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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 15 février 2018
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2018, Collections de BAnQ.

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[" Dossier Cyberdépendance Des données inédites Volume XXV, n?04 Montréal, 15 février 2018 Le = < = < 18% Ve NN - Z = UN WN N / LU, JS L'HIVER : RI ec IN \\ i NEST N PAREIL a a {NX 11 1 Parce que la saison froide apporte son lot d'imprévus, on redouble d\u2019efforts 2 ANY pour vous déplacer.o MOUVEMENT COLLECTIF stm Nom Gisèle Nadeau | Camelot n° 945 Âge 68 ans | Points de vente Fabre Gisèle G isèle a près de 55 ans de travail derrière elle.Elle n\u2019a jamais cessé d\u2019être active.Mais il y a sept ans, ses heures de travail ont été réduites et elle n\u2019en a plus suffisamment pour vivre.Elle s\u2019est retrouvée à quêter dans le métro en attendant d\u2019avoir plus de contrats.Née en Gaspésie, de parents cultivateurs, dans une famille de neuf enfants, elle est la troisième de la fratrie, et l\u2019aînée des sœurs.Dès l\u2019âge de neuf ans, elle aidait au champ quand elle n\u2019était pas à l\u2019école.Ses parents n\u2019avaient pas assez d\u2019argent pour subvenir aux besoins de tous les enfants.C\u2019est pourquoi elle fut envoyée, à 13 ans, chez son oncle et sa tante à Montmagny.Ces années d\u2019enfance, elle les qualifie de « pas faciles ».« Mes parents ne m\u2019ont pas maltraitée, c\u2019est juste qu\u2019 ils étaient pauvres.» Elle a travaillé tous les étés jusqu\u2019à 21 ans, l\u2019âge de la majorité à l\u2019époque.Elle est partie ensuite à Québec où elle a rencontré son mari.Gisèle est polyvalente.Elle a enseigné l\u2019éducation physique à l\u2019école, vendu du chocolat, confectionné des cartes à la main pour un artiste peintre, travaillé en restauration.« Le plus comique de l\u2019affaire, c\u2019est que dès que je n\u2019avais plus de travail, je retombais toujours femme de ménage.Je n\u2019étais pas capable de ne pas être en action.J\u2019ai un tempérament actif ! » Quand son mari a perdu son emploi, ils sont venus s\u2019installer à Montréal.Gisèle et son mari ont fait des ménages jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aient moins de contrat.Leurs revenus n\u2019étaient pas suffisants, alors un jour, elle a décidé d\u2019aller quêter.« Moi, je suis une personne responsable.J\u2019en ai parlé avec mon mari, il n\u2019était pas vraiment d\u2019accord.Mais à un moment donné, il fallait assez d\u2019argent pour vivre, pour payer le loyer.» Elle n\u2019a pas quêté dans la rue, mais dans le métro, une fois qu\u2019elle avait fini les ménages.« Ça a été un moment dur, pas de travail, rendue à 61 ans.On aurait dit que je ne pouvais pas accepter ça.La première journée où j\u2019ai quêté, oh seigneur du Bon Dieu, je pleurais ! J\u2019étais gênée.Ça m\u2019a aidée quand même, mais j\u2019avais hâte de me sortir de cette situation-là, surtout quand on est habitué d\u2019travailler.» En 2011, elle a fait la connaissance de Catherine qui travaillait à L\u2019Itinéraire et qui lui a proposé de devenir camelot.La semaine suivante, son mari l\u2019a rejointe.Aujourd\u2019hui, Gisèle est à la retraite depuis un an et vend toujours L\u2019Itinéraire.Elle a arrêté temporairement car elle s\u2019est cassé le bras il y a un mois et demi.Alors, si vous la croisez au métro Fabre, c\u2019est qu\u2019elle a terminé sa convalescence ! L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Par Laëtitia Thélème Bénévole à la rédaction Photo : Mario Alberto Reyes Zamora Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : MANUEL FOGLIA Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, JUSTINE CLÉMENT, HÉLÈNE MAI, ANTOINE QUINTY-FALARDEAU, VALÉRIE SAVARD Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, LUCIE LAPORTE Photo de la une : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, GABRIELLE GODIN Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : ÉRIC WILLIAMS - Novatech Médical Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Virage Coaching JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg, sencrl, srl RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire YVON MASSICOTTE - Représentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs?dans?la?rue.?Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?Centre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 3 11 MOTS DE CAMELOTS Richard?T.?10 Sylvain Clot 10 Gaétan Prince 10 Jean-Guy Deslauriers 20 Benoît Chartier 20 Manon Fortier 20 Sylvain Pépin-Girard 43 Yves Manseau 43 Daniel Grady 43 ÉCRIVEZ-NOUS  ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp  ! ÉDITORIAL 7 Connectés ou déconnectés ?Par?Josée?Panet-Raymond ROND-POINT 8 4 questions à Anik Larose Par Karine Bénézet ROND-POINT INTERNATIONAL 9 TRANSPORT 19 Tout le monde est gagnant Par Franck Lambert PORTRAIT 21 Camille Chaï - Rien ne l\u2019arrête Par?Jo?Redwitch COMPTES À RENDRE 26 La tristesse du pourriel Par Ianik Marcil, économiste indépendant MOT DU RAPSIM 27 Toronto doit s\u2019inspirer de Montréal Par Pierre Gaudreau, directeur du RAPSIM INSP 28 Belarus villagers prefer hard work to city smoke By Vasily Fedosenko and Alessandra Prentice EN RÉGION 29 Gilles Vigneault a maintenant son théâtre Par Jocelyn Chrétien PROFESSIONS 34 Les détectives du passé Par?Tuan?Trieu-Hoang HISTOIRES DE RUES 40 Rues Sainte-Catherine / De Lorimier Par?Isabelle?Raymond BD 42 Par Siou DÉTENTE 44 À PROPOS.46 de la dépendance Gisèle DOSSIER LES CYBERDÉPENDANCES Quand la souffrance croît avec l\u2019usage \u2022 Quiz - Êtes-vous cyberdépendant ?\u2022 Près d\u2019un adolescent sur cinq présente des risques \u2022 Données inédites - Portrait des jeunes de 14 à 17 ans traités pour une cyberdépendance Par Laurent Soumis \u2022 Dépendant sans le savoir Par Mario Alberto Reyes Zamora PATRICK HUARD Rien à ploguer, tout à exprimer ! Patrick?Huard?n\u2019a?rien?à?ploguer.?Pas?de?nouveau?film,?rien.?Cependant?le?comédien?a?une?opinion?sur bien des sujets.Plus calme et posé que son?inoubliable?personnage?au?franc-parler,?Rogatien?Dubois,?j\u2019ai?profité?de?l\u2019occasion?de?m\u2019entretenir avec lui à L\u2019Itinéraire pour discuter d\u2019enjeux?de?société?en?lien?avec?ses?films,?mais?sous?des?angles?un?peu?différents.?Par Luc Deschênes LA UNE 35 Je suis en retard dans la lecture de mes revues l\u2019Itinéraire et je termine à l\u2019instant l\u2019édition?du?15?décembre?2017.?Félicitations?à?Annie Lambert pour son article sur le Plateau disparu! C\u2019est intéressant, très joliment illustré, bien écrit et très bien documenté.Les citations à propos du bonheur sélectionnées par?Cindy?Rose?sont?inspirantes?et?mémorables.?Très?bon?choix! Merci à vous deux ! Francine Forest Bravo à votre organisme?!?Continuez\u2026 Je lis toujours ma revue avec?grand?intérêt.?J\u2019ai beaucoup d\u2019admiration pour ceux qui passent à travers leurs difficultés.Micheline LeBlanc Reçu par la poste : Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.SOMMAIRE 15 février 2018 Volume XXV, no 04 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs :  514 597-0238, poste 228 luc.desjardins@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : La pause mieux-être Vous vivez un changement important, une maladie, une grande solitude, du stress au travail, une séparation\u2026 Écoute par des bénévoles formés et suggestions de livres, de musique et de films qui font du bien.Anonyme, confidentiel et gratuit.?Les mardis de 13 h à 16 h, au niveau 4, jusqu\u2019au 29 mai Raconte-moi ta vie Les rendez-vous avec les « livres humains » se poursuivent.Information à banq.qc.ca.?Les 14 et 28 février, et 14 et 28 mars toutes les demi-heures, de 15 h 30 à 18 h 30 Grande Bibliothèque 475, boulevard De Maisonneuve Est Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 banq.qc.ca E N C OLLA BORATION A V E C E N C O LLABO RATION A V E C Ph o t o : P h i l i p p e D o u c e t P h o t o : B e r n a r d F o u g è r e s Publicité Journal l\u2019Itinéraire Parution : 15 février et 1er mars 2018 Format : ½ page horizontal, 7,5» L X 4,875» H (sans fond perdu) n/b P h o t o : B e r n a r d F o u g è r e s publicité tandis que le petit garçon, délaissé, est seul à écouter le caléchier à l\u2019air désolé lui raconter l\u2019histoire des lieux.C\u2019était d\u2019une tristesse ! De plus en plus de gens éprouvent de la difficulté à entrer en relation réelle avec l\u2019autre à cause du virtuel.Et cet isolement, c\u2019est bien une caractéristique de la dépendance.Pas très différente d\u2019ailleurs de l\u2019alcool, de la drogue ou de toute autre substance, manie ou activité qui gèle et qui fait le vide autour de ses victimes.C\u2019est cette question que notre collègue Laurent Soumis a fouillé en profondeur avec le concours des plus grands spécialistes en cyberdépendance du Québec.En plus d\u2019expliquer ce qu\u2019on entend par cyberdépendance, il explore son impact sur les adolescents d\u2019aujourd\u2019hui.La situation est troublante.Le temps passé à jouer à des jeux vidéo en ligne prive un grand nombre d\u2019accros d\u2019expérimenter la vraie vie.Ce qui est d\u2019autant plus troublant, c\u2019est que l\u2019industrie des jeux vidéo conçoit ses produits pour accrocher les joueurs, pour en faire de véritables « junkies » du jeu.Rapidité de l\u2019action, couleurs, sons et enchaînements, tout est pensé pour que les joueurs aient du mal à déposer la manette.À tel point qu\u2019ils oublient jusqu\u2019à leurs besoins les plus primaires.C\u2019est révoltant ! Enfin, ce reportage mène à une question : puisqu\u2019il faut des années pour évaluer l\u2019impact des écrans sur les jeunes, qu\u2019en sera- t-il des tout-petits d\u2019aujourd\u2019hui nés avec une technologie qui se développe à la vitesse grand V ?Comment le cyber façonnera-t-il les êtres humains de demain ?L\u2019avenir nous le dira.Une nouvelle rubrique Un petit mot de la fin pour vous inviter à consulter notre toute nouvelle rubrique dans les dernières pages du magazine (cette édition, en pages 40-41).Histoires de rues explorera, dans chaque édition, une ou des rues de Montréal.Son origine, son histoire, les personnages qui lui ont prêté leur nom et quelques détails intéressants.Une fascinante incursion dans le monde de la toponymie.Cyberdépendants\u2026 le sommes-nous tous ?Un peu, beaucoup ?Si l\u2019addiction au virtuel semble être l\u2019apanage des jeunes, ce « mal » n\u2019épargne pas non plus les plus vieux, voire même les aînés.Sans vouloir généraliser, parce qu\u2019il y a plus de personnes qu\u2019on ne le pense qui fuient Facebook et compagnie comme la peste, on peut affirmer être devant un « phénomène » grandissant.Ça se vit au quotidien.Le regard de votre interlocuteur (ou le vôtre) qui oblique automatiquement vers le téléphone intelligent en réaction au « ping ! » de notification.Les automobilistes qui s\u2019intéressent soudain à leur « bas du corps » à la lumière rouge.Les gens qui s\u2019absentent des personnes devant eux pour discuter avec d\u2019autres cachés derrière leur écran.La connectivité a changé nos rapports avec les autres.Pour le meilleur et pour le pire.Loin de démoniser les réseaux sociaux et internet, nul doute que la techno nous a grandement facilité la vie.Il nous manque une information, on l\u2019a à portée de Google en deux clics.On est passé en mode transmission instantanée alors qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps, il fallait se déplacer physiquement ou faire appel à la poste ou au courrier pour envoyer un document.Et ce n\u2019est là que quelques-uns des bienfaits d\u2019internet, des courriels, textos, tweets et autres réseaux.Rapprochement et isolement Autant la connexion au virtuel nous a rassemblés en tant que société, autant l\u2019hyperconnexion nous isole.Tenez, pour illustrer ce propos, j\u2019évoque souvent cette scène vécue lorsque je visitais une ville historique en Floride il y a quelques années.Une calèche touristique passe devant moi, avec à son bord papa, maman et un petit garçon.Les deux parents ont les yeux rivés sur leur téléphone Connectés ou déconnectés ?7 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL P H O T O ?  : ?N A T A L I M I S ?( 1 2 3 R F ) P H O T O   : ?N I C O L A S ?S A I N T - G E R M A I N questions à Anik Larose 4 Qu\u2019en est-il de l\u2019éducation spécialisée pour ces personnes ?Nous, les parents, croyons en nos enfants et en leur potentiel.Personnellement, j\u2019en ai après l\u2019école.Je dis souvent, en boutade, que ma fille a un doctorat en soupe et en muffins.Le milieu spécialisé considère que c\u2019est ce qu\u2019ils doivent apprendre.Par contre lire et écrire n\u2019est pas une obligation.Le temps et les croyances sont injectées dans le développement de l\u2019autonomie fonctionnelle : faire de la soupe, des muffins, son lit\u2026 Seulement, savoir lire et écrire, de ce point de vue, est aussi essentiel.Vous n\u2019imaginez pas le nombre de jeunes qui terminent leur parcours spécialisé sans même savoir repérer le nom d\u2019une rue.Il y a en a à la tonne ! J\u2019ai travaillé fort pour que ma fille apprenne ces bases.Elle ne lira pas du Voltaire, mais elle a une compréhension de textes simples.Et ses éducateurs s\u2019étonnent de ses capacités de lecture, même simplement fonctionnelle.Quelles sont les barrières institutionnelles qui empêchent le développement d\u2019un système éducatif adapté tout en répondant aux besoins d\u2019intégration et d\u2019autonomie de ces personnes ?Une professeure de l\u2019UQAM travaille à développer la lecture en déficience intellectuelle.On s\u2019aperçoit aujourd\u2019hui des nombreux bienfaits de cet apprentissage sur l\u2019estime de soi, l\u2019intégration, le sentiment Si dans les années 50 les enfants ayant une déficience intellectuelle étaient trop souvent institutionnalisés, Anik Larose, directrice générale de l\u2019Association du Québec pour l\u2019intégration sociale (AQIS), précise qu\u2019à cette même époque, des parents se sont battus pour donner à ces enfants une place en société.Une bataille que cette directrice, également mère d\u2019une jeune fille de 22 ans ayant une déficience intellectuelle moyenne, ne considère pas comme gagnée en 2018.Depuis 56 ans que l\u2019AQIS travaille à la défense des droits et des intérêts des personnes qui présentent une déficience intellectuelle quel bilan dressez-vous aujourd\u2019hui ?La manière dont la société s\u2019est occupée de la déficience intellectuelle est intimement liée aux avancées sociales du Québec.En 1951, des parents ont cherché à créer des écoles, des services diversifiés pour leurs enfants.Il faut savoir qu\u2019à cette époque, on ne les éduquait pas.Vers les années 70, des services créés par l\u2019État ont vu le jour ; plus pour sauver de l\u2019argent, car institutionnaliser les personnes coûtait extrêmement cher, que par grandeur d\u2019âme, précise Anik Larose.Je sens qu\u2019aujourd\u2019hui s\u2019exerce un retour du balancier.Le tissu social s\u2019amincit.On prend de moins en moins soin des personnes vulnérables.Les centres de réadaptation se perdent dans une mer médicale.C\u2019est ce que constatent les parents qui ne s\u2019y retrouvent plus.d\u2019appartenance.C\u2019est une révélation ! Par contre, il faut y croire.Actuellement, les écoles spécialisées ne savent pas quoi enseigner à ces jeunes.Il y a aussi une sorte de paresse.On se dit qu\u2019apprendre l\u2019alphabet à travers des recettes de cuisine correspond à ce qu\u2019ils sont capables de faire.Il y a une très grande déception des parents de ce côté-là.Je comprends que ma fille n\u2019ira pas à l\u2019université, j\u2019en ai fait le deuil, mais je considère qu\u2019elle a des capacités d\u2019apprentissage, tout comme les autres enfants.Quand je me suis aperçue qu\u2019elle allait savoir lire, une porte s\u2019est ouverte sur une prairie verdoyante.Aujourd\u2019hui, elle tient son agenda, elle me texte.Je voudrais qu\u2019on monte la barre.Dans le milieu, j\u2019ai réussi, par bribes, à forcer le développement de la lecture.Mais autour de la table, je passe encore pour une martienne.Quels sont les préjugés les plus tenaces concernant l\u2019éducation des personnes présentant une déficience intellectuelle ?L\u2019un des plus forts préjugés est de penser que ce sont des enfants dans des corps d\u2019adultes.Cette pensée se matérialise par la question de l\u2019âge mental.Et moi, quel est mon âge mental ?Si je me dis que ma fille a cinq ans, je vais la traiter comme tel.À cet âge, on n\u2019a pas de vie sexuelle, de copain, d\u2019aspiration d\u2019adulte.Alors c\u2019est une question de posture, tout en étant consciente qu\u2019elle n\u2019a pas la même vie qu\u2019une jeune fille « classique » du même âge.Un second préjugé est de croire qu\u2019ils sont incapables d\u2019apprendre.Mais on apprend tout au long de notre vie.On sous-estime leur volonté et leur besoin d\u2019apprentissage qui doivent être stimulés.Il y a des dangers à ne pas être éduqué.Par exemple pour tout ce qui concerne la sphère sexuelle et relationnelle.C\u2019est un thème intouchable, même pour certains parents.Seulement, comme nous, ces adultes ont des pulsions, et le besoin d\u2019être aimés.Il est primordial d\u2019éduquer la sexualité lorsqu\u2019on regarde la proportion d\u2019hommes et de femmes abusés et violentés.C\u2019est un vrai fléau ! 