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Titre :
[Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Valleyfield]
Éditeur :
  • [Valleyfield] :[s.n.],[1892-1966]
Contenu spécifique :
Première édition - Encyclique de S. S. Pie XI instituant la fête du Christ-Roi
Genre spécifique :
  • Publications en série
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[Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Valleyfield], 1923, Collections de BAnQ.

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[" ENCYCLIQUE DE S.S.PIE XI INSTITUANT LA PETE I)U CHRIST-ROI /\ts, 6 ' A Nos vénérables Frères, patriarches, primats, archevêques, évêques et autres Ordinaires des lieux en paix et communion avec le Siège apostolique.PIE XI, PAPE Vénérables Frères, Salut et bénédiction apostolique.Dans la première Encyclique qu\u2019au début de Notre pontificat Nous avons adressée aux évêques de l\u2019univers, il Nous souvient de l\u2019avoir déclaré ouvertement, en recherchant les causes profondes des calamités qui accablent l\u2019humanité et avec lesquelles celle-ci est en lutte: non seulement ce déchaînement de malheurs a envahi l\u2019univers parce que la plupart des hommes ont banni Jésus-Christ et sa loi très sainte de leurs coutumes et de leur vie particulière comme de la société familiale et de l\u2019Etat, mais encore l\u2019espoir d\u2019une paix durable entre les peuples ne brillera jamais tant que les individus et les Etats s\u2019obstineront à rejeter l\u2019autorité de Notre Sauveur.C\u2019est pourquoi Nous avons averti qu\u2019il fallait chercher la paix du Christ dans le règne du Christ; Nous avons promis d\u2019y contribuer de tous Nos moyens: dans le règne du Christ, disons-Nous, car pour rétablir solidement la paix il ne Nous appa- raissait pas de remède plus efficace que la restauration du règne de Notre-Seigneur.Depuis, l\u2019espérance fondée de temps meilleurs s\u2019est élevée au spectacle du zèle nouveau ou bien plus vif des peuples à l\u2019égard du Christ et du seul artisan de paix, son Eglise; autre constatation, beaucoup de ceux que le mépris de la puissance du Rédempteur avait comme exilés de son royaume préparent très à propos et méditent le retour à leurs devoirs d\u2019obéissance envers lui.De tous les événements qui se sont déroulés au cours de l\u2019année sainte, événements dignes de passer à la postérité, est-ce que le fondateur de l\u2019Eglise, notre Chef et Roi suprême, n\u2019a pas recueilli un accroissement magnifique d\u2019honneur et de gloire?En effet, l\u2019Exposition missionnaire a vivement frappé les esprits; elle a montré le labeur que l\u2019Eglise s'impose sans arrêt pour étendre chaque jour le règne de son Epoux sur tous les continents et toutes les îles de l\u2019océan, même les plus lointaines; elle a représenté les nombreuses régions que des missionnaires courageux et invincibles ont, au prix de leurs sueurs et de leur sang, gagnées au catholicisme, et aussi les immenses territoires qu\u2019il reste à soumettre à l\u2019empire si bienfaisant de Notre Roi.De plus, les multitudes qui, au cours de cette époque sainte, sous la conduite de leurs évêques ou de leurs prêtres, affluèrent de toutes parts à Rome, quel dessein les amenait, sinon celui de confesser, l\u2019âme purifiée de ses fautes, près du tombeau des apôtres et devant Nous, qu\u2019elles étaient et resteraient soumises à la puissance du Christ? \u2014 3 Et ce règne de Notre Sauveur resplendit d\u2019une lumière nouvelle quand, après avoir approuvé la louange de leurs éclatantes vertus, Nous avons décerné à six bienheureux confesseurs ou vierges les honneurs de la canonisation.Oh! quel sentiment de joie, quelle consolation envahit Notre âme lorsque, dans la majesté de Saint-Pierre, sitôt achevée la lecture du Décret, l'immense multitude des fidèles, rendant grâces à Dieu, chanta d\u2019une même voix: \u201cTu Rex gloriœ, Christe; Vous êtes un Roi glorieux, ô Christ.\u201d En effet, pendant que les hommes et les peuples éloignés de Dieu descendent, à travers les flammes d\u2019une mutuelle envie et au milieu de luttes intestines, vers la ruine et la mort, l\u2019Eglise de Dieu, continuant de distribuer au genre humain sa nourriture spirituelle, enfante au Christ et lui forme l\u2019une après l\u2019autre une race très sainte d\u2019hommes et de femmes; et le Christ, qui eut en leur personne de très fidèles sujets et serviteurs, ne cesse pas de les appeler à la béatitude éternelle du royaume céleste.Comme aussi le seizième centenaire du Concile de Nicée tombait durant le jubilé, Nous avons ordonné de célébrer cet événement et Nous l\u2019avons commémoré Nous-même dans la basilique vaticane avec d\u2019autant plus de satisfaction que ce Concile a défini et proposé comme un dogme de la foi catholique la consubstantialité du Fils avec le Père, et que, en insérant dans sa formule de foi ou son Symbole les paroles : \u201cdont le règne n\u2019aura point de fin,\u201d il affirma la dignité royale du Christ. 