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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 1 septembre 2017
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2017, Collections de BAnQ.

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[" DOSSIER TÉMOIGNAGE EXPOSITION Toxicomanie Un SIS près de chez vous Quand les pimps ont débarqué Par Jo Redwitch, camelot World Press Photo Le monde dans l\u2019objetif Volume XXIV, n?17 Montréal, 1er septembre 2017 a b o n n e m e n t s a u stm.info/visiteurs C2 © © Montreal et ses déplacements illimités dans 68 stations de métro et 220 lignes de bus Dooo vi 0 18° \u2014 -_\u2014 Je 10° Titre un jour Titre 3 jours Tarifs sujets a changement sans préavis MOUVEMENT COLLECTIF vive£1375 stm Nom Francine | Camelot n° 1393 | Âge 65 ans Point de vente Le Maison du rôti Bordeaux/Mont-Royal F rancine Duffy est une Montréa- laise « pure laine ».Née il y a 65 ans dans le quartier francophone de Tétreaultville « dans l\u2019Est », elle a passé ses étés d\u2019enfant au chalet de sa grand-mère, à St-Calixte dans Lanaudière.« C\u2019étaient des étés d\u2019intense bonheur, se souvient-elle.On passait les journées à se baigner dans le lac.» À l\u2019âge adulte, Francine a décroché son diplôme de professeur, ce qui lui a permis de rouler sa bosse un peu partout au Québec et en Ontario.Elle a commencé sa vie active en enseignant le français comme langue seconde dans une école élémentaire de Pembroke, en Ontario.Au milieu des années 1970, elle avait sous sa responsabilité des élèves du niveau maternelle jusqu\u2019à la sixième année.Soif d\u2019aventure De retour au Québec, elle se retrouve ensuite à Chibougamou et à Chapais avant d\u2019accepter un poste à Mont-Roland, dans les Laurentides.« Une fois que j\u2019ai obtenu quelque chose, j\u2019ai de la difficulté à l\u2019apprécier », dit-elle pour expliquer tous ses déménagements.Sa soif d\u2019aventure l\u2019amène ensuite en zone nordique dans les villages cris de Waskaganish (Fort Rupert), Wapanoutauw (Eastmain) et Chisasibi, ainsi que dans la communauté inuite de Puvirnituq.« J\u2019ai toujours eu le goût de l\u2019aventure, confie-t-elle.Mais chez les Cris, c\u2019est là que j\u2019ai eu le plus de plaisir.Chez les Inuits, c\u2019était plus difficile.Je n\u2019avais même pas de livres pour enseigner.» Puis c\u2019est le retour vers Montréal où elle rencontre son futur mari.Elle donne naissance à sa fille unique, Catherine.« J\u2019ai eu un divorce qui m\u2019a menée à des problèmes de santé, raconte-t-elle ensuite.Ces problèmes m\u2019ont empêchée de me réaliser.J\u2019aurais aimé réussir dans l\u2019enseignement pour trouver un intérêt dans la vie et la considération des autres.Mais les opportunités ont diminué avec le temps.» Francine a retrouvé son sourire en entrant à L\u2019Itinéraire il y a deux ans et demi.« J\u2019aime mon travail et c\u2019est valorisant.Ce n\u2019est pas un travail fictif ou imaginaire, c\u2019est une réalité bien concrète qui nous touche de près, nous les camelots.À L\u2019Itinéraire, on aide le monde à se réaliser.» Francine aime bien le secteur où elle travaille, sur le Plateau Mont- Royal.« C\u2019est beau ce coin-là et mes clients sont généreux.L\u2019autre jour, un client m\u2019a acheté un calendrier à 10 $ et m\u2019a donné 5 $ pour la revue.J\u2019étais contente.» Il y a quelques semaines, Francine a eu un petit accident.Elle n\u2019a pas pu travailler pendant deux mois.« J\u2019ai hâte de retrouver mes clients réguliers », assure-t-elle.« Aujourd\u2019hui, je suis heureuse.J\u2019ai mis la prière dans ma vie.Ça m\u2019aide à aimer plus les autres.Je fais confiance à la vie.» Si vous passez dans le coin, arrê- tez-vous dire bonjour à Francine.Vous verrez bien que son bonheur est authentique et que son sourire est contagieux.L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Francine Par Laurent Soumis, chargé de l\u2019accompagnement des participants Photo : Alexandra Guellil Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA GUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MAGALIE PAQUET Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, JUSTINE CLÉMENT, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE MONTVALON, VALÉRIE SAVARD, LAËTITIA THÉLÈME, PAUL VANASSE, GUILLAUME VIGNEAULT Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE, ROSEMONDE LEGAULT, LOUIS VÉZINA Photo de la une : PROJET EXPO 67 LIVE ONF /BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA-BAC ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet Café de la Maison ronde : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : GUY LARIVIÈRE - Glasford International Canada Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSONNETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg, sencrl, srl KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Représentant des camelots : YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs?dans?la?rue.?Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?Centre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 11 3 MOTS DE CAMELOTS DOSSIER Annie Lambert 10 David Blanchard 10 Sylvain Pépin-Girard 10 Mostapha?Lotfi?22 Cécile Crevier 22 Josée Cardinal 22 Jean-Guy Deslauriers 42 Gisèle Nadeau 42 Serge?Trudel?42 ÉCRIVEZ-NOUS  ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp  ! ÉDITORIAL 7 Le YIMBY au lieu du NIMBY ?Par Luc Desjardins ROND-POINT 8 Par Alexandra Guellil ROND-POINT INTERNATIONAL 9 COMPTES À RENDRE 20 Le Grand Schtroumpf Par Ianik Marcil, économiste indépendant INFO RAPSIM 21 Les coûts de l\u2019itinérance Par Pierre Gaudreau, directeur-général du RAPSIM TÉMOIGNAGE 23 Quand les pimps ont débarqué Par Jo Redwitch DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 34 INFO CAMELOTS 33 Camelot d\u2019un jour 2017 Par Yvon Massicotte EXPO 67 37 Un voyage transformateur Cinq ans et marqué à vie par l\u2019Expo 67 Par Joseph-Clermont Mathurin Expo 67 a transformé nos vies Par Gaétan Prince Ce qu\u2019il en reste Par Simon Jacques VIE DE QUARTIER 40 Le Vieux-Montréal Par?Roger?Perreault BIENVENUE CHEZ RAOUL 43 DÉTENTE 44 À PROPOS DES SOUVENIRS 46 Par?Tuan?Trieu-Hoang Francine La 12e édition du World Press Photo Montréal?sera?présentée?du?30?août?au?1er octobre, au Marché Bonsecours, dans le?Vieux-Montréal. L\u2019événement?présente?les?photographies?gagnantes?de?la?plus?prestigieuse?compétition?professionnelle?au?monde.?En?2017,?5000?photographes?de 125 pays ont soumis un total de 80?000?images.WORLD PRESS PHOTO MONTRÉAL CACHEZ-MOI CETTE SERINGUE ! \u2022 Les services d\u2019injection supervisée à Montréal \u2022 Un pansement aux problèmes sociaux ?\u2022 Tout?pour?sauver?des?vies \u2022 Un SIS, comment ça marche ?\u2022 Des injections supervisées et mobiles Par Alexandra Guellil ?Temoignage?exclusif?Visite dans un SIS près de chez vous 26 Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.SOMMAIRE 1er septembre 2017 Volume XXIV, no 17 Monsieur?Tuan?Trieu-Hoang, J\u2019ai beaucoup aimé votre entrevue avec Hubert Reeves (édition du 15 juillet?2017).?J\u2019en?ai?présenté?un?aperçu?sur?mon?blogue?personnel?:?Des fleurs aux étoiles Bon été ! Cordialement, Claude Trudel Magnifique?projet.?Vivement la rencontre des cultures?et?des?différences.?Offrir?un?café?gratuit,?une?banique, un sourire.bon été, tout le monde x.Solange Baril Message Facebook publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs :  514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : POUR UN AVENIR MEILLEUR, MON CHOIX, C\u2019EST LA CSN 1 800 947-6177 sesyndiquer.info au préalable.En plus, je t\u2019 informe que la piquerie qui était au coin est enfin rendue sur l\u2019autre rue, la situation des vols de nos tomates est réglée.\u2014 Vous avez déplacé la situation d\u2019une rue, es-tu certain que ce sont eux qui volaient et non quelqu\u2019un qui avait faim, comme un voisin ?Et la conversation se transforme tranquillement en une réunion de cuisine, où on échange sur les exploits de nos enfants et le dernier épisode de Game of Thrones, tout en gérant le sort de la communauté autour de l\u2019école du quartier voisin et de ses fameux services d\u2019injection supervisée.Nous travaillons parfois avec acharnement pour maintenir notre propre qualité de vie, notre sécurité.Pratiquons-nous le YIMBY (Yes in My Back Yard) pour juste bien paraître ou avons-nous un problème de communication et de perception ?Et la sécurité des autres, on en fait quoi ?Les promoteurs ont parfois tendance à blâmer, à provoquer l\u2019égoïsme et l\u2019incompréhension.Les médias amplifient la réalité ; couvrir les problèmes et les résistances avec insistance, c\u2019est payant.Les gouvernements ont tendance à réagir plutôt qu\u2019à agir.Les groupes impliqués ont une vision à très long terme et oublient le court et moyen terme.Les partis politiques transforment les débats en enjeux électoraux.Les réactions sociales de résistance face à un projet sont normales et positives.Tout change, sauf le changement.Nous devons nous y faire avec des échanges positifs de non-confrontation, assumer nos responsabilités, avoir de l\u2019écoute, avoir une attitude d\u2019ouverture et de compromis, être ouverts à la concertation.En somme, nous devons être orientés vers les solutions.Nous oublions trop rapidement qu\u2019avant d\u2019être des consommateurs de drogues dures, des indésirables, des irrécupérables, des dangereux, nous étions des enfants.Comme disait Lao Tseu, « on peut faire des prévisions sur tout, sauf sur le futur ».C\u2019est un phénomène social qui nous pousse parfois à avoir un comportement paradoxal.On veut à la fois avoir tout, voir tout, comprendre tout, aider tout, partager tout, mais lorsque le tout est à nos côtés, devant nous, le Not In My Backyard (Pas Dans Ma Cour) devient la conclusion facile pour tout.Avons-nous si peur du changement ?On veut à la fois éliminer les piqueries et le flânage dans nos parcs, repousser les citoyens déconsidérés et les autochtones venus chercher du support.Vous savez, c\u2019est ceux en haut du 56e parallèle qui partent d\u2019un petit village de 400 habitants, qui arrivent dans une métropole pour chercher de l\u2019aide et qui soudainement se ramassent à quêter au coin de Sherbrooke et Parc : un réfugié dans sa propre province.Rappelons-nous le pied de nez que L\u2019Itinéraire a fait au syndrome « Pas Dans Ma Cour » en décembre 2004 en aménageant au pied du pont Jacques-Cartier ses nouveaux locaux.Treize ans et 2200 vies changées plus tard, la vie de quartier évolue encore, avec ses restaurants et ses condos, et tout cela dans l\u2019harmonie.Échos et perceptions J\u2019ai été invité dernièrement par des amis à un « potluck » un beau samedi soir dans une ruelle près de chez nous.Merci, j\u2019ai apprécié la bonne bouffe et le bon vin.Mais mes oreilles m\u2019ont titillé fictivement.\u2014 Tu sais, nous travaillons fort pour que l\u2019 image de notre quartier change.La valeur de nos maisons est en hausse, youpi !!! Et j\u2019ai eu ma nouvelle vignette de stationnement.\u2014 Oui, je sais, pas évident de se stationner dans votre coin.Votre ruelle est rendue l\u2019extension de votre cour.Et j\u2019ai remarqué que la bouche d\u2019égout est aux couleurs des « Minions ».\u2014 Oui, c\u2019est beau, as-tu vu nos concombres, nos tomates ?C\u2019est super.Tout le monde peut en prendre, à condition d\u2019y avoir contribué Le YIMBY au lieu du NIMBY ?7 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?R O N S T I K ?( 1 2 3 R F ) ÉDITORIAL PAR LUC DESJARDINS DIRECTEUR GÉNÉRAL P H O T O   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L questions à Yann Tremblay-Marcotte 4 faire respecter leurs droits et exposer leur situation encore une fois, alors qu\u2019elles traversent un moment difficile.D\u2019abord, nous leur conseillons de contacter l\u2019un des organismes membres du Front commun des personnes assistées sociales du Québec pour qu\u2019elles puissent trouver de l\u2019aide.Ensuite, comme tous les problèmes liés à l\u2019aide sociale, il est possible de faire une demande de révision.Si cela ne fonctionne pas, les personnes doivent aller en procès au Tribunal administratif du Québec.À travers cette contestation juridique, il est possible d\u2019avoir un cas de jurisprudence.Cela signifie que la contestation judiciaire peut être facilitée lorsqu\u2019il y a une décision favorable dans un dossier similaire.Quelles sont vos positions sur le règlement du projet de loi 70 (ou loi 25) rendu public en juillet dernier ?Malgré nos avis répétés depuis le mois de novembre 2015 et les appuis de nombreux groupes qui ont confirmé les risques de cette proposition de loi pour les bénéficiaires de l\u2019aide sociale, le gouvernement maintient sa position.Les pénalités pour les personnes qui ne seront pas en mesure de participer au programme Objectif-emploi entrainent une amputation du chèque de base de 56 $, de 112 $ ou de 224 $.Or, c\u2019est complètement inacceptable de penser couper un chèque qui ne couvre pas les besoins de base.Aussi, dans le fameux plan d\u2019intégration qui devra être signé par les nouveaux bénéficiaires, il faudra accepter de conserver un emploi ou bien être capable de justifier son départ.Or, on sait très bien que, dans la réalité, les cas de harcèlement ou de conditions de travail sont complexes à prouver.De plus, on ne sait pas à quelle Coordonnateur du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, Yann Tremblay-Marcotte revient sur les difficultés de certains bénéficiaires de l\u2019aide sociale.Parmi elles, l\u2019amputation de leur chèque pour les victimes d\u2019actes criminels parce qu\u2019elles reçoivent déjà une indemnité mensuelle de l\u2019Indemnisation des victimes d\u2019actes criminels (IVAC).  Quel est le lien entre l\u2019attribution d\u2019une indemnité mensuelle de l\u2019IVAC et l\u2019aide sociale ?Au Québec, il existe une loi sur l\u2019indemnisation des victimes d\u2019actes criminels.Grâce à ce texte législatif, une victime d\u2019un acte criminel peut recevoir une indemnisation pour compenser son traumatisme, qui a des impacts réels sur sa vie personnelle et professionnelle.Lorsque la victime est reconnue comme telle, on évalue son degré de traumatisme et, suite à cela, le montant de l\u2019indemnité est déterminé.Le problème dans le cas d\u2019une personne qui bénéficie de l\u2019aide sociale, c\u2019est que ce même montant est considéré comme un revenu.Quand ce montant dépasse celui autorisé, il sera amputé du chèque de base.En clair, la personne perd ainsi son indemnité à cause de l\u2019aide sociale.Existe-t-il des recours pour les personnes qui se retrouvent dans cette situation ?Je souhaite rappeler que lorsque l\u2019on est victimes d\u2019un acte criminel, cela signifie que l\u2019on a subi un traumatisme important.Je trouve cela assez troublant de savoir que ces personnes doivent se battre pour fréquence auront lieu les contrôles des agents, et la proposition de règlement insinue qu\u2019ils auront lieu chaque semaine puisque le boni de participation sera versé aux deux semaines.Enfin, tout sera inscrit dans ce fameux « Plan d\u2019intégration », et le règlement suggère que les personnes auront peu de recours pour contester ce qui est à l\u2019intérieur.Le gouvernement nous laisse croire que le plan sera co-construit avec les personnes, mais quel sera le pouvoir réel de celles-ci ?À quels besoins devrait répondre l\u2019aide sociale au Québec ?L\u2019aide sociale correspond actuellement à une prestation minime pour une personne seule et ne répond même pas à la moitié des besoins jugés nécessaires par le panier de consommation.Cela veut dire qu\u2019une personne qui se retrouve à l\u2019aide sociale est garantie d\u2019endommager sa santé.Pour nous, il est essentiel d\u2019instaurer un Revenu social universel garanti pour permettre aux personnes de répondre à tous les besoins.C\u2019est une question de droit.D\u2019ici là, il est urgent d\u2019enlever la limite des gains de travail permis qui stagne à 200 $ depuis les années 1990, d\u2019arrêter de considérer les pensions alimentaires comme un revenu, de donner un chèque par personne pour celles qui habitent en couple (plutôt qu\u2019un chèque et demi) pour ne prendre que quelques exemples.En bref, il faut donner un montant de base aux personnes pour assurer leur santé et leur épanouissement, puis leur permettre d\u2019ajouter un revenu par le travail.C\u2019est une question de justice sociale et de solidarité.9136 3435 411 341 8 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?120?journaux?de?rue?dans?35?