Le devoir, 8 janvier 2020, Cahier A
[" VOL.CX NO 302 / LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux .B7 Culture .B1 Décès.B7 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B7 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Le nouveau chef du PQ sera choisi en juin A 3 JUSTICE Premier défi au procès de Harvey Weinstein, constituer un jury impartial Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La mission de l\u2019armée canadienne en Irak, qui est en pleine tourmente à cause des tensions entre l\u2019Iran et les États-Unis, est menée dans le plus grand secret.La Défense nationale a annoncé qu\u2019elle relocalisera une partie de ses soldats en Irak \u2014 en s\u2019abstenant toutefois de préciser combien d\u2019entre eux.Et le ministère refuse de dire à combien de reprises ses soldats ont fait l\u2019objet de tirs ennemis sur le terrain depuis cinq ans.Les menaces de représailles que s\u2019échangent l\u2019Iran et les États-Unis, depuis l\u2019assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les Américains, ont forcé le Canada à suspendre sa mission d\u2019entraînement des forces irakiennes.Quelques heures avant que l\u2019Iran ne bombarde des installations militaires américaines en Irak, le chef d\u2019état-major de la Défense canadienne, le général Jonathan Vance, a fait savoir mardi qu'« au cours des prochains jours, une partie des effectifs L\u2019armée canadienne pratique la discrétion Les tensions entre l\u2019Iran et les États-Unis forcent le Canada à retirer d\u2019Irak une partie de ses troupes La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse reprend ses travaux en 2020 en même temps que la série télé Fugueuse entame sa deuxième saison.Comment envisage-t-on la réalité des fugues dans les centres jeunesse ?Au-delà de la fiction, les perspectives sont peut-être à revoir, disent des experts.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR La télésérie Fugueuse, dont la seconde saison vient de débuter à l\u2019antenne de TVA, offrait dans sa première ina carnation, à l\u2019hiver 2018, un écho sous forme de divertissement aux préoccupations de société des dernières années : la fugue des jeunes filles.De cette série, les chroniqueurs spécialisés tissaient des ponts avec la réalité avant même sa diffusion.Par exemple le chroniqueur Richard Therrien écrivait ainsi, en décembre 2017, que la série «illustre bien comment tout peut basculer du jour au lendemain pour une adolescente au portrait familial presque parfait».Pas besoin, ajoutait-il, de vivre une situation familiale difficile pour être attiré par ce que font miroiter les prédateurs aux victimes.» La série, soutient la professeure en travail social de l\u2019UQAM Jade Bourdages, est pour beaucoup calquée sur le schéma explicatif de la prostitution juvénile produit par les services policiers.Pourquoi d\u2019une part, se demande-t-elle, Bémols sur la réalité des fugueuses Prélude à la reprise de la commission Laurent et de la série télévisée ACTUALITÉS Les incendies en Australie sont responsables d\u2019une grave atteinte à la biodiversité A 5 LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR L\u2019Iran a riposté contre les États-Unis en lançant des missiles contre des bases militaires abritant des soldats américains en Irak, mercredi soir, en représailles à l\u2019assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani, survenu cinq jours plus tôt.L\u2019escalade des tensions fait dorénavant redouter une guerre ouverte entre Washington et Téhéran, qui a réclamé de « rappeler les troupes américaines » déployées dans son voisinage.« Vers 17 h 30 (22 h 30 GMT NDLR) le 7 janvier, l\u2019Iran a tiré plus d\u2019une douzaine de missiles balistiques contre les forces militaires américaines et de la coalition en Irak », a indiqué Jonathan Hoffman, porte-parole du ministère américain de la Défense dans un communiqué.« Il est clair que ces missiles ont été tirés depuis l\u2019Iran et visaient au moins deux bases irakiennes hébergeant des militaires américains et membres de la coalition à al-Assad et Erbil », a-t-il précisé.Quelques heures après l\u2019attaque, l\u2019Agence fédérale de l\u2019aviation américaine (FAA) a interdit aux avions civils américains le survol de l\u2019Irak, de l\u2019Iran et du Golfe.« L\u2019Agence fédérale de l\u2019aviation a émis des messages aux navigants aériens (NOTAMS) détaillant des restrictions de vol qui interdisent les opérateurs d\u2019avions civils américains d\u2019opérer dans l\u2019espace aérien au- dessus de l\u2019Irak, l\u2019Iran, et les eaux du golfe Persique et le golfe d\u2019Oman », a annoncé la FAA dans un communiqué.Les tirs de missiles surviennent au moment où se terminent les trois jours de deuil décrétés par Téhéran en l\u2019honneur du puissant général iranien Qas- sem Soleimani, assassiné par les Américains à l\u2019aéroport de Bagdad, après que le président des États-Unis, Donald Trump, en eut donné l\u2019ordre.La Maison-Blanche a d\u2019ailleurs indiqué que le président américain suivait la situation « de près avec son équipe de sécurité nationale ».Le président fera une déclaration mercredi matin.Le porte-parole du Pentagone a déclaré que les États-Unis procédaient à une «évaluation préliminaire des dégâts».«Tandis que nous évaluons la situation et notre réponse, nous prendrons toutes les mesures nécessaires afin de protéger le personnel américain, ses partenaires MOYEN-ORIENT Un pas de plus vers l\u2019affrontement direct Téhéran cible des bases américaines en Irak en lançant des missiles quittera temporairement l\u2019Irak pour s\u2019installer au Koweït », où l\u2019armée canadienne a accès à une base militaire.Une décision qui fait suite à celle de l\u2019Allemagne et d\u2019autres pays alliés de retirer eux aussi certains de leurs militaires en Irak.« En termes simples, nous prenons ces mesures pour veiller à la sûreté et à la sécurité de nos effectifs », a dit le général.Le Canada n\u2019avait pas d\u2019autre choix dans le contexte actuel, selon la profes- seure adjointe en relations internationales à l\u2019Université Carleton Stephanie Carvin.« Si les États-Unis réduisent progressivement leur présence là-bas \u2014 ce qui semble se préparer \u2014, la réalité est que le Canada dépend grandement des États-Unis en matière de renseignement et de protection des soldats.Si ces deux éléments ne peuvent plus être garantis, il est prudent de se retirer.» Le Canada compte environ 500 militaires déployés en Irak \u2014 quelque 200 sous l\u2019égide d\u2019une mission de l\u2019OTAN et 300 qui participent à l\u2019opération Impact que mène le pays de concert avec une coalition internationale chapeautée par les États-Unis.Le ministère de la Défense VOIR PAGE A 4 : ARMÉE VOIR PAGE A 2 : FUGUEUSES VOIR PAGE A 4 : RIPOSTE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 Rectificatif Dans le texte de Marco Fortier intitulé «État d\u2019alerte pour l\u2019eau» publié lundi en page A 8, nous avons écrit que Jésus a baptisé l\u2019apôtre Jean.C\u2019est plutôt Jean le Baptiste, et non l\u2019apôtre Jean, qui a baptisé Jésus.Gilbert Rozon subira son procès en juin Accusé de viol et d\u2019attentat à la pudeur, Gilbert Rozon subira son procès à compter du 8 juin prochain.Cinq jours d\u2019audience sont prévus.La victime alléguée, dont l\u2019identité n\u2019a pas été divulguée, sera appelée à témoigner.Le procureur de la Couronne dans le dossier, Me Bruno Ménard, a indiqué que le procès pourrait être de plus courte durée.Rappelons que Gilbert Rozon a opté pour un procès devant juge seul.Les gestes qui lui sont reprochés se seraient produits il y a une quarantaine d\u2019années à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.Gilbert Rozon n\u2019était pas au palais de justice mardi pour l\u2019audience destinée à fixer la date de son procès.Il est représenté par Me Pierre Poupart.Le Devoir Nantel renonce à solliciter la chefferie du Parti vert du Canada L\u2019ancien député fédéral de Lon- gueuil\u2014Saint-Hubert, Pierre Nantel, ne sera finalement pas de la course à la chefferie du Parti vert du Canada.Il constate qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019appétit chez les membres pour sa proposition de constituer une sorte de chapitre québécois distinct qu\u2019il aurait pu diriger.« J\u2019ai fait savoir aux membres que s\u2019ils avaient envie d\u2019avoir une section bien à eux, une structure semi-autonome, ça m\u2019intéresserait.Sinon, ça ne m\u2019intéresse pas », a-t-il expliqué au Devoir.« Je ne crois pas qu\u2019il y ait de l\u2019intérêt pour ça pour l\u2019instant.» Pierre Nantel a été élu à la Chambre des communes en 2011 sous la bannière du NPD.Il était passé au Parti vert quelques jours avant le déclenchement électoral l\u2019été dernier.Il n\u2019a pas réussi à se faire réélire.Elizabeth May a annoncé en novembre qu\u2019elle quittait son poste de cheffe.Jusqu\u2019à présent, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, s\u2019est dit intéressé par sa succession, tout comme les candidats défaits David Merner, de Colombie-Britannique, et Julie Tremblay-Clou- tier, de Mirabel.Hélène Buzzetti EN BREF Gilbert Rozon JACQUES NADEAU LE DEVOIR MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019« eau potable de qualité » promise par le gouvernement Trudeau aux communautés autochtones du pays ne coulera pas « nécessairement » du robinet, a admis mardi le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, dans un entretien au Devoir.« L\u2019engagement du gouvernement, c\u2019est d\u2019avoir de l\u2019eau potable qui est accessible », a-t-il déclaré.« La question que vous me posez, c\u2019est si cette eau potable, c\u2019est un accès au robinet.Et [à] ça, la réponse, c\u2019est que ce n\u2019est pas nécessairement le cas », a-t-il reconnu.Et pourtant.Dans sa plateforme électorale 2019, le Parti libéral du Canada notait que « de nombreuses communautés autochtones ne peuvent toujours pas boire l\u2019eau du robinet ou prendre un bain ».« Cela doit changer », promettait le parti.Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le gouvernement Trudeau a investi deux milliards afin de lever les avis à long terme sur la qualité de l\u2019eau potable dans les communautés autochtones.La levée de la totalité de ces avis, d\u2019ici le printemps 2021, est au cœur du mandat du ministre Miller.À ce jour, 87 avis ont été levés, tandis que 58 autres sont encore en vigueur.Or, si 87 nouvelles communautés apparaissent en vert sur la carte mise en ligne par Services aux Autochtones Canada, cela ne veut pas dire que l\u2019eau qui s\u2019y retrouve n\u2019est plus contaminée.Seuls les systèmes publics d\u2019eau potable, situés dans des communautés « reconnues » par Ottawa, sont comptabilisés.Dans des communautés comme celle de Kiti- gan Zibi, voisine de Maniwaki, la moitié des résidents doivent donc encore s\u2019approvisionner en bouteilles d\u2019eau puisque leurs puits, individuels, ne sont pas visés par les mesures d\u2019Ottawa.« Évidemment, les bouteilles d\u2019eau, ce n\u2019est pas une solution à long terme », a déclaré Marc Miller.