Le devoir, 18 janvier 2020, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / / L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J A N V I E R 2 0 2 0 Vivre La Namibie, éden minéral d\u2019Afrique Dany Boudreault, un sujet nommé désir Lire Place à la rentrée littéraire C U L T U R E 23 Rentrée littéraire En 16 pages, votre guide pour naviguer parmi les sorties littéraires de la saison.4 Entrevue Dany Boudreault réfléchit sur la sexualité et la morale.5 67 8 12 20 39 40 Odile Tremblay Classique Les flâneurs Musique Cinéma Arts visuels Danse Écrans et grilles télé L I R E V I V R E 46 Voyage Dépaysement assuré en Namibie, éden minéral d\u2019Afrique.50 52 52 54 56 57 Escapade Le jeu de la semaine Société Resto et recette Vin Plein air Photo de la une du D : Valérian Mazataud Le Devoir Illustration de la une Lire : Melanie Lambrick C U L T U R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Éclipse Avec Larissa Corriveau, Laurence Dauphinais, Ève Duranceau et Johanne Haberlin.Une coproduction d\u2019Infrarouge.Au théâtre de Quat\u2019Sous du 21 janvier au 15 février.Pour Éclipse, Marie Brassard a réuni une distribution « formidable », composée de Larissa Corriveau, Laurence Dauphinais, Ève Duranceau et Johanne Haberlin.« J\u2019ai moins d\u2019excitation à l\u2019idée de monter un texte qui est déjà écrit, honnêtement.Même dans les occasions où ç\u2019a été le cas, il y a toujours eu une grande implication créative.Et ça me touche beaucoup de voir des comédiennes qui ont le désir de créer, parce que je m\u2019y reconnais.» VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR 3 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 l\u2019adolescence.Elle a dévoré avec passion les œuvres des Jack Kerouac, William Burroughs, Allen Ginsberg et compagnie.Mais en voyant ce titre, la créatrice a compris qu\u2019elle ne s\u2019était jamais demandé si le mouvement comprenait des femmes.« Elles ont été éclipsées par les hommes, mais surtout par l\u2019Histoire.Je ne pense pas qu\u2019il y avait une volonté délibérée de [leurs confrères] de les éclipser.C\u2019était l\u2019époque, et le milieu était quand même machiste.Ces femmes étaient animées par le désir de se libérer de beaucoup de choses.C\u2019est le début concret du mouvement de libération des femmes, après les suffragettes.Lorsque j\u2019ai invité les actrices à plonger dans la lecture de ces auteures, on a ouvert une boîte de Pandore.Je m\u2019attendais à découvrir trois ou quatre auteures.Mais j\u2019ai découvert tout un monde.Et ça m\u2019a choquée.Pourquoi la version de l\u2019Histoire qui nous est racontée a-t-elle oblitéré les femmes de tout temps ?Il y avait de grandes écrivai- nes, des femmes très brillantes, engagées, dans la beat generation.Je suis fort émue par elles.» Formant la « face cachée d\u2019un mouvement », elles étaient une quinzaine d\u2019auteures, mues elles aussi par « un grand amour du chaos et de la liberté, un désir de vivre des expériences, de vivre et d\u2019écrire librement.» Des marginales, émancipées, qui ont mené des « existences extraordinaires, qui rêvaient d\u2019aventure et de voyages, au même titre que les hommes dont on a tant entendu parler.» Marie Brassard est aussi fascinée par l\u2019incroyable actualité de leurs sujets d\u2019écriture et de leurs revendications.« Elles avaient un discours non seulement lié au féminisme, mais aussi à la politique, à l\u2019environnement.Ces femmes parlaient de la catastrophe qu\u2019on est en train de vivre.Déjà, dans les années 1950 ! Elles étaient visionnaires.» Théâtre La face cachée de la beat generation Marie Brassard met en lumière des auteures occultées dans Éclipse mais aussi dans la science, la politique, tous les domaines en fait.Je suis ahurie par toutes les découvertes que j\u2019ai faites, par toutes ces femmes complètement annihilées de l\u2019Histoire, oubliées, comme si elles n\u2019avaient pas existé.» Un phénomène complexe, note-t- elle.« C\u2019est social, politique, ça se fait subrepticement, sans qu\u2019on se rende vraiment compte que l\u2019Histoire peut se raconter [autrement].Ce sont des réflexes profondément ancrés en nous.Et en ceux qui écrivent l\u2019Histoire.C\u2019est important de les remettre en question.» Si le Québec est une société « moins machiste que beaucoup d\u2019autres », il reste encore du chemin à parcourir, estime la créatrice.« On a l\u2019impression que l\u2019Histoire se répète constamment.C\u2019est pourquoi il est important de garder le mouvement féministe vivant et de rester vigilants.Aussitôt qu\u2019on baisse la garde, c\u2019est comme si on régressait.J\u2019ai le sentiment que c\u2019est probablement l\u2019une des raisons, sans que ce soit complètement volontaire, pour lesquelles je travaille beaucoup avec des femmes.» En attendant de parvenir « à nuancer un monde où l\u2019homme blanc est à l\u2019avant-plan (un cliché, mais une réalité) » et de pouvoir donc dépasser ces « distinctions de sexes, de races », Marie Brassard juge absolument nécessaire de « poser des gestes, même si parfois ça peut sembler artificiel, dans le but de rétablir un équilibre ».Épatée par le filon qu\u2019elle a découvert dans la portion féminine de la beat generation, la femme de théâtre n\u2019exclut pas de poursuivre cette recherche, tant elle a ouvert la porte d\u2019un sujet vaste et passionnant.« Éclipse n\u2019est qu\u2019un balbutiement de réflexion par rapport à leur travail.Mais j\u2019espère que ce spectacle va donner envie aux gens de les lire.» ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR arie Brassard aime œuvrer avec des femmes.Des interprètes présentes sur scène aux écrivaines dont l\u2019Histoire a effacé les voix, sa nouvelle création fait entendre leur parole.Créé moins d\u2019un an après son solo Introduction à la violence, à l\u2019invitation du théâtre de Quat\u2019Sous, le spectacle s\u2019inscrit dans la continuité du travail de la metteuse en scène avec des actrices.« Ce fut une sorte de révélation pour moi quand j\u2019ai monté La fureur de ce que je pense, en 2013, rappelle la créatrice.J\u2019étais alors extrêmement nomade et je ne connaissais pas beaucoup les interprètes d\u2019ici.Ç\u2019a été une découverte.Mes collaboratrices étaient principalement des femmes.Et j\u2019ai été très impressionnée par le bassin immense d\u2019artistes intéressantes, intelligentes, créatives.» Pour Éclipse, elle a réuni une distribution « formidable », composée de Larissa Corriveau, Laurence Dauphi- nais, Ève Duranceau et Johanne Ha- berlin, qui a été très engagée dans l\u2019élaboration du spectacle.Un acte de création essentiel pour l\u2019artiste.« J\u2019ai moins d\u2019excitation à l\u2019idée de monter un texte qui est déjà écrit, honnêtement.Même dans les occasions où ç\u2019a été le cas (comme avec La vie utile d\u2019Evelyne de la Chenelière), il y a toujours eu une grande implication créative.Et ça me touche beaucoup de voir des comédiennes qui ont le désir de créer, parce que je m\u2019y reconnais.» Éclipse tire son origine de la découverte par Marie Brassard d\u2019un livre intitulé Women of the Beat Generation.Après Anaïs Nin, c\u2019est beaucoup grâce à ce courant qu\u2019elle-même a développé son amour de la littérature, à M Place à l\u2019écriture La metteuse en scène et son quatuor d\u2019interprètes se sont donc plongées dans leurs livres, ont visionné des films documentant l\u2019Histoire de cette bohème littéraire.Au final, le spectacle n\u2019est pas biographique, mais il laisse beaucoup de place à l\u2019écriture de ces écrivaines méconnues, riche en soi.« On a essayé de donner un panorama assez vaste de leurs différentes paroles.» Il était aussi capital pour Marie Brassard de mettre en lumière ses comédiennes, « des créatrices intéressantes ».« C\u2019est important qu\u2019elles ne soient pas à leur tour éclipsées par un projet où je parle d\u2019éclipse ! Alors, je rentre dans le spectacle avec une matière qui n\u2019est pas l\u2019écriture des auteures de la beat generation, mais des entrevues que j\u2019ai faites avec les actrices.» Un objet scénique qui s\u2019annonce sobre, bien que très porté par la musique d\u2019Alexander MacSween et soutenu par la recherche visuelle de toute l\u2019équipe conceptrice.« On s\u2019est beaucoup inspirés de la manière dont cette génération nous est présentée par les photos noir et blanc de l\u2019époque.C\u2019est aussi dans l\u2019esprit de l\u2019idée d\u2019éclipse.Tout le spectacle va être en noir et blanc.» Phénomène récurrent « Je ne veux pas toutefois que les gens s\u2019attendent à voir un spectacle où le cœur du sujet va être une analyse de leur écriture, ajoute Brassard.C\u2019est le phénomène de l\u2019éclipse qui m\u2019intéresse aussi.» Cette occultation, qui paraît « presque un phénomène naturel » tant elle est récurrente, « où les réalisations des femmes sont toujours mises à l\u2019arrière-plan, où l\u2019histoire qu\u2019on raconte ne les inclut pas.C\u2019est très choquant.Tout au long de ce travail, je suis devenue de plus en plus sensible, non seulement à ces effacements des femmes dans l\u2019art, Testez votre connaissance de la langue française en trouvant les cinq erreurs insérées volontairement dans le texte ci-contre.Trouvez les 5 erreurs : Dans ce jeu de sociétés auquel nous jouons hebdomadairement, nous devons ammasser des ressources pour construire des batiments, des villages, voire des villes.Ce soir, j\u2019ai récolté d\u2019avantage de minerai que les autres joueurs.C\u2019est un passetemps enrichissant, dans tout les sens du terme.ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 42 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.Une épreuve présentée par LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Théâtre 4 ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR vec sa première pièce solo depuis (e), en 2013, Dany Boudreault passe des petites salles à la scène principale du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Longuement mûri \u2014 le texte en est à sa 33e version ! \u2014, mis au monde par Édith Pa- tenaude avec une belle distribution, Corps célestes marque une maturation dans son écriture.« Je passe à un état adulte, comme auteur, estime le créateur de 36 ans.Dans ce texte, il y a une affirmation.Esthétique, aussi : je comprends mieux ce qui me plaît comme théâtre.» Une étape qui ne signifie pas pour autant « la fin de l\u2019acteur », s\u2019empresse d\u2019ajouter Boudreault, pour qui d\u2019autres « beaux rôles » sont à l\u2019horizon.« J\u2019ai toujours été hybride.Et c\u2019est compliqué, entretenir cette hybridité.Les gens veulent beaucoup que tu fasses une chose dans la vie.Moi, j\u2019écris et je joue, comme Robert Lalonde, comme Evelyne de la Che- nelière, qui sont des modèles pour moi.Et je ne suis pas un comédien qui écrit par hobby.Je le fais tous les jours.Mais je ne pourrai jamais arrêter de jouer.Je suis un acteur, fondamentalement.Et tout le rapport au corps que j\u2019ai sur scène, il sort dans mes textes.» Ses rôles ont d\u2019ailleurs nourri sa pièce, une réflexion autour du désir et de la morale.« Corps célestes est plein de tout ce que j\u2019ai joué, étrangement.Que ce soit Un tramway nommé Désir, où j\u2019interprétais Tennessee Williams à GO ; tout le rapport au corps dans Faire des enfants au Quat\u2019Sous.Et même Parce que la nuit, où j\u2019ai fouillé Robert Mapplethorpe, ou le personnage que j\u2019incarnais dans Le déclin de l\u2019empire américain\u2026 J\u2019ai souvent eu à me positionner, comme acteur, sur ces sujets-là.» Après (e), qui traitait d\u2019identité sexuelle, l\u2019auteur poursuit donc son questionnement sur la sexualité, le corps.« On ne choisit pas.Mais je me rends compte que c\u2019est ce qui m\u2019anime.Je pense qu\u2019on est mûrs pour une énorme révolution du désir, du corps.Et pour essayer de souder le corps et l\u2019esprit, que notre civilisation a séparés.J\u2019ai choisi de parler de pornographie dans Corps célestes parce que ça pose un problème moral.J\u2019essaie, moi, de me libérer d\u2019un fantôme judéo- chrétien très présent au Québec.Une grande culpabilité, une honte.Je pense que la honte, c\u2019est vraiment ce qui me fait écrire, en fait.» (rires) Et si tous les fantasmes peuvent s\u2019exprimer sur Internet, il s\u2019agit plutôt d\u2019une libération du consommateur, selon le dramaturge.« On parle de la sexualité dans un rapport de consommation.Et on n\u2019en parle tellement pas dans le débat public que l\u2019entreprise privée l\u2019a récupérée et joue avec nos pulsions.Et ça, c\u2019est dégueulasse.» À l\u2019encontre d\u2019une sexualité souvent réduite à sa dimension génitale, Dany Boudreault cherche plutôt la communion entre corps et âme.« Je suis un mystique, je pense, dit-il en riant.Je ne suis pas du tout religieux, mais j\u2019ai une très grande soif de sacré.Et je pense que par le corps, on peut arriver à s\u2019élever.La révolution va arriver par le corps, allié à la technologie » Il cite le philosophe trans Paul B.Preciado.Dans Corps célestes, « pièce sur la sexualité, mais sans sexualité », dépourvue d\u2019illustration graphique, l\u2019érotisme passe d\u2019abord à travers la « chair des mots ».Et le dramaturge aspire moins à être un miroir du réel qu\u2019à trouver sa langue.« J\u2019essaie de construire une langue qui crée un corset, une torsion dans le corps des acteurs.Alors, le souffle est long ; il y a des négations, des mots qu\u2019on n\u2019utiliserait pas normalement, mais dans une poésie brutale et simple.» Une révélatrice Réalisatrice de films pornographiques, Lili (Julie Le Breton) revient dans sa famille, au sein d\u2019une maison isolée dans la forêt, après quinze ans d\u2019absence.La tension couve avec sa sœur (Évelyne Rompré), une femme dotée d\u2019« une grande résistance au plaisir » qui vit avec son ancien amant.À l\u2019image du film Théorème de Pasolini, Lili « devient un lieu de projections qu\u2019elle ne contrôle pas, explique l\u2019auteur.Elle déclenche en chacun des personnages quelque chose de viscéral.» Elle va aussi devoir tuer sa famille, ou plutôt « l\u2019idée qu\u2019elle s\u2019en fait », afin de s\u2019autodéterminer.Dany Boudreault, qui considère que le théâtre offre trop souvent des modèles de sexualité féminine « frustres, Un sujet nommé désir La nouvelle pièce de Dany Boudreault réfléchit sur la sexualité et la morale À l\u2019encontre d\u2019une sexualité souvent réduite à sa dimension génitale, Dany Boudreault cherche plutôt la communion entre corps et âme.« Je suis un mystique, je pense.Je ne suis pas du tout religieux, mais j\u2019ai une très grande soif de sacré.» VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR A LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 J\u2019ai chez moi un exemplaire de la première édition de Bagatelles pour un massacre de Louis-Ferdinand Céline, publiée en 1937, avant la guerre.Le livre m\u2019avait été offert par la fille d\u2019un bibliophile avant que les pamphlets antisémites de l\u2019écrivain français ne soient disponibles en ligne.J\u2019avais eu l\u2019impression en le palpant (belle reliure, dos de cuir et lettres dorées) de tenir un témoin direct de cette époque agitée.Enfin, me disais-je, je peux me faire une opinion par moi-même, car l\u2019ouvrage n\u2019était alors disponible nulle part.De fait\u2026 C\u2019était immonde.Étonnant que ce médecin doublé d\u2019un génie des lettres qui nous avait donné le grand roman humaniste Voyage au bout de la nuit ait pu pondre pareille prose, abjecte et échevelée.Ça partait en tous sens.Assez pour s\u2019interroger sur sa santé mentale (il avait reçu une balle dans la tête durant la Première Guerre).Son antisémitisme s\u2019y étalait en pleine virulence, avec d\u2019autres cibles aussi : les francs-maçons (allez savoir pourquoi), les critiques littéraires (qui avaient mal reçu, à tort, son autobiographique Mort à crédit), aussi Hollywood, qui n\u2019avait pas adapté Le voyage au bout de la nuit, à tort également.Mais toute cette hystérie abjecte\u2026 Le cas de Bagatelles et des autres pamphlets de Céline est particulier.L\u2019écrivain lui-même, condamné par contumace pour collaboration lors de l\u2019épuration puis amnistié, avait interdit leur republication afin de calmer les esprits.Mais Huit, une maison québécoise, avait passé outre l\u2019interdiction en 2002.Les gens peuvent ici juger par eux-mêmes, ou pas, du délire nauséabond de Bagatelles.Et pourquoi pas ?Gallimard avait voulu rééditer ces pamphlets de son côté, l\u2019interdit ayant été levé par la veuve de l\u2019écrivain, Lucette Destouches, morte en 2019 à 107 ans.Mais l\u2019éditeur a suspendu son projet, ces questions étant particulièrement sensibles en France.Ce même éditeur a interrompu, comme d\u2019autres, la publication des œuvres de Gabriel Matzneff, objet d\u2019une enquête pour viol de mineur, depuis la parution du livre de son ancienne victime Vanessa Springora, Le consentement.Tracer la ligne Les dilemmes d\u2019Antoine Gallimard se nourrissent d\u2019opportunisme.Le dégoût suscité par les récits pédophiles de Matzneff est immense là-bas après tant de tolérances passées.Mais je veux joindre ma voix à celles qui craignent la censure des œuvres en cours.Encore là, le cas Matzneff est particulier puisqu\u2019il évoquait des faits réels de nature criminelle.Sauf que le couperet tombe partout.Chez nous, la Grande Bibliothèque a remisé les journaux de l\u2019auteur tombé de sa tour.Elle laisse planer le même sort sur Hansel et Gretel, roman d\u2019Yvan Godbout, dans lequel une scène de pédophilie était évoquée, advenant une condamnation après sa poursuite pour pornographie juvénile.Il est affolant de voir des œuvres de fiction s\u2019engouffrer dans cette brèche ! L\u2019Église catholique possédait sa section de livres à l\u2019Index.S\u2019y côtoyaient Baudelaire, Hugo, Sartre, Rousseau, Nietzsche, Voltaire, tant d\u2019autres, encore interdits dans le Québec des années 1960.Faut-il lui emboîter le pas ?Le talent des auteurs ne saurait peser dans la balance.Matzneff n\u2019est pas Nabokov, c\u2019est entendu, mais qui tracera la ligne entre les œuvres d\u2019un écrivain sulfureux méritant d\u2019être admises sur les rayons et celles à écarter ?Selon quels critères ?Ces questions turlupinent.La gauche d\u2019aujourd\u2019hui fait le procès de celle d\u2019hier, ce qui sert la droite.Nous sommes horrifiés par les abus de Weinstein et compagnie, purs produits des décennies 1960 et 1970, mais une période éclatée s\u2019y abîme, éclaboussée par des prédateurs ayant surfé sur sa vague.Matzneff était de droite tout en profitant de la tolérance des intellectuels de gauche durant les années libertaires, lesquelles furent par ailleurs un tremplin de modernité.Au fait, toutes les époques passées ont protégé les puissants agresseurs, le clergé en sait quelque chose.À telle enseigne, où arrêter le train des œuvres prohibées ?Dans Fahrenheit 451 de François Truffaut, adapté de la dystopie de Ray Bradbury publiée en 1953, les livres, jugés antisociaux, étaient brûlés, mais des esprits récalcitrants les apprenaient par cœur, par devoir de mémoire.Cette œuvre apocalyptique, inspirée aussi du maccarthys- me américain, rappelait le danger des interdits institutionnels.Le courant actuel dépasse le rayon littéraire.Pas vu au Québec, Un jour de pluie à New York de Woody Allen.Les distributeurs américains avaient refusé de l\u2019acheter depuis sa disgrâce, et les nôtres ont suivi.Même topo pour J\u2019accuse de Roman Polanski, qui devrait passer au-dessus de nos têtes.Quoi qu\u2019on pense des hommes derrière les créateurs, reste ce droit d\u2019évaluer (ou pas) par nous-mêmes la valeur des œuvres en question.Une marge de liberté s\u2019amenuise ainsi au vent du jour.Manier le couperet ODILE TREMBLAY Corps célestes Texte : Dany Boudreault.Mise en scène : Édith Patenaude.Avec Brett Donahue, Gabriel Favreau, Louise Laprade, Julie Le Breton, Évelyne Rompré.Une création du Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui et de La Messe Basse.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, du 21 janvier au 15 février.frigides ou liés au dégoût », désirait une protagoniste à la libido épanouie, pour qui le sexe est un instrument d\u2019élévation.Mais Lili est confrontée aux questions frontales, dangereuses de son neveu, Isaac, un adolescent dont la curiosité dépasse ses parents.Qui transmet le savoir sexuel ?« On n\u2019a pas beaucoup de modèles parce qu\u2019on n\u2019en parle pas, il n\u2019y a pas de mots.» À travers les réponses décomplexées de la tante, Corps célestes offre une réflexion sur la morale.Où tracer la limite ?Pour Boudreault, qui enseigne, Isaac représente une génération à la fois très allumée et habitée par « une anxiété, un manque.C\u2019est dur d\u2019apprendre à être un adulte, aujourd\u2019hui, je trouve ».Ajoutons que le récit est campé dans un contexte anticipatif, une guerre dans l\u2019Arctique autour de ses immenses ressources en hydrocarbures.Une situation qui inquiète l\u2019artiste.« L\u2019Arctique fond et on va avoir un gros problème au Canada.Le pays a une frontière que la Russie, les États- Unis et le Danemark se disputent au nord.» Pour l\u2019auteur, ce conflit sert de métaphore à la guerre entre le corps et l\u2019esprit, et aussi de symbole pour « la frontière floue de la morale.Ce texte est une espèce de danse sur la frontière, en fait ».Cette vision catastrophique, Dany Boudreault la qualifie plutôt de lucide.« Je crois qu\u2019on ne vivra plus jamais comme nos parents ont vécu.Tout le monde s\u2019en lave les mains, mais la génération de demain va avoir à gérer ça.Dans Corps célestes, je parle de réfugiés qui viennent du nord.Il y aura une crise migratoire évidente.En tout cas, le vivre-ensemble et la [cohabitation] de nos corps devront changer\u2026 » Culture 5 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Classique 6 pas tout anticiper avec la tête.Le travail dont vous parlez, je le ferai juste à la fin.Je reprendrai mes marques dans cette salle, c\u2019est à ce moment-là que les souvenirs du précédent concert reviendront.» La carrière de Lucas Debargue, révélé par le Concours Tchaïkovski 2015, ne se développe pas forcément dans les territoires qui ont le plus suivi le Concours à travers ses diffusions sur Internet.« Le concours a été très suivi en Asie, en Russie et aux États- Unis, résume-t-il au Devoir.La Russie reste une base de mon activité de concerts, mais les États-Unis et l\u2019Asie mettent du temps à se mettre en place.Par contre, je joue beaucoup en Europe.Dans ces pays-là, il y a beaucoup de bouche-à-oreille.» Un bou- che-à-oreille forcément favorable à cet artiste singulier.Les pressions de certains promoteurs de sa tournée nord-américaine ont eu raison d\u2019une première partie de récital entièrement consacrée à Scarlatti.« Je rejouerai Gaspard de la nuit.Il faut que tout le monde soit heureux, et l\u2019ajout de Gaspard de la nuit ne vient pas défigurer le programme.» Ce dernier comprendra aussi en seconde partie la 5e Sonate de Medtner et Après une lecture du Dante de Liszt.Voilà une belle occasion de comprendre ce que les pianistes peuvent bien trouver de si intéressant à Medtner.« Ce qui m\u2019a fait travailler Medtner, ce n\u2019est pas le fait que je sois pianiste.Mon premier rapport avec lui a été la partition.Quand j\u2019étais adolescent, j\u2019allais à Paris à la recherche de choses que je ne connaissais pas, je suis tombé amoureux de cette musique visuellement.J\u2019ai la grande chance d\u2019entendre la musique en lisant les partitions.Avant même de poser mes mains sur le clavier, j\u2019avais donc cette musique en tête.Comme tout grand compositeur pour clavier, Medtner ne vise pas le piano.» S\u2019avouant peu passionné par l\u2019instrument en tant que tel, il se considère d\u2019ailleurs comme « la mauvaise personne pour parler de piano.Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est d\u2019offrir d\u2019autres perspectives, de montrer à quel point la littérature pour piano est orchestrée.Il n\u2019y a pas un son de piano de base, avec des pianissimos, des fortis- simos et telle ou telle couleur.Ce sont des notions trop vagues.Je veux répartir des sons comme si c\u2019était de l\u2019orgue, de l\u2019orchestre, et donner à chaque son une place dans l\u2019ensemble.La musique de Medtner est fascinante pour cela.C\u2019est organique et il y a une conscience de composition beethovénienne, prométhéenne ».Lucas Debargue, pianiste chercheur Conversation sur l\u2019importance de la pensée musicale avec le phénomène français, de passage cette semaine à Montréal ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS e premier concert du pianiste Lucas Debar- gue à Montréal, en décembre 2017, avait suscité une légitime fascination, y compris de ses collègues pianistes présents dans la salle.« L\u2019art de Lucas Debar- gue est une vraie philosophie sonore avant d\u2019être un art pianistique », écri- vions-nous alors.Le Français, qui nous revient dimanche avec un programme Scarlatti, Ravel, Medtner et Liszt, tirera-t-il parti de cette première expérience à la Maison symphonique pour conceptualiser d\u2019avance son univers sonore ?« L\u2019anticipation est physiologique , nous dit Lucas Debargue, on ne peut L LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 s\u2019étonnera pas d\u2019entendre Debargue dire : « Le travail sur le montage du coffret, quatre heures de musique, m\u2019a pris six mois.» Dans l\u2019interprétation des sonates, le pianiste n\u2019a pas voulu saupoudrer son ego : « J\u2019ai vraiment cherché une lecture claire.Nombre de sonates ne font pas partie des sélections usuelles et je veux que l\u2019auditeur, musicien ou non, se fasse sa propre idée.L\u2019important était donc de préserver la clarté des lignes.» Debargue assimile le métier de musicien à « un métier de chercheur ».Il s\u2019est plongé dans les documents des classes de maître avec Scott Ross.« Cela a été la vraie rencontre durant mon travail.Alors que Kirkpatrick, dans ses travaux, nous explique un peu comment voir, comment faire et comment penser, Scott Ross est capable d\u2019une certaine acidité, mais toujours au service de la musique, de la recherche de ce qui est le mieux, de ce qui sonne le mieux.On sort de la baroquerie, de la poussière.» Après avoir vu Scott Ross, Lucas Debargue est allé au Conservatoire de Paris jouer des sonates sur des clavecins de la collection du lieu « pour prendre conscience de certaines choses en vue de l\u2019enregistrement ».Cette rencontre avec Scarlatti et Scott Ross le marque encore : « Ce que je demande à des artistes pour les admirer, c\u2019est que cela aille plus loin que la performance et les concerts ; c\u2019est qu\u2019il y ait une pensée musicale en chemin, une recherche.Je pense aussi à un récent concert de Krystian Zimerman à Paris avec des œuvres comme la 3e Sonate de Brahms les Scherzos de Chopin, où il revisitait totalement ce qu\u2019il avait fait antérieurement.Zimerman continue de prendre des risques, il continue de déranger.C\u2019est cela, être un artiste.» Dans l\u2019interprétation des sonates, le pianiste n\u2019a pas voulu saupoudrer son ego : « J\u2019ai vraiment cherché une lecture claire ».XIOMARA BENDER Les concerts de la semaine Violon rouge.Le violoniste Kerson Leong et I Musici proposent lors d\u2019un concert en journée la musique de John Corigliano pour le film Le violon rouge de François Girard.Les cordes et les percussionnistes invités interpréteront ensuite la 4e Symphonie d\u2019Arvo Pärt, intitulée « Los Angeles ».Kerson Leong avait 8 ans lorsqu\u2019il fit ses débuts avec I Musici.À la salle Bourgie, le jeudi 23 janvier à 11 h et à 18 h.ECM+.L\u2019Ensemble contemporain de Montréal (ECM+) célèbre Gilles Tremblay pour la troisième année consécutive, y joignant cette année un hommage à Silvio Palmieri, disparu en octobre 2018.Le concert associera l\u2019ECM+, Paramirabo, Magnitude6, le Conservatoire de musique de Montréal et la pianiste Louise Bessette.Au Conservatoire de musique, le vendredi 24 janvier à 19 h 30.Culture 7 L\u2019odyssée Scarlatti La dernière parution de Lucas Debar- gue est un monument : un coffret de 4 CD de 52 sonates de Scarlatti.Comment choisit-on une cinquantaine de sonates parmi 555 ?Lucas Debargue se réjouit de la question, car elle lui a rarement été posée ! « Au départ, je voulais vivre cette musique sous son aspect le plus dionysiaque.Je recherchais la transe.J\u2019ai acquis les partitions des 555 sonates en 11 volumes dans l\u2019édition Heugel en 2017.Je me suis enfermé dans mon studio et j\u2019ai tout lu.Cela représente 30 heures de musique.Je n\u2019ai fait que cela pendant une semaine.» Lucas Debargue a lu ce corpus à trois reprises, une fois en 2017 et deux fois en 2018.« La première fois, je n\u2019ai pris aucune note et j\u2019ai lu les volumes dans l\u2019ordre.Quand j\u2019y suis revenu, avec la conscience de la masse, j\u2019ai fait une lecture plus intelligente en associant à chaque sonate un adjectif ou un mot, bref une balise.Je me suis documenté sur Scarlatti, j\u2019ai écouté les enregistrements de Scott Ross, lu les travaux de Ralph Kirkpatrick et de chercheurs qui tentaient d\u2019établir une chronologie des sonates.Je me suis frotté à cela puisque je constatais des discontinuités de styles.Certes, je devenais un peu fou vu l\u2019ampleur de la tâche, mais cela m\u2019a aidé à avoir conscience de l\u2019intégralité et à apprendre partiellement les sonates pour effectuer un vrai choix.» À l\u2019aide de ses balises, la troisième lecture permet à Lucas Debargue de retenir 80 sonates.« J\u2019ai travaillé ces 80 sonates, j\u2019en ai retenu 60 que j\u2019ai apportées en studio pour en enregistrer 53.Au final, 52 sonates ont été publiées.Beaucoup ne sont pas de celles habituellement enregistrées par les pianistes.Je n\u2019ai pas cherché ce résultat, mais je suis heureux qu\u2019il en ait été ainsi au terme du processus.» Le nombre 52, nombre de semaines dans l\u2019année ou nombre de cartes dans un jeu, ne tient pas du hasard : « 52 pouvait référer à un divertissement hebdomadaire et, sachant que Scarlatti était un joueur invétéré, je trouvais amusant d\u2019avoir quatre disques de 13 sonates.» À partir de ses recherches, Debar- gue note que les sonates sont groupées par paires, parfois par trois.« J\u2019ai essayé de creuser cela.À une sonate lente succède une sonate rapide avec, dans beaucoup de cas, des motifs communs.J\u2019ai donc sélectionné certaines paires, constituées par Scarlatti ou son copiste, mais j\u2019ai aussi agencé moi-même certaines paires imaginaires.À cela se greffe l\u2019idée de faire un cycle des tonalités, c\u2019est-à-dire d\u2019avoir une logique dans la succession des tonalités.Au disque, le classement est le fruit de cela : c\u2019est un cycle de quartes qui débute en mi majeur.Enfin la 13e sonate de chaque CD, qui par définition ne peut constituer de paire, est une sonate particulière, un peu méditative, qui referme chaque disque sur un point d\u2019interrogation.» Un métier de chercheur Avec toutes ces considérations et sachant qu\u2019il fallait alterner les tempos et les caractères des sonates, on ne Debargue en trois temps En concert Scarlatti, Ravel, Medtner, Liszt.Dimanche 19 janvier, à 14 h 30.Au disque Scarlatti : 52 sonates, Sony, 4 CD, 19075944462.En vidéo Vient de paraître : Lucas Debargue \u2013 To Music, documentaire de Martin Mirabel.Naxos, Blu-ray, NBD0101V.LES FLÂNEURS Images noires Parfois, des pépites brûlantes se déposent à Montréal.Ainsi, au Musée d\u2019art contemporain, la vidéo du Californien Arthur Jafa, Love is the Message, the Message is Death.Avec l\u2019hypnotique chanson hip-hop de Kanye West Ultralight Beam en fond sonore, des images décrivent les réalités des Afro-Américains durant plusieurs décennies.Attaques violentes par des policiers blancs, lynchages, moments tendres en famille, vedettes du sport et géants du jazz et du rythm\u2019n\u2019blues en suprématie, triomphe de l\u2019élection d\u2019Obama, extraits de films racistes ; le montage résonne comme un cri de colère et un chant d\u2019espoir.ODILE TREMBLAY Le Fantôme est parmi nous Ceux qui, comme moi, ne l\u2019avaient jamais vu peuvent enfin l\u2019admirer et surtout l\u2019entendre, ce fameux Fantôme de l\u2019opéra, incarné, en français, par le baryton Hugo Laporte, dans la version concert mise en scène par Étienne Cousineau.Le spectacle est présenté sans décors, ceux-ci ayant été endommagés dans un incendie au moment où on s\u2019apprêtait à présenter cette version française en 2016 à Paris.Mais la présence de l\u2019orchestre sur scène et le déploiement de costumes compensent amplement ce dépouillement.Après un séjour au Grand Théâtre, Le fantôme.revient au théâtre Saint-Denis fin janvier.CAROLINE MONTPETIT En mettre plein l\u2019écran La proposition est simple et pourtant toujours unique au monde : le festival de courts métrages Pleins écrans, entièrement dématérialisé, se déroule à nouveau sur facebook.com/pleinsecrans.Quatre films en compétition y apparaissent chaque jour, pour un total de 44 propositions pendant 11 jours.La mouture 2020 propose une rétrospective et une leçon de maître de Theodore Ushev et le film Brotherhood de la Montréalaise Meryam Joobeur, en nomination pour un Oscar.Les festivaliers peuvent échanger en direct avec des créateurs.On répète : c\u2019est simple, efficace et passionnant.STÉPHANE BAILLARGEON « America\u2019s Dad » n\u2019est plus Pourquoi les crimes sexuels de Bill Cosby ont-ils été si tardivement traduits en justice ?Dans le balado Chasing Cosby, du Los Angeles Times, la journaliste d\u2019enquête Nicole Wei- sensee Egan s\u2019attaque à la question, donnant la parole à plusieurs survivantes aux témoignages déchirants et illustrant l\u2019hermétisme du système juridique américain.Sans être in- novants par leur forme, les deux premiers épisodes diffusés cette semaine frappent tout de même fort, portant un dur coup à la réputation de « papa de l\u2019Amérique » de l\u2019humoriste qui droguait subrepticement ses victimes pour ensuite les agresser.FÉLIX DESCHÊNES LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Musique 8 Ça donne un album qui commence pas vite.Je prends le temps.» Rien à voir avec l\u2019attaque frontale de Si l\u2019aurore : Rien à faire, Cacher l\u2019hiver, ça frappait fort et ça groovait intense.Impact maximum.« Rien à faire, c\u2019était LE hit, com- mente-t-elle.Première toune, bedang.Mais après ça, bonne chance\u2026 Je l\u2019ai regretté, je le regrette encore, le pacing.Y\u2019a terriblement de monde qui ont arrêté d\u2019écouter à la troisième toune.Les chansons plus exigeantes étaient après.C\u2019est sûr que ça m\u2019a aidée, d\u2019un point de vue commercial, mais je continue de penser que ça a nui à l\u2019album, à la chanson-titre qui aurait dû avoir la première place.» Ce coup-ci, moins par stratégie que par lâcher-prise, les chansons se sont placées d\u2019elles-mêmes dans l\u2019histoire.Si Marie-Pierre et sa petite équipe de proximité ont joué à la chaise musicale et tenté des dizaines de permutations dans l\u2019ordre des chansons, on reçoit l\u2019album dans la seule et unique séquence plausible.La logique du chaos C\u2019est le fil narratif qui a eu le dessus : l\u2019ordre sous-jacent dans le chaos, le sens qui se cache dans les chamboulements de la vie.« Ça ne pouvait pas L\u2019impérieuse nécessité de tout risquer Un quatrième album où Marie-Pierre Arthur se perd, plonge, émerge, avance, affronte, défriche, découvre et s\u2019affranchit en chemin Marie-Pierre Arthur est contente, ça se voit dans chaque trait de son visage, chaque intonation de la voix.« Dans toute l\u2019aventure de cet album, jamais on s\u2019est demandé si c\u2019était la bonne affaire à faire, si ça allait avoir du succès ou pas.C\u2019est une expérience vécue : tu la vis, c\u2019est tout.» VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ENTREVUE SYLVAIN CORMIER COLLABORATEUR LE DEVOIR uitares lointaines.Clavier lointain.Rythme lent.La voix surnage dans l\u2019écho, prend l\u2019eau, se noie presque dans la tristesse.Au bord de la détresse.« J\u2019ai peur, j\u2019ai peur, j\u2019ai peur pour toi / Jamais je croyais que tu irais là.» La guerre.C\u2019est le titre.Chanson écrite par Marie-Pierre Arthur avec Gaële, composée avec François Lafontaine.Chanson qui, tout doucement, terriblement doucement, nous fait entrer dans ce quatrième album comme si l\u2019on s\u2019arrimait à une histoire déjà en cours.On est pour ainsi dire après le drame, dans l\u2019évaluation des dommages, à se demander ce qui tient encore debout.« J\u2019étais rendue là », résume Marie-Pierre, de son côté de la grande table au milieu du bistrot.