L'itinéraire, 1 janvier 2017, mardi 1 août 2017
[" ENTREVUE REPORTAGE Patrick Côté Prêt à prendre tous les coups Après les coups, on se relève! Par Roger Perreault, camelot Volume XXIV, n?15 Montréal, 1er août 2017 a b o n n e m e n t s a u YO de : ph i > UUUVUU | Transport gratuit du 22 juin (16h) au 27 août pour les 6 à 11 ans\u201d \"=\" stm.info/sortiesenfamille * CERTAINES CONDITIONS S'APPLIQUENT MOUVEMENT COLLECTIF stm Nom Robert Mondalt | Camelot n° 1635 | Âge 54 ans Point de vente Métro Verdun Robert D ernier d\u2019une couvée de 14 enfants, il a été livré très jeune à lui-même.Sa mère travaillait la nuit et dormait le jour.Il a grandi sans encadrement et a appris à s\u2019organiser tout seul.D\u2019où sa grande débrouillardise et son besoin de liberté.Ses frères lui ont servi de référence.Journal d\u2019un bourlingueur Les choses se compliquèrent à l\u2019adolescence.Ses frères l\u2019ont entraîné dans la consommation de drogues.Il en est sorti 25 ans plus tard pour honorer une promesse à sa mère mourante.Au début de l\u2019âge adulte sa vie fut mouvante, itinérante.Élevé en gang, il avait besoin à la fois de solitude et de liberté : « J\u2019aime les foules, mais j\u2019aime être seul.» Poète et musicien, il jouait de la musique et faisait toutes sortes de jobines pour gagner sa vie.« J\u2019ai bourlingué aux États-Unis et en Europe.» En Louisiane aussi, dit-il avec une certaine nostalgie.Il y a eu aussi l\u2019Ontario et la Colombie-Britannique.Toujours partir\u2026 et revenir.« Un pied dans la rue, un pied dans les maisons de chambres, mélangé avec la cocaïne, pas d\u2019argent, rien à manger, rejeté par le reste de la famille.» Sa débrouillardise et son indépendance l\u2019ont aidé à traverser cette période.« J\u2019me suis organisé moi-même.J\u2019suis pas attaché à rien ni à personne.J\u2019suis comme un oiseau sur la branche.J\u2019 fais ce que je veux de la manière que j\u2019veux.J\u2019ai de la difficulté à fonctionner dans un schéma, un corridor.» Jack Kirouac, célèbre écrivain et poète bourlingueur, trône parmi ses mentors : « des gens ordinaires qui font des choses pas ordinaires ».La mélancolie, parfois présente, ne l\u2019entraîne jamais dans la dépression.« Ça ne prend pas le dessus sur le reste de la vie.» Robert s\u2019est imprégné de cette philosophie sur laquelle il s\u2019est construit.Sa solitude est aussi peuplée de créations : la sienne et celles des autres.Les œuvres de Léonard Cohen, le jazz, et bien d\u2019autres merveilles l\u2019accompagnent en chemin.Depuis deux ans Robert est stable, mais rien chez lui n\u2019est assuré.Il peut aussi bien repartir demain, au hasard d\u2019une occasion ou de la vie.Il a commencé à vendre L\u2019Itinéraire grâce à un copain camelot.Ça lui convient pour l\u2019instant.« J\u2019ai déjà distribué le journal Métro, ça fait que j\u2019suis un criard, bonimenteur.J\u2019aime parler, j\u2019suis vendeur.» Aujourd\u2019hui, Robert a fait la paix avec lui-même.« J\u2019suis content de celui que je suis à 50 ans.Je l\u2019aime beaucoup plus que celui de 35 ans.» Il nourrit un grand projet : celui d\u2019écrire un livre, une saga familiale sur son parcours depuis la petite enfance.Il se dit « constructeur de mots ».Il écrit comme d\u2019autres bâtissent.« Ça fait longtemps que j\u2019y travaille, mais j\u2019attendrai pas de mourir avant qu\u2019 il soit achevé.» Son personnage principal s\u2019appelle Jacques Robert.Son principal souci, c\u2019est d\u2019achever son roman : « J\u2019ai de la difficulté avec la fin.Dans ce que je commence y\u2019a un début, y\u2019a un milieu, souvent y\u2019a pas de fin.» Il confie qu\u2019il lui faudra de la constance pour mener à terme son projet.On reconnaît bien là l\u2019oiseau perché sur la branche ! L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Par Marie Brion, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA GUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MAGALIE PAQUET Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE MONTVALON, VALÉRIE SAVARD, LAËTITIA THÉLÈME, PAUL VANASSE, GUILLAUME VIGNEAULT Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE Photo de la une : ALEXANDRA GUELLIL | Camelot : ROGER PERREAULT ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet Café de la Maison ronde : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : GUY LARIVIÈRE - Glasford International Canada Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSONNETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg, sencrl, srl KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Représentant des camelots : YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs?dans?la?rue.?Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?Centre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 11 36 3 MOTS DE CAMELOTS DOSSIER Richard T.10 Jacques Élizé 10 Sylvain Pépin-Girard 10 Saïd Farkouh 42 Gisèle Nadeau 42 Réal Lambert 42 ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! ÉDITORIAL 7 Passer de la survie à la vie Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT 8 Par Alexandra Guellil ROND-POINT INTERNATIONAL 9 CHRONIQUE 21 La santé, c\u2019est pas sorcier Par?Lucette?Bélanger STAGE À LA PRESSE 22 Tennis - 70 des meilleurs joueurs du monde Par Yves Manseau Triathlon - Une passion transmise en héritage Par Geneviève Bertrand Les Alouettes - Tout est prêt pour une bonne saison Par?Mostapha?Lotfi PHOTOREPORTAGE 28 Un an et 20 pays plus tard Par Guillaume Vermette, clown humanitaire COMPTES À RENDRE 32 La spirale d\u2019appauvrissement Par Ianik Marcil, économiste indépendant INFO RAPSIM 33 L\u2019itinérance : moins pénible l\u2019été ?Par Amélie Panneton, organisatrice communautaire au RAPSIM INFO CAMELOTS 34 Par Yvon Massicotte CARREFOUR 34 VIE DE QUARTIER 40 Vieux-Longueuil Par Annie Lambert BIENVENUE CHEZ DIANE 43 DÉTENTE 44 À PROPOS DU SPORT 46 Par Réjean Blouin Robert Espace pour la vie invite les Montréalais à déguster?un?casse-croûte?peu?ordinaire?dans?le?cadre de l\u2019événement Croque-insectes, dans les jardins de l\u2019Insectarium de Montréal.À l\u2019entrée principale?du?site,?des?animateurs?initient?les?gens?à?l\u2019entomophagie?pour?mieux?connaître,?et?surtout,?mieux comprendre les raisons de tester et de manger?les?insectes.Par Yvon Massicotte GASTRONOMIE COMMOTIONS CÉRÉBRALES REVIVRE APRÈS LE CHOC \u2022 Après les coups, on se relève ! Par Roger Perreault \u2022 Quand le cerveau prend un coup \u2022 Réapprendre à vivre Par Alexandra Guellil \u2022 Patrick Côté Prêt à prendre tous les coups Par Luc Deschênes Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.SOMMAIRE 1er août 2017 Volume XXIV, no 15 Je?passe?régulièrement?près?du?Complexe Desjardins.Mon ami Gilles m\u2019accueille toujours avec son?large?sourire?et?ses?bons?mots.?Quand je lis ses articles, j\u2019y retrouve ce même sourire et ces bons mots?pleins?de?chaleur?qui?font?du?bien. Merci?mon?ami?Gilles,?tu?illumines mes journées.Louise Joly Je voulais juste vous dire que je vous lis toujours avec plaisir, mais j\u2019ai trouvé particulièrement bien écrit et touchant le texte de Luc Deschênes, Je ne suis plus un sac à merde (1er?juin?2017).?Je ne vis pas avec une stomie, mais j\u2019ai trouvé que ce texte, sans tomber dans le sentimentalisme, décrivait avec?force?et?réalisme?la?réalité?de?M.Deschênes et m\u2019a permis de la comprendre?un?peu.?Merci?du?partage.Agathe Bédard MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs : 514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : POUR UN AVENIR MEILLEUR, MON CHOIX, C\u2019EST LA CSN 1 800 947-6177 sesyndiquer.info organismes communautaires qu\u2019 il est possible de loger des gens qui ont passé des années dans la rue ».Bien ancrée Les organismes comme les missions Bon accueil, Old Brewery, Chez Doris et la Maison du Père, pour ce nommer que ceux-là, font un travail admirable pour aider ces personnes vulnérables à retrouver un chez-soi.Soulignons que nous aussi à L\u2019Itinéraire avons comme mission d\u2019offrir de l\u2019aide au logement et autres soutiens à nos participants.D\u2019ailleurs en 2016-2017, nous avons trouvé un logement à une dizaine de nos camelots et participants qui étaient soit sans domicile fixe ou qui vivaient dans des conditions déplorables.Jean-François Morin-Roberge (Jeff pour les intimes), notre intervenant psychosocial est le mieux placé pour en parler.« Certains vivaient dans des chambres de 10\u2019X10\u2019, qu\u2019 ils payaient 500 $ par mois, punaises de lit et voisins perturbateurs inclus.» Le boulot de Jeff c\u2019est de travailler avec les organismes comme la RESAC (Résidences de l\u2019Académie), la Maison Lise-Watier et autres logements sociaux subventionnés et d\u2019y placer de nos participants qui ont fait un bout de chemin sur la voie de la réinsertion sociale.Et ça ne s\u2019arrête pas là, il veille à ce que cette intégration soit la plus harmonieuse possible; s\u2019il y a des problèmes ou que les règles du logement ne sont pas respectées, Jeff fait le suivi et accompagne les participants.« Quand l\u2019 itinérance est tellement ancrée dans la personne, ce n\u2019est pas si facile de l\u2019en sortir, dit-il.Ça se fait de façon très progressive.Aussi beaucoup étaient pris dans des blocs où les dealers circulaient librement, mais voulaient arrêter de consommer.Dans de tels environnements, c\u2019est presque impossible pour eux d\u2019améliorer leur situation.Alors il faut les sortir de là.» Une fois intégrés en logement, plusieurs ex-itinérants ou SDF ne savent pas comment composer avec leur nouvelle réalité.Ils se sentent désorientés, souffrent parfois de claustrophobie entre quatre murs et ont du mal à vivre seuls.D\u2019où le bris de conditions.Mais, avec le temps, et avec le soutien de Jeff, plusieurs arrivent à trouver une bonne stabilité.« J\u2019ai un des gars qui est venu me montrer sa première facture d\u2019Hydro en 15 ans.Il était tellement fier ! C\u2019est bien le seul que je connaisse qui est content d\u2019en recevoir une », rigole-t-il, tout en ajoutant que ce sont là des victoires, aussi petites soient- elles qui constituent de belles réussites et par lesquelles il trouve la valorisation dans son travail.C\u2019est le mois d\u2019août, il fait chaud, il fait beau, du moins lorsqu\u2019il ne pleut pas\u2026 Alors, quand on n\u2019a pas de toit, être itinérant est moins pénible pendant la belle saison.N\u2019est-ce pas ?Pas vraiment.Bien sûr, c\u2019est moins pire que de grelotter à moins 20?C, mais passer la nuit à la belle étoile, sous un viaduc, dans un recoin d\u2019un terrain vague ou sur un banc de parc n\u2019a rien de reposant.Surtout quand il pleut ou quand il faut se lever aux aurores pour éviter de se faire déloger par la police.La situation n\u2019est pas tellement meilleure pour ceux et celles qui font du couchsurfing chez des connaissances, comme c\u2019est souvent le cas des femmes sans domicile fixe (SDF).Elles sont alors à la merci de la personne qui accepte de les héberger momentanément.Il y a aussi les gens qui ont réussi à échapper à la rue, mais qui vivent dans des logements, ou plutôt des piaules infectes, insalubres et dangereuses.Certaines personnes diront, en parlant des itinérants : « Y\u2019en a qui veulent pas sortir de la rue ».C\u2019est là une réponse rapide qui dédouane et met le couvert sur un problème complexe pour lequel il n\u2019y a jamais de solution unique et rapide.2000Solutions C\u2019est d\u2019ailleurs ce problème complexe qui a été abordé lors d\u2019une conférence de presse donnée pas le Mouvement pour mettre fin à l\u2019itinérance à Montréal en juillet.Le MMFIM, qui compte comme membres plusieurs refuges et organismes communautaires lançait son nouveau tableau de bord web 2000Solutions, qui compile les données sur le nombre de personnes issues de l\u2019itinérance chronique et cyclique placées en logement par ces organismes.On y découvre aussi des chiffres sur les personnes itinérantes et leurs profils ainsi que des témoignages touchants de gens qui s\u2019en sont sorti.On y apprend que 552 personnes ont pu quitter la rue pour être placées en logement, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une location dans un immeuble privé avec un soutien SRA (Stabilité résidentielle avec accompagnement), issu du programme « Logement d\u2019abord » ou encore dans un logement social géré par un organisme sans but lucratif.De ces 552 personnes, 245 sont logées depuis plus de 12 mois consécutifs, ce qui démontre justement la complexité de l\u2019itinérance, qu\u2019il n\u2019y a pas une solution unique pour aider des gens qui vivent avec divers problèmes de santé mentale, d\u2019alcoolisme et de toxicomanie.Selon James McGregor, directeur général du MMFIM, ce portail web a pour objectif de « montrer au grand public, aux décideurs et aux Passer de la survie à la vie 7 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL P H O T O : ?S U T I C H A K ?Y A C H I A N G K H A M ?( 1 2 3 R F ) P H O T O : ?J I M M Y ?H A M E L I N questions à Réjean Thomas 4 La criminalisation de la non-divulga- tion du VIH est un sujet encore discuté au pays.Est-ce qu\u2019un comité a prévu de se pencher sur la question ?C\u2019est effectivement une réflexion que l\u2019on aura dans les différents comités puisque cela relève des droits humains.Dans le cas d\u2019une personne qui transmet volontairement le VIH, la question de la criminali- sation se pose.Mais, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une transmission involontaire, je pense que c\u2019est au gouvernement fédéral d\u2019étudier ce type de situation.Rappelons qu\u2019au Canada et au Québec, entre 20 à 25 % des personnes infectées ne le savent pas.Si on n\u2019atteint pas le 90 % des personnes séropositives qui sont dépistées ou sous traitement, on n\u2019arrivera pas à éradiquer le sida.Vous savez, il y a aussi des cas de poursuites judiciaires sans qu\u2019il y ait eu une transmission réelle, cela signifie que nous avons encore beaucoup de travail à faire contre la stigmatisation des personnes porteuses du virus, mais qui ont une charge indétectable et donc pas de moyens de le transmettre.Et pour y parvenir, je ne suis pas certain que la criminalisation soit la bonne réponse à apporter.La pilule Truvada permet d\u2019éviter une infection au VIH dans plus de 99 % des cas, même lors de relations sexuelles sans préservatif.Si son coût élevé a souvent été critiqué, son utilisation augmente.Pour quelles raisons ?On peut prescrire la pilule Truvada dans le cadre d\u2019une trithérapie et aux personnes séronégatives qui ont des comportements Président, directeur général et fondateur de la clinique médicale l\u2019Actuel, le Dr Réjean Thomas travaille depuis les années 80 à améliorer les connaissances et les soins en matière d\u2019ITSS et de VIH/sida.En juin dernier, le Dr Thomas annonçait sa collaboration avec la Ville de Montréal dans le cadre de la mise en place d\u2019un comité montréalais visant à éradiquer l\u2019épidémie.Une volonté soulignée depuis 2014, année de la signature de la déclaration de Paris. Quelles sont les missions de ce comité ?Avant tout, il faut rappeler que ce comité s\u2019intègre dans la déclaration de Paris dont l\u2019objectif est d\u2019éradiquer l\u2019épidémie dans le monde d\u2019ici 2030.C\u2019est dans cette perspective que l\u2019ONU m\u2019a approché et que j\u2019ai à mon tour approché le maire Coderre.Cette décision a permis la formation d\u2019un comité directeur qui créera à son tour différents comités liés à toutes sortes de problématiques allant de la santé publique à la prévention en passant par les droits humains.Nous suivons l\u2019objectif 90-90-90 de l\u2019ONUSIDA : à l\u2019horizon 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaitront leur statut sérologique, 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH et dépistées recevront un traitement antirétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral auront ainsi une charge virale durablement supprimée.Une fois que les comités auront réfléchi à toutes ces problématiques, un rapport de synthèse sera remis aux autorités d\u2019ici le 1er décembre 2017, date qui correspond à la journée mondiale de lutte contre le sida.à risque.C\u2019est ce que l\u2019on appelle aussi la prophylaxie préexposition (PrEp).Et, il y a deux posologies possibles : de façon continue avec un comprimé par jour ou sur demande en prévision d\u2019une relation sexuelle non protégée.Dans le second cas, c\u2019est une utilisation plus économique.Par contre, sur nos 16 000 patients très à risque à l\u2019Actuel, nous n\u2019avons eu aucun cas de transmission.Dans le courant de l\u2019année, un médicament générique devrait sortir, ce qui signifie que le prix devrait probablement réduire.J\u2019encourage beaucoup les jeunes à le prendre une fois par jour en raison de leur mode de vie parfois instable.Alors oui, on peut dire qu\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est un médicament qui coûte cher, mais il faut aussi se questionner sur le prix que cela aurait coûté sans ce médicament.Pensez-vous que l\u2019ouverture des centres d\u2019injection supervisée à Montréal facilite la lutte contre le VIH/sida ?Ces centres sont très importants lorsqu\u2019on parle de la transmission des virus et des hépatites.Ils permettent aux personnes qui consomment des drogues d\u2019éviter les surdoses, de s\u2019injecter leurs substances dans un milieu plus hygiénique à proximité des travailleurs sociaux auprès de qui elles peuvent trouver de l\u2019aide.On est en plein dans la problématique de la réduction des méfaits.Un élément dont on parle moins, ce sont les changements relatifs aux drogues consommées.Vous savez, à la clinique l\u2019Actuel, nous sommes pris avec une épidémie de crystal meth.Nous sommes passés de 1 à 12 % de consommateurs en une année.De ce que je vois, c\u2019est une drogue dont on a énormément de difficultés à se sortir.Et j\u2019espère sincèrement que l\u2019on prendra cela en compte.Pour ce qui est de la lutte contre le VIH/ sida en général, j\u2019ai le sentiment que la PrEp est très efficace pour la clientèle à risque bien que nous ayons encore beaucoup de travail pour lutter contre la stigmatisation et améliorer l\u2019accès aux traitements possibles.8 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?120?journaux?de?rue?dans?35?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de?journaux?de?rue.?Le?contenu?de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir?plus,?visitez?www.street-papers.org.ÉTATS-UNIS | Résistance à Trump La résistance aux politiques anti-migratoires du président Trump s\u2019organise un peu partout aux États-Unis.À Burien, dans l\u2019état de Washington, l\u2019organisme Colectiva Legal del Pueblo travaille sans relâche pour informer ses clients de leurs droits.Colectiva offre des services juridiques, éducatifs et de plaidoyer.Depuis l\u2019élection américaine, l\u2019organisme a multiplié les ateliers d\u2019information et peine maintenant à répondre aux demandes individuelles.