Le devoir, 11 janvier 2020, Cahier B
[" Je n\u2019ai jamais pu m\u2019y rendre.On s\u2019est réfugiés dans la cour, raconte-t-elle.Une voisine est arrivée quelques minutes plus tard, la moitié du corps en sang.Dans la rue, un mur venait de s\u2019effondrer sur elle.» Moins de 30 secondes.C\u2019est le temps qu\u2019il a fallu au séisme pour dévaster tout un pays et reconfigurer la trajectoire de vie de millions d\u2019Haïtiens, comme celle de Laurie et Laurent.Ce mardi-là, les deux enfants de 10 ans sont rentrés de l\u2019école en pensant à la journée du lendemain.Mais un mois plus tard, c\u2019est plutôt dans une classe d\u2019accueil de l\u2019école Sainte-Cécile à Montréal qu\u2019ils ont poursuivi leur scolarité, dans un pays qu\u2019ils ne connaissaient pas et au terme d\u2019une procédure d\u2019immigration accélérée par la tragédie.«Nous avions prévu de rejoindre notre père, installé au Québec depuis les années 1990», dit Laurent, qui se souvient avec amusement de son premier contact avec le froid d\u2019un 27 février à l\u2019aéroport de Montréal, mais également de la douleur et du déchirement ressentis d\u2019avoir laissé sa mère derrière lui.Elle vit toujours en Haïti.Il ne l\u2019a pas revue depuis 10ans.«Cela devait se faire quelque part en 2011 ou 2012.Le tremblement de terre a précipité les démarches», Québec ayant dans la foulée du drame facilité le rapprochement de plusieurs familles, mais également mis en place un programme de parrainage humanitaire pour les victimes du séisme.Trois mille personnes s\u2019en sont prévalues dans les premiers mois de 2010.a chanson de l\u2019artiste Ruthshelle Guillaume s\u2019intitule en créole haïtien Walé, « T\u2019es parti » en français.Et quand Laurie se met à la chanter, Laurent, son frère jumeau, lui, s\u2019approche doucement des larmes.« Ça vient brasser trop de mauvais souvenirs », dit le jeune homme de 20 ans, assis à côté de son double, dans un restaurant du quartier Saint- Michel à Montréal.« Ça parle du séisme à Haïti, des gens qui y sont morts, du besoin de pleurer\u2026 Les premiers mots viennent tout de suite me chercher.» Il regarde sa sœur et lui sourit : « Je n\u2019aime pas quand tu la chantes.Je ne sais pas d\u2019ailleurs comment tu arrives à le faire.» Dix ans se sont écoulés depuis le tremblement de terre qui a frappé la Perle des Antilles \u2014 c\u2019était le 12 janvier 2010 \u2014, mais pour Laurie et Laurent, deux enfants du séisme, les images sont toujours bien claires à leur esprit quand ils replongent dans ce passé.Pour lui, c\u2019est celle d\u2019un puits dans lequel il avait mis sa tête, à l\u2019heure précise de la secousse fatale, pour y attraper un sceau coincé dans le fond.Il était dans la région de Thomazeau, à l\u2019est de Port-au-Prince.« J\u2019ai senti le béton s\u2019effriter autour de moi, dit-il.Quand j\u2019ai sorti la tête, c\u2019était la panique totale autour de moi.» Pour elle, c\u2019est l\u2019image des murs et du plancher de la maison qui tremblent.« On m\u2019avait demandé d\u2019aller chercher un chargeur dans la chambre.PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 L Des vies changées en 30 secondes Des enfants du séisme se souviennent de ce 12 janvier 2010 à Haïti, 10 ans plus tard à Montréal FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Les jumeaux Laurie et Laurent ont refait leur vie après le séisme de 2010 à Montréal.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE B 4 : ENFANTS 10 ANS APRÈS LE SÉISME Un dossier à lire en pages B 1, B 2, B 3 et B 4 On a ramassé, mais on n\u2019a pas reconstruit.» À l\u2019autre bout du fil, le sociologue d\u2019origine haïtienne Frédéric Boisrond a la formule lapidaire pour décrire les 10 années qui ont suivi le séisme haïtien de 2010.C\u2019était le 12 janvier de cette an- née-là, il y a 10 ans, jour pour jour, ce dimanche.La Perle des Antilles était frappée en plein cœur par un tremblement de terre sans précédent d\u2019une magnitude de 7,3 qui, en moins de 30 secondes, a dévasté le pays.«Haïti a manqué des rendez-vous importants dans son histoire pour se reconstruire, ajoute-t-il.L\u2019après-tremblement de terre en fait désormais partie.» Une décennie s\u2019est écoulée depuis la tragédie qui a fait plus de 250 000 morts et jeté à la rue un million et demi de Haïtiens après l\u2019effondrement de leur maison, dont la conception n\u2019avait jamais été envisagée au regard des trois failles sismiques qui traversent le pays.Et à l\u2019heure d\u2019un énième bilan, induit par cet anniversaire, les raisons de croire en un renouveau après la fatalité semblent encore et toujours coincées symboliquement sous les décombres.«On parle d\u2019un séisme, mais il y en a eu deux autres encore plus importants qui ont frappé Haïti après ce 12 janvier», résume, sourire en coin, Ali Acacia, qui tient un commerce d\u2019informatique à Port-au- Prince.L\u2019homme était de passage cette semaine à Montréal pour visiter de la famille.«Bill Clinton et ses larmes de crocodile venu vendre de l\u2019espoir pour Haïti après le tremblement de terre en est un.Ses belles paroles n\u2019ont donné rien de concret sur le terrain.L\u2019arrivée de Michel Martelly, président qui a dilapidé les fonds PetroCaribe [fournis par le Venezuela pour la reconstruction du pays] en est un autre.C\u2019était un incompétent qui ne pouvait pas avoir cette importante responsabilité de reconstruire un pays.C\u2019est lui qui nous a plongés dans la dèche.» «Il n\u2019y a jamais eu 10 milliards de dollars investis dans la reconstruction d\u2019Haïti », laisse tomber Jean Saint-Vil, de l\u2019organisme Solidarité Québec-Haïti, un groupe de pression qui se fait de plus en plus entendre pour dénoncer l\u2019appui de la communauté internationale à l\u2019actuel président, Jovenel Moïse.Le dauphin de Michel Martelly fait face à une crise de confiance insurmontable depuis plus d\u2019un an, sur fond de corruption.« Nos craintes de 2010 se sont toutes matérialisées : l\u2019argent promis [par la conférence des donateurs qui s\u2019est tenue en mars 2010 à New York sous la présidence de Bill Clinton] n\u2019a pas été envoyé à Haïti.Le peu qui est arrivé a été détourné par des personnes mal intentionnées qui ont profité de la faiblesse de l\u2019État haïtien, avec pour conséquence une population aujourd\u2019hui dans un état plus vulnérable qu\u2019avant le séisme.» Une « année noire » En novembre dernier, un rapport du Fonds monétaire international (FMI) est venu confirmer le pire : en 2019, le PIB d\u2019Haïti, dans la liste des 25 pays les plus pauvres de la planète, a été réduit de 1,2 % alors que l\u2019inflation s\u2019est emballée à plus de 20 %, sous l\u2019effet d\u2019une crise politique sans fin et d\u2019une paralysie de l\u2019activité économique et sociale depuis mars dernier par les mouvements de contestation du pouvoir en place.Pour l\u2019économiste haïtien Kes- ner Pharel, cité par l\u2019Agence France- Presse, l\u2019année dernière a été une « année noire » : des personnes vulnérables, vivant avec 4 $ américains par jour, en perdant leur emploi dans le tourisme ou la construction, se retrouvent désormais au niveau de la pauvreté extrême, avec moins de 2 $ par jour pour vivre.Les pauvres, eux, sont désormais entrés dans la misère.« Il y a eu un important déclassement sur la pyramide sociale », dit-il.En 10 ans, le PIB n\u2019a pas réellement augmenté, alors que l\u2019espérance de vie en Haïti est désormais inférieure de 10 ans, par rapport à celle de la République dominicaine, qui partage pourtant avec Haïti le même territoire, celui de l\u2019île d\u2019Hispaniola.3 % de la population rurale haïtienne avait accès à l\u2019électricité en 2018, contre 100 % chez sa voisine dominicaine et 92 % dans l\u2019ensemble des Caraïbes et de l\u2019Amérique latine.Dans ses vœux à la nation, le président Jovenel Moïse a résumé la tragédie en parlant de 2019 comme d\u2019une simple « année difficile », « une année de trop perdue à cause de nos erre- LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 PERSPECTIVES DOSSIER 10 ANS APRÈS LE SÉISME B 2 ments et de nos luttes sans grandeur », a-t-il dit, appelant son peuple à retrouver « la volonté de vivre ensemble pour briser l\u2019instabilité ».« On ne peut pas parler de reconstruction », dit l\u2019avocate Christiane Pel- chat, qui préside la Fondation Serge- Marcil, nommée à la mémoire de son mari, l\u2019ex-député et figure marquante du développement international, qui a trouvé la mort dans le séisme haïtien il y a 10 ans.L\u2019organisme vient en aide actuellement à un orphelinat et à tout le village d\u2019Étang Rey, dans une région rurale des Nippes à Haïti.« 10 % à peine des sommes promises ont été livrées.C\u2019est donc de la faillite de la communauté internationale qu\u2019il faut surtout parler aujourd\u2019hui.» Selon elle, cette communauté a manqué son coup, particulièrement avec la Mission des Nations unies pour la stabilisation d\u2019Haïti (MINUSTAH) qui a été chargé de maintenir la paix dans ce pays entre 2004 et 2017.Le Canada en faisait partie.Des milliards investis dans ce programme, aucun n\u2019a vraiment atteint les Haïtiens, estime-t-elle, en contribuant au développement des infrastructures de ce pays.« On a mis de l\u2019argent pour la sécurité, expose Mme Pelchat, mais cet argent est allé dans les proches des armées et des soldats impliqués dans cette force internationale.Or, la sécurité passe aussi par la sécurité alimentaire, par la dignité humaine, par le droit à l\u2019éducation et à un logement décent dans lesquels il aurait été possible d\u2019investir, dans une réelle logique d\u2019aide et de développement.10 ans après le séisme, mon regard est sévère sur ce que nous aurions pu faire et sur ce qui n\u2019a pas été fait.» Un grand désenchantement « Je croyais que le pays allait mieux s\u2019en sortir que ça », avoue Bernard McNamara, président-fondateur de l\u2019organisme Architecture sans frontières Québec, à qui Le Devoir avait parlé en janvier 2010.L\u2019homme se préparait alors à s\u2019envoler pour Haïti pour participer à l\u2019effort de reconstruction.Il y est retourné à plusieurs reprises dans les dernières années pour des projets d\u2019analyse des dé- 12 janvier 2010 Une caméra de sécurité capture l\u2019image d\u2019une personne tentant de naviguer au travers des débris et de l\u2019incompréhension à Port-au- Prince quelques secondes après le séisme de magnitude 7,3.YOUTUBE 13 janvier 2010 Des survivants prennent conscience de la dévastation au lendemain du séisme, debout sur le toit d\u2019une maison démolie.Le tremblement de terre a durement touché les infrastructures du pays, qui n\u2019ont toujours pas été complètement reconstruites.JUAN BARRETO AGENCE FRANCE-PRESSE 13 janvier 2010 La dévastation est totale.Des résidents font ce qu\u2019ils peuvent afin de venir en aide à leur prochain.Écoles, hopitaux et maisons sont pour la plupart détruits.À ce moment, le bilan est porté à 100 000 morts.Il atteindra plus tard plus de 250 000 décès.JUAN BARRETO AGENCE FRANCE-PRESSE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Un pays ramassé, mais toujours pas reconstruit 10 ans après le séisme, l\u2019espoir d\u2019un renouveau est toujours coincé sous les décombres « LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 DOSSIER 10 ANS APRÈS LE SÉISME PERSPECTIVES B 3 gâts, dans le réseau scolaire entre autres, et de développement de nouvelles constructions, dans le respect des normes sismiques et anticycloniques.«La tragédie n\u2019a pas été surmontée, elle se poursuit, ajoute-t-il.L\u2019appareil gouvernemental est plus faible aujourd\u2019hui qu\u2019avant le séisme.Et pour les donateurs, c\u2019est le désenchantement.Depuis deux ans, nous ne sommes plus sur le terrain.Il est plus difficile d\u2019obtenir des fonds pour ce pays où le problème de gouvernance, mais aussi d\u2019insécurité, a fini par déprimer tout le monde.» Pour le sociologue Frédéric Boisrond, il y a 10 ans, ce n\u2019est pas seulement le bâti qui s\u2019est effondré sous l\u2019énergie de la faille Léogâne, la véritable responsable du séisme de 2010.