L'itinéraire, 1 janvier 2012, jeudi 15 mars 2012
[" au SE ren AS Éd.tt 1 ir feta Seliger pe: dei Cane x0 \u2014 si cos fa [ET TS TIT FITTER coc oo.COOC OLD 20000000 DENCOGH ONE NOT Z0 PER OM [Te É = = WYER X, \u2014 E AVANT TOUT, cP T.+40 S OLITUD 4 LE BAnQ = &$ EN &.> YA = = = A 3 ™N Xe SN NN = 3 === \u2014\u2014\u2014 Pme > FE\" Ha ».à #4 Sæ ee S Se \u2014 A + st Na L STREET Q Pre 4 Azra = À 5.al xX; £0 a @ TS Fux lL ; _\u2014\u2014 IY TY cml 2.500 li : - h 3 www.itineraire.ca + At | Sl RN Al a, Te NEE ï So.= a; i) Dei] i! = i Ba ee = Œ a = SES = i rz z = ds SE CS ! ' J =z ET | LaNWIO] | = Ce es SEEN = rE in nN AS Gt Cy = Réseau Réseau Réseau Réseau Réseau local 10 min max de nuit express de navettes A Cr, CUN SON US Cing types de service facilement identifiables par : « La nature du service offert - Une série de numéro « Un nom et un pictogramme stm.info MOUVEMENT COLLECTIF §g S tm I NARI TPP I ns Ra Ll GÉRALD TREMBLAY Maire de Montréal UN CENTRE-VILLE DYNAMIQUE QUI A LE VENT DANS LES VOILES Pour de plus en plus de Montréalais, le mot « centre-ville » rime avec « milieu de vie ».Selon le dernier recensement, l\u2019arrondissement de Ville-Marie a connu une grande croissance de population.Il s'agit d\u2019une augmentation de 6,5% depuis 2006, et de 12,3% depuis 2001, ce qui porte la population résidante à 84 000 personnes.À en croire les nombreux projets en cours de réalisation, cette tendance se maintiendra au cours des prochaines années.Pas moins de 16 nouveaux projets résidentiels, totalisant 2 400 unités supplémentaires, indiquent qu\u2019un avenir favorable s'annonce pour le dynamisme du centre-ville.Et c\u2019est sans compter les projets institutionnels et commerciaux qui appuient ce développement.Inséré entre le fleuve et la montagne, l\u2019arrondissement regorge d'activités dont on peut profiter été comme hiver.Aux grands magasins, spectacles, restaurants, musées et événements sportifs, s'ajoute une riche vie de quartier qui permet de fréquenter gratuitement, à quelques pas de chez soi, trois bibliothèques, une maison de la culture, plusieurs installations de sports et de loisirs et d\u2019agréables parcs et espaces publics.D'est en ouest, l\u2019arrondissement veille à améliorer plus encore cette qualité de vie.Les planifications urbaines des secteurs des Grands jardins et de Sainte-Marie en sont des exemples.Une autre planification, qui permettra de redévelopper le Quartier latin, au cœur du Quartier des spectacles, est sur les planches à dessin et monopolisera beaucoup d'attention dans les prochains mois.Cette fois encore, l'objectif sera d'assurer aux citoyens un environnement sécuritaire et accueillant où il fait bon vivre, créer et se divertir.us re ex ig la Stratégie des partefiari entuh me Parce Ja pa 8 contre Pitinéranée\u2019 ET eee\u201d i?Djaouida SELLAH Bruni or SH A EE ER TENET NPD 02 EF Faits saillants de L'Itinéraire 2 000 personnes aidées par année 31 500 repas servis au Café L\u2019Itinéraire 358 vendeurs du Magazine L\u2019Itinéraire COUPON D\u2019ABONNEMENT / DE DON / D\u2019ACHAT DE CARTES-REPAS Pour une période de : O 12 mois, 24 numéros : © 6 mois, 12 numéros : Un camelot vous a encouragé à vous abonner?Nom ou numéro d'identification : À QUOI SERT MON DON ?Pour la réinsertion sociale L'ltinéraire a pour mission de favoriser l'autonomie individuelle et le développement social en brisant l'isolement par la création d'un milieu de vie adapté suscitant le sentiment d'appartenance et en offrant une place active en société aux personnes itinérantes, toxicomanes ou éloignées du marché de l'emploi par le biais de l'économie sociale.LES CARTES-REPAS Soignez la faim ! En achetant des cartes-repas, vous offrez des repas complets gratuitement à des personnes dans le besoin au Café L'Itinéraire.Les intervenants sur place les distribuent aux gens défavorisés qui ont faim.Des services psychosociaux sont également offerts dans nos locaux.L'ABONNEMENT Quand on ne peut acheter le magazine sur la rue Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.L'Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C'est un moyen concret qui améliore les conditions de vie des personnes de la rue.O Visa, Master Card O Chèque au nom du Groupe Communautaire L'Itinéraire 124,18$ 62,09$ Numéro de la carte J'ajoute un don de : 1$ Exoirati 120 .: xpiration J'achète cartes-repas a 4% chaque = 1$ P Mois Année Signature Les cartes seront distribuées par L'Itinéraire.TOTAL : $ Monsieur O Madame Oo ! Vous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.Prénom : Ville : Nom : Province : Code postal : Entreprise : Téléphone : ( ) Adresse : Courriel : Contactez-nous au 514 597-0238 poste 226 Postez votre coupon et votre chèque au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire ou effectuez votre don en ligne au WWW.ITINERAIRE.CA : 2100, BOULEVARD DE MAISONNEUVE EST, SUITE 001, MONTREAL (QUEBEC) H2K 4S1 ZOOM CAMELOT Is Hodrigue Marshal LA VÉRITÉ AVANT TOUT JÉRÔME SAVARY Ses proches n\u2019ont pas compris comment il avait pu tomber si bas.L'alcool, la rue\u2026 toute une débarque pour Rodrigue Marshall, un ancien directeur des ventes qui vivait une vie heureuse avec sa femme et ses enfants à Laval, dans une maison sur le bord de l\u2019eau.Véritable livre ouvert, le camelot de Z\u2019Itinéraire à la station de métro de Castelnau se bat contre ses démons et semble déterminé à reprendre le contrôle de sa vie.Un peu pour le plaisir, aussi par nécessité, Rodrigue suit des cours de flamenco depuis 2005.L'espace de quelques instants, l'ivresse de la danse remplace celle de l\u2019alcool.«À la fin de chaque cours, on danse ce que l\u2019on appelle la boleria, explique dans un français parfait l\u2019homme originaire de Milford-on-Sea, dans le sud de l'Angleterre.C\u2019est une danse un peu folle que j'aime beaucoup et qui se veut un pied de nez à la vie.» PÉRIODE NOIRE La vie n\u2019a pas épargné Rodrigue.«Je suis né dans une ambiance de mort, juste après le décès de mon frère âgé alors de cinq ans, dit-il.On m'évitait.J\u2019étais comme un éléphant dans la maison.» Son arrivée dans la vie aurait dû être plus douce.«Mon premier souvenir est de sentir que quelqu'un jouait dans mon anus.J'avais deux ans.» À part cet épisode d\u2019abus sexuel, le camelot n\u2019a aucun souvenir de ses sept premières années de vie.Mais c\u2019est en 2005 que tout a basculé pour Rodrigue.En moins de deux ans, sa femme Bianca, avec qui il était marié depuis près de 20 ans, est morte des suites d\u2019un cancer colorectal.C\u2019est alors que débute sa «période noire» : «J'ai perdu ma maison, mon emploi, mes papiers et j'ai sombré dans l\u2019alcoolisme\u2026» L'homme de 55 ans analyse froidement, avec un flegme très british, sa descente aux enfers : «Ce portrait est assez typique de quelqu'un qui tombe dans la rue.» Rodrigue a couché pendant trois mois derrière le Sanctuaire du Saint-Sacrement, tout près du métro Mont-Royal.