L'itinéraire, 1 janvier 2017, dimanche 15 octobre 2017
[" Le 20 octobre Page 28 Volume XXIV, n?20 Montréal, 15 octobre 2017 a b o n n e m e n t s a u Section spécial e ! 375e : Montréal méconnu 4 pages central es Zoom sur un partenaire qui fait la différence?Comité logement Ville-Marie Bien enraciné dans le milieu depuis plus de 40 ans, le Comité logement Ville-Marie favorise la promotion des droits des locataires et participe au développement de logements sociaux.Au cœur de leur mission : les besoins des familles qui habitent le centre-ville; de grands appartements en bon état et à coût abordable.Meilleures connaissances sur le logement, développement de projets de coopératives et d\u2019habitation communautaire, accès aux nouveaux projets résidentiels\u2026 l\u2019arrondissement et ses familles peuvent compter sur la solide expertise de cet organisme.Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie \u2022 \u2022 1 7 - D S - 1 6 9 COUP DE CHAPEAU Collectivement, nous travaillons à développer le logement accessible ?LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS PRIORITÉS clvm.org Zoom sur un partenaire qui fait la différence?Comité logement Ville-Marie Bien enraciné dans le milieu depuis plus de 40 ans, le Comité logement Ville-Marie favorise la promotion des droits des locataires et participe au développement de logements sociaux.Au cœur de leur mission : les besoins des familles qui habitent le centre-ville; de grands appartements en bon état et à coût abordable.Meilleures connaissances sur le logement, développement de projets de coopératives et d\u2019habitation communautaire, accès aux nouveaux projets résidentiels\u2026 l\u2019arrondissement et ses familles peuvent compter sur la solide expertise de cet organisme.Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie \u2022 \u2022 1 7 - D S - 1 6 9 COUP DE CHAPEAU Collectivement, nous travaillons à développer le logement accessible ?LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS PRIORITÉS clvm.org Nom Serge Dumont | Camelot n° 522 | Âge 65 ans Points de vente Librairie Renaud-Bray (Marie-Anne et Saint-Denis) S erge dit avoir encore « la rage au cœur ».Et pourtant.Lorsqu\u2019on croise son sourire charmeur et son regard plein de bonté, on a peine à croire qu\u2019un mal l\u2019habite.« J\u2019ai toujours eu de la difficulté à m\u2019intégrer dans la société, explique-t-il.J\u2019ai de la rage en dedans.Les gens sont tellement préoccupés de demain qu\u2019 ils ne pensent pas au moment présent.Je suis souvent révolté de ce que je vois dans la société.» Pour cette raison, Serge affirme n\u2019avoir jamais pu conserver un emploi.« J\u2019ai souvent eu des emplois saisonniers, comme dans les champs de tabac en Ontario ou la récolte des fruits et légumes en Floride.Je n\u2019ai jamais travaillé longtemps au même endroit.» Lorsqu\u2019il était plus jeune, il a trouvé un emploi d\u2019emballeur à la Société des alcools du Québec (SAQ).Il travaillait dans l\u2019édifice du Pied-du-Courant, tout près du fleuve, au pied du pont Jacques- Cartier.« J\u2019étais trop bon avec les amis, raconte-t-il.Je payais souvent la traite.J\u2019ai commencé à boire et quand je buvais, je n\u2019arrêtais pas.Dans l\u2019édifice, ça sentait le vin à la journée longue.Les raisins n\u2019ont pas eu le temps de mûrir et ils ont ruiné ma vie.» Serge a finalement appris qu\u2019il souffrait de schizophrénie, mais au prix de douloureuses hallucinations sonores et visuelles qui ont laissé leurs traces.C\u2019est un livre qui l\u2019a amené à se réconcilier un peu avec la vie.En lisant La flûte de Dieu, « j\u2019ai compris qu\u2019aucune religion n\u2019a le monopole de la vérité ».« Tout n\u2019est pas parfait », dit-il.Mais L\u2019Itinéraire l\u2019aide à passer au travers.« Je trouve ça réconfortant.J\u2019ai un peu d\u2019argent pour manger tous les jours.Si je n\u2019avais pas L\u2019Itinéraire, je serais dans la rue.C\u2019est la preuve que pour les malheureux, il y aura toujours une porte de sortie.» « Mes clients sont très gentils, insiste-t-il.Ils ne m\u2019ont jamais laissé tomber.Je m\u2019aide en faisant mon travail de camelot.Le simple fait que vous écriviez cet article sur moi, ça va m\u2019aider à ne pas consommer pendant quelques semaines.» Comme à peu près tout le monde, Serge rêve de gagner à la loterie.Mais, « pour aider les gens ».Il tente de mettre un peu d\u2019argent de côté pour faire un voyage l\u2019an prochain.« J\u2019aimerais bien aller en Inde pour trouver la paix, loin de vendeurs de drogue de la rue.» Serge célèbrera son 11e anniversaire à L\u2019Itinéraire le 27 décembre prochain.L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Serge Par Laurent Soumis, chargé de l\u2019accompagnement des participants Photo : Alexandra Guellil Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA GUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MAGALIE PAQUET Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, JUSTINE CLÉMENT, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE MONTVALON, VALÉRIE SAVARD, LAËTITIA THÉLÈME, PAUL VANASSE, GUILLAUME VIGNEAULT Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE, ROSEMONDE LEGAULT, LOUIS VÉZINA Image de la une : KARINE BÉNÉZET ET MILTON FERNANDES ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet Café de la Maison ronde : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : ÉRIC WILLIAMS - Novatech Médical Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Virage Coaching JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg, sencrl, srl RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSONNETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 13 3 MOTS DE CAMELOTS DOSSIER Raoul Joubert 12 Jean-Guy Deslauriers 12 Tuan Trieu-Hoang 12 Réjean Blouin 27 Josée Cardinal 27 Lucette Bélanger 27 Daniel Grady 42 Gisèle Nadeau 42 Sylvain Pépin-Girard 42 ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! ÉDITORIAL 7 Partir sans laisser de traces Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT 8 4 questions à Bernard St-Jacques Par Alexandra Guellil RÉGIONS 9 Saint-Rémi : Somos hermanos veille au grain Par Mario Alberto Reyes Zamora et Josée Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 11 OPINION 21 On est toujours le connard de quelqu\u2019un Par Mathieu Thériault ÉVÉNEMENT 28 La Nuit des sans-abri : un événement de sensibilisation rassembleur et festif Par Isabelle Raymond CARREFOUR 30 COMPTES À RENDRE 32 À quoi servent les banques ?Par Ianik Marcil, économiste indépendant INFO RAPSIM 33 Un vent d\u2019espoir pour des avancées concrètes Par Élise Solomon, organisatrice communautaire au RAPSIM DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 34 EXPOSITION 37 Jardins de lumière : un jardin de rêve Par Saïd Farkouh VIE DE QUARTIER 40 Le Vieux Saint-Eustache Par Gaétan Prince VIE DE QUARTIER 43 Par Siou DÉTENTE 44 À PROPOS DU MÉTIER 46 Par Pascal St-Louis Serge \u2022 Travailler autrement Par Maxime Valcourt \u2022 Retour?au?travail:?surmonter?les?obstacles?Par Luc Deschênes \u2022 Changement?de?carrière?:?travailler en accord avec soi \u2022 Métiers d\u2019antan, mœurs d\u2019avant Par Alexandra Guellil L\u2019Itinéraire présente la dernière de six sections spéciales historiques pour marquer le 375e de Montréal.À travers ces quatre pages centrales du magazine, vous avez pu découvrir ce?qui?a?façonné?la?vie?sociale?et?populaire?de?Montréal?depuis?la?fondation?de?Ville-Marie?à?nos jours.On vous a proposé de parcourir les différentes?périodes?de?l\u2019histoire?montréalaise?en empruntant un point de vue inédit, celui des plus démunis et des gens du peuple.Dans cette édition :?la?période?de?1990?à?2017.SECTION SPÉCIALE - 375E : MONTRÉAL MÉCONNU 23 Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.SOMMAIRE 15 octobre 2017 Volume XXIV, no 20 Bonjour à toute l'équipe, un petit mot pour saluer le beau travail que remplit l'un de vos camelots, soit la dame devant la SAQ sur Mont-Royal.Pas une?seule?fois?où?je?passe?à?ses?côtés?que?je ne la vois pas souriante et de bonne humeur.Son sourire égaye certainement mon passage et je ne doute pas que beaucoup de gens se sentent également interpelés.Merci à elle pour ce sourire constant?qui?nous?rappelle?qu'au?fond,?il?n'y a rien de réellement grave.Marie-Pier Dupuis Bounjour ! So?I?just?bumped?into?one?of?your?vendors,?I?think?his?name?was?Luc.?I?work?for?the?street?paper?Surprise in Switzerland and was so happy to meet him!! He was so nice ! And I saw that we're even in you paper (page?10)?!!?:-D?So?thank?you?again?and?say?hi?to?Luc?from?me?:-) Sending you some pictures I took.All the best ! Priska Schlatter publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs : 514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : En librairie.Disponible en format numérique PARCE QUE PERSONNE N\u2019EST À L\u2019ABRI.Réflexions sur l\u2019itinérance après la série Face à la rue. Alors si c\u2019est comme ça qu\u2019on traite nos vieux, qu\u2019en est-il des itinérants, des prostituées, des marginaux ?Je vous avais parlé d\u2019Élisabèthe, une de nos camelots retrouvée morte dans son petit appartement à côté de L\u2019Itinéraire (édition du 15 juin 2017).À part nous, Élisabèthe n\u2019avait plus personne dans sa vie.Elle avait pris soin de faire ses propres arrangements funéraires, soit l\u2019incinération et aucun service.Il y a quelques semaines, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019honorer sa mémoire, grâce à l\u2019initiative de l\u2019Abbé Claude Paradis, de Notre-Dame- de-la-rue.Ce prêtre hors du commun, qui a lui-même connu la toxicomanie et la rue, offre depuis quatre ans des obsèques dignes aux itinérants, prostituées et autres personnes décédées non-réclamées.Fin septembre, il a invité les gens à se rassembler pour une célébration commémorative à la suite de la mise en terre des cendres de 101 défunts dont personne n\u2019est venu réclamer les restes.Au cours du service, l\u2019Abbé Claude a souligné le passage sur terre d\u2019Élisabèthe, un moment très touchant.Ce qui l\u2019était également était de constater que plus d\u2019une centaine de personnes s\u2019étaient déplacées pour assister à la célébration.Parmi eux, des ex-itinérants empathiques, et surtout plusieurs personnes d\u2019un certain âge qui comprennent qu\u2019il reste moins d\u2019années devant que derrière.Qui comprennent que ça doit être terrible de mourir seul.Que chaque personne mérite que l\u2019on souligne son passage sur terre.Je donne ça à réfléchir.À moins de vivre en hermite sur une île, nous faisons partie d\u2019une grande communauté, d\u2019une grande famille humaine.N\u2019est-il pas mieux de reconnaître \u2013 de leur vivant - l\u2019existence des personnes esseulées et, mieux encore, de contribuer à soulager leur solitude ?Parce que la perspective de mourir seul et de ne laisser aucune trace est trop triste.Il y a une dizaine d\u2019années, une histoire qui s\u2019est produite dans mon entourage m\u2019a marquée.Une connaissance a demandé à un de mes proches qui faisait de la rénovation de venir arracher les planchers de bois d\u2019une maison, celle dont elle venait d\u2019hériter de son père, qu\u2019elle n\u2019avait pas revu depuis plus de 20 ans.On avait découvert sa dépouille sur le plancher de sa demeure plusieurs semaines après son décès.Mourir seul.Quel triste sort ! Autre anecdote, ma belle-mère, décédée en 2013, était hébergée dans une résidence pour personnes atteintes d\u2019Alzheimer.J\u2019allais lui tenir compagnie régulièrement, même si je savais qu\u2019elle ne se rappelait pas de mes visites, et, avec le temps qui passait, ne se rappelait pas de moi.Mais j\u2019étais consciente qu\u2019elle était toujours heureuse de l\u2019attention que je lui donnais, pendant la petite heure où je la voyais chaque semaine.Lors de mes visites, j\u2019ai constaté avec tristesse que sur la vingtaine de résidents, la moitié ne recevait peu ou pas de visites du tout.Des pères, des mères, des frères, des sœurs, des oncles et des tantes qu\u2019on a laissés tomber.Peu importe que ces aînés soient « malcommodes », qu\u2019on « travaille et qu\u2019on n\u2019a pas de temps », a-t-on raison de les abandonner ?Partir sans laisser de traces 7 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L questions à Bernard St-Jacques 4 la Ville joue la carte de la réconciliation avec le changement du drapeau municipal, le changement de noms des espaces publics et au niveau national, la préparation d\u2019une commission sur le racisme systémique.De plus, il ne faut pas oublier que nous sommes dans la dernière année du plan d\u2019action de lutte contre l\u2019itinérance.Un bilan public sur ces questions était donc très attendu.L\u2019une des mesures est liée à la révision de « toutes les dispositions réglementaires et directives du SPVM et de la STM ».En quoi est-ce primordial dans la lutte au profilage ?Ce qui est extraordinaire, c\u2019est que 18 élus à travers la ville se sont entendus sur cette mesure en ce sens où l\u2019on n\u2019a pas eu besoin de les convaincre de sa nécessité.Dans la plupart des cas, on nous dit souvent qu\u2019un règlement est appliqué sans même que l\u2019on en connaisse sa teneur.Cette mesure nous donne donc un levier pour demander des actions concrètes.Cependant, je ne m\u2019attends pas à ce qu\u2019une administration municipale en fasse son cheval de bataille.Il s\u2019agissait de la plus importante recommandation sur laquelle nous avons travaillé avec l\u2019aide de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.Mais, jusqu\u2019où ira cette reconnaissance du problème ?Rappelons que ce sera à la prochaine administration municipale d\u2019appliquer ou non les différentes mesures.Le mois dernier, une trentaine de recommandations visant à lutter contre le profilage racial et social ont été approuvées par l\u2019administration de Denis Coderre.Il s\u2019agit d\u2019une conclusion à la consultation, organisée au printemps, pendant laquelle plusieurs acteurs et groupes communautaires ont été entendus.Directeur général de la Clinique Droits Devant, un organisme qui vient en aide aux personnes en situation d\u2019itinérance judiciarisées, Bernard St-Jacques analyse quelques- unes des mesures. Dans quel contexte ces recommandations ont-elles été formulées ?Pour le comprendre, il faut remonter dans le temps.Toute la notion de profilage est apparue vers la fin des années 90.Au niveau racial, elle était souvent liée aux gangs de rue qui remplaçaient les motards criminalisés amenant ainsi une tout autre dynamique : tout jeune noir habillé d\u2019une certaine façon et étant dans l\u2019espace public pouvait être ciblé par la police.Au niveau social, elle s\u2019est développée autour de la question de la revitalisation du centre-ville et de la reconsidération des populations marginalisées.Ces notions ont été confirmées par la mise en place d\u2019équipes de police spécialisées et par le nombre de contraventions attribuées à certains groupes de citoyens plutôt qu\u2019à d\u2019autres.2009 et 2011 ont été des années charnières puisque les constats étaient accablants et les études commençaient à appuyer ces thèses.Au niveau de la symbolique, le terreau est plus que fertile : Est-ce qu\u2019elle sera « en droit » de ne pas travailler sur ces recommandations ?Évidemment.S\u2019il existe des filtres et des mécanismes démocratiques, il ne s\u2019agit pas uniquement d\u2019une question de droit comme tel.La prochaine administration municipale pourra expliquer qu\u2019elle ne pourra pas travailler sur l\u2019application de telles mesures en raison de son agenda.De plus, il suffit d\u2019avoir une administration municipale frileuse combinée à une administration policière prudente - quoiqu\u2019ouverte - pour que cela traîne.Comment ces mesures seront-elles appliquées ?Il est vrai que dans ce rapport, on ne va pas très loin au niveau de l\u2019application alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un élément sur lequel il est possible de travailler ici et maintenant.Il existe des actions concrètes que l\u2019on peut mettre en œuvre rapidement.Par exemple, on sait que les commerçants autour des stations de métro font de nombreuses plaintes à l\u2019encontre des personnes itinérantes.Or, personne ne pense à créer des ateliers de sensibilisation pour favoriser une meilleure cohabitation.Comme si l\u2019on préférait entretenir le même modèle.Au-delà de l\u2019application des mesures, il faudra veiller à prendre en compte l\u2019intersectionnalité des discriminations, tant sur la compréhension du problème que sur la façon d\u2019y remédier.Les recommandations sont en libre consultation sur le site Internet de la Ville de Montréal : https://ville.montreal.qc.ca/pls/ portal/docs/PAGE/COMMISSIONS_ PERM_V2_FR/MEDIA/DOCUMENTS/ RECOM_20170912.PDF 8 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA ET JOSÉE PANET-RAYMOND Saint-Rémi.Et, disons-le tout de suite, s\u2019ils n\u2019étaient pas là, la majorité des fermes feraient faillite, faute de travailleurs québécois prêts à effectuer un travail éreintant, six jours par semaine au plus bas salaire, pour quelques mois par année.C\u2019est d\u2019ailleurs pour pallier cette pénurie que le Programme de travailleurs agricoles saisonniers (PTAS), créé comme projet-pilote en 1966 a été relancé plus intensivement au milieu des années 1990 pour faire venir des travailleurs du Mexique.Un autre programme, le PTET (travailleurs étranger temporaires) fait désormais venir des Guatémaltèques au Québec.Les Honduriens se sont ajoutés au nombre depuis quelque temps.Pas tous bien traités « J\u2019ai un bon patron, dit Gabino qui fait partie d\u2019une petite équipe de sept travailleurs dans la ferma où il récolte pommes de terre, choux et betteraves.Nous sommes bien logés et quand on a besoin de voir le dentiste ou le médecin, notre employeur organise le rendez-vous et nous accompagne pour servir d\u2019 interprète.Aussi pour faire nos courses, on nous prête la camionnette.Sinon, je me déplace à vélo », dit celui qui a pédalé 10 km pour venir assister à la messe à Saint-Rémi pendant sa seule journée de congé hebdomadaire.Si Gabino figure parmi les 70 % des travailleurs saisonniers qui bénéficient de bonnes conditions de travail, ce n\u2019est pas le cas de tous.