indices économiques tels que le Dow Jones, qui laissent pourtant dans l\u2019ombre le lourd coût humain qui sous-tend cette apparente performance.Nous ne sortons pas indemnes de ce grand conditionnement.LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Dans l\u2019appel de la contestation de la Loi sur la laïcité de l\u2019État, la juge en chef de la Cour d\u2019appel du Québec, Nicole Duval Hesler, fait l\u2019objet d\u2019une plainte au Conseil canadien de la magistrature.La plainte a été formulée jeudi et rendue publique dimanche par l\u2019historien et professeur au collège Dawson Frédéric Bastien.Il estime que la juge en chef a manqué à son devoir de réserve et qu\u2019elle devrait se récuser.En cas de refus de sa part, il demande à ce que la ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia Lebel, lui suggère de le faire.Plus tard en journée, l\u2019ex-candidate du Parti québécois dans Gouin Louise Mailloux a affirmé avoir également porté plainte.« Je viens de soumettre une plainte au conseil de la magistrature concernant la juge en chef Nicole Duval Hesler », a-t-elle écrit sur sa page Facebook.Elle soutient que la juge a « fait preuve de partialité, ce qui est inacceptable ».M.Bastien, qui réfléchit actuellement à l\u2019idée de se lancer dans la course à la chefferie du Parti québécois, est d\u2019avis que la juge a manqué à son devoir de réserve quant à la Loi sur la laïcité, qui interdit aux employés de la fonction publique en position d\u2019autorité de porter un signe religieux.Il reproche notamment à la juge, lors d\u2019une rencontre préparatoire, d\u2019avoir suggéré aux avocats des plaignants que la loi 21 « violait peut-être » l\u2019article 28, qui est une disposition de la Charte canadienne des droits et libertés sujette à interprétation.Pierre Thibault est doyen adjoint de la section de droit civil de la Faculté de droit de l\u2019Université d\u2019Ottawa.En entrevue au Devoir, il s\u2019est dit « surpris » que la juge en chef de la Cour d\u2019appel suggère aux parties de plaider un article qui n\u2019a pas été évoqué en première instance.« Habituellement, on va en appel sur une erreur de droit.Ici, la juge suggère aux parties de plaider un article dont on sait pertinemment bien qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une disposition interprétative de la Charte », explique-t-il.Opinion politique Le 26 novembre dernier, lors de l\u2019audience sur la cause, la juge Duval Hes- ler a également tenu des propos qui, selon M.Bastien, sont l\u2019expression d\u2019une opinion politique.« La juge Duval Hes- ler s\u2019est déclarée « féministe » [\u2026].Elle a aussi associé la loi 21 à une réponse aux \u201callergies visuelles\u201d aux signes religieux », illustre-t-il.L\u2019historien dénonce la présence annoncée de la juge à un événement organisé le 10 décembre prochain par l\u2019Association de droit Lord Reading, qui s\u2019est déjà prononcée contre la loi 21.«La juge aide à financer une organisation qui s\u2019oppose activement à loi qui est l\u2019objet d\u2019un litige devant son tribunal», écrit-il.Des propos énoncés par la juge sur le multiculturalisme dans un document datant de 2011, intitulé L\u2019évolution du droit à l\u2019égalité et l\u2019élimination des préjugés inconscients chez les juges, sont aussi pointés par M.Bastien.Il souligne que c\u2019est « une situation qui la place au centre d\u2019un débat politique et idéologique qui est au cœur de la cause qu\u2019elle doit juger aujourd\u2019hui ».La contestation de la loi est présentement en délibéré devant trois juges de la Cour d\u2019appel, dont Mme Duval Hesler, qui doivent rendre leur décision prochainement.Selon M.Thibault, la juge Duval Hesler peut refuser de se récuser, malgré la demande de M.Bastien.«Est-ce que la ministre de la Justice peut intervenir et suggérer à la juge de se récuser?Je pense que c\u2019est une décision pour la juge en chef de se récuser ou pas», estime-t-il.Quant à la plainte déposée devant le Conseil canadien de la magistrature, elle pourrait soit être jugée non recevable, soit valoir un blâme à Mme Duval Hesler, avance M.Thibault, qui exclut un scénario où la juge serait destituée.Jointe par Le Devoir, l\u2019attachée de presse de la ministre de la Justice a déclaré ne vouloir faire aucun commentaire avant la décision de la Cour d\u2019appel.LAÏCITÉ La juge en chef de la Cour d\u2019appel visée par une plainte Frédéric Bastien accuse la juge Hesler d\u2019avoir manqué à son devoir de réserve La centrale nucléaire de Pickering, appartenant à Ontario Power Generation, est située aux abords du lac Ontario.KEITH BINNS GETTY IMAGES HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Trois des provinces canadiennes s\u2019opposant à la taxe fédérale sur le carbone s\u2019engagent à travailler ensemble pour développer de petites centrales nucléaires et ainsi réduire autrement leurs émissions de gaz à effet de serre.L\u2019Ontario, qui fait partie du trio, estime qu\u2019il y a davantage de potentiel économique de ce côté qu\u2019à acheter de l\u2019hy- droélectricité québécoise.Les premiers ministres de l\u2019Ontario, de la Saskatchewan et du Nouveau- Brunswick se sont rencontrés dimanche en marge de la rencontre du Conseil de la fédération se tenant lundi à Toronto.Ils ont signé un protocole d\u2019entente en vertu duquel ils s\u2019engagent à développer la technologie des petits réacteurs modulaires (PRM).Les PRM sont de plus petite taille que les réacteurs traditionnels \u2014 certains ont la taille d\u2019un gymnase \u2014 et pourraient alimenter de petits réseaux de distribution ou même des secteurs industriels précis.Le Canada s\u2019est doté l\u2019an dernier d\u2019une « feuille de route » pour le développement des PRM, présentés comme un moyen éventuel d\u2019éliminer les émissions de gaz à effet de serre (GES) découlant de la production énergétique.Le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, a fait miroiter une diminution de 70% des GES de son secteur énergétique d\u2019ici 2030, et même de 100% d\u2019ici 2050.Il a toutefois dû reconnaître que cette technologie ne serait pas disponible avant cinq, voire dix ans.L\u2019Ontarien Doug Ford a expliqué que les PRM constituent une solution de rechange énergétique envisagée partout dans le monde et qu\u2019il cherche à positionner sa province sur ce marché évalué à 150 milliards de dollars.C\u2019est pour cette raison qu\u2019il préfère cette voie à l\u2019hydroélectri- cité québécoise, que tente de lui vendre son homologue François Legault.«En Ontario, on regarde l\u2019aspect développement économique de la question, a indiqué M.Ford en point de presse dimanche.Nous pourrions exporter cette technologie à travers le monde et devenir un leader mondial.» L\u2019Ontario et le Nou- veau-Brunswick sont les deux seules provinces canadiennes à encore exploiter des centrales nucléaires.M.Ford a réitéré qu\u2019il n\u2019entendait pas acheter l\u2019hy- droélectricité du Québec.« Ce n\u2019est pas juste M.Legault [qui tente de lui en vendre].Terre-Neuve aussi.Le problème, la réalité est qu\u2019on a déjà trop d\u2019énergie.On vend de l\u2019énergie au Québec en hiver pendant les périodes de pointe.On en a juste trop.» Guide pour Trudeau M.Moe, qui préside le Conseil de la fédération cette année, a par ailleurs indiqué qu\u2019il attendait de la rencontre de lundi qu\u2019elle guide « l\u2019administration fédérale désormais minoritaire ».C\u2019est un euphémisme de dire que sa province et l\u2019Alberta ont une dent contre le gouvernement de Justin Trudeau et sa politique sur les changements climatiques, considérée comme néfaste pour l\u2019industrie fossile de l\u2019Ouest.M.Moe entend poursuivre sa contestation judiciaire de la taxe fédérale sur le carbone.Plus conciliant, Doug Ford a dit espérer de la rencontre qu\u2019elle rassure la planète sur le fait que le Canada est encore un bon endroit pour brasser des affaires.« On doit envoyer un message clair au reste du monde qu\u2019au Canada, oui, nous avons des désaccords, et oui, on respectera les préoccupations des autres provinces, en particulier dans l\u2019Ouest, mais nous sommes un pays uni.» CONSEIL DE LA FÉDÉRATION Des premiers ministres proposent le nucléaire pour le climat LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 Besoin de temps CONGÉS SUITE DE LA PAGE A 1 « C\u2019est un projet de loi d\u2019autant plus injuste que non seulement il continue à discriminer les enfants adoptés et les enfants biologiques, les familles adoptives et les familles biologiques, mais il crée une nouvelle couche de discrimination puisqu\u2019il donne cinq semaines de congé supplémentaire aux enfants adoptés à l\u2019international par rapport à ceux adoptés au Québec.» Selon Mme Hivon, il coûterait au maximum « entre 4 et 5 millions » par année pour offrir les mêmes congés à tout le monde, sur un budget annuel d\u2019environ deux milliards au RQAP.Outre la FPAQ étaient présents dimanche le RAIS Ressource Adoption, l\u2019Association Emmanuel, l\u2019Association de parents pour l\u2019adoption québécoise, PETALES Québec et l\u2019Hybridé, de même que plusieurs familles.