« C\u2019est aussi le tissu social qui a été touché et qui n\u2019a pas été reconstruit, dit-il.La confiance des uns envers les autres s\u2019est également effritée, et l\u2019État haïtien, en démissionnant, en n\u2019assumant plus sa responsabilité, n\u2019a jamais contribué à rétablir un climat et un environnement propices à une reconstruction.» « Comme peuple, on ne sort pas indemne d\u2019une telle tragédie, mais l\u2019absence de l\u2019État national, 10 ans plus tard, est certainement ce qui fait le plus mal à Haïti, résume le député libéral Frantz Benjamin, d\u2019origine haïtienne.Ce n\u2019est même pas un État bancal.Chaque jour, il fait la preuve de son incapacité et alimente non pas la résilience du peuple haïtien, mais sa résignation, dans une douleur que les gens n\u2019arrivent plus vraiment à nommer.» Et il ajoute : « Malgré tout, les Haïtiens gardent la tête haute et exposent cette élégance qu\u2019ils ont toujours mise en avant pour cacher un traumatisme profond.Rien n\u2019est jamais figé.Et ce peuple digne a encore le droit d\u2019aspirer à un avenir meilleur.» M.Boisrond le croit aussi et souhaite, lui, voir apparaître un autre séisme, politique et social celui-là, afin de « mettre la vie humaine et le respect des droits de la personne au centre d\u2019un projet de société », dit-il, mais également d\u2019éloigner d\u2019Haïti les marchands d\u2019espoir qui n\u2019ont comme objectif que de faire « attendre les gens dans leur misère sans rien offrir de plus ».« Il faut sortir de cette logique d\u2019élections du plus populaire qui est toujours le plus incompétent, ajoute le sociologue.Et quand ce n\u2019est pas ça, ce sont des incompétents ou des voyous que l\u2019on se fait imposer par d\u2019autres et qui finissent par être surtout au service de leurs maîtres.» « Ce qui manque le plus à Haïti, c\u2019est un réseau d\u2019éducation de qualité accessible à tous, dit Christiane Pelchat.Quand les gens ne peuvent pas finir leur école primaire, cela ne donne pas une démocratie forte.» « Les pays amis d\u2019Haïti [il fait référence ici aux États-Unis, au Canada et à la France] sont surtout en train d\u2019étouffer le pays en empêchant son développement économique », estime Jean Saint-Vil, qui demande pour le pays plus d\u2019air pour respirer.« Nous ne voulons plus d\u2019amis comme ça.Nous voulons des relations diplomatiques normales.» Autant de revendications qui, 10 ans après le séisme, appellent désormais à une autre tectonique des plaques, celle dont l\u2019énergie permettrait désormais d\u2019amorcer un véritable renouveau.23 décembre 2010 Près d\u2019un an après le tremblement de terre, un jeune enfant haïtien attend son avion à l\u2019aéroport de Port-au-Prince qui l\u2019emmènera chez une famille qui a décidé de l\u2019adopter en France.Un programme spécial français a permis l\u2019adoption de 318 enfants haïtiens en 2010.Une initiative parmis tant d\u2019autres qui ont permis à certains de refaire leur vie ailleurs.HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE 14 janvier 2010 Des secouristes transportent un corps d\u2019une personne décédé dans la tragédie retrouvé parmis les décombres à Port- au-Prince.Un grand nombre de corps ont dû être enfouis dans des fosses communes pour des raisons sanitaires.OLIVIER LABAN-MATTEI AGENCE FRANCE-PRESSE Incompétence gouvernementale et des pénuries de tout ; les manifestations contre le gouvernement de Jovenel Moïse se sont multipliées cette année, expression de la grogne populaire à Haïti.CHANDAN KHANNA AGENCE FRANCE-PRESSE 18 janvier 2010 De l\u2019aide humanitaire est déployée près de Port-au-Prince par un avion de l\u2019armée américaine.Plusieurs Haïtiens dénoncent aujourd\u2019hui l\u2019utilisation qui a été faite des fonds qui ont été récoltés pour reconstruire la Perle des Antilles.ARMÉE AMÉRICAINE / AFP Ce n\u2019est même pas un État bancal.Chaque jour, il fait la preuve de son incapacité et alimente non pas la résilience du peuple haïtien, mais sa résignation, dans une douleur que les gens n\u2019arrivent plus vraiment à nommer.FRANTZ BENJAMIN » LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 PERSPECTIVES DOSSIER 10 ANS APRÈS LE SÉISME B 4 Et aujourd\u2019hui, les jumeaux n\u2019envisagent pas leur avenir ailleurs qu\u2019à Montréal.« Ma vie, elle est ici, dit Laurent.J\u2019espère acquérir des connaissances pour développer des projets avec Haïti, mais toujours depuis le Québec.» « En Haïti, il manque l\u2019argent et la sécurité, dit Laurie.C\u2019est pour cela que les jeunes s\u2019en vont et n\u2019y retournent jamais.» Nouvelle vie Ali Acacia, un commerçant de Port-au- Prince, n\u2019avait certainement pas songé lui non plus qu\u2019une partie de sa famille partirait pour Montréal il y a 10 ans.Le 12 janvier en soirée, il rentre du travail en voiture, avec son fils et sa femme enceinte, quand la terre se met alors à trembler.« On était dans un embouteillage, se souvient-il à l\u2019autre bout du fil depuis Montréal où il était de passage cette semaine.C\u2019était une journée normale et, soudainement, elle ne l\u2019était plus.J\u2019ai senti la voiture bouger.J\u2019ai vu les piétons tomber littéralement dans la rue autour de nous.Au début, j\u2019ai pensé à une attaque nucléaire, avant de comprendre qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un tremblement de terre.» Passant de la surprise à l\u2019hébétement, ils découvrent dans les minutes qui suivent que leur maison n\u2019a pas résisté aux secousses, et deux jours plus tard que la naissance de leur fille, prévue en février, va finalement être prématurée.« Le choc a peut-être provoqué son arrivée hâtive, dit-il.Je me suis retrouvé le 14 janvier avec un sentiment étrange de joie, de tristesse et de honte.La honte du bonheur d\u2019avoir une fille dans les bras alors que je devais enjamber littéralement les cadavres qui se trouvaient devant l\u2019hôpital où ma femme a accouché, au cinquième étage d\u2019un bâtiment sans eau ni électricité et au milieu des répliques du séisme que nous avons ressenties plusieurs jours après.Je venais de vivre une naissance et j\u2019avais une gueule d\u2019enterrement.» En dormant à la belle étoile dans les rues d\u2019une métropole toujours en état de choc, l\u2019homme, devenu Canadien il y a plusieurs années après avoir vécu ici de 1979 à 1997, comprend alors que le cours des choses vient de changer.« On n\u2019était pas préparés à ça, dit-il.Un soir j\u2019ai paniqué devant les corps en décomposition qui se trouvaient autour de ma femme et de mes enfants, devant la difficulté que j\u2019avais à trouver de la nourriture pour elle et pour ma fille qui venait de naître.Une semaine plus tard, on était dans un avion en direction de Montréal », où désormais sa femme et ses deux enfants vivent.Dimanche, jour du 10e anniversaire de la tragédie, Ali Acacia n\u2019envisage pas de se souvenir de ce séisme autrement qu\u2019en soulignant l\u2019anniversaire de sa petite Naïse, 10 ans, née dans les décombres d\u2019un pays frappé une fois de plus par «madichon», comme on dit en créole pour parler de la malédiction.C\u2019est pour cela qu\u2019il est à Montréal en ce moment, dit-il.Laurent et Laurie, eux, disent ne pas avoir le temps de souligner l\u2019événement puisqu\u2019ils vont travailler, comme préposés aux bénéficiaires, dans un centre pour personnes âgées.Ils occupent cet emploi tout en étudiant, l\u2019informatique pour lui et la nutrition pour elle, afin d\u2019amasser de l\u2019argent pour la suite de leurs études, à l\u2019université espè- rent-ils en chœur.« Tous les ans, le séisme, on s\u2019en souvient, assure Laurie, parce que nous sommes entourés de personnes, parmi nos amis, qui ont été touchées par cette catastrophe.» « Mais en même temps, même si tout le monde en parle autour de nous, personne ne veut réellement en parler, ajoute Laurent.Parce que c\u2019est encore trop frais.Ça fait encore trop mal.» « Ma vie, elle est ici » ENFANTS SUITE DE LA PAGE B 1 12 janvier 2011 Un an après le séisme, les corps de dizaines de personnes mortes du choléra qui sévit à Haïti sont jetés chaque jour dans la fosse commune de Titanyin.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR 9 juin 2019 Une manifestante tend les mains vers le ciel et entonne des slogans anti- régime à Port-au-Prince.Les politiques du président d\u2019Haïti, Jovenel Moïse, sont largement contestées au pays.CHANDAN KHANNA AGENCE FRANCE-PRESSE 27 décembre 2019 Des enfants s\u2019amusent à l\u2019extérieur de leur maison à Port-au-Prince.Malgré la tragédie et les problèmes systémiques graves au pays, ses résidents gardent la tête haute.CHANDAN KHANNA AGENCE FRANCE-PRESSE Chaque coup de pinceau de Rafaëlle Roy, une Québécoise d\u2019origine haïtienne qui vit à Montréal, est dédié à une personne décédée lors du séisme haïtien du 10 janvier 2010.Au rythme de 13 victimes représentées par tableau, il lui faudra peindre 20 000 tableaux pour rendre hommage aux plus de 250 000 personnes avalées par le tremblement de terre.« Plus de 400 tableaux ont déjà été peints, qui rendent hommage à environ 40 000 personnes décédées.Avec une moyenne de 13 victimes représentées par tableau [le nombre de lignes sur chaque tableau dépend de la taille de la spatule utilisée], il me faudra peindre encore 16 500 tableaux.Je commence à percevoir l\u2019ampleur de notre perte à tous », raconte l\u2019artiste.« Peindre ces tableaux me permettait de passer un petit moment avec chacun des disparus », dit Mme Roy, dont des membres de la famille sont décédés dans le séisme.Mais, à 74 ans, Mme Roy combat son troisième cancer et n\u2019est pas sûre de pouvoir achever son projet monumental.Or, dans une seconde phase de ce gigantesque mémorial, elle souhaiterait inviter le public à participer à la création collective d\u2019un registre des disparus.« Dans ce registre seront consignés les noms et peut-être aussi des histoires personnelles des personnes enterrées dans le terrible anonymat des fosses communes », ajoute-t-elle.L\u2019un des tableaux de Raphaëlle Roy est représenté sur l\u2019affiche de l\u2019événement Ayiti La ! Un tremblement de cœur, qui se tiendra à la Tohu, à Montréal, durant tout le week-end et qui propose une série de conférences sur la reconstruction d\u2019Haïti ainsi que diverses prestations artistiques.« La raison pour laquelle on fait une commémoration chaque année, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019enterrement pour les victimes du séisme, explique Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d\u2019Haïti, qui organise l\u2019événement conjointement avec la Tohu.Les gens ont été enterrés dans des fosses communes pour des raisons de salubrité.Ils n\u2019ont pas été nommés.Pour nous, la commémoration est une façon de rendre hommage à chaque personne qui est morte dans le séisme.» « La culture est la seule chose qui puisse faire face au séisme », écrivait Dany Laferrière dans son livre Tout bouge autour de moi, paru aux Éditions Mémoire d\u2019encrier, dans lequel il relate les heures et les jours qui ont entouré le séisme, alors qu\u2019il était à Port-au-Prince pour un festival de littérature, le 10 janvier 2010.Pour les Haïtiens, « la culture est une manière de vivre », dit Mme Villefranche.« Il y a en Haïti énormément de manifestations culturelles », dans tous les domaines artistiques, ajoute-t- elle.Dans ses lettres à la mémoire de Georges Anglade, écrivain haïtien mort dans le séisme, publiées elles aussi à Mémoire d\u2019encrier (Je ne vais rien te cacher : lettres à Georges Anglade), Verly Dabel évoque les peintures vives dont on a peint les maisons du quartier Jalousie, à Port- au-Prince.Pourtant, la plupart de ces maisons demeurent sans eau courante ni électricité.