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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-12-10, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 281 / LE MARDI 10 DÉCEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM HUMOUR Coco Belliveau enfile le costume de la minceur INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Une neutralité coupable, la chronique de Michel David | A 3 MONDE Le Devoir à la rencontre du successeur de Morales SPORTS La Russie exclue des Jeux olympiques pour quatre ans | B 6 EINSTEIN L\u2019A DIT : LA POPULATION DOIT CESSER DE CROÎTRE.Ceux qui savent compter savent que le danger imminent, c\u2019est l\u2019explosion démographique, pas le CO 2 ! TRIPLÉ MAIS NOUS A! VONS même disparaître comme les pigeons voyageurs.s\u2019entre-tue puis tombe à presque rien ou peut grossit au point de détruire son milieu, une population connaît un succès temporaire, Le phénomène est bien connu : du Québec fondée en 1957 .lfqc.org www Ligue des femmes MARCO BÉLAIR-CIRINO À LOS ANGELES LE DEVOIR TOURNAGES Hollywood investira plus au Québec, promet Legault Le premier ministre François Legault promet que les retombées de sa tournée des studios de cinéma et de télévision de Los Angeles seront considérables au cours de la prochaine année.«Des centaines de millions de dollars», a-t-il lancé au terme d\u2019une série de rencontres.Le complexe principal de The Walt Disney Company, dont la toiture est soutenue par sept nains, s\u2019élevait derrière lui.M.Legault y avait été accueilli une heure plus tôt par les présidents de Disney Studios, Alan Horn et Alan Bergman, ainsi que des dirigeants de 21 st Century Fox, Marvel et ABC Studios.« Je vais vous faire une offre que vous ne pourrez refuser », leur a-t-il lancé, tout en s\u2019avançant dans la place Legends.Mickey et Minnie l\u2019épiaient du coin de l\u2019œil.Le chef du gouvernement québécois a été invité à « parler business » dans une salle de conférence devant laquelle un canon britannique datant du XVIIIe siècle utilisé dans la série Le pirate des Caraïbes était posé.M.Legault a répété la même phrase empruntée au parrain Corleone, tantôt dans les installations de Sony Pictures, VOIR PAGE A 4 : CINÉMA Les foules ne sont plus au rendez-vous comme en 2015 dans les grands rassemblements publics que Jeremy Corbin aime tant.ISABEL INFANTES AGENCE FRANCE-PRESSE CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT LE DEVOIR À LONDRES « Depuis le référendum sur le Brexit, nos citoyens sont devenus plus individualistes.Le climat n\u2019est pas bon.Je vois se produire la même chose qu\u2019aux États-Unis, où j\u2019ai grandi.Le même manque de confiance dans les institutions.C\u2019est pour ça que je me suis engagé dans cette élection.» Simon Sprague n\u2019a pas beaucoup de chance de l\u2019emporter jeudi.En ce mercredi soir venteux, la cinquantaine de personnes qui est venue écouter le candidat libéral démocrate débattre avec ses adversaires le sait bien.C\u2019est pourtant lui qui pourrait ouvrir la voie à l\u2019élection du conservateur Mario Creatura, un fils d\u2019immigrants italien qui a grandi à Croydon, contrairement à la députée travailliste Sarah Jones, élue à la surprise générale en 2017.Si cette circonscription prospère du Grand Londres qui attire les jeunes familles de la classe moyenne passe aux conservateurs jeudi, ces derniers remporteront une des plus grandes victoires depuis l\u2019élection de Margaret Thatcher en 1987.Dans cette circonscription où les partisans du Remain l\u2019avaient emporté par une faible majorité en 2016, il suffirait pour cela que quelques milliers d\u2019entre eux choisissent de voter libéral-démocrate.ROYAUME-UNI Jeremy Corbyn à la peine Le « vote utile » suffira-t-il à garantir l\u2019élection d\u2019un parti accusé d\u2019antisémitisme ?VOIR PAGE A 4 : ROYAUME-UNI DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR D es transformations physiques dans le monde du cinéma ?Il existe peu de moyens aussi sûrs d\u2019être pris en considération pour un Oscar.« Mais personne ne s\u2019est jamais soumis à une transformation physique pour un show d\u2019humour », lance Coco Belliveau, une prétention qu\u2019il nous est impossible de complètement confirmer, bien que la démarche qui aura été la sienne est assurément très, très singulière.En amont de la présentation de Laide, un spectacle sur la grossophobie et les conséquences de la beauté révélé en mai dernier lors du Dr.Mobilo Aquafest, l\u2019humoriste perdait beaucoup, beaucoup de poids (75 livres).Un processus créatif d\u2019une fascinante radicalité, visant à la fois à se « donner du jus pour écrire » et à contribuer à ce VOIR PAGE A 8 : HUMOUR M A R I E - F R A N C E C O A L L I E R L E D E V O I R Le premier ministre a offert aux grands studios un nouvel « incitatif » en échange d\u2019un engagement à effectuer des tournages au Québec sur une période minimale de trois ans qussommet dEStAVANCÉes al Arbel, titulaire d\u2019une des neuf chaires en intelligence artificielle 5 A, 4 R A) ; Canada-C|FAR de l'Université McGill a mis AU Point de nouvelles méthodes de détection et de traitement des maladies neurologiques.subventionnée par l'Institut canadien de recherches avancées (CIFAR): LA Ces nouvelles chaires réuniront des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université McGill à Mila (Institut québécois d'intelligence artificielle) et consolideront ainsi le role de chef de file} du Québec en IA ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 10 DÉCEMBRE 2019 Une neutralité coupable L ors du référendum sur la réforme du mode de scrutin tenu en Ontario le 10 octobre 2007, le premier ministre de l\u2019époque, Dalton McGuinty, n\u2019avait pas pris position.Officiellement, les deux principaux partis représentés à Queen\u2019s Park, le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur, étaient demeurés neutres, même si 11 députés libéraux et 4 progressistes conservateurs (dont le chef, John Tory) défendaient ouvertement le statu quo.On connaît le résultat : 63 % des électeurs avaient rejeté le projet de réforme.Le taux de participation avait été de seulement 51 %.Il y avait une différence de taille avec ce qui se passera au Québec en 2022.Le remplacement du mode de scrutin uninominal à un tour par un mode de scrutin proportionnel mixte n\u2019était pas une proposition du gouvernement.Il était plutôt recommandé par une Assemblée composée de 103 personnes (soit une par circonscription) issues de la société civile, qui avait mené une vaste consultation, comme les États généraux présidés par Claude Béland l\u2019avaient fait au Québec il y a une quinzaine d\u2019années.Cette fois-ci, le changement proposé sera défini dans un projet de loi du gouvernement Legault et adopté par l\u2019Assemblée nationale.Dans ces conditions, il est difficile de comprendre la neutralité qu\u2019impliquent les amendements que la ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Réforme électorale, Sonia LeBel, a présentés la semaine dernière.Contrairement à ce que prévoit la Loi sur la consultation populaire qui a encadré les référendums tenus précédemment, un élu de l\u2019Assemblée nationale ne pourra pas diriger le camp du Oui ou du Non.C\u2019est comme si on avait interdit à Jacques Parizeau de présider le comité du Oui en 1995.Au bureau de Mme LeBel, on a indiqué qu\u2019il appartiendra au premier ministre Legault de décider si des membres du caucus caquiste pourront prendre parti.Bref, le gouvernement pourrait ne pas défendre sa propre loi.Dans le « pacte » que la CAQ, le PQ, Québec solidaire et le Parti vert ont signé au printemps 2018, ils se sont engagés à « travailler ensemble » afin de « créer le ralliement populaire le plus large possible » autour d\u2019un système proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales.Il s\u2019agissait d\u2019une « question fondamentale pour la qualité et le renforcement de notre démocratie représentative ».La neutralité de l\u2019un ou l\u2019autre des signataires irait à l\u2019encontre du pacte.