« Il s\u2019est passé pas mal d\u2019affaires dans les cinq ans depuis le dernier album, et j\u2019ai pas essayé de tout raconter.J\u2019ai simplement assumé l\u2019état dans lequel j\u2019étais, introvertie, un peu perdue dans mes réflexions.G LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 se faire autrement qu\u2019en tâtonnant.J\u2019ai jamais moins su le but de tout ce qui arrive dans la vie que maintenant.C\u2019est pas de la musique qui a l\u2019air de tout savoir.C\u2019est de la musique qui cherche.C\u2019est comme ça dans ma tê- te : je sais pas trop où j\u2019en suis, je sais seulement que je continue.» Ainsi, après La guerre, il y a Les nuits entières, où Marie-Pierre, entraînée dans une spirale de cordes, n\u2019en finit plus de s\u2019enfoncer.« Je tombe à l\u2019année longue », chante-t-elle.Dans Tiens-moi mon cœur, elle s\u2019accroche, tiens bon, la musique parfois proche de la marche militaire refuse d\u2019arrêter : « Si des fois tu tombes / Tiens- moi mon cœur ».Et puis arrive Faux, et on atterrit ailleurs.Où ?On ne sait pas.On entre en pays inconnu.Il y a toute une série de faux départs qui n\u2019en sont pas.Quelques notes, et puis ça coupe.La voix est traficotée, sensation d\u2019étrangeté.« Je ne reconnais plus rien », déchiffre-t-on.Quand la chanson prend son (timide) élan, c\u2019est à petits pas.« Pour avancer plus loin / Je dois laisser ma peau / Sans revenir sur mes pas.» La récompense Lapalissade : qui ne risque rien n\u2019a rien.« Justement, je suis pas trop le genre à me risquer.À la base, je suis une bassiste, je groove, je tiens le fort.Mais là, je me suis pas posé la question : fallait avancer, même dans le noir.» Après, on est assailli de sons aigus, ça devient dansant, funky, jazzy, quelque part entre Prince et Diane Tell : Dans tes rêves dégage une folle énergie.Libératrice.Un rythme rock pesant prend le relais : Des feux pour voir (LE hit de l\u2019album, qui a attendu son heure) est au confluent du grunge et du psych, une sorte de rouleur compresseur où « la maison flambe » et tout redevient possible et tout peut arriver.Le ciel peut se déchirer, et c\u2019est ce qui se passe dans Les nuages tombent : à grandes hachures de guitares comme autant de trombes Des feux pour voir Marie-Pierre Arthur, Simone Records, dès le 24 janvier d\u2019eau, le grand orage a lieu.« J\u2019ai le ventre ouvert / Ça me fait pas mal », chante Marie-Pierre dans une ambiance de fin du monde.« Je ne sais plus vivre », hurle-t-elle.« J\u2019ai crié comme les filles faisaient dans le temps du grunge.J\u2019ai dû faire quarante prises, à crier \u201cJe ne sais plus vivre\u201d comme une perdue.C\u2019était extraordinaire à vivre, justement.Je conseille ça à tout le monde ! » Et, huitième et dernière chanson, c\u2019est l\u2019éclaircie.Puits de lumière, écrite par Louis-Jean Cormier, composée au piano et jouée en toute nudité par François Lafontaine : Marie-Pierre et Louis-Jean chantent en harmonie tendre et douce.Enfin, enfin, ça se vit à deux.Enfin la paix.Enfin ensemble.Dans la lumière.« Un puits de lumière par où j\u2019te trouve beau », chucho- te-t-elle à la toute fin.« Ça fait vraiment du bien, cette chanson, après avoir traversé tout ça.On a un sentiment de réconciliation, avec l\u2019autre, avec les autres, avec la vie.» Elle est contente, ça se voit dans chaque trait de son visage, chaque intonation de la voix.« Dans toute l\u2019aventure de cet album, jamais on s\u2019est demandé si c\u2019était la bonne affaire à faire, si ça allait avoir du succès ou pas.C\u2019est une expérience vécue : tu la vis, c\u2019est tout.» Après et seulement après, quand tu choisis le premier extrait radio \u2014 Tiens-moi mon cœur, en l\u2019occurrence \u2014, le destinataire revient dans le portrait.« Je me suis parlé à moi-même dans cet album, et j\u2019ai parlé à quelqu\u2019un en particulier, j\u2019ai parlé à mon monde.Après, c\u2019est hors de mon contrôle.» Ce risque-là aussi est plus que jamais assumé.Culture Musique 9 Plusieurs représentations complètes.Faites vite ! LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Jazz 10 BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR S\u2019il était possible de ranger le bipède dans la catégorie objet non identifié, alors Nicholas Payton y serait.À l\u2019heure actuelle, il est probablement l\u2019un des musiciens les plus insaisissables.Autrement dit, l\u2019un des plus attachants.C\u2019est probablement pour cela qu\u2019il fait la une de Down Beat, occupe l\u2019espace de Jazz Times, sans compter les louanges imprimées dans divers médias des États.Des louanges ?Elles concernent l\u2019album de ce trompettiste-pianiste-chanteur, un double CD intitulé Relaxin\u2019with Nick paru récemment sous l\u2019étiquette Smoke Sessions Records.Détaillons.Ses débuts ont été fondus dans la soupe de la poisse, du mauvais sort jeté par les « v.-p.» marketing de Verve qui avaient qualifié Payton de successeur de Louis Armstrong.Tout au long des années 1990, il a traîné cette étiquette comme une torpille, et non comme un boulet.Pour s\u2019en débarrasser, il prit le contre-pied de ce qu\u2019avait fait maître Louis en jouant long, là où son ancêtre jouait court.Ensuite, histoire de mettre entre parenthèses le qualificatif évoqué, il s\u2019est politisé.Et pas à peu près.À telle enseigne qu\u2019il est aujourd\u2019hui ce que Lester Bowie ou Miles Davis, ou surtout Charles Mingus, furent en leur temps : le souffleur au poing levé.Payton est notamment à l\u2019origine du mouvement Black American Music (BAM) dont l\u2019un des principaux objectifs est celui caressé par Randy Weston : gommer le mot « jazz », aux origines vulgaires, pour le remplacer par « musique afro-américaine ».Pour faire court, il y eut d\u2019abord le long et patient labeur ayant consisté à se libérer du piège tendu par les « v.-p.» suivi, logiquement on osera ajouter, par le combat politique comme dans la foulée de Black Lives Matter.L\u2019album qu\u2019il nous propose aujour- d\u2019hui est la mise en relief de tout cela, de ces trente années de méditations musicales et d\u2019observations politiques.Afin de mener à bon port cette aventure enregistrée en mai dernier au Smoke Jazz Club de New York, Payton a fait appel à une rythmique d\u2019enfer, une des plus respectées qui soit : Peter Washington à la contrebasse et Kenny Washington à la batterie, qui est également un historien du jazz.Le programme ?Il est composé de pièces signées par le trompettiste et de standards comme Stablemates, When I Fall in Love, Tea for Two et I Hear a Rhapsody.À la trompette, notre homme décline ce qui a fait sa réputation : un jeu scintillant, éclatant, puissant.Bref, il n\u2019est ni timide ni méditatif.Au piano, il nous surprend passablement beaucoup, car il défend un style percussif qui rappelle à la fois Don Pullen et Ray Bryant.Pas une fois son jeu ne rappelle ce jazz universitaire, académique, qui distingue tellement notre époque.En un mot, on découvre un sacré pianiste.Mais ce qui fait de ce disque une galette musicale très recommandable, c\u2019est ce je-ne-sais-quoi d\u2019intime, cette illustration du jazz « dans-un- petit-club » qui rappelle les enregistrements de Coltrane au Village Vanguard ou de Shelly Manne au Blackhawk.Même la pochette illustre cela : elle est aussi enfumée qu\u2019une couverture de Blue Note des années 1950 ou 1960.Les éclats de Mister Payton Son Relaxin\u2019 with Nick fait entendre trente années de méditations musicales et d\u2019observations politiques Nicholas Payton, l\u2019un des musiciens les plus insaisissables du moment.MONICA SCHIPPER AGENCE FRANCE-PRESSE Relaxin\u2019 with Nick Nicholas Payton avec Peter Washington et Kenny Washington, Smoke Sessions Records Respect à Jack Sheldon Snif, snif, snif.Figure emblématique du jazz West Coast, le trompettiste Jack Sheldon est décédé le 27 décembre dernier à l\u2019âge de 88 ans.Avec Shorty Rogers, Gerry Mulligan, Art Pepper, Monte Ludwig ou encore Chet Baker, il fut l\u2019un des pivots de ce qu\u2019on avait qualifié de cool jazz et donc des étiquettes Contemporary et Pacific Jazz.Ensuite, il fit pendant trois décennies ce que bien de ses confrères qui avaient décidé de rester en Californie faisaient : de la télévision.Des shows de Johnny Carson, de Merv Griffin et compagnie il fut.Ave ! Billetterie LA MALADIE DE LA MORT DE MARGUERITE DURAS M.E.S.MARTINE BEAULNE THÉÂTRE PROSPERO Partenaire de production Partenaire de saison 28 JAN ?15 FÉV 2020 AVEC SYLVIE DRAPEAU ET PAUL SAVOIE COPRODUCTION LE GROUPE DE LA VEILLÉE ET LE COLLECTIF D\u2019ARTISTES LES IMMORTELS 514 526-6582 theatreprospero.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Disque 11 UR FUN ?Seulement deux mots, dont une abréviation ?Où sont les formules grandiloquentes ?La mythologie, le psychédélisme, les références shakespeariennes, ou victorienne, ou de science-fiction ?Changement radical dans l\u2019abondante production de Kevin Barnes ?C\u2019est vrai qu\u2019on avait depuis un temps cessé de prêter attention, la combinaison esthétique naïf-thèmes noirs finissant par lasser.Le paradoxe s\u2019y trouve toujours, mais il est vrai que UR FUN marque un tournant, en quelque sorte.D\u2019abord, finis les costumes.Puis, les références sonores vont pêcher dans les synthés et drum machine façon années 1980.Cyndi Lauper et Janet Jackson, a même cité Barnes ! Il a indiqué vouloir faire un disque sur lequel toutes les chansons pourraient être des succès radio.On n\u2019en est pas encore tout à fait là.Si les extraits déjà dévoilés (Peace to All Freaks, Polyaneurism, You\u2019ve Had Me Everywhere) révèlent des qualités pop incontestables, il est \u2014 comme toujours chez Of Montreal \u2014 difficile de faire fi du remplissage.Sophie Chartier UR FUN 1/2 Of Montreal, Polyvinyl INDIE POP Il suffit d\u2019un coup d\u2019œil sur la pochette du premier album de UUB- BUURRUU pour comprendre son manège : tout pour le rock et pour avoir du fun.Le quintette montréa- lais assume sa posture heavy-psy- ché-prog-rock, doit-on conclure après avoir hoché de la tête en écoutant ce joyeux ramassis de clichés des styles des années 1970, dans les textes autant que dans le son.C\u2019est quasiment un motif de guitare de Black Sabbath qui ouvre l\u2019album sur Stone Men.Sur Chaos Rider, un solo d\u2019orgue évoquant les dérapages d\u2019Iron Butterfly.Des titres de chansons aussi grotesques que Spacecraft to Your Dreams, Feel Alright in Hell (l\u2019une des meilleures !) et Pentagram.Une sincère lettre d\u2019amour au stoner rock d\u2019antan, solidement réalisée par Samuel Gemme (Chocolat, Anemone) qui défoule et fait sourire.Disponible dès maintenant sur les plateformes numériques et en formats physiques le 31 janvier ; le groupe donnera un concert le 30 janvier au Ministère, à l\u2019affiche du Taverne Tour.Philippe Renaud UUBBUURRUU UUBBUURRUU, Mothland ROCK Vite, la suite.Ainsi le veut l\u2019époque en peau de chagrin : comment s\u2019enticher quand on se détache de tout, tout de suite, tout le temps ?La nanoseconde passe, on passe au suivant.Aussi Jordane n\u2019a-t-elle pas attendu que 12 jours, son premier album paru en 2019 sur les talons de son passage de 2018 à La voix, arrive en fin de séjour.Non à la péremption prématurée.L\u2019année balbutie à peine que voilà Les chansons- polaroïd, minialbum d\u2019instantanés, chanson folk spontanée qui a la qualité de la légèreté du voyage sans grand bagage.Mandoline, banjo, harmonica, guitares, rien ne pèse dans les arrangements et la réalisation de Jeannot Bournival (collaborateur de Fred Pellerin, gage de bon goût).Les mélodies sautillent et la chanteuse, exprès, ne pousse pas trop la voix.Elle pourrait, et c\u2019est tout l\u2019art de la retenue : accompagner sans chercher à accrocher.Même la reprise de Quand le soleil dit bonjour aux montagnes file bon train, moins chantée qu\u2019effleurée.C\u2019est bien.Sylvain Cormier Les chansons- polaroïd Jordane, Coin d\u2019table FOLK L\u2019expérience traumatisante du délabrement vocal de Dietrich Henschel dans La belle meunière au début du cycle Schubert de l\u2019OSM, dimanche, nous amène à nous pencher sur la relève dans le domaine du lied allemand.Si aujourd\u2019hui Christian Gerha- her et Matthias Goerne (pour qui apprécie son émission vocale) dominent le domaine, cette parution de deux cycles pour voix et piano (S.270a et b), dans lesquels Liszt met en musique les sonnets 47, 104 et 123 de Pétrarque, confirme de manière éclatante ce que l\u2019on pressentait dans deux parutions antérieures (un récital Schumann- Wolf-Martin et un CD « Schubert Wanderer ») : l\u2019Italien Andrè Schuen, âgé de 35 ans, élève de Wolfgang Holzmair et de Brigitte Fassbänder, est un « élu » qui possède le profil, la voix, l\u2019intelligence et l\u2019instinct.Ses traductions sont d\u2019une sensibilité et d\u2019une tenue exceptionnelles.Les subtils dé- timbrages parfaitement maîtrisés à la fin des sonnets 104 et 123 du cycle 270a glacent le sang.Le parfait programme insère les Trois sonnets pour piano entre les deux blocs vocaux.Christophe Huss Franz Liszt 1/2 Sonnets de Pétrarque, Andrè Schuen, Daniel Heide (piano), Avi 8553472 CLASSIQUE Pourquoi la redécouverte, en 1991, dans une armoire jouxtant l\u2019orgue d'une église d\u2019Anvers, du manuscrit de cette messe de Berlioz n\u2019a-t-elle eu d\u2019autres répercussions que l\u2019enregistrement de Gardiner en 1993 ?Berlioz, en un geste spectaculaire et flamboyant, avait brûlé l\u2019œuvre, mais seulement les parties d\u2019orchestre, mettant au sec et éloignant le manuscrit en l\u2019offrant huit ans plus tard à un violoniste belge.Or cette Messe solennelle composée à l\u2019âge de 21 ans, qui soutient l\u2019intérêt, est une mine de découvertes fascinante et capitale pour tous les amateurs de Berlioz, tant elle renferme des germes de son inspiration future.Le « Gratias » (plage 4), c'est tout bonnement la « Scène aux champs » de la Symphonie fantastique.Vrai jeu de pistes, la Messe est un ferment de Roméo et Juliette (dès le début), de la Fantastique, de Benvenuto Cellini, du Requiem (plage 9) et du Te Deum ! Même si, une fois cette coquille vidée de ses thèmes, Berlioz s\u2019en est débarrassé, il fallait qu\u2019Hervé Niquet le rappelle et il le fait idéalement.Christophe Huss Hector Berlioz 1/2 Messe solennelle H 20, Le concert spirituel, Hervé Niquet, Alpha 564 CLASSIQUE Chez qui Elvis trouvait-il toutes ses chansons ?Qui a osé se frotter aux interprétations définitives d\u2019Elvis ?On obtient ici un tas de fascinantes réponses, en vrac.C\u2019est bel et bien Bing (Crosby) qui, dès 1956, croo- nait Blue Hawaii.Et c\u2019est bien sûr la calorifère Peggy Lee qui donna chaud à Fever avant le Hillbilly Cat.Il y a les fournisseurs de démos, parmi lesquels notre Memphis Flash trouvait des refrains à sa pointure, dont un certain Don Robertson (They Remind me too Much of You).Il y a les chansons-répon- ses : à Little Sister, LaVern Baker répliquait Hey, Memphis ; à Tell Her Jim Said Hello, Gerri Granger renvoyait l\u2019ascenseur avec Tell Him Jane Said Hello (fallait y penser !).Il y a les audacieux contemporains, parfois copieurs énervés (I Got Stung, par Eli Whitney), parfois stylistes de talent (I Gotta Know, par les Crickets avec Bobby Vee).Etc.Oui, c\u2019est chercher loin son plaisir, oui, faut être fan et demi, mais quelles trouvailles ! Sylvain Cormier The Elvis Presley Connection, Vol.2 Artistes divers, Bear Family Importation COMPILATION Une bonne bande originale de film devrait donner envie d\u2019aller voir le long métrage au service duquel elle se met.Le thriller des frères Sadie mettant en vedette Adam Sandler dans le rôle d\u2019un joaillier criblé de dettes de jeu bénéficie du savant travail du compositeur avant-gardiste Daniel Lopatin, alias OneohtrixPoint- Never.Beaucoup moins aride que lorsqu\u2019il travaille sous son pseudonyme, Lopatin installe une ambiance définie par les timbres des synthétiseurs vintage avec lesquels il travaille \u2014 sur The Ballad of Howie Bling en ouverture, et plus tard avec Back to Roslyn et son solo de saxophone, ça sonne comme Vangelis sur psilocybi- ne.À l\u2019opposé, sur The Fountain et surtout School Play, Lopatin exprime le genre d\u2019anxiété que maîtrisait John Carpenter lorsqu\u2019il composait les bandes originales de ses classiques des années 1980.L\u2019utilisation judicieuse d\u2019une chorale, en ouverture, sur Windows puis Mohegan Suite, appuyée par les synthés, insuffle urgence et gravité à l\u2019ensemble.Ça donne envie d\u2019aller au cinéma.Philippe Renaud Uncut Gems (bande originale) 1/2 Daniel Lopatin, Warp ÉLECTRONIQUE Les frères David et Peter Brewis, vétérans de l\u2019indie rock britannique, ont attendu quinze ans avant d\u2019offrir le plus étrange et insaisissable album de leur discographie.Qualifié d\u2019album concept, Making a New World serait donc une expression prog-rock/post-punk des répercussions de la Grande Guerre, faite de quelques très bonnes chansons dispersées dans une panoplie de brèves compositions instrumentales.Sur papier, le concept sert de fil directeur à un disque immanquablement décousu où, dans ses meilleurs moments, les Brewis évoquent Peter Gabriel (From a Dream, Into my Arms) et Talking Heads (excellentes Do You Read Me?, Only in a Man\u2019s World et Money Is a Memory).En dépit des mélodies trop souvent inextricables, des textes franchement bizarres et de cette tenace impression que la majorité de ces 19 compositions sont demeurées au stade de l\u2019ébauche, saluons l\u2019audace conceptuelle et la grande liberté de création que s\u2019est accordée Field Music.Philippe Renaud Making a New World Field Music, Memphis Industries ART-ROCK LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Cinéma 12 la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui, qui tente d\u2019inventer quelque chose pour relancer le champ des possibles », explique le réalisateur et scénariste dans un échange tenu par courriel.Alain Raoust prétend ne pas dicter aux jeunes quoi faire ou penser.Rêves de jeunesse, affirme-t-il, n\u2019est pas un film paternaliste, mais bien une œuvre ouverte à leurs propos.« Si le ton de Rêves de jeunesse évite tout paternalisme, c\u2019est qu\u2019il a été écrit sous la dictée de jeunes personnes.Je me suis beaucoup inspiré de témoignages, comme de textes militants.» La planète \u2014 ou la France, dans le conte contemporain de Raoust \u2014 se meurt et peine à se renouveler, elle qui entasse ses objets dans trois conteneurs bleu-blanc-rouge.Or, les jeunes protagonistes sont animés, qui par la volonté, qui par l\u2019énergie, qui par la débrouillardise.Sans être des figures mobilisatrices comme une Greta Thunberg, ils peuvent jouer les modèles.Futurs multicolores Le cinéaste ne cache pas ses sources.Le beau texte qu\u2019on entend par le biais d\u2019un magnétophone rescapé des déchets est une citation du manifeste du collectif Catastrophe, composé de « têtes saturées de traumatismes subliminaux », comme celui du « 11 Septembre de nos 11 ans ».« Dans un ciel sans repères, nous cherchons les nouvelles couleurs.Des futurs multicolores nous attendent », dit ce mot à mot tiré du manifeste publié dans Libération en 2016.Habile et pleine d\u2019initiative, Salomé incarne cette jeunesse capable de « faire de la main le prolongement de l\u2019esprit ».Alain Raoust déplore qu\u2019en France, le travail manuel ait été « déclassé ».Si repenser et recréer le monde, c\u2019est possible \u2014 « puisque tout est fini, tout est possible », écrit Catastrophe \u2014, cela passe, estime le réalisateur, par « des jeunes qui partent de ce qu\u2019ils ont sous la main, construisent des cabanes physiques, mais aussi des cabanes d\u2019idées, de poésie ».Marqué par la pensée et le militantisme d\u2019un David Thoreau (Walden, ou la vie dans les bois) ou d\u2019un Charles Lane (La vie dans les bois), Alain Ra- oust se dit empreint d\u2019humanisme et d\u2019anticonformisme.« Plus que la réflexion de Thoreau sur les vertus d\u2019une vie à l\u2019écart, c\u2019est de son choix d\u2019une aventure tournée vers la nature pensée et vécue comme une révolte que je me suis inspiré », précise-t-il.Sa déchetterie, Alain Raoust l\u2019a placée dans un décor digne d\u2019un western.Paysage aride et montagneux, mais traversé par un cours d\u2019eau, l\u2019endroit appelle autant à l\u2019oisiveté qu\u2019à la rêverie.La musique a une part « d\u2019Ouest américain, c\u2019est-à-dire un rapport immédiat à l\u2019espace et à la mélancolie », explique-t-il, dans le dossier de presse.La trame sonore est née d\u2019heures d\u2019écoute de « labels pas forcément connus », soutient Raoust dans notre entretien.La mouvance grunge est présente avec les Thugs, « groupe référence en France », et le rap, avec le New-Yorkais Necro, qui a donné son accord en un seul coup de fil.C\u2019est le groupe portugais Dead Combo qui signe la trame originale.« Ce qu\u2019il a amené au film est essentiel.Sa mélancolie.Il y a quelque chose de subtil à ce que la musique soit composée dans un autre pays que [celui du film].Ce qui a servi son travail est la musicalité des mots, non leur sens.» Premier grand succès Film poétique et politique, Rêves de jeunesse est peut-être une fiction de plus, mais elle est portée par l\u2019espoir d\u2019un autre monde.Lancé à l\u2019ACID Cannes, festival en marge du grand Cannes, il tient l\u2019affiche à Paris depuis juillet.Une immense fierté pour son auteur, qui connaît là, sans doute, son plus grand succès.« Je rêve d\u2019un monde où nous arriverions à concilier l\u2019urgence climatique et l\u2019exigence politique, la sauvegarde d\u2019un milieu physique et l\u2019éthique des droits et devoirs humains », répond le jeune quinquagénaire à la question « Rêvez-vous encore ?».Puis il y a son rêve en oiseau.« Je ne sais pas lequel de ces rêves est le plus épuisant au réveil.» Faut continuer à rêver La planète se meurt, mais le cinéaste Alain Raoust croit au potentiel créatif de la jeunesse Film poétique et politique, Rêves de jeunesse est porté par l\u2019espoir d\u2019un autre monde.K-FILMS AMÉRIQUE ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR éalisateur fantomatique jusque-là sur les écrans québécois, le Français Alain Ra- oust tourne pourtant depuis un quart de siècle.Rêves de jeunesse, le quatrième long métrage de celui qui dit rêver, à 50 ans passés, de se « transformer en oiseau pour descendre le Saint-Lau- rent », représente donc une première.Le récit met en scène une nouvelle génération d\u2019adultes désabusés par ce que la réalité, y compris la téléréalité, leur offre.Ces jeunes ne forment pas une réelle bande, mais des solitudes qui se croisent le temps d\u2019un été dans l\u2019idyllique région Provence-Alpes-Côte d\u2019Azur.Salomé fuit Paris, le temps d\u2019un emploi d\u2019été dans une déchetterie \u2014 centre de tri dans un village reculé.Perdue dans la nature, Jessica abandonne la compétition de l\u2019émission télé à laquelle elle devait se rapporter.Clément tente de survivre à la mort de son frère Mathys, un idéaliste dont le fantôme pèse lourd.« J\u2019ai souhaité un film qui soit l\u2019écho des aspirations d\u2019une partie de R LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Voilà sans doute une tradition dont vous n\u2019avez jamais entendu parler, ou alors sa variation laïque, lorsque de braves baigneurs plongent dans des eaux glacées pour marquer le passage de la nouvelle année.Dans certains villages de la Macédoine, autrefois une république de l\u2019ex-Yougoslavie, un représentant de l\u2019Église orthodoxe lance une croix au milieu des remous d\u2019une rivière, et celui qui attrape le précieux symbole reçoit tous les honneurs, bénéficiant (supposément) d\u2019une aura de bonne fortune pendant un an.Même si elle ne vit plus là-bas, maintenant établie à Bruxelles, la cinéaste Teona Strugar Mitevska fait de chacun de ses films une radiographie de la Macédoine et de ses mœurs parfois étranges.Inspirée par une bravade qui fit grand bruit \u2014 lorsqu\u2019une femme a osé s\u2019emparer de la croix en 2014, elle fut forcée de quitter le pays à la suite de ce « scandale » pour éviter les représailles \u2014, elle propose une incursion au cœur du machisme ordinaire d\u2019un petit village dans Dieu existe, son nom est Petrunya.Sous d\u2019autres cieux, elle serait qualifiée de « Tanguy » : trentenaire diplômée en histoire, sans emploi, vivant toujours chez ses parents, dont sa mère qui lui apporte son déjeuner au lit et lui dicte ce qu\u2019il faut porter pour une entrevue d\u2019embauche.Petruyna (Zorica Nusheva, en symbiose avec ce rôle très physique et rarement flatteur) semble se lever du mauvais pied tous les matins, traînant son existence morose et ses kilos en trop comme une fatalité.Rien ne peut lui rendre le sourire, surtout pas sa rencontre avec le patron d\u2019une usine qui lui signale à grands traits à quel point elle est incompétente, sans avenir et sans aucun attrait physique (les dialogues sont nettement plus crus que cette simple description).Traînant son vague à l\u2019âme au bord d\u2019une rivière tout en observant le curieux rituel de ces baigneurs zélés, Pe- truyna plonge à leur suite pour mettre la main sur la croix de bois, un exploit filmé par des badauds, devenu viral, qui se rend jusqu\u2019à Skopje, la capitale, où une journaliste télé y voit la métaphore parfaite de ce qui cloche dans son pays.Car la rebelle improvisée fera d\u2019abord l\u2019objet d\u2019une chasse, suivie d\u2019une arrestation par la police, le commissariat devenant le véritable théâtre de cette aventure quelque peu absurde.Cette héroïne jusque-là invisible n\u2019attire d\u2019abord aucune sympathie, et même son entourage, mis à part son père, nostalgique de l\u2019ère communiste, a du mal à s\u2019approcher de cette femme vite irritable, constamment sur ses gardes.Dans un tel environnement hostile, gangrené par le chômage et les idées de l\u2019extrême droite, Petruyna fait figure d\u2019extraterrestre, d\u2019animal traqué, voire de paria.C\u2019est du moins la vision qui s\u2019impose lorsqu\u2019elle traverse ces paysages enneigés, ou se promène d\u2019un appartement décrépi à l\u2019autre, ne voyant aucune issue à un futur obstrué.Dans un revirement de situation qui ne manque pas d\u2019ironie, et sur lequel la cinéaste insiste un peu trop, l\u2019arrivée de Petruyna au commissariat de police constitue un important changement de ton, à la fois plus dramatique et plus libérateur.Le cloisonnement qu\u2019elle subit, qui sent aussi la menace de la meute de ses jeunes détracteurs en colère, la transforme peu à peu en pasio- naria de la cause féministe, déterminée à emmerder les autorités judiciaires et religieuses qui font pression sur elle pour que revienne le calme au village, de même que la fameuse croix de bois.Et surtout l\u2019ordre immuable des choses où les hommes mènent le bal.Ce qui devient un huis clos judiciaire, entre éclairages au néon, murs blafards ou tapissés d\u2019images de nature luxuriante, rend un peu moins légère la démonstration de la cinéaste, davantage à l\u2019aise dans l\u2019ironie et l\u2019observation de mœurs que dans l\u2019avalanche de revendications politiques à l\u2019emporte-pièce.24 heures plus tard, Petruyna a gagné en assurance, mais semble hésitante à poursuivre une quelconque révolution, et encore moins à se prendre pour Dieu.Culture Porter sa croix Dans une société où le machisme ressemble à une religion, les dissidentes ont la vie dure Dieu existe, son nom est Petrunya (V.F.de Gospod postoi, imeto i\u2019e Petrunija) 1 / 2 Comédie de Teona Strugar Mitevska.Avec Zorica Nusheva, Labina Mitevska, Simeon Moni Damevski.Ex-République yougoslave de Macédoine\u2013Slovénie, Croatie\u2013France\u2013Belgique, 2019, 100 minutes.Une scène du film Dieu existe, son nom est Petrunya AZ FILMS Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous et d\u2019Infrarouge Création MARIE BRASSARD Pleins feux sur la parole de femmes radicales et indociles.Billetterie ?514 845-7277 QUATSOUS.COM en prévente É c l i p s e 21 JANVIER ?15 FÉVRIER 2020 Avec Larissa Corriveau, Laurence Dauphinais, Eve Duranceau et Johanne Haberlin Décor et costumes Antonin Sorel Lumières Sonoyo Nishikawa Conception sonore Alexander MacSween Maquillages et coiffures Angelo Barsetti Conception vidéo Karl Lemieux Intégration vidéo Guillaume Arseneault Assistance au décor Alex Hercule Desjardins Régie son Gabriel Filiatreault et Andréa Marsolais-Roy LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Un documentaire dont le titre se résume au nom de famille de son sujet laisse deviner les paramètres de ses ambitions : une biographie complète, et édifiante, d\u2019une illustre personnalité, du berceau au tombeau, avec entre les deux une multitude de têtes parlantes pour marquer chaque étape.À peu près rien de tout cela ne nous est servi dans Cunningham, de la cinéaste Alla Kovgan, dont les choix thématiques et esthétiques sont clairs : une période historique bien délimitée, que de rares témoignages sortis des archives de l\u2019époque, et une attention méticuleuse à l\u2019œuvre de l\u2019artiste plus qu\u2019à ses propos.C\u2019est ainsi qu\u2019elle aborde Merce Cunningham, une des figures essentielles de la danse moderne américaine, lui qui se disait d\u2019abord et avant tout danseur.Ce qui ne l\u2019a pas empêché de signer près de 180 chorégraphies et de faire rayonner sa compagnie à travers le monde jusqu\u2019à sa mort en 2009, toujours actif même à 90 ans.L\u2019ancien danseur de la non moins c é l è b r e c o m p a g n i e d e M a r t h a Graham était depuis longtemps préoccupé par le caractère éphémère de son art, impossible à accrocher dans les musées ou à déposer sur le papier.C\u2019est cette inquiétude qu\u2019Alla Kovgan tente d\u2019apaiser en faisant la belle part à certaines de ses plus splendides créations datant de 1942 à 1972, celles de ses débuts en solo, des balbutiements de son métier de professeur, de directeur de troupe et de gérant de tournées nationales et internationales.Des tâches qui lui ont souvent pesé.Dans un réel désir de décloisonnement, en plus de s\u2019offrir le luxe ultime de la technologie 3D (Wim Wen- ders fut l\u2019un des rares documentaristes à l\u2019utiliser pour magnifier le génie de sa compatriote Pina Bausch), Alla Kovgan inscrit le travail chorégraphique de Cunningham dans des paysages diversifiés, dont les toits de New York, des cours intérieures de châteaux français et des parcs verdoyants.Ou alors elle n\u2019hésite pas à s\u2019enfermer en studio pour reproduire les débauches de couleurs imaginées par le peintre Robert Rauschenberg, un des célèbres collaborateurs de Cunningham à cette époque, avec Summerspace (1958).Rauschenberg ne fut pas le seul à marquer de son empreinte le travail de Cunningham, ce portrait soulignant la force du tandem unique que le chorégraphe formait avec le compositeur John Cage, également un couple à la ville, aspect abordé ici avec pudeur.Même flamboyance lorsque surgit Andy Warhol dans sa trajectoire artistique, débarquant avec ses fameux oreillers argentés qui tapissent tout l\u2019espace dans Rainforest (1968).Et pour bien marquer l\u2019ancrage dans le temps, la cinéaste compose un étonnant puzzle où des images d\u2019archives des performances s\u2019intercalent à celles d\u2019aujourd\u2019hui, montrant ici Cunningham en action, avec en parallèle ce précieux héritage artistique revisité avec les moyens technologiques d\u2019aujourd\u2019hui.Cette discipline naguère peu médiatisée \u2014 ce qui est encore le cas au- jourd\u2019hui\u2026 \u2014 n\u2019offrait pas à Alla Kov- gan des possibilités infinies d\u2019images d\u2019archives, la forçant à se rabattre sur des lettres, des enregistrements sonores (parsemés de propos acrimonieux d\u2019anciens membres de la troupe) et des photographies, dont celles du triomphe de la troupe à Londres en 1964 dans le cadre de sa première tournée internationale.La rareté des objets du passé lui a permis de construire en toute liberté un splendide écrin, avec la collaboration précieuse du directeur photo Mko Malkhasyan, agissant ainsi en véritable peintre.Expérience esthétique plutôt que leçon d\u2019histoire, Cunningham illustre la vision fulgurante du chorégraphe au cœur d\u2019une œuvre cinématographique ayant pour première ambition d\u2019émouvoir le spectateur.Il prétendait n\u2019avoir rien à dire, résistait à l\u2019idée d\u2019apposer une couche de sens à ses œuvres (sauf pour Winterbranch [1964], dans laquelle il évoquait la violence), mais créait avec une constante énergie.Une énergie portée aux nues grâce à ce film admirable et éblouissant.Culture Cinéma 14 Pour la beauté du geste Célébration de trois décennies de création du grand chorégraphe américain Merce Cunningham CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Une femme s\u2019avance dans le couloir aseptisé d\u2019une prison.Une lourde porte barreaudée se referme tandis qu\u2019elle s\u2019éloigne, sa silhouette de plus en plus floue\u2026 Cette femme n\u2019est pas une prisonnière, mais c\u2019est tout comme.Elle est en l\u2019occurrence la directrice de l\u2019aile des condamnés à mort.Elle s\u2019appelle Bernadine Williams, et sans qu\u2019elle le sache, la façade de détachement professionnel qui lui permet d\u2019affronter un quotidien pénible a d\u2019ores et déjà commencé à se fissurer.Ce bouleversement d\u2019abord subtil, puis sismique, la cinéaste Chino- nye Chukwu l\u2019expose brillamment dans Une ultime grâce, lauréat du Grand Prix à Sundance.Cela dit, l\u2019effet dévastateur qu\u2019a le film doit énormément à Alfre Woodard, dont l\u2019absence aux Oscar a été dénoncée avec raison.Ce que cette actrice d\u2019exception (voir Criss Cross de Martin Ritt et Passion Fish de John Sayles), trop souvent reléguée au second plan, accomplit dans Une ultime grâce (Clemency) constitue une leçon de maître en matière d\u2019interprétation.Derrière le stoïcisme que s\u2019impose son personnage tel un mécanisme de survie, l\u2019actrice établit non seulement une humanité bafouée, mais surtout, une détresse latente.Ce, avec souvent pour seul outil son regard.C\u2019est patent lors d\u2019une exécution horriblement bâclée, au début du film : quand un garde demande à Bernadine si elle veut qu\u2019un médecin vienne confirmer le décès, elle ne répond pas tout de suite.Son trouble n\u2019est apparent qu\u2019une seconde, mais cela suffit à Al- fre Woodard pour suggérer un remous intérieur dont la protagoniste elle-même n\u2019a pas idée de l\u2019ampleur.Cunningham Documentaire d\u2019Alla Kovgan.États-Unis\u2013Allemagne\u2013France, 2019, 93 minutes.Le chorégraphie Second Hand MARTIN_MISERE Une ultime grâce (V.F.de Clemency) Drame psychologique de Chinonye Chukwu.Avec Alfre Woodard, Wendell Pierce, Aldis Hodge, Richard Schiff.États-Unis, 2019, 113 minutes.Sans merci Alfre Woodard aurait dû recevoir une nomination aux Oscar pour sa prestation remarquable dans Une ultime grâce Habillée de larmes et de silence, Alfre Woodard est magnétique.Il faut voir ce film.Il faut voir cette actrice.MK2 | MILE-END Sobre brio C\u2019est là l\u2019amorce d\u2019une vague de fond qui gagnera en force avec la perspective de plus en plus probable d\u2019une autre exécution : celle d\u2019un détenu reconnu coupable du meurtre d\u2019un policier, mais dont il est permis de croire à l\u2019innocence (la cinéaste s\u2019est inspirée de l\u2019affaire Troy Davis).Appel rejeté, pardon du gouverneur qui ne vient pas\u2026 Familles et avocats ont beau accuser Bernadine de se cacher derrière des procédures, il reste que ses mains sont liées.