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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 1 décembre 2018
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2018, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXV, n?23 Montréal, 1er décembre 2018 Conversation avec une sexologue Changement de sexe Les questions qu\u2019on se pose tous L\u2019amour dans la rue 3 A \\ + 2 i ¢ 2 03 A nr No el YG CS CG cu [Es Si 7e EM 19H LE Bi e CEMBRE b20H ; xX Ir fh.2 \u2018 ww eb\u201d Wo oo é BILLETSED) um \u201ca Lifé GOSPELVIE.COM/SPECTACLE 1455 pe NUE PAPINEALL rd 0 ® STATIONNEMENT DISPONIBLE MONTRÉAL H2K 4H5 INFORGOSPELVIE.COM | 514-522-8781 Nom Denis Bourgeois | Camelot n° 1381 | Âge 42 ans Point de vente Beaubien / Christophe-Colomb D enis travaille à L\u2019Itinéraire depuis quatre ans, d\u2019abord comme plongeur et à l\u2019entretien ménager et, depuis deux ans, comme camelot.« Je rencontre du bon monde et ça me rapporte des sous.» Tout en étant discret sur ses jeunes années, Denis avoue avoir coupé les ponts avec sa famille depuis longtemps, victime d\u2019abus de toutes sortes.« Mon père me disait : \u201c T\u2019es battable \u201d.Et il me battait.» Doué d\u2019une mémoire d\u2019éléphant, Denis explique : « Le temps passe tellement vite que je me rappelle de tout, même d\u2019un prof fou du primaire qui me battait.Il savait que j\u2019étais vulnérable.Je lui en veux encore.» À 18 ans, Denis se défoule en écoutant la musique de « groupes fuckés » de heavy métal, de hard rock et autres trash métal comme WASP, Kiss, Slayer, Metallica, Iron Maiden et Celtic Frost.À cette époque, il côtoie une bande de voyous qui ont une mauvaise influence sur lui.« Une fois, j\u2019ai perdu la carte et ils en ont profité pour me voler.Alors je me suis éloigné d\u2019eux et j\u2019ai commencé à travailler.J\u2019ai plus jamais touché à la drogue.» Denis est content d\u2019habiter un beau grand HLM, trois-et- demie avec balcon et chambre fermée.« J\u2019ai pas de femme, pas d\u2019enfant, pas de char, pas de maison.J\u2019ai des amis, des meubles, un vélo.C\u2019est tout.Je fais une vie tranquille, j\u2019embête personne, je fais de mal à personne.» Côté musique, Denis écoute ses idoles, le groupe pop-rock ABBA.« Juste ABBA ! ».Denis exprime trois souhaits qu\u2019il aimerait voir se réaliser.D\u2019abord recevoir plus d\u2019affection de son ex-blonde et amie, en plus de pouvoir la gâter.Ensuite, assister à un spectacle de son groupe préféré et acheter le plus de souvenirs possible d\u2019ABBA et enfin, faire son voyage à Stockholm en Suède, pays du groupe et de Fifi Brindacier, l\u2019idole de son enfance.« Après, je ne demande plus rien.» Ses parents sont toujours vivants mais sans vouloir être méchant, Denis dit qu\u2019il aurait préféré être orphelin.« Dieu, j\u2019ai rien contre lui mais des fois, y est pas juste.Quand tu fais pousser des légumes, tu jettes les mauvais et tu gardes les bons.Lui, on dirait qu\u2019 il fait le contraire.» Avec amertume, il ajoute : « Je suis choyé d\u2019être né au Québec, mais j\u2019aurais aimé mieux vivre dans un autre pays et manger moins de misère.Si j\u2019étais riche, je déménagerais loin, en Australie ou même sur une autre planète.» Puis, Denis chasse ses idées noires et choisit de se concentrer sur le positif.Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction Photos : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe-participant : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, HÉLÈNE MAI Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT Photo de la une : CHARLES DELUVIO (UNSPLASH) ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, GABRIELLE GODIN Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux- être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère du Patrimoine canadien.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout?autre?produit?que?le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222 CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : ÉRIC WILLIAMS - Banque Nationale Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.l ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat. Bonjour, j\u2019aimerais vous parler de votre camelot qui a son point de vente au métro Langelier.Elle s\u2019appelle Isabelle Beaupré, et elle fait?vraiment?un?bon?travail.?C\u2019est?quelqu\u2019un de bien, et je tenais à le souligner.En passant, je m\u2019appelle Philippe.?Bonne?journée.  Chers amis, Chapeau à votre travail.Je suis une donatrice?assidue?et?une?lectrice?fidèle.?Comme j\u2019ai quitté Montréal, je vous lis moins souvent mais à chaque passage « en?ville »?je?m\u2019offre?le?journal.?J\u2019y?trouve toujours des perles.La parution du 15 octobre dernier a été un collier ininterrompu de joyaux d\u2019une couverture à l\u2019autre ! Merci et bonne continuation.Hélène Besnard Message reçu par téléphone : NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS  ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp  ! ÉDITORIAL 7 Mille et une façons de s\u2019aimer en 2018 Par?Josée?Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 8 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 10 Rosannie Filato sur le budget municipal Par Laurent Soumis EN TOUTE LIBERTÉ 11 Entre deux joints\u2026 Par Mathieu Thériault PENSÉES 29 Je suis le marin Par Saïd Farkouh MOT DU RAPSIM 30 Itinérance : des dangers tout au long de l\u2019année  Par Guillaume Legault -?Organisateur?communautaire?au?RAPSIM ENTREVUE 31 François Saillant - Lutter pour un toit : histoires et victoires d\u2019un précurseur Par Geneviève Bertrand COMPTES À RENDRE 34 Le milieu du dos Par Ianik Marcil, économiste indépendant ENVIRONNEMENT 36 Steven Guilbeault - Éternel optimiste Par Yvon Massicotte RÉFLEXION LITTÉRAIRE 38 Société sous emprise ?Par?Jo?Redwitch LE GRAND COSTUMIER 39 Taillé sur mesure Par?Mario?Alberto?Reyes?Zamora CHRONIQUE 42 Ouragan de force N Par?Norman?Rickert DÉTENTE 44 À PROPOS.46 De l\u2019amour et de la sexualité Par Christine Viens 12 Julie Lemay Sexologue et chroniqueuse Annie/Yannick Camelot à Longueuil Chronique Par Camille Teste DOSSIER Changement Avec les Squeegees Conversation avec une Par Mostapha Lotfi 27 camelots ont participé à cette édition Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les SOMMAIRE 1er décembre 2018 Volume XXV, no 23 3 MOTS DE CAMELOTS Maxime Plamondon 9 Cécile Crevier 9 Lucette Bélanger 9 Manon Fortier 35 Linda Pelletier 35 Maxime Valcourt 35 Denis Mots de lecteurs 514 597-0238, poste 228 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : CARTES-REPAS ABONNEMENT DONS DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : Les tabous qui ont la vie dure En 2018, surtout grâce aux réseaux sociaux, tout le monde a une opinion sur l\u2019amour et le sexe.Et force est de constater que beaucoup de mentalités ont intérêt à évoluer ! Pourquoi en 2018, ce sont les filles qui sont traitées de sluts quand les garçons sont épargnés ?Pourquoi juge-t-on bizarre quelqu\u2019un qui est encore vierge passé la vingtaine ?Pourquoi encore de nos jours, l\u2019homophobie est toujours bien présente ?D\u2019ailleurs, j\u2019ai été estomaquée par le commentaire d\u2019une commerçante d\u2019origine européenne que je connais qui m\u2019a affirmé le plus candidement du monde que l\u2019homosexualité était une maladie qu\u2019il fallait guérir.Cette opinion est tout de même marginale, à mon avis, mais les préjugés sur les orientations sexuelles ont la vie dure.J\u2019écoutais récemment une entrevue à la radio de Radio-Canada avec l\u2019ex-hoc- keyeur Georges Laraque qui parlait du tabou sur l\u2019homosexualité dans la LNH et qui posait la question : « C\u2019est quoi la différence entre être traité de tapette et être traité de nègre ?» Effectivement, le hockey a encore du chemin à faire pour se débarrasser de son image macho.À ce qu\u2019on sache, l\u2019orientation sexuelle n\u2019empêche pas de bien jouer au hockey\u2026 Et les asexuels ?Par ailleurs, dans toute la panoplie des orientations sexuelles, il y a l\u2019asexualité, un phénomène de plus en plus connu.Caractérisée par l\u2019absence d\u2019attirance sexuelle envers les autres, et soi-même, l\u2019asexualité peut aussi être définie comme étant une non-orien- tation sexuelle.Beaucoup de gens vivent cette réalité, hommes comme femmes.Des chiffres officieux parlent de 1 personne sur 100 au Canada.Si un grand nombre de gens préfèrent cacher leur asexualité jugée honteuse par la société, d\u2019autres l\u2019affichent au grand jour et vont jusqu\u2019à se regrouper en associations pour s\u2019entraider et sensibiliser le monde à cette réalité.Précisons ici que l\u2019absence d\u2019attirance sexuelle n\u2019exclut pas absence de sentiments amoureux.Beaucoup d\u2019asexués vivent en couple ou aspirent de rencontrer l\u2019âme sœur.Parce qu\u2019au bout du compte, n\u2019est-ce pas ça l\u2019amour ?Rencontrer l\u2019âme sœur, peu importe sa couleur, son orientation, son âge et ses origines ?Lorsque Milton, notre talentueux infographe a concocté la une, on l\u2019a faite circuler parmi l\u2019équipe pour recueillir les réactions de nos collègues.Tous, dont l\u2019auteure de ces lignes, ont levé le sourcil.Avouez que ce pamplemousse en page couverture est l\u2019un des plus sexy que vous ayez jamais vus ! Mais il n\u2019en reste pas moins que c\u2019est tout de même rien qu\u2019un fruit.Ce n\u2019est pas une photo de femme à demi-nue à la pose érotique, de petite fille maquillée à la moue aguichante ou d\u2019un jeune homme imberbe au six pack huilé\u2026 S\u2019ils s\u2019en trouvent pour s\u2019offusquer à la vue d\u2019images évocatrices de pamplemousses, de bananes et de poires, qu\u2019en est-il de l\u2019hyper- sexualisation des êtres humains ?Entre vous et moi, ça c\u2019est pas mal plus offensant que des fruits.Je vous demande ça comme ça, parce que l\u2019idée de ce qui est « indécent » varie d\u2019une personne à l\u2019autre.Je serais bien intéressée de savoir ce que vous en pensez.Diversité de valeurs Couples straights, gais, bisexuels, relations ouvertes, polyamour, interraciales, interâges, platoniques, il y a autant de façons de s\u2019aimer qu\u2019il y a de personnes qui s\u2019aiment.On vit dans une société qui abrite une diversité de valeurs, lorsqu\u2019il s\u2019agit de sexualité et de relations amoureuses.L\u2019amour et le sexe, des réalités partagées par tous les êtres humains sont interprétées de mille et une façons, selon les cultures et l\u2019éducation de chacun.Dans un monde idéal, le « vivre et laisser vivre » devrait toujours prévaloir dans la mesure où les personnes qui sont dans des relations « non conventionnelles » sont consentantes et s\u2019épanouissent dans ce qu\u2019elles vivent.On n\u2019a pas à se mêler de ce que les adultes majeurs et vaccinés font dans leur vie privée.Mais on peut quand même s\u2019y intéresser et vous montrer comment on s\u2019aime à l\u2019ère des réseaux sociaux, comment on vit en couple lorsqu\u2019on est sans-abri, ou encore comment on perçoit l\u2019amour quand on n\u2019est pas né dans le bon corps et qu\u2019on veut changer de sexe.Dans ce numéro, nos camelots donnent également leur opinion sur comment ils perçoivent le sexe et l\u2019amour, allant du grivois au pudique, en passant par la fleur bleue et l\u2019eau de rose.Comme quoi la diversité de points de vue est également présente dans ce microcosme qu\u2019est L\u2019Itinéraire.Mille et une façons de s\u2019aimer en 2018  1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA 7 PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL PHOTO :?CHARLES?DELUVIO?(UNSPLASH) SLOVAQUIE | Dans la rue en solidarité avec les sans-abri hongrois La semaine dernière, l\u2019ONG Proti Prudu, qui édite le journal de rue slovaque Nota Bene, a organisé une manifestation publique pour exprimer sa profonde inquiétude et sa solidarité avec les sans-abri en Hongrie, criminalisés au lendemain de l\u2019adoption d\u2019une loi interdisant aux gens de dormir dans la rue.Le but de la manifestation était de demander aux politiciens slovaques de rechercher des solutions appropriées au problème des sans-abri, plutôt que de suivre le chemin du gouvernement hongrois, qui a choisi de criminaliser les personnes dormant à la rue.Au cours de la manifestation, qui a eu lieu dans les rues de Bratislava, la capitale slovaque, des vendeurs de journaux, des étudiants, des personnalités religieuses, des écrivains et des membres du public se sont installés pour dormir sur des bancs publics.Les bancs n\u2019ont pas été choisis au hasard.En Hongrie, mais aussi dans d\u2019autres pays, les bancs sont des éléments d\u2019architecture anti- sans-abri, spécialement conçus pour décourager leur utilisation comme lieu de sommeil.(Tony Inglis \u2013 Courtoisie INSP.ngo) RUSSIE | Les buanderies de la discorde Daria Alexeyeva est entrepreneure sociale.Elle a mis en place un service de blanchisserie gratuit pour les sans- abri à Moscou.L\u2019objectif de son projet était d\u2019aider les personnes vulnérables qui reçoivent peu d\u2019aide de la part de l\u2019État ou du public.Mais la Russie n\u2019est pas habituée à voir intervenir des entreprises qui se consacrent au bien commun.Résultat : de nombreuses personnes ont protesté contre l\u2019initiative, à la grande surprise de Mme Alexeyeva.« Nous pensions que les gens réagiraient avec enthousiasme », explique-t-elle.En août, lorsque l\u2019entrepreneure a commencé à annoncer l\u2019arrivée imminente de la buanderie dans un district de Moscou, les habitants ont appelé à une campagne pour la bloquer.Dans plusieurs publications sur Facebook par exemple, les habitants s\u2019inquiétaient que les sans-abri « sales », « contagieux » et «antisociaux » ne propagent la tuberculose, les puces et la criminalité dans leur voisinage.« Après avoir lavé leurs vêtements, les sans- abri risquent de se rendre dans une aire de jeux pour enfants, ce qui posera un problème à ceux qui vivent à proximité et à leurs enfants », a par exemple réagi Ivan Polyakov, une habitant de Savyolovsky, une zone résidentielle tranquille du nord de Moscou.(Daria Litvinova - Reuters / INSP.ngo) TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE 8 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 ROND-POINT INTERNATIONAL L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International?des?journaux?de?rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à près de 100?journaux?de?rue?dans?34?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo PHOTO :?NOTA?BENE P H O T O   : ?L \u2019 A S S O C I A T I O N ?N O C H L E Z H K A ? MAXIME PLAMONDON CAMELOT CÉCILE CREVIER CAMELOT MORGAN / SAINTE-CATHERINE LUCETTE BÉLANGER CAMELOT MÉTRO PIE-IX MOTS DE CAMELOTS À quoi rêvent les millionnaires ?La plupart des millionnaires n\u2019ont plus rien à rêver.Parce qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019à lever le petit doigt pour obtenir tout ce qu\u2019ils veulent matériellement.C\u2019est-à-dire monétai- rement avec leurs cartes de crédit ou leurs comptes en banque.Mais en amour et même en amitié, c\u2019est autre chose.Les amis qu\u2019ils se font s\u2019intéressent à eux la plupart du temps pour leur argent.À moins qu\u2019ils ne soient aussi riches qu\u2019eux.Même encore, les intéressés qui sont déjà riches, veulent faire fructifier leurs biens par d\u2019autres millionnaires.Beaucoup de millionnaires ne réalisent pas leurs rêves amicaux, parce qu\u2019ils ne savent pas se servir de leur argent.Par exemple, en donner aux gens qui en ont besoin, comme dans les nombreux organismes pour les plus démunis.Ces riches pensent seulement à leur petite personne.Ils ne peuvent pas être heureux.Il y a des millionnaires qui grattent la cenne, c\u2019est comme ça qu\u2019ils sont devenus riches.Mais on peut parler des gens qui sont très riches et qui servent à quelque chose.Ils donnent de l\u2019argent pour toutes sortes de bonnes causes.Pour en nommer quelques-unes : les téléthons, les enfants malades et pauvres, les femmes battues.Les femmes en politique Je trouve que les femmes qui s\u2019impliquent en politique sont nombreuses.Les deux plus importantes pour moi, ce sont Lise Payette et Pauline Marois.Je trouve qu\u2019elles ont bien représenté le pays et le peuple québécois.