4 \u2014 La doctrine catholique sur la royauté du Christ Puisque cette année sainte a présenté plus d'une occasion opportune de glorifier le règne du Christ, Nous estimons tout à fait conforme à Notre charge apostolique d\u2019accéder aux très nombreuses prières des cardinaux, des évêques et des fidèles, dans leurs suppliques particulières ou communes, et de clore cette année jubilaire en introduisant dans la liturgie ecclésiastique une fête spéciale en l\u2019honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi.Cette décision Nous réjouit à tel point, Vénérables Frères, que nous désirons vous en entretenir quelques moments; ce sera votre devoir ensuite de porter à la connaissance des fidèles ce que Nous dirons du culte envers le Christ-Roi et de le présenter de manière que cette fête annuelle à établir produise maintenant et à l\u2019avenir de multiples fruits.La souveraine excellence qui élève le Christ au-dessus de toutes les créatures lui fit donner dans un sens spécial le titre de roi; c\u2019est un usage antique et commun.C\u2019est ainsi qu\u2019il est appelé roi des intelligences humaines, non pas tant pour la pénétration de son esprit et l\u2019étendue de sa science que parce qu\u2019il est la Vérité, et qu\u2019il est nécessaire aux hommes de puiser près de lui la vérité et de la recevoir avec soumission ; Roi des volontés humaines, car non seulement à la sainteté de la volonté divine répondent en lui une intégrité et une obéissance absolument parfaites de la volonté humaine, mais c\u2019est encore son impulsion, ce sont ses inspirations qui présentent à notre libre arbitre les sentiments qui nous enflamment aux plus nobles actions.Enfin, le Christ est reconnu comme le Roi des cœurs à cause de la charité suréminente de sa science (Eph., III, 19) et de sa bienfaisante douceur qui attire les âmes; car, jusqu\u2019ici, il n\u2019y eut aucun homme qui fût aimé et il n\u2019y aura jamais aucun homme qui soit aimé par l\u2019univers entier comme le fut et le sera Jésus-Christ.Considérons de plus près cette vérité.Il n\u2019est personne qui ne le voie, le nom de roi et la puissance royale doivent être, au sens propre du mot, attribués au Christ-Homme ; c\u2019est seulement en tant qu\u2019hom-me que l\u2019Ecriture dit qu\u2019il a reçu du Père puissance, gloire et règne (Dan., VII, 13-14), puisque le Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père, et, par conséquence, l\u2019empire souverain et absolu sur toute la création.Le témoignage des Ecritures en faveur du Christ-Roi Cette affirmation que le Christ est Roi, ne la lisons-nous pas çà et là dans les Ecritures?Il est appelé le Dominateur qui doit sortir de Jacob (Nombres, XXIV, 19), que le Père a établi roi sur Sion, sa montagne sainte, qui recevra en héritage les nations et comme domaine les extrémités de la terre {Ps.II) ; le chant nuptial qui célébrait, sous la forme d\u2019un roi très riche et très puissant le vrai Roi d\u2019Israël encore à venir, contient cette strophe : Ton trône, ô Dieu, est établi pour toujours; le sceptre de ta royauté est un sceptre de droiture (Ps., XLIV).Laissons de côté de nombreux textes semblables. \u2014 6 \u2014 Dans un autre passage, une prophétie esquissant avec plus de netteté les traits du Christ annonçait que son règne ne connaîtrait pas de frontières et qu\u2019il recevrait comme de riches présents la .justice et la paix.En ces jours se lèveront la justice et une paix profonde.Il étendra son domaine d\u2019une mer à l\u2019autre, du fleuve jusqu\u2019aux extrémités de la terre (Ps.LXXI).A ces textes s\u2019ajoutent les nombreux oracles des prophètes et tout d\u2019abord ce texte très connu d\u2019Isaïe: Un enfant nous est né et un fils nous est donné.L\u2019empire a été posé sur ses épaules; et on le nomme Admirable, Conseiller, Dieu, Fort, Père Eternel, Prince de Paix.Son empire s\u2019étendra et lu paix n\u2019aura point de fin ; il siégera sur le trône de Dieu et possédera son royaume; pour l\u2019établir et l'affermir par le droit et la justice dès maintenant et pour toujours (Isaïe, IX, 6-7.).Les autres prophètes ne rendent pas d\u2019oracles différents de celui d\u2019Isaïe; ainsi Jérémie prédisant le Rejeton juste qui surgira de la race de David, ce Fils de David qui régnera avec le titre de Roi et possédera la sagesse et gui rendra la justice sur terre (Jér., XXIII, 5) ; ainsi Daniel qui annonce un royaume établi par le Dieu du ciel, royaume qui ne sera jamais détruit.gui subsistera à jamais (Dan., II, 44.) et il ajoute peu après : Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées vint comme un Fils d\u2019homme; il s\u2019avança jusqu\u2019au vieillard et on l\u2019amena devant lui.Et celui-ci lui donna puissance, gloire et règne, et tous les peuples, nations et langues le servirent; sa} domination est une domination étemelle qui ne passera point, et son royaume ne sera jamais détruit.