« Quoi que je fasse ou ne fasse pas, il mourra.Il est mort.Ils sont tous morts », tente-t-elle d\u2019expliquer à son conjoint aimant mais largué.D\u2019ailleurs, qu\u2019il s\u2019agisse de la maison où Bernadine garde son mari à distance ou du bar où elle anesthésie son mal-être, chaque lieu est filmé par Chinonye Chukwu comme une geôle.La réalisatrice y isole Bernadine dans des plans qui montrent peu, mais expriment beaucoup (comme Woodard), la cernant d\u2019ombre ou la faisant paraître plus petite, écrasée, au moyen d\u2019un interlocuteur placé à l\u2019avant-plan.Les lignes effilées par des perspectives amplifiées dans la prison, et droites vues des airs, lardent ou lacèrent l\u2019œil, voire l\u2019âme.La séquence ultime, qui consiste essentiellement en un long gros plan de Bernadine, renvoie ostensiblement à La passion de Jeanne d\u2019Arc, de Dreyer.Habillée de larmes et de silence, Alfre Woodard est magnétique.Il faut voir ce film.Il faut voir cette actrice. LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Cinéma 15 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR En 2002, le roman de Yasmina Kha- dra Les hirondelles de Kaboul connut un vif succès.En 2010, on annonça en grande pompe son adaptation au cinéma.Puis, plus rien.Mais voici qu\u2019en 2019 parut enfin ledit film : un long métrage d\u2019animation coréalisé par Za- bou Breitman et Éléa Gobbé-Mével- lec, dont le processus créatif exigeant explique en partie ce long délai.Très achevé sur le plan formel et d\u2019une force d\u2019impact remarquable, le résultat justifie amplement l\u2019attente.Présenté cet automne dans le cadre de Cinemania, Les hirondelles de Kaboul a auparavant été sélectionné par les festivals de Cannes, d\u2019Annecy et d\u2019Angoulême, où il a été couronné.Il y a d\u2019abord Zunaria (Zita Hanrot) et Mohsen (Swann Arlaud), elle artiste, lui enseignant : ils sont jeunes, amoureux\u2026 Il y a ensuite Mussarat (Hiam Abbass) et Atiq (Simon Abkarian) : tandis qu\u2019elle se meurt, lui est prisonnier des horreurs qu\u2019il a vues à la guerre et qu\u2019il continue de voir dans la prison où il est gardien.Prison où, par un concours de circonstances tragique que l\u2019on ne dévoilera pas, aboutit Zunaria.De leurs destins croisés résulte un récit riche d\u2019humanité.Détail important : l\u2019action se déroule sous le règne des talibans, qui font régner la terreur sur l\u2019Afghanistan.Toute de décombres et d\u2019angoisse qui couve, Kaboul n\u2019est plus que l\u2019ombre d\u2019elle- même.Entre autres séquences marquantes : trois jeunes gens, un homme et deux femmes, sortent d\u2019un cinéma illuminé, puis un fondu révèle ce qu\u2019il en est désormais, l\u2019homme portant dorénavant la barbe et les deux femmes, la burqa.L\u2019établissement qu\u2019ils quittent est à présent en ruines.L\u2019horreur en douceur Au sujet du volet technique, le rendu épuré rappelant l\u2019aquarelle cache en réalité un labeur insoupçonné.En effet, un tournage entier avec des comédiens a eu lieu en amont de l\u2019animation proprement dite.Cela, parce que les deux réalisatrices désiraient capter une partie des mouvements des interprètes, et surtout parce qu\u2019elles souhaitaient enregistrer leurs voix dans l\u2019action plutôt qu\u2019en post- synchro, après coup, comme il est d\u2019usage de le faire en animation.Il en résulte une authenticité accrue ; quelque chose de très senti, de très incarné.Quant à l\u2019aspect visuel, son flot est constant, d\u2019une fluide harmonie.Pour autant, ce qui est montré n\u2019est pas nécessairement facile à encaisser, loin de là.On songe à cette lapidation d\u2019une femme jugée pour « fornication » par une foule mâle en liesse\u2026 Oui, il est des scènes difficilement soutenables.Mais justement, en opposant à cette violence barbare la douceur inhérente à l\u2019aquarelle, les cinéastes atténuent Transcender l\u2019horreur Les hirondelles de Kaboul oppose la douceur de l\u2019aquarelle à la violence du régime taliban visuellement ce qu\u2019elles exacerbent psychologiquement.Magistral.Cachet littéraire On connaissait déjà le talent de Zabou Breitman, comédienne (La crise, Tenue correcte exigée) ayant fait le pas avec bonheur à la mise en scène au théâtre comme au cinéma (Se souvenir des belles choses, L\u2019homme de sa vie, Je l\u2019aimais).En revanche, on découvre Éléa Gobbé- Mévellec, dont c\u2019est là le premier long après des collaborations comme dessinatrice sur des projets tels Ernest et Cé- lestine (qui partage une parenté visuelle avec Les hirondelles de Kaboul).Leur film, qui prend des libertés nécessaires avec le roman, fonctionne dans l\u2019ensemble admirablement bien.Tout en préservant un cachet littéraire dans les dialogues (ce monologue final de Mussarat, aussi poignant qu\u2019évocateur), le scénario négocie sans heurts les développements et retournements de ces deux trames d\u2019abord parallèles qui fusionnent au mitan.À terme, un espoir prévaut, une poésie également, qui donne tout son sens au titre.La conclusion n\u2019en est pas moins douce-amère \u2014 il eut été malhonnête d\u2019agir autrement.Un film douloureux mais très beau, tant dans sa facture que dans ses idéaux.Les hirondelles de Kaboul Animation de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec.France, 2019, 81 minutes.Le film, qui prend des libertés nécessaires avec le roman, fonctionne dans l\u2019ensemble admirablement bien.LES ARMATEURS S A L L E B O U R G I E SALLE BO U R G I E .C A À la cour des Gonzague Mercredi 22 janvier \u2022 19 h 30 Les cinq chanteurs de l\u2019ensemble israélien Profeti della Quinta interprètent des madrigaux de Monteverdi et des psaumes hébraïques de Salomone Rossi.19 20 Présenté par Musiciens de l'OSM Trouvailles baroques Vendredi 24 janvier \u2022 18 h 30 Le hautbois à l\u2019honneur dans des œuvres de J.S.Bach / A.Marcello, Graupner et Zelenka Intégrale des cantates de Bach \u2022 An 6 Theatre of Early Music Dimanche 26 janvier \u2022 14 h 30 Un moment d\u2019exception avec l\u2019élégant contreténor Daniel Taylor et son ensemble. LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 C ultur e Notre s élection cinéma en s alle 16 Les nouveautés sont en rose La voie de la justice (V.F.de Just Mercy) ?1/2 Le célèbre avocat Atticus, du non moins célèbre roman de Harper Lee, To Kill a Mockingbird, et tel qu\u2019il est incarné au cinéma par Gregory Peck, a depuis longtemps de la relève.Le dernier en date, Bryan Stevenson, n\u2019est pas un personnage de fiction.Il défend depuis trente ans les Afro-Américains, spécialement ceux faussement accusés et abandonnés dans le couloir de la mort.Inspiré par ses mémoires, Destin Daniel Cretton revisite les débuts de son combat en Alabama au milieu des années 1980, portrait lisse et édifiant de l\u2019émergence de ce héros des 1917 (V.O.et V.F.) ?Dans 1917, Sam Mendes recrée la Première Guerre mondiale au moyen d\u2019une seule séquence fluide, l\u2019illusion de continuité étant parachevée de-ci de-là grâce à la magie du numérique.L\u2019effet est confondant et complètement immersif.On y suit deux soldats chargés de livrer un message capital en passant à travers les lignes ennemies.Fictif, le récit s\u2019inspire des histoires du grand-père du réalisateur de Skyfall.D\u2019où sans doute l\u2019humanité qui prévaut par-delà le tour de force technique.La charge viscérale étant d\u2019une telle puissance, la finale n\u2019est pas tout à fait à la hauteur.Il n\u2019empêche, on demeure captivé, investi.D\u2019ailleurs, chapeau bas aux interprètes ainsi qu\u2019à la direction photo de Roger Deakins, qui forge, ici une ambiance d\u2019aube bucolique, là de matinée blafarde, plus loin de crépuscule sinistre.Cela, au sein d\u2019un même torrent visuel auquel on s\u2019abandonne de bon gré.François Lévesque Les quatre filles du docteur March (V.F.de Little Women) ?1/2 Moult fois adapté au cinéma et à la télé, le roman de Louisa May Alcott subit une cure de jeunesse entre les mains bienveillantes de Greta Gerwig (Lady Bird), qui en tire une relecture lumineuse.Alternant entre le présent et le passé, la réalisatrice trace le destin des quatre sœurs \u2014 Jo (fougueuse Saoirse Ronan), Meg (fraîche Emma Watson), Beth (effacée Eliza Scanlen) et Amy (incandescente Florence Pugh) \u2014 en soulignant, pas toujours subtilement, les difficultés d\u2019être une femme dans l\u2019Amérique de la guerre de Sécession.Au-delà de la joliesse des images, elle esquisse un parallèle entre le récit et la vie de Louisa May Alcott en grappillant dans ses autres romans et sa correspondance.Ce faisant, Gerwig restreint l\u2019aspect bons sentiments de l\u2019œuvre et fait résonner une voix de femme revendiquant son autonomie et son indépendance.Manon Dumais Les misérables ?Jean Valjean et Gavroche auraient bien du mal à reconnaître Montfermeil, ce lieu devenu mythique grâce au roman de Victor Hugo Les misérables, au- jourd\u2019hui une cité HLM en banlieue parisienne où habite une France métissée et marginalisée.Largement inspirée des expériences passées et pré- Synonymes ?Une caméra nerveuse.Une rumeur urbaine.Un jeune homme qui marche à pas pressés\u2026 ou qui fuit ?On ne plonge pas tant dans le film de Nadav Lapid qu\u2019on y perd pied, avec son protagoniste Yoav, ex-sol- dat israélien n\u2019essayant rien de moins de renaître Français.Or, une nationalité en vaut parfois une autre, d\u2019où le titre.Morcelé, à l\u2019instar de de la psyché de Yoav, le flot narratif se fait volontiers flot de pensées.Yoav est certes dans une démarche consciente de rejet d\u2019Israël, mais ses pérégrinations parisiennes rendent compte d\u2019un emportement qui n\u2019est souvent que pur instinct : fascinante dichotomie que le nouveau venu Tom Mercier, en alter ego du cinéaste qui fait œuvre en partie autobiographique, incarne avec un brio confondant.C\u2019est impétueux, brusque, mais ça se pose parfois le temps de contempler, de méditer, une parole, une motivation\u2026 Furieusement cinétique, Synonymes charrie dans son sillage force émoi et réflexion.François Lévesque Une ultime grâce (V.F.de Clemency) ?À la perspective de plus en plus probable de l\u2019exécution d\u2019un détenu possiblement innocent, Bernadine Williams, directrice d\u2019un couloir de la mort, voit sa façade de détachement professionnel commencer à se fissurer.Un bouleversement d\u2019abord subtil puis sismique que la cinéaste Chinonye Chukwu, lauréate du Grand Prix à Sundance, expose brillamment.Cela dit, l\u2019effet dévastateur qu\u2019a son film doit énormément à Alfre Woodard: derrière le stoïcisme que s\u2019impose son personnage tel un mécanisme de survie, l\u2019actrice établit une humanité bafouée, une détresse latente.Ce, avec souvent pour seul outil son regard.Une leçon de maître.La réalisatrice l\u2019isole dans des plans qui, comme Woodard, montrent peu mais expriment beaucoup, la cernant d\u2019ombre ou la faisant paraître plus petite, écrasée.Des lignes effilées par des perspectives amplifiées, et droites vues des airs, lardent ou lacèrent l\u2019œil, voire l\u2019âme.François Lévesque Cunningham ?Ce qui frappe chez la documentariste Alla Kovgan, c\u2019est son refus d\u2019établir une biographie complète du célèbre danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham.Les balises chronologiques sont réduites au minimum, les têtes parlantes peu nombreuses (toutes tirées d\u2019images d\u2019archives), et l\u2019époque couverte se résume à ses trois premières décennies de création, soit de 1942 à 1972.Et que gagne-t-on?La présence incandescence de cet ancien membre de la troupe de Martha Graham, dans de rares entrevues au cours de cette période, et surtout ses plus sublimes chorégraphies, captées parfois sur le vif, reprises ici dans un splendide écrin, le tout rehaussé par la technologie 3D, un luxe pour le genre documentaire, et cette discipline artistique.Dans différents pays et de multiples lieux, intérieurs comme extérieurs, des œuvres comme Winter- branch (1964) et Summerspace (1958) reprennent vie dans une splendeur éblouissante.André Lavoie Dieu existe, son nom est Petrunya (V.F.de Gospod postoi, imeto i\u2019e Petrunija) ?1/2 Petrunya semble abandonnée de tous, y compris de Dieu.Trentenaire diplômée en histoire, célibataire, sans emploi et visiblement sans avenir reluisant, elle décide de faire un geste impulsif, brisant une tradition de son village, provoquant la colère de jeunes hommes abrutis.Son insolence lui vaudra d\u2019être mise au ban des accusés, recluse dans un commissariat de police où son coup d\u2019éclat aura une résonance nationale.C\u2019est la vision pas très édifiante de Teona Strugar Mi- tevsa, originaire de Macédoine, maintenant établie à Bruxelles, décrivant le machisme qui ronge ce coin du monde, égratignant la bêtise de l\u2019extrême droite et la duplicité des religieux.Une farce campagnarde qui ne manque pas d\u2019audace, mais quelque peu plombée par une curieuse rupture de ton où la drôlerie cède le pas aux sermons politiques.André Lavoie L.A.Tea Time ?En plein dilemme professionnel, Sophie Bédard Marcotte, jeune cinéaste montréalaise, décide d\u2019aller demander conseil à son idole, la cinéaste indépendante Miranda July.À Los An- geles.La voici donc héroïne d\u2019un road movie documentaire d\u2019une vibrante inventivité.Avec derrière la grisaille de l\u2019hiver québécois et devant, l\u2019espoir d\u2019une rencontre déterminante, le film revêt des atours de plus en plus fantaisistes.La facture artisanale, bricolée est revendiquée, célébrée.Si l\u2019acte de mise en scène est au cœur de cette proposition, il s\u2019agit aussi d\u2019un film de réalisatrice à propos de réalisatrices: hormis July, Chantal Akerman fait l\u2019objet d\u2019un hommage aussi senti que soutenu.C\u2019est parce qu\u2019elle est mue par une passion conquérante que Sophie Bédard Marcotte se lance dans ce périple, et dans le vide, de la sorte.De par sa nature et sa conception, L.A.Tea Time est l\u2019incarnation même de cette inspirante détermination.François Lévesque Les hirondelles de Kaboul ?Toute de décombres et d\u2019angoisse qui couve, Kaboul n\u2019est plus que l\u2019ombre d\u2019elle-même sous le régime taliban.Deux couples: Zunaria et Mohsen, elle artiste, lui enseignant, ainsi que Mussarat et Atiq, elle qui se meurt physiquement et lui, mentalement.Dans la prison où ce dernier est gardien aboutira Zunaria.De leurs destins croisés résulte un récit riche d\u2019humanité.Il est des scènes difficilement soutenables, mais en opposant à une violence barbare la douceur inhérente à l\u2019aquarelle (que la technique évoque), les cinéastes atténuent visuellement ce qu\u2019elles exacerbent psychologiquement; magistral.Tout en Star Wars, épisode IX.L\u2019ascension de Skywalker (V.F.de Star Wars, Episode IX: The Rise of Skywalker) ?Dans une galaxie lointaine, très lointaine\u2026 Ah et puis on s\u2019en fout: depuis le temps, on sait comment ça commence.Ce qu\u2019on veut savoir, c\u2019est comment ça finit.Une tâche quasi insurmontable que celle de clore à satisfaction l\u2019immensément populaire saga créée en 1977.Trois trilogies et quelques chapitres assez moyens plus tard, J.J.Abrams réussit à boucler toutes les boucles ET à réparer les gaffes du précédent opus.À cet égard, la regrettée Carrie Fisher, si marquante en Leia, a droit à une sortie de scène empreinte du respect dû à son rang.Ce, dans le cadre de l\u2019un des plus ingénieux, et émouvant, retournements du film.L\u2019action ne s\u2019essouffle guère, et si la finale s\u2019étire, on sent un réel désir de dire adieu convenablement.Les effets spéciaux sont spectaculaires, à l\u2019instar des décors et panoramas.Les interprètes sont très investis\u2026 Bref, on espérait un bon film.Or, on se retrouve avec l\u2019un des meilleurs de la série.François Lévesque sentes du cinéaste, qui habite toujours là, cette plongée dans le quotidien survolté de trois policiers s\u2019étale sur 24 heures, créant une tension qui culmine en un gigantesque chaos.Des interprètes chevronnés se mêlent à de nombreux jeunes comédiens amateurs qui incarnent avec énergie et dévotion les vicissitudes de cette commune.Entre les prises de vue aériennes et une caméra à l\u2019épaule souvent nerveuse, Ladj Ly observe de l\u2019intérieur un univers qui craque de toutes parts, qui croule sous la chaleur et qui voit son avenir obstrué par des tours en décrépitude.Un portrait social percutant, mais aussi plein d\u2019humanité.André Lavoie préservant un cachet littéraire dans les dialogues, le scénario négocie sans heurts les développements de ces deux trames d\u2019abord parallèles qui fusionnent au mitan.À terme, un espoir prévaut, une poésie aussi, qui donne tout son sens au titre.Un film douloureux mais très beau, tant dans sa facture que dans ses idéaux.François Lévesque LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 C ulture Notre s élection cinéma en salle 17 Merci pour tout ?1/2 Un an que Marianne et Christine Cyr ne se sont pas parlé.Depuis le Noël précédent, en l\u2019occurrence.Or, au décès de leur père absent, les deux sœurs sont forcées de se revoir.Déjà compliquées par les volontés du défunt souhaitant qu\u2019on disperse ses cendres aux Îles-de-la-Madeleine, les choses s\u2019embrouillent davantage lorsque les deux Montréalaises découvrent des liasses de billets dans le congélateur paternel.Réalisé avec un dynamisme contagieux par Louise Ar- chambault, écrit avec une verve savoureuse par Isabelle Langlois et porté par des Julie Perreault et Maga- lie Lépine-Blondeau très complices, ce road movie comique offre des rires à profusion tout en ménageant de jolis moments d\u2019émotion.Contrairement aux héroïnes, on sait pas mal d\u2019entrée de jeu où tout cela s\u2019en va.Mais justement, la raison d\u2019être d\u2019un road movie n\u2019est-elle pas le voyage plutôt que la Le chant des noms (V.F.de The Song of Names) ?1/2 En adaptant le roman de Norman Le- brecht sur un violoniste virtuose fuyant sa famille adoptive londonienne après que les siens eurent été emportés par la Shoah, le Québécois François Girard (Le violon rouge, Hochelaga) livre un film parfois en panne d\u2019émotion, mais marqué par une exceptionnelle scène phare qui donne son titre au film.Avec une forte distribution, entre autres Tim Roth et Clive Owen en amis d\u2019enfance réunis 35 ans plus tard, le cinéaste garde la bride sur ses acteurs et sa réalisation classique manque de pulsion vive, par-delà ses grands moments.Odile Tremblay Dolittle ?Après le tragique décès de sa femme, l\u2019excentrique Dr John Dolittle et sa célèbre ménagerie sont contraints de renouer avec l\u2019humanité lorsqu\u2019ils sont appelés à mettre le cap sur une île mythique, où se trouve le seul remède en mesure de sauver de la mort la reine Victoria.C\u2019est au héros le plus lucratif d\u2019Hollywood, Robert \u2014 Iron Man \u2014 Downey Jr., que revient l\u2019honneur de revêtir les traits du singulier personnage: un choix si dispendieux qu\u2019il explique possiblement le manque d\u2019envergure de ce long métrage, dont le budget de production est pourtant estimé à plus de 175 millions.Pour inclure les innombrables péripéties des héros en à peine plus de 90 minutes, le film a été trituré jusqu\u2019à l\u2019incohérence.Aucune attention n\u2019est accordée aux personnages ou à leurs relations.Les quelques blagues qui ont survécu au massacre ne sont guère exploitées au-delà de la sempiternelle flatulence.Le manque de cohésion s\u2019étend jusqu\u2019aux scènes d\u2019action, dont le style bâclé et inégal est fort difficile à suivre.Médiocre.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Mauvais garçons pour la vie (V.F.de Bad Boys for Life) ?1/2 Michael Bay s\u2019est rendu jusqu\u2019en Belgique pour trouver de la relève à son cinéma tapageur et tape-à-l\u2019œil.Adil El Arbi et Bilall Fallah avaient la tâche de remettre sur les rails le retour (tant attendu?) des mauvais garçons que sont parfois Will Smith et Martin Lawrence, tandem policier imaginé par Bay dans les années 1990 et dont le succès en a fait l\u2019artificier que l\u2019on connaît depuis ce temps.Cette troisième escapade à Miami, où l\u2019on prend acte de l\u2019emprise des cartels mexicains de la drogue, fait à la fois l\u2019éloge de l\u2019expérience (devant de jeunes blancs-becs technos) et les vertiges de la retraite après une vie professionnelle menée tambour battant.Rien de bien nouveau sous le soleil de la Floride, dont la même com- Une vie cachée (V.F.de A Hidden Life) ?1/2 Envoûtant dès les premiers plans, tragique et tendu comme un suspens, A Hidden Life ramène le Terrence Ma- lick de The Tree of Life, Palme d\u2019or en 2011, et de The Thin Red Line (1998).Dans ce récit campé sur fond de Deuxième Guerre mondiale, mais sans champs de bataille, le réalisateur réussit à marier son style si ambitieux à un plicité des deux vedettes, qu\u2019un prologue endiablé résume pour ceux qui avaient autre chose à faire ces 25 dernières années.André Lavoie destination?Un beau divertissement de saison.François Lévesque droits civils chargé d\u2019innocenter un homme victime d\u2019une justice expéditive, et ouvertement raciste.Michael B.Jordan, d\u2019une assurance tranquille en jeune idéaliste, fait face à Jamie Foxx, tout à fait remarquable en faux coupable.Un cinéma qui flatte notre bonne conscience, et nous rassure sur notre humanité.André Lavoie propos solide.Inspiré d\u2019un fait vécu, le film tourne autour de Franz Jägerstät- ter, un fermier autrichien, bon catholique et père de famille qui a payé cher son refus de s\u2019enrôler comme soldat nazi.Si le choix de tourner en anglais enlève de la crédibilité au résultat, les raccords de plans contribuent à illustrer la rupture de cette vie si heureuse et simple, devenue complexe et tragique.Scènes d\u2019une grande beauté et de violence se succèdent.Jérôme Delgado opéra romantique de MICHEL TREMBLAY + ANDRÉ GAGNON mise en scène NORMAND CHOUINARD avec MARC HERVIEUX DOMINIQUE CÔTÉ Nadine Brière Nathalie Doummar Kathleen Fortin Noëlla Huet Laetitia Isambert Jérémie L\u2019Espérance Jean Maheux Frayne McCarthy Cécile Muhire Jean-François Poulin Isabeau Proulx Lemire Linda Sorgini Léa Weilbrenner Lebeau les musiciennes Carla Antoun Rosalie Asselin Esther Gonthier Marie-Eve Scarfone tnm.qc.ca DES SUPPLÉMENTAIRES JUSQU\u2019AU © J u l i e n F a u g è r e EN ÉCHO AU SPECTACLE\u2026 LES BEAUX Avec Marc Hervieux Animation : Lorraine Pintal Lundi 20 janvier de 14 h à 16 h sur la scène du TNM INFOS ET BILLETS BELLESSOIREES.UMONTREAL.CA UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Découvrez LE CHEMIN PARCOURU En 1979, le Nouveau Théâtre Expérimental, Omnibus et Carbone 14 s\u2019associent pour fonder Espace Libre dans une ancienne caserne de pompiers, au cœur du Centre- Sud de Montréal.Ce nouveau lieu de cohabitation, dédié à l\u2019expérimentation et à la présentation d\u2019œuvres inédites et provocantes, allait marquer à jamais la scène culturelle québécoise.En 1994, Carbone 14 part s\u2019installer tout près, dans ce qui devient l\u2019Usine C.Espace Libre choisit ce moment pour amorcer un grand virage en se lançant dans la diffusion?: sa programmation originale, qui continue de se démarquer, s\u2019enrichit en accueillant des artistes et des troupes qui ont, eux aussi, envie de bousculer les codes.Depuis ses tout débuts, Espace Libre fait ainsi émerger des voix essentielles de la dramaturgie québécoise en présentant des œuvres qui ont fait date.Et le théâtre continue sur sa lancée avec des productions récentes comme Table rase (saison 2015-2016) Bis est une section qui regroupe des contenus produits pour des annonceurs.La rédaction du Devoir n\u2019a pas été impliquée dans la production de ces contenus.Espace Libre est un lieu de production et de diffusion théâtrales ouvert sur son quartier et sa ville, et à l\u2019écoute de notre époque et des questions qu\u2019elle provoque.Sa mission est de favoriser l\u2019exploration et la représentation de l\u2019ensemble de notre société, à travers des aventures scéniques où le plaisir s\u2019accorde à la performance.et Dans le champ amoureux (saison 2018-2019) de Catherine Chabot, ou encore Post Humains (saison 2018-2019) de Dominique Leclerc.2020?: UNE GRANDE ANNÉE POUR ESPACE LIBRE À l\u2019occasion de son 40e anniversaire, Espace Libre entame une nouvelle phase de son histoire.En effet, le théâtre s\u2019est offert une parenthèse de plusieurs mois en 2019 pour moderniser ses installations en se dotant d\u2019outils à la fine pointe de la technologie, notamment en ce qui a trait au son, à l\u2019éclairage et aux projections vidéo.Les travaux sont terminés et, en ce début d\u2019année, le théâtre s\u2019apprête enfin à rouvrir ses portes.«?L\u2019expérimentation et l\u2019innovation nécessitent des outils que nous sommes désormais en mesure de mettre à la disposition des créateurs, explique le directeur artistique Geoffrey Gaquère.Cette transformation nous permettra de continuer à attirer des artistes chevronnés et des artistes de la relève.?» UN THÉÂTRE D\u2019ART, DE VILLE ET D\u2019INCLUSION «?En ces temps de changements où la valeur refuge est le repli sur soi et la peur de l\u2019autre, je suis convaincu que le théâtre, par le biais de l\u2019excellence artistique, peut contribuer au vivre ensemble, explique Geoffrey Gaquère.Nous invitons sur la scène d\u2019Espace Libre des artistes aux démarches humanistes, dont les œuvres éclairent notre présent.C\u2019est pour cette raison que nous travaillons quotidiennement à proposer un lieu adapté et inclusif \u2013 sur les planches comme dans la salle \u2013 qui donne une place à toutes et à tous, notamment aux personnes racisées, à celles qui vivent en situation de handicap ou à celles qui sont issues des peuples autochtones ou de la communauté LGBTQ+.?» E S P A C E L I B R E L\u2019institution théâtrale célèbre ses 40 ans de créativité avec des installations modernisées et une programmation exceptionnelle qui met de l\u2019avant son engagement citoyen.PA R M AU D E D U M A S , c o l laborat ion sp é c ia le ESPACE LIBRE Ancré dans le présent, tourné vers l\u2019avenir LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 CONTENU PARTENAIRE DÉMOCRATISATION CULTURELLE ET MOBILISATION CITOYENNE Les racines d\u2019Espace Libre sont solidement ancrées rue Fullum.Malgré l\u2019embourgeoisement des dernières décennies, l\u2019ancien Faubourg à m\u2019lasse est encore et toujours un quartier sensible où les enjeux sociaux abondent, mais où prévalent humanité et esprit de solidarité.On y retrouve l\u2019un des plus grands nombres d\u2019organismes communautaires au pays et une quantité impressionnante d\u2019artistes.«?Avec les théâtres du quartier et le riche tissu communautaire, beaucoup d\u2019activités culturelles prennent place sur un petit nombre de kilomètres carrés!», remarque Geoffrey Gaquère.Entré en poste en 2014, le directeur artistique a d\u2019entrée de jeu voulu explorer cette relation entre la vocation d\u2019Espace Libre et l\u2019écosystème de son quartier, où une partie de la population est en retrait de la vie culturelle.Pour Geoffrey Gaquère, il est essentiel de tisser des liens entre les citoyens et les arts.«?Nous avons donc entrepris une série d\u2019actions de démocratisation de la culture auprès de la population du Centre-Sud.?» Et comment! Espace Libre offre des tarifs réduits et des ateliers de théâtre gratuits à ses «?voisins?» et a mis sur pied une initiative remarquable: le Comité spectateur-trice.Chaque année, une vingtaine de personnes du quartier sont ainsi invitées à assister gratuitement à des spectacles, à rencontrer des artistes et des artisans, et à participer à des tables rondes qui les éclairent sur les œuvres.«?Avant les représentations, nous mangeons ensemble et nous discutons des enjeux de la pièce, précise le directeur artistique.C\u2019est de cette façon que nous voulons contribuer à développer le goût du théâtre.?» Mais, comme le dit si bien le directeur artistique, c\u2019est le spectacle annuel de quartier, où Espace Libre offre une plage de sa saison à des professionnels désirant travailler avec des citoyens, qui constitue la cerise sur le sundae de ces actions.La pièce Pôle Sud, documentaires scéniques d\u2019Anaïs Barbeau- Lavalette et d\u2019Émile Proulx-Cloutier, mettant en scène des résidents du quartier, est un exemple inoubliable, joué trois années de suite.Tout comme la participation, lors du 375e anniversaire de Montréal, de 20 «?voisins?» du quartier à la pièce Camillien Houde, «?le p\u2019tit gars de Sainte-Marie?» d\u2019Alexis Martin.LA RÉOUVERTURE «?Les derniers coups de pinceau sont à donner, mais nous sommes impatients d\u2019ouvrir nos portes, conclut Geoffrey Gaquère.Les artistes de cette saison jouent avec la consigne qui règne à Espace Libre depuis sa fondation?: s\u2019approprier les lieux avec la plus grande des libertés.?» Le public est invité à découvrir la variété de ces propositions qui, de la comédie à la danse en passant par la réalité virtuelle et la performance, célèbrent les 40 ans de créativité de cette institution.Histoire populaire et sensationnelle Gabriel Plante et Félix-Antoine Boutin (Création dans la chambre) présentent une comédie grinçante sur l\u2019étrange rapport qu\u2019entretient le Québec avec son histoire.DU 28 JANVIER AU 8 FÉVRIER Bow\u2019t Trail Retrospek Rhodnie Désir évoque, à travers le prisme de la danse documentaire, le souvenir des peuples déportés d\u2019Afrique tout en soulignant leur apport à l\u2019édification du Nouveau Monde.DU 13 AU 22 FÉVRIER Genderf*cker Créée et interprétée par Pascale Drevillon, mise en scène par Geoffrey Gaquère et produite avec le FTA, cette performance théâtrale explore les identités trans et queer en se questionnant sur la vie dans un monde non binaire.DU 26 AU 29 FÉVRIER Trip Sur les traces de la Beat generation et du rêve hippie, Mathieu Quesnel revendique le droit à la liberté de créer dans un monde conformiste.DU 6 AU 21 MARS Obaaberima Le monologue engagé d\u2019Evalyn Parry et Tawiah Ben M\u2019Carthy (Buddies in Bad Times Theatre) interroge les normes sexuelles de notre société et nous éveille aux réalités de l\u2019intersectionnalité.DU 24 AU 28 MARS Une conjuration Alexis Martin et Daniel Brière (NTE), qui signent respectivement texte et mise en scène, interprètent André Masson et Georges Bataille élaborant un manifeste sur fond de fascisme.DU 14 AVRIL AU 9 MAI La cartomancie du territoire Kathia Rock, Marco Collin et Philippe Ducros (Les productions hôtel-motel) utilisent l\u2019expérience vidéographique pour contempler l\u2019immensité de notre territoire et aller à la rencontre des peuples autochtones.DU 12 AU 23 MAI Violette Catherine Bourgeois (Joe Jack et John) invite le public à entrer, par le biais de la réalité virtuelle, dans l\u2019imaginaire de femmes vivant en situation de handicap.DU 13 MAI AU 7 JUIN «Dans un monde de plus en plus virtuel et solitaire, le théâtre est l\u2019un des seuls endroits où l\u2019on peut se retrouver autour d\u2019une œuvre vivante, devant des gens qui racontent leur histoire, en prenant le temps de ré?échir sur nous, sur notre époque.» - Geoffrey Gaquère, directeur artistique d\u2019Espace Libre G A B R I E L L E D E S M A R C H A I S G A B R I E L L E D E S M A R C H A I S Christian Bégin et Gabriel Plante, dans Histoire populaire et sensationnelle, à l\u2019affiche du 28 janvier au 8 février.La chorégraphe Rhodnie Désir présentera Bow\u2019t Trail Retrospek du 13 au 22 février.UNE PROGRAMMATION À NE PAS MANQUER Le ?l conducteur, qui est celui de l\u2019histoire et de l\u2019héritage, est en lien direct avec les 40 ans d\u2019Espace Libre. LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 C ultur e Art s visuels 2 0 appartient pas \u2014 Bradley-Ertaskiran est locataire.C\u2019est sur le squelette de la défunte Parisian Laundry (2007- 2019) que s\u2019écouleront les prochains mois.Y compris dans le bunker du sous-sol, espace en béton plus propice à l\u2019expérimentation et à la rupture avec\u2026 le cube blanc.À deux, c\u2019est mieux « Moi, dit Antoine Ertaskiran, c\u2019est à la grandeur du lieu qu\u2019il faudra que je m\u2019habitue.» Après sept ans à la tête de la galerie qui portait son nom, établie dans le quartier voisin, il cherchait un nouvel élan.Ici, à Saint-Henri, il sera servi.Il cherchait à prendre de l\u2019expansion.Annoncée en novembre, la naissance de la galerie Bradley-Ertaskiran découle de la fermeture de deux enseignes renommées, les galeries Antoine Ertaskiran et Parisian Laundry.Megan Bradley, jusque-là directrice de la seconde, voulait voler de ses propres ailes.La décision de son patron, l\u2019homme d\u2019affaires Nick Tedeschi, de se retirer du marché de l\u2019art lui en a donné l\u2019occasion.Au printemps 2019, elle et son futur associé ont commencé à discuter d\u2019un projet commun.L\u2019été, la chose est devenue officielle.Hier concurrents, quoique amis, ils sont aujourd\u2019hui partenaires.Leur entente survient même si leurs galeries connaissaient, assurent-ils, leurs meilleures années.« Les gens penseront que ça n\u2019allait pas bien.Pas du tout.On fait ces changements parce qu\u2019on voulait grandir, affirme Megan Bradley, avoir une galerie plus importante.Faire ça seule, c\u2019était possible, mais ouf ! Pas facile.» « C\u2019est une évolution plus qu\u2019un changement, indique son vis-à- vis.On allie nos connaissances, nos contacts.On aura une plus grande voix, une plus grande force.» Ensemble, ils piloteront sans peur deux programmations (dans la grande salle et dans le bunker) et affichent des rêves de grandeur : ils veulent avoir une présence plus forte dans les foires du monde, recevoir plus d\u2019artistes étrangers et, enfin, s\u2019étendre hors des frontières canadiennes.« On veut gérer une galerie mon- tréalaise, québécoise, canadienne, qui rayonne.Pas le contraire », avance la voix masculine.Bradley-Ertaskiran sera Bradley-Ertaskiran, un duo qui voit grand La nouvelle galerie montréalaise rêve de s\u2019étendre à l\u2019étranger ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR a transformation de la galerie Parisian Laundry en Bradley- Ertaskiran se fera mieux sentir avec le temps et les programmations qui se succéderont rue Saint- Antoine.Mais déjà, à une semaine et des poussières de l\u2019exposition inaugurale, le nouveau duo d\u2019affaires \u2014 Megan Bradley et Antoine Ertaskiran \u2014 a déjà tracé sa voie.« On a changé la galerie, je ne sais pas si tu as remarqué », disent presque en chœur les deux galeristes, en guise d\u2019accueil.Les six colonnes au centre de la grande salle d\u2019exposition dominent encore.Elles sont désormais blanches.Finie la boiserie, du moins dans cette partie névralgique à toute galerie.Recouvrir les colonnes, « c\u2019était le gros truc » à faire, selon Antoine Ertaskiran.« C\u2019est difficile d\u2019entrer en compétition avec les aspects architecturaux du bâtiment.On a voulu rendre ça plus épuré, comme un white cube », explique Megan Bradley.La nouvelle galerie sera portée par cette volonté, celle de laisser toute la place à l\u2019art.Mais on ne transforme pas aussi facilement un lieu, surtout quand il ne nous L Megan Bradley et Antoine Ertaskiran, copropriétaires de la nouvelle galerie Bradley- Ertaskiran, qui remplace l\u2019ancienne Parisian Laundry.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR Les catastrophes liées aux activités humaines se suivent et se font parfois vite oublier.En 2016, la manchette des journaux faisait état de l\u2019« airpo- calypse » sévissant en Chine, dont les grandes villes étaient englouties par le smog.Au fil des années témoin de ce phénomène préoccupant, la commissaire Yan Zhou a convié dix artistes d\u2019ici et de la Chine à créer pour l\u2019expo Breathing des œuvres explorant les relations de l\u2019être humain avec le smog.Malgré la nature du sujet, les propositions ne font pas dans l\u2019énoncé scientifique ni dans le militantisme écologiste.Elles adoptent plutôt des approches métaphoriques qui élargissent au sens figuré la question de la pollution atmosphérique ; l\u2019époque fait face à un climat général d\u2019asphyxie en raison des politiques économiques qui misent sur la croissance au détriment de la planète et de la santé.La commissaire évoque en fait la croyance chinoise voulant que le corps soit un système « micrométéo- rologique » en phase avec sa contrepartie à l\u2019échelle macro, le temps.Cette idée embryonnaire aurait mérité des précisions, tout comme une mise en contexte des œuvres pour lesquelles la galerie B-312 prévoyait heureusement d\u2019ajouter un cartel.Autrement, la visite tient un peu d\u2019une avancée dans le brouillard, faute de repères pour les artistes chinois encore jamais présentés ici.Énergie vitale L\u2019exposition ouvre cependant, et c\u2019est judicieux, avec la figure familière de Yam Lau, artiste d\u2019origine hongkon- gaise basé à Toronto.Il apparaît dans une installation vidéo en pratiquant le tai-chi dans les nuages, manière peut-être d\u2019apprivoiser, aux sens propre et figuré, la fumée toxique ambiante en renouant avec un art traditionnel chéri.Une cohabitation aussi contradictoire caractérise la sculpture murale de Ren Jie, qui combine des polyèdres en feutre noir à une grille Xu Tan, When my Mother Lost in the Woods, 2015-2018 GUY L'HEUREUX « Airpocalypse » dans le regard des artistes Exposition inaugurale À la galerie Bradley-Ertaskiran, 3550, rue Saint-Antoine Ouest, du 23 janvier au 7 mars.majeure et incontournable, de celles qui font partie du circuit international, avec leurs entrées dans les plus grandes foires.Des dépenses de 50 000 $ en quatre jours, 30 000 visiteurs et, souhait primordial, des revenus au bout.Échecs et hasards Les deux propriétaires-directeurs parlent d\u2019une seule voix, sauf pour quelques détails : le nombre idéal d\u2019artistes représentés (autour de 20) et les activités présentées l\u2019été.Mais ils partagent une vision commune, basée sur la promotion d\u2019un art de haut niveau et des artistes qui ont « une éthique de travail » \u2014 lire : sans fins commerciales.Bradley-Ertaskiran, selon eux, profitera de leur expérience respective.Y compris de l\u2019échec de la galerie Push (2009-2011), première expérience de Megan Bradley.