« Derrière le sourire accroché à la façade, la grisaille est bien là, écrit-elle.Alors, il n\u2019y a vraiment pas de quoi battre la grosse caisse.Une couche de peinture n\u2019a jamais fait de mal à une maison, alors continuons, peinturons, peinturlurons.Heureusement, ce ne sont pas les bidonvilles qui manquent, n\u2019est-ce pas, Georges ?» En 2013, le Musée de la civilisation de Québec accueillait l\u2019exposition Haïti in extremis.Entrer dans cette exposition, soutenait le Musée dans son introduction, c\u2019était « laisser derrière soi les images de catastrophes naturelles amalgamées à la pauvreté et aux problèmes politiques que cette île évoque pour faire place à des artistes engagés et à leurs créations empreintes d\u2019une culture où la vie et la mort s\u2019entremêlent dans une dérision désarmante ».L\u2019exposition se clôturait néanmoins sur une évocation du Baron Samedi, esprit vaudou de la mort et maître des cimetières.Mais au cimetière de Port-au-Prince, le 10 janvier 2010, même la croix noire du Baron Samedi s\u2019est brisée à la base et s\u2019est écroulée.Caroline Montpetit L\u2019art au service de la mémoire des disparus PERSPECTIVES B 5 LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Citoyenneté et conversation démocratique À Charb (1967-2015) Vous avez sans doute des souhaits pour l\u2019éducation au Québec en 2020.Je vous fais part cette fois d\u2019un des miens.Il m\u2019est très cher et concerne la conversation démocratique.Conversation démocratique Par ces deux mots, j\u2019entends bien entendu ces discussions, ces débats, ces délibérations dans lesquels nous échangeons sur des questions et des problématiques d\u2019intérêt général dans le but de les comprendre et, bien souvent, de prendre des décisions à leur sujet.La vigueur et le sérieux de cette conversation sont autant de précieux indices de la qualité de la vie démocratique d\u2019une société.On connaît bien, depuis toujours, certains des facteurs qui peuvent nuire, parfois dramatiquement, à la sereine tenue de cette conversation.Parmi ceux-ci, citons de trop grandes inégalités économiques, qui peuvent faire en sorte que les citoyens n\u2019ont plus guère d\u2019intérêts communs, la propriété privée des grands médias, qui sont un des importants canaux par lesquels se tient cette conversation et qui pèsent d\u2019un grand poids sur le choix des sujets qui seront abordés et sur l\u2019importance relative accordée aux différents points de vue, les inégalités d\u2019accès à toute cette culture nécessaire pour connaître et comprendre les sujets discutés et prendre part aux débats, sans oublier toutes les formes que prennent la propagande, le travail de manipulation de l\u2019opinion publique et la «fabrication du consentement».Il en est d\u2019autres, bien sûr.Mais chaque fois une part importante de la solution a semblé pour plusieurs, moi y compris, être l\u2019éducation.Le Programme de formation de l\u2019école québécoise le pense aussi : à preuve, son programme Histoire et éducation à la citoyenneté.Mais de nouveaux ennemis de la conversation démocratique se sont depuis quelques décennies ajoutés aux anciens \u2014 qui hélas restent pour beaucoup bien présents \u2014, et pour les affronter il est souhaitable de bonifier cet enseignement.Voilà donc mon ambitieux souhait pour 2020 : que l\u2019on fasse, dans notre curriculum, explicitement, dans l\u2019enseignement de la citoyenneté, une place à ce qui permet d\u2019affronter ces nouveaux périls.Mais qu\u2019est-ce qu\u2019éduquer à la citoyenneté ?Que serait un cours consacré à cette éducation ?Une éducation\u2026 En théorie, cet enseignement veut faire comprendre ce que signifie être un citoyen et préparer l\u2019élève à jouer cet exigeant rôle de dirigeant en puissance qu\u2019il est appelé à tenir.Pour cela, il faut connaître et penser l\u2019idée même de démocratie et les défis devant lesquels une telle organisation politique et ses institutions sont placées.Parmi eux : favoriser la participation et l\u2019action des citoyens ; garantir les droits de la personne ; faire face aux inégalités de toutes sortes ; décider du rôle de l\u2019État ; concilier identité nationale et ouverture aux autres cultures ; et ainsi de suite.On a aussi généralement fait une place, dans cet enseignement, à ce qu\u2019on appelle la formation du jugement politique.Il s\u2019agit ici de rendre l\u2019intelligence et la sensibilité capables de discuter de sujets dans lesquels des faits et des valeurs sont en jeu et où, bien souvent, les faits pertinents et leurs poids respectifs sont difficiles à déterminer, tandis que les valeurs, qui ne sont pas consensuelles, sont débattues, et sont parfois même hautement polémiques.Cela demande une exigeante et délicate préparation, et c\u2019est à ce propos que l\u2019éducation à la citoyenneté me paraît plus urgente et indispensable que jamais.À bonifier Il me semble en effet que des indices troublants donnent à penser que cette sensibilité citoyenne, faite de savoirs, d\u2019humilité et d\u2019ouverture, est en ce moment mise à mal par de nouveaux ennemis.Le phénomène est complexe et tient sans aucun doute à de nombreuses raisons \u2014 parmi lesquelles il faut certainement compter les effets des médias sociaux.Quoi qu\u2019il en soit, on voit en ce moment se conjuguer, sur de nombreux sujets dont les citoyens doivent pouvoir parler, des polarisations alimentées par une certitude injustifiée de détenir la vérité et par une posture de vertu autoproclamée qui font grandement obstacle à la discussion.Voici quelques-uns de ces indices : l\u2019appel à la censure, trop souvent entendu ; la condamnation de personnes par prétendue contamination morale, laquelle serait causée par leur approbation d\u2019idées réputées toxiques \u2014 et cette idée, nouvelle, de contamination morale, mériterait à elle seule un long développement ; le refus d\u2019écouter des positions différentes des nôtres \u2014 et les sortes de chambres d\u2019échos que sont les médias sociaux alimentent cette tendance, qui est au nombre des causes des fausses nouvelles, de la post-vé- rité et du retour de croyances délirantes qu\u2019on croyait éradiquées sur la forme de la Terre, l\u2019efficacité des vaccins et d\u2019autres sujets ; la propension à insulter les uns et les autres.Former le jugement politique du citoyen, c\u2019est, face à tout cela, le préparer à adopter une éthique de la discussion fondée sur l\u2019idée que les questions débattues sont complexes, qu\u2019on gagne à écouter d\u2019autres points de vue et que nul ne peut se prétendre d\u2019emblée savant et vertueux.Pour reprendre à Kant une célèbre distinction, les sujets sociaux et politiques sont des objets non de dispute, comme on peut en avoir à propos de faits solidement établis ou de vérités mathématiques, mais de discussions, par lesquelles, sans prétendre savoir absolument ou être plus vertueux que nos interlocuteurs, on cherche, dans une communauté qui se construit justement par cela, l\u2019assentiment d\u2019autrui \u2014 étant disposé à accorder éventuellement le sien ou à continuer à vivre avec un désaccord et à poursuivre la discussion.Comment faire ?Vaste question.Mais je pense que les communautés de recherche de la philosophie pour enfants sont précieuses pour favoriser le développement des hautes aptitudes intellectuelles et éthiques que tout cela exige.NORMAND BAILLARGEON Sans présence en Iran, quels sont les moyens dont dispose le Canada pour obtenir ce qu\u2019il veut ?Interrogé à ce sujet à plus d\u2019une reprise jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a esquivé la question.La raison est simple, il en a « peu ou pas ».ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE MANON CORNELLIER LE DEVOIR L\u2019ampleur du drame survenu à Téhéran laiss e sans voix : 176 personnes innocentes, dont 63 citoyens canadiens, ont été tuées dans l\u2019écrasement d\u2019un av i o n u k ra i n i e n frappé par un missile iranien.L\u2019Iran le dément avec vigueur.Le Canada, lui, exige des réponses.Mais a-t-il les moyens de les obtenir, lui qui a rompu ses relations diplomatiques avec l\u2019Iran en 2012?« Nous devons avoir une enquête plus approfondie, une enquête crédible qui va pouvoir établir sans aucun doute les causes de cet incident tragique », a affirmé le premier ministre Justin Trudeau jeudi après avoir révélé qu\u2019un tir de missile serait en cause, probablement accidentel.Mais sans présence en Iran, quels sont les leviers à sa disposition pour obtenir ce qu\u2019il veut ?Interrogé à ce sujet à plus d\u2019une reprise jeudi, M.Trudeau a esquivé la question.La raison est simple, le Canada en a « peu ou pas », estime Paul Heinbecker, ancien ambassadeur canadien aux Nations unies et conseiller en politique étrangère de l\u2019ancien premier ministre Brian Mulroney.Pour faire pression sur l\u2019Iran, Ottawa pourra toujours se tourner vers différentes instances des Nations unies, l\u2019Association internationale du transport aérien et ainsi de suite, mais à court terme, cela sera sans effet, note-t-il.Depuis mercredi, le Canada se retrouve obligé de faire ses appels depuis Ottawa.Il demande que le Bureau canadien de la sécurité des transports (BST) participe à l\u2019enquête et que ses agents consulaires soient autorisés à se rendre en Iran pour assister les familles.Le gouvernement iranien a dit que le personnel consulaire aurait les visas nécessaires et, jeudi soir, que le BST pourrait envoyer du personnel pour se joindre aux enquêteurs iraniens et ukrainiens.En attendant l\u2019arrivée des diplomates canadiens, ce sont les Italiens qui aident les familles.Et en ce qui a trait à l\u2019enquête, ce sont avant tout les liens étroits entre le Canada et l\u2019Ukraine qui offrent les meilleures garanties d\u2019accès aux données, relève Paul Heinbecker.Ambassadeur du Canada en Iran de 2009 à 2012, Dennis Horak note que l\u2019absence de relations diplomatiques dans le contexte actuel rend tout plus compliqué, en particulier pour les familles, mais il y a d\u2019autres conséquences.Le Canada se retrouve dans le noir en Iran et sans voix pour parler en son nom.Il n\u2019a plus d\u2019antennes pour savoir ce qui se passe réellement dans ce pays, quels sont les différents courants d\u2019opinion et les acteurs les plus influents en coulisse.En plus, les Canadiens qui s\u2019y trouvent en difficulté ne reçoivent pas les services consulaires qu\u2019ils devraient avoir.Pour le chercheur Jeremy Wildeman, du Centre de recherche et d\u2019enseignement sur les droits de la personne de l\u2019Université d\u2019Ottawa, le Canada s\u2019est nui à lui-même en rompant ses liens diplomatiques.Les trois hommes sont persuadés que le Canada doit rétablir ses relations diplomatiques avec l\u2019Iran.Ils ne s\u2019illusionnent toutefois pas.Ce sera compliqué et cela exigera temps et volonté politique.Un des obstacles importants, selon eux, demeure la Loi sur la justice pour les victimes d\u2019actes de terrorisme, adoptée en 2012 sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper.Les relations ont pris fin le jour de son entrée en vigueur, rappelle M.Horak.Cette loi permet à des citoyens d\u2019autres pays, victimes d\u2019actes posés par un État considéré comme promoteur du terrorisme par le Canada (en ce moment, le Soudan, la Syrie, l\u2019Iran), de s\u2019adresser aux tribunaux canadiens pour obtenir un dédommagement à même les actifs canadiens de l\u2019État visé.Jusqu\u2019à présent, au moins cinq causes ont été lancées par des Américains et des biens de l\u2019Iran ont été saisis à cet effet.Jeremy Wildeman note que cette loi a rendu plus difficiles des relations déjà très mauvaises entre le Canada et l\u2019Iran.Dennis Horak remonte à l\u2019aide offerte par le Canada à des diplomates américains lors de la crise des otages en Iran en 1979, mais comme M.Wilde- man, il évoque un durcissement de ton depuis plus de 15 ans.Chez les conservateurs canadiens et une frange du Parti libéral du Canada, précise-t-il.Les libéraux étaient d\u2019ailleurs d\u2019accord avec le principe de la loi adoptée en 2012.Ils ont pourtant promis, en 2015, de rétablir les relations avec la république islamique.Ils ont levé des sanctions contre elle, mais se sont arrêtés là.Trop difficile, avance M.Horak, et pour plusieurs raisons, mais en particulier parce que Téhéran n\u2019entend pas bouger tant que la loi sera en place ou que l\u2019Iran figurera sur la liste des pays visés.Et après cette tragédie, comment un gouvernement canadien peut-il envisager d\u2019y changer quelque chose sans se faire accuser de passer l\u2019éponge sur un geste horrible ?Il faudra du temps, dit-il, mais il faudra y arriver.La diplomatie sert à garder les canaux de communication ouverts, y compris avec les pays avec lesquels on est en désaccord, affirment-ils.« Si on ne peut parler à personne, on ne peut résoudre les problèmes », résume Paul Hein- becker.C\u2019est aussi simple que cela.CANADA\u2013IRAN Une absence coûteuse Ottawa veut des réponses, mais a bien peu de leviers pour les obtenir L\u2019HEURE JUSTE Pour le chercheur Jeremy Wildeman, du Centre de recherche et d\u2019enseignement sur les droits de la personne de l\u2019Université d\u2019Ottawa, le Canada s\u2019est nui à lui-même en rompant ses liens diplomatiques avec l\u2019Iran en 2012 LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 B 6 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e B 1 0 RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Le Réseau de transport métropolitain (« exo ») demande des soumissions pour les biens ou services, ou l\u2019exécution des travaux, suivants : INSTALLATION DE TUILES PODOTACTILES SUR LES QUAIS DE SAINT-BASILE-LE-GRAND ET DE SAINT- LAMBERT DES TRAINS DE BANLIEUE D\u2019EXO Numéro : 1002101 Les documents et conditions de la présente demande sont diffusés par le site internet du système électronique d\u2019appel d\u2019offres, à l\u2019adresse : www.seao.ca Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gau- chetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 6 FÉVRIER 2020 À 13H30, heure légale.