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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 15 février 2019
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2019, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXVI, n?04 Montréal, 15 février 2019 dossier société Environnement  Peut-on vraiment compter sur la technologie ?The height of Kusamania AED N 3r = Voyez OFFERT EN EXCLUSIVITÉ SUR votre horaire et votre bus Site Web et mobile @ © Appl ications en temps réel stm.info Transit Chrono MOUVEMENT COLLECTIF ce, S tm @sus Québec58 (Canada Nom Réjean Blouin | Camelot n° 1668 | Âge 63 ans Point de vente Métro Joliette R éjean, un homme-orchestre, comme un kaléidoscope qui rayonne doucement, multicolore.Tombé dans la musique dès sa naissance, bercé par sa mère chanteuse, au son de la musique jouée par son père, il reçoit un bel héritage.Lourd aussi, chargé par l\u2019alcoolisme de son paternel.« Le père est toujours un modèle, dit-il.Il avait eu des problèmes dans son enfance, donc il a transmis aussi ses problèmes.Ça, je l\u2019ai compris plus tard.Sur le coup, j\u2019étais fâché.» La musique et l\u2019alcool soulageaient.À 13 ans, Réjean commence à consommer.« Les amis prennent la place par rapport aux parents.» Il joue de la guitare basse, musique rebelle, heavy metal.À 16 ans il part, pouce en l\u2019air, guitare sur le dos, il parcourt le pays, curieux de tout.Il apprend passionnément : les différences, la langue anglaise.« Onze ans sur le pouce, six ans à Ottawa.Période de libération, peace and love, on n\u2019avait pas peur du sida ! Les communes.J\u2019ai eu ma période bohème, un peu hippie.Quand une fille m\u2019intéressait, je faisais de la poésie.C\u2019était bingo, des fois ça durait pas longtemps, mais c\u2019était mon moyen pour aller chercher l\u2019âme féminine.» Il gagne sa vie comme musicien dans les cafés, les bars et comme aide-cuisinier, deux milieux imbibés d\u2019alcool, un dépresseur.« Une couple de tentatives de suicide, le suivi par une psychologue, ça m\u2019a aidé à sortir bien des choses.Ça m\u2019a aidé à arrêter de consommer.» En 1978, il arrête complètement.Il continue les spectacles de musique.Il travaille chez un libraire, fait de l\u2019animation pour les enfants.Il invente « Timo », le clown.Employé par l\u2019Université du Québec à Montréal et par l\u2019Université Laval, il s\u2019occupe d\u2019étudiants ayant une limitation physique ou mentale.Pour lui, ce sont avant tout des personnes particulières.Il les aide lors de leurs examens, dans leurs recherches, pour les prises de notes.Dans son enfance, une de ses tantes lui a appris à comprendre et à aimer les personnes hors normes.Puis L\u2019Itinéraire entre dans sa vie.« On a rencontré Manon qui vendait L\u2019Itinéraire.Je lui ai acheté.Ma femme a commencé à être camelot.Je cherchais encore de l\u2019emploi, des contrats comme chansonniers.On a un duo avec Lucette.Après j\u2019ai essayé de vendre L\u2019Itinéraire.» Ils continuent aussi à faire des petits contrats.Il apprend à composer des textes et de la musique, fait des ateliers au Musée des beaux-arts : peinture, dessin, bref, il continue à développer ses talents artistiques.À 63 ans, il pense travailler encore 10 ans.Avec Réjean, l\u2019avenir est curiosité, mains tendues, soif d\u2019apprendre des autres et de vivre ensemble.Par Marie Brion ?Bénévole à la rédaction Photo : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : JASON PARÉ Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe-participant : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI, AGATHE ROUX-LAFAY Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT, SYLVIE POIRIER Photo de la une : COURTOISIE QUÉBEC SOLIDAIRE ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, ISABELLE LACHARITÉ Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.VINCENT LEMELIN - Société de transport de Montréal (STM) ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelots RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère du Patrimoine canadien.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre?produit?que?le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222 Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de- Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux- être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! Par Mathieu Thériault Par Camille Teste Cher Itinéraire Des?fois,?rarement,?je?te?lis?avec?bonheur?quand?il?y?a?une?vraie?parole,?des?dossiers?avec?un?regard?critique?mais?neuf,?mais?c\u2019est?pas?toujours?le?cas.?Sauf?que?ce?numéro?sur?Les Vieux?du?15?janvier?2019?m\u2019a?ravie.?Oui, le sujet m\u2019intéresse, je suis auxiliaire en santé, mes vieux sapins ont?passé?le?cap?des?95?ans?et?on?s\u2019en?occupe.?On?connaît?la?chanson?de?près.?Mais?reste?que?je?suis?impressionnée?:?la?conversation?sur?l\u2019âge?avec?l\u2019animatrice,?ex-clown,?ex-infirmière,?ex-comédienne.?L\u2019entrevue?de?fond?sur?la?pièce?de?théâtre?à?venir?avec?un?comédien?fabuleux?(François?Grisé),?l\u2019humour?fin?du?témoignage?de?la?camelot?Manon?Fortier\u2026entre?autres.Alors je tenais à le dire, c\u2019est super L\u2019Itinéraire quand débordent l\u2019empathie,?la?rigueur?intellectuelle,?la?créativité\u2026?Merci,?on?continue?! Pascale Galipeau  Je?tiens?à?vous?féliciter?pour votre revue.Chacune d\u2019elles contient de très bons articles.J\u2019ai beaucoup aimé votre dossier Montréal underground.Je continue de vous encourager car c\u2019est un projet qui a du cœur.Johanne Laperle 3 MOTS DE CAMELOTS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS  ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp  ! 21 camelots ont participé à cette édition Linda Pelletier 9 Gaétan Prince 9 Christian Tarte 9 Dans la tête des camelots 22 Jean-Claude Nault 42 Maxime Valcourt 42 Bill Economou 42 36 26 12 UNE Par Geneviève Bertrand Réjean ÉDITORIAL 7 Les empreintes que nous laissons Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 8 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 10 Dr Jasmin Villeneuve sur le virus H7N9 Par Laurent Soumis PENSÉES 11 Il était une fois la veille du Nouvel An Par?Saïd?Farkouh INSP 32 The height of Kusamania By?Keva?York DES GENS D\u2019EXCEPTION 34 Léa Roback Par Isabelle Raymond CINÉMA 39 Impetus - Entrevue avec Jennifer Alleyn Par Céline Marchand C\u2019T\u2019ENCORE DRÔLE 43 Histoire vraie Par Marie-Lise Chouinard, scénariste-auteure DÉTENTE 44 COMPTES À RENDRE 46 Le chandail de laine Par?Ianik?Marcil,?économiste indépendant DOSSIER Nuits d\u2019Afrique Diawara Fatoumata Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les Hormis les quelques climatosceptiques qui résistent encore, la majorité d\u2019entre nous a pris conscience de l\u2019urgence dans laquelle nous nous trouvons.Dans un contexte d\u2019urgence environnementale, la technologie peut-elle?sauver?la?planète ?Pour?plusieurs?spécialistes, l\u2019idée relève du mythe.Entre Mathieu Thériault et elle, le tutoiement s\u2019est vite imposé.Notre camelot-rédacteur a choisi de questionner Catherine Dorion d\u2019un point de vue de gauche.Plusieurs artistes d\u2019origine malienne seront en spectacle dans les prochains mois, dont la chanteuse?Fatoumata?Diawara?qui prendra d\u2019assaut les planches du National le 2 avril.Mots de lecteurs SOMMAIRE 15 février 2019 Volume XXVI, no 04 Peut-on vraiment compter sur la technologie ? publicité itineraire.ca MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : Mon iPhone 6s est déjà un dinosaure.Il n\u2019a que 16 Go de capacité, donc sa mémoire devient rapidement saturée dès que je prends quelques photos en haute résolution ou que je télécharge une nouvelle application.La seule solution, c\u2019est de l\u2019échanger contre un appareil avec au moins 64 Go de mémoire\u2026 Alors, qu\u2019adviendra-t-il de mon vieux cellulaire avec toutes ses composantes nocives pour l\u2019environnement, et ce, même si je l\u2019envoie au recyclage ?S\u2019il est un objet qui est extrêmement dommageable pour l\u2019environnement, c\u2019est bien le téléphone intelligent.Tout dans ce bidule rendu indispensable, voire qui a quasiment réduit à l\u2019esclavage plus de 8,5 milliards de personnes partout au monde, laisse une immense empreinte dans la nature.Pour fabriquer un seul téléphone, il faut extraire 70 kilos de matière première.Les métaux utilisés, surtout en alliages, sont difficiles à recycler.S\u2019ajoute à cela le carburant qu\u2019il faut pour son transport.Et que dire de sa courte durée \u2013 en moyenne, au bout de deux ans, il devient obsolète et on l\u2019échange contre un modèle plus performant, même s\u2019il fonctionne encore.Ceci dit, il est important d\u2019apporter ses vieux portables \u2013 et autres appareils électroniques \u2013 au recyclage ! Par ailleurs, ma bagnole vieillit.Je songe à m\u2019acheter une voiture électrique.Or il s\u2019avère que la production de ces véhicules est jusqu\u2019à deux fois plus polluante que les autos à essence.Encore là, la fabrication exige l\u2019utilisation de nombreuses ressources naturelles, dont du graphite et le lithium, ce dernier pouvant être épuisé à l\u2019échelle mondiale si toutes les voitures roulaient avec une batterie.Et que fait-on avec ces batteries à la fin de leur vie utile ?Oui, je sais.Vaudrait mieux ne pas avoir de voiture\u2026 Des empreintes partout On ne s\u2019en sort pas.Toutes les activités humaines ont un impact sur l\u2019environnement, qu\u2019elles soient vertes ou pas.Devenir végétarien pour diminuer l\u2019impact du bétail sur l\u2019environnement, de la déforestation au méthane qu\u2019il produit causant des GES ?Cesser de manger des amandes, grandes consommatrices d\u2019eau dans des régions où il en manque ?Arrêter d\u2019acheter des produits avec de l\u2019huile de palme parce que leurs plantations détruisent des millions d\u2019hectares de forêts et menacent la survie d\u2019animaux, dont l\u2019orang- outan ?Que sommes-nous prêts à faire pour sauver l\u2019humanité ?À la lumière de toute l\u2019information qui circule sur l\u2019état de la planète, il y a de quoi désespérer.Or, il y a plein de gestes que l\u2019on peut poser pour donner un coup de pouce à la Terre, qui arrive à son point de saturation, tout comme nos cellulaires.En a-t-on vraiment besoin ?Plutôt que de se dire que de toute façon, les petits gestes ne serviront pas à grand-chose, surtout si les grandes usines, les mines et les méga industries continuent de polluer, vaut mieux examiner la façon que l\u2019on consomme.Si nous changeons nos habitudes d\u2019achat et de consommation, cela va avoir un impact sur les industries polluantes.Moins il y aura de demande, moins il y aura d\u2019offre.Nous sommes rendus au point où il faut prendre action avant d\u2019en arriver à celui de non-retour.Et si la technologie est la grande coupable de nos problèmes environnementaux, elle pourrait aussi être salvatrice.C\u2019est ce que nous examinons dans notre dossier sur l\u2019environnement.Vous y trouverez amplement de matière à méditer.Et surtout, de quoi nous inciter à changer notre façon de penser et de consommer.Les empreintes que nous laissons 7 itineraire.ca 15 février 2019 ÉDITORIAL PAR JOSÉE PANET-RAYMOND ÉDITRICE ADJOINTE ET RÉDACTRICE EN CHEF GROENLAND | Changement climatique Nichée entre des pics enneigés et baignée dans des eaux océaniques glacées, la petite ville de Tasiilaq, dans le sud-est du Groenland, compte environ 2 000 habitants.Des maisons en bois colorées parsèment le paysage subarctique battu par l\u2019un des climats les plus rudes de la planète.Mais le réchauffement climatique remodèle déjà la plus grande île du monde, entraînant la fonte de la calotte glaciaire plus rapidement que prévu.Julius Nielsen, 40 ans, vit à environ 45 kilomètres de Tasiilaq.Il chasse et pêche dans la région depuis toujours.Mais depuis quelques temps, il fait trop chaud, l\u2019eau gèle beaucoup moins et Nielsen ne peut plus chasser avec ses chiens de traîneau ou il doit emprunter des itinéraires alternatifs.Au Groenland, environ huit résidents sur dix déclarent avoir vécu directement le changement climatique et plus de 60 % pensent que c\u2019est extrêmement important ou très important pour eux personnellement.Enfin, un peu moins de la moitié de la population pense que le changement climatique leur nuira.(Lucas Jackson et Maria Caspani.Reuters/INSP.ngo) HAÏTI | Un village abandonné En bas de l\u2019île d\u2019Hispaniola, dans le sud-est d\u2019Haïti, se trouve un village oublié, coupé de son pays et qui se vide lentement de ses habitants.Dépourvu de services de santé, d\u2019électricité ou de routes pavées, le village de Boucan Ferdinand a aussi perdu la seule route menant à la ville haïtienne la plus proche, Bois Négresse, lors des inondations de 2004.Si plusieurs habitants sont partis pour la capitale haïtienne de Port-au-Prince, d\u2019autres sont entrés illégalement en République dominicaine.Mais certains s\u2019accrochent encore à leur village.Ceux-là vivent dans des taudis de chaume et de bâtons, recueillant l\u2019eau de pluie pour boire.Ils sont exposés à un risque constant de maladies infectieuses.Les enfants, vêtus d\u2019uniformes bleus impeccables, font une heure et demie de route pour aller étudier dans une école de la ville de Chapotin.Pendant la saison des pluies, le sentier, étroit, est impraticable.Haïti, qui est selon la Banque mondiale le pays le plus pauvre des Amériques, ne s\u2019est pas remis du puissant séisme qui l\u2019a frappé le 12 janvier 2010, faisant plus de 200 000 morts.(Andres Martinez Casares/Reuters) PHOTO :?METTE?KRAMER?KRISTENSEN PHOTO :?REUTERS?/?LUCAS?JACKSON ROND-POINT INTERNATIONAL Les résidents dansent dans un bar de Boucan Ferdinand, à Haïti, le 8 avril 2018.Le dimanche soir est le seul moment où le bar est ouvert et les résidents s\u2019y rassemblent pour socialiser et danser.Le chasseur de phoques Henrik Josvasson revient sur son bateau après avoir recherché des œufs de macareux près de la ville de Tasiilaq, au Groenland, le 16 juin 2018.TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100?journaux?de?rue?dans?34?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE ET PROMENADE MASSON LINDA PELLETIER CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE CHRISTIAN TARTE CAMELOT ONTARIO / PIE-IX Sauvons la planète ! La planète est malade.Les multinationales produisent sans se soucier de polluer, dans le seul but de faire le plus d\u2019argent possible.L\u2019industrie alimentaire produit en excès, ce qui conduit à un gaspillage éhonté de nourriture, alors qu\u2019une partie de la population a du mal à s\u2019alimenter convenablement.Les automobilistes qui laissent tourner leur moteur sans raison sont aussi responsables de la pollution atmosphérique.Tous les jours en me promenant sur les trottoirs, je vois des gens jeter des paquets de cigarettes, des tasses en carton, des papiers et du plastique sans prendre la peine de les mettre dans la poubelle au coin de la rue.Les parcs et les rives du fleuve sont aussi jonchés de déchets.Comment pouvons-nous améliorer la situation ?Les gouvernements devraient instaurer des règlements plus sévères pour sensibiliser les industries et la population à la pollution.Mais surtout, ils devraient s\u2019assurer que ces règlements sont respectés, quitte à imposer des amendes aux contrevenants.Il faudrait aussi que les pénalités soient proportionnelles aux revenus des compagnies ou aux dommages causés à l\u2019environnement.Est-il trop tard pour réagir ?Au lieu de vivre dans la surconsommation, on pourrait encore changer nos habitudes pour inverser la tendance qui risque de nous conduire à l\u2019anéantissement de l\u2019humanité.Si vous avez d\u2019autres idées, venez m\u2019en parler.On pourrait en faire le sujet d\u2019un prochain article de L\u2019Itinéraire.Non, c\u2019est non ! Savoir dire non à son enfant est un des plus grands services qu\u2019on puisse lui rendre.Je peux en parler par expérience.Trop souvent, j\u2019entends des parents dire oui à leur progéniture pour n\u2019importe quel caprice juste pour avoir la sainte paix.Ce n\u2019est pas leur rendre service, au contraire, parce que dans le futur, ils vont se faire dire non.Alors, ils ne seront pas préparés à cela et ne sauront pas comment réagir.Je sais aussi qu\u2019il peut être cruel de dire non à son enfant mais il faut tenir son bout.Un jour où j\u2019étais dans un magasin de jouets avec mes deux enfants, je leur annonce qu\u2019il est temps de partir.Eh bien j\u2019ai eu droit à la fameuse « danse du bacon ».Je les ai regardé faire leur crise en leur disant qu\u2019ils étaient beaux à voir et eux de me répondre en braillant : « On ne veut pas partir.T\u2019es cruel, tu nous aimes pas.» À bout de patience, je suis allé les rejoindre sur le plancher et j\u2019ai fait la « danse du bacon » avec eux.Eh bien, croyez-le ou non, ils se sont levés rouges de honte et on est tous partis.C\u2019était la première et la dernière fois qu\u2019ils me faisaient cette fameuse danse.Si vous aimez vraiment vos enfants, dites-leur non de temps en temps.Ils vont vous remercier plus tard.Les miens l\u2019ont fait et ils ne s\u2019en portent que mieux.Un cadeau anonyme La semaine dernière Simon, qui travaille à la distribution du magazine, m\u2019a téléphoné pour me dire qu\u2019un client m\u2019avait apporté un chariot d\u2019épicerie et l\u2019avait laissé à L\u2019Itinéraire sans vouloir se nommer.Cher client anonyme, je vous dis un très gros merci ! J\u2019imagine que vous avez lu mon texte intitulé Il y a du bon monde sur terre.Dans ce texte je racontais entre autres que j\u2019avais d\u2019abord perdu la poignée de mon chariot puis la roue et qu\u2019un homme m\u2019avait gentiment ramenée chez moi.Cher Monsieur, merci encore et même si mon texte paraîtra bien après les Fêtes, je vous souhaite une très bonne année remplie d\u2019amour de bonheur et surtout de la santé.Souhaiter de la santé peut paraître cliché, mais sans la santé, aucun projet n\u2019est possible.MOTS DE CAMELOTS P H O T O ?  : ?A R C H I V E S / J O U R N A L ?D E ?Q U É B E C questions à Dr Jasmin Villeneuve 4 transmissibles aux animaux et aux humains.C\u2019est le cas du H7N9.Depuis 2013, on voit que les oiseaux en sont porteurs et que les humains peuvent être infectés de façon très sévère.Jusqu\u2019à présent, il y a eu près de 40 % de mortalité chez les personnes (plus de 1600) qui l\u2019ont attrapé.Et ce n\u2019était pas des gens qui étaient malades à l\u2019avance.Lorsqu\u2019on a des gens en santé qui en meurent, ça devient très préoccupant.Jusqu\u2019à maintenant, il n\u2019y a pas eu de transmission de l\u2019humain à l\u2019humain.Est-on mieux préparé qu\u2019en 2003, lors de l\u2019épidémie du SRAS (le syndrome respiratoire aigu sévère) et qu\u2019en 2009, lors de la pandémie de grippe porcine H1N1 ?La préparation est similaire.Le virus a la capacité d\u2019infecter l\u2019humain.Il a développé des récepteurs capables de s\u2019attacher aux cellules des voies respiratoires humaines dont les cellules sont différentes de celles des oiseaux.Mais ça lui prend aussi une autre capacité : celle de se transmettre d\u2019une personne à une autre.Et cela, à date, le H7N9 ne l\u2019a pas encore fait.Mais il a cette possibilité parce que les virus d\u2019influenza ont tendance à muter.C\u2019est ce qui est arrivé en 2009 alors que la souche était plus présente chez le porc.La souche est partie du Mexique et s\u2019est mise à se transmettre entre les humains.L\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) considère la grippe pandémique comme la première des « dix principales menaces à la santé mondiale ».On ne peut prédire quel sera le virus responsable de l\u2019hécatombe annoncée.Mais l\u2019arrivée de la prochaine pandémie n\u2019est plus qu\u2019une question de temps, assurent les spécialistes.Avec des éclosions répétées depuis cinq ans en Chine, le virus de la grippe aviaire H7N9, mortel quatre fois sur dix, pourrait bien se révéler le tueur en série tant redouté.Médecin-conseil à l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le docteur Jasmin Villeneuve nous donne l\u2019heure juste.Compte tenu du sérieux de la menace, y-a-t-il lieu d\u2019être inquiets ou préoccupés ?Je dirais : « préoccupés ».Le H7N9 est un virus d\u2019influenza.Il y a un grand nombre de ces virus.Certaines variétés n\u2019attaquent que les oiseaux; d\u2019autres, les mammifères, et d\u2019autres, les humains.De façon générale, les oiseaux sont porteurs de la plupart de ces virus.Ils sont le plus grand réservoir de virus dans la nature.Il y a aussi des souches qui sont communes à l\u2019humain.Par exemple, cet hiver, c\u2019est le H1N1 qui circule.Souvent, c\u2019est aussi le H3N2.Il y a beaucoup de mutations chez les virus.Ils peuvent devenir Récemment, des scientifiques se sont plaints dans des grands journaux comme Le Monde et The New York Times de la réticence des Chinois à fournir des échantillons pour permettre la mise au point d\u2019un vaccin, comme le veulent les règles de l\u2019OMS.Faut-il y voir une intention mercantile ?Personnellement, je ne suis pas en contact avec les Chinois ou avec les responsables de l\u2019OMS.Mais j\u2019ai lu l\u2019information dans les médias.On comprend que la production d\u2019un vaccin peut être rentable pour une compagnie.Si toute la planète a besoin d\u2019un vaccin et que je suis l\u2019un des rares à en fournir, je serai plus sollicité.Si j\u2019ai la souche et que je la donne à un autre, il va faire son argent avec.Souvent, ce sont les pays les plus fortunés qui ont accès en premier au vaccin.Ceux qui sont moins fortunés n\u2019y ont pas accès.Alors quand les souches viennent de leur pays, ils trouvent ça un peu frustrant.D\u2019autres éléments peuvent aussi entrer en ligne de compte.Dans le cas de la Chine, je ne pourrai pas vous dire si c\u2019est plus l\u2019un que l\u2019autre.Dans les relations entre la Chine et les États-Unis - et le Canada qui se ramasse entre les deux - je ne sais pas si ça peut jouer.Mais il est certain qu\u2019il se passe quelque chose.Au Québec, comment se prépare-t-on à cette pandémie appréhendée ?On se prépare et on est toujours en action pour la prévention des infections.Et à deux niveaux.Premièrement, on sait qu\u2019à chaque année, il y a l\u2019influenza et la grippe saisonnière et plein d\u2019autres virus respiratoires.Donc à chaque année, il y a des mesures.Si quelqu\u2019un se présente avec des symptômes sévères, on va tout faire pour qu\u2019il ne le transmette pas à d\u2019autres.On va identifier le virus et le prendre en charge.Ça c\u2019est pour les infections locales.L\u2019autre intervention vise l\u2019importation.Si quelqu\u2019un va en Chine et ramène le virus chez nous, on ne voudra pas qu\u2019il le transmette.On ne veut pas être le premier cas de transmission entre humains.C\u2019est le processus de dépistage des gens qui reviennent d\u2019un pays où ils peuvent avoir été infectés.On parle beaucoup du H7N9, mais en Chine, il y a aussi le H5N1.Au Moyen-Orient, il y a aussi un autre corona- virus, le MERS-CoV, qui pourrait amener des éclosions ici.Donc, on identifie les virus des voyageurs qui reviennent pour empêcher que cela ne se transmette.sur le virus H7N9 Médecin-conseil à l\u2019INSPQ 15 février 2019 itineraire.ca 10 PAR LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ Il ne restait que neuf heures avant le dernier souffle de 2018 et la naissance d\u2019un bébé baptisé « 2019 ».C\u2019était il y a à peine quelques semaines.L\u2019achalandage dans les rues, les restaurants, les cafés et les centres commerciaux était plus faible qu\u2019à l\u2019habitude.On était entre Noël et le Nouvel An, un moment où les gens sont avec leur famille ou avec leurs amis, Cet après-midi-là, le temps s\u2019écoulait lentement, ennuyant.J\u2019étais dans un centre commercial de la ville, assis à l\u2019étage des restaurants et des cafés, pour écouler le temps avant de rentrer chez moi lorsque les magasins fermeraient leurs portes.Je commandai un repas chaud avec une tasse de café.Ensuite, je me dis que je pouvais peut-être sortir mon carnet et écrire.Ou parler avec quelqu\u2019un croisé au hasard.Je n\u2019avais vraiment pas grand-chose à faire en cette veille de l\u2019année nouvelle.Pour tuer le temps Le centre commercial allait fermer ses portes ce soir avant l\u2019heure habituelle afin que les employés puissent célébrer avec leur famille et leurs proches.Je demandai à la femme de ménage, absorbée par son travail, à quelle heure le centre fermait ses portes.Elle me répondit que tous les magasins du centre fermaient exceptionnellement plus tôt, à 17 heures.Quelques minutes plus tard, voilà un vieillard que j\u2019avais vu auparavant qui s\u2019approche de ma table pour converser comme à l\u2019habitude.« Je n\u2019ai pas beaucoup de temps pour te parler aujourd\u2019hui, me dit-il.Mon fils et ma femme me rendront visite ce soir avant d\u2019aller à une soirée avec des amis.Je n\u2019 irai pas avec eux parce que je suis fatigué et je veux me reposer à la maison.» Et pour toi ?Je lui demandai : « Est-ce que le Nouvel An signifie quelque chose de spécial pour toi ?» « Cela signifie isolement et frustrations, répond-il, à cause de mon âge et de ma solitude.Ma femme et moi sommes séparés depuis des années et mon fils me rend rarement visite.» Il me questionna à son tour : « Et toi ?Est-ce que cela te dit quelque chose ?» « Oui, dis-je, cela signifie pour moi que la Terre sur laquelle nous vivons a terminé son odyssée annuelle autour du Soleil après 365 jours d\u2019un périple ardu.Qu\u2019elle a commencé à se dépoussiérer de ce long voyage pour se relancer sur la même trajectoire, emprunter la même route dans quelques heures pour sa rotation éternelle autour du soleil.» « Cela signifie pour moi que la Terre a fait 2018 cycles autour du Soleil depuis la naissance de Jésus-Christ », ai-je ajouté.Bien avant le Christ À son air interloqué, je compris qu\u2019il était fort surpris de ma réponse.J\u2019enchaînai : « Ce jour-là ne signifie rien pour moi.Il s\u2019agit simplement d\u2019un nombre de cycles.L\u2019amour éternel entre la Terre et le Soleil existait bien avant le Christ et a fait des milliards de rotations avant ma naissance.» Les rituels et festivités ne datent pas des débuts du christianisme.Ils existent depuis que les humains sont apparus à la surface de la planète bleue.Ces premiers humains adoraient des dieux et des déesses ainsi que les astres et les planètes.Ces rituels ont évolué pour devenir des célébrations de fin d\u2019année qui ont encore un sens religieux pour certains.Je poursuivis mon raisonnement.« Beaucoup de gens blâment l\u2019année pour leurs malheurs et les événements négatifs de leur vie.Certains sont pessimistes quant à la possibilité que des catastrophes se produisent telle ou telle année.Ce n\u2019est pourtant pas la faute de la Terre qui fait son devoir, même si on la malmène, à tourner depuis des milliards d\u2019années autour du Soleil.» Il me serra la main, me souhaita une bonne année.Une bonne année porteuse de paix pour tous les êtres humains.Il?était?une?fois la veille du Nouvel An itineraire.ca 15 février 2019 11 PENSÉES PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY Environnement  Peut-on vraiment compter sur la technologie ?PHOTO :?ALESSANDRA?CARETTO?(UNSPLASH) PAR CAMILLE TESTE Dans un contexte d\u2019urgence environnementale, la technologie peut-elle sauver la planète ?Pour plusieurs spécialistes, l\u2019idée relève du mythe.Hormis les quelques climatosceptiques qui résistent encore, la majorité d\u2019entre nous a pris conscience de l\u2019urgence dans laquelle nous nous trouvons.Difficile de faire autrement : pas un mois ne passe sans qu\u2019une étude scientifique ne vienne nous rappeler que notre planète se réchauffe, que nous sommes vraisemblablement engagés dans la sixième extinction de masse et que tout cela ne va pas aller en s\u2019améliorant.Mais si le monde scientifique, la sphère politique et la société civile semblent s\u2019entendre sur les problèmes, force est de constater que côté solutions, il est bien moins aisé de tomber d\u2019accord.Or, s\u2019il est une question qui divise, c\u2019est bien celle de la technologie.En la matière, les annonces tonitruantes ne manquent pas : aspirateur à CO 2 , machine à nettoyer les océans, énergies renouvelables en tout genre, villes intelligentes et même conquête spatiale, ces solutions nous rassurent.Mais sont-elles vraiment la clé ?Renouvelable, vraiment ?Philippe Bihouix est un ingénieur français.Il s\u2019intéresse à la question des ressources et à celle de la technologie dans nos sociétés industrielles.Auteur de plusieurs ouvrages sur la question, dont L\u2019Âge des low tech : vers une civilisation techniquement soutenable (éditions Seuil), il s\u2019oppose à l\u2019idée selon laquelle la haute technologie pourrait régler les problèmes environnementaux.Il aborde par exemple la question de l\u2019énergie renouvelable, souvent vantée comme un incontournable en matière d\u2019environnement.Selon lui, elle admettrait des limites de taille.« D\u2019abord, ce n\u2019est pas parce qu\u2019une solution énergétique est renouvelable qu\u2019elle ne nécessite pas d\u2019extraire des ressources, et notamment des ressources métalliques afin de capter, transporter et utiliser cette énergie, explique-t-il.Sauf qu\u2019un panneau solaire ou une éolienne ne dure pas éternellement.Au bout de 30 ans, une éolienne, il faut la démanteler et en installer une autre.Penser que nous aurons suffisamment de ressources pour permettre cela pendant plusieurs siècles, c\u2019est très ambitieux.» Philippe Bihouix rappelle également que les énergies renouvelables ne sont pas vertes à 100 %.« Prenons le cas de la voiture électrique.Pour fonctionner, elle nécessite des métaux rares.Or, l\u2019extraction de ces métaux génère une réelle pollution, notamment en Chine ».Guillaume Pitron, journaliste et auteur de l\u2019ouvrage La Guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique (éditions Les Liens qui libèrent), montre d\u2019ailleurs que pour construire une voiture électrique, il faut plus d\u2019énergie que pour construire un véhicule conventionnel.« Avant même son premier kilomètre, la voiture électrique a déjà nécessité trois à quatre fois plus d\u2019émissions de CO 2 et GES qu\u2019un véhicule conventionnel.» Économie circulaire Alors, pourquoi ne pas faire de l\u2019économie circulaire et recycler les métaux qui composent nos panneaux solaires, nos batteries, nos voitures ou nos téléphones intelligents ?Pas si simple, selon les spécialistes.« En soi, ce n\u2019est pas une mauvaise idée, répond Philippe Gauthier, communicateur scientifique et fondateur du blogue québécois Énergie et Environnement.Mais dans les faits, ça ne s\u2019applique qu\u2019à 20 % de ce qu\u2019on produit.» L\u2019explication tient en deux points : d\u2019abord, certains métaux vont se disperser pour toujours, sans possibilité de les récupérer.C\u2019est le cas du dioxyde de titane.Utilisé comme colorant blanc dans les cosmétiques, le dentifrice ou le papier, il est non recyclé à 95 %.Autre problème : le downcycling.« La complexité de nos objets est un frein immense au recyclage de ces métaux, car nous les utilisons de manière très mélangée, montre Philippe Bihouix.Par exemple, quand vous faites une voiture haut de gamme aujourd\u2019hui, vous allez utiliser des aciers spéciaux qui contiennent une dizaine de métaux différents, lesquels vont être très difficiles à re-séparer ensuite.» Cela ne va pas empêcher le recyclage, mais grandement diminuer la qualité du produit : l\u2019acier recyclé sera alors utilisé pour des usages moins nobles, tels que le ferraillage, qui compose le béton armé.« Emprisonné dans cette ferraille à béton, ces métaux sont perdus pour les générations à venir », affirme l\u2019ingénieur.Bref, pour le moment, nous sommes loin d\u2019une économie circulaire efficiente.« C\u2019est particulièrement vrai dans le numérique, où le taux de recyclage est très bas.En d\u2019autres termes, aller vers toujours plus de high tech revient à s\u2019éloigner de cette économie circulaire.» Selon le pôle québécois de concertation sur l\u2019économie circulaire, l\u2019économie circulaire se définit comme un système de production, d\u2019échange et de consommation visant à optimiser l\u2019utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d\u2019un bien ou d\u2019un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l\u2019empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités.Elle poursuit quatre objectifs qui visent à moins extraire de ressources en amont et à moins en jeter en aval : 1 Repenser pour réduire la consommation de ressources et préserver les écosystèmes.2 Utiliser les produits plus fréquemment.3 Prolonger la durée de vie des produits et des composants.4 Donner une nouvelle vie aux ressources.13 itineraire.ca 15 février 2019 Toujours plus Selon Philippe Bihouix, les énergies renouvelables, toujours elles, présentent un autre frein bien connu des économistes : l\u2019effet rebond.« L\u2019histoire a montré que les promesses d\u2019efficacité [technique et technologique] n\u2019ont pas eu autant d\u2019 impact que prévu, car la société s\u2019adapte », explique-t-il.Pour illustrer son point, l\u2019ingénieur cite l\u2019exemple du chauffage.« Imaginons qu\u2019on rénove une maison, qui était jusqu\u2019alors une véritable passoire énergétique, et qu\u2019on installe un dispositif thermique plus performant.On va certes gagner en confort thermique, mais on va aussi en profiter pour chauffer un peu plus.Et donc on ne va pas avoir tout l\u2019 impact qu\u2019on pensait.» Autre exemple, celui du train, plus écologique que l\u2019avion : « si vous ouvrez une ligne de train à grande vitesse, les avions ne vont pas se vider pour autant.Dans les faits, il y aura juste plus de gens qui voyagent, ou des gens qui voyagent plus souvent ».Dans le secteur du numérique, cet effet rebond prend une dimension phénoménale.« Le numérique consomme 10 % de l\u2019électricité mondiale et présente une croissance des émissions de CO 2 plus importante que la croissance des émissions du secteur aérien, souligne-t-il.Or, même si le secteur du numérique fait des progrès fantastiques en termes d\u2019efficacité énergétique, ce gain unitaire qui est réalisé est complétement absorbé par un effet rebond qui fait que tous les 12 à 18 mois, on multiplie par deux la quantité de données que nous générons.» Donc quoi qu\u2019il arrive, on accentue l\u2019impact négatif de nos activités.Statu quo De son côté, Philippe Gauthier déplore le statu quo auquel mènerait une trop grande confiance accordée aux solutions technologiques.Là encore, il cite aussi l\u2019exemple de la voiture électrique.« Moi j\u2019en entends parler depuis plus de 20 ans, dit-il.C\u2019est un objectif tout le temps repoussé dans le temps.C\u2019est dommage car, depuis 20 ans, on aurait pu agir sur autre chose, et notamment améliorer la voiture thermique.Mais on ne le fait pas, ou peu, car on explique que la voiture électrique est pour bientôt, et donc qu\u2019 il ne sert à rien de travailler sur autre chose.En ce sens, la technologie peut devenir vectrice d\u2019 immobilisme.» Dans le même ordre l\u2019idées, M.Gauthier récuse ces solutions technologiques inefficaces qui, une fois présentées au grand public, lui laissent entendre que la planète est en passe d\u2019être sauvée.