L'itinéraire, 1 janvier 2019, vendredi 1 février 2019
[" Volume XXVI, n?03 Montréal, 1er février 2019 00 \u2014 \\V[-Yrerag[-Yas Il les coulisses Fk Ne ici ARN gM \"AN vu Ÿ ot , dE vw | me anil.hy Ki) È i ir I ry = a c .wl FY Lf L- qi | =! NIE C7 ii FA = in À 3 ta 54 A / FL) EN Z NY \u2014= \u2014\u2014 \u2014\u2014 2 HI dF a L _ = P= all ir yk) RES ay a a ae 2.bh wean 1 \u20187 \\ NÉ Lu Fi y © 0 ab A sad ar PY TA J Dd ; ; w une def Hu 0h {, Tak \\ 16h d 20h Nom Bill Economou | Camelot n° 254 | Âge 49 ans Point de vente Marché Atwater B ill Economou est devenu une sorte de repère au marché Atwater.Fidèle à son spot depuis bientôt 13 ans, Bill est connu de tous, commerçant comme ses nombreux clients.Pas étonnant, notre camelot vétéran aime bien discuter avec les gens qui fréquentent les lieux.D\u2019entrée de jeu, mentionnons que bien qu\u2019il est trilingue - Bill parle le grec, l\u2019anglais et de plus en plus le français, mais c\u2019est dans la langue de Shakespeare qu\u2019il a préféré répondre à nos questions pour ce Zoom camelot.Mais il précise : « J\u2019ai pris des cours au Collège Vanier en 1992 pour améliorer mon français.Mes parents parlent presque uniquement le grec et mon frère ne parle pas le français.Alors c\u2019est moi leur porte-parole.» Il ajoute qu\u2019en lisant le magazine et en discutant avec sa clientèle francophone, il renforce son français de jour en jour.Donc, c\u2019est au marché Atwater que Bill s\u2019est épanoui après avoir connu des expériences peu enrichissantes dans des jobines d\u2019entrepôts, saisonnières et mal payées.Son grand ami Carl, qui était alors camelot pour L\u2019Itinéraire l\u2019a initié au métier.Le contact avec le public, grâce à la vente de L\u2019Itinéraire, s\u2019est avéré salvateur pour Bill.Non seulement cela l\u2019a aidé à sortir de sa coquille, mais il s\u2019est découvert des compétences insoupçonnées.« L\u2019Itinéraire really helped me a lot !, dit Bill.I was shy and it wasn\u2019t easy for me to deal with people.But that changed when I started writing in the magazine shortly after I became a vendor.» C\u2019est ainsi qu\u2019il a pu déployer son nouveau talent d\u2019écrivain.À ce jour, Bill a publié cinq livres et il en a un sixième en préparation sur la planche.Ses bouquins parlent de choses qu\u2019il connaît bien : My Impressions of Greece, Trips Are Fun, Bill\u2019s Journeys, Experiencing the Atwater Market et The Game of Hockey.« If I got into writing books, it\u2019s thanks to Melanie Gélinas, a teacher who regularly read my articles to her high school students.She encouraged me to write.So I wrote my first book, My Impressions of Greece, 114 pages.She proof-read everything.It was stressful to write, but I\u2019m really glad I did it! » Le livre a été tiré à 620 copies.Bill est fier d\u2019être camelot et écrivain.« L\u2019Itinéraire is just right for me.It feels good to be where I am.People like me.I guess I\u2019ll keep doing this as long as I feel the need to do it.» Assurément, le marché Atwater, ni L\u2019Itinéraire ne seraient les mêmes sans Bill ! Par Josée Panet-Raymond Photo : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : JASON PARÉ Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe-participant : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, HÉLÈNE MAI Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT, SYLVIE POIRIER Photos de la une : ALEXANDRE DUGUAY (MONTRÉAL) BIG ISSUE AUSTRALIA (MELBOURNE) ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, ISABELLE LACHARITÉ Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.VINCENT LEMELIN - Société de transport de Montréal (STM) ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelot RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux- être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère du Patrimoine canadien.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre?produit?que?le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222 Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de- Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Par Camille Teste Par Josée Panet-Raymond Avec la collaboration de Lynn Champagne Bonjour, Cet écrit se veut un hommage à\" Mr Sutton\", Mr Bertrand Derome.Ce camelot de L\u2019Itinéraire de la région Granby-Sutton sait rendre sa?mission?avec?une?fougue,?un?entregens?et?un?dynamisme?mettant joie de vivre et entrain.Il sait chercher son public livrant une authenticité?qui?fait?beau?à?voir.?Son?travail?impeccable,?son?entrain?et?ses?yeux?pétillants?font?sa?marque?de?commerce.?Merci?pour?son?excellent travail et sa joyeuse présence.Gérard Desrochers, Granby On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.3 MOTS DE CAMELOTS Rond-Point International 10 Dans la tête des camelots 20 Info-camelot 31 Cécile Crevier 42 Lucette Bélanger 42 Yves Grégoire 42 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Bill ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! ÉDITORIAL 7 Quand on donne pour bien paraître Par Luc Desjardins QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 8 Thierry Plante sur la haine en ligne Par Laurent Soumis EN TOUTE LIBERTÉ 9 L\u2019état de l\u2019Union pour les nuls Par Mathieu Thériault CHRONIQUE 23 L\u2019itinérance au féminin Par Sylvie Desjardins MOT DU RAPSIM 30 Le Royal Victoria : une réponse ?Pierre Gaudreau - Directeur au RAPSIM TRADITIONS 32 Le « Têt » ou le Nouvel An vietnamien Par Tuan Trieu-Hoang LIVRES - LES CHOIX DE L'ÉQUIPE 39 DES GENS D\u2019EXCEPTION 40 John Easton Mills Par Geneviève Bertrand C\u2019T\u2019ENCORE DRÔLE 43 Payer son loyer avec des « fuck you » Par Fred Dubé DÉTENTE 44 COMPTES À RENDRE 46 Les inégalités tuent Par Ianik Marcil, économiste indépendant 12 UNE 34 DOSSIER EXPOSITION 18 camelots ont participé à cette édition Invasion british à Québec 24 Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les SOMMAIRE 1er février 2019 Volume XXVI, no 03 Mots de lecteurs Par Jo Redwitch Notre camelot attendait depuis plusieurs jours cette conversation avec son homologue qui vend The Big Issue Australia.Au moment où les deux femmes?établissent?la?connexion?par?Skype, la neige tombe doucement en soirée sur Montréal.À Adelaïde, une des villes d\u2019Australie où le journal de Melbourne est vendu, le soleil d\u2019été brille?de?tous?ses?feux?et?il?est?déjà?15 heures plus tard.Londres est en vedette au Musée de la civilisation de Québec depuis plusieurs mois.Nous sommes allés découvrir?cette?ville?fascinante?grâce?à l\u2019exposition intitulée Ici Londres.Le Musée de la civilisation propose également aux visiteurs un parcours afin?de?découvrir?les?influences?britanniques dans la Vieille Capitale.En?2017,?elle?a?frappé?très?fort?avec?un?premier documentaire auto-produit intitulé Ouvrir la voix.?En?2019,?la?réalisatrice?de?34?ans?tourne?un?second?film.?Cette?fois-ci?sur?la?question?de?l\u2019adoption?internationale?:?l\u2019occasion d\u2019aborder avec elle un sujet encore mal?compris?dans?le?paysage?francophone.L\u2019adoption internationale n\u2019est pas un acte anodin Conversation à 17 000 kilomètres publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : Nous y sommes presque, Noël c\u2019est demain.En route vers le chalet, mon sud c\u2019est le nord, j\u2019aime l\u2019hiver, j\u2019aime la neige, le froid.Le « Batphone » sonne, allez hop !, je mets l\u2019appel sur le main-libre.Eh oui, je suis de garde pour une troisième année.Ligne directe avec le DG, urgence seulement, svp.Cela me permet d\u2019être en contact avec le « vrai monde ».C\u2019est drôle, en passant c\u2019est quoi ça le vrai monde ?\u2014 L\u2019Itinéraire, bonjour.\u2014 Oui, bonjour, on voudrait svp savoir si c\u2019est possible d\u2019avoir un itinérant, un camelot pour le 31, on irait le chercher, il pourrait se joindre à notre famille, manger, il pourrait prendre une douche et on lui donnerait même du linge aussi.On pourrait faire un peu de promo pour vous sur Facebook, ensuite on pourrait le reconduire où on l\u2019a pris.Je ne sais pas si je m\u2019explique bien\u2026 on veut faire du bien à quelqu\u2019un.Je vous rappelle que je suis dans la voiture, pas seul.À ma droite, ma conjointe a un regard perplexe, surprise.Dans le rétroviseur, ma fille, qui bouillonne d\u2019envie de hurler, de s\u2019exprimer, oh bo-boy ! Moi, je vous laisse deviner ce qui se passe dans ma tête, \u2014 Avez-vous un peu réfléchi à votre demande ?J\u2019ai possiblement pas très bien compris.\u2014 Ouais, c\u2019est simple, on veut avoir quelqu\u2019un dans le besoin avec nous pour souper, avec nos amis.Lui montrer c\u2019est quoi être en famille, le confort, la bonne bouffe, pour qu\u2019 il puisse en profiter.On va aussi en parler sur les réseaux sociaux, ce sera cool et une bonne pub pour L\u2019Itinéraire.Rapidement me vient en tête Francis Veber, réalisateur du film Le Dîner de cons avec Jacques Villeret et Thierry Lhermite en 1998.\u2014 Je vous propose une meilleure solution.Nous avons un projet à L\u2019Itinéraire : les cartes repas solidaires.Vous achetez des cartes à 6 $, et des camelots pourront bénéficier d\u2019un bon repas.Vous aller rejoindre davantage de personnes, et vous allez faire un beau geste.\u2014 [silence].\u2014 Merci à l\u2019avance pour votre don, ce fut un plaisir, à la prochaine ! Je vous résume ma pensée : #dignité #respect #jaimemoncamelot Quand on donne pour bien paraître On vous ouvre les portes de L\u2019Itinéraire Pour une deuxième année consécutive, le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire tiendra son événement Portes ouvertes, le 7 février de 16h à 20h.Cette activité que nous organisons dans le cadre de la Semaine internationale des camelots nous permettra de rencontrer nos lecteurs et le grand public en personne pour leur montrer tout ce qui se fait à L\u2019Itinéraire.Du sous-sol au troisième étage, en passant par le Café et la salle de rédaction, on vous dévoilera notre quotidien, nos réalisations, nos projets en plus de vous présenter l\u2019équipe.Qu\u2019il s\u2019agisse de notre directeur général, de notre rédactrice en chef, nos journalistes accompagnateurs, nos intervenants de milieu, nos gens à l\u2019administration, sans oublier nos camelots qui s\u2019impliquent dans la vie de leur organisme, tous seront heureux de vous serrer la pince et piquer un brin de jasette avec vous.Et comme l\u2019année dernière, plusieurs de nos camelots agiront comme guides, vu qu\u2019ils et elles connaissent l\u2019organisme et sont fiers de vous le présenter.Pour vous accommoder L\u2019an passé, pour la première édition des portes ouvertes qui s\u2019est tenue pendant les heures de bureau, une centaine de visiteurs sont venus nous rencontrer, prendre un café, discuter avec les camelots et les membres du personnel.Cette fois-ci, nous avons changé les heures de visites pour permettre à un plus grand nombre de gens de venir après leur journée de travail.Alors, l\u2019invitation est lancée.Venez nous voir le 7 février de 16h à 20h.On vous attend ! 7 itineraire.ca 1er février 2019 PAR LUC DESJARDINS DIRECTEUR GÉNÉRAL ÉDITORIAL P H O T O ? : ?H A B I L O ?M É D I A S questions à Thierry Plante 3 concerne, ça fait longtemps que je n\u2019ai pas vu arriver ce genre de jeu.Depuis quelques années, la haine passe souvent de façon un peu plus déguisée.Dans les années 90, les groupes de suprématie blanche avaient sorti des jeux de tir où l\u2019on tuait des Juifs, des immigrants, etc.Mais ça m\u2019étonne que ça revienne en 2019.Les développeurs de jeux vidéo cherchent à fidéliser les jeunes consommateurs en les invitant à gravir les échelons de leur monde virtuel.Il n\u2019y a pas que le contenu du jeu qui cherche à embrigader ?Bien sûr, le contenu a une influence sur les croyances et les comportements des joueurs.C\u2019est une inquiétude encore plus grande plus le joueur est jeune.Les recherches montrent que ceux qui sont le plus influencés sont des jeunes déjà à risque qui vivent la violence et la haine dans leur vie hors-ligne.Le produit vient soutenir, alimenter et renforcer cette pensée-là.De plus, les algorithmes de recherche renforcent l\u2019apparence de normalisation.Le jeune voit qu\u2019il y a beaucoup de sites qui propagent la haine, même hors jeux.Enfin, les jeux d\u2019aujourd\u2019hui sont de plus en plus multi- joueurs.Souvent les enfants jouent avec des adultes sans le savoir.Le comportement et les paroles de ces autres joueurs ont une influence encore plus grande.Il y a l\u2019attrait de Si on en croit la publicité diffusée sur le web, les jeunes internautes pourront bientôt télécharger un jeu vidéo américain, Jesus Strikes Back, qui permet de tuer virtuellement un maximum de membres des minorités culturelles, en revêtant d\u2019abord le costume d\u2019un avatar.Que l\u2019on préfère être Jésus, Trump, Poutine ou Hitler, huit personnages de « justiciers » sont ainsi disponibles.Reste à choisir les « victimes ».Gauchistes, féministes, gais, lesbiennes, immigrants illégaux : chaque cible rapporte un pointage proportionnel à la difficulté d\u2019exécution.Spécialiste attaché au Centre canadien d\u2019éducation aux médias et de littéracie numérique, Thierry Plante fait le point sur cette nouvelle forme de propagation de la haine en ligne.La propagande haineuse s\u2019appuie souvent sur la peur de l\u2019autre, la nostalgie d\u2019une époque révolue, le sentiment d\u2019être une victime et sur une forme ou l\u2019autre de sanction divine ou de légitimité.Peut-on reconnaître un jeu haineux à ces caractéristiques ?En général, les études sur les jeux haineux montrent qu\u2019il y a toujours au moins un de ces éléments-là.Le parent ou l\u2019enseignant peut juger du caractère haineux d\u2019un jeu à partir de ces caractéristiques.En ce qui me cette communauté qui se forme à l\u2019extérieur du jeu.Si la haine et les comportements racistes, sexistes et homophobes sont relativement répandus dans cette communauté, cela risque d\u2019avoir une très grande influence sur le jeune.Avec la disponibilité des jeux en ligne, c\u2019est beaucoup plus facile de tomber maintenant sur des jeux qui ont du contenu à caractère sexuel, violent ou haineux.Dans le cas présent, la publicité du jeu suggère que « Trump pourrait être Jésus » et que le Christ aurait sûrement « voté républicain ».L\u2019avatar de Jésus arbore d\u2019ailleurs la célèbre casquette « Make America Great Again ».On peut trouver ça clownesque, mais ne tente-t-on pas de rendre acceptable ce qui ne l\u2019est pas ?Que peut-on faire ?La première chose à faire, c\u2019est d\u2019établir une relation de confiance avec son enfant pour qu\u2019il ait le réflexe de venir nous voir quand il tombe sur du contenu inapproprié.Ensuite c\u2019est d\u2019avoir une discussion régulière sur les valeurs à la maison.Pourquoi trouve-t-on ce contenu-là inapproprié ?Cette discussion permet de bâtir une résilience et de développer une pensée critique.Avec le lien de confiance et la pensée critique, on minimise l\u2019effet du contenu.Il faut aider les enfants et surtout les adolescents à réaliser qu\u2019ils ont des droits en tant que citoyens et êtres humains.Ils peuvent revendiquer et manifester leur mécontentement ou leur désaccord sur les médias sociaux qu\u2019ils connaissent d\u2019ailleurs très bien.Il suffit souvent d\u2019une ou deux personnes qui parlent publiquement pour commencer à faire changer les choses et la culture de ces communautés toxiques.sur la haine en ligne du Centre canadien d\u2019éducation aux médias et de littéracie numérique NDLR Durant la période des Fêtes, le jeu a dû changer de serveur et de site de transaction à la suite des plaintes du public.De plus, les concepteurs insistent désormais sur le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un jeu « satyrique ».1er février 2019 itineraire.ca 8 PAR LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ L\u2019état de l\u2019Union pour les nuls Le 8 janvier dernier, Donald Trump s\u2019est adressé au peuple américain et au monde.C\u2019était évidemment pour débuter l\u2019année 2019 sur le sentier de l\u2019optimisme, alors que le quart du gouvernement américain est fermé à cause de la dispute sur la construction d\u2019une nouvelle frontière-prison.Le discours de M.Trump ne peut être traduit intégralement ici, c\u2019est pourquoi cette chronique vous en offre quelques extraits avec une traduction maison.Car, on comprend souvent mieux le président par ce qu\u2019il ne dit pas que par ce qu\u2019il dit.Les immigrants bienvenus « America proudly welcomes millions of lawful immigrants that enrich our society and contribute to our nation, but all Americans are hurt by uncontrolled illegal migration.It strains public resources and drives down jobs and wages.» Il y a toujours quelque chose d\u2019ambigu à entendre les Américains parler d\u2019immigration.En quelque sorte, ne le sont-ils pas tous ?En dehors des Autochtones, dont les populations ont été en grande partie décimées, chaque Américain vient à l\u2019origine d\u2019un autre continent.