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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 1 novembre 2012
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2012, Collections de BAnQ.

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Nous vous annonçons en grande primeur que les samedi et dimanche 1*et 2 décembre prochain, L'Itinéraire tiendra un grand bazar afin de financer ses activités de Noël.D'ici là, nous recueillons vos dons afin de les mettre en vente au cours de ce week-end de décembre.Nous prendrons tout ce dont vous voulez vous départir, qui est en bon état.Vaisselle, bibelots, petits meubles, tout ce que vous pourrez nous offrir nous aidera à faire de cet événement un grand succès.Pour toute information supplémentaire, eds communiquez avec Claudine au 514 597-0238 poste 238 Vous pouvez apporter vos objets directement au Café l\u2019Itinéraire, situé au 2101 Sainte-Catherine Est, à l\u2019angle de la rue De Lorimier.Merci de votre grande générosité Fr Lundi 12 novembre, ne vous demandez pas ce que vous pourriez bien manger.De 11 heures à 20 heures, c\u2019est la journée spaghetti à L\u2019Itinéraire.Au menu: Spaghetti a la viande A VOLONTE, pain a l\u2019ail, salade verte, dessert et café pour 5 $ seulement.EN plus de déguster un repas qu'on aura préparé pour vous, vous pourrez visiter notre Café, notre service de distribution des magazines, rencontrer les camelots et les intervenants.Et vous aurez contribué généreusement à une levée de fonds pour L'Itinéraire.Ra CRE ad - RR A Les billets sont disponibles en appelant Claudine à L'Itinéraire au 514 597-0238 poste 238 des billets à l\u2019entrée du Café L\u2019Itinéraire, situé au 2101 Sainte-Catherine Est, à l'angle de la rue De Lorimier.Ep E) 20 es ce Jeter, c'est entendre tomber des arbres.et récupérer, c'est entendre pousser la forêt.La canette consignée qui est rapportée est recyclée à 100%.Installez des boîtes de récupération dans votre entreprise.C'est gratuit et ça rapporte.Avec l'argent amassé, vous pourriez soutenir des œuvres charitables ou les activités des employés.CONSIGNaction.ca 1 877 CANETTE CITOYENS | 5 uroron DEMAIN Faites la rencontre d'hommes et de femmes qui, par leur engagement citoyen , .A ! | ENTENTE SUR LE DEVELOPPEMENT CULTUREL DE MONTREAL | ont marqué l\u2019histoire sociale de Montréal et du quartier Centre-Sud.Culture, Communications et Condition féminine A 2 ce L'EXPOSITION SE POURSUIT JUSQU\u2019AU 24 FÉVRIER 2013.Montréaliy Québec aa ÉCOM USEE 2050, rue Amherst .Li Montreal Berri-UQAM DU FIER MONDE err uonu al ecomusee.qc.ca Iustrations : Jacquie Jeanes RE NN =O UP 2=1 IT, E + J euses Fêtes 0 et Vive le vent / Merci d'être partenaire d'un vent qui change des vies - TT lItinérairem'a permis deretrouverun nouveau souffle, dereprendre ma vie en main.Merci de nous aider à aller encore plus loin dans la lutte contre l'isolement et la pauvreté! - Jean-Guy Deslauriers, camelot DON IDENTIFICATION OMme OM.fai : Je fais un don de $ Nom : Prénom : CARTES-REPAS' Nom de l'entreprise (Don corporatif) : Joffre cartes-repas a 5$ chacune = $ Adresse : Ville : ABONNEMENT AU MAGAZINE re: : ; 5 Province: = Codepostal: 1 Je m'abonne pour une période de: Téléph ( O 12 mois, 24 numéros (124,18 Savectaxes) $ ê pr one: ) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxe) PS Courriel : Nom ou N° de camelot (s\u2019il y à lieu) : MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Cheque au nom du Groupe communautaire Lltinéraire TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $2 Nedelacarte: |___|__ | \u2018+ |__|\u2018 | Expiration / Notes (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte 1 Les cartes sont distribuées par LItinéraire, mais si vous voulez les ñ .TY recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici 9 2103, Sainte-Catherine Est, 3° étage, Montréal (Québec) H2K 2H9.2 Vous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.Pour toutes questions, contactez-nous au 514-597-0238 poste 231.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca > SEE PT \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Fr~7.i ZOOM CAMELOT Is Michel Houle SAGE AUX AILES DE TOLE VANESSA HEBERT Les cheveux en bataille, les lèvres élargies par un sourire et le rire facile, Michel Houle s\u2019installe confortablement sur une chaise.Verbomoteur et drôle, il multiplie les blagues en racontant son périple.La rue a laissé une empreinte sur ce camelot sexagénaire : celle d\u2019une sagesse qu\u2019il emporte avec lui.Michel commence son histoire comme si c\u2019était un film.«On rembobine la cassette», dit-il.Originaire de Montréal, il grandit dans une famille où l\u2019alcoolisme se transmet de père en fils.«Quand j'étais petit, on me donnait une gorgée de bière dans mon biberon pour que je reste tranquille, raconte-t-il.À treize ans j'étais déjà alcoolique.» Machiniste général, Michel travaille pendant près de 30 ans chez UDT avionnerie, où 1l fabrique des ailes d\u2019avion.«Je n'ai jamais volé, mais je sais comment», lance-t-il en riant.Durant cette période, il marie son amour de jeunesse et fonde une famille.I] plane de bonheur lorsque ses deux filles voient le jour.Mais l\u2019alcoolisme de Michel est toujours présent et même encouragé par un environnement où l'alcool est la norme.«Tout le monde buvait sur la job, explique-t-il en parlant de son ancien emploi.S\u2019il y en a un qui ne buvait pas, ils le mettaient dehors.» À la suite d\u2019un changement de personnel à la tête de la compagnie, UDT est vendue et ses activités sont délocalisées ailleurs dans le monde.Près de 250 employés sont mis à la porte.À la même époque, la famille de Michel vole en éclats.L'alcool l\u2019entraîne à faire des gestes qu\u2019il regrette.Aujourd\u2019hui, sa famille ne lui parle plus.Ce mutisme, qui le happera dans une zone de turbulence, durera 12 ans.Démolition, construction, il bûche pour pouvoir gagner sa vie, mais l\u2019alcoolisme l\u2019amène encore plus bas.«J'avais de l'argent et au lieu de l'utiliser pour refaire ma vie, je l\u2019ai utilisé pour la détruire», dit-il, navré.Après de nombreux échecs, il termine sa chute dans la rue.Michel est un homme croyant, qui prie beaucoup.Ce n\u2019est cependant pas sa foi qui l\u2019aide à s\u2019en sortir, mais son entourage.Des individus comme Dédé, son ami d'enfance, lui ont prêté main-forte.«Il m'a hébergé plusieurs fois, raconte-t-il avec émotion.Je l\u2019aime inconditionnellement.Il va me faire pleurer ce maudit-là!» Sa spiritualité l\u2019a amené à être bénévole chez les Sœurs de la Charité, qui nourrissent chaque soir gratuitement les gens dans le besoin, «L\u2019entraide, c\u2019est ma doctrine, affirme Michel avec entrain.J\u2019ai appris ça à L'Itinéraire» Camelot depuis près d\u2019un an, il caresse le rêve d\u2019être autonome.«Je l\u2019aime bien Dédé, mais je suis tanné des colocs, s\u2019esclaffe Michel.C\u2019est important l'intimité.» À 65 ans, il espère voler de ses propres ailes et avoir son propre appartement et peut-être même être concierge dans les HLM que l'on construit à l'ancien emplacement d\u2019UDT.