«On a besoin de beaucoup de temps », a confié Luis, qui est revenu de Thaïlande avec sa conjointe en compagnie de deux jeunes enfants il y a seulement dix jours.« Pensez seulement à la langue.Ils parlent thaï.Il faut leur enseigner le français et l\u2019espagnol.Et on doit aussi travailler l\u2019attachement.» Explications du ministre En conférence de presse jeudi, le ministre Boulet avait déclaré, selon les mé- MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Les bidonvilles sont de formidables laboratoires d\u2019innovation, des hauts lieux de développement entrepreneurial.L\u2019affirmation peut sembler étonnante.Ces cités, dans lesquelles la pauvreté, la criminalité et l\u2019exclusion forment un mélange souvent explosif, ne sont-elles pas plutôt un condensé de précarité et d\u2019instabilité ?Oui et non, répond Joel Bothello, professeur de management à l\u2019École de gestion John- Molson de l\u2019Université Concordia, qui étudie plus particulièrement le cas du township de Delft South près de Cape Town, en Afrique du Sud.« Ce sont des environnements très dynamiques, pour leurs bons et leurs moins bons côtés.On y trouve certainement beaucoup de défis et d\u2019obstacles, mais aussi beaucoup d\u2019énergie et d\u2019aspirations qui sont invisibles de l\u2019extérieur », soutient le chercheur.On présume trop souvent qu\u2019aucune croissance économique ne se produit dans les bidonvilles, construits de manière anarchique à l\u2019orée des grandes villes.« Pourtant, il y en a.Mais c\u2019est souvent caché.» Caché pour de nombreuses raisons.Pour ne pas payer de taxes.Pour ne pas donner l\u2019impression d\u2019être riches.Pour ne pas attirer la convoitise et la jalousie.Le taux de chômage avoisine souvent les 50 % dans les bidonvilles, où les gangs règnent en maîtres une fois la nuit tombée.La créativité est donc de mise pour survivre, tant physiquement que financièrement.« Les résidents des bidonvilles deviennent entrepreneurs par nécessité, remarque Joel Bothello.Leur entreprise n\u2019est pas dûment enregistrée auprès de l\u2019État.Cette économie souterraine crée une très grande vitalité.» Lorsqu\u2019il séjourne à Cape Town, le chercheur de Concordia travaille avec l\u2019organisation non gouvernementale Sustainable Livelihoods Foundation (SLF), qui œuvre à renforcer le capital économique et social de communautés marginalisées en Afrique du Sud.Cartographie SLF veille notamment à cartographier l\u2019entrepreneuriat dans les townships.Un travail qui a permis de constater que tous les types de commerce qui se trouvent dans les villes sont représentés dans les bidonvilles\u2026 et même plus.Aux côtés des boucheries, magasins de jeux vidéo et restaurants se greffent d\u2019innombrables entreprises de recyclage\u2026 des vendeurs de drogue ainsi que des détaillants d\u2019armes à feu.« L\u2019économie informelle peut représenter de 40 à 60 % de l\u2019activité économique d\u2019un bidonville », soutient Joel Bothello.Les entrepreneurs mènent leurs activités le plus souvent à partir de leur domicile.Et le taux de pérennité des entreprises est très élevé.« Le taux de survie à 5 ans pour ces micro-entre- prises s\u2019élève à 70 % ou même 80 %.Ce même taux représente le taux d\u2019échec en Amérique du Nord après 5 ans.» Plusieurs raisons expliquent ce haut taux de succès.« Une entreprise dans un bidonville, ce n\u2019est pas un espace, mais plutôt une personne », explique le professeur de management.Un entrepreneur peut donc lancer son entreprise en vendant du poisson, par exemple, puis changer son produit en cours de route pour commencer à vendre des boutons.« Puisqu\u2019ils n\u2019enregistrent pas leurs entreprises et que leurs activités ne nécessitent qu\u2019un faible investissement, ils peuvent facilement pivoter vers autre chose.» Les entrepreneurs peuvent aussi compter sur un réseau social tissé serré.Beaucoup d\u2019habitants de townships en Afrique du Sud sont des immigrants ou des réfugiés provenant, entre RECHERCHE ET INNOVATION Les bidonvilles, des laboratoires d\u2019innovation entrepreneuriale autres, du Bangladesh, de l\u2019Inde ou encore de l\u2019Éthiopie.« Ils ont leurs clans, ce qui leur permet de développer des chaînes d\u2019approvisionnement en obtenant des produits à moindres coûts.» Ce filet social leur offre également une sécurité.« Si tu es un gangster, tu ne vas pas t\u2019en prendre, par exemple, à un Somalien si tu sais qu\u2019il fait partie d\u2019une plus grande communauté.Dans les bidonvilles, tout le monde garde un œil sur tout le monde.» Comment les encourager Les travaux de Joel Bothello s\u2019attardent ainsi à cerner les meilleures manières d\u2019encourager ces entrepreneurs.« Une grande attention des chercheurs est généralement portée sur la façon d\u2019intégrer ces entreprises à l\u2019économie formelle.C\u2019est là où je me différencie, car je ne crois pas nécessairement que ce soit la meilleure chose à faire.» Certes, il serait préférable que ces entrepreneurs payent des taxes, convient le chercheur, mais ce processus de légalisation entraîne de nombreux inconvénients, ajoute-t-il, particulièrement dans un État dysfonctionnel où règne la corruption.«Ils vont commencer à avoir beaucoup plus d\u2019attention des gangsters, de policiers corrompus, de membres de leur famille qui voudront obtenir de l\u2019argent.» Les incitatifs sont donc nombreux pour que leurs activités demeurent dissimulées.Avec l\u2019organisme SLF, Joel Bothello organise plutôt des ateliers avec des entrepreneurs à Delft South, où vivent 130 000 personnes, pour les encourager dans leurs activités.« Ce sont des ateliers pour partager les meilleures pratiques.Généralement, si tu es un Somalien musulman, tu ne vas pas partager la recette de ton succès avec un Camerounais catholique, par exemple.Avec ces ateliers, on offre un espace pour partager, et ça fonctionne.» dias présents à Québec, qu\u2019il faut tenir compte des « effets physiologiques d\u2019une grossesse et d\u2019un accouchement » et que le projet de loi fait suite à un «examen rigoureux» de la question.« Ce n\u2019est pas nécessairement les mêmes effets pour les parents adoptants », a dit le ministre.Invité à réagir dimanche, son cabinet a renvoyé Le Devoir à une présentation faite par le ministre à Trois-Rivières jeudi qui se trouve sur la page Facebook de son ministère.Conscient de «la promesse d\u2019assurer une équité de traitement» déjà faite par la CAQ, M.Boulet a affirmé que «le fait de ne pas reconnaître le droit des femmes enceintes à des semaines supplémentaires serait discriminatoire à leur égard, à la lumière de l\u2019état du droit et de la jurisprudence de tribunaux supérieurs, de même que de la Cour suprême du Canada».Selon M.Boulet, il y aurait eu « des risques extrêmement sérieux de poursuites judiciaires de la part des mères biologiques si jamais on avait donné exactement le même nombre de semaines aux parents adoptants qu\u2019aux parents biologiques ».Pour les parents adoptants qui vont à l\u2019international et qui ont recours au régime de base du RQAP, a-t-il ajouté, «l\u2019écart n\u2019est que de trois semaines» au total, «donc c\u2019est un écart qui est substantiellement réduit».Mme Hivon a souligné dimanche que personne ne remet en cause les réalités physiologiques pour la mère.«Mais opposer les types de maternité, de paren- talité, les besoins des enfants selon qu\u2019ils soient biologiques ou adoptés, c\u2019est vraiment faire fausse route.» Si jamais le projet était adopté tel quel, la FPAQ, qui préfère d\u2019abord le dialogue pour convaincre la CAQ, serait prête à prendre part à une action en justice lorsqu\u2019il entrera en vigueur, a dit Mme Morel.FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Le Groupe Capitales Médias (GCM) pourrait réduire ses coûts de 18 millions s\u2019il se trouvait dans le giron de Québecor, a affirmé Pierre Karl Péla- deau dans une longue entrée sur sa page Facebook dimanche, où il s\u2019en prend également au premier ministre François Legault pour ses récentes déclarations au sujet de Desjardins.« Laissez de côté votre orgueil et vos parties de bras de fer, monsieur le premier ministre, et prenez plutôt les justes mesures pour protéger l\u2019information régionale comme nationale », a écrit M.Péladeau.« La précipitation improvisée du gouvernement compromet aussi l\u2019indépendance des salles de rédaction puisque ces dernières seront les affidées du gouvernement pour assurer le financement des pertes d\u2019exploitation qui ne manqueront pas d\u2019être très importantes.» Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a indiqué le 25 novembre que l\u2019organisation n\u2019était pas à l\u2019aise avec le niveau de risque du projet coopératif qui doit relancer GCM.Or les choses se sont corsées quand le ministre de l\u2019Économie, Pierre Fitzgibbon, a évoqué le lendemain une possible «apparence de conflit d\u2019intérêts» concernant une vice-présidente du conseil d\u2019administration de Québecor qui siège également au conseil du fonds Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD).«Intimidation» Desjardins a annoncé le 27 novembre une évaluation du «nouveau dossier» puisque le plan d\u2019affaires aurait récemment été bonifié.Mais le 28, nouvelle tournure: M.Legault déclare : «Le Fonds de solidarité et Desjardins Capital de risque ont des crédits d\u2019impôt parce qu\u2019on leur demande de prendre plus de risques qu\u2019une banque.Est-ce qu\u2019ils investissent tout cet argent-là et est-ce qu\u2019ils prennent tous les risques qu\u2019ils devraient prendre?C\u2019est des programmes qu\u2019il faut toujours réexaminer.» Aux yeux de M.Péladeau, il y a là «une opération de tordage de bras et d\u2019intimidation envers Desjardins en les menaçant de revoir les crédits d\u2019impôt auxquels CRCD a droit en vertu de sa mission».« J\u2019interpelle le premier ministre et le ministre de l\u2019Économie à l\u2019effet qu\u2019il serait plus utile pour le Québec et ses médias qu\u2019ils refassent leur travail et leur analyse.Il aurait lieu qu\u2019ils reconsidèrent la proposition de Québecor présentée au début du processus », a écrit M.Péladeau.Selon ce dernier, les économies d\u2019échelle dont GCM bénéficierait chez Québecor se ventileraient comme suit : 5 millions au chapitre de l\u2019impression, 3 millions en coûts de distribution, 8 millions pour les « infrastructures de direction et de systèmes » et 2 millions en frais de locaux.Selon les documents du syndic PwC publiés en septembre, les revenus des six journaux de GCM pour 2019 étaient estimés à environ 66 millions.M.Péladeau avait exposé l\u2019argument des économies d\u2019échelle au mois d\u2019août, notamment dans ses propres journaux, mais les articles de l\u2019époque ne vont pas jusqu\u2019à fournir le détail.L\u2019attaché de presse du ministre Fitz- gibbon a indiqué dimanche que son cabinet ne ferait aucun commentaire concernant les écrits de M.Péladeau.GROUPE CAPITALES MÉDIAS Pierre Karl Péladeau revient à la charge Il dénonce l\u2019« opération de tordage de bras » de Québec à l\u2019endroit de Desjardins Ce contenu est réalisé en collaboration avec l\u2019Université Concordia.Luis Olano est revenu de Thaïlande avec sa conjointe en compagnie de deux jeunes enfants il y a seulement dix jours.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Les résidents des bidonvilles deviennent entrepreneurs par nécessité.Leur entreprise n\u2019est pas dûment enregistrée auprès de l\u2019État.Cette économie souterraine crée une très grande vitalité.JOEL BOTHELLO » Si le projet de loi de la CAQ était adopté tel quel, la FQAP serait prête à le contester devant les tribunaux, même si elle dit préférer emprunter d\u2019abord la voie du dialogue MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 Les jeunes sont de plus en plus nombreux à vapoter partout dans le monde, y compris au Québec.Ce phénomène, qui s\u2019accompagne d\u2019une recrudescence du tabagisme chez cette même population, inquiète sérieusement les professionnels de la santé étant donné que le cerveau des moins de 25 ans est toujours en développement et, de ce fait, beaucoup plus vulnérable aux effets de la nicotine.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Le vapotage, ce péril jeune La cigarette électronique permet aussi de consommer facilement et agréablement non seulement de la nicotine, mais aussi des produits à haute concentration en cannabis, voire diverses drogues illégales, telles que la métamphétamine, la MDMA (ou ecstasy) et le LSD.« Il y a aussi cette perception chez les jeunes et même chez plusieurs adultes que les produits de vapotage sont beaucoup moins dommageables que la cigarette.Comme ils sont offerts sous forme de petits dispositifs qui ressemblent à une clé USB, qui sont doux au toucher, et dont la saveur est celle d\u2019un bonbon, on ne pense pas aux problèmes qu\u2019ils pourront occasionner sur les poumons et le cerveau », fait remarquer le spécialiste.Les auteurs de l\u2019article insistent aussi sur le fait qu\u2019il n\u2019y a pas de preuves scientifiques indiquant que la cigarette électronique pourrait être un outil efficace pour cesser de fumer chez les jeunes.« Il y a certaines preuves qui commencent à s\u2019accumuler en ce qui concerne les adultes, mais pas encore pour les jeunes.J\u2019ai publié en juillet dernier une méta- analyse montrant qu\u2019au contraire, les jeunes qui utilisent la cigarette électronique contenant de la nicotine courent un plus grand risque de fumer et de consommer d\u2019autres drogues et substances par la suite », affirme-t-il.Dans le but de freiner la popularité du vapotage chez les jeunes, les auteurs de l\u2019article recommandent de mieux encadrer le marketing et la vente des produits de vapotage, notamment en limitant les niveaux de nicotine et les saveurs autorisés, en exigeant que les points de vente ne soient pas situés à proximité des écoles, voire en introduisant une taxe suffisante.Ils insistent sur l\u2019importance de mener des campagnes d\u2019éducation visant les jeunes et les familles qui souligneront les risques liés au vapotage, et d\u2019offrir du soutien aux jeunes qui ont développé une dépendance, tout en indiquant que les stratégies, telles que le counseling, l\u2019approche motivationnelle, le remplacement de la nicotine par des gommes, des timbres ou des pastilles, qui sont utilisées pour la cigarette et la toxicomanie peuvent fonctionner pour le vapotage.La ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, a annoncé récemment qu\u2019elle resserrerait les règles encadrant l\u2019accès aux produits de vapo- tage, notamment en limitant le taux de nicotine et la variété des saveurs qui sont actuellement autorisés.Un premier pas dans la direction recommandée.ompte tenu de l\u2019engouement planétaire pour la cigarette électronique chez les jeunes et du fait qu\u2019elle s\u2019avère plus dangereuse pour eux que pour les adultes, la Society for Adolescent Health and Medicine, qui représente tous les spécialistes en médecine de l\u2019adolescence du monde, a publié un article dans le Journal of Adolescent Health, où elle rappelle les risques du vapotage pour les adolescents et les jeunes adultes et formule des recommandations visant à freiner ce phénomène alarmant.La cigarette électronique est en effet plus nocive pour les jeunes que pour les adultes parce que « le cerveau des adolescents est encore en développement », souligne d\u2019entrée de jeu le Dr Nicholas Chadi, responsable du service de médecine de l\u2019adolescence au CHU Sainte-Justine, qui a coordonné le groupe de dix experts internationaux ayant rédigé cet article.Le cerveau des jeunes est plus sensible aux substances telles que l\u2019alcool et les drogues.Si le cerveau d\u2019un adolescent est exposé à la nicotine, par exemple, le centre du plaisir et de la récompense, appelé noyau accumbens, qui a des tentacules couverts de récepteurs auxquels peut s\u2019attacher cette substance, sera alors sensibilisé à l\u2019effet de toutes les drogues, et poussera le jeune à rechercher ce même plaisir qu\u2019il a éprouvé, ce qui l\u2019incitera à répéter l\u2019expérience, voire à consommer d\u2019autres drogues, comme du cannabis, de l\u2019alcool, voire des drogues dures, explique le Dr Chadi.«Durant l\u2019adolescence, on renforce habituellement les connexions des neurones qui nous sont utiles.Mais un adolescent qui passe beaucoup de temps à vapoter et à consommer des drogues va plutôt renforcer les connexions entre les neurones qui lui procurent du plaisir et qui sont liés à cette activité-là, et ce, aux dépens d\u2019autres régions du cerveau qui nous permettent d\u2019apprendre, de mémoriser, de faire des tâches exécutives importantes pour l\u2019école», ajoute-t-il.«Le cortex préfrontal, une région du cerveau qui nous permet de planifier, de prendre des décisions, de peser le pour et le contre de ce qui pourrait être risqué, n\u2019est pas complètement développé chez les jeunes de moins de 25 ans, ce qui fait que le risque de dépendance pour toute substance, y compris pour la nicotine, est plus grand », explique le médecin.Les jeunes qui consomment de très hautes concentrations de nicotine, comme le permet la cigarette électronique, vont alors développer une dépendance très rapidement : en une à deux semaines s\u2019ils vapotent régulièrement.On dit qu\u2019il suffit de 100 cigarettes pour développer une dépendance, ce qui correspond à la consommation de cinq à six cartouches pour la cigarette électronique.