Le devoir, 7 décembre 2019, Cahier A
[" EN EAUX TROUBLES Buenos Aires dans les méandres de l\u2019injustice | B 1 LIRE La lecture en cadeau LED 23 INDEX Avis légaux .B7 Carrières .A8 Décès .B8 Édito .B10 Grille TV .LeD40 Idées .B11 Monde .B7 Mots croisés.LeD54 Petites annonces .B8 Sports.A11 Sudoku .LeD54 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Fière de s\u2019associer à la série « Manger le Québec » en collaboration avec Caribou.\u2022 L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 D É C E M B R E 2 0 1 9 \u2022 C O L L A B O R A T I O N S P É C I A L E LA CULTURE CULINAIRE QUÉBÉCOISE RAISONNÉE « Recevoir à la québécoise » À lire dans notre cahier spécial de samedi AMÉLI PINEDA GUILLAUME LEPAGE ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Sur fond de commémorations de la tuerie de Polytechnique, un blogueur à l\u2019origine de plusieurs publications faisant l\u2019apologie du tueur Marc Lépine a été accusé vendredi d\u2019avoir fomenté la haine envers les femmes.Le suspect, Jean-Claude Rochefort, avait déjà été arrêté en 2009 pour des faits similaires.Sous le couvert du pseudonyme Rick Flashman, l\u2019homme de 70 ans a alimenté au moins trois blogues sur lesquels il tenait un décompte en attendant le « Marc Lépine Day ».« Tout homme est un frère en puissance, toute femme est une ennemie potentielle », peut-on lire en en-tête d\u2019un des sites Web.Pas plus tard que jeudi, veille de l\u2019anniversaire de la tragédie, l\u2019accusé y est allé d\u2019une publication où il invite les hommes à célébrer le drame.« La Journée internationale de Marc Lépine, le 6 décembre, est presque arrivée.Tous les HOMMES devraient avoir déjà décoré leurs maisons.Les lumières allumées, les cartes d\u2019invitation envoyées, les fusils d\u2019assaut et les flingues fraîchement nettoyés et polis.Un jour de fête, de beuverie et de célébration », écrit-il.En 2009, l\u2019homme avait déjà été arrêté et incarcéré pendant plusieurs semaines, accusé pour possession illégale d\u2019une arme à feu et pour avoir proféré des menaces à l\u2019endroit des femmes.Il avait plaidé coupable à une accusation de possession non autorisée d\u2019une arme à feu, écopant d\u2019une cinquantaine d\u2019heures de travaux Un admirateur de Marc Lépine arrêté L\u2019antiféministe a été accusé d\u2019incitation à la haine au moment même où le Québec se recueillait en souvenir des 14 victimes de Polytechnique De nombreuses personnes se sont rassemblées sur le mont Royal, vendredi soir, pour rendre hommage aux 14 étudiantes de Polytechnique tombées sous les balles d\u2019un antiféministe le 6 décembre 1989.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE FABIEN DEGLISE À SANTA CRUZ LE DEVOIR Les pluies tropicales diluviennes du matin sont sans doute responsables du calme qui règne dans les bureaux du comité civique de Santa Cruz de la Sierra, métropole de trois millions d\u2019habitants et cœur économique de la Bolivie.Un groupe de jeunes arrivent en motos.Deux ouvriers s\u2019affairent à changer le tapis de l\u2019escalier qui monte à l\u2019étage alors qu\u2019à la réception, une jeune fille texte tout en jetant un œil sur l\u2019écran de son ordinateur où le My Heart Will Go On de Céline Dion impose sa mélodie éculée et les images du film qui vont avec: Titanic.Le choix musical peut être discutable, mais il est surtout étrange dans cet immeuble de fond de cour, à l\u2019apparence ordinaire, où depuis plusieurs jours, une ambiance un peu plus euphorique et festive s\u2019est installée après la chute du président Evo Morales le 21 novembre dernier et l\u2019annulation du dernier scrutin électoral qui affirmait sa victoire.Le comité civique, c\u2019est le fief de Luis Fernando Camacho, leader du mouvement d\u2019opposition et pourfendeur de Morales, qui, au début de la semaine, a démissionné de l\u2019organisation pour se lancer dans la prochaine course électorale.LE DEVOIR EN BOLIVIE Santa Cruz à l\u2019heure de la revanche CULTURE Angèle, le miracle belge | LED 6 VOIR PAGE A 4 : REVANCHE VOL.CX NO 279 / LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 / 3,05 $ + TAXES = 3,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM VOIR PAGE A 2 : ARRESTATION ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Rectificatifs Dans l\u2019article intitulé «Baisse marquée de la consommation d\u2019alcool et de drogue chez les adolescents» publié mercredi 3 décembre 2019, il fallait lire qu\u2019environ 33% des élèves mont- réalais du secondaire ayant déjà consommé de la drogue au cours de leur vie \u2014 et non pas 33% de tous les élèves \u2014 ont connu au moins un épisode de consommation régulière de drogues en 2016-2017, contre 45% en 2010-2011.Nous nous excusons également auprès de Mme Gutierrez d\u2019avoir mal orthographié son nom.Dans l\u2019article «L\u2019UQAM fait la part belle aux livres anciens», publié dans notre édition du mercredi 4 décembre, le Centre des livres rares et collections spéciales a erronément été nommé Centre des livres anciens.Par ailleurs, il fallait plutôt lire « la directrice du Département d\u2019histoire, Lyse Roy», et non Louise Roy.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Les familles des victimes du fémini- cide de masse de Polytechnique Montréal, survenu il y a trois décennies jour pour jour, ont eu droit à une émouvante cérémonie sur le mont Royal, vendredi en fin d\u2019après-midi.« Il y a 30 ans ce soir, 14 femmes ont été tuées par un homme parce qu\u2019elles étaient femmes, a déclaré le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.Trente ans plus tard, on a encore beaucoup de travail à faire pour lutter contre la misogynie, la violence fondée sur le sexe, la haine et la discrimination.» Quelques centaines de personnes s\u2019étaient rassemblées sur le belvédère Kondiaronk, devant le chalet du Mont- Royal, pour assister à l\u2019hommage.Deux étudiants \u2014 un gars et une fille \u2014 actuels de l\u2019école de génie ont lu, en toute sobriété, le nom de chacune des jeunes femmes tuées.À chaque mention, un faisceau de lumière s\u2019est allumé, transperçant le ciel neigeux et noir.Le premier ministre Trudeau a profité de l\u2019occasion pour rappeler l\u2019une des promesses de sa formation : « Nous allons renforcer le contrôle des armes à feu en éliminant et en interdisant les armes d\u2019assaut de style militaire, a-t-il répété.Nous avons un consensus clair à la Chambre des communes.Nous avons un consensus clair à travers le pays.» À ces mots, une vague de cris et d\u2019applaudissements \u2014 provenant particulièrement des familles des victimes \u2014 a brisé le silence régnant autrement dans l\u2019auditoire.Ce ne fut toutefois que la seule allusion au contrôle des armes à feu parmi des allocutions portant largement sur la violence faite aux femmes.La gouverneure générale du pays, Julie Payette, était aussi de la cérémonie.Il y a 30 ans, elle étudiait le génie, comme la plupart des victimes.Selon elle, le contexte ayant mené à la tragédie existe encore aujourd\u2019hui.« [La] vie [des victimes], si horriblement écourtée, et la vie des 14 autres blessés, mérite \u2014 exige \u2014 que nous discutions franchement du contexte plus large dans lequel cette tragédie s\u2019inscrit, a-t-elle déclaré.Un meurtrier, seul, muni d\u2019un fusil d\u2019assaut.Mais derrière ses actes se profile un tissu de préjugés, de sexisme qui enveloppe encore aujourd\u2019hui notre culture.» « Il y a 30 ans, le Québec a été attaqué POLYTECHNIQUE, 30 ANS APRÈS Montréal se souvient du féminicide Des centaines de personnes assistent à l\u2019hommage rendu aux 14 étudiantes en génie victimes de Marc Lépine La mairesse de Montréal, Valérie Plante, les premiers ministres du Canada, Justin Trudeau, et du Québec, François Legault, se sont tour à tour adressés à la foule.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR D\u2019autres propagateurs de haine sévissent toujours sur le Web ARRESTATION SUITE DE LA PAGE A 1 communautaires et d\u2019une interdiction de posséder une arme pendant 10 ans, soit jusqu\u2019en 2021.Les autres accusations avaient été abandonnées.Jean-Claude Rochefort a continué dans les dernières années à publier de longs articles où il incite à la haine, insulte les femmes et critique vivement les hommes qui se montrent féministes.Ses longs textes s\u2019accompagnent d\u2019illustrations et de photomontages qui utilisent le visage de Marc Lé- pine, une arme à la main dans la majorité des cas.Une plainte du public a enclenché une nouvelle enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en septembre dernier.Tard jeudi, les policiers ont mené une perquisition à son domicile dans Ho- chelaga-Maisonneuve.Du matériel informatique y a notamment été saisi.« Il y avait une certaine urgence d\u2019agir », explique Manuel Couture, porte-parole du SPVM.Les policiers ont voulu éviter que les messages de l\u2019homme puissent influencer d\u2019autres individus.Des blogues de l\u2019accusé étaient toutefois toujours accessibles vendredi soir.Selon nos informations, l\u2019arrestation de l\u2019homme a été rendue possible à la suite de l\u2019obtention de la part de Google de l\u2019adresse IP du blogueur.L\u2019homme demeurera détenu jusqu\u2019à la tenue de son enquête sur remise en liberté provisoire, qui devrait se tenir mardi.Échos de haine Les messages de haine de Jean-Claude Rochefort ne sont pas les seuls à avoir circulé sur le Web pendant la journée de commémoration de vendredi.Sur des blogues comme 4chan, l\u2019auteur de l\u2019attentat du 6 décembre 1989 est célébré par des internautes comme étant « l\u2019idole du mouvement antifémi- niste».Sur d\u2019autres, associés au mouvement des « incels » \u2014 ces célibataires qui détestent les femmes \u2014, le tueur est même voué au rang de saint.Ces messages consultés par Le Devoir ne sont pas enfouis dans les tréfonds du Web.Ils sont au contraire accessibles en quelques clics seulement.Ces mots chargés, tous publiés sous des pseudonymes, s\u2019accompagnent parfois d\u2019extraits du film Polytechnique, où le personnage incarnant le tueur ouvre le feu, et de liens vers la page Wikipédia de la tragédie.Ce genre de message haineux, truffés de louanges à Marc Lépine, « ça fait des années que ça circule sur Internet », se désole Rachel Chagnon, juriste et chercheuse à l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes (IREF).Si elle se réjouit de l\u2019arrestation de Jean-Claude Rochefort, elle constate que la prise de conscience du risque « réel » que pose ce genre d\u2019individus « a pris beaucoup de temps ».Une opinion que partage sa collègue de l\u2019IREF, Mélanie Millette.Celle qui est aussi spécialiste de la communication sur le Web rappelle qu\u2019en 2009, Rochefort avait été qualifié par le juge de « bombe à retardement ».Il n\u2019a pourtant eu qu\u2019à répondre aux accusations de possession illégale d\u2019une arme à feu.« Ça, ça veut dire que le système juridique n\u2019a pas considéré comme un vrai crime les menaces envers la vie des femmes », regrette-t-elle.Mme Millette juge par ailleurs qu\u2019il y a un manque de volonté politique en matière de cybercrime.Selon elle, les policiers ne disposent pas assez de ressources.Jean-Philippe Décary-Ma- thieu, chef de la cybersécurité à Commissionnaires du Québec, estime aussi que les forces de police devraient bénéficier d\u2019un plus grand budget et de davantage de personnel.«C\u2019est très dur de surveiller Internet.Les forces de police n\u2019ont juste pas les effectifs pour le faire.Ils vont donc prioriser la surveillance de la pédopornographie ou du terrorisme», explique-t-il.Doit-on alors s\u2019attendre des géants du Web comme Google qu\u2019ils surveillent davantage les contenus qu\u2019ils hébergent et retirent ce qui est jugé offensant ?Non, affirme M.Décary-Mathieu.Google reste une entreprise privée dont le but premier est de faire de l\u2019argent.«On ne s\u2019attend pas à ce que les employés de Google soient capables d\u2019interpréter la loi de chacun des pays.Ça prendrait une armée de juristes pour interpréter le contenu en temps réel ; ça n\u2019a pas d\u2019allure », soutient-il.Dans des cas comme les blogues de Jean-Claude Rochefort, la solution n\u2019est pas technologique, puisque c\u2019est avant tout un problème de société.