À partir de quelle génération on en devient vraiment un ?De quel pays faut-il provenir ?Les anglo-irlandais ou les anglo-italiens sont souvent vus aujourd\u2019hui comme des communautés particulièrement xénophobes et réactionnaires, alors qu\u2019elles furent largement victimes de racisme et de discrimination à leur arrivée en Amérique.N\u2019est-on pas toujours le raciste de quelqu\u2019un d\u2019autre ?N\u2019est-on pas toujours trop Blanc ou trop Noir pour autrui ?Qui sont les vrais coupables ?Aussi, il est plutôt ironique de voir le président Trump se désoler de la dégradation des services publics, de l\u2019emploi ou des salaires.Ne sont-ce pas justement les USA, avec leur capitalisme sauvage, leur néolibéralisme et leur mondialisation effrénée qui mènent le bal vers ce type de rémunération, de conditions de vie, de nivellement par le bas ?Les pertes d\u2019emplois et les mauvais salaires sont bien plus le résultat de la concurrence internationale et de décennies d\u2019anti-syn- dicalisme étatique que de l\u2019immigration.De plus, il est démontré que les illégaux sont souvent ceux qui acceptent de faire les jobs dont les citoyens locaux ne veulent pas de toute façon.« The federal government remains shut down for one reason and one reason only, because Democrats will not fund border security.» On en sait assez sur le style de leadership de M.Trump pour ne pas s\u2019étonner qu\u2019il semble impossible de trouver une entente avec lui.Ses crises de colère, sa vanité, son manque d\u2019écoute et d\u2019attention, sa tendance à faire le vide autour de lui.D\u2019autant plus qu\u2019il a affirmé à des leaders démocrates en décembre que si shutdown il y avait, ça serait entièrement de sa responsabilité.Aussi, les démocrates ont proposé des mesures totalisant plus de 1 milliard $ pour renforcer la sécurité à la frontière sud.La pression de la demande « Every week, 300 of our citizens are killed by heroin alone, 90 % of which floods in across from our southern border.» La même tactique est employée par des groupes identitaires d\u2019un peu partout dans le monde.Au Québec disons, la Meute et compagnie font semblant de porter un intérêt immense à l\u2019égalité hommes-femmes ou à la culture francophone alors qu\u2019ils veulent surtout s\u2019en prendre aux immigrants sans paraître trop racistes.C\u2019est ainsi que Trump a l\u2019air de s\u2019en faire tellement pour les consommateurs de drogues.Les USA sont responsables de plus de 90 % de la demande en drogues dures comme la coke ou l\u2019héro.Même si on murait complètement la frontière avec le Mexique, principale source de la crise des opioïdes selon Trump, cela ne ralentirait que de 10 % l\u2019héroïne disponible.Celle-ci pénètre, en effet, surtout par des moyens légaux, par les ports, la poste ou par véhicule et non par le désert ou par les réfugiés.Il y en aurait aussi fort long à dire sur la politique étrangère américaine et la production et la distribution de drogues dures au Mexique, en Colombie et en Afghanistan, notamment.Blâmer l\u2019Amérique latine dans son ensemble ou le Mexique en particulier pour la crise des opiacés, c\u2019est un peu facile.Surtout quand un si grand pourcentage des drogues disponibles viennent à la base des prescriptions des médecins et que le fentanyl (responsable de tant de décès) provient quant à lui presque exclusivement de Chine.itineraire.ca 1er février 2019 PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD 9 EN TOUTE LIBERTÉ ILLUSTRATION :?ERKAN?ATAY?(123RF) MEXIQUE | Un cercle vicieux J\u2019ai grandi à Colonia Morelos, au Mexique.Mon père a toujours travaillé très fort pour nous donner ce dont nous avions besoin.Il nous a appris à garder nos chaussures propres.J\u2019ai d\u2019abord fumé de la marijuana à l\u2019âge de 13 ans et je me suis saoulé pour la première fois à l\u2019âge de 15 ans.L\u2019alcool a aggravé la situation.Avec la marijuana et les pilules, je réussissais à me rendre au travail, mais quand j\u2019ai commencé à boire de l\u2019alcool, c\u2019était comme si j\u2019oubliais tout.Quand vous ne pouvez pas vous permettre d\u2019acheter de l\u2019alcool de marque, vous devez passer à de l\u2019alcool moins cher - et cela vous change.Si vous achetez un litre d\u2019alcool bon marché, comme du Tonayan, cela vous rend fou.J\u2019ai fait beaucoup de métiers différents : je sais faire des tartes, des pizzas, des biscuits et des hamburgers.Je suis aussi électricien et je vends plusieurs journaux.La première fois que j\u2019ai été invité à travailler pour Mi Valedor, je me suis dit : « pour quoi faire ?» Mais en même temps, je voulais aller mieux.L\u2019alcool me déprimait.Et puis, je sentais mauvais à force d\u2019être dans la rue.À Mi Valedor, on vous accueille, on vous offre du café, des biscuits et tout est génial.Enfermé dans ce micro-monde qu\u2019est la rue, j\u2019ai été très éloigné de ma famille.Quand je suis arrivé au journal, mon frère a recommencé à me parler.En rétrospective, mon message serait : si vous vous retrouvez dans la rue, demandez de l\u2019aide.La vie dans la rue n\u2019est pas la vraie vie.C\u2019est comme l\u2019enfer.Mauricio Rosas, Mi Valedor BRÉSIL | L\u2019amour nous a fait quitter la rue Norma et Lazaro habitent une petite maison entourée de jolies plantes dans un quartier calme de Salvador.Mais leurs vies n\u2019ont pas toujours été aussi calmes.« J\u2019ai quitté la maison à l\u2019âge de 13 ans et ai vécu dans la rue pendant 28 ans.Ce fut une période terrible, marquée par beaucoup d\u2019humiliation », explique Norma.De son côté, Lazaro a vécu 11 ans dans la rue et a eu une vie tout aussi dure.« Mon père m\u2019a beaucoup battu.Dans les rues, j\u2019ai consommé de la colle, du pot, beaucoup de mauvaises choses », dit-il.Chacun de leur côté, Norma et Lazaro ont été victimes de la violence qui règne dans les rues.Et puis, un soir de Noël, ils se sont rencontrés lors d\u2019une fête de rue.À partir de ce moment-là, ils ont décidé de passer leur vie ensemble et de trouver progressivement un moyen de sortir de l\u2019itinérance.En 2011, après sept ans d\u2019union libre, ils se sont mariés lors d\u2019une cérémonie excitante à la Cour Ruy Barbosa à Salvador, en présence de nombreux amis.La mariée était vêtue d\u2019une robe blanche et les époux se sont échangés de vraies alliances.Aujourd\u2019hui, ils jurent ne pouvoir vivre l\u2019un sans l\u2019autre.Ils ont trouvé un foyer.Même quand c\u2019est difficile, ils parviennent à payer leurs factures, le loyer et la nourriture.« Nous avons une vie très simple.Nous ne voulons pas de grandes choses.Mais nous sommes très heureux.» Roberto Almeida, Aurora da Rua ROND-POINT INTERNATIONAL TRADUCTIONS :?CAMILLE?TESTE PHOTO :?JAMIE?MCFADYEN P H O T O : ?J A S O N ?L O C K LIVERPOOL | Être enterré avec The Big Issue Andy était camelot pour The Big Issue North à Liverpool.Cette entrevue a eu lieu à l\u2019hospice Marie Curie de la ville, en octobre 2017.Andy a demandé qu\u2019elle soit publiée après sa mort.Il est décédé en mars 2018.The Big Issue North et moi, c\u2019est une longue histoire.Je tiens donc à remercier tous mes clients pour leur soutien au fil des ans.Continuez à soutenir le magazine.Cela a changé ma vie pour le mieux et pourrait bien changer celle de quelqu\u2019un d\u2019autre.Pour moi, il n\u2019y a pas de retour possible, il n\u2019y a pas à se cacher.J\u2019ai trois types de cancer : un cancer du poumon en phase terminale, un cancer du foie et un cancer de l\u2019œsophage.Je dois y faire face, pas la peine de pleurer.D\u2019ailleurs, je n\u2019ai jamais trop su pleurer.J\u2019ai 47 ans, j\u2019en aurai 48 dans 10 semaines et j\u2019espère les atteindre.Qui sait, j\u2019arriverai peut-être à Noël aussi.Le personnel de l\u2019hospice qui m\u2019accueille est génial.Ils me donnent des portions supplémentaires de riz au lait.D\u2019ailleurs, le chef m\u2019achetait The Big Issue North chez moi, alors je le connais bien.Je suis catholique, je l\u2019ai été toute ma vie.Je faisais irruption dans l\u2019église de temps en temps.Il m\u2019a souvent été utile d\u2019avoir la foi.En tout cas, ce serait formidable si je pouvais être enterré avec quelques magazines à vendre aux anges qui m\u2019accueilleront.Ça sera une manière de bien démarrer là-haut.Big Issue North GLASGOW | De la Roumanie au Royaume Uni Pour moi, les ventes sont assez stables sur mon terrain, sauf les jours où le temps est si mauvais que cela affecte les affaires.S\u2019il pleut toute la journée, je ne gagne parfois que 15 £.Beaucoup de mes amis viennent m\u2019acheter le magazine, mais quand il fait mauvais, je ne les vois pas beaucoup ! Je suis venu en Écosse depuis Oradea en Roumanie, il y a cinq ans.Ma famille est venue avec moi : ma mère, mon père, mon mari et mes deux enfants.Mon mari a un frère qui avait déménagé un peu avant et il nous a dit de venir à Glasgow parce que nous aurions un meilleur avenir ici.Nous avons donc décidé de tenter notre chance.En Roumanie, le problème c\u2019est de trouver du travail, et encore plus un travail qui rapporte un peu.Lorsque nous sommes arrivés, mon beau-frère nous a hébergés, mais nous avons maintenant notre propre appartement.Mon mari est cuisinier.Quand je suis arrivée ici, j\u2019ai travaillé avec lui, mais cela n\u2019a pas duré.Ensuite, un ami m\u2019a parlé de la possibilité de vendre The Big Issue.Je me suis renseignée et suis devenue camelot il y a trois ans.Mes deux garçons, Darius, six ans, et Alex, trois ans, aiment vraiment vivre en Ecosse.J\u2019aime passer du temps avec eux - ils adorent aller au parc, manger au McDonald\u2019s et faire du sport.Ils aiment tous les deux le football et le plus âgé a même commencé le karaté.Le plus jeune est déjà bilingue, c\u2019est incroyable ! Brigitta Claudia, The Big Issue UK L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100?journaux?de?rue?dans?34?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans- abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo P H O T O : ?S O N G Q U A N ?D E N G ?( 1 2 3 R F ) Notre camelot attendait depuis plusieurs jours cette conversation avec son homologue qui vend The Big Issue Australia.Au moment où les deux femmes établissent la connexion par Skype, la neige tombe doucement en soirée sur Montréal.À Adelaïde, une des villes d\u2019Australie où le journal de Melbourne est vendu, le soleil d\u2019été brille de tous ses feux et il est déjà 15 heures plus tard.Dès le début de la conversation, le courant passe entre les deux femmes et une belle complicité s\u2019installe entre elles.LYNN Cindy, j\u2019aimerais en savoir un peu plus sur toi.Quel est ton nom de famille et quel âge as-tu ?CINDY Je m\u2019appelle Cindy Chatters et j\u2019ai 39 ans.LYNN D\u2019où viens-tu ?CINDY J\u2019ai grandi en Tasmanie (île au sud du continent qui appartient à l\u2019Australie).J\u2019ai déménagé à Adelaïde (centre-sud de l\u2019Australie) en 2011.LYNN C\u2019est quoi ton histoire ?Comment es-tu devenue camelot pour The Big Issue Australia ?13 itineraire.ca 1er février 2019 Conversation à 17 000 kilomètres P H O T O : ?R O B Y N ?M A C K E N Z I E ?( 1 2 3 R F ) CINDY J\u2019avais de gros problèmes d\u2019argent et j\u2019avais besoin d\u2019un boulot.Quelqu\u2019un m\u2019a parlé du Big Issue.Je n\u2019étais pas sûre que je pouvais faire le travail, mais après avoir discuté avec ce gars et eu le magazine entre les mains pour arriver à le vendre, j\u2019ai réalisé que j\u2019aimais ça ! En tout cas, ça me donnait de meilleures options que de ne rien faire.Aussi, il y a le programme de soccer de rue et c\u2019est ce que j\u2019aime le plus !* LYNN Adelaïde est pas mal semblable à Montréal.Le coût de la vie est à peu près le même, la population est environ la même et vous avez aussi fait bons efforts de réconciliation avec les peuples autochtones comme chez nous.La plus grosse différence entre nous, c\u2019est la température et les saisons.Ici, on est en plein hiver alors que chez vous, c\u2019est l\u2019été.On reçoit beaucoup de neige et la température chute sous les 20 ou 30 C .?Alors parfois c\u2019est dur pour les camelots qui travaillent dehors.Mais c\u2019est encore pire pour les itinérants.À quoi ressemblent vos hivers, et c\u2019est comment pour les sans- abri d\u2019Adelaïde ?CINDY Je me souviens d\u2019une seule fois quand j\u2019étais petite d\u2019avoir eu congé d\u2019école parce qu\u2019il avait beaucoup neigé.J\u2019ai adoré faire des bonhommes de neige.Mais de la neige comme ça, c\u2019est vraiment rare.Normalement, l\u2019hiver, il fait environ 9 C .?Alors ça n\u2019a rien à voir avec vous autres.En Australie, il y a un peu plus de 100 000 sans-abri dans tout le pays.[NDLR : 116 426 selon le dénombrement national de 2016] Ici, on s\u2019occupe bien des sans-abri.En général, il y a assez de places dans les refuges pour tout le monde.C\u2019est le cas des camelots sans-abri qui travaillent pour Big Issue, ici en Australie et surtout à Adelaïde.On s\u2019assure qu\u2019ils ont un lit pour dormir, de la nourriture et des vêtements.Ils sont bien soignés.LYNN Parle-moi de ton magazine.CINDY Eh bien, il est publié tous les 15 jours il y a une page avec un profil sur un camelot.LYNN Ah ! Comme notre Zoom camelot en page 3 de L\u2019Itinéraire ! CINDY Oui, et on fait aussi des entrevues avec des personnalités bien connues.Moi, personnellement, ça ne m\u2019énerve pas plus qu\u2019il faut : ce sont des humains comme n\u2019importe qui\u2026 C\u2019est une belle revue.LYNN Combien achetez-vous votre revue et combien la vendez-vous ?CINDY On la paie 4,50 $ et on la revend pour 7 $.[NDLR : le prix du magazine a augmenté à 9 $ en décembre 2018].Nous avons aussi des calendriers que nous vendons.LYNN Est-ce que tu as de la facilité à vendre le magazine ?CINDY Au début, je pensais que ce serait seulement des intellectuels qui l\u2019achèteraient, mais j\u2019ai été surprise de voir plein de monde s\u2019y intéresser, comme la première fois qu\u2019une jeune maman avec un bébé me l\u2019a acheté.Cela a changé ma façon de voir les gens.LYNN Est-ce que les camelots écrivent dedans ?Toi, écris-tu ?CINDY Bien sûr que les camelots écrivent dans le magazine, et comme chez vous, ils sont payés pour leurs articles.Moi, j\u2019ai déjà écrit dans The Big Issue, mais pas souvent.Quand je le fais par contre, c\u2019est surtout pour parler du soccer et de mon oiseau, mon animal de compagnie.LYNN Qu\u2019est-ce que tu fais pour améliorer tes ventes ?* En Europe, comme en Australie, plusieurs journaux de rue organisent des parties de soccer de rue avec leurs camelots.En plus de tournois amicaux, une coupe mondiale (The Homeless World Cup) a lieu chaque année pour favoriser l\u2019inclusion sociale, l\u2019estime de soi et l\u2019esprit d\u2019équipe parmi les participants, soit des hommes et des femmes sans-abri, marginalisés et désavantagés.PHOTO :?JOSEÉ?PANNET-RAYMOND CINDY Simplement en étant ponctuelle et à faire remarquer aux gens que je suis fidèle au poste.