« Les jeunes expérimentent habituellement la cigarette électronique avec des amis, qui l\u2019utilisent depuis plus longtemps qu\u2019eux et qui ont développé une tolérance plus grande.Ils veulent alors faire comme eux.Dans un party, par exemple, ils se mettront au défi de consommer une cartouche complète [de liquide] ou deux.Or, aspirer la vapeur d\u2019une cartouche en 15 minutes équivaut à absorber autant de nicotine, sinon plus, qu\u2019en renferme un paquet de cigarettes.Cet effet d\u2019entraînement peut mener à une intoxication à la nicotine qui se traduit par des maux de tête violents, des vomissements, des maux de ventre et des tremblements », décrit le Dr Chadi, qui dit recevoir en clinique de plus en plus de jeunes intoxiqués à la nicotine.Les adolescents ayant développé une dépendance et qui n\u2019ont plus accès à leur drogue éprouvent des symptômes de sevrage qu\u2019ils ont beaucoup plus de difficulté à gérer qu\u2019un adulte en raison de l\u2019immaturité de leur lobe préfrontal, ce qui peut se traduire par plus d\u2019impulsivité et d\u2019irritabilité, voire des problèmes d\u2019anxiété ou de dépression.Attraction et addiction La cigarette électronique a tout pour plaire aux jeunes.Elle produit un aérosol qui est agréable, doux pour la gorge par rapport à d\u2019autres modes de consommation, comme fumer un joint ou une cigarette.Les accessoires de vapotage sont petits, beaux, faciles et plaisants à manipuler, avec un look très high-tech.Les liquides sont proposés dans différentes saveurs de fruit et de bonbon.De plus, ils sont très peu chers comparativement aux paquets de cigarettes.« Une cartouche de nicotine est deux à quatre fois moins chère qu\u2019un paquet de cigarettes, et ce, pour la même quantité de nicotine.Même chose pour le THC, la substance psychoactive du cannabis », affirme le Dr Chadi.C Durant l\u2019adolescence, on renforce habituellement les connexions des neurones qui nous sont utiles.Mais un adolescent qui passe beaucoup de temps à vapoter et à consommer des drogues va plutôt renforcer les connexions entre les neurones qui lui procurent du plaisir et qui sont liés à cette activité-là, et ce, aux dépens d\u2019autres régions du cerveau.DR NICHOLAS CHADI » La vente des produits de tabac aromatisés est interdite; par contre, celle des produits de vapotage aromatisés est autorisée.Seuls les produits du tabac sont soumis à l\u2019impôt sur le tabac.Les produits de vapotage ne sont assujettis qu\u2019à la taxe de vente.Les publicités pour les produits du tabac sont interdites dans les publications imprimées.Elles sont, par contre, permises pour les produits de vapotage.Au Québec, on ne peut acheter des produits de vapotage que dans un point de vente fixe ayant une adresse avec pignon sur rue.La vente en ligne des produits du tabac et des produits de vapotage est interdite.« Le Québec est une des seules provinces au Canada à l\u2019interdire.Comme il est illégal pour le vendeur d\u2019offrir ces produits aux Québécois, quand on entre sur le site d\u2019une compagnie qui en vend, on nous demande notre code postal et, si celui-ci correspond à une adresse au Québec, nous ne pouvons voir ni commander des produits de vapotage », explique Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise sur le contrôle du tabac.Santé Canada autorise un taux maximal de 66 mg de nicotine par millilitre de liquide pour vapotage, alors que la directive européenne limite la teneur à 20 mg/ml.Au Québec LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e gouvernement caquiste a dévoilé une mise à jour de la politique internationale du Québec qui, sans surprise, fait une large place à l\u2019économie.Mais ce qui semble tout à fait étonnant, c\u2019est que cette politique compte beaucoup sur l\u2019attraction des étudiants étrangers.Ce qu\u2019on veut faire au ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) est battu en brèche par ce que l\u2019on a fait au ministère de l\u2019Immigration, de la Francisation et de l\u2019Intégration (MIFI) sous l\u2019impulsion de Simon Jolin-Barrette.L\u2019opposition officielle a raison d\u2019y voir une manifestation de l\u2019incohérence du gouvernement Legault.Dans le document intitulé Le Québec : Fier et en affaires partout dans le monde \u2014 Vision internationale du Québec, on reprend les mêmes arguments que ceux que les universités et les milieux d\u2019affaires ont opposés au ministre Simon Jolin-Barrette quand il a voulu fermer le robinet du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ), dont se prévalent nombre d\u2019étudiants étrangers pour immigrer rapidement au Québec.« Les étudiants internationaux constituent des candidats de choix pour l\u2019immigration : les étudiants francophones ou francisés et intégrés dans leur milieu d\u2019études sont particulièrement bien placés pour poursuivre leur vie au Québec, s\u2019ils le souhaitent.Ils ont tous les atouts pour répondre rapidement au besoin des entreprises, à partir de qualifications acquises en bonne partie au Québec », peut-on lire dans la nouvelle politique internationale.On ne saurait mieux dire.La politique entend soutenir davantage l\u2019engagement international des universités et des cégeps.Malgré le fait qu\u2019en dix ans, le nombre d\u2019étudiants étrangers a presque doublé dans les universités québécoises et qu\u2019il a triplé au collégial, le Québec, selon les données de 2017, n\u2019accueillait que 12 % des étudiants étrangers au Canada, contre 48 % en Ontario et 24 % en Colom- bie-Britannique.Le ministre n\u2019a sans doute pas lu la politique avant de charcuter le PEQ, qui est un des facteurs d\u2019attraction des étudiants étrangers.En annonçant sa politique, la titulaire du MRIF, Nadine Girault, a annoncé la création d\u2019un comité ministériel de l\u2019action internationale, qui aurait été bien utile pour inspirer l\u2019action du ministre Jolin-Barrette.De tels comités servent justement à appuyer les « efforts de planification et de coordination, ainsi [qu\u2019à] améliorer l\u2019efficacité et la cohérence de l\u2019action gouvernementale », selon le ministère du Conseil exécutif.Dans sa politique, la ministre insiste sur le fait que, dans un monde de plus en plus interconnecté et branché sur les médias sociaux, la « force d\u2019attractivité et d\u2019influence d\u2019un État se rattache donc désormais fortement à son image, à sa notoriété et à sa réputation sur la scène internationale ».Le gouvernement Legault, en se faisant le promoteur d\u2019une « marque Québec », verse trop dans le « commercial » quand il est question de relations internationales, poussant le bouchon à la limite du simplisme.Avec sa nouvelle division internationale, Investissement Québec (IQ) en mènera large.Les chargés de poste dans les délégations, les bureaux et les antennes à l\u2019étranger ont reçu des directives sur l\u2019importance qu\u2019accorde le gouvernement Legault aux relations économiques.Ce virage économique en inquiète certains.Ce n\u2019est pas la première fois que le gouvernement du Québec veut donner une couleur plus économique à ses relations internationales.Sous le gouvernement Marois, le ministère des Relations internationales, confié à Jean-François Lisée, avait absorbé le Commerce international.Robert Bourassa avait désigné Monsieur Provigo, l\u2019homme d\u2019affaires Paul Gobeil, ministre des Affaires internationales, le terme Affaires remplaçant celui de Relations, et Bernard Landry a cumulé les Relations internationales et le Commerce extérieur sous le gouvernement Lévesque.À sa décharge, le gouvernement Legault semble vouloir marcher et mâcher de la gomme en même temps.« La nouvelle vision s\u2019inscrit dans la continuité », a indiqué Nadine Girault.On répète que la diplomatie d\u2019influence est cruciale pour le Québec \u2014 « partenaires d\u2019abord, investisseurs ensuite », peut-on lire.