« Je dirais que 20 % des producteurs ont des manquements par rapport à leurs travailleurs, tandis que 10 % traitent leurs employés comme des esclaves », informe Melvin Mendez, de Somos Hermanos, un organisme de défense des droits des travailleurs migrants, chapeauté par les diocèses de Saint-Jean-Longueuil et de Valleyfield.Il explique que chez ces producteurs fautifs, les conditions de vie et de travail sont très dures.« Les habitations, bien que construites récemment sont trop petites pour accommoder les travailleurs et l\u2019 isolation Un dimanche ensoleillé, mi-septembre à Saint-Rémi, on se croirait dans une petite ville de l\u2019Amérique latine.Dans les rues, sur le parvis de l\u2019église et dans la tienda au coin de la rue, les gens qui circulent sont pour la plupart Mexicains, Guatémaltèques et Honduriens.Les trabajadores, ces travailleurs agricoles venus d\u2019ailleurs font partie du paysage montérégien depuis plus d\u2019une trentaine d\u2019années.Parmi eux, Gabino Rosales, 51 ans, originaire de San Luis Potosi au Mexique revient chaque année depuis 11 ans à la même ferme, Les maraîchers Saint-Michel.Le père de quatre enfants qu\u2019il laisse derrière lui huit mois par année, soit d\u2019avril à la fin octobre, travaille au moins 10 heures par jour au salaire minimum de 11,25 $ de l\u2019heure.« C\u2019est dur d\u2019être loin de ma femme et mes enfants.Il y a bien les petits boulots de la construction et de l\u2019agriculture dans mon pays, mais ce n\u2019est pas assez pour nourrir ma famille convenablement, déplore-t-il.Je leur parle au téléphone régulièrement; j\u2019aimerais bien communiquer par Skype, mais comme on n\u2019a pas internet dans mon village.» Gabino fait partie des 11 000 travailleurs agricoles saisonniers qui viennent semer, cultiver et récolter nos fruits et légumes à l\u2019échelle du Québec.De ce nombre, 3000 travaillent dans la région de Saint-Rémi Somos hermanos veille au grain 9 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA RÉGIONS P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Melvin Mendez, de l\u2019organisme Somos Hermanos, à gauche et Gabino Rosales ce n\u2019est pas sans conséquences; les maux de dos et les douleurs musculaires sont monnaie courante.De plus, ce genre de travail n\u2019est pas sans risque : cette année seulement, quatre travailleurs sont décédés.« Nous pouvons nous compter privilégiés d\u2019avoir cette main-d\u2019œuvre essentielle pour que nous puissions avoir des fruits et des légumes locaux.Il ne faut pas oublier que la cadence de travail est extrêmement rapide et ils travaillent souvent par des journées chaudes sous le soleil pendant des heures.» Beaucoup de gens de Saint-Rémi et des environs le reconnaissent et font de grands efforts pour intégrer ces travailleurs saisonniers.« Que ce soit à la pharmacie ou à la caisse populaire, plusieurs entreprises ont adapté leur services en ayant des employés qui parlent espagnol », informe Melvin Mendez.Par ailleurs, lors de notre passage à Saint-Rémi, nous avons visité le marché El Primo, un véritable magasin général latino-américain où les travailleurs peuvent se rencontrer et s\u2019approvisionner de produits de leurs pays, de même que de profiter du service d\u2019envoi d\u2019argent en Amérique du Sud.Et chaque dimanche, ils convergent à l\u2019église du village pour assister à la messe, qui, depuis 20 ans, est célébrée en espagnol.n\u2019est pas adéquate, les rendant trop chaudes l\u2019été et trop froides l\u2019automne.» Il cite également en exemple la pression pour faire de trop longues heures, ne pas offrir d\u2019assistance aux travailleurs malades ou de les renvoyer dans leur pays plutôt que de les faire soigner.« Ces employeurs sont dans l\u2019 ignorance, ils ne comprennent pas la réalité des Mexicains et Guatémaltèques.Ils se disent qu\u2019un minimum ici sera toujours préférable aux conditions de vie dans leur pays d\u2019origine, et ils en profitent.» Retournés chez eux Signaler son insatisfaction ou dénoncer de mauvais traitements peut valoir de gros problèmes à des travailleurs migrants, surtout ceux du Guatemala.Alors que les travailleurs mexicains, grâce à une entente entre les gouvernements du Canada et du Mexique peuvent demander de changer d\u2019employeur, les travailleurs guatémaltèques, qui viennent au Québec grâce au PTET, sont géré par le privé, et sont donc moins protégés.« Disons que la main-d\u2019œuvre ne manque pas, donc malheureusement si ces travailleurs ne sont pas contents de leurs conditions de travail, d\u2019autres prendront leur place et ils ne seront plus admissibles à revenir au Québec », informe M.Mendez.Melvin Mendez, qui a fui le Salvador en raison des conflits armés des années 80 est devenu le défenseur des trabajadores un peu par hasard.« J\u2019ai acheté une maison à 30 km au sud de Saint-Remi et lorsque je passais dans le village j\u2019ai été frappé par le nombre de Latino-américains.Je suis allé à leur rencontre, et en discutant avec eux je me suis rendu compte des difficultés que ces personnes rencontraient.Parlant peu ou pas le français, ils leur était difficile de connaître leurs droits et de faire certaines démarches administratives », relate-t-il.Celui qui agit comme intermédiaire et interprète auprès des producteurs et les travailleurs explique que ces derniers ont automatiquement droit à une carte d\u2019assurance-maladie lorsqu\u2019ils arrivent.« Or 40 % des travailleurs, dont certain de longue date, n\u2019ont aucune connaissance de l\u2019existence de la carte d\u2019assurance-maladie.» Bien que ce soit la responsabilité de l\u2019employeur de faire certaines démarches administratives, ils n\u2019ont souvent pas le temps où l\u2019envie de le faire, dit M.Mendez.« La solution idéale serait donc d\u2019avoir une personne qui s\u2019occupe des ressources humaines pour les travailleurs », souhaite-t-il.Il précise encore que les travailleurs migrants paient de l\u2019impôt ainsi que de l\u2019assurance-emploi, même s\u2019ils ne peuvent se prévaloir des prestions de chômage.Il est également interdit aux travailleurs migrants de demander la résidence au Canada.Risques du métier Travailler dans les champs, le dos courbé à longueur de journée ne rebute pas les travailleurs qui sont rompus à cette besogne.Mais Ce reportage a été réalisé avec la collaboration de la Table itinérance Rive-Sud 10 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O S : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Le prêtre colombien, Marcello Serato L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?120?journaux?de?rue?dans?35?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.ALLEMAGNE | Construire ensemble C\u2019est en apprenant qu\u2019ils allaient fonder une famille que Franck et Heike Schröder ont choisi d\u2019habiter dans un logement collectif.S\u2019il est vrai que le couple ne pouvait pas obtenir une hypothèque pour acheter leur propre maison, ils ont opté pour une solution plus sûre qu\u2019une location et surtout, en adéquation avec leurs valeurs.C\u2019est donc en répondant à une annonce publiée dans un journal qu\u2019ils ont rejoint un groupe de personnes ayant décidé de construire leur propre immeuble.Dans leur groupe, baptisé Baugruppen, les familles souhaitant accéder à la propriété se regroupent, achètent un terrain, embauchent un architecte et construisent ensemble ce qui deviendra leur bien immobilier.Cet habitat devenu collectif a pour but de personnaliser son chez-soi en suivant quelques principes de vie avec d\u2019autres familles comme le partage des vêtements, des jouets des enfants ou des provisions.Selon les dernières estimations, les projets de cologements sont en plein essor à Berlin avec un peu plus de 450 projets en cours ou complétés.(Big Issue North/INSP.ngo) JAPON | Danser pour espérer « Shinjin H Sokerissa! » est le nom donné à un projet de danse où plusieurs Japonais sans-abri découvre une façon d\u2019exprimer leurs ressentis et leurs vécus avec leur corps.Ce projet est né en 2004 grâce à la persévérance de Yuki Aoki, danseur et chorégraphe professionnel, intrigué par ce que pouvaient révéler les mouvements de ces personnes qui ont dû lutter pour rester en vie.Si peu de personnes croyaient en son projet au début, le groupe effectue des représentations partout au pays aujourd\u2019hui, allant à la rencontre du public dans les parcs ou les musées.La troupe a même eu l\u2019occasion de se produire avant les Jeux olympiques d\u2019été de 2016 à Rio de Janeiro.Yuki Aoki a rappelé en plusieurs entrevues que les danses n\u2019étaient pas chorégraphiées.Son leitmotiv est de donner la chance aux apprentis danseurs d\u2019illustrer par des mouvements certaines expressions.(Reuters / INSP.ngo) ÉTATS-UNIS | Ouragan Harvey : sauver les animaux L\u2019un des impacts les moins connus des catastrophes naturelles qui ont ravagé les États-Unis et plusieurs îles des Caraïbes est l\u2019abandon des animaux de compagnie.Grâce à Animal Rescue Corps (ARC), un organisme de sauvetage animalier, 156 animaux ont été sauvés au lendemain de l\u2019ouragan Harvey.L\u2019organisme possède un abri permanent situé à Lebanon (Tennessee), devenu l\u2019endroit où se préparent les opérations de sauvetage.Les animaux y sont hébergés en attente de retrouver une maison et une famille au pays.Pendant l\u2019ouragan, un peu plus de sept abris d\u2019animaux ont été touchés dans la région.Les animaux sont répartis dans plusieurs États afin d\u2019éviter de saturer les différents abris.L\u2019organisme a invité le public via sa page Facebook à effectuer des dons en argent ou en temps pour être capable d\u2019honorer leur mandat.(The Contributor / INSP.ngo) P H O T O ?: ?K A T H I R N ?O H L M A N N P H O T O ?: ?R E U T E R S / T O R U ?H A N A I P H O T O ?: ?T H E ?C O N T R I B U T O R TRADUCTION :?ALEXANDRA?GUELLIL ROND-POINT INTERNATIONAL RAOUL JOUBERT CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE ET PROMENADE MASSON TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT HENRI-BOURASSA JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PROMENADE MASSON 12 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Le panier bio Bien manger c\u2019est bon.Pis toi, manges-tu santé ?Moi ça\u2019m rappelle le temps des hippies pis des beatniks.Pis Sam, mon voisin d\u2019à-côté durant les années 60-70.Certes y\u2019avait des dérapages occasionnels au LSD pis à l\u2019acide, mais y mangeait des bonnes graines, pis y\u2019était proche d\u2019la nature, pis y\u2019était en santé.Ça fa\u2019que la vague bio n\u2019a rien de ben neuf.C\u2019est plus un rappel à l\u2019ordre et une prise de conscience que le produit de la ferme à grande échelle est devenu dangereux et menaçant pour la santé comme plein d\u2019autres affaires.Cette tendance bio, ce retour aux sources, je la préfère bien sûr à celle de l\u2019épandage d\u2019insecticides et de pesticides.Ça fa moins peur que les grosses lettres OGM.Le goût est meilleur et cette production nous est présentée comme entièrement écolo-gentille.Manger santé, c\u2019est certainement une bonne affaire.C\u2019est gagnant.Ça donne des couleurs, d\u2019la détermination, du dynamisme et une sensation de bien-être.Mais tout ça à quel prix ?Les produits bio sont coûteux.Pour Stéphane (mon client lecteur qui m\u2019a suggéré ce billet), le produit bio coûte plus cher, mais il ne se sent pas escroqué.Il y voit plein d\u2019avantages dont la fraîcheur, la qualité et le goût.Pour les petites gens, l\u2019histoire est un peu différente.Avec un budget un peu maigre, ils doivent se contenter d\u2019acheter des carottes radioactives un peu bêtes et fluettes et d\u2019la laitue fripée plutôt que frisée.C\u2019est moins cher, donc plus abordable pour les petits portefeuilles.J\u2019chiale pas ici contre le produit bio.J\u2019parle d\u2019une réalité financière qui afflige beaucoup de gens.Je trouve le bio tout simplement un peu trop cher.Fort heureusement, il y a les jardins communautaires.En plus d\u2019être une super activité, les jardins nous permettent de réduire un peu le coût du panier d\u2019épicerie.Et que dire de l\u2019élevage de gloseuses et de caqueteuses (poules pondeuses) comme loisir.Ce n\u2019est pas banal du tout.Pis ça donne des œufs frais.Je vaux 1,65 $ par jour Récemment, j\u2019ai eu la mauvaise surprise de constater que ma ligne de téléphone était coupée sans raison apparente.Comme je n\u2019ai pas les moyens de me payer un cellulaire, je n\u2019avais plus du tout de service téléphonique.J\u2019ai dû m\u2019habiller en pleine nuit pour aller dans une cabine téléphonique, à plusieurs coins de rue de chez moi, pour rejoindre le service de réparation de Bell.Ils m\u2019ont promis de m\u2019envoyer un technicien dès le lever du jour.Néanmoins, on m\u2019a demandé de rester à la maison et d\u2019être là entre 8 h et 17 h.Cette jour- née-là, j\u2019ai dû rester à la maison et attendre la venue du technicien.Effectivement, vers 14 h, le technicien est arrivé.Après plusieurs vérifications de l\u2019équipement, il m\u2019a annoncé que mon problème était hors de sa compétence.Le problème semblait venir de l\u2019extérieur de mon appartement.La compagnie a envoyé un autre technicien le lendemain.Cette fois-là, il est arrivé vers 16 h.Il a réglé le problème et m\u2019a assuré que ce genre de problème ne surviendrait plus.Malheureusement, à peine quatre jours plus tard et au beau milieu d\u2019une conversation téléphonique, la ligne est abruptement tombée en panne.Pour une deuxième fois, j\u2019ai dû refaire le même manège pour rejoindre la compagnie.Le jour prévu, j\u2019ai dû téléphoner à six reprises pour savoir à quelle heure le technicien viendrait.Dans les 15 prochaines minutes, m\u2019a-t-on répondu.Finalement, le troisième technicien a réglé le problème en me disant que ses autres collègues étaient des incompétents.Bell admet que les problèmes n\u2019étaient pas mon problème et que je n\u2019avais pas à payer pour la réparation.La compagnie m\u2019a accordé un crédit d\u2019environ 8 $ sur mon prochain compte, pour compenser la perte de service.Ça fait environ 1,65 $ par jour.Ce n\u2019est pas cher payé pour avoir perdu trois jours de ma vie.Et si j\u2019avais perdu trois jours de salaire ?Les animaux d\u2019Afrique Je regarde de temps en temps des documentaires sur les animaux.Comme sur la chaîne National Geographic, par exemple.La girafe a le cou long.Elle mange des feuilles d\u2019arbres.Le lion se promène avec sa famille.Il chasse des proies pour se nourrir.J\u2019aime bien les lionceaux.Ils ne sont pas malins lorsqu\u2019ils sont jeunes.Ils jouent ensemble entre eux sans se faire de mal.J\u2019aime bien les antilopes également.Elles sont habiles et elles courent rapidement.Elles sont de toute beauté.Par contre, je n\u2019aime pas beaucoup les crocodiles.Ce sont des animaux féroces.Ils font mal aux autres animaux et ils ne sont pas très beaux.J\u2019ai déjà vu de majestueux lions et tigres blancs à la télévision.Ils sont peu nombreux et rares.Il y a aussi des chats sauvages en Afrique.Ils ressemblent à de vrais chats mais plus gros et plus agiles.Les animaux d\u2019Afrique vivent dans des températures très chaudes.Ils sont capables de survivre à ces températures torrides.Leur corps s\u2019adapte.Il y a d\u2019autres espèces d\u2019animaux en Afrique mais il ne faut pas les chasser parce que certains sont en voie d\u2019extinction.Par exemple, les braconniers chassent les éléphants pour leur ivoire et les tigres pour leur fourrure.Je termine en disant qu\u2019ils sont tous de beaux animaux et qu\u2019ils ne devraient pas être chassés et tués.Laissez-les vivre libres dans la forêt au lieu de les mettre dans les zoos ! AU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE J\u2019ai été chanceux dans la vie.Dans le temps, il y avait plusieurs compagnies qui engageaient dans les parcs industriels.C\u2019était des usines de construction ou de livraison.J\u2019ai arrêté les études à 16 ans parce que je n\u2019arrivais plus?à?apprendre.?Je?ne?faisais?que niaiser donc j\u2019ai décidé d\u2019intégrer le marché du travail.Ma première job, c\u2019était pour la compagnie Savanna.J\u2019étais assis sur?un?banc?et?je?vérifiais?si?les?bouteilles étaient pleines et si les bouchons?étaient?bien?fixés.?Ma?seconde?job,?c\u2019était?à?la?cafétéria?de l\u2019aéroport de Dorval.J\u2019aimais bien cela parce que je rencontrais des?personnes?différentes :?les?voyageurs comme l\u2019équipage.Pour tout dire, il n\u2019y a rien que je?n\u2019ai?pas?fait?comme?travail.?J\u2019ai?été?cuisinier,?chauffeur?de?camion,?ouvrier?dans?les?entrepôts,?machiniste, livreur.On était dans les?années?70,?c\u2019était?assez?facile?de trouver un travail au Québec.J\u2019ai essayé de reprendre les études dans?les?années?80?en?tentant?ma?chance?à?l\u2019école?Le?Virage?située?à Laval.C\u2019est une école pour ceux qui ont décroché.Mais j\u2019ai finalement?arrêté?parce?que?j\u2019avais?de la misère à me concentrer.J\u2019ai connu L\u2019Itinéraire à ses débuts.J\u2019avoue?avoir?été?un?peu?méfiant?avant d\u2019embarquer parce que je me demandais si j\u2019allais réussir à vendre un magazine dans la rue.Au début, j\u2019étais très gêné.Ce n\u2019est pas si simple d\u2019approcher les gens pour vendre quelque chose.Mais?j\u2019ai?réussi?à?le?faire.?À?l\u2019inverse,?il peut arriver que ce soit les clients qui soient gênés.Mes premières ventes étaient dans les années 1990?au?coin?des?rues?Saint-Denis?et Jarry, devant une succursale de la Banque de Montréal.Parmi les premiers clients, il y avait une femme?qui?n\u2019embarquait?jamais?dans le métro sans sa copie du magazine.Ce qui est beau avec mon travail actuel, c\u2019est que je suis mon propre boss.C\u2019est pour cela que?j\u2019aime?tant?ce?que?je?fais?!?P H O T O : ?K A R I N E ?B É N É Z E T ?E T ?M I L T O N ?F E R N A N D E S Il n\u2019est pas rare d\u2019entendre parler de ces professionnels qui entament un changement de carrière.S\u2019il peut être considéré parfois comme radical voire brutal, les chercheurs valident de plus en plus le besoin de correspondre à ses valeurs propres.« De tous les temps et à toutes les époques, il a été toujours question de trouver l\u2019appariement entre des postes (ou des tâches) et des individus.C\u2019est d\u2019ailleurs le but ultime de la profession de conseiller d\u2019orientation », amorce Jacques Forest, professeur au département d\u2019organisation et ressources humaines de l\u2019École de sciences de la gestion de l\u2019UQÀM.