«J'y ai passé toute ma vie, ça finirait bien pour avoir ma pension.» En attendant de reprendre pleinement son envol, Michel fait rire les passants à l\u2019angle des rues Saint-Hubert et Ontario en leur vendant L'Itinéraire.Son sens de l\u2019humour lui vient d\u2019une nouvelle sagesse qu\u2019il a acquise dans la rue.«Regarde mes cheveux, tu vois bien que je m'en viens sage! rigole-t-il en pointant sa tête blanche.» ® PHOTOS: OLIVIER LAUZON LITINÉRAIRE 5 novembre 2012 SOMMAIRE [es ZOOM CAMELOT P5 MICHEL HOULE - SAGE AUX ALES DE TOLE fé.DOSSIER SPÉCIAL P8 SUR UN AUTRE TEMPO \u201cM3 ACTUALITÉ & CULTURE L\u2019ÉCOMUSÉE, FIER DE SON MONDE P16 ME GRANDE ENTREVUE TOUS ENSEMBLE AVEC L\u2019ACTION TERRORISTE SOCIALEMENT ACCEPTABLE P18 IE DÉVELOPPEMENT SOCIAL LA DIXIÈME COUPE DU MONDE DES SANS-ABRI LES GRANDES CAUSES DIALOGUE AU SERVICE DES ITINERANTS INFO RAPSIM : UNE POLITIQUE EN ITINERANCE QU'EST CE QUE CELA DOIT CHANGER?P24 P27 P29 ME LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE CHRONIQUE DE RUE: KAHNAWAKE UNE COMMUNAUTE À DECOUVRIR P41 L'ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: L'ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: North a + oe \u2018insp ET L'ŒUVRE Newspaper \u201d Street Papers 2 di LEGER Wid Pour la dignité humaine AT ECC au Québes et dans le monde QUEBECOR _ 4 Quebecor est fière de soutenir l'action sociale de l'Iinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Lili NE RAI RE LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L'Iänéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces demiers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pes pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs où sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamache, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.Convention de la poste publication No 40910015.No d'enregistrement 10764, Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada.au Groupe communautaire L'itinéraire, 2103, Ste-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 pe se = ie woe REDACTION ET ADMINISTRATION 2103.Ste-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFE L'ITINÉRAIRE 2101.rue Ste-Catherine Est TÉLÉPHONE : 514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR : 514 597-1544 SITE : WWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef : Jérôme Savary Superviseure de la rédaction : Marie-Lise Rousseau Adjointe à la rédaction : Soraya Elbekkali Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaires à la rédaction : Vanessa Hébert et Anne-Michète C.-Vermette Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Photo de la une : Anne Marie Piette Révision : Édith Verreault, Hélène Pâquet, Pierre Saint-Amour.Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Caroline Bérubé, Catherine Flintoff.Nadine Boccalini, Lise Laganière et Marie-Françoise Lalande.Design et infographie du site Internet : Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514 461-7119 renee.lariviere@itineraire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 Josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-présidente : Catherine Isabelle Trésorier : François Rousseau-Clair Secrétaire : Gabriel Bissonnette Conseiller, directeur générat : Serge Lareault Représentant des camelots : Jean-Marie Tison Conseiller : Claude Lyrette, Jean-Guy Deslauriers, Micheline Rioux Lernieux et Yvon Brousseau L'ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareauit Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Adjointe au développement social: Joceiyne Sénécal Technicienne comptable : Duffay Romano Adjoint aux communications et financement : Shawn Bourdages GESTION DE L'IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 5831 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP), Votet aide aux éditeurs et Volet Innovation, du ministère du Patrimoine Canadien pour nos activités d'édition et de projets internet.Canadä ISSN-1481-3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 | GENES, de AER oy Le E fil Le dé Ty /, _x y L'ITINÉRAIRE 1 novembre 2012 Il A eat iT 7 OÙ DOSSIER SPECIAL 1} Au travail ou à la maison, tout est minuté, maximisé.Avec Facebook en continu, Twitter en instantané, des horaires de travail qui ne facilitent en rien la conciliation travail-famille, il ne nous reste plus une seconde de libre pour être à l'écoute de ce qui nous anime profondément.Asservis par une société qui file à toute allure, comment pourrions-nous retrouver notre liberté, qui nous échappe de plus en plus?Sans elle, pourtant, la créativité et la solidarité, par exemple, se retrouvent privés de carburant.Dans les pages qui suivent, nous vous présentons des exemples de personnes qui ont réussi à s'affranchir de cette vision utilitaire du temps, ainsi que d'autres qui ont été amenés revoir leur rapport au temps.TEXTES: SORAYA ELBEKKALI Illustration: Marianne Leblanc (leblancmarianne.com) et Sarah Rousseau (sarahrousseau.com) Leur journée se compose de 24 heures comme la nôtre, mais ils s\u2019en contentent.Ils n\u2019espèrent pas secrètement en disposer bd d\u2019une douzaine de plus pour réussir à mieux performer dans leur vie professionnelle sans négliger leur tendre moitié, tout ÿ 4 en ayant une vie sociale bien remplie et en étant disponible pour voir grandir bébé.Non, contrairement à plusieurs d\u2019entre : nous, l'horloge ne les angoisse pas.Si le temps s\u2019égrène aussi pour eux, ils n\u2019en sont pas esclaves.Christine Lemaire et # Johanne Chagnon ne calculent pas leur journée en fonction de leur efficacité; ils ne se couchent pas le soir en réfléchissant , à ce qu\u2019ils ont produit.Ils ne gèrent pas leur famille comme leur travail.Ils gagnent moins, certes, mais vivent beaucoup plus.Ils jouissent d\u2019une rare liberté, dont nous prive bien souvent un emploi à temps plein.Dans leur agenda, il y a de ?grandes plages horaires consacrées à\u2026 rien du tout! Ils sont à contre-courant, et l\u2019affirment haut et fort.Christine, la gestionnaire qui arrêta de gérer «Le temps moderne et moi, ça fittait pas pantoute», explique de but en blanc Christine Lemaire, jointe au téléphone par L'Itinéraire.L'auteure, conférencière et mère de famille a mis du temps à faire ce constat qui est désormais au centre de sa vie.Auparavant, elle menait de front une carrière prometteuse de gestionnaire dans de grandes entreprises, avec l\u2019ambition, comme chez beaucoup de gens, de tout réussir à la perfection sans sacrifier aucun pan de sa vie.É D «Je devais bien avoir dix ans quand j'ai fait mon premier horaire.Jai su très vite qu\u2019une journée avait 24 heures, et une semaine, 168», relate- t-elle dans sa notice biographique.Les outils de gestion de temps l\u2019ont suivie tout au long de sa scolarité et de ses débuts dans le monde du travail.Ils l\u2019aidaient à atteindre des niveaux supérieurs d\u2019efficacité.c\u2019est la production.Dans la vie, Le point de rupture?La naissance de son fils qui lui fait prendre conscience que son désir de performance est irréaliste.