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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 15 mars 2019
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2019, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXVI, n?06 Montréal, 15 mars 2019 Afghanistan\u2019s youth wary of future with the Taliban Dossier société Plongée dans le monde du jeu vidéo Page 12 AED N 3r = Voyez OFFERT EN EXCLUSIVITÉ SUR votre horaire et votre bus Site Web et mobile @ © Appl ications en temps réel stm.info Transit Chrono MOUVEMENT COLLECTIF ce, S tm @sus Québec58 (Canada L a vie de Linda n\u2019a rien d\u2019un long fleuve tranquille.Les traumatismes qu\u2019elle a subis durant son enfance, la consommation excessive de drogues à l\u2019adolescence ainsi que la forte médication qu\u2019elle doit prendre lui laissent des souvenirs épars.Des pans de son existence restent dans un flou qu\u2019elle ne parvient pas encore à dissiper.Linda n\u2019a qu\u2019un mot pour qualifier son enfance : « terrifiante ».Elle avait quatre ou cinq ans quand son père l\u2019a agressée pour la première fois.Les coups, les injures et les humiliations étaient son lot quotidien.À l\u2019âge de 10 ans, Linda a vu sa mère quitter le foyer familial, lui demandant de serrer son père dans ses bras tous les soirs en lui disant qu\u2019elle l\u2019aimait.Incapable d\u2019aimer l\u2019homme qui la battait chaque jour, elle a développé un sentiment de culpabilité, un grave problème d\u2019estime de soi.Elle a vécu dans l\u2019isolement.« Je vois bien, sur les photos, que j\u2019étais une belle fille.Mais je me trouvais tellement laide.J\u2019haïssais tout de moi.» Un psychiatre lui a expliqué que ses troubles de santé mentale ont été induits par les sévices qu\u2019elle a subis; elle a survécu grâce à sa faculté de dissociation.« Je suis sortie de mon corps et j\u2019ai vu ce que l\u2019homme faisait à la petite fille.» Linda a raconté son histoire devant des groupes de thérapie sur l\u2019inceste.« J\u2019avais l\u2019 impression de parler de quelqu\u2019un d\u2019autre quand je parlais de moi.J\u2019étais étonnée que les gens m\u2019applaudissent.» À l\u2019adolescence, Linda a consommé « énormément de drogues ».Un matin elle rentre chez sa mère, complètement « défoncée ».« J\u2019aurais eu besoin qu\u2019elle me dise qu\u2019elle était inquiète pour moi mais non, elle a fait des farces.» À 25 ans, en voyage en Égypte, elle connaît sa première psychose qui la mène en prison puis à l\u2019hôpital psychiatrique.Suivront des années de profonde dépression et plusieurs tentatives de suicide.À présent, Linda n\u2019est plus suicidaire.Il lui arrive d\u2019y penser mais « l\u2019 idée du suicide est comme une porte de sortie, tout en sachant que je ne le ferai pas ».Linda est l\u2019une des « belles plumes » de L\u2019Itinéraire.« L\u2019écriture m\u2019a permis de ventiler mes souffrances avec beaucoup d\u2019humour\u2026 pas mal noir.» Deux de ses textes se retrouvent dans le recueil Sentinelles, publié en 2017.Plus elle avance en âge, plus Linda est heureuse.« C\u2019est difficile à dire pour moi, mais aujourd\u2019hui je trouve que je suis une belle femme.C\u2019est dommage que je m\u2019en rende compte à 64 ans.» Sourire en coin, elle ajoute: « Je vieillis en sagesse et en grâce ».Oui, Linda.En sagesse, en grâce et en beauté.Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction Photo : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 318 | Âge 64 ans Point de vente Marché Maisonneuve Linda Pelletier RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère?du?Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?entre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! Bonjour,?je?voulais?remercier?la?camelot?Thien?Huong?Nguyen?pour?toujours?accueillir?les?personnes?avec?énergie?à?la?station?de?Rose- mont.Elle ne se souvient probablement pas de moi.La dernière fois?que?je?suis?allée?à?la?station?Rosemont,?j\u2019étais?un?peu?énervée?et je m\u2019excuse si mon attitude a déteint sur la camelot.Je ne passe plus malheureusement par cette station maintenant.J\u2019espère que Huong?se?porte?bien?!?J\u2019aimerais?lui?offrir?un?petit?quelque?chose?si?c\u2019est?possible.?Merci?et?passez?une?bonne?journée?! Lucie Langlois (la fille avec le sac de gym Énergie cardio)   La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle?n\u2019est?pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS  ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp  ! Prix de vente 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les 1,50 $ paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez?notre?magazine.?Eh bien, écrivez-nous pour?nous?le?dire?!?Cette?section vous est réservée tout spécialement. DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants JASON PARÉ Responsable de la création visuelle MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté ALEXANDRE DUGUAY Journaliste-participante GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur IANIK MARCIL Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI, AGATHE ROUX-LAFAY Bénévoles à la révision PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT, SYLVIE POIRIER Photo de la une NICOLAS ST-GERMAINS ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot MARCELA CHAVES Adjointe administrative NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE ISABELLE LACHARITÉ Responsable du Café PIERRE TOUGAS, DOMINIC GUIMOND Responsable de la distribution MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinérairee Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.VINCENT LEMELIN - Société de transport de Montréal (STM) FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Vous direz que je suis biaisée, mais je trouve que l\u2019édition que vous tenez entre les mains regorge de contenu particulièrement intéressant.Des jeux vidéo et l\u2019Histoire à la réalité de la déficience intellectuelle, en passant par notre rapport à la technologie, il y a de bonnes chances que vous trouverez dans nos pages chaussure à votre pied.Et c\u2019est sans oublier les textes et opinions de nos camelots, qui nous proposent très souvent des petites perles de sagesse.Je pense notamment à nos pages Dans la tête des camelots, toujours agréables à lire.Le dossier qui aborde les aspects historiques de jeux vidéo nous démontre leurs côtés positifs.Si certains voient cette forme de divertissement comme un outil d\u2019abrutissement, ce qui peut parfois être le cas, les jeux vidéo peuvent avoir des vertus éducatives.En effet, l\u2019implication d\u2019historiens pour guider les concepteurs dans la réalisation des jeux ouvre une fenêtre sur des époques lointaines en illustrant les costumes, infrastructures, vie quotidienne et coutumes de différentes périodes de l\u2019Histoire.Les gamers curieux peuvent toujours pousser leurs recherches pour en apprendre plus long sur l\u2019Égypte ancienne ou la Révolution française.Ce faisant ils découvriront la vie d\u2019antan, tout comme les anachronismes dans les jeux où les concepteurs prennent certaines libertés.Tous les bidules électroniques et les réseaux sociaux sont de puissantes « armes de distraction massive », comme les qualifie si adéquatement le chroniqueur radio, Stéphane Garneau, spécialiste de la culture numérique.En page 10, notre journa- liste-accompagnateur, Laurent Soumis s\u2019est entretenu avec l\u2019auteur de Survivre au XXIe siècle \u2013 Rester humain à l\u2019heure du numérique qui apporte une belle réflexion sur notre rapport avec ces appareils qui accaparent nos vies.Je me suis reconnue dans cet article.Car ça devient un réel tour de force de ne pas se laisser distraire par mon iPhone avec ses incessantes notifications dont, pour la plupart, je pourrais très bien me passer.Ce pourrait-il que je souffre du syndrome du FOMO ?(Fear of missing out ou peur de rater quelque chose) J\u2019ai suivi le conseil de Stéphane Garneau, que j\u2019applique \u2013 neuf fois sur dix \u2013 soit de mettre mon téléphone dans une autre pièce quand j\u2019arrive à la maison.Acceptation des différences Dans un tout autre registre, l\u2019entrevue que notre camelot-rédactrice Isabelle Raymond a menée auprès des comédiens Vincent-Guillaume Otis et Gabrielle Marion-Rivard propose une réflexion sur la place que fait notre société aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle.Les deux comédiens, tout comme notre camelot sont bien placés pour en parler puisqu\u2019ils côtoient et vivent la déficience intellectuelle au quotidien.Si leurs récits révèlent des préjugés et de la discrimination à l\u2019emploi que subissent beaucoup de ces gens qui ont tant à donner, on ressent le profond amour que nos deux « neurotypiques» ressentent à l\u2019égard des membres de leur famille.C\u2019est très émouvant et inspirant ! Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef 3 29 36 9 Maxime Valcourt Maxine Timperley Gabriel Paquette 32 Christian Tarte Mélanie Noël Sylvain Pépin-Girard Mots de camelots 21 camelots ont participé à cette édition 15 mars 2019 Volume XXVI, no 06 8 ?Rond-point international 10  Questions d\u2019actualité 4 questions à Stéphane Garneau sur la survie au 21e siècle Laurent Soumis 11 ?Pensées La vie l\u2019hiver Saïd Farkouh 22  Société Jeux vidéo et le cerveau Geneviève Bertrand 24  Dans la tête des camelots Que pensez-vous des jeux vidéo ?27  Comptes à rendre Trouver refuge Ianik Marcil 29  INSP Afghanistan's youth wary of future with the Taliban Mohammad Ismail, Charlotte Greenfield and Hameed Farzad 33 ?Tranches de vie Ma sclérose en « claques » Sylvie Desjardins 34 ?Des gens d\u2019exception Dre Sylvie Vézina Jo Redwitch 36 ?Une Acteurs de changement Gabrielle Marion-Rivard et Vincent-Guillaume Otis Isabelle Raymond 41 ?Ma parole Chaque personne est unique Isabelle Raymond 41 ?Illustration Siou 43 ?C\u2019t\u2019encore drôle Sans-abri Simulator Marc-André Piette 45 ?Détente 12 Plongée dans le monde du jeu vidéo En quelques années à peine, le jeu vidéo est parvenu à s\u2019imposer comme un médium à la fois technique et artistique.Aujourd\u2019hui, ce secteur est un univers complexe, mondialisé, en perpétuelle évolution.Puisque le Québec fait partie des chefs de file de l\u2019industrie du jeu vidéo, nous avons décidé de vous en faire découvrir quelques aspects.Des liens ténus qui existent entre Histoire et jeu vidéo, en passant par le potentiel pédagogique de ceux-ci, jusqu\u2019à l\u2019usage qu\u2019en font les personnes âgées, nous vous proposons une plongée dans cet univers fascinant.Dossier par Camille Teste CORÉE DU SUD | Les femmes sans fard En Corée du Sud, de plus en plus de jeunes femmes abandonnent le maquillage et se coupent les cheveux pour se rebeller contre les canons de beauté traditionnels, les considérant comme trop patriarcaux.Le phénomène a suscité un débat dans ce pays obsédé par la beauté, et les marques se voient obligées de repenser leurs stratégies marketing pour y répondre.L\u2019étudiante sud-coréenne Yim Ji-su sacrifiait jusqu\u2019à deux heures de sommeil chaque matin pour sa routine de maquillage laborieuse - de l\u2019application du fond de teint et du correcteur à la coiffure de ses longs cheveux.Mais il y a six mois, elle a cessé.« Nous ne sommes pas des poupées, nous sommes des êtres humains ! », a-t-elle soutenu, visage nu et le crâne rasé.« En échappant à ce corset, j\u2019ai l\u2019 impression de redevenir moi-même », a-t-elle aussi déclaré, ajoutant qu\u2019un certain nombre d\u2019étudiantes de son campus avaient également sauté le pas.(Seulki Lee- Reuters/insp.ngo) JAPON | Recenser les sans-abri Depuis 2016, le Centre pour la défense des sans-abri (ARCH), une organisation de la société civile, mène un recensement des personnes sans-abri qui passent la nuit dans les rues de Tokyo.Le décompte a pour but de « rendre compte de la situation réelle des sans-abri, ce que le travail actuel mené par le gouvernement de Tokyo ne permet pas d\u2019atteindre ».Les volontaires qui participent parcourent ainsi les rues de Tokyo à pied, la nuit, et enregistrent le nombre de sans-abri, en fournissant quelques détails sur la manière dont ils sont installés.Pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a aucune omission, le groupe doit couvrir toutes les rues de la zone sous leur responsabilité.Ils marquent leur itinéraire sur une carte en veillant à ne pas rater l\u2019arrière des bâtiments ou les petites ruelles.Mme Takahashi, étudiante en sciences sociales, a participé à cette étude pour la première fois.« Les sans-abri sont clairement visibles dans les rues la nuit.C\u2019est un sentiment un peu étrange », a-t-elle déclaré.(Kahara Nakahara - The Big Issue Japan / INSP.ngo) ROND-POINT INTERNATIONAL TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100?journaux?de?rue?dans?34?