Évidemment, c\u2019était avant l\u2019élection du 1er octobre 2018.Même si le projet de Mme LeBel a été conçu de manière à avantager la CAQ le plus possible, il est de notoriété publique que plusieurs députés caquistes en région, inquiets de voir leur siège disparaître, ne veulent rien savoir de la réforme, et M.Legault ne veut sûrement pas de chicane à l\u2019interne.D\u2019ailleurs, quelques députés péquistes, tous issus des régions, ont également de sérieuses réserves.Quant au PLQ, les délégués au dernier conseil général ont résolu de reporter à plus tard le débat sur le mode de scrutin préférentiel que recommandait un groupe de travail, mais il est clair que les libéraux vont s\u2019opposer à la proposition du gouvernement.De toute manière, les électeurs n\u2019auront pas à choisir entre deux projets de réforme, ils devront se prononcer pour ou contre celui du gouvernement.Dans ces conditions, le PLQ pourra rassembler à la fois ceux qui préfèrent le mode actuel et ceux qui ne s\u2019opposent pas nécessairement au principe de la proportionnelle, mais qui contestent l\u2019une ou l\u2019autre des modalités proposées.M.Legault est bien conscient que le vote des régions va encore être déterminant à l\u2019élection de 2022.Le prochain congrès de la CAQ, au printemps 2020, va d\u2019ailleurs leur être entièrement consacré.Maintenant que les libéraux ont été expulsés de tout le territoire à l\u2019est de Montréal, il serait mal avisé de leur permettre de se présenter comme les défenseurs de la représentation régionale.Certes, tenir un référendum sur le mode de scrutin en même temps que l\u2019élection permettra de faire une économie appréciable, mais les enjeux risquent de se confondre dans l\u2019esprit de la population.Que ce soit en Ontario ou ailleurs au Canada, l\u2019expérience montre que la réforme du mode de scrutin demeure un sujet complexe pour de nombreux électeurs, qui préfèrent encore un système dont ils connaissent les défauts à un saut dans l\u2019inconnu.Il est certainement tentant pour M.Legault de prétendre rester au-dessus de la mêlée sous prétexte de laisser la population entièrement libre de choisir, mais un leader est censé indiquer la voie à suivre, plutôt que de se laisser porter par le vent.S\u2019il ne défend pas vigoureusement la réforme proposée, il donnera l\u2019impression de ne pas être convaincu de son bien-fondé.Il ne faut pas se faire d\u2019illusion : si cette nième tentative échoue, le sujet sera évacué pour longtemps.Rester neutre revient ni plus ni moins à la saboter.HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Et de deux.Pour la seconde fois en deux semaines, le Bloc québécois a coupé court aux conjectures propres à la situation minoritaire prévalant à Ottawa en annonçant d\u2019emblée qu\u2019il votera pour la baisse d\u2019impôt que les libéraux veulent instaurer le 1er janvier.Par conséquent, les conditions que le NPD et le Parti conservateur espéraient poser à leur appui deviennent caduques.« On ne sera pas contre le principe, a lancé le chef du Bloc québécois, Yves- François Blanchet.C\u2019est un des engagements importants d\u2019un gouvernement qui a été légitimement élu.Alors, on ne fera pas de l\u2019opposition juste pour s\u2019opposer.» Comme promis en campagne électorale, les libéraux entendent progressivement hausser le montant personnel de base \u2014 montant sur lequel aucun impôt ne s\u2019applique \u2014 pour le faire passer à 15 000 $ en 2023.Une fois pleinement mise en œuvre, la mesure fera économiser 300 $ par contribuable et coûtera au Trésor fédéral 6 milliards de dollars annuellement.La baisse d\u2019impôt sera graduellement réduite pour les contribuables gagnant plus de 150 000 $ jusqu\u2019à être complètement éliminée pour ceux gagnant plus de 214 000 $.« Vingt millions de Canadiens auront une réduction d\u2019impôt, une réduction qui augmentera d\u2019ici 2023, a clamé le ministre des Finances, Bill Morneau.Et cela signifie aussi que 1,1 million de Canadiens de plus ne payeront plus d\u2019impôt.» La proposition du NPD Le NPD espérait forcer le gouvernement à réduire le nombre de contribuables ayant droit à cette baisse d\u2019impôt \u2014 en ramenant le plafond de revenus à 90 000 $ \u2014 et à injecter les économies réalisées dans une nouvelle assurance dentaire pour les 4,3 millions de gagne- petit qui n\u2019en ont pas.«C\u2019est notre façon d\u2019apporter des améliorations », a expliqué le porte-parole néodémocrate en matière de finances, Peter Julian.« C\u2019est ça qu\u2019on va faire pendant toute la durée de ce gouvernement minoritaire, soit de prendre une idée et de faire quelque chose qui aura des bénéfices concrets pour des millions de Canadiens.» Dans son discours du Trône, le gouvernement libéral a évoqué les « soins dentaires universels » comme une de ces « nouvelles idées » auxquelles il pourrait être « réceptif ».Le Parti conservateur devrait en théorie voir d\u2019un bon œil la baisse d\u2019impôt libérale, non seulement parce qu\u2019il est philosophiquement favorable à la réduction du fardeau fiscal, mais aussi parce qu\u2019il a proposé en campagne une mesure très similaire.Le parti n\u2019a pas voulu pour autant indiquer lundi s\u2019il voterait pour la mesure.« On n\u2019est pas contre les baisses d\u2019impôt, mais encore faut-il que ce soit fait dans un cadre de retour à l\u2019équilibre budgétaire », a expliqué le député Gérald Deltell.L\u2019appui du Bloc Le vote sur la baisse d\u2019impôt constitue une mesure engageant la confiance de la Chambre des communes.L\u2019appui blo- quiste assurera la survie du gouvernement, et retire au NPD et au Parti conservateur tout pouvoir de négociation.M.Deltell y voit d\u2019ailleurs un problème, d\u2019autant que le Bloc a aussi indiqué qu\u2019il appuierait le discours du Trône.« Le Bloc a pas mal la gâchette rapide pour le Oui.Peut-être qu\u2019il s\u2019ennuie du Oui référendaire.» À cela, Yves-François Blanchet rétorque que ce n\u2019est que partie remise.« On n\u2019a pas l\u2019intention de jouer une game de négociation.Soyez assurés qu\u2019il y a des dossiers avec lesquels on s\u2019en vient qui sont lourds, importants pour les Québécois, et pour lesquels on va interpeller le gouvernement en disant que la récréation est finie.» D\u2019ailleurs, le Bloc a demandé lundi que le congé de maladie auquel les travailleurs cotisant à la caisse d\u2019assu- rance-emploi ont droit passe de 15 à 50 semaines.Les libéraux se sont engagés en campagne à le porter à 26 semaines.OTTAWA Le Bloc votera pour la baisse d\u2019impôt et sauvera Trudeau LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé à une deuxième arrestation en quelques jours relativement à des menaces proférées contre les femmes sur les réseaux sociaux.Mohamed Ilyes Krimed, 20ans, a comparu en fin de semaine au palais de justice de Montréal.Il fait face à des accusations d\u2019incitation à la haine et de menaces, selon les informations du SPVM.Selon le document de dénonciation consulté par Le Devoir, il aurait proféré ces menaces le 6 décembre dernier, soit le jour où avaient lieu les commémorations de la tuerie de Polytechnique.Mohamed Ilyes Krimed « a sciemment proféré [\u2026] une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à des femmes », peut-on lire dans le document.« [Il] a, par la communication de déclarations autrement que dans une conversation privée, fomenté volontairement la haine contre un groupe identifiable », est-il également écrit.Dans un tweet désormais supprimé, l\u2019accusé aurait proféré des menaces à l\u2019endroit des femmes.Une internaute a alors signalé la publication au SPVM.La veille des commémorations du 6 décembre, il aurait relayé le gazouillis d\u2019un autre internaute, où on peut toujours lire : « Bonne nuit à tous, sauf aux femmes.Mourrez [sic].À demain.» Quelques jours auparavant, l\u2019accusé avait également publié un tweet faisant référence à des tueries dans les établissements scolaires.Il a été remis en liberté sous plusieurs conditions, dont celle de ne pas posséder une arme et l\u2019interdiction d\u2019aller sur les réseaux sociaux.Il reviendra devant les tribunaux le 7 février prochain.Il s\u2019agit du deuxième individu arrêté en quelques jours pour des menaces proférées à l\u2019endroit des femmes.Vendredi dernier, le jour des commémorations de la tuerie de Polytechnique, le SPVM avait arrêté un suspect, Jean- Claude Rochefort, relativement à plusieurs publications faisant l\u2019apologie du tueur Marc Lépine.Le blogueur a été accusé d\u2019avoir fomenté la haine envers les femmes.Rochefort demeure incarcéré jusqu\u2019à la tenue de son enquête sur remise en liberté provisoire, mardi.Menaces contre les femmes : le SPVM arrête un deuxième homme Un Montréalais aurait publié des gazouillis haineux dans le sillage du 6 décembre Après avoir appuyé le discours du Trône, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a indiqué lundi qu\u2019il votera pour la baisse d\u2019impôt que les libéraux veulent instaurer le 1er janvier prochain.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Que ce soit en Ontario ou ailleurs au Canada, l\u2019expérience montre que la réforme du mode de scrutin demeure un sujet complexe pour de nombreux électeurs, qui préfèrent encore un système dont ils connaissent les défauts à un saut dans l\u2019inconnu MICHEL DAVID LEDEVOIR // LE MARDI 10 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 Excuses tardives ROYAUME-UNI SUITE DE LA PAGE A 1 À Croydon, les travaillistes n\u2019ont pourtant rien négligé afin de mobiliser leur électorat naturel, qui se recrute surtout chez les jeunes.Ils ont même enrôlé un fils de l\u2019endroit, le rappeur Stormzy, né de parents ghanéens.Sur la gigantesque scène du festival de Glastonbury, le rap- peur y est allé d\u2019une version adaptée de son succès Vossi Bop dans laquelle on pouvait entendre « Fuck the government and fuck Boris ».Brexit or no Brexit Jeremy Corbyn a beau poser aux côtés des stars du rap, les observateurs n\u2019ont pas manqué de remarquer que les foules ne sont plus au rendez-vous comme en 2015 dans les grands rassemblements publics qu\u2019il apprécie tant.Depuis quelques jours, les appels au « vote utile » se sont multipliés dans la presse de gauche.Même les anciens premiers ministres John Major et Tony Blair ont mis la main à la pâte.En effet, la campagne de Jeremy Corbyn n\u2019a pas le dynamisme de celle de 2017, dit Simon Griffith, de l\u2019Université de Londres.