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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
dimanche 15 juillet 2012
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2012, Collections de BAnQ.

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[" sideitéé PEAK Rath ahd {OS SRK AIAN Te ee ee ee ee 3 AMADOU ET MARIAM OOM CAMELOT Ing Iu i= PN EPOUX DE LA B EFLET D'UN MAL SIQU DE SOCIÉTÉ MU JE A PER ~~ 1-410 Lil ll BAnQ NE => Al S$ + RE 2 3 Volume XIX , n° 14 Montréal, 15 juillet 2012 } www.itineraire.ca \u2018Op \" ie 4 æ AN A ; 7 a NOUVE an à (2g OTOPOMA Nas AUS 1 erriere [ Dany Lai PLONGEUR EN EAU PROFONDE \u2014 y PR abit Après 4 ans votre carte OPUS expire! EF MPS2E LS > » LANG A tah 4 HE v a 7 a \\ \\ \u2014 Ne soyez pas pris au dépourvu.Pour connaitre la date d\u2019expiration de votre carte et savoir comment la remplacer sans frais, visitez Ca rteopus.info.À Longueuil >stm SILYV RC M)T f aqtim® associamion outmost Rasen HT A Lo PRE i 1 GERALD TREMBLAY \u2018aire ae Montrea ASSOIFFES D\u2019ART ET DE CULTURE?_e centre-vile été une amoiance unique Montréal se démarque par la diversité de ses commerces, l'abondance de ses attraits, ses grands festivals et ses événements culturels incontournables.Avec son titre de 3e meilleure ville d\u2019été selon le prestigieux magazine Lonely Planet, notre ville rayonne à l'international.Pour conserver cette position enviable malgré les turbulences des derniers mois, nous déployons une série d'actions qui permettront de stimuler l'activité du centre-ville et d'en soutenir la vitalité.D'une part, la campagne de promotion du cen- tre-ville lancée par l'arrondissement au printemps se poursuit.Tout en invitant les Mon- tréalais et les visiteurs à découvrir les quelque 514 terrasses du centre-ville, cette campagne met en relief son caractère unique avec notamment 3 000 commerces, 1 500 restaurants, 50 salles de spectacles, 21 musées, le mont Roval et le Vieux-Port.Une nouvelle campagne, plus large, qui s'appuie sur nos nombreux événements emblématiques a également vu le jour.L'objectif est de faire briller toutes les facettes du cœur de la métropole et de rappeler que Montréal est toujours aussi.débridée, branchée, curieuse, différente.Notre ville a tout pour séduire, et ce, particulièrement durant la période estivale.À cescampagnes s'\u2019ajoutera un investissement supplémentaire de plus de 250 000 $ remis aux sociétés de développement commercial et autres organismes pour favoriser l'animation des rues commerçantes du centre-ville.Nous ne ménageons aucun effort pour que notre centre-ville soit un endroit animé, sécuritaire et accueillant.Je vous invite donc à le redécouvrir, à profiter de son effervescence unique en Amérique du Nord.Sovez les ambassadeurs de votre ville et relavez le message! SEMI INSEE OL LIL CLL IE III IT CE SRE F0 VITRINE ee INFORMATION CULTURELLE BILLETS AU TARIF REGULIER ET DE DERNIERE MINUTE | ) 2, RUE SAINTE-CATHERINE EST CRT TT Lp EG | DELA RUE A ÉTUDIA itineraire.ca _\" y bi Se i Alassane Diallo, programme jeunesse TT T\u2014 > COUPON D\u2019ABONNEMENT / DE DON / D\u2019ACHAT DE CARTES-REPAS Pour une période de: O 12 mois, 24 numéros : 124,18$ O Visa, Master Card O 6mois, 12 numéros : 62,09$ O Chèque au nom du Groupe Communautaire L'Itinéraire Un camelot vous a encouragé à vous abonner?Nom ou numéro d'identification : Numéro de la carte LL NN J'ajoute un don de : '$ J'achète cartes-repas à 5$ chaque = 1$ Expiration /20 Lt A Co Moi Anné Signature Les cartes seront distribuées par L'ltinéraire.08 nnee 9 Vous désirez distribuer des cartes dans la rue?Nous vous enverrons le guide du bénévole et les cartes par la poste.Cochez ici TOTAL : $ Monsieur O Madame O ! Vous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don Prénom : Ville : Nom : Province: Code postal Entreprise : Téléphone : ( ) Adresse : Courriel : Postez votre coupon et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire ou effectuez votre don en ligne au WWW.ITINERAIRE.CA 2103, STE-CATHERINE EST, MONTREAL (QUEBEC) H2K 2H9 Contactez-nous au 514 597-0238 poste 231 ZOOM CAMELOT @\\ Journaliste de rue www.joseelouise.com JOSEE LOUISE TREMBLAY Henrique Ramos REFLET D'UN MAL DE SOCIÉTÉ I y a un peu plus de deux ans, Henrique Ramos a trouvé un réseau social représentant ses valeurs en fréquentant le Café L'Itinéraire.Le 15 mai dernier, quand le Café a fermé ses portes au public, il s\u2019est retrouvé démuni sans ce réseau qui était devenu comme une famille pour lui.Pour combler son besoin de communiquer et continuer de côtoyer notre groupe, Henrique Ramos est devenu camelot, tout simplement! Le nouveau camelot, qui vend au métro Assomption le jour et qui se poste près du théâtre Olympia le soir, a grandi à Blainville.Ses parents, originaires de la France et du Portugal, ont immigré quelques années avant sa naissance.«Mon père était sculpteur et il travaillait également comme ébéniste», raconte- til.Le paternel a créé un atelier derrière la maison familiale et sa compagne a été femme de chambre dans les grands hôtels.De son enfance, Henrique se souvient que son papa aurait aimé que son fils devienne sculpteur ou ébéniste comme lui.«Il m'a quand même transmis le goût du travail bien fait, mais j'avais peur des machines-outils.Je n'aurais pas pu faire son métier», dit-il avec un peu de crainte dans les yeux.De plus, Henrique a un demi-frère aîné de 23 ans qui vit en France et qu'il voit occasionnellement.«Ma mère a eu mon frère bien avant de se marier avec mon père.Quand elle tombée enceinte de moi, elle avait 45 ans.» Ses parents lui ont donné une excellente éducation et l'ont envoyé à l\u2019école privée.Henrique est demeuré proche de sa mére qu\u2019il visite régulièrement.En revanche, son père est retourné vivre au Portugal et il demeure dans un foyer pour personnes âgées.