«Je n'avais pas l'énergie pour être à la fois une mère et une femme de carrière comme je l\u2019aurais voulu, alors j'ai abandonné mon emploi», dit-elle en précisant que ce choix difficile ne convient pas à tout le monde.ans une entreprise, ce qu\u2019on valorise, qu\u2019on devrait valoriser, c\u2019est l\u2019humain.Mais la formule magique n'\u2019existe pas.Une fois chez elle, Christine a ressorti ses réflexes de gestionnaire et s\u2019est mise à gérer sa famille au quart de tour.Aucune disponibilité, aucun temps libre, aucune souplesse.Le soir, elle se sentait coupable.de ne pas en faire assez! Une drôle d'impression lui revient souvent en tête, celle d\u2019être à côté de la #rack.«Mon grand malaise par rapport au temps, c\u2019est que je n\u2019arrivais jamais à mettre dans mon horaire des valeurs auxquelles je tenais vraiment.Comme ma disponibilité par rapport aux autres, par rapport à mes enfants ou mes valeurs spirituelles», se rappelle Christine.En rédigeant son premier livre, À contre-temps \u2014 gérer moins, vivre mieux, » LITINERAIRE 9 l novembre 2012 | ui DOSSIER SPÉCIAL elle apprend petit à petit à changer sa perception du temps.Sur l\u2019oreiller, elle se demande maintenant : «Est-ce que j'étais bien aujourd\u2019hui?Est-ce qu\u2019il y avait de l\u2019harmonie?» Elle ne se flagelle plus après une journée soi-disant improductive \u2014 À leur rythme! «j'ai lâché mon fouet», dit-elle en riant.Résultat : Elle se sent plus libre, prend le temps de méditer et ne s\u2019investit plus à 100 % dans tous les projets qu\u2019elle entreprend.«Dans une entreprise, ce qu\u2019on valorise, c\u2019est la production.Dans la vie «On sent toujours une pression de faire quelque chose, alors qu\u2019on devrait être, d\u2019abord et avant tout.» Celle qui énonce ces sages paroles, c'est Johanne Chagnon, une artiste engagée.En 2001, elle crée avec Paul Grégoire, Engrenage noir, un organisme indépendant qui soutient l\u2019art activiste communautaire.La mise en œuvre de tels projets requiert la participation de multiples acteurs, non seulement les artistes et leurs collectifs, mais aussi les organismes communautaires.Chacun d\u2019eux vient avec ses exigences et son propre rythme de travail.«Engrenage noir s'efforce d'installer un climat de respect, d'écoute et de confiance entre les différents acteurs.Tout cela prend du temps», explique la cofondatrice.L'organisme s'engage à ne pas presser ceux qu\u2019il soutient.Un projet mené à terme, oui, mais sans pression, sans deadline.«Les participants sont toujours agréablement surpris», confirme Johanne Chagnon.Pour elle et son comparse, offrir des conditions favorables aux participants est indispensable au bon déroulement d\u2019un projet artistique.«Quand on met des limites de temps, on met l'accent sur la production.Chez nous on accorde la priorité au processus humain.» n devrait multiplier ces moments où \u2019on oublie le temps Ce rapport au temps, Johanne Chagnon a eu longuement le temps d'y réfléchir dans le cadre de sa pratique, notamment lors d\u2019un congé forcé dû à une maladie.«J'ai ce qu\u2019on devrait valoriser, c\u2019est l\u2019humain.Quand on se remet à regarder notre vie avec des yeux de vivants, on se rend compte qu'on est pas obligé d\u2019être rentable, parfait et de gérer ses enfants, son couple et sa belle-mère.» Paroles de gestionnaire! été obligée de m'arrêter et ça m\u2019a permis de réévaluer ce que je faisais, pourquoi je le faisais.parfois on ne prend pas ce temps pour éviter de faire face à certaines situations ou blessures, mais c\u2019est essentiel pour avancer», affirme-t-elle.Pendant cette période de convalescence, elle crée une installation dans un tipi temporaire, dans laquelle elle intègre une horloge dont les aiguilles sont arrêtées pour que les personnes, bien installées, puissent profiter d\u2019un temps suspendu, hors de toutes les contingences habituelles.Maître de son temps, Johanne Chagnon l\u2019est assurément.«Avoir plus de temps permet d\u2019être plus connecté avec soi-même, dit-elle.Quand on fait une activité et qu\u2019on perd la notion du temps, c'est un indice qu\u2019il y a quelque chose dans cette activité qui nous touche réellement.On devrait multiplier ces moments où l\u2019on oublie le temps.» Il est temps de réfléchir mere:amaus oser L'unité temps n\u2019est pas une bombe à retardement pour l\u2019être humain, mais son utilisation pourrait le devenir.Ainsi, le Dr Béliveau dénonce «cette folie collective, ce besoin perpétuel d'aller de l\u2019avant, de courir après l\u2019avoir et le pouvoir sans profiter du présent, ni même y réfléchir».Dr Béliveau anime des ateliers contre le stress à l\u2019Institut de Cardiologie de Montréal.Son leitmotiv offrir des solutions différentes des produits miracles pour gérer le stress.Commencer par ralentir, respirer et ouvrir les yeux serait, selon lui, une première démarche essentielle.«Aujourd\u2019hui, des gens viennent me voir parce qu\u2019ils ont l\u2019impression de devenir fous.L\u2019être humain n\u2019est pas fou, mais w | 0 L'ITINÉRAIRE 1 novembre 2012 nous vivons dans une culture de fou! dit-il.L'accumulation du bonheur ommencer par ralentir, respirer et eo\u2019 ouvrir les yeux serait, selon D' Béliveau e première démarche essentielle.éphémère dans la possession de biens inutiles, dans la quête du prestige et de la reconnaissance professionnelle, et dans la performance intellectuelle est sans fin.» Mais le corps humain s\u2019épuise.«Le cœur vit la systole (contraction) et la diastole (relaxation).S\u2019il est constamment contracté, c\u2019est la fin.Ce qui est valable pour le cœur est valable pour l\u2019homme», dit-il.Nombreux sont les patients qui consultent le Dr Robert Béliveau après un burn out, une crise d'angoisse ou un début de dépression.Le médecin regrette qu\u2019ils n\u2019aient pu prendre le temps d'aller le voir avant.«Personne ne prend le temps de déposer son fardeau», reconnaît-il.