« Que ce soit sous l\u2019angle de la personnalité, des intérêts voca- tionnels ou des sources de motivation, l\u2019 idéal est de trouver un emploi qui est une continuité naturelle de la personne que l\u2019on est.» La profession ou l\u2019activité choisie deviendrait donc un moyen d\u2019effacer la ligne entre ce qu\u2019est l\u2019individu et ses actions quotidiennes.Un aspect que M.Forest préfère aborder en parlant des motivations et des forces.Pour illustrer son propos, il conseille un test gratuit et en ligne sur le site viame.org permettant de classer ses forces par le biais de réponses données à une centaine de mises en situation.« Tout le monde a des forces, il faut juste les connaître et savoir les exploiter », justifie-t-il.S\u2019il admet qu\u2019il faut se méfier des tests grands publics prétextant procéder à un classement en cinq questions, M.Forest estime que tout le secret du bonheur au travail serait « d\u2019être capable dans son emploi d\u2019utiliser souvent, longtemps et intensément nos forces, c\u2019est là que cela va bien ».Une vie, une carrière Le professeur soutient que cette vision va à l\u2019encontre de certaines perceptions visant à faire croire qu\u2019un rôle doit être joué dans le milieu du travail.« Il peut y avoir des comportements, des postures ou des étiquettes à adopter ou à respecter, mais le but est d\u2019avoir le moins de décalage possible.Lorsque vous faites appel à vos forces, à ce qui est naturel et authentique, vous n\u2019aurez pas l\u2019 impression de travailler », ajoute-t-il.Professeure au département de management et technologie de l\u2019UQÀM, Kuyken Kerstin a travaillé sur le changement de carrière des différentes générations.Elle explique que cette façon de penser la réorientation professionnelle est une particularité de la province puisque « la société met l\u2019accent sur l\u2019expérience professionnelle poussant les jeunes à toujours acquérir des compétences ».Pour Mme Kerstin, c\u2019est à partir de la trentaine que « l\u2019on commence à prendre du recul allant parfois jusqu\u2019à un questionnement sur le Changement de carrière Travailler en accord avec soi PAR ALEXANDRA GUELLIL 14 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 P H O T O : ?S H A O - C H U N ?W A N G ?( 1 2 3 R F ) « Lorsqu\u2019on cherche à se réorienter professionnellement, c\u2019est souvent parce qu\u2019on cherche un environnement qui correspond un peu plus à nous et où l\u2019on peut être nous-mêmes. » P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Jacques Forest publicité rôle que l\u2019on joue dans la société ».Cette tendance vise souvent à atteindre l\u2019équilibre travail-famille et à redéfinir ses priorités.Pour ce qui est de la génération 50-80 ans, « huit personnes sur dix décident de retourner au travail, et ce, même si elles touchent une pension.Cela peut être parce que ces personnes s\u2019 identifient à leur profession qui fait partie intégrante de leur personnalité ou pour répondre à une question financière ».De plus, la chercheure a constaté que les dix dernières années ont vu émerger une génération de professionnels très jeunes et de ceux qui sont proches de la retraite qui ont un grand besoin d\u2019établir des liens et de transmettre leurs connaissances.« Cela permet de se questionner sur les façons dont on peut créer un environnement de travail qui répond à ces besoins spécifiques », estime Mme Kerstin.Pourquoi se réorienter ?Directeur de la Clinique carrière de l\u2019UQÀM, professeur en counseling de carrière et conseiller d\u2019orientation, Louis Cournoyer rappelle qu\u2019il existe différents stades dans une vie professionnelle.« Une réorientation de carrière n\u2019est pas quelque chose que l\u2019on décide tout d\u2019un coup.On peut décider d\u2019un coup de passer à l\u2019action, mais souvent, il s\u2019agit d\u2019un projet préparé.» M.Cournoyer identifie quatre principales causes à un tel changement qui sont le fait de réaliser que les tâches exercées ne plaisent plus au travailleur, le fait d\u2019avoir des relations interpersonnelles insatisfaisantes, les changements organisationnels dans les entreprises, et, enfin les enjeux psychosociaux qui découlent des trois premières causes.« Les changements technologiques influenceront la façon dont on se réoriente.Il faut se rappeler qu\u2019avant, la gestion des carrières revenait aux syndicats, explique le professeur, tandis qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019ancienneté est de moins en moins valorisée.Il faut donc travailler avec son portefeuille de connaissances.Cela peut donc mener à une disparition de certaines tâches.Quand le métier se transforme, c\u2019est notre personnalité qui se transforme aussi.» Pour Emmanuelle Desrosiers, coordonnatrice de la clinique carrière de l\u2019UQÀM et conseillère d\u2019orientation en pratique privée, un certain flou persiste dans le monde du travail d\u2019aujourd\u2019hui.« Dans le même moment où de plus en plus de métiers sont disponibles sur le marché du travail, d\u2019autres se transforment.Ce qui peut rendre plus complexe la prise de décision quant à sa carrière.» À la question de savoir si les changements de carrière sont admis par la société, M.Cournoyer rappelle que dans ses consultations, il s\u2019intéresse à l\u2019entourage de la personne concernée.« Pour un adulte ayant une famille, contrairement à un jeune au cégep, il peut y avoir des conséquences sur son entourage.Cela signifie que les projets individuels sont subordonnés aux projets collectifs ou aux projets de couple.Quand un des deux décide d\u2019aller vers autre chose, l\u2019autre doit souvent s\u2019adapter », explique le professeur.Et à Mme Desrosiers de questionner sur la façon dont sera interprété le changement de carrière par l\u2019ensemble du réseau professionnel de l\u2019individu concerné.« C\u2019est en quelque sorte un facteur déterminant qui fera que la personne qui entame un processus de changement de carrière s\u2019y sentira bien ou non », ajoute-t-elle.Rappelons qu\u2019aujourd\u2019hui un peu plus de 60 % des conseillers d\u2019orientation travaillent avec des adultes tandis qu\u2019un conseiller sur cinq travaille avec des jeunes au secondaire.Une proportion qui a plutôt tendance à augmenter au fil des années.« Une réorientation de carrière n\u2019est pas quelque chose que l\u2019on décide tout d\u2019un coup.On peut décider d\u2019un coup de passer à l\u2019action, mais souvent, il s\u2019agit d\u2019un projet préparé.» P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L 15 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA « L\u2019identité professionnelle d\u2019une personne passe souvent par le regard des pairs » P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L Emmanuelle Desrosiers Louis Cournoyer Itinéraire - Cahier du 15 août, 3,6875 po x 4,875 po, couleurs lacsq.org TOUT LE MONDE MÉRITE UNE CHANCE ÉGALE d\u2019écrire son avenir. Chiffonnière, téléphoniste ou encore guérisseur, voici quelques exemples des métiers examinés par l\u2019historienne et essayiste Hélène-Andrée Bizier dans À chacun son métier.Bien que son livre ait été publié 2010, L\u2019Itinéraire a profité de son expertise pour comprendre ces souvenirs traduits méticuleusement grâce à une recherche photographique.Avant de vous consacrer aux métiers disparus, vous avez travaillé sur L\u2019histoire du Québec en photos.Pourquoi tant d\u2019intérêts pour les photographies d\u2019époque ?Quand j\u2019ai commencé ma série d\u2019ouvrages en 2006, je voulais étudier l\u2019histoire et montrer ce que les gens n\u2019ont jamais vu.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019époque Duplessis (1944-1959) ou de la chute du pont de Québec (1907), on en entend souvent parler à l\u2019école ou ailleurs sans avoir vu ces événements clés.Je suis persuadée qu\u2019on ne peut pas se souvenir de choses que l\u2019on n\u2019a jamais vues.Après L\u2019histoire du Québec en photos, je me suis intéressée à l\u2019histoire des hommes québécois puis à celle des femmes.Dans une photo par exemple, il y a une scène des années 1920 qui représente assez bien l\u2019esprit des photographes de ce temps-là.Ils travaillaient comme en peinture, mais en photos.Tous les personnages, bien qu\u2019ils soient vrais, ne posent pas.Le photographe a ainsi illustré différents métiers, du canotier au pêcheur.Comme la prise de photo était très lente autrefois, notamment à cause du temps d\u2019exposition, les personnes avaient le temps de regarder le photographe et non uniquement l\u2019objectif.Et ce sont ces visages dans toute leur sincérité qui m\u2019ont impressionnée.Un autre exemple est une photo qui traduit une scène de la grève de l\u2019amiante (1949).On y voit la famille du gréviste.Je suis émue de voir ces grévistes avec la touche du photographe qui est tellement personnelle : les hommes politiques et directeurs d\u2019entreprises de l\u2019époque sont illustrés ici par des cochons installés sur leur camion.Ils étaient jugés responsables d\u2019une grève qui a été un moment clé de notre histoire.C\u2019est donc ce livre sur l\u2019histoire du Québec qui vous a amenée à comprendre le rôle des femmes et des hommes à travers le temps ?J\u2019ai voulu continuer à montrer les personnes dans leur univers propre.Alors, j\u2019ai préparé un livre sur les femmes pour expliquer qu\u2019elles naissaient traditionnellement avec un rôle à jouer dans la société.On les formait pour qu\u2019elles jouent ce rôle : prière, obéissance, propreté et tenue de la maison.Il fallait qu\u2019on les « dresse », qu\u2019on les dirige.Quand on parle de métiers disparus, on parle davantage de métiers réservés Métiers d\u2019antan, mœurs d\u2019avant PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRA GUELLIL 16 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 DISCUSSION P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L P H O T O : ?M U S E E ?M C C O R D , ?P H O T O ?A N O N Y M E Hélène-Andrée Bizier « À cette époque, la société s\u2019appuie sur le principe qu\u2019une femme sera entretenue par un homme.La femme qui travaille est généralement mal vue tout comme son mari ou son père parce qu\u2019on suppose qu\u2019ils ne peuvent pas subvenir aux besoins de leur famille. » On remarque aussi que la plupart des métiers manuels correspondant aux besoins de base (manger, dormir, se loger, se déplacer) sont exercés soit par certaines communautés, soit par les femmes.Comment traduisez-vous cela ?Quand on parle de cette forme de contribution des femmes notamment au sein des communautés, je me souviens d\u2019une formulation de Marius Barbeau qui les appelait les « saintes artisanes » visant particulièrement des religieuses.On réserve aux femmes une fonction de production de biens d\u2019usage courant.On ne demandait pas à une femme de construire un traineau, mais plutôt de fabriquer des habits, de les coudre ou de les tisser.Tandis que les hommes s\u2019affirment dans le milieu des affaires ou des sciences.Pourquoi sont-ils plus présents que les femmes ?Les hommes sont présents dans tous les corps de métiers.Il faut rappeler que l\u2019on commence à voir des femmes dans les bureaux et les banques à la fin du 19e siècle en même temps que l\u2019on crée le métier de téléphoniste avec l\u2019invention du téléphone.Elles exercent des métiers en restant discrètes.Elles ne sont pas devant la scène.Les jeunes femmes qui travaillent sont généralement célibataires parce que lorsqu\u2019elles se marient, elles doivent laisser leur emploi à une autre.En ce sens où son époux doit désormais subvenir à ses besoins.De plus, quand une femme était enceinte, elle devait disparaître de la circulation et si elle était enseignante, il était possible qu\u2019elle perde son emploi.Tous les acquis sociaux qui permettent aujourd\u2019hui aux personnes de conserver leur emploi n\u2019arrivent qu\u2019au moment où l\u2019on s\u2019intéresse à lutter contre la précarité.aux hommes.D\u2019ailleurs, ils étaient eux aussi formés pour devenir des pourvoyeurs.Si les femmes devaient se marier à 14 ans, les hommes devaient subvenir aux besoins des familles.Les poids sociaux et religieux étaient tels qu\u2019il était impossible de déroger à cela.À cette époque, les métiers de services ont le vent en poupe.Les hommes seront au service des autres en gagnant très peu d\u2019argent.C\u2019est le cas des métiers de raquetteurs ou de canotiers.Ce sont des métiers qui reviennent aujourd\u2019hui sous d\u2019autres formes et qui sont basés sur les fondements d\u2019une économie de troc.Ils sont souvent reliés à l\u2019agriculture ou encore aux transports.Par exemple, le métier de raquetteur répondait au besoin de se déplacer pour chasser ou fabriquer les produits de l\u2019érable.On utilisait tous les produits à proximité pour les transformer.On apprenait des communautés autochtones à fabriquer des canots.À cette époque, les femmes issues de ces communautés transformaient la sève d\u2019érable en sucre pour mieux la conserver.17 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?B I B L I O T H È Q U E ?E T ?A R C H I V E S ?N A T I O N A L E S ?D U ?Q U É B E C P H O T O : ?S O C I É T É ?D \u2019 H I S T O I R E ?D \u2019 A S B E S T O S La grève de l\u2019amiante (1949) Canotiers « Il faut toujours se replacer dans le contexte de l\u2019époque.On n\u2019avait pas de photos diffusées, les journaux étaient peu illustrés, la télévision n\u2019existait pas et le cinéma n\u2019était que pour le beau.Les gens voulaient montrer et voir. » Pensez-vous que cet engrenage est dû à la présence ou l\u2019omniprésence de l\u2019Église ?Je crois plus que c\u2019est dû à un clivage social naturel.C\u2019est-à-dire qu\u2019il existe une élite dans toutes les sociétés qui compte sur la bourgeoisie pour faire rouler le petit commerce, le notariat ou le droit.Et, paradoxalement, tous ces gens comptent sur les plus petits qu\u2019eux- mêmes pour se nourrir, construire, se bâtir ou se chauffer.Même dans les sociétés les plus primitives qui ne sont pas religieuses, il y a toujours cette hiérarchie.Une hiérarchie qui menait certainement les femmes à exercer des métiers comme buandier ou chiffonnière\u2026 Commençons par le métier de buandier.C\u2019est le métier qui se pratique à l\u2019hôpital pour nettoyer les draps, les désinfecter, d\u2019où ces grandes machines.Dans les hôpitaux, il doit sans doute en exister encore parce que c\u2019est l\u2019époque où l\u2019on comprend qu\u2019il faut être prudent pour ne pas propager des maladies.Ce métier est un bon exemple de hiérarchisation sociale : jusqu\u2019à la fin de la Seconde Guerre mondiale, c\u2019était un métier pratiqué par les femmes, mais avec l\u2019immigration, on a compris qu\u2019il était possible de laver son linge hors de chez soi, dans un commerce.Quant au métier de chiffonnière, toujours exercé par les femmes, il consistait à déchiqueter du linge pour le transformer en autre chose.Il existait par exemple des manufactures de laine où il était possible de vendre des vêtements ou de les échanger contre une couverture.Comme on le constate dans votre livre, il était possible de voir des femmes dans les laboratoires ?Dès les années 40, il leur était possible d\u2019intégrer certains métiers, souvent en tant que laborantines.Le métier de chimiste s\u2019apprenait à l\u2019université et jusque dans les années 30-40, les femmes n\u2019étaient pas admises dans ces créneaux.Elles étaient admises dans des domaines ciblés comme la diététique ou les services infirmiers bien que c\u2019était un domaine qui s\u2019apprenait à l\u2019hôpital.Ça a été long avant que l\u2019on accepte les femmes en chimie parce que c\u2019était considéré comme un métier marginal.Il existait à l\u2019époque des métiers qui étaient pour elles un moyen de parler à d\u2019autres femmes.D\u2019ailleurs, c\u2019est à cette même époque que l\u2019on enseignait la cuisine dans des congrégations religieuses pour former les femmes à être de bonnes épouses ou ménagères.Certains métiers sont plutôt troublants comme ceux que vous avez regroupés sous la rubrique des « curiosités » \u2026 Ce sont les personnes qui se donnaient en spectacle.C\u2019était une façon de gagner sa vie lorsque l\u2019on souffrait d\u2019un handicap plutôt physique : avoir deux têtes, être siamois, etc.On voit le géant Beaupré (Édouard) qui était un personnage fascinant pour l\u2019époque (voir photo à droite).Les personnes différentes, comme les nains, les bossus, étaient exposées dans les cirques.Elles étaient hébergées, nourries, mal payées et on les obligeait à se donner en spectacle.Je me souviens qu\u2019il était possible à une époque de voir dans les hôpitaux des enfants orphelins qui souffraient d\u2019hydrocéphalie.C\u2019était, dans le cas des communautés religieuses, une façon de récolter des dons.Mais ce n\u2019était pas considéré comme une curiosité morbide, il fallait voir.Un peu à la même époque où l\u2019Europe exposait la Vénus Hottentote (Saartjie Baartman), cette femme noire sud-africaine qui en impressionnait plus d\u2019un en raison de sa morphologie.N\u2019était-ce pas du voyeurisme ?Oui, c\u2019est effectivement dans le même moment.Mais cette femme-ci était « un cas particulier », un phénomène unique pour l\u2019époque.Cette curiosité, on la voit aujourd\u2019hui comme du voyeurisme en partie parce que tout est accessible.On a tout vu et lorsqu\u2019on veut voir et toucher, c\u2019est devenu déplacé.Il est important de se remettre dans le contexte de l\u2019époque pour comprendre à quel point la différence intriguait.18 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 Téléphoniste Chiffonnière P H O T O : ?M U S É E ?D U ?B A S - S A I N T - L A U R E N T P H O T O : ?M U S É E ?M C C O R D Essai À chacun son métier Hélène-Andrée Bizier Éditions Fides - 2017, 392 pages Autres métiers qui se sont transformés au fil des ans, les explorateurs et les guérisseurs.Pourquoi étaient-ils si valorisés ?L\u2019explorateur d\u2019autrefois ouvrait des routes et découvrait des territoires.Aujourd\u2019hui, il travaille sur les traces du passé ou étudie ce qui se trouve dans nos sols.Un de mes prochains projets raconte la vie d\u2019un professeur d\u2019université à l\u2019origine de l\u2019exploration de diamants dans le Nord.Une des grandes différences, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui, on veut connaitre le bien-fondé d\u2019une recherche pour l\u2019appuyer ou la dénoncer.Quant au guérisseur, c\u2019était aussi bien un homme qu\u2019une femme.