(Dan., VII.13-14). La prophétie de Zacharie sur le Roi très doux qui, assis sur l\u2019ânesse et sur l\u2019ânon, entrerait, aux acclamations du peuple, dans Jérusalem comme un juste et un Sauveur (Zach., IX, 9), est-ce que les saints évangélistes n\u2019en ont pas reconnu l\u2019accomplissement et ne l\u2019ont pas approuvée?Cette doctrine du Christ-Roi, sur laquelle Nous avons recueilli quelques témoignages dans les livres de l\u2019Ancien Testament n\u2019est- pas inconnue dans les pages du Nouveau ; bien au contraire, elle y trouve une magnifique et splendide confirmation.Effleurons seulement le message de l\u2019archange apprenant à la Vierge qu\u2019elle enfanterait un fils auquel le Seigneur Dieu donnerait le trône de David son père et qui régnerait éternellement sur la maison de Jacob, et dont le règne n\u2019aurait point de fin (Luc, I, 32-33).Le Christ porte lui-même témoignage de sa puissance.Soit lorsque, dans son dernier discours au peuple, il parla des récompenses ou des peines réservées pour toujours aux justes ou aux pécheurs; soit lorsqu\u2019il répondit au proconsul romain qui lui demandait publiquement s\u2019il était roi; soit, après la Résurrection, lorsqu\u2019il commit aux apôtres la charge d\u2019enseigner et de baptiser toutes les nations, le Christ, choisissant l\u2019occasion favorable, s\u2019attribua le nom de roi (Math., XXV, 31-40), il affirma ouvertement sa royauté (Jean, XVIII, 37) et il déclara solennellement que tout pouvoir lui avait été donné dans le ciel et sur terre (Matth., XXVIII, 18).Que signifient ces paroles, sinon l\u2019étendue de sa puissance et l\u2019infinité de son règne?Peut-on s\u2019étonner que le personnage appelé par saint Jean prince des rois de la terre (ApocI, 5), apparaissant au \u2014 8 même apôtre dans une vision d\u2019avenir, porte sur son vêtement et sur lui-même cette inscription: \u201cRoi des rois, et Seigneur des seigneurs?\" (Apoc., XIX, 16).En effet, le Père a constitué le Christ héritier de tous ses biens (Hebr., I, 1) ; il faut qu\u2019il règne jusqu\u2019à ce que, à la fin du monde, il jette tous ses ennemis sous les pieds du Dieu et du Père (7 Cor., XV, 25).Le témoignage de la liturgie Cette doctrine commune des Saints Livres devait entraîner la conséquence suivante : multipliant les hommages de sa vénération, l\u2019Eglise, qui est le royaume du Christ sur terre, destiné à s\u2019étendre à tous les hommes et à toutes les terres, saluerait dans le cycle annuel de la sainte liturgie son Auteur et Fondateur comme Roi, Seigneur et Roi des rois.Ces témoignages d\u2019honneur rendant la même louange dans une merveilleuse variété d\u2019expression, l'Eglise les exprimait dans la psalmodie ancienne et dans les sacramentaires antiques; elle les répète encore maintenant dans les prières publiques offertes chaque jour à la majesté divine et dans l\u2019offrande de l\u2019Hostie sans tache.Dans cette louange perpétuelle du Christ-Roi, on remarque aisément la belle harmonie de nos rites avec les rites orientaux, et ainsi, même en ce cas, l\u2019adage garde sa valeur : \u201cLa règle de la prière établit celle de la foi.\u201d \u2014 9 \u2014 La royauté du Christ se fonde sur l\u2019union hypostatique Le fondement sur lequel reposent cette dignité et cette puissance de Notre-Seigneur, saint Cyrille d'Alexandrie le désigne exactement: Il possède, en un mot, la puissance sur toutes les créatures, non pour l\u2019avoir prise par violence ou par un autre moyen, mais par essence et par nature (In Lucam, X,) ; son pouvoir dérive de l\u2019admirable union que les théologiens appellent hypostatique.Par suite, le Christ ne doit pas seulement être adoré comme Dieu par les anges et les hommes, mais encore les anges et les hommes doivent obéir avec soumission à la puissance de cet Homme; ainsi, au seul titre de l\u2019union hypostatique, le Christ a puissance sur toutes les créatures, bien que, durant sa vie terrestre, il n\u2019ait pas voulu user de ce pouvoir royal.Et quelle pensée plus agréable et plus douce que de savoir que le Christ nous commande non seulement par droit de nature, mais par un droit acquis au titre de Rédempteur?Que les hommes oublieux se rappellent tous combien nous avons coûté à notre Sauveur : Vous n\u2019avez pas été racheté au prix de matières périssables comme l\u2019or ou l\u2019argent, mais par le sang précieux du Christ offert comme un agneau sans tache et sans défaut (I Pierre, I, 18-19.).Nous ne nous appartenons plus puisque le Christ donna pour nous une rançon précieuse (7 Cor., VI, 20) ; nos corps eux-mêmes sont les membres du Christ (7 Cor.VI, 15). 10 \u2014 Le Christ-Roi possède le triple pouvoir législatif, exécutif et judiciaire Disons en quelques mots l\u2019importance et la nature de cette Royauté.Il est à peine nécessaire d'affirmer qu\u2019elle consiste en un triple pouvoir, condition essentielle de toute véritable royauté.Les témoignages pris dans la Sainte Ecriture au sujet de la domination universelle de notre Rédempteur le prouvent amplement et il faut la croire de foi catholique: le Christ Jésus a certes été donné comme un Rédempteur qui a droit à la confiance des hommes, mais aussi comme un législateur auquel ils doivent obéissance (Concile de Trente, Sess.VI, can.21.).Les Evangiles ne rapportent pas tant l\u2019institution de lois par sa parole qu\u2019ils ne le présentent dans l\u2019acte même de porter des lois; tous ceux qui observeront ces préceptes, le divin Maître déclare en divers discours qu\u2019ils prouveront ainsi leur charité envers lui et qu\u2019ils demeureront dans son amour (Jean, XIV-XV.).Le pouvoir judiciaire qui lui fut attribué par le Père, Jésus l'affirme lui-même aux Juifs qui l\u2019accusaient d\u2019avoir violé le repos du sabbat par la guérison merveilleuse d\u2019un paralytique : Le Père ne juge en effet personne, mais il a donné tout jugement a.u Fils ( Jean, V, 22.).Dans ce pouvoir, il faut aussi comprendre \u2014 car la chose ne peut se séparer du jugement \u2014 la faculté de récompenser ou de punir de son plein droit les hommes, même durant leur vie.De plus, le pouvoir exécutif doit être attribué au Christ puisque tous doivent obéir à son commandement, cela, sous la menace faite aux pécheurs contumaces, de supplices que nul ne peut éviter. 