8 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 ROND-POINT PAR KARINE BÉNÉZET L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International?des?journaux?de?rue?-?INSP).?Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?120?journaux?de?rue?dans?35?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de?journaux?de?rue.?Le?contenu?de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir?plus,?visitez?www.street-papers.org.CANADA | Hijab fashion Bien que des centaines de millions de femmes musulmanes portent le hijab à travers le monde, toutes ne portent pas ce foulard de la même façon.Qui plus est, beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi elles le portent.C\u2019est pourquoi Shazia Suleman du Conseil des femmes de la mosquée Masjid Al-Iman a cru bon d\u2019organiser un événement original pour partager un aspect de sa culture avec tous les citoyens de sa communauté.Ainsi, en novembre dernier, la Bibliothèque centrale de Victoria en Colombie-Britannique a accueilli l\u2019événement Hijab Fashion, un défilé de mode plutôt iconoclaste.Prenant pour prétexte d\u2019expliquer les différentes manières de porter le hijab, l\u2019événement festif a donné aux femmes musulmanes une occasion rare de discuter librement de leur culture avec les visiteurs, et de leur en apprendre un peu plus sur leurs raisons de porter le hijab.Mme Suleman croit que cette interaction entre le public et les mannequins est une excellente façon de briser les préjugés.Elle espère que le Hijab Fashion créera un précédent en « soulignant les ressemblances plutôt que les différences » dans la communauté de Victoria.(Megaphone / INSP) ALLEMAGNE | Marche funèbre pour un camelot Pour le camelot Peter du Hintz&Kuntz, de Hambourg, le quartier Kiez était sa maison.De l\u2019Opéra jusqu\u2019au bar de stripteaseuses du Dollhouse, Peter était bienvenu et accueilli chaleureusement par tous les commerçants de la rue St.Pauli.Il a lutté toute sa vie pour se sortir de la toxicomanie.Malgré plusieurs revers, cet homme avait le respect de tous.Pour preuve, après le vol de son fauteuil roulant électrique, tout le quartier s\u2019était mobilisé pour lui en acheter un autre.Mais depuis le printemps dernier, Peter ne vendait plus le Hinz&Kuntz.Hospitalisé après une mauvaise chute, il s\u2019est éteint le 21 avril dernier à l\u2019âge de 67 ans.À l\u2019instar du pasteur Sieghard Wilm, une cinquantaine de ses collègues et amis du quartier lui ont organisé une marche funéraire à la hauteur de l\u2019estime qu\u2019ils avaient pour l\u2019homme.Sous une pluie fine, la procession s\u2019est mise en marche lentement, au son des airs de jazz de la Nouvelle-Orléans.Sur le chemin, les citoyens ouvraient portes et fenêtres pour saluer une dernière fois l\u2019ami disparu.Au bout d\u2019un itinéraire en tout point semblable à celui qu\u2019empruntait le camelot pour vendre ses journaux pendant plus de 15 ans, le joyeux cortège s\u2019est enfin arrêté au Pub Sibersack pour prendre un dernier verre à la mémoire de Peter.(Hintz&Kuntz / INSP) TRADUCTION :?MANUEL?FOGLIA 9 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA ROND-POINT INTERNATIONAL P H O T O S ?: ?L E N A ?M A J A ?W Ö H L E R P H O T O ?: ?M E G A P H O N E SYLVAIN CLOT CAMELOT SAINT-DENIS/ ONTARIO GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE ET PROMENADE MASSON RICHARD T.CAMELOT MÉTRO PLACE DES ARTS 10 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Hommage à ma mère exemplaire Le 1er décembre 2017, je me suis rendu dans mon village natal où je n\u2019avais pas mis les pieds depuis 30 ans, à cause d\u2019un conflit majeur avec l\u2019un de mes frères.J\u2019allais rendre visite à ma mère que je n\u2019avais pas vue depuis mon accident, il y a 20 ans.À l\u2019époque, elle m\u2019avait rendu visite à l\u2019hôpital.Elle était la seule membre de ma famille de 11 enfants qui avait pris la peine de se déplacer à mon chevet.Même si je n\u2019ai pas vu souvent ma mère ces dernières années, je lui ai téléphoné à toutes les semaines pour prendre de ses nouvelles et elle m\u2019a souvent aidé et sorti du pétrin.Avant de raccrocher, elle me disait à chaque appel qu\u2019elle m\u2019aimait et moi aussi, je lui disais que je l\u2019aimais.Ma mère, Madeleine Valiquette, est née à Sainte-Agathe-des-Monts dans une modeste famille de cultivateurs.Après une formation en psychologie, elle s\u2019est mariée à mon père René Clot, infirmier de métier.Le jeune couple s\u2019est établi au lac Labelle et a fondé une famille de 11 enfants.Je suis l\u2019avant-dernier de la fratrie.Je garde un excellent souvenir de mes années passées auprès de ma mère, tant dans l\u2019enfance que durant l\u2019adolescence.Elle était toujours souriante et bienveillante avec chacun de ses enfants même si la vie était parfois dure en ces temps-là.Elle a vécu plusieurs épreuves dont celle de perdre deux de ses filles, qui se ont été assassinées dans les années 1980.À la suite de cette perte, ma mère a fait une dépression majeure et n\u2019a plus été la même pendant longtemps.Elle avait perdu son entrain et sa joie de vivre.Comme je vivais toujours auprès d\u2019elle à ce moment-là, je l\u2019ai soutenue de mon mieux dans cette épreuve.Dans sa vie, elle a perdu plusieurs êtres chers, dont six enfants et son mari.Malgré cela, elle a remonté la pente et retrouvé sa force, sa bonne nature et sa bonne humeur légendaires.Je suis allé une dernière fois à Labelle, vendredi le 1er décembre dernier, pour rendre hommage à ma mère qui venait de mourir à l\u2019âge de 95 ans.J\u2019ai pu lui dire une dernière fois de vive voix que je l\u2019aime et que l\u2019aimerai toujours.Sauver la planète Que peut-on faire pour sauver notre planète ?Elle nous parle, mais on ne l\u2019écoute pas.Pourtant, il y a beaucoup de signes alarmants.Depuis quelques années, il y a un décalage des saisons, il y a plus d\u2019ouragans, de tornades, de glissements de terrain.Mais on continue à vivre dans la surabondance.L\u2019agriculture est shootée pour que ça pousse plus vite, toujours, et nous, on mange des produits chimiques.Aussi, tout ce que nous utilisons est fabriqué pour avoir une courte durée de vie.Les électroménagers duraient au moins 15 ans avant.Aujourd\u2019hui, c\u2019est cinq ans.C\u2019est la même chose pour les téléphones cellulaires et les ordinateurs, dû à la technologie qui avance très rapidement et au fait que les compagnies veulent faire plus d\u2019argent.Le gaspillage, c\u2019est autant la responsabilité du consommateur que du commerçant.On est devenu des acheteurs compulsifs, et les commerçants en profitent.L\u2019exploitation des multinationales, qui font faire des produits dans des pays sous-développés pour payer leurs employés moins cher, occasionne des transports massifs et polluants.Aussi, le transport du mazout par train et par bateau crée des déraillements et des déversements qui endommagent la planète, autant d\u2019un côté humain, animal que végétal.Les travaux dans le Nord, notamment à la Baie James où ils ont dévié la rivière La Grande et où ils font du déboisement, créent des poches de chaleur qui font fondre la calotte glaciaire plus vite que prévu.Le minerai est aussi un problème.Les multinationales qui l\u2019exploitent le font pour remplir leurs poches, sans penser aux conséquences futures.Une fois qu\u2019il n\u2019y a plus rien, elles partent sans nettoyer, elles nous disent : « arrangez-vous avec ça ! » On devrait plutôt les forcer à remettre le site au naturel, comme il était avant.Si vous avez des idées ou des suggestions pour sauver la planète, s\u2019il-vous-plaît, communiquez avec moi ! Finie la dépendance Boisson, cigarettes, drogues.J\u2019ai arrêté la drogue et la boisson en 1994, après 23 ans de consommation.J\u2019ai arrêté quelques fois avant : une fois pendant deux ans, par moi-même, sans aide, d\u2019un jour à l\u2019autre.J\u2019ai recommencé pendant trois ou quatre ans, ensuite j\u2019ai tout arrêté.Je consommais pour fuir la réalité.Je n\u2019étais jamais stable.J\u2019avais du mal à supporter les séparations d\u2019avec mes conjointes.Je devais de l\u2019argent à mes sœurs.Elles ne voulaient plus rien savoir de moi, et je ne voulais plus rien savoir non plus.Elles ont repris contact avec moi depuis que je suis abstinent.Le 20 novembre 1994, j\u2019ai tout arrêté.Je n\u2019ai jamais repris de drogue, ni de boisson.J\u2019ai commencé les groupes AA et j\u2019y suis toujours.J\u2019étais écœuré de vivre la consommation de drogues et de boisson.Je travaillais à L\u2019Itinéraire, mais je n\u2019avais jamais d\u2019argent dans les poches.La consommation détruisait ma personnalité et m\u2019empêchait d\u2019avoir une carrière.Je vivais dans une maison de chambres.Je payais toujours ma chambre en premier.Je restais au coin de Parthenais et de Mont-Royal.Je vendais le journal au coin de Bordeaux et de Mont-Royal.J\u2019ai aussi arrêté la cigarette en 2002.Aujourd\u2019hui je suis fier de moi.Je suis retourné avec la mère de mon gars (il a 27 ans), et je m\u2019occupe de lui quand il a besoin de moi et quand je suis capable de lui venir en aide.Je remercie mes lecteurs et mes lectrices.Je leur suis reconnaissant.J\u2019espère être là pour longtemps. Il y a 400 millénaires, un homme des cavernes est parvenu à domestiquer le feu.Sans savoir qu\u2019il allait propulser l\u2019évolution de son espèce.Sans savoir non plus que l\u2019humanité ferait plus tard un usage inconsidéré de ce nouvel instrument.Dans l\u2019histoire, l\u2019outil ne peut être blâmé pour l\u2019usage qu\u2019on en fait.Il en va ainsi des chercheurs informatiques qui, au début des années 1990, ont entrepris la mise au point, fort louable, du web.Quinze ans plus tard, l\u2019internet faisait ses premières victimes.À partir de 2005, avec la multiplication des plateformes, de nouvelles dépendances virtuelles, jusque-là inconnues, sont ainsi apparues.Elles prennent aujourd\u2019hui plusieurs formes.Celles dont sont victimes les plus vulnérables, incapables d\u2019assouvir dans la vie réelle leurs besoins émotionnels les plus profonds.L\u2019Itinéraire vous propose une incursion dans l\u2019univers tout en nuances d\u2019une « maladie » qui n\u2019en est pas une.Une maladie encore considérée comme un « trouble » des temps modernes.LES CYBERDÉPENDANCES Quand la souffrance croît avec l\u2019usage PAR LAURENT SOUMIS P H O T O   : ?V I A C H E S L A V ?I A K O B C H U K ?( 1 2 3 R F ) Le quiz suivant est la version française du Internet Addiction Test (IAT) validée par Khazaal, Billieux, Thorens, et al., 2008.C\u2019est l\u2019un des nombreux tests élaborés sur la question.Afin d\u2019évaluer votre niveau d\u2019addiction à internet, veuillez répondre aux questions suivantes en utilisant l\u2019échelle de mesure.R a r e m e n t O c c a s i o n n e l l e m e n t F r é q u e m m e n t S o u v e n t T o u j o u r s N e s \u2019 a p p l i q u e p a s 1 Vous arrive-t-il de rester sur internet plus longtemps que vous en aviez l\u2019intention au départ ?1 2 3 4 5 0 2 Vous arrive-t-il de négliger des tâches ménagères afin de passer plus de temps sur internet ?1 2 3 4 5 0 3 Vous arrive-t-il de préférer l\u2019excitation/l\u2019amusement d\u2019internet à l\u2019intimité de votre partenaire ?1 2 3 4 5 0 4 Vous arrive-t-il de vous faire de nouvelles relations avec des utilisateurs d\u2019internet ?1 2 3 4 5 0 5 Vos proches vous reprochent-ils de passer trop de temps sur internet ?1 2 3 4 5 0 6 Arrive-t-il que vos notes ou vos devoirs scolaires souffrent du temps que vous passez sur internet ?1 2 3 4 5 0 7 Vous arrive-t-il de regarder d\u2019abord votre messagerie avant d\u2019accomplir une chose nécessaire et urgente ?1 2 3 4 5 0 8 Arrive-t-il que vos performances au travail ou votre productivité souffrent à cause d\u2019internet ?1 2 3 4 5 0 9 Vous arrive-t-il d\u2019être sur la défensive ou de refuser de répondre si quelqu\u2019un vous demande ce que vous faites sur internet ?1 2 3 4 5 0 10 Vous arrive-t-il de chasser les soucis de votre vie quotidienne par la pensée réconfortante d\u2019aller sur internet ?1 2 3 4 5 0 11 Vous arrive-t-il de vous réjouir du moment où vous irez de nouveau sur internet ?1 2 3 4 5 0 12 Vous arrive-t-il de penser que la vie sans internet serait ennuyeuse, vide et sans joie ?1 2 3 4 5 0 13 Vous arrive-t-il de répondre d\u2019un ton brusque, de crier ou de vous montrer agacé si quelqu\u2019un vous dérange pendant que vous êtes sur internet ?1 2 3 4 5 0 14 Vous arrive-t-il de manquer de sommeil parce que vous êtes resté tard sur internet ?1 2 3 4 5 0 15 Lorsque vous n\u2019êtes pas sur internet, vous arrive-t-il d\u2019y penser activement ou de rêver y être ?1 2 3 4 5 0 16 Vous arrive-t-il de vous dire « juste encore quelques minutes » lorsque vous êtes sur internet ?1 2 3 4 5 0 17 Vous arrive-t-il d\u2019essayer de diminuer le temps que vous passez sur internet sans y arriver ?1 2 3 4 5 0 18 Vous arrive-t-il de cacher aux autres combien de temps vous avez passé sur internet ?1 2 3 4 5 0 19 Vous arrive-t-il de choisir de passer plus de temps sur internet plutôt que de sortir avec des proches ?1 2 3 4 5 0 20 Vous arrive-t-il de vous sentir déprimé, de mauvaise humeur ou énervé lorsque vous n\u2019êtes pas sur internet, puis de vous sentir mieux lorsque vous y êtes ?1 2 3 4 5 0 Êtes-vous cyberdépendant ?De 20 à 49 points Vous êtes un utilisateur moyen d\u2019internet.Vous surfez sur internet un peu trop longtemps parfois, mais vous gardez le contrôle de votre utilisation.De 50 à 79 points Vous rencontrez des problèmes occasionnels ou fréquents en raison de votre temps passé sur internet.Vous devriez considérer leur impact sur votre vie quotidienne.De 80 à 100 points Votre utilisation d\u2019internet cause des problèmes importants dans votre vie.Vous devriez évaluer l\u2019impact du temps passé sur internet sur votre vie quotidienne.Nous vous conseillons de vous préoccuper de résoudre les problèmes directement provoqués par votre utilisation d\u2019internet.Voici une évaluation générale de votre score : Inscrivez votre score : SOURCE : Version française du Internet Addiction Test (IAT) de Kimberly Young.Paru dans Khazaal, Y., Billieux, J., Thorens, G., Khan, R., Louati, Y., Scarlatti, E.et al.(2008).French validation of the Internet Addiction Test. CyberPsychology & Behavior, 11(6), 703-706.(Traduction française par Delphine Sreekumar) QUIZ La cyberdépendance n\u2019est pas une invention de journaliste.Chacun dans leur domaine respectif, cinq spécialistes témoignent de la souffrance des dépendants à l\u2019internet.De ces vies déjà brisées par l\u2019hyper-connexion, toujours de plus en plus accessible sur toutes les plateformes.Obtenues par L\u2019Itinéraire, des données inédites montrent l\u2019ampleur du mal qui afflige pour l\u2019instant les jeunes adultes et les adolescents.Psychologue clinicienne et conférencière, la docteure Marie-Anne Sergerie s\u2019intéresse aux aspects psychologiques et sociaux des nouvelles technologies depuis plus de 20 ans.En 2008, elle a créé cyberdependance.ca, un site très pointu qui fait la lumière sur ce nouveau phénomène.« La cyberdépendance, explique-t-elle, c\u2019est une utilisation persistante et récurrente des technologies qui entraîne un sentiment de détresse et des problèmes dans les différentes sphères de la vie de l\u2019 individu, au niveau social, professionnel ou psychologique.» Sur son site, Dre Sergerie propose d\u2019ailleurs le test « Êtes- vous cyberdépendants ?», une version française du Internet Addiction Test (IAT) développé par la psychologue américaine Kimberly Young, une sommité mondiale sur la question.(Voir en page 12) « Le test permet de dépister si l\u2019utilisation des technologies est un problème.Si une personne éprouve des difficultés à gérer son utilisation, elle devrait consulter un professionnel, un psychologue, pour trouver des solutions.» Autodétection Dans sa pratique privée, Dre Sergerie invite aussi ses patients à remplir des fiches « d\u2019auto-observation ».Ils peuvent ainsi réaliser l\u2019usage qu\u2019ils font des technologies en notant le temps de connexion, les circonstances, l\u2019élément déclencheur, la durée prévue et la durée réelle, de même que les émotions ressenties.« Compléter ces fiches permet de prendre conscience de nos comportements en ligne, de cerner nos habitudes et de comprendre les situations qui nous amènent en ligne.On peut identifier les pensées et les émotions qui sont liées à l\u2019usage.Est-ce une façon de gérer le stress ?D\u2019éviter certaines situations ou émotions plus souffrantes ?C\u2019est un point de départ pour mieux comprendre son usage, pour identifier les besoins qui sont comblés par la technologie et pour, ensuite, trouver des solutions pour y répondre différemment et adéquatement.» Usage excessif À partir de quel moment l\u2019internet pose-t-il problème ?Selon Dre Sergerie, « l\u2019usage devient généralement excessif lorsque la personne passe un temps considérable devant l\u2019écran ».