«On respire bien dehors», dit-il simplement avant d\u2019ajouter «Chaque fois qu'on rechute, on apprend quelque chose.» En septembre dernier, Rodrigue s'est retrouvé au refuge pour sans-abri de la Mission Bon Accueil.Il y est aujourd\u2019hui résident, ce qui signifie qu'il profite d\u2019une relative intimité : il partage sa chambre avec trois autres personnes, dispose d'un peu plus d'espace et peut entreposer quelques effets personnels dans une armoire.Et L\u2019Itinéraire?Il l\u2019a découvert grâce au camelot Daniel Touchette, qu'il rencontrait devant la SAQ_ de la rue Jarry chaque fois qu'il allait chercher sa bouteille.«C\u2019est lui qui a semé l\u2019idée de Z'Itinéraire dans ma tête», explique Rodrigue Marshall.TRANSPARENCE Tout au long de notre entrevue, j'ai été étonné par la facilité avec laquelle cet homme racontait son histoire difficile.À ses yeux, cette vérité importe au plus haut point.«Je n\u2019ai pas peur de dire les choses comme elles sont; peu importe les circonstances, je pense que la vérité est plus importante que tout», insiste-t-il.Rodrigue cite en ce sens le célèbre écrivain Soljenitsyne (!).«Dans son discours d'acceptation du Prix Nobel de Littérature, en 1970, Soljenitsyne a dit : \"One word of truth outweighs the world\"» Un mot de vérité a plus de poids que le monde entier.Cet automne, le camelot compte poursuivre son baccalauréat en Études françaises, dont il a accumulé 36 crédits depuis sa période noire.D'autres choses le poussent aussi vers l'avant : «Ce qui me motive le plus, c\u2019est de revoir ma famille, mes petits enfants Shawn et Mathilde, de retourner à la société ce qu\u2019elle m\u2019a donné, et aussi de connaître Rodrigue sous de meilleurs jours; c\u2019est en train de se réaliser.» PHOTO : OLIVIER LAUZON L'ITINÉRAIRE 5 16 rnars 2012 SOMMAIRE I ZOOM CAMELOT P5 RODRIGUE MARSHALL LA VÉRITÉ AVANT TOUT EEE DOSSIER SPECIAL P8 RECOUDRE LES LIENS, DE FIL EN AIGUILLE \u201cIE ACTUALITÉ & CULTURE P14 CIBL CHANGE DE LOCAUX : PAS JUSTE UN DÉMÉNAGEMENT! EEE GRANDE ENTREVUE P18 PAULE BAILLARGEON LA VOIE DE LA LIBERTÉ IE DÉVELOPPEMENT SOCIAL P24 UN TRAVAILLEUR COMME LES AUTRES NE LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE P35 CHRONIQUE DE RUE PATENTE À GOSSE, BARNIQUES ET CIE.ABONNEZ-VOUS WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 50% du prix de vente du magazine revient aux camelots.Le magazine U'Iinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michele Wilson A cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Iinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le bui de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de UItinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces dermiers vous proposent toul autre produit que le joumal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour Lltinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.L'ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: L'ŒUVRE LEGER Pour la dignité humaine au Québec et dans le monde L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: Morts Le réseau international aP Terie IN|SP} des journaux de rue Newspaper = - Association = pin we Ar 5) DA Le Groupe communautaire L'Itnéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est.Montréal (Québec) H2K 451 Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d'édition.Canadà ISSN-1481-3572 n° de charité : 13648 4219 RRO001 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Ste-Catherine Est PRODUCTION L'ITINÉRAIRE 2103, rue Ste-Catherine Est.3° étage TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION 514 597-0238 SERVICES RUE STE-CATHERINE 514 525-5747 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE : WWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédactrice en chef : Catherine Girouard Superviseur de la rédaction : Jérôme Savary Adjointe à la rédaction : Marie-Lise Rousseau Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaire à la rédaction : Geneviève Geoffroy et Laura Pelletier B Coordonateur à la conception visuelle : Ramy Massarani Photo de la une : Anne-Marie Piette Révision : Edith Verreault, Héléne Paquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Lise Berthiaume, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini, Lise Laganière, Maritène C.Rousseau et Marie-Françoise Latande.Publicités et médias : Chloé Roumagére Design et infographie du site Internet : Serge Cloutier, www.drafter.com CONSEILLERES PUBLICITAIRES Renée Lariviere: 514 461-7119 renee.lariviere@itineraire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-présidente : Catherine Isabelle Trésorier : François Rousseau-Clair Secrétaire : Gabriel Bissonnette Conseiller, directeur général : Serge Lareault Représentant des camelots : Yvon Massicotte Conseillère : Lyne Toupin Conseiller : Claude Lyrette Conseiller : Jean-Guy Deslauriers L'ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Coordonnatrice de l\u2019administration : Marie Lareau Directeur marketing : Richard Turgeon Directrice médias et communications : Chloé Roumagére Adjoint aux communications et financement : Shawn Bourdages GESTION DE L'IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 2362 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO QUEBEC Quebecor est fière de soutenir l'action sociale de l'tinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.fi (at af li mi ÉDITORIAL SERGE LAREAULT Serge.lareault@videotron.ca Directeur général et éditeur de L'Itinéraire Rédactrice en chef Hausse des droits de scolarité VOIR LA FORÊT DERRIÈRE L\u2019ARBRE «Encore une grève étudiante!» «Une autre raison pour ne pas étudier.» «Les jeunes veulent tout avoir gratuitement; ils doivent faire leur part!» Des remarques comme celles-ci sont les marottes du jour.On ajoute que de toute façon, les Québécois sont ceux qui paient le moins cher pour étudier, au Canada.Ça ne peut pas durer éternellement! Au contraire, il faut que ça dure.Les étudiants manifestent contre une hausse substantielle qui gonflera leur niveau d'endettement, certes, mais aussi pour dénoncer une société ou la solidarité et la justice s\u2019effacent et menacent d\u2019être mises au rencart.Les étudiants demandent au gouvernement Charest de renoncer à la hausse qui ferait passer à terme les droits de scolarité universitaires à 3 800 $ annuellement.Une augmentation de 1 625 $.Une grosse différence dans le portefeuille des étudiants déjà beaucoup trop endettés.Mais cela importe peu, répète-t-on, car ces étudiants pourront payer leurs dettes sans problème, une fois sur le marché du travail, avec leurs gros salaires\u2026 C\u2019est à vérifier! Même les médecins sont de plus en plus nombreux à aller travailler hors Québec pour être payés a leur juste valeur.Les études coûtent moins cher dans notre province qu\u2019ailleurs, oui, mais qui analyse les revenus des diplômés québécois par rapport à ceux de l\u2019Alberta, de Vancouver ou de Toronto?En maintenant des politiques salariales parmi les plus