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans- abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente de journaux de rue.Le contenu de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir plus, visitez insp.ngo GABRIEL PAQUETTE CAMELOT MÉTRO CHARLEVOIX MAXINE TIMPERLEY CAMELOT MÉTRO JOLIETTE MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE Mon anniversaire Le 3 mars, j\u2019ai célébré mon 59e anniversaire.J\u2019ai à peine vu passer les 15 dernières années.J\u2019ai l\u2019impression que plus je vieillis, plus le temps « rapetisse » et passe vite.Ces dernières années, j\u2019ai beaucoup travaillé et je me suis aussi amusé.J\u2019ai pratiqué des loisirs comme le vélo, le patin et le ski de fond.Mon métier de récupérateur m\u2019a amené, avec ma petite camionnette, aux quatre coins de l\u2019île de Montréal que je connais comme le fond de ma poche.Camelot posté au Théâtre du Nouveau Monde, j\u2019ai eu la chance d\u2019y voir plusieurs pièces et spectacles grâce à mes clients réguliers qui m\u2019offrent parfois des billets.J\u2019ai vu entrer dans le théâtre des politiciens, des acteurs et actrices qui me saluent et avec lesquels j\u2019échange parfois.J\u2019ai voyagé un peu.J\u2019ai fait le tour de la Gaspésie et j\u2019ai même touché au rocher Percé à marée basse.Grâce à L\u2019Accueil Bonneau, j\u2019ai visité Shawinigan, l\u2019 île Saint-Bernard, Québec et Ottawa.Je suis allée quelques fois à la cabane à sucre ainsi qu\u2019aux pommes.Longtemps, j\u2019ai détesté voir arriver mon anniversaire et encore plus vieillir.Il m\u2019est même arrivé de chercher à oublier ma fête en me saoulant.J\u2019ai passé plusieurs 3 mars à l\u2019urgence parce que j\u2019avais bu à me rendre malade.Je suis sobre depuis 15 ans maintenant.Et je suis heureux depuis 15 ans.Le temps file à vive allure.Et le 3 mars 2020, je célébrerai fièrement mes 60 ans.Cruising bar Dans ma vie, je ne suis pas chanceuse en amour.Pourtant, je ne demande pas la lune.Un homme dans la quarantaine, beau à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur, calme, cultivé, positif, aimant la nature, sans dépendances, spirituel, intelligent, propre, sensuel, en santé\u2026 Juste ça, pas plus.Je ne comprends pas pourquoi je ne suis jamais tombée en amour.Ce fut une série d\u2019échecs, les uns après l\u2019autre.Et chercher l\u2019amour sur les médias sociaux, c\u2019est une grosse perte de temps.Dans ma vingtaine, j\u2019avais une silhouette propice à la rencontre, mais les hommes que j\u2019attirais ne me voulaient que pour mon body.Comme dit Diane Tell : « J\u2019ai aimé très souvent, aimé longtemps puis énormément.Mais je les ai tous perdus car comment aimer, je ne l\u2019ai jamais su.» Maintenant j\u2019ai 46 ans.Je ne veux plus être superficielle.Plus jeune, je désirais un nageur, un artiste, un homme intelligent.Que de superficialité ! J\u2019étais aussi attirée par les Gino machos.Grosse erreur car leur unique but était le plaisir charnel.J\u2019aspire aujourd\u2019hui à l\u2019abstinence par souci d\u2019autoprotection.Je me tourne vers Dieu car il est le seul qui m\u2019aime telle que je suis malgré mes rondeurs et mes défauts.Dieu est pour moi l\u2019Amour inconditionnel que je n\u2019ai pas trouvé chez la gent masculine.J\u2019ai tout de même essayé de trouver l\u2019homme idéal de mon âge.Mais je n\u2019ai rencontré que des hommes hyperactifs, frivoles, ésotériques, machos, insignifiants, workaholics, ou encore, homosexuels.Bref, je n\u2019ai pas trouvé mon âme sœur.Qui sait, peut- être que 2019 sera mon année chanceuse ?J\u2019espère vous avoir fait rire un peu.Merci à mes clients et à tous ceux qui lisent ce texte.Mille et une façons Il y a tellement de façons de se retrouver à la rue : une mauvaise colocation qui dégénère, des décès dans la famille, des abus de consommation ou bien juste une hospitalisation sans pouvoir rejoindre le proprio à temps.Moi, personnellement, j\u2019avais 20 ans.Je m\u2019occupais à temps plein de ma mère qui était malade.Un jour, comme pour tout le monde, sa vie s\u2019est arrêtée.Le choc a été dur mais ce n\u2019était que le début\u2026.Une semaine plus tard, Alison, ma fiancée de l\u2019époque, a pris place dans le véhicule de son père sans se douter une seconde qu\u2019il était saoul.Ce soir-là, elle est morte en percutant un arbre à près de 200 kilomètres à l\u2019heure.À ce moment-là je suis entré dans une phase intense de dépression.J\u2019ai arrêté de vouloir vivre.J\u2019ai arrêté d\u2019aller travailler et de payer mon loyer.Évidemment je me suis retrouvé à la rue\u2026 Aujourd\u2019hui je me relève encore plus fort qu\u2019hier.Je ne souhaite à personne de vivre ce qui m\u2019est arrivé, Mais si vous vous retrouvez à la rue un jour, relevez-vous le plus vite possible.Plus vous prenez de temps à vous relever, plus dur ce sera\u2026 P H O T O   : ?F R A N Ç O I S ?C O U T U R E questions à Stéphane Garneau 4 J\u2019ai commencé à m\u2019en éloigner le soir.Je le branche sur sa charge et je le laisse dans ma chambre quand je fais quelque chose d\u2019autre ailleurs dans la maison.Je le mets en mode sans vibration, parce que les vibrations, on les entend de loin.Je le mets en mode « ne pas déranger ».Alors je n\u2019entends plus rien.C\u2019est moi qui décide du moment où j\u2019irai vérifier mes affaires.Plutôt que d\u2019avoir un téléphone qui me tire par la manche constamment pour attirer mon attention.Vous parlez des « technologies de distraction massive ».Notre cellulaire serait ainsi « la plus puissante machine à perdre son temps de l\u2019histoire de l\u2019humanité ».Peut-on « garder le contrôle » ?Je pense qu\u2019on peut dompter la bête.C\u2019est comme n\u2019importe quelle dépendance.Ce sont les mêmes zones du cerveau qui sont interpellées quand on se sent dépendant du téléphone ou d\u2019une drogue douce ou dure.C\u2019est la même mécanique d\u2019engagement.Donc, il se crée des connexions neuronales qu\u2019il y a toujours moyen de reprogrammer.Or on peut reprogrammer le cerveau.On peut réapprendre à fonctionner autrement.Et c\u2019est de plus en plus dans l\u2019air du temps.Quand j\u2019ai commencé à travailler sur ce livre il y a un an et demi, les fondateurs, informaticiens et programmeurs de la première heure dans la Silicone Valley, commençaient déjà à faire publiquement leur mea culpa parce qu\u2019ils savaient très bien que Depuis 25 ans, Stéphane Garneau commente l\u2019actualité numérique au bénéfice des auditeurs de la radio de Radio-Canada.Le chroniqueur confesse s\u2019y être mis sur le tard.Il a acheté son premier Mac en 1995 et son premier cellulaire en 1998.Il a patienté 12 ans avant d\u2019acquérir son premier téléphone « intelligent ».Avec humour et lucidité, il jette aujourd\u2019hui un regard sur l\u2019évolution hallucinante des technologies de l\u2019information.Il vient tout juste de lancer Survivre?au?XXIe?siècle?\u2013?Rester?humain?à?l\u2019heure?du?numérique?(Éditions de l\u2019Homme).Afin que « nous?demeurions?maîtres?de?notre?avenir?numérique\u2026?et?de?notre?avenir?tout?court ».Vous êtes dans la jeune cinquantaine.Vous avez passé pratiquement la moitié de votre vie à utiliser la plupart des technologies pour vos chroniques à la radio.Comment avez-vous réussi à « rester humain » ?Je me demande encore si j\u2019y arrive (rires).J\u2019ai écrit le livre comme une forme d\u2019exutoire et de défoulement face à la place que prennent ces technologies dans ma vie.Dans une logique : faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais.Je travaille dans les médias, alors je carbure à l\u2019information et les technologies sont des outils extrêmement efficaces.Alors, le téléphone intelligent prend beaucoup trop de place dans ma vie.leurs petites pastilles rouges, leurs alertes et leurs notifications créaient de la dépendance.Il y a moyen de se débarrasser de cette dépendance, mais il faut travailler fort.Vous citez Umberto Eco pour qui « les réseaux sociaux ont donné la parole à des légions d\u2019 imbéciles ».Personnellement, vous dites souffrir d\u2019une « surdose d\u2019opinions » qui finit par vous « mettre en colère ».Peut-on vivre sans l\u2019opinion des autres ?On peut vivre très bien sans l\u2019opinion des autres (rires).Ce n\u2019est pas un problème.D\u2019ailleurs, quand il y a trop d\u2019opinions, ça devient complètement chaotique.Ça devient un fouillis qui ne nous sert à rien.Ça ne nous apprend rien.On ne peut pas \u2013 et je parle ici de l\u2019environnement média en général - traiter une opinion toutes les 15 minutes de façon pertinente et efficace.Une opinion doit éclairer sur quelque chose.Alors si tu as une opinion aux 15 minutes sur le trop de plastique dans l\u2019environnement, la mairesse de Montréal qui ne fait pas ton affaire, Donald Trump qui dit des niaiseries et puis la famine au Yémen, ça devient de la distorsion.D\u2019ailleurs, les fabricants d\u2019opinions me tombent sur les nerfs.Ils sont payés pour secouer le prunier et pour brasser la cage.Ils s\u2019inventent des opinions tous les jours.Moi, je vois beaucoup d\u2019avantages à l\u2019idée de se taire et d\u2019observer en silence.Vous écrivez que « rester humain à l\u2019ère du numérique n\u2019est pas et ne sera pas chose facile ».A-t-on encore la possibilité de faire des choix et de rester maître de son destin ?Oui.Une fois qu\u2019on a pointé du doigt la possible dépendance à ces appareils-là, on n\u2019a pas perdu notre libre arbitre.On a encore la capacité de faire des choix.C\u2019est à nous comme êtres humains de s\u2019interroger sur nos pratiques, sur la place démesurée qu\u2019on donne à ces appareils dans nos vies et d\u2019essayer de s\u2019en affranchir un peu.Pour retrouver le plaisir du silence, celui de l\u2019ennui et de la solitude.Aujourd\u2019hui, on ne sait plus comment s\u2019ennuyer.On a toujours dans la main un appareil pour combler chaque seconde lorsqu\u2019on n\u2019a rien à faire.Il faut redécouvrir les vertus du silence et de l\u2019ennui comme un terreau fertile à la créativité, aux idées nouvelles et aux initiatives.Une fois qu\u2019on aura repris plaisir à ces choses-là, je pense que ce sera plus facile de s\u2019éloigner du téléphone et de toutes les bébelles communicantes.sur la survie au 21e siècle Chroniqueur « culture numérique » 15 mars 2019 itineraire.ca 10 LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ Fin janvier.Aujourd\u2019hui la tempête est commencée à Montréal.Il neige et la température a chuté à -33?C.Les précipitations de neige devraient dépasser les 25 cm et la visibilité est réduite à moins de 10 mètres.J\u2019ai décidé de me rendre à la station de métro la plus proche de chez moi, car l\u2019attente du bus me mettrait en retard pour mon travail.Il me faut 10 minutes de marche, mais trois minutes après mon départ, le froid a commencé à pénétrer mon manteau doublé, mon pantalon, qui est aussi doublé, et les deux chapeaux couvrant ma tête.Je me sentais comme si j\u2019étais nu et que le froid avait atteint mes os.Eh ! Il ne fait aucun doute que la chaleur est la chose la plus importante pour la survie de l\u2019homme, peut-être même avant la nourriture et la boisson.Des fantômes gelés Sur mon chemin, je croise des personnes qui attendent avec impatience l\u2019arrivée du bus sur le trottoir gelé, car il n\u2019y a pas d\u2019abribus à cet endroit comme souvent à Montréal.Ces gens ressemblent à des fantômes gelés aux visages austères, leurs manteaux et leurs tuques recouverts de neige.Plus loin, d\u2019autres se tiennent dans un petit abribus qui ne peut accueillir que quelques personnes, donc certaines sont forcées de rester dehors et leurs yeux regardent au loin pour voir arriver le prochain bus.Finalement, je suis arrivé à la station de métro qui était chauffée.Une mince couche de glace et de condensation a recouvert mes lunettes à cause du changement extrême de température, de sorte que je ne pouvais plus rien voir.Alors je les ai mises dans ma poche pour les réchauffer.Beaucoup de mendiants et de sans-abri ont recours aux stations de métro pour fuir le froid intense qui s\u2019est installé à l\u2019extérieur.L\u2019un d\u2019eux est endormi sur le sol; à côté de lui se trouve un verre vide dans lequel il recueille de l\u2019argent.Un autre se tient debout pour demander la charité aux passants.De la nourriture pour son chien Près de la porte extérieure, un autre mendiant incite lui aussi, avec l\u2019aide de son chien, les passants à donner de l\u2019argent.Une femme caresse la tête du chien et dépose cinq dollars dans la tasse en demandant au maître d\u2019acheter de la nourriture pour son animal et de le placer dans un endroit chaud.Quand je suis sorti du métro, le vent mordant m\u2019a soufflé au visage.J\u2019ai vu Catherine, cette brave fille, qui était là comme tous les matins, à l\u2019extérieur, distribuant le journal gratuit.Elle avait la tête couverte d\u2019un foulard et d\u2019un chapeau, ne montrant que ses yeux.« Tu ne peux pas distribuer le journal dans le métro au lieu de rester dehors par un froid pareil ?» lui ai-je demandé.