À ce titre, il cite Boyan Slat, ce jeune néerlandais de 24 ans qui aurait trouvé une solution miracle pour nettoyer les océans.« Lui, pour des journalistes, c\u2019est l\u2019histoire parfaite : on dirait qu\u2019 il a été inventé, s\u2019amuse-t-il.Il est jeune, il est beau, il dit que l\u2019entrepreneuriat \u2013 et donc le système capitaliste - va sauver la planète.C\u2019est un super beau récit, mais ça fait cinq ans qu\u2019 il travaille sur son piège à déchets marins, ça ne marche toujours pas et ça ne marchera sûrement jamais.» Pourtant, selon M.Gauthier, il y aurait des solutions plus simples pour faire face à la pollution des océans.« On pourrait commencer par aider les pays en développement à réduire leurs déchets, montre- t-il.Car 80 % des débris des océans viennent de dix fleuves, situés en Inde et en Asie du Sud-Est.Il serait beaucoup plus facile et pas si coûteux d\u2019aider ces Etats à gérer leurs déchets.» Alors pourquoi le jeune européen continue-t-il dans cette voie ?« Pour moi, c\u2019est un exemple parfait du greenwashing.C\u2019est tellement une bonne histoire qu\u2019 il a tout le temps du financement, même si son projet n\u2019avance pas.C\u2019est embêtant car l\u2019énergie et l\u2019argent mis ici ne sont pas mis ailleurs.» Nettoyer l\u2019air Alors bien sûr, la recherche ne chôme pas pour faire avancer les choses.Par exemple, de nombreux acteurs du milieu réfléchissent à des manières de capter le CO 2 en partie responsable de l\u2019effet de serre, afin d\u2019en diminuer l\u2019impact.Mais là encore, on est loin de la solution idéale.« Pour l\u2019 instant, cette technologie à émission négative est très coûteuse et demande énormément d\u2019énergie.Donc si l\u2019énergie utilisée n\u2019est pas renouvelable, on fait pire : ce n\u2019est pas soutenable », montre Annie Levasseur, professeure au département de génie de la construction à l\u2019Ecole de technologie supérieure (ETS).Philippe Gauthier va dans le même sens.« Cette technologie existe mais ne règle pas beaucoup de problèmes.À l\u2019heure actuelle, extraire du CO 2 est facile, mais le problème c\u2019est qu\u2019on ne sait pas qui va payer pour son extraction.Et puis on ne sait pas encore vraiment où on va stocker ce CO 2 de façon permanente.» Pour Annie Levasseur, cette solution devra donc rester ponctuelle.« La technologie à émission négative devrait faire partie des solutions, mais surtout face à des émissions qu\u2019on ne peut vraiment pas éviter.» Elle cite comme exemple les avions.« On dit toujours que c\u2019est dans un avion qu\u2019on risque de brûler le dernier baril de pétrole car c\u2019est très complexe de le rendre électrique.» Les énergies renouvelables sont des sources d\u2019énergie dont le renouvellement naturel est assez rapide pour qu\u2019elles puissent être considérées comme inépuisables à l\u2019échelle du temps humain.La transition énergétique désigne une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l\u2019énergie.C\u2019est l\u2019un des volets de la transition écologique.Les technologies à émission négative sont des solutions qui permettent de capturer le surplus de dioxyde de carbone dans l\u2019atmosphère.L\u2019écoblanchiment, ou verdissage, aussi nommé greenwashing, est une expression désignant un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image écologique responsable.14 15 février 2019 itineraire.ca Activité spatiale : la fuite en avant D\u2019une manière générale, des observateurs comme Philippe Bihouix et Philippe Gauthier s\u2019inquiètent de ce qu\u2019ils considèrent comme une fuite en avant, peu efficace à long terme.À ce titre, ils évoquent le secteur des activités spatiales et notamment la figure d\u2019Elon Musk qui, avec sa Big Falcon Rocket, a décidé de partir à la conquête de l\u2019espace.« On vit dans un monde qui glorifie l\u2019 innovation, donc l\u2019entrepreneur innovateur, c\u2019est l\u2019 idole du 21e siècle.Elon Musk, en plus, il est dans le green business, donc on le voit comme un sauveur de la planète, s\u2019exaspère Philippe Bihouix.C\u2019est affreux car quand on regarde de manière détaillée, oui, ses fusées vont peut-être un jour envoyer suffisamment de personnes sur Mars, quoique c\u2019est un peu prospectif, mais en attendant, comme il faut quand même donner envie aux gens d\u2019affaires d\u2019 investir, on commence par leur dire qu\u2019on va faire New York-Tokyo en deux heures avec cette fusée.» Selon lui, cette situation est symptomatique d\u2019une dissonance cognitive très nette de notre société actuelle.« Avec ce type de projets, on dit qu\u2019on va sauver le monde après-demain, mais demain on continue à le pourrir un peu plus fort.» Annie Levasseur, de l\u2019ETS, ne croit pas à cette solution spatiale non plus.Selon elle, penser que l\u2019espace peut nous sauver de la catastrophe environnementale qui menace est illusoire.« On n\u2019est même pas près d\u2019envoyer un humain sur Mars, donc c\u2019est utopique de penser, par exemple, qu\u2019on va aller habiter ailleurs, surtout quand on compare la vitesse des recherches spatiales à la vitesse à laquelle les choses se dégradent, dit-elle.Pour moi, croire que l\u2019espace va nous sauver, c\u2019est une façon de se rassurer.C\u2019est peut-être une manière de ne pas trop s\u2019 inquiéter, ou de ne pas trop changer ses habitudes.» La fusée BFR, aussi appelée Big Falcon Rocket ou même Big Fucking Rocket, est le prochain lanceur orbital de SpaceX, l\u2019entreprise d\u2019Elon Musk.Elle a été annoncée en 2017 et est à 100 % réutilisable, contrairement à la Falcon 9 et à la Falcon Heavy, pour lesquels seul le premier étage et les boosters sont réutilisables.Ce nouveau procédé réduit les coûts d\u2019exploitations et a pour but de rendre le voyage spatial vers la Lune plus abordable et celui vers Mars réalisable dans un avenir proche.Elon Musk espère pouvoir effectuer son premier lancement fin 2019 (début des tests), et atterrir sur Mars en 2022.Si cela fonctionne, des astronautes pourraient aller sur la planète rouge en 2024.PHOTO :?LUCA?BRAVO?(UNSPLASH) Vers l\u2019infini et au-delà ?Elon Musk n\u2019est pas le seul à s\u2019intéresser à l\u2019espace.Depuis quelques années par exemple, plusieurs compagnies, dont l\u2019américaine Planetary Resources, mettent en œuvre des travaux d\u2019exploitation minière des astéroïdes.Plus récemment, la Chine est devenue le premier pays à poser un modèle d\u2019exploration sur la face cachée de la Lune.Officiellement, il s\u2019agirait de collecter des données topographiques.Officieusement, il s\u2019agirait plutôt de déterminer la quantité exacte d\u2019hélium 3, présent sur le satellite de la Terre pour envisager, peut-être, de l\u2019extraire.L\u2019hélium 3 constituerait en effet un carburant idéal à la fusion nucléaire.Pour Philippe Gauthier, cette course insatiable à l\u2019énergie n\u2019a aucun sens.« Si on va dans l\u2019espace chercher des ressources et qu\u2019on continue dans ce système de croissance économique, on va épuiser l\u2019espace comme on est en train d\u2019épuiser les ressources de la Terre, affirme-t-il.Au rythme actuel, on épuiserait les ressources du système solaire dans à peu près trois siècles, les ressources de la galaxie dans 4000 ans, et de la totalité de l\u2019univers connu en 6000 ans.L\u2019univers n\u2019est pas assez grand pour cette course à la croissance effrénée.» En finir avec la croissance Pourtant, la croyance selon laquelle la planète \u2013 voire l\u2019univers tout entier \u2013 s\u2019adapterait à nos besoins s\u2019avère tenace.« Une chose que j\u2019entends souvent, c\u2019est que l\u2019humain s\u2019est toujours adapté par ses progrès technologiques.Mais c\u2019est la première fois qu\u2019on met autant de pression sur la planète et ses ressources, soutient Annie Levasseur.Si la technologie peut être une partie de la solution, elle ne sera pas suffisante, surtout si on continue avec ce rythme de croissance.» Alors que faire ?Et bien justement, suggère Philippe Gauthier : revoir notre rapport à la croissance économique.« Pour moi, la solution passe par une certaine forme de décroissance, ce qui ne veut pas dire qu\u2019on doit retourner dans le monde des cavernes, mais juste vivre avec un peu moins.Dans les années 1970, montre-t-il, on vivait à peu près en équilibre entre notre consommation et les ressources de la planète.» L\u2019exploitation minière des astéroïdes désigne la mise en valeur des gisements de minerais contenus dans un astéroïde.Elle est envisagée pour pallier la raréfaction des minerais sur Terre.Même des astéroïdes d\u2019un kilomètre peuvent contenir une quantité de matériaux bruts exploitables.La décroissance est un concept à la fois politique, économique et social, selon lequel la croissance économique apporte davantage de nuisances que de bienfaits à l\u2019humanité.La décroissance propose de faire un pas de côté et de repenser nos structures afin de rendre la société plus soutenable, tant d\u2019un point de vue économique qu\u2019en terme de justice sociale et de lutte contre l\u2019aliénation qu\u2019impliquerait le capitalisme.L\u2019hélium 3 est une variation non radioactive de l\u2019atome d\u2019hélium.Présent en quantité bien plus grande sur la Lune que sur la Terre, ses propriétés en font un carburant de choix pour la fusion nucléaire.Si on trouvait le moyen de l\u2019extraire et de le transporter jusqu\u2019à la Terre, il pourrait être une solution à nos problèmes d\u2019énergie.PHOTO :?DAVID?CRISTIAN?(UNSPLASH) Selon M.Gauthier, nous n\u2019aurions, de toute façon, pas d\u2019autre choix : « Une croissance infinie est impossible.Aujourd\u2019hui, on consomme 1,6 fois les ressources de la planète.À un rythme de croissance de 3 % par an, la consommation mondiale double tous les 23 ans.Donc en 2052, on consommerait 3,3 planètes et en 2075 on consommerait 6,4 planètes.» En fait, montre le spécialiste, la décroissance s\u2019impose déjà d\u2019elle-même.« Aujourd\u2019hui on est en train de subir une décroissance forcée.Le taux de croissance ralentit de décennie en décennie.Du côté des individus c\u2019est pire : depuis 30 ans, 90 % des Québécois n\u2019ont pas vu leur revenu augmenter.Dans les faits, pour eux, la croissance n\u2019existe déjà plus depuis longtemps ! Pis encore, continue-t-il, certains Québécois vivent dans une situation où leur revenu réel diminue déjà.Donc ils sont dans une décroissance subie, et non organisée.C\u2019est un gros sacrifice pour eux.» Se passer de la technologie ?Pour assurer une transition en douceur, et sortir peu à peu de ce paradigme « croissanciste » et high tech peu optimal, Philippe Bihouix veut parier sur les low tech, définies comme « des innovations durables (produits ou services) prenant mieux en compte les contraintes sur les ressources, se focalisant sur les technologies sobres, agiles et résilientes » (selon le think tank, la Fabrique Écologique).« Les low tech ne sont pas un retour à la charrue ou à la bougie », rassure Philippe Bihouix.Selon lui, il s\u2019agirait plutôt d\u2019une démarche visant à utiliser ou à inventer des outils et des pratiques simples et durables.« Il y a tant de façons de faire : aller vers du zéro déchet, réaliser des fabrications soi-même, faciliter les circuits courts, rendre nos outils numériques plus durables, cesser de vouloir être en Wi-Fi ou en 4G en permanence, favoriser le vélo sur les autres modes de transport, etc.» Parmi ses propositions, Philippe Bihouix propose de construire moins, notamment en intensifiant notre usage du bâti.« Par exemple, une école n\u2019est pas utilisée le soir, durant les vacances ou pendant le week-end.À côté de ça, on a peut-être construit une maison des associations, utilisée seulement le soir et en fin de semaine.Et bien la prochaine fois, on pourrait penser à des méthodes permettant d\u2019utiliser le même bâtiment.» Si Philippe Bihouix n\u2019est pas technophobe, il s\u2019oppose au réel gâchis énergétique qu\u2019il observe dans le système actuel : « Je n\u2019ai rien contre le dentiste qui utilise la radiographie numérique, mais est-ce que le distributeur de croquette pour chat connecté avec dispositif de reconnaissance faciale et balance incorporée est vraiment indispensable ?Est-ce que ce type de machine justifie qu\u2019on aille piocher dans des ressources qui auraient pu servir au dentiste du 22e siècle ?» Un monde meilleur Alors, comment convaincre une société et ses citoyens de faire un pas de côté et sortir du tout technologique pour éviter le désastre ?Peut-être en poussant les gens à réfléchir à ce qu\u2019ils attendent du futur, suggère Philippe Bihouix.« Est-ce que la bonne manière d\u2019aborder le 21e siècle, c\u2019est vraiment la ville intelligente, optimisée avec des données stockées dans un centre au Groenland, lui-même possédé par une multinationale californienne ?, questionne-t-il.Est-ce qu\u2019on veut vraiment des objets numériques et des capteurs connectés fabriqués en Asie du Sud-Est avec des ressources issues d\u2019une vingtaine de pays différents, dont une dizaine sont instables politiquement ?» Mais pour l\u2019ingénieur, il est illusoire de penser échapper à ce système tant que la majorité des gens verront la démarche comme un sacrifice.« On n\u2019arrive déjà pas à favoriser la solidarité sur une génération, alors difficile de croire que c\u2019est l\u2019argument d\u2019une planète propre pour les générations futures qui va faire la différence et pousser les gens à changer leur mode de vie.» En revanche, M.Bihouix pense qu\u2019une société moins technologique et moins « croissanciste » peut combler certains manques et apporter du mieux : « Je pense par exemple à la question de l\u2019emploi.Aujourd\u2019hui, on essaye de remplacer le travail humain le plus possible par des machines, des usines ferment, des activités naissent, certes, mais clairement, les gens ont du mal à tous devenir concepteurs de drone ou analystes informatiques », sourit-il.Face à cet état de fait, l\u2019auteur de L\u2019Âge des low tech : vers une civilisation techniquement soutenable veut remettre le travail humain au cœur du questionnement.Un argument de taille à l\u2019époque où les classes moyennes craignent souvent le déclassement et où l\u2019aliénation professionnelle est plus que jamais décriée.« On pourrait aller vers un monde moins exigeant en ressources et en énergie, mais dans lequel on aurait tous un travail, voire deux, l\u2019un manuel l\u2019autre plus intellectuel, le tout avec plus d\u2019équité, de proximité, de solidarité, etc.» La ville intelligente, désigne une ville utilisant les technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) pour « améliorer » la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts.Les techniques de pointe ou hautes technologies ou technologies de pointe, aussi connues sous l\u2019anglicisme high-tech, sont des techniques considérées comme les plus avancées à une époque donnée.17 itineraire.ca 15 février 2019 Responsabiliser nos politiques Bien sûr, difficile de croire que des changements majeurs s\u2019opéreront sans volonté politique.« Il y a ce discours chez certains écologistes de dire que les politiques n\u2019agissant pas à la hauteur où ils devraient agir, on va prendre notre destin en main, au niveau familial, au niveau des quartiers, etc.C\u2019est bien, reconnaît Philippe Bihouix, mais pour moi le niveau politique reste indispensable pour réglementer, interdire, mais aussi influencer des pratiques, soutenir la recherche allant vers davantage de sobriété, etc.» Mais selon Philippe Gauthier, le Québec n\u2019en est pas là du tout.