« Les gens ont peur et nous voulons les soutenir, explique Norma Gonzalez, directrice du développement.Les gens sont vraiment effrayés.» Outre l\u2019aide et l\u2019assistance légale, l\u2019organisme organise des campagnes pour lutter pour les droits des immigrants documentés et sans papiers.La peur s\u2019est aggravée au cours des derniers mois, compte tenu du rythme rapide des décrets et de la rhétorique de la Maison- Blanche.L\u2019administration Obama a déjà déporté 2,5 millions de personnes sans papier au cours des huit dernières années, plus que tout autre présidence de l\u2019histoire des États-Unis.Mais l\u2019administration Trump est plus ambitieuse et vise plusieurs millions de déportations durant les premières années de son mandat.Trump a déjà déclaré que les « villes sanctuaires » qui ne collaborent pas avec les autorités de l\u2019immigration perdront des fonds fédéraux.(Real Change/INSP) ROYAUME-UNI | Des réfugiés à la maison Face à la crise du logement qui frappe le Royaume-Uni, et plus cruellement les réfugiés, des Londoniens hébergent désormais des demandeurs d\u2019asile dans les pièces libres de leur résidence.Les procédures d\u2019asile difficiles, les possibilités d\u2019emploi limitées et la pénurie de foyers ont poussé des milliers de réfugiés dans l\u2019itinérance.Au moins 250 000 personnes sont censées être des sans-abri à travers l\u2019Angleterre.Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de données sur le nombre de réfugiés hébergés dans les maisons britanniques, un organisme de bienfaisance, Refugees At Home, soutient avoir organisé 29 300 nuitées depuis sa création en octobre 2015.Avec un peu plus de 38 500 demandes en 2016, la Grande- Bretagne reçoit la sixième demande d\u2019asile dans l\u2019Union européenne (UE), contre plus de 700 000 en Allemagne, le pays avec le nombre le plus élevé, selon Eurostat.La Croix-Rouge britannique a déclaré qu\u2019elle fournissait des colis alimentaires et des vêtements à plus de 14 000 demandeurs d\u2019asile sans-abri et démunis qui reçoivent une allocation dépassant à peine 46 $ par semaine.(Reuters/INSP) AUTRICHE | Etre camelot noire à Vienne Chioma vend Augustin, le journal de rue de Vienne, depuis près d\u2019une décennie.« Je viens du Nigeria et j\u2019ai atterri en Autriche il y a environ dix ans », raconte-elle.Son travail l\u2019a aidée à payer les études de sa fille qui fréquente l\u2019école secondaire autrichienne.« Elle parle très bien l\u2019allemand, mais à la maison on parle en anglais.J\u2019ai assisté à des cours d\u2019allemand, mais mon anglais est encore mieux.» Au Nigeria, Chiona travaillait comme couturière.Aujourd\u2019hui, elle avoue avoir « oublié comment coudre ».« Je vends le journal à la gare de Westbahnhof », raconte-telle.C\u2019est un moyen de s\u2019intégrer à la société d\u2019accueil.« Cela me donne beaucoup de contact avec les Autrichiens, et je n\u2019ai pas à passer mon temps exclusivement avec les Africains.Environ la moitié de mes amis et connaissances sont Blancs.» Au début, les relations avec les clients n\u2019ont pas toujours été faciles.« J\u2019ai dû supporter que les gens disent des choses comme : \u201cretourne à la maison\u201d ou \u201cce n\u2019est pas un vrai travail\u201d.» Mais au fil du temps, des clients lui ont offert des cadeaux de Noël pour sa fille.(Augustin/INSP) P H O T O ?: ?S A R A H ?S H A N N O N P H O T O ?: ?E D D I E ?K E O G H / R E U T E R S P H O T O ?: ?A U G U S T I N ?/ ?I N S P TRADUCTIONS :?LAURENT?SOUMIS 9 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA ROND-POINT INTERNATIONAL RICHARD T.CAMELOT MÉTRO PLACE DES ARTS JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI Dans le bon vieux temps J\u2019ai commencé à regarder le hockey sur une télévision en noir et blanc.À l\u2019époque, il y avait seulement six équipes dans la Ligue nationale (LNH).Les matchs étaient diffusés à la télévision de Radio- Canada à tous les samedis soirs.On ne voulait pas manquer ça pour tout l\u2019or au monde.Mon équipe préférée était les Canadiens de Montréal, de l\u2019entraîneur Toe Blake.On a gagné plusieurs coupes Stanley, mais les saisons se suivent et ne se ressemblent pas.Là, à ce moment, commence une période difficile pour les Canadiens.D\u2019autres entraîneurs sont venus.Il y a Claude Ruel, par exemple, qui a donné vie à l\u2019équipe pour un certain temps.Après la dernière coupe Stanley en 1993, Mario Tremblay arrive comme entraîneur et Réjean Houle comme directeur général.Enfin, Marc Bergevin se présente et c\u2019est encore le même problème.Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans l\u2019administration.Étant donné qu\u2019on parle toujours de grosses enveloppes, je crois que cela influe sur les joueurs.Par exemple, une recrue n\u2019est pas vraiment habituée psychologiquement à des gros montants comme ça.Avec un long contrat, j\u2019ai l\u2019impression que le joueur, après quatre ans, prend cela à la légère pour ramasser ses millions et prendre des vacances pour toujours.Il y a trop d\u2019argent qui circule et c\u2019est rendu trop commercial.Vive le hockey du bon vieux temps où l\u2019on jouait pour le cœur et pour l\u2019honneur ! Aux jeunes, j\u2019ai un conseil à donner : que vous alliez ou non dans la LNH, pratiquez des sports que vous aimez au lieu de fréquenter des groupes de délinquants.Sur ce, je vous souhaite un bel été et à bientôt chers lecteurs ! 10 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 MOTS DE CAMELOTS SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER La nostalgie du hockey Moi, mon club de hockey favori, c\u2019était Montréal jusqu\u2019à ce que mes joueurs préférés ne fassent plus partie de l\u2019organisation.Les départs de Ken Dryden, Jacques Lemaire, Jacques Plante, Maurice Richard, Guy Lafleur, Yvon Lambert, Peter et Frank Mahovlich, ça a créé un vide.C\u2019étaient mes idoles.Quand ils jouaient ils ne le faisaient pas pour le cash, ils le faisaient pour le cœur.Ils aimaient le sport, ils aimaient leur ville puis leurs fans de Montréal.Maintenant les joueurs gagnent des millions par année.Ils s\u2019en vont tous aux États-Unis parce qu\u2019il y a là-bas plus d\u2019argent.Ils n\u2019ont plus de loyauté.Ma clientèle sait que je suis un fan de Pittsburg.Quand Montréal joue, je l\u2019écoute pareil, mais ce n\u2019est pas mon équipe.Ça fait des années que c\u2019est fini pour moi.Ils disent que Carey Price est le meilleur gardien de but de la ligue nationale.Ce n\u2019est pas le meilleur, mais l\u2019un des cinq meilleurs.Il est ici depuis un peu plus de 10 ans, mais on n\u2019a toujours pas gagné de couple Stanley.Murray quand il est arrivé, lui, vers la fin de la saison à Pittsburg, il a fait gagner la coupe Stanley à son équipe.Un gardien ne doit pas être évalué dans cinq ou dix ans, mais dès son arrivée.Les deux meilleurs gardiens de buts de Montréal, ça reste Ken Dryden et Jacques Plante.Il y avait aussi beaucoup moins de blessés dans le temps.Maintenant, il y a beaucoup plus d\u2019équipes dans la ligue puis les joueurs blessent les autres joueurs pour faire avancer leur propre équipe et être dans les huit premières équipes pour aller aux séries.Je souhaite que le monde recommence à jouer comme avant, qu\u2019ils soient moins physiques, qu\u2019il y ait moins de mises en échec brutales.Les mises en échec, c\u2019est bien correct, mais jouer pour envoyer à l\u2019hôpital, ce n\u2019est pas ça le hockey.C\u2019était moins violent qu\u2019aujourd\u2019hui.Cette fois-là, j\u2019ai tout gagné ! Notre-Dame-de-Grâce.Parc Marcil.13h.Le soleil surplombe le terrain.On se prépare mentalement.On met notre équipement.Je prends ma batte favorite.Je suis stressé.Mon entraîneur nous réunit.Pour nous apaiser, il nous dit que ce match-là n\u2019est pas décisif pour la victoire du tournoi.Mais si, c\u2019était le dernier match.Tous en cercle, on unit tous nos mains et on crie : « 1-2-3 Grass Upper ! ».Mon père est là.Il glisse un mot à l\u2019entraîneur : « Tu vas voir, il va t\u2019surprendre, il va faire un coup de grâce ».Le match se passe.Mes coéquipiers se lancent.Quelques-uns réussissent leur coup.On talonne l\u2019autre équipe, mais on n\u2019arrive pas à se démarquer.Ça nous prendrait juste un coup de circuit pour les dépasser.Premier lancer.J\u2019applique le rituel de l\u2019équipe : je tape la batte deux fois au sol.Je me concentre, mais je suis distrait par les yeux bleus de la fille du coach qui jouait aussi dans notre équipe.Elle était très bonne et très douée mais surtout\u2026 très jolie.« Focus sur le match », me répétait mon père ! Je me prépare mentalement à frapper la balle.Le lanceur envoie la balle.Je manque mon coup.Deuxième lancer.Je tape la batte deux fois au sol.« La troisième fois, c\u2019est dans la balle.» J\u2019entends mon père.Il m\u2019encourage.J\u2019ai confiance en mon mouvement.Et je me lance, concentré sur mon énergie.Je l\u2019a ressens pour toute la mettre dans mes bras.« Ça suffit le niaisage, il faut que je la frappe.Ce coup-là, c\u2019est pour elle.» Le vent s\u2019arrête soudainement.Le public retient son souffle.Boum ! Je la frappe jusque derrière la clôture.Le public se lève : « Allez, cours, cours ! T\u2019es capable.» Certains crient : « Il l\u2019a fait ! Il l\u2019a eu ! » Je cours de toutes mes forces (et dans la bonne direction) aux trois bases, jusqu\u2019au marbre.Toute mon équipe me saute dessus.On a gagné le tournoi.Et moi, un bisou sur la joue de la part de la fille de l\u2019entraîneur.Cette journée-là, j\u2019ai tout gagné ! Les commotions cérébrales font souvent les manchettes : en juin dernier, l\u2019ancien combattant canadien de l\u2019Ultimate Fighting Championship (UFC), Tim Hague mourait deux jours après avoir été mis K.O.par son adversaire Adam Braidwood.Quelques jours avant, c\u2019était au tour de David Whittom de subir une hémorragie cérébrale après avoir été mis K.O.face à Gary Kopas.Un mois à peine après, les blessures au cerveau prenaient le lead au hockey et au football canadien : Jonathon Mincy des Alouettes a dû ainsi prendre congé du terrain tandis que Paul Kariya n\u2019a pas mâché ses mots à l\u2019encontre de la Ligue nationale de hockey (LNH).Pour lui, la LNH « peut faire davantage pour s\u2019attaquer au problème des commotions cérébrales et n\u2019en avait pas fait suffisamment pour exclure les dangereux coups ».Mais, les sports d\u2019équipe ne sont pas les seuls à comporter certains risques.Le vélo est aussi une pratique pouvant mettre momentanément en danger la vie de certaines personnes, comme en témoigne l\u2019histoire d\u2019Isabelle Richer, journaliste à CBC/Radio-Canada qui se confiait récemment dans les médias, deux ans après avoir été fauchée par une voiture.Comment peut-on revivre après une commotion cérébrale ?Le cerveau peut-il se « réparer »?Quelle est l\u2019importance de l\u2019entourage dans le rétablissement de la personne accidentée ?P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Rémi Bourget et Charles Ali Nestor Dans le ring, Rémi Bourget, avocat de profession, frappe à répétition contre les pads tenus fermement par Charles Ali Nestor.Stoïque et calme, l\u2019entraîneur ne donne que peu d\u2019indications sur les mouvements que doit effectuer son athlète.« En fait, je le corrige quand même, mais je n\u2019ai pas besoin de parler », explique Charles Ali Nestor tout en poursuivant l\u2019entraînement.« Travailler ainsi l\u2019aide à se concentrer sur ses mouvements et son environnement », ajoute-t-il.Cette façon d\u2019entraîner, Charles Ali Nestor la tient de ses souvenirs d\u2019enfance où il était déjà très passionné et stimulé par l\u2019un des plus grands noms des arts martiaux, Bruce Lee.C\u2019était avant de vivre certaines difficultés et de s\u2019en sortir grâce à la boxe et à la création de l\u2019Académie Ness Martial, située sur le boulevard Crémazie à Montréal.Alors que l\u2019atmosphère générale des salles d\u2019entraînement de ces sports est souvent décrite par des rapports verbaux agressifs sous fond de musique bruyante, l\u2019entraînement dans cette académie est tout autre.La plupart de ceux qui fréquentent l\u2019endroit pratiquent en silence, concentrés et attentifs aux conseils et directives qu\u2019ils reçoivent.L\u2019académie a d\u2019ailleurs maintes fois démontré ses capacités à relever des défis de réinsertion pour les jeunes aux prises avec des situations de vie difficiles par l\u2019entremise des sports de combat.« Ok, prends une pause », dit Charles Ali Nestor à son athlète, Rémi Bourget.Tout en restant en mouvement, ce dernier raconte avoir débuté la boxe à 31 ans.« Ça faisait quelques années que je cherchais quelque chose.J\u2019entrais au gymnase en janvier et après deux ou trois mois je lâchais, pour un paquet de raisons : horaire de travail super chargé, implication sociale, vie familiale », raconte-t-il.Malgré une main gauche et un pied droit handicapés, il peut tout de même boxer, parfois avec une plus grande puissance de frappe que celle de ses adversaires.« C\u2019est vrai que je ne peux pas faire toutes les choses que font les gens ordinaires.Mais avec le gant, ma main droite, c\u2019est la main d\u2019mon jab et je me propulse avec la jambe gauche qui est correcte », explique-t-il.Là où d\u2019autres doivent s\u2019entraîner deux fois plus pour avoir la même force dans chaque membre, Rémi Bourget persiste avec ses deux membres fonctionnels.« Quand je commençais à frapper avec la main droite, Ali me disait que j\u2019avais plus de force que d\u2019autres.Pour moi, c\u2019était valorisant parce que cela me permettait d\u2019aller plus loin que mon handicap ».Commotion à retardement Un jour, tout chavire lorsqu\u2019il se fait marteler d\u2019une série de coups à la tête pendant un entraînement de combat.Son adversaire n\u2019était pas vraiment un gros cogneur, mais il avait comme particularité d\u2019appliquer de nombreux coups à répétition.Rémi Bourget comprend l\u2019importance des coups reçus lorsqu\u2019il assiste à un match des Canadiens le lendemain de cet entraînement.Il réalise que l\u2019éclairage percutant, la musique tonitruante et l\u2019ambiance survoltée du Centre Bell ont créé une perturbation cérébrale si intense qu\u2019il se questionne sur son état de santé.Il décide de consulter un médecin.Après les coups, on se relève ! « Nous autres en tant qu\u2019entraîneurs, on doit toujours faire de la prévention.Si tu as des maux de tête, t\u2019évites de faire tout ce qui va donner un choc au cerveau. » Charles Ali Nestor P H O T O S : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L 12 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 PAR ROGER PERREAULT CAMELOT FLEURY/PÉLOQUIN REPORTAGE Rémi Bourget Pour Charles Ali Nestor, lorsqu\u2019un jeune athlète reçoit un violent coup à la tête, il importe de bien l\u2019informer, lui et ses parents ou son entourage, des effets possibles.« On croit parfois, grandement à tort, qu\u2019après un petit mal de tête ou après quelques instants de repos, tout va rentrer dans l\u2019ordre.C\u2019est tout à fait faux.Les signes de commotion se manifestent souvent dans les heures et même les jours suivants la commotion », explique-t-il.Étourdissements, tendances à s\u2019endormir, perte d\u2019équilibre sont des exemples des signes auxquels il faut donc être attentifs.Le verdict tombe : Rémi Bourget a une commotion cérébrale.« Avant ça, on faisait un entraînement beaucoup plus compétitif en vue de combats.Quand c\u2019est arrivé, je n\u2019ai pas pu m\u2019entraîner pendant six mois.On a dû recommencer progressivement.Le problème, c\u2019est qu\u2019encore aujourd\u2019hui, je gagne ma vie avec ma tête, soutient l\u2019avocat.Je représente des gens en Cour, je ne peux pas perdre toute ma tête quand même ! » Au moment de l\u2019accident, Rémi Bourget aidait une cliente à préparer un contre-interrogatoire.Incapable de soutenir sa tête pendant que la jeune femme parlait, il appuyait sa tête sur sa main pour éviter de s\u2019effondrer sur la table.« J\u2019ai essayé de faire la première journée de procès avec elle, mais je n\u2019y suis pas arrivé, j\u2019ai dû aller à l\u2019hôpital », se souvient l\u2019avocat.Questionné sur son retour sur le ring, Rémi Bourget précise que les compétences et l\u2019expérience de Charles Ali Nestor ont diminué ses possibles appréhensions.« C\u2019est sûr que je n\u2019ai jamais plus pris un coup sur la gueule (rires) ! Avec Ali, je n\u2019ai pas peur.Je sais que je frappe assez fort pour lui faire mal, mais il est en parfait contrôle de ses émotions.Il ne cherchera pas à m\u2019atteindre dans la face.» Père d\u2019un fils de six ans, Rémi Bourget avoue avoir plus peur dans sa vie quotidienne.« Par exemple, l\u2019autre jour, on jouait à boxer et mon fils, qui est costaud et fort pour son âge, m\u2019a atteint au visage.J\u2019ai dû aller m\u2019étendre une quinzaine de minutes, car j\u2019étais étourdi.Je sais que je suis plus vulnérable aujourd\u2019hui », raconte-t-il.Plus aucun coup à la tête Téméraire, Rémi Bourget a difficilement accepté d\u2019être trois mois en arrêt de travail, même s\u2019il fallait qu\u2019il accepte de prendre le temps pour se remette de sa commotion.« Le problème, c\u2019est que j\u2019empirais ma condition parce que je voulais revenir travailler.Je revenais au bureau plus tôt et après quatre ou cinq heures, j\u2019avais mal au cœur, j\u2019avais mal à la tête et j\u2019étais étourdi.» L\u2019avocat comprend alors qu\u2019il ne pourra recommencer à travailler que s\u2019il accepte un retour progressif.« Avec une job comme la mienne, tu ne peux pas faire ça à moitié.Alors je travaillais 15 minutes et j\u2019allais me coucher 15 minutes sur un divan au bureau.Je fermais les lumières et les rideaux tellement j\u2019étais plus capable.À l\u2019entraînement, au moindre effort physique, j\u2019étais souvent cocky* alors qu\u2019 il fallait que je m\u2019arrête souvent pour que ce soit moins intense.» Et à Charles Ali Nestor de confirmer ses propos en taquinant son athlète d\u2019un regard protecteur.« Tu sais, dans la vie, Rémi est quelqu\u2019un de très intense et il ne fait rien à moitié.J\u2019avais beau lui dire qu\u2019 il fallait y aller progressivement, il fonçait.Il avait, et a toujours d\u2019ailleurs, de la misère avec le doucement, avec le lentement », illustre l\u2019entraîneur.Malgré tout son empressement, Rémi Bourget a dû renoncer aux combats, lui qui aimait tellement cela.« C\u2019est sûr que faire des combats, c\u2019est bien plus l\u2019 fun et motivant comme entraînement avec l\u2019adrénaline et tout ça que j\u2019essaie de retrouver depuis ce temps-là.Qu\u2019est-ce que tu veux que je fasse maintenant ?J\u2019vais-tu monter le Kilimandjaro ?