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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 15 août 2017
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2017, Collections de BAnQ.

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[" Exclusif : Étude sur l\u2019itinérance autochtone, une réalité distincte et en croissance ! La femme, pilier de la communauté La culture comme point d\u2019ancrage Section spécial e ! 375e : Montréal méconnu 4 pages central es Volume XXIV, n?16 Montréal, 15 août 2017 a b o n n e m e n t s a u VILLE-MARIE MON CENTRE COUP DE CHAPEAU Collectivement, nous travaillons à créer un milieu où il fait bon vivre.LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS QUARTIERS Véritable carrefour d'échange entre les résidents et les organismes qui les desservent, la Table Interaction du quartier Peter-McGill vise à améliorer la qualité de vie en favorisant le rassemblement et la collaboration entre les différents acteurs du quartier.En créant des espaces d'échange, notamment grâce ses comités de travail (vie de quartier, urbanisme, immigration, etc.), elle encourage une participation active à la vie communautaire et renforce le sentiment d'appartenance au quartier.Pour ceux et celles qui souhaitent s'impliquer, joindre un des comités de la Table est une très belle opportunité! Cf facebook.com/interactionduquartierpetermcgill/ J \u2014_ EY Soyez les premiersinformes Abonnez-vous av intolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie Ville-Marie Montréal Nom Pierre Fournier | Camelot n° 98 | Âge 64 ans Point de vente Canadian Tire, angle Rachel et André-Laurendeau P ierre a grandi dans le quartier Hoche- laga-Maisonneuve, à cinq minutes seulement de son point de vente actuel.Né dans une famille de cinq enfants, il parle avec un grand sourire de ces années dans le quartier, de sa petite enfance à l\u2019adolescence.« J\u2019ai eu des bons parents, j\u2019ai été chanceux.» Son groupe d\u2019amis très proches était composé en majorité d\u2019artistes et de musiciens.L\u2019aube de la vingtaine marque, toutefois, une période difficile pour Pierre, qui doit être hospitalisé à Louis-H.Lafontaine pour des problèmes de santé liés à la dépression.Même après sa sortie, le retour à la normale n\u2019est pas si simple, les nerfs n\u2019y sont plus.Pierre doit apprendre à se construire une vie sans pression autant que possible, ce qui est aussi un constat difficile pour un jeune homme avec des projets plein la tête.« Ça faisait en sorte que je ne pouvais presque plus travailler.Ma vie a été complètement chamboulée par ça.J\u2019étais pourtant une personne très ambitieuse quand j\u2019étais jeune.» Le retour aux études Après cette période, ayant déjà terminé ses études secondaires, Pierre décide de retourner sur les bancs d\u2019école.Il s\u2019inscrit dans le programme d\u2019animation et recherche culturelle à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQÀM), dans lequel il complète une année d\u2019étude.Il dit avoir beaucoup aimé son expérience.Il retournera d\u2019ailleurs à l\u2019UQÀM dans la cinquantaine pour étudier la littérature française, un grand intérêt pour lui depuis toujours.Un fier partisan À de nombreuses reprises, Pierre s\u2019est impliqué dans la cause de l\u2019indépendance, qui lui tient à cœur.« Soixante-seize a été une année extraordinaire.L\u2019arrivée du PQ au pouvoir, c\u2019était vraiment quelque chose.Il y avait un fort esprit communautaire à ce moment-là.» À cette époque, il était très enthousiaste et engagé face à l\u2019avenir du Québec, mais l\u2019échec du deuxième référendum lui a fait très mal.Il croit aujourd\u2019hui que la concrétisation du projet dépendra de la vision des nouvelles générations.L\u2019arrivée à l\u2019Itinéraire C\u2019est au début de la quarantaine que Pierre commence à fréquenter L\u2019Itinéraire.Le journal en est encore à ses débuts.Il travaille à l\u2019accueil pendant un an, mais c\u2019est réellement à titre de camelot qu\u2019il se réalise au sein du journal.Pendant près de 15 ans, son point de vente a été devant l\u2019épicerie Metro avenue Laurier, sur le Plateau Mont- Royal.« Une bonne façon de rencontrer du monde, c\u2019est de vendre le journal.J\u2019ai rencontré beaucoup d\u2019artistes et jasé avec des gens intéressants.» Il parle des liens précieux qu\u2019il a développés avec ses clients.« J\u2019ai même eu de l\u2019aide pour me meubler à un moment.C\u2019était vraiment incroyable.» L\u2019envie de voyager Ses années sur Laurier ont pris fin lorsqu\u2019il reçut un petit montant d\u2019un héritage et décida de sortir de Montréal pour voir le monde.Il s\u2019est rendu à New York à deux reprises et a visité le Québec pendant cette année sabbatique.À son retour, il se remet à vendre le journal dans Rosemont, cette fois.L\u2019idée de partir ne l\u2019a pas quitté pour autant.Avec les sous qu\u2019il a de côté, il planifie traverser l\u2019océan et découvrir l\u2019Europe.Il voudrait voir Londres, Barcelone et la Catalogne en plus de visiter Paris.Il aimerait voir de ses propres yeux les quartiers de la Ville Lumière décrits dans les romans de Balzac.L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Pierre Par Justine Clément, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA GUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MAGALIE PAQUET Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, JUSTINE CLÉMENT, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE MONTVALON, VALÉRIE SAVARD, LAËTITIA THÉLÈME, PAUL VANASSE, GUILLAUME VIGNEAULT Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE, ROSEMONDE LEGAULT, LOUIS VÉZINA Photo de la une : NADYA KWANDIBENS/RED WORKS PHOTOGRAPHY WWW.REDWORKS.CA Concrete Indians, Lisa Monchalin, Vancouver/Février 2016 ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet Café de la Maison ronde : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : GUY LARIVIÈRE - Glasford International Canada Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSONNETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg, sencrl, srl KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Représentant des camelots : YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 12 3 MOTS DE CAMELOTS DOSSIER - Être femme autochtone Maxime Valcourt 27 Sylvain Clot 27 Gisèle Nadeau 27 Réal Lambert 42 Rheo Gallant 42 Lucette Bélanger 42 ÉCRIVEZ-NOUS  ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp  ! ÉDITORIAL 7 Ske :kon, Kuei, Kwe, Wachiyah, Boozhoo, Bonjour Par Natasha Kanapé Fontaine, rédactrice en chef invitée ROND-POINT 8 Par Alexandra Guellil ROND-POINT INTERNATIONAL 10 STAGE À LA PRESSE 28 Victimes de violence en milieu psychiatrique Par Simon Jacques Une expérience hors-contrôle Par Jo Redwitch CARREFOUR 32 George Lenser : mélanger cuisine et culture CHRONIQUE 33 Les Inuits, un peuple fascinant Par Said Farkouh COMPTES À RENDRE 34 Se connaître Par Ianik Marcil, économiste indépendant INFO RAPSIM 35 Réforme à l\u2019aide sociale et impacts pour les personnes itinérantes Par Alice Lepetit, organisatrice communautaire au RAPSIM EXPOSITION 36 Espace Culturel Ashukan: un pont pour les peuples Par Jean-Guy Deslauriers LITTÉRATURE 39 Par Sylvain Pépin-Girard VIE DE QUARTIER 40 Kahnawà:ke BD 39 Par Siou DÉTENTE 44 À PROPOS DES AUTOCHTONES 46 Pierre L\u2019Itinéraire présente la quatrième de six sections spéciales historiques pour marquer le 375e de Montréal.À travers ces quatre pages centrales du magazine,?découvrez?ce?qui?a?façonné?la?vie?sociale?et?populaire?de?Montréal?depuis?la?fondation?de?Ville-Marie à nos jours.Publiées chaque 15 du mois, jusqu\u2019en octobre, on vous propose de parcourir les différentes?périodes?de?l\u2019histoire?montréalaise?en?empruntant un point de vue inédit, celui des plus démunis?et?des?gens?du?peuple.?Dans?cette?édition :?la période de 1914 à 1966.SECTION SPÉCIALE - 375E : MONTRÉAL MÉCONNU \u2022 Premières?Nations?et?gens?de?la?rue?: Deux « communautés » qui partagent une même sensibilité Par Yves Manseau \u2022 Mélissa Mollen-Dupuis La culture comme point d\u2019ancrage \u2022 Attachement au territoire La?femme,?pilier?de?la?communauté?Par Alexandra Guellil \u2022 L\u2019itinérance?autochtone?:?une réalité distincte et en croissance Par Isabelle Raymond \u2022 Chez?Doris?:?les?intervenantes?de?l\u2019espoir?Avec Mario Alberto Reyes Zamora 23 Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.SOMMAIRE 15 août 2017 Volume XXIV, no 16 Je tiens à vous dire que vous faites?partie?de?mes?coups?de?cœur.Mon camelot, à qui j\u2019achète régulièrement le journal est Claude Lirette au métro Sherbrooke.J\u2019étais contente de le retrouver dans le numéro du 15 juin ! Vous êtes?fantastiques,?le?travail?que?vous?accomplissez est sans prix ! Bravo à toute votre équipe Anne Klang Merci pour l\u2019excellent article de Saïd Farkouh dans l\u2019édition du 1er?juillet?:?Souvenirs d\u2019hiver chez McDonald\u2019s.Un bijou ! Andrea Kneeland publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs :  514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : Image tirée de Sayachapis de Marie-Soleil Foisy, diplômée de l\u2019ÉMCV On peut visionner ce ?lm en ligne au emcv.ca, onglet Réalisations - Diplômés L\u2019École des métiers du cinéma et de la vidéo Le cinéma ne doit pas être l'apanage d'une communauté restreinte, mais un bien pour tous.emcv.ca Nations.J\u2019ai compris surtout que ce qui nous animait depuis 2012 était un instinct de survie.Un instinct qui nous demande d\u2019agir, parce que quelque chose est en train de se perdre, et que la survie du peuple en dépend.J\u2019ai appris que lorsque nous avons à cœur nos peuples et nos cultures, nous devenons des forces insurmontables.Dans les dernières années, nous avons réappris au cours d\u2019Idle No More, que la femme autochtone est en train de reprendre son rôle traditionnel dans la société : celle de créatrice, de guide, de pilier de l\u2019éducation.Marchant partout au pays à contre-courant dans une société aux fondements colonialistes et paternalistes, nous avançons, et nous n\u2019avons même plus peur de l\u2019avenir.Nous travaillons très fort à donner des visions d\u2019avenir à nos enfants et nos jeunes, et surtout pour assurer la transmission des savoirs d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Cette résilience, c\u2019est celle que je souhaitais que L\u2019Itinéraire vous montre.J\u2019ai voulu que nous allions à la rencontre de ces femmes qui façonnent présentement la place des Premières Nations en milieu urbain.J\u2019ai fait la connaissance de nombreuses femmes autochtones dynamiques et déterminées au cours des dernières années à Montréal.On ne parle que rarement d\u2019elles.Avec la Commission d\u2019enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, qui dans la dernière année a eu plus d\u2019attention médiatique que les femmes autochtones disparues et assassinées elles-mêmes, il est temps d\u2019en apprendre aussi sur les femmes vivantes qui changent leur environnement au quotidien.Elles contribuent à bâtir jour après jour ce nouvel espace pour nos peuples dans la société québécoise et canadienne.Elles développent une nouvelle pensée des femmes dans le monde contemporain.Elles ont en elles certains éléments qui manquent désormais à notre société et qu\u2019elles peuvent lui apporter : la conscience du passé et du futur, le sens du sacré, la philosophie et la connaissance de l\u2019environnement, le mouvement de transmission des savoirs, le besoin de protection et de sauvegarde du patrimoine culturel matériel et immatériel de nos nations.Il est temps d\u2019apprendre à connaître les femmes autochtones.Près du son des chevaux et du vent Quand, assise sur ses genoux dans une tente de toile Elle te nourrissait de banique, de thé Et de syllabes Marilyn Dumont C\u2019est avec un grand plaisir que je vous présente, en tant que rédactrice en chef invitée, cette édition spéciale « Être femme autochtone ».Ce n\u2019est pas tous les jours que la direction d\u2019une revue que l\u2019on apprécie vous offre de travailler avec son équipe.Je n\u2019ai donc pas voulu rater cette occasion de vous présenter un des sujets qui me tient le plus à cœur : nous, les femmes autochtones de tous les horizons.Je suis arrivée à Montréal il y a cinq ans, dans l\u2019intention de joindre Idle No More, le mouvement pancanadien autochtone de réaffirmation identitaire.Joindre les manifestations monstres dans les rues, en observant celles dans plusieurs autres grandes villes du pays, a été une des pierres sur laquelle j\u2019ai appuyé mon existence.L\u2019 île de Montréal étant à mes yeux une grande plaque tournante, un carrefour de rencontres et de projets cosmopolites, j\u2019ai voulu embrasser dès le départ toute cette diversité et surtout faire, moi aussi, partie de notre éveil.Ce que j\u2019y ai découvert a été la dernière chose à laquelle je m\u2019attendais : la femme autochtone.J\u2019ai appris que les fondatrices de la branche québécoise d\u2019Idle No More étaient Anishnabekwe et Innu-ishkueu, alors que celles qui ont créé le mouvement sont issues de diverses nations autochtones.Puis j\u2019ai découvert Theresa Spence, celle qui a fait connaître le nom du mouvement dans les médias et au Parlement.À l\u2019époque cheffe d\u2019Attawapiskat, elle a mené une grève de la faim de 44 jours sur l\u2019 île Victoria à Ottawa pour forcer les dirigeants canadiens à rencontrer l\u2019Assemblée des Premières Nations du Canada.Pourquoi ?Pour discuter de pénuries de logement dans les communautés autochtones, de sous-financement des écoles primaires et secondaires, de manque de ressources matérielles et humaines mais surtout, de l\u2019épidémie de suicides chez les jeunes.Enfin, j\u2019ai entendu pour la première fois le nom d\u2019un phénomène que je connaissais, mais que je n\u2019avais jamais nommé ainsi : le féminicide.Toutes ces femmes autochtones disparues dans les dernières décennies, sans jamais qu\u2019elles ne soient retrouvées.Et toutes celles qui ont succombé à des violences qui leur ont été infligées.Être femme autochtone au Canada est dix fois plus dangereux que parmi tous autres peuples au pays.Instinct de survie J\u2019ai compris avec les années d\u2019où provenait ce mouvement : du fin fond de nos ventres.J\u2019ai appris dans les dernières années qui j\u2019étais en tant qu\u2019Innue, et qui étaient les femmes des autres Premières Ske :kon, Kuei, Kwe, Wachiyah, Boozhoo, Bonjour 7 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA PAR NATASHA KANAPÉ FONTAINE RÉDACTRICE EN CHEF INVITÉE ÉDITORIAL P H O T O   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L P H O T O   : ?R A D I O - C A N A D A questions à Jennifer O\u2019Bomsawin 4 Qu\u2019avez-vous traversé comme difficultés pour dire que vous avez dû « défoncer » des portes ?Avoir un travail en tant que journaliste n\u2019est pas si simple.Exception faite du Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN), il n\u2019y avait plus aucun journaliste francophone autochtone à Radio-Canada bien qu\u2019il y a eu quelques personnes qui ont ouvert la voie avant nous.Cette absence était aberrante d\u2019autant plus que les médias sont censés représenter toute la société canadienne et que les Autochtones étaient absents.Dans ce domaine-là, je crois aussi qu\u2019avoir trois journalistes stagiaires qui ont des origines autochtones permet d\u2019avoir des points de vue et des sujets différents.C\u2019est pour cette raison que l\u2019on « défonce » les portes.Il faut se rendre compte que cette opportunité n\u2019aurait jamais existé si on remonte cinquante ans en arrière.Ce programme de stages permet de voir une diversité plus importante devant et derrière la caméra.Trop souvent, on parle des Autochtones dans une perspective de les « inclure », de « leur faire une place », en somme « de les mettre à part ».Mais dans la réalité, nous sommes tous un dans la même société.Et l\u2019espace médiatique doit représenter l\u2019ensemble de la société canadienne.Je pense que les médias ont encore beaucoup de travail à faire pour être représentatifs de la réalité.S\u2019il est vrai que cela s\u2019est beaucoup amélioré dans les dernières années notamment avec le travail de l\u2019APTN, il faut rappeler que c\u2019est un réseau en majorité anglophone.Or, les communautés francophones sont aussi nombreuses et méritent elles aussi d\u2019être représentées.Elles méritent un espace qui n\u2019est pas juste « à part ».Qu\u2019ils soient journalistes, avocats ou médecins, il faut se rendre compte qu\u2019en 2017, il n\u2019y a plus vraiment de limites.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela que ma génération est appelée « la génération forte » parce qu\u2019elle prend sa place et part explorer les côtés inexplorés pour créer une nouvelle société.Nous sommes en plein changement, et c\u2019est Choisie pour participer au Programme de stages professionnels pour autochtones de Radio-Canada, mené en collaboration avec le Conseil en éducation des Premières Nations, Jennifer O\u2019Bomsawin travaille depuis le mois de septembre dernier au sein de la rédaction d\u2019ICI Mauricie/Centre-du-Québec.Elle revient sur son attachement à sa culture et l\u2019importance qu\u2019elle y accorde dans ses activités professionnelles.  Vous faites partie de la communauté de Wendake et habitez à Odanak.Avant d\u2019être journaliste, vous avez été engagée en tant que porte-parole substitut pour le Réseau jeunesse.Jusqu\u2019à quel point vos origines sont importantes dans l\u2019ensemble de ces activités ?Mes origines me définissent, me distinguent et font mon unicité.Elles sont primordiales.Même au-delà de mes activités professionnelles, elles sont importantes dans ma vie de tous les jours.C\u2019est avec elles que je me présente aux autres.Dans le cadre spécifique de mon travail, elles me permettent d\u2019aborder plus de thématiques autochtones que ce que faisait Radio- Canada avant.Aujourd\u2019hui, c\u2019est rendu un peu plus « normal » d\u2019avoir des journalistes d\u2019autres origines, autochtones ou autres.C\u2019est essentiel pour moi de connaître mes origines et mon identité puisque cette connaissance me guide dans mes activités professionnelles et personnelles.Je crois aussi que c\u2019est grâce à mes origines que je suis arrivée là où je suis aujourd\u2019hui, dans le sens où elles m\u2019ont permis d\u2019être résiliente et de « défoncer » des portes pour permettre aux plus jeunes d\u2019avoir accès à tout ce qu\u2019ils veulent, leur montrer que tous les rêves peuvent se réaliser.Je crois que le rôle de ma génération est justement de leur permettre d\u2019accéder à des nouvelles sphères qu\u2019ils n\u2019auraient jamais imaginées auparavant.en ce sens que je trouve essentiel d\u2019avoir des personnes de toutes origines dans chaque domaine qui deviennent des modèles encore une fois pour donner des repères aux plus jeunes.N\u2019est-ce pas un peu contradictoire de prôner l\u2019inclusion quand la discrimination positive et la politique des quotas est encore appliquée ?Oui, en quelque sorte, et c\u2019est vrai que nous nous sommes questionnés sur ce point-là avec les autres stagiaires.On s\u2019est dit qu\u2019encore une fois, nous sommes « intégrés » à une place spécialisée, à un espace précis.Comme si finalement nous étions incapables de percer autrement ce marché.Mais d\u2019un autre côté, il ne faut pas toujours être négatif puisque la politique des quotas oblige à recruter des professionnels de tous les horizons.S\u2019il est vrai que ce n\u2019est pas toujours parfait, j\u2019aime mieux cela que de ne rien avoir.Je ne suis pas une journaliste stagiaire autochtone, je suis une journaliste stagiaire point.Mes origines ne feront que bonifier les sujets traités, c\u2019est un échange réciproque.