« Pour moi, [le répertoire sur les avis d\u2019ébullition d\u2019eau] représente quelque chose qui existe, qui n\u2019aurait jamais dû arriver.C\u2019est clair qu\u2019il restera, après mars 2021, beaucoup de travail à faire », a-t- il reconnu.La loi du Québec Marc Miller s\u2019est par ailleurs engagé à faire des demandes pour le budget 2020 afin d\u2019associer du financement à sa Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuit et des Métis (C-92), qui doit permettre aux Autochtones d\u2019assumer leurs pleines compétences au chapitre des services à COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES De l\u2019eau potable du robinet pour tous est impossible, dit Marc Miller l\u2019enfance et à la famille.À l\u2019APN, qui estime que la loi devrait être assortie d\u2019un montant de 3,5 milliards sur cinq ans, le ministre a réclamé des « justifications » afin de faire les recommandations nécessaires à ses collègues.« Il y aura certainement des conversations difficiles avec les provinces, avec les communautés », a-t- il prévu.Déjà, les relations sont tendues : Québec s\u2019est adressé en décembre à la Cour d\u2019appel afin de contester la constitutionnalité de cette loi, qui empiète à son avis sur ses compétences.La Loi québécoise sur la protection de la jeunesse (LPJ) autorise le Québec à conclure des ententes établissant des « régimes particuliers de protection de la jeunesse » avec des nations autochtones.En 2018, le Conseil de la Nation atikamekw s\u2019est ainsi affranchi de la DPJ en prenant en charge ses services de protection de la jeunesse.Malgré ces provisions, Ottawa a souhaité faire appliquer C-92 au Québec pour « établir un standard national minimal pour la protection de l\u2019enfance », a expliqué Marc Miller.À son avis, la loi fédérale ne rend pas les dispositions de la LPJ caduques.« Dans la mesure où ça protège le jeune Autochtone mieux que le standard qui a été établi au fédéral, je ne vois pas pourquoi [ce serait le cas] », a-t-il avancé.Panique inutile FUGUEUSES SUITE DE LA PAGE A 1 cette panique morale au sujet des jeunes filles et, d\u2019autre part, le silence au sujet des jeunes garçons dans la même situation?La question du genre est très liée à la perception que nous avons de la fugue, souligne-t-elle.«La question du contrôle social est différente selon le genre.» En 2016, l\u2019opinion publique avait été remuée par la diffusion d\u2019informations voulant que des fugues répétées s\u2019étaient produites dans un Centre jeunesse de Laval.Les médias s\u2019étaient emballés devant les menaces qui planaient sur ces jeunes filles.Pourtant, entre les statistiques des années 2012-2013 et 2015- 2016, les chiffres avaient peu bougé et les garçons restaient légèrement surrepré- sentés dans les épisodes de fugue.Selon la professeure Bourdages, les chiffres étaient en fait très stables et ne témoignaient en aucune manière d\u2019une véritable crise.Sans compter, insiste-t- elle, que ces chiffres apparaissent «difficiles à interpréter, car ils sont produits à partir de la définition de la fugue tirée du cadre normatif du ministère de la Santé et des Services sociaux de 2010, une définition qui ne prend pas en compte le facteur de durée de la fugue» et qui permet, par conséquent, «de gonfler les chiffres alarmants en compilant indistinctement les sorties non autorisées entre 2, 24, 48, voire 72 heures et plus.» À l\u2019ombre des jeunes filles Il convient de «dédramatiser un peu la panique morale qui se joue toujours autour de cette question» qui impose une vision sociale sur les jeunes filles, soutient la professeure Bourdages.Toutes les fugues ne conduisent pas à la prostitution ou aux gangs de rue.Elles témoignent par ailleurs de problèmes préalables.Dans l\u2019expérience de sa pratique auprès de jeunes en difficultés, la psychologue Louisiane Gagné rappelle que « s\u2019adonnaient à la prostitution des adolescentes qui avaient été prématurément exposées à la sexualité, très généralement abusées sexuellement durant l\u2019enfance ».Chez les garçons, ceux qui se retrouvaient dans des situations semblables « étaient d\u2019abord des délinquants, qui souvent commettaient des larcins chez leurs séducteurs après coup.Ils ne se définissaient jamais comme homosexuels, et se donnaient comme preuve l\u2019acte délinquant.» Pour Michel Dorais, sociologue de la sexualité et professeur à l\u2019Université Laval, « le poids social est déplacé sans cesse vers les jeunes filles » quand on parle de fugues, ce dont témoigne précisément la série Fugueuse.« À quand une série sur les clients de la prostitution ?», se demande-t-il.À son sens, on ramène abusivement les dimensions d\u2019un vrai problème collectif à celui du comportement des individus.« On se dit : cette fille est fragile, elle est sous influence.Elle n\u2019aurait pas dû tomber dans ce piège.Mais le piège, ce n\u2019est tout de même pas elle qui l\u2019a construit ! » Dans des cas semblables, explique Michel Dorais, on est toujours plus porté à blâmer les femmes que les hommes.«Il y a un enjeu féministe là-dedans! Le mouvement MeToo indique qu\u2019il faut changer l\u2019angle des projecteurs», rappelle le professeur Dorais, auteur en 2006, avec Patrice Corriveau, de Jeunes filles sous influence: prostitution juvénile et gangs de rue.Il faut regarder ceux qui profitent de ces jeunes filles et qui pour l\u2019instant continuent de demeurer dans l\u2019ombre, hors des regards.Les jeunes filles se retrouvent dopées par un modèle social qui ne cesse de leur rappeler que l\u2019amour implique un sacrifice, soutient Michel Dorais, en évoquant des cas de prostitution liés à la fugue.«Elles se sacrifient par amour.Elles font, pour cette raison, ce qu\u2019on leur demande de faire.Au fond, c\u2019est le triste sort qu\u2019on réserve aux femmes, de façon générale.» Autrement dit, explique-t-il, «ces filles sont des victimes de quelque chose qui les dépasse» alors qu\u2019on ne cesse de tout ramener à elle.En collant le nez sur la responsabilité individuelle, en disant que Fanny, la jeune fille en fuite de la série télé, aurait dû faire ceci plutôt que cela, on oublie de dégager des constats sur les structures qui conditionnent ces comportements.«Une fille se trouve au milieu d\u2019un jeu de pin-ball.On regarde si elle ne va pas tomber, comme on regarde la boule du jeu qui ne cesse de se faire secouer.Mais il faut plutôt se demander pourquoi elle est prise dans ce jeu! Qui a fabriqué ce cadre et comment?» En mars 2018, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse de l\u2019époque, Lucie Charlebois, avait annoncé l\u2019ajout de 63 nouveaux intervenants en supervision clinique et de 17 agents de liaison pour répondre à ce qui était alors présenté comme les suites d\u2019une crise publique en matière de fugues.Les audiences de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, qui reprend ses travaux ce mercredi à Montréal, ont révélé jusqu\u2019ici que le manque de personnel et d\u2019approches adaptées aux besoins de jeunes en difficultés fait toujours défaut.Michel Dorais rappelle que la série Fugueuse n\u2019est évidemment pas construite pour exposer un problème de société, ni en prévenir les dérives.«Je ne crois pas que la mission de TVA soit de faire de la sensibilisation.Il s\u2019agit d\u2019un divertissement.Tant mieux si ça divertit.Je ne dis pas que c\u2019est mal fait.» Mais, comme toute œuvre lancée dans l\u2019arène publique, cette série contribue, dit-il, à construire nos perceptions du réel.«On ne parle pas, dans une série comme celle-là, de la façon dont les filles sont conditionnées par toute la société à faire ce que les garçons ne font pas».Et ainsi les choses continuent comme elles vont, déplore-t-il.Ludivine Redding dans le rôle de Fanny lors de la première saison de Fugueuse.MAUDE ARSENAULT Le ministre des Services aux Autochtone s concentre son action sur les systèmes publics de distribution d\u2019eau potable Pierre Nantel VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIFR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 L e compte à rebours est commencé en vue de l\u2019élection d\u2019un nouveau chef conservateur fédéral.Les noms de candidats potentiels se multiplient.Des annonces sont attendues cette semaine, sinon la semaine prochaine.Le temps presse, car le choix du parti sera dévoilé le 27 juin prochain, à Toronto.La défaite du Parti conservateur du Canada (PCC) lors des élections du 21 octobre dernier a inspiré des appels en faveur d\u2019un renouvellement du leadership et des politiques du parti.Le chef Andrew Scheer a été poussé vers la sortie.On lui a reproché l\u2019effet repoussoir de son conservatisme social et de son manque de volonté en matière de lutte contre les changements climatiques.Bien que le PCC ait récolté en 2019 plus de votes que les libéraux et raflé 22 sièges de plus qu\u2019en 2015, il a dans les faits piétiné.Il doit ce résultat uniquement au vote presque monolithique de l\u2019Alberta et de la Saskatchewan, et au rebond enregistré dans les deux autres provinces de l\u2019Ouest.En Ontario et au Québec, le parti a perdu des votes.En somme, le parti a seulement consolidé sa base, en particulier celle de souche réformiste, alors qu\u2019il lui faut l\u2019élargir pour espérer battre les libéraux.Dans un texte paru lundi dans le magazine en ligne Options politiques, la coprésidente du comité organisateur de la campagne à la direction et ancienne ministre Lisa Raitt note que si le PCC a su remplir son rôle d\u2019opposition officielle, il a été incapable d\u2019offrir aux Canadiens « des options politiques de rechange substantielles » à prendre en considération.« Une version réchauffée des politiques conservatrices de 2006 à 2015 n\u2019a pas inspiré les électeurs », écrit-elle.Selon elle, le PCC doit répondre aux préoccupations actuelles des citoyens.Il faudra attendre que les candidats pressentis s\u2019affichent pour évaluer en détail leurs positions, mais on sait déjà que la plupart sont associés à l\u2019aile modérée ou progressiste du PCC.Dans l\u2019immédiat, ce sont leurs atouts et handicaps personnels qui sont soupesés.L\u2019ancienne cheffe intérimaire Rona Ambrose, que beaucoup dans l\u2019Ouest espèrent voir sur les rangs, n\u2019en aurait pas envie, dit-on.Elle n\u2019a toutefois rien fait pour faire taire les rumeurs.Le député ontarien Michael Chong et son collègue Erin O\u2019Toole sont peu connus en dehors du parti.Bilingues tous les deux, ils étaient candidats à la direction en 2017.Le premier a vite mordu la poussière, mais M.O\u2019Toole est arrivé bon troisième derrière Andrew Scheer et Maxime Bernier.Chef du Parti progressiste-conservateur au moment de la fusion avec l\u2019Alliance canadienne, Peter Mackay bénéficie d\u2019une grande sympathie, mais on ignore toujours s\u2019il fera le saut.Et il y a Jean Charest qui songerait à reprendre du service.Il pourrait toutefois être lesté par les fantômes de la commission Charbonneau.Et, au Québec, par l\u2019antipathie farouche qu\u2019il suscite auprès de l\u2019électorat caquiste que convoite le PC, comme le confiait à mes collègues mardi une source conservatrice québécoise.Reste à voir enfin si les tenants du conservatisme social se mobiliseront derrière un candidat de leur cru.En 2017, leur poulain, le député pro-vie Brad Trost, avait tenu jusqu\u2019au 11e tour et avait fini quatrième.Ses partisans s\u2019étaient ensuite rangés derrière M.Scheer.Les conservateurs sociaux sont la faction du parti la plus organisée, le PCC étant leur seul refuge politique.Leur poids n\u2019est pas à négliger.Le député ontarien Pierre Poilievre pourrait-il en profiter ?Difficile à dire.Durant la dernière élection, le groupe pro-vie Campaing Life Coalition l\u2019avait