À l\u2019époque, on disait que c\u2019était un don qui se transmettait de génération en génération à certains membres d\u2019une famille.C\u2019était un peu ésotérique, mais des siècles se sont construits sur ces croyances.Aujourd\u2019hui, on retrouve encore des personnes qui croient en cela.Il y avait aussi des ramancheurs qui osaient replacer les os brisés quand il s\u2019agissait d\u2019un bras ou d\u2019une épaule.C\u2019était un métier de nécessité pratiqué souvent sur les chantiers.On se débrouillait comme on pouvait.On pourrait dire que les ostéopathes d\u2019aujourd\u2019hui sont un peu les guérisseurs d\u2019autrefois.19 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA Curiosités P H O T O : ?B I B L I O T H È Q U E ?E T ?A R C H I V E S ?N A T I O N A L E S ?D U ?Q U É B E C PHOTO :?ALEXANDRA?GUELLIL s\u2019il ne m\u2019a pas caché que cela pouvait être un obstacle, il a tout de même été confiant sur mes chances de retrouver un emploi.« Devant moi, j\u2019ai certes une personne ayant une maladie, mais j\u2019ai surtout une personne ayant des compétences.Et c\u2019est cela qui m\u2019 intéresse », confie le conseiller en citant mon cas en exemple.« Quand j\u2019approche un employeur, je ne parle pas de la maladie, mais ce dernier sait qu\u2019 il y a des besoins spécifiques auxquels il doit répondre », soutient-il.Pour le conseiller à l\u2019emploi, les employeurs ont tout de même une certaine ouverture d\u2019esprit face aux travailleurs ayant des besoins particuliers.Tout ce qu\u2019ils peuvent dire de nous à l\u2019employeur se fera avec notre consentement.Je dois avouer que si je voulais cacher que je suis stomisé, cela ne peut pas longtemps passer inaperçu.Réalités sans diplôme S\u2019il est vrai qu\u2019il n\u2019est pas facile d\u2019intégrer le marché du travail sans diplôme d\u2019études secondaires, certains emplois restent accessibles.C\u2019est le cas des postes en entretien ménager, mon activité depuis maintenant quatre ans au Groupe communautaire l\u2019Itinéraire.Je dois avouer ne pas garder un bon souvenir de mes anciens employeurs.Il m\u2019est encore difficile aujourd\u2019hui de trouver des points positifs à ces expériences.Si je suis sorti aujourd\u2019hui du bois, la forêt n\u2019est jamais très loin.Ce qui doit sans doute expliquer ma peur de retourner sur le marché du travail traditionnel.C\u2019est un peu grâce au programme PAAS-Action et à l\u2019organisme L\u2019Arrimage que je reprends confiance en mes capacités professionnelles et personnelles.Je sais que le processus est long, mais je me sens prêt à atteindre les objectifs que je m\u2019étais fixé : avoir un emploi régulier, être payé à l\u2019heure et être capable de fonctionner.Marc Lopez rappelle que la compréhension des employeurs envers les besoins des travailleurs se joue au cas par cas.« J\u2019ai côtoyé et je côtoie encore des employeurs qui sont très sensibles aux besoins des travailleurs et qui font de nombreux accommodements.Si dans certains cas, cela peut faire un peu peur, tout le travail de sensibilisation se fait en amont », explique le conseiller en emploi.« Nombreux sont ceux qui, à ma grande surprise, font des accommodements qui vont parfois au-delà de nos attentes.C\u2019est vraiment difficile de dire comment on doit adapter le marché aux personnes quand on sait que c\u2019est souvent elles qui doivent s\u2019y adapter ».En 2014, j\u2019ai rencontré Marc Lopez, conseiller à l\u2019emploi pour L\u2019Arrimage, un organisme montréalais spécialisé dans l\u2019accompagnement des personnes ayant reçu un diagnostic en santé mentale et voulant réintégrer le marché du travail.Après un deuxième congédiement en trois ans, mon moral était au plus bas et j\u2019ai dû consulter à l\u2019hôpital Louis-Hyppolite-Lafontaine.Diagnostic : trouble de personnalité limite.Cette situation m\u2019a fait perdre mes repères.Je me demandais qui allait engager un « fou » avec un « sac à merde » sur le ventre ?(NDLR : lire Je ne suis plus un sac à merde, publié dans l\u2019édition du 1er juin 2017).Mes deux pertes d\u2019emploi et la dépression m\u2019ont fait perdre confiance en mes propres capacités.Pour donner un exemple d\u2019une de mes dernières expériences de formation professionnelle en boucherie, on m\u2019a déjà dit que je n\u2019avais pas de talent pour ce que je faisais.C\u2019était traumatisant pour une personne comme moi avec des troubles de motricité.Plusieurs semaines après, j\u2019ai pris mon courage à deux mains et appelé Emploi-Québec.Ce sont eux qui m\u2019ont référé à l\u2019organisme L\u2019Arrimage.« Notre démarche est proche de l\u2019 individu, on l\u2019aide à trouver un employeur dépendamment de ses difficultés », explique mon conseiller en emploi Marc Lopez.Il met l\u2019accent sur le futur en tentant de me faire oublier les mauvaises expériences.Au quotidien, il rencontre des employeurs et tente de trouver des solutions adaptées au travailleur pour qu\u2019il évolue sur le marché du travail, comme tout le monde.« On ne parle pas à l\u2019employeur du diagnostic, mais plutôt des compétences, en lui expliquant les besoins spécifiques de la personne que ce soit en terme de tâches ou de cadence », ajoute-t-il.Dans mon cas, ces ajustements se font plutôt au niveau de ma santé physique parce que je dois aller régulièrement à la salle de bains pour vider ce sac que Marc appelle souvent « ma poche ».Approche humaine À chacune des rencontres, M.Lopez n\u2019a émis aucun jugement sur mes difficultés.À mon sens, cette approche est plus que rassurante, car je n\u2019ai pas une grande confiance en moi.Dès notre première rencontre, il était déjà au courant de mon problème de santé et Retour au travail Surmonter les obstacles 20 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L TÉMOIGNAGE PAR LUC DESCHÊNES PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER Marc Lopez Dans une de ses récentes chroniques, Richard Martineau se désolait de la mort de Tex Lecor.Il rappelait à notre mémoire un « grand succès » de l\u2019insolent, qui était aussi chansonnier, intitulé Pauvre jeunesse.Chanson particulièrement redondante et paternaliste dans laquelle le grand Tex répète toujours les mêmes trois phrases, à savoir que la jeunesse prend trop de drogues, est trop peace and love et mollusque et que ce n\u2019est pas comme ça qu\u2019on fait un beau grand pays.Martineau se désole donc qu\u2019on ait oublié cette grande chanson, qui n\u2019aurait pas pris une ride selon lui.Le problème, c\u2019est que ça doit faire au moins 30 générations que les vieux trouvent que les jeunes d\u2019au- jourd\u2019hui ne sont plus ce qu\u2019ils étaient.On appelle ça être un réactionnaire.Bref, un vieux con.Martineau, comme tant d\u2019autres avant et après lui, pense toujours que c\u2019était mieux avant et que les jeunes de nos jours ne sont qu\u2019une bande d\u2019ignares.Socrate, paraît-il, se plaignait aussi d\u2019un truc du même genre.Étrangement, les chroniqueurs de son acabit sont toujours les premiers à grimper dans les rideaux quand les jeunes se mobilisent vraiment, comme on a pu le voir lors de la grande grève étudiante en 2012.Quel beau dilemme cornélien ! Quand les jeunes ne sont pas mobilisés, c\u2019est qu\u2019ils sont lâches, avachis, individualistes et indifférents.Sauf que quand ils se mobilisent, c\u2019est toujours pour une cause futile, parce qu\u2019ils sont des bébés gâtés, parce qu\u2019ils recherchent des sensations fortes, qu\u2019ils veulent faire chier leurs parents ou parce qu\u2019ils sont manipulés.Qu\u2019ils soient 300 000 à faire grève pour dire que l\u2019éducation ne devrait pas être réservée aux riches, on pointera deux ou trois qui sèchent les cours et vont prendre une bière.Qu\u2019ils se mobilisent contre le racisme et la montée de l\u2019extrême-droite, on visera aussitôt les individus qui auront manifesté leur exaspération d\u2019une manière qui ne plaît pas aux auditeurs des bulletins de nouvelles.La colère doit être télédiffusable Car la colère doit toujours être « télédiffusable », sinon l\u2019opinion publique fabriquée par les médias part en couilles et condamne l\u2019ensemble du mouvement et de ses revendications.Bref, il faudrait que la jeunesse soit mobilisée en tout temps, mais pour les causes et dans la manière qui plaît aux Martineau et autres chroniqueurs de droite qui sévissent sur toutes les tribunes des médias québécois.Tout en passant leur temps à dire qu\u2019on vit à l\u2019ère de la pensée unique et qu\u2019on les cloue au pilori chaque fois qu\u2019ils daignent s\u2019exprimer sur des sujets aussi « tabous » que de casser du sucre sur le dos des manifestants un peu trop agités.Cela me fait un peu penser aux Américains ou autres alliés occidentaux qui font des « guerres civilisatrices » pour imposer la démocratie, à coup de bombes, dans des pays qui ne leur sont pas suffisamment amicaux, pour se plaindre ensuite que le résultat des élections ne font pas vraiment leur affaire.Le meilleur exemple étant bien sûr l\u2019élection du Hamas dans la bande de Gaza.Plus près de nous, il suffit de voir les contorsions mentales étourdissantes que prennent certains chroniqueurs pour dénoncer des formes d\u2019actions qu\u2019ils n\u2019aiment pas quand elles ne vont pas dans le sens de leurs intérêts mais qui leur titillent la nostalgie quand elles servent des causes qu\u2019ils jugent nobles.Un exemple d\u2019affirmation nationale ?Prenons pour exemple la fameuse émeute de Maurice Richard en mars 1955.Pour nombre d\u2019historiens, et pour des types comme On est toujours le connard de quelqu\u2019un 21 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?B R A T 8 2 ?( 1 2 3 R F ) OPINION PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT BERNARD ET DE L\u2019ÉPÉE publicité radio.Pas certain qu\u2019on trouvait alors beaucoup d\u2019éditorialistes et de commentateurs pour défendre les émeutiers, comme on n\u2019en trouve pas beaucoup plus pour défendre sociologiquement les dernières émeutes de la coupe Stanley par exemple.Et pourtant ça reste bien juste des émeutes liées au hockey ! Dans le cas de Gilles Proulx, je ne me souviens pas non plus l\u2019avoir beaucoup entendu critiquer l\u2019émeute qu\u2019il a lui-même attisée lors de la crise d\u2019Oka en 1990, alors qu\u2019il excitait les Blancs racistes et réactionnaires qui s\u2019en prenaient déjà aux Mohawks qui bloquaient le pont Mercier, pour défendre des revendications tout à fait légitimes et que terrorisait déjà l\u2019armée canadienne au complet.Pourtant, suffit que quelques jeunes itinérants s\u2019en prennent un peu trop énergiquement à la police lors d\u2019une manifestation, parce qu\u2019ils en ont jusque là de subir la répression et le harcèlement 365 jours par année, pour qu\u2019on l\u2019entende s\u2019en prendre avec toute sa véhémence « aux crottés », « aux voyous », « aux vandales » et autres jugements tout aussi en nuances.Alors pardonnez-moi de ne pas regretter avec M.Martineau le départ du « grand » Tex.Il me semble que j\u2019entendais ses insolences à la radio quand j\u2019étais encore au primaire dans l\u2019auto de ma mère et que je ne trouvais déjà pas ça très drôle.Et la seule chanson qu\u2019on m\u2019a vantée de lui est une tartine absolument réactionnaire et musicalement insupportable.Et quand je vois quel genre d\u2019individus font son éloge funèbre, bien je me dis que je n\u2019ai pas dû manquer grand-chose\u2026 Repose quand même en paix, tu ne méritais sans doute pas ça.Gilles Proulx, il s\u2019agit pratiquement de l\u2019acte fondateur de la Révolution tranquille.Un exemple d\u2019affirmation nationale, d\u2019un peuple qui se réveille enfin, d\u2019une population qui n\u2019en peut plus du mépris des classes dominantes anglophones.Je serais pourtant bien curieux de réentendre la presse de l\u2019époque sur la question, Richard lui-même ayant dû lancer un appel au calme et à la retenue à la P H O T O : ?A R C H I V E S ?R A D I O - C A N A D A 22 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 2050, rue Amherst | Berri-UQAM 514 528-8444 Exposition jusqu\u2019au 4 février 2018 ecomusee.qc.ca Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec Nous reconnaissons être réuni-e-s sur un territoire non cédé de la nation Mohawk Militante féministe 1996 \u2013 De la fierté ! Voilà ce que je ressens devant le chemin parcouru par les femmes depuis mon entrée sur le marché du travail en 1950.Cette loi sur l\u2019équité salariale, que vient de signer le gouvernement, c\u2019est une victoire de plus pour nous : à travail égal, salaire égal.Mais il ne faut pas se reposer sur nos lauriers.La lutte pour un monde où les femmes pourront aspirer au même sentiment de sécurité que les hommes, où elles auront les mêmes chances de réussites sociales et les mêmes salaires, cette lutte-là n\u2019est pas terminée.Ma petite-fille Julie et ses amies trouvent que j\u2019exagère : « Mamie Rita, qu\u2019elles me disent, aujourd\u2019hui les femmes et les hommes, c\u2019est pareil ! » Mais moi, je sais qu\u2019on n\u2019y est pas encore.Pas plus tard que l\u2019an dernier, nous étions plus de 800 femmes à marcher de Montréal vers Québec afin de revendiquer un ensemble de mesures sociales et économiques comme l\u2019augmentation du salaire minimum, des logements abordables et de l\u2019aide pour les victimes de violence familiale.Cette marche Du pain et des roses, lancée par Françoise David, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, s\u2019est terminée par un rassemblement de 15 000 personnes devant l\u2019Assemblée nationale.Pour ma part, j\u2019ai été chanceuse.Je suis tombée sur un bon mari.Mon Michel était bien en avance sur son époque.J\u2019étais infirmière quand je l\u2019ai rencontré.J\u2019ai arrêté de travailler quelques années quand j\u2019ai eu les enfants, mais dès que la plus jeune a eu cinq ans, je suis retournée à l\u2019hôpital.Ce n\u2019est pas tous les hommes qui acceptaient que leur femme travaille, surtout quand ce n\u2019était pas une nécessité.Mon Michel gagnait bien sa vie, mais moi j\u2019aimais ça être infirmière.Je me sentais utile.Julie, elle trouve ça drôle quand je lui dis qu\u2019à l\u2019époque, je ne pouvais pas ouvrir un compte de banque sans la signature de son grand-père ! Ou encore qu\u2019on m\u2019appelait Madame Michel Gagnon.Je n\u2019ai pas hésité une seconde à reprendre mon nom dès l\u2019entrée en vigueur de la loi en 1981.J\u2019étais de la grève des infirmières de l\u2019hôpital Sainte-Justine en octobre 1963.Le premier arrêt de travail dans le milieu hospitalier ! Nous revendiquions des salaires plus justes.L\u2019année suivante, les infirmières de l\u2019Alliance de Montréal ont été les premières à obtenir un congé de maternité.Non rémunéré, bien sûr, mais c\u2019était un début.J\u2019ai aussi été de tous les combats qui revendiquaient le droit des femmes à disposer de leur corps.J\u2019ai milité pour l\u2019accès à la contraception et à l\u2019interruption de grossesse.Au cours de ma carrière d\u2019infirmière, j\u2019ai vu tellement de femmes mal en point à la suite de l\u2019intervention d\u2019un charlatan.Mais que pouvaient-elles faire d\u2019autre ?Ce fut une belle victoire lorsque la Cour suprême du Canada a obligé le gouvernement à décriminaliser l\u2019avortement en 1988.La tuerie de l\u2019École Polytechnique de Montréal, où 14 femmes ont été assassinées par un homme qui avait décidé de s\u2019en prendre aux « féministes », m\u2019a ouvert les yeux sur une réalité que je connaissais moins : la violence faite aux femmes.Depuis ce triste 6 décembre 1989, je fais du bénévolat dans des refuges pour femmes victimes de violence.Les statistiques me font peur : plus de 50 % des crimes violents subis par les femmes ont lieu dans un contexte conjugal.Il reste encore beaucoup d\u2019éducation et de sensibilisation à faire, surtout auprès des jeunes.Un jour, je l\u2019espère, ma Julie pourra dire mission accomplie ! Remerciements : À Chantal Gauthier et France Lord de Pirogue Communications qui ont effectué les recherches et élaboré les scénarios, selon les grands jalons et les réalités de l\u2019époque.Sections spéciales 375e : Montréal méconnu | Vol I, nº 6 Dernière de 6 sections Coordination, recherche et rédaction : Josée Panet-Raymond Rédaction : Laëtitia Thélème, Laurent Soumis et Chantal Gauthier Infographie : Milton Fernandes Réalisé en collaboration avec : Photo : FTQ Le printemps érable 2012 \u2013 Je m\u2019appelle Jessica et je suis étudiante au baccalauréat à l\u2019UQÀM.Les étudiants du Québec se battent depuis les années 60 pour un meilleur accès à l\u2019éducation.On ne peut pas être la génération qui flanche ! Il y a 60 ans, 3% seulement des francophones du Québec avaient accès à l\u2019université.Quand on regarde l\u2019évolution des frais de scolarité, c\u2019est fou ! Ils s\u2019élevaient à 540 $ par an dans les années 70.Multiplié par trois, puis augmenté, et aujourd\u2019hui, ça continue.Avec les frais afférents des universités, on se rendrait à 4500 $ par an en 2016 si nous laissons le gouvernement Charest appliquer son projet de loi.Pour un pays qui a adhéré au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, on croit rêver.Je vous en fais un bref rappel : l\u2019article 13 stipule que « l\u2019enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l\u2019instauration progressive de la gratuité ».Au départ, nous luttions uniquement contre la décision du gouvernement Charest.Mais je me rends compte que notre mouvement évolue et qu\u2019il est maintenant bien plus qu\u2019une mobilisation étudiante.C\u2019est un projet de société pour lequel nous nous battons aujourd\u2019hui.Pour une société plus juste, plus égalitaire, plus démocratique.Une étude de l\u2019IRIS confirme que la hausse des frais de scolarité a un effet dissuasif, pour les moins nantis, de poursuivre leurs études à l\u2019université.Tu m\u2019étonnes ! Pour un jeune dont les parents gagnent moins de 40 000 $ par année, je comprends qu\u2019on y réfléchisse à deux fois avant de s\u2019engager dans cette voie.Pour ceux qui arrivent à passer outre, cela veut dire s\u2019endetter encore plus.Quel stress pendant nos études.On a intérêt à réussir sinon c\u2019est une dette moyenne de 15 000 $ - pour rien, en cas d\u2019échec - qu\u2019on traine à la sortie de l\u2019université.Quelle belle entrée dans la vie professionnelle\u2026 Une immense mobilisation Au départ étudiante, la lutte prend de l\u2019ampleur et la société civile y prend part, de plus en plus.Le 22 mars, nous étions 300 000 en grève sur 400 000 ; c\u2019est 3 étudiants sur 4 ! Des écoles secondaires ont voté la grève pour nous soutenir.Quelque 200 000 étudiants et membres de la société civile étaient présents à la manifestation.La dernière mobilisation de cette ampleur a été celle contre la guerre en Irak.Nous sommes soutenus par de nombreux syndicats, travailleurs, retraités, artistes et personnalités.Les citoyens s\u2019indignent, s\u2019expriment contre la Loi 78 qui bride notre liberté d\u2019expression.Le Barreau du Québec, Amnistie internationale, le Conseil des droits de l\u2019homme, l\u2019ONU condamnent cette loi.Le collectif Anonymous a pris part à notre mouvement par des attaques informatiques qui ont mis en panne les sites internet de l\u2019Assemblée Nationale, de la Sécurité publique, du Parti libéral, du ministère de l\u2019Éducation, etc. Vous imaginez ?Des manifestations de soutien ont lieu à Vancouver, Calgary, Toronto, New York, Bruxelles.Le Grand Prix automobile du Canada a été perturbé par la Convergence des luttes anticapitalistes.Le monde nous regarde et nous soutient.Dans un pays comme le nôtre, censé être démocratique, nous subissons une répression incroyable.Les forces de l\u2019ordre utilisent des gaz lacrymogènes, des bombes assourdissantes et des violences policières sont signalées.Que de moyens pour éteindre la voix du peuple.Mais le peuple est là, tape sur des casseroles tous les soirs, affiche leur carré rouge, et crie haut et fort que la lutte populaire continue et que nous ferons tout pour bâtir une société plus juste ! Grève étudiante Photo : Wikipedia Creative Commons Évolution de la population de Montréal 1991 : 1 017 666 2001 : 1 039 534 2011 : 1 649 519 2016 : 1 704 694 1990 : 5,30 $ \u2022 1995 : 6,45 $ \u2022 2000 : 6,90 $ 2005 : 7,45 $ \u2022 2010 : 9,50 $ \u2022 2015 : 10,55 $ \u2022 2017 : 11,25 $ Le salaire minimum au fil des années 1990 La crise d\u2019Oka En 1990, à Oka, un projet d\u2019agrandissement du terrain de golf et de la construction de condos sur des terres revendiquées par les Mohawks, déclenche toutes les passions.Les manifestants mohawks érigent un barrage routier, et le maire d\u2019Oka fait appel à la Sûreté du Québec, qui sonne l\u2019assaut de la barricade à l\u2019aide de gaz lacrymogène et de grenades à effet de suppression.Une fusillade s\u2019en suit, et le caporal Marcel Lemay de la SQ est tué.Des Autochtones de tout le pays joignent la résistance.Les Mohawks de Kahnawake bloquent le pont Mercier.Le chaos s\u2019installe et les relations se dégradent entre les résidents et les Autochtones.