« Je n\u2019avais pas de réseau, j\u2019arrivais du Nouveau-Brunswick.C\u2019était impossible que ça fonctionne », explique celle qui croyait qu\u2019avec un prêt bancaire, tout irait comme sur des roulettes.Les deux galeristes ont des parcours similaires : études en histoire de l\u2019art, perspectives d\u2019emploi limitées, attrait pour l\u2019art actuel et un désir de foncer tête première.La galerie Antoine Ertaskiran est née en 2012, au moment où son fondateur devenait papa.Le hasard a voulu que Megan Bradley, maman pour la première fois en novembre, vive cette expérience alors que naît la galerie commune.L\u2019exposition inaugurale sera portée d\u2019ailleurs par le hasard.Huit artistes ont été retenus, dont Jessica Eaton et ses processus photographiques aléatoires et Marie-Michèle Deschamps, qui met à l\u2019eau des œuvres en cuivre.« Les artistes essaient de contrôler quelque chose qui ne se contrôle pas », résume Megan Bradley.Les galeristes savent qu\u2019eux aussi ne contrôlent pas tout.Mais ils croient dur comme fer en leur projet.Au bout du compte, leurs collègues québécois y gagneront aussi.« On veut mettre un spotlight sur Montréal, qui peut être une ville importante en art contemporain », conclut Antoine Ertaskiran.Un discours souvent entendu.Qui sait si, cette fois, ils diront plus vrai.blanche, tels des parasites tenaces.Tandis que cette proposition formelle peut évoquer le problème global de la pollution engendrée par l\u2019industrie textile, celle de Mireille Lavoie, qui a fait une résidence à Beijing, investit le registre de la santé personnelle.La poudre de talc, volatile comme les particules nocives, esquisse sur le mur des motifs de poumons et de plantes en référence à l\u2019asthme dont elle souffre, un enfer sûrement au contact du smog.Pour échapper à l\u2019air sale, plusieurs citadins chinois aisés ont d\u2019ailleurs fui pour la campagne, creusant encore les inégalités sociales par rapport à la pollution.Architecte de jour, Zhang Qingfan dit, elle, trouver refuge le soir en dessinant à l\u2019encre, une pratique qu\u2019elle associe à la respiration.Sur un lutrin de fortune, un livre fait voir ses irrésistibles jardins imaginaires.Li Ming adopte aussi une technique classique chinoise, la peinture de paysages.Il la pratique à partir de l\u2019eau résiduelle de son purificateur d\u2019air sur des feuilles de journaux officiels chinois.Il confronte ainsi la réalité actuelle (un appareil palliant la pollution et la presse contrôlée) aux représentations d\u2019un passé où la nature était encore intacte, voire idéalisée.Visite attendue Chose rare, Li Ming sera en visite à Montréal à la mi-février pour des activités avec le public, ainsi que Xu Tan, artiste remarqué au Guggenheim en 2017 dans l\u2019expo Art and China After 1989 pour ses travaux critiques sur la croissance accélérée des villes, dont Guangzhou.Il a développé le concept de « botanique sociale » qu\u2019il incarne dans une série de vidéos faisant des portraits de la résistance là où elle n\u2019est pas soupçonnée.Breathing De Jean-François Côté, Dong Dawei, Alexandre David, Ren Jie, Yam Lau, Mireille Lavoie, Li Ming, Zhang Gingfan, Xu Tan, Zhang Xiao.Commissaire : Yan Zhou.À la galerie B-312, 372, rue Sainte-Catherine O., espace 403, jusqu\u2019au 15 février.Culture LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 14 JANVIER AU 22 FÉVRIER 2020 B I L L E T S : T H E A T R E L A L I C O R N E .C O M FILLES ET LES GARÇONS LES TRADUCTION FANNY BRITT MISE EN SCÈ NE DENIS B ERNARD AVEC MARIL YN CASTONG UAY DE DENNIS KELLY P H O T O : K E L L Y J A C O B ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE MARIE-HÉLÈNE DUFORT DÉCOR OLIVIER LANDRE VILLE COSTUME MÉRÉDITH CA RON ÉCLAIRAGES JULIE BASS E MUSIQUE FANNY BLOOM texte et mise en scène ALEXIA BÜRGER conseil dramaturgique FANNY BRITT une production du CENTRE DU THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI LES HARDINGS 15 jan.15 fév.2020 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.| L\u2019exposition Momies égyptiennes est organisée par le British Museum, Londres, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Elle a reçu l\u2019appui du ministère du Patrimoine canadien par le biais du Programme d\u2019indemnisation pour les expositions itinérantes au Canada.Momie de Tamout (détail), Troisième Période intermédiaire, début de la 22e dynastie, vers 900 AEC, EA 22939.© The Trustees of the British Museum | L\u2019exposition « Tant le moindre de mes atomes t\u2019appartient intimement » est organisée par le MBAM en collaboration avec Bruce Bailey.Paterson Ewen, Arbre à angle droit (détail), 1977.Prêt de la collection Bailey, Canada.© Mary Alison Handford.Photo Joseph Hartman | L\u2019exposition Volte-face est organisée par le MBAM en collaboration avec Carol et David Appel.Rachel Harrison, Le voyage du Beagle (détail), 2007.Collection de Carol et David Appel.Avec l\u2019aimable concours de l\u2019artiste et de Greene Naftali, New York | L\u2019exposition Obsession est organisée par le Musée Gardiner, Toronto, en partenariat e Kasshiki e e e s.), CAMBODGE, tête de Bouddha, vers 1200.MBAM, achat; Murik, PAPOUASIE- brag HM6 Goalie Face Guard, 1971.MBAM, collection Liliane et David M.Stewart, don de Cooper tankagle ou deangle, avant 1930.MBAM, achat, don de F.Cleveland Morgan.Photos MBAM À VOIR CET HIVER AU MUSÉE « TANT LE MOINDRE DE MES ATOMES T\u2019APPARTIENT INTIMEMENT » Œuvres choisies de la collection Bailey Jusqu\u2019au 29 mars MOMIES ÉGYPTIENNES En co l laborat ion avec P R É S E N T É PA R VOLTE-FACE Photographies de Cindy Sherman, Laurie Simmons et Rachel Harrison, de la collection de Carol et David Appel Jusqu\u2019au 29 mars LES ARTS DU TOUT MONDE AILE STÉPHAN CRÉTIER ET STÉPHANY MAILLERY NOUVEAU ! OBSESSION La collection de céramiques japonaises de sir William Van Horne Jusqu\u2019au 1er mars EN P ROLO NGA TION JUSQ U\u2019AU 29 M ARS MBAM_DEVOIR_RENTREE_CULT_JANV2020_1PP.indd 1 20-01-08 10:46 L E D E V O I R // L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J A N V I E R 2 0 2 0 LI RE Rentrée littéraire LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e Fiction québécoi s e 24 PANORAMA DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Trois réveils (XYZ), de Catherine Perrin C\u2019est fou ce que l\u2019on a le temps d\u2019accomplir lorsque l\u2019on n\u2019a plus à animer une quotidienne radio.Après avoir fait paraître en 2014 un récit retraçant la vie de sa mère (Une femme discrète), et tenu la barre de Médium large pendant huit ans, Catherine Perrin signe son premier ro- Jenny Sauro (Leméac), de Marc Séguin Parmi tous les écrivains québécois, Marc Séguin est sans doute celui que l\u2019on imagine le plus aisément siroter un café tiède dans un diner de bord de route.Son quatrième roman trace Quinze fictions québécoises à lire cet hiver Une liste préliminaire de titres à surveiller au cours des prochains mois L\u2019éternelle question de la mort continue d\u2019habiter l\u2019écrivaine Louise Dupré dans Théo à jamais, qui marque son retour au roman.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR man, Trois réveils.Antoine, un hautboïste, y fait face à de graves problèmes de santé mentale.Jusqu\u2019à quel point ce qui rend un créateur malade est-il indissociable de son génie ?Des pistes de réponses le 26 février. LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 le portrait kaléidoscopique de Jenny, la serveuse du seul restaurant de North Nation, qui disparaît après avoir arraché son fils à la noyade.Une réflexion sur les frontières géographiques, ainsi que sur celles du corps, dans laquelle s\u2019engager dès le 18 mars.Petites-Cendres, ou la capture (Boréal), de Marie-Claire Blais Bien qu\u2019elle achevait en janvier 2018 son monumental cycle Soifs, Marie-Claire Blais n\u2019en a certainement pas fini avec les thèmes qui ont animé ces dix romans ni avec les figures de résilience qui les peuplaient.Elle retrouve Petites-Cendres, son courageux personnage de jeune travesti, dans ce roman que l\u2019on annonce plus intimiste que ses prédéces- de Rose-Aimée Automne T.Morin S\u2019il fallait reprocher une chose à Ton absence m\u2019appartient, le recueil de témoignages sur le deuil que lançait Rose-Aimée Automne T.Morin l\u2019an dernier, c\u2019est le trop petit nombre de pages qu\u2019elle y consacrait à son défunt père, dont les descriptions laissaient pourtant deviner un fascinant personnage romanesque.L\u2019animatrice et chroniqueuse remédie à la situation le 19 février dans les pages de cette autofiction familiale.Ténèbre (La Peuplade), de Paul Kawczak La palme du « roman qui ressemble le moins à quelque chose qu\u2019on a déjà lu » de cette rentrée 2020 revient à Ténèbre, de Paul Kawczak, dans lequel, en 1890, un géomètre belge est mandaté par son roi pour démanteler l\u2019Afrique.Avec lui à bord de son embarcation : des travailleurs bantous et Xi Xiao, « un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l\u2019art de la découpe humaine ».On part à l\u2019aventure le 23 janvier.La géographie du bonheur (Québec Amérique), de Véronique Marcotte Écrit lors d\u2019une résidence de création à Port-au-Prince, ce septième roman de Véronique Marcotte évoque, entre vie et mort, deux graves questions d\u2019actualité : celle du suicide assisté et celle de la reconstruction d\u2019Haïti.On y croise aussi une certaine écri- vaine québécoise répondant au nom de\u2026 madame V.Le 25 février.Perdre haleine (Éditions du Remue-ménage), d\u2019Anne Archet Parce qu\u2019il s\u2019agit du meilleur moyen de faire l\u2019amour avec quelqu\u2019un que l\u2019on aime vraiment, Anne Archet chante les joies de l\u2019onanisme dans Perdre haleine, une ode autoérotique composée d\u2019une seule longue phrase de 26 000 mots.Parution le 11 février, juste à temps pour survivre seul à la Saint-Valentin.Les Constellées (Marchand de feuilles), de Daniel Grenier De la contrainte jaillit la lumière ?Pendant un an, Daniel Grenier n\u2019a lu que des livres écrits par des femmes.Il émerge de cette expérience avec en main un imposant journal de bord de près de 600 pages traversé, dit-on, par « une puissante réflexion sur sa position d\u2019homme blanc privilégié ».Le paradoxe ici ?Quiconque souhaiterait emboîter le pas à l\u2019auteur en 2020 devra remettre à plus tard la lecture de ce récit autobiographique intitulé Les Constellées.En mars.L\u2019usage de mes jours (Leméac), de Francine Noël Vous avez un jour fréquenté un cé- gep ?Vous avez donc fort probablement lu Maryse (1983), inoubliable premier roman de Francine Noël, qui se fait trop rare.Après avoir raconté la relation la liant à sa mère dans La femme de ma vie, ainsi que celle la liant à son petit-fils dans Le jardin de ton enfance, la grande écrivaine raconte son père dans L\u2019usage de mes jours (5 février), son premier livre depuis 2008.Les crépuscules de la Yellowstone (Boréal), de Louis Hamelin En 1843, l\u2019ornithologue et naturaliste John James Audubon répond pour la dernière fois à l\u2019appel de l\u2019Ouest et s\u2019engage dans ce qui deviendra son ultime expédition (dont il témoigne dans son Journal du Missouri).Étienne Provost, le courageux coureur des bois canadien-français, sera son guide.Quelque 175 ans plus tard, c\u2019est en solo que Louis Hamelin refait le même voyage \u2014 en voiture dans ce cas-ci \u2014 au cœur d\u2019une Amérique où la vie sauvage a désormais été écrasée par les stationnements.On prend la route le 7 avril.seurs, malgré l\u2019ampleur du sujet auquel il se mesure, celui du racisme gangrenant la société étasunienne.Le 3 mars.La morte (Le Quartanier), de Mathieu Arsenault Si faire son deuil, c\u2019est reléguer l\u2019objet du deuil au passé, La morte (25 février) n\u2019a rien d\u2019un récit de deuil.Mathieu Arsenault s\u2019y active plutôt à garder en vie son amie, Vickie Gendreau, emportée par le cancer en 2013.On l\u2019accompagne alors qu\u2019il dépouille les archives de l\u2019écrivaine et tente d\u2019y dénicher les « dix livres en dix ans » que s\u2019était promis de publier, par-delà son absence, celle qui souhaitait ne jamais cesser d\u2019écrire.Pas même le bruit d\u2019un fleuve (Alto), d\u2019Hélène Dorion Hélène Dorion recevait en novembre dernier le prix Athanase-David pour sa contribution remarquable à la littérature québécoise, mais n\u2019entend pas de sitôt cesser d\u2019explorer les anfractuosités de l\u2019âme humaine.La poète célébrée propose ici un roman \u2014 son premier à l\u2019enseigne des Éditions Alto \u2014 dans lequel une femme, Hanna, descend le fleuve jusqu\u2019à Kamouraska tout en remontant le siècle, sur les traces de sa mère en allée.Le 3 mars.Désormais, ma demeure (Triptyque), de Nicholas Dawson Et si la prochaine décennie était, en littérature, celle de l\u2019hybridité formelle ?Nicholas Dawson, qui entend bien travailler à cet objectif, entremêle poésie en prose, essai, récit de soi et photographie dans ce « texte libre et libéré » portant sur la dépression.Le 12 février.Théo à jamais (Héliotrope), de Louise Dupré Dans son puissant recueil La main hantée, Louise Dupré réfléchissait, à la lumière de l\u2019euthanasie de son chat, à sa propre capacité à tuer.L\u2019éternelle question de la mort continue d\u2019habiter l\u2019écrivaine dans Théo à jamais (5 février), qui marque son retour au roman.Béatrice, qui travaille au montage d\u2019un documentaire sur les massacres, devra tenter de trouver un sens à une violente tragédie intime.Diane demande un recomptage (XYZ), de Marie-Renée Lavoie Dans Autopsie d\u2019une femme plate (2017), Jacques annonçait à Diane qu\u2019il la quittait\u2026 à quelques jours de leur 25e anniversaire de mariage.Au choc succédait alors l\u2019étonnement.C\u2019est qu\u2019elle ne se doutait pas de la vie remplie qui l\u2019attendait hors de son couple.Marie-Renée Lavoie la retrouve trois ans plus tard dans Diane demande un re- comptage (29 janvier), au moment où elle apprivoise l\u2019idée d\u2019une nouvelle relation amoureuse.Il préférait les brûler (Stanké), 10 autres titres à surveiller cet hiver et ce printemps Un beau désastre, de Christine Eddie (Alto, 18 février) Fabliau des temps nouveaux, d\u2019Antonine Maillet (Leméac, 26 février) Rosemonteries, de Sébastien Ste-Croix Dubé (Triptyque, 26 février) Chasse à l\u2019homme, de Sophie Létourneau (La Peuplade, 5 mars) L\u2019œil de Jupiter, de Tristan Malavoy (Boréal, 17 mars) Chez les sublimés, de Jean-Philippe Martel (Le Cheval d\u2019août, 24 mars) Zone 51, de Christiane Lahaie (Lévesque éditeur, 7 avril) Infestation, de Charles Dionne (Le Quartanier, 14 avril) La mariée de corail, de Roxanne Bouchard (Libre Expression, 6 mai) Pitié pour les salauds !, de Pauline Harvey (Les Herbes rouges, 12 mai) R entrée litt éraire Fiction québécoi s e 2 5 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 TOUTES NOS FÉLICITATIONS À CÉLINE HUYGHEBAERT, LAURÉATE DU PRIX LITTÉRAIRE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2019 POUR LE DRAP BLANC « RÉCIT D\u2019UNE ENQUÊTE PATIENTE ET ACHARNÉE, CE LIVRE, MAGNIFIQUEMENT COMPOSÉ, REFAIT L\u2019HISTOIRE DE CELUI QUI A VÉCU SANS RIEN LAISSER SINON LA VOLONTÉ, ANCRÉE AU CŒUR DE SA FILLE, CÉLINE, DE LE RAMENER AVEC ELLE EN TERRE D\u2019INVENTION.C\u2019EST UN GESTE D\u2019AMOUR, UN ACTE COURAGEUX DONT L\u2019EXPRESSION EST UN REMARQUABLE ACCOMPLISSEMENT.» c o m i t é d \u2019 é va l uat i o n pa r l e s pa i r s ( Hervé Bouchard, Blaise Ndala, Élise Turcotte) CÉLINE HUYGHEBAERT, LE DRAP BLANC « Pour son premier livre, Céline Huyghebaert est allée aux con?ns du deuil, où les souvenirs s\u2019égarent.Où les pas s\u2019évanouissent.Pour son père, elle a bâti un tombeau, une œuvre poétique, littéraire, un monument dressé face à l\u2019oubli.» x av i e r h o u s s i n , Le Monde des Livres « L\u2019ensemble de cette matière insondable dissimulée sous Le drap blanc nous bouleverse et nous traverse, durablement.» a n n e - l i s e r e m a c l e , Focus Vif « Le drap blanc est le récit d\u2019un gou?re béant, qui menace à tout moment d\u2019engloutir ceux qui restent, ceux qui luttent contre les lacunes de leur mémoire pour reconstituer une existence à partir de ce qui ne laisse pas de trace.» a n n e - f r é d é r i q u e h é b e r t - d o l b e c , Le Devoir « Ce Drap blanc est un sou?e sur une cicatrice et une œuvre littéraire, une enquête intimiste et un conte pour tous, une a?aire de style et un voile qui se déchire.Un rêve et un cauchemar entremêlés.» e r i c l i b i o t , L\u2019Express LE QUARTANIER à pa r a î t r e | | ja n v i e r \u2013 j u i n 2 0 2 0 FICTION f é v r i e r MATHIEU ARSENAULT, LA MORTE m a r s SOPHIE BÉLAIR CLÉMENT, PENDANT QUE LA FLEUR D\u2019UNE HYDRANGÉE POSÉE SUR LE SOUS-MAIN EN CUIR RÉSISTE À LA DÉCOLORATION av r i l CHARLES DIONNE, INFESTATION m a i RODOLPHE GIRARD, MARIE CALUMET THÉÂTRE ja n v i e r DANY BOUDREAULT, CORPS CÉLESTES m a r s MANI SOLEYMANLOU, NEUF (TITRE PROVISOIRE) av r i l GUILLAUME CORBEIL, PACIFIC PALISADES j u i n MANI SOLEYMANLOU, ZÉRO POÉSIE ja n v i e r CATHERINE LALONDE, CORPS ÉTRANGER m a r s SAMUEL ROCHERY, TUBES ET ODES m a r s SAMUEL ROCHERY & STEVE SAVAGE, LUTTERIE ÉLECTRIQUE : SUR UNE CERTAINE FAÇON DE SE CONDUIRE EN POÉSIE ( entretien) av r i l KARIANNE TRUDEAU BEAUNOYER, JE SUIS L\u2019ENNEMIE m a i M.K.BLAIS, ORNITHOLOGIE PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2019 \u2014 ROMAN FINALISTES AU PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS 2020 Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien.L\u2019an dernier, le Conseil a investi 153 millions de dollars pour mettre de l\u2019art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.BRAVO À SIMON LEDUC ET À ALEXIE MORIN L\u2019ŒUVRE LAURÉATE SERA DÉVOILÉE LE VENDREDI 17 AVRIL AU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entrée litt éraire Poésie québécois e 27 Le recueil Formes subtiles de la fuite, de Virginie Savard, retrace les angoisses surgissant d\u2019un univers hostile, s\u2019obstine à faire battre le cœur essentiel.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR clin, même celui des oiseaux.Nous ravit également ce Nous sommes un corps lointain (Mémoire d\u2019encrier, mars) regroupant cinq recueils, dont deux inédits, de Nathanaël, qui a déjà reçu le prix Alain-Grandbois.Elle a une voix singulière, d\u2019une importance capitale pour la littérature queer, tout comme Sylvie Bérard qui, avec À croire que j\u2019aime les failles (Prise de parole, 25 février), explore également le queer : « peut-être le mot [\u2026] qui résume le mieux ce sentiment de ne pas totalement réussir à être comme il faut ».Enfin, du côté des curiosités, notons Carolanne Foucher avec 2½ (Éditions de Ta Mère, 17 mars), dont on dit que l\u2019« écriture est vive, franche, sensible, remplie d\u2019images en forme de toasts Melba et de gâteaux qui gonflent dans le four »\u2026 On craint déjà l\u2019indigestion.À noter Les Éditions du Sémaphore fêteront cette année le 100e anniversaire de la naissance de Gilles Hénault.Nous serons à l\u2019affût.Il nous faut aussi souligner que Les Herbes rouges ont enfin entrepris la republication de l\u2019œuvre de l\u2019immense Josée Yvon.Ainsi, en février, nous arrivera ses Danseuses-mamelouk après ses Travesties-kamikaze.brairie).On sait d\u2019emblée que la saison soulignera de diverses façons ces temps obscurs que nous vivons.Ce recueil retrace les angoisses surgissant d\u2019un univers hostile, s\u2019obstine à faire battre le cœur essentiel.Cette cartographie, François Godin la fait également sienne dans ses Lignes d\u2019effondrement (Le Lézard amoureux, 29 janvier).Les fins du monde y sont décrites en quatre volets, rameutant l\u2019émoi de toute condition humaine.Il nous faudra prendre les Empreintes (Les Écrits des Forges, 17 février), de Germaine Beaulieu, pour saisir son témoignage face à ce monde déchiré, en guerre, ou en manque de respect du vivant.Suivront L\u2019histoire du vent, de Normand de Bellefeuille et Depuis la nuit de France Mongeau (Le Noroît, 18 et 26 février).Du premier, on n\u2019attendait plus rien depuis son recueil Le poème est une maison désormais inhabitée, titre qui laissait entendre la fin exacte de sa poésie.Or, la maison est emportée par cette « histoire du vent qui passe », comme les mots de la poésie qu\u2019il évoquerait.Depuis la nuit, la seconde nous convaincra peut-être que « tout ce qu\u2019on croyait injustice noire est devenu particule intime de nos angoisses et de nos rêves ».Il n\u2019y a pas à en douter, il nous faudra un cœur solide pour accueillir cette vive confrontation avec le mal.Avec ses Mystères (Les Écrits des Forges, 2 mars), Renaud Longchamps ne nous épargnera pas non plus.Le poète se met ici « à la recherche d\u2019un seul sens sacré / qui ne répondra plus à la solitude », s\u2019interrogeant en une belle formule « sur la logique circulaire des cœurs ».Kateri Lemmens nous apprend à Passer l\u2019hiver (Le Noroît, 7 avril), alors qu\u2019elle y raconte « des impasses, des chutes, des épiphanies ».On y verra peut-être des traits de parenté avec l\u2019Ornithologie (Le Quartanier, 12 mai) de M.K.Blais, composé de versets qu\u2019on dit désenchantés : entre sérénité et acceptation du dé- Avoir conscience d\u2019un certain désastre La lucidité des poètes en cette saison prend des allures de résistance PANORAMA HUGUES CORRIVEAU COLLABORATEUR LE DEVOIR uarante-huit recueils de poésie ! Voilà ce qu\u2019on attend dans les prochains mois en poésie, et Le Noroît à lui seul en publiera le tiers ! Simon Pinchaud, le nouveau venu dans la collection « Initiale » du Noroît, ouvre la saison avec Nul si découvert (22 janvier).Il nous incite à prendre « une Tyrolienne de paroles », pour découvrir, sans doute posé « sur la mi- nijupe de [nos] paupières », « le panier de nos intermittences » afin de soulever « la jaquette de notre essai ».Chez Serge Mongrain (29 janvier), Le murmure des vagues nous apporte « mille nuances / mille reflets [qui] s\u2019épivardent / de fulgurances ».De son côté, Virginie Savard nous invite à la suivre dans ses Formes subtiles de la fuite (Triptyque, déjà en li- Q LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e Fiction franç ai s e 2 8 En septembre 2018, Régis Jauffret (Microfictions) voit dans un documentaire sur la police de Vichy des images d\u2019archives où l\u2019on aperçoit son père arrêté par la Gestapo, devant la maison de son enfance.Or, son père n\u2019avait jamais évoqué cet événement et personne de sa famille ne semble en avoir jamais entendu parler.En essayant de trouver l\u2019origine de ce document d\u2019archives, Jauffret entend raconter avec Papa (Seuil, 2 février) ce père souffrant de surdité et de bipolarité décédé en 1987.Révolte et de renaissance Dire les violences du monde, c\u2019est ce qui semble être l\u2019ambition du dernier roman de Nina Bouraoui, Otages (JC Lattès, 12 février), dans lequel une femme de 53 ans, mère de deux enfants, est séparée de son mari depuis peu.Employée dans une entreprise de caoutchouc, elle accepte de faire des heures supplémentaires pour surveiller (espionner) les autres salariés de l\u2019entreprise.La filière française Avec Love Me Tender, Constance Debrénous aborde de front l\u2019amour maternel à travers l\u2019histoire d\u2019une femme devenue ouvertement lesbienne et qui bataille pour la garde de son fils.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Le livre-choc de la rentrée C\u2019est le livre dont tout le monde parle, celui qui fait trembler depuis quelques semaines le Tout-Paris et le petit monde de l\u2019édition française.Dans Le consentement (Grasset, 5 février), Vanessa Springora raconte sa relation avec un écrivain quinquagénaire connu (G.M.) alors qu\u2019elle n\u2019avait que 14 ans.Tout le monde aura vite reconnu Gabriel Matzneff, que Springora dépeint ici en pédophile et prédateur sexuel, et qui avait lui-même donné son point de vue sur cette histoire dans l\u2019un des nombreux volumes de son journal intime publiés chez Gallimard.Aujourd\u2019hui directrice des Éditions Julliard, la femme de 47 ans y livre un témoignage courageux, libérateur et nécessaire, dénonçant la complaisance et l\u2019aveuglement volontaire, coup d\u2019envoi de ce qui restera sans doute dans les annales comme étant « l\u2019affaire Matzneff ».PANORAMA CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR \u2019annonce d\u2019un nouveau roman de Jean Echenoz est toujours un petit événement.C\u2019est donc avec avidité qu\u2019on se jettera sur Vie de Gérard Ful- mard (Éditions de Minuit, mi-janvier), personnage d\u2019homme de main dans un parti politique mineur où s\u2019agitent, comme partout, les complots et les passions.On devrait y retrouver, en plus de son style incomparable, le goût du romancier pour l\u2019absurde et les vies qui passent sous le radar.Trois ans et demi après avoir obtenu le prix Goncourt avec Chanson douce, la romancière franco-maro- caine Leïla Slimani reprend du service avec Le pays des autres.Partie I : la guerre, la guerre, la guerre (Gallimard, avril), roman des origines et premier tome d\u2019une trilogie marocaine très personnelle où elle évoque la rencontre en 1944 entre sa grand-mère alsacienne et un soldat marocain combattant pour la France qu\u2019elle suivra dans son pays à la Libération.Dans M, le magazine du Monde en novembre dernier, l\u2019écrivaine en parlait comme d\u2019une « généalogie de la violence », où se mêlent violence coloniale, violence envers les femmes et violences politiques et intimes Le KGB dans les années 1960 Iegor Gran a puisé dans une riche matière familiale pour nourrir Les services compétents (P.O.L., début février), son nouveau roman.Les « services compétents », c\u2019est ainsi qu\u2019on appelait parfois le KGB dans les années 1960 en Union soviétique.On traque un écrivain qui cherche à faire passer ses nouvelles fantastiques en Occident sous le nom d\u2019Abram Tertz.Il finira par être démasqué par le KGB après une longue enquête : il s\u2019agissait d\u2019Andreï Siniavski et de Maria Rozanova, qui sont les parents du narrateur \u2014 et de Iegor Gran lui- même, né Iégor Siniavski.En 1965, Siniavski est arrêté et condamné à sept ans de goulag, avant d\u2019être libéré en 1971 et d\u2019immigrer en France peu après.Les services compétents se présente comme « le roman vrai et satirique de cette histoire intime et collective ».Une brève sélection de titres de la rentrée hexagonale L Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle craque et, dans un geste condamnable, fasse tout éclater.Une histoire de révolte et de renaissance.Prix Femina en 2016 pour Le garçon (Zulma), Marcus Malte revient avec Aires (Zulma, mi-janvier), dans lequel quelques personnages vont se croiser à la faveur d\u2019un trajet sur une autoroute : un lanceur d\u2019alerte devenu conducteur de poids lourds, un écrivain sans lecteurs.On nous annonce un 8e roman caustique qui dénonce « les dérives de notre société, ses inepties, ses travers, ses banqueroutes ».Poursuivant une quête d\u2019identité et de vérité amorcée dans Play Boy (Stock, 2018), où elle s\u2019interrogeait sur « le sens de la vie juste et bonne », Constance Debré nous revient avec Love Me Tender (Flammarion, 9 janvier).Elle y aborde de front l\u2019amour maternel à travers l\u2019histoire \u2014 de toute évidence autofictive \u2014 d\u2019une femme devenue ouvertement lesbienne et qui bataille pour la garde de son fils de neuf ans.Avec L\u2019homme qui pleure de rire (Grasset, 12 février), Frédéric Beigbe- der ressuscite Octave Parango.Après 99 francs, qui dénonçait la tyrannie de la publicité, et Au secours pardon (devenu L\u2019idéal au cinéma) sur la marchandisation de la beauté féminine, ce nouveau roman vient clore la trilogie de Beigbeder en épinglant la tyrannie du rire et les aliénations contemporaines.Remonter le temps Pour son 9e roman, Et toujours en été (P.O.L., février), Julie Wolkenstein emprunte une forme originale d\u2019autobiographie en s\u2019inspirant des jeux vidéo dits « escape games », dans lesquels les joueurs doivent explorer pièce par pièce une maison, un château, collecter des indices pour progresser et finir par découvrir une histoire et ses secrets.On y visitera avec l\u2019autrice de Colloque sentimental (2001), fille de l\u2019académicien Bertrand Poirot-Del- pech, la maison familiale en remontant ainsi le temps pièce par pièce.R entr ée litt éraire NUMÉRO 806 FÉVRIER 2020 NOUVEAU La non-violence est au cœur de nombreuses luttes menées par divers mouvements dans le monde.Quel héritage et quelle éthique de l\u2019engagement mettent-ils de l\u2019avant ?Quelle pensée stratégique anime leurs actions ?Sans être érigé en dogme, le développement d\u2019une culture de la non-violence peut aider nos sociétés à faire face aux dé?s de notre époque.Le dossier de ce numéro explore le sujet.EN VENTE EN KIOSQUES ET PAR ABONNEMENT, VERSIONS PAPIER ET NUMÉRIQUE (PDF) revuerelations.qc.ca À lire aussi : un débat sur la foi et l\u2019action sociale, un regard sur des enjeux occultés des accords de libre-échange, la chronique littéraire de Violaine Forest et le Carnet de Marie-Célie Agnant.Artiste invité : Étienne Prud\u2019homme 6 NUMÉROS PAR ANNÉE | 52 PAGES PRIX À L\u2019UNITÉ : 9,95 $ + TAXES LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 FINALISTES ÉDITION 2020.\u2022 ELISABETH BENOIT // Suzanne Travolta / POL \u2022 LOUIS CARMAIN // Les offrandes / VLB \u2022 NAOMI FONTAINE // Shuni / Mémoire d\u2019encrier \u2022 SIMON LEDUC // L\u2019évasion d\u2019Arthur ou la commune d\u2019Hochelaga / Le Quartanier \u2022 ALEXIE MORIN // Ouvrir son cœur / Le Quartanier prixlitterairedescollegiens.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e Fiction des Amériques 30 PANORAMA ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR es voix littéraires marginales, ostracisées et ignorées s\u2019élèvent partout en Amérique cet hiver pour mieux ébranler les préjugés insistants et les catégorisations consacrées qui sous-tendent les discours dominants.Comment se réapproprier soi-même lorsque notre histoire, nos repères, nos mythes ont été altérés, catégorisés, effacés par la construction coloniale et hétéropatriarcale du monde ?C\u2019est la quête dans laquelle se lance Leanne Betasamosake Simpson, membre de la nation anichinabée d\u2019Alderville en Ontario, dans On se perd toujours par accident (Mémoire d\u2019encrier, 12 février).Acclamé de toutes parts depuis sa parution en 2018, Boat-People (Sharon Bala, Mémoire d\u2019encrier, 26 février) aborde de front les dérives éthiques et humanitaires qui provoquent et enveniment la crise des migrants.Le droit d\u2019asile de Mahindan et La voix des laissés-pour-compte Les voix marginales et ostracisées s\u2019élèvent partout en Amérique pour mieux ébranler le discours dominant La société du feu de l\u2019enfer, la subversive nouvelle offrande de l\u2019auteur montréalais d\u2019origine libanaise Rawi Hage, nous entraîne sur les traces de Pavlov.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entrée litt éraire Fiction des Amériques 31 de son fils de six ans est menacé lorsque le gouvernement soupçonne que des membres d\u2019une cellule terroriste se cachent parmi le groupe de réfugiés avec lequel ils accostent en Colombie-Britannique.Le rêve du père Nous parvient également cette saison la traduction fort attendue du premier roman de la Canadienne d\u2019origine chinoise Kim Fu, Le fils impossible (Héliotrope, 18 mars), lauréat de multiples prix lors de sa parution en 2014.Fils vénéré, le premier garçon au sein d\u2019une famille qui ne compte que des filles, Peter Huang incarne le rêve de son père : l\u2019assurance d\u2019une descendance en terre occidentale.Or, Peter n\u2019est pas un garçon.Un roman qui témoigne d\u2019un combat singulier au carrefour de la culture et du genre, l\u2019incessant combat pour être soi.Haïti et la diaspora À travers une sélection de courts récits et de personnages vibrants, bruts et profondément humains, l\u2019autrice américaine Roxane Gay explore les multiples réalités de l\u2019expérience haïtienne et de la diaspora.Le livre Ayiti (Mémoire d\u2019encrier, 11 mars) plonge le lecteur dans une culture imprégnée de réalisme magique, d\u2019espoir en constante reconstruction et de vaillante détermination.Abu Bakr al Rabeeah n\u2019avait que 10 ans lorsqu\u2019une bombe a explosé à quelques mètres de lui dans les rues de Homs, en Syrie, faisant voler en éclats ses derniers soubresauts d\u2019innocence.Avec l\u2019aide de son enseignante Winnie Yeung, l\u2019adolescent, qui vit désormais à Edmonton, raconte dans Ces bombes qui fleurissent la nuit.Histoire d\u2019un jeune réfugié (Boréal, 21 avril) l\u2019étrange cohabitation entre la terreur et l\u2019espoir, le courage de partir et la loyauté envers ceux qu\u2019il est contraint de laisser derrière.Le dilemme de la maternité La journaliste et écrivaine canadienne Linda Spalding aborde pour sa part l\u2019un des tabous les plus persistants de la féminité : le dilemme de la maternité.Brillamment rédigé sous la forme d\u2019une délibération, La mère en moi (XYZ, 11 mars) ébranle nos conceptions et nos certitudes, démystifie les joies et horreurs de l\u2019enfantement et se penche sur le jugement insidieux qui teinte les décisions des femmes.La communauté crie Né dans le petit village de Smith, en Alberta, Darrel J.McLeod a grandi porté par les récits et l\u2019héritage de la communauté crie.Avec Mamaskatch, une initiation crie (VLB éditeur, 26 février), récit autobiographique bercé par la présence imposante et tranquille des paysages et empreint des effluves de ragoûts d\u2019orignal et de tisane à la menthe sauvage, on découvre les forces mystérieuses de la transmission et de la narration dans l\u2019épanouissement et la consolidation d\u2019une identité.Des retours attendus Chaque saison, des auteurs réputés se mesurent aux attentes suscitées par le succès de leurs précédents opus et espèrent enchanter de nouveau leurs admirateurs.La rentrée débute en force avec le retour de l\u2019auteur montréalais d\u2019origine libanaise Rawi Hage.Sa subversive nouvelle offrande, La société du feu de l\u2019enfer (Alto, en librairie), nous entraîne sur les traces de Pavlov.À la mort de son père, il découvre son appartenance à une société secrète qui veille à l\u2019inhumation des athées, des homosexuels et d\u2019autres exclus.Avec une galerie de personnages hauts en couleur, Hage chronique les jours tragicomiques d\u2019une communauté au bord du gouffre.Après deux romans au succès considérable, le Canadien Patrick Flanery revient avec Je ne suis personne (Robert Laffont, 21 février), un thriller terrifiant sur la surveillance numérique.La vie de Jeremy O\u2019Keefe prend un étrange tournant lorsqu\u2019il reçoit de mystérieuses boîtes répertoriant l\u2019entièreté de son activité en ligne.Peu à peu, le professeur perd pied, en proie à une incessante paranoïa nourrie d\u2019autocensure et de liberté grugée.PRÉSENTÉE PAR LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e Fiction d\u2019ailleur s 32 PANORAMA CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR ournaliste vénézuélienne née en 1982, Karina Sainz Borgo vit depuis 2006 à Madrid après avoir quitté Caracas au plus fort des années Chávez.Dans un premier roman que l\u2019on dit percutant, La fille de l\u2019Espagnole (Gallimard, mi-février), elle brosse le portrait sobre et cruel d\u2019un pays en crise.Adelaida Falcón vient à peine d\u2019enterrer sa mère que de violentes manifestations éclatent à Caracas.Expulsée de son logement et dépouillée de ses affaires au nom de la Révolution, elle parvient à se réfugier chez une voisine, d\u2019où elle va devoir apprendre à se battre afin de survivre dans cette ville en ruine qui sombre peu à peu dans la guerre civile.Avec Les ouvertures (Verdier, mi- février), l\u2019écrivain italien Antonio Moresco s\u2019aventure dans des formes moins brèves qu\u2019à son habitude.En près de 700 pages, l\u2019auteur de La petite lumière (Verdier, 2014) y décompose trois moments de la vie d\u2019un narrateur : les années de séminaire, celles du militantisme politique et celles des débuts de sa vocation littéraire.Une épopée individuelle aux accents autobiographiques qui retrace une lente et douloureuse tentative de renaissance puisant sa vitalité, estime l\u2019éditeur, « dans le dérèglement des perspectives et l\u2019obsession du franchissement des limites ».Biographie fictive d\u2019un artiste parfaitement insignifiant, Klingsor (Actes Sud, 13 février), le dernier roman du Suédois Torgny Lind- gren mort en 2017, nous fait suivre les traces d\u2019un homme qui a consacré sa vie à peindre un seul et même motif.Possibilités et limites de l\u2019art Des terres de Västerbotten jusqu\u2019à Stockholm et Paris, le romancier y aborde les possibilités et les limites de l\u2019art.Une sorte d\u2019autoportrait de l\u2019artiste en monomaniaque.Alors que la Seconde Guerre mondiale vient de s\u2019achever, femmes et enfants allemands sont vulnérables à Dix escales vers l\u2019ailleurs Condition féminine, drames familiaux et récits historiques forment la trame des fictions étrangères Dans Une machine comme moi, l\u2019Anglais Ian McEwan nous entraîne à Londres en 1982, dans un monde qui ressemble étrangement au nôtre, mais où les avancées scientifiques en matière d\u2019intelligence artificielle ont été fulgurantes.