Le journal d'agriculture et d'horticulture, 1 juin 1898, mercredi 8 juin 1898
[" HORT 8 JUIN 1808.SOCIETES D'AGRICULTURE ET CERCLES AGRICOLES Avis Messieurs les secrétaires des sociétés d'agriculture et des cercles agricoles qui n\u2019ont pas encore transmis au département de l\u2019Agriculture, à Québec, tous les documents relatifs à leur association, sont instamment priés de «e mettre en règle au plus tôt.(Voir cireu- laire \u2018\u201c Instructions aux Sec.des Cercles Agricoles).Liste des Abonnés au Journal d\u2019Agriculture.\u2014Comme l\u2019année d\u2019abonnement au Journal commence avec le mois de juillet, messieurs les secrétaires des associations agricoles ci-haut mentionnées, qui n\u2019ont pas encore transmis une liste de leurs membres qui désirent recevoir le Journal sans retard, doivent le faire au plus tôt, car tout délai dans l\u2019envoi de cette liste expose les membres à être privés des premiers numérosde la nouvelle année.Le Président et les Directeurs qui ont à cœur le bon fonctionnement de l\u2019association agricole dont ils ont la direction, devraient veiller à ce que leur secrétaire se conforme à cet avis, afin de ne pas s\u2019exposer à perdre l\u2019allocation du gouvernement.PETITS CONSEILS Les foins.\u2014La saison est tellemént précoce cette année qu\u2019il faut songer sans retard aux foins, qu\u2019il faudra commencer au moins quinze jours avant le temps ordinaire.\u2018Importance du foin vert.\u2014On ne saurait trop recommander de faucher tous les foins aussitôt que la fleur s\u2019ouvre, à l\u2019exception cependant du mil, qui demande à être fauché aussitôt la fleur tombée.Les trèîles.\u2014Les trèfles, de toutes espèces, ont d\u2019autant plus de valeur nutritive qu\u2019ils sont coupés jeunes.Toute la tige est alors de première qualité.Et si l\u2019on sait faner neva EE en juste assez peu pour ne perdre ni les feuilles ni les têtes, puis mettre en très petites 162 LE JOURNAL D'AGRICULTURE veillottes, soigneusement faites, on a alurs pour les animaux le foin le plus précieux.Les trèfles ainsi faits valent certainement 25 pour cent de plus que les meilleurs mils.Le trèfle et les cercles agricoles.\u2014C\u2019est un vrai plaisir de constater un des excellents effets de la création des cercles agricoles.On voit maintenant, un peu partout, de grands champs de tréfle bien réussis, là où autrefois on n\u2019en voyait peu ou point.Le trèfle est, par excellence, l\u2019ami du cultivateur.Il contribue puissammient à la parfaite nutrition de tout le bétail de la ferme, inême des porcs et des volailles en hiver, et il procure au sol l\u2019engrais le plus coûteux et le plus indispensable aux récoltes de racines, de grains, etc, l\u2019azote.La graine de trèfles.\u2014Il n\u2019y a pas un pays au monde où le cultivateur peut produire mieux qu\u2019ici et à bon marché, les meilleures graines de trètle.On s\u2019imagine trop que cela est difficile.Rien au contraire de plus facile.Les trèfles rouges communs demandent à être rasés, par les moutons ou d\u2019autres animaux, ou même à la faulx, avant la formation des boutons à fleur.Pour toutes les autres espèces il suffit de laisser mûrir parfaitement, puis de faucher, bien sécher sur le champ et battre à sec, même avec les batteuses ordinaires.Celles-ci donnent la graine dans la balle en grande partie.C\u2019est de beaucoup la meilleure à semer chez soi.En plaçant en arrière du cylindre, batteur une planche qui force le trèfle à faire deux ou trois fois le tour du cylindre; puis en tirant cette planche assez souvent pour laisser passer ensuite foin et graine, on obtient une partie considérable de la graine toute éballée.Espérons que bientôt la province de Québec produira toute la graine de mil, de trèfle et autres graines fourragères dont nos cultivateurs ont besoin.\u2014 a\u2014\u2014 Choses et Autres Phosphate Thomas.\u2014L\u2019emploi du Phosphate basique Thomas (scories de déphosphoration) se répand de plus en plus dans tous les pays à agriculture avancée, et ses bons effets sur toutes les cultures de la ferme ont dépassé toute attente.Cet engrais puissant s\u2019emploie de préférence à l\u2019automne lors des derniers labours, mais on peut encore l\u2019appli quer utilement au printemps.Le phosphate Thomas agit efficacement par la chaux, l\u2019acide phosphorique, et la silice qu\u2019il enntient eur la production des grains en donnant de la rigidité à la paille, prévenant la verse et en produisant un grain abondant, vigoureux et bien nourri.Le blé- d\u2019Inde tout spécialement en profite considérablement.C\u2019est le meilleur engrais phosphaté pour les prairies et les pâturages auxquels il donne l\u2019abondance et la ricliesse, et ce qu\u2019il y a de remarquable, c\u2019est qu\u2019il améliore les prairies humides, acides, ce que le superphosphate de chaux ne fait pas.Il augmiente beaucoup le rendement des pois, et en général de toutes les légumineuses (tréfles, etc).Son action dans la culture des plantes racines est également marquée.Enfin il donne de très bons résultats dans la culture du tabac, des arbres fruitiers et des jardins.M.l\u2019assistant-commissaire de l\u2019Agriculture de Québec a acheté, dernièrement, huit tonnes de phosphate Thomas en Angleterre, chez la Phæniæ Oil Mill Co., 3, Rumford street, à Liverpool.Le transport lui a coûté $1.75 par tonne.Cet engrais ne lui coûte, rendu à Québec que $15.00 la tonne, prix comprenant les frais de commission, analyse et transport.D\u2019après l\u2019analyse accompagnant l\u2019en voi, ce phosphate Thomas contient 21 pour cent d\u2019acide phosphorique.On peut également s\u2019en procurer au Canada, chez Wm.Ewing, marchand grainier, à Montréal, ou encore en s\u2019adressant à MM.Wallace & Fraser, à Toronto, Ont.Augmentation de la valeur nutritive des fourrages par l\u2019emploi des engrais chimiques.