« Non, je n\u2019ai pas le droit », m\u2019a-t-elle répondu rapidement.Dure la vie En sortant du métro, j\u2019ai marché un peu sur la rue Sainte- Catherine en direction de mon lieu de travail.Sur le trottoir, j\u2019ai croisé Joseph, le camelot qui vend L\u2019Itinéraire comme d\u2019habitude au même endroit.Je lui dis « Bonjour ! » et lui souhaite bonne chance pour ses ventes.Le gouvernement étudie toujours les moyens les plus efficaces pour venir en aide aux sans-abri et aux itinérants.Leur nombre augmente sans cesse à Montréal à cause du prix des loyers toujours plus élevé, en particulier pour les personnes seules et assistées sociales qui doivent verser presque toutes leurs prestations pour payer leur logement.La vie est très dure en hiver, surtout pour les pauvres en situation précaire.Ils ont besoin de plus d\u2019aide et dans une grande ville comme Montréal, il est souvent difficile d\u2019obtenir les ressources financières dont la plus grande partie vient des gouvernements.Mais il semble que les gouvernements aient aussi beaucoup d\u2019autres priorités.La vie l\u2019hiver itineraire.ca 15 mars 2019 11 PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY PENSÉES En quelques années à peine, le jeu vidéo est parvenu à s\u2019imposer comme un médium à la fois technique et artistique.Aujourd\u2019hui, ce secteur est un univers complexe, mondialisé, en perpétuelle évolution.Puisque le Québec fait partie des chefs de file de l\u2019industrie du jeu vidéo, nous avons décidé de vous en faire découvrir quelques aspects.Des liens ténus qui existent entre Histoire et jeu vidéo, en passant par le potentiel pédagogique de ceux-ci, jusqu\u2019à l\u2019usage qu\u2019en font les personnes âgées, nous vous proposons une plongée dans cet univers fascinant.Plongée dans le monde du jeu vidéo par Camille Teste PHOTO :?NIKITA?KOSTRYKIN?(UNSPLASH) Incursions dans l\u2019Histoire à coups de manette Les jeux vidéo qui s\u2019inspirent de moments historiques fondateurs remportent un grand succès.Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle ?Medal of Honor, Call of Duty, Assassin\u2019s Creed, Wolfenstein, Prince of Persia, ou encore Battlefield : pour créer des univers complexes et atypiques, les créateurs de jeux vidéo n\u2019hésitent pas à s\u2019inspirer de l\u2019Histoire.La recette est toujours la même : quelques références connues de tous, de l\u2019action, de l\u2019aventure et un bon scénario évoquant, parfois de très loin, les heures les plus héroïques ou les événe- ments civilisationnels les plus marquants de l\u2019histoire humaine, de l\u2019Égypte ancienne au Moyen Âge en passant par la Seconde Guerre mondiale.La place des historiens Pour immerger le joueur dans ce genre d\u2019univers, les développeurs font régulièrement appel à des historiens, chargés de leur fournir autant de détails que possible.Laurent Turcot, professeur en Histoire à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, a ainsi participé à la création du jeu Assassin\u2019s Creed Unity, sorti en 2014.Il raconte : « Ubisoft m\u2019a contacté car ils étaient en train de préparer un jeu vidéo sur la Révolution française.Comme je suis spécialiste de la vie quotidienne à Paris au 18e siècle, ils m\u2019ont demandé de leur donner des exemples de ce à quoi ressemblait la capitale du point de vue de l\u2019hygiène, du bâti ou des comportements des gens ordinaires.» Le travail de Laurent Turcot a donc été de nourrir les équipes créatives d\u2019Ubisoft avec tout un tas d\u2019éléments pertinents, qui contribueraient à donner de la substance au jeu.« Je leur ai par exemple montré comment on construisait à l\u2019époque, comment les rues étaient faites, quels étaient les différents métiers d\u2019alors ou même à quoi ressemblait la campagne autour de Paris », dit-il.L\u2019intervention de l\u2019historien a également pu permettre de répondre à des questions auxquelles on ne penserait pas de prime abord : où étaient rassemblés les Juifs à l\u2019époque ?Y avait-il des personnes noires dans Paris ? Le temps des pharaons version Ubisoft L\u2019historienne Evelyne Ferron, qui enseigne à l\u2019Université de Sherbrooke, a également collaboré avec les équipes d\u2019Ubisoft.Spécialiste de l\u2019Égypte, époques gréco-romaine et pharaonique, elle a été chargée de travailler sur le jeu Assassin\u2019s Creed Origins (2017), qui se déroule justement au temps des pharaons.La création de ce jeu, raconte-t-elle, a été un travail de longue haleine.« Cela a duré environ quatre ans, car ses concepteurs ne voulaient pas seulement avoir une ville pour décor, mais le pays presque au complet.» Au départ, Mme Ferron travaillait avec les équipes d\u2019Ubisoft grâce à des conférences filmées, cela lui permettant d\u2019échanger avec des collaborateurs situés à des milliers de kilomètres.Plus tard, les créateurs du jeu et l\u2019historienne ont eu à se concerter sur quantité de détails.« Par exemple, on me contactait par courriel pour m\u2019 interroger sur la couleur du Sphinx, et je répondais grâce à des dossiers de recherche, images à l\u2019appui.» Peu à peu, Evelyne Ferron est ainsi entrée dans la confidence, découvrant avant tout le monde les décors du jeu.« On m\u2019envoyait des dessins et des ébauches des lieux tels que conçus par Ubisoft, j\u2019étais alors chargée de dire si cela me semblait valide historiquement.» Combler les trous Malgré l\u2019intervention d\u2019historiens, il arrive que les studios qui développent des jeux vidéo prennent des libertés avec la vérité historique.Après tout, un jeu vidéo n\u2019est pas un livre d\u2019Histoire et pour faciliter l\u2019intrigue ou en accroître le caractère spectaculaire, ses concepteurs se permettent régulièrement quelques anachronismes.Parfois, ils n\u2019ont pas le choix.« Dans le cas du jeu auquel j\u2019ai collaboré, raconte Evelyne Ferron, c\u2019est sûr que les équipes ont dû improviser sur certains points.Par exemple, on ne dispose que de très peu d\u2019 informations sur la vie de Cléopâtre, donc ils ont pu s\u2019amuser avec le scénario et inventer des choses.» Dans ce cas-ci, l\u2019absence de détails sur la vie de cette reine mythique a permis à Ubisoft de travailler « sans trop se faire taper sur les doigts par les historiens », sourit Mme Ferron.Dans d\u2019autres cas, la pilule n\u2019a pas aussi bien passé.Dans Assassin\u2019s Creed Unity par exemple, qui se déroule lors de la Révolution française, certains observateurs avertis ont noté qu\u2019il y avait de nombreux éléments anachroniques : on chante La Marseillaise alors que celle-ci n\u2019avait pas encore été écrite, on voit flotter au vent des drapeaux français bleu, blanc, rouge qui 14 15 mars 2019 itineraire.ca ASSASSIN\u2019S CREED UBISOFT n\u2019existaient pas encore, les personnages portent des chapeaux haut-de-forme qui n\u2019étaient pas encore à la mode à l\u2019époque, bref, les clichés français ne manquent pas, ce qui, à la sortie du jeu, a fait bondir plus d\u2019un puriste de la discipline historique.L\u2019historien Laurent Turcot voit les choses avec nuance : « C\u2019est sûr que dans ce jeu il y a de nombreux anachronismes.Mais le but d\u2019un jeu vidéo ce n\u2019est pas que ce soit complétement fidèle à l\u2019Histoire, affirme-t-il.Et puis d\u2019ailleurs, même en Histoire, il y a un certain nombre d\u2019 informations dont on ne dispose pas car on n\u2019a pas de machine à voyager dans le temps.Sauf que dans un jeu vidéo, on ne peut pas laisser de blancs, donc on se voit dans l\u2019obligation de combler ces trous autrement.» Ainsi, M.Turcot explique qu\u2019un jeu vidéo va plutôt improviser « à la manière de ».« Parfois, cette improvisation se fait par des gens qui ne sont pas historiens, certes, mais le sentiment de dépaysement et d\u2019 immersion dans un univers donné fonctionne quand même.» Un premier pas vers l\u2019Histoire Selon lui, cette possibilité de jouer avec l\u2019Histoire constitue parfois une excellente manière d\u2019attirer des gens qui, sans cela, ne seraient pas allés vers la discipline.Bref, cela crée un besoin de Québec au Le monde du jeu vidéo Il existe plus de 230 studios de création, dont environ 130 producteurs indépendants.En 2017, plus de 11 000 personnes occupaient un emploi dans le domaine du jeu vidéo au Québec, représentant plus de la moitié des emplois canadiens du secteur.L\u2019emploi dans ce secteur a crû de façon exponentielle au cours des dernières années : le nombre d\u2019emplois s\u2019est multiplié par 10 depuis 2002.Montréal est le cinquième pôle du jeu vidéo après Tokyo, Londres, San Francisco et Austin.Quelques succès mondiaux créés au Québec : Assassins\u2019 Creed Origins d\u2019Ubisoft ; Batman Origins de Warner Bros Game ; Deus Ex et Rise of the Tomb Raider d\u2019Eidos Sources : Investissement Québec, TechnoCompétences, Montreal international CALL OF DUTY INFINITY?WARD? connaissance.« Je connais beaucoup de personnes qui m\u2019ont dit avoir eu envie d\u2019en savoir plus sur un pan de l\u2019Histoire après avoir joué à tel ou tel jeu.» « Je suis un peu obsédé par l\u2019 idée de la transmission, continue- t-il.Quand on donne une conférence ou quand on parle d\u2019Histoire à la radio, en général, on prêche aux convertis.Or, moi je veux aussi toucher des jeunes qui n\u2019ont pas la télévision ou qui n\u2019écoutent pas la radio.Aussi, je veux valoriser des formats qui sont plébiscités par les gens de 12 à 45 ans, avance celui qui anime par ailleurs une chaîne YouTube de vulgarisation historique intitulée L\u2019Histoire nous le dira.On dit souvent que les jeunes ne s\u2019 intéressent pas à l\u2019Histoire, mais peut-être qu\u2019on ne s\u2019 intéresse pas assez à leur médium à eux.» Alors peut-on vraiment faire un procès aux jeux vidéo pour leur propension à surfer sur l\u2019Histoire sans toujours la respecter ?Pas vraiment, répond Laurent Turcot, qui rappelle que le cinéma ou la littérature sont également très forts pour s\u2019arranger avec les faits historiques.Du cliché à l\u2019idéologie Reste qu\u2019aujourd\u2019hui, le dixième art est devenu un puissant mode de diffusion.Pour plusieurs, les messages véhiculés par certains jeux auraient même une influence idéologique sur le public.En 2014 par exemple, Jean-Luc Mélenchon, un homme politique français, a reproché à Ubisoft d\u2019avoir caricaturé le révolutionnaire Maximilien Robespierre dans Assassin\u2019s Creed Unity, pour en faire un dangereux assassin et dénigrer ainsi la « grande Révolution ».« C\u2019est sûr que la Révolution, c\u2019est un sujet sensible en France », reconnaît Laurent Turcot, qui affirme avoir prévenu Ubisoft en amont des débats qu\u2019allait entraîner le jeu dans l\u2019Hexagone.De même, il est souvent reproché à certains jeux vidéo nés aux États-Unis de véhiculer un discours propagandiste pro-forces armées américaines.Par exemple, dans Call of Duty : Modern Warfare, les soldats américains sont vaillants, héroïques, ils se battent coûte que coûte pour sauver la démocratie et affrontent des ennemis qui n\u2019étonneront personne : les communistes et un dictateur du Moyen-Orient.Réalité historique et mémoire collective Face à ces biais, plusieurs créateurs de jeux vidéo ont décidé de travailler avec une rigueur historique aussi précise que possible.C\u2019est le cas du studio tchèque Warhorses Studios, à l\u2019origine de Kingdom Come : Delivrance, un jeu d\u2019action et d\u2019aventure dont l\u2019intrigue se situe en Bohême, au Moyen Âge.Pour réaliser ce jeu, sorti en 2018, le studio s\u2019est notamment basé sur des documents du 15e siècle, de manière à reconstituer des combats armés tels qu\u2019ils se déroulaient vraisemblablement à l\u2019époque.L\u2019équipe a aussi fait appel à une historienne à temps plein, Joanna Nowak, chargée de s\u2019assurer du réalisme total de l\u2019intrigue, des combats, des vêtements, des décors, etc.Interrogée dans une série documentaire intitulée History\u2019s Creed et diffusée sur la chaîne franco-allemande Arte, Mme Nowak raconte qu\u2019elle a parfois dû se rendre sur les lieux présentés dans le jeu, notamment au monastère de Sazava, pour trouver des informations que personne n\u2019avait jamais cherchées avant.Elle explique que durant la conception du jeu, elle a dû gérer les frustrations des créatifs, confrontés à la réalité historique, parfois moins spectaculaire que dans leur imagination.« La pression est forte quand on travaille comme consultante historique sur un tel jeu, confie-t-elle, parfois les créatifs veulent des faits, et puis ils découvrent qu\u2019 il est difficile de reproduire la réalité, ce qui les oblige à modifier leur scénario [plutôt que de s\u2019arranger avec l\u2019Histoire] ».Le réalisme de ce jeu est tel que ses créateurs reconnaissent volontiers que les joueurs pourraient en être désorientés, n\u2019y retrouvant pas certains clichés sur le Moyen Âge.« Par exemple, on croit souvent que les gens de cette époque étaient sales, donc on s\u2019attend à voir de la crasse, explique ainsi le directeur artistique du jeu Mikuláš Podprocký, dans le documentaire.Mais en fait à cette époque en Bohême, même les gens les plus simples se lavaient deux fois par jour.» Un outil pédagogique Autre motif de fierté pour ses créateurs, Kingdom Come : Delivrance, qui n\u2019aurait pas vu le jour sans une campagne de financement participatif, est aussi devenu l\u2019un des premiers supports de la culture pop à raconter l\u2019histoire de la République tchèque.Au-delà de sa dimension purement ludique, le jeu vidéo s\u2019est ainsi imposé comme le possible véhicule d\u2019une mémoire collective, ce que salue l\u2019historienne Evelyne Ferron.