« Pour le moment, notre politique environnementale est plus une politique industrielle déguisée.L\u2019 idée c\u2019est d\u2019aller chercher de nouveaux marchés en vendant des nouveaux produits énergétiques, montre-t-il.Les politiques environnementales sont un peu au service indirect de la destruction de l\u2019environnement : on cherche des solutions pour polluer un peu moins, un peu plus longtemps.» Reste à savoir si des initiatives comme le Pacte, signé à l\u2019heure où nous écrivons ces lignes par plus de 262 000 personnes, suffiront pour faire pencher la balance en faveur d\u2019un monde plus vert.un (très) long chemin à faire Canada 18 15 février 2019 itineraire.ca Le Canada est dans le top 10 des pays qui émettent le plus de CO 2 au monde.Le Canada est le pays qui produit le plus de déchets par habitant au monde.En effet avec 0,5 % de la population mondiale, nous produisons 2 % du volume de déchets générés sur la planète.Si tout le monde consommait au même rythme que les Canadiens, il faudrait plus de 4,7 planètes Terre pour répondre à la demande en ressources et absorber l\u2019ensemble des émissions de gaz à effet de serre.Entre 1990 et 2016, les émissions de CO2 et GES ont augmenté de 17 %.La croissance des émissions du Canada durant cette période est principalement attribuable à l\u2019augmentation des émissions provenant du secteur des mines, de l\u2019exploitation pétrolière et gazière ainsi que du secteur des transports.Au rythme actuel, la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixée pour 2030 par le gouvernement de Justin Trudeau ne sera pas atteinte.Sources Gouvernement du Canada (2018) ; Commission de l\u2019écofiscalité du Canada (2018) À 28 ans, Vincent Verzat est un vidéaste activiste français suivi par plus de 156 000 personnes.Créateur de Partager c\u2019est sympa, un projet présent à la fois sur YouTube et sur Facebook, il utilise les codes des réseaux sociaux pour sensibiliser son public à des causes sociales et environnementales.Portrait d\u2019un acteur de changement.Depuis plusieurs années, Vincent Verzat s\u2019adresse à un auditoire qui a entre 20 et 35 ans.Son objectif : vulgariser, parfois avec une touche d\u2019humour, de nombreux enjeux de société, afin d\u2019amener les gens à penser un monde plus juste et plus durable, tant au niveau local et national qu\u2019international.Ainsi, parmi ses sujets de prédilection, se trouvent le féminisme, les déchets nucléaires, la mondialisation, les multinationales, les banques, la lutte contre les inégalités, la répartition des richesses, les mobilisations citoyennes et l\u2019environnement.PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PHOTOGRAPHE-PARTICIPANT Changer le monde Vincent Verzat un abonné à la fois PHOTO :?COURTOISIE?PARTAGER C\u2019EST SYMPA L\u2019urgence climatique Pour expliquer l\u2019importance qu\u2019il attache à ce dernier sujet, Vincent Verzat a des mots très clairs : « Bientôt, nous allons être incapables d\u2019empêcher des phénomènes de rétroaction et d\u2019emballement climatique, ce qui rendra la vie sur Terre de plus en plus difficile, voire impossible, dit-il.C\u2019est pourquoi il faut agir maintenant.» L\u2019action est au cœur de son travail : « Le but n\u2019est pas seulement de sensibiliser, mais aussi de montrer à ceux qui nous suivent qu\u2019 il existe des solutions », continue-t-il.Ainsi, dans une vidéo intitulée L\u2019affaire du siècle, il invite les citoyens à attaquer en justice l\u2019État français, à qui il reproche son inaction face au dérèglement climatique.De même, dans une vidéo portant sur la COP 23 de Bonn, en Allemagne, il donne de la visibilité à une action de désobéissance civile pacifique menée par 4000 personnes, qui ont occupé la mine de charbon à ciel ouvert d\u2019Ende Gelände, l\u2019une des plus polluantes d\u2019Europe.Son objectif : montrer qu\u2019il peut s\u2019agir d\u2019un moyen de faire avancer réellement les choses.En décembre 2018, il s\u2019est aussi rendu à Katowice en Pologne pour la COP 24, afin de constater, en images, que rien n\u2019a vraiment changé du côté des États.Et aussi pour dénoncer le fait que les industries polluantes payent pour cette conférence, en plus de partager avec son auditoire les actions citoyennes accomplies un peu partout sur la planète pour faire bouger les choses.Plus récemment, Vincent Verzat a également participé, avec de nombreux youtubeurs, à la création du mouvement Il est encore temps, qui propose notamment des pistes d\u2019actions concrètes personnalisées aux citoyens pour agir en faveur de l\u2019environnement.Pas à pas vers l\u2019engagement social Alors, comment devient-on un acteur de changement à moins de 30 ans ?Vincent commence à travailler comme vidéaste activiste pour différentes ONG.Pour elles, il réalise des vidéos de communication.En parallèle, dans ses temps libres, il produit des vidéos depuis sa chambre, pour traiter de sujets qui l\u2019intéressent, tels que les questions climatiques.En 2017, au moment des élections françaises, il fait un nouveau pas et décide de sortir dans la rue pour aller à la rencontre des Français.Parmi les formats qui l\u2019ont lancé, il y a une vidéo intitulée Cinq trucs pour parler avec un connard.Dans celle-ci, il donne des conseils pour mieux communiquer et dialoguer avec ceux qui n\u2019ont pas la même opinion que soi [ racistes, homophobes, climatosep- tiques, machos ].« Faut que tu respires un coup et que tu essayes de voir en face de toi un être humain qui a le même besoin que toi, dit-il ainsi au début de la vidéo.Si tu avais eu la même vie et que t\u2019avais fait les mêmes rencontres que lui, bah peut-être que tu penserais exactement la même chose.» En peu de temps, il parvient à cumuler deux millions de vues.Peu à peu, l\u2019idée de créer une chaîne qui regrouperait ce type de format s\u2019impose, et Partager c\u2019est sympa naît.Avec le temps, la structure prend forme, et l\u2019équipe commence à décliner le projet autour de plusieurs catégories de vidéos.Par exemple, dans la série Le vlog des gens qui se bougent, il se déplace pour aller rencontrer des gens qui luttent ou inventent des solutions de rechange et des nouveaux modes de vie.En fait, il veut faciliter la compréhension entre le public et ceux qui se battent.Les codes d\u2019internet Selon lui, la vidéo sur internet est un médium idéal pour réaliser cela.« La vidéo c\u2019est un format qui raconte des histoires et qui permet de transmettre de nouveaux récits facilement.Si on compare avec la télévision, on voit que ça ne se fait pas aussi aisément, affirme-t-il.De fait, si tu es touché par une émission, tu vas peut-être envoyer un SMS à tes amis en leur disant d\u2019allumer leur poste.Mais il ne sera pas aussi facile de faire voyager ce format.Alors que là, les vidéos, elles voyagent.» Persuadé de la puissance d\u2019impact que présente la vidéo, Vincent Verzat ne se considère pourtant pas comme un youtubeur.« Je me considère plutôt comme un vidéaste activiste car je n\u2019utilise pas qu\u2019un seul moyen pour sensibiliser les gens : je suis à la fois sur YouTube, Facebook, Instagram et Twitter.» Mais cela ne l\u2019empêche pas d\u2019utiliser tous les codes des youtu- beurs pour parler à son public.« Ce qui fonctionne aujourd\u2019hui, c\u2019est un visage qu\u2019on voit régulièrement, qui nous parle avec un certain « La radicalité c\u2019est vraiment au cœur du projet Partager c\u2019est sympa.Cela veut dire aller à la racine du problème, trouver et nommer les responsables.» 20 15 février 2019 itineraire.ca PHOTO :?COURTOISIE?PARTAGER C\u2019EST SYMPA rythme, avec un certain ton, indique-t-il.C\u2019est le meilleur moyen de transmettre un message et c\u2019est aussi le meilleur moyen de construire une communauté.» Mais si internet et les réseaux sociaux sont un outil de changement pertinent, le vidéaste redoute aussi la fragilité qu\u2019ils induisent.« Si un jour on dérange suffisamment, si on menace trop ce système, il suffit d\u2019une décision de nos dirigeants pour faire fermer une page Facebook ou un compte Twitter, déplore-t-il.Ils pourraient aussi le faire d\u2019une manière plus insidieuse en réduisant la portée de nos publications sur les réseaux sociaux.» Radicalité Il faut dire que Vincent Verzat et son équipe ne mâchent pas leurs mots.Il y a quelques semaines, sortait par exemple une vidéo intitulée Vœux du Président : lucidité, radicalité, solidarité.Dans celle-ci, il affirme : « être pragmatique requiert de la radicalité ».Selon lui en effet, pas de combat sans radicalité.Conscient que le terme peut faire peur, il s\u2019explique : « La radicalité c\u2019est vraiment au cœur du projet Partager c\u2019est sympa.Cela veut dire aller à la racine du problème, trouver et nommer les responsables, montre-t-il.Mais c\u2019est aussi se permettre de se libérer de certaines lois qui sont légales mais qui sont injustes, par exemple parce qu\u2019elles protègent ceux qui détruisent la planète.» Il rappelle aussi que cette radicalité est inhérente à l\u2019urgence de la situation : « Le temps joue réellement contre nous.Il faudrait aller plus loin, plus vite.Par exemple, il faudrait que la France soit totalement débordée de militants écolo qui bloquent toutes les infrastructures pétrolières et qui transforment profondément leur ville de fond en comble ».Demain Le message semble passer.Depuis que Vincent Verzat est dans le milieu, il a vu son public grandir et devenir davantage réceptif aux questions écologiques.Surtout, il considère que de nombreuses personnes sont sorties d\u2019une sorte de naïveté : « Je vois bien la différence entre l\u2019époque de la COP 21 et aujourd\u2019hui.Il y avait une grande confiance dans la capacité des États à prendre les bonnes décisions.C\u2019est beaucoup moins le cas aujourd\u2019hui.» Pertinente et populaire, la recette de Partager c\u2019est sympa donne envie à l\u2019équipe d\u2019aller plus loin, en développant par exemple des formats d\u2019investigation intégrant une approche journalistique.Parmi les sujets qui seront abordés dans ces nouveaux segments, Vincent Verzat cite le thème de l\u2019effondrement de la société industrielle, qui n\u2019est pas nécessairement négatif selon lui.« On a envie de transmettre un récit qui permet aux gens de faire le deuil d\u2019un avenir trop positif, car nous pensons que c\u2019est cela qui va les pousser à réagir.» Pour l\u2019instant basé en France, le vidéaste s\u2019est fait un nom au Québec, où un public le suit déjà.D\u2019ailleurs, il a vécu ici trois ans et compte bien revenir un jour, notamment pour collaborer avec des associations qui travaillent sur les questions environnementales.21 itineraire.ca 15 février 2019 Planter des arbres Moi, je fais ma part pour l\u2019environnement en plantant un pollueur.(rires) Plus sérieusement, j\u2019ai tenté de planter des arbres qui sont donnés par la Ville.Ça arrive qu\u2019ils fassent des petits dons au printemps.Il faudrait aussi qu\u2019à la SQDC, on puisse ramener nos contenants/sacs pour les faire remplir.On devrait faire la même chose à SAQ et consigner les bouteilles de vin.ROBERT MONDAT CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX La génération de mon père Je ne jette pas de papiers à terre.J\u2019ai pas d\u2019auto.Je fais le moins de gaspillage possible.J\u2019achète des produits pas trop emballés, mais de toute façon, je fais du recyclage.La même chose pour l\u2019eau.Je ne la fais pas couler pour qu\u2019elle devienne froide.J\u2019aime mieux la mettre au frigidaire.C\u2019est ma manière de l\u2019économiser.C\u2019est la génération de mon père qui a tout bousillé.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO, SAINT-HUBERT/BOUCHER Comment?fais-tu?ta?part pour l\u2019environnement ?DANS LA TÊTE DES CAMELOTS PHOTO? :?MICHAL?WICHRZYNSKI?(UNSPLASH) Une planète bleue Je jette la nourriture dans le compost.Au lieu de jeter mes kleenex par terre, je les garde dans mes poches.Même le papier de toilette chez-moi, je le jette aux poubelles.La planète contient deux tiers d\u2019eau.C\u2019est très important d\u2019en prendre soin.C\u2019est l\u2019eau qui nous fait vivre, qui nourrit la planète, qui fait pousser les plantes et les légumes.Elle peut sauver des vies.Conservons la couleur de l\u2019eau qui est bleue.JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT / SAINTE-CATHERINE Des bouteilles d\u2019eau consignées Moi, je fais du recyclage, mais je me pose des questions sur le rinçage.Je manque d\u2019informations sur ce qui se recycle réellement, comme les boîtes de pizza ou le polystyrène.Y\u2019a l\u2019Éco-quartier où je peux appeler pour avoir des infos, mais ils sont bien occupés.J\u2019aimerais aussi que les bouteilles d\u2019eau soient consignées.C\u2019est beau critiquer, mais il faut proposer des solutions.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Aller vivre sur Mars Ah mon Dieu, j\u2019ai passé à CBC pour ça le 26 décembre.C\u2019était un vox pop.Il voulait savoir ce que j\u2019avais fait pour l\u2019écologie à Noël.J\u2019ai répondu que j\u2019enveloppais pu mes cadeaux depuis une couple d\u2019années.J\u2019essaie de recycler le plus possible.Pis, j\u2019essaye d\u2019acheter des produits qui ne sont pas suremballés.C\u2019est effrayant ce qui se passe avec la planète.On va quand même pas aller vivre sur Mars ! On peut peut-être pas arrêter les changements climatiques, mais on peut au moins les ralentir.SYLVIE DESJARDINS CAMELOT ONTARIO/CHAMPLAIN Des cochonneries un peu partout Je jette mes canettes à la récupération.Je trouve que la ville n\u2019est pas ben propre.Il y a des cochonneries partout.Y pourrait avoir plus de poubelles, surtout dans le métro.Sinon, je ne gaspille pas d\u2019eau : j\u2019en bois pas ! (rires) À part de ça, je fais pas grand-chose.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Donner au lieu de jeter Y\u2019a pas longtemps, j\u2019ai fait ma part pour l\u2019environnement.Au lieu d\u2019utiliser des verres jetables quand je prends des Polar Pop au Couche-Tard, je me suis acheté un verre réutilisable que je fais remplir.Sinon, je fais de la récupération et je vais porter le linge que je porte plus à la Mission Old Brewery au lieu de le jeter.Je trouve qu\u2019on gaspille beaucoup trop.Donc, donnez ce que vous n\u2019utilisez plus ou du moins essayez de réutiliser au maximum quelque chose avant de vous en débarrasser.MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO CARTIER Faire sa run Je constate les changements de température.Les étés sont très chauds, pis les hivers sont en dents de scie.Ça a des effets sur moi.Je fais de la récupération depuis longtemps.Tous les lundis, je fais ma run.Je ramasse la ferraille et je la revends.Je ramasse aussi les poêles, les frigidaires et je vais les porter dans les centres de collecte.Je fais la même chose avec les cannettes.Des fois, je trouve des gros conteneurs remplis de canettes.Avant, en dessous du pont Jacques-Cartier, il y avait une place où les gens laissaient leurs canettes et leurs bouteilles vides pour que les itinérants puissent les revendre.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE 23 itineraire.ca 15 février 2019 Document Ca commence par moi Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde : un an pour vivre autrement, 365 raisons d\u2019y croire.Julien Vidal Éditions du Seuil, 2018, 304 pages Avec la collaboration de Camille Teste Pourquoi lire ce livre ?Pour sauver la planète ?On s\u2019en fiche de la planète, non ?Pourtant, on sait qu\u2019en moyenne, à peine arrivés au mois d\u2019août, on a déjà consommé l\u2019entièreté des ressources que la planète peut produire en un an.Alors, que nous faut-il pour nous réveiller ?Et si, ce qui nous manquait, c\u2019étaient des solutions du quotidien, histoire de distinguer une lumière au bout du tunnel.365 gestes C\u2019est avec cette conviction que Julien Vidal a décidé de se lancer dans une aventure d\u2019un an, et de le partager dans un voyage de 304 pages intitulé Ça commence par moi.Son projet est simple : tester et approuver quotidiennement une action écocitoyenne pendant 365 jours : l\u2019occasion de se poser de nouvelles questions, de rencontrer des nouvelles personnes et de découvrir de nouveaux projets.Rêver Mais faut-il vraiment prendre au sérieux un livre qui se revendique comme Un manifeste utopiste pragmatique et réjouissant ?Par définition, l\u2019utopie est un idéal social ou politique qui ne tient pas compte de la réalité, ou qui se juge irréalisable.Je poserais la question à l\u2019envers  : n\u2019est-ce pas la chose la plus pragmatique du monde que de tenter de changer les choses à son échelle ?N\u2019est-il pas logique de commencer par soi ?« Et si nous mettions toute l\u2019énergie que nous gâchons chaque jour à chercher des coupables au service de la construction d\u2019un changement de nos priorités ?  », interroge d\u2019ailleurs l\u2019auteur, comme pour rappeler qu\u2019il vaut mieux être dans l\u2019action que dans la réaction.S\u2019informer Tout au long du livre, le lecteur se laisse ainsi guider par une question : par où se trouve le chemin du changement ?Et la réponse qu\u2019a choisie l\u2019auteur est simple : l\u2019information ! Selon lui, s\u2019informer et informer les autres est la clé du succès.Aussi, à travers cet ouvrage, vous aurez accès à des listes, des astuces et des exemples vous permettant de réveiller - ou de stimuler - votre conscience écocitoyenne, et celle de vos proches.Pour Julien Vidal la coopération est intiment liée au changement.« Que ce soit au travail ou de manière plus globale dans notre façon de vivre ensemble, observe-t-il, je constate qu\u2019il y a actuellement une remise en cause de plus en plus forte de notre objectif commun quant au choix de société que nous souhaitons. » Bref, un ouvrage à dévorer pour apprendre à agir ensemble.Bonne lecture.LIVRES LES CHOIX DE L\u2019ÉQUIPE Ça commence par « toi » MILTON FERNANDES RESPONSABLE DE LA CRÉATION VISUELLE Le choix de 24 itineraire.ca 15 février 2019 CHRONIQUE?PAYÉE municipalités où le phénomène était aussi présent ou à prévenir.Hull, Sherbrooke, Trois-Rivières et six autres villes ont ainsi reçu des fonds pour appuyer leur action.