« On observe un état de manque lorsque la personne n\u2019est pas branchée, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle peut se sentir irritable, vide, fâchée, déprimée ou anxieuse quand l\u2019utilisation est impossible.Mais elle ressent aussi du bien-être et du plaisir lorsqu\u2019elle est en ligne.Elle a tendance à prolonger son temps de connexion et a du mal à cesser.L\u2019usage prend de plus en plus de place et amène des conséquences, des problèmes avec l\u2019entourage, la famille, le partenaire, le travail ou les études.» Qu\u2019adviendra-il des plus jeunes nés avec le téléphone intelligent et la tablette ?Près d\u2019un adolescent sur cinq présente des risques PAR LAURENT SOUMIS 13 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA P H O T O ?  : ?C O U R T O I S I E ?L E ?G R A N D ?C H E M I N Marie-Anne Sergerie Dans les secteurs du communautaire et du public, des adolescents suivent des thérapies pour se libérer de l\u2019addiction au monde virtuel. Jean-François Biron Sexe\u2026 « La cyberdépendance peut se manifester à travers plusieurs applications en ligne, précise Dr.Sergerie.Il y a donc différents types de dépendance.» On pense d\u2019abord aux activités sexuelles en ligne qui peuvent prendre la forme de « cybersexe » ou de « cyberpornographie ».« La personne peut développer une dépendance à la pornographie en ligne ou encore être très préoccupée par la recherche de partenaires en ligne, note Dre Sergerie.Beaucoup de personnes viennent me consulter pour la dépendance à la pornographie.Les impacts sont grands et engendrent des difficultés dans les relations de couple, dans la sexualité, et dans les autres sphères de la vie comme le travail ou les études.» La cyberdépendance peut aussi se développer à travers les médias sociaux sur les sites de rencontre, de réseautage et de clavardage.« L\u2019 individu peut en venir à prioriser les cyberrelations plutôt que les relations sociales et familiales présentes dans sa vie réelle », ajoute-t-elle.\u2026 et vidéo Selon la psychologue, « le trouble du jeu vidéo en ligne est, à l\u2019heure actuelle, le seul type de cyberdépendance qui figure officiellement parmi les troubles à l\u2019étude du DSM-5, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ».« Le joueur peut jouer durant plusieurs heures consécutives, devenir impatient ou irritable, négliger ses relations, mentir sur son utilisation des jeux ou être constamment préoccupé par le jeu.» « Le DSM, ne présente aucune définition ni aucune description de l\u2019usage problématique d\u2019 internet », note Dre Sergerie.Elle souhaite que la prochaine version de cette « bible » de l\u2019Association américaine de psychiatrie répertorie non seulement la cyberdépendance, mais les différents types d\u2019usage problématique.Une dépendance sans substance Actuellement, l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît le « syndrome de la dépendance », mais seulement celle liée « aux substances ».En juin prochain, l\u2019OMS devrait ajouter la « dépendance aux jeux vidéo » à sa Classification internationale des maladies (CIM).Le « nouveau » trouble se présente comme « une altération du contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu par rapport à d\u2019autres activités dans la mesure où le jeu prime sur d\u2019autres intérêts et activités quotidiennes, et la poursuite ou l\u2019escalade du jeu en dépit de la survenance de conséquences négatives ».Pour être diagnostiqué, le trouble du jeu devra avoir perturbé la vie de l\u2019individu durant une période d\u2019au moins un an.Pour l\u2019heure, la cyberdépendance, dans toutes ses manifestations, n\u2019a donc pas encore acquis le statut de trouble comportemental reconnu.« Cela ne veut pas dire que le problème n\u2019existe pas, insiste Dre Sergerie.Des personnes souffrent réellement et des traitements existent.» Une « maladie » qui n\u2019en est pas une « Ce n\u2019est pas une maladie reconnue officiellement par une grande organisation, plaide Jean-François Biron, de la Direction de la santé publique (DSP), à Montréal.Ce n\u2019est pas un trouble mental.Mais ça ne veut pas dire que ce n\u2019est pas un problème de santé mentale.» Pourtant, dès les années 2005 à 2010, les milieux scolaires ont tiré, les premiers, la sonnette d\u2019alarme.« Le milieu se préoccupait du temps passé par les jeunes devant les écrans, de l\u2019apparition de la cyberintimidation, et de l\u2019exposition des jeunes à des contenus violents et à la sexualité explicite.» « Après analyse, il est apparu que le premier problème en était un de gestion des cellulaires, ajoute M.Biron.L\u2019 impact des écrans était grand, mais ce n\u2019était pas nécessairement une problématique de dépendance.C\u2019est pour cette raison qu\u2019on préfère parler d\u2019hyperconnectivité plutôt que de cyberdépendance.Cela englobe l\u2019ensemble des problèmes reliés à la gestion de l\u2019usage.» Un documentaire sème l\u2019émoi La DSP reconnaît qu\u2019elle ne peut pas mesurer l\u2019ampleur du phénomène.« Il n\u2019y a pas d\u2019outil de diagnostic.Mais on sait que l\u2019utilisation des écrans a des impacts sur la santé des gens.Le problème est plus criant chez les ados.Ils sont en développement, en transformation, en pleine construction de leur personnalité, de leur réseau social.» L\u2019automne dernier, la diffusion du documentaire bouleversant sur le suicide de Thomas Taillefer, un adolescent cyberdépendant de 14 ans, a provoqué un déluge d\u2019appels téléphoniques vers les services sociaux.Jean-François Biron parle « d\u2019un effet d\u2019entraînement ».« Le problème n\u2019est pas nécessairement plus important qu\u2019 il ne l\u2019était depuis deux ans, dit-il.Il faut désamorcer pour ne pas que les gens démonisent davantage.» 66 heures par semaine rivés à l\u2019écran Les universités arrivent à la rescousse.Depuis quelques années, Magali Dufour, directrice des programmes de deuxième cycle en intervention en toxicomanie de l\u2019Université de Sherbrooke, multiple les travaux avec ses collègues, Louise Nadeau, de l\u2019Université de Montréal, et Sylvie R.Gagnon, du Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière.Dans une première étude, intitulée Cyberadulte, elles ont établi que 57 adultes, suivis dans une dizaine de centres de traitement, passaient une moyenne de 66 heures par semaine sur internet.« On parle ici de dépendance sérieuse, souligne la Dre Dufour.Ça fait clairement partie de la famille des dépendances.On a affaire à un problème de santé mentale.Il y a de la vraie souffrance.Ce n\u2019est pas banal.Et ça ne se soigne pas aussi facilement que ça.» L\u2019étude a permis d\u2019apprendre que les dépendants avaient, pour la plupart, d\u2019autres problèmes de santé mentale, dont beaucoup de dépression, d\u2019anxiété, des problèmes de sommeil et de santé physique également.Ils étaient majoritairement des jeunes hommes dans la trentaine qui ne travaillaient pas, même s\u2019ils avaient une scolarité supérieure à la moyenne québécoise.Au moins un adolescent sur 100 De 2012 à 2016, avec l\u2019étude Cyberjeune, les chercheuses ont suivi 4000 étudiants de niveaux secondaires 3 et 5.Résultat : ces 14 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 Magali Dufour établissements à Montréal, Québec et Saint-Célestin.« Nous intervenions déjà auprès des jeunes aux prises avec une dépendance, raconte ce coordonnateur aux services professionnels.Il s\u2019agissait essentiellement de toxicomanie et de jeu pathologique.En 2013, nous avons reçu une première demande d\u2019 intervention pour une problématique de cyberdépendance.» Depuis, Le Grand Chemin traite, bon an mal an une douzaine de cyberdépendants qui représentent environ 5 % des 250 adolescents suivis en thérapie.Par exemple, l\u2019an dernier dix adolescents ont été « référés » pour cette dépendance.Sur 28 autres cas « détectés », un seul a accepté de suivre le programme contre la cyberdépendance qui, incidemment, est gratuit.De 80 à 100 heures par semaine Depuis son ouverture, Le Grand Chemin a traité des jeunes qui passaient de 80 à 100 heures par semaine sur internet.« Mais le nombre d\u2019heures n\u2019est pas un élément primordial de la dépendance, précise M.Therriault.C\u2019est la perte de la qualité de vie qui importe.» « La cyberdépendance chez les adolescents est une dépendance de refuge, ajoute-t-il.Les jeunes utilisent un objet technologique pour aller combler des besoins et des désirs qu\u2019 ils ne peuvent satisfaire hors ligne.» Ils sont à l\u2019âge où ils doivent tisser des relations hors de la famille et se construire une personnalité différente de celle des parents.« Les garçons développent plus facilement une dépendance envers le jeu en ligne, témoigne M.Therriault.De leur côté, les filles sont de plus grandes utilisatrices des réseaux sociaux.Dans les deux cas, il y a une déficience au niveau des relations sociales.» Sevrage intensif Très strict, le traitement comporte une période de sevrage qui dure de huit à dix semaines.« Il faut d\u2019abord rétablir une hygiène de vie en s\u2019occupant des besoins primaires, comme celui de réapprendre à dormir et à s\u2019alimenter.» Durant la période d\u2019hébergement, l\u2019usage du cellulaire est proscrit, et l\u2019accès à l\u2019ordinateur et à l\u2019internet est limité aux activités jeunes passaient en moyenne 22 heures par semaine sur internet.On a constaté que 1,3 % d\u2019entre eux avaient des problèmes de cyber- dépendance, autant chez les garçons que chez les filles.Une dernière étude, Virtuado, s\u2019est intéressée, de 2014 à 2016, à 80 adolescents qui suivaient un traitement contre la cyber- dépendance.Ces jeunes, âgés de 14 à 17 ans, consacraient 56 heures par semaine à l\u2019internet en dehors des heures d\u2019école.« On parle ici d\u2019un loisir qui empiète sur les autres sphères de la vie, souligne la Dre Dufour.Tu n\u2019as plus le temps de faire tes devoirs, tu n\u2019as plus le temps d\u2019avoir des loisirs, et oublie le sport.Ces jeunes éprouvaient beaucoup de problèmes de sommeil, de dépression et d\u2019anxiété.» Données inédites Remise l\u2019an dernier au ministère de la Santé et des Services sociaux, les résultats de cette étude, obtenus cette semaine par L\u2019Itinéraire, n\u2019ont jamais été rendus publics.(Voir en page 17) Parmi le groupe de jeunes, 72 % avaient reçu un autre diagnostic de santé mentale.Ils présentaient un taux de pensée suicidaire plus élevé que la population générale.Nombreux avaient fait des tentatives.Plus de la moitié avait une très faible estime de soi.Devant pareil tableau, les chercheuses plaident l\u2019urgence de développer un outil de diagnostic et un traitement fondé sur les meilleures pratiques.Mais la recherche se bat contre le temps.Plus vite que la recherche « La technologie va bien plus vite que la science, souligne la Dre Dufour.Les jeunes que nous avons étudiés ne sont pas nés avec les nouvelles plateformes.Ils ne sont pas semblables à ceux que nous verrons dans dix ans, ceux qui sont nés avec les iPhone (il y a dix ans) et les iPad (il y a huit ans).» Les études empiriques prennent généralement quatre ans avant d\u2019être complétées.Durant ce temps, les nouvelles applications pleuvent sur le marché.Depuis un an et demi, le gouvernement tarde à dévoiler son plan de lutte contre la dépendance.Les élections générales s\u2019en viennent et on ne sait toujours pas si le futur plan reconnaîtra la problématique de la cyberdépendance.18 % des jeunes à risque « Cela ne peut plus être le statu quo, affirme la chercheuse.Il y a des preuves suffisantes pour dire qu\u2019 il y a des problèmes.Le gouvernement doit prendre en compte les données disponibles.Il ne peut plus faire semblant que ça n\u2019existe pas.» « L\u2019 industrie aussi devrait poser un regard critique sur ce qu\u2019elle fait.C\u2019est le fun de subventionner l\u2019 industrie du jeu pour créer plein de bons emplois, mais il y a lieu d\u2019être inquiets.L\u2019 industrie a beaucoup plus de moyens pour comprendre les comportements d\u2019achat et d\u2019addiction.Et elle ne veut pas reconnaître le méfait.Il faut mettre en place des stratégies.Il y a 18 % des jeunes qui sont à risque.» Se réfugier dans la dépendance En attendant, Miguel Therriault s\u2019occupe de ces jeunes éclopés du web.Depuis près d\u2019une vingtaine d\u2019années, Le Grand Chemin, un organisme sans but lucratif, accueille les adolescents dans ses Miguel Therriault 15 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA scolaires.Les jeunes redécouvrent les relations et les conversations réelles avec leurs pairs.« Le travail avec la famille est aussi très important » durant la période de réinsertion qui s\u2019étale sur les quatre mois qui suivent l\u2019hébergement.Il faut qu\u2019ils reconstruisent leur « agenda de vie » et qu\u2019ils développent leurs aptitudes à « l\u2019autocontrôle ».On ne vise pas l\u2019abstinence, car l\u2019objectif n\u2019est pas de ne plus utiliser l\u2019internet.« Les jeunes doivent réapprendre à utiliser l\u2019 informatique qui est un outil de travail courant et normal dans notre société.» Se « geler » devant l\u2019écran Même s\u2019il offre aussi un programme destiné aux jeunes, le Centre de réadaptation en dépendance de Montréal accueille également une clientèle adulte : une moyenne de 75 personnes par année aux prises avec la cyberdépendance.L\u2019aide prend la forme d\u2019un séjour fermé de dix jours ou d\u2019un suivi externe qui dure d\u2019un à trois mois.La clientèle de cet établissement public est majoritairement masculine, généralement célibataire, scolarisée, mais peu active sur le marché du travail.« Certains viennent parce qu\u2019 ils se sont rendu compte qu\u2019 ils avaient perdu le contrôle sur l\u2019utilisation d\u2019 internet, explique Valérie Van Mourik, intervenante sociale.Chez d\u2019autres, c\u2019est un membre de l\u2019entourage qui a tiré la sonnette d\u2019alarme.» « La majorité consulte pour les jeux en ligne, précise-t-elle.Il y aussi des gens dépendants à l\u2019écran peu importe le contenu.Ce qu\u2019 ils cherchent, c\u2019est se geler devant l\u2019écran.La moitié des gens ont des problèmes concomitants, un autre trouble psychologique, un trouble anxieux, de l\u2019humeur, de la personnalité ou un déficit de l\u2019attention.S\u2019 ils viennent consulter après plusieurs années, ils sont très déprimés, anxieux et souffrants.» Les jeux les plus addictifs sont ceux qui appartiennent à la catégorie des MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Game), les jeux de rôle en ligne massivement multijoueur.L\u2019accent est d\u2019ailleurs mis sur l\u2019addiction dans leurs publicités.Les jeux mobiles créent aussi une dépendance parce qu\u2019ils sont accessibles en tout temps, n\u2019importe où et n\u2019importe quand.Réapprendre à vivre Le Centre met de l\u2019avant une approche motivationnelle, explique Mme Van Mourik.On identifie les raisons pour modifier le comportement, les obstacles au changement et les moyens pour réussir.On réfléchit aux besoins à combler et on se donne de nouveaux objectifs.« De petits objectifs au début, insiste Mme Van Mourik : prendre une pause pour dîner, ne pas manger devant l\u2019écran, prendre soin de son hygiène personnelle, prendre sa douche en se levant, faire un peu de ménage pour que le milieu de vie redevienne vivable.On va essayer de protéger le sommeil, de jouer moins tard le soir, de revenir à une activité calme avant de se coucher.» « On évite de diminuer l\u2019 internet trop rapidement, explique-t-elle.On diminue progressivement en le remplaçant par d\u2019autres activités.La durée du cheminement varie.Certains réussissent au bout de dix à 15 séances.Chez d\u2019autres, cela peut prendre un an ou deux avant de voir des résultats.» Un succès relatif Et ça marche ?Difficile à dire, concède Mme Van Mourik.« Il y a des gens qui ont des cheminements linéaires.Est-ce qu\u2019 ils ont apporté des changements dans leur vie ?Pas nécessairement.Il y a d\u2019autres personnes qui prennent plus de temps.Ils ont des hauts et des bas.Il y en a qui reviennent; d\u2019autres pas.Est-ce qu\u2019 ils ont rechuté ?Personne ne le sait.Mais ceux qui viennent témoigner devant des groupes de soutien ont visiblement réussi leur démarche.» Quoi dire à ceux qui ont déjà développé une dépendance ?À partir de quel moment consulter ?« À partir du moment où l\u2019on se pose la question, assure-t-elle.Nos services sont gratuits et accessibles.Ici, il n\u2019y a pas de ligne d\u2019attente.» cyberdependance.ca dependancejeu.org CLSC : ligne Infosanté 811 Centre de traitement en dépendance : 514 982-1232 Le Grand Chemin : 1-877-381-7075 Pour en savoir plus Valérie Van Mourik 16 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 P H O T O S   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Les jeunes apparaissant sur cette photo sont des comédiens.P H O T O ?  : ?C O U R T O I S I E ?L E ?G R A N D ?C H E M I N Portrait des jeunes de 14 à 17 ans * Selon un échantillon de 80 jeunes volontaires dans 14 centres de traitement.SOURCE : VIRTUADO, L\u2019évaluation des adolescents cyberdépendants dans les Centre de réadaptation en dépendance au Québec, Université de Sherbrooke, Université de Montréal, Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, remise au ministère de la Santé et des Services sociaux en 2017.traités pour une cyberdépendance Principales activités en ligne perçues comme problématiques par les jeunes Tous types de jeux vidéo en ligne confondus 67,5 % Jeux massivement multijoueurs 41,3 % Jeux de tir 32,5 % Lecture en continu (streaming) 31 % Jeux vidéo sur console connectée 30 % Réseaux sociaux 23,8 % Jeux vidéo sur console hors ligne 20 % Jeux d\u2019action et d\u2019aventure 17,5 % Clavardage 15 % Sites à caractère sexuel 7,5 % Jeux sociaux 6,3 % Messagerie texte 6,3 % Gravité des méfaits associés à l\u2019internet (Affecte beaucoup ou énormément) La vie familiale 53,8 % L\u2019humeur 31,3 % Le travail ou les études 30,1 % Le sommeil 30 % La vie sociale 21,8 % La qualité de vie 18,8 % La santé physique 10 % Problématiques associées de santé mentale Au moins un trouble de santé mentale 97,5 % Présence de trois troubles ou plus 68,8 % Problèmes de sommeil 72,5 % Estime de soi faible ou très faible 51,3 % Impulsivité élevée 44,8 % Dépression 33,8 % Consommation problématique d\u2019alcool ou de drogue 27,5 % Pensées suicidaires 16,7 % Problème d\u2019anxiété 11,3 % Tentatives de suicide 10,4 % Autres diagnostics reçus Trouble déficitaire de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) 52,5 % Troubles anxieux 11,3 % Troubles de l\u2019humeur 7,5 % Troubles de l\u2019attachement 7,5 % Troubles de conduites 6,3 % 17 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA DONNÉES INÉDITES Un des moments préférés de ma journée ?Découvrir l\u2019accumulation des notifications et des publications de Facebook le matin.L\u2019Itinéraire m\u2019a demandé de faire un témoignage sur la dépendance à Facebook.Ce réseau social est dans la vie de ses 1,9 milliards d\u2019abonnés, dont je fais partie.Bien sûr, comme plusieurs, je ne m\u2019étais jamais demandé si oui ou non j\u2019avais développé une dépendance à ce médium.J\u2019ai donc poussé ma réflexion un peu plus loin.Captivé par Facebook Je passe des heures par semaine connecté à mon compte.Je mange devant mon ordinateur pour partager des publications coup de cœur et j\u2019en enregistre pour les consulter plus tard.Je laisse mon Facebook ouvert en permanence pour être à l\u2019affût de toute nouveauté.Au restaurant, je me connecte dès que j\u2019ai un « instant de libre » au détriment des gens qui sont avec moi.Chez mes amis, le même phénomène se produit et malheureusement, l\u2019une des seules raisons de ne plus consulter ma page est quand ma batterie est presque à plat.J\u2019ai donc acheté une batterie externe pour charger mon téléphone n\u2019importe où.Ces constats sont-ils des symptômes de dépendance ?Qu\u2019internet soit de plus en plus accessible n\u2019est pas nécessairement une bonne nouvelle pour moi.Mais dans le monde de l\u2019information, tout va très vite.J\u2019utilise ce média social pour rester à l\u2019affût de ce qui se passe dans la société, des événements et manifestations, pour créer la revue de presse interne de L\u2019Itinéraire et pour garnir ma page ZRAM photojournaliste.Je partage aussi des informations humanitaires, environnementales et liées à des organismes socialement engagés.En travaillant sur mon témoignage, je m\u2019aperçois qu\u2019une grande partie des publications ne m\u2019intéresse que peu, voire pas du tout.Je remets en question la pertinence d\u2019être abonné à autant de gens que je ne connais pas dans la vraie vie.Puis, je partage tant d\u2019informations que même des gens proches de moi ont arrêté de suivre mon fil d\u2019actualité.Facebook est une drogue Il y a une certaine satisfaction à voir ses publications personnelles partagées et aimées par le plus de gens possible.Au même titre qu\u2019il est excitant de faire défiler le contenu de Facebook pour avoir accès à autant d\u2019informations que je juge utiles ou divertissantes.Mais si ce média social me tient informé, mes interactions, elles, deviennent principalement virtuelles.Facebook est une drogue.Est-ce que je ne suis pas en train de rater quelque chose d\u2019intéressant lorsque je ne suis pas sur Facebook ?Sans cet outil, par quel autre moyen devrais-je m\u2019informer ?Ce média regroupe l\u2019actualité que je ne trouverais pas aussi facilement si je cherchais par moi-même sur internet.J\u2019ai ouvert mon compte il y a dix ans.Je pense l\u2019avoir fait parce que c\u2019était dans l\u2019air du temps.À cette époque, l\u2019engouement était grand.En passant en revue mon historique, je réalise encore plus comment Facebook emmagasine des données sur tous leurs usagers.Cela me fait réfléchir sur le contenu que je vais publier dans l\u2019avenir.Les gens peuvent voir beaucoup de renseignements sur moi, sans même que je m\u2019en rende compte.Pour moi, Facebook restera toujours une source d\u2019informations privilégiée.Finalement, est-ce que je suis cyberdépendant ou pas ?Après toute cette réflexion j\u2019ai pu conclure que oui.Je vais donc tâcher de respecter davantage les gens qui sont autour de moi, que ce soit au restaurant ou ailleurs, même s\u2019il y a du wi-fi.J\u2019aimerais aussi prendre le temps de manger en compagnie de mes collègues le plus souvent possible pour renforcer nos liens.Je vais redéfinir mon usage général de ce média en sélectionnant mieux les publications ouvertes à tous et celles réservées à mes proches.Je pourrais certainement passer plus de temps à lire, écrire, dessiner ou faire toute autre activité plus concrète.Dépendant sans le savoir 18 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 P H O T O ?  : ?G I L C ?( 1 2 3 R F ) TÉMOIGNAGE PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT PHOTOJOURNALISTE Pour ceux qui me connaissent, j\u2019utilise souvent mon vélo pour mes déplacements quotidiens.J\u2019utilise occasionnellement le transport en commun.Ce sont deux moyens de transport idéaux pour la région métropolitaine.Je trouve décevant l\u2019utilisation des voitures en ville.Je constate que des gens utilisent leurs véhicules alors que d\u2019autres choix sont offerts.Le transport en commun est très bien développé dans la région de Montréal.Par contre, je comprends mal les raisons qui motivent les gens à utiliser leurs véhicules pour leurs déplacements quotidiens.J\u2019admets que certaines personnes le fassent dans le cadre de leur travail, comme par exemple les représentants commerciaux.Je pense plutôt à ceux qui prennent leurs voitures pour seulement l\u2019aller-retour au boulot.Ils paient leur stationnement et reprennent leur voiture après leur quart de travail.Utilisent-ils vraiment leurs véhicules dans le cadre de leurs fonctions ?Il faudrait sûrement leurs proposer une sérieuse réflexion sur le sujet.Surtout que les transports collectifs sont accessibles et abordables dans la région métropolitaine.Il y a une assez bonne coordination des différents services de transports en commun afin que les gens puissent se déplacer aisément.Certes, on doit accepter les contraintes d\u2019horaires du service offert afin de se rendre au boulot ou à des événements en ville.Ce n\u2019est pas non plus évident aux heures de pointe quand il y a plein de monde dans le métro et que les gens sont tassés comme des sardines.Il faut aussi accepter les inconvénients de ses choix.Des économies L\u2019utilisation du transport collectif permet aussi des économies substantielles pour le portefeuille des gens.Quand on pense aux différents coûts d\u2019utilisation des voitures.On peut facilement comparer les coûts entre la carte mensuelle du transport en commun et ceux liés aux véhicules.On pourrait suggérer aux gens d\u2019effectuer un essai pendant une certaine période afin de mieux le constater.Il faudra aussi tenir compte des impacts concernant sur le trafic.Quand on pense au stress de la conduite et les pertes de temps lors des bouchons de circulation.Il faut aussi prendre en compte les travaux routiers qui ralentissent les déplacements.Il serait aussi avantageux que plus d\u2019entreprises favorisent le transport collectif en offrant des incitatifs à leurs employés.On peut également se questionner sur le développement du métro à Montréal.À l\u2019exception des trois stations à Laval, aucune station de métro n\u2019a vu le jour depuis la fin des années 1980.On constate que les instances publiques semblent favoriser l\u2019utilisation des véhicules au détriment du transport collectif.Il est certain qu\u2019il y a plus d\u2019entrées d\u2019argent dans les coffres publics avec les permis de conduire, les immatriculations et les taxes sur l\u2019essence, par exemple.Plus de stations La construction de nouvelles stations de métro à Montréal représente, certes, de gros investissements.Si on décide de prolonger certaines lignes de métro ou d\u2019en créer de nouvelles, on pourra aussi économiser à long terme sur les coûts secondaires du trafic routier.Qu\u2019on pense aux coûts d\u2019entretien des routes, aux pertes de revenus lors de retards au boulot, des coûts d\u2019indemnisation de la Société de l\u2019assurance automobile (SAAQ) et de ceux de la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), par exemple.Il est temps que les politiciens favorisent plus le transport collectif et qu\u2019ils aient le courage politique de leurs ambitions.On ne doit plus se mettre la tête dans le sable.Il faut voir la réalité en face.Qu\u2019on arrête de dire que les finances publiques ne permettent pas des investissements dans le transport collectif.Il faut penser autrement.Lors des élections, les candidats s\u2019engagent à développer le réseau de transport en commun.Qu\u2019ils tiennent leurs promesses.C\u2019est en même temps aux citoyens de repenser leurs modes de transport et ainsi favoriser une meilleure utilisation des réseaux.Tout le monde sera sûrement gagnant en bout de ligne.Transport collectif Tout le monde est gagnant 19 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA PAR FRANCK LAMBERT CAMELOT MONT-ROYAL / SAINT-LAURENT ET MÉTRO FRONTENAC TRANSPORT P H O T O ?  : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A BENOÎT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PROMENADE MASSON 20 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Se battre contre soi-même J\u2019ai entrepris un sevrage de médicaments malgré moi en allant faire un tour à Dollard- Cormier (Institut universitaire sur les dépendances).Mais malheureusement, je me suis retrouvé non fonctionnel pendant deux ans et demi.Et même aujourd\u2019hui, cela prend tout mon petit change pour fonctionner.Le sevrage a été trop rapide, on n\u2019a pas utilisé la méthode du 10 %.Pour chaque année durant laquelle vous avez pris un médicament qui rend dépendant, il faut couper la dose prescrite de 10 %.Donc, cela aurait dû me prendre quatre ans au moins.Et là, je me suis retrouvé à froid après l\u2019avoir coupé en deux ans.C\u2019était un médicament pour l\u2019anxiété et les crises de panique.Je suis quand même content d\u2019avoir réussi à passer à travers parce que je n\u2019étais pas pour prendre ça toute ma vie.Et je vois mieux ce qui se passe aux alentours de moi et je profite plus de la vie maintenant.C\u2019est pour ça que malheureusement, je ne suis pas tout à fait assidu sur mon spot de vente.J\u2019ai encore un petit peu d\u2019anxiété.Avec l\u2019aide de mon psychologue à Dollard-Cormier et de mon médecin traitant, j\u2019envisage de changer les médicaments que je prends pour dormir.Ils amènent également une dépendance.Le pharmacien m\u2019aide beaucoup dans cette démarche.Il envoie des conseils à mon médecin de famille par télécopieur.Merci bien à mon médecin de famille, à mon pharmacien, ma pharmacienne, et aussi aux gens qui m\u2019endurent quand je vends L\u2019Itinéraire ! Je veux dire à quiconque qui essaie de lâcher ses médicaments : n\u2019envisagez pas de le faire seul.Prenez des renseignements à Action Autonomie, un organisme de défense des droits en santé mentale qui vous informe sur les médicaments.À l\u2019heure où je vous parle, j\u2019ai obtenu une plaque honorifique de 25 ans de cofondation de cet organisme.Le numéro de téléphone est le suivant : 514-525-5060.Informez-vous sur vos droits.N\u2019acceptez pas n\u2019importe quoi de la part des médecins traitants.Soyez au courant.Diverses formations gratuites sont données à Action Autonomie.S\u2019affranchir De la drogue ?Surtout avec les produits qu\u2019on peut y mélanger, je trouve que le cannabis pue la mouffette et je manque de respiration à ce moment-là.Il m\u2019est arrivé de gonfler.Dû à mes allergies, je gonfle et je dégonfle.De l\u2019alcool ?Je suis allergique aux sulfites.La boisson comme le vin contient des sulfites, un agent de conservation, mais en réalité c\u2019est aussi un produit chimique pour nettoyer les bouteilles de vin et autres.Même après le nettoyage, il en reste des traces.Alors je suis chanceuse.C\u2019est un des critères qui font que je ne me mets pas le nez dans la boisson.Des médicaments ?Je m\u2019en éloigne.Une fois, un médecin m\u2019a prescrit de la morphine.Après l\u2019opération, j\u2019étais épuisée et je ne m\u2019étais pas rendu compte immédiatement que cette drogue affectait mes neurones.J\u2019ai dis que je n\u2019avais pas de drogue dans mon corps.Il m\u2019a répondu que je n\u2019étais pas allergique à ça.Je suis allée voir mon médecin de famille et il m\u2019a dit qu\u2019on ne prescrivait pas ce médicament pour cette opération.Mais j\u2019admets que les hémorroïdes, ça fait mal ! Même pour une seule.Du jeu ?Je ne suis pas compulsive.J\u2019ai travaillé au Casino de Montréal et je sais c\u2019est quoi de voir souffrir les gens qui ont perdu leur argent.De la bouffe ?Je suis une grosse mangeuse et j\u2019aime manger.Les bleuets et les citrons, une bonne assiette raffinée.De la cigarette ?C\u2019est une drogue.Je suis en train d\u2019arrêter de fumer.Je fume des superslim.Un préposé qui travaille dans un hôpital m\u2019a dit que je fumais du papier.Un employé de L\u2019Itinéraire m\u2019a dit que je fumais de la colle.Je réussis à diminuer.Je m\u2019occupe.Manon est une femme très occupée.En travaillant dans le métro, je peux être six heures et plus à ne pas fumer.Devant l\u2019ordinateur, je peux être quatre heures sans fumer.Là où il y a de la poussière je peux ne pas fumer car je sens la poussière et j\u2019y suis allergique.Un Saint-Valentin décapité Personne ne connaît vraiment l\u2019origine de cette fête.Même les historiens la cherchent toujours.Toutefois nous savons, pour sûr, qu\u2019ont existé six saints portant le nom de Valentin, dont un dans la vieille Rome du 3e siècle de notre ère.Nous savons aussi que le prêtre Valentin, proclamé patron de l\u2019amour, a réussi à mettre en colère l\u2019empereur Claude II.Convaincu que le mariage ramollissait ses hommes, l\u2019empereur décida d\u2019interdire cette pratique religieuse pour sauver son armée.Valentin, un peu rebelle j\u2019imagine, décida alors d\u2019inviter les jeunes fiancés dans la clandestinité pour recevoir la bénédiction du mariage.Claude II était bien fâché.Saint-Valentin fût décapité en l\u2019an 270, un 14 février.Je ne suis pas sûr de la signification, en toute honnêteté, que l\u2019on accorde à cette fête aujourd\u2019hui.Mais si on y réfléchit bien, on ne décapite pas sans raison.Moi je crois qu\u2019on devrait s\u2019aimer toute l\u2019année et se féliciter pour nos bonnes actions le 14 février.L\u2019amour représente le moteur même de notre bien-être.Un simple sourire, un « Allô ?Comment ça va ?Veux-tu un café ?J\u2019peux-tu t\u2019aider ?» Voilà toutes sortes de petits gestes qui semblent très banals, mais qui peuvent faire toute la différence et beaucoup de bien.Se rapprocher du bonheur, c\u2019est un peu ça, non ?Cette attitude devrait s\u2019appliquer à toutes les fêtes de saints.Pourquoi attendre et anticiper toute l\u2019année des grandes fêtes devenues trop commerciales à mon goût.Moi, j\u2019y perçois une forme d\u2019hypocrisie qui m\u2019agace.Manifester son amour et son affection pour ceux qu\u2019on aime, qu\u2019il s\u2019agisse de son (sa) partenaire, de ses enfants, de ses frères et sœurs, de ses parents, ou de ses amis, peu importe, cette pratique devrait faire partie de nos vies au quotidien.Pourquoi retarder la satisfaction ? Récemment accompagnée par le photographe Mario Reyes nous sommes allés partager le quotidien de Camille Chaï, au centre sportif du Parc olympique.L\u2019athlète paralympique parle de ses difficultés et de sa passion pour l\u2019escrime.On a découvert un trésor humain qui prêche par l\u2019attrait plutôt que la réclame.Tout est dans la perception et l\u2019attitude.Née en 1989 sans jambe ni bras gauches, Camille Chaï décide tout de même de s\u2019engager dans des études pour aider les autres.Aujourd\u2019hui diplômée du Centre en relation d\u2019aide (CRAM), comme thérapeute, elle donne des conférences sur son parcours.