L'itinéraire, 1 janvier 2017, jeudi 15 juin 2017
[" Section spéciale ! 375e : Montréal méconnu 4 pages centrales Volume XXIV, n?12 Montréal, 15 juin 2017 www.itineraire.ca 3 $ stm.info/visiteurs CG y © Montreal et ses déplacements illimités dans 68 stations de métro et 220 lignes de bus No 00 de 10° 18° Titre un jour Titre 3 jours Tarifs sujets à changement sans préavis MOUVEMENT COLLECTIF vive£1375 stm Nom Claude Lyrette | Camelot n° 319 Âge 60 ans | Point de vente Métro Sherbrooke Claude C laude a eu une enfance heureuse dans une petite ville de l\u2019Abitibi.Enfant sportif, jouant au hockey et au baseball, très bon à l\u2019école, il commence néanmoins à consommer assez tôt.« Quand je suis arrivé entre l\u2019adolescence et le monde adulte, je n\u2019étais pas bien en dedans.C\u2019est là que le mal de vivre s\u2019est emparé de moi.Je ne sais pas si c\u2019est le fait de ne pas avoir connu mon père\u2026 » L\u2019esprit de bohème Claude redoute l\u2019entrée dans ce monde des adultes, qu\u2019il trouve hypocrites.C\u2019est un rêveur, déjà un peu bohème, mais aussi un peu rebelle.Adolescent, il est vite un habitué de l\u2019auto-stop, qu\u2019il pratique pour aller chercher du travail \u2013 exploration minière, boulots dans les moulins à scie, construction.Claude raconte en riant qu\u2019à 16 ans, lui et un ami sont partis sur le pouce pendant trois semaines, de Hearst, en Ontario, vers l\u2019Ouest canadien.Leur parcours improvisé s\u2019est terminé de façon précoce à Moose Jaw, en Saskatchewan, où ils ont passé deux nuits en prison pour un repas non payé dans un restaurant, dernier recours de deux adolescents à court d\u2019argent pour se nourrir.Libérés, mais sans les billets de retour espérés, les deux jeunes hommes sont revenus à la maison en sautant des wagons de marchandise.L\u2019itinérance « à temps plein » Arrivé à 19 ans à Montréal, Claude enchaîne plusieurs emplois.À la trentaine, quand il fait faillite à la suite de dettes contractées en relation, entre autres, à un problème de jeu, Claude passe quelques mois à alterner entre nuits à l\u2019hôtel et nuits à dormir dehors.Ce n\u2019est que quelque temps plus tard qu\u2019il commence à aller à la Maison du Père.Au début, ça lui plaît.Encore, précise-t-il, que c\u2019était plus familial à l\u2019époque, que les drogues synthétiques étaient moins présentes.Il se sent libre, a l\u2019impression qu\u2019un poids lui a été enlevé des épaules : la routine, le métro-boulot-dodo, ce n\u2019était pas pour lui.« Mais à la longue, la rue, c\u2019est dur, dit Claude.À un moment donné, j\u2019avais de moins en moins les capacités physiques et mentales pour continuer, et je commençais à en avoir vraiment assez de cette vie-là.» Pendant sept ans, il est « itinérant à temps plein ».Trouver à manger, arriver tôt pour faire la file dans les missions (une file pour la nourriture, une file pour la douche, une file pour le lit), c\u2019est un travail à temps complet : « Quand tu fais tout ça, tu n\u2019as plus d\u2019énergie pour autre chose », explique Claude.D\u2019autant plus que cette existence se passe en mode survie et dans une promiscuité constante.Il lui faut donc en premier lieu sortir de la rue pour pouvoir arrêter de consommer.Il tente un nouveau départ à Québec, mais sa « cure géographique » ne fonctionne pas.De retour à Montréal, il trouve un appartement, réduit sa consommation.Puis quelques années plus tard, en 2007, il décide de commencer à vendre L\u2019Itinéraire.« Est-ce que c\u2019est le journal qui m\u2019a sorti de la rue ?Non, mais cela m\u2019a beaucoup aidé à ne pas y retourner.» Profiter du moment Avoir un endroit à soi et rester actif lui a permis de retrouver une certaine dignité, de pouvoir penser à autre chose qu\u2019à sa situation, qu\u2019à la rue.Après 20 ans passés sans voir sa mère et sa sœur, il a pu reprendre contact avec sa famille.Aujourd\u2019hui, Claude ne souhaite pas s\u2019attarder sur ses difficultés passées, et refuse d\u2019en jeter le blâme sur qui ou quoi ce soit.Après ce long parcours, il comprend que « la seule chose qui compte, c\u2019est d\u2019essayer de profiter de chaque moment.Je prends conscience que je suis rendu à 60 ans.Je suis moins stressé qu\u2019avant, je prends les choses comme elles viennent, je dédramatise.J\u2019ai arrêté de me taper sur la tête.Autant que possible, j\u2019essaie de vivre une journée à la fois.» Par Valérie Savard, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA GUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : SIMON POSNIC Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MAGALIE PAQUET Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE MONTVALON, VALÉRIE SAVARD, LAËTITIA THÉLÈME, PAUL VANASSE, GUILLAUME VIGNEAULT Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE Photo de la une : MIKAEL THEIMER / PORTRAITS DE MONTRÉAL ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet Café de la Maison ronde : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : GUY LARIVIÈRE - Glasford International Canada Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : ALEXANDRE PÉLOQUIN - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSONNETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire PIERRE SAINT-AMOUR - Camelot de L\u2019Itinéraire ISABELLE MONETTE - Fondaction CSN KATHERINE NAUD - Ciusss Centre-Sud de Montréal CATALIN CARACAS - Ranger Design Représentant des camelots : YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs?dans?la?rue.?Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?Centre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 12 23 3 MOTS DE CAMELOTS NOS PRÉCIEUX ALLIÉS \u2022 Des soins pour les animaux des?jeunes?marginalisés?\u2022 « Jamais sans Diamond » \u2022 Relation?homme?et?animal?:?Des?compagnons?à?vie \u2022 Contrôle?des?animaux?: Entre incompréhension et désarroi Par Alexandra Guellil DOSSIER L\u2019Itinéraire présente la deuxième de six sections spéciales historiques pour marquer le 375e de Montréal.?À?travers?ces?quatre?pages?centrales?du?magazine,?découvrez?ce?qui?a?façonné?la?vie?sociale?et?populaire?de?Montréal?depuis?la?fondation?de?Ville-Marie à nos jours.Publiées chaque 15 du mois, jusqu\u2019en octobre, on vous propose de parcourir les différentes?périodes?de?l\u2019histoire?montréalaise?en?empruntant un point de vue inédit, celui des plus démunis?et?des?gens?du?peuple.?Dans?cette?édition :?la période de 1764 à 1850.SECTION SPÉCIALE - 375E : MONTRÉAL MÉCONNU Manon Fortier 11 Gaétan Prince 11 Johanne Besner 11 Sylvain Pépin-Girard 27 Mostapha?Lotfi?27 Daniel Grady 27 Jocelyn Chrétien 43 Cécile Crevier 43 Bill Economou 43 ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! ÉDITORIAL 7 Elle s\u2019appelait Élisabèthe Par?Josée?Panet-Raymond ROND-POINT 8 RÉGIONS 9 Kanak, premier chien en son genre au Québec Par?Nancy?Mongeau ROND-POINT INTERNATIONAL 10 COMPTES À RENDRE 28 Voir ailleurs si on y est Par Ianik Marcil, économiste indépendant INFO RAPSIM 29 Des fonds à investir rapidement Par Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM VIE CITOYENNE 30 Quand je devient nous Par?Jo?Redwitch CARREFOUR 32 OPINION 33 Les poules n\u2019ont pas de dents, mais beaucoup de parents ! Par Mathieu Thériault HAÏKUS 34 CULTURE 36 Les musiciens du métro Par Simon Jacques VIE DE QUARTIER 40 Palmyre, site historique Par Saïd Farkouh BD 42 Par?Isabelle?Raymond DÉTENTE 44 À PROPOS DES ANIMAUX 46 Claude Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.ERRATUM Une?erreur?s\u2019est?glissée?dans notre édition du 1er?juin?2017.?En?page?15, au lieu de lire Lea Chau?Nguyen,?il?aura?fallu?lire?Lê-Chaû?Nguyen.?Toutes nos excuses à la concernée pour cette faute?dans?l\u2019orthographe?de son prénom.SOMMAIRE 15 juin 2017 Volume XXIV, no 12 Un?petit?mot?pour?vous?remercier?pour?le?magazine.?J\u2019aimerais?aussi?souhaiter bonne chance à ceux et à celles qui, au coin de Sainte- Catherine?et?Morgan,?juste?en?face?du?supermarché?Métro?Morgan,?sont?là tous les samedis.Bien à vous.Jean Giroux Depuis que je l\u2019ai rencontrée en venant à votre bureau pour acheter L\u2019Itinéraire du 1er mai 2017, j\u2019achète maintenant votre revue - que j\u2019aime beaucoup,?depuis?longtemps?-?directement?de?Jo?Redwitch.?Je?trouve?qu\u2019elle écrit très bien.Bravo Jo.Gino Mazzarelli J\u2019aimerais?offrir?mes?plus?sincères?félicitations?à?notre?camelot?Gilles?Bélanger?(coin?René?-Lévesque/Jeanne-Mance)?qui?célébrera?20?ans?de?services?au?magazine?L\u2019Itinéraire cette année.On ne peut pas résister à?son?sourire?et?son?positivisme?qu\u2019il?affiche?en?permanence?avec?une?aisance?déconcertante.?Bravo?Gilles,?santé?et?longue?vie.Ta cliente Carmen C M J CM MJ CJ CMJ N 1617-285Itineraire.pdf 1 2017-05-30 11:25 En vente auprès des camelots de L\u2019Itinéraire, en librairie et sur itineraire.ca 2017, 216 pages | ISBN 978-2-9816635-0-4 Sentinelles 25 ans d\u2019écriture à L\u2019Itinéraire Cet ouvrage regroupe 100 des plus beaux textes des camelots du groupe communautaire L\u2019Itinéraire.L\u2019organisme intervient auprès de personnes en situation de précarité économique et sociale, permettant leur réintégration par la vente et l\u2019écriture du journal de rue.EN VENTE DANS LA RUE ! MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs : 514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : l\u2019injustice d\u2019être née dans le mauvais corps.Mais on voyait aussi qu\u2019elle souffrait physiquement ; sa démarche trahissait la douleur qui la tenaillait.Quelques jours après son décès, ses maigres possessions ont été cavalièrement jetées au trottoir.Les quelques plantes qui mettaient de la vie dans son chez soi ont été enlignées sur la rue, libres d\u2019être cueillies par le premier passant.Tout ça sentait l\u2019abandon, la tristesse, la solitude.Une cérémonie pour les oubliés J\u2019ai voulu savoir ce qu\u2019il adviendrait de la dépouille d\u2019Élisabèthe, me doutant bien que sa famille ne viendrait pas réclamer son corps.Un appel à la morgue m\u2019a aiguillée vers la maison funéraire Aeterna, qui, depuis de nombreuses années, s\u2019occupe des itinérants et personnes décédées dont personne ne veut.Cette maison funéraire, qui a longtemps eu pignon sur rue au centre-ville de Montréal, s\u2019est affiliée avec la Maison du Père pour offrir des obsèques décentes aux gens de la rue.L\u2019entreprise collabore de près avec la police et la morgue pour retrouver les proches des personnes décédées.La consultante Claudine Simard m\u2019a informée qu\u2019Élisabèthe était venue les voir il y a plusieurs années pour faire ses propres arrangements funéraires, soit de se faire incinérer et de ne pas contacter sa famille.En septembre prochain, m\u2019a dit la dame, il y aura une cérémonie spéciale et la mise en terre collective des morts non réclamés, dont Élisabèthe.On nous contactera lorsque la date sera fixée.Entre temps, nous tous à L\u2019Itinéraire souhaitions rendre hommage à Élisabèthe, souligner son passage sur Terre et honorer sa mémoire.Enfin, je souligne qu\u2019Élisabèthe, du temps qu\u2019elle était Jocelyn, a écrit un témoignage qui se trouve dans le recueil Sentinelles : 25 ans d\u2019écriture à L\u2019Itinéraire.En page 93, on découvre le texte intitulé Un sac de bonbons mélangés qui s\u2019amorce ainsi : « La vie nous amène là où elle veut.Dans mon cas, elle m\u2019a amené là où je ne voulais pas ».S\u2019ensuit le récit dur et sombre de ce qui a été le calvaire d\u2019un enfant, d\u2019un adolescent, d\u2019un homme abusé et désabusé.Dans les derniers mois de sa vie, Élisabèthe a repris les rênes de sa vie et regardait droit devant.Je souhaite Élisabèthe que maintenant, tu marches dans la lumière.Dès la première fois que je l\u2019ai vue, elle m\u2019a fait une forte impression.Elle marchait à l\u2019aide d\u2019une canne rue Sainte- Catherine en direction de L\u2019Itinéraire, d\u2019un pas lent et prudent, d\u2019une dignité remarquable.Son élégance était tout aussi impressionnante.Vêtue avec goût, une jupe droite, des escarpins aux pieds et un fichu noué sous le menton à la mode des années 50, cette dame, du haut de ses 6 pieds, ne passait pas inaperçue.Pendant des semaines, je la voyais passer et parfois s\u2019arrêter pour parler avec des gens de L\u2019Itinéraire.Puis, un jour elle est entrée et j\u2019ai fait la connaissance d\u2019Élisabèthe.J\u2019ai eu la chance de la côtoyer pendant quelques mois, au cours desquels j\u2019ai appris à la connaître un petit peu plus à travers chaque bribe de conversation lorsque je la croisais au café le matin en arrivant.L\u2019accueil était toujours chaleureux, le sourire toujours engageant, toujours de la bonté dans les yeux.J\u2019ai aussi découvert chez cette grande dame marquée au fer rouge par la vie une résilience et une dignité hors du commun.Le 24 mai, elle a été retrouvée morte dans son petit appartement à côté de L\u2019Itinéraire.Vous dire la peine que ça nous a fait.Nous avons tous été sous le choc d\u2019apprendre cette triste nouvelle.Ça ne faisait pas très longtemps qu\u2019Élisabèthe était revenue à L\u2019Itinéraire.Pas mal tout le monde la connaissait ici.On l\u2019appréciait, on aimait sa compagnie.Beaucoup se souviennent d\u2019elle du temps qu\u2019elle s\u2019appelait Jocelyn, un grand gaillard qui avait connu une vie remplie des pires traitements, de rejets, d\u2019embûches.Je n\u2019ai jamais vu un seul camelot lui manquer de respect ou faire des blagues à son sujet même parmi les plus machos.Les préjugés, la méfiance de quelqu\u2019un qui est différent ?« Pas dans la maison », le soulignait avec justesse une de mes collègues.Enfin chez elle Élisabèthe avait enfin trouvé sa place, sa famille à L\u2019Itinéraire, elle qui avait été larguée par la sienne, qui ne tolérait pas sa différence.On voyait bien qu\u2019elle était heureuse d\u2019être parmi nous.Elle faisait même du bénévolat dans la cuisine.On a appris qu\u2019elle était toute contente que, bientôt, elle allait enfin subir l\u2019opération qui réparerait Elle s\u2019appelait Élisabèthe 7 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL P H O T O : ?M A G A L I E ?P A Q U E T P H O T O ?: ?C A M I L L E ?G L A D U ?D R O U I N questions à Tristan Ouimet-Savard 4 a été conservé.Il sera désormais possible de couper le chèque de base de 628 $ par mois d\u2019une personne qui fait sa première demande d\u2019aide sociale et qui n\u2019a pas de contrainte « reconnue ».S\u2019il est vrai qu\u2019il y a eu d\u2019autres programmes obligatoires pour les bénéficiaires de l\u2019aide sociale, c\u2019est bien la première fois que l\u2019on va aussi loin.C\u2019est un recul immense pour le droit au revenu et la lutte à la pauvreté.Force est d\u2019admettre que le gouvernement n\u2019a pas entendu les arguments des différents groupes et organismes qui ont pourtant une connaissance du terrain.Avec la création du programme Objectif emploi, le gouvernement soutient mordicus une vision conditionnelle de l\u2019attribution de l\u2019aide financière de dernier recours.Peut-on prévoir certaines des conséquences de l\u2019application de ce programme sur le terrain ?C\u2019est vraiment le projet de règlement qui définira le cadre et les mesures d\u2019application.D\u2019ailleurs, beaucoup de personnes pensent que le programme Objectif emploi est déjà en vigueur, ce qui provoque de la confusion et du stress.Il est certain que les services actuels à l\u2019aide sociale et de l\u2019aide à emploi ne sont pas adaptés pour répondre aux besoins des personnes qui sont aux bords de la rue ou vivent une situation d\u2019iti- nérance.En ajoutant une couche punitive et obligatoire, on voit mal comment les choses pourront s\u2019améliorer.Au final, on craint que les personnes soient contraintes d\u2019entamer des démarches qui ne répondent pas à leurs besoins et leurs aspirations, que l\u2019accompagnement soit synonyme de Coordonnateur au Regroupement des Auberges du cœur du Québec (RACQ), Tristan Ouimet-Savard revient sur les conséquences de l\u2019adoption du projet de loi 70, désormais appelée Loi 25, sur l\u2019aide sociale aussi appelée l\u2019aide financière de dernier recours. Huit mois après l\u2019adoption de la Loi 25, où en est-on aujourd\u2019hui ?Nous sommes dans l\u2019attente des règlements qui détailleront les modalités pratico-pratiques de la loi, notamment le programme Objectif emploi.Un projet de règlement devrait sortir soit au courant de l\u2019été, soit à l\u2019automne prochain.Nous n\u2019avons que très peu d\u2019informations à ce sujet et donc beaucoup d\u2019inquiétudes malgré le fait que le Ministre dit qu\u2019il « ne laissera personne tomber ».Plusieurs espèrent éviter le pire avec un règlement qui prévoirait un certain nombre d\u2019exceptions ou d\u2019exemptions aux coupures sur le chèque de base pour les personnes dites les plus éloignées de l\u2019emploi, notamment celles en situation d\u2019itinérance.Le programme Objectif emploi est la mesure la plus controversée de cette loi.Quelles ont été les suites des discussions publiques organisées par le gouvernement ?Favorables et défavorables.Favorables, car le ministre François Blais a dit vouloir privilégier le retour aux études et en formation pour les jeunes, plutôt qu\u2019une entrée précipitée et précaire sur le marché de l\u2019emploi.Mais, l\u2019aspect obligatoire du programme contrôle et que cela résulte à des coupures sur les budgets de survie de ces personnes.Ce qui créera davantage de pauvreté et d\u2019itinérance.Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019aide sociale est réformée au Québec.Comment peut-on analyser ces multiples changements ?Je me réfère à Vivian Labrie, chercheure à l\u2019Iris qui indique que, hormis quelques exceptions, presque toutes les modifications apportées à l\u2019aide sociale ont fait perdre sa qualité à cette mesure.Que l\u2019on parle de la baisse constante du montant versé, des critères de sélection plus restreints ou des mesures de discrimination envers certains bénéficiaires, le droit à une aide financière de dernier recours a été constamment charcuté depuis sa création.Pourtant, l\u2019intention du premier législateur était de garantir ce droit en palliant au déficit qui existe entre les besoins d\u2019une famille ou d\u2019une personne et les revenus dont elle dispose.Aujourd\u2019hui, on parle des besoins essentiels, tels qu\u2019ils sont reconnus par la mesure du Panier de consommation.Cet outil de mesure comprend la nourriture, l\u2019habillement, le transport, le logement et autres dépenses.Il faudrait entamer une réelle réflexion sur l\u2019aide sociale afin d\u2019en faire une mesure permettant de lutter réellement contre les inégalités et la pauvreté.Un bon point de départ serait de se référer aux notions de droits, d\u2019égalité et de dignité et d\u2019assurer minima- lement un montant permettant de couvrir sans condition les besoins de base.8 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL PAR NANCY MONGEAU - ÉDITRICE DU JOURNAL DE RUE DE SHERBROOKE de répondre à des questions douloureuses et difficiles en plus de le faire seul ?S\u2019 ils ne sont pas accompagnés d\u2019un parent lors de l\u2019entrevue, quel doit être leur besoin de réconfort alors?Immense j\u2019 imagine.» Projet-pilote concluant Mélanie Bédard n\u2019avait jamais démarré de projet, elle s\u2019est lancée dans l\u2019aventure, convaincue des bienfaits qu\u2019un animal de soutien aurait pour ces jeunes.Après avoir fait des recherches, elle lance le projet-pilote l\u2019été dernier.En 9 mois, Kanak est venu en aide à 67 personnes, en majorité des enfants, mais il est aussi intervenu auprès d\u2019une femme qui avait été séquestrée et violentée par son conjoint.Après avoir reçu des soins à l\u2019hôpital, elle était encore sous le choc au poste et il était difficile de prendre sa déclaration.L\u2019enquêteur responsable de son cas a fait appel à la détective Bédard et à son coéquipier canin.La victime a flatté le labrador tout le long de l\u2019entrevue, elle s\u2019est couchée la tête sur la sienne à quelques reprises et a pu terminer sa déclaration.L\u2019équipe rencontrera aussi une dame âgée victime de maltraitance.Kanak est disponible pour toute victime ou témoin d\u2019un acte criminel ou d\u2019un événement traumatique ayant besoin de réconfort ou de se détendre.