basses au Canada, doit-on s'étonner que les coûts de scolarité doivent être plus bas chez nous?On encourage ensuite ce travailleur (ex- étudiant déjà endetté avant sa première journée de travail) à consommer et à faire rouler l\u2019économie, sans quoi le pays sera déficitaire.Du même souffle, on lui reproche d\u2019être irresponsable et de sendetter, la dette moyenne par famille au Canada étant plus élevée que jamais.Quand il vieillit, on lui dit qu\u2019il coûte trop cher en soins.On le traite de cigale qui a chanté toute sa vie et qui a été trop con pour épargner pour sa retraite.Voilà le portrait global de la situation.Mais encore une fois, la question des hausses de droits de scolarité est prise isolément.Encore une fois, on ne nous montre que CATHERINE GIROUARD catherine.girouard@itineraire.ca et à la mort, nous avons la responsabilité collective de rendre notre société viable.Quelque chose qu\u2019on semble oublier, de nos jours.Comme si notre liberté individuelle actuelle, acquise à coup de revendications, de protestations, de rébellions et d'actions, nous permettait maintenant de garder les yeux rivés sur nos nombrils et nos iPad.Quand on relève les yeux, pour un moment, et qu\u2019on aperçoit une bande de jeunes brandir des pancartes tandis qu'on se rendait tranquillement au travail, on les trouve un peu trop bruyants et agaçants.L'éducation est le moteur d'une société qui évolue grâce aux écoliers d'aujourd'hui qui deviendront les citoyens de demain.l\u2019arbre, pas la forêt.Les universités doivent être financées : les étudiants doivent payer.Le calcul s'arrête là.Pas de recoupement n\u2019est fait avec notre société en général que nous devons créer tous ensemble.UN ENJEU DE SOCIÉTÉ Il n\u2019y a pas que l'éducation qui est un coût pour notre société.Les bébés coûtent cher à mettre au monde dans les hôpitaux.Faut-il leur imposer une taxe de naissance pour autant, qui sera indexée au coût de la vie chaque année?Ridicule, n'est-ce pas?Le débat sur les droits de scolarité l\u2019est tout autant.L'éducation est le moteur d\u2019une société qui évolue grâce aux écoliers d'aujourd'hui qui deviendront les citoyens de demain.Faut-il les hypothéquer, les endetter et limiter dès le départ leurs chances de réussir dans la vie?Naître et vivre au Québec, ça représente quoi?Quelle société voulons-nous offrir?Celle du chacun pour soi?Voilà les vraies questions que nous devrions nous poser.Car de la naissance aux études, à la maladie N'\u2019ont-ils vraiment rien de mieux à faire que de crier dans la rue?Eh bien non, justement.Leur cri est justifié et souhaitable.«La priorité des jeunes militants au cours des prochaines années sera de contrer la destruction des acquis sociaux.Dans un contexte de montée de la droite, nous avons de plus en plus de raisons de nous engager», faisait valoir en septembre dernier le militant Alexandre Vidal dans la revue Relations.L'éducation accessible à tous, c'est un acquis très précieux au Québec qui nous a permis de faire des pas de géant dans les dernières décennies.«On oublie que la mission des universités est de diffuser le savoir de l\u2019humanité pour faire progresser la société», disait l\u2019étudiant Youri Couture à L'Itinéraire en janvier dernier.Au lieu de cela, on est en train d\u2019en faire des usines à diplômes pour faire de nous des citoyens rentables.Vaut-il vraiment la peine de s'endetter pour en arriver là?De quoi vouloir rester dans la rue.avec les itinérants.L'ITINÉRAIRE 7 15 mars 2012 til a ~ rn #4 wt fied wd on al y} M.4 * ar! D.tte); \u2014~\u2014\u2014 «fk Bg N nn erin ax ptet ) 14% Cr Ÿ Jf 3 | a any cp Ty \u2018A te \u20ac ¢ , i ge us» - al ar A à Sr NE BY d~ \u201cgafelv] LAURA PELLETIER B Ve \u201cON ee NÉ TR 1 # \u20ac \u201cIr So ag le A = = fa rie DY AVS ie 3 Yo A +\" A \u20ac ms LA 3 Ga a T3 : se SH Ya ame elms 5 r= i \u201c© tes Perea Pore = FT VE, 1X \"le of Hos Jar AC Sr El e- Ly =} ! i aerated gfe ! \\ CG PA sé Ref.yon ok tee + Y je \"1 Ë ) i WN | me it DOSSIER SPECIAL mmm Mélodie, 11 ans, fréquente le centre Assistance d\u2019enfants en difficulté de la Fondation du D Julien.Flle éprouve de la difficulté à gérer ses émotions.Rita Picard, 84 ans, est résidente du centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) Lucille-Teasdale.Elle a traversé de nombreuses épreuves.Leur rencontre a permis de tisser une relation qui transcende la frontière de l\u2019âge.Mélodie et Rita ont pris contact dans le cadre du projet de documentaire, Rencontre du 3 âge, qui porte sur l\u2019intergénérationnalité.Dans ce court métrage de Daphnée Cyr, qui sera présenté au grand public l'automne prochain, on peut voir des jeunes du Dr Julien demander conseil à des personnes âgées résidant en institution pour résoudre les problèmes qu\u2019ils rencontrent au quotidien.Le tout est entrecoupé d'animations faites par ces jeunes.L'octogénaire a réussi à entrer dans la bulle de Mélodie, une petite brunette à l'allure garçonne.Elle raconte à L'Ifinéraire qu\u2019elle avait posé sa main sur celle de la fillette, qui avait alors commencé à se confier.«Au début, elle était timide, mais elle a fini par m'expliquer qu'elle faisait de grosses colères contre les membres de sa famille.» Rita a pu mettre ses connaissances à profit.«Je l\u2019ai encouragée à s'éloigner des conflits et lorsqu'elle est revenue me voir, elle m'a dit que mon truc avait fonctionné.» Une amitié s\u2019est peu à peu construite entre les deux.Mélodie est retournée quelques fois rendre visite à sa nouvelle complice.C\u2019est un détail de la chambre de Rita qui a permis de faire durer la relation.«J'avais une petite maison de laine, qu\u2019elle n\u2019arrêtait pas de fixer.Je lui ai proposé de lui en fabriquer une.Je l\u2019ai appelée le 24 septembre, le jour de sa fête, pour lui dire que sa petite maison était prête.J'avais mis des bonbons à l\u2019intérieur.» Lorsque la jeune fille est venue chercher son cadeau, elle s'est confiée à propos de sa famille.Avec le départ de sa mère, un lien familial important avait été rompu.Le phénomène d\u2019éclatement des familles est très présent dans la société actuelle et a contribué à creuser un fossé entre les générations.«Certains jeunes du D' Julien qui viennent ici avouent n\u2019avoir jamais parlé à une personne âgée!», affirme Brigitte Beaudry, éducatrice au CHSLD Lucille- Teasdale.Pour y remédier, Michel Venne, directeur et fondateur de l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM), croit qu\u2019il faut repenser la communauté.«ll faut la considérer comme une famille élargie, pour compenser les liens familiaux éclatés.Des réseaux d\u2019aide doivent être disponibles directement dans les quartiers des individus, pour les personnes seules et pour les personnes vivant dans des familles éclatées.» Cette tâche s'avère difficile, considérant que l'écart entre les générations est amplifié par le vieillissement de la population.