(rires) Je n\u2019ai pas encore retrouvé cette passion que j\u2019avais avant en combattant », confie-t-il.* Trop sûr de lui, au-dessus de ses affaires.« Si j\u2019avais su ce qu\u2019il m\u2019arrivait à l\u2019époque, j\u2019aurais réagi différemment ! Je sais que je suis un bien meilleur combattant à cause de cette expérience. » Rémi?Bourget Les conseils du pro 13 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA Neuropsychologue au Centre universitaire de santé McGill, Maude Laguë-Beauvais travaille avec une équipe de recherche sur les traumatismes cranio-cérébraux.Au quotidien, elle traite des cas allant de très légers à sévères.Mais, que se passe-t-il réellement dans notre cerveau lors d\u2019un choc violent ?Peut-on réellement s\u2019en remettre ?Commotion cérébrale ou traumatisme crânien, quel est le terme juste ?Médicalement parlant, il faut parler de traumatisme cranio-cérébral puisque c\u2019est une atteinte cérébrale due à un mouvement violent ou à un choc à la tête causant une blessure au cerveau.Elle peut être visible ou non au scanner.Cela signifie qu\u2019il est possible d\u2019avoir un traumatisme aux os du cerveau sans que la blessure ne soit cérébrale ; tout comme il est possible d\u2019avoir un traumatisme cérébral sans que les os du cerveau ne soient atteints.Il faut donc qu\u2019il y ait assez de mouvements et un choc important pour que le cerveau soit réellement touché.Le diagnostic final survient généralement lorsqu\u2019il y a eu une amnésie ou une perte de conscience après l\u2019accident.À noter qu\u2019il existe toute une panoplie de traumatismes.Il peut être « trivial » ou léger et se matérialiser par des étourdissements ou devenir sévère lorsque des saignements sont observés dans le cerveau.Pour quelle raison la majorité des personnes ayant un traumatisme cranio-cérébral ont une amnésie plus ou moins prononcée de l\u2019accident ?Lors d\u2019un choc, le cerveau subit un contre-coup dans la boîte crânienne.Cela donne lieu à une sorte de cascade métabolique qui se matérialise par le dérèglement des neurotransmetteurs.En vulgarisant un peu plus, c\u2019est comme si on brassait tellement la tête que cela menait à un mélange des synapses et neurones.Le cerveau n\u2019a donc plus les outils pour enregistrer, gérer, ou organiser l\u2019information qu\u2019elle soit interne ou externe.Dans des cas légers, cela prend habituellement dix jours pour que le cerveau se rétablisse complètement.Il se peut qu\u2019il y ait des dommages permanents donnant la possibilité aux individus soit de se créer des façons de contourner le problème soit de souffrir de migraines chroniques.On entend souvent les personnes victimes d\u2019un traumatisme cranio-cérébral dire qu\u2019elles ressentent une fatigue extrême ou ont des maux de tête fréquents.Quelles en sont les raisons ?Le cerveau fonctionne avec un système de transport d\u2019énergie assez sophistiqué.Lorsque l\u2019on a un traumatisme cranio-cérébral, le transport de cette énergie est déséquilibré, parfois même de façon permanente.S\u2019il n\u2019y a pas assez de glucose pour que tout fonctionne, la personne aura besoin de plus d\u2019énergie pour contourner le problème.Cela pourra créer des migraines, des étourdissements ou des nausées.Je crois fortement à la puissance de l\u2019intervention psychologique post-traumatisme cranio-cérébral.Il faut comprendre que le cerveau n\u2019est pas capable de faire la différence entre une menace physique réelle versus une menace créée par la pensée.Si nous ne sommes pas capables de nous désengager de cette menace, le système responsable de répondre au stress sera sans cesse sollicité, ce qui mène à une augmentation des maux de tête, troubles de panique, etc.C\u2019est pour cela que l\u2019écriture ou tout ce qui est relié à ladite psychologie positive sont des approches qui peuvent être aidantes pour les patients qui font face à différents défis.Quelles sont les particularités d\u2019un traumatisme crânien léger ou complexe ?Qu\u2019il y ait ou non des saignements observés dans le cerveau, on remarque généralement une amnésie brève de l\u2019événement ainsi qu\u2019une forte possibilité d\u2019avoir des symptômes post-commotion- nels.C\u2019est en général ce type de traumatisme qui fait les manchettes dans les médias.Il est possible que la personne ayant subi le choc ait des maux de tête, des étourdissements, des nausées, une vision brouillée ou encore un sentiment important de fatigue.Il existe aussi toutes sortes de troubles dit cognitifs liés à la perte de mémoire, de l\u2019attention ou à la difficulté à trouver ses mots.Mais tous ces symptômes demeurent habituellement légers et se résorbent dans les deux semaines suivant l\u2019accident s\u2019il n\u2019y a pas de complications.À quoi peuvent être dues ces complications ?Elles sont dues à plusieurs facteurs.Il faut se souvenir que ce n\u2019est pas parce que c\u2019est la norme que tous les cas se ressemblent.On sait par exemple qu\u2019une personne souffrant d\u2019anxiété ou vivant des situations de stress est plus à risque de se chroniciser.L\u2019anxiété est un trouble qui fait en sorte que les symptômes d\u2019un traumatisme Quand le cerveau prend un coup PAR ALEXANDRA GUELLIL « Notre cerveau est le grand gestionnaire de nos émotions, de notre énergie.Il demeure l\u2019organe primaire qui réglemente notre capacité à se concentrer, à réfléchir et à gérer à la fois nos pensées et nos émotions. » P H O T O : ?A L E K S A N D R ?S O L O V E V ?( 1 2 3 R F ) 14 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 ENTREVUE perdurent dans le temps.Les complications peuvent aussi être au niveau médical si on parle d\u2019une personne polytraumatisée.Le fait qu\u2019une personne souffre d\u2019une dépression peut aussi engendrer certaines complications.C\u2019est donc à la suite de cela que le traumatisme peut s\u2019aggraver ?Il existe un certain type de traumatisme qui ne peut se voir au scanner, il est donc nécessaire de pratiquer une IRM ou de faire attention aux symptômes.Chez les modérés, on sait que l\u2019évanouissement et l\u2019amnésie durent plus longtemps et en général, ils doivent subir des chirurgies pour arrêter le saignement.Ceux qui souffrent d\u2019un traumatisme cranio-cérébral modéré vont aussi avoir de nombreuses séquelles dépendamment de ce qu\u2019ils étaient avant l\u2019accident.Dans le cas d\u2019un traumatisme cranio-cérébral sévère, on sait que la personne s\u2019est clairement évanouie, que la force du choc à la tête a été assez importante pour causer une amnésie de plus de 24 heures.Ce sont des cas de chirurgie où l\u2019on peut enlever une partie d\u2019un os pour éviter que le cerveau ne soit écrasé par la boîte crânienne.Ce sont des blessures très graves pouvant mener au CHSLD, aux centres adaptés et dans le pire des cas à la mort.Nous n\u2019avons donc pas tous les mêmes chances de nous rétablir ?C\u2019est à peu près cela.En réalité, il faut comprendre que le profil médical et psycho-social influence le rétablissement d\u2019une personne.Ceux qui sont plus éduqués, qui ont plus de ressources ont plus de chances de s\u2019en sortir qu\u2019une personne qui était peut- être plus fragile avant son accident, avait des problèmes de consommation de drogues ou d\u2019alcool ou autres problèmes psychiatriques.C\u2019est donc à nous, avec l\u2019équipe multidisciplinaire, de s\u2019informer sur ce qu\u2019était la personne avant son accident pour évaluer ses chances de récupération.Le cerveau est à la fois l\u2019organe gestionnaire de l\u2019information en plus d\u2019être totalement inaccessible pour une personne.Comment peut-on alors lui expliquer qu\u2019elle a un traumatisme ?Un des défis du traumatisme cranio-cérébral est qu\u2019il touche l\u2019organe qui analyse les situations lorsque nous sommes en détresse.Il peut arriver dans certains cas que nos capacités de jugement, d\u2019auto-cri- tique ou de compréhension des faits soient atteintes.Cela signifie que dépendamment de la nature des séquelles, il faut s\u2019adapter à la personne.Il faut s\u2019assurer, si la famille est présente, qu\u2019elle entende le même message que le patient, parce que ce sont les alliés de l\u2019équipe médicale.Je crois que la présence de la famille est très importante.Chez le patient alerte, il faut lui expliquer que quelque chose s\u2019est passé dans son cerveau avec des images concrètes ou des métaphores pour qu\u2019il perçoive son cerveau comme un organe qui fonctionne de façon complexe.Je crois aussi qu\u2019il est important d\u2019être toujours honnête dans notre pronostic et nos attentes de rétablissement.Quelle est l\u2019importance de l\u2019entourage dans le rétablissement d\u2019une personne ayant eu un traumatisme cranio-cérébral ?Par expérience clinique, je vois bien que les traumatisés crâniens qui sont entourés par une famille ou des amis s\u2019en sortent habituellement mieux que ceux qui sont seuls.Cela peut s\u2019expliquer sans doute en raison d\u2019une réduction de l\u2019anxiété ou d\u2019une meilleure tolérance à un milieu hospitalier qui est peu connu et inhabituel.L\u2019appui des proches peut donc être une source de force formidable.Ceci étant dit, dépendamment de la gravité du traumatisme, les proches doivent parfois faire un deuil de la personne qu\u2019elle connaissait avant l\u2019accident.Ce sont des deuils qui dépendent d\u2019un long processus d\u2019adaptation face à la nouvelle relation qui devra se recréer avec le traumatisé.Je crois qu\u2019il faut toujours se voir un peu comme une petite pyramide sociale : chacun doit s\u2019assurer que sa base, que l\u2019on peut illustrer par les proches directs, est assez solide.C\u2019est à cette étape qu\u2019interviennent les différents organismes où il est possible d\u2019avoir des discussions sans jugement.Le cerveau peut-il se « réparer » ?La plasticité cérébrale est présente jusqu\u2019à la mort chez les cerveaux en santé.Plus le cerveau est en santé, plus il est capable de se guérir.Le cerveau ne peut pas se guérir comme n\u2019importe quel autre organe à cause de son fonctionnement et de sa complexité.On parle de milliards de connexions entre les différentes dendrites, ou « bras de neurones ».Si l\u2019une d\u2019entre elles meurt, on perd une information qui se retrouve comme dans un labyrinthe.L\u2019information doit alors retrouver son chemin via d\u2019autres dendrites qui vont se reconnecter à d\u2019autres.Jusqu\u2019à l\u2019âge de 21 ans, on a plus de neurones que nécessaire.C\u2019est donc à la période de l\u2019adolescence que le tri s\u2019effectue.Ceux qui ne sont pas utilisés disparaissent.À partir de cet âge-là, notre cerveau demeure avec ce qu\u2019il a, ce qui ne signifie pas qu\u2019il ne peut pas renforcer ses liens.Et, tout cela dépend de la santé globale de l\u2019individu.On commence aujourd\u2019hui à comprendre qu\u2019il existerait une certaine régénération des neurones, bien que je ne sois pas certaine de là où nous en sommes scientifiquement.« La famille est notre alliée.C\u2019est elle qui répète l\u2019information au patient quand il oublie ou ne comprend pas.C\u2019est elle qui comprend ou compense lorsque le patient doit se reconstruire. » P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L SCFP-Québec SCFP-Québec scfp.qc.ca @SCFPQuebec SE SYNDIQUER C\u2019EST S\u2019AIDER publicité 15 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA Maude Laguë-Beauvais Un peu plus de vingt années séparent Diane et Sonia.Pourtant, quand elles se confient sur leur accident de vélo et leur traumatisme cranio-cérébral, toutes les deux témoignent d\u2019une résilience et d\u2019un positivisme contagieux.Quand elles arrivent à l\u2019Association des traumatisés crâniens de Laval, Diane et Sonia se présentent l\u2019une à l\u2019autre en étant quelque peu intimidées.Comme si elles ne se connaissaient pas.« C\u2019est un peu rare que nos membres partagent leur histoire personnelle dans les détails.C\u2019est un exercice très demandant », amorce Pascal Brodeur, adjoint à la direction de l\u2019association.C\u2019est pourtant entre leurs murs que beaucoup d\u2019accidentés reprennent goût à la vie.La plupart d\u2019entre eux ont eu un traumatisme cranio-cérébral modéré ou sévère qui s\u2019est souvent suivi d\u2019une perte de connaissance plus ou moins longue.« Les personnes qui viennent ici ont des séquelles permanentes depuis leur accident.Elles peuvent avoir des pertes de mémoire, de la difficulté à se concentrer, des comportements désinhibés ou des problèmes d\u2019 impulsivité », ajoute M.Brodeur.Pour pallier à ces difficultés, l\u2019association privilégie les stratégies alternatives comme l\u2019utilisation de l\u2019agenda, l\u2019écriture ou simplement le repos.« J\u2019me croyais invincible ! » Sonia s\u2019est préparée pour l\u2019entrevue avec sa psycho-éducatrice en écrivant l\u2019ensemble de son témoignage dans un cahier où l\u2019on aperçoit les titres et passages importants surlignés en couleur.« J\u2019ai fait ce travail pour me rassurer et savoir ce que je devais dire de moi, de mon accident et aussi pour être certaine de ne rien oublier », amorce-t-elle en montrant son cahier.Son accident de vélo s\u2019est produit le 28 avril 1988 alors qu\u2019elle avait dix ans.« Je voulais arriver avant ma sœur à la maison.Quinze jours avant cela, j\u2019avais failli avoir un accident parce que je n\u2019avais pas marqué mon stop.Ma mère m\u2019avait d\u2019ailleurs dit qu\u2019elle finirait par me confisquer mon bicycle.Et finalement, je l\u2019ai quand même eu cet accident! Je ne regardais pas devant moi, et je n\u2019ai pas fait mon stop alors qu\u2019un char s\u2019en venait dans le sens opposé.J\u2019ai frappé le parebrise et je n\u2019avais pas de casque », raconte-t-elle en montrant fièrement son casque actuel, comme pour préciser que cela ne se reproduira plus.Le choc a été violent.Sonia le raconte en le mimant avec le sourire et en s\u2019excusant à plusieurs reprises d\u2019être « ultra-dynamique » dans sa narration.« J\u2019étais toute scrap, comme mon bicycle ! Je n\u2019ai aucun souvenir de l\u2019accident, j\u2019ai eu une fracture du crâne avec une jambe de cassée.Aujourd\u2019hui, ça ne se voit presque plus\u2026 De toute façon, je mets du maquillage comme n\u2019 importe quelle autre fille.» À l\u2019époque, Sonia habitait à Roberval et l\u2019hôpital le plus proche était situé à Saint-Félicien.Ses parents ont dû la transporter dans une camionnette étant donné qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019ambulance à proximité.Devant la gravité de son cas, Sonia est transférée quelque temps à l\u2019hôpital de Chicoutimi.La jeune femme est restée deux mois dans le coma.Elle insiste sur la fragilité de ses proches qui vivaient aussi les conséquences de son traumatisme.« Au réveil, j\u2019ai réappris à marcher, manger et parler.Il fallait que je réapprenne aussi à m\u2019occuper de mon hygiène personnelle.» Sonia se souvient avoir ouvert les yeux le jour de la fête des Mères bien qu\u2019elle est restée quelque temps dans le flou.« Ma mère m\u2019a raconté que quand mon père l\u2019a appelé pour lui dire que je me suis réveillée, elle était tellement heureuse qu\u2019elle a brûlé les steaks sur le barbecue ! » Au début, Sonia refusait son traumatisme et vivait « comme si de rien n\u2019était », jusqu\u2019à inquiéter parfois ses proches.« J\u2019étais hyperactive comme fille, même si j\u2019allais au-delà de mes capacités, je ne m\u2019arrêtais jamais.Mon traumatisme me demande beaucoup d\u2019énergie et occasionne de la fatigue.Quand j\u2019étais jeune, je voulais être comme tout le monde et j\u2019ai pris du temps avant de comprendre que je ne pouvais PAR ALEXANDRA GUELLIL 16 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 Réapprendre à vivre TÉMOIGNAGES P H O T O S : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Sonia et Diane pas être comme les autres à cause de mon traumatisme », continue Sonia.C\u2019est grâce au travail effectué avec sa psychoéducatrice qu\u2019elle comprend que ses réserves d\u2019énergie sont limitées.Encore aujourd\u2019hui, elle apprend à mieux respecter ses limites, « parce que c\u2019est se respecter soi-même ».Continuer pour les siens Lorsque Sonia raconte son histoire, Diane complète ses phrases parce qu\u2019elle aussi est passée par des étapes similaires.Son accident de vélo, elle l\u2019a eu à l\u2019âge de 45 ans, soit il y a maintenant 15 ans.« J\u2019ai le goût d\u2019vous raconter qui j\u2019étais avant cet accident parce que c\u2019est important », croit-elle.En ce temps-là, Diane était une personne en forme.L\u2019été, elle pouvait parcourir plus de 5000 km en vélo tandis que l\u2019hiver, elle privilégiait le ski de fond.« Je considère que j\u2019ai eu un accident parce que j\u2019en faisais trop.En haut, Il a dû penser qu\u2019 il fallait que j\u2019m\u2019arrête.Mais, il n\u2019est pas venu me chercher parce que j\u2019avais une mission à accomplir.» Cette croyance, Diane l\u2019a eue à la suite d\u2019une période de doutes.« Quand tu as un accident, tu te demandes souvent pourquoi c\u2019est à toi que c\u2019est arrivé.Trouver une réponse m\u2019a permis d\u2019arrêter de réfléchir.J\u2019ai quand même dû réapprendre à parler, à avaler de l\u2019eau\u2026 Au début, on ne me comprenait pas quand je parlais, c\u2019était épuisant, mais il fallait que je continue ! » Son accident s\u2019est produit alors qu\u2019elle se rendait à vélo en direction de Québec avec son conjoint.Dans une descente, elle a confondu les freins avant et arrière de son vélo et a reçu le poids de ses sacs contre sa tête avant de perdre l\u2019équilibre et de perdre connaissance.C\u2019est grâce à un automobiliste qui avait un cellulaire que l\u2019ambulance a pu arriver sur les lieux de l\u2019accident environ une heure après l\u2019impact.Après une course contre la montre, son conjoint est finalement parvenu à l\u2019emmener à l\u2019hôpital.Garder confiance Diane a passé 31 jours dans le coma, dix mois et demi à l\u2019hôpital sans en sortir et a passé deux ans et demi en réadaptation.Elle n\u2019a que peu de souvenirs de son coma, exception faite de s\u2019être entendu respirer et dire qu\u2019elle devait absolument continuer de vivre pour son fils âgé de 11 ans au moment des faits.« Il est positif mon chum.Il m\u2019a vue toute bleue le jour de l\u2019accident, plus capable de ne rien faire, mais il est resté à mes côtés.La plupart des traumatisés se font abandonner par leur conjoint parce que ce n\u2019est pas évident pour eux aussi.À sa place, je ne sais vraiment pas ce que j\u2019aurais fait », s\u2019émeut-elle.L\u2019ancienne serveuse de profession s\u2019est accrochée à la vie en se répétant des phrases positives et en se visualisant comme une personne totalement guérie.