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de?journaux?de?rue.?Le?contenu?de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir?plus,?visitez?www.street-papers.org.ÉCOSSE | La Coupe du monde des sans-abri Un an après la Coupe du monde des sans-abri à Glasgow, en Écosse, le tournoi change encore des vies.Le projet Legacy a aidé les bénévoles de l\u2019événement à continuer à améliorer leurs compétences et leur confiance grâce au football.Lors du tournoi de 2016, Glasgow a accueilli 65 équipes de football de 51 pays.Tous les joueurs ont connu l\u2019itinérance ou la dépendance, ou étaient des vendeurs de journaux de rue ou des demandeurs d\u2019asile.L\u2019événement préconisait la fin de l\u2019itinérance grâce au football tout en permettant de développer un programme de bénévolat pour personnes aux prises avec des problèmes d\u2019itinérance ou de toxicomanie.Les bénévoles ont tout fait, de la vente de programmes et de marchandises au transport de drapeaux, sans oublier la présentation des médailles.L\u2019expérience pour les bénévoles ne s\u2019est pas terminée avec le coup de sifflet final puisqu\u2019elle leur a permis de développer leurs compétences et leur confiance grâce à une gamme d\u2019activités sportives, culturelles et d\u2019apprentissage.Ainsi, dès la fin du tournoi, tous les bénévoles ont eu accès à une variété d\u2019activités qui les ont aidés à acquérir de nouvelles compétences, à développer leur confiance et à améliorer leurs liens sociaux.Chaque bénévole a également bénéficié d\u2019une adhésion gratuite à un gymnase local.(INSP) MALTE | Oui au mariage homosexuel Autrefois conservatrice, l\u2019île de Malte a adopté cet été sa législation la plus progressive en légalisant le mariage homosexuel.Les élus ont voté cette loi réalisant ainsi la promesse électorale du premier ministre, Joseph Muscat, et ce, dès le début de son mandat.L\u2019île de Malte a toujours été profondément catholique.Dans cette Loi sur le mariage, les mots « mari », « femme », « mère » et « père » ont été remplacés par les mots neutres « conjoints », « parent qui a accouché » ou « parent qui n\u2019a pas accouché ».Le premier ministre a expliqué qu\u2019un tel libellé était nécessaire pour éviter de catégoriser les membres de la société.Il a rejeté les accusations voulant que cette dénomination finisse par sonner le glas de la « fête des Mères » et de la « fête des Pères ».« Je pense que c\u2019est un vote historique, a déclaré M.Muscat.Cela montre que notre démocratie et notre société sont pleinement matures.C\u2019est une société dans laquelle nous pouvons tous dire que nous sommes égaux.» (Reuters/INSP) CANADA | Résistance à Trump Le terme « islamophobie » a récemment fait les manchettes dans les débats nationaux sur les libertés de parole et de religion.Déjà l\u2019automne dernier, la bigoterie anti-musul- mane avait marqué la campagne présidentielle de Donald Trump.Mais les Canadiens ont peut-être conclu trop rapidement que les choses étaient différentes dans leur pays.On oublie que, lors de l\u2019élection fédérale de 2015, l\u2019ex-premier ministre Stephen Harper avait fait du niqab un enjeu électoral.Le niqab est un voile facial porté par des femmes musulmanes, qui couvre le visage, mais pas les yeux.La même année, le Conseil national des musulmans canadiens a signalé une forte augmentation des crimes et incidents haineux.Rappelons qu\u2019en janvier dernier, six hommes ont été massacrés dans une mosquée de Québec par un fan de Donald Trump.De plus, chaque semaine, d\u2019autres incidents sont signalés à Toronto et à Vancouver.Derrière le mythe trompeur du multiculturalisme, le Canada n\u2019échappe donc pas aux démons qui hantent l\u2019Amérique et l\u2019Europe.(MEGAPHONE/INSP) E L E A N O R ?S U S A N ?L I M / I N S P P H O T O ?: ?D A R R I N ?Z A M M I T ?L U P I / R E U T E R S P H O T O ?: ?L Y L E S T A F F O R D / R E U T E R S TRADUCTION :?LAURENT?SOUMIS ROND-POINT INTERNATIONAL ANNIE LAMBERT CAMELOT BIBLIOTHÈQUE JACQUES-FERRON À LONGUEUIL SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ EN ENTRETIEN MÉNAGER DAVID BLANCHARD CAMELOT BIBLIOTHÈQUE GEORGES D\u2019OR À LONGUEUIL 10 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Sobre depuis 12 ans Pendant de longues années, j\u2019ai sombré dans l\u2019alcool et le jeu.J\u2019étais en dépression et suicidaire.Puis, après de multiples tentatives, en 2005, enfin la lumière est apparue au bout du tunnel noir.Le 5 septembre 2005, j\u2019ai décidé de ne plus boire et de ne plus jouer.Ça fait bientôt 12 ans que je suis sobre, et je prendrai mon jeton et mon gâteau de 12 ans à Longueuil.Des fois, on s\u2019accroche à quelque chose qui nous aide à y croire et allume en nous la possibilité d\u2019accéder au bonheur ; sans artifice pour fuir et pour geler le mal.En 2005, c\u2019est lors d\u2019une thérapie que j\u2019ai écouté la chanson Naître de Marie-Chantal Toupin.Je l\u2019ai écoutée à chaque fois que les beaux cadeaux de la vie me sont arrivés, comme le moment où mon père, venu de France et a accepté de me remettre le jeton marquant mes dix ans de sobriété.Aujourd\u2019hui, je m\u2019implique en témoignant à l\u2019occasion et, surtout, je m\u2019accepte comme je suis maintenant.J\u2019ai reconstruit un cercle d\u2019amis positifs.Pour renforcer mon abstinence, je milite pour la justice sociale et l\u2019égalité.Je fais de mon quotidien un objectif de vie sans artifice.Je me donne le droit, des fois, de pleurer et d\u2019appeler des personnes dans les moments plus sombres.Aujourd\u2019hui, je veux être dans la lumière et ne plus être dans le noir.Je me dis que malgré les pires moments, le bonheur et l\u2019espoir sont possibles.J\u2019ai été longtemps aveuglé, dans la noirceur, l\u2019autodestruction, le désir de mourir.Maintenant je suis dans le désir de rester dans la lumière.Après le désespoir, l\u2019espoir.Je me donne enfin le droit au bonheur.Même au plus profond du baril, rien n\u2019est impossible.J\u2019ai pu sortir du baril pour vivre et voir, le matin, la journée de façon sereine.Je crois au bonheur et je ne vis plus dans le malheur.Un jour à la fois, tout est possible.Les seringues et les sites d\u2019injection Quand on me parle de seringue, ça me donne une peur bleue parce que mon père consommait des substances.Il est mort à cause de ça.Je trouve ça triste de voir des gens se piquer à l\u2019héroïne, à la morphine et à plein d\u2019autres choses.Un jour, j\u2019ai vu quelqu\u2019un se piquer devant moi et j\u2019ai tout de suite pensé à mon père parce que je connaissais les effets.J\u2019ai demandé au gars si on devenait accro lorsqu\u2019on se pique.Il m\u2019a dit : « ton père l\u2019a fait et il n\u2019est pas revenu de son trip.Si tu en prends, tu vas penser juste à ça ; ça va te hanter, tu vas faire une overdose.» Il m\u2019a dit que cela ferait de la peine à mon père et qu\u2019il m\u2019en voudrait.Alors, j\u2019ai tout lâché, et ça fait quatre mois que je n\u2019ai rien consommé.Je suis sûr qu\u2019il me regarde du paradis et qu\u2019il est fier de moi.Il y a maintenant des endroits où les gens peuvent se piquer.Je trouve ça excellent parce que ça devient comme une seconde maison où l\u2019on peut faire les choses en toute sécurité.Je sais qu\u2019il y a des gens qui s\u2019opposent à ça.Je leur dis : « mets-toi dans leur peau et essaie de les comprendre.Arrêtons de les juger parce qu\u2019 ils consomment.C\u2019est leur choix de vie.Il faut les accepter.» C\u2019est sûr qu\u2019on ne veut pas que nos enfants voient ça.Mais parce qu\u2019ils sont en sécurité dans un endroit sûr, il y aura moins d\u2019overdose et de pertes humaines tragiques.Moi, j\u2019ai perdu mon père parce qu\u2019il n\u2019y avait pas encore de sites d\u2019injection supervisée.Aidons ceux qui veulent en créer.Repose en paix, papa, avec tous les autres.Déjà un an ! Eh oui ! L\u2019Itinéraire est maintenant en vente à Longueuil depuis un an.Pourtant, régulièrement des gens sont encore surpris de nous rencontrer à Longueuil, bien loin du métro.C\u2019est qu\u2019à Longueuil, nous sommes dans les bibliothèques municipales.C\u2019est là que je me rends compte qu\u2019il y a bien des gens qui ne fréquentent pas leur bibliothèque municipale ! Quand j\u2019étais jeune, j\u2019étais souvent à la bibliothèque.On appelait ça « un rat de bibliothèque ».Je lisais tard le soir et, pour ne pas que la lumière soit vue sous la porte, je lisais avec une lampe de poche sous les couvertures.Et j\u2019allais chercher la suite le lendemain.Je suis passée au travers de la série du Club des cinq et du Clan des sept comme ça.Ces moments sont de bons souvenirs.Alors, pour moi, il y a un sens au fait que mon emplacement de vente soit dans une bibliothèque.Ça me remet en contact avec ces petits moments où je me réfugiais dans un livre et trouvais une certaine paix dans mon cœur d\u2019enfant, quand la vie des grands brassait trop autour de moi.C\u2019est à ça qu\u2019on se raccroche dans les moments difficiles, à des bons souvenirs.Je ne serais probablement pas capable de vendre dans un métro achalandé à cause de mon « post-trauma ».À nos débuts, à Longueuil, nous nous partagions un emplacement à l\u2019extérieur du métro Longueuil, et c\u2019était difficile pour moi.Mais ce souvenir me rappelle que je dois toujours entretenir un lieu de calme en moi où je peux trouver refuge.Je fais le plein sur mon « spot », c\u2019est calme.Je vous souhaite d\u2019entretenir cet espace de calme en vous, et, si besoin, de venir nous voir dans les bibliothèques ! L\u2019Onusida (le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida ) le confirme dans ses vidéos de sensibilisation : toutes les quatre minutes dans le monde, une personne qui s\u2019injecte des drogues est infectée par le VIH/sida.Au Canada, certaines études scientifiques commencent à révéler que la crise des opioïdes a des liens avec l\u2019incidence de l\u2019hépatite C.Plus proche de nous, à Montréal, il y aurait un peu plus de 4000 utilisateurs de drogues injectables et 70 décès constatés chaque année en raison d\u2019une surdose.L\u2019ouverture récente des services d\u2019injection supervisée à Montréal a relancé le débat sur l\u2019acceptation des personnes utilisatrices de drogues par injection.Si l\u2019on admet volontiers qu\u2019elles puissent exister, il est moins aisé de ne pas les juger.Pourtant, les acteurs sur le terrain le confirment : les programmes dits de « réduction des méfaits » ne banalisent pas la consommation de drogues.Au contraire, ces initiatives aident à sauver des vies.P H O T O   : ?M A K S I M ?E V D O K I M O V ?( 1 2 3 R F ) Intensité d\u2019activité UDI * Utilisateurs de drogues par injection * Les services d\u2019injection supervisée à Montréal Source : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal 12 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 Intensité d\u2019activité UDI * Utilisateurs de drogues par injection * Réduction des méfaits Un pansement aux problèmes sociaux ?jour et refuges, les centres de crise ou encore les cliniques libres.« Si le Québec a été à l\u2019avant-garde dès que l\u2019on parlait de prévention, au début des années 1980, c\u2019est plus les anglophones qui ont été leaders sur ces questions », souligne M.Brisson en rappelant que Vancouver a été pionnier au pays dans l\u2019ouverture d\u2019un service d\u2019injection supervisée.« Il est clair qu\u2019au Canada, le changement de gouvernement au fédéral a aidé à suivre l\u2019approche de la réduction des méfaits.Peut-être même que, dans quelque temps, la mesure de testing sera légalisée et que la Colombie-Britannique ne sera plus la seule province à autoriser la prescription d\u2019héroïne », estime Pierre Brisson.Actuellement au Canada, la loi applique l\u2019approche de la réduction des méfaits qui comprend la fourniture de matériel de consommation, les traitements de substitutions pour la dépendance aux opioïdes, l\u2019information, l\u2019éducation et la communication sur une consommation sécuritaire, le travail de proximité et d\u2019auto-support par et pour les usagers, et les services d\u2019injection supervisée.Les mesures en la matière vont cependant plus loin ailleurs dans le monde, puisque certains pays autorisent la prescription d\u2019opiacés comme l\u2019héroïne, la morphine, l\u2019analyse de la composition des substances ou testing.De plus, nombreux sont les pays qui commencent à décriminaliser et dépénaliser l\u2019usage et la consommation de drogues.« Peut-être que l\u2019on ira dans ce sens lorsque le nombre de décès augmentera », ironise le professeur en rappelant que « c\u2019est toujours dans la crise que les gouvernements finissent par agir ».À noter qu\u2019en Alberta, le fentanyl a causé plus de 340 décès en 2016, soit un tiers de plus que l\u2019année précédente.Le gouvernement a donc décidé d\u2019équiper les premiers répondants de trousses de naloxone pour combattre cette crise.Limites et enjeux Paradoxalement, Pierre Brisson interpelle sur les limites que présente l\u2019approche de la réduction des méfaits.« Cette approche peut masquer que l\u2019on n\u2019investit pas socialement au bon endroit.Il n\u2019y a aucune noblesse à s\u2019 injecter dans les rues\u2026 Cela signifie que les inégalités économiques et sociales sont des causes profondes menant parfois à la toxicomanie, qui n\u2019est d\u2019autres qu\u2019une voie d\u2019évasion », complète le professeur.Ce dernier estime finalement que la réduction des méfaits pourrait ainsi devenir un pansement que l\u2019on met aux problèmes sociaux pour éviter de s\u2019en occuper réellement.L\u2019ouverture récente des services d\u2019injection supervisée à Montréal a relancé le débat sur l\u2019acceptation sociale des personnes utilisatrices de drogues par injection.Ce projet s\u2019inscrit directement dans l\u2019approche dite de « réduction des méfaits » suivie au Québec depuis les années 1980 pour contrer la propagation du VIH/sida ou des hépatites.Distribuer du matériel d\u2019injection stérilisé ou proposer aux utilisateurs de drogues injectables un lieu sécuritaire pour s\u2019injecter, c\u2019est travailler à réduire les conséquences négatives liées à l\u2019usage des drogues plutôt qu\u2019à éliminer le comportement.Cette approche dite de « réduction des méfaits » comprend aussi le contrôle du dosage, de la qualité des produits, de l\u2019attention portée à la fréquence, des raisons de la consommation, du choix des ambiances ou encore des modes de consommation.Chargé de cours pour les programmes d\u2019études et de recherches en toxicomanie à l\u2019Université de Sherbrooke, en plus de faire partie du comité de rédaction de la revue scientifique Drogues, santé et société, Pierre Brisson explique le contexte dans lequel cette approche est née.« Il était impossible de demander à l\u2019ensemble des usagers de drogues d\u2019arrêter de consommer.Par contre, il était possible de leur proposer une prévention secondaire », indique le professeur.Si, dans ces années-là, cette approche était loin de faire l\u2019unanimité, le chercheur estime qu\u2019en 2017, elle est un peu plus comprise et utilisée.