«Les personnes qui se côtoient dans la société sont nées dans des époques radicalement différentes.Leurs moyens de communication ne sont pas Table autour des âges L'insistance d'un citoyen de Verdun a porté fruit : le maire de l'arrondissement, Claude d'une ancienne station-service congue dans les années 60 par l'architecte de renommée mondiale, Mies Van Der Rohe.En référence à son ancienne fonction, la maison intergénérationnelle a comme nom La Station.Près de deux millions de dollars ont été investis dans le projet, selon le maire.Des activités pour les jeunes de 12 à 17 $ & & & & & $ Trudel, à concrétisé un projet de maison intergénérationnelle, installé dans les locaux & g 2 ans et les adultes de 50 ans et plus y sont maintenant proposées.% LIMINERAIRE 9 15 mars 2012 * EE DOSSIER SPECIAL les mêmes.Leurs moyens d'apprentissage et leurs valeurs non plus.Ces personnes appartiennent donc à des univers carrément différents, déclare Michel Venne, qui ajoute qu\u2019on peut trouver une solution à cela en augmentant le dialogue et le contact entre les générations, en créant des conditions favorables.» Par conditions favorables, Michel Venne fait notamment référence à une amélioration des conditions de travail, a la sécurité d'emploi et à l'adaptation des régimes de retraite favorisant la retraite progressive, comme le suggère la Déclaration des générations de I'INM.«On pourrait même se doter d\u2019un Conseil | intergénérationnel pour conseiller le I gouvernement sur ses actions», ajoute | l\u2019homme de conviction.3 Pour que de telles idées fassent surface, 000000000000000000000000000000000000000000000000000000000 4 l\u2019INM avait organisé, en 2009-2010, une i soixantaine de cafés des âges, rencontres : visant à encourager la discussion entre ; les différentes générations.«Il y a eu plus de 3000 personnes! Les gens ont discuté i de sujets d\u2019intérét commun, comme : l\u2019environnement ou la pauvreté.C\u2019est intéressant, car puisqu\u2019ils proviennent de générations différentes, ils amènent des informations différentes sur les sujets.» Mixité au quotidien LAURA PELLETIER B Lorsqu'elle vend l'itinéraire à l'angle des rues de Bordeaux et de l'avenue du Mont-Royal, Hélène Ouellette voit des femmes enceintes, des jeunes enfants avec leurs parents, des adolescents.Elle voit aussi beaucoup de solitude, souvent vécue par des personnes âgées.Celle qui a soufflé soixante bougies il y a quelque mois prône la mixité, particulièrement en matière d'habitation, pour éliminer l'isolement.Les cafés des âges ont démontré qu\u2019une fois la barrière des préjugés surmontée, les deux groupes d'âge peuvent avoir des discussions bien animées, Rita Picard a remarqué que parler aux autres générations lui fait du \u201ci bien.«Les jeunes du D' Julien qui viennent souvent ici, ils sont toujours très polis, 2 bien éduqués.Ca nous fait changer d\u2019air.! Avec eux, on ne parle ni de maladie, ni de médicaments.» Lorsqu'elle était plus jeune, Hélène est souvent allée visiter ses parents et sa tante dans des résidences à loyer modique réservées aux aînés.Des logements qui n'avaient rien d'attrayant, selon elle, et qui ne plaisaient pas plus aux membres de sa famile.«Ma tante était fatiguée de voir des gens partir en ambulance.Elle aurait préféré voir une femme qui s\u2019en va à l'hôpital pour ramener un bébé, et non voir un voisin partir pour signer son arrêt de mort.» SOOOCOOOL Rr Elle croit que les préjugés freinent le mélange intergénérationnel, notamment lorsqu'il est question d'habitation.«On dit que les jeunes sont bruyants, que les personnes âgées ont besoin de calme, mais des logements insonorisés, ça existe! Et on écoute la télévision tellement fort, qu'on n\u2019est pas moins criards!>, ricane la camelot.«On place La petite maison de laine, qui avait tissé un les jeunes avec les jeunes, les vieux avec les vieux, parce que ça s'administre mieux.lien entre deux générations, sert maintenant de tirelire à Mélodie.Lorsqu'on demande à Rita si elle aimerait revoir la petite brunette, elle répond avec enthousiasme : «C\u2019est certain que j'aimerais la revoir.J'ai été très contente de pouvoir l'aider.» Une semaine de célébration des rapports intergénérationnels aura lieu du 13 au 19 mai 2012.Elle sera couronnée le 25 mai par le gala de l'Amitié où seront primés un certain nombre de projets organisés tant à Montréal qu'en région.L'association l'amitié na pas d'âge organise ces festivités.| 0 L'ITINÉRAIRE 15 mars 2012 FOOTHOLD Pourtant, on devrait favoriser les logements sociaux qui incluent tous les ages», ajoute- t-elle, en précisant que cela favoriserait I'entraide et la solidarité entre les générations.Hélène se bat également contre la vision pessimiste de la vieillesse qui est ancrée dans les mœurs du ?1e siècle.«Notre société capitaliste ne favorise pas la sagesse.On n'est plus des êtres humains; on est des êtres rentables.On est tous devenus des couches jetables», s'indigne-t-elle.Pour réunir les générations, selon elle, il faudrait qu\u2019elles trouvent un projet social commun, comme des soirées de la poésie, des manifestations, etc.Lorsqu'Hélène est devenue sexagénaire et que le gouvernement lui a proposé d'emménager dans ce qu'elle qualifie de «logement pour vieux, c\u2019est sans hésitation qu\u2019elle a préféré rester dans son petit un et demi, sans balcon et plus cher mais rempli de vie.[I OOOOH HAHAHA OOOOH LOO OCIA OOOO OOO OOOO ts.fe JIE TIRES ei arcerceau se iamce - Genis @ Le moyen métrage documentaire Le vieil âge et le rire a été présenté en première le 20 février dernier, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois.On y voit les pertes d\u2019autonomie qu'entraine le vieillissement, mais on apprend également comment vieillir heureux.On remarque que cela est possible, à travers diverses figures, dont la comédienne et animatrice France Castel, la comédienne Kim Yaroshevskaya et l'acteur et réalisateur Marcel Sabourin.L'Itinéraire a rencontré le cinéaste Fernand Dansereau au petit café de la Cinémathèque québécoise, là où le projet Le vieil âge et le rire a pris forme deux ans plus tôt, pour aborder non seulement la vieillesse, mais également la question de I'ntergénérationnalité.L'Itinéraire (L'T) : Dans Le vieil âge et le rire, on mentionne que pour bien vieillir, il faut aimer la vie, conserver son identité et avoir un projet.Pensez-vous qu\u2019être en contact avec des jeunes aide aussi à bien vieillir?Fernand Dansereau (F.D.) : Sûrement que ça aide.Et je pense que ça peut être utile aussi pour les jeunes d\u2019être en contact avec des personnes âgées.Mais ça ne se fait pas beaucoup.On est dans une société qui tend à écarter la vieillesse parce que ça fait peur.Moi, j'ai été en contact avec des jeunes toute ma vie.J'ai sept enfants.Le plus jeune a 17 ans.En plus, j'enseigne à l\u2019Institut national d'image et de son (INIS).