À l\u2019heure où se mettent en œuvre des traités de libre-échange entre le Canada et l\u2019Europe, d\u2019une part, et l\u2019Asie, d\u2019autre part, il est évident que le gouvernement québécois doit accorder beaucoup d\u2019attention à ses relations économiques à l\u2019étranger.Mais le Québec n\u2019est pas une marque de yogourt, pour paraphraser Pierre Falardeau.Le rayonnement du Québec dans le monde n\u2019est pas unidimensionnel et dépasse les missions de chambres de commerce.Il doit se manifester dans la sphère politique, en culture, en recherche, au sein de la Francophonie.En définitive, ça aussi, c\u2019est bon pour le commerce.Serge Petitclerc Porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté Le 2 décembre 2019 marque le cinquantième anniversaire de l\u2019adoption de la Loi de l\u2019aide sociale, dont le but est de « combler les besoins ordinaires et spéciaux d\u2019une famille ou personne seule qui est privée de moyens de subsistance ».L\u2019avancée la plus importante de cette loi réside dans l\u2019instauration d\u2019un droit universel à l\u2019aide sociale.De toutes les réformes accomplies lors de la Révolution tranquille, l\u2019aide sociale demeure assurément la plus dépréciée.Depuis cinquante ans, nombreux sont ceux qui prétendent qu\u2019on donne trop d\u2019argent aux personnes assistées sociales et qu\u2019on devrait les contraindre davantage à retourner sur le marché du travail.L\u2019histoire de l\u2019aide sociale est celle d\u2019une remise en question constante du droit sur lequel elle repose.Déjà en 1969, le ministre de la Famille et du Bien-être social craignait que de trop généreuses prestations n\u2019encouragent les travailleurs à quitter leur emploi et à grossir les rangs des personnes assistées sociales.Aucun gouvernement, en 50 ans, ne s\u2019est détourné de cette idée préconçue.En 1970, la prestation de base pour une personne seule était en moyenne de 101$ par mois (environ 674$ en dollars constants).Elle est actuellement de 644$ par mois.En tenant compte des crédits fiscaux et de l\u2019ajustement à la prestation de base, le revenu disponible d\u2019une personne assistée sociale s\u2019élève à 776$ par mois.Ce montant permet de couvrir à peine la moitié (51 %) des besoins fondamentaux, selon la Mesure du panier de consommation.Ce manque à gagner met ainsi en danger la santé physique et psychologique des personnes.L\u2019aide sociale est-elle une « armée de réserve » de travailleurs ?Dès les premières années, les personnes assistées sociales jugées « aptes » à l\u2019emploi ont été incitées à participer à des programmes de « réhabilitation » ou de « réadaptation » ; aujourd\u2019hui, elles doivent participer à des programmes d\u2019« employabilité ».Le vocabulaire change, l\u2019idée reste la même.Depuis la réforme de la loi en 1988, le montant auquel une personne assistée sociale a droit est fixé selon qu\u2019elle a des contraintes sévères à l\u2019emploi ou n\u2019en a pas.Mais en quoi le marché du travail peut-il bien constituer un critère à même de déterminer l\u2019aide à accorder à une personne aux prises avec des difficultés financières ?Avec cette catégorisation, le gouvernement a beau jeu de dire aux personnes assistées sociales jugées « sans contraintes sévères » que si elles veulent améliorer leur Fausse comparaison Comme chaque année, l\u2019Institut de la statistique du Québec publie des chiffres démontrant que les salariés du secteur public québécois sont moins payés que les autres salariés.Dans le passé, plusieurs économistes ont mis en lumière les défauts fondamentaux de ces études, qui en minent totalement la portée.Mais pour des raisons politiques, on continue à faire comme si de rien n\u2019était.Selon l\u2019ISQ, et comme le titrait Le Devoir la semaine dernière, les salariés de l\u2019administration québécoise seraient moins payés que le reste des salariés québécois, de 6,2% en moins.Comment obtient- on ce chiffre?En excluant le nombre d\u2019heures travaillées: les gens du secteur public québécois travaillent 2 heures de moins par semaine que les autres salariés du Québec (voir l\u2019annexe F du rapport de l\u2019ISQ).Sur une année de 48 semaines, cela nous donne près de 96 heures travaillées en moins.Cela représente mystérieusement près de 6% d\u2019heures travaillées en moins sur une année.Concernant les avantages sociaux et les congés payés, cela représente une rémunération de 7 heures 30 en plus par semaine pour les employés de l\u2019administration québécoise, par rapport aux autres salariés (Voir annexe B-9).Cerise sur le gâteau, la comparaison n\u2019est faite qu\u2019avec les entreprises de 200 employés 50 ans d\u2019entraves au droit à l\u2019aide sociale LIBRE OPINION LETTRES RELATIONS INTERNATIONALES Le Québec n\u2019est pas une marque de yogourt L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC conduisent un bon nombre de personnes à recourir spontanément aux allocations sociales comme une solution facile, à abuser parfois des bénéfices en argent et en services », disait le ministre responsable de l\u2019aide sociale en 1970.Le programme Objectif emploi, mis en place en avril 2018 et qui force sous peine de pénalités financières les nouveaux demandeurs d\u2019aide sociale à participer à des mesures de retour à l\u2019emploi, renforce le préjugé voulant que, si on ne les oblige pas à le faire, les personnes assistées sociales ne cherchent pas à « améliorer [leur] sort et gagner [leur] dignité », dixit le ministre responsable de l\u2019aide sociale, Sam Hamad, en 2015.Le droit à l\u2019aide sociale ne sera pleinement effectif que le jour où les prestations seront suffisantes pour au moins combler les besoins fondamentaux reconnus.L\u2019ancien directeur du Devoir Claude Ryan écrivait le 7 mars 1969 que les personnes assistées sociales « souffrent injustement.Leur misère a trop duré.Il faut absolument que le gouvernement s\u2019occupe [d\u2019elles] sans tarder.Telle est, pour le Québec, la première, la plus urgente, la plus grave de toutes les priorités ».Ce qui était vrai en 1969 ne l\u2019est pas moins aujourd\u2019hui.sort, elles n\u2019ont qu\u2019à se trouver un emploi.C\u2019est cependant faire abstraction des situations familiales particulières, des parcours de vie accidentés, de la réalité mouvante des cheminements individuels.Préjugés La principale entrave à l\u2019augmentation des prestations à un niveau qui permettrait aux gens de couvrir au moins leurs besoins fondamentaux, ce n\u2019est pas tant la prétendue « capacité de payer de l\u2019État » que les nombreux préjugés à l\u2019égard des personnes assistées sociales.On connaît la rengaine : les personnes assistées sociales sont paresseuses ou fraudeuses, quand ce n\u2019est pas les deux à la fois.Si ces préjugés résistent à l\u2019épreuve du temps, c\u2019est parce qu\u2019ils sont constamment ressassés, notamment par les élus.« Il faut admettre que des attitudes d\u2019apathie et de passivité [\u2026] Mal des transports Un samedi, à 17h30.Je suis au terminus de la gare Bonaventure et et plus.Or 65 % des salariés québécois travaillent dans des entreprises plus petites et sont donc exclus de la comparaison.On a choisi un point de comparaison qui ne représente pas du tout une vraie comparaison secteur public québécois contre secteur privé.C\u2019est, comme on dit, « arrangé avec le gars des vues ».En fait, il y a une autre cerise sur le gâteau: on ne tient pas compte de la sécurité d\u2019emploi à vie de la plupart des fonctionnaires.On a déjà expliqué que cela n\u2019était pas quantifiable et donc qu\u2019on n\u2019en tenait pas compte dans la comparaison des émoluments.J\u2019aimerais qu\u2019on explique à mon mécanicien, à la vendeuse de Couche-Tard et à mon camelot qu\u2019on ne leur donne pas de sécurité d\u2019emploi à vie parce que cela n\u2019améliorerait pas leur sort.En fait, ce rapport annuel provient d\u2019une commande politique faite en 1982 par le gouvernement du parti québécois, comme une concession aux syndicats d\u2019alors, que le gouvernement venait de les contraindre à accepter des offres à la baisse.Le résultat était précom- mandé et on a adapté une méthodologie qui générait cette prétendue infériorité dans la rémunération du secteur public.On aimerait que des chercheurs indépendants produisent une vraie analyse de ces conditions d\u2019emplois.Michel Lemieux, sociologue Québec, le 29 novembre 2019 j\u2019attends l\u2019autobus 400, géré par la compagnie EXO (Réseau de transport métropolitain), qui me mènera à Chambly.Je suis debout, en ligne, depuis maintenant 45 minutes.J\u2019ai mal au dos et mon âme meurt à petit feu.Autour de moi, des gens patients, résignés, habitués, semble-t- il, à ces retards inexpliqués.Je dirais que cet endroit est le pire à Montréal pour y laisser un bout de sa vie : il n\u2019y a pas de sièges pour s\u2019asseoir, il fait froid, des néons blafards et une odeur de diesel agressent nos sens.Sur le panneau horaire électronique, l\u2019heure d\u2019arrivée du prochain autobus a depuis longtemps remplacé celle du bus en retard.Aucun avis n\u2019est jamais donné, aucun mot d\u2019excuse ou de justification du chauffeur lorsqu\u2019il arrive avec 50 minutes de retard.Pourtant, un simple mot d\u2019explication de votre part changerait tout.EXO, votre service pourri contribue au malheur de vos clients.Entre mon rêve d\u2019une société desservie partout par des transports collectifs efficaces, et cette attente frustrante à en pleurer, il y a un gouffre, dans lequel mes résolutions écologistes plongent et disparaissent