« Au départ, c\u2019était pour des usagers européens d\u2019héroïne, pour contrer la propagation du VIH.Aujourd\u2019hui, on se remet des années Harper et du recul qu\u2019il y a eu dans le domaine puisqu\u2019on libéralise en quelque sorte l\u2019usage de certaines drogues.Qui aurait cru que la même année, on parlerait de la légalisation du cannabis, mais aussi de l\u2019ouverture de services d\u2019 injection supervisée ?» Consommation sécuritaire Dans les années 1960 et 1970, un mouvement social de rupture au plan des valeurs et du mode de vie a émergé.Le résultat s\u2019est caractérisé par l\u2019explosion de la consommation du cannabis, des hallucinogènes, de l\u2019héroïne et de la cocaïne.Cela a donné lieu à certaines pratiques allant du choix de substances brutes au contrôle des méthodes de culture, en passant par l\u2019encadrement des usagers.C\u2019est notamment suite à cette période qu\u2019ont émergé les nombreux réseaux téléphoniques et lignes d\u2019urgence, les centres de PAR ALEXANDRA GUELLIL 13 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L DÉCRYPTAGE Depuis le 18 juin dernier, trois services d\u2019injection supervisée (SIS) ont ouvert à Montréal et un quatrième suivra prochainement.Jason Champagne, directeur adjoint des programmes santé mentale et dépendance, et Carole Morissette, chef médicale au secteur de prévention et contrôle des maladies infectieuses, tous deux du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSS) du Centre-Sud, ont travaillé sur le projet d\u2019implantation des services d\u2019injection supervisée à Montréal.Ils reviennent sur les étapes entreprises pour obtenir l\u2019exemption de Santé Canada et expliquent le projet.Ces services, ouverts 22 heures sur 24 tout au long de l\u2019année, pourraient permettre entre 200 à 300 injections par jour.Pouvez-vous rappeler quelques-unes des démarches entreprises auprès de Santé Canada pour obtenir l\u2019exemption permettant l\u2019ouverture de SIS à Montréal?CAROLE MORISSETTE : En 2010, dans la foulée de la sortie d\u2019un rapport sur l\u2019augmentation des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) à Montréal, notamment chez les personnes utilisatrices de drogues injectables (UDI), un comité de pilotage a été mis sur pied pour identifier les conditions qui permettraient la mise en place d\u2019une offre régionale de SIS à Montréal.Un rapport à ce sujet a été publié l\u2019année suivante.Le 30 septembre 2011, la décision de la Cour suprême du Canada à l\u2019égard du SIS Insite à Vancouver a ouvert la voie à l\u2019ajout de programmes ouverts aux personnes UDI.En mai 2015, Lucie Charlebois, a approuvé le projet montréalais déposé en 2013.Il a fallu attendre le retour de Santé Canada sur la demande d\u2019exemption, qui a été facilitée par le changement de gouvernement au fédéral.Comme le projet d\u2019unité mobile d\u2019intervention était unique au pays, nous avons dû expliquer et confirmer la raison d\u2019un tel besoin.Il nous restait un critère important à confirmer, qui était l\u2019octroi du budget par le gouvernement provincial.Ce n\u2019est qu\u2019en septembre 2016 que nous avons eu l\u2019approbation finale d\u2019un budget de 12 millions $ sur trois années.Cette somme couvre à la fois les frais d\u2019aménagement des structures ainsi que les formations et la rémunération du personnel de santé et le renforcement des groupes communautaires qui participent au projet.Ce budget a aussi servi à développer notre propre système d\u2019information permettant de retenir et de monitorer les services rendus aux personnes UDI.En moins d\u2019une année, parce que nous étions précédemment en préparation, on a procédé à toutes les étapes.Qui sont les professionnels qui interviennent dans ces services?JASON CHAMPAGNE : Il y a eu différentes séquences d\u2019embauche du personnel, dépendamment de l\u2019œil avec lequel on regarde cela.Il y a des personnes qui proviennent des organismes communautaires, des intervenants ou des pairs-aidants, mais aussi des infirmières qui relèvent du CIUSS.Trois cohortes regroupant entre 40 et 60 professionnelles ont été créées, et leur formation a débuté à la mi-février.Il fallait s\u2019assurer que tout le monde s\u2019entende bien sur le fonctionnement des services, mais aussi sur ses rôles et responsabilités.Certaines personnes qui habitent à proximité de ces services s\u2019inquiètent des conséquences de l\u2019ouverture de ces services dans leur quartier.Comprenez-vous ces inquiétudes?Est-ce qu\u2019il y a eu assez de vulgarisation de ce projet de prévention?JASON CHAMPAGNE : Il faut que nous continuions d\u2019avoir des canaux de communication ouverts avec les résidents.Est-ce que c\u2019est légitime ?Ce n\u2019est pas à moi d\u2019en juger.Ce qu\u2019ils ressentent est une insécurité à une ouverture des services d\u2019injection supervisée.Notre travail est de rester à l\u2019écoute et de proposer des aménagements en étroite collaboration avec tous.On est dans un registre émotif qui comporte une part d\u2019inconnu, et, la seule façon de travailler cela, c\u2019est de se parler et de réagir s\u2019il y a des situations particulières.Il faut que l\u2019on se retrousse tous les manches pour s\u2019assurer que le quartier est sécuritaire pour tous.Dans un centre urbain, il y a toutes sortes d\u2019activités nocturnes ou non, et il faut se donner le temps de comprendre toutes ces dynamiques.On veut et on doit rester en communication avec les résidents, les commerçants et les usagers de drogues par injection pour trouver la bonne recette pour que tous puissent être heureux dans l\u2019espace public.CAROLE MORISSETTE : En mettant l\u2019accent sur les services d\u2019injection supervisée, notre préoccupation, c\u2019est certainement que les personnes utilisatrices de drogues injectables s\u2019y sentent bien et les utilisent, mais nous sommes aussi préoccupés par la communauté.On est des professionnels du réseau de la santé, et ce n\u2019est pas possible de regarder les choses d\u2019un seul et unique angle.Nous nous sommes engagés à travailler avec les parents et le voisinage, et nous allons le faire, mais il faut se donner le temps et garder les canaux de communication ouverts.Il faut aussi faire confiance à l\u2019ensemble des personnes engagées dans ce projet : la plupart de nos collaborateurs travaillent avec les utilisateurs de drogues injectables depuis Services d\u2019injection supervisée Tout pour sauver des vies PAR ALEXANDRA GUELLIL 14 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 P H O T O ?  : ?D I R E C T I O N ?S A N T É ?P U B L I Q U E ?M O N T R E A L ENTREVUE Cubicules - Cactus, à Montréal plus de 30 ans.Je suis personnellement engagée dans la réduction des méfaits depuis 1992.On en a vu, des réactions, et nous avons tous les outils pour les comprendre et travailler à partir de différentes perspectives permettant une belle cohabitation.Ce sont des dynamiques de centre-ville, de mixité sociale, et il va falloir que tout le monde s\u2019ajuste.Favoriser la cohabitation, cela signifie-t-il que vous travaillerez à montrer les bienfaits des services d\u2019injection supervisé?JASON CHAMPAGNE : Notre devoir n\u2019est pas de convaincre toutes les personnes qui sont aux abords d\u2019un service d\u2019injection supervisée.On ne se donnera jamais cette prémisse, mais nous souhaitons le plus possible travailler à un consensus autour de l\u2019organisation des SIS et on travaillera avec tous les acteurs concernés.CAROLE MORISSETTE : Il ne faut pas oublier non plus que les SIS sont installés dans les quartiers où les besoins des personnes utilisatrices de drogues par injection sont bien documentés.On a 73 000 visites annuelles dans les groupes communautaires.Cette statistique nous oblige à reconnaître le besoin, on ne peut pas le nier.Dans le contexte de la crise des opioïdes, personne ne remet en question l\u2019utilité d\u2019un tel service, mais il faut que l\u2019on travaille ensemble sur l\u2019acceptabilité sociale et la cohabitation.Les consommateurs de drogues par injection seront-ils invités à entamer un travail de désintoxication ?JASON CHAMPAGNE : Un service d\u2019injection supervisée, ce n\u2019est pas un service de désintoxication.C\u2019est un service où l\u2019on peut aller consommer librement en étant supervisé par du personnel qualifié.Si la personne souhaite limiter ou arrêter sa consommation, elle est prise en charge par le personnel infirmier et référée vers les services adéquats.Je crois qu\u2019il est important de se rappeler que le modèle montréalais est un choix mis sur pied de concert avec les organismes communautaires qui accueillaient et qui accueillent la même clientèle.Il faut se rappeler que Spectre, Dopamine ou Cactus distribuaient avant cela du matériel d\u2019injection stérilisé et du matériel de prévention des ITSS*.On leur donne juste un outil de plus dans leur « boîte d\u2019intervention » auprès des personnes utilisatrices de drogues injectables.Avant l\u2019ouverture des SIS, ces personnes allaient déjà dans ces organismes, soit pour bénéficier d\u2019une intervention, soit pour récupérer du matériel.Elles devaient par la suite se trouver un lieu pour s\u2019injecter, qui pouvait parfois être dans l\u2019espace public.C\u2019est un fait qu\u2019une personne qui s\u2019injecte laissera sa seringue souillée dans l\u2019espace où elle s\u2019est injectée.Ces services sécurisent donc l\u2019espace utilisé pour l\u2019injection en plus de la personne elle-même, qui sera sous contrôle si elle ressent des effets secondaires ou les premiers signes d\u2019une surdose.Dans le contexte actuel, les usagers apportent leur propre drogue.Comment l\u2019infirmière fait-elle pour savoir ce qu\u2019il consomme comme substance afin d\u2019être en mesure de prodiguer les soins adéquats en cas de besoin?CAROLE MORISSETTE : Si l\u2019usager vient avec des comprimés opioïdes, on est plus ou moins certains de ce qu\u2019elle va consommer, étant donné que la plupart des opioïdes en circulation à Montréal sont des médicaments de prescription.Lorsque quelqu\u2019un mentionne qu\u2019il a consommé de la Dilo 4 milligrammes, c\u2019est que c\u2019est ce qu\u2019il a consommé.À Montréal, il y a plus de médicaments de prescription dont on connait le dosage et la composition que de comprimés contrefaits, comme on peut le voir ailleurs au pays.En revanche, il faut nuancer, si l\u2019usager vient avec de la cocaïne ou de l\u2019héroïne, nous ne sommes pas certains de la composition de la drogue.Les produits de coupe existent depuis toujours, mais dans le contexte de la crise du fentanyl, qui est présente surtout dans l\u2019ouest, c\u2019est une question importante.Ceci dit, nous sommes en train de travailler à mieux connaître ce qui circule dans la communauté pour être capable d\u2019émettre des avis si ces substances s\u2019avèrent particulièrement dangereuses.« Il est important de se rappeler que 100 % des usagers des drogues injectables n\u2019iront pas forcément dans ces services.Mais toutes les personnes qui entrent dans ces services n\u2019iront pas de fait dans l\u2019espace public ou un lieu plus ou moins sécuritaire pour s\u2019injecter.Ce que l\u2019on veut, c\u2019est s\u2019assurer qu\u2019elles puissent avoir accès à un environnement sécuritaire. » Jason?Champagne Sans infirmière, il n\u2019y a pas d\u2019injection.L\u2019infirmière ne peut en aucun cas appuyer sur le piston pour procéder à l\u2019injection.Carole Morissette * Infections transmises sexuellement et par le sang P H O T O   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Un SIS, comment ça marche ?La réception La salle d\u2019attente La salle d\u2019injection La salle de répit La salle de soins Lors de sa première visite dans un SIS, l\u2019usager(ère) de drogues injectables est invité(e) à s\u2019inscrire auprès du personnel médical et d\u2019intervention.L\u2019usager(ère) donne ses informations, et son consentement permettant une intervention en cas de problème dans la salle d\u2019injection.Lors de ses autres visites, un pseudonyme pourra être utilisé.Ces informations sont confidentielles.Cette première étape dure entre 10 et 15 minutes.Aucune pièce d\u2019identité ou carte d\u2019assurance maladie n\u2019est nécessaire.C\u2019est là que l\u2019usager(ère) peut préparer sa drogue et s\u2019injecter.C\u2019est à l\u2019usager(ère) d\u2019apporter sa propre substance.Par contre, il est obligatoire d\u2019utiliser le matériel stérilisé (stéri- cop, seringues, tampon d\u2019alcool, ampoules d\u2019eau et garrot) qui lui sera donné sur place.Après utilisation, le matériel d\u2019injection doit être laissé au SIS.Un miroir installé en hauteur permet au personnel médical et d\u2019intervention d\u2019observer l\u2019état de l\u2019usager(ère) avant, pendant et après l\u2019injection.Le personnel médical ne pénètre pas dans l\u2019intimité de l\u2019usager(ère), sauf si ce dernier le lui demande.Le personnel médical ne peut à aucun moment pousser sur le piston de la seringue.Si tous les cubicules sont occupés, l\u2019usager(ère) attend qu\u2019un espace se libère.Pendant ce temps, l\u2019infirmière peut lui demander ce que la personne a consommé durant les dernières 24 heures et ce qu\u2019elle s\u2019apprête à consommer.Au Canada, l\u2019usage et la possession de drogues sont régis par l\u2019article 56 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.Pour que les services d\u2019injection soient mis en place à Montréal, il a fallu obtenir une exemption protégeant les usagers, le personnel et l\u2019établissement contre des poursuites criminelles.Rappelons que les usagers de drogues par injection ne sont en aucun cas obligés de s\u2019injecter sur place s\u2019ils ne le souhaitent pas.Il s\u2019agit d\u2019une zone sécuritaire où l\u2019usager(ère) se prépare à retourner à l\u2019extérieur après son injection.C\u2019est aussi dans cette salle que le personnel médical observe les effets secondaires.C\u2019est dans cette salle que l\u2019usager(ère) peut recevoir des soins en lien ou non avec son injection.Par exemple, il lui est possible de soigner des plaies comme de passer un test de dépistage.Sources : Dopamine, AQPSUD, Direction de la santé publique.Les interventions médicales autorisées : \u2022 Répondre aux questions des usager(ère) de drogues injectables \u2022 superviser les injections, observer l\u2019état des usagers avant, pendant et après l\u2019injection \u2022 effectuer une première évaluation \u2022 assurer les traitements d\u2019une plaie ou d\u2019une cellulite en cas d\u2019infection \u2022 dépister des maladies infectieuses.16 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 Des injections supervisées et mobiles moment où l\u2019on voit moins de personnes marginalisées, elles ont autant le droit aux services de santé que les autres », explique-t-il.Stigmatisation Responsable des implications à L\u2019Association Québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), Naoual Laaroussi rappelle que le projet des Services d\u2019injection supervisée est une réponse directe à l\u2019approche de la réduction des méfaits pour les utilisateurs de drogues injectables.« Les drogues, lorsqu\u2019elles sont injectables, font généralement peur au monde.On entend encore que les consommateurs sont malades, qu\u2019 ils ont choisi de tomber dans la dépendance ou qu\u2019 ils ne font rien d\u2019autre de leur vie, etc.Mais ces préjugés sont dus à une vision que l\u2019on a de la société, parce que, pour se rendre à l\u2019 injection, c\u2019est un step.Très peu de personnes s\u2019 injectent pour la première fois sans être passées par d\u2019autres drogues avant », explique Mme Laaroussi.Si l\u2019injection est encore un sujet tabou en société, la jeune femme ajoute qu\u2019il existe encore beaucoup de désinformation au sujet des drogues.« On parle des drogues douces et fortes, mais cela ne signifie pas grand-chose.De la même manière qu\u2019une personne qui s\u2019 injecte n\u2019est pas forcément celle qui est dans la rue et peut très bien se trouver dans un bureau, il faut se rendre compte que ce n\u2019est pas un sujet dont on parle aisément en entrevue de job, par exemple ».Pour l\u2019agente de milieu, la réduction des méfaits n\u2019est pas un concept compris par tous et encore moins lorsqu\u2019ils ne travaillent pas aux côtés des consommateurs.« On prend tous des risques dans la vie et si on peut les réduire, tant mieux.Les gens qui consomment ne vont pas arrêter du jour au lendemain, par contre, ils pourront prendre les moyens de consommer sans mettre leur vie en danger », conclut-elle.L\u2019unité mobile du Service d\u2019injection supervisée, pris en charge par l\u2019organisme Anonyme, n\u2019est pas autant visible que son autobus traditionnel.Avec sa carrosserie blanche, et ses fenêtres givrées partout sauf dans l\u2019espace réservé au répit des usagers, seuls les logos officiels indiquent réellement la raison d\u2019être du véhicule.« Pour nous, l\u2019 important est de pouvoir contrôler les entrées.L\u2019usager devra donc sonner ou frapper.C\u2019est l\u2019 infirmière qui aura le dernier mot sur l\u2019entrée ou non de l\u2019usager », détaille Julien Montreuil, le directeur adjoint de l\u2019organisme d\u2019intervention de première ligne.Ce dernier propose une courte visite du camion, qui a déjà fait quelques sorties à raison de sept heures par nuit.« Ici, nous sommes liés à l\u2019 injection.Les personnes qui entrent ici veulent consommer, et on leur offre un endroit sécuritaire pour qu\u2019elles puissent le faire.» Le site mobile sillonne les arrondissements de Hochelaga-Maisonneuve, de Centre-Sud et du Centre-ville, des zones choisies en fonction des statistiques disponibles sur les personnes utilisatrices de drogues injectables.Comme dans les salles d\u2019injection des organismes Cactus ou Dopamine, deux miroirs sont installés devant les deux cubicules, afin que l\u2019infirmière et l\u2019intervenant puissent observer l\u2019état psychologique et physique du consommateur avant, pendant et après son injection.