À l\u2019inverse, si on avait un journaliste noir, est-ce que l\u2019on préciserait toujours sa couleur de peau à l\u2019écran ?Alors pourquoi le fait-on pour les communautés autochtones ?Normalement, je ne devrais pas être toujours obligée de le préciser\u2026 Faut-il avoir des origines autochtones pour comprendre les problématiques autochtones ?Pour les comprendre non, mais pour s\u2019identifier oui.Aujourd\u2019hui, nous sommes en train de nous questionner sur le concept de citoyenneté autochtone, nous cherchons à comprendre si c\u2019est quelque chose d\u2019inclusif ou exclusif.Justement, on encourage le monde à comprendre les problématiques autochtones parce qu\u2019en tant qu\u2019être humain, je crois que nous devons comprendre les enjeux internationaux quelsque soient les pays et les nations concernés pour être capables d\u2019avoir une pensée beaucoup plus inclusive.C\u2019est important de travailler ensemble à réparer les injustices.Et tout cela ne se fera pas juste avec les peuples autochtones.Si plus de Québécois ou Canadiens à l\u2019extérieur des communautés comprennent les problématiques autochtones et essayent de travailler avec nous pour les régler, je crois que l\u2019on aura gagné notre cause.Ce qu\u2019on leur demande c\u2019est justement d\u2019être sensibilisés et de comprendre nos problématiques.8 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL @caferhousemtl @caferoundhouse @caferoundhouse P H O T O : L M S A V A R D Favoriser la mixité sociale et l\u2019autonomisation des Autochtones par un projet d\u2019économie sociale.Promoting social diversity and the empowerment of Indigenous peoples through a social economy project.THE ONLY INDIGENOUS CAFÉ IN MONTRÉAL ! L\u2019UNIQUE CAFÉ AUTOCHTONE À MONTRÉAL ! L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?120?journaux?de?rue?dans?35?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.TRADUCTION :?LAURENT?SOUMIS DANS LES CAPITALES EUROPÉENNES L\u2019itinérance progresse partout en Europe.Des millions de personnes sont laissées de côté par des politiques publiques inadéquates.L\u2019Union européenne a un rôle crucial dans la recherche de solutions.VENEZUELA | Manifestations « artistiques » Opposés au président Nicolas Maduro, les manifestants vénézuéliens font de leurs protestations une performance artistique, tout en s\u2019inspirant d\u2019un documentaire de Netflix.À l\u2019image de la révolte de l\u2019Ukraine en 2013-2014, les jeunes manifestants vénézuéliens enfilent des boucliers de type « Viking » dans leurs affrontements avec les forces de sécurité et regardent avec impatience un film sur le soulèvement de Kiev.Les ennemis du président Maduro tiennent d\u2019ailleurs des projections publiques du documentaire Winter on Fire de Netflix sur l\u2019impasse de trois mois en Ukraine qui a entrainé 100 morts et le départ du président Viktor Yanoukovitch.Dans les manifestations au Venezuela, où plus de 75 personnes sont mortes depuis avril, les jeunes portent des boucliers artisanaux colorés et décorés comme ceux de Kiev.Alors que les manifestants disent se battre contre le producteur de pétrole de l\u2019Amérique du Sud, « Maduro les accuse de fomenter un coup d\u2019état violent avec le soutien des États-Unis ».(Reuters/INSP) P H O T O ?  : ?C A R L O S ?G A R C I A ?R A W L I N S / R E U T E R S SOURCE? :?BE?FAIR?EUROPE?-?STAND?UP?FOR?HOMELESS?PEOPLE P H O T O ?  : ?M U H A M M A D ?H A M E D / R E U T E R S C O P E N H A G U E Jeunes sans-abri depuis 2009 Familles hébergées dans des ressources temporaires depuis 2010 Personnes qui se voient refuser un abri en raison d\u2019une pénurie depuis 2005 Depuis 2011, une personne sur 70 est maintenant sans-abri Personnes qui dorment dans des abris d\u2019urgence depuis 2013 P A R I S A T H È N E S L O N D R E S V A R S O V I E EUROPE | L\u2019itinérance explose en Europe L\u2019itinérance augmente dans presque tous les pays d\u2019Europe, constate l\u2019organisation de logement de l\u2019Union européenne, la FEANTSA.« La pauvreté relative diminue en Europe, mais l\u2019extrême pauvreté \u2013 et notamment l\u2019 itinérance \u2013 augmente et monte très vite, explique le directeur de l\u2019organisme, Freek Spinnewijn.Il y a urgence et il faut agir.» Le rapport de la FEANSTA, rédigé en collaboration avec la Fondation de l\u2019abbé Pierre, compile une série d\u2019études nationales qui illustrent l\u2019ampleur de l\u2019exclusion en matière de logement.Par exemple, le nombre de sans-abri en Allemagne a augmenté de 35 % en deux ans.En Autriche, la hausse est de 28 % en six ans.Au Royaume-Uni, le nombre de personnes qui dorment à la belle étoile a augmenté de 7 % entre 2015 et 2016.L\u2019Espagne a connu une augmentation de l\u2019itinérance de 5 % en sept ans, tandis que l\u2019Italie enregistre une hausse de 6 % en six ans.« Nous voulons que l\u2019Union européenne (UE) défende les droits des sans-abri, a expliqué M.Spinnewijn.L\u2019 itinérance n\u2019est pas actuellement considérée comme une violation des droits fondamentaux.L\u2019agence des droits fondamentaux de l\u2019UE pourrait bien un jour s\u2019en mêler.» Récemment, le Parlement européen a d\u2019ailleurs appelé les États membres à accorder à tous le droit à un logement convenable.À travers l\u2019Union européenne, les dépenses de logement atteignent 42,5 % du revenu disponible des ménages pauvres.Dans pratiquement tous les pays, l\u2019itinérance est donc en hausse, à l\u2019exception de la Finlande qui a réduit le nombre de sans-abri de 10 % entre 2013 et 2016.La Finlande a choisi d\u2019investir dans un audacieux programme appelé « Housing First », qui fournit aux personnes un logement dès que possible et qui les soutient par la suite.Le pays a investi énormément dans le logement social et les allocations pour aider les personnes à payer leur logement.La libre circulation à l\u2019intérieur de l\u2019Union européenne et l\u2019arrivée massive de réfugiés posent toutefois de nouveaux défis.La Finlande maintient toujours une politique d\u2019immigration assez restrictive.Celle-ci a créé une nouvelle classe de migrants sans papier et, ainsi, de nouvelles formes d\u2019itinérance.Il reste à voir si le gouvernement rendra le logement accessible à ces nouveaux arrivants sans nécessairement exiger qu\u2019ils acquièrent d\u2019abord la citoyenneté.(INSP) 10 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 ROND-POINT INTERNATIONAL Au cours des dernières années dans la métropole, j\u2019ai constaté qu\u2019un grand nombre de femmes de différentes nations se retrouvent aujourd\u2019hui au cœur des organismes communautaires ou des regroupements en milieu autochtone les plus connus à Montréal.Leur implication est manifeste.À Montréal, la démographie autochtone est croissante, due à une foule de raisons : migration massive des jeunes Autochtones vers la ville, mus par une pénurie de logements dans leurs communautés, une volonté d\u2019améliorer leurs conditions de vie, un besoin de nourrir leurs addictions ou parce qu\u2019ils sont simplement animés par des grands rêves d\u2019avenir.Les besoins de la population autochtone urbaine sont également en croissance.Phénomène relativement nouveau, les besoins d\u2019accompagnement en milieu urbain, d\u2019aide aux études, de création d\u2019espaces de sécurité culturelle augmentent et deviennent de plus grands et plus urgents.Heureusement, au cours des dernières années, de nombreuses femmes autochtones ont créé ou sont aux commandes de divers projets dans la ville pour permettre à leurs consœurs et confrères de trouver assurance et soutien.Dans le dossier qui suit, nous allons à la rencontre de quelques-unes de ces femmes impliquées à Montréal, qui partagent leurs philosophies de vie, leur engagement dans la communauté urbaine et découvrons leur don de soi.Natasha Kanapé Fontaine P H O T O   : ?N A D Y A ?K W A N D I B E N S Ivujivik Salluit Akulivik Odanak Wôlinak Kangiqsujuaq Chisasibi Akwesasne Hunter\u2019s Point Kangirsuk Eastmain Kahnawà:ke Obedjiwan Kebaowek Kuujjuaq Mistissini Kanesatake Kitcisakik Kuujjuarapik Nemaska Kawawachikamach Kitigan Zibi Puvirnituq Oujé-Bougoumou Lac-Rapide Quaqtaq Waskaganish Matimekosh / Lac-John Lac-Simon Tasiujaq Waswanipi Mingan Pikogan Umiujaq Wemindji Nutashkuan Timiskaming Cacouna et Whitworth Whapmagoostui Wendake Uashat-Maliotenam Pakuashipi Winneway Gespeg Pessamit Essipit Aupaluk Manawan Gesgapegiag La Romaine Inukjuak Wemotaci Listuguj Mashteuiatsh Kangiqsualujjuaq MONTRÉAL SHERBROOKE BAIE D\u2019HUDSON FLEUVE SAINT-L AURENT BAIE JAMES GOLFE DU SAINT-LAURENT SEPT-ÎLES QUÉBEC GASPÉ du Québec Les Premières Nations LES 11 NATIONS ABÉNAQUIS ALGONQUINS ATTIKAMEKS CRIS HURONS-WENDATS INNUS (MONTAGNAIS) MALÉCITES MICMACS MOHAWKS NASKAPIS INUITS Sources : Ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien, Registre des Indiens, 31 décembre 2015.Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, Registres des bénéficiaires cris, inuits et naskapis de la Convention de la Baie- James et du Nord québécois et de la Convention du Nord-Est québécois, 31 décembre 2015. Autochtones et gens de la rue Deux « communautés » qui partagent une même sensibilité les Autochtones partout dans le monde depuis l\u2019époque de la colonisation.Ils ont lutté fort pour survivre, pour sauver leur culture, leur religion, leur langue, leurs territoires (si peu), et garder une identité et une dignité toujours prises à partie par l\u2019envahisseur et ses descendants.Crise d\u2019identité C\u2019est là que je fais un lien avec mon vécu dans la rue et mon expérience pour m\u2019en sortir.Ce qui m\u2019a amené à la rue, c\u2019est une crise d\u2019identité non résolue, et une perte de dignité conséquente, amplifiée par une indigence extrême.À l\u2019instar de Vivianne Michel, j\u2019ai milité toute ma vie pour les droits fondamentaux et sociaux des plus démunis de notre société.Mais la comparaison s\u2019arrête là.Mme Michel semble donner un sens plus poussé, plus moderne au mot « communauté ».Cela dépasse même la notion de « peuple » et de « nation ».Pour elle, une communauté, c\u2019est un groupe de personnes qui se reconnaissent, sur un territoire donné, une affinité identitaire singulière, que ce soit en région ou en ville.Dans mon cas, « ma » communauté, c\u2019est celle des gens de la rue.À Saint-Jérôme où j\u2019habite, on s\u2019est regroupé.Nous sommes un groupe de citoyens et citoyennes de toutes origines avec des difficultés sérieuses de toutes sortes, à un point tel que nous sommes à la rue ou à risque de l\u2019être.Plusieurs d\u2019entre nous sont sans domicile fixe, isolés.Pour d\u2019autres, la rue est le seul lieu de socialisation.On se réunit d\u2019abord pour partager nos joies et nos peines, pour sortir de l\u2019isolement, pour réfléchir à notre réalité commune.On se permet de rêver, puis de réfléchir, d\u2019avoir des projets et de les réaliser.Je comprends mieux aujourd\u2019hui que ce qui m\u2019a mené à la rue, c\u2019est une perte d\u2019identité et de dignité due à la colonisation de mon esprit par des exploiteurs en position de force durant ma jeunesse.C\u2019est un mal que connaissent bien les Autochtones.Un mal que comprennent aussi très bien les gens de la rue.Cela devait être une entrevue sans nuage avec la présidente des Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, pour ce numéro spécial sur les femmes autochtones.Mais un bogue électronique a détruit l\u2019enregistrement de 40 minutes, rendant sa publication impossible.Afin de ne pas gaspiller le temps si précieux de cette militante des droits des femmes autochtones, je désire faire amende honorable.Voici donc une chronique au sujet des réflexions profondes qu\u2019a suscitées la conversation téléphonique avec cette femme d\u2019exception.Lorsqu\u2019elle parle d\u2019elle-même ou des autres femmes, c\u2019est très senti et résolument pour la cause.Tout vient des tripes et du cœur chez elle.Bien que souvent empreint d\u2019émotion, le langage est toujours clair, précis, et les idées sont bien enchaînées.Métisse, née d\u2019un père blanc et d\u2019une mère autochtone, elle est fière de l\u2019ouverture d\u2019esprit que ses parents lui ont apportée.Elle a vécu et travaillé auprès de ses sœurs autochtones et métisses, en ville, où ces femmes cherchent souvent à échapper au cycle de la violence de leur lieu d\u2019origine.Aussi, elle connaît bien l\u2019itinérance des siennes dans les réserves, qu\u2019elle appelle les « communautés » (et moi aussi dorénavant).Là-bas, elles vivent souvent chez l\u2019un et chez l\u2019autre, victimes de toutes sortes d\u2019abus.La militante n\u2019a pas une mentalité de victime.Elle décrit avec enthousiasme l\u2019avancée des femmes autochtones dans tous les domaines, contre vents et marées.Elle se réjouit que les femmes des communautés autochtones comptent pour 40 % des élus aux conseils de bande.Elle salue le fait que ses sœurs soient retournées aux études.Plus de femmes travaillent et sont autonomes.Dans plusieurs domaines, notamment l\u2019éducation, elles dépassent même les hommes.Mais elle souligne que, dans leur communauté, il n\u2019y a pas de compétition à ce niveau, il y a plutôt de la complémentarité.C\u2019est en écoutant Viviane Michel parler de son peuple et de ses diverses communautés que j\u2019ai réalisé tout ce qu\u2019ont dû faire 13 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?C O U R T O I S I E PAR YVES MANSEAU CAMELOT SAINT-JÉRÔME CHRONIQUE 1 Le Québec compte 71 710 femmes qui ont une identité autochtone.Quelle proportion représentent-elles de la population féminine totale de la province ?Environ 1 % Environ 2 % Environ 3 % 2 De 2006 à 2011, la population féminine autochtone a augmenté six fois plus rapidement que la population féminine non autochtone.Quelle est l\u2019ampleur de cette croissance ?Environ 40 % Environ 30 % Environ 20 % 3 L\u2019espérance de vie des femmes des Premières Nations reste inférieure à celle des autres Québécoises.Combien d\u2019années de moins risquent-elles de vivre ?Dix ans Six ans Quatre ans 4 Les femmes autochtones ont plus d\u2019enfants que les Canadiennes.Combien d\u2019enfants ont-elles en moyenne ?1,7 enfant 2,4 enfants 4,3 enfants 5 Les Québécoises ont obtenu le droit de vote aux élections provinciales en 1940.En quelle année les femmes autochtones ont-elles finalement gagné le droit de participer à l\u2019élection de l\u2019Assemblée nationale ?1955 1962 1969 6 La Huronne-Wendat Jocelyne Gros-Louis fut la première Autochtone élue grande chef de l\u2019une des 11 nations.En quelle année ?1992 2004 2013 7 Près de deux tiers des Québécoises ont fait des études postsecondaires.Quelle est la proportion chez les femmes autochtones ?La moitié Le tiers Le quart 8 Au Québec, moins de 15 % des familles ont plus de trois enfants.Quelle est la proportion des familles autochtones ?20 % 28 % 32 % 9 Environ 28 % des familles québécoises sont monoparentales.Quelle est la proportion parmi les familles autochtones ?Le quart Le tiers La moitié 10 Les femmes autochtones représentent un peu plus de 4 % de la population féminine canadienne mais ont plus de risques d\u2019être assassinées.Quel pourcentage des victimes féminines représentent-elles à l\u2019échelle du pays ?16 % 19 % 21 % Femmes autochtones Testez vos connaissances La plupart des Québécois méconnaissent la réalité des femmes autochtones.Si certaines statistiques témoignent encore des difficultés rencontrées, d\u2019autres inspirent de l\u2019espoir pour des jours meilleurs.Voici un petit quiz pour tester vos connaissances sur les réalités féminines autochtones.SOURCE : Données compilées par le Conseil de statut de la femme publiées dans À la rencontre des femmes autochtones du Québec, 2016.Réponses à la page 45 MONTRÉAL, MÉTROPOLE DE LA RÉCONCILIATION John Cree, aîné de Kanehsatà:ke, lors de l\u2019inauguration du nom du parc Tiohtià:ke Otsira\u2019kéhne, sur le mont Royal (10 juin 2017).Photo : Frédérique Ménard-Aubin publicité Attachement au territoire La femme, pilier de la communauté terre de nos aïeux, on l\u2019emprunte à nos enfants.C\u2019est une prophétie bien connue que l\u2019on peut internationaliser chez plusieurs peuples autochtones à travers le monde.Cet attachement au territoire a-t-il un lien avec le besoin de survie de l\u2019espèce humaine ?J\u2019aurais tendance à penser que oui, sachant que, si l\u2019on détruit quelque chose ou qu\u2019on ne le protège pas, on ne pourra plus y avoir accès.Et si c\u2019est le cas pour nous aujourd\u2019hui, ce sera inévitablement le cas des prochaines générations.Dans une logique simple, on pourrait dire que cette vision garantit la survie des prochaines générations.Aussi, il est certainement possible de la comprendre par le fait que pendant des millénaires, les peuples autochtones ont vécu et survécu grâce au respect, au lien et à l\u2019usage des ressources de la nature.On peut même parler d\u2019eux en disant que ce sont les réels fondateurs de la notion de développement durable, puisque leurs valeurs sont bien au-dessus de celles posées par le rapport Brundtland de 1987.Cette relation privilégiée vient d\u2019ailleurs de cet état de fait, mais aussi de l\u2019ensemble des connaissances que les peuples autochtones ont de leur environnement, de leur univers, de leur « coin de pays » si vous voulez.Votre thèse s\u2019attachait d\u2019ailleurs à démontrer que ces connaissances du territoire étaient différentes en fonction du genre.Quelles en sont les raisons ?Il existe un univers de connaissances qui appartient aux femmes.C\u2019est souvent cet univers-ci qui a été malmené et oublié par l\u2019histoire.