Le devoir, 23 décembre 2019, Cahier A
[" INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 MONDE L\u2019Inde et son démon fondateur, la chronique de François Brousseau ACTUALITÉS Hommages à Rémi Savard, « véritable allié » des Autochtones | A 3 ACTUALITÉS Le cadeau, de coutumes et d\u2019emballage A 5 Et la lumière jaillit Retour sur trois découvertes majeures de l\u2019année 2019 PAULINE GRAVEL LE DEVOIR armi les découvertes scientifiques qui ont marqué 2019, la toute première image d\u2019un trou noir captée par un éventail de radiotélescopes a frappé tous les esprits.Cette preuve visuelle d\u2019un objet céleste qu\u2019on croyait complètement invisible en raison de son énorme force de gravité qui aspire tout dans son entourage, y compris la lumière, a fait la une de tous les grands journaux du monde, y compris Le Devoir.Elle est aussi devenue l\u2019image la plus téléchargée de l\u2019histoire du site Internet de la National Science Foundation, une agence publique américaine ayant pour mission de soutenir la recherche fondamentale.La revue Science l\u2019a déclarée « découverte de l\u2019année 2019 ».Cette image qui ajoute un nouveau jalon dans l\u2019histoire de l\u2019astronomie nous fait voir la silhouette GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Qu\u2019on le lise à l\u2019endroit ou à l\u2019envers, le baromètre des personnalités politiques de la fin 2019 pose un constat sans équivoque : les Québécois aiment \u2014 vraiment \u2014 François Legault, selon ce sondage mené par Léger pour Le Devoir.Le premier ministre domine ainsi largement ce coup de sonde qui peut être vu à la fois comme un concours de popularité et une mesure de l\u2019appréciation du travail fait.Avec 63 % d\u2019opinions positives, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) est dans une classe à part en cette fin d\u2019année.Pour une lecture précise de la popularité d\u2019un politicien, il faut toutefois ajouter une composante à l\u2019équation : celle des opinions négatives (Léger a demandé aux répondants s\u2019ils avaient « plutôt une bonne opinion ou plutôt une mauvaise opinion » de chacun des 65 politiciens listés).En établissant la différence entre les bonnes et les mauvaises opinions, on obtient ainsi la réelle cote d\u2019amour dont dispose un élu.Encore là, François Legault s\u2019illustre avec un différentiel de +37 (un quart des répondants ont une opinion plutôt négative du premier ministre).Seule la ministre des Aînés et ancienne animatrice télé, Marguerite Blais, le dépasse avec +38.Les deux sont des habitués des premiers rangs de ce type de palmarès.Depuis son retour en politique pour fonder la Coalition avenir Québec, M.Legault a toujours figuré en haut de liste.Sauf qu\u2019il était jusqu\u2019à l\u2019an dernier dans l\u2019opposition ; qu\u2019il conserve une si forte cote d\u2019appréciation SONDAGE Les Québécois aiment Legault « Bolsonaro pouvait compter sur 60 % de satisfaction au sein de la population en janvier 2019.À la fin de cette année, cet appui a fondu de moitié et s\u2019établit à 30 % », selon Guilherme Boulos, une étoile montante de la gauche brésilienne, félicité ici par une partisane.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR comme premier ministre est autrement impressionnant, estime Christian Bourque, vice-président chez Léger.« Normalement, les premiers ministres ont un solde négatif, relève-t-il.Mais François Legault échappe à ça : ça témoigne certainement de quelque chose de spécial à son égard.» En comparaison, Justin Trudeau obtient dans le même sondage 43 % d\u2019opinions favorables et 51 % de défavorables, pour une appréciation globale de -7 points.VOIR PAGE A 2 : SONDAGE Un an après l\u2019arrivée au pouvoir du populiste Jair Bolsonaro, la résistance s\u2019organise dans un Brésil qui, à gauche comme au centre, compte désormais ses pertes en matière de droits et de libertés.Guilherme Boulos est une des figures ascendantes de cette nouvelle opposition.Le Devoir l\u2019a rencontré la semaine dernière à Sao Paulo, mégalopole brésilienne.LE DEVOIR AU BRÉSIL Un an de Bolsonaro, « 50 ans de recul » FABIEN DEGLISE À SAO PAULO LE DEVOIR « Regarde ! » Le ton est direct, précis, quasi professoral.« La communauté internationale doit aider les Brésiliens à conserver leur démocratie.» Depuis quelques minutes dans un café de Sao Paulo, bouteille d\u2019eau gazeuse à la main, Guilherme Boulos, étoile montante de la gauche brésilienne, explique, VOIR PAGE A 2 : BRÉSIL Ce que l\u2019on pourrait voir en voyageant près du trou noir supermassif M87 NICOLLE R.FULLER NATIONAL SCIENCE FOUNDATION 63 % C\u2019est la proportion de Québécois qui ont « plutôt une bonne opinion » de François Legault.P VOIR PAGE A 4 : DÉCOUVERTES VOL.CX NO 292 / LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 Mesure d\u2019affection et leçon d\u2019humilité SONDAGE SUITE DE LA PAGE A 1 De ce baromètre, on peut dégager cinq autres constats ou tendances.Des aimés.Derrière M.Legault et Mme Blais, c\u2019est le maire de Québec, Régis Labeaume (+35 points), la députée péquiste Véronique Hivon (+33) et le chef bloquiste, Yves-François Blanchet (+30), qui obtiennent le meilleur différentiel d\u2019appréciation.Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, la ministre caquiste Sonia Lebel et le président de l\u2019Assemblée nationale, François Paradis (qui a connu une session difficile, son autorité étant remise en cause) suivent de près, quelques points devant le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.Au seul chapitre des « bonnes opinions », Régis Labeaume (55 %), la mairesse de Montréal, Valérie Plante (50 %), et Jagmeet Singh (50 %) obtiennent les plus hauts scores après François Legault.Suivent ensuite Mme Blais (49 %), la co-porte-parole solidaire Manon Massé (46 %), François Paradis (43 %) et Justin Trudeau.Des mal-aimés.L\u2019ancien chef conservateur Andrew Scheer (qui vient de démissionner) et le député libéral Gaétan Barrette sont pour leur part imbattables à l\u2019autre bout du spectre \u2014 au sommet de la liste de ceux qui récoltent le plus d\u2019avis défavorables (64% et 63%).Même en additionnant les opinions positives qu\u2019ils reçoivent, leur solde d\u2019appréciation est largement négatif, à « Menaces de mort » BRÉSIL SUITE DE LA PAGE A 1 dissèque et décrypte un pays qui vient de vivre une première année sous la présidence autoritaire de Jair Bolso- naro.Le populiste a pris le pouvoir le 1er janvier dernier.«Les leaders du monde démocratique doivent se préoccuper de la souffrance des Brésiliens, des crimes contre les indigènes, contre l\u2019environnement, contre les libertés individuelles.Ils doivent exercer une pression constante sur ce gouvernement, y compris par des sanctions économiques.Il n\u2019est pas acceptable aujourd\u2019hui qu\u2019un État dans le monde qui défend la démocratie fasse des affaires avec le Brésil.» En cette fin d\u2019année, quand Boulos \u2014 comme on l\u2019appelle simplement ici \u2014 regarde en arrière, c\u2019est le mot « tragédie » qui lui vient spontanément à l\u2019esprit.« Le Brésil est entré dans un moment difficile de son histoire.Nous venons de vivre une année de recul.En matière de droits sociaux, de droits constitutionnels, d\u2019accès universel à l\u2019éducation et aux soins de santé.Ce gouvernement est celui de la dévastation.Il détruit les avancées sociales.Il détruit la vie des gens.Il détruit nos forêts.Ce qui se passe en Amazonie n\u2019est pas un accident.C\u2019est le résultat de politiques délibérées visant à accélérer la déforestation [par des incendies criminels qui restent impunis] au nom du développement de l\u2019agriculture et de l\u2019extraction de minerais.C\u2019est un crime.» Et il ajoute : « Le gouvernement Bol- sonaro vient de permettre l\u2019utilisation de 300 nouveaux pesticides extrêmement toxiques interdits jusqu\u2019à maintenant.C\u2019est ça, le Brésil d\u2019aujourd\u2019hui.» Une opposition à risque La fin de la trentaine, la barbe parfaitement taillée, la voix grave, Boulos parle Simon Jolin-Barrette, ministre qui a dirigé les deux plus gros dossiers du gouvernement Couillard (immigration et laïcité) ?Inconnu de 48 % des répondants.Steven Guilbeault, candidat vedette du Parti libéral du Canada et écologiste le plus connu au Québec ?Inconnu de 58 % des répondants.Geneviève Guilbault, vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique ?Inconnue de 63 % des répondants (et c\u2019est pire pour le reste du cabinet Legault).« On fait toujours le constat que les gens, pour la plupart, ne savent pas qui sont les politiciens en poste, note Christian Bourque.Il y a une leçon d\u2019humilité dans ces bulletins-là.» Des leçons.Si François Legault et ceux qui performent bien dans ce baromètre pourront s\u2019en réjouir, il reste que ce genre de sondage ne présage de rien pour le futur.En juin 2015, par exemple, Le Devoir identifiait deux grands gagnants : Denis Coderre et Thomas Mulcair, qui avaient chacun plus de 60 % d\u2019opinions positives et très peu d\u2019opinions négatives.Or, on s\u2019en souviendra, la performance de M.Mulcair aux élections de l\u2019automne suivant a incité les membres du Nouveau parti démocratique à lui montrer la porte.Quant à M.Coderre, il a été battu sans appel par Valérie Plante aux élections municipales de 2017.Le sondage a été mené en ligne entre les 13 et 16 décembre 2019, auprès de 1010 Québécois.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.-47 et -48 points.La députée solidaire Catherine Dorion (38 % d\u2019avis défavorables, solde de -14 points), souvent impliquée dans des controverses, complète le trio de tête de cette catégorie des politiciens les plus polarisants.Anglade et Cusson méconnus.Il n\u2019y a que deux candidats déclarés dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec\u2026 et les deux ont du travail à faire côté notoriété.La moitié (49 %) des répondants du sondage ne connaissent pas Dominique Anglade, qui a été ministre dans le gouvernement Couillard.C\u2019est beaucoup, mais ça demeure mieux qu\u2019Alexandre Cus- son, inconnu pour\u2026 83 % des gens.Le maire de Drummondville obtient 10 % d\u2019avis favorables, contre 7 % de mauvaises opinions.La perception de Mme Anglade est aussi partagée : 27 % de bonnes opinions, et 24 % de mauvaises.N\u2019empêche qu\u2019à part le chef intérimaire du parti, Pierre Arcand, c\u2019est la libérale la mieux classée au chapitre des bonnes opinions.Qui?C\u2019est une constance de ce type de sondage : la population connaît peu ses politiciens.Sur 65 politiciens nommés dans le coup de sonde, à peine un tiers étaient connus de plus de la moitié des répondants.Yves-François Blanchet Justin Trudeau François Paradis Manon Massé Marguerite Blais Jagmeet Singh Valérie Plante Régis Labeaume François Legault 60 80 100% Marc Garneau 63 55 50 50 49 46 43 43 42 42 0 20 40 Plutôt une bonne opinion, en pourcentage 64 63 51 38 34 32 32 28 25 24 François Legault Valérie Plante Manon Massé Mélanie Joly Gabriel Nadeau-Dubois Catherine Dorion Justin Trudeau Gaétan Barrette Andrew Scheer 60 80 100% Dominique Anglade 0 20 40 Plutôt une mauvaise opinion, en pourcentage 38 37 35 33 30 29 29 29 26 22 Pascal Bérubé François Paradis Sonia LeBel Jagmeet Singh Yves-François Blanchet Véronique Hivon Régis Labeaume François Legault Marguerite Blais 60 80 100 Marc Garneau 0 20 40 Données Sondage Léger-Le Devoir mené en ligne du 13 au 16 décembre 2019 Infographie Le Devoir Score d\u2019appréciation* *Différence du pourcentage de bonne opinion et du poucentage de mauvaise opinion sans détour et sans peur dans un pays où la menace plane désormais sur l\u2019opposition, et particulièrement sur les détracteurs les plus audibles de Bolsonaro, dont il fait partie.