® PA mis qui DOSSIER SPECIAL M 1 PROPOS RECUEILLIS PAR SORAYA ELBEKKALI à ge.de la lenteur ; \\ \u201cSerge Mongeau | Serge Mongeau est sportif, jardinier, grand-père.Il a étudié la médecine, fondé Les Éditions Écosociété et est l\u2019apôtre de la simplicité volontaire au Québec.En entrevue avec L'Itinéraire, Serge Mongeau nous explique comment être maître de son i! temps et pourquoi la plupart d\u2019entre nous ne le sommes pas.L\u2019Itinéraire (L\u2019I.) : Sommes-nous esclaves du temps?Serge Mongeau (S.M.) : Aujourd\u2019hui, nous sommes pris dans un tourbillon.Le travail est devenu central dans la vie de la plupart des gens, de plus en plus exigeant, non seulement par rapport à la quantité d'heures qu'on y passe, mais aussi par rapport à l\u2019intensité qu\u2019on y investit.Au Canada, 25 % des gens travaillent 50 heures et plus par semaine.Les gens travaillent donc de plus en plus et, en même temps, il y a de plus en plus de chômage.C\u2019est vraiment une organisation «uni-logique» qui fait l\u2019affaire des entreprises.Elles veulent toujours essayer d\u2019extraire le plus de travail possible des gens qu\u2019elles emploient pour les rendre plus productifs, donc les exploiter le plus possible.Quand finalement on sort du travail, il nous reste peu de temps, tout d\u2019abord parce qu\u2019on en perd beaucoup en déplacement pour se rendre du travail à la maison et l'inverse, mais aussi parce qu\u2019une fois arrivés à la maison on est tellement fatigués qu\u2019on n\u2019a plus d'énergie pour faire autre chose.Même s\u2019il nous reste du temps, c'est un temps qui n\u2019est pratiquement plus utilisable.L\u2019I.: Comment retrouver cette liberté perdue?S.M.: La simplicité est une voie extrêmement intéressante pour ça, parce que dès le moment où on consomme moins, on a moins besoin d'argent et donc moins besoin de travailler.On se libère et on gagne ce qui est essentiel pour avoir une vie de qualité : du temps.Du temps pour faire les choses qui sont importantes et non simplement les choses qui sont commandées par le besoin de gagner sa vie.L'I.: Quels seraient les avantages à ralentir ensemble collectivement?S.M.: On aurait plus de temps pour faire soi-même beaucoup de choses et donc éviter cette consommation qui est en train de détruire la planète.Si, par exemple, on a plus de temps, on peut jardiner, on peut faire pousser une partie des fruits et des légumes qu\u2019on consomme.Ce qui veut dire, moins de production dans l\u2019agriculture industrielle et moins de transport de marchandises.On peut aussi prendre plus soin de nos biens, on peut les réparer s'ils sont endommagés alors qu\u2019actuellement, aussitôt que quelque chose fonctionne moins bien, on le remplace.Si on avait plus de temps, surtout, on pourrait s\u2019occuper de développer notre vie communautaire, ce qui est très important pour l\u2019épanouissement de tous les humains.Nous sommes des êtres foncièrement sociaux, nous avons besoin de vivre dans des sociétés où l\u2019on va sentir qu\u2019il existe de la solidarité et du partage et on aurait plus de temps pour le faire.L'I.: Avez-vous l\u2019impression de vivre à contrecourant?S.M.: Oui! Les gens qui choisissent la simplicité volontaire sont des gens qui refusent le système.Je refuse de me laisser entrainer dans ce tourbillon; je choisis de faire différemment.On est à contrecourant mais on s\u2019en trouve très bien ainsi.Le fait de vivre dans la simplicité volontaire a fait que j'ai toujours pu choisir mes emplois, non pas en fonction du revenu, mais en fonction de leur caractère agréable pour moi.La simplicité volontaire nous rend vraiment maîtres de la façon dont on veut mener notre vie plutôt que de se la laisser imposer, comme c\u2019est le cas de beaucoup de gens actuellement.+ | SERGE MONGEAU L'ITINÉRAIRE | | 1\" novembre 2012 BME DOSSIER SPECIAL Le temps d\u2019une mission VANESSA HÉBERT Que l\u2019on vive ici ou ailleurs, on ne perçoit pas toujours le temps de la même façon.Sur leurs théâtres d'opération éloignés, les Casques bleus en sont régulièrement témoins.À bord de l'avion qui le mène en Afrique, le casque bleu regarde sa montre.Il la colle à son oreille pour voir si elle fait bien le tic-tac familier.C\u2019est sa première mission.Il a entendu parler de la chaleur.T1 a hâte de voir le continent.L'appareil se pose.Pressé, il bondit de son siège et se rue vers l\u2019extérieur.Il veut commencer au plus vite, sans savoir qu\u2019une fois en terre africaine, le rythme ralentit.Arrivé en République Centrafricaine, Guy Deschénes, alors major, convoque son équipe formée de locaux pour une réunion à 9h.À 9h15, 1l n'y a personne dans la salle de réunion.Il est étonné lorsqu\u2019à 10h, ils arrivent enfin.«Comme tout bon Nord-Américain, je leur ai demandé ou ils étaient, raconte-t-il.Ils mont simplement répondu \u201cNous sommes ici maintenant\u201d.» Le major Eric Lacasse a participé à plusieurs missions des Nations Unies, notamment en Somalie et au Rwanda dans les années 1990.«Le retard n\u2019est pas un \"PHOTO : GRACIEUSETÉ DE ROBERT HÉBERT L'ÉQUIVALENT D\u2019UNE BONNE POIGNÉE DE MAIN.12 L'IMNÉRAIRE * novembre 2012 EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO, SE COLLER LE FRONT EST signe d\u2019impolitesse pour eux parce que le temps n'est pas une priorité», constate-t-il.Selon le lieutenant-colonel Pierre St-Cyr, avoir envers les locaux les attentes nord- américaines en matière de performance ou d'échéance est une erreur.Pierre St-Cyr, qui en est à sa troisième mission en Haiti, sait que la meilleure arme pour un militaire est la patience.«Iu n\u2019es pas chez vous et tu dois composer avec les habitudes des locaux.Les Forces Canadiennes prennent toujours le tempo de la place.» L'adaptation à pense qu\u2019on a plus de temps parce ue chaque seconde sert à quelque chose de constructif, alors que ce sont ils les Africains qui ont raison, parce qu\u2019ils ennent le temps de l\u2019apprécier.- Le major Eric Lacasse, qui a participé à des missions des et Nations Unies en Somalie et au Rwanda dans les années 1990.du militaire à ce rythme lent est essentielle au bon fonctionnement de la mission.La valorisation des locaux est importante pour qu'ils se sentent fiers de la réalisation de projets au sein de leur communauté.Les échéances doivent être étendues.Pour le major Lacasse, presser la population à être productive serait un échec en soi.«Travailler avec des échéances strictes n\u2019est pas valorisant pour eux, lance-t-il.Ce sont des gens fiers qui cherchent le respect.Il faut comprendre leurs priorités et en tenir compte.» L'HUMAIN AVANT LE TEMPS Pressés par la course à la production et à la performance, les Nord-Américains peinent à comprendre la relation des Africains avec le temps.«En Amérique du Nord, c\u2019est une compétition pour savoir qui a le meilleur poste, la meilleure voiture ou le meilleur statut, commente le lieutenant-colonel St-Cyr.En Haïti, cet esprit de compétition n\u2019existe pas, parce que la richesse n\u2019est pas apparente.L'Haïtien moyen ne fait que l\u2019imaginer.» Le premier mois de sa mission, Guy Deschênes ne comprenait pas le bonheur des gens.Pour lui, c\u2019était absurde puisqu'ils ne possédaient rien.Puis, il a compris comment percevaient le temps et environnement.Avec une espérance de vie souvent inférieure à 50 ans (Somalie Rwanda), les Africains profitent du moment présent et se contentent de peu.Les contacts humains sont alors priorisés.«Ils prennent le temps non seulement de jaser avec toi, mais aussi d'analyser ton non-verbal pour mieux te comprendre.» leur Six mois ont passé quand le casque bleu reprend l'avion.De retour chez lui, il retrouve le rythme nord-américain.Lorsqu'il revient d\u2019une mission, le militaire bénéficie d\u2019un congé afin de faciliter sa réintégration dans la vie quotidienne.La transition ne sera toutefois pas difficile.