À travers l\u2019ensemble des recherches qui ont été faites qui peuvent, là aussi, s\u2019internationaliser, on sait que les femmes ont été très peu sollicitées.Dans certains cas, on ignorait même leur présence et leur parole.Quand certains chercheurs ont commencé à s\u2019intéresser à l\u2019univers féminin, on s\u2019est rendu compte qu\u2019il y avait des informations Première femme atikamekw à avoir obtenu un doctorat, Suzy Basile s\u2019est intéressée au rôle des femmes de sa communauté sur le territoire, leur place dans la gouvernance, leurs perceptions sur l\u2019état du territoire ainsi que leurs préoccupations face aux savoirs qui s\u2019y rattachent.Sa recherche révèle l\u2019importance de garantir une place aux femmes dans les mécanismes décisionnels afin que s\u2019atténue le sentiment d\u2019insécurité territoriale et culturelle.La notion de territoire est primordiale dans les communautés autochtones.Comment explique-t-on cette importance ?Les personnes non autochtones ou allochtones comprennent assez rarement cette relation avec le territoire.Et quand les Autochtones parlent beaucoup de ce lien, ils demeurent mal compris.Si on peut se permettre quelques généralités, pour les peuples autochtones d\u2019ici comme ceux à travers le monde, le lien privilégié au territoire est issu d\u2019une vision, d\u2019une relation continue et inclusive.En d\u2019autres termes, tous les éléments de l\u2019univers sont un et sont situés sur le même piédestal.Par exemple, il n\u2019y a pas de relation de supériorité ou d\u2019infériorité entre l\u2019Homme et la nature, ou entre l\u2019Homme et les animaux.En contexte autochtone, on parlera plutôt d\u2019une vision holistique et, au-delà d\u2019une appartenance, on parlera même d\u2019une sorte de symbiose avec tous les éléments de la nature.Cette vision veut aussi expliquer que tout ce que l\u2019on fait aujourd\u2019hui aura une incidence sur les six prochaines générations.On n\u2019hérite pas de la PAR ALEXANDRA GUELLIL « On dit souvent que le territoire ne nous appartient pas, mais plutôt que c\u2019est nous qui lui appartenons.Je crois que c\u2019est la phrase qui représente bien cette philosophie. » 15 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?G E N E V I È V E ?L A G R O I S ENTREVUE différentes de celles des hommes, voire très spécialisées.Un des grands soucis des femmes autochtones avec qui j\u2019ai travaillé était lié à la transmission des connaissances et savoirs autochtones.Précisément, quelles sont les particularités des femmes atikamekws quant à l\u2019attachement au territoire ?Les femmes ont un savoir particulier.L\u2019une des conclusions que j\u2019ai pu faire a été de me rendre compte que celles qui étaient plus âgées racontaient leur parcours sur le territoire par les accouchements et grossesses qu\u2019elles ont eus.Pour elles, il s\u2019agissait de marqueurs spatio-temporels.Jusque dans les années 60 à 70, plusieurs familles atikamekws étaient nomades ou semi-nomades.S\u2019ajoute à cela les nombreuses pressions politiques et gouvernementales qui faisaient en sorte qu\u2019elles n\u2019accouchaient pas forcément à l\u2019hôpital.Plusieurs des femmes que j\u2019ai rencontrées ont exprimé cet attachement par de la peine en voyant l\u2019état du territoire, notamment avec la destruction de la forêt ou la contamination des sources d\u2019eau potable.L\u2019eau serait donc le lien clé pour comprendre cet attachement ?Oui, puisque c\u2019est l\u2019eau potable qui leur permet de pratiquer la médecine traditionnelle avec les plantes médicinales et toutes sortes d\u2019autres éléments de la nature.On a beau avoir les meilleures plantes, si on n\u2019a pas l\u2019eau qui va avec, la médecine ne fonctionnera pas.Et c\u2019est un univers qui appartient principalement aux femmes même si certains hommes l\u2019ont intégré.En second lieu, il y a les inondations provoquées par certains barrages qui ont eu des impacts considérables sur la vie des femmes.Plusieurs ont raconté avoir perdu des lieux significatifs et précieux.Quelle a été la perception des femmes lorsqu\u2019elles ont vu d\u2019autres personnes s\u2019installer sur leur territoire ?Beaucoup d\u2019entre elles l\u2019ont très mal vécu puisque cette installation s\u2019est souvent faite sans consultation.Elles ont vu des chalets se construire sur des territoires ancestraux.Elles se sont retrouvées dans des situations où elles devaient justifier leur présence à des non-autochtones qui n\u2019étaient évidemment pas contents de les retrouver là.Par qui la transmission culturelle est-elle traditionnellement assurée ?C\u2019est principalement les femmes qui l\u2019assurent.Cela ne signifie pas forcément que les hommes ne font rien dans ce domaine, mais simplement que ce sont elles qui en ont principalement la responsabilité.Leur grand souci est d\u2019ailleurs basé sur le fait que dans les communautés, les femmes sont un pilier important de la structure familiale et sociale.On s\u2019est empressé d\u2019éteindre ce rôle avec la colonisation étant donné que nous avions une vision très arrêtée de ce qu\u2019elles devaient être dans la communauté.Bien évidemment, les colons, l\u2019Église et les autorités s\u2019en sont mêlés jusqu\u2019à effacer complètement le rôle important que les femmes jouaient à cette époque.Si on prend l\u2019exemple des Iroquoiens, les femmes avaient le pouvoir d\u2019instituer et de destituer les chefs, de déterminer si la nation partait ou non en guerre, et prenaient les grandes décisions dans les moments charnières de l\u2019année où les groupes devaient se déplacer pour s\u2019installer ailleurs selon les saisons.Pour ce qui est des femmes atikamekws, elles ont su trouver des stratégies d\u2019adaptation à la suite de cette effacement.En réalité, c\u2019est grâce à leur attachement si profond à leurs savoirs, leurs langues et leurs connaissances que l\u2019extinction culturelle n\u2019a pas eu lieu.Que faudrait-il faire pour qu\u2019elles reprennent leur place ?L\u2019important n\u2019est pas tant de revenir à ce qu\u2019il se passait en 1492, mais il serait important de travailler à restituer le droit de parole et la prise de décision en incluant les femmes.Il ne faut pas oublier qu\u2019il y a moins de 50 à 60 ans, il leur était interdit de participer à un rassemblement dans leur communauté.Elles n\u2019avaient pas le droit de vote et ne pouvaient pas tout de façon se présenter aux élections de leurs propres autorités locales.Cela signifie qu\u2019officiellement, elles n\u2019avaient aucun leadership.Oui, c\u2019est vrai que certaines choses ont changé en 1961, avec la suppression de la Loi sur les Indiens, mais ce n\u2019est pas en deux ou trois générations que l\u2019on pourra inciter les femmes à reprendre leur place.Cela dit, je crois que l\u2019on devrait les écouter réellement et prendre en compte leur avis.Il faudrait, par exemple, leur faire une place dans les structures locales.Dans une famille, quels sont les rôles respectifs de la mère et de la grand-mère ?Si une femme décide de faire une pause dans ses études ou sa carrière pour avoir un enfant, c\u2019est un choix très valorisé dans la plupart des communautés.Ce qui ne les empêche pas de retourner aux études ou de reprendre leur carrière par la suite.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui explique que les femmes terminent généralement leurs études plus tard.Quant au rôle des grands-mères, il est primordial.Bien que les aînés soient en nombre minime comparé aux jeunes enfants et que l\u2019on ne détermine pas précisément d\u2019âge pour le devenir, elles ont un rôle de conseillères et d\u2019éducatrices.Peu importe la manifestation politique, sociale ou culturelle, les aînés seront toujours présents.On parle souvent de ce que l\u2019on appelle l\u2019espace culturel de sécurité.Comment peut-on définir ce concept pour les communautés autochtones d\u2019ici ?J\u2019ai inévitablement dû m\u2019intéresser à ce concept pendant mes recherches.En bref, cela signifie que les individus ressentent une grande perte, comme un mal du pays, tout en étant chez eux.Cela est dû au changement de leur environnement immédiat et aussi parce qu\u2019ils réalisent qu\u2019ils ne peuvent rien faire pour améliorer la situation.Lorsque les femmes atikamekws en parlaient, j\u2019ai ressenti une réelle insécurité territoriale dans leur propos.Par exemple, elles réalisaient qu\u2019un lac d\u2019avant était devenu un réservoir tandis qu\u2019une forêt avait disparu.Et ce qu\u2019elles vivaient mal, c\u2019était le fait de ne pouvoir rien faire face à cette destruction.« La voix des hommes autochtones a souvent été utilisée pour généraliser l\u2019ensemble des pensées ou des actions de tout un peuple. » « C\u2019était inconcevable pour les autorités de l\u2019époque que des femmes prennent des décisions, soient consultées ou aient leur mot à dire. » « Quand un jeune décide de quitter sa communauté pour reprendre ses études, il ne quitte pas que sa communauté, il quitte tout un réseau et une structure sociale. » 16 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 Mélissa Mollen-Dupuis La culture comme point d\u2019ancrage Exister autrement À force d\u2019acharnement, son engagement social et culturel a semé des premières graines.Avant que le mouvement Idle No More ne prenne autant d\u2019importance, il était difficile d\u2019entendre parler des cultures autochtones, notamment dans les médias.« J\u2019ai vu dernièrement un reportage de Charles Buckell-Robertson à Radio-Canada sur la façon de prononcer Mashteuiatsh.Quand je l\u2019ai vu, je me suis dit que tout ce que j\u2019ai fait avec Idle No More, c\u2019était pour avoir ce type de topos.Ça fait un bien fou de voir que de telles choses commencent à se faire », assure-t-elle.Avec l\u2019arrivée des enfants, Mélissa Mollen-Dupuis et son mari se sont questionnés sur ce qu\u2019ils leur transmettront comme culture.Avec une touchante sincérité, elle dit souhaiter que ses enfants ne se questionnent pas sur leur identité, comme elle a pu le faire à maintes reprises lorsqu\u2019elle était adolescente.« Je suis très contente d\u2019être militante, mais ce n\u2019est pas une vie que je veux transmettre à mes enfants.Je veux qu\u2019ils deviennent enseignants, médecins ou astronautes\u2026 Je veux qu\u2019ils fassent autre chose que demander de l\u2019attention des autres ou que se remettre en question à cause de ce qu\u2019ils diront d\u2019eux.Je veux que lorsqu\u2019ils allument la radio ou la télévision, ils se reconnaissent.Je veux qu\u2019ils puissent exister en tant que citoyens », ajoute-t-elle en portant un regard affectueux sur son fils.Statut d\u2019Indien Mélissa Mollen-Dupuis s\u2019identifie aujourd\u2019hui davantage comme une femme innue.« J\u2019ai été élevée dans les réserves avec ma communauté.La famille de mon père, c\u2019était la famille que l\u2019on voyait pendant les vacances », raconte-t-elle.Son adolescence a été parsemée de nombreux questionnements identitaires dus notamment à son métissage.Innue d\u2019Ekuanitshit (Mingan), une communauté située sur la Côte-Nord, Mélissa Mollen-Dupuis est maman de deux enfants.Récemment, la militante a été nommée «  ambassadrice de conscience » par Amnistie Internationale pour saluer son implication dans Idle No More, un mouvement visant à faire reconnaître les droits des peuples autochtones au Canada.Elle se confie sur l\u2019importance de la culture dans sa famille.Alors qu\u2019il a à peine deux mois, Elias fait le bonheur de ses parents et de sa sœur aînée, Thalia, âgée de 22 mois.Tout sourire, le nourrisson vient de se réveiller tandis que sa mère termine tout juste de lui préparer son lait.« Avoir des enfants, c\u2019est comme essayer de retenir du sable dans ses mains », partage-t-elle.Cette phrase lui a été confiée par sa sœur au décès de leur père pour lui montrer à quel point le temps et la vie pouvaient parfois être incontrôlables, et l\u2019importance de fuir l\u2019emprisonnement culturel.« Il y a des choses que je vais pouvoir partager aux enfants, mais ce sera à eux de choisir ce qu\u2019ils garderont.C\u2019est ce que mes parents ont fait avec moi : si mon père n\u2019avait pas autant aimé la culture de ma mère et sa propre culture, je ne me serais pas autant attachée aux deux identités », partage-t-elle.Mélissa Mollen-Dupuis est métisse : son père était Québécois et sa mère est Innue.Elle est devenue militante grâce à son éducation et à ses intérêts prononcés pour l\u2019histoire, la politique et la culture.Son identité, elle l\u2019a construite à force de recherches et d\u2019apprentissages.Aujourd\u2019hui, elle consacre une bonne partie de ses activités à vulgariser pour le grand public les notions et les effets du colonialisme, parce que dit-elle, « l\u2019éducation culturelle est primordiale ».PAR ALEXANDRA GUELLIL Avec Idle No More, il a fallu que l\u2019on fasse de l\u2019éducation culturelle parce qu\u2019on savait qu\u2019il y avait des autochtones au Québec et au Canada, mais on ignorait tout d\u2019eux 17 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA PORTRAIT P H O T O   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L « Dans les nations orales, tu as la responsabilité de te souvenir des choses parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019écrits.Et si tu ne le fais pas, les savoirs finissent par se perdre. » « Il y a quelque temps, le fait d\u2019être Autochtone au Canada, c\u2019était comme être Noir aux États-Unis », ironise-t-elle.Ce qu\u2019elle veut dire, c\u2019est que les lois du système colonial étaient si pesantes et ancrées dans les mentalités qu\u2019elles allaient jusqu\u2019à définir clairement l\u2019identité profonde de chaque individu.À cette époque, c\u2019était la Loi sur les Indiens qui établissait, à l\u2019aide de pourcentages sanguins, les origines des membres d\u2019une communauté.Cela se faisait par l\u2019entremise d\u2019une définition paternaliste et assimilationniste de l\u2019identité.Adoptée en 1876, la Loi sur les Indiens attribuait donc le statut d\u2019Indien aux hommes de sang autochtone appartenent à une bande particulière, à leurs enfants et aux femmes qui étaient ou avaient été mariées à un homme ayant le statut d\u2019Indien.La Loi excluait donc explicitement les Métis.Cette Loi a eu une incidence directe sur la famille de la militante.Pour éviter que sa mère ne perde son statut, et donc le droit de vivre dans sa communauté, ses parents ne se sont jamais mariés.« La loi était tellement bien faite d\u2019un point de vue assimilationniste que légalement, j\u2019étais considérée comme 100 % Indienne inscrite, bien que je sois à moitié Québécoise.Or, il faut comprendre que ce genre d\u2019 identification basée sur les pourcentages n\u2019existe que pour les animaux et est bien souvent faite à l\u2019encontre des peuples autochtones.Pourquoi nous ques- tionne-t-on toujours pour savoir si nous sommes bien \u201cdes vrais\u201d ?» Honorer les grands-mères La militante a vécu avec son père, du côté non-autochtone, tout en allant à l\u2019école dans la réserve.« Comme les allochtones ne peuvent pas vivre sur la réserve, il n\u2019aurait pas pu vivre avec nous sinon », confie-t-elle.À l\u2019école, c\u2019était le même programme scolaire que dans les écoles québécoises, même si les semaines étaient plus chargées pour permettre aux enfants d\u2019avoir des sorties culturelles ou de disposer de leur vendredi après-midi.« Avec mon père, j\u2019ai senti que la culture était importante.Il nous offrait des livres complets sur les cultures autochtones tandis qu\u2019avec ma mère ça se faisait et se fait toujours d\u2019ailleurs au quotidien », détaille-t-elle.Dans leur vie de tous les jours, Mélissa Mollen-Dupuis et son mari font tout leur possible pour transmettre leurs cultures respectives à leurs deux enfants.« Ils auront le droit de s\u2019 identifier comme ils le veulent.Plus tard, contrairement aux autres générations, ils pourront dire ce qu\u2019 ils sont fièrement, sans avoir besoin de s\u2019en cacher », ajoute-t-elle.Ce compromis culturel a été jusque dans le choix de leurs seconds prénoms.C\u2019est pourquoi Thalia porte le nom de son arrière-arrière grand-mère maternelle, Manakanet, tandis qu\u2019Elias s\u2019appelle aussi Tshakapesh, le nom d\u2019un héros légendaire innu.Mais le couple s\u2019est longtemps questionné sur le nom de famille qu\u2019ils allaient donner aux enfants.« Si on avait choisi de donner mon nom, les enfants auraient eu trois noms.On a donc opté pour le nom de mon époux parce qu\u2019 il est le seul dans sa lignée, tandis que moi j\u2019ai des frères qui ont pu donner mon nom à leurs enfants.Par contre, les noms ont été choisis en lien avec le respect des grands-mères maternelles que nous avons chez les Innus.En fait, Elias est le nom du père de la grand- mère de mon mari », précise-t-elle.Deux miracles Chez les Innus, comme dans plusieurs communautés autochtones, les savoirs et savoir-faire se transmettent principalement à l\u2019oral.« Si tu veux apprendre quelque chose, il faut regarder les autres, essayer de les aider, les questionner\u2026 Ce n\u2019est comme à l\u2019école où l\u2019on va te mettre dans une classe et t\u2019apprendre les choses culturelles », vulgarise Mélissa Mollen-Dupuis.Alors quand elle veut connaître un mot en Innu, elle n\u2019hésite pas à le demander à sa mère.« Quand je doute, ma mère est mon dictionnaire, ma grammaire, mon livre de référence.C\u2019est comme cela que l\u2019on se parle de la culture toutes les deux, par l\u2019oralité.Et mon mari est quelqu\u2019un de très curieux, il n\u2019hésite pas à m\u2019encourager pour mieux connaitre ma culture pour qu\u2019on la partage ensemble ».Elias et Thalia sont deux miracles arrivés l\u2019un à la suite de l\u2019autre.« À mon âge, certaines femmes sont déjà grands-mères dans la communauté », confie la mère de 39 ans.« C\u2019est vrai que j\u2019ai parfois un sentiment d\u2019urgence quand je réfléchis à ce que je vais devoir leur transmettre.Et c\u2019est peut-être pour cela que je n\u2019hésite pas à demander des mots, des expressions et autres à ma mère quand arrivent les doutes », conclut-elle.« Mon seul regret est de ne pas avoir appris à parler correctement innu.Je me suis promis qu\u2019avant de partir dans le monde des esprits, je parlerai correctement ma langue.  » « Je trouve ceux qui se braquent derrière leur identité ou qui vont tout le temps essayer de te redéfinir dangereux.La culture est une richesse.Il ne faut plus la considérer comme une prison intellectuelle.  » 18 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 P H O T O   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Dans la rue, on voit parfois des femmes inuites qui font la fête.« Elles se retrouvent plusieurs à Montréal avec une certaine liberté.Les premiers jours, elles prennent de la drogue et de l\u2019alcool, mais c\u2019est temporaire et ce n\u2019est pas représentatif de la réalité », explique Mme Lévesque.Lorsqu\u2019elles quittent leur communauté, elles mésestiment les risques de se retrouver à la rue.Des traumatismes comme bagages On a beaucoup entendu parler des pensionnats « indiens » dirigés par des religieux.Arrachés à leur famille, de nombreux enfants y ont été maltraités, abusés et assimilés de force, tant au niveau de la religion que de la langue.Même si les jeunes itinérants autochtones n\u2019ont pas connu les pensionnats, les parents et les grands-parents ont transmis leurs traumatismes aux générations suivantes, déplore Carole Lévesque.L\u2019instabilité familiale est fréquente, les enfants sont souvent déplacés d\u2019une famille à l\u2019autre, qu\u2019elle soient d\u2019accueil ou adoptives.Les femmes ont en bas âge de nombreux enfants.Lorsqu\u2019elles se retrouvent à la rue, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) les prend en charge et sépare la fratrie, une situation très souffrante pour ces femmes.Pour obtenir un logement, certaines doivent consentir à des faveurs sexuelles, mais dans de telles conditions, la DPJ refuse de leur rendre les enfants.Différents des itinérants non-autochtones Contrairement aux itinérants québécois allochtones, qu\u2019on voit souvent seuls, à deux ou à trois dans la rue, les itinérants autochtones se tiennent plutôt en groupe.Ceux qui quêtent partagent l\u2019argent recueilli.Ils sont solidaires et se protègent entre eux.Il n\u2019est pas rare de Les Autochtones ont de sept à huit fois plus de risques de se retrouver à la rue qu\u2019un Québécois non-autochtone.Ils y sont de plus en plus nombreux et les services disponibles pour ces itinérants sont mal adaptés.C\u2019est ce que conclut une enquête de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), dont L\u2019Itinéraire a obtenu l\u2019exclusivité.L\u2019auteure du rapport, Carole Lévesque, professeure à l\u2019INRS Urbanisation, Culture et Société, a dirigé une équipe de six chercheurs qui ont étudié pendant deux ans la situation de l\u2019itinérance autochtone à Montréal et à Val-d\u2019Or.Spécialiste du monde autochtone, Mme Lévesque s\u2019est récemment mérité un Grand Prix du Québec pour sa recherche scientifique.Elle a expliqué à L\u2019Itinéraire ses principales conclusions.S\u2019exiler en ville Bien des malheurs comme le chômage et des logements surpeuplés poussent les personnes autochtones à quitter leur communauté pour s\u2019établir en ville, explique Mme Lévesque.« Dans les communautés, il y a beaucoup de violence.Ce sont les femmes et les enfants qui en sont les premières victimes.Elles quittent avec l\u2019 idée qu\u2019 il y aura en ville un monde meilleur pour élever leurs enfants.» De même, sont « bannis de leur communauté » ceux et celles qui ont fait de la prison et qui sont considérés comme des parias.Plusieurs des itinérants des Premières Nations sont nés en ville ou viennent de communautés rapprochées.Par contre, les Inuits sont nés dans le Grand Nord et c\u2019est souvent la première fois qu\u2019ils mettent les pieds en ville.Ils ne savent vraiment pas ce qui les attend.Premières Nations et gens de la rue L\u2019itinérance autochtone : une réalité distincte et en croissance 19 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?M I V I L L E ?T R E M B L A Y PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR EXCLUSIF voir plusieurs personnes, voire une douzaine de la même famille, dans le groupe.« Ils se tiennent entre eux pour des raisons linguistiques et ça les sécurise », explique Mme Lévesque.Les causes qui les amènent à la rue sont aussi différentes.Chez les non-autochtones, on retrouve souvent des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, la perte d\u2019emploi, le divorce ou d\u2019autres facteurs.Les itinérants autochtones ont moins souvent des problèmes de santé mentale, mais ils sont confrontés à une « plus grande densité » de problèmes sociaux et personnels, affirme Mme Lévesque.Les femmes itinérantes autochtones sont presque aussi nombreuses que les hommes, ce qui n\u2019est pas le cas des allochtones.La majorité des Autochtones restent aussi en très bon terme avec leur famille, tandis que les non-autochtones sont souvent en conflit, si ce n\u2019est carrément coupés de leur famille.Des ressources mal adaptées Quelques organismes offrent des vêtements et des repas avec de la nourriture traditionnelle autochtone.Mais les programmes pour aider ces personnes à se loger ne sont pas bien adaptés.