« L\u2019 idée n\u2019est pas de parler de droits ou de non-droits, si une personne veut s\u2019 injecter, on est mieux qu\u2019elle le fasse ici parce que nous sommes présents et pouvons intervenir en cas de besoin.Cela peut être choquant de voir une injection, c\u2019est un geste intrusif et intime, mais la personne nous fait assez confiance pour que l\u2019on soit présent auprès d\u2019elle », ajoute M.Montreuil.Au sujet de la cohabitation entre les utilisateurs de drogues injectables et la communauté, Julien Montreuil insiste sur le pragmatisme que l\u2019équipe d\u2019intervention doit avoir.« \u201cConsensus\u201d ne signifie pas que tout le monde est d\u2019accord avec le projet, mais je pense que nous avons nos preuves à faire pour montrer que l\u2019on contribue à améliorer l\u2019environnement.Il ne faut pas oublier que l\u2019on travaille de nuit, au PAR ALEXANDRA GUELLIL « On est dans une relation humaine que l\u2019on développe avec les usagers.Nous allons à leur rythme.Certaines de leurs réalités peuvent être pour nous un levier d\u2019intervention. » Julien Montreuil 17 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA SUR LE TERRAIN P H O T O S   : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L « Les préjugés viennent aussi de notre propre milieu.Souvent, ceux qui sont le plus réfractaires à la réduction des méfaits, ce sont les professionnels de la santé et pas les intervenants qui travaillent sur le terrain aux côtés des utilisateurs. » Naoual Laaroussi Julien Montreuil Visite d\u2019un SIS près de chez vous Après des mois de batailles acharnées, des groupes communautaires ont enfin pu procéder à l\u2019ouverture des trois premiers services d\u2019injection supervisée (SIS) au mois de juin et d\u2019un autre qui devrait suivre au cours de l\u2019automne.Comme l\u2019immense majorité de la population ne mettra jamais les pieds dans ce qui est somme toute une piquerie légalisée et supervisée, L\u2019Itinéraire vous propose une petite visite guidée de l\u2019endroit, histoire de démystifier un peu un service controversé.Le principal SIS est géré par l\u2019organisme Cactus, en plein centre-ville de Montréal, là où se concentrent le plus d\u2019utilisateurs de drogues injectables (UDI) dans la métropole.J\u2019ai d\u2019abord eu du mal à retrouver les lieux, parce que le nouveau site de Cactus n\u2019est plus là où je le connaissais il y a quelques années, sur la rue Sanguinet, à côté de l\u2019Université du Québec à Montréal.Seule une minuscule affiche, vraiment pas très claire, indique comment se rendre au nouveau site, quatre rues plus à l\u2019ouest, sur la rue Berger, un peu au sud de Sainte-Catherine.Aussitôt entré, on est frappé par l\u2019aspect froid et clinique des lieux : de gros néons, un éclairage puissant, des comptoirs brillants, des miroirs et de l\u2019acier inoxydable partout.C\u2019est pas trop l\u2019image glauque, sombre et enfumée qu\u2019on pourrait avoir d\u2019une piquerie.On entre d\u2019abord dans une première salle où une sympathique intervenante nous accueille, tout sourire.Il est passé minuit, l\u2019endroit est ouvert de 16 h à 4 h.Comme c\u2019est une première visite, l\u2019infirmière nous informe du code de conduite et des règles à suivre, et nous pose quelques questions.« Le tout va durer environ huit minutes », précise-t-elle.Personnel dévoué et passionné En gros, on nous explique que toute forme de transaction ou de sollicitation est interdite et qu\u2019il faut apporter ce que l\u2019on consomme et ne pas procéder à plus de trois injections.Il n\u2019est pas non plus permis de fumer, de sniffer ou de boire.Donc on dit « oui » aux drogues dures, mais n\u2019aller pas vous ouvrir une petite frette après pour décompresser ! Le respect des employés et des autres usagers est primordial.On doit aussi consentir au fait qu\u2019une infirmière soit sur place et procède à une intervention médicale en cas de besoin.Il est possible de s\u2019inscrire sous un pseudonyme, mais, pour une première visite, il faut fournir son nom complet, son numéro de téléphone et le nom d\u2019une personne à joindre en cas d\u2019urgence.Plus important encore, on nous demande ce qu\u2019on a l\u2019intention de consommer (les utilisateurs d\u2019opiacés et les cocaïnomanes ne réagissent vraiment pas de la même façon) et ce que l\u2019on a déjà consommé dans la journée, histoire de mieux réagir en cas de surdose.On passe ensuite au SIS lui-même, qui est une grande pièce toute en acier inoxydable formée de dix cubicules faisant face à de grands miroirs.Il y a un comptoir au centre où se trouvent une infirmière vraiment adorable, une intervenante et le matériel d\u2019injection stérile.Lors de mon passage, deux autres personnes étaient sur place \u2014 clairement pas sur la même planète que moi \u2014, dont une vieille connaissance de mes années au centre-ville.J\u2019ai ensuite pu discuter avec l\u2019infirmière, qui peut prodiguer plein de conseils utiles sur la santé en général, celle des veines, les techniques d\u2019injection les plus sécuritaires ou les infections, et ce, sans aucune forme de jugement ou de moralisme.Amélie Goyette, intervenante à Cactus depuis des années, m\u2019a ensuite expliqué que toutes les infirmières ont vraiment choisi de venir travailler au SIS, qu\u2019elles sont aussi passionnées que dévouées et qu\u2019elles font un boulot remarquable.Répit Il y a ensuite une salle dite de décompression, où les consommateurs peuvent vivre leur rush de drogue sans se sentir jugées et sans embêter personne.C\u2019est là que j\u2019ai pu discuter avec Mme Goyette, qui est par ailleurs une ancienne voisine que je connais depuis presque 20 ans.Je lui ai ainsi confessé le but de ma visite et que j\u2019avais dû simuler en m\u2019injectant une solution neutre.« C\u2019est connu, les UDI n\u2019aiment pas attendre quand vient le temps de passer à l\u2019acte. » « Le SIS de Cactus a déjà permis de sauver une vie, mais aussi la jambe d\u2019un UDI qui souffrait d\u2019une grave infection et qui s\u2019en allait droit vers l\u2019amputation ! En moins de deux mois, le site a prouvé toute sa pertinence. » 18 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 TÉMOIGNAGE EXCLUSIF P H O T O ?  : ?J A Y ?B L A C K / I N S P Cubicules - Insite, à Vancouver Elle est hyper enthousiaste au sujet du nouveau site qui est toujours en rodage.Le SIS de Cactus est le plus fréquenté de Montréal, avec une moyenne de 50 à 70 injections par jour, comparativement à plus de 1000 pour celui de Vancouver, Insite, où il y a souvent de longues files d\u2019attente.Mme Goyette est avide de commentaires, car l\u2019équipe cherche à rendre l\u2019endroit le plus accueillant possible, entre autres en tentant de le rendre un peu moins clinique et impersonnel.Pour ma part, je peux certifier que le SIS de Montréal n\u2019a rien « à envier » à celui de Vancouver.Le protocole sécuritaire me semble beaucoup plus élaboré, l\u2019absence de files d\u2019attente ne nuit pas non plus et ne dit-on pas qu\u2019on est toujours plus confortable à la maison, servi dans sa langue ?Après qu\u2019Insite soit allé jusqu\u2019en Cour suprême contre l\u2019ancien gouvernement conservateur pour faire reconnaître son statut de soins de santé essentiels, il semblerait bien que les SIS soient installés à Montréal pour de bon.Vancouver et Montréal : deux approches différentes Le premier service d\u2019injections supervisées (SIS) au Canada \u2014 en Amérique du Nord, en fait \u2014 a pignon sur rue à Vancouver depuis près d\u2019une quinzaine d\u2019années.Il a subi les foudres du gouvernement Harper.Le centre a finalement eu gain de cause à la Cour suprême du Canada, en arrivant à faire reconnaître son statut de « soins de santé essentiels », ce que tous les intervenants concernés (y compris la police) avaient reconnu depuis longtemps.Un deuxième SIS a ouvert à Vancouver, non loin du premier.Avec plus de 1000 injections par jour, Insite \u2013 c\u2019est son nom - ne pouvait plus répondre à la demande.Le SIS le plus fréquenté de Montréal accueille de 50 à 70 clients par jour, même si Montréal est plus populeuse.Comment expliquer une telle différence ?En fait, il faut être allé au moins une fois dans le downtown eastside à Vancouver pour vraiment comprendre le phénomène.Ce bout de quartier, en plein cœur du quartier chinois, est souvent cité comme le code postal le plus pauvre au pays.Il y a des seringues à la traîne partout, des gens qui fument du crack ou qui délirent à chaque dix pas, la misère humaine, et des zombies comme n\u2019auraient pas mieux décrit Zola ou la série Walking Dead.C\u2019est tout juste si les flics n\u2019aident pas les junkies à se shooter dans les marches du poste de police.Il semble en fait que la Ville de Vancouver ait décidé depuis des dizaines d\u2019années de concentrer tous ses problèmes sociaux au même endroit.Ça fait genre : « Dans ces dix pâtés de maison, vous faites ce que vous voulez, mais on veut la paix dans tout le reste de la ville ».C\u2019est un peu comme si, à Montréal, on avait décidé de rassembler les dizaines de milliers de consommateurs de drogues dures, d\u2019itinérants et de prostitués dans un périmètre, disons, allant d\u2019Amherst à Saint-Denis, entre Maisonneuve et Ontario.Sur la rue Main à Vancouver, une ambulance est stationnée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, devant Insite, bien que le SIS prévienne de nombreuses morts par surdose.Les 12 cubicules du SIS sont utilisés en permanence, et il n\u2019est pas rare de voir un consommateur, découragé par la file d\u2019attente - qui ne dure pourtant pas dix minutes - tourner les talons pour aller s\u2019injecter sous le portique le plus proche.La situation est fort différente à Montréal, où les problèmes sociaux sont « mieux » répartis sur le territoire, d\u2019où l\u2019approche de la Ville d\u2019ouvrir trois SIS dans différents quartiers, en plus du site mobile géré par la roulotte.Il est toutefois reconnu que les utilisateurs de drogues injectables ne vont jamais attendre très longtemps après avoir acheté leur produit avant de le consommer.Les nouveaux SIS pourront-ils dans ce cas répondre à la crise du fentanyl qui secoue le reste du pays ?Le temps le dira.« Au coin de Main et Hastings (Pain et Wasting pour les intimes), on entre dans ces rues comme dans une véritable piquerie à ciel ouvert. » 19 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA publicité Insite, à Vancouver Le Grand Schtroumpf savoir comment arriver à un plus grand pouvoir des villes, mais aussi pourquoi cela serait bénéfique.Le jeune philosophe et nouveau professeur en innovation sociale à l\u2019Université Saint-Paul d\u2019Ottawa, Jonathan Durand-Folco, offre dans un tout récent livre un grand nombre de pistes pour nourrir notre réflexion à cet égard.Le titre de son ouvrage (publié chez Écosociété) est en soi un programme politique.À nous la ville ! s\u2019exclame-t-il ! Le cœur du projet est bien résumé dans ces quatre mots.Le municipalisme ne vise pas simplement à déplacer le centre de gravité du pouvoir décisionnel du pays ou de la province vers les municipalités.Il s\u2019agit, bien plus, que les citoyens se réapproprient le contrôle de leur vie collective.Il ne s\u2019agit pas, en ce sens, d\u2019une réflexion neutre sur les institutions publiques, mais bel et bien d\u2019un projet politique, projet qui embrasse notamment le dépassement du système économique que nous connaissons, destructeur tant des écosystèmes que des liens sociaux authentiques.Réinventer la vie politique On est donc dans un tout autre univers que celui du maire Coderre, qui ne désire que rapatrier davantage de pouvoirs au sein des administrations municipales.En même temps, la confrontation des idées simplement administratives du maire de Montréal à cette vision révolutionnaire donne à réfléchir.Car l\u2019un des grands défis du muni- cipalisme, de la réinvention de la vie politique au cœur des communautés, c\u2019est de faire face aux pouvoirs immenses que détiennent les gouvernements nationaux et supranationaux.Comment révolutionner la vie politique si l\u2019on ne détient que très peu de pouvoirs institutionnalisés ?Il y a dans le livre de Durand-Folco de riches pistes de questionnements, auxquels l\u2019auteur a l\u2019intelligence de ne pas répondre dogmatiquement.Le municipalisme et le regain de vie des grandes villes du monde \u2013 que Denis Coderre a toutes les raisons de souligner et d\u2019encourager \u2013 montrent, peut-être, qu\u2019il y a espoir pour une vie politique plus engagée et engageante, harmonieuse et véritablement collective.Mais il faudra, pour cela, dépasser l\u2019image du bon maire déguisé en Grand Schtroumpf bienveillant.Tous les petits Schtroumpfs devront se mettre au travail pour atteindre cet idéal.Plusieurs maires de nos grandes villes me font penser au Grand Schtroumpf, en apparence, du moins.Par exemple, lorsque Denis Coderre parle, on entend un homme qui semble vouloir le bien de sa ville, prendre soin de « son monde » et qui se préoccupe de l\u2019avenir, tout comme le Grand Schtroumpf, toujours préoccupé du sort de ses protégés.Il n\u2019agit pas tellement en chef, qu\u2019en protecteur bienveillant.À la différence de Montréal, par contre, le village des Schtroumpfs ne vit pas sous le régime de « la loi et l\u2019ordre » ; ses habitants n\u2019obéissent qu\u2019à la loi morale individuelle et aux décisions convenues collectivement.On est bien loin de la vie politique de Montréal, de Québec ou de Saguenay.Denis Coderre répète à qui veut l\u2019entendre que l\u2019avenir est aux villes, au sein desquelles se vivra la véritable vie politique.En cela, je m\u2019accorde parfaitement avec le maire de Montréal.Je ne sais pas si sa prédiction se réalisera, mais je crois fermement que les villes constituent peut-être le dernier espoir de la prise en charge collective des immenses défis auxquels nous faisons face.La proximité de la vie municipale pourrait être une solution au désengagement citoyen : on s\u2019intéresse davantage à ce qui nous touche directement et on a, donc, un plus grand incitatif à participer à la vie publique pour s\u2019occuper de ces questions.Il y a un courant citoyen qui défend cette idée, le « municipa- lisme ».L\u2019idée ne date pas d\u2019hier.En fait, l\u2019organisation politique dans la vaste majorité des sociétés humaines a d\u2019abord été centrée autour des villes.L\u2019État-nation tel que nous le connaissons n\u2019est apparu que très récemment à l\u2019échelle de l\u2019histoire humaine.Bien plus qu\u2019un retour au passé \u2013 aux cités de l\u2019Antiquité grecque ou aux cités-États de la Renaissance italienne, par exemple \u2013 le municipalisme est bien vivant actuellement.On le constate dans certaines régions fortement frappées par les crises économiques et politiques, notamment en Grèce, en Espagne et dans quelques régions d\u2019Amérique du Sud ou d\u2019Afrique.Municipalisme Au-delà de vagues principes d\u2019autonomie politique et économique à l\u2019échelle locale, une réflexion plus approfondie doit être menée pour 20 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O   : ?C I T Y L I G H T S ?( 1 2 3 R F ) Les coûts de l\u2019itinérance de 46 personnes vivant en situation d\u2019itinérance ont été documenté.Des surdoses sont venues grossir ce nombre, mais ces morts sont le fruit de différentes maladies, de blessures, d\u2019accidents et de suicides.Des investissements à revoir Pour arriver au montant annuel de 56 000 $ par personne à Montréal, les chercheurs ont additionné différents coûts, dont ceux des refuges, de la police, des tribunaux, de la prison et du logement social.Toutes les personnes n\u2019ont pas un vécu où tous ces coûts se cumulent.De même, toutes les personnes itinérantes n\u2019ont pas des problèmes sévères de santé mentale.Un des intérêts de l\u2019analyse détaillée des coûts est de démontrer l\u2019importance relative de ceux-ci.Étude après étude, il est prouvé que ceux des services institutionnels, tels les hôpitaux, les prisons et la Cour, continuent de représenter la plus grande part des dépenses.L\u2019étude publiée cet été a confirmé cet axe.Des résultats qui existent Cette disproportion persistante dans les coûts de l\u2019itinérance est choquante.Pour contrer l\u2019itinérance, il est essentiel d\u2019investir davantage dans des actions positives structurantes, comme la création de logements sociaux et la mise en place d\u2019un revenu décent.