Ça fait une grosse différence.J\u2019ai plusieurs clients réguliers.Et pendant le temps des Fêtes, c\u2019est particulièrement bon.J\u2019ai reçu quelques cadeaux.LYNN Comment te motives-tu pour aller travailler ?CINDY Ma motivation principale, c\u2019est mon petit oiseau qui a maintenant six ans ! Vois-tu, il ne mange pas des graines ordinaires; il a besoin de pépites spéciales qui coûtent assez cher.Et puis l\u2019autre raison est plus personnelle : je ne voudrais pas briser ma routine à laquelle je me suis habituée.LYNN Quelle est la meilleure partie de ton boulot ?CINDY Rencontrer plein de monde différent, gagner de l\u2019argent, jouer au soccer de rue et pouvoir voyager.LYNN Qu\u2019est-ce que tu aimerais faire à part de vendre The Big Issue ?CINDY J\u2019aimerais être une formatrice pour les permis de conduire.Je travaille fort pour pouvoir y arriver dans l\u2019année qui vient.LYNN Ici à L\u2019Itinéraire, nous avons plusieurs services différents comme un café où nous pouvons manger un bon déjeuner et aussi le dîner.Nous participons activement au magazine.Il y a deux employés et plusieurs bénévoles qui nous aident àla rédaction.Nous avons aussi des formations en journalisme.Plusieurs de nos camelots écrivent des articles de fond et font des entrevues avec des personnalités bien connues.Nous avons aussi des activités culturelles et des ateliers d\u2019art.Aussi, nous avons un programme de mentorat où les camelots qui ont plus d\u2019expérience forment et coachent les nouveaux.Quels genres d\u2019activités avez-vous à Adelaïde ?CINDY Non, nous n\u2019avons pas de cafétéria, mais nous avons un programme de support aux camelots qui nous permet de composer avec les problèmes de tous les jours.Mais j\u2019aimerais ça avoir des programmes de formation.Et je le répète, moi, ce que j\u2019aime le plus, et dont je ne peux pas me passer c\u2019est le soccer de rue ! LYNN Une des activités que j\u2019aime le plus ici, c\u2019est la soirée des femmes.On se rassemble pour un souper communautaire que nous préparons ensemble et puis nous échangeons des vêtements, des bijoux et même des recettes.Avez-vous quelque chose de semblable ?CINDY Oui, il y a un groupe de femmes ici aussi, mais les places sont limitées pour le moment.J\u2019aimerais bien y participer un jour.LYNN As-tu des amis parmi les camelots ?CINDY Bien sûr ! On est comme une belle grosse famille, mais parfois on a nos petits différends, comme toute bonne famille.LYNN Combien de camelots avez-vous à Adelaïde ?CINDY Oh, environ 60.Mais on a en 500 dans toute l\u2019Australie.LYNN Cindy, j\u2019aimerais te remercier d\u2019avoir pris le temps de m\u2019accorder cette entrevue.J\u2019aimerais pouvoir te faire un gros câlin ! (spontanément, les deux femmes s\u2019approchent de leur écran respectif pour se faire un câlin virtuel).Il faut se tenir, ne pas lâcher et surtout ne pas perdre espoir ! CINDY Je suis contente de t\u2019avoir parlé.Merci à toi aussi ! 15 itineraire.ca 1er février 2019 PHOTO :?THE?BIG?ISSUE?AUSTRALIA ~ a &® \u201chd 7 = ls & , oy -2 - 0 & q fn 2 On célébre À ak | bramelots qui vendent Cl = ic #5 journaux de rue PEN À dans pars A 7, insp be) Ti #VendorWeek -\u2014 PT 2-10 février 2019 Z >= & La + sw y J: $ = pa æ c x È td PAR JOSÉE PANET-RAYMOND Il est toujours réjouissant de parler avec des gens passionnés par leur travail.C\u2019est le cas d\u2019Amy Hetherington, rédactrice en chef du Big Issue Australia (BIA), avec qui L\u2019Itinéraire s\u2019est entretenu tout récemment.Malgré la grande distance qui sépare Montréal de Melbourne, où se trouve le siège social du magazine de rue australien, il est facile de faire des rapprochements entre nos deux publications, et surtout en ce qui a trait à la mission qui nous anime.Cette journaliste de métier adore son boulot.« J\u2019ai toujours beaucoup aimé raconter des histoires sur la vie et de m\u2019entretenir avec toutes sortes de gens, relate Amy Hetherington.Et c\u2019est ce que je fais au Big Issue.Mais, il faut dire que c\u2019est un travail comme il n\u2019en existe pas dans les médias traditionnels.Ce que je fais ici a un impact sur la vie des camelots et des lecteurs.En ce sens-là, c\u2019est très gratifiant.» The Big Issue est très populaire en Australie.Avec ses pages couvertures arborant souvent les personnalités les plus en vue de la planète, le bimensuel rivalise aisément avec les magazines grand public.À la différence toutefois que celles-ci se prononcent sur des sujets comme l\u2019itinérance, la pauvreté et les inégalités sociales, des enjeux propres au magazine de rue.« Bien que nous aimons avoir des entrevues avec des vedettes, nous devons nous assurer que le contenu du magazine est à la fois divertissant et engagé.Quand on parle à des célébrités, elles doivent se servir de leur voix pour s\u2019exprimer sur les enjeux que nous défendons.» Pour obtenir des interviews avec des stars de la stature des Bob Dylan, Madonna, Leonardo Di Caprio et Russell Brand de ce monde, l\u2019équipe de rédaction du Big Issue Australia bénéficie souvent de contenu partagé avec la chaîne de magazines de rue éponyme, dont le précurseur au Royaume-Uni, The Big Issue U.K.« Par exemple, pour nous, il aurait été difficile d\u2019avoir une entrevue avec Jodi Whitaker, la vedette de la série culte Dr.Who, que les Australiens adorent autant que les Britanniques.Grâce au Big Issue U.K., nous avons pu la publier dans nos pages.» De plus, tout comme L\u2019Itinéraire, le BIA peut télécharger du contenu international du fil de presse de l\u2019INSP, le réseau des journaux de rue mondial.Australia Devise « Helping people help themselves » Fondé 1996 Statut Organisme sans but lucratif Siège social Melbourne Bureaux régionaux Canberra, New South Wales, Queensland, Adelaide et Perth Format et fréquence de publication Magazine bimensuel de 48 pages Prix Les camelots l\u2019achètent 4,50 $ (AUD) et le vendent 9 $ (AUD) dans la rue Camelots actifs 500 à l\u2019échelle du pays Tirage 27 000 Lectorat par édition 269 000 (10 lecteurs par magazine) Depuis 1996 6500 camelots ont vendu plus de 11 millions de magazines Population Australie 25 millions Entreprises sociales Big Issue magazine, Women\u2019s Subscription Enterprise (Entreprise d\u2019abonnement pour femmes), The Big Issue Classroom (sensibilisation dans les écoles primaires), Community Street Soccer Program (soccer de rue), The Big Idea (compétitions d\u2019entreprises sociales par des étudiants d\u2019université), Homes for Homes (programme de levée de fonds et d\u2019investissement pour offrir des logements abordables aux démunis) 17 itineraire.ca 1er février 2019 PROFIL Un magazine qui fait du bien Entreprise sociale pour femmes Parmi les nombreux autres projets de The Big Issue Australia, la rédactrice en chef parle avec fierté du Women\u2019s Subscription Enterprise (WSE), l\u2019entreprise sociale d\u2019abonnement pour les femmes qui a des locaux à Adelaïde, Sydney et Perth.« Cette initiative permet à des femmes de gagner un revenu en emballant les magazines pour l\u2019envoi aux abonnés, dit-elle.Plusieurs femmes sont plus âgées et ne supportent pas d\u2019être debout longtemps pour vendre et d\u2019autres ont de jeunes enfants, et donc une position incompatible avec le travail de camelot.Au fil du temps, on en est venu à diversifier notre service en effectuant des projets pour d\u2019autres entreprises comme de l\u2019emballage de produits, des cadeaux d\u2019entreprises, de l\u2019entrée de données, etc.Ce qui est génial c\u2019est que le WSE leur procure un environnement sain et sécuritaire pour travailler.» En effet, selon les derniers chiffres publiés, un peu plus de 49 000 femmes sont sans-abri en Australie.Parmi les itinérants qui vivent dans des refuges, 40 % sont des femmes.On estime que la plus grande cause d\u2019itinérance en Australie est la violence conjugale, qui affecte en majorité les femmes et les enfants.La participation des camelots Pour ce qui est du reste de la revue, on y insère du contenu local et des écrits des camelots.« Nos vendors écrivent plus souvent des témoignages, des poèmes et contribuent à une section que notre public aime particulièrement : Letter to my younger self (Lettre à moi, plus jeune) », dit-elle.Dans ce segment, les camelots écrivent ce qu\u2019ils auraient pu changer dans leur jeunesse pour éviter les problèmes, et souvent l\u2019itinérance, qui les a menés à devenir camelot pour The Big Issue.À l\u2019instar de L\u2019Itinéraire, les camelots font également des entrevues avec des personnalités, mais seulement de façon sporadique.« Parfois nos camelots vont interviewer des vedettes du rock et autres.Ils posent des questions que seuls eux penseraient à poser, ce qui donne un point de vue assez unique », souligne la rédactrice en chef.Amy Hetherington explique par ailleurs que le BIA compte deux publics-cibles, les camelots et ses lecteurs.« Lorsque nous montons le magazine, on considère bien entendu ce que nos lecteurs aiment, mais on doit aussi songer à nos camelots qui sont les premiers à voir la revue.Ils doivent y croire et appuyer le contenu pour pouvoir convaincre les gens de l\u2019acheter.» Immense lectorat d\u2019un bout à l\u2019autre du pays De toute évidence, les camelots croient en leur publication.Ils sont 500 à vendre les 27 000 exemplaires par édition sur l\u2019immense territoire australien, qui compte une population d\u2019un peu plus de 25 millions de personnes.« Le magazine est lu en moyenne par 269 000 personnes, soit 10 lecteurs par numéro, selon la firme qui évalue notre lectorat.Ce qui fait que nous sommes plus populaires que le magazine Marie-Claire, par exemple », se réjouit l\u2019éditrice.Avec cinq bureaux régionaux disséminés à Canberra (la capitale), New South Wales, Queensland, Adelaïde et Perth, la distribution du magazine se fait à l\u2019échelle du pays ainsi que grâce à un partenariat avec la poste nationale et la chaîne de boutiques Body Shop où les camelots peuvent s\u2019approvisionner en magazines dans les municipalités plus éloignées.« Nos bureaux servent non seulement à la distribution, mais également pour du soutien aux camelots, précise Amy Hetherington.À la sortie de chaque nouvelle édition, les bureaux régionaux offrent le déjeuner aux camelots pour qu\u2019 ils aient l\u2019occasion de discuter du contenu du magazine et d\u2019autres sujets qui leur tiennent à cœur.Ce sont aussi des points de chute pour faire des projets avec les camelots et pour la prise de photos d\u2019eux pour la revue.» Amy Hetherington 18 1er février 2019 itineraire.ca PHOTO :?MICHELLE?GRACE?HUNDER 2019 S a i s o n de la C o u p e Charade du 11 février au 13 mai au Club Soda dans le Quartier des spectacles St-Laurent avec Geneviève Albert Jean-François Aubé Frédéric Barbusci Delphine Bienvenu Réal Bossé Suzie Bouchard Christian Brisson-Dargis Sophie Caron Salomé Corbo LeLouis Courchesne Éric Desranleau Jean-Philippe Durand Pier-Luc Funk Amélie Geoffroy Patrick Huard Guy Jodoin Mathieu Lepage Mira Moisan Marie-Ève Morency François-Étienne Paré Joëlle Paré-Beaulieu Nicolas Pinson René Rousseau Simon Rousseau Arnaud Soly Brigitte Soucy Sophie Thibeault Christian Vanasse billets clubsoda.ca 514-286-1010 lni.ca Production ThéâTre de la ligue NaTioNale d\u2019improvisaTioN publicité Le Big Issue à l\u2019école Autre entreprise sociale lancée par le BIA et fort prisée par la communauté est le Big Idea, une compétition qui invite des équipes d\u2019étudiants d\u2019université partout en Australie à créer des projets qui auront un impact positif sur la vie des sans-abri et personnes désavantagées.Pour alimenter le processus créatif qui mènera vers le démarrage d\u2019une entreprise sociale, les étudiants de deuxième cycle universitaire ont accès à des conférences et des conseils dispensés par des leaders du monde des affaires.Et pour inspirer leur réflexion et leur compréhension des enjeux, les étudiants entendront les témoignages de personnes itinérantes et marginalisées.À terme, et à la manière des Dragons, les équipes d\u2019étudiants présenteront leur projet devant un panel de gens d\u2019affaires influents qui déterminera les gagnants.Tout comme à L\u2019Itinéraire, les camelots du BIA sont les meilleurs ambassadeurs de leur organisation.Avec le programme Big Issue Classroom, des camelots, des personnes sans-abri et marginalisées donnent des conférences dans les écoles primaires.Depuis 2009, plus de 100 000 écoliers ont participé aux ateliers en ligne ou en personne qui les sensibilisent aux questions de pauvreté et d\u2019itinérance.Le soccer à l\u2019honneur Le soccer en Australie est ce que le hockey est au Québec et les camelots du Big Issue ne sont pas en reste.Avec le programme de soccer de rue communautaire, les vendeurs du BIA partout au pays peuvent participer à des joutes amicales, à des tournois et ultimement à la Coupe mondiale des sans-abri qui se tient dans plusieurs pays du monde.En 2008, Melbourne en a d\u2019ailleurs été l\u2019hôte.Très populaire parmi les camelots, le soccer de rue a également le mérite de leur procurer une meilleure santé physique et mentale, en plus d\u2019une meilleure estime de soi.Selon les études, chaque dollar investi dans le programme de soccer de rue communautaire génère une économie de 4,30 $ à la communauté australienne en diminuant les besoins de services sociaux, d\u2019hospitalisations, de services d\u2019urgence et d\u2019incarcérations.Tout comme L\u2019Itinéraire, le Big Issue Australia est plus qu\u2019un magazine.Nos services peuvent différer, mais nos missions sont les mêmes : offrir aux plus démunis et marginalisés de nos société des solutions pour gagner décemment un revenu, de connaître un sentiment d\u2019appartenance et de participer à des projets qui favoriseront leur intégration en société. Une vedette Une anecdote qui m\u2019a marquée, c\u2019est avec un client qui est habitué de m\u2019acheter la revue toutes les deux semaines et qui est très gentil.Un jour, en me voyant, il m\u2019a lancé : « Ouin, tu es devenue une vedette ».Il m\u2019avait vu dans La Presse+.Il y avait un portrait de moi où j\u2019expliquais ce que je fais pour L\u2019Itinéraire et où je nommais les choses que j\u2019aime beaucoup de Montréal que j\u2019appelle la ville des mille et une activités.LUCETTE BÉLANGER CAMELOT MÉTRO PIE-XI Une cliente régulière Il y a une dame qui avait échappé son étui à lunettes en entrant à l\u2019épicerie.J\u2019ai récupéré l\u2019étui.J\u2019ai fait mon possible pour me souvenir de la dame en question.Quand elle est ressortie de l\u2019épicerie, je l\u2019ai reconnue et je lui ai redonné.Elle était très contente.Elle m\u2019a remercié et pour m\u2019encourager, elle m\u2019a acheté un magazine.Depuis ce temps, elle est devenue une cliente régulière.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO, SAINT-HUBERT/BOUCHER Raconte-nous?ton?anecdote la plus marquante avec un client de L\u2019Itinéraire DANS LA TÊTE DES CAMELOTS PHOTO? :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA SAMIR HALAIMIA?MÉTRO?LAURIER Ce que ça vaut Celle qui m\u2019a le plus marqué est arrivée il n\u2019y a pas longtemps.Une cliente m\u2019a refilé 10 piasses pour le magazine et m\u2019a dit de garder la monnaie.Puis, elle est entrée dans le Village des valeurs.Elle est ressortie une demi-heure plus tard et m\u2019a demandé de lui redonner son 10 $.Je lui ai répondu que je ne remboursais pas.Elle m\u2019a répliqué que ce n\u2019était pas pour un remboursement.J\u2019ai donc accepté à condition qu\u2019elle me redonne le magazine.Je lui remets son dix dollars, elle le glisse dans sa sacoche, puis me donne un 20 $ en échange en me disant : « Ce que vous faites monsieur, ça vaut ça ».J\u2019étais sur le cul.CHRISTIAN TARTE CAMELOT VILLAGE DES VALEURS, ONTARIO/PIE-IX Un Trudeau de laine Il y a une madame qui m\u2019achète L\u2019Itinéraire régulièrement et qui est déjà venue me voir en spectacle.Jusqu\u2019à maintenant, elle m\u2019a offert deux cadeaux parce qu\u2019elle me trouve poli et gentil.Le premier était une banderole tricotée en laine.Le deuxième, c\u2019était un cadre également tricoté en laine avec la photo de Justin Trudeau lorsqu\u2019il a fait la couverture du magazine.J\u2019étais de l\u2019équipe qui a fait l\u2019entrevue.Son cadeau m\u2019a touché.J\u2019ai été surpris la première fois, mais encore plus surpris avec le cadre.Je lui ai dit que c\u2019était très gentil et je l\u2019ai remercié.Elle n\u2019était pas obligée de faire ça.Je me sentais gâté.C\u2019est une femme qui a toujours le sourire et c\u2019est une cliente fidèle.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMPS-DE-MARS Pour une poignée de change Ça ne faisait pas très longtemps que j\u2019avais commencé à travailler pour L\u2019Itinéraire.À un moment donné, j\u2019interpelle une femme pour qu\u2019elle m\u2019achète le magazine et elle me répond qu\u2019elle n\u2019a pas de change.J\u2019ai alors pris une grosse poignée de monnaie dans mon dossard et je lui ai dit en lui montrant : « Regardez, moi j\u2019en ai du change.» Elle a trouvé ça tellement drôle qu\u2019elle m\u2019a donné un billet de cinq pour le magazine.La morale : quand tu fais des blagues au client, ils mettent leur main dans leurs poches sans s\u2019en rendre compte.