11 \u2014 Bien qu\u2019absolu, ce pouvoir s\u2019exerce surtout sur les choses spirituelles Toutefois, cette royauté est surtout spirituelle et concerne principalement les choses spirituelles; les textes allégués de la Bible le montrent nettement et le Christ Seigneur le confirme par sa manière d\u2019agir.A plusiurs reprises, comme les Juifs et les apôtres eux-mêmes croient par erreur que le Messie revendiquera les libertés nationales et rétablira le royaume d\u2019Israël, Jésus prend soin de combattre cette opinion et renverse cette espérance; sur le point d\u2019être proclamé roi par la multitude en admiration qui l\u2019entoure, Jésus s\u2019enfuit et se cache pour rejeter ce nom et cet honneur; devant le proconsyl romain, il affirme que son royaume n\u2019est pas de ce monde.D\u2019après les descriptions que les Evangiles donnent de ce royaume, les hommes se préparent à y entrer par la pénitence, ils n\u2019y pénètrent que par la foi et par le baptême qui, tout en étant un rite extérieur, signifie pourtant et produit une régénération intérieure.Ce royaume s\u2019oppose uniquement à celui de Satan, ainsi qu\u2019à la puissance des ténèbres, et il demande à ses sujets non seulement de renoncer aux richesses et aux biens terrestres, de manifester une grande douceur et d\u2019avoir faim et soif de justice, mais encore de renoncer à soi-même et de porter sa croix.Puisque le Christ comme Rédempteur s\u2019est acquis l\u2019Eglise par son sang, et comme Prêtre s\u2019est effert et s\u2019offre perpétuellement comme victime pour le péché, comment ne pas voir que sa dignité royale s\u2019adapte et participe à la nature de ce double office?Toutefois, ce serait une erreur honteuse de dénier au Christ-Homme la puissance sur les choses civiles, quelles qu\u2019elles soient; il a, en effet, reçu du Père un droit si absolu sur les créatures que tout est soumis à son bon vouloir.Néanmoins, durant sa vie terrestre, il s\u2019est complètement abstenu d\u2019exercer cette autorité, et, de même qu\u2019autrefois il a dédaigné la possession et la direction des choses humaines, de même aujourd\u2019hui encore il les abandonne à leurs possesseurs.Vérité magnifiquement exprimée par ces vers: \u201cNon eripit mortalia qui régna clat ' cœlestia,.Il ne ravit pas des trônes sur terre, lui qui en donne au ciel\u201d (Hymne de l\u2019Epiphanie).Cette royauté s\u2019étend sur l\u2019humanité entière; individus et sociétés C\u2019est pourquoi la Royauté de notre Rédempteur embrasse tous les hommes.Sur cette question, Nous empruntons volontiers les paroles suivantes de Léon XIII, Notre prédécesseur d\u2019immortelle mémoire: \u201cSon empire ne s\u2019étend pas seulement aux nations catholiques ou seulement à ceux qui, purifiés par le saint baptême, appartiennent de droit à l'Eglise, bien que des opinions erronées les aient dévoyés ou que le schisme les ait séparés de la charité (de l\u2019Eglise) ; il embrasse aussi tout ce qu\u2019il existe d\u2019hommes n\u2019ayant pas la foi chrétienne, de sorte qu\u2019en toute vérité l\u2019universalité du genre humain est soumise à la puissance de Jésus-Christ\u201d (Enc.Annum Sacrum, 25 mai 1899.).En cette matière, il ne faut pas distinguer entre les individus et les sociétés domestiques et civiles, puisque les hommes réunis en société ne sont pas \u2014 13 \u2014 moins sous la puissance du Christ que les particuliers.Le bien privé et le bien commun ont la même source : Et il n\u2019y a de salut en aucun autre, et il n\u2019y a pas sous le ciel un autre nom qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Actes, IV, 12.).Les citoyens comme les Etats ont le même principe de prospérité et d\u2019authentique bonheur : La cité ne tient pas sa félicité d\u2019une autre source que l\u2019homme, puisque la cité n\u2019est qu\u2019une multitude d\u2019hommes vivant en concorde (S.Aug., Ep.ad Mace-donium, c.III.).Que les chefs des nations ne refusent donc pas de rendre par eux-mêmes et par le peuple à la puissance du Christ leurs hommages publics de respect et d\u2019obéissance, s\u2019ils veulent en sauvegardant leur autorité, promouvoir et accroître la prospérité de la patrie ! Ce que Nous écrivions au début de Notre pontificat sur l\u2019affaiblissement extrême de l\u2019autorité du droit et du respect envers le pouvoir, on le dirait non moins adapté à la situation présente: \u201cDieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l\u2019autorité ne tirant plus son origine de Dieu, mais des hommes, écrivions-Nous avec gémissements, il arriva que les bases mêmes de l\u2019autorité furent renversées, dès là qu\u2019on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d\u2019obéir pour les autres.Inéluctablement, il s\u2019en est suivi un ébranlement de la société tout entière, désormais privée de soutien et d\u2019appui solides.