« Le projet Chez soi, qui fournit des logements pour les personnes en situation d\u2019 itinérance, ne fonctionne pas toujours pour les Autochtones, parce que, dès que l\u2019un d\u2019eux obtient un appartement, tous les autres arrivent, et celui qui a le logement préfère alors retourner dans la rue pour avoir un peu de repos », indique Mme Lévesque.Son rapport recommande de « développer davantage de ressources adaptées aux personnes autochtones », comme par exemple des programmes de guérison et des endroits où ils peuvent travailler ensemble ou se ressourcer.De même, il faut offrir des formations pour les intervenants non-autochtones afin qu\u2019ils puissent comprendre les valeurs des Autochtones et ainsi mieux répondre à leurs besoins.Des programmes de sensibilisation sont nécessaires pour diminuer le racisme et la discrimination.Des thérapeutes mieux formés pourraient aider les Autochtones à vaincre leurs traumatismes.Les communautés autochtones doivent cependant assumer une part de responsabilité par du travail de prévention, insiste l\u2019anthropologue.Il reste à savoir si les gouvernements appliqueront ces recommandations.Il faut agir pour que les enfants autochtones ne se retrouvent pas eux aussi à la rue une fois adulte.C A R O L E L É V E S Q U E Recherche de l\u2019ODENA DES RÉVELATIONS INÉDITES La recherche a été subventionnée par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) dans le cadre des travaux de l\u2019Alliance de recherche ODENA, un mot en langue anicinape qui signifie « ville ».L\u2019Alliance réunit des chercheurs et des Autochtones qui collaborent afin d\u2019accroître les connaissances pouvant améliorer la qualité de vie des Autochtones vivant en ville.Un échantillon significatif Le groupe a rencontré 175 personnes, dont 87 Autochtones en situation d\u2019itinérance, ainsi que 30 autres personnes, autochtones ou non, qui œuvrent dans les services aux itinérants.L\u2019échantillon autochtone comptait 55 % d\u2019hommes et 44 % de femmes.Du nombre, 54 % étaient membres d\u2019une Première Nation et 40 % étaient Inuits.Une spécialiste du terrain La directrice de l\u2019enquête, Carole Lévesque, est détentrice d\u2019un doctorat en anthropologie sociale et culturelle de l\u2019Université Sorbonne à Paris.Depuis plus de 40 ans, elle consacre sa carrière aux questions autochtones.Chercheuse au Centre urbanisation culture et société (CUCS) de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), Elle a séjourné dans plus de 45 des 56 communautés amérindiennes et inuites du Québec et réalisé de nombreuses enquêtes de terrain.Sous-scolarisés Plus de la moitié des itinérants autochtones n\u2019ont pas terminé leurs études secondaires.Un sur cinq a poursuivi des études collégiales ou universitaires.Quatre Inuits sur cinq n\u2019ont aucun diplôme, dont presque tous sont des hommes.Mais chez les Premières Nations, les hommes sont un peu plus diplômés que les femmes.Presque tous possèdent des savoirs traditionnels, tels la chasse, la pêche ou les récoltes.Souvent sans travail Plus de la moitié disent avoir un métier.Ainsi 42 % ont occupé un emploi dans un organisme autochtone et 47 % dans une organisation non autochtone.D\u2019un milieu d\u2019accueil à l\u2019autre Seulement un tiers n\u2019a vécu que dans le milieu familial des parents biologiques ou adoptifs.Le reste a connu plusieurs milieux familiaux : parents biologiques, grands-parents, familles ou centres d\u2019accueil.Pour autant, la plupart disent avoir d\u2019assez bonnes relations avec leurs parents biologiques.P H O T O   : ?M I V I L L E ?T R E M B L A Y 20 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 Des familles nombreuses La plupart se disent célibataires.Pourtant, plus de 90% ont des enfants.La moitié en a même trois ou plus.Le quart d\u2019entre eux ont eu leur premier enfant entre 14 et 17 ans et 38 % ont des petits-enfants.Une langue d\u2019attache Du groupe, 75 % ont une langue autochtone comme langue maternelle, dont la quasi-totalité des Inuits.Ils parlent leur langue maternelle entre eux et le français et l\u2019anglais avec les intervenants.Plus d\u2019un millier à Montréal L\u2019étude estime entre 1000 et 1500 personnes le nombre d\u2019itinérants autochtones à Montréal.Ce nombre est très difficile à établir, car plusieurs vivent une itinérance cachée, s\u2019entassant dans un même appartement pour la nuit.Leur nombre varie également selon les saisons, car 40 % retournent périodiquement dans leur communauté pour participer à des évènements, cérémonies ou pour revoir leur famille.Ces retours sont plus faciles pour les membres des Premières Nations en raison de la proximité des communautés.Des violences au quotidien Environ les trois-quarts disent avoir fait l\u2019objet de discrimination de la part de citoyens, policiers et même des itinérants non-autochtones.Une proportion semblable a subi des violences en ville, verbales ou physiques, de la part d\u2019amis, d\u2019ex-conjoints, d\u2019autres itinérants ou de policiers.Chez les Inuits, les victimes sont surtout des femmes, mais c\u2019est l\u2019inverse chez les Premières Nations.Pour autant, la présence d\u2019amis et de famille apporte un sentiment de sécurité à la plupart des Autochtones.Habitués des refuges Lorsque sans logement, les Autochtones dorment dans la rue ou dans un refuge.Les gens se nourrissent le plus souvent dans les refuges ou les centres de jour, en particulier le Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal, situé boulevard Saint-Laurent.Montréal en adoption Presque tous identifient Montréal comme leur principal lieu de résidence et plus de la moitié y habitent depuis plus de cinq ans.Ils y apprécient la présence de leur famille, d\u2019amis, l\u2019ambiance de la ville, ses services et ses activités culturelles.Ils déplorent la présence de drogue et d\u2019alcool, la violence, l\u2019arrogance et l\u2019indifférence des gens, la discrimination, la barrière linguistique et la difficulté de trouver un emploi et un logement.publicité Chantale est arrivée à Montréal, ce fut tout un choc.« Ça m\u2019a brisé le cœur de voir des femmes de ma communauté vivre dans la rue.Je me suis dit que je devais faire quelque chose.Dans le Nord, je travaillais dans un CLSC, ce qui est l\u2019équivalent d\u2019un hôpital pour nous, et j\u2019y ai acquis de l\u2019expérience en intervention.» Une des plus grandes satisfactions dans son travail est d\u2019organiser le repas traditionnel inuit du vendredi, grâce au partenariat avec la société Makivik.Chaque semaine, une trentaine de femmes se font une joie de déguster, selon l\u2019arrivage, du phoque, du béluga, des moules, du caribou, de l\u2019omble de l\u2019Arctique.Ces viandes, mangées crues la plupart du temps, sont un grand réconfort pour les femmes inuites.« Je suis fière de les voir heureuses et souriantes.» En plus d\u2019agir comme interprète, elle fait aussi des accompagnements à la Cour, chez le médecin ou encore pour aider les femmes à obtenir leur carte d\u2019assurance-maladie ou pour toucher leur aide sociale.Chantale est Chez Doris depuis six mois maintenant, et les femmes sont contentes de pouvoir converser en inuktitut avec elle.Kim Delisle, d\u2019origine Mohawk, elle habite à Kahnawà:ke et travaille à temps partiel comme intervenante pour le programme de logement pour les femmes.Comme ses consoeurs, elle tire une grande fierté à aider les femmes en situation précaire à remonter la pente.« I really like being there for them », dit-elle.Pour Kim, une des belles réussites de son travail est d\u2019avoir aidé une mère monoparentale à échapper à un ex-conjoint violent qui l\u2019a conduite à la rue et à reprendre sa vie en main.« Après avoir connu l\u2019 itinérance, elle a perdu la garde de ses six enfants.Aujourd\u2019hui, elle vit en logement avec eux.Elle vient nous voir de temps en temps, mais de moins en moins.Et c\u2019est ça, la victoire.» Elle parle également avec enthousiasme de l\u2019activité Les bottes de l\u2019espoir, qui procure un revenu pour des femmes de Chez Doris qui tissent des médaillons avec des perles de rocaille pour orner les bottes, mocassins et mukluks de l\u2019entreprise d\u2019économie sociale Atikuss, à Uashat.En nous faisant visiter la maison centenaire qui abrite Chez Doris, la directrice générale de l\u2019organisme, Marina Boulos- Winton s\u2019arrête devant une porte vitrée et nous fait signe d\u2019être silencieux.Dans la pièce plongée dans l\u2019obscurité dorment six femmes inuites, qui récupèrent d\u2019une nuit d\u2019errance dans les rues de Montréal.Dure réalité que celle de ces itinérantes qui fréquentent le refuge de jour.Un refuge d\u2019espoir où certaines réussissent à améliorer leur sort, grâce à une équipe d\u2019intervenantes autochtones et inuites qui ont le cœur sur la main.Nous avons parlé à trois d\u2019entre elles.Parmi les 1424 femmes qui ont fréquenté Chez Doris l\u2019an dernier, 4 % d\u2019entre elles étaient Autochtones et 15 % Inuites.Ces femmes y trouvent un endroit sécuritaire où elles peuvent manger, se vêtir au vestiaire, obtenir de l\u2019assistance pour la gestion de leurs finances, pour trouver un logement et de l\u2019aide juridique, entre autres nombreux services.C\u2019est aussi pour elles un lieu d\u2019appartenance avec des programmes taillés sur mesure, dispensés par des intervenantes issues des Premières Nations, dont Sophie-Claude, Kim et Chantale, qui assurent un soutien à ces femmes en situation vulnérable ou sans-abri.Sophie-Claude Miller est née à Waswanipi d\u2019un père cri et d\u2019une mère québécoise.Elle s\u2019occupe du programme de gestion financière pour la clientèle autochtone.Si son poste est plutôt administratif, Sophie-Claude aime travailler directement avec les femmes.Le fait qu\u2019elle soit Autochtone permet d\u2019établir des liens plus facilement.Sophie-Claude les accompagne dans leurs démarches pour trouver un chez-soi.« On le sait, il y a pas mal de discrimination à l\u2019égard des Autochtones, alors je visite souvent les logements avec elles et je leur enseigne leurs droits », dit-elle.Ce qu\u2019elle aime dans son travail ?« Quand les femmes visitent leur futur logement, il y a une certaine fierté et l\u2019espoir renaît.Elles se voient déjà placer leurs meubles et recevoir de la visite.Tout ça augmente leur estime d\u2019elles-mêmes.Et puis, de fil en aiguille elles atteignent une certaine discipline financière.» La plus grande joie de Sophie-Claude, c\u2019est de faire une différence positive dans la vie de ces femmes.« Ça va au-delà de la seule personne aidée : elle influence sa communauté, sa famille, ses amis.» Chantale Verreault est métisse inuite et québécoise, originaire de Kangirsuk.Résidente de Montréal depuis 15 ans, l\u2019intervenante du programme d\u2019assistance aux femmes inuites fait souvent l\u2019aller-retour entre le Sud et le Grand Nord, où sont restés ses frères et sœurs.« Ils préfèrent rester là-bas, la ville ne les intéresse pas ! », dit-elle.Quand Chez Doris Les intervenantes de l\u2019espoir AVEC LA COLLABORATION DE MARIO ALBERTO REYES ZAMORA - PHOTOJOURNALISTE STAGIAIRE D É G U S TAT I O N S B I E N A P P R É C I É E S L O R S D E S V E N D R E D I S I N U I T S 22 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O   : ?C O U R T O I S I E De gauche à droite : Chantale Verreault, Inuite, Kim Delisle, Mohawk et Sophie-Claude Miller, Crie PORTRAITS Et puis, selon lui, ce sont les anglophones, avec à leur tête le Premier ministre Borden, qui « nous ont enfoncé ça dans la gorge ».C\u2019est pour ça que Napoléon a de l\u2019admiration pour les « déserteurs » qui ont refusé de s\u2019inscrire.Et quand on a commencé à arrêter les conscrits réfractaires, il était de tout cœur du côté des émeutiers qui ont mené des combats de rue à Québec, durant plusieurs jours, à Pâques 1918.Pour Napoléon, la conscription reste une loi opprimante adoptée de façon malhonnête par un gouvernement plus britannique que canadien.La vie de banlieue Napoléon a grandi au nord de la rue Williams, dans les effluves de houblon entre la brasserie Dow et la brasserie Impérial.Mais grâce à son emploi de contremaître, il a pu récemment déménager avec sa famille à Verdun, une nouvelle ville de banlieue de 25  000 habitants qui s\u2019est développée rapidement grâce au tramway .Nous reconnaissons être réuni-e-s sur un territoire non cédé de la nation Mohawk Mouleur à la fonderie Darling 1921 \u2013 Engagé à 13 ans comme apprenti, Napoléon a appris le métier de mouleur sur le tas.Mais ça ne fait que quelques années qu\u2019il a appris des rudiments d\u2019anglais de ses compagnons irlandais.À 45 ans, il est fier d\u2019être devenu contremaître dans le tout nouvel édifice de la Darling, rue Ottawa, et de pouvoir se faire comprendre de ses patrons anglophones.« Yes sir ! » Napoléon a commencé à la fonderie Darling en 1889, un an à peine après son ouverture dans le faubourg Sainte-Anne, aux abords du canal de Lachine.C\u2019est là que les fonderies se sont installées, attirées par la proximité du port où le minerai de fer ou le fer en barre arrivait d\u2019Angleterre par navire.Dans le quartier, tout le monde ou presque travaillait aux fonderies.La plupart des mouleurs sont des Canadiens français, mais on y compte aussi pas mal d\u2019Irlandais.C\u2019est un dur métier qu\u2019on pratique rarement passé la cinquantaine.Heureusement que Napoléon a su montrer qu\u2019il pouvait faire un bon chef d\u2019équipe.Comme foreman, son avenir est assuré pour encore plusieurs années.Et depuis la guerre, les affaires roulent comme jamais à la fonderie.« Maudits Anglais ! » Si l\u2019anglais lui a permis d\u2019améliorer sa condition, Napoléon ne partage pas pour autant les opinions politiques de ses patrons.Surtout sur la guerre! En 1914, il a vu les réservistes s\u2019embarquer à Montréal pour l\u2019Europe sous l\u2019acclamation de la foule.Mais encore aujourd\u2019hui, il ne digère pas la conscription de 1917 qui a forcé l\u2019enrôlement militaire des hommes de 20 à 45 ans pour servir durant la Première Guerre mondiale.« Je laisserai pas mon gars aller se battre pour le roi et les Anglais ! », répétait-il à qui voulait l\u2019entendre.Comme bon nombre de Canadiens français, Napoléon n\u2019avait que faire de cette guerre lointaine entre puissances étrangères.Remerciements : À Chantal Gauthier et France Lord de Pirogue Communications qui ont effectué les recherches et élaboré les scénarios, selon les grands jalons et les réalités de l\u2019époque.Merci aussi à l\u2019Écomusée du fier monde pour sa collaboration à cette édition.Sections spéciales 375e : Montréal méconnu | Vol I, nº4 Publiées à chaque 15 du mois jusqu\u2019en octobre 2017 Coordination, recherche et rédaction : Josée Panet-Raymond Rédaction : Chantal Gauthier, Laëtitia Thélème et Laurent Soumis Infographie : Milton Fernandes Réalisé en collaboration avec : Montréal sur fond de crise 1933 \u2013 «  Salut la compagnie.Je m\u2019appelle Adrien.J\u2019ai 29 ans et chu ben mal amanché.Comme les deux tiers des ouvriers, j\u2019ai perdu ma job et chu au chômage depuis quatre ans.Maudit que la crise est dure.Y\u2019a pu d\u2019ouvrage pour nous autres. » Adrien n\u2019est pas tout seul à « tirer l\u2019yable par la queue ».Le krach boursier de 1929 frappe cruellement les Montréalais.Des milliers de journaliers sont mis à pied.Dans Rosemont, les shops Angus tournent au ralenti.On arrête même la construction de la gare Centrale.Ceux qui travaillent 14 heures par semaine sont chanceux.Les propriétaires expulsent les mauvais payeurs.La compagnie d\u2019électricité coupe le service.L\u2019épicier du coin cesse de faire crédit.Tous les moyens sont bons pour nourrir les familles.Les mères prennent des chambreurs, font des lavages et cultivent des potagers.Les enfants ramassent le charbon perdu sur les voies ferrées.Pendant des semaines, les pères vont de ville en ville et font la queue pour un travail qui ne dure pas plus d\u2019une demi-journée.Les gouvernements sont forcés d\u2019instaurer les « secours directs ».Les soupes populaires apparaissent.La Saint-Vincent de Paul distribue des bons d\u2019achat et du bois de chauffage.Le soir, les personnes sans ressources se regroupent près des refuges où ils pourront avoir à manger et dormir dans un vrai lit. À Montréal, on les retrouve généralement au square Viger, où ils attendent l\u2019ouverture à 18 heures.Chaque soir, Adrien va donc au refuge Meurling, tout près du square, rue du Champ-de-Mars, à deux pas de l\u2019hôtel de ville. Chaque jour, on y sert 1200 repas et plus de 500 personnes y passent la nuit.Pour être admis, il faut être sans travail et ne pas avoir plus de 25 cents en poche.« Quand la porte rouvre, je m\u2019enregistre et je vide mes poches.Je me déshabille tout nu pour qu\u2019on désinfecte mon ligne.Dans le fumigateur, qu\u2019y disent.Je m\u2019en va ensuite dans la douche avant de voir le docteur à l\u2019infirmerie.Après on me donne ma chemise de nuit, pis je peux manger mes deux sandwichs et boire mon bol de café.» Devant cette misère insoutenable, les gouvernements lancent de grands travaux publics pour donner du travail aux chômeurs en échange d\u2019un maigre salaire.Montréal se dote ainsi d\u2019infrastructures et d\u2019équipements publics encore visibles de nos jours, comme le chalet du Mont-Royal et le Jardin botanique.On construit des viaducs, des tunnels pour piétons et même de jolis pavillons abritant des urinoirs publics, surnommés « camil- liennes », en l\u2019honneur du maire Camillien Houde ! On fait contre mauvaise fortune bon cœur.« Ça va venir, ça va venir.Découragez-vous pas  », chante Mary Travers, alias La Bolduc.Photo : Musée McCord P h o t o : W i k i p e d i a C r e a t i v e C o m m o n s Source : Statistique Canada L\u2019incendie du Laurier Palace\u2026 Le 9 janvier 1927, 78 enfants trouvent la mort dans l\u2019incendie du cinéma Laurier Palace, dans le quartier Hochelaga.À ce jour, il s\u2019agit d\u2019une des pires tragédies civiles dans l\u2019histoire du Québec.Ce dimanche après-midi de janvier, alors que le congé du temps des Fêtes tire à sa fin, des centaines d\u2019enfants assistent à la projection d\u2019un film muet dans cette grande salle qui contient plus d\u2019un millier de places.Le règlement municipal exige alors que les enfants de moins de 16 ans soient accompagnés d\u2019un adulte, mais personne à l\u2019époque n\u2019applique cette consigne.La cause de l\u2019incendie?Probablement une cigarette tombée entre les lattes du plancher.La plupart des gens assis au parterre parviennent à sortir de l\u2019édifice, mais ceux du balcon \u2013 une majorité d\u2019enfants compte tenu des tarifs réduits dans cette section \u2013 n\u2019ont pas cette chance.En voulant quitter la salle dans un mouvement de panique, plusieurs enfants trébuchent dans l\u2019escalier.Il y a congestion et bon nombre meurent asphyxiés.Même si les secours arrivent rapidement, grâce à la caserne de pompiers no 13 située juste en face, 78 enfants âgés de 4 à 18 ans perdent la vie.La majorité de ces jeunes fréquentaient les écoles du quartier.Une commission d\u2019enquête fait suite à ce drame qui endeuille toute la ville.Le Service d\u2019incendie de la Ville de Montréal impose dorénavant certaines règles aux vieux théâtres et ces nouvelles restrictions entraînent la fermeture de plusieurs d\u2019entre eux.Le clergé et l\u2019Église en profitent pour décréter que le cinéma est « immoral », que les salles devraient être interdites aux mineurs, et fermées le dimanche.Le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau légifère sur la sécurité et l\u2019accessibilité des cinémas : les enfants de moins de 16 ans n\u2019y seront plus admis, les portes devront désormais s\u2019ouvrir vers l\u2019extérieur, mais les cinémas resteront ouverts le dimanche.1929 Dans les années de la Grande dépression, on travaillait pour un salaire de 1 $ par jour.Un bon bifteck de surlonge coûtait 25 cents la livre.1935 Le salaire moyen était de 313 $ par année.On payait le lait 10 cents la pinte et la douzaine d'œufs, 31 cents.Une boîte de tomates coûtait 10 cents.Combien ça coûtait ?1951 Coût moyen d\u2019un logement, 35 $ 1955 Coût moyen d\u2019une maison à Montréal, 10 000 $ 1960 Le salaire moyen était de 1672 $ par année.Le lait coûtait 24 cents la pinte et une douzaine d'œufs, 55 cents.La boîte de tomates coûtait 27 cents. Le Cardinal Léger Le 25 mars 1950, Paul- Émile Léger, un prêtre de la Compagnie de Saint-Sulpice, est nommé archevêque de Montréal par le pape Pie XII.Afin de se faire connaître des fidèles de son diocèse, il inaugure le Chapelet en famille, diffusé tous les soirs sur les ondes de la station CKAC pendant les années 1950.Il devient ainsi l\u2019ecclésiastique le plus connu du Québec.Créé cardinal en 1953, il continue de se consacrer aux causes charitables.Il lance à cette époque sa « grande corvée », par laquelle il sollicite des fonds pour la construction de deux refuges, le Foyer de la Charité et les Portes du ciel, de même que la rénovation de l\u2019ancien Hôpital Général qui deviendra l\u2019hôpital Saint-Charles-Borromée pour malades chroniques.1962 « Maîtres chez nous » est un slogan du parti libéral tiré d\u2019un discours tenu lors de la campagne électorale de Jean Lesage.Comme promis, le nouveau gouvernement élu s\u2019engage dans la nationalisation du réseau d\u2019hydro-électricité du Québec.Cette même année, Hydro-Québec déménage son siège social sur le boulevard Dorchester (maintenant le boulevard René-Lévesque).Cet événement représente le début de l\u2019affranchissement économique des Québecois.