\u2014La fertilisation rationnelle des prairies n\u2019amène pas seulement une augmen t ation de rendements, elle augmente encore la valeur-nntritive des fourrages récoltés, ET D\u2019HORTICULTURE 163 Voici à ce sujet les résultats obtenus par le Pr C.Duserre, de l\u2019Institut agricole de Lausaune.Cet expérimentateur a analysé le foin récolté sur une prairie dont une partie avait reçu de l\u2019engrais chimique complet tandis que l\u2019autre en était complètement privée.100 Ibs de foin absolument sec contenaient : Prairies Prairies fertilisées.sans engrais.lbs.Ibs.Protéine proprement dite.Cee 7 39 5 73 Autres matières azotées.0 27 0 93 Matières grasses.\u2026 2 38 3 96 Matiéres hydrocarbonées.ee ces 41 11 39 64 Cellulose.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.41 40 44 24 Cendres.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.veuves eree caen sencensecc000s 0 45 5 50 On voit que le foin de la prairie fertilisée était plus riche en matière azotée élémentaire (protéine), en matière hydrocarbonée et en cendres que læ parcelle privée d\u2019engrais.Il y a donc double intérêt à fumer les prairies.Remède pratique contre les chenilles du groseillier et du gadellier.\u2014Il y a peu de jardins qui n\u2019aient pas à souffrir des dégats causés par ces chenilles, d\u2019autant plus que leurs ravages n\u2019affectent pas seulement la récolte de cette année, mais ruinent l'avenir des arbustes à fruits.Beaucoup de remèdes reconimandés sont malheureusement de nature vénéneuse et leur emploi est réellement dangereux.Un horticulteur anglais indique, dans le Cottage Gardening, le procédé suivant qu\u2019il a adopté et dont il est satisfait.Il consiste tout simplement à saupoudrer les parties inférieures des arbustes avec un mélange de suie et de chaux en lançant la poudre de bas en haut; on emploie la chaux et la suie en quantités égales.L\u2019opération doit se faire à une ou deux reprises.Dès la lère fois les chenilles tombent à terre où elles périssent, surtout si on renouvelle le traitement.On arrête ainsi complètement les dégats causés par les chenilles et quant aux quelques fruits qui pourraient être salis par la suie, il suffira de les laver dans l\u2019eau pour les en débarrasser.On pourrait projeter la pondre au moyen d\u2019un soufflet muni d\u2019un réservoir à poudre comme on en trouve actuellement dans le commerce.Brouette à foin.\u2014 La figure ci-dessous s\u2019explique d\u2019elle-même.Il s\u2019agit de trans- furmer nne brouette ordinaire en une brouette à foin.Pour cela, on n\u2019a qu\u2019à clouer en travers du véhicule quelques planches de la manière indiquée dans la gravure.On sera BROUETTE A FOIN.surpris de la quantité de foin que peut porter une brouette ainsi transformée.Elle sera aussi d\u2019une grande utilité pour le charroyage du blé d\u2019Inde fourrager. LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE CONCOURS DE MERITE AGRICOLE, 1897 Visite des fermes No 9.GasriEL Dumont La ferme de M.Dumont contient 150 arpents de terrain dont 130 en culture, 5 en pâturages permanents et 15 en forêt.M.Dumor:t est de ces hommes qui veulent s\u2019instruire, qui désirent suivre le progrès, qui ne remettent pas au lendemain ce qu\u2019ils peuvent faire aujourd\u2019hui.Aussi avons-nous vu avec beaucoup d\u2019intérêt son bel établissement.Très bonne maison adaptée parfaitement aux besoins d\u2019un cultivateur, avec dépendances bien disposées et un ordre parfait.La grange est une des meilleures que nous ayons vues.Une bonne cave à fumier que M.Dumont apprécie beaucoup pour la conservation et surtout l\u2019augmentation des engrais.Nous avons accordé tous les points pour le système de culture parce que nous sommes certains que la fertilité de cette ferme ne peut qu\u2019augmenter avec autant d\u2019engrais.M.Dumont emploie assez considérablenient des engrais minéraux et des cendres.Environ 5,000 voyages de pierres ont été diversement utilisés dans les drains, clôtures, bâtisses, etc, etc.Dix huit arpents de drainages fonctionnent très bien.Il y & aussi un drain qui conduit les eaux des lavages, etc, de la maison à la cave à fumier, distance de 200 pieds.