Ça me nourrit beaucoup.A VINIS, tu entends parler de tout ce qui se passe dans la profession.Et le contact avec les jeunes étudiants crée une espèce de vitalité qui est incomparable.Je ne saurais pas m\u2019en priver.ESPN ES 1 5 ea Ty E { VIEILLESS é VIE Sea Aad LI : Quelles similitudes remarquez-vous chez les jeunes et les personnes âgées?F.D.: Quand tu as 17 ans, comme mon fils, tout n\u2019est pas beau non plus.Il y a des angoisses.La personne ne sait pas qui elle est, ni où elle s\u2019en va.1] faut choisir un cégep, un domaine.On revit cette même angoisse à 80 ans quand on approche de sa fin.On perd de l\u2019autonomie, on cherche son identité et ce que l\u2019on va devenir.En plus, pour les deux générations, le rapport à l\u2019image est difficile.LI.: Que pourrait-on faire pour favoriser le contact entre ces deux générations, dans la société?FD.: Si on amène des jeunes et des personnes âgées à se parler, le discours ne durera pas longtemps.Ce qu'il faut faire, c'est les associer tous les deux à une même cause.Et là, la complémentarité va s'établir.Les jeunes ont une énergie, un savoir du fonctionnement des médias sociaux.Les aînés ont une sagesse et de l\u2019expérience.C\u2019est dans l\u2019action commune que les gens de différentes générations vont se parler.Le président du réseau Espace 50+, Jean Carette, qu'on voit dans le documentaire, a eu l\u2019idée de monter un projet de voyages qui seraient financés par le gouvernement.Des groupes de gens issus de diverses générations iraient faire du bénévolat dans d\u2019autres pays.Cela permettrait réellement de créer des liens riches entre jeunes et moins jeunes.PHOTO : SYLVIE LAPOINTE L'TINERAIRE Il 15 mars 2012 mmm DOSSIER SPECIAL PNT AR OTA sb, Ig Za or à) { ra ts 2 4 Barack Obama doit avoir une quarantaine de biographies.Alors pourquoi pas vous?A une époque ou la transmission intergénérationnelle perd pied, des entreprises spécialisées proposent leur service pour écrire le livre dont vous étes le héros.«Dans les années 60, les grands-parents vivaient avec la famille, explique Francine Breton, fondatrice des Editions Francine Breton.Aujourd'hui, les grands-parents sont parqués dans des résidences.Dès les années 90, avec la disparition de la transmission orale, ils ont voulu se raconter sur papier pour leurs petits-enfants.» D'ailleurs, sa toute première cliente, Albertine Fillion, était en résidence pour personnes âgées et dédicace son livre à ceux qu'elle aime, tout simplement.Du haut de ses 77 ans, la dame a publié Albertine en trois temps! en 1996.12 L'ITINÉRAIRE 15 mars 2012 Si enrichir l'héritage familial est un objectif pour beaucoup, imprimer sa vie noir sur blanc sert d\u2019exutoire pour d'autres.Carole Thibault, mère monoparentale, a appris qu'elle avait le cancer du cerveau et des poumons en février 2002.Les médecins lui donnaient moins de neuf mois à vivre.Elle a décidé d'épancher ses souffrances entre deux pages couverture.«Je ne voulais pas subir de chimiothérapie, je trouvais inutile cette souffrance, avoue la rescapée par téléphone.Mais le déclic est venu de mon neurochirurgien qui m'a dit \"Vous ne pouvez pas abandonner vos Si enrichir l'héritage familial est un objectif \u201c pour beaucoup, imprimer sa vie noir sur), 2 blanc sert d'exutoire pour d'autres.- Is py Me / J enfants\u201d.» Son livre On est bien, hein maman?explique à ses deux garçons, en bas âge lors de sa maladie, pourquoi «maman n'avait plus de cheveux et pourquoi parfois elle était penchée au-dessus du bol des toilettes.Je voulais aussi qu\u2019ils comprennent la séparation avec mon conjoint.» BIO-THÉRAPIE D'après Catherine Malichecq, qui alancé en 2006 Votre Biographie Éditions, «pour certains clients, c\u2019est un peu comme une thérapie».»«p > Même son de cloche pour Daniel Aujoulat, ancien journaliste d] > \u2019 maintenant écrivain, qui a traité avec près d\u2019une quarantaine de clients.«Le métier de biographe s'apparente beaucoup à celui du psychanalyste qui écoute son patient.Mais l\u2019analogie s'arrête là, je ne suis en aucun cas un thérapeute.» Toutefois, pour Carole Thibault, les quatre ans de maladie qu'elle a passés à écrire ont eu un effet thérapeutique indubitable.«Quand vous publiez votre histoire, elle ne vous appartient plus.Cela m\u2019a permis de tourner la page.La maladie fait maintenant partie de mon passé.» Si les grands-parents souhaitant laisser une empreinte de leur passage formaient la majorité de la clientèle, cette dernière tend à se renouveler aujourd\u2019hui.«Âvec Internet, même les jeunes sont de plus en plus isolés», indique Francine Breton.À l\u2019heure de Facebook et Twitter où tout un chacun parle de sa vie à tort et à travers, certains se tournent vers l\u2019imprimé.\u2026.pour eux-mêmes.«C\u2019est certain que, sociologiquement, c'est un peu égocentrique.Mais c\u2019est un besoin pour soi, tout simplement.» VOTRE VIE COUTE.UN BRAS! Selon les entreprises et les services demandés, une biographie cotte entre 5 000 § et 30 000 §.Carole Thibault a bénéficié entre autres d\u2019un service de coaching, de distribution en librairies et d\u2019un lancement.Le tout lui a coûté près de 14 000 $.«Je préviens toujours mes clients, ce n\u2019est pas un livre avec lequel ils vont tirer un revenu, clarifie Francine Breton.Vous savez, aujourd\u2019hui, les livres de cuisine se vendent mieux que les biographies.» Catherine Malichecq abonde dans le même sens.«Toutes les histoires sont bonnes à lire, mais pas forcément à acheter.» Alors, si on tombe sur une biographie d\u2019une personne «ordinaire» en librairie, doit-on y succomber?«Pour reprendre votre terminologie, les gens connus sont simplement des personnes ordinaires qui ont eu l'opportunité de se faire connaître, répond Daniel Aujoulat.En ce sens, la vie d\u2019une personne non connue est toute aussi intéressante et riche que celle d\u2019un individu célèbre, et parfois beaucoup plus!» POP PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE-LISE ROUSSEAU UNE CLIENTÈLE DE 2 À 92 ANS J'ai une cliente qui a 92 ans, ele se tient drette comme une barre et elle est super généreuse.Elle fait dutai-chi et a été professeur d'éducation physique dans sa vie.Elle dit de moi que je suis son ami de rue préféré.Elle me présente à ses enfants, à ses amis.Elle me parle beaucoup de son expérience de vie.Elle est toujours de bonne humeur et elle voyage beaucoup.Ele a des enfants qui vivent à Vancouver, donc elle va les voir deux ou trois fois par année.C'est rare que je côtoie des clients de cet âge-là.Dernièrement, j'ai remarqué que ma clientèle rajeunissait, car les baby boomers prennent leur retraite.II y a même un jeune de 16 ans qui m\u2019achète L'itinéraire, fait rare auparavant! Les liens intergénéra- tionnels vont dans les deux sens : présentement, je suis en train d'amadouer une future cliente, haute comme trois pommes, avec deux lulus! Elle n'a même pas deux ans! LES AÎNÉS, MEILLEURS QU\u2019UN COURS D'HISTOIRE Pour moi, parler de deux générations, c'est comme parler de deux époques différentes; on n'a pas la même