Émeute au Forum Toute l\u2019histoire commence le 13 mars 1955, alors que le Canadien de Montréal affronte les Bruins de Boston au Boston Garden.Victime d\u2019un coup de bâton à la tête, Maurice Richard riposte et frappe aussi le défenseur Hal Laycoe.Tous deux jettent les gants.Le juge de ligne tente de séparer les joueurs mais reçoit un coup de poing à la figure, gracieuseté du Rocket.Ce n\u2019est pas la première fois que le fougueux ailier du Canadien se retrouve impliqué dans une telle controverse.Les partisans du Tricolore redoutent la sentence de la Ligue nationale de hockey (LNH).Le 16 mars, le président de la Ligue, Clarence Campbell, annonce la décision : Richard est suspendu pour les trois dernières parties de la saison régulière et pour la totalité des séries éliminatoires.Cette punition, reconnue par les journalistes comme l\u2019une des plus sévères jamais décernées par la LNH, prive Maurice Richard de son premier titre de « meilleur compteur » et hypothèque les chances du Canadien de remporter la coupe Stanley.Le lendemain, un match oppose les Canadiens au Red Winds de Détroit.La tension au Forum est palpable avant même le premier coup de sifflet.Le président Campbell assiste au match et sa présence est perçue comme de l\u2019arrogance, voire de la provocation de la part d\u2019un anglophone envers les Canadiens français.Les amateurs le huent, lui lancent des injures et le bombardent d\u2019objets de toutes sortes.Certains tentent même de lui faire un mauvais parti.Sur la patinoire, une bombe lacrymogène éclate.Le tumulte force l\u2019annulation de la rencontre après seulement une période.C\u2019est le début d\u2019une longue nuit pour les policiers de Montréal.Le lendemain, Maurice Richard lance un appel au calme à la radio : il accepte sa suspension.Les dommages liés à cette émeute sont évalués à 100 000 $, soit près d\u2019un million en dollars d\u2019aujourd\u2019hui.Plusieurs historiens et analystes considèrent par ailleurs cet événement comme un moment charnière qui mènera à la Révolution tranquille des années 1960.Maurice Richard Photo : Archives du Club de Hockey Canadien En réplique à la suspension de leur joueur favori, Maurice «Rocket» Richard, des spectateurs déclenchent une émeute dans les rues de Montréal le 17 mars 1955.Photo : Archives du Club de Hockey Canadien Cécile \u2013 Vendeuse chez Dupuis et Frères 1952 \u2013 Ça fait deux mois maintenant que nous sommes en grève\u2026 C\u2019est long, mais c\u2019est important qu\u2019on reste solidaire et qu\u2019on tienne jusqu\u2019à ce qu\u2019on obtienne nos augmentations de salaire et la semaine de travail à 40 heures.Mais des fois, c\u2019est difficile de s\u2019entendre entre nous parce qu\u2019il y en a qui ont des méthodes que je n\u2019aime pas trop\u2026 Chartrand, la semaine dernière, il nous a demandé, à Thérèse et à moi, de faire entrer des souris dans le magasin en les cachant sous nos manteaux.Je n\u2019ai pas pu le faire, j\u2019ai trop peur des souris ! Toutes les clientes sont sorties du magasin en criant.Au moins, ça marche, pis les patrons, ils ont tout ce qu\u2019ils méritent.On a entendu qu\u2019ils voulaient mettre à la porte les plus anciens pour recruter des plus jeunes.C\u2019est mieux pour l\u2019image du magasin.On a essayé de négocier avant la grève, pendant un an et demi, mais on n\u2019a rien eu.Alors maintenant, on fait grève.Ils disent que, s\u2019ils nous donnent ce que l\u2019on veut, on ne va plus être compétitif face à Sears et à Eaton ! Mais au moins, pendant la grève, je peux voir Jean tous les jours\u2026 Il m\u2019a amenée au parc La Fontaine pour un pique-nique la semaine dernière.J\u2019étais tout émoustillée ! Surtout quand on a fait un tour en gondole sur le lac\u2026 C\u2019est un des représentants du syndicat des employés du magasin.Grâce à lui, nous sommes plus de 1000 à être en grève ! Et il y a eu un rassemblement de 5000 personnes qui nous ont aidés aux lignes de piquetage ! Il n\u2019aime pas ça, monsieur Raymond Dupuis ! Pour quelqu\u2019un dont le magasin est « famille, foi, patrie », il n\u2019a pas un discours très catholique ! Les patrons intimident les journalistes, la police dit qu\u2019il y a des communistes parmi nous\u2026 Une vraie chasse aux sorcières, comme aux États-Unis ! Mais j\u2019espère que ça va bientôt aboutir parce qu\u2019en attendant, il n\u2019y a pas de salaire qui rentre.Si ça continue, je vais devoir retourner chez mes parents.Et finies les sorties au parc Belmont (le Cyclone - les grandes montagnes russes - mon manège préféré) et au cabaret ! C\u2019est mon amie Thérèse qui serait déçue, et mes parents qui seraient ravis.Ils disent qu\u2019il n\u2019y a là que des gens de la mafia\u2026 En plus, ils ne comprennent pas que je travaille.Ils voudraient que je me marie et que je reste à la maison pour élever mes enfants, comme le faisaient les femmes avant la guerre.Quand je suis affectée au service du clergé du magasin, je dois endurer les remarques des prêtres qui me disent la même chose.Dans ces moments-là, j\u2019ai juste envie qu\u2019ils achètent vite leurs vêtements et leurs croix, et qu\u2019ils me laissent tranquille ! C\u2019était une autre époque, je n\u2019arrête pas de leur dire que nous sommes en 1952, pas en 1920.Et en plus, j\u2019aime mon travail.Ça me permet d\u2019être au courant des dernières modes.Le Bain Généreux, rue Amherst, fut le dernier bain construit avant la Grande Dépression.  Photo : Écomusée La Ville relance la construction de bains publics\u2026 La crise économique des années 1930 incite la Ville à relancer la construction de bains publics.Une façon de fournir du travail aux milliers de chômeurs.Ainsi, le Bain Mathieu, rue Ontario Est, voit le jour en 1931, tout comme le Bain Schubert (boulevard Saint-Laurent) et le Bain Hogan (rue Wellington).Le Bain Quintal (à l\u2019angle des rues Dufresne et de Maisonneuve) et le Bain Notre-Dame-de-Grâce (boulevard Décarie) sont construits l\u2019année suivante.Ces cinq nouveaux bains portent à 22 le nombre total de bains publics municipaux aménagés par la Ville de Montréal entre 1883 et 1933.Ces bains publics ont toujours été très fréquentés.Les enfants, les hommes et les jeunes gens constituent la principale clientèle.Entre les longues heures de travail et leurs tâches domestiques, les femmes ont peu de temps pour s\u2019y rendre.Peu d\u2019heures de bain leur sont aussi consacrées.Il faut savoir qu\u2019avant d\u2019être des centres d\u2019activités récréatives, les bains publics avaient pour fonction première de favoriser l\u2019hygiène \u2013 on vient donc s\u2019y laver \u2013 à une époque où très peu de foyers ouvriers disposaient d\u2019une baignoire ou même d\u2019eau chaude ! En août 1883, le Bain flottant Wellington, dans le canal de Lachine, reçoit entre 400 et 927 personnes par jour.En 1929, les 15 bains de Montréal en opération ont reçu 592 799 baigneurs.En 1945, la clientèle dépasse le million.À partir des années 1950, plusieurs de ces bains ferment leurs portes. GISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTRO FABRE MAXIME VALCOURT CAMELOT AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE 27 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Photographe d\u2019un jour Équipé d\u2019un appareil photo jetable fourni par L\u2019Itinéraire, j\u2019ai enfourché mon vélo et j\u2019ai parcouru la piste cyclable du Vieux-Montréal jusqu\u2019au parc René-Lévesque.Ma mission, comme celle de quelques autres camelots, était de faire voir Montréal à travers nos yeux.Comme la nature m\u2019intéresse plus que les rues, j\u2019ai voulu montrer que des animaux sauvages vivent tout près de nous.Quand je regarde les canards avec leurs petits, le stress disparaît.Eux, ils ne sont pas stressés.Je me suis laissé envahir par le parfum des lilas, les mauves et les blancs.Quel beau décor ! En suivant le canal Lachine, on arrive à une chute près du pont Champlain.L\u2019eau y coule si fort que le son de la chute couvre le bruit de la circulation.Arrivé à Lasalle et Verdun, j\u2019ai constaté que les oiseaux sont de plus en plus nombreux.J\u2019aime moins les carouges à épaulettes qui protègent leurs petits en attaquant les passants.Une fois, je me suis cru dans une tempête de neige en juin.C\u2019étaient des mannes par milliers, ces petits papillons éphémères.Ce n\u2019était pas la première fois que je participais à un tel projet.L\u2019expérience m\u2019a donné le goût de faire d\u2019autres photos, d\u2019autant plus que j\u2019ai eu la chance de suivre un cours d\u2019initiation à la photographie grâce à L\u2019Itinéraire.Une dame huronne Elle était métisse : son père était Huron et sa mère Québécoise blanche.C\u2019est une dame chez qui je faisais le ménage dans les années 1990 et 2000.Elle m\u2019appelait d\u2019avance, pour demander si je pouvais aller lui faire du grand ménage.Je travaillais là toutes les saisons.Je lui téléphonais toujours la veille, pour voir si elle était encore prête.Je travaillais chez elle pendant toute la journée, de 9 h à 17 h.Elle venait me chercher le matin en automobile.J\u2019avais vraiment une bonne compagne, elle était comme une collègue de travail pour moi.Comme elle était beaucoup plus âgée que moi, on se répartissait le travail.Moi, je lavais le plafond et les murs, la partie du haut.Elle était capable de laver la partie du bas des murs.Lorsqu\u2019il s\u2019agissait des armoires, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur, ma cliente lavait la vaisselle pendant que je m\u2019occupais du plafond et des tablettes des armoires.Après cela, je continuais la vaisselle avec elle, et nous replacions le tout dans les armoires.Elle m\u2019amenait dîner au restaurant.Nous avions une heure pour dîner, une pause de 15 minutes en avant-midi et une autre en après-midi.Dans l\u2019après-midi, nous avions le temps de laver une autre pièce à nous deux.Ça pouvait très bien être le passage, ou encore sa chambre à coucher, ou le salon.Elle était à la retraite, mais, auparavant, elle était fonctionnaire au gouvernement.Je garde toujours un excellent souvenir de cette personne.Souvenirs autochtones C\u2019était il y a 34 ans.J\u2019avais alors 21 ans.Quand je suis arrivé sur la réserve Pointe- Bleue (Mashteuiatsh), on m\u2019a très bien accueilli, comme si j\u2019étais un grand frère.Quand j\u2019ai commencé mon bénévolat, j\u2019ai été étonné par les différences entre nos deux cultures, comme l\u2019habillement, la nourriture et la boisson traditionnelle.Sur le plan politique, c\u2019est aussi très différent de nous autres.Une des choses dont je me rappelle bien, c\u2019est comment qu\u2019on dort bien sur la réserve.On n\u2019entend pas le trafic, mais on entend le silence de la nature et quelques loups.L\u2019eau est limpide, claire comme du cristal.On voit les poissons au fond de l\u2019eau, alors qu\u2019ici, c\u2019est dur de voir quelque chose.En hiver, on n\u2019a pas froid dans un tipi avec le feu au centre de l\u2019habitacle, et en plus personne ne ronfle ! On m\u2019a appris à trapper le vison, le renard, le castor et le lynx.J\u2019ai aussi appris à m\u2019orienter sans carte en plein bois (environ à 50 km du prochain village) et à reconnaître les constellations.Aussi, les Autochtones sur la réserve parlaient tous français.N\u2019empêche, c\u2019est long l\u2019hiver là-bas ! Pour aller récupérer le gibier dans les trappes, on y allait en ski de fond avec un traineau en arrière.Il n\u2019y avait pas de motoneige là ! On m\u2019a appris à me sauver des animaux trop dangereux, comme les loups.Quand on faisait face à une meute de loups, les enfants qui nous accompagnaient montaient dans les arbres.Finalement, j\u2019ai bien aimé mon expérience chez les Autochtones.Ça m\u2019a fait découvrir une communauté qui vit différemment de chez nous et qui détient beaucoup de sagesse.SYLVAIN CLOT CAMELOT SAINT-DENIS/ONTARIO Lors d\u2019une hospitalisation, la qualité des soins reçus est, avec raison, la première préoccupation.Et si un facteur contribuait à la diminuer ?Les résultats de l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) sont clairs : la violence subie par les travailleurs qui œuvrent en hôpital psychiatrique peut avoir un impact sur la qualité des soins.Menée par le docteur Stéphane Guay du Centre de recherche Fernand-Séguin (CRFS) sur une période de trois ans, l\u2019étude a été réalisée sur un échantillon de 15 personnes, intervenants à l\u2019IUSMM.Dévoilée la semaine du 25 juin, elle met en lumière des états d\u2019hypervigilance, des pertes de motivation, des peurs spécifiques et généralisées ainsi que des répercussions sur la vie personnelle des travailleurs.Les types de violence Les manifestations de violence subies par les travailleurs peuvent prendre plusieurs formes : verbale, psychologique et physique.Insultes, harcèlement, morsures, baffes, crachats : c\u2019est le lot des travailleurs en hôpital psychiatrique.« Si je sondais les employés de l\u2019urgence [psychiatrique], une personne sur deux se dirait victime de violence en milieu de travail », dit Stéphane Guay.On sent chez l\u2019employeur le désir réel de prendre en considération les résultats de l\u2019étude.D\u2019ailleurs, des actions sont déjà en place au niveau de la formation et les soins, notamment psychologiques.Géraldine Spitz, chef de la promotion santé-sécurité au travail pour le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal, se montre emballée.« D\u2019autres mesures s\u2019en viennent pour la prochaine année, dont l\u2019embauche d\u2019un ergothé- rapeute.» Louis-H. Lafontaine Victimes de violence en milieu psychiatrique Quand j\u2019ai appris que j\u2019allais couvrir un événement à l\u2019hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, je me suis dit : « C\u2019est la première fois que j\u2019y vais pis qu\u2019ils vont me laisser mes lacets.» Mercredi, c\u2019était la troisième fois que je visitais l\u2019hôpital psychiatrique, situé dans l\u2019est de la ville.La différence, cette fois, c\u2019est que j\u2019y allais en taxi accompagné de Gabrielle, une journaliste de La Presse aussi jolie que compétente.Tout un contraste avec les autres fois, où j\u2019arrivais en ambulance, escorté par des policiers, en proie à des idées suicidaires.Je ne voulais pas de cette affectation.J\u2019aurais préféré couvrir la conférence de presse au Stade Uniprix, moi qui suis un grand fan de tennis, ou l\u2019exposition biotechnologique à l\u2019Usine C qui dévoilait un exosquelette.J\u2019avais justement fait une recherche sur ce sujet avec mes enfants.L\u2019occasion de rester dans ma zone de confort était vraiment belle.En même temps, je veux être un journaliste polyvalent.Je m\u2019étais promis au début de ma carrière que je ne refuserais aucun sujet, car il y a toujours quelque chose à tirer, un angle différent à découvrir, une émotion à capter.Ça devrait être la même chose, me suis-je dit, pour le dévoilement des résultats d\u2019une étude sur la violence dans le milieu de travail psychiatrique.La violence des patients contre les employés a un impact sur la qualité des soins, souligne l\u2019étude.J\u2019ai été un patient deux fois dans ma vie, mais jamais violent.E X TR AIT « À Louis-H.avec mes lacets\u2026 » Chronique publiée dans La Presse du 30 juin 2017 28 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Retrouvez l\u2019intégralité sur STAGE À LA PRESSE PAR SIMON JACQUES CAMELOT MÉTRO JARRY Imaginez un instant\u2026 Enfiler une salopette de garage, un squelette robotisé, des gants anti-adhérents.Il fait chaud, et le tout pèse plus de douze kilos.Deux hommes arrivent et nous attachent à l\u2019intérieur de cette camisole de métal.On plonge dans le noir et la piste s\u2019anime sur de la musique techno.La température monte.Vous plongez dans une sorte de transe.et vous lâchez prise.Non, vous n\u2019êtes pas dans un film futuriste.Vous êtes au Festival international d\u2019art numérique Elektra, au cœur du spectacle Inferno qui a eu lieu les 28 et 29 juin à L\u2019Usine C à Montréal.Les bras des 24 exosque- lettes sont revêtu par 49 spectateurs choisis au hasard chaque soir.Les autres sont autour de la piste et regardent les robots-humains s\u2019agiter dans tous les sens.De gros câbles ajoutent au décor futuriste.Un 25e exosquelette sans câbles a été créé pour l\u2019occasion.Vers la fin de la prestation, il devient d\u2019ailleurs le meneur de la chorégraphie.L\u2019art robotique en plein essor La performance robotique franchit un palier considérable.Pour la première fois, dans le cadre d\u2019une telle expérience, les robots, ou bras robotisés en l\u2019occurrence, sont disposés à même les corps des spectateurs.En totale immersion, ceux-ci deviennent les acteurs de la performance, mais sont soumis dans un même temps aux mouvements préprogrammés des exosquelettes.Cette forme de pression, d\u2019asservissement, exercé sur les corps entre fortement en résonance avec le thème générique de la performance : le contrôle des hommes par les machines.Les cocréateurs d\u2019Inferno, Bill Vorn et Louis-Philippe Demers, continuent leur tournée mondiale.Dans les dernières années, ils sont passés par New York, Paris, Rome, Bruxelles.« Inferno se dirige prochainement à Londres, Winchester, Séoul et Buenos Aires.Donc, en termes d\u2019exportation, c\u2019est un produit culturel assez intéressant », dit Alain Thibault, directeur artistique du festival Elektra.L\u2019aventure est particulière de par son aspect multidisciplinaire qui conjugue lumière, musique, danse et robotique.L\u2019expérience participative robotisée va cependant au-delà de la prestation d\u2019art visuel.Les deux créateurs, qui collaborent ensemble depuis maintenant 25 ans, nous confrontent aussi au paradoxe suivant : est-ce l\u2019homme qui dirige la machine ou la machine qui le contrôle ?Lorsqu\u2019on pense aux téléphones intelligents et autres technologies, on se rend compte que des machines, il y en a partout.Nous avons demandé au directeur artistique s\u2019il avait essayé Inferno : « J\u2019avais peur que ça me coûte cher d\u2019ostéopathe, dit-il, tout en nous assurant que l\u2019expérience est sans danger et semble bien pire qu\u2019elle ne l\u2019est en réalité.» Quant à M.Demers, il nous explique qu\u2019il aime les cinq minutes de peur provoquées par l\u2019expérience.