« Je pense que l\u2019amour est nécessaire à tout épanouissement comme l\u2019eau et le soleil », explique-t-elle.Camille vise les jeux de Tokyo en escrime avec l\u2019équipe nationale du Canada pour 2020.Elle cumule trois métiers : animatrice télé, conférencière et athlète.Diffusée sur la chaîne AMI-télé, son émission s\u2019appelle Pareil, pas pareil.J\u2019ai aperçu la silhouette de Camille la première fois du côté droit, tout comme sa mère a dû le faire à l\u2019échographie.Elle me souriait du fond de la salle.Nous étions là dans le cadre d\u2019une activité de « Bibliothèque humaine » de la Ville de Brossard.C\u2019était un peu comme une conférence sur rendezvous.Les gens nous posaient des questions qu\u2019ils n\u2019oseraient pas poser ailleurs sur nos particularités ou notre marginalité.C\u2019est dans une démarche pour « défaire les tabous » qu\u2019on nous avait demandé de répondre aux citoyens en tant que « livre humain ».Camille y était comme athlète tandis que moi et mon collègue camelot Yvon Massicotte avions accepté de se prêter au jeu sur le thème de la précarité financière et l\u2019itinérance.« Je ne fais pas les choses à moitié\u2026 » Lorsque je suis arrivée près d\u2019elle, j\u2019ai vu à quel point elle était spéciale.J\u2019ai été surprise par son énergie positive.J\u2019ai quand même un peu sursauté (dans ma tête) quand j\u2019ai vu qu\u2019il lui manquait une jambe et un bras.Lors de cette première rencontre, elle m\u2019a dit : « Je ne fais pas les choses à moitié.» Hilarante, cette femme, me suis-je dit.Plus jeune, lors d\u2019une compétition de « bras de fer », Camille a compris qu\u2019elle avait une force et qu\u2019elle pouvait l\u2019exploiter au lieu de s\u2019apitoyer et de rester isolée.Elle s\u2019est dit : « Pourquoi ne pas s\u2019amuser ?» Quand on rencontre cette jeune femme qui fait tellement de choses, on se demande pourquoi nous, avec nos deux bras, on ne réussit pas à faire le quart de ce que fait cette personne avec un seul bras.Elle saute comme un kangourou jusqu\u2019à son fauteuil roulant, et avec le sourire en plus.Puis, elle reprend son sérieux et combat à l\u2019épée avec tout l\u2019équipement sur le corps.C\u2019est lourd et difficile, mais après l\u2019entrainement de quatre heures, elle a toujours ce sourire qui nous donne envie d\u2019être heureux.Camille Chaï Rien ne l\u2019arrête Mon corps est handicapé\u2026 mais mon cœur ne l\u2019est pas !  21 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL PORTRAIT Elle entame la discussion et dirige elle-même l\u2019entrevue qui porte sur ce qu\u2019elle a envie de partager.Voilà une femme qui sait très bien manier l\u2019art du dialogue autant que celui de l\u2019épée, me dis-je.Elle commence par me parler du regard d\u2019autrui sur son handicap.« Les gens viennent me voir autant dans les conférences que dans la rue, à l\u2019épicerie, ou quand je prends l\u2019autobus, dit-elle.Ils viennent à moi pour me raconter leur histoire, sans que je leur aie demandé quoi que ce soit.Ça m\u2019amène à te parler de l\u2019attitude.Quand je me promène quelque part, moi je n\u2019ai pas envie de me cacher.Comme je suis bien dans ma peau, les gens me disent que je dégage une bonne énergie, mais au quotidien, je le vois plus.C\u2019est les autres qui viennent me voir et qui me renvoient mon attitude, comme un miroir.» Les amputés de guerre « En fait, depuis que je suis bébé, je fais partie de l\u2019Association des amputés de guerre.Ce sont eux qui m\u2019ont formée pour donner des entrevues médiatiques et qui m\u2019ont demandé d\u2019aller faire des présentations dans des écoles primaires ou des entrevues à la radio, à la télévision et dans les journaux.Pour moi, c\u2019est quand j\u2019allais avec les jeunes du primaire que je sentais que la connexion se faisait le mieux.» Camille partage son parcours et ses difficultés, mais son objectif de conférence est de faire tomber les barrières sur la perception de la société envers les gens handicapés.Elle mise aussi sur le dépassement de soi et le partage avec les gens de tout horizon.Elle tend vers un message de détermination, de persévérance et de positivisme.« J\u2019ai envie de voir les gens utiliser leurs forces à bon escient au lieu de s\u2019arrêter sur leurs complexes et sur ce qui n\u2019est pas beau.Parce que c\u2019est un choix qui nous appartient, qu\u2019on décide de se lever avec le sourire ou qu\u2019on se lève avec la baboune.» Maître de notre bonheur « C\u2019est nous-mêmes qui décidons d\u2019être heureux.Moi, j\u2019ai envie de faire de plus en plus de conférences car je constate tout l\u2019 impact que cela a sur les gens qui viennent me voir.En repartant, ils me disent qu\u2019 ils auront moins d\u2019excuses pour se plaindre, qu\u2019 ils vont y repenser deux fois avant de dire quelque chose de négatif, avant de baisser les bras.Ils y en a qui me disent : \u2019t\u2019as fait ma journée\u2019.Ben pour moi, c\u2019est ça ma paye.C\u2019est ça, moi, que je vais chercher, c\u2019est une question de partage.» Camille aime partager sa joie de vivre, son acceptation, et son positivisme avec le plus de gens possible.Lors de l\u2019entrevue, je lui ai demandé si j\u2019allais trop loin dans son intimité.Elle m\u2019a répondu: Moi je ne veux pas me cacher.  22 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 « C\u2019est une question humaine, mais c\u2019est ce qui est important : c\u2019est le dialogue car les gens sont curieux.Moi, j\u2019aime montrer que je suis ouverte.» Camille approche les gens qui n\u2019osent pas faire les premier pas.« Je vais vers eux quand je sens que ça les démange.J\u2019ai appris à déceler le questionnement dans le regard de l\u2019autre, dans l\u2019attitude mais aussi dans le langage non verbal des gens.» Camille dit vouloir partager cet amour des humains avec les autres pour leur donner du courage et pour aider les personnes exclues, marginales ou pas pareilles.Elle a dû accepter son handicap dès sa naissance pour y arriver.« Moi, j\u2019ai décidé d\u2019être bien dans ma peau.J\u2019ai envie que mon handicap soit vu mais aussi juste parce que je suis là, que j\u2019existe et que je suis comme tout le monde.J\u2019ai les mêmes aspirations, c\u2019est-à-dire d\u2019être heureuse, d\u2019être bien, d\u2019avoir du plaisir et de me dépasser.» Escrime, corps et nutrition Camille Chaï consacre quatre heures par semaine au gym et à l\u2019escrime.Elle avoue qu\u2019elle aimerait en faire plus.C\u2019est le sport dit « de combat » qui l\u2019a motivée à choisir cette discipline qui demande beaucoup d\u2019énergie et d\u2019équilibre.« Le fait qu\u2019 il me manque un bras et une jambe fait que je dépense 75 % plus d\u2019énergie qu\u2019une autre personne pour me rendre du point A au point B.» Elle se soucie de choses auxquelles on ne pense pas, comme faire changer ses pneus d\u2019hiver.« Je me débrouille », me dit-elle en riant.« J\u2019ai un plan de nutrition et j\u2019ai mon maître d\u2019armes (sabre) qui est aussi mon nutritionniste.De plus, le directeur de la Fédération d\u2019escrime nous demande aussi de rencontrer un nutritionniste.On en revient au rapport au corps.Au quotidien, j\u2019ai plein de petits obstacles que les gens ignorent, mais c\u2019est à moi d\u2019en parler pour, peut-être, faire comprendre aux gens, et les rendre conscients de ma réalité.» suis toujours en train de compenser.Quand je vais faire les courses, j\u2019ouvre la porte avec une main, mais j\u2019ai appris à tenir la porte avec mon pied.Aller aux Olympiques, on finance ça comment ?Aller à Tokyo, ça se finance par des levées de fond, des commandites de compagnies, plus de conférences ainsi qu\u2019avec un dossier bien étoffé.C\u2019est un peu nouveau ce monde-là.C\u2019est beaucoup de choses en même temps.Une question un peu plus personnelle : qu\u2019est-ce que tu regardes en premier chez un homme ?Il faut que ce soit un homme avec une joie de vivre, un bon vivant, et qu\u2019il ait de l\u2019humour.Quelqu\u2019un qui est évidement bien dans sa peau.Un de mes rêves c\u2019est de fonder une famille, un rêve que je chéris depuis longtemps.As-tu un projet auquel tu tiens ?Oui je vais sûrement écrire un livre un jour.Une biographie.Est-ce que tu as parfois envie de manger des cochonneries ?Oui ! Mais je ne suis pas dans l\u2019excès.Quel est ton repas préféré ?Le pâté chinois parce que c\u2019est un plat réconfortant.Peux-tu me donner des exemples de ton quotidien ?C\u2019est pas toujours simple.Faire la cuisine d\u2019une seule main, ça prend deux fois plus de temps.Je me fais livrer des repas déjà cuisinés une fois par semaine mais je cuisine la plupart du temps.Est-ce que le fait d\u2019être une femme complique les choses ?C\u2019est plus intime, mais le fait que je sois une femme m\u2019oblige à planifier mes activités en fonction de mes menstruations, moi ça me fatigue encore plus que les autres.Et l\u2019hiver ?Quand je marche sur la neige ou la glace, je ne suis suis dans l\u2019hyper-vigilance tout le temps.Donc, je ne En rafale 23 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA PHOTOS :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Connaître ses vents En combattant le froid par l\u2019habillement, les gants que tu utilises.Il faut garder le dos au vent, bouger les orteils et rester au sec.Par contre l\u2019avantage des grands froids c\u2019est que t\u2019es pas mouillé.Faut avoir une bonne connaissance des vents.Le vent de l\u2019est c\u2019est le pire.Il traverse les os.À -40°, je peux rester maximum une heure.Pis encore là j\u2019exagère un peu.Le défi de combattre le froid c\u2019est de trouver une place pour se réchauffer.J\u2019apprécie la chaleur d\u2019un endroit où on t\u2019accueille.Et il y a la chaleur humaine.On va la chercher dans le froid aussi, mais bon, c\u2019est pas comme un bon manteau.JAMES RICE CAMELOT VIGER/DE LORIMIER Faire du bricolage Une journée plus agréable qu\u2019une autre c\u2019est quand je peux faire avancer mes affaires.Quand il y a des résultats concrets qui arrivent.L\u2019hiver comme l\u2019été, la température importe peu.Ce qui compte c\u2019est la réalisation de mes projets.Je fais du bricolage.Et on pourrait dire qu\u2019une belle journée pour moi c\u2019est d\u2019avoir le plus de temps possible avec mes pinceaux, mes crayons, mes outils.C\u2019est là que je me réalise.Je ne suis pas un gars si près de mes sentiments et mes émotions.Quand je trouve que c\u2019est trop philosophique et qu\u2019il faut arriver au concret, ma philosophie à moi, c\u2019est que la vie c\u2019est la guerre.Pis quand c\u2019est l\u2019hiver on gèle pis c\u2019est toute.Tu t\u2019habilles pour.SERGE SAVARD CAMELOT BORDEAUX/GAUTHIER Amoureux fous Comme camelot j\u2019ai pas trop froid parce que je vends L\u2019Itinéraire dans l\u2019métro.Moi j\u2019aime l\u2019hiver mais pas trop le froid.Mon truc pour passer à travers l\u2019hiver c\u2019est d\u2019être à côté de mon copain.Je me colle dessus.Partout, tout le temps.Il me procure chaleur, réconfort et me remonte le moral.Lui aussi, il fait pareil.On se tanne pas pantoute.On est tous les deux fous amoureux.Ça réchauffe autant le cœur que physiquement.NANCY LEBLANC CAMELOT MÉTRO DE CASTELNAU Comment rendre les longues journées d\u2019hiver plus agréables ?Nos camelots passent une grande partie de leur journée à l\u2019extérieur pour vendre le magazine\u2026 24 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 P H O T O ?  : ?M A R C B R U X E L L E ?( 1 2 3 R F ) Entre deux services mes mots-cachés L\u2019hiver, j\u2019aime ça avoir quelque chose à faire pour m\u2019occuper.Quand qu\u2019y fait trop frette je fais mon ménage chez nous.Quand c\u2019est fini, là je sors mes mots cachés ou entrecroisés pis mes supergrilles.Ou je vais sur l\u2019internet et je me cherche un copain.Sinon je me repose.Bientôt je vais repeindre mon appartement.C\u2019est un grand trois et demie, ça devrait m\u2019occuper une partie du mois de février.Je ne fais pas vraiment de sport mais je marche beaucoup.Pour le plaisir oui, mais surtout au café de l\u2019Itinéraire où je suis caissière et en charge de faire le café, le jus et la vaisselle.Ça c\u2019est du sport et ça réchauffe sa femme ! DIANE CURADEAU CAMELOT RUE WELLINGTON Gardez le moral ! Je trouve le froid très dur ! La clarté est moins présente, il fait noir tôt\u2026 On est des humains.On a besoin de recharger nos batteries.J\u2019ai distribué le magazine pendant le temps des Fêtes et j\u2019ai trouvé ça très difficile.Ça prend de la tolérance au froid et un grand moral.Alors j\u2019essaye de ne pas y penser.Mes clients sont aussi une source de motivation parce qu\u2019ils sont contents de me voir, même pendant de grand froid.Avez-vous déjà vu un itinérant se plaindre d\u2019être dehors en hiver ?Mais je vois que les gens sont très frileux, alors il faut s\u2019habiller chaudement et essayer de se couper du vent ! MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU RIDEAU VERT / THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE La sympathie des gens L\u2019hiver c\u2019est sale.La slush, le sel, la glace, la bouette, le froid polaire et la maudite grippe qui vous empêche de dormir.J\u2019AIME PAS ÇA ! Bon, je dois avouer que malgré les inconvénients, je ne souffre pas trop de l\u2019hiver parce que depuis décembre passé je suis au chaud à la station Champ de Mars.Parfois je vends le journal à l\u2019extérieur du métro et je dois avouer que la sympathie et la gentillesse des gens qui me parlent me font oublier pendant un moment la rudesse de l\u2019hiver.Mais je reste courageux malgré le froid, parce que pour subvenir à mes besoins il faut bien se faire une raison et accepter le climat.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTROS CHAMP DE MARS ET DE L\u2019ÉGLISE Fréquenter les lieux de création En se levant le matin, en se disant que la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt.Je garde l\u2019habitude de fréquenter les organismes qui me permettent d\u2019écrire.J\u2019aime aussi, selon le programme de la semaine, fréquenter des ateliers d\u2019art.Comme celui du Musée des beaux-arts de Montréal, qui favorise l\u2019exposition et la diffusion de nos œuvres.La création nous revalorise, nous rend heureux et nous permet peut-être d\u2019encourager d\u2019autres personnes à participer aux activités des organismes.Plus on est nombreux, plus on est heureux.JACQUES ÉLYZÉ CAMELOT THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI ET THÉÂTRE DU RIDEAU VERT L\u2019amitié autour d\u2019un café En se divertissant, en visitant les copains dans des endroits agréables, à la chaleur dans les cafés de la rue Sainte-Catherine dans mon quartier d\u2019Hochelaga-Maisonneuve.Mon café préféré c\u2019est le vanille et noix.C\u2019est délicieux, surtout avec un bon gâteau au fromage.Avec les amis on regarde des vidéos grâce au wi-fi gratuit et on se raconte des blagues.Rire un bon coup ça donne de la chaleur au cœur et ça aide à nous faire passer l\u2019hiver.LUCETTE BÉLANGER CAMELOT MÉTRO PIE-IX Marcher dans la lumière On a plus les hivers qu\u2019on avait.Avant y\u2019avait tellement de neige qu\u2019on pouvait jouer plusieurs heures et creuser plusieurs igloos sans se tanner.De la pluie en plein hiver on ne voyait pas ça.Malgré tout ça, la meilleure manière de passer à travers l\u2019hiver c\u2019est de faire du sport.Je viens de Rimouski, j\u2019ai toujours aimé la nature, le bois, la rivière, le fleuve.J\u2019aimerais bien refaire du ski de fond, mais j\u2019ai retrouvé à Montréal mon plaisir du plein air à marcher dans les parcs.Il faut profiter de l\u2019extérieur et apprivoiser nos hivers.Parce que si on reste enfermé on déprime plus facilement.Il faut aller chercher la lumière, surtout qu\u2019il y en a moins que l\u2019été.RÉJEAN BLOUIN CAMELOT MÉTRO JOLIETTE 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA 25 La tristesse du pourriel comportements face aux pourriels.Nous vivons de plus en plus séparés les uns des autres, et de plus en plus seuls.Les données du dernier recensement sont éloquentes à cet égard.Au Canada, plus du cinquième des ménages, 28,2 %, ne comptent qu\u2019une personne.Cela signifie que 13,9 % des Canadiens de 15 ans et plus vivent seuls.Il s\u2019agit là d\u2019un énorme changement en peu de temps, puisqu\u2019il y a une cinquantaine d\u2019année, c\u2019était moins de 2 % des Canadiens qui vivaient seuls, l\u2019exception, donc.Le Québec est la province où l\u2019on retrouve le plus de ménages d\u2019une seule personne, le tiers d\u2019entre eux.La solitude et