« C\u2019est sûr que dès que le jeu vidéo devient un outil de découverte et de diffusion de certaines histoires, il gagne en intérêt.Dans Age of Empire par exemple, je trouve très intéressant le fait qu\u2019on puisse découvrir des choses pertinentes sur la riche histoire de peuples méconnus comme les Mongols.» Le potentiel pédagogique du jeu vidéo historique n\u2019a pas échappé aux studios de création.Déjà au début des années 1990, 10e art Le jeu vidéo est considéré comme le En novembre 2012, le Museum of Modern Art de New York (MoMA) a décidé d\u2019intégrer 14 jeux vidéo à sa collection d\u2019œuvres d\u2019art.Cette décision a largement contribué à faire reconnaître ce médium comme une forme d\u2019expression artistique.Parfois, on considère que tous les arts numériques (infographie, design web, etc.) font partie de l\u2019appellation « dixième art ». des jeux comme Versailles 1685 : Complot à la cour du Roi Soleil, sorti en 1996 et développé par Cryo Interactive, aspiraient à éduquer le public sur certains événements historiques majeurs.Mais aujourd\u2019hui, plusieurs studios prennent le parti de proposer un mode découverte en parallèle du jeu de base, afin d\u2019en accroître le caractère pédagogique.C\u2019est le cas d\u2019Ubisoft, qui a récemment créé un mode « tourisme » au jeu Assassin\u2019s Creed Origins.Il s\u2019agit d\u2019une version éducative, destinée principalement au public scolaire.Dans cette version, pas de violence ni d\u2019intrigue, mais simplement une plongée en 3D dans l\u2019Égypte antique.Evelyne Ferron a également travaillé sur cette version.Avec sa consœur Perrine Poiron, doctorante à la Sorbonne, elles ont travaillé sur des visites guidées de chaque ville permettant aux joueurs de découvrir de nombreuses pratiques et traits culturels propres aux Égyptiens d\u2019alors.« C\u2019est la première fois qu\u2019Ubisoft proposait cette option dans un Assassin\u2019s Creed, souligne Mme Ferron.D\u2019ailleurs j\u2019ai aimé que dans ce mode-là, l\u2019équipe fasse quelques mea culpa, expliquant clairement ce qui était historiquement validé et ce qui avait été créé pour les besoins du jeu.» Lorsque Assassin\u2019s Creed Unity est sorti, l\u2019historien Laurent Turcot a, pour sa part, choisi de publier un ouvrage intitulé Au cœur de la Révolution, les leçons d\u2019histoire d\u2019un jeu vidéo (Éditions Vendémiaire, 2015).« L\u2019objectif était de permettre aux enseignants d\u2019utiliser le jeu pour rendre accessible et attractive l\u2019histoire de la Révolution française, tout en apportant des informations justes.» Reste à savoir si le jeu vidéo historique des prochaines années parviendra à se défaire des clichés historiques pour fournir aux joueurs des contenus aussi exaltants que pertinents.17 itineraire.ca 15 mars 2019 CALL OF DUTY INFINITY?WARD? Minecraft est un célèbre jeu vidéo de construction libre, développé par le studio suédois Mojang et lancé en 2011.Il plonge ses usagers dans un univers composé de blocs représentant divers matériaux (de la terre, de l\u2019eau, du sable, des roches) et de divers éléments comme des animaux, des arbres, des monstres, des humains, etc.Dans ce monde, le joueur peut évoluer littéralement à l\u2019infini, construire des bâtiments ou des systèmes électriques complexes, modifier les lois de la physique ou les propriétés physiologiques de son personnage, jouer en réseau, entre autres.Il peut aussi jouer en mode « survie ».Confronté à une nature hostile, l\u2019objectif devient alors de se débrouiller avec ce qu\u2019il a autour de lui pour se construire un abri, manger, dormir.PHOTO :?NINA?PHOTOLAB?(UNSPLASH) Utiliser le jeu vidéo Minecraft pour faire de ses élèves des mordus d\u2019Histoire, c\u2019est le pari qu\u2019a fait Jean- François Gosselin, enseignant en univers social (histoire, géographie, économie) à l\u2019école secondaire privée Marcelle-Mallet de Lévis.Pas toujours facile d\u2019enseigner l\u2019Histoire à des adolescents de troisième secondaire.Exigeante, parfois indigeste, la discipline est la bête noire de bon nombre d\u2019élèves.Mais Jean-François Gosselin a trouvé la parade.Avec l\u2019aide de Benjamin Lylle, candidat à la maîtrise en technologie éducative à l\u2019Université Laval, il a élaboré un projet ambitieux, consistant à faire connaître à ses jeunes la Guerre de la Conquête (1754- 1763) grâce au célèbre jeu vidéo Minecraft.Minecraft, dans sa version éducative, présentait de nombreux atouts : « Ce jeu ne coûte pas cher, souvent, les élèves le connaissent et puis il permet de travailler de façon collaborative », explique l\u2019enseignant.L\u2019Histoire en 3D L\u2019idée de M.Gosselin était assez simple : plutôt que de demander aux élèves d\u2019ingérer des dates et des événements lointains, pourquoi ne pas leur proposer de rebâtir virtuellement plusieurs moments clés de cette période historique ?« J\u2019ai voulu proposer à mes élèves de travailler en équipe sur quelques moments significatifs de la Guerre de la Conquête, élabore-t-il.Ils devaient ainsi reproduire une version en 3D d\u2019évé- nements tels que la bataille des Plaines d\u2019Abraham.» 19 itineraire.ca 15 mars 2019 Jeux vidéo et enseignement La Guerre de la Conquête version pixélisée par Camille Teste Bien sûr, si le jeu vidéo donne une grande liberté aux joueurs, il ne permet pas de recréer la réalité historique dans toute sa complexité.D\u2019ailleurs peu importe, car pour M.Gosselin, ce n\u2019est pas le but recherché.« Minecraft permet aux élèves de construire des choses ressemblantes grâce à des blocs, mais comme on ne bénéficie pas de la précision d\u2019une maquette, les élèves doivent faire l\u2019effort de conceptualiser la scène.» Pour arriver à en tirer l\u2019essentiel, ceux-ci sont encouragés à effectuer des recherches historiques en amont afin d\u2019en apprendre un maximum sur les évènements qu\u2019ils vont devoir raconter à travers Minecraft.Pour les aider dans cette tâche, M.Gosselin fournit à ses étudiants des documents d\u2019époque et des extraits d\u2019ouvrages d\u2019historiens.Créer une narration Par la suite, les jeunes doivent aussi trouver une manière originale et cohérente de représenter ce qu\u2019ils ont découvert grâce aux outils fournis par le jeu.« L\u2019un des gros avantages de Minecraft, c\u2019est qu\u2019on peut se promener à l\u2019 intérieur de la maquette.Par conséquent, ils peuvent réaliser l\u2019équivalent d\u2019une bande dessinée en 3D, en présentant simultanément plusieurs scènes.» Par exemple, dans le cas de la bataille des Plaines d\u2019Abraham, les élèves peuvent représenter les Anglais lorsqu\u2019ils ont débarqué sur les côtes québécoises.Ils peuvent ensuite les présenter en train d\u2019escalader la falaise de Québec, puis les installer en rangée devant les Français, prêts à combattre.« Il est donc possible d\u2019élaborer une narration de cet événement, continue M.Gosselin.Et le format que prend cette narration va vraiment varier en fonction des élèves, souligne-t-il encore.Pour un même événement, il y a différents choix possibles.» Cette possibilité d\u2019interprétation est au cœur du projet pédagogique de l\u2019enseignant.« Comme les élèves doivent agir et faire des choix, cela les pousse à discuter sur la meilleure façon de représenter telle ou telle scène.Donc forcément, cela les conduit à parler d\u2019Histoire, à se renseigner, à débattre, bref cela stimule l\u2019apprentissage collaboratif.» De véritables historiens En tout, le projet dure un mois, à raison de deux séances par semaine.« Et ce, sans travail à la maison, précise M.Gosselin.Personnellement, je ne suis pas partisan des devoirs car je crois que cela crée des inégalités.» À terme, les élèves doivent non seulement présenter leurs travaux en groupe, mais aussi répondre à une question ambitieuse : la défaite de la France durant la Guerre de la Conquête était-elle inévitable ?Pour l\u2019enseignant, cette question est un moyen de transformer ses élèves en véritables petits historiens.« En tentant de répondre à cette question, ils sont forcés de prendre position.Il n\u2019y a pas vraiment de bonne ou de mauvaise réponse, l\u2019objectif est plutôt de les pousser à justifier leurs arguments.» Plus difficile qu\u2019il n\u2019y paraît Contrairement à ce que l\u2019on pourrait penser, apprendre l\u2019Histoire à travers Minecraft n\u2019est pas de tout repos pour les jeunes.« Les élèves adorent le projet mais celui-ci leur demande aussi énormément d\u2019efforts.Ils sont loin d\u2019être passifs.» Pour Jean-François Gosselin, il est évident que ce type d\u2019exercice est moins confortable que le format d\u2019enseignement classique dans lequel l\u2019apprentissage actif est moins valorisé.Cette scène présente la déportation des Acadiens au moment où les familles étaient embarquées à bord des navires en direction de la France ou des colonies anglaises.Acadiens Cette scène présente la Bataille de Fort Necessity, où les Français ont tenté d\u2019affirmer leur mainmise sur la vallée de l\u2019Ohio.Fort Necessity 20 15 mars 2019 itineraire.ca Par ailleurs, si l\u2019enseignant s\u2019intéresse énormément à ces exercices avant-gardistes, pas question de faire du jeu vidéo à tout prix.« Il faut que ce soit pertinent, l\u2019 idée n\u2019est pas de jouer pour jouer, je veux que ce soit signifiant pour les jeunes et ce, même s\u2019 ils ne s\u2019en rendent pas toujours compte.» Varier les approches « Il n\u2019y a pas de mauvaises façons d\u2019enseigner l\u2019Histoire, poursuit Jean-François Gosselin.Cette discipline sert à une variété de choses dans la vie.Il ne s\u2019agit pas juste d\u2019apprendre des choses sur le passé, mais aussi de s\u2019en servir pour interpréter le présent et l\u2019actualité.Le but est donc de trouver des manières efficaces de passer ce savoir.» Ainsi, selon lui, il est important de disposer d\u2019une variété de méthodes d\u2019enseignement : « C\u2019est une façon d\u2019aller chercher les forces de tout le monde ».Malgré tout, la dimension pratique demeure au cœur des méthodes de M.Gosselin.« Dans mon enseignement, j\u2019ai toujours essayé de favoriser la construction d\u2019objets, comme des maquettes par exemple, car c\u2019est une manière de rendre le tout vivant et d\u2019 impliquer concrètement les jeunes », explique celui qui a aussi pu compter sur le soutien de l\u2019école Marcelle- Mallet, reconnue pour sa capacité à intégrer la technologie et l\u2019innovation dans ses enseignements.Grâce à ce projet pédagogique ambitieux et novateur, Jean-François Gosselin a remporté, en janvier dernier, le Prix d\u2019histoire du Gouverneur général, remis par Julie Payette.Cette scène présente une chronologie des événements où l\u2019on voit les Anglais escalader le cap Diamant, puis en formation avec des forces françaises, surprises, juste en face.Plaines d\u2019Abraham Cette scène présente la bataille navale où la marine anglaise a anéanti les derniers ravitaillements français à l\u2019embouchure de la rivière Ristigouche.Ristigouche Cette scène présente la reddition des forces françaises à Montréal devant les forces britanniques, de loin supérieures en nombre.Montréal 1760 De plus en plus de jeux vidéo ciblent les personnes de 60 ans et plus qui craignent la maladie d\u2019Alzheimer ou autres démences.Est-ce que muscler ses méninges de façon ludique est bénéfique pour contrer le déclin cérébral associé au vieillissement ?Ces jeux en valent-ils la peine ?En 2006, tout a commencé avec l\u2019énorme succès du jeu Programme d\u2019entraînement cérébral du Dr Kawashima de Nintendo.Ce jeu précurseur a vite fait des petits; les mini jeux pour booster son cerveau se sont multipliés.Avec l\u2019avènement des tablettes et des téléphones intelligents, on peut entraîner ses neurones à l\u2019aide de petits jeux cognitifs, de mots croisés, de sudokus, de Tetris, de jeux de mémoire, etc.Spécialiste de la maladie d\u2019Alzheimer à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas, le Dr Judes Poirier soutient que ces exercices peuvent présenter certains avantages.Ainsi, les jeux vidéo qui permettent de stimuler la mémoire, d\u2019apprendre des choses par cœur ou de faire des associations d\u2019idées ont des effets bénéfiques chez des gens qui n\u2019ont pas de problèmes de mémoire apparents.« Lorsqu\u2019il y a des déficits cognitifs légers, ces exercices-là peuvent ralentir un peu la perte de mémoire, mais pas l\u2019empêcher complètement, dit-il.On peut aider un cerveau à mieux vieillir, mais il y a le vieillissement normal et les pertes de cellules qu\u2019on ne peut empêcher.Les pertes de cellules dans le cerveau ne commencent pas à 60 ans, mais à 30 ans.Et on perd à chaque 10 ans l\u2019équivalent de 4 % à 8 % des cellules dans le cerveau.C\u2019est un phénomène irrémédiable.» Même son de cloche du côté du Dr Christian Bocti, neurologue au Centre de recherche sur le vieillissement de l\u2019Université de Sherbrooke.« C\u2019est certain que si on s\u2019exerce à une activité de jeux vidéo, on peut améliorer l\u2019attention et la mémoire, explique-t-il.En revanche, le grand problème, c\u2019est qu\u2019on peut se demander s\u2019il est possible d\u2019améliorer Jeux vidéo Faire jouer la matière grise PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE SOCIÉTÉ Que penser du développement de jeux à but thérapeutique ?« Le marché est énorme et en plein essor, souligne le Dr Bocti.Depuis les dernières années, un nombre grandissant de jeux ou d\u2019applications tentent de prévenir le déclin cognitif.Pour mettre toutes les chances de notre côté, il faut : un jeu stimulant, un mode de vie sain avec prévention vasculaire, un traitement de l\u2019hypertension, de l\u2019activité physique et un engagement social.» L\u2019importance de la socialisation Les relations humaines sont très importantes.Plus il y en a, plus les synapses se multiplient dans le cerveau, et plus on peut résister à la pathologie du vieillissement, indique le Dr Bocti.