Évidemment, les gens doivent aimer les chiens pour que ça fonctionne! Les parents des enfants sont également heureux de voir Kanak et les plus émotifs se penchent vers lui pour le flatter aussi.Mme Bédard se dit la première bénéficiaire de la présence de son nouveau compagnon de bureau grâce à qui elle n\u2019a plus l\u2019impression d\u2019être au travail! Elle ne comprend pas pourquoi il n\u2019y avait pas de ces chiens au Québec avant.Le projet-pilote s\u2019est révélé si concluant que non seulement la présence de Kanak est là pour rester au Service de police de Sherbrooke, mais aussi que la Sûreté du Québec vient de terminer la formation de deux autres chiens pour offrir le même service qu\u2019au SPS.Ailleurs au Canada et dans le monde, des chiens comme Kanak œuvrent déjà au service de la communauté.C\u2019est d\u2019ailleurs en entendant parler des bienfaits du travail d\u2019un chien policier pour une fillette agressée sexuellement que la détective Mélanie Bédard du SPS a eu l\u2019idée de développer ce projet à Sherbrooke.Au Canada, on compte près d\u2019une vingtaine de chiens de soutien, alors que la pratique date de 1989 aux États-Unis où leur nombre se chiffre à 137.Les chiens policiers sont bien connus pour être de fins dépis- teurs de drogue et conduire les agents sur les traces de criminels en cavale, mais les services d\u2019un membre canin ne se limitent pas à ces tâches à Sherbrooke.On a trouvé une tâche bien particulière qui fait beaucoup de bien.Kanak est le premier chien policier de soutien émotionnel du Québec.Il s\u2019est joint à l\u2019équipe du Service de police en juin 2016.Sa principale tâche consiste à soutenir les enquêteurs lors d\u2019entrevues avec des victimes, plus spécifiquement avec les jeunes abusés physiquement, psychologiquement ou sexuellement.La présence de Kanak les apaise et les réconforte, en plus de faciliter la création du lien de confiance avec les intervenants judiciaires et de créer une diversion positive aux événements traumatisants.Kanak est appelé à accompagner les victimes lors de toutes les étapes du processus judiciaire, de l\u2019intervention en première ligne jusqu\u2019au témoignage à la Cour.Le labrador noir apporte un côté humain aux interventions.Quand le choc est trop grand pour les victimes, elles ont parfois de la difficulté à parler, les interrogatoires peuvent être une épreuve pour elles.C\u2019est à ce moment que la présence de Kanak devient essentielle : quand on flatte ce gros toutou, c\u2019est rassurant, ça apaise les angoisses et libère la parole.La détective Mélanie Bédard, instigatrice du projet confie qu\u2019elle avait lu dans un article en provenance de Calgary, un témoignage d\u2019une victime pour qui le chien de soutien avait fait grand bien, mais que ce n\u2019est qu\u2019à l\u2019adoption de leur chien familial qu\u2019elle et son conjoint (lui aussi policier) se sont rendu compte de l\u2019effet d\u2019un animal sur les enfants.« Depuis l\u2019arrivée de notre chiot, nos enfants vont vers lui pour un câlin lorsqu\u2019 ils ont de la peine ou se sont fait mal.Hébétés, on s\u2019est demandé pourquoi ils ressentaient le besoin de se réconforter auprès du chien plutôt que de leurs parents aimants et présents ! Puis on a poussé notre réflexion\u2026 quel doit être le besoin de réconfort d\u2019un enfant abusé physiquement ou sexuellement, négligé, abandonné, quand il doit venir au poste de police (pas toujours accueillant comme endroit) afin de rencontrer un enquêteur -un inconnu qui peut lui paraître intimidant (même si on est vraiment sympathique)- et Sherbrooke Kanak, premier chien en son genre au Québec 9 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA RÉGIONS P H O T O : ?S E R V I C E ?D E ?P O L I C E ?D E ?S H E R B R O O K E L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International?des?Journaux?de?Rue?-?INSP).?Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de?journaux?de?rue.?Le?contenu?de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir?plus,?visitez?www.street-papers.org.TRADUCTION :?GENEVIÈVE?BERTRAND PÉROU | Lutte contre la corruption de l\u2019Amazonie Les représentants des mouvements sociaux, des dirigeants autochtones et des universitaires se sont engagés à lutter contre la corruption qui menace l\u2019Amazonie lors d\u2019un forum majeur qui a eu lieu au Pérou en mai.On y dénonce notamment que les entreprises d\u2019une douzaine de pays d\u2019Amérique latine et d\u2019Afrique, dont le géant de la construction d\u2019Odebrecht, ont payé d\u2019énormes pots-de-vin à des fonctionnaires publics de haut niveau pour gagner des contrats de travaux publics dans la région, menaçant les forêts et les droits des populations autochtones qui y vivent.« La corruption a pénétré la forêt amazonienne comme une maladie qui infecte tout », a déclaré Ruben Siqueira, coordinateur de la Commission pastorale de la Terre (CPT), lors du 8e Forum social panamazonique (FOSPA), qui a réuni les représentants de la jungle de l\u2019Amazonie péruvienne de la société civile de huit pays du bassin amazonien.Le forum, qui a attiré plus de 1600 participants dans le nord du Pérou, s\u2019est terminé avec 24 propositions pour protéger les forêts, l\u2019eau, les terres et les droits des peuples autochtones de la région.(Inter Press Service/INSP) IRAK | Pas d\u2019école pour des milliers d\u2019enfants Ahmed Abdelsattar vend de la crème glacée dans un camp de réfugiés pour les Irakiens déplacés à l\u2019intérieur de leur pays.Il est l\u2019un des dizaines de milliers d\u2019enfants orphelins ou laissés sans abri par la guerre contre l\u2019État islamique.À 17 ans, il devait avoir terminé ses études, mais depuis plusieurs années il est le principal soutien de sa famille.Ahmed avait 14 ans lorsque l\u2019État islamique a balayé Mosul et a déclaré un califat en 2014.Craignant qu\u2019il soit endoctriné et envoyé pour se battre par les militants, ses parents l\u2019ont retiré de l\u2019école.Huzayfa, de son côté, a étudié jusqu\u2019à la cinquième année mais a dû abandonner lorsque l\u2019État islamique est venu.Les militants lui ont enseigné des maths en utilisant des balles, des fusils et des bombes, selon le garçon de 12 ans, qui aujourd\u2019hui vend de la ferraille.L\u2019UNICEF estime qu\u2019environ 1,2 million d\u2019enfants irakiens ne vont pas à l\u2019école dans tout le pays.(Reuters/INSP) ÉTATS-UNIS | Aider les animaux sans-abri et leurs humains SAFPAW (Southern Alliance for People and Animal Welfare), un OSBL du Tennessee qui s\u2019intéresse au bien-être des personnes et des animaux a étendu ses services pour soigner les individus dans la pauvreté ainsi que leurs animaux.SAFPAW fournit un service gratuit de stérilisation des animaux et un transport hebdomadaire à Animal House, son partenaire vétérinaire, en plus d\u2019offrir des soins de santé, y compris des vaccins, des aliments, des colliers, des laisses et des abris, et de la paille pour les animaux vivant à l\u2019extérieur.Il propose aussi des tentes et des sacs de couchage pour les propriétaires d\u2019animaux.L\u2019organisation aide également les sans-abri à obtenir leur certificat de naissance, leur carte de sécurité sociale et des formulaires d\u2019identité de l\u2019État du Tennessee « nécessaires pour commencer et obtenir non seulement des logements et des emplois, mais tous les autres services nécessitant une identification », a déclaré Laurie Green, la fondatrice de l\u2019organisme.(The Contributor/INSP) P H O T O ? : ?M I L A G R O S ?S A L A Z A R / I P S P H O T O ? : ?S A F P A W P H O T O ? : ?M U H A M M A D ?H A M E D / R E U T E R S 10 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 ROND-POINT INTERNATIONAL Bienvenue dans ma jungle À l\u2019adolescence, j\u2019ai eu une perruche, un bocal à poissons avec deux bettas dans ma très petite chambre, avec 50 plantes ! Coco se baladait sur moi et mangeait au bord d\u2019une assiette.Jusqu\u2019à ce que des amis créoles m\u2019expliquent ce que veut dire « coco »* en créole.Je l\u2019ai donc appelé Cocotte.Ma concierge m\u2019a donné un labrador.Il était entraîné à détecter les agresseurs.Un jour, quelqu\u2019un l\u2019a emmené pour soi-disant lui montrer un truc.Il n\u2019est pas revenu.J\u2019ai eu une chienne Pékinoise nommée Jessie et une chatte black tabby-himalayenne-lynx-pointe en triste état.Je l\u2019avais nommée Mimine, mais le vétérinaire l\u2019a enregistrée sous Mémine.Elles étaient malades, je les ai guéries.J\u2019ai eu une chienne tricolore croisée avec un beagle.Elle avait eu quatre maîtres.Le premier partait deux mois et laissait ses chiens chez lui seuls.Elle a aussi été chez un éleveur.Quand on me l\u2019a donnée, je voulais attendre quatre jours, le temps de m\u2019ordonner.La propriétaire de l\u2019animalerie m\u2019a dit que pour un répit, elle la garderait.Quand je l\u2019ai appelée, elle ne voulait pas.Méganne brisait, mangeait tout.Elle sautait dans mes bras.Elle pesait 60 livres.L\u2019éleveur ne lui a pas montré à ne pas tout briser.Mais elle était fine.Je l\u2019attachais quand je dormais ou quand je sortais.Une nuit, elle s\u2019était détachée et marchait doucement.Mémine, à côté de moi, avait un peu peur, craignait qu\u2019elle brise tout.En l\u2019attachant, je me suis dit : « J\u2019aurais dû lui laisser sa chance, elle n\u2019avait rien brisé et elle marchait doucement plutôt que de courir comme un cheval comme avant.» Une fois, pour manger en paix, je l\u2019attache avec sa laisse.Je déguste.Elle avait été élevée pour ne pas japper, et là, elle me lance : « Wouf wouf ! » J\u2019ai cédé : je suis allée lui porter le poulet en courant.Ravoir un animal\u2026 C\u2019est une dose d\u2019amour, comme un bébé dont on peut s\u2019occuper.Ils ne sont pas méchants.On me disait : « C\u2019est à toi de décider, Manon.Pas à ton animal.» Avec ma pratique, c\u2019est moi la maîtresse.Point.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND Les animaux et moi Je suis très déçue de la société.On a parlé beaucoup des pitbulls pour dire qu\u2019ils sont dangereux et pourtant, il y en a beaucoup qui sont très fins, qui ne mordent pas.Il y a d\u2019autres animaux dont on ne parle pas et qui sont méchants, peu importe leur grosseur.À chaque fois que des personnes vont louer un appartement, beaucoup de propriétaires refusent les chiens et chats, et pourtant, ils font partie de notre famille.Où va-t-on les mettre ?J\u2019ai été élevée avec des chiens et des chats.J\u2019en ai eu longtemps.C\u2019était une sécurité pour moi (surtout les chiens) et ça me faisait sortir de la maison.Je me souviens d\u2019une petite chienne, comme une balle de laine, elle était beige et brun foncé, elle avait les oreilles droites.Elle était en parfaite santé, je l\u2019appelais « Princesse ».J\u2019ai aussi eu un Golden, j\u2019habitais encore avec ma mère et ma sœur.Il était beige, un gros toutou, il m\u2019écoutait, c\u2019est moi qui lui avais donné son éducation.Il a grogné une seule fois, je lui ai donné un petit coup sur le côté du museau, assez pour le saisir et il n\u2019a jamais recommencé.Il a même sauvé du monde.Je l\u2019avais donné à une famille en Ontario, sur une ferme.C\u2019était un bon chien de garde.Une fois, quand le fermier était dans les champs, un malfaiteur est entré pour s\u2019attaquer à sa femme et à ses enfants.Le chien était dehors.Il est entré par une autre porte et a attrapé l\u2019individu par le bras, tellement fort qu\u2019on a eu du mal à l\u2019enlever.La femme et les enfants étaient sains et saufs.Aujourd\u2019hui, je ne peux pas avoir d\u2019animal à cause de mes propriétaires.L\u2019affection que je leur donnais et qu\u2019ils me donnaient, c\u2019était vraiment de l\u2019amour, et ça me manque beaucoup.Ma vie avec Doudoune Doudoune, c\u2019est mon bébé et la mascotte de L\u2019Itinéraire.Elle a 7 ans.Elle a été dans un photo-roman qui a été publié dans le magazine.On fait la garde partagée avec mon frère, puisque nous vivons dans le même building.Elle passe la journée avec moi, car il faut qu\u2019elle sente ma présence.Mais le soir, quand c\u2019est l\u2019heure du dodo, adieu Gaétan, bonne nuit Daniel.Aussi loin que je me souvienne, j\u2019ai toujours eu une compagnie animale dans ma vie.Quand j\u2019avais une dizaine d\u2019années, j\u2019avais un poisson rouge et une perruche.J\u2019ai toujours aimé le contact animal, peut-être un peu sauvage.Je restais en région, il y avait un bois en arrière de chez nous et je couraillais après les couleuvres.À un moment donné, j\u2019ai été au zoo de Granby avec mes parents et j\u2019ai fait un tour d\u2019éléphant.Le même jour, je leur ai demandé d\u2019adopter un bébé boa pour un an, mais ma mère a jamais rien voulu savoir.J\u2019ai aussi eu des chiens.Quand j\u2019ai été en appartement, j\u2019ai commencé à faire l\u2019élevage de poissons tropicaux pour le fun.En arrivant à Montréal, je n\u2019avais plus de place en appartement pour avoir des chiens.C\u2019est là que j\u2019ai décidé d\u2019avoir un chat à la place.La première chatte que j\u2019ai eue m\u2019a sauvé la vie.On l\u2019avait trouvée dans la rue, c\u2019était un bébé, elle avait été abandonnée par sa mère.Elle ne voyait même pas encore.J\u2019ai fait son sevrage, et elle m\u2019a vraiment adopté.C\u2019est comme si j\u2019étais sa mère.Quand elle est décédée, j\u2019en ai fait une dépression, il a fallu que j\u2019apprenne à faire mon deuil.Des animaux, ça t\u2019occupe, ça fait une présence, ça calme.Ils ressentent l\u2019amour que tu as pour eux.* Sexe féminin\u2026 JOHANNE BESNER CAMELOT ROSEMONT / IBERVILLE GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE P H O T O : ?P A S C A L ?D U M O N T MOTS DE CAMELOTS En 2013, le Québec comptait plus de 2,5 millions de chats et de chiens, selon une étude réalisée pour le compte de l\u2019Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux, en collaboration avec la Ville de Montréal et le CDMV (Centre de distribution de médicaments vétérinaires), le distributeur pancanadien de produits et services dédiés aux médecins vétérinaires.Difficile néanmoins de savoir combien d\u2019entre eux sont sous la responsabilité de personnes n\u2019ayant pas de domicile fixe et que l\u2019on croise au détour des coins de rue de Montréal.Pourtant, s\u2019il est facile de juger ces propriétaires, il faut aussi se rappeler que leurs chats, chiens, lapins ou rats, etc.sont leurs fidèles compagnons de route.Ils leur garantissent une présence et leurs maîtres sacrifieraient tout pour leur garantir la santé, jusqu\u2019à leur propre logement.Une relation digne d\u2019une véritable amitié.Une jeune femme photographiée par Mikaël Theimer avec son chat sur la tête dans le cadre de Portraits de Montréal.Une initiative photographique visant à mettre en valeur les différents visages de la métropole.P H O T O ?: ?M I K A E L T H E I M E R / P O R T R A I T S ?D E ?M O N T R É A L Dans les locaux de l\u2019organisme Dans la rue, au coin des rues Ontario et Papineau, Nicolas et Angie attendent le vétérinaire qui verra leur lapin, Batman.Ce nom, l\u2019animal le porte en raison d\u2019une tâche de naissance sur son dos qui ressemble à une cape, leur rappelant vaguement celle du super-héros.C\u2019est le seul endroit à Montréal où ils peuvent le faire soigner sans frais.Ce n\u2019est que depuis décembre dernier que Nicolas et Angie ont adopté leur lapin Batman.« C\u2019est notre p\u2019tit gars ! », s\u2019amuse Angie en mettant la main sur son ventre rond.Les deux jeunes, âgés respectivement de 22 et 20 ans, seront bientôt parents.Une nouvelle étape qu\u2019ils sauront franchir en compagnie de Batman.« Il donne de l\u2019attention et de l\u2019amour.Il n\u2019a pas vraiment la personnalité d\u2019un lapin, plutôt celle d\u2019un chien ! », ajoute Angie en scrutant ses moindres actions.« Check, il ne veut pas sortir parce qu\u2019 il a l\u2019habitude que la cage soit fermée ! Oh, il y va quand même ! », s\u2019émerveille Nicolas en le retenant avec son pied pour éviter qu\u2019il ne s\u2019échappe.Si le couple peut bénéficier des services de la clinique pour les animaux, installée les premiers mercredis soirs du mois dans les locaux de l\u2019organisme Dans la rue, c\u2019est grâce à la collaboration établie entre le père Emmett Johns, dit « Pops », et feue Dre Diane Blais, de la Faculté de médecine vétérinaire de l\u2019Université de Montréal, située à Saint-Hyacinthe.Bien que les actions de la clinique soient limitées, les animaux peuvent tout de même être vaccinés et vermifugés.C\u2019est aussi l\u2019occasion pour les jeunes propriétaires de demander des conseils tant sur la stérilisation que sur l\u2019hygiène de vie de leur animal.Grâce aux partenariats de la clinique, il leur est aussi possible de récupérer des sacs de nourriture ainsi que certains médicaments.Aux côtés de Nicolas et d\u2019Angie, David patiente avec ses deux chatons.« Je me suis retrouvé dans la rue en 2013 et je venais ici pour dîner et bénéficier d\u2019autres services.Ces deux-là sont les petits de ma deuxième femelle.» David travaille en prévention auprès des jeunes qui consomment.Il reste bref sur son passé, mais soutient que « lorsqu\u2019on travaille dans ce domaine-là, c\u2019est que l\u2019on a sûrement un certain vécu qui permet de comprendre les jeunes auprès de qui on intervient ».Pour lui qui se souvient de ses colocations qui ne se sont pas bien passées, ses chats sont une façon de briser la solitude, d\u2019éviter la dépression et d\u2019avoir une présence dans son appartement.Pas que de l\u2019altruisme Comme tous les premiers mercredis soirs du mois, date fixe à laquelle est organisée « la vet-night », Yaffa Elling et Étienne Lalonde, intervenants auprès des jeunes de Dans la rue s\u2019organisent.Dès l\u2019arrivée des premiers étudiants, une chaîne humaine est formée afin d\u2019entreposer les quarante à cinquante sacs de nourriture au sous-sol de la bâtisse.« Ces sacs viennent des dons de Saint-Hyacinthe.Mais, je conseille toujours aux jeunes de se renseigner au Mondou de leur quartier pour récupérer des sacs endommagés.Cela permet d\u2019être moins dépendant de notre ressource et de se créer un autre réseau », explique Étienne Lalonde.« On a beaucoup de jeunes pour qui leur animal est leur seul ami, cela signifie que l\u2019animal peut passer avant eux.Puis, c\u2019est aussi plus sécuritaire quand tu dors dans un parc avec ton chien », poursuit-t-il.En général, les jeunes adoptent leur animal quand ils sont dans la rue, ce qui peut poser certains problèmes puisqu\u2019à Montréal, seul un centre d\u2019hébergement pour mineurs qui dépend de Dans la rue accepte des résidents ayant des animaux.« Ce n\u2019est pas évident de gérer les animaux dans un refuge.Il faut souvent rappeler aux jeunes de s\u2019occuper de leur animal, c\u2019est une petite structure.Si tout le monde « Dans la rue, il y en a beaucoup qui ont des chiens ou des rats.Avec leur sac à dos, c\u2019est pas mal tout ce qui leur reste.C\u2019est super important pour eux leur animal, certains sont même prêts à refuser un logement si leur animal ne peut pas être avec eux ! » David Des soins pour les animaux des jeunes marginalisés PAR ALEXANDRA GUELLIL 13 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ?: ?M A G A L I E ?P A Q U E T REPORTAGE chances d\u2019être déprimés, d\u2019adopter des comportements potentiellement dangereux comme la consommation de drogues dures ou autres actes criminels.De plus, ils se confieraient plus facilement aux vétérinaires à propos de ce qu\u2019ils traversent au quotidien.Sur 198 jeunes de la rue interrogés à Toronto, Ottawa, Kingston et Hamilton, 98 avaient des animaux.Tous étaient au moment des entrevues dans des refuges ou des haltes.Pour la chercheuse principale, Michelle Lem, « ces résultats [auraient dû] sonner l\u2019alarme auprès des fournisseurs de services sociaux qui ne permettent pas aux itinérants de rester avec leur animal de compagnie dans les refuges puisqu\u2019 ils refusent de l\u2019abandonner pour avoir accès à un lit ».De plus, elle soutient que les Canadiens ne comprennent souvent pas pourquoi un adolescent vit dans la rue.« Ils y sont habituellement en raison d\u2019une ambiance toxique à la maison, de traumatismes, d\u2019abus, de jugements sévères de leur famille parce qu\u2019 ils sont lesbiennes, gais, bisexuels ou transgenres », explique-t-elle.L\u2019animal leur permet d\u2019éviter les jugements et dans bien des cas leur sauvent la vie.En plus de cette étude, la chercheuse Mme Lem s\u2019est intéressée, le temps de son doctorat, aux effets que peuvent avoir la possession d\u2019un animal pour les jeunes adultes de l\u2019Ontario.« Les animaux domestiques ont des effets bénéfiques dans plusieurs domaines psychosociaux, y compris l\u2019amélioration des relations sociales et de l\u2019estime de soi (\u2026) Les recherches réalisées à ce jour permettent d\u2019appuyer que la possession d\u2019un animal pour un sans-abri peut avoir deux principaux avantages : l\u2019amélioration de la vie sociale, émotionnelle et de la santé physique ainsi qu\u2019une meilleure responsabilisation de l\u2019 individu qui se doit de s\u2019occuper de l\u2019animal », peut-on lire dans sa thèse publiée en 2012.La chercheuse s\u2019appuie notamment sur des recherches de 2011, portant sur le rôle que jouent les animaux domestiques dans la vie des femmes sans-abris dans six grands centres urbains.