« L\u2019effet de nouveauté s\u2019est dissipé, et le gros problème de Corbyn, c\u2019est sa position ambiguë sur le Brexit alors que c\u2019est devenu la question centrale de cette élection.Corbyn veut négocier une nouvelle entente avec Bruxelles, mais il ne dit pas s\u2019il la soutiendra, ou votera Remain, lorsqu\u2019elle sera soumise au référendum.L\u2019électeur moyen n\u2019y comprend rien ! » Malgré des revendications très populaires, comme la renationalisation des chemins de fer, la gratuité des universités et d\u2019Internet, sa campagne est à la peine, dit le politologue.Un signe ne trompe pas.Le nombre d\u2019inscriptions de dernière minute sur les listes électorales, pour la plupart des jeunes qui devraient voter Corbyn, n\u2019a pas atteint le record de 2017.L\u2019antisémitisme Et puis surtout, il y a ces accusations répétées d\u2019antisémitisme qui gangrènent le parti depuis bientôt trois ans.En novembre, le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, avait accusé Corbyn de ne rien faire contre les déclarations antisémites de ses membres.Voilà qu\u2019à quatre jours du scrutin, le Times révélait des documents internes selon lesquels, malgré les excuses du leader finalement faites sur ITV, plus de 130 propos antisémites n\u2019avaient toujours pas été sanctionnés.Certains avaient pourtant été rapportés il y a de cela un an et demi.Il aura fallu par exemple plus de dix mois pour expulser un membre de Nottingham qui qualifiait les Juifs de « virus mortel » et disait vouloir leur « élimination complète ».Selon le Times, d\u2019autres membres n\u2019ont jamais été sanctionnés après avoir remis en question l\u2019existence de l\u2019holocauste.Même s\u2019il conteste ces chiffres, le numéro deux du parti, John McDonnell, a admis que ce scandale avait pourri la campagne travailliste.Pour la première fois de sa vie, le sociologue David Hirsh votera libéral démocrate.Dans sa circonscription du nord de Londres, Finchley and Golders Green, 23 % des électeurs sont juifs.Or, dans cet électorat traditionnellement de gauche, le vote travailliste ne serait plus qu\u2019à 6 % ! Cela ne surprend pas Hirsh, qui a quitté le parti en février, en même temps que la députée de Liverpool, Luciana Berger, qui avait accusé son ancien parti de protéger les antisémites.Selon Hirsh, « lorsque Jeremy Cor- byn est devenu chef, il a amené avec lui une frange de militants d\u2019extrême gauche qu\u2019il fréquentait depuis toujours et qui détestaient Israël au point de tolérer tout ce qui pouvait être dit contre elle et les Juifs.?» «?Pour lui, Israël n\u2019est qu\u2019un symbole de l\u2019impérialisme, rien de plus.Ce qui passe sous silence toute l\u2019histoire des Juifs au XXe siècle ! » L\u2019image du parti atteinte Il est de notoriété publique que le leader travailliste, qui a toujours été proche des milieux d\u2019extrême gauche, est intervenu à la télévision iranienne (Iran Press TV) jusqu\u2019en 2012, même après que l\u2019autorité britannique de contrôle de l\u2019audiovisuel eut révoqué sa licence pour avoir diffusé une entrevue filmée sous la contrainte avec le journaliste canado-iranien Maziar Bahari.Même l\u2019«historique» Jewish Labour Movement, affilié aux travaillistes depuis 1920, refuse de soutenir le parti dans cette élection.Les travaillistes ont bien tenté de répliquer en accusant les conservateurs d\u2019islamophobie, mais à gauche, la colère est grande contre Corbyn.« Quel parti pourrait se permettre d\u2019avoir un chef qui laisse ainsi se répandre le poison de l\u2019antisémitisme », se demande l\u2019éditorialiste en chef de l\u2019influent hebdomadaire de gauche The Observer, Andrew Rawnsley.Et le chroniqueur de conclure : « Si Boris Johnson revient au 10 Downing Street, il devra remercier Jeremy Corbyn.» Les quelque 300000 Juifs du Royaume uni ne sont évidemment pas assez nombreux pour modifier les résultats de ce scrutin.« Sous ses airs relax, Corbyn n\u2019a pas l\u2019air d\u2019un antisémite, dit Simon Griffith.Mais il n\u2019en demeure pas moins que ce scandale lui nuit et que l\u2019image du parti est atteinte.» AMÉLI PINEDA LE DEVOIR C\u2019est selon l\u2019adage « la fin justifie les moyens » que s\u2019est bâti le modèle d\u2019affaires de SNC-Lavalin en Libye, permettant à la firme montréalaise d\u2019obtenir d\u2019importants contrats en payant des pots-de-vin au fils de l\u2019ancien dictateur Mouammar Kadhafi, a résumé lundi la Couronne lors des plaidoiries finales au procès de l\u2019ex-cadre Sami Bebawi.« [M.Bebawi a donné son aval à] une pratique commerciale alternative, inhabituelle, illicite, malhonnête de gonflement artificiel de prix de contrats, de paiement de pots-de-vin et de détournement de fonds à des fins personnelles », a plaidé la procureure de la Couronne, Me Anne-Marie Manoukian.Le stratagème collusoire, qui s\u2019est déroulé sur près d\u2019une décennie, a causé du mal au peuple libyen, a fait valoir Me Manoukian.Au total, 113 millions de dollars ont été détournés grâce à des sociétés-écrans aux îles Vierges.M.Bebawi aurait touché à lui seul une « rémunération » de plus de 26 millions de dollars grâce à sa collaboration dans l\u2019implantation de ce système.Pots-de-vin démesurés M.Bebawi fait face à cinq chefs d\u2019accusation de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d\u2019un agent public étranger.Il a plaidé non coupable à toutes les accusations.« La défense tentera peut-être de vous dire que tout s\u2019est fait à l\u2019insu de M.Bebawi », a prédit Me Manoukian.« Pourquoi alors recevait-il autant de JUSTICE «La fin justifiait les moyens » chez SNC-Lavalin, plaide la Couronne Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir.Séduire Hollywood CINÉMA SUITE DE LA PAGE A 1 tantôt dans celles de NBCUniversal.À tous, il a offert un nouvel « incitatif » qui prendra la forme d\u2019« un pourcentage des retombées prévues au Québec » en échange d\u2019un engagement à effectuer des tournages au Québec sur une période minimale de trois ans.« Je suis confiant qu\u2019on va être capables de convaincre certains d\u2019entre eux de signer des ententes sur trois ou cinq ans pour faire plus de productions au Québec », a-t-il affirmé, convaincu de conclure des « deals gagnant-gagnant : gagnant pour l\u2019entreprise, gagnant pour les Québécois en retombées ».« Dans chaque réunion, il y avait des gens qui venaient des finances, alors on parlait le même langage », a précisé l\u2019ex-homme d\u2019affaires.Les plateformes de diffusion de contenu en continu n\u2019étaient pas en reste dans l\u2019itinéraire de M.Legault.Le premier ministre s\u2019est évertué à les convaincre de travailler sur une base régulière à Montréal.« Nous sommes heureux d\u2019en discuter », a répondu poliment un patron de Netflix, plate- forme à laquelle des centaines de milliers de Québécois sont abonnés.Quelques rires ont retenti dans le hall de la multinationale.Ne se laissant pas démonter, M.Legault a vanté les talents québécois en production cinématographique et télévisuelle.« Nous sommes bien meilleurs que Toronto et Vancouver.Mes amis John Horgan et Doug Ford ne seraient pas contents de m\u2019entendre, mais c\u2019est vrai : meilleure qualité, meilleur prix, meilleur tout!» a-t-il déclaré avant d\u2019être invité à monter dans un ascenseur par le vice-président productions internationales originales, Steve Squillante.Le premier ministre a dit à la presse souhaiter voir un studio Netflix ouvrir à Montréal.« On veut dire à Netflix : [\u2026] venez produire au Québec avec des employés québécois, créez des emplois payants au Québec.Ce sont des emplois de 75 000, 100 000 [dollars] par année », a-t-il dit, tout en précisant que les studios paieraient malgré tout moins cher pour leur main-d\u2019œuvre au Québec qu\u2019en Californie.Il était pour l\u2019occasion accompagné par le président fondateur de Rodeo FX, Sébastien Moreau.Le studio québécois a été retenu par Netflix comme principal partenaire d\u2019effets visuels pour la quatrième saison de Stranger Things, a-t-on appris au terme de la visite primo-ministérielle.L\u2019entente assure le maintien de 100 à 150 emplois \u2014 bien rémunérés, selon M.Legault \u2014 au Québec.Avertissement de Jean-Marc Vallée Le réalisateur en vogue Jean-Marc Vallée s\u2019est réjoui de voir le chef du gouvernement québécois \u2014 avec qui il a cassé la croûte lundi midi \u2014 se déplacer à Los Angeles afin de rencontrer les acteurs du milieu du cinéma et de la télévision.« Il y a un effort à faire.Et je pense que Monsieur Legault est en train de le faire », a-t-il dit, assis au fond d\u2019un restaurant branché de Culver City.La stratégie consistant à faire miroiter aux studios des salaires plus bas à Montréal qu\u2019à Los Angeles n\u2019est toutefois pas sans risques, a-t-il expliqué aux journalistes.