\u201c Un beau jardin témoigne de l\u2019activité de niadame Dumont, et l\u2019industrie domestique, flanelles, tapie, vins, ete, est fort en honneur dans cette brave famille.Nous accordons à M.Dumont une médaille d\u2019argent et un diplôme de très grand mérite.No 10.Dame Vve C.A.CoLLET Cette magnifique propriété, située à St-Henri de Lévis, contient 88 arpents dont 18 en forêt.Système, bon ; mais nous voudrions un peu plus de culture sarclée, de crainte des mauvaises herbes.La division de la terre est parfaite, avec une bonne allée d\u2019un bout à l\u2019autre donnant accès à chaque pièce.Les clôtures ont bonnes et en parfait ordre.L\u2019habitation est des mieux appropriées et les granges et autres dépendances ce que l\u2019on ne peut mieux désirer.Les fumiers très bien conservés et augmentés.La comptabilité relativement bien.Quant aux améliorations foncières, 7000 voyages de pierres ont été diversement utilisés, et 25 arpents de drainages fonctionnent bien.Le bétail, quoique passable, devrait être amélioré, nous n\u2019avons accordé que 7.75 sur 15.L\u2019état des cultures est relativement bon,et l\u2019industrie domestique en grand honneur.Cette ferme témoigne de beaucoup d\u2019esprit d\u2019ordre et présente une bien bonne apparence.Les plantations forestières sont considérables et un beau jardin en complète l\u2019ornememt.Nous accordons 86.20 points, ce qui donne droit à une médaille d\u2019argent et à un diplôme de très grand mérite.BIBLIOTHEQUE DU CULTIVATEUR Rapport sur l\u2019Industrie Laitière au Wisconsin.\u2014 Bulletin publié par le département de l\u2019Agriculture de Québec \u2014 Suivant les instructions de l\u2019honorable commissaire de l\u2019Agriculture, Mr G.Henry, du département de l\u2019Agriculture, et M.Elie Bourbeau, inspecteur général des fromageries syndiquées, ont été envoyés en mission au Wisconsin pour y recueillir des informations utiles & notre industrie laitière, et ce sont les renseignements ET D'HORTICULTURE 166 puisés au cours de leur visite qui sont consignés dans ce bulletin.Parmi les diverses questions traitées, citons : Ecoles de laiterie de Madison et de Guelph.\u2014 Nouvelle méthode d\u2019épreuve du lait (Curd test), \u2014Rafraichissement des chambres de maturation des fromages par des conduits souterrains.\u2014Chambres centrales de maturation.\u2014 Fabrication du Brick Cheese, etc.On pourra se procurer gratuitement ce bulletin au département, à Québec.Rapport de l'Association des bons chemins du district de Bedford .\u2014 Publié par le département de l\u2019Agriculture de Québec.\u2014Ce bulletin d'une quarantaine de pages contient le rapport de la première réunion annuelle de l\u2019Association des bons chemins du district de Bedford tenue à Sweetsburg, P.Q., le 6 Janvier dernier.Tous ceux que la question de la voirie intéresse, feront bien de se le procurer, en écrivant au département de l\u2019Agrieul- ture à Québec, car ils y trouveront des données et des indications pratiques sur l\u2019établissement, l\u2019entretien et l\u2019amélioration des chemins.Le Naturaliste Canadien.\u2014Directeur, M.l\u2019abbé V.A.Huard, Chicoutimi.(Sommaire duNo.d\u2019Avril : Les Hémiptères au Parlement du Canada (San José Scale, Kermès de San José).\u2014 L'abbé Provancher.\u2014Excursion en Egypte.\u2014La géologie du Saguenay \u2014Le fléau des chenilles au Saguenay.Nous reproduisons dans ce No,, un extrait de l\u2019article Les Hémiptéres au Parlement du Canada.CHAMP DE DEMONSTRATION Nous publions avec plaisir le rapport suivant de M.Damien Pilon sur le champ d\u2019ex périence qu\u2019il a établi, en 1897, sur =a ferme de St-Benoit, comté des Deux-Montagnes.Les expériences ont été faites sur un arpent de terre divisé en deux parcelles, No.1 et No.2.1ére Expérience.\u2014Culture du blé.\u2014Sol argileux ; 400 lbs.de cendre vive ont été épandues à l\u2019automne 1896, et 200 Ibs.de superphosphate de chaux, mêlées à trois fois leur volume de terre, ont été épandues an printenips et hien incorporées à la terre avec la machine arrache-patates ; la parcelle No.2 n\u2019a reçu que la cendre à l'automne 1896.J'ai récolté sur le No.1 qui a regu le superphosphate, 25 minots de blé, et sur le No.2, 19 minots, mais il faut remarquer que cette année (1897), le blé était bon partout ; cependaut, par la différence constatée dans la récolte, mes engrais sont bien payés ct il me reste un surplus.2ème Expérience.\u2014 Champ d\u2019avoine.\u2014Sol argileux ; 150 lbs.de superphosphate Cupelton mélangé à trois parties de terre sèche, le tout bien épandu et bien mêlé à la terre avec la macliine arrache-patate.Après l\u2019ensemencement, 80 lbs.de nitrate de soude ont été épandues sur la parcelle No.1, en deux fois, À un intervalle de 12 jours ; la parcelle No.2 n\u2019a reçu aucun engrais.La récolte a été comme suit: la parcelle No.1 a produit 294 minots de grain, le No.2, 184 minots.3ème Expérience.\u2014Culture de betteraves.\u2014Sol argileux ; l\u2019arpent entier a été en graissé, à l\u2019automne 1896, avec 18 tonnes de fumier d\u2019étable et 400 lbs de cendre vive, le tout bien épandu et labouré avec la charrue ordinaire et la charrue sous-sol ; de plus, au printemps 1897, j'ai ajouté 100 lbs.de superphosphate simple et 100 lbs.de plâtre que j'ai mélangés à trois fois leur volume de terre sèche, le tout bien incorporé au sol avec la machine arrache-patates.Ces derniers n\u2019ont été ajoutés que sur le No.1.Voici les rendements obtenus : Parcelle No.1, 25 tonnes ; Parcelle No.2,15 tonnes.4ème Expérience.