« Les activités sociales sont aussi pertinentes que les activités intellectuelles.» Le Dr Poirier abonde dans le même sens et croit que le bridge a des propriétés inégalées par rapport à l\u2019exercice cognitif.« Le bridge, qui est pourtant un jeu de cartes ordinaire, est très compliqué.Il fait appel à la socialisation, à la mémoire, à l\u2019apprentissage et à la stratégie.Il est considéré comme le meilleur jeu de cartes existant pour maintenir et stimuler la fonction cognitive chez l\u2019humain qui vieillit.Mais il n\u2019y a pas de socialisation possible avec l\u2019ordinateur.Ses bénéfices sont très limités, car il n\u2019y a pas d\u2019interactions possibles avec des gens.Le jeu électronique c\u2019est bien, mais ce n\u2019est pas extraordinaire.» Il y a beaucoup de jeux qui sont structurés de manière à être addic- tifs, ce qui crée de l\u2019isolement par manque de relations sociales et encourage la sédentarité.« Le meilleur jeu qui requiert le développement de tâches multiples est une simulation de conduite automobile, observe le Dr Bocti.Ça permet d\u2019augmenter le champ attentionnel utile, mais il est important que le jeu soit adapté à nos compétences.Des études ont démontré que ce genre de jeu pouvait réduire le risque d\u2019accident.» Cependant, des recherches ont prouvé qu\u2019il y a des effets négatifs en ce qui concerne les jeux vidéo d\u2019action.« Ceux-ci favorisent une région du cerveau au détriment d\u2019une autre, ce qui endommage la mémoire à long terme », indique le Dr Poirier.Les détracteurs En 2016, une étude de chercheurs américains en psychologie, publiée par l\u2019Association for Psychological Science, conteste les effets soi-disant bénéfiques de ces jeux sur les capacités cérébrales.Selon le Dr Judes Poirier, de nombreuses entreprises « mettent des jeux cognitifs sur le marché en exagérant les bénéfices.Il faut faire attention aux gens du marketing qui disent que c\u2019est fabuleux, ce n\u2019est pas la réalité.» Selon le Dr Bocti, « lorsque que les compagnies disent qu\u2019elles ont un logiciel pour prévenir le déclin cognitif et pour prévenir la maladie d\u2019Alzheimer, c\u2019est fautif et c\u2019est de la supercherie ! Les publicités de ces jeux vidéo ne sont pas réglementées comme les médicaments.Alors on peut faire toutes sortes de prétentions sans être hors-la-loi nécessairement.» notre mémoire dans la vie quotidienne ?Ça n\u2019a pas été démontré.Est-ce que ça prévient le déclin cognitif, ça c\u2019est encore moins bien prouvé.Donc, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives.» Des jeux de téléphones et de tablettes Selon l\u2019Association canadienne du logiciel de divertissement (ALD), les femmes baby-boomers jouent principalement à des jeux de casse-tête comme Candy Crush à hauteur de 73 %, tandis que les hommes de cette génération choisissent les jeux de cartes sur téléphone dans 31 % des cas.De plus, 61 % des Canadiens se considèrent comme des joueurs.Le Canada est en fait le pays où le jeu vidéo est le plus important par habitant.Le téléphone ainsi que la tablette constituent la façon la plus populaire de s\u2019adonner à ce passe-temps (46 %), bien devant la console (26 %) et l\u2019ordinateur (22 %).L\u2019entraînement cognitif est un champ relativement nouveau, ce qui rend ce domaine si attrayant pour de nouvelles recherches.Prenons l\u2019application Lumosity.Lancée en 2007, elle est utilisée par 70 millions de personnes dans plus de 180 pays.Elle prétend améliorer la mémoire, l\u2019attention, la flexibilité, la vitesse de traitement et la résolution de problèmes.Les recherches présentées lors de la conférence internationale 2016 de l\u2019Alzheimer Association ont révélé que les personnes âgées qui participaient à 10 séances d\u2019entraînement cérébral d\u2019une heure sur une période de 5 semaines avaient 48 % moins de risques de développer un déclin cognitif ou une démence sur 10 ans.De saines habitudes de vie Il y a des habitudes de vie qui affectent le fonctionnement du cerveau, qu\u2019on pense aux maladies vasculaires, à l\u2019hypertension, au cholestérol élevé, au diabète ou à l\u2019obésité.Une mauvaise alimentation favorise l\u2019apparition des pertes de mémoire et accélère la mort des cellules.« L\u2019idéal, ce serait de suivre une diète méditerranéenne de qualité ainsi que de faire de l\u2019exercice, estime le Dr Poirier.Alors là c\u2019est le jackpot ! On maximise nos efforts pour contrer la perte de mémoire liée à l\u2019âge.» Le Dr Bocti croit également qu\u2019une activité physique régulière peut être bénéfique pour le cerveau, puisque la circulation cérébrale représente une grande partie de la circulation sanguine de tout le corps.« Un cinquième de notre sang passe par le cerveau à chaque battement de cœur », dit-il.La mémoire fait appel à la construction de connections électriques dans le cerveau, les synapses.Celles-ci sont davantage fabriquées si on se sert de nos neurones.Si elles ne sont pas utilisées, les synapses diminuent au fil du temps.La reconnaissance dans l\u2019espace et le temps se perd alors avec les années de vieillesse.« Lorsqu\u2019il est sollicité, le cerveau peut augmenter la capacité de rétention de souvenirs, précise Dr Poirier.Plus on vieillit, moins notre cerveau est malléable.» 1.Elevate 2.Lumosity 3.Peak 4.Mensa Brain Training 5.Memorado Brain Training 6.Fit Brains Trainer 7.CogniFit 8.Happify Selon The Mirror en 2018 Meilleures applications d\u2019entrainement cérébral 23 itineraire.ca 15 mars 2019 Un moyen de se défouler C\u2019est l\u2019affaire à laquelle je joue le plus.Depuis que je suis petit, je joue aux jeux vidéo.J\u2019ai commencé avec la Sega Genesis et la PlayStation, et j\u2019ai suivi l\u2019évolution.Par contre, je n\u2019ai pas encore la VR (réalité virtuelle).Ça coûte trop cher.Quand t\u2019es frustré, tu peux te défouler dans les jeux vidéo.Le mauvais côté, c\u2019est que tu risques de devenir addict.T\u2019arrêtes de faire ta bouffe, ton ménage, de prendre ta douche.Mes jeux préférés sont les Grand Theft Auto et les Devil May Cry.SYLVAIN PÉPIN ENTRETIEN MÉNAGER Canaliser la violence J\u2019ai joué longtemps, mais plus maintenant.J\u2019ai deux petits garçons de 10 et 11 ans.Ils sont toujours sur leurs jeux vidéo ou sur leur tablette et ça me dérange un peu.Au lieu d\u2019être sur des jeux online, j\u2019aimerais mieux qu\u2019ils aillent jouer avec leurs amis dehors.Les jeux vidéo, c\u2019est bon quand il pleut.Sinon, je trouve que les jeux ont évolué de manière phénoménale.Moi, j\u2019ai commencé avec la Nintendo 8 bits.Je trouve que c\u2019est de l\u2019art.Les étudiants qui vont au NAD (École des arts numériques, de l\u2019animation et du design) sont des artistes.C\u2019est vraiment beau ce qu\u2019ils font.Les jeux vidéo c\u2019est aussi une façon de canaliser une forme de violence.Un bon moyen de passer sa rage.SIMON JACQUES DISTRIBUTION World War 3 J\u2019ai joué à Pac-Man sur Nintendo dans le passé.La console ne m\u2019appartenait pas.On jouait l\u2019un contre l\u2019autre.Mon temps de réaction était lent.Les jeux vidéo sont bons pour développer les réflexes et la concentration.Je n\u2019ai pas aimé ça parce que mon amie avait mis le niveau difficile et moi, j\u2019étais un débutant.Donc, elle m\u2019a battu.J\u2019ai aussi joué à World War 3 sur PC, un jeu très bien fait et captivant.Je ne voulais plus le lâcher.On jouait sur internet en équipe.J\u2019étais bon pour la tactique, mais pas en vitesse.Bref, je n\u2019ai jamais acheté de jeux vidéo, parce que j\u2019ai peur de devenir accro.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY L\u2019encadrement des parents Plus jeune, j\u2019aimais ça.Je jouais à Pac-Man dans les arcades.Maintenant, je ne sais pas si c\u2019est parce que j\u2019ai vieilli, mais je ne comprends plus rien là-dedans.Ça évolue trop vite.Y\u2019a certains jeux qui développent la mémoire et les réflexes, mais je trouve que les jeux de guerre, ça peut pousser certains jeunes à la violence.Ça dépend de la mentalité de la personne.Ça dépend aussi de son environnement.S\u2019ils sont déjà élevés dans la violence, ça peut se répercuter dans leur vie.Pour les restrictions selon l\u2019âge, même si les parents cherchent à les encadrer un jeune qui va dans un magasin, va pouvoir acheter le jeu pareil.GAÉTAN PRINCE MÉTRO BONAVENTURE ET PROMENADE MASSON Que pensez-vous des jeux vidéo ?DANS LA TÊTE DES CAMELOTS La violence dans les jeux vidéo Je ne joue pas à ça, mais les jeux vidéo doivent aider à la concentration et à la dextérité manuelle.Ça peut aussi donner le goût d\u2019étudier là-dedans.Par contre, la plupart des jeux vidéo sont violents, plus que les films.Y\u2019a beaucoup de jeunes qui sont accrochés.Ça crée beaucoup de problèmes.J\u2019ai vu des émissions là-dessus et c\u2019est pas drôle.SYLVIE DESJARDINS CAMELOT ONTARIO/CHAMPLAIN Idéal pour se désennuyer Moi, j\u2019adore ça.Quand j\u2019aurai mon appartement, je vais aller me chercher un PlayStation 4.Sinon, j\u2019aime bien aller à l\u2019arcade au métro Atwater qui est dans le centre d\u2019achats Alexis Nihon.Ça désennuie quand tu es tout seul.Par contre, c\u2019est pas bon pour les enfants.Ils ne sortent plus dehors comme quand on était jeune.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Un aspect éducatif Je trouve que c\u2019est éducatif.Y\u2019a beaucoup de jeunes qui embarquent dans les jeux vidéo et qui comprennent mieux l\u2019informatique.J\u2019aurais aimé travailler dans le domaine, mais mon éducation à l\u2019école n\u2019est pas assez forte.J\u2019ai joué à la Xbox et j\u2019ai de la difficulté à comprendre.Sinon, les restrictions selon l\u2019âge devraient être plus respectées.Un char qui va vite dans un jeu, c\u2019est pas pareil que dans la réalité.SÉBASTIEN LAURIN CAMELOT ONTARIO/CHAMPLAIN PHOTO :?JASON?LEUNG?(UNSPLASH) En 2018, la Ville de Montréal adoptait le Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018-2020 : Parce que la rue a différents visages.Témoignant de l\u2019importance pour l\u2019administration de jouer son rôle à l\u2019intérieur de ses compétences, ce plan regroupe un ensemble de mesures, dont plusieurs sont réalisées en collaboration avec ses partenaires privés, institutionnels et communautaires.Pour cette première année, Montréal a rencontré les objectifs qu\u2019elle s\u2019était fixés.Le Plan d\u2019action de la Ville de Montréal, comprenant 40 actions réparties sous quatre axes, prend vie grâce au travail concerté de la Ville et de ses nombreux partenaires.Les services municipaux et les arrondissements, le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), le Mouvement pour mettre fin à l\u2019itinérance à Montréal (MMFIM), le CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal (CCSMTL) ainsi que la cinquantaine d\u2019organismes communautaires financés par la Ville, ont tous été consultés afin de dresser le bilan de la première année du plan.Axe 1 : Accompagner et cohabiter dans l\u2019espace public La Ville qui soutient 13 initiatives d\u2019intervention et de médiation sociale dans l\u2019espace public, ce qui représente des dizaines d\u2019intervenants sociaux dans les rues et parcs de Montréal, ainsi que des unités mobiles telle L\u2019Anonyme et Médecins du monde.Une attention particulière a été accordée aux projets permettant de rejoindre les Autochtones du Square Cabot et les femmes dans différents quartiers.De plus, le nombre d\u2019heures d\u2019interventions du Pôle de services en itinérance (PSI) dans le métro a été doublé, en partenariat avec la Société de développement social (SDS) et la STM.Des milliers d\u2019employés de la Ville, du SPVM et de la STM ont été formés afin de mieux intervenir auprès des personnes en situation d\u2019itinérance.De plus, le SPVM a nommé des agents-pivots en itinérance dans tous les postes de quartier afin de développer une approche locale et les liens avec les organismes.La ville a soutenu le 2e dénombrement des personnes en situation d\u2019itinérance visible et a débuté la réalisation de portraits locaux en itinérance dans les arrondissements.Axe 2 : Sécuriser et stabiliser dans des espaces d\u2019accueil Afin d\u2019offrir des espaces d\u2019accueil et une alternative à la rue, une vingtaine de centres de jour/soir et de services d\u2019hébergement d\u2019urgence sont soutenus par la Ville, en complément du financement du réseau de la santé et des services sociaux et de donateurs privés.Des projets tels le CAP Saint-Barnabé, Projets autochtones du Québec ou encore la Maison Benoit Labre sont soutenus pour une intensification de leurs services.La Ville travaille aussi avec le CCSMTL pour établir les mesures spéciales en période hivernale.Elle a prêté main-forte pour l\u2019ouverture d\u2019une unité de débordement temporaire des refuges, soit 80 lits dans l\u2019ancien hôpital Royal-Victoria.Axe 3 : Loger pour sortir de la rue et prévenir l\u2019itinérance Montréal a pour objectif de favoriser la création de 950 logements avec soutien communautaire destiné aux personnes qui ont connu la rue ou sont à risque de le devenir.En ce début de 2019, 17 projets comprenant 454 logements sont en voie de réalisation, soit la