inscrit sur la liste des candidats méritant d\u2019être appuyés.En 2005, il a voté contre le mariage entre conjoints de même sexe.Est-il toutefois d\u2019avis que le parti doit une fois pour toutes fermer la porte à toute remise en question des droits acquis sur ces sujets ?Il faudra voir.Car il pense sérieusement à briguer la direction du parti et on le dit même favori.Selon le Toronto Star, l\u2019ancien ministre et homme de confiance de Stephen Harper, John Baird, présiderait sa campagne à la direction, et la directrice des campagnes conservatrices de 2011 et 2015, Jenni Byrne, serait une membre clé de son organisation.M.Poilievre a toutefois un parcours similaire à celui de M.Scheer.Député depuis l\u2019âge de 24 ans, il n\u2019a pour ainsi dire jamais rien fait d\u2019autre que de la politique.Il a une réputation de fidèle bagarreur, au point d\u2019être surnommé « pit-bull » par ses détracteurs.Les libéraux y ont goûté, entre autres dans le dossier de la taxe sur le carbone.Difficile dans les circonstances de s\u2019imaginer que M.Poilievre pourrait revoir la politique du parti en la matière alors qu\u2019on le prédit favori.Or, sans politique crédible pour lutter contre les changements climatiques, sans position ferme en faveur du respect du libre choix des femmes en matière d\u2019avortement et du droit au mariage entre conjoints de même sexe, le PCC foncera vers un mur.Le nouveau chef doit personnifier ces orientations et non pas servir de paravent au statu quo conservateur qui est, à certains égards, celui d\u2019une autre époque.Plus qu\u2019un chef MANON CORNELLIER MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le nom du prochain chef péquiste sera connu le 19 juin 2020 et son élection sera supervisée par l\u2019ex-députée Agnès Maltais.La date pour le dévoilement du résultat du vote a été fixée par l\u2019exécutif du parti bien avant celle du Parti conservateur du Canada, dont le nouveau chef sera choisi environ une semaine plus tard, le 27 juin 2020, a révélé le président du Parti québécois, Dieudonné Ella Oyono, en entrevue au Devoir.La date et le nom de la présidente d\u2019élection font partie des règles de la course qui seront adoptées le 1er février, mais l\u2019exécutif ne s\u2019attend pas à ce que ces choix soient contestés.La réflexion de l\u2019avocat Paul St-Pierre Plamondon serait terminée et il serait prêt à officialiser sa candidature d\u2019ici quelques semaines, selon ce qu\u2019a appris Le Devoir.L\u2019historien Frédéric Bastien aurait déjà fait des démarches pour commander du matériel de campagne.Il attendra toutefois de connaître les modalités de la course à la direction avant de se lancer.«Je penche plus pour y aller », a-t-il indiqué en entrevue.Le fait que personne ne reprend les idées qu\u2019il a avancées dans son livre La bataille de Londres, qui porte sur le rapatriement de la Constitution, l\u2019incite à aller de l\u2019avant.Il propose de forcer une nouvelle négociation constitutionnelle « faute de pouvoir faire l\u2019indépendance à court terme » pour assurer la pérennité de la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Sa candidature contrasterait avec celle de l\u2019avocat Stéphane Handfield, qui songe lui aussi à devenir chef du PQ, puisque les deux ont des visions opposées sur l\u2019immigration.M.Bastien estime qu\u2019il faudrait réduire les seuils d\u2019immigration au Québec tandis Me Handfield \u2014 qui œuvre dans ce domaine du droit \u2014 voudrait les « dépolitiser » pour éviter qu\u2019ils fluctuent selon le parti au pouvoir.« Qu\u2019on fasse des études sérieuses, a expliqué l\u2019avocat.C\u2019est quoi notre capacité d\u2019accueil, c\u2019est quoi notre capacité d\u2019intégration, la pénurie de main-d\u2019œuvre, le vieillissement de la population.» Selon lui, le bureau de la vérificatrice générale ou un comité indépendant pourraient se pencher sur la question et faire des recommandations au gouvernement, comme l\u2019avait suggéré l\u2019ancien chef péquiste Jean-François Lisée en campagne électorale.« On doit recruter seulement ceux qui parlent le français et ceux qui ont de bonnes qualifications, qui sont allés dans des institutions scolaires reconnues, donc ces gens-là qui vont s\u2019intégrer rapidement », a opposé M.Bastien pour qui l\u2019argument de la pénurie de main-d\u2019œuvre a peu de poids.« Je ne m\u2019ennuie pas de l\u2019époque où il y avait 12 % de chômage et qu\u2019il y avait dix CV pour un emploi disponible, a-t-il affirmé en précisant qu\u2019il ne souscrivait pas à l\u2019argument de la pénurie de main- d\u2019œuvre avancé par de nombreux acteurs économiques.[\u2026] Ça, c\u2019est des gens qui veulent avoir des gens bilingues payés 12 $ de l\u2019heure dans des centres d\u2019appels.» Autre candidat potentiel : l\u2019humoriste Guy Nantel n\u2019a pas encore pris sa décision, selon son attachée de presse Kristina Bernard, qui ne pouvait dire s\u2019il était membre ou non du parti.« Vous êtes (très) nombreux à vous informer à propos de la chefferie du PQ, sachez que les règles de la course sortiront dans quelques semaines et que d\u2019ici là, je continue d\u2019y réfléchir le plus sérieusement du monde », avait-il écrit sur sa page Facebook le 24 décembre.«Je sais, ça prend du temps, mais il est essentiel de bien peser le pour et le contre pour moi, pour mes proches et bien évidemment pour le parti », avait-il ajouté.Un militant péquiste a créé un groupe Facebook en appui à sa candidature qui compte quelque 600 membres.Seul candidat annoncé, le député Sylvain Gaudreault multiplie les appels depuis des semaines et pourrait annoncer de nouveaux appuis lors du caucus des députés du PQ à la fin du mois de janvier.Il a déjà celui des députés Mé- ganne Perry Mélançon et Joël Arse- neau.Son comité électoral est déjà sur pied avec la militante Denise Turcotte à sa tête, qui a organisé toutes ses campagnes électorales depuis 2007.« Je suis dans l\u2019état d\u2019esprit pour travailler fort, je suis dans un état d\u2019esprit pour gagner cette course-là, a-t-il affirmé en entrevue.Encore aujourd\u2019hui, j\u2019ai passé une bonne partie de ma journée strictement en organisation de cette course, en faisant des téléphones.Depuis, je suis quasiment presque 24 heures sur 24 heures sur le téléphone à parler à des gens, à solliciter des appuis, à obtenir des appuis, à parler également d\u2019idées avec tout le monde.» Nouvelle convergence ?Le reste des règles de la course seront déterminées par l\u2019exécutif national du parti, neuf membres du comité national des jeunes et les 19 présidents de région.Le président du PQ se réjouit de voir l\u2019intérêt d\u2019autant de candidats potentiels.« Pour un parti, qu\u2019il y ait une course, ça permet d\u2019avoir des débats d\u2019idées, ça permet aux militants de choisir le candidat ou la candidate qui fait le plus avancer notre mouvement », a-t-il dit.Il rêve de recréer une coalition d\u2019indépendantistes comme dans les années 1970 et entamera une tournée mi- janvier auprès de divers groupes pour tenter de recréer des liens qui ont été brisés au fil du temps.« Le mouvement des jeunes souverainistes, le Mouvement Québec indépendant de Martine (Ouellet), Ambition Québec de Catherine (Fournier), les OUI-Québec, Mouvement national des Québécois, je vais aller voir tous ces gens-là parce que je pense que l\u2019ingrédient qu\u2019il nous faut \u2014 puis je n\u2019invente rien \u2014 c\u2019est de se rassembler autour de la souveraineté, de faire [un] front commun [avec] tous ceux qui croient que le Québec doit être un pays, faire avancer des enjeux aussi importants que celui de la lutte contre les changements climatiques », a-t-il expliqué.Il continue également de courtiser les néo-Québécois et a récemment rencontré des Algériens originaires de la région de la Kabylie qui revendique aussi son indépendance.Le nouveau chef du PQ sera choisi en juin Paul St-Pierre Plamondon et Stéphane Handfield devraient annoncer sous peu s\u2019ils rejoindront Sylvain Gaudreault sur la ligne de départ La défaite du Parti conservateur du Canada (PCC) lors des élections du 21 octobre dernier a inspiré des appels en faveur d\u2019un renouvellement du leadership et des politiques du parti.Le chef Andrew Scheer a été poussé vers la sortie.On lui a reproché l\u2019effet repoussoir de son conservatisme social et de son manque de volonté en matière de lutte contre les changements climatiques.Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, en compagnie du président du PQ, Dieudonné Ella Oyono JACQUES BOISSINOT LE DEVOIR Pour un parti, qu\u2019il y ait une course, ça permet d\u2019avoir des débats d\u2019idées, ça permet aux militants de choisir le candidat ou la candidate qui fait le plus avancer notre mouvement DIEUDONNÉ ELLA OYONO » LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 4 Risque d\u2019escalade RIPOSTE SUITE DE LA PAGE A 1 et alliés dans la région» a-t-il promis.Au moment où ces lignes étaient écrites, il était impossible de connaître l\u2019étendue des dégâts ou si la riposte avait fait des victimes.Jabeur Fathally, professeur agrégé spécialiste en droit international à l\u2019Université d\u2019Ottawa, estime que la riposte de Téhéran était une « première ».Le fait que l\u2019Iran ait également revendiqué être l\u2019auteur des tirs est également symbolique, estime-t-il.«L\u2019une des instructions de l\u2019ayatollah [Ali Khamenei] était que la revanche doit être en premier lieu purement iranienne; il faut que les Américains sachent que c\u2019est l\u2019Iran qui va riposter », souligne-t-il.Ces représailles étaient d\u2019ailleurs « inévitables », pense M.Fathally.« L\u2019Iran n\u2019avait pas le choix de riposter.C\u2019est ce qu\u2019ils sont en train de faire.Et ils ont choisi l\u2019heure de l\u2019assassinat des deux généraux [Soleimani et le leader pro-iranien Abou Mahdi al-Mouhan- dis] pour riposter contre la base militaire américaine », souligne-t-il.M.Fa- thally estime néanmoins qu\u2019il est trop tôt pour évaluer l\u2019ampleur, donc le « sérieux » de ces attaques.Le risque d\u2019escalade est « évident », croit de son côté Julien Toureille, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019Université du Québec à Montréal.Selon lui, la réponse américaine à l\u2019attaque de Téhéran dépendra du fait qu\u2019il y a ou non des victimes américaines.« Ça risque d\u2019avoir un impact déterminant sur la nature de la réponse que voudra faire l\u2019administration Trump », écrit-il.L\u2019Iran a affirmé que son opération de « proportionnée », en accord avec l\u2019ar- tible 51 de la charte des Nations Unies.Peu après les tirs nocturnes de missiles, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, ont menacé d\u2019attaquer Israël et «des gouvernements alliés» des États-Unis, en appelant Washington à retirer ses troupes de l\u2019Irak.« Nous conseillons au peuple américain de rappeler les troupes américaines (déployées dans la) région afin d\u2019éviter de nouvelles pertes et de ne pas permettre que la vie de ses soldats soit davantage menacée par la haine toujours croissante du régime» américain, écrit l\u2019organisation dans un communiqué.Selon M.Fathally, les Iraniens ont déjà gagné « une bonne partie » de leur principal objectif : expulser les troupes américaines de l\u2019Irak.