À l\u2019origine prévu pour un horizon de trois ans, ce soutien fédéral a été reconduit grâce aux pressions exercées en grande partie par le RSIQ.L\u2019actuel gouvernement a même annoncé sa poursuite pour 10 ans avec des budgets doublés jusqu\u2019en 2028.Les tables régionales membres du RSIQ ont joué un rôle clé dans l\u2019identification des besoins, des solutions et des priorités au sein de planifications communautaires locales qui ont permis d\u2019orienter les investissements.Différentes interventions pour contrer l\u2019itinérance de même que le soutien à des projets de logements sociaux et de lieux d\u2019accueil ont été soutenus.Le besoin d\u2019une Politique en itinérance Dès 2004, les membres du RSIQ ont initié la demande pour l\u2019adoption au Québec d\u2019une Politique nationale en itinérance.Lors des premiers États généraux de l\u2019itinérance au Québec, tenus en 2005, la déclaration Droit de cité identifiait la nécessité d\u2019une telle politique.Le RSIQ a alors articulé cette demande dans une plate-forme largement appuyée.Cette demande allait faire l\u2019objet en 2008 et 2009 d\u2019une très importante Commission parlementaire sur l\u2019itinérance, elle- même itinérante.S\u2019ouvrant à Montréal à côté de la Place Émilie- Gamelin, elle allait permettre aux élue.e.s d\u2019entendre parler (de) la rue.Le rapport unanime de cette Commission recommandait l\u2019adoption d\u2019une Politique en itinérance.Un gain majeur La bataille ne sera finalement gagnée qu\u2019avec l\u2019adoption, en février 2014, de la Politique nationale de lutte à l\u2019itinérance  : Ensemble pour éviter la rue et en sortir, laquelle fût développée par un comité de travail dont faisaient activement partie les responsables du RSIQ.La Politique adoptée sous la direction de la ministre Véronique Hivon reprend la vision globale que prônait le RSIQ et son analyse de l\u2019itinérance comme étant un déni de droits.Elle identifie la responsabilité gouvernementale d\u2019agir en amont et en aval sur cinq axes  : logement, revenu, santé et services sociaux, réinsertion et éducation, ainsi que cohabitation et judiciarisation.Cette Politique a permis de se doter d\u2019un Plan d\u2019action interministériel interpellant 10 ministères.Son adoption représente le gain le plus significatif des 20 ans de luttes du RSIQ.Avec les investissements plus importants et l\u2019engagement plus sérieux qui ont été demandés au gouvernement Legault et à la ministre Danielle McCann, la voie que pave la politique pour contrer l\u2019itinérance pourra encore mieux être suivie.Bien que beaucoup reste à faire, les membres du RSIQ, par leur vision, leurs revendications et leurs actions, ont contribué au développement de réponses qui ont permis à des milliers de personnes d\u2019éviter la rue et d\u2019en sortir.En 1998 se tenait le Colloque L\u2019itinérance à la carte, co-or- ganisé par le RAPSIM et une concertation de groupes d\u2019ailleurs au Canada.Cette rencontre visait à faire reconnaitre l\u2019existence de l\u2019itinérance dans différentes communautés.Suivant ce Colloque, le RAPSIM et des acteurs impliqués dans la lutte à l\u2019itinérance de Hull, Québec, Drummondville et Sherbrooke ont développé une concertation qui allait donner naissance au Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ), qui célèbre cette année ses 20 ans.Ce jalon important est l\u2019occasion de souligner le rôle essentiel qu\u2019a joué le RSIQ dans la reconnaissance du phénomène de l\u2019itinérance et, surtout, l\u2019identification des actions à mener pour le contrer.Le rôle fondateur du fédéral En novembre 1999, l\u2019annonce par le gouvernement fédéral de Jean Chrétien d\u2019une Stratégie pour les sans-abri, avec des investissements importants pour soutenir l\u2019action des groupes communautaires, allait jouer un rôle majeur dans le développement du RSIQ.Au Québec, ces fonds devaient seulement être dirigés vers Montréal et Québec.Tout en reconnaissant la concentration de l\u2019itinérance dans ces villes, les tables régionales membres du RSIQ ont demandé que ces fonds soient étendus à d\u2019autres 20 ans de solidarité Pierre Gaudreau ?Directeur du RAPSIM photo Anne Bonnefont et Nathalie Rech, qui ont été coordonnatrices au RSIQ, ont grandement contribué à l\u2019adoption de la Politique en itinérance.P H O T O   : ?A N D R É ?Q U E R R Y revient sur ses débuts La députée-poète PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD ENTREVUE QUÉBEC ?Elle ne laisse personne indifférent.Elle a des supporteurs comme des détracteurs.Sitôt élue à l\u2019Assemblée nationale, la députée-poète de Taschereau a fait parler d\u2019elle pour sa tuque, son T-shirt, ses chaussures et son sens de la formule peu protocolaire.Notre camelot-rédacteur a choisi de questionner Catherine Dorion d\u2019un point de vue de gauche.En entrevue, la comédienne et chroniqueuse est aussi revenue sur ses premiers pas de parlementaire en promettant de ne jamais devenir « politicienne ».Entre Mathieu Thériault et elle, le tutoiement s\u2019est vite imposé.La députée de Québec solidaire a choisi de rencontrer L\u2019Itinéraire le 12 décembre dernier, au salon de thé Le Lièvre & la Tortue, dans le quartier Limoilou, à Québec. Qu\u2019est-ce qu\u2019une fille comme toi fait dans un endroit comme l\u2019Assemblée nationale ?C\u2019est là que se situe une grosse partie du pouvoir, mais pas tout le pouvoir.Il y a du monde plus puissant qui pèse fort sur nos gouvernements.Mais une bonne partie des leviers du pouvoir se trouve au Parlement.Parmi toutes les personnes qui militent pour des choses que je considère comme valables et nécessaires \u2014 l\u2019environnement, la culture, l\u2019égalité et la justice \u2014 personne ne veut aller en politique.Au début, je n\u2019arrivais pas à comprendre pourquoi.Alors j\u2019ai cherché et j\u2019ai entendu : « Au parlement tu es obligé de te travestir, de mentir pis c\u2019est de la marde.» Mais crime, je me dis qu\u2019on se prive d\u2019un des plus importants outils politiques pour propulser le changement social.Si on dédaigne le pouvoir, ça ne changera jamais.Je sais que je peux avoir un impact.Alors j\u2019ai suivi les paroles de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ».Je me suis dit que si je n\u2019arrive pas à convaincre personne de le faire, je le ferai.Peut-être que mon acte va être plus convaincant que mes paroles.Voilà ce que je fais là ! Qu\u2019est-ce que ça change dans la vie d\u2019être députée ?Ça me fait peur, car je tiens beaucoup à ma liberté.Je suis travailleuse autonome et artiste depuis 10 ou 15 ans.Avec mes enfants \u2014 j\u2019en ai deux \u2014 j\u2019aime être moins stressée et passer du temps dans le bois.J\u2019essaye d\u2019ailleurs de leur enseigner la lenteur, car je viens d\u2019une famille de femmes très énergiques, avec beaucoup de drive et workaholics.J\u2019en suis une moi aussi.C\u2019est une addiction, un vrai problème.Alors j\u2019essaye d\u2019écrire et de me calmer.Je milite pour un monde où on se calme et où on arrête le producti- visme.Or je m\u2019en vais dans une job qui va me demander de faire ça.Il y a une partie de moi qui a mal au cœur, mais je me dis que c\u2019est le prix à payer pour que mes actions aient un sens.C\u2019est une chose très douloureuse de ne pas voir un sens à la vie.Il faut donc lutter pour les choses qu\u2019on considère importantes, par exemple les trésors de culture laissés par les gens avant nous, l\u2019amour du territoire, l\u2019amour des uns pour les autres, la charité.Si on ne veut pas que ces choses-là meurent, il faut se battre pour.Si on ne se bat pas, on ne sait plus pourquoi on est là et pourquoi on a mis des enfants au monde.27 itineraire.ca 15 février 2019 PHOTO :?ALEXANDRE?DUGUAY Que fais-tu quand tu n\u2019es pas en Chambre ?On fait le lien avec les organismes du comté, avec les citoyens de Taschereau.Et ça, c\u2019est toute sorte de monde.Ça peut être un groupe de parents, un groupe de quartier.Moi, j\u2019arrive avec les ressources de mon bureau du député.On peut se mettre ensemble, faire venir les médias et organiser une mobilisation.Par exemple, pour obliger un immeuble de personnes âgées à installer des gicleurs.Donc il y a ces petites choses-là dans le comté.La fonction de député te donne de l\u2019exposure.Ça aide à mobiliser.Tu sais, on va le faire sur le troisième lien, on va le faire sur l\u2019école publique, on va le faire sur plusieurs choses.On va le faire sur les choses qui nous tiennent à cœur, par exemple le « temps ».On veut libérer le temps.Je trouve ça important, le temps (libre), je commence à en parler.Je vois qu\u2019il y a de l\u2019écho sur le terrain.Le terrain, c\u2019est ce que j\u2019aime le plus faire.Qu\u2019est-ce que tu fais concrètement comme députée ?C\u2019est un peu comme au cégep, tu as des semaines en session et d\u2019autres pas.À date, j\u2019ai vécu seulement deux semaines de session.J\u2019espère que je vais m\u2019habituer.Car c\u2019est un peu comme être à l\u2019école : tu es là, il faut que tu écoutes, tu ne peux rien dire.C\u2019est vraiment plate.Ils déposent des documents, ils font des allocutions.Tout à coup on passe au vote sur un truc sur lequel tout le monde est d\u2019accord.Genre : « on reconnait l\u2019apport des Autochtones dans la culture québécoise ».Bien oui, tout le monde vote pour.Mais quand c\u2019est un truc comme : « est-ce que vous allez fournir deux sorties culturelles aux étudiants comme vous vous étiez engagés ?» Bien là, les trois partis d\u2019opposition votent pour et le parti au pouvoir vote contre.Là, c\u2019est super ronflant et super prévisible.La période de questions est un spectacle tellement rodé.Je trouve ça fou.Cependant, il y en a qui trippent là-dessus.GND (Gabriel Nadeau-Dubois) trippe là-dessus.Il sait où nager dans cette mer de procédures.Il voit où on peut forcer le gouvernement à s\u2019engager.Il a une intelligence que je n\u2019ai pas encore.Je sais que ce n\u2019est pas là le cœur du changement.La majeure partie du changement social va venir de l\u2019extérieur du Parlement.PHOTO :?ALEXANDRE?DUGUAY Que ferais-tu si tu n\u2019étais pas d\u2019accord avec ton parti ?Je respecterais le choix démocratique des membres.Il n\u2019y a pas de ligne de parti rigide à Québec solidaire (QS).Durant toute cette histoire sur les vêtements, il n\u2019y a personne qui m\u2019a dit : « non fais pas ça ».Les gens de QS sont super respectueux de la diversité.Ça fait partie de l\u2019ADN du parti et ça paraît.Mais sur les enjeux, on a un programme et une plateforme.Si j\u2019arrivais et je disais : « moi je veux l\u2019école privée », ben là ça ne marcherait pas.QS, c\u2019est juste un outil, ce n\u2019est pas une religion ou une famille.On voit une cause commune à tous nos problèmes : le capitalisme.On se met ensemble pour que notre lutte soit cohérente et on se donne des outils.Pour moi, c\u2019est ça QS, il faut qu\u2019on s\u2019entende sur quelque chose.Notre programme, c\u2019est notre contrat.Si je suis mal à l\u2019aise avec un vote du congrès, je ne vais pas aller défendre cette ques- tion-là.Je ne peux pas mentir.Je ne peux pas aller militer pour quelque chose à laquelle je ne crois pas.Je ne suis pas capable.Je vais juste me retirer de l\u2019enjeu et je vais laisser d\u2019autres personnes le faire.À l\u2019inverse, il y a d\u2019autres éléments du programme que je peux prendre et porter.Il y a beaucoup d\u2019espace.Il n\u2019y a pas de ligne de parti.L\u2019opinion de chacun compte.Comment as-tu réagi au fait que ton style vestimentaire soit devenu un enjeu d\u2019intérêt public ?J\u2019étais vraiment étonnée.Je n\u2019avais jamais pensé que ce serait à un tel point.Mais ça m\u2019a fait vraiment plaisir de mettre en lumière les absurdités, les barrières psychologiques d\u2019une classe, d\u2019une élite, qui dit « oui tout le monde est égal, ici c\u2019est la maison du peuple ».Mais dès qu\u2019il y en a un qui arrive et qui ne ressemble pas à l\u2019élite, on tire dessus à boulets rouges.C\u2019est clair et on voit le jeu.Si tu veux rentrer dans l\u2019arène du pouvoir, il faut que tu leur montres que tu veux leur ressembler, que tu veux faire partie de leur gang.Lèche des culs, fais comme eux, fais ce qu\u2019ils attendent de toi, et espère qu\u2019ils te prennent dans leur gang.Moi j\u2019assume ça, parce que j\u2019ai fait toute ma campagne en disant : « Je ne suis pas une politicienne, je ne veux pas être une politicienne.Je suis une citoyenne qui s\u2019en va dans les lieux du pouvoir pour en inspirer d\u2019autres à venir avec moi pour prendre ça et démontrer que c\u2019est à nous, que c\u2019est pas aux lobbys.» Comme j\u2019arrive en disant « je ne veux pas être des vôtres », c\u2019est sûr qu\u2019ils ne m\u2019aiment pas.N\u2019as-tu pas ouvert la porte en acceptant une session de photo pour Le Journal de Québec ?Dès le jour de mon élection, ils ont parlé de mes vêtements, de ma tuque et de mon gilet.Alors j\u2019ai dit ça va juste clore le sujet.J\u2019étais folle et naïve.Je pensais que ce serait un article positif et sympathique.Je me disais : « bien voilà, on fait les choses un peu différemment à QS et voilà c\u2019est fini ».Mon expérience des médias va devenir un peu plus rodée.C\u2019est une jungle et j\u2019improvise en direct.Comment se sent-on lorsqu\u2019on devient la nouvelle « tête de tuque » de certains chroniqueurs ?Moi, je ne lis pas ces chroniques-là.J\u2019ai fait le deuil de plaire à tout le monde.Je suis rendue là dans ma vie et ça me libère vraiment.Il y a du monde qui me hait et qui ne me connaît même pas.Ce qu\u2019ils jugent de moi, ce n\u2019est même pas moi.Quand ils parlent de moi, ils ne savent pas qui je suis.De l\u2019autre côté, je défoule du monde, des gens qui pensent qu\u2019il n\u2019y a rien qui se peut, qu\u2019on perd tout le temps, qu\u2019on va toujours perdre, qu\u2019on va toujours être déprimé collectivement.Et tout à coup, ils voient quelqu\u2019un qui se fait rentrer dedans et qui reste droit et ils font « Ha ! ».Moi, je m\u2019en crisse de Martineau, c\u2019est un gars aucunement intéressant.Je ne vois pas ce qu\u2019il amène.Elle est où la beauté ?Il est où ton don ?Où est-ce que tu aides ?Où est-ce que tu fais du bien ?Peut-être qu\u2019il a quelque chose de bon en lui, mais l\u2019action qu\u2019il fait dans le monde, c\u2019est juste de la négativité.Alors pourquoi voudrais-je être son ami ?C\u2019est quelqu\u2019un que je ne veux pas dans ma gang.Finalement, tout ça a été un apprentissage depuis janvier.Dans la rue, c\u2019est à peu près 98 % positif.Des gens me disent : « Tiens bon.On est derrière toi.Laisse-les pas te changer.Moi, j\u2019aime ton linge.» Alors je suis super émue, je ne suis plus en crisse et j\u2019ai juste de l\u2019amour.Tu es passée d\u2019une slameuse underground à une députée dont on commente le linge et le salaire ?As-tu peur d\u2019avoir à choisir entre l\u2019artiste libre et rebelle et la parlementaire tenue au décorum ?Je vais définitivement toujours être la première.Si je deviens l\u2019autre, je vais faire une dépression.29 itineraire.ca 15 février 2019 qu\u2019il n\u2019y a rien à faire se met à réaliser de petites victoires.On peut gagner des fois, ça vaut la peine de s\u2019impliquer.À ce moment-là, ils deviennent un modèle pour leurs enfants, leurs voisins et le monde comme eux.On n\u2019est pas obligés d\u2019être soumis et impuissants.C\u2019est beau et ça prend de l\u2019inspiration.En gros, ce qu\u2019on peut faire pour la pauvreté, c\u2019est militer, s\u2019organiser, inspirer, travailler sur l\u2019espoir et le pouvoir qu\u2019il donne.Québec solidaire pourrait-il faire adopter un projet de loi ?Ça serait un miracle ! On peut déposer un projet de loi et que le gouvernement le trouve « très bon », mais ça n\u2019arrive jamais dans les faits.C\u2019est arrivé une fois dans l\u2019histoire de QS avec le projet de loi de Françoise David.Elle avait tellement bien fait son lobbying auprès du gouvernement.C\u2019était un projet pour empêcher les propriétaires qui ont des locataires aînés de les faire déménager.Par exemple, une vieille madame qui reste là depuis 20 ans, tu ne peux pas la mettre dehors.Les aînés sont souvent locataires et ne sont pas fortunés.Ils n\u2019ont pas beaucoup de moyens, pas de famille.Ce serait vraiment cruel de leur dire : « tasse-toi, c\u2019est moi qui arrive ».Comme cela ne dérangeait personne au gouvernement et ça ne dérangeait pas trop l\u2019ordre des choses, ç\u2019a été tellement de travail pour un si petit résultat.Qu\u2019est-ce que tu dis à ceux qui croient qu\u2019on n\u2019a pas le choix d\u2019être au centre pour prendre le pouvoir ?Eurk, ça n\u2019arrivera pas ! On voit ce qui se passe à travers le monde en ce moment et c\u2019est inspirant.Il y a eu la campagne de Bernie Sanders, Corbyn en Angleterre qui a fait des gros gains, et la France insoumise avec Mélenchon.Il y a aussi Podemos en Espagne et Tsipiras en Grèce.Il y a vraiment une gauche internationale qui est en train de s\u2019organiser avec des membres vraiment influents et inspirants.Autant la droite se « trumpise » et devient plus aigrie, autant il y a la même chose à gauche.Il y a une chute du centre, ce qu\u2019Alain Deneault appelle « l\u2019extrême-centre mou ».Des deux côtés, il y a une polarisation.Ménager la chèvre et le chou, ça ne sert à rien.Le monde se radicalise, et pas juste les partis politiques.Il y a la crise humaine, la crise du climat, c\u2019est radical.Les solutions molles ne sont plus intéressantes.L\u2019époque est radicale, elle-même.Alors il faut que les solutions soient claires et assumées.On n\u2019a aucun intérêt, aucune envie, ni aucune bonne raison d\u2019aller vers le centre.Tu es surtout habituée aux critiques de la droite et des radio-poubelles.Mais dans une perspective de gauche, que réponds-tu à ceux pour qui les élections sont un piège à cons ?Que dire aux militants impliqués dans des mouvements sociaux qui ont voté pour un parti qui ne pourra changer quoi que ce soit ?Moi je leur parlerais de la diversité des tactiques.Moi, je respecte chaque tactique.Si tu penses que c\u2019est en te désengageant du système capitaliste et en fondant une commune que tu peux partir un mouvement et l\u2019élargir, ben c\u2019est bon.Fais-le ! À ceux qui pensent qu\u2019il faut aller chercher les institutions, tu ne peux pas leur dire : « arrête de croire à ça ».On vient tous avec nos désirs, nos fois, nos croyances.Moi j\u2019essaie de faire quelque chose.Tu as le droit de ne pas y croire, mais respecte-moi.Je pense qu\u2019on peut gagner quelque chose.Il y a beaucoup d\u2019anarchistes qui me regardent faire et qui disent : « Oui ça, c\u2019est intéressant, je ne crois pas à ce que tu fais, mais tu y vas à fond et je respecte ça ».Faisons les choses à fond.Ce n\u2019est pas grave si on ne croit pas tous la même affaire.