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Exo ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Avis donné à Montréal, Québec, par : Jean-Lys Carrière Directeur principal \u2013 Approvisionnement Appel d\u2019offres public AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION 1.Les personnes intéressées sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie et de l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (projet c) \u2013 pp 418 (dossier 119740004), à sa séance du 10 décembre 2019, a adopté, en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), les premiers projets de résolution dont la description suit : a) Résolution numéro CA19 240577 autorisant 4 nouvelles enseignes commerciales pour le bâtiment situé au 1250, boulevard René-Lévesque Ouest, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 5 du Règlement portant approbation du plan de construction et d\u2019occupation d\u2019un édi?ce à bureaux situé dans le quadrilatère borné par les rues Drummond, La Gauchetière, Stanley et le boulevard René-Lévesque, dans le quartier de Saint-Antoine (7908) relatif, entre autres, aux enseignes permises \u2013 pp 416 (dossier 1194869012); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : b) Résolution numéro CA19 240578 autorisant l\u2019aménagement de 30 logements dans le bâtiment situé aux adresses civiques 1419 à 1441, rue Pierce, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 143 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif, entre autres, aux catégories d\u2019usages résidentielle (R), mixte (M) et équipements collectifs et institutionnels (E) \u2013 pp 417 (dossier 1198398007); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : c) Résolution numéro CA19 240574 autorisant un projet immobilier à usages mixtes comprenant la transformation et la restauration des immeubles situés aux 2105 à 2137, rue De Bleury et une nouvelle construction sur les lots adjacents, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 10 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif, entre autres, à la hauteur maximale en mètres \u2013 pp 418 (dossier 1197400004); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : d) Résolution numéro CA19 240586 modi?ant le délai de réalisation pour les autorisations accordées par la résolution CA12 240057 pour le bâtiment situé au 2310, rue Sainte-Catherine Est et 805, rue Fullum (ancien presbytère Saint-Vincent-de-Paul) \u2013 pp 419 (dossier 1196255020); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : 2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ces projets feront l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 29 janvier 2020, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera les projets ainsi que les conséquences de leur adoption, et le public pourra les commenter.4.Les projets b) et c) contiennent des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire.5.Les documents pertinents peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30,aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 janvier 2020 La secrétaire d\u2019arrondissement Katerine Rowan, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION Règlement modi?ant le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) a?n de recti?er et d\u2019ajouter certains immeubles d\u2019intérêt à travers le territoire (dossier 1197199006) AVIS est, par la présente, donné par la soussignée de ce qui suit : 1.Les personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des arrondissements de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve, du Plateau-Mont- Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, de Rose- mont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Ville-Marie, sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie a, lors de sa séance tenue le 10 décembre 2019, adopté le règlement intitulé « Règlement modi?ant le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) a?n de recti?er et d\u2019ajouter certains immeubles d\u2019intérêt à travers le territoire ».2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ce projet fera l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 29 janvier 2020, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.Ce projet de règlement vise à réviser les immeubles actuellement identi?és comme immeubles d\u2019intérêt au Règlement d\u2019urbanisme en intervenant sur le plan de l\u2019annexe A pour : · retirer 6 immeubles d\u2019intérêt existants découlant d\u2019erreurs d\u2019identi?cation initiales lors d\u2019une précédente révision en 2013; · corriger le tracé de 27 immeubles d\u2019intérêt existants par l\u2019ajout ou le retrait de parties de bâtiment résultant d\u2019erreurs de délimitations lors d\u2019une précédente révision; · ajouter 73 nouveaux immeubles d\u2019intérêt, dont 39 listés par le Plan d\u2019urbanisme.Les changements proposés seront introduits à même le plan intitulé « Unités de paysage et immeubles d\u2019intérêt » de l\u2019annexe A du Règlement d\u2019urbanisme.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera le projet ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.4.Ce projet vise l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement.5.Les documents pertinents peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 janvier 2020 La secrétaire d\u2019arrondissement Katerine Rowan, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC JOURNÉE D\u2019ENREGISTREMENT POUR LES PERSONNES HABILES À VOTERAYANT LE DROIT D\u2019ÊTRE INSCRITES SUR LA LISTE RÉFÉRENDAIRE DES ZONES 0074, 0092 et 0320 391, rue Saint-Paul Ouest PROJET PARTICULIER RELATIF À LA CONSTRUCTION D\u2019UN BÂTIMENT DE 13 ÉTAGES À DES FINS RÉSIDENTIELLES 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE D\u2019UNE RÉSOLUTION AUTORISANT UN PROJET PARTICULIER Lors de sa séance du 10 décembre 2019, le conseil d\u2019arrondissement a adopté la résolution CA19 240563 autorisant la construction d\u2019un bâtiment de 13 étages à des ?ns résidentielles, sur un terrain situé au 391, rue Saint-Paul Ouest, et ce, en dérogation aux articles 10 et 43 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à la hauteur maximale en mètre et à la densité maximale - pp 413 (dossier 1190607008).; Cette résolution comportant une disposition susceptible d\u2019approbation référendaire, les personnes habiles à voter ayant le droit d\u2019être inscrites sur la liste référendaire des zones 0074, 0092 et 0320 peuvent demander qu\u2019elle fasse l\u2019objet d\u2019un scrutin référendaire en inscrivant leur nom, adresse et qualité, et en apposant leur signature dans un registre; elles devront alors faire la preuve de leur identité en présentant leur carte d\u2019assurance-maladie, leur permis de conduire ou leur passeport canadien.2.OUVERTURE DU REGISTRE Ce registre sera accessible le 22 janvier 2020, de 9 h à 19 h, à la salle du conseil situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de- chaussée (station de métro Berri-UQÀM).Le nombre de demandes requis pour qu\u2019un scrutin référendaire soit tenu est de 179 et, si ce nombre n\u2019est pas atteint, la résolution sera réputée approuvée par les personnes habiles à voter.Le résultat de la procédure d\u2019enregistrement sera annoncé sur place à la ?n de celle-ci.3.DESCRIPTION DU TERRITOIRE VISÉ Le territoire visé est constitué des zones visées 0074 et 0092, et de la zone contigüe 0320; il peut être représenté comme suit : 4.PERSONNES HABILES À VOTER AYANT LE DROIT D\u2019ÊTRE INSCRITES SUR LA LISTE RÉFÉRENDAIRE ET DE SIGNER LE REGISTRE \u2022 Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter et qui, le 10 décembre 2019, remplit les conditions suivantes : - être domiciliée dans le territoire visé; - être domiciliée depuis au moins 6 mois au Québec; ou \u2022 tout propriétaire unique d\u2019un immeuble ou occupant unique d\u2019un établissement d\u2019entreprise qui n\u2019est frappé d\u2019aucune incapacité de voter et qui, le 10 décembre 2019, remplit la condition suivante : - être, depuis au moins 12 mois, propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise situé dans le territoire visé; ou \u2022 tout copropriétaire indivis d\u2019un immeuble ou cooccupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise qui n\u2019est frappé d\u2019aucune incapacité de voter et qui, le 10 décembre 2019, remplit les conditions suivantes : - être, depuis au moins 12 mois, copropriétaire indivis d\u2019un immeuble ou cooccupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise dans le territoire visé; - être désigné, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants depuis au moins 12 mois, comme celui ayant le droit de signer le registre en leur nom et d\u2019être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant; la procuration doit avoir été produite avant ou être produite lors de la signature du registre.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une personne physique, elle doit être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une personne morale, elle doit avoir : - désigné parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 10 décembre 2019, est majeure, de citoyenneté canadienne, qui n\u2019est pas en curatelle et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue par la loi; - produit avant ou produire, lors de la signature du registre, une résolution désignant la personne autorisée à signer le registre et à être inscrite sur la liste référendaire, le cas échéant.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne habile à voter à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).5.CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Les documents pertinents (dossier 1190607008) peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 janvier 2020 La secrétaire d\u2019arrondissement, Katerine Rowan, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres B 7 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 L L\u2019intelligence artificielle ou l\u2019aboutissement de la technique moderne a légende du Grand Inquisiteur chez Dostoïevski a marqué les annales de la littérature mondiale.Des générations de lecteurs furent sidérées par le récit qu\u2019Ivan, sous les vapeurs capiteuses de l\u2019alcool, propose à son frère Aliocha.Que dit-il en somme ?Eh bien, que la liberté n\u2019est autre chose qu\u2019un fardeau insoutenable.Voilà pourquoi l\u2019humain cherche sempiternellement à s\u2019en dessaisir ; l\u2019obéissance sied plus au commun des mortels, car elle lui évite d\u2019être responsable.D\u2019où la pléthore d\u2019idoles qui pullulent dans l\u2019Histoire censées, souvent symboliquement, d\u2019indiquer la bonne voie à suivre.Or ces idoles, que ce soit des veaux d\u2019or ou des déités transcendantes, s\u2019accompagnent d\u2019une caste \u2014 l\u2019élite religieuse \u2014 dont la fonction est d\u2019énoncer la vérité.De la Pythie, messagère d\u2019Apollon aux oracles sibyllins, aux ecclésiastiques, interprètes de la vie du Christ, cette caste a pris sur ses épaules la charge de la liberté humaine.Ainsi, partout et de tout temps, il y a eu ce tropisme humain, trop humain, de s\u2019aliéner ce qui nous constitue foncièrement : notre libre arbitre.Cette constante a pris de multiples visages au gré des époques et nous sommes à l\u2019orée d\u2019une nouvelle ère: celle où nos artefacts deviendront ces puissances alèthéiques \u2014 rôle qui, jusque-là, était réservé à un groupe d\u2019initiés.L\u2019intelligence artificielle (IA) est vouée à prendre ce relais.Promise à investir tous les domaines, cette technologie est la nouvelle modalité de notre servitude volontaire.Succédané à l\u2019élite religieuse, l\u2019IA est ce dispositif alèthéique \u2014 du grec alètheia, c\u2019est-à-dire la « vérité » \u2014 appelé à instaurer un nouveau régime de vérité.Précisons : vérité, et non exactitude.Car l\u2019exactitude repose sur la justesse d\u2019une équation, d\u2019un énoncé, en restituant « un état objectif », alors que la vérité suppose une action correspondante.Elle possède un caractère performatif.L\u2019âge dans lequel nous entrons de plain-pied \u2014 ce nouveau régime de vérité \u2014 se décline en cinq propriétés : son omniprésence, son origine unique \u2014 exit l\u2019appréhension plurielle des choses \u2014, son instantanéité, son esprit utilitariste et sa transcendance.Omniprésence puisque l\u2019IA, à la source de l\u2019alètheia algorithmique \u2014 tel que Sa- din, dans L\u2019intelligence artificielle ou l\u2019enjeu du siècle, a baptisé ce régime de vérité inédit \u2014, est une technologie de l\u2019intégral, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle s\u2019immiscera dans toutes les sphères d\u2019activités humaines.Origine unique puisque c\u2019est l\u2019IA, seule, qui proférera la vérité.Instantanéité puisque la vitesse de traitement des données est quasi infinie pour un système dit « intelligent » ; ce qui de facto exclut l\u2019examen humain, le temps de réflexion, la cogitation, etc.Esprit utilitariste puisque la visée essentielle de l\u2019IA (son télos) est l\u2019optimisation des choses humaines ; l\u2019IA applique la logique du rasoir d\u2019Occam \u2014 l\u2019économie de principes, de ressources \u2014 afin d\u2019arriver au meilleur résultat, au résultat le plus utile.Transcendance puisque les dispositifs à la base de l\u2019alè- theia algorithmique sont dotés d\u2019une autorité sur l\u2019individu lambda \u2014 du fait de leur expertise \u2014 qui dissipe tout écart.Et, chose inouïe : le régime de vérité algorithmique, a contrario des régimes de vérité qui l\u2019ont précédé \u2014 s\u2019imposant par coercition ou par séduction \u2014, s\u2019est implanté à partir de l\u2019évidence.