«J\u2019ai deux gardes du corps, admet-il.Chaque jour, je reçois des menaces de mort.Le climat actuel est un climat de rage que le président stimule lui- même par ses déclarations incendiaires.Être dans l\u2019opposition aujourd\u2019hui impose de se mettre à risque.» Mais l\u2019ex-candidat à la présidence pour le compte du Parti socialisme et liberté lors des élections de 2018 \u2014 il n\u2019avait alors récolté qu\u2019un minuscule 0,58% des voix \u2014 n\u2019est pas à la veille de se taire, lui qui, chaque semaine, poursuit son ascension, soutenue par un balado vidéo à la popularité grandissante ici au Brésil, intitulé Café com Boulos, dont il est la vedette.Le titre fait un clin d\u2019œil au traditionnel café com bolos (café avec gâteau), composante essentielle du quotidien des Brésiliens.Récemment, il y a dénoncé l\u2019assassinat de quatre indigènes de la communauté Guajajara dans l\u2019état de Maranhão, cibles désormais faciles et malheureusement ordinaires des spéculateurs ter- nautés indigènes oppressées par les « grileiros », ces usurpateurs qui pratiquent l\u2019appropriation illégale des terres dans ce coin de pays pour mieux les vendre ensuite à l\u2019agroalimentaire.Dans une dizaine d\u2019années, il pourrait prendre le pouvoir et faire entrer le Brésil dans un nouveau cycle politique.» Des municipales référendaires Pour le moment, Guilherme Boulos ne cherche pas à regarder aussi loin, préférant plutôt se concentrer sur l\u2019instant présent et les élections municipales de 2020 qui, pour lui, doivent devenir un référendum sur l\u2019action politique et les dérives autoritaires de l\u2019actuel gouvernement « dans lequel il y a plus de militaires que lors de la dictature », dit-il.« Ces élections vont être très importantes pour démontrer qu\u2019il existe une autre voie, celle de la rue et de la mobilisation sociale.Dans les grandes villes du pays, dans les municipalités rurales, il faut rejeter massivement l\u2019autoritarisme de Bolsonaro, sa vision étriquée, polari- sante et violente du monde.L\u2019ex-prési- dent brésilien, Juscelino Kubitscheck [en poste dans les années 1950] a eu pour projet de faire avancer le Brésil de 50 ans en avant en 5 ans.Bolsonaro, lui, vient de le faire reculer de 50 ans, en une seule année», et les Brésiliens commencent désormais à s\u2019en rendre compte.«Bolsonaro pouvait compter sur 60% de satisfaction au sein de la population en janvier 2019, dit Boulos.À la fin de cette année, cet appui a fondu de moitié et s\u2019établit à 30 %.C\u2019est la plus grande chute lors d\u2019une première année de pouvoir dans l\u2019histoire du Brésil.» À l\u2019inverse, « si au début de l\u2019année, la peur était le sentiment principal au Brésil, aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019indignation qui domine face à un président qui nous fait de plus en plus honte, ajoute le politicien, militant et professeur de sciences sociales à l\u2019Université de Sao Paulo ».«Regarde.Notre plus grand défi maintenant, c\u2019est de faire muter cette indignation en mobilisation sociale.C\u2019est ce qui nous attend en 2020.Nous devons opposer une résistance démocratique forte à Bolsonaro pour prévenir l\u2019aboutissement de ses volontés politiques.Et nous espérons que cela va prendre la voie du débat et du dialogue, plutôt que celle de la confrontation et de violence dont il cherche depuis le début à tirer parti».Selon Guilherme Boulos, le reste du monde se doit d\u2019« exercer une pression constante » sur le gouvernement de Jair Bolsonaro (notre photo).EVARISTO SA AGENCE FRANCE-PRESSE Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir.riens qui cherchent à mettre la main sur leurs terres ancestrales.Et n\u2019ont désormais plus de scrupules à le faire avec violence.Par ce canal, il s\u2019est porté également à la défense du philosophe Paulo Freire, promoteur d\u2019une éducation critique pour libérer les indigènes des chaînes paternalistes du colonialisme, et dont la mémoire est régulièrement traînée dans la boue par Bolsonaro.« Il faut investir ces espaces de communication pour ne pas les laisser uniquement dans les mains de cette droite radicale et violente, dit-il.Ce balado, c\u2019est une façon d\u2019entrer en conversation avec le Brésil, de lui montrer qu\u2019une autre perspective peut exister.» Et la mécanique commence à porter ses fruits.La voix des exclus «Tout le monde aime Boulos aujourd\u2019hui et plusieurs le voient déjà comme le prochain Lula [l\u2019ex-président brésilien envoyé en prison sous des accusations de corruption par Bolsonaro]», résume Anna-Carolina, début de la trentaine, qui travaille dans le monde du documentaire.Son influence est très grande au sein des mouvements sociaux dont il est issu, mais elle tend à s\u2019étendre au-delà.» Dans le café où l\u2019on discute, une femme passe près de la table, le reconnaît et vient l\u2019embrasser chaleureusement.Elle dit travailler dans le monde de l\u2019éducation, le félicite pour son combat et l\u2019assure de son soutien.Tout ça se passe très vite.En portugais.« Chaque jour, quand je rentre dans mon appartement, je remercie Dieu et Guilherme Boulos, laisse tomber en souriant Alenilza Silva dans son petit logement du complexe immobilier João Candido de la ville de Taboão da Serra, en banlieue de Sao Paulo, un projet de résidence communautaire à faible coût mis au monde par le Mouvement des travailleurs sans toits dont Boulos est devenu au fil des ans une des figures emblématiques.Il n\u2019a pas peur de se porter à la défense des exclus, des oubliés de la société, de mettre son visage en avant pour encaisser les coups.» « Il manque un peu de maturité politique, mais il est sur le bon chemin, estime pour sa part le prêtre catholique Edilberto Senna, rencontré dans sa maison de Satarèm, dans le nord de l\u2019Amazonie, où il vient en aide, par la formation à la résistance, aux commu- Sur 65 politiciens nommés dans le coup de sonde, à peine un tiers étaient connus de plus de la moitié des répondants ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 De faux châteaux D ans les années 1950, à la suite de son élection comme maire de Montréal, Jean Drapeau avait souhaité faire passer une autoroute devant l\u2019hôtel de ville.Il fallait, disait-on alors, trouver coûte que coûte à désengorger Montréal d\u2019une insoutenable congestion automobile, même au prix de raser les traces de son histoire, la vie ne devant plus être, à l\u2019heure du triomphe de la vitesse, qu\u2019un présent renouvelé à l\u2019infini, dans l\u2019apesanteur d\u2019un monde ainsi délesté sans regret des traces de son passé.Ce plan menait tout droit, entre autres aberrations, à la destruction du château Ramezay, notre plus vieux musée, situé à un jet de pierre de l\u2019hôtel de ville, tout juste de l\u2019autre côté de la rue.À la fin du XIXe siècle, cette ancienne demeure de gouverneur, transformée successivement en entrepôt de la Compagnie des Indes puis en quartiers généraux pour l\u2019armée révolutionnaire américaine, s\u2019était vu greffer une tourelle afin de se sentir plus autorisée à porter le titre de château.Pourquoi, en effet, devrait-on priver un château d\u2019une tour ?Si les moyens avaient été plus grands et le climat plus clément, on aurait pu aussi, tant qu\u2019à faire, creuser des douves et installer un pont-levis.Il existe encore une multitude de bâtiments à Montréal qui, en façade, pour épater, sont recouverts de pierres grises au sommet desquelles on a greffé, inspiré d\u2019un Moyen Âge de composition, des semblants de tourelles et de créneaux.Ce style pseudo-château court encore le long de certaines rues.Il se matérialise aussi dans quelques bâtiments publics, par exemple dans l\u2019hôtel de ville de la modeste municipalité de Saint-Louis, aujourd\u2019hui devenue le cœur du quartier montréalais du Mile-End.Ce faux château, pompeux à souhait, sera transformé à terme en caserne de pompier.On n\u2019aurait pas pu lui trouver une meilleure vocation pour illustrer son style.Cette tradition du château de carnaval se poursuit, désormais au nom du royaume de l\u2019auto.Dans Nos Lumières, un livre à paraître fin janvier, Benoît Melançon porte attention aux traces laissées par la pensée du siècle de Voltaire.Il consacre un passage aux monster houses, ces résidences sur- dimensionnées aux allures de châteaux de sable qui portent, comme le rappelle Melançon, « l\u2019ostentation comme fin en soi ».Autrement dit, ces demeures impersonnelles, loin de toute forme d\u2019enracinement, ne servent qu\u2019à affirmer, dans toute leur grossièreté, une chose : « Voyez comme je suis riche.» Sans empreintes, sans âmes, habitées au seul nom de l\u2019argent, ces demeures apparaissent forcément interchangeables au milieu des quartiers où on les construit, c\u2019est-à-dire d\u2019ordinaire près des autoroutes.Après la Seconde Guerre mondiale, à l\u2019heure du triomphe de l\u2019auto, le tort du château Ramezay, du moins pour des esprits comme celui du maire Drapeau, n\u2019était pas d\u2019avoir voulu mimer l\u2019allure supposée des châteaux, mais de ne pas admettre que ceux-ci devaient désormais être construits à la gloire de l\u2019auto, c\u2019est-à-dire avec un garage capable d\u2019en contenir au minimum deux.L\u2019inconvénient des vieux bâtiments était de ne pas se soumettre d\u2019emblée au règne de l\u2019automobile.Quoique déguisée en château, l\u2019ancienne demeure du gouverneur Claude Ramezay conserve sans conteste son âme.C\u2019est là, on le sait, que se réunissait l\u2019École littéraire de Montréal.En 1899, Émile Nelligan y déclame sa Romance du vin, avant d\u2019être avalé par une mythologie romantique du poète damné qu\u2019on n\u2019en finit plus d\u2019attiser.On s\u2019apprête d\u2019ailleurs à rejouer, en janvier et en février, une de ces projections romantiques en présentant, au TNM, l\u2019opéra que Michel Tremblay et André Gagnon lui ont consacré.Il y a quelques années déjà, dans une campagne pour prévenir la maladie mentale, le gouvernement du Québec avait cru bon utiliser la photo de Nelligan, de sorte qu\u2019on pouvait croire que la littérature, chez nous, constituait une manière de folie.Reste que si le bâtiment du château Ramezay vit encore aujourd\u2019hui, c\u2019est en partie grâce à Nelligan, parce que ses mots, justement, ont habité et meublé l\u2019endroit du sens de sa parole.Le sachant parfaitement, un tout jeune professeur de littérature, Sébastien Gallant, vient d\u2019y emmener ses élèves, une classe de jeunes de l\u2019école secondaire Cavelier-De LaSalle qui sont à risque de décrochage scolaire.Dans une volonté bien affirmée de les motiver, il leur a donné à apprendre un poème de Nelligan de leur choix, à l\u2019exception de Soir d\u2019hiver, à son avis trop rabâché.Ses élèves, m\u2019a-t-il expliqué, devaient le présenter dans les lieux mêmes où Nelligan a parlé.Aucun élève, à sa grande surprise, ne lui a demandé de pouvoir se servir de ses feuilles comme béquille mémorielle.Ils lui ont paru moins nerveux dans ce cadre solennel, plus conscients en tout cas du poids des mots, du sens qu\u2019ils prennent en société.Au musée, le personnel était enchanté.De mémoire, on n\u2019avait jamais vu un prof, au cours des dernières années, se livrer à un projet pareil.Du coup, les élèves ont eu droit, en prime, à une visite commentée des jolies salles de ce musée, bref à un cours d\u2019histoire incarné.Le professeur Gallant n\u2019a pas encore terminé son bac en enseignement.Dans un système où les professeurs se font rares, alors qu\u2019ils sont pourtant si importants, il peut déjà, en raison d\u2019un contrat particulier, enseigner depuis un moment.