vision des choses.Quand j'étais plus jeune au Vietnam, j'ai partagé les derniers mois de vie de mon arrière-grand-mère.Elle avait près de 97 ans, j'en avais autour de 12.Trois générations, donc trois époques, nous séparaient.Elle me parlait beaucoup de la vie à son époque, et comme j'aimais l'histoire, je lui posais beaucoup de questions.C'est un privilège : au lieu de lire un livre d'histoire des années 1800, j'avais accès à une personne vivante! Selon moi, ce contact vaut beaucoup plus qu'un cours d'histoire ou qu'un professeur, car mon arrière-grand-mère avait elle-même vécu cette période! C'est authentique.Je pouvais comparer ce que j'apprenais à l'école avec ce que mon arrière-grand-mère me racontait.J'ai beaucoup aimé la côtoyer.L'MINÉRAIRE 3 15 mars 2012 ( IE ACTUALITÉ & CULTURE \u2014 CIBL change de locaux PAS JUSTE UN DEMENAGEMENT! TEXTE : GENEVIÈVE GEOFFROY il PHOTOS : OLIVIER LAUZON ph sus of ef Le te de (I de 1 la cé Le 8 novembre dernier, l\u2019équipe de CIBL a fait ses adieux au 1691, boulevard Pie-1X et a déménagé ses pénates au deuxième étage du prestigieux immeuble de verre du 2-22, rue Sainte- Catherine, en plein cœur du Quartier des spectacles.«Après 30 ans dans Hochelaga-Maisonneuve, j'avais l'impression d\u2019atterrir sur une autre planète, s\u2019exclame Yves Bernard, un mononcle de la station comme il se plaît à le dire.Rien à voir avec l\u2019ancienne école des années 1940.» Des murs de verre et des studios à la fine pointe de la technologie, voilà le nouvel environnement des artisans de cette radio communautaire.Mais pour Eric Lefebvre, directeur de la station depuis sept ans, ce déménagement ne signifie pas seulement de passer à des locaux plus fonctionnels; c\u2019est l\u2019occasion de pousser plus loin le concept de la radio communautaire.«Pour susciter l'engagement, l\u2019action et la réflexion, il faut être dans un lieu passant qui permet l\u2019interaction avec le public, explique le directeur.À l\u2019instar des perrons d\u2019église autrefois, l\u2019idée est de créer un lieu de rassemblement initié par et pour les citoyens; ce nouvel environnement rend finalement cette idée réalisable.» CIBL 101,5 FM, c'est aussi : 76 équipes de production 234 collaborateurs 140 000 auditeurs par semaine 14 L'ITINÉRAIRE 15 mars 2012 ACTUALITÉ & CULTURE H20O, RADIO ET ENJEUX MONDIAUX GENEVIÈVE GEOFFROY À l\u2019occasion de son déménagement, CIBL a voulu pousser plus loin le concept de la radio communautaire pour susciter la réflexion et la participation citoyenne en créant notamment un projet à saveur internationale de sensibilisation environnementale.Le 22 mars, en l'honneur de la Journée mondiale de l'eau, se tient l\u2019événement 22 mars, 22 villes, 22 capsules, une émission de deux heures coproduite par la radio communautaire de Montréal, CIBL, et diffusant des reportages provenant de villes et de villages des quatre coins du globe.«Nous voulions trouver un moyen de relier les citoyens du monde autour d\u2019un enjeu commun et celui de l\u2019eau s\u2019avérait tout indiqué», explique Éric Lefebvre, directeur de la radio montréalaise.Pour réaliser ce projet d\u2019envergure, CIBL fait appel à l'organisme ONE DROP, fondé en 2007 par Guy Laliberté (Cirque du Soleil), qui apporte son soutien financier et son expertise au projet.«Les gens croient souvent que nous ne sommes que des bailleurs de fonds, mais notre mission première est de sensibiliser les citoyens et d\u2019agir directement pour l\u2019accès à l\u2019eau», explique Nicole Olivier, directrice des programmes de sensibilisation chez ONE DROP.Cette fondation a également conseillé l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), un autre acteur dans ce projet qui prend des mesures sur le terrain en vue d'amener les artisans des radios communautaires à participer à cette mobilisation internationale.UN ENGOUEMENT FLUVIAL Preuve que la cause de l\u2019eau est universelle, le nombre de reportages reçus à la mi-février dépassait largement les 22 capsules qui sont diffusées dans l\u2019émission.«On a reçu des reportages du Brésil, du Niger, du Timor-Oriental, de l\u2019Afghanistan, du Pays basque, de I'Irlande!», sexclame Éric Lefebvre, tout en faisant défiler avec enthousiasme lesdits reportages sur son écran.Produire cette émission ne sera pas une mince affaire pour la petite radio montréalaise.D'abord, des 4000 membres de l'AMARC qui ont été appelés à participer au projet, plusieurs n\u2019ont pas accès à Internet, rappelle Ricardo Costa, chargé de projet pour l'association.De plus, la barrière de la langue ne doit pas être négligée.«ll faudra éplucher tous ces reportages, en vérifier la qualité, le format, mais surtout trouver des traducteurs», explique Éric Lefebvre.Celui-ci évoque le cas d\u2019un reportage réalisé en tatum, dialecte d\u2019une petite communauté du Timor-Oriental.«Je ne sais pas comment nous allons faire», prévient-il.Le défi est de taille, mais pour Ricardo Costa, il est primordial de préserver la saveur locale des reportages.«Ce projet est d\u2019abord une mobilisation citoyenne pour les communautés.Il y a encore des villages en Afrique qui croient que la sécheresse est due à un sort jeté par le village voisin.Cette initiative poursuit également le but de démystifier et d\u2019éduquer les individus sur les enjeux locaux de l\u2019eau», explique-t-il.Ce sera également l\u2019occasion pour les citoyens du monde d\u2019être sensibilisés à des réalités d\u2019ailleurs.«L'eau nous unit tous d\u2019une manière ou d\u2019une autre et ce projet de radio présenté par CIBL rend cette perspective beaucoup plus concrète», conclut Nicole Olivier.PHOTO : MYPOKCIK | DREAMSTIME.COM SOOOOOOOOOCONOCOOOCODOOODODOCDOON MOCO y 7 : Évapo ree.La Jordanie importe 97 % de ses céréales, faute d'eau.Le lac Tchad a perdu 95 % de sa surface en 40 ans.À Gaza, où vivent 3000 habitants au km, 90 % de l'eau est polluée.Au Katanga, l'enjeu est d'empêcher les citoyens de souiller la rivière, puisqu'ils y puisent également leur eau potable.I AAA SHA JAA A HAASAN 3 JO A HAS SAAS BOOGIE Les reportages en langue d'origine sont actuellement accessibles sur le site de l'AMARC à l'adresse suivante : bttp://www.amarc.org/waterDay_2012 L'ITINÉRAIRE 15 mars 2012 PHOTO\": LUCIE LARIN «Un homme est contraint entre quatre murs et il ne peut pas en sortir.Il a posé un geste pour réagir à la société dans laquelle il vit», raconte le metteur en scène Patrice Dubois.«Certaines personnes viennent le visiter \u2014 une femme, un homme et sa fille \u2014 pour obtenir des réponses ou pour l'aider.On découvre peu à peu pourquoi il est enfermé», complète l'auteur Philippe Ducros.Tous deux font référence à Dissidents, leur plus récente création, qui est présentée du 6 au 31 mars à l'Espace Go.L'Itinéraire a rencontré les deux hommes de théâtre avant une répétition.Le processus de création débute il y a environ deux ans lorsque Patrice Dubois tombe sur l'essai sociologique Brève histoire du progrès du romancier et historien Ronald Wright.Une foule d'idées se bousculent alors dans sa tête.Il contacte son vieil acolyte, Philippe Ducros et l'aventure commence dans la grande salle de pratique du Théâtre PAP, compagnie en résidence à l'Espace Go.Les deux passionnés ont parlé, débattu, digéré l'essai.Puis Dissidents est née.Avec la notion de dualité en premier plan.