moitié de l\u2019objectif.Axe 4 : Agir ensemble pour l\u2019inclusion sociale Montréal révise sa règlementation municipale en vue de prévenir discriminations et profilages social et racial.La Cour municipale, avec son Programme d\u2019accompagnement justice \u2013 itinérance à la Cour, a soutenu la réhabilitation de 336 personnes de la rue.De plus, des centaines de personnes ayant connu la rue ont eu accès à des expériences de travail grâce au soutien de projets d\u2019insertion comme les brigades vertes.Enfin, la Ville a poursuivi ses représentations auprès des gouvernements pour veiller à assurer la mise en œuvre et le financement des efforts de lutte à l\u2019itinérance à la hauteur des besoins sur son territoire.Bien d\u2019autres résultats ont marqué l\u2019année 2018, chargée en activités, afin de répondre aux différents besoins.Un premier bilan positif du Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018-2020 PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL En 2018, la Ville de Montréal adoptait le Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018-2020 : Parce que la rue a différents visages.Témoignant de l\u2019importance pour l\u2019administration de jouer son rôle à l\u2019intérieur de ses compétences, ce plan regroupe un ensemble de mesures, dont plusieurs sont réalisées en collaboration avec ses partenaires privés, institutionnels et communautaires.Pour cette première année, Montréal a rencontré les objectifs qu\u2019elle s\u2019était fixés.Le Plan d\u2019action de la Ville de Montréal, comprenant 40 actions réparties sous quatre axes, prend vie grâce au travail concerté de la Ville et de ses nombreux partenaires.Les services municipaux et les arrondissements, le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), le Mouvement pour mettre fin à l\u2019itinérance à Montréal (MMFIM), le CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal (CCSMTL) ainsi que la cinquantaine d\u2019organismes communautaires financés par la Ville, ont tous été consultés afin de dresser le bilan de la première année du plan.Axe 1 : Accompagner et cohabiter dans l\u2019espace public La Ville qui soutient 13 initiatives d\u2019intervention et de médiation sociale dans l\u2019espace public, ce qui représente des dizaines d\u2019intervenants sociaux dans les rues et parcs de Montréal, ainsi que des unités mobiles telle L\u2019Anonyme et Médecins du monde.Une attention particulière a été accordée aux projets permettant de rejoindre les Autochtones du Square Cabot et les femmes dans différents quartiers.De plus, le nombre d\u2019heures d\u2019interventions du Pôle de services en itinérance (PSI) dans le métro a été doublé, en partenariat avec la Société de développement social (SDS) et la STM.Des milliers d\u2019employés de la Ville, du SPVM et de la STM ont été formés afin de mieux intervenir auprès des personnes en situation d\u2019itinérance.De plus, le SPVM a nommé des agents-pivots en itinérance dans tous les postes de quartier afin de développer une approche locale et les liens avec les organismes.La ville a soutenu le 2e dénombrement des personnes en situation d\u2019itinérance visible et a débuté la réalisation de portraits locaux en itinérance dans les arrondissements.Axe 2 : Sécuriser et stabiliser dans des espaces d\u2019accueil Afin d\u2019offrir des espaces d\u2019accueil et une alternative à la rue, une vingtaine de centres de jour/soir et de services d\u2019hébergement d\u2019urgence sont soutenus par la Ville, en complément du financement du réseau de la santé et des services sociaux et de donateurs privés.Des projets tels le CAP Saint-Barnabé, Projets autochtones du Québec ou encore la Maison Benoit Labre sont soutenus pour une intensification de leurs services.La Ville travaille aussi avec le CCSMTL pour établir les mesures spéciales en période hivernale.Elle a prêté main-forte pour l\u2019ouverture d\u2019une unité de débordement temporaire des refuges, soit 80 lits dans l\u2019ancien hôpital Royal-Victoria.Axe 3 : Loger pour sortir de la rue et prévenir l\u2019itinérance Montréal a pour objectif de favoriser la création de 950 logements avec soutien communautaire destiné aux personnes qui ont connu la rue ou sont à risque de le devenir.En ce début de 2019, 17 projets comprenant 454 logements sont en voie de réalisation, soit la moitié de l\u2019objectif.Axe 4 : Agir ensemble pour l\u2019inclusion sociale Montréal révise sa règlementation municipale en vue de prévenir discriminations et profilages social et racial.La Cour municipale, avec son Programme d\u2019accompagnement justice \u2013 itinérance à la Cour, a soutenu la réhabilitation de 336 personnes de la rue.De plus, des centaines de personnes ayant connu la rue ont eu accès à des expériences de travail grâce au soutien de projets d\u2019insertion comme les brigades vertes.Enfin, la Ville a poursuivi ses représentations auprès des gouvernements pour veiller à assurer la mise en œuvre et le financement des efforts de lutte à l\u2019itinérance à la hauteur des besoins sur son territoire.Bien d\u2019autres résultats ont marqué l\u2019année 2018, chargée en activités, afin de répondre aux différents besoins.Un premier bilan positif du Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018-2020 PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL Au mois de février dernier, une tragédie sans nom a frappé une famille de Halifax.Un violent incendie a ravagé leur maison et les sept enfants du couple, âgés de 4 mois à 14 ans, sont décédés.Au moment où j\u2019écris ces lignes, le père est entre la vie et la mort à l\u2019hôpital, la mère est également hospitalisée, en état de choc.Cette belle famille a dû quitter sa communauté pour fuir la guerre, passer du temps dans des camps de réfugiés et dans l\u2019incertitude pour enfin arriver dans la région d\u2019Halifax, qui les a accueillis à bras ouverts.Et voilà que ces deux parents, perdent tous leurs enfants.On peut difficilement imaginer pire tragédie.Hélas, la réalité dépasse ce que nous pouvons imaginer d\u2019horreur.Car les commentaires publiés sous la nouvelle de cette histoire, sur internet, ont été pour un bon nombre d\u2019entre eux odieux \u2013 le mot est faible.Je ne les citerai pas tellement ils sont violents.Mais en substance, certains de nos compatriotes se réjouissaient de la mort de ces pauvres enfants, croyant que « nous » étions débarrassés d\u2019au moins de ce nombre de fauteurs de trouble en puissance.Sans mots Lorsque j\u2019ai lu ces commentaires haineux d\u2019une infinie violence, je suis resté sans mots.J\u2019ai erré dans la maison toute la journée.Comment peut-on nourrir autant de haine envers un peuple, ici des Syriens, amalgamés avec les Arabes, et, surtout, une religion, ici supposée musulmane ?Ça me dépasse complètement.Il aurait pu être possible que cette famille soit chrétienne, une confession très présente en Syrie.Il appert, soit, qu\u2019elle est musulmane.Mais qu\u2019est-ce que ça change ?Comment peut-on en venir à détester à ce point une partie de nos semblables ?Qu\u2019une famille soit décimée nous réjouisse ?Bien sûr, il s\u2019agit là d\u2019une quinzaine de commentaires sur Facebook ou sous la publication de TVA.Il ne s\u2019agit que de quelques imbéciles.Non.Dix mille, quinze, sept ou un imbécile, c\u2019est trop.C\u2019est le symptôme d\u2019un mal profond, celui du rejet à tout prix, contre toute réflexion rationnelle, contre tout examen des faits, de la réalité que ces gens ont vécue.Ces quelques personnes qui ont déversé leur fiel prétextant que c\u2019était une bonne chose qu\u2019on élimine la menace que représente ces réfugiés et immigrants de transformer notre culture, ont-ils déjà été en contact avec ces nouveaux arrivants ?Je n\u2019en sais trop rien, évidemment.Mais j\u2019en doute.Chercher la paix Outre l\u2019odieux d\u2019utiliser la mort de ces enfants pour faire la promotion de l\u2019idée selon laquelle l\u2019immigration transformerait notre société en profondeur, il y a là une incompréhension totale des motivations profondes derrière l\u2019émigration.Ces personnes intolérantes \u2013 heureusement très minoritaires, mais néanmoins trop présentes sur les médias sociaux \u2013 croient que les familles immigrantes imposeront leur mode de vie et leurs croyances en nos terres.Or, l\u2019analyse documentée montre que c\u2019est l\u2019exact inverse.Supposons que vous quittez un régime autoritaire ou un pays en guerre, que recherchez-vous ?Un environnement politique, social et communautaire sécuritaire pour votre famille, au sein duquel vous pourrez vous épanouir.Les recherches en sciences sociales l\u2019ont démontré : si l\u2019on fuit, par nécessité voire par urgence, son pays et sa communauté pour s\u2019établir ailleurs, on cherchera à tout prix à s\u2019adapter sa communauté d\u2019accueil.On désirera plus que tout de respecter les institutions qui encadrent notre nouvelle vie commune.C\u2019est ce qu\u2019a certainement voulu cette famille en s\u2019établissant à Halifax.Comment peut-on nier cette volonté et faire preuve de violence verbale à leur égard ?Je ne me l\u2019explique pas.Cette belle famille ne cherchait rien d\u2019autre qu\u2019un refuge, ce qu\u2019elle avait trouvé.Le sort tragique a fait qu\u2019on le lui a enlevé et que des imbéciles s\u2019en réjouissent.Cela est profondément déprimant.Trouver refuge ÉCONOMISTE INDÉPENDANT 15 mars 2019 itineraire.ca 27 L\u2019exemple de Toronto, où l\u2019on ne cesse d\u2019ouvrir des places supplémentaires, est désolant, mais convaincant.Ayant maintenant dépassé la barre des 7000, dont plus de 2900 chambres en motels, ces places sont occupées à plus de 90 % à longueur d\u2019année.Avec très peu d\u2019actions en amont et en aval pour contrer l\u2019itinérance, la situation ne fait que dramatiquement empirer, comme le témoignent les décès de plus de 100 sans- abri en 2018.Pour des investissements structurants Le 27 février dernier marquait le 5e anniversaire de l\u2019adoption de la Politique nationale de lutte à l\u2019itinérance - Ensemble pour éviter la rue et en sortir.Une dizaine de ministères sont signataires de cette politique et interpellés pour agir en logement, en santé et services sociaux, en éducation et en réinsertion, de même que sur le revenu et la déjudiciarisation.Le gouvernement Couillard avait certes adopté un important Plan d\u2019action interministériel 2015-2020 pour déployer cette politique, mais les mesures d\u2019austérité qui ont frappé bien des actions prévues pour contrer l\u2019itinérance ont fait mal.L\u2019aide aux élèves en difficulté, les programmes de logement, les mesures de soutien au revenu et les services publics de soutien psychologique ont connu d\u2019importantes coupes, lesquelles ont fait croitre la précarité et la détresse.Alors que le gouvernement du Québec jouit d\u2019une situation budgétaire très favorable, il doit en profiter pour réinvestir dans l\u2019éducation, la santé et les services sociaux, ainsi que dans des actions qui feront reculer le mal-logement et la pauvreté.Ces mesures sont particulièrement urgentes pour contrer l\u2019itinérance : \u2022 Logement : le gouvernement Legault a promis d\u2019apporter les fonds nécessaires à la réalisation de 13 000 unités que le gouvernement Couillard avait prévues, mais qui n\u2019avaient pu se faire en raison de fonds insuffisants.Cet engagement doit être respecté et accompagné de fonds pour de nouveaux logements; \u2022 Aide sociale : les prestations doivent être augmentées pour permettre de couvrir les besoins essentiels.Actuellement, la prestation de base est de 644 $ par mois alors que le coût moyen d\u2019un studio à Montréal est de 648 $; \u2022 Le soutien aux organismes communautaires doit être augmenté de façon récurrente afin de leur permettre de répondre à des besoins en croissance pour soutenir la réinsertion et la stabilité résidentielle, le travail de rue, l\u2019intervention dans les centres de jour, l\u2019hébergement et le logement social.Le premier budget du gouvernement Legault orientera en grande partie les actions de son mandat.Des réponses aux enjeux sociaux devront être apportées par ce budget, en plus de s\u2019accroitre par la suite.Alors que le gouvernement Legault adoptera ce printemps son premier budget, il sera essentiel que celui-ci prévoie différents investissements afin de soutenir les actions pour contrer l\u2019accroissement de l\u2019itinérance.Des fonds accrus sont nécessaires dans le logement social, la lutte à la pauvreté, les services sociaux et le soutien aux organismes communautaires.Une situation inquiétante ou dramatique À Montréal, mais aussi ailleurs au Québec, les ressources d\u2019hébergement pour personnes itinérantes font face à une demande croissante.C\u2019est le cas des refuges pour hommes à Montréal, alors que l\u2019unité de débordement mise en place au Royal Victoria cet hiver a dû accueillir près de 80 personnes tous les soirs.Pour leur part, les ressources d\u2019hébergement pour femmes sans-abri refusent depuis des années des demandes d\u2019admission faute de places, alors qu\u2019elles sont en croissance.Les débordements et la pression accrue sur les ressources se ressentent aussi à Québec et à Gatineau, où les inondations et les tornades ont rendu dramatique la crise du logement.Les ressources sont aussi fort sollicitées ailleurs, de Val-d\u2019Or à Vaudreuil.Pour faire face à l\u2019itinérance, les ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence sont nécessaires, incluant les mesures temporaires (hôpitaux abandonnés, location de chambres de motels, etc.).Toutefois, celles-ci ne peuvent suffire.Elles apportent certes une réponse nécessaire, mais elles ne permettent point d\u2019endiguer le phénomène de l\u2019itinérance.Québec doit investir pour contrer l\u2019itinérance Pierre Gaudreau ?Directeur du RAPSIM P H O T O   : R A P S I M CHRONIQUE?PAYÉE Afghan model Sultan Qasim Sayeedi, 18, poses for a picture in Kabul, Afghanistan.Sayeedi scours Facebook, YouTube and Instagram to learn about fashion and modelling and draws inspiration from his favourite models, including Saudi Arabia\u2019s Omar Borkan, and Canadian popstar Justin Bieber.