« Je me répétais qu\u2019 il y avait dans mon subconscient une puissance miraculeuse curative capable de guérir toutes les cellules de mon corps.Quand j\u2019étais à l\u2019hôpital, je répétais cette phrase en visualisant mes circuits qui se reconnectaient entre eux.Quand tu te concentres dessus, ça fonctionne.Aujourd\u2019hui, ça ne parait presque plus, mon affaire », même si elle a tout de même encore un peu de mal à marcher.C\u2019est grâce à ses différentes activités initiées par son conjoint et le personnel médical qu\u2019elle a tenu le coup.« Quand j\u2019étais encore paralysée, mon chum m\u2019amenait partout, je me rendais aux visites médicales avec lui en tandem.Un accident accentue les côtés positifs et les défauts d\u2019une personne.» Diane a aujourd\u2019hui 60 ans et lorsqu\u2019elle conduit, il lui arrive de se répéter des phrases positives dans sa tête pour éloigner ce qu\u2019elle considère comme négatif.« C\u2019est important de balayer les idées négatives.Plus on est positif, plus on rencontre du monde positif.Tout le monde a ses épreuves dans la vie, mais on ne passe pas tous au travers de la même façon.Il faut se servir de tout ce qui nous arrive dans la vie pour avancer, même si ce n\u2019est pas facile au quotidien.Mon sac est rempli de bonheur aujourd\u2019hui.» Les avis divergent à ce sujet.Maude Laguë-Beauvais rappelle qu\u2019en ce moment le milieu scientifique pense que le port du casque offre un aspect protecteur aux sportifs que cela soit au niveau du vélo, de la boxe, du hockey ou du football.Par contre, elle indique que certains mouvements de torsions ou de coups et contrecoups créés par ces sports ne sont pas totalement absorbés par un casque.Ce dernier absorbe uniquement l\u2019impact direct.Il ne faut pas oublier que le cerveau n\u2019est pas attaché au reste de la boîte crânienne, il a donc assez de place pour bouger.Cela peut créer des lésions invisibles qui ne peuvent pas être évitées par le port d\u2019un casque.Les sportifs qui ont subi de multiples coups à la tête même s\u2019ils ne se sont pas évanouis ou n\u2019ont pas été diagnostiqués traumatisés finiront avec des symptômes qui résultent de liaisons accumulées avec le temps.Le port du casque a donc ses avantages, mais ne protège pas complètement un individu.En sport, le port du casque est-il efficace ?l a question qui tue Je travaille sur moi.Je ne dois pas revenir en arrière.C\u2019est vrai que ce que j\u2019ai vécu n\u2019est pas évident et je ne le souhaite à personne.Mon cerveau ne peut faire qu\u2019une seule chose à la fois.Ma prison, c\u2019est ma fatigue.Ma clé, c\u2019est choisir.Choisir, c\u2019est renoncer.Diane Sonia P H O T O : ?M I L T O N ?F E R N A N D E S Patrick Côté a évolué pendant 15 ans comme combattant professionnel en arts martiaux mixtes, un sport plus connu sous l\u2019acronyme anglais MMA (Mixed Martial Arts).Il connaît bien les risques et périls des sports extrêmes.Aujourd\u2019hui analyste à la radio et à la télévision, il témoigne de son expérience.Pourquoi avez-vous choisi de faire carrière dans les arts martiaux mixtes (MMA) ?Au début, j\u2019ai pratiqué la boxe et le judo.Mais je me suis vite aperçu que les arts martiaux mixtes étaient plus payants que la boxe.Par la suite, j\u2019ai découvert le jujitsu brésilien et la lutte.Je suis tombé en amour avec ce sport.J\u2019ai livré mon premier combat amateur en 1999 - que j\u2019ai perdu assez solidement - mais j\u2019ai adoré ça quand même.Et ça a bien tourné pour moi.En 2004, comment vous êtes-vous senti au moment d\u2019affronter Tito Ortiz, votre idole ?Tito était mon idole.J\u2019ai même nommé mon chien Tito en son honneur.Cette fois-là, je devais livrer le premier combat de la pré-carte de l\u2019UFC 50 et quatre jours avant, l\u2019adversaire de Tito s\u2019est blessé.Les dirigeants de l\u2019UFC (Ultimate Fighting Championship) ont probablement demandé à tout le monde de l\u2019affronter.J\u2019étais probablement le dernier à qui ils ont demandé, et il y avait juste moi d\u2019assez malade pour dire oui.Je suis allé là, j\u2019ai perdu le combat, mais je me suis fait un nom.Et aujourd\u2019hui, même après 13 ans, on présente encore des séquences vidéo de ce combat-là lors des galas de l\u2019UFC.Je ne serais pas ici aujourd\u2019hui si je n\u2019avais pas livré ce combat.Personne ne croyait en vos chances.Quel conseil donnez-vous à ceux qui doivent relever un défi qui semble insurmontable ?Ne pas écouter les autres.Le sentiment de jalousie et d\u2019envie est fort chez les gens qui veulent avoir tout facilement.Il n\u2019y a rien de facile dans la vie.Et surtout dans mon sport, il faut vraiment croire en soi.Je suis un bel exemple de résilience car je ne suis pas né avec un corps d\u2019athlète.Je n\u2019avais aucune aptitude physique.J\u2019ai mis les chances de mon côté avec l\u2019entrainement et la nutrition.J\u2019étais un très mauvais combattant et j\u2019ai réussi à atteindre les plus hauts sommets.Où alliez-vous chercher toute votre énergie ?La passion du sport, c\u2019est ce qui m\u2019aidait à me lever le matin pour l\u2019entrainement.Malgré que ce soit un sport dur, j\u2019en ai fait une carrière.Il y a des émotions et des sensations que je ne vivrai plus jamais.Comme quand tu marches vers l\u2019octogone avec 20 000 spectateurs qui scandent ton nom.Ce sont des souvenirs dont je vais me rappeler pour le reste de ma vie.Pourquoi avez-vous pris votre retraite en 2017 ?Était-ce pour des raisons de santé ?Entre autres oui.L\u2019âge est aussi un facteur.J\u2019ai subi beaucoup de blessures durant ma carrière.Mais lors de mes deux derniers combats, je me suis fait frapper plus souvent qu\u2019au cours des 15 dernières années.Quand ça arrive, tu choisis ta santé au lieu de ta fierté.Et cette petite fille là est venue au monde (sa fille Raphaëlle assiste à l\u2019entrevue).Je veux être capable de jouer avec elle et de la suivre dans ses activités quand elle va avoir cinq ou six ans.L\u2019important, c\u2019est que je n\u2019ai aucune séquelle au cerveau.Je n\u2019ai subi aucune commotion cérébrale.Et je ne me suis jamais retrouvé inconscient dans un octogone.Livrer un combat de trop est une chose qui me terrifiait.Dans ce cas-là, le public ne se souvient que de ta mauvaise performance.Là, le public me parle encore de ma carrière.Cela veut dire que j\u2019ai bien réussi ma sortie.Mon combat contre Donald Cerrone a sonné une cloche.J\u2019ai subi la défaite et là, j\u2019ai réalisé que je n\u2019obtiendrais plus de combat pour un championnat mondial.Les arts martiaux mixtes sont souvent perçus comme un sport violent et brutal.Comprenez-vous ces préjugés ?À 100 %.C\u2019est un sport très violent.Il a été très mal vendu au départ.Il y avait très peu de règlements, aucune catégorie de poids et l\u2019image de deux gars dans une cage qui se tapent dessus faisait peur à beaucoup de gens.Maintenant, les combattants sont de véritables athlètes.Il y a beaucoup moins de mauvais garçons et de bagarreurs de rue.Pouvez-vous nous parler des débuts de ce sport et de son évolution ?Au début, il y avait seulement trois règlements : pas le droit de crever les yeux de ton adversaire, de mordre et de rentrer les doigts dans un orifice du corps.Ensuite, ils ont ajouté un règlement : pas le droit de projeter ton adversaire hors de la cage.Aujourd\u2019hui, il y a beaucoup plus de règlements que le public pense.Tous les combattants sont aptes à se battre Patrick Côté Prêt à prendre tous les coups Les arts martiaux mixtes (mma) constituent un sport de combat complet associant pugilat et lutte au corps-à-corps.Les deux combattants peuvent utiliser de nombreuses techniques.19 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA I M A G E ? : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A / A L L A N ?S W A R T ?( 1 2 3 R F ) ?PAR LUC DESCHÊNES PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER ENTREVUE et sont soumis à plusieurs tests médicaux comme des examens de la vue, des tests sanguins et des scans de la tête.Le dopage est beaucoup mieux surveillé, même s\u2019il y aura toujours des tricheurs.Les arbitres protègent-ils suffisamment les combattants ?En général oui.Par contre, il y a encore des arbitres qui n\u2019arrêtent pas les combats assez rapidement.Quoi penser d\u2019un combat de MMA organisé par un promoteur entre une enfant de 12 ans et une femme de 24 ans ?Je n\u2019ai pas vu ce genre de combat.C\u2019est organisé par des fédérations qui ne sont pas régies et qui n\u2019ont pas de bonne commission athlétique.Les combats illégaux font partie de la réalité.C\u2019est impossible de garder le contrôle sur ce genre de combats.Pour ce qui est de la petite fille, cela relève de la responsabilité des parents.L\u2019adolescente a beau avoir des aptitudes, cela reste extrêmement dangereux pour elle.Comment réagiriez-vous si votre petite fille voulait faire carrière en arts martiaux mixtes ?Elle fera bien ce qu\u2019elle voudra.Mais c\u2019est sûr que j\u2019essayerais de lui faire pratiquer un autre sport comme la gymnastique ou le judo qui sont de très bons sports.Moi, ma mère n\u2019aimait pas que je me batte alors on peut comprendre la réaction d\u2019un père qui voit sa fille pratiquer un sport brutal.Les arts martiaux mixtes demandent beaucoup d\u2019entrainement et de discipline.Parlez-nous de votre quotidien avant votre retraite.On parle de deux à trois entrainements par jour.Dans ce sport-là, il faut être complet dans plusieurs disciplines, comme la boxe, la lutte, le muay thai.C\u2019est un entrainement très complet et il faut rajouter l\u2019élément de la nutrition.M\u2019entraîner à tous les jours ne présentait aucun problème.Mais manger du brocoli à chaque repas, ça c\u2019était pénible.Comment se prépare-t-on mentalement avant un combat ?Aviez- vous un encadrement psychologique et médical ?L\u2019aspect mental est très important car rendu à l\u2019UFC, tous les combattants font partie de l\u2019élite mondiale.J\u2019ai travaillé pendant trois ans avec une psychologue sportive et si j\u2019avais eu moins de préjugés, j\u2019aurais consulté dès le début de ma carrière.Plusieurs combattants pensent qu\u2019ils sont au-dessus de ça, mais ils finissent par avoir trop de pression.Pour la diète, aucun problème vraiment, mais la déshydratation et la coupe de poids, ce n\u2019est vraiment pas bon pour le corps et les organes vitaux.Heureusement que ça arrive seulement deux à trois fois par année.Il faut être entouré d\u2019une bonne équipe car moi, je me déshydratais de 20 livres.Ce n\u2019est pas un truc que tu fais du jour au lendemain.Pensiez-vous à l\u2019aspect humain de l\u2019adversaire durant les combats ?Non, ça va trop vite.Je me disais, si je ne frappe pas mon adversaire, c\u2019est moi qui vais encaisser les coups.Il y a beaucoup de respect entre les combattants même si avant le combat, des insultes sont échangées.C\u2019est 15 minutes pour la business.Quand je me suis battu contre Chris Leben en 2005, il est venu s\u2019assoir dans le vestiaire à côté de moi pendant 30 minutes.On n\u2019a échangé aucun mot, mais j\u2019ai senti le respect qu\u2019il avait pour moi car on s\u2019était livré une véritable guerre.Avez-vous subi des blessures sérieuses au cours de votre carrière, comme des commotions cérébrales, par exemple ?J\u2019ai subi huit interventions chirurgicales et je me suis cassé deux fois la main.La blessure la plus grave, c\u2019est pendant mon combat de championnat du monde contre Anderson Silva.Mon genou était complètement démoli.Ça été un dur coup à encaisser car j\u2019avais atteint les plus hauts sommets de mon sport.À la limite, j\u2019aurais aimé mieux me faire passer K.O.que de devoir abandonner au troisième round.Avez-vous déjà eu peur lors d\u2019un combat ?Non, pas vraiment.Si tu es bien préparé, il n\u2019y aura pas de problème.C\u2019est sûr que la journée même du combat, tu te rends comptes que le soir, tu ne vas pas cueillir des fraises.Vous avez été mis techniquement K.O.l\u2019an passé.Comment vous êtes-vous senti ?Je me suis senti vieux.Ce soir-là, rien de ce que je faisais dans l\u2019octogone ne fonctionnait.J\u2019étais extrêmement fatigué car j\u2019avais eu une grosse année dans les médias.Quand tu commences à penser durant un combat, tu as déjà perdu.Ce soir-là, il a été meilleur, c\u2019est tout.Mais si on se battait dix fois ensemble, je ne crois pas qu\u2019il gagnerait à chaque fois.Qu\u2019est-ce qui est plus douloureux, un K.O.ou une soumission ?Une soumission car le K.O., ça se passe rapidement.Mais la soumission, tu es obligé d\u2019abandonner.Alors là, tu dois admettre que ton adversaire était plus fort et qu\u2019il avait une bonne stratégie.C\u2019est un peu comme aux échecs.Quand tu gagnes par K.O., tu te sens puissant pendant 30 secondes.Mais la victoire par soumission, tu es fier de toi durant trois ou quatre jours.En terminant, parlez-nous de votre implication sociale ?Je suis ambassadeur pour Tel-jeunes.Toutes mes causes sont associées à la jeunesse.Les recettes de mon livre ont été remises en entier au Club des petits déjeuners.Beaucoup de gens m\u2019ont aidé durant mon enfance.Ma mère m\u2019a élevé seule et on était assez pauvres.C\u2019est la raison de mon implication avec les jeunes.Je suis également ambassadeur pour la Maison Le Phare (Phare enfants et familles) qui est la seule au Québec à offrir des soins palliatifs aux jeunes.Ça paraît horrible mais quand tu sors de cette maison, tu te sens serein.Ce sont toutes des causes qui me tiennent à cœur.Le but n\u2019est pas de faire de l\u2019argent.Sports Arts martiaux mixtes (mma) \u2022 Jiu-jitsu brésilien (ceinture noire) Organisation Ultimate Fighting Championship (UFC) Catégorie Poids moyens et mi-moyens Fiche 34 combats \u2022 23 victoires \u2022 11 défaites Premier combat Le 3 novembre 2002 contre le Québécois Pascal Gosselin Dernier combat Le 8 avril 2017 contre le Brésilien Thiago Alves Aujourd\u2019hui Analyste sur RDS et 91.9 Sports Patrick Côté \u2022 29 février 1980 20 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 On ne peut rien contre les accidents, les maladies contagieuses ou génétiques.En revanche, on peut beaucoup pour garder la forme, pour améliorer et conserver une bonne santé.Il suffit d\u2019un peu de volonté et de quelques efforts.La clé de la réussite est simple : respecter quelques principes élémentaires de vie saine.« Le secret d\u2019une bonne santé tient à trois choses : être actif, vivre en communauté et surveiller son alimentation », m\u2019a expliqué mon médecin généraliste, le Dr Marc Robin.La première règle demeure de prendre soin de son alimentation.Chaque semaine, il faut respecter les portions des cinq catégories d\u2019aliments du Guide alimentaire canadien.Un adulte devrait ainsi consommer sept à huit fruits et légumes, six à sept produits céréaliers, trois produits laitiers et deux de la catégorie viandes et substituts.Il importe aussi de faire de l\u2019exercice à chaque jour, peu importe l\u2019activité que l\u2019on préfère.On peut choisir le yoga, le conditionnement physique, toute autre activité, ou tout simplement marcher dès qu\u2019on en a l\u2019occasion.Il faut aussi apprendre à gérer son stress, et ce même si on doit affronter des situations stressantes.Il faut aussi être capable de relaxer en tout temps.L\u2019un des secrets pour y parvenir est de prendre de grandes respirations : aspirer le plus longtemps possible, puis expirer par la bouche le plus d\u2019air possible.La pensée positive Même si ce n\u2019est pas toujours facile, il faut s\u2019efforcer de conserver un esprit très positif et conserver son sens de l\u2019humour.Cela permet de mieux gérer les situations difficiles et de trouver plus facilement des solutions à nos problèmes.Par exemple, lorsqu\u2019on perd son emploi, il faut rapidement se remettre à la recherche d\u2019un autre travail sans trop regarder derrière.Cela peut être une occasion pour perfectionner nos talents, ce qui peut devenir un nouvel atout sur le marché du travail.La santé demeure le plus beau cadeau que la nature nous a donné.Malheureusement beaucoup de personnes abusent de leur santé.D\u2019autres sont victimes de la mauvaise influence de leur entourage ou de leurs fréquentations.On peut penser aux jeunes qui commencent à consommer parce qu\u2019ils fréquentent des amis qui prennent de la drogue.C\u2019est la même chose avec l\u2019alcool.Quelques fois, le mauvais exemple vient aussi des membres de la famille.Les gens obèses, ceux qui ont de mauvaises habitudes alimentaires, ceux qui mangent trop gras, trop sucré ou trop salé, tous ceux-là risquent de transmettre leur mauvais comportement à leurs enfants.Par ailleurs, il y a aussi des gens qui travaillent trop.Ils ne se donnent pas le temps de récupérer.Ils pensent trop à leur travail, même à la maison.Tout ce stress augmente les risques de crise cardiaque, d\u2019accident vasculaire cérébral (AVC), d\u2019épuisement ou de dépression.L\u2019environnement : ami ou ennemi ?Beaucoup de personnes deviennent aussi malades à cause des effets nocifs de l\u2019environnement, notamment avec la pollution atmosphérique.Ils respirent le gaz carbonique émis par les usines et les automobiles.Cela peut augmenter les risques de développer différentes sortes de cancer.C\u2019est à cause de l\u2019effet de serre et de la pollution de l\u2019eau que beaucoup d\u2019animaux sont en voie d\u2019extinction.À ce rythme, l\u2019homme sera le prochain.Les déversements de pétrole dans les océans, rivières et fleuves, ainsi que les déchets toxiques des entreprises, en sont largement responsables.Il y a bien sûr les victimes de la fumée secondaire.Lorsqu\u2019elles respirent celle-ci pendant plusieurs années, elles peuvent développer le cancer du poumon.Certains subissent aussi la pollution du bruit ; d\u2019autres écoutent leur musique préférée à trop grand volume.À force d\u2019entendre le bruit des silencieux d\u2019automobiles et de motos dans leur quartier, quelques-uns développent des problèmes de surdité.Il est important de prendre soin de sa santé.Plusieurs facteurs extérieurs contribuent ou nuisent à notre état général.Mais, le meilleur facteur positif demeure le soutien de nos proches qui partagent nos valeurs et nos préoccupations.Dès lors, n\u2019oubliez pas de prendre soin de vous en vous entourant le mieux possible ! La santé, c\u2019est pas sorcier 21 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?D O L G A C H O V ?( 1 2 3 R F ) PAR LUCETTE BÉLANGER CAMELOT PLACE VALOIS CHRONIQUE Parmi les athlètes de pointe attendues à Toronto, en août, se trouvent les anciennes championnes Caroline Wozniacki (2010) et Petra Kvitova (2012), la troisième mondiale Karolina Pliskova, l\u2019ex-nu- méro un Venus Williams de même que les étoiles montantes Elina Svitolina et Kristina Mladenovic.