« Besoin de compagnie, acceptation inconditionnelle, confort, responsabilité, santé, valeur thérapeutique, sentiment de sécurité » sont les principaux bénéfices qui y sont soulignés.vient avec son chien, cela peut devenir ingérable.Aussi, c\u2019est bien beau pour ceux qui ont un chat, mais il y a plus de personnes qui sont allergiques aux chats qu\u2019aux chiens », affirme M.Lalonde.S\u2019ils ne sont pas accueillis dans ce seul refuge qui accepte les animaux, ils doivent donc redoubler de stratégie pour trouver un endroit sécuritaire où passer la nuit.À peine arrivé sur les lieux, le vétérinaire Jean Gauvin consulte la liste de suivis.12 chats, 2 rats, 2 lapins et 23 chiens seront soignés dans l\u2019espace qui fera office de salle de traitement pour la soirée.Certains étudiants sont présents parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une expérience intégrée à leur programme d\u2019études et d\u2019autres le sont pour faire du bénévolat.Tous sont en pratique vétérinaire des petits animaux dans la région de Montréal.Quant aux vétérinaires professionnels, ils sont tous bénévoles.« Pour les étudiants, il s\u2019agit de leur première expérience clinique.C\u2019est vraiment un \u201ceye opener\u201d parce qu\u2019 ils vont rencontrer des personnes qui ne sont peut-être pas aussi chanceux qu\u2019eux dans la vie et ils vont le réaliser.C\u2019est une relation à double sens », soutient Jean Gauvin.Une présence précieuse L\u2019itinérance et la précarité sont souvent associées à une panoplie de préjugés.Et si le fait d\u2019avoir à ses côtés un animal rendait le quotidien plus supportable ?Une étude publiée en mars 2016 par le Collège vétérinaire de l\u2019Ontario à l\u2019Université de Guelph a démontré que les jeunes itinérants ayant des animaux de compagnie ont trois fois moins de « La relation que les jeunes ont avec leurs animaux est incroyable.Ils passent beaucoup de temps avec leurs animaux.Ils sont très bien élevés et très proches.Ils ont une belle complicité ! » Jean Gauvin 14 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 P H O T O ?: ?M A G A L I E ?P A Q U E T Après avoir arrêté de consommer de la drogue, David faisait du bénévolat pour aider les jeunes accros à l\u2019héroïne.Un jour, il a fait la connaissance de deux policiers qui venaient d\u2019arrêter des dealers.À l\u2019arrière de leur voiture, il y avait une chienne qui aurait fini à la SPCA si David ne l\u2019avait pas récupérée.Ce dernier a tout sacrifié pour la soigner, jusqu\u2019à perdre son appartement et ses économies.C\u2019est la raison pour laquelle, il s\u2019est retrouvé à la rue.Source : Portraits de Montréal P H O T O ?: ?M I K A E L T H E I M E R / P O R T R A I T S ?D E ?M O N T R É A L Portraits de Montréal Thibault Carron et Mikaël Theimer Éditions Guy Saint-Jean - 2017, 360 pages C\u2019est justement parce que David ne pouvait pas entrer dans un refuge avec son chien, Diamond, qu\u2019il restait dans la rue.« Si tu lui enlevais son chien, il n\u2019avait plus de raison de vivre.Il préférait vivre avec son chien dans des conditions de misère plutôt que de s\u2019en séparer et regagner un semblant de dignité », témoigne Mikaël Theimer auteur de la photo ci-contre et de la une de ce magazine.Derrière chaque photo se cache une histoire.« Ce cliché est parmi les derniers que j\u2019ai faits de David.Quand je l\u2019ai vu la première fois, j\u2019étais sorti au centre-ville pour faire des photos pour Humans of the Street, le sous-blogue que je venais de créer pour compiler toutes les histoires d\u2019 itinérance qu\u2019on obtenait dans Portrait de Montréal », raconte le jeune photographe.David était alors sur le trottoir d\u2019en face, en train de quêter avec son chien, assis, penché en avant, une main tendue vers l\u2019avant et faisant des mouvements de va-et-vient, la tête baissée.« Je me suis dit qu\u2019il paraissait en manque de son fixe et qu\u2019il était préférable de ne pas y aller.Puis, je me suis entendu penser cela et je me suis rappelé que je faisais un projet pour lutter contre ces préjugés alors que je faisais exactement la même chose », se souvient le photographe.Ce dernier a donc traversé la rue pour discuter avec David.« Je lui ai demandé en anglais et en français s\u2019 il allait bien et il a relevé la tête en me faisant un large sourire et m\u2019a dit \u201cOh yeah I was just praying ! \u201d.La simplicité de sa réponse m\u2019a vraiment surpris, considérant sa situation, cette réponse m\u2019a mis une claque », se souvient-il.C\u2019est à ce moment-là que David lui partage la raison pour laquelle il était dans la rue : avoir dépensé jusqu\u2019au dernier cent pour soigner sa chienne, Diamond.Bien plus qu\u2019une photo À la suite de ces premiers clichés, les internautes qui suivent Portraits de Montréal sur les différents réseaux sociaux ont pu connaître l\u2019histoire de David : celle d\u2019un homme qui ne l\u2019a pas eu facile dans la vie, mais qui avait bel et bien arrêté de consommer, trouvé un logement jusqu\u2019à tout perdre pour soigner son animal.« Au début, on se questionnait beaucoup sur le poids qu\u2019ont nos clichés\u2026 en terme d\u2019 intrusion, seconde Thibault Carron.Puis, l\u2019histoire de David et Diamond ou encore celle de France Lapointe (camelot de L\u2019Itinéraire) ont bien prouvé qu\u2019une photo peut valoir bien plus.» Après la publication de la photo de David et Diamond, beaucoup de personnes souhaitaient aider.Si bien que cette publication a permis de lui dénicher un appartement.Les deux photographes se sont alors empressés d\u2019annoncer la nouvelle en ligne en prenant un cliché de David montrant tout sourire son nouveau bail.Ce que cette photo ne révèle pas, c\u2019est que depuis le mois de novembre dernier, Mikaël Theimer et Thibault Carron n\u2019ont plus de nouvelles de David.« On a su qu\u2019il était dans une situation un peu difficile juste avant l\u2019hiver, il n\u2019avait plus de place où rester.Son passé est revenu le hanter avec des dettes qu\u2019il aurait contractées en Nouvelle-Écosse », commente Mikaël Theimer.S\u2019ils n\u2019ont pas pu le contacter pendant quelque temps en raison de déplacements hors de Montréal, les deux photographes se sont rendus dans les endroits « où il avait l\u2019habitude de traîner », sans résultat.À la question de savoir quelle photo a le plus marqué les deux photographes, un silence s\u2019installe.Mikaël Theimer mentionne une série de clichés pris avec David et Diamond qui semble encore beaucoup le toucher « pour toute l\u2019histoire qu\u2019elle porte » et Thibault Carron parle de France Lapointe, camelot sur le Plateau Mont-Royal.« J\u2019habite deux blocs plus loin que son spot.Je la vois tous les jours.À la première rencontre, elle me disait qu\u2019elle n\u2019avait jamais laissé personne la prendre en photo parce qu\u2019elle ne s\u2019aimait pas.Sans lui parler, juste en l\u2019écoutant, elle m\u2019a laissé la photographier.De voir l\u2019effet positif que ce cliché a eu sur elle, ça m\u2019a beaucoup aidé à continuer ce projet.» Comme quoi, au détour des rues montréalaises, il est possible que certaines rencontres laissent des traces indélébiles.« Jamais sans Diamond » PAR ALEXANDRA GUELLIL « On arrive à un moment où les gens ne sont pas prévenus.Ils sont donc photographiés dans un moment d\u2019authenticité » Thibault Carron 16 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 PHOTOGRAPHIE P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Thibault Carron et Mikaël Theimer été très importants dans ma vie.Lorsque je devais me faire soigner ou subir un examen médical important, je pensais très fort à mes chiens qui étaient restés chez nous.Cela me rassurait et me rendait plus patiente et joyeuse.L\u2019animal, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un chien ou d\u2019un hamster, peut être un formidable lien dans une relation entre des êtres humains.En quoi cette présence animale peut-elle aider les humains au quotidien ?VALÉRIE GOSSELIN : Dans le cas d\u2019une thérapie, l\u2019animal joue généralement le rôle d\u2019un trait d\u2019union entre le thérapeute et le patient.Sa présence lors d\u2019une séance permet de moins attirer l\u2019attention sur le malaise ressenti lorsqu\u2019on se confie à un étranger.Souvent, quand un enfant vient à la clinique, c\u2019est parce qu\u2019il a vu beaucoup d\u2019autres psychologues avant et qu\u2019il n\u2019a pas réussi à s\u2019ouvrir à eux.Il y a un transfert de qualités qui s\u2019effectue de l\u2019animal à l\u2019adulte.L\u2019enfant attribue à l\u2019adulte des qualités habituellement reconnues aux animaux : l\u2019amour inconditionnel, la gentillesse ou le non-jugement.J\u2019ai l\u2019exemple d\u2019une petite fille, qui avait alors 7 ou 8 ans, et qui vivait beaucoup d\u2019intimidation à l\u2019école parce qu\u2019elle était un peu enveloppée physiquement.Lors de notre rencontre, j\u2019ai amené avec moi un chiot carlin, lui aussi un peu enveloppé donc.En faisant une mise en situation, j\u2019ai commencé à rire du chien devant elle.Sans hésiter, elle a pris sa défense et j\u2019ai pu lui expliquer que les mauvais mots qu\u2019on lui disait à l\u2019école ne remettaient pas en cause l\u2019amour que l\u2019on pouvait lui porter et l\u2019estime qu\u2019elle devait avoir d\u2019elle-même.JANICK AUBERGER : Il faut noter aussi que l\u2019animal ne juge pas son maître, quel qu\u2019il soit.La relation avec un animal peut être interdépendante : un chien a besoin de son maître pour se nourrir et le maître a besoin de lui pour survivre parfois.Aussi, l\u2019animal a un autre rapport Les animaux, par leur simple présence, apaisent souvent les hommes.Comment peut-on expliquer cette relation si particulière ?Éléments de réponses avec les points de vue de Janick Auberger et Valérie Gosselin.La première est professeure d\u2019histoire ancienne à l\u2019Université du Québec à Montréal et s\u2019est particulièrement intéressée à la relation que les hommes entretiennent avec les animaux depuis l\u2019Antiquité.La seconde est psychologue, fondatrice et co-directrice de la Clinique Amis-Maux, un établissement multidisciplinaire privé offrant des services thérapeutiques spécialisés avec des animaux, à Québec.Les animaux domestiques, particulièrement les chiens, sont-ils vraiment les meilleurs amis de l\u2019humain ?JANICK AUBERGER : Je dirais qu\u2019ils sont plus des « associés » que des amis.En généralisant à grand trait, il faut rappeler que la domestication du chien est liée à l\u2019urbanisation.Il me semble que jusqu\u2019au 20e siècle, seules les personnes riches pouvaient se permettre d\u2019entretenir un animal qui « ne servait à rien ».Ce luxe était réservé à un groupe social qui pouvait se le permettre.Le chien était alors un très bon associé pour la chasse alors que dans le monde rural, il servait à la garde des propriétés ou des troupeaux.D\u2019ailleurs, dès le 18e siècle, on voyait des tableaux représentant ces dames aristocrates avec un petit bichon dans les bras et ces messieurs avec le chien à leurs pieds.Tant que l\u2019on vivait à la campagne, on avait moins besoin des animaux domestiques puisque l\u2019on était en contact permanent avec eux.À partir du moment où nous avons été coupés de la nature, on a eu besoin de la retrouver en ville, à travers l\u2019animal familier.Il faut aussi rappeler que l\u2019exode s\u2019est accompagné de la solitude, de l\u2019individualité.Notamment parce que les familles faisaient plus d\u2019enfants à l\u2019époque.L\u2019animal domestique est arrivé dans les foyers pour compenser un peu tout cela.VALÉRIE GOSSELIN : Je pense que oui parce que c\u2019est avec eux que l\u2019on communique le plus au niveau non-verbal.Remarquez qu\u2019un chien vous regardera complètement dans les yeux et de façon plus prolongée que peut le faire un chat.De nombreux propriétaires disent d\u2019ailleurs que « leurs chiens regardent leur âme ».C\u2019est en tout cas cette idée qui ressort le plus.Pour ma part, les chiens ont toujours Relation homme et animal Des compagnons à vie PAR ALEXANDRA GUELLIL « La présence de l\u2019animal en thérapie est un trait d\u2019union : elle fait oublier le malaise des confidences faites à un inconnu. » Valérie Gosselin 17 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ? : ?C L I N I Q U E ?A M I S - M A U X Valérie Gosselin ENTREVUE CROISÉE au monde que nous.Beaucoup de philosophes, écrivains ou chercheurs ont de tout temps été fascinés par la façon dont les animaux pouvaient voir le monde.Un chien n\u2019a aucune conscience de la classe sociale de son maître tant que ce dernier répond à ses besoins.Pour ma part, je continue de croire que le chien qui est en relation fusion- nelle avec son maître n\u2019a aucune raison d\u2019être malheureux, même si son maître est dans une situation vulnérable.La pauvreté n\u2019est certainement pas un trait de caractère et l\u2019animal peut justement empêcher l\u2019humain de se laisser aller.Les animaux peuvent-ils réellement comprendre les humains ?VALÉRIE GOSSELIN : Je pense que oui et bien plus qu\u2019on ne le pense.En faisant de la thérapie avec des chiens et des enfants vulnérables, juste au regard de l\u2019animal, j\u2019ai toujours eu l\u2019impression qu\u2019il parvenait à capter ces choses-là, qu\u2019il comprenait les moments difficiles racontés par l\u2019enfant.J\u2019ai en tête de nombreuses images de chiens qui restent aux côtés d\u2019un enfant qui se confie sans attirer l\u2019attention sur eux.Et cette présence apaise l\u2019enfant qui continue de se confier sur des éléments difficiles de sa vie.C\u2019est très particulier, il faut le voir pour le croire.Sigmund Freud a écrit sur la relation animal-en- fant.Il pensait que ces derniers se reconnaissaient beaucoup en eux.Inconsciemment, l\u2019enfant se sent comme l\u2019égal de l\u2019animal.Il sent qu\u2019il est dans le même bateau que lui et cette relation est souvent incompréhensible pour les adultes.Comme si l\u2019enfant était finalement l\u2019ami inconditionnel de l\u2019animal et inversement.JANICK AUBERGER : On aime le croire.De façon générale lorsqu\u2019on parle de nos animaux, je crois qu\u2019il y a beaucoup d\u2019anthropomorphisme.On a souvent l\u2019impression qu\u2019ils nous comprennent parce que l\u2019on projette sur eux ce que l\u2019on a envie de voir.Les animaux, à des degrés divers, sont plus susceptibles que d\u2019autres de développer des relations avec l\u2019humain.Idéalement, tout enfant devrait être éduqué au contact de l\u2019animal.Par contre, il ne faudrait pas légitimer ce que j\u2019appelle le manque de respect pour l\u2019animal.On a tendance dans cette relation à oublier que l\u2019animal, souvent le chien, n\u2019est pas une poupée ou pire le fils que l\u2019on n\u2019a pas eu.Oui, il faut l\u2019intégrer à la famille, mais ce n\u2019est pas un objet ou un esclave que l\u2019on domine et il ne prend pas la place d\u2019un enfant ! Le chien n\u2019a pas les mêmes besoins que l\u2019humain, même s\u2019il est totalement domestiqué aujourd\u2019hui et donc dépendant, il ne faut pas oublier que jadis il vivait en meute.Et les êtres humains comprennent-ils réellement les animaux ?JANICK AUBERGER : Je crois au contraire que les animaux nous comprennent plus qu\u2019on dit les comprendre.Il y a quand même des millénaires que le chien est habitué à essayer de comprendre ce que l\u2019on veut de lui, mais je ne sais pas si nous essayons réellement de le comprendre.Il est là et cela nous suffit.On ne peut cependant pas nier que la relation entre l\u2019homme et l\u2019animal crée des habitudes et des attentes qui sont bien souvent remplies.Cela est vrai avec le chien comme avec tous les autres animaux : un troupeau de vaches peut paraitre anonyme, mais si vous n\u2019avez qu\u2019une vache de qui vous êtes proches, les relations seront plus sensibles.Si vous avez un cheval qui vous appartient vraiment, je pense que la compréhension sera plus complète qu\u2019un cheval que vous montez à de quelques rares occasions.Par contre, il ne faut pas oublier que cette compréhension s\u2019installe à des degrés divers.En ce sens où je ne sais pas s\u2019il est si facile que cela d\u2019avoir une relation avec un poisson rouge ! (rires) VALÉRIE GOSSELIN : Cela dépend vraiment de l\u2019être humain dont nous parlons.Je pense qu\u2019il y a des personnes qui comprennent réellement les animaux, mais il y a beaucoup plus d\u2019animaux qui parviennent à comprendre les humains.Je crois que la sensibilité n\u2019est pas la même pour tous les animaux.Les êtres humains les plus sensibles et conscientisés seront aussi plus sensibles aux animaux que d\u2019autres.J\u2019ai vu des personnes, blessées intérieurement, qui sont cruelles avec leur animal.Elles ne sont pas du tout en contact avec lui et ne sont pas conscientes de leur sensibilité.La compréhension de l\u2019être humain à l\u2019animal ne vient pas d\u2019emblée, ce qui n\u2019est pas le cas pour l\u2019animal.Que pensez-vous de ce lien puissant qui peut exister entre des animaux et des personnes démunies ?JANNICK AUBERGER : Je crois que la présence de leur animal redonne l\u2019occasion d\u2019avoir des relations qu\u2019elles ont peut-être perdues.C\u2019est important de compter pour quelqu\u2019un, d\u2019être responsable de quelqu\u2019un et de savoir que ce quelqu\u2019un compte sur vous en retour.Je crois que l\u2019animal apporte ce besoin de valorisation et de tendresse.Par exemple, un chien permet à son maître de garder la tête hors de l\u2019eau, il s\u2019en fiche d\u2019être dans la rue ou que son maître le soit.D\u2019ailleurs, sa présence peut contraindre son maître à avoir une vie un peu plus stable et régulière.Ils deviennent ainsi des compagnons de galère.VALÉRIE GOSSELIN : J\u2019ai rencontré des personnes dans la rue à titre d\u2019intervenante et ce qu\u2019elles me disaient le plus souvent c\u2019est qu\u2019elles se reconnaissaient en leur animal.La plupart d\u2019entre elles avaient été prises en refuge, mais personne ne voulait de leur animal.Ils vivaient le rejet de l\u2019autre ensemble (\u2026) C\u2019est ce que l\u2019on appelle en psychologie de la projection.Je pense que les personnes qui vivent des événe- ments difficiles sont mieux avec les animaux.Le rapport est différent puisqu\u2019ils font plus confiance à l\u2019animal qu\u2019aux autres humains qui les ont blessés.J\u2019ai reçu des personnes en thérapie qui ont été abusées sexuellement et l\u2019expérience thérapeutique avec un animal n\u2019est pas du tout la même.Dans la plupart des cas, l\u2019animal les aidait à parler de leur traumatisme.Alors j\u2019imagine facilement que dans la rue, le lien est aussi fort pour cette principale raison.