(Rires) MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE Un nouvel ami Je suis allé manger à côté de mon spot de vente.C\u2019est un resto que j\u2019apprécie beaucoup : L\u2019Œuforie Matinale.J\u2019aime le déjeuner de cet endroit, particulièrement le rôti de porc.J\u2019ai fait la connaissance du propriétaire lorsque nous avons sorti le numéro Obsédés par nos corps.Je trouvais que la couverture était de mauvais goût, mais pas lui, ce qui a provoqué une discussion.À partir de ce moment, il est devenu mon client et mon ami.Lui, il achète mon journal et moi, je vais à son resto.J\u2019y suis toujours le bienvenu.TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA Monsieur câlin Moi, je souris beaucoup.Une cliente pas régulière m\u2019a d\u2019ailleurs dit un jour qu\u2019elle achetait le magazine à cause de mon « beau sourire ».C\u2019est un compliment qu\u2019on me fait souvent.Dans le temps des Fêtes, j\u2019ai également croisé un monsieur qui offrait des câlins aux passants.Il m\u2019a dit que j\u2019avais l\u2019air en forme, il m\u2019a remercié pour mon sourire et il m\u2019a fait un câlin.Il faut dire que j\u2019ai l\u2019habitude de sourire.J\u2019ai été clown auparavant pour des événements comme la Saint-Jean ou pour des écoles.Selon moi, juste dire « bonjour » ne suffit pas.RÉJEAN BLOUIN CAMELOT MÉTRO JOLIETTE Un smoothie aux bananes Un été qui faisait très chaud, il y a une cliente qui m\u2019a demandé si je voulais boire quelque chose.J\u2019ai accepté et elle m\u2019a apporté un smoothie aux bananes.C\u2019était très bon et sucré.Elle ne m\u2019a pas acheté de magazine, mais j\u2019ai trouvé que c\u2019était un beau geste.Ça fait du bien.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE 21 itineraire.ca 1er février 2019 Alors que les services d\u2019hébergement d\u2019urgence de Montréal affichaient complets tout au long de l\u2019automne 2018, les partenaires en itinérance se sont mobilisés pour trouver rapidement une solution.Une unité de débordement des services d\u2019hébergement d\u2019urgence (SHU), appelés refuges, a été mise sur pied dans des locaux de l\u2019ancien hôpital Royal-Victoria.Ce sont 80 lits d\u2019urgence supplémentaires qui permettent d\u2019héberger les personnes qui ne trouvent pas de places dans les services actuels.Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal (CCSMTL), en collaboration avec la Ville de Montréal et des partenaires communautaires (La Mission Old Brewery et son Pavillon Patricia McKenzie, la Maison du Père, la Mission Bon Accueil et l\u2019Accueil Bonneau) ont assuré la mise en place d\u2019une unité de débordement temporaire pour les personnes en situation d\u2019itinérance, du 15 janvier au 15 avril 2019.Ce refuge temporaire, visant à contrer le débordement des refuges réguliers, est à haut seuil d\u2019accessibilité, c\u2019est-à-dire qu\u2019il favorise l\u2019accueil des personnes présentant diverses vulnérabilités, notamment les personnes qui vivent avec des problématiques de consommation ou de santé mentale.Cette ressource permet d\u2019accueillir 80 personnes (hommes, femmes et personnes trans), et offre des accommodements pour des animaux de compagnie.Toutes les ressources en itinérance de la région de Montréal peuvent référer des personnes.Le financement de la ressource provient du ministère de la Santé et des Services sociaux, du CCSMTL et de la Ville de Montréal.Les quatre organismes communautaires (la Mission Old Brewery et son Pavillon Patricia McKenzie, la Maison du Père, la Mission Bon Accueil et l\u2019Accueil Bonneau) en assureront la supervision.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s\u2019est dite satisfaite des efforts de tous pour répondre au besoin actuel d\u2019hébergement d\u2019urgence.« Personne n\u2019est indifférent face à cette situation tout aussi bouleversante que préoccupante.Il était donc impératif pour nous de rencontrer rapidement tous nos partenaires pour trouver des solutions.Je suis ravie que nous ayons trouvé ensemble une solution qui soit applicable rapidement, avec le CIUSSS, le ministère et les partenaires communautaires, pour venir en aide aux personnes en situation d\u2019 itinérance.Pour la suite, nous avons aussi convenu de renforcer l\u2019ensemble des mesures d\u2019accueil, d\u2019aide et de prévention, pour enrayer durablement l\u2019 itinérance à Montréal », a commenté Mme Plante.Pour renforcer les mesures déjà en place face aux besoins en évolution, la Ville de Montréal travaille actuellement avec ses partenaires publics, communautaires et municipaux à réaliser des portraits des besoins en itinérance dans différents quartiers de la ville, ainsi qu\u2019un portrait complet de l\u2019offre en services d\u2019hébergement d\u2019urgence.Les résultats de ces démarches permettront de poursuivre l\u2019amélioration des services en fonction des besoins.Mesures hivernales L\u2019unité de débordement vient s\u2019ajouter aux mesures existantes prévues dans le cadre des mesures hivernales en itinérance de la région de Montréal.La métropole dispose également de 957 places d\u2019hébergement d\u2019urgence, d\u2019un centre de répit et de dégrisement, d\u2019une halte-chaleur et de deux navettes de transport.Équipes d\u2019intervention de proximité Lors des grands froids, les équipes de proximité des CIUSSS, l\u2019équipe Jeunes de la rue, Itinérance et Urgence Psychosociale-Justice (UPS-J) du CCSMTL, l\u2019équipe mixte composée de policiers du SPVM et d\u2019intervenants sociaux du CCSMTL, l\u2019Équipe mobile de référence et d\u2019intervention en itinérance (ÉMRII) ainsi que les travailleurs de rue des organismes communautaires font du travail d\u2019intervention de proximité.Elles cherchent à rejoindre les personnes réticentes à utiliser les services pour les encourager à se diriger vers les ressources appropriées.La Ville de Montréal rappelle que si vous craignez pour la sécurité immédiate d\u2019une personne en situation d\u2019itinérance qui demeure dans l\u2019espace public, vous pouvez contacter le 911.Vous pouvez également communiquer avec le 211 afin de connaître les ressources qui s\u2019offrent aux personnes en situation d\u2019itinérance, en fonction de leurs besoins.Ouverture de 80 lits supplémentaires pour les personnes en situation d\u2019itinérance à Montréal PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL 22 Alors que les services d\u2019hébergement d\u2019urgence de Montréal affichaient complets tout au long de l\u2019automne 2018, les partenaires en itinérance se sont mobilisés pour trouver rapidement une solution.Une unité de débordement des services d\u2019hébergement d\u2019urgence (SHU), appelés refuges, a été mise sur pied dans des locaux de l\u2019ancien hôpital Royal-Victoria.Ce sont 80 lits d\u2019urgence supplémentaires qui permettent d\u2019héberger les personnes qui ne trouvent pas de places dans les services actuels.Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal (CCSMTL), en collaboration avec la Ville de Montréal et des partenaires communautaires (La Mission Old Brewery et son Pavillon Patricia McKenzie, la Maison du Père, la Mission Bon Accueil et l\u2019Accueil Bonneau) ont assuré la mise en place d\u2019une unité de débordement temporaire pour les personnes en situation d\u2019itinérance, du 15 janvier au 15 avril 2019.Ce refuge temporaire, visant à contrer le débordement des refuges réguliers, est à haut seuil d\u2019accessibilité, c\u2019est-à-dire qu\u2019il favorise l\u2019accueil des personnes présentant diverses vulnérabilités, notamment les personnes qui vivent avec des problématiques de consommation ou de santé mentale.Cette ressource permet d\u2019accueillir 80 personnes (hommes, femmes et personnes trans), et offre des accommodements pour des animaux de compagnie.Toutes les ressources en itinérance de la région de Montréal peuvent référer des personnes.Le financement de la ressource provient du ministère de la Santé et des Services sociaux, du CCSMTL et de la Ville de Montréal.Les quatre organismes communautaires (la Mission Old Brewery et son Pavillon Patricia McKenzie, la Maison du Père, la Mission Bon Accueil et l\u2019Accueil Bonneau) en assureront la supervision.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s\u2019est dite satisfaite des efforts de tous pour répondre au besoin actuel d\u2019hébergement d\u2019urgence.« Personne n\u2019est indifférent face à cette situation tout aussi bouleversante que préoccupante.Il était donc impératif pour nous de rencontrer rapidement tous nos partenaires pour trouver des solutions.Je suis ravie que nous ayons trouvé ensemble une solution qui soit applicable rapidement, avec le CIUSSS, le ministère et les partenaires communautaires, pour venir en aide aux personnes en situation d\u2019 itinérance.Pour la suite, nous avons aussi convenu de renforcer l\u2019ensemble des mesures d\u2019accueil, d\u2019aide et de prévention, pour enrayer durablement l\u2019 itinérance à Montréal », a commenté Mme Plante.Pour renforcer les mesures déjà en place face aux besoins en évolution, la Ville de Montréal travaille actuellement avec ses partenaires publics, communautaires et municipaux à réaliser des portraits des besoins en itinérance dans différents quartiers de la ville, ainsi qu\u2019un portrait complet de l\u2019offre en services d\u2019hébergement d\u2019urgence.Les résultats de ces démarches permettront de poursuivre l\u2019amélioration des services en fonction des besoins.Mesures hivernales L\u2019unité de débordement vient s\u2019ajouter aux mesures existantes prévues dans le cadre des mesures hivernales en itinérance de la région de Montréal.La métropole dispose également de 957 places d\u2019hébergement d\u2019urgence, d\u2019un centre de répit et de dégrisement, d\u2019une halte-chaleur et de deux navettes de transport.Équipes d\u2019intervention de proximité Lors des grands froids, les équipes de proximité des CIUSSS, l\u2019équipe Jeunes de la rue, Itinérance et Urgence Psychosociale-Justice (UPS-J) du CCSMTL, l\u2019équipe mixte composée de policiers du SPVM et d\u2019intervenants sociaux du CCSMTL, l\u2019Équipe mobile de référence et d\u2019intervention en itinérance (ÉMRII) ainsi que les travailleurs de rue des organismes communautaires font du travail d\u2019intervention de proximité.Elles cherchent à rejoindre les personnes réticentes à utiliser les services pour les encourager à se diriger vers les ressources appropriées.La Ville de Montréal rappelle que si vous craignez pour la sécurité immédiate d\u2019une personne en situation d\u2019itinérance qui demeure dans l\u2019espace public, vous pouvez contacter le 911.Vous pouvez également communiquer avec le 211 afin de connaître les ressources qui s\u2019offrent aux personnes en situation d\u2019itinérance, en fonction de leurs besoins.Ouverture de 80 lits supplémentaires pour les personnes en situation d\u2019itinérance à Montréal PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL Au mois d\u2019août, j\u2019ai tout perdu.Mon bel appartement, mon argent, une vie de souvenirs.Avec mes finances limitées, j\u2019ai décidé de louer une chambre dans l\u2019édifice où je demeurais.La personne qui m\u2019a loué a gardé l\u2019argent du loyer et m\u2019a mis à la porte après 10 minutes.Je me suis retrouvée à la rue.Je me suis rendue dans le Village gai.C\u2019est un quartier que je connais très bien pour y être demeurée dans le passé.Il y a sept ans, j\u2019ai travaillé au Groupe L\u2019Itinéraire pendant à peu près quatre ans.Je connais toutes les ressources pour les femmes sans- abri.J\u2019ai donc fait les démarches nécessaires pour avoir un lit dans ces ressources.Peine perdue.Ces endroits sont pleins à craquer.Le manque de refuges pour femmes est énorme, alors j\u2019ai dormi dehors pendant deux mois.J\u2019ai été chanceuse, il ne m\u2019est rien arrivé.Je n\u2019ai pas été attaquée, mais j\u2019ai été volée et droguée au GHB, la drogue du viol.J\u2019ai rencontré un homme un soir sur la rue Sainte-Catherine.Un ange.Il m\u2019a aidée pendant mon itinérance.Nous avons donc fait un bout de chemin ensemble.À la belle étoile En août et septembre la température était excellente.Il a fait chaud, très chaud.Nous avons couché sur le bord du fleuve dans le Vieux-Port.La vue de la ville de Montréal était grandiose.La grande roue était illuminée de mauve, il y avait une famille de canards qui est venue nous visiter.Mais quand tu te réveilles le matin et que tu veux aller à la toilette, il n\u2019y a rien d\u2019ouvert, alors tu fais tes besoins dehors caché dans les buissons.L\u2019humilité en prend un coup.J\u2019ai 60 ans, je souffre de sclérose en plaques, d\u2019arthrose et d\u2019asthme.L\u2019humidité m\u2019a tellement fait souffrir que j\u2019en pleurais à tous les matins.J\u2019ai tellement marché dans la ville que j\u2019ai perdu 50 livres pendant les deux mois passés sans domicile, je me suis aussi blessé les pieds.J\u2019avais des ampoules à tous les orteils.J\u2019ai souffert énormément.Je me demande comment j\u2019ai fait pour survivre à cette situation et garder mon moral.Pendant cette période, j\u2019ai fait du bénévolat au Groupe L\u2019Itinéraire dans la cuisine.Ça m\u2019a aidée à garder mes repères.J\u2019ai aussi vendu le magazine L\u2019Itinéraire pour me faire un peu d\u2019argent.Il y a une ressource (Le Sac à dos) sur la rue de Bullion au coin de Sainte-Catherine où on peut aller pour se laver le matin.Ils ont de la soupe maison à tous les jours.Je connaissais cet endroit car j\u2019y avais travaillé dans le passé.Je lavais les vêtements des hommes sans-abri.Il y a aussi l\u2019Accueil Bonneau où ils servent un repas le matin.La nourriture y est excellente et le personnel est très accueillant.Comme un cinq étoiles J\u2019ai réussi à avoir un lit à la Mission Old Brewery, au Pavillon Patricia Mackenzie pendant quelques jours et à la maison Jacqueline, un refuge qui fait partie de l\u2019organisme La rue des femmes.Cet endroit est comme un cinq étoiles.Ils nous reçoivent avec tellement d\u2019amour et nous traitent avec beaucoup d\u2019empathie.Mais il faut y demeurer seulement trois jours et attendre trois autres jours avant d\u2019y retourner.Si on est chanceuse on peut avoir un lit, mais c\u2019est difficile.Sur une note plus positive, j\u2019ai rencontré beaucoup de bonnes personnes pendant mon périple,.Parmi eux Steve, qui m\u2019a mis du vernis à ongles sur les orteils dans un parc par une journée tellement belle.Il a trouvé des lunettes fumée de marque Burberry et me les a données.Vampire (Sergio) qui me faisait tellement rire.Sylvain qui m\u2019a fait cadeau d\u2019une belle chaine en argent.Les camelots de L\u2019Itinéraire m\u2019ont aussi soutenue, je me suis sentie revenue dans ma famille.Aujourd\u2019hui j\u2019ai trouvé une chambre tout près de L\u2019Itinéraire.Maudit que je suis contente ! Pour le moment tout va bien.Si j\u2019ai écrit cet article, c\u2019est parce que je veux que vous sachiez que l\u2019itinérance peut arriver à tout le monde et pour vous faire connaître comment c\u2019est possible de s\u2019en sortir.L\u2019itinérance au féminin 23 itineraire.ca 1er février 2019 CHRONIQUE PAR SYLVIE DESJARDINS CAMELOT ONTARIO / CHAMPLAIN ENTREVUE PAR CAMILLE TESTE L\u2019adoption internationale n\u2019est pas un acte anodin PHOTO :?MAYA?MIHINDOU Comment t\u2019es-tu intéressée au sujet de l\u2019adoption ?D\u2019abord, j\u2019ai moi-même été adoptée : c\u2019est quelque chose qui a toujours été une composante de mon identité.Je suis née en 1984 en France, sous le secret.J\u2019ai été adoptée cinq mois plus tard par mes parents, qui sont des personnes blanches.Mes deux parents biologiques, quant à eux, étaient noirs.Ma mère biologique était marocaine et mon père français.Plus récemment, de 2015 à 2017, j\u2019ai fait une maîtrise en sociologie à l\u2019UQAM, portant sur la mobilisation politique des personnes adoptées, en France et au Québec.Ce travail m\u2019a permis de montrer que la question de l\u2019adoption, et a fortiori de l\u2019adoption internationale, était encore trop absente du débat public.En ce sens, il m\u2019a semblé important d\u2019utiliser des outils comme le film documentaire pour ouvrir la conversation sur le sujet et sortir d\u2019une vision très naïve et humanitaire de celui-ci.De surcroit, ces dernières années ont été un moment clef du débat sur l\u2019adoption : avec le boom des adoptions internationales à partir des années 1970, les adoptés adultes sont arrivés à un âge où ils ont envie de s\u2019exprimer sur leur condition.En retour, j\u2019ai l\u2019impression que le grand public est plus ouvert qu\u2019avant à entendre cette réalité-là comme une question politique.L\u2019adoption est politique Justement, on a souvent l\u2019impression que l\u2019adoption, internationale ou locale, est une procédure privée, relevant d\u2019un contexte familial donné.En quoi admet-elle une dimension politique ?L\u2019adoption internationale n\u2019a rien d\u2019anodin, et ce, à bien des égards.D\u2019abord, il y a la question des rapports Nord-Sud.On n\u2019adopte pas des enfants dans n\u2019importe quel pays : historiquement, on adopte dans des pays ayant vécu des guerres, des catastrophes naturelles, des famines, des épidémies.Par exemple, quand il y a eu une vague d\u2019adoption en provenance du Vietnam, cela faisait suite à la guerre d\u2019Indochine - guerre coloniale française \u2013 et à la guerre du Vietnam - guerre anti-communiste américaine.Donc comment étaient rendues disponibles à l\u2019adoption ces personnes, qui ont aujourd\u2019hui entre 25 et 45 ans ?Eh bien par des rapports inégaux Nord-Sud.D\u2019une manière générale, on voit bien que les flux d\u2019enfants ne vont que dans un sens : les enfants des pays du Sud (ou parfois d\u2019Europe de l\u2019Est) vont vers les pays du Nord.