Évidence de la supériorité de la machine sur l\u2019humain.Or, la foi en ces systèmes « intelligents » s\u2019accompagne d\u2019une dévaluation de l\u2019humain.L\u2019expertise de l\u2019IA qui analyse, évalue, organise, etc., afin d\u2019assurer une marche hyper fluidifiée du cours des choses supplante l\u2019expertise humaine, car cette dernière laisse place à l\u2019hésitation, à l\u2019erreur, bref au désordre.C\u2019est à l\u2019entropie \u2014 tendance inhérente aux choses humaines, voire vivantes, voire naturelles, à la désorganisation \u2014 que s\u2019attaque l\u2019IA ; d\u2019où, pour parler comme Schrödinger, l\u2019expression de technologie néguentro- pique.Le phantasme cybernétique \u2014 soit la disparition de toute inertie, de toute entropie \u2014 est donc à portée de main.« Hourra ! » crieront les uns.« Haro ! » crieront les autres.Martin Heidegger s\u2019est attaché à la question de la technique.Ses analyses reposent sur une recherche «essentiale» de la technique et non pas sur la pluralité de ses manifestations.Heidegger distingue, à l\u2019instar du « On », technique moderne et technique artisanale.Cette dernière est un dévoilement sur le mode de la pro-duction \u2014 au sens où l\u2019artisan fait apparaître quelque chose contenu en puissance dans le réel \u2014 tandis que son pendant, la technique moderne, est un dévoilement sur le mode de la pro-vocation \u2014 au sens où le réel est totalement mobilisé pour en extraire tout le suc.C\u2019est l\u2019arraisonnement (« Gestell ») qui constitue l\u2019essence de la technique moderne : le réel est ar-raisonné, c\u2019est-à- dire que la technique « l\u2019arrête et l\u2019inspecte, [\u2026] l[e] mettant au régime de la raison, qui exige de toute chose qu\u2019elle rende raison, qu\u2019elle donne sa raison ».Toute réalité \u2014 y compris celle humaine \u2014 se dévoile donc comme fonds (« Bestand ») dont il faut puiser, avec violence, l\u2019énergie.L\u2019écorce terrestre est un bassin houiller, le sol est un entrepôt de minerais et l\u2019humain est une ressource humaine .Voilà comment se dévoile la nature pour la technique moderne \u2014 et a fortiori pour le technicien.L\u2019IA est le moment paroxystique de cet esprit technicien.Elle est la réalisation la plus aboutie dans une logique de rationalité instrumentale.Et ce, parce qu\u2019elle est l\u2019ultime étape de l\u2019« oubli de l\u2019être » \u2014 qui a commencé avec la métaphysique chez les Anciens et se parachève avec la réalisation du phantasme cybernétique.Avec l\u2019IA, le réel n\u2019est plus que mise à disposition \u2014 il n\u2019est plus réfractaire, n\u2019offre plus de résistance ; il n\u2019est plus réel, mais se présente sous un double.Par conséquent, l\u2019IA scelle le triomphe de la raison instrumentale extrême.Sacrifié à des fins qui le dépassent \u2014 entre autres le marché \u2014, l\u2019humain n\u2019est plus qu\u2019une variable au sein d\u2019une mé- gamachine manœuvrée par l\u2019IA.Il y a obsolescence de l\u2019homme, c\u2019est-à-dire que l\u2019impératif kantien de traiter l\u2019humain « comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen », se trouve bafoué ; la figure humaine est une pièce mécanique potentiellement amovible qui n\u2019a de valeur que parce qu\u2019elle s\u2019intègre au Tout.En fait, cette situation n\u2019est pas nouvelle.Depuis l\u2019implantation du capitalisme industriel à la fin du XVIIIe siècle, l\u2019humain n\u2019est qu\u2019une variable qui doit se plier aux impératifs de l\u2019industrie.La nouveauté avec la dissémination des systèmes « intelligents » n\u2019est pas tant l\u2019évincement global de l\u2019humain au profit de mécanismes automatisés que l\u2019érection de ces derniers en parangons.Cette nouveauté enjoint donc à l\u2019humain d\u2019égaler, voire de surpasser, l\u2019efficacité de la machine s\u2019il veut conserver sa position.S\u2019installe une comparatologie intégrale, comme le signale Sadin, où l\u2019artefact devient le point de référence.Ainsi, avec l\u2019intelligence artificielle apparaît la nécessité de repenser notre ontologie.En l\u2019occurrence, la place que nous occupons dans le monde, notre statut, nos pouvoirs, nos droits, etc., et ce, à l\u2019aune de nos artefacts.L\u2019existant se laisse déterminer par des dispositifs qu\u2019il a lui-même créés : les sphères d\u2019activités humaines (politique, économie, morale\u2026) sont soumises à la loi de la technique.C\u2019est inédit ! Non pas tant parce que la technique détermine l\u2019humain \u2014 l\u2019exemple de Platon sur l\u2019écriture comme atrophiant la mémoire intérieure au profit d\u2019une mémoire extérieure est déjà éloquent quant à l\u2019influence des techniques sur l\u2019humain \u2014 mais davantage parce qu\u2019elle le détermine intégralement.La technique moderne \u2014 dont résulte l\u2019IA \u2014 est la cadence, le modèle et l\u2019horizon qu\u2019il faut suivre.Alors que le projet moderne était, par le truchement de la technique, de se rendre « maîtres et possesseurs de la nature » ; la technique, ironiquement, se pose désormais comme le maître \u2014 et l\u2019humain devient de facto l\u2019esclave.Il n\u2019est plus possible de penser l\u2019humain en dehors de son rapport à la technique ; l\u2019existant est enchaîné à ce qu\u2019il croyait être son moyen d\u2019émancipation.Et l\u2019IA, parce qu\u2019elle incarne le sommet de l\u2019esprit technicien, est la négation même de l\u2019autonomie humaine.Qu\u2019est-ce que l\u2019IA ?Une techno-idéo- logie, surtout, animée par une raison instrumentale extrême dont le propre est de nier l\u2019humain et le réel.L\u2019IA n\u2019est, au fond, que la quintessence de la technique moderne.Le don de Prométhée, censé libérer les humains, s\u2019est inversé en danger éminent avec la technique moderne \u2014 et ses plus récentes créations (notamment l\u2019IA).Heidegger avait ce mot pour la technique moderne : « Gelassenheit » (sérénité).Tout en disant non au monde technique, il disait oui.Car il faut accepter, en un sens, le mode de dévoilement de la technique moderne \u2014 l\u2019arraisonnement \u2014 tout en refusant qu\u2019il se présente comme exclusif \u2014 à l\u2019instar d\u2019aujourd\u2019hui.Gelassenheit, donc.Dans la rubrique Le Devoir de philo, nous publions annuellement une version abrégée du texte gagnant du concours Philosopher qui se tient dans le réseau collégial.Pour l\u2019édition 2019, la question était « Comment vivre avec l\u2019intelligence artificielle ?».Laurent McDuff Étudiant au cégep du Vieux Montréal TIFFET Des suggestions ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo, rendezvous sur notre site Web.Laurent McDuff ntre catastrophes naturelles et chaos politique, Haïti sort d\u2019une décennie épouvantablement trouble.Non pas que les précédentes, de la dictature sanguinaire des Duvalier à la tragique expulsion de l\u2019ex-président Jean- Bertrand Aristide, aient été pour les Haïtiens tellement moins éprouvantes.Dans la foulée du tremblement de terre inaugurant sombrement, ce 12 janvier-là, les années 2010 avec ses 250 000 morts, il avait néanmoins été permis d\u2019imaginer \u2014 prudemment, naïvement \u2014 que l\u2019amplitude de cette tragédie humaine allait générer un effort non moins ample de reconstruction des infrastructures sur des bases plus solides et que, par extension, cette reconstruction allait, sait-on jamais, porter ses fruits sur les plans démocratique et politique.Le désenchantement n\u2019en aura été que plus grand.L\u2019après-séisme a certes donné lieu dans l\u2019immédiat à un élan de solidarité et de bonne volonté, mais cet élan s\u2019est perdu dans les labyrinthes d\u2019une culture inouïe de corruption des élites nationales et d\u2019une dynamique d\u2019aide internationale au développement qui, au final, a épaulé très imparfaitement le peuple haïtien, forcé comme toujours de ne compter que sur lui-même.Ne compter que sur lui-même, justement: et c\u2019est ainsi que, parmi les Haïtiens, le désenchantement a gagné en lucidité à mesure que s\u2019écoulait la décennie.Ne s\u2019explique pas autrement l\u2019immense ras-le-bol que la rue haïtienne, toutes tendances confondues, exprime sans se laisser démonter depuis l\u2019été 2018, en militant pour une refondation politique du pays et en réclamant le départ de Jovenel Moïse, ce président très mal élu \u2014 encore un \u2014 avec un taux de participation de 20% aux «élections» de novembre 2016 \u2014, mais élu avec le soutien, malgré tout, d\u2019une communauté internationale (États-Unis, Canada, France\u2026) qui ne s\u2019en trouve aujourd\u2019hui que plus décrédibilisée.L\u2019ex-président américain Bill Clinton répéta, après le séisme, qu\u2019on allait « reconstruire en mieux ».Quelle reconstruction ?Celle qui conjugue l\u2019aide humanitaire et les politiques néolibérales.Le démocrate Bill Clinton\u2026 celui-là même qui, dans les années 1990, avait fait ouvrir le marché d\u2019Haïti au riz américain, démolissant l\u2019agriculture haïtienne\u2026 De fait, une petite partie seulement de l\u2019aide promise de 10 milliards $US est finalement arrivée.Le salut néolibéral par les zones franches et le tourisme n\u2019a pas, tiens donc, sorti le pays de la pauvreté.Pas plus que la reconstruction de Port-au-Prince n\u2019a eu lieu.Le climat, à mesure qu\u2019il se dérègle, ayant de plus en plus son mot à dire, l\u2019ouragan Mattew, en octobre 2016, n\u2019a rien arrangé, bien entendu.Avec le résultat que l\u2019insécurité alimentaire touche encore et toujours un Haïtien sur deux, la pauvreté, 60 % de la population, tandis que le taux de chômage dépasse 40 %.De cela à ceci, le scandale du fonds PetroCaribe a percolé dans la conscience populaire jusqu\u2019à mettre le feu aux poudres.PetroCaribe : un programme lancé en 2006 par le Venezuela pour le développement économique et social du pays.Les révélations qu\u2019entre 2 et 4 milliards $US avaient été détournés a fait descendre un million de personnes dans les rues en octobre 2018, à l\u2019appel des jeunes «petrochallengers», fers de lance trentenaires du mouvement \u2014 un mouvement qui s\u2019inscrit clairement dans la révolte citoyenne qui se manifeste à l\u2019échelle mondiale contre la corruption et les inégalités.On savait le commun des Haïtiens depuis longtemps désillusionné face à sa « démocratie ».Ça n\u2019a jamais été aussi vrai.Il ne peut plus suffire de se pâmer d\u2019empathie pour la résilience du peuple haïtien.Point de véritable reconstruction sans refondation, clament les « petrochallengers ».