« La relation de l\u2019enfant à l\u2019animal ressemble beaucoup à celle du primitif à l\u2019animal.L\u2019enfant ne présente pas encore la moindre trace de l\u2019orgueil qui, par la suite, pousse l\u2019Homme civilisé adulte à séparer sa propre nature de tout le règne animal par une ligne de démarcation tranchée.Sans hésiter, il accorde à l\u2019animal d\u2019être pleinement un égal, reconnaissant sans inhibition ses besoins ; il se sent sans doute davantage parent de l\u2019animal que de l\u2019objet, qui est vraisemblablement énigmatique pour lui.» Totem et tabou, Sigmund Freud Info-philo 18 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 Janick Auberger P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Lors de la Consultation publique sur le profilage racial et le profilage social du 29 mai 2017, Marjolaine Despars, coordonnatrice au Rapsim a alerté sur le besoin d\u2019une analyse des effets de la réglementation sur les populations itinérantes.Serge Lareault, Protecteur des itinérants à la Ville de Montréal, déclarait alors que c\u2019était « effectivement une mesure qui fait partie du Plan interministériel en itinérance 2015-2020 [mesure 103].Dans les prochaines semaines, il va y avoir des rencontres et comités pour faire avancer ce dossier-là et faire un plan de travail pour analyser les règlements les plus litigieux qui peuvent être difficiles pour les personnes de la rue et qui peuvent mener à leur judiciarisation.Le Plan interministériel va jusqu\u2019en 2020, on va, je l\u2019espère s\u2019y attaquer très bientôt avec la Clinique Droits Devant, la Cour municipale et le réseau de la santé.» Dans une communication écrite, la Ville de Montréal nous a informé qu\u2019elle « avait prévu une fonctionnalité au niveau du système permettant d\u2019émettre un permis animalier lorsque le demandeur n\u2019a pas d\u2019adresse fixe ».La municipalité assure également que depuis le 1er janvier, le permis animalier est gratuit pour les itinérants grâce au règlement sur les tarifs pour l\u2019exercice 2017 tant que le demandeur prouve qu\u2019il a eu recours lors des six derniers mois à un des huit organismes accrédités (Dans la rue, Diners St-Louis, Dopamine, Le Sac à Dos, Refuge des jeunes, Mission Bon Accueil, Plein milieu, RAP Jeunesse).Elle aurait aussi distribué gratuitement des laisses, des harnais et des muselières pour les chiens appartenant à des itinérants.Aucune précision n\u2019a été faite sur la possibilité de modifier cette présente mesure étant donné que des procédures judiciaires sont en cours.Les réponses de la Ville de Montréal Tous les chiens doivent être tenus en laisse d\u2019une longueur maximale de 1,85 m.Les chiens de plus de 20 kg doivent porter un harnais ou un licou.Tous les chiens de type pitbull incluant les pitbull terrier américain, terrier américain du staffordshire et les bull terrier du staffordshire doivent, lorsqu\u2019ils se trouvent à l\u2019extérieur d\u2019un bâtiment, être sous la surveillance d\u2019un gardien âgé de 18 ans ou plus, muselés, tenus au moyen d\u2019une laisse d\u2019une longueur maximale de 1,25 mètre.Quiconque contrevient au règlement est passible, pour une première infraction, d\u2019une amende de 300 $ à 600 $; ou d\u2019une amende de 500 $ à 750 $ lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une infraction pouvant poser un risque à la sécurité (morsures, absence de laisse ou de muselière) Le règlement sur le contrôle des animaux en bref Source : Site officiel de la Ville de Montréal Le règlement ne s\u2019intéresse qu\u2019à certaines races de chiens sans prendre en compte le fait que l\u2019agressivité d\u2019un animal dépend de plusieurs caractéristiques.Peu d\u2019informations sont données quant aux croisements issus des races visées par le règlement.L\u2019Ordre des médecins vétérinaires du Québec a d\u2019ailleurs été formel : il est impossible d\u2019identifier d\u2019un simple regard la race d\u2019un chien.Pour obtenir un « permis spécial », un maître doit fournir une adresse fixe.Ce qui pose évidemment problème pour une personne itinérante.De plus, les frais relatifs à ce permis sont fixés à 150 $.Un tarif prohibitif pour les personnes n\u2019ayant pas les ressources nécessaires.De plus, les chiens de plus de 20 kg doivent porter un harnais ou un licou dès qu\u2019ils sont à l\u2019extérieur.Que fait-on de ceux qui vivent dans la rue avec leurs maîtres ?Une personne déclarée coupable d\u2019un crime dans les cinq dernières années ne peut garder son chien.Il devra obligatoirement être euthanasié.Cette mesure a un impact important dans les refuges qui reçoivent ces animaux.Rappelons que le projet de loi 54 sur la protection des animaux redéfinit l\u2019animal en tant qu\u2019être « doué de sensibilité ».Plusieurs points de ce règlement municipal sont contradictoires.Les objections de la SPCA Montréal Le point avec Me Sophie Gaillard, avocate à la SPCA Montréal Ce règlement ne prend pas en compte l\u2019ensemble des animaux.Le port permanent du harnais ou d\u2019un licou ferait que les chiens vivant aux côtés de leurs maîtres dans la rue devraient être attachés 24h sur 24 et 7 jours sur 7.Beaucoup de personnes itinérantes ont fait des rues de Montréal leur lieu de résidence.Cette mesure les poussent à l\u2019extérieur de la ville et donc loin des ressources, Le projet de loi 128 visant « à favoriser la protection des personnes par la mise en place d\u2019un encadrement concernant les chiens » prévoit de bannir certaines races de chiens, sans preuve que ce type de chien est réellement plus dangereux que d\u2019autres races.Les objections de la CPSPC Le point avec Sabrina Sabbah, présidente de la CPSPC En juin 2016, une Montréalaise a été tuée par un chien de type pitbull.En réponse à cela, la Ville de Montréal a adopté un nouveau règlement sur le contrôle des animaux.La polémique a été si vive que dans son dernier Bilan des nouvelles, la firme Influence communication a noté que les histoires de pitbull ont défrayé la chronique.Alors que le règlement ressemble à un besoin d\u2019acheter la paix sociale, certaines des mesures sont critiquées par la SPCA Montréal et la Coalition pour la promotion de la sécurité des personnes et des chiens (CPSPC).Entre incompréhension et désarroi PAR ALEXANDRA GUELLIL P H O T O ?: ?P A T ?( 1 2 3 R F ) Avoir un animal de compagnie est thérapeutique.Je ne sais pas si c\u2019est le cas, mais il semble te reconnaître.C\u2019est comme un ami.On les humanise depuis toujours.On parle beaucoup des chiens, mais Cléopâtre avait un tigre, selon la bande dessinée.Dans Les aventures de Tintin, il y a Milou.Hergé a humanisé les animaux tout comme Walt Disney : Pluto, Mickey, Donald, Dumbo, Jolly Jumper, Rantanplan.Puis il y a ceux, surtout les chiens, utiles à l\u2019homme.Le saint-bernard qui cherche les disparus en montagne, les chiens renifleurs.Les chiens ont toujours eu une place auprès des hommes parce qu\u2019ils semblent nous comprendre et posséder une forme d\u2019intelligence.TUAN TRIEU HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA Chez moi, j\u2019ai un aquarium de 70 gallons avec des poissons d\u2019eau froide.Je trouve ça reposant.J\u2019aime le son que ça fait.J\u2019ai aussi une chatte que j\u2019appelle Guidoune.L\u2019émotion est intense avec elle parce qu\u2019il s\u2019est créé un lien et son non-verbal est aussi fort que le verbal d\u2019un humain.C\u2019est une amie et une confidente, elle est affectueuse.Je lui parle, elle me regarde\u2026 Rien que sa présence est phénoménale.Je reste dans un bloc, mais elle est libre d\u2019aller dehors.Je veux qu\u2019elle profite de son existence et à 4 h du matin, elle me réveille pour aller voir ses amis à l\u2019extérieur.Perdre ma chatte serait un gros morceau.DANIEL RICHER CAMELOT MÉTROS SQUARE-VICTORIA ET BONAVENTURE Adolescent, j\u2019avais une chatte, Minoune, et une chienne, Fräulein.Elle était pas mal plus jeune que Minoune et elles aimaient se taquiner.À la longue, Fräulein protégeait Minoune comme si elles savaient qu\u2019elles faisaient partie de la même famille.Un chat c\u2019est l\u2019affection et un chien, la fidélité.Ça t\u2019amène parfois des choses que l\u2019on ne peut pas aller chercher chez les humains, comme la simplicité sentimentale.Les animaux sentent quand tu n\u2019es pas bien, ils viennent presque te consoler.Y\u2019a pas de double jeu avec eux.Quelque part, ne pas avoir d\u2019animal me manque, mais un chien c\u2019est beaucoup d\u2019entretien et un chat ne devrait pas être emprisonné en ville.JAMES RICE CAMELOT DE LORIMIER / VIGER Mes clients me confient souvent leurs animaux quand je suis sur mon spot, à la SAQ.J\u2019adore ça ! Ça fait du bien d\u2019avoir un animal avec soi.Je m\u2019en occupe minutieusement, je les protège, j\u2019en prends soin, je les flatte, je suis très douce avec eux et ils se sentent bien avec moi.Un animal ressent tout alors si tu l\u2019aimes, il le sait.J\u2019aimerais en avoir de nouveau.Ça me tiendrait compagnie, mais là où je reste, c\u2019est interdit.On a juste le droit de ne rien faire et de rester seul.C\u2019est aussi une grande responsabilité d\u2019avoir un animal.Pour le moment, je n\u2019ai pas les conditions qu\u2019il faut, mais j\u2019aime socialiser avec un animal.Puis quand tu files pas, ils le savent et viennent te voir.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / DE MENTANA Mon chat, Clément, était là quand j\u2019ai déménagé ; inclus avec le chauffage et l\u2019eau chaude.Lorsqu\u2019il est arrivé chez moi, il devait avoir erré deux ans depuis le décès de sa maîtresse, ma voisine.Mon chat est important pour moi.Je me rappelle avoir eu à m\u2019absenter trois jours et être revenu au bout d\u2019une journée et demie parce que je craignais pour lui.Il est comme un enfant pour moi et tellement rigolo ! Ça me stresse de ne pas connaître son âge réel.Je sais juste qu\u2019il a au moins l\u2019équivalent de 84 ans.Mon père est décédé à 81 ans ; on s\u2019y attendait.Pour mon chat, je me sens impuissant.Alors je fais très attention à lui.MARC SENÉCAL CAMELOT MARCHÉ ATWATER Je pense que pour quelqu\u2019un de célibataire, c\u2019est une manière de s\u2019occuper d\u2019un être vivant.J\u2019ai eu plusieurs chats et des perruches.La première fois, j\u2019avais 13 ou 14 ans.Mes perruches venaient sur mon épaule, picoraient du pain que je tenais dans ma bouche.C\u2019est paradoxal car d\u2019un côté, avoir un animal me manque, mais d\u2019un autre pas du tout.Il y a l\u2019aspect financier, les contraintes et en même temps, j\u2019aimerais retrouver cette présence.Tu entres rapidement dans une relation de complicité avec ton animal.Je pense qu\u2019on s\u2019entoure d\u2019animaux très facilement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas de préjugés.Moi, j\u2019aimerais avoir un chien, mais je n\u2019ai pas les moyens de m\u2019en occuper.J\u2019ai juste assez d\u2019énergie pour m\u2019occuper de moi.FRANCK LAMBERT CAMELOT MÉTRO FRONTENAC ET MONT-ROYAL/SAINT-LAURENT Je trouve que les êtres humains considèrent trop souvent les animaux comme des objets et pas assez comme des êtres vivants qui ont des droits.Mais il ne faut pas oublier qu\u2019avoir un animal ne signifie pas qu\u2019il t\u2019appartient.Tu t\u2019en occupes et en retour, il s\u2019occupe de toi.Parfois, je vois des maîtres qui demandent trop à leur animal, mais en fait, ils les aiment seulement s\u2019ils font ce qu\u2019ils veulent.Ça me rappelle ce matin, lorsque j\u2019ai vu un moineau, entre l\u2019oisillon et l\u2019adulte, qui ne pouvait pas voler.Il traversait la rue et risquait de se faire frapper.Je me suis demandé s\u2019il fallait que je le prenne jusqu\u2019à ce qu\u2019il puisse voler\u2026 Je savais que je pouvais intervenir, mais en même temps, ma réalité fait que je ne peux pas le récupérer.SYLVAIN RICHER CAMELOT MÉTRO MCGILL On raconte que Saint-François d\u2019Assise est le patron de l\u2019écologie parce que pour lui, les animaux sont ses frères et sœurs.On raconte aussi qu\u2019un loup, mauvais, se serait abaissé devant lui.Un animal domestique, c\u2019est un compagnon incapable de faire des mathématiques parce qu\u2019il n\u2019est pas logique, mais il est intelligent d\u2019instinct.La relation avec un animal éloigne la solitude.Quand tu as un animal, tu parles avec lui.Pourquoi des gens disent qu\u2019ils aiment mieux leur chien qu\u2019un humain ?Parce que les animaux sont innocents.Ils n\u2019ont rien à voir avec les catastrophes et les déséquilibres de notre monde.SERGE TRUDEL CAMELOT SAINTE-CATHERINE / MORGAN Chez ma mère, j\u2019ai un labrador.Mes neveux et nièces en prennent soin le temps que je trouve un autre logement.Il y a des membres de ma famille qui l\u2019appellent Gaston Lagaffe et il le porte bien.Ça me rendait de bonne humeur d\u2019avoir un animal de compagnie.Je le sortais quatre fois par jour, même en pleine nuit ! Puis, ça me permettait d\u2019être entouré, parce que les gens le trouvaient beau.Bien des fois, on fait des belles rencontres grâce à un chien ! J\u2019ai hâte de le récupérer.Dans mon bloc, j\u2019ai le droit d\u2019avoir un animal s\u2019il est stérilisé.Je trouve plate que certains propriétaire interdisent les animaux parce qu\u2019on les considère comme dangereux.Il me semble que les maîtres sont responsables de leur chien et non l\u2019inverse.SYLVAIN CLOT CAMELOT SAINT-DENIS / ONTARIO 21 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA Zoom sur un partenaire qui fait la différence?: Café de la Maison Ronde Situé dans le square Cabot, le Café de la Maison Ronde est un lieu convivial où il fait bon prendre un café en plein air et déguster des spécialités autochtones.Ce projet d\u2019économie sociale, géré par l\u2019Itinéraire, favorise l\u2019inclusion socioprofessionnelle des personnes en situation de précarité.Un système de café-repas en attente vous permet d\u2019en commander un pour soi-même et d\u2019en payer un autre qui sera offert, par la suite, à un client qui pourrait en avoir besoin.Découvrez cet endroit dynamique et participez aux nombreuses animations et activités offertes tout au long de l\u2019été dans le square.Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie \u2022 \u2022 1 7 - D L S D S - 8 4 facebook.com/Caferhousemtl COUP DE CHAPEAU Collectivement, nous travaillons à favoriser la mixité sociale?! ?LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS QUARTIERS conflagration générale, dévorant pas moins de 108 maisons en près de trois heures dans la partie ouest de la ville.On rapporta par ailleurs qu\u2019une vingtaine de barils de poudre explosèrent lors de cet incendie.S\u2019il n\u2019y eut que trois victimes, les ravages matériels causés par l\u2019incendie furent désastreux, car aucun bien n\u2019était assuré.Deux-cent-quinze familles se retrouvèrent du coup sans logis et nombreuses furent celles qui, ruinées, se virent condamnées à vivre de la charité publique.Les enfants trouvés Depuis 35 ans, tous les jours que Dieu fait, je m\u2019occupe des enfants de la Crèche.Fondée par Mère d\u2019Youville en 1754, la Crèche occupe une partie de l\u2019Hôpital général, à la Pointe-à-Callière.Notre chère fondatrice a ouvert ce refuge pour les enfants abandonnés après avoir découvert un bébé poignardé dans les eaux glacées de la rivière Saint-Pierre.Depuis ce temps, les pauvres déposent régulièrement leurs petits au « quai des enfants trouvés » en bordure de la rivière.Nous accueillons ces enfants à la Crèche et nous faisons tout en notre pouvoir pour leur trouver une famille d\u2019adoption.Mais trop souvent, ils finissent par grandir auprès de nous.Nous en prenons soin avec amour, nous les instruisons et nous veillons à ce qu\u2019ils deviennent des sujets honnêtes, dévoués à l\u2019Église et utiles à la société.Notre bonne Mère d\u2019Youville est décédée en 1771, ce qui m\u2019a causé une immense peine.Mais elle a laissé derrière elle le souvenir d\u2019une femme dévouée et dotée d\u2019un sens aigu des affaires.Peu de temps après mon arrivée dans la communauté, elle a acheté la seigneurie de Châteauguay pour mieux développer son œuvre.Elle a fait construire un moulin, cultiver la terre et planter des pommiers pour assurer notre subsistance et celle de nos protégés.Par la suite, c\u2019est Sœur Despins, puis Sœur Coutlée qui ont pris la relève et assuré l\u2019expansion de la congrégation.Nous reconnaissons être réuni-e-s sur un territoire non cédé de la nation Mohawk Les Sœurs Grises, les premières travailleuses sociales 1802 \u2013 Je m\u2019appelle Sœur Catherine, j\u2019ai 58 ans et je sens que je ne serai plus de ce monde bien longtemps, car la vieillesse m\u2019assaille.Je remercie Dieu de m\u2019avoir choisie pour consacrer ma vie aux œuvres des Sœurs Grises et de pouvoir marcher dans les pas de notre bien-aimée fondatrice Mère Marguerite d\u2019Youville.Il s\u2019en est passé des événements depuis mon entrée comme novice chez les Sœurs Grises de Montréal en 1764 ! J\u2019avais alors 20 ans et quittais la maison de mon père, le notaire Jean-Baptiste Chénier.Bien que peinés de voir partir leur fille unique parmi une fratrie de six enfants, mes parents étaient fiers que je voue ma vie au service de Dieu.Si je me suis tournée vers cette congrégation, c\u2019est qu\u2019elle a la réputation d\u2019accueillir inconditionnellement les plus pauvres et les plus marginalisés de la société montréalaise, qu\u2019ils soient « filles tombées », soldats français ou britannique.« Allez chez les Sœurs Grises, elles ne refusent jamais rien », entend-on dans les rues.Épidémies Depuis ses débuts, la congrégation a connu son lot d\u2019épreuves.Il y a eu l\u2019épidémie de variole en 1755 qui a fait des milliers de victimes non seulement à Montréal, mais dans toute la colonie.Puisque nous ne sommes pas cloîtrées, Mère d\u2019Youville et ses compagnes se rendaient jusqu\u2019à Oka pour soigner les « picotés » Amérindiens.Reconnaissants, ils ont été parmi les bienfaiteurs qui ont permis la reconstruction de notre hôpital général rasé par un terrible incendie en 1765.J\u2019étais encore novice à l\u2019époque et je me souviens de ce feu comme si c\u2019était hier.Au milieu de l\u2019après-midi du samedi 18 mai 1765, le feu prit à la toiture de la maison de John Livingston sur la rue Saint-François-Xavier, à l\u2019angle de la rue Saint-Sacrement.Alimenté par le vent, l\u2019incendie se transforma en Remerciements : À Chantal Gauthier et France Lord de Pirogue Communications qui ont élaboré les scénarios, selon les grands jalons et les realités de l\u2019époque, en plus d\u2019avoir redigé et verifié les faits historiques.Sections spéciales 375e : Montréal méconnu | Vol I, nº2 Publiées à chaque 15 du mois jusqu\u2019en octobre 2017 Coordination, recherche et rédaction : Josée Panet-Raymond Rédaction : Karine Bénézet et Laëtitia Thélème Infographie : Milton Fernandes Mère Marguerite d\u2019Youville Soeurs Grises et l\u2019incendie 1765 Au fil des ans Entre 1760 et 1771, 318 enfants abandonnés ou trouvés sont inscrits au registre de la Crèche d\u2019Youville.Entre 1801 et 1870, 15 134 enfants de toutes origines géographiques sont abandonnés chez les Sœurs Grises.Entre 1820 et 1840, 87 % des enfants abandonnés meurent, soit 2073 bébés décédés avant l\u2019âge d\u2019un an.Vieux refectoire des hommes, 1890 Image : Wikipedia Creative Commons Réalisé en collaboration avec : Les tanneries montréalaises 1820 \u2013 Saint-Henri-des-tanneries empeste ; tout comme ses habitants ! Si les marchands-bourgeois demeurent en ville, éloignés de notre petit village, ce n\u2019est pas pour rien.Depuis mes 22 ans, mon tanneur de mari, Gabriel, me dit : « Émilie, tu t\u2019y habitueras ! » Mais, en réalité, je ne m\u2019y ferai jamais.L\u2019âcre mélange d\u2019odeurs de peaux de bovins, de tanins et de chaux, semble s\u2019accrocher à nous comme une tique à l\u2019animal.Mes sept enfants n\u2019y prêtent pas attention.Encore moins mon aîné, Charles, qui commence sa première journée de dix heures de travail avec son père, au prochain chant du coq.Mon petit homme de 14 ans devient apprenti maître-tan- neur.Il apprendra à entreposer les « peaux vertes » livrées par les boucheries des alentours, à les nettoyer dans le ruisseau et à utiliser le moulin à tan pour broyer l\u2019écorce de pruche, base essentielle du tanin.Il s\u2019initiera ensuite au salage des peaux pour empêcher leur putréfaction, à l\u2019épilation par trempage dans la chaux et au tannage, étape cruciale qui demande force et attention constante.Mais tremper les peaux d\u2019une cuve de force à l\u2019autre dans des liqueurs de plus en plus concentrées est encore trop difficile pour son âge.Il aidera plutôt son père au débourrage des peaux et à leur confitage grâce aux fientes de poules que je récupère chaque jour.Femmes de tanneurs S\u2019occuper des tâches ménagères, de l\u2019étable, du jardin potager, de l\u2019entreposage pour l\u2019hiver des légumes dans notre caveau, en plus d\u2019être mère de cinq enfants, est épuisant.À présent, la tâche de surveiller Charles à la tannerie en l\u2019absence de son père s\u2019ajoute.S\u2019il faisait une erreur, les conséquences pourraient être éprouvantes.Surtout si elles altéraient la production du cuir.J\u2019ai déjà eu à gérer plusieurs démêlés avec la justice au commencement de notre activité.Je me rappelle également Gabriel, alors tout jeune maître-tanneur, lorsqu\u2019un marchand a évoqué l\u2019ordonnance du 20 juillet 1706 après l\u2019avoir accusé de fournir un cuir de mauvaise qualité.Mon mari était démoralisé bien que la faute ne lui incombait pas.C\u2019est plutôt celle de l\u2019ancien intendant Jacques Raudot qui, dans cette ordonnance, n\u2019a stipulé aucuns critères relatifs à la qualité du cuir fini.Alors il est facile de porter des accusations.Et ça dure depuis plus d\u2019un siècle ! Heureusement, tous nos produits et matières premières sont aujourd\u2019hui inspectés par des notaires.Et en cas d\u2019épreuve, les artisans s\u2019entraident à Saint-Henri-des-Tanneries.Un quartier en expansion Nous formons un vrai petit village avec nos quelque 12 tanneries.La Fabrique de la paroisse de Montréal nous a même construit une belle petite chapelle en 1810, en plus d\u2019une école au sous-sol.J\u2019ai l\u2019impression que les temps changent.Notre hameau s\u2019est agrandi, nos activités sont prospères et règlemen- tées, nos enfants s\u2019instruisent.Il paraît même qu\u2019une centaine d\u2019hommes sera bientôt engagée pour démarrer, dès 1821, un grand chantier de construction : celui d\u2019un canal avec écluses et ponts de pierre.Je crois qu\u2019il sera baptisé du nom des rapides : Lachine.Espérons que le canal soit une belle manière d\u2019exporter nos peaux, de développer notre petit village et d\u2019assurer un bel avenir à nos enfants.Tannerie Maison Griffintown. Image : Archives de la Ville de Montréal Image : Ermess (123rf) * Chiffres arrondis - à partir des données de Jean-Claude Robert, Atlas historique de Montréal, Libre expression, 1994, p. 58, 92-93.Vue Nord-est de la rue Notre-Dame, Montréal 1843-1844. Image : John Murray, encre et aquarelle Personnages marquants À partir de 1775, l\u2019indépendance des États-Unis amène au pays des milliers de colons loyalistes restés fidèles à la couronne britannique.De plus, au début du 19e siècle, l\u2019arrivée massive d\u2019immigrants en provenance des îles britanniques modifie la composition de la population montréalaise : entre 1831 et 1867, les anglophones sont majoritaires.Le nombre d\u2019habitants explose.Dès 1852, Montréal devient la ville la plus peuplée du Canada et le restera jusque dans les années 1970.Montréal, une métropole aux accents anglophones Louis-Joseph Papineau (Montréal, 1786 \u2013 Montebello, 1871) Louis-Joseph Papineau est élu député à la Chambre d\u2019assemblée du Bas-Canada (Québec) pour la première fois en 1808.Brillant orateur, il défend les droits linguistiques des Canadiens français et lutte en faveur d\u2019institutions politiques plus démocratiques.Lorsque les autorités britanniques refusent d\u2019adopter les réformes du Parti patriote, Papineau prend la tête d\u2019un mouvement de contestation qui mènera aux rébellions armées de 1837-1838.Sa tête mise à prix, il s\u2019exile aux États-Unis puis en France.Il revient à Montréal en 1845, à la suite d\u2019une amnistie complète, et se fait réélire en 1848.Jacques Viger (Montréal, 1787 \u2013 Montréal, 1858) Jacques Viger commence sa carrière de fonctionnaire en 1813.Nommé inspecteur des grands chemins, rues, ruelles et ponts, il ouvre de nouvelles routes, dresse un plan de la ville et entreprend de grands travaux publics.En 1825, il procède au recensement de toute la population de l\u2019île.Lorsque Montréal obtient sa première incorporation en 1833, il devient le premier maire de la métropole.Pendant son court mandat de trois ans, il adopte diverses mesures pour assainir les quartiers de la ville et lutter contre le choléra.Rosalie Cadron-Jetté (Lavaltrie, 1794 \u2013 Montréal, 1864) Mariée et mère de 11 enfants, Rosalie Cadron-Jetté se montre sensible à la détresse des mères célibataires, victimes du mépris social qui entoure les naissances hors mariage.Dès 1840, elle se dévoue à cette cause impopulaire.Elle place les femmes enceintes chez des personnes disposées à les recevoir dans le secret, et s\u2019implique dans le suivi des grossesses, en plus de veiller à l\u2019accouchement et au rétablissement des mères.Avec l\u2019appui de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, Rosalie consolide son œuvre et fonde l\u2019institut des Sœurs de Miséricorde en 1848.