« Et les Américains vont sortir », pré- dit-il.Les tirs lancés mardi soir ne seraient que « quelques attaques pour sauver la face et pour laisser la porte ouverte à la négociation [avec les États- Unis] », croit le professeur.Sortir les troupes américaines du territoire, à l\u2019instar du Canada et de l\u2019Allemagne, pourrait contribuer à diminuer la tension dans la région et être une approche « rationnelle et pertinente », est d\u2019avis M.Toureille.« Mais on a Donald Trump à la Maison-Blanche et on sait à quel point c\u2019est quelqu\u2019un qui fait preuve d\u2019impulsivité » prévient-il.Avec l\u2019Agence France-Presse Secret militaire ARMÉE SUITE DE LA PAGE A 1 n\u2019a pas indiqué combien de ces 500 militaires seront relocalisés au Koweït, invoquant des « raisons de sécurité ».Le ministère n\u2019avait pas non plus précisé, au moment d\u2019écrire ces lignes, si des militaires canadiens se trouvaient sur les lieux des bombardements effectués par les Iraniens mardi en soirée.Sécurité cryptique L\u2019armée canadienne se montre en fait de plus en plus avare de détails depuis quelques années.Le Devoir a demandé au ministère de la Défense cet automne à combien de reprises les militaires canadiens ont essuyé des tirs ennemis et y ont répliqué depuis le début de la mission en Irak il y a cinq ans.« La fréquence des engagements est demeurée constante au fil du temps, avec des pics et des creux naturels selon l\u2019étape à laquelle les forces de nos partenaires opèrent », s\u2019est contentée de répondre la Défense aux questions du Devoir posées deux mois plus tôt.Impossible aussi de savoir combien de blessés ces échanges de tirs ont fait parmi les militaires canadiens ou parmi les combattants ennemis.Même chose quant au nombre de victimes dans les rangs du groupe armé État islamique.« Depuis que les forces de sécurité irakiennes ont repris la grande majorité du territoire irakien de Daech [le groupe État islamique], les Forces armées canadiennes ont connu une diminution du nombre d\u2019engagements.Néanmoins, les Forces armées canadiennes continuent de faire face à la menace posée par Daech et demeurent autorisées à recourir à la force conformément aux règles d\u2019engagement pour nous défendre, nous, nos forces partenaires et les civils », a indiqué l\u2019armée.Pourtant, au début du déploiement à l\u2019automne 2014, le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper tenait régulièrement des séances d\u2019information pour discuter de ces opérations.C\u2019est lors de ces événe- ments que l\u2019armée avait révélé que ses soldats déployés en Irak avaient fait l\u2019objet de premiers tirs ennemis au début de l\u2019année 2015 : une première fois à la mi-janvier, deux autres à la fin du mois et une quatrième en février.Puis, à l\u2019automne 2016, l\u2019armée s\u2019est soudainement montrée plus vague.Plutôt que de chiffrer la fréquence de ces tirs ennemis, elle s\u2019est mise à parler de « plusieurs incidents » entre janvier et octobre de cette même année.La Défense refusait de fournir tout autre détail, invoquant désormais des « raisons de sécurité opérationnelle » qui l\u2019empêchaient d\u2019être plus précise.« La transparence quant à cette mission a dégringolé d\u2019un coup », déplore l\u2019analyste en défense à l\u2019Institut canadien des affaires mondiales David Perry.S\u2019il convient que le précédent gouvernement dévoilait une quantité d\u2019information « atypique », lorsqu\u2019on compare celle-ci à ce qui était révélé lors de la mission canadienne en Afghanistan par exemple, M.Perry observe que les choses ont « radicalement changé avec le changement de gouvernement » et l\u2019élection des libéraux de Justin Trudeau en 2015.Bien que le chef d\u2019état-major ait révélé qu\u2019une partie des militaires quittera bientôt l\u2019Irak, M.Perry note qu\u2019on ne sait pas réellement ce qu\u2019ils y faisaient et ce qui nécessite qu\u2019ils soient relocalisés d\u2019urgence.Stephen Saideman, professeur d\u2019affaires internationales à l\u2019Université Carleton, comprend que l\u2019armée canadienne préfère être circonspecte quant aux déplacements en cours : « C\u2019est un enjeu de sécurité opérationnelle.» Mais il déplore à son tour le manque de transparence de la Défense quant aux tirs ennemis essuyés depuis cinq ans.M.Saideman présume que la mission d\u2019entraînement se fait peut-être désormais moins près de la ligne de front, ou que c\u2019est simplement la stratégie du gouvernement qui a changé.« C\u2019est là le problème d\u2019un manque de transparence : vous vous mettez à ne pas leur faire confiance parce que vous ne savez pas ce qu\u2019il se passe.» Le premier ministre Justin Trudeau s\u2019est entretenu avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le roi de Jordanie, Abdallah II, mardi.M.Trudeau a discuté, lors de ces deux appels, de la nécessité d\u2019une désescalade des tensions dans la région et d\u2019y poursuivre la lutte contre le groupe État islamique.LIA LÉVESQUE LA PRESSE CANADIENNE La FTQ, qui fait campagne pour l\u2019instauration d\u2019un régime d\u2019assurance médicaments public et universel au Canada, invite le gouvernement Trudeau à implanter un tel régime dès cette année.C\u2019est faisable, croit-elle.Le gouvernement Trudeau doit profiter du fait qu\u2019il est minoritaire pour agir rapidement en ce sens, estime le nouveau secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc, qui a rencontré la presse, mardi, aux côtés du président de la centrale, Daniel Boyer.« La porte est ouverte.Les partis d\u2019opposition, excluant le Parti conser- FONCTION PUBLIQUE La FTQ veut un régime d\u2019assurance médicaments universel dès 2020 vateur, en ont fait des promesses électorales durant la dernière campagne.Les libéraux ont dit la même chose.Il faut qu\u2019ils agissent rapidement, parce qu\u2019un gouvernement minoritaire, on leur donne 18 mois, deux ans de vie.Donc, je pense que c\u2019est possible de le faire rapidement : 2020, pourquoi pas ?» a lancé M.Bolduc.En juin dernier, le Conseil consultatif sur la mise en œuvre d\u2019un régime national d\u2019assurance médicaments a effectivement recommandé au gouvernement fédéral de créer un tel régime, en collaboration avec les provinces.Mais celles- ci ne sont toutefois pas unanimes.Le Conseil avait souligné qu\u2019un Canadien sur cinq a de la difficulté à payer ses médicaments d\u2019ordonnance et que 3 millions de Canadiens n\u2019auraient pas fait exécuter une ordonnance, à un moment ou à un autre, parce qu\u2019ils n\u2019avaient pas les moyens de payer pour un médicament.Les Canadiens ont dépensé 34 milliards en médicaments d\u2019ordonnance en 2018.Il existe pas moins de 100 000 régimes d\u2019assurance médicaments privés au pays, en plus des régimes publics dans les provinces.Les associations d\u2019employeurs ne sont toutefois pas chaudes à l\u2019idée de voir implanter un tel régime public et universel, et préfèrent le régime hybride du Québec, par exemple.Mais même les régimes privés d\u2019assurance médicaments subissent de fortes pressions à la hausse.Assurance-emploi À l\u2019occasion de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée après les Fêtes, la FTQ est aussi revenue à la charge avec sa demande au gouvernement fédéral d\u2019adopter une véritable réforme de l\u2019assurance-emploi.Et plutôt que d\u2019abaisser les cotisations, elle demande d\u2019améliorer l\u2019accès aux prestations.« Cette assurance-là est là pour pallier le manque de revenu des gens qui perdent leur emploi et il y a maintenant autour de 40 % des travailleurs et travailleuses qui sont mis à pied et qui n\u2019ont pas droit aux prestations d\u2019assu- rance-emploi.Donc, il faut corriger le tir », a plaidé Daniel Boyer.Le dossier a changé de main depuis l\u2019élection fédérale, passant du ministre Jean-Yves Duclos à Carla Qualtrough.M.Bolduc s\u2019en inquiète : « on ne sent pas le même enthousiasme » avec Mme Qualtrough, alors que l\u2019ancien ministre de l\u2019Emploi et du Développement de la main-d\u2019œuvre avait amorcé d\u2019importants travaux à cet effet, a-t-il souligné.Des soldats des forces spéciales canadiennes, photographiés en février 2017, s\u2019adressent à des combattants kurdes dans le nord de l\u2019Irak.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Je pense que c\u2019est possible de le faire rapidement : 2020, pourquoi pas ?DENIS BOLDUC » L\u2019une des instructions de l\u2019ayatollah [Ali Khamenei] était que la revanche doit être en premier lieu purement iranienne JABEUR FATHALLY » LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 ACTUALITÉS A 5 Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Présentations- Conférences circuits saisons 2020 Présentées par des Spécialistes Hôtel Ruby Foo`s , 7655 Blv Décarie Salle Shanghaï A Salle Shanghaï B Permis du Québec Dimanche 12 janvier , r i JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les inondations du printemps dernier ont coûté cher à la Ville de Montréal.Une somme de 17,2 millions de dollars a été nécessaire pour faire face à la crue des eaux, dont un montant de plus de 3,2 millions pour payer les heures supplémentaires des employés de la Ville.Le 15 avril 2019, plusieurs arrondissements montréalais, soit L\u2019Île-Bizard\u2013 Sainte-Geneviève, Pierrefonds-Rox- boro, Ahuntsic-Cartierville, Montréal- Nord et Rivière-des-Prairies\u2013Pointe- aux-Trembles, de même que la Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue et le village de Senneville ont été le théâtre d\u2019inondations majeures en raison de la fonte des neiges et des pluies abondantes.Le 16 avril, la mairesse Valérie Plante avait d\u2019ailleurs décrété l\u2019état d\u2019urgence, qui a finalement été levé le 8 mai.Cet événement a mobilisé des ressources importantes à la Ville, bien au- delà de la période de crue des eaux, car les interventions de la Ville se sont prolongées jusqu\u2019au 13 septembre 2019.«Les inondations de 2019 furent pires qu\u2019en 2017 par leur ampleur et leur durée.Néanmoins, grâce aux mesures préventives temporaires et d\u2019intervention prises par l\u2019Organisation de la sécurité civile de l\u2019agglomération de Montréal (OSCAM), seules 110 résidences furent inondées en 2019, contre 1100 en 2017 », a indiqué le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) dans un résumé remis aux membres du comité exécutif.Le rapport du SIM rendu public mardi détaille les interventions qui ont été faites pendant et après les inondations, avec, entre autres, l\u2019ouverture d\u2019un centre de coordination des mesures d\u2019urgence et d\u2019un centre des opérations, la fermeture de rues et de ponts, la mise en place d\u2019une équipe nautique, l\u2019inspection des résidences touchées, le démantèlement des digues et la gestion des déchets et des sacs de sable.Heures supplémentaires Avant même que l\u2019état d\u2019urgence soit déclaré, la Ville avait dépensé 1,2 million pour se préparer aux inondations.Les dernières inondations ont coûté 17 millions à la Ville de Montréal Puis, pendant l\u2019état d\u2019urgence, les coûts ont atteint près de 2 millions.Après le retrait des eaux, la Ville s\u2019est engagée dans une phase de « rétablissement » qui a aussi nécessité des ressources humaines et matérielles importantes.La Ville établit ainsi à 17,2 millions le total des dépenses qu\u2019elle a dû assumer entre le 15 avril et le 13 septembre 2019 en biens et services.Des sommes considérables ont servi à la location d\u2019outillage, d\u2019équipements et de machinerie (2,5 millions) ainsi qu\u2019à l\u2019achat de matériaux de construction (2 millions).Mais une part importante des dépenses, soit 6,7 millions, a été consacrée aux salaires des contremaîtres, professionnels, cols blancs, cols bleus, pompiers et policiers.De ce montant, 3,2 millions sont liés aux heures supplémentaires effectuées par ces employés.