« Le tennis féminin nous en met plein la vue depuis le début de la saison et nous attendons avec impatience de voir la suite des choses à la Coupe Rogers.Notre tournoi est l\u2019une des plus importantes étapes du calendrier.Grâce à l\u2019 intense compétition sur les terrains et tous les rehaussements prévus à l\u2019extérieur des courts, les amateurs vivront, assurément, une expérience mémorable cet été », ajoutait M.Hale.L\u2019organisation de la Coupe Rogers veut faciliter l\u2019accès pour tous.Des mesures innovatrices ont été mises en place : le public aura accès au stade durant les deux journées de pratiques et les cinq premiers jours du tournoi seront gratuits pour tous.Dans le cadre du 375e anniversaire de la Ville de Montréal, l\u2019entrée au stade le sera également tous les jours pour tous ces bénévoles.« Ils ou elles n\u2019auront qu\u2019a présenter leur accréditation pour passer », nous dit M.Lapierre.Andy Murray, numéro un mondial, ainsi que Rafael Nadal seront les stars du tournoi hommes qui se déroulera à Montréal du 4 au 13 août.« Nous avons une excellente liste de joueurs encore une fois cette année.Les amateurs seront servis à souhait alors que les meneurs du circuit feront la lutte à la prochaine génération », affirme avec enthousiasme Eugène Lapierre, directeur de la Coupe Rogers de Montréal.De nouveaux joueurs Parmi les nouveaux venus, Félix Auger-Aliassime, Vasek Pospisil et Denis Shapovalov ont gagné leur laissez-passer.Ancien demi-finaliste de la Coupe Rogers, Pospisil, 75e mondial, est le deuxième meilleur joueur du pays.Âgé de 18 ans, Shapovalov, qui occupe actuellement le 164e échelon, en sera à sa deuxième participation à la Coupe Rogers.Félix Auger-Aliassime fera partie du tournoi pour la première fois.Récemment, ce jeune prodige québécois de 16 ans est devenu le septième plus jeune à remporter un titre du circuit Challenger de l\u2019Association of Tennis Professionals (ATP).On sait déjà qu\u2019il jouera son premier match contre les plus grands, la journée de sa fête.Seul joueur présent au lancement, il a impressionné la galerie par son charme, sa maturité et son intelligence.Eugène Lapierre l\u2019a présenté comme un joueur qui sera rapidement parmi les 50 meilleurs au monde mais aussi « un modèle pour la jeunesse ».Les cinq plus grandes têtes d\u2019affiche du tennis masculin seront donc de retour à Montréal dans l\u2019espoir d\u2019ajouter un autre trophée canadien à leur collection, mais ils devront faire face à une forte compétition, notamment de la part du numéro trois mondial Stan Wawrinka ainsi que des jeunes loups, Dominic Thiem et Alexander Zverev.Tennis féminin Côté féminin, Karl Hale, directeur de la Coupe Rogers de Toronto qui se déroulera du 5 au 13 août déclarait : « nous avons très hâte de revoir les meilleures joueuses du monde à Toronto ».La liste annonce Eugenie Bouchard, meilleure joueuse canadienne de simple.Bouchard, 61e au classement de la Women\u2019s Tennis Association (WTA) et présente pour sa septième année consécutive, espère améliorer sa prestation de l\u2019an dernier alors qu\u2019elle atteignait le troisième tour.Elle se joint ainsi à Maria Sharapova sur la liste des récipiendaires de laissez-passer.Coupe Rogers 70 des meilleurs joueurs du monde Quand j\u2019ai su que j\u2019étais l\u2019un des six camelots choisis pour le stage à La Presse, j\u2019ai angoissé.Comment soutenir un rythme de travail exigeant ?Une semaine de 9 h à 17 h ?Trois heures de route par jour ?Comment serai-je accueilli ou jugé par un milieu qui m\u2019avait connu avant mon passage à la rue ?L\u2019apprentissage par stage est idéal pour moi.Je suis un autodidacte influencé par les idées d\u2019Ivan Illich, un penseur des années soixante qui prônait des méthodes alternatives en éducation, l\u2019apprentissage continu, l\u2019éducation populaire jusqu\u2019au niveau universitaire.Quatre jours de stage c\u2019est court, mais j\u2019ai acquis un énorme bagage de connaissances.La réinsertion sociale a été très ardue, le rythme de travail et la charge émotionnelle m\u2019écrasaient.Au milieu du stage, nos accompagnatrices ont remarqué de la fatigue et du stress chez certains.L\u2019une d\u2019elle a dit « écoutez, ce n\u2019est pas l\u2019usine, il faut avoir du plaisir ».Ce fût un point tournant.À partir de ce moment, elles ont intensifié les soins individualisés portés à chaque participant.Le lendemain, j\u2019étais plus détendu et productif.TÉMOIG NAG E Le point tournant 22 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 P H O T O ? : ?Y V A N O H ?D E M E R S STAGE À LA PRESSE PAR YVES MANSEAU CAMELOT À SAINT-JÉRÔME Félix Auger-Aliassime Le triathlon chez les jeunes connaît une popularité grandissante.Depuis huit ans, le nombre de membres de Triathlon Québec âgés de 15 ans et moins a doublé, révèle l\u2019association, qui comptait environ 900 jeunes triathlètes à la fin de 2016.Ce sont généralement les parents qui initient leur progéniture à un âge assez précoce à ce sport triple, combinant la natation, le vélo et la course.La Presse était conviée aux abords de la piscine municipale de Lasalle où sept enfants, âgés entre huit et dix ans, s\u2019efforçaient de nager des longueurs dans une eau plutôt fraîche : 21,6 degrés Celsius.Sans se laisser intimider par cet élément frisquet, les triathlètes parcourent des distances qui oscillent entre 25 mètres (pour les plus jeunes enfants) jusqu\u2019à un maximum de 2,5 km (pour les adolescents).On peut dire que la pomme n\u2019est pas tombée loin de l\u2019arbre pour Rosalie Derochette, huit ans.Ses parents l\u2019ont inscrite chez Phoenix Triathlon qui offre un camp de jour sportif à Lasalle.Elle en est à sa troisième expérience et dit « je pense que mon père est fier que je suive ses traces », lui qui a accompli au moins 10 triathlons dans sa vie.C\u2019est une activité qui « commence à devenir une passion » pour la jeune fille qui préfère la section vélo et est moins enthousiaste à la nage qu\u2019elle qualifie d\u2019« épuisante ».Pour Alexandre Comtois, 12 ans, ce camp de jour a fait naître le goût de se dépasser physiquement et mentalement.« Je veux tout le temps battre mes propres chronos, devenir plus fort et être capable de faire mes distances, affirme-t-il avec assurance.Bien que je sois encore un débutant, cette passion du triathlon a commencé depuis trois à quatre ans.C\u2019est ma mère qui m\u2019a fait découvrir ce sport et m\u2019a initié ; ça m\u2019a fait tripper et les moniteurs sont super nice ! » Phoenix Triathlon, un organisme à but non lucratif, est un camp de jour sportif d\u2019une durée de sept semaines se déroulant du lundi au vendredi.Lors de journées pluvieuses, pas question de faire relâche car les jeunes sont conviés à l\u2019abri à des ateliers de nutrition, la musculation ou encore la mécanique de vélo.Ils focalisent ainsi sur l\u2019apprentissage au lieu de la pratique extérieure.Avis aux intéressés, les participants admissibles ont des exigences physiques requises d\u2019un niveau assez élevé pour leur âge.Pour les enfants de cinq à huit ans, le camp d\u2019initiation est conçu pour eux, mais ils doivent être autonomes dans l\u2019eau, savoir nager au minimum 25 mètres sans aide et rouler à vélo sur une distance d\u2019au moins 1 km.Alors que pour accéder au camp de développement, les adolescents de 9 à 13 ans doivent pouvoir nager au minimum 100 mètres, courir 2 km sans arrêt et rouler à vélo sur une distance d\u2019au moins 10 km.Julien Lemay, entraîneur responsable de ce camp de jour et âgé de 21 ans, a commencé la pratique du triathlon à l\u2019âge de huit ans.C\u2019est donc son quatorzième été.« Le triathlon est un sport en développement ; il y a un gros engouement depuis une dizaine d\u2019années, explique- t-il.C\u2019est un sport complet qui constitue une très bonne base permettant de développer des qualités athlétiques pour le futur des jeunes.C\u2019est moins redondant comme sport et ça amène à surpasser ses limites.J\u2019ai découvert le coaching depuis quelques années, je vois des jeunes qui aiment ça et qui trippent.C\u2019est très valorisant.» En plus des bienfaits musculaires, ces jeunes apprennent l\u2019importance des efforts, de l\u2019estime de soi, ainsi que de l\u2019esprit sportif.Le Club Phoenix Triathlon est issu de la fusion de deux équipes de la région : l\u2019Équipe Antilopes Triathlon Lasalle (Adultes) et Les Rapides Lac St-Louis (Jeunes).Le 11 août prochain constituera la dernière journée du camp et l\u2019épreuve finale de triathlon de Verdun aura lieu.« Nous avons plus de 1000 inscriptions provenant de partout au Canada.Ça va être une grosse compétition ! » s\u2019exclame Julien Lemay, soulignant à la fois le développement physique, mental, émotionnel et cognitif de chacun.Voilà une vitrine pour inculquer des belles valeurs à un jeune âge et faire de l\u2019activité physique une routine pour l\u2019avenir.Triathlon Une passion transmise en héritage Stage à La Presse\u2026 Un retour pour moi par la grande porte.Une porte qui avait été laissée entrouverte depuis que ma maladie eut frappé mes neurones, mais que j\u2019ai dû fermer intentionnellement pour vivre mes épisodes psychotiques bien tranquillement à la maison.L\u2019Itinéraire m\u2019a donné l\u2019opportunité de redéployer mes ailes ; un tremplin.J\u2019ai pris plaisir à sauter les pieds joints pour ensuite plonger dans cette belle eau bleutée : le journalisme d\u2019un grand journal où j\u2019espère remettre les pieds éventuellement.Des conseils de journalistes chevronnés, dont le sens de la nouvelle est aiguisé, m\u2019ont permis de vivre une expérience qui m\u2019a propulsée sur un high.TÉMOIG NAG E Vertige malgré les pieds sur terre 23 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ? : ?A N D R É ?P I C H E T T E PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE AFFECTÉE À LA VERSION NUMÉRIQUE STAGE À LA PRESSE Au Québec, les amateurs de sport ne jurent que par le hockey.C\u2019est réducteur pour les autres disciplines sportives.D\u2019autres sports ont leur cote et leur public, toutefois ils sont moins connus.Le football canadien, parent pauvre de son cousin américain, en est un.Les Alouettes se préparent pour un long périple à Edmonton, en Alberta, pour affronter les Eskimos.L\u2019Itinéraire a eu le privilège de suivre un de leurs entraînements et de rencontrer l\u2019entraîneur en chef et quelques joueurs, dont Jonathon Mincy, un espoir de l\u2019équipe, élu joueur de la semaine à la Canadian Football League (CFL).La stratégie C\u2019est le début de la saison.Impossible de parler d\u2019une stratégie défensive, car il est trop tôt.« Nous allons adopter notre stratégie selon celle de l\u2019adversaire, a dit hier l\u2019entraîneur en chef.Les Eskimos ont de bons joueurs qu\u2019on doit surveiller.» L\u2019entraîneur en chef Jacques Chapdelaine rajoute qu\u2019il est trop tôt pour tirer des leçons : « On n\u2019 ira pas faire une analyse dès la première semaine, la chose la plus importante est de continuer de développer les choses qu\u2019on voit ».À propos d\u2019un joueur particulier comme l\u2019Américain Jonathon Mincy, l\u2019entraîneur en chef met davantage l\u2019accent sur le jeu collectif.« Tous nos joueurs sont importants.Quand tu parles d\u2019un joueur spécifiquement, tu insinues qu\u2019on va jouer sur la défensive homme à homme.C\u2019est important de comprendre que l\u2019ensemble de nos quarts et des demi-défensifs sont importants pour contrer l\u2019attaque aérienne des Eskimos.» Un gain de temps pour l\u2019entraînement « Cette année, le lieu d\u2019entrainement a changé, ce qui nous permet de sauver 45 minutes », a expliqué de son côté le joueur offensif, Luc Brodeur-Jourdain.Il s\u2019en félicite ouvertement : « Le timing ne peut être meilleur pour avoir ce genre de défis.Ça fait du bien d\u2019avoir des installations qui sont proches, d\u2019optimiser justement notre temps de pratique sur le terrain.C\u2019est du temps de plus pour la préparation.C\u2019est hautement apprécié ».Les conventions collectives imposent un nombre restreint d\u2019heures pour les prestations des joueurs.24 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 Les Alouettes Tout est prêt pour une bonne saison P H O T O S : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A STAGE À LA PRESSE PAR MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT Le joueur offensif esquisse aussi un portrait de la stratégie à adopter lors de prochains matchs.Pour lui, le temps alloué à l\u2019entraînement est pertinent.« Depuis le début de la saison, on est dans ce moule-là.Ça nous donne un bon volume de répétition.On a besoin de ces répétitions pour continuer à s\u2019améliorer et à améliorer notre synchronisme en attaque\u2026 C\u2019est important d\u2019avoir ce synchronisme entre le quart-arrière et les récepteurs.C\u2019est beaucoup de choses à travailler, c\u2019est une confiance qui se développe avec le temps.» Une recrue prometteuse Le jeune espoir de 24 ans, originaire de la Virginie, semble hésitant devant la caméra.Est-ce par humilité ou par timidité ?Jonathon Mincy réalise actuellement une belle carrière ici à Montréal et ne tarit pas d\u2019éloges à propos de son entraîneur, Billy Parker.« Il connait son jeu.Nous sommes preneurs de toutes les astuces qu\u2019 il peut nous offrir.» Et qu\u2019en est-il d\u2019une future carrière de Jonathon Mincy dans la National Football League (NFL) ?Il préfère la prudence.Pour lui, ce qui compte est de « devenir meilleur chaque jour.L\u2019 important, c\u2019est d\u2019être au sommet de ce jeu et d\u2019être compétitif ».De son côté, Billy Parker a confiance en l\u2019avenir de son protégé.Selon lui, Jonathon a tous les atouts pour réussir.« Il a une bonne routine, il a de la confiance.Il est bien préparé.Il travaille fort et sur une base quotidienne.Son professionnalisme est convaincant.Il pose des questions pertinentes et a une aptitude à l\u2019apprentissage.» Billy Parker, tout comme Jonathon Mincy, ne pense pas trop à une carrière au-delà de la frontière.Pour l\u2019entraîneur, l\u2019essentiel est de « se préparer et de faire ce qu\u2019on a à faire à 100 %.Les autres bonnes choses n\u2019en seront qu\u2019une bonne conséquence ».C\u2019était une chance de participer à un stage à La Presse.Cette expérience m\u2019aura permis de voir concrètement le travail journalistique, d\u2019en apprendre davantage sur la conception d\u2019un article.C\u2019est une activité qui a une vitesse industrielle, c\u2019est une production.Le stage avait une dimension pédagogique.Côté forme, nous avons appris les nuances entre ce qu\u2019est une chronique, une nouvelle, un reportage et un article tout court.Cela nous a appris la bonne recette pour obtenir une entrevue.Dans tous les cas, le journalisme est un métier qui nécessite beaucoup de préparation, de documentation et surtout de ténacité.La rigueur est de mise et toute improvisation est à proscrire.Pendant ce stage, nous avons retenu des leçons : l\u2019anglais est vital pour survivre dans le contexte médiatique de l\u2019Amérique du Nord, l\u2019éthique est aussi importante que le travail lui-même, car si une réputation peut se construire après de grands efforts et de la persévérance, tout peut s\u2019écrouler suite à une minuscule incartade.Techniquement parlant, avoir à sa disposition une enregistreuse est important en dépit de l\u2019accompagnement d\u2019un journaliste chevronné.Ce stage m\u2019a montré que les journalistes professionnels accordent une grande importance à l\u2019appréciation du lecteur et à son jugement.Cette attitude est totalement justifiée.Si l\u2019écrivain écrit pour lui-même, le journaliste, lui, écrit pour les autres.P our l\u2019immigrant que je suis, le sport que je connais le plus est le football.Or, dès que j\u2019ai dû défaire mes valises, j\u2019ai dû redéfinir mes mots.Mon sport préféré est devenu le soccer et pour l\u2019occasion j\u2019ai eu à me familiariser avec le football américain, un sport très physique.Surprise! Il existe aussi un football canadien.Il diffère de son voisin par ses règles et surtout par sa dimension commerciale et médiatique.Pour caricaturer, le salaire de la vedette de la CFL équivaut au salaire minimum dans la NFL aux États-Unis.TÉMOIG NAG E Une expérience enrichissante et des leçons judicieuses 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA 25 L\u2019entrevue avec Billy Parker, l\u2019entraîneur adjoint en défense Plus qu\u2019un sport L\u2019activité physique est l\u2019autothérapie la plus aisée, joignant l\u2019utile à l\u2019agréable ; offrant des options adaptées à nos désirs et à nos besoins.Je ne connais personne qui n\u2019apprécie pas danser ou encore, pratiquer des sports d\u2019équipe.Mon expérience des sports de combat m\u2019a permis d\u2019apprendre à canaliser mon énergie, identifier et dépasser mes propres limites physiques et psychologiques et trouver une camaraderie dans un système de valeurs de plus en plus diabolisé.À mon avis, le sport est la première étape activable la plus accessible vers un bonheur concret.L\u2019adrénaline et l\u2019endorphine sont d\u2019ailleurs des drogues naturelles trop sous-estimées.FRANC DEGLAIVE CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE Pédaler pour mon asthme Le sport que je pratique le plus est le vélo.Ça me maintient physiquement et mentalement, c\u2019est une aide à la concentration.C\u2019est aussi une manière de me déplacer sans être contraint par la circulation ou les horaires de bus.Ça fait aussi huit ans que je fais du vélo l\u2019hiver.Ça ne paraît pas, mais on se déplace assez facilement dans les traces des voitures laissées dans la neige.Puis, je suis asthmatique.Parfois j\u2019ai un peu de difficulté avec mes poumons, mais si je ne faisais pas de vélo, mon asthme serait moins stable et moi, plus souvent à l\u2019hôpital pour le faire contrôler.FRANCK LAMBERT MÉTRO FRONTENAC ET MONT-ROYAL / SAINT-LAURENT Le sport est souvent une histoire de fierté nationale.Ici, au Québec, le hockey domine ; ailleurs, le soccer, le rugby, etc.Mais la pratique sportive est aussi une histoire individuelle.Pour certains, c\u2019est la possibilité de créer des liens, pour d\u2019autres, une manière de mieux se connaître.du sport Les bienfaits P H O T O : ?L E H U I ?( 1 2 3 R F ) Combien de coups de pédales en 2 h 30 ?Je fais du vélo.Je visite avec lui la ville de Montréal.Il y a de belles pistes à c\u2019t\u2019heure.Quand tu vends, immobile, toute la journée et que tu te déplaces souvent en camion, tu sens tes muscles devenir mous.D\u2019ailleurs, la première fois que tu remontes sur ton bicycle, tu as mal aux genoux et c\u2019est normal.Je me suis toujours demandé combien de coups de pédales je donne en 2 h 30 ?Avant, je me faisais voler mes vélos alors depuis, je les récupère dans les vidanges.Ce sont des vieux modèles et je les remets en état.Un à la fois.Quand il est fini, je l\u2019envoie à la récupération.