«[Il y a] une surenchère au niveau des salaires.Nos artistes d\u2019effets visuels se retrouvent à avoir des offres impressionnantes de ces boîtes-là.Mais là, nos boîtes comme FX Studios perdent un peu de leurs joueurs.Je pense qu\u2019il y a une réflexion à avoir pour avoir une espèce d\u2019équilibre entre \u201con attire les étrangers\u201d et \u201con conserve ce qu\u2019on doit conserver à Montréal\u201d », a suggéré M.Vallée avant de partager un repas avec le couple Legault-Brais.Les demandes étaient souvent différentes d\u2019un studio à l\u2019autre, a souligné M.Legault à la presse.«Il y en a qui veulent qu\u2019on rembourse une partie de la formation des employés.Dans d\u2019autres cas, ils voudraient qu\u2019on améliore certains studios et qu\u2019on en paie une partie.Dans d\u2019autres cas, c\u2019est directement des incitatifs en fonction des salaires\u2026 » a-t-il expliqué.Le milieu québécois inquiet L\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM) observait non sans inquiétude le déroulement de la deuxième journée de mission économique de M.Legault en Californie.La p.-d.g.de l\u2019AQPM, Hélène Messier, a invité le premier ministre à assurer la survie de la production locale au Québec avant d\u2019y attirer la production étrangère.« À Vancouver, ils ont misé sur la production de service [attirer des producteurs étrangers], et ils ont détruit la production nationale.C\u2019est comme être sous-traitant.Et c\u2019est un peu ce que M.Legault veut faire.Il dit : venez utiliser nos studios, nos techniciens, nos effets.Alors que nous, au Québec, nos productions nationales sont tellement sous-financées qu\u2019on n\u2019a même pas les moyens de s\u2019offrir ces effets visuels dans nos productions, ou de compéti- tionner des salaires subventionnés », a-t-elle déclaré dans une entrevue avec Le Devoir à Montréal lundi.« Alors, avant d\u2019attirer les entreprises étrangères au Québec, on doit s\u2019assurer que la production locale va survivre.» M.Legault s\u2019est engagé à bonifier l\u2019aide offerte aux producteurs québécois en 2020.Il a invité la presse à lire attentivement le prochain budget Girard, qui sera présenté cet hiver.L\u2019an 2020 sera une «belle année» pour la ministre de la Culture, Nathalie Roy, a-t-il promis.courriels concernant le stratagème ?» a-t-elle demandé.Elle a rappelé au jury que plusieurs témoins ont affirmé sous serment que l\u2019ancien cadre était tenu informé dans les moindres détails des avancements des projets libyens.Elle a également évoqué les confidences de l\u2019accusé à un policier pas plus tard qu\u2019en avril dernier concernant l\u2019achat d\u2019un yacht de 25 millions de dollars pour Saadi Kadhafi.Un enquêteur avait raconté que l\u2019accusé lui a confié être frustré de voir l\u2019ancien président de l\u2019entreprise, Jacques Lamarre, nier être au courant.Ce yacht est d\u2019ailleurs « le symbole de la démesure des pots-de-vin versés à Saadi Kadhafi », a fait valoir Me Ma- noukian.Anticipant que la défense tentera de minimiser le rôle du fils de l\u2019ancien dictateur, Me Manoukian a lancé : « Pourquoi avoir déroulé le tapis rouge pour Saadi Kadhafi s\u2019il n\u2019avait aucun pouvoir politique et qu\u2019il n\u2019était qu\u2019un joueur de football ?» Me Manoukian a également ressorti un courriel destiné à M.Lamarre rédigé par M.Bebawi dans lequel ce dernier soulignait les missions diplomatiques réalisées par Saadi Kadhafi.« Peut-on parler de libre négociation quand un bateau est acheté et des millions [de dollars sont] versés à Saadi Kadhafi ?» a-t-elle ajouté.Me Manoukian est également revenue sur l\u2019opération d\u2019infiltration menée par la Gendarmerie royale du Canada après que M.Bebawi a offert 10 millions de dollars à son ancien subalterne Riadh Ben Aïssa afin d\u2019acheter son silence.Ce que M.Bebawi ignorait, c\u2019est que M.Ben Aïssa avait commencé à collaborer avec les autorités canadiennes.La Couronne a terminé ses plaidoiries lundi.Les avocats de M.Bebawi présenteront les leurs mardi.Sami Bebawi PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Si Boris Johnson revient au 10 Downing Street, il devra remercier Jeremy Corbyn ANDREW RAWNSLEY » Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir.On veut dire à Netflix : [\u2026] venez produire au Québec avec des employés québécois, créez des emplois payants au Québec.Ce sont des emplois de 75 000, 100 000 [dollars] par année.FRANÇOIS LEGAULT » LE CANADA A LES VRAIS CERVEAUX DERRIÈRE L\u2019INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.par le gouvernement du Canada avec le soutien de Facebook et de la Fondation RBC.Les 80 titulaires de chaires Canada-CIFAR sont des pionniers en recherche et assurent la formation de la prochaine génération de talents en IA.Ici même au Canada.cifar.ca/ia LEDEVOIR // LE MARDI 10 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Pierre Dufour, a aboli la protection administrative dont jouissaient trois massifs au Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean pour favoriser la survie des caribous forestiers, une espèce menacée.C\u2019est quelque 46 000 hectares de forêt qui seront livrés à l\u2019industrie afin qu\u2019elle procède à une coupe intensive.Le MFFP a justifié sa décision en indiquant que le système de suivi \u2014 on se sert de colliers télémétriques pour localiser les cervidés \u2014 n\u2019avait pas montré la présence de caribous dans ces secteurs.Or des scientifiques doutent des constats du ministère, d\u2019autant plus que ce ne sont qu\u2019une minorité des caribous qui sont munis de tels colliers et que ces bêtes se déplacent d\u2019année en année.Le MFFP n\u2019a pas fait la démonstration, qui s\u2019appuierait sur une solide méthodologie scientifique, que les caribous ne fréquentent pas ces massifs ou qu\u2019ils ne le feraient pas dans un avenir prochain si ces milieux propices à leur survie n\u2019étaient pas détruits.La vraie justification, c\u2019est que l\u2019industrie a fait pression pour faire main basse sur ces forêts inexploitées et que le gouvernement caquiste, au nom de « la vitalité économique du Québec et de ses régions », a répondu favorablement à cette exigence.En campagne électorale en 2014, le chef libéral Philippe Couillard avait déclaré qu\u2019il « ne sacrifiera[it] pas une job dans la forêt pour les caribous forestiers ».Le gouvernement Legault agit dans le même esprit.Il y a près de 20 ans, le gouvernement fédéral a placé le caribou forestier sous la protection de la Loi sur les espèces en péril.Mais comme le cervidé se retrouve essentiellement sur des terres publiques au Québec, c\u2019est à l\u2019État québécois que revient la responsabilité de protéger l\u2019espèce.En 2017, Environnement Canada avait conclu que le Québec, à l\u2019instar des autres provinces, avait failli à sa responsabilité de protéger le caribou forestier.Le gouvernement Couillard avait planché sur un plan de rétablissement de l\u2019espèce.On visait à faire passer la population actuelle \u2014 entre 6000 et 8500 têtes, selon les évaluations \u2014 à 11 000 individus.Ce plan, qui devait conduire à l\u2019élaboration d\u2019une stratégie d\u2019ensemble, n\u2019avait jamais été approuvé par le Conseil des ministres.En avril 2019, le gouvernement Legault, par la voix de son ministre Pierre Dufour, a annoncé que l\u2019élaboration de la stratégie était reportée en 2022 et sa mise en œuvre, en 2023.Les consultations entourant cette stratégie impliqueront essentiellement l\u2019industrie forestière et les communautés autochtones.Le ministre n\u2019a pas fourni les raisons qui expliqueraient ce report.La décision de livrer les trois massifs à la coupe à blanc est donc prématurée.En l\u2019absence de plan, on ne peut évaluer l\u2019importance ou non de préserver ces forêts et comment elles pourraient compléter les aires protégées de plus grande ampleur dans le Nord québécois.Le caribou forestier est une espèce particulièrement sensible aux perturbations causées par l\u2019exploitation industrielle du territoire.Les chemins forestiers, par exemple, qui demeurent après le passage des abat- teuses, constituent une menace à la survie de l\u2019espèce parce qu\u2019ils facilitent le déplacement des prédateurs, notamment le loup.Comme le rapportait La Presse la semaine dernière, dans Charlevoix, on abat davantage de loups dans le but de ralentir le déclin des populations de caribous.Or l\u2019abattage des prédateurs est pratiqué en Gaspésie depuis des décennies sans que l\u2019espèce cesse de péricliter.Pour les experts, la vraie solution consiste à conserver intactes des vieilles forêts, ces milieux propices à la vie du caribou, et à diminuer les perturbations dont est responsable l\u2019industrie forestière.Le problème, c\u2019est que le MFFP poursuit des missions contradictoires, celle de favoriser l\u2019industrie forestière et celle de préserver la biodiver- sité.Alors que le ministre Dufour évoque sa « volonté de trouver un juste équilibre », c\u2019est l\u2019industrie qui a le gros bout du bâton.Arbitraire, la dernière décision du ministre, qui devra nous dire qu\u2019il n\u2019est pas le simple pion de l\u2019industrie, illustre une autre fois quels intérêts défend le ministère.Et comme nous l\u2019avons déjà écrit, les caribous ne votent pas, contrairement aux travailleurs forestiers.Nadou Loyat Mansonville Sans nier que l\u2019octroi du prix Nobel de littérature à Peter Handke puisse entraîner des questionnements d\u2019ordre éthique sur cet écrivain, la dernière phrase de l\u2019article paru dans l\u2019édition du 7 décembre du Devoir, sous le titre « Peter Handke rattrapé par la polémique », soulève la question suivante : la politique serait-elle au- dessus de la littérature ?Une des membres démissionnaires du comité Nobel, Gun-Britt Sundström, a déclaré : « Le choix du lauréat 2019 ne s\u2019est pas limité à récompenser une œuvre littéraire, mais a également été interprété [\u2026] comme une prise de position qui place la littérature au-dessus de la politique.