\u201d (Enc Ubi area-no.). \u2014 14 - Les bienfaits de la royauté du Christ : juste liberté et concorde C\u2019est pourquoi, si tes hommes reconnaissent en particulier et en public le pouvoir royal du Christ, il en résulte nécessairement des bienfaits incroyables qui pénètrent aussitôt la société civile, comme une juste liberté, l\u2019ordre et la tranquillité, la concorde et la paix.De même qu\u2019elle imprègne d\u2019une certaine vertu religieuse l\u2019autorité des princes et des gouvernants, la dignité royale de Notre-Seigneur ennoblit les obligations et l\u2019obéissance des citoyens.Aussi, tout en prescrivant aux femmes et aux esclaves de respecter, les unes dans leur mari, les seconds dans leur maître, le Christ lui-même, l\u2019apôtre saint Paul les avertissait-il de leur obéir non pas comme à des hommes, mais uniquement parce qu\u2019ils représentaient le Christ, car il ne convient pas à des hommes rachetés par le Christ de servir leurs pareils : Vous avez été rachetés à grands f rais; ne vous rendez pas esclaves des hommes, (I Cor.VII, 23.).Si les princes et les magistrats légitimement choisis ont la persuasion qu\u2019ils commandent non pas tant en vertu de leur droit que par mandat et à la place du Roi divin, il n\u2019est personne qui ne voie avec quel respect et quelle sagesse ils useront de leur autorité et quel compte ils tiendront, dans l\u2019étude et l\u2019application des lois, du bien commun et de la dignité humaine de leurs inférieurs.Alors la tranquillité de l\u2019ordre pourra fleurir et durer, puisqu\u2019il n\u2019y aura plus de cause de sédition.Voyant dans le prince et tous les autres chefs de l\u2019Etat des hommes semblables à lui par leur nature ou même indignes et blâmables pour quelque motif, le citoyen ne récusera point pour ce fait leur autorité, puisqu'il considérera dans leur personne l\u2019image et l\u2019autorité du Christ Dieu et Homme.En ce qui concerne les bienfaits de la concorde et de la paix, plus un royaume s\u2019étend j usqu\u2019à atteindre l\u2019universalité du genre humain, plus aussi, de toute évidence, se développe parmi les hommes le sens de la solidarité qui les unit; ce sentiment empêche et prévient de nombreux conflits en même temps qu\u2019il adoucit et diminue leur âpreté.Si le royaume du Christ s\u2019étendait de fait sur tous ceux qu\u2019il embrasse de droit, pourquoi ne pourrions-nous pas espérer voir régner cette paix que le Roi pacifique apporta sur la terre, lui qui, disons-nous, vint réconcilier toutes choses, qui vint non pour être servi mais pour servir, et qui, étant le Maître de tous, s\u2019est donné en modèle d\u2019humilité et a fait du précepte de cette vertu et de celui de la charité deux préceptes fondamentaux, lui qui a dit enfin; Mon joug est doux et mon fardeau léger.Oh! quelle félicité goûterions-Nous si tous les hommes, les familles et les sociétés se laissaient gouverner par le Christ! Pour nous servir des paroles que Notre prédécesseur Léon XIII adressait il y a vingt-cinq ans à tous les évêques, \u201cil sera possible de guérir tant de blessures, tout droit reprendra la vigueur de son autorité ancienne, les richesses de la paix reviendront, les glaives tomberont et les armes glisseront des mains, le jour où tous les hommes accepteront volontiers l\u2019empire du Christ et se soumettront à lui, et où toute langue proclamera que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père\u201d (Enc.Annum sanctum, 25 mai 1899.). It) \u2014 Pourquoi il faut une fête en l'honneur du Christ-Roi Or, pour recueillir avec plus d\u2019abondance ces avantages tant souhaités et les conserver plus durables dans la société chrétienne, il faut répandre le plus possible la connaissance de la dignité royale de notre Sauveur.A cet égard, rien ne Nous paraît plus utile que l\u2019institution d\u2019une fête propre et spéciale du Christ-Roi.En effet, pour instruire le peuple des vérités de la foi et l\u2019élever par leur intermédiaire aux joies de la vie intérieure, les solennités annuelles des mystères sacrés ont bien plus d\u2019efficacité que tous les documents, même les plus graves, du magistère ecclésiastique; ceux-ci n\u2019atteignent, en effet, qu\u2019un nombre restreint d\u2019hommes, éclairés; celles-là frappent et instruisent tous les fidèles; les uns touchent l\u2019esprit surtout, les autres affectent salutairement l\u2019homme entier, esprit et cœur.Composé d\u2019âme et de corps, l\u2019homme se laisse nécessairement émouvoir et exciter par les solennités extérieures des fêtes; la variété et la splendeur des cérémonies sacrées l\u2019imprègnent abondamment de la doctrine sacrée et, les changeant en suc et en sang, l\u2019homme les fait servir au progrès de sa vie spirituelle.Les documents historiques témoignent d\u2019ailleurs que ces fêtes ont été introduites, l\u2019une après l\u2019autre, quand les besoins ou l\u2019utilité du peuple chrétien semblaient le' demander : par exemple, lorsque les fidèles durent se fortifier devant un danger commun, se protéger contre les embûches de l\u2019hérésie ou bien qu\u2019il fallut les exciter et les enflammer à célébrer avec une piété plus vive un mystère de la foi \u2014 17 \u2014 ou un bienfait de la bonté divine.Aussi, dès les premiers siècles de l\u2019ère chrétienne, alors qu\u2019ils subissaient d\u2019atroces persécutions, les chrétiens commencèrent à rappeler par des rites sacrés le souvenir des martyrs, de sorte qu\u2019au témoignage de saint Augustin, les fêtes des martyrs étaient des exhortations au martyre (47e sermon sur les saints) ; quant aux honneurs liturgiques décernés aux saints confesseurs, vierges et veuves, ils contribuèrent