«Je n\u2019ai pas de nouvelle de lui, car sa santé s\u2019est beaucoup dégradée.Il souffre de la maladie de Parkinson.» LE CONTESTATAIRE Le camelot, détenteur d\u2019un baccalauréat en psychosociologie, est engagé socialement.Henrique se sent concerné par ce qui se passe autour de lui et dans le monde en général.La politique et l\u2019injustice sociale provoquent à tout coup de la contestation chez lui.Dans le cadre de ses études à l'UQAM en 1995, Henrique a fait un travail scolaire dans lequel il a proposé une nouvelle structure de l\u2019État et des solutions à plusieurs problèmes liés à son fonctionnement.Il a créé un émoi auprès de ses professeurs et cela l\u2019a propulsé, un peu malgré lui, sur la scène médiatique.Cette soudaine popularité et les éloges de ses professeurs lui ont fait perdre un peu le sens de la réalité.Il s'est mis à s\u2019imaginer devenir premier ministre, rien de moins! «La soudaine pression médiatique m'\u2019a fait perdre la tête et je me suis retrouvé à l'hôpital en crise», explique-t-il.AT hôpital, on n\u2019a pas cru en son délire et on a diagnostiqué qu\u2019il était schizophrène affectif.«À partir de ce moment, on m\u2019a traité dans ce sens-là.Parce que dès que je m\u2019emballe, je m\u2019imagine créer la révolution!», dit-il avec de la dérision dans la voix.Après cet épisode, Henrique a vécu une période d\u2019errance.ll s\u2019est promené d'appartement en appartement et a fait quelques rechutes.Finalement, le camelot a dû reconnaître que la médication lui fait du bien et quelle lui permet également de se rendre compte lorsqu\u2019il s\u2019emballe.«J'ai compris que j'en ai besoin et que ça me permet de mieux maîtriser mes humeurs», explique-t-il calmement avec ses beaux yeux de velours.Son rétablissement ne s\u2019est pas fait sans aide.Grâce à une place en appartement supervisé, Henrique a rencontré Rosalina qui habite dans le même immeuble à logements.«Elle a été comme un ange pour moi.Elle m'a aidé à être moins obsédé par la politique et à avoir plus de distance vis-à-vis les évènements.» @ PHOTOS : OLIVIER LAUZON L'ITINÉRAIRE 5 16 juillet 2012 SOMMAIRE AE ZOOM CAMELOT P5 HENRIQUE RAMOS REFLET D'UN MAL DE SOCIETE 1 ka DOSSIER ESTIVAL P8 DANY LAFERRIÈRE PLONGEUR EN EAU PROFONDE \u2018w ACTUALITÉ & CULTURE P16 AMADOU ET MARIAM ÉPOUX DE LA MUSIQUE BEE PHOTOROMAN P19 JEAN DEVOST UNE QUESTION D'IDENTITE EEN DEVELOPPEMENT SOCIAL P24 FRANCOIS SAILLANT MILITANT, D'HIER À AUJOURD'HUI FESTIVAL D'EXPRESSION DE MA RUE P29 NE LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE P41 CHRONIQUE DE RUE: J'AIME LES NUITS DU 514 ABONNEZ-VOUS WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 N°231 50% du prix de vente du magazine revient aux camelots.Le magazine Lltinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L'itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces demiers vous proposent tout autre produit que le joumal ou sollicitent des dons.iis ne le font pas pour Lltinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement.communiquez sans hésiter avec le 514 597-0238, poste 237 L'ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: L'ŒUVRE LÉGER Pour la dignité humaine au Québec et dans le monde L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: Le rèseau international des journaux de rue North American @ al Newspaper 7 = Association Tr AMECC Le Groupe communautaire U'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant Connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie Lil.NE RAI RE LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.Convention de la poste publication No 40910015, No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2103, Ste-Catherine Est.Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d\u2019édition.Canadä 1SSN-1481-3572 n de charité : 13648 4219 RRO001 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Ste-Catherine Est Montréal (Qc} H2K 2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, rue Ste-Catherine Est TELEPHONE : 514 597-0238 TELECOPIEUR : 514 597-1544 SITE: WWW.ITINERAIRE CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef : Jérôme Savary Superviseure de la rédaction : Marie-Lise Rousseau Adjointe à ta rédaction : Soraya Elbekkali Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaires à la rédaction : Camille Carpentier et Christine Émond Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Photo de la une : Anne-Marie Piette Révision : Edith Verreault, Hélène Pâquet.Hélène Fifion, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion.Angélique Santamaria, Catherine Flintoff.Nadine Boccalini, Lise Laganière et Marie-Françoise Lalande.Publicités et médias : Chioé Roumagère Design et infographie du site internet : Serge Cloutier, www.drafter.com CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514 461-7119 renee.lariviere@itineraire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-présidente : Catherine Isabelle Trésorier : François Rousseau-Clair Secrétaire : Gabriel Bissonnette Conseiller, directeur général : Serge Lareault Représentant des camelots : Yvon Massicotte Conseiller : Claude Lyrette Conseiller : Jean-Guy Deslauriers L'ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Adjointe au développement social: Jocelyne Sénécal Technicienne comptable: Duffay Romano Directeur marketing : Richard Turgeon Directrice médias et communications : Chloé Roumagère Adjoint aux communications et financement : Shawn Bourdages GESTION DE L'IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 5831 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO QUEBECOR # Quebecor est fire de soutenir l'action sociale de l'Iinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications. ÉDITORIAL