[\u2026] Cette idéologie n\u2019est pas la mienne.» Si la politique et les politiciens étaient plus vertueux que la littérature et les littérateurs, si les politiques émises (ou commises) étaient plus vertueuses que les œuvres et les propos des écrivains, on le saurait ! Si toute action politique portait la marque d\u2019un humanisme « appliqué » qui transcenderait les conflits et les dérives de toutes sortes, on le saurait ! Nos sociétés et le monde s\u2019en trouveraient mieux.Mieux que les pitoyables simulacres de « saine » gouvernance que, bon an mal an, nous subissons.Concernant Peter Handke, la question essentielle me semble celle-ci : l\u2019ensemble de son œuvre est-elle concentrée autour des opinions qu\u2019il a émises en 1995-1996, lors de la guerre en ex-Yougosla- vie ?De toute évidence, non.A-t-il appelé quiconque à « faire croisade » contre qui que ce soit ?Il conviendrait d\u2019établir un parallèle entre Handke et l\u2019écrivain norvégien Knut Hamsun, qui reçut ce même prix Nobel en 1920.Ces deux écrivains furent accusés de sympathie proserbe pour l\u2019un et pronazie pour l\u2019autre.Or ce sont des écrivains pour qui l\u2019esprit de la Drame de l\u2019École polytechnique : l\u2019importance du deuil collectif Le 6 décembre représente un devoir de mémoire face à la tuerie de 14 jeunes femmes, étudiantes à Polytechnique.Nous vivons encore, après 30 ans, le besoin de commémorer ce deuil collectif.Pourquoi ?Parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une blessure profonde pour le Québec et pour tout le Canada.Beaucoup d\u2019établissements universitaires ont tenu à souligner cet événement partout au pays, condamnant ce geste gratuit de violence envers des femmes, car il s\u2019agissait d\u2019un acte délibéré contre de jeunes femmes étudiantes ingénieures.Le tueur a brisé des vies, des carrières et des espoirs en l\u2019avenir.Les familles des victimes, les proches, les amis et les communautés où vécurent les jeunes femmes assassinées se sentent tous concernés par ce drame.Ensemble, nous sommes plus forts face au deuil, d\u2019où l\u2019importance de vivre un deuil collectif, de partager des émotions, des douleurs vives, des souvenirs nous rappelant des moments terribles que certains voudraient oublier, mais que collectivement nous ne pouvons oublier.Nous avons tous un devoir de mémoire, merci à tous ceux qui prennent le temps de se rappeler et d\u2019honorer la mémoire de celles qui représentent un symbole d\u2019égalité des chances, d\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Nos valeurs québécoises d\u2019égalité doivent se refléter partout dans notre quotidien, nous devons combattre le sexisme, la discrimination, la violence verbale et physique, mais surtout nous protéger contre le fanatisme et ses dérives extrêmes.Pour y parvenir, nous devons nous unir tous ensemble pour bannir la vente libre des armes d\u2019assaut.Malheureusement, 30 ans plus tard, tout reste encore à faire.Demandons à nos gouvernants d\u2019avoir le courage d\u2019agir et de ne pas céder au puissant lobby des armes à feu.Nous sommes tous féministes, n\u2019ayons pas peur d\u2019utiliser ce mot, comme le mentionne Karine Vanasse, productrice du film Polytechnique, qui nous remémore ce triste événement.Jean Baillargeon, expert-conseil en communication et développement stratégique Le 8 décembre 2019 LIBRE OPINION LETTRES PROTECTION DES CARIBOUS L\u2019industrie forestière a le dernier mot L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu race (Volkstum) n\u2019a jamais été le mobile de leurs engagements.Ce qui les caractérise est plutôt leur attachement à un certain Heimat (l\u2019amour de la terre natale), nordique pour Knut Hamsun, slave pour Peter Handke\u2026 tous deux à des degrés divers, dans le sillage des écrivains néo-romantiques, fervents amoureux d\u2019un vaste terroir naturel-culturel, certes idéalisé, surtout chez Hamsun, mais toujours tendu vers l\u2019universel comme ultime « patrie».Nos compatriotes qui ont perdu le sens de la verticalité, de la transcendance, obnubilés par la « réalité » plus que par « le réel à travers les apparences » (Virginia Woolf ), semblent plus enclins à condamner qu\u2019à comprendre cet enjeu essentiel-existentiel de la littérature : « aider la petite âme à boire à la coupe infinie » (Victor Hugo).Nous sommes toutes et tous de petites âmes en mal d\u2019infini.C\u2019est à cause de cette carence que le monde court à sa perte et que l\u2019on s\u2019attache à la lettre plutôt qu\u2019à l\u2019esprit des propos des auteurs qui ont une vision élargie et inclusive du monde.À la défense de Peter Handke L\u2019écrivain nobélisé n\u2019a jamais appelé à lancer une croisade contre quiconque La stratégie du ministre Roberge pour le projet de loi 40 En déposant son projet de loi 40 le premier octobre, le ministre Jean-François Roberge avait parfaitement choisi sa stratégie.Il s\u2019assurait ainsi que les parents impliqués dans les conseils d\u2019établissement et aux comités de parent, nouvellement élus en septembre, n\u2019auraient qu\u2019un minimum de temps pour en prendre connaissance, le comprendre, en débattre et le critiquer.La quasi-totalité des comités de parents du Québec se réunissent pour la première fois en octobre.Il s\u2019agit bien souvent d\u2019une première réunion pour 30 à 50 % de ces parents.Ils prendront deux ou trois réunions juste pour se familiariser avec la structure et le vocabulaire du réseau de l\u2019éducation.Alors, devoir se pencher sur un projet de loi «mammouth» de 312 articles qui modifiera 80 lois, produire un mémoire étoffé et le déposer en commission parlementaire pour le 7 novembre, c\u2019est leur donner une très lourde commande.C\u2019est une excellente façon de s\u2019assurer de limiter la critique.C\u2019est s\u2019assurer que la réflexion de ces milliers de parents bénévoles, même avec toute la bonne foi dont ils sont capables, ne puissent découvrir toutes les entourloupettes et les couleuvres que le ministre veut leur faire avaler.Rien de surprenant à ce que des comités de parents de partout au Québec réagissent un peu plus tard.Ils découvrent un à un tous les pièges de ce projet concocté sans consultation ni réflexion collective.Notre système public, un des meilleurs au monde malgré ce qu\u2019on en dit, mérite mieux.Les passionnés qui y œuvrent méritent mieux, qu\u2019ils soient enseignants, professionnels, administrateurs ou employés de soutien.Les parents qui s\u2019y impliquent méritent tout autant un minimum de respect de ce ministre.Mais surtout, les enfants, que je ne connais pas tous par leur nom, méritent mieux que ce projet bâclé.François Paquet Le 6 décembre 2019 Il conviendrait d\u2019établir un parallèle entre Handke et l\u2019écrivain norvégien Knut Hamsun, qui reçut ce même prix Nobel en 1920.Ces deux écrivains furent accusés de sympathie proserbe pour l\u2019un et pronazie pour l\u2019autre.ROBERT DUTRISAC La vraie justification, c\u2019est que l\u2019industrie a fait pression pour faire main basse sur ces forêts inexploitées et que le gouvernement caquiste, au nom de « la vitalité économique du Québec et de ses régions », a répondu favorablement à cette exigence A 7 LEDEVOIR // LE MARDI 10 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet L\u2019injure et les gens raisonnables L ors d\u2019une allocution à l\u2019Assemblée nationale, la députée Christine Labrie a récité une liste de messages orduriers qu\u2019elle et ses collègues femmes engagées dans l\u2019activité politique ont reçus dans les divers espaces virtuels qui constituent Internet.On ne compte plus les témoignages de femmes de toutes tendances engagées dans les activités publiques qui subissent le caractère gratuit et dégradant de propos qui leur sont directement ou indirectement adressés dans les réseaux sociaux ou dans les autres espaces en ligne.Faire déferler des remarques fielleuses à l\u2019endroit des personnalités publiques est devenu facile et à la portée de pratiquement tout le monde.Bien que des hommes soient souvent ciblés, les femmes actives dans la vie publique reçoivent une part disproportionnée d\u2019injures, souvent associées à la sexualité ou à leur apparence physique.La facilité de s\u2019exprimer rendue banale en raison de l\u2019omniprésence d\u2019Internet a contribué à sortir l\u2019injure de la marginalité pour la ramener dans le lot des périls quotidiens associés à l\u2019activité publique.Pourtant, l\u2019injure publique ou privée est un acte fautif aux yeux de la loi, et cela, depuis très longtemps.Un acte fautif qu\u2019on a cru un temps en recul en raison de la relative difficulté de lancer des