« Les Jovenel Moïse, les Michel Martelly [son mentor et prédécesseur] ont permis, par leur cupidité et leurs pratiques répressives, de voir le système dans son horreur », disait au Monde l\u2019écrivain Lyonel Trouillot.Dans toute son horreur, en effet, le pouvoir ayant déployé une répression féroce pour empêcher que le statu quo soit remis en question.Point d\u2019orgue : le massacre de 71 personnes en novembre 2018, commis par des gangs proches du pouvoir dans le bidonville de La Saline, cœur important de la contestation.Au moins quatre autres massacres ont été depuis commis dans une pareille impunité par l\u2019un ou l\u2019autre des quelque 300 gangs qui ont pris le contrôle de l\u2019espace public.C\u2019est Haïti renvoyée à l\u2019ère des tontons macoutes qui semaient la terreur sous les Duvalier.C\u2019est une violence et une impunité qui surlignent l\u2019infamie de sa classe dirigeante, certes, mais qui étalent aussi l\u2019échec patent des missions de paix onusiennes et montrent du doigt Washington, Ottawa et les autres pour leur complaisance et la mécanique néocoloniale qu\u2019ils perpétuent, de décennie en décennie.LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Christiane Pelchat Présidente de la Fondation Serge-Marcil «Pis, en Haïti?» Depuis dix ans, j\u2019ai dû entendre cette question au moins deux cents fois.Comme si le fait de travailler ou d\u2019être engagé dans une cause humanitaire en Haïti nous donnait la connaissance fine pour répondre à cette question qui en cache une autre: est-ce qu\u2019un jour Haïti sera un pays où son peuple pourra vivre en paix et en sécurité?Je ne connais pas grand monde qui puisse répondre à cette question, pas plus au Canada qu\u2019en Haïti d\u2019ailleurs.À travers la Fondation Serge-Marcil, nous sommes actifs auprès de ces jeunes du « pays », comme on dit, pour qu\u2019ils puissent participer à bâtir ce lieu de paix.La décennie 2010-2020 a donc été marquée par la perte de la personne la plus importante dans ma vie, mon mari, Serge Marcil, durant le tremblement de terre en Haïti.Cette perte immense dans nos vies se vit quotidiennement par l\u2019absence de Serge.Cette absence se fait aussi sentir au quotidien par le travail que nous effectuons à la Fondation Serge-Marcil, particulièrement auprès d\u2019une quarantaine d\u2019enfants dans la région de Mira- goâne en Haïti.Depuis, des dizaines d\u2019hommes et de femmes œuvrent à amasser des fonds pour soutenir année après année un « orphelinat », un foyer qui accueille des enfants en situation difficile, orphelines, orphelins ou enfants en situation d\u2019extrême pauvreté.Depuis nos premiers jours en coopération humanitaire, Serge et moi avions décidé de ne pas baisser les bras devant l\u2019injustice et la misère des enfants.Au-delà de la mission professionnelle qui nous engageait, nous avions choisi d\u2019être actifs sur d\u2019autres fronts.Voilà comment est née la Fondation.En Haïti, nous avons contribué, avec la Fondation du père Dehoux, à reconstruire l\u2019orphelinat effondré durant le séisme de 2010.La reconstruction de la maison des enfants n\u2019était qu\u2019un premier geste d\u2019accompagnement.Jusqu\u2019à cette année, trois classes étaient sises à l\u2019orphelinat.Depuis, les enfants ont grandi et ils sont devenus admissibles à l\u2019école de la paroisse Saint-Raphaël, dans le village d\u2019Étang-Rey.Des religieuses membres de la Communauté des Petites Sœurs immaculées s\u2019occupent des enfants avec notre soutien et nos encouragements.Nos enfants sont souvent atteints de maux qui sont incurables ou difficilement soigna- bles dans un pays comme Haïti.Nous rencontrons les mêmes complications devant les difficultés d\u2019apprentissage inhérentes à la sous-alimentation in utero ou après la naissance et devant des troubles comme la dyslexie.Ces dernières années, j\u2019ai eu le privilège d\u2019aller régulièrement voir les enfants à Étang-Rey et de constater leurs progrès.Les liens que je cultive par l\u2019intermédiaire d\u2019Internet me rendent fière du travail que nous accomplissons depuis toutes ces années.Grâce à la Fondation, trois jeunes filles ont obtenu leur diplôme technique.Nous appuyons aussi l\u2019étude de deux garçons en agronomie.Dernièrement, un de nos garçons a obtenu son diplôme en électricité.Deux jeunes filles sont inscrites en études infirmières.Aujourd\u2019hui, l\u2019action de la Fondation Serge-Marcil prend de l\u2019ampleur.Nous sommes en train d\u2019agrandir le dispensaire de la communauté religieuse afin d\u2019offrir des services aux villageois d\u2019Étang-Rey.Nous envisageons d\u2019engager une infirmière pour appuyer la sœur qui offre aujourd\u2019hui les premiers soins aux habitants.Nous explorons l\u2019idée d\u2019engager ces futurs diplômés en infirmerie et en agronomie pour développer des activités qui profiteront à la communauté et à Étang-Rey.La mémoire de Serge Marcil est bien vivante à travers nos activités auprès de Lovely, Robert, Séraphin, Micheline, Whiliem, Rita Stéphanie, Juré, Moise, Mackenzie, Wilson, Ruth, Emmanuel, Djeulina, Elsmire, Benita, Mckintosh, Benoit, Doirus, Orismène, Michel, Junior\u2026 «Pis, en Haïti?» Grâce à la générosité de centaines de donateurs, je peux vous dire qu\u2019à l\u2019orphelinat d\u2019Étang Rey ça va assez bien merci! Ma résolution 2020 Comme plusieurs, j\u2019aime prendre une résolution en début d\u2019année.Dans un premier temps, j\u2019ai pensé militer pour que notre pont centenaire soit repeint et remis en état.Mais mon député et ministre, monsieur Jean-Yves Duclos, a promis de s\u2019en occuper et nous souhaitons que sa détermination soit sincère.Alors pour 2020, je vais m\u2019impliquer avec les AmiEs de la Terre.Ils forment un mouvement citoyen favorisant la transition vers une société écologiste.Dans mon souci de réduire mon empreinte écologique, je militerai pour la conservation des terres agricoles de Beauport.Ce domaine appartenait aux sœurs de la Charité.Actuellement, ces terres appartiennent au groupe Dallaire qui veut y construire des maisons de ville.Tous les experts en développement urbain s\u2019entendent pour dire que la ville de Québec a encore suffisamment d\u2019espaces libres pour suffire à ses besoins.Il sera toujours possible de viser la densification urbaine, en opposition à l\u2019étalement urbain.Que ce soit en banlieue de la région Montréal ou de la ville de Québec, il y a une vision diamétralement opposée au développement que nos deux grandes villes veulent mettre en avant.Actuellement, les terres de Beauport qui appartenaient aux sœurs de la Charité sont protégées par le gouvernement du Québec grâce à une loi sur la protection des « Pis, en Haïti ?» On participe à bâtir un lieu de paix.LIBRE OPINION LETTRES HAÏTI Pas de reconstruction sans refondation E ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu chir par moi-même aux dossiers contemporains de notre société grâce à la grande qualité de ces textes.Textes que, très souvent, je photographie pour les envoyer à l\u2019un ou l\u2019autre de mes amis (à 7 h du matin).Papier que je découpe pour apporter au travail aux fins de discussions entre collègues.Journal pas tout à fait terminé que j\u2019enfonce dans mon pack sac en sachant avec délectation que je prendrai 10 minutes, quelque part dans ma journée trop occupée, pour reprendre un café et lire ce que je n\u2019avais pas terminé.Bien sûr, j\u2019ai mes auteurs(es) chouchous, dont je retrouve la voix presque comme des amis.J\u2019ai mes journées chouchoutes, dont le samedi pour le merveilleux cahier des arts et de la lecture.Le soir autour de la table, nous refaisons le monde en famille, interpellés par ce que nous aurons lu dans Le Devoir.Usé jusqu\u2019à la corde, déplié, replié, découpé, le journal finira en boules pour allumer le feu et nous réchauffer tout au long de nos grands hivers.110 ans, ce n\u2019est pas rien ! Et prouve que ce grand journal est nécessaire aux Québécois.J\u2019espère que, comme lui, je deviendrai une centenaire aussi vive d\u2019esprit, toujours aussi pertinente et cultivée.Cher Devoir, je t\u2019aime et je te souhaite encore une très longue vie.Renée Laberge Québec, le 10 janvier 2020 terres agricoles que l\u2019ex-ministre bienveillant monsieur Jean Garon a fait adopter.J\u2019encourage tous les citoyens du Québec à faire un effort pour préserver notre agriculture au Québec.En ce début 2020, je nous suggère de prendre de bonnes résolutions pour diminuer notre empreinte écologique.Dans un élan de grande nostalgie, j\u2019aime écouter Georges Moustaki nous chanter qu\u2019il y avait un jardin qu\u2019on appelait la terre.Michel Houle Québec, le 9 janvier 2020 Bonne fête Devoir ! Les lundis matins sur terre ne devraient peut-être pas exister.Je me lève ébouriffée, les yeux collés.Je descends l\u2019escalier.J\u2019ouvre mécaniquement la lourde porte de chêne rouge et\u2026 je vois le petit bout de papier enroulé dans la fente de la boîte aux lettres.Mes neurones s\u2019activent d\u2019un coup.Mes yeux s\u2019agrandissent.Je m\u2019empresse de faire mon café au lait et de nous installer, mon peignoir japonais et moi, dans le fond de mon canapé décati.Peu importe la semaine qui s\u2019en vient.Ça y est.Mon esprit entier se réveille, tout tourné vers la lecture de mon Devoir.Je lis avec délice, curiosité, intérêt, page après page, les articles qu\u2019on a pris le temps d\u2019écrire pour moi\u2026 Pas seulement pour mon information, mais surtout pour mon éducation et pour m\u2019aider à réflé- Depuis nos premiers jours en coopération humanitaire, Serge [Marcil] et moi avions décidé de ne pas baisser les bras devant l\u2019injustice et la misère des enfants GUY TAILLEFER B 9 LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Trudeau dans la fosse aux lions L e Canada a fermé son ambassade de Téhéran en 2012 et, malgré la promesse des libéraux de rétablir des relations diplomatiques avec l\u2019Iran, rien de concret n\u2019a été fait à cet égard depuis l\u2019élection du gouvernement de Justin Trudeau en 2015.La raison en est bien simple : l\u2019Iran fait partie d\u2019un nombre restreint de pays que le Canada estime qu\u2019ils soutiennent le terrorisme.En effet, de manière directe et par l\u2019entremise des groupes terroristes qu\u2019il appuie à travers le Moyen-Orient, le régime islamique est responsable de la mort de milliers de civils en plus de semer le chaos en Irak, en Syrie et au Yémen depuis plusieurs années.La promesse de rouvrir l\u2019ambassade de Téhéran a été reportée aux calendes grecques par M.Trudeau, au grand dam de la communauté irano-canadienne, maintenant en deuil après l\u2019écrasement cette semaine du vol PS752.M.Trudeau se retrouve ainsi dans une position extrêmement difficile, maintenant que le Canada est au cœur de la tempête internationale entourant cet écrasement, qui a tué des dizaines de Canadiens.Téhéran a nié le fait qu\u2019un missile iranien puisse être responsable de l\u2019accident \u2014 comme l\u2019ont affirmé les services de renseignement américains \u2014 ce qui n\u2019augure rien de bon pour la suite des choses au moment où le Canada essaie de fournir des services consulaires aux familles des victimes dans un pays avec lequel il n\u2019entretient pas de relations diplomatiques.Cette situation est néanmoins le fruit de la politique étrangère qui est devenue sans queue ni tête sous le gouvernement de Justin Trudeau.En arrivant au pouvoir, ce dernier a voulu faire du Canada l\u2019ami de tous les pays du monde.Mais la promesse d\u2019une nouvelle ère de leadership international sous les libéraux fut vite enterrée.Les risques \u2014 autant militaires que politiques \u2014 d\u2019une plus grande participation canadienne aux missions du maintien de la paix furent trop grands pour que le Canada aille plus loin que l\u2019engagement symbolique à cet égard.L\u2019espoir d\u2019un nouveau partenariat avec les États-Unis (après la relation froide que Stephen Harper entretenait avec Barack Obama) s\u2019est buté à l\u2019élection de Donald Trump plutôt que d\u2019Hillary Clinton en 2016.L\u2019ancienne ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui est de descendance ukrainienne, a mis fin à l\u2019initiative entreprise par son prédécesseur Stéphane Dion visant un rapprochement avec Moscou.Ancienne journaliste et farouche critique de Vladimir Poutine, Mme Freeland avait même été interdite de séjour en Russie par ce dernier.Et, cerise sur le gâteau, M.Trump reproche au Canada de manquer à ses obligations en tant que membre de l\u2019Organisation du traité de