\"We\u2019re afraid that if the Taliban come then we will not be able to hold our shows,\" he said.Despite that wariness, Sultan says it\u2019s time the fighting ended.\"If American troops will go, peace will come, we want peace\", he said.Tous les 15 du mois, nous publions du contenu original INSP.Les articles et photos de Reuters sont mis à la disposition de l\u2019INSP et de ses membres.Dans ce reportage, les journalistes brossent un portrait de jeunes afghans, qui craignent pour leur avenir alors que les Talibans risquent de jouer un plus grand rôle au sein du gouvernement en Afghanistan.future with the Taliban Afghanistan\u2019s youth wary of Afghanistan\u2019s Generation Z has grown up in a 17-year window shadowed by warfare and a heavy international presence, but now faces an uncertain future and the possibility of stark change.Reuters spoke to some of them about the prospect of a deal that would see the Taliban take on a formal role in government.Peace talks between the United States and Taliban are ramping up, which could see the hardline group take on a formal role in government, while U.S.President Donald Trump is reported to be cutting the number of U.S.troops, which peaked at 100,000 in the early 2010s and is now at about 14,000.15 mars 2019 itineraire.ca 29 P H O T O   : ?R E U T E R S / M O H A M M A D ?I S M A I L ?By Mohammad Ismail, Charlotte Greenfield And Hameed Farzad No one knows what form a new government may take or how much control the Taliban might have under any deal, but for young people who were babies when the Taliban were driven from power by a U.S.-led campaign in 2001, the prospect of peace with the hardline Islamists brings a daunting mix of hope and fear.For villagers in rural Afghanistan, where traditional ways have always counted for more than central government law, life may not change much.But for the young of Kabul and other cities, there is much to lose, in particular the freedoms restored after the Taliban were ousted - from playing music to modelling and adopting trendy haircuts - which they\u2019ve grown up with.\"The thing I\u2019m most worried about is that if they return, I\u2019ll not be able to continue playing music\", said Maram Atayee, a 16-year-old pianist who attends music school in Kabul.\"It will be great if the government and the Taliban reach a peace deal.At that time there should be access to music for everyone and women\u2019s rights must be protected.\" When the Taliban were last in power, they gained global notoriety for a harsh regime that forced women and girls to stay at home, restricted music and sports and imposed brutal punishment on infractions of a hardline version of Islamic law.More recently, they have adopted a more moderate tone, including pledges on rights for women and girls\u2019 education, appeals for support from foreign aid groups and promises to maintain good international relations.While huge doubts remain, the peace talks have given young people a sense of hope.\"I am optimistic about the Taliban joining the peace process\", said Hussain, 19, who like many young Afghans grew up in neighbouring Iran where millions have taken refuge from war.He now works as a hairdresser in Kabul.\"It will be an end to the war and conflicts in our country.I want the Taliban to change their policy and not behave like before.\" Afghanistan has a strikingly young population, with more than 60 per cent of its 35 million people under the age of 25, and half under the age of 15, according to the UN Population Fund.Like young people everywhere, Afghanistan\u2019s urban youth rely on technology for their window on global trends and culture, and face huge problems finding permanent, stable work.They have also had to deal with near-daily violence and a broken economy that cannot provide jobs for the 400,000 or so new entrants to the workforce every year.Hundreds of thousands have migrated in the years since 2014, when most foreign forces left.Many have risked dangerous journeys in search of new homes in countries like Turkey, in Europe or further afield.For some of those who have remained, there is now hope that peace will bring opportunities.Nineteen-year-old Omar, who works at a shop in Kabul that sells clothes imported from Turkey, has been learning English since he was six with the hope of travelling.He keeps a book filled with photos of places he wants to visit \u2013 the Taj Mahal, the Eiffel Tower, New York City.Still, he says, he wants to live in Afghanistan and longs for an end to the violence.\"If there\u2019s peace it would be easier, there\u2019s lots of rich guys and they\u2019re not investing because they\u2019re scared for their lives, that there will be a bomb that will destroy what they\u2019ve done.\" He admires the progress made by China, whose presence in 30 15 mars 2019 itineraire.ca Maram Atayee, 16, a pianist at the Afghan National Institute of Music in Kabul, says: \"The thing I\u2019m most worried about is that if they return, I\u2019ll not be able to continue playing music.It will be great if the government and the Taliban reach a peace deal.At that time there should be access to music for everyone and women\u2019s rights must be protected.\" Afghan hairdresser Hussain, 19, in Kabul: \"I am optimistic about the Taliban joining the peace process.\" Hussain, who like many young Afghans grew up in neighbouring Iran where millions have taken refuge from war.\"It will be an end to the war and conflicts in our country.I want the Taliban to change their policy and not behave like before.\" Zarghona Haidari, 22, who works at a book store in Shahr Ketab Centre : \"I\u2019m not very optimistic about peace in this country.I don\u2019t think the Taliban will make a deal with the government\".Afghanistan pales in comparison with that of other powers, but whose investment is increasing: \"They have peace, they are hard workers.\" But he feels apprehensive about the prospect of the U.S.military leaving.\"What President Trump said about Afghanistan was totally wrong, we need help\", he said.Sultan Qasim Sayeedi, an 18-year-old model sports a hairstyle with shaven sides and a slicked back front called a \"sinpogh\", which he says turns heads on Kabul\u2019s streets.He scours Facebook, YouTube and Instagram to learn about fashion and modelling and draws inspiration from his favourite models, including Saudi Arabia\u2019s Omar Borkan, and Canadian popstar Justin Bieber.\"We\u2019re afraid that if the Taliban come then we will not be able to hold our shows\", he said.Despite that wariness, Sultan says it\u2019s time the fighting ended.\"If American troops go, peace will come, we want peace\", he said.Maryam Ghulami, a 20-year-old living in the western province of Herat, says her generation will bring change that her parents never could.She is learning graphic design and computer coding at an online academy and likes to hone her skills with YouTube tutorials.While she believes Afghanistan faces many problems - a slow and unreliable internet connection, for a start - she has faith that her generation can bring change.\"The new generation can change Afghanistan with knowledge, with technology\", she said.PHOTOS :?REUTERS/MOHAMMAD?ISMAIL? SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER MÉLANIE NOËL CAMELOT MÉTRO VERDUN CHRISTIAN TARTE CAMELOT VILLAGE DES VALEURS ONTARIO / PIE-IX Mon hospitalisation En 1996, ma sœur jumelle et moi sommes passées devant le juge pour avoir une évaluation à l\u2019hôpital Douglas.C\u2019a été très dur pour moi d\u2019arriver au pavillon Stearns.À ce moment-là, je voulais à tout prix retourner dans mon Centre jeunesse.Ma sœur m\u2019a convaincue de fuguer avec elle; j\u2019ai accepté.Nous voulions retourner chez notre mère, mais finalement nous avons été obligées de retourner à l\u2019hôpital.Ma mère et mon père trouvaient ça dur de nous voir à l\u2019hôpital.À cette époque, j\u2019étais suivie par une femme docteure que je n\u2019aimais pas.Quand je suis retournée dans mon Centre jeunesse après trois mois, cette docteure refusait que ma famille et moi ayons des contacts avec ma sœur.Pendant mon hospitalisation, ma sœur et moi devions souvent faire des « réflexions » de 24 heures dans nos chambres.Souvent, je devais réflechir à cause de ma sœur.Au début de notre hospitalisation, ma sœur jumelle et moi avions le droit d\u2019appeler nos parents une fois par semaine.Après quelques semaines, la docteure et son équipe nous ont interdit tout contact avec notre famille.Ça a duré trois mois.Au début, ma mère venait nous voir une fois par semaine, mais elle a vite arrêté car c\u2019était trop dur pour elle.Mon père a attendu trois mois avant de venir nous voir.Quand je suis retournée au Centre jeunesse après trois mois d\u2019hospitalisation, ils voulaient nous mettre ma sœur et moi dans la même unité étant donné qu\u2019on avait été hospitalisées ensemble à l\u2019hôpital Douglas.J\u2019ai refusé, et finalement ma sœur a été placée dans une autre unité.Elle et moi avions le droit d\u2019avoir des contacts entre nous, mais j\u2019ai annulé les rencontres avec elle.Les émotions que me fait vivre la musique Cette année, j\u2019ai appris à connaître beaucoup de styles de musique dont la musique cybergoth qui est un mélange de musique industrielle et gothique.La plupart des chansons s\u2019expriment très ouvertement par des paroles rebelles et sombres.L\u2019ambiance est un peu lourde.J\u2019aime ce genre de musique car cela fait différent des autres genres et que je suis un peu gothique dans l\u2019âme.Les gothiques ont un style d\u2019habillement à eux également.Il existe même des clubs underground où on peut écouter seulement cette musique.Les personnes qui écoutent cela pour la première fois sont surprises.La musique est assez envoûtante car même s\u2019il y a des cris, cela se fond avec les sons technos.Ce qui différencie le death metal et le cybergoth c\u2019est que le premier utilise des instruments et le second des claviers électroniques, entre autres.Les gens qui aiment le death metal pourront peut- être aussi aimer le cybergoth.J\u2019écoute du métal depuis que je suis tout petit mais ce style-là, je l\u2019ai découvert cette année par hasard sur YouTube.La première fois que j\u2019ai écouté ce type de musique, je l\u2019ai tout de suite apprécié parce que je suis ouvert d\u2019esprit et que j\u2019aime bien toutes les branches du métal.J\u2019écoute également du métal viking qui est plus folklorique et qui utilise beaucoup d\u2019instruments variés dont la flûte et le violon.J\u2019aime presque toutes les formes de métal.J\u2019ai même déjà écouté du gospel métal.Quand cela ne file pas, au lieu de tout casser, mon conseil serait d\u2019aller écouter du métal.Moi, cela m\u2019aide à calmer mon tempérament bipolaire et à me défouler.Merci à vous ! Ah! Doux printemps ! Le printemps, sûrement ma saison préférée, l\u2019infecte neige qui commence à fondre, l\u2019herbe qui verdit, l\u2019apparition des bourgeons, les bottes et les manteaux qui foutent le camp et inévitablement les multiples crottes de chiens qu\u2019il faut éviter.Mais aussi avec le printemps arrive l\u2019émergence de l\u2019infâme duo « bas et sandale ».Non mais quelle abomination visuelle ! Je n\u2019ai jamais compris l\u2019utilité d\u2019un tel accoutrement ni les raisons qui poussent certaines personnes à s\u2019affubler ainsi.J\u2019ai même tenté l\u2019expérience une fois pour m\u2019apercevoir que je n\u2019y ai trouvé aucun bénéfice à m\u2019attriquer ainsi, aucun confort et en plus je me sentais assez ridicule.Si ma mémoire est bonne, les sandales ont été inventées pour aérer les pieds.J\u2019ai posé la question à certaines personnes et la réponse qui revenait le plus souvent était qu\u2019elles n\u2019avaient pas de beaux pieds.Et bien j\u2019ai la solution : portez des espadrilles ou des souliers ou n\u2019importe quoi, mais de grâce, pas de sandales avec des bas ! Allez, sans rancune, je vous aime quand même.Bonne journée.PS : Question en passant\u2026 Je me demande si c\u2019est l\u2019uniforme officiel des terrains de camping. Depuis plus de 30 ans, je vis avec des douleurs diffuses dans tout le corps et j\u2019ai des symptômes bizarres.Des sensations de brûlures de cigarettes, des chocs électriques, des mouvements involontaires et je bave fréquemment quand je ris ou quand je parle beaucoup, ce qui arrive souvent.Je n\u2019en ai jamais parlé à mon médecin de famille car je pensais que c\u2019était nerveux.Cet été, en juillet, je suis allée à l\u2019hôpital pour une autre condition médicale et j\u2019en ai parlé au jeune médecin résident.Il m\u2019a fait passer un examen du cerveau et ils ont vu des plaques.