propos et des écrits porteurs d\u2019injures pouvant effectivement se rendre aux yeux ou aux oreilles des personnes actives dans la vie publique.Mais avec Internet, l\u2019injure est à la portée de tous les claviers ! Une faute civile Aux yeux de la loi, lorsque le caractère fautif d\u2019un propos est constaté, la personne qui l\u2019a exprimé est tenue de réparer les torts que cela a engendrés.Ce ne sont pas tous les propos grossiers qui sont fautifs.Seuls sont fautifs au regard de la loi les propos que n\u2019aurait pas tenus une personne raisonnable placée dans des circonstances analogues.C\u2019est pour cette raison qu\u2019il est essentiel de tenir compte du contexte spécifique dans lequel les propos sont tenus.Par exemple, on peut dire ou écrire des propos caustiques à l\u2019égard d\u2019une personne dans le cadre d\u2019une prestation artistique ou humoristique.Il importe alors de bien analyser le contexte et de savoir reconnaître le propos qui est au second degré.De même, on peut par la caricature exprimer des idées qui pourraient au premier degré ressembler à de l\u2019injure.Analyser la moindre expression aux allures injurieuses sans tenir compte du contexte est une approche dangereuse pour la liberté d\u2019expression.La loi tient pour acquis que les gens raisonnables font preuve de savoir-vivre.Ils s\u2019abstiennent d\u2019injurier leurs semblables.En dehors d\u2019une démarche artistique ou humoristique dans lesquelles l\u2019exagération sert à communiquer un propos voué à la critique sociale, les réflexes d\u2019une personne raisonnable vont généralement lui commander de se retenir de communiquer aux autres des injures à l\u2019égard d\u2019un autre.Dans le monde physique, les interactions humaines seraient insupportables s\u2019il n\u2019y avait pas ce réflexe qui porte à se retenir d\u2019injurier les gens, y compris ceux avec lesquels on est en désaccord.Mais Internet fait éclater les frontières entre les cercles intimes et ceux du reste de nos semblables.Le virtuel nous rapproche même des gens qui nous sont éloignés.Les personnes publiques peuvent être perçues comme des abstractions.Bien que ces personnes nous soient lointaines, le réseau permet de les atteindre.Cela contribue à désinhiber l\u2019envie de lancer des propos que l\u2019on n\u2019oserait pas exprimer dans un face-à-face.C\u2019est à ce titre que les réseaux sociaux constituent un environnement propice aux injures et aux autres propos qu\u2019on n\u2019oserait pas tenir en présence physique d\u2019une personne.La personne raisonnable Les tribunaux constatent régulièrement que certains se sont avisés de tenir à l\u2019égard d\u2019une personne de leur milieu de travail ou de leur entourage immédiat des propos qu\u2019une personne raisonnable n\u2019aurait pas tenus.Les invectives dirigées vers des personnalités publiques ne sont peut-être pas aussi souvent punies, mais lorsque les tribunaux sont appelés à en juger, ils vont les évaluer en se demandant si la personne qui les a répandues a agi comme aurait agi une personne raisonnable.Compte tenu du contexte, dépassent-ils le seuil de la critique légitime des idées et des prises de position de la personne visée?Les juges tiennent habituellement pour acquis qu\u2019une personne raisonnable va se retenir d\u2019invectiver une personne avec laquelle elle se trouve en désaccord en l\u2019attaquant sur son apparence physique, sur les vêtements qu\u2019elle porte ou sur d\u2019autres caractéristiques qui ne relèvent pas de son activité publique.Une personne raisonnable discutera du bien- fondé des idées ou des propositions d\u2019une personne, de la valeur de ses prestations artistiques ou sportives.Il est infiniment plus difficile de trouver raisonnable un propos gratuit fondé sur l\u2019apparence physique d\u2019un individu ou qui lui enjoint de « se faire disparaître ».La personne raisonnable se retient d\u2019injurier.L\u2019espace virtuel ne dispense pas de ce devoir ! Que le propos soit affiché sur un panneau en pleine rue ou qu\u2019il soit mis en ligne par le truchement d\u2019un réseau social, l\u2019injure demeure une faute punie par la loi.Le seul fait que le contexte technologique décuple les possibilités de formuler et d\u2019afficher des propos injurieux ne fait pas disparaître l\u2019obligation de se comporter comme une personne raisonnable.Lorsqu\u2019on a le projet de formuler une remarque ou un propos critique à l\u2019égard d\u2019une personne publique, il est de bonne pratique de se demander si une personne raisonnable aurait dit ou écrit ce qu\u2019on envisage de mettre en ligne.En somme, une version contemporaine du conseil séculaire : tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler ! PIERRE TRUDEL Guy Saint-Jacques Ambassadeur du Canada en République populaire de Chine de 2012 à 2016 Je me lève tous les matins en pensant au cauchemar que vit Michael Kovrig, un grand collègue avec qui j\u2019ai eu le plaisir de travailler à l\u2019ambassade du Canada à Pékin, et j\u2019espère qu\u2019un miracle surviendra pour que lui et Michael Spavor soient libérés.En ce triste anniversaire de leur première année de détention, la stratégie poursuivie par Ottawa a eu des résultats mitigés : ils n\u2019ont pas été libérés sous caution, ni n\u2019ont encore vu un avocat.Puisque la Chine nous a avertis que les choses ne reviendront à la normale que lorsque Meng Wanzhou retournera en Chine, la situation semble sans issue, car ses avocats s\u2019emploieront à retarder son extradition.Nos fermiers ont perdu des milliards de dollars en ventes de canola (les exportations ont baissé de 50 %), de soya, de pois et de viande ; dans ce cas, la Chine a été forcée de reprendre l\u2019importation de porc canadien à cause de l\u2019épidémie de peste porcine africaine.Puisque les États-Unis nous ont mis dans ce pétrin en demandant de l\u2019arrêter, ils doivent nous aider davantage à résoudre la crise.Mais peut-on se fier à Donald Trump sachant son opinion sur notre premier ministre ?Le message devrait être que nous serons moins avenants la prochaine fois qu\u2019ils nous demanderont un service.Est-il possible d\u2019avoir des relations normales avec la Chine ?Comme Nicholas Kristof l\u2019écrivait dans le New York Times du 30 novembre, il est plus difficile de rester ambivalent sur la Chine après les révélations sur sa campagne dans la province du Xin- jiang qui frôle le génocide culturel et le non-respect de l\u2019accord un-pays- deux-systèmes à Hong Kong.En supposant que nos compatriotes soient relâchés l\u2019an prochain, je ne crois pas qu\u2019il serait possible de reprendre les relations là où elles étaient avant la crise.Cependant, nous devons penser où nous voulons être dans cinq ou dix ans, sachant que la Chine doit aider à régler les problèmes mondiaux comme les changements climatiques, la prolifération nucléaire ou les pandémies.La crise actuelle avec la Chine montre les défis de gérer les relations avec une superpuissance qui ignore les règles internationales quand ça ne fait pas son affaire.Même si le Canada n\u2019est pas le premier pays à subir ses foudres et ses tactiques d\u2019intimidation, c\u2019est la première fois qu\u2019un pays a obtenu l\u2019appui de ses alliés.Je crois que cela a pris la Chine de court, car cela a entaché son image à l\u2019étranger.Notre message devrait être que nous réévaluons la relation et que tous les échanges officiels sont suspendus jusqu\u2019à la libération de Michael Ko- vrig et Michael Spavor.Après, nous voudrons renouer les liens, mais sur la base de la réciprocité et du respect mutuel.Nous devrions commencer immédiatement à réévaluer notre stratégie d\u2019engagement avec la Chine, en reconnaissant qu\u2019elle est devenue un pays plus autoritaire et un compétiteur stratégique depuis que Xi Jinping est devenu secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) en novembre 2012.Bien sûr, notre capacité à influencer la Chine est très limitée ; notre but est simplement de nous assurer que les droits de la personne fondamentaux soient mieux protégés et que la Chine cesse de se comporter comme un enfant gâté.Il ne faut pas renoncer à nos valeurs.Nous devrions réagir rapidement et fermement à toute ingérence dans les affaires canadiennes, y compris parmi les Canadiens d\u2019origine chinoise, à tout cas d\u2019espionnage ou de tentative pour limiter les débats sur nos campus.Le gouvernement devrait étudier les mesures prises par l\u2019Australie pour contrer l\u2019ingérence chinoise.Je suggérerais également qu\u2019une revue soit faite de la collaboration dans le domaine de la haute technologie, y compris l\u2019intelligence artificielle, pour prévenir l\u2019utilisation de notre expertise dans les programmes de contrôle en Chine ou pour limiter la liberté d\u2019expression.Le message à la Chine devrait être que nous sommes d\u2019accord pour qu\u2019elle joue un plus grand rôle sur la scène internationale et qu\u2019elle se joigne à l\u2019APTGP (Accord de partenariat transpacifique global et progressiste), pourvu qu\u2019elle cesse ses tactiques d\u2019intimidation envers d\u2019autres pays et qu\u2019elle devienne un meilleur citoyen mondial.