« J\u2019aimerais un jour ouvrir une école alternative pour décrocheurs », me dit-il, en m\u2019expliquant que, pour motiver l\u2019apprentissage, il faut de la vie et des projets.Au fond, pourquoi enseigner sinon pour faire comprendre, avec Nelligan ou d\u2019autres, qu\u2019il n\u2019est jamais trop tard pour s\u2019engager dans une vie pleine, c\u2019est-à-dire tout autrement que dans des projets de châteaux de sable balayés au gré des marées de l\u2019argent ?JEAN- FRANÇOIS NADEAU LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR De nombreuses personnalités ainsi que plusieurs membres des Premières Nations ont qualifié de « pionnier » et de « grand homme » l\u2019anthropologue spécialisé en culture orale innue et défenseur des droits autochtones Rémi Savard, décédé vendredi matin.Âgé de 85 ans, Rémi Savard a rendu l\u2019âme après un long combat contre la maladie d\u2019Alzheimer.« C\u2019est quelqu\u2019un qui avait un cœur d\u2019enfant.Même profondément dans l\u2019alzheimer, c\u2019est les enfants qui le rendaient heureux », relate son fils, Gabriel Léger-Savard.« Il était engagé dans un corridor absurde, résume pour sa part l\u2019anthropologue et animateur de radio Serge Bouchard, en entrevue au Devoir.C\u2019est tout le grand paradoxe : un grand intellectuel qui perd son cerveau, qui perd la tête.» Auteur de plusieurs livres, dont La forêt vive et Carcajou à l\u2019aurore du monde, Rémi Savard a été l\u2019un des premiers à faire connaître la culture in- nue, souligne M.Bouchard.« Il a dit des choses formidables, comme : \u201con parle toujours des mythes grecs et on ne se rend pas compte qu\u2019il y avait des premiers peuples ici, qu\u2019il y avait des premiers peuples partout à travers le monde qui avaient leur propre Socrate, qui avaient leurs propres penseurs, qui avaient surtout leur propre mythologie\u201d », illustre-t-il, qualifiant son œu- vre de « monumentale ».L\u2019avocat innu Ken Rock décrit l\u2019anthropologue comme un « grand homme ».« Ça a été un professeur d\u2019université qui a enseigné à plusieurs anthropologues qui sont devenus aujourd\u2019hui des experts dans leur domaine, certainement grâce à des gens comme Rémi Savard », déclare-t-il au bout du fil.« Un anthropologue m\u2019en apprenait plus sur ma culture, sur nos traditions, que mes propres grands-parents », souligne-t-il.Droits des Autochtones Pour le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, Rémi Sa- vard était « un véritable allié » de la cause autochtone.« [Il] n\u2019a jamais cherché à imposer ses théories.Il a plutôt fait le choix de s\u2019intégrer au peuple innu, de le comprendre », résume-t-il.Le chef autochtone souligne la participation de l\u2019anthropologue à différents mouvements de soulèvement.1934-2019 Rémi Savard, un anthropologue respecté de tous Ce « véritable allié » des Autochtones est décédé à 85 ans après un long combat contre l\u2019alzheimer LA PRESSE CANADIENNE À OTTAWA Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a accusé dimanche les conservateurs d\u2019être «irresponsables» en annonçant l\u2019imminence d\u2019une récession.Participant à diverses émissions politiques diffusées sur les réseaux anglophones, M.Morneau a dit que les économistes du secteur privé prévoyaient que l\u2019économie canadienne serait en croissance.Les conservateurs soutiennent que le Canada est mûr pour une récession à cause des dépenses gouvernementales.« Je ne dis pas que nous sommes en récession, mais si on y plonge, cela sera une récession d\u2019origine canadienne », a déclaré le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, après la présentation de la mise à jour économique.Un pays est en récession lorsqu\u2019il connaît deux trimestres consécutifs de contraction économique.MISE À JOUR ÉCONOMIQUE Bill Morneau taxe les conservateurs d\u2019« irresponsables » Le PCC soutient que le pays est mûr pour une récession à cause des dépenses d\u2019Ottawa L\u2019anthropologue Rémi Savard a été salué pour son approche d\u2019intégration et de compréhension auprès des communautés autochtones.FRANÇOIS LÉGER-SAVARD Dimanche, M.Morneau a dit que le gouvernement voulait s\u2019assurer d\u2019une croissance continue après avoir constaté les données décevantes en novembre selon lesquelles 71 000 emplois avaient été perdus au pays.« Nous devons être prudents, mais je crois que notre économie est forte et je crois qu\u2019elle continuera de croître », a-t-il dit au cours de l\u2019émission Question Period, sur CTV.Le ministre a aussi défendu les prévisions de dépenses du gouvernement après sa récente mise à jour économique, qui indiquait que le déficit sera plus important cette année.La mise à jour économique de M.Mor- neau publiée lundi prévoit un déficit de 26,6 milliards de dollars, soit près de 7 milliards de plus que ce qui avait été annoncé au dernier budget.Le déficit devrait se creuser davantage, à 28,1 milliards, en 2020-2021, avant même que les promesses libérales formulées au cours de la campagne électorale soient réalisées, pour ensuite diminuer de façon progressive jusqu\u2019à atteindre 11,6 milliards en 2024-2025.M.Morneau n\u2019a rien annoncé quant à un retour éventuel à l\u2019équilibre budgétaire.La plateforme électorale des libéraux prévoyait quatre ans de déficits de plus de 20 milliards, dont près de 27,4 milliards en 2020-2021.« Rémi Savard était aux premières loges, non seulement comme témoin, mais comme participant », relate-t-il, citant notamment la guerre du saumon au début des années 1980, opposant les peuples de la Côte-Nord au gouvernement provincial concernant les droits de pêche dans les rivières à saumon.« Il voulait que les Autochtones, particulièrement les Innus, puissent prendre leur place par eux-mêmes », renchérit l\u2019avocat Alain Arsenault, ami de longue date de M.Savard.Avec Ken Rock, il a représenté ce peuple dans le cadre de l\u2019enquête de la commission Roberge, sur la mort de deux Innus en 1977 dans la rivière Moisie.Un dossier dans lequel Rémi Savard s\u2019est impliqué, en ayant « toujours refusé d\u2019avoir un seul dollar », se souvient avec émotion M.Arsenault.Et même s\u2019il était « profondément » souverainiste, l\u2019anthropologue désirait que l\u2019indépendance du Québec se fasse en collaboration avec les Premières Nations, explique son fils.«Il disait: \u201cOn ne peut pas faire un pays sur les cendres d\u2019un autre\u201d», cite-t-il en exemple, ajoutant que son père était quelqu\u2019un qui «aimait profondément les humains».Un pas vers la réconciliation Pour Ghislain Picard, l\u2019héritage que laisse Rémi Savard permettra de continuer le travail de réconciliation avec les peuples autochtones, notamment à travers ses livres.« Ce sont des ouvrages qui représentent une belle richesse, parce que Rémi les a écrits avec ce qu\u2019il a vécu », dit le chef de l\u2019APNQL.L\u2019« indignation » que l\u2019anthropologue ressentait quant à la situation des Premières Nations au Canada en inspirera d\u2019autres, croit M.Bouchard.« Malgré la réconciliation, malgré l\u2019information, cette situation perdure et demeure.Et lui, il va nous léguer son indignation face à ça », prédit-il.Le peuple innu n\u2019est quant à lui par prêt d\u2019oublier la longue relation d\u2019amitié qui l\u2019unissait à l\u2019anthropologue.« Au niveau de la nation innue au complet, il nous laisse beaucoup de choses », estime Ken Rock. LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 Veuillez prendre note que Le Devoir ne sera pas publié les 25 et 26 décembre ainsi que les 1er et 2 janvier, en raison de la fête de Noël et du jour de l\u2019an.Nos bureaux seront également fermés.IVAN COURONNE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE La capsule spatiale de Boeing, Starliner, sans équipage à bord, a atterri sans encombre dimanche dans un désert de l\u2019ouest des États-Unis après avoir écourté sa mission d\u2019essai en orbite, lors de laquelle elle aurait dû s\u2019amarrer à la Station spatiale internationale (SSI).L\u2019échec partiel de la mission est un revers pour le géant de l\u2019industrie aérospatiale, dont la réputation est ternie par deux accidents de son avion vedette 737 MAX, et pour la NASA, qui compte sur ce véhicule pour envoyer dès 2020 ses astronautes dans la SSI afin de rompre la dépendance envers la Russie, seul pays depuis 2011 à opérer des vaisseaux spatiaux habités, les Soyouz.L\u2019agence spatiale américaine doit désormais décider si le retour sans dommage de la capsule suffira à prouver que c\u2019est un véhicule sûr pour y placer ses équipages.Le patron de la NASA, Jim Bridenstine, n\u2019a rien exclu.Starliner a atterri de nuit sur la base de White Sands, un morceau de désert de l\u2019armée dans le Nouveau-Mexique, à 5h58 (7h58 à Montréal).Sa descente, retransmise en direct par des caméras infrarouges, a été ralentie par trois grands parachutes, et l\u2019atterrissage amorti par de grands coussins gonflables.