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR J LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entrée litt éraire Fiction d\u2019ailleur s 33 l\u2019avancée de l\u2019armée soviétique victorieuse en Prusse-Orientale.Leur unique espoir est de gagner la Lituanie voisine, malgré la menace omniprésente des soldats russes, et certains enfants \u2014 ceux que l\u2019Histoire appellera les « enfants-loups » \u2014 décident d\u2019entamer le périlleux voyage.Avec À l\u2019ombre des loups (Flam- marion, 13 février), le Lituanien Al- vydas Šlepikas, dramaturge, scénariste et metteur en scène, fait revivre plusieurs de ces destinées en s\u2019inspirant du témoignage de deux survivantes.Avec Dix minutes et trente-huit secondes dans ce monde étrange (Flam- marion, 30 janvier), Elif Shafak (La bâtarde d\u2019Istanbul), romancière turque qui écrit en anglais, retrace la vie d\u2019une prostituée assassinée dans les rues d\u2019Istanbul.Ce faisant, elle évoque aussi l\u2019histoire de nombre de femmes dans la Turquie d\u2019aujourd\u2019hui.Un étrange trio amoureux Dans Une machine comme moi (Galli- mard, mi-janvier), l\u2019Anglais Ian McE- wan nous entraîne à Londres en 1982, dans un monde qui ressemble étrangement au nôtre, mais où les avancées scientifiques en matière d\u2019intelligence artificielle ont été fulgurantes.C\u2019est ainsi que Charlie, le narrateur, a pu faire l\u2019acquisition d\u2019un androïde doté de l\u2019intelligence artificielle la plus perfectionnée qui soit.Avec sa compagne, ils forment un étrange trio amoureux.Mais l\u2019androïde et ses semblables ont été conçus pour respecter les règles et ne parviennent pas à accepter les imperfections du monde, à commencer par le mensonge\u2026 En trois tableaux et trois voyages, Le bosquet (Grasset, mars), d\u2019Esther Kinsky, une traductrice renommée en Allemagne née en 1956, nous raconte quelques itinéraires italiens.Choses rapportées, anecdotes et péripéties se déploient ici dans des nuances infinies pour dire les couleurs, les odeurs d\u2019un bosquet, d\u2019une colline, d\u2019une plage, d\u2019un canal, d\u2019un olivier ou du ciel.En creux, dit-on, ce texte raconte le deuil, l\u2019absence et l\u2019amour.Le livre a obtenu le prestigieux Prix de la Foire de Leipzig.Les ressources du romanesque Dans Le bal des ombres (Rivages, 13 février), l\u2019Irlandais Joseph O\u2019Con- nor (L\u2019étoile des mers, Phébus, 2003) utilise toutes les ressources du romanesque pour donner vie au Londres foisonnant de l\u2019époque victorienne et pour suivre à la trace l\u2019écrivain irlandais Bram Stoker (1847-1912), auteur du sulfureux Dracula (1897).S\u2019appuyant sur des personnages réels, Joseph O\u2019Connor efface les frontières entre fiction et réalité, alors qu\u2019on y croise Oscar Wilde, Jack l\u2019Éventreur et Dracula lui- même.« Roman d\u2019amour, roman sur les mystères et les errances de la création, ce texte est une célébration de l\u2019Art de raconter et de vivre des histoires », affirme l\u2019éditeur.Autrice de deux romans (Tony Hogan m\u2019a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman et La couleur de l\u2019eau, Philippe Rey, 2014 et 2015), Prix Femina étranger, Kerry Hudson est née en 1980 dans les quartiers populaires d\u2019Aberdeen, en Écosse, d\u2019une mère isolée et sans emploi et d\u2019un père alcoolique et absent.De centres d\u2019accueil en bed and breakfast, sa petite sœur, sa mère et elle ont connu pendant près de 20 ans la précarité extrême.Les exclus et les invisibles Dans Basse naissance (Philippe Rey, février), Kerry Hudson revient avec humour et fierté sur les lieux où elle a grandi, puise dans ses souvenirs et pose un regard acéré sur les inégalités de classe actuelles.S\u2019abstenant de tout jugement et de tout sentimentalisme, elle cherche à comprendre, à donner voix aux exclus et aux invisibles dont elle a un jour fait partie.« Une odyssée époustouflante », a dit de ce livre le Sunday Times.Réédition Roman de l\u2019Allemagne nazie écrit pendant l\u2019exil de son autri- ce en France et paru aux États- Unis en 1942, La septième croix de l\u2019Allemande Anna Seghers (1900-1983) est une fresque polyphonique qui fait le portrait d\u2019une société dans laquelle le national-socialisme et la montée du totalitarisme servent à chacun de révélateur.Une édition de poche de ce roman, dit-on, faisait partie du paquetage envoyé aux soldats américains partis libérer l\u2019Europe.Une nouvelle traduction totalement inédite a été publiée, accompagnée d\u2019une postface de Christa Wolf.À lire avec Le cauchemar de Hans Fallada (Denoël, février), dans une toute nouvelle traduction qui rendra de nouveau disponible ce témoignage incisif de l\u2019après-guerre en Allemagne.En lib rairie le 23 mars 2020 UN OUVRAGE UNIQUE ! Avec plus de 130 collaborateurs Sous la direction de Pierre Hébert, Ber nard A ndrès et A lex Gagnon Unique en son genre, instructif et à la portée de tous, rédigé par les meilleurs spécialistes, cet Atlas littéraire du Québec permet de découvrir ou d\u2019approfondir d\u2019innombrables facettes des lettres québécoises.Le lecteur pourra, à son gré, circuler dans la littérature québécoise en parcourant son histoire et ses multiples territoires, de la Nouvelle-France à nos jours, de la naissance d\u2019une imprimerie jusqu\u2019à l\u2019ère numérique, du théâtre à la presse, de l\u2019humour à l\u2019utopie, de la littérature gaie à la littérature autochtone.I S B N 9 7 8 - 2 - 7 6 2 1 - 4 1 2 4 - 5 5 9 , 9 5 $ 4 8 0 p a g e s LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e Jeuness e 34 PANORAMA MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Depuis le lumineux Timothée de Fom- belle jusqu\u2019à la grande Christiane Du- chesne en passant par le truculent duo Blais et Boivin et la solide Élizabeth Turgeon, les auteurs offrent des œuvres gorgées de tous les possibles empruntant au conte, à la poésie, à la science-fiction, au rêve et bien sûr au réel.Petit aperçu de ce qui nous attend ce printemps.Du côté de l\u2019album d\u2019abord, les lecteurs seront choyés par l\u2019offre qui se pare de ses plus beaux atours.Parmi l\u2019abondance, soulignons le sublime Une musique pour Madame Lune (D\u2019eux, avril) de Philip C.Stead et Erin E.Stead, dans lequel Harriet, une jeune violoncelliste solitaire, se lie d\u2019amitié avec la lune tombée du ciel.« J\u2019aime le bruit de l\u2019eau qui goutte des rames.Et j\u2019aime le son de la cloche de la bouée, là- bas.Il y a tant de musique ici.Tout est si silencieux là-haut dans le ciel », raconte la dame blanche.La douceur qui émane du texte n\u2019a d\u2019égale que la sensibilité du trait d\u2019Erin E.Stead.Fameux.Thibaut Rassat livre pour sa part Mauvaise herbe (La Pastèque, en février), un premier titre écrit par cet illustrateur et architecte.Alliant le métier et l\u2019imaginaire, il met en scène Eugène, un architecte ordonné, qui voit ses plans contrecarrés lorsque le vent allonge un arbre sur son bâtiment en construction.Une histoire qui permet de prendre le pouls des aléas de la vie.Timothée de Fombelle s\u2019inspire quant à lui de la Poucette d\u2019Andersen dans Le jour où je serai grande (Gallimard, février).Dans ce conte, ponctué des photographies de Marie Liesse, Poucette se répète qu\u2019elle ne doit pas oublier « l\u2019odeur des matins mouillés, le bruit des pétales qui tombent, le rêve de savoir voler ».Le réel se mêle ici au merveilleux dans une envolée onirique.Pour sa part, l\u2019éditeur Comme des géants nous fera voyager notamment avec Pokko et le tambour (3 février), premier album de Matthew Forsythe à compte d\u2019auteur jeunesse.Avec vivacité, il fait l\u2019éloge de la persévérance dans une histoire vibrante de sincérité.Les préadolescents et adolescents auront aussi l\u2019embarras du choix.Camille Bouchard clôt sa série « Le siècle des malheurs » avec Cicatrices (Boréal, 24 mars), dans lequel il transporte ses lecteurs dans la Louisiane du début du XXe siècle.La courte échelle enrichit sa série noire avec deux nouveaux titres, Les mannequins maléfiques (26 février), de Pierrette Dubé, et Un bruit dans les murs (24 février), de Julie Champagne.Chez Soulières, retenons À cheval sur l\u2019été (22 janvier), de Fabienne Gagnon, un petit recueil de poésie sur le thème de l\u2019été et du déménagement.Comme un coup de soleil en plein hiver.Québec Amérique frappe fort avec Aurore et le pays invisible (11 février), de Christiane Duchesne.L\u2019autrice renoue avec sa prose poétique et féerique dans un récit mettant en scène Aurore, 11 ans, qui bascule dans un monde parallèle habité par des êtres minuscules.La rencontre de l\u2019autre, et de soi-même, sert de fil rouge à cette aventure.Dans Athéna (Hurtubise, 11 mars), Élizabeth Turgeon sonde l\u2019univers de l\u2019intelligence artificielle dans un récit profond alliant avancées technologiques et questions éthiques, le tout dans le décor bouillant de Bangkok.Enfin, La Pastèque poursuit sa collection de documentaires avec Comment fonctionne un phare, qui parle de ces constructions fabuleuses, presque mythiques, qui ont pendant longtemps su guider les navires.Écrit et illustré par le Russe Roman Beliaev, le livre paraîtra en mars.À suivre\u2026 Une rentrée tous azimuts La production jeunesse aborde une panoplie de sujets aussi fabuleux que sérieux L\u2019horoscope, de François Blais et Valérie Boivin, nous plonge dans le monde troublant de l\u2019anxiété.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Ils sont de retour\u2026 Un vieil homme solitaire vit pleinement son quotidien à coups de jardinage et de menus travaux.Accompagné de son fidèle ami Lucien le chien, il coule des jours heureux rythmés, toujours, par les mêmes activités.Afin de ne pas bousculer cette paisible et silencieuse retraite, le vieillard ne lit jamais les journaux, « car ils nous apprennent ce qui se passe de nouveau dans le monde, et le vieux monsieur aurait souhaité que jamais rien de nouveau ne se passe dans le monde ».Mais comme dans la vie les chemins ne sont jamais droits, une page de journal contenant l\u2019horoscope atterrit un beau matin sur son terrain.Plus curieux que sérieux dans son désir de connaître ce que les astres lui annoncent, il lit.Avec L\u2019horoscope, à paraître le 3 mars aux 400 coups, le déjanté et pince-sans-rire duo François Blais et Valérie Boivin signe son- troisième opus.Après 752 lapins et Le livre où la poule meurt à la fin, les complices poursuivent dans l\u2019absurde en conjuguant avec finesse humour scindant et sérieux désarmant.Tout aussi étonnant que décomplexé, imprévisible que truculent, L\u2019horoscope nous plonge au final dans le monde troublant de l\u2019anxiété. LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Joker, de Benjamin Adam, sortira en avril.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Quelques nouveautés à surveiller au cours des prochains mois Traverser l\u2019autoroute, Julie Rocheleau et Sophie Bienvenu (La Pastèque, janvier) Hey June, Fabcaro et Evemarie (Delcourt, janvier) Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet.Tome 4 : Tombé pour la France (Van Liemt et Zidrou, janvier) Les dominants, tome 1, Sylvain Runberg et Marcial Toledano (Glénat, janvier) Muertos, Pierre Place (Glénat, janvier) Far Out, tome 3, Gautier Langevin et Olivier Carpentier (mars) Extases.Tome 2 : Les montagnes russes, Jean-Louis Tripp (Casterman, mars) J\u2019irai cracher sur vos tombes (d\u2019après Boris Vian), Jean-David Morvan, Rey Macutay, Rafael Ortiz, Scietronc (Glénat, mars) Joker, Benjamin Adam (La Pastèque, avril) C\u2019est comme ça que je disparais, Mirion Malle (Pow Pow, avril) ENTREVUE FRANÇOIS LEMAY COLLABORATEUR LE DEVOIR Quelle belle surprise, en préparant les sorties bédé de la rentrée hivernale 2020, que de trouver dans la liste cette réédition de Memoria, courte série publiée originellement en deux tomes par Les 400 coups il y a de cela 20 ans.Pratiquement introuvable au- jourd\u2019hui, l\u2019œuvre a été regroupée en un seul album par les Éditions La Pastèque, qui donnent une seconde vie à des albums importants de notre courte histoire de la bédé.Une bédé qui raconte l\u2019histoire de Benjamin Blake, un chauffeur de taxi qui connaît la ville de Memoria, un genre de New York des années 1930, par cœur.Un jour, il prend une cliente qui oublie, sur le siège arrière, une mallette qui va changer la vie de Blake, qui apprend que lui et tous les citoyens de Memoria sont les figurants d\u2019un monde virtuel.Un thème, donc, qui a traversé le temps.Commençons par dire que le contexte n\u2019était pas aussi favorable à l\u2019époque, raconte le dessinateur et illustrateur Jean-Paul Eid.« Le premier tome a été publié en 1999, et c\u2019était ma première collaboration avec Claude [Paiement], avec qui j\u2019ai fait, plus tard, La femme aux cartes postales.Pour se remettre dans le contexte, c\u2019était une période assez creuse de l\u2019histoire de la bédé québécoise.Le magazine Croc venait de fermer ses portes, et il y a toute une génération de dessinateurs qui a été aiguillée vers l\u2019humour.Mais moi, je sentais que j\u2019avais encore des croûtes à manger et je ne voulais pas faire que quelques pages, ici et là, dans des magazines.» À l\u2019époque, juste trouver un éditeur capable de porter un projet de cette envergure relevait d\u2019une tâche presque impossible.Et pas question d\u2019aller voir en Europe.« Il n\u2019y avait pas encore de ponts entre les éditeurs européens et les auteurs québécois.On considérait la bédé québécoise comme étant amatrice et bancale.Comme Claude et moi voulions faire un projet plus ambitieux \u2014 il écrivait pour le théâtre, entre autres, et voulait s\u2019essayer à quelque chose de plus substantiel \u2014, on s\u2019est donc mis à deux pour réaliser ce projet en se disant que, le jour où il y aurait un éditeur québécois en mesure d\u2019allumer sur un tel projet, qui n\u2019est pas de l\u2019humour ni de la bédé jeunesse, on serait là.On a donc reçu une bourse, on s\u2019est lancés et on est allés voir Les 400 coups, qui éditaient de la bédé du genre 7 à 77 ans, et ils nous ont dit que c\u2019était le projet qu\u2019ils attendaient ! » Et Memoria a eu droit, pour l\u2019époque, à un traitement qui en dit long sur le sérieux avec lequel on traitait le projet : une impression en couleur.R entrée litt ér air e Bédé 35 En avance sur son temps Memoria, de Jean-Paul Eid et Claude Paiement, renaît de ses cendres « C\u2019était tellement onéreux d\u2019imprimer en couleur qu\u2019un des associés de notre éditeur, qui était imprimeur, nous donnait du temps de presse entre deux contrats.C\u2019est pourquoi il a fallu presque un an avant que notre album sorte ; la réalité de l\u2019époque faisait qu\u2019il était imprimé à temps perdu ! Le deuxième volume est sorti quatre ans et demi après le premier, ce qui est tout à fait suicidaire quand tu travailles sur une série.» Une série qui a connu, somme toute, un succès critique, mais pour laquelle le lectorat n\u2019était peut-être pas prêt.« La réception a été excellente, surtout par le très petit milieu journalistique qui osait parler de bédé à l\u2019époque.Ma tête ne passait presque plus dans la porte [rires] ! C\u2019est comme si ce projet avait décomplexé le monde de la bédé québécoise.» Et pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de rééditer Memo- ria ?« Les droits nous sont revenus, à Claude et à moi, et nous étions libres d\u2019en faire ce que nous voulions.Nous sommes allés voir La Pastèque, avec qui nous travaillions déjà, et la réponse a été immédiate et positive.» Cette réédition donne donc à Memoria, la chance inouïe de rattraper un rendez-vous manqué il y a 20 ans.Et c\u2019est une excellente idée ! LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e E ssai québécois 36 « la dépolitisation de l\u2019identité québécoise ».Défenseur de l\u2019héritage de la Révolution tranquille, il craint que la dépolitisation identitaire mène jusqu\u2019à « la folklorisation du Québec français ».De son côté, Geneviève Zubrzycki, sociologue originaire de Québec, publie un Jean-Baptiste décapité (Boréal, 21 janvier) qui reproche, au contraire, à la Révolution tranquille et à ses suites d\u2019avoir rejeté l\u2019influence du catholicisme.Elle estime que le sacré redécouvert enrichirait, au moins par sa symbolique, le sentiment national autant que l\u2019interculturalisme.Préfacé par Catherine Dorion, députée de Québec solidaire, l\u2019essai Un peuple libre (Écosociété, 12 mai), de Benoit Renaud, militant de ce parti, préconise « une indépendance inclusive » qui dépasserait « notre statut de colonisateur colonisé », cher, selon l\u2019auteur, au PQ et à la CAQ.Un autre livre, aussi préfacé par un député de QS, Alexandre Leduc, Brève histoire de la gauche politique au Québec (Écosociété, 12 mai), du militant François Saillant, montre que QS s\u2019inscrit dans une continuité.Acteur de l\u2019indépendantisme et du progressisme, Robert Comeau, ex- professeur d\u2019histoire à l\u2019UQAM, retrace, dans Mon octobre 1970 (VLB, 11 mars), son concours au Front de libération du Québec et rectifie de fausses interprétations.Plus sage aujourd\u2019hui mais toujours engagé, il se situe dans le sillage de celui qui, au XIXe siècle, donna sa dimension politique à notre histoire et à qui Patrice Groulx consacre la biographie complète si attendue : François- Xavier Garneau (Boréal, 14 avril).Un auteur progressiste de l\u2019époque apparaît plus radical : Louis-Antoine Dessaulles, neveu et disciple de Papineau.Georges Aubin et Yvan Lamon- de présentent et annotent, sous le titre Paris illuminé.Le sombre exil (PUL, février), les lettres (1878-1895) de l\u2019expatrié anticlérical.Quant à Jules Racine St-Jacques, il consacre un essai à un père dominicain qui, fondateur de l\u2019École des sciences sociales de l\u2019Université Laval, tenta d\u2019unir l\u2019Église à la modernité : Georges-Henri Lévesque (Boréal, 24 mars).Deux autres livres traitent de l\u2019évolution du progressisme : Aux origines de la social-démocratie québécoise.Le Conseil des métiers et du travail de Montréal 1897-1930 (M éditeur, mai), de Jacques Rouillard, et Cent ans de luttes.Faits saillants d\u2019une histoire d\u2019actions militantes et de combats solidaires (M Éditeur, mai), du Conseil central du Montréal métropolitain \u2014 CSN.Le syndicalisme états-unien influença le premier organisme, le syndicalisme de combat, l\u2019autre, d\u2019esprit plus canadien-français.Des essais abordent des questions plus particulières.La pire péréquation (Somme toute, 3 mars), de l\u2019indépendantiste Jean-Martin Aussant, répond à la question « Le Québec doit- il accepter le passage d\u2019un nouvel oléoduc puisqu\u2019il recevrait chaque année des milliards de dollars en provenance des provinces productrices de pétrole ?».Les pots cassés (Somme toute, 28 janvier), du militant Pierre Céré, relate, de façon critique, l\u2019histoire du quasi-démantèlement de l\u2019assurance-chômage.L\u2019écologisme en soi n\u2019est pas oublié.La Terre est une poubelle en feu ! (Somme toute, 7 avril), du chroniqueur Frédéric Bérard, s\u2019en prend aux climatosceptiques et aux populistes.L\u2019archétype de tous ces gens, le président américain, Donald Trump, trouve un critique québécois en Rafael Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand et auteur de Révolution Trump (Robert Laffont, 17 janvier), dans lequel il dépeint avec humour le personnage.Dans Révolution Trump, Rafael Jacob dépeint avec humour le personnage du président américain, Donald Trump.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L\u2019identité reste au caprice des tendances Progressisme, conservatisme, indépendantisme, fédéralisme : l\u2019essai québécois touche à tout PANORAMA MICHEL LAPIERRE LE DEVOIR \u2019épineuse question d\u2019une identité québécoise en mouvement reste préoccupante tant chez les intellectuels qui jugent adaptable à l\u2019évolution leur conservatisme plus tacite qu\u2019avoué que chez ceux qui osent s\u2019inspirer d\u2019un progressisme nullement étranger à l\u2019aventure.Le fédéralisme éternellement renouvelé, le Parti québécois avide de refonda- tion et Québec solidaire toujours remuant concrétiseraient-ils chacun les idées de nos essayistes, si différentes entre elles ?Dans La condition québécoise (Septentrion, 14 avril), l\u2019historien Jocelyn Létourneau propose « une histoire dépaysante ».Il entend définir une « histoire non pas fondée sur l\u2019axiome mélancolique d\u2019une nation empêchée d\u2019être et inaccomplie, en état continuel de survivance et de résistance, mais sur l\u2019évidence d\u2019une collectivité assurée et confiante ».À l\u2019opposé, dans Une démission tranquille (Boréal, 28 janvier), le sociologue Jacques Beauchemin déplore L LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entrée litt éraire E ssai étr anger 37 Un chemin à travers le chaos Environnementalisme et capitalisme sont au cœur des préoccupations des essayistes tre l\u2019\u201camazonisation\u201d », analyse ce changement en insistant sur les fonctions symboliques et le rôle social du magasin.Les sociologues françaises Céline Bessière et Sibylle Gollac scrutent, quant à elles, un aspect souvent négligé des inégalités de richesse, dans Le genre du capital (La Découverte, mars), en abordant « la fabrique familiale des inégalités ».Elles se demandent : « Pourquoi les femmes accumulent-elles moins de patrimoine que les hommes ?» Les luttes de classes en France au XXIe siècle (Seuil, février), de leur compatriote Emmanuel Todd, historien, traite notamment de la révolte des gilets jaunes.Le philosophe français Michel On- fray consacre même un ouvrage entier aux Gilets jaunes.Grandeur du petit peuple (Albin Michel, janvier).Selon lui, leur révolte « montre qu\u2019il existe en France, loin de la classe politique qui ne représente plus qu\u2019elle- même, une alternative à cette démocratie représentative qui coupe le monde en deux, non pas la droite et la gauche, mais entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux sur lequel il s\u2019exerce ».Rivalité États-Unis\u2013Chine Du côté de la scène planétaire, le meilleur exemple d\u2019un conflit socio-économique se trouve dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine qui aggrave la pollution industrielle responsable du réchauffement climatique.Politologue français, Jean-Michel Valantin examine ce choc des géants dans L\u2019aigle, le dragon et la crise planétaire (Seuil, mars).Sa compatriote Alice Ekman, sinologue, souligne, dans La Chine s\u2019est réveillée : elle est toujours communiste (L\u2019Observatoire, 12 mars), que le pays reste totalitaire.Dans la nouvelle conjoncture planétaire, tant les États-Unis de Trump que le Brésil de Bolsonaro font d\u2019Israël un point de repère de la droite internationale au pouvoir.L\u2019essai L\u2019État d\u2019Israël contre les Juifs (La Découverte, mars), du journaliste français Sylvain Cypel, montre qu\u2019à cause de l\u2019amitié de l\u2019État juif avec cette droite qui partagerait avec lui autoritarisme et ethnicisme, la jeunesse juive américaine en particulier tourne de plus en plus le dos à cet État pour sauver la réputation des juifs de partout.Pour remédier au chaos écologique et politique, il ne reste au singulier philosophe franco-britannique Mark Alizart qu\u2019à proposer, dans Le coup d\u2019État climatique (PUF, 24 mars), de déjouer, par une révolution, le complot contre l\u2019humanité.La Terre inhabitable, de David Wallace-Wells, fait écho au réchauffement climatique.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR PANORAMA MICHEL LAPIERRE LE DEVOIR n 2019, Greta Thun- berg et d\u2019autres militantes, devant l\u2019échec de la COP25 de Madrid qui se dessinait, ont déclaré que le réchauffement climatique est, au fond, « une crise des droits de la personne, de la justice et de la volonté politique ».Dans La Terre inhabitable (Robert Laffont, 10 janvier), le journaliste américain David Wallace-Wells leur fait écho lorsqu\u2019il estime que « la situation est pire, bien pire que ce que vous pouvez imaginer ».En plus du livre de l\u2019éditorialiste du New York Magazine, celui d\u2019écologistes de la Colombie-Britannique, Matt Hern et Am Johal, intitulé Réchauffement planétaire et douceur de vivre (Lux, 6 février), exprime une inquiétude semblable autour d\u2019un voyage vers les gens qui extraient un substitut au pétrole des sables bitumineux de l\u2019Alberta, pratiquant là l\u2019industrie la plus polluante de la planète.Le philosophe français Pierre Charbonnier, dans Abondance et liberté (La Découverte, février), dresse « une histoire environnementale des idées politiques » pour établir que voir la nature comme une ressource illimitée est un leurre que les dirigeants doivent éviter.Mais l\u2019Américain Paul Krugman, Prix Nobel d\u2019économie et chroniqueur au New York Times, croit, dans Lutter contre les zombies (Flammarion, 20 février), que Donald Trump et ses partisans détruiraient le monde.Critique américain très radical de la droite de son pays, Noam Chomsky abonde dans ce sens.Dans La lutte ou la chute ! (Lux, 2 avril), entretiens avec le journaliste Emran Feroz, il parle entre autres du réchauffement climatique et de la présidence de Trump.Ses compatriotes Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, économistes, partagent le même esprit dans Le triomphe de l\u2019injustice (Seuil, mars).À cause de leur baisse d\u2019impôt, les ultrari- ches, notent-ils, paient moins au fisc que leurs secrétaires ! Un système sans âme Devant l\u2019essor de la vente en ligne qui provoque, surtout aux États-Unis, la fermeture d\u2019un grand nombre de magasins, le capitalisme n\u2019apparaît pas seulement comme une source d\u2019inégalité, mais aussi comme un système sans âme.L\u2019essai Éloge du magasin (Galli- mard, février), du sociologue français Vincent Chabault, dirigé « con- E LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 R entr ée litt ér air e Polar 38 PANORAMA MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Les racines sociales et politiques du polar sont profondément enfouies dans la réalité du monde moderne.Au sud comme au nord et à l\u2019est comme à l\u2019ouest, elles se définissent toutes de façon similaire, marquées par les mêmes manques, les mêmes carences que sont l\u2019injustice, l\u2019inégalité, les privilèges et les droits acquis.En cette rentrée hivernale, la petite maison d\u2019édition Métailié cristallise bien concrètement ce simple constat en publiant une série de titres dérangeants mettant en scène une sorte de remontée aux sources du mal\u2026 Regards impitoyables Dans sa collection Bibliothèque hispano-américaine, L\u2019homme en arme et La mémoire tyrannique (tous deux publiés en février-mars), du Salva- dorien Horacio Castellanos Moya, racontent comment les grandes familles tout autant que les anciens commandos de la mort agissant en leur nom ont déchiré, à leur profit, la vie des citoyens ordinaires du pays.Un regard sans pitié\u2026 corroboré par Oscar et José Martinez dans El Niño de Hollywood (en mars) dont l\u2019action se passe dans la mafia salva- dorienne de Californie.Mi-février, et toujours chez Métailié, le Colombien Jorge Franco jette un regard tout aussi impitoyable sur le drame qui divise son pays depuis presque un siècle dans La fille aux ciseaux et Le ciel à bout portant.Ailleurs, Sugar Run (chez Gall- meister en février), de Mesha Maren, raconte à travers une écriture désta- bilisante l\u2019histoire de deux femmes marquées tentant de refaire leur vie ; l\u2019éditeur parle d\u2019une nouvelle voix écorchée par la dureté de la vie dans le sud des Appalaches.Soulignons aussi chez Actes Sud l\u2019arrivée d\u2019un tandem improbable : un journaliste et une chasseuse de phoques enquêtent au Groenland (La fille sans peau, de Mads Peder Nordbo, en février) sur quatre meurtres horribles autour de la découverte d\u2019un Viking enseveli sous la glace.Chez Actes Sud, dès la fin janvier, Au nom de l\u2019enquête, de Marcin Wrons- ki, amène le même constat d\u2019impunité à s\u2019incarner un peu plus loin, en Pologne, à travers l\u2019histoire d\u2019un membre de la Kripo de Lublin qui se penche sur des crimes signés de la même façon avant et après la Seconde Guerre mondiale.Fin février début mars chez Gallmeister, une jeune femme découvre que son père, un respectable banquier, était un « opérateur » de la CIA dans Rouge, blanc, bleu, de Lea Carpenter.Et en mars dans la Série noire de Gallimard, Le diable dans la peau, de Paul Howarth, nous plonge dans le désert australien sur une écriture que les anglos comparent à celle de Cor- mac McCarthy.Tout cela \u2014 et évidemment bien plus encore ! \u2014 sans oublier les incontournables, dont Les fantômes de Reykjavik, chez Métailié noir en fé- vrier-mars, dans lequel Arnaldur In- dridason met en scène la deuxième enquête de Konrad, un policier à la retraite têtu et colérique, une double affaire touchant à la fois la disparition d\u2019une jeune femme et une vieille enquête bâclée de la fin de la guerre.Il y aura aussi, en avril, la conclusion de la trilogie très gore \u2014 Freeman, après Hunter et Crow \u2014 que Ian Ma- nook signe sous le nom de Roy Bra- verman chez Hugo & Cie.Enfin, événement de plus en plus rare (tristement), on verra également la parution d\u2019un nouveau Lawrence Block chez Folio policier, fin janvier-février.Tue- moi raconte le retour de Keller, un sympathique tueur à gages qui n\u2019est pas parvenu à se recycler en agent immobilier.À surveiller ici Il n\u2019y aura pas beaucoup d\u2019activité dans le secteur chez nous en ce début d\u2019année.Le dernier Martin Michaud (Ghetto X) est sorti l\u2019automne dernier, les gros canons que sont Bou- thillette, Pelletier et Senécal sont en plein travail et il faudra attendre encore de ce côté ; respirons par le nez.Signalons toutefois la parution d\u2019Un homme meilleur, de Louise Penny, chez Flammarion-Québec en mars.Gama- che a été rétrogradé à la direction des Homicides et il enquête avec son gendre sur une fille assassinée qui a l\u2019âge de la sienne.Rappelons que les livres de Louise Penny sont maintenant traduits en 29 langues et comptent déjà plus de 9 millions de lecteurs\u2026 ce qui est, en soi, ahurissant.Et puis, comme ça en terminant et parce que l\u2019on avait été complètement séduit par son remarquable La ville allumette en 2015, on a tous très hâte de lire ZEC La Croche, de Maureen Mar- tineau, en mars, chez Héliotrope.Voilà.Il ne nous reste plus qu\u2019à lire tout cela en réfléchissant sur le sort du monde\u2026 Aux sources du mal Une série de livres essentiels mettent en relief les inégalités et les injustices qui plombent le monde À l\u2019est comme à l\u2019ouest, les racines sociales et politiques du polar se définissent toutes de façon similaire.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 39 Danse C U L T U R E ENTREVUE ENORA RIVIÈRE COLLABORATRICE LE DEVOIR À l\u2019orée de notre rencontre avec George Stamos, la curiosité est d\u2019emblée attirée par le terme « collaboration » glané dans les textes de communication du projet.Si les danseurs, eux, connaissent de façon intrinsèque leurs rôles de collaborateurs dans les projets, cela n\u2019est pas toujours reconnu dans le travail, encore moins dans les crédits.En effet, le simple fait de le souligner repose la question et les conditions mêmes de son existence.Qu\u2019est-ce que ce terme vient préciser dans ce contexte, M.Stamos ?« Pour moi, la collaboration, ça n\u2019arrive pas, c\u2019est déjà là.Ça existe toujours, dans une certaine mesure, lorsque les danseurs et les chorégraphes travaillent ensemble.Bien sûr, il y a une différence entre cocréation et collaboration.Sur ce projet, je suis chorégraphe et directeur artistique, donc ce n\u2019est pas une cochorégra- phie.Si c\u2019est mentionné dans le cas de One Kind Favor, c\u2019est parce que Karla a été invitée à faire de nombreux choix artistiques.Radwan aussi apporte sa propre pratique de musicien compositeur, y compris les travaux liés à son groupe Jerusalem in My Heart.La façon dont tout cela cohabite a fait l\u2019objet de nombreuses discussions détaillées.» C\u2019est dans le cadre de l\u2019événement SWAP organisé par le MAI que la genèse de One Kind Favor a vu le jour, par une invitation à inverser les rôles entre chorégraphe et interprète.Quand George Stamos a commencé à danser dans la compagnie Nyata Nyata de la chorégraphe Zab Maboungou, Karla Etienne était sa professeure.M.Sta- mos a plus tard eu l\u2019idée d\u2019inviter Karla Etienne en tant que danseuse, mais aussi Radwan Moumneh comme musicien.C\u2019est dans ce contexte de départ qu\u2019a démarré le processus de collaboration.Une force douce De fait, la collaboration nécessite une certaine transparence, une qualité d\u2019écoute, d\u2019ouverture, de compréhension et d\u2019harmonisation des perspectives des uns et des autres, la recherche d\u2019un consensus tout en ne restant pas dans ses zones de confort.En somme, cela nécessite une bienveillance, comme l\u2019une des traductions possibles de kindness est au cœur de One Kind Favor.D\u2019ailleurs, comment en arrive-t- on à travailler sur cette notion délicate de kindness, de gentillesse, justement ?« Avant de démarrer le travail, nous avions déjà beaucoup parlé avec Karla de cette esthétique de la violence que l\u2019on trouve souvent en danse contemporaine, et d\u2019une certaine forme de pouvoir aussi, ce qu\u2019on appelle le trauma porn et son lot de corps dys- fonctionnels, décontextualisés, avec beaucoup de force.Et cela soulève des questions chez moi, étant donné le monde déjà assez violent dans lequel nous sommes.Peut-on trouver de la puissance en représentant les corps autrement ?Pas seulement une force héroïque ou une force violente, mais une force gentille ?» M.Stamos le souligne lui-même, cette esthétique de la violence a traversé son travail, comme un fil conducteur lié à un certain militantisme depuis la fin des années 1980, pendant la crise du sida.« Je suis gay queer.Je suis un activiste là aussi.Je me souviens de l\u2019importance de créer des images qui parlaient de la violence de ce que l\u2019on vivait alors.On avait besoin de cette énergie agressive là.» Et son projet précédent, Recurrent Measures, renvoyait à un corps performant, à une esthétique de l\u2019héroïsme, sans place accordée à l\u2019échec ni même à la modulation.« Très vite, je me suis rendu compte que je n\u2019étais pas intéressé par le fait de montrer des danseurs machines, confie le chorégraphe.Donc, le processus a basculé vers l\u2019idée de la coexistence des corps, dans le sens d\u2019une harmonie, de quelque chose de positif mais aussi de fort émotionnellement, intellectuellement et physiquement.C\u2019est ça que j\u2019ai ramené dans le processus de One Kind Favor, incorporé d\u2019une autre manière.» Comment travaille-t-on cette notion de gentillesse sans tomber dans les représentations communes de la simple vertu qui viendrait flatter les ego ou qui serait le résultat d\u2019un bon comportement ou d\u2019une prétendue bonne conscience ?« On travaille avec le souffle, la respiration, répond George Stamos.On porte une attention au torse et à la posture.On travaille à partir de tasks [tâches, ou actions concrètes].On cherche une vulnérabilité forte, une disponibilité envers les autres, une ouverture dans le corps, de la réceptivité.Ça demande de modifier ses habitudes, de la patience, de l\u2019écoute.» Interrogé sur ces sources d\u2019inspiration, il invite à regarder l\u2019histoire de la communication, qu\u2019il a étudiée récemment, par le prisme des techniques très spécifiques de la propagande.« Elles travaillent à partir d\u2019idées et d\u2019images de la violence, ont pour but de séparer les gens, de contrôler leurs manières de penser, de percevoir le monde, de manipuler les émotions aussi.Pour moi, l\u2019un des remèdes possibles à tout cela, c\u2019est cette idée de kindness.Peut-être que cela échouera, mais les effets seront moindres ! » La gentillesse comme puissance d\u2019agir George Stamos signe une création qui est une invitation à prendre soin des autres « Pour moi, la collaboration, ça n\u2019arrive pas, c\u2019est déjà là.