[\u2026] Il est temps, à mon avis, d\u2019appliquer la réciprocité, c\u2019est-à-dire de permettre aux compagnies chinoises d\u2019investir au Canada si une compagnie canadienne peut faire la même chose en Chine.Un jour, Michael Kovrig et Michael Spavor seront libres.Espérons qu\u2019ils pourront retrouver une vie normale le plus tôt possible.DIPLOMATIE Le Canada doit revoir sa stratégie avec la Chine Les relations ne pourront plus être celles d\u2019avant la crise Michelle Chanonat La vieillesse est un lent naufrage, disait le général de Gaulle.Mais c\u2019est une chronique d\u2019une noyade annoncée pour ceux, et surtout celles, qui vivent sous les projecteurs \u2014 actrices, chanteuses et autres personnalités publiques \u2014 et font le bonheur et la richesse des chirurgiens esthétiques, tellement les signes de la vieillesse, plus encore que la vieillesse elle-même, sont une terrible menace.Pourquoi cette angoisse de vieillir ?La peur de rester sur le carreau, de ne plus travailler, d\u2019être has been, ou placardée à la retraite, avec un minimum garanti qui ne garantit, pour la plupart des bénéficiaires, que de ne pas mourir de faim (et encore, merci les banques alimentaires !).[\u2026] Dans une société dont les valeurs sont véhiculées par des corps lisses et en santé, que dis-je, où l\u2019on glorifie l\u2019image de la jeunesse, il y a de quoi se sentir en péril.Qui disait : passé 50 ans, une femme devient transparente ?Pourquoi la fameuse « ménagère de 50 ans et plus » chère aux sondages de- vient-elle inemployable ?Parfois, on la congédie, parce qu\u2019on veut « rajeunir l\u2019équipe ».Et vlan dans les dents.Il y a des métiers qui vieillissent mal, comme la danse.Même si quelques chorégraphes osent montrer des corps décrépis, je pense notamment à Dancing Grandmothers de la Coréenne Eun-Me Ahn, spectacle présenté en ouverture du FTA 2015, qu\u2019on a trouvé si génial et si touchant parce qu\u2019il mettait en scène des grands-mères dansantes.On a tellement misé sur la relève que la catégorie senior n\u2019a plus d\u2019espace ni pour créer ni pour s\u2019exprimer.C\u2019est ainsi qu\u2019on montre gentiment la porte à une chorégraphe de 62 ans en lui supprimant progressivement ses subventions.N\u2019est pas Pina Bausch qui veut.Cependant, on n\u2019oubliera pas de s\u2019extasier sur l\u2019énergie d\u2019une Monique Miller ou d\u2019une Béatrice Picard, pour démontrer un grand sens de l\u2019acceptabilité sociale et de l\u2019inclusion parce que, finalement, il peut exister des personnes âgées fréquentables et intéressantes.L\u2019avantage d\u2019être vieux ou vieille, c\u2019est qu\u2019on a déjà été jeunes.Et que nous aussi, on a poussé pépé et mémé dans les orties pour prendre leur place, en affirmant haut et fort que l\u2019on ferait mieux qu\u2019eux et elles.Nous aussi avons dédaigné d\u2019écouter celles et ceux de plus de 40 ans (mieux, on s\u2019en méfiait !) parce qu\u2019ils étaient dépassés et ne connaissaient rien à rien.Nous aussi avons regardé les vieilles personnes avec condescendance, pitié et énervement, on les trouvait ralenties, encombrantes et chiantes.Dans les arts de la représentation, l\u2019égalité homme-femme a du plomb dans l\u2019aile.Un acteur a plus de chances de mourir en scène qu\u2019une de ses consœurs, pour la simple et bonne raison que, passé un certain âge, elles n\u2019intéressent plus les metteurs ou les metteuses en scène, hormis quelques glorieuses exceptions, nous sommes d\u2019accord.Après 50 ans, Monsieur est un séducteur aux tempes argentées et Madame, une vieille peau qu\u2019il faut remonter, botoxer, lifter, sans quoi c\u2019est chômage assuré.Bien sûr, peu de rôles du répertoire sont écrits pour des actrices vieillissantes (à part Les chaises, de Ionesco, où la Vieille a 94 ans \u2014 c\u2019est précisé dans les didascalies \u2014 mais, la plupart du temps, ce rôle est confié à une jeunette de 50 ou 60\u2026).Et, quand personnage féminin âgé il y a, ce sont des veuves assommantes, des mères castratrices, des belles- mères imbuvables.Le théâtre de création ne leur fait guère plus de place, à l\u2019exception de Michel Tremblay avec son Albertine et ses nombreuses frangines, voisines et belles-sœurs, ou Fa- bien Cloutier et sa Jocelyne partant à la retraite.Trop souvent, l\u2019interprète n\u2019a pas l\u2019âge de son personnage, on préfère vieillir des jeunes que rajeunir des vieilles.Chantal Dumoulin avait quel âge quand elle interprétait la grand-mère de Pacamambo ?Bref, l\u2019âgisme ne serait-il que du sexisme déguisé ?[\u2026] Enfin, pour ne pas conclure, gardons à l\u2019esprit que le plus beau compliment qu\u2019on puisse faire à une femme, c\u2019est : « Tu ne fais pas ton âge ».On n\u2019est pas sorties de l\u2019auberge.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Au rayon des antiquités L\u2019âgisme ne serait-il que du sexisme déguisé ?Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Jeu, décembre 2019, no 173.La crise actuelle avec la Chine montre les défis de gérer les relations avec une superpuissance qui ignore les règles internationales quand ça ne fait pas son affaire.Même si le Canada n\u2019est pas le premier pays à subir ses foudres et ses tactiques d\u2019intimidation, c\u2019est la première fois qu\u2019un pays a obtenu l\u2019appui de ses alliés.La personne raisonnable se retient d\u2019injurier.L\u2019espace virtuel ne dispense pas de ce devoir ! que les personnes grosses « ne soient plus perçues négativement ».Mais n\u2019est-ce pas paradoxal que de travailler à déconstruire les préjugés sur les personnes grosses\u2026 en maigrissant ?« C\u2019est vrai que je me suis dit que je pouvais avoir l\u2019air d\u2019être en train d\u2019abandonner la cause de l\u2019acceptation de soi », reconnaît la comique néo-brunswickoise, toujours encline à remettre en question les ramifications des œuvres qu\u2019elle crée.« Mais ce qui est arrivé, c\u2019est que lorsque j\u2019ai commencé à dire autour de moi que j\u2019avais l\u2019impression que les gens me traitaient différemment à cause de mon poids, quelqu\u2019un m\u2019a répondu : \u201cComment tu fais pour savoir que c\u2019est différent être mince, t\u2019as jamais été mince.\u201d Et c\u2019était vrai.» À la manière d\u2019une journaliste gonzo, Coco Belliveau entreprend donc d\u2019infiltrer le quotidien des personnes minces en tentant d\u2019en devenir une, non pas pour faire la promotion de la perte de poids, mais pour convaincre une fois pour toutes ceux qui en doutent des privilèges accompagnant la minceur.Elle précise d\u2019ailleurs que cette perte de poids aura supposé un programme d\u2019entraînement spartiate et une alimentation austère, qu\u2019elle a depuis considérablement assouplis au nom de sa santé mentale, et sans que sa santé physique en souffre.Autrement dit : la minceur a aussi un prix, en matière de santé, pour bien des gens devant prendre des mesures draconiennes afin de l\u2019atteindre.« Il y a des personnes minces qui refusent de croire que la grossophobie existe, parce que ça détruirait leur réalité, observe Coco.Si moi je suis discriminée à cause de mon poids et eux sont bien traités grâce à leur attribut physique, ça veut dire que les gens autour d\u2019eux sont superficiels.C\u2019est comme si j\u2019avais enfilé le costume de la personne mince pour être crédible aux yeux de ces personnes-là.» Elle ajoute, en soulignant la triste universalité de son propos, qui transcende son approche pourtant ancrée dans l\u2019intime : « Malheureusement, on se sent tous pas bien dans notre peau à un certain degré.» Si Coco Belliveau emploiera parfois, au cours de notre entretien, les mots «grosse» et «laide» comme s\u2019il s\u2019agissait de synonymes, ce n\u2019est pas parce qu\u2019elle le pense, mais plutôt parce qu\u2019elle sait trop bien que c\u2019est ce qu\u2019ils sont encore dans l\u2019imaginaire populaire.L\u2019emploi de « laide » est précisément guidé par l\u2019ambition de «switcher» le message, en renvoyant chacun de ces mots à sa section respective du dictionnaire.Détricotage « Une des phrases que j\u2019entends le plus souvent, c\u2019est : \u201cJ\u2019ai le droit de ne pas trouver ça beau, une personne grosse\u201d, regrette-t-elle.Mais c\u2019est normal que ce ne soit pas dans tes goûts : on est entraînés à voir la beauté dans la minceur.C\u2019est comme si tu manges des nuggetstoute ton enfance, ça se peut que, plus vieux, t\u2019aies le palais moins raffiné.» Ce long détricotage des représentations hantant jusqu\u2019à son propre cerveau passera beaucoup, pour Coco Belliveau, par les réseaux sociaux, où elle se fait désormais un devoir de s\u2019élaborer un fil de nouvelles composé de l\u2019éventail le plus diversifié possible de façons d\u2019incarner la beauté.Elle évoque entre autres le blogue Dix Octobre, de l\u2019autrice Gabrielle Lisa Collard, qui met chaque jour en lumière, sur Instagram, le compte d\u2019une personne grosse.L\u2019humoriste travaille également à transformer son propre rapport aux réseaux sociaux, où publier une photo flatteuse de soi-même est toujours une stratégie efficace pour momentanément apaiser un sentiment de mocheté, une tentation à laquelle elle s\u2019applique à résister.