merveilleusement à raviver dans l\u2019âme des fidèles le zèle de la vertu nécessaire même en temps de paix.Mais surtout les fêtes établiles en l\u2019honneur de la bienheureuse Vierge eurent pour effet sur le peuple chrétien de lui inspirer non seulement un culte plus religieux envers la Mère de Dieu et sa patronne très secourable, mais aussi un amour plus ardent envers la Mère que le Rédempteur lui avait laissée comme par testament.Parmi les bienfants procurés par le culte public et légitime de la Mère de Dieu et des saints du ciel, il ne faut pas mettre au dernier plan le fait que l\u2019Eglise a en tout temps rejeté invinciblement loin d\u2019elle la peste de l\u2019hérésie et de l\u2019erreur.Admirons dans cet ordre le dessein de la divine Providence qui, ayant coutume de tirer le bien du mal lui-même permit de temps en temps à la foi et à la piété du peuple de se relâcher et aux doctrines erronées de dresser des embûches à la vérité catholique, avec ce résultat que la vérité brilla d\u2019une splendeur nouvelle et que les fidèles, réveillés de leur somnolence, tendirent à des œuvrs plus hautes et plus saintes.La même origine et les mêmes avantages signalent les fêtes reçues dans le cycle de l\u2019année liturgique à des époques moins lointaines: \u2014 18 \u2014 ainsi, quand le respect et le culte envers le Très Saint-Sacrement perdirent de leur ferveur, fut établie la Fête-Dieu, célébrée de manière que le magnifique appareil des cérémonies et les prières de l\u2019octave rappelèrent les peuples à l\u2019adoration publique du Seigneur; la solennité du Sacré-Cœur de Jésus fut instituée à l\u2019époque où les âmes affaiblies et abattues par la tristesse et la sévérité chagrine du jansénisme, se sentaient refroidies jusqu\u2019à la moëlle et se détournaient avec effroi de la charité divine et de l\u2019espérance du salut.La fête aura uour but de combattre le fléau du laicisme qui ruine les sociétés Or, si Nous ordonnons au catholicisme entier de vénérer le Christ-Roi, Nous pourvoirons par le fait même aux besoins des temps actuels et Nous opposerons un remède souverain contre la peste qui infecte la société humaine.Ce que Nous appelons la peste de notre temps, c\u2019est le laïcisme, ses erreurs et ses tentatives impies.Ce fléau, Vénérables Frères, vous savez qu\u2019il n\u2019a pas mûri en un jour; depuis longtemps il couvait au plus profond des sociétés.On commença par nier le pouvoir du Christ sur toutes les nations ; on dénia à l\u2019Eglise un droit dérivé du droit du Christ lui-même, celui d\u2019enseigner le genre humain, de porter des lois, de diriger les peuples et de les conduire à la béatitude éternelle.Alors la religion du Christ fut peu à peu traitée d\u2019égale avec les faux cultes, et placée avec une choquante inconvenance sur le même niveau ; puis elle fut soumise au pouvoir civil et presque livrée à l\u2019arbitraire \u2014 19 des princes et des magistrats; certains allèrent jusqu\u2019à prôner la substitution d\u2019une religion naturelle, d\u2019un sentiment naturel à la religion divine.Il ne manqua pas de nations qui estimèrent pouvoir se passer de Dieu et mirent leur religion dans l\u2019impiété et l\u2019oubli de Dieu.Les fruits amers que produisit si souvent et si longtemps une semblable séparation des individus et des peuples d\u2019avec le Christ, Nous les avons déplorés dans l'Encyclique Ubi arcano et les déplorons aujourd\u2019hui de nouveau: les germes de discorde semés partout, les jalousies et les rivalités entre peuples qui retardent encore la réconciliation, le déchaînement des convoitises, qui, bien souvent, se cachent sous les apparences du bien public et du patriotisme, et toutes leurs conséquences: dissensions intestines, égoïsme aveugle et démesuré qui.ne considérant rien, sinon les avantages et les profits particuliers, soumet absolument tout à cette mesure; la paix des familles détruite à fond par l\u2019oubli et la négligence du devoir; l\u2019unité et la stabilité de la famille battue en brèche ; toute la société, enfin, ébranlée et menée à la ruine.Celle-ci se hâtera de revenir au Sauveur très aimant.La solennité du Christ-Roi, qui se célébrera désormais chaque année, Nous en donne le meilleur espoir.Il appartiendrait aux catholiques de préparer et de hâter par leur action ce retour, mais un bien grand nombre d\u2019entre eux ne semblent pas tenir dans la vie sociale leur place normale ni posséder l\u2019autorité qui convient à ceux qui portent le flambeau de la vérité. Il faut peut-être attribuer ce désavantage à la lenteur et à la timidité des bons qui s\u2019abstiennent de résister ou résistent avec mollesse: par suite, les adversaires de l\u2019Eglise en retirent nécessairement un surcroît de témérité et d\u2019audace.Au contraire, que les fidèles comprennent tous qu\u2019il leur faut lutter avec courage et toujours, sous les drapeaux du Christ-Roi; que le feu de l\u2019apostolat les embrase, qu\u2019ils travaillent à réconcilier avec leur Seigneur les âmes éloignées de lui ou ignorantes et qu\u2019ils s\u2019efforcent de sauvegarder ses droits.Est-ce qu\u2019en outre la célébration universelle et annuelle de la fête du Christ-Roi ne semble pas avoir un effet souverain pour condamner et pour réparer en un sens la défection que le laïcisme a causée, entraînant de si pénibles malheurs pour la