JÉRÔME SAVARY Rédacteur en chef jerome.savaray@itineraire.ca itoye ns habiégés ! La dernière se commerçan ts les au sein du ttoirs de deux artères de la capitale du Manitoba.Des ambassadeurs de cette campagne «Change for the Better» ont effectivement expliqué aux citoyens rencontrés dans la rue qu\u2019ils devaient arrêter de donner de l'argent aux «quêteux», que leur petit change, ils feraient mieux de le donner aux organismes qui offrent des vraies perspectives de changements positifs et durables aux itinérants.Et si ce «Change for the Better» était simplement un moyen original de mettre à l\u2019écart les sans-abri du centre-ville de Winnipeg afin de donner un break aux commerçants pris avec les itinérants qui dorment sur le perron de leurs établissements?Et si «Change for the Better» enlevait aux sans-abri le peu de dignité qu'il leur reste en les coupant du contact qu\u2019ils ont avec la population?En effet, cette campagne met à mal le dernier maillon de notre lien social, en isolant encore davantage les sans-abri, tout en faisant reposer la lutte contre la pauvreté sur les épaules de simples citoyens.Paradoxe total.Les sans-abri n\u2019ont-ils pourtant d\u2019autre choix que celui de tendre la main?Non.Dans leur communiqué de presse, les commerçants expliquent que cette campagne permettra en bout de ligne aux | LAISSEZ-LES, / ON S\u2019OCCUPE D\u2019EUX 4 Et % mon huard se transformait en bout de ligne en bière ou en y centres-villes des grandes villes partagent cette ar des mendiants.À Winnipeg, les commerçants ne campagne de financement «anti-mendicité».gnorez-les, on s'occupe de leur trouver un travail.» sans-abri de se trouver plus facilement un job, grâce au soutien accru apporté aux organismes communautaires partenaires.L'argument selon lequel on procure ainsi du travail aux sans-abri est entaché de mauvaise foi.«Change for the Better» vient avant tout briser l\u2019un des derniers liens humains de solidarité et de compassion qui s'établit chaque fois qu\u2019un travailleur, un étudiant ou un retraité, entre en relation avec un sans-abri en lui tendant la main à son tour.À une échelle plus large, l'argument économique ne tient pas non plus.A part les journaux de rue \u2014 comme le Street Sheet de Winnipeg ou Lltinéraire \u2014, qui sont autant d\u2019exemples particuliers et trop peu nombreux de réinsertion par le travail, qui d\u2019autre est prêt à embaucher une personne généralement très peu scolarisée, aux prises avec une dépendance toxique lourde, dont la santé mentale et physique est affectée, et au casier judiciaire bien rempli?Personne, ou presque.Il suffit d\u2019être un habitué du centre-ville d\u2019une métropole canadienne pour voir que l\u2019argument économique de l\u2019employabilité est un leurre qui justifie de façon très hasardeuse cette campagne anti- mendicité.ET POURTANT, POURTANT.On ne peut demander aux individus de produire de l\u2019équité dans une société inéquitable.Les sans-abri ne disparaîtront du paysage que lorsqu'on s'attaquera de manière concertée à la pauvreté générée par nos choix politiques.D'ailleurs, une étude récente d\u2019un organisme gouvernemental fédéral démontre qu\u2019il est davantage rentable d\u2019éradiquer la pauvreté que de la laisser s\u2019étendre.Telle est la conclusion d\u2019un rapport du Conseil national du bien-être social (CNB), qui relève actuellement de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, l\u2019honorable Diane Finley.Voici ce que le quotidien Le Devoir indiquait au sujet du rapport du CNB publié le 28 septembre 2011: «En ne réglant pas les problèmes de pauvreté à la source, le Canada dépense beaucoup d\u2019argent à la mauvaise place.L'organisme gouvernemental estime que les conséquences de la pauvreté coûtent annuellement 25 milliards de dollars, alors qu\u2019il n\u2019en faudrait que la moitié pour que tous les Canadiens puissent vivre au-dessus du seuil de la pauvreté.» On en revient toujours au même point.Les citoyens individuels et corporatifs ne peuvent seuls rapiécer les mailles, toujours plus lâches, de notre filet social.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas à eux de le faire.À Winnipeg, les commerçants, avec l'accord d'organismes communautaires, accentuent l\u2019iniquité avec laquelle doivent composer les Canadiens les plus vulnérables.Si le gouvernement fédéral connaît la solution aux problèmes, celle-ci ne semble pas être sa priorité.Pendant ce temps, le rapport du CNB prend tranquillement la poussière, tandis que les 150000* sans-abri au Canada s\u2019enfoncent de plus en plus dans l'indifférence, d\u2019un océan à l\u2019autre, # * Selon le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.L'ITINÉRAIRE 7 15 juillet 2012 jl A fr.v 9 SRE lth fy ae.tl.om mR DOSSIER ESTIVAL Pre asl ON î mise / hp sa pL / a rs \\ \u2014 5 pu | » os > ar \" Dany.Laferrière PLONGEUR EN EAU L'ITINÉRAIRE 15 juillet 2012 Aelita tinted g 4e DOSSIER ESTIVAL - ë PR il Au son des casseroles et à coups de carrés rouges, le printemps «érable» a marqué les esprits et vivifié les ardeurs citoyennes des Québécois.Des dizaines de milliers de personnes, chacun à leur manière, souhaitent ! voir éclore une société différente.Afn de garder éveillée l'ardeur militante de ses lecteurs pendant la saison estivale, Lltinéraire vous propose une série de grandes entrevues avec des personnalités inspirantes à qui nous avons demandé dans quelle direction notre société devrait évoluer.Comme toujours, nous avons parallèlement sondé nos camelots, qui ont un regard unique sur le monde qui nous entoure.Dans ce numéro, nous poursuivons notre série d'entrevues avec Dany Laïernère, auteur pour qui le temps prend une autre dimension, comme suspendu, ce qui fait du romancier montréalais un candidat tout désigné pour cette entrevue estivale.