À une occasion, des Blancs lancent des pierres vers des véhicules à bord desquels se trouvent des femmes, des enfants et de personnes âgées autochtones.Une situation honteuse décriée dans tous les médias.Le premier ministre du Québec fait finalement appel aux Forces armées canadiennes qui dépêchent 2500 soldats.Après de longues négociations, les Mohawks acceptent de lever la barricade du pont Mercier.Celle d\u2019Oka sera finalement enlevée le 26 septembre.En tout, le conflit aura duré 78 jours.La population de Montréal vieillit à un rythme soutenu.Ce phénomène s\u2019explique par trois facteurs démographiques : il y a de moins en moins d\u2019enfants et de jeunes, il y a de plus en plus de personnes âgées et l\u2019espérance de vie des Montréalais est en progression.Résultat : le nombre de personnes âgées grimpe graduellement comparativement à celui des jeunes depuis les 30 dernières années.Si en 1981, on comptait environ 45 personnes de 65 ans et plus pour 100 jeunes de 0 à 19 ans à Montréal, en 2006, le ratio est de 74 personnes âgées pour 100 jeunes.L\u2019Institut de la statistique du Québec prévoit qu\u2019en 2031, ce ratio sera de 107 personnes de 65 ans et plus pour 100 jeunes dans l\u2019agglomération de Montréal.Montréal prend de l\u2019âge ! Photo : Presse canadienne Source : Encyclopédie canadienne 1998 VERGLAS : Montréal a frisé la catastrophe La crise du verglas de l\u2019hiver 1998 demeure la pire catastrophe naturelle de l\u2019histoire du Québec.Survenue du 5 au 9 janvier 1998, la tempête s\u2019est vite transformée en cauchemar technologique avec l\u2019effondrement d\u2019une bonne partie du réseau électrique d\u2019Hydro-Québec, dont plusieurs lignes alimentaient Montréal et sa rive sud.Entre 40 et 100 mm de verglas tomberont sur la région.Les fils alourdis de glace sont sectionnés par la chute d\u2019arbres et de branches.Au plus fort de la crise, plus de 3 millions de personnes (40 % de la population du Québec) sont privées de courant.Les écoles, les services publics, ferment, les épiceries sont en rupture de stock.Le 9 janvier, Montréal frise la catastrophe.Les deux usines de production d\u2019eau potable tombent en panne.Il ne reste que deux heures de réserve.Par miracle, Hydro-Québec parvient à rétablir une ligne de secours.L\u2019armée se déploie à travers Montréal.Les équipes mettront des semaines à rétablir le courant.2009-2011 Lock-out au Journal de Montréal Le 24 janvier 2009, Quebecor décrète un lock-out avec le Syndicat des travailleurs de l\u2019information du Journal de Montréal.Deux jours plus tard, les syndiqués rejettent l\u2019offre patronale qui suppose d\u2019importantes coupures de postes et votent la grève.Le Journal de Montréal continue d\u2019être publié grâce à des cadres (engagés en grand nombre), des pigistes extérieurs, et d\u2019une agence de presse maison (créée en prévision du conflit).Les syndiqués dénoncent le recours à des briseurs de grève.Québec refuse d\u2019intervenir pour faire respecter sa loi anti-scabs et considère le procédé comme un droit patronal.À peine 62 employés décideront, le 26 février 2001, de retourner au travail.Plus de 150 n\u2019y retourneront jamais.C\u2019est le plus long conflit de l\u2019histoire de la presse au Canada.P h o t o : A r c h i v e s V i l l e d e M o n t r é a l P h o t o : C I B L Source : Les suites de la crise du verglas, Bruno Bisson. VIH-sida : rétrogradé à maladie chronique 2017 \u2013 Je m\u2019appelle Bertrand et je suis séropositif indétectable.La chose semble quasiment anodine aujourd\u2019hui.Mais ce ne fut pas toujours le cas.Il y a tant de chemin parcouru depuis les premières heures de l\u2019épidémie du VIH-sida ! Je suis né en 1955.Avant 1969, alors que j\u2019étais adolescent, l\u2019homosexualité était encore illégale.Il m\u2019en faudra du temps pour sortir du placard ! Je me suis marié en croyant à tort que je pouvais cacher mon orientation sexuelle à ma famille, à la société.Deux merveilleux enfants sont nés de cette union.J\u2019ai reçu mon diagnostic en 1994, quelques années après la naissance de mes enfants.Je menais une double vie.J\u2019allais au sauna régulièrement, une fois par semaine.Je ne me protégeais pas toujours.Tout indique que c\u2019est là que j\u2019ai été infecté.À l\u2019époque, le verdict équivalait à une condamnation à mort.Bon nombre de mes amis et de connaissances n\u2019ont pas survécu.On tombait comme des mouches.Pour aider les hommes atteints du sida, la Maison d\u2019Hérelle située sur le Plateau à Montréal leur offre des services d\u2019accompagnement de fin de vie.Quant à moi, de peur de transmettre la maladie à ma famille, j\u2019ai quitté ma femme.J\u2019ai eu beaucoup de chance.La trithérapie est arrivée en 1996.Il s\u2019agit de trois antirétroviraux qui, pris ensemble, réduisent la charge virale de la maladie.En suivant la médication, j\u2019ai la même espérance de vie que les personnes qui ne sont pas infectées.Je suis un malade chronique qui mord à la vie.En 1999, je suis donc retourné enseigner dans mon école polyvalente, au nord de la ville.C\u2019est là que j\u2019ai rencontré mon conjoint, Marc, la même année.Je pensais bien ne plus revivre l\u2019amour.Marc est séronégatif.On a appris à s\u2019aimer et à vivre sans danger.Enfin légitimes ! En 2002, nous avons accueilli avec fierté la décision du gouvernement du Québec d\u2019instituer l\u2019union civile qui permettait aux couples du même sexe d\u2019obtenir, à peu de choses près, le même statut, les mêmes devoirs et les mêmes obligations que les couples mariés.Mais la vraie victoire, celle de la pleine égalité, c\u2019est 2005.Le gouvernement a changé la définition du mariage civil.Depuis, c\u2019est une union entre deux personnes, et non plus seulement entre un homme et une femme.C\u2019est un message très fort pour les jeunes générations.C\u2019est l\u2019égalité des droits pour tous.Celle de pouvoir librement se promettre assistance mutuelle.Nous nous sommes mariés cette année-là.Les fiançailles avaient eu lieu quelques mois plus tôt durant les Outgames, les jeux gais de Montréal.Marc et moi avons joué en double dans la demi-finale de badminton.Et pratiquement toute l\u2019équipe des Geais Bleus sont venus assister à notre mariage ! À 62 ans, je jette un regard critique sur les jeunes générations de gais qui poussent derrière la mienne.Il y a plein de jeunes qui sont sur le PrEP (prophylaxie pré-exposition).Ça diminue le risque d\u2019infection au VIH-sida de 92 %.Mais cela encourage les jeunes à ne pas se protéger pour le reste des infections transmissibles sexuellement.Ce sera le défi de cette nouvelle génération.L\u2019affaire de tout le monde Par contre, il faut souligner que la mobilisation des gais contre l\u2019épidémie de VIH-sida a bénéficié à toute la société.Avant, on pensait que la maladie, c\u2019était une affaire de gais.Aujourd\u2019hui, on sait que c\u2019est une affaire de santé publique qui touche tout le monde.Dans ma classe au secondaire, tous mes étudiants, gais ou hétéros, savent que se protéger, c\u2019est protéger les autres.J\u2019espère qu\u2019ils se comporteront en citoyens responsables.Il n\u2019y a aucune gêne à passer des tests de dépistage.C\u2019est une chose normale dans la vie.1990 Au Québec, création de la Coalition des organismes communautaires de lutte contre le sida (COCQ-SIDA).1991 Le ruban rouge devient le symbole international de sensibilisation au sida.Création à Montréal de l\u2019organisme de prévention Séro Zéro.1992 La FDA (Food and Drug Administration, USA) approuve la première combinaison de médicaments pour traiter le sida.1993 À Montréal, première édition de la marche de la Fondation Farha.1996 Les trithérapies sont confirmées comme efficaces pour traiter le VIH.1997 Le Parc de l\u2019espoir est inauguré sur la rue Sainte- Catherine Est.Le régime d\u2019assurance-médicaments est mis en place au Québec.2004 Premier forum à Montréal des personnes infectées au VIH au Québec.2005 Un test de dépistage rapide est maintenant disponible à Montréal.2010 Déclaration québécoise des droits et responsabilités des personnes vivant avec le VIH.2013 Le ministère québécois de la Santé publie le premier avis sur la prophylaxie pré-exposition (PrEP).2014 Le ministère de la Santé du Québec émet des directives sur la prévention des risques : une première pour une province.2016 Le PrEP est maintenant disponible au Québec.L\u2019assurance-médicament rembourse les utilisateurs.2017 Ouverture de trois sites d\u2019injections supervisées à Montréal.source : Remaides, Fugues VIH-sida : 1990-2017 Photo : nito500 (123rf) De l\u2019espoir à la prévention pro-active LUCETTE BÉLANGER CAMELOT MÉTRO PIE-IX RÉJEAN BLOUIN CAMELOT MÉTRO JOLIETTE JOSÉE CARDINAL DISTRIBUTRICE 27 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Tendrement La tendresse n\u2019est pas un signe de faiblesse, mais bien de maturité.Dans une société comme la nôtre, dans les médias, on nous montre le côté animal, le côté dur de l\u2019être humain, le mâle, le viril, l\u2019agressif.Voici un exemple qui montre qu\u2019on peut être tendre.Le personnage de Hulk dans la télésérie du même nom était toujours en colère et brisait tout sur son passage.Mais dans la vie, il ne reflétait pas la même image.En personne, Lou Ferrigno, l\u2019acteur et culturiste, était tout aussi musclé.On aurait pu croire qu\u2019il possédait une grosse voix et qu\u2019il était brusque.C\u2019était pourtant tout le contraire.Lors de différentes entrevues, tout le monde fut surpris d\u2019entendre la voix douce, posée et paisible, de ce colosse qui a déjà été Monsieur Univers.Deux autres personnages connus inspiraient la crainte : la bête de l\u2019histoire La belle et la bête et l\u2019homme éléphant qui a vraiment vécu en Angleterre et travaillé dans les foires publiques.Tous les gens avaient peur d\u2019eux et étaient craintifs à cause de leur différence.Mais leurs vraies natures étaient la tendresse de leur intérieur et leur sensibilité que personne ne voulait voir.On regarde toujours le physique avant le reste.Ce qui est caché est le plus important ! Pourquoi pas le bonheur ?J\u2019aime travailler à L\u2019Itinéraire parce que j\u2019y côtoie des êtres exceptionnels.Rossana Bruzzone est du lot.Je l\u2019ai connue quand elle est venue animer des ateliers d\u2019écriture optimiste en nos murs.Puisque j\u2019ai besoin de consignes pour pondre des textes, je m\u2019y étais inscrite, même si l\u2019optimisme me rebutait, à l\u2019époque.Les expériences que nous y a fait vivre Rossana ont considérablement développé la confiance que j\u2019avais en mes moyens.Aujourd\u2019hui, c\u2019est à la bibliothèque de Saint- Léonard que je profite de l\u2019activité d\u2019écriture de Rossana.L\u2019approche de Mme Bruzzone m\u2019apporte autant sur le plan littéraire que psychologique.Grâce à elle, je m\u2019investis davantage dans mes réalisations et mes relations.J\u2019apprends à écrire et à vivre, quoi ! Pour en connaître plus, je vous suggère de lire son dernier-né, Le Défi optimiste, 21 jours de bonheur, publié aux éditions Neige en couleur.Dans la première partie de ce livre, Rossana expose ses réflexions sur le bonheur et ce qui les a inspirées.Elle explique ensuite en quoi consiste son défi.Elle clôt l\u2019ensemble par un espace où vous pouvez consigner ce que génèrent ses exercices.L\u2019ouvrage de Rossana est un outil de connaissance de soi, de communication et de création simple, ludique, efficace.À l\u2019abri de la pensée magique, il permet de percevoir la réalité de façon à mieux en exploiter les possibilités, en assimiler les difficultés.Il révèle l\u2019authenticité de ceux qui relèvent le défi qu\u2019il propose.Si après l\u2019avoir lu, vous appréciez la vie autant que le fait Rossana, je vous assure que vous jubilerez ! Le Défi optimiste, 21 jours de bonheur est en vente sur le site neigeencouleur.com ou à L\u2019Itinéraire.L\u2019électronique Il y a plusieurs années, on disait que l\u2019avenir était à l\u2019électronique.Maintenant, on est en plein dedans.Il y a toute une variété d\u2019appareils électroniques, comme la télévision ou la radio, qui existent depuis très longtemps.Récemment, il y a eu une grande évolution qui nous a fait entrer dans l\u2019air des iPods, cellulaires, iPads, tablettes, etc.Il y a des appareils électroniques qui nous tapent sur les nerfs, comme les cellulaires qu\u2019on entend sonner, quand ce n\u2019est pas son propriétaire qui parle trop fort.À ce propos, la Société de transport de Montréal (STM) a affiché une publicité sur les bonnes pratiques à bord des transports publics, pour permettre que la population ait un environnement plus sain.Toutefois, cela dépend si nous sommes ou non à l\u2019heure de pointe : plus il y a de gens, plus il y a de chances qu\u2019il y ait du bruit.Cependant, il y a aussi des points positifs, l\u2019électronique est très utile car il permet de maintenir des liens, de communiquer facilement, de n\u2019importe où et n\u2019importe quand.L\u2019ordinateur nous permet aussi d\u2019envoyer des courriels partout dans le monde, gratuitement, et nous permet d\u2019écouter de la musique, de regarder des vidéos, des films, et de faire aussi des recherches sur Google. de couper comme le fait le Parti libéral du Québec, il faudrait augmenter les prestations.Il faut aussi augmenter le salaire minimum », estime-t-elle.Le montant mensuel de l\u2019aide sociale est actuellement de 628 $ pour un prestataire apte au travail.Pour une personne avec des contraintes sévères à l\u2019emploi c\u2019est 954 $.Et pour un couple sans contraintes, c\u2019est 972 $.Une fois le loyer et les comptes payés, cela ne laisse pas grand place dans le budget pour s\u2019alimenter sainement, s\u2019habiller, se déplacer en autobus ou en métro, et se permettre un peu de loisirs.Plusieurs partis politiques ont saisi le ballon en promettant un salaire minimum à 15 $.Cela anime encore les débats à gauche comme à droite.Depuis 28 ans, afin de sensibiliser les citoyens à l\u2019itinérance, l\u2019événement La Nuit des sans-abri est organisé dans plusieurs villes au Québec.Tout le monde est invité aux festivités en soutien aux personnes vivant dans la rue, au Square Cabot à Montréal, le 20 octobre prochain.Ce sont les Auberges du cœur qui ont créé l\u2019événement, auparavant appelé La Nuit des jeunes sans-abri.Coordonnatrice en intervention à l\u2019Auberge du cœur Le Tournant, Isabelle Renaud explique : « On a créé ce mouvement parce qu\u2019à l\u2019époque, on ne parlait pas beaucoup des jeunes en difficulté.On trouvait ça important de défendre les droits des jeunes qu\u2019on accueille.Revendiquer de meilleures conditions de vie.» Maintenant, le monde est plus sensible envers les personnes itinérantes.Même des familles assistent à cette soirée.Des monsieur et madame Tout-le-monde apportent leurs pancartes, comme dans une manifestation.Ils participent aussi à la marche et la veillée.La soirée se terminera cette année un peu plus tôt pour que tous puissent profiter du retour en transport en commun.À Montréal, l\u2019assistance varie habituellement entre 300 et 900 participants, selon la température.L\u2019événement a lieu simultanément dans plusieurs villes du Québec, le soir du 20 octobre.Le slogan de cette année est « On a tous un rôle à jouer, lequel ?» Il y a plusieurs façons de jouer un rôle : l\u2019empathie, faire du bénévolat dans les organismes qui aident les personnes itinérantes ou faire des dons, acheter L\u2019Itinéraire, donner des cartes-repas.Il existe aussi plein d\u2019autres façons d\u2019aider les sans-abri.Un rôle à jouer Le gouvernement aussi a son rôle à jouer, insiste Mme Renaud.