«Six mois, ce n\u2019est pas assez long pour changer ses habitudes», s\u2019esclaffe le major Lacasse.La montre du casque bleu le presse à nouveau.Le tic-tac familier trouve à nouveau sa place dans le tempo effréné, mais il n\u2019efface pas les réflexions qu'a suscitées la mission.«On pense qu\u2019on a plus de temps parce que chaque seconde sert à quelque chose de constructif, alors que ce sont les Africains qui ont raison, parce qu'ils prennent le temps de l\u2019apprécier.» @ ins DOSSIER SPECIAL MEET Maitre de son temp S Pas facile de gérer son temps lorsqu'on est camelot a L'Itinéraire.Les camelots sont en effet des travailleurs autonomes.Ils doivent savoir organiser leur temps de vente du magazine en plus de leurs obligations quotidiennes.L\u2019Itinéraire leur a demandé : Comment réussissez-vous à rester maître de votre temps?PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE-LISE ROUSSEAU x «C'est très simple, je suis maître de mon temps en planifiant mon horaire.On ne peut pas devenir maître de son temps si on ne sait pas le planifier», dit le camelot qui se considère comme une personne disciplinée, lui qui a déjà été dans l\u2019armée.«Je suis muni d\u2019un agenda et je suis très organisé.Une semaine, c\u2019est 168 heures et, pour moi, ça se divise en blocs d'activités.» Entre la vente du magazine à heure fixe chaque jour, les ateliers auxquels il participe à L'Itinéraire et ceux qu\u2019il anime, Serge a un agenda bien rempli.Il se garde tout de même du temps pour la détente, en écoutant Radio Classique le soir.Serge Trudel Camelot, épicerie Metro, angle Morgan et Sainte-Catherine Selon Gilles, pour être maître de son temps, il faut être maître de soi-même.«Quand je suis maître de moi-même, je me sens plus calme, j'ai plus de discernement, je gère mieux ce que j'ai à faire, donc je gère mieux mon temps.» L'agenda de Gilles n\u2019est pas coulé dans le béton.Le commis et archiviste à L'Itinéraire aime se sentir libre d'accepter ou de refuser des propositions d'activités que lui font ses amis.«Je ne me force pas à faire quelque chose que je ne veux pas faire.» Et gérer son temps, ça veut aussi dire se donner le droit de ne rien faire.«Pour moi, ne rien faire est une activité en soi, car ça me fait décrocher.» Gilles croit à l\u2019éternité.«Après la mort, je n'aurai éternellement pas à gérer mon temps!», blague-t-il.Gilles Leblanc Chroniqueur de rue et commis a L'ltinéraire Lorsque je demande a Linda si elle a deux minutes pour me parler, elle me répond : «Jai pas le temps, je suis débordée!».Linda blague, parce que du temps, elle en a.Surtout le matin, puisqu\u2019elle commence à travailler à L'Itinéraire à 13h.«Je me lève à 8h45 pour prendre mon temps.Je bois mon café, je fume mes cigarettes, j\u2019écoute la radio, je prends un bain, je relaxe, ensuite je me coiffe, je m'assois, je fume d\u2019autres cigarettes.J'aime ça avoir tout mon temps», dit Linda.Malgré tout, la réceptionniste se dit obsédée par le temps.«Je passe mon temps à regarder l\u2019heure, même si je ne suis pas pressée, et quand c\u2019est le temps de partir, je rusA toujours à la dernière minute», lance-t-elle en riant de cette contradiction.Maître de son temps, Linda?«Je pense que c\u2019est le temps qui me contrôle, dit celle qui minute toutes ses activités.Mais je dois l\u2019être un peu, car je suis toujours à l\u2019heure!» Linda Pelletier Ex-camelot et réceptionniste à L'Itinéraire T novembre 2012 Laure Waridel .LA PLANETE QUEBEC ARNAUD BARBET ry Certains Québécois se sont levés avec un mal de téte incroyable le 5 septembre 2012 Pauline Marois est élue, mais son parti est minoritaire.La population est indécise.Laure Waridel ne l\u2019est pas : pionnière du commerce équitable, leader d'opinion et femme influente, sa volonté d\u2019offrir un monde meilleur à nos enfants ne tarit pas.Au Pouding Café, sur la rue Ahmerst, elle fait le point sur la «planète Québec».L\u2019Itinéraire (LT.) : En 2009, désabusée par certains comportements, vous disiez en entrevue dans L'Itinéraire : «J'ai l\u2019impression qu'on attend le Messie qui va régler nos problèmes, mais les problèmes, c'est d'abord nous» Qu'en est-il aujourd\u2019hui?Laure Waridel (L.W.) : Je continue de croire que l\u2019être humain est au cœur du problème, mais aussi et surtout qu\u2019il est au cœur des solutions.Et j'insiste sur le mode solution.Le projet doctoral que je mène actuellement met en évidence la possibilité d\u2019une économie qui est à la fois écologique et sociale.Elle est marginalisée, mais elle existe.L'I.: Au lendemain des élections, quel message auriez-vous pour Pauline Marois?LW.: Etudier le programme de Québec Solidaire (rire), notamment leur Plan vert.I] propose une économie au service des > - > gens, et ce, dans le respect de l\u2019environnement.C\u2019est notre grand défi.T1 faut affronter l\u2019économie telle qu\u2019elle est et penser à une transition, sinon on fonce dans le mur.L'hygiène démocratique, .C'est poser des gestes cohérents dans notre vie personnelle, -/ mais aussi dans notre vie collective.L\u2019I.: Les enjeux environnementaux ont été peu présents dans la campagne électorale.Croyez-vous que la population québécoise sen désintéresse?L.W.: Non, le soulèvement contre les gaz de schiste et la réflexion sur le Plan Nord montre que la population est bien là.Le réveil du 22 avril dernier l\u2019a montré.Mais les politiciens n\u2019ont pas été capables, jusqu\u2019à présent, d'aborder le sujet de front.Depuis 30 ans, on fait une priorité de l\u2019économie au détriment des enjeux environnementaux.Aujourd\u2019hui, il vaudrait mieux prévenir que tenter de guérir à grands frais.Le nucléaire et les mines d\u2019uranium sont des bombes à retardement.14 L'ITINÉRAIRE \u201cnovembre 2012 LT.: Le programme de Pauline Marois concernant le développement durable de la province est ambitieux.Pourriez-vous nous en citer un atout et un frein?L.W.: L'un de ses atouts est le député Daniel Breton [NDLR : élu de la circonscription Sainte-Marie - Saint-Jacques, où se trouvent les bureaux de L'Itinéraire].I] a fondé le mouvement Maîtres chez nous au 21° siècle, qui fait la promotion des énergies renouvelables.Il s'implique énormément dans la préservation de notre patrimoine environnemental.Le frein essentiel, c'est l\u2019absence de principe de précaution, qui est une condition préalable essentielle à la crédibilité d\u2019un moratoire ou d\u2019une étude publique.LT.: Depuis longtemps, ! électrification des transports en commun pour lutter contre la pollution de l'air est une solution connue, sans cesse repoussée.Qu'en pensez-vous?L.W.: Je souhaite que l\u2019on démarre les grands travaux d\u2019électrification le plus tôt possible.Pauline Marois aura-t-elle les coudées franches?Aujourd\u2019hui, on prône le tout autoroutier, des projets sont déjà en place, d\u2019autres arrivent.Il faut choisir! Ici, on carbure au pétrole! Quand je suis en Suisse, je voyage dans des trains livrés par Bombardier.Une hérésie.Au Québec, le