# PH@ÉOS : ANNE-MARIE PIETTE Dany Laferrière me la expliqué clairement : il préfère de loin voir plutôt qu\u2019être vu.Cette observation des autres est au cœur même de son métier et cette inversion des rôles, lors des entrevues, n\u2019est pour lui rien de moins que le drame de l'écrivain.Mais c\u2019est inévitable : dès que sa voix feutrée s'élève parmi le brouhaha du Café L'ltinéraire où nous sommes installés, son aisance avec les mots et ses paroles souvent imagées hypnotisent.C\u2019est avec une réelle impression de plonger dans un de ses livres que L'Itinéraire a recueilli les pensées de Dany Laferrière.Cette aura qui enveloppe l'auteur ne date pas d\u2019hier.A la fois respecté et apprécié, il a été extrêmement sollicité par les médias pour se prononcer sur l'actualité, notamment après le séisme en Haïti.Sa capacité à s'exprimer sur une situation difficile ou un sujet sérieux, pour être ensuite emporté par un éclat de rire franc, charme aisément.Sa pensée limpide impressionne, mais c\u2019est surtout son franc-parler qui séduit.Dans un univers où chaque déclaration publique est minutieusement contrôlée, les sorties de Dany détonnent.Au lieu de suivre le courant, il n'hésite pas à nager à contresens.Dans la foulée du traitement médiatique qui a continué de secouer Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l\u2019auteur est sorti publiquement et a fait paraître un livre (Tbuz bouge autour de moi) rompant avec le ton misérabiliste alors trop largement employé.C\u2019est un peu pour toutes ces raisons que L'Itinéraire a voulu rencontrer l\u2019auteur et le questionner sur le Québec actuel.» LITINERAIRE 9 15 juillet 2012 TARA \u2018 # a.» DOSSIER ESTIVAL UN ÉCRIVAIN DU QUOTIDIEN D'entrée de jeu, l\u2019écrivain me déstabilise.Que pensez-vous de la situation actuelle au Québec, Dany?«Quelle situation?, me demande-t-il, sincère.Dans la vie il y en a pleins, chaque jour, il n\u2019y a que ça!» Le ton est donné, l\u2019entrevue ne suivra pas exactement le fil prévu.J'avais espéré pouvoir recueillir son avis sur les mouvements de contestation qui secouent notre province depuis janvier.Mais c'est bien mal connaître Dany Laferrière.Comme il l'explique joliment, il est un «plongeur en eau profonde», intéressé non pas par les explosions de colère d\u2019un peuple, mais plutôt par ses origines, ses racines.Sur ce désir de réserve, il disait, lors d\u2019une allocution prononcée à l'UQAR en août 2010 : «L'objet de la littérature n'est pas d'apporter du bruit à ce bruit barbare et incessant que l'on entend partout qu'est l'opinion, c\u2019est plutôt de baisser la voix et d\u2019essayer d\u2019aller au plus profond de soi et d'apporter une parole méditée, réfléchie, une parole même artistique dans le sens qu\u2019elle peut circuler partout sans frontières de temps et d\u2019espace».Impensable pour lui d'analyser sans prendre un certain recul.Il laisse donc à d\u2019autres le loisir de le faire.Aux dites «révolutions», Dany préfère les petits événements, ceux qui parsèment le quotidien de tous.Ultrasensible, il confesse que son métier se résume surtout à regarder.La ville, les gens, la vie qui passe.«Je suis un arbre qui marche, qui arpente la ville pour sentir sa sensibilité.» C\u2019est en parcourant la ville de long en large que l'auteur est passé d\u2019observateur à partie intégrante du tableau urbain.Arrivé à Montréal en 1976, après avoir fui le régime Duvalier, Dany Laferrière mûrit pendant 18 ans ses premières impressions sur la métropole.C\u2019est sans notes ni journal qu\u2019il se les remémore et livre ses pensées, en 1994, dans un premier roman, Chronique de la dérive douce.Le jeune homme de 23 ans qu\u2019il était à l\u2019époque est enivré par la liberté qui anime sa nouvelle ville.«A Port-au- Prince, il fallait connaître les recoins pour pouvoir survivre.Quand je rentrais à l\u2019aube, c\u2019était avec l\u2019impression d\u2019avoir traversé une forêt de dangers.Montréal était un espace à découvrir en toute quiétude, à toute heure.» La réédition de ce roman, au printemps 2012, s'explique non seulement par le désir de l\u2019auteur de «faire» des livres, mais aussi 10 L'ITINÉRAIRE 15 juillet 2012 par celui de les «refaire».Cet exercice lui permet de voir les situations sous un angle différent, de revisiter ses souvenirs et d\u2019y voir autre chose.«Je ne crois pas en ma propre mémoire», confie l\u2019auteur, d\u2019un sourire malicieux.En se replongeant dans ce récit de ses premiers temps en sol montréalais, il revoit tout le chemin parcouru avec quiétude; car cette fois, il connaît la fin de l\u2019histoire.Ce qui ne l'empêche pas de se remémorer ses angoisses de l\u2019époque et surtout d'apprécier sa chance de s'en être sorti.«Pour moi, 1976 est toujours présent.Chaque jour, des jeunes gens, filles ou garçons, arrivent à Montréal sans savoir où aller.Un petit nombre d\u2019entre eux vont finir par traverser ces temps terribles et d\u2019autres vont rester dans ce chaos», dit-il.LE TEMPS D\u2019UN RECUL Même si son quotidien n'est plus meublé d'appartements minables, de petits boulots aliénants en usine et de recettes de pigeon au citron, Montréal demeure toujours, pour lui, une page blanche sur laquelle il écrit et dessine son portrait.Par contre, il est conscient d\u2019être maintenant devenu celui que l\u2019on regarde.Comme tout individu qui habite une ville depuis longtemps, Dany Laferrière fait maintenant partie du paysage urbain.Il parle de Montréal avec la même tendresse que d'un ami qu\u2019il aurait vu grandir, évoluer et trouver son identité.L'auteur est habité par un attachement profond pour cette ville, donc, mais aussi par une envie, avec l\u2019âge, de vivre le moment plutôt que l\u2019espace.