société?En effet, plus les réunions internationales et les assemblées nationales accablent d\u2019un indigne silence le nom très doux de notre Rédempteur, plus il faut l\u2019acclamer et faire connaître les droits de la dignité et de la puissance royale du Christ.Le moment est opportun Pour l\u2019institution de cette fête, pourquoi voyons-Nous la voie préparée merveilleusement et à souhait depuis la fin du siècle dernier?Personne n\u2019ignore avec quelle sagesse et quelle clarté des livres édités en langues diverses et répandus dans tout l\u2019univers défendirent cette doctrine.La royauté du Christ et son empire furent reconnus par la coutume prise par d\u2019innombrables familles de se vouer et de se donner au Sacré-Cœur de Jésus.Ce ne furent pas \u2014 21 seulement des familles qui accomplirent cet acte, mais des villes et des royaumes; bien plus, le genre humain entier, sous la conduite de Léon XIII, fut corx\u2019acré à ce divin Cœur, en 1900, à la fin de l\u2019année sainte.Il ne faut pas le passer sous silence, l\u2019affirmation solennelle du pouvoir royal du Christ sur la société humaine retira un immense avantage des nombreux Congrès eucharistiques réunis à notre époque; ils avaient, en effet, pour but d\u2019appeler tous les fidèles d\u2019un diocèse, d\u2019une région, d\u2019une nation ou de l\u2019univers entier à vénérer le Christ-Roi, caché sous les voiles eucharistiques, et par les discours tenus dans les réunions ou les églises, par l\u2019adoration commune et publique de l\u2019auguste sacrement, par des manifestations magnifiques, de saluer le Christ-Roi qui leur est donné divinement.On aurait vraiment dit que le peuple chrétien, mû par une inspiration divine, avait voulu arracher au silence et comme au refuge des églises, mener en triomphe à travers les rues des villes et rétablir dans tous ses droits royaux ce Jésus que des impies ne voulurent pas recevoir quand il vint en son propre domaine.Pour accomplir Notre dessein déjà exprimé, l\u2019année sainte qui s\u2019achève offre l\u2019occasion la plus propice qui paraisse, puisque l\u2019âme des fidèles a été appelée aux biens célestes qui dépassent tout sentiment et que le Dieu très bon l\u2019a enrichie à nouveau du don de sa grâce, ou bien, ajoutant de nouveaux stimulants qui l\u2019excitent à rechercher des grâces plus hautes, l\u2019a confirmée dans le droit chemin.Soit que inous considérions les multiples suppliques à Nous présentées, soit que Nous regardions les événements \u2014 22 \u2014 de l'année sainte.Nous avons toutes raisons de supposer qu\u2019il s\u2019est levé, le jour désiré de tous où il nous faut déclarer que le Christ, Roi de tout le genre humain, doit être honoré d\u2019une fête propre et spéciale.En cette année, comme Nous le disions au début, ce Roi divin, vraiment admirable dans ses saints, a été hautement honoré par la glorification d\u2019une nouvelle phalange de ses soldats; en cette année, dans des tableaux et des représentations missionnaires d\u2019une rare fidélité, il fut loisible à tous d\u2019admirer les victoires gagnées pour le Christ par les hérauts de l\u2019Evangile, en vue d\u2019étendre son royaume; en cette année, enfin, les solennités du centenaire du Concile de Nicée ont rappelé la défense de la consubstantialité du Fils avec le Père, consubstantialité sur laquelle repose, comme sur son fondement, la puissance du Christ sur tous les peuples.Institution solennelle de la fête C\u2019est pourquoi en vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ-Roi, fête qu\u2019il faudra célébrer chaque année, dans tout l\u2019univers, le dernier dimanche d\u2019octobre, c\u2019est-à-dire le dimanche avant la Toussaint.Nous ordonnons aussi que ce même jour soit renouvelée.chaque année, la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus, que Pie X, Notre prédécesseur de sainte mémoire, avait prescrit de renouveler annuellement.Mais, cette année, Nous voulons que cette consécration ait lieu le 31 de ce mois, date à laquelle Nous célébrerons la messe pontificale en l\u2019honneur du Christ-Roi, et Nous ordon- nerons de prononcer devant Nous cette même consécration.Nous ne croyons pas pouvoir mieux clore l\u2019année sainte ni présenter au Christ Roi immortel des siècles un plus ample témoignage de reconnaissance, \u2014 en quoi Nous interprétons la gratitude de tout le peuple chrétien, \u2014 pour les bienfaits accordés, durant cette sainte période, à Nous, à l\u2019Eglise, et à tout le catholicisme.Les raisons de la date choisie Il n\u2019y a pas de raison de vous expliquer longue-guement, vénérables Frères, les motifs qui Nous ont décidé à distinguer la fête du Christ-Roi de toutes celles qui comportent de quelque façon la manifestation et la célébration de sa dignité royale.Une remarque suffira.Bien que dans toutes ces fêtes de Notre-Seigneur l\u2019objet matériel soit le Christ, leur objet formel diffère totalement, par le nom et la chose, de la royauté de Notre-Seigneur.Nous avons fixé la fête un dimanche afin que le clergé ne soit pas seul à présenter ses hommages au divin Roi par la célébration de la messe et le chant de l\u2019office, mais que le peuple, libre de ses occupations ordinaires, offre au Christ un éclatant témoignage d\u2019obéissance et d\u2019allégeance dans un esprit de joie sainte.Pour la célébration de la fête, le