« Il faut regarder en amont et comprendre pourquoi on a ce problème ; pourquoi il y a des hommes qui ont cette haine-là envers les femmes, et ce qu\u2019on peut faire à ce sujet-là », laisse-t-il tomber.dans l\u2019une de ses valeurs les plus fondamentales : l\u2019égalité entre les hommes et les femmes, a pour sa part déclaré le premier ministre du Québec, François Legault.Et ce soir, tous ensemble, [\u2026] on a un devoir de mémoire, on a un devoir d\u2019être unis pour ne jamais baisser la garde.» « Cette tragédie nous rappelle que bien des communautés marginalisées, dont les femmes, sont beaucoup sujettes à la violence », a rappelé la mai- resse de Montréal, Valérie Plante, accompagnée de l\u2019un de ses fils sur la scène.Aucun des dignitaires n\u2019a fait mention de l\u2019arrestation par le Service de police de la Ville de Montréal, jeudi, d\u2019un blogueur faisant l\u2019apologie de Marc Lépine.Ce dernier avait renouvelé ses menaces en ligne envers les femmes à l\u2019occasion des 30 ans de la tragédie.Une « grande peine d\u2019amour » Solennellement, les dignitaires ont déposé des roses blanches sous une mosaïque rassemblant les portraits des femmes assassinées.Derrière le micro, un chœur de 150 voix a entonné Ai- mons-nous, d\u2019Yvon Deschamps, et Hallelujah, de Leonard Cohen, au sortir d\u2019un moment de silence.La cérémonie était animée par la comédienne Karine Vanasse, qui a tenu le rôle-titre du film Polytechnique, de Denis Villeneuve, relatant la fusillade.Mme Vanasse a dit avoir décidé de s\u2019impliquer dans l\u2019œuvre, il y a plus de 10 ans, parce qu\u2019elle « avait peur du mot féministe ».Maintenant, elle n\u2019a pas hésité à qualifier la tuerie de « féminicide ».La présidente du Comité Mémoire, Catherine Bergeron, dont la sœur Geneviève Bergeron a péri sous les balles de Marc Lépine, a également dit quelques mots.« Le 6 décembre 1989, nous avons vécu une très grande peine d\u2019amour : la perte de 14 femmes extraordinaires », a dit Mme Bergeron.« Ce soir devant vous, avec vous, j\u2019ai l\u2019âme à la tendresse.» L\u2019accusé distille sa haine des femmes sur ses blogues, n\u2019hésitant pas à élever Marc Lépine au statut de héros Le 6 décembre 1989, nous avons vécu une très grande peine d\u2019amour CATHERINE BERGERON » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Justin Trudeau a profité de la commémoration de la tuerie de Polytechnique pour réitérer sa promesse d\u2019interdire au pays les armes d\u2019assaut de style militaire.Mais s\u2019il a laissé entendre qu\u2019il pourrait même bannir le modèle d\u2019arme utilisé par Marc Lépine il y a 30 ans, le premier ministre s\u2019est abstenu de le promettre formellement.« Nos gestes en disent plus long que nos mots », a fait valoir M.Trudeau aux Communes vendredi, lors des hommages rendus aux 14 victimes.«Nous allons renforcer le contrôle des armes à feu et interdire le genre d\u2019armes utilisées à l\u2019École Polytechnique», a-t-il argué.« Ces armes, conçues pour tuer le plus rapidement possible le plus grand nombre de personnes possible, n\u2019ont pas leur place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays.» POLYTECHNIQUE, 30 ANS APRÈS Ottawa reste vague sur un bannissement éventuel du modèle d\u2019arme utilisé par Lépine MARCO BÉLAIR-CIRINO MARIE-MICHÈLE SIOUI MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTS PARLEMENTAIRES À QUÉBEC LE DEVOIR Dès le début de son mandat, la garde rapprochée de François Legault a pris pour modèle l\u2019ancien président français Nicolas Sarkozy, qui avait amorcé, en 2007, son quinquennat au pas de course.Or dans son sprint de l\u2019automne, le premier ministre caquiste s\u2019est heurté à plusieurs obstacles \u2014 dont celui, notable, de la réforme du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ).Chaque fois, il s\u2019est relevé.Affaibli ?En 2020, « attachez vos ceintures, ça va continuer ! » a prévenu M.Legault vendredi, au moment de faire le bilan des travaux parlementaires.« J\u2019ai l\u2019intention de respecter toutes nos promesses électorales.Les Québécois ont l\u2019air satisfaits de cette approche-là.» Les Québécois peut-être, mais l\u2019opposition\u2026 un peu moins.« Le côté, je dirais, bousculade des projets de loi, ça ne doit pas être quelque chose qui est systématique, a affirmé le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand.Ça commence à être lourd [et] à ressembler à quelque chose qui n\u2019est pas aussi démocratique qu\u2019on voudrait que ce soit.» « On a l\u2019impression que le Parlement, les institutions démocratiques, le pouvoir législatif, que tout ça, ça dérange la CAQ, a ajouté le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Du- bois.Pour que personne ne puisse justement les contredire, ils ont déclaré la guerre aux contre-pouvoirs.» Encore un bâillon Le gouvernement Legault force samedi les députés de l\u2019Assemblée nationale à adopter sous bâillon un projet de loi visant à revoir le processus de fixation des tarifs d\u2019électricité, à défaut de quoi sa promesse de retourner les trop-perçus d\u2019Hydro-Québec dans le portefeuille des Québécois serait mise en péril.Il se plaint du manque de collaboration des partis d\u2019opposition.«La façon dont le gouvernement veut y arriver, il n\u2019y a personne qui est satisfait, sauf Hydro-Québec », souligne le vice-président de la firme de relations publiques TACT, Éric Gamache, qualifiant au passage le projet de loi 34 de «patate chaude» pour l\u2019équipe Legault.« L\u2019hyperactivité, ça se traite, a réagi le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.Il y en a une qui est correcte, il y en a une qui est problématique, parfois.La mauvaise organisation des travaux y est pour quelque chose », ajoute-t-il, montrant du doigt le leader parlementaire Simon Jolin- Barrette.Le Conseil des ministres a donné sa bénédiction cet automne à une modifi- POLITIQUE La vitesse tue-t-elle les gouvernements ?La CAQ pourrait rouler à vide à la fin de son mandat après s\u2019être empressé de remplir ses promesses électorales cation du PEQ sans que celle-ci fasse l\u2019objet de l\u2019habituelle consultation de 60 jours.Le hic : le règlement a fait l\u2019unanimité contre lui.M.Legault a offert ses excuses pour les ratés de la réforme du système d\u2019immigration, mais aurait-il mieux valu prendre le temps de bien faire les choses ?« Actuellement, l\u2019économie du Québec a un problème de main-d\u2019œuvre dans certains secteurs et c\u2019est urgent qu\u2019on change la façon de choisir nos nouveaux arrivants », s\u2019est justifié le premier ministre vendredi.Peut-être l\u2019exception qui confirme la règle, le cabinet du premier ministre laissera le projet de loi 40 (abolition des élections scolaires) suivre son cours en commission parlementaire, quitte à ce que le mandat des commissaires actuels se poursuive au-delà de la date du 29 février 2020 fixée par le ministre de l\u2019Éducation Jean-François Roberge.Éric Gamache s\u2019étonne de voir M.Le- gault «brûler» autant de «cartouches» depuis qu\u2019il est au pouvoir.L\u2019empressement du gouvernement le laisse dubitatif, puisqu\u2019il risque à son avis de «rouler à vide pendant les prochains mois ».« C\u2019est un gouvernement qui est pressé et, je dirais même, épuisé.» D\u2019ailleurs, M.Legault refuse d\u2019autoriser de nouveaux mandats d\u2019initiative \u2014 sur les services offerts aux adultes autistes, par exemple \u2014, de crainte de ralentir l\u2019étude de ses initiatives législatives.En revanche, il n\u2019hésite pas à évoquer une loi spéciale afin de convaincre les médecins à consentir à des concessions sur leur salaire.Une nouvelle approche Pour la professeure en communication sociale à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières Mireille Lalancette, « la population a fait le choix délibéré de tourner le dos aux vieux partis et d\u2019embrasser une nouvelle approche » en élisant un gouvernement caquiste.« Donc [\u2026] on s\u2019attend à ce que les choses soient différentes.Et c\u2019est ce qu\u2019il avait promis », rappelle-t-elle.L\u2019« arrogance » politique à laquelle l\u2019« histoire récente du Québec nous avait habitués » a cédé le pas à la « modestie » depuis l\u2019arrivée de la CAQ aux commandes de l\u2019État, constate la pro- fesseure à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke Catherine Côté.« C\u2019est un trait de personnalité assez particulier.Habituellement, on voit beaucoup de vanité chez les hommes politiques», souligne-t-elle.François Legault s\u2019est mis en tête de concrétiser le plus grand nombre de promesses électorales avant le prochain scrutin, en 2022.Il s\u2019agit, selon lui, de chasser le cynisme qui enveloppe la classe politique, fait remarquer M.Gamache, qui l\u2019a côtoyé au PQ.Mais faut-il réaliser ses promesses à tout prix ?Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, s\u2019est montré tout aussi vague.« Nous sommes absolument engagés, de façon inébranlable, à interdire les armes d\u2019assaut de style militaire comme celle utilisée lors de cet événement et qui ont également été utilisées lors d\u2019autres tragédies », a-t-il affirmé à son tour, en évitant lui aussi d\u2019être catégorique quant au sort de la carabine Ruger Mini-14.Pourtant, deux libéraux québécois estiment que cette arme doit bel et bien être interdite au pays.« Personnellement, oui », a tranché le ministre des Transports, Marc Gar- neau, lorsque les journalistes lui ont demandé s\u2019il préférerait son interdiction.Le Collège Dawson se trouve dans sa circonscription de Notre-Dame-de- Grâce\u2013Westmount, là où un autre tireur s\u2019en est pris à des étudiants.« Là aussi, c\u2019était une arme d\u2019assaut de style militaire », a noté le ministre.Sa collègue, la députée Alexandra Mendès, souhaite également l\u2019interdiction du Ruger Mini-14.« Absolument », a-t-elle renchéri.« Je suis de ces personnes qui croient que les armes appartiennent aux forces de l\u2019ordre, un point c\u2019est tout.» Mme Mendès reconnaît que ce n\u2019est pas l\u2019avis unanime de tous ses collègues.Mais elle prévient qu\u2019elle a l\u2019intention de se battre au sein du caucus libéral.« Je ne suis pas la seule qui croit que cette arme doit être interdite et on va continuer d\u2019en parler.On est plusieurs», a-t-elle affirmé, en réaction au refus du ministre Blair d\u2019assurer que le Ruger Mini-14 ferait partie de l\u2019interdiction fédérale.Attendre encore ?M.Blair a indiqué que son gouvernement préciserait «le plus vite possible» sa promesse, de même que les armes qui seront ciblées par cette prohibition.Il a expliqué qu\u2019il ne voulait pas s\u2019aventurer plus loin, en citant les armes qui seraient interdites, afin d\u2019éviter de « provoquer un mouvement de masse où les individus iront acheter ces armes avant que nous ne publiions cette liste».L\u2019an dernier, lorsqu\u2019une rumeur avait couru à l\u2019effet que les libéraux interdiraient l\u2019AR-15, les ventes de ces armes avaient bondi selon La Presse.C\u2019est ce qui mène Heidi Rathjen, de PolySeSouvient, à accepter de patienter encore un peu avant que les libéraux n\u2019exécutent leur promesse.Mme Rathjen s\u2019est dite « optimiste » de voir le Ruger Mini-14 bientôt interdit, puisque le premier ministre l\u2019a évoqué à deux reprises en marge de sa promesse d\u2019interdire les armes d\u2019assaut de style militaire.Les libéraux avaient déjà promis d\u2019interdire l\u2019arme de Marc Lépine à la fin des années 1990.L\u2019interdiction n\u2019est jamais venue.« C\u2019est une arme qui frôle les définitions», entre l\u2019arme de chasse pour certains et l\u2019arme d\u2019assaut pour d\u2019autres, explique Mme Rathjen.Le concept d\u2019armes d\u2019assaut n\u2019est pas défini dans la Loi sur les armes à feu, mais les gens qui l\u2019utilisent désignent en général des armes à l\u2019allure militaire pouvant décharger en tirs rapides plusieurs projectiles.Cette fois-ci, toutefois, Heidi Rathjen y croit, car la promesse libérale est détaillée.« C\u2019est une interdiction complète et totale, avec un programme de rachat qui est chiffré [200 millions de dollars dans le programme électoral libéral] », note-t-elle.Mme Rathjen donne donc « la chance au coureur ».« Mais on va commencer à s\u2019inquiéter si en début d\u2019année il n\u2019y a toujours pas de signe d\u2019action », pré- vient-elle du même souffle.Selon un sondage Léger paru le 27 novembre, 45 % des Québécois sont insatisfaits du déploiement des classes de maternelle 4 ans à temps plein \u2014 un engagement au cœur du programme électoral caquiste.Sauf que le gouvernement de François Legault reste populaire, à en croire l\u2019écrasante victoire qu\u2019il a signée lundi dans le château fort libéral de Jean-Talon.« On lui pardonne peut-être un peu plus en raison de sa personnalité, parce que c\u2019est quelqu\u2019un qui n\u2019a pas la langue de bois, qui est prêt à admettre quand il y a des erreurs et qui, probablement, est assez en phase avec la population », dit la professeure à la Faculté des sciences sociales de l\u2019Université d\u2019Ottawa Geneviève Tellier.Pour la CAQ, cependant, le défi pourrait être de durer.