«J'essaie de plus en plus de décloisonner.J'habite des moments, des bons, des mauvais, je ne les choisis pas.Ça arrive à beaucoup de gens avec le temps.On fait son nid, mais vient un moment où l\u2019on veut s\u2019en échapper.» Cet amour pour les petits moments et les petites choses qui font la vie est partout dans ses livres.Dans ses romans haïtiens, sa prose poétique et dépouillée nous transporte avec une grande authenticité dans son enfance, alors qu\u2019il nous convie dans sa vie de jeune adulte dans ses romans québécois.Cette façon de se livrer sans artifice touche les lecteurs qui vont à leur tour s'ouvrir spontanément à l'écrivain québécois.«Parfois des lecteurs me confient des choses très intimes et me disent ensuite qu\u2019ils aiment mon style.Je leur réponds : mais mon style ne peut pas vous sauver d\u2019une maladie! Il ne me sauve même pas des faux pas, raconte-t-il amusé.Ils le savent bien sûr, mais c'est ça la promesse de la littérature, de faire comprendre au lecteur que ce qu\u2019il vit est aussi vécu par d\u2019autres, ailleurs.» Si le fait de savoir que nos angoisses sont partagées apaise plusieurs d\u2019entre nous, l\u2019auteur nous rappelle qu'il en va de même pour absolument tout ce qui nous entoure.Il explique qu\u2019en voyageant, on finit par se rendre compte que tout ce qui soi-disant nous distingue, le paysage physique et ova humain, est en fait une invention de l\u2019esprit.Les gens sont toujours très pris par ce qui leur arrive, dans leur environnement propre, alors qu'en se tournant vers l\u2019extérieur, en observant un autre univers, on finit toujours par mieux comprendre le sien, explique celui qui a fait maintes fois l\u2019exercice entre Haïti et le Québec.Pour comprendre une société, il préfère plonger dans les livres, les chansons et les poèmes.Il y trouve les racines qui l\u2019intéressent.Utiliser le terme «réveil» pour parler de la grogne populaire qui secoue la province depuis quelques mois est caduque, selon lui.«Chaque chose que l\u2019on voit, chaque «explosion» se prépare depuis 20 ans.» Il cite en exemple la Révolution tranquille, période qui l\u2019intéresse beaucoup, pour expliquer son point de vue.1] déplore la place, trop minime selon lui, que l\u2019on attribue au rôle joué par les femmes dans cette période charnière de l\u2019histoire québécoise.Comment, alors, bien analyser le mouvement populaire actuel, alors que nous peinons toujours à L'objet de la littérature n'est pas d'apporter du ce bruit barbare et , incessant que | partout qu'est l'opinion c'est plutôt de baisser la voix et d'essayer d'aller au plus profond de soi et 4 d'apporter une parole | méditée, réfléchie, une E parole méme artistique dans le sens qu'elle peut É circuler partout sans frontières de temps E et d'espace.ECE on + CE) DOSSIER ESTIVAL comprendre une période qui remonte à plus de 50 ans, s'interroge l\u2019auteur.Avec sensibilité, Dany se refuse donc à prendre la parole sur ces événements.pour l'instant.Car comme il le dit en paraphrasant Jean Rostand, «analyser une forêt, je ne peux pas, une fleur peut-être, une mare non, mais une grenouille sûrement! Je ne peux pas analyser une foule, ça doit être petit, donnez-moi trois personnes.même trois personnes c\u2019est déjà beaucoup!», conclut-il dans un grand rire contagieux, ® Yoruit a f < nd J en L'ITINÉRAIRE Il 15 juillet 2012 i.DOSSIER ESTIVAL PETITS PLAISIRS QUOTIDIENS PROPOS RECUEILLIS PAR SORAYA ELBEKKALI «Je suis obsédé par le fait que la vie quotidienne est assez riche pour nous occuper», m\u2019a confié Dany Laferrière.Pour quiconque a déjà ouvert un de ses livres, cela ne fait aucun doute.Emu par le goût d\u2019une mangue juteuse, | le bruit d\u2019un talon résonnant sur un trottoir glacé, ou simplement la robe d\u2019une jeune femme trempée par une brève pluie d\u2019été, Dany Laferrière voit la beauté partout.L'Itinéraire a voulu savoir quels étaient les petits plaisirs quotidiens de ses camelots.Voici leurs réponses.L'ITINÉRAIRE 15 juilet 2012 VIVRE EN TOUTE DIGNITÉ Serge semballe quand il parle de ses plaisirs quotidiens : bien manger, gâter sa blonde le plus souvent possible en l\u2019amenant au restaurant et au cinéma, mais surtout écrire des poèmes.«Je fais ça de manière anonyme, mais j'aimerais beaucoup être publié», explique humblement le camelot.Il trouve aussi beaucoup de plaisir à travailler et à pouvoir gagner sa vie sans dépendre des autres.«C\u2019est pour moi urie façon de garder ma dignité et ça c\u2019est plus important que tout.» - Serge Trudel, camelot en face de l\u2019épicerie Métro à l\u2019angle des rues St-Catherine et Morgan PLAISIR ÉPICURIEN «Mon petit plaisir de la vie c'est de déguster une bonne bouffe avec ma mère!», s\u2019exclame d'emblée le camelot aux yeux rieurs.Entrées, viandes, patates sucrées, salade, fromage, Henrique est gâté quand il rend visite à sa mère de 84 ans.Il s\u2019y rend deux ou trois fois par semaine et se dit proche delle.Son plaisir c\u2019est de me faire plaisir justement», avoue-t-il dans un grand rire contagieux.- Henrique Ramos, camelot de jour au métro l'Assomption et le soir en face du théâtre l'Olympia MILLE PLAISIRS Serge a de la misère à choisir un seul plaisir : «Il y en a tout plein dans la vie se lever le matin après avoir bien dormi, prendre un bon café, fumer une cigarette, savoir qu\u2019on va passer une bonne journée\u2026», le camelot pourrait continuer encore longtemps.Il dit qu\u2019il est important de prendre conscience des petits plaisirs quand on sait qu\u2019on ne pourra pas en avoir de grands! Lui-même se fait un devoir d'apprécier tous ces petits moments qui passent si rapidement.Il se décrit d\u2019ailleurs comme un hédoniste.Pour illustrer ses dires, il brandit un petit chocolat qui traîne sur son bureau et déclare avec un grand sourire : «Tu vois ça, ce sera mon plaisir ce soir à 20 h!» - Serge, camelot LA DEMESURE Interrogée a propos de ses plaisirs quotidiens, Cylvie s\u2019exclame en éclatant d\u2019un rire coquin : «Je vais être obligée de me censurer, je pense.