À eux seuls, les cols bleus ont touché 2,1 millions en heures supplémentaires et les policiers, 508 000 $.La Ville n\u2019a pas été en mesure de fournir des données comparatives pour les inondations de 2017, car les méthodes de calcul diffèrent, a indiqué le cabinet de la mairesse Valérie Plante mardi.L\u2019administration reconnaît toutefois que les crues printanières ont été coûteuses pour la Ville.« C\u2019est en effet un montant important, mais le nombre de maisons inondées a été beaucoup moins important qu\u2019en 2017 \u2014 110 en 2019 contre 1100 en 2017 », a signalé l\u2019attachée de presse de la mairesse, Geneviève Jutras.Aide gouvernementale Montréal croit que les gouvernements fédéral et provincial devront épauler les villes dans la prévention et la gestion des inondations.« Ce qu\u2019on réalise, c\u2019est que ces évé- nements deviendront de plus en plus fréquents et que leur importance ne diminuera pas.Alors, il faut que les gouvernements supérieurs viennent en aide aux municipalités.Nous ne pourrons y arriver seules », a souligné Mme Jutras.À l\u2019échelle du Québec, plus de 310 municipalités ont été touchées par les inondations printanières de 2019.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR En plus des pertes de vies humaines et des maisons détruites, les feux qui ravagent des régions entières de l\u2019Australie ont déjà tué des centaines de millions d\u2019animaux sur cette île continent.Cette hécatombe pour la biodiversité est d\u2019autant plus inquiétante que le pays compte énormément d\u2019espèces endémiques, dont plusieurs étaient déjà menacées de disparition.Les feux qui frappent plusieurs régions de l\u2019immense territoire australien depuis septembre auraient tué plus de 500 millions d\u2019animaux, selon un premier bilan « conservateur » publié le 3 janvier par des chercheurs de l\u2019Université de Sydney, qui ont alors pris soin de souligner que le décompte final serait sans aucun doute « considérablement plus élevé ».Au moment où les incendies continuent leur progression, après avoir déjà consumé plus de 80 000 km2 (185 fois la superficie de Montréal), une nouvelle évaluation réalisée par des scientifiques de l\u2019Université de Sydney et le Fonds mondial pour la nature (WWF) avançait d\u2019ailleurs mardi le chiffre d\u2019un milliard d\u2019animaux.Ces animaux ont été tués par les feux, mais aussi en raison de la destruction de leurs sources de nourriture ou de leur habitat.«Ces pertes qui fendent le cœur comprennent des milliers de précieux koalas, mais aussi d\u2019autres espèces iconiques comme les kangourous, les wal- labys, les opossums volants et les cacatoès.Et comme beaucoup de forêts mettront des décennies à se remettre, certaines espèces se retrouveront au bord de l\u2019extinction.Mais avant que les feux ne se calment, l\u2019étendue réelle des dommages restera inconnue», a fait valoir le directeur de WWF Australie, Dermot O\u2019Gorman, par voie de communiqué.Parmi les animaux victimes de ces feux vraisemblablement amplifiés par les effets des bouleversements climatiques, on compterait pour le moment environ 8000 koalas, selon les données disponibles mardi.Cette espèce endémique et emblématique, qui est inscrite sur la « liste rouge» des espèces menacées de l\u2019Union internationale de conservation de la nature, devrait donc poursuivre son déclin déjà bien entamé.Dans certaines régions, le petit marsupial risque d\u2019ailleurs d\u2019être complètement éradiqué.Un cas qui illustre la situation que pourraient vivre d\u2019autres espèces déjà menacées.Concrètement, analyse le Centre national de la recherche scientifique de France, le fait de perdre brusquement toute une AUSTRALIE Les incendies de forêt menacent une biodiversité unique au monde partie de leur population et de leur habitat accroît le risque de les faire basculer inexorablement vers l\u2019extinction.Faune unique Le koala n\u2019est par ailleurs qu\u2019une des très nombreuses espèces qu\u2019on ne retrouve qu\u2019en Australie.En fait, c\u2019est le cas de plus de 80 % des mammifères du pays, mais aussi de 90 % des reptiles et des amphibiens, ainsi que 45 % des oiseaux.Les feux risquent donc d\u2019entraîner des pertes majeures pour la biodiversité mondiale, selon Marco Festa-Bianchet, professeur titulaire à la faculté des sciences de l\u2019Université de Sherbrooke.Le chercheur, qui étudie les kangourous gris en Australie depuis 12 ans, juge d\u2019ailleurs que les répercussions sur les espèces australiennes se feront ressentir très longtemps après la fin des incendies.« Il ne faut pas seulement calculer le nombre d\u2019animaux morts, mais aussi les habitats qui ont été détruits.Pour les animaux herbivores, ça veut dire qu\u2019ils n\u2019auront rien à manger.Mais aussi, les prédateurs introduits comme le chat et le renard vont détruire les abris des animaux, donc les survivants aux feux seront davantage victimes de la prédation.Et les effets négatifs seront très importants au cours des prochaines années.» Des dizaines d\u2019incendies échappant toujours à tout contrôle, Marco Festa- Bianchet redoute les prochaines semaines.« Nous sommes au début de l\u2019été, donc au début de la saison des feux.C\u2019est un peu comme si nous étions au début du mois de juillet.Ça pourrait donc continuer au moins pendant deux autres mois.On peut toujours espérer de la pluie, mais pour le moment, les prévisions météorologiques sont assez terrifiantes.» Mardi, les autorités australiennes redoublaient d\u2019ailleurs d\u2019efforts pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, profitant d\u2019une météo ponctuellement moins défavorable avant une nouvelle vague de chaleur dans les prochains jours.Un grand nombre de feux sont trop importants pour être éteints par les pompiers.Et seules de très importantes précipitations permettront d\u2019en venir à bout.Depuis le mois de septembre, 25 personnes ont péri en raison de cette crise, tandis que plus de 1800 maisons ont été réduites en cendres.Autre signe de l\u2019ampleur du désastre en cours, les services météorologiques chilien et argentin ont annoncé lundi que les fumées des incendies australiens avaient été repérées dans le ciel de ces deux pays, distants de plus de 12 000 km de l\u2019Australie.Un koala souffrant de brûlures a été secouru au début du mois par des agents de conservation de la faune.DANA MITCHELL KANGAROO ISLAND WILDLIFE PARK VIA ASSOCIATED PRESS LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin lusieurs municipalités situées au pourtour de la Communauté urbaine de Montréal (CMM) connaissent un développement centré surtout sur la construction de résidences unifamiliales érigées sur de grands terrains.Ces municipalités, dont les nouveaux citoyens contribuent à l\u2019engorgement des voies de circulation de la grande région de Montréal, profitent de l\u2019activité économique du centre, sans se plier à l\u2019orientation du ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation (MAMH) qui vise à densifier l\u2019utilisation du territoire.Sous l\u2019œil complaisant du gouvernement Legault, l\u2019étalement urbain se poursuit de plus belle.La croissance démographique des municipalités limitrophes ne vient pas de leur dynamisme intrinsèque mais dépend plutôt des emplois présents sur le territoire de la CMM.Selon les dernières données de l\u2019Observatoire Grand Montréal, de plus en plus de citoyens de ces municipalités font la navette pour y travailler.Pour près de 30 de ces municipalités, le taux de « na- vettage » vers les villes centres atteint 40 % de la population active et pour dix d\u2019entre elles ce taux dépasse les 50 %.Quelque 100 000 habitants de ces banlieues éloignées en croissance font ainsi la navette tous les jours, et dans 94 % des cas ce sont des automobilistes puisque les transports en commun sont pratiquement inexistants.Et ils risquent de le demeurer longtemps puisque le type de développement favorisé \u2014 à faible densité \u2014 est incompatible avec le transport collectif.Les mises en chantier résidentielles, dans les MRC qui jouxtent la CMM, portent principalement sur des maisons individuelles.Dans les municipalités limitrophes qui connaissent un boom immobilier, cette part peut atteindre 50 %.Le cas de la petite municipalité de Saint-Colomban, en banlieue de Saint- Jérôme, est frappant : près de 90 % des immeubles résidentiels construits entre 2013 et 2018 sont des maisons unifamiliales.Qui plus est, ces maisons ne sont pas desservies par un aqueduc municipal : chacune d\u2019entre elles doit être reliée à une fosse septique.Ce type de développement requiert d\u2019immenses terrains, de 30 000 pieds carrés ou plus, soit quatre fois le terrain type d\u2019un bungalow des années 1950 ou 1960.C\u2019est pour ainsi dire de l\u2019étalement urbain aux stéroïdes.Les maisons unifamiliales des municipalités limitrophes sont évidemment moins chères que celles des villes de banlieue de la CMM à proximité.Les jeunes familles \u2014 le rêve de l\u2019unifamiliale avec sa cour est encore bien vivant \u2014 y trouvent leur compte.Selon l\u2019Observatoire Grand Montréal, la CMM perd environ 7000 habitants par an au profit des villes limitrophes.Une minorité (1470 personnes) provient de Montréal, le reste vient des villes de banlieue.Depuis 2012, la CMM poursuit un Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD) qui vise à favoriser la densification du tissu urbain afin de freiner l\u2019étalement urbain, protégeant ainsi les terres agricoles et les milieux naturels.Aussi son périmètre urbain est demeuré stable, fait- elle valoir.Il en est tout autrement des villes limitrophes.Elles devraient suivre l\u2019« orientation 10 » du MAMH en favorisant le développement du tissu urbain existant, ce qu\u2019elles ne font pas, déplore la CMM.En matière d\u2019étalement urbain, comme pour d\u2019autres enjeux qui touchent la protection de l\u2019environnement, le gouvernement caquiste fait preuve d\u2019incohérence.Dans son plan stratégique 2019-2023, le ministère reconnaît que l\u2019étalement urbain prend de l\u2019ampleur, ce qui contribue à la congestion routière et à l\u2019augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES).Le phénomène fait pression sur les terres agricoles, tout en engendrant des coûts importants en matière d\u2019infrastructures.Or, comme l\u2019a rapporté La Presse en décembre, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, appuie la MRC de Montcalm, qui borde Mascouche et Terrebonne, dans sa demande de dézonage de plus de 100 hectares de terres agricoles \u2014 l\u2019équivalent de quelque 200 terrains de football.La demande sera traitée par la Commission de la protection du territoire agricole (CPTAQ), mais on se demande si l\u2019organisme saura résister aux pressions politiques.Pendant qu\u2019on exige des villes de la CMM qu\u2019elles freinent l\u2019étalement urbain, on veut permettre à une MRC limitrophe d\u2019y contribuer allègrement.Décidément, le gouvernement Legault, poursuivant des visées politiques mal inspirées \u2014 le député de Rousseau, Louis-Charles Thouin, est l\u2019ancien préfet de la MRC de Montcalm \u2014, est prêt à fouler aux pieds des principes qui devraient pourtant guider le développement urbain à l\u2019heure du réchauffement climatique.Qu\u2019il laisse la CPTAQ assumer son rôle qui est de protéger les terres agricoles.Martin Damphousse Maire de Varennes Chantal Deschamps Mairesse de Repentigny Marc-André Plante Maire de Terrebonne Guillaume Tremblay Maire de Mascouche L\u2019agrandissement des périmètres d\u2019urbanisation et l\u2019expansion en zone agricole de la MRC de Montcalm, d\u2019une superficie de près de 336 hectares \u2014 l\u2019équivalent de 672 terrains de football \u2014, envoient un mauvais message.La population s\u2019attend aujourd\u2019hui à ce que les gouvernements nationaux et de proximité agissent dans une perspective de développement durable en matière d\u2019aménagement du territoire.