À ces rapports Nord-Sud, s\u2019ajoute la question d\u2019une forme de marchandisation de la parentalité, qui n\u2019existe pas dans toutes 25 itineraire.ca 1er février 2019 Elle s\u2019appelle Amandine Gay et, en 2017, elle a frappé très fort avec un premier documentaire auto-pro- duit intitulé Ouvrir la voix.Dans celui-ci, des femmes noires francophones abordaient les défis auxquels elles étaient confrontées, en tant que personnes racisées, dans un monde majoritairement blanc.Encensé par la critique, le film a obtenu, entre autres, le prix du public aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).En 2019, la réalisatrice de 34 ans, qui vit entre le Québec et la France, réalise un second film, portant cette fois-ci sur la question de l\u2019adoption internationale : l\u2019occasion d\u2019aborder avec elle un sujet encore mal compris dans le paysage francophone.Amandine Gay a aussi témoigné dans le livre La Couleur de l\u2019adoption, paru en 2018 aux Éditions Alias.Il s\u2019agit du premier recueil francophone de récits de personnes adultes adoptées à l\u2019international. les créations de familles.Si on n\u2019achète pas des enfants, l\u2019adoption internationale a quand même un coût.Au Québec, sur le site d\u2019Adoption internationale, vous pouvez d\u2019ailleurs consulter librement le coût d\u2019une adoption par pays.[NDLR - On y apprend par exemple qu\u2019adopter un enfant en Corée du Sud coûte entre 44 778 $ et 57 015 $, alors que, pour une adoption en Haïti, il faudra débourser entre 18 300 $ et 37 000 $.] Cette marchandisation est parfois très directe, notamment aux États-Unis, pays qui n\u2019a pas signé la Convention de la Haye [NDLR - Adoptée en 1993, elle porte sur la protection des enfants et la coopération en matière d\u2019adoption internationale].Dans ce pays, il existe une procédure appelée rehoming, laquelle permet littéralement aux parents adoptants de revendre leurs enfants adoptés à d\u2019autres familles.Il y a même des défilés et des groupes Facebook où l\u2019on propose ces enfants à la ré-adoption.Tu rejettes aussi l\u2019idée selon laquelle les parents considéreraient l\u2019adoption internationale comme un premier choix.Oui, en France, il y a une enquête de l\u2019INED (Institut national d\u2019études démographiques) qui montre que parmi les parents adoptants, sept sur dix n\u2019ont pas choisi l\u2019adoption comme premier mode de parentalité.Hormis les trois couples sur dix qui adoptent car ils ont travaillé dans l\u2019humanitaire ou considèrent qu\u2019il y a assez d\u2019enfants sur la planète, les autres ont en général un parcours d\u2019infertilité qui les a conduits vers cette solution.En général, il s\u2019agit de couples qui ont essayé la procréation médicalement assistée, avant de se tourner vers l\u2019adoption locale.Là, ils se sont rendu compte qu\u2019ils ne rentraient pas dans les critères, sans doute parce que le temps d\u2019essayer d\u2019avoir un enfant biologique, ils étaient devenus trop vieux.À ce stade, ils ne pouvaient peut-être adopter que des enfants grands, mais dans une conception de la famille occidentale où l\u2019on considère l\u2019enfant comme une propriété, les gens ont tendance à vouloir des enfants sans histoire, c\u2019est-à-dire des bébés.C\u2019est à ce moment-là que ces couples choisiront d\u2019adopter à l\u2019international.Et là encore, il y a des exigences de la part de chaque pays de départ.Ainsi, même s\u2019ils ont une préférence raciale, il se peut qu\u2019ils découvrent qu\u2019ils ne répondent pas aux critères de tel ou tel pays.Par exemple, la Corée du Sud est particulièrement exigeante en ce qui concerne les revenus des parents adoptants, mais aussi en ce qui concerne leur forme physique : s\u2019ils sont en surpoids, cela pose problème.Ils vont alors se tourner vers des pays moins pointilleux en la matière.Au regard de ce parcours, on comprend bien que l\u2019adoption internationale est parfois un cinquième choix, fait rationnellement en fonction de leurs moyens et de leurs désirs : c\u2019est beaucoup plus complexe qu\u2019une simple bonne action.Adoption transraciale Qui dit adoption internationale dit souvent adoption transraciale.A l\u2019époque où tu as été adoptée, les parents adoptifs étaient-ils suffisamment informés quant à ce que cela impliquait ?Dans les années 1980, on abordait beaucoup moins la question de la race.Aujourd\u2019hui au Québec, si vous voulez adopter un enfant noir, vous devez donner le nom d\u2019une personne noire de votre entourage.Cela force les parents à se poser en amont la question de la sociabilité, en particulier s\u2019ils habitent des zones où il y a peu de mixité raciale.Mais il y a des gens que cette question choque encore, notamment en France.Si une assistante sociale demande à des parents qui veulent adopter : « Est-ce que cela vous va d\u2019adopter un enfant arabe ou noir ?», beaucoup vont trouver la question raciste.Pourtant, ce n\u2019est pas raciste : c\u2019est juste une réalité à laquelle ils seront confrontés.De fait, ils devront accompagner leur enfant face à des situations racistes.Il ne suffit pas d\u2019être adopté par une famille blanche pour ne pas vivre de racisme.Tes parents avaient-ils conscience de cette réalité ?Moi j\u2019ai eu de la chance car mes parents étaient relativement conscients de ces questions.Par exemple, dans ma première école, ma mère avait poussé l\u2019institutrice à acheter une poupée noire avant que j\u2019arrive, de manière à habituer les autres élèves.De même, ils ont fait en sorte que j\u2019aie une sociabilité noire tout au long de mon enfance.Après, mes parents n\u2019avaient pas forcément conscience de toutes les implications du racisme systémique.Leur compréhension de ce que signifiait être Noire dans la société française était forcément limitée, aussi parce que la société en entier en parlait moins à l\u2019époque.En même temps, même dans les familles noires, on ne parle pas toujours frontalement du racisme.On va plutôt te dire qu\u2019en tant que Noir, tu dois en faire deux fois plus, tu ne dois pas te faire remarquer, tu dois être parfait.C\u2019est une manière détournée de t\u2019apprendre à fonctionner dans une société majoritairement blanche.Moi pour le coup, on ne m\u2019a jamais dit cela ! Selon toi, faut-il former les parents adoptants ?Oui, et le plus tôt possible ! Il m\u2019arrive de croiser des familles blanches avec des enfants noirs dont la peau est toute sèche et les cheveux mal soignés.C\u2019est sûr qu\u2019on a envie d\u2019intervenir.Or il est difficile de savoir comment faire sans que les familles ne le vivent comme quelque chose d\u2019intrusif.Il faut les comprendre : en tant que familles adoptantes, elles sont scrutées en permanence.Ainsi, pendant le Mois des Adopté·e·s [NDLR - Organisé conjointement au mois de novembre 2018, au Québec, en France, en Belgique et en Suisse], j\u2019ai organisé des ateliers pour ouvrir la conversation sur ces sujets, et pousser les parents à se remettre en question, mais aussi à se défendre.26 1er février 2019 itineraire.ca Au-delà des questions raciales, tu dis que la formation des parents doit prendre en compte, entre autres, les questions d\u2019orientations sexuelles ou de classes sociales.Oui.Par exemple si on adopte un enfant qui vient d\u2019un pays pauvre ou d\u2019un milieu très populaire, c\u2019est quand même mieux de ne pas considérer que les pauvres sont tous des fainéants ! De même, aujourd\u2019hui je militerais pour demander aux candidats s\u2019ils sont homophobes.Il y a des cas d\u2019adoption dramatiques, par exemple au sein de groupes catholiques, où ça se passe vraiment mal si les adoptés sont LGBTQIA+.L\u2019importance des mots Tu insistes beaucoup sur le fait de parler d\u2019une « personne adoptée », et non pas d\u2019un « enfant adopté ».Pourquoi ?Je le fais parce que nous ne sommes pas des enfants toute notre vie.Le fait de nous ramener à notre condition d\u2019enfant a quelque chose de paternaliste et d\u2019infantilisant.Cela donne à nos combats, qui sont légitimes, des airs de caprices.De même, dans plusieurs entretiens, tu expliques que tu n\u2019aimes pas le terme « abandon » lorsqu\u2019il qualifie la démarche d\u2019une mère biologique qui se sépare de son enfant.Pourquoi ?C\u2019est un terme qui contient du jugement.Or, les conditions de séparation peuvent être multiples et dépendre des époques.Par exemple, il y a quelques années, lorsque la régulation qui encadrait l\u2019adoption internationale était moins forte, il y avait des cas frauduleux, des rapts d\u2019enfants.Il y avait des mères pauvres, habitant par exemple dans des favelas péruviennes, qui se faisaient approcher et manipuler par des couples péruviens plus au L\u2019adoption internationale Au moins 20 000 personnes adoptées à l\u2019international vivent au Québec.Après un pic mondial atteint au début des années 2000, l\u2019adoption internationale est aujourd\u2019hui en baisse constante.Au Québec, c\u2019est en 1996 que le pic a été atteint avec 977 adoptions internationales.En 2017 au Québec, 153 enfants ont été adoptés à l\u2019international.Les pays les plus fréquents étaient la Chine (26 enfants), la Corée du Sud (20 enfants) et Haïti (19 enfants).Sources : Adoption internationale Québec ; La Couleur de l\u2019adoption PHOTO :?MATIAS?INDJIC riches.Ceux-ci proposaient de prendre en charge la fin de leur grossesse, leur faisaient discrètement signer un papier dans lequel elles cédaient leurs droits parentaux, et envoyaient les enfants se faire adopter à l\u2019international.Bien souvent, il fallait attendre 30 ans pour que l\u2019enfant fasse ses recherches, prenne conscience de la situation et retrouve éventuellement sa famille d\u2019origine.Dans une telle situation, comment parler d\u2019abandon ?De même, il y a des séparations plus classiques qui sont un choix juridique de la mère : celle-ci va décider d\u2019accoucher sous le secret, et on peut effectivement qualifier cette décision d\u2019abandon juridique.Mais là encore je préfère parler de séparation : quand une mère décide de confier son enfant, ou pour se référer à une image populaire, de le déposer sur les marches d\u2019une église un jour de marché, ce n\u2019est sans doute pas par gaité de cœur.C\u2019est parce qu\u2019elle ne peut pas s\u2019en occuper, mais veut néanmoins qu\u2019il soit trouvé et que quelqu\u2019un en prenne soin.Donc il faut sortir de ce vocabulaire moraliste ; moi je ne suis pas là pour juger les mères qui laissent aller leur enfant.Et puis, considérant le stigmate social et l\u2019impact psychologique subis par ces femmes-là dans une société où la séparation avec l\u2019enfant biologique est très mal vue, il y a fort à parier que si elles le font, c\u2019est vraiment en dernier recours.En finir avec l\u2019adoption internationale ?Au vu de ce que tu nous expliques, il semblerait que l\u2019adoption internationale et transraciale ait des répercussions parfois difficiles, tant au niveau individuel que sociétal.Voudrais-tu voir ce type d\u2019adoption interdite ?Aux États-Unis, il y a des gens qui militent pour la fin de l\u2019adoption.Moi je ne me situe pas là.Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de réfléchir à ce qui est le mieux pour les enfants.Mais une chose me parait évidente : l\u2019adoption internationale n\u2019est pas toujours la meilleure option et il existe d\u2019autres alternatives qui méritent d\u2019être développées.L\u2019Éthiopie, par exemple, a fermé la porte à l\u2019adoption internationale pour n\u2019autoriser que le « community kinship », qui est une façon, pour les ONG, d\u2019offrir aux enfants qui en ont besoin un environnement familial et communautaire au niveau local.De même, on considère comme acquis que ce sont les enfants qui doivent se déplacer.Or, cette idée n\u2019a rien de naturel : c\u2019est complétement construit historiquement et politiquement.Au contraire, on pourrait peut-être envisager que si des parents veulent adopter une petite Guatémaltèque, ils déménagent au Guatemala.Cela voudrait dire de changer de pays, changer de langue, de nourriture, mais aussi permettre à l\u2019enfant de rester près de ses racines et éviter ce qui arrive dans bien des cas, à savoir que l\u2019enfant ne passe du statut de majorité à celui de personne racisée, dans son nouveau pays.Souvent, dans les médias, on parle du « parcours du combattant des parents », c\u2019est quelque chose que tu souhaites nuancer.Du point de vue parental, on dit que l\u2019adoption internationale est de plus en plus complexe, et c\u2019est vrai : les délais s\u2019allongent pour obtenir l\u2019agrément, les critères sont nombreux, les travailleurs sociaux sont parfois intrusifs.Mais c\u2019est aussi parce que les droits des enfants évoluent : aujourd\u2019hui on s\u2019assure vraiment que si on fait venir un enfant d\u2019Amérique du Sud, d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, cette personne va avoir un maximum de chances d\u2019être bien accompagnée dans ce parcours de déracinement au cours duquel une nouvelle identité va lui être imposée.D\u2019une manière générale, je crois qu\u2019il faut arriver à penser l\u2019inversion de la charge de gratitude.Oui, l\u2019adoption permet à des enfants qui n\u2019avaient pas de famille d\u2019en avoir une, mais elle permet aussi à des gens qui voulaient fonder une famille d\u2019avoir des enfants.Donc il y a au moins une équité dans la gratitude.Or, elle n\u2019est pas toujours consciente dans la société, y compris chez certains candidats à l\u2019adoption.Ton premier film, Ouvrir la voix, était un documentaire qui laissait entièrement place aux voix des femmes concernées.Comment envisages-tu le format de ce prochain film ?Comme dans Ouvrir la voix, je veux m\u2019assurer que les personnes concernées sont au centre du débat.Dans ce cas-là, il s\u2019agira d\u2019un film d\u2019archives qui retracera le parcours de cinq à sept personnes adoptées à l\u2019international.Nous allons nous concentrer sur des personnes basées au Québec et en France.Pour le moment, nous avons déjà réalisé de nombreux pré-en- tretiens, mais le gros du tournage va se faire en février et mars 2019.Nous espérons terminer le film en novembre 2019, pour une sortie en 2020.28 1er février 2019 itineraire.ca HD , \u201cI OFFERT EN EXCLUSIVITE SUR Voyez votre horaire (9 © et votre bus Site Web et mobile Applications en temps réel stm.info Transit Chrono MOUVEMENT COLLECTIF ce S tm @sus Québec58 (Canada L\u2019ancien site de l\u2019hôpital Royal Victoria servira cet hiver à faire face au débordement des ressources.Cet ajout de lits d\u2019urgence (40 pour les hommes et tout autant pour les femmes) était nécessaire pour répondre à la situation.Durant toute l\u2019année 2018, les refuges pour hommes ont souvent fonctionné à pleine capacité, alors que les ressources d\u2019hébergement pour femmes devaient refuser des admissions, faute de places, depuis des années.Pour la nuit seulement, le Royal Vic offrira donc un lit aux personnes qui ne trouveront pas de places, une navette les y amènera.Ce lieu visera aussi à accueillir les personnes trans, de même que celles qui ont des chiens.Cette mixité de populations représentera tout un défi.Au-delà du bilan qui sera à faire au printemps de ces lits d\u2019urgence, cette situation de débordement des ressources requiert une réflexion sur les actions, pourtant bien identifiées, qui sont à mener pour la prévenir.Des causes multiples Les raisons qui amènent des personnes à la rue sont variées.Les facteurs économiques sont importants, particulièrement la question du logement.Trop peu de nouveaux logements sociaux se créent alors que le parc de logements privés accessibles aux personnes à faible revenu s\u2019atrophie, en raison des hausses de loyers, des transformations en logements luxueux et des fermetures pour insalubrité.La faiblesse des revenus s\u2019ajoute au défi de se trouver un logement à prix moien.La prestation de base à l\u2019aide sociale est de 648 $ par mois, ce qui correspond au prix moyen d\u2019un trois et demi, quand on en trouve.Sans surprise, le recensement de 2016 révélait que plus de 41 000 ménages locataires montréalais - surtout des personnes seules - consacraient plus de 80 % de leur revenu au loyer.La sortie d\u2019institutions, de centres jeunesse, d\u2019hôpitaux ou de prisons représente aussi un risque d\u2019itinérance.L\u2019enjeu est identifié, du travail important se fait par ces acteurs et par le milieu communautaire, mais les ressources d\u2019hébergement, voire la rue, sont parfois les seules issues.Alors que la présence importante d\u2019Autochtones en situation d\u2019itinérance à Montréal est connue depuis près de 20 ans, il n\u2019y a pas suffisamment d\u2019actions pour contrer cette situation.Depuis peu, on retrouve à Montréal des vétérans qui sont souvent dans une grande détresse.Tant pour les hommes que pour les femmes, un vieillissement des personnes en situation d\u2019itinérance est documentée par les différentes ressources.