\u2026 Elle a beau chercher autre chose, rien n\u2019y fait.C\u2019est vraiment les belles femmes et la musique qui font la joie de la chroniqueuse.«C\u2019est ça qui fait que je suis en vie» avoue-t-elle franchement.Elle aime aussi recevoir ses fifilles, comme elle les appelle, à manger chez elle.«J'ai le plus grand appartement, alors une fois toutes les deux semaines, c'est moi qui reçois.Je fais la popote pour tout le monde et j'adore ça!» - Cylvie Gingras, chroniqueuse de rue M DOSSIER ESTIVAL Leçon d'histoire RÉINTERPRÉTER HIER POUR MIEUX COMPRENDRE DEMAIN SORAYA ELBEKKALI Au moment où plusieurs milliers de Québécois descendent dans la rue pour réclamer à l\u2019État des changements majeurs, il est intéressant de se pencher à nouveau sur une période qui a grandement transformé le Québec, il y a 50 ans : la Révolution tranquille.Nationalisation de l'électricité, création de l\u2019Office de la langue française, laïcisation de l'éducation et, plus largement, de l\u2019État : plusieurs de ces éléments qui font aujourd\u2019 hui partie du paysage politique québécois ont été acquis ou créés pendant cette période.Pour Dany Laferrière, il s\u2019agit d\u2019une période importante de notre histoire contemporaine, extrêmement intéressante, mais surtout mal interprétée.«Jai toujours trouvé que c'était une erreur de faire débuter la Révolution tranquille avec l\u2019arrivée de Lesage au pouvoir», écrit-il en expliquant qu\u2019il serait insensé de penser qu\u2019une révolution éclate du jour au lendemain.Non.Pour l\u2019écrivain, les racines d\u2019une révolution remontent au moins à dix ans avant la date où elle survient.«C\u2019est la génération de la Grande Noirceur qui a pensé \u201cles lumières\u201d de la Révolution tranquille», ajoute-t-il.LA FEMME : UNE ACTRICE IMPORTANTE, MAIS OUBLIÉE Dany Laferrière remarque aussi qu'on néglige souvent de souligner le rôle des femmes dans le virage à 360 degrés qu\u2019a effectué la société québécoise de l\u2019époque.Il rappelle que la femme québécoise des années 1950 était alors une véritable usine à bébés pour l\u2019État et l\u2019Église.Contrainte de mettre au monde dix, onze, douze Canadiens-français qui assureraient la survie de la langue, cette condition quasi permanente d\u2019être en «cloques» limitait son indépendance et mettait parfois sa vie en danger.Lasse d\u2019étre uniquement une maman coincée entre cuisine et ménage, c'est elle qui s\u2019est soulevée contre ces deux puissantes institutions et qui est devenue un des ferments de cette révolution.Influencée par des activistes féministes comme Thérése Casgrain, première femme sénatrice et politicienne connue pour avoir dirigé le mouvement pour le droit de vote des femmes, la Québécoise rejette son rôle de procréatrice et investit de plus en plus le marché du travail, au grand dam de I Église.Suivront la commercialisation de la pilule contraceptive, la reconnaissance du statut légal des femmes qui accèdent à l'égalité juridique avec leurs maris et la fondation, par T'hérèse Casgrain justement, de la Fédération des femmes du Québec, qui confirmeront cette émancipation.«Dès qu'on évoque la Révolution tranquille, on voit surtout des hommes politiques et des intellectuels, et pas assez des gens de la vie courante qui subissaient pourtant cet âge de fer.Je reste convaincu qu\u2019il y a une lecture possible qui pourrait montrer que ce fut une lutte collective.Et qu\u2019elle partait den bas.Les élites n\u2019ont fait que la mettre en forme», estime Dany Laferriére.@ i SUGGESTIONS DE LECTURE Pour se replonger dans cette époque charnière.LA Collectif (Boréal, 2011) RÉVOLUTION TRANQUILLE = tranquille sur notre société actuelle.Vue socialite LT Giles Paquet (Liber, 1999) \u2014 - La Révolution tranquille en héritage wiama Un COolleciii composé de journalistes, == = duniversitaires, de droite ou de gauche, souverainistes ou a fédéralistes se penche sur les effets des acquis de la Révolution 2 ne Oublier la Révolution tranquille pour une nouvelle ¥ Ecrit par un journaliste et économiste, l'Université d'Ottawa, cet ouvrage est l'un des premiers qui a voulu démystifier le mythe selon lequel avant la Révolution tranquille, c'était la dictature et l\u2019obscurantisme et après la démocratie et la libération.de polticiens et professeur retraité de L'avalée des avalés Réjean Ducharme Une saison dans la vie d\u2019Emmanuel Marie-Claire Blais Les insolences du frère Untel i Jean-Paul Desbiens Prochain Épisode Hubert Aguin \u20ac Parce que la Révolution tranquille s'est aussi fait sentir dans la littérature et que les artistes ont joué un rôle important dans la diffusion de ce qu'allaient être les nouvelles valeurs québécoises comme la liberté et l\u2019anticléricalisme.L'ITINÉRAIRE 13 15 juillet 2012 = | Sr ART & CULTURE JIM ETE SUR LHERDE CAMILLE CARPENTIER Citoyens, à vos parcs! Du 21 juin au 30 septembre, les espaces verts de l'arrondissement de Ville-Marie seront en fête avec une programmation d'activités et de spectacles gratuits et variés qui feront sortir plus d\u2019un teint pâle dehors.Pour son dixième anniversaire, l'organisme Parcs vivants fera graviter la majeure partie des activités et discussions publiques offertes aux Montréalais sous le thème «La parole est mon acte».Désormais, plus de raison de se cacher dans son salon.Et parce qu\u2019un citoyen comblé est un citoyen préparé, L\u2019Itinéraire vous suggère une liste des choses essentielles à apporter avec vous pour profiter au maximum de vos sorties.Une ceinture fléchée pour retourner dans le passé.Parcs vivants accordera une place de choix aux discussions sur l\u2019histoire du Québec.Historiens, cinéastes et anthropologues animeront ces soirées sous le thème «Le Québec par la porte d\u2019en arrière».On invite à porter fièrement ceintures fléchées et fleurdelisés tous les mardis à compter de 19 h, du 3 au 24 juillet au parc PAQ 27 et du 31 juillet au 14 août au parc Hector-Charland.Un calumet de la paix pour se dégourdir l\u2019esprit.Si vous vous sentez bavard et un brin philosophe, les cercles de parole, inspirés de traditions amérindiennes, sauront à coup sûr vous allumer les neurones.