Ça existe toujours, dans une certaine mesure, lorsque les danseurs et les chorégraphes travaillent ensemble », explique George Stamos.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR One Kind Favor Chorégraphie : George Stamos, en collaboration avec Karla Etienne et Radwan Moumneh.Une production Danse-Cité.Au MAI \u2013 Montréal, arts interculturels, du 21 au 25 janvier, 20 h. un miroir.Il brandit l\u2019un de ces chèques géants de téléthons télévisés.Séquences bonbon ?« Il y avait tellement de choses le fun à faire dans ce show-là, confirme le comédien.Et puis, même si c\u2019est complètement fou et déjanté, ça fait partie de l\u2019histoire, du ton, de l\u2019univers.Ça a du sens.» Face à lui, se déplaçant souvent en quatre roues rose avec son bébé \u2014 et une clope \u2014 se trouve Kirsten Dunst.La performance de l\u2019interprète américaine lui a valu d\u2019être nommée pour le Golden Globe de la meilleure actrice de série comique.Elle semble y donner vie au mantra : « Tout est dans le chouchou à cheveux ».Et individus s\u2019adonnant à des chorégraphies endiablées.Mais que raconte cette série aux accents excentriques ?L\u2019action se déroule dans les années 1990.La bande sonore regroupe néanmoins des classiques de la décennie d\u2019avant.Self Control de Laura Branigan, Angel of the Morning interprétée par Juice Newton, « Just call me angel of the morning, (angel !) » Dans cet univers teinté d\u2019humour noir, Théodore Pellerin multiplie les moments magiques.Il lâche des pigeons avec Alexander Skarsgård.Il engouffre des croustilles sur le capot d\u2019une voiture.Il danse la bachata devant LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Écrans 40 La Florida de Théodore Pellerin Rencontre avec l\u2019acteur qui offre une performance divine dans On Becoming a God in Central Florida I ENTREVUE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR l glisse sur la scène comme un sur- feur.Avec la confiance d\u2019un champion.Et un costard de gagnant.Un peu grand, le costard, il est vrai.Mais le charisme du jeune homme et sa présence compensent l\u2019espace flottant laissé dans ses vêtements.Il y a des ballons, des drapeaux américains, des acclamations de spectateurs passionnés.Radieux, il crie : « Donnez- moi un A-MEN ! » En retour, il reçoit un vibrant « A-MEN ! » Il est l\u2019incarnation d\u2019un motivateur de foule.Non, d\u2019un véritable dieu.Un dieu de la Floride.Dans l\u2019univers d\u2019un kitsch majestueux de la série qui porte le bienheureux titre de On Becoming a God in Central Florida, et dans les habits du type susmentionné, Théodore Pellerin est phénoménal.Pas d\u2019exagération.L\u2019acteur québécois se fond d a n s c e p a r a d i s f a i t d e c o u r s d\u2019aquaforme, de matelas gonflables, de rêves grands comme ça.(« Ça » étant des maisons immenses remplies de mobilier royal doublées de trajets fréquents en hélicoptère.) On sent presque les effluves de chlore s\u2019échapper de ces multiples plans de piscines investies d\u2019enthousiastes Dans l\u2019univers d\u2019un kitsch majestueux de la série, Théodore Pellerin (à droite) est phénoménal.Pas d\u2019exagération.SHOWTIME www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Pour anticiper votre plaisir de voyager avec nous et tellement plus ! Imaginez.* Frida Kahlo - Diego Rivera - l\u2019art d\u2019un couple mythique * En musique : Charles Richard-Hamelin joue Chopin * La période bleue de Picasso, le Groupe des Sept à TORONTO * Un grand tour dans L\u2019ÉTAT DE NEW YORK : Glimmerglass Opera Festival, musées, jardins\u2026 LA BROCHURE 2020 EST ARRIVÉE ! prixOpus.qc.ca Découvrez les finalistes 19 janvier 2020 \u2014 15 h Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal Suivez Marc Hervieux, chanteur et animateur d\u2019ICI Musique, en direct sur la page Facebook du CQM, en entrevue avec les lauréats.GALA non.C\u2019est trop con.« C\u2019est vrai qu\u2019il y a un peu de vérité dans ces pensées, s\u2019esclaffe l\u2019acteur.Même si on peut toutes les démentir facilement.Et qu\u2019elles sont un peu intenses.» C\u2019est du reste l\u2019intensité des annonces d\u2019avocats aux airs de requin qui l\u2019a inspiré dans la composition de son personnage.Plus précisément : les publicités que l\u2019on retrouve partout aux États-Unis.Dans les salles de bains.À la télé.« Votre tasse de café en métal a créé des étincelles dans votre microondes ?Nous pouvons vous aider à poursuivre la compagnie.Call now 1 888 888-8888 » « C\u2019est tellement une autre culture », observe Théodore Pellerin.Mais là où ces hommes de loi hors-la-loi semblent manquer de cœur, le gars qu\u2019il incarne est nettement plus inoffensif.Sous ses airs de maîtrise de soi, son assurance s\u2019effrite.« Au début de la saison, il est vraiment dans l\u2019illusion.Peu à peu, certains éléments sont révélés.D\u2019où il vient, ce qu\u2019il vit, pourquoi il est en crise d\u2019anxiété constante.» On le devine à la façon dont il ajuste sa montre, l\u2019air de dire je suis trop pressé, trop occupé, mais pas tant que ça en réalité.À son sourire trop grand et forcé.À sa bonne humeur appuyée.« C\u2019était beaucoup de travail en amont, explique l\u2019interprète.Mais le rôle était assez bien écrit dans ce flou entre l\u2019homme véritable et le garçon paniqué qui rêve d\u2019être un businessman.» Car il l\u2019est, paniqué.Ou pressé.De réussir, de faire des sous.À ce sujet, On Becoming\u2026 devient vite une réflexion sur la survie financière aux États-Unis, sur la pauvreté, sur l\u2019injustice du système.La foi L\u2019acteur de 22 ans qui a démarré sa carrière à la télévision dans 30 vies souligne qu\u2019il est parfois difficile de s\u2019en remettre entièrement à un réalisateur.Des exemples de cinéastes en qui il a une foi absolue ?Sophie Dupuis, qui l\u2019a dirigé dans l\u2019encensé Chien de garde.Puis Philippe Lesage, qui lui a donné son premier rôle au grand écran dans Les démons, et l\u2019a réengagé dans Genèse.« Quand je tourne avec Philippe, j\u2019ai l\u2019impression que je comprends dans quel film je suis.Je comprends sa caméra.Son langage très précis.Sa façon de créer une scène.J\u2019ai complètement confiance dans la justesse de son œil.» Durant le tournage d\u2019On Becoming a God\u2026, maintenant, Théodore Pelle- rin a-t-il vécu des moments où il s\u2019est dit ouf, ça, je ne suis pas sûr ?« Oh, plein ! laisse-t-il tomber.Entre autres parce qu\u2019on reçoit les textes beaucoup plus près de la date de tournage.Il y a moins de temps de préparation, ça va plus vite.» Rapidement alors : s\u2019il devait, pour finir, répondre à la question lancée par Kirsten Dunst dans une super scène de souper, que dirait- il ?À savoir : « Si vous pouviez formuler un seul vœu, ce serait lequel ?» « Oh mon Dieu.C\u2019est teeeellement une grande question.Il faudrait que j\u2019y pense pendant de longues journées.» En attendant le tournage de la deuxième saison, en mars ?dans les barrettes surdimensionnées, les cols roulés à imprimés fleuris, les maillots une pièce légèrement lousses.La veuve qu\u2019elle incarne travaille dans un parc d\u2019attractions déglingué, à l\u2019esthétique pastel délavé, croulant sous les animaux en peluche.Son mari disparu, elle tente de joindre les deux bouts.Lorsqu\u2019on le joint, Théodore Pelle- rin, lui, se prépare au tournage imminent de la prochaine saison d\u2019On Becoming a God\u2026 Pas en Central Florida, mais bien en Louisiane.« C\u2019est sur Instagram que j\u2019ai appris que la série avait été prolongée.La chaîne Showtime a publié une photo avec la face de Kirsten.C\u2019était écrit : \u201cSeason 2\u201d.\u201cAh ?!\u201d Ils étaient tellement pressés de l\u2019annoncer qu\u2019ils n\u2019avaient pas encore appelé tout le monde.» On y voit une manifestation de la façon de faire un peu sans-cœur hollywoodienne.Mais non, nous reprend-il.« C\u2019est juste une anecdote comique.Je ne pense pas que c\u2019est le genre de chose qui arrive souvent.Ils se sont un peu excusés.» Son personnage, lui, ne s\u2019excuse pas de ses idées de grandeur.Son existence est menée par des formules de type « aimants de frigo ».« Don- nez-moi un oui et je vous donnerai le monde.» Ou encore : « La chance n\u2019est pas une chose qui vous arrive.C\u2019est une chose que VOUS faites arriver.» Il arrive d\u2019ailleurs que pendant le visionnement, on se surprenne à penser : « Oui ! C\u2019est juste ! » Avant de se reprendre instantanément : mais LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Écrans 42 SAMEDI DANS LA MAISON (3) Fr.2012.Comédie dramatique de François Ozon avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas.- Un adolescent s\u2019immisce dans la maison d\u2019un camarade de lycée et fait le récit épisodique de ses découvertes à son professeur de français, qui s\u2019embarque alors dans un jeu dangereux.ARTV 12h LA CABINE (4) (Phone Booth), É.-U.2002.Thriller de Joel Schumacher avec Colin Farrell, Forest Whitaker, Radha Mitchell.- À Manhattan, un relationniste se retrouve piégé dans une cabine téléphonique par un tireur embusqué qui dicte ses volontés au bout du fil.Z 14h À LA CROISÉE DES MONDES.LA BOUSSOLE D\u2019OR (4) (The Golden Compass), É.-U.2007.Drame fantastique de Chris Weitz avec Dakota Blue Richards, Nicole Kidman, Tom Courtenay.- Dans un univers parallèle, une orpheline part à la rescousse de son meilleur ami, enlevé par le gouvernement pour fins d\u2019expérience scientifique.TVA 14h ET MAINTENANT ON VA OÙ?(3) Lib.2011.Comédie dramatique de Nadine Labaki avec Claude Baz Moussawbaa, Yvonne Maalouf, Nadine Labaki.- Lasses de voir leurs fils et époux périr à cause de querelles religieuses, des chrétiennes et des musulmanes s\u2019unissent pour assurer la paix dans leur village du Moyen-Orient.ARTV 14h QUAND L\u2019INSPECTEUR S\u2019EMMÊLE (4) (A Shot in the Dark), G.-B.1964.Comédie de Blake Edwards avec Peter Sellers, Elke Sommer, Herbert Lom.- Un inspecteur maladroit enquête sur le meurtre du chauffeur d\u2019un industriel français, dont le corps a été retrouvé dans la chambre de la bonne de ce dernier.V 14h DES GARÇONS ÉPATANTS (4) (Wonder Boys), É.-U.2000.Comédie dramatique de Curtis Hanson avec Michael Douglas, Tobey Maguire, Frances McDormand.- Un écrivain qui éprouve de la difficulté à terminer son nouveau roman a des ennuis avec son éditeur, sa maîtresse et un étudiant dépressif.MAX 15h30 BLINDÉ (5) (Armored), É.-U.2009.Thriller de Nimrod Antal avec Columbus Short, Matt Dillon, Laurence Fishburne.- Le vol de deux camions blindés par des convoyeurs de fonds est compromis par une recrue intègre, qui avait accepté à con- trecœur de participer à l\u2019opération.TVA 16h15 L\u2019AN UN (5) (Year One), É.-U.2009.Comédie d\u2019Harold Ramis avec Jack Black, Michael Cera, David Cross.- Bannis de leur tribu, un chasseur fantasque et un cueilleur puceau s\u2019engagent dans un curieux périple au cours duquel ils croisent divers personnages bibliques.V 16h15 L\u2019ÉTALON NOIR (5) (Black Beauty), É.-U.1994.Aventures de Caroline Thompson avec Sean Bean, Andrew Knott, Eleanor Bron.- Dans les années 1870, un magnifique étalon connaît diverses aventures alors qu\u2019il passe entre les mains de plusieurs propriétaires.TQ 18h L\u2019ARME FATALE (4) (Lethal Weapon), É.-U.1987.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Danny Glover, Gary Busey.- Sa fille ayant été enlevée par des trafiquants de drogues un policier et son collègue se lancent à sa rescousse au péril de leur vie.MAX 18h INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL (4) (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull), É.-U.2008.Aventures de Steven Spielberg avec Harrison Ford, Shia LaBeouf, Cate Blanchett.- En 1957, un archéologue part à la recherche d\u2019un mystérieux crâne de cristal convoité par un commando soviétique.TVA 18h30 MISSION: IMPOSSIBLE III (4) É.-U.2006.Drame d\u2019espionnage de J.J.Abrams avec Tom Cruise, Philip Seymour Hoffman, Michelle Monaghan.- Un ex-agent secret doit reprendre du service pour combattre un redoutable trafiquant d\u2019armes qui a kidnappé son épouse.V 18h30 FISTON (5) Fr.2014.Comédie de Pascal Bourdiaux avec Kev Adams, Franck Dubosc, Nora Arnezeder.- Afin d\u2019attirer l\u2019attention d\u2019une camarade de classe, un lycéen timide demande l\u2019aide d\u2019un écrivain qui, 20 ans auparavant, a séduit la mère de la jeune fille.ARTV 20h CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR (5) (The Avengers), É.-U.1998.Drame d\u2019espionnage de Jeremiah Chechik avec Ralph Fiennes, Uma Thurman, Sean Connery.- Deux agents secrets britanniques luttent contre un mégalomane qui menace de congeler l\u2019Angleterre.MAX 20h30 IRON MAN 3 (4) É.-U.2013.Drame fantastique de Shane Black avec Robert Downey Jr., Guy Pearce, Gwyneth Paltrow.- En pleine crise existentielle, l\u2019homme d\u2019affaires Tony Stark renaît en enfilant à nouveau son armure d\u2019Iron Man pour affronter un savant fou qui a mis au point des soldats invincibles.TVA 21h LA GRAND-MESSE (4) Bel.2018.Documentaire de Méryl Fortunat-Rossi.- Pour s\u2019assurer d\u2019être aux premières loges lors du passage du Tour de France dans les Hautes-Alpes, des retraités s\u2019installent sur le site avec leur roulotte huit jours à l\u2019avance.TFO 21h CASINO (3) É.-U.1995.Drame de mœurs de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Joe Pesci, Sharon Stone.- Les hauts et les bas d\u2019un directeur de casino de Las Vegas au début des années 1970.TQ 22h OPÉRATION SWORDFISH (5) (Swordfish), É.-U.2001.Thriller de Dominic Sena avec John Travolta, Hugh Jackman, Halle Berry.- Un jeune pirate de l\u2019informatique se compromet dans une dangereuse escroquerie montée par un criminel mégalomane.MAX 22h30 DANS LA MAISON Voir samedi, 12h.ARTV 23h L\u2019OEIL DU MAL (5) (Eagle Eye), É.-U.2008.Thriller de D.J.Caruso avec Shia LaBeouf, Michelle Monaghan, Billy Bob Thornton.- Un jeune homme et une mère célibataire sont entraînés malgré eux dans une conspiration politique aux ramifications insoupçonnées.TVA 0h DE ROUILLE ET D\u2019OS (3) Fr.2012.Drame de Jacques Audiard avec Matthias Schoe- naerts, Marion Cotillard, Armand Verdure.- Une relation se tisse entre une jeune femme amputée des jambes et un père célibataire fruste et fauché, qui tente de se sortir de sa condition en participant à des combats à mains nus.RC 0h30 LA GRAND-MESSE Voir samedi, 21h.TFO 1h29 ARWAD (4) Can.2013.Drame de Samer Najari avec Ramzi Choukair, Fanny Mallette, Julie McClemens.- À la suite du décès de sa mère, un Syrien vivant à Montréal se rend dans son pays natal en compagnie de sa maîtresse.ARTV 2h DIMANCHE FLORENCE FOSTER JENKINS (4) G.-B.2016.Comédie dramatique de Stephen Frears avec Meryl Streep, Hugh Grant, Simon Helberg.- En 1944, une célèbre héritière, qui chante faux sans le savoir, donne un concert au Carnegie Hall, au désespoir de son mari, qui avait jusque-là réussi à lui éviter une humiliation.TVA 10h L\u2019ÉTALON NOIR Voir samedi, 18h.TQ 12h MACHETÉ (4) (Machete), É.-U.2010.Thriller d\u2019Ethan Maniquis avec Danny Trejo, Jessica Alba, Jeff Fahey.- Piégé par l\u2019homme d\u2019affaires qui l\u2019avait engagé pour tuer un sénateur texan raciste, un ex-agent fédéral mexicain entreprend de se venger.Z 14h 11.6 (4) Fr.2013.Drame de Philippe Godeau avec François Cluzet, Bouli Lanners, Corinne Masiero.- Les préparatifs secrets et minutieux ayant conduit un convoyeur de fonds à prendre le large avec, à bord de son véhicule, 11,6 millions d\u2019euros.V 14h OPÉRATION NOISETTES (5) (The Nut Job), Can.2014.Film d\u2019animation de Peter Lepe- niotis.- Les efforts d\u2019un écureuil pour subtiliser une cargaison de noix suffisante pour subvenir aux besoins alimentaires de ses amis durant l\u2019hiver.TVA 14h30 MOANA (3) É.-U.2016.Film d\u2019animation de Ron Clements.- Une jeune Polynésienne intrépide parcourt les mers afin de rapporter à une déesse un bijou que lui a dérobé un demi-dieu.RC 15h ANALYSE-MOI CECI (5) (Analyze That), É.-U.2002.Comédie policière d\u2019Harold Ramis avec Billy Crystal, Robert De Niro, Lisa Kudrow.- À sa sortie de prison, un gangster notoire ayant feint une dépression nerveuse est placé sous la protection d\u2019un psychiatre qui l\u2019a déjà traité.MAX 15h30 DES EXTRATERRESTRES DANS LE GRENIER (5) (Aliens in the Attic), É.-U.2009.Comédie fantaisiste de John Schultz avec Carter Jenkins, Austin Butler, Kevin Nealon.- En vacances avec leurs parents dans une maison de campagne, des jeunes tentent de mettre en échec quatre extraterrestres déterminés à envahir la Terre.TVA 16h15 L\u2019INCROYABLE HULK (4) (The Incredible Hulk), É.-U.2008.Science-fiction de Louis Leterrier avec Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth.- Un scientifique qui se mue en géant violent lorsque son pouls s\u2019accélère tente d\u2019échapper à l\u2019armée américaine qui veut l\u2019utiliser comme arme guerrière.V 18h30 POUR VIVRE ICI (5) Can.2018.Drame psychologique de Bernard Émond avec Élise Guilbault, Sophie Desmarais, Danny Gilmore.- En deuil de son mari, une infirmière retraitée de Baie-Comeau trouve davantage de réconfort auprès de l\u2019ex-petite amie de son fils décédé que de ses deux autres enfants.ARTV 20h DES GARÇONS ÉPATANTS Voir samedi, 15h30.MAX 20h HAPPY END (4) Fr.2017.Drame de Michael Haneke avec Isabelle Huppert, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin.- Les tribulations des membres de trois générations d\u2019une famille de Calais ayant fait fortune dans le bâtiment et les travaux publics.TQ 22h 42.L\u2019HISTOIRE DE JACKIE ROBINSON (5) (42), É.-U.2013.Drame historique de Brian Helgeland avec Chadwick Boseman, Harrison Ford, Nicole Beharie.- En 1947, le propriétaire des Dodgers de Brooklyn signe un contrat avec Jackie Robinson, faisant de lui le premier joueur noir de la Ligue majeure de baseball.TVA 22h30 L\u2019ARME FATALE Voir samedi, 18h.MAX 22h30 ET MAINTENANT ON VA OÙ?Voir samedi, 14h.ARTV 23h LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL (4) (The Kite Runner), É.-U.2007.Drame de Marc Forster avec Khalid Abdalla, Homayoun Ershadi, Zekiria Ebrahimi.- Vingt ans après avoir trahi son meilleur ami, un écrivain afghan exilé aux États-Unis revient sauver le fils orphelin de ce dernier, menacé par les talibans.RC 23h25 DES GARÇONS ÉPATANTS Voir samedi, 15h30.MAX 1h VICTORIA.LES JEUNES ANNÉES D\u2019UNE REINE (3) (The Young Victoria), G.-B.2009.Drame biographique de Jean-Marc Vallée avec Emily Blunt, Rupert Friend, Paul Bettany.- En 1837, le dur éveil à la politique de la jeune Victoria, désignée pour succéder au roi Guillaume sur le trône du Royaume-Uni.RC 1h33 LUNDI PLAN PARFAIT (4) (Thin Ice), É.-U.2011.Comédie dramatique de Jill Sprecher avec Greg Kinnear, Alan Arkin, Billy Crudup.- Alors qu\u2019il tente de dérober à un vieux fermier un violon d\u2019une grande valeur, un agent d\u2019assurances malhonnête et fauché voit son plan mal tourner.TVA 13h PÈRE DE SANG (4) (Blood Father), Fr.2015.Thriller de Jean-François Richet avec Mel Gibson, Erin Moriarty, Diego Luna.- Un ex-détenu, qui vivote près de la frontière mexicaine, vient en aide à sa fille adolescente poursuivie par les membres d\u2019un puissant cartel.MAX 21h LA DENTELLIÈRE (2) Fr.1976.Drame psychologique de Claude Goretta avec Isabelle Huppert, Yves Beneyton, Florence Giorgetti.- Une jeune coiffeuse a avec un étudiant une liaison dont la rupture l\u2019entraîne à la neurasthénie.TFO 23h30 VUE SUR MER (5) (By the Sea), É.-U.2015.Drame sentimental d\u2019Angelina Jolie avec Brad Pitt, Angelina Jolie, Mélanie Laurent.- La crise conjugale de deux Américains en vacances au bord de la mer est envenimée par le bonheur apparent d\u2019un couple français en voyage de noces descendu au même hôtel.TVA 0h35 DANS LA MAISON Voir samedi, 12h.ARTV 2h MARDI QUELQUE PART DANS LE TEMPS (4) (Somewhere in Time), É.-U.1980.Drame fantastique de Jeannot Szwarc avec Christopher Reeve, Jane Seymour, Christopher Plummer.- Un jeune dramaturge traverse la barrière du temps afin de rencontrer une actrice du début du XXe siècle.TVA 13h MOONLIGHT ET VALENTINO (4) (Moonlight and Valentino), É.-U.1995.Comédie dramatique de David Anspaugh avec Elizabeth Perkins, Gwyneth Paltrow, Whoopi Goldberg.- Après la mort accidentelle de son mari, une jeune femme est consolée par sa sœur, sa meilleure amie et l\u2019ex-épouse de son père.VIE 13h LA DENTELLIÈRE (2) Fr.1976.Drame psychologique de Claude Goretta avec Isabelle Huppert, Yves Beneyton, Florence Giorgetti.- Une jeune coiffeuse a avec un étudiant une liaison dont la rupture l\u2019entraîne à la neurasthénie.TFO 21h LES HOLLAR (5) (The Hollars), É.-U.2016.Comédie dramatique de John Krasinski avec John Krasinski, Margo Martindale, Richard Jenkins.- Un auteur de bédé new-yorkais en panne d\u2019inspiration rentre d\u2019urgence à la maison familiale, où il apprend que sa mère souffre d\u2019un cancer et que son père peine à rembourser ses dettes.TVA 0h35 LA DENTELLIÈRE Voir mardi, 21h.TFO 1h30 POUR VIVRE ICI Voir dimanche, 20h.ARTV 2h MERCREDI L\u2019EMPIRE BOSSÉ (5) Can.2012.Comédie satirique de Claude Desrosiers avec Guy A.Lepage, Claude Legault, Magalie Lépine-Blondeau.- Une équipe de télévision réalise un reportage sur le parcours d\u2019un homme d\u2019affaires sans scrupules issu de la classe ouvrière.VRAK 15h ZIVA POSTEC.LA MONTEUSE DERRIÈRE LE FILM SHOAH (4) Can.2018.Documentaire de Catherine Hébert.- Portrait de la monteuse israélienne Ziva Postec, qui a mis six ans à analyser et assembler les 350 heures de pellicule tournées par Claude Lanzmann pour son documentaire Shoah.TFO 23h30 JEUDI L\u2019EMPIRE BOSSÉ Voir mercredi, 15h.VRAK 10h ZIVA POSTEC.LA MONTEUSE DERRIÈRE LE FILM SHOAH (4) Can.2018.Documentaire de Catherine Hébert.- Portrait de la monteuse israélienne Ziva Postec, qui a mis six ans à analyser et assembler les 350 heures de pellicule tournées par Claude Lanzmann pour son documentaire Shoah.TFO 21h02 ELIAN (4) É.-U.2017.Documentaire de Tim Golden.- L\u2019histoire du petit naufragé cubain Elian Gonzalez, dont la garde a fait l\u2019objet d\u2019un conflit très politisé entre son père et des proches vivant en Floride, au tournant des années 2000.CD 22h FISTON Voir samedi, 20h.ARTV 23h PARIS LA BLANCHE (4) Fr.2017.Drame sentimental de Lidia Terki avec Tassadit Mandi, Zahir Bouzerar, Karole Rocher.- Une septuagénaire algérienne se rend à Paris pour convaincre son mari qui a émigré dans les années 1960, de revenir au village.TFO 23h29 MONDE INFERNAL.LA GUERRE DU SANG (5) (Underworld \u2013 Blood Wars), É.-U.2016.Drame d\u2019horreur de Anna Foerster avec Kate Beckinsale, Theo James, Charles Dance.- Une chasseuse de loups-garous tente de mettre fin à la guerre entre les vampires et les lycanthropes, pour empêcher ces clans de s\u2019en prendre à sa fille.TVA 23h35 ZIVA POSTEC.LA MONTEUSE DERRIÈRE LE FILM SHOAH Voir jeudi, 21h02.TFO 01h30 BROKEN HORSES (V.F.) (5) (Broken Horses), É.-U.2015.Drame de Vidhu Vinod Chopra avec Anton Yelchin, Chris Marquette, Vincent D\u2019Onofrio.- Après sept années d\u2019absence, un violoniste new-yorkais retourne dans sa ville natale, située tout près de la frontière mexicaine, où il renoue avec son frère, à la solde d\u2019un trafiquant.TVA 1h35 VENDREDI LA MALÉDICTION (5) (The Omen), É.-U.2006.Drame fantastique de John Moore avec Liev Schreiber, Julia Stiles, Mia Farrow.- Des événements tragiques amènent un diplomate américain à découvrir que son fils adoptif serait l\u2019incarnation de l\u2019Antéchrist.VRAK 20h MAUVAISE FRÉQUENTATION (5) (Bad Company), É.-U.2002.Comédie policière de Joel Schumacher avec Anthony Hopkins, Chris Rock, Matthew Marsh.- Un agent de la CIA doit remplacer son coéquipier mort en service par le frère jumeau de ce dernier, un petit revendeur fantasque.MAX 20h PARIS LA BLANCHE (4) Fr.2017.Drame sentimental de Lidia Terki avec Tassadit Mandi, Zahir Bouzerar, Karole Rocher.- Une septuagénaire algérienne se rend à Paris pour convaincre son mari, qui a émigré dans les années 1960, de revenir au village.TFO 21h LA NOSTALGIE DE L\u2019ANGE (4) (The Lovely Bones), É.-U.2009.Drame psychologique de Peter Jackson avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz.- Une adolescente violée et assassinée par un voisin observe depuis l\u2019au-delà sa famille et ses proches subir le choc de sa disparition.MAX 22h30 POUR VIVRE ICI Voir dimanche, 20h.RC 23h05 UN DÉBUT PROMETTEUR (5) Bel.2015.Comédie dramatique d\u2019Emma Luchini avec Manu Payet, Veerle Baetens, Zacharie Chasseriaud.- De retour chez son père horticulteur, un écrivain désabusé et alcoolique s\u2019éprend d\u2019une pétillante joueuse de poker dont son frère est également amoureux.TFO 23h30 LA PART DES ANGES (4) (The Angels\u2019 Share), G.-B.2012.Comédie de Ken Loach avec Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland.- Le destin d\u2019un voyou de Glasgow bascule favorablement lorsque son agent de travaux communautaires l\u2019initie aux subtilités du whisky.TQ 0h PUNCH 119 (5) (Welcome to the Punch), G.-B.2012.Aventures d\u2019Eran Creevy avec James McAvoy, Mark Strong, Andrea Riseborough.- Un détective londonien se voit offrir une nouvelle chance de mettre la main au collet du criminel qui l\u2019a blessé par balle trois ans plus tôt.TVA 0h20 KILLER JOE (4) É.-U.2011.Comédie policière de William Friedkin avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple.- Les choses vont de mal en pis pour un jeune bon à rien après qu\u2019il eut embauché un tueur à gages pour liquider sa mère.RC 1h05 PARIS LA BLANCHE Voir vendredi, 21h.TFO 1h30 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR « Suspect numéro un » Tom Mustill est documentariste animalier.Dans Ma baleine à bosse, il est à la fois derrière la caméra et sujet de son film.En 2015, pendant qu\u2019il faisait du kayak de mer dans la baie de Monterey, en Californie, dans une zone privilégiée pour l\u2019observation des baleines, son embarcation a été renversée par une baleine à bosse qui a effectué une « pirouette » caractéristique de cette espèce.Traumatisé par cette expérience, le cinéaste s\u2019est lancé dans une quête pour retrouver l\u2019animal qui aurait pu causer sa mort et comprendre les raisons de sa présence dans cette région et de son saut impressionnant.De quête personnelle, le documentaire de Mustill devient une enquête passionnante pour retrouver celle qu\u2019il finit par baptiser « Suspect numéro un », mais aussi et surtout un portrait fascinant de cette espèce unique qu\u2019est la baleine à bosse, sans doute l\u2019animal le plus « puissant » des océans.On y rencontre également nombre de spécialistes et d\u2019amoureux de cette espèce, dont certains sont prêts à mettre leur vie en danger pour sauver des baleines prises dans des filets de pêche, une cause de mortalité qui monte en flèche depuis quelques années chez ces mammifères marins.Voilà un documentaire aussi utile qu\u2019émouvant.Vienna Blood PBS, dimanche, 22 h Ma baleine à bosse Canal D, dimanche, 17 h, rediffusion mercredi, minuit Le visionnement en continu La première saison de cette comédie grinçante sur les défis de taille d\u2019une jeune journaliste talentueuse qui manque de confiance en elle à cause de son obésité montrait comment il peut être difficile pour une personne avec un surplus de poids, aussi intéressante, brillante et belle qu\u2019elle soit, de prendre sa place sans avoir peur de subir l\u2019opprobre d\u2019autrui, autant dans sa vie amoureuse et familiale que dans sa vie professionnelle.Dans ce deuxième opus, le personnage d\u2019Annie, toujours incarné avec brio par Aidy Bryant (Saturday Night Live), maintenant débarrassée de sa peur viscérale de décevoir, d\u2019être déçue et humiliée, prend des risques qui lui feront comprendre qu\u2019elle n\u2019a peut-être pas tout ce qu\u2019elle désire ou ce qu\u2019elle mérite\u2026 Un autre bonbon acidulé, qui se savoure mieux à petites doses qu\u2019à grandes bouchées.Shrill, saison 2 Crave, dès vendredi Ma baleine à bosse CANAL D Reprendre du service L\u2019un des personnages favoris de bien des adeptes de l\u2019univers Star Trek, l\u2019inoubliable capitaine Jean-Luc Picard, revient au petit écran, 25 ans après la fin de la série qui l\u2019a mis au monde, Star Trek : Next Generation, et pas loin de 20 ans après sa dernière apparition dans un long métrage de la franchise, Star Trek : Nemesis.On sait très peu de choses sur ce retour attendu du personnage qui a provoqué tout un virage dans la carrière de l\u2019acteur shakespearien Patrick Stewart, sinon qu\u2019on le retrouve des années après ses dernières aventures à l\u2019écran, devenu vigneron dans sa France natale.Les dix épisodes hebdomadaires et cette nouvelle série et sa suite déjà annoncée devraient nous donner un aperçu de ce qu\u2019il adviendra de l\u2019ancien grand pilote de l\u2019Entreprise.Enquêtes « freudiennes » On est partagé devant cette minisérie policière, une coproduction Grande- Bretagne\u2013Autriche dont l\u2019action se passe dans la Vienne du début du XXe siècle, tournée en anglais avec de nombreux acteurs germanophones, et dont les personnages principaux et les intrigues rappellent à plusieurs égards ceux de Sherlock Holmes\u2026 Inspirée d\u2019une série de romans policiers du Britannique Frank Tallis, Vienna Blood suit les enquêtes de l\u2019inspecteur Rheinhardt, qui se voit imposer la présence d\u2019un observateur un peu envahissant, le jeune docteur Max Lieber- mann, un adepte des nouvelles théories à la mode de Sigmund Freud.Ce dernier, d\u2019abord considéré comme embarrassant par l\u2019enquêteur viennois bourru, saura se rendre indispensable grâce à ses théories de profilage psychologique de suspects, mais surtout par sa capacité à mettre le doigt sur l\u2019imperceptible détail incriminant et à faire avouer avec une aisance déconcertante les témoins et suspects les plus récalcitrants.Malgré sa prévisibilité et son manque d\u2019originalité, la série arrive tout de même à esquisser l\u2019échiquier politique explosif qui se profile en Europe à cette époque et réussit à accrocher celui qui s\u2019y aventure.SUR VOS ÉCRANS \u2013 EN QUÊTE ET ENQUÊTES Star Trek : Picard CTV Sci-Fi Channel, dès jeudi et Crave, dès vendredi Le Courrier des écrans Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands Inscrivez-vous?: www.ledevoir.com/infolettres S A L L E P R I N C I P A L E D U 2 1 J A N V I E R A U 1 5 F É V R I E R 2 0 2 0 TEXTE DANY BOUDREAULT MISE EN SCÈNE ÉDITH PATENAUDE AVEC BRETT DONAHUE GABRIEL FAVREAU LOUISE LAPRADE JULIE LE BRETON EVELYNE ROMPRÉ CORPS CÉLESTES DE DANY BOUDREAULT PARTENAIRES UNE CRÉATION DE LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 01/18 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Le dernier soir / La chasse Les soirées carte blanche Le Téléjournal L'essor de Shekinah TVA TVA nouvelles INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL (2008) Harrison Ford.IRON MAN 3 (V.F.) (2013) avec Guy Pearce, Robert Downey Jr.TQ L'ÉTALON NOIR (1994) Sean Bean.Shaun Cette année-là Belle et Bum CASINO (1995) avec Joe Pesci, Robert De Niro.V Cinéma MISSION: IMPOSSIBLE III (2006) avec Philip Seymour Hoffman, Tom Cruise.21h15 NICO (1988) avec Pam Grier, Henry Silva, Steven Seagal.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal L'Épicerie Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! Les coups de coeur d'Alain Morisod / Swiss Made / Kendji Girac La vie secrète des chansons Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Enchères Hélico tout terrain Catastrophes en mer Fabien Cloutier: Assume Pilotes Boss enchères Paranormal CANAL VIE Comme chien et chat Conseils Mères à boutte Maman médium Les cheaps On se marie Mise à nu / Le pénis Quintuplées RDS 16h00 Hockey 24CH Sports 30 SkateCan Patinage artistique - Championnats Nationaux (D) L'antichambre Sports 30 HISTORIA Transmission Transmission Humanité en péril! Humanité en péril! Nos ancêtres les extraterrestres Nos ancêtres les extraterrestres Pawn Stars ICI ARTV Blanche Tout simplement country FISTON (2013) avec Franck Dubosc, Kev Adams.La guerre des mondes Cinéma EXPLORA O5: 5 continents à la nage Silicon Valley La Semaine verte La Seconde Guerre mondiale vue du ciel Pharmachien Z Diesel Brothers (v.f.) Chasseurs d'ouragans Péril en haute mer LES SUPER FLICS DE MIAMI (1985) Terence Hill.En rodage sav-media Civilisations 18h50 Histoire Kebec Musée 180 jours Recherch Question santé 21h25 36.9° /21h55 Chapitre Biblioth/ Histoire Histoire/ Nerds TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Flip Métiers/ On fête Océania 20h50 ONFR+ LA TERRE DE LA GRANDE PROMESSE (1975) 22h35 Magasin Cinéma/ 8,75$ Planète Matière grise Grands Mythes La quête des vents The Believers Mission couler le Tirpitz Face au feu CBC CBCNews Hockey Central LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Maple Leafs de Toronto (D) Hockey / San Jose vs Vancouver (D) CTV CTV News Montreal W5 / Forgotten Life/ Scotty SkateCan Figure Skating - Championnats Nationaux (D) The Big Bang The Big Bang CTV National GBL Global News Global National BorderSecur Security Ransom / The Fawn Private Eyes Mary Kills People / The Means Global News ABC ABC News News at 6:30 Extra Weekend The Jump NBA Basketball / Lakers de Los Angeles c.Rockets de Houston (D) News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Crimetime Saturday Crimetime Saturday 48 Hours News PBS (33) Time Goes By Appearances Hold Still Open Miss Fisher's Murder Mysteries Doc Martin Shakespeare Hathaway Austin City UNIS Le p'tit cabaret / Marilou Morin Trait d'humour Partie 1 de 2 Le punch Balade Chars Chars À plein gaz À plein gaz Watatatow HBO1 17h25 BEWARE THE SLENDERMAN (2016) 19h25 BUZZ (2019) Buzz Bissinger.Mommy Dead and Dearest 22h25 Ballers 22h55 Ballers TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Golden Knights de Vegas c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 TVA sp.23h15 Hockey SAMEDI 01/19 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Pharmachien Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) La Magie des Stars Dominic Paquet TVA nouvelles 42: L'HISTOIRE DE JACKIE .TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or Bagages Entends 21h40 Entends HAPPY END V Cinéma L'INCROYABLE HULK (2008) avec Liv Tyler, Tim Roth, Edward Norton.SÉDUCTEUR ET.TUEUR (2017) avec Jon Cor, Jessalyn Gilsig.Rire et délire ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Le 21e Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Les Princes Journal/ L\u2019invité CANAL D Pleine tempête Bras de fer Mayday / Course mortelle Douanes Douanes Gardiennes de prison au Texas Claude n'est pas mort Structures CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Naufragés de l'amour / Pompei La vie avec des quintuplées Dre Boutons LE PLAN B (2010) Jennifer Lopez.RDS Sports 30 LNF Football - Championnat de conférence (D) NFL 100 Sports 30 Sports 30 HISTORIA Nos ancêtres les extraterrestres Profession: brocanteur Fièvre encans Fièvre encans Les pas de Les pas de Sortons danser! L'acier et feu ICI ARTV La table de Kim / Virginie Fortin Comme par magie POUR VIVRE ICI (2018) avec Marie Bernier, Amena Ahmad.La guerre des mondes Cinéma EXPLORA Concevoir l'impossible Gros labo Cobaye Pharmachien Planète techno Jeu science Jeu science Découverte Artisans Z Galas Juste pour rire 2018 Synvain rénove La vie après Coups cochon Roast Battle Déroute Déroute Surnaturel / Absence Nature sauv.sav-media Histoire/ Santé 18h50 36.9° 19h15 36.9° 19h45 Érudit De garde 24/7 Décor Question santé Inflammatoires Inflammatoires Couple nerds Balado TFO Les sapiens Les sapiens Les sapiens 19h35 Sapiens Les sapiens Métiers/ On fête ROSALIE (2018) Mamie Cinéma Planète 17h Amoureus La fin des Ottomans Matière grise / Comment devenir un champion?Grands Mythes Champs de bataille Le chant des ondes CBC Endlings Endlings FindMeParis FindMeParis High Arctic Haulers The Fifth Estate CBC News: The National CBCNews CTV 15h00 Football LNF Football - Championnat de l'AFC (D) 9-1-1: Lone Star Partie 1 de 2 CTV National GBL Global News Global National BorderSecur Security The 26th Annual Screen Actors Guild Awards 22h15 Kids Say 23h05 News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Kids Say / My Work Is Done Shark Tank Shark Tank News CBS 15h00 Football Ch.3 News 60 Minutes NCIS FBI NCIS: New Orleans News PBS (33) Great British Baking / Biscuits A Place to Call Home Masterpiece Classic Masterpiece Classic / Sanditon Vienna Blood / The Last Seance Midwife UNIS Pas plus bêtes Fous animaux Les Newbies Les Parent Les Parent La galère File d'attente Captive Mardi/ Paolo HBO1 16h50 DIEGO MARADONA 19h05 Very Ralph The Outsider Avenue 5 Enthusiasm Cinéma TVA Sports 16h00 Hockey Le TVA sports RAW WTA Tennis - Adelaide International Finale Le TVA sports Hockey / Bos./Pit.DIMANCHE 01/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Lâcher prise Une autre histoire Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal En tout cas L'échappée / Dernière volontés Fugueuse la suite TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ P-Partout Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût Point doc Zone franche M'entends-tu?Mc$ween Dans médias V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire Maître du chantier La semaine des 4 Julie La grande évasion / Le menteur Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR L'olive, un ver dans le fruit?Toutankhamon, trésor Apocalypse Le jour où.Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Douanes Douanes Structures / L'ère du charbon Phénomènes vus de l'espace La frontière États-Unis-Mexique Alaska: La ruée CANAL VIE Vendre ou rénover?Quoi ton plan?Les cheaps Conseils Mères à boutte Dre Boutons Comme chien et chat Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Sport en liberté NBA Basketball / Lakers de Los Angeles c.Celtics de Boston (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Sortons danser! La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Le mystère de l'or / À la vue FantomWorks ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Tout simplement country Corno, corps et âme 5 degrés EXPLORA Le refuge de l'espoir Enquêtes sur les prédateurs Vivre loin du monde Reconstruire l'histoire Grande Muraille Silicon Valley Z Comédie Talk show Top Gear Diesel Brothers (v.f.) Pitbulls / Sur le fil Arrow / Spartan Dexter sav-media 18h15 36.9° 18h45 Lexique Monde sans 19h55 Kick t Couple nerds Encore plus Génie d'ici Génie d'ici L'ère robots L'ère robots Couple nerds TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens MADAME HYDE (2018) Isabelle Huppert.Évasion 23h05 Réalisa.Planète Passage à l'acte! La star du lycée Une nuit au Grévin Cocottes et courtis.Face au feu Envers paradis CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud Murdoch Mysteries / Fox Hunt Coroner / Crisp Sistr CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Bob Hearts 9-1-1: Lone Star Partie 2 de 2 All Rise The Good Doctor / Mutations CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Neighborhood Nurses / Friday Night Legend Prodigal Son / Alone Time Bull / Behind the Ivy Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelor The Good Doctor / Mutations News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Bob Hearts All Rise Bull / Behind the Ivy News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow No Passport Required Independent Lens / Accept the Call UNIS Pense vite! Chez nous Pas plus bêtes Chef mission Ma vie made in Canada Mordu d'éplan Frères, fusils, festins Coeur Yukon HBO1 17h15 Lindsey Vonn: Final 18h55 Curb Veep 20h05 Ferrell Takes the Field The New Pope The Outsider Sex & City TVA Sports 17h00 JiC Le top LNH Avant-match LNH Hockey / Panthers de la Floride c.Wild du Minnesota (D) Dave Morissette en direct LUNDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Les femmes hassidiques que l\u2019on croise dans certaines rues de Montréal font leur chemin dans une discrétion absolue, sans porter leur regard sur les étrangers « non juifs » et sans leur adresser la parole.On ne les entend pas non plus dans les médias.Et pourtant, elles fascinent\u2026 Ce documentaire du Montréalais Abbey Neidik, qui s\u2019est intéressé à elles dans un film précé- dent, donne la parole à des juives has- sidiques de la branche loubavitch, plus « libérale » que certaines autres.Ces femmes, qu\u2019il a rencontrées à Londres, New York, Jérusalem et Sainte-Agathe, s\u2019expriment sur leur façon de participer à l\u2019essor de la She- kinah, la forme féminine de Dieu, une condition jugée nécessaire à la venue du Messie, qui serait imminente selon cette branche du judaïsme.À travers leurs obligations familiales imposantes, elles arrivent à prendre leur place dans le monde et à se réaliser afin de permettre au Messie de transformer le monde en un « paradis de paix ».Le documentariste obtient ainsi les témoignages de femmes très enthousiastes quant à leur mission et à leur engagement, dont une conférencière animant des séminaires de jeunes has- sidiques, une thérapeute de Jérusalem qui partage les tâches ménagères de façon équitable avec son mari, et les membres d\u2019un groupe rock hassidique new-yorkais.Il arrive également à recueillir les confidences plus mitigées d\u2019une Londonienne, encore toute jeune et déjà divorcée, qui remet en question son engagement dans la communauté.Malgré cette relative liberté, on sent que le poids des traditions peut être parfois trop lourd pour certaines.Culture Écrans 44 Des femmes hassidiques se dévoilent L\u2019essor de Shekinah agit comme un révélateur sur la prise de parole des juives de la branche loubavitch RADIO-CANADA L\u2019essor de Shekinah Radio-Canada, samedi, 22 h 30 On se demande comment on peut descendre plus bas\u2026 C\u2019est ce qui vient en tête en lisant le slogan « Reach new depths » (« Atteignez de nouvelles profondeurs » en français) qu\u2019on trouve sur l\u2019affiche promotionnelle de cette nouvelle série documentaire produite par Netflix et consacrée à l\u2019entreprise de « bien-être » créée par l\u2019actrice américaine Gwyneth Paltrow\u2026 La compagnie, déjà décriée pour sa promotion de traitements et de produits très discutables d\u2019un point de vue scientifique et, avouons-le, à plusieurs égards assez effrayants, se voit offrir encore plus de visibilité dans les six épisodes de cette série où il sera, entre autres, question d\u2019exorcisme, de guérison énergétique et de produits anti-vieillissement.À prendre avec d\u2019immenses grains de sel\u2026 À NE PAS MANQUER The Goop Lab with Gwyneth Paltrow Netflix, dès vendredi Abysses mercantiles\u2026 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Culture Écrans 45 01/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Toute la vie 5e rang Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur L'Académie Malaises L'heure bleue Épidémie / Suspicion TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Moi j'mange Point doc Partie 1 de 2 House of Cards / Oeil pour oeil Poldark / Naufrage Francs-tireurs V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire Total Knock Out La semaine des 4 Julie NCIS: Los Angeles Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Nordik / Chili: Santiago Dans la tête de./ Un radin Classe à part / Les alliés Kepler(s) Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Bras de fer Pleine tempête Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Approche mortelle Catastrophes en mer Prison CANAL VIE Vendre ou rénover?Ma maison Couple en Holmes / Sortez vos mouchoirs Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Mini-maisons Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 L'antichambre (D) NBA Basketball / Clippers de Los Angeles c.Mavericks de Dallas (D) L'antichambre HISTORIA Le mystère de l'or / À la vue Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Montagnards ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Quelle famille! Blanche Blanche La guerre des mondes La guerre EXPLORA Animo Les Poilus Enquêtes sur les prédateurs Pharmachien Pharmachien La vérité sur l'alcool Artisans du changement Naissance Z Comédie Talk show Péril en haute mer Knightfall (v.f.) Surnaturel / Sans pitié Six / Mémoires de Navy SEAL Dexter sav-media CORIM L'histoire dira Inflammatoires Inflammatoires De garde 24/7 Gardiste/ Kick t Question santé Question santé 36.9° 36.9° Revenir les TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens LA DENTELLIÈRE (1976) Isabelle Huppert.22h50 Réalisa.Cinéma Planète Faites entrer l'accusé / Patrick Tissier: Le récidiviste Ces animaux stars de cinéma Traqueur de serpents La vie secrète des Atolls Supernature CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud Kim's 22 Minutes Schitt's Creek Catastrophe CBC News: The National CBC Late Night CTV CTV News Montreal eTalk The Conners The Resident This Is Us Emergence Partie 1 de 2 CTV National GBL Global National Global News FBI: Most Wanted / Hairtrigger NCIS / Sound Off FBI / Payback New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Bless-Mess Mixed-ish Black-ish Emergence Partie 1 de 2 News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Sound Off FBI / Payback FBI: Most Wanted / Hairtrigger News PBS (33) PBS NewsHour Governor Budget / 2020 Finding Your Roots Secrets of the Dead Frontline Amanpour UNIS Pense vite! File d'attente Les Parent Les Parent La galère Captive Ciné tout court Balade HBO1 17h10 BOOST (2017) Enthusiasm Veep Robin Williams: Come Inside My Mind The New Pope Sex & City TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Golden Knights de Vegas c.Bruins de Boston (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey MARDI 01/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cerebrum Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) Autiste, bientôt Animania Léo Léo TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ P-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs SOS sages-femmes De garde 24/7 V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire Phil s'invite Phil s'invite La semaine des 4 Julie SEAL Team / Nouveau départ Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir autrement Envoyé spécial Tabous et interdits / Texas Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Boss enchères Pilotes Alaska: La ruée vers l'or Tanked (v.f.) Hélico tout terrain Craindre voisin CANAL VIE Vendre ou rénover?Comme chien et chat Naufragés de l'amour / Rome Mini-maisons Duel à la Couple en Ma maison Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LAH Hockey / Crunch de Syracuse c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Humanité ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Moi et l'autre Olivier Olivier Olivier Olivier EXPLORA Poissons monstres La parole aux arbres Concevoir l'impossible Gros labo Gagner Du flocon à l'avalanche Jeu science Z Comédie Talk show Constructions stupéfiantes Chasseurs d'ouragans La vie après Déroute Nature sauvage Dexter sav-media Maîtres 18h55 Art Civilisations 19h50 Lexique Musée/ Gardiste Kebec/ Gardiste Juifs/ Musu.21h55 Lexique Ordinaire ou Super Maîtres TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens MADAME HYDE (2018) Isabelle Huppert.Empreint Cinéma Planète La quête des vents The Believers Passage à l'acte! L'affaire Natalee Holloway Faites entrer l'accusé CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud Burden of Truth Fortunate Son CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Goldbergs Flirty Dancing Criminal Minds / Saturday Stumptown / Dirty Dexy Money CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Undercover Boss / Dippin' Dots Modern Family Single Parents S.W.A.T./ Good Cop Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Stumptown / Dirty Dexy Money News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Undercover Boss / Dippin' Dots Criminal Minds / Saturday S.W.A.T./ Good Cop News PBS (33) PBS NewsHour Feast-Making Rural Delivery Nature Nova / Saturn Expedition With Steve Backshall Amanpour UNIS Pense vite! Chef mission Le p'tit cabaret / Jonathan Roy Trait d'humour Partie 1 de 2 Les Newbies Le punch Zachary Richard La galère HBO1 17h20 TWISTED (2018) 18h55 Curb 19h25 Veep LANSKY (1998) avec Anthony LaPaglia, Richard Dreyfuss.LIKE.SHARE.FOLLOW (2016) Keiynan Lonsdale.TVA Sports 17h00 JiC Avant-match LNH Hockey / Winnipeg Jets c.Blue Jackets de Columbus (D) D.Morissette 22h45 TVA sp.23h15 RAW MERCREDI 01/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois / Patrick Groulx Enquête Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or Le bon docteur Partie 2 de 2 J.E.Infractions TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Mc$ween De garde 24/7 Dans les médias Zone franche Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire L'amour est dans le pré La semaine des 4 Julie Chicago Police Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Classe à part / Les alliés Victimes: leur vie a basculé L'enquête de ma vie Chérif / Parole contre parole Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Les derniers secrets d'Égypte Jeunes pour prison / Spécial Paranormal sur le vif Docu-D / Elian CANAL VIE Vendre ou rénover Vancouver?La vie avec des quintuplées Mamans, gérantes d'estrade Maman médium Les cheaps On se marie Vendre rénover RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° La vie après Avant-match NBA Basketball / Lakers de Los Angeles c.Brooklyn Nets (D) L'antichambre (D) HISTORIA De l'acier et du feu FantomWorks FantomWorks Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Profession ICI ARTV 17h30 L'appel L'appel du coeur Quelle famille! Tout simplement country Blanche Blanche FISTON EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) La vie secrète des perles Artisans du changement Pharmachien Pharmachien Enquêtes sur les prédateurs EnquêtePréd Z Comédie Talk show La vie après Célèbréchec Synvain rénove Drôlescience Coups cochon Roast Battle Galas Juste pour rire 2018 Dexter sav-media 17h30 Savoir Inflammatoires Ordinaire ou Super Génie d'ici Après/ Après Archi branchés Archi branchés Génie d'ici Génie d'ici Ordinaire TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Flip Métiers/ On fête Boum, canon 20h35 Sapiens Ziva Postec: La monteuse derrière le film Shoah Évasion 23h20 Failles Planète Une nuit au Grévin Cocottes et courtis.François Mitterrand Champs de bataille Extraordinaires humains Dauphin rose CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud BackTimeWinter / The 1960s The Detectives Partie 2 de 2 CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Young Sheldon Station 19 Partie 1 de 2 Grey's Anatomy Partie 2 de 2 Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Carol's 2nd Act GoodPlace Will & Grace The Unicorn NCIS: New Orleans Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Station 19 Partie 1 de 2 Grey's Anatomy Partie 2 de 2 Million Little Thing / The Kiss News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon The Unicorn Mom Carol's 2nd Act Grammy Special News PBS (33) PBS NewsHour Made Here Made Here Made/ Made Made Here Bolton Valley Made Here Amanpour UNIS Pense vite! Goût du pays Fous animaux Chez nous Chars À plein gaz Frères, fusils, festins Au coeur du Yukon Guides HBO1 17h25 YOU KILLED MY MO.Enthusiasm Veep 20h05 Latin Explosion 21h10 The Outsider 22h10 BUZZ (2019) Buzz Bissinger.TVA Sports 17h00 JiC LHJMQ Hockey / Remparts de Québec c.Cataractes de Shawinigan (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Hockey JEUDI 01/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Prière de ne pas Guillemets Magnifiques Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire TVA nouvelles 22h35 L'AUBE ROUGE (2012) TQ Le 422 Moi j'mange Cette année-là Un chef à la cabane Deux hommes en or M'entends-tu?Le 422 Belle et Bum V Souper parfait Souper parfait L'arbitre Huissiers Huissiers Code 111 Code 111 Sang cervelle Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Décrypteurs Le National Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Le Monde de Jamy / La France face aux tempêtes Nordik / Chili: Santiago Des bateaux et des hommes Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Fabien Cloutier: Assume La frontière États-Unis-Mexique Craindre son voisin Les derniers secrets d'Égypte Billions (v.f.) CANAL VIE Vendre ou rénover Vancouver?Duel à la Quoi ton plan?Vendre ou rénover au Québec Naufragés de l'amour / Rome Conseils Mères à boutte Vendre rénover RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Faites vos jeux NBA Basketball / Raptors de Toronto c.Knicks de New York (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Fous bolides Fous bolides Les montagnards Les montagnards Conquérants Chopper Transmission Transmission Malédiction ICI ARTV Moi et l'autre Quelle famille! Dre Grey, leçons / Filiation La table de Kim / André Sauvé C'est juste de la TV Esprit critique Sherlock EXPLORA La faune canadienne Planète techno Pharmachien Naissance continent / L'homme La vérité sur le jeûne Méga convois Méga convois Z Comédie Talk show Diesel Brothers (v.f.) Top Gear Constructions stupéfiantes Pitbulls / Sur le fil Dexter sav-media Inflammatoires Arrêt monde 180 jours Recherch Grand chapitre 20h50 Biblioth CORIM Couple nerds Monde sans 22h55 Lexique Grand chapitre TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens PARIS LA BLANCHE (2016) Hogtown Cinéma 22h55 Réalisa.Planète Ces animaux stars de cinéma Traqueur de serpents 100 jours / Nager en eau froide L'envers du paradis Matière grise CBC CBCNews Coronation St.Coronation St.LNH Hockey - Concours d'habileté du match des étoiles (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Am.Housewife The Big Bang Magnum P.I.Blue Bloods / The Real Deal CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 Nurses / Friday Night Legend Security Security Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Fresh Off-Boat 20/20 Local 22 News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Hawaii Five-0 Magnum P.I.Blue Bloods / The Real Deal News PBS (33) PBS NewsHour Outdoor Vermont Week Wash.Week '70s Soul Superstars (My Music) Amanpour UNIS Watatatow Watatatow Les intrépides Les intrépides Le Loup-garou Le Loup-garou Fais-moi peur! Fais-moi peur! Le punch Trait d'humour Partie 1 de 2 HBO1 17h00 GAME CHANGE (2011) Enthusiasm Veep 20h05 DEADWOOD (2019) Ian McShane.Real Time With Bill Maher Strike Back TVA Sports 17h00 JiC Avant-match (D) LNH Hockey - Concours d'habileté (D) Dave Morissette en direct VENDREDI CRITIQUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le titre est vulgaire, la réalité aussi.Assholes, a Theory, le documentaire de John Walker, traduit en français par Trous de cul, une théorie, décrit le « trou de cul » type comme un être narcissique qui ne pense qu\u2019à lui-même et à son profit, qui se croit supérieur aux autres et qui considère que tout lui est dû.Le phénomène demeurerait marginal si les « trous de cul » de ce monde n\u2019avaient pas la cote, explique Walker, au point d\u2019atteindre rapidement les plus hauts échelons du pouvoir dans des pays de plus en plus nombreux.John Walker s\u2019est en fait basé sur un essai du même titre, publié en 2012 par le professeur Aaron James, que l\u2019on rencontre dans le film.Il part d\u2019exemples de tous les jours mettant en vedette ces « connards » qui profitent des autres.Il prend ensuite le chemin d\u2019Hollywood, où les narcissiques sont légion, et y rencontre une psychologue qui explique le phénomène.Toutefois, le segment le plus intéressant est probablement celui où le réalisateur se rend en Italie, sur les traces du « prototype » du « trou de cul » : l\u2019ancien président Berlusconi.On l\u2019aura compris, Assholes, a Theory ratisse large.L\u2019idée de base, soit démontrer que les personnes narcissiques et uniquement préoccupées par leurs intérêts, sont valorisées dans une société capitaliste est intéressante.Tout au long du film, on sent un « éléphant dans la pièce », Donald Trump, jamais nommé.Mais par ses longueurs et sa dispersion, le film demeure davantage un exercice de défoulement qu\u2019une véritable théorie.Ces « cons » qui mènent le monde Dans Trous de cul, une théorie, John Walker essaie de comprendre pourquoi les « connards » gardent la cote ONF Trous de cul, une théorie Télé-Québec, mercredi, 20 h V I V R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Voyage 47 La Namibie, éden minéral d\u2019Afrique Malgré la sécheresse, ce pays regorge de richesses Un groupe de lionnes.En Namibie, nombreuses sont les occasions de croiser la gent animalière sans faire appel à ses instincts néandertaliens.Page de gauche: la dune Big Daddy.PHOTOS GARY LAWRENCE que s\u2019étaler sur des milliers de kilomètres carrés, elles s\u2019étirent le long de la mer, sur la dantesque Skeleton Coast, où elles sont tantôt léchées par les eaux glaciales du courant de Benguela, venu tout droit d\u2019Antarctique, tantôt cinglées par ses flots turbides.Par endroits \u2014 près de la très germanique ville de Swakop- mund, par exemple \u2014, les dunes semblent s\u2019élever des eaux sur des dizaines de mètres de hauteur, tandis qu\u2019ailleurs, d\u2019innombrables épaves de navires se font lentement avaler par les sables.Du haut du ciel, à bord des avions- taxis qu\u2019on peut emprunter pour s\u2019éviter de longues journées de piste, toute la splendeur de la géologie namibien- ne se révèle.« Grâce à l\u2019érosion due aux vents et aux sables qui ont fait leur œuvre depuis des millions d\u2019années, le relief et les plis terrestres sont très bien exposés », explique Josia Shilunga, géologue à la University of Namibia.Outre les mers dunaires, on a droit à des tourelles de pierre, à des volcans érodés et à des pitons rocheux dignes de Monument Valley, à des inselbergs extraterrestres ou à des massifs de basalte qui semblent naviguer sur les sables comme de sombres vaisseaux noirs.Dans le parc national d\u2019Etosha, les salars (grands lacs salés desséchés) que sont les pans étalent leur éblouissante blancheur sur des milliers de kilomètres carrés, avant d\u2019être progressivement piqués de végétation.Les éléphants qui s\u2019y abritent jaillissent des fourrés couverts d\u2019argile couleur d\u2019ivoire, comme de grands fantômes surgissant de nulle part.Et ces pachydermes ne sont pas les seuls à se couvrir l\u2019épiderme pour se protéger du pilon solaire : certaines ethnies le font aussi.Virée chez les Himba Partout autour du petit village himba où je débarque à mi-séjour, la terre est rouge.Pas à cause du sang versé par les peuples himba et surtout herero, lors du premier génocide du XXe siècle \u2014 gracieuseté des Allemands, colonisateurs de la Namibie \u2014, mais bien parce qu\u2019elle contient de l\u2019oxyde de fer.aménagée comme un appartement, en fait), au lever du jour.Dès mon arrivée dans la réserve Ongava, près d\u2019Etosha, deux rhinocéros blancs, un lion et des éléphants du désert sont venus parader droit devant le Andersson\u2019s Camp.Il faut dire que ce superbe établissement, doté d\u2019un centre de recherche et d\u2019un centre des visiteurs flambant neufs, a aménagé un point d\u2019eau flanqué d\u2019une cache accessible par un tunnel, devant la salle à manger à aires ouvertes.À cause de la sécheresse qui sévit depuis des années en Namibie, la réserve Ongava se procure aussi du fourrage et le distribue pour s\u2019assurer que certaines bêtes survivent.La situation est telle qu\u2019en juin, le gouvernement namibien a préféré vendre un millier d\u2019animaux sauvages \u2014 dont 60 girafes et 28 éléphants \u2014 plutôt que de les laisser mourir.C\u2019est qu\u2019il fallait agir : en 2018, près de 64 000 bêtes ont péri en raison de la raréfaction du pâturage.C\u2019est là la rude réalité de ce pays à la sublime joliesse, mais qui est si souvent stérile, où les bêtes s\u2019adaptent néanmoins \u2014 il arrive que les lions du désert se nourrissent d\u2019otaries, sur le littoral.Des aires de déserts Majoritairement couverte de zones arides, la Namibie abrite le plus vieux désert du monde, celui du Namib.Du haut de ses extraordinaires dunes ocre, blondes ou orangées, pas moins de 55 millions d\u2019années nous contemplent, pour paraphraser un conquérant de jadis.La longue et éblouissante vallée qui mène de Sesriem à Sossusvlei est jalonnée de certaines des plus splendides et des plus hautes dunes du globe, qui s\u2019allument comme des bouts de cierges, les unes après les autres, aux premières lueurs du matin.Au pied de la dune Big Daddy (325 mètres), le pan d\u2019argile de Deadvlei forme quant à lui un cadre surréel, avec ses acacias de 900 ans noircis par un soleil dessiccatif, comme si les doigts griffus de sorcières en train de se noyer émergeaient d\u2019un lac laiteux au fond d\u2019un cratère de sables rouillés.En Namibie, les dunes ne font pas REPORTAGE GARY LAWRENCE COLLABORATEUR LE DEVOIR EN NAMIBIE Ils sont là ! » Au bout de la piste, deux masses sombres, deux cuirassés préhistoriques se profilent dans les prémices de l\u2019aube.Deux rhinocéros noirs qui ne demanderont pas mieux que de nous charger s\u2019ils pensent que nous représentons une menace.« Taisez- vous, pas de photo avec votre appareil, uniquement avec votre téléphone : ils sont myopes, mais ils pourraient entendre l\u2019obturateur et nous repérer », de murmurer Ben Petrus, notre guide- chauffeur namibien, en éteignant le moteur de la Land Cruiser.Debout depuis 4 h du matin, notre petit groupe de six badauds fauniques venait de rouler près de deux heures dans l\u2019obscurité avant que le jour dévoile les deux mastodontes à cornes.Avant de partir, nous espérions les croiser en sillonnant les environs du point d\u2019eau où ils ont l\u2019habitude de s\u2019abreuver ; une fois sur place, il n\u2019aura fallu que quelques minutes pour retracer nos « proies », après que notre guide eut repéré des traces fraîches et des fèces bourrées de brins d\u2019herbe cisaillés comme le font les rhinos noirs.« Voyez comme la coupure est nette », de dire Ben en ouvrant en deux un excrément, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un muffin sorti du four.En Afrique, il y a quelque chose de grisant à traquer une bête et à la débusquer au terme d\u2019explorations dans la steppe, la brousse ou la savane.Quelque chose qui titille ce vieil instinct terré au tréfonds des interstices reptiliens du cerveau primitif, et qu\u2019on se plaît à éveiller si on ne mitraille qu\u2019au téléobjectif et que les seuls trophées qu\u2019on rapporte sont des images.En Namibie, il faut cependant vraiment vouloir se donner cette peine, car nombreuses sont les occasions de croiser la gent animalière sans faire appel à ses instincts néandertaliens.Le premier soir à Hoanib, dans le nord du pays, une simple sortie au coucher du soleil nous a permis de rencontrer un couple de lions du désert, avachis à l\u2019ombre.Le lendemain, une famille d\u2019éléphants déambulait à une centaine de mètres de la fenêtre de mon « camp » (une tente « LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 En vrac KLM relie Montréal à Windhoek, capitale de la Namibie, avec escale à Amsterdam, tandis que Lufthansa fait de même via Francfort.Compter de 17 à 19 heures de vol.Voyageurs du monde organise d\u2019impeccables séjours responsables et sur mesure, en Namibie, que ce soit en autocondui- te ou avec avions-taxis.L\u2019hébergement peut se faire en lodges de luxe, tous époustouflants : le Kulala, droit devant les dunes ; le Serra Cafe- ma, aux abords de la rivière Ku- nene ; le Hoanib Skeleton Coast, en plein désert ; et le Andersson\u2019s Camp, près d\u2019Etosha.Le prix du séjour inclut la compensation carbone de tous les déplacements aériens, de même qu\u2019une contribution à la fondation maison, Insolite Bâtisseurs Philippe Romero, impliquée dans la lutte contre les changements climatiques et les inégalités Nord-Sud.voyageursdumonde.ca et insolitesbatisseurs.org Deux bons guides : Lonely Planet Namibie (2017) et surtout Namibie.Bibliothèque du voyageur, chez Gallimard.Info : namibiatourism.com.na Vivre Voyage 48 Quelques habitations typiques.En bas : une femme en costume traditionnel.PHOTOS GARY LAWRENCE Après avoir mélangé cette terre pulvérisée avec du beurre et des herbes aromatiques, les femmes himba s\u2019en recouvrent les cheveux, créant des nattes qui deviennent alors argileuses.« Chaque jour, elles s\u2019en enduisent également le corps par coquetterie, mais surtout pour protéger leur peau du soleil et des insectes, quand il y en a : dans la région, il n\u2019a pas plu depuis quatre ans », indique mon guide Stanley Kasaona, lui-même himba.Proches de la nature et se contentant de très peu, ces bergers semi- nomades vivent dans de petites cases formées de simples branches recourbées et recouvertes d\u2019un mélange de bouse et de terre séchées, quand ils sont en déplacement pour suivre leur bétail.Comme ils le faisaient à leur arrivée en Namibie, il y a cinq siècles.Même si tous ne vivent pas de la sorte, les Himba de Namibie sont au- jourd\u2019hui 10 000, disséminés dans le Kaokoland, une région du nord du pays que la rivière Kunene sépare de l\u2019Angola sur 200 km.Un cours d\u2019eau infesté de crocodiles du Nil, mais qui leur permet de survivre, même en ces temps de sécheresse.En quittant le village, je réalise deux choses : chez les Himba, les femmes vivent tellement en communion avec la Terre qu\u2019en s\u2019en recouvrant la peau, elles finissent par faire corps avec elle\u2026 et il y a des enfants de quatre ans qui n\u2019ont jamais connu la pluie.L\u2019auteur était l\u2019invité de Voyageurs du monde.Grâce à l\u2019érosion due aux vents et aux sables qui ont fait leur œuvre depuis des millions d\u2019années, le relief et les plis terrestres sont très bien exposés JOSIA SHILUNGA » LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 BON VOYAGE 3081, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS - ENTRÉE LIBRE DIMANCHE 18 JANVIER 2020 LIEU : HÔTEL ROYAL VERSAILLES - 7200, RUE SHERBROOKE EST CORSE & PROVENCE BEAUTÉS CORSES ET PARFUMS DE PROVENCE Du 29 mai au 14 juin 2020 GRAND TOUR DES ÎLES BRITANNIQUES Départs : 30 mai & 4 septembre 2020 SICILE & ITALIE DU SUD ESCALE AUX ÎLES ÉOLIENNES Départs : 19 avril & 11 octobre 2020 LE PORTUGAL & L\u2019ÎLE DE MADÈRE Départs : 10 mai & 6 septembre 2020 TERRES D\u2019ESPAGNE PAYS DES TROIS CULTURES Du 13 septembre au 4 octobre 2020 L\u2019ARCHIPEL DES AÇORES « LES ÎLES-JARDINS DU PORTUGAL » Du 26 juin au 10 juillet 2020 10h30 10h30 12h45 12h45 14h30 14h30 Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com AGENCE SPÉCIALISTE DU MAROC BIENVENUE AU MAROC dans toute sa richesse culturelle et avec ses paysages à couper le souf?e.Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 PRÉSENTATION SPÉCIALE SUR NOS DÉPARTS 2020 | Plus de groupes-croisières sur FJORDS DE NORVÈGE & SOLEIL DE MINUIT \u2013 Navire 4* Séjour à Copenhague, Stavanger, Tromso, Cap Nord, Ålesund, Flam, Fjord de Geiranger 5e Année ! Coup de cœur assuré ! ÎLES GRECQUES & MÉDITERRANÉE \u2013 Séjour à Rome, Sicile, Santorin, Athènes, Vivez une nouvelle expérience avec un tout nouveau concept de navire ! 3 PROMOTIONS ! MER NOIRE & MER ÉGÉE \u2013 Navire 5* ½ Séjour à Athènes, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Ukraine, Russie, Géorgie.Itinéraire inusité ! En formule tout-inclus ! SÉJOUR & CROISIÈRE À HAWAÏ 7 nuits en hôtel 4* face à la mer, en plein cœur 30e Année d\u2019expérience ! La meilleure façon de voyager à Hawaii ! Permis du Québec JOURNÉE CONFÉRENCES RADISSON 514 351-5814 450 581-8080 514 376-5079 PLACE SAINT-HENRI Détenteur d\u2019un permis du Québec 701468 LE 26 JANVIER 2020 À L\u2019 HÔTEL ROYAL VERSAILLES HÔTELS DESTINATIONS KIOSQUE LIVRES ULYSSE BISCUITS ET CAFÉ SERONT SERVIS PRIX DE PRÉSENCE DESTINATIONS SOLEIL DU NORD LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Vivre Voyage 50 REPORTAGE SONIA SARFATI COLLABORATRICE LE DEVOIR À LAKE BUENA VISTA, FLORIDE « Explorer de nouveaux mondes étranges et, au mépris du danger, se rendre là où nul homme n\u2019est allé avant\u2026 » Oh là, avant de crier à l\u2019erreur de débutante ! La phrase, on le sait fort bien, est associée à Star Trek et non à Star Wars.Mais un détournement de sens (et de franchise) est approprié dans les circonstances.Explications.L\u2019empire Disney a investi 1 milliard pour recréer, sur 5,7 hectares, un morceau de cette galaxie très lointaine que nous avons découverte en 1977 grâce à George Lucas.Star Wars \u2014 Galaxy\u2019s Edge, planté dans le parc Hollywood Studios de Walt Disney World à Orlando, a été inauguré le 29 août et reproduit, jusque dans le moindre détail, le Black Spire Outpost.Note géographique : situé sur la planète Batuu, ce port spatial sert de refuge aux combattants de la Résistance.Note chronologique : nous sommes entre les événements survenus dans les films Les derniers Jedi et L\u2019ascension de Skywalker.Dès la porte (des étoiles ?) franchie se dressent des pics acérés, nus.Ici, une chute.Là, des bâtiments dont la fonction demeure hermétique au visiteur de passage.Et soudain, le Mille- nium Falcon, grandeur nature ! Moment d\u2019émotion.Arrêt spontané.Photos.Avant de passer sous l\u2019arche qui donne accès aux ruelles du port spatial.On y a croisé Chewbacca ! Moment d\u2019émotion, bis.Et ter, tiens ! Action ! Depuis son inauguration le 5 décembre, la première a mérité tous les superlatifs.Avec raison, a-t-on constaté au début du mois.Après avoir déambulé pendant une trentaine de minutes dans des couloirs « creusés » sous la montagne où sont entreposés armes, uniformes, équipements (l\u2019œil averti et Star Wars en immersion totale Galaxy\u2019s Edge, à Walt Disney World, vous envoie sur Batuu entre les épisodes VIII et IX LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 son propriétaire ne s\u2019ennuieront pas une seconde dans cette file d\u2019attente), nous arrivons au point d\u2019entrée.À partir de là, l\u2019attraction comme telle dure une vingtaine de minutes ! C\u2019est énorme et probablement jamais vu.On y mêle du simulateur, de la chute d\u2019ascenseur, du plancher mouvant, du déplacement en véhicule sans rails, des effets visuels et sonores.En clair, nous nous retrouvons à bord d\u2019un vaisseau de la Résistance, sommes capturés par le First Order, interrogés (la Force sera utilisée, aïe !), puis secourus.Nous retrouvons notre liberté à l\u2019issue d\u2019une poursuite infernale de sept minutes dans les entrailles d\u2019un Star Destroyer.En cours de route, nous croisons les personnages de la dernière trilogie cinématographique (Rey, Kylo Ren, Finn, Poe Dameron, etc.), présents sous versel, Rise of the Resistance est dans l\u2019action, dans la stupéfaction \u2014 avec, pour les fans de l\u2019univers, des moments de pure jouissance.Il y a là un véritable scénario.Comme, d\u2019ailleurs, il y en a un dans l\u2019ensemble du parc et à Smugglers Run, fatalement dans l\u2019ombre de son monumental voisin, mais très divertissant.Répartis par groupe de six, les visiteurs prennent les commandes du Millenium Falcon (oh que oui !) dans un vol où leurs erreurs et leurs bons coups influencent le déroulement et l\u2019issue de la ride.Jouissif.La conclusion qui s\u2019impose après avoir passé deux jours sur Batuu ?Faire aussi immersif est difficile à imaginer\u2026 à moins d\u2019avoir l\u2019imagination (et les moyens) des imagineers de Disney, dont le modus vivendi est « If you can dream it, you can do it ».Ils ont visiblement été nombreux à rêver.Et ils ont rêvé drôlement fort.Mériter Rise of the Resistance En ce moment, il n\u2019y a pas de FastPass (système qui permet de réserver des places dans les attractions les plus populaires à une journée et à une heure données) pour Galaxy\u2019s Edge.Les gens se massent donc aux portes d\u2019Hollywood Studios avant l\u2019ouverture afin de s\u2019assurer de pouvoir faire Rise of the Resistance dans la journée.La file virtuelle se constitue via l\u2019application My Disney Experience, une fois à l\u2019intérieur du parc.À noter qu\u2019il y a eu insatisfaction en décembre (l\u2019attraction venait d\u2019ouvrir et, avec le temps des Fêtes, WDW était en période de pointe), car malgré l\u2019attente, tous ne parvenaient pas à se faire inclure dans un boarding group.Une fois assigné à un groupe, le visiteur reçoit, au cours de la journée, un avis lui laissant deux heures pour se rendre à l\u2019entrée de Rise of the Resistance.Entre- temps, il est libre d\u2019aller où bon lui semble\u2026 même de retourner se coucher.Lors de notre passage, nous sommes arrivées à 4 h 30.Le parc ouvrait à 7 h (on appelle ça faire du zèle).Une cinquantaine de personnes étaient déjà là.À 5 h 30, nous étions plusieurs centaines.À 7 h 01, nous avons eu « notre » groupe.Le 77.