À Montréal, plus de 3000 personnes habitent différents projets de logements sociaux, réalisés pour contrer l\u2019itinérance.Bonne nouvelle, plus de 400 autres logements sociaux en itinérance s\u2019ajouteront au Centre-ville, dans Hochelaga, sur le Plateau et ailleurs cette année, pour les hommes, les femmes et les jeunes.Mais il faudra en faire plus.La réforme de l\u2019aide sociale, qui pourrait condamner des personnes à survivre avec 404$ par mois, est le contre-exemple par excellence.Cette mesure entrainera des coûts, incluant ceux du risque d\u2019itinérance.Fin juillet, Le Devoir titrait à la une « Itinérance : Des coûts élevés pour peu de résultats », reprenant certains constats d\u2019une étude sur les coûts des interventions menées auprès des personnes sans-abri.À raison, cette recherche de l\u2019Université McGill1 souligne les coûts élevés, estimés pour Montréal à 56 000 $ par an pour des personnes itinérantes ayant des problèmes sévères de santé mentale.Ces investissements s\u2019accompagnent cependant de résultats : des personnes sortent de la rue et d\u2019autres évitent de s\u2019y retrouver.Toutefois, une trop faible part de la facture de l\u2019itinérance est investie dans des réponses qui permettent de la contrer, entraînant ainsi des actions coûteuses qui passent par les services d\u2019urgence, la police et la Cour.Une facture sociale L\u2019itinérance a assurément un coût élevé au Canada.Tous les soirs, les estimations minimales évaluent à plus de 35 000 le nombre de sans-abri, alors que plus de 235 000 personnes se retrouvent dans cette situation durant une année.Le coût de l\u2019itinérance, évalué 7 milliards $ par an selon l\u2019Observatoire canadien sur l\u2019itinérance2, doit être quantifié, mais il faut d\u2019abord souligner son coût social.L\u2019itinérance n\u2019a pas qu\u2019un visage.Oui, il y a ceux que l\u2019on voit souvent : des hommes qui quêtent, qui occupent l\u2019espace public et qui se retrouvent à la porte des ressources.Il y aussi l\u2019itinérance cachée, celle des femmes, mais aussi d\u2019hommes, de jeunes et d\u2019un nombre grandissant de personnes âgées et d\u2019immigrantEs.Ce sont des réalités que les services sociaux, les organismes, le service de police et des éluEs constatent dans un nombre grandissant de quartiers montréalais.Ces situations ont un coût, d\u2019abord pour les personnes concernées.L\u2019absence de toit stable, l\u2019isolement, la détresse et l\u2019ostracisme s\u2019ajoutent aux problèmes qu\u2019elles peuvent déjà avoir : santé mentale, toxicomanie, vécu de violence et autres.On se retrouve à la rue magané.Mais la rue magane aussi.On y vieillit plus vite, on y vit mal et moins longtemps.À Toronto, les autorités de la santé ont commencé depuis janvier dernier à dénombrer les morts de la rue.En six mois, le décès de plus Élément Coût estimé à Montréal en 2016 Refuges 4 244 $ Logements avec soutien communautaire 5 879 $ Hôpitaux 14 082 $ Police cour, incarcération 10 077 $ 21 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA INFO RAPSIM PAR PIERRE GAUDREAU DIRECTEUR-GÉNÉRAL DU RAPSIM 1 Cost of services for homeless people with mental illness in 5 Canadian cities, Eric Latimer et al 2 L\u2019État de l\u2019itinérance au Canada en 2016 - Gaetz et al P H O T O ?  : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD MONPETIT CÉCILE CREVIER CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO MORGAN JOSÉE CARDINAL DISTRIBUTRICE 22 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 MOTS DE CAMELOTS Partager sa musique La musique a toujours eu une place importante dans ma vie.Dès l\u2019âge de 11 ans, je collectionnais les 45 tours et j\u2019écoutais mes disques sur le « pick-up ».À l\u2019adolescence, tous les samedis soirs, c\u2019était la danse.Que ce soit les Beegees, Tina Turner, Michael Jackson, ou encore Willie Lamothe, Bobby Haché, Martin Stevens, Lucile Starr, j\u2019aime que la musique me fasse bouger, que je sente le beat.C\u2019est la vie, ça me fait me sentir bien ! La musique comme ça fait que les gens se rapprochent : autour d\u2019un feu avec des guimauves, autour d\u2019un verre de vin et de bons fromages.Je salue aussi nos musiciens dans le métro qui débordent de talent.Beaucoup de grands artistes ont contribué de façon marquée à notre culture ; ce sont des monuments qui resteront à jamais.Je pense aux Beatles, à Elvis Presley, entre autres.C\u2019est le meilleur des remèdes et il faut savoir le transmettre à d\u2019autres.Ce n\u2019est pas donné à tout le monde de connaître la musique, mais partager la musique qu\u2019on aime est un don.Ici, on apprécie beaucoup la musique parce qu\u2019on aime avoir du plaisir, se retrouver ensemble.Avec le retour de l\u2019été, on se retrouve sur les terrasses, sur la place des festivals, dehors, on célèbre les vacances et le plaisir.Le secret est de s\u2019amuser en travaillant.Toutes ces choses s\u2019accompagnent bien d\u2019un air de musique.Évidemment, il est important de profiter des plaisirs de la saison tout en respectant les autres.Se retrouver tout le monde ensemble implique qu\u2019on doive respecter les limites.Moi, en tant que camelot, j\u2019accorde beaucoup d\u2019importance au respect des autres et de soi-même.J\u2019en profite pour inviter les gens à faire comme moi : que ce soit avec un camelot de L\u2019Itinéraire ou n\u2019importe qui, tout le monde mérite sa place.Notre richesse culturelle, qu\u2019elle passe par la musique, par notre journal ou par les gens, est précieuse.Je terminerais en disant : vive l\u2019été et tout ce qu\u2019il amène ! En ton nom Tes accents, Au gré de la gloire, Dénotent un ton de défaite.Les pharmacopées modernes Neutralisent les ministres de ton culte.Les bourreaux à ton service Élaguent les têtes hors du lot.Dans la boucle Des destins apocryphes, Tu réhabilites le déserteur, Politises l\u2019émoi, Bâtis dans la vase, Nargues le semeur d\u2019effroi.Dans la conquête, Tu forniques.Dans la dignité des perdants, Tu dissous les dérives barbares, Nourris les dupes, Affames les malveillants.Tu égaies les faibles Si tu négliges les puissants.Tu effraies les mourants Si tu bouffes le plaisir par les racines.En te honnissant Qui ne se désespère ?En te trouvant, Qui ne se perd ?En ton nom Que ne fait-on, Liberté ?Pour se poser des questions Une question me tracasse depuis des lustres : peut-on parler encore de philosophie au 21e siècle ?Sur mon emplacement de vente, j\u2019ai rencontré un professeur de philosophie et deux étudiantes de cette discipline, que je croyais en voie d\u2019extinction.Mes interlocuteurs ont infirmé mes idées les plus noires sur l\u2019avenir de cette discipline.Après leur avoir parlé, je conserve un espoir en l\u2019avenir intellectuel du monde.Il faut avoir le courage et la témérité de se poser des questions.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019enseignement principal de la philosophie : il faut apprendre à formuler des questions.Pas juste les bonnes.Tout est dans l\u2019art de questionner et de se remettre en question.On ne doit pas s\u2019attendre à une réponse finale ou facile.Au contraire, toute question doit en amener une autre et ainsi de suite.Les questions provoquent notre intelligence.Elles nous incitent à penser, à « remuer nos méninges ».Dans ce contexte, l\u2019université devrait être un endroit tout indiqué pour se poser des questions.Hélas, ce n\u2019est pas le cas.Elle est plutôt devenue un lieu où on impose des réponses.À qui incombe la faute ?Tout simplement, au temps ! Le prof a une tâche : présenter un contenu dans un laps de temps donné.Dans un système basé sur la compétence et la consommation, les étudiants-employés ont aussi leurs contraintes : la séance doit finir vite.Il faut gagner quelques minutes pour aller rejoindre le métro : métro/boulot-études/dodo.Quelle combinaison infernale ! Aux étudiants, je dis : vous êtes encore jeunes.Ne courez pas vers des réponses hâtives.Cherchez davantage à formuler des questions réfléchies.Une question futuriste ne vaut-elle pas mille réponses passéistes ? La traite humaine à des fins d\u2019exploitation sexuelle constitue une grave atteinte aux droits fondamentaux de la personne.La manipulation, la vente de l\u2019illusion d\u2019une vie de rêve, la séduction, la force et la violence sont utilisées pour convaincre la personne d\u2019entrer dans la prostitution, dans les clubs de danseuses, dans les agences d\u2019escortes ou dans les salons de massage.Peu de personnes osent en parler.C\u2019est pourquoi j\u2019ai décidé de témoigner de ce que j\u2019ai vu et entendu dans ce milieu.Au début des années 2000, les « filles à pimp » étaient généralement assez discrètes.Mais plus les années ont avancé, plus les filles de soir, en particulier, étaient jeunes et de nationalités différentes.J\u2019étais sur le quart de travail de midi à 20 h.J\u2019étais sur le point de terminer ma journée lorsque j\u2019ai aperçu pour la première fois deux filles tatouées sur le haut des fesses.C\u2019est là que j\u2019ai compris qu\u2019elles appartenaient au même pimp.Elles portaient le prénom du même pimp sur le bas du dos.Marquées comme du bétail Les indépendantes, comme moi, avions du mépris pour elles.Pendant qu\u2019on s\u2019achetait des maisons, des voitures, des commerces, les filles à pimp donnaient tout leur argent avec fierté à leur exploiteur.Moi, j\u2019étais « danseuse à gaffes », comme on dit dans le milieu.La première danse à 20 $ en guise de préliminaire, et j\u2019offrais directement mes services sexuels.J\u2019ai travaillé pour les agences de danseuses pendant quelques années, puis j\u2019ai laissé tomber.J\u2019avais réussi à me faufiler à travers les meilleurs bordels du Québec.J\u2019ai travaillé dans cinq établissements sur l\u2019autoroute 20 avant de passer aux ligues majeures dans quatre autres défunts clubs fort connus : à Vaudreuil-Dorion, à Rivière-Beaudette, à St-Jean-sur- Richelieu et à Chambly.Ils sont tous fermés aujourd\u2019hui.Certains ont été rasés complètement.Le divertissement « avec extras » pour adulte fonctionnait relativement bien jusqu\u2019à ce que ces jeunes filles, à peine majeures, débarquent de tout bord, de tous côtés.Ce sont elles - et leurs exploiteurs - qui ont cassé le marché et les prix.Les bons clients ont commencé à dire que les filles les arnaquaient.Les filles à pimp devaient rapporter beaucoup plus que nous ; sinon elles s\u2019exposaient à de graves représailles.Elles mettaient donc de la pression aux clients.Elles avaient des comptes à rendre et je peux comprendre leur motivation.À partir de là, on n\u2019arrivait plus à tenir les prix « réglo » et ce fut la pagaille.Les indépendantes de jour dans certains clubs se serraient les coudes.Les nouvelles qui entraient étaient averties, parfois par le gérant, le patron ou l\u2019une de nous, du prix exact de chaque service et de celui des danses supplémentaires.Payer pour travailler Une certaine partie des indépendantes travaillaient de leur propre gré pour des agences de danseuses du crime organisé.À cette époque, les collecteurs de l\u2019agence prenaient au tenancier du bar 15 $ par jour et par fille.Nous ne déboursions que les frais de « service-bar » qu\u2019on donnait la plupart du temps à la serveuse ou au patron.Ce montant variait d\u2019un bar à l\u2019autre : entre 50 $ et 100 $ par jour.Traite des personnes Quand les pimps ont débarqué L\u2019auteure de ce texte a fréquenté le milieu des clubs de danseuses « avec extras » durant 20 ans.Elle témoigne des changements majeurs survenus au début des années 2000 et de l\u2019arrivée des proxénètes qui ont fait main basse sur le marché.Aujourd\u2019hui, ces mêmes gangs de rue continuent à recruter et à exploiter sexuellement de nombreuses jeunes filles.En partageant son histoire avec L\u2019Itinéraire, l\u2019auteure referme la porte sur une partie de sa vie.Hausse des accusations Le nombre d\u2019accusations de proxénétisme est en baisse au Québec.Il est passé de 142 en 2014-2015 à 106 en 2016-2017.En revanche le nombre d\u2019accusations en matière de traite de personnes a grimpé de 29 à 41 au cours de la même période.source: Directeur des poursuites criminelles et pénales.23 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O ?  : ?M I L T O N ?F E R N A N D E S PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL TÉMOIGNAGE La traite des personnes Six infractions prévues au Code criminel du Canada visent la traite des personnes : Traite des personnes : passible d\u2019un emprisonnement à perpétuité, la peine minimale étant de cinq ans si l\u2019accusé enlève la personne, se livre à des voies de fait graves ou à une infraction sexuelle grave sur elle ou cause sa mort, et dans les autres cas, d\u2019un emprisonnement maximal de 14 ans, la peine minimale étant de quatre ans.Traite d\u2019une personne âgée de moins de 18 ans : passible d\u2019un emprisonnement à perpétuité, la peine minimale étant de six ans, si l\u2019accusé enlève la personne, se livre à des voies de fait graves ou à une agression sexuelle grave sur elle ou cause sa mort, et dans les autres cas, d\u2019un emprisonnement maximal de 14 ans, la peine minimale étant de cinq ans.Bénéficier d\u2019un avantage matériel, notamment pécuniaire, en vue de faciliter ou de perpétrer la traite des personnes - Victime adulte : passible d\u2019un emprisonnement maximal de dix ans.Bénéficier d\u2019un avantage matériel, notamment pécuniaire, en vue de faciliter ou de perpétrer la traite des personnes - Victime âgée de moins de 18 ans : passible d\u2019un emprisonnement maximal de 14 ans, la peine minimale étant de deux ans.Retenir ou détruire toute pièce d\u2019identité d\u2019une personne en vue de faciliter ou de perpétrer la traite de cette personne - Victime adulte : passible d\u2019un emprisonnement maximal de cinq ans.Retenir ou détruire toute pièce d\u2019identité d\u2019une personne en vue de faciliter ou de perpétrer la traite de cette personne - Victime âgée de moins de 18 ans : passible d\u2019un emprisonnement maximal de dix ans, la peine minimale étant de un an.source: Justice Canada 24 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 De leur côté, les exploiteurs de filles demandaient des prix exorbitants à leurs protégées.Les proxénètes chosifiaient les filles, les traitaient comme des guichets automatiques, tout en leur promettant une vie de luxe et l\u2019amour de leur homme.De plus en plus de clients arnaqués se plaignaient des filles.Il y en avait qui étaient assez fous pour payer ; d\u2019autres se sont plaints aux autorités.Aujourd\u2019hui, je ne sais pas quelle est l\u2019entente entre le crime organisé et les gangs de rue.Avant que les gangs de rue étendent leur emprise, le crime organisé démontrait du respect envers nous.Ils avaient un certain sens de l\u2019honneur.La nature déteste le vide Je me rappelle du premier soir où j\u2019ai travaillé pour une agence qui appartenait à un club de motards criminalisés.Le gars, Johnny, m\u2019a téléphoné au club pour savoir si tout allait bien.Je me sentais protégée.Et en plus, on ne vidait pas mon porte-monnaie.Aux alentours de 2005, les indépendantes ont commencé à en baver solide, parce que les clubs permettaient que les filles d\u2019exploiteurs travaillent avec nous.C\u2019est un peu au même moment que plusieurs gars du crime organisé sont allés séjourner en détention.La guerre du crime organisé et les arrestations qui ont suivi ont laissé les proxénètes prendre beaucoup de place dans les clubs de divertissement pour adultes.À partir de là, c\u2019était loin d\u2019être la vie de rêve\u2026 On courait pour se mettre du rouge à lèvres et jeter notre condom dans des balayeuses centrales bien camouflées pour se débarrasser des preuves gênantes.Les portes d\u2019entrée étaient toujours barrées.Il fallait sonner pour entrer.Vendue pour 50 000 $ Un beau jour, je me trouvais dans un club dans le coin de Marieville.Ça faisait un moment que je travaillais là-bas et je connaissais bien la gang.À midi, j\u2019ai aperçu Brenda au bar qui se tapait des shooters les uns après les autres.« Tu commences sans moi ?», lui ai-je lancé.Elle se tourna la tête et me répondit les yeux pleins d\u2019eau : « Mon chum m\u2019a vendue pour une plus jeune pour 50 000 $ le jour de mes 30 ans.Je dois maintenant travailler pour mon nouveau pimp.» Je ne savais pas que Brenda était avec un pimp et je pense qu\u2019elle non plus.Je lui ai demandé ce qui allait arriver de sa maison qu\u2019elle venait à peine de finir de payer.Une belle cabane de 500 000 $.