Ça fait du bien aux gens que les femmes prennent le pouvoir et s\u2019impliquent davantage.La femme qui élève ses enfants, c\u2019est quelque chose aussi ! On devrait donner un certain montant pour la femme qui est à la maison.Il faudrait augmenter l\u2019aide pour les femmes monoparentales.Il y en a qui se font maganer ou abuser par leur conjoint.Quand l\u2019homme s\u2019en va ou qu\u2019elle décide de le laisser et qu\u2019elle garde les enfants sans avoir de pension alimentaire, les lois ne sont pas assez sévères.C\u2019est là que les femmes en politique peuvent changer ça.Mes deux leaders (Lise Payette et Pauline Marois) ont donné plus de pouvoir aux femmes, pour qu\u2019elles s\u2019affirment et s\u2019imposent.Il y a de plus en plus de femmes qui travaillent, dans les services sociaux, les hôpitaux\u2026 Elles peuvent maintenant occuper des postes supérieurs.Ça prend des cours.Il y a aussi celles qui travaillent avec des personnes handicapées.Certaines de ces personnes ont de la difficulté, par exemple à parler, mais elles sont capables de faire des choses et sont intelligentes.La femme qui a étudié peut les aider à se développer.Je suis pour l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Mais qu\u2019étions-nous ?Mais que pensions-nous savoir du silence ?Quels étaient ces mots qui s\u2019échappaient de nous Pour braver l\u2019indifférence de la masse ?Comment aurions-nous même pu douter De ce qui en est maintenant ?Se croyant au sommet du monde Comment aurions-nous pu Imaginer franchir le ciel ?Nous avions peur du noir Mais n\u2019osions pas emprunter la voie de la clarté.Nous étions beaux Pardonnez-nous d\u2019avoir flatté l\u2019ego de vos regards, Simplement pour y admirer notre propre reflet.Pour nous le vide n\u2019était que néant Et non espace au renouveau Mais je vous le demande En réalité, qu\u2019étions-nous ?Des êtres de feu et de flammes Mais apeurés par leur propre lueur.Défions les lois du temps Pour aller à la rencontre de ce qui était.Aimons-nous maintenant que la sagesse Nous a appris que la véritable erreur Est de n\u2019avoir rien essayé.Que serons-nous, je vous le demande Peut-être les imbéciles de demain Ou les génies d\u2019hier?Ne vous laissez pas embrouiller Par la quête de ces réponses Contemplez plutôt le vaste chemin menant à elle.Ce même chemin à travers lequel Sachant que je ne sais rien Je me permets de dire humblement merci à la vie. P H O T O ?  : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A questions à Rosannie Filato 4 qui luttent contre la pauvreté et pour des organismes qui peuvent aider à prévenir et à réduire l\u2019itinérance.Dans le plan d\u2019action en développement social qui va être adopté dans les prochaines semaines, le montant sera réparti entre les organismes selon les priorités.Ce serait prématuré de vous dire où l\u2019argent va aller.C\u2019est difficile de vous dire maintenant quels seront ces organismes qui auront l\u2019argent.Votre budget prévoit un montant de 200 000 $ « pour la réalisation de projets en itinérance ».Ces fonds iront-ils à des organismes existants ou à de nouveaux projets ?Ce n\u2019est pas impossible, mais ce n\u2019est pas garanti.Dans la dernière année en 2018, dès que nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons augmenté de 158 000 $ le soutien aux organismes communautaires en itinérance.On ne voulait plus de coupures.C\u2019est un montant qui est récurrent.Ça c\u2019est un soutien qui va directement aux organismes.Les 200 000 $ incluent les 158 000 $.Et ce n\u2019est pas nécessairement pour de nouveaux projets.Il y a beaucoup d\u2019organismes qui, pendant des années, ont demandé une augmentation et ne l\u2019ont pas nécessairement reçue.Il y en aura autant pour de nouveaux projets que pour ceux qui ont besoin de plus de soutien.Montréal a déposé le mois dernier son budget pour la prochaine année.Les contributions de la Ville aux organismes qui œuvrent dans le domaine de la diversité et de l\u2019inclusion sociale augmenteront de plus de 1 million $.L\u2019argent ira-t-il aux organismes qui travaillent déjà sur le terrain ?« Ce n\u2019est pas impossible, mais ce n\u2019est pas garanti », explique Rosannie Filato, responsable, notamment, du dossier de la lutte à l\u2019itinérance.Le budget du service de la diversité et de l\u2019inclusion sociale passe de 27,7 à 29,5 millions $.Vous prévoyez augmenter votre contribution aux organismes de 5,5 %.Quelle part ira aux organismes qui œuvrent en itinérance ?Nous avons obtenu 1 million $ supplémentaire dans le cadre de l\u2019entente sur la gestion du Fonds québécois d\u2019initiatives sociales.On est passé de 9 à 10 millions $ par année.C\u2019est une bonne nouvelle.C\u2019est de l\u2019argent qui ira directement aux organismes communautaires dans le développement social en général.Ce n\u2019est pas 1 million $ directement dédié à l\u2019itinérance.Il y a aussi de l\u2019argent pour les organismes Le budget de l\u2019habitation est en hausse de 40,6 millions $ soit un bond de 82 %.L\u2019an dernier, vous n\u2019avez pas atteint vos objectifs de mise en chantier.Quelle part ira cette année au logement social et abordable ?Il y a 10,2 millions $ de plus pour le programme Accès-Logis, 10,3 millions $ de plus pour le financement de mesures de logements abordables et 2 million $ de plus pour soutenir les projets de logements sociaux et communautaires comportant une dimension patrimoniale.Le programme triennal d\u2019immobilisations prévoit 5 millions $ pour l\u2019achat de terrains et 2,9 millions $ pour des infrastructures liées au logement social.Je n\u2019ai pas le détail concernant les mises en chantier.Ce sera annoncé un peu plus tard.Les organismes en itinérance ont-ils raison d\u2019espérer le financement qui viendra plus tard cette année avec les stratégies fédérales de logement et de lutte à l\u2019itinérance ?Tout s\u2019annonce positif à date.Si on a des sommes supplémentaires, notre intention n\u2019est pas de gruger les montants qu\u2019on verse présentement et qu\u2019on donne aux organismes.Je n\u2019ai pas de nouvelles sur les négociations en cours entre Québec et Ottawa.Au provincial notre priorité est de rencontrer la nouvelle ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.Dans le passé, on a déjà créé le bureau de gouvernance avec l\u2019ancien gouvernement pour avoir les sommes directement et être en mesure d\u2019aller chercher plus d\u2019argent.Comme Montréal est la métropole, on a des besoins très particuliers, surtout en itinérance.On veut être en mesure de répartir l\u2019argent selon nos besoins et déterminer où sont nos priorités avec les organismes sur le terrain.Il y a de l\u2019espoir pour le financement.Tout est positif.Sur le budget municipal Membre du Comité exécutif de la Ville de Montréal 10 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ PAR LAURENT SOUMIS Et puis, finalement, le 17 octobre, avez-vous allumé un gros pétard pour célébrer la légalisation ?Ou avez-vous, comme Gérard Deltell et d\u2019autres conservateurs, arboré les couleurs du deuil ?Avez-vous fait la file pour visiter une des nouvelles boutiques par lesquelles le gouvernement s\u2019est officiellement converti en revendeur ?Ce qui est un peu dingue avec la légalisation de la mari, c\u2019est qu\u2019on en est venu à faire toute une histoire de moralité publique avec un enjeu qui ne l\u2019était plus depuis tellement longtemps.Soudainement, tout le monde parle des dangers du pot comme la ligue de la tempérance parlait autrefois des ravages de l\u2019alcool.Un tas de commentateurs semblaient prêts à jurer que nous allions traverser l\u2019enfer de Dante.Jusqu\u2019à notre nouveau gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui se fait soudainement le preux chevalier de la prévention des psychoses chez les jeunes.Sitôt élu, il a rappelé que sa première priorité comme gouvernement (ou presque, dans les 100 premiers jours en tout cas) serait de relever l\u2019âge pour entrer dans une succursale de la Société québécois du cannabis (SQCD) de 18 à 21 ans.Pour une fois, notre fameuse société distincte marcherait à l\u2019envers et on deviendrait l\u2019une des provinces les plus straights du Canada.La chose est d\u2019une hypocrisie et d\u2019un ridicule consommé.On sait d\u2019abord que c\u2019est chez les 18-24 ans qu\u2019on retrouve la plus grande proportion de fumeurs réguliers.Si on veut casser les reins du marché noir (le but affiché de toute la patente), c\u2019est d\u2019abord là qu\u2019il faut viser.Dans un casier près de chez vous Ensuite et surtout, tout le monde sait qu\u2019il y a déjà des décennies que les jeunes \u2013 et surtout les mineurs \u2013 ont un accès incroyablement facile à tout le pot qu\u2019ils veulent.Ils s\u2019en foutent des heures d\u2019ouverture de la SQDC, ils connaissent très bien celles du pusher de la rangée de casiers d\u2019à côté.Non mais sérieusement, qu\u2019on parle de l\u2019école privée la plus prestigieuse ou de la pire école de décrocheurs, chacun sait que si un jeune cherche du pot, il en trouvera pas mal plus vite qu\u2019une caisse de bière, qu\u2019un repas santé ou qu\u2019une ressource en prévention de la toxicomanie ou en santé mentale.Si la CAQ a tant à cœur la santé mentale de nos ados, qu\u2019elle investisse plutôt dans ce genre de ressources dans nos écoles.Car les pushers eux n\u2019ont jamais quitté et ne quitteront certainement pas avec cette nouvelle loi et un gouvernement incapable de passer son cours de revendeur 101 et de fournir ses boutiques correctement.Car vraiment, je ne comprends pas comment l\u2019État a pu mal planifier la distribution à ce point.Genre le premier Hell\u2019s venu aurait mieux planifié le truc.Ça fait au minimum trois ans qu\u2019on sait que la légalisation s\u2019en vient et au moins deux qu\u2019on en a la confirmation.Comment s\u2019expliquer alors que les magasins de la SQDC tombent en rupture de stock au bout d\u2019une semaine ?Même si on admet que l\u2019enthousiasme initial de la clientèle était plus intense que prévu, il n\u2019y a personne là-haut qui avait songé à faire des réserves ?Vraiment au bout de deux semaines les boutiques doivent être fermées trois jours sur sept ?Quand IKEA ou Apple inaugurent une nouvelle boutique, ils savent bien qu\u2019ils ne tiendront pas avec trois ou quatre meubles ou téléphones en réserve non ?Pendant ce temps, l\u2019application québécoise de la loi interdit que les particuliers fassent leur propre production.C\u2019est plutôt question- nable quand on sait que les gros joueurs sont souvent des entreprises liées à des anciens proches des libéraux ou d\u2019autres dans leurs cercles d\u2019amis (Alain Dubuc, Martin Cauchon et d\u2019autres encore).Alors oui on a légalisé le marché, l\u2019a-t-on du même coup « oligopolisé » ?Plus libre qu\u2019avant?Un nombre assez important de villes et certains arrondissements ont décidé de bannir la consommation sur leur territoire.De plus en plus de propriétaires de logements ou de copropriétaires de condos veulent aussi l\u2019interdire à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur de leurs immeubles.Chez nous, le propriétaire a ainsi envoyé une modification au bail alors que ça fait des années que des gens fument dans les logements sans que cela n\u2019ait jamais été un enjeu.Je me dis que la société va évoluer.Les gens vont bien voir que des hordes de zombies aux yeux rouges ne vont pas du jour au lendemain envahir les rues.Après tout, ce n\u2019est pas parce que l\u2019alcool est légal que tout le monde devient alcoolique.Sauf qu\u2019à l\u2019heure actuelle, même si ça ne change rien dans ma vie à moi, j\u2019ai comme l\u2019impression que les consommateurs ont la vie plus dure maintenant que lorsque la chose était toujours illégale.Entre deux joints\u2026 11 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD EN TOUTE LIBERTÉ PHOTO :?JAN?FAUKNER?(123RF) PHOTO :?CHARLES?DELUVIO?(UNSPLASH) À 32 ans, Julie Lemay, sexologue et chroniqueuse, est passionnée par l\u2019observation de ses contemporains.Elle a accepté de nous parler de ce qu\u2019elle perçoit des relations amoureuses et charnelles en 2018.Qui dit 2018, dit réseaux sociaux.Selon toi, quel est leur impact sur nos manières d\u2019appréhender les relations intimes ?Avec les réseaux sociaux, c\u2019est sûr qu\u2019on risque parfois de tomber dans une culture du moi.Ce qui arrive c\u2019est qu\u2019on peut devenir spectateur de soi-même.Alors, on va se concentrer sur ce que l\u2019on projette plutôt que sur ce que l\u2019on ressent.Résultat, on prend le risque de voir l\u2019écart se creuser entre la personne que l\u2019on est et celle que l\u2019on représente.Il y a une distance qui se crée où on se regarde performer.Or, je ne suis pas sûre que cet état d\u2019esprit nous aide à être heureux dans nos relations amoureuses ou charnelles.Qu\u2019en est-il des applications de rencontre sur les relations personnelles ?Les applications de rencontre ont de réelles répercussions sur l\u2019intimité des gens.Ça peut faciliter le réseautage et ouvrir des portes, mais ça peut aussi créer beaucoup d\u2019anxiété.Je connais des jeunes adultes qui, à force d\u2019enchaîner des rencontres type « date Tinder », sans que cela ne se solde par une relation significative, sont déjà complétement blasés par les relations amoureuses.En fait, on dirait que c\u2019est devenu anxiogène de faire confiance à la vie, de laisser les rencontres se créer naturellement, ou simplement de percevoir le célibat comme un mode de vie qui peut être épanouissant et non seulement transitoire.Il semblerait que le fait de trouver l\u2019amour ait été rationnalisé au point qu\u2019on pense devoir se mettre en action d\u2019une manière ou d\u2019une autre pour y parvenir.Or, ce n\u2019est pas tout le temps comme ça que ça fonctionne, ce n\u2019est pas nécessairement une question d\u2019effort : il y a quelque chose qui échappe à notre contrôle.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on court après l\u2019amour et qu\u2019on déploie tous les moyens rationnels à notre portée qu\u2019on va finir par le vivre.De même, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on ne court pas après que ça ne va pas nous arriver ! ENTREVUE PAR CAMILLE TESTE Conversation avec une Ces relations sur-rationnalisées doivent sans doute interpeler les générations qui ont appris à aimer avant elles.D\u2019après toi, quel regard portent les personnes plus âgées sur les relations amoureuses et charnelles des jeunes générations ?En fait, je crois qu\u2019elles peuvent envier, en quelque sorte, la liberté et la flexibilité dont bénéficient les nouvelles générations dans leurs relations.Le fait de pouvoir faire des choix, le fait de ne pas être limités à l\u2019injonction sociale de se matcher dans le même quartier ou dans le même milieu, mais aussi et de pouvoir envisager les relations sexuelles autrement que comme un moyen de procréer, c\u2019est quelque chose qui était moins accessible avant.De même, il était plus difficile de correspondre à autre chose qu\u2019au modèle de relation amoureuse hétérosexuelle avec un partenaire exclusif.Concernant les personnes les plus âgées, on observe un phénomène nouveau : la hausse du taux d\u2019infections transmissibles sexuellement.Les gens âgés peuvent avoir plus de partenaires sexuels qu\u2019avant, notamment en cas de décès du conjoint ou de la conjointe ou en cas de divorce.Mais comme ces gens n\u2019ont pas forcément reçu une éducation à propos du préservatif et des différents modes de protection, ils deviennent une population plus à risque.Qu\u2019en-est-il de l\u2019éducation de nos jeunes à ces questions ?Justement, c\u2019est un questionnement très présent cette année au ministère de l\u2019Éducation.Jusqu\u2019à maintenant, les cours d\u2019éducation sexuelle n\u2019étaient pas obligatoires.Pour l\u2019année scolaire 2018-2019, ces apprentissages seront intégrés du préscolaire au secondaire 5.C\u2019est un choix qui a été fait pour que tout le monde bénéficie du même apprentissage, afin que la qualité et la quantité de l\u2019information reçue ne dépendent plus uniquement du milieu familial dont viennent les jeunes.« Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on court après l\u2019amour et qu\u2019on déploie tous les moyens rationnels à notre portée qu\u2019on va finir par le vivre.De même, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on ne court pas après que ça ne va pas nous arriver ! » 14 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 Julie Lemay PHOTO :?JEAN-MICHEL?NAUD Qu\u2019aborde ce programme ?Le programme porte, entre autres, sur le rapport au corps à travers l\u2019image corporelle, la santé, ou la protection, sur les diversités, sur des questions affectives aussi.Il permettra aux jeunes d\u2019avoir les outils pour clarifier leurs valeurs et leurs préférences.Il y a aussi une place importante pour permettre une réflexion plus approfondie sur le consentement, sur les agressions sexuelles et sur les abus affectifs.Enfin, il s\u2019agit d\u2019encourager le développement d\u2019un jugement critique vis-à-vis des images auxquelles nous sommes tous exposés, de manière à faire des choix qui nous ressemblent plutôt que des choix dictés par d\u2019autres.À propos des images, quelle est ta vision de ce que montrent les médias de la sexualité aujourd\u2019hui ?Je crois qu\u2019on est encore dans ce que j\u2019appellerais l\u2019hypersexualité sociale.On va souvent entendre que les jeunes sont hypersexualisés mais, d\u2019après moi, ils sont plutôt en questionnement et en réaction par rapport à une société hypersexualisée qui trouve normal, par exemple, d\u2019érotiser une bouteille de ketchup dans une publicité.C\u2019est ça d\u2019ailleurs l\u2019hypersexualité : sexualiser des choses qui, à l\u2019origine, n\u2019ont aucun caractère sexuel.Le problème c\u2019est qu\u2019on est tellement exposés à ces images qu\u2019on va souvent absorber leurs messages malgré nous.En même temps, je trouve qu\u2019il y a beaucoup de choses intéressantes qui se font dans l\u2019espace public et à la télévision pour évoquer la sexualité dans toute sa diversité.Bref, on est capable du meilleur comme du pire.Justement, parmi les sujets dont on parle beaucoup ces dernières années, il y a le plaisir féminin.De plus en plus de formats le font, à l\u2019image du compte Instagram T\u2019as joui ?, du documentaire produit par Netflix sur l\u2019orgasme féminin Explained ou encore de l\u2019application OMG YES.Est-ce important d\u2019après toi ?Oui, il y a tellement de croyances au niveau de l\u2019orgasme féminin ! D\u2019abord, ça ne fait pas longtemps qu\u2019on étudie véritablement le clitoris et qu\u2019on sait quelle forme il a.On a découvert que la dichotomie orgasme vaginal et orgasme clitoridien n\u2019avait pas vraiment de sens, car l\u2019expérimentation de l\u2019orgasme est majoritairement basé sur la stimulation, interne ou externe, du clitoris.Bref, on s\u2019est rendu compte que toute cette pression mise sur les femmes cisgenres pour être vaginales était désuète.Ces réflexions peuvent nous amener à nous interroger sur ce que nous considérons comme une relation sexuelle « complète ».Pour plusieurs unions hétérosexuelles, on va parler de « préliminaires » pour aborder tout ce qui n\u2019est pas une pénétration et on va supposer que l\u2019éjaculation marque la fin du rapport sexuel.C\u2019est une vision du sexe qui est plutôt orientée vers le plaisir masculin et qui peut engendrer une pression de performance contaminant les deux parties.15 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA PHOTO :?ANNIE?SPRATT?(UNSPLASH) Ces derniers temps on entend beaucoup parler de polyamour ou de relations ouvertes, pourrais-tu nous expliquer à quoi cela correspond vraiment ?Il y a plein de façons de vivre le polyamour, donc de vivre des relations amoureuses avec plus d\u2019une personne à la fois.On peut par exemple avoir une formation triangulaire où chaque partenaire est amoureux de l\u2019autre, et tous les trois forment une union.Dans une relation ouverte, c\u2019est différent : ça va plutôt être un couple qui va établir des règles quant à la possibilité de chacun d\u2019entretenir des flirts ou d\u2019avoir des relations sexuelles avec des personnes à l\u2019extérieur du couple.Et là, on ne parle pas d\u2019adultère puisque c\u2019est fait dans le consentement.D\u2019après ce que tu observes, les unions polyamoureuses durent-elles ?Oui, c\u2019est tout-à-fait possible ! Par exemple, j\u2019ai eu l\u2019occasion de m\u2019entretenir avec une famille polyamoureuse composée de deux femmes et d\u2019un homme.De cette union est né un enfant, porté par l\u2019une des femmes, mais toutes deux se considèrent comme les mères du petit.Bien sûr, ce genre de configuration pose des questions très pratiques.Si une conjointe doit aller à un souper de Noël organisé par son travail, va-t-elle assumer d\u2019emmener ses deux partenaires ?Et lorsqu\u2019il s\u2019agira de partager un compte bancaire conjoint, la banque acceptera-t-elle de délivrer trois cartes de débit ?De même, la mère non biologique va-t-elle être reconnue ?Les membres de cette union qu\u2019on appelle un « trouple » doivent aussi faire face à des préjugés, laissant entendre par exemple que l\u2019homme a bien mené son affaire en réussissant à faire accepter une seconde femme à la première.De même, ils avouent être parfois un peu trop considérés comme une curiosité.Par exemple, on peut oser leur demander comment se passent leurs relations sexuelles, mais la question qu\u2019on leur pose le plus c\u2019est « quelle est la taille de votre lit ?! » (rires).Ce genre de relation est-elle la preuve qu\u2019on n\u2019est pas vraiment fait pour la monogamie ?Je ne dirais pas ça.Parfois j\u2019entends des phrase type « Mais moi je suis bien en couple avec une personne, est-ce que je suis plate ?Est-ce que je manque d\u2019ouverture ?» En fait, avoir une relation amoureuse exclusivement avec un ou une partenaire marche très bien pour de nombreuses personnes.Maintenant, je crois que c\u2019est bénéfique de questionner les normes que l\u2019on s\u2019est créées et c\u2019est tant mieux si ceux et celles qui ressentent le besoin de vivre différemment peuvent le faire.D\u2019ailleurs, la connaissance que le grand public a des diversités semble augmenter et c\u2019est une bonne nouvelle.Ces réalités ne sont pas nouvelles, mais on les cachait davantage avant.Est-ce que tu inclurais la question de l\u2019asexualité dans ces réalités dont on débat plus volontiers aujourd\u2019hui ?Oui, quoique l\u2019asexualité demeure une condition relativement mal connue.On n\u2019en parle encore trop peu et on n\u2019a pas beaucoup de modèles de personnes asexuelles sur la place publique.En général, si quelqu\u2019un n\u2019a pas d\u2019activité ou de désir sexuel, on va le soupçonner d\u2019avoir quelque chose qui cloche.On va rattacher ça à des comportements fermés ou phobiques, alors que l\u2019asexualité c\u2019est plutôt une manière comme une autre de ressentir.Pourrais-tu nous expliquer un peu à quoi correspond l\u2019asexualité ?En fait, c\u2019est une condition qui se décline encore une fois en plusieurs variantes.Ça peut aller de « je ne ressens pas d\u2019attirance envers qui que ce soit » à « je ne ressens pas d\u2019attirance sexuelle de prime abord et je dois développer un lien très profond avec une personne avant de pouvoir ressentir du désir pour elle ».Dans ce second cas, on parlera de demi-sexualité.Je recommande à ceux que ça intéresse de suivre le travail de la Communauté asexuelle de Montréal (CADM).Au-delà de l\u2019asexualité, il y a aussi de l\u2019aromantisme, qui est l\u2019absence de l\u2019expérimentation du sentiment romantique envers les autres.Je m\u2019interroge sur le besoin que nous avons de mettre un mot sur chacune de ces situations.D\u2019après toi, à quoi cela sert-il ?En fait, nommer les choses c\u2019est une manière de valider qu\u2019elles existent.Mettre un mot qui correspond à une réalité et se rendre compte que d\u2019autres vivent la même, c\u2019est quelque chose de très réconfortant.D\u2019ailleurs, on parle de diversité en termes de configurations relationnelles, mais il ne faut pas oublier la question de la neurodiversité.Je pense au trouble du spectre de l\u2019autisme (TSA) ou à la douance par exemple.Ces conditions ont aussi un impact sur le désir et sur les relations amoureuses.Ça peut impliquer des défis personnels, mais aussi relationnels.D\u2019où l\u2019importance d\u2019en parler.La douance, par exemple, est un état qui implique souvent une hypersensibilité au toucher, au bruit, aux odeurs, qui va avoir un impact concret dans les rapports sexuels.On pourrait aussi penser à la santé mentale, aux troubles dépressifs par exemple, qui affectent le rapport à soi, le désir et les relations.16 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 Mais si on s\u2019affirme tous dans notre diversité, en insistant chacun sur nos particularismes, n\u2019est-on pas en train de diluer le social dans « l\u2019affirmation du moi » dont tu parlais au début de cette entrevue ?Je ne crois pas.En fait j\u2019ai l\u2019impression que si on se ramenait plus à soi, si on avait la place nécessaire pour affirmer qui on est, on aurait peut-être des relations plus sincères et moins utilitaires avec les gens.En fait, je pense qu\u2019il est difficile de penser le collectif si on n\u2019a pas un minimum d\u2019amour de soi.Par ailleurs, je ne pense pas que donner plus d\u2019espaces à d\u2019autres réalités revient à mettre dans l\u2019ombre certaines personnes.En encourageant les femmes, les personnes LGBTQIA+, les unions polyamoureuses et d\u2019autres à prendre la parole s\u2019ils le souhaitent, d\u2019après moi on accroît le bien-être et la compréhension mutuelle.17 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA PHOTO :?ANNIE?SPRATT?(UNSPLASH) Annie, camelot à la Bibliothèque Jacques-Ferron à Longueuil change de sexe.Désormais, vous allez pouvoir l\u2019appeler Yannick.D\u2019ici quelques semaines, elle/il verra son corps transformé, et avec cette transformation viendra sans doute, de la part de ses proches et de ses clients, de nombreuses questions.C\u2019est normal  : la réassignation de sexe, ce n\u2019est pas quelque chose que nous connaissons bien.Alors, que faut-il savoir ?Nous avons interrogé Annie/Yannick.Qu\u2019est-ce qui t\u2019as poussé à sauter le pas ?Y a-t-il eu un élément déclencheur ?La question qui revient le plus souvent c\u2019est : « pourquoi à 45 ans ?» Honnêtement, personne n\u2019est tombé en bas de sa chaise quand j\u2019ai annoncé que j\u2019entreprenais une transition de réassignation de sexe.Cependant, ils étaient surtout surpris que j\u2019aie attendu aussi longtemps.Dans les faits, au printemps dernier, je suis allé en thérapie à cause d\u2019une dépression qui s\u2019aggravait.C\u2019était un peu ça l\u2019élément déclencheur.Là-bas, j\u2019ai pris conscience que j\u2019avais éliminé les « autres raisons » qui me faisaient ressentir ce mal de vivre et qu\u2019il restait, en fait, juste cette question-là.Changement Les questions qu\u2019on se pose tous ANNIE/YANNICK, ACCOMPAGNÉ(E) PAR CAMILLE TESTE NDLR  Annie étant en passe de devenir Yannick, ses réponses ont été rapportées au masculin.PHOTO :?MILTON?FERNANDES Faut-il parler de transformation ou transition ?Dans les premiers mois, j\u2019ai utilisé le terme « transformation ».À quelques reprises, dans la communauté trans, on m\u2019a invité à utiliser le terme « transition ».Je précise qu\u2019ici je ne donne pas le point de vue de la communauté trans, mais le mien.Je crois que lorsqu\u2019on parle de « transfo », c\u2019est qu\u2019on se concentre sur l\u2019aspect physique.À l\u2019inverse, lorsqu\u2019on parle de « transition », on englobe l\u2019ensemble des étapes et des sphères qu\u2019un processus de réassignation de genre comporte.Pour moi, dans les prochaines années, c\u2019est un peu comme si j\u2019allais vivre une seconde période d\u2019adolescence qui va me permettre de corriger la situation.Car dans les faits, l\u2019adolescence est une période de « transition », un intervalle de temps ou la principale « transformation » observée est l\u2019apparition des caractères sexuels secondaires.C\u2019est comme ça que je vois ma situation : c\u2019est une période de « transition » qui va comporter plusieurs moments de « transformation ».Mais tout comme pour l\u2019adolescence, ça ne peut pas être réduit qu\u2019aux changements physiques, c\u2019est plus complexe : je vais consolider mon identité, redéfinir mes rôles sociaux, etc.Pour le moment, je me rends compte que je parle de « transfo » quand je cède à mon impatience vis-à-vis des changements que va vivre mon corps .et de « transition » quand je vis quelque chose de plus global.Est-ce que tu vas changer de prénom ?Oui, et comme c\u2019est ma sœur qui avait choisi mon nom féminin à la naissance, c\u2019est à elle que j\u2019ai donné la tâche de choisir mon nom de gars.Elle a arrêté sa décision sur Yannick.Alors est-ce qu\u2019on doit commencer à t\u2019appeler Yannick ?Est-ce qu\u2019on doit dès maintenant te parler au masculin ?À l\u2019impossible, nul n\u2019est tenu ! Les gens me connaissent depuis 10, 30 ou 45 ans dans un corps et avec un prénom féminin.Je ne m\u2019attends pas à ce que tout le monde s\u2019adapte demain : l\u2019environnement aussi « transitionne ».Bien sûr, c\u2019est mon point de vue, je sais que certaines personnes trans sont plus intransigeantes sur la question.En tout cas je crois que ça va être plus facile quand je n\u2019aurai plus de seins et une barbe.Jusqu\u2019à présent, les gens autour de moi font beaucoup d\u2019efforts et font preuve de beaucoup de respect.Certains commencent à m\u2019appeler « Annick » : je mets une étoile dans leur cahier pour l\u2019effort ! Est-ce que tu vas toujours être homosexuel(le) ?C\u2019est compliqué de répondre à cette question.Pas parce que ça va changer, mais parce que je me demande à partir de quoi on se définit.Le sexe assigné à la naissance ou celui qu\u2019on a dans sa tête ?Ça serait plus simple de dire que je crois que je vais encore être attiré par les femmes.Faut-il avoir recours à une chirurgie pour être considéré comme transgenre ?Le mot trans est un terme parapluie qui inclut toute personne dont le genre ne correspond pas au sexe qui lui a été assigné à la naissance.Donc une personne est transgenre avant la chirurgie.Pour ce qui concerne le changement de la mention légale du sexe auprès de la Direction de l\u2019état civil, les chirurgies ne sont plus nécessaires depuis peu pour avoir le droit de le faire.Ce changement de sexe nécessite tout de même de fournir des déclarations assermentées, faites par le demandeur et par une autre personne qui le connaît depuis au moins un an.C\u2019est une façon d\u2019attester du sérieux de la démarche.Il n\u2019y a pas si longtemps, c\u2019était le chirurgien qui faisait la réassi- gnation de sexe.Il signait le formulaire pour le changement de l\u2019état civil.C\u2019est bon de nommer que les choses évoluent.Le processus chirurgical de réassignation de genre coûte-t-il cher ?Est-ce le même prix pour les femmes trans et les hommes trans ?Ici au Québec, c\u2019est plus cher pour les femmes trans (qui passent du sexe masculin au sexe féminin) que pour les hommes trans (qui passent du sexe féminin au sexe masculin).Pour ce qui est de la chirurgie, les deux chirurgies qui touchent aux organes génitaux sont couvertes par l\u2019assurance.En revanche, la chirurgie de masculinisation du torse pour l\u2019homme trans est couverte alors que la mammoplastie de la femme trans ne l\u2019est pas.Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences de coûts.Concernant les caractéristiques sexuelles secondaires, il faut savoir qu\u2019il est plus facile de faire pousser du poil que de les éliminer ! Mais il y a aussi toute une industrie de l\u2019esthétique destinée aux femmes qui peut expliquer certains coûts.Par exemple, comme il y a beaucoup de femmes qui se font refaire les seins, ce n\u2019est pas considéré comme un acte purement médical mais plutôt comme un acte esthétique, donc c\u2019est peu remboursé.19 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA As-tu l\u2019intention de l\u2019annoncer à tes clients ?J\u2019aurais l\u2019air fou de dire non avec la parution de cette entrevue ! Mon absence sur mon spot de vente au printemps à cause de la thérapie a déjà suscité plein de questions, alors j\u2019ai décidé de commencer à en parler avec des clients réguliers.J\u2019aime mieux préparer les gens aux changements.Est-ce que tu parles facilement de ta situation ?Est-ce que tes clients peuvent te poser des questions ?J\u2019en parle quand même assez facilement.J\u2019ai travaillé fort sur l\u2019acceptation, la décision et la tolérance en thérapie.