«Dans notre société, le message qu'on envoie aux Je pense qu'on est tous à un moment de notre vie un \u2018héros ou un monstre.En deux secondes, ça peut changer.- Patrice Dubois, metteur en scene de Dissidents.I6 L'ITINÉRAIRE 15 mars 2012 COTE RRR : ARSENE AEC Fi igs ACTUALITÉ & CULTURE EM individus est double.On leur permet de s'exprimer à la télé, mais on veut que les citoyens s'immiscent le moins possible dans l'Etat», soulève Philippe Ducros, qui en aurait des heures à dire sur le sujet.Il précise que la dissidence n'est pas une solution ultime qu'il propose pour survivre à la société moderne, mais plutôt une piste de réflexion.Le personnage principal de la pièce reflète également cette dualité, explique le metteur en scène, qui est aussi acteur dans Dissidents.«Je pense qu'on est tous à un moment de notre vie un héros ou un monstre.En deux secondes, ça peut changer.Le personnage central de la pièce espère avoir choisi son clan, mais tout est là pour lui faire comprendre que ce n'est peut-être pas le cas.» Pour illustrer la déchirure des personnages entre deux opposés, les deux complices jouent même avec la perception du spectateur.«L'environnement scénique est là pour fucker le monde!, ricane Patrice Dubois, une petite tasse d\u2019espresso à la main.Pour les premières 45 minutes du spectacle, j'avais besoin d'un espace neutre pour qu'on soit dans l'échange, le combat d'idées.Après, ça commence à se complexifier au niveau visuel, scénique et scénographique.Et quand le public pense avoir cerné les personnages, le miroir s'inverse.» On entend la poignée de porte tourner.La comédienne Eveline Gélinas entre dans la salle, accompagnée du concepteur musical Benoît Côté.La répétition peut commencer.Dissidents, du 6 au 31 mars a I'Espace Go (espacego.com) Immersion L'expérience de réflexion que les deux hommes de théâtre veulent faire vivre au public ne s'arrête pas là.ts suggèrent deux autres œuvres qui font référence aux mêmes thèmes.Un reportage photographique réalisé par Philippe Ducros lors de son voyage en République démocratique du Congo, La porte du non-retour et une pièce de théâtre portant sur l'Afrique, Après moi, le déluge, complètent l'univers de Dissidents.«Un spectateur curieux pourrait faire le triangle pour élaborer une réflexion», indique le metieur en scène Patrice Dubois.La porte du non-retour, à la Galerie Occurrence, du 6 au 17 mars (occurrence.ca) Après moi, le déluge, du 21 février au 18 mars au Théâtre de Quat'Sous (quatsous.com) PHILO & VINCE LES HÉROS ORDINAIRES DOUX PRINTEMPS TRETROUVE LES COSSINS QU'LE MONDE A JETES DEDANS CET HIVER LES ÉCOLOS FONT DES BANQUETTES DE AVEC ÇA rian FAURAIS AIMÉ ÇA {UNE BELLE PIASSE, R POUR UNE FOIS.L'ITINÉRAIRE 17 15 mars 2012 GRANDE ENTREVUE Heres LA VOIE LIBERTE L GENEVIÈVE GEOFFR D Apres quara pie, années passées à œ le monde 4 Québécois, a Iu uvrer dans cinéma insufiler D voulai par de H DA créativité et = ir crier son existence $es œuvres, l'aibpel baule Baillargeon a finalement | auréate ( Tessier an ote été entendu.ju prix Albert 2009, la aio.O1 ctrice a été ho i mars alors ICA TOT OU norée le que ses rs lui décerr aient le prestigi Hommage.= prix Jut A - / GRANDE ENTREVUE MN / Ja De l\u2019autre côté de la table, au café Juliette et chocolat, Paule Baillargeon se tient droite, ; ouverte, accessible.S\u2019il y avait une image pour illustrer l\u2019adage qui dit que les yeux E sont le miroir de l\u2019âme, ce serait celle de Paule Baillargeon.On dénote chez elle un étonnant contraste entre force et douceur, sérénité et révolte.«Paule dégage de la magie, une dimension poétique grave, pas du tout fleur bleue», nous raconte l\u2019artiste A PHDTO : ANNE-MARIE PIETTE nad annuelles quelles surnomment leur féte de printemps.est étonnant de découvrir que Paule Baillargeon a longtemps combattu le besoin de crier son existence au monde, de hurler sa présence, de lutter contre un sentiment d\u2019invisibilité.«Au-delà du plaisir qu\u2019ils procurent, recevoir des honneurs, que ce soit le Jutra-Hommage ou le prix Albert-Lessier, me confirme que j'ai raison d\u2019être qui je suis, raconte-t-elle d\u2019une voix si douce qu'elle se fond dans la cacophonie du café où nous nous trouvons.Ça me dit : tu existes, tu fais partie de nous.C\u2019est vraiment un baume pour moi, ça participe à ma sérénité.» Un vrai baume pour l'artiste aux multiples facettes, qui considère qu'elle a longtemps travaillé dans l'ombre.«Les gens ne comprennent pas ses projets, explique le réalisateur Denys Arcand qui a eu l'occasion de la diriger à ses débuts, au temps du Grand Cirque ordinaire, dans Gina et dans Réjeanne Padovani.Paule n\u2019a pas suivi la voie commerciale; elle a sa propre voie, exigeante et pure; elle veut dire des choses et elle le fait sans compromis, de manière droite et intègre.Aujourd\u2019hui, sa ténacité est récompensée.» jamais dévié de sa voie, la liberté la guidant telle l\u2019étoile du Nord.«C\u2019est une femme qui suit son instinct, qui demeure fidèle à sa démarche, raconte le comédien Denis \u2018Trudel, un ancien partenaire de jeu.Quand on suit un tel parcours, on se condamne un peu à être dans la marge.» Mais, pour celle qui n'aime pas les règlements, il n\u2019était pas question de sacrifier sa liberté d'action et de parole au nom de la popularité ou de la notoriété.«La liberté pour moi, c'est un gage de réussite.C\u2019est la chose la plus importante dans ma vie et je carbure à ça», confie la cinéaste, en avalant une gorgée d\u2019expresso.1 Julie Vincent, qui ira diner prochainement avec la cinéaste pour leurs retrouvailles 3 1 A EE Avec toute cette richesse d\u2019âme, il Au cours de sa vie, \u2019Abitibienne n\u2019aura 1 En déposant sa tasse de café, Paule Baillargeon explique à quel point elle a toujours senti le besoin d'exprimer son propre discours.Elle l\u2019a fait notamment lors de sa première incursion derrière la caméra en 1976 lorsqu'elle a réalisé Anastasie Oh ma chérie! une œuvre salué par la critique.«À cette époque, j'étais d'attaque, raconte-t-elle.Je ne dis pas que je n'avais pas de doutes, mais javais confiance en mon talent.» Son talent, elle le mettra jusqu'au bout.» \u2014 - Julie Vincent, qui a été dirigée par Paule Baillargeon - Denis Trudel.partenaire de jeu Ce qu\u2019ils disent de Paule\u2026 «C'est un grand art, d'une autre nature.Nous avons besoin d'artistes comme Paule Baillargeon pour définir notre identité.Elle nous donne envie d'être nous-mêmes et d'aller «Paule, c'est un cocktail explosif.Sensible, ouverte, intéressée, curieuse, elle a tous les ingrédients pour être une artiste complète.» ol «C'est une personne qui ne fait aucun compromis.Elle est une femme droite, intègre et juste qui a une conception sérieuse de son travail.Paule n'a jamais dévié de sa ligne.» - Denys Arcand, qui a dirigé Paule à ses débuts (Gina, Réjeanne Padovani) comes 15 mars 2012 IE GRANDE ENTREVUE de nouveau à profit en 1980, alors qu\u2019elle coréalise La Cuisine rouge, une Œuvre à son image, à la fois poétique et contestataire dont on a dit qu\u2019elle a été marquée au fer rouge du féminisme.