« C\u2019est pour ça que, dorénavant, je ne mets plus de filtres sur mes photos.Avant, je cachais mes problèmes d\u2019acné avec un filtre et, maintenant, on voit mon acné, et j\u2019ai quand même des \u201clikes\u201d.Ce que je reçois comme message dans ce temps-là, c\u2019est que c\u2019est ma confiance qui est sexy.» LEDEVOIR // LE MARDI 10 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel 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Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Circulaires : le statu quo n\u2019est pas possible, dit Valérie Plante Craignant que Montréal impose un système de consentement explicite (opt- in) pour la distribution de circulaires, Transcontinental a lancé une nouvelle offensive lundi pour inciter la Ville à renoncer à ce projet.Entourés des syndicats et des représentants des journaux locaux, les dirigeants de Transcontinental ont soutenu qu\u2019une telle décision entraînerait la disparition du Publi- sac et la perte de milliers d\u2019emplois.La mairesse Valérie Plante n\u2019a pas pris de décision dans ce dossier, mais selon elle, le statu quo n\u2019était pas possible.«Mon idée n\u2019est pas faite.[\u2026] Mais je pense qu\u2019à l\u2019aube de 2020, on ne peut plus penser le développement économique en opposition au développement durable.On est capables de faire preuve de créativité et d\u2019ouverture.» Le Devoir Caribou forestier : QS demande de reculer QUÉBEC \u2014 Québec solidaire demande au gouvernement de faire marche arrière et de maintenir les mesures de protection du caribou forestier.Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs veut rendre disponibles 46000 hectares de forêt au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, qui fait l\u2019objet d\u2019une protection administrative pour l\u2019espèce menacée.«Si ça continue ainsi, la seule place où on va trouver des caribous, ce sera sur nos25 cennes», a dit la députée Émilise Lessard-Therrien par communiqué.Le Devoir révélait lundi que plusieurs experts remettaient en question la décision du ministère.«[\u2026] aucune donnée ne nous laisse croire que ces territoires sont fréquentés par le caribou, les massifs concernés ont donc été libérés puisque, dans ce cas précis, les mesures étaient inutiles», a dit l\u2019attaché de presse du ministre Pierre Dufour.Le Devoir Charles Dutoit ne sera pas de l\u2019Ordre de Montréal L\u2019ex-chef d\u2019orchestre de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) Charles Dutoit ne sera pas retiré de l\u2019Ordre de Montréal, car il n\u2019en a jamais fait partie, a annoncé lundi la Ville de Montréal.La mairesse de la métropole québécoise, Valérie Plante, a agréé à l\u2019avis du Conseil de l\u2019Ordre de Montréal de mettre fin à l\u2019examen de la requête de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec.Le syndicat réclamait le retrait de l\u2019ex-chef de l\u2019OSM de l\u2019Ordre de Montréal.M.Dutoit ne s\u2019est encore jamais présenté à une cérémonie de remise des insignes de l\u2019Ordre de Montréal et a refusé l\u2019honneur, explique la Ville dans un communiqué.Depuis janvier 2018, M.Dutoit a été au cœur d\u2019un scandale où plusieurs musiciens ont allégué qu\u2019il leur avait fait subir du harcèlement et des agressions sexuelles.Le Devoir Un caribou aperçu en Gaspésie ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Michael Kovrig et Michael Spavor sont maintenant détenus en Chine depuis un an.Alors que le gouvernement de Justin Trudeau martèle qu\u2019il œuvre sans relâche pour tenter de les faire libérer, un ex-ambassadeur en Chine reconnaît qu\u2019Ottawa a les mains liées face à Pékin dans ce dossier.Les deux Michael ont été interceptés par les autorités chinoises le 10 décembre 2018.Détenus dans des conditions difficiles depuis, ils ont été formellement arrêtés cet été et transférés dans des prisons chinoises.Pékin les accuse d\u2019espionnage, mais n\u2019a pas déposé d\u2019accusations contre eux.« Nous sommes de tout cœur avec les deux Canadiens détenus injustement en Chine », a argué le premier ministre aux Communes lundi.« Nous continuons de dialoguer, y compris moi- même directement avec le président Xi Jinping, afin de faire valoir à quel point il est important de ramener ces Canadiens à la maison.» Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a renchéri dans une déclaration écrite en disant que «ces deux Canadiens sont, et resteront, la première priorité du Canada ».M.Kovrig et M.Spavor n\u2019ont pas pu voir d\u2019avocat ni leur famille depuis un an.Ils n\u2019ont eu droit qu\u2019à une visite mensuelle des autorités consulaires canadiennes.« Bien que la Chine n\u2019ait jamais détaillé les raisons pour lesquelles Michael [Kovrig] est emprisonné, il est clair qu\u2019il n\u2019est qu\u2019un pion dans une lutte géopolitique plus large », déplorait la semaine dernière son patron à l\u2019International Crisis Group, Robert Mal- ley, dans le Washington Post.M.Malley estime que Michael Kovrig est victime de la guerre commerciale que se livrent la Chine et les États-Unis, ainsi que de l\u2019arrestation au Canada de la dirigeante financière du géant des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou \u2014 qui fait face à une demande d\u2019extradition des États-Unis.Mme Meng a été arrêtée le 1er décembre 2018 \u2014 neuf jours avant DIPLOMATIE Un an plus tard, deux Canadiens demeurent emprisonnés en Chine Les deux hommes n\u2019ont toujours pas pu voir d\u2019avocat ni leur famille M.Kovrig et M.Spavor \u2014 et elle est assignée à sa résidence luxueuse de Vancouver en attendant son procès.«La détention de Michael est injuste et inhumaine.Elle n\u2019aurait pas dû durer une heure, encore moins une année.La Chine devrait le libérer», a affirmé le patron de M.Kovrig.Bien que M.Malley réclame la libération des deux Michael depuis maintenant un an, il reconnaît que le gouvernement canadien «a essayé tout ce qu\u2019il pouvait pour les faire sortir».«Je ne peux pas demander plus», a-t-il admis à La Presse canadienne.Les relations entre Ottawa et Pékin se sont quelque peu réchauffées au cours des derniers mois.L\u2019ancienne ministre des Affaires étrangères Chrystia Free- land était incapable de s\u2019entretenir avec son homologue chinois l\u2019an dernier.Les choses ont changé cet été et Mme Free- land et son successeur, François-Phi- lippe Champagne, ont rencontré depuis le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.Les deux pays ont en outre accepté la nomination d\u2019un ambassadeur à Pékin et à Ottawa.«Après un an, il est absolument clair que la détention des deux Michael est une forme particulièrement cruelle de coercition de la Chine», a dit au Devoir l\u2019ancien ambassadeur canadien en Chine David Mulroney.Aujourd\u2019hui chercheur distingué à la Munk School of Global Affairs and Public Policy, M.Mulroney estime cependant que «le gouvernement agit correctement».«Céder à la pression de la Chine ne ferait qu\u2019entériner la prise d\u2019otages diplomatiques par les Chinois et rendre cette pratique encore plus probable à l\u2019avenir.» L\u2019ambassade de Chine à Ottawa n\u2019a pas répondu au Devoir lundi.Gros ne veut pas dire laid HUMOUR SUITE DE LA PAGE A 1 Dans son spectacle Nanette (2018), Hannah Gadsby raconte comment l\u2019au- todérision \u2014 quant à son apparence et à son orientation sexuelle \u2014 a longtemps renforcé en elle une forme sournoise de dégoût d\u2019elle-même.S\u2019il est évidemment risqué d\u2019employer l\u2019outil de l\u2019humour pour aborder un sujet aussi sensible que le poids, Coco Belliveau en appelle à sa propre responsabilité d\u2019artiste.« Quand tu fais de l\u2019autodérision, et j\u2019en fais encore beaucoup, il faut que tu te questionnes sur comment ta blague peut être perçue par différents types de personnes.Moi, je suis là pour faire du bien au monde.Je me demande toujours : \u201cEst-ce que quelqu\u2019un pourrait se sentir mal en entendant ce que je dis ?\u201d Parce que l\u2019intention, ce n\u2019est pas tout.Tu peux être vraiment bien intentionnée et avoir un effet négatif.L\u2019idée, c\u2019est que l\u2019intention et l\u2019effet soient le plus proche possible.» À quoi ressemblent-ils donc, ces privilèges qui accompagnent la minceur ?Coco rougit.« Ben, il y a beaucoup d\u2019attention qui vient avec la minceur », confie-t-elle en souriant.Elle hésite.« Mettons qu\u2019il y a beaucoup plus de gens qui veulent coucher avec toi ! [Elle rit d\u2019effarement.] Il y a beaucoup de gars dans le milieu de l\u2019humour qui ne m\u2019avaient jamais adressé la parole et qui ont commencé à me parler ou à m\u2019écrire et qui sont vraiment weird.C\u2019est une des raisons pour lesquelles la beauté, ce n\u2019est pas qu\u2019une bénédiction.On pense que les personnes belles ont toutes les occasions qu\u2019elles veulent, mais elles ont aussi toutes celles qu\u2019elles ne veulent pas.» Michael Spavor et Michael Kovrig sont détenus en Chine.JASON REDMOND AGENCE FRANCE-PRESSE Il y a des personnes minces qui refusent de croire que la grosso- phobie existe, parce que ça détruirait leur réalité COCO BELLIVEAU » "]
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