« Dans un mandat gouvernemental de quatre ans, la première année [\u2026], on pose des gestes pour pouvoir impressionner ou intéresser l\u2019électorat.Et c\u2019est ce que M.Legault a très bien fait, avec le respect de ses engagements », analyse Éric Gamache.Mais il y a les deux dernières années, avant celle de l\u2019élection.« Si on se base sur la déclaration de [l\u2019ex-premier ministre Robert] Bourassa, qui dit que six mois en politique, c\u2019est une éternité, ça signifie que quatre éternités s\u2019en viennent pour le gouvernement Legault ! » Je suis de ces personnes qui croient que les armes appartiennent aux forces de l\u2019ordre, un point c\u2019est tout ALEXANDRA MENDÈS » Le premier ministre, François Legault, accompagné de ses ministres Geneviève Guilbault et Simon Jobin- Barrette, ont présenté leur bilan des travaux parlementaires, vendredi, à Québec.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 artm.quebec/repensonslamobilite Vous faites la différence Chacun de vos déplacements en transport collectif a des effets positifs sur l\u2019environnement Les récriminations REVANCHE SUITE DE LA PAGE A 1 « Cette candidature, c\u2019est une bonne chose, et c\u2019est ce dont la Bolivie a besoin, laisse tomber Maria del Carmin Morales \u2014 \u201caucun lien de parenté avec l\u2019ancien président\u201d, précise-t-elle à la blague \u2014, activiste du mouvement.Depuis trois ans, nous étions mobilisés contre Evo Morales et sa volonté de se représenter contre la volonté populaire.» Un référendum tenu en 2016 a rejeté en effet sa demande de briguer un troisième mandat, alors que la constitution n\u2019en permet que deux.« Aujourd\u2019hui, nous ne pouvons pas nous sentir autrement que victorieux et optimistes face à l\u2019avenir.» Pas besoin de rester trop longtemps à Santa Cruz pour saisir le manque d\u2019âme de la ville, village fondé par les Espagnols dans un autre siècle et que l\u2019étalement urbain a transformé en monstre façonné de routes, d\u2019urbanisme chaotique et d\u2019avenues commerciales à partir des années 1950.Dans ce coin de la Bolivie qui carbure aux revenus de la puissante agro-in- dustrie qui s\u2019est développée tout autour, l\u2019arrivée au pouvoir en 2005 d\u2019Evo Morales et du Movimiento al Socia- lismo (MAS), son parti, n\u2019a jamais été acceptée, la région ayant à plus des deux tiers voté contre sa révolution.Et désormais, l\u2019heure de la revanche a sonné.« La crise, nous venons d\u2019en sortir, pas d\u2019y entrer, résume tout sourire, café en main dans son bureau Reinaldo Diaz Salek, président de la Chambre des agriculteurs de la région de l\u2019orient, un puissant syndicat de producteurs de la région.L\u2019agenda productif de l\u2019ancien gouvernement était soumis à une idéologie qui a porté un dur coup à notre secteur.» La liste des récriminations est longue.Elle contient, entre autres, les limites imposées par le régime Morales à l\u2019introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM), particulièrement dans le domaine du soya, la plus grande ressource agricole du pays, mais également un encadrement juridique de la propriété de la terre qui freine la spéculation.« Les prochaines années vont être celles du secteur rural, poursuit-il, et, sans avoir d\u2019opinion sur le prochain président, nous sommes avant tout pour un nouveau leadership, d\u2019une rénovation du cadre politique bolivien.» Ici, l\u2019appui à la candidature de Luis Fernando Camacho reste sous le couvert du discours institutionnel.Mais il est, en dehors du bureau de la Chambre des agriculteurs, exprimé avec un peu plus de conviction, dans ce coin de pays, où la religion catholique est le ciment de la cohésion sociale, tout comme le moteur d\u2019ascension du populiste aux accents revanchards.« Nous vivons la fin du cycle politique, analyse, dans un café de la ville, le candidat déchu à la dernière élection, Gustavo Predrazas, du parti de coalition Comunidad Ciudadana (CC) \u2014 qui signifie « communauté civique » et qui est un mouvement centriste opposé à Camacho.Il briguait le poste de vice-président aux côtés de Carlos Mesa, arrivé second lors du scrutin d\u2019octobre dernier qui vient d\u2019être annulé.Il a été aussi ministre du Développement durable entre 2003 et 2004.« Evo Morales [premier président indigène de la Bolivie] a donné le pouvoir au bloc indigène pendant 14 ans.Le bloc de la classe moyenne, qui vient de le faire tomber, aspire désormais à ce pouvoir.Et Luis Fernando Camacho canalise, avec son leadership religieux, les revendications de ce bloc », avec la tentation du populisme dont la croissance au sein de la société bolivienne est facilitée par la faiblesse des institutions, selon lui.La quarantaine fringante, voire enragée, le nouveau politicien ne manque certainement pas de couleur, lui qui, sans relâche, a dépeint Evo Morales depuis 2016 comme un dictateur, un communiste corrompu dont les valeurs et les politiques auraient porté atteinte aux intérêts supérieurs du pays.Dans une vidéo diffusée le jour de l\u2019exil de Morales vers le Mexique, Camacho a appelé à l\u2019arrestation et aux procès de l\u2019ensemble de son équipe politique, au nom d\u2019une « justice divine » dont il se fait désormais le gardien.À Santa Cruz, l\u2019homme aime d\u2019ailleurs prendre la parole publiquement sur la place d\u2019El Cristo, où trône la statue de Jésus, pour galvaniser des foules avec ces discours parlant de la restauration d\u2019une morale que le régime pré- cédent aurait érodée.La transition « C\u2019est par cette vidéo que l\u2019on s\u2019est le plus approché d\u2019un coup d\u2019État, résume le sociologue Pablo Deheza de la Fondation bolivienne pour une démocratie pluraliste.Quand Camacho a demandé de maintenir le mouvement de grève [amorcé après les élections pour réclamer le départ de Morales] pendant deux jours de plus afin de lui permettre de former un gouvernement de transition, c\u2019est là que tout aurait pu basculer.Mais ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est passé.La transition s\u2019est faite dans le cadre de la constitution et Camacho s\u2019est ensuite excusé d\u2019être allé un peu trop loin.» Ce « trop loin », Javier Sandoral l\u2019a vu de près il y a quelques jours à peine au marché du Plan 3000, un quartier populaire de Santa Cruz, où les descendants des indigènes des hauts plateaux de la Bolivie se mélangent désormais avec les classes populaires de la métropole.C\u2019est l\u2019endroit de la ville où le MAS d\u2019Evo Morales a récolté ses plus forts appuis dans la dernière décennie.« Les affrontements ici ont été terribles pendant la grève », dit-il, assis avec sa femme en cette fin de journée entre des marchands de brochettes, de jouets en plastique et d\u2019accessoires pour téléphones.« Il y a eu des morts ».Il parle de quatre.Les autorités en ont compté deux.Un peu plus loin, une femme, debout derrière son comptoir de cartes de téléphone, se souvient de ces « jailons », ces jeunes urbains, blancs et arrogants, venus provoquer les gens du marché et les pro-Morales après la chute du MAS.« Ce qui s\u2019en vient n\u2019est pas très encourageant, dit Javier.Les anciens partis vont reprendre le pouvoir et les minorités vont être attaquées ; leur droit aussi.» Gustavo Predrazas, qui repart dans la course électorale aux côtés de Carlos Mesa, lui, se veut plus optimiste.« La Bolivie ne peut plus vivre sans la participation des indigènes, dit-il.C\u2019est ce qui manquait à sa démocratie et c\u2019est ce qui l\u2019a renforcé, dit-il.Oui, le sentiment de rejet est exprimé très fort ici à Santa Cruz.Mais Luis Fernando Camacho est une figure locale et son influence nationale est loin d\u2019avoir été démontrée.» Jeudi, dans les bureaux du comité civique de Santa Cruz, Maria del Carmin Morales assurait que le politicien construisait activement sa plateforme électorale pour la présenter la semaine prochaine et avait les appuis nécessaires ailleurs au pays pour sortir de son cadre régional.« La contestation exprimée par le comité de Santa Cruz s\u2019est répandue ailleurs au pays », dit-elle.« Et la suite est sur le point de s\u2019écrire.» Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.Le Comité pro Santa Cruz, que préside Luis Fernando Camacho FABIEN DEGLISE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter.Papeter ie Casse - Noisette * Du 29 novembre au 31 décembre 2019.* Sur le prix régulier de tous les Abat-jour.* Excluant les commandes et les parchemins peints main.* Aucun ajustement de prix sur les commandes ou achats antérieurs.Montréal : www.abatjourillimites.ca OBTENEZ 20% DE RABAIS* OUVERT 7 JOURS SUR 7 HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Il a accusé Justin Trudeau de ne pas avoir pris acte du résultat électoral en ne modifiant pas son programme, mais Andrew Scheer se fait à son tour servir le même reproche.Ses rivaux estiment que le chef conservateur n\u2019a pas compris le message pro-environ- nement des électeurs puisqu\u2019il s\u2019entête à qualifier de « radicaux » ceux qui réclament des actions climatiques plus musclées.Dans sa réplique au discours du Trône, vendredi, le chef conservateur a pris fait et cause pour l\u2019Alberta et la Saskatchewan, accusant les opposants à l\u2019industrie pétrolière d\u2019être manipulés par d\u2019obscurs intérêts étrangers.« Alors même que je vous parle, a lancé M.Scheer, un réseau de groupes activistes financés à l\u2019étranger tente de faire fermer l\u2019industrie canadienne de l\u2019énergie et de mettre au chômage des centaines de milliers de Canadiens.» M.Scheer a soutenu que ces groupes « interfèrent dans notre discussion nationale sur l\u2019énergie et les pipelines » et a réitéré sa promesse de les empêcher, s\u2019il est un jour élu premier ministre, de participer aux consultations publiques sur les projets énergétiques.« Je n\u2019ai jamais compris pourquoi des voix se font entendre dans ce pays, incluant des voix provenant des banquettes du gouvernement, pour bannir les exportations d\u2019énergie canadienne alors que ces mêmes voix sont muettes lorsque les navires remplis de pétrole étranger arrivent les uns après les autres au Canada.» OTTAWA Andrew Scheer s\u2019en prend aux « radicaux » Le chef conservateur accuse les opposants à l\u2019industrie pétrolière d\u2019être manipulés par d\u2019obscurs intérêts étrangers Sa déclaration lui a valu de vives remontrances de la part du néodémo- crate Charlie Angus.«J\u2019entends la même déconnexion que j\u2019ai entendue pendant l\u2019élection », a-t-il lancé, prenant la peine de souligner que M.Scheer avait été reconduit dans l\u2019opposition.« Il est inacceptable que [M.Scheer], qui n\u2019a aucune crédibilité à propos de la plus grande crise à laquelle est confrontée notre planète, dise aux Canadiens qu\u2019ils doivent accepter ces théories de la conspiration et l\u2019inaction environnementale sinon les conservateurs vont faire éclater notre pays.» Ce à quoi M.Scheer a répliqué qu\u2019il était normal que M.Angus « ne croie pas qu\u2019il y a des groupes radicaux étrangers qui tentent de détruire nos emplois parce qu\u2019ils se retrouvent tous au NPD ».Le premier ministre a pris part à la mêlée en soulignant que 60 % des électeurs avaient voté pour un parti favorable à une lutte accrue contre les changements climatiques.« Il ne sert à rien d\u2019accuser les activistes du climat lorsque les pipelines ne sont pas construits, a dit M.Trudeau.Les conservateurs font mal à l\u2019Ouest avec leurs campagnes de peur.» Les conservateurs n\u2019ont pas encore confirmé qu\u2019ils voteraient contre le discours du Trône, mais l\u2019amendement qu\u2019ils proposent \u2014 qui en renverserait complètement le contenu \u2014 laisse comprendre qu\u2019ils s\u2019y opposeront.Kenney à Ottawa Les conservateurs ont de manière plus générale martelé qu\u2019il fallait être à l\u2019écoute de l\u2019Alberta, à défaut de quoi l\u2019unité du pays serait compromise.La députée Michelle Rempel a d\u2019ailleurs lancé une pétition demandant « qu\u2019Ottawa fasse preuve d\u2019équité » envers sa province.« Le discours du Trône de Justin Trudeau est une insulte pour les innombrables Albertains qui sont sans travail à cause de l\u2019attaque de Justin Trudeau contre notre secteur énergétique.» Le premier ministre Jason Kenney s\u2019est toutefois montré plus circonspect.Le discours «était décevant», mais il a dit qu\u2019il ne voulait pas «en exagérer l\u2019importance parce que les discours du Trône sont par nature des documents vagues et généraux.