Ça prend une diversité de tactiques.\u2019 À L\u2019Itinéraire, on est préoccupé par les enjeux d\u2019itinérance et de pauvreté.Est-ce que toi et ton parti pouvez faire quelque chose sans être au pouvoir ?C\u2019est sûr qu\u2019on n\u2019est pas au pouvoir.Mais on peut mobiliser et sensibiliser, donner du pouvoir aux gens et aux groupes qui gravitent autour de la pauvreté.Il y a plein de groupes sur le terrain qui bénéficient de ce travail-là.Moi, je vois mon action politique dans la lunette du militantisme pour changer les consciences.Pour prendre le pouvoir, ça prend un gros mouvement social.Sinon, ça ne sert à rien de prendre le pouvoir; on va se faire manger par les lobbys.Il faut qu\u2019on ait notre lobby populaire, le peuple qui se lève.Pour faire lever le monde, il faut leur donner confiance.Il faut travailler sur la confiance, sur l\u2019espoir, sur l\u2019empowerment.Dans mon comté, il y a plein de monde qui vit sous le seuil de la pauvreté.On est allés dans des HLM, dans des buildings où les gens voient la politique en disant « bof » ! On a réussi à réveiller un peu de ce monde-là qui a dit « c\u2019est cool on va voter ».Moi ça me parle et ce n\u2019est pas juste le fait d\u2019aller voter.Il y a plein de monde sur le terrain qui fait l\u2019effort de s\u2019organiser et ces mouvements-là peuvent grossir.Moi je trouve ça beau quand le monde qui pensait 30 15 février 2019 itineraire.ca PHOTO :?ALEXANDRE?DUGUAY Si tu étais une ville dans le monde, ça serait laquelle ?Québec.C\u2019est la plus belle ville du monde.Sinon Sarajevo.(Rires.) Parce que ça ressemble à Québec en termes de grosseur et de culture.Un pays dans lequel tu rêves d\u2019aller ou de retourner ?J\u2019aimerais retourner dans les Balkans.Aussi, j\u2019aimerais visiter la Mongolie.Je ne sais pas\u2026 sinon la Russie, la Turquie, la Bosnie.L\u2019endroit où tu voudrais le moins vivre ?Montréal.(Rires) Mais non ce n\u2019est pas vrai.Je dirais plutôt une grosse ville full d\u2019autoroutes au sud des États-Unis.Si tu pouvais te réincarner dans un personnage historique, ça serait qui ?Pauline Julien.C\u2019était surtout une artiste.Elle était très politique.À l\u2019inverse, le personnage dont tu aurais voulu que la mère se fasse avorter ?Ça serait méchant de dire Pierre Elliot Trudeau.Alors je dirais Steve Bannon.Un livre qui t\u2019a particulièrement marqué ?Terre des hommes de Saint-Exupéry et Le Zéro et l\u2019infini d\u2019Arthur Koestler.La musique que tu écoutes pour te sentir bien ?Levon Minassian.Le film que tu as écouté jusqu\u2019à en connaître toutes les répliques par cœur ?C\u2019est un film pour enfants, La Dernière licorne.Je viens de l\u2019acheter à mes enfants.C\u2019est beau, car il y a un personnage féminin qui défie le gros taureau, censé être le plus fort.Un poète qui t\u2019inspire particulièrement ?Marjolaine Beauchamp.Chiens ou chats ?Les chiens.À cause de Charlot, mon chien.Le but d\u2019Alain Coté, il était bon ?Je ne sais pas, je sais que c\u2019est un inside de hockey.Mais si tout le monde de Québec dit oui, alors moi aussi.Comme députée, as-tu eu l\u2019occasion d\u2019aider concrètement un de tes concitoyens ?Oui, une école de quartier qui est devenue tellement populaire que les gens du quartier ne pouvaient même plus y aller.On a su hier que ça n\u2019allait pas fermer.Tu es critique en langue française, culture et communications.Que changerais-tu ?En culture, j\u2019obligerais Netflix à mettre 60 % de contenu produit au Québec.Mets ton cash et engage des réalisateurs et des acteurs québécois.En relations internationales, développer des liens de solidarité avec la gauche décomplexée en Amérique et en Europe.Pour les aînés et la jeunesse, financer des logements sociaux. PHOTO :?THE?BIG?ISSUE?AUSTRALIA? When she began shooting in 2004, Lenz had no idea Kusama: Infinity would take a staggering 15 years to complete.\u201cOf course, now, she\u2019s an artistic superstar,\u201d she says of Kusama, routinely described on the net as the biggest-selling female artist ever.\u201cBut when I started working on the film, she wasn\u2019t quite as famous.So, convincing people she was a worthy subject wasn\u2019t so easy.\u201d The unknown story Even in the current era of Kusamania, her eye-catching work is often circulated online without much in the way of context.\u201cOne thing I\u2019ve noticed,\u201d says Lenz, \u201cis that a lot of people who are familiar with Kusama from social media images don\u2019t know much about her at all\u2026 her history, and everything she went through.\u201d She describes her film as \u201ca classic hero\u2019s journey\u201d, and her subject as \u201ca very compelling person who\u2019s led a very complex life\u201d.Since early childhood, Kusama has used art as a means of managing, and giving expression to, her mental health issues.Her obsession with the themes of infinity and obliteration, ever-pre- sent in her work, stems from the hallucinations she began to experience when she was 10 years old, in which she\u2019d find herself subsumed by lights and patterns.Today, she lives in a psychiatric facility in Tokyo, where she\u2019s been a voluntary resident since 1977, while maintaining a studio a couple of blocks away.Marginalised in a man\u2019s world Kusama\u2019s work has at last been embraced within her native Japan, but for decades she was regarded as a pariah, and never more so than during the 1960s, when she lived in New York City.There, she made a name for herself staging playfully provocative \u201chappenings\u201d and anti-war protests, painting her trademark polka-dots all over the nude participants.Tabloid fodder in her home country, Kusama wasn\u2019t taken seriously by the New York art establishment.Even though she was rubbing shoulders with big-name avant-garde and pop artists, none of their success was rubbing off on her.Instead, the likes of Claes Oldenburg and Andy Warhol were making off with her ideas.It was a man\u2019s world, and Kusama \u2013 a petite Japanese woman who often appeared at openings wearing a kimono or a bright red leotard \u2013 didn\u2019t fit in.For Lenz, making Kusama: Infinity was a lesson in how little has changed for women artists in the intervening 50 or so years.\u201cWhat was most surprising to me as I moved forward with the project,\u201d she states, \u201cwas how many similarities there are between the film world today and the art world then.\u201d She was dismayed by how much resistance she met as a woman making a film about a marginalised woman, and how difficult it was to secure funding.\u201cI made the film because I felt Kusama hadn\u2019t been treated fairly,\u201d says Lenz, \u201cbut then, I started to realise, wait a minute\u201d \u2013 she chuckles \u2013 \u201cI don\u2019t think women filmmakers are being treated fairly either.I sometimes tell people, trying to be a female director is a little like trying to decide I\u2019m going to be a quarterback in the NFL.\u201d The obstacles Lenz faced throughout her long battle to complete her first feature-length documentary only gave her a deeper appreciation for Kusama and her incredible creative drive.\u201cOver time,\u201d she says, \u201cwith my own struggles to get the film made, I started to become more and more aware of, and impressed with, her tenacity \u2013 and to take inspiration from that.\u201d Yayoi Kusama, the artist behind the eye-popping, mind-ben- ding, perspective-shifting mirror rooms, is as extraordinary as her art, a new documentary reveals.Heather Lenz, the director behind Kusama: Infinity spoke to The Big Issue Australia about the importance of highlighting Kusama\u2019s work and the time and effort it\u2019s taken to put it all together.Known for her immersive installations and her bulbous, black- spotted pumpkin sculptures, Yayoi Kusama is one of the world\u2019s most popular living artists.Colourful, bold and mesmerising, her aesthetic is both instantly recognisable and highly Instagrammable.Wherever she exhibits, queues the length of city blocks appear \u2013 queues made up of people waiting (and waiting) for their chance to step inside one of her discombobulating infinity mirror rooms, and snap a pic of all their reflected selves among the endless array of twinkling lights.This wasn\u2019t always the case.Although Kusama, now 89, has been exhibiting since the 1950s (and built her first infinity mirror room in 1963), it wasn\u2019t until the 90s that she started to amass the kind of pop-cultural clout she wields today.For most of her career, she laboured largely in obscurity.Kusama: Infinity documents the artist\u2019s life \u2013 as troubled as it is remarkable \u2013 and her belated rise to fame.It uses archival footage and images alongside interviews with artists, gallerists and Kusama herself \u2013 who cuts a striking figure onscreen in a bright red, polka- dotted ensemble: Minnie Mouse by way of Comme des Garçons.Director Heather Lenz has been tracking Kusama\u2019s career since she first encountered her work as an art history undergraduate in the early 1990s.\u201cThese days, there\u2019s so much written about her,\u201d she says, \u201cbut at the time, there was only one catalogue.I read it, and the main thing I really took notice of is that her contributions to the American art world hadn\u2019t been understood, or recognised \u2013 and that was the reason I decided to make the film.\u201d 33 itineraire.ca 15 février 2019 Kusamania Tous les 15 du mois, nous publions du contenu original INSP.The Big Issue Australia propose cette entrevue avec la documentariste qui dresse un portrait de la célèbre artiste japonaise Yayoi Kusama.Exceptionnelle autant pour ses oeuvres hallucinantes que pour son sens de l\u2019esthétisme, l\u2019artiste octogénaire la plus populaire au monde a longtemps travaillé dans l\u2019obscurité avant de connaître la gloire.The height of BY KEVA YORK La lutte des droits des femmes est loin d\u2019être terminée.Dans certains pays, les femmes ont difficilement accès à l\u2019éducation.De plus, l\u2019avortement et les méthodes de contraception sont parfois prohibés.Léa Roback a été une figure importante dans cette lutte au Québec et était très impliquée politiquement.Portrait d\u2019un personnage marquant dans notre histoire.Léa Roback (1903-2000) était une communiste et une féministe engagée.Elle ne s\u2019est jamais mariée afin de rester libre à une époque où la femme devait être docile et faire ce que son mari lui dit.Elle était pour l\u2019égalité hommes-femmes, pour des meilleures conditions de travail, en faveur de l\u2019accès à l\u2019éducation, contre le racisme, l\u2019homophobie et les inégalités sociales.Polyglotte, travaillante et empathique Même si elle est née à Montréal au début du siècle dernier, Léa Roback a vécu majoritairement son enfance à Beauport, dans les environs de la ville de Québec.Ses parents, Moses et Fanny Roback, étaient des immigrants juifs d\u2019origine polonaise.Ils tenaient un magasin général et ont eu neuf enfants.Léa Roback parlait couramment trois langues : le français, l\u2019anglais et le yiddish.Beaucoup plus tard, elle apprit l\u2019allemand.Elle a grandi dans un milieu plutôt modeste.En 1915, sa famille retourne vivre à Montréal.À l\u2019âge de 14 ans, elle travaille dans une teinturerie comme réceptionniste.C\u2019est à ce moment qu\u2019elle s\u2019est rendu compte de l\u2019écart entre les ouvriers francophones et les anglophones généralement plus fortunés.Par la suite, elle a été caissière au théâtre His Majesty.Juste en face, il y avait un bordel.Elle discutait souvent avec les prostituées de l\u2019endroit.Déjà à cette époque, elle était sensible à la cause des femmes.Étudiante engagée, politiquement impliquée En 1926, grâce à ses économies, Léa Roback alla étudier la littérature à l\u2019Université de Grenoble, tandis que son frère Henri était étudiant en médecine à Berlin.Elle décida de le rejoindre en 1929.En plus d\u2019enseigner, elle était très impliquée dans la lutte contre le fascisme face à la montée du nazisme.Étant juive et communiste, il était dangereux pour elle de rester en Allemagne.Elle a quitté le pays en 1932.Pendant deux ans elle travailla au Young Women\u2019s Hebrew Association et dans une école spécialisée en délinquance à New York.En 1934, elle retourna vivre à Montréal pour s\u2019occuper de la librairie marxiste Modern Book Shop qui était située sur la rue de Bleury.Elle travailla par la suite à deux reprises avec le candidat communiste Fred Rose, une première fois aux élections fédérales de 1935, puis pour celles de 1943 comme organisatrice politique (élections que Rose remporta).En 1936, le Québec était dirigé par un gouvernement anticommuniste et conservateur, de l\u2019Union nationale qui avait pour chef Maurice Duplessis.Les livres de la librairie de Léa Roback furent saisis par des policiers à répétition.C\u2019était une époque où les boutiques tenues par des Juifs, dont la librairie où travaillait Léa, étaient vandalisées.communiste et libre Féministe 34 15 février 2019 itineraire.ca DES GENS D\u2019EXCEPTION Léa Roback PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR Syndicaliste militante Toujours en 1936, pendant la crise économique, les conditions de travail et financières des ouvriers se détérioraient.Les femmes qui travaillaient dans l\u2019industrie du textile se faisaient exploiter.L\u2019Union internationale des travailleuses du vêtement pour dames (UIOVD-ILGWU) désirait réformer cette industrie dans plusieurs grandes villes canadiennes.L\u2019organisatrice Rosa Pesotta fut alors envoyée au Canada par le syndicat dont le siège social était situé à New York, mais elle ne parlait pas français.Léa Roback fut son assistante, une aide précieuse puisque plus de la moitié des travailleuses étaient francophones, et que les autres étaient majoritairement juives.Une grève de trois semaines \u2013 surnommée la « grève des midinettes » \u2013 et rassemblant 5000 femmes sera déclenchée.Les droits des femmes Au fédéral, les femmes obtinrent le droit de vote en 1918.Si les provinces canadiennes emboîtèrent rapidement le pas (le Manitoba fut même avant-gardiste en faisant ce changement législatif en 1916), le Québec ne l\u2019autorisa qu\u2019en 1940.Léa Roback collabora évidemment à cette lutte auprès de Thérèse Casgrain.Dans les années 60, elle se joignit à nouveau à Mme Casgrain pour défendre un autre droit : celui de se faire avorter de façon sécuritaire sans être incriminée, ainsi que pour l\u2019accès à la contraception.En plus de Léa Roback, des figures importantes telles que Simone Monet- Chartrand, Jeanne Sauvé et Solange Chaput-Rolland se sont jointes à l\u2019organisme La Voix des femmes créé par Mme Casgrain.Avant 1969, l\u2019IVG (interruption volontaire de grossesse) était criminelle au Québec.La femme qui avait recours à cet acte, de même que la personne exerçant l\u2019avortement, était emprisonnée (une peine qui pouvait aller jusqu\u2019à la prison à vie pour un professionnel de la santé).De 1969 à 1988, l\u2019avortement fut permis uniquement si la vie ou la santé de la femme était en danger.C\u2019est seulement à partir de 1988 que l\u2019avortement ne fut plus puni par la loi.De nos jours, le droit à l\u2019avortement est encore sujet de bien des débats, venant principalement de groupes pro-vie et religieux.En 1986, malgré son grand âge et une journée pluvieuse, Léa Roback a marché auprès des femmes pour l\u2019équité salariale.Il faut savoir qu\u2019avant 1996, un employeur pouvait payer une femme nettement moins qu\u2019un homme pour le même travail.De nos jours, cette lutte demeure d\u2019actualité, puisque les métiers dont le ratio de femmes est très élevé, par exemple les infirmières, les préposées aux bénéficiaires et les éducatrices en garderie sont moins bien payées que les mécaniciens, les ouvriers de la construction et les préposés à l\u2019entretien.En son honneur, la fondation Léa Roback a été créée en 1993.Cette fondation a pour mission d\u2019aider les femmes impliquées dans leur communauté à avoir accès aux études grâce à une bourse.Deux rues portent son nom, l\u2019une à Montréal et l\u2019autre à Beauport.En 2000, Léa Roback est décèdée à 96 ans à la suite d\u2019une malheureuse chute dans l\u2019escalier de la résidence pour personnes âgées où elle habitait.La même année, elle avait été nommée chevalière de l\u2019Ordre national du Québec.P H O T O   : ?C L A I R M O N T ?B E R G E R O N 35 itineraire.ca 15 février 2019 Nuits d\u2019Afrique, un festival qui met en scènes des artistes d\u2019Afrique et des Caraïbes a lieu chaque année au centre-ville de Montréal.Bien que la majeure partie des spectacles se déroulent pendant la saison estivale, quelques-uns d\u2019entre eux ensoleillent des salles plus intimes de janvier à avril.Qui tire les ficelles de cet impressionnant regroupement d\u2019artistes aux rythmes endiablés ?Il s\u2019agit de Lamine Touré, originaire de la Guinée, qui a eu une vision alors qu\u2019il est arrivé à Montréal en 1974.Il fonde d\u2019abord le Café Créole, qui fait office de lieu de rencontre des Africains jusqu\u2019en 1981.Mais c\u2019est en 1986 que décolle enfin son aventure avec l\u2019ouverture d\u2019un nouveau bar situé sur le boulevard Saint- Laurent : le Club Balattou qui signifie « bal à tous ».L\u2019objectif du Balattou était de faire connaître au public montréalais la culture africaine ainsi que les musiques issues de l\u2019Afrique, des Antilles et de l\u2019Amérique latine.Avec l\u2019engouement palpable qu\u2019il suscite, Lamine décide de fonder en juillet 1987, le festival Nuits d\u2019Afrique.En 1995, la portion extérieure de l\u2019événement déménage à la place Émilie- Gamelin, puis dans le Quartier des spectacles en 2011.Une infusion de chaleur FESTIVAL PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE Nuits d\u2019Afrique PHOTO :?AIDA?MULUNEH Nuits d\u2019Afrique a servi de tremplin en Amérique du Nord à bon nombre de formations aujourd\u2019hui reconnues par la mise en place de multiples concerts.Plus de 100 000 festivaliers se rassemblent au parterre du Quartier des spectacles chaque année pour vivre une expérience unique d\u2019immersion de la musique africaine.Plus de 100 concerts, ateliers et activités, en salle ou sur son site extérieur sont au menu.Une Malienne qui sort du lot Plusieurs artistes d\u2019origine malienne seront en spectacle dans les prochains mois, dont la chanteuse Fatoumata Diawara qui prendra d\u2019assaut les planches du National le 2 avril.Parisienne d\u2019adoption, Fatoumata, qui a une carrière internationale bien établie, propose aux fervents de musique du monde son plus récent album Fenfo, qui se traduit par « quelque chose à dire ».Coproduit avec Matthieu Chedid et Sidiki Diabaté, ce deuxième album lancé en mai 2018, après Fatou paru en 2011, est chanté dans le dialecte bambara \u2013 appelé bamanakan ou bamanankan par ses locuteurs \u2013 laquelle est une des langues nationales du Mali.S\u2019inspirant de la tradition wassoulou, cette femme de 36 ans originaire de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest mêle l\u2019afrofolk au jazz, au blues, à la pop et y ajoute quelques touches électroniques.Fatoumata a même récolté la Victoire de la Musique du Monde l\u2019an dernier.Outre sa carrière musicale, Fatoumata est une comédienne acclamée.On lui confie d\u2019abord l\u2019un des rôles principaux du film La Genèse en 1999.