Relations, 1 mars 2013, Mars
[" $ ,aJ ] ReLatiONS Pour qui veut une société juste NuméRo 763 maRS 2013 Le racisme à découvert Un racisme sans races Vers une politique québécoise antiraciste?Égalité des sexes et stigmatisation L\u2019islamophobie au Québec O O \"3- O O CL CL 6,00 $ Centre justice et foi: Trente ans d\u2019engagement solidaire ARTISTE INVITÉ: OLIVIER HANIGAN 72527485879803 ReLatioNS M\tjbilÇasit NuméRo 763, maRS 2013 ACTUALITÉS\t4 HORIZONS L\u2019actualité de la théologie de la libération\t9 Joao Batista Libanio, s.j.LE CARNET DE JOSÉ ACQUELIN Versets de l\u2019orphelinat du monde\t10 CONFIDENCES À EMMA-ROSE CHRONIQUE LITTÉRAIRE Le don de la vie\t28 Virginia Pésémapéo Bordeleau AILLEURS Paraguay: les dessous d\u2019une destitution\t30 Claude Morin REGARD Trente ans d\u2019engagement solidaire\t33 Élisabeth Garant DÉBAT Les salons du livre: fidèles à leur mission?Robert Jasmin\t36 Marie-Ève Sévigny\t37 EN BREF\t38 MULTIMÉDIAS\t39 LIVRES\t40 Couverture : Photo: Olivier Hanigan\t dOSSieR LE RACISME À DÉCOUVERT Si les idéologies fondées sur la notion de race ne sont plus tolérées dans nos sociétés libérales, le racisme n\u2019en est pas disparu pour autant.Quels visages revêt aujourd\u2019hui cette forme de discrimination?L\u2019exclusion se fait-elle sur une base ethno-biologique ou plutôt sous prétexte de prétendues incompatibilités culturelles?L\u2019islamophobie gagne-t-elle du terrain au Québec?Avons-nous une politique antiraciste digne de ce nom?Ce dossier cherchera à démasquer les nouveaux avatars d\u2019un racisme toujours à l\u2019œuvre dans notre société.Le racisme à découvert\t11 Emiliano Arpin-Simonetti Un racisme sans races\t13 Entrevue avec Étienne Balibar La Loi sur les Indiens\t16 Aurélie Arnaud Vers une politique québécoise antiraciste?\t18 Paul Eid et Micheline Labelle La discrimination à l\u2019embauche\t20 Marie-Thérèse Chicha Égalité des sexes et stigmatisation\t22 Marie-Blanche Tahon Agir contre le racisme\t23 Ricardo Lamour L\u2019islamophobie au Québec\t24 Georges Leroux ARTISTE INVITÉ Olivier Hanigan est photographe depuis plus d\u2019une dizaine d\u2019années.Autodidacte, il a remporté de prestigieux prix québécois et canadiens.Il a réalisé des photoreportages un peu partout dans le monde : Irak, Pakistan, Afghanistan, Haïti, Cuba, Colombie, Inde, Népal, Thaïlande, sans oublier l\u2019Europe et l\u2019Amérique du Nord.La série de portraits publiés dans ce dossier cherche à faire ressortir le rire - qui est le propre de l\u2019être humain -et ainsi notre commune humanité, quelles que soient nos origines, notre couleur de peau, notre religion, etc.Nous sommes tous de la même race, l\u2019humaine, et le rire est une brèche dans le mur du racisme. foNDée eN 1941 La revue Relations est publiée par le Centre justice et foi, un centre d\u2019analyse sociale progressiste fondé et soutenu par les Jésuites du Québec.Depuis plus de 70 ans, Relations œuvre à la promotion d\u2019une société juste et solidaire en prenant parti pour les exclus et les plus démunis.Libre et indépendante, elle pose un regard critique sur les enjeux sociaux, économiques, politiques et religieux de notre époque.DIRECTRICE Élisabeth Garant RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Claude Ravet RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Catherine Caron SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Emiliano Arpin-Simonetti TRADUCTION Jean-Claude Ravet DIRECTION ARTISTIQUE Mathilde Hébert ILLUSTRATIONS Jacques Goldstyn RÉVISION/CORRECTION Éric Massé COMITÉ DE RÉDACTION Gilles Bibeau, Eve-Lyne Couturier, Céline Dubé, Guy Dufresne, Mouloud Idir, Nicolas Milot, AgustI Nicolau, 'Guy Paiement, Rolande Pinard, Jacques Racine, Louis Rousseau, Cécile Sabourin COLLABORATEURS José Acquelin, Gregory Baum, André Beauchamp, Jean-Marc Biron, Dominique Boisvert, Marc Chabot, Vivian Labrie, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Carolyn Sharp, Marco Veilleux IMPRESSION HLN sur du papier recyclé contenant 100 % de fibres post-consommation.DISTRIBUTION LMPI / HDS Canada Relations est membre de la SODEP Les articles de Relations sont répertoriés dans Érudit, Repère, EBSCO et dans Y Index de périodiques canadiens, publication de Info Globe.ABONNEMENTS Ginette Thibault 8 numéros (un an) : 40 $ (taxes incluses) Deux ans: 70 $ (t.i.) À l\u2019étranger : 55 $ Étudiant : 25 $ Abonnement de soutien : 100 $ (un an) TPS: R119003952 TVQ: 1006003784 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec: ISSN 0034-3781 Version numérique: ISSN 1929-3097 Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d'édition.CanadS BUREAUX 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 tél.: 514-387-2541 téléc.: 514-387-0206 relations@cjf.qc.ca www.revuerelations.qc.ca 2^ mars 2013 RELATIONS ranima™\" L\u2019aide au développement : à droite toute! Nous savions déjà que l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI) cherchait de plus en plus à jumeler ses programmes à des entreprises minières (M.