«On a parlé d\u2019un film coup-de-poing, d\u2019un pamphlet, raconte celle qui était féministe bien avant que le mot lui vienne aux oreilles.Mes propos ont choqué les gens, mais moi je voulais y aller là-dedans, je trouvais que c\u2019était important [de dénoncer la place que l\u2019on réservait aux femmes].» À la suite du tollé soulevé par La Cuisine rouge, le discours de Paule Baillargeon n\u2019a plus trouvé d\u2019écho et elle s'est tue.Elle réalise des fictions dont Solo, Sonia, Le sexe des étoiles et méme, en 2002, un documentaire sur Claude Jutra intitulé Jutra : portrait sur film.Mais elle ne fait plus son cinéma.«Tout se paie dans la vie, moi j'ai choisi la liberté, ça se paie, mais d\u2019un autre côté, le confort, l'indifférence, ça se paie aussi : tous les choix qu\u2019on fait dans la vie ont un prix», affirme-t-elle.Malgré les difficultés qui ont parsemé son chemin et le bâillon qui lui a parfois été imposé par les bailleurs de fonds, Paule Baillargeon ne se sent pas du tout amère : «J'accepte ma vie telle qu\u2019elle est, affirme- t-elle.C\u2019est certain que j'aurais souhaité faire un peu plus de cinéma, mais bon, c\u2019est comme ça et je ne veux pas du tout m'imposer en victime; par contre, je crois que m'exprimer et parler comme je lai fait ne me rendait pas sympathique pour Pestablishment : les décideurs n\u2019étaient pas de mon bord».été en moi.- Paule Baillargeon UN NOUVEAU SOUFFLE Plus de 30 ans après La Cuisine rouge, après s'être sentie rejetée et incomprise, le vent tourne pour Paule Baillargeon alors que l\u2019Office national du film (ONF) lui offre un poste de réalisatrice en résidence.Ainsi, contre toutes attentes, grâce à cette initiative de l\u2019establishment, la cinéaste a la chance de renouer avec son cinéma.«Grâce 20 L'ITINÉRAIRE 15 mars 2012 Très petite, vers quatre ou cing ans, je révais déjà d'être artiste, je rêvais de me rendre à Hollywood.Ce que je n savais pas, c'est que j'étais déja une artiste; ça a tou à la carte blanche que m\u2019a donnée l'ONF, j'ai pu enfin exprimer qui je suis.» Ainsi, après deux ans à «faire le ménage», la réalisatrice nous offre 30 tableaux, une œuvre alliant fiction et autoportrait qui révèle segment par segment sa vie, sa nature et son essence poétique.«ll n\u2019y a pas un tableau là-dedans qui ne soit pas vrai, mais on ne raconte pas sa vie en une heure et vingt, il faut la condenser et en faisant ça, tu fictionnalises ta propre vie», explique-t-elle.Le Prix Jutra-Hommage depuis sa création Sur les 14 prix décernés depuis 1999, Paule Bailargeon n\u2019est que la troisième femme de l'industrie du cinéma à le recevoir, apres Anne-Claire Poirier, en 2002, et Denise Filiatreault, en 20086.«Représentant la moitié de l'humanité, les femmes devraient, autant que les hommes, faire partie de l'histoire avec un grand H», dit-elle.Avec des mots simples, elle se raconte à découvert, sans censure, sans compromis.«C\u2019est une entreprise de mise à nu.Si je veux raconter ma vie, eh bien, je dois y aller franchement et à l\u2019âge que j'ai \u2014 66 ans \u2014, j'ai de la distance.Quand j'y pense, c\u2019est une vie qui se déploie avec des hauts et des bas, des peines et des bonheurs», confie-t-elle.jours / Avec ces 30 tableaux, on découvre Paule Baillargeon a travers les quatre époques charnières qui ont façonné son existence.La cinéaste y parle de son mal de vivre et du sentiment d\u2019être invisible, qu\u2019elle ressent dès l\u2019âge de dix ans, lorsqu'elle se sent trompée par la Sainte-Vierge qui ne lui apparaît pas, par son père inadéquat qui lui offre un roman meublé de personnages 5 aux mœurs légères ou par sa mère qui ne croit pas en son talent pour le dessin.Sans ambages, elle y traite de sa révolte, quelle crie, à 27 ans, dans le Grand Cirque ordinaire, dans Anastasie Oh ma chérie ou dans La Cuisine rouge, et de sa rage de vivre qu'elle transpose par écrit et dont les mots, trop cruels, la poussent à cacher des textes sous l\u2019évier.Elle parle aussi du bonheur quelle n'a connu qu\u2019à 39 ans, grâce à la naissance de sa fille Blanche et de la sérénité enfin trouvée aujourd\u2019hui grâce à son expérience de vie.«Ce qui est douloureux, elle le transforme en quelque chose de poétique et d\u2019accessible, confie son amie Julie Vincent, qui a vu le film.Paule assume toutes les parcelles de sa vie avec une très grande richesse, sans renier sa jeunesse; elle a évolué sans l'enlever, il y a quelque chose de la révolte de Rimbaud en elle.» Cette révolte, bien qu'elle se soit calmée avec les années, ne s\u2019est jamais réellement éteinte, avoue Paule Baillargeon.Lorsqu'on lui demande à quoi carbure sa colère, alors que le café est devenu froid et amer, elle répond qu\u2019elle se situe beaucoup par rapport aux femmes.De plus, comme dans Anastasie Oh ma chérie ou dans La Cuisine rouge, on ressent dans 30 tableaux qu'elle porte toujours et encore, à sa manière, la cause des femmes sur ses épaules.«Mon défi, c\u2019est que ma vie résonne dans celle des autres, que les femmes puissent se dire \u201cça me ressemble\u201d, que les jeunes puissent se dire \u201cc\u2019est ma mère, ma tante ou ma grand-mère\u201d, on est tous en lien avec une femme, alors c\u2019est possible pour tous les individus d\u2019y trouver un écho de leur propre existence», confie-t-elle.Pour la cinéaste, toutes les vies méritent d\u2019être racontées.Elle a choisi de raconter la sienne pour s\u2019en détacher et se sentir plus libre.«Après, quand ce projet va être terminé, qu\u2019il aura pris son envol, j'espère être comme neuve et pouvoir exprimer quelque chose de nouveau.» 30 tableaux sera à l'affiche dès le 23 mars au cinéma Ex-Centris.Plus d\u2019information : www.onf.ca LA CARTE-REPAS, POUR SOIGNER LA FAIM! «Parce qu'il est inconcevable qu'aujourd'hui, à Montréal, des milliers de personnes souffrent de la faim.Comme moi, avant qu'il ne soittrop tard, offrez des i cartes-repas aux plus démunis.En plus d'un repas 3 chaud et complet, ils briseront leur isolement et trouveront le réconfort d'une aide psychosociale .La faim n'est pas une maladie mais un besoin.i Cela se passe chez nous, donnons-leur un temps E de répit.» È 4 S POUR PREVENIR, NOURRIR, GUERIR.FAITES UN DON en remplissant le coupon en page 4 ou au WWW.itineraire.ca CONTACTEZ-NOUS au 514.597.0238 poste 226 MORTE EI LC CAES fo OS 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