« Le montant de l\u2019aide sociale ne correspond pas aux besoins de base.Au lieu La Nuit des sans-abri Un événement de sensibilisation rassembleur et festif 28 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 ÉVÉNEMENT PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O : ?C O U R T O I S I E La Nuit des sans-abri 2016 La Nuit des sans-abri 2016 publicité Si vous avez répondu « vrai » à toutes ces questions, vous êtes probablement candidat(e) pour un projet de recherche au CHUM sur la prise en charge accélérée de l\u2019hépatite C Compensation: 20 $ par visite Chercheur responsable: Dre Valérie Martel-Laferrière Contactez-nous pour plus de renseignements au 514-890-8000 # 26588 Vous avez l\u2019hépatite C ?Vous ne savez pas si vous pouvez avoir accès à un traitement ?Vous vous êtes injecté au moins une fois dans la dernière année ?RECHERCHE CLINIQUE Au fil des ans, La Nuit des sans-abri a finalement changé beaucoup de choses, explique Isabelle Renaud.Par exemple, les médias sont aujourd\u2019hui plus sensibles à la cause.« Au début, les médias étaient assez récalcitrants pour parler de l\u2019événement.Ils avaient beaucoup de méconnaissance, de préjugés.Maintenant, ils ont compris notre mouvement et traitent le sujet de façon beaucoup plus positive.La Nuit des sans-abri a également aidé à la création du plan d\u2019action à la lutte contre l\u2019 itinérance de la Ville de Montréal.» Des vêtements chauds pour l\u2019hiver Depuis quatre ans, Ginette Bélanger ramasse des vêtements pour les personnes itinérantes et démunies.Manteaux, tuques, foulards, gants, bas, sous-vêtements et d\u2019autres articles sont recueillis afin d\u2019aider les gens de la rue à affronter le rude hiver québécois.Cette femme engagée et altruiste a récolté plus de 2000 articles qui seront distribués à son kiosque durant La Nuit des sans-abri à Montréal.Elle a reçu l\u2019aide de plus d\u2019une dizaine de bénévoles.Son slogan : « Venez chercher de la chaleur au cou et au cœur ».Elle reçoit des vêtements en don ou bien elle paie de sa poche pour qu\u2019il y ait des petites culottes, des caleçons, des boxers et des bas pour tout le monde.Elle distribue aussi des sandwichs au beurre d\u2019arachides et des friandises.« Ça me fait un bien énorme de les voir me remercier, les yeux pleins d\u2019eau, et contents de leurs cadeaux.C\u2019est aussi très touchant et très valorisant », explique Mme Bélanger, toute émue.Attentionnée, Mme Bélanger lave tous les articles.Elle confectionne des kits pour que les vêtements soient bien agencés.De plus, elle en distribue aussi à divers organismes qui aident à la lutte contre l\u2019itinérance et la pauvreté.Lorsqu\u2019elle donne les vêtements, elle ne pose pas de questions, à savoir si la personne vit vraiment dans la rue.Les gens peuvent prendre autant de vêtements qu\u2019ils veulent.« Une fois, une femme itinérante a pris plusieurs paires de bas de laine, raconte-t-elle.Je l\u2019ai laissé faire vu que je savais qu\u2019elle devait s\u2019habiller par couches pour braver le froid et l\u2019humidité.» L\u2019hiver est très rude pour les sans-abri; c\u2019est pour cela que les refuges ne refusent personne.Mais certains itinérants ne veulent pas y aller.Ils préfèrent vivre dehors plutôt que dormir entassés; cette promiscuité les rend anxieux.Ils font preuve de débrouillardise en utilisant des sacs de couchage offerts, soit par Mme Bélanger ou par d\u2019autres organismes.Certains peuvent dormir le jour, vu qu\u2019il fait un peu moins froid que la nuit.Ils ne sont toutefois pas à l\u2019abri des engelures qui mènent souvent à l\u2019amputation d\u2019un ou de plusieurs orteils et doigts.C\u2019est grâce aux personnes généreuses comme Mme Bélanger, ses bénévoles et ses donateurs, qu\u2019ils ont moins froid l\u2019hiver dans la rue.Des artistes engagés La Nuit des sans-abri est aussi un événement artistique.Plusieurs groupes de musique et artistes engagés sont du spectacle.Entre autres, le groupe Movimento qui se mobilise souvent pour des manifestations avec ses percussions brésiliennes.De façon artistique, ils ont appuyé plusieurs causes depuis 2012.Le Ukulele Club, qui sera aussi de la partie, est un mouvement qui rassemble le monde pour jouer du ukulele.En appui aux personnes itinérantes autochtones, les Buffalo Hat Singers, un groupe de chanteurs et percussionnistes autochtones et métis seront aussi présents.Les Aubergines Cardiaques chanteront aussi en chœur.Ce sont des choristes de la maison Tangente, une maison d\u2019hébergement pour les personnes sans-abri.La chorale du Chaînon, un organisme d\u2019hébergement, d\u2019aide alimentaire et vestimentaire pour les femmes, participera aussi à l\u2019événement.Le groupe punk rock anglophone Riot Porn et le chanteur-guita- riste francophone Ariel Le Mercier, accompagné de son groupe Les Va-Nu-Pieds, feront également partie du programme de la soirée.Valérie Legal Tender chantera aussi lors de La Nuit des sans-abri.Cette chanteuse propose un style musical varié allant du jazz latin au country.Elle est très engagée auprès des personnes itinérantes, notamment, ceux et celles qui se prostituent.Enfin, l\u2019humoriste Fred Dubé, qui a reçu plusieurs nominations et prix pour ses textes originaux, présentera un numéro.Ce sera une soirée festive et rassembleuse, où tout le monde est invité à manifester sa solidarité à la cause de l\u2019itinérance.29 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A La Nuit des sans-abri 2016 On vous l\u2019avait prédit\u2026 Camelot d\u2019un jour édition 2017 a été une réussite.De la station Papineau à l\u2019Assemblée nationale, en passant par Laval, Longueuil ou encore St-Bruno, camelots et personnalités publiques ont sensibilisé - en équipe - plus de 700 personnes par la vente du magazine, et ce, en à peine une heure ! Grâce à la solidarité et l\u2019enthousiasme de plus de 20 artistes et figures politiques, dont François-Étienne Paré, porte-parole de L\u2019Itinéraire, et Johanne Despins, maître de cérémonie, le courage et la ténacité quotidienne de nos camelots à améliorer leur sort ont été sublimement salués ! Une fête rondement menée, conclue autour d\u2019un barbecue à ciel ouvert, agrémentée d\u2019un chaleureux soleil.Un succès sur toute la ligne ! CARREFOUR PHOTOS :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Eddy King, humoriste et « Coup de cœur » au concours de la relève du Festival Juste Pour Rire édition 2007 en train de vendre L\u2019Itinéraire à la station Berri-UQÀM.Ses camelots-équipiers étaient Gabriel et France. Merci à nos participants enthousiastes les « vrais camelots » Joseph, Jean-Paul, Roger, Yvon, Nicole , Michel, Gabriel, France, Manon, Richard, Simon, Saïd, Michel, Samir, Siou, Isabelle, Alain, Mostapha, Tuan, Benoit, Claude, Richard, Bill, David, Frédérik, Tom, Jocelyn, Bertrand Merci à nos camelots d\u2019un jour, les personnalités : Debbie Lynch-White, Eddy King, Les Deuxluxes, Philippe Schnobb, Eliane Gagnon, Monique Proulx, Mélanie Pilon, Salomé Corbo, Delphine Bienvenu, Marco Collin, Francois-Étienne Paré, Marc Demers (maire de Laval), Johane Despins, Pellep, Georges Brossard, Stéphane Maher (maire de St-Jérôme), Sadia Groguhé, Josée Latendresse et Sylvie Parent (candidates à la mairie de Longueuil), Jean-Marie Lapointe, Manon Massé (députée, Sainte-Marie-Saint-Jacques).31 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA Philippe Schnobb, président de la STM, la comédienne Salomé Corbo et notre camelot France Lapointe en arrière-plan étaient tout sourires lors du grand rassemblement sous le pont Jacques-Cartier.Debbie Lynch-White, comédienne et vedette de la série Unité 9 vendant une copie de L\u2019Itinéraire à une cliente station Berri-UQAM.Son camelot-équipier était Bill Économou Camelots, artistes, figures politiques et membres de l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire, tous réunis pour célébrer Camelot d\u2019un jour 2017, juste avant le grand départ vers les points de vente de chaque équipe. À quoi servent les banques ?acceptables de nos institutions financières, et ne se gêne pas pour les dénoncer.Cet ouvrage est d\u2019autant plus remarquable que son auteur, Fabien Major, n\u2019est pas un représentant de la gauche contestataire et anticapitaliste : il prospère à titre de conseiller financier indépendant depuis une vingtaine d\u2019années.Les institutions financières sont pour lui des partenaires avec lesquelles il travaille au quotidien.Il offre donc, en quelque sorte, un point de vue des banques « de l\u2019intérieur », ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019être radicalement critique de leurs pratiques commerciales (tout en offrant, au passage, des trucs pratiques pour mieux en utiliser les services).Rôle à jouer Au-delà des manières de faire déplorables, Major met en lumière le véritable rôle que doivent jouer les banques dans notre économie.Au fil du temps, elles en sont venues à offrir une multitude de services qui ne sont pas, à proprement parler, bancaires.Elles possèdent toutes, au moins en partie, des filiales d\u2019assurance ou de courtage mobilier, par exemple.Ce qui les place souvent en position de force face à leurs clients, sinon en conflit d\u2019intérêts.Autrement dit, la motivation première des banques n\u2019est pas d\u2019offrir le meilleur service ou le meilleur produit à leurs clients, mais de vendre le maximum de ses produits à son propre bénéfice.On en a eu un exemple, il y a quelques semaines, lorsque Desjardins a écopé d\u2019une amende pour avoir « vendu » automatiquement une assurance-vie à sa clientèle étudiante qui bénéficiait de prêts pourtant totalement garantis par l\u2019État.Les banques occupent pourtant un rôle aussi sain que central dans notre économie.Leur rôle est d\u2019être le plus invisible possible, de faciliter les échanges commerciaux autant que la vie des familles.Mais force est de constater que leur puissance démesurée en a fait des acteurs arrogants qui méprisent les intérêts d\u2019une large partie de leur clientèle.À moins de posséder une coquette fortune, nous ne sommes plus que des cibles inépuisables de revenus divers pour elles.Plutôt que d\u2019être au service de l\u2019économie, elles ne sont qu\u2019aux services d\u2019elles-mêmes.Les grandes banques occupent une place singulière dans notre « imaginaire économique ».On sait qu\u2019elles sont nécessaires au bon fonctionnement de notre économie et nous utilisons leurs services tous les jours, ou presque.Elles ont, par contre, généralement mauvaise presse par les temps qui courent : parce qu\u2019elles engrangent des profits faramineux, facturent des frais de services toujours plus élevés ou que leurs dirigeants empochent des salaires mirobolants.Sans compter les milliards que plusieurs gouvernements ont dépensés pour les sauver de la catastrophe après la crise financière de 2008, particulièrement aux États-Unis.On aime détester les banques, même si on ne peut s\u2019en passer.Pourtant leur rôle fondamental dans notre économie demeure méconnu.Si elles sont à ce point détestées, c\u2019est que les banques l\u2019ont un peu cherché.Beaucoup, même.On vante souvent, moi le premier, la solidité du système bancaire et financier canadien.À preuve, les institutions bancaires du pays ont traversé la crise de 2008 sans trop de dégâts, malgré leurs investissements massifs dans de nombreux produits financiers pourris.Leur solidité pourrait toutefois être à l\u2019origine des abus que nous décrions.Car cette résilience institutionnelle repose en grande partie sur le fait qu\u2019il n\u2019y a que quelques très grosses banques au Canada, contrairement à ce qu\u2019on voit aux États-Unis, par exemple.Comme dans la plupart des industries où on retrouve une grande concentration, les pratiques commerciales des entreprises tendent à être très peu différenciées et à abuser de leur pouvoir.Un exemple simple de cette dynamique : les frais de services.Dès qu\u2019une banque les augmente, ses concurrentes suivent presque automatiquement.Et elles ne se privent pas de les augmenter largement.Pratiques acceptables ?Un livre publié récemment, Petits secrets et gros mensonges de votre banquier (VLB éditeur), lève le voile sur les pratiques plus ou moins 32 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O : ?D O L G A C H O V ?( 1 2 3 R F ) Lutte au profilage social Un vent d\u2019espoir pour des avancées concrètes formation continue obligatoire des agents du SPVM sur la réalité des personnes itinérantes et des travailleuses du sexe, la consultation des personnes itinérantes sur les projets d\u2019aménagement urbain qui les affectent, l\u2019amélioration du système de plaintes afin de faciliter la dénonciation du profilage et le développement d\u2019initiatives de sensibilisation du grand public au vivre ensemble pour contrer les préjugés.Ce sont là toutes des actions pertinentes pour lutter, sur plusieurs fronts, contre le profilage.Un mandat clair pour la prochaine administration La consultation publique a permis de porter à l\u2019attention des élu.e.s et de l\u2019administration municipale la persistance du profilage social et des injustices vécues par un trop grand nombre de citoyen.ne.s discriminé.e.s en raison de leur condition sociale.Elle a aussi permis de montrer que les solutions existent et qu\u2019elles dépendent de la volonté politique de les mettre en œuvre.C\u2019est grâce à la mobilisation des organismes, des intervenant.e.s et des personnes victimes de profilage venus témoigner de la situation et proposer des solutions que le résultat de l\u2019exercice s\u2019est avéré aussi solide et porteur.Et maintenant ?Les recommandations ont été déposées au Comité exécutif juste avant les élections.Ce sera donc à la prochaine administration municipale de les adopter et de les appliquer.Les mesures proposées sont ambitieuses et le travail qu\u2019il reste à faire pour éliminer le profilage social et racial est grand.Il faudra veiller activement au suivi de ce dossier pour s\u2019assurer que les recommandations se transforment en actions concrètes qui contribueront à diminuer le fardeau individuel et social du profilage social des personnes les plus vulnérables.Le 12 septembre, à quelques jours du déclenchement des élections municipales, les élu.e.s de la Ville de Montréal ont fait connaître et adopté leurs recommandations en suivi de la consultation publique sur la lutte au profilage racial et social, tenue en juin dernier.Le RAPSIM et d\u2019autres organismes ayant participé à la consultation étaient présents à l\u2019hôtel de ville pour l\u2019occasion.Malgré la gravité du problème qu\u2019est le profilage des personnes en situation d\u2019itinérance, marginalisées ou racisées, par les institutions municipales, dont son service de police, il a fallu trois ans de pressions pour qu\u2019enfin la Ville remplisse sa promesse de tenir une consultation publique sur la question.La sortie des recommandations suscitait donc à la fois des attentes et des questionnements : est-ce que le message porté par les groupes sur la persistance du profilage social en 2017 aura été entendu par les élu.e.s ?Est-ce que l\u2019enjeu aura été considéré avec sérieux ?Est-ce que la consultation aura un impact et débouchera sur des actions concrètes ?Des recommandations solides Les 31 recommandations adoptées à l\u2019unanimité par la quinzaine d\u2019élu.e.s provenant de différents partis politiques assignés à cette consultation ont étonné de par leur qualité et leur pertinence.Elles répondent aux demandes portées de longue date par le RAPSIM, ses membres et alliés, et réitérés dans le cadre de la consultation.La première recommandation constitue un message fort et symbolique : il s\u2019agit pour la Ville de reconnaître la persistance du problème de profilage au sein de l\u2019administration publique montréalaise.Les élu.e.s recommandent ensuite de documenter le phénomène à l\u2019aide d\u2019une équipe indépendante, notamment en demandant au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de collecter des données sur l\u2019appartenance raciale et sociale présumée lors de toute interpellation.Afin d\u2019agir en amont et de prévenir le profilage social, une recommandation porte sur la révision de la réglementation municipale encadrant l\u2019occupation de l\u2019espace public en collaboration avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.Parmi d\u2019autres recommandations, on retrouve notamment la Il s\u2019agit d\u2019un traitement différentiel de la part d\u2019une personne en autorité envers des personnes en raison de leur condition sociale ou de signes visibles de pauvreté ou de marginalité.Un exemple de profilage social : la remise de nombreux « tickets » aux sans- abri pour des gestes qui ne sont pas sanctionnés pour le reste de la population.Qu\u2019est-ce que le profilage social ?33 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA INFO RAPSIM PAR ÉLISE SOLOMON ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Un système de partage J\u2019ai tellement de projets\u2026 Si l\u2019on n\u2019avait pas besoin de travailler, on ne serait plus aveuglé par l\u2019argent et les services qu\u2019on rendrait vaudraient vraiment quelque chose.On a toujours besoin de quelqu\u2019un quelque part et les gens n\u2019aiment pas rester écrasés chez eux pour rien.Ceux qui travaillent deviendraient alors des bénévoles et choisiraient leurs horaires.Il n\u2019y aurait pas de hiérarchie, on serait tous égaux, ce qui n\u2019empêcherait pas d\u2019aider son prochain.Et si l\u2019argent ne valait rien, le gouvernement se questionnerait différemment.On ne serait plus dans un système capitaliste, mais dans un système de partage, selon les capacités de chacun.CINDY TREMBLAY CAMELOT SUPER C BOULEVARD PIE-IX Je ferais du bénévolat Si je n\u2019avais pas besoin de travailler, je ferais des couronnes de Noël pour les vitrines, j\u2019apprendrais à monter à cheval, je ferais du bénévolat dans une pouponnière; quelque chose que j\u2019avais déjà envie de faire dans ma jeunesse.Mais je trouverais aussi le temps long.C\u2019est déjà le cas en vacances.Si plus personne n\u2019avait besoin de travailler, on aurait plus de temps pour les autres, le monde se connaîtrait plus, ce qui n\u2019est pas le cas dans notre société et je trouve ça dommage ! J\u2019aiderais les personnes âgées, je ferais leurs commissions, leur ménage.Puis je m\u2019occuperais d\u2019animaux.Ça a l\u2019air qu\u2019il manque de bénévoles à la SPCA.DIANE CURADEAU CAMELOT WELLINGTON/GORDON Que?ferions-nous?de?notre?temps?si?nous n\u2019avions plus besoin de travailler ?Que deviendrait notre société ?Les avis sont très partagés.Pour certains de nos camelots, ne plus travailler est synonyme d\u2019un contrat de vacances à durée indéterminée, pour d\u2019autres, c\u2019est?une?perte?de?sens?totale.?Et?vous,?que pensez-vous d\u2019une vie sans travail ?UN MONDE SANS TRAVAILLER PHOTO :?ALEX EI?LOG VINOV ICH?