À 65 ans, avec les revenus accrus que donne la pension de vieillesse, certaines personnes réussissent à se loger, mais il n\u2019est pas rare de voir des personnes se retrouver à la rue à cet âge.Des solutions connues La Politique nationale de lutte à l\u2019itinérance, adoptée au Québec en février 2014, se nomme Pour éviter la rue et en sortir.Celle-ci identifie, à raison, les actions à mener pour réduire le phénomène et le prévenir dans cinq axes : logement, revenu, santé et services sociaux, éducation et réinsertion, ainsi que cohabitation et judiciarisation.Cette politique s\u2019est déployée sous le gouvernement libéral avec des mesures d\u2019austérité sélective, réduisant grandement les investissements dans les mesures sociales identifiées par cette même politique.Les coffres de l\u2019État sont bien garnis, il est essentiel que le gouvernement de la CAQ investisse de façon importante dans le logement social, l\u2019aide au revenu et les services sociaux.Il faut éviter d\u2019avoir à ouvrir de nouvelles places d\u2019hébergement de dépannage.La Ville de Toronto ne cesse d\u2019en ajouter et est rendue à 7000 places, versus 1000 pour Montréal.Les acteurs dans le domaine de l\u2019itinérance de la Ville Reine disent que ces ajouts, nécessaires, indiquent la voie de ce qui n\u2019est pas à faire.Il faut investir dans des réponses permanentes qui permettent de réduire le phénomène et de le prévenir, en ciblant toutes les populations concernées.La meilleure utilisation des hôpitaux désaffectés, tels l\u2019Hô- tel-Dieu et Jacques Viger, de l\u2019Institut des Sourdes-Muettes, serait de les convertir en logements sociaux, services de santé et sociaux, CPE et autres vocations communautaires.Ces projets existent ! Le Royal Victoria : une réponse ?PIERRE GAUDREAU - DIRECTEUR DU RAPSIM 30 P H O T O : ?R A P S I M ?- ?C O U R T O I S I E MOT DU RAPSIM CHRONIQUE?PAYÉE itineraire.ca 1er février 2019 Une année qui démarre en lion Déjà février.Ces deux derniers mois ont été l\u2019occasion de réalisations assez remarquables.D\u2019abord, pour une rare occasion, nous avons manqué d\u2019exemplaires de l\u2019édition du 15 décembre.Le numéro du 1er janvier, lancé une semaine plus tôt que prévu au calendrier régulier des parutions, s\u2019est aussi vendu à vive allure.Nul doute que le passage à l\u2019émission Tout le monde en parle et les articles parus dans le journal Métro en sont largement responsables.Les camelots ont donc eu une occasion en or de profiter du momentum pour faire une relance auprès de nouveaux clients et d\u2019élargir ainsi leur clientèle.Plusieurs projets sont aussi présentement en développement dans le cadre du 25e anniversaire du magazine.Les camelots sont invités à se tenir informés et surtout à s\u2019impliquer pour faire de cette année une étape charnière de la vie de L\u2019Itinéraire.Le comité de distribution a aussi entrepris une réflexion à laquelle les camelots seront associés afin de mettre à jour le réseau des points de vente et leur engagement personnel.Du nouveau au C.A.J\u2019ai personnellement eu l\u2019occasion d\u2019assister à ma première réunion du conseil d\u2019administration alors que plusieurs sujets d\u2019importance étaient à l\u2019ordre du jour.C\u2019est ainsi qu\u2019on se retrouve avec une nouvelle présidente, Me Jessica Major, du cabinet Davies Ward Phillips et Vineberg, et d\u2019un nouvel administrateur, Vincent Lemelin, de la Société de transport de Montréal.Leur engagement, couplé à la somme de leurs expériences, sera certes un apport important pour l\u2019organisme.Je tiens aussi à dire que j\u2019ai été impressionné par le sérieux des discussions et par l\u2019implication des membres et de Luc, notre directeur général.P.S.Ces derniers jours, ma disponibilité fut un peu réduite à la suite d\u2019une chirurgie subie à la mi-janvier.Je compte bien reprendre mes activités régulières dans un futur proche.D\u2019ici là, bonnes ventes ! 31 itineraire.ca 1er février 2019 INFO-CAMELOT PAR ROGER PERREAULT REPRÉSENTANT DES CAMELOTS À LIRE DANS L\u2019ÉDITION DU 15 FÉVRIER Rebelle même sans sa tuque Quelques semaines après son entrée à l\u2019Assemblée nationale, la députée-poète Catherine Dorion revient sur ses premiers pas en politique.En entrevue avec Mathieu Thériault, la solidaire de Taschereau assure qu\u2019elle ne rentrera pas « dans le rang ».Aux chroniqueurs qui l\u2019ont conspuée, la jeune députée rétorque : « Je ne vous veux pas dans ma gang ! » PHOTO :?ALEXANDRE?DUGUAY 31 itineraire.ca 1er février 2019 Le «Têt » ou le Nouvel An vietnamien « Chuc mung nam moi », cela signifie « Bonne et heureuse année » en vietnamien.Les lecteurs seront probablement surpris que je leur souhaite bonne et heureuse année en février.C\u2019est que les Vietnamiens fêtent le Nouvel An deux fois.La première fois c\u2019est selon votre calendrier, alors que la deuxième fois, le « Têt » (la fête du Nouvel An vietnamien), tombe toujours, ou presque, pendant le mois de février de votre calendrier.En effet, les Vietnamiens ont deux calendriers.Notre calendrier dit « traditionnel » se base sur l\u2019année de naissance suivant le zodiaque chinois, alors que le vôtre, le calendrier grégorien, est un calendrier d\u2019origine romaine fondé sur l\u2019observation solaire.Le «Têt » fait partie d\u2019une des coutumes de mon pays, comme le culte des ancêtres dont j\u2019ai parlé dans un autre article.L\u2019année du cochon Le mot «Têt » veut dire « fête du premier jour de l\u2019année ».Une légende bouddhiste veut qu\u2019un jour, Bouddha a voulu convoquer tous les animaux de l\u2019univers dans son palais.Seulement 12 se sont présentés.Pour les récompenser d\u2019avoir répondu à son appel, Bouddha leur a donné la « possession » d\u2019une année complète suivant leur ordre d\u2019arrivée.Ainsi, le rat, le bœuf, le tigre, le chat, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon ont eu, chacun leur tour, la « possession » d\u2019une année complète pour un ILLUSTRATIONS :?ANNA?KNIAZEVA?(123RF) PAR TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA TRADITIONS cycle de 12 ans.Le début de l\u2019année 2019 coïncidera avec le 5 février de votre calendrier et ce sera celle du cochon qui a pris la place du chien.Et en 2020, il cédera sa place au rat pour un cycle de 12 ans.Les festivités Le « Têt » est la fête la plus importante de l\u2019année.Les festivités durent trois jours mais peuvent aussi s\u2019étaler sur une semaine.Pendant cette période, toutes les écoles sont fermées et toutes les activités gouvernementales sont suspendues.Place aux réjouissances et aux vœux du Nouvel An.La formule de salutation rituelle est « phuc lôc tho » (bonheur, prospérité, longévité).Je suis natif de Ho Chi Minh-Ville, l\u2019ancienne Saïgon, une mégapole de quelque 8 millions d\u2019habitants, dont les quartiers rivalisent d\u2019ingéniosité pour leurs décorations, leurs mets traditionnels et leurs danses.C\u2019est une débauche de couleurs et la croyance veut que le dragon, accompagné du génie de la terre, vienne nous apporter bonheur, prospérité, longévité.C\u2019est la populaire danse du dragon, un incontournable lors des festivités.Les enfants reçoivent de l\u2019argent dans des enveloppes rouges et on fait éclater des pétards pour chasser les mauvais esprits.Souvenirs d\u2019enfance À l\u2019époque où j\u2019habitais chez mes grands-parents, un grand cerisier nous accueillait à la porte d\u2019entrée.Ma grand-mère était convaincue que si l\u2019arbre fleurissait au Nouvel An, cela signifiait bonheur et prospérité pour la prochaine année.Alors que le culte des ancêtres était réservé aux membres de la famille, le « Têt » est l\u2019occasion pour les familles de visiter parents et amis.Un de mes meilleurs souvenirs pendant que j\u2019étais encore au Vietnam est d\u2019avoir voyagé avec ma mère et ma grand-mère dans un de ces autocars bondés de monde.On allait rendre visite à la famille de ma mère dans son village natal de Can Tho dans le delta du Mékong.Ce fut une joie de retrouver mes tantes, mes oncles, mes cousins et cousines, des membres de la famille qu\u2019on avait rarement l\u2019occasion de voir.Vu que c\u2019était le Nouvel An et que tout le monde avait congé, ce fut l\u2019occasion de s\u2019échanger cadeaux et nourriture, surtout de la nourriture.Pour les Vietnamiens, c\u2019est un signe de respect que d\u2019apporter de la nourriture lors de la visite chez un parent.Pour moi, ce fut un grand plaisir de visiter un coin de mon pays que je ne connaissais presque pas.Vu que c\u2019étaient des membres de notre famille, il allait de soi que l\u2019on reste chez eux, et ce pendant tout le temps des festivités du Nouvel An.Un autre de mes souvenirs, c\u2019est lorsque ma grand-mère m\u2019a emmené visiter un vieux moine bouddhiste qui vivait reclus dans son monastère.Vêtu de safran jaune, il nous a reçus en toute simplicité.Il était content de nous recevoir et d\u2019avoir des nouvelles de Saïgon.On lui a souhaité : Bonne année et longévité ! « Chuc mung nam moi » à tous les lecteurs ! 33 itineraire.ca 1er février 2019 QUÉBEC \u2013 Londres est en vedette au Musée de la civilisation de Québec depuis plusieurs mois.Nous sommes allés découvrir cette ville fascinante grâce à l\u2019exposition intitulée Ici Londres.Si ce n\u2019est pas encore fait, dépêchez-vous d\u2019aller à Québec, car l\u2019exposition se termine le 10 mars prochain.Accompagnés de notre charmante (et passionnée) guide Anne-Marie Gagnon, nous avons fait le tour de cette exposition qui n\u2019est pas immense, mais ô combien impressionnante, et qui se concentre principalement sur les artistes, les créateurs et les designers de la capitale anglaise, pour la période de 1950 à aujourd\u2019hui.Le premier élément qu\u2019on remarque en entrant dans la salle d\u2019exposition, c\u2019est une grande maquette de la City de Londres au centre de la pièce, un quartier financier historique qui abrite à la fois la Bourse de Londres et la Banque d\u2019Angleterre.C\u2019est à cet endroit qu\u2019on retrouve le Gherkin (le « cornichon »), un bâtiment au look stupéfiant par sa forme étrange en spirale et son dôme conique en verre.PHOTOS :?STÉPHANE?AUDET/ICÔNE EXPOSITION AVEC LA COLLABORATION DE JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL Ici Londres Invasion british à Québec Sur le sol de la salle, des tracés lumineux dessinent la carte de Londres, ce qui donne l\u2019impression aux visiteurs de se promener dans la ville comme dans « une visite touristique », pour reprendre les mots de notre guide.Ces tracés sont à la fois pratiques et dynamiques.On voit ainsi des bateaux naviguer sur la Tamise, ainsi que des vélos et des calèches circuler dans les parcs.Une manière ingénieuse de découvrir cette ville qui est l\u2019une des plus prisées par les voyageurs.Londres est constituée d\u2019une impressionnante diversité ethnique.Plus de 300 langues différentes y sont parlées et un peu plus du quart de ses 8,8 millions d\u2019habitants sont nés à l\u2019étranger.Selon Mme Gagnon, « on dénombre 300 000 francophones » à Londres.Un espace de l\u2019exposition est d\u2019ailleurs consacré à cet aspect multiculturel de la ville.Mind the gap Quand on pense à Londres, on pense évidemment aux fameux autobus rouges.Un modèle réduit du véhicule est présenté dans l\u2019exposition.Autre symbole incontournable de Londres : son métro, surnommé le Tube, le plus ancien du monde.Datant de 1863, le système de transport souterrain contient aujourd\u2019hui 270 stations.Les couleurs de la cartographie du métro londonien ont d\u2019ailleurs inspiré celui de Montréal.Le Tube est aussi à l\u2019origine d\u2019une expression devenue populaire dans les villes anglophones et affichez en grosses lettres dans l\u2019exposition : Mind the gap.Cette phrase, utilisée pour la première fois en 1969, est devenue un symbole du métro de la capitale britannique.Elle peut se traduire par « Attention à l\u2019écart ».Elle fait référence à l\u2019espace entre le métro et le bord du quai qui est particulièrement prononcé dans les stations courbes.En plus d\u2019être peinte sur le sol en lettres capitales jaunes pour prévenir les voyageurs, une voix enregistrée répète ce message lors de l\u2019arrivée du train.L\u2019exposition présente également un taxi londonien de 1967, autre symbole incontournable du transport en commun dans la capitale britannique.Il a été acquis en 1990 par le propriétaire du Pub Saint-Alexandre à Québec qui a eu la générosité de le prêter au Musée de la civilisation.35 itineraire.ca 1er février 2019 L\u2019après-guerre Dans les années 50, Londres est en plein boom économique.Mme Gagnon nous explique que c\u2019est à ce moment que la jeunesse commence à prendre sa place.« Les jeunes de la classe ouvrière ont des emplois, ils gagnent des sous et ils vont danser les fins de semaine.Il y a des salles de danse pour mineurs et on voit se former des petits groupes qui ne s\u2019habillent pas comme tout le monde », comme les Teddy Boys qui adoptent un look édouar- dien et les Rockers qui écoutent du rock \u2019n\u2019 roll américain.De cette effervescence naîtra la Beatlemania au début des années 60.