l\u2019isolement social sont des phénomènes propres aux sociétés riches et industrialisées.Au point que le gouvernement du Royaume-Uni a créé récemment un ministère de la Solitude.Tracey Crouch, déjà ministre, sera donc la première Minister for Loneliness, et tentera de trouver des solutions pour venir en aide aux neuf millions de personnes qui affirment se sentir seules et isolées dans le pays.Bien pire, 200 000 personnes âgées n\u2019auraient parlé à personne pendant au moins un mois.Séquelles La solitude et l\u2019isolement social ne sont donc pas des phénomènes marginaux dans nos sociétés.Ils génèrent également beaucoup de souffrances psychologiques mais aussi des problèmes de santé physique.Lorsqu\u2019on se débat dans les affres de la solitude, nous risquons de baisser la garde et d\u2019être tentés par des promesses irrationnelles qui pourraient nous en sortir.C\u2019est à ces personnes seules que je pense lorsque je vois les promesses irréalistes et farfelues contenues dans les pourriels que je reçois.Au fond, j\u2019éprouve beaucoup de tendresse à les lire.Beaucoup de tristesse aussi, car j\u2019imagine ces milliers de femmes et d\u2019hommes s\u2019accrochant à cet improbable espoir d\u2019apaisement de leur souffrance.Nous recevons tous de temps à autre ces détestables pourriels qui promettent sexe ou fortune.Lorsque je parcours ma boîte de ces indésirables rédigés dans un français approximatif, je suis toujours fasciné : s\u2019il y en a une telle quantité envoyée tous les jours, c\u2019est que ça doit bien fonctionner de temps à autre.Des gens doivent cliquer sur les liens, convaincus qu\u2019ils hériteront d\u2019une fortune colossale d\u2019un Africain récemment décédé ou qu\u2019une dame au physique de super modèle s\u2019intéresse véritablement à eux.Les chiffres sont astronomiques : il y a quelques années, une étude de Microsoft estimait qu\u2019il y avait 200 milliards de pourriels envoyés par jour dans le monde, constituant 90 % de la totalité des courriels.Au cours d\u2019une année, 11 % des personnes interrogées dans un sondage auraient cliqué au moins une fois sur les liens qu\u2019ils contenaient.Une fois dans l\u2019année sur les centaines ou les milliers de pourriels qu\u2019on reçoit, cela peut paraître minuscule.Mais sur les milliers de milliards de pourriels envoyés, c\u2019est énorme.On pointe souvent la naïveté ou de la méconnaissance des gens qui le font, à juste titre.Mais on s\u2019interroge peu sur leurs motivations.Pourquoi est-on à ce point naïf pour croire qu\u2019un prince nigérian ferait de nous son héritier ?Ou qu\u2019une magnifique femme en Biélorussie souhaiterait s\u2019offrir à nous ?Je n\u2019ai évidemment pas la réponse.Mais une hypothèse pourrait être qu\u2019un grand nombre de personnes qui le font sont dans un niveau plus ou moins grand de détresse.Détresse financière, affective ou sexuelle.Lorsqu\u2019on n\u2019arrive pas à boucler les fins de mois, il peut être tentant, aussi désespéré que cela peut sembler vu de l\u2019extérieur, de se laisser accrocher par une offre alléchante.Isolement social Au-delà de la pauvreté, matérielle ou affective, j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019isolement social constitue un vecteur important, expliquant ces 26 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O   : ?F E E L A R T ?( 1 2 3 R F ) de la ville y dénombre les morts de la rue, de janvier à octobre, leur nombre atteignait 70 personnes, hommes et femmes de tout âge.Pendant ce temps à Montréal Oui il faut s\u2019inspirer de l\u2019action menée à Montréal.Un travail, soutenu de façon variable par les gouvernements, est mené avec une approche globale de la lutte à l\u2019itinérance pour prévenir et réduire celle-ci, avec des actions au niveau du logement, du revenu, de la santé et des services sociaux.Une différence notable de cette approche est, tout en ne mettant pas la priorité que sur la réponse en logement, d\u2019y apporter une réponse solide, croissante et permanente avec le logement social.Depuis le retrait de l\u2019aide fédérale et provinciale en Ontario au développement de logements sociaux, à Montréal et uniquement pour les personnes itinérantes, plus de de 2500 logements sociaux ont été construits et d\u2019autres sont à venir.Plus de logements sociaux pour lutter contre l\u2019itinérance sont en chantier uniquement dans Hochelaga que de logements sociaux en développement à Toronto.À Montréal le parc de logements sociaux, certes insuffisants avec ses 60 000 logements (HLM, coops et sans but lucratif), ne cesse quand même de se développer, contribuant ainsi à prévenir la rue et permettre d\u2019en sortir.Cela ne règle pas tout, mais fait une différence majeure.Aussi, nos ressources ici sont trop souvent à pleine occupation, voire en sur occupation des 900 places disponibles.À Toronto, les ressources vivent la même situation avec 5700 places disponibles.Plus de 200 places en halte-chaleur ont dû être ouvertes en urgence cet hiver dans la Ville- Reine.Début janvier, la Presse canadienne publiait un texte affirmant qu\u2019au niveau de la lutte à l\u2019itinérance, Toronto devrait s\u2019inspirer de Montréal.La situation est certes moins pire à Montréal et les actions plus solides y sont menées avec succès pour prévenir et réduire l\u2019itinérance.Un désastre national Il y a plus de 30 ans, des activistes de Toronto dénonçaient l\u2019ampleur de l\u2019itinérance à Toronto.À la fin des années 90, le Toronto Disaster Relief Committee, tout en exigeant des mesures d\u2019aide immédiate, demandait aux gouvernements de Toronto et d\u2019Ottawa l\u2019adoption de stratégies pour contrer le phénomène.Au même titre que les inondations majeures au Manitoba avaient été déclarées alors un désastre national, ils demandaient que l\u2019itiné- rance soit aussi déclarée un désastre.Leur action, combinée avec celles d\u2019autres acteurs au Québec, avait contribué à l\u2019adoption en 1999 par le gouvernement Chrétien d\u2019une Stratégie nationale des sans-abri, ancêtre de la Stratégie de partenariats de lutte à l\u2019itinérance, la SPLI, dont le gouvernement Trudeau a annoncé la poursuite jusqu\u2019en 2028.Tout aussi pertinente que soit encore cette stratégie, le problème a perduré à Toronto, notamment en raison de la richesse croissante d\u2019une partie de la population, de ses impacts sur le coût du logement et de l\u2019absence, depuis le retrait combiné du fédéral, en 1994, et de la province en 1995, du soutien à la construction de logements sociaux.De la rue aux taudis L\u2019accroissement de l\u2019itinérance n\u2019a cessé de se vivre à Toronto, touchant de plus en plus de catégories de personnes.En 2002, une tent city fut érigée où s\u2019abritèrent des centaines de sans-abri, laissés pour compte par la Révolution du bon sens du premier ministre conservateur Mike Harris.Un des problèmes dans la stratégie adoptée par Toronto pour faire face à cette situation a été une approche Housing First passant par les logements privés disponibles.Les personnes itinérantes ont été trop souvent logées dans des taudis, From Streets to slums ont dénoncé tant les activistes, les médias que des élu.e.s.Plus de 15 ans plus tard, le problème perdure.L\u2019itinérance est importante et visible à Montréal.À Toronto elle l\u2019est davantage, là où les grues ne cessent de construire condos et bureaux, des sans-abri dorment sur les trottoirs, et ils en meurent.Depuis l\u2019an dernier, la Santé publique Un 22 janvier à Toronto Hébergements d\u2019urgence Personnes : Occupation/capacité Taux d\u2019occupation Mixte 492/503 98 % Hommes 1764/1888 93 % Femmes 731/739 99 % Jeunes 515/525 98 % Familles en hébergement 729/729 91 % Familles en motels 1455/1594 91 % Total 5686/5978 95 % Source : site web de Toronto Toronto doit s\u2019inspirer de Montréal 27 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA MOT DU RAPSIM PAR PIERRE GAUDREAU DIRECTEUR DU RAPSIM P H O T O   : ?C L A U D E ?M A J E A U Belarus villagers prefer hard work to city smoke In rural Belarus, villagers choose to eschew the trappings of city life in favour of quiet country living.By making a living from the land they have called home for generations, they are able to conserve the traditions of their culture.Just a few hours drive from the Belarussian capital of Minsk, many villagers still live off the land - planting, harvesting and pickling crops according to the season and ancient folk traditions.Nearly 80 percent of the former Soviet nation\u2019s 9.5 million citizens live in towns and cities, but for the remainder, being close to nature can outweigh the hardships of country life.\"We\u2019re far from civilisation - and that\u2019s a good thing.I feel comfortable here,\" said 41-year-old Vladimir Krivenchik, who is raising a young family in his native village of Khrapkovo, close to Belarus\u2019s southern border with Ukraine.\"We survive thanks to this scrap of land,\" Krivenchik said.\"You go to Minsk for half a day and your head starts to hurt and you want to go home.\" Krivenchik supplements his income as a watchman at a granary by raising pigs for slaughter and hunting.Most villagers also grow crops close to their one-storey homes - on vegetable patches and fields that are often ploughed by horse and sown laboriously by hand.For 75-year old Ekaterina Panchenya, the biggest change in daily life is that young people have become lazier.\"In the past, children didn\u2019t go out partying.They worked in the field or carried sheaves to the threshing mill,\" she said.But it was \"cars, noise and dirt\" and the sight of city-dwellers standing in line to buy groceries that dissuaded Panchenya from leaving her smallholding in the village of Pogost.\"I do everything myself: feed the animals in the barn, the chickens in the yard, and I pickle and preserve all the vegetables.The river is nearby, the forest, mushrooms and berries in the summer.No, I\u2019 ll never in my life move to town,\" she said.Panchenya is also skilled in local folk traditions such as floral embroidery, a cappella choral singing and ancient pagan ceremonies, which survived the ideological white-washing of the Soviet era.These include a May-time ritual in honour of the pagan god Yurya, when villagers don national dress and make offerings out of colourful ribbons and paper in the hope of plentiful harvests in the future.\"I give all my strength to preserve these ceremonies and songs that make everyone cry, to give them to the young,\" Panchenya said.BY VASILY FEDOSENKO AND ALESSANDRA PRENTICE 28 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 P H O T O S ?  : ?R E U T E R S / V A S I L Y ?F E D O S E N K O INSP Ekaterina Panchenya, 75, works on embroidery at her home in the village of Pogost, Belarus.A May-time ritual in honour of the pagan god Yurya when villagers don national dress and make offerings out of colourful ribbons and paper in the hope of plentiful harvests in the future.Yulia Panchenya, 82, makes Easter cakes on the eve of Orthodox Easter in the village of Pogost, Belarus.Dans ce village de Biélorussie, les habitants préfèrent le dur labeur de la terre, un mode de vie perpétué depuis des générations, plutôt que de choisir le confort relatif de la ville. Par un début de journée maussade d\u2019automne, j\u2019ai eu le plaisir de visiter le tout nouveau théâtre Gilles-Vigneault à Saint-Jérôme à l\u2019occasion de deux journées portes ouvertes organisées les 25 et 26 novembre dernier.La première journée, l\u2019événement a attiré près de 1700 personnes malgré la pluie intermittente.Cependant, tous les visiteurs étaient bien au sec sous l\u2019immense toit cathédrale qui surplombe l\u2019entrée principale.C\u2019est dire l\u2019engouement pour cette nouvelle salle dans la région des Basses-Laurentides.Afin de souligner l\u2019ouverture de la salle, on offrait des boissons chaudes et des biscuits Leclerc.Il y avait même deux amuseurs publics, Marcelle et Marcel, qui incarnaient des travailleurs de la construction.Ils mesuraient tout ce qui était à leur portée : lunettes des visiteurs, parapluies, chaussures, etc.question d\u2019amuser petits et grands avec des gags plus loufoques les uns que les autres, rendant la visite franchement sympathique.J\u2019ai rencontré plein de gens intéressants et bien entendu, j\u2019en ai profité pour vendre mes dernières copies de L\u2019Itinéraire.Notre quartier des spectacles J\u2019avais bien hâte à l\u2019ouverture de ce qui est, en quelque sorte, notre « quartier des spectacles ».Pour nous, camelots de Saint-Jérôme, il s\u2019agit d\u2019un nouveau point de vente intéressant qui donne au magazine L\u2019Itinéraire encore plus de visibilité.J\u2019en profite d\u2019ailleurs pour remercier notre clientèle pour sa fidélité.J\u2019ai grandement apprécié la visite guidée d\u2019environ 20 minutes.Nous avions accès aux lieux habituellement inaccessibles au public, soit les loges, la scène et l\u2019arrière-scène, etc.Lorsqu\u2019on est sur la scène, la vue qu\u2019on a sur la salle est incroyable : on a rarement vu pareille scène.Elle comporte une cage avec un dégagement de 61 pieds de hauteur.Quant au plateau, il fait 42 pieds de largeur par 40 pieds de profondeur.C\u2019est très technique tout ça, mais pour mieux illustrer les dimensions de cette scène, disons qu\u2019on peut y présenter des spectacles à grand déploiement comme des comédies musicales, des spectacles de cirque et des concerts symphoniques.Quelques chiffres\u2026 La salle construite en 500 jours compte 860 places.Elle a coûté 25 millions et a été subventionnée par le gouvernement, entre autres.Le bâtiment a une superficie totale de 3540 mètres carrés.On a dû couler 2900 mètres cube de béton, assembler 400 tonnes d\u2019acier et 85 tonnes de bois.Beaucoup de bois pour rappeler le patrimoine naturel de la région par la mise en valeur de la forêt laurentienne.Les architectes ont reçu des prix pour leur œuvre.Évidemment, ils ont opté pour une stratégie architecturale éco-énergétique novatrice (LEED) : le bâtiment est chauffé par géothermie.Au cœur de la ville La salle Gilles-Vigneault remplace maintenant la salle André-Prévost située à la polyvalente de Saint-Jérôme.Le nouveau théâtre du 118, rue de la Gare est stratégiquement situé puisqu\u2019il est près de la Vieille Gare, du parc linéaire Le P\u2019tit Train du Nord et du marché public qui existe depuis près de 150 ans.À proximité, on retrouve aussi le cégep, l\u2019université et la cathédrale.Bref, il est au cœur de la ville de Saint-Jérôme et extrêmement bien situé.La Ville en a profité pour réaménager la nouvelle place centrale, appelée Place de la Gare où l\u2019on présente aussi de nombreux spectacles durant la saison estivale.La Place de la Gare est notamment le nouveau point d\u2019arrivée du marathon du P\u2019tit Train du Nord.J\u2019aimerais bien rencontrer M.Vigneault pour l\u2019interviewer un jour, mais ce ne sera pas dans les prochaines semaines puisqu\u2019il est au Mexique pendant l\u2019hiver.Si vous me lisez, je vous recommande de profiter du soleil et de la vitamine D qu\u2019il apporte afin de demeurer en santé et en forme encore longtemps.En terminant, j\u2019aimerais mentionner que Diffusion En Scène, maître d\u2019œuvre et gestionnaire de cette salle, nous offre une programmation très variée, et cela tout au long de l\u2019année.On y présentera même du théâtre d\u2019été, notamment la pièce Le concierge en 2018.Saint-Jérôme Gilles Vigneault a maintenant son théâtre 29 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA P H O T O ?  : ?J E A N ?L A F O N T A I N E PAR JOCELYN CHRÉTIEN CAMELOT SAINT-JÉRÔME EN RÉGION * b=.hes 7 E 12 Sg pr Er M a ith fe = évropac Ca enn ET SSL acchet- | I i 4 I a 2 Ta tn vl /} ête d'identité © ger; du va Ci Cignomnce a or complize = es A.I = t IC - [ Ni ae En au not cms at\u201d ne fr ris rea | Wy 3 ua 2 | 54 ii du = - Ti\".ET WN : = 2 mm : nr % a ape + psp [1] ® 1 3 3 = f, RE =n = hi rx ma bo = JF: > G rN 1 Ty! ue \u201cipl © Le ERR A - x = N= \u201caf : rf , re du ME LES 7 i Ji .A W rt Ve hg po : ily yy 5 pri T4 a \u2014\u20142ppuipipe bee + TY BP a EE ¥ op a Nor RN a SIR il A wie 4 \u201c 4, 1 T I ete NV 4 -\u2014\u2014\u2014 w 1% As i .a 13 WN Ty Lg rR 2 - s oh % - oa A + gt dn + wh, | @ LU 1 4 A Lan 4 +k % D i Tap Sak a= Fr A 4 % + 5 ; \"ie QUE VU eu ) PR py oh 5 | 3 J | Le ) LA Bb bah, 4 pli, # = | [ mr WT M 5 = ) eid J 'k LY « | \\ = Qe wi Tv ih [omit] : .A ger 1y 4% + + Py |\" hy TL wh ; 4e .) Tas W Wale ri Ne Ll LE au LA, os A ey > = hs he HF geal.I$ a Na -\u2014 { 4.A 2 hy FH «Tia \"ay Lh N LA ; LY Lx 3 * Nh Vo aH = | BY mP I Ga, ie Et pl BIL, el 271 FT » dotée ra Vl, SNE py, iA ed \u2014 EE ane ét cr cn a Pfr MASAI = © as.TE Oar Et me mi sm PSE 7 Setece que ; x \u20ac: dN i IN rns rot rE : Fu 2\u201d WF are = a PF ss EU ee WE or PEE Re Es Prin, u-' or rt gr, aa a r Coprs\" es.+ ih WX * E LL S0Lin CARTE ar.AIRE vu 4 «PK \u201cREPAS El > Tinex! 