Ça m\u2019aide.J\u2019aime les questions, ça me fait réfléchir et ça me permet d\u2019alimenter le blogue que j\u2019ai créé aussi, même si je ne possède pas toutes les réponses, Tu as lancé un blogue yan1541.blogspot.com sur la question, pourquoi ?C\u2019est vrai que c\u2019est étrange, moi qui refuse les entrevues et les photos de me lancer comme ça sur la place publique à propos d\u2019un sujet si sensible.Au départ, j\u2019ai créé le blogue pour éviter de me répéter en permanence et pour tenir mon réseau informé.D\u2019ailleurs, je crois que je devrais rendre le blogue plus accessible et mieux communiquer dessus, car il peut être utile.En effet, il y a peu d\u2019informations en français sur le sujet, et lorsque c\u2019est en français, c\u2019est souvent du contenu européen.Par ailleurs, il y a encore moins de sources d\u2019informations lorsqu\u2019on aborde une transition du sexe féminin au sexe masculin.Est-ce que tu as hâte de vivre dans cette société en tant qu\u2019homme ?C\u2019est toute une question ! J\u2019ai hâte de vivre en tant qu\u2019homme, de trouver une cohérence entre mon cœur, ma tête et mon corps.J\u2019ai hâte de consolider mon identité masculine.Maintenant, vivre « dans cette société » est une autre question.Je vais devoir définir mon rôle d\u2019homme dans une société où même l\u2019homme cisgenre est en train de se chercher.Est-ce que tu vas pouvoir avoir des relations sexuelles après ta chirurgie ?Pour l\u2019instant je ne le sais pas.Honnêtement, pour l\u2019instant la sexualité après chirurgie n\u2019est pas ma plus grande préoccupation.En théorie, si tout se passe bien et que je vais au bout du processus, je pourrai avoir un pénis, faire pipi debout, et avoir des rapports sexuels avec pénétration, des zones érogènes et des orgasmes.Maintenant pour y avoir accès, il faut faire trois chirurgies et y accéder dépend de nombreux facteurs, financiers et de santé.Par exemple, il y a l\u2019hormonothérapie.Il faut aussi faire une épilation permanente de la zone de mon corps qui va être prélevée pour la construction du pénis.Or, si la chirurgie est remboursable, le laser et l\u2019électrolyse requis pour cette procédure ne le sont pas.Autre exemple, il va aussi me falloir une lettre d\u2019un sexologue ou d\u2019un psychologue qui ont fait la formation trans.Ça aussi ça va me coûter de l\u2019argent.Je vais aussi devoir cesser de fumer, c\u2019est obligatoire.D\u2019après toi, est-il plus dur psychologiquement de passer de femme à homme ou d\u2019homme à femme ?C\u2019est difficile de faire des généralités dans le monde trans, surtout pour donner une opinion sur la souffrance psychologique.Ma perception, c\u2019est que socialement il est plus simple de faire une transition de femme à homme.Le jugement est plus dur sur les hommes qui deviennent des femmes comme si, pour certains hommes cisgenre, c\u2019était une trahison.Dans le cas contraire, il y aura toujours quelques mâles alpha qui se sentiront menacés par ces femmes devenues hommes, mais pour l\u2019ensemble ça passe mieux.« Honnêtement, pour l\u2019instant la sexualité après chirurgie n\u2019est pas ma plus grande préoccupation. » 20 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 Peut-on s\u2019aimer dans la rue ?Quand nous avons posé la question à Jason et Brendan, deux jeunes de rues montréalais, ils nous ont regardés, interloqués : « Pourquoi ne pourrait-on pas ? » « Bien sûr que l\u2019amour existe ici.J\u2019ai vu des couples qui tombent amoureux dans la rue comme dans n\u2019 importe quelle autre relation, souffle Brendan, un jeune homme qui parle avec une grande douceur.Les gens qui vivent dans ces conditions font face à des montagnes de problèmes, j\u2019 imagine que ça rapproche.Ce n\u2019est pas la vie la plus facile, mais il y a de l\u2019amour dedans.» Avec les Squeegees L\u2019entrevue s\u2019est déroulée en anglais.REPORTAGE PAR CAMILLE TESTE PHOTOS MIKAËL THEIMER À 27 ans, Brendan appartient à un groupe emblématique de Montréal : les Squeegee Punks.Composé d\u2019une vingtaine de personnes, le groupe doit sa dénomination à l\u2019anglais squeegee, un terme qui évoque la petite raclette avec laquelle ils lavent les pare- brises des automobilistes, en échange de quelques sous.Ce jour-là, nous en retrouvons plusieurs au croisement du boulevard Saint-Laurent et de l\u2019avenue des Pins.Jason et Brendan acceptent de nous parler, les autres préfèrent travailler.À 15 heures, il y a du trafic sur le boulevard, donc pas question de chômer.À chaque fois que le feu passe au rouge, les Squeegees se fraient un chemin entre les voitures et sélectionnent un parebrise.Ils le lavent avant, demandent l\u2019autorisation après.Certains automobilistes les laissent faire.D\u2019autres s\u2019énervent.Le propriétaire d\u2019une Toyota sort même de sa voiture, excédé.Le responsable est hilare, il a l\u2019habitude et puis, la provoc\u2019, il a plutôt l\u2019air d\u2019aimer ça.Sobre par amour Assis sur un banc, Jason et Brendan observent leurs camarades, amusés.Depuis quelques mois, Brendan ne consomme plus de drogues.« Je bois toujours, confie-t-il.Mais ce n\u2019est rien, comparé à avant.Je ne me shoot plus.Et puis, je ne vis plus dans la rue.» Si le jeune homme est sorti de ses dépendances, c\u2019est grâce à sa compagne, avec qui il s\u2019est mis en couple il y a un an.« Elle m\u2019a ramené à la vie.Si ce n\u2019était pas pour elle, je me shooterais encore tous les jours », affirme-t-il.Ensemble, ils ont un logement en dehors de la ville.Lui vient ici chaque jour, mais ce n\u2019est plus comme avant.« La relation que nous avons ensemble, c\u2019est spécial.On marche dans la rue, on se tient la main.Comme des gens normaux, sourit-il.Elle est un peu plus responsable que moi : elle va à l\u2019université.Mais elle accepte ce que je fais.Elle voit que je fais de mon mieux pour évoluer.La preuve, j\u2019ai passé un entretien d\u2019embauche aujourd\u2019hui même ! » Presque trentenaire, Brendan a l\u2019air sincère.Il avoue qu\u2019à part quelques écarts, il est plutôt du genre à rechercher une relation sérieuse : « c\u2019est parce que je vieillis ».D\u2019ailleurs, il croit que l\u2019amour peut durer toujours.Cette confession fait marrer Jason, 44 ans et des yeux clairs.« Moi j\u2019ai déjà été marié.J\u2019ai divorcé il y a une dizaine d\u2019années.Je suis un peu réticent à m\u2019engager maintenant, raconte-t-il.Et puis honnêtement, aujourd\u2019hui, je ne connais personne qui reste en couple avec la même personne plus de sept ans.C\u2019est peut-être parce que tout s\u2019est accéléré, y compris l\u2019amour.» Famille de rue En dehors de sa raclette et d\u2019un peu de bière stockée dans une bouteille en plastique, Jason n\u2019a pas franchement l\u2019air d\u2019un Squeegee.Ses gestes sont maniérés, contrôlés.Contrairement à ses pairs, ses vêtements sont d\u2019une relative sobriété.Pourtant, l\u2019homme, qui se définit comme un « punk de la vieille école », a passé presque la moitié de sa vie dans les rues.22 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 Du fait de leur différence d\u2019âge, Brendan considère Jason comme une sorte de père.« Parce qu\u2019 il ne me laisse pas me mettre dans des situations stupides », dit-il.Tous deux sont très affectueux l\u2019un envers l\u2019autre.Une nécessité pour Jason.« Les gens ne vivent pas longtemps dans la rue.La plupart durent cinq ans, pas plus.Quatre-vingt-dix-neuf pourcent de mes amis sont morts, dit-il de but en blanc.Parmi les Squeegees, on est plusieurs à ne plus avoir de famille.Alors on en a recréé une pour survivre.» « Oui, on passe beaucoup de temps ensemble, on s\u2019entraide, on s\u2019assure que tout le monde se lève le matin et reste en vie, ajoute Brendan.Et puis on partage tout.Si j\u2019achète un sandwich, Jason aura la moitié.C\u2019est ça l\u2019amour aussi, c\u2019est une forme de protection mutuelle.» Comment en sont-ils arrivés-là ?Difficile de le savoir.Ils restent très évasifs.Autour de nous, les passants sont distants.La plupart du temps, ils ignorent la présence du groupe.Certains les contournent, changent même de trottoir.Jason et Brendan ont l\u2019habitude, mais ne s\u2019en offusquent pas.Montréal, c\u2019est leur ville autant que celle de tous ces gens.En revanche, ce qui inquiète Jason, c\u2019est que l\u2019état de la rue empire dans l\u2019indifférence générale.« Les gens sont de plus en plus pauvres, de plus en plus seuls.Il y a de plus en plus de violence, de plus en plus de drogue.J\u2019ai l\u2019 impression d\u2019être le seul à voir que la classe moyenne est en train de disparaître.» Un corps pour une dose Selon lui, les premières victimes des horreurs de la rue, ce sont les femmes.« C\u2019est sûr que c\u2019est vraiment dangereux pour elles.C\u2019est souvent pour ça qu\u2019on voit des duos dans la rue : le couple, pour une femme, ça peut être une manière de se protéger.» Parmi les menaces qui planent sur les femmes de la rue, il y a la prostitution.« Quand je lave des parebrises dans la rue avec une fille, au moins une fois par jour un automobiliste va la solliciter pour coucher avec elle, affirme Brendan.Ces hommes-là, ça pourraient être n\u2019 importe qui : des pères de famille, des hommes âgés, des jeunes.» Bien sûr, toutes les femmes ne cèdent pas.Dans la bande de Brendan et Jason, certaines se contentent de jouer de la guitare et de laver des vitres pour survivre.« Mais en même temps, il faut comprendre celles qui le font : en lustrant des parebrises, si tu as de la chance, tu peux faire 100 $ en une journée.En te prostituant, tu vas gagner ces 100 $ en 10 minutes, indique Jason.Or, les filles des rues sont souvent accros à la drogue, alors, pour payer leur dose, elles font des choses qu\u2019elles ne feraient pas d\u2019habitude.» Pour ce quarantenaire, les filles ignorent souvent les risques qu\u2019elles prennent.« Ce que certaines ne comprennent pas, c\u2019est que quand tu montes dans la voiture d\u2019un gars, ça peut devenir vraiment dangereux.Et franchement, quand tu vis dans la rue, tout le monde s\u2019en fout de toi.Si tu disparais, on ne va pas venir te chercher.» L\u2019hiver dernier, Jason sortait avec une fille qui se droguait beaucoup.Un jour, il a découvert qu\u2019elle se prostituait pour payer sa dose.« Quand je m\u2019en suis rendu compte, je l\u2019ai quitté.Je suis peut-être old-fashionned, mais je ne suis pas très branché polygamie.» Depuis, il dit se tenir éloigné des filles de la rue.« Ça peut paraître bizarre, sachant que je suis sous méthadone et que je suis un Squeegee, mais j\u2019essaye de me trouver des filles sérieuses.» D\u2019ailleurs, selon lui, la drogue n\u2019empêche pas de tomber amoureux, bien au contraire.« Quand tu es vraiment accro aux opioïdes, tu n\u2019as plus beaucoup de désir sexuel.Donc ce qu\u2019 il te reste, c\u2019est l\u2019amour, un amour platonique.J\u2019ai vu des gens qui ne pouvaient plus faire l\u2019amour mais qui s\u2019aimaient comme des fous.» 23 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA L\u2019excitation de la rue Justement, qu\u2019en est-il du sexe, quand on fréquente les rues ?Le thème lancé, Jason et Brendan rigolent.« Pour le sexe, il y a toujours des petites allées où c\u2019est possible.Parfois, une personne va passer, mais tu essayes de ne pas y faire attention, s\u2019amuse Brendan.Et puis, ça peut être excitant, il y a des gens qui aiment le faire en public.Moi, pour être honnête, je m\u2019en fous, je trouve que ça met un peu de piquant.» Jason nuance : « Après, tu ne fais pas ça dans un quartier où il y a des enfants, en pleine journée.On ne veut pas non plus choquer.Et puis tu mets une couverture sur toi, ou tu fais ça tard le soir, quand il n\u2019y a pas grand monde dans les rues.» Question protection, les deux amis affirment être consciencieux.« Je suis super sérieux à propos du préservatif, souligne Jason.Là, j\u2019en ai cinq dans ma poche.Il y a tellement de maladies aujourd\u2019hui.Surtout ici.Les gens de la rue ne sont pas les gens les plus clean de la terre.» Il se tourne vers Brendan comme un père s\u2019assurant que son fils a retenu quelques leçons en matière d\u2019éducation sexuelle.« Toi maintenant, tu es en couple, tu es fidèle, tu sais que tu n\u2019as pas le sida ?» « Oui, je fais souvent des tests sanguins à ma clinique de méthadone », répond le jeune homme.Au bout d\u2019une demi-heure, quelques gestes d\u2019impatience se font sentir.Il est temps de retourner au travail.Brendan s\u2019attarde quelques secondes.« Vous savez, l\u2019amour ça peut changer quelqu\u2019un.Moi ça m\u2019a donné envie de continuer.Pour le moment en tout cas.Et pas que l\u2019amour charnel, l\u2019amour fraternel aussi.L\u2019amitié quoi.» Cette après-midi-là, dans la bande des Squeegees, une jeune fille, plus distante, préfèrera ne pas nous parler.Une bière à la main, elle précise : « Je viens de me lever.Revenez une autre fois.» Mikaël Theimer  arpente depuis 2014 les rues de Montréal à la recherche de visages et d\u2019histoires à partager.Ses projets l\u2019ont mené sur les tarmacs en partance pour le Groenland, l\u2019ont fait rencontrer artistes, passants, enfants, anonymes et ministres, lui ont permis de témoigner des difficultés des individus et de leurs accomplissements, le tout à travers le kaléidoscope de ses lentilles.Les Montréalaises et Montréalais ont fait l\u2019objet de deux livres préalablement publiés, Aime comme Montréal et Portraits de Montréal.Montréal Safari est le témoignage des fragments de vie captés par l\u2019objectif de Mikaël.24 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 PHOTO :?DARWIN?DOLEYRES Nous étions au lycée.Une trentaine d\u2019élèves s\u2019arrachaient les cheveux et remuaient leurs méninges pour s\u2019en sortir avec les équations à plusieurs inconnues, les intégrales, les fréquences et je ne sais pas quoi d\u2019autre ! Les sciences, c\u2019est du sérieux.Pour preuve, je ne me rappelle que de ces appellations abstraites, relatives à l\u2019algèbre et à l\u2019arithmétique.À cette époque, la séparation entre les filles et les garçons était hermétique, sans appel.Certes, nous avions quatre filles comme collègues, mais nous ne nous échangions mot.C\u2019était dans nos têtes.Les moyens de « s\u2019offrir des blondes » De toute façon, cela n\u2019a plus d\u2019importance.Ce n\u2019est pas notre sujet.Nous étions nonchalants et négligents à l\u2019égard des matières non scientifiques : français, anglais, éducation islamique.Néanmoins, nous nous intéressions à nos profs.En réalité, nous les envions et nous les épions, car ils avaient les moyens de « s\u2019offrir des blondes ».En ce sens, c\u2019est celui qui nous enseignait l\u2019anglais qui nous intriguait le plus.Discret, amer, solitaire.vieux célibataire.Des ombres se déployaient sur son existence.Certains commérages lui prêtaient même des aventures avec d\u2019anciennes élèves.Cela aiguisait notre curiosité et même notre rancune.Eh bien, nous avons creusé pour en avoir le cœur net.Nous n\u2019aurions pas dû ! Abdel, appelons-le ainsi, était dans la trentaine bien entamée, célibataire et sans liaison connue.Pourtant, un élément pénible traumatisant sa vie.Le malheureux avait payé cher la folie des autres ! Au pays de Shakespeare Dans ces années-là, le ministère de l\u2019Éducation nationale du Maroc avait l\u2019habitude d\u2019envoyer des profs d\u2019anglais en Angleterre.Ces derniers devaient y opérer une immersion et perfectionner leur langue de Shakespeare.Abdel figurait parmi eux.De son côté, le Japon prenait aussi la même initiative.En ce qui nous concerne, il s\u2019agissait d\u2019une jeune enseignante ! Le séminaire réunissant des anglophiles de partout, était une occasion unique pour se rencontrer, tisser des liens, aimer.La Japonaise s\u2019est éprise d\u2019Abdel.Elle croyait avoir trouvé l\u2019amour de sa vie d\u2019ici-bas et de l\u2019au-delà.Ne l\u2019oublions pas la réincarnation est un concept cher aux Asiatiques.L\u2019irréparable arriva Hélas, le séminaire ne pouvait durer l\u2019éternité.Ce fut bientôt les départs et les adieux.Cela a été normal, ordinaire, banal.Mais ce ne fut pas ainsi pour la Nipponne.Elle est fille prodigue des samouraïs, de harakiris et des kamikazes ! Surtout ne l\u2019omettons pas ! Et l\u2019irréparable arriva.Elle s\u2019est enlevée la vie ! Pauvre Abdel, il se croyait responsable de la tragédie.Il se culpabilisait ! Il ne voulait pas se pardonner ! Il en est sorti traumatisé, métamorphosé, anéanti.Pardonne-nous Abdel.Nous comprenons maintenant tes silences, ton amertume, ta misanthropie.Nous comprenons plus que jamais que d\u2019un tel drame, un homme ne sortira jamais indemne.25 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA PAR MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT (Hara-kiri amoureux) CHRONIQUE Nudité en plein air C\u2019est pas un sujet tabou.J\u2019ai été invité à plusieurs reprises dans un camp de nudistes.J\u2019avais des amis qui allaient dans un camp à Rawdon.J\u2019avais 18-19 ans.Dans les premiers temps, je trouvais ça dur de voir une femme sans sauter dessus.Elles étaient aguichantes.Je devais me cacher avec ma guitare ! (rire) Des fois, c\u2019était pas chaud.D\u2019autres fois, le soleil tapait fort.