Émilie Tavernier-Gamelin (Montréal, 1800 \u2013 Montréal, 1851) Émilie Tavernier-Gamelin est une jeune veuve de 27 ans lorsqu\u2019elle décide de se consacrer aux plus démunis.Elle accueille d\u2019abord chez elle des femmes âgées dans le besoin.Pour assurer le gîte et le couvert de ses protégées, elle quête sans relâche.Son dévouement lors des épidémies de choléra, tout comme les secours qu\u2019elle apporte aux prisonniers, lui gagne l\u2019admiration de la population.Aménagé en 1836, l\u2019hospice de la rue Sainte-Catherine distribue aumônes et repas chauds aux pauvres du quartier.Afin d\u2019assurer la survie de son œuvre, Émilie fonde la congrégation des Sœurs de la Providence en 1843.1800 : 9000 habitants 1825 : 23 000 habitants 1852 : 58 000 habitants RÉPARTITION DE LA POPULATION EN 1852 Canadiens français 27 840 (48 %) Canadiens anglais 11 600 (20 %) Immigrants originaires des îles britanniques 17 980 (31 %) Immigrants venus d\u2019ailleurs 580 (1 %) Population une basilique qui portera le même nom.Au moins, quand on ira à la messe, on ne nous regardera plus de travers, on sera entre nous.Charles, il dit que c\u2019est parce qu\u2019ils se sentent menacés parce qu\u2019on arrive en grand nombre.Il y a 40 ans, il paraît qu\u2019on était 9000 et aujourd\u2019hui, plus de 40 000.« Vu tout ce qu\u2019on fait icitte, c\u2019est ben normal qu\u2019ils nous construisent une basilique ! » Lui, c\u2019est Francis.Il dit que c\u2019est grâce à nous que la ville se développe.C\u2019est vrai qu\u2019une fois qu\u2019on aura fini d\u2019élargir et de creuser le canal, les navires de haute-mer pourront amarrer.« On creuse à la pelle dans la boue de l\u2019aube au coucher du soleil, ils baissent nos salaires, augmentent nos heures et ils nous payent pas.On doit faire grève ! », qu\u2019il disait\u2026 On a essayé et ça a été violent.On n\u2019a rien pu faire.Ils continuent à nous payer avec des bons d\u2019achat de leurs magasins.On n\u2019arrive pas à survivre avec ça.Francis, il dit qu\u2019il faut continuer la lutte, se regrouper en syndicats pour être plus forts.J\u2019espère qu\u2019on y arrivera.Pour que les jours soient meilleurs pour nos frères irlandais qui immigreront ici.William, ouvrier au chantier du canal de Lachine 1849 \u2013 Quand Emmet et moi, on a dit à nos parents qu\u2019on partait, ils étaient inquiets mais nous ont encouragés.Ils ont trop souffert en Irlande où il y a la misère et la famine partout.Heureusement qu\u2019Emmet était là.On est amis depuis qu\u2019on est né.C\u2019est le genre d\u2019Irlandais à chanter des chansons de notre pays.Ça a rendu la traversée moins effroyable.On était entassés comme du bétail dans c\u2019bateau ! On vit dans une shed à côté du chantier.On est presque 200 à dormir là-dedans ! Le soir, Charles, un ancien, nous raconte comment c\u2019était avant.Il se fait vieux maintenant.À 35 ans, il a le mal du pays.Son frère est mort du choléra pendant la traversée en voulant le rejoindre en 1832.Cette année-là, il a voulu aller voter pour le Parti patriote mais y\u2019avait des bullies qui l\u2019ont empêché d\u2019entrer.Un de nos compatriotes était en tête ! Ils ne voulaient pas qu\u2019un Irlandais remporte les élections ! Y\u2019a eu des émeutes et ils ont envoyé l\u2019armée à la Place d\u2019Armes.Trois morts.Heureusement qu\u2019on a le défilé de la St.Patrick, ça nous rappelle un peu chez nous ! Ils ont même commencé à nous construire Agrandissement du canal Lachine vers 1877. Samuel McLaughlin.Bibliothèque et Archives Canada Canal Lachine, 1826. Image : Wikipedia Creative Commons L\u2019industrialisation de Montréal par le canal de Lachine L\u2019idée de construire le canal de Lachine remonte à la fin du 17e siècle, à la fois pour alimenter les moulins à eau et favoriser le transit de la marchandise et des fourrures sur le fleuve Saint-Laurent.Il faudra attendre 1821 pour que débute sa construction.Le canal sera inauguré en 1825.Initialement, il s\u2019étire sur 13,4 kilomètres, a une largeur de 14,6 mètres et une profondeur de 1,4 mètre.Lors des derniers travaux d\u2019agrandissement entre 1874 et 1885, il fera 45 mètres de largeur et 4,3 mètres de profondeur.La Voie maritime du Saint-Laurent inaugurée en 1959 est beaucoup plus imposante et supplante le canal de Lachine, qui finira par fermer à la navigation commerciale en 1970.Quelque 500 ouvriers, dont la majorité étaient Irlandais ont œuvré à la construction.Ils se sont installés en périphérie, dans le fief de Nazareth, qui deviendra Griffintown. Les retrouvailles biologiques Hier, j\u2019écrivais ma chronique sur la DPJ et sur l\u2019importance de garder un contact avec la famille biologique.J\u2019étais presque rendu à la fin, quand une employée de L\u2019Itinéraire est venue me chercher pour me dire que quelqu\u2019un avait laissé un message téléphonique pour moi.Elle m\u2019a tendu un papier sur lequel étaient inscrits le nom d\u2019une femme et son numéro de téléphone.J\u2019ai tout de suite senti que c\u2019était important.En lisant le papier, j\u2019ai vu que la personne qui avait laissé son numéro de téléphone portait le même nom de famille que moi.J\u2019ai l\u2019ai tout de suite rappelée et j\u2019ai laissé un message avec mes coordonnées à la maison et sur mon cellulaire pour être sûr qu\u2019elle pourrait me rejoindre.Elle m\u2019a recontacté un peu avant le souper.C\u2019est là qu\u2019elle m\u2019a appris qu\u2019elle était la sœur de mon père.Je n\u2019avais aucun souvenir d\u2019elle, puisqu\u2019elle ne m\u2019avait pas vu depuis que j\u2019étais bébé.On a eu une très longue discussion.Elle m\u2019a un peu parlé de mon père, décédé il y a déjà plusieurs années, mais elle sait que c\u2019est un sujet sensible pour moi, et nous aurons l\u2019occasion d\u2019en reparler lorsque nous nous rencontrerons.Quand je lui ai demandé comment elle m\u2019avait retrouvé, elle m\u2019a dit qu\u2019elle avait acheté une édition de L\u2019Itinéraire dans laquelle j\u2019avais écrit.Elle a reconnu mon nom et elle a appelé tout de suite à L\u2019Itinéraire pour me parler.C\u2019est important pour moi de retrouver ma famille, ça me montre que je ne suis pas tout seul.Ma tante m\u2019a dit qu\u2019elle avait un fils qui a juste un an de plus que moi, j\u2019ai donc appris que j\u2019avais un cousin ! Ça fait chaud au cœur.Ces retrouvailles vont m\u2019aider à effacer les quatre abandons que j\u2019ai subis et à retrouver mon cœur que j\u2019avais perdu pendant ces années de détresse et de souffrances morales.Là est l\u2019importance de retrouver sa famille d\u2019origine, malgré tout le bonheur, l\u2019amour, la confiance, la sincérité et l\u2019honnêteté qu\u2019il peut y avoir dans une famille adoptive lorsque tu trouves la bonne, comme moi je l\u2019ai trouvée.SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER Coca-Cola, Pepsi, 7Up, non merci ! I stopped drinking Coca-Cola, Pepsi, and 7Up around January 2nd or 3rd of 2017.I have to admit I feel better and I have lost weight.For some people they like pop.But I know for myself, I don\u2019t want to drink anymore Coke, Pepsi or 7Up.Some people are addicted to it.And for a long time I was addicted to it.My father told me not to drink that stuff, he told me to just drink coffee and tea.He told me pop was poison, but I didn\u2019t listen to him because I was addicted to it.My two brothers don\u2019t drink Coke.One of them, Michael, just drinks buttermilk.And I don\u2019t remember my mother drinking Coke at all.Me, I prefer water, milk, chocolate milk and V8.When I was young I hadn\u2019t touched soda at all, except when my father used to bring me to McDonald\u2019s or A&W.When I was at in rehab, in a rooming house and foster homes, you basically couldn\u2019t drink alcohol so you just mainly drank pop.And I got addicted to it for a long time.Drinking soda can make you gain weight.It has a lot of sugar in it and acid and a lot of other chemicals.But for some people they prefer that over alcohol and they don\u2019t get addicted to it, they can just drink it on occasion.We have to realise our lives would be better without pop and teach young children not to touch soda, and have a better understanding just what soda can do to our minds and bodies and how it can destroy our lives.Le travail des champs Il doit se réveiller très tôt le matin pour aller travailler.Prendre le métro ne lui sert à rien car de toute façon, il arriverait en retard.Autant prendre l\u2019autobus de nuit qui arrivera paradoxalement plus tôt.Arrivé à l\u2019endroit convenu, il rejoint une cohorte d\u2019anonymes louant la force de leurs bras.Ces démunis proviennent de tous les coins du monde.Ils sont de toutes les couleurs.Ils sont nombreux et compétitifs.Le contracteur, véritable négrier des temps modernes, rit aux éclats .Il peut choisir à sa guise qui il veut et il peut imposer le taux horaire qui lui sied.En général, c\u2019est huit dollars de l\u2019heure, et cela depuis des lustres.L\u2019autobus scolaire jaune entame son voyage en direction de la frontière américaine pour rejoindre les jardins du Québec.Dès l\u2019arrivée, les bienheureux reçoivent une explication sommaire des tâches et commencent l\u2019ouvrage.En gros, il s\u2019agit de sarcler des lignées interminables d\u2019oignons, de fraises, de framboises\u2026 produits avec fierté au Québec.En règle générale, ils travaillent debout toute la journée et l\u2019infime changement de posture attire le regard foudroyant du propriétaire.Les heures de travail sont interminables et les répits minimes.Lors des pauses-repas, il est souvent rare de trouver l\u2019eau pour se laver les mains ; quant aux lieux d\u2019aisance, n\u2019en parlons pas ! Ouf ! L\u2019interminable journée d\u2019été est enfin terminée ! C\u2019est le retour à la métropole.Ce retour prend des heures et des heures, l\u2019autobus scolaire devant ramasser les travailleurs répartis sur plusieurs champs.L\u2019autobus retourne à la civilisation.Les travailleurs exténués n\u2019ont même pas le goût de contempler ces gens heureux qui se baladent, ces amoureux qui se tendent la main, ces promeneurs en bagnoles décapotables et portant des lunettes fumées.Tous insouciants et ignorant le fait que juste à côté d\u2019eux, des moins chanceux sont en train de réécrire une nouvelle page de l\u2019esclavage moderne.DANIEL GRADY CAMELOT DE LA GAUCHETIÈRE / MANSFIELD ET DES PINS / SAINT-LAURENT MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT 27 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Voir ailleurs si on y est que ces voyages n\u2019ont plus d\u2019autres buts que le voyage lui-même.On voyage pour le plaisir de voyager, de découvrir de nouveaux lieux.Du tourisme de masse a émergé un phénomène inédit : jamais dans l\u2019histoire l\u2019humain n\u2019aura été aussi mobile.De nombreux peuples furent nomades \u2013 il en reste quelques rares \u2013 mais jamais les individus n\u2019avaient eu la possibilité de se déplacer aussi loin et aussi facilement avant le milieu du 20e siècle.Il est tout de même formidable de penser qu\u2019on peut acheter en deux clics de souris un billet d\u2019avion qui nous mènera à l\u2019autre bout de la planète, un voyage qui, il n\u2019y a pas si longtemps, aurait nécessité une petite armée d\u2019hommes et aurait abouti sur la publication de récits fantastiques.Sédentarité valorisée Le sociologue français Jean Viard le montre avec éloquence dans un petit livre publié il y a quelques années qui a eu un grand succès, Éloge de la mobilité (L\u2019Aube, rééd.2014).Ce ne sont pas que les voyages qui favorisent la mobilité, mais également la voiture pour nos déplacements quotidiens.Les Français, nous apprend-il, parcourent en moyenne 45 km par jour, contre à peine 5 km en 1950.Une distance neuf fois plus grande en à peine un demi-siècle, c\u2019est immense ! Paradoxalement, collectivement, nous sommes de moins en moins nomades.Nous valorisons la sédentarité, qui prend la forme concrète de la petite maison de banlieue chérie et bichonnée.On la quitte, pour le travail ou les vacances, pour mieux y revenir.L\u2019urbanisation constitue l\u2019un des phénomènes contemporains les plus marquants.Alors qu\u2019à peine 3,4 % de la population mondiale habitait les villes en 1800, deux cents ans plus tard, cette proportion est passée à la moitié.Selon l\u2019ONU, dans moins de dix ans, en 2025, 65 % d\u2019humains seront urbains.L\u2019étrange animal qu\u2019est l\u2019humain s\u2019agglutine de plus en plus dans des villes et, parallèlement, a la bougeotte et sillonne la planète en quête de souvenirs, d\u2019exotisme ou de soi.Mais une partie non négligeable d\u2019entre eux se trouve clouée dans son petit appartement de quartiers défavorisés, ou pire, dans la rue.Voyant leurs semblables se déplacer en voiture pour aller dépenser dans de nouveaux temples de la consommation ou se balader dans la verte nature ou s\u2019étendre sur le sable d\u2019une plage, leur sentiment de frustration n\u2019en est que plus exacerbé.Pas pour rien, affirme Viard, que les moyens de transport (train, autobus, métro) sont devenus des lieux d\u2019affrontement social.Ils représentent et symbolisent le nomadisme libre qui leur est inaccessible.Jadis nomades par nécessité, l\u2019humain contemporain l\u2019est par choix.Un choix qui n\u2019est, hélas, pas accessible à tous.Je suis toujours étonné de voir passer sur Facebook les photos de voyage de mes semblables.Aucune destination ne semble étrangère à mes contacts, qui arpentent la Thaïlande, la Suisse, le Japon, l\u2019Argentine, l\u2019Égypte, l\u2019Afrique du Sud, ou l\u2019Islande.Et ces gens ne sont pas richissimes, il s\u2019agit du « monde ordinaire », de couples, de familles de la classe moyenne.Cela est rendu tellement habituel, qu\u2019on ne s\u2019étonne plus de « l\u2019exotisme » de ces destinations.Il n\u2019y a pas si longtemps, visiter Bangkok, Moscou, Le Cap ou Buenos Aires était réservé à une élite fortunée.Plus généralement, le tourisme de masse planétaire aura probablement été l\u2019un des épisodes de démocratisation économique les plus marquants de l\u2019histoire.Même si une grande partie d\u2019entre nous n\u2019a pas les moyens de se payer un voyage à l\u2019étranger, une écrasante majorité de nos semblables en a la possibilité, à quelques reprises au cours de sa vie.C\u2019est un phénomène qui est tout aussi récent qu\u2019inédit dans l\u2019histoire de l\u2019humanité.Les expéditions en de lointaines contrées ont d\u2019abord eu des objectifs militaires ou commerciaux, quelques fois scientifiques ou artistiques.Puis, au 19e siècle, la bourgeoisie européenne, en mal d\u2019exotisme, invente le tourisme.La grande nouveauté, c\u2019est SCFP-Québec SCFP-Québec scfp.qc.ca @SCFPQuebec SE SYNDIQUER C\u2019EST S\u2019AIDER 28 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O ? : ?A N T O N ?P E T R U S ?( 1 2 3 R F ) Des fonds à investir rapidement organismes ainsi qu\u2019en apportant une contribution au montage financier pour la construction de plus de 1200 logements sociaux destinés aux personnes itinérantes.Avant le virage vers le Housing First de 2014, une aide majeure avait été apportée à différentes interventions pour réduire et prévenir l\u2019iti- nérance : accompagnement, suivi, soutien communautaire en logement social, travail de rue et autres.Un premier bon coup Déjà dans son premier budget de mars 2016, le gouvernement Trudeau avait augmenté pour deux ans seulement les crédits de la SPLI, en annonçant un engagement à plus long terme, et qui est venu.Ces fonds accrus ont permis de rétablir des interventions qui avaient été coupées en raison du virage vers le Housing First, celui-ci ne ciblant que les personnes en situation d\u2019itinérance chronique.Alors que cette approche excluait aussi la contribution aux immobilisations, les fonds nouveaux du gouvernement Trudeau ont permis à Montréal d\u2019apporter une aide à des projets de logements et de centres de jour.« Un pas dans la bonne direction » titrait le mémoire du RAPSIM sur l\u2019action du gouvernement en itinérance, à l\u2019approche du dernier budget fédéral.Le RAPSIM y reprenait la demande des grandes villes du Canada de doubler le budget de la SPLI, pour 10 ans, en soutien à une diversité d\u2019actions et avec une souplesse dans l\u2019affectation.Un message qui a été entendu ! Le budget fédéral de mars dernier contenait une très bonne nouvelle.Des fonds destinés à la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance (SPLI) sont annoncés jusqu\u2019en 2028, pour 11 ans, et le budget de ce programme fort utile sera presque doublé, soit de presque 2 milliards.Pour prévenir et réduire l\u2019itinérance, ces fonds seront les bienvenus, partout au Canada et particulièrement à Montréal où subsistent de grands besoins.Cette bonne nouvelle demeure cependant à concrétiser : quand les fonds seront-ils disponibles, quelle orientation sera donnée à leur affectation et qui le fera ?Le ministre de la Famille, des enfants et du développement social, Jean-Yves Duclos, a annoncé la mise en place d\u2019un comité consultatif pour le guider en ce sens.L\u2019enjeu est majeur : l\u2019annonce d\u2019un programme sur une aussi longue période, plus de 10 ans, constitue une trop rare manifestation de la part d\u2019un gouvernement d\u2019une vision à long terme.Cela mérite d\u2019être reconnu et cela justifie une démarche sérieuse pour engager ces fonds.Le processus devra être rapide, le temps presse et des actions pertinentes n\u2019attendent qu\u2019un soutien.Un programme essentiel C\u2019est en 1999 que le gouvernement fédéral a annoncé la mise en place d\u2019un programme de soutien à la lutte contre l\u2019itinérance, qui est aujourd\u2019hui connu sous le nom de la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance.Une des qualités de ce programme, outre un virage entrepris sous la fin du gouvernement Harper et avalisé par le gouvernement Couillard, a toujours été, dans le cadre de grandes orientations aux deux gouvernements, de laisser la communauté locale procéder aux recommandations de l\u2019affectation de ces fonds.Le déploiement de ce programme à Montréal, dont la part du budget de la SPLI a toujours été de près de 8 millions $, a ainsi permis de soutenir une grande diversité d\u2019actions.Fait unique au Canada et fruit des choix des partenaires à Montréal (les instances locales du ministère québécois de la Santé, le RAPSIM et la Ville), des investissements majeurs ont été faits au niveau des immobilisations, dans l\u2019amélioration des hébergements pour hommes, femmes, jeunes et autochtones, dans l\u2019amélioration des locaux de nombreux Les fonds nouveaux annoncés pour la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance doivent être affectés : \u2022 avec une approche globale de la lutte contre l\u2019itinérance, incluant une diversité d\u2019intervention et les immobilisations ; \u2022 rapidement et avec un engagement pluriannuel ; \u2022 dans le respect du processus communautaire en place ; \u2022 avec des fonds adéquats pour Montréal.Les demandes du RAPSIM 29 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ? : ?INFO RAPSIM PAR PIERRE GAUDREAU COORDONNATEUR DU RAPSIM P H O T O ? : ?R A P S I M Un mois après l\u2019élection de Trudeau, une manif fructueuse La Maison des Petites Sœurs de l\u2019Assomption, qu\u2019on appelle la Maison Orléans, accueille sans condition les personnes amenées à rechercher ensemble un sens à leur vie.Elle offre un lieu où toutes ces personnes, reconnues, acceptées et aimées peuvent librement partager leur humanité et leur spiritualité.Le droit de parole dans la maison de mon enfance était quasiment inexistant, et la tristesse ou l\u2019apitoiement étaient des signes de faiblesse.Parler de ses émotions est très mal vu dans ma famille.Durant mon enfance et encore aujourd\u2019hui, l\u2019important, c\u2019est de parler de ce que l\u2019on fait et non de ce qu\u2019on l\u2019on ressent.Au final, il ne reste que les choses banales et sans importance, et il faut souvent se contenter de meubler le silence.Après la violence que j\u2019ai subie de la part de mon ex-mari, j\u2019ai réalisé à quel point je suis seule avec mes peurs, mes craintes, mes appréhensions, ma maladie\u2026 mais aussi avec mes joies et mes victoires.La Maison Orléans me permet de pallier à ces manques.Poursuivre le travail des Petites Sœurs Ça a commencé avec une petite sœur de l\u2019Assomption qui travaillait au Resto Pop.Les amis de sœur Annette Benoit lui ont demandé d\u2019avoir un local qui servirait d\u2019espace de discussion et de partage.Elle a transmis la demande à sa congrégation, qui a accepté.C\u2019est là qu\u2019est née la Maison Orléans : un lieu où on peut s\u2019orienter vers la discussion, la méditation, le cheminement spirituel, l\u2019art, l\u2019écriture, aussi bien que la critique des enjeux sociaux.Sœur Mariette Gagnon est la dernière des Petites Sœurs de l\u2019Assomption qui travaille encore aujourd\u2019hui dans la Maison telle qu\u2019on la connaît aujourd\u2019hui.