« Bien, je ne le savais pas, moi, qu\u2019 il était comme ça, alors j\u2019ai tout mis à son nom.Maintenant, c\u2019est sa nouvelle jeune qui couche dans mon lit.Il ne m\u2019a absolument rien laissé.» Ce n\u2019était pas un pimp au vrai sens du terme, mais c\u2019était tout comme.L\u2019exploitation peut avoir plusieurs visages.Je n\u2019en revenais pas et j\u2019ai juré que jamais cela ne m\u2019arriverait.Les boucles d\u2019or Pendant un certain temps, je vendais des bijoux en or en même temps que j\u2019étais travailleuse du sexe.Un beau soir en commençant mon shift, une « pimpée » est venue m\u2019intercepter dans la porte des toilettes.Elle m\u2019a poussée et s\u2019est enfermée avec moi.« Je veux t\u2019acheter la paire de boucles d\u2019oreilles en or 14 carats Versace, mais ça doit rester entre nous ! Je ne veux pas avoir de problème avec mon pimp, sinon je vais en manger une, tu comprends ?».J\u2019ai naturellement acquiescé à sa demande et j\u2019ai fait ça discrètement.Je savais qu\u2019elle travaillait avec une autre fille appartenant au même pimp.Elle a caché ses boucles dans la doublure de son sac à main.Un autre bel exemple d\u2019exploitation.J\u2019avais 29 ans et j\u2019ai entendu parler d\u2019un gros club à Toronto dans lequel on pouvait faire jusqu\u2019à 1500 $ par jour.Les trois quarts des filles là-bas ne parlaient que quelques mots d\u2019anglais.« Do you want a dance ?».J\u2019ai vu des filles russes pour la première fois dans ce club et aussi beaucoup d\u2019Asiatiques.C\u2019est le plus gros bordel que j\u2019ai connu.Trois étages avec des services hors de prix.Les clients payaient 60 $ pour accéder au deuxième étage.On nous imposait 150 $ le 30 minutes et 300 $ l\u2019heure.Il y avait des règles sévères dans ce club-là, qu\u2019on soit indépendante ou pimpée.Quand j\u2019ai quitté le milieu, le proxénétisme était en plein essor.Les filles plus vieilles avaient dépassé la trentaine.Comme moi, elles se plaignaient des agences d\u2019escortes qui donnaient de la qualité pour un prix raisonnable.Les clubs se sont littéralement vidés.La fille avant la pizza Les choses ont évolué très vite, les conditions du marché ont changé.Et internet a accéléré les choses.Aujourd\u2019hui, si tu commandes une fille et une pizza, il y a de grandes chances que la fille arrive avant la pizza.Les gangs de rues sont vraiment de mieux en mieux organisées.Et les clubs à gaffes qui restent sont beaucoup plus difficiles à infiltrer.Les agences prennent beaucoup plus de précautions qu\u2019auparavant.Pour finir ma carrière en beauté, je me suis marié à un homme que j\u2019aimais.Il m\u2019a dépossédé de tout ce que j\u2019avais : économies de retraite, immeuble commercial, voiture, bijoux, diamants, etc.Dans un sens j\u2019ai payé comme celles que j\u2019ai jugées dans le passé.Maintenant, je fais très attention avant de juger les gens.Après tout qui suis-je pour juger ? Je pourrais multiplier les mots jusqu\u2019à Tokyo, jusqu\u2019à vous étourdir avec des statistiques et des chiffres à n\u2019en plus finir.Mais je ne pourrai jamais vous faire ressentir la souffrance des blessures de la trahison face à l\u2019amour.Lorsqu\u2019on s\u2019aperçoit que tout était un rêve et que tout ce que notre exploiteur nous a dit n\u2019était qu\u2019illusion, la confiance est mise à mort.La plupart du temps, la victime d\u2019exploitation sexuelle tombe dans une profonde honte et un désespoir terrifiant.La vérité tout à coup mise à jour peut s\u2019avérer être la fin d\u2019un rêve : celui de vivre un jour une relation amoureuse.Les modes de recrutement misent justement sur un profond manque d\u2019amour et d\u2019estime de soi.La majeure partie de ces victimes ne trouveront jamais la route vers une vie saine et un équilibre émotionnel.On ne se remet pas facilement d\u2019un tel traumatisme.Abus ou carence à l\u2019enfance Comme plusieurs, je crois que le manque de ressources et de financement n\u2019explique pas tout.C\u2019est plutôt le manque de coordination entre les paliers gouvernementaux qui contribue à la progression de la traite humaine dans le monde.La méconnaissance du milieu de l\u2019exploitation sexuelle et l\u2019absence d\u2019éducation parentale peuvent aussi expliquer les raisons pour lesquelles nos jeunes filles se font vendre une vie de rêve par les proxénètes.Qu\u2019on soit les victimes d\u2019exploiteurs ou des travailleuses du sexe accomplies, cette expérience de vie m\u2019amène à une conclusion fort simple et évidente.À mon humble avis, la cause tient à un manque, à un vide, à un abus ou à une carence dans l\u2019enfance.Le seul moyen possible de se sortir de cette terrible aventure est de se pardonner soi-même et de pardonner à l\u2019agresseur.Mais ça, c\u2019est seulement mon opinion.Peut-être que votre opinion est différente et je la respecte.Le service de justice réparatrice de Montréal met de l\u2019avant cette approche, une approche de dialogue et de réparation des dommages encourus.Exploitation sexuelle L\u2019amour trahi PAR JO REDWITCH - CAMELOT MÉTRO MCGILL Pour l\u2019amour de mon pimp Le service de police de la ville de Montréal (SPVM) a mis sur pied en 2010 un projet appelé Les Survivantes qui consiste à offrir des séances d\u2019information aux différents professionnels œuvrant auprès des victimes d\u2019exploitation sexuelle.Plus de 8000 policiers ont reçu cette formation.Ce projet vise également à sensibiliser ces victimes et à les informer sur les diverses ressources susceptibles de les aider à se sortir du milieu.Confronté à cette réalité de plus en plus préoccupante, le SPVM a décidé d\u2019intervenir sur quatre axes : la recherche, la prévention, la communication et la répression.Le projet des Survivantes contribue aussi à faire changer les mentalités des policiers et des intervenants.Il s\u2019adresse à tous ceux qui font face, de près ou de loin, à la traite humaine à des fins d\u2019exploitation sexuelle.Le livre Pour l\u2019amour de mon pimp est une suite logique de ce projet.Il relate le parcours de six victimes d\u2019exploitation sexuelle.Il a été écrit par Diane Veillette et Josée Mentales, deux policières du SPVM.Vendu à près de 5000 exemplaires, le livre et ses récits aident à comprendre l\u2019emprise des proxénètes sur les filles parfois trop naïves, qui sont tombées sous le charme de leur pimp et de leur soi-disant vie de rêve.Selon les policières, 38 % des participants réussissent à quitter le milieu.Une condamnation internationale Dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, la traite des personnes est devenue l\u2019un des problèmes les plus préoccupants qui affectent la politique migratoire mondiale.Depuis 1990, le problème se situe au cœur des questions de sécurité nationale et internationale.Il semble que le crime organisé y soit impliqué de façon importante.Il serait attiré vers cette activité par les énormes profits potentiels et les risques relativement faibles de détection.La communauté internationale condamne le trafic, le qualifiant de « forme répugnante d\u2019esclavage moderne et de violation des droits fondamentaux ».Ratifié par le Canada en 2002, le Protocole contre la traite de personne est l\u2019effort le plus poussé de la communauté internationale pour faire face au problème.Il fut suivi de l\u2019adoption à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes.P H O T O   : ?I E V G E N I I ?B I L E T S K Y I ?( 1 2 3 R F ) 25 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA OPINION « On veut une police différence, expliquent Diane Veillette et Josée Mensales.Pour nous les prostituées ne sont plus des prostituées, mais des victimes. » La 12e édition du World Press Photo Montréal sera présentée du 30 août au 1er octobre, au Marché Bonsecours, dans le Vieux- Montréal.L\u2019événement présente les photographies gagnantes de la plus prestigieuse compétition professionnelle au monde.En 2017, 5000 photographes de 125 pays ont soumis un total de 80 000 images.Les pages qui suivent présentent un aperçu des œuvres des lauréats.BURHAM OZBILICI Associated Press (Turquie), Un assassinat en Turquie, PRIX PHOTO DE L\u2019ANNÉE - L\u2019ambassadeur de Russie, Andrey Karlov, a été assassiné par un officier de police hors service, Mevlüt Mert Alt?nta?, alors qu\u2019il parlait dans une galerie d\u2019art à Ankara, en Turquie, le 19 décembre 2016.AMBER BRACKEN (États-Unis), Standing Rock, PRIX PROBLÈMES CONTEMPORAINS HISTOIRES - La police disperse les manifestants à l\u2019extérieur d\u2019un camp de travailleurs du pipeline Dakota Access, près de Cannon Ball, au Dakota du Nord.FRANCESCO COMELLO (Russie), Isle Of Salvation, TROISIÈME PRIX VIE QUOTIDIENNE HISTOIRES - L\u2019île de Salvation est une communauté sociale et éducative réclusive sur la route entre Moscou et Yaroslavl en Russie.Fondée dans les années 1990 par un prêtre orthodoxe, elle comprenait environ 30 personnes dédiées à vivre une vie sainte.AMBER BRACKEN (États- Unis), Standing Rock, PRIX PROBLÈMES CONTEMPORAINS HISTOIRES - Un cavalier laisse son cheval s\u2019abreuver dans les eaux d\u2019un lac du Dakota du Nord.AMBER BRACKEN (États-Unis), Standing Rock, PRIX PROBLÈMES CONTEMPORAINS HISTOIRES - Un manifestant est traité après avoir été aspergé de poivre de cayenne lors d\u2019un blocage de la route 1806, au Dakota du Nord.ELENA ANOSOVA (Russie), Out Of The Way, DEUXIÈME PRIX VIE QUOTIDIENNE HISTOIRES - Les chiens dorment à l\u2019extérieur toute l\u2019année, près de la rivière Nizhnyaya Tunguska, dans le nord de la Russie.TOMAS MUNITA, The New York Times (États- Unis), Cuba On The Edge Of Change, PREMIER PRIX VIE QUOTIDIENNE - Les membres de l\u2019Ejército Juvenil del Trabajo, un corps auxiliaire de la Jeunesse des forces armées révolutionnaires, attendent sur la route de Santiago de Cuba le passage de la dépouille de Fidel Castro.AMBER BRACKEN (États-Unis), Standing Rock, PRIX PROBLÈMES CONTEMPORAINS HISTOIRES - Des manifestants portent un drapeau américain et un drapeau de la Mohawk Warrior Society dans un camp de protestation contre le projet Dakota Access Pipeline, à Cannon Ball, au Dakota du Nord.COUVERTURE ARRIÈRE VALERY MELNIKOV, Rossiya Segodnya (Ukraine), Black Days Of Ukraine, PREMIER PRIX PROJETS LONG TERME - Un homme cultive des fleurs dans le village de Spartak en Ukraine orientale.Le monde dans l\u2019objetif 26 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA Parc Jean-Brillant, Côte-des-Neiges DIALOGUES et RENCONTRES, CONTRE LE RACISME et pour L\u2019ÉGALITÉ www.alternatives.ca Organisé par : A p p u y é p a r : publicité Où ©, e de tala By M, 23 2 a YS Ve pat hx, rN \u2014 à 4 ~vzt dR té sy a TN = \u20ac dv di Tf > ny 4; LY / of j ; Sa \\ 17 «ee bu + po 3 wd le = ae \u201cge Ft >, \u2014_ \\ J du i) Lis / S$ or D) Tm NN | Ye : C= I\" | y > ) \\ Ey \\ Â | 4 VI { LA 3 .\u201c7 v/s y |

7 <æ A 7 BE -\u2014 \u20ac EN vr hg =e, = = AR TR FL.is, 4 es £3 J aS i a 4 RAST pe at gr $s gr\u201d Ly aN vf ha WX LTS Septembre est arrivé.Enfin nos lecteurs sont rentrés de vacances.Nos camelots seront heureux de votre retour.Il faut dire que notre saison estivale est toujours très, très calme en votre absence.Pour marquer votre rentrée, nous vous invitons à notre événement Camelot d\u2019un jour qui aura lieu le 21 septembre, à l\u2019heure du midi, entre 12 h et 13 h.Plusieurs vedettes québécoises comme l\u2019animatrice Johane Despins , l\u2019écrivaine Monique Proulx, les comédiennes Béatrice Picard et Debbie Lynch-White et l\u2019humoriste Richard Z.Sirois participeront à l\u2019événement; beaucoup d\u2019autres artistes confirmeront bientôt leur présence aux côtés de nos camelots.Ces célébrités sont sensibles à la mission que mène L\u2019Itinéraire depuis 23 ans.Elles seront plus d\u2019une vingtaine à se joindre à nous.Pour plus de détails, vous pouvez visiter itineraire.ca/camelot-d-un-jour ou Facebook.La plupart des points de vente seront situés près des stations de métro du centre- ville pour vous faciliter la vie de nos clients.Certains artistes seront aussi présents au métro Longueuil, à Granby et à Saint-Bruno.Venez encourager nos camelots et leurs complices d\u2019un jour.Aidez- nous à faire que cet événement soit une réussite.Merci à tous.Camelot d\u2019un jour 2017 21 SEPTEMBRE C\u2019est un rendez-vous au centre-ville de Montréal Venez rencontrer des célébrités qui vendront L\u2019Itinéraire avec nos camelots ! de midi à 13 h itineraire.ca/camelot-d-un-jour P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A PAR YVON MASSICOTTE REPRÉSENTANT DES CAMELOTS INFO CAMELOTS Camelot d\u2019un jour, édition 2016 FRANCESCO COMELLO · Isle Of Salvation On se croirait en temps de guerre, un temps passé à cause du noir et blanc et des uniformes.L\u2019enfant à cheval ressemble un peu à Napoléon à cause de sa petite taille.On dirait des enfants qui s\u2019inspirent du passé pour créer leur avenir.Ils ont tous l\u2019air sérieux, pas vraiment heureux, plus vieux que leur âge, et leurs traits sont durs.Ce ne sont pas des photos d\u2019enfants habituelles.Je pense qu\u2019ils auraient besoin d\u2019un peu d\u2019air, d\u2019aérer leur esprit.Je les vois déjà adultes, sans avoir eu le temps de vivre l\u2019enfance.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINT-HUBERT/BOUCHER AMBER BRACKEN · Standing Rock La photo me fait penser à un temps de guerre.Je croyais que les personnages étaient des militaires, mais, en réalité, ils sont policiers.Ils sont là pour la sécurité des gens, mais aussi du pipeline.Cette photo me rappelle quand je travaillais dans la sécurité.La scène me laisse supposer que les manifestants cherchent le trouble.Le premier policier a un extincteur dans la main en cas de feu.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN AMBER BRACKEN · Standing Rock Ça ressemble à une belle plage au bord d\u2019un lac.Le cheval est magnifique.Mais je pense à la survie de l\u2019animal et j\u2019espère qu\u2019il n\u2019y a aucune fuite du pipeline qui se déverse dans l\u2019eau.L\u2019homme s\u2019est sûrement opposé à la construction du pipeline, mais s\u2019il connait le danger, ce n\u2019est pas responsable de sa part de faire boire son cheval ici.Mais je pense aussi qu\u2019il n\u2019a pas tellement le choix.Il faudrait qu\u2019il quitte son habitat habituel pour être assuré de la sécurité de son animal.RICHARD TOUZIN CAMELOT MÉTRO PLACE DES ARTS BURHAM OZBILICI · Un assassinat en Turquie Je me souviens de cette scène.C\u2019est un terroriste qui a tué une personnalité.L\u2019homme paraît très révolté.Il me fait penser à une personne malade.Il semble en désaccord total avec certaines opinions, pensées politiques, philosophies de vie.Le doigt en l\u2019air donne l\u2019impression qu\u2019il est fier d\u2019avoir tué, d\u2019avoir accompli son devoir.La scène se passe dans une galerie d\u2019art, mais le gars ne s\u2019intéressait pas à l\u2019endroit, il a suivi simplement la personne.JACQUES ÉLYZÉ CAMELOT THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI Nos camelots vous livrent leurs impressions spontanées sur des scènes particulièrement inspirantes des meilleures photographies du World Press Photo.34 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 ELENA ANOSOVA · Out Of The Way Quand je regarde cette photo, je me demande comment les gens peuvent faire du mal aux animaux.J\u2019adore les animaux.J\u2019ai été élevé dans le bois, et ces deux chiens me font penser à des loups.La photo est merveilleuse ! L\u2019endroit est un squat pour animaux, mais me rappelle quand même la situation de certains itinérants.Par contre, ces deux chiens ne semblent pas malheureux.MICHEL DESJARDINS CAMELOT LA CORDÉE SAINTE-CATHERINE/PARTHENAIS AMBER BRACKEN · Standing Rock C\u2019est drôle parce que le drapeau du fond est mohawk, seulement ce sont les Sioux là-bas.Un jour, un bûcheron m\u2019a embarqué à l\u2019époque où je faisais du pouce à Vancouver.C\u2019était en 1991, on venait de vivre la crise d\u2019Oka au Québec.Dans l\u2019Ouest, il y avait aussi des conflits.Le bûcheron m\u2019a alors dit « on aurait dû faire comme les Américains, tous les tuer.» J\u2019ai trouvé ça bien crétin ! Alors je trouve intéressant de voir aussi le drapeau américain sur la photo.Puis, je trouve que le drapeau américain a beaucoup de signification parce qu\u2019il représente la liberté ! JAMES RICE CAMELOT RUE VIGER/DELORIMIER TOMAS MUNITA · Cuba On The Edge Of Change J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on attend le passage d\u2019un haut dignitaire et que les personnes présentes le sont par obligation.Il ne semble pas y avoir beaucoup de joie ou de bonheur dans leurs regards.Puis, il n\u2019y a ni femme, ni enfant.Pourquoi ?