\u2014Pommes de terre.\u2014Sol sablonneux ; l'arpent à reçu, à l\u2019automne 1896, douze tonnes de fumier d\u2019étable; le No.1 a regu de plus 600 lbs de cendre vive; le tout a été enterré 4 l'automne.Au printemps 1897, 125 lbs de superphosphate simple, mélangé à trois fois son volume de terre, a été mélangé et épandu sur le No.1 et bien mêlé au sol avec la machine arrache-patates.En outre, toujours au printemps, j'ai 166 LE JOURNAL D'AGRICULTURE épandu sur la parcelle No.1, du nitrate de soude, en deux fois et à 12 jours d\u2019intervalle- Rendements : No.1, 165 minots ; No.2, 113 minots.sème Expérience.\u2014Amélioration d'un vieux paturage au moyen de la chaux.\u2014La parcelle No.1 a regu 5 minots de chaux vive mélangée à trois fois son volume de terre, le tout bien mélangé et bien épandu ; du mil, du tréfle blanc et du tréfle alsique ont été sçemés sur les Nos.1 et 2; les deux parcelles ont été bien hersées.La parcelle No.1 a eu beaucoup plus de vigueur et elle s'est conservée verte jusqu\u2019à l\u2019automne.De plus j'ai semé au printemps 1897, conime expérience, les graminées que j'avais en mains et dont voici les noms: .1 Red Top Grass.2 Tréfle Jaune.3 Trèfle Bokara.4 Anthoxanthum odoratum.5 English Rye Grass.6 Orchard Grass.7 Trèfle blanc.No.8 Meadow Fescue.DAMIEN PILON, Cultivateur.Jeeps: FRANCIS RENAUD.* JMAXIME LAMADELEINE.SECRÉTAIRE DU CERCLE : DAMIEN MASSON.+ .EXPOSITIONS (Suite).Date des expositions Quant à la date des expositions, je m\u2019adresse tout particulièrement au comté de Berthier.Nous avons pour habitude de faire les expositions à la fin de septembre, comme la plupart des comtés de la province ; depuis un certain nombre d'années nous sommes assez chan - ceux ; généralement il fait beau, mais autrefois, chaque année, il faisait mauvais ; la même chose peut revenir.Cette année, la veille de la nôtre, le temps était incertain, couvert, gros vent, par conséquent il faisait froid ; les animaux auraient eu le poil droit sur le dos, si cette journée eut été choisie.Comme les jours sont courts à cette saison, il faut toujours laisser le terrain à la noirceur et, avant que ceux qui ont «le 3 à 6 licues à faire soient rendus chez eux, ils sont obligés d\u2019arriver la nuit.Pour les exposants qui tiennent des veaux, cochons et autres choses à l\u2019étable jusqu\u2019à la fin de septembre, ça leur coûte joliment cher, et le plus souvent pour rien.Je me suis demandé bien souvent si on ne pouvait pas choisir une autre date dans l\u2019année qui ferait mieux l\u2019affaire de tout le monde.À mon avis, je crois qu\u2019on peut trouver une autre date dans l\u2019été qui serait tout à l\u2019avantage des exposants et des animaux.Je suggèrerai la première semaine de juillet, c\u2019est-à-dire quelques jours avant les foins.À cette époque, les jours sont longs, il fait généralement beau ; s\u2019il pleut, on peut endurer la pluie «ans en souffrir, parce qu\u2019elle est chaude, les gens sont moins pressés qu\u2019en automne ; par conséquent, je crois que nous aurions beaucoup plus de visiteurs, et ce serait une bonne occasion pour vendre nos jeunes animaux.Les vaches paraîtraient infiniment mieux qu\u2019à l\u2019automne parce qu\u2019il y aurait peu de temps qu\u2019elles seraient vêlées, par conséquent elles auraient le pis bien plus gros.Une autre raison, une fois l\u2019exposition finie, nous pourrions mettre nos veaux et cochons à l\u2019herbe, ça nous coûterait moins cher que de les garder dedans jusqu\u2019à l\u2019automne.Ce serait à l\u2019avantage des exposants, si on changeait la date de nos expositions ; mais on me .dira \u2018 il n\u2019y aura pas moyen d\u2019exhiber nos légumes ! \u201d Mais oui : qu\u2019au mois de septembre ou octobre on fixe une journée pour les légumes, ceux qui en ont en emporteront et auront leurs prix comme d\u2019habitude ; ce sera une seconde exposition.Si on veut attendre, on pourrait fort bien attendre À cette seconde exposition, pour les objets manufacturés à la ET D\u2019HORTICULTURE 167 maison.Comme nous payons pour entrer eur le terrain, ce serait peut-être encore un moyen pour faire plus d\u2019argent, en séparant les deux expositions on pourrait; par exemple, charger 5 cts par tête.Dans tous les cas, je voudrais qu\u2019on essayât la chose une année au moins ; si nous y trouvions de grands inconvénients, nous pourrions revenir à l\u2019ancien &ystème, mais je suis convaineu d\u2019une chose, c\u2019est que nous avons tout à y gagner en changeant de datc.A.MOUSSEAU, Berthier-en-Haut.CULTURE MODELE (Nuite ct fin) Nous avons vu dans le dernier No que la rotation de 4 unnée: aloptée à la ferme de Guelph est comme suit: lère et 2ème année : Fuin et pâturage.3ème année : Racines, blé-d\u2019Inde, pommes de terre, navette et puis.dème \u201c Blé d'automne et grains de printemps avec semis de prairie.