Ça m\u2019a donné une claque.C\u2019est la raison pour laquelle j\u2019appelle cette maladie la « sclérose en claques ».Il n\u2019y a pas de traitement pour cette maladie, mais on peut soulager les symptômes avec différents médicaments.J\u2019ai une sclérose intermittente et récurrente.Ça vient par crises.Ça peut durer une semaine comme six mois.C\u2019est comme ça.Les problèmes de digestion font partie de cette condition.85 livres sans diète Je me demandais pourquoi je maigrissais comme ça.Depuis avril 2018, j\u2019ai perdu 85 livres en ne faisant pas de diète.J\u2019ai eu la diarrhée pendant six mois.J\u2019en suis très heureuse car j\u2019étais très grosse, je pesais 230 livres, alors je jubile.Quand les gens me demandent comment j\u2019ai fait pour maigrir, je leur dis que « j\u2019ai eu des problèmes d\u2019 intestins à cause de la sclérose en plaques ».Je veux vous faire part de mes difficultés pour vendre L\u2019Itinéraire.J\u2019adore ce magazine et je suis fière de te le vendre.Quand je suis à mon point de vente en face du Pharmaprix, vous pouvez difficilement vous rendre compte de ma maladie, mis à part mon déambulateur ou ma canne.Parfois, je fais des mouvements involontaires et j\u2019ai beaucoup de douleurs, mais je suis toujours positive et quelques fois je fais des commentaires drôles.J\u2019ai des phrases comiques pour vendre mon produit.Je me dis que c\u2019est moi que je vends, ma personnalité.J\u2019adore parler avec les clients.Je me rappelle presque tout d\u2019eux.J\u2019ai une mémoire d\u2019éléphant.J\u2019aime avoir de leurs nouvelles, pour savoir comment ils vont, ce qu\u2019ils font, etc.J\u2019adore mon point de vente, ça bouge beaucoup.Je rencontre beaucoup de gens différents et j\u2019adore la différence.Je suis pas mal différente moi-même.J\u2019aime être à part des autres, je n\u2019aime pas me fondre dans la société, je suis donc moi-même.Tout ça pour vous dire que je ne peux pas rester longtemps à mon point de vente, trois heures est mon maximum.Je me fatigue facilement et les douleurs me font abréger mon temps de vente.Les trois heures durant lesquelles je travaille sont vraiment un plaisir pour moi.J\u2019adore rencontrer le monde.C\u2019en est presque une maladie, mais une belle maladie qui ne me fait pas souffrir.Curieuse de nature Je suis curieuse de nature, j\u2019aurais dû devenir journaliste.Je me dis qu\u2019il n\u2019y a pas de question idiote.Si je n\u2019ai pas de réponse, je ne m\u2019en offusque pas outre mesure.Je fais comme si de rien n\u2019était, mais c\u2019est rare.Je suis très respectueuse avec mes clients et dans la vie en général.Alors lorsque vous me verrez, vous saurez un peu plus qui je suis.Je vais peut-être vous présenter L\u2019Itinéraire en vous disant « svp, flushez-moi pas ».Pour faire une farce.C\u2019est ma manière de vendre.Je peux aussi être sérieuse et vous présenter la revue, mais je vais toujours essayer de vous parler de l\u2019organisme, de ce qu\u2019il fait pour les camelots.Les intervenants de cet organisme m\u2019ont sauvé la vie, littéralement.Ils m\u2019ont tellement aidée après une grosse épreuve.J\u2019ai été séquestrée et violée pendant deux mois.J\u2019ai été très bien accompagnée par une intervenante pour les procédures judiciaires.J\u2019ai finalement perdu ma cause pour un doute raisonnable, mais je suis fière d\u2019être allée jusqu\u2019au bout.Alors, je veux que tu saches que L\u2019Itinéraire est bien plus qu\u2019un magazine, c\u2019est ma famille.J\u2019adore cet organisme de tout mon cœur.J\u2019ai hâte de vous voir et de vous parler un peu si ça vous tente.À bientôt ! Ma sclérose en « claques » itineraire.ca 15 mars 2019 33 PAR SYLVIE DESJARDINS CAMELOT ONTARIO / CHAMPLAIN TRANCHES DE VIE PHOTO :?COURTOISIE Famille, amis, collèges et patients ont tous été marqués par cette personne admirable qu\u2019était la Dre Sylvie Vézina (1962-2018).Décédée d\u2019un grave cancer en novembre dernier à l\u2019âge de 56 ans, cette femme d\u2019exception qui a été impliquée jusqu\u2019à la toute fin dans le domaine social et de la santé laisse une communauté entière en deuil.Tous témoignent d\u2019une femme engagée, tant du point de vue professionnel que personnel.Diplômée en médecine en 1987, la hausse fulgurante du VIH dans les années 1990 l\u2019a interpellée et l\u2019a poussée à venir en aide aux patients atteints de cette terrible maladie, alors largement jugés par la société.Elle est devenue une figure importante, mais aussi une pionnière dans la lutte contre le VIH.Dre Vézina a priorisé les patients en situation de vulnérabilité, mais plus spécifiquement, les personnes marginalisées, dont les membres de la communauté LGBTQ+, qu\u2019elle a soignés par milliers tout au long de sa carrière.Elle a travaillé à la clinique médicale Mont-Carmel de 1987 à 1994.Son intérêt pour la cause l\u2019a menée dès 1990 vers la présidence du Comité Sida-Aide Montréal.Le CSAM était à l\u2019époque l\u2019un des principaux organismes communautaires de lutte contre le sida au Québec.La Dre Vézina a également été à l\u2019origine de la Maison du Parc, un lieu d\u2019hébergement, fondé en 1991, pour personnes atteintes du sida.C\u2019est pourquoi on parle d\u2019elle comme une pionnière dans le domaine.Lutteuse pour la vie DES GENS D\u2019EXCEPTION Dre Sylvie Vézina JO REDWITCH CAMELOT METRO MCGILL La clinique médicale du Quartier latin a pour mission de prodiguer des soins accessibles et de grande qualité au centre-ville de Montréal, à une clientèle souvent vulnérable et marginalisée : infection par le VIH, santé mentale, toxicomanie et itinérance.L\u2019équipe de médecins d\u2019expérience place le patient au centre de leur pratique sans compter qu\u2019ils offrent une clinique de rendez-vous rapides.L\u2019Actuel est une clinique médicale de dépistage et de traitement des infections transmissibles sexuellement (ITSS) et du VIH/sida, dont l\u2019un des principes fondamentaux repose sur l\u2019éducation des patients, afin de les outiller pour mieux soigner, contrôler ou prévenir la maladie.Ses valeurs humanistes Dre Vézina traitait en priorité ses patients victimes de préjugés, dont ceux qui utilisaient des drogues par injection (UDI).Malgré sa charge énorme de travail, elle se montrait particulièrement humaine.« Son accueil chaleureux, son écoute et son attention à mon endroit m\u2019ont fait comprendre son humanisme », explique un de ses patients, Richard Héneault.Le frère d\u2019un autre de ses patients se rappelle quant à lui de la Dre Vézina comme d\u2019une personne dévouée : « Elle a donné une fin de vie merveilleuse à mon frère ».Les gens qui l\u2019ont connue la décrivent comme une personne dynamique et engagée, au point où elle ne refusait jamais de voir un patient, même avec des problématiques multiples telles que l\u2019itinérance, la toxicomanie et la maladie mentale.De 1992 à 2010, elle a pratiqué au CHUM, en médecine des toxicomanies.Elle a également travaillé dans la clinique médicale l\u2019Actuel de 1994 à 2016 \u2014 dont plusieurs années comme directrice clinique \u2014 puis à la clinique médicale urbaine du Quartier latin (2016-2018).La Dre Vézina a participé à de nombreux projets de recherche dont certains feront l\u2019objet de présentations internationales.L\u2019un de ces projets a permis de développer un modèle de thérapie qui encourage un suivi serré du patient à la fois par un médecin, un pharmacien et un travailleur social.Ils doivent travailler de concert avec le patient qui est parfois un utilisateur de drogues par injection à l\u2019instar de Jean-Claude, qui se souvient très bien de Dre Sylvie Vézina.Un témoin de sa bienveillance Jean-Claude parle ainsi de ce médecin exceptionnel : « Elle m\u2019a suivi à partir de 1999.J\u2019avais l\u2019hépatite C et le VIH, et j\u2019étais aussi suivi par un travailleur social.Dès que je l\u2019ai rencontrée, ç\u2019a cliqué.Je l\u2019ai adoptée comme docteure pour son écoute, pour sa gentillesse et parce qu\u2019elle ne me jugeait pas ».Il ajoute que ce qu\u2019il aimait chez sa docteure, c\u2019était qu\u2019elle se concentrait sur les solutions au lieu du problème.Jean-Claude ajoute : « Quand elle a pris congé pour son cancer, elle s\u2019ennuyait de ses patients.Lors de sa rémission, elle est revenue travailler.Au début, elle portait une perruque, puis elle l\u2019a mise de côté.Elle avait beaucoup maigri à la suite de sa chimiothérapie.Mais, elle a gardé le sourire et elle me donnait toujours un câlin jusqu\u2019à ma dernière rencontre avec elle.J\u2019avais les larmes aux yeux la dernière fois que je l\u2019ai vue.» C\u2019était une femme extraordinaire nous affirme Jean-Claude : « Elle a travaillé jusqu\u2019à la fin ou presque.Elle a tenu à voir chacun de ses patients avant de lâcher prise.Lors de mon dernier rendezvous, ça faisait 11 ans et demi que je ne prenais plus de drogue ».Il a aujourd\u2019hui une charge virale indétectable.Cela indique que le VIH est moins actif dans sa réplication.Il n\u2019oubliera jamais ce que son médecin a fait pour lui.Reconnaissance En 2006, Dre Vézina a été récipiendaire d\u2019un prix de la Fondation Farha (depuis fusionnée avec la Fondation québécoise du sida).L\u2019Ordre des pharmaciens du Québec lui a également remis le prix Hippocrate en 2014 afin de saluer la mise en place, en collaboration avec la pharmacienne Danielle Gourde, d\u2019un projet clinique impliquant la coopération entre la pharmacie et la médecine.15 mars 2019 itineraire.ca 35 PHOTO :?NICOLAS?ST-GERMAIN Tous deux porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, les comédiens Gabrielle Marion-Rivard et Vincent-Guillaume Otis connaissent bien cette réalité, mais chacun à leur manière.Si Gabrielle a le syndrome de Williams, c\u2019est par l\u2019entremise de son frère Jean-Sébastien que Vincent-Guillaume a été sensibilisé à cette condition.Accompagné de Jean-Sébastien, Vincent-Guillaume Otis a animé cet automne le Cabaret Singulier pluriel.Il s\u2019agissait d\u2019un spec- tacle-bénéfice pour la déficience intellectuelle.C\u2019était la première fois qu\u2019ils partageaient une scène : « Ça s\u2019est très bien passé, c\u2019est une expérience qui restera gravée dans ma mémoire pour un bout de temps, nous partage-t-il.Ç\u2019a toujours été un rêve de monter sur scène avec mon frère, surtout dans le cadre de la Semaine de la déficience intellectuelle.On s\u2019est découvert une grande complicité.C\u2019était une belle soirée, pas parce que mon frère et moi étions sur scène, mais parce qu\u2019on célébrait la déficience intellectuelle.» Le grand public a connu Gabrielle Marion-Rivard grâce au film Gabrielle réalisé par Louise Archambault en 2013, dans lequel Vincent-Guillaume tenait également un rôle.Elle était très enthousiaste lorsqu\u2019elle a appris qu\u2019elle obtenait le premier rôle.« C\u2019était vraiment un rêve pour moi, parce que je suis une grande cinéphile et je suis très fière, nous raconte-t-elle.Depuis ce temps, les gens m\u2019arrêtent dans la rue et me demandent : \u201c est-ce que c\u2019est toi Gabrielle ?\u201d Le monde m\u2019accepte beaucoup.C\u2019est le fun de voir que le film Gabrielle a changé la vie de plusieurs personnes qui ont une déficience intellectuelle.» Un film qui a également eu un impact sur les parents des personnes déficientes qui l\u2019ont remerciée pour son travail.La déficience intellectuelle vécue au quotidien PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR Pour sa part, Vincent-Guillaume affirme que son frère l\u2019a grandement aidé à être un meilleur comédien : « Être un acteur, c\u2019est avant tout d\u2019être à l\u2019écoute.C\u2019est un métier d\u2019ouverture.Quand tu joues un personnage, il ne faut pas que tu le juges.Donc, si tu es déjà très ouvert, tu pourras embrasser ton personnage avec tous ses défauts.Mon frère m\u2019a appris ça, avec ses différences à lui.Cette sensibilité-là, c\u2019est lui qui me l\u2019a donnée comme cadeau.» Les défis d\u2019intégrer le marché du travail Bien que des employeurs fassent preuve d\u2019ouverture de nos jours, les personnes qui ont un handicap ou une déficience intellectuelle sont encore victimes de préjugés.Certains employeurs croient que ces gens représentent une charge trop lourde dans un monde où la priorité est mise sur l\u2019efficacité et la productivité.Vincent- Guillaume pense au contraire qu\u2019ils apportent quelque chose de plus à leur milieu de travail : « Les personnes qui ont une déficience intellectuelle emmènent une énergie au travail qui est communicatrice.Ce sont des gens très assidus et ponctuels, des personnes qui vont toujours t\u2019accueillir avec un beau sourire.Ça change beaucoup de choses, ça emmène de la lumière et de la vie.» Gabrielle abonde dans ce sens : « On veut apprendre à travailler et être comme les autres.Des fois, il y a des gens qui ne sont pas capables d\u2019accepter la différence.C\u2019est vraiment difficile.On souhaite travailler pour montrer au monde qu\u2019on est capable.» J\u2019aurais voulu être une artiste\u2026 La particularité de Gabrielle, c\u2019est qu\u2019elle exerce un métier peu commun et qu