l\u2019Atlantique nord.Des amis ?Le Canada n\u2019en a pas tant que cela, après tout.Or, le pire pourrait être à venir pour M.Trudeau étant donné qu\u2019une escalade des tensions entre Washington et Téhéran force le Canada à clarifier sa position sur l\u2019attaque au drone américaine qui a tué le général iranien Qassem Soleimani.M.Trudeau et le ministre actuel des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, ont jusqu\u2019à présent évité de se prononcer sur le bien-fondé de l\u2019attaque autorisée par M.Trump, attaque que certains critiques qualifient d\u2019assassinat extrajudiciaire.Les électeurs libéraux et progressistes canadiens partagent généralement ce point de vue, ce qui place M.Trudeau devant un choix lancinant.S\u2019il dénonce l\u2019attaque américaine, comme ses militants le souhaitent, il suscitera certainement l\u2019ire de M.Trump.Mais en refusant de lui attribuer la responsabilité de l\u2019écrasement de l\u2019avion, M.Trudeau met en colère les familles des victimes canadiennes qui demandent justice pour leurs proches.Lors de sa conférence de presse de jeudi, les journalistes ont pressé M.Trudeau de dire s\u2019il tenait M.Trump responsable de l\u2019écrasement en autorisant l\u2019attaque qui a tué le général Soleimani, et pour laquelle l\u2019Iran avait promis de se venger.La question l\u2019a visiblement déstabilisé.Même si l\u2019Iran a tiré par erreur sur l\u2019avion de la compagnie privée Ukrainian International Airlines, les circonstances nébuleuses entourant l\u2019écrasement et le déni du régime iranien quant à ses causes forceront tôt ou tard M.Trudeau à se prononcer.Un apaisement des tensions entre Téhéran et Washington serait dans l\u2019intérêt du monde entier.Mais M.Trudeau aurait plus à perdre que la plupart des autres chefs de gouvernement en Occident si les menaces lancées dans les deux capitales s\u2019accéléraient dans les semaines à venir.Le gouvernement Trump a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre l\u2019Iran, alors que l\u2019économie de ce pays croule déjà sous celles imposées par les États-Unis en 2018, lorsque M.Trump a retiré son pays de l\u2019accord nucléaire avec l\u2019Iran qui avait été signé par M.Obama en 2015.Après la mort du général Soleimani, l\u2019Iran a annoncé qu\u2019il reprenait son programme nucléaire.M.Trump a aussitôt déclaré qu\u2019il ne permettrait jamais à l\u2019Iran d\u2019acquérir les armes nucléaires.Qui, en cette année électorale américaine, oserait prédire la suite des choses ?L\u2019année 2020 s\u2019annonçait déjà difficile pour M.Trudeau, qui est retourné à Ottawa après les élections du 21 octobre dernier à la tête d\u2019un gouvernement minoritaire.Elle pourrait s\u2019avérer bien plus éprouvante pour le premier ministre qu\u2019il aurait pu l\u2019imaginer.Emmanuel Dubourg Député fédéral de Bourassa Ce mardi-là, à 16 h 53, les élèves étaient à l\u2019école, les bureaux n\u2019étaient pas fermés, les rues étaient bondées et, tout à coup : la catastrophe.Des maisons effondrées, des morts, des blessés jonchaient les rues de Port-au-Prince.Je me souviens.Le lendemain matin, une rencontre avait été organisée à mon bureau sur Saint-Michel avec des membres de la communauté haïtienne.J\u2019avais demandé à la population, lors de la conférence de presse qui a suivi, de faire des dons à la Croix-Rouge.Une onde de choc avait traversé le Québec.Des organismes, des municipalités, des établissements d\u2019enseignement, religieux, des entreprises s\u2019emparaient de ce drame.Les Québécois d\u2019origine chinoise, japonaise, italienne, libanaise, et j\u2019en passe, avaient organisé des activités caritatives.Le 26 mars, la Croix-Rouge avait déjà collecté 122 millions de dollars.Ce jour-là, en tant que seul député d\u2019origine haïtienne au Canada, je fus nommé coordonnateur de l\u2019action gouvernementale auprès de la communauté haïtienne par le premier ministre Jean Charest.Nous avions formé une cellule de crise dans Saint-Michel pour être en contact avec la population et pour alimenter le gouvernement.La cellule de crise gouvernementale était composée de la Sécurité publique, de Service Québec, d\u2019Emploi et Solidarité sociale ainsi que d\u2019autres intervenants.Dès le 14 janvier, par un temps glacial et dans la dignité, le Québec accueillait à l\u2019aéroport le premier avion- cargo de sinistrés en provenance d\u2019Haïti.Je me souviens.Le dimanche 17 janvier, le premier ministre avait convoqué un Conseil des ministres auquel j\u2019étais invité.Après que j\u2019eus fait état de la situation, il demanda aux ministres leur coopération.Il avait donné le ton en accordant une aide financière à cinq organismes de coopération internationale présents en Haïti.Je me souviens.Le ministre de la Santé et des Services sociaux avait annulé le délai de carence de la carte d\u2019assurance maladie, alloué des intervenants sociaux, adopté une loi pour faciliter l\u2019adoption en cours d\u2019une centaine d\u2019enfants.Je me souviens.J\u2019avais reçu un cour- riel d\u2019un étudiant qui n\u2019avait pas de nouvelles de ses parents et qui s\u2019inquiétait de ne pouvoir payer sa rentrée scolaire.La ministre de l\u2019Éducation avait annulé les droits de scolarité de la session d\u2019hiver pour les étudiants haïtiens.Je me souviens.À l\u2019approche d\u2019un spectacle-bénéfice, le ministre des Finances avait annoncé que tous les dons faits entre le 12 janvier et le 28 février seraient déductibles dans la déclaration de revenus de 2010 plutôt que dans celle de 2011 pour encourager les dons.Je me souviens.La ministre de l\u2019Immigration avait annoncé le 3 février 2010 la mesure phare du parrainage humanitaire.En utilisant l\u2019entente Gagnon-McDougall, cette mesure élargissait la notion de famille en acceptant des sœurs, des frères et leurs enfants.Ceux-ci pouvaient être parrainés pendant cinq ans par leur famille ou par un tiers.Plus de 6000 Haïtiens avaient pu venir au Québec avec leur résidence permanente.Je me souviens.Les partis d\u2019opposition avaient bien accueilli tous les gestes du gouvernement.Je me souviens enfin de cette note du premier ministre : « Je suis admiratif de ton travail et de ton dévouement.Puis- je te rappeler que nous avons suivi tes conseils et mis en place les mesures que tu nous avais recommandées ?Nous sommes tous fiers de toi et te remercions de nous avoir donné raison de te faire confiance.» Aujourd\u2019hui, je formule à nouveau mes remerciements aux Québécois et je souhaite que les personnes touchées aient pu retrouver la sérénité et qu\u2019elles continuent de contribuer à notre terre d\u2019accueil.Cette solidarité extraordinaire, je l\u2019avais symbolisée en unissant les devises du Québec et d\u2019Haïti : « Je me souviens, l\u2019union fait la force.» Haïti, janvier 2010 : le Québec était mobilisé Frantz Benjamin Député de Viau à l\u2019Assemblée nationale du Québec Chères Jessica et Nancy, Mes chères cousines, voilà déjà presque dix ans qu\u2019une faille m\u2019habite après le choc du décès soudain de maman, votre tante.Presque dix ans à conjurer le sort jeté lors de cet interminable soir du 12 janvier.Ça devait être un mardi comme tant d\u2019autres.À part ce message laissé sur mon répondeur vers 6 h 30 du matin par mon ami Rodney Saint- Éloi, écrivain et éditeur.Il tenait à me saluer avant de prendre son vol en direction de Port-au-Prince où il devait rejoindre Dany Laferrière déjà sur place et quelques autres écrivains et intellectuels pour un symposium, je crois.Il m\u2019avait laissé un long message empreint d\u2019une affection qu\u2019aujourd\u2019hui je considère comme quasi prémonitoire.Comme s\u2019il savait que les choses allaient se gâter une fois arrivé là-bas.Quiconque a déjà entendu parler d\u2019Haïti ou visité cet endroit vous aurait dit que la Perle des Antilles est un pays de soubresauts.Politiquement parlant.Alors, pas de quoi s\u2019inquiéter.Jeune conseiller municipal de la Ville de Montréal, je commençais à peine, quelque trois mois après mon élection, à me familiariser avec les dossiers municipaux, et particulièrement ceux des citoyens de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013 Parc-Extension.Angoisse 17 h 30.Je suis à mon bureau.Le téléphone sonne.C\u2019est mon ami Édouard qui me demande si j\u2019ai un téléviseur à proximité.Et c\u2019est lui qui me donnera les premières informations sur ce qui vient de se passer une demi-heure à peine dans la capitale haïtienne.Mon téléphone ensuite ne dérougira pas jusqu\u2019au petit matin.Pendant plusieurs heures, Haïti sera inaccessible par les moyens de télécommunications.D\u2019où une angoisse exacerbée qui rapidement envahit toute la communauté haïtienne du Québec, ainsi que de nombreuses familles québécoises qui avaient un des leurs là-bas en vacances, en mission ou en poste.Je pense entre autres à deux employées de Services Québec, Anne Chabot et Anne Labelle, qui étaient en mission d\u2019accompagnement de leurs homologues haïtiens en vue de la réhabilitation du service des Archives nationales d\u2019Haïti.Chaque minute, chaque heure à côté de l\u2019amoncellement des brèves des bulletins de nouvelles à la radio et à la télé amplifiait la détresse\u2026 Vite, le petit bureau d\u2019élu municipal que j\u2019occupais sur l\u2019avenue Ogilvy dans le quartier Parc-Extension sera rempli d\u2019amis venus travailler en vue de répondre à plusieurs demandes que nous savions qui allaient arriver.De ce bureau, nous avions rédigé la première convocation aux médias [\u2026].Chères Jessica et Nancy, je vous confirme l\u2019ampleur de cette catastrophe que vous n\u2019aviez pas eu, hélas, le temps d\u2019appréhender à défaut de l\u2019éviter.Je vous rassure en même temps sur notre humanité, qui dans sa réponse à cette tragédie nous donne encore le droit d\u2019espérer.En Haïti même, j\u2019ai pu voir des images incroyables de générosité et de solidarité.Un instant, trop bref, on avait peine à reconnaître le riche et le pauvre.Les barrières de classes soudainement abattues avaient permis à tout un chacun de rêver à un autre pays.Une refondation de la République, disait-on.Goudougoudou Ici, les Canadiens, les Québécois en particulier, se sont tenus debout aux côtés des membres de la communauté haïtienne.Partageant cette douleur sans nom, pleurant nos morts, des dizaines de milliers partis dans l\u2019anonymat le plus total.D\u2019autres plus connus, comme Georges Anglade et son épouse Mireille Neptune, mais aussi Serge Marcil, ancien député de l\u2019Assemblée nationale qui accompagnait des orphelins d\u2019Haïti depuis plusieurs années.Le Québec s\u2019est aussi mobilisé, mais pour apporter sa contribution dans l\u2019effort de survie par l\u2019aide d\u2019urgence.