« Le groupe des Beatles ouvre la porte à plein d\u2019autres formations comme les Rolling Stones.On va parler de «British Invasion » et il n\u2019y a personne qui va échapper à ce phénomène », ajoute notre guide.Un phénomène qui traverse l\u2019Atlantique et qui ne se limite pas à la musique : « Ça bouge beaucoup aussi dans le domaine de la mode ».Pour illustrer ses propos, Mme Gagnon nous montre une robe très courte conçue par Mary Quant, une designer qui a lancé la mode de la mini-jupe et qui a ouvert sa première boutique dans le quartier de Chelsea.Les visiteurs peuvent admirer une photo du mannequin Twiggy, une icône de l\u2019époque, assise sur une bicyclette et portant une robe très courte.Rencontrée après la visite de l\u2019exposition, la chargée de projets Caroline Lantagne nous a expliqué l\u2019ampleur du phénomène et les réactions que cela suscitait: « Ça choquait les Anglais qui trouvaient ça trop osé, mais la mini-jupe s\u2019est imposée et a été adoptée.C\u2019est un moment charnière de la mode en général : on a développé des catégories d\u2019âge et des vêtements destinés spécifiquement pour les jeunes ».Et la contribution de Mary Quant ne s\u2019est pas limitée à la jupe : « Mary Quant est très intéressante parce qu\u2019elle s\u2019 inscrit dans une volonté de créer une mode pour les jeunes femmes qui soit confortable.On n\u2019a pas de chaussures de Mary Quant dans l\u2019exposition, mais elle a créé une ligne de chaussures à talons plats.Elle voulait que les jeunes femmes soient à l\u2019aise de courir, par exemple pour attraper leur bus.Elle remettait en question l\u2019 idée qu\u2019 il faut être inconfortable avec des talons hauts et des vêtements très contraignants pour être élégante.Elle voulait absolument quelque chose qui convienne davantage à la réalité des jeunes filles de l\u2019époque.» Monarchie et contestation Dans les années 70, une récession économique frappe le monde et n\u2019épargne pas l\u2019Angleterre.Tandis que les Rolling Stones adoptent la mode glam, un courant incarné à la perfection par David Bowie, le mouvement punk apparut au départ aux États- Unis, gagne l\u2019 île britannique.L\u2019heure est à la contestation, voire à la révolution.The Sex Pistols s\u2019attaquent alors au plus grand symbole de la Grande-Bretagne avec une interprétation outrancière de « God Save the Queen ».Inclus à l\u2019exposition, le T-shirt et les bottes rouges et noires du chanteur Johnny Rotten, prêtés par le Victoria and Albert Museum, nous rappellent cette époque.Ici Londres présente également une œuvre de Mark Wallinger qui s\u2019attaque à la monarchie.Datée des années 90 et constituée de quatre téléviseurs, on y voit la reine qui parade dans un hippodrome et qui fait exactement les mêmes gestes, malgré que les images aient été tournées lors de jours différents.Une façon pour l\u2019artiste britannique d\u2019illustrer le côté superficiel de la monarchie.Des aspects fascinants de cette exposition : la diversité des objets présentés (toiles, vêtements, véhicules, maquettes, photos, pochettes de disque), ainsi que le contraste entre l\u2019Angleterre puritaine et monarchique et l\u2019Angleterre avant-gardiste, créative, voire révolutionnaire.À l\u2019ère du numérique Ici Londres propose également une application aux visiteurs intitulée Mon MCQ qu\u2019on peut télécharger sur nos téléphones.Cette dernière offre des récits narrés par Geneviève Borne, une animatrice bien connue dans le paysage médiatique québécois.« Notre choix s\u2019est penché sur elle parce que c\u2019est une grande amoureuse de la ville de Londres.», nous précise Mme Lantagne.Geneviève Borne a d\u2019ailleurs publié le livre Les 300 raisons d\u2019aimer Londres, disponible à la boutique du musée.Avec l\u2019application Mon MCQ, des animations en réalité amplifiée s\u2019activent en ciblant des objets de l\u2019exposition et permettent de créer une expérience totalement immersive.Bref, pour revenir à l\u2019exposition, vous avez une bonne raison d\u2019aller à Québec en février.Ce n\u2019est pas la seule, mais j\u2019espère que cette dernière vous aura convaincus.P H O T O : ?S T É P H A N E ?A U D E T / I C Ô N E PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL QUÉBEC \u2013 Le Musée de la civilisation propose également aux visiteurs un parcours afin de découvrir les influences britanniques dans la Vieille Capitale.Munis d\u2019une carte conçue par le musée, Alexandre, Jason et moi sommes partis à la découverte de cet héritage, malgré le froid hivernal.Au total, dix lieux sont répertoriés.L\u2019une des premières choses auxquelles on pense quand on visite Québec, ce sont ses portes et ses fortifications.Québec est d\u2019ailleurs la seule ville au nord du Mexique à les avoir gardées.Nous nous sommes donc arrêtés à la porte Kent, datant de 1863 et nommée en l\u2019honneur du père de la reine Victoria, commandant d\u2019infanterie à Québec de 1791 à 1794.Au détour de la rue Saint-Jean, nous sommes passés devant le Pub Saint-Alexandre, propriétaire du fameux taxi londonien exposé au musée et fréquenté par les étudiants de Québec depuis 1946.Anecdote intéressante : les clients du pub peuvent s\u2019asseoir sur les anciens bancs du palais de justice de Québec qui apparaissent dans le film La Loi du silence (I Confess) d\u2019Alfred Hitchcock.Expédition dans la Vieille Capitale 37 itineraire.ca 1er février 2019 VISITE PHOTO :?ALEXANDRE?DUGUAY Autre indice de la présence britannique à Québec : le patrimoine religieux.Nous avons croisé sur notre route deux lieux de culte.Pour débuter, l\u2019Église St.Andrew érigée en 1809 et qui porte le nom du saint patron d\u2019Écosse.Le suivant est la première cathédrale anglicane hors des îles britanniques : la cathédrale Holy Trinity.Nous avons eu la chance d\u2019entrer à l\u2019intérieur.Une expérience qui m\u2019a marquée.J\u2019y ai ressenti une présence, celle du temps et celle de toutes les personnes qui y sont passées.Ça m\u2019a rappelé mon voyage à Cuba lorsque j\u2019ai visité une vieille cathédrale de 400 ans.Ça m\u2019a apporté de la sérénité et une paix intérieure.De plus, les vitraux étaient magnifiques, un art que j\u2019apprécie beaucoup puisque je travaille moi-même le verre.Cette expédition m\u2019a aussi permis de découvrir le principe des portes cochères.J\u2019en avais souvent vues, mais je n\u2019en connaissais pas l\u2019utilité.Ces entrées étaient en fait un accès aux écuries situées derrière les maisons.Une modification des édifices qui s\u2019est imposée au 19e siècle avec le besoin grandissant du transport hippomobile.La visite comprenait également des maisons de style londonien, la Citadelle de Québec, la Maison Chevalier et de nombreuses choses encore.Vers la fin de notre parcours, nous avions besoin de nous réchauffer.Alexandre qui faisait les photos avait les doigts gelés, sans compter Jason qui avait étrangement un seul pied de congelé.Nous étions donc tous très enthousiastes d\u2019entrer dans le Château Frontenac et de profiter de la chaleur du lieu.Là, c\u2019était le luxe, le cinq étoiles, le genre d\u2019endroit qui fait du bien aux yeux.C\u2019était impressionnant.Je n\u2019y étais jamais entrée.Nous avons essayé de prendre l\u2019ascenseur, mais il fallait une carte d\u2019accès.Alexandre a fait une photo de Jason devant une exposition de sapins de Noël, puis nous sommes sortis à l\u2019extérieur où il m\u2019a photographiée avec derrière moi, une vue imprenable du fleuve Saint-Laurent.Après ce périple, nous sommes retournés à la Gare du Palais pour prendre le train qui nous ramenait le soir même.Inutile de vous dire que je suis littéralement tombée dans mon lit à mon arrivée chez moi.La mission était accomplie et j\u2019étais remplie de gratitude pour L\u2019Itinéraire et pour VIA Rail qui m\u2019ont permis de vivre cette formidable expérience.38 1er février 2019 itineraire.ca PHOTO :?ALEXANDRE?DUGUAY LIVRES LES CHOIX DE L\u2019ÉQUIPE Roman Un poignard dans un mouchoir de soie Robert Lalonde Boréal, 2018, 208 pages Ce roman, qui se lit comme une pièce de théâtre, met en scène trois personnages que le destin réunit.L\u2019entremetteur du trio improbable c\u2019est Jérémie, un itinérant au verbe illuminé et au cœur écorché.Celui qui répète comme un mantra « c\u2019est comme ça et pas autrement » traîne dans la ruelle du théâtre où joue Irène, actrice bien connue, mais sur le déclin.Une tendre amitié se développe entre les deux.Quant à Romain, prof de philo à la retraite, il fait la rencontre de Jérémie qui quête sur les marches de l\u2019église.Un lien fort, marqué par des discussions intenses sur la vie, la mort, l\u2019amour, se crée entre le jeune et le septuagénaire.Romain et Irène, qui ne se connaissent pas, aiment Jérémie comme leur enfant.Jérémie, lui, décide de leur tendre un piège en forçant le croisement de leurs chemins.Un charmant récit de Robert Lalonde qui se laisse facilement lire.Un poignard dans un mouchoir de soie JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF Le choix de BD La Petite Russie Francis Desharnais Éditions Pow Pow 2018, 180 pages En librairie depuis octobre dernier, La Petite Russie de Francis Desharnais rend hommage à la fois aux grands-parents de l\u2019auteur \u2013 Marcel et Antoinette Desharnais \u2013 et à tous ces pionniers et pionnières qui ont défriché ce coin de pays qu\u2019est l\u2019Abitibi.Il est d\u2019ailleurs rafraîchissant de lire en 2018 un récit qui ne fait pas un portrait uniquement négatif de la colonisation.Qualifié de « petite Russie » par les villages voisins, Guyenne est un endroit bien particulier : c\u2019est une coopérative où le bois que tu coupes ne t\u2019appartient pas et où on garde 50 % de ton salaire pour financer le développement de la colonie.Sans compter que la paroisse est gérée non pas par un maire, mais par sa population.Un modèle qui semble encore révolutionnaire, 70 ans plus tard.À la fois historique et tragique, la bande dessinée de Francis Desharnais propose de magnifiques dessins en noir et blanc texturés à l\u2019aquarelle.Si les traits sont épurés, les dialogues sont au contraire riches et colorés, et sont révélateurs d\u2019une époque parsemée de chamboulements de toutes sortes : la religion, le féminisme, l\u2019industrialisation, tout y passe.La forêt, omniprésente en Abitibi, débute et clôt le récit.Elle symbolise à la fois l\u2019adversité et la beauté qu\u2019incarne la région.La Petite Russie JASON PARÉ RESPONSABLE DE LA FORMATION DES CAMELOTS Le choix de 39 itineraire.ca 1er février 2019 Le « maire-martyr » Malgré une carrière politique éphémère, c\u2019est en perdant la vie qu\u2019il est devenu un héros.John Easton Mills, originaire du Massachusetts, est un homme d\u2019affaires qui a été le cinquième maire de Montréal pendant un an (1846-1847).Alors qu\u2019il aidait à soigner les Montréalais affligés par le typhus, il a été infecté par cette terrible maladie à l\u2019âge de 51 ans.Il a succombé le 12 novembre 1847.Lorsqu\u2019il est arrivé au pays, il a fondé avec son frère la firme C.& J.E.Mills, spécialisée dans le commerce des pelleteries.Avant sa courte carrière à la mairie et après avoir été marchand de fourrures, il devient banquier et lance sa propre institution, la Mills Bank.Celle-ci finançait plusieurs projets importants de l\u2019époque, dont la construction de la basilique Saint-Patrick, dédiée à la communauté irlandaise.Il évolue ensuite à titre de directeur-gérant de la Banque d\u2019épargne de la Cité et du District de Montréal, qui encourageait l\u2019épargne chez les classes les plus pauvres.Crise politique à Montréal Mills a été au centre d\u2019une des plus grandes crises politiques ayant secoué la ville de Montréal depuis le mouvement des Patriotes.Catholique à la tête du parti réformiste, sa carrière de maire a débuté dans un imbroglio.Jusqu\u2019en 1851, c\u2019était les membres du 40 1er février 2019 itineraire.ca DES GENS D\u2019EXCEPTION John Easton Mills PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE conseil municipal qui choisissaient entre eux celui qui occuperait le siège du maire.Lors du vote de 1846, Mills obtient 10 voix contre neuf, mais le maire sortant, James Ferrier, un protestant et membre du parti conservateur, n\u2019accepte pas ce résultat.Il décide alors de voter pour lui-même afin de créer l\u2019égalité.Son intervention n\u2019était pas légale : le maire de la ville ne peut voter qu\u2019en cas d\u2019égalité des votes au conseil municipal.Malgré tout, Ferrier a décidé de rester en place et de ne pas céder son siège.C\u2019est ainsi que la ville s\u2019est retrouvée avec deux maires, ce qui a provoqué un état de désordre : les travaux municipaux étaient suspendus, les rues étaient sales et les autorités policières ne savaient plus à quel chef obéir.Il faudra attendre l\u2019intervention des tribunaux et d\u2019un nouveau vote neuf mois plus tard pour dénouer la crise.Mills sera alors élu par une confortable majorité.Une intervention remarquée Mills s\u2019est principalement illustré par la gestion de la foudroyante épidémie de typhus qui a fait des ravages dans la métropole à l\u2019été 1847.L\u2019éclosion de cette maladie était survenue à la suite de l\u2019arrivée massive d\u2019immigrants fuyant la famine d\u2019Irlande.Durant cette année, le Québec a accueilli plus de 100 000 Irlandais.Plusieurs d\u2019entre eux étaient atteints du typhus, une maladie mortelle et très contagieuse.Après une période de quarantaine à Grosse-Île près de Montmagny, certaines personnes encore porteuses de la maladie étaint venues s\u2019installer à Montréal.L\u2019été suivant, qui a été particulièrement chaud, une importante épidémie fait rage et plusieurs Irlandais malades et sans ressources s\u2019entassent dans le port.Communément appelé la « fièvre des navires », le typhus s\u2019est répandu alors rapidement chez les Montréalais.S\u2019improvisant lui-même infirmier, Mills a tenté de contenir la contagion en faisant construire des baraques dans Pointe-Saint- Charles pour loger les malades et a réuni les ressources nécessaires pour leur venir en aide.Alors que l\u2019épidémie montrait enfin des signes de résorption, Mills a contracté la virulente maladie.Son acte de bravoure l\u2019ayant conduit à la tombe, il fut surnommé le « maire-martyr » en raison de son dévouement exemplaire.Qu\u2019est-ce que le typhus ?Cette maladie accompagnait souvent les marins des bateaux, car elle se propageait notamment par la puce du rat.L\u2019hygiène corporelle des matelots jusqu\u2019à la fin du 19e siècle laissait à désirer : ceux-ci ne se lavaient pas et gardaient les mêmes vêtements pendant des semaines ou des mois.Les navires constituaient des milieux hautement pathogènes en raison de l\u2019humidité et des déjections qui suintaient et s\u2019accumulaient au fond de la cale formant un « marais nautique », où prolifèraient rats et moustiques.L\u2019infection se propage lorsque les excréments des poux sont grattés ou frottés, s\u2019infiltrant dans les morsures, les plaies, les muqueuses oculaires ou par la voie orale.Ces épidémies ont tendance à suivre les guerres, les famines et les autres circonstances ayant comme conséquence des déplacements de populations.Le typhus cause une forte fièvre, des éruptions cutanées, des maux de tête, des frissons, de la toux et des vomissements.La maladie a abondamment sévi avant la Deuxième Guerre mondiale, jusqu\u2019à ce que les scientifiques découvrent un vaccin.Le typhus, qui était une maladie dévastatrice pour les humains, a depuis subi une décroissance.À l\u2019époque, plus de 13 000 personnes sont décédées de l\u2019épidémie de typhus, dont environ 6000 ont été enterrées dans une fosse commune dans Pointe-Saint-Charles.Un mémorial installé en 1859 tout près de l\u2019entrée du pont Victoria commémore cet événement tragique.La Ville de Montréal a par ailleurs rendu hommage à John Easton Mills en 1998 en nommant une petite rue en son honneur dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Il est l\u2019un des deux seuls maires de l\u2019histoire de Montréal à être mort en fonction.PHOTO :?CENTRE?D\u2019HISTOIRE?DE?MONTRÉAL IMAGE :?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS 41 itineraire.ca 1er février 2019 YVES GRÉGOIRE DISTRIBUTION LUCETTE BÉLANGER CAMELOT MÉTRO PIE-IX CÉCILE CREVIER CAMELOT SUPERMARCHÉ METRO / MÉTRO L\u2019ASSOMPTION Depuis mes débuts Je vends le magazine L\u2019Itinéraire depuis deux ans et demi.Avant de commencer à être camelot, je passais par le métro Honoré- Beaugrand où travaille Manon Fortier comme camelot.J\u2019étais une cliente régulière.Je trouvais déjà le magazine et la job de camelot intéressants.Après quelques mois, Manon m\u2019a raconté comment faire pour m\u2019inscrire comme camelot à L\u2019Itinéraire.J\u2019y suis allée le lendemain.Pierre Tougas m\u2019a reçue pour prendre ma candidature.Il m\u2019a envoyée voir Jeff (un intervenant).J\u2019ai été acceptée tout de suite, remplissant les conditions.Ensuite ils m\u2019ont donné quelques magazines et la veste noire.J\u2019ai commencé mon travail de camelot le 3 mars 2016.C\u2019était à la Place Valois.Je suis restée à cet endroit à peu près un mois.Après, je suis allée au Marché Maisonneuve où je suis restée deux mois.Puis après, Manon m\u2019a parlé de la station Pie-IX où il n\u2019y avait pas de camelot.C\u2019est un très bon spot, parce que c\u2019est une intersection pour aller dans plusieurs directions en métro et en autobus.C\u2019est pour ça que lorsque je travaille là-bas, il passe des centaines de personnes dans l\u2019espace d\u2019à peine une heure, des milliers de gens dans une journée.Depuis que je travaille à cette station, ça m\u2019a beaucoup enrichie, pas seulement monétairement, mais surtout pour ma confiance en moi.Pour gérer mes émotions.En plus, ça me fait connaître de plus en plus de gens, dont la plupart sont tous mes clients, même ceux qui m\u2019achètent le magazine, occasionnellement.Je parle avec les gens et je les laisse parler.Ça m\u2019a aussi donné une bonne expérience de travail.