À la fin de l\u2019été, ou de bonne heure en automne, le gazon de 2ème anuce est labouré a la profondeur de 3 à 4 pces.et immédiatement hersé.Le passage de la herse forme une couche de terre fine qui s\u2019oppose à l\u2019évaporation d'humidité.Luissé ainsi près de la surface, à l\u2019action de l\u2019air, de la chaleur et de l'humidité, le gazon se transforme rapidement en humus.Après 3 semaines, le cultivateur est mnis en jeu ; dans les portions où de mauvaises herbes apparaiseent le scariticateur est enployé.On sait que dans la première période de leur croissance, les herbes vivaces pulsent la nourriture en réserve dans leur bulbe jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient assez développées puur en absorber de l\u2019air.Or, en les coupant au ras du sol avant que leurs feuilles soient ouvertes, elles se renouvellent jusqu\u2019à complet épuisement du bulbe et sont ainsi détruites.Par cette méthode des champs infestés de mauvaises herbes ont été nettoyés en une jachére.En Octobre et Novembre, le fumier disponible est répandu sur la terre au taux de 16 voyages à l\u2019arpent.Le champ est ensuite labouré en billons de 22 pcs.de largeur au moyen d\u2019une charrue à double versoir.De cette manière le fumier et \"humus produit par la décomposition du trèfle sont recouverts an centre des billons et à l'abri de pertes par évaporation ou dissolution.Durant l'hiver la gelée pénètre jusqu'au sous-sol entre ces billons et produit un ameu- blissenient aussi parfait qu\u2019un profond labour d\u2019automne.Au printemps, la herse passe en premier pour niveler la terre, puis vient le cultivateur ou extirpateur qui complète l\u2019ameublissement du sol et le laisse dans un état parfait pour la culture du blé-d\u2019Inde on des racines.Après la récolte\u2018du blé-d\u2019Inde, Pextirpateur passe, la dent du milieu étant enlevée pour faciliter la circulation entre les rangs, afin d\u2019ameublir le sol et de provoquer la germination des graines de niauvaises herbes, et leur destruction.La charrue à double versoir recouvre ensuite les rangs de blé-d\u2019Inde, dont les racines ainsi enterrées ne tardent pas à se décomposer.La section réservée aux pommes de terre et autres racines est mise en billons en passant la charrue en travers des rangs.Ainsi toute la matière végétale formée par décomposition durant l\u2019été, ainsi que les tiges des racines, est recneillie dans le centre des billonr, prête pour la récolte de l\u2019année suivante.Au printemps les billons sont de nouvean nivelés par la herse et le cultivateur.Le grain est semé en rangs, à la quantité d\u2019un minot et demi par acre.Pour les semis d\u2019automne cette quantité est réduite à un minot ou un minot $.La graine d\u2019herbe est semée avec le grain dans les proportions suivantes: Trèfle Rouge 7 lbs, Trèfle Alsyke 3 lbs, mil 4 lbs.Pour éviter que la semence d\u2019herbe soit enterrée à la même profondeur que le grain\u2014 ce qui est la canse d\u2019un grand nombre d\u2019insuccès\u2014elle est répandue par des tuyaux placés en face de ceux par lesquels le grain se décharge, ce qui assure ainsi un semis peu profond tt uniforme. 8 LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE Après le semis la terre est hersée en travers avec une sarcleuse à cheval, ressemblant quelque peu à un rateau à cheval, avec 3 rangées de dents.Aucun roulage n\u2019est donné | avant que le grain soit levé et la surface de la terre devenue parfaitement séche, car une i surface unie et compacte augmente la capillarité et, par conséquent, la perte d\u2019humidité.vo Pour répondre à cette rotation, la terre du collège est divisée en 4 sections.Les barrières employées sont portatives, légères et facilement transportées.Aucune clôture n\u2019est requise dans la troisième ni dans la quatrième année de la rotation.Par cette méthode de culture la ferme du collège de Guelph, non seulement conserve intacte la fertilité du sol, mais l'augmente graduellement.Les récoltes abondantes obtenues ; chaque année sans aide d\u2019aucun engrais chimique sont une des tneilleures preuves à l\u2019appui i de ce fait.C.M.Extraits du rapport de Lord Strathcona (Sir Donald Smith,) haut-commissaire Canadien a Londres, au ministre du commerce a Ottawa NE 0 Ln - mue: Ce rapport, dont nous venons de recevoir une copie, renferme une foule d\u2019informations précieuses pour les cultivateurs canadiens ; nous en extrayons aujourd\u2019hui celles qui se rapportent plus particulièrement à l\u2019industrie laitière, En transmettant au Ministre du Commerce les rapports commerciaux annuels de M.G.H.Mitchell, sous-agent du gouvernement canadien à Liverpool, (15 Water street) et de M.H.M.Murray, agent principal du gouvernement canadien, à Glasgow, Lord Strathcona fait observer que ces deux agents relèvent nominalement du Ministère de l\u2019Intérieur, mais qu\u2019ayant leurs bureaux dans deux des principaux centres de distribution du commerce transatlantique, \u2018\u201c ils consacrent beaucoup de temps et d'attention au commerce du Canada avec le Royaume-Uni.Leurs bureaux sont de plus en plus avantageusement connus et ils sont fréquemment consultés, comme } Pindiquent leurs rapports, sur ce qui a rapport au commerce de la Puissance.