potentiel de l'énergie verte est pourtant immense.LT.: Le moratoire sur l'exploration et \u2018exploitation des gaz de schiste devrait être mis en place très rapidement par le nouveau gouvernement.Qu'en pensez-vous?L.W.: Un vrai moratoire sur l\u2019exploration et l\u2019exploitation des gaz de schiste serait excellent, car les technologies propres n\u2019existent pas.Si la force sociale pousse, on devrait obtenir un débat de Sepp vs Rs = fon Me Con ACTUALITÉ & CULTURE Iliad PHILO & VINCE LES HEROS ORPINAIRES MOVEMBER FAIT QUE MOI JE ME RASE.fond avec des scientifiques indépendants, pas ceux de l\u2019industrie! ie Mesurons le pour, le contre, et décidons ensemble avec les h communautés concernées.! MEME QUE CA ME RAPPROCHE DE LA CAUSE UL.: En Europe, la notion de pollueur-payeur porte ses fruits.Le w | Québec peut-il joindre le mouvement?ce L.W.: C\u2019est possible si nous payons notre juste part! Les Québécois aiment la justice, ils comprendront.Actuellement, on \" socialise les coûts et on privatise les profits.C\u2019est typique.Par Ie exemple, les grosses fermes industrielles sont plus subventionnées que les petites fermes biologiques et écologiques.La population paie deux fois.Une première fois en subventionnant ces modes de production non durables, et ensuite pour les problèmes de santé 0 et de décontamination qui en découlent.L\u2019amiante en est aussi x un bel exemple : le principe de pollueur-payeur responsabilise les individus et les entreprises.Encore faut-il que les entreprises ne nous fassent pas payer la différence.L\u2019I.: Les décisions environnementales semblent être avant tout du ressort du gouvernement.L'action individuelle a-t-elle encore sa place?i L.W.: Les deux sont nécessaires et complémentaires.On peut se brosser les dents et se laver les oreilles, on ne va pas arrêter un | pour faire l\u2019autre.C\u2019est de /\u2019hygiène démocratique que de poser des | gestes cohérents dans notre vie personnelle, mais aussi dans notre ; vie collective.à marbi£magu @philo et vince L'ITINÉRAIRE 15 1 novembre 2012 | ar ACTUALITÉ & CULTURE L\u2019ECOMUSEE, FIER DE SON MONDE VANESSA HEBERT L'histoire du quartier Centre-Sud a été marquée par la fermeture de plusieurs usines au cours du siècle dernier.Pour composer avec ces pertes soudaines de revenus, les citoyens ont su s'organiser entre eux pour subvenir à leurs besoins.Jusqu'au 24 février, l\u2019'Écomusée du fier monde témoigne de l'engagement citoyen du quartier dans une exposition.Le plancher de la salle d\u2019exposition grince à chaque pas des visiteurs.Les murmures étonnés par l'exposition Citoyen résonnent partout dans cet ancien bain public converti en musée.Les visiteurs déambulent entre les cubes empilés.Sur la surface de ces échos d\u2019un structures s'inscrivent les épisode vieux d\u2019un siècle : l\u2019implication d'hommes et de femmes actifs via des organismes du Centre-Sud.«C\u2019est un développement imposé qui force une auto- organisation face à cette nouvelle difficulté», raconte le directeur de l\u2019Écomusée, René Binette.L'exposition Citoyen présente les divers thèmes de l'implication sous plusieurs verbes, ss .\u2014Jaide, je donne, nous mobilisons.\u2014 conjugués au présent, pour | éviter de reléguer l\u2019implication .ede Dee 2e citoyenne au passé.«L'idée d\u2019origine était d'éviter une perte de mémoire collective, explique René Binette.C\u2019est une question de se souvenir, de transmettre ces connaissances, de susciter des réflexions et d'encourager les gens à s'investir.» Pour décrire les divers organismes, l\u2019Écomusée a choisi une quarantaine de gens pour illustrer différents types d\u2019intervention au sein de groupes d\u2019aide du Centre-Sud.«Etre citoyens, être citoyennes, c\u2019est avoir une place au sein d\u2019une collectivité», peut-on lire sur un mur de l\u2019exposition.Émilie Gamelin trouve sa 16 L'ITINÉRAIRE 1 novembre 2012 vocation au sein des Sceurs de la Providence, Francine Lefebvre s'implique dans I'Atelier de lettres, Jean-Guy Lagüe est actif dans la Jeunesse ouvrière catholique, François Thivierge, lui, préfère donner son temps aux sans-abri.JEAN-MARIE TISON ET GABRIEL BISSONNETTE (CAMELOTS DE LA PREMIÈRE HEURE), SERGE LAREAULT (DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'ITINÉRAIRE) ET FRANÇOIS THIVIERGE (FONDATEUR DE L'ITINÉRAIRE) LORS DU VERNISSAGE DE L\u2019EXPOSITION C/TOYEN, À L'ÉCOMUSÉE DU FIER MONDE DE LA RUE À LA PLUME Présenté dans l'exposition Citoyen, François Thivierge, cofondateur de L'Itinéraire, avoue que c'est aussi une exposition qui a inspiré la mission du groupe.Dans les années 1990, un artiste polonais expose une œuvre conceptuelle au Musée d\u2019art contemporain où la parole est donnée aux sans-abri via téléviseurs et micros.Les itinérants habitaient l\u2019espace public, mais leurs voix manquaient au débat.«Lorsque les sans-abri s'exprimaient par cette œuvre, les gens écoutaient», constate François Thivierge rencontré à l\u2019exposition.La mission de leur offrir un magazine comme plate-forme est née.Par la plume, L'Ifinéraire se donne comme mandat de défendre les droits et la parole des sans-abri.«Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête», est la maxime des premières années de publication.Camelot depuis le tout début et journaliste à ses heures, Gabriel Bissonnette a écrit de nombreux billets pour le magazine.«J\u2019écris quand une affaire me dérange, j'aime faire réagir les gens» Son style franc et son humour noir donnent effet espéré.Ses clients réguliers s'arrêtent souvent pour discuter de ses publications.«Je me sens écouté lorsque j'écris, lance Gabriel.Il y en a qui me disent que je les fais réfléchir et d\u2019autres qui attendent mon prochain article.» PHOTO : JEAN-PIERRE LACROIX François Thivierge reconnait que les débuts de L'Itinéraire étaient éprouvants.Mais, les efforts ont toujours été mis dans l'optique de servir les besoins d\u2019une communauté pour et par ses membres.«Les participants reconnaissent qu'ils avaient des intérêts communs», explique François Thivierge.Un engagement digne de mention pour l\u2019équipe de l\u2019Écomusée.«C\u2019est une prise en charge de son avenir, sans compter uniquement sur l\u2019aide extérieure, commente le directeur, René Binette.C\u2019est un travail qui demande beaucoup de mobilisation.» Pour en savoir plus sur les citoyens actifs du Centre-Sud, rendez-vous à l\u2019Écomusée du fier monde au 2050 rue Amherst, à l\u2019angle de la rue Ontario.@ SI py.