À cet égard, les efforts des municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sont bien connus.Celles-ci se den- sifient et développent des milieux de vie durables favorisant l\u2019utilisation du transport collectif tout en protégeant des milieux naturels.Cette urbanisation durable est le fruit d\u2019un cheminement collectif des élus de la CMM, qui ont convenu de respecter les orientations et les objectifs du Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD) depuis son entrée en vigueur en 2012.Le PMAD respecte également les orientations du gouvernement en matière d\u2019aménagement.Là où le bât blesse, c\u2019est que ces mêmes règles d\u2019aménagement ne sont pas appliquées de la même façon aux municipalités et aux municipalités régionales de comté (MRC) du pourtour de la CMM.En effet, le gouvernement du Québec s\u2019est doté d\u2019une orientation pour freiner l\u2019étalement urbain au sein des MRC contiguës au territoire de la CMM, dont la MRC de Montcalm.Lorsqu\u2019elle n\u2019est pas appliquée adéquatement, on se retrouve dans une situation où Montréal, Laval, Longueuil, les villes des couronnes nord et sud se densifient, mais pour les municipalités périphériques, on constate que la densité et la superficie d\u2019espaces demandés ne correspondent pas aux mêmes efforts consentis par la CMM.Lorsqu\u2019on regarde de plus près la L\u2019après-Greta Nul doute que le phénomène Greta Thunberg aura contribué à créer un mouvement de sensibilisation sans précédent autour de la lutte contre les changements climatiques, la manifestation monstre de quelque 500 000 personnes à Montréal le 27 septembre, notamment des jeunes, en faisant foi sans équivoque.Toutefois, même si des efforts timides émergent de différents pays, force est de constater que l\u2019élan de mobilisation a tendance à s\u2019estomper petit à petit pour céder la place à des vœux pieux qui ne franchissent pas la barrière des belles intentions, sans compter qu\u2019elles sont souvent projetées sur des échéances lointaines.Et pourtant, l\u2019ensemble de la classe scientifique ne cesse de clamer l\u2019urgence d\u2019agir dans la lutte contre les changements climatiques, notre planète donnant de plus en plus des signes visibles de bouleversements climatiques, comme les inondations, les ouragans, les incendies de forêt, les tornades, les sécheresses, etc.Bref, il appartient maintenant aux dirigeants de la planète de passer des paroles aux actes, de donner suite aux nombreuses manifestations qui, de toute évidence, n\u2019ont pas réussi à créer l\u2019élan nécessaire à la mise sur pied d\u2019une véritable transition énergétique.Il ne faudrait surtout pas que l\u2019image hautement médiatisée de Greta Thunberg se dissipe dans la nuée des temps sans que le message d\u2019urgence de la jeune militante suédoise donne les fruits nécessaires à la survie de notre planète ! Henri Marineau Québec, le 6 janvier 2020 LETTRES ÉTALEMENT URBAIN Toujours plus loin ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu croissance démographique de la MRC de Montcalm, on constate qu\u2019elle provient en grande partie des villes de la CMM.Des villes de cette MRC possèdent maintenant des caractéristiques de villes métropolitaines puisque plus de 50 % de leurs résidents travaillent dans le noyau urbain de la CMM.Toutefois, l\u2019aménagement étalé de leur territoire va augmenter la congestion routière et ne favorisera pas des mesures de transport collectif.On peut comprendre les villes de vouloir développer leur territoire puisque les revenus proviennent principalement de la taxe foncière.Mais le dernier pacte fiscal a permis d\u2019obtenir une source diversifiée provenant de la taxe de vente.Pourtant, cela n\u2019a pas empêché la MRC de Montcalm d\u2019obtenir des empiétements en zone agricole.D\u2019autres mécanismes peuvent être proposés pour éviter l\u2019usage de bonnes terres agricoles aux fins de développement résidentiel.Le programme de compensation aux municipalités rurales pour la protection du territoire agricole, adopté récemment par la CMM en collaboration avec le gouvernement, en est un bel exemple.Une urbanisation à faible densité dans la MRC de Montcalm crée une iniquité avec les municipalités des MRC de la couronne nord de la CMM limitrophes à celles de la MRC de Montcalm.Mais, surtout, alors que nous faisons face à des défis importants en matière de transition écologique, cette vieille façon d\u2019occuper notre territoire nous empêche d\u2019augmenter le transport collectif, de protéger nos milieux naturels et de protéger et de mettre en valeur les activités agricoles comme notre population nous le demande aujourd\u2019hui.Étalement urbain : deux visions s\u2019opposent Monsieur le Ministre Dufour, il faut régler ! Pour vouloir défendre la nature, il faut la comprendre.Pour pouvoir la comprendre, il faut quelqu\u2019un pour nous l\u2019enseigner.C\u2019est précisément le mandat des travailleuses et des travailleurs de la SEPAQ: protéger et mettre en valeur nos beaux espaces naturels.À l\u2019heure où nos écosystèmes sont de plus en plus menacés, la contribution que ces employées et employés apportent à notre société devrait être valorisée.Or, à ce jour, le gouvernement ne semble malheureusement pas considérer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une fonction suffisamment importante pour mériter d\u2019en vivre décemment.Protéger nos réserves naturelles semble toujours être considéré comme un travail de second ordre.Notre premier ministre n\u2019a cependant aucun problème à défendre les salaires des hauts fonctionnaires ou des patrons des sociétés d\u2019État, notamment en octroyant aux médecins spécialistes une rémunération en parité avec leurs collègues des autres provinces du Canada.Notre premier ministre répète constamment que son objectif est de créer des «emplois payants», des «bonnes jobs» pour les Québécoises et les Québécois.Il prévoit de dépenser des centaines de millions de dollars pour subventionner des entreprises afin d\u2019y arriver.Comment expliquer alors que notre gouvernement actuel maintienne des milliers de travailleuses et travailleurs dans la précarité alors qu\u2019une infime partie des immenses surplus budgétaires à sa disposition suffirait à offrir des conditions d\u2019emploi décentes au personnel de la SEPAQ?Au fil de cette négociation, il est devenu très clair que le blocage est d\u2019ordre politique.En un an de négociation, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Du- four, n\u2019a pas levé le petit doigt pour favoriser un dénouement.Ce dernier n\u2019est d\u2019ailleurs pas venu à la rencontre du personnel de la SE- PAQ, pas plus qu\u2019il n\u2019a offert son aide pour faciliter les discussions.À ce stade des négociations, force est de constater que c\u2019est le gouvernement lui-même qui refuse d\u2019autoriser toute bonification des offres pour la SEPAQ.Nous souhaitons vivement que le ministre Dufour intervienne, écoute et entende enfin la réalité et les demandes des travailleuses et travailleurs de la SEPAQ.Nos parcs et nos réserves naturelles ne devraient jamais être gérés comme une entreprise commerciale, mais plutôt comme d\u2019immenses musées à ciel ouvert ou de grandes bibliothèques de la nature.Le gouvernement est responsable de mettre en place des ressources nécessaires afin de préserver nos espaces naturels.Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec Le 7 janvier 2020 LIBRE OPINION La population s\u2019attend aujourd\u2019hui à ce que les gouvernements nationaux et de proximité agissent dans une perspective de développement durable ROBERT DUTRISAC P En matière d\u2019étalement urbain, comme pour d\u2019autres enjeux qui touchent la protection de l\u2019environnement, le gouvernement caquiste fait preuve d\u2019incohérence A 7 LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet L\u2019ordre moral, hier et aujourd\u2019hui O n ne peut condamner Gabriel Matzneff, l\u2019écrivain français accusé de pédophilie, sans condamner l\u2019époque qui a glorifié sa sexualité pédophile.C\u2019est ce que disait essentiellement mon collègue Christian Rioux dans sa dernière chronique.Comment comprendre la curiosité amusée qui a accueilli la séduction de « lycéennes » sans comprendre la permissivité qui régnait à l\u2019époque ?La fameuse « interdiction d\u2019interdire » est parfois allée trop loin, c\u2019est vrai, et il fallait le préciser.Mais de là à voir les années 1960-1970 comme un simple dérapage ou, comme le dit un certain chroniqueur du Journal de Montréal, « l\u2019une des périodes les plus stupides de l\u2019histoire moderne », il y a un pas à ne pas franchir.Disons, d\u2019abord, que la France était un lieu propice pour une affaire Matzneff.La provocation, l\u2019idée de préconiser ce qui est contraire aux convenances, le plaisir de choquer, est une tradition intellectuelle française de longue date.Le philosophe Alain Finkielkraut n\u2019a pas laissé sa place en déclarant à la télévision récemment : « Je dis aux hommes : \"Violez les femmes !