« On a peur d\u2019être contrôlés, on a peur de l\u2019essayer, mais finalement on veut être contrôlé et c\u2019est pour ça que cette pièce fonctionne autant.» Exportateur de patenteux québécois « Le Festival Elektra permet aux diffuseurs étrangers de se rencontrer et de faire connaître les artistes canadiens, explique Alain Thibault, ainsi que d\u2019 importer des talents québécois dans différentes villes comme Paris, Rome et Londres principalement.Le marché local est plus petit, c\u2019est pour ça que les artistes d\u2019 ici sont assez en demande à l\u2019étranger.» En 1999, la première édition du festival invitait la France.Pour 2018, ce sera au tour de l\u2019Allemagne.L\u2019idée de faire de Montréal une plaque tournante des arts numériques se concrétise depuis 2012, année du lancement de la Biennale internationale d\u2019art numérique (BIAN).« À cette époque, Robert Lepage [créateur d\u2019Ex Machina] avait donné le coup d\u2019envoi en présentant l\u2019 installation ReACTOR au Musée des beaux-arts de Montréal.» Alain Thibault précise aussi que « l\u2019 idée est de fédérer le milieu des arts contemporains visuels autour de l\u2019art numérique ».Festival Elektra Une expérience hors contrôle « Le Québec est la province qui supporte le mieux sa culture.Il y a des talents ici, nous sommes un peuple de patenteux. » Comme l\u2019a dit un jour Marie Chouinard, danseuse contemporaine P H O T O ?  : ?G R I D S P A C E / E L E K T R A PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL STAGE À LA PRESSE L\u2019entraide J\u2019ai des enfants, deux petits-enfants et trois autres qui arrivent.Ces générations sont toutes ma vie.Mes parents avaient la même mentalité.Je viens d\u2019un petit village du Nunavik, qui s\u2019appelle Kangiqsujuaq.C\u2019est un village inuit.Ces communautés sont très isolées, la population y est très petite alors les enfants sont vraiment importants pour nous.Nous n\u2019avons pas le choix que de nous aider les uns les autres, de travailler ensemble.C\u2019est une question de survie.SARAH ALAKU PARTICIPANTE, CAFÉ DE LA MAISON RONDE Valeur : Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d\u2019un point de vue personnel ou selon les critères d\u2019une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre.Dictionnaire Larousse [en ligne] Participants du Café de la Maison ronde et camelots nous font part de leurs repères, de ces valeurs et souvenirs ancrés en eux et qui, quelle que soit leur culture, ont un jour guidé leur chemin. Family values Mon père insistait beaucoup sur l\u2019importance d\u2019être auprès de sa famille, seulement il est celui que je ne vois jamais.Dans ma famille, je pense être celle qui reste la plus présente pour tout le monde.C\u2019est essentiel pour moi parce que quoi qu\u2019il se passe, c\u2019est ta famille qui te soutiendra.Ce ne sera pas toujours chacun des membres, mais il y en aura toujours un.Ma mère, par exemple.J\u2019ai aussi un frère et une sœur très jeunes et un second frère de 20 ans, mais lui ne porte pas vraiment les mêmes valeurs que moi.VIVIANNA JEROME PARTICIPANTE, CAFÉ DE LA MAISON RONDE Le respect de la différence Mes grands-parents m\u2019ont enseigné le respect.Ça m\u2019a aidé à avoir de l\u2019ouverture d\u2019esprit.Enfant, ils m\u2019ont pris dans leurs bras, m\u2019ont promené de village en village autochtones et m\u2019ont transmis le sens du respect pour la culture des autres.Le mot « respect » voyage beaucoup et s\u2019est transmis de génération en génération chez moi.Mes premiers temps à Montréal ont été un grand choc culturel.Je ne connaissais pas la langue, mais grâce à ce que mes grands-parents m\u2019ont apporté, j\u2019ai rapidement intégré la culture québécoise.RICK QAVAVAUQ PARTICIPANT, CAFÉ DE LA MAISON RONDE Le sens de l\u2019initiative La chose la plus importante qui m\u2019ait été transmise est d\u2019avoir le sens des initiatives et d\u2019en assumer les conséquences.J\u2019en ai souvent eu l\u2019occasion d\u2019ailleurs.Par exemple, lorsque je travaillais dans un dépanneur à 12 ans pour alléger ma mère financièrement ou encore, lorsque je formais sans le savoir des nouveaux camelots à L\u2019Itinéraire avant même d\u2019être nommé mentor.Au travail j\u2019ai toujours été un leader et j\u2019assumais des responsabilités qui ne me revenaient pas normalement.C\u2019est grâce à ça d\u2019ailleurs que j\u2019arrivais à monter en grade.GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE L\u2019amour Sans amour tu ne peux pas vivre.Je ne parle pas forcément de l\u2019amour entre deux personnes.Je viens d\u2019une communauté ojibwé de Sagkeeng, un village à côté de Winnipeg.Nous nous voyons comme un tout.L\u2019individualisme n\u2019existe pas.L\u2019amour y est alors une valeur essentielle, car nous subissons beaucoup de disparitions de femmes et du racisme.Le fait d\u2019aimer nous aide à rester soudés.C\u2019est très difficile de trouver la même chose à Montréal.Peut-être juste au Centre d\u2019amitié autochtone.Mais ce n\u2019est pas une valeur véhiculée.SHIRLEY DEWIND PARTICIPANTE, CAFÉ DE LA MAISON RONDE Se lever le matin Je suis un gars fonceur.Rien ne viendra à toi si tu ne vas pas le chercher.C\u2019est un principe.Ce sont ma mère et ma grand-mère qui m\u2019ont inculqué ça.Ce n\u2019étaient pas que des paroles.Elles me le montraient.Ma mère m\u2019amenait à sa job, la manufacture de couture coin Larivière et Parthenais.Ma grand-mère travaillait à la maison.Elle triait des zippers.Puis, le matin, j\u2019allais rejoindre l\u2019un de ses voisins qui était facteur.Il commençait à 7 h.Je ne faisais que l\u2019observer, mais ça m\u2019a appris à me lever le matin.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO GUY-CONCORDIA Être toujours juste Je déteste l\u2019injustice.Il y a une part de franchise indispensable pour être juste.Ne pas l\u2019être peut faire du mal aux personnes et ça, je ne suis pas capable de le vivre.Ça me rend trop malheureuse.On dit généralement telle mère, telle fille, dans mon cas c\u2019est plutôt tel père, telle fille.Il était très franc.Puis, étant jeune, je ne voulais pas ressembler à ma mère.C\u2019est sûrement pour ça que j\u2019ai les mêmes valeurs que lui.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND Deux phrases pour s\u2019en sortir Mon père me disait, lorsque j\u2019étais jeune, que l\u2019avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! Je ne suis pas quelqu\u2019un de linéaire, j\u2019y vais, j\u2019y vais pas\u2026 ça dépend des jours.Mais dans la rue, je ne savais pas à quoi m\u2019accrocher et c\u2019est en fait en me levant tôt pour aller dans les organismes, pour chercher de l\u2019aide, que j\u2019ai réussi à m\u2019en sortir.La seconde phrase a été : fais-toi confiance.Ça m\u2019a aidée à cicatriser certaines blessures, à revoir ma famille\u2026 C\u2019est en mangeant des coups que tu apprends à dire « stop ! », à connaître tes limites.CYBELLE PILON CAMELOT SAINT-ZOTIQUE / SAINT-ANDRÉ 31 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA I M A G E ?S O U R C E   : ?M A R I A ?Z E B R O F F ?( 1 2 3 R F ) Café de la Maison ronde George Lenser : mélanger cuisine et culture Avez-vous déjà goûté à une madeleine à la banique ?Ou une salade alliant courge et maïs mariné ?Venez découvrir le nouveau menu du Café de la Maison ronde ! Il vient d\u2019être dévoilé avec la collaboration du chef autochtone George Lenser.À l\u2019image du Café (et du chef), il construit des ponts entre les communautés : des produits et saveurs autochtones pour créer des mets contemporains.George Lenser est né à Terrace, au nord de la Colombie-Britannique.Il a des origines allemandes, belges et autochtones.Il a grandi avec sa famille autochtone où les mets amérindiens côtoyaient ceux provenant de la banque alimentaire.« Je partais à la pêche avec des membres de ma famille éloignée, raconte George.Ils étaient très généreux.On rapportait du saumon, des œufs de hareng\u2026 C\u2019était un pur régal ! » Mais pour subvenir à leurs besoins sa famille et lui devaient aussi s\u2019approvisionner à la banque alimentaire Mustard Seed.« On apportait tous notre sac à dos et on se mettait au défi de voir qui rapporterait la plus grande quantité de nourriture.On en recevait souvent une tonne, en canne ou sèche.» George goûtait donc à la fois à de la nourriture délicieuse\u2026 et affreuse.« C\u2019est vraiment là où, adolescent, ma curiosité et mon goût pour la cuisine se sont manifestés.Je me demandais comment je pouvais rendre l\u2019affreux délicieux en jouant avec les saveurs.» Au fil du temps, le désir de cuisiner autochtone a pris le dessus.Étudier en cuisine, où la cuisine française était la norme, et travailler dans des pubs suscitaient de grandes réflexions.« Je me suis posé des questions très profondes : Qu\u2019est-ce que la cuisine autochtone ?Qu\u2019est-ce qu\u2019 il y avait avant l\u2019Amérique ?» Ce grand intérêt pour la cuisine autochtone s\u2019est concrétisé il y a trois ans, quand il est arrivé à Montréal pour travailler au célèbre restaurant Joe Beef.Le propriétaire, Frédéric Morin, s\u2019intéressait beaucoup aux enjeux autochtones, à la politique, à l\u2019histoire.« Nous parlions souvent de la culture autochtone.Il avait, tout comme de nombreuses personnes, beaucoup de questions auxquelles je n\u2019avais pas de réponse.» Aujourd\u2019hui, George Lenser travaille au Foxy, un restaurant huppé de Montréal, ouvert depuis deux ans.Il suit aussi des cours en Études autochtones à l\u2019Université Concordia.Son objectif est d\u2019ouvrir un restaurant 100% autochtone.Il est bien parti ! La recette de maïs mariné de George Lenser est inspirée de l\u2019utilisation du maïs par les Mohawks.Le maïs, la fève et la courge, forment les « trois sœurs » de la cuisine autochtone.Alors que le maïs est généralement intégré dans des ragoûts, au canard ou à la dinde, George l\u2019utilise d\u2019une autre façon, plus contemporaine, afin de créer un plat végétarien.Pour réaliser cette recette, il faut : 2/3 tasse d\u2019eau 1 tasse de vinaigre de cidre de pomme un épi de maïs frais 2.c.à soupe de sucre sel Épices ou herbes au goût.(George aime bien les graines de fenouil) - pot Mason de 500 ml - des pinces.Préparation Stériliser le pot Mason et son couvercle dans l\u2019eau bouillante.Poser à l\u2019envers sur un linge propre.Saupoudrer le maïs de sel pendant environ 20 minutes pour le dégorger.Pendant ce temps, faire mijoter le mélange de vinaigre pendant 15 minutes, à couvert.Retirer les grains de maïs de l\u2019épi et les déposer dans le pot.Passer le mélange de vinaigre au tamis et remplir le pot jusqu\u2019à un demi-pouce du couvercle.Visser légèrement l\u2019anneau du couvercle, sans trop serrer.Mettre le pot dans une casserole d\u2019eau bouillante pendant 10 minutes.Retirer le pot avec des pinces.Laisser refroidir à température ambiante.Quand le couvercle fait « pop » et se creuse, bien visser l\u2019anneau du couvercle.Une fois entamé, il est important de placer la conserve au frigo.Maïs mariné 32 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 CARREFOUR P H O T O   : ?C O U R T O I S I E Je m\u2019appelle Saïd et je suis Syrien d\u2019origine.Pour moi, le peuple inuit est fascinant.Si bien que j\u2019ai fait une recherche pour mieux le connaître.Voici ce que j\u2019ai découvert.Dans le Grand Nord, l\u2019un des endroits les plus froids sur la terre, la température peut descendre à - 30oC, voire - 42oC.Avec le facteur éolien, on peut ressentir - 50oC.L\u2019hiver dure dix mois par année.Le vent souffle sans pitié la poussière glacée et aucun obstacle ne peut le ralentir.La terre, la mer et les rivières deviennent un désert de glace.Les Inuits ont vécu pendant des milliers d\u2019années dans ces conditions météorologiques difficiles.Ils ont appris à composer avec une nature rude, dans une partie éloignée et isolée du monde, où peu d\u2019êtres humains ou animaux pourraient survivre.L\u2019été est court, mais les fleurs sauvages éclosent en une floraison multicolore.La population inuite compte environ 160 000 habitants dans la vaste région circumpolaire du nord qui comprend l\u2019Alaska (États- Unis), la Sibérie (Russie), une partie du Canada et du Groenland.Les Inuits canadiens vivent principalement au Nunavut (un territoire du Canada), au Nunavik (partie nord du Québec) et à Nunatsiavut (la région des établissements inuits du Labrador).La plupart des Inuits vivent maintenant dans de petites colonies, dans des maisons modernes.Ils mangent des aliments vendus sur le marché et quelques fruits et légumes arrivent par avion une ou deux fois par mois.Bien sûr certains diront que ces villages coûtent cher à ravitailler.Les distances sont immenses.La grande majorité des Inuits en Alaska et au Canada en particulier, ne peuvent pas trouver un emploi et ont besoin de l\u2019aide du gouvernement pour survivre.Les animaux les plus importants du nord sont les renards, les lapins, les loups, les caribous, les bœufs musqués, les ours, les phoques et les baleines.Les animaux de l\u2019Arctique ne vivent dans le Grand Nord que quelques mois par année et se déplacent vers les zones forestières au sud au printemps.Les ours et les phoques vivent sur la glace et la neige.Les oiseaux comme les canards, les oies et autres espèces vivent dans l\u2019Arctique pendant une courte période de l\u2019année.Des poissons tels que le saumon, le poisson blanc, la morue vivent sous la couche épaisse de glace dans les mers et les rivières.Les Inuits utilisent leurs compétences de pêche héritées de leurs ancêtres pour attraper ces poissons en hiver.Jusqu\u2019à tout récemment, la grande majorité des Inuits vivaient près de la mer où ils trouvaient la plupart de leurs aliments.Ils chassaient les phoques, les éléphants de mer, les ours polaires, les baleines et les poissons.Ils chassaient aussi un animal appelé le caribou.Ils utilisaient leurs peaux pour fabriquer des vêtements et des tentes pour y vivre à l\u2019intérieur en été.En hiver, ils vivaient dans des maisons de glace appelées « igloos » et qui constituaient une isolation thermique entre l\u2019extérieur à -40oC et l\u2019intérieur à -4oC.Maintenant, ils vivent dans des maisons modernes chauffées, mais ils ne résident dans l\u2019igloo que durant leurs voyages de pêche ou de chasse qui durent plusieurs jours.De plus, dans le passé, ils ont utilisé des traîneaux tirés par des chiens qui ont presque disparu en raison de l\u2019utilisation de motoneiges, mais ils possèdent encore des chiens forts pour la chasse et la garde.Les Inuits ont réussi à arrêter les vagues d\u2019invasion d\u2019autres civilisations et n\u2019ont pas eu de contacts avec les Européens jusqu\u2019au 18e siècle.Leur vie a commencé à changer au 19e siècle après qu\u2019un grand nombre de chasseurs de baleines et de trappeurs européens soient arrivés dans le Grand Nord.Les Inuits se sont joints à eux jusqu\u2019à ce que l\u2019industrie de la chasse aux baleines se détériore.Ils se tournèrent alors vers la chasse aux animaux pour leur fourrure.Les Européens ont échangé avec les Inuits des armes à feu et d\u2019autres biens en retour de la fourrure.De nombreuses espèces ont été complètement décimées à cause de la surpêche et de la chasse excessive dues à l\u2019utilisation de nouvelles armes.Les Inuits ont donc changé leur mode de vie pour toujours.Et avec le réchauffement climatique, on ne sait trop de quoi sera fait leur avenir.Les Inuits, un peuple fascinant 33 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ?  : ?A N S G A R ?W A L K / ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S PAR SAID FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY CHRONIQUE Qamutik (traîneau) traditionnel dans le village inuit Se connaître « Vivre-ensemble » Comment prétendre connaître, même un tout petit peu, quelque chose, quelqu\u2019un ou un peuple si on ne connaît pas son nom ?Il reste manifestement beaucoup de chemin à faire.On se gargarise du « vivre-ensemble » depuis quelques années.De l\u2019importance de l\u2019intégration des nouveaux arrivants, de la solidarité et de la cohésion sociale et de rapports courtois et civiques en société.Force est de constater que les rapports qu\u2019entretient la majorité avec certaines communautés, notamment les nouveaux arrivants et les peuples premiers, ne correspondent pas à cet idéal d\u2019un vivre-en- semble heureux.« Il faut faire mieux.Et pour faire mieux, il faut d\u2019abord mieux comprendre notre patrimoine commun et ses répercussions actuelles.» Ces mots sont de Ghislain Picard, chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.On peut les lire dans la préface qu\u2019il a écrite à un livre majeur, publié il y a quelques années, Les Autochtones et le Québec, ouvrage collectif publié aux Presses de l\u2019Université de Montréal en 2013.Il conjugue la rigueur de la recherche universitaire à l\u2019accessibilité au grand public.Sa lecture devrait être obligatoire dans tous les cégeps de la province, rien de moins.À sa lecture, on apprend tellement de choses \u2013 du système de justice à la langue en passant par la réalité des Autochtones en milieu urbain ou la spiritualité \u2013 qu\u2019on en sort un peu découragé.Comment peut-on être à ce point ignorant de la réalité de celles et ceux qui occupent le même territoire que nous ?Si les gens qui nous gouvernent avaient moindrement à cœur la réalisation de leurs discours de réconciliation et de reconnaissance des droits des premiers peuples, ils mettraient en place de vastes campagnes d\u2019éducation populaire sur leur réalité.Les « selfies » durant un pow-wow et les médailles ne suffisent pas.Elles constituent même une insulte à notre intelligence.Connaissons mieux les peuples premiers, leur reconnaissance viendra bien assez rapidement.D\u2019ici là, apprenons au moins leur nom.Les Premières Nations revendiquent depuis des années la reconnaissance.Reconnaissance de leurs droits ancestraux.Reconnaissance que leurs terres n\u2019ont jamais été cédées, mais plutôt conquises.Reconnaissance du droit à l\u2019épanouissement de leurs cultures, leurs langues et leurs traditions.Reconnaissance de leur existence, tout simplement.Les non-autochtones, particulièrement les descendants des colons européens, peinent à leur accorder ces reconnaissances.Par réflexe colonialiste, sans aucun doute.Pour en arriver à nous défaire un jour de ces a priori, nous (les Blancs) devrons d\u2019abord accomplir un sérieux exercice d\u2019apprentissage.La reconnaissance des peuples premiers devra nécessairement passer par la connaissance de leur réalité.À l\u2019école, nous apprenions le nom des capitales des principaux pays du monde.La langue qu\u2019on y parlait et un mot ou deux de ces langues.Le nom des dix provinces canadiennes et des deux territoires (il n\u2019y en avait que deux, « dans mon temps »), leur capitale et l\u2019année de leur intégration dans la Confédération canadienne.D\u2019aussi loin que je me rappelle, j\u2019ai toujours su le nom des provinces et de leur capitale dans l\u2019ordre, d\u2019est en ouest.Par contre, j\u2019ai beau avoir une mère passionnée d\u2019histoire et d\u2019anthropologie des peuples autochtones \u2013 et être moi-même très sensible à leur réalité \u2013, je peine encore aujourd\u2019hui à nommer les onze nations autochtones qui peuplent le territoire du Québec.(Essayez, pour voir.) C\u2019est quand même un comble ! À 12 ans, je connaissais par cœur le nom des provinces de mon pays, celui des principales capitales de pays à l\u2019autre bout de la planète et aujourd\u2019hui je ne suis même pas en mesure de nommer sans me tromper les peuples qui occupaient depuis des millénaires le territoire conquis par mes ancêtres.Mes voisines et mes voisins, littéralement ! Je serais curieux de connaître la proportion des Québécois non autochtones et non anthropologues qui sont en mesure de le faire.34 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O   : ?K E L L Y ?N E L S O N ?