À 7 h 30, toutes les places étaient attribuées pour la journée.Mais deux jours plus tard, des visiteurs arrivés à 6 h 45, entrés à 7 h 15, se retrouvaient dans le groupe 40 et des places étaient attribuées jusqu\u2019à 9 h 15.Conseil : se renseigner sur place sur l\u2019état de la situation, car il fluctue.Autre cause d\u2019irritation : les pannes.La machine hypercomplexe (que l\u2019on imagine encore en rodage) s\u2019enraye parfois.D\u2019où les retards divers.Il semble aussi que les animatroniques soient parfois\u2026 peu animées.Quand c\u2019est l\u2019un des Stormtroopers, passe encore.Quand c\u2019est Kylo Ren, c\u2019est plus ordinaire.Ce dernier a heureusement une doublure holographique.Enfin, la maîtrise de l\u2019anglais n\u2019est pas obligatoire pour profiter de Rise of the Resistance, mais le plaisir est décuplé quand on comprend tout ce qui se passe.Or, en ce moment, le système Ears to the World (qui donne accès à des narrations en cinq langues, dont le français) n\u2019est pas en place à Galaxy\u2019s Edge.Page de gauche : une vue générale de Millennium Falcon à Galaxy's Edge, Walt Disney World Resort, à Orlando, en Floride.Ci-contre : un hologramme de Rey.GERARDO MORA AGENCE FRANCE-PRESSE/ SONIA SARFATI 51 Vivre Voyage forme d\u2019hologrammes, d\u2019animatroni- ques (cet escadron de 50 Stormtroo- pers !) ou via écrans.Quant aux effets visuels, ils sont à couper le souffle de quiconque en avait encore.Là où une attraction comme Avatar : Flight of Passage (dans le secteur Pandora d\u2019Animal Kingdom) est d\u2019une poésie visuelle touchant à l\u2019uni- L\u2019empire Disney a investi 1 milliard pour recréer, sur 5,7 hectares, un morceau de cette galaxie lointaine que nous avons découverte en 1977 grâce à George Lucas LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Vivre 52 Hobbes nous parlait de l\u2019état de nature ; là où, sans contrat social, l\u2019être humain serait loup.Le jeu de tir à la première personne Escape From Tarkov, du studio russe Battlestate Games, pousse la pensée hobbesienne à son paroxysme.Rendu disponible en version bê- ta en 2016 et constamment mis à jour depuis, on y prend la place d\u2019un mercenaire pris au piège dans une zone spéciale économique assiégée où tout a tourné au vinaigre.Seul contre tous, on y infiltre usines, centre commercial et autres lieux abandonnés afin d\u2019y arracher les quelques vivres qui y restent pour survivre.Incroyablement détaillé, Tarkov tient beaucoup plus du jeu de simulation que du jeu de tir.Un coup de feu reçu à la jambe nous fait boiter et la déshydratation nous donne des maux de tête, par exemple.Une économie interne au jeu nous permet aussi d\u2019échanger ou d\u2019acheter de l\u2019équipement afin de mieux nous adapter aux conditions hostiles auxquelles on fera face.Gros hic : malgré toutes les possibilités de personnalisation disponibles dans Tarkov, impossible d\u2019y personnifier autre chose qu\u2019un homme blanc, soit un Russe, soit un Américain.Dans une entrevue accordée au blogue Wccftech en 2016, un développeur expliquait qu\u2019il ne croyait pas que les femmes puissent avoir leur place (!) dans les zones de combats.Or, notons que la réalité militaire indique le contraire et l\u2019on aurait aimé voir cet aspect simulé dans Tarkov.Le studio a récemment démenti sur Twitter cette prise de position.Du même souffle, ses développeurs ont quand même refusé d\u2019incorporer des personnages féminins à leur jeu, arguant que cela représenterait une charge de travail trop grande.Ce que nous dit essentiellement le studio, c\u2019est que de modéliser en 3D avec un souci du détail presque obsessif des dizaines d\u2019armes à feu et leurs pièces détachées est important pour eux.Et que de créer un personnage ressemblant à autre chose qu\u2019à l\u2019homme blanc macho qu\u2019ils idéalisent n\u2019en vaut pas la peine.Espérons qu\u2019ils changeront leur fusil d\u2019épaule.Leur jeu est bon.Innovant et addictif, même.Il est encore temps pour eux d\u2019arriver en 2020.Olivier Sylvestre LE JEU DE LA SEMAINE Escape From Tarkov Conçu et édité par Battlestate Games.Offert pour PCL\u2019état de nature REPORTAGE MIRIANE DEMERS-LEMAY COLLABORATRICE LE DEVOIR À BRISTOL ET À BERLIN es dizaines de visiteurs affluent avec poussettes, chiens et enfants.À l\u2019entrée, on vend des sapins sous le timide soleil de décembre.Une grande pancarte indique la direction du marché de Noël.Les noms des espèces d\u2019oiseaux récemment observés sur le site sont inscrits à la craie sur un tableau, en face de la boutique de souvenirs.Des clients attendent en file au stand de hot-dogs.Juste derrière se trouvent de magnifiques pierres tombales de l\u2019époque victorienne.Nous sommes dans le cimetière d\u2019Arnos Vale, à Bristol, en Angleterre.Menacé d\u2019abandon et de destruction, le cimetière s\u2019est réinventé grâce à D une importante mobilisation citoyenne et à une transformation radicale de ses activités.On y propose notamment des cours de yoga et de swing, des ateliers de sciences et de bricolage.On y projette des films en tous genres.On amène les visiteurs dans des visites guidées thématiques portant sur l\u2019identification des arbres ou sur l\u2019histoire des femmes illustres enterrées dans le cimetière.Il y a aussi des concerts, des dégustations de gin, des contes et des ateliers de survie en forêt pour les enfants.Une à deux fois par mois, on se réunit pour un « death cafe », où l\u2019on discute de la mort et du deuil.On y célèbre des funérailles\u2026 et des mariages.Une équipe de chercheurs travaille même à développer une application en réalité augmentée pour mettre en valeur la riche histoire du site.En ce jour de son populaire marché de Noël, l\u2019affluence est record, avec près de 1000 visiteurs attendus sur le site.Dans les deux chapelles anglicanes les familles déambulent entre les stands des artisans locaux, qui proposent bijoux, cupcakes, cartes et tricots.Dans le café à côté, l\u2019atmosphère est animée, les rires fusent et les cuillères tintent dans les tasses de thé.Mais le calme s\u2019impose dans la forêt derrière les chapelles, où la nature reprend tranquillement ses droits, les plantes grimpantes s\u2019enroulant délicatement autour des pierres tombales.Sur le sentier, une famille regarde un tronc d\u2019arbre avec attention.Une toute petite porte s\u2019y trouve, entre les racines.« Les elfes sont-ils partis au marché [de Noël] ?» demande la mère.« Oui ! » s\u2019écrie un garçon de trois ans, en bondissant dans sa poussette.« On vient souvent ici, c\u2019est si calme et paisible », raconte la famille.À quelques dizaines de mètres, dans un petit pavillon, des enfants assis sur des coussins écoutent attentivement Se marier et jardiner parmi les pierres tombales En Europe, on donne un second souffle aux cimetières LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 une femme déguisée en lutin raconter un conte de Noël.Toutes ces activités gardent le cimetière ouvert tout en incitant le public à le visiter, et d\u2019autres lieux à s\u2019en inspirer.« Nous savons que d\u2019autres cimetières sont inspirés par Arnos Vale puisqu\u2019ils viennent visiter le cimetière et parler avec le personnel », observe l\u2019étudiante au doctorat Janine Marriott, qui étudie les façons dont d\u2019autres endroits pourraient appliquer le modèle d\u2019Arnos Vale avec succès.Du jardinage à Berlin À l\u2019instar d\u2019Arnos Vale, le cimetière St-Jacobi de Berlin est repensé.Celui- ci, bordé par des immeubles de style soviétique et l\u2019ancien aéroport de Tempelhoff, était devenu un lieu fréquenté par les toxicomanes.Le cimetière ne générait plus les revenus nécessaires pour assurer la sécurité des visiteurs et l\u2019entretien des pierres tombales, rapidement avalées par la végétation.Pour remédier à cette situation, l\u2019organisme de jardinage Prinzessinnen- gärten a entamé une collaboration avec le cimetière.Des bacs de jardinage ont ainsi été aménagés au-dessus des cercueils et de la terre berlinoise contaminée lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.Un jeune stagiaire passe avec une brouette pour aller couper des ronces en bordure de l\u2019allée centrale du site.Des enfants de 5 ou 6 ans traversent l\u2019allée en courant, des truelles à la main.Après avoir observé des plantules dans un bac, ils grimpent sur un monticule de sable pour construire des châteaux.Tout près, leur enseignant explique les rudiments de la botanique à un groupuscule de bambins qui l\u2019écoutent avec attention.Au printemps, les classes de maternelle visitent ainsi le cimetière une fois par semaine pour s\u2019occuper de leurs jardins.À quelques encablures, des bruits sourds se font entendre.Entre les arbres, près des ruches, un homme sculpte le marbre.À ses côtés trône une pile de pierres tombales désuètes et brisées.L\u2019atelier de sculpture permet de recycler le marbre des pierres tombales.Rester calme La transformation du lieu ne se fait toutefois pas sans conflits.Certains visiteurs du cimetière n\u2019aiment pas l\u2019agitation associée aux jardins.« Une fois, l\u2019un d\u2019eux a vu un enfant maquillé et a appelé la police, raconte la cheffe de projet Lisa Dobkowitz.Plusieurs activités sont exclues, comme de tenir des marchés.On se doit d\u2019être calmes.» Malgré tout, la sobriété d\u2019un cimetière et le jardinage sont loin d\u2019être incompatibles, selon la jardinière Mi- chaela Kirschning.« Les deux choses sont connectées ! Le jardinage est aussi lié à la croissance et à la mort.» À gauche : le cimetière d\u2019Arnos Vale à Bristol, en Angleterre.Menacé de destruction, il a fait l\u2019objet d\u2019une mobilisation citoyenne et à une transformation de ses activités.À droite: au cimetière St-Jacobi de Berlin, en Allemagne, des bacs de jardinage ont été aménagés au-dessus des cercueils et de la terre contaminée lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.PHOTOS MIRIANE DEMERS-LEMAY 53 Vivre Société Le Courrier des écrans Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands Inscrivez-vous?: www.ledevoir.com/infolettres Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Vivre Resto 54 CRITIQUE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC Le Saint-Amour est l\u2019un des restaurants ayant le plus contribué à forger l\u2019identité gastronomique de Québec, et même du Québec.L\u2019exemple offert par le chef Jean-Luc Boulay a en effet permis de dynamiser la restauration en donnant envie à de nombreux émules de développer leur créativité culinaire tout en ne visant rien de moins que l\u2019excellence.J\u2019étais donc impatiente d\u2019aller vérifier si qualité et inventivité sont toujours de mise dans cet établissement, plus de 40 ans après sa fondation.Arrivés au restaurant au milieu d\u2019un concert de déneigeuses, nous sommes reconnaissants de pouvoir nous prévaloir du service de voiturier ! Le duo qui assure le service est empressé et sympathique.On nous installe confortablement.Seules quelques-unes des 115 places sont occupées, en cette soirée dominicale d\u2019après-temps des Fêtes, mais l\u2019ambiance n\u2019est pas morne pour autant.La salle à manger a tout d\u2019un chic resto parisien, avec ses motifs Art déco et ses grands miroirs qui réfléchissent la douce lumière des lampes à pampilles.De nombreuses plantes vertes occupent l\u2019espace jusqu\u2019au haut plafond-verrière.L\u2019ambiance musicale est à l\u2019avenant : calme, douce, elle alterne la chanson française et les pièces instrumentales, offrant une trame sonore en harmonie avec le lieu.L\u2019établissement compte un cellier recélant plus de 12 000 bouteilles, des meilleurs crus jusqu\u2019aux jus plus abordables.Puisqu\u2019il faut bien choisir, mon serveur me suggère un Bouillon aux Dames, un chenin angevin vif et frais.Mon compagnon opte pour un Pim Pam Poom 2017, un priorat dont le grenache promet un bel accord avec les plats choisis.En attendant lesdits plats, on nous apporte des mises en bouche à base d\u2019omble chevalier, de morue, de saumon et d\u2019herbes fraîches, ainsi que du pain à la croûte bien craquante et deux beurres maison, dont l\u2019un légèrement citronné.Chasse et pêche Je débute par une assiette de fruits de mer de la Gaspésie, où je découvre, ravie, un longuet de crevette à l\u2019aneth et aux moules fumées, qui fond voluptueusement sur la langue.À ses côtés, une coquille d\u2019oursin se fait l\u2019écrin de bourgots et mactres de Stimpson en escabèche, couronnés d\u2019une fine mousse d\u2019oursin.Quelques copeaux de coppa biologique de Charlevoix viennent conférer une petite touche olé olé à l\u2019ensemble.C\u2019est une symphonie de saveurs, où le caractère de chaque ingrédient est sublimé par tous les autres.La thématique marine se poursuit avec les pétoncles canadiens, saisis à point et déposés sur des rondelles de boudin blanc.Les cinq « noix » reposent sur de jolies arabesques de purée de topinambours, d\u2019espuma à l\u2019ail noir de l\u2019île d\u2019Orléans et de jus de viande réduit à l\u2019estragon.Délicatesse et dosage sont au rendez-vous dans ce plat complexe.L\u2019harmonie règne également dans les grands bois.Dave est séduit par son entrée de grand gibier du Québec, mettant en vedette un carpaccio de wapiti au genièvre et poivre des du- Les beaux atours du Saint-Amour Depuis 1978, cette table distinguée donne le ton à la scène gastronomique Actualités gastronomiques de la région de Québec L\u2019espace de restauration du Musée national des beaux-arts du Québec va bientôt changer de mains.Marie-Chantal Lepage, cheffe et gestionnaire des espaces de restauration et du service de traiteur, a récemment annoncé qu\u2019elle quitterait ses fonctions le 31 mars.Celle qui a réalisé plus de 1000 banquets a décidé de se consacrer à de nouveaux projets.C\u2019est le Groupe Restos Plaisirs qui assurera la gestion des services de restauration et de traiteur au MNBAQ, à compter du 1er avril.Monsieur Cocktail lance « La boîte à bonhomme », une offre éphémère créée spécialement pour le Carnaval.Il s\u2019agit d\u2019une boîte comportant tout le nécessaire pour concocter 8 cocktails à la maison : sirops 100 % naturels, jus pressés à froid, mix maison, amers, agrumes frais ou déshydratés, tout y est.Notons qu\u2019il est aussi possible de les concevoir façon mock- tail (sans alcool) pour les jeunes ou pour les personnes qui souhaitent s\u2019abstenir de spiritueux.La microbrasserie le BockAle sera cette année le partenaire brassicole officiel du Défi 28 jours : trois bières sans alcool seront proposées aux consommateurs qui souhaitent s\u2019offrir un répit tout en ayant des produits savoureux à mettre dans leurs verres. LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Une suggestion de Marie-Élaine Thibault Pour 4 personnes Ingrédients 4 hauts de cuisse de poulet Sel et poivre 1 feuille de laurier 1 oignon 2 tasses d\u2019eau 1 c.à thé de safran 2 c.à soupe d\u2019eau bouillante 2 tasses de riz basmati 1 c.à soupe de beurre ½ tasse de barberries* (ou de canneberges) 1 tasse de yogourt nature 3 gros jaunes d\u2019œuf 1/3 tasse d\u2019huile végétale 2 c.à thé de sel Préparation Saler et poivrer les hauts de cuisses et les saisir dans une poêle.Ajouter l\u2019oignon, la feuille de laurier et 2 tasses d\u2019eau.Couvrir et cuire 25 minutes à feu doux.Sortir les hauts de cuisse du bouillon et couper en morceaux.Dans un mortier, réduire le safran en poudre et y ajouter 2 c.à soupe d\u2019eau bouillante.Laisser reposer.Porter à ébullition une casserole d\u2019eau et bien saler.Dans une passoire fine, rincer le riz sous l\u2019eau froide pour retirer l\u2019amidon jusqu\u2019à ce que l\u2019eau qui s\u2019en écoule soit claire.Verser le riz dans la casserole et cuire 6 minutes.Égoutter le riz et rincer à l\u2019eau froide.Pendant ce temps, faire chauffer le beurre à feu doux et cuire les barberries ou les canneberges jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient gonflées.Retirer du feu.Préchauffer le four à 200 °C (400 °F).Dans un bol, mélanger le yogourt, les jaunes d\u2019œuf, l\u2019huile végétale, le liquide safrané et les 2 c.à thé de sel.Ajouter le riz et mélanger doucement.Dans un plat en pyrex, déposer la moitié du mélange de riz.Ajouter les morceaux de poulet sur le riz en pressant un peu avec la main.Terminer avec l\u2019autre moitié du mélange de riz et bien couvrir le poulet.Presser pour uniformiser le mélange.Couvrir de papier d\u2019aluminium et enfourner.Cuire 60 à 90 minutes jusqu\u2019à ce qu\u2019une belle croûte dorée se forme**.Retirer le papier d\u2019aluminium et placer une assiette sur le plat de cuisson.Tourner rapidement pour démouler.Décorer des canneberges restantes.Couper en pointes comme un gâteau.* Dans cette recette, on utilise des barberries, un fruit séché d\u2019origine perse que j\u2019ai eu beaucoup de difficulté à trouver.J\u2019en ai trouvé chez L\u2019Olivier au marché Jean-Talon.** Un plat en pyrex transparent permet de voir quand la croûte est bien dorée.Marie-Élaine Thibault est conceptrice et styliste culinaire.Pour la suivre : www.marielenfer.com ; www.facebook.com/ marielenfercuisine / ; www.instagram.com/maryhellyeah MARIE-ÉLAINE THIBAULT LA RECETTE DE LA SEMAINE Gâteau croustillant de riz au poulet et au safran (Tachin) nes, parsemé de lichen et de brins de Louis d\u2019Or, sans oublier un hommage à la pomme sous forme de beurre et de chips.La présentation est soignée, les contrastes entre l\u2019acidulé et le gibier sont parfaits.C\u2019est un plat où, à l\u2019évidence, chaque petit détail a été soigneusement soupesé.Le plat principal de mon invité poursuit éloquemment la démonstration, avec le pigeonneau, l\u2019un des mets fétiches du chef Boulay.Le délicat volatile de la ferme Turlo est servi entier et farci au foie gras, accompagné de panais glacé à l\u2019érable et au thym, ainsi que de jus naturel à la noisette et de purée de radis Valentine.Cette dernière est une révélation qui ajoute un élément supplémentaire de raffinement à ce plat riche en saveurs.Un dernier baiser, chéri En restauration, l\u2019un des risques de la longévité est de s\u2019en tenir aux valeurs sûres sans se renouveler.Le Saint- Amour a su éviter cet écueil, notamment en entretenant de nombreux liens avec des maîtres queux étoilés, mais aussi en nouant des collaborations avec des chefs de la relève.La carte des plaisirs sucrés a été confiée à l\u2019imagination et au talent du chef pâtissier Éric Lessard.Mon chéri se délecte du Cognac, un parfait glacé au praliné d\u2019avelines caramélisées, avec ses petits chapeaux de meringue à l\u2019érable.Ici, le cognac n\u2019est pas qu\u2019une idée ou un vague parfum : le capiteux alcool s\u2019affirme au contraire avec aplomb, créant une belle surprise en bouche, notamment avec les noix grillées.La Cerise que j\u2019ai choisie est une interprétation très personnelle de l\u2019emblématique Cherry Blossom.Fi- gurez-vous un « fruit » géant dont le cœur de cerise est entouré de mousse, elle-même entourée d\u2019une coque chocolatée parsemée de quelques éclats de noisette et de feuille d\u2019or.Une part de glace à la cerise, quelques gouttes de crème chantilly, des griottes\u2026 C\u2019est presque un poème, une mignardise délicate où le goût d\u2019enfance rencontre la sophistication.Avec ma tisane de rose, hibiscus et camomille, c\u2019est tout simplement parfait.La salle décorée dans le style parisien fait un superbe écrin pour les plats complexes à l\u2019esthétique travaillée.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le Saint-Amour $$$$ 48, rue Sainte-Ursule, Québec, 418 694-0667.Coût d\u2019un repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 206 $.Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 319 $.Les plus : Un parcours sans fautes, du début à la fin.Chacun des plats a visiblement été développé avec beaucoup d\u2019attention, puis préparé avec amour.L\u2019amour du terroir québécois et d\u2019une cuisine exceptionnelle.Les moins : Ah ! Si seulement tout le monde pouvait s\u2019offrir le plaisir d\u2019y manger ! L\u2019addition très élevée est, hélas, un obstacle pour bien des bourses.Le 45e anniversaire pourrait être l\u2019occasion d\u2019offrir un menu découverte à 45 $.Je lance l\u2019idée.55 Vivre Recette LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Vivre Vin 56 BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Il faut rendre à César ce qui est à César.Je crains toutefois que certains pharisiens ou autres empêcheurs de tourner en rond hésiteront à rendre la monnaie de leur pièce à celui qui, en 1964, fondait la maison Les vins Georges Dubœuf à Romanè- che-Thorins, en Beaujolais.Car il s\u2019agit ici bien de Dubœuf, de Georges Dubœuf, décédé tout dernièrement du haut de ses 86 millésimes.Je vous dis ça, car l\u2019homme apparaîtra sans doute décalé pour certains.Avec cette image de beaujolais nouveaux dont il était le grand maître de cérémonie à partir des années 1980, chez lui, comme ici même au Québec.Or, si le célèbre vigneron-négociant- éleveur n\u2019était pas nécessairement dans la mouvance actuelle pour ces vins bios, nature et orange qui excitent aujour- d\u2019hui la fibre d\u2019une nouvelle génération de consommateurs, il apparaît tout de même qu\u2019il faut rendre à Dubœuf ce qui est à Dubœuf.Ce qui tient à mon sens de la courtoisie la plus élémentaire.Une locomotive Je ne suis pas le seul à penser que l\u2019homme était, à l\u2019image de ces Alain Brumont, Yves Grassa, Miguel Torres, Robert Mondavi, Piero Antinori, Gérard Bertrand et autres Marcel Guigal, de la trempe de ces « émancipateurs » régionaux, véritables ambassadeurs, pour ne pas dire de ces puissantes locomotives qui posent les rails de la reconnaissance d\u2019une production locale, avec une incidence réelle sur les marchés étrangers.Quoi qu\u2019on en dise, la maison, forte d\u2019une production annuelle de plus de 30 millions de bouteilles, livre tout de même des vins de bon niveau, parfois d\u2019excellent niveau avec, par exemple, ces vins de propriété aux volumes plus restreints.Que ce soit pour les beaujolais régionaux, villages ou crus, ou encore ces vins du Mâconnais, de Bourgogne ou du pays d\u2019oc, le style est toujours reconnaissable et la qualité, constante, même si l\u2019utilisation de levures aromatiques avait parfois tendance, à une certaine époque, à niveler le caractère des vins.J\u2019ai souvenir, par exemple, il y a une quinzaine d\u2019années, d\u2019une rencontre au domaine, en compagnie de mes collègues de La Presse et du Journal de Montréal, avec l\u2019homme en question.Bien évidemment, une pléthore de vins dégustés en sa compagnie, mais surtout des regards croisés de journalistes passablement ébaubis quant à la remarquable performance de ces mêmes vins de propriété.Or, il y a plus.Mes collègues et moi-même l\u2019avons constaté ce jour-là.Georges Dubœuf avait non seulement du flair en affaires en dénichant ses fournisseurs-vignerons (plus de 300), il avait du nez pour réaliser ses assemblages, avec ou sans son fils Franck, à l\u2019image de Marcel Guigal et de son fils Philippe.Discret, encore une fois à l\u2019image des Guigal, il savait écouter en vous regardant de biais, évaluant du coup de quelle étoffe était fait l\u2019interlocuteur qui venait lui rendre visite.Dubœuf aimait le gamay \u2014 « son gamay chéri » \u2014 et pouvait vous en parler longuement.Issu d\u2019une famille de vignerons plus de quatre fois centenaire, le célèbre négociant avait su intéresser très tôt la restauration étoilée \u2014 les frères Haeberlin et Trois- gros, ainsi que les Paul, Bocuse et Blanc, pour ne nommer que ceux-là \u2014 en raison de la sincérité de son bagout et la conviction que le beaujolais, tout comme le Québec, n\u2019était pas né pour un p\u2019tit pain.Avec lui, un pan d\u2019histoire, une manière de communiquer et de vendre le produit disparaissent.Le beaujolais a la cote aujourd\u2019hui.Et Georges Dubœuf n\u2019est pas étranger à sa popularité.Bien sûr, une nouvelle génération s\u2019active dans le sillon à mieux circonscrire les nombreux visages du gamay noir à jus blanc à l\u2019intérieur des dix crus en les portant à des niveaux d\u2019expression encore inconnus il y a six décennies de cela, lorsque Dubœuf s\u2019engouffrait dans l\u2019aventure, mais convenons que cet homme et sa famille ont tout de même marqué une époque pivot pour sa reconnaissance et son rayonnement.Je boirai pour ma part du primeur 2020 en novembre prochain en votre honneur, Monsieur Dubœuf ! Du beaujolais nouveau en l\u2019honneur de Georges Dubœuf Portrait d\u2019un regretté vigneron hors du commun Georges Dubœuf, grand négociant en vins du Beaujolais, pose le 12 juillet 2002 dans ses vignes de Romanèche- Thorens où il va créer un site de vinification.PASCAL GEORGE ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE LES VINS DE LA SEMAINE (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans © devrait séjourner en carafe Moins de 16 $ 1/2 Casillero del Diablo 2018, Concha y Toro, Chili (11,95 $ \u2013 278416) Le diable est dans les détails ?Il détaille du moins ici, dans cette cuvée classique, une intensité fruitée qui ne semble pas avoir fléchi depuis toutes ces décennies où il trouve place sur les tablettes de la SAQ.Un rouge corsé, fiable et bien frais, pourvu de bons tanins ainsi que de souplesse.Simple certes, mais toujours recommandable.(5) © La surprise Champagne Fleury Blanc de Noirs Brut, Champagne, France (56,75 $ \u2013 13090631) Il faudra agir rapidement pour dénicher cette cuvée enrichie en pinot noir et traitée sous l\u2019angle de la biodynamie, car elle demeure, à ce prix, une aubaine.D\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019est nullement interdit de boire du champagne en janvier ! Présence fruitée, tonus, texture et épaisseurs multiples, pour un champagne sain et digeste.(5+) Le blanc 1/2 Gewurztraminer 2016, Trimbach, Alsace (30,50 $ \u2013 317917) Je ne vous cause pas assez souvent de « gewurz ».C\u2019est pourtant un cépage fascinant.Surtout entre les mains de la maison Trimbach, qui le sculpte avec cette sensation précise de terroir qui en assure une sapidité, pour ne pas dire une salinité, certaine.C\u2019est droit, aromatique, soutenu, long en bouche.(5+) © Le rouge Baron de Ley Reserva 2014, Rioja, Espagne (17,70 $ les 500 ml \u2013 11067737) Ce format demi-litre convient à merveille sur ce petit salé aux lentilles du lundi soir.Par son volume, mais aussi par le rayonnement solaire qui s\u2019en dégage, comme s\u2019il vous invitait à fouler ces sentiers d\u2019été en sous-bois où épices, humus et boisé se lovaient sous la caresse de tanins mûrs, frais, souples et fumés.(5+) © Le bio 1/2 Cava Brut Mata Reserva 2015, Agusti Torello, Penedès, Espagne (23 $ \u2013 14222659) Cette maison compte pour le trio de tête des meilleurs mousseux d\u2019Espagne.Même les champenois en boivent en secret.Mais il est rare.À ce prix, le meilleur mousseux à la SAQ.Et je pèse mes mots ! Fines bulles et texture de rêve, dynamisme, harmonie et profondeur en raison d\u2019une autolyse sous verre conséquente.(5+) LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 57 Vivr e Plein air REPORTAGE NATHALIE SCHNEIDER COLLABORATRICE LE DEVOIR On a tous un peu ri quand le vélo à pneus surdimensionnés (VPS) a fait son apparition dans nos hivers.On a cru à une farce ou à une mode passagère ; à une tocade qui ne durerait pas.Cinq ans plus tard, le fatbike est plus présent que jamais sur nos sentiers, mais aussi dans nos rues.Preuve qu\u2019il répond à un vrai engouement et, même, à un besoin en transport actif urbain.Les fans de vélo de montagne y voient une façon de prolonger la saison ; les autres, une expérience de plus à tester au plus fort de la saison froide.Dans les lieux consacrés au plein air, enfin, ce vélo de montagne nouveau genre représente une option quand la qualité ou la quantité de neige nuit à la pratique du ski de fond.Une chose à retenir cependant : si gros soient-ils, les pneus d\u2019un VPS ne doivent jamais être trop gonflés pour maximiser leur adhérence sur la neige.Voici quelques destinations pour conjuguer le fatbike à d\u2019autres activités hivernales durant une fin de semaine active.Laurentides Parc national d\u2019Oka : en fatbike\u2026 À l\u2019évocation de ce parc, on pense à une belle randonnée automnale sur le sentier du Calvaire, ou encore à un pique-nique estival sur la plage.Pourtant, en hiver, Oka a aussi bien du charme.Notamment sur la toute nouvelle piste consacrée au vélo à pneus surdimensionnés, la Pionnière (6 km), qui démarre dans la petite baie et effectue une boucle en milieu boisé et dont une portion longe le lac.Le dénivelé y est faible, mais l\u2019expérience dépend, comme toujours, des conditions de neige.Plus le sentier est tapé, plus facile est la progression.\u2026 et en randonnée pédestre D\u2019ailleurs, c\u2019est le réseau de sentiers pédestres au complet qui est accessible aussi en VPS.Pas moins de 37 km de plus que les cyclistes peuvent partager avec les randonneurs, chaussés ou non de raquettes.Certains circuits représentent un beau défi, notamment le sentier du Sommet, une piste de 6,5 km classée difficile.D\u2019autres, comme l\u2019Érablière, se prêtent bien à une randonnée familiale.Infos pratiques : location de fatbike : 20,75 $ (1 h) ; 41,75 $ (4 h).Gratuit pendant une heure pour les enfants.1 800 665-6527 ou www.sepaq.com Charlevoix Parc des Hautes-Gorges-de-la- Rivière-Malbaie : en fatbike\u2026 Sacré décor pour une petite virée sur pneus surdimensionnés que le retour nivelé.Bienvenue dans la vallée des Glaces, nouvellement ouverte en hiver dans le secteur du Cran des Érables.Une belle initiative de la Société des établissements de plein air du Québec.\u2026 ou en raquettes Bien sûr, on peut chausser ses crampons pour marcher sur la rivière gelée, ou emprunter le sentier multifonction- nel qui la borde, mais pour une sortie en raquettes qui en vaut la peine, on choisira plutôt le sentier le Riverain, 9 km de parcours sinueux qui prend de la hauteur au-dessus de la rivière, vue sur l\u2019acropole des Draveurs, l\u2019un des plus beaux sentiers du Québec.Au sommet se déploie toute la démesure de ce paysage classé au Patrimoine mondial de la biosphère de Charlevoix.Infos pratiques : location de fatbike et de raquettes (aussi : ski hok, crampons).Transport en navette des Glaces jusqu\u2019au secteur de l\u2019Équerre.Info et réservation : 1 800 665-6527 ou www.sepaq.com Région de Québec Mont-Sainte-Anne : en fatbike\u2026 Comme beaucoup de stations de ski, celle du Mont-Sainte-Anne a adopté le fatbike il y a quelques années comme option de rechange au ski alpin et au ski de fond.Six pistes interconnectées permettent de totaliser 9,2 km sur des sentiers consacrés au vélo de montagne ou au ski de fond.Le niveau de pratique y est plutôt intermédiaire, mais comprend aussi un circuit classé facile (la route du Fondeur).Ambiance de montagne en prime.Le départ des sentiers est situé au chalet de ski de fond, à 6 km à l\u2019est de la station de ski.\u2026 ou en randonnée alpine Ceux qui préfèrent la quiétude du ski de montagne à la frénésie des remontées mécaniques aimeront les pistes balisées de randonnée alpine à emprunter en peaux de phoque.Trois pistes totalisant plus de 15 km permettent de gagner le sommet de la montagne à son propre rythme, que ce soit sur le versant sud ou nord.La Montée nord mène au chalet du Nord, où on ne manquera pas de faire une pause réparatrice.Infos pratiques : location de fatbike : 45 $ (demi-journée) ; 65 $ (journée complète).Accès aux sentiers : 13 $ (tarif famille : 35 $).Info : 1 888 827- 4579 ou www.mont-sainte-anne.com Mauricie Le Baluchon : en fatbike\u2026 On vient dans ce haut lieu de l\u2019écovil- légiature, à Saint-Paulin, pour une retraite en pleine nature, mais qui ne cède rien au confort ni au raffinement.Cinq auberges élégantes (et plusieurs chalets) offrent un hébergement de qualité, une cuisine délicate et un spa accessible été comme en hiver (on y pratique aussi le yoga).Mais ce sont ses 40 km de sentiers éparpillés sur le domaine qui égaient admirablement un forfait au Baluchon.Depuis l\u2019an dernier, on peut même les parcourir en fatbike sur une dizaine de kilomètres.Dans cet environnement montagneux de 1000 acres, où le dénivelé n\u2019est pas rare, l\u2019assistance électrique des vélos permet d\u2019enchaîner les forêts mixtes, les érablières et les petits ponts de bois\u2026 avec le sourire.\u2026 ou en patins Le Baluchon offre aussi, dès le mois de janvier, l\u2019occasion de patiner sur la rivière du Loup sur une distance de 5 km, ce qui en fait l\u2019une des trois plus longues patinoires sur rivière de la province ! Celle-ci serpente à travers la forêt dans un décor réellement enchanteur ponctué de foyers pour se réchauffer en cas de besoin.Infos pratiques : location de VPS : 60 $ (2 h).Accès à la patinoire : 13 $ (15 $ en fin de semaine).Info : 1 800 789-5968 ou www.baluchon.com depuis la chute du Ruisseau-Blanc, secteur de l\u2019Équerre, jusqu\u2019au centre de services le Draveur.Si gelée soit-el- le, la surface de la rivière Malbaie n\u2019est jamais monotone ; un ballet incessant de poudrerie joue les trouble- fêtes, et que dire de la vue qu\u2019on décroche au cœur de la vallée ! Les parois de 800 m de hauteur créent, de part et d\u2019autre, un paysage encaissé spectaculaire.La traversée de 7 km environ peut être ralentie en cas de vent de face, sinon, c\u2019est plutôt tranquille à cause du manque total de dé- Du fatbike, et plus si affinités Le vélo à grosses roues est désormais partout.Et on peut en faire, quels que soient les caprices de la météo.Les fans de vélo de montagne voient dans le VPS une façon de prolonger la saison ; les autres, une expérience de plus à tester au plus fort de la saison froide.SEPAQ LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 Vivr e Mot s de t êt e 58 SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 59 Vivre Mots de tête GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 486 Horizontalement I.Mousquetaire.II.Abreuvoir.Oc.III.Nègre.Lamech.IV.Ilet.Cinoche.V.Géniale.Io.VI.Cétones.Co.VII.Noé.Ou.Décan.VIII.Cuscute.Soin.IX.Es.Irène.Dra.X.Stressassent.Verticalement 1.Manigances.2.Obèle.Oust.3.Urgences.4.Sertie.Cie.5.Que.Atours.6.Uv.Cloutés.7.Eolien.Ena.8.Tian.Ed.Es.9.Armoises.10.Eco.Code.11.Roch.Cairn.12.Echelonnât.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 487 1.Toujours partant pour faire la fête.2.Ridiculisée.Abîmé à chaque bout.3.Egrillard.Encore plus mauvais.4.Sur la portée.Démonstratif.Ne fera jamais face.5.Couvrit de senteur marine.Se lance.6.Ses adeptes ont pris la pilule.Pompes anglaises.7.Nul, complètement nul.8.Sculpteur et poète.Tombe chaque jour.9.Ne veut rien rater.Plein de bons mots.10.Artiste du Moyen Age.Encadrent la dation.11.Embrouille la situation.Envoyé papal.12.Même son sentiment met tout le monde mal à l\u2019aise.I.Gros sac de nœuds.II.Grand constructeur finlandais.Donne de beaux rouges au sud de la France.III.Cœur de bâtard.Mettais à mes pieds.IV.Empêche de faire face.Bon père belle mer.V.Clameur au cirque.Dépasse la bonne mesure.VI.L\u2019Europe à ses débuts.Vient d\u2019avoir.Repris pour corrections.VII.Fait appel.Va des vertèbres au fémur.Liaisons en Ile-de-France.VIII.Voleuse et chantante chez Rossini.Des plumes au cou des belles.Militaire chez Barack Obama.IX.Protection sur le long du parcours.Equipas lourdement.X.Lasse et désole.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Je ne tiens pas la beauté pour merveille : jouet du temps, elle en est la dépouille.\u2014 Soeur Juana Inés de la Cruz MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE BAYE LAYE LAME CAME CIME JEUX 111 118 118 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.118 1.Dépasser 2.Dans les oreilles 3.Sur Obelix 4.Du bouc 5.Rencontre de cinéphiles 6.Caprice 7.Dans pas longtemps 8.Animal d\u2019origine algonquine 9.Petite friture 10.Radioactif \u2022 CAUSER \u2022 SERMON \u2022 MONBAZILLAC \u2022 LÂCHER \u2022 HERMÈS \u2022 MESSIDOR \u2022 D\u2019ORMESSON \u2022 SONDER \u2022 DERVICHE \u2022 CHESCHIRE BONS SOUK S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R CORRIGÉ Dans ce jeu de sociétés auquel nous jouons hebdomadairement, nous devons ammasser des ressources pour construire des batiments, des villages, voire des villes.Ce soir, j\u2019ai récolté d\u2019avantage de minerai que les autres joueurs.C\u2019est un passetemps enrichissant, dans tout les sens du terme.société, et non *sociétés \u2014 n. f.Jeu de société : jeu constitué d\u2019un plateau et d\u2019un ensemble de cartes, de dés, de pions, qui se joue à plusieurs en observant un règlement précis.Société s\u2019écrit sans s final dans cette locution, qu\u2019elle soit au singulier ou au pluriel (des jeux de société).amasser, et non *ammasser \u2014 v.Ajouter successivement des choses à d\u2019autres choses de même nature.bâtiments, et non *batiments \u2014 n. m.bâtiment au plur.Construction de grandes dimensions servant d\u2019abri ou de logement.davantage, et non *d\u2019avantage \u2014 adv. compar.Plus.À ne pas confondre avec le nom avantages précédé de d\u2019 (ex. : il y a beaucoup d\u2019avantages à\u2026).Minerai est ici en emploi partitif, donc singulier, mais aurait pu être au pluriel.tous, et non *tout \u2014 adj.tout au masc. plur.(accord : sens).Cet adjectif indéfini s\u2019accorde avec le nom ou le pronom qu\u2019il modifie.Remarque \u2014 En orthographe rectifiée, passetemps s\u2019écrit sans trait d\u2019union entre passe et temps.© 2019 Druide informatique inc.Tous droits réservés.Épreuve de révision Antidote | no 42 LE DEVOIR // LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JANVIER 2020 "]
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