(12 3RF) Revenir en arrière ?D\u2019après moi, le travail est nécessaire pour trouver un équilibre.Puis, il y a des métiers indispensables.On ne pourrait donc pas inventer une société qui ne travaille pas.À l\u2019époque du troc, les gens étaient moins portés à travailler.On s\u2019échangeait des poules, des services\u2026 Mais faire ça avec notre société d\u2019au- jourd\u2019hui serait non-fonctionnel.Il faudrait revenir en arrière, ça nous déstabiliserait beaucoup puis on délaisserait une part de ce que l\u2019on a : l\u2019internet\u2026 Puis certains baby-boomers ne seraient pas très contents de revenir en arrière.YANNICK LAROUCHE CAMELOT MÉTRO BEAUBIEN Faire des efforts individuels J\u2019aurais la paix.Je pourrais rester chez moi, tranquille, écouter plus de combats de lutte.J\u2019irais passer du temps au frette\u2026 dans le Pôle Nord.J\u2019adore l\u2019hiver! J\u2019y ferais du sport.Je jouerais au hockey.Revenir à Montréal serait mes vacances.Mais je pense que la société irait bien mal.Il y aurait des émeutes comme en février 1972 à cause de la grève des cols bleus.Certains travailleurs devraient alors continuer : les policiers, les éboueurs, les pelleteurs l\u2019hiver, mais je serais prêt à faire un effort pour que ces gens n\u2019aient plus besoin non plus de travailler.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Que la vie serait plate ! Si l\u2019on n\u2019était pas obligé de travailler, il me semble qu\u2019on aurait moins de défis, de buts à atteindre.Le travail fait partie d\u2019un engrenage qui, au final, stimule.Moi par exemple, je suis obligé d\u2019arrêter à cause de ma santé; les journées sont parfois très longues.Je suis actif depuis mon adolescence, j\u2019ai grandi avec le rythme d\u2019un travailleur, c\u2019est intégré dans mon cycle de vie.Je ne suis pas prêt à arrêter.Il va d\u2019ailleurs falloir que je me prépare à devenir retraité, que je me trouve des jobines.GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE/PROMENADE MASSON Une vie à voyager Si je n\u2019avais plus besoin de travailler, je voyagerais j\u2019irais à Stockholm en Suède, parce que j\u2019adore le groupe ABBA et Fifi Brindacier.Plus loin encore, je découvrirais l\u2019Australie parce que c\u2019est le plus lointain pays depuis le Québec.L\u2019Antarctique m\u2019attire aussi pour son calme, ses paysages et ses animaux.Je pense que la société serait tout simplement en vacances permanentes tout en travaillant pour soi et les autres.On a tous besoin les uns des autres, ça ne changerait pas.DENIS-KLÉON BOURGEOIS CAMELOT JEAN-TALON/CHRISTOPHE-COLOMB Ne pas travailler ne signifie pas sans travail On ne peut pas vivre sans travailler.C\u2019est ce qui donne un sens à l\u2019existence.Mais arrêter de travailler ne signifie pas arrêter de faire des choses.Tu travailles plus quand tu ne travailles pas.Tu fais des projets plus intellectuels en plus des tâches domestiques.Par contre, si je n\u2019avais plus besoin de travailler donc plus besoin d\u2019argent, j\u2019irais m\u2019installer à l\u2019extérieur de Montréal pour éviter le stress et pour des raisons de santé.Puis, je ferais un jardin pour manger de bonnes tomates fraîches.C\u2019est ce que j\u2019avais dans le temps que mon père vivait à la campagne.D\u2019ailleurs, même à la retraite il travaillait.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Des vacances à long terme On resterait peut-être à ne rien faire, chez nous, devant notre TV.Moi, je ferais mes propres projets.Je construirais ma maison de rêve.Je voyagerais.Je visiterais Hawaï, Orlando, Honolulu\u2026 Je profiterais, jusqu\u2019à ma mort.Je pense qu\u2019il y aurait moins de personnes stressées et donc des gens plus sociables.Les amis seraient plus disponibles, tout le monde se visiterait.Je suis certain qu\u2019on serait tous de meilleure humeur.Et il n\u2019y aurait plus de gouvernement parce que de mon point de vue, ils ne font que gérer l\u2019argent, ce qu\u2019il n\u2019aurait plus besoin de faire.Ce serait pour tous, des vacances\u2026 à long terme ! JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO GUY-CONCORDIA Arrêter de travail, c\u2019est mourir Ce ne serait pas beau à voir ! L\u2019être humain a besoin de travailler pour se sentir gratifié et valorisé.Idéalement, on aiderait simplement notre prochain, mais le monde n\u2019est pas capable de gérer cette prospérité.C\u2019est une question humaine, ça prend des épreuves pour construire sa personnalité.Pour moi, si j\u2019avais beaucoup d\u2019argent, j\u2019aiderais le monde et je voyagerais.Ne plus avoir besoin de travailler éteindrait les passions.Ça prend de la motivation pour devenir mécanicien, docteur\u2026 Sinon, qui irait faire 75 heures de médecine par semaine gratuitement?Ce serait une forme de communisme, mais inversée.MARC SÉNÉCAL CAMELOT SAQ ATWATER 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA 35 La 6e édition de Jardins de lumière, présentée par Espace pour la vie jusqu\u2019au 31 octobre, regorge de nouveautés.Si certaines d\u2019entre elles sautent aux yeux, d\u2019autres se terrent dans l\u2019ombre de la préparation de cet événement.Nous l\u2019avons donc décortiqué à l\u2019occasion d\u2019une visite en coulisse pour dévoiler quelques secrets des trois espaces culturels : le Jardin de Chine, le Jardin japonais et pour la première fois, celui des Premières Nations. Jardins de lumière Un jardin de rêve Le Jardin botanique de Montréal a été fondé en 1931 par le frère Marie-Victorin et conçu par l\u2019architecte paysagiste Henry Teuscher.Il est par ailleurs l\u2019un des plus importants et des plus beaux jardins botaniques au monde.Quand je suis arrivé à Montréal en 1987, j\u2019ai visité toutes les belles places de la ville.Mais celle qui m\u2019a le plus attiré, celle avec laquelle j\u2019avais une forte connexion, était le Jardin botanique et plus particulièrement les Jardins culturels de Chine, du Japon et plus tard, celui des Premières Nations.L\u2019illumination des Jardins culturels a commencé il y a 25 ans au Jardin de Chine.Le Jardin japonais a été ajouté il y a six ans, et cette année, pour la première fois, le parcours inclut l\u2019illumination de celui des Première-Nations.Le Jardin de Chine Je visite les Jardins de lumière chaque année depuis 15 ans.À l\u2019époque, j\u2019avais peu de connaissances de la culture chinoise, bien que le contact personnel avec quelques amis chinois de Montréal m\u2019ait aidé à comprendre et à admirer leur culture.Dans le Jardin de Chine, il est magnifique de voir toutes ces lanternes de couleurs, cette harmonie avec la nature, le lac, les fleurs de lotus, très présentes d\u2019ailleurs en Chine, qui dorment à la surface de l\u2019eau.Là, je peux me détendre et oublier mes problèmes liés à la vie urbaine tout en apprenant.La nuit est très différente dans les jardins éclairés par la lueur des quelque 900 lanternes et dont les lumières colorées se reflètent à la surface de l\u2019eau.Le Jardin des Premières-Nations Dans ma résidence de l\u2019Île-du-Prince-Édouard où je suis resté deux ans, j\u2019ai croisé plusieurs personnes des Premières Nations.C\u2019est grâce à eux que j\u2019ai appris un peu de leur culture avant de visiter le Jardin des Premières-Nations.L\u2019itinéraire qui nous conduit de la Chine au Japon, passe par une forêt animée par une bande sonore.Un visiteur qui arrive ici, traversant cet espace de feuillus, entend un battement de cœur sourd qui vient le chercher et l\u2019attire jusqu\u2019à l\u2019Arbre sacré du Jardin des Premières-Nations.Là, il est ébloui par une projection lumineuse qui représente le cycle des saisons, le cycle de la vie qui est aussi celui de la nature dont nous faisons partie.Il est représenté par des tableaux projetés sur l\u2019Arbre sacré, un grand peuplier de 70 ans, au milieu d\u2019un boisé.Le Jardin japonais Pendant deux ans, j\u2019ai travaillé avec des Japonais sur un projet de construction en Syrie.C\u2019est ce qui m\u2019a permis de connaitre quelques-unes de leurs coutumes.Au Jardin japonais, on se place dans une dimension beaucoup plus lente ; celui d\u2019un moment précis du cycle des saisons, l\u2019automne.Elle est la raison d\u2019être de l\u2019illumination du Jardin japonais et ce qui lui donne toute sa valeur.Par ailleurs, l\u2019expérience nécessite la noirceur installée pour l\u2019apprécier, tandis que le Jardin de Chine est très intéressant quand le soleil se couche et qu\u2019il passe à travers les lanternes.C\u2019est ce qu\u2019on appelle l\u2019heure magique.37 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O S ? : ?E S P A C E ?P O U R ?L A ?V I E / C L A U D E ?L A F O N D PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY EXPOSITION L\u2019idée de créer un jardin japonais serait née de l\u2019amitié entretenue entre Pierre Bourque, alors directeur du Jardin botanique, et un prêtre bouddhiste japonais qui lui aurait suggéré cette idée.Pierre Bourque était assez visionnaire et a saisi l\u2019occasion.Le jardin japonais est alors devenu le premier jardin culturel, inauguré le 28 juin 1988.Aménagé par l\u2019architecte-paysagiste japonais Ken Nakajima, cet espace possède un cachet contemporain qui s\u2019ajoute à des lignes simples et traditionnelles, grâce à l\u2019implantation de nombreuses variétés florales.La réalisation du pavillon culturel a, quant à elle, été dirigée par l\u2019architecte Hisato Hiraoka et le bâtiment a été inauguré un an plus tard.Le jardin de Chine est né en 1991 de l\u2019envie de poursuivre l\u2019internationalisation des jardins culturels.À cette période, il y avait un contexte créé par les Jeux olympiques d\u2019été de 1976 et les Floralies internationales de Montréal; autant d\u2019occasions que le public montréalais avait de découvrir l\u2019art des jardins et des cultures.Pierre Bourque avait alors su tisser des liens serrés avec la Chine en 1980.Réalisé en 1990 par 50 artisans chinois, le Jardin de Chine est esthétiquement rigoureux et reflète l\u2019art et l\u2019aménagement paysager chinois.Par ailleurs, le Lac de rêve est l\u2019œuvre de Le Weizhong, un architecte-paysagiste, directeur de l\u2019Institut de design et d\u2019architecture de paysage de Shanghai.Le Jardin des Premières-Nations a été aménagé à partir d\u2019écosystèmes existants.Il est le premier lieu de cette importance consacré aux Premières Nations à Montréal.Ouvert au public depuis le 3 août 2001, il aura fallu trois années d\u2019efforts pour arriver à concrétiser ce rêve inachevé, celui du frère Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique.Le projet a bénéficié d\u2019une étroite collaboration avec des membres des Premières Nations et permet de découvrir de plusieurs façons leur culture : pancarte d\u2019interprétation, animateur autochtone, objets, créations audiovisuelles. PAR SAÏD FARKOUH - CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY Le saviez-vous ?Montréal et la ville de Shanghai sont jumelées depuis 1985.D\u2019ailleurs, une partie du parcours de 2,4 km proposé à travers les Jardins de lumière permet trois expériences culturelles aux histoires singulières dont la première souligne le rapprochement de ces deux villes.De Shanghai à Montréal Après deux années de fermeture, le Jardin de Chine nous offre des pavillons et cours intérieures restaurés.Entre autres, le splendide toit en tuiles d\u2019argile du Pavillon de l\u2019amitié fait peau neuve grâce au travail passionné d\u2019une équipe de 12 artisans venus de Shanghai spécialement pour la restauration du fait que « l\u2019authenticité esthétique chinoise est très importante » comme le précise Émilie Cadieux, agente culturelle au Jardin de Chine.Quelques pas plus loin apparaît un gigantesque dragon, symbole de la thématique de cette année et clin d\u2019œil aux croyances et traditions des amis shanghaïens du Jardin botanique.Figure essentielle de la mythologie chinoise, Shen Long est la plus grande lanterne jamais réalisée en 25 ans.D\u2019une hauteur de 5 mètres, la bête s\u2019étend sur 15 mètres de long à travers les eaux bleues du lac, poursuivant vaillamment sa perle sacrée.Des lanternes au Jardin de Chine, il y en a près de 900 et toutes sont l\u2019œuvre du savoir-faire chinois.Chaque année, ce sont 250 à 300 nouvelles lanternes qui voyagent entre Shanghai et Montréal pour nous offrir un spectacle flamboyant.Exception à la règle, le dragon céleste Tian Long, 100 % montréalais.Lumière sur les Premières Nations Le trajet se poursuit au milieu des feuillus qui occupent le seul espace conservé à l\u2019état naturel du jardin botanique, illuminé pour la première fois, cette année.Tout au long du trajet, le bruit sourd d\u2019un cœur battant annonce l\u2019expérience de L\u2019Arbre sacré.Évelyne Daigle, agente culturelle du Jardin des Premières-Nations, explique que « L\u2019Arbre sacré représente le point commun de chacune des nations autochtones : la manifestation circulaire des forces de la nature.» Par ailleurs, sa scénarisation audiovisuelle a été soumise en détail au Comité des sages.En son sein, chaque nation est représentée par l\u2019un de ses membres.L\u2019objectif était alors de guider les concepteurs de L\u2019Arbre sacré afin qu\u2019il soit le plus fidèle possible à la spiritualité commune à toutes les nations.L\u2019art de l\u2019éphémère Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Jardin des Premières- Nations et celui du Japon ont un point commun : le cycle.Il se distingue cependant par le regard posé sur ce dernier.L\u2019un l\u2019expose dans son ensemble, la vie, l\u2019autre dans ce qu\u2019il a de plus éphémère, le passage des saisons.Comme l\u2019explique Sonia Dandaneau l\u2019agente culturelle du Jardin japonais, « au Japon, il y a deux moments forts : le printemps et l\u2019automne.Le printemps parce que les cerisiers fleurissent et l\u2019automne parce qu\u2019on admire avec frénésie les changements de couleur.C\u2019est d\u2019ailleurs presque une nouvelle nationale, démesurée à nos yeux, que de savoir que les feuilles rougissent dans tels ou tels parcs.» Le Jardin japonais se veut vrai.Les végétaux qui l\u2019ornementent ont tous été sélectionnés pour leur attrait visuel, leur texture ou encore leur odeur.Et pour cela, rien de plus étonnant que la senteur des arbres caramel et autres bosquets parfumés, pour une expérience sensorielle complète.La face cachée des Jardins de Lumière Dans les campagnes chinoises, des autels en l\u2019honneur de Tian Long et Shen Long sont érigés le long des routes, afin d\u2019apaiser ses deux dragons dont la colère pourrait déclencher des catastrophes naturelles nuisibles aux bienfaitrices récoltes.39 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA CHRONIQUE P H O T O S : ?E S P A C E ?P O U R ?L A ?V I E / C L A U D E ?L A F O N D L\u2019église de Saint-Eustache, construite en 1783 et située là où se rencontrent la rivière des Mille-Îles et celle du Chêne, est aujourd\u2019hui un site historique.Pour moi, c\u2019est l\u2019une des plus belles places de Saint-Eustache parce qu\u2019elle réunit à la fois l\u2019histoire de la ville et son patrimoine naturel.Parlant d\u2019histoire, cette église est marquée par des traces de boulets de canon datant de la bataille du 14 décembre 1837.Aussi, j\u2019ai été marqué par son acoustique, à l\u2019époque où j\u2019étais enfant de chœur.De nombreux enregistrements sonores se sont d\u2019ailleurs déroulés dans cette église, dont ceux de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal entre 1980 et 2002.En 1970, l\u2019église a été classée monument historique et est devenue un lieu historique national en 2015.L\u2019église Dans mes souvenirs, Madame Renaud était une femme d\u2019une cinquantaine d\u2019années.Sa résidence était un lieu d\u2019accueil pour personnes en difficulté.J\u2019y suis resté environ un an.En 1988, Marie-Claude Renaud ouvre dans cette magnifique résidence en pierres et planchers de bois franc la première maison d\u2019hébergement jeunesse de la région des Basses-Laurentides qui accueille des jeunes de 16 à 25 ans dans des appartements supervisés.Aujourd\u2019hui, près de 300 jeunes bénéficient de ce service et Marie-Claude Renaud, fondatrice de cette maison, a d\u2019ailleurs été nommée Grande Citoyenne par la Ville de Saint-Eustache.La résidence de Madame Renaud Promenade dans le Vieux Saint-Eustache Je devais avoir 18 ou 19 ans lorsque je suis arrivé à Saint- Eustache pour rejoindre mes parents.Ils vivaient juste en face d\u2019un théâtre, une place qui s\u2019est transformée avec le temps; cinéma, salle de pool.J\u2019ai habité dans sept ou huit lieux différents de cette communauté, dont la population devait être d\u2019à peine plus de 20 000 âmes.J\u2019y suis resté 18 années de ma vie.J\u2019adorais cet endroit ! Ça me rappelait certains secteurs de mon enfance dans les Laurentides.À mon époque, Saint- Eustache était alors un beau village, bordé par la nature qui, aujourd\u2019hui, s\u2019est beaucoup développé.40 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 PHOTOS?:?SIOU VIE DE QUARTIER PAR GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE/ PROMENADE MASSON Bataille de Saint-Eustache, 14 décembre 1837 lors de la rébellion des Patriotes à Saint-Eustache, 1840 P H O T O ?: ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S PHOTO?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS En face du Manoir, on trouve le moulin Légaré qui fabrique de la farine de blé et de sarrasin, encore aujourd\u2019hui.À Saint-Eustache, une légende urbaine dit qu\u2019un billet de 1000 $ serait caché dans un mur du moulin.Mais personne n\u2019a jamais pu vérifier ce mythe.Le moulin est classé au patrimoine depuis 2002.Il fait partie de la plus vieille industrie toujours fonctionnelle au Canada en plus d\u2019être le plus ancien moulin d\u2019Amérique du Nord alimenté par la force de l\u2019eau, qui n\u2019a jamais cessé de fonctionner depuis sa construction.Chaque année, des portes ouvertes permettent aux visiteurs de découvrir les produits du moulin et de visiter les lieux.Le moulin Légaré La petite église de Saint-Eustache ressemble à une petite chapelle.