[\u2026] Il n\u2019est jamais très utile de décortiquer chaque mot d\u2019une déclaration générale d\u2019intentions.» M.Kenney jugera davantage le gouvernement Trudeau par ses actions.Il se rendra à Ottawa la semaine prochaine à la tête d\u2019une délégation de huit ministres et autant de sous-ministres pour rencontrer leurs homologues fédéraux.Il réclamera entre autres une date précise de fin de construction de l\u2019agrandissement du pipeline Trans Mountain, une stratégie pour faciliter la participation autochtone dans les projets énergétiques et un changement au Programme de stabilisation fiscale pour augmenter l\u2019aide que sa province pourrait en obtenir.Appel à la sécurité des signaleurs routiers Les Métallos s\u2019inquiètent d\u2019un troisième décès en deux mois M. Scheer a réitéré, vendredi, sa promesse d\u2019empêcher certains groupes militants, s\u2019il est un jour élu premier ministre, de participer aux consultations publiques sur les projets énergétiques.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE PIERRE SAINT-ARNAUD LA PRESSE CANADIENNE La collision s\u2019est produite vers 11h, sur la rue Principale, dans une zone où il y a des travaux routiers.La dame de 54 ans, originaire de Belœil, est décédée à l\u2019hôpital après avoir été gravement blessée par un automobiliste sur le chantier.Le président de la section locale 8922 des Métallos, Patrick Pellerin, affirme qu\u2019« il y a plus d\u2019accidents qu\u2019à l\u2019habitude dans le domaine de la signalisation routière.» « Déjà un, c\u2019est trop, mais trois en deux mois, c\u2019est énorme», a-t-il ajouté lors d\u2019une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.Des cônes partout Selon lui, l\u2019explosion du nombre de chantiers routiers au Québec et leur présence maintenue quelle que soit leur activité ont modifié le comportement des automobilistes.«Les gens, les premières années, il y a 10 ans, quand on a commencé à voir des cônes, portaient une attention particulière.Maintenant, 10 ans plus tard, il y a des chantiers qui ne sont pas en fonction et il y a des cônes ; deux mois avant qu\u2019un chantier ouvre, ils ont commencé à mettre des cônes.Il y en a partout.» Les automobilistes, en fait, les remarquent à peine, selon M.Pellerin.« C\u2019est devenu comme des lignes blanches ou des lignes jaunes sur la route.À un moment donné, les gens ne portent plus une attention particulière.» Patrick Pellerin, dont le syndicat représente près d\u2019un millier de signaleurs routiers, est convaincu que le temps est venu d\u2019imposer de nouvelles mesures de sécurité sur les chantiers.« Est-ce que ça va prendre, à l\u2019approche d\u2019un chantier actif, des bandes qui sont déroulées sur la largeur de la route pour faire en sorte que le conducteur sache que le chantier est actif ?Par exemple, à 750 mètres, à 500 mètres, à 250 mètres, pour que chaque conducteur voie que ce chantier est fonctionnel et qu\u2019il doit ralentir ?Je ne sais pas, mais il faut trouver une solution », dit-il.Les cônes orange sont devenus tellement omniprésents sur nos routes que les automobilistes ne s\u2019en préoccupent plus, avec toutes les conséquences tragiques que cela implique.C\u2019est ce que craint le syndicat des Métallos au lendemain d\u2019un troisième décès en deux mois d\u2019une signaleuse routière, jeudi, après qu\u2019elle eut été happée par une automobile à Saint-Paul-de-l\u2019Île-aux-Noix, en Montérégie. Pour célébrer son 50e anniversaire, l\u2019Université du Québec à Montréal a eu une belle et grande idée : nous faire voyager dans le temps en sélectionnant 50 projets exceptionnels qui ont contribué à l\u2019avancement de la société québécoise.PA R M AU D E D U M A S c o l laborat ion sp é c ia le 50 E ANNIVERSAIRE DE L\u2019UQAM Des réalisations qui ont changé notre monde Découvrez Créée en 1969 avec la mission de démocratiser l\u2019accès aux études supérieures, l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) est une université publique dont le rayonnement est international.L\u2019originalité et les caractéristiques propres de ses quelque 300 programmes, sa recherche de pointe ancrée dans les préoccupations sociales ainsi que ses innovations en création ont contribué à bâtir sa renommée.E n 1969, près de 4 000 étudiants ont franchi les portes de l\u2019UQAM.En 2019, ils sont près de 40 000 à la fréquenter.Au fil de ces 50 années, ces étudiants et leurs professeurs ont travaillé et travaillent toujours au développement de projets à grande portée dans des domaines aussi diversifiés que la biochimie, les sciences sociales, l\u2019environnement et le design.Ces projets, on en dénombre des centaines.Et c\u2019est à Catherine Mounier, vice-rectrice à la recherche, à la création et à la diffusion, que l\u2019UQAM a confié la sélection de 50 réalisations remarquables, qui ont eu un effet transformateur majeur sur notre société, et qui ont été présentées dans le cadre d\u2019un parcours- exposition à l\u2019agora du pavillon Judith-Jasmin de l\u2019UQAM, ainsi que sur un site Web.Tout un défi, qu\u2019elle a relevé avec une équipe interdisciplinaire et avec la participation de toutes les facultés \u2013 arts, communication, science politique et droit, sciences, sciences de l\u2019éducation, sciences humaines \u2013 ainsi que l\u2019École des sciences de la gestion.«?Nous avons bien sûr impliqué les professeurs émérites, certains qui sont là depuis longtemps, voire depuis les débuts, et qui ont fait de l\u2019UQAM une véritable université de recherche, précise Catherine Mounier.Enfin, ce projet n\u2019aurait pas été possible sans la collaboration de notre Service des partenariats et du soutien à l\u2019innovation.?» LES CRITÈRES DE SÉLECTION Chaque projet retenu devait non seulement se démarquer par sa force innovante et son audace, en tenant compte du contexte historique, mais surtout par la portée de son impact sociétal, qu\u2019il soit de nature économique, scientifique, environnementale, technologique ou culturelle.Un facteur qui se mesure non seulement à l\u2019échelle québécoise, mais aussi hors frontières, car plusieurs projets ont rayonné à l\u2019international.L\u2019INNOVATION SOCIALE, HIER, AUJOURD\u2019HUI ET DEMAIN «?L\u2019innovation sociale est, depuis les débuts, la mesure de notre succès, et de grands noms de l\u2019intelligentsia québécoise ont travaillé dans ce sens avec nous, affirme la vice-rectrice.Nous faisons de la recherche, oui, mais en tenant compte de la finalité sur le terrain.On ne parle pas de viser absolument le prix Nobel.On parle de développer un concept de garderies qui a changé la vie des familles et des femmes québécoises, de projets de loi qui portent sur les libertés individuelles, de trousses d\u2019outils qui aident les municipalités à replanter des arbres en milieu urbain.Cette approche est une constante, jusque dans les domaines de l\u2019administration ou du marketing?: nous sommes plus engagés dans le développement durable et plus orientés en entrepreneuriat social que d\u2019autres écoles de gestion.C\u2019est ce qui nous définit.?» Si la vocation première est toujours bien présente, les choses ont évolué depuis 1969.L\u2019UQAM, qui était à ses débuts orientée vers les premier et deuxième cycles, est aujourd\u2019hui une université de recherche à part entière.Et les nouveaux projets ne manquent pas, comme l\u2019explique Catherine Mounier?: «?Avec le réseau de l\u2019Université du Québec, nous sommes en train de développer une nouvelle façon de concevoir la prévention et la santé communautaire dans un objectif de complémentarité avec les facultés de médecine.Nous continuons également à nous développer en tant que pôle incontournable sur les questions environnementales et à nous démarquer par notre approche intersectorielle?: cela nous permet, par exemple, d\u2019aborder les conséquences des inondations non seulement du point de vue du changement climatique, mais aussi du point de vue des effets psychologiques sur les populations riveraines.Enfin, nous travaillons à l\u2019implantation d\u2019un grand réseau international de recherche-action avec des universités francophones.Notre objectif est de mettre en commun les savoirs universitaires et les savoirs de la société.?» À LA DÉFENSE DES DROITS DE LA PERSONNE Une clinique pour combattre l\u2019injustice sociale La Clinique internationale de défense des droits humains de l\u2019UQAM (CIDDHU), fondée en 2005 par les professeurs Bernard Duhaime et Caroline Hilling, est devenue une véritable référence, ici comme à l\u2019étranger.Première clinique de la francophonie consacrée à la promotion et à la protection des droits de la personne, elle a développé une expertise de pointe dans des dossiers aussi chauds que les droits des migrants, les droits des Autochtones, la lutte contre la torture, les droits des femmes et la protection contre la violence sexuelle.Elle s\u2019implique également dans la défense des ressources naturelles, dont dépendent tellement de personnes vulnérables.Le programme d\u2019enseignement, unique en son genre, est piloté par Mirja Trilsch, profes- seure au Département des sciences juridiques, et s\u2019appuie sur une solide équipe d\u2019avocats et de professeurs spécialisés.Ancré dans l\u2019engagement étudiant, il mise sur la participation active de chacun à l\u2019avancée de projets concrets, dont la réalisation s\u2019effectue avec la collaboration d\u2019organismes partenaires disséminés partout sur la planète.Pendant leur formation, les étudiants du baccalauréat en relations internationales et droit international préparent des rapports et des mémoires, et présentent même des recours à des instances internationales.En parallèle, les étudiants développent de l\u2019expérience clinique en direct avec des ONG et effectuent des stages, au Québec et à l\u2019étranger, au cours desquels ils prêtent main-forte à des projets en accompagnant des intervenants sur le terrain.C\u2019est ainsi que la CIDDHU appuie de nombreuses organisations qui défendent les droits de la personne, et qu\u2019elle offre un soutien juridique gratuit aux victimes de violations.Avec une approche alliant théorie et recherche-action, et une solide expertise en litiges et plaidoyers internationaux, la CIDDHU a formé à ce jour plus de 400 défenseurs des droits de la personne, qui travaillent sans relâche à bâtir un monde meilleur.Et son action ne s\u2019arrête pas là, puisque la CIDDHU a participé à la création d\u2019autres cliniques de droit international au Québec et ailleurs dans le monde.Quelques projets incontournables parmi les 50 retenus par l\u2019UQAM A N N I E S P R A T T CRÉATION DES CPE La participation à une révolution économique, sociale et féministe L\u2019arrivée en force des femmes sur le marché du travail dans les années 1970 a soulevé un problème de taille?: celui du manque criant de garderies fiables et abordables pouvant accueillir les enfants d\u2019âge préscolaire.En 1978, pour appuyer des groupes de pression du mouvement féministe et du milieu syndical qui revendiquaient des services de garde universels et sans but lucratif, une équipe de recherche de l\u2019UQAM a soumis le premier modèle d\u2019un réseau de garderies financées à 80?% par l\u2019État.C\u2019était la pierre d\u2019assise d\u2019un projet sociétal de longue haleine, auquel ont participé les professeures Ruth Rose et Francine Mayer, du Département des sciences économiques, ainsi que Diane Richard, une de leurs étudiantes à la maîtrise.Leur travail a contribué au dévoilement du réseau des CPE à 5 $ en 1997 par Pauline Marois, alors ministre de l\u2019Éducation.En permettant aux Québécoises de se tailler une place sur le marché du travail et de devenir financièrement autonomes, l\u2019adoption de cette politique familiale novatrice a joué un rôle clé dans l\u2019atteinte de l\u2019égalité des sexes.Le taux d\u2019emploi des mères de jeunes enfants a rapidement bondi, et la société québécoise a ainsi pu profiter de leur apport sur le marché du travail.Et n\u2019oublions pas les tout-petits?: les CPE, qui ne se limitent pas au rôle de simples services de garde, leur offrent depuis plus de 20 ans des services éducatifs de qualité dans un cadre sécuritaire et stimulant.Le programme de garderies du Québec est un modèle en soi qui rayonne au pays et hors frontières?: il est reconnu par l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et par la Banque du Canada, ainsi que par le Fonds monétaire international.CONTENU PARTENAIRE Bis est une section qui regroupe des contenus produits pour des annonceurs.La rédaction du Devoir n\u2019a pas été impliquée dans la production de ces contenus.50E ANNIVERSAIRE DE L\u2019UQAM Un parcours inspirant?! D\u2019abord présentés sous la forme d\u2019un parcours-exposition dans l\u2019agora du pavillon Judith- Jasmin, ces 50 projets de recherche qui ont marqué non seulement l\u2019histoire de l\u2019UQAM, mais aussi celle du Québec, peuvent être consultés en ligne?: parcoursimpact.uqam.ca.On peut également jeter un coup d\u2019oeil sur le très beau site consacré aux festivités du 50e anniversaire de l\u2019UQAM pour suivre une fascinante ligne du temps qui va de l\u2019opération ketchup-moutarde (1971) et du premier cours de féminisme (1972) à la construction du premier bâtiment vert (2005), en passant par les premiers pas en apprentissage machine (1980) et la fondation du centre gai et lesbien (1995).Pas étonnant que la thématique du 50e de l\u2019UQAM soit l\u2019audace?! 