Évidemment, le calumet de la paix est au rendez-vous les 25 juin, 15 juillet, 26 août et 30 septembre à compter de 15 h*.| 4 L'ITINÉRAIRE 15 juillet 2012 Votre matelas de sol pour les midis yoga et les soirées taï-chi, pour ceux qui auraient besoin d\u2019un moment de relaxation et d\u2019un peu d'air frais.Bonne nouvelle: le pèlerinage dans les Laurentides n\u2019est pas nécessaire! Des séances de yoga gratuites seront offertes le mardi et le jeudi de 12 h à 13 h au parc Raymond-Blain ainsi que le mercredi de 18 h 30 à 19 h 30 au parc des Joyeux-Vikings*.Pour les curieux ou amateurs de taï-chi, le rendez-vous est au parc Robert-Prévost le lundi de 18 h à 19 h*.N'oubliez pas vos leggings! Une couverture de laine et de la citronnelle pour les soirées fraîches.Hé oui! Il y a de l\u2019action dans nos espaces verts, même une fois la nuit tombée, Pour bien apprécier les spectacles musicaux et les projections du ciné-parc vivant, autant s\u2019équiper contre la fraîcheur et les petites bêtes nocturnes.Parmi les spectacles au programme, on compte le concert d\u2019un regroupement de musiciens du métro le 29 juin à 20 h au parc Victor-I-Daubigny Est*.Le 6 juillet, c\u2019est au tour du groupe Avec pas d'casque, du chanteur Alexandre Belliard et de la chanteuse Jenny Salgado de monter sur scène au parc Robert-Prévost dès 20 h.Les soirées cinéma sous les étoiles auront lieu les 17, 22 et 29 août au coucher du soleil et présenteront de courts et de longs métrages bien de chez nous.Vos pelures de banane pour la composterie des parcs vivants.Même s'il ne s\u2019agit pas d\u2019une activité en soi, cela fait maintenant trois ans que ce projet a été mis sur pied pour détourner d'innombrables tonnes de matières organiques qui prennent trop souvent la direction des sites d\u2019enfouissement.Les lieux de compostage communautaires sont situés aux parcs Berthier, Claude-Melançon, PAQ_ 18, René-Lévesque-Montcalm, Raymond- Blain et Robert-Prévost.Plus d\u2019excuses pour ne pas étre verts! @ ART & CULTURE NÉ PHILO & VINCE LES HÉROS ORVINAIRES ENFIN LES VACANCES TIENS! LES MARTEAUX- PIQUEURS.YEST 7H.CHECK LE TRAFIC! Y POIT ÊTRE 4H00.= - 4 : > < ai RHQULQ A GRACIEUSETE RÊMES VIVANTS \u201cPour la programmation complète, les dates, les lieux, les cartes et autres renseignements pratiques, visitez le site de Parcs vivants au www.parcsvivants.blogspot.ca TIENS! DÉJA L'HEURE DES FEUX D'ARTIFICE?L'ITINÉRAIRE 15 15 juillet 2012 ART & CULTURE «Il y a 20 ans, il était difficile de penser que ça se passerait comme ça», dit Amadou Bagayoko, assis sur le coin du lit double, dans un des hôtels les plus luxueux du centre-ville de Manchester, en Angleterre.Assise à ses côtés se trouve sa femme et partenaire de scène depuis plus de 30 ans, Mariam Doumbia.Tous deux portent de dispendieux verres fumés Philippe Stark, tandis que la combinaison du complet impeccable couleur crème d\u2019Amadou, avec sa chemise rouge éclatant, lui confère une allure colorée et stylisée, à des miles de la météo grisâtre, si stéréotypée, et de la pluie à l\u2019extérieur.Aujourd\u2019hui, ils sont Amadou et Mariam, le duo aveugle qui s\u2019est rencontré en 1976 à l\u2019Institut des jeunes aveugles du Mali.Une puissante relation amoureuse et musicale s'est instantanément créée, pour plus tard devenir le groupe le plus lucratif de ce siècle 16 LITINERAIRE 15 juillet 2012 Amadou Issus de Bamako, la capitale du Mali, le duo des artistes aveugles Amadou et Mariam connaît un succès mondial, confirmé par une nomination aux Grammies en 2010.Le groupe qui a connu les meilleures ventes hors de l\u2019Afrique de la décennie sera en prestation au festival Osheaga le 3 août au Parc Jean-Drapeau.à être jamais sorti de l\u2019Afrique.«C\u2019est une histoire remarquable», affirme Amadou, avec un sourire éclatant.«C\u2019est surtout parce qu\u2019il n\u2019y avait pas de studio d\u2019enregistrement à Bamako il y a 20 ans», explique-t-il, en faisant référence à la ville natale du duo, la capitale du pays, dont l\u2019économie croit rapidement, mais qui habite encore une grande pauvreté.«ll était alors difficile d\u2019imaginer que notre musique se répandrait a travers le monde, comme c\u2019est le cas maintenant.» Aussi présent dans la chambre aujourd\u2019hui se trouve le gérant français du groupe, qui est une figure centrale de la carrière d\u2019Amadou et Mariam.Il a rencontré le band pour la première fois dans la moitié des années 1990, alors qu\u2019il voyageait à travers l\u2019Afrique, après être tombé sur un de leurs premiers albums cassette el Vlarnam L'Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue - INSP), qui regroupe plus de 120 journaux de rue dans le monde.Nous sommes heureux de publier dans nos pages cette entrevue réalisée par le Journal The Big Issue in the North az Royaume-Uni, avec le duo musical Amadou et Mariam.autoproduit.Envouté par la musique puissante et vive, Moreau, qui travaillait déjà pour l\u2019industrie de la musique française, a emmené le groupe à Paris, où ils ont enregistré leur premier album hors de l\u2019Afrique, sorti en 1999, intitulé Son Ni