\u201d Nous attirons sur ce fait l\u2019attention des intéressés de la province de Québec.Lord Strathcona accompagne les rapports de ces deux agents de quelques remarques, auxquelles nous faisons les emprunts suivants : ; Bacon.\u2014Les importations anglaises de bacon augmentent d'année en année ; elles ont été respectivement de 4 millions de quintaux en 1895, de 44 millions en 1896 et de 5 millions en 1897, tandis que les exportations canadiennes ne représenteni, dans les mêmes années successivement, que 6, 10, et enfin 6 pour cent des importations totales : soit une diminution pour 1897.Ces résultats seraient plus apparents que réels, à cause de la quantité de bacon canadien exportée par les ports américains.Les journaux spéciaux mentionnent fréquemment l\u2019excellence du BACON CANADIEN, engraiseé aux pois (pea fed.) Les mêmes remarques s\u2019appliquent également aux jambons.Il a été suggéré à Lord Strathcona, comme digne de remarque, que le porc frais, abattu, se payait de bons prix, et que grâce aux moyens de transports frigorifiques, le Canada devrait i pouvoir en exporter avantageusement, comme les Américains le font actuellement.C\u2019est ainsi qu\u2019il est arrivé environ 20,000 cochons faits ou dressés de New-York à Liverpool en 1897.Beurre.\u2014Le marché au beurre en Angleterre augmente régulièrement d\u2019année en année ; il montre un chiffre d\u2019importation de 27.8 millions de quintaux en 1895, 3 millions en 1896, et 37.2 millions en 1897.Dans ces chiffres, les exportations canadiennes de beurre, quoique en augmentation rapide dans ces trois dernières années, ne représentent encore que 14, 24 et 34 pour cent respectivement.Tout le monde s\u2019accorde à reconnaître en Angleterre une amélioration marquée dans la qualité et la popularité du beurre canadien.On fait encore cependant quelques plaintes, era mA PWIA rl TRE.25 ET D\u2019HORTICULTURE 169 relativement à la qualité et à l\u2019arome indifférents de certains beurres et aussi à la trop grande quantité d\u2019eau contenue dans un grand nombre d\u2019échantillons.Le beurre des stations contrôlées par le gouvernement est fort estimé.On se plaint aussi du bois des emballages (boîtes et tinettes) qui n\u2019est ni assez sec, ni assez en saison.On recommande également l\u2019emploi de meilleur papier-parchemin.Les Australiens ne lérinent pas sous ce rapport.Tous ces détails sont de la plus haute importance ; mais ce qui ne l\u2019est pas moins, c\u2019est que le beurre soit expédié frais du Canada, de manière à pouvuir se présenter à côté du beurre du continent.Des poursuites gont exercées en Angleterre contre les beurres contenant de l\u2019acide borique.Fromage.\u2014C\u2019est sur le marché au fromage que le Canada fait la meilleure figure ; là nous tenons 54, 55 et 59 pour cent des importations totales de fromage du Royaume-Uni, qui ont été de 27.1 millions de quintaux en 1895, de 27.2 millions en 1896 et 22.6 millions en 1897.Les rapports sur la qualité du fromage sont favorables ; on se plaint pourtant encore de la mauvaise qualité des boîtes, qui sont trop faibles et arrivent en pièces en Angleterre.Les commerçants anglais aimeraient à nous voir marquer sur notre fromage non seulement le No de notre fabrique et le nom de la province, mais encore le mois de la fabrication.Prix du beurre en 1897,\u2014Voici, d\u2019après M.Mitchell, les prix en monnaie anglaise des différents beurres importés à Liverpool, en 1897, par 112 lbs.Suède La.1 224 ii ee ee 5 3 és Danemark.covvel LL.5 1 6 Autres pays.\u2026.\u2026\u2026.100000000 000000 4 17 9 és Hollande .+ 17 1 \u201c6 Victoria.110010 dec a ne Lana es + 16 5 ¢ Nouvelle-Zélande .4 15 10 Nouvelles Galles du Sud.4 14 1 Etats-Unis .4 2 2 Canada 2.8.220000 Loan se cian as 1 =.Ce prix du beurre canadien est peu élevé, comparé ax prix des beurres d\u2019Europe, mais il est en avance considérable sur le prix des beurres canadiens de 1896, qui n\u2019était que de £3 16s.10d.Cette avance représente pour l\u2019année 1897 un gain de $125,000 sur la qualité seule.Le type des Leurres de la Nouvelle Zélande parait supérieur au type des beurres canadiens.Monsieur Murray cite dans son rapport les lettres des maisons Andrew Clement & Sons, Watson Fraser & Co., Angus Bros., Stevenson & Pae, Houston & McNair.\u2018Il est très remarqué que le fromage de la province de Québec et de l\u2019est d\u2019Ontario s\u2019améliore graduellement, tandis que les fabricants d\u2019Ingersoll, &e fiant à leur réputation acquise, semblent -e négliger et que leur fromage perd de qualité.Du moins, ce que l\u2019on appelle le \u201cFinest Ingersoll\u201d n\u2019est plus aussi demandé.