Ça ressemble à un bagne, comme si l\u2019on avait mis des prisonniers sur le bas-côté pour faire bonne impression.La photo reflète l\u2019oppression.Si l\u2019on se réfère au décès de Jacques Parizeau, la foule était là, elle applaudissait pour témoigner son respect à la personne disparue.Je ne vois pas une libre situation ici, mais plutôt une situation imposée.DANIEL RICHER CAMELOT MÉTRO VILLA-MARIA AMBER BRACKEN · Standing Rock La scène ressemble à un film d\u2019horreur.Mais en la regardant mieux, l\u2019homme semble se faire sauver par un pompier.On dirait qu\u2019il a subi un accident.En regardant ce qu\u2019il porte, on pourrait penser qu\u2019il est pompier ou une personne du corps médical.Ça me fait penser à quelqu\u2019un qui s\u2019est fait sortir d\u2019un feu.J\u2019ai déjà vu de gros incendies dans ma vie, des « chars » qui ont pris feu chez un concessionnaire.C\u2019est ce que me rappelle cette photo.Mais au final, je pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un travailleur sauvé d\u2019une explosion par son collègue.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL COUVERTURE ARRIÈRE VALERY MELNIKOV · Black Days Of Ukraine L\u2019homme de la photo, malgré sa pauvreté, a réussi à mettre de la beauté dans sa vie en soignant une belle plante fleurie qu\u2019il protège des véhicules avec un bloc de ciment.J\u2019imagine qu\u2019il vit dans une contrée dévastée.Cette photo m\u2019inspire la survie du végétal par rapport à tout ce qui l\u2019entoure : une maison démolie, de l\u2019asphalte brisé.L\u2019homme semble âgé et connaître les vraies valeurs de la vie.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY 35 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?K A N T V E R ?( 1 2 3 R F ) À l\u2019image de la « folie » qu\u2019était la construction du site de l\u2019Exposition universelle Terre des Hommes, Karine Lanoie-Brien, une artiste québécoise multidisciplinaire, travaille depuis plus d\u2019un an sur le projet Expo 67 Live et ouvre ainsi la possibilité de vivre, ou de revivre, l\u2019effervescence de l\u2019époque.Du 18 au 30 septembre, des milliers d\u2019archives reconstituées en un récit de 27 minutes rendront possible ce voyage dans le temps.L\u2019œuvre sera projetée sur les monuments de l\u2019esplanade de la Place des Arts dès la tombée de la nuit et sera accessible à tous, gratuitement.Elle est l\u2019aboutissement d\u2019un travail d\u2019orfèvre animé par le désir de l\u2019artiste, celui de « saisir l\u2019insaisissable fièvre de cette époque afin de conserver la mémoire vivante pour les générations à venir ». Expo 67 Live Un voyage transformateur Transformer par le positif Avec l\u2019envie et l\u2019espoir de revenir métamorphosé par cette aventure, Karine Lanoie-Brien entretient une vision de l\u2019Expo 67 basée sur la transformation par l\u2019émerveillement.À ses yeux, cet événement a permis une « crise de croissance » de la société par le bonheur en opposition à certains tournants décisifs qui se font parfois dans la violence.« Les gens se sont transformés en participant simplement à un grand party auquel certains se rendaient tous les jours, pendant six mois.Ça devait être grandiose ! » Passionnée par ce projet grandeur nature, l\u2019artiste est l\u2019initiatrice de nombreux projets centrés sur les relations entre l\u2019humain et son environnement naturel et culturel.« Je suis quelqu\u2019un qui aime les partys.J\u2019aime créer des occasions pour que les gens se rencontrent, qu\u2019ils vivent quelque chose ensemble ».Alors pour cette version virtuelle de l\u2019Exposition universelle, tout a été pensé en profondeur afin que sa « génération rencontre ceux qui ont en partie créé la société d\u2019aujourd\u2019hui.Qu\u2019elle se pose des questions, qu\u2019elle soit curieuse.Des milliers de personnes vont vivre l\u2019expérience en même temps et tout a été fait pour qu\u2019elle devienne un grand voyage.» Une question reste cependant en suspend.L\u2019expérience sera-t- elle à la hauteur des attentes de sa créatrice ?« À l\u2019époque, ils ont créé une plateforme planétaire pour être ensemble, en pleine Guerre froide et guerre du Viêt Nam.C\u2019était spectaculaire ! Si, de notre projet, émerge un \u201cêtre ensemble\u2019\u2019 cinématographique, ce serait génial ».Au moment de l\u2019entrevue, 85 % du projet était finalisé.À ce stade, l\u2019équipe de création et de production percevait la masse de travail abattue depuis le mois de juin 2016.Un délai très court pour une œuvre monumentale, tout comme celui de l\u2019expo originale.« Ils ont construit une ville pour l\u2019Expo 67.L\u2019électricité, les infrastructures, le tout en quatre ans.Le contexte n\u2019est pas comparable, mais ces gens devaient être tout aussi serrés dans le temps que nous le sommes aujourd\u2019hui.» Trop jeune pour avoir vécu l\u2019Expo 67, Karine Lanoie-Brien reste cependant animée par « l\u2019 insaisissable fièvre de cette époque, afin d\u2019en conserver la mémoire vivante pour des générations à venir.» Et, si l\u2019Exposition universelle peut sembler banale en 2017, l\u2019artiste reste persuadée qu\u2019un élément aussi bouleversant ne peut passer que par la rencontre physique.Plus de 10 000 fragments d\u2019archives, des images sur 45 pieds de hauteur et 180 pieds de long rendues vivantes par 65 enceintes sonores spatialisées.Pour Expo 67 Live, l\u2019esplanade de la Place des Arts se transformera en « une immense salle de cinéma qui, comme le souligne l\u2019artiste, projettera le film en 360 degrés pour une expérience immersive complète ».Reproduire l\u2019authenticité Pour Karine Lanoie-Brien, alias « K », l\u2019Expo 67 est « un élément transformateur de la population par l\u2019émerveillement ; ce qu\u2019un enfant ou un bon mariage peut amener.La planète est arrivée chez nous ! C\u2019était une rencontre avec chacun des pays, dans le contexte québécois des années 60.» Pour reproduire l\u2019authenticité de cette rencontre avec le monde, cette artiste a multiplié les lectures, les recherches et les entrevues.« Une chance que j\u2019ai été recherchiste.J\u2019ai interviewé 20 personnes pour réussir à redonner au Québec, un peu de ce qui s\u2019est passé à l\u2019époque.» Chaque personne rencontrée a aiguillé son récit en lui contant une anecdote marquante à vie.Et ce qui frappe le plus est que « 50 ans plus tard, leurs yeux brillent encore ! » Plonger quelques minutes dans chacun des pavillons présentés permettra de vivre la réalité des Québécois de l\u2019époque sans pour autant avoir l\u2019impression de visionner un documentaire.L\u2019artiste ne souhaite pas « expliquer Terre des Hommes.Ce qui [l]\u2019 intéresse est de le faire vivre physiquement ! » Le projet a donc été pensé pour montrer toute l\u2019évolution de 1962 jusqu\u2019à la période hippie.« L\u2019armée, la religion, les cloches d\u2019église, les cardinaux, la langue anglaise\u2026 Arrive ensuite l\u2019effervescence de l\u2019Exposition universelle.On découvre la différence, l\u2019 inconnu, pour finir avec la période Peace and Love.» Mais, six mois d\u2019un événement majeur pour l\u2019histoire d\u2019une société ne se reconstituent pas aussi simplement.L\u2019équipe de production a dû faire des deuils.« C\u2019était gigantesque ! Une rencontre avec une partie de nous-mêmes.Dans les années 60, on n\u2019avait rien, et d\u2019un coup, sur deux îles, on a l\u2019Expo 67.Le choc ! C\u2019était presque bipolaire.Alors qu\u2019est-ce que je dois raconter ?» se questionne l\u2019artiste.37 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA EXPOSITION AVEC JOSEPH-CLERMONT MATHURIN CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINTE-CATHERINE/DORION Expo 67 a transformé nos vies Être en contact avec l\u2019Expo 67 a transformé nos vies.Ma première visite, je l\u2019ai faîte avec ma famille.Après j\u2019étais dans le pavillon des scouts.Ils avaient besoin de bénévoles pour aider les personnes handicapées à visiter l\u2019Exposition universelle.Ça m\u2019a ouvert les yeux sur le monde, ouvert au bonheur et fait aussi découvrir la malchance des autres.Lorsqu\u2019une personne handicapée ne pouvait pas se déplacer seule, je l\u2019aidais à monter dans le monorail, à se promener d\u2019un pavillon à un autre, j\u2019accompagnais ceux qui souhaitaient aller à La Ronde.En étant bénévole, j\u2019ai vécu l\u2019expo d\u2019une manière très différente de ceux qui payaient l\u2019entrée.Mon expérience m\u2019a permis de rencontrer des individus de toute origine.Parfois, nous n\u2019étions même pas capables de communiquer ; d\u2019autre fois, j\u2019étais les yeux de personnes malvoyantes.Je réalise aujourd\u2019hui que j\u2019ai contribué à transmettre le continu de l\u2019Expo 67 à des centaines de personnes.PAR GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Cinq ans et marqué à vie par l\u2019Expo 67 J\u2019en ai connu des projets, mais pas aussi intense que ça.Jamais ! Jeune, j\u2019étais en Gaspésie à l\u2019époque de l\u2019Expo 67, on n\u2019avait même pas la télé et à peine l\u2019électricité.Quand on a découvert l\u2019Exposition universelle, on s\u2019est rapidement aperçu que l\u2019on vivait encore au Moyen-Âge.On n\u2019avait rien.Alors on s\u2019est mis, nous aussi, à réclamer des choses.Terre des Hommes a réveillé tout le monde ! Montréal et les régions autour.Le seul souvenir qu\u2019il me reste est celui du monorail et celui de l\u2019astronaute qui, dans mes souvenirs, était à l\u2019entrée de la biosphère.C\u2019est depuis ce temps-là que je suis intéressé par l\u2019univers, les satellites, les technologies et je sais que c\u2019est grâce à l\u2019Expo 67 ! Ça a éveillé ma curiosité pour les sciences.Je n\u2019avais que 5 ans et pourtant, j\u2019ai moi aussi été marqué à vie.Aujourd\u2019hui, j\u2019en ai 55 et mes souvenirs sont intacts ! Quelques années plus tard, je dessinais encore des astronautes et des vaisseaux.Des dessins que j\u2019ai conservés au moins 20 ans.PAR JOSEPH-CLERMONT MATHURIN CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINTE-CATHERINE/DORION Joseph, Karine et Gaétan Expo 67 : ce qu\u2019il en reste Alors, qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019aujourd\u2019hui nous nous voyons comme un petit peuple ?Qu\u2019est-ce qui, en 50 ans, a changé nos perceptions ?Libérez-nous des libéraux ?Il serait très facile de justifier notre cynisme actuel par des associations du genre : le PQ était au pouvoir, nous avons encaissé deux défaites référendaires, l\u2019équipe de baseball les Expos a déménagé.Nous pourrions ajouter qu\u2019avec internet, découvrir d\u2019autres cultures se fait avec une facilité déconcertante.Sauf que les libéraux étaient au pouvoir lors de la Révolution tranquille, Robert Bourassa était vu comme l\u2019un des meilleurs premiers ministres de l\u2019histoire de la province et l\u2019immigration est là, au Québec, depuis toujours.Ce n\u2019est donc pas une histoire de couleur de parti politique ou de peau.Génération désenchantée Je crois malheureusement qu\u2019un tel projet serait un échec retentissant aujourd\u2019hui.Que pour ma génération d\u2019ultra-réalistes-cyniques, ce ne serait qu\u2019une manifestation sans âme.Combien de personnes savent qu\u2019il y a une Exposition universelle présentement au Kazakhstan ?Comme le chante Mylène Farmer, « Je suis d\u2019une génération désenchantée ».Tout un contraste avec « ils ont chanté fort la liberté, le monde entier écoute et veut changer », de Francine Raymond.Serait-il pertinent pour ma génération de revivre cette magie ?Oui ! Je crois cependant que l\u2019héritage de l\u2019Expo 67 est beaucoup plus que des pavillons, une grande roue et des chansons.À mon sens, le véritable héritage est que nous avons déjà été fiers, ambitieux, accueillants, pétillants.Que nous sommes capables de réaliser de grandes choses, ensemble.Qu\u2019il fût un temps où l\u2019espoir (l\u2019amour et l\u2019eau fraîche) nous nourrissait.Je suis né en 1983, 16 ans après l\u2019Expo 67.Mes parents et ceux de leur génération y sont allés plusieurs fois.Mes oncles, tantes, professeurs, m\u2019en ont parlé avec la même étincelle dans les yeux.Retour à une époque où on avait le droit de rêver et/ou l\u2019envergure n\u2019était pas ostracisée.Un incroyable alignement de planètes Bien sûr, il faut se remettre en contexte.En 1967, le Québec sort de la Révolution tranquille.C\u2019est la fin d\u2019une époque.Galvanisé par de nouvelles valeurs (liberté, égalité) le peuple s\u2019émancipe de l\u2019esclavagisme mental.C\u2019est le début du néolibéralisme et du pouvoir individuel.Le mouvement Peace and Love est à son paroxysme et prône justement l\u2019entraide et la collectivité.On pourrait dire que la société québécoise est prête pour un événement d\u2019envergure.En parallèle, Montréal se dote d\u2019un « maire mégalomane ».Après s\u2019être fait un nom dans la lutte contre la corruption, Jean Drapeau brigue la mairie et vise le rayonnement international de la ville.L\u2019Exposition universelle, tout comme les Jeux olympiques de Montréal de 1976, s\u2019inscrit dans cette dynamique.Des événements dont on parle encore.Ce sont aussi les balbutiements de la mondialisation.On s\u2019ouvre aux autres cultures, on est curieux ! On veut les gouter, les sentir, les toucher.L\u2019immigration n\u2019est pas aussi développée qu\u2019aujourd\u2019hui, internet et Google Street View n\u2019existent pas encore, L\u2019Expo 67 viendra donc répondre à nos envies ; des besoins ?Encore une fois, quel timing ! C\u2019est également le début du mouvement indépendantiste.Le Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale (RIN) est fondé en 1960.La suite logique pour 75 % des Québécois : être maître chez nous.À cette époque, on croyait donc en nous et on était fiers d\u2019accueillir la planète.En 1967, nous nous considérions comme un grand peuple.39 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA CHRONIQUE PAR SIMON JACQUES CAMELOT MÉTRO JARRY PHOTOS 1, 4, 8, 9 Roger Laroche, 6, 11 Bill Cotter, 2 BAC - Images ayant contribué au projet EXPO 67 Live ONF - Bibliothèque et archives Canada ; 3, 5, 10 Angel Carpio et 7 Karine Bénézet. Sortant de la station Place d\u2019Armes, nous arrivons sur une première place d\u2019une valeur patrimoniale nationale exceptionnelle.Porte d\u2019entrée du Vieux- Montréal, elle témoigne de toutes les époques de la ville.Quelques pas plus loin, on replonge dans le passé à la vue de la statue Jean-Vauquelin, un monument du sculpteur Paul-Eugène Bénet, à la mémoire de ce capitaine de frégate française qui s\u2019est distingué lors de la défense de Louisbourg pendant la Guerre de la Conquête.Le monument a été érigé en 1930.C\u2019est à ce moment que la place prend son nom actuel, nommée six ans plus tôt place de l\u2019Hôtel-de-Ville à la suite de la reconstruction de la mairie incendiée.Au 17e  siècle, le supérieur des Sulpiciens de l\u2019époque et seigneur de l\u2019île de Montréal, François Dollier de Casson, dessine les plans de la première église paroissiale de la ville, située dans l\u2019axe de la rue Notre-Dame, en face de l\u2019emplacement de la basilique actuelle.La construction de ce lieu de culte de style baroque, nommé église de Ville-Marie, commence en 1672 pour s\u2019achever en 1683.Elle sera agrandie à plusieurs reprises entre 1723 et 1789 avec notamment l\u2019ajout d\u2019un clocher et de bas-côtés.Au milieu du  18e  siècle, la construction de jubés permettra d\u2019accueillir un nombre grandissant de paroissiens.Certains devaient alors assister aux offices depuis la rue.L\u2019église sera finalement détruite en 1830 pour laisser la place à la basilique.L\u2019église Notre-Dame Promenade dans le Vieux-Montréal Aussi plaisante et jolie soit la ville de Montréal, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019au bout d\u2019un certain temps estival, les idées de visites possibles en famille diminuent.Pour qui la connait le moindrement, la visite de Montréal et de ses lieux historiques peut s\u2019avérer fort agréable.Son mélange d\u2019ancien et de nouveau et son architecture diversifiée font de chaque pas et de chaque coin de rue une découverte.Cela est particulièrement vrai pour le Vieux-Montréal.Appelé Ville-Marie au début de la colonisation (1642) et ancien centre fortifié, le Vieux-Montréal est un condensé de l\u2019histoire, de l\u2019architecture et de l\u2019économie de la ville.Les édifices qui sillonnent le quartier en sont d\u2019ailleurs la trace.Poursuivons notre visite.On passe devant l\u2019hôtel de ville, la Cour d\u2019appel du Québec, et de nombreux édifices du 19e siècle avant d\u2019arriver sur la rue Notre-Dame.Deuxième plus grande artère de Montréal, cette rue fait 35 km de long.Elle nous fait passer devant la basilique Notre- Dame où eurent lieu en 2000 les obsèques de Pierre-Elliot Trudeau, premier ministre du Canada de 1968 à 1979 puis de 1980 à 1984, en présence de Fidel Castro.Autour de la basilique Notre-Dame La place Vauquelin PHOTOS?:?