À la fin, j\u2019étais habitué.Tes mentalités changent.J\u2019ai rendu service à des femmes.Je couchais dans le même lit, mais j\u2019ai rien fait par respect.C\u2019était des itinérantes.C\u2019était pour les protéger.Même avec une lesbienne.Elle me l\u2019a avoué.C\u2019est tu vrai, c\u2019est tu pas vrai ?Une belle femme à part de ça.BENOÎT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY On en parle trop aujourd\u2019hui Pas tout le temps.C\u2019est pas à n\u2019importe qui qu\u2019on peut en parler.On en parle couramment dans le magazine.Je vendais le magazine sur le sida et on m\u2019a dit qu\u2019on était tanné d\u2019en entendre parler.Même si on en parle, ça change rien.Ils le savent.Les gens continuent à faire à leur tête.Je dis ce que les gens me disent.C\u2019était des pères et des mères de famille, pis des personnes âgées.Moi, je pense qu\u2019on devrait en parler moins.Moé aussi je suis au courant.Il faut se protéger et pas coucher avec n\u2019importe qui.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMPS-DE-MARS C\u2019était plus facile avant J\u2019aime le sexe.J\u2019aime surtout les belles femmes sexy.C\u2019était peut-être plus facile avant.C\u2019est plus compliqué aujourd\u2019hui, avec les controverses, comme celle de Gilbert Rozon.Quand je cruise une fille, ça peut m\u2019inquiéter.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE Parlez-en ! Oui, parce que comparativement à il y a 20-30 ans, les gens sont plus ouverts.Moé, ce que j\u2019ai remarqué, ça commence toujours par des blagues.Tu peux pas aborder ça avec n\u2019importe qui.À un moment donné, je vendais L\u2019Itinéraire, une vieille dame m\u2019a demandé si on y parlait de sexualité.Je lui ai dit : « Oui, à la page 69 ! ».Elle est partie à rire, car le magazine n\u2019a que 48 pages.On en parle dans les écoles et dans les médias.Et, ça se protège aussi.Si y a un problème avec votre partenaire, parlez-en tout de suite.Sinon, y a plein de places pour ça.Laisse pas la plaie s\u2019empoisonner, c\u2019est aussi pire qu\u2019une vraie blessure.Pis, à un moment donné, c\u2019est un divorce si t\u2019en parles pas.Apprends à te connaître et va chercher des repères avant que le mal t\u2019envahisse.Avant de tomber dans des problèmes sérieux.MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE Des points d\u2019exclamation dans les yeux C\u2019est sûr que je crois que oui, c\u2019est facile.Dans un certain numéro, on a parlé de sexualité avec les gais.Je me suis aperçu que le monde avait beaucoup de préjugés parce qu\u2019ils se retournaient carrément la tête quand ils voyaient le journal.Ça se vendait mieux avec les femmes parce que la devanture était avec un homme sexy torse nu.C\u2019est dans le style du David de Michel-Ange.Moé, je ne parle pas beaucoup de sexualité avec le sexe opposé.J\u2019essaie de faire connaissance avant.Le monde est ben ouvert aujourd\u2019hui pour parler de sexualité dans les médias et un peu partout.Même les grand-mères ont les yeux ben gros ouverts quand on en parle et des points d\u2019exclamation quand on va trop loin.C\u2019est plus cocasse qu\u2019autre chose.ALAIN PERRIER CAMELOT MÉTRO BONANVENTURE L\u2019amitié entre homme et femme Absolument ! C\u2019est facile avec les personnes concernées.Ce qui me rend mal à l\u2019aise de nos jours, quand on dit à une dame qu\u2019elle est belle ou jolie, c\u2019est une chance à prendre.Car, certaines d\u2019entre elles ont de chastes oreilles et elles sont facilement offensables.Selon moi, toute relation entre homme et femme est sexuée, l\u2019a toujours été et le sera toujours.Ma meilleure amie est une femme, beaucoup plus jeune, et je ne m\u2019autorise pas à aller sur ce terrain-là avec elle : parce qu\u2019elle est plus jeune et parce que c\u2019est mon amie.Mais, je l\u2019aime d\u2019amour et elle aussi.ROBERT MONDAT CAMELOT IGA WELLINGTON DANS LA TÊTE DES CAMELOTS L\u2019humour grivois Moi, je n\u2019ai pas problème avec ça.Je le fais en blague, en sachant que ça peut être pris au sérieux.C\u2019est juste une facette.Tu respectes la personne.Je ne vois pas pourquoi ce serait tabou.Mes clients m\u2019en parlent régulièrement.« As-tu une blonde ?Pourquoi L\u2019Itinéraire ne publie pas des textes érotiques ?Pourquoi toi, tu n\u2019en publies pas ?» Nos lecteurs sont ouverts.L\u2019Itinéraire touche tous les sujets.On n\u2019est plus dans les années 30-40.C\u2019est plus péché.La société évolue.La mentalité des gens n\u2019est plus pareille.TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA L\u2019amour sur facebook Moé, j\u2019aime pas parler de ça.Même sur mon Facebook, quand les gars m\u2019en parlent, je dis non.J\u2019ai pas de copains, donc ça doit pas aider.J\u2019ai été mariée, mais ça pas marché, parce qu\u2019il buvait beaucoup.Après j\u2019ai rencontré d\u2019autres gars, pis ça marchait pas.J\u2019essaie d\u2019en trouver d\u2019autres, mais c\u2019est des gars de France qui tombent en amour, pis après une couple de mois, ils te demandent de l\u2019argent.DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE Le sexe dans la rue J\u2019ai pas de problèmes à parler de sexe avec quelqu\u2019un sur la rue, mais ça dépend quelle rue ! (rires) Je trouve que c\u2019est un sujet facile à aborder, mais le sexe en 2018, c\u2019est dangereux.Je demanderais un test sanguin avant d\u2019avoir une relation avec quelqu\u2019un.On parle pas vraiment de sexe entre camelots.Si j\u2019avais un enfant, j\u2019en parlerais avec lui vers 14-15 ans, pas avant.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO, SAINT-HUBERT/BOUCHER PHOTO :?CHARLES?DELUVIO?(UNSPLASH) Est-il facile de parler de PARCE QUE CHAQUE MOIS C'EST NON = rd Nn Sindhu RizGLE [ AVEC OPUS A LANNEE © Paiements automatiques mensuels © Une carte toujours prête a utiliser © Désabonnement facile en tout temps stm.info/1mois Certaines conditions s'appliquent MOBILITE ce, Québec MONTREAL S tm ARIM Quand j\u2019étais marin, je naviguais sur l\u2019océan vaste et profond qui se confondait avec l\u2019horizon.Parcourant le monde, j\u2019affrontais de grands dangers et j\u2019étais souvent très fatigué.Il m\u2019est arrivé plusieurs fois d\u2019éviter la noyade, quand l\u2019eau envahissait mon bateau alors que d\u2019effrayantes tempêtes faisaient rage.Un jour, j\u2019ai décidé de hisser les voiles pour découvrir une autre mer, différente de toutes les mers sur lesquelles j\u2019avais navigué.Mon désir de savoir quelle distance je pouvais atteindre était irrésistible au point que j\u2019avais oublié tous les risques que je pouvais courir.Ce fut un moment merveilleux lorsque j\u2019ai hissé les voiles et levé l\u2019ancre de mon bateau.J\u2019étais prêt à naviguer seul, indifférent aux dangers qui pourraient me menacer.Le bleu de l\u2019eau ressemblait au bleu de la Méditerranée, aussi large et aussi calme.Le vent poussait les voiles de mon bateau si loin du rivage que je ne pouvais plus le voir.Je ne savais ni quelle distance ni quelle direction avait pris mon bateau, ni le temps écoulé depuis mon départ.Mais tout à coup, le bateau a commencé à virer sur place au milieu de la mer.Je me sentais nauséeux et effrayé à la fois.Je réalisais que je ne savais pas bien nager.J\u2019ai crié que je voulais me sortir de cette mer.Soudainement, je me suis réveillé en sueurs, effrayé.Ce n\u2019était qu\u2019un rêve étrange.Je me suis souvenu des détails de ce rêve quand j\u2019ai croisé Nadine le lendemain.J\u2019ai regardé dans ses beaux yeux bleus et j\u2019y ai vu la pureté et la profondeur de la mer.Je lui ai raconté mon rêve et je lui ai dit que j\u2019étais plus expérimenté en navigation après avoir navigué dans ses yeux.Elle m\u2019a souri.Les fleurs J\u2019ai croisé de belles fleurs dans un parc de la ville, en allant de chez moi à la station de métro.Certaines fleurs résistent encore aux premiers gels de l\u2019automne en se parant de belles couleurs.Et elles sont toujours parfumées, bien qu\u2019elles sachent qu\u2019elles mourront dans quelques jours, quand le gel et le froid deviendront insupportables.J\u2019ai entendu une conversation entre deux fleurs, l\u2019une disant à l\u2019autre : « Si tu sais que tu vas mourir dans quelques jours, pourquoi donnes-tu encore de belles couleurs et une odeur magnifique ?» « Donner, répondit l\u2019autre, c\u2019est la vie pour moi.Mais la mort, je m\u2019en fous.Car après ma mort, une autre génération de ma semence va pousser au printemps pour compléter le cycle de la vie.» Les arbres À Montréal en automne, les arbres composent un tableau artistique merveilleux où les feuilles apparaissent en rouge, pourpre, jaune, vert et orange.Malheureusement, cela ne durera pas très longtemps car l\u2019hiver viendra avec les tempêtes et la neige.Tomberont ainsi toutes ces belles feuilles qui vont se fondre dans le ventre de la terre.Ces arbres ressemblent à des gens d\u2019un certain âge en pleine maturité et au seuil de la vieillesse, quand les cheveux gris envahissent leurs têtes.L\u2019expérience de la vie et l\u2019humilité colorent leur personnalité dont la vanité diminue.En conséquence, ils sont plus beaux à l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019époque de leur jeunesse.J\u2019ai entendu une conversation à voix basse entre deux arbres : « Notre beauté ne durera pas très longtemps.Bientôt le vent et le gel vont faire tomber toutes nos feuilles et nos branches deviendront complètement nues.» « Je sais tout cela, dit l\u2019autre.Mais je sais aussi que le printemps restera dans mon cœur.Il touchera mes branches avec sa magie pour faire germer une génération de nouvelles feuilles vertes qui brilleront sous le soleil.Et le cycle de la vie continuera.» Je suis le marin 29 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY PENSÉES ILLUSTRATION :?ARTURALIEV?(123RF) Cette année encore, le nombre de nuitées offertes par les ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence pour hommes a connu une vive augmentation.Pour leur part, les ressources d\u2019hébergement pour femmes ont dû opérer en surcapacité, alors que plusieurs d\u2019entre elles sont régulièrement contraintes d\u2019effectuer des refus, faute de place.Cet hiver, où en serons-nous exactement ?Des mesures d\u2019urgence nécessaires Depuis plusieurs années, diverses mesures hivernales exceptionnelles sont mises en place par les partenaires régionaux de la lutte à l\u2019itinérance de Montréal.Des lits supplémentaires sont ainsi ajoutés dans un certain nombre de ressources d\u2019hébergement, tant pour hommes que pour femmes.Une halte chaleur, ouverte à tous les soirs du 1er décembre au 1er avril est également en opération afin de permettre à toute personne qui ne pourrait ou ne voudrait fréquenter un refuge, de trouver un répit et un peu de chaleur le temps d\u2019une nuit.Le manque de places dans les ressources d\u2019hébergement pour femmes de Montréal et les refus que ces ressources ont eu à effectuer cet été laissent planer certaines inquiétudes par rapport à la suffisance des mesures hivernales d\u2019urgence prévues cette année.Comme le souligne le plan d\u2019action montréalais en itinérance, l\u2019itinérance est un phénomène qui se vit dans un nombre grandissant de quartiers à Montréal.Des actions doivent ainsi continuer de se développer afin de mieux soutenir les personnes qui vivent des situations d\u2019itinérance là où elles se trouvent.Des actions en prévention Les diverses actions déployées pour accueillir toutes les personnes qui se retrouvent en situation d\u2019itinérance sont importantes et doivent être maintenues.Les ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence jouent un rôle essentiel qui permet d\u2019abriter en toute sécurité plus d\u2019un millier de personnes à chaque nuit à Montréal.D\u2019autres initiatives en logement social continuent parallèlement de sortir des personnes de la rue de manière durable.Plusieurs ressources offrent en effet un soutien essentiel au succès du relogement des personnes.Avoir un toit est certes un bon début, le soutien communautaire permettant de s\u2019y maintenir de manière stable est tout aussi important.Des actions accrues doivent ainsi être déployées afin d\u2019assurer le succès du relogement des personnes par une combinaison d\u2019actions dont notamment le soutien psychosocial, la participation à un milieu de vie sain et l\u2019accès à divers parcours de réinsertion adaptées.Des efforts supplémentaires doivent parallèlement être déployés afin de lutter adéquatement contre l\u2019insalubrité des logements et des maisons de chambres dans une optique de prévention de l\u2019itiné- rance.Alors que plusieurs locataires de logements jugés insalubres ont une fois de plus eu à être évacués en urgence cet automne, il est temps de se doter des moyens qui permettront d\u2019éviter de jeter des personnes à la rue.Un meilleur support doit également être accordé aux groupes qui travaillent activement à prévenir l\u2019itinérance à Montréal.Que ce soit par l\u2019accompagnement en justice, en offrant des logements sociaux, en développant des initiatives de réinsertion, en donnant de l\u2019aide alimentaire ou par le travail de rue et de milieu, de nombreux organismes déploient des actions importantes qui permettent de réduire les risques d\u2019itinérance tout au long de l\u2019année.Afin de continuer à développer de meilleures réponses à la grande diversité des situations d\u2019itinérance, le RAPSIM participe à plusieurs démarches visant à mieux documenter le phénomène.Il est ainsi impliqué dans des démarches de documentation de l\u2019itinérance et des services qui sont offerts sur l\u2019ensemble du territoire de la Ville.En l\u2019attente de la publication d\u2019un nouveau Portrait national de l\u2019iti- nérance au Québec en 2020, le RAPSIM, la Ville de Montréal et d\u2019autres partenaires travailleront à la réalisation de plusieurs portraits de l\u2019itinérance par quartiers à Montréal.À terme, ces démarches alimenteront une meilleure connaissance des causes de l\u2019itinérance, et appuieront les efforts de réduction et de prévention de celle-ci.Itinérance : des dangers tout au long de l\u2019année  GUILLAUME LEGAULT - ORGANISATEUR COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 30 P H O T O   : ?R A P S I M MOT DU RAPSIM CHRONIQUE?PAYÉE P H O T O ?  : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Pendant 38 ans François Saillant et le FRAPRU ont été indissociables.Après avoir récemment passé le flambeau, l\u2019ancien coordinateur du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain signe Lutter pour un toit, douze batailles pour le logement au Québec, un essai qui retrace les grands jalons de cet enjeu au fil du temps.Son ouvrage, riche en détails pertinents, traite de 12 luttes qui se sont déroulées de l\u2019après-guerre jusqu\u2019à nos jours, dans plusieurs quartiers à Montréal, Québec, Hull, Châteauguay et Val-David.Ce militant dans l\u2019âme prêche l\u2019exemple, puisqu\u2019il habite lui-même une coopérative d\u2019habitation.Rencontre avec un activiste hors pair et plutôt volubile.Avant, le problème était visible et collectif.Maintenant, les batailles se déroulent beaucoup dans la vie privée : personne par personne, logement par logement.François Saillant PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE ENTREVUE Histoires et victoires d\u2019un précurseur François Saillant Lutter pour un toit Pourquoi avoir senti le besoin d\u2019écrire un livre ?D\u2019abord parce que j\u2019aime raconter des histoires.Mes anciens collègues du FRAPRU peuvent en témoigner.C\u2019est un ouvrage nécessaire pour les gens nouvellement impliqués dans la cause du logement.Aussi, je voulais expliquer comment le développement des villes au Québec s\u2019est fait au détriment des gens à plus faible revenu.Comment, également, les luttes populaires ont forcé les développeurs, les municipalités ou les autorités gouvernementales à modifier leurs plans.Dans le livre, il y a des victoires absolues, telles le projet de démolition de Milton Parc, qui était censé démolir 800 logements.Ils n\u2019en ont finalement rasé que 200.On a sauvé 600 logements, ce n\u2019est pas rien ! C\u2019est devenu le plus gros complexe de logements communautaires au Canada.Même les défaites les plus dures ont parfois des conséquences positives, comme la démolition des logements de la rue Saint-Norbert à Montréal.Cette lutte a beaucoup fait jaser et a eu des répercussions dans la Petite-Bourgogne, notamment où des logements ont pu être sauvés.Même les scénarios défaitistes apportent des leçons et des effets bénéfiques.Qu\u2019est-ce que le militantisme vous a apporté après 38 ans à la tête du FRAPRU ?Beaucoup de choses ! Le militantisme est une école où on apprend énormément sur la façon dont les politiques gouvernementales sont orchestrées.Les victoires auxquelles j\u2019ai participé m\u2019ont procuré du bonheur.