Ça me rappelle un peu le magasin de mes parents.Avec tout ça, je suis beaucoup plus heureuse qu\u2019avant.Le monde moderne Aujourd\u2019hui, la vie est moderne et ça va vite.Tout roule rapidement.On consomme beaucoup de caféine comme le café colombien, l\u2019espresso, les boissons énergisantes, etc.Je vais parfois au Van Houtte.C\u2019est toujours plein et les gens partent avec un café cappuccino, un beigne ou un muffin.Les gens travaillent, les gens roulent rapidement en voiture, les gens sont pressés pour faire leurs courses.C\u2019est ça le monde moderne, tant pour les femmes que pour les hommes ! Même les chauffeurs d\u2019autobus sont stressés dans le trafic.On est pris dans des bouchons, les cyclistes contournent les voitures.Ce serait moins dangereux de prendre la piste cyclable.Il y a moins de risques d\u2019accidents.J\u2019ai déjà vu des gens marcher sur une piste cyclable et même pousser une poussette ! C\u2019est quelque chose à ne pas faire ! Moi, je suis une cycliste depuis 40 ans.Je mets toujours mon casque.Mais je le sens que les gens sont stressés.Il faut aller vite.Les gens ne prennent plus le temps de relaxer.Les klaxons, les taxis, tout cela est anxiogène.Les gens sont plus stressés qu\u2019autrefois; c\u2019est la vie moderne d\u2019au- jourd\u2019hui ! Certains prennent même de l\u2019alcool, de la médication ou de la drogue pour relaxer.Le secret selon moi, c\u2019est de bien dormir et de couper un peu le café.Se coucher tôt est important pour notre santé.Faire de la relaxation ou prendre des bains moussants à l\u2019eau tiède en allumant des chandelles et en prenant un petit verre de vin en même temps, j\u2019aime bien cela.C\u2019est important de prendre soin de soi et de se gâter avant les autres.De s\u2019occuper de notre santé mentale etc.Croquez dans la vie mais n\u2019oubliez jamais de prendre soin de vous ! Bière J\u2019ai commencé à boire de la bière à l\u2019âge de 14 ans.Je suis alcoolique et toxicomane.Pour ce qui est de la drogue, il y a plus de neuf ans que j\u2019ai cessé comme je l\u2019ai mentionné dans mon mot de camelot sur la cocaïne paru dans un numéro précédent.Je ne bois plus depuis environ trois mois.J\u2019en étais au point où je ne mangeais plus du tout et je tombais partout.Mon colocataire était à bout de me ramasser par terre à l\u2019appartement.Il s\u2019est tanné, un dimanche soir.Il m\u2019a dit que c\u2019était la dernière fois.Il m\u2019a amené dans ma chambre et il a appelé le 911.Après plusieurs heures d\u2019attente les ambulanciers sont arrivés.Ils m\u2019ont examiné et posé certaines questions pour rapidement décider de m\u2019amener aux urgences.Je venais d\u2019atteindre ce que l\u2019on appelle en thérapie le bas fond.Je n\u2019ai plus rebu depuis ce jour-là.J\u2019ai passé un peu plus d\u2019une semaine à l\u2019hôpital et un peu plus de trois semaines en réhabilitation pour faire de la physiothérapie.Je suis de retour à L\u2019Itinéraire depuis environ cinq semaines et la plupart des gens ont remarqué un changement chez moi, de même que mes amis.Je me sens très bien sans bière.Je mange mieux et je profite de mon passe- temps préféré, soit les séries télévisées, surtout policières.MOTS DE CAMELOTS Sur le plafond de mon salon s\u2019étend un immense cercle brun causé par une infiltration d\u2019eau dans le toit.On dirait qu\u2019un mec, dont le fion se trouve au sommet de la tête, expulse une fontaine de marde sur mon plafond chaque fois qu\u2019il a une bonne idée.J\u2019espère qu\u2019il lit Le Journal de Montréal pour limiter les dégâts.Quand y mouille, l\u2019eau coule sur mon plancher cheap qui gonfle et appelle la moisissure dans les murs.J\u2019ai l\u2019impression de vivre dans une école primaire de Montréal.J\u2019en ai parlé à mon propriétaire.Il est venu chez moi pour constater le merdier.Ma santé est en jeu, l\u2019ami.C\u2019est pas une coquetterie.Je veux juste pas de champignons dans mes poumons, suis-je un prince ?Il me répond : « Ça coûte cher, réparer un toit.» Oui, j\u2019en suis conscient.Mais on peut-tu s\u2019arranger ?Trouver quelque chose, je sais pas ?« R\u2019garde, si t\u2019es pas content, déménage.» On est au mois de janvier ! Ta mère a bu de l\u2019eau de Javel pendant sa grossesse pour que tu réfléchisses comme un organisme unicellulaire ?Si t\u2019es pas content, déménage.Facile de même.Il existe plusieurs types de proprios, en voici deux.Y\u2019a le vieux classique : un riche qui possède plein de propriétés, qui vient t\u2019enquiquiner en Porsche 918, pis qui encaisse ton chèque juste à la fin du mois tellement qu\u2019il n\u2019en a pas besoin, de ton loyer, pour subvenir à ses besoins.Y\u2019a l\u2019autre proprio, le jeune travailleur autonome, celui qui a acheté un bloc comme fonds de retraite dans un quartier pauvre, celui qui a comme but de foutre à la porte les locataires actuels pour « rénover » le trois et demi en installant un plancher flottant, histoire d\u2019augmenter d\u2019un coup le loyer.Ça, c\u2019est le mien.Le genre de type qui cherche par tous les moyens à faire du fric en abusant d\u2019un besoin fondamental, celui d\u2019avoir un toit sur la tête.Pourtant, monsieur se déplace à vélo, vote Québec solidaire au provincial et libéral au fédéral, manifeste pour la gratuité scolaire, lance des deux piasses aux clodos, boit du lait d\u2019amande, mange du kale et fait du yoga le samedi avant son 5 à 7 cocaïne dans une microbrasserie indépendante.Il oublie jamais son sac réutilisable pour l\u2019épicerie, quitte à s\u2019en gosser un avec son t-shirt et ses clés devant la caissière.Philosophe, il aime mieux « être » qu\u2019 « avoir », faque y\u2019a télé- chargé sur son téléphone intelligent une application de méditation urbaine pour se faire Bouddha au milieu du chaos.Dans l\u2019intimité, il pratique le 69, qu\u2019il juge plus équitable \u2014 il déteste la position du missionnaire, trop coloniale à son goût, mais son penchant antispéciste lui fait envisager sous un jour nouveau la levrette suite à sa visite au parc à chien.Bref, un « progressiste » qui a sans doute la biographie de Steve Jobs comme livre de chevet.Il incarne parfaitement cette nouvelle catégorie sociale appelée la classe ambitieuse qui se démarque par ses choix vertueux et ironiques de consommateur, et qui investit dans son capital humain grâce à l\u2019économie de la connaissance.Conscient et engagé, prônant une certaine forme de simplicité volontaire dans les biens matériels, il mettra jamais les pieds au Walmart.Il préfère les brocantes chics et dépense son cash dans les services et les expériences de vie, comme se faire masser au sommet d\u2019une montagne en Islande.Après un hiver où le toit me dégoûtait sur la noix, comme moyen de pression, j\u2019ai arrêté de payer mon loyer.Là, le proprio est devenu soudainement très proactif ! Menaces et messages ont afflué.J\u2019ai pas le droit de pas le payer, qu\u2019y me dit.Je lui ai répondu, justement, parlons-en des droits.Savais-tu ça, toi, que se loger est un droit fondamental, auquel tous et toutes doivent avoir pleinement accès, quels que soient leur revenu, leur statut social, leur origine ethnique, leur sexe, leur identité de genre, leur orientation sexuelle, leur condition physique ou mentale, qu\u2019y boivent ou non du kombucha ?Pis normalement, un droit dit « fondamental », qu\u2019y soit individuel ou collectif, ça doit primer sur le droit de propriété.Couché sur le dos dans mon salon, je rêve en regardant la grosse tache brune comme on regarde les nuages à la campagne.J\u2019imagine des formes et des histoires.Comme avec le test de Rorschach, je fais des projections en interprétant la tache.Tout ce que je vois, c\u2019est la sale gueule de mon proprio.Payer son loyer avec des « fuck you » 43 itineraire.ca 1er février 2019 PAR FRED DUBÉ joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Toxicomanie.2.Combinaison.3.Livre.- Générateur d\u2019ondes électromagnétiques.- Versus.4.Métal.- Diffuser.5.Réer.- Support.- Pascal.6.Ardent.- Bourrelier.7.Renard des sables.- De même.8.Exaltation.- Règle.9.Court.- Stade du paléolithique.10.Existes.- Organes.- Orient.verticalement 1.Qui porte la chaleur.2.Cacheras.3.Calcium.- Infus.4.Marchèrent.5.Inspecteur général administratif.- Interjection.6.Crevé.- Coupât.7.Qu\u2019il néglige.- Sainte.8.Frappâmes.9.Astate.- Joindre.10.Torrent pyrénéen.- À la mode.- Id est.11.Île grecque.- Fulmines.12.Dans.- Misent.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Stéra Écrasera Enfermais Buyantes Rimaille Maladie infectieuse Naval Fabricants de chapelets Déridera Tertre artificiel Champ planté de rosiers Humaniste hollandais Nickel Brisée Assignée en justice Envoyer au loin Métro Nazi Éminence Lawrencium Matin Travailleur social Pronom Bière Perroquet Souhaiter Mesura Stéra Écrasera Enfermais Buyantes Rimaille Maladie infectieuse Naval Fabricants de chapelets Déridera Tertre artificiel Champ planté de rosiers Humaniste hollandais Nickel Brisée Assignée en justice Envoyer au loin Métro Nazi Éminence Lawrencium Matin Travailleur social Pronom Bière Perroquet Souhaiter Mesura Réponses du 1 FEV 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 7,268 P R P P S E S A M I E R R E R A L E E P T E E L R I N T M I E E R E A S E M P T S E S S O R S E A R I E N I R A A E D G E E L R A T U M L U U S A M R I I T M E C O C A I N O M A N I E A M A L G A M A T I O N L B L A S E R V S O R E M E T T R E P R A I R E T E E P A I G N E S E L L I E R F E N N E C A I N S I E R E T H I S M E T E R A S A T E R I E N E S R A T E S E S T Réponses du 01 FEV 2019 15 janvier 2019 S A L I F I C A T I O N I N A N I M E O U I E M I M A S T A U L E S U S A S S E P R E S L O I S I R P I S O T T O O E R S A C A R U N A N I M E S N O V S T S E T S E E P O I S E A I S S E N E S T R E S S T Réponses du 15 JAN 2019 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Estimes Enrobées de chapelure Laize Apprêtaient Invoques Agacerais Principale Prenaient Rudesse Tissus Lié Habitants d\u2019une oasis Béryllium Répétera Activées Nasonne Drogue Dans la rose des vents Gaïa Canon Note Aghas Physicien français Soigner Rouspète Élargis Notre- Dame-de- Grâce Astate Estimes Enrobées de chapelure Laize Apprêtaient Invoques Agacerais Principale Prenaient Rudesse Tissus Lié Habitants d\u2019une oasis Béryllium Répétera Activées Nasonne Drogue Dans la rose des vents Gaïa Canon Note Aghas Physicien français Soigner Rouspète Élargis Notre- Dame-de- Grâce Astate Réponses du 15 JAN 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 H C P P T A T I E S E S N A S L I L E E B G A A S I T E E R R A A P N S R E V N E E L G E N U I S L D O A S E I N S P A R E E T E R A T N I E S A C P I A T L E Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 67467 5 4 1 8 7 2 9 2 5 4 3 5 7 8 8 4 2 6 9 3 5 9 7 7 1 5 2 8 9 2 5 6 6 5 4 1 8 7 2 9 3 7 1 8 9 3 2 5 4 6 9 2 3 5 6 4 7 1 8 8 3 7 4 2 6 1 5 9 2 9 1 3 7 5 6 8 4 5 4 6 8 9 1 3 7 2 4 7 9 6 1 3 8 2 5 1 6 5 2 4 8 9 3 7 3 8 2 7 5 9 4 6 1 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 18:00:02 1 / 1 15 janvier 2019 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES publicité JEU DES 7 DIFFÉRENCES SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 67462 2 7 6 8 5 6 9 1 2 5 1 6 3 9 7 2 1 8 6 8 6 9 5 7 2 4 9 2 4 7 3 1 5 6 8 6 3 1 5 4 8 7 9 2 7 8 5 6 9 2 1 4 3 2 7 9 4 8 6 3 1 5 8 1 6 3 5 9 2 7 4 4 5 3 2 1 7 6 8 9 3 6 8 9 7 5 4 2 1 1 4 2 8 6 3 9 5 7 5 9 7 1 2 4 8 3 6 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 12:00:06 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Lorsqu\u2019on prend conscience des grandissantes inégalités économiques dans nos sociétés, nous sommes généralement choqués par l\u2019injustice qu\u2019elles représentent.Nous avons une réaction morale face à cette injustice, à raison.Pourtant, elles ont également des impacts très réels et concrets.Un de ceux- ci, plus étonnant à première vue, est sur la santé physique.Les inégalités économiques rendent malade et même tuent.Parmi les effets indésirables et surprenants des inégalités, on peut compter leurs impacts sur l\u2019ensemble de l\u2019économie.Le grand économiste James K.Galbraith a publié un livre il y a quelques années, Inequality and Instability (Inégalités et instabilité), qui démontre à quel point les inégalités économiques créent de l\u2019instabilité sur les marchés financiers et dans l\u2019économie dite « réelle ».Autrement dit, les inégalités sont néfastes à la bonne marche de l\u2019économie capitaliste, alors que c\u2019est cette dernière qui les crée.Un mal de dents qui coûte cher Mais elles créent, ces inégalités, des dommages collatéraux encore plus insidieux.Il y a quelques années de cela, j\u2019ai eu une rage de dents.Condition très désagréable et souffrante.Une de mes joues est devenue grosse comme celle d\u2019un écureuil ayant fait ses réserves pour l\u2019hiver.Après deux ou trois jours de souffrance, je ne me sentais vraiment pas bien : étourdissements, douleur alors insoutenable et élancements au cerveau.Je me suis donc rendu, à contrecœur, à l\u2019urgence de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Au « triage », comme on dit, on s\u2019est tout de suite inquiété de moi, alors que je tentais de minimiser mon état.Je n\u2019avais tout de même pas un bras arraché ni ne subissais une crise cardiaque, c\u2019est quand bien juste une mautadine de rage de dents.Civière, solutés et tout le personnel médical attentionné.La situation était plus grave que ce qu\u2019on aurait pu penser a priori ; l\u2019infection, je l\u2019apprendrai plus tard, aurait pu se propager au cerveau et avoir de graves conséquences.Résultat, on scie ma dent et on me fait une opération sous anesthésie générale, question de vider mon cou et ma boîte crânienne d\u2019un vilain poison qui aurait pu avoir raison de ma vie.Anesthésie générale.Soins dentaires d\u2019urgence.Hospitalisation d\u2019une petite semaine \u2013 observé, au passage, par des hordes d\u2019internes en médecine venus étudier mon cas.J\u2019ai coûté une fortune au système de santé.J\u2019estime que cela pourrait représenter une dépense pour l\u2019État de 20 000 $.Pourquoi ?Parce que je n\u2019avais pas vraiment les moyens, les années précédentes, de visiter régulièrement le dentiste.Une dépense privée qui a coûté très cher, dans ses conséquences, à la collectivité.Ça coûte cher d\u2019être pauvre et malade La médecine nous l\u2019enseigne depuis l\u2019Antiquité : mieux vaut prévenir que guérir.Mais prévenir coûte cher.S\u2019alimenter sainement n\u2019est pas à la portée de tous les budgets.Cuisiner de bons repas « santé » nécessite certaines compétences et, surtout, du temps.Prendre soin de ses yeux, de ses dents, de son cœur et de son corps en général implique souvent des dépenses importantes et, là aussi, un investissement en temps.Yvon Deschamps avait ce mot génial : « vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade ».Justement, être pauvre rend malade.L\u2019espérance de vie des résidents de Hochelaga-Maisonneuve est de 10 ans moindre que celle des habitants de Westmount.Le Dr Alain Vadeboncœur le souligne dans l\u2019un de ses textes, on parle de 74 ans contre 84 ans.DIX ans ! C\u2019est énorme ! Certes, il y a la pollution qui entre en ligne de compte.L\u2019air est davantage pur sur les hauts plateaux de Westmount qu\u2019au pied d\u2019Hochelag\u2019-les-raffineries.Mais ça n\u2019est pas que ça.Il y a la capacité financière et le temps disponible à prendre soin de soi qui constituent également une véritable richesse\u2026 accessible uniquement aux riches, justement.Une étude récente démontrait que les inégalités croissantes aux États-Unis avaient fait décroître l\u2019espérance de vie.Décroître.Dans le pays le plus riche du monde, on meurt de plus en plus jeune, malgré la croissance économique et le progrès technologique.Les inégalités tuent 46 1er février 2019 itineraire.ca ÉCONOMISTE INDÉPENDANT 8 ue Profitez de votre pause-café pour découvrir le tout nouveau CAFEBROSSARD.COM - ,Ç - _ _ tte, LY] 4) BRQ ARD i NCTE Ki ol, Frm 9 - = \u2014\u2014 _ \u2014\u2014_-* > = \u2014\u2014 a ' 3 à - c+ 3 UL REFN \"M ET a.ET NE EE _\u2014 ES ES \"VE EE SO = mu me aul ELE EE JL JT La promesse d'un café savoureux, EE PE torréfié de main de maître qu'on prend TORRÉFIÉ À MONTRÉAL Ld CE Ta plaisir a déguster tous les jours.514 321-4121 1 800 361-4121 \u2014\u2014 MC Marque de commerce propriété de VIA Rail Canada inc.Rester pris dans un bon magazine "]
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