\u201d.Cerone as sens sac uen0 Le fromage canadien est en progrès fort satisfaisants.causes sec0u6 0 ses Comme les producteurs canadiens prennent aujourd\u2019hui avantage des facilités de transports frigorifiques, nous avons reçu des consignations régulières de beurre, fraîchement fait, débarqué en bonne condition.Transporté de cette manière, le beurre se vend facilement, et devient constamment mieux apprécié du publie.Il n\u2019est plus question du vieux beurre défraîchi, que nous avions coutume de recevoir à la fin de la saison.L\u2019avenir des exportations canadiennes de beurre est assuré, si les producteurs canadiens veulent bien prendre soin de fabriquer une qualité régulière, et de l\u2019expédier chaque semaine dans les meilleures conditions possibles, au fur et à mesure de sa fabrication.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026. Cr ACERT 4 VAAN HAT NCI vente come.pane AUS AE AA AR Yr Ash TA A 1 nmr 170 LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE Les crémeries canadiennes se sont fait une bonne réputation cette année, et si l\u2019amélioration continue, nous espérons pour l\u2019année prochaine des demandes plus considérables.Il parait y avoir une certaine divergence d\u2019opinion en ce qui concerne les tinettes et les boîtes, et il est probable qu\u2019elle durera encore quelque temps.\u2026.\u2026.\u2026.000 100000 sauces Le beurre de crèmerie canadienne, de première qualité bien choisi, convient parfaitement à notre marché, et si l\u2019on ponvait prévenir cette saveur huileuse ou de poisson, qu\u2019on trouve encore «ans certains lots, les demandes angmenteraient beaucoup plus rapidement et de meilleurs prix seraient obtenus.Service de chars réfrigérants Nous trouvons dans les journaux quotidiens de Montréal l'annonce du service de chars réfrigérants de la Compagnie du Chemin de fer Pacifique Canadien.Les autres compagnies, sans doute, publieront également leur service.En tous cas nous attirons I\u2019attention des intéressés sur les avantages que leur offrent ces chars-réfrigérants, pour le transport de leurs produits à Montréal.Soins du lait La Société d\u2019Industrie laitière vient de faire une nouvelle édition de son bulletin No.8 sur les soins à donner au lait.Ces bulletins seront envoyés gratuitement à tous les membres de la Société qui en feront la demande par lettre aftranchie au secrétaire de la Société à St.Hyacinthe, P.Q.Nous recommandons spécialement aux inspecteurs des nouveaux syndicats de distribuer ces bulletins à tous les patrons des fabriques nouvellement syndiquées.E.C.Animaux de la Ferme A TUBERCULOSE CHEZ LES BETES A CORNES L'industrie laitière menacée.\u2014II est temps d\u2019arrêter le mal.Monsieur le Rédacteur, Vous m\u2019avez demandé un article sur la tuberculose des bêtes à cornes.Pour satisfaire la \u2018égitime curiosité de quelques-uns de vos lecteurs, je me rends avec empressement à votre désir, mais veuiliez faire remarquer, s\u2019il vous plaît, à vos lecteurs que, s\u2019iis veulent avoir des détails complets sur cette question, ils n\u2019ont ju\u2019à s\u2019adresser au Département de l\u2019Agriculture à Ottawa, où ils pourront se procurer gratuitement, en français ou en anglais, \u201c Le Bulletin des Cultivateurs No.1 : \u201d \u2018\u2018 La Tuberculose chez les Bêtes à Cornes, \u201d par Duncan MeEachran, M.C.R.V.V.F., inspecteur vétérinaire en chef du Canada.Ces bulletins ont été distribués à profusion dans la campagne depuis quelques mois.Cependant combien de cultivateurs ont-ils pris la peine de lirece pamphlet?Il y en a si peu, voyez-vous, qui redoutent cette maladie dans leur troupeau, et cette dernière pénètre chez nos vaches d\u2019une manière si perfide et si sournoise ! Encore une maladie \u2018\u201c d\u2019inventée, \u201d criait l\u2019autre jour Baptiste à son voisin Pierre, faisant allusion au pamphlet qu\u2019il venait de recevoir sur la tuberculose, Je désire mettre mes compatriotes en garde contre ce \u2018\u201c mal sournois, \u201d la consomption des vaches, et je leur dernanderai de méditer sérieusement sur le fait suivant: À la fin de Janvier, ayant eu l\u2019avantage d\u2019aller donner une conférence à Montebello, jallai visiter le superbe troupeau de M.Henri Bourassa, député à Ottawa pour le comté Labelle.On se rappelle sans doute que M.Bourassa a eu l\u2019honneur, il y a 3 ou 4 ans, de décrocher à Québec , une médaille d\u2019argent pour la tenue de sa ferme.J\u2019adrnirai fort ce troupeau de vaches toutes également bien tenues, propres, grasses.Et si j\u2019y eusse rencontré M.Bourassa je lui aurais demandé de me vendre quelques têtes.Le 21 mars, je rencontrais M.Bourassa à Québec et je l\u2019accablais de félicitations sur son ET D'HORTICULTURE 17¢ troupeau quand tout à coup il m\u2019arrêta par ces paroles : ¢* Pas tant de compliments, s\u2019il.vous plaît, mais plus de sympathies, car sur mes 35 vaches, 22 sont atteintes de tuberculose.