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE Sport vs pilule Je me rappelle avoir gagné les olympiades de mon école secondaire.La médaille d\u2019or ! J\u2019étais assez sportif.Je jouais au baseball, au hockey, au football canadien.Dans le temps, les pilules pour hyperactifs n\u2019existaient pas.Mon père m\u2019envoyait alors faire plusieurs sports pour évacuer mon trop-plein d\u2019énergie.Puis, ça fait « sortir le méchant » qui est en toi.Tu te sens bien après une bonne course, une game de hockey\u2026 Plus tard, j\u2019emmenais mon gars.Nous avons même été invités à jouer avec les Titans de Laval.Aujourd\u2019hui, j\u2019aime voyager en bicycle.Ça me permet d\u2019admirer les lieux historiques et le paysage.JOSEPH MATURIN CAMELOT IGA SAINTE-CATHERINE ET PAPINEAU Les chums J\u2019aime ni le soccer ni le baseball, ni le football.Les seuls sports que j\u2019aime sont la lutte et le hockey.Je n\u2019aurais pas voulu faire de lutte parce que c\u2019est n\u2019est que du spectacle, mais j\u2019ai pratiqué le hockey.J\u2019y jouais avec mes chums.Tous les jours, on prenait nos patins dès le matin et on jouait, été comme hiver.On était tous de la même école et on s\u2019est tenu ensemble de mes 10 ans jusqu\u2019à mes 32 ans.Toujours les mêmes ! Je pense que je me serais ennuyé si je n\u2019avais pas eu ça.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Bilingue grâce au sport J\u2019ai pratiqué pas mal de sports : baseball, tennis, golf, hockey de rue, parce que je suis le seul Québécois qui ne sait pas patiner.En 1971, sur ma rue, j\u2019étais le seul francophone.On pratiquait le hockey.C\u2019est comme ça que je suis devenu bilingue à 10 ans.J\u2019ai réussi à apprendre une langue seconde et à avoir des amis anglophones alors qu\u2019à cette époque, il y avait encore des batailles entre les deux écoles.À 13 ans, je travaillais dans un hôtel.Le golf était gratuit pour les employés en dehors des heures réservées.Aujourd\u2019hui, mon seul regret est de ne pas en avoir plus profité.Mais comme adolescent, j\u2019avais bien d\u2019autres préoccupations.MARC SÉNÉCAL CAMELOT MARCHÉ ATWATER Gérer ses émotions J\u2019ai fait du sport jusqu\u2019à l\u2019âge de 18 ans ; du hockey.J\u2019ai dû arrêter à cause d\u2019une blessure au genou.J\u2019étais rendu jusqu\u2019au Junior B, j\u2019avais un bon coup de patin, mais j\u2019étais aussi batailleur.J\u2019ai gagné deux fois le championnat de la punition ! Je me rappelle qu\u2019à l\u2019école, mes éducateurs ne savaient pas comment canaliser mon énergie.Les loisirs étaient alors axés sur les sports.On avait tous besoin de se défouler.C\u2019est là que j\u2019ai appris à aimer le sport.Le sport m\u2019a permis de me dépenser de la bonne manière, plus tard, d\u2019apprendre à contrôler mes émotions et de me rendre compte que j\u2019avais besoin de défis pour performer.GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Le sport pour oublier Lorsque j\u2019avais 25 ans, je travaillais pour la Ville de Montréal et je faisais beaucoup de vélo.Le soir après le travail, je prenais le pont Jacques-Cartier et je me rendais à Saint-Basile-le-Grand pour aller voir ma douce.Ça représentait deux heures aller-retour.Trois ans plus tard, j\u2019ai rompu avec elle.J\u2019avais déjà sombré dans l\u2019alcoolisme.Alors je me suis garroché dans le sport ; je faisais du jogging et du judo.Ça m\u2019a aidé à oublier ma peine d\u2019amour et à arrêter de boire pendant deux ans.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Ma physiothérapie Moi, je danse en vendant le journal ; des petits pas, en cachette.Je m\u2019amuse en attendant que les gens arrivent.J\u2019entends de la musique dans ma tête.Mais la danse est aussi de la physiothérapie pour moi parce que j\u2019ai des problèmes de dos.C\u2019est comme ça que j\u2019ai retrouvé ma souplesse d\u2019esprit et de corps.Ça m\u2019apporte aussi une plus grande autonomie.Je ne veux pas me retrouver en chaise roulante.Marcher est essentiel à mon bonheur.Un esprit sain dans un corps sain.Ça se pratique ! DENISE RIVARD CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS Un an et 20 pays plus tard Bonjour à vous, chers amis du Québec ! J\u2019espère que tout va bien dans la Belle Province.De mon côté, il s\u2019en est passé des choses depuis mon dernier photoreportage dans L\u2019Itinéraire, il y a un an.J\u2019en ai vécu des aventures et j\u2019en ai vu des pays (20, pour être exact) ! J\u2019ai été témoin de choses horribles et de nombreuses réalités difficiles.Mais ce dont j\u2019ai envie de vous parler, c\u2019est des belles choses que j\u2019ai vues.Des moments touchants, qui me resteront gravés en mémoire pour la vie.Des gens formidables et inspirants, qui ont croisé mon chemin.Voici donc quelques-uns de mes moments coups de cœur, en photos et en réflexions.27 octobre 2016 · GRÈCE À chaque fois que j\u2019amuse les enfants dans le camp de réfugiés de Fenaromeni, il y a toujours la même gang de papas qui se tiennent en marge pour nous observer les bras croisés et l\u2019air perplexe.Jusqu\u2019au jour où l\u2019un d\u2019entre eux, un peu gêné, s\u2019est joint à nous, alors qu\u2019on jouait à Quack Quack Woof.Quand les autres papas l\u2019ont vu courir en riant aux éclats et en criant « Quack, Quack.WOOOF !!! ».quelque chose de formidable s\u2019est produit : tous les papas du camp de réfugiés se sont dirigés vers nous, l\u2019air déterminé, non seulement de jouer, mais de gagner au jeu ! Parce que les adultes aussi ont besoin de s\u2019amuser, surtout plus dans ces conditions horribles où ils sont enfermés, à ne rien faire.14 décembre 2016 · BURKINA FASO Ici, tout le monde se salue dans la rue.Les amis, la famille, les inconnus, les jeunes, les vieux, les Noirs et les Blancs.Partout des « Bonjour ! » et « Bonsoir ! » très enthousiastes.On se lance : « Comment ça va chez vous ?Comment va la famille ?La santé ?La tante ?Le chien ?Le chat ?».Si quelqu\u2019un mange, il te dira : « Vous êtes invités ! ». Même les plus pauvres sont toujours prêts à partager leur repas avec vous.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on appelle le Burkina Faso « le pays des hommes intègres ».Les gens sont incroyablement gentils, généreux et souriants.Croyez-moi, on a beaucoup à apprendre d\u2019eux.Tandis que chez nous, les gens peuvent se sentir seuls même lorsqu\u2019ils sont entourés de gens.Ici, la solitude n\u2019existe pas.Il suffit de tendre la main pour se faire des nouveaux amis.P H O T O S : ?C O U R T O I S I E 28 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 PAR GUILLAUME VERMETTE CLOWN HUMANITAIRE PHOTOREPORTAGE 18 décembre 2016 · BURKINA FASO Surprise ! Au beau milieu de la savane africaine, je suis tombé sur Étienne, un ancien prof de géo, qui accompagnait dans le passé des étudiants en stages humanitaires.Le Burkina a carrément changé sa vie.Il y a cinq ans, une fois retraité, il a décidé de redonner à l\u2019Afrique un peu de la lumière qu\u2019elle lui a donnée.Il travaille maintenant comme professeur bénévole dans les écoles.Il dit : « Je possédais plein de choses.mais en bout de ligne, ça sert à quoi ?Alors j\u2019ai tout donné à différents organismes.C\u2019est ce que j\u2019aime de l\u2019Afrique : être, plutôt qu\u2019avoir. » 19 février 2017 · BIRMANIE Je donne de mon temps dans des villages de réfugiés karens, où vit isolé et en pleine jungle un peuple autochtone persécuté depuis des dizaines d\u2019années.Certains enfants n\u2019ont jamais encore vu de Blancs.Réticents au premier contact, ils finissent par de grands éclats de rire ! Je suis hébergé par une magnifique famille karène, avec qui je cuisine les mets typiques et partage les repas.Je dors pratiquement à la belle étoile, dans une espèce de hutte et ma douche est un gros baril d\u2019eau.Ce mode de vie me fait un bien fou.Des fois, je me demande si c\u2019est pas nous qui avons besoin d\u2019aide.avec tous ces besoins qu\u2019on s\u2019invente et notre vie inutilement stressante.29 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA 24 février 2017 · BIRMANIE C\u2019est un véritable privilège de me faire inviter à partager toutes sortes de coutumes et de traditions à travers la planète.Je me rends compte que dans le fond.on est tous pareils ! 24 avril 2017 · RUSSIE Me voici dans un orphelinat pour enfants handicapés, à Moscou.On ne m\u2019a autorisé qu\u2019à voir une trentaine d\u2019entre eux pendant une heure seulement.Ils sont tous là, à m\u2019attendre, avec les yeux qui brillent.Immédiatement, ils me sautent dessus pour me faire des câlins et crier de joie : « GUI-OM ! GUI-OM ! GUI-OM ! ».Ils me connaissent tous et certains depuis plusieurs années.Je sais que cette visite, bien que trop courte, représente beaucoup pour eux.P H O T O S : ?C O U R T O I S I E 30 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 30 avril 2017 · RUSSIE La belle Alina, 8 ans, ne parle pas et ne bouge pas.Elle a une maladie génétique très rare.Branchée à un million de tubes et de machines qui la tiennent en vie, elle observe.Beaucoup.À mes début dans ce métier, j\u2019aurai figé.« Mais qu\u2019est-ce que je fais ici ?Comment je peux bien interagir avec elle ? » L\u2019expérience m\u2019a enseigné que la meilleure chose à faire, peu importe la situation, est d\u2019être là, tout simplement.Avoir confiance que si quelque chose doit se passer, ça va se passer.Ça fait que je lui ai tenu la main et je l\u2019ai regardée droit dans les yeux très longtemps et avec un grand sourire.Puis, j\u2019apprends que quand Alina cligne des yeux deux fois, ça veut dire « oui ».Donc, elle a pu me dire plein de choses ! 28 mai 2017 · KUUJUARAPIK (CANADA) Je suis à Kuujjuarapik, un village inuit d\u2019environ 750 personnes, au Nunavik.Cette communauté est complètement isolée, accessible seulement par avion et loin de tout sauf de Whapmagoostui, une communauté Crie d\u2019environ 800 personnes, qui est tellement proche que les deux villages s\u2019entremêlent.Il paraît que c\u2019est unique au monde, deux villages autochtones de cultures différentes, isolés et qui cohabitent ensemble.C\u2019est un véritable privilège d\u2019être ici, à offrir tout plein de spectacles, d\u2019animations et d\u2019ateliers pour les enfants.Je me sens si petit à côté de la nature grandiose qui m\u2019entoure.Les paysages sont à couper le souffle, avec la baie d\u2019Hudson devant moi et les aurores boréales qui dansent au-dessus de ma tête le soir.Les gens sont très gentils et il y règne une ambiance de simplicité, qui impose le calme et le bien-être.31 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA La spirale d\u2019appauvrissement deux ans, où elle a commencé à recevoir ses chèques de pension de vieillesse; sa situation matérielle s\u2019est légèrement améliorée, mais, surtout, elle n\u2019est plus stigmatisée par son statut de B.S.Cette histoire est doublement tragique.D\u2019abord son père est devenu malade quelques années seulement avant l\u2019entrée en vigueur de l\u2019assurance-maladie au Québec en novembre 1970.Impossible de savoir si sa vie ou celle de sa fille auraient pu être radicalement différentes avec sa prise en charge par l\u2019État.Mais ensuite, Nicole, elle, a pu bénéficier des services publics de l\u2019État social édifié dans les années 1970.Malgré cela, elle en a été réduite à « l\u2019aide financière de dernier recours » (le nom exact de l\u2019aide sociale), qui l\u2019a maintenue essentiellement dans la pauvreté.Filet de sécurité ?Même dans un pays comme le nôtre, où nous bénéficions d\u2019un filet social solide, la maladie peut nous faire sombrer dans la pauvreté.Évidemment, on est loin de situations comme celles que connaissent les États-Unis, où on estime que 1,7 million de familles ont déclaré faillite n\u2019étant pas en mesure de payer leurs soins de santé.Cette spirale descendante peut s\u2019enclencher très rapidement.Par exemple, selon une étude de la Coalition Priorité Cancer, au Québec chaque foyer doit assumer des pertes d\u2019environ 19 000 $ au bout d\u2019une année de lutte contre le cancer.Ceux qui ont la « chance » de bénéficier d\u2019une assurance-salaire privée pour invalidité (ce qui n\u2019est le cas que de 55% des Canadiens) ont tout de même une couverture qui varie grandement.Pour les autres, si on est salarié, on a uniquement accès à l\u2019assurance-emploi, jusqu\u2019à 55 % du salaire pour un maximum de 514 $/semaine pour 15 semaines.Or, 15 semaines, c\u2019est souvent insuffisant pour recouvrer la santé, particulièrement dans un cas de maladie grave comme le cancer \u2013 et, évidemment, encore moins pour une maladie chronique incurable.Après l\u2019assu- rance-emploi, ne reste que l\u2019aide sociale, qui, on le sait, nous garde tout simplement dans la pauvreté.Une maladie grave bouleverse bien sûr notre quotidien.Mais qu\u2019elle puisse nous ruiner est tout à fait inacceptable dans un pays aussi riche que le nôtre.Stéphanie a deux grands ados à la maison.Leur père a disparu dans la brume depuis belle lurette.Elle enseignait aux élèves du primaire dans une école de Côte-des-Neiges où les enfants ont des dizaines de langues maternelles différentes.Plusieurs d\u2019entre eux sont issus de l\u2019immigration récente et doivent relever de multiples défis pour leur intégration, pour reprendre le jargon ministériel.Dans la réalité, ce sont des personnes comme Stéphanie qui doivent composer à chaque minute avec des problèmes bien concrets.Mais il y a deux ans, les nerfs de Stéphanie ont lâché ; elle a fait un burn-out.Comme elle n\u2019avait pas de poste régulier, donc aucune sécurité professionnelle, elle a plongé dans une spirale d\u2019appauvrissement.Elle survit actuellement de l\u2019aide sociale.Une maladie grave ou un accident peuvent faire complètement basculer une vie.Des histoires comme celle de Stéphanie, on en recense malheureusement de nombreuses.Elles nous rappellent que notre bien-être matériel est bien fragile, et que nous sommes presque tous potentiellement à la merci de la précarité matérielle, voire de la pauvreté.Maintenus dans la pauvreté Une dame, Nicole Croteau, a témoigné l\u2019an dernier dans un petit livre d\u2019un parcours similaire qu\u2019elle a vécu (Heureux les pauvres ?Éditions Médiaspaul).Issue d\u2019un milieu très modeste, elle rêvait de devenir médecin.Mais à l\u2019âge de 17 ans, en 1966, son père est tombé malade.Elle a dû abandonner ses rêves et aller travailler comme vendeuse chez Woolworth.Après 25 ans à trimer dur, elle a réussi, au début de la quarantaine, à devenir orthothérapeute.Elle a pu réaliser son rêve d\u2019enfin aider les autres à être mieux et à être en santé.Cruelle ironie du sort, c\u2019est elle qui tombe malade à son tour, quinze ans plus tard.Travailleuse autonome, elle ne bénéficie d\u2019aucune assurance invalidité et s\u2019enclenche alors le cercle infernal de la précarité puis de l\u2019appauvrissement.Graduellement, elle perd tout : profession, revenu, réseau, amis.En bout de piste, elle ne bénéficie plus que de l\u2019aide sociale comme source de revenu, jusqu\u2019à il y a 32 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O : ?E U G E N E ?S E R G E E V ?( 1 2 3 R F ) L\u2019itinérance : moins pénible l\u2019été ?demeurent à l\u2019extérieur, tandis que les grands vents peuvent causer des chutes aux conséquences sévères.Sans parler des vêtements et des bas qui, imbibés d\u2019eau, causent de l\u2019inconfort et contribuent aux infections.Quelles actions?Tout comme c\u2019est le cas pour les mois d\u2019hiver, les partenaires du milieu de l\u2019itinérance se mobilisent pour atténuer les effets de la période estivale auprès des populations les plus vulnérables.Des bouteilles d\u2019eau sont notamment distribuées dans plusieurs ressources montréalaises, et plus particulièrement dans celles qui travaillent auprès des personnes qui sont présentes dans l\u2019espace public, afin d\u2019éviter les cas de déshydratation.Le réseau de la santé et des services sociaux a aussi développé un outil de sensibilisation à la chaleur accablante, que les équipes d\u2019intervenants distribuent aux individus qui leur semblent les plus à risque.Cet outil explique les comportements à adopter lorsqu\u2019il fait très chaud : boire beaucoup d\u2019eau, éviter l\u2019alcool et la caféine, porter des vêtements légers.Il propose aussi une série de lieux climatisés et accessibles aux personnes en situation d\u2019itinérance, principalement des centres de jour destinés aux hommes, aux femmes et aux jeunes.Finalement, l\u2019outil est catégorique : en cas de coup de chaleur (voir l\u2019encadré pour les principaux symptômes), il est impératif de se présenter au CLSC ou à l\u2019hôpital le plus près.L\u2019été n\u2019est donc pas le même pour tout le monde : ces longs mois de chaleur et de soleil, lorsqu\u2019on les passe à la rue, peuvent avoir de graves conséquences sur la santé.On s\u2019inquiète souvent du bien-être des personnes en situation d\u2019itinérance durant les longs mois d\u2019hiver, alors que le mercure chute et que la neige s\u2019amoncelle dans les moindres recoins de la ville.Mais l\u2019arrivée de la belle saison entraîne elle aussi son lot de difficultés : les canicules, les îlots de chaleur et les insolations sont autant d\u2019écueils pour celles et ceux qui vivent à l\u2019extérieur durant la période estivale.Les conditions de vie des personnes en situation d\u2019itinérance les rendent plus vulnérables, et donc plus à risque de développer des problèmes de santé.Elles sont ainsi particulièrement sensibles aux intempéries, peu importe le moment de l\u2019année.Le fait de ne pas disposer d\u2019un toit à soi, de devoir faire du couchsurfing ou d\u2019avoir recours aux ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence, par exemple, contraint à demeurer à l\u2019extérieur pendant de plus longues périodes de temps.Durant l\u2019été, les principaux dangers proviennent de l\u2019exposition soutenue au soleil, de l\u2019impact des grandes chaleurs sur le corps et des risques liés aux orages.Il peut en effet être difficile pour les personnes qui vivent dans la rue de se maintenir à l\u2019abri du soleil et de se ménager des moments de répit de la chaleur.Bien qu\u2019il existe des lieux et des commerces climatisés, ils ne sont pas toujours favorables à la présence des sans-abri.Ajoutons à cela que les espaces publics fréquentés par les personnes en situation d\u2019itinérance, particulièrement ceux qui sont situés dans le centre-ville de Montréal, ne sont pas tous caractérisés par une luxuriante couverture végétale et d\u2019abondantes zones d\u2019ombre; pensons à la place des Festivals, par exemple, ou encore aux trottoirs qui longent la rue Sainte-Catherine.La chaleur y est donc ressentie de façon encore plus intense.Coups de soleil, insolation et coups de chaleur : plus le mercure augmente, plus les risques sont élevés.