50ans.uqam.ca PERCÉES EN RECHERCHE BIOMÉDICALE Les cellules cancéreuses dans la mire de l\u2019UQAM C\u2019est un fait?: un Canadien sur deux sera atteint de cancer au cours de sa vie, et au moins une personne dans l\u2019entourage de chacun d\u2019entre nous devra faire face à cette maladie.C\u2019est pourquoi l\u2019UQAM déploie tout un arsenal en recherche biomédicale, domaine dans lequel elle excelle, pour mener de front plusieurs projets porteurs en prévention, en amélioration des soins oncologiques existants et en développement de nouvelles thérapies.Pour atteindre cet objectif, Angiochem et Katana Biopharma, deux sociétés de biotechnologie dérivées de l\u2019UQAM, ont été mises sur pied au cours des dernières années.Sous la direction scientifique des professeurs Richard Béliveau et Borhane Annabi, du Département de chimie, et avec la collaboration de Michel Demeule et Alain Larocque, de la Chaire en prévention et traitement du cancer, ces entreprises conçoivent de nouveaux traitements de pointe ciblant directement les cellules cancéreuses.Ainsi, Angiochem a développé des médicaments capables de franchir la barrière héma- toencéphalique pour cibler et atteindre directement les lésions cancéreuses du cerveau.Il s\u2019agit d\u2019une avancée importante, les cancers cérébraux comptant parmi les plus difficiles à traiter.Des essais cliniques de cette stratégie anticancer ont reçu l\u2019aval de la Food and Drug Administration américaine et sont déployés dans une douzaine de centres hospitaliers de pointe aux États-Unis.Les résultats sont déjà prometteurs.Et ce n\u2019est pas tout?: l\u2019approche ciblée développée par Angiochem pourra être déployée pour traiter d\u2019autres maladies touchant le cerveau, comme l\u2019Alzheimer et le Parkinson.En parallèle, Katana Biopharma, acquise en 2019 par l\u2019entreprise pharmaceutique montréalaise Theratechnologies, travaille à l\u2019élaboration d\u2019un autre type de médicaments ciblés, qui ont également la capacité d\u2019atteindre de façon préférentielle les cellules cancéreuses en touchant un minimum de cellules saines.Le résultat?: une réduction potentiellement importante des effets secondaires liés aux traitements du cancer.Des études cliniques sont prévues pour la fin de l\u2019année 2020.DESIGN URBAIN Conception des bacs de recyclage de la Ville de Montréal Dans un souci de préservation de l\u2019environnement, la Ville de Montréal décide, au début des années 2010, d\u2019augmenter le volume de collecte des matières recyclables sur son territoire.Pour ce faire, elle doit se munir d\u2019un nouveau modèle de bac de recyclage résidentiel adapté à la réalité des immeubles de huit logements ou moins.Le mandat est confié à une équipe de spécialistes regroupant les experts en environnement de la Ville de Montréal, la firme Instadesign et deux professeurs de l\u2019École de design de l\u2019UQAM, André Desrosiers et Koen de Winter, épaulés par les assistants de recherche Thien Nguyen et Stéphanie Vermeersch.Le défi?: concevoir, évaluer et mettre au point de nouveaux bacs à la fois ergonomiques, fonctionnels et parfaitement hermétiques, question d\u2019empêcher les déchets de s\u2019envoler, un problème souvent observé avec les premiers « bacs verts ».Le résultat de ce travail d\u2019équipe : de nouveaux bacs de résine recyclée d\u2019une capacité de 67 litres, faciles à manipuler dans les escaliers et parfaitement adaptés à la réalité de la vie en appartement.Autre particularité?: ils tolèrent des températures de -60 °C et sont par conséquent adaptés aux rigueurs de l\u2019hiver québécois.Dans l\u2019esprit du développement durable, ces bacs ont des formes courbes qui en augmentent la résistance, et ils ont une durée de vie de sept ans.Dès la première année, plus de 300 000 bacs au couvercle vert ont été distribués aux citoyens.On en compte aujourd\u2019hui près de 500 000, et ils font désormais partie intégrante du paysage urbain montréalais.L\u2019IMMUNISATION ABORDABLE POUR 60 MILLIONS D\u2019ENFANTS Création du premier vaccin semi-synthétique au monde La bactérie pathogène Hæmophilus influenzæ de type B (Hib) cause des pneumonies et des méningites affectant principalement les enfants de moins de cinq ans.Jusqu\u2019à 2004, de nombreux pays en développement \u2013 Cuba notamment \u2013 ne pouvaient se procurer de vaccin contre le Hib en raison des coûts élevés en recherche et en production.Résultat?: un nombre important de décès qui auraient facilement pu être évités.Alarmés par cette injustice flagrante, des chercheurs de l\u2019UQAM ont travaillé en tandem avec leurs collègues de l\u2019Université de La Havane pour développer une solution plus abordable.Le projet, codirigé par les professeurs René Roy et Vicente Verez Bencomo, respectivement du Québec et de Cuba, a mené à la création du tout premier vaccin semi-synthétique au monde, efficace à 99?% et, surtout, dix fois moins coûteux.De plus, lorsqu\u2019il est injecté dans sa forme pentavalente \u2013 ou «?cinq en un?» \u2013, ce vaccin offre une protection contre plusieurs infections majeures?: non seulement le Hib, mais aussi le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et l\u2019hépatite B.Le vaccin est offert dans 15 pays en développement et, depuis 2005, il a immunisé plus de 60 millions d\u2019enfants.Grâce à son prix modique, il a fait diminuer l\u2019incidence globale du Hib de 46?%.Et aujourd\u2019hui, les cas de méningite et de pneumonie causés par cet agent pathogène ont été pratiquement éradiqués à Cuba.INNOVATION ENVIRONNEMENTALE Un traitement-choc pour éradiquer les algues bleues On trouve des algues bleues dans tous les lacs du Québec.Ces cyanobactéries ne causent normalement pas de problèmes, sauf lorsqu\u2019elles prolifèrent de façon excessive.La surface de l\u2019eau peut alors se couvrir d\u2019efflorescences bleu-vert d\u2019aspect rébarbatif, et les répercussions sur les écosystèmes aquatiques, la flore, la faune et la santé humaine peuvent être néfastes.Certaines cyanobactéries produisent des toxines pouvant causer des irritations cutanées et des allergies, et elles peuvent même s\u2019attaquer au foie, au cerveau et au système nerveux.En raison de ces risques, la baignade est alors interdite.C\u2019est ce qui s\u2019est produit en 2006 au lac Bromont, et les conséquences socioéconomiques ont été désastreuses pour cette région reconnue pour ses activités récréotouristiques.Il était impératif de découvrir la source du problème et de restaurer rapidement la santé du lac.Pour ce faire, l\u2019OBNL Action conservation du bassin versant du lac Bromont a fait appel à l\u2019Institut des sciences de l\u2019environnement de l\u2019UQAM.C\u2019était le coup d\u2019envoi d\u2019un programme de recherche mené sous la direction de la professeure émérite Dolores Planas, en collaboration avec Claire Vanier, du Service aux collectivités de l\u2019UQAM, et une trentaine d\u2019étudiants.Leurs études ont révélé que c\u2019est l\u2019accumulation de phosphore au fond du lac, dont les cyanobactéries se nourrissent, qui était à la source de la prolifération.La recommandation?: un traitement non toxique au Phoslock, un produit composé d\u2019argile et de lanthane (un métal), qui se fixe sur le phosphore pour l\u2019emprisonner dans les sédiments.Résultat?: les cyanobactéries ne peuvent plus s\u2019en nourrir.Cent soixante-quatorze tonnes de Phoslock et un an plus tard, la concentration de phosphore avait déjà diminué de 70?%, et ce, malgré un été chaud et pluvieux, propice aux proliférations.Depuis, l\u2019interdit de baignade a été levé et les activités récréotouristiques ont repris.Cette réussite spectaculaire de l\u2019Institut des sciences de l\u2019environnement a un excellent potentiel puisque les mêmes principes peuvent être mis en pratique pour enrayer la prolifération de cyanobactéries ailleurs au Québec et au Canada.G E T T Y I M A G E S A N N E J O N C A S S T É P H A N I E V E R M E E R S C H G E T T Y I M A G E S G E T T Y I M A G E S ÉCONOMIE A 8 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 L\u2019UQAM recherche actuellement plusieurs professeures, professeurs pour contribuer à sa mission d\u2019enseignement, de recherche et de création aux trois cycles.Les postes sont offerts à l\u2019École des sciences de la gestion et dans les facultés des arts, de communication, des sciences, des sciences humaines, de science politique et de droit et des sciences de l\u2019éducation.Pour une description détaillée de l\u2019ensemble des postes offerts, incluant les exigences et les délais pour poser une candidature: carrieres.uqam.ca Postes de professeures, professeurs Unité permanente anticorruption (UPAC) APPEL DE CANDIDATURES COMMISSAIRE ASSOCIÉ AUX ENQUÊTES Commissaire à la lutte contre la corruption Période d\u2019inscription : Du 2 décembre 2019 au 13 janvier 2020 Concours numéro : 2019-244-60 Région de Montréal La secrétaire générale associée responsable des emplois supérieurs au ministère du Conseil exécutif, en collaboration avec le ministère de la Sécurité publique et le Commissaire à la lutte contre la corruption, invite les personnes intéressées et possédant les qualités recherchées à soumettre leur candidature aux fins de constituer une liste de personnes déclarées aptes à être nommées au poste de commissaire associé aux enquêtes.Le Commissaire à la lutte contre la corruption est un corps de police spécialisé organisme dont la charge a été instituée par la Loi concernant la lutte contre la corruption (RLRQ, chapitre L-6.1).Son mandat vise à renforcer les actions de prévention et de lutte contre la corruption dans le secteur public, notamment en matière contractuelle, et contribuer à favoriser la confiance du public dans les marchés publics et les institutions publiques.Pour contribuer à l\u2019atteinte de cette mission, le commissaire associé aux enquêtes a pour principal mandat de diriger les activités de l\u2019équipe spécialisée d\u2019enquête et de coordonner celles de toute équipe d\u2019enquête désignée par le gouvernement.Il s\u2019assure que les équipes d\u2019enquêtes accomplissent leur mandat dans leur domaine de compétence respectif.Il doit établir et assurer le suivi d\u2019indicateurs de performance des activités d\u2019enquêtes placées sous sa responsabilité et en rendre compte au commissaire à la lutte contre la corruption.Il doit suivre son budget de manière efficiente et responsable pour la réalisation de son mandat.Il s\u2019assure que le personnel adhère aux normes d\u2019éthique, aux valeurs de l\u2019UPAC ainsi qu\u2019aux bonnes pratiques en matière d\u2019enquêtes et s\u2019assure que les enquêteurs ont les compétences requises et qu\u2019ils bénéficient des ressources nécessaires pour bien mener leurs enquêtes.Le commissaire associé doit s\u2019assurer de la bonne collaboration des partenaires, de maintenir des bons liens auprès du Directeur des poursuites pénales et criminelles et il doit prendre des décisions qui pourraient avoir des conséquences dans diverses procédures judiciaires.Il est appelé à participer à l\u2019élaboration et à la mise en place de moyens visant l\u2019atteinte des objectifs de la planification stratégique de son service et de celle du Commissaire à la lutte contre la corruption et doit rendre compte des activités relevant de sa responsabilité dans le cadre du rapport annuel de gestion du Commissaire à la lutte contre la corruption.Il s\u2019assure de la mise en œuvre de pratiques et de moyens favorisant la mobilisation, le développement et la rétention du personnel sous son autorité.CONDITIONS D\u2019ADMISSION La personne candidate doit détenir un diplôme universitaire de premier cycle dans une discipline pertinente ou une attestation d\u2019études pertinentes dont l\u2019équivalence est reconnue par l\u2019autorité compétente.Elle doit posséder un minimum de dix ans d\u2019expérience en matière d\u2019enquêtes criminelles et pénales d\u2019envergure dont cinq