\" D\u2019ailleurs, je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre ».Deuxio, certains Français adorent choquer sexuellement par-dessus tout.Outre M.Finkelkraut, le Marquis de Sade (1740-1814), Pauline Réage (Histoire d\u2019O, 1954), Virginie Despentes (Baise-Moi, 1995), Catherine Millet (La vie sexuelle de Catherine M., 2002), et jusqu\u2019à Catherine De- neuve qui a tenu, à la suite de dénonciations d\u2019agressions sexuelles en 2018, à défendre le droit des hommes « d\u2019importuner » les femmes.Choquer en réclamant une sexualité « hors normes » est une spécialité française qui n\u2019est pas nécessairement reliée aux années soixante-huitardes.Baisez n\u2019importe qui, n\u2019importe quand, mais baisez.C\u2019est l\u2019impératif culturel d\u2019une certaine France.Demandez-le à Michel Houellebecq.Un jour, quelqu\u2019un nous expliquera pourquoi.Maintenant, les années du « peace and love », de Marx et des soutiens-gorges flambés étaient-elles si « stupides » ?Il y avait sans doute beaucoup de naïveté derrière la notion de « l\u2019imagination au pouvoir ».Avec le recul, l\u2019amour (« all you need is love ») n\u2019a malheureusement pas suffi à réinventer le monde.Cela dit, jamais le monde n\u2019aura vécu une transformation aussi profonde, menée par si peu de gens, en si peu de temps.Les années 1960-1970 sont en quelque sorte les années lumières des deux derniers siècles, le moment où le conformisme céda le pas à l\u2019esprit critique, le provincialisme à l\u2019ouverture sur le monde, les vieux empires à la décolonisation, la censure à l\u2019ouverture d\u2019esprit, les grossesses forcées à la contraception, la religion aux droits et libertés, l\u2019uniformité à la diversité, Papa a raison à Janette veut savoir, la Grande Noirceur à la Révolution tranquille.Au Québec, notamment, tout ce qui nous rend si fiers au- jourd\u2019hui, la prise en charge de notre destin collectif, le sens de la différence, la valorisation de l\u2019éducation, l\u2019égalité hommes-femmes, tous ces partis pris radicalement différents de ce qui avait défini la Belle Province à venir jusqu\u2019à maintenant, auraient été impossibles sans le bouleversement culturel qui secouait l\u2019Occident à l\u2019époque.On peut bien sûr rouler de la paupière devant les excès des marxistes-léninistes mais ce ferment d\u2019extrême gauche n\u2019est pas non plus étranger à la politisation de la province à grande échelle, à l\u2019ouverture sur le monde et au nationalisme décidément progressiste qui distinguera le Québec.Mais le moins « stupide » dans tout ça ?Le mouvement de libération des femmes.Les années 1960-1970 visaient un « changement radical » et, parmi tous les courants idéologiques de l\u2019époque \u2014 la contre-culture, l\u2019extrême gauche, l\u2019indépendantisme \u2014 le féminisme est sans contredit celui qui s\u2019est le mieux acquitté de la tâche.La seule véritable révolution, celle qui a résisté au changement d\u2019époque, concerne la mise en valeur des femmes dans toutes les sphères de la société.C\u2019est un changement énorme, une restructuration non seulement de la famille, mais de la société elle-même, que personne n\u2019oserait qualifier aujourd\u2019hui de stupide, sans risquer de se voir coller la même étiquette.C\u2019est d\u2019ailleurs grâce au féminisme, et non à un retour aux valeurs traditionnelles, qu\u2019invoquait Christian Rioux dans sa chronique, que la pédophilie a finalement été dénoncée.« L\u2019idée que le crime sexuel est une chose grave est une idée très récente », explique l\u2019historienne française Anne- Claude Ambroise-Rendu.Elle est liée « à la dénonciation de la domination masculine qui se traduit par la domination du corps des femmes et des enfants».En d\u2019autres mots, c\u2019est seulement à partir du moment où on a compris la vulnérabilité sexuelle des femmes vis-à-vis des hommes qu\u2019on a également compris celle des enfants.Oui, les années 1960-1970 ont connu certains dérapages, mais ne jetons pas le bébé avec l\u2019eau du bain, voulez-vous ?Ces deux décennies ont servi de fondation à beaucoup de ce qui nous honore aujourd\u2019hui.FRANCINE PELLETIER François LaRochelle Ancien diplomate canadien Il est bien sûr à espérer que la raison prévaudra chez Donald Trump et le régime des mollahs à Téhéran et qu\u2019une autre guerre ne sera pas déclenchée au Moyen-Orient.Si la tendance se maintient, comme disait l\u2019autre, les chances d\u2019un affrontement armé ne cessent malheureusement d\u2019augmenter.Depuis son accession au pouvoir, Trump a provoqué Téhéran par une série de mesures comprenant le retrait de l\u2019accord sur le nucléaire et la mise en place de sanctions économiques, sans compter ses tweets d\u2019insultes.Ce processus vient d\u2019atteindre un autre palier avec l\u2019assassinat récent du général iranien Souleimani.Comme s\u2019il voulait l\u2019avoir lui aussi, sa guerre, pour passer à l\u2019histoire ! On dit que Trump n\u2019écoute personne, qu\u2019il prend ses décisions selon ses humeurs et qu\u2019il n\u2019a aucune stratégie.Dans le cas de l\u2019Iran, ce n\u2019est pas le cas malheureusement, et c\u2019est ce qui fait craindre le pire.Beaucoup de gens à Washington et au Moyen-Orient ont intérêt à ce que ce nouveau conflit émerge.Il y a d\u2019abord les coupables habituels : le lobby militaro- industriel américain, comme on l\u2019appelait, qui profiterait sûrement d\u2019une nouvelle guerre, qui sert à enrichir les actionnaires et au développement de nouvelles armes.Puis les compagnies de pétrole, qui bénéficient déjà de l\u2019augmentation du prix de ce dernier.Les think tanks conservateurs et les va-t-en-guerre du Parti républicain frétillent déjà à l\u2019idée de pouvoir se regrouper derrière le « commandant en chef » pour afficher le « retour de l\u2019Amérique » avant la prochaine élection.Qui sait, les membres de l\u2019Église évangélique américaine, fiers membres de la « base » de Trump, qui rêvent de l\u2019Armageddon et du retour du Christ sur la Terre, espèrent peut-être que cette fois sera la bonne\u2026 Pompeo et Pence, des fanatiques religieux, seraient aux premières loges\u2026 « Croissant chiite » Au Moyen-Orient, les dirigeants du « croissant chiite », qui voyaient leur population démontrer leur ras-le-bol à leur égard, se servent de la disparition de Souleimani pour rameuter les populations, et rien de mieux qu\u2019un appel au martyr pour faire oublier corruption et incompétence ! Les royautés du Golfe vont profiter à court terme de l\u2019augmentation du prix du baril, mais elles risquent de se retrouver impliquées dans le conflit, directement ou non.Un autre qui doit se réjouir est le premier ministre israélien, Benjamin Né- tanyahou, qui, depuis des années, s\u2019évertue à pousser les Américains dans une action militaire contre Téhéran.Il y est presque arrivé.Allez, encore un petit effort ! Face à son possible emprisonnement, cela sert tout à fait sa survie politique, surtout si Israël est attaqué.Évidemment, Trump croit que ce scénario guerrier favorisera sa réélection et fera oublier son bilan chaotique et la perspective d\u2019impeachment.On verra.Cette stratégie pourrait se retourner contre lui.Il est difficile de prévoir la réaction d\u2019électeurs à qui il avait promis de ne pas entraîner le pays dans une autre guerre coûteuse.Les Iraniens et leurs affidés ne se laisseront pas faire et peuvent être de sérieuses nuisances sur le plan international.Une guerre dans une région qui décidément ne semble jamais pouvoir s\u2019en sortir n\u2019apporterait comme toujours que souffrances et destructions.Souhaitons un sursaut d\u2019humanité et d\u2019intelligence chez ces leaders politiques qui tiennent la région et le monde au bord de la catastrophe.POLITIQUE INTERNATIONALE Vers une autre guerre au Moyen-Orient ?Vincent Laliberté Psychiatre et candidat au doctorat en anthropologie Comment comprendre la décision de l\u2019administration municipale d\u2019éliminer les calèches ?On suppose généralement que c\u2019est parce qu\u2019il y a eu de la maltraitance animale et que, par conséquent, cette décision a été prise pour veiller au bien-être des chevaux.N\u2019a-t-on pas tous vu l\u2019image d\u2019un cheval qui s\u2019est écroulé dans les rues du Vieux-Montréal en 2018?Bien sûr, cette industrie a ses imperfections, que décrit Brian Myles dans son éditorial du 4 janvier dans Le Devoir.Mais l\u2019ensemble de la couverture médiatique fait à mon avis l\u2019économie du débat de fond : si les calèches sont éliminées à Montréal, c\u2019est avant tout en raison de l\u2019avancée des idées antispécistes portées sans relâche par quelques organisations de défense des droits des animaux.Qu\u2019est-ce que le spécisme ?Popularisé par le philosophe Peter Singer en 1975 dans son livre La libération animale, le spécisme est une discrimination injustifiée basée sur l\u2019appartenance à une espèce, comparable au racisme ou au sexisme.La mouvance an- tispéciste vise à éliminer l\u2019« exploitation » des animaux par l\u2019homme en interdisant leur utilisation pour le divertissement ou pour le travail.Cela mène à une forme d\u2019abolitionnisme interdisant l\u2019achat et la vente d\u2019animaux et, par voie de conséquence, à l\u2019interdiction de leur domestication.Bien-être des animaux Je salue les organisations de défense des droits des animaux pour leurs efforts incessants pour la cause animale, et j\u2019espère bien rendre compte de leurs idées dans ce texte.Il importe toutefois de savoir qu\u2019il y a eu une évolution des idées partagées par les membres de ces organisations principalement au fil de la dernière décennie.Alors qu\u2019à l\u2019origine les militants avaient à cœur l\u2019amélioration du bien-être des animaux, avec une attitude dite « welfariste », la majorité d\u2019entre eux se réclament aujourd\u2019hui de l\u2019antispécisme.En effet, améliorera-t-on vraiment le bien-être des chevaux en éliminant les calèches ?Il est permis de croire que non.Sans même parler du fait que presque tous ces chevaux continueront probablement à travailler, la plupart des vétérinaires vous diront qu\u2019il n\u2019y a rien de problématique en soi à ce qu\u2019un cheval de trait tire une calèche en ville.Le propriétaire et cocher Réjean Fortin me racontait que l\u2019enthousiasme de son cheval à aller « travailler » est comparable à celui de son chien qui lui apporte sa laisse pour aller faire sa promenade.Qui plus est, les chevaux de trait sont de moins en moins utilisés à la ville ou à la campagne, où ils ont été remplacés par des tracteurs.Si on ne leur permet pas de se rendre utiles d\u2019une manière quelconque, les chevaux de trait disparaîtront complètement du paysage québécois.Pourtant, de nombreux environnementalistes qui sont favorables à la décroissance sont convaincus qu\u2019une bonne avenue pour se libérer du pétrole est de réhabiliter le transport hippomobile avec les précautions nécessaires pour assurer la sécurité et le bien-être des bêtes.De telles initiatives se multiplient présentement en France.Dans un court film que j\u2019ai réalisé à ce sujet, Abolir les calèches\u2026 et l\u2019humain dans tout ça ?, j\u2019ai voulu montrer que l\u2019interdiction des calèches conduit à l\u2019exclusion d\u2019une communauté vivant déjà dans la précarité, qui bénéficiait grandement d\u2019étroits rapports avec les chevaux.Ce qui m\u2019a amené à m\u2019intéresser au sort des cochers, c\u2019est la violence qui a été observée à leur endroit au fil des dernières années dans les rues de Montréal.En plus d\u2019avoir à endurer des manifestations hebdomadaires certains étés, les cochers ont été régulièrement insultés par des chahuteurs, qui hurlaient des « cruel ! », « abuseur ! », ou des slogans comme « Free the horses » ! Violence Ces attaques ont culminé par un assaut à coups de poing à l\u2019endroit de la cochère Nathalie, le 28 août 2019 ; la suspecte a été arrêtée et un procès pour voie de fait est en cours.Or, rien dans la conduite des cochers n\u2019a jamais justifié un tel niveau de violence.Il est permis de croire que le comportement abusif des chahuteurs s\u2019explique par leurs idées antispécistes, malgré les bonnes intentions derrière celles-ci.L\u2019anthropologue Jean-Pierre Digard décrit dans son ouvrage L\u2019animalisme est un antihumanisme de quelle manière le fait de traiter les animaux sur le même pied que les humains entraîne dans les faits une dépréciation de ces derniers, qui sont alors accusés de tous les maux.