À travers les jours qui passent et cette solidarité infaillible, me reviennent les mots de François Brousseau, chroniqueur au quotidien Le Devoir, rappelant cette proximité qui date entre le Québec et Haïti : « les Québécois et les Haïtiens, c\u2019est comme des cousins », disait- il.Et je l\u2019ai ressenti dans mes entrailles.Me s ch è re s c o u s i n e s , j \u2019a i ét é, comme les deu x autres millions d\u2019Haïtiens de la diaspora, incapable d\u2019avoir des nouvelles.Une semaine après le Goudougoudou (nom donné par les Haïtiens au séisme à cause du bruit entendu autour d\u2019eux), une connaissance a pu me confirmer que la maison de notre enfance avait tenu le coup, mais qu\u2019on était sans nouvelles de mon père.Et à nouveau l\u2019angoisse refit surface.Les questionnements.Mais pas le temps de compter ses morts ou ses disparus.Il fallait répondre aux demandes de différentes associations qui voulaient aller là-bas pour aider à soigner, nourrir, protéger et réconforter.Et pendant plus de quatre mois, avec les dirigeants d\u2019organismes de la communauté haïtienne, nous allions nous retrouver sur tous les fronts afin de faire face à ce drame si terrifiant, lorsque j\u2019y pense encore dix ans plus tard.Aider à joindre un parent, appuyer les envois de biens de première nécessité, soigner les blessures de l\u2019âme de ceux qui sont ici en vie, accompagner les familles endeuillées.Heureusement, nous ne fûmes pas seuls.Le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, des municipalités comme la Ville de Montréal et plusieurs groupes communautaires ont poussé à la roue.Un des grands gestes humanitaires lors de ce drame a été posé par le gouvernement du Québec, notamment lorsque le premier ministre du Québec a décidé d\u2019accueillir plus de 5000 personnes dans le cadre d\u2019un programme spécial de réunification familiale.Des mesures ont été mises en place notamment avec la Ville de Montréal afin de faciliter l\u2019accueil et l\u2019intégration de ces personnes à la société québécoise.Rêves 16 h 53 min 10 s.Aujourd\u2019hui, nous connaissons l\u2019heure précise du Gou- dougoudou.Nous savons aussi la force avec laquelle il a frappé non seulement Port-au-Prince, mais aussi plusieurs villes autres d\u2019Haïti, dont celles de la région des Palmes.Mais nous n\u2019avons toujours aucune idée exacte du nombre de morts, de blessés, d\u2019estropiés physiques et mentaux.Mais, mes chères cousines, je sais que depuis dix ans maintenant je vous pleure au nombre des quelque 200 000 autres, dont nombreux sont sans sépulture.Chère Jessica, tu te préparais à réaliser ton rêve d\u2019enfant en faisant ton entrée à la Faculté de médecine.Tu m\u2019avais confié lors d\u2019une de nos conversations que tu voulais devenir pédiatre.Je t\u2019avais dit à la blague qu\u2019au nombre d\u2019enfants qu\u2019il y avait lors de nos rencontres familiales, tu ne chômerais sûrement pas.Chère Nancy, tu étais partie ce mardi en début d\u2019après-midi faire ce que tu aimes le plus.Tu étais partie enseigner les mathématiques à une classe d\u2019élèves du secondaire.Dix ans plus tard, nous n\u2019arrivons toujours pas à compter la somme des dommages matériels et collatéraux comme ce garçon de 14 ans, orphelin de toute sa famille, que j\u2019ai croisé lors d\u2019un voyage en Haïti.Il survit, dans une violence quotidienne, en lavant des autos sur la route de Delmas.Mes chères cousines, dans le silence éternel de vos rires, je continue avec d\u2019autres cousines et cousins à rêver de fraternité, de solidarité et d\u2019avenir meilleur ici comme là-bas.Afin que votre mémoire et celle de toutes ces femmes et ces hommes anonymes dans la mort demeurent vivantes.Lettre aux Haïtiens partis un 12 janvier dans l\u2019anonymat KONRAD YAKABUSKI LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 B 10 PETITES ANNONCES AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION Règlement modi?ant le Règlement d\u2019urbanisme (01-282) a?n d\u2019interdire les usages résidentiels dans les secteurs de la rue Parthenais et de la JTI-Macdonald, ainsi qu\u2019augmenter la hauteur minimale aux abords du métro Frontenac en plus d\u2019assurer une implantation en contigüité sur la rue Ontario (dossier 1198398008) AVIS est, par la présente, donné par la soussignée de ce qui suit : 1.Les personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des arrondissements de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve, du Pla- teau-Mont-Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, de Rosemont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Ville-Marie, sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie a, lors de sa séance tenue le 10 décembre 2019, adopté le règlement intitulé « Règlement modi?ant le Règlement d\u2019urbanisme (01-282) a?n d\u2019interdire les usages résidentiels dans les secteurs de la rue Parthenais et de la JTI-Macdonald, ainsi qu\u2019augmenter la hauteur minimale aux abords du métro Frontenac en plus d\u2019assurer une implantation en contigüité sur la rue Ontario ».2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ce projet fera l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 29 janvier 2020, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.Ce projet de règlement vise, en ce qui concerne les usages, à répondre aux objectifs de protection des secteurs économiques de la rue Parthenais et de la JTI-Macdonald pour le quartier, notamment pour préserver les ateliers d\u2019artistes d\u2019un développement immobilier futur.En ce qui concerne le pôle Frontenac, ce projet de règlement vise à favoriser une densi?cation des terrains ayant front sur Ontario par la modi?cation des paramètres de hauteur, de densité et d\u2019usages en continuité de l\u2019ensemble de la rue Ontario.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera le projet ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.4.Ce projet contient des dispositions propres à un règlement susceptible d\u2019approbation référendaire et concerne les zones visées et les zones contiguës ci-après illustrées : 5.Les documents pertinents peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 janvier 2020 La secrétaire d\u2019arrondissement Katerine Rowan, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION Règlement modi?ant le Plan d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal (04-047) visant à retirer un bâtiment de la section « Les lieux de culte » de la partie II (les documents d\u2019arrondissement) et à l\u2019intégrer à la section « Les habitations » de cette même liste, pour le bâtiment portant le numéro 2310, rue Sainte-Catherine Est (ancien presbytère Saint-Vincent-de-Paul) (dossier 1196255014) AVIS est, par la présente, donné par la soussignée de ce qui suit : 1.Les personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des arrondissements de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve, du Plateau-Mont- Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, de Rose- mont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Ville-Marie, sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie a, lors de sa séance tenue le 10 décembre 2019, adopté le projet de règlement intitulé « Règlement modi?ant le Plan d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal (04-047) visant à retirer un bâtiment de la section « Les lieux de culte » de la partie II (les documents d\u2019arrondissement) et à l\u2019intégrer à la section « Les habitations » de cette même liste, pour le bâtiment portant le numéro 2310, rue Sainte-Catherine Est (ancien presbytère Saint-Vincent-de-Paul) ».2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ce projet fera l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 29 janvier 2020, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.Ce projet de règlement vise à retirer le bâtiment visé de la section « Les lieux de culte » de la liste en partie II des Bâtiments d\u2019intérêt patrimonial et architectural hors secteur de valeur exceptionnelle et intégrés à la catégorie « les lieux de culte » a?n de permettre la restauration et réhabilitation du presbytère pour y aménager des logements et construire, sur le terrain de stationnement adjacent, un bâtiment résidentiel également.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera le projet ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.4.Ce projet vise l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement.5.Les documents pertinents peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 janvier 2020 La secrétaire d\u2019arrondissement Katerine Rowan, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION Règlement modi?ant le Règlement sur les dérogations mineures (CA-24-008) a?n de procéder à des corrections de nature technique (dossier 1197199007) AVIS est, par la présente, donné par la soussignée de ce qui suit : 1.Les personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des arrondissements de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve, du Plateau-Mont- Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, de Rose- mont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Ville-Marie, sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie a, lors de sa séance tenue le 10 décembre 2019, adopté le règlement intitulé « Règlement modi?ant le Règlement sur les dérogations mineures (CA-24-008) a?n de procéder à des corrections de nature technique ».2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ce projet fera l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 29 janvier 2020, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.Ce projet de règlement vise principalement à réviser le libellé de l\u2019article 2 du Règlement sur les dérogations mineures (dispositions pouvant faire l\u2019objet d\u2019une demande) a?n de mieux répondre à la diversité des concepts ou dispositions réglementaires héritées du passé et à l\u2019égard desquels le conseil d\u2019arrondissement peut ponctuellement être appelé à accorder des dérogations.D\u2019autres corrections techniques sont apportées, dont la mise à jour du nom de la Direction de l\u2019aménagement et de la mobilité, l\u2019harmonisation de certains libellés avec d\u2019autres règlements et la correction d\u2019erreurs grammaticales.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera le projet ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.4.Ce projet vise l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement.5.Les documents pertinents peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 janvier 2020 La secrétaire d\u2019arrondissement Katerine Rowan, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Le Réseau de transport métropolitain (« exo ») demande des soumissions pour les biens ou services, ou l\u2019exécution des travaux, suivants : ENTRETIEN PRÉVENTIF ET CORRECTIF DES INTERCEPTEURS DE SÉDIMENTS ET D\u2019HYDROCARBURES Numéro : 1002082 Les documents et conditions de la présente demande sont diffusés par le site internet du système électronique d\u2019appel d\u2019offres, à l\u2019adresse : www.seao.ca Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gau- chetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 31 JANVIER à 10h30, heure légale.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Exo ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Avis donné à Montréal, Québec, par : Jean-Lys Carrière Directeur principal \u2013 Approvisionnement Appel d\u2019offres public Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à BENOIT DAVID CHADZAK de vous présenter au greffe de la Cour du Québec du district de Terrebonne situé au 25 de Martigny O, St-Jérome, Qc dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation, avis d'exécution, déclaration sous serment et procès-verbal de saisie avant jugement qui y ont été laissée à votre attention dans le numéro de cause 700-22-041957-191.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Donovan L.Landry, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier les procédures ci-haut mentionnées.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Laval, le 8 janvier 2020 Sylvain Brouillard Huissier de justice AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com Avis de clôture d'inventaire (C.c.Q.art.795, al.2) Prenez avis que Jean-Jacques PILON, en son vivant résidant et domicilié au 3000, boul.Curé Labelle, Prévost, province de Québec, J0R 1T0, est décédé à Prévost, le 19 janvier 2019.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés auprès de Sarah Désormeaux, au 1, rue Notre-Dame Est, Montréal, province de Québec, H2Y 1B6 sur rendezvous uniquement en téléphonant au (438) 500-2338 Donné ce 8 janvier 2020, à Montréal.Autorisé par la liquidatrice de la succession.AVIS public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Jean-Jacques Pullman de vous présenter au greffe civil du district de Richelieu situé au 46, rue Charlotte à Sorel- Tracy dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation et pièces, qui y ont été laissés à votre attention et qui porte le numéro de cause 765-22-002989-194.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Marc Lemay, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la demande introductive d'instance.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 9 janvier 2020 Michel Gaucher, Huissier de justice AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R LAC BROME LAC BROME LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Au Sommet, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com D E P R E S T I G E 660 000$ 1,4 acres.paysage superbe.uartie lier/q lle et les amis, ate la fami ce secteur de Bromont/Lac Brome.Maison pouvant accueillir à la joie de vivre qui s\u2019offre à vous dans et pensez VOYEZ LOIN our annonc P un garage triple, et plus.une étonnante gamme cachée sur 7+ acres.UNE VISION DE LUXE una, e, sa iscin és, p \u2019invit r d oupement c egr e r er dans c 1 650 000$ d\u2019invités, maison ne de fonctionnalités, u Une résidence spacieuse et luxueuse avec oici une propriété pour 2020?V Ale er ontact unique, au z a Martine andr x ou 3313 514 985- oir v z@lede amartine om c ."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.