-S.Villeneuve, « L\u2019aide canadienne internationale en terrain miné », Relations, n° 757, juin 2012).Dans une étude à paraître ce printemps dans la Revue canadienne d\u2019études du développement, dont les grandes lignes ont été dévoilées en janvier dernier, le directeur de l\u2019Observatoire canadien sur les crises et l\u2019aide humanitaire, François Audet, y allait d\u2019une autre révélation.Depuis quelques années, l\u2019ACDI tend à subventionner davantage des ONG religieuses que des ONG laïques.Ces deux éléments sont loin d\u2019être contradictoires, les organismes qui collaborent avec les minières étant parfois religieux - par exemple, Vision mondiale avec Barrick Gold au Pérou.Car ils sont fondés sur une priorité semblable : ce sont les résul- Mon hôte aux tats « comptables » qui comptent.conaïves, après\tL\u2019éducation populaire, l\u2019 empowerment le passage de ou la défense des droits humains l\u2019ouragan Jeanne en n\u2019entrent pas ou mal dans cette grille Haïti, 2004.Photo:\td\u2019évaluation.olivier Hanigan\tNéanmoins, ce ne sont pas toutes les organisations religieuses qui sont favorisées par l\u2019ACDI, mais bien celles qui correspondent à la vision conser- vatrice de droite et néolibérale.Celles qui écartent comme suspecte ou indésirable toute considération de justice sociale et de solidarité avec les appauvris, et soutiennent l\u2019ordre et la sécurité plutôt que la liberté et l\u2019autonomie.Surtout, celles qui acceptent de se mettre au service de l\u2019entreprise privée et de sa logique mercantile.Ainsi, ces organisations ne sont pas privilégiées parce qu\u2019elles sont religieuses, mais parce qu\u2019elles sont idéologiquement formatées.Par contre, celles qui s\u2019engagent dans le soutien des organisations locales, œuvrant à la conscientisation, à la défense des milieux de vie et des droits, sont condamnées à souffrir de sous-financement public - qu\u2019elles soient laïques ou religieuses.On ne peut s\u2019empêcher de penser à la triste histoire de Développement et Paix (D&P), cet organisme d\u2019aide au développement de l\u2019Église catholique connu pour son parti pris en faveur des gens de la base, de la solidarité et de la dignité humaine, ce qui a fait de lui un organisme-phare.Les coupes radicales que lui a imposées l\u2019ACDI visaient juste : faire en sorte que D&P privilégie désormais les programmes qui « sont les plus susceptibles de produire des résultats tangibles ».En clair, cela voulait dire : réalignez vos programmes dans une logique « comptable » d\u2019assistanat si vous voulez des subventions.Le plus navrant dans l\u2019affaire, c\u2019est que les dirigeants de l\u2019organisme ont pris acte de la « réprimande » en exprimant leur gratitude et certains évêques se sont même sentis encouragés à mettre au pas l\u2019organisme (É.Garant, « Développement et Paix en péril », Relations, n° 762, février 2013).L\u2019institution ecclésiale catholique est-elle en train de devenir une alliée des politiques conservatrices canadiennes?Malheureusement, tout porte à le croire lorsqu\u2019on constate également la pusillanimité de l\u2019épiscopat devant les directives conservatrices de Rome.En effet, avec le motu pro-prio sur le service de la charité édicté récemment, la curie romaine prescrit le resserrement du contrôle de l\u2019action caritative des organismes laïques catholiques ou relevant de communautés religieuses - lesquels jouissaient jusque-là d\u2019une certaine autonomie par rapport à l\u2019autorité épiscopale.Désormais, les évêques en lien avec ces organismes sont sommés de veiller scrupuleusement à leur « orthodoxie ».De plus, la charité est remise sur les rails de l\u2019évangélisation.Ce tournant est lourd de conséquences.Verrons-nous réapparaître « les hommes dans les asiles de nuit faire le signe de la croix pour avoir un lit » (Prévert)?Au moment où une vague de conservatisme de droite déferle sur la société et menace aussi l\u2019Église, une parole de Jésus bien connue - la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 29-37) - peut nous aider à y faire front.