« Le véhicule a l\u2019air d\u2019être dans un état fantastique », ont rapporté les équipes de récupération, selon Steve Siceloff, de Boeing.Dans les salles de contrôle de Houston, les ingénieurs et hauts responsables de la NASA et de Boeing se félicitaient, apparemment soulagés que la mission, après un début raté, se soit ensuite bien déroulée.La capsule avait été lancée vendredi de Cap Canaveral, en Floride, sur la côte atlantique, par une fusée Atlas V, construite par United Launch Alliance.Peu après la séparation de la fusée, Starliner n\u2019a pas allumé ses propulseurs comme prévu, et elle ne s\u2019est donc pas placée sur la bonne trajectoire pour gagner en altitude et rattraper la SSI, qui fait le tour de la Terre à 28 000 km/h, à environ 400 km d\u2019altitude.Le problème est dû au compteur de temps écoulé, qui affichait un temps erroné et a fait croire à la capsule qu\u2019elle était plus tard dans la mission.Agissant automatiquement, elle a tenté de corri- ESPACE Bilan en demi-teinte au retour de la capsule Starliner de Boeing L\u2019engin spatial a atterri sans complication dimanche, au terme d\u2019une mission écourtée ger sa position et utilisé trop de carburant dans la manœuvre, empêchant la poursuite de la mission.Boeing et la NASA ont donc décidé de la faire revenir prématurément, et de profiter des 48 heures en orbite pour tester le plus de systèmes possible, comme les propulseurs, les batteries, ou encore le système qui chauffe et refroidit l\u2019intérieur de la capsule, conçue pour transporter quatre astronautes.Le retour apparemment réussi devrait conforter la NASA si elle décidait de maintenir le calendrier d\u2019un premier vol habité de Starliner début 2020, avec à bord l\u2019astronaute d\u2019essai de Boeing, Chris Ferguson, et les astronautes de la NASA Nicole Mann et Mike Fincke.SpaceX, l\u2019autre taxi L\u2019administrateur de la NASA, Jim Bri- denstine, est sous pression pour faire reprendre les vols habités lancés depuis les États-Unis après bientôt neuf ans d\u2019interruption, sans compter le programme Artémis de retour sur la Lune en 2024, une date jugée irréaliste par beaucoup d\u2019experts.Le dernier vol confirmé d\u2019un astronaute américain est prévu en avril 2020 à bord d\u2019une fusée Soyouz.La NASA négocie pour des billets supplémentaires à l\u2019automne 2020 et en 2021, car les États-Unis ne conçoivent pas de ne plus avoir d\u2019astronautes dans la SSI.Depuis vendredi, Jim Bridenstine a choisi de mettre en valeur ce qui avait bien fonctionné dans la mission actuelle : la coordination NASA-Boeing, la bonne santé du véhicule, et le fait que si des astronautes avaient été à bord, ils auraient toujours été en sécurité.« Beaucoup de choses se sont bien passées aujourd\u2019hui.C\u2019est pour cela qu\u2019on fait des tests », avait-il déclaré en ouvrant la première conférence de presse après le problème de vendredi.Quoi qu\u2019il arrive avec Boeing, la société rivale SpaceX a développé sa propre capsule pour la NASA, Crew Dragon.Elle a effectué un aller-retour vers la SSI en mars dernier, et finalise en ce moment des tests de parachutes, dans le but d\u2019obtenir l\u2019homologation de la NASA et d\u2019effectuer son premier vol habité au début de l\u2019année.Capture inédite et prodigieuse DÉCOUVERTES SUITE DE LA PAGE A 1 du trou noir supermassif M87, qui est situé à 55 millions d\u2019années-lumière de la Terre, au centre de la galaxie Messier 87.Il s\u2019agit essentiellement d\u2019un anneau lumineux qui correspond à la lumière émise par les gaz et la matière qui se sont échauffés en tourbillonnant juste à l\u2019extérieur de l\u2019horizon du trou noir, cette frontière à l\u2019intérieur de laquelle tout s\u2019engouffre dans le trou noir.La taille du cœur noir qui est encerclé par cet anneau brillant indique que ce trou a déjà avalé 6,5 milliards de fois la masse du Soleil.Cette capture photographique inédite a été rendue possible grâce à d\u2019importantes améliorations technologiques, notamment en ce qui concerne les antennes réceptrices.Les trous noirs étant très loin et peu brillants, il aurait fallu, pour en capter un, un télescope de la taille de la Terre capable de fournir des images d\u2019une très grande précision.Comme il était impossible de construire un tel télescope, on a fait appel à 8 radiotélescopes situés à divers endroits sur le globe.Les signaux captés en avril 2017 sur ces différents sites ont été rassemblés et unifiés par la technique d\u2019interférométrie à très longue base.Cette prouesse scientifique, qui a nécessité deux ans de travail et qui a permis de confirmer la théorie de la relativité générale d\u2019Einstein, a fait l\u2019objet de six articles dans la revue Astrophysical Journal Letters en avril dernier.L\u2019équipe de l\u2019Event Horizon Telescope, qui a réalisé cet exploit, rassemblait plus de 200 chercheurs provenant de 53 institutions à travers le monde.Elle espère publier en 2020 l\u2019image d\u2019un autre trou noir, Sagittaire A*, se trouvant cette fois au centre de notre galaxie, la Voie lactée.Disposant de données plus précises que pour M87, les chercheurs devraient pouvoir décrire avec plus de précision la taille de ce trou noir, sa masse et la distance à laquelle il se trouve de nous.Portrait des Denisoviens L\u2019année 2019 a permis de dresser un portrait plus détaillé de l\u2019Homme de Denisova, une espèce du genre Homo, qui aurait vécu en Asie et se serait éteinte il y a 50 000 ans.Cette espèce a été identifiée en 2010 à la suite de la découverte d\u2019un auriculaire fossilisé dans la caverne de Denisova, en Sibérie.L\u2019ADN que renfermait ce petit os appartenant à une jeune fille s\u2019est révélé être différent de celui de l\u2019Homme de Néandertal et d\u2019Homo sapiens, qui étaient présents à la même époque.Les chercheurs ont toutefois remarqué que certains peuples vivant aujourd\u2019hui en Asie renferment dans leur génome certains fragments d\u2019ADN de Deniso- viens, ce qui suggère que ceux-ci se sont vraisemblablement accouplés avec des Néandertaliens et des hommes modernes.Mais avec aussi peu d\u2019éléments que ces quelques fragments de doigts, il était impossible de savoir à quoi ressemblaient les représentants de cette espèce.Or, en mai dernier, une équipe franco-chinoise a employé une nouvelle technique permettant d\u2019analyser des protéines anciennes pour étudier une mandibule retrouvée il y a 40 ans dans la grotte de Baishiya, un sanctuaire bouddhiste situé au Tibet.Comme il n\u2019avait pas été possible de tirer de l\u2019ADN qu\u2019elle avait aussi une face plus large et une arcade dentaire plus longue que celles des Hommes de Néandertal et des humains modernes.Microbes contre la malnutrition Une équipe internationale a concocté un supplément alimentaire qui permettrait à des enfants souffrant de malnutrition de retrouver une croissance normale.Près de dix ans de recherche ont été nécessaires pour comprendre pourquoi nombre d\u2019enfants victimes de dénutrition demeuraient malingres et malades quand on les réalimentait.Ces enfants n\u2019arrivaient pas à récupérer parce que leur flore intestinale était immature, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle était restée telle qu\u2019elle était à leur naissance.Partant de cette hypothèse, les chercheurs ont d\u2019abord identifié les types de bactéries qui sont caractéristiques d\u2019un microbiome intestinal mature.Ils ont alors remarqué que le lait en poudre et le riz, qui sont les ingrédients habituels des formules d\u2019aide alimentaire, favorisaient peu la prolifération de ces bactéries.Ils ont ensuite expérimenté chez des souris, chez des porcs et finalement chez un petit groupe d\u2019enfants dénutris diverses combinaisons d\u2019aliments que l\u2019on trouve aisément dans les pays en développement afin de voir comment elles modifiaient le microbiome.Ils ont ainsi observé que des suppléments contenant des pois chiches, des bananes, ainsi que des farines de soya et d\u2019arachide favorisaient la maturation du microbiome.Qui plus est, les enfants qui avaient reçu ces suppléments présentaient dans leur sang une quantité accrue de protéines et de métabolites associés à une croissance normale.Reste maintenant à confirmer chez un plus grand nombre d\u2019enfants l\u2019efficacité de cette mixture qui stimule la croissance des bactéries bénéfiques pour l\u2019intestin, et qui, en plus, est peu chère et facile à obtenir dans les pays où sévit la famine.de bonne qualité de cette mandibule datant de 160 000 ans, les chercheurs chinois et français se sont alors tournés vers le collagène, une protéine qu\u2019ils ont extraite de cette mandibule, ainsi que de la phalange découverte en 2010.L\u2019analyse de ces deux échantillons a révélé qu\u2019ils appartenaient à la même espèce.Les chercheurs en ont alors conclu que l\u2019Homme de Denisova était doté de mâchoires robustes et garnies de grosses molaires.En septembre dernier, une autre équipe a fait appel à une méthode d\u2019analyse du génome permettant de retracer les modifications chimiques de l\u2019ADN, appelées méthylations, que présentait l\u2019ADN issu de la phalange exhumée en 2010 dans la caverne de Denisova.Les chercheurs ont ensuite consulté une base de données décrivant comment l\u2019inactivation de certains gènes \u2014 comme peut l\u2019induire la méthylation \u2014 influence l\u2019anatomie d\u2019un individu.Ils ont ainsi pu interpréter les diverses modifications observées dans l\u2019ADN de la fille de Denisova et en déduire à quoi ressemblait son corps.Ces chercheurs ont ainsi pu montrer qu\u2019avec son bassin large, son front fuyant et sa mandibule protubérante, cette jeune fille ressemblait beaucoup aux Néandertaliens, mais Starliner a atterri sur la base de White Sands, un morceau de désert de l\u2019armée dans le Nouveau- Mexique.NASA VIA AGENCE FRANCE-PRESSE Cette image, qui a posé un jalon en astronomie en permettant de confirmer la théorie de la relativité générale d\u2019Einstein, est devenue la plus téléchargée de l\u2019histoire du site Internet de la National Science Foundation, une agence publique américaine ayant pour mission de soutenir la recherche fondamentale.NATIONAL SCIENCE FOUNDATION LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 Jessica Rixom, diplômée en psychologie, est professeure de marketing à l\u2019Université du Nevada.Elle a copublié cet automne dans le Journal of Consumer Psychology un article intitulé « Presentation Matters » concernant l\u2019effet de l\u2019emballage sur la réception des cadeaux.Propos recueillis par Stéphane Baillargeon.On juge un cadeau à son emballage Vaut mieux ne pas trop fignoler le papier et le ruban pour les amis CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR L\u2019essence du cadeau C\u2019est au XIIe siècle que serait née la coutume des présents Selon E.Willis Jones, auteur du livre The Santa Claus Book, c\u2019est au XIIe siècle, en France, que serait née la coutume de donner des présents au nom de Saint-Nicolas début décembre.Selon Willis, c\u2019était les religieuses des couvents du Midi de la France qui auraient pris l\u2019habitude de livrer secrètement des présents aux enfants dans les familles démunies, la veille de la Saint-Nicolas.La tradition se serait ensuite répandue partout dans le monde.En Hongrie, c\u2019est encore le 6 décembre que les enfants reçoivent des sucreries, au nom de Saint-Nicolas.En Arménie, Gaghant Baba partage son sac de cadeaux le 31 décembre.En Grèce, l\u2019échange de cadeaux se fait à la Saint-Basile, au jour de l\u2019An.Et le saint Basile grec ne porte ni barbe ni manteau rouge.En Italie, c\u2019est la sorcière bienfaisante Befana, qui se glisse dans la cheminée pour apporter des cadeaux.Befana veut dire « apparition », explique Eveline Trudel-Fugère, du Musée Pointe-à-Callière, où certains de ces personnages mythologiques sont présentés aux enfants cette année.