dernier dimanche d\u2019octobre parut de beaucoup le mieux placé; en effet, il termine à peu près le cours de l\u2019année liturgique.Ainsi, les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés durant l\u2019année recevront de la solennité du Christ-Roi comme leur achèvement et leur couronnement, et avant de célébrer la gloire de tous les saints on proclamera hautement la gloire de Celui \u2014 24 \u2014 qui triomphe dans la personne de tous les saints et élus.Ce sera votre devoir.Vénérables Frères, ce sera votre rôle de veiller à ce que, avant la fête annuelle du Christ-Roi, des instructions soient données, à une date fixée, à tous les paroissiens, de sorte que, pleinement informé sur la nature de la fête, sa signification et son importance, le peuple mène une vie chrétienne, digne de serviteurs fidèles et dévoués du Roi divin.Les avantages attendus de la fête Il Nous plaît de vous rappeler, Vénérables Frères, en terminant cette lettre, les avantages que Nous Nous promettons et proposons de retirer, pour le bien de l'Eglise et de la société civile comme de tous les fidèles en particulier, du culte public envers le Christ-Roi.Ces honneurs à déférer à la royauté de Notre-Sei-gneur doivent rappeler aux hommes que l\u2019Eglise, en tant que constituée par le Christ comme société parfaite, demande, en vertu d\u2019un droit naturel qu\u2019elle ne peut abdiquer, pleine liberté et immunité de la part du pouvoir civil; dans l\u2019exercice de la charge qui lui a été confiée d\u2019enseigner, de diriger et de conduire à la béatitude éternelle tous ceux qui appartiennent au royaume du Christ, l\u2019Eglise ne peut pas dépendre de la volonté d\u2019autrui.Bien plus, l\u2019Etat doit accorder une semblable liberté aux Ordres et Congrégations de religieux et de religieuses ; ils sont de très puissants collaborateurs pour les pasteurs des Eglises, et se dévouent le plus possible à l\u2019extension et à l\u2019établissement du règne du Christ, soit qu\u2019ils combattent par l\u2019observation des saints vœux la triple concupiscence du monde, soit que par leur profession d\u2019une vie plus parfaite ils fassent en sorte que la sainteté, donnée par son divin Fondateur comme un caractère de son Eglise, resplendisse toujours d\u2019un éclat grandissant aux yeux de l\u2019univers.Aux Etats, la célébration annuelle de cette fête déclarera que les magistrats et les gouvernements sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir ; elle évoquera devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non seulement expulsé de la vie publique mais encore négligé ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que l\u2019Etat tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens aussi bien dans la législation que dans la justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une juste discipline des mœurs.L\u2019explication de ces vérités aura une merveilleuse influence sur les fidèles et leur fera modeler leur âme sur une règle authentique de vie chrétienne.En effet, si le Christ Seigneur a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre ; si les hommes rachetés par son sang très précieux sont, à un titre nouveau, soumis à sa puissance; si, enfin, son autorité embrasse la nature humaine tout entière, il est clair qu\u2019il n\u2019existe en nous aucune faculté exempte de cette souveraineté.Il faut donc qu\u2019il règne dans l\u2019esprit humain dont c\u2019est le devoir d\u2019adhérer avec constance et fermeté dans un sentiment de parfaite soumission \u2014 20 \u2014 aux vérités révélées et à la doctrine du Christ; il faut qu\u2019il règne dans la volonté qui doit obéir aux lois et aux préceptes de Dieu ; il faut qu\u2019il règne dans l'âme qui, négligeant les convoitises naturelles doit aimer Dieu par-dessus tout et s\u2019attacher à lui seul ; il faut qu\u2019il règne dans le corps et les membres qui doivent servir à la sainteté intérieure de l\u2019âme comme des instruments ou, pour emprunter les paroles de l\u2019apôtre saint Paul, comme des aimes de justice offertes à Dieu (Rom.VI, 13.)- Toutes ces vérités exposées à fond à la méditation des fidèles donneront à ceux-ci bien plus de facilités pour s\u2019élever aux vertus les plus parfaites.Conclusion Fasse le ciel, Vénérables Frères, que les âmes éloignées du Christ convoitent et reçoivent pour leur salut son joug suave; et nous tous qui, par un miséricordieux dessein de Dieu, sommes ses familiers, que nous portions ce joug non avec accablement, mais avec passion, avec amour, avec sainteté; notre vie étant ainsi réglée sur les lois du royaume divin, nous goûterons dans la joie l\u2019abondance de ses fruits et, considérés par le Christ comme ses serviteurs bons et fidèles, nous participerons dans son royaume céleste à sa béatitude et à sa gloire.Que ce document soit le gage et le signe de Notre paternelle bienveillance à votre égard, Vénérables Frères, à l\u2019occasion de la Noël, et recevez comme une médiatrice des faveurs divines la bénédiction apostolique que Nous vous accordons affectueusement à vous, Vénérables Frères, à votre clergé et à votre peuple. \u2014 27 \u2014 Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 11 décembre de l\u2019Année sainte 1925, de Notre pontificat la quatrième.PIE XI, Pape. \u2019 "]
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