À chaque fois que des logements sociaux, des coopératives d\u2019habitation ou des OSBL d\u2019habitation ouvrent leurs portes, c\u2019est une victoire.Un logement c\u2019est un ménage, une personne ou un sans-abri qui améliore son sort.C\u2019est une victoire aussi pour toutes les personnes qui vont leur succéder.Compte tenu du nombre de logements qui se sont construits depuis mon engagement avec le FRAPRU, je peux dire qu\u2019il y a beaucoup de victoires dont je suis satisfait.À la fin des années 1970, la ville de Châteauguay ne comptait pas un seul logement social.Aujourd\u2019hui, le logement social représente plus de 20 % du parc de logements locatifs.Quelle est l\u2019anecdote qui vous a le plus touché au fil des années ?Il y en a une que je trouve vraiment drôle ! Ça s\u2019est déroulé en 1993 dans le cadre de la lutte à Châteauguay où une occupation a eu lieu à la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement (SCHL).Nous devions la convaincre d\u2019acquérir et vendre des immeubles à des organismes sans but lucratif.Nous avons décidé d\u2019occuper les locaux.Soudain, nous entendons un bruit d\u2019enfer, une sonnerie très forte.Des gardiens de sécurité nous confirment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un exercice de feu et qu\u2019il faut évacuer les lieux.Nous avons négocié avec le service de sécurité.On est descendu puis remonté pour poursuivre l\u2019occupation ! Croyez-vous que la cause du droit au logement demeure méconnue ?Oui, c\u2019est très clair ! Pour beaucoup de gens, ce n\u2019est même pas un droit.Quand tu exiges des logements sociaux, un contrôle des loyers plus efficace ou tu revendiques des mesures contre la discrimination, c\u2019est comme réclamer des privilèges.Alors que cela ne l\u2019est pas.Pourtant, le logement est un droit qui est reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme.Il est aussi reconnu par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui a été signé par le Canada et endossé par le Québec.En revanche, il n\u2019y a aucune loi au Canada ni au Québec qui soutient le droit au logement*.La seule place où ça a été reconnu comme un droit, c\u2019est dans la politique sur l\u2019itinérance.Malheureusement, c\u2019est une politique, ce n\u2019est pas une loi fondamentale.Vingt ans pour sauver et réinventer Milton Parc Les usines Angus, ça a fait du train ! La rue Saint-Norbert est occupée En 1972, après quatre ans de bras de fer avec la compagnie Concordia Estates, le Comité de citoyens Milton Parc organise l\u2019occupation d\u2019un des immeubles de la rue Prince-Arthur voués à la démolition.Environ 850 logements étaient menacés.La lutte de Milton Parc a donné naissance au plus gros ensemble de logements communautaires et autogérés de tout le Canada.C\u2019était la première fois qu\u2019une communauté locale entreprenait de contester un projet immobilier privé.Un tout premier comité logement fait son apparition au Québec en 1975.Il occupe 49 logements de la rue Saint-Norbert.Des locataires, des militants et des militantes ripostent à la volonté de la Ville de Montréal de les démolir pour faire place à une cour de voirie.Le squat de la rue Saint-Norbert n\u2019a pas empêché la démolition, mais il a eu des effets à plus long terme sur les politiques municipales.Les luttes pour les « Shops Angus » ont permis à 40 % des appartements construits sur cet immense terrain, autrefois occupé par des usines de locomotives, de devenir des logements sociaux.Source d\u2019inspiration, la lutte des usines Angus a créé un précédent, en réussissant à obliger la Ville à tenir, pour la première fois de son histoire, des consultations sur un projet de développement.32 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 1968-1987 luttes 1977-1987 * Au moment de mettre sous presse.1975 Quelques Essai Lutter pour un toit Douze batailles pour le logement au Québec François Saillant Écosociété - 2018, 208 pages Comment la crise a-t-elle évolué depuis les années 1970 ?Dans les années 1970, le gros problème auquel on était confronté, outre le coût du logement qui commençait à augmenter, c\u2019était toute la question des opérations de rénovation urbaine.On démolissait massivement des logements pour bâtir l\u2019édifice de Radio-Canada, le stationnement de TVA, le complexe Guy-Favreau ou l\u2019autoroute adjacente.Aujourd\u2019hui, nous n\u2019avons plus de tels problèmes de démolition.Ce qui menace actuellement les personnes à faible revenu, c\u2019est la gentrification et l\u2019embourgeoisement des quartiers, de même que le phénomène Airbnb.Cette plateforme de logements temporaires à des fins touristiques représente une grosse partie du parc de logements locatifs qui est accaparée par Airbnb.Les gens à faible revenu n\u2019ont plus autant de places assurées qu\u2019avant.De plus, le phénomène de l\u2019itinérance dans les années 1970 était marginal, alors que maintenant on reconnaît qu\u2019il y a un véritable problème social.En quoi peut-on dire que les batailles ne sont plus les mêmes aujourd\u2019hui ?Avant, le problème était visible et collectif.Ça touchait un grand nombre de personnes en même temps.Maintenant, les batailles se déroulent beaucoup dans la vie privée : personne par personne, logement par logement.Lorsque tu es aux prises avec une augmentation de loyer, une reprise de logement ou des problèmes de discrimination, tu vis ça dans le privé.C\u2019est d\u2019autant plus difficile de faire ressortir la gravité de ce problème-là.C\u2019est d\u2019ailleurs un des défis du FRAPRU de faire en sorte que ces problèmes deviennent du domaine du public.Que penser d\u2019Airbnb ?Selon moi, c\u2019est de la commercialisation du domaine du logement.Celui-ci devient une marchandise destinée à faire de l\u2019argent alors qu\u2019il devrait être un droit.Il y a cette mentalité de faire des profits et de rentabiliser son investissement.Quand tu loues ton logement pour six mois, il y a l\u2019occasion de faire la piastre.Ce n\u2019est plus un logement locatif ni un logement à loyer bas.Et ça a des impacts majeurs qui perturbent le quartier environnant.Toute la qualité de vie en est affectée.La multiplication des Airbnb fait aussi partie des facteurs qui font monter le coût des loyers avoisinants.Malgré les mesures atténuantes de la mairesse Plante pour restreindre le problème, ce n\u2019est pas assez.Chose certaine, si ça ne va pas assez loin, il faudra interdire Airbnb ! Le squat Overdale-Préfontaine Overdale, une communauté qui veut survivre En plein cœur du centre-ville, des promoteurs veulent démolir une partie des maisons de l\u2019îlot Overdale pour les remplacer par 650 condominiums de luxe.Malgré un avis d\u2019éviction, les locataires menacent de se barricader.Ce qui entraîne une intervention musclée de la police.La permission de construire est suspendue.L\u2019îlot Overdale restera, pendant près de 25 ans, un lucratif terrain de stationnement.En 2012, le terrain a été vendu et a cédé la place à un projet de 873 appartements en condos, condos-lofts et maisons de ville.Le seul bâtiment de la rue Overdale qui a été épargné de la démolition est resté vacant pendant 13 ans.La Ville de Montréal s\u2019est résignée à négocier le déménagement du squat qui a pris place en juillet 2001.Il s\u2019agit d\u2019une première au Québec.Le squat a été déménagé au centre Préfontaine dans Rosemont.33 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA 2001 1987-1988 Le milieu du dos Il y a un petit espace sur notre corps qui est inaccessible à nos mains.Le milieu du dos.Vous avez peut-être demandé à votre amoureux ou à votre amoureuse de le gratter ou d\u2019y appliquer un onguent.Je fais du psoriasis depuis mon tout jeune âge.Pour le traiter, je dois appliquer une sorte de shampoing fait à base de soufre.Ça n\u2019est rien de grave : une fois de temps en temps, pendant quelques jours, je dois m\u2019enduire le corps de cette substance, sur les plaques causées par ce champignon bénin.Or, le petit Mosus, il se place souvent au milieu de mon dos.Je suis donc incapable d\u2019atteindre seul cette région de mon corps \u2013 j\u2019ai besoin d\u2019un coup de main de mon amoureuse pour y parvenir.J\u2019ai beau avoir le privilège de ne vivre avec aucun handicap, je ne suis pas capable d\u2019accomplir seul ce banal geste de la vie quotidienne.Difficile d\u2019imaginer la somme de frustrations que doivent vivre les personnes en fauteuil roulant ou lourdement paralysées.Entraide et solidarité On parle souvent dans nos pages de la nécessaire solidarité, particulièrement envers les personnes itinérantes.Or, cette solidarité se manifeste concrètement par l\u2019entraide.Cela peut paraître banal à dire, mais on oublie souvent qu\u2019une partie du ciment social est fait de ces petits « coups de main » qui ne font pas les gros titres des bulletins d\u2019information.Nous devrions nous souvenir de l\u2019importance de ces gestes, dans une époque qu\u2019on perçoit si égoïste et individualiste.Elle ne l\u2019est peut-être pas tant que ça, finalement.J\u2019en prends pour preuve les multiples témoignages que je lis très régulièrement sur Facebook.Une qui a retrouvé son portefeuille égaré grâce à un bon Samaritain.Un autre qui se fait aider par un passager du métro pour monter la poussette de son enfant.Une pièce de monnaie offerte à une personne itinérante.Les voisins qui viennent nourrir le chat de la vieille femme qui doit être hospitalisée quelques jours.Nous les connaissons et les faisons tous, ces petits gestes.Ils n\u2019ont rien de particulier ni d\u2019étonnant.Ce qui est étonnant c\u2019est qu\u2019on s\u2019en étonne.Écoutez les conversations de machine à café ou lisez les publications sur Facebook qui en parlent : presque systématiquement, on commentera « ça redonne foi en l\u2019humanité ! ».Il y a quelque chose de profondément triste dans ces commentaires, même si je sais bien qu\u2019ils réjouissent sincèrement celles et ceux qui les écrivent.Comme s\u2019il allait de soi que nous n\u2019ayons plus confiance que nos semblables puissent faire le bien et s\u2019entraider.Du banc de quêteux aux nouvelles corvées Pourtant, nous avons, chez nous comme ailleurs, une longue tradition d\u2019entraide et de solidarité.Nous en avons même fait des images d\u2019Épinal.Le « banc de quêteux » en est un bon exemple.À en croire l\u2019imaginaire collectif québécois, toutes les maisons de nos ancêtres possédaient ce meuble pour accueillir les nécessiteux.C\u2019est sans doute exagéré, mais il reste que c\u2019était le cas dans les demeures de bien des familles, particulièrement en milieu rural.De la même manière, on glorifie les grandes corvées du passé.Des villages entiers se mobilisant pour construire l\u2019église de la paroisse ou rebâtir la grange d\u2019un fermier ravagée par un incendie.Il n\u2019y avait sans doute pas plus ni moins d\u2019entraide que d\u2019égoïsme dans le « bon vieux temps » qu\u2019aujourd\u2019hui.On aime glorifier un passé qui aurait été plus doré que notre époque.Ça non plus, ça ne date pas d\u2019hier.On pourrait se servir de ce symbole pour le faire revivre, encore plus fort.Notre planète comme notre coin de pays a besoin, d\u2019urgence, de gigantesques corvées pour les sauver des catastrophes.Catastrophes environnementales, économiques et sociales.Rappelons-nous chaque matin que nous avons toujours besoin les uns des autres pour atteindre le milieu de notre dos.Seuls, nous ne pouvons pas prendre soin de nous-mêmes, individuellement et encore moins collectivement.34 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT MANON FORTIER CAMELOT MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND LINDA PELLETIER CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE MOTS DE CAMELOTS La confiance Il m\u2019arrive de croiser des clients après quelques semaines d\u2019absence.Ils sont contents de me revoir et ils me le font savoir.Moi aussi, je suis content de les revoir.Ce n\u2019est pas comme croiser des inconnus sur le trottoir ou dans le métro.On ne se sourit pas, on ne se regarde même pas.C\u2019est différent avec les clients.On fait des jokes, on jase et on rit ensemble.Pour certains camelots, les clients sont leur famille parce qu\u2019il y en a qui n\u2019ont pas de vraie famille.Si on m\u2019achète le magazine en me faisant un beau sourire, ça me fait du bien.Et si on me fait un sourire même sans acheter le magazine, ça me fait également du bien.Je le prends aussi avec le sourire et je me dis que puisque les gens et les médias parlent de plus en plus de L\u2019Itinéraire, un jour ils vont finir par l\u2019acheter.Mon métier de camelot me rend fier et il me donne l\u2019occasion de rencontrer des gens de théâtre qui me reconnaissent et à ma façon, je suis une vedette, une sorte de psychiatre-joker qui fait du bien au monde.J\u2019ai confiance que les choses vont aller de mieux en mieux, j\u2019ai la confiance de mon public et tout ça me donne confiance en moi.Qu\u2019on est bien dans son bain Depuis plusieurs années, je ne prends que des bains.Fini les douches.De toute façon, quand je me douchais, je mettais tellement de temps à me rincer que c\u2019était aussi long que de me baigner.Et puis, je suis gauchère, alors quand je prenais des douches, c\u2019était fou le temps que ça me prenait pour ajuster la température de l\u2019eau.Par exemple, si l\u2019eau était trop chaude, je ne tournais jamais le robinet dans le bon sens, et vice versa.Là je m\u2019énervais, finalement mes douches n\u2019étaient pas très relaxantes ! Maintenant, je ne suis pas meilleure avec les robinets, sauf que ça ne me tombe pas dessus et j\u2019ai le temps d\u2019ajuster la température.Ce que je trouve désopilant, c\u2019est que ma chatte à chaque fois que j\u2019enlève mes pantoufles, elle me mord un orteil.Et quand j\u2019enlève mon pantalon de pyjama, elle me mord un mollet ! Là je la chasse de la salle de bain comme je peux.Enfin, je mets de la mousse, et avant de commencer à me laver, je flotte, je sens les bulles de savon éclater légèrement sur mon corps, je suis presque en apesanteur, je m\u2019imagine dans un scaphandrier flottant dans les profondeurs de l\u2019océan Pacifique.J\u2019ai des beaux petits gants de crin en acrylique rose.Je les aime bien car ils gardent ma peau douce.Quand j\u2019ai terminé de me laver, je vide l\u2019eau usée et je remplis le bain d\u2019eau claire.Je relaxe et je me laisse flotter jusqu\u2019à ce que toute la mousse soit partie.Puis je m\u2019essuie.Vous-ai-je dit qu\u2019avant de prendre mon bain je mets la radio à CHOM FM ?Voilà, comment je prends autant de plaisir à prendre un bain.Peut-être que je vous ai donné le goût d\u2019essayer ma méthode ?Sauf que je ne vous prêterai pas ma belle beauté pour qu\u2019elle aille vous mordiller les orteils et les mollets ! Prière de la Terre Notre neige qui est aux cieux Que la souffleuse soit honorée Ainsi que la pelle, la gratte et le pic à glace bénis Que vos flocons décrissent\u2026 Sur le terrain comme dans l\u2019atmosphère ! Donnez-nous aujourd\u2019hui notre soleil du quotidien Et pardonnez-nous nos jurons Comme nous pardonnons au froid qui nous a fait grelotter Ne nous soumettez pas à la tentation de sacrer notre camp dans les pays chauds Ô nuages, gonflés d\u2019eau gelée Que nous recevons sur la tête en pluie verglaçante, en giboulée et autre poudrerie Pensez-y deux fois avant de nous asperger de vos offrandes Pensez-y deux fois, nous n\u2019avons que deux saisons dont l\u2019une de calvaire Comme j\u2019ai envie que fonde cette neige au plus sacrant Grâce à une ondée défrisante et la chaleur du soleil enfin revenu Notre neige qui êtes aux cieux, restez-y ! Au nom de ma coiffure, de ma peau dont je prends soin Épargnez-moi le vent et le grésil qui nous assaillent Et toute cette gibelotte qui nous met dans tous nos états Faites que je ne sois plus obligée de me faire toaster Au salon de bronzage comme un grill cheese Notre neige qui êtes aux cieux, restez-y et laissez-nous en paix Amen ! Steven Guilbeault Éternel optimiste En 2012, ils étaient plus de 250 000 citoyens à marcher sur Montréal pour le Jour de la Terre.Le mois dernier, plus de 180 000* personnes ont signé le Pacte de transition énergétique.Mis à part les Doug Ford et Donald Trump de ce monde, presque plus personne ne met en doute les changements climatiques, constate l\u2019environnementaliste Steven Guilbeault.Pendant plus d\u2019un quart de siècle, Steven Guilbeault a travaillé pour des organismes comme Greenpeace et Équiterre qu\u2019il vient de quitter récemment pour devenir conseiller stratégique chez Cycle Capital Management, le plus important gestionnaire de fonds en capitaux de risque dédié aux technologies propres au Canada, et chez Copticom, une firme spécialisée dans les enjeux d\u2019économie verte et sociale.