«Elle aurait tenté elle aussi d\u2019aller porter des cadeaux au Petit Jésus sans le trouver.Elle aurait alors décidé de poursuivre sa quête chaque année».Mais il semble bien que ce soit ici, en Amérique, que la fête de Noël se soit le plus commercialisée au cours du dernier siècle.Dès le début du XXe siècle, les archives de presse montrent les annonces déployées pour attirer le consommateur.Une coupure de presse de décembre 1920, parue dans La Canadienne, propose une laveuse à linge électrique Blue Bird à offrir en cadeau.« Les jolis cadeaux sont disparus pour faire place aux cadeaux utiles », lit-on.À la même époque, on propose un « Gram-O- Phone Berliner», ou une «Machine Parlante Victor », qui amuserait « chaque membre de la famille, jeune ou vieux».Une annonce parue dans La Revue Moderne, en décembre 1925, propose «pour Noël, un Ford».Rien de moins.Si le superflu demeure sûrement essentiel, en ces temps de surconsommation et de réchauffement climatique, l\u2019essentiel, lui, ne sera jamais superflu.HELEN MOKA ROXANNE OCAMPO LA PRESSE CANADIENNE Fidèles à leur tradition, les Petits Frères se mobilisent encore pendant cette période des Fêtes pour rompre la solitude de ceux qu\u2019ils appellent leurs « Grands Amis ».Au Québec, ce sont près de 1100 bénévoles qui ont choisi cette année de souligner Noël en compagnie de personnes seules de grand âge.Le 24 décembre, ils iront à la rencontre de ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour leur remettre des paniers-ca- deaux, que ce soit à leur domicile, dans des résidences pour aînés, en CHSLD, voire à l\u2019hôpital.Puis, le jour de Noël, les aînés les plus ragaillardis prendront part à une quinzaine de grandes réceptions un peu partout au Québec.À Montréal, pas moins de 450 convives sont attendus pour le traditionnel dîner de Noël, qui en est à sa 34e année.La directrice générale de l\u2019organisme, Caroline Sauriol, explique que les Petits Frères concentrent leurs efforts sur les personnes âgées de 75 ans et plus, qui traversent souvent une période de transition au cours de laquelle ils perdent des êtres chers, de même que certaines de leurs capacités.Elle explique que les Petits Frères tentent donc de « dénicher ces personnes qui se replient sur elles-mêmes et de leur dire que ces années-là qui leur restent, même s\u2019il y a des difficultés qui s\u2019en viennent, elles peuvent être agréables, heureuses, chaleureuses et qu\u2019on va être avec eux pour toute cette période de la vie ».Les « Grands Amis » comptent présentement 17 centenaires dans leurs rangs, où la moyenne d\u2019âge est de 85 ans.Leur accompagnement se fait surtout par jumelage avec des bénévoles, et ce, à longueur d\u2019année.« Pour changer la vie d\u2019une personne isolée, il ne s\u2019agit pas juste d\u2019aller la voir une fois.Il n\u2019est pas question de la désennuyer.Il faut qu\u2019on ait un lien avec elle.Il faut qu\u2019elle sente qu\u2019elle compte pour quelqu\u2019un », fait valoir Mme Sauriol.«C\u2019est ça qui redonne à cette personne une place dans le monde.Quand les gens disent : \u201cLe bon Dieu m\u2019a oublié\u201d ou \u201cSi je meurs, personne ne va s\u2019en rendre compte\u201d, poursuit-elle.C\u2019est effroyable ce sentiment.C\u2019est comme si notre vie était finie avant l\u2019heure.» Réalité cruelle Le travail des bénévoles revêt selon elle une importance particulière à ce moment-ci de l\u2019année.« Quand on arrive dans la période des Fêtes, la solitude et l\u2019isolement, c\u2019est absolument cruel.Ce sont vraiment des fêtes dans lesquelles on célèbre la famille.Les gens qui sont seuls voient bien les annonces à la télé et toutes les personnes qui les entourent sont dans un mode de festivités.» Caroline Sauriol souligne que les bénévoles sont souvent de jeunes retraités qui commencent à « se questionner sur la vieillesse quand eux-mêmes voient ça poindre à l\u2019horizon ».D\u2019autres ont transformé leur engagement de longue date en une véritable tradition familiale.Mme Sauriol cite en exemple un bénévole qui s\u2019impliquait auprès des Petits Frères en compagnie de sa mère et qui continue à porter le flambeau maintenant que celle-ci n\u2019a plus la forme.En entrevue avec La Presse canadienne, la directrice générale des Petits Frères a tenu à saluer la générosité des bénévoles, mais aussi du grand public qui assure la majeure partie du financement de l\u2019organisme par ses dons.Les Petits Frères espèrent pouvoir se déployer au-delà des 11 régions administratives où ils sont présents à l\u2019heure actuelle, tandis que le vieillissement de la population est une tendance qui s\u2019observera pour encore plusieurs décennies.L\u2019Institut de la Statistique du Québec dénombre présentement près de 700 000 Québécois âgés de 75 ans et plus.Les Petits Frères s\u2019attaquent à la solitude des aînés pour Noël TEMPS DES FÊTES est satisfait.Cette attitude est très bien étudiée dans toutes sortes de domaines.C\u2019est très difficile de voir ses hautes attentes comblées.Nous jugeons souvent les faits et les situations en nous basant sur nos attentes.Ainsi, si vous entendez beaucoup de bien sur un nouveau film, vous serez peut-être déçu en le visionnant.Votre recherche a été très couverte par les médias américains.Cette couverture a-t-elle confirmé vos propres attentes ?J\u2019ai été favorablement surprise.Je savais bien que c\u2019était un sujet intéressant et que l\u2019article paraissait à un bon moment, à l\u2019approche des fêtes de fin d\u2019année.En plus, les conclusions sont simples à suivre par opposition à bien d\u2019autres enquêtes aux conclusions très nuancées.Au bout du compte, est-ce si important ?Est-ce même valable de mener ce genre de recherche dans une université ?C\u2019est une conclusion utile que les gens peuvent employer dans leur vie et qui peut apporter un peu de bonheur autour d\u2019eux.La prise de conscience de l\u2019importance relative de l\u2019emballage peut aussi enlever un peu de pression quand on prépare un cadeau.Appliquez-vous le principe à vos cadeaux de Noël, vous qui avez appris à très bien emballer ?J\u2019ai appris à relaxer.J\u2019aime emballer soigneusement, mais, maintenant, je sais que je n\u2019ai pas à m\u2019en faire avec chacun des emballages que je prépare.Et puis, mon mari emballe de manière très négligée, alors je n\u2019ai qu\u2019à le laisser faire avec certains cadeaux.tique à long terme.Ainsi, les receveurs appréciaient davantage une plante en pot qu\u2019un splendide bouquet de roses, par exemple.De plus, les recherches indiquent que les receveurs sont davantage satisfaits de recevoir des cadeaux qu\u2019ils ont demandés qu\u2019un cadeau-surprise, si extravagant soit-il.D\u2019ailleurs, les cadeaux en argent seraient plus appréciés que les donneurs ne le croient.Donneurs et receveurs Aussi, alors que les donneurs de cadeaux ont tendance à croire que les présents qu\u2019on peut apprécier dans l\u2019immédiat sont les plus intéressants, les receveurs disent être capables d\u2019attendre pour apprécier toute la valeur du cadeau.Le fait d\u2019offrir une partie des paiements sur un appareil ménager, par exemple, est perçu positivement par les receveurs, alors que les donneurs croient faire davantage plaisir en offrant un cadeau «complet».Les receveurs apprécient également les cadeaux liés à une expérience vécue plutôt qu\u2019à l\u2019acquisition d\u2019un bien matériel.Alors que les donneurs préfèrent souvent offrir un chandail ou un appareil électronique, par exemple, les receveurs apprécieraient davantage des cadeaux liés au partage, des billets pour un spectacle, par exemple, ou le partage d\u2019un souper au restaurant.D\u2019ailleurs, le mot «cadeau», au XVIIesiècle, désignait un repas donné à la campagne aux belles dames par leurs galants.Il faut dire que le mot « cadeau » lui-même dériverait du latin «catellus», «petite chaîne», et aurait d\u2019abord désigné des traits ornementaux de l\u2019écriture, soit des « choses spécieuses, mais inutiles », disait Gilles Ménage, au XVIIesiècle.mandez-vous à qui vous le destinez : si c\u2019est à un ami, soyez moins soigneux, et si c\u2019est une connaissance, appli- quez-vous davantage.N\u2019est-ce pas tristounet comme conclusion ?Les gens vont toujours apprécier les cadeaux, seulement, ils les apprécieront encore plus si vous adaptez les emballages.[\u2026] Nous jugeons les présentations.Et, parfois, nous sommes déçus quand le contenu n\u2019est pas à la hauteur du contenant.Vous arrivez à cette sorte de loi générale de l\u2019emballage en donnant à des participants américains des tasses de leur équipe sportive préférée, puis des écouteurs plus ou moins bien emballés.Peut-on vraiment généraliser à partir de ces exemples ?Nous n\u2019avons pas vérifié la réaction à des cadeaux chers.Nous n\u2019avons pas non plus vérifié la réaction des gens aux cadeaux de personnes signifiantes, un amoureux ou une amoureuse, par exemple.Nous n\u2019avons considéré que les amis et les connaissances.Une recherche précédente avait aussi montré que les gens préfèrent les cadeaux emballés aux cadeaux sans emballage.On pourrait aussi étendre la recherche pour voir si d\u2019autres sociétés et cultures réagissent de la même façon.Peut-on généraliser en faisant du rapport au cadeau un cas type du paradigme de la confirmation des attentes en marketing ?Bien sûr.La confirmation des attentes dit que quand la qualité perçue est supérieure à la qualité attendue, le client Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à ce sujet ?Mon intérêt pour l\u2019emballage des cadeaux date de longtemps.Après mes études de premier cycle, je suis allée travailler en Angleterre pendant six mois.Un de mes emplois était dans une chocolaterie, où j\u2019ai appris à faire de beaux emballages.Des années plus tard, j\u2019emballais des cadeaux avec des amis.Ma pile était belle, mais pas la leur.Ils ne pouvaient pas y arriver malgré leurs efforts.J\u2019en ai ri, mais j\u2019ai aussi commencé à me demander si l\u2019emballage avait vraiment de l\u2019importance pour les gens qui reçoivent les cadeaux.J\u2019ai mis encore quelques années avant de mener la recherche.Qu\u2019avez-vous découvert ?Quand on emballe un cadeau pour un ami, vaut mieux ne pas trop s\u2019appliquer.Il ne faut pas s\u2019en faire avec les coins mal pliés, par exemple.L\u2019aspect négligé du paquet va garder les attentes assez basses et rendre d\u2019autant plus excitant ce qu\u2019il contient.Mais quand on emballe pour quelqu\u2019un qu\u2019on ne connaît pas très bien, un collègue de travail, par exemple, l\u2019emballage en dit long sur la perception de cette personne et sur la relation.Dans ce cas, un emballage soigné ne va que rendre plus attrayant le cadeau.Bref, quand vous emballez un cadeau, de- Chaque décembre, c\u2019est la même chose.Dans la pénombre précoce du soir d\u2019hiver, on cherche l\u2019étrenne qui fera plaisir à chacun, parfois à s\u2019en arracher les cheveux.L\u2019expérience de donner et de recevoir remonte à la nuit des temps; elle scelle des alliances et renforce les amitiés.Année après année, durant le temps des Fêtes, les scientifiques se penchent sur l\u2019art de donner, et tentent d\u2019établir quel présent suscite le plus de plaisir chez ceux qui reçoivent.La dernière étude en date tire des conclusions amusantes, soit