« Je me nourris des gens qui la fréquentent depuis maintenant 18 ans.» Avant cela, la congrégation disposait de plusieurs lieux de résidence dans différents quartiers de la ville, et les Sœurs intervenaient directement dans les familles, souvent pour aider les nouvelles mamans dans leur convalescence.Ce sont ensuite les CLSC qui ont pris la relève dans cette mission d\u2019aide aux familles.Les Petites Sœurs de l\u2019Assomption ont contribué à l\u2019accomplissement de ce changement.Elles continuaient à parler de leur spiritualité au sein de plusieurs organismes, participaient à différentes tâches, étaient à l\u2019écoute des besoins des gens.De là est venue l\u2019idée d\u2019un local bien à elles.Aucune condition d\u2019entrée Au fil du temps, on a vu de plus en plus de familles éclatées, certaines personnes ont perdu leurs valeurs, et en quelque sorte leur chemin de vie.C\u2019est dans cet esprit que les gens arrivent dans cette maison.Il n\u2019y a aucune règle en ce qui concerne l\u2019admission, l\u2019équipe se dit ouverte à tout et n\u2019est spécialisée dans aucun domaine en particulier : c\u2019est justement ce qui rend l\u2019organisme si original.D\u2019ailleurs, s\u2019il dispose d\u2019une charte et est reconnu comme OBNL, il ne siège pas à la table de concertation d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, puisque le volet spiritualité n\u2019appartient à aucune de ses sous-sections (sports et loisirs, droit de la personne, alimentation, etc.) Dans une société qui s\u2019engage davantage dans les institutions plutôt que de se concentrer sur les gens qui les fréquentent, la Maison Orléans est orientée sur le besoin de l\u2019individu même.Une centaine de personnes la côtoie chaque semaine, le jour comme le soir, et ces mêmes individus sont des contributeurs de l\u2019OBNL, que ce soit par une contribution volontaire, des travaux, de la maintenance ou de l\u2019apport de nourriture.Tous contribuent à la survie et au maintien de ce lieu de prise de parole, ouvert à toutes pensées, toutes religions, toutes orientations sexuelles, et toutes nationalités.C\u2019est une maison au « nous » où personne n\u2019est au-dessous ou au-dessus des autres.À travers quelques portraits, j\u2019ai voulu rendre hommage à ceux qui peuvent être à la fois animateurs et participants de la Maison Orléans.Dans une société qui rejette, j\u2019y ai moi-même trouvé une nouvelle famille.Maison Orléans Quand je devient nous Pour plus d\u2019informations : maisonorleans.org 514 522-8373 30 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 VIE CITOYENNE PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL P H O T O S : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Mariette, la dernière des Petites Sœurs de l\u2019Assomption, devant la Maison Orléans : « Je me nourris des gens. » Roger rencontre Mariette dans la rue mais il l\u2019avait connue lorsqu\u2019il était bien plus jeune, dans une des maisons des Petites Sœurs de l\u2019Assomption.Étant atteint d\u2019une grave maladie, Roger s\u2019isole du monde pendant près de dix ans.Il se referme sur lui-même et attend la mort.Mais dès son arrivée à la Maison Orléans, sa vie a prend une tout autre direction.Sa philosophie de vie et son talent d\u2019orateur sont impressionnants.Roger est maintenant le coordonnateur des animateurs de l\u2019organisme.Il les dirige en leur donnant des outils comme des textes pour orienter les discussions.« Le texte est un prétexte pour faire travailler la personne sur ce qu\u2019elle a à travailler.Certains ou certaines comme Monique prennent des années avant de s\u2019ouvrir, mais le groupe continuait à l\u2019accueillir semaine après semaine.Chaque personne est unique et sacrée.En son unicité, il y a une réalité qui lui appartient.Si je veux partager avec quelqu\u2019un, si je veux créer un lien avec cette personne blessée, tout ce que je dois faire, c\u2019est entendre sa blessure. » Roger dit que lui aussi a des besoins et les participants l\u2019aident dans sa démarche personnelle.Sa vie et sa santé se sont grandement améliorées et la Maison donne un sens à sa vie.« J\u2019ai appris à dire que je ne suis pas seulement une souffrance.Il y a autre chose en arrière de tout cela\u2026 » Roger considère que l\u2019être humain n\u2019est pas un casier.« Il faut aider la personne à s\u2019unifier et non à se catégoriser.Il suffit de bien chercher, car toutes les solutions sont en elle.Chaque personne a ses propres capacités et sa direction.L\u2019auto guérison, ce n\u2019est pas une aspirine ni un thérapeute, c\u2019est la personne qui est la mieux placée pour se comprendre.C\u2019est pour cette raison que la Maison Orléans n\u2019est pas spécialisée dans un domaine fixe d\u2019activités. » Roger : « L\u2019humain, c\u2019est fascinant » Claire déménage de Rimouski pour s\u2019installer à Montréal en 1977.Catholique pratiquante, elle ne trouve pas d\u2019endroit spirituel qui lui convient en arrivant sur l\u2019île.Elle trouve un emploi au Jardin botanique puis un poste d\u2019enseignante en herboristerie.Elle s\u2019implique dans un comité de gestion en herboristerie et participe aux réunions.Mais une rotation de personnel la pousse hors du comité, ce qui la plonge dans une profonde dépression.Elle se sent alors rejetée par ses pairs.C\u2019est en rencontrant sœur Annette Benoit, il y a 23 ans, qu\u2019elle renoue avec sa spiritualité.Elle prend alors la décision de vivre dans une simplicité volontaire aux dépens de ses besoins de base.Elle se contente de vivre avec un matelas et ses livres, et reprend sa vie en main.Maintenant, Claire est un exemple d\u2019accueil, de compassion et d\u2019écoute, dans ce lieu aux allures familiales.Claire était dans l\u2019équipe des fondatrices de la Maison Orléans avec sœur Annette Benoit.Depuis, elle n\u2019a pas quitté l\u2019organisme.Retraitée il y a deux ans, elle lui donne encore plus de temps.Elle s\u2019y sent utile et affirme qu\u2019il donne un sens à sa vie.« On dit des choses uniques ici que normalement on ne dit pas nécessairement à nos proches », dit-elle.Activité après activité, saison après saison, Claire est toujours fidèle à son poste.Elle anime depuis février 2016 des rencontres portant sur les 12 étapes ?mode de vie proposé dans les programmes anonymes, s\u2019adressant à des personnes aux prises avec des dépendances.Elle accueille les gens et prépare le café ; c\u2019est d\u2019ailleurs elle qui m\u2019a reçue et a été le déclencheur de mon amour pour cette maison.Claire : « Osez aller vers les autres » Ayant subi des abus sexuels durant son enfance, Richard bâtit sa vie vers les réussites extérieures pour ne pas voir les blessures qu\u2019il transporte.Il suit son cours de droit et s\u2019implique dans toutes sortes d\u2019activités : musique, sport, yoga.Il se concentre intensivement dans tout ce qu\u2019il entreprend.« À un moment donné, tout s\u2019est embrouillé avec l\u2019alcool », dit-il.C\u2019est au moment où il décide de devenir sobre que sa vie dans les hautes sphères sociales prend tout à coup une autre tournure.Quand il commence à apprivoiser le cheminement personnel, il fait le choix d\u2019être dans l\u2019entraide et le service pour enfin se découvrir de l\u2019intérieur.Malgré ses peurs, ses appréhensions, il persévère et découvre son potentiel vers le travail en milieu communautaire.Il est maintenant en charge du site web et de la visibilité de l\u2019organisme.Il est aussi impliqué dans l\u2019animation de différents groupes, tout en y participant.« Les relations avec les participants vont dans les deux sens.Je reçois autant que je donne, explique-t-il avec le cœur rempli de gratitude.La nourriture spirituelle qu\u2019on allait autrefois chercher dans les églises se retrouve ici dans tous les groupes de partage que la Maison Orléans offre chaque semaine. » Il conclut : « Après avoir surconsommé, nous n\u2019avons pas le choix que de nous retourner vers notre intérieur.C\u2019est de cette façon que l\u2019on retrouve la vraie personne qui est en nous. » Richard : « Le service nous garde humbles » 31 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA Le 23 mai dernier avait lieu le lancement du recueil Sentinelles : 25 ans d\u2019écriture à L\u2019Itinéraire.Ce livre, qui contient 100 des meilleurs articles, poèmes, nouvelles et autres écrits de nos camelots depuis 1992 a été chaudement accueilli par près des 200 personnes qui ont assisté au grand événement qui s\u2019est tenu à BAnQ du Vieux-Montréal, rue Viger.Les artisans de la première heure, des invités d\u2019organismes communautaires, des amis, de même que le maire de Montréal et autres dignitaires ont salué cet ouvrage exceptionnel et ont applaudi les camelots qui ont témoigné lors de la soirée.Ce fut aussi l\u2019occasion pour Luc Desjardins, d-g de L\u2019Itinéraire de décerner le premier Prix Sentinelles à Serge Lareault, Protecteur des itinérants de Montréal et ancien éditeur du magazine, en reconnaissance de ses 20 ans à L\u2019Itinéraire.Soulignons qu\u2019à la suite du lancement et de l\u2019énorme couverture médiatique qui s\u2019en est suivie grâce, entre autres, au travail d\u2019Alice relations publiques, les 600 copies de Sentinelles se sont envolées en seulement deux jours et demi.Il a fallu commander une réimpression de 1500 exemplaires, qui seront disponibles dès aujourd\u2019hui.Nous sommes très fiers d\u2019annoncer que le 28 mai dernier, notre Monsieur Paul à nous a remporté le Prix Rosario-Demers du bénévole de l\u2019année 2017, décerné lors de la fête des bénévoles de l\u2019arrondissement Ville-Marie.Pour l\u2019occasion, le maire Denis Coderre et les membres du conseil de l\u2019arrondissement ont également souligné l\u2019engagement de près de 200 personnes provenant de 47 organismes de tous genres.Les enfants et les petits-enfants de Monsieur Paul étaient de la partie pour l\u2019applaudir, tout comme notre directeur général Luc Desjardins.Cette distinction est amplement méritée, car, voyez-vous, depuis 6 ans, M.Paul Bergeron est fidèle au poste dans la cuisine de L\u2019Itinéraire 5 jours par semaine, y travaille 40 heures hebdomadairement, pour un total de 10 000 heures par année ! Tout ça bénévolement, soulignons-le.Beau temps, mauvais temps, Monsieur Paul est là pour accueillir les camelots avec son sourire lumineux et ses yeux rieurs.Doté d\u2019un altruisme peu commun, il offre une amitié inconditionnelle à tout un chacun.Il remonte le moral de ceux et celles qui ne filent pas et dégage une force tranquille qui fait du bien à tout le monde qui le croise.De plus, il encadre avec patience et doigté le travail des participants du programme Aide et Accompagnement d\u2019Emploi-Québec, qui leur permet de réintégrer le marché du travail.Sans oublier qu\u2019il nous mitonne de bons petits plats ! Monsieur Paul n\u2019aime pas être le centre de l\u2019attention.De plus, quand on lui fait un petit cadeau pour le remercier de tout ce temps et cet amour qu\u2019il donne à L\u2019Itinéraire, eh bien, il le redonne à un camelot.Alors, discrètement, nous te disons MERCI et BRAVO, pour tout ce que tu fais pour nous, Monsieur Paul.Lancement réussi de Sentinelles Bravo M.Paul ! P H O T O S : ?M I L T O N ?F E R N A N D E S 32 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 CARREFOUR P H O T O : ?J U L I E N ?B O I S À l\u2019épicerie que je fréquente régulièrement, on a commandé de nouveaux paniers avec des « strappes » pour attacher les enfants.Oui oui, il y a maintenant des ceintures de sécurité dans les chariots de supermarché, car voyez-vous, on n\u2019est jamais trop prudents.Quand un carrosse, qui fait du cinq mètres à l\u2019heure dans un commerce rempli d\u2019adultes et d\u2019employés qui dégaineraient leur cellulaire à la seconde si jamais quelqu\u2019un se faisait la moindre entorse, doit maintenant être sécurisé.C\u2019est qu\u2019on est vraiment dans le control freak.A force d\u2019encadrer, de materner, de bichonner, de pouponner, de surveiller, de contrôler, de superviser, d\u2019orienter, de guider et d\u2019éduquer les bambins, il leur sera bientôt possible de passer à travers toute leur enfance sans jamais se fouler un seul cheveu.Nous arriverons alors dans la société du risque zéro, de la prévention totale et du contrôle absolu.Le rêve ultime de tous les parents poules et de tous les totalitarismes ! Les enfants sont aujourd\u2019hui constamment attachés, strappés, casqués, padés, surhabillés, retenus et observés.Au lieu de leur laisser prendre conscience de leur espace extérieur, des limites normales à leur liberté de mouvement et de leur autonomie, on les contraint en restreignant leurs mouvements, en les empêchant de se déplacer et en leur disant « non » sans arrêt.Qu\u2019on en voie un daigner bouger ne serait-ce qu\u2019un pied en direction de la rue et vous aurez à coup sûr le cri d\u2019une mère hystérique qui visualise déjà son enfant en flaque de sang.On a l\u2019impression que s\u2019ils le pouvaient, des parents n\u2019hésiteraient pas à mettre un casque de bain et une veste de sauvetage à leur fœtus puisque celui-ci se développe dans du liquide\u2026 L\u2019enfant mineur est la dernière catégorie de personnes qui ne bénéficie d\u2019aucun droit, si ce n\u2019est celui de ne pas être battu, molesté, violenté ou pire encore.Techniquement, il est la propriété de ses parents jusqu\u2019à sa majorité, et ceux-ci sont réputés prendre en son nom les meilleures décisions.Or, nous sommes arrivés a une époque où l\u2019enfant, qui vient généralement seul ou maximum en duo, est parvenu à un stade qui fait de lui à la fois une divinité et une débilité.On le fétichise à l\u2019excès tout en lui refusant presque complètement son autonomie et son libre arbitre.Alors qu\u2019aujourd\u2019hui les droits individuels sont partout mis de l\u2019avant, on les réfute presque systématiquement aux enfants sous prétexte qu\u2019« on veut leur bien ».Sans parler des nouvelles applications techno qui permettent aujourd\u2019hui aux parents de géolocaliser et d\u2019espionner chaque mouvement de leur descendance 24 heures sur 24.Bienvenue dans le monde des enfants-rois de leur prison dorée ! Espionner les moindres mouvements Je ne suis pas particulièrement vieux mais il me semble que quand j\u2019étais jeune, moi et tous les autres enfants du voisinage allions jouer librement dans le parc ou à l\u2019extérieur.Après un certain temps, il fallait rentrer pour le souper ou sinon quelques parents gueulaient par la fenêtre qu\u2019il était temps d\u2019y aller.Toujours est-il que nos moments au terrain de jeu en étaient de liberté et d\u2019autonomie, et cela valait aussi pour nos parents qui étaient bien contents d\u2019avoir un break.Allez faire un tour au terrain de jeu aujourd\u2019hui : pour six enfants en train de s\u2019amuser, vous trouverez neuf parents et probablement quelques grands-parents espionner les moindres des mouvements des jeunes.Eut-il, à la moindre incartade entre deux flots, vous trouverez aussitôt au moins quatre arbitres prêts à intervenir pour faire triompher la « justice » en faveur de leur « petit prince ».Quand les enfants jouent aujourd\u2019hui à l\u2019extérieur, ce n\u2019est plus un répit pour les parents, mais une tâche de plus dans la liste déjà interminable des choses à faire.Une source de stress autant pour les adultes que pour les mineurs.Il est pour le moins paradoxal que certains enfants souffrent de syndrome de stress aigu, alors qu\u2019ils ont souvent des agendas dignes d\u2019un premier ministre.Entre les activités sportives, les fêtes d\u2019amis, les cours de musique, les activités parascolaires et autres conneries qui commencent toujours à 6 heures du matin, on se demande où parents et progénitures trouvent encore le temps pour faire quelque chose qui s\u2019appellerait simplement « vivre », ou relaxer.Outre le fait qu\u2019on surprotège des enfants qui généralement sont déjà chéris jusqu\u2019à plus soif, n\u2019est-on pas en train de tomber dans un fantasme de la sécurité absolue, du risque zéro ?Déjà que les nouvelles technologies sont en train de créer une société de la surveillance plénipotentiaire absolue.Avec cette dérive vers un Big Brother qui prend l\u2019image de la mère attentionnée et bienveillante, quoique surprotectrice, ne sommes-nous pas en train de donner naissance, outre à de rares enfants surprotégés, à une société où la surveillance et l\u2019insécurité ont complètement remplacé la confiance, l\u2019autonomie et la solidarité ?Les poules n\u2019ont pas de dents, mais beaucoup de parents ! 33 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ? : ?R U S L A N ?I E F R E M O V ?( 1 2 3 R F ) PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD OPINION I M A G E : ?V O L O D Y M Y R ?B E R L A ?( 1 2 3 R F ) 34 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 HAÏKUS JOSEE CARDINAL DISTRIBUTRICE courbé, un homme glane des mégots récolte la mort des autres *** woh les moteurs ! au moins, je vais me faire écraser par une Mercedes *** tac tac tac tac tac mes talons usés mitrailleurs d\u2019amour-propre *** chic, mon idole du métro ! au son de sa flûte je me fais mon cinéma On vous l\u2019a annoncée ! L\u2019installation Poème d\u2019un jour, une œuvre structurale imprimée des haïkus de six des participants de L\u2019Itinéraire, a trouvé sa place sur le parvis de la Grande Bibliothèque depuis la fin du mois de mai.Pour marquer cette troisième année de création, vous aurez également l\u2019occasion, du 21 juin au 23 août, de participer à des ateliers de poésie pour tous, en collaboration avec le collectif La poésie partout et en compagnie des auteurs des haïkus, nos poètes de L\u2019Itinéraire.Venez les rencontrer, cocréer et savourer ce que la poésie a de plus beau à vous offrir.Pour patienter, voici les haïkus millésime 2017 de nos participants, sur des thèmes aussi variés que marquants.Vous reprendrez bien une tranche de poésie ?SIOU CAMELOT MONT-ROYAL/BORDEAUX elle me parle, parle, parle je regarde ses lèvres me dire autre chose *** dans le mur, il y a un bruit je ne sais pas ce que c\u2019est j\u2019écoute plutôt mon cœur *** je brûle encore un feu rouge et rien ne se passe suis-je si différent ?*** sortant du cimetière j\u2019enterre sa mémoire puis je m\u2019envole 35 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA CINDY ROSE CAMELOT SUPER C PIE IX/ONTARIO hier, jeune vierge sur la rue sans lampadaires aujourd\u2019hui, brouillon\u2026 *** à la porte, une lumière elle m\u2019enveloppe un baiser sur ma joue *** sur mon cœur un paysage de mer bleutée une photo de toi *** j\u2019observe mes sous juste assez pour 1 pinte de lait caillé ! MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO EDOUARD-MONTPETIT deux filles avec un large sourire une fleur à offrir comment choisir ?