années à titre de gestionnaire ET avoir été ou être agent de la paix.Son expérience doit lui avoir permis d\u2019acquérir une bonne connaissance de l\u2019État et de la gouvernance des organisations ainsi qu\u2019une excellente connaissance de l\u2019encadrement législatif et réglementaire des organisations policières, au sens de la Loi sur la police, en plus d\u2019une connaissance particulière en lien avec la corruption, la collusion, l\u2019abus de confiance et le trafic d\u2019influence, au sens de la partie IV du Code criminel et de la Loi sur la concurrence, de même que des notions juridiques applicables.La ou le titulaire de cet emploi doit aussi être citoyen canadien, être de bonnes mœurs et ne pas avoir été reconnu coupable, en quelque lieu que ce soit, d\u2019un acte ou d\u2019une omission que le Code criminel (Lois révisées du Canada [1985], chapitre C-46) décrit comme une infraction, ni d\u2019une des infractions visées à l\u2019article 183 de ce code, créées par l\u2019une des lois qui y sont énumérées.CRITÈRES DE SÉLECTION Le comité de sélection procède avec diligence à l\u2019évaluation de l\u2019aptitude des candidats sur la base de leurs connaissances, notamment en droit criminel et pénal, de leurs expériences et de leurs aptitudes, en considérant les critères déterminés par règlement du gouvernement.Postulez dès maintenant ! Consultez l\u2019appel de candidatures complet sur le site https://www.emplois-superieurs.gouv.qc.ca/PostesOfferts ou écrivez-nous à rh.qualification@msp.gouv.qc.ca pour obtenir les détails et la façon de soumettre votre candidature.CARRIÈRES & PROFESSIONS Profits pour la SQDC La Société québécoise du cannabis (SQDC) a engrangé des profits d\u2019environ 5 millions au deuxième trimestre clos le 14 septembre, sur des ventes de 63,8 millions.Les revenus gouvernementaux \u2014 taxes à la consommation et droits d\u2019accise \u2014 ont été de près de 17 millions.À mi-chemin dans l\u2019exercice, la SQDC a généré un résultat net de 6,3 millions et des revenus gouvernementaux de 30 millions, sur un chiffre d\u2019affaires de 108,7 millions.Le prix de vente moyen d\u2019un gramme pour tous les produits confondus a été de 8,39$.Pendant le deuxième trimestre, la SQDC a ajouté quatre succursales à son réseau, qui devrait compter une trentaine de boutiques d\u2019ici la fin de l\u2019année financière, à la fin de mars.La Presse canadienne L\u2019OPEP restreint sa production VIENNE \u2014 Les grands pays exportateurs de pétrole et la Russie ont trouvé un accord vendredi pour réduire encore leur production d\u2019au moins 500 000 barils par jour afin de soutenir les cours du brut, qui ont aussitôt réagi à la hausse.Cette réduction va porter l\u2019effort total de limitation de la production à 1,7 million de barils par jour pour l\u2019ensemble du groupe de 24 pays, ont indiqué les ministres de l\u2019Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs partenaires.Cette alliance pompe près de la moitié du brut mondial.Ces mesures ont entraîné un bond immédiat des prix du pétrole de près de 2% à Londres et à New York, atteignant respectivement 64,61$US et 59,51$US.Agence France-Presse EN BREF ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le gouverneur Stephen Poloz cédera la barre de la Banque du Canada au terme de son actuel mandat au mois de juin.Celui qu\u2019on a eu tendance à sous- estimer et même à critiquer durant les premières années se sera finalement plutôt bien tiré d\u2019affaire.SECTEUR BANCAIRE Poloz tire sa révérence à la Banque du Canada Son remplaçant, qui devrait entrer en poste en juin, pourrait pour la première fois être une femme ou un francophone Le conseil d\u2019administration de la banque centrale canadienne a annoncé vendredi que Stephen Poloz avait décidé de ne pas solliciter de second mandat à l\u2019échéance de celui de sept ans qu\u2019il a entrepris en 2013 et qui doit prendre fin le 2 juin prochain.« Le poste de gouverneur de la Banque du Canada a été mon emploi de rêve.Je le quitterai en juin prochain avec gratitude et beaucoup de fierté », a déclaré dans le même communiqué le gouverneur de 64 ans.La nouvelle n\u2019est pas une surprise, aucun gouverneur n\u2019ayant dirigé la Banque pendant plus d\u2019un mandat depuis Gerald Bouey, de 1973 à 1987.Son prédécesseur, Mark Carney, était même parti après seulement cinq ans et demi pour assumer les mêmes fonctions, mais cette fois à la tête de la Banque d\u2019Angleterre.Début difficile et succès À son arrivée en poste, Stephen Po- loz avait face à une certaine dose de scepticisme.Ayant commencé sa carrière comme économiste à la Banque, mais étant passé par la suite à Exportation et développement Canada qu\u2019il allait finir par présider, il semblait un bien pâle remplaçant à Carney, dont l\u2019esprit vif, le charisme et l\u2019aplomb durant la Grande Récession lui avaient presque donné des allures de rock star.Les choses n\u2019allaient pas s\u2019arranger par la suite, le monde de la finance ayant au début du mal à le suivre dans son mode de communication décoincé faisant parfois appel à de surprenantes métaphores, où il pouvait être question de cartes de hockey ou de cuisson de la sauce à spaghetti.On lui en a surtout voulu quand, sans avertissement, il a procédé à deux baisses consécutives des taux d\u2019intérêt en réaction à la chute des prix du pétrole au début de 2015.Aujourd\u2019hui, on réalise que cette fois- là, « le Canada a échappé à une récession de justesse, dit Steve Ambler, professeur d\u2019économie à l\u2019Université du Québec à Montréal.En réagissant rapidement à la crise \u2014 parce que c\u2019était une crise \u2014, ils sont parvenus à empêcher que l\u2019hécatombe en Alberta ne se diffuse à l\u2019économie canadienne entière.» Autre succès, « de toutes les principales banques centrales, c\u2019est celle du Canada qui fait le mieux en matière d\u2019atteinte de sa cible d\u2019inflation », qui est de 2 %, note l\u2019économiste qui est aussi la référence en matière de politique monétaire à l\u2019Institut C.D.Howe.Et puis, rien n\u2019est plus difficile que « de faire de la politique monétaire lorsque les règles de l\u2019économie changent », explique Jean-Pierre Aubry, qui a travaillé 30 ans comme économiste à la Banque du Canada et qui a gardé de ses jeunes années passées aux côtés de Stephen Poloz l\u2019habitude de l\u2019appeler « Steve ».« Steve a eu à manœuvrer à une époque de grande incertitude marquée par de fortes tensions commerciales et où les banques centrales ont même du mal à comprendre les mouvements de l\u2019inflation.» Dans un tel contexte, dit-il, les banquiers centraux doivent impérativement « éviter de surréagir » et ont parfois intérêt à « rester flous afin de se garder de la marge de manœuvre ».Une future première Un comité spécial du conseil d\u2019administration de la Banque du Canada s\u2019est désormais mis en quête d\u2019un remplaçant à Stephen Poloz.Des annonces seront placées un peu partout, y compris dans des journaux canadiens et étrangers.Le candidat que l\u2019on compte avoir trouvé d\u2019ici le printemps sera soumis à l\u2019approbation du gouvernement fédéral.Parmi les noms qui circulaient vendredi, on retrouvait celui de la première sous-gouverneure de la Banque, Caroline Wilkins.Il y avait aussi ceux de trois Québécois : Jean Boivin, ancien sous-gouverneur de la Banque et aujourd\u2019hui chef de la recherche pour la plus grande firme d\u2019investissement privée au monde, BlackRock ; Paul Beaudry, réputé professeur d\u2019économie et nouveau sous-gouverneur de la Banque, ainsi que Paul Rochon, sous-ministre des Finances à Ottawa.L\u2019ancien numéro deux de la Banque au temps de Mark Carney, Tiff Macklem, et le grand patron de la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement, Evan Sid- dall, étaient aussi évoqués.« Qui sait ?On aura peut-être bientôt la première femme ou le premier francophone à la tête de la Banque du Canada ?» dit Steve Ambler.Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a décidé de ne pas solliciter de second mandat à l\u2019échéance de celui de sept ans qu\u2019il a entrepris en 2013 et qui doit prendre fin le 2 juin prochain.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE ÉCONOMIE A 9 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 MONTRÉAL 514-231-8677 BEACONSFIELD 514-697-9484 LONGUEUIL 450-445-9829 LAVAL 450-627-3716 REPENTIGNY 514-755-8677 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 FORT LAUDERDALE 954-955-8677 PROVENCE/CÔTE AZUR 06-33-80-00-95 MOTORISATION DISPONIBLE www.universdustore.ca SUR MESURE FABRIQUÉ AU QUÉBEC OPAQUES MAISON \u2022 CONDO \u2022 COMMERCE VERRIÈRE \u2022 MOTORISÉ \u2022 BUREAU TRANSLUCIDES SOLAIRES Claude Bouchard VENTE ESTIMATION GRATUITE SANS FRAIS UNIVERS DU STORE INSTALLATION GRATUITE UNIVERSAL BLINDS 1 855 770-8677 MONTRÉAL \u2022 QUÉBEC \u2022 LÉVIS \u2022 TROIS-RIVIÈRES \u2022 LAVAL \u2022 LONGUEUIL \u2022 REPENTIGNY \u2022 BEACONSFIELD \u2022 BOISBRIAND \u2022 CHAMBLY \u2022 BELOEIL \u2022 FORT LAUDERDALE 50% de rabais ou Pour information : www.lafitte.com I lafitte@lafitte.com I 514-842-1270 L\u2019ART DE FAIRE UNE DIFFÉRENCE UN ENCAN INTERACTIF AU PROFIT DE REVIVRE Pour accéder à l\u2019encan : www.macause.com/lafitte/encan FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Un an après la motion unanime de l\u2019Assemblée nationale en faveur de l\u2019interdiction des clauses de disparité de traitement (CDT) qui subsistent dans les conventions collectives, le gouvernement Legault poursuit son travail, mais la complexité de cet enjeu est plus grande que ce que l\u2019on aurait pu imaginer au départ, a dit vendredi le ministre du Travail.Lorsque le gouvernement Couillard a modifié les normes du travail en juin 2018, il a interdit que de nouvelles clauses de disparité entre les anciens et nouveaux salariés, souvent appelées «clauses orphelin», fassent leur apparition.Il a cependant permis que les clauses déjà négociées continuent d\u2019exister, une décision critiquée par la CAQ à l\u2019époque.«C\u2019est un processus qui est complexe, je veux faire attention aux conditions de retraite des salariés actuels [\u2026], mais l\u2019autre élément que je considère, c\u2019est la flexibilité pour les entreprises», a dit le ministre Jean Boulet en entrevue au Devoir.Dans la foulée de la motion unanime de décembre 2018, le ministre a mis sur pied un groupe de travail réunissant des représentants du ministère du Travail, du ministère des Finances et de Retraite Québec « afin d\u2019avoir le portrait global ».En septembre dernier, il a demandé au Comité consultatif du travail et de la main-d\u2019œuvre, constitué d\u2019organisations patronales et syndicales, de lui fournir un avis d\u2019ici mars 2020.Équivalence À l\u2019heure actuelle, il existe au Québec 97 régimes de retraite qui s\u2019appliquent différemment selon les employés en fonction de leur date d\u2019embauche.Le cas classique d\u2019une disparité de traitement est celui d\u2019un régime de retraite où les plus anciens employés sont couverts par des prestations déterminées tandis que les plus jeunes sont dans un volet à cotisations déterminées.« J\u2019aimerais que les parties disposent d\u2019une certaine marge de manœuvre dans la négociation du retrait des disparités de traitement.Il y a des intervenants qui m\u2019ont dit qu\u2019il faudrait peut- être penser à déterminer ce qui est distinct, voir ce qui pourrait être un régime jugé équivalent, et ce régime équivalent, je pourrais l\u2019exempter de la prohibition des disparités de traitement », a dit M.Boulet.Le Comité consultatif du travail et de la main-d\u2019œuvre devra réfléchir à ces règles d\u2019équivalence.Une fois l\u2019avis en main, «ça va me permettre de statuer [pour voir si] la distinction entre deux régimes de retraite introduit une disparité de traitement », a dit le ministre.«Ce consensus-là pour moi est assez déterminant.» Le dépôt d\u2019un projet de loi pourrait avoir lieu à l\u2019automne 2020, a dit M.Boulet en affirmant qu\u2019il souhaite « qu\u2019il n\u2019y ait pas de problématique liée à l\u2019équité intergéné- rationnelle».«Je veux m\u2019assurer que ce type de régime équivalent permet aux salariés d\u2019avoir les mêmes bénéfices que dans l\u2019autre régime.» Pour une abolition complète Le groupe Force Jeunesse, qui milite pour l\u2019abolition totale des CDT, a écrit au ministre cette semaine pour lui rappeler l\u2019engagement et l\u2019inviter à «déposer rapidement» un projet de loi.Il chiffre à 16000 le nombre de travailleurs touchés par un régime de retraite à deux vitesses.«Les CDT touchent particulièrement les jeunes travailleurs puisqu\u2019ils se retrouvent souvent à être les derniers embauchés.