que moins un cadeau est bien emballé, plus il est apprécié.L\u2019expérience serait liée aux faibles attentes qu\u2019un emballage bâclé susciterait (voir texte ci-bas).Cela fait déjà plus d\u2019un siècle que la commercialisation de la fête de Noël, et l\u2019orgie de dépenses qui y est liée, a fait son entrée dans la société nord-américaine.Les marchands en font leurs choux gras, et on ne craint plus de chanter, comme le groupe Lavabo, dans son récent simple Visa pour le pôle Nord : «Après le party, dans le bac bleu des bons débarras, la poubelle de la bonne conscience reprend la route made in là-bas.» Pourtant, donner et recevoir est un rite social important.Et c\u2019est prouvé, cela procure un bien-être réel, autant aux donneurs qu\u2019aux receveurs.Mais encore faut- il savoir quoi donner.Et là-dessus, donneurs et receveurs ne sont pas toujours en phase.Par exemple, des études scientifiques ont démontré que les cadeaux qui font le plus plaisir ne sont pas nécessairement les plus coûteux.En fait, les cadeaux les plus appréciés par les receveurs seraient ceux qui ont une incidence pra- Q&R Selon E.Willis Jones, la tradition que nous connaissons remonterait aux religieuses des couvents du Midi de la France qui auraient pris l\u2019habitude au XIIe siècle de livrer secrètement des présents aux enfants des familles démunies, la veille de la Saint- Niciolas La prise de conscience de l\u2019importance relative de l\u2019emballage peut aussi enlever un peu de pression quand on prépare un cadeau JESSICA RIXOM » LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es deux dernières négociations en vue du renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, celles de 2009-2010 et de 2014-2015, visaient avant tout, pour les syndiqués, à préserver leurs acquis, devant la volonté d\u2019austérité du gouvernement libéral.Il en va tout autrement pour les négociations actuelles qui sont l\u2019occasion, espèrent les négociateurs syndicaux, d\u2019effectuer un certain rattrapage, tant sur le plan salarial que sur celui des conditions de travail, particulièrement dans les réseaux de la santé et de l\u2019éducation.Il faut dire que les finances publiques sont reluisantes, poussant le gouvernement caquiste à devancer, dans la dernière mise à jour économique et financière présentée en novembre par le ministre des Finances, Eric Girard, la réalisation des promesses touchant la hausse de l\u2019allocation famille et l\u2019abolition de la majoration du tarif des services de garde subventionnés.Pour mettre les choses en perspective, l\u2019État a dégagé un surplus imprévu de près de 3 milliards, par rapport au budget de l\u2019an dernier, ce qui équivaudrait à une hausse de salaire de 7 % pour l\u2019ensemble des 550 000 employés de l\u2019État.Dans ce contexte où les finances publiques regorgent de surplus \u2014 une situation qui pourrait toutefois ne pas perdurer \u2014, les centrales syndicales ont fait preuve d\u2019imagination, voire d\u2019enthousiasme, en formulant leurs demandes salariales.Les infirmières se sont montrées particulièrement gourmandes.La Fédération interprofessionnelle de la santé, qui fait équipe avec l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, a réclamé un total de 21,6 % en trois ans, ce qui représente, en plus d\u2019un rattrapage pour l\u2019austérité passée, une hausse du pouvoir d\u2019achat de ses membres.Les demandes des autres centrales sont de la même eau.La CSN innove en demandant une hausse du salaire de 3 $ l\u2019heure pour tous ses membres dès la première année, ce qui favorise, en pourcentage, les gagne-petit, et 3 % pour chacune des deux autres années des conventions collectives.Les enseignants représentés par la CSQ réclament une augmentation de 8 % la première année afin de rejoindre la moyenne canadienne.Les offres salariales du gouvernement sont à des années-lumière des demandes syndicales.Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a proposé la semaine dernière des augmentations en deçà de l\u2019inflation pour l\u2019ensemble des employés de l\u2019État, soit 7 % en cinq ans, plus un montant forfaitaire de 1000 $ pour les 350 000 employés qui sont au sommet de l\u2019échelle salariale.Toutefois, le gouvernement négociera, au sein de deux « forums » distincts, l\u2019élimination des premiers échelons pour les enseignants ainsi qu\u2019un redressement salarial pour les préposées aux bénéficiaires.Un troisième forum portera sur la santé des syndiqués et l\u2019absentéisme, qui coûte très cher à l\u2019État.En ce qui a trait aux conditions de travail non salariales \u2014 le normatif \u2014, on s\u2019est montré vague du côté de la santé, mais dur envers les enseignants, en remettant sur le tapis des demandes patronales de 2015 et en prônant l\u2019abolition de certaines règles d\u2019ancienneté.Pour la Fédération autonome de l\u2019enseignement et la Fédération des syndicats d\u2019enseignement, ces exigences entrent en contradiction avec le discours gouvernemental sur la valorisation de la profession d\u2019enseignant.La rareté de la main-d\u2019œuvre touche désormais l\u2019État, en santé et en éducation, certes, mais aussi dans la fonction publique.Dans son dernier rapport, l\u2019Institut de la statistique du Québec constate d\u2019importants écarts entre la rémunération globale des employés de l\u2019État québécois, ce qui comprend les avantages sociaux et les régimes de retraite, et celles des employés municipaux (+35%) et des employés du gouvernement fédéral (+17%).Un écart de 14% avantage le secteur privé syndiqué.Les employés de l\u2019État québécois ne conservent une avance qu\u2019avec les salariés non syndiqués du privé.Voilà pour la rémunération.Mais que dire des conditions de travail et de l\u2019organisation déficientes en santé et en éducation?Que dire des milieux de travail dynamiques et des possibilités d\u2019avancement qu\u2019offre le secteur privé?Le Conseil du trésor rejettera les demandes salariales qu\u2019il juge exagérées.Mais plus que jamais, le gouvernement devra tenir compte, dans le cadre de ces négociations, des problèmes de rétention des employés de l\u2019État et d\u2019attraction affectant des postes du secteur public.Il est révolu le temps où la sécurité d\u2019emploi qu\u2019offrait l\u2019État, alliée à une rémunération concurrentielle, permettait au secteur public québécois de combler facilement tous ses besoins de main-d\u2019œuvre.Marie-Hélène Cousineau Tamara Torres Mères d\u2019enfants transgenres, et féministes Mme Francine Pelletier, Le jour où paraissait votre chronique « Va, vis, deviens », un triple meurtre était commis à Montréal.Une femme et ses deux enfants périrent par la main d\u2019un ex- conjoint qui se donna ensuite la mort.Une histoire qui se répète trop souvent.Quelques jours plus tôt, le soir du 6 décembre, je suis allée commémorer le féminicide de Polytechnique avec ma fille trans de 19 ans.C\u2019était émouvant pour moi d\u2019être là avec elle, en sachant bien que selon les statistiques et les recherches, elle est plus susceptible de se faire agresser et violenter que moi, par exemple.Peut-être que ces circonstances ont fait que j\u2019ai trouvé particulière- Enseignante retraitée, maintenant bénévole à l\u2019école C\u2019est en lisant le texte d\u2019Olivier Gamelin, professeur de littérature au collégial, intitulé « Lettre d\u2019un prof de littérature à son étudiant » et publié dans l\u2019édition du Devoir du 7 décembre, que j\u2019ai eu envie de partager avec vous mes amours : les enfants et les albums jeunesse.Dès mon entrée à la maternelle à l\u2019âge de 5 ans, je savais que je voulais être enseignante.Aujourd\u2019hui, je suis à la retraite après 32 ans d\u2019enseignement, depuis juillet 2018.Ma première lecture de retraitée a été le livre de Daniel Pen- nac Chagrin d\u2019école.Quel bijou pour tout enseignant! Ce livre témoigne de la richesse de notre profession, un travail exceptionnel qui nous donne le bonheur et le privilège de découvrir plusieurs petits cœurs et de contribuer, du moins je l\u2019espère, à les faire grandir.Une rencontre avec les livres est toujours enrichissante.La lecture stimule notre curiosité, développe notre réflexion, nous apporte du réconfort, nous sensibilise à la nature, à l\u2019humain.Bref, ne nous fait que du bien ! Tout comme Olivier Gamelin, j\u2019ai toujours eu à cœur de transmettre le goût de la lecture à mes élèves, et Les femmes trans ne sont pas des hommes déguisés en femmes LIBRE OPINION LETTRES SECTEUR PUBLIC Gigantesques écarts à négocier ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu L ROBERT DUTRISAC ce, de la maternelle à la 6e année.Mon livre coup de cœur, que j\u2019ai fait découvrir à tous les élèves qui sont passés dans ma classe, est Les yeux noirs, de l\u2019auteur québécois Gilles Tibo.Ce livre d\u2019une grande sensibilité sur la réalité d\u2019un enfant aveugle amène le lecteur à s\u2019ouvrir sur la différence.Maintenant, je suis lectrice bénévole pour le projet Lire et faire lire, je peux donc poursuivre ma mission de faire découvrir la lecture aux enfants et leur transmettre cette passion en espérant qu\u2019elle les accompagnera tout au long de leur vie.Le livre Les yeux noirs continue sa route, car il a été le premier album que j\u2019ai fait découvrir aux enfants de Lire et faire lire.Il y a d\u2019autres coups de cœur qui se sont ajoutés à ma liste, dont L\u2019escapade de Paolo, de Lucie Papineau avec les douces illustrations de Lucie Crovatto, un album qui nous fait découvrir les oiseaux qui nous entourent ici, chez nous, au Québec.Puis, il y a aussi Ma branche préférée, de Mireille Messier avec les étincelantes illustrations de Pierre Pratt, qui nous raconte l\u2019histoire d\u2019un petit garçon qui a perdu sa branche préférée après une tempête de verglas, mais qu\u2019il va retrouver transformée par la générosité d\u2019un voisin.Encore une fois, un album qui fait du bien.Alors, chers adultes, permettez- vous de redécouvrir la richesse des albums jeunesse! Permettez-vous aussi d\u2019aller visiter et de redécouvrir la bibliothèque de votre quartier.Chantal Dupont Le 16 décembre 2019 mais été largement débattu avant les changements législatifs imposés à cet égard.Vous ne trouvez pas curieux que toutes les grandes causes \u2014 qu\u2019il s\u2019agisse des femmes, des Noirs, des travailleurs ou des gais \u2014 aient mis des années, voire des siècles avant d\u2019être reconnues et que celle-ci, l\u2019identité de genre, s\u2019est imposée comme par magie ?Moi, oui.Tout se passe comme si la discrimination que vivent les personnes transgenres rendait impossible tout questionnement ultérieur.La moindre critique se voit taxée de « démagogie pure », et j\u2019en passe.Vous dites vous-même que la définition du féminin et du masculin devrait céder le pas à la nouvelle définition du genre sans jamais expliquer pourquoi quelque chose d\u2019aussi essentiel que les balises sexuelles, qui nous définissent, devrait soudainement sauter parce que certaines personnes ne s\u2019y sentent plus à l\u2019aise.Si une femme trans demeure biologique- ment un homme, et