Tilé.Le disque a été vendu à 100 000 copies et a même produit un succès radiophonique français, la chanson Je pense à foi.Pendant les cinq années suivantes, le duo a été en tournée inlassablement à travers l\u2019Europe et l\u2019Afrique, et a enregistré plusieurs autres albums, incluant le hit Sunday in Bamako, mettant en vedette l\u2019artiste franco-latin Manu Chao.Leur sixième album, Welcome to Mali, mettait en vedette Damon Albarn du groupe Blur, ainsi que l\u2019artiste africain K\u2019Naan.Le disque, sorti en 2008 et acclamé presque à l\u2019unanimité par la critique, les amena à faire les premières parties de Coldplay, de Scissor Sisters et de U2.La raison pour laquelle Amadou et Mariam se trouvent dans le nord-ouest de l\u2019Angleterre en cet après-midi pluvieux EL JS ART & CULTURE et venteux est qu\u2019ils sont en tournée promotionnelle pour leur nouvel album Folila, qui signifie «musique».Plus tard dans la soirée, ils se produiront dans un bref mais fantastique numéro au Manchester Whitworth Art Gallery, pour marquer l'ouverture d\u2019une exposition sur le commerce du coton.Ayant visité la ville à de nombreuses reprises, comme à l'occasion de leur spectacle Eclipse, bien reçu lors du Manchester International Festival (MIF) de l\u2019année dernière \u2014 une production théâtrale qui a placé l'auditoire dans une noirceur totale afin qu\u2019ils puissent «entendre la musique comme nous on l'entend» - tous deux gardent une grande affection pour Manchester, dit Amadou, qui se décrit comme «ébahi par le succès d\u2019Eclipse» auprès du public «connaisseur» du Royaume-Uni.Suivant la première au MIF, le spectacle s\u2019est déplacé à Londres, New York, Paris, et envisage de visiter le Portugal et l'Espagne.«Nous sommes honorés par l'accueil», répond Amadou, son sourire grandissant toujours plus, tandis que Moreau lui traduit ma précédente question (pleine d\u2019admiration) au sujet de leur récent album.Composé et produit dans les 18 derniers mois dans leurs studios à Bamako, Rome, Paris et New York, Fo/la interprète d\u2019une façon plus rock et traditionnelle la fusion typique du groupe des rythmes maliens et des blues occidentaux, sans toutefois perdre la vitalité et la verve qui a fait la renommée d\u2019Amadou et Mariam.«On aime la fusion, le mélange, le .; ; contraste», affirme Amadou, lorsqu'on lui demande quel est l\u2019intérêt de collaborer avec des artistes provenant d\u2019autres styles radicalement différents.«C\u2019est une occasion de mélanger sa propre musique à d\u2019autres et la création est toujours inusitée.» «Il n\u2019y pas de collaboration idéale, affirme Mariam.Nous aimons laisser ça au destin, du fait que toutes les collaborations jusqu\u2019à ce jour résultent d\u2019une réunion, d\u2019une rencontre ou d\u2019une occasion spéciale», dit- elle, en faisant référence à une demande personnelle de Santigold de se produire à leur mariage comme une des façons non planifiées de combler les places des invités dans Folila.Lorsqu'on les interroge sur l\u2019apport de leur dynamique spéciale en tant que mari et femme, Amadou affirme qu\u2019 «être un couple dans la vie et sur la scène n\u2019est pas si différent que ça.» On veut montrer que c'est possible de percer même si on est handicapé.«Ça devient quelque chose de très efficace et pratique dans notre travail, continue- t-il.Ça fonctionne bien pour l\u2019échange des sensations.Lorsqu'un de nous fait quelque chose, l\u2019autre peut librement dire si c\u2019est bon ou mauvais.On échange beaucoup nos idées.» A la suite de leur succès planétaire, Amadou et Mariam \u2014 qui sont deux musulmans soufis \u2014 passent la plupart de leur temps sur la route, alternant entre une résidence à Paris et leur base principale à Bamako lorsqu'ils ne sont pas en tournée.Le Mali n'est étonnamment jamais très loin dans leur pensées, explique Mariam, qui affirme fièrement que leur succès en ont inspiré d\u2019autres dans leur pays.«Nous avons une bonne scène musicale au Mali et notre succès a encouragé d\u2019autres à se lancer et à tenter leur chance.» En parlant du coup d\u2019État qui a secoué leur pays natal, le 22 mars dernier, Mariam affirme : «Nous sommes désormais en mesure d'afficher la musique malienne à travers le monde, et ça nous rend très fiers».Amadou est le président de la Fédération des artistes du Mali et a organisé des concerts-bénétices pour l\u2019Institut pour les jeunes aveugles, qui s'est avéré si important dans sa vie.«ll y a beaucoup à faire encore», dit-il en souriant.® Crédit: www.street-papers.org / The Big Issue in the North - UK ill L'ITINÉRAIRE [7 15 juillet 2012 an RR / DE LA RUE , = | ALIT NÉ AUR LG itineraire.ca DOSSIER 2000 PERSONNES odrigugiMarshall dive AIDEES PAR ANNEE LE AVANT = nr EWA TRS.Lili if ag zs 0) J RAÏ 0 \u2014\u2014 > 5 1 RE wel = N \u2014 folume XIX www.if ontréal, 15 20 a ¢ Tm p> 1) Stu ci vx Ly ns $ LJ j TF A T a 4 | S - Ey > | a (Source : Terre di Mezzo, Italie) L'ITINÉRAIRE 4 3 15 juillet 2012 | LES COULISSES DE L\u2019ITINERAIRE / CHRONIQUE ECONOMIQUE / Heconvertir entreprise ; UNE EXPERIENCE ABOUTIE Depuis les années 1980, la gouvernance de type actionnarial s\u2019est imposée de plus en plus dans les entreprises : la logique de la valorisation actionnariale est devenue la raison d\u2019être de l\u2019entreprise.Cette doctrine s\u2019est graduellement répandue à partir du monde anglo-saxon a déstabilisé la mission des dirigeants, atrophié les règles de gestion et sacrifié l\u2019intérêt des salariés en cédant le «contrôle» aux actionnaires.La diffusion de ce modèle de gouvernance des entreprises conduit \u2014 a a des inégalités croissantes et fragilise AE.aN la pérennité des entreprises (perte de ~~ >
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