« Lorsqu\u2019on a créé Équiterre il y a 25 ans, on parlait de changements climatiques et on passait pour des extraterrestres, dit-il.Les gens disaient qu\u2019on inventait des affaires, que ce n\u2019était pas vrai, et qu\u2019on voulait faire peur au monde.Aujourd\u2019hui, mis à part les Ford et Donald Trump de ce monde, peu de gens disent qu\u2019on invente des problèmes pour faire peur au monde.» Un des rares États qui a atteint les objectifs de Kyoto « Les gens en politique, le milieu des affaires, les syndicats, tout le monde est pas mal d\u2019accord sur le fait que nous sommes entrés dans l\u2019ère des changements climatiques, assure-t-il.Cette prise de conscience-là est vraiment un élément important.Si on veut que les gens, les compagnies, les gouvernements agissent, il faut qu\u2019 ils comprennent qu\u2019 il y a un problème.C\u2019est une de nos grandes réalisations.Collectivement, on a changé nos mentalités.Collectivement, nous nous préoccupons un peu plus de notre planète et des êtres vivants.» Plus personne ne met en doute les changements climatiques.Nous allons réussir à réduire notre pollution.La question est à quelle vitesse ?Plus cela prendra du temps plus il y aura d\u2019impact.Moins cela prendra du temps, moins il y aura d\u2019impact.Steven Guilbeault 36 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 PAR YVON MASSICOTTE CAMELOT MÉTRO UNIVERSITÉ-DE-MONTRÉAL ENVIRONNEMENT * NDLR En date du 16 novembre 2018. Steven Guilbeault s\u2019enorgueillit du fait que le Québec soit un leader en matière de lutte aux changements climatiques.« Nous ne sommes certainement pas les meilleurs, mais parmi les meilleurs.Ça ne veut pas dire que tout est parfait et qu\u2019 il n\u2019y a plus rien à faire.Il y a encore beaucoup de défis, mais on a fait quand même beaucoup de choses.Nous sommes l\u2019un des rares États à avoir rencontré les objectifs de Kyoto.» Steven Guilbeault n\u2019est pas convaincu pour autant que le Québec atteigne ses objectifs ambitieux pour 2020.« On n\u2019est pas sûr, on n\u2019y arrivera peut-être pas.Mais ce qui est le plus important, c\u2019est de ne pas lâcher.Moi je n\u2019embarque pas dans ça.Il faut continuer d\u2019essayer.Au Québec, tout le monde dit qu\u2019 il faut faire quelque chose pour les changements climatiques.Lors de son assermentation, le premier ministre François Legault a mentionné qu\u2019 il fallait faire plus en matière d\u2019environnement.» Un virage inévitable « Dans les États-Unis de Donald Trump, il y a plus de jobs dans le secteur du solaire que dans le secteur du charbon, pour- suit-il.Et ça, Trump ne pourra rien y changer malgré ses beaux discours.Nous sommes en train de prendre un virage planétaire vers des énergies renouvelables, donc de moins en moins de charbon et de pétrole.» Steven Guilbeault fonde son optimisme sur l\u2019histoire récente.« Prenez une photo de New York dans les années 1900 où l\u2019on ne voit que des calèches sur les rues.En 1920, il n\u2019y plus aucune calèche et pourtant l\u2019humain a utilisé le cheval pendant des milliers d\u2019années.On est en train de vivre la même transformation.Il n\u2019est pas sûr que dans 10 ans il y ait encore des voitures à essence.Ça va être massivement des voitures électriques et probablement solaires.Selon moi, nous allons réussir à réduire notre pollution.La question est à quelle vitesse ?Plus cela prendra du temps plus il y aura d\u2019 impact.Moins cela prendra du temps, moins il y aura d\u2019 impact.» L\u2019intelligence artificielle au service de la planète Steven Guilbeault prépare un livre sur l\u2019intelligence artificielle et la lutte aux changements climatiques.« Quand j\u2019étais chez Équiterre, on travaillait beaucoup sur l\u2019électrification des transports.Le Québec représente 50 % des véhicules électriques vendus au Canada alors que nous sommes seulement 23 % de la population.Il y a à peine six ans, nous n\u2019avions aucune borne de recharge publique.Il y a trois ans, il y en avait à peu près 15.Aujourd\u2019hui, il y en a 1000.En 2020 \u2013 ce n\u2019est pas loin dans à peine deux ans \u2013 il y en aura environ 2000.Il sera plus facile au Québec de recharger sa voiture que de mettre de l\u2019essence.» « J\u2019ai commencé à lire sur l\u2019 intelligence artificielle, explique- t-il.Ce que j\u2019essaie de regarder, c\u2019est comment elle pourrait nous aider avec les changements climatiques.Qu\u2019est-ce qu\u2019 il faut faire au niveau des gouvernements pour s\u2019assurer que cette technologie-là soit au service des gens ?Quels genres d\u2019 incitatifs veut-on mettre en place pour que la technologie se développe et qu\u2019elle soit disponible pour tout le monde ?C\u2019est ça que j\u2019explore dans le livre.Je pense que l\u2019 intelligence artificielle, ce n\u2019est pas la réponse à tous nos problèmes.Mais ça peut nous aider à régler une partie des problèmes en matière de changements climatiques.» 37 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA PHOTO :?RAPHAEL?OUELLET?(ARCHIVES) Littérature L\u2019art de rater sa vie Simon Nadeau Les Éditions du Boréal - 2018 280 pages Dur dur d\u2019entrer dans le monde des adultes, comme le constate Mèche-au-vent, le protagoniste de L\u2019art de rater sa vie.Le dernier ouvrage de Simon Nadeau résonnera certainement chez les jeunes \u2013 et moins jeunes \u2013 qui cherchent à « réussir  leur vie ».Dans L\u2019art de rater sa vie, le personnage principal, Mèche- au-vent, est plutôt ennuyeux.Au début du récit, il demeure chez ses parents.C\u2019est à travers des expéditions avec son vélo \u2013 qu\u2019il nomme sa monture de fer \u2013 et des marches solitaires qu\u2019il se découvre.À plusieurs reprises, on suit un personnage angoissé qui se remet souvent en question sur son rapport au le monde.C\u2019est justement dans cette réflexion que le récit devient intéressant.Mèche-au-vent ne rêvait pas d\u2019une carrière, il rêvait tout court.À l\u2019école, il trouvait d\u2019ailleurs absurde ce cours nommé « Éducation choix de carrière » et à « ces adolescents qui devaient commencer sans plus attendre à penser aux vrais choses : au travail ».Après ses études en enseignement, il déménage à Montréal où il trouve de petits boulots, tout d\u2019abord dans un hôtel puis, dans un casse-croûte à temps partiel, rien de bien trépidant.Sa vision du monde l\u2019amène à se déguiser en travailleur tout en continuant d\u2019observer la société dont il se retire en partie.Tout au long du récit, l\u2019auteur révèle de façon subtile et par un vocabulaire riche, le mode de vie conventionnel qu\u2019il refuse d\u2019adopter.Sa vision L\u2019auteur nous amène à prendre conscience de sa vision sur le savoir-être et le savoir-faire : entre se connaître soi-même et acquérir des compétences.« Lorsqu\u2019on ne s\u2019est pas d\u2019abord acquis soi-même, à quoi bon se charger comme un mulet ?Pourquoi être le muletier sadique de sa propre conscience ?» Mèche-au-vent nous transporte sur plusieurs terrains comme la performance au travail en opposition avec celui de prendre du temps pour soi.Il nous fait aussi observer certaines réalités comme la dépendance aux écrans qui nous déconnecte de nous-mêmes et des gens qui nous entourent, du sentiment de solitude qui nous pousse à être obsédés par notre image.Le personnage appelle cette habitude « la religion de l\u2019écran ».Tout au long, le personnage refuse la conformité, le cycle du métro, boulot, dodo.Mèche-au-vent se dit un révolutionnaire discret.« En attendant que les masses et les peuples se soulèvent et jettent par la fenêtre leurs téléviseurs, leurs consoles de jeux et leurs ordinateurs.» C\u2019est donc autour de ses pensées qu\u2019on trouve des trésors cachés et que brille le personnage principal de l\u2019intérieur.L\u2019histoire se termine quand le personnage comprend finalement qu\u2019il doit écrire sa vérité.C\u2019est donc de l\u2019écriture qu\u2019émanent l\u2019art et la réussite de Mèche-au-vent, et de son copilote Simon Nadeau.C\u2019est ce qui les sauve en quelque sorte, puisque c\u2019est ce que Mèche-au-vent avait choisi au départ dans son cours de choix de carrière : le métier d\u2019écrivain.Ma vision Étant donné ma folle vie pleine de rebonds et de montagnes russes, j\u2019ai été déstabilisée par l\u2019absence d\u2019événements marquants dans le récit.Cependant, je suis assez d\u2019accord avec certaines perceptions de Mèche-au-vent : sa vision de la technologie, du monde du travail de plus en plus exigeant et des gens qui font tout pour fuir leur vie.Au bout du compte, je suis ébahie de la tournure qu\u2019a pris ma vie et j\u2019ai énormément de gratitude d\u2019être publiée, écoutée et comprise.Ma liberté de faire seulement mon possible m\u2019est d\u2019autant plus précieuse.De ce livre, émanent de grandes vérités même si à première vue, il m\u2019avait semblé d\u2019une tranquillité endormante.L\u2019objectif est d\u2019atteindre l\u2019équilibre dans tous les domaines de notre vie.Société sous emprise ?Je suis un raté, mais j\u2019en suis surtout un aux yeux du monde, et mon œil intérieur me dit que le monde n\u2019a pas toujours raison.Simon Nadeau 38 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 PAR JO REDWITCH CAMELOT METRO MCGILL RÉFLEXION LITTÉRAIRE Il y a quatre ans, l\u2019incroyable collection du Grand Costumier de Radio-Canada est passée à deux doigts de disparaître.Grâce aux efforts concertés de la communauté, le pire a été évité.En plus d\u2019assurer sa survie, l\u2019institution a su se renouveler au cours des dernières années.Nous avons eu la chance de visiter les lieux et du même coup, (re)découvrir un pan de notre histoire.En 2014, après 60 ans d\u2019activité, le costumier de Radio-Canada annonçait sa fermeture à cause de ses compressions budgétaires et de ses coupures.Une quarantaine d\u2019employés y travaillaient : des costumières, des perruquiers et autres professionnels du milieu du costume.En 2015, un regroupement formé de la Corporation du développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud/Plateau Mont-Royal et de Culture Montréal, ainsi que trois autres partenaires se sont associés pour assurer sa pérennité.Le Grand Costumier est donc devenu une entreprise d\u2019économie sociale (OBNL).Plus de 100 000 articles PHOTO :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Le Grand Costumier Taillé sur mesure PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PHOTOGRAPHE-PARTICIPANT ont été déménagés dans l\u2019ancienne Bibliothèque centrale de Montréal (Édifice Gaston-Miron), juste en face du parc La Fontaine.Malgré les 16 000 pieds carrés de surface, le manque d\u2019espace est un enjeu important.Il faut souligner que la collection est en constante évolution.Il est très important de regarnir l\u2019inventaire régulièrement, car les clients recherchent constamment des nouveautés.L\u2019obstacle majeur à l\u2019agrandissement vient du fait que l\u2019intérieur de l\u2019édifice ne peut pas être modifié.Sa structure est conçue de façon telle que les étagères sont aussi les piliers du bâtiment.Des infrastructures mobiles auraient facilité le rangement et un gain de place.L\u2019année dernière, l\u2019aménagement a été modifié afin de doubler les pôles à vêtements et gagner un peu d\u2019espace pour optimiser le rangement.Mais, c\u2019est une solution à court terme qui n\u2019est pas vraiment suffisante.Il y a donc déjà des recherches pour trouver des espaces supplémentaires d\u2019entreposage.À la suite de la fermeture du Malabar, un autre costumier de Montréal, une centaine de pièces ont été récupérées.L\u2019opportunité était parfaite pour Marie Houde, la directrice du Grand Costumier, afin d\u2019enrichir la collection existante.Malabar possédait plusieurs costumes créés par François Barbeau, un homme de théâtre et un costumier emblématique du Québec, décédé en 2016.Actuellement, la plupart des propriétaires de costumes \u2013 comme les troupes de théâtres \u2013 cherchent à se départir d\u2019une partie de leur collection à cause des coûts d\u2019entretien.N\u2019ayant pas les moyens d\u2019acquérir de gros lots de costumes d\u2019un coup, le Grand Costumier préconise d\u2019acheter à la pièce ou en petit lots.« Quand Radio-Canada nous a donné cette collection-là, il y a 143 costumes qui ont été classés patrimoniaux.Donc, qui sont emblématiques de certaines productions, notamment Bobino, Fanfreluche.Il y a une grosse partie qui sont les costumes des émissions jeunesse de Radio-Canada dans les années 50 et 60.», nous explique Marie Houde.Plusieurs de ces costumes sont présentement conservés au Musée de la civilisation à Québec.Le Grand Costumier a collaboré récemment à des productions telles que La Bolduc, The Man in the High Castle et Hochelaga, Terre des âmes.La confection L\u2019équipe permanente se limite à sept employés, contrairement aux 40 employés qui travaillaient à Radio-Canada.Une équipe très compétente à laquelle viennent s\u2019ajouter des stagiaires ou des étudiants, ainsi que des emplois subventionnés.Les costumes sont rangés par style et par époque.Le classement fonctionne comme dans une bibliothèque.Par exemple, les chapeaux sont rangés selon les couleurs et les matériaux de fabrication (feutre, paille, laine, etc.).Au dernier étage, on peut trouver des patrons de couture et des catalogues de mode de différentes époques.Ces guides sont des outils importants afin de reproduire le plus fidèlement possible les vêtements pour éviter les anachronismes.On y trouve également les costumes les plus fantaisistes que ce soit des mascottes et des costumes issus d\u2019émissions pour enfants.Lion, poulet, tortue, hibou, loup ou cheval, mais aussi des costumes d\u2019aviateurs et des chapeaux de toutes sortes.Bien que ce soit des articles peu loués, la panoplie des costumes offerts est impressionnante et vaut le détour.Lors de notre visite, quatre couturières étaient occupées à réparer et ajuster des costumes pour d\u2019éventuelles productions.L\u2019atelier contient des vieilles machines à coudre et un grand choix de bobines de fils de toutes les couleurs issues 40 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 PHOTO :?STÉPHAN?AUDET?