À mon avis, le problème de la violence dirigée contre les gens qui travaillent avec les animaux et qui vivent parfois dans la précarité n\u2019a pas été suffisamment considéré par les groupes qui militent pour les droits des animaux (ou animalistes).Un grand nombre de Montréalais cherchent le fil conducteur derrière les décisions de notre administration municipale concernant les animaux.L\u2019élimination des calèches, le retrait du règlement contre les pitbulls, l\u2019interdiction de la vente d\u2019animaux de compagnie ne provenant pas de refuges ont un point commun : chacune de ces mesures a été précédée par des campagnes de militantisme actif menées par des organisations dont les membres se réclament de l\u2019antispécisme [\u2026].On aurait intérêt à débattre cette question, car plutôt que de viser les endroits où il y a réellement de la souffrance animale, comme les abattoirs industriels, ces gains vers l\u2019abolitionnisme sont présentement faits sur le dos d\u2019un petit nombre de personnes vulnérables, les cochers, victimes de mépris de classe depuis fort longtemps.MONTRÉAL Pourquoi devrait-on se préoccuper du sort des cochers ?Depuis son accession au pouvoir, Donald Trump provoque l\u2019Iran.ALEX BRANDON LA PRESSE CANADIENNE Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus. 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 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Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.EN EAUX TROUBLES A 8 Israël Capitale Tel-Aviv Population 8,7 millions Enjeu Recyclage des eaux d'égout, agriculture au goutte à goutte, campagnes visant à limiter la consommation d'eau: en Israël, la préservation de cette ressource est depuis toujours une priorité nationale.MARCO FORTIER À TEL-AVIV LE DEVOIR Là où « chaque goutte compte » L\u2019eau est une obsession nationale depuis la naissance d\u2019Israël provisionnement en eau en Israël et ailleurs au Moyen-Orient.L\u2019État hébreu a dû construire en toute hâte cinq usines de dessalement de l\u2019eau de mer, entre les années 2005 et 2016.Sans cet apport d\u2019immenses quantités d\u2019eau potable, il n\u2019y aurait plus d\u2019eau courante dans cette région parmi les plus arides de la planète.Les deux tiers du pays sont en plein désert.Ironiquement, la ville côtière de Tel- Aviv a été le théâtre d\u2019un véritable déluge au cours des dernières heures.Les experts ont attribué ces pluies d\u2019une rare intensité aux changements climatiques.Pourtant, le bouleversement du climat mène habituellement à la sécheresse dans cette partie du monde.« Avec les changements climatiques, on se prépare au pire, mais c\u2019est ce qu\u2019on a toujours fait.C\u2019est pour ça qu\u2019on est un peu en avance sur les pays qui commencent à considérer ça comme un problème », dit Shmuel As- souline, directeur des relations internationales au Centre Volcani, le laboratoire de recherche du ministère israélien de l\u2019Agriculture.L\u2019eau a rapidement été nationalisée après l\u2019indépendance du pays en 1948.Toutes les formes d\u2019eau sont tarifées \u2014 pour l\u2019agriculture, l\u2019industrie et la consommation des ménages.L\u2019eau n\u2019est jamais gratuite en Israël.Et un des premiers grands projets d\u2019infrastructures de l\u2019État naissant a été l\u2019Aqueduc national, qui relie depuis 1964 le nord du pays, traditionnellement plus riche en eau, au sud désertique.Plus important encore, devant la rareté des réserves d\u2019eau, le gouvernement israélien a pris une décision radicale : investir massivement dans le recyclage de ses eaux usées pour les réutiliser en agriculture.Selon le ministère de l\u2019Énergie, le pays réutilise pas moins de 86 % de ses eaux usées (de pluie et d\u2019égouts) \u2014 le taux le plus élevé du monde, loin devant l\u2019Espagne, qui réutilise 17 % de ses eaux usées.Plus de 60 % de l\u2019agriculture est issue de l\u2019eau recyclée, selon Shmuel As- souline.Deux réseaux d\u2019aqueduc distincts traversent le pays pour éviter que l\u2019eau potable entre en contact avec l\u2019eau vouée à l\u2019agriculture, qui est de moindre qualité.Goutte à goutte En plein désert du Néguev, près de la frontière avec l\u2019Égypte, un aqueduc de couleur rose longe la route 2357.« Danger, eau d\u2019égout recyclée.Interdit d\u2019en boire !!! » indique un autocollant apposé sur le tuyau.Une oasis apparaît tout à coup dans l\u2019immensité aride.Un village verdoyant bordé d\u2019arbres et de fleurs.Une fontaine trône en face des bureaux de la municipalité.Et tout autour du village, des champs cultivés s\u2019étirent au loin dans la plaine.Cette éclosion de verdure au milieu du désert n\u2019est pas le fruit du hasard.Tout ce qui pousse ici a été irrigué.Et nous sommes un peu dans la Mecque de l\u2019irrigation : c\u2019est ici, au kibboutz Hatzerim, qu\u2019a été inventée en 1965 l\u2019irrigation au goutte à goutte \u2014 une technique qui a révolutionné l\u2019agriculture en milieu aride.Netafim, l\u2019entreprise qui a fait breveter le « goutteur », est aujourd\u2019hui milliardaire, avec 4300 employés dans 110 pays.La Mexicaine Mexichem a acquis en 2017 80 % des parts de l\u2019entreprise au coût de 1,5 milliard $ US.Le siège social de Netafim est ici, au kibboutz Hatzerim.La multinationale est le principal employeur du village de 1000 âmes.« L\u2019irrigation au goutte à goutte a été inventée par accident », raconte Na- tan Barak, cadre de haut rang chez Netafim, en nous faisant visiter les champs de jojoba qui entourent le kibboutz.Un chapeau de paille le protège du soleil qui frappe fort, en cette fin d\u2019avant-midi.Au milieu des années 1960, les résidants du kibboutz ont vu grandir avec stupéfaction un « arbre miraculeux » dans cette terre désertique.Ils se sont rendu compte qu\u2019un vieux tuyau laissait fuir des gouttes d\u2019eau près des racines de l\u2019arbre.Le « gout- teur » était né.Aujourd\u2019hui, en Israël, en Palestine et dans pratiquement tous les pays où l\u2019eau devient rare, l\u2019agriculture se fait au goutte à goutte.Cette technique requiert une fraction de l\u2019eau consommée par l\u2019irrigation traditionnelle, explique Shmuel Assouline, du ministère de l\u2019Agriculture.Industrie de l\u2019avenir Les chercheurs du Centre Volcani, dans une vaste plaine en banlieue de Tel-Aviv, développent désormais ce qu\u2019ils appellent « l\u2019agriculture de précision » : ils recourent à des données obtenues par satellite ou par drone pour connaître la couverture végétale, le type de sol, la quantité d\u2019eau souterraine\u2026 Des capteurs à distance permettent de détecter les fuites d\u2019eau, les tuyaux bouchés et même les mauvaises herbes.Le système émet des herbicides uniquement là où il le faut, et ferme automatiquement le tuyau en cas de fuite d\u2019eau, explique Shmuel Assouline.Les chercheurs israéliens ont aussi développé des plantes tolérantes à la sécheresse, à la salinité et à la chaleur.La simple installation de filets au-dessus des cultures réduit l\u2019effet du vent ainsi que l\u2019évaporation, ce qui permet d\u2019économiser de grandes quantités d\u2019eau.L\u2019eau a donné naissance à une véritable industrie qui regroupe 300 entreprises dans l\u2019État hébreu, souligne Aviv Berkovich, gestionnaire à l\u2019Institut d\u2019exportation d\u2019Israël.Le traitement des eaux usées et la détection des fuites, par exemple, représentent un marché d\u2019avenir à cause des changements climatiques et de la croissance démographique.« À peu près 30 % de l\u2019eau potable produite dans le monde est perdue à cause des fuites dans les aqueducs.Ça n\u2019a aucun sens.Même les pays riches vont réaliser que l\u2019eau est une ressource précieuse dont il faut prendre soin », dit-il.Contrer le gaspillage Malgré les prouesses techniques, l\u2019approvisionnement en eau reste plus fragile que jamais en Israël et dans tout le Proche et le Moyen-Orient, prévient David Katz, professeur au Département de géographie de l\u2019Université de Haïfa.Après une enquête nationale sur la gestion de l\u2019eau potable et la construction en toute hâte de cinq usines de dessalement de l\u2019eau de mer, le gouvernement israélien a clamé il y a cinq ans que « la crise de l\u2019eau est réglée ».Ce fut une erreur magistrale, estime le professeur Katz.« Quand les gestionnaires de l\u2019eau disent qu\u2019il n\u2019y a plus de pénurie, c\u2019est de la foutaise ! », lance cet économiste spécialisé en gestion de l\u2019eau.« Nous sommes des meneurs en des- salinisation, en traitement des eaux d\u2019égout, en détection des fuites.Tout cela est vrai.Mais nos aquifères sont épuisés, nos rivières sont asséchées, nos milieux humides ont été détruits et le niveau de notre unique lac est constamment sous la ligne rouge qu\u2019il est censé ne jamais atteindre », ajoute David Katz.Durant la première décennie du millénaire, le gouvernement a mis en place des campagnes très efficaces pour économiser l\u2019eau.Les tarifs ont doublé entre les années 2000 et 2010.La consommation des aqueducs municipaux a diminué de 20 % entre 2007 et 2009, souligne David Katz.Des campagnes publicitaires de choc ont rappelé aux citoyens que « chaque goutte compte ».Après cinq années de sécheresse record, les ménages ont reçu en mai 2018 une alerte du ministère de l\u2019Énergie : « Économisez l\u2019eau, réduisez votre temps de douche de deux minutes ! » Les enfants apprennent dès la maternelle à fermer le robinet pendant qu\u2019ils se lavent les mains.En arrivant en Israël, les visiteurs étrangers sont frappés par l\u2019accumulation de poussière sur les voitures.Ici, on ne gaspille pas l\u2019eau pour nettoyer un tas de tôle.Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir L\u2019agriculture au goutte à goutte permet de faire pousser des plantes en milieu aride, comme cette plantation de jojoba en banlieue de Beersheva, dans le désert du Néguev, près de la frontière avec l\u2019Égypte.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Soucieux de limiter l\u2019immigration juive en Palestine, les Britanniques préviennent en 1939 que les maigres réserves d\u2019eau de la région peuvent suffire à deux millions de personnes tout au plus.La population de la Palestine sous mandat britannique (l\u2019équivalent d\u2019Israël, la Cisjordanie et Gaza) était alors estimée à 834 000 personnes.On connaît la suite : 80 ans plus tard, l\u2019État hébreu alimente en eau potable près de 13 millions de personnes (8,7 millions en Israël, plus de 4 millions en Palestine), en plus de distribuer de grandes quantités d\u2019eau en Jordanie en vertu de l\u2019accord de paix de 1994.Mais Israël a dû prendre les grands moyens pour faire mentir les Britanniques.La quête de l\u2019eau et la préservation de cette ressource plus précieuse que le pétrole sont depuis toujours une priorité nationale.« L\u2019histoire d\u2019Israël est une histoire de gestion de l\u2019eau.Ce pays souffre depuis ses débuts de manque d\u2019eau et de périodes de sécheresse », dit Yossi Yacooby, chef de cabinet du président-directeur général de Mekorot, la société nationale de l\u2019eau en Israël.Il nous accueille à son bureau, au centre de Tel-Aviv, en nous offrant un pichet d\u2019eau fraîche : « C\u2019est de l\u2019eau du robinet », précise-t-il en souriant.Le défi du climat Comme l\u2019a rapporté Le Devoir, la croissance démographique et les changements climatiques compliquent l\u2019ap- LEDEVOIR // LE MERCREDI 8 JANVIER 2020 Avec les changements climatiques, on se prépare au pire, mais c\u2019est ce qu\u2019on a toujours fait SHMUEL ASSOULINE » Devant la rareté des réserves d\u2019eau, le gouvernement a pris une décision radicale : investir massivement dans le recyclage de ses eaux usées "]
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