À l\u2019époque, elle pouvait à peine abriter 50 personnes.Elle est aujourd\u2019hui un centre d\u2019art aménagé à la façon d\u2019un cabaret, pour accueillir environ 200 Eustachois, certains grands artistes de la scène québécoise et internationale.Historiquement, l\u2019église a été bâtie en 1848 et était connue sous le nom de Trinity Church.En 1925, à l\u2019époque de la création de l\u2019Église unie du Canada, elle prenait le nom de Trinity United Church et accueillait une école publique anglophone, la St.Eustache English School.Si dans mes souvenirs d\u2019histoires de jeunesse cette petite église servait à entreposer les morts avant leurs funérailles en temps de guerre, des fouilles archéologiques ont révélé en 1998 cinq dépouilles aujourd\u2019hui enterrées dans le cimetière presbytérien, à l\u2019arrière de l\u2019église.Le Centre d\u2019art La petite église Construit en 1861 par Charles-Auguste-Maximilien Globensky, propriétaire de la seigneurie des Mille-Îles, le manoir est aujourd\u2019hui un site historique.Plus de 40 ans après la mort de Globensky en 1906, la Ville de Saint- Eustache domicilia son hôtel de ville dans la demeure de ce seigneur, jusqu\u2019en 1986.Le manoir, transformé en Maison de la culture et du patrimoine en 2005, fait face à la rivière du Chêne.Je me rappelle le monde qui profitait du magnifique parc arrière et de ses immenses et vieux arbres pour se reposer.Le manoir Globensky 41 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA Le moulin Légaré avant 1902 P H O T O ?: ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S PHOTO?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS PHOTO?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS DANIEL GRADY CAMELOT DE LA GAUCHETIÈRE/ MANSFIELD ET DES PINS/SAINT-LAURENT SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER GISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTRO FABRE 42 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Une femme de ménage Au début, quand j\u2019ai commencé à travailler dans le domaine du ménage, je demeurais à Québec, dans la basse-ville.Je demeurais tout près du mail Saint- Roch où il y avait un centre de main-d\u2019œuvre.Mes clientes habitaient les secteurs suivants : Sillery, Limoilou, Beauport, Charlesbourg, Giffard et Sainte-Foy.À Sillery et Limoilou, j\u2019avais beaucoup de clients qui étaient des professionnels, comme des avocats, des notaires, des médecins et aussi des enseignants, des fonctionnaires et des gens d\u2019affaires.Je faisais beaucoup de grands ménages, à l\u2019automne et au printemps.Je travaillais très souvent dans de belles grandes maisons à deux ou trois étages.Ça pouvait aussi être dans des familles qui comptaient plusieurs enfants d\u2019âge scolaire.À cette époque, de 1975 à 1980, je travaillais des journées complètes, de 9 h le matin jusqu\u2019à 17 h, sauf dans les grandes maisons où je pouvais finir à 18 h.J\u2019avais droit à un ou deux repas par jour, une pause dans l\u2019avant-midi et une autre dans l\u2019après-midi.Je peux dire qu\u2019à certaines places, mes clientes étaient des cuisinières hors pair.En mars 1980, mon mari et moi sommes venus nous établir à Montréal.Nous faisions des grands ménages ensemble jusqu\u2019à ce qu\u2019il trouve du travail dans son domaine.Moi j\u2019ai continué à travailler comme femme de ménage jusqu\u2019en décembre 2016.Comme grand-mé- nage, c\u2019était le lavage des plafonds, des murs, des vitres, nettoyage des tapis, lavage des armoires et garde-robes.J\u2019ai travaillé à Westmount, Outremont, Longueuil, Laval, Villeray et Ahuntsic.J\u2019avais des clientes qui me faisaient faire l\u2019entretien une journée par semaine, d\u2019autres c\u2019était aux 15 jours, aux trois semaines ou une fois par mois.Pour avoir mes contrats de ménage, c\u2019est simple, je me faisais des annonces que j\u2019allais passer aux portes.Les gens pouvaient m\u2019appeler le soir au téléphone.En tant que camelot, un merci sincère à toute ma clientèle pour leur excellent encouragement.Les graffitis haineux sur les pierres tombales Bonjour, avant, quand je fumais du pot avec mes supposés amis, la police nous intimidait tout le temps parce que j\u2019étais un gothique.Roi du clan, je continuais à fumer même s\u2019il y avait quatre voitures de police dans le parc.Mais j\u2019étais calme, j\u2019écoutais et je chantais ma musique.Ils nous laissaient tranquilles, surtout que nous ne faisions pas de trouble.Un jour, j\u2019ai dit à un policier que c\u2019était un endroit où j\u2019aimais rester parce qu\u2019il y avait une pierre tombale de vétéran et que cela me faisait me sentir en sécurité.Je lui ai demandé de regarder ce que des jeunes ont écrit dessus : des graffitis haineux.De nos jours, certains jeunes se croient tout permis.Il y a des endroits spécifiques à Montréal où c\u2019est permis de faire des murales.Mais je trouve que de faire des graffitis sur la tombe des morts, c\u2019est très irrespectueux.Pour moi, les gens qui font cela auront un très mauvais karma.C\u2019est une insulte grave aux morts.Les gens se foutent des histoires des ancêtres parce qu\u2019ils se croient au-dessus d\u2019eux.Je ne suis pas d\u2019accord avec eux.Si tu fais du mal à un innocent, il y a toujours des conséquences.Si tu t\u2019attaques aux morts, c\u2019est beaucoup plus grave.Il ne faut pas jouer au plus fort avec les forces occultes parce que la suite des événe- ments peut être très grave.Moi, j\u2019y crois fermement.Après, le policier avec qui je parlais m\u2019a dit que j\u2019avais l\u2019air d\u2019en connaître beaucoup sur ces forces.Je lui ai dit que c\u2019est normal : c\u2019est grâce à Dieu que je peux le dire en ce moment.Donc, mon message à ces jeunes est de bien y penser avant de faire des graffitis sur des endroits inappropriés comme les pierres tombales.Vous n\u2019avez pas l\u2019approbation de la personne morte.The Maritimes are beautiful Living in the Maritimes is nice.I was there for a week when I was a teenager.I\u2019ve been told that the people are a lot nicer than they are here.It\u2019s also home of the Micmac aboriginals, who I guess are very nice natives.You can do a lot of things in the Maritimes, like fishing, growing potatoes, just living off the land.I would like to visit the Maritimes again one day to see the friendly people and be greeted with open arms.The Maritimes I guess don\u2019t have too much crime.When I watch the news I don\u2019t hardly hear any crime going on.I guess they don\u2019t have too much poverty there.Mostly everybody works.And I think they don\u2019t have too many problems with drugs.I think the people there are straightforward.It would be nice if the rest of Canada could be like the Maritimes.We could be friendlier people like them and have a better understanding of living off the land.You have to be a hard worker and smart to succeed.And those Maritimes people do succeed.When you go to the Maritimes be sure to be treated with respect.And if you\u2019re a man maybe you\u2019ll find a girlfriend there, and if you\u2019re a woman maybe you\u2019ll find a man there.There are some countries that may be a little bit equal to the Maritimes, but there\u2019s nothing like living there.And once you\u2019ve been to the Maritimes, you can feel a lot better about yourself.This experience of being there for a week when I was a teenager will stay with me forever. BD SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX siou-artiste.blogspot.ca L\u2019un des derniers jours de mon adolescence où je m\u2019apprêtais enfin à commencer ma vie d\u2019adulte.Je trouvai parmi les livres de la bibliothèque de mon père, une vieille revue de la mine de Rouyn Noranda.Ces quelques dizaines de pages rendaient hommage aux travailleurs qui avaient accumulé 20, 30 et même 45 ans de loyaux services pour la compagnie.Les nombreux portraits de ces hommes aux visages marqués par des temps trop durs, me secoua profondément.À 16 ans, je me reconnaissais en eux.J\u2019avais déjà à cet âge, moi aussi, 45 ans de durs labeurs dans le corps. joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Nigaud.2.Organisation internationale.- Peurs.3.Salubre.- Apparu.4.Dialecte.- Acceptâtes.5.Trois cent un.- Prairie.- Tour.6.Plateau pour coquetiers.- Charles de Beaumont.7.Manganèse.- Écossais.- Causé par.8.Recommencée.- Plantai.9.Présages.- Rayons.10.Ferré.- Désinfecté.verticalement 1.Relatif aux hôpitaux.2.Atone.3.Pronom relatif.- Cuivre.- Le moi.4.Ingénu.- Ruisseau.5.Saisons.- Criera, en parlant du cerf.6.Cube.- Plantes.7.Déchets.- Sélénium.8.Our.- Génitrices.9.Victoire de Napoléon.- Offre.10.Uvule.- Mois.11.Lawrencium.- Usais.12.Dieu gaulois.- Que je lèse.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Intimidera Durillon Manche Pronom Ultime Isérois Roulée Antibactérien Dossier Retirera Disloquée Gardiens Roche Batelier Attachera Mesura Quittera Partie Obscène Ci Enzymes Casser les quenottes Lettre grecque Amaurose Démonstratif Abrasives Âge Intimidera Durillon Manche Pronom Ultime Isérois Roulée Antibactérien Dossier Retirera Disloquée Gardiens Roche Batelier Attachera Mesura Quittera Partie Obscène Ci Enzymes Casser les quenottes Lettre grecque Amaurose Démonstratif Abrasives Âge Réponses du 15 OCT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 D D O D S A E S E T A E D E T N E R R G I V I O S E I C I C C A L I S E S R A T R O C N O N I L E R A C E S T E A R M O R C R E E P A S E S U R E D B O T I E E 1er octobre 2017 N I Q U E D O U I L L E O N U T E R R E U R S S A I N E D N E U O C A S S U M A T E S C C C I P R E T R O E U F R I E R E O N M N E R S E S D U I T E R E E S E M A I A U G U R E S R A I S L E O A S E P T I S E Réponses du 15 OCT 2017 B O N I M E N T A T T I N D E M N E S A N A L I N I T O U C H E S O R N A E N N U I E S C I I L E S A N T A A S A N A S M E I J I T M E V M I T E E S I E R A M A T N T O S S E L E T E N E E N U S R E S S E R S Réponses du 1ER OCT 2017 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Tranchée Le moi Apogée Prêtresse d\u2019Héra Frustrée Fendît Éreinté Noeud Peaufinage Écuma Formée d\u2019écueils Nettoyage d\u2019un piston Enzyme Esquisse Criâtes Dans le titre d\u2019un film de Max Ophuls Rongea Maison Cachées Brament Enfle Interjection Azote Platine Strontium Nazi Dans Strontium Prairie Thallium Charge Trou Tranchée Le moi Apogée Prêtresse d\u2019Héra Frustrée Fendît Éreinté Noeud Peaufinage Écuma Formée d\u2019écueils Nettoyage d\u2019un piston Enzyme Esquisse Criâtes Dans le titre d\u2019un film de Max Ophuls Rongea Maison Cachées Brament Enfle Interjection Azote Platine Strontium Nazi Dans Strontium Prairie Thallium Charge Trou Réponses du 01 OCT 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 D F B L E R E N T O H G R O S S I T A T P I S E I N T L E N I M N A O P E M A S G A Z A V G I E T S L O L A E A C T A A L S E C A N V E A S E R C I A F L E À vos crayons ! 44 ITINERAIRE.CA | 15 octobre 2017 DÉTENTE publicité SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 57552 1 8 5 3 4 6 5 6 9 1 2 2 8 6 8 4 7 3 5 7 2 8 1 5 8 9 7 6 1 9 3 9 4 2 5 7 4 1 8 6 2 5 9 3 7 9 7 2 1 3 4 6 8 5 5 6 3 7 8 9 1 2 4 2 9 4 5 7 8 3 1 6 6 8 1 2 4 3 7 5 9 3 5 7 9 1 6 2 4 8 1 2 5 8 9 7 4 6 3 7 4 6 3 5 1 8 9 2 8 3 9 4 6 2 5 7 1 Grille Sudoku Facile à imprimer du mardi 25 avril 2017 00:00:01 1 / 1 1er octobre 2017 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 45 15 octobre 2017 | ITINERAIRE.CA SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Expert Grille numéro : 57631 2 9 5 4 7 3 6 8 1 6 4 5 7 4 9 1 9 1 2 3 1 3 5 6 8 7 9 2 1 8 2 3 7 8 4 5 9 6 1 5 1 4 9 7 6 3 2 8 6 9 8 1 2 3 4 5 7 8 2 3 6 1 4 7 9 5 7 4 5 3 9 8 6 1 2 9 6 1 2 5 7 8 4 3 1 8 2 7 6 9 5 3 4 3 5 6 4 8 1 2 7 9 4 7 9 5 3 2 1 8 6 Grille Jeu Sudoku Expert à imprimer du samedi 29 avril 2017 00:00:03 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S Pour savoir où voter, consultez notre site web Vote par anticipation : 29 octobre, midi à 20 h Vote aux bureaux d\u2019élection en arrondissement : 27, 30 et 31 octobre, 10 h à 20 h 1er novembre, 1 h à 14 h Jour du scrutin : 5 novembre, 10 h à 20h jevotepourmaville.ca Chaque métier a son jargon, et chaque profession?a?son?propre?langage.?François Salvat de Montfort Changer de métier n\u2019est rien mais renoncer à ce qu\u2019on sait, à sa propre maîtrise,?n\u2019est?pas?facile.?Albert Camus Nous sommes des manuels.Notre métier s\u2019apprend, c\u2019est un métier de compagnonnage que nous avons le devoir de transmettre.Paul Bocuse On?n\u2019est?vraiment?doué?que?pour?le?métier?qu\u2019on?fait.?Émile-Auguste Chartier, dit Alain Ne soyez pas sorcier, mais si vous l\u2019êtes, faites-en?votre?métier.?Victor Hugo La peinture est le métier le plus long et?le?plus?difficile.?Il?faut?de?l\u2019érudition?comme au compositeur, mais aussi de l\u2019exécution comme au violon.Eugène Delacroix Qui se mêle du métier d\u2019autrui, trait sa vache dans un panier.Gabriel Meurier Hâtez-vous lentement et, sans perdre?courage,?vingt?fois?sur le métier remettez votre ouvrage?:?polissez-le?sans?cesse?et?repolissez.?Ajoutez?quelquefois,?et?souvent?effacez.?Nicolas Boileau Le?métier?c\u2019est?facile,?ça?s\u2019apprend.?Les?outils?tout?faits?ne?tiennent?pas?dans?les?bonnes?mains.?Le?style,?c\u2019est pareil.Ça sert seulement à sortir de soi ce qu\u2019on a envie de montrer.Claude Sarraute Le coup de l\u2019humour\u2026 C\u2019est dans les gènes, comme les yeux bleus et les cheveux rouges.?Il?faut?avoir?de?l\u2019humour?et?de?l\u2019exhibitionnisme?pour?faire?le?métier?que?nous?faisons.?On?peut?très?bien?en?avoir?beaucoup et ne pas l\u2019exhiber.Pierre Desproges Dans?ce?dur?métier?d\u2019être?tué,?faut?pas?être?difficile.?Faut?faire?comme?si?la?vie?continuait,?c\u2019est?ça?le?plus?dur,?ce?mensonge.?Louis-Ferdinand Céline Je ne te parle pas seulement de trouver un métier,?mais?de?choisir?une?direction.?Un?but?à?ta vie.De trouver quelque chose qui te motive, qui te donne de l\u2019ambition.David Nicholls PHOTO :?JAROMÍR?CHALABALA?(123RF) À PROPOS.PAR PASCAL ST-LOUIS PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER M É T I E R D U educalcool.qc.ca À tous les cinq ans, Éduc\u2019alcool fait enquête auprès des Québécois pour connaître leurs habitudes de consommation.Depuis le dernier coup de sonde en 2012, la consommation moyenne des Québécois a diminué, passant de 3,3 verres à moins de 3 verres par semaine.Même chose pour la consommation au cours d\u2019une seule occasion, qui est passée de 2,5 à 2,2 verres.Autre bonne nouvelle, la plupart des Québécois affirment consommer de façon responsable sur une base quotidienne et être plus sensibilisés aux divers aspects de leur consommation.Malheureusement, le quart des Québécois continuent de dépasser les recommandations d\u2019Éduc\u2019alcool et boivent de façon excessive au moins une fois par mois.De plus, le nombre de consommateurs d\u2019alcool qui ont constaté un impact de l\u2019alcool sur leur santé physique a doublé depuis 2012.Éduc\u2019alcool poursuit donc son travail d\u2019éducation pour aider les Québécois à adopter de saines habitudes par rapport à l\u2019alcool, tout en espérant continuer à défaire quelques mythes qui ont la vie dure.Puisque le taux de crédibilité de notre organisme est de 95 %, nous sommes confiants de notre capacité à faire passer notre message, alors que notre slogan, La modération a bien meilleur goût, fait désormais partie prenante du paysage québécois ! Prendre un p\u2019tit coup.Lors d\u2019un souper, vous ouvrez le vin et servez vos invités, lorsqu\u2019un ami vous annonce qu\u2019il ne consomme plus d\u2019alcool.Comment réagissez-vous ?a) Vous êtes surpris, mais vous l\u2019interrogez poliment sur sa décision pour mieux comprendre son choix.b) Croyant à une blague, vous riez en commençant à le servir quand même, avant de réaliser qu\u2019il est sérieux.c) Vous éclatez de rire et le servez quand même.Vous revenez sur le sujet plusieurs fois au cours de la soirée jusqu\u2019à ce que votre ami perde patience et quitte la soirée.Vous veillez chez des amis et prenez quelques verres au cours de la soirée.C\u2019est maintenant le temps de partir, mais vous doutez de vos capacités.Que faites-vous ?a) Vous demandez à vos amis si vous pouvez passer la nuit sur leur canapé.En échange, vous vous offrez pour cuisiner le déjeuner le lendemain matin (mais pas trop tôt) ! b) Au moment où vous partez, vos amis vous retiennent et vous suggèrent d\u2019appeler un taxi.Même si vous pensez être en état de conduire, vous faites confiance à vos amis et suivez leur conseil.c) Vous rentrez en voiture après avoir bu un café et fait quelques jumping jacks.Vous assurez à tout le monde que vous vous sentez en pleine forme et que vous roulerez lentement.À quoi ressemble votre consommation d\u2019alcool hebdomadaire ?a) Vous prenez parfois un verre en cuisinant le souper, puis un verre ou deux avec des amis la fin de semaine.b) Vous aimez bien prendre une bière pendant le souper et vous vous laissez un peu plus aller le week-end, vous réveillant parfois avec un bon mal de bloc le dimanche matin ! c) Vous vous abstenez de boire du dimanche au jeudi, puis vous buvez la quantité maximale recommandée pour la semaine le vendredi et le samedi soir ! Logique, non ?\u2022 Buvez modérément.Une petite quantité d\u2019alcool chaque jour est toujours préférable à une grande quantité absorbée en une seule fois.\u2022 N\u2019insistez pas.Chaque personne connaît ses limites face à l\u2019alcool.Il est important de respecter les limites de chacun, les vôtres compris ! \u2022 Soyez à l\u2019écoute.Si votre consommation d\u2019alcool affecte votre santé, peut-être est-il temps d\u2019écouter votre corps un peu?\u2022 Ouvrez le dialogue.Parlez d\u2019alcool avec vos enfants avant qu\u2019ils ne fassent des expériences regrettables.Restez ouverts et n\u2019oubliez pas que vous donnez l\u2019exemple.\u2022 Alcool et conduite.Ne sous-estimez pas votre consommation d\u2019alcool avant de prendre le volant, puisque plusieurs facteurs peuvent aussi affecter votre capacité à conduire.Les facultés affaiblies, ça commence avant 0,08 ! Un pas en arrière, deux pas en avant ! Les conseils du pro Les Québécois et l\u2019alcool : P H O T O ?: ?M A T T H E W ?B E N O I T ?( 1 2 3 R F ) ÉDUC\u2019ALCOOL EducALCOOL_15OCT.indd 1 17-09-25 14:31 PARCE QUE CHAQUE MOIS C'EST NON = RANI REGLE ] AVEC OPUS À L'ANNÉE © Paiements automatiques mensuels © Une carte toujours prête à utiliser © Désabonnement facile en tout temps *Certaines conditions s'appliquent.stm.info/1mois MOBILITÉ 2 Québec d MONTRÉAL ARTM S tm "]
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