7 \u201ca, JY k ar 1 ir A Fa 2 A = 2 ; 3 \u2019 A A an Ti y A 4 vy 4 à CO gs Wy | ex x \\ ¥ & Z FE de 6 #21 PE fr Li | +4 = AT +i yn E rt ! oF «IR : & } er Tey A À, £5 Fa Est-ce que je 32 x \\ GO 9 15 \"yn WV IN : ECL) LAY A.La dl PLA vous aide fr : > FF i 2) 4,0 \u201cy : pe, Le i \u2014 ™, ; de Tr a pes > =z of wr\" alt om md Aa + Enquêter le passé, le découvrir et le partager.C\u2019est la passion de deux historiennes devenues vulgarisatrices.L\u2019Itinéraire a rencontré Chantal Gauthier et France Lord de Pirogue Communication, qui ont maintes fois prêté leur savoir au magazine dans l\u2019élaboration d\u2019articles.Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?CG Bien avant de choisir un métier, j\u2019ai choisi l\u2019histoire par intérêt.J\u2019étais une grande lectrice de romans historiques.Après avoir commencé en psychologie, j\u2019ai bifurqué vers l\u2019histoire.J\u2019ai voulu comprendre les populations anciennes.FL Je rêvais d\u2019être archéologue ou écrivaine.J\u2019ai fait des études est-asiatiques.Je me suis intéressée à l\u2019art chinois et je me suis retrouvée en muséologie.Après un stage au Musée de la civilisation, j\u2019ai fait un doctorat en histoire.J\u2019ai aussi un diplôme en droit.Puis un jour, un prof de l\u2019Université de Sherbrooke m\u2019a appelée pour écrire un livre sur une communauté religieuse.CG Lorsqu\u2019on fait un doctorat en histoire, on devient professeur à l\u2019université.Dans notre cas, l\u2019enseignement nous tentait plus ou moins.Quand l\u2019opportunité s\u2019est présentée de faire autre chose, on a décidé de lancer une entreprise.Ça fait 15 ans qu\u2019on est ensemble.Qu\u2019est-ce qui vous intéresse dans les congrégations religieuses ?FL Dans ma thèse de doctorat, j\u2019ai abordé l\u2019histoire d\u2019une communauté à partir d\u2019une collection d\u2019objets d\u2019art que les Jésuites avaient ramenés de Chine.Le professeur de Sherbrooke m\u2019a demandé d\u2019écrire l\u2019histoire des Sœurs missionnaires de l\u2019Immaculée Conception.On a fait un premier livre.C\u2019est devenu un succès de bouche à oreille.CG Dans l\u2019histoire du Québec ou du Canada, on oublie souvent que ces communautés sont incontournables.Dans la Nouvelle-France, ces femmes furent des actrices de premier plan avec leurs hôpitaux, orphelinats et écoles.Le développement de la société ne s\u2019explique pas sans leur apport.Il faut sauvegarder ce patrimoine-là.Qu\u2019est-ce qui vous passionne dans ce travail ?FL On est comme des détectives du passé.Des fois, on part avec rien.Puis, on a des fonds d\u2019archives et on arrive à faire un portrait et un texte avec ça.C\u2019est un travail d\u2019enquête de longue haleine.Qu\u2019est-ce qui vous passionne dans les expositions ?CG Avec les expositions et les manuels scolaires, on vulgarise des choses, on les rend accessibles au public.Donc, on n\u2019a pas cette espèce de langue de bois universitaire.Notre mandat est que les gens découvrent des choses.C\u2019est l\u2019aspect humain qu\u2019on retrouve parfois dans nos entrevues.Peut-on vivre de ce métier ?FL Oui.Quand on s\u2019est associées en 2003, il fallait que cela fasse vivre au moins deux personnes.Notre entreprise, c\u2019est notre bébé à nous.CG Le travail est une passion.On est façonnées par l\u2019histoire, par le travail.Ça nous rejoint.Quand on voyage, on est toujours passionnées par l\u2019histoire.On a toujours des projets.L\u2019histoire, au-delà du travail comme tel, m\u2019a permis d\u2019élargir mes horizons.Pourquoi avez-vous offert de réaliser la recherche et une partie de la rédaction des sections spéciales du 375e de Montréal pour L\u2019Itinéraire ?CG J\u2019achète régulièrement le magazine, on croit en sa mission et on cherchait une façon de s\u2019impliquer.Quels sont les autres projets que vous aimeriez réaliser ?CG On se dit qu\u2019à un moment donné, on se lancerait dans l\u2019écriture d\u2019un roman historique.FL Ou des BD.On est de grandes consommatrices de romans graphiques.On aimerait développer le volet de l\u2019histoire des entreprises d\u2019ici.CG Au Québec, malheureusement, l\u2019histoire des entreprises est peu exploitée.Aux États-Unis et en France, les grandes entreprises, surtout familiales, veulent qu\u2019on écrive leur histoire.Au Québec, les gens accordent moins d\u2019importance à cela.On a fait l\u2019histoire des biscuits Leclerc.On aimerait replonger dans cet univers-là.Les détectives du passé 34 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 PROFESSIONS PAR TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Chantal, Tuan et France P H O T O   : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Quelle est votre position par rapport à l\u2019éternelle « bataille » entre anglos et francos ?Par Luc Deschênes - Participant à L\u2019Itinéraire Comment le regard posé sur l\u2019homosexualité par la société a-t-il évolué depuis 1997 ?Quand on regarde Bon Cop, Bad Cop, on perçoit ce film du point de vue de la discorde.Mais pour moi, l\u2019histoire va au-delà de ça.Dans la vie, si tu prends deux groupes qui ne s\u2019aiment pas, qui se foutent de la gueule de l\u2019un et de l\u2019autre, mais que tu prends le temps de manger avec l\u2019autre ou de travailler avec l\u2019autre, par la force des choses, la communication s\u2019installe.Le discours devient plus humain.C\u2019est essentiellement cet aspect que je voulais faire ressortir avec Bon Cop, Bad Cop.Cette logique pourrait aussi s\u2019appliquer à des groupes de nouveaux arrivants et d\u2019extrême droite.Ils peuvent bien s\u2019envoyer promener, mais s\u2019ils se retrouvent pognés dans une même situation, ils vont se rejoindre quelque part et nuancer leurs propos.L\u2019autodérision est souvent la meilleure carte de communication.C\u2019était le message.D\u2019ailleurs dans le second volet, on va plus loin.Les deux gars deviennent de véritables amis et non plus de simples partenaires de travail.Patrick Huard n\u2019a rien à ploguer.Pas de nouveau film, rien.Cependant le comédien a une opinion sur bien des sujets.Plus calme et posé que son inoubliable personnage au franc-parler, Rogatien Dubois, j\u2019ai profité de l\u2019occasion de m\u2019entretenir avec lui à L\u2019Itinéraire pour discuter d\u2019enjeux de société en lien avec ses films, mais sous des angles un peu différents.De la violence au hockey à la parentalité, ce comédien a son mot à dire sur la société dans laquelle on vit.Découvert en 1992 dans le talk-show de fin de soirée Ad Lib où il était chroniqueur humoristique cet artiste unique fait, depuis, partie de mon quotidien.Je suis très fier du chemin parcouru par les Québécois depuis les années 70.En même temps, je suis extrêmement déçu que l\u2019on ne soit pas déjà passé à l\u2019autre étape : s\u2019en câlisser.Ça ne devrait plus être un combat ni même faire l\u2019objet de conversations.Dans mon dernier spectacle, Le Bonheur, j\u2019aborde ce sujet.Selon moi, Il n\u2019y a aucune différence entre être homosexuel et préférer les rousses, les brunes, les grandes ou les petites.C\u2019est tout ! Ça ne regarde que les personnes concernées.Mais certaines sont encore définies ou se définissent par ça.Moi, ça me dérange.Je n\u2019aimerais pas être caractérisé selon la couleur de mes yeux ou ma grandeur.Les êtres humains sont plus complexes que ça.Et que des gens commettent encore des crimes haineux envers les homosexuels me renverse.Ça me déçoit, on dirait qu\u2019on a fait un énorme progrès puis, qu\u2019on s\u2019est assis là-dessus.Aujourd\u2019hui, on se dit être la société la plus ouverte au monde.Je me calmerais un petit peu avec ça, mettons ! 36 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 Avez-vous déjà vécu la dépendance, que pensez-vous de la légalisation de la marijuana ?Que pensez-vous de la violence dans le sport et particulièrement dans le hockey ?J\u2019ai un paquet de dépendances (rires).Je suis même une grosse boule de dépendances contrôlées.En plus, je suis un « monomaniaque ».Un jour, ma femme m\u2019a amené à la pêche au saumon.C\u2019était une première pour moi.Deux semaines après, j\u2019avais vendu mon char et je m\u2019étais acheté un pick-up, un canot, un quatre roues et des cannes à pêche.Nous les artistes sommes très sensibles.On aime les sensations fortes.On vit nos hauts et nos bas intensément.Alors je suis étonné de ce que je vais dire, mais je suis contre la légalisation de la marijuana.Pourquoi ?Parce que j\u2019ai de jeunes enfants.J\u2019ai peur de la banalisation de ce qu\u2019est véritablement le cannabis et des impacts à long terme.Je ne sais pas à quel âge le cerveau est entièrement formé, mais je pense que c\u2019est plus près de 25 ans que de 18 ans.Si on légalisait pour les jeunes de 25 ans et plus, je serais peut-être moins intransigeant.Puis, comment allons-nous contrôler ça ?Je n\u2019arrive pas à m\u2019imaginer une personne présenter sa carte SAQ Inspire pour acheter du hash.D\u2019un autre côté, si ça peut limiter le contact avec le crime organisé, tant mieux.C\u2019est un sujet super complexe.Mais, s\u2019il y avait un référendum demain, sans preuve d\u2019amélioration du sort des Québécois et des Canadiens grâce au cannabis, je voterais non.Je suis un fan de hockey.J\u2019assiste aux parties des Canadiens de Montréal.Il faut admettre une chose, ce sont des gladiateurs des temps modernes.Ce qu\u2019on leur demande pour nous divertir\u2026 c\u2019est beaucoup ! Dans le sport, il peut y avoir une forme d\u2019intimidation stratégique, comme aux échecs.C\u2019est celle que je trouve la plus acceptable.Tout est une question de dosage.Mais pour moi, il y a deux types de violence dans le sport.Il y a des pratiques sportives violentes de nature, comme le hockey, et celles dont la violence est influencée par les parents dans les estrades.Ma fille a joué au baseball.À ce moment, je suis devenu coach à l\u2019uniforme rose pour la seule équipe 100 % féminine d\u2019une ligue masculine.Malgré cela, on a participé à des tournois où des parents extrêmement agressifs insultaient nos filles et essayaient de les intimider.C\u2019était juste du baseball ! Elles n\u2019avaient que 13 ans ! Il faut aussi s\u2019intéresser aux conséquences médicales, comme les commotions cérébrales à la suite de coups à la tête.Il va falloir que la société réfléchisse et se regarde comme il faut.N\u2019oublions pas que le sport est aussi une chose extraordinaire.Certains jeunes vivent des expériences mémorables grâce à ça.Et quand tu portes un chandail de hockey ou de football, tu n\u2019as pas besoin de t\u2019identifier à un gang de rue.Pour aller encore plus loin, je ne sais pas ce qu\u2019on attend pour ramener les sports dans les écoles.Un paquet de jeunes trouveraient une motivation supplémentaire d\u2019aller étudier et d\u2019avoir de bonnes notes pour pouvoir pratiquer.37 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA La pauvreté est-elle la même partout dans le monde ?Quelle est votre opinion sur les armes à feu et la légalisation du port d\u2019arme ?Ego Trip n\u2019a pas été tourné en Haïti, mais dans les bidonvilles haïtiens de la République dominicaine.La pauvreté existe partout.Elle est quelquefois plus frappante là-bas, mais certaines choses le sont ici également.Lorsqu\u2019on voit un petit garçon d\u2019environ 12 ans, couché sur le trottoir, sous un arbre, avec son petit frère de sept ou huit ans dans ses bras, on comprend très bien qu\u2019ils ne peuvent dormir que le jour parce qu\u2019ils ont peur la nuit.En République dominicaine, la pauvreté est répandue.Mais j\u2019ai de la misère à comprendre qu\u2019il y en ait au Québec alors qu\u2019on a les moyens de l\u2019éradiquer.Ma mère a travaillé à la Maison du Père cinq années.La misère n\u2019est pas qu\u2019une question d\u2019argent.Il y a un paquet de raisons qui amènent les gens dans la rue : les dépendances, les troubles de santé mentale\u2026 Mais chez nous, les gens semblent désensibilisés.Je me rappelle d\u2019un hiver sur la rue Saint-Denis où un gars s\u2019est évanoui sur le trottoir.Il était là, intoxiqué et le monde l\u2019enjambait.À ce moment, tu te dis : tabarnak, notre humanité est passée où ?En République dominicaine, sept soirs par semaine, c\u2019est la fête.Y tourner de nuit était dur parce qu\u2019on entendait de la musique, les habitants crier, chanter, danser.Tu te demandes où ils puisent cette énergie malgré leurs conditions.Ils ont le rire et l\u2019autodérision faciles.Je passe beaucoup de temps en Gaspésie.Je comprends très bien qu\u2019un gars qui chasse ait son 12 accroché dans le dos.Je n\u2019ai aucun problème avec ça ! Mais mon point de vue sur les armes est simple : je n\u2019en veux pas chez moi.Je veux qu\u2019elles soient barrées au poste de police.Au besoin, tu vas la chercher, tu signes un registre, tu dis où tu vas, pourquoi et quand tu la ramènes.Je veux vivre dans un monde comme ça, sans guns et encore moins à la maison.Je me suis entraîné au tir pour Bon Cop, Bad Cop.C\u2019est extrêmement impressionnant et dangereux, même avec des balles à blanc.Vous devriez voir le niveau de sécurité sur un plateau de tournage.Ça protège personne d\u2019avoir une arme.Les chiffres aux États-Unis sont alarmants : 11 650 morts par balle en 2017 ! Qu\u2019on se tire dessus dans les rues de Chicago semble bien correct.Aux États- Unis, pour moi, le terrorisme vient de l\u2019intérieur.Je ne veux pas vivre dans un monde où les gens peuvent pogner les nerfs en étant librement armés.Imagine que la chicane pogne chez toi alors que tu as pris un verre de trop et que tu te mets à dire des choses qui n\u2019ont pas de bon sens.Veux-tu te ramasser avec une arme dans cette situation ?Pantoute ! 38 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 C\u2019est quoi être père ?Que dirait Rogatien Dubois Jr de la liberté d\u2019expression ?Être père est la chose la plus merveilleuse au monde et la plus difficile aussi.C\u2019est le challenge d\u2019une vie ! Le jour où ton enfant nait, tu comprends que l\u2019inquiétude va faire partie de ton quotidien jusqu\u2019à ta mort.Je pense que les pères prennent tranquillement leur place.Et c\u2019est très bien ! Mais il reste du travail.Il y a quelques années, les hommes pensaient qu\u2019être un bon parent signifiait se comporter comme une mère.La paternité est un sujet dont on parle peu.Je trouve ça dommage.Élever un enfant demande beaucoup d\u2019énergie et de patience.J\u2019ai 49 ans et jouer aux Lego le samedi matin pendant deux heures et demie, c\u2019est difficile.J\u2019aime ça, je tripe ! Mais\u2026 j\u2019ai 49 ans ! J\u2019aimerais qu\u2019on arrête de parler du côté rose bonbon de la parentalité et que l\u2019on s\u2019exprime sur les défis qu\u2019elle représente parce qu\u2019ils sont très positifs.Chaque fin de journée, je récupère mon petit, j\u2019aide ma femme, je parle avec la grande de ses notes de cégep\u2026 Oui ! Je suis brûlé, mais aussi extrêmement fier ! Puis, il y a l\u2019ostie de parentalité Facebook et Instagram où les parents courent au ralenti au bord de la plage avec leur chien de la même couleur que leur blouse.Ça n\u2019existe pas ! Y\u2019a pas de plage icitte ! Ça met une pression sur les parents et déclenche chez les gens sans enfants une forme de persécution à devenir un parent parfait ! Enfin, si tu veux me faire sortir de mes gonds, dis-moi lorsque je te parle d\u2019une situation avec mon gars que tu vis la même chose avec ton chat.La liberté d\u2019expression est un beau sujet.Rogatien, clairement, est pour la libre expression.C\u2019est aussi un drôle de débat.Voir des humoristes monter au front avec le dossier Mike Ward m\u2019a inquiété.Je me dis que si la liberté d\u2019expression des Québécois était entre nos mains, à nous, les clowns, il y aurait un osti d\u2019problème.On ne devrait pas être les premiers à s\u2019exprimer.Au contraire, on est toujours les derniers à parler des affaires, de l\u2019actualité.Nous sommes des miroirs.Il faut être en arrière, prendre du recul, attendre que les affaires se placent.C\u2019est là que ça fait mal et que ça devient drôle.Alors les humoristes ne peuvent pas devenir le symbole de la liberté d\u2019expression.Ce que je déteste le plus est la fausse liberté d\u2019expression, souvent véhiculée par les médias sociaux.On a le droit de s\u2019exprimer librement sur ces plateformes, mais il semblerait que ce soit à condition de penser comme tout le monde.Je n\u2019achète pas ça ! La liberté d\u2019expression vient avec une responsabilité : celle de signer, et l\u2019anonymat retire une partie de cette liberté.Je comprends que dans certains pays les gens puissent se mettre en danger en s\u2019exprimant en leur nom, mais ce n\u2019est pas le cas ici.Puis, il ne faut pas tout confondre.La liberté d\u2019expression, c\u2019est celle de pouvoir s\u2019exprimer.Manifester pour les armes à feu sur la place publique ne relève pas de la liberté d\u2019expression, c\u2019est un geste d\u2019intimidation.39 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA Pourquoi parler de l\u2019intersection des rues Sainte-Catherine et De Lorimier ?Parce que c\u2019est à cet endroit que L\u2019Itinéraire a pignon sur rue.L\u2019ambiance de la rue Sainte-Catherine diffère d\u2019un quartier à l\u2019autre, d\u2019une époque à l\u2019autre.L\u2019été, la rue devient piétonnière entre Papineau et Saint-Hu- bert pour laisser place aux terrasses de restaurants et de bars.Ce secteur est surnommé Le Village, un quartier aux couleurs LGBT.Le soir l\u2019atmosphère y est festive et conviviale.Plus à l\u2019ouest, le Quartier des spectacles est très populaire pour ses théâtres et festivals.