À dix-huit ans, Fatou part à Paris pour jouer au théâtre dans Antigone de Sophocle mis en scène par Kouyaté.Après avoir tourné avec la troupe, elle retourne au Mali en 2001 pour participer à la production de Sia, un film dans lequel elle tient le rôle-titre et qui raconte l\u2019histoire d\u2019une figure féminine légendaire d\u2019Afrique occidentale.Il obtient un succès phénoménal dans de nombreux pays.Sensible aux déboires africains En janvier 2013, l\u2019état d\u2019urgence est décrété au Mali en raison de la progression des groupes djihadistes au-delà de la ligne de cessez-le-feu et de la prise de la localité de Konna, verrou stratégique dans la marche sur Bamako.En réponse à la crise, Fatoumata a rassemblé une quarantaine de musiciens maliens de renom pour enregistrer le morceau « Mali Ko », une chanson pacifiste.Fatoumata aborde dans ses textes l\u2019abandon des enfants, les mariages forcés, l\u2019immigration illégale, de même que l\u2019excision.Même si elle est musulmane, elle dénonce ceux qui veulent faire du Mali un pays islamique et plaide pour l\u2019émancipation des femmes.L\u2019artiste engagée a répondu aux questions de L\u2019Itinéraire.En 2012, vous avez participé aux FrancoFolies de Montréal.Est-ce que c\u2019était votre premier passage au Québec ?Quels souvenirs avez-vous de ce passage ?Oui, c\u2019est exact ! Juin 2012.C\u2019était après le lancement de mon EP Kanou et de mon premier album Fatou.J\u2019ai des souvenirs incroyables et j\u2019étais vraiment excitée de présenter ma musique au Canada.Beaucoup de choses se sont produites depuis et je suis très contente de revenir avec mon nouvel album Fenfo.Dans Fenfo, vous mêlez plusieurs genres : folk, jazz, blues, pop et électro.Pouvez-vous nous parler de vos influences ?Fenfo a été lancé en mai 2018 et je suis comblée par tout ce qui s\u2019est passé depuis.Il y a effectivement un peu d\u2019influence folk, jazz, blues et pop\u2026 Je voulais explorer différents styles sans trop m\u2019éloigner de mes racines.L\u2019album est coproduit par Matthieu Chedid qui fait partie du collectif Lamomali.Pouvez-vous nous parler de lui, ainsi que du collectif ?Matthieu Chedid a coproduit l\u2019album et c\u2019est drôle la manière qu\u2019il a embarqué dans le projet.L\u2019album était presque terminé et il m\u2019a dit qu\u2019il voulait participer à une chanson.Nous avons finalement Diawara 37 itineraire.ca 15 février 2019 Nuits d\u2019Afrique Fatoumata fait deux chansons en studio, mais nous sentions que les arrangements étaient un peu compliqués pour lui.Il s\u2019est donc occupé de l\u2019arrangement de ces deux titres, en donnant une couleur spécifique sur ces deux pistes, ce qui nous a amené à envisager d\u2019aller plus loin et à retravailler le reste des pistes.J\u2019admire Matthieu depuis le premier jour où je l\u2019ai rencontré à l\u2019Africa Express Festival (organisé par Damon Albarn) où des Européens et des Africains jamment tous ensemble.Quand je l\u2019ai vu jouer, c\u2019était magique.Son talent est prodigieux.Pour Lamomali, Matthieu cherchait un chanteur et il me l\u2019a proposé.Tout a été improvisé en studio et c\u2019est devenu très naturel.Lamomali est tout simplement extraordinaire.Je suis vraiment fière de collaborer à cet album, il a abordé l\u2019Afrique avec beaucoup de respect, de générosité, de compréhension et je suis totalement en amour avec le projet.À l\u2019adolescence, vous refusiez d\u2019aller à l\u2019école, ce qui a amené vos parents à vous envoyer vivre chez une de vos tantes de Bamako.Pourquoi ?Êtes-vous de nature rebelle ?Eh bien, je suis allée à l\u2019école, mais les projets de mes parents n\u2019étaient pas ce que je voulais vraiment : j\u2019ai fui un mariage arrangé.Si ça veut dire être rebelle, alors oui, je le suis.La peur et la soumission ne vous mènent nulle part (c\u2019est probablement le genre de choses que vous ne pouvez apprendre qu\u2019à l\u2019école de la vie).Est-ce que ç\u2019a été difficile d\u2019être séparée de vos parents pendant 10 ans ?Bien sûr, c\u2019était difficile.Je les aime beaucoup tous les deux, mais je voulais suivre mes rêves.J\u2019ai rejoint une compagnie de théâtre à Paris et j\u2019ai commencé à faire de la musique.Vous avez obtenu plusieurs succès au cinéma, surtout avec le film SIA dans lequel vous teniez le rôle-titre.Par la suite, vous avez découvert que votre vraie passion était la musique.Qu\u2019est-ce qui vous a amené à faire ce constat ?J\u2019ai commencé dans la musique avec l\u2019aide d\u2019Oumou Sangaré (j\u2019étais choriste pour elle), puis il y a eu du théâtre musical et d\u2019autres projets.Pas à pas, j\u2019étais convaincue que la musique était ce que j\u2019avais toujours voulu faire (même chose que pour le travail de comédienne).Comment va la situation politique au Mali en ce moment ?La situation politique au Mali est délicate, mais la musique ne sera pas réduite au silence.Mon dernier album, Fenfo, parle de respect, d\u2019égalité, d\u2019amour, de paix, de migration\u2026 En terminant, pouvez-vous nous parler du spectacle que vous allez présenter à Montréal en avril ?À quoi devons-nous nous attendre ?Un ensemble énergique basé sur les rythmes africains : funky, afrobeat, upbeat\u2026 Il y a de la guitare, de la batterie, du clavier, de la basse, des voix et de la danse\u2026 Je vais présenter mon nouvel album Fenfo et je suis sûre que tout le monde passera un bon moment.38 15 février 2019 itineraire.ca PHOTO :?AIDA?MULUNEH Entre le documentaire et la fiction, la réalisatrice Jennifer Alleyn propose avec le long métrage Impetus un récit particulièrement touchant et personnel qui met en vedette Emmanuel Schwartz et Pascale Bussières.Dans ce film sur un film, on y suit la cinéaste qui s\u2019interroge sur l\u2019immobilité et le mouvement, mais qui fait face au cours du tournage à de nombreux imprévus qui la feront dévier de sa route.Avec Impetus, Jennifer Alleyn a su illustrer efficacement l\u2019impact sur un individu d\u2019un chagrin amoureux, de la perte et de l\u2019abandon.Le genre de choc qui paralyse et qui peut cantonner une personne dans un état contemplatif, mais qui permet du même coup de se remettre en question et de faire une recherche sur soi.On pourrait qualifier la démarche de thérapeutique, puisque c\u2019est une peine d\u2019amour vécue par la réalisatrice qui a poussé cette dernière à créer ce film, mais Impetus est beaucoup plus que cela.L\u2019immobilité en mouvement Impetus CINÉMA PAR CÉLINE MARCHAND CAMELOT PROMENADE MASSON Si au départ, Jennifer débute son film avec une narration au « il » afin de créer une distance avec elle-même, elle retourne rapidement au « je » lorsqu\u2019elle est contrainte de changer son acteur principal.Un changement narratif qui permet à la cinéaste d\u2019assumer pleinement sa féminité, mais dont la résonnance demeure profondément universelle.Malgré la tristesse qui se dégage du film, Impetus est une ode à la vie, endossant à la fois sa beauté et sa laideur, car si la guérison passe par l\u2019action, c\u2019est la souffrance qui nous pousse à nous réinventer.Bref, il faut toucher le fond du baril avant d\u2019avoir l\u2019impulsion de remonter à la surface.Nous avons eu la chance de rencontrer Jennifer Alleyn dans les bureaux de L\u2019Itinéraire afin de parler de son processus de création et du tournage d\u2019Impetus qui s\u2019est étalé sur cinq ans.Impetus est un film sur un film, une réflexion sur la création.Qu\u2019est-ce qui a motivé cette idée ?Est-ce réellement une peine d\u2019amour, comme vous le dites dans l\u2019introduction ?Absolument.La peine d\u2019amour a créé un état de grand vertige, de grande immobilité.J\u2019étais tétanisée après avoir vécu ce choc amoureux qui a fait que ma vie a perdu tout son sens pendant un temps.Je suis allée chez un ami qui était sur le bien-être social et qui est un être qui m\u2019inspire énormément par sa sagesse et son humour.C\u2019était John, un personnage qui est dans le film.Au départ, je voulais juste sortir, parce que j\u2019étais terrée chez-moi.Je suis allée filmer cet ami pour avoir une conversation sur la vie et la douleur.C\u2019est lui qui a sorti le mot « impetus ».Ces images qui sont dans le film ont été tournées il y a sept ou huit ans.C\u2019est là que j\u2019ai eu envie de faire ce film.J\u2019ai commencé à imaginer un scénario de fiction dans lequel un personnage trouverait des extraits d\u2019un documentaire qui sont ces images avec John.Malgré la présence à l\u2019écran de deux comédiens, Emmanuel Schwartz et Pascale Bussières, Impetus demeure un film hybride entre le documentaire et la fiction.Pourquoi ?Qu\u2019est-ce que le genre documentaire apporte de différent ou de plus par rapport à la fiction plus classique ?J\u2019ai une nature de documentariste.C\u2019est dans mes veines.La fiction nous ramène toujours un peu à soi, on nourrit ça de notre imaginaire.Le documentaire ouvre au contraire une fenêtre sur la réalité extérieure et sur des chemins de vie qu\u2019on ne pourrait jamais deviner.Je ne pouvais pas imaginer faire un film où j\u2019aurais tout su à l\u2019avance.J\u2019avais besoin que le film lui-même m\u2019apprenne des choses.Les gens que j\u2019ai interrogés dans la partie plus documentaire m\u2019ont surpris avec ce qu\u2019ils m\u2019ont raconté et ça m\u2019a donné beaucoup d\u2019inspiration pour nourrir les personnages de fiction.Impetus sera présenté aux Rendez-vous Québec Cinéma le samedi 23 février à 20 h 45 au Quartier Latin Jennifer Alleyn Entrevue PHOTO :?PJ?DUFORT Vous dites dans le film que l\u2019incertitude est nécessaire à la liberté.Est-ce que vous avez laissé beaucoup de place à l\u2019improvisation ?Je vois une grosse différence entre l\u2019incertitude et l\u2019improvisation.L\u2019improvisation, c\u2019est parfois synonyme de « on ne sait pas ce qu\u2019on fait ».Je ne dirais pas que c\u2019était l\u2019approche de ce film.Il est assez écrit en fait.Je me suis amusée à brouiller les pistes entre ce qui était mis en scène et ce qui ne l\u2019était pas, mais je savais ce que je voulais aller chercher.L\u2019incertitude s\u2019est glissée dans le film parce que je laissais la porte ouverte, au cours du tournage, pour que le récit prenne d\u2019autres directions.Je me laissais influencer.Une scène qu\u2019on venait de tourner pouvait me donner envie d\u2019en tourner une autre.On s\u2019est donné le choix d\u2019avancer à l\u2019instinct, ce qui est un gros luxe, parce que je n\u2019avais aucune échéance.En plus d\u2019aborder le quotidien et la banalité, un autre thème important c\u2019est l\u2019immobilité.Même lorsque les protagonistes sont en mouvement comme dans un métro ou dans un taxi, la caméra demeure immobile, statique.Qu\u2019est-ce qui vous attire dans ce sujet ?L\u2019immobilité et le mouvement, c\u2019est vraiment les deux axes de la vie.Ce qui m\u2019intéresse dans l\u2019immobilité, c\u2019est de se poser pour regarder.Toutes les formes d\u2019art que j\u2019aime comme la peinture ou la photographie, ce sont des instants figés qu\u2019on offre au regard.On sort une image du mouvement pour s\u2019y arrêter et la regarder.Pour le mouvement, c\u2019est le courant, le fleuve qui fait que l\u2019existence avance et que le temps passe.C\u2019est le sang dans les veines.C\u2019est la vie.Ce que ce film-là m\u2019a fait comprendre, c\u2019est que ce qui semble être immobile ne l\u2019est pas forcément.On a besoin de ces temps d\u2019arrêt pour préparer le rebond, le comment on va rebondir dans la vie.Malheureusement, notre époque ne valorise pas beaucoup ça, les temps où on n\u2019est pas performant, mais ils sont nécessaires.Moi, je chéris ces temps-là où on est en train de se reconstruire, de se redéfinir, de se réinventer.L\u2019une des scènes les plus touchantes avec Pascale Bussières se passe justement dans un taxi.Elle se met à pleurer et on a l\u2019impression que ce n\u2019était pas prévu.A-t-on été bluffé ou c\u2019est vraiment le cas ?Est-ce qu\u2019on peut vraiment le savoir ?Tout était possible, tout était ouvert lorsqu\u2019on a commencé à tourner la scène.Moi, j\u2019ai ouvert la porte.Je pense qu\u2019il s\u2019est vraiment passé une rencontre entre eux.On a parti la caméra.J\u2019ai donné une petite indication au chauffeur, une indication à Pascale (que l\u2019un et l\u2019autre ne connaissaient pas).On est dans le cinéma direct, le cinéma-vé- rité.À la fin quand il lui dit qu\u2019elle a des yeux vraiment intelligents, ça m\u2019a vraiment émue, parce que c\u2019est ce que je voulais filmer de Pascale : son intelligence.Et là lui, il la nommait.Je n\u2019aurais jamais osé imaginer une réplique comme ça.C\u2019était comme un cadeau du ciel.C\u2019était la dernière minute de tout le tournage.C\u2019est comme s\u2019il y avait eu un ange gardien qui nous avait envoyé le chauffeur de taxi.Tsé, on l\u2019a trouvé dans la rue.J\u2019ai hélé un taxi.Pis on l\u2019a trouvé.41 itineraire.ca 15 février 2019 PASCALE BUSSIÈRES DANS?IMPETUS?©?J.?ALLEYN MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS BILL ECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER Mon cône à moi Je me suis fait un chum en travaillant au Monument-National.Il y avait un cône orange devant.Je lui ai fait des yeux, je lui ai fait un nez et une bouche.Pis, on s\u2019est mis à vendre le magazine ensemble.À tous les jours quand j\u2019allais là, y\u2019était là, sur le trottoir.On entend souvent les automobilistes chialer contre les cônes orange, mais lui, y\u2019était toujours souriant, pis tout le monde l\u2019aimait.Il faisait bien rire la clientèle.Je le trouve courageux, car y\u2019était toujours là, même quand il faisait -30 ou -40 degrés.Pis moi, il me remontait le moral.Il tenait mon sac et il m\u2019a soutenu lors des périodes difficiles.J\u2019espère qu\u2019un jour la mairesse ou les médias le remercieront et reconnai- tront son travail.Un jour, je suis allé chercher deux cafés : un pour moi, un pour lui.Pis là, un char de police est arrivé.Les policiers m\u2019ont demandé ce que je faisais là.Je leur ai expliqué que c\u2019était mon chum, pis qu\u2019il m\u2019aidait à vendre le magazine.En plus, c\u2019était un excellent vendeur.Ils m\u2019ont regardé croche.Lui, il aimait être là pour regarder l\u2019enregistrement de Deux hommes en or.En tout cas, c\u2019est ça qu\u2019il me disait.Il pouvait aussi rencontrer les choristes qui l\u2019appréciaient beaucoup également.Bref, je suis content de l\u2019avoir connu.Je ne suis plus au Monument-National.Mais si vous voulez lui parler, lui, il est encore là.My Work Routine Many times in the past I worked in Saint- Laurent and the West Island, but these last 13 years I\u2019ve been driving southeast far away from my usual hangout in Saint-Laurent.I have to stock up by buying a case of magazines on the first week of circulation and a little less on the second week on De Lorimier and Ste Catherine East, in an area where the people are mainly French.I\u2019ve been assigned to work at the Atwater Market which is a great place located in the Saint-Henri neighbourhood.I\u2019m there constantly and have enjoyed meeting some nice and supportive people from Montreal as well as some Americans.My usual customers know me better and expect to see me at my usual post just outside La Fromagerie cheese store and I enjoy talking with them regularly.The Satay Brothers have known me from the very beginning when I started in 2006, but others got to know me later on.Sue Watterson has corrected all of my books and has been very supportive and I appreciate what she\u2019s done for me.Sometimes we get together and have a coffee and dessert and it feels great.Other times I see Cindy and her fiancé Nol, Cindy is from South Africa and is a wonderful baker, chef and food stylist, and a few years ago she made me some delicious cookies to eat.This past year my friend Costa has been coming on Saturdays to visit me while I\u2019m working and I\u2019ve enjoyed his company.It\u2019s more than just a market, it\u2019s a tourist attraction in Montreal, that\u2019s why I\u2019ve met people from Australia, England, France, United States and other countries.It\u2019s been a great spot for me to represent myself with my articles, chronicles and books.L\u2019Itinéraire, qu\u2019est-ce-que c\u2019est ?C\u2019est un organisme à but non lucratif qui existe depuis 1992.