À titre d\u2019exemple, dès que l\u2019indice humidex atteint les 40 degrés, la température corporelle tend à se rapprocher de la température ambiante, ce qui cause une perturbation du système et exige une prise en charge médicale rapide.Et puisque la déshydratation exacerbe l\u2019effet de la chaleur, un accès restreint à l\u2019eau potable, comme c\u2019est le lot de plusieurs personnes en situation d\u2019itinérance, vient encore compliquer le portrait.Au-delà des températures élevées, les orages d\u2019été comportent eux aussi des dangers : la foudre peut s\u2019abattre sur les personnes qui Fatigue inhabituelle Frissons Crampes musculaires Maux de tête Maux de ventre Nausées Étourdissements Coup de chaleur : signes et symptômes 33 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA INFO RAPSIM PAR AMÉLIE PANNETON ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM P H O T O ? : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Une assemblée réussie Le 19 juin dernier s\u2019est déroulée l\u2019assemblée générale annuelle de L\u2019Itinéraire avec une très grande participation des camelots.Pour la première fois, cela se passait à l\u2019Écomusée du fier monde où l\u2019exposition en cours était Nourrir la ville, nourrir le quartier.D\u2019ailleurs, un de nos camelots, Mostapha Lotfi, a écrit un article sur cet événement dans l\u2019édition 100 % Camelots du 15 mai dernier.C\u2019est un endroit plein d\u2019histoire pour le quartier.L\u2019ambiance de la place était accueillante et sereine.Après une courte visite des lieux, les gens ont été invités à prendre place pour l\u2019ouverture de cette importante rencontre par le président de l\u2019assemblée, Réjean Mathieu, un retraité qui a œuvré de longues années dans le secteur communautaire et qui anime nos assemblées depuis plus de dix ans.Le conseil d\u2019administration a annoncé que quatre sièges étaient vacants et que nous devions élire des administrateurs.La particularité de notre organisme est que les camelots occupent cinq places au conseil, comparativement à d\u2019autres groupes communautaires.Nous avons donc procédé à l\u2019élection.Ensuite, nous avons eu droit à un retour sur les événements de l\u2019année 2016.On est fiers de constater que L\u2019Itinéraire a raflé cinq prix de l\u2019Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ).Et que dire des ventes du recueil de textes Sentinelles : 25 ans d\u2019écriture à L\u2019Itinéraire ! Elles ont dépassé les attentes.Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le bilan complet de nos activités sur le site internet de L\u2019Itinéraire.Notre comptable nous a aussi présenté les états financiers.Cela a permis à notre directeur général, Luc Desjardins, de faire le point sur une année 2016 difficile, tout en nous informant que l\u2019année 2017 s\u2019annonce plus positive.En peu de temps, suite à son arrivée parmi nous en décembre dernier, il a renforcé les liens avec nos bailleurs de fonds et nos donateurs.Selon ses explications, à la fin de l\u2019année 2017, notre équilibre financier devrait être meilleur.Le tout s\u2019est terminé par un buffet froid qui a permis aux camelots d\u2019échanger et de mieux se connaître.Voilà un bel exercice démocratique qui a profité à tous les camelots et à toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire.Le Café de la Maison ronde accueillera, le 15 août prochain, l\u2019exposition collaborative Regards de la rue, une série de photos qui se veut le reflet unique du regard porté sur Montréal par chacun des photographes.D\u2019ailleurs, qui sont-ils ?Ils sont une trentaine.Des autochtones du Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal (CAAM), des femmes du refuge Chez Doris et des camelots de L\u2019Itinéraire.Cette exposition est à la fois le fruit d\u2019une collaboration initiée par deux artistes passionnées, Claire Sanford et Jadis, et le résultat de l\u2019implication des participants lors des multiples ateliers de pratique de la photographie.Soutenue par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, Regards de la rue fera l\u2019objet d\u2019un vote public \u2013 le vôtre \u2013 afin de déterminer la meilleure photo.Une fois le sablier retourné, il ne vous restera que deux semaines pour nous faire part de votre choix.34 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 INFO CAMELOTS PAR YVON MASSICOTTE REPRÉSENTANT DES CAMELOTS Expo Regards de la rue CARREFOUR P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Atelier pratique d\u2019initiation à la photo Cet ouvrage regroupe 100 des plus beaux textes des camelots du groupe communautaire L\u2019Itinéraire.L\u2019organisme intervient auprès de personnes en situation de précarité économique et sociale, permettant leur réintégration par la vente et l\u2019écriture du journal de rue.En vente auprès des camelots de L\u2019Itinéraire, en librairie et sur itineraire.ca 2017, 216 pages | ISBN 978-2-9816635-0-4 Sentinelles 25 ans d\u2019écriture à L\u2019Itinéraire EN VENTE DANS LA RUE ! win tm pT Ÿ & bog = y.fa = San 4 a a \u20ac \\ ia # t 74 ir { nd 0 +> { % ÿ Void whit» À + a / > ) , x a « TR Lu ( A 2A & J Tr VY ME A \u2014\u2014=\u2014 _] ! 4 WB oN Fx bh Pa ( » = - - \u2019 qe CN W Wal \u2014- m7 ami £7, Lt ped a vii 4 EAA 4 f, 3 A ; # + Wak à TT \\ Pp, z = > .: 3 \\ ; 3 À 4 SP 1% hd sl ! w 4 Sr Fa £23 »- J ve 4 7 % \u20ac ; ( ( - af Ë We Se ti 7 5 Vis ¥ o = ».ja LA ) Den 6, 13 $ =X 1 JES \u2014 { À, ga Ze t > d- i I a a vo A ba ¥, 7 % > : gage Ps aj NN f = *- À, Espace pour la vie invite les Montréalais à déguster un casse-croûte peu ordinaire dans le cadre de l\u2019événement Croque-insectes, aux les jardins de l\u2019Insectarium de Montréal.À l\u2019entrée principale du site, des animateurs initient les gens à l\u2019entomophagie pour mieux connaître, et surtout, mieux comprendre les raisons de tester et de manger les insectes.Pas juste en cas de famine ! La consommation d\u2019insectes par les humains s\u2019appelle l\u2019entomophagie.La science qui étudie les insectes est l\u2019entomologie.Selon les paroles d\u2019Émilie, étudiante en biologie et animatrice à l\u2019Insectarium, l\u2019entomo- phagie est très populaire dans le monde.Plus de deux milliards de gens mangent des insectes.Par exemple, au Mexique, on peut se nourrir de près de 549 espèces d\u2019insectes.Par contre, L\u2019Amérique du Nord est l\u2019un des endroits où l\u2019on trouve le moins d\u2019entomophages.Pourquoi ?Cela viendrait de la culture européenne et surtout française, qui constitue l\u2019origine de nos habitudes culinaires.Cela a eu pour effet de tasser l\u2019entomo- phagie.Les habitants d\u2019autres pays, tels que ceux d\u2019Afrique, d\u2019Asie ou d\u2019Amérique du Sud, mangent des insectes depuis toujours.Autant de pays dans lesquels ces bibittes ne sont pas consommées dans les seuls cas de pénuries alimentaires.Comme l\u2019écrit l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), « en fait, dans la plupart des cas, les insectes constituent un aliment de base dans les régimes alimentaires locaux, ils sont consommés pour leur goût et non pas parce qu\u2019 il n\u2019y a aucune autre source de nourriture disponible ».Des mets variés et appréciés C\u2019est donc traditionnel.Dans certaines régions, les femmes vont aller cueillir les insectes sur les feuilles, les palmiers, vont les consommer et les vendre sur les marchés publics.Les carences alimentaires sont moindres, car les insectes apportent beaucoup plus de protéines et de nutriments que les viandes communes.Et, la population adore ça ! En Afrique du Sud, le ver ou chenille Mopane est une importante source de protéine pour des millions de Sud-Africains.Lorsque la saison arrive et que la chenille Mopane inonde les marchés, la frénésie est telle que les ventes des autres viandes diminuent de façon substantielle.Autre exemple : la punaise puante.Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle est comestible.Originaire d\u2019Éthiopie, en Afrique du Sud, on la retrouve également en France.Par ailleurs, il ne faut surtout pas l\u2019écraser car elle dégage une odeur tenace, comme celle de nos mouffettes et qui peut suivre nos chaussures très longtemps.Comment la prépare-t-on ?Trempez-la dans l\u2019eau chaude non bouillante seulement pour la stresser un peu.Elle dégagera alors sa substance odorante.Puis, changer l\u2019eau plusieurs fois, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle se soit complétement vidée.L\u2019Amérique du Nord est l\u2019endroit où l\u2019on en trouve le moins.Bien que peu d\u2019entreprises au Canada commercialisent des insectes préparés, quelques adresses, entre autres québécoises, permettent de se procurer certaines bestioles.Le grillon, le criquet, le ver à soie, les larves d\u2019abeilles sont parmi celles dont nous disposons.Plus écolo ! La consommation d\u2019insectes a sa raison d\u2019être.Comparativement à l\u2019élevage de nos bovins, celui des insectes demande beaucoup moins de nourriture.Par exemple, comme l\u2019explique la FAO, « en moyenne, deux kilos d\u2019aliments sont nécessaires pour produire un kilo d\u2019 insecte, tandis que les bovins exigent huit kilos d\u2019aliments pour produire un kilo d\u2019augmentation de la masse corporelle animale ».Aussi, les flatulences et excréments de nos ruminants sont causes d\u2019effet de serre, en partie dû aux émanations de méthane.Les insectes, eux, n\u2019en produisent presque pas.Selon l\u2019animatrice de l\u2019Insectarium, plusieurs projets sont actuellement à l\u2019étude dont un en particulier, nourrir des astronautes avec des insectes.En définitive, nous n\u2019en sommes qu\u2019à nos premiers balbutiements, mais sommes de plus en plus sensibilisés grâce à des initiatives telles que Croque-insectes.Entomophagie 101 Croquez des insectes ! 37 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O S : ?M A T H I E U ?R I V A R D PAR YVON MASSICOTTE CAMELOT RENAUD-BRAY CÔTE-DES-NEIGES ET MÉTRO UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL GASTRONOMIE Casse-Croûte Croque-insectes Jardins de L\u2019Insectarium jusqu\u2019au 4 septembre 2017, de 11 h à 18 h espacepourlavie.ca/croque-insectes On a testé pour vous ! entiers grillés, un falafel à la farine de grillon recouvert d\u2019une sauce blanchâtre épaisse, un taco aux vers à soie accompagné de garnitures.Enfin, le plat de résistance, un grillon-burger (farine de grillon).Après les avoir bien examinés, je choisi en premier ce qui me semble être le meilleur : le carré croustillant.Une, deux, trois petites bouchées.Pas mauvais au goût, mais différent des Rice Krispies à la guimauve que j\u2019ai déjà mangés.Mon second choix, le falafel à la farine de grillon.Il ressemble à un beau petit dessert.J\u2019y vais ! Une bonne bouchée.Ma réaction : « Ouach ! Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ça ?» Je regarde Karine qui semble l\u2019apprécier.Je lui demande si elle aime ça et me répond : « Pas mauvais.» Le mien ne devait pas être comme le sien.Elle prend alors le restant de mon falafel et le mange goulûment.« Non il est correct.» Ses papilles gustatives semblent plus développées que les miennes.Manger un spaghetti cuit fait à base de farine de blé et gober une cuillère à thé de farine de blé\u2026 Voilà la différence.En bon aventurier, je me suis tout de même arrêté à l\u2019épicerie fine de mon quartier pour acheter un falafel ordinaire pour comparer.Ce n\u2019est pas si mauvais.De l\u2019avis d\u2019une de mes clientes, c\u2019est encore meilleur accompagné d\u2019un yogourt.Troisième aventure, le burger à la farine de grillon.J\u2019hésite un peu, mais j\u2019y vais.Petite bouchée au départ, vous en conviendrez, réaction : pas ouach, mais presque.Probablement moins concentré que le falafel.Ça passe mieux.Mon quatrième et dernier test : le taco avec des vers à soie.On les voit, mais ils ne bougent pas.Surprise ! C\u2019est bon ! Je ne peux vous décrire ce que cela goûte, mais ce n\u2019est pas mauvais du tout.Si jamais je dois revivre cette expérience, mon premier choix serait le taco avec des vers à soie.Sécurité alimentaire Il faut aussi dire que parmi les 1900 insectes comestibles connus, il doit bien y en avoir des meilleurs que d\u2019autres.En définitive, ce sont de simples goûts à développer.L\u2019énorme source de protéines et de nutriments même si elle varie d\u2019un insecte à l\u2019autre contribue à la sécurité alimentaire de nombreuses populations.Selon la FAO, « les teneurs en protéines, vitamines et minéraux du ver de farine sont comparables à celles du poisson et de la viande.» Aussi, « on prévoit qu\u2019en 2030 quelque neuf milliards d\u2019humains devront se nourrir.Seulement, les sols cultivables s\u2019appauvrissent.De nouvelles solutions doivent être recherchées.» Les insectes semblent en être une.Comme adulte aux habitudes alimentaires bien ancrées, comparativement à de jeunes enfants qui explorent le sens du goût naturellement, il serait plus facile d\u2019introduire les insectes dans leurs assiettes plutôt que dans la mienne.D\u2019ailleurs, un jeune garçon d\u2019environ sept ans, assis à mes côtés lors de la conférence, savourait une glace aux termites sans même grimacer.Sa mère l\u2019initiait à cette nouvelle culture.Début juin, Karine, responsable de la formation des participants à la rédaction me demande si je suis du genre aventurier, d\u2019un air taquin.Je lui réponds en souriant : « Ma vie est une aventure?! ?Pourquoi ? » Elle me propose alors de l\u2019accompagner à l\u2019Insectarium d\u2019Espace pour la vie.Il y aura là une conférence de presse pour annoncer l\u2019ouverture du casse-croûte Croque- insectes.« As-tu?déjà?mangé?des?bibittes ?» Je lui réponds que non.« Eh bien c\u2019est l\u2019aventure que tu vas vivre. » Tout un défi me suis-je dit ! Surtout que je ne connaissais rien à entomophagie.Mais tentons l\u2019expérience.Début de l\u2019aventure Nous ne connaissons pas encore la date du projet.D\u2019ici là, j\u2019aurai tout le loisir d\u2019y penser, chaque soir.Je songerai aux oiseaux, aux lézards, aux grenouilles et à tous ces animaux qui mangent des insectes tous les jours.Ce n\u2019est pas mon cas ! On nous fait parvenir l\u2019invitation pour le 15 juin à 12 h 30.En arrivant sur les lieux, nous discutons avec une animatrice qui nous en apprend un peu plus sur l\u2019entomophagie.J\u2019avais fait quelques recherches, lu plusieurs articles sur la consommation d\u2019insectes à travers le monde et je suis resté surpris d\u2019apprendre que près d\u2019un quart de la population mondiale s\u2019en nourrit.Entre temps, on nous invite à prendre place à une table.Une, deux, trois petites bouchées L\u2019heure de vérité sonne.On nous apporte les plats à expérimenter.Un carré croustillant façon Rice Krispies à la guimauve et aux grillons CHRONIQUE P H O T O S : ?K A R I N E ?B É N É Z E T de diversité alimentaire dont les fruits et les légumes.Cependant, il existe de nombreux régimes alimentaires.Si l\u2019on prend l\u2019exemple des végétariens, certains ne veulent pas manger d\u2019animaux par souci environnemental, cependant ils pourraient inclure des insectes dans leur alimentation.D\u2019un point de vue écologique, manger plus d\u2019insectes aiderait à diminuer les gaz à effet de serre, contribuerait à la réduction de l\u2019espace consacré à la monoculture et laisserait donc plus de place à nos forêts.Actuellement, on mange des insectes comme apéritif ou en accompagnement.Dans nos régions tempérées occidentales, peu de variété d\u2019insectes y vivent par rapport aux autres pays.Aussi, il faut retenir qu\u2019il ne suffit pas d\u2019attraper des insectes du jardin pour les cuisiner.Il faut réellement les connaître.Généralement, il faut les commander à un fournisseur ou les acheter dans une boutique spécialisée.Existe-t-il des insectes allergènes ou porteur de maladies dangereuses pour l\u2019homme?MARIE-ÈVE : Nous ne sommes pas trop documentés sur ces questions, mais nous pensons que les gens allergiques aux crustacés devraient s\u2019abstenir de manger des insectes.En effet, certaines espèces sont de la même famille que les arthropodes.Quant aux maladies, d\u2019après la FAO, il n\u2019y a pas vraiment de cas de transmission à l\u2019homme.D\u2019un mammifères à un autre peut-être, mais d\u2019un insecte à l\u2019homme non, car il faudrait une parenté biologique.Faut-il éduquer les Québécois à l\u2019entomophagie ?MARIE-ÈVE : Tout d\u2019abord, il est essentiel de faire connaître les insectes aux gens.De leur montrer que ces derniers ne sont pas sales.Ainsi, en piquant la curiosité de tous par différents mets originaires d\u2019autres cultures, on les rapproche de l\u2019humain et donc de nos assiettes.RAFÄEL : Les insectes s\u2019intègrent très simplement à notre alimentation.Il existe d\u2019ailleurs de nombreux livres de recettes dont un écrit par le chef québécois Jean-Louis Thémis.Nous avons rencontré le chef cuisinier de Croque-insectes, Rafäel Martinez, et Marie-Ève André, animatrice et conceptrice à l\u2019animation des activités éducatives à L\u2019Insectarium qui nous parlent du phénomène grandissant de l\u2019entomophagie au Québec et de son intérêt pour l\u2019alimentation humaine.Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la cuisine des insectes ?RAFÄEL : Mon père est Mexicain d\u2019origine.Je ne suis pas né là-bas, mais très jeune, je mangeais déjà des insectes.J\u2019ai, à plusieurs reprises, voyagé au Mexique et c\u2019est l\u2019endroit où l\u2019on retrouve la plus grande variété d\u2019insectes comestibles.J\u2019ai pu alors en goûter plusieurs.Il y a trois ans, l\u2019Insectarium m\u2019a invité à concocter des bouchées dans le cadre de soirées 4 à 8 qui se tenaient tous les mercredis du mois d\u2019août sur la terrasse du Jardin botanique.La réussite fût telle, que l\u2019on refusait des gens à l\u2019entrée.Arriva la fin de la saison, et pour moi, le temps des vacances.Ainsi, je suis retourné au Mexique et suis revenu avec quelques idées de recettes.L\u2019an passé, avec les collègues de l\u2019Insectarium, nous avons décidé de relancer l\u2019événement Croque-insectes.J\u2019ai alors poussé plus loin cette aventure en élaborant un menu de style cuisine de rue.Tout un défi ! Les insectes sont-ils indigestes ou repoussants s\u2019ils ne sont pas cuisinés ?RAFÄEL : Ce ne sont pas tous les insectes qui ont un goût extraordinaire.On les cuisine principalement pour leur apport en protéines.En ce qui concerne la texture, prenons l\u2019exemple du hanneton.C\u2019est gros, très croustillant, tandis que le vers à soie est un peu comme du maïs soufflé.Il a une texture agréable et un goût subtil.MARIE-ÈVE : En fait, consommer des insectes s\u2019inscrit dans le concept du développement durable.Ce n\u2019est donc pas tant d\u2019un point vue du goût que du point de vue nutritionnel que nous nous intéressons à cela.Il existe plusieurs catégories d\u2019insectes dont certains peuvent contenir plus de 65 % de protéines et de bons gras dans certain cas, comparativement à la nourriture que nous consommons de manière habituelle.Est-il possible de se nourrir exclusivement d\u2019insectes ?MARIE-ÈVE : Je ne suis pas nutritionniste, mais l\u2019homme est omnivore.Il ne pourrait pas être uniquement entomophage.L\u2019homme a besoin Mijoter durable PAR YVON MASSICOTTE - CAMELOT RENAUD-BRAY CÔTE-DES-NEIGES ET MÉTRO UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 39 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA ENTREVUE Arthropodes Insectes appelés ainsi qui possèdent des pattes articulées à l\u2019état adulte comme les araignées ou les mille-pattes.Arthropodes signifie pieds articulés.Rafäel Martinez P H O T O ? : ?M A T H I E U ?R I V A R D P H O T O ?: ?A R C H I V E S ?D E ?L A ?V I L L E ?D E ?M O N T R É A L / G A B O R ?S Z I L A S I PHOTO?:?ARCHIVES?DE?LA?VILLE?DE?MONTRÉAL Ce n\u2019est pas pour sa sélection de bières que je vous parle de mon dépanneur du coin ! Je n\u2019en consomme plus depuis longtemps.Le dépanneur, devant le Centre culturel Jacques-Ferron, n\u2019a pas non plus une grande histoire.Il a été construit il y a près de 20 ans, selon le propriétaire actuel.Par contre, je trouvais intéressant de vous parler de ce grand mur blanc sur le côté, qui attire les tagueurs de la ville de Longueuil.Pour enrayer le problème de tags illégaux, un projet de murale est en cours.Il y a eu un appel à tous, pour la tenue d\u2019une rencontre le 14 juin dernier au centre culturel.Une rencontre avec les citoyens du quartier pour échanger sur leurs souvenirs afin de faire de ce mur, une murale à l\u2019image de leur histoire.La rencontre a été organisée par la Société historique du Marigot et la murale sera réalisée par Dose Culture.Je vous parle de ce marché et de son actualité parce que tout cela inspire l\u2019angle de l\u2019histoire que je donne à ce Vie de quartier.Le Marché Lavigne Promenade dans le Vieux-Longueuil Situé au centre du quadrilatère qui est appelé carré Isidore-Hurteau, ce fût le lieu du premier marché public de 1853 à 1861.Devenu rapidement trop petit, le marché public fût déménagé sur la rue Saint-Charles avant de se retrouver en 2012, sur le chemin de la Savane.Le premier marché a été démoli en 1869.Il a laissé la place à un parc où fût érigé au début du 19e siècle un kiosque à musique, démoli en 1941, suite à l\u2019effondrement de son toit.La plupart des arbres qui entourent le Centre culturel aujourd\u2019hui ont été plantés par la ville en 1891.Ils demeurent les seuls témoins du temps avec les trois sculptures que l\u2019on retrouve devant la bâtisse.Le Centre culturel célèbre cette année ses 50 ans.Il a d\u2019abord été une Maison de la culture.Ce n\u2019est qu\u2019en 1987 qu\u2019il fût baptisé de son nom actuel.Des collègues camelots me faisaient remarquer dernièrement mon fort sentiment d\u2019appartenance à mon spot de vente.C\u2019est vrai, je me suis attachée au lieu comme aux gens que j\u2019y rencontre ainsi qu\u2019à son histoire.Jacques Ferron était un écrivain, un médecin, un journaliste et le fondateur du Parti Rhinocéros en politique.S\u2019il est surtout connu au Québec pour son œuvre écrite, à Longueuil, on se souvient du médecin.Plusieurs ont été mis au monde par les docteurs Ferron dans le quartier, que ce soit Jacques ou son frère Paul.Centre culturel Jacques-Ferron 40 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 VIE DE QUARTIER PAR ANNIE LAMBERT CAMELOT À LONGUEUIL Ici, un exemple des murales de Dose culture.P H O T O ?: ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O ?: ?G R A C I E U S E T É ?S O C I É T É ?H I S T O R I Q U E ?D U ?M A R I G O T ? Quand je quitte le Centre culturel, je prends l\u2019autobus devant un édifice de style Beaux-Arts qui me semble tellement grand pour ce qu\u2019il héberge aujourd\u2019hui.À l\u2019époque, les Frères des écoles chrétiennes ont décidé de construire un collège neuf sur le chemin de Chambly, dans lequel ils ont emménagé en 1910.C\u2019est en 1960 que le pavillon Frère-Marie-Victorin a été ajouté.Le frère Marie- Victorin a enseigné au collège de 1904 à 1928 où il fonda le cercle LaSalle qui était un lieu de discussion littéraire.Il fût par la suite l\u2019auteur de Flore laurentienne (1935) qui est le livre de base pour la botanique au Québec.Il est également l\u2019un des fondateurs du Jardin botanique de Montréal.Depuis le début des années 1980, l\u2019édifice appartient aux commissions scolaires.Il a abrité les services administratifs et sièges sociaux de plusieurs d\u2019entre elles.Aujourd\u2019hui, le collège est la propriété de la Commission scolaire Marie-Victorin.Si le Centre culturel fait écho à l\u2019écrivain qu\u2019il a été, la Maison Jacques-Ferron poursuit son œuvre humanitaire.Fondée en 1990, c\u2019est quatre ans plus tard que l\u2019organisme déménage de Saint- Hubert à Longueuil et devient la Maison Jacques-Ferron.Dans l\u2019histoire du médecin et de l\u2019écrivain, à partir de 1973, Ferron se consacre à un grand livre sur la folie, Le pas de Gamelin, œuvre qui demeurera incomplète à son décès et source d\u2019inspiration au quotidien dans cet organisme communautaire en santé mentale.L\u2019organisme s\u2019adresse à des gens qui vivent une problématique importante en santé mentale ; il leur offre un lieu où habiter, un chez-soi, le temps de se reconstruire.Il leur offre surtout un endroit où il est permis d\u2019être et de devenir, avec peu de règles et beaucoup d\u2019amour.Les diagnostics n\u2019ont pas d\u2019importance.Pour faire écho au mouvement alternatif en santé mentale, un lieu où la personne peut affirmer : « J\u2019ai une histoire.Pourquoi en faire une maladie ? » Fondée en 1978, la Société historique du Marigot a comme mission la conservation et la valorisation du patrimoine bâti et naturel ainsi que la diffusion de l\u2019histoire locale et régionale.Elle possède un important fonds d\u2019archives de l\u2019histoire de la Montérégie.J\u2019ai eu le plaisir de rencontrer certains membres par hasard dans le carré Isidore-Hurteau en juin dernier lors du projet pour la murale au Marché Lavigne et pourtant, l\u2019organisme est à quelques pas de moi quand je vends L\u2019Itinéraire au Centre culturel.J\u2019habite Longueuil depuis 20 ans et je prends conscience qu\u2019il y a encore tellement de choses à découvrir et à connaître dans la région.Si Longueuil vous intéresse, je vous invite à suivre de près leur prochain défi : Le projet Ville Jacques-Cartier.Consultez le site marigot.ca pour plus d\u2019information.Commission scolaire Marie-Victorin Maison Jacques-Ferron Société historique et culturelle du Marigot 41 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O ?: ?G R A C I E U S E T É ?M A I S O N ?J A C Q U E S - F E R R O N P H O T O ?: ?G R A C I E U S E T É ?S O C I É T É ?H I S T O R I Q U E ?D U ?M A R I G O T ? SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY GISÈLE NADEAU CAMELOT METRO FABRE Une fleur Fleur qui enivre Elle étend ses pétales Et son parfum s\u2019étale Et de joie m\u2019enivre Un rayon de soleil Pénètre la fenêtre Et elle vibre de tout son être Et elle s\u2019éveille de son sommeil Elle montre sa robe D\u2019une splendeur sans borne Et elle n\u2019est pas morne Mais de couleur elle s\u2019enrobe Je la regarde et elle vit Je l\u2019arrose et elle soupire Elle se sent moins pire Car elle a repris goût à la vie 42 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 MOTS DE CAMELOTS RÉAL LAMBERT CAMELOT LAURIER / DE LANAUDIÈRE Travailleuse, fière et autonome Mon mari et moi sommes arrivés à Montréal en mars 1980.Nous n\u2019avions pas de travail.Nous avons donc décidé de faire des ménages dans des résidences privées, dans les bureaux aussi chez des professionnels.Nous publions nos annonces dans le quartier du Plateau Mont-Royal.Nous avons fait cela pendant une couple d\u2019années.Après cela, mon conjoint, Réal, a trouvé un travail dans un entrepôt de magasins, comme vérificateur de marchandises.De mon côté, j\u2019ai continué à travailler comme femme de ménage dans les maisons et quelquefois dans des bureaux.Je faisais souvent des grands ménages durant l\u2019automne et le printemps.J\u2019en faisais aussi durant la période de déménagement.Je pouvais aussi travailler à différents endroits, comme par exemple, à Outremont, Longueuil et Laval.J\u2019ai déjà travaillé pour un couple qui avait un chalet à Vaudreuil.Ils m\u2019ont demandé si j\u2019étais prête à faire le grand ménage de leur chalet.J\u2019ai accepté et ils sont venus me chercher sur le Plateau Mont-Royal.J\u2019ai travaillé avec la dame dans son chalet.Nous avons passé toute la fin de semaine ensemble.J\u2019ai beaucoup aimé cela.Je peux dire que j\u2019étais assez chanceuse, dans le sens où, si les gens demeuraient à l\u2019extérieur du Plateau et que je ne pouvais pas prendre le métro ou l\u2019autobus, mes clientes étaient prêtes à venir me chercher.Je travaillais toute la journée et mes repas étaient fournis.J\u2019avais souvent travaillé pour des dames qui étaient d\u2019excellentes cuisinières.Elles prenaient soin de moi comme femme de ménage.Merci à ma clientèle pour leur encouragement.Quelques conseils aux immigrants Je suis immigrant.Comme d\u2019autres, j\u2019ai décidé de venir m\u2019installer au Québec.C\u2019est à nous, immigrants, de faire des efforts pour nous intégrer, tout en respectant notre personnalité.Voici quelques conseils tirés de mon expérience personnelle.La langue, ce n\u2019est pas juste une langue.C\u2019est le véhicule de la culture, des valeurs, des coutumes et de l\u2019histoire du peuple qui la parle.Elle fait partie de l\u2019identité d\u2019une personne et c\u2019est son principal outil de communication.Il faut donc apprendre la langue de la majorité, s\u2019intéresser aux médias québécois et lire les journaux régulièrement.Certains sujets sont à proscrire, comme la supposée supériorité masculine, les croyances religieuses ou les comparaisons malheureuses avec les cultures d\u2019origine.C\u2019est aussi une bonne idée de se montrer flexible en respectant les différentes opinions et la diversité des citoyens de la ville.Il ne faut pas critiquer constamment les choix politiques différents des gens parce que cela fait partie de la démocratie.Allons au-delà de nos communautés d\u2019origine, communiquons, rencontrons souvent les Québécois et informons-nous de leur mode de vie.Restons nous-mêmes mais soyons ouverts.En passant, ce n\u2019est pas une mauvaise idée de comprendre les règles de base du hockey et de regarder les matchs importants.Ça ne peut pas nuire ! D iane se joindra ces jours-ci au rang des camelots de L\u2019Itinéraire.Il ne reste qu\u2019à déterminer l\u2019emplacement exact de son point de vente.Chose sûre, ce sera à Verdun où elle vient tout juste de déménager.Diane partage ses journées comme caissière à la cafétéria de L\u2019Itinéraire et ses loisirs qu\u2019elle passe essentiellement dans son nouvel appartement de trois pièces et demie.Elle a choisi d\u2019habiter Verdun parce qu\u2019elle connaît le quartier et apprécie les nombreux commerces de proximité.La décoration de son appartement trahit sa première passion.Dans son chez-soi, on trouve plein de bibelots, de cadres, de serviettes et de couettes à l\u2019effigie des équidés.« J\u2019ai jamais fait de cheval, confie-t-elle, mais c\u2019est vraiment mon rêve.» Sa deuxième passion, la cuisine.Diane adore cuisiner des pâtisseries pour elle et pour ses amis.Elle est aussi reconnue pour ses deux spécialités : la sauce à spaghetti et le bouilli de légumes.Lorsqu\u2019elle ne travaille pas, Diane aime bien « relaxer à la maison ».Elle s\u2019occupe l\u2019esprit avec des jeux qui n\u2019ont rien de bien compliqué mais qui nécessitent une certaine culture générale : des mots croisés, des mots mystères, des mots cachés et des mots mélangés.À Noël, Diane aime bien confectionner des couronnes des Fêtes.Elle adore aussi « faire des jeux de patience ».Cela met à profit l\u2019une de ses principales qualités : celle d\u2019être toujours souriante et compréhensive avec tous les camelots, les employés et les visiteurs qui fréquentent la cafétéria de L\u2019Itinéraire.Elle est toujours prête à donner un coup de pouce à Monsieur Paul, le cuisinier, lorsque les clients se pressent au comptoir.Les camelots de L\u2019Itinéraire ne sont pas tous des itinérants, loin de là.Oui, c\u2019est vrai, quelques-uns vivent encore dans la rue.Oui, c\u2019est vrai, plusieurs n\u2019ont?pas?de?logement?à?eux.?Mais?la?plupart?ont?un?toit?aujourd\u2019hui,?bien?que?leur?situation?financière?reste précaire et que la rue n\u2019est jamais loin.D i a n e P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Sécessionnistes.2.Défenseurs.3.Conteste.- Ridelles.- Et le reste.4.Argent.- Gibbeuse.- C\u2019est-à-dire.5.Voix d\u2019homme.- Crêpes.6.Anthroponymies.7.Sourire.- Élimée.8.Id est.- Dors.9.Pays d\u2019Amérique.- Palpera.10.Que tu inventasses.verticalement 1.Maison de santé.2.Changements de nature, en parlant de minéraux.3.Écrivain étasunien.- À nous.- Actinium.4.Aluminium.- Espars.5.Fortifiante.6.Ères.- Sainte.7.Salves.- Enveloppes calcaires.8.Sorti.- Monceau.9.Stère.- Investigation.10.Support.- Que tu possédasses.11.Évaluée.12.Arrêteras.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx À elle Rôder Accablement Propres Fixée Qui paralyse Plissasse Moitiés Brûlé Maladies Considérée dans sa durée Papillon Mâchoires Frictionnées Fleur Contester Lichen Onde Aride Thallium Perroquet Colère Cours d\u2019eau Pièce de charrue Ouellé Élimer Note Radon Invente À elle Rôder Accablement Propres Fixée Qui paralyse Plissasse Moitiés Brûlé Maladies Considérée dans sa durée Papillon Mâchoires Frictionnées Fleur Contester Lichen Onde Aride Thallium Perroquet Colère Cours d\u2019eau Pièce de charrue Ouellé Élimer Note Radon Invente Réponses du 01 AOUT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 P R D D R C E E I R E T L S E C S U N E E R N E A U A R A I L S S U E R N I E R E O M R S S E P M A S E S E S U D R A I T V E E U D M E I S N I C I E N R E 15 juillet 2017 S E P A R A T I S T E S A P O L O G I S T E S N I E B E R S E T C A G B O S S U E I E T E N O R N E M S O N O M A S T I Q U E S R I S E T T E U S E E I E S I E S T E S R U S A V T A T E R A M C R E A S S E S S Réponses du 1ER AOUT 2017 D E T E S T A T I O N S E T U D I E R A I T O B U S E T T E S E C U I V N U E N T R A S L E S T E A E D E S E R R E R A V I Z I R M A S E N T I E O U E S T N I A N T N E N U N T E L E R S E T H A I R A S S I S Réponses du 15 JUIL 2017 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Déroche Année Enzymes Général sudiste Relatifs aux ermites Religieux Amputeraient Rideau Universités Récolteras Salerons Astéroïde Crochets Piquant Suppliai Étriquée Tibia Plante aromatique Quatre Piges Itou Monnaie Quotient Théâtre Parcourus Existes Éminence Cloche de verre Déroche Année Enzymes Général sudiste Relatifs aux ermites Religieux Amputeraient Rideau Universités Récolteras Salerons Astéroïde Crochets Piquant Suppliai Étriquée Tibia Plante aromatique Quatre Piges Itou Monnaie Quotient Théâtre Parcourus Existes Éminence Cloche de verre Réponses du 15 JUIL 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 R M S A E V N T U O S E A N E N E S S O E L U S A N I S Q I R P I A I I V E T R I O T E S E S E S I D S E L E M A S L I R E E S M E T O E R E A F C U T L E S À vos crayons ! 44 ITINERAIRE.CA | 1er août 2017 DÉTENTE SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 57794 9 1 8 4 8 2 3 6 3 9 6 4 8 7 7 5 8 2 4 9 7 3 5 1 5 7 1 7 5 6 4 5 9 3 1 2 9 7 1 8 6 2 4 5 3 5 8 2 3 4 9 1 6 7 6 4 3 5 1 7 9 2 8 3 9 6 4 2 5 8 7 1 7 1 5 6 3 8 2 4 9 8 2 4 9 7 1 6 3 5 2 6 9 1 5 3 7 8 4 1 3 7 2 8 4 5 9 6 4 5 8 7 9 6 3 1 2 Grille Sudoku Facile à imprimer du dimanche 07 mai 2017 12:00:02 1 / 1 15 juillet 2017 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 45 1er août 2017 | ITINERAIRE.CA SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 57798 7 3 9 2 4 8 5 6 8 2 1 5 9 3 1 4 3 2 5 6 2 4 1 9 7 6 8 7 3 1 6 4 9 5 2 9 2 4 7 8 5 1 6 3 6 5 1 2 3 9 4 8 7 4 8 2 5 7 1 6 3 9 1 3 7 4 9 6 8 2 5 5 6 9 8 2 3 7 4 1 7 4 6 3 1 2 5 9 8 3 9 8 6 5 7 2 1 4 2 1 5 9 4 8 3 7 6 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du dimanche 07 mai 2017 12:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S 9049 3421 390 332 Vous ratez?100?%?des tirs que vous ne tentez pas.Wayne Gretzky Un?champion,?c\u2019est?quelqu\u2019un?qui?se?relève quand il ne peut pas se relever.Jack Dempsey L\u2019âge?n\u2019est?pas?une barrière.C\u2019est une limite?que?l\u2019on?se?fixe?dans?sa?tête.Jackie Jaynev-Kersee Je ne prédirai rien d\u2019historique.Mais rien n\u2019est impossible.Michael Phelps Chaque prise me rapproche du prochain coup de circuit.Babe Ruth Le sport va chercher la peur pour la dominer,?la?fatigue?pour?en?triompher,?la?difficulté?pour?la?vaincre.?Pierre de Coubertin La compilation sportive est une parabole?qui?illustre?parfaitement?la?grande?course?de?la?vie.?Claude Lelouche Les champions ne naissent pas dans un gymnase.?Les?champions?naissent?de?l\u2019intérieur.D\u2019un désir, d\u2019un rêve, d\u2019une vision.Muhammad Ali Pour?faire?un?bon?vainqueur,?il?faut?être?bon?perdant.?Mika Hakkinen Le sport développe la molécule du plaisir.José Garcia Le sport est une évasion complète de la vie.François Hertel Si vous rentrez dans un mur, n\u2019abandonnez pas.Trouvez un moyen de l\u2019escalader, le traverser, ou travaillez autour.Michael Jordan P H O T O : ?S O L O W A Y ?( 1 2 3 R F ) À PROPOS.PAR RÉJEAN BLOUIN ONTARIO ET DE CHAMBLY ET RE L'appétit vient en donnant.©! vnE \u20ac acs appart ; I CAF EMPLITAVOTREsTASSE OUYQUE*VOUS'SOYEZ ee er raita cr Partout au Québec, on livre gratuitement, fo ut 8 NT \\ \"se - - NR / - £.- v \u2014 = = ET ly a - Ea - - ee \u2014 x \u2014 \u2014\u2014\u2014 ee E- 27 \u2014 \u2014 += = _ C= Xe À \u2014 - \u2014 7 27 a \u2014\u2014 \u2014 \u2014 - =n mmm = Site py = aa males wr am == = 2m = 2 Le EEG = y We - \u2014 = = haa -_ xx = s\u2014\u2014\u2014m + ede alle - = pu UE = dnl _\u2014 \u2014 pa \u201cPE = Lu \u2014 ar Are.- Sn itn Bera.5 \u2014 \u2014 L- rn - a > \u2014 - [ \u2014 du cars - \u2014\u2014 ~~ L BROS RD \"Ed M wydngmpy pul uh peppy Migs ppl = En cm ol his vhrt J \u201cei 55 bd Cad LU RL rip] wm Had 5 HAS tabs rep pégep es ppp Ary Hee pin CAFE TORREFIE A MONTREAL 514 321-4121 + 1 800 361-4121 rlseotbuit côb BROSSARD\u201d elo *La livraison gratuite s'applique pour les commandes de 10 livres de café et plus."]
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