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA PHOTO?:?VILLE?DE?MONTRÉAL VIE DE QUARTIER PAR ROGER PERREAULT CAMELOT FLEURY/PÉLOQUIN 1790. La place du marché, Montréal, aquarelle de Paul Sandby Junior. En 1824, Montréal a vu naître une immense église en pierre grise de Montréal.De style néogothique, elle a été conçue par l\u2019architecte new-yorkais James O\u2019Donnell et située juste au sud de l\u2019ancienne église.Inaugurée en 1829, elle était alors le plus grand édifice d\u2019Amérique du Nord, car elle pouvait accueillir jusqu\u2019à 10  000 fidèles, toutes confessions confondues.Chemin faisant, on passe devant le Château Ramesay, construit par et pour le gouverneur de Montréal en 1705.Ici, il faut admirer les jardins qui recensent une très belle collection de plantes indigènes.Le Château Ramesay est reconnu par l\u2019UNESCO comme l\u2019un des 1001 sites à voir dans sa vie.Parmi les œuvres à admirer, mentionnons Le caniche français et Le carlin anglais de Marc André Jacques Fortier,  peintre et sculpteur montréalais né en 1961.L\u2019artiste fait s\u2019ignorer les deux personnages et semble ainsi illustrer la dualité linguistique francophone et anglophone, tandis que les deux chiens tentent d\u2019établir un contact.Toujours du domaine culturel, on retrouve dans un recoin des rues Saint-Paul et Saint-Dizier, la sculpture Les Chuchoteuses.Ces femmes faites de bronze et sculptées par Rose-Aimée Bélanger font un peu penser aux Belles-Sœurs de Michel Tremblay.Rose- Aimée Bélanger est une artiste québécoise connue pour ses sculptures de femmes rondes.Née en 1923 à Guérin, elle commence sa formation à l\u2019École des Beaux-arts de Montréal et n\u2019exposera qu\u2019à partir de 1995, soit 30 ans plus tard, après avoir élevé ses huit enfants.Les Chuchoteuses  ont été installées pour valoriser les espaces oubliés du Vieux-Montréal, en 2006.Nous passons devant les très nombreuses galeries d\u2019art des rues Notre-Dame et St-Paul qui témoignent de la vitalité artistique de la ville, pour arriver devant l\u2019église  de  Notre-Dame-de-Bon- Secours.Témoin des arts religieux et historiques, le chantier de construction de l\u2019église a été lancé par Marguerite Bourgeois en 1655.Six ans après la capitulation de Montréal en 1760, Notre- Dame-de-Bon-Secours accueillit de nouveaux fidèles irlandais et écossais.Grâce à ces communautés, des fonds sont amassés pour bâtir la basilique Saint-Patrick, la première anglophone de Montréal.À l\u2019arrière de Notre-Dame-de-Bon-Secours, une statue de 1,70m représentant la Vierge surplombe la chapelle et le port.Les bras grands ouverts, elle accueille depuis 1848 les marins qui partent et reviennent au port.La basilique Notre-Dame L\u2019art dans le Vieux-Montréal Les Chuchoteuses L\u2019église de Notre-Dame-de-Bon-Secours 41 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PROMENADE MASSON GISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTRO FABRE SERGE TRUDEL CAMELOT SAINTE-CATHERINE 42 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 MOTS DE CAMELOTS Une saison dans la vie d\u2019un camelot Les éléments sont nombreux à virevolter dans mon espace de travail.Tel un trapéziste en quête de sensations fortes, je me contorsionne constamment pour préserver mon espace sous mon chapiteau de camelot.J\u2019ai à revoir mes stratégies constamment.Mes manières de faire.J\u2019improvise à la hauteur de mon talent.Les écoles ferment pour la saison estivale.Les gens se volatisent dans les festivals, le silence des chapeaux jaunes laisse les cônes orange dans l\u2019ennui le plus total.C\u2019est la saison des vacances.À l\u2019approche des Fêtes, c\u2019est la panique de l\u2019endettement.Les ventes tournent au ralenti et les heures de travail sont à la hausse.Malgré tous ces bouleversements, mon rapport de proximité avec mes clients (qui sont aussi mes amis) est essentiel à mon quotidien.Mère nature est de loin l\u2019ennemie la plus redoutable.Elle n\u2019en fait qu\u2019à sa tête ! Dérangeante et contrôlante, elle me frappe à grands coups de tonnerre.Certains jours, elle me menace à grands coups de canon, comme pour bien me faire comprendre qui mène dans la baraque.Après les pluies diluviennes, elle m\u2019accable avec la chaleur suffocante.En hiver, elle m\u2019attaque sans scrupule avec un froid sibérien.Je m\u2019adapte, j\u2019orchestre, je cherche les meilleures mélodies disponibles pour harmoniser mes heures de travail.Joindre l\u2019agréable à l\u2019ardu, au pénible.Il n\u2019y a plus de partitions.J\u2019improvise au fil des saisons.La gentrification de mon quartier m\u2019oblige à faire des pirouettes.Comment intéresser les nouveaux arrivés ?Comment remplacer les exilés ?Mon territoire se transforme, se métamorphose.Mon territoire change de visage.Les préjugés, eux, demeurent pour une bonne partie de la population.Les abris contre les intempéries n\u2019existent-ils que pour certains?Je m\u2019au- to-rassure : sans exception, nous nous retrouverons tous à la même table tôt ou tard.Entre temps, nos sympathisants, ceux qui ont la capacité d\u2019aimer, en profiteront pour se rapprocher de nous, de notre histoire et de notre richesse intérieure.Le virus de l\u2019amour On parle depuis quelques temps de certains virus qui hantent notre vie, faisant de nous d\u2019éternels stressés.Mais, laissez-moi vous faire connaître un virus qui est bon pour le cœur.On l\u2019appelle le « virus de l\u2019amour ».Interdit d\u2019observer avec le cœur, cette beauté Elle marche, déambule, sur le chemin de la vie S\u2019arrêtant, défense de voler ce regard de bonté Cela risque de détruire à jamais ces tendres étés d\u2019envie.Cette fée, aux cheveux couleur d\u2019or Qui te regarde toi, l\u2019homme de vœux d\u2019alors Non ! Elle propage un virus inaltérable Qui au cœur est très agréable C\u2019est celui qui conduit à la maladie d\u2019amour Un mal qui peut durer toujours.Au temps du téléphone à roulette Lorsque mes parents ont eu le téléphone, j\u2019étais encore enfant.J\u2019avais environ 11 ou 12 ans.Cela se passait au début des années 1960.Nous demeurions dans un rang, à la campagne.C\u2019était dans la vallée de la Matapédia, en Gaspésie.La compagnie avait prévu que les téléphones seraient tous sur la même ligne.Le genre de téléphone que les gens avaient à cette époque-là, c\u2019était des téléphones fixés au mur, avec un cadran à roulette.L\u2019avantage d\u2019avoir le téléphone, c\u2019était que les gens n\u2019avaient plus besoin de toujours se déplacer pour communiquer.Ils n\u2019avaient qu\u2019à s\u2019appeler.L\u2019inconvénient qu\u2019il y avait à partager la même ligne téléphonique, c\u2019était que les personnes ne pouvaient pas communiquer des choses plutôt confidentielles, car il y avait des personnes qui pouvaient écouter les conversations des autres.Les enfants pouvaient avoir aussi accès au téléphone avec la permission des parents.C\u2019était vraiment une belle et bonne invention et très utile aussi pour différentes choses et différentes causes.On pouvait s\u2019en servir pour travailler.Par exemple, quand j\u2019étais femme de ménage j\u2019utilisais ce moyen-là pour faire de la promotion.Avec mon numéro de téléphone, les gens pouvaient m\u2019appeler pour m\u2019engager.On pouvait aussi s\u2019en servir pour faire venir une livraison et pour bien d\u2019autres choses.Merci à ma clientèle pour leur encouragement. À 73 ans, Raoul Joubert est retraité.Du moins officiellement.Car l\u2019âge ne l\u2019empêche pas de demeurer actif.C\u2019est pourquoi il vend L\u2019Itinéraire depuis plus de deux ans.« J\u2019ai pensé que c\u2019était une bonne chose de vendre des magazines.L\u2019Itinéraire, ça empêche que des gens qui n\u2019ont pas de lit se retrouvent à coucher dehors », explique-t-il.Raoul habite à la Résidence Marie-Jules, une maison de retraite de 69 chambres située sur la rue Bordeaux, dans le Plateau Mont-Royal.L\u2019établissement fournit, en plus des chambres, le service de repas trois fois par jour.« La nourriture est bonne, commente Raoul.J\u2019aime parler avec mes voisins.J\u2019aime bien discuter de sport et de hockey des fois.Mais c\u2019est vraiment à L\u2019Itinéraire que j\u2019ai le plus d\u2019amis.» Raoul est natif du Bas-du-fleuve, de Rimouski plus précisément.Il a quitté la région à 14 ans pour trouver du travail dans la grande ville.Il s\u2019est ainsi trouvé du boulot à la célèbre biscuiterie David, installée sur la rue Hochelaga, à Montréal.Il y a travaillé pendant douze ans, au service de l\u2019expédition.« Je préparais les palettes de boites de biscuits pour la livraison », se souvient-il.Après quoi, il est devenu chauffeur de camion pour la Ville de Montréal.Aujourd\u2019hui, Raoul aime bien son travail de camelot.« J\u2019ai des clients de tous les âges, des jeunes et des vieux.Certains m\u2019achètent le magazine depuis plus de deux ans.J\u2019aime bien parler avec eux.Ça rend mes journées plus intéressantes.» Vous pouvez rencontrer Raoul à l\u2019un de ses points de vente : le métro Montmorency, à Laval, et au marché Metro Bigras, à l\u2019angle des rues de Bordeaux et Gauthier, à Montréal.Les camelots de L\u2019Itinéraire ne sont pas tous des itinérants, loin de là.Oui, c\u2019est vrai, quelques-uns vivent encore dans la rue.Oui, c\u2019est vrai, plusieurs n\u2019ont?pas?de?logement?à?eux.?Mais?la?plupart?ont?un?toit?aujourd\u2019hui,?bien?que?leur?situation?financière?reste précaire et que la rue n\u2019est jamais loin.R a o u l P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Plaisanterie.2.Imprévues.3.Bidasse.- Canton de Suisse.- Lettre grecque.4.Étoile de mer.- Unis.5.Dément.- Écima.- Apparu.6.Règle.- Réduire en morceaux.7.Qui va contre l\u2019usage.- Gros.8.Société d\u2019ingénierie.9.Se dit d\u2019un fruit sur glace nappé de crème chantilly.- Balte.10.Vis.- Flâne.- Crochet.verticalement 1.Développement excessif.2.De l\u2019O.N.U.3.Acte.- Six cent cinquante.4.Coutumes.- Renflement de la quille.5.Clarifier.- Rivière de Suisse.6.Mollusque.7.Secs.- Bière.8.Note.- Débilite.9.Diplôme.- Feldspath.10.Sorti.- Traînards.11.Congénitaux.- Fémur.12.Dans.- Calme.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Qui produit la turgescence du pénis Clef Se dit d\u2019une soeur Poinçons Arbres Poème Attrapa Éminence Femme biblique Situé au niveau du canal rachidien Plante Poisson Qui n\u2019a pas de corolle Dialecte D\u2019Isère Tend Id est Claustrale Monnaie Divinité Réseau de télé Strontium D\u2019une locution signifiant en file Titre religieux Être attaqué (se) Lançait Foutu Poteau Souffrance Bières Qui produit la turgescence du pénis Clef Se dit d\u2019une soeur Poinçons Arbres Poème Attrapa Éminence Femme biblique Situé au niveau du canal rachidien Plante Poisson Qui n\u2019a pas de corolle Dialecte D\u2019Isère Tend Id est Claustrale Monnaie Divinité Réseau de télé Strontium D\u2019une locution signifiant en file Titre religieux Être attaqué (se) Lançait Foutu Poteau Souffrance Bières Réponses du 1 SEPT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 S O C C E D I T E S R R D I L E U O M N A A C L E L E U M A T F O F R E C I E A N S E C O M T I E R I S E A R N E D I E V E E A P E A T L E P E I D R U A L 15 août 2017 G O G U E N A R D I S E I N E S P E R E E S N G U S U R I P S I A S T E R I D E U N S N I E E T E T A N E T E B R E S I L L E R I N D U O B E S E S N C L A V A L I N I M E L B A L E T T O N E S E R R E E S S E Réponses du 1 SEPT 2017 S A B A Y O N S S P A A R O M E S E T A I S T A R I N S P O R E S I G N E M I A M I A R O I A M R P S I N E S T I M A B L E S S I Z E R I N R O T I E T I I B U R N R E E L U C O N V I A A S S U M E R A I E N T Réponses du 15 AOUT 2017 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Écimées Titre turc Puaient Maussades Farinais Lettre grecque Étendue Creux Acquisivité Ville du Japon Singe Volcan du japon Espionnées Repaire Talonne Plante Réelle Balances À toi Adjectif démonstratif Attrapé Ville de France Article Charge Baie Apparu Puis De bras ou de voûte Écimées Titre turc Puaient Maussades Farinais Lettre grecque Étendue Creux Acquisivité Ville du Japon Singe Volcan du japon Espionnées Repaire Talonne Plante Réelle Balances À toi Adjectif démonstratif Attrapé Ville de France Article Charge Baie Apparu Puis De bras ou de voûte Réponses du 15 AOUT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 P P E R E P S E T T E S T I E N L E I L A N E C E V R A E I T I N D N A S E S U I T E T S A O E S T E E P I E E S S T U R P I S S A I I M R I O F S S T E T E À vos crayons ! 44 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2017 DÉTENTE publicité SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 57796 8 9 6 8 2 9 2 5 6 9 4 5 3 1 2 9 3 5 7 9 1 1 4 8 7 6 3 5 8 3 6 7 8 9 7 3 1 4 5 6 2 4 5 6 8 2 9 1 3 7 1 3 2 7 5 6 9 4 8 5 7 3 1 4 8 2 9 6 6 2 1 9 3 5 7 8 4 9 8 4 6 7 2 3 1 5 3 1 5 4 6 7 8 2 9 7 6 8 2 9 1 4 5 3 2 4 9 5 8 3 6 7 1 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du dimanche 07 mai 2017 12:00:02 1 / 1 15 août 2017 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 45 1er septembre 2017 | ITINERAIRE.CA SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 57649 8 7 6 5 4 5 6 2 6 9 1 3 7 8 4 7 1 5 3 8 2 1 4 9 8 4 2 5 6 2 7 3 1 2 9 3 7 4 8 5 6 8 7 6 5 2 9 3 1 4 3 5 4 6 1 8 2 9 7 5 8 2 4 3 6 9 7 1 9 1 3 7 8 5 4 6 2 6 4 7 2 9 1 5 3 8 2 3 5 8 6 7 1 4 9 7 9 8 1 4 3 6 2 5 4 6 1 9 5 2 7 8 3 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du dimanche 30 avril 2017 00:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S Itinéraire - Cahier du 15 août, 3,6875 po x 4,875 po, couleurs lacsq.org TOUT LE MONDE MÉRITE UNE CHANCE ÉGALE d\u2019écrire son avenir. Le souvenir est le parfum de l\u2019âme.George?Sand Le souvenir de la jeunesse est tendre dans les vieillards.Jean de La Bruyère Dieu a donné une sœur au souvenir et il l\u2019a appelée espérance.Michel-Ange Savoir, c\u2019est se souvenir.Aristote Le souvenir c\u2019est la présence de l\u2019invisible.Victor?Hugo Prenez soin de tous vos souvenirs.Car vous ne pouvez pas les revivre.Bob Dylan Le souvenir de nos erreurs est notre plus fidèle compagnon.Simone Bussières Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus.Sigmund?Freud La télévision fabrique l\u2019oubli.Le cinéma fabrique.des souvenirs.Jean-Luc Goddard Les gens ont tendance à oublier leurs devoirs, mais à se souvenir de leurs droits.Indira Gandhi Lorsque vous dites la vérité, vous n\u2019avez à vous souvenir de rien.Mark?Twain Le vrai bonheur serait de se souvenir du présent.Jules Renard P H O T O   : ?V V S V ?( 1 2 3 R F ) À PROPOS.PAR TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA ONaR EMPLITOVOTREsTASSE OUQUE*VOUS'SOYEZ EE Partout au Québec, on livre gratuitement; \u2014 Py } > ut PRE wT Ty RE - Atal Eve | NN és = _\u2014 Es TT a 0) - _a \u2014 22e aa = \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014 Thema.E- O7 \u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014 \" a ; Xoo ~~ A Tm ay \u2014 Pl - == mmm =.Se x r\u2014 em A \u2014\u2014ee me sE- == \u2014 >= i wr : A Ea.\u2014a ap - a.\u2014 20 > \u2014\u2014 x hm \u2014 aa = mmm | » oy - eddes L \u201caw mate = = TR mn, LI - = -_% Sg.dn ma Pry \u20142 \u201cete \"x a es = a l\u2014\u2014 - wy i _ \u2014 alley, \u2019 \u2014.2 Cx 4D = \u2014\u2014 < 1 BRO RD \"i-k Ea wydngmpy pl oh py igs pd > - Ï oll Pvt BE \u201col 65 bi Smad ag im] ply rig Had 5 A Tab rip pings es ppp ry Hee ain CAFE TORREFIE A MONTREAL 514 321-4121 1 800 361-4121 rial.ci BROSSARD\"™ oo *La livraison gratuite s'applique pour les commandes de 10 livres de café et plus. Du 30 août au 1er octobre Marché Bonsecours Vieux-Montréal wppmtl.ca #wppmtl Dim.au mer.: 10 h à 22 h Jeu.au sam.: 10 h à minuit EXPOSITION 2017 Valery Melnikov (Russie), Rossia Segodnia Jours noirs de l\u2019Ukraine WPP2017_Itineraire-pleinepage_v5.pdf 1 17-07-25 15:34 "]

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