c\u2019est souvent le cas, ce n\u2019est ni farfelu ni discriminatoire de se poser la question de son acceptabilité dans un centre d\u2019aide aux victimes de viol ou encore, lors d\u2019une compétition sportive.C\u2019est une question à la fois de justice sociale (pour les autres femmes qui sont en majorité) et de gros bon sens.Francine Pelletier tre d\u2019aide parce qu\u2019elle est trans.Que lui resterait-il à faire ?Cette idée est répugnante et combien douloureuse.Tous les exemples utilisés dans cette chronique donnent dans la démagogie pure.Vous savez bien que ce n\u2019est pas la minorité de femmes trans athlètes qui crée l\u2019injustice pour les sportives professionnelles.Tout le système en place fait que les femmes athlètes gagnent moins d\u2019argent, que plusieurs ont été agressées sexuellement par leurs entraîneurs, qu\u2019elles sont moins présentes que les hommes dans les médias.Vous savez bien que plusieurs femmes cisgenres sont violentes dans les prisons, pourquoi donner l\u2019exemple d\u2019une femme trans violente et taire les autres ?Qu\u2019est-ce que vous essayez de prouver ?Votre chronique a fait mal, parce que vous êtes lue et respectée et que vous avez contribué à la propagation de clichés, de méfiance, et que vous remettez en cause la solidarité entre femmes.La trans- sexualité semble vous dépasser comme réalité.Vous n\u2019arrivez pas à remettre en question votre définition de ce qui est féminin et masculin.Faites donc comme nous, ceux et celles qui ont dû accepter et comprendre et revoir leur définition de ce qu\u2019est le genre et de comment cela se vit chez une personne trans ou non binaire.J\u2019aime beaucoup citer la parole d\u2019un petit garçon trans de moins de cinq ans (hé oui, l\u2019identité de genre est un concept qui nous arrive vers les trois ans) qui a dit à ses parents : « Je n\u2019aime pas la fille qui est sur moi.» Comprenez-vous ?Faites un effort, parce qu\u2019il est temps que nous mettions nos limites à endurer des textes aussi irresponsables que celui que vous avez publié.La réponse de la chroniqueuse Ma chronique ne cherchait pas à remettre en cause la discrimination que vivent les femmes trans, loin de là.Elle cherchait à poser des questions sur un sujet qui n\u2019a jamais été abordé de front, ailleurs que dans les universités, et n\u2019a ja- ment triste et choquante la conclusion de votre chronique : « il est temps de trouver un compromis qui les protège [les femmes] tout en permettant aux personnes trans de vivre en paix ».On dirait vraiment que d\u2019après vous, les femmes trans sont dangereuses au point où il faudrait les séparer des « vraies » femmes\u2026 Mme Pelletier, les femmes trans ne sont pas des hommes déguisés en femmes avec l\u2019idée d\u2019abuser de celles-ci ou d\u2019accaparer des avantages qu\u2019elles ont chèrement acquis.Ce serait se donner pas mal de trouble, en fait\u2026 Êtes-vous sérieuse quand vous vous indignez qu\u2019un centre d\u2019aide aux victimes de viol de la Colom- bie-Britannique perde son financement parce qu\u2019on refuse d\u2019y admettre des femmes trans ?C\u2019est horrible ! J\u2019imagine avec douleur ma fille se faire violer et être refusée aux portes d\u2019un cen- Mieux protéger les travailleurs sur les routes On apprenait récemment le triste décès d\u2019une signaleuse sur un chantier routier de la Montérégie.Encore un! Si les cônes orange et les panneaux indicateurs ne suffisent plus à faire ralentir les conducteurs dans les zones de travaux routiers, pourquoi ne pas utiliser des méthodes plus dérangeantes?Sur les autoroutes européennes, par exemple, à l\u2019approche des postes de péage, des séries de sillons aménagés sur toute la largeur de la chaussée (un peu comme les bandes rugueuses que l\u2019on retrouve le long de l\u2019accotement de nos autoroutes) «réveillent» les conducteurs en faisant vibrer fortement les véhicules et en rendant la conduite trop rapide tout à fait inconfortable.La même chose pourrait être faite au Québec, surtout dans des chantiers qui durent parfois plusieurs semaines.Le bitume pourrait par la suite être réparé au moment de l\u2019achèvement des travaux.À voir la situation actuelle, il semble que le ministère des Transports consacre beaucoup plus de volonté à la construction de nouvelles autoroutes et à la rénovation d\u2019échangeurs à coup de milliards qu\u2019à la sécurité de ses travailleurs.Celle-ci ne nécessiterait pourtant que des dépenses minimes\u2026 et un peu d\u2019imagination.Luc Gobeil Québec, le 13 décembre 2019 A 7 LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Émilie Guilbeault-Cayer Marie-Eve Ouellet Auteures de La Noël au temps des carrioles.Le temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle (Septentrion, 2019) Chaque année, à l\u2019approche de Noël, nous sommes happés par la frénésie des préparatifs et du magasinage, ce qui laisse certains d\u2019entre nous en proie à la nostalgie d\u2019une époque moins consumériste.« Noël n\u2019est plus ce qu\u2019il était ! », est-on tenté de se dire\u2026 Mais\u2026 est-ce réellement le cas ?Et si les racines des Noëls d\u2019aujourd\u2019hui remontaient déjà à plus d\u2019un siècle ?La fête de Noël est fascinante, car ses traditions sont le fruit de multiples influences culturelles, notamment à la suite de la Conquête et de l\u2019immigration en provenance des îles britanniques au XIXe siècle.Prenons par exemple les traditions culinaires.Sous le Régime britannique, les produits importés changent et, peu à peu, la culture britannique influence autant les mets servis que les usages entourant les repas.Plusieurs mets du réveillon sont ainsi issus des traditions culinaires britanniques.Pour le dessert, pensons au gâteau aux fruits et aux biscuits sablés et, pour le repas principal, aux pâtés à la viande de porc, qui font leur apparition à cette époque.Idem pour les marinades, inconnues des habitants en Nouvelle- France.Ce sont les Anglais qui popularisent cornichons, ketchups et autres marinades vinaigrées.Le réveillon lui- même est une tradition plus récente qu\u2019on pourrait le croire.À l\u2019époque de la Nouvelle-France et jusqu\u2019au XIXe siècle, les Canadiens se contentaient de prendre une collation ou une boisson chaude au retour de la messe de minuit.Le repas de Noël était souvent servi le lendemain au dîner ou au souper.Ce n\u2019est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que cette collation nocturne se transforme en un repas copieux où l\u2019on sert des plats hors de l\u2019ordinaire.Sapin D\u2019autres rituels aujourd\u2019hui inséparables de la fête de Noël sont parvenus jusqu\u2019à nous avec l\u2019influence de la Grande-Bretagne et des États-Unis, non sans avoir voyagé au préalable.En 1841, le mari de la reine Victoria, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, d\u2019origine germanique, fait décorer un sapin pour la demeure royale.Popularisée par les familles de la royauté, la tradition se répand à grande échelle grâce à la publication de représentations de la famille royale autour du sapin dans les journaux anglais, puis dans les colonies au cours des années 1850.D\u2019autres coutumes originaires d\u2019Allemagne traverseront éventuellement l\u2019Atlantique, comme les boules ou la couronne de Noël.Les journaux illustrés jouent un rôle important dans la transmission de ces rituels, mais aussi dans le développement d\u2019une imagerie de Noël.Loin d\u2019avoir été inventé par Coca-Cola, le père Noël tel que nous le connaissons doit ainsi plusieurs de ses caractéristiques à l\u2019illustrateur américain d\u2019origine allemande Thomas Nast, qui a publié de nombreux dessins de Santa Claus dans le magazine américain Harper\u2019s Weekly des années 1860 à 1880.Traîneau tiré par des rennes, passage par la cheminée, atelier de jouets et pôle Nord\u2026 ces éléments sont peu à peu repris dans les journaux québécois, en particulier dans les publicités des grands magasins, qui voient dans ce personnage le parfait allié pour mousser les ventes ! À Québec, le magasin Paquet, sur la rue Saint-Joseph, organise dès 1906 un premier défilé de Santa Claus : les enfants sont invités à accueillir à la gare le père Noël, qui parcourt ensuite les rues de la ville jusqu\u2019au magasin, où se trouve le Paradis des jouets ! Changement sociaux Mélange de cultures, la fête de Noël est également révélatrice des changements sociaux et économiques en cours.À l\u2019époque victorienne (1837- 1901), marquée par l\u2019industrialisation, la famille devient un refuge et on assiste au développement des concepts de privacy et de home sweet home.De strictement religieuse qu\u2019elle était jusqu\u2019alors, la fête de Noël devient également une fête familiale, et l\u2019enfant devient progressivement le centre de la fête et de sa commercialisation.Par ailleurs, certains symboles religieux investissent l\u2019espace privé, comme la crèche, réservée naguère Noël d\u2019hier à aujourd\u2019hui Les traditions derrière la fête de Noël sont le fruit de multiples influences culturelles Sylvain Meunier Écrivain Dans les années 1950, le jour des « vidanges » était un jour de puanteur.Toutes les ordures étaient jetées pêle- mêle dans de grosses « canisses » en fer que les éboueurs transvidaient dans les boîtes ouvertes de leurs camions.Maintenant, ça n\u2019est pas parfait, mais c\u2019est infiniment mieux.En ce temps-là, les égouts aboutissaient directement dans le fleuve et il n\u2019était pas question de s\u2019y baigner.Maintenant, chaque année, la mai- resse de Montréal saute en riant aux éclats dans les eaux du Saint-Laurent.La question de la qualité de l\u2019air s\u2019est aussi imposée très vite.Les voitures étaient incroyablement lourdes et l\u2019essence contenait du plomb.On a éliminé le plomb et on a allégé les voitures.Maintenant, la voiture électrique s\u2019implante à grands pas.Il y a encore des villes dans le monde où respirer équivaut à fumer, c\u2019est vrai, mais où en serions-nous si rien n\u2019avait été fait ?Pas le temps de souffler que le trou dans la couche d\u2019ozone s\u2019agrandissait.Après le protocole de Montréal, les chlorofluorocarbones ont été interdits.Maintenant, la couche d\u2019ozone serait en train de se reconstituer.Ouf ! Sauf que le climat continue de se réchauffer ! À part quelques négation- nistes impénitents, hélas ! encore trop près de certains gouvernements, nous sommes bien conscients du phénomène.On essaie de les réduire, les GES, on fixe des cibles\u2026 qu\u2019on rate à peu près systématiquement.C\u2019est que ça n\u2019est pas facile.Nous devrons tous coordonner nos efforts.Le problème est que nous serons incessamment huit milliards.De ce nombre d\u2019humains, beaucoup trop n\u2019ont pas encore ce qu\u2019il faut pour satisfaire leurs besoins de base.Comment augmenter le niveau de vie d\u2019une part énorme de l\u2019humanité tout en limitant la croissance ?Il y a sûrement moyen d\u2019y arriver, mais il y a tout un paquet de conflits à résoudre.Il n\u2019y a pas de Terre promise, il n\u2019y en a jamais eu.Les enfants de nos enfants de nos enfants vivront avec ce genre de problèmes.Même s\u2019ils retournaient au mode de vie des chasseurs-cueilleurs, à huit milliards et plus, il y aurait toujours péril en la demeure.Les enfants, cependant, peuvent devenir des adultes capables de réflexion et d\u2019action.Ils seront mieux informés et mieux outil- ENVIRONNEMENT Pour de joyeuses Fêtes.vertes aux églises.Remontant au Moyen Âge, cette coutume s\u2019est implantée ici dès les débuts du Régime français, tant pour le culte dans les églises et les couvents que chez les missionnaires à des fins d\u2019évangélisation.La tradition de la crèche est d\u2019ailleurs à l\u2019origine de ce qui pourrait bien être le plus ancien objet lié à la fête de Noël au Québec : un Enfant Jésus de cire que les Augustines ont emporté dans leurs bagages en 1639 pour leur premier Noël en Nouvelle-France.Ce précieux objet est aujourd\u2019hui exposé au Monastère des Augustines, à Québec.Il faut également remonter au Régime français pour trouver l\u2019origine de nombreux cantiques qui résonnent aujourd\u2019hui encore dans les églises.