« La Catherine » est aussi une rue commerciale avec ses nombreuses boutiques, sans oublier La Baie d\u2019Hudson, l\u2019un des premiers fameux magasins à rayons installé sur la rue en 1891 et fondé par Henry Morgan.Rues Sainte-Catherine / De Lorimier Sainte-Catherine la divertissante De 1884 à 1950 se développent plusieurs lieux de divertissement, dont le Théâtre Français devenu le Métropolis, aujourd\u2019hui MTELUS.D\u2019autres lieux comme des restaurants, des cabarets et des boîtes de nuit à la réputation plus ou moins sulfureuse font la renommée du Montréal des années folles.Mais dans les années 50, ces établissements ont connu un déclin à la suite de campagnes publiques d\u2019assainissement des mœurs.P H O T O   : ?A R C H I V E S ?D E ?L A ?V I L L E ?D E ?M O N T R É A L P H O T O   : ?A R C H I V E S ?D E ?L A ?V I L L E ?D E ?M O N T R É A L ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 40 Histoires de rues PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR PHOTO :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Circa 1950 2018 Rue Sainte-Catherine Date de création : 1758 Ancien nom : Sainte-Geneviève Origine du nom : inconnue Longueur de la rue : 11,2 km Arrondissements : Westmount / Ville-Marie / Mercier-Hochelaga- Maisonneuve / Montréal-Est / Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles Orientation : Est-ouest Délimitation : Les rues Claremont à l\u2019ouest et Des Saules à l\u2019est Avenue De Lorimier Date de création : 1883 Ancien nom : Colborne Origine du nom : François-Marie-Thomas Chevalier De Lorimier Longueur de l\u2019avenue : 6,7 km Arrondissements : Ahuntsic-Cartierville/Rosemont-La-Petite-Patrie/ Ville-Marie/Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension Orientation : Nord-sud Délimitation : Rue Notre-Dame au sud et boulevard Crémazie au nord Repérez-vous ! La Sainte-Catherine, appelée aussi la Fête des vieilles filles, avait lieu le 25 novembre de chaque année en mémoire de la vierge et martyre Catherine d\u2019Alexandrie, patronne des femmes célibataires.À l\u2019origine, une femme de 25 ans non mariée était considérée comme une vieille fille.Elle devait alors étirer la tire de Sainte-Ca- therine pour en faire des bonbons.De Lorimier est né en 1803.Il était l\u2019un des grands chefs des Patriotes canadiens-français.Suite à leur rébellion pour l\u2019indépendance du Bas-Canada de 1837 à 1838, François-Marie-Tho- mas Chevalier de Lorimier fut pendu en 1839, sur la décision de la cour martiale et plus précisément de John Colborne, gouverneur intérimaire de l\u2019époque.Plutôt ironique puisque la rue De Lorimier s\u2019appelait dans le passé la rue Colborne.Sainte-Catherine la délaissée Dans Hochelaga-Maisonneuve, la rue Sainte-Catherine peut sembler malfamée, du fait de la prostitution et de la toxicomanie ainsi qu\u2019à cause des boutiques fermées, en état de décrépitude ou vandalisées et couvertes de graffitis.Mais de bons restaurants et de belles boutiques sont quand même de plus en plus présents.Dans l\u2019arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe- aux-Trembles, peu de commerces sont situés sur Sainte-Catherine.La zone est plutôt résidentielle, comme la rue De Lo- rimier qui croise Sainte-Catherine devant L\u2019Itinéraire.Sainte-Catherine la mystérieuse L\u2019origine du nom de la rue Sainte-Catherine reste nébuleuse.Selon certains historiens, la rue aurait été baptisée par Jacques Viger, alors inspecteur des chemins de fer, en l\u2019honneur de sa belle-fille, Catherine-Elizabeth.Certains pensent que ce nom est lié à celui de la première résidente de cette rue, Catherine Bourbonnais.D\u2019autres encore y voient une référence à la fête de la Sainte-Catherine.IMAGE :?ARCHIVES?DE?LA?VILLE?DE?MONTRÉAL IMAGE?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS I M A G E ?: ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S B o n à s a v o i r B o n à s a v o i r Pendaison de cinq patriotes sur l\u2019échafaud au Pied-du-Courant en 1839, d\u2019après un dessin Henri Julien.Jacques Viger, années 1850 BD SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX siou-artiste.blogspot.ca YVES MANSEAU CAMELOT SAINT-JÉRÔME SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN 43 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS À vous collègues camelots Je suis fier d\u2019être ici parmi vous à L\u2019Itinéraire.Vous êtes mes frères et mes sœurs.Vous me redonnez beaucoup de bonheur lorsque je vous vois heureux grâce à moi.Je me sens très bien dans ma peau.Vous savez que je serai toujours là pour vous et je ne vais jamais vous abandonner.Jamais je ne vais vous insulter, critiquer ou humilier devant les autres.Je ne suis pas comme ces gens qui ont une double face.Moi, je suis vrai.So what you see is what you get.Je serai fier de t\u2019aider si tu es dans le besoin.Si je peux bien le faire, je vais le faire.Sinon, je vais essayer.Toi, tu es pour moi plus qu\u2019un(e) ami(e), tu es un membre de ma famille pour toujours.Alors viens me parler, je vais être là pour tendre l\u2019oreille, pour t\u2019écouter très attentivement sans porter de jugement sur ce que tu vas me dire ou même comment tu es.Si tu veux que je ne le dise à personne alors je vais rester muet comme un mort.Il y en a beaucoup dans le passé qui l\u2019ont fait et j\u2019ai rien dit.Même encore, je suis muet comme une tombe.Pourquoi ?Pour le respect de la personne qui me parlera.Alors, si tu as besoin d\u2019un conseil ou juste de parler, je suis là pour toi.Un outil contre la stigmatisation Adolescent, je suis passé par la rue et je m\u2019y suis retrouvé au début de la soixantaine, incluant un hiver complet à dormir dehors.Je vais maintenant très bien grâce à L\u2019Itinéraire.Malheureusement je ne suis pas à l\u2019abri de la stigmatisation, provenant parfois même de gens travaillant auprès des itinérants.De plus, la toxicomanie et un trouble de santé mentale ont contribué à ma dégringolade jusqu\u2019à la rue, ajoutant deux autres sources de stigmatisation.J\u2019ai maintenant cinq ans de sobriété de toutes drogues.Pour ce qui est de la santé mentale, je ne prends plus aucun médicament.Je maintiens un cadre de vie équilibré avec une bonne gestion de mon alimentation, du stress, du sommeil, de l\u2019exercice physique, des suivis médicaux, du travail, du bénévolat, des études, des loisirs et des amours.Je m\u2019implique aussi, dans trois associations d\u2019entraide pour et par les personnes qui ont vécu, vivent ou sont à risque de vivre de l\u2019itinérance, des troubles de santé mentale et de la toxicomanie.Comme j\u2019ai œuvré toute ma vie en défense des droits fondamentaux de la personne, cela s\u2019inscrit dans une continuité, sauf que maintenant je fais partie de la gang de l\u2019intérieur où je suis un pair-aidant parmi les autres qui contribuent à l\u2019entraide et militent pour la cause.Donc, voici un outil simple qui s\u2019est forgé tout au long de mon vécu dans des milieux particulièrement stigmatisés.Avec le temps, j\u2019ai appris à ne pas étiqueter les personnes d\u2019une façon qui implique la permanence de leur condition, surtout lorsque celle-ci est porteuse de beaucoup de préjugés avilissants.Par exemple, je vais dire « qu\u2019une personne vit de l\u2019itinérance » au lieu de dire qu\u2019elle est une itinérante.Bien sûr, je suis conscient que dans un monde idéal, on pourrait dire « c\u2019est un schizophrène » comme on dit « c\u2019est un médecin », mais on n\u2019en est pas là.Pour la nouvelle année, je souhaite à tous lucidité, santé, paix et bonheur.The Environment We Live In Well the environment we live in is okay, but we have to make it better.The solution is up to the politicians that run this country.But we have to play our part in making it better for generations to come.The climate is changing all the time.We never know what to expect.I sometimes wonder what the world will be like in a hundred years from now.I don\u2019t know if it will be safe to live in.Here in Canada we don\u2019t have too much pollution, but in some other countries they might have a big problem with pollution.Our environment has survived to this day, but maybe the environment was a lot better a hundred years ago or two hundred years ago.Do we have to learn not to have too much pollution in our society?I guess the answer is yes.We have to have less factories and mills and better plumbing systems and more electric cars on the road.Why haven\u2019t we learned from Indigenous people that just living off the land and going with Mother Earth is the best way to live ?It\u2019s not always easy to understand the best way to run our society.But when we think and use our heads we can find a solution to our improve our climate.Our environment is our very existence and we should accept it in our every day life and make it a better place to live in.DANIEL GRADY CAMELOT DE LA GAUCHETIÈRE/ MANSFIELD ET DES PINS/SAINT-LAURENT joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Communes.2.Nettoyèrent.- Appris.3.Caractères scandinaves.- Radon.- Copain.4.Votent.- Mesures.5.Argon.- Africain.6.Chrome.- Cellule reproductrice des champignons.- Apparu.7.Deux.- Rigolé.- Nota bene.8.Travailleuse sociale.- Ventilerions.9.Métal.- Électrode.10.Rendriez.verticalement 1.Papa.- Alléguer.2.Spécialiste de prothèse oculaire.3.Sévir.- Avant-midi.4.Aurochs.- Enduis du résidu de la distillation de la houille.5.Désavantageraient.6.Argon.- Sans vêtements.7.Sûre.8.Rivière de Suisse.- Notre-Dame.- Rayon.9.Lien.- Base azotée des acides nucléiques.10.Perroquet.- Personnage biblique.11.Juriste français (1848-1913).- Vierge Marie.12.Européennes.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Éolide Siestes Douleur Eau congelée Déformations de la cornée Réactiver Soja Peinture japonaise Manie Poèmes Bafouiller Braqueriez Écorce Mortes Rissolas Cadeau Qui a de gros os Garder Homme politique français Métaux Conjonction Pronom Grogne Note Rôti Plante Isérois Rd Éolide Siestes Douleur Eau congelée Déformations de la cornée Réactiver Soja Peinture japonaise Manie Poèmes Bafouiller Braqueriez Écorce Mortes Rissolas Cadeau Qui a de gros os Garder Homme politique français Métaux Conjonction Pronom Grogne Note Rôti Plante Isérois Rd Réponses du 15 FEV 2018 Mettre à x 9,75 y 0,75 H R S D S O S U S E E R E T N E I R O D N A R L E O R R O T E D C E E D E S D O R S A O U B T E I R E Z T A N G I V R E A L I S B E G Y A E R A K K E O M N O 1er février 2018 P O P U L A C I E R E S E C U R E R E N T S U R U N E S R N A M I E L I S E N T A R E S A R R U A N D A I S C R B A S I D E N E I I R I N N B S T S A E R E R I O N S E T A I N A N O D E R E M E T T R I E Z S Réponses du 15 fev 2018 R E G E N E R A T E U R A V A R I C E I S S U D O L E O E U F S D I C I I L R F A O C A D E N A S S E R A I U T I L I T E S T H E L I E T R I L A M I O B I E L L E T T E T N T E L E V E N E S S O R E E S S O T Rép nses du 1 fev 2018 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Préposition Princes Maladies Supports Éparpillement Étendue d\u2019une juridiction Céréales Gêne Droits des riverains Crevasses Plastiques Parient Ire Pronom Id est Pays d\u2019Europe Dans Utilise Égrapper Direction Sandale Lawrencium Astuce Brasse Fruit Hydrocarbure Sélénium À nous Préposition Princes Maladies Supports Éparpillement Étendue d\u2019une juridiction Céréales Gêne Droits des riverains Crevasses Plastiques Parient Ire Pronom Id est Pays d\u2019Europe Dans Utilise Égrapper Direction Sandale Lawrencium Astuce Brasse Fruit Hydrocarbure Sélénium À nous Réponses du 1er FEV 2018 Mettre à x 9,75 y 0,75 R F M M S U E E S N S E G R N E E R T I A L E I U E N U R S E N O M L E O N I E O T N G A G G E T N I R A G E S E E P T A S S E S V I N L Y E S I T M I I D T E À vos crayons ! 44 ITINERAIRE.CA | 15 février 2018 DÉTENTE publicité SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 57799 7 2 3 6 9 1 7 6 3 3 5 2 4 7 1 6 8 9 4 5 7 1 8 4 5 1 4 7 8 1 2 2 8 3 9 5 7 4 2 3 6 9 5 1 8 5 1 9 4 7 8 6 2 3 8 6 3 1 5 2 9 7 4 3 7 4 5 1 6 2 8 9 6 9 8 2 3 4 1 5 7 1 2 5 8 9 7 4 3 6 9 3 6 7 2 5 8 4 1 4 5 7 9 8 1 3 6 2 2 8 1 6 4 3 7 9 5 Grille Sudoku Facile à imprimer du dimanche 07 mai 2017 18:00:02 1 / 1 1er février 2018 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 45 15 février 2018 | ITINERAIRE.CA SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 62914 5 7 4 2 9 3 6 8 5 2 1 5 3 9 7 3 9 2 7 6 1 5 1 3 2 9 4 8 6 4 8 1 5 2 1 3 9 6 8 7 4 7 8 4 2 5 1 6 9 3 9 3 6 7 8 4 5 2 1 6 1 5 4 3 9 2 8 7 3 9 2 8 7 5 4 1 6 4 7 8 1 6 2 3 5 9 1 5 3 6 2 7 9 4 8 8 4 9 5 1 3 7 6 2 2 6 7 9 4 8 1 3 5 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du jeudi 25 janvier 2018 18:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S Les?téléphones?sont?de?plus?en?plus?intelligents.?Ils?permettent?d\u2019écouter?de?la?musique,?de?prendre?des?photos,?de?recevoir?la?radio,?d\u2019être?guidé?par?GPS,?d\u2019accéder?à?internet,?de?savoir?le?temps?qu\u2019il?fait?là?où?vous?n\u2019irez?de?toutes?façons?jamais.?A?tel?point?qu\u2019il?sera?probablement?nécessaire?d\u2019avoir?un?deuxième?téléphone?pour?simplement?téléphoner. »?Didier Hallépée If you\u2019re not on MySpace, you don\u2019t exist.Skyler 18 to her mom Ce qui est à craindre n\u2019est pas tant la technophobie que la jeunophobie, une attention soutenue et très ambivalente portée à nos ados.Pascal Minotte L\u2019addiction se caractérise par la dépendance, c\u2019est-à-dire, l\u2019impossibilité répétée de contrôler un comportement, et de sa poursuite en dépit de la préalable connaissance de ses conséquences?négatives.?E.Durand et al.Nous trouvons de tout dans notre?mémoire?:?elle?est?une?espèce de pharmacie, de laboratoire?de?chimie,?où?on?met?la?main?tantôt?sur?une?drogue?calmante, tantôt sur un poison dangereux.?Marcel Proust Celui qui aura recours à un poison pour penser ne pourra bientôt plus penser sans poison.Charles Baudelaire Je?crève?\u2013?pour?les?gens?comme moi, internet est à la fois?le?naufrage?et?le?radeau?:?on se noie dans la traque, dans l\u2019attente, on ne peut pas?faire?son?deuil?d\u2019une?histoire pourtant morte, et en?même?temps?on?surnage?dans le virtuel, on s\u2019accroche aux?présences?factices?qui?hantent?la?Toile,?au?lieu?de?se?déliter on se relie.Camille Laurens Tout?moyen?de?communication?est?la?meilleure et la pire des choses.Avec internet, on?peut?faire?le?meilleur?comme?le?pire.?C\u2019est?la pratique qui compte.Michel Serres Au lieu d\u2019aller se coucher, il se met devant?son?ordinateur?et?regarde?son courrier.L\u2019unique mail qu\u2019il a reçu?vient?d\u2019un?imbécile?avec?qui?il était à l\u2019école primaire et qui a trouvé son adresse électronique sur un site internet.Etgar Keret Interactif?:?Tout?ce?qui?vous?empêche de communiquer avec vos proches, parce que vous passez des heures sur un PC?à?surfer?sur?internet?ou?à?jouer en réseau.Luc Fayard On?navigue?tous?à?la?surface?d\u2019un immense océan lorsqu\u2019on va sur internet.Parfois?on?s\u2019enfonce?de?quelques mètres sous la surface?de?l\u2019eau.?Franck Thilliez IMAGE :?MAMANAMSAI?(123RF) À PROPOS. Zoom sur un outil environnemental et socioéconomique Une trentaine de poubelles munies d\u2019un arceau sur leur section supérieure font dorénavant partie du paysage de certaines rues de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et permettent aux promeneurs d\u2019y déposer les bouteilles et cannettes consignées.Ce geste simple permet aux personnes intéressées de ramasser facilement ces matières recyclables sans avoir à chercher dans les poubelles.Cette initiative, fruit d\u2019une collaboration entre l\u2019arrondissement et la coopérative de solidarité Les valoristes, contribue non seulement à la récupération et au recyclage, mais aussi à la réduction des déchets sauvages.UN PEU PLUS DE PROJETS À ÉCHELLE HUMAINE.Les poubelles participatives de Ville-Marie ?LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS PRIORITÉS cooplesvaloristes.ca /Cooplesvaloristes 1 8 - D S - 1 2 Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie © J o u d y H i l a l educalcool.qc.ca/benefices POUR UN SENS DU GOÛT PLUS DÉVELOPPÉ BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX Il y a plusieurs bénéfices à respecter les limites d\u2019alcool recommandées.On contrôle mieux son poids.On se sent plus énergique et plus en forme.Le sommeil est plus réparateur et on n\u2019a plus jamais la gueule de bois.Décidément, il y a trop d\u2019avantages à la modération pour s\u2019en priver."]
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