[\u2026] La solution la plus efficace pour corriger cette injustice intergénération- nelle demeure l\u2019interdiction complète du recours à ce type de clause discriminatoire, sans privilège particulier pour les régimes déjà en place», écrit-il.Les centrales syndicales s\u2019opposent également aux CDT.Une interdiction rapide « créerait une pression très importante pour mettre fin aux régimes actuels à prestations déterminées et inclure tous les salarié(e)s dans un régime à cotisations déterminées », a déjà écrit la CSN dans un mémoire remis à Québec.Mais les CDT ne peuvent pas durer indéfiniment, avait-elle nuancé.De son côté, le Conseil du patronat a déjà affirmé au Devoirqu\u2019une interdiction totale sèmerait le chaos et que les CDT existantes ont été « négociées entre des parties de manière légitime ».TRAVAIL Les « clauses orphelin », plus complexe que prévu Québec pourrait déposer son projet de loi pour interdire les clauses de disparité de traitement à l\u2019automne 2020 À l\u2019heure actuelle, il existe au Québec 97 régimes de retraite qui s\u2019appliquent différemment selon les employés en fonction de leur date d\u2019embauche.GETTY IMAGES GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR CHÔMAGE Le marché de l\u2019emploi recule encore au Québec Le repli est aussi constaté pour l\u2019ensemble du Canada 5,6 % C\u2019est le taux de chômage actuel au Québec, en hausse de 0,6 point.Le Québec enregistre un recul de l\u2019emploi pour un deuxième mois consécutif.La baisse a été particulièrement ressentie en novembre, poussant le taux de chômage québécois au même niveau que celui de l\u2019Ontario.L\u2019économie québécoise a affiché une perte nette de 45 100 emplois le mois dernier, le recul se mesurant tant dans le temps plein (-32 700) que le temps partiel (-12 400).Le taux de chômage a ainsi augmenté de 0,6 point pour s\u2019établir à 5,6 %, rejoignant le taux ontarien.Ce dernier est passé de 5,3 à 5,6 % malgré une création de 15 400 emplois dans cette province, reflétant un nombre accru de personnes se disant à la recherche de travail.Le repli de novembre au Québec s\u2019ajoutait à celui de quelque 9500 postes comptabilisés en octobre.« Novembre prend des allures de refroidissement brutal », a commenté Joëlle Noreau.L\u2019économiste principale au Mouvement Desjardins d\u2019ajouter : « Cette accalmie du marché du travail ne surprend pas outre mesure » compte tenu de la performance économique plutôt vigoureuse qui se manifeste ici.« L\u2019ampleur qu\u2019elle a prise au Québec en novembre pourrait être atténuée dans les prochains mois.» L\u2019institut de la statistique du Québec (ISQ ) souligne qu\u2019après 11 mois, l\u2019emploi est en hausse de 74 200 ou de 1,7 % par rapport à la période correspondante de 2018, fixant à 5 % le taux de chômage moyen depuis le début de 2019.« Le bilan depuis un an est un ajout de 44 900 travailleurs (+1 %), ce qui représente un gain mensuel moyen de 3742 emplois dans un contexte de rareté, voire de pénurie de main-d\u2019œuvre », a renchéri Joëlle Noreau.Au Canada À l\u2019échelle canadienne, l\u2019emploi a diminué de 71 200 entre octobre et novembre, ajoutant 0,4 point au taux de chômage, qui s\u2019établit désormais à 5,9 %, son niveau le plus élevé depuis août 2018.« Par rapport à novembre 2018, l\u2019emploi a progressé de 293 000 [+1,6 %], et cette croissance est largement attribuable au travail à temps plein », a souligné Statistique Canada.Matthieu Arseneau, chef économiste adjoint à la Banque Nationale, dit du recul de l\u2019emploi au Canada qu\u2019il est le pire repli depuis la récession en novembre.« L\u2019ampleur de la baisse provoquée par une détérioration dans le secteur privé était surprenante, particulièrement parce qu\u2019elle s\u2019est produite à un moment où les incertitudes mondiales avaient un peu diminué.Nous serions plus inquiets si ce repli ne faisait pas suite à une progression exceptionnelle toute l\u2019année.» Il s\u2019en remet aux 285 000 emplois créés depuis le début de l\u2019année, « la deuxième meilleure performance pendant les dix années d\u2019expansion », quelque 86 % de ces nouveaux emplois étant à temps plein.Bas historique aux États-Unis La performance était tout autre au sud de la frontière.Le marché du travail américain a enregistré une création de 266 000 emplois le mois dernier, poussant le taux de chômage à son bas vieux de 50 ans de 3,5 %.La réaction du président américain Donald Trump était attendue : « EXCELLENT RAPPORT SUR L\u2019EMPLOI ! », a tweeté l\u2019hôte de la Maison- Blanche.Et ce, même si la statistique vient appuyer la décision du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, de maintenir le statu quo en matière de taux d\u2019intérêt directeur.Du point de vue salarial, sur douze mois, le salaire horaire moyen s\u2019inscrit en hausse de 3,1 %, soit au-dessus de l\u2019inflation (+1,8 % sur un an), a ajouté le département du Travail.Surtout, ces chiffres solides montrent que, malgré le net coup de frein du secteur manufacturier depuis le début de l\u2019année, l\u2019activité de la première économie mondiale résiste mieux que ne l\u2019anticipaient nombre d\u2019économistes, et ce, en dépit de l\u2019incertitude persistante créée par les frictions commerciales entre les États- Unis et la Chine, relève l\u2019Agence France-Presse.Il reste qu\u2019en moyenne depuis le début de l\u2019année, l\u2019économie américaine a créé 180 000 emplois chaque mois, contre 223 000 créations mensuelles en 2018. A 10 CULTURE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 GAËL BRANCHEREAU À STOCKHOLM AGENCE FRANCE-PRESSE À Stockholm, où il doit recevoir le prix Nobel, Peter Handke, 77 ans, a été rattrapé par la polémique sur ses positions pro-Serbes pendant les guerres dans l\u2019ex-Yougoslavie.Lors de la traditionnelle conférence de presse des lauréats du prix de littérature avant les cérémonies du 10 décembre, l\u2019écrivain autrichien s\u2019est montré très agacé par la controverse, refusant de répondre sur le fond aux questions des médias.« J\u2019aime la littérature, pas les opinions », a-t-il dit à une journaliste qui lui demandait s\u2019il avait changé d\u2019opinion sur ce qui s\u2019était passé dans les Balkans dans les années 1990.« J\u2019abhorre les opinions », a-t-il insisté.Il a assuré avoir vainement tenté à plusieurs reprises de nouer un dialogue avec ses détracteurs et assuré vouloir faire un geste de « réconciliation ».Un journaliste du site d\u2019investigation The Intercept lui a ensuite demandé pourquoi dans ses livres il ne prenait pas acte des travaux du Tribunal pénal international pour l\u2019ex-Yougoslavie, qui a reconnu le génocide de Srebrenica et pour lequel Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie, et Radovan Karadzic, son équivalent politique, ont été condamnés.« Poursuivez vos questions, j\u2019aime vos questions », a ironisé Peter Handke, avant de lire une lettre hostile qui lui a été récemment envoyée avec du papier hygiénique.« Je préfère une lettre anonyme avec du papier toilette à vos questions vides et ignorantes », a-t-il lancé, précisant qu\u2019il avait également reçu de nombreux courriers de soutien.En 1996, un an après la fin des conflits en Bosnie et en Croatie, Peter Handke avait publié un pamphlet, Justice pour la Serbie, qui avait suscité la polémique.L\u2019auteur avait condamné en 1999 les bombardements occidentaux sur la Serbie, menés pour forcer Slobodan Milosevic, homme fort de Belgrade durant toute cette période, à retirer ses troupes du Kosovo.Et il s\u2019était rendu en 2006 aux funérailles de Milosevic, décédé avant d\u2019entendre son verdict pour crimes de guerre devant la justice internationale.Depuis l\u2019annonce du prix début octobre, l\u2019Académie suédoise qui décerne le Nobel est également au cœur de la tempête.Vendredi, quelques heures avant la conférence de presse de Peter Handke, un éminent académicien, Peter Englund, a fait savoir qu\u2019il n\u2019assisterait pas à la cérémonie de remise du prix.« Célébrer le prix Nobel de Peter Handke serait pure hypocrisie de ma part », a écrit Peter En- glund, historien et écrivain, au quotidien Dagens Nyheter.Deux membres (non académiciens) du comité Nobel ont par ailleurs annoncé lundi leur démission.Kristoffer Leandoer a indiqué qu\u2019il n\u2019avait pas « la patience » de suivre les réformes internes lancées par l\u2019académie après le scandale d\u2019agressions sexuelles qui l\u2019a fait imploser en 2017.Gun-Britt Sunds- tröm a pour sa part invoqué, entre autres motifs, l\u2019attribution du Nobel à Peter Handke.« Le choix du lauréat 2019 ne s\u2019est pas limité à récompenser une œuvre littéraire, mais a également été interprété, tant au sein qu\u2019en dehors de l\u2019académie, comme une prise de position qui place la littérature au-dessus de la politique », a-t-elle écrit au journal Dagens Nyheter.« Cette idéologie n\u2019est pas la mienne », a-t-elle ajouté.MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Quinze années déjà que Revue et corrigée passe l\u2019actualité au tordeur.La rétrospective du Théâtre du Rideau vert reconduit annuellement sa formule gagnante mixant sketchs parodiques et numéros chantés.Et encore cette fois, le dynamique spectacle déroule un feu roulant, bien rodé, de tableaux servis par des personnifications généralement au point.Mais on a connu des éditions plus fortes, plus drôles.Sur le plan des textes, l\u2019inspiration n\u2019est pas toujours au rendez-vous.Plusieurs parodies semblent un peu molles ou en mal de punch final.À l\u2019inverse, je donnerais la palme de ce Revue et corrigée 2019 au gag récurrent de « l\u2019encan des cochonneries » de l\u2019année.Une façon ingénieuse de lancer une série de piques acides sur divers dossiers d\u2019actualité, de Don Cherry au scandale Desjardins.Autre bonne idée très bien exécutée : le duo Andrew Scheer-Stephen Harper, qui détourne une légendaire publicité télévisée.La drôlerie de plusieurs numéros s\u2019appuie plutôt sur les prouesses de sa distribution, voire émane du plaisir de découvrir qui caricature quelle personnalité.On peut compter sur le toujours délirant Marc St-Martin \u2014 spécialiste des pairages improbables \u2014 en Michel Bergeron, entre autres, Suzanne Champagne connaît son moment de gloire avec Elizabeth May, Julie Ringuette confond en Cœur de Pirate (mais sa Céline, toujours fabuleuse, est un peu gaspillée).Le nouveau venu François Parenteau convainc en Harper ou en\u2026 Denise Bombardier.Quant à l\u2019autre recrue, Martin Vachon, il s\u2019est vite imposé avec force, qu\u2019il campe un encanteur cynique, André Sauvé ou Alexis Bru- nelle-Duceppe dans une scène qui recrée le mémorable duo père-fils de la soirée électorale.Un sympathique numéro qui faisait d\u2019autant plus d\u2019effet, lors de la première, que les deux politiciens étaient dans la salle\u2026 Le divertissement se veut d\u2019abord consensuel.Même un thème potentiellement miné comme la loi 21 est revisité par le gentil Passe-Partout \u2014 un flash intéressant par son contraste \u2014, ce qui nous vaut une visite de «Passe-Bâillon» (Simon Jolin-Barrette).Avouons toutefois que cette marionnette voilée prénommée\u2026 Fatwa laisse pour le moins songeur.L\u2019environnement \u2014 un « beau passe- temps », comme le qualifie ici un François Legault campé en mononcle très Roger Bontemps \u2014 tient une place importante dans le show, de l\u2019incontournable Greta Thunberg à nos propres contradictions de consommateurs prétendument écolos.Sinon, la revue a beau couvrir un large terrain de sujets, la planète s\u2019y résume pas mal au Québec.L\u2019actualité internationale manque à l\u2019appel, même l\u2019omniprésent Brexit.L\u2019exception consiste en une apparition du président Trump, dont on aurait pu se passer.Trop parodié partout, déjà caricatural en soi, et héritant ici d\u2019un texte qui tombe à plat, aux côtés d\u2019un Maxime Bernier assez peu décapant.Notons en terminant que, pour la première fois, le spectacle sera présenté dans la Vieille Capitale, en janvier.Et les sujets du maire Labeaume n\u2019ont pas été oubliés, pas plus qu\u2019une certaine œuvre d\u2019art controversée\u2026 Revue et corrigée 2019 Textes : Cassandre Charbonneau-Jobin, Daniel Leblanc, Étienne Marcoux, Luc Michaud, Dominic Quarré.Mise en scène: Natalie Lecompte.Script- édition : Daniel Leblanc.Jusqu\u2019au 4 janvier au Théâtre du Rideau vert.Et du 8 au 12 janvier au Capitole de Québec.CRITIQUE THÉÂTRE Quinze ans et (pas) toutes ses dents Revue et corrigée connaît une édition moyenne, malgré quelques temps forts « J\u2019aime la littérature, pas les opinions », a rétorqué Handke à une journaliste qui lui demandait s\u2019il avait changé d\u2019opinion sur ce qui s\u2019était passé dans les Balkans dans les années 1990.JONATHAN NACKSTRAND AGENCE FRANCE-PRESSE NOBEL DE LITTÉRATURE Peter Handke rattrapé par la polémique L\u2019actualité internationale manque à l\u2019appel, exception faite du président Trump, trop parodié partout, déjà caricatural en soi, et héritant ici d\u2019un texte qui tombe à plat A 11 SPORTS LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Cet hiver, il y a plus pour répondre à vos besoins de santé ou d\u2019aide psychosociale Découvrez les cliniques d\u2019hiver Jusqu\u2019au 31 mars, pro?tez d\u2019un accès boni?