À la différence de nombreuses traditions des Fêtes, notamment en cuisine, les Christmas carols britanniques n\u2019ont guère été adoptés par les Canadiens français, qui sont demeurés très attachés à leurs noëls chantés en français.Auteur du recueil Cantiques populaires du Canada français (1897), Ernest Gagnon raconte que la chanson Dans cette étable était même chantée toute l\u2019année en guise de berceuse.Comme quoi les cantiques de Noël sont un patrimoine qui se transmet dans les maisons autant que dans les églises ! Festif Si Noël est aujourd\u2019hui le cœur des festivités du temps des Fêtes, il n\u2019en a pas toujours été ainsi.En effet, sous le Régime français, et encore au XIXe siècle, Noël est surtout un jour religieux marqué par la prière, et le véritable jour de fête est le Premier de l\u2019an, où on rend visite à ses voisins et à la famille pour échanger ses vœux et s\u2019offrir des étrennes.Chez les anglophones, c\u2019est plutôt Noël qui est le jour de la distribution des cadeaux.À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, on assiste au déplacement du jour de l\u2019An vers Noël.Cette transformation s\u2019opère durant une période de grande prospérité, marquée notamment par l\u2019apparition des grands magasins tant à Montréal qu\u2019à Québec.Les publicités dans les journaux témoignent de la cohabitation des traditions francophone et anglophone et du changement en cours : pour s\u2019adresser à tous, les commerçants se mettent à faire de la publicité pour les cadeaux pendant une plus longue période, comme on peut le constater dans les publicités où l\u2019on annonce des « cadeaux de Noël et du jour de l\u2019An » ! S\u2019il est difficile de dater l\u2019aboutissement de cette évolution, on peut dire qu\u2019au XXe siècle, Noël a bel et bien pris le pas sur le jour de l\u2019An, qui revêt maintenant un caractère surtout festif, loin des visites de la parenté et de la distribution des étrennes d\u2019antan.Bien loin d\u2019être figée dans le temps, la fête de Noël est encore en mouvement, comme en témoignent l\u2019apparition récente de la tradition des lutins, les remises en question actuelles sur la surconsommation et la multiplication des marchés de Noël.Renouvelant sans cesse sa féérie, la fête de Noël a encore de beaux jours devant elle ! La tradition du sapin de Noël s\u2019est répandue à grande échelle grâce à la publication de représentations de la famille royale britannique autour d\u2019un sapin décoré dans les journaux anglais, puis dans les colonies au cours des années 1850.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Bien loin d\u2019être figée dans le temps, la fête de Noël est encore en mouvement, comme en témoignent l\u2019apparition récente de la tradition des lutins, les remises en question actuelles sur la surconsommation et la multiplication des marchés de Noël être sanctionnés, tel le gaspillage éhonté d\u2019essence, tel l\u2019appât du gain démesuré et inconscient.Mais, pour de vrai, rêvez- vous encore d\u2019une humanité exclusivement constituée de saintes personnes?Et il se trouve que les bons qui fabriquent les voitures électriques sont aussi les méchants qui fabriquent les voitures à essence ! Comment est-ce possible ?Eh bien, on appelle ça le système! Et selon plusieurs, c\u2019est le système, le coupable.Évidemment, il n\u2019y a que ça, après nous, le système ! Alors logiquement, les progrès qu\u2019on a faits, on les doit aussi au système.C\u2019est qu\u2019il est ouvert, le système.Il fabrique ce qu\u2019on lui demande.Si on veut vraiment se débarrasser du plastique, il va produire des moyens de le remplacer.Eh oui ! Notre monde en est un de contradictions, et c\u2019est probablement ce qui fait qu\u2019il est vivable.Oui, bon, j\u2019ai l\u2019air de dire que c\u2019est bien simple.Pas du tout! C\u2019est long, archicom- pliqué et plein d\u2019embûches.C\u2019est pourquoi il faut garder la tête froide et éviter de nous dresser les uns contre les autres.Quand on y pense bien, la plus grande menace qui pèse sur nous demeure notre propre difficulté à nous entendre.Ce qui m\u2019amène à ce petit être légendaire qui était censé apporter la paix dans le monde.Beaucoup de gens y ont cru, beaucoup y ont consacré ou sacrifié leur vie.Pourtant, on n\u2019y est pas encore arrivé, à la paix.C\u2019est peut-être pour demain, je ne sais pas.C\u2019est archicompliqué.Et nous n\u2019avons guère que notre bonne volonté, sinon pour y arriver, du moins pour avancer dans la bonne direction.Souhaitons-nous donc de joyeuses Fêtes\u2026 vertes ! lés que nous, et on peut espérer qu\u2019ils réussiront mieux.Ce survol en diagonale de l\u2019histoire de la crise climatique suggère deux attitudes.D\u2019abord, cessons d\u2019accuser les générations passées de ne pas avoir été conscientes des problèmes et de n\u2019avoir rien fait.Certes, dès la révolution industrielle, on aurait dû constater que ces machines dégagent de la cochonnerie.Mais nous n\u2019y étions pas ! Probablement que nous aussi, nous n\u2019aurions eu d\u2019yeux que pour le progrès.Et même si, aurions-nous imaginé que ça allait arriver tellement vite?En 1920, il n\u2019y avait pas encore deux milliards d\u2019humains sur la Terre.Durant le siècle écoulé depuis, la population a d\u2019abord doublé dans les six premières décennies, et encore doublé dans les quatre dernières.Quant au réchauffement climatique, c\u2019est à partir de 1980, à peu près, que le phénomène s\u2019est emballé.De 1980 à au- jourd\u2019hui, il s\u2019est écoulé une quarantaine d\u2019années; grosso modo, ce n\u2019est que la moitié d\u2019une vie humaine occidentale.Qui prétendra sérieusement qu\u2019il aurait pu faire virer sur un dix cennes cette chose lourde et complexe qu\u2019est l\u2019humanité en marche?Ensuite, il serait contre-productif de se lancer dans des procès publics.Bien sûr, il y a des comportements qui devraient Quand on y pense bien, la plus grande menace qui pèse sur nous demeure notre propre difficulté à nous entendre LEDEVOIR // LE LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.2019 DANS L\u2019ŒIL DE MARIE-FRANCE COALLIER Les photographes posent un regard très personnel sur l\u2019actualité.Nous leur avons demandé de choisir les meilleures photos de leur année.Rencontres ou événements, voici leur sélection.Aujourd\u2019hui : Marie-France Coallier.1 22 JUIN.Theresa et Donald Dardar vont à la rencontre de chevaux près de l\u2019Isle de Jean-Charles, en Louisiane.En 60 ans, 98 % de la surface de l\u2019Isle de Jean-Charles, située dans le sud de la Louisiane, a disparu sous les eaux du golfe du Mexique.« Ses habitants sont les premiers réfugiés liés à la montée des eaux en Amérique », souligne Marie- France Coallier.Au banc des accusés, l\u2019industrie pétrolière, qui a creusé des dizaines de milliers de kilomètres de canaux permettant à l\u2019eau salée d\u2019entrer dans les terres.À bord de leur barque, Theresa et Donald Dardar vont caresser des chevaux, eux aussi touchés par le dérèglement climatique.2 7 JUILLET.Spider-Man et un personnage inspiré de Star Wars discutent sur la place Jean-Paul-Riopelle à Montréal.La scène a un petit quelque chose de surréel.Un personnage inspiré de Star Wars qui parle à Spider-Man, juste là, sur un banc.« J\u2019ai capté le moment, sans intervenir », raconte Marie-France Coallier.À quelques pas de là, au Palais des congrès de Montréal, se tenait le Comiccon, le rendez-vous annuel des geeks.À l\u2019extérieur, la réalité reprenait doucement le pas sur la fiction, mais pas encore tout à fait.« Quand on réussit à avoir de l\u2019humour au centre de l\u2019image, la photo parle d\u2019elle-même.» 3 7 JUIN.Les membres du groupe Bleu Jeans Bleu en promotion pour leur spectacle aux Francos de Montréal.Le quatuor avait donné rendez-vous à Marie-France Coallier à Quilles G Plus dans Rosemont.Tous les membres avaient le même costume : une chemise en jeans et un chapeau de cow-boy.« Quand je les ai vus, j\u2019ai tout de suite pensé aux frères Dalton.» Pour faire un clin d\u2019œil à la célèbre bande dessinée, la photographe leur propose de se placer en ligne, les uns derrière les autres.L\u2019effet \u2014 à la fois caricatural et esthétique \u2014 ravit l\u2019œil de la photographe.Quelques jours plus tard, Marie-France Coallier apprend que c\u2019est dans ce salon de quilles que ses parents se sont rencontrés il y a 60 ans ! 4 19 JUILLET.Manifestations de joie dans les rues de Montréal après la victoire de l\u2019Algérie à la Coupe d\u2019Afrique des Nations.En l\u2019espace de quelques minutes, les cafés du petit Maghreb, près de la rue Jean-Talon, à Montréal, se sont vidés.L\u2019équipe de soccer algérienne venait de remporter les grands honneurs.Une victoire aux accents particuliers alors que le pays vit une profonde crise politique.Les drapeaux sont brandis, les chants retentissent et de la fumée emplit les rues.« Et pendant une fraction de seconde, cet homme lève les bras, comme pour remercier le ciel », mentionne Marie-France Coallier.De l\u2019émotion, à l\u2019état brut.5 20 FÉVRIER.Portrait de Yolande Simard Perreault, personnage central du documentaire La fille du cratère, de Nadine Beaudet et Danic Champoux.« Je sentais qu\u2019elle me racontait sa vie », se souvient Marie-France Coallier.Devant elle, Yolande Simard Perreault.À côté d\u2019elle, le chapeau que son mari, le cinéaste Pierre Perreault (décédé en 1999), portait pour chasser le lièvre.La photographe lui demande de le poser sur sa tête.Et c\u2019est là que tout se joue.« C\u2019était comme si elle tenait son passé sur elle.» La profondeur du regard, la lumière sur les cheveux blancs et le mouvement du foulard font le reste.Quelques mois plus tard, Yolande Simard Perreault décède.Et c\u2019est cette photo que ses enfants ont choisie pour orner le carton de remerciements remis aux proches.Texte : Magdaline Boutros Quand on réussit à avoir de l\u2019humour au centre de l\u2019image, la photo parle d\u2019elle- même MARIE-FRANCE COALLIER » 1 2 3 4 5 "]
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