tranquillement.Je vais aller m\u2019acheter un char, je crois.Un client de moins pour EXO, un véhicule de plus qui ira contribuer à la congestion et à la crise climatique.Mais au moins, je ne subirai plus l\u2019humiliation d\u2019attendre dans cet endroit abject et déshumanisant.François A.Ouimet, chef de chœur, Chœur métropolitain, École de musique Vincent-d\u2019Indy, ensemble vocal Les Voix ferrées Le 29 novembre 2019 A 7 LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet L\u2019art de convaincre L e journalisme se fait toujours mieux en personne qu\u2019à travers les réseaux technologiques.J\u2019ai longtemps regretté de n\u2019avoir jamais vu Richard Nixon, physiquement présent, se prononcer devant un auditoire plutôt que de le regarder sur un écran de télévision, qui déforme le corps humain ainsi que la voix.Mal dans sa peau, Nixon cacha beaucoup de sa névrose assis à son bureau dans la Maison-Blanche, coiffé et protégé par les metteurs en scène de l\u2019avenue Madison.C\u2019est pourquoi je me suis donné la peine de me rendre au New York Hilton le 12 novembre pour assister à l\u2019intervention du président Donald Trump.Formé par la télé-réalité, Trump a rompu avec ses prédécesseurs en refusant la plupart du temps d\u2019obéir aux scénarios préparés par des conseillers plus sages que lui.Toutefois, il est allé très loin en suivant son propre instinct.Selon mon ami avocat de Washington, « Trump possède un vocabulaire de vingt mots, mais il les utilise de manière très efficace et disciplinée ».Je voulais voir si les vingt mots suffiraient pour impressionner les adhérents de l\u2019Economic Club de New York, tous très conscients du manque manifeste de discipline de ce président aujourd\u2019hui ciblé par une enquête qui pourrait le mener à la destitution.J\u2019ai donc été surpris de constater que Trump, arborant une cravate rouge, avait suivi pendant 15 minutes son texte préparé, citant avec sérieux les prétendues réussites de son gouvernement.Hausse d\u2019emplois, baisse du taux de chômage, relance du secteur industriel, amélioration de la condition des minorités et des pauvres : on aurait cru entendre un démocrate héritier de Franklin Roosevelt.Peut-être était-il inspiré par l\u2019introduction de la présidente de l\u2019ECNY, Barbara M.Van Allen, qui avait présenté Trump comme « auteur de 14 best-sellers », dont The Art of the Deal, considéré comme « un classique des affaires ».Une aubaine pour les étudiants chanceux des écoles de commerce de Harvard et de Columbia, dont la présence dans la salle de bal avait été annoncée en grande pompe par Mme Van Allen.Mais le p.-d.g.en chef n\u2019a pas pu contrôler sa tendance à l\u2019exagération \u2014 encore moins que la pauvre Van Allen \u2014, et il a bien fallu qu\u2019il laisse libre cours à son imagination.Brusquement, le discours a dérapé dans un sens plus normalement trumpien.Se moquant des taux d\u2019intérêt négatifs offerts par des banques européennes, Trump a ricané, « don- nez-m\u2019en\u2026.je veux de cet argent ».Dans mon coin de la salle, autour de la table 121, de nombreux courtiers et comptables ont applaudi avec des visages hilares.En fait, c\u2019est leur boulot de soutirer sans relâche de l\u2019argent à leurs clients, et Trump, décomplexé dans ce domaine, ne peut que plaire aux « petites gens » de la finance.À ma droite, Bob, visiblement content, suivait avec concentration sur son iPhone les mouvements de la Bourse minute par minute, afin, j\u2019imagine, de gagner quelques sous crachés par les courants d\u2019un marché stimulé par le langage loufoque de Trump.Par contre, parmi les sièges prestigieux plus proches du podium, où étaient installés les financiers haut de gamme, j\u2019ai remarqué nettement moins d\u2019approbation.Peut-être parce qu\u2019ils s\u2019attendaient à la suite.Faisant l\u2019éloge de sa fille Ivanka, dont le rôle officiel est de promouvoir de l\u2019emploi mieux payé avec de meilleures compétences pour les ouvriers américains, Trump s\u2019est lancé dans une narration qui a peut-être battu ses propres records d\u2019inventions absurdes : « Elle veut que ces gens aient des vies formidables » et, grâce à cette ambition, « elle a maintenant créé 14 millions d\u2019emplois », ce qui est bien davantage que sa plus modeste ambition, il y a deux ans, de seulement 500 000.Ce chiffre spectaculaire augmente de jour en jour, a déclaré le fier papa.Une bonne partie de l\u2019auditoire a réagi par des applaudissements.L\u2019un des invités à ma table, qui n\u2019a pas participé à l\u2019enthousiasme général, était un vieil ami de George W.Bush qui a tenu des postes importants au cours des deux gouvernements de son camarade de Yale.En tant qu\u2019expert en finances publiques et privées, ce monsieur m\u2019a poliment conseillé de me méfier des affirmations de Trump, entre autres, au sujet de sa fille.Comment analyser la bizarre conduite de Trump ?Selon le psychologue Robert Jay Lifton, expert au sujet des cultes, Trump serait incapable de suivre les conseils de quiconque ou de maîtriser ses propres paroles ridicules, car il est « so- lipsiste » et non pas, comme beaucoup le disent, narcissique.Pour paraphraser Le Petit Robert, « il n\u2019y aurait » pour le président « d\u2019autre réalité que lui-même ».Je ne dis pas que Trump, tactiquement, a nécessairement tort de parler comme un fou \u2014 la discipline médiatique et mentale a des limites.Le 14 mars 2008, jour de la chute catastrophique de la banque Bear Stearns, le gentilhomme président George W.Bush, devant le même auditoire dans cette même salle, a fait l\u2019exact contraire de Trump.Alors que le système financier global était au bord de la faillite, Bush a fait rire tout le monde \u2014 « il semble que je sois arrivé à un moment intéressant » \u2014 et il s\u2019est mis à réciter des clichés écrits d\u2019avance comme si de rien n\u2019était.Avait-il fait mieux que Trump ?Si la réalité rattrape Trump, s\u2019il est destitué pour ses crimes et pour ses fantaisies, qui dans l\u2019élite américaine sera à la hauteur pour reprendre les choses en main ?John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient au début de chaque mois.JOHN R.MACARTHUR Si la réalité rattrape Trump, s\u2019il est destitué pour ses crimes et pour ses fantaisies, qui dans l\u2019élite américaine sera à la hauteur pour reprendre les choses en main ?Réjean Bergeron Essayiste et professeur de philosophie au Cégep Gérald-Godin Depuis des lustres, on nous annonce l\u2019arrivée de la société du savoir.Force est de constater que notre monde est plutôt confronté à la montée fulgurante de l\u2019ignorance.Rappelons-nous l\u2019optimisme qui planait sur le XVIIIesiècle.Ils étaient nombreux, parmi les penseurs de cette époque qui se disaient éclairés, à prévoir le recul inévitable du fanatisme religieux, des superstitions et des tyrannies politiques grâce au travail critique de la raison et au développement de la science qui, dorénavant, pourrait compter sur l\u2019éducation pour la transmission du savoir à l\u2019ensemble de la population.Ce même vent d\u2019optimisme a accompagné l\u2019invention d\u2019Internet et des réseaux sociaux.Grâce aux outils numériques, croyait-on, tout le savoir deviendrait accessible en un simple clic, les gens s\u2019abreuveraient de connaissances et la bêtise, montrée du doigt par une horde d\u2019internautes éclairés, occuperait de moins en moins d\u2019espace dans l\u2019esprit des gens.Certains ont même cru que ces outils allaient permettre le renforcement et l\u2019extension de la démocratie dans le monde\u2026 Aujourd\u2019hui, il faut se rendre à l\u2019évidence : l\u2019ignorance et la crédulité sous toutes ses formes n\u2019ont jamais été aussi présentes dans notre environnement à la suite de l\u2019expansion d\u2019Internet : fausses nouvelles, désinformation, pseudo-sciences, théories du complot, propagande, fanatisme religieux, sans parler de l\u2019intimidation, du chantage, du piratage, de l\u2019hameçonnage et autres formes de violence verbale.Algorithmes et chambres d\u2019écho Comment expliquer un pareil dérapage?Contrairement à ce qu\u2019on a voulu et veut encore nous faire croire, Internet ne nous donne pas accès à des connaissances et encore moins à la science, c\u2019est-à-dire à un ensemble de savoirs organisés en un tout structuré, mais bien plutôt à une myriade d\u2019informations brutes et disparates dans laquelle l\u2019in- ternaute sélectionne les informations qui, bien souvent, viennent confirmer ou consolider ses croyances, ses opinions ou ses préjugés qu\u2019il ose par la suite présenter comme la « vérité ».Cette propension de plus en plus accentuée à succomber au biais de confirmation, qui consiste à sélectionner des informations qui viennent consolider ses croyances et à ne faire intuitivement confiance qu\u2019à celles-ci, est grandement favorisée par les bulles de filtrage issues du travail des algorithmes, mais aussi par les chambres d\u2019écho qui finissent par regrouper des « amis » qui partagent les mêmes points de vue, croyances ou préjugés.Dans la vie de tous les jours, lorsqu\u2019il baisse la garde, l\u2019être humain est porté à être paresseux intellectuellement.Il succombe facilement, comme le dit Gérald Bronner, à « l\u2019avarice cognitive ».C\u2019est ainsi qu\u2019il adhère à des croyances ou à des discours qui, bien que peu convaincants, ont le mérite d\u2019être simples et faciles à comprendre.Comment tout cela se manifeste-t-il dans la vie de tous les jours et sur le Net ?Par une croissance exponentielle des discours complotistes ou pseudo- scientifiques [\u2026].Il suffit de parcourir la Toile ou de discuter avec les gens pour se rendre compte que l\u2019ignorance, à la manière d\u2019une tache d\u2019huile sur un papier buvard, prend de plus en plus d\u2019expansion.