\u201d\u201d Je tombai (les nues, d\u2019étonnement.Il y a quelques jours vous me demandiez un article sur la tuberculose.Je songeai immédiatement à M.Bourassa si rudement éprouvé par cette maladie de son troupeau et lui demandai s\u2019il avait objection à faire connaître au public le- fait qui le concerne afin de mettre les cultivateurs en garde contre cette terrible maladie, M.Bourassa, en bon cituyen, lvin de cacher le fait, loin d\u2019essayer à tromper ses compatriotes en leur vendant des animaux malades (car il aurait eu beau à le faire), s\u2019est rendu de bonne grâce à ma demande.Sur ce, je me retire pour laisser la parole à M.Bourassa, M.P.Ottawa, 7 avril 1898.Mon cher Docteur, Je n'ai aucune objection à vous donner quelques détails sur les ravages que la pleuro pneumonie a faits dans mon troupeau.J'étais retenu ici quand l'examen médical s\u2019est fait.Il y a donc plusieurs détails importants qui n\u2019ont échappé, mais voici ce que je puis vous donner.Je ne soupçonnais nullement l\u2019existence de la maladie dans mon étable.Comme il arrive dans tous les troupeaux, certaines de mes vaches étaient moins grasses que les autres, mais elles \u201cne donnaient aucun signe de maladie.Une cependant toussait quelquefois, mais comme cette toux n\u2019avait aucun caractère maladif, mon fermier n\u2019y attachait pas d'importance.Cependant l\u2019examen des organes a prouvé qu\u2019elle était fortement atteinte.Quelqu\u2019un désirant acheter plusieurs de mes vaches dont j'avais annoncé la vente, comme vous le savez, m\u2019a demandé la permission de les faire examiner.C\u2019est alors que l\u2019assistant-inspecteur du gouvernement, M.Moore, je crois, découvrit que la plupart de celles qu\u2019il soumit à l\u2019examen étaient atteintes.Ne voulant exposer personne à acheter des animaux atteints, je fis faire un nouvel examen de tout le troupeau.Sur 35 têtes, il en trouva 22 malades dont la plupart ne donnaient aucuns signes extérieurs de maladie ou même de simple indisposition.J\u2019avais 12 Ayrshires pur sang dont 8 étaient atteints et 4 non atteints.Sur les 23 autres (pour la plupart Canadiens et Ayrshires croisés) il y avait 14 atteints et 9 sains.Vous voyez que la proportion est à peu près la même.Il y avait méme une vache canadienne pur-sang parmi les plus malades.Parmi les Ayrshires, j'avais deux superbes vaches du même âge, venant du même troupeau; je les avais achetées ensemble il y a six ou sept ans, et elles avaient toujours été placées côte-à-côte dans l\u2019étable ; l\u2019une était parfaitenient saine et l\u2019autre malade à un degré assez avancé, - Vous voyez que rien\u2019 n\u2019est plus irrégulier que le développement de cette maladie.Je suppose qu\u2019il en est de la pleuro-pneumonie chez les bestiaux comme de la.congomption chez l\u2019homme.La maladie doit être contagieuse et héréditaire, mais certains tempéraments résistent mieux que d\u2019autres au développement des germes.Je ne saurais dire de quelle manière ni à quelle époque cette maladie est entrée dans mon étable.Cependant, je suis porté à croire qu\u2019elle a dû s\u2019implanter par deux têtes que j'avais acquises à une vente près de Montréal, il y a cinq ou six ans.C\u2019était deux très- beaux animaux (un jeune taureau et une vache très gras, trop même).Je crois qu\u2019on les avait forcés pour l\u2019apparence.Ils s\u2019amaigrirent sensiblement peu de temps après leur arrivée et ne parurent jamais en parfaite santé.Après un an ou deux, j\u2019engraissai la vache et la vendis à un boucher de l\u2019endroit.Le même boucher ayant travaillé à abattre et à examiner mes bestiaux malades a dit à mon fermier que les mêmes indices de maladie- existaient aux poumons de cette vache qu\u2019il avait abattue il y a trois ou quatre ans.Plusieurs bouchers m\u2019ont dit avoir trouvé anx poumons des animaux qu\u2019ils abattaient des indices identiques.' De fait, je crois que la maladie est répandue dans une bonne partie de la province es.qu\u2019une fois entrée dans un troupeau elle doit 8\u2019y répandre assez rapidement. sets 275 tee mass se gr > LE JOURNAL D\u2019'AGR:CULTURE Cependant, je ne serais pas surpris qu\u2019elle existât beaucoup moins dans les endroits où les troupeaux sont peu nombreux et habitués à un régime plus rustique.Nul doute qu\u2019il faudra aviser avant longtemps au moyen d\u2019enrayer cette terrible maladie.Mais de quelle manière?Voilà le point.Bien à vous, .HENRI BOURASSA.Je vous envoie cela à la hâte et sans ordre.Tirez-en ce qui pourra vous être utile.Un boucher de St-Jérôme, il y a environ un mois, acheta une vache assez Lelle en apparence d\u2019un cultivateur de St-Janvier.À peine avait-il ouvert la poitrine de cette vache qu\u2019il constatait que les poumons étaient malades.Aussitôt il attèle et court avertir le cultivateur de lui remettre son argent parce que sa vache avait le \u201cmou,\u201d le poumon plus que \u201cdouteux.\u201d Et j'apprends de pareils fuits assez souvent.Alors, il faut en prendre notre parti, et admettre que c\u2019est un fait accompli, que la consomption est entrée dans nos troupeaux de vaches.Qu\u2019allons-nous faire?nous croiser les bras?Alors adieu, veau! vache! cochon! couvée! car, sans la vache, c\u2019est à-dire sans l\u2019industrie laitière, rien de tout cela! ce sera pour une grande partie de nous la ruine, la misère noire.Nous n\u2019avons pas tous des terres à Llé et des terres à foin.Tant s\u2019en fant.Alors liguons-nous et faisons face à l\u2019ennemi.Dr.W.GRIGNON.(Extrait Du \u201c\u201c Cultivateur\u201d) - .
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