*** triste nouvelle : expulsé d\u2019Amérique, un Mexicain se jette d\u2019un pont *** dans la vieille espadrille un peu de terre où y pousse un pissenlit *** six chandelles à Parc-Extension et tellement de câlins contre la haine ISABELLE RAYMOND CAMELOT LAURENDEAU/DE BIENCOURT popcorn au cinéma plus cher\u2026 que le visionnement ! *** ma chère amie gambade maintenant à l\u2019éden des chiens *** le printemps venteux envahit mon logis un effluve de lilas ! *** végéter dans mon salon surprise par un bruit doux chat d\u2019à côté MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT PHOTO-JOURNALISTE vers la flaque de boue trébucher dans la neige de dos ou de face ?*** sous le pont résonnent les marteaux-piqueurs j\u2019ai mal aux dents *** recherche d\u2019inspiration soudain, j\u2019entends une chanson nostalgie d\u2019un amour passé *** la neige disparue la saleté se dévoile vite le ménage du printemps ! Pour survivre ! Rencontré à la station Sherbrooke, Joseph joue d\u2019une percussion caribéenne.Anglophone, il m\u2019a permis de pratiquer la langue de Shakespeare et mes talents de traducteur.Mon nom est Joseph Fox.Je suis un percussionniste aguerri, possédant un bac de l\u2019Université McGill.Survivre est ce qui m\u2019a amené à jouer dans le métro.Aussi, le désir de m\u2019exposer et de ne pas avoir à demander la permission.Je ne joue qu\u2019ici.Le contact avec les autres, les usagers du métro, est incroyable, voir les gens passer et sourire, spécialement les gens originaires des Caraïbes qui me disent que cet instrument leur rappelle leurs racines ou leur enfance.Certains d\u2019entre eux sont arrivés à Montréal voilà cinquante ans et n\u2019ont pas entendu cet instrument depuis.C\u2019est comme ça que je gagne ma vie, même si ce n\u2019est qu\u2019une partie de l\u2019année.Mon instrument tolère le froid, mais pas la neige et la glace, durant l\u2019hiver je dois me trouver de petits boulots du genre laver la vaisselle.La plus grosse difficulté de ma pratique dans le métro est l\u2019instabilité et le plus grand avantage est de pouvoir déterminer mon propre horaire, je n\u2019ai pas de patron ! J\u2019ai aussi passé l\u2019audition pour les Étoiles du métro, mais je n\u2019ai pas été sélectionné.Je n\u2019en suis pas fâché, je trouve même bien qu\u2019une ville mette en place les moyens nécessaires pour son propre rayonnement.Puis, c\u2019est une opportunité pour ceux qui ont des habiletés et qui investissent du temps.Dans d\u2019autres villes, c\u2019est le free for all.Un système injuste Je suis saxophoniste.J\u2019ai appris la musique à l\u2019école secondaire en jouant dans un petit orchestre.Ensuite, Leroy Mason, un saxophoniste très connu à Montréal, est devenu mon professeur.Quelques années plus tard, j\u2019ai pris la décision d\u2019être musicien à vie.J\u2019ai aussi fait l\u2019université et décroché mon bac en musique.Le métro est un espace public depuis toujours, mais ça ne fait que 40 ans que les musiciens ont l\u2019autorisation de s\u2019y installer pour jouer.Moi, ça fait 25 ans que j\u2019y joue.Je demeurais alors rue Saint-Viateur avec ma famille et deux enfants.Je jouais à la station Sherbrooke.C\u2019est ce qui me permettait de payer le lait et les couches de mes bébés.Si aujourd\u2019hui je suis toujours musicien du métro, c\u2019est parce qu\u2019à chaque fois que je suis au bord du succès, il m\u2019arrive quelque chose.J\u2019aime jouer.La musique jazz est comme un vampire.Si tu te fais mordre, c\u2019est pour la vie.Aujourd\u2019hui, je joue 95 % de mon temps à la station Papineau, je gagne de l\u2019argent : entre 40 et 45 $ par jour.C\u2019est assez bon.Être dans le métro a quelques avantages ; surtout celui de ne pas avoir de patron.Mais il y a aussi des inconvénients.Par exemple, nous avons beaucoup de problèmes avec des quêteux depuis quelques années.Pour eux, jouer dans le métro semble être un bon plan.Sauf qu\u2019ils s\u2019installent à notre place alors qu\u2019ils ne savent ni jouer ni chanter.Ça fait des chicanes avec les musiciens et ça dérange les usagers du métro.Et il y a le programme des Étoiles du métro.Je ne le vois pas d\u2019un très bon œil parce seuls les musiciens Étoiles bénéficient des meilleurs emplacements et d\u2019autres avantages.Évidemment, tu peux utiliser la place des Étoiles du métro, mais on va rapidement te demander de partir.À mes yeux, c\u2019est un système injuste envers les autres musiciens.Quand j\u2019ai commencé, c\u2019était premier arrivé, premier servi.Maintenant, ce n\u2019est plus le cas.Les Étoiles peuvent même réserver leurs places en ligne.Puis, je trouve qu\u2019en cinq ans, il n\u2019y pas eu beaucoup de nouvelles Étoiles du métro, ce qui veut aussi dire que ce sont toujours les mêmes qui en profitent.Je n\u2019aime pas ce système, mais en même temps, ils ont les meilleures places et donc, gagnent plus d\u2019argent, alors je vais moi aussi m\u2019inscrire aux auditions.Les murs ont besoin de la musique, de l\u2019écho.On dit que les murs ont des oreilles, c\u2019est la même chose dans?le?métro.?La?musique?c\u2019est?ce?qui?fait?vivre?le?métro.?Je?prends?le?métro?depuis?l\u2019âge?de?10?ans,?il?y?a?toujours?eu?de?la?musique,?il?ne?faut?pas?que?ça?cesse?!?Ils?(les?musiciens)?ont?vraiment?de?la?volonté?de?faire?ce?qu\u2019ils?font.David Del, saxophoniste métro Papineau et camelot Joseph, percussionniste métro Sherbrooke P H O T O ? : ?K A R I N E ?B É N É Z E T P H O T O ? : ?K A R I N E ?B É N É Z E T Des notes qu\u2019on ne note plus Ayant grandi à Montréal, j\u2019utilise les transports en commun depuis environ 30 ans.D\u2019aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu des musiciens dans les couloirs du métro.Un peu comme si avec le prix du billet venait une petite mélodie pour nous accompagner quelques pas.Des gens de tout âge, de différentes nationalités, aux styles combien nuancés les uns des autres, gagnent (plus ou moins bien) leur vie de cette façon.Beaucoup plus que quelques notes, la musique est une formidable plus-value sociale.Considérant que plusieurs pays découragent, voire interdisent les manifestations culturelles ou artistiques, nous sommes privilégiés d\u2019avoir accès à la culture même dans le métro ! En sommes-nous conscients ?Platon vs Mao Dans La République, Platon voyait un aède (un poète ambulant) ou un musicien quasiment à chaque intersection.La culture, disait-il, apporte joie et sérénité en plus d\u2019être esthétique ; un sens qui semble s\u2019être perdu depuis quelques années.On fait juste ce qui est nécessaire : des maisons carrées, des hôpitaux rectangulaires, sans se soucier de la beauté.Allez voir les immeubles du Vieux-Montréal.Les gravures, gargouilles et autres ornements sont magnifiques.Si l\u2019art est indispensable, c\u2019est justement parce qu\u2019il ne l\u2019est pas.C\u2019est ce qui est beau ! Dans la Chine maoïste (et certaines théocraties contemporaines) la musique est interdite sous prétexte qu\u2019elle nuit à la productivité et peut véhiculer des messages non conformes.En y réfléchissant, je me rends compte que le « phénomène » a toujours existé ; des aèdes de la Grèce antique en passant par les troubadours médiévaux, les tziganes ou les mariachis, les musiciens de rue ont toujours été.J\u2019adore la musique ! Et, personnellement, je trouve que le métro semble mort quand il n\u2019y a pas de musiciens.Dans la quotidienneté de nos allers-retours, leurs quelques notes nous transportent, nous font tantôt rire, tantôt pleurer, toujours sourire.Malheureusement, comme ça fait partie de nos us et coutumes, nous le prenons pour acquis et, dans une certaine mesure, perdons de l\u2019intérêt.Quand quelque chose devient routinier, la magie s\u2019efface\u2026 Les étoiles et les autres Dans le métro de Montréal, certains endroits particulièrement achalandés sont réservés aux Étoiles du métro.Une nomination obtenue après avoir réussi une audition.Bien que ces musiciens jouissent d\u2019un maximum de visibilité, ils ne représentent qu\u2019une infime partie de ceux qui sillonnent les couloirs.Les « autres », plus marginalisés, se partagent souvent de moins bonnes localisations et de moins bons horaires.Ces pages s\u2019intéressent justement à eux.Honnêtement, en entreprenant cette chronique, je m\u2019attendais à un sujet léger voir bonhomme.Mais la réalité découverte m\u2019a beaucoup fait penser à la mienne : précarité, insécurité et indifférence ; des mots souvent utilisés.J\u2019ai pu palper la détresse dans les yeux d\u2019un musicien qui avait visiblement faim, au sens propre.Assis par terre dans les couloirs de la station Frontenac, un clavier entre les jambes, il était contrarié par la sècheresse de son chapeau.« Si Oscar Peterson passait ici, il me serrerait la main », m\u2019a-t-il lancé.Ce pianiste a fait le conservatoire de Rimouski et fait de l\u2019improvisation jazz.« C\u2019est du Bach », me dit-il, en jouant quelques notes.Et poursuit quelques instants plus tard par : « Ça c\u2019est de moi ».Ce qu\u2019il jouait était magnifique.Soudain, la faim a pris toute la place : « Vous n\u2019auriez pas un sandwich ?Je veux un sandwich ! » Comment quelqu\u2019un peut-il embellir la vie de milliers de personnes et crever de faim en même temps ?Moi-même musicien du métro Comme certains d\u2019entre vous le savent déjà, je suis moi-même guitariste.J\u2019ai travaillé comme chansonnier dans les bars et accompagné quelques chanteurs connus, à l\u2019époque où j\u2019habitais les Laurentides.Donc, quand les choses ont commencé à mal aller, il était tout naturel pour moi d\u2019aller jouer de la musique dans le métro.J\u2019ai tenté ma chance quelques fois, à différentes stations, à différentes heures et je n\u2019ai jamais fait plus de 10 $.Malgré un répertoire que je qualifie de « super cool » et une technique correcte, il n\u2019y avait rien à faire ! Les difficultés techniques : le bruit, l\u2019emplacement des lyres, la sollicitation agressive environnante, etc., et surtout l\u2019indifférence des gens ont pris le dessus sur les encouragements et sur ma volonté de jouer pour manger.Donc, L\u2019Itinéraire\u2026 Ce qui explique un peu pourquoi je vends des journaux.Je n\u2019ai pas à me battre pour un spot ou pour une heure précise.Je n\u2019ai pas besoin de trimballer une guitare, un amplificateur et un micro.Mais surtout, mon chiffre d\u2019affaires n\u2019a aucune comparaison.Vendre un produit déjà connu s\u2019avère pour moi beaucoup plus facile que de devoir me démarquer, performer.Ce qui explique aussi tout le respect que j\u2019ai pour les musiciens de rue, qui eux, réussissent à vivre de leur art.J\u2019en ai d\u2019ailleurs rencontré quelques-uns\u2026 37 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ? : ?M I L T O N ?F E R N A N D E S CHRONIQUE PAR SIMON JACQUES CAMELOT MÉTRO JARRY En 1986, les premières lyres s\u2019immiscent dans les couloirs du métro montréalais pour le plus grand bonheur de ceux qui, avant cela, y pratiquaient leur art sans vraiment y être invités.En 2009, le Regroupement des Musiciens du Métro de Montréal (RMMM), connu sous le nom MusiMétroMontréal, voit le jour.Bien que cet OSBL soutienne ses artistes-adhé- rents par de nombreux programmes et outils, ces derniers ne représentent qu\u2019un pourcentage des musiciens du métro.En tout, près de 230 musiciens circulent dans le réseau souterrain, précise Bertrand Lauzon, responsable du programme des Étoiles du métro du RMMM.Il y a donc les Étoiles, les membres du regroupement et les autres qui entretiennent des relations, partagent les spots et occupent cet espace public insolite.Qui sont les musiciens, membres de MusiMétroMontréal ?Beaucoup des musiciens-adhérents ont des carrières à côté, font des études ou travaillent dans un autre domaine.Ils viennent jouer de la musique dans le métro pour leur plaisir, pour augmenter leur performance.La majeure partie des personnes qui se présentent au programme des Étoiles sont des musiciens qui ont envie de pratiquer leur art, pour le public du métro, celui qui ne fait que passer.Tous veulent la même chose : se faire apprécier de cet auditoire.Le profil varie beaucoup.Les musiciens sont de partout.Certains viennent d\u2019écoles de musique et sont diplômés, d\u2019autres sont dans le métro depuis longtemps et veulent devenir Étoiles, et d\u2019autres encore sont tout simplement curieux de passer une audition pour se tester.Comment devient-on musicien du métro ?Nous avons un site sur lequel les musiciens peuvent trouver toute la réglementation pour jouer dans le métro et devenir membres.Quant aux Étoiles du métro, il y a des auditions.Chaque année, environ soixante formations musicales sont choisies selon des critères de sélection élaborés en collaboration avec la STM.Des juges, eux-mêmes musiciens professionnels, et un ou une représentant(e) de la STM évaluent les performances selon la grille et l\u2019originalité de ce qui est présenté ainsi que l\u2019aptitude des personnes à jouer dans le métro.À côté, nous menons des réunions d\u2019information très utiles.Prenons l\u2019exemple d\u2019un musicien qui arrive dans le couloir, il ouvre sa valise et pose des CD devant lui avec un panneau indiquant « à vendre ».C\u2019est 150 $ d\u2019amende pour ça ! Alors on parle de ce genre de problème et de la réglementation.Comment les musiciens membres et non membres se partagent-ils les lieux autorisés ?La STM nous attribue les emplacements Étoiles du métro et les lyres.Nous avons une belle relation avec eux.Au fond, l\u2019art et les artistes sont partout, mais grâce à notre partenariat avec la STM, la qualité de vie des musiciens est améliorée.L\u2019idée est aussi que l\u2019expérience clientèle soit satisfaisante.C\u2019est important parce que si une personne s\u2019installait dans le métro pour juste taper sur un tambour, ça dérangerait le monde.Les emplacements sont pour tout le monde et le principe du premier arrivé, premier servi s\u2019applique.Les musiciens ont le droit de jouer sous un des panneaux des Étoiles et sous les lyres, qu\u2019ils soient ou pas Étoiles du métro.Normalement, seules les Étoiles ont le droit de jouer sous leur panneau, mais si le spot est inoccupé n\u2019importe qui peut s\u2019y installer.Et quand le musicien qui a réservé arrive sur son emplacement, il s\u2019arrange avec celui qui est déjà là.Les panneaux Les Étoiles du métro ne sont pas des zones barrées ! Les musiciens, ni membres ni Étoiles peuvent s\u2019y installer.À date, les relations se passent très bien, pas de chicane, pas de guéguerre.C\u2019est aussi à cela que sert notre service de booking en ligne.Il fonctionne comme un calendrier pour les Étoiles du métro.Si une personne s\u2019inscrit et qu\u2019elle ne peut finalement pas y aller, elle va le poster sur Facebook.Les membres vont alors recevoir un message et pouvoir occuper le spot libre.Les musiciens du métro À côté des Étoiles Date de création du programme Les Étoiles du métro : 2012 65 Étoiles du métro en 2017 Environ 230 musiciens dans le métro annuellement Emplacements hors espaces réservés Étoiles du métro 8 lyres sur la ligne bleue 19 lyres sur la ligne verte 24 lyres sur la ligne orange Informations générales: musimetromontreal.org 38 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 P H O T O ? : ?M I L T O N ?F E R N A N D E S ENTREVUE Le métro sans musiciens? C\u2019est?sûr?que?ça?serait?moins?agréable.?Des?fois?ça?met de l\u2019ambiance, surtout quand ça?swingue?! Le métro sans musiciens deviendrait un lieu comme les autres.?Mon?fils?de?trois?ans?et?moi?aimons?beaucoup la musique et nous nous arrêtons souvent?devant?les?musiciens.?À?qui?de?juger?qui?est?bon?ou?pas?Il?y?a?des?gens?qui?ont?visiblement?des?problèmes?d\u2019argent?et?c\u2019est?un?moyen?honnête?d\u2019en?gagner.Ça?ne?fait?pas?longtemps?que?j\u2019habite?ici.?Au?Mexique?il?y?a?des?musiciens?et?j\u2019aime?ça,?ça?me?rend?plus?joyeuse.?Je?crois?que?les?musiciens?ne?dérangent?personne.?Jouer?dans le métro donne une chance à beaucoup de monde.Michel Rivard Joshua Bell Alina Kenia Le métro sans musiciens serait triste.À Paris, ils?entrent?même?dans?les?wagons,?ça?met?de?l\u2019ambiance !?Il?y?a?aussi?beaucoup?de?diversité :?du?jazz,?du?rock.?C\u2019est?multiculturel.Puis l\u2019art, la musique\u2026 C\u2019est?subjectif.?Badis Le métro sans musiciens?serait?de?la?merde !?C\u2019est le meilleur 30 secondes de mon trajet quand je passe près de l\u2019un d\u2019eux.Kevin Francine Reconnu et inconnu Septembre 2014, Michel Rivard, célèbre auteur- compositeur et interprète québécois, s\u2019improvise musicien du métro à Paris.Une expérience immortalisée dans une courte vidéo aux allures de documentaire réalisée par les productions Spectra.L\u2019idée derrière tout ça ?Sortir de sa zone de confort et explorer une part de la vie d\u2019un musicien lambda, suffisamment inconnu du public pour passer incognito.Autorisé officiellement par la RATP (Régie autonome des transports parisiens) à jouer dans les couloirs de l\u2019une des stations les plus fréquentées de Paris : Saint-Lazare et ses 45 millions de voyageurs annuels (chiffres 2015 de la RATP), Michel Rivard s\u2019est prêté au jeu, incertain de l\u2019issue de cette fantaisie.C\u2019est muni d\u2019une guitare acoustique, de la chanson Merci pour tout extraite de son album Roi de rien, d\u2019un amplificateur pour l\u2019orchestration et de quelques caméras cachées, qu\u2019il a fait face à l\u2019indifférence, au manque de contact et de sympathie d\u2019un public de passage.« Je n\u2019ai presque pas dormi la nuit précédente.J\u2019avais peur de me retrouver dans une situation malaisante », confie Michel Rivard en entrevue à Radio-Canada, le 23 août 2015.Face au manque de réaction du public et plutôt que d\u2019en subir l\u2019ignorance, il décide tout simplement de chanter, sans retenue, en regardant les gens droit dans les yeux.Ce grand musicien qui, à coup sûr, s\u2019arrête le temps de quelques mesures lorsqu\u2019il croise l\u2019un de ses homologues du métro montréalais, n\u2019aura récolté que 9 euros en deux jours.Un bien grand mal pour un si petit butin qui l\u2019amène à envoyer tous ses encouragements pour tous les musiciens du métro.P H O T O : ?A N N I E ?G A R O F A N O Pas assez bon pour le métro ?En janvier 2007, Joshua Bell, l\u2019un des plus grands violonistes de notre époque s\u2019est transformé en musicien du métro de Washington en pleine heure de pointe, armé d\u2019un Stradivarius pour l\u2019interprétation de l\u2019une des plus belles pièces pour violon seul jamais écrites.Pendant 43 minutes, la virtuosité a résonné aux oreilles passantes de 1097 personnes contraintes à un objectif : se rendre au travail.La beauté et l\u2019art peuvent-ils réellement transcender les gens lorsque, de prime abord, le contexte ne s\u2019y prête pas ?Il semble que la réponse soit non.Tout du moins, il s\u2019agit de la conclusion de cette expérience, secrètement orchestrée par le Washington Post, qui a permis à Joshua Bell de se faire écouter par une poignée d\u2019individus.Quelques années plus tard, le musicien renouvelle l\u2019expérience, mais cette fois-ci avec un public averti.« J\u2019ai beaucoup hésité avant de refaire quoi que ce soit ayant un lien avec le métro expliquait Joshua Bell, dans un article du journal Le Soleil publié en mars 2015.[\u2026] Au bout du compte, ça a été plutôt plaisant d\u2019y retourner.À la fin, il devait bien y avoir 3000 personnes.