À Stags, ~~ lime inl; Tie) 12 ent CA SEE ACTUALITÉ & CULTURE Zi JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue joseel.tremblay@itineraire.ca Publicité Sauvage ~ SAUTE LA CLOTURE Qu'elles soient collées sur les murs de la ville ou sur des palissades camouflant des travaux, les affiches culturelles font partie de l\u2019environnement montréalais depuis plus de 25 ans.Pourtant, durant plusieurs années, cette pratique d\u2019affichage a été interdite sur le territoire de la métropole.La volonté et le leadership de Publicité Sauvage ont permis la légalisation de ce type d'affichage en 1994.Aujourd\u2019hui, cette PMF est fière de continuer à rendre service à la communauté culturelle en participant à leur promotion.Grâce à Publicité Sauvage, le milieu culturel montréalais a pu bénéficier d\u2019un réseau publicitaire abordable et d\u2019une augmentation considérable de sa visibilité auprès du public montréalais.Pour célébrer leur 25\u2018 anniversaire, un livre est présentement disponible, retraçant le parcours sinueux de l\u2019entreprise québécoise : sa bataille pour légaliser l\u2019affichage, sa croissance économique et surtout, un aperçu des images (environ 400 photos) de sa superbe collection de 50 000 affiches culturelles.Un vrai trésor national! Publicité Sauvage propose également différentes expositions d'affiches tout au long de l\u2019année, et ce, gratuitement.Consultez leur site Internet pour les dates et les lieux des expositions.Amateurs d\u2019arts visuels et passionnés de culture, courez-y et laissez- vous inspirer des créations des artistes de l\u2019affichage.# www.publicitesauvage.com/25e L'Exposition 14/15 est présentement «à l\u2019affiche» du Conseil des arts de Montréal, situé au 1210 rue Sherbrooke Est (en face du parc Lafontaine), ! jusqu\u2019au 16 décembre.ar i .BAUDOIN WART, FONDATEU ss; MS AU DÉBUT DES ANNÉES 1990 LORSQUE L'AFFICHAGE : b >: SUR LES PALISSADES ÉTAIT ENCORE ILLEGAL bach i .DE PUBLICITÉ SAUVAGE, lrouver chaussure a son pied AU SALON DU LIVRE MARIE-LISE ROUSSEAU Le traditionnel Salon du livre de Montréal reprend du service pour une 35¢ année du 14 au 19 novembre.L'événement, reconnu pour la présence d\u2019invités de marques et d'auteurs prestigieux, récipiendaires de diverses distinctions ne rend pas la tâche facile aux auteurs indépendants qui tentent de s\u2019y démarquer.C\u2019est le défi de Marie-Josée Godbout, auteure de la série jeunesse C'est pas dimanche! qui y sera présente pour une cinquième année.En tant qu\u2019auteure de littérature jeunesse, Marie-Josée ne se sent pas lésée par la présence des stars de la littérature au Salon du livre.«Joffre aux jeunes une expérience complètement différente : rencontrer un auteur célèbre c\u2019est bien, mais passer un test de personnalité loufoque et se faire raconter le début de l\u2019histoire par l'auteure elle-même.c\u2019est peut-être mieux! Voilà comment je tire mon épingle du jeu!» Selon Marie-Josée Godbout, le Salon du livre de Montréal est une formidable fenêtre pour tous les auteurs, peu importe leur popularité.«C\u2019est un public de qualité qui y déambule et à chaque année, on est certain d\u2019y faire de très belles rencontres!», senthousiasme-t-elle.Cependant, la compétition est forte entre les auteurs pour attirer le plus grand nombre de lecteurs à leur kiosque.«Plusieurs auteurs célèbres sont présents au Salon et ont un champ gravitationnel assez puissant, remarque Marie-Josée Godbout.Mais chaque auteur peut trouver chaussure à son pied parmi la large palette de lecteurs qui s\u2019y rendent.» C'est pas dimanche! raconte les aventures d\u2019une jeune fille au caractère bouillant.C\u2019est pgis \u2018 dimanghe ! «Au début de l\u2019été, sa | \\ mère lui offre un cadeau aS Ai i 5 .4 CET.CE extraordinaire; enfin, à ses a\u201d j yeux.Ce cadeau conduira malheureusement la jeune fille sur des chemins forts périlleux», décrit son auteure.à L'ITINÉRAIRE 17 1\" novembre 2012 ni nt Iu 1e dalle, 5 nn i Rik ita it 3 hh a HAI a ILIA _-\u2014 GRANDE ENTREVUE | i d TOUS ENSEMBLE |f TEN HoT om ri L \u201c1e y ak hy Ce Ki: 5 cel er Em Br 1 à ; co i > 2 ie de & > if i du 14 us yo IS ; 16 À 0 \"NN el Ar fe Re Pst de os aS Wt rage 4 of Ü % 4 SF x oy SF I à ¥ : ter a» Ia se Es ) A i or wor » ; ; i ke : ut 1 al 5 ON, a aud hl he 7 Hie, pes ES + æ- Js * # 7 a i Pa > dé Ey 4 Fa 7 ai ry 2 ; i - 7 % 1 x \\ Hole 101 fe = Sm vl J de ® > % 05° Fi \u20182 Fig z ci 18 L'ITINÉRAIRE _ novembre 2012 ce Rte ui 7 on GRANDE ENTREVUE EM FIN NOVEMBRE TEXTE : MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS : ANNE MARIE PIETTE Fin novembre, le temps est gris, froid.et il est à la fête! L'événement Fin Novembre, de l'Action terroriste socialement acceptable (ATSA) - autrefois nommé État d'urgence - célèbre cette année tout en art et en histoire les 20 ans de la Place Emilie-Gamelin, du 16 au 25 novembre à Montréal.Spectacles vivants, installations artistiques, reconstitutions historiques, projections d'images dans une voiture d'époque\u2026 Les activités , au programme laissent présager un festival incontourmable\u2026 et aussi déstabilisant.Mais que font ces sans-abri, habituellement mis de côté lors des festivals, à un événement qui se veut familial et convivial?La réponse est dans la mission de Pierre Allard et Annie Roy depuis 15 ans : faire cohabiter des individus de tous les milieux et de tous les horizons dans une ambiance festive, artistique et engagée.L'ATSA, que le couple a créée en 1\u20ac remet ça cet automne pour une 13° fois.Année chanceute?Assurément.Superstitieux, Pierre et Annie?Espérons que cette 13° édition de Fin Novembre, teintée d\u2019histoire, leur porte chance.Déjà, 2012 fut porteuse d\u2019espoirs pour les deux artistes contestataires.«Dieu sait que la Place Emilie-Gamelin a été fort occupée cette année», souligne avec bonheur Annie Roy en parlant des manifestations étudiantes quotidiennes du printemps dernier.Le couple, rencontré au quartier général et domicile de la famille ATSA, sur le Plateau Mont-Royal, s\u2019est beaucoup impliqué dans le conflit étudiant, notamment lors de la manifestation du 22 avril, où il a aidé Dominic Champagne dans la mise en scène qui a permis de former une main géante avec la centaine de milliers de manifestants présents.Les deux sont assis côte à côte lors de notre rencontre.Pierre gesticule beaucoup, avec ses cheveux ébouriffés, sa petite barbe et sa longue chemise.Il prend un peu moins la parole que sa conjointe, attablée elle aussi dans leur jardin, mais demeure animé tout le long de l\u2019entrevue.Annie est vêtue d\u2019un col roulé du même bleu que ses yeux expressifs.Les deux indignés en ont long à dire sur la société dans laquelle on vit.Ils sont animés d\u2019une rage inspiratrice.«Je ne pète pas de vitres, ce n'est pas mon genre, mais je comprends la rage qui anime ceux qui le font», dit Annie, qui a choisi l\u2019art comme moyen d'expression.L\u2019ADN DE LA PLACE ÉMILIE-GAMELIN Souhaitant célébrer les 20 ans de la Place Émilie-Gamelin à l\u2019occasion de leur événement, l\u2019ATSA a fait des «fouilles archéologiques» pour trouver «l'ADN de ce territoire».Sans surprise, il est à la fois humanitaire et contestataire, et ce, depuis bien avant le carré rouge! En 1843, sœur Émilie-Gamelin y fonde l\u2019asile de la Providence où, pendant 130 ans, des repas ont été servis aux plus démunis du centre- ville du quartier français de Montréal.La construction du métro de Montréal en 1962 a effacé toute trace de ce lieu historique.Mais l\u2019ATSA remédie à la situation dans le cadre de Fin Novembre.