(ICÔNE) PHOTO :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA des studios de Radio-Canada.Si elles sont toujours en bon état pour l\u2019instant, ces bobines se fragilisent avec le temps et ne seront plus un jour utilisables, nous explique Anne-Marie Rostain, chef d\u2019atelier.L\u2019art de la patine Dans le fond de l\u2019atelier se trouve une salle bien particulière.Pouvant à peine accueillir deux personnes, cette petite pièce sert à un but bien précis : la patine, soit l\u2019art de vieillir et de salir volontairement les vêtements et les accessoires pour les rendre plus authentiques.On y trouve une laveuse, un poêle, des chaudrons et des produits chimiques permettant de réaliser cette tâche.En plus de porter des masques, une hotte est installée afin de permettre l\u2019évacuation des émanations toxiques, ce qui protège à la fois les employés et les vêtements en réparation dans le reste de l\u2019atelier.On peut y vieillir le vêtement de manière ponctuelle ou permanente.Les costumes trop vieux ou irréparables peuvent servir pour des films de zombies ou des productions post-apoca- lyptiques, entre autres choses.Quatre visites par mois sont offertes au grand public à un prix abordable, autant en français qu\u2019en anglais.Une visite accessible à toute la famille, autant pour les enfants qui seront émerveillés par leurs découvertes que pour les plus nostalgiques.Une autre exposition se déroulera du côté de Repentigny au Centre d\u2019art Diane-Dufresne du 5 décembre 2018 au 17 février 2019.Intitulée Processus : Passé.Présent.À venir.de Michel Robidas, cette exposition présente les œuvres du grand couturier, scénographe et designer qui a notamment collaboré avec les plus grands artistes du Québec : Robert Charlebois, Michèle Richard, Julie Snyder, Céline Dion et Diane Dufresne.En plus des créations de Michel Robidas s\u2019étalant sur 45 ans de carrière, vous avez accès aux archives et aux croquis de l\u2019artiste.CI-HAUT L\u2019atelier qui sert à faire la patine des vêtements est exigu et est isolé du reste pour éviter qu\u2019un incendie se propage en cas d\u2019incidents.PAGE PRÉCEDENTE EN HAUT Les costumes de la série télévisée Sol et Gobelet, interprété par Marc Favreau et Luc Durand.Plusieurs costumes n\u2019étaient pas disponibles lors de notre visite.Certains d\u2019entre eux sont actuellement au Musée Grévin pour l\u2019expo Bye Bye, 50 ans de costumes.Certaines pièces sont demeurées remisées pendant des dizaines d\u2019années.C\u2019est donc l\u2019occasion parfaite pour vous remémorer les moments les plus marquants de ce rendezvous de la télévision québécoise.L\u2019exposition se termine le 6 janvier 2019.Expositions PHOTO :?LE?GRAND?COSTUMIER PHOTO :?YVES?LOUIS?SEIZE PHOTO :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Colère Ouragan de force N Il s\u2019en veut.Il s\u2019en veut rare.Mais pourquoi s\u2019en veut-il à ce point ?Pourtant, hier tout baignait dans l\u2019huile.Le monsieur, il était zen pas à peu près.Un peu plus et il flottait.La vibe au parc La Fontaine était très peace and love.Que s\u2019est-il passé depuis ?Et pourtant, il a réussi à bien dormir après plusieurs jours de demi-insomnie.N.aime bien interroger le hasard et c\u2019est ce qu\u2019il fait, quand il ne sait pas quoi faire de sa peau.La pièce de monnaie est un 2 $.Un 3 dans 5.Si c\u2019est trois Reines, alors il va faire un tour au party de la nouvelle Coop du quartier, sinon l\u2019ours revient au Central pour un autre café.L\u2019ours a gagné.\u2022 \u2022 \u2022 Je barre le cadenas de mon vélo entre ma roue arrière et le cadre.Il y a beaucoup de monde ce soir.Je reconnais quelques personnes.Une femme à lunettes, dans la soixantaine probablement, me salue.« Pourquoi portes-tu tes écouteurs sur ton casque de cette manière ?», demande-t-elle, intriguée.« C\u2019est pour mieux entendre le bruit des sirènes de police » que je réponds, agacé.Ben oui, ça m\u2019agace.De quoi elle se mêle ?« Je n\u2019écoute de la musique que sur les pistes cyclables.» Vraiment ?Le petit ange du côté droit sait bien que ce n\u2019est pas toujours le cas.Je suis un vrai délinquant, car je vélocipède ma bécane sur les trottoirs.Oui, vous m\u2019avez bien entendu.J\u2019avoue circuler sur les trottoirs et écraser les piétons.Le hasard, c\u2019est le déguisement que prend Dieu pour voyager incognito.Albert Einstein J\u2019ai mauvais caractère, p\u2019t\u2019et\u2019 même un peu cruel, un fichu caractère, j\u2019suis un caractériel.Dédé Fortin 42 ITINERAIRE.CA | 1er décembre 2018 ILLUSTRATION :?NORMAN?RICKERT PAR NORMAN RICKERT CAMELOT MÉTRO OUTREMONT CHRONIQUE Oui, oui, c\u2019est vrai.Mais non, je vous niaise.Je n\u2019écrase que le trottoir et peut-être quelques bestioles à six pattes.Je regarde quand même où je vais.Car je tiens à ma vie.Ces grands boulevards où j\u2019ai l\u2019impression d\u2019être une punaise qui se faufile entre ces mastodontes en acier et fibre de verre, c\u2019est pas mal la vérité.Je ne m\u2019imagine même pas, le jour où je réapprendrai à conduire une voiture, taper un texto avec mon pouce, l\u2019autre main sur le volant.Je préfère écraser des amibes sur le trottoir plutôt que risquer de devenir de la chair à saucisse sur la rue Mont-Royal, disons.Je me commande un hot-dog à 50 sous.Pas cher.C\u2019est juste que le vendeur de hot-dog, Miguel (nom fictif), me rappelle des vieux souvenirs pénibles.Je suis rancunier.Je crois que j\u2019ai le cœur à la bonne place, mais le démon du ressentiment n\u2019oublie pas.Il me sourit, moi je feins de l\u2019ignorer.La fille d\u2019à côté me dit que la salade de pois chiches et celle avec du couscous sont gratis.« C\u2019est juste qu\u2019 il n\u2019y a plus de plats », enchaîne-t-elle.J\u2019arrive à la fin du party.De toute façon, elle m\u2019en déniche un.Pas de fourchette, ni de couteau.Je « pique » alors une fourchette un peu sale et l\u2019essuie avec un linge.Je vais à la nouvelle épicerie et je constate que le prix du beurre de pinottes est très abordable.Savoir ça aurait dû me calmer la patate.Pas encore de biscuits en vrac, par contre.Je paye mes achats et je sors du commerce.Dehors, plein de gens font la fête.Beaucoup de jeunes parents milléniaux, quelques vieux croûtons, dont moi, des gens plus hippy sur le gros party.J\u2019ai l\u2019impression que tout le monde me fuit.Je tente une conversation avec des gens parfaits.Parfaits pour qui?Pour moi, probablement.J\u2019en ai marre de ces hipsters BCBG gauche caviar.« Dans le gros jugement, hein », réplique l\u2019ange côté jardin.J\u2019essaye de m\u2019insérer dans une autre conversation avec force maladresse.Je tâte les poches de mon jeans.Celle de droite.Celle de gauche.La panique se met à se pointer le nez.Merde, où sont passées mes clés de maison ?Je ressens alors un fort sentiment d\u2019irritation.Je cherche partout sur moi : je vire mon sac-vélo à l\u2019envers, tchècke mes bobettes, mes souliers, etc.Rien pantoute.Il fait noir dehors, je ne les trouverai jamais.Je ne peux pas me retrouver dehors.Tabarnak\u2026 Ça y est.Je viens tout juste de faire un fou de moi.Ça empire quand la fille chargée de la sono me dit : « On pourra pas faire d\u2019annonce car on a tout débranché les fils du système de son ».Je hurle qu\u2019elle devrait le faire pareil.Un jeune bambin me garroche un jouet en ma direction.Il veut jouer, après tout, il ne fait pas exprès.Mais ce n\u2019est pas la chose à faire à ce moment-là.Je lui relance le jouet en lui disant de ne pas m\u2019importuner.La mère, irritée (et je la comprends avec le recul) me dit que je viens de heurter son bout de chou et que je devrais m\u2019excuser.Là, je trouve qu\u2019elle dépasse les bornes.Mon côté « allez- vous-faire-voir-avec- votre-rectitude-politique-à-la-con-de-mes-deux », lui sert un discours moraliste à la sauce anti-héros.« Mais, non, savez-vous quoi ?Je trouve que vous surprotégez votre enfant, madame.Moi quand j\u2019étais jeune, ma mère me lâchait lousse et me disait d\u2019aller jouer dans le trafic ! Elle n\u2019était pas toujours dans mes baskets ! » que je lui crie.Une autre jeune femme me dit calmement de m\u2019en aller du site de la coop.« Mais vous ne comprenez pas, je viens de perdre mes clefs ! Ça me les prend pour entrer chez moi ! » Elle se prend pour une agente de police.« Vous devriez aller étudier en techniques policières, madame », que je lui réponds.Quelques personnes prennent mon vélo barré et le transportent hors du site.Un jeune homme barbu portant une casquette vient vers moi, l\u2019air fâché et m\u2019empoigne le bras droit avec force.« Vas-tu te calmer ?On va marcher ensemble et on va se parler », me répond- t-il.Je leur crie de me laisser tranquille.De toute façon, je ne reviendrai plus jamais à la coop, promis.Des promesses d\u2019ivrogne peut-être.Je n\u2019ai pas besoin d\u2019alcool pour agir comme un cave.Je leur crie que de toute façon, je ne suis pas qualifié pour être membre de cette coop autogérée, qu\u2019eux sont « parfaits », qu\u2019ils « pognent », eux.Ça paraît que je ne me vois pas en train de déconner comme un évadé de Louis-H.dans mon délire.Lui et moi avons marché de la sorte jusqu\u2019à chez moi.Entre temps, je réussis à avoir une conversation intelligente avec Jim (nom fictif).De fil en aiguille, j\u2019apprends qu\u2019il est loin d\u2019être parfait, qu\u2019il fait son gros possible et qu\u2019il pète aussi sa coche des fois.« Je sais ce que c\u2019est de perdre le contrôle », fait-il.Je lui fais part que, puisque je bosse pour L\u2019Itinéraire, on me juge souvent et ça m\u2019enrage parfois.« J\u2019en ai une bonne pour toi, me dit-il.Sais-tu que j\u2019ai déjà vendu le magazine pendant tout un hiver ?» ?Ah ouin ! La lumière se fait en moi.« Sais-tu qui est le père de ce petit garçon ?Non.Eh bien, il est devant toi.Je m\u2019excuse de t\u2019avoir bardassé de la sorte tantôt.Tu peux maintenant comprendre ma colère envers ton geste de tantôt.» Je commence à dégriser solide\u2026 C\u2019est drôle comment la vie s\u2019arrange pour nous faire grandir.Revenons au jeu de hasard avec la pièce de monnaie.Pile ou face.Si, si et seulement si.Avec des si, on s\u2019en va à Paris.Avais-je vraiment le choix ?La citation d\u2019Einstein au début du texte frappe fort dans le mille, vous ne trouvez pas?Quand je regarde la manière dont les événements de cette funeste soirée se sont passés, ça me fait sérieusement réfléchir au sens de la vie.* * * Vu que mon concierge n\u2019était pas en ville, il m\u2019a suggéré d\u2019appeler un serrurier.« Ouin, mais ça risque de me coûter une beurrée.» « On n\u2019est pas responsable, c\u2019est toi qui dois payer », me lance-t-il.En revanche, quand Dieu ferme une porte, il ouvre une fenêtre.On a réussi à entrer chez moi de peine et de misère.J\u2019ai trouvé le double de la clef.Dans mon énervement, la porte est restée ouverte et ma chatte Mini a pris la poudre d\u2019escampette.Je ne m\u2019en suis rendu compte qu\u2019après une heure.Dehors, j\u2019entends un faible miaulement.Quelle joie de le voir! Je me demande sérieusement si je ne suis pas en train de surprotéger ma chatte\u2026 43 1er décembre 2018 | ITINERAIRE.CA joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Formation de cellules reproductrices.2.Aimeras.- Parcourus.3.Tissu.- Chariots à quatre roues.4.Poème lyrique.- Âge.- Note.5.Oeuvres littéraires.- Partie de l\u2019intestin grêle.6.Agence spatiale européenne.- Plat en terre.- Jamais.7.Estrade entourée de cordes.- Inventasse.8.Singe.- Vin mousseux.9.Plantes cultivées pour leurs graines.- Sodium.10.Acides verticalement 1.Vivras de travaux épisodiques.2.Accumulations de gras.3.Monomaniaques.4.Erbium.- Particule d\u2019insistance.- Sonnerie annonçant l\u2019agonie de quelqu\u2019un.5.Sucent.- Touché.6.Monnaie.- Adverbe indiquant que l\u2019on cite textuellement.- Terminaison de verbe.7.Affection contagieuse de la peau.- Use un relief.8.Alcaloïdes.9.Frimas.- Astate.10.Choisi.- Colorant rouge.11.Transpirerons.- Détiens.12.Extraits.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Chanceuse Estimes Endureraient Fichu Hissas Morbide Nez D\u2019un peuple autochtone Administreraient Pareil Risées Terne Critiqueras Astate Ver Prêtâtes Respires Inventera Principe vital Largeur Chrome Allures Crie Versus Deux Imaginerait Singes Idem Id est Chanceuse Estimes Endureraient Fichu Hissas Morbide Nez D\u2019un peuple autochtone Administreraient Pareil Risées Terne Critiqueras Astate Ver Prêtâtes Respires Inventera Principe vital Largeur Chrome Allures Crie Versus Deux Imaginerait Singes Idem Id est Réponses du 01 DEC 2018 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 G P T P A P S S T A E S V E N R I E T A R E E L N E R I E D E E R V E A R I T I I R C A A F D E E S R A L R E A S E T L E S V E R A F L A E S E S M I O N L E G A M E T O G E N E S E A D O R E R A S L U S L I N T E L E G U E S E P O D E E R E R E R O M A N S I L E O N E S A T I A N O N C R I N G C R E A S S E A T E L E A S T I S S E S A M E S N A S S U R E T T E S Réponses du 01 DEC 2018 15 novembre 2018 A P O L O G I S T E E P I V O T E N T T A R I R A I E N T P E R S V A L R E E R A B O T I T E N A T U R E R E S I N E S I R I S E R E T R I E R E T I R A E T C O R E R E A L I S E R A S R A S I E S U I T E S Réponses du 01 NOV 2018 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Contestait Voies Ériger Perroquet Opposées à germaines Partie de la Méditerranée Amenuisées Caution Ébarber Stupéfaction Écharpe Abattage Tentatives Chiffres romains Blessa Fleuve de France Nationalisas Vis Fabriqueras Désavouer Regimbant Réseau de télévision Deux Nazi Crièrent Rites Puis Cri de charretier Contestait Voies Ériger Perroquet Opposées à germaines Partie de la Méditerranée Amenuisées Caution Ébarber Stupéfaction Écharpe Abattage Tentatives Chiffres romains Blessa Fleuve de France Nationalisas Vis Fabriqueras Désavouer Regimbant Réseau de télévision Deux Nazi Crièrent Rites Puis Cri de charretier Réponses du 15 NOV 2018 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 E A A D T E A T S I A S N N A I I T E L S A R D I M E U E S R E R E R N E T S S I N E R S E S A S I E I I U R E S H C A L E E S A B A A T G E B E A V R U E R À vos plumes ! DÉTENTE Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 67465 3 9 7 2 4 7 2 1 5 2 1 6 6 9 3 9 8 8 4 9 7 4 1 6 1 5 9 8 6 3 5 4 1 3 9 5 7 6 2 4 8 7 6 8 9 4 2 5 3 1 5 4 2 8 1 3 6 9 7 2 7 6 1 5 9 3 8 4 3 9 4 2 8 7 1 5 6 8 5 1 3 6 4 9 7 2 9 2 7 4 3 1 8 6 5 4 1 5 6 9 8 7 2 3 6 8 3 7 2 5 4 1 9 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 18:00:02 1 / 1 15 novembre 2018 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES JEU DES 7 DIFFÉRENCES SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 67460 4 8 6 5 8 9 1 9 7 5 2 5 9 8 9 4 4 1 2 5 2 8 1 3 5 4 9 5 2 6 7 3 5 3 2 9 4 1 7 6 8 6 7 4 5 3 8 9 2 1 1 8 9 7 2 6 5 4 3 3 2 6 1 5 4 8 7 9 8 5 7 2 6 9 1 3 4 9 4 1 8 7 3 2 5 6 2 6 8 4 1 7 3 9 5 4 9 5 3 8 2 6 1 7 7 1 3 6 9 5 4 8 2 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 12:00:01 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES publicité SCFP-Québec SCFP-Québec scfp.qc.ca @SCFPQuebec SE SYNDIQUER C\u2019EST S\u2019AIDER Le sexe masculin est ce qu\u2019il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève.San-Antonio Le sexe est le plus illogique des besoins.Björk Il y a les femmes avec qui on fait l\u2019amour et celles avec qui l\u2019on en parle.Maurice Chapelan Scrabble : Jeu où le Q vaut encore plus cher que dans la vie de tous les jours.Jacques Sternberg Une nymphomane est une femme aussi obsédée par le sexe que l\u2019homme moyen.Mignon Mc Laughlin Des nouvelles du sexe : on enregistre un net durcissement de la situation.Coluche Le flirt est l\u2019art de s\u2019adonner à l\u2019amour sans avoir l\u2019air d\u2019y toucher et d\u2019y toucher sans avoir l\u2019air.Decoly Ne te moque pas de la masturbation ! C\u2019est faire l\u2019amour avec quelqu\u2019un qu\u2019on aime.Woody Allen Il n\u2019y a pas de sagesse au-dessous de la ceinture.Matthew Hale PHOTO :?CHARLES?DELUVIO?(UNSPLASH) PAR CHRISTINE VIENS PARTICIPANTE EN ADMINISTRATION À PROPOS 8 ue Profitez de votre pause-café pour découvrir le tout nouveau CAFEBROSSARD.COM - ,Ç - _ _ tte, LY] 4) BRQ ARD i NCTE Ki ol, Frm 9 - = \u2014\u2014 _ \u2014\u2014_-* > = \u2014\u2014 a ' 3 à - c+ 3 UL REFN \"M ET a.ET NE EE _\u2014 ES ES \"VE EE SO = mu me aul ELE EE JL JT La promesse d'un café savoureux, EE PE torréfié de main de maître qu'on prend TORRÉFIÉ À MONTRÉAL Ld CE Ta plaisir a déguster tous les jours.514 321-4121 1 800 361-4121 \u2014\u2014 educalcool.qc.ca/benefices POUR UN SENS DU GOÛT PLUS DÉVELOPPÉ BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX Il y a plusieurs bénéfices à respecter les limites d\u2019alcool recommandées.On contrôle mieux son poids.On se sent plus énergique et plus en forme.Le sommeil est plus réparateur et on n\u2019a plus jamais la gueule de bois.Décidément, il y a trop d\u2019avantages à la modération pour s\u2019en priver."]
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