( 1 2 3 R F ) 9072 3429 401 337 Objectif Emploi\u2026 Destination pauvreté ?Réforme à l\u2019aide sociale et impacts sur les personnes itinérantes constituent une avancée pour les personnes qui ne sont pas en mesure de retourner sur le marché du travail, en leur permettant de suivre des programmes davantage adaptés à leurs besoins.La possibilité de bonification du chèque (de 38 $ à 60 $ par semaine) pour celles qui respecteront leurs engagements constitue également une légère avancée.Néanmoins, ces mesures auraient pu s\u2019inscrire dans une approche volontaire et incitative, visant à encourager les personnes, et non pas dans une approche contraignante et punitive, assortie de pénalités financières.C\u2019est pourtant la voie que le gouvernement a prise avec la Loi 25 et qu\u2019il a confirmée dans son projet de règlement.Le maintien de l\u2019obligation de participation et des pénalités financières constituent un recul important pour les personnes à l\u2019aide sociale et plus précisément pour celles en situation ou à risque d\u2019iti- nérance.Des personnes qui, en raison de leur vécu d\u2019itinérance, ne seront pas en mesure de se conformer aux exigences d\u2019un tel programme, bien qu\u2019elles n\u2019aient pas de contrainte reconnue à l\u2019emploi.Rappelons que la reconnaissance d\u2019une contrainte à l\u2019emploi est conditionnelle à l\u2019accès à un diagnostic médical qui est loin d\u2019être acquis pour les personnes en situation d\u2019itinérance.Ce même diagnostic, par ailleurs, prend rarement en compte les impacts de l\u2019itinérance (violences, pour certains problèmes de santé mentale ou de dépendances, etc.) sur leur capacité à retourner, temporairement ou plus durablement, sur le marché du travail.Pour ces personnes, la menace de coupure du chèque compromettra grandement les chances de s\u2019en sortir, les enfonçant davantage dans le cercle vicieux de la pauvreté.Le RAPSIM continuera d\u2019intervenir pour nommer les impacts de cette Loi sur les personnes en situation ou à risque d\u2019itinérance, en rappelant l\u2019importance d\u2019assurer un revenu de base permettant la couverture des besoins essentiels, et en défendant le droit à un revenu décent pour toutes et tous, lequel ne doit pas dépendre de la capacité d\u2019une personne à travailler ou non.Un droit au revenu décent qui, rappelons-le, est reconnu dans la Politique nationale de lutte à l\u2019itinérance adoptée par le gouvernement du Québec en 2014.En novembre dernier, le gouvernement apportait une nouvelle réforme à l\u2019aide sociale avec l\u2019adoption de la Loi 25 (anciennement Projet de Loi 70).Cette loi prévoit que toute personne faisant une première demande d\u2019aide sociale n\u2019ayant pas de contrainte sévère reconnue à l\u2019emploi devra intégrer un programme (Programme Objectif Emploi) visant un retour rapide sur le marché du travail.Si la personne participe au programme, elle recevra une légère bonification de son chèque.Dans le cas contraire, des pénalités financières s\u2019appliqueront, entrainant une coupure du chèque.La prestation pourrait ainsi être réduite à 404 $ par mois pour une personne seule.Le 12 juillet, le gouvernement a publié le projet de règlement de cette loi pour préciser la façon dont elle sera appliquée.Les groupes communautaires ont jusqu\u2019au 10 septembre pour se prononcer sur le contenu du projet de règlement avant que celui-ci ne soit adopté.L\u2019entrée en vigueur de la Loi 25 est prévue le 1er avril 2018.Quels changements apporte la Loi 25 ?Chaque personne faisant une première demande d\u2019aide sociale devra obligatoirement établir un plan personnalisé d\u2019intégration en emploi avec trois parcours possibles : la recherche intensive d\u2019emploi, la formation ou l\u2019acquisition de compétences ou le développement des habiletés sociales.Ce plan précisera les engagements que devra respecter la personne pour avoir accès à son chèque d\u2019aide sociale.Le projet de règlement précise à quelles conditions une personne est tenue de participer au programme, comment sera établi le montant de sa prestation, dans quels cas ce montant pourra être bonifié ou au contraire réduit suite à des pénalités financières.Ces éléments auront des impacts importants pour les personnes faisant une première demande d\u2019aide sociale, dont un grand nombre sont en situation ou à risque d\u2019itinérance.Quels impacts pour les personnes itinérantes ?Les trois parcours possibles proposés, incluant la formation et l\u2019acquisition d\u2019habiletés sociales au-delà du seul retour en emploi, 35 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA INFO RAPSIM PAR ALICE LEPETIT ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM P H O T O ?  : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Arrivé place Jacques-Cartier, il se trouve un lieu tassé au milieu des restos et non loin de boutiques de souvenirs made in China.En plein cœur du Vieux-Montréal, l\u2019Espace Culturel Ashukan est un « pont », comme le signifie son nom, vers la réconciliation des peuples du monde.Ashukan se veut un endroit de professionnalisation, de partage de l\u2019art autochtone, d\u2019équilibre et d\u2019harmonie aux couleurs de nos différences et de nos particularités.Naissance de l\u2019art actuel autochtone « De 1876 à 1951, la Loi sur les Indiens interdisait toute pratique culturelle, artistique et linguistique.À la suite des changements apportés à cette loi en 1951, on assiste à la résurgence de l\u2019art et du savoir autochtone », raconte Nadine St-Louis, directrice générale et fondatrice de l\u2019Espace Culturel.Cette émergence culturelle allait redonner une voix aux Autochtones, interdite depuis près d\u2019un siècle.« Les années 60 ont été un point tournant.Avec la transcription des enseignements oraux sur canevas par Daphne Odjig, artiste peintre de Wikwemikong, le Canada verra pour la première fois l\u2019art autochtone contemporain.» Nous assistons ici à la naissance de l\u2019art actuel.Pour beaucoup de gens, encore aujourd\u2019hui, l\u2019art autochtone se résume à quelques pratiques artisanales : le perlage, la fabrique de mocassins.Mais l\u2019autoroute actuelle de l\u2019art et du savoir des 10 nations amérindiennes et des Inuits fait de ce stéréotype une croyance périmée.Le passé et le contemporain s\u2019entrechoquent, l\u2019histoire et la culture se transmettent par la peinture, le dessin, la sculpture, la littérature\u2026 Toute une richesse qui habite l\u2019art autochtone que l\u2019on retrouve dans les expositions permanente et temporaire de l\u2019Espace Culturel Ashukan.L\u2019art, pour revitaliser Le premier étage propose une exposition d\u2019artistes de plusieurs nations du Québec.Acrylique, encre de Chine et sculptures de bronze, leurs œuvres sont toutes représentatives d\u2019un attachement au territoire, de valeurs et d\u2019héritages ancestraux.Car, si le Canada fête ses 150 ans, l\u2019art autochtone, lui, date de plus de 10 000 ans.Pour Nadine St-Louis, « l\u2019art parle au-delà des paroles.À cause de l\u2019absence de représentation, forcée par l\u2019exclusion, la tendance dans les communautés artistiques autochtones est de remémorer, revitaliser, réconcilier, réclamer », insiste-t-elle.Ashukan, un espace unique d\u2019économie sociale Sans le support et le soutien unique d\u2019Ashukan, les difficultés pour certains des artistes exposés seraient beaucoup plus importantes.Car, comme le souligne sa fondatrice, « Quand tu pars de Kuujjuaq, c\u2019est pour travailler.Tu veux sculpter, peindre, mais les galeristes ne te donnent que 10 ou 20 % de la valeur de ton œuvre.Incapable de produire assez pour amasser l\u2019argent nécessaire pour vivre, ça ne prend pas longtemps avant de te ramasser à la rue ! » L\u2019éloignement, l\u2019isolement et les difficultés d\u2019intégration en milieu urbain représentent également des enjeux sérieux pour le développement tant économique que social des artistes.« Quand tu viens d\u2019ailleurs, un comité t\u2019accueille à ton arrivée au Canada pour t\u2019expliquer comment fonctionnent les choses.Les Autochtones, eux, viennent d\u2019 ici alors il n\u2019y a aucune infrastructure mise en place.Sauf que dans le Grand Nord, il n\u2019y a pas de stops, de rues, de métros, d\u2019autobus\u2026 C\u2019est juste blanc, blanc, blanc ! Peut-on vraiment croire qu\u2019 il n\u2019y a pas de choc culturel en arrivant dans le Sud ?» Espace Culturel Ashukan Un pont pour les peuples 36 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 P H O T O S   : ?K A R I N E ?B É N É Z E T PAR JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PROMENADE MASSON EXPOSITION De la nation Attikamek, Jacques Newashish est né en 1958 à La Tuque.Il a passé son enfance sur le territoire de Wemotaci.C\u2019est ici qu\u2019il reçoit les enseignements transmis par son père sur les traditions ancestrales de son peuple.Peintre, sculpteur, conteur et musicien, Jacques Newashish est un artiste plus que complet et polyvalent.Ses toiles, fortement contemporaines, revêtent toutefois une influence folklorique inspirée par les traditions et les légendes autochtones.Aujourd\u2019hui, l\u2019artiste parcourt le monde avec, comme compagnons, ses tambours, ses contes et ses chansons.D\u2019origine Sioux, Riel Benn a grandi dans le sud-ouest du Manitoba.Exprimant sur toile sa vie, ses joies et ses rêves, ses œuvres sont appréciées à l\u2019échelle planétaire.Récipiendaire de plusieurs prix pour son travail, il s\u2019est vu décerner le premier prix du National YTV Achievement en 1999 et du Manitoba\u2019s Aboriginal Youth Achievement pour les arts visuels.Membre de la nation Innue, Anatole St-Onge vit depuis plus de vingt ans dans la communauté de Maliotenam.C\u2019est suite au décès d\u2019une proche pour qui il avait construit un chevalet qu\u2019il va faire ses premiers pas comme artiste peintre.Le chevalet ne lui était-il pas simplement destiné ?Il va alors troquer sa guitare contre un pinceau, instinctivement.Aujourd\u2019hui portraitiste émérite, romantique de la culture autochtone, son travail est prisé dans plusieurs pays et le public s\u2019accorde pour dire qu\u2019il fait revivre ses personnages.Artiste inuite, Ulaayu Pilurtuut vit à Kuujjuaq, l\u2019une des plus grandes communautés de la péninsule d\u2019Ungava.Elle travaille principalement à l\u2019aide de pigments noirs et d\u2019une touche de couleur qui met en valeur ses dessins.Cette artiste, amoureuse de sa culture, enseigne sa langue d\u2019origine et a été choisie par la Monnaie Royale canadienne pour illustrer une série de pièces de collection autochtones.Jacques Newashish Riel Benn Anatole St-Onge Ulaayu Pilurtuut Femme de caractère engagée dans le monde des arts depuis 1999, Nadine St-Louis considère que «  Les femmes sont les gardiennes du savoir ancestral et des pratiques traditionnelles.Et qu\u2019investir dans les femmes, c\u2019est investir dans l\u2019avenir, dans la communauté.Qu\u2019elle soit Québécoise, Autochtone ou Canadienne, elles sont la colonne vertébrale d\u2019une société.Nadine St-Louis, une femme d\u2019action inspirante Nadine est beaucoup plus qu\u2019une simple entrepreneure.Elle s\u2019investit corps et âme pour le développement, le rapprochement et la valorisation des nations autochtones.« Je suis Micmac Acadienne.Ma famille est originaire de la Nouvelle-Écosse.Nous avons migré avec la déportation des Acadiens au Nouveau-Brunswick et nous sommes installés en Gaspésie.» Fondatrice des Productions Feux Sacrés qui ont donné naissance à l\u2019Espace Culturel Ashukan, Nadine St-Louis a laissé sa griffe un peu partout au Canada.Jusqu\u2019en 2005, à Toronto, elle écrivait des scripts pour le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) afin d\u2019obtenir des licences de diffusion pour la création d\u2019une radio nationale autochtone.Par la suite, elle mettra sur pied pour l\u2019Office national du film (ONF) Perspectives Autochtones, une plateforme éducative en ligne.Consultante pour le Conseil des arts du Canada, elle produira une carte des communautés francophones autochtones du Québec et s\u2019impliquera dans le renouvellement des politiques culturelles du Québec.« En 2005, j\u2019ai réalisé que les Autochtones du Québec étaient invisibles.Pourquoi ?Il y a une double dualité politique, culturelle et linguistique au Québec qu\u2019on ne retrouve nulle part ailleurs au Canada.La dualité des langues pourrait être en partie responsable.Le Canadien français cherche à manifester sa voix, sa souveraineté linguistique.Au Québec, il y a cette dualité français-anglais.Chez les Autochtones, certains parlent anglais comme langue seconde et d\u2019autres ont été colonisés par les Français.L\u2019autochtonie s\u2019est alors perdue dans l\u2019ombrage de cette dualité.» En 2006, Nadine s\u2019installe à Sept-Îles et va travailler avec l\u2019institut Tshakapesh, anciennement l\u2019Institut culturel éducatif montagnais.C\u2019est là qu\u2019elle mettra sur pied, de concert avec Richard Fontaine, artiste peintre innu et ami, le Symposium d\u2019art Mamu.Mot innu qui signifie « ensemble », cet événement sera représenté par 50 % d\u2019artistes autochtones et 50 % d\u2019artistes allochtones de la Basse Côte- Nord.De 2006 à 2011, elle passera quatre mois par année à Sept-Îles pour produire cet événement, le premier du genre au Québec.Au-delà de ses actions concrètes, Nadine St-Louis croit fermement au rapprochement des nations du monde, tel que le dit la prophétie du 8e feu.Cette croyance veut que la 7e génération, celle d\u2019aujourd\u2019hui, ramène l\u2019équilibre parmi les peuples du monde dans le grand cercle de la vie.Les peuples doivent apprendre à vivre ensemble de façon égalitaire, apprendre à s\u2019aimer.Alors, pourrons-nous allumer le 8e feu, celui de la paix.Nadya Kwandibens, une photographe engagée Tout comme Nadine St-Louis, d\u2019autres femmes entreprennent ce grand voyage vers la réconciliation des peuples.Nadya Kwandibens en est un autre exemple.Le deuxième étage de l\u2019Espace Culturel Ashukan, consacré aux expositions temporaires, nous propose d\u2019ailleurs l\u2019une de ses séries de photographies sur l\u2019identité des autochtones en milieu urbain : Concrete Indians.Ce titre lui aurait été inspiré par son père qui, un jour, lui aurait expliqué que « concrete » (béton en français) était un surnom donné aux Autochtones qui s\u2019installaient en ville.Nadya Kwandibens est Anishinaabe (Ojibwé) du nord-ouest de l\u2019Ontario.Pour cette artiste, les Autochtones sont trop souvent dépeints négativement par les médias «\u2026 portrayed as Nations forever troubled » Dans son énoncé de mission elle affirme : « Si notre histoire est une ombre, laissons ce moment nous servir de lumière\u2026 Laissez-nous nous affirmer maintenant et voyez que nous sommes, et serons toujours de grandes civilisations vigoureuses et équilibrées capables de prendre notre place dans ce nouvel espace lumineux.» Par son travail, elle cherche donc à changer les mentalités et les perceptions que l\u2019on se fait des Autochtones.(Nadya Kwandibens est l\u2019auteure de la photo en page couverture de cette édition).Portraits de femmes PAR JEAN-GUY DESLAURIERS - CAMELOT PROMENADE MASSON 38 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 Nadine St-Louis P H O T O S   : ?K A R I N E ?B É N É Z E T PARCOURS Avec son recueil Un thé dans la toundra, Joséphine Bacon nous plonge dans l\u2019exploration de la toundra à travers des poèmes traduits en deux langues : le français et l\u2019innu.Poète reconnue au Québec ainsi qu\u2019à travers le monde, Joséphine est née en 1947 à Pessamit, une réserve autochtone située près de Baie-Comeau.Cette auteure, très attachée à sa culture et à la transmission du savoir, est aussi parolière, réalisatrice, interprète, enseignante et conférencière.Son premier recueil Bâtons à message/Tshissinuatshitakana a eu beaucoup de succès et son deuxième également.Il a d\u2019ailleurs été finaliste pour le Prix du Gouverneur général 2014 et celui du Grand Prix du livre de Montréal.Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat, Joséphine Bacon Éditeur Mémoire d\u2019encrier, 2013 Kuessipan : mot innu signifiant « à toi » ou « à ton tour ».Avec Kuessipan, la jeune écrivaine de 23 ans bouleverse par son premier livre de récits réalistes.Naomi Fontaine fait découvrir le quotidien d\u2019une réserve innue avec justesse.Elle décrit merveilleusement des portraits, un environnement riche, le quotidien d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants.Naomi Fontaine a vécu jusqu\u2019à ses sept ans sur la réserve d\u2019Uashat.Elle grandira ensuite à Québec avec sa mère et ses frères et sœurs.Elle enseigne aujourd\u2019hui le français dans sa communauté d\u2019origine.Kuessipan a été sélectionné parmi les 10 titres finalistes du Prix des 5 continents de la Francophonie, en 2012.Son deuxième roman, Manikanetish, sortira le 29 août.Kuessipan, Naomi Fontaine Édition Mémoire d\u2019encrier, 2011 Natasha Kanapé Fontaine (notre rédatrice en chef invitée) est poète, slameuse, peintre, et comédienne innue originaire de Pessamit.Militante pour les droits des Autochtones, elle a co-écrit le livre intitulé Kuei, je te salue.Allochtone et autochtone se rencontrent à travers une relation épistolaire avec le romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard.Tous deux dénoncent le racisme encore trop souvent exprimé dans notre rapport à l\u2019autre, à travers le récit de leur histoire et de leur culture.Comment cohabiter si notre histoire commune est empreinte de honte, de blessures et de colère ?Comment contrer cette méconnaissance de l\u2019autre qui aboutit au mépris ?Comment faire réaliser aux Blancs le privilège invisible de la domination historique ?Comment guérir les Autochtones des stigmates du génocide culturel ?Autant de questions qui trouvent des pistes de réflexions humanistes et universelles.Kuei je te salue, Deni Ellis Béchard, Natasha Kanapé Fontaine Éditions Écosociété, 2016 Originaire de la région de Matimekosh, An Antane Kapesh est née dans la forêt en 1926, près de Kuujjuaq, appelé alors Fort Chimo.Elle deviendra la chef de la bande innue de Schefferville à 39 ans.En 1983, le journal Révolution écrivait « Je suis une maudite sauvagesse est un livre de mythe et d\u2019espoir, de lutte et de savoir.» Première femme autochtone du Canada à avoir publié des livres en français, An Antane Kapesh écrit pour se défendre et défendre la culture de ses enfants.Un livre qui captive encore aujourd\u2019hui, même de jeunes auteures comme Naomi Fontaine.Une expérience de lecture qui, selon les Éditions Mémoire d\u2019encrier, l\u2019aurait complètement bouleversée.Après cet essai autobiographique, l\u2019écrivaine, aujourd\u2019hui décédée, a publié en 1979 son deuxième ouvrage, Qu\u2019as-tu fait de mon pays ?, un récit sur la colonisation.Je suis une maudite sauvagesse / Eukuan nin matsshimanitu innu-iskueu, An Antane Kapesh Éditions des femmes-Antoinette Fouque, 1976 Ourse bleue aborde la société amérindienne dans la modernité.Le personnage de Victoria voyage au pays de ses ancêtres cris à la recherche de ses racines, en compagnie de Daniel.Elle parle de rêves, de famille et nous fait vivre des moments forts et tragiques de son peuple d\u2019origine.Née aux Rapides-des-Cèdres en 1951 d\u2019une mère crie et d\u2019un père québécois métissé, Virginia Pésémapéo Bordeleau est avant tout artiste peintre.Elle a d\u2019ailleurs participé à plusieurs expositions internationales et reçu plusieurs prix pour ses toiles.Comme écrivaine, elle se verra décerner en 2006 le prix d\u2019excellence en création du Conseil des arts et lettres du Québec pour son recueil de poésie De rouge et de blanc.Ourse bleue, Virginia Pésémapéo Bordeleau Éditions de la Pleine lune, 2007 Voici quelques propositions de lectures d\u2019auteures autochtones.À travers des genres littéraires variés, ces récits témoignent de leur culture à différentes époques.39 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA LITTÉRATURE PAR SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER Créé en 1978, le Centre de culture et de langue est le gardien du patrimoine unique de Kahnawà:ke.Artisanat traditionnel et arts contemporains exposent toute la vitalité d\u2019une communauté et participe au développement social d\u2019artistes locaux et d\u2019autres, d\u2019origine autochtone.Le centre sert également de lieu de ressources pour les universitaires et curieux intéressés par les Kanien\u2019kehaka (la nation mohawk) et les Houdenosaunee (la confédération iroquoise).Dans le but de conserver le précieux patrimoine de Kahnawà:ke, un projet de musée est en développement.La Mission Saint-François-Xavier date de 1667, mais l\u2019église a été définitivement érigée en 1720, à Kahnawà:ke, quelques années après la migration des Mohawks sur ce territoire dont le nom signifie «  sur les rapides  ».Aujourd\u2019hui, ce lieu a une nouvelle vocation, celle d\u2019être le musée de la Mission.L\u2019architecture d\u2019époque est intacte et le Fort Saint-Louis, construit en 1725, reste partiellement visible.