Ça s\u2019adresse aux gens qui sont en difficulté, comme de la dépendance, qui vivent en situation d\u2019itinérance, ou qui ont du mal à se trouver du travail, à cause des exigences (avoir son secondaire 5, parler anglais\u2026) Avec L\u2019Itinéraire, il n\u2019y a pas d\u2019exigences, c\u2019est plus facile de s\u2019intégrer à l\u2019organisme.Il nous donne la chance d\u2019être un travailleur autonome.Je fais mon horaire moi-même.L\u2019Itinéraire me permet de travailler.Ça me sort de chez moi, de la solitude; ça m\u2019occupe.Ça me donne un but pour me lever le matin, pour continuer à avoir un rythme de vie, et je peux voir du monde.Ça me permet aussi d\u2019écrire.En échange, j\u2019obtiens des revues et de l\u2019argent.Je fais des entrevues avec des personnalités connues.Je me suis rendu compte que le métier de journaliste n\u2019est pas facile.Il faut écouter, et quand je retranscris, j\u2019ai mon casque sur les oreilles et je suis concentré.L\u2019Itinéraire c\u2019est comme ma famille.MOTS DE CAMELOTS Je me rappelle d\u2019un mois de février où j\u2019avais pas une cenne.J\u2019étais tannée de manger des pois chiches dans le gruau.Même avec de la sauce piquante, ça reste un repas quand même dégueu ! J\u2019ai donc eu l\u2019idée de m\u2019enrôler comme escorte.Dans ma tête, une escorte, c\u2019était une fille qui accompagnait des vieux messieurs à des games du Canadien.Mon coloc essayait de m\u2019expliquer que c\u2019était pas exactement ça une escorte, mais j\u2019avais pour mon dire qu\u2019il connaissait rien là-dedans, à part le film Pretty Woman.J\u2019ai donc appelé chez S.E.X.Y.Montréal, « La plus prestigieuse agence d\u2019escortes à Montréal ! », selon leur site Internet qui avait l\u2019air d\u2019un PowerPoint ! La fille au téléphone, après m\u2019avoir demandé mes mensurations, m\u2019a demandé si je voulais commencer ce soir.Avant de lui dire oui, je lui pose une dernière question : « Est-ce qu\u2019il faut coucher avec des gars ?» Elle me répond que non.Bon ! J\u2019avais raison ! Ça fait que j\u2019ai mis ma plus belle robe, pis à 20 h, l\u2019auto vient me chercher.Pas mal plus que des becs J\u2019ai embarqué dans la vieille Lincoln.Il y avait deux autres filles dans le char.Je décide de socialiser avec mes nouvelles collègues.« C\u2019est quoi vos noms ?» La première me dit : « Sherryl », l\u2019autre me dit : « Candy ».Quand Sherryl me demande c\u2019est quoi mon nom à moi, j\u2019ai figé une seconde\u2026 Bon, j\u2019aurais pu me forcer pour trouver un nom qui fitait avec les leurs, mais je voulais pas inventer vite faite un nickname genre : « Bébédoll », pis être pognée avec ça le restant de ma carrière\u2026 Ça fait que j\u2019ai joué safe.« Marie-Lise ! » Le chauffeur avait l\u2019air étonné de voir une fille aussi souriante dans son char.Il me demande ça fait combien de temps que je suis escorte.« Je commence à soir ! » Ma réponse a créé tout un émoi dans la voiture.Je comprenais pas trop pourquoi.On s\u2019en va juste donner des becs dans le cou à des vieux riches, non ?À travers les conversations des filles, je commence à comprendre qu\u2019on s\u2019en allait donner pas mal plus que des becs.Pourtant, j\u2019avais demandé à la fille au téléphone s\u2019il fallait coucher avec des gars\u2026 Il fallait se rendre à l\u2019évidence, elle m\u2019avait menti.Accepter son sort Il y avait une tannante de tempête de neige dehors, on voyait rien pantoute par la fenêtre du char.En regardant les gros tas de flocons se péter contre ma vitre\u2026 j\u2019accepte mon sort.J\u2019me dis dans ma tête : « Bon ben, chus rendu là dans\u2019 vie, faut croire ».Au lieu de rester en silence, je continue de jaser, ça change les idées.Le chauffeur me demande pourquoi je veux être escorte.Je lui dis que je suis comédienne, mais que j\u2019ai pas de job.Mon dernier contrat, c\u2019était les Parlementeries.Ça l\u2019intéresse.Ça fait que je commence à leur réciter les meilleurs morceaux du show.Tout le monde rit dans le char ! Tant mieux.C\u2019est mieux de rire que de se morfondre en imaginant le bonhomme avec qui je vais coucher.À un moment donné, le char s\u2019arrête, ça doit faire une demi-heure qu\u2019on roule.Je regarde par la fenêtre.Je vois rien.J\u2019ouvre la porte\u2026 Pis je vois MON bloc-appartement ! QUOI ?On est revenus chez nous ?Le chauffeur se tourne vers moi : « je t\u2019écoute depuis tantôt pis je suis pas capable de t\u2019amener à l\u2019hôtel.T\u2019es drôle en tabarnak, c\u2019est sûr que tu vas finir par te trouver une job ! » Candy me regarde pis elle me dit, dans un mélange d\u2019empathie pis de condescendance : « Ouin, commence au moins par danser, sérieux ! » Une proposition inattendue Je débarque du char, je rentre chez nous.Mon coloc est en train de jammer dans le salon avec ses chums musiciens.« Pis Marie-Lise ?La job d\u2019escorte ?» Je regarde mon coloc, piteuse.« Ciboère, t\u2019avais ben raison ! » Tout le monde part à rire ! Les gars m\u2019offrent une bière, on en rit encore un bon coup, on joue de la musique, pis je vais me coucher\u2026 le cœur gros en me demandant comment je vais payer le loyer du mois de mars.À 9 h tapant, mon téléphone me réveille.C\u2019est un producteur de chez Zone 3 qui me propose d\u2019animer une émission de télévision à TV5.Ça va payer 10 000 piasses ! J\u2019espère de tout cœur que ce chauffeur-là va lire mon texte.Merci, mon gars ! Merci ! 43 itineraire.ca 15 février 2019 Histoire vraie PAR MARIE-LISE CHOUINARD SCÉNARISTE-AUTEURE joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Fauvette.2.Évidement.3.Celle qui tâte.- Chaleur.4.Al.- Raira.5.Peintre hollandais.- Précède Jésus-Christ.6.Seigneur.- Tuniques visuelles.7.Fabuliste grec.- Apparus.- À moi.8.Plantation de rondiers.- Préjudice.9.Berges.- Oncle étasunien.- Noir de fumée.10.Nazi.- Ferons basculer.verticalement 1.Rapiéceras.2.Cours d\u2019eau torrentiels.3.Placerons.4.Aire de vent.- Insecte.5.Bouclier.- Écossais.6.Demeurer.- Aare.7.Colère.- Tissus.8.Interjection.- Manquée.9.Puis.- Sortis.- Strontium.10.Auto.- Composition pour deux voix.11.D\u2019une locution signifiant en un instant.12.Empilâmes.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Tisserions Fabricant de brosses Avenue Unité monétaire Col Flâner Cavalera Interpelleraient Mêla Étendard romain Accident Cube Pomme de terre Canal Évaluerai Aides Baudet Oiseaux Vache mythologique Astate Consonance Coup martial Deux Support Acide cellulaire Monseigneur Saisons Éminence Tisserions Fabricant de brosses Avenue Unité monétaire Col Flâner Cavalera Interpelleraient Mêla Étendard romain Accident Cube Pomme de terre Canal Évaluerai Aides Baudet Oiseaux Vache mythologique Astate Consonance Coup martial Deux Support Acide cellulaire Monseigneur Saisons Éminence Réponses du 15 FEV 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 7,268 H R V D S A S I T S E S E M A D N T E I E R I O N O T R E A I E D A E N R I I I R M E A C S T E E S R A T E T S E M L A G N E A L A V R A U M E P D A E L R A P A S S E R I N E T T E E V I S C E R A T I O N T A T E U S E R U T A L U T R E E R A S A E N R E D A M N S S I R E R E T I N E S E S O P E N E S M A R O N E R A I E D A M A N S S A M S U I E S S V E R S E R O N S Réponses du 15 FEV 2019 1er février 2019 C O C A I N O M A N I E A M A L G A M A T I O N L B L A S E R V S O R E M E T T R E P R A I R E T E E P A I G N E S E L L I E R F E N N E C A I N S I E R E T H I S M E T E R A S A T E R I E N E S R A T E S E S T Réponses du 01 FEV 2019 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Stéra Écrasera Enfermais Buyantes Rimaille Maladie infectieuse Naval Fabricants de chapelets Déridera Tertre artificiel Champ planté de rosiers Humaniste hollandais Nickel Brisée Assignée en justice Envoyer au loin Métro Nazi Éminence Lawrencium Matin Travailleur social Pronom Bière Perroquet Souhaiter Mesura Stéra Écrasera Enfermais Buyantes Rimaille Maladie infectieuse Naval Fabricants de chapelets Déridera Tertre artificiel Champ planté de rosiers Humaniste hollandais Nickel Brisée Assignée en justice Envoyer au loin Métro Nazi Éminence Lawrencium Matin Travailleur social Pronom Bière Perroquet Souhaiter Mesura Réponses du 1 FEV 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 7,268 P R P P S E S A M I E R R E R A L E E P T E E L R I N T M I E E R E A S E M P T S E S S O R S E A R I E N I R A A E D G E E L R A T U M L U U S A M R I I T M E Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 67462 2 7 6 8 5 6 9 1 2 5 1 6 3 9 7 2 1 8 6 8 6 9 5 7 2 4 9 2 4 7 3 1 5 6 8 6 3 1 5 4 8 7 9 2 7 8 5 6 9 2 1 4 3 2 7 9 4 8 6 3 1 5 8 1 6 3 5 9 2 7 4 4 5 3 2 1 7 6 8 9 3 6 8 9 7 5 4 2 1 1 4 2 8 6 3 9 5 7 5 9 7 1 2 4 8 3 6 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 12:00:06 1 / 1 1er février 2019 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES publicité JEU DES 7 DIFFÉRENCES SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Débutant Grille numéro : 67464 8 3 7 1 4 3 7 1 9 8 1 4 8 7 6 3 9 8 3 1 7 1 4 8 2 9 2 4 1 9 7 6 4 8 2 8 5 3 9 7 1 4 6 3 7 1 6 2 4 9 8 5 9 4 6 1 5 8 2 7 3 4 2 8 7 6 5 3 9 1 1 6 7 9 4 3 8 5 2 5 9 3 2 8 1 7 6 4 7 1 4 8 3 6 5 2 9 8 5 2 4 1 9 6 3 7 6 3 9 5 7 2 4 1 8 Grille Sudoku Débutant à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 18:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES publicité Je possède un chandail de laine que j\u2019ai acheté chez Simons il y a un bon moment.Précisément, en 1986 \u2013 j\u2019avais 16 ans.J\u2019en ai aujourd\u2019hui 48, ça fait donc 32 ans que je porte ce foutu chandail.Il commence à être usé.Car les objets, comme nos vies, s\u2019usent.Les deux nous apportent moins de chaleur.Mon chandail n\u2019est pas démodé mais il est devenu rêche comme disait ma grand-mère.Sec, moins confortable, moins chaud, aussi.Ainsi en est-il de nos vies.Avec les épreuves qui passent, nous devenons malheureusement moins solides.Peut-être avez-vous déjà vu passer cette citation attribuée à Nietzsche, qui circule régulièrement sur les médias sociaux, selon laquelle « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » ?Cela peut être parfois vrai, mais je crois qu\u2019en général les épreuves nous usent, nous affaiblissent.Le nuage noir J\u2019ai un ami qui traverse une passe difficile.Il a été mal conseillé, n\u2019a pas assez surveillé son comptable, lequel a fait plein d\u2019erreurs, pour plein de mauvaises raisons.Il a le fisc sur le dos.Il sera contraint de faire faillite, d\u2019autant que ses affaires professionnelles ne vont pas bien, les revenus ne sont pas au rendez-vous ; être à son compte a son lot d\u2019incertitudes, c\u2019est des montagnes russes constantes.Il en a vu d\u2019autres, bien d\u2019autres et il va passer à travers cet épisode difficile, j\u2019en suis persuadé.Mais il a des responsabilités, des enfants et des comptes à payer.Il est fatigué.Très fatigué.La précarité et les difficultés financières, ça peut te ruiner une santé, mentale mais aussi physique.Ça use.Les soucis du quotidien, la violence du comportement des institutions peuvent nous rendre malades, psychologiquement et physiquement.Littéralement.Malgré la légitimité de la situation.C\u2019est un nuage noir qui plane au-dessus de la tête de tant de monde.Tout le temps.Au réveil, au coucher et dans les sursauts insomniaques de la nuit.Le nuage noir, il est presque devenu un ami de mon quotidien.Une légende bien ancrée L\u2019idée selon laquelle traverser des épreuves nous fortifierait relève d\u2019une légende à mon avis.Voire même d\u2019une idéologie : celle de la performance, de la performance virile, même.Un homme, un « vrai », ça ne pleure pas, ça relève ses manches et ça se bat.Seuls les faibles courbent l\u2019échine.On valorise donc les hommes d\u2019affaires ou les sportifs, par exemple, qui en ont arraché dans leur vie, comme si le fait d\u2019avoir eu des difficultés, et de les avoir surmontées, constituait un rite de passage obligé à la réussite.À l\u2019inverse, on se méfie de ceux qui ont eu « tout cru dans le bec » comme on dit, quand on ne les méprise pas.Or, rien ne permet de valider cette légende, bien au contraire.Les écorchés de la vie sont souvent fatigués et moins résistants aux nouvelles difficultés.On s\u2019use comme un chandail de laine.Contrairement aux chandails de laine, cependant, on n\u2019a pas la possibilité de s\u2019acheter une nouvelle vie, douce, chaude et confortable.On est pris avec notre vie jusqu\u2019à notre mort.« On ne refait pas sa vie on continue seulement on dort moins bien la nuit on écoute patiemment de la maison les bruits du dehors l\u2019effondrement », comme le chantait Stephan Eicher.Le chandail de laine 46 15 février 2019 itineraire.ca ÉCONOMISTE INDÉPENDANT À propos de Maxime Sa gentillesse et son sourire réchauffent l\u2019atmosphère.Il faut peu de temps pour deviner que Maxime a le sens du contact.Posté devant le Théâtre du Nouveau Monde depuis quatre années, il ne laisserait sa place pour rien au monde.Tout en travaillant, Maxime voit défiler comédiens et personnalités politiques lors des premières.Fouler les tapis rouges, voilà une formule qui plaît bien à ce caractère jovial, toujours à l\u2019affût de la prochaine star.En rencontre, il confie l\u2019importance de la réinsertion : « je suis fier d\u2019avoir une job qui me lie avec le public , surtout que je peux profiter des endroits que j\u2019aime le plus comme le Théâtre du Nouveau Monde, la patinoire du Vieux-Montréal et le Monument-National», avoue-t-il.Maxime évoque avec plaisir le Vieux-Port dont les attractions séduisent les touristes venus des quatre coins du monde.Le Théâtre du Nouveau Monde En 1951, Montréal accède une fois de plus à la modernité lors de l\u2019ouverture du Théâtre du Nouveau Monde.Les six fondateurs de la salle de spectacle s\u2019imposent en dévoilant un répertoire diversifié qui va participer à l\u2019éclosion culturelle du Québec.Encore aujourd\u2019hui, le style théâtral transcende les frontières québécoises : de Michel Tremblay à Tchekhov, un large public peut se délecter devant une programmation audacieuse.Le choix des pièces inspire et engage.Depuis 1992, l\u2019équipe de Lorraine Pintal, directrice artistique de l\u2019établissement, veille à conserver l\u2019esprit humaniste des lieux.De la mise en scène jusqu\u2019à l\u2019adaptation, il en ressort à chaque fois un chef d\u2019œuvre.tout comme l\u2019architecture signée Dan S.Hanganu.La Patinoire Natrel Lorsque le mercure descend, les Montréalais ne baissent jamais les bras.Les activités hivernales pour sportifs en quête de sensations fortes sont nombreuses.Après un tour de Grande Roue, on peut directement enfiler ses patins et glisser à notre guise.La programmation ne laisse pas de marbre : remise en forme le midi, soirées thématiques et festives le soir.À la tombée du jour, l\u2019éclairage multicolore illumine la glace et, le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que les patineurs, même débutants, s\u2019en donnent à cœur joie.Autour de ces animations, le village apporte un peu de réconfort avec un foyer et de quoi se restaurer.À noter que la patinoire accueille le public jusqu\u2019au 2 mars.Monument-National Sur le boulevard Saint-Laurent, c\u2019est un incontournable ! Depuis son inauguration en 1893, les murs de l\u2019édifice ont vu défiler bien des virtuoses de la danse, de l\u2019humour et de la chanson.Sa façade imposante constitue un bel ouvrage de style néo-Renaissance qui a bien failli disparaître après la Seconde Guerre mondiale.Destinés aussi bien à la communauté anglophone que francophone, les trois niveaux accueillent des scènes d\u2019avant-garde reconnues dans le monde entier.Dès la fin du XIXe siècle, ce lieu de diffusion concentre le génie multidisciplinaire et le féminisme avant de sombrer aux mains de trafics peu reluisants.Cent ans après son baptême, le Monument-National renaît de ses cendres et partage toujours un calendrier de manifestations aussi émergentes que prestigieuses.Regard sur un quartier par Maxime, camelot pour L\u2019Itinéraire Regard sur un quartier est un publireportage commandité par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec la collaboration de Diane Martin-Graser (texte et photos).© M i l t o n - F e r n a n d e z © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r POUR ÊTRE EN MEILLEURE FORME BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX educalcool.qc.ca/benefices Il y a plusieurs bénéfices à respecter les limites d\u2019alcool recommandées.On contrôle mieux son poids.On se sent plus énergique et plus en forme.Le sommeil est plus réparateur et on n\u2019a plus jamais la gueule de bois.Décidément, il y a trop d\u2019avantages à la modération pour s\u2019en priver."]
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