«On va recréer le clocher de l\u2019asile sur les lieux exacts où il se situait, et ce clocher sera la base de projections d'images d\u2019époque», décrit Annie, une étincelle dans les yeux.» L'ITINÉRAIRE 19 17 novembre 2012 IN GRANDE ENTREVUE Depuis près de 15 ans, sans même le savoir, Annie, Pierre et toute l\u2019équipe de l\u2019ATSA poursuivent chaque année la tradition d\u2019Émilie Gamelin en servant plus de 500 repas par jour aux itinérants présents à Fin Novembre.«Ca nous fait réaliser que ces gens ont toujours été là et seront toujours là», explique Pierre.D\u2019où l'intérêt de l\u2019ATSA de favoriser le «vivre ensemble et le respect», comme le dit l\u2019artiste, dénonçant du même coup les commerçants et policiers du quartier qui encouragent un «nettoyage» du centre- ville plutôt que l'ouverture au dialogue.L'ATSA donne l'exemple en invitant l\u2019ensemble de la population à cohabiter avec leurs semblables plus démunis.«C\u2019est vrai que sortir du métro Berri- UQAM et être assailli par des pushers n\u2019a rien d'agréable, mentionne Annie Roy.Mais il faut faire la différence entre un sans- abri et un pusher» Ne pas mettre tout le monde dans le méme panier.Selon les deux membres fondateurs de I'ATSA, les gens ont droit à un environnement sécuritaire, certes, mais pour se faire, il faut aider la population en détresse et lui donner les ressources pour s'en sortir.L'inclure dans un grand événement artistique et historique est une des façons de l'intégrer à la société et de la valoriser.«Fin Novembre, c'est leur fin de semaine de bonheur», résume Pierre.CONTRE VENTS ET MARÉES Le calme relatif dans lequel semblait se préparer l\u2019édition 2012 de Fin Novembre au moment de notre rencontre (en plein milieu d\u2019une panne informatique!) n\u2019était pas caractéristique des éditions précédentes.En 1998, lors de la première édition d\u2019État d\u2019 urgence à la Place Émilie- Gamelin, le comité exécutif de la Ville de Montréal leur avait retiré le permis de tenir l\u2019événement à quatre jours de sa tenue, malgré l'approbation des services de police et des pompiers.Fin Novembre, c\u2019est leur fin de semaine de bonheur.- Pierre Allard Un autre exemple?En 2010, le ministre canadien du Patrimoine James Moore, a pris le mot «terroriste» dans l\u2019acronyme Action terroriste socialement acceptable au pied de la lettre, coupant 43000$ de subventions à l'organisme.à neuf jours de son événement! «C\u2019était purement idéologique», dénonce en chœur le couple engagé.Cette coupure est survenue en même temps que d\u2019autres compressions dans la culture, dont celles qui ont touché le projet Wapikoni Mobile.Pierre Allard et Annie Roy sont deux passionnés.Passionnés d\u2019art, passionnés d'histoire, passionnés de justice sociale.Selon eux, «on doit regarder le passé pour se positionner pour l\u2019avenir».Que deviendra l\u2019ancien verger où se trouve la Place Émilie- Gamelin?Par son histoire, cette place est un lieu de contestation de gauche, marginal et alternatif.«On ne doit pas en faire un endroit commercial, alerte Annie.On est à une sorte de croisée des chemins, on revisite la place avec le nouveau quartier des spectacles.Quelle identité va-t-on lui donner?Jusqu\u2019à présent, les choses ont été faites dans le respect et il faut que ça perdure.» Après 15 ans d'action terroriste socialement acceptable, le couple souhaite aussi un meilleur partage de la richesse et veut «que la dernière élection, avec un mort, permette plus de respect pour la démocratie», espère Annie.Et surtout, et ils insistent sur cette question tout au long de notre entrevue, l\u2019ATSA souhaite une meilleure cohabitation.Fin Novembre valorise les sans-abri, mais une fois par année, c'est insuffisant.Leur présence ne date pas d\u2019hier et comme nous l\u2019apprend l\u2019histoire de la Place Émilie- Gamelin, elle se poursuivra, peu importe les «nettoyages» effectués au centre-ville.Et si on prenait l'ATSA en exemple pour apprendre à vivre ensemble?Pierre était directeur artistique au cinéma, Annie œuvrait dans le milieu de la danse.En 1997, les deux artistes se sont rencontrés et ont «connecté par l\u2019art».Le premier événement de l\u2019ATSA eu lieu trois mois plus tard: c\u2019était La Banque à bas.Tout a commencé quand le jeune couple a ressenti de l\u2019indignation en regardant les nouvelles télévisées.Dans le même bulletin, on apprenait que les grandes banques venaient d\u2019enregistrer des milliards de dollars de profits et que la Maison du Père, refuge pour sans-abri montréalais, avant un besoin criant de chaussettes avant l'hiver.Peu de temps après, Pierre et Annie ont posé leur première action terroriste socialement acceptable en installant illégalement des guichets automatiques à chaussettes, baptisés les Banques à bas, devant le Musée d\u2019art contemporain, près de la Place des Arts.«L'activisme dans notre création artistique est venu de façon instinctive», commente Annie.Quinze ans plus tard, les deux amoureux poursuivent leur combat pour plus d\u2019égalité et de justice sociale avec l\u2019ATSA et leur famille composée de deux enfants : Béatrice, 14 ans, «fière porteuse du carré rouge» et Ulysse, 10 ans.L'ITINÉRAIRE 1 novembre 2012 ca sait.Ps cceopirces eo x rite no orcas CA += = ie \u2014 =, ai ri at a Co = oA sm an ma ics ET EE = musee Le 2 ny ce or = 18 REET = = eus THT TOIT gs ss sie ess NP gmc, == ASS CE vire iris wii x ni = ie se 2 a te % 2 Sr 2 x iris = oe 2 ee EXE = CR = Es a: = fes = Pa es RE Rs : ca ee = a = = = = = = = = 2 ee ce EE ca Se oF = == AE i PE oli \u2014\u2014 \u201ca .ve ve Awe.TY STR ATI\u201d + 5 es res pe eae \u2026 on ve vie \u201d * ee ie ro ae 0 °.Lema wl.Crs S 28380 we oF ee a ae HE nue cams i 2 3; 3 By om ve ree a nn Lemon ne Carine bral etl Tew ve ave 3 « 34 a Te A .488s ; 23 =} 2; Lan : on on » eet cen \u201c ® t nn ne PE ; nN Cohen ; ae : Li \u201cA RE) a pea i _- Se] ae Lu har sous ve ne = y or gtd ve\u201d S Ses a 23% ha 43 or [33 we : \u201ceo = orl) \u201cDE a Aa \"x cee su» : : 1 > ; 2 Ge ra?I ae ; \u201ccee cree; en \u201c : 4 a >L Eon - ante sew : ; ; .ns » vod a.\"se\" 93 ei 20 JS pre % * » \u2018 She es : oul à Ls 100 : .\u2026.CN a ; nes; 08 on ETL auûse : 2 * * Ses.= ; ; ver cor.ed ; : so 80% : or av BAS Lt : a 0 RE se i 3 set \u201cGe 200 A = x iz, > oe ta aE an Jaeice Be > > 0 at x.; sat eo a.tie rane ei Ra : | : .: .x Se send 5 Anh vs ne tr) 0 Pek Gk oe ey Swe a ty Ces e au an Te I or Nave aw ta : : an._.ales > se, 30 sos > IAEA Gus sr.04 A : o> .- Les es va oy 23 Pe 12% = en\u2019 a LAT get } 3e : : x or ; > : .sit rece \u2014 33 © ps 2 PS 3 ; >.3 4 a, te ses .© o x A Sc ui wisi es us \u201c3, ry ss, + ae si pe te ene sn Vey Sav ER 4 pe »t pe] 3 sr vec ve oye Ww x ?AP Yai am 5 qe .Ys 5 2 © .me se ; : es ; wr as be a ve 1 J we 7e Len e cee.ih os a au.: vs A 020150 es ole AE ve! 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