À l\u2019origine, ce fort était une palissade de bois.Elle fût rapidement remplacée par de la pierre en 1747 alors qu\u2019une guerre semblait imminente.La Mission St-François-Xavier À la fois lieu de traditions et de tourisme, la communauté de Kahnawà:ke vit « au rythme moderne résolument tourné vers l\u2019avenir et est fière de la sauvegarde de sa langue, de ses traditions et d\u2019un mode de vie distinctif », souligne le grand chef élu, Joe Norton.Remontons quelques siècles plus tôt.L\u2019histoire de Kahnawà:ke commence en 1660 alors que quelques centaines d\u2019Iroquois migrent dans la région de Montréal, convertis pour la plupart au catholicisme.Côté Français, les autorités espèrent ainsi protéger la colonie laurentienne des attaques répétées.Trois communautés mohawks naîtront de cette migration : Kahnawà:ke, Kanesatake et Akwesasne.À cette époque, 100 ans avant la conquête de la Nouvelle-France, les Mohawks sont considérés comme de précieux alliés militaires.Kahnawà:ke deviendra progressivement un pôle essentiel de la diplomatie amérindienne, et ce pendant plusieurs décennies.Elle comptera en 1840 plus de la moitié de la population iroquoise.Historique Promenade à Kahnawà:ke 40 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 VIE DE QUARTIER Centre culturel Kanien\u2019kehá:ka, Raotitióhkwa Onkwawén:na PHOTOS?:?CENTRE?D\u2019ACCUEIL?TOURISTIQUE?DE?KAHNAWÀ:KE Kahnawà:ke est l\u2019une des multiples réserves et centres urbains où l\u2019on peut assister à un pow wow.Fête qui fait appel aux traditions, aux objets, à la musique et à la danse autochtones, cette dernière se tient à Kahnawà:ke, sur l\u2019île Tekakwitha à une date proche du 11 juillet.Cette date rappelle la crise d\u2019Oka et le commencement du barrage des Mohawks en 1990 contre les forces provinciales et fédérales.Une manière de se remémorer, mais également de favoriser une compréhension interculturelle dans une ambiance festive partagée entre Autochtones, Québecois et citoyens du monde.De nombreux sites témoignent de l\u2019histoire de ce village ainsi que de celle de la colonisation.Le sanctuaire de Sainte-Kateri- Tekakwitha en est un.Née en 1656 à Ossernenon en Iroquoisie et décédée en 1680, Sainte Kateri Tekakwitha est la patronne de l\u2019environnement et des Autochtones.Profondément marquée par la variole, baptisée en 1665 sous le prénom de Catherine et finalement dévouée à la religion jusqu\u2019à sa mort, elle est surnommée par les légendes qu\u2019elle anime  : la vierge iroquoise.On raconte que ses cicatrices auraient disparu quelques minutes après sa mort et auraient laissé un visage blanc et d\u2019une beauté éblouissante.Depuis, on fait appel à elle dans la maladie.Les légendes et l\u2019histoire de Sainte Kateri Tekakwitha ont été reprises à travers plus de 300 ouvrages et traduites dans une vingtaine de langues.Elle est aussi un pan important de la culture montréalaise par la place qu\u2019elle occupe dans le célèbre roman de Léonard Cohen,  Les perdants magnifiques (1972).Ses reliques sont conservées dans le sanctuaire de la Mission de Saint-Francois-Xavier à Kahnawà:ke.Au Québec, deux églises portent également son nom : celles des communautés innues de Mashteuiash et d\u2019Uashat.Le pow wow, Échos d\u2019une nation fière Le sanctuaire de Sainte-Kateri-Tekakwitha La communauté de Kahnawà:ke est reconnue pour son importante contribution aux chantiers de construction et de montages métalliques d\u2019imposantes structures dans plusieurs grandes villes nord-américaines.C\u2019est ainsi qu\u2019une trentaine de membres de la communauté ont péri dans la tragédie de l\u2019effondrement du pont de Québec en 1907.À cette époque, un travailleur du nom de Beauvais remarqua un fait inquiétant concernant la stabilité de la structure du pont.Sans même avoir le temps d\u2019en avertir son contremaître, une poutre géante du pont s\u2019effondra dans l\u2019eau.La force engendrée par la chute fût telle que les habitants de Québec, situés à 10 km, crurent à un tremblement de terre.Sur les 86 travailleurs, 75 sont morts.À Kahnawà:ke, on retrouve un monument commémoratif.Une reproduction en acier d\u2019une partie du pont de Québec d\u2019une longueur de 40 pieds, a également été construite par les trois ouvriers qui ont survécus.Tout autour, 33 arbres, un par ouvrier décédé, ont été plantés.Commémoration de l\u2019effondrement du pont de Québec P H O T O S ?: ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A RÉAL LAMBERT CAMELOT LAURIER-LANAUDIÈRE RHEO GALLANT CAMELOT MÉTRO CADILLAC LUCETTE BÉLANGER CAMELOT PIE-IX ET ONTARIO/ORLÉANS 42 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 MOTS DE CAMELOTS Mon rêve est d\u2019être un gardien de sécurité Mon rêve est d\u2019être un gardien de sécurité, mais le monde me dit que c\u2019est impossible et je crois que mon retard mental me donne un désavantage.C\u2019est pour ça que je travaille à L\u2019Itinéraire.C\u2019est difficile de trouver de l\u2019ouvrage avec ma condition, de l\u2019ouvrage qui accepte ma maladie.J\u2019ai travaillé des années dans la sécurité.J\u2019ai eu un peu de misère avec les cours de sécurité quand j\u2019étais gardien à Calgary.J\u2019ai travaillé une couple d\u2019années dans un centre d\u2019achats.J\u2019aime travailler avec des gens.Je m\u2019étais fait ami avec la police.Mais le stress m\u2019a rendu malade, et je travaillais beaucoup d\u2019heures.En plus, le boss prenait l\u2019argent de la TPS.Nos chèques rebondissaient souvent, mais le boss, lui, a pu s\u2019acheter un gros camion et une maison neuve.J\u2019ai travaillé pour la sécurité au Nouveau- Brunswick, mais je n\u2019avais pas assez d\u2019heures.Mais je pense que j\u2019étais un excellent gardien de sécurité.Je pouvais m\u2019organiser quand il y avait du trouble et mes arrestations étaient toujours faites proprement.Quand je suis arrivé à Montréal, j\u2019ai commencé le cours mais je n\u2019ai pas pu le finir.Présentement, je ne sais pas si je pourrais le faire, mais un jour j\u2019aimerais recommencer le cours pour pouvoir travailler comme gardien de sécurité.Mon ami Réjean Réjean, que j\u2019ai rencontré il y a plus de 11 ans, m\u2019a apporté tout ce dont j\u2019avais besoin dans ma vie.Il m\u2019a donné une liberté dirigée qui me procure un grand bonheur à tous les jour, en plus de son amour.Il prend soin de moi et il me gâte.S\u2019il pouvait, il me donnerait la lune.Je me sens choyée.Avec lui, ma vie est exceptionnelle.Grâce à lui, je n\u2019ai plus rien à attendre de la vie.Réjean m\u2019a appris des tas de choses que je ne connaissais pas.Par exemple, comment me servir d\u2019un ordinateur et aller sur internet pour écouter des films et des vidéoclips, comment faire un c.v.ou jouer de la guitare.Nous avons découvert Montréal ensemble, et il m\u2019a aidée parce que je n\u2019ai pas le sens de l\u2019orientation.Nous profitons de la ville ensemble.Avec lui, j\u2019aime Montréal car il y a beaucoup d\u2019activités.Avec la liberté qu\u2019il m\u2019a donnée, je peux faire tout ce qui me plaît et quand ça me plaît, contrairement à ce que j\u2019ai vécu dans le passé.On est heureux ensemble, je le fais rire et il me fait rire (il a déjà été clown).Réjean est une personne très bonne et généreuse.Il est délicat, dévoué, enjoué et souriant.C\u2019est un soleil sur deux pattes.J\u2019espère avoir le bonheur de pouvoir vivre encore beaucoup d\u2019années avec lui.Mon père Mon père est né à Saint-Georges- de-Beauce.Il était le deuxième d\u2019une famille de 13 enfants.À l\u2019âge de 12 ans, il a dû quitter le foyer pour aller travailler à la plage Germain dans le comté de Sainte-Catherine.Il ramassait les déchets sur la plage avec un cheval et une charrette.Par la suite, il a commencé à être bûcheron à La Tuque, et draveur.Mais il avait le sens des affaires, malgré sa quatrième année.Il acheta une terre et la fit bûcher.Il a aussi fait du taxi avec une Chevrolet des années 1940.Puis quand il se maria, en 1948, il devint cultivateur.Il construisit un grand poulailler et vendit des œufs au village de Pont-Rouge.Il travailla 25 ans à la Building Products et il devint « millwright » (celui qui pose et répare les tuyaux dans un moulin à papier).Il ouvrit une manufacture de matelas et de rembourrage.Puis comme il n\u2019avait pas le temps de s\u2019en occuper, il m\u2019en donna la charge.Je faisais tout de A à Z, sauf que ma mère cousait les enveloppes.Mais comme je n\u2019avais que 17 ans et que je rêvais d\u2019aventure, je suis parti à Rimouski m\u2019inscrire à l\u2019Institut de marine pour travailler sur les bateaux de marchandises.Malgré son peu d\u2019instruction, mon père a été capable d\u2019élever sa famille.Merci à tous mes clients. BD SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX siou-artiste.blogspot.ca joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Crèmes mousseuses.- Bain à remous.2.Odeurs.- Existais.3.Nez.- Corpuscules reproducteurs.4.Ardent.- Ville des États-Unis.5.Tsar.- Avant-midi.- Ajout.6.Inappréciables.7.Oiseau.- Rôt.8.Puis.- Deux.- Avalé.- Radon.9.Reporté au pouvoir.- Invita.10.Endosseraient.verticalement 1.Raillera.2.Carbonates de calcium.3.Limitiez.- En matière de.4.Copine.- Sélénium.- Parcouru.5.Monnaie.- Cour intérieure.6.Arête.- Deux mille trois.7.Note.- Manganèse.- Chrome.8.Divisa.- Serpent.9.Oncle de Harriet Beecher Stowe.- Poli.10.Vêtement indien.- Saint du département de la Manche.- Cale.11.Pieuse.- Huche.12.Meurtre.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Écimées Titre turc Puaient Maussades Farinais Lettre grecque Étendue Creux Acquisivité Ville du Japon Singe Volcan du japon Espionnées Repaire Talonne Plante Réelle Balances À toi Adjectif démonstratif Attrapé Ville de France Article Charge Baie Apparu Puis De bras ou de voûte Écimées Titre turc Puaient Maussades Farinais Lettre grecque Étendue Creux Acquisivité Ville du Japon Singe Volcan du japon Espionnées Repaire Talonne Plante Réelle Balances À toi Adjectif démonstratif Attrapé Ville de France Article Charge Baie Apparu Puis De bras ou de voûte Réponses du 15 AOUT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 P P E R E P S E T T E S T I E N L E I L A N E C E V R A E I T I N D N A S E S U I T E T S A O E S T E E P I E E S S T U R P I S S A I I M R I O F S S T E T E 1er août 2017 S A B A Y O N S S P A A R O M E S E T A I S T A R I N S P O R E S I G N E M I A M I A R O I A M R P S I N E S T I M A B L E S S I Z E R I N R O T I E T I I B U R N R E E L U C O N V I A A S S U M E R A I E N T Réponses du 15 AOUT 2017 S E P A R A T I S T E S A P O L O G I S T E S N I E B E R S E T C A G B O S S U E I E T E N O R N E M S O N O M A S T I Q U E S R I S E T T E U S E E I E S I E S T E S R U S A V T A T E R A M C R E A S S E S S Réponses du 1ER AOUT 2017 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx À elle Rôder Accablement Propres Fixée Qui paralyse Plissasse Moitiés Brûlé Maladies Considérée dans sa durée Papillon Mâchoires Frictionnées Fleur Contester Lichen Onde Aride Thallium Perroquet Colère Cours d\u2019eau Pièce de charrue Ouellé Élimer Note Radon Invente À elle Rôder Accablement Propres Fixée Qui paralyse Plissasse Moitiés Brûlé Maladies Considérée dans sa durée Papillon Mâchoires Frictionnées Fleur Contester Lichen Onde Aride Thallium Perroquet Colère Cours d\u2019eau Pièce de charrue Ouellé Élimer Note Radon Invente Réponses du 01 AOUT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 P R D D R C E E I R E T L S E C S U N E E R N E A U A R A I L S S U E R N I E R E O M R S S E P M A S E S E S U D R A I T V E E U D M E I S N I C I E N R E À vos crayons ! 44 ITINERAIRE.CA | 15 août 2017 DÉTENTE publicité 1er août 2017 SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 57798 7 3 9 2 4 8 5 6 8 2 1 5 9 3 1 4 3 2 5 6 2 4 1 9 7 6 8 7 3 1 6 4 9 5 2 9 2 4 7 8 5 1 6 3 6 5 1 2 3 9 4 8 7 4 8 2 5 7 1 6 3 9 1 3 7 4 9 6 8 2 5 5 6 9 8 2 3 7 4 1 7 4 6 3 1 2 5 9 8 3 9 8 6 5 7 2 1 4 2 1 5 9 4 8 3 7 6 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du dimanche 07 mai 2017 12:00:02 1 / 1 JEU DE CHIFFRES RÉPONSES DU QUIZ DE LA PAGE 14 JEU DES 7 DIFFÉRENCES 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 45 15 août 2017 | ITINERAIRE.CA SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 57796 8 9 6 8 2 9 2 5 6 9 4 5 3 1 2 9 3 5 7 9 1 1 4 8 7 6 3 5 8 3 6 7 8 9 7 3 1 4 5 6 2 4 5 6 8 2 9 1 3 7 1 3 2 7 5 6 9 4 8 5 7 3 1 4 8 2 9 6 6 2 1 9 3 5 7 8 4 9 8 4 6 7 2 3 1 5 3 1 5 4 6 7 8 2 9 7 6 8 2 9 1 4 5 3 2 4 9 5 8 3 6 7 1 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du dimanche 07 mai 2017 12:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S Itinéraire - Cahier du 15 août, 3,6875 po x 4,875 po, couleurs lacsq.org TOUT LE MONDE MÉRITE UNE CHANCE ÉGALE d\u2019écrire son avenir. Ce n\u2019est pas parce que tu vis dans une communauté que tu dois vivre dans des conditions de tiers-mondistes.Maïtée Labrecque-Saganash Il?existe?de?nombreux?stéréotypes?négatifs?associés?aux?Autochtones, comme que l\u2019idée de l\u2019abus d\u2019alcool, de drogue, le chômage et la violence sont des pratiques généralisées, et des préjugés sur les causes de cette situation.Backhouse, Kobayashi, & Cameron Les?gens?voudraient?que?l\u2019on?soit?un?«?front?commun?»?mais?on?n\u2019est?pas?un?bloc monolithique; c\u2019est la même chose que dans la société en générale.Par contre, cette division est utilisée contre nous par les gouvernements.Widia Larivière Si?t\u2019es?une?femme?autochtone,?t\u2019as?moins?de chance qu\u2019on te cherche que si tu es un animal (\u2026) On ne devrait pas nous demander de survivre.On devrait nous offrir?l\u2019opportunité?de?vivre.?Mélissa Mollen-Dupuis Si je vous installe dans un carré, mais que j\u2019y entre aussi et vous repousse continuellement, jusqu\u2019à ce que vous soyez?à?la?limite,?qu\u2019allez-vous?faire?Vous?allez?me?repousser?à?votre?tour?en?disant?:?«?C\u2019est assez ».C\u2019est exactement ce qui nous est arrivé.John Cree What we need are real choices.Cherry Smiley Il?est?difficile?pour?moi?de?dire?que?je?célèbre?le?150e anniversaire du Canada.?Et,?je?veux?dire?que?ce?que?je célèbre, c\u2019est la résistance des peuples autochtones.Ellen Gabriel As?survivors?we\u2019ve?been?to?the?top?of?the?mountain.?On?top?of?the?mountain?we?were?given?new?fire?to?talk about our hurts, our pain, our struggle.We were instructed to be strong.We were instructed not to be?ashamed.?We?were?instructed?not?to?be?afraid?to?talk?about?dehumanization.?We?were?not?afraid?to?talk?about?the?traumatization?of?our?spirits.?We?came?down?from?that?mountain?and?we\u2019re?telling?you?the?truth?of?what?happened.?Andrew Wesley Reconciliation?means?more?than?just?the?restoration?of?our?relationship.?Our?women,?our?people,?have?unaddressed?grief,?intergenerational trauma, as the residential schools severed the most important bond, that bond between indigenous children and?their?mothers?and?their?families.?This?system?exposed?our?children?to?a?cycle?of?violence?that?continues?today,?but?we?know?that?violence?is?a?learned?behaviour?and?therefore?we?also?know?that we can unlearn this behaviour.We can make a change.Dawn Lavell-Harvard P H O T O   : ?J O S E F P I T T N E R ?( 1 2 3 R F ) des autochtones educalcool.qc.ca La rentrée scolaire, qui sera là avant même qu\u2019on ait eu le temps d\u2019être tanné des après-midi à la piscine,apportera avec elle son lot de célébrations.Fêtes de début d\u2019année, initiations universitaires, les occasions seront nombreuses de se faire de nouveaux amis.Bien entendu, ces activités sont plus souvent qu\u2019autrement accompagnées d\u2019alcool et c\u2019est ainsi que quelques-uns laisseront un souvenir inoubliable, mais peu souhaitable, à leurs nouvelles connaissances.Puisque l\u2019expérience a démontré que la solution se trouve rarement dans l\u2019interdiction mais plutôt dans la prévention et la sensibilisation, entamer une réflexion sur notre rapport à l\u2019alcool avant d\u2019aborder cette période de l\u2019année ne peut que s\u2019avérer positif.Bien que plusieurs pensent que la prise d\u2019alcool facilite la création de nouveaux liens d\u2019amitié, celle-ci peut aussi être fort nuisible.En effet, passé un certain stade, vous pourriez perdre le contrôle de vos gestes et de vos paroles et vous risquez plus de vous embarrasser qu\u2019autre chose.Après tout, on n\u2019a qu\u2019une chance de faire une bonne première impression ! Prendre un p\u2019tit coup.Vous vous rendez à une fête de début d\u2019année, comment antici- pez-vous votre soirée ?a) Vous réunissez quelques amis et êtes tous enthousiastes à l\u2019idée d\u2019aller prendre un verre et faire de nouvelles connaissances.b) Vous êtes heureux à l\u2019idée de rencontrer de nouvelles personnes mais vous buvez un peu plus que prévu car vous croyez que vous êtes plus amusant ainsi.c) Vous commencez la fête seul à la maison, question de vous détendre, et continuez avec entrain une fois sur place, en oubliant jusqu\u2019à votre nom ! Difficile de vous présenter dans ces circonstances ! Vous êtes dans le comité organisateur de la fête d\u2019initiation de votre programme.Que proposez-vous comme activités ?a) Des activités variées pour plaire aux goûts de tout le monde et permettre à tout le monde de faire connaissance.b) Des activités variées pour faire connaissance, accompagnées de breuvages aussi variés, pour plaire à tous.De l\u2019alcool, mais sans oublier des cocktails sans alcool, des jus, de l\u2019eau, des boissons douces.c) Des jeux à boire, bien entendu.C\u2019est plus facile pour tout le monde de briser la glace avec plusieurs verres dans le nez ! C\u2019est le début d\u2019une nouvelle année scolaire, quelle attitude adoptez-vous ?a) Il s\u2019agit pour vous d\u2019un bon moment pour faire le bilan, prendre de bonnes nouvelles habitudes et peut-être même vous faire de nouveaux amis lors des nombreuses fêtes de la rentrée.b) Une nouvelle rentrée, de nouvelles rencontres, mais aussi quelques matins difficiles après des fêtes un peu trop arrosées.c) Les partys estivaux font place aux partys de la rentrée ! Une beuverie n\u2019attend pas l\u2019autre, peu importe la raison ! \u2022 Soyez vous-même.Inutile de vous enivrer pour devenir quelqu\u2019un que vous n\u2019êtes pas.À moins que vous vouliez que tout le monde vous connaisse comme étant celui qui ne sait pas boire.\u2022 Restez hydraté.N\u2019oubliez pas de boire beaucoup d\u2019eau au cours de la soirée.Pourquoi ne pas boire un verre d\u2019eau et sortir prendre l\u2019air entre chaque consommation alcoolisée ?Ou encore découvrir les recettes de cocktails sans alcool proposées sur le site www.alternalcool.com ?\u2022 Mangez.Se rendre à une fête l\u2019estomac vide est une bien mauvaise idée.Assurez-vous de prendre le temps de manger un bon repas ou une collation avant.Pourquoi ne pas traîner quelques en-cas avec vous ?\u2022 Respectez vos limites.Personne ne refusera d\u2019être votre ami parce que vous savez dire non.Peut-être seront-ils plus hésitants si vous faites un fou de vous parce que vous avez trop bu par contre ! \u2022 Pas de calage.Les concours de calage sont dangereux, ils peuvent même être mortels.Si un concours de calage est organisé lors d\u2019une fête à laquelle vous assistez, n\u2019hésitez pas à le dénoncer.Pour commencer sur une bonne note ! Les conseils du pro L\u2019alcool et la rentrée scolaire : P H O T O ?: ?L U K A S ?G O J D A / ?W A V E B R E A K ?M E D I A ?( 1 2 3 R F ) ÉDUC\u2019ALCOOL EducALCOOL_15JUIL.indd 1 17-07-28 16:00 YO Je ph i = i UUUVUU | au 27 août pour les 6 à 11 ans\u201d Transport gratuit du 22 juin (16h) stm.info/sortiesenfamille * CERTAINES CONDITIONS S'APPLIQUENT MOUVEMENT COLLECTIF 4@> S tm "]
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