é aux services par l\u2019ajout de personnel ou de plages horaires dans une clinique près de chez vous.Il y a plus de services que vous pensez.Apprenez-en davantage au : Québec.ca/cliniqueshiver Le Canadien arrache un gain à New York Un but de Nate Thompson à un peu plus d\u2019une minute de la fin a offert une victoire de 2-1 au Canadien de Montréal, vendredi soir, chez les Rangers de New York.Le Tricolore avait ouvert la marque par Brendan Gallagher en première période, avant que Brendan Smith crée l\u2019égalité en seconde.Il s\u2019agissait d\u2019un deuxième gain en trois rencontres pour le CH, après une séquence de huit défaites d\u2019affilée.Le compte rendu complet est à lire sur nos plateformes numériques.Le Devoir Blondin en or, Weidemann en bronze NOURSOULTAN \u2014 Les Ottaviennes Ivanie Blondin et Isabelle Weide- mann sont de nouveau montées ensemble sur le podium d\u2019une étape de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste.Elles ont respectivement remporté les médailles d\u2019or et de bronze du 5000 mètres disputé à Noursoul- tan, au Kazakhstan.Le Sherbroo- kois Alex Boisvert-Lacroix a, pour sa part, mérité la médaille de bronze du 500 mètres, montant sur le podium d\u2019une épreuve individuelle pour la première fois depuis la saison 2017-2018.La Presse canadienne EN BREF Nate Thompson et Jeff Petry MARY ALTAFFER ASSOCIATED PRESS ALEXANDRE GEOFFRION-MCINNIS LA PRESSE CANADIENNE Mikaël Kingsbury franchira une autre étape importante de son illustre carrière, samedi, lorsqu\u2019il s\u2019élancera sur les pentes de la Coupe du monde de ski acrobatique de Ruka, en Finlande.Kingsbury, de Deux-Montagnes, effectuera son 100e départ sur le circuit, et il y convoitera sa 57e victoire.Un nombre de victoires ahurissant, surtout que le bosseur âgé de 27 ans ne démontre aucun signe d\u2019essoufflement.« Ruka est un endroit spécial pour moi.Je vis un autre jalon important avec mon 100e départ en Coupe du monde et ma 10e saison.Ce qui est intéressant, c\u2019est que j\u2019ai 100 départs consécutifs en Coupe du monde ; je n\u2019ai pas raté une seule course ! J\u2019ai très hâte à samedi », a-t-il déclaré à La Presse canadienne plus tôt cette semaine lors d\u2019un échange de courriels.À en juger par les succès qu\u2019il a remportés au fil de sa carrière là-bas, le Québécois sera de toute évidence le favori pour l\u2019emporter de nouveau ce week-end.Après tout, il a obtenu son premier podium en carrière à Ruka, y a porté son premier maillot jaune de meneur au classement général, en plus d\u2019avoir battu le record d\u2019Edgar Grospiron et signé sa 50e victoire en carrière.Kingsbury n\u2019a pas cédé la première marche du podium à un adversaire depuis la Coupe du monde de Shymbu- lak, au Kazakhstan, où il avait terminé deuxième, le 2 mars dernier.Afin d\u2019éviter qu\u2019une telle situation se reproduise, il a déjà indiqué qu\u2019il réservait quelques surprises à ses adversaires.En ce sens, il sera intéressant de voir si le principal intéressé tentera son fameux saut « Cork 144 », qu\u2019il avait SKI ACROBATIQUE Kingsbury prêt pour son 100e départ Le Québécois atteindra un plateau important en Coupe du monde samedi en Finlande été le premier à réussir en compétition officielle de la Coupe du monde l\u2019hiver dernier à Tazawako, au Japon.« On a skié quelques fois depuis notre arrivée et les conditions sont vraiment très belles, a-t-il admis.C\u2019est une piste qui convient bien à mon type de ski.[\u2026 ] Je suis fébrile parce que je me suis entraîné fort tout l\u2019été et que j\u2019ai pratiqué des nouveaux sauts, donc j\u2019ai hâte de skier en compétition.» Le Japonais Ikuma Horishima, deuxième au classement de la Coupe du monde l\u2019an dernier derrière le « King des bosses », fera partie de ses principaux adversaires, tout comme le Français Benjamin Cavet, le Suédois Walter Wallberg et l\u2019Australien Matt Graham, notamment.Kingsbury a d\u2019ailleurs rappelé que le peloton sera très relevé, encore cette saison.« Il y a plusieurs excellents skieurs sur le circuit.À tout moment, ce peut être la journée de l\u2019un d\u2019eux, que ce soit Ikuma Horishima, Ben Cavet, Dmitriy Reiherd ou Matt Graham, a-t-il dit.J\u2019essaie de ne pas trop me concentrer sur eux, pour me concentrer plutôt sur chaque petite chose que je dois faire correctement pour remporter la course.» Chez les dames Les dames seront également en action à Ruka, samedi.La Montréalaise Justine Dufour-Lapointe, qui a fini sixième au classement général de la discipline l\u2019an dernier, sera la tête d\u2019affiche de l\u2019équipe canadienne.Elle devra se méfier de la Française Perrine Laffont, détentrice du globe de cristal dans la discipline l\u2019an dernier, de même que de l\u2019Américaine Jaelin Kauf, l\u2019Australienne Jakara Anthony et la Ka- zakhe Yulia Galysheva.Kingsbury a déjà remporté 56 victoires en Coupe du monde.TOM PENNINGTON GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 12 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.ISABELLE PORTER À ASBESTOS LE DEVOIR SOCIÉTÉ Les fausses montagnes d\u2019Asbestos broncher.Il dit que les membres de sa famille qui ont travaillé dans la mine n\u2019ont jamais été malades.Connaît-il des gens qui ont eu l\u2019amiantose ?« Oui, mais c\u2019étaient des gros fumeurs.» Quand on lui demande si les conséquences possibles des résidus sur l\u2019environnement l\u2019inquiète, monsieur Lodge sourit doucement.À côté de lui, les dizaines de vaches écossaises dont il prend soin nous observent avec vigilance.« On va tous mourir de quelque chose », dit-il.Le BAPE, le débat sur le changement de nom, très peu pour lui.Il se demande juste pourquoi tout le monde s\u2019intéresse aux haldes maintenant.La réponse trouve son origine à Ottawa.L\u2019an dernier, le gouvernement Trudeau a banni formellement l\u2019amiante et tous les produits qui en contiennent parce qu\u2019ils sont cancérigènes.Un an plus tard, cet automne, le ministre du Développement durable, Benoit Charette, réclamait la tenue d\u2019un BAPE pour savoir si l\u2019exploitation des haldes était une bonne idée.La question se pose d\u2019autant plus que des entreprises sont pressées d\u2019exploiter le magnésium qui dort dans les résidus.Jeudi, lors des audiences à Asbestos, le patron d\u2019Alliance Magnésium, Joël Fournier, a été le premier à venir poser une question au micro.Il parle d\u2019extraire 10 000 tonnes de minerai par an, de créer 70 emplois.Quels risques ?Pour le maire Hugues Grimard, la cause est déjà entendue.Il souhaite « avoir les coudées franches » pour faire du développement et reproche au gouvernement de ne pas avoir de normes claires concernant les résidus miniers, en particulier la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).« On est capables de créer de la richesse rapidement en s\u2019assurant de minimiser le risque le plus possible.[\u2026] Le risque zéro n\u2019existe pas et n\u2019existera jamais », dit-il.Que sait-on de ce qui se cache dans les fausses montagnes, à part le magnésium ?Personne ne conteste le fait qu\u2019elles contiennent encore de l\u2019amiante.Dans quelles proportions ?Les avis sont plus partagés là-dessus pour l\u2019instant.Jusqu\u2019à présent, personne n\u2019a démontré que leur présence puisse polluer l\u2019eau, mais les experts sont très préoccupés par l\u2019air.Le ministère de la Santé craint surtout pour les travailleurs qui pourraient être appelés à extraire le magnésium.Jusqu\u2019à quel point pourraient-ils être exposés, et à quoi ?La question se pose aussi pour les gens qui œuvrent dans l\u2019entretien des routes et pavés, dans lesquels Asbestos a mis de l\u2019amiante pendant des décennies.En face du Tim Hortons, des travailleurs vêtus de combinaisons de plastique ont débarqué récemment pour réparer une partie de la route, raconte Raynald Duquet, un résident qui a travaillé dans l\u2019amiante pendant 33 ans.« Ça m\u2019a mis en t\u2026 », dit-il.Ceux qui font des lois, « comme la CSST », [la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail] ils « exagèrent ».« Pas besoin d\u2019avoir un secondaire 5 pour savoir que l\u2019amiante qui est contenu dans l\u2019asphalte est pas volatile, dit-il.Ils en font un plat.» « Ils viennent rire de nous autres, dans notre ville d\u2019amiante.C\u2019est pas si dangereux que ça.» Un minéral magique\u2026 Aujourd\u2019hui fibre honteuse, l\u2019amiante a longtemps été un symbole de fierté.Encore aujourd\u2019hui, les gens aiment souligner que la mine Jeffrey, fermée en 2012, était la plus grande mine à ciel ouvert « au monde ».Une fierté qui transparaît aussi dans le belvédère aménagé par la Ville pour observer l\u2019immense fosse à partir de la route.Sur le sol, de grosses pierres permettent de différencier les minéraux.« Asbestos, un minéral magique ?», peut-on lire sur l\u2019un des panneaux explicatifs.« Un trésor enfoui », dit l\u2019autre.Pour M.Duquet, les risques que représentent les haldes ont quelque chose de ridicule quand on pense aux conditions de travail du passé.En 33 ans, il a travaillé dans une manufacture qui fabriquait des bardeaux de revêtement en amiante, dans le moulin 5, où on le transformait, puis dans la fosse, à la fin de sa carrière.Qu\u2019en est-il ?Le taux d\u2019incidence de maladies professionnelles liées à l\u2019amiante à Asbestos est neuf fois plus grand que dans le reste de la région, selon une étude publiée en octobre 2018 par la Direction de santé publique (DSP) de l\u2019Estrie, avec 31,6 cas par année pour 100 000 habitants.Parmi les cas recensés entre 2006 et 2017, 85% des malades avaient 65 ans ou plus ; 10 %, entre 55 et 64 ans et 5%, entre 35-54.Ce sont presque tous des hommes.Sont-ils tous d\u2019anciens mineurs ?La DSP n\u2019était pas en mesure de le dire jeudi.La semaine prochaine, le BAPE se déplace à Thetford Mines.« Chez nous, tout le sous-sol est en remblai minier.C\u2019est ce qui a été utilisé pendant 125 ans.Ça n\u2019a jamais posé de problème et ils viennent tout juste de décider que ça en posait un », plaide le maire Marc-Alexandre Brousseau.« Chez nous, les cols bleus travaillent dans le sol de mine depuis toujours.» Dans le sens horaire : Brian Lodge a travaillé toute sa vie dans l\u2019élevage sur une terre à l\u2019entrée d\u2019Asbestos.Il sourit doucement quand on lui demande s\u2019il est inquiet des conséquences possibles des résidus d\u2019amiante sur l\u2019environnement ; l\u2019ancienne mine Jeffrey, fermée en 2012, peut être vue à partir d\u2019un belvédère; à l\u2019une des entrées de la ville, un immense camion orange rappelle le passé minier de la région ; d\u2019immenses haldes, comme celle que l\u2019on peut voir à partir de Danville, forment le paysage d\u2019Asbestos depuis des décennies .RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR antôt perplexes, tantôt insultés, les résidents d\u2019Asbestos suivent pour la plupart avec méfiance la tenue du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) sur les résidus miniers de l\u2019amiante.La colline derrière la maison de Brian Lodge n\u2019a rien de naturel, mais elle est là depuis toujours.« Quand j\u2019étais petit, on jouait à la tagdessus », raconte le vieil homme.Depuis la création de la mine Jeffrey en 1881, des dizaines de fausses montagnes comme celle-là ont été érigées pour disposer des résidus de l\u2019extraction.On appelle cela des haldes.Avec le temps, une couche solide les a enveloppées.Ici et là, des plantes et parfois des conifères ont poussé dessus.Pour les visiteurs qui découvrent les environs, elles déconcertent par leur nombre, leur taille et leur effet de paliers, qui trahissent leurs origines.Mais pour les gens d\u2019Asbestos, elles font tout simplement partie du paysage.Brian Lodge a travaillé toute sa vie dans l\u2019élevage sur une terre à l\u2019entrée d\u2019Asbestos.Alors que nous discutons sur son terrain, une cinquantaine de vaches écossaises nous observent sans T "]
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