À celui qui lui demandait quel est ce «prochain » que nous devons aimer, Jésus relate l\u2019histoire d\u2019un hérétique, d\u2019un athée pourrait-on dire aujourd\u2019hui.Celui-ci, contrairement aux prêtres qui passèrent leur chemin, prit soin d\u2019un blessé sans le sou abandonné sur la route, sans attendre de lui rien d\u2019autre que sa guérison.En conclusion du récit, Jésus n\u2019identifie pas le blessé comme étant le prochain, mais demande plutôt qui s\u2019en est fait le prochain.Aucune conversion, aucun prosélytisme, aucun intérêt mercantile n\u2019entre en ligne de compte.Au contraire, rien ne tient devant un corps blessé, un opprimé - pas même la loi, qu\u2019elle soit de l\u2019État ou dite « de Dieu »; pas même mon existence, encore moins mon identité.Il est comme le cri de Dieu.L\u2019absolu fait chair.JEAN-CLAUDE RAVET RELATIONS mars 2013 actualités L'auteure est déléguée du Centre justice et foi au Collectif pour un Québec sans pauvreté Loi contre la pauvreté : un bilan mitigé Mars 2013 marque le dixième anniversaire de l\u2019entrée en vigueur de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.CHRISTINE CADRIN-PELLETIER Le 13 décembre 2002, l\u2019Assemblée nationale du Québec adoptait à l\u2019unanimité la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale.Dix ans plus tard, on est en droit de se demander ce qu\u2019elle a produit quand on constate qu\u2019aujourd\u2019hui, près d\u2019une personne sur dix au Québec ne couvre pas ses besoins de base, tels la nourriture, le logement, l\u2019habillement et le transport.Cette loi a été obtenue d\u2019arrache-pied, après des années de lutte citoyenne menée par des organismes populaires, syndicaux, féministes, étudiants, coopératifs et économiques.Ces organismes ont eu l\u2019appui de gens des réseaux de l\u2019économie sociale, du développement de la main-d\u2019œuvre, de l\u2019éducation des adultes, de la pastorale ouvrière, de conférences religieuses, de la solidarité altermondialiste et du développement communautaire.Avec beaucoup de créativité, de ténacité et l\u2019apport indispensable de personnes en situation de pauvreté, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, toujours très actif, a réussi à faire pression sur l\u2019ensemble de la députation de l\u2019époque pour faire adopter une loi visant à faire du Québec une société riche de tout son monde.Cette loi repose sur le respect de la dignité des personnes et sur la reconnaissance de leur droit à une vie dé- LUTTONS LA \t\t\t\t \"Hf\t-t-\t\t et LCXCLUTiON SOCIÂLE s cente.Elle a pour fonction de « guider le gouvernement et l\u2019ensemble de la société québécoise vers la planification et la réalisation d\u2019actions pour combattre la pauvreté, en prévenir les causes, en atténuer les effets sur les individus et les familles, contrer l\u2019exclusion sociale et tendre vers un Québec sans pauvreté » (art.1).Assortie d\u2019une stratégie nationale et de plans d\u2019action, elle a donné lieu à la mise sur pied d\u2019un Comité consultatif de lutte à la pauvreté et l\u2019exclusion sociale, d\u2019un Centre d\u2019étude sur la pauvreté et l\u2019exclusion et du Fonds québécois d\u2019initiatives sociales.Il faut reconnaître l\u2019effet incitatif de la loi et le chemin parcouru depuis son adoption.Deux plans d\u2019action gouvernementaux (2004-2010 et 2010-2015) en témoignent, mais ils ont été critiqués par le Vérificateur général du Québec en raison de leur gestion déficiente : des mesures disparates, des résultats incertains, des fonds investis, mais peu de reddition de comptes.Certes, des avancées ont été réalisées, notamment au profit des familles, mais les inégalités économiques continuent de s\u2019accroître d\u2019année en année.Les personnes travaillant au salaire minimum basculent dans la pauvreté et les personnes seules, notamment âgées, ainsi que les couples sans enfant sont laissés pour compte.Les banques alimentaires n\u2019arrivent plus à répondre à la demande.Le nombre d\u2019itinérants et d\u2019itinérantes augmente, les logements abordables se font rares, le coût de la vie, les taxes et de nombreux tarifs ne cessent d\u2019augmenter.L\u2019objectif de la stratégie nationale (art.4) était pourtant d\u2019« amener progressivement le Québec d\u2019ici 2013 au nombre des nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres ».Selon le Centre d\u2019étude sur la pauvreté et l\u2019exclusion, des données comparatives fiables à cet égard ne seront disponibles qu\u2019en 2020.Difficile d\u2019ores et déjà de penser que le Québec y est parvenu! mars 2013 RELATIONS actuaLités 7 u ïïttjt^5 ffctek &JPOO m r V , vr ^ -Jk 4* y, 4 t\u2019 i- Si 4 * » * K.\t \t» 1 V s,x
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