Ça a surtout mis en lumière le fait que l\u2019auditoire peut vivre une merveilleuse expérience du moment où il se montre réceptif.» Comme attendu, l\u2019artiste a eu le droit à une ovation publique.Comme quoi la qualité ne semble pas être gage de réussite lorsqu\u2019on est musicien du métro.P H O T O : ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S Les très nombreuses inscriptions retrouvées sur le site archéologique aident à comprendre comment la cité était organisée à l\u2019époque romaine.Palmyre respectait alors les lois civiles grecques.En dehors de l\u2019institution civile, les élites étaient constituées sous forme de collèges de prêtres pour le culte rendu aux principaux dieux.Le plus prestigieux de ces derniers était celui des prêtres de Bêl.Les commerçants et artisans étaient eux aussi organisés en regroupements : des corroyeurs, des orfèvres, des tanneurs, des fabricants de radeaux.Palmyre comptait en plus des activités de tissage de soie, de laine, de coton et de lin.La société palmyrénienne Au Québec depuis 30 ans, Saïd nous fait découvrir son pays d\u2019origine, la Syrie, à travers l\u2019histoire, l\u2019actualité et son regard.Palmyre, l\u2019un des plus beaux sites et vestiges représentatifs de culture la syrienne nous est présenté, ici.Palmyre, du grec ancien Palmura (tadmor en arabe), était la capitale du royaume de Palmyre, une oasis du désert de Syrie.Située à 210 km au nord-est de Damas, elle constitue un site historique classé au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO depuis 1980, puis déclaré « en péril » pendant la guerre civile syrienne.En 265, Odenat a été le premier roi chargé par l\u2019empereur Gallien de coordonner la défense de l\u2019Orient contre les Perses.En 268, quand sa veuve Zénobie tenta de prendre le pouvoir comme impératrice avec son fils Wahballat, Palmyre se retrouva prise dans une guerre civile romaine.En 273, l\u2019empereur Gallien déclara la guerre à Zénobie avec Aurélien comme général des armées.Il détruisit la ville et captura Zénobie.Palmyre demeura jusqu\u2019au 6e siècle une ville occupée par l\u2019armée romaine.Les tribus arabes Ghassanides, chrétiennes et alliées de l\u2019Empire contrôlèrent la ville.Des églises furent construites, tandis que d\u2019anciens temples comme Baalshamin ou encore le temple du Bêl furent convertis en églises.Vers 260, la mer Méditerranée était contrôlée par trois pouvoirs impériaux. Le premier, l\u2019Empire de Palmyre à l\u2019est, incluait la Syrie et le sud de Turquie, la Jordanie, la Palestine et le nord de l\u2019Égypte.Le deuxième était l\u2019Empire romain et le troisième était l\u2019Empire gaulois qui contrôlait l\u2019ouest de la Méditerranée.Le royaume de Palmyre Palmyre était, du 1er au 3e siècle, la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient.Elle exploitait une route caravanière qui passait par des caravansérails dans la steppe, gagnait les bords de l\u2019Euphrate et les longeait jusqu\u2019à la région de Babylone.Le commerce entre les Palmyréniens et les commerçants occidentaux se faisait en langue latine, tandis que le commerce avec les Orientaux se faisait en araméen.Pour protéger les caravanes, les Palmyréniens se faisaient aussi soldats.La ville comptait sur un corps d\u2019armée romaine.Quant aux Bédouins et paysans du territoire de la cité, ils étaient des guerriers à cheval ou à dos de chameau.Le commerce caravanier 40 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 VIE DE QUARTIER PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY Site historique Palmyre P H O T O ? : ?J A M E S ?G O R D O N / W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S I M A G E : ?C É D R I C ?L A B R O U S S E , ?2 0 0 9 P H O T O : ?J E R Z Y ?S T R Z E L E C K I / W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S IMAGE?:?ARTISTE?ANONYME,?CIRCA?1799.?L\u2019INSTITUT?DE?RECHERCHE?GETTY /WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS Vue du site historique de Palmyre, 5 Mai 2008 Vue imaginaire d\u2019un tetrapyle En jaune, l\u2019Empire de Palmyre vers 260 Palmyre, le Temple de Baal Les Palmyréniens de l\u2019époque adoraient une divinité du nom de Bôl (le Seigneur dans le dialecte araméen de Palmyre).Rapidement, ce dieu suprême pris le nom de Bêl sous l\u2019influence de Babylone.D\u2019autres dieux lui étaient associés comme Aglibôl et Malakbêl (littéralement L\u2019ange).Puis, l\u2019arrivée d\u2019autres Syriens et de nomades arabes en grand nombre ajouta par la même occasion d\u2019autres dieux comme Baalshamin.Comme tout le reste de l\u2019Empire, le monde arabe n\u2019échappe pas à la diffusion du christianisme, L\u2019Irak deviendra le centre du christianisme au 5e siècle et Palmyre deviendra une cité sous influence musulmane au 7e siècle après avoir ouvert ses portes en 634 à Khalid ibn al-Walid.Les dieux de Palmyre Le site archéologique de Palmyre est le témoin privilégié de l\u2019une des sources culturelles les plus importantes de l\u2019antiquité.Il est d\u2019ailleurs qualifié comme valeur universelle exceptionnelle par l\u2019UNESCO.Le site a dévoilé les vestiges suivants : le camp de Dioclétien, un temple funéraire, la Grande colonnade, la colonnade de traverse, un tétrapyle, l\u2019agora, les temples de Baalshamin de Nab et de Bêl, les thermes de Dioclétien, le théâtre romain, les murailles de la cité.L\u2019édifice le plus imposant de Palmyre est le temple de Bêl, considéré comme l\u2019édifice religieux le plus important du 1er siècle.Le temple principal a été détruit par le groupe armé État islamique le 28 août 2015.Palmyre aujourd\u2019hui En dehors des murs de la cité se dressent de nombreux monuments funéraires principalement familiaux.Une partie des vestiges du site archéologique forme aujourd\u2019hui la Vallée des tombes, une nécropole d\u2019un kilomètre d\u2019étendue, avec une série de grandes structures très richement décorées.Les tombeaux sont de trois types : tours funéraires de plusieurs étages, hypogées en sous-sol pour les classes moyennes, et temples-tom- beaux pour les plus récents.Arts funéraires Il reste aujourd\u2019hui neuf rangées de gradins sur seize du théâtre de Palmyre.Sa construction date du début du 1er siècle de notre ère.Le théâtre de Palmyre 41 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA PHOTO?:?GUILLAUME?PIOLLE,?2010/WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS PHOTO?:?BERNARD?GAGNON,?2010/WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS PHOTO?:?BERNARD?GAGNON,?2010/WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS P H O T O : ?C O U R T O I S I E ?2 0 0 6 ?/ ?M U S É E ?D U ?L O U V R E Vue panoramique du théâtre romain de Palmyre La triade palmyrénienne : de gauche à droite, le dieu de la Lune Aglibôl, le « Seigneur des Cieux » Baalshamin, et « l\u2019Ange du Seigneur » Malakbêl Ville de Timor tout près du site de Palmyre en Syrie Tours funéraires dans la vallée des Tombeaux à Palmyre en Syrie BD PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO VERDUN Défricher à Saint-Jérôme Je vends L\u2019Itinéraire à Saint-Jérôme.Je trouve le trajet d\u2019autobus très long, 35 km, jusqu\u2019à Montmorency puis ensuite jusqu\u2019au café de L\u2019Itinéraire, métro Papineau, où j\u2019ai rendezvous ce matin.Deux heures de voyage, le bus, le métro : j\u2019ai perdu l\u2019habitude de ça\u2026 une chance que j\u2019ai un bon livre.Je préfère la marche et le vélo.Je veux remercier toute ma clientèle de Saint-Jérôme, qui m\u2019encourage à persévérer dans mon travail.Car c\u2019est vraiment un travail de vendre le journal, rue Saint- Georges, beau temps, mauvais temps.Quand il fait trop froid, je n\u2019y vais pas, car en vieillissant, je suis moins résistant.J\u2019ai presque 60 ans et ici, on ne peut se réfugier dans le métro\u2026 C\u2019est très différent de représenter L\u2019Itinéraire ici, pour plusieurs raisons : jusqu\u2019à récemment, on n\u2019y connaissait pas beaucoup le journal.Il y a aussi le fait que « ça vient de Montréal », donc ce n\u2019est pas ce qu\u2019on pourrait appeler un produit local.Par ailleurs, la portion commerciale du centre- ville, ce n\u2019est pas l\u2019avenue du Mont-Royal ; ce sont donc toujours les mêmes passants, qui achètent généralement le journal sur l\u2019heure du dîner, ce qui limite le potentiel de vente.Disons que la deuxième semaine de vente est plus difficile qu\u2019à Montréal.Mais on a une clientèle fidèle et généreuse, depuis plus d\u2019un an maintenant.Pourquoi je vends L\u2019Itinéraire ?Pour la cause, bien sûr, et la qualité du contenu évidemment.Sans négliger que cela représente un revenu.Par le passé j\u2019ai vendu le journal dans Hochelaga, où la clientèle était déjà acquise.Mais le défi de défricher de nouveaux territoires a aussi un côté très motivant.JOCELYN CHRÉTIEN CAMELOT À SAINT-JÉRÔME La même chose Il y a des personnes qui vont faire quelque chose de mauvais plus d\u2019une fois.Ils ont un mauvais cœur, c\u2019est une chose qui a été prévue par Dieu.Si tu passes du temps avec ces personnes, tu vas mieux connaître leurs personnalités.Ils vont mentir, trahir et tricher, c\u2019est dans leur caractère de faire ça.Il faut être prudent avec des personnes comme ça, parce que c\u2019est très probable qu\u2019ils ne changent jamais.Mais il y a d\u2019autres personnes qui vont faire des bonnes choses.Ces personnes qui font des actes de bonté le refont plusieurs fois.Ils sont fiables, honnêtes et justes, tu peux le voir dans leur comportement.C\u2019est plus agréable de rester avec eux.Je pense et vis de la même manière.Quand quelqu\u2019un perd de l\u2019argent, je le lui rends tout de suite.Je suis honnête et les personnes qui restent avec moi le savent bien.Il y a des emplois dans lesquels je suis resté longtemps, sans manquer un seul jour de travail ; mon record est de 14 mois.Quand je dis quelque chose, je vais le faire, à moins qu\u2019il y ait quelque chose d\u2019exceptionnel qui m\u2019en empêche.J\u2019ai pris des responsabilités, mais il faut en prendre plus encore.Ces dernières années, à l\u2019église et au marché Atwater, j\u2019ai rencontré d\u2019autres personnes qui sont dans le même état d\u2019esprit que moi.Je fais l\u2019effort de continuer à faire ça parce que c\u2019est important pour mon bien-être.Beau temps et souvenirs d\u2019enfance L\u2019hiver a été long cette année, j\u2019avais bien hâte que les beaux jours arrivent.Maintenant, je peux faire du vélo, ça coûte moins cher que de prendre l\u2019autobus et ça va plus vite : on ne s\u2019arrête pas à tous les coins de rue.On s\u2019habille moins chaud, on peut mettre des jupes, on enlève nos manteaux d\u2019hiver.On se sent légers.On peut aller à la campagne, au chalet, découvrir nos forêts.Dans ma jeunesse avec mes frères, sœurs, cousins, cousines, nous allions au chalet de ma grand-mère, à Rawdon, sur la rue Jolicoeur.J\u2019avais un pick-up, je faisais jouer de la musique, on dansait sur la terrasse, on chantait.C\u2019était des gros partys.On faisait un feu de camp, on faisait griller des marshmallows, on passait la tondeuse et on plantait des fleurs.J\u2019ai bien aimé ma jeunesse.On était entourés d\u2019eau, on avait un beau lac.On s\u2019était fait un beau quai et nous avions une chaloupe.J\u2019ai été dans ce chalet jusqu\u2019au décès de ma grand-mère, j\u2019avais 32 ans.Maintenant, je vais à la piscine Laurier et au parc Lafontaine.Je fais des pique- niques et je vais regarder le baseball.J\u2019aime bien la fête de la Saint-Jean au parc Maisonneuve, j\u2019y ai même rencontré Pauline Marois que j\u2019ai été saluer.La Saint- Jean que j\u2019ai préférée, c\u2019est celle sur le Mont-Royal en 76.Je vendais des chips et de la liqueur avec mon copain.Il y avait René Simard et Renée Martel.J\u2019aime les spectacles donnés à la Saint-Jean et les feux d\u2019artifice.Voilà comment le beau temps réveille des souvenirs de mes plus belles années de jeunesse qui resteront gravées dans mon cœur.BILL ECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER CÉCILE CREVIER CAMELOT SAINTE-CATHERINE / MORGAN 43 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Individu qui ramène la paix.2.Préparation médicamenteuse.- Délectable.3.Suit une erreur.- Amoureuses.4.Mines.- Service d\u2019espionnage étasunien.5.De naissance.- Nationalisa.6.Insipidité.- Organe.7.Saison.- Sulfate double.8.Couverture.- Humain.9.Possédée.- Canard.- Existes.10.Fourrrage.- Mare.verticalement 1.Infectée.2.Individu qui transmet un bien.3.Coléoptères.4.Neuf.- Issue.5.Décision volontaire.- Usité.6.Colorer.- Rigolé.7.Poète antique.8.Bananier.- Puis.9.Tempêtera.10.Greffaient.11.Page.- Note.- Désert.12.Résiduelles.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Caché Panier Années Autochtone américain Colère Rait Accentuèrent Bloquée Officier Canal Distraire De visu Vidangées Paisible Doré Âge Retirée Issus Monnaies Bouchent Narrées Mille cinquante-six Conjonction Appris Forfait Rigole Urne Union Onde Dieu solaire Caché Panier Années Autochtone américain Colère Rait Accentuèrent Bloquée Officier Canal Distraire De visu Vidangées Paisible Doré Âge Retirée Issus Monnaies Bouchent Narrées Mille cinquante-six Conjonction Appris Forfait Rigole Urne Union Onde Dieu solaire Réponses du 15 JUIN 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 V S E I T O E E U T E N E S A N S E R L A E T E S M L V I R A E L I I L E N L U T N E T L B O N D S U E R E R I T U P R G E E S S E R I E N E I D V E T R I R 1er juin 2017 P A C I F I C A T E U R E L I X I R B O N N E S I C A I M A N T E S T E I N T S C I A T I N N E E T A T I S A F A D E U R R E I N E T E S A L U N T R E L I U R E E T R E E U E E I D E R E S E R S L E T A N G Réponses du 15 JUIN 2017 S O T E R I O L O G I E U V U L E S O P I N A S A B I R S T A R N U T E S U N I L O B E R I R E E I R E U S R O I O S E E E T A N S E S C N P I E N N E E M E T T A N T T E E S O S O T E R E R S E A U F R E R E Réponses du 1 JUIN 2017 100% xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Règle Foncer Mesure Balle qui touche le filet À vous Nazi Batelières Dont les vecteurs sont égaux Demeurée Traîneraient Dégager Manche Révoltera (se) Désinfection Viser Ripailles Tournée Résistance Année Enlève Mois Radoubes Salles obscures Coupelle Relative à la neige Possédé Socles Oui Règle Foncer Mesure Balle qui touche le filet À vous Nazi Batelières Dont les vecteurs sont égaux Demeurée Traîneraient Dégager Manche Révoltera (se) Désinfection Viser Ripailles Tournée Résistance Année Enlève Mois Radoubes Salles obscures Coupelle Relative à la neige Possédé Socles Oui Réponses du 1 JUIN 2017 Mettre à x 7,5 y 4 P L S P N A S E T R E O T E L E T I C N E A M S T E T V O S A M I I S E C A R N E E S I V R E E E U F E R E M T E I M R E R S S R I B T O E S U M T I E N R A Amusez-vous bien ! 44 ITINERAIRE.CA | 15 juin 2017 DÉTENTE 45 15 juin 2017 | ITINERAIRE.CA Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S Jacques Chagnon Député de Westmount\u2013Saint-Louis Bureau de circonscription 1155, boulevard Robert-Bourassa ?Bureau 1312 Montréal (Québec) H3B 3A7 (514) 395-2929 jchagnon-wsl@assnat.qc.ca Joyeuse fête nationale du Québec à tous et une heureuse fête du Canada! SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Expert Grille numéro : 57802 9 4 2 1 2 8 3 6 8 1 9 3 9 5 3 8 9 2 1 4 2 6 3 1 6 5 3 8 8 7 1 9 4 6 3 2 8 7 5 5 3 6 8 7 4 2 1 9 2 8 7 1 5 9 4 3 6 4 6 2 7 8 1 5 9 3 9 1 5 3 4 6 7 8 2 3 7 8 9 2 5 1 6 4 7 4 9 2 6 8 3 5 1 6 5 3 4 1 7 9 2 8 8 2 1 5 9 3 6 4 7 Grille Jeu Sudoku Expert à imprimer du dimanche 07 mai 2017 18:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 57799 7 2 3 6 9 1 7 6 3 3 5 2 4 7 1 6 8 9 4 5 7 1 8 4 5 1 4 7 8 1 2 2 8 3 9 5 7 4 2 3 6 9 5 1 8 5 1 9 4 7 8 6 2 3 8 6 3 1 5 2 9 7 4 3 7 4 5 1 6 2 8 9 6 9 8 2 3 4 1 5 7 1 2 5 8 9 7 4 3 6 9 3 6 7 2 5 8 4 1 4 5 7 9 8 1 3 6 2 2 8 1 6 4 3 7 9 5 Grille Sudoku Facile à imprimer du dimanche 07 mai 2017 18:00:02 1 / 1 1er juin 2017 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 8838 3406 348 322 des animaux Les animaux ne se sentent pas prisonniers de la nature, c\u2019est pourquoi la question de devenir libre ou non ne se pose même pas pour eux.L\u2019homme crée sa propre prison et aspire ensuite à la liberté.Swami Prajnanpad L\u2019amour?d\u2019un?animal?ça?se?mérite,?alors?que?l\u2019amour?des?hommes?ça?se?gagne.?Jean-Marie Gourio Les animaux menacés d\u2019extinction ont le malheur d\u2019avoir l\u2019homme comme prédateur.Mazouz Hacène L\u2019homme?est?un?animal?qui?a?la?faculté?de?penser?quelquefois?à?la?mort.?Jules Renard Nous avons oublié ce que les pierres, les plantes et les animaux savent toujours.Nous avons oublié comment être ; être calme, être nous-mêmes, être où la vie se trouve?:?ici?et?maintenant.?Eckhart Tolle Le?discours,?c\u2019est?ce?qui?distingue?la?personne?humaine de l\u2019animal et le démocrate de la brute.Françoise Giroud Le?monde?pourrait?vivre?sans?tuer?ni?animal?ni?végétal.?Théodore Monod Tous les animaux connaissent ce qui leur est nécessaire, excepté l\u2019homme.Pline l\u2019Ancien Les?animaux,?eux,?ont?une?pureté?que?l\u2019homme?a?définitivement?perdue.?Brigitte Bardot Les?animaux?sont?des?amis?tellement?agréables?\u2013 ils ne posent jamais de questions,?ils?ne?font?aucune?critique.?George Eliot L\u2019homme?appartient?à?ces?espèces?d\u2019animaux?qui,?une?fois?blessés,?peuvent?devenir?particulièrement?féroces.?Gao Xingjian Un homme cruel avec les animaux ne peut être un homme bon.Gandhi P H O T O ? : ?S I N ?S E E ?H O ?( 1 2 3 R F ) À PROPOS.PAR SYLVAIN GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER educalcool.qc.ca Après des mois d\u2019hibernation, c\u2019est enfin le temps de sortir et de profiter à nouveau des bienfaits du soleil et des splendeurs de notre belle province ! Le début de la saison estivale entraîne plusieurs occasions de prendre un verre, que ce soit l\u2019appel des terrasses après le travail, les nombreux festivals extérieurs ou la saison des bals de finissants pour les plus jeunes.Bien que plusieurs de ces activités soient culturellement associées à la consommation d\u2019alcool, il est de mise de rester prudent.Que l\u2019on pense au soleil qui nous tape sur la tête ou aux nombreuses activités nautiques à portée de main, un bon grand verre d\u2019eau est un meilleur choix dans plusieurs situations.Il est donc préférable de ne pas trop se laisser emporter par l\u2019appel des beaux jours et de rester plus sage, ce qui ne veut pas dire que l\u2019on doit se priver des plaisirs estivaux! Boire modérément ou troquer le verre de rosé de trop pour un jus rafraîchissant, surtout sur l\u2019eau, pourrait même vous permettre de profiter encore plus de votre été, sans avoir à gaspiller de belles journées ensoleillées à cuver votre lendemain de veille à l\u2019abri du soleil.Prendre un p\u2019tit coup.Il fait enfin beau et chaud.Avec vos collègues, vous décidez d\u2019aller prendre un verre sur une terrasse après le boulot.a) À votre arrivée, vous vous commandez quelque chose à grignoter en même temps qu\u2019un verre de blanc, question de ne pas boire sur un estomac vide.b) Vous vous commandez une pinte en vous disant qu\u2019elle risque de vous monter à la tête assez rapidement puisque vous n\u2019avez pas mangé depuis le dîner.Vous vous assurez donc d\u2019avoir aussi un verre d\u2019eau.c) Vous prenez la place la plus ensoleillée et commandez une tournée de shooters pour tous, question de célébrer l\u2019arrivée de l\u2019été! Vous vous empressez de boire ceux que vos collègues refusent.Vous vous rendez dans un festival avec des amis.Votre sac à dos contient.a) \u2026 une casquette, une grande bouteille d\u2019eau et des collations.b) \u2026 une casquette et six canettes de bière, que vous vous faites confisquer à l\u2019entrée, à votre grande déception.c) \u2026 deux bouteilles d\u2019eau remplies de gin tonic.Le jeune qui fouille votre sac à l\u2019entrée du site n\u2019y voit que du feu! Vous êtes fier de votre coup, jusqu\u2019à ce qu\u2019un agent de sécurité vous sorte du site deux heures plus tard, à cause de votre état d\u2019ébriété avancé.Vous organisez le premier barbecue de l\u2019été dans votre cour, au bord de la piscine.Que prévoyez-vous pour les consommations de vos invités ?a) Quelques choix de boissons alcoolisées, mais aussi plusieurs choix de cocktails sans alcool pour satisfaire votre amie enceinte, les chauffeurs désignés et ceux qui ne boivent tout simplement pas d\u2019alcool.Sans oublier de mettre de l\u2019eau à la disposition de tout le monde.b) Rosé, mousseux, bière.Ce qui se boit bien au bord de la piscine, quoi! Vous n\u2019oublierez pas d\u2019offrir de l\u2019eau à vos invités à l\u2019occasion.c) Plusieurs sortes de bières, du vin, du fort! L\u2019adage ne dit-il pas « plus on est soûl, plus on rit »?\u2022 Attention aux coups de chaleur ! La consommation d\u2019alcool au soleil vous rend plus sensible aux insolations.Il est donc préférable de rechercher l\u2019ombre et de modérer la quantité d\u2019alcool que vous buvez.\u2022 Variez vos breuvages.De plus en plus de boissons non alcoolisées sont offertes sur le marché.Éduc\u2019alcool vous propose même une série de merveilleux cocktails sans alcool disponibles sur le site alternalcool.com Visitez-le.Vous y aurez de très agréables surprises.\u2022 Bière et eau, même combat ?Vous avez envie d\u2019une bière fraîche pour vous désaltérer par une journée chaude?Attention, la bière, comme le vin et les spiritueux, a un effet déshydratant.Si vous tenez à en prendre une, pensez à l\u2019accompagner d\u2019eau.\u2022 Alcool et plan d\u2019eau.Au chalet ou en vacances, il n\u2019est pas rare de boire de l\u2019alcool à la plage ou en bateau.Soyez prudents avant de vous aventurer dans l\u2019eau et n\u2019oubliez pas que sur l\u2019eau , un verre en vaut trois.\u2022 Restez alerte.Pour votre sécurité et celle de vos amis, assurez-vous de toujours garder les idées claires, que ce soit pendant un 5 à 7 ou une soirée bien arrosée! Un accident est si vite arrivé.Pour profiter de l\u2019été.et s\u2019en rappeler ! Les conseils du pro L\u2019alcool et la saison estivale : P H O T O ?: ?A N D O R ?B U J D O S O ?( 1 2 3 R F ) ÉDUC\u2019ALCOOL © S o p h i e L e m e l i n "]
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