Éducation nihiliste Ce mépris à l\u2019endroit des connaissances et de la science est encouragé par notre propre système d\u2019éducation.Depuis la réforme, il est rarement question de connaissances, de savoirs et de vérités dans les documents officiels du ministère de l\u2019Éducation.On préfère parler d\u2019informations, de contenus, de données numériques, d\u2019apprentissage et surtout de compétences.C\u2019est que pour les fonctionnaires, les pédagogues et les technopé- dagogues de ce joli monde, il n\u2019est plus nécessaire d\u2019apprendre et de retenir des connaissances puisque celles-ci, en plus d\u2019être toujours changeantes, peuvent au besoin être récupérées sur le Net en un simple clic.Pour vous en convaincre, il suffit de lire le Cadre de référence de la compétence numérique présenté en grande pompe en avril dernier par le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, ou encore le tout récent avis du Conseil supérieur de l\u2019éducation où l\u2019on peut lire que « les jeunes ne cherchent plus à se faire remplir de connaissances, ils souhaitent plutôt vivre des expériences pour apprendre plus concrètement comment agir.Pour eux, les connaissances sont en mouvement et elles changent sans cesse ».Chers disciples d\u2019Héraclite \u2014 ou de Donald Trump \u2014 pour qui tout est relatif, il est faux et surtout obscurantiste de proclamer que les connaissances changent continuellement.Ce sont les croyances, les opinions et les préjugés qui se métamorphosent selon l\u2019air du temps et les modes pédagogiques.Pour ce qui est des savoirs rigoureux en mathématiques, en sciences humaines, en histoire, en sciences pures ou autres disciplines, ils forment un bloc solide sur lequel notre civilisation a pu se construire.D\u2019ailleurs, faut-il le répéter, un des grands objectifs de notre système d\u2019éducation est de transmettre ce patrimoine de connaissances et de culture aux nouvelles générations et non pas de leur faire croire que toutes les connaissances se valent puisqu\u2019elles sont en perpétuelle transformation.De la société du savoir à l\u2019empire de l\u2019ignorance Caroline Brouillette Experte en changements climatiques, Équiterre Eddy Pérez Analyste des politiques internationales, Réseau action climat Denis Côté Analyste des politiques, AQOCI Diego Creimer Affaires publiques et communications, Fondation David Suzuki C\u2019est sur fond de tensions sociales, du Liban au Chili en passant par Hong Kong, l\u2019Iran et la Bolivie, et de mobilisation populaire environnementale que se déroulera la 25e conférence des parties (COP25) de la Convention-ca- dre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).La colère sociale et les grèves pour le climat sont issues d\u2019une même frustration : les politiciens font la sourde oreille aux revendications de leurs citoyens et ils n\u2019ont pas le courage de prendre les décisions qui s\u2019imposent pour que nos démocraties et notre planète soient plus en santé.Alors que se réuniront à Madrid les États membres de la CCNUCC et de l\u2019Accord de Paris du 2 au 13 décembre prochains, quel devrait être le rôle du Québec lors de cette rencontre internationale incontournable ?Avec les plans climatiques des États actuels, nous nous dirigeons vers un réchauffement supérieur à 3 degrés Celsius, ce qui serait catastrophique pour les individus, les communautés et la biodiversité.Nous sommes très loin de l\u2019objectif mondial visant à atteindre zéro émission nette en 2050, ce qui constitue une condition indispensable pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.La COP25 à Madrid est l\u2019occasion pour les États et les régions de confirmer qu\u2019ils reverront leurs plans climatiques à la hausse en prévision de la COP26.Transition juste Le Québec devra être un intervenant actif lors de cet événement, car il fait partie des grands émetteurs : seuls six États ont une consommation d\u2019énergie par habitant supérieure à celle du Québec : le Canada, les États-Unis, Trinité- et-Tobago, le Qatar, l\u2019Islande et le Luxembourg.Le gouvernement du Canada a aussi annoncé qu\u2019il souhaite réviser sa cible en campagne électorale, et le Québec ne peut d\u2019ailleurs plus se targuer d\u2019être le leader parmi les provinces alors que la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique viennent tout juste d\u2019annoncer des plans climat plus ambitieux que le nôtre.La démarche en cours visant l\u2019élaboration du Plan d\u2019électrification et changements climatiques (PECC), dont on attend le dévoilement au début 2020, sera inadéquate si elle ne s\u2019accompagne pas d\u2019une révision de nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES).À Madrid, le Québec doit envoyer un signal clair non seulement sur le fait qu\u2019il planifiera une décarbonisation rapide de notre économie, mais aussi sur le fait qu\u2019elle se fera de manière juste.Notre projet de transition écologique doit être un projet de société à l\u2019écoute des travailleurs, mais aussi des populations marginalisées.La transition énergétique du Québec doit absolument être une transition juste.Comptabilité créative verte Dans une perspective de justice climatique, les États du Nord, qui sont les plus grands responsables de la crise climatique, doivent apporter une juste contribution.Ils doivent réduire de manière urgente leurs propres émissions et assurer une transition juste.Ils doivent également appuyer les groupes qui en subissent les pires conséquences : les populations du Sud, les ENVIRONNEMENT Quel doit être le rôle du Québec à la COP25 ?Aujourd\u2019hui, il faut se rendre à l\u2019évidence : l\u2019ignorance et la crédulité sous toutes ses formes n\u2019ont jamais été aussi présentes dans notre environnement à la suite de l\u2019expansion d\u2019Internet femmes, les Autochtones et les jeunes.L\u2019Accord de Paris prévoit plusieurs mécanismes à cet effet, dont l\u2019article 6 qui sera discuté à Madrid.Les règles de cet article devront assurer que les réductions des émissions provenant de marchés du carbone \u2014 comme celui du Québec \u2014 ne soient pas calculées en double et amènent de véritables réductions.Rappelons que le Québec ne peut pas exporter des énergies fossiles afin d\u2019obtenir des réductions de GES d\u2019autres États.L\u2019article 6 ne doit pas être utilisé pour réaliser des opérations de comptabilité créative verte, qui n\u2019auront aucune incidence sur la planète.Dans cette optique de justice climatique, la contribution des États du Nord à la finance climatique internationale est essentielle, et nous nous devons de souligner le leadership du Québec à ce sujet.Rappelons qu\u2019en plus des 20 millions de dollars annoncés dans son budget 2019 pour le Plan de coopération climatique internationale \u2014 un plan qui a été lauréat en 2019 des Prix de l\u2019action climatique mondiale de l\u2019ONU \u2014, le Québec a également versé 3 millions de dollars au Fonds d\u2019adaptation au changement climatique de la CCNUCC.Luttes citoyennes La COP25 a lieu à un moment charnière de l\u2019histoire, où, plus que jamais, la population se rend compte que la crise climatique, les violations des droits de la personne et les inégalités sont des symptômes d\u2019un même problème.Il s\u2019agit donc d\u2019une occasion pour le Québec d\u2019exprimer sa solidarité, en premier lieu avec le peuple chilien et ses demandes pour une société plus égalitaire.Rappelons qu\u2019initialement la COP25 devait avoir lieu à Santiago, au Chili, mais que la rencontre a été déplacée à la suite d\u2019une mobilisation citoyenne sans précédent contre les politiques néolibérales du gouvernement.En deuxième lieu, on se souvient que cette conférence mondiale se déroule en Espagne.Le Québec doit continuer d\u2019exprimer sa solidarité envers la Catalogne, qui ne souhaite qu\u2019une chose : que l\u2019Espagne respecte les droits et libertés fondamentales de l\u2019ensemble de ses citoyens, y compris ceux qui revendiquent l\u2019autodétermination. LEDEVOIR // LE LUNDI 2 DÉCEMBRE 2019 A 8 ALEXANDRE SHIELDS À VENISE LE DEVOIR D ans le petit local de l\u2019organisation citoyenne Gruppo 25 aprile, qui milite pour la protection des droits des Vénitiens, l\u2019avocat Marco Gasparinetti dirige une réunion d\u2019urgence.Une trentaine de résidents d\u2019un immeuble à logements de Venise, géré par l\u2019Église catholique, ont reçu un avis d\u2019expulsion.Et pour que les locataires choisissent de partir rapidement, l\u2019électricité a été coupée.Pourquoi cet immeuble doit-il être vidé de ses occupants ?« On ne nous l\u2019a pas dit, mais on a entendu dire qu\u2019il sera converti en hôtel », explique une locataire qui a demandé l\u2019anonymat, mais qui réside dans ce bâtiment plutôt mal entretenu et qui craint de ne pas pouvoir trouver un nouveau logement dans cette ville où le prix des loyers a explosé depuis quelques années.Si les appartements des 30 locataires expulsés ne sont pas convertis en un nouvel hôtel, ils seront probablement rénovés pour être mis en location sur Airbnb, ou à travers un réseau en marge de la loi.Le cas de ces locataires n\u2019est absolument pas exceptionnel, souligne Marco Gasparinetti, qui constate depuis des années l\u2019exode des citoyens de Venise.«Le projet est de vider la ville de tous ses habitants, pour mettre à profit chaque mètre carré.Le tourisme est la seule vache à lait qui compte», laisse-t-il tomber.À coups d\u2019expulsions et de rachats d\u2019immeubles, Venise se vide en effet de ses Vénitiens.Ils sont 1000 à 1500 à être ainsi forcés à l\u2019exil «sur la terre ferme» chaque année.Et en à peine 40 ans, la population de cette ville à l\u2019art de vivre si particulier a été réduite de moitié.Ils ne sont plus que 52 000 aujourd\u2019hui.Même le maire de Venise n\u2019habite pas à Venise.« Il n\u2019y a plus de vie à Venise, parce que nous sommes trop peu.Quand je suis né, nous étions plus de 120 000, alors que, maintenant, nous sommes à peine plus de 50 000.Et tout est désormais consacré au tourisme de masse », déplore Walter Busolin, un Vénitien qui tient une petite boutique d\u2019objets en verre de Murano et qui dit aujourd\u2019hui ne plus reconnaître sa propre ville.Conséquence très concrète de cet exode et de la préséance absolue donnée au tourisme, qui attire bon an mal an plus de 30 millions de personnes selon les données officielles, la plupart des commerces de proximité ont carrément disparu.« Avec à peine 50 000 habitants, pour plus de 30 millions de touristes, on ne compte pas.Et comme nous ne sommes plus rentables, on préfère ouvrir dix boutiques d\u2019objets touristiques, plutôt qu\u2019une boulangerie ou une cordonnerie.Il n\u2019y a plus non plus de magasin de meubles ou d\u2019électroménagers», explique Christine Adam, guide touristique et Française venue vivre à Venise il y a de cela plus de 25 ans.Cette « monoculture touristique » a surtout poussé le prix des loyers à la hausse, chassant les Vénitiens de leurs appartements.«On nous enlève le droit fondamental au logement.C\u2019est de pire en pire.J\u2019ai dû déménager plus d\u2019une dizaine de fois en 15 ans.On se retrouve souvent dans des situations ubuesques et le problème, c\u2019est le coût du loyer.Pour le salaire moyen, le logement est inabordable», fait valoir Mme Adam.Pour Marco Gasparinetti, «l\u2019ennemi public numéro un à Venise, c\u2019est Airbnb».Les propriétaires d\u2019immeubles peuvent en effet quadrupler leurs revenus mensuels en louant leurs logements à des touristes, plutôt qu\u2019à des citoyens.Ceux qui ont les moyens de posséder un parc locatif sont donc les principaux bénéficiaires de ce tourisme, qui ne cesse de prendre de l\u2019expansion dans la Sérénissime.Qualité de vie gâchée Cette masse de touristes qui déferle sur une ville striée de canaux, sans véritables rues et très dépendante du transport par bateaux, représente aussi une nuisance quotidienne pour les citoyens de la ville, raconte Marco Gasparinetti, qui vit à Venise avec sa femme et sa fille.«Autrefois, les touristes qui venaient ici discutaient avec les Vénitiens.Ils étaient les bienvenus.Mais maintenant, nous sommes parfois impatients et brusques, parce que nous en avons marre.Il est parfois impossible de traverser un pont, parce qu\u2019il y a trop de touristes qui s\u2019arrêtent pour prendre des photos.Ça gâche notre qualité de vie.Et tout ça pour quoi ?Pour des touristes qui viennent passer à peine quelques heures à Venise, avant de repartir», souligne-t-il.Sommelière québécoise installée à Venise depuis trois ans avec son compagnon, Mathilde Lambert a d\u2019ailleurs dû apprendre à circuler au milieu des quelque 100 000 touristes qui peuvent débarquer chaque jour à Venise, en haute saison touristique.«Il faut adapter nos déplacements pour éviter les rues fréquentées par les groupes de touristes.On sait où il faut aller pour éviter les pires achalandages.Mais dans le centre de Venise, c\u2019est difficile à vivre.» L\u2019administration municipale a également dû lancer une campagne, nommée «#EnjoyRespectVenezia », assortie d\u2019amendes, pour réduire les nuisances causées par les touristes : baignade dans les canaux de la ville, nourrissage des oiseaux, pique-niques improvisés un peu partout, déchets jetés par terre, tenue inappropriée dans la basilique Saint-Marc, etc.«Avec Airbnb et les voyages à rabais, on voit presque seulement des touristes qui se foutent de Venise, de son histoire et de sa culture.Ils ne comprennent même pas pourquoi nous avons des boutiques où l\u2019on vend des objets en verre, parce qu\u2019ils ne connaissent pas le verre de Murano.Ils viennent ici pour faire des selfies », lance Walter Busolin.Venise, une ville noyée par le tourisme Venise Continuant de passer devant la place Saint-Marc, les bateaux de croisière figurent parmi les principaux problèmes pour les résidents de Venise.Ces derniers déplorent aussi que de plus en plus de touristes ne s\u2019intéressent pas autant à la culture vénitienne qu\u2019aux égoportraits qu\u2019ils pourront réaliser devant les attraits de la Sérénissime.PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour plusieurs Vénitiens, les imposants navires de croisière qui défilent littéralement à l\u2019entrée de la ville constituent aussi un problème majeur, notamment parce que leur batillage fragilise la base des immeubles construits au fil de l\u2019eau.En 2016, l\u2019UNESCO avait même exigé que les bateaux ne puissent plus s\u2019amarrer devant la place Saint-Marc, sans quoi elle menaçait d\u2019inscrire Venise sur la liste des sites du patrimoine mondial en péril.Leur lieu d\u2019amarrage a finalement été déplacé un peu plus loin, ce qui signifie qu\u2019ils continuent de passer devant la place Saint-Marc, avant de naviguer entre les secteurs Dorsoduro et Giudecca.«Les navires de croisière entrent dans Venise comme des éléphants dans un magasin de porcelaine.C\u2019est un véritable cancer», laisse tomber Christine Adam.En plus des problèmes d\u2019érosion pour la ville, elle souligne que ces imposants navires provoquent aussi une augmentation marquée de la pollution atmosphérique, dans cette ville sans voitures.Mais après un accident impliquant un navire qui a heurté un quai de Venise en juin, les autorités ont choisi de déplacer une partie du trafic vers un terminal situé à l\u2019extérieur de la ville.Y a-t-il trop de touristes à Venise?«C\u2019est un débat qui dure depuis plusieurs années, mais oui, il y a objectivement trop de touristes, et les gens sont trop mal distribués sur l\u2019année, avance la guide.Certaines journées, lors de la haute saison, il peut y avoir plus de 90 000 touristes, alors que certaines analyses ont déjà démontré que la ville pourrait normalement accueillir un maximum de 30 000 personnes par jour.» Le problème, souligne Marco Gaspari- netti, c\u2019est que l\u2019essor du secteur touristique est défendu par les autorités politiques locales, alors qu\u2019on prévoit une croissance continue du nombre de visiteurs au cours des prochaines années.Résultat: «On sacrifie la protection du patrimoine culturel et de la communauté humaine pour continuer de profiter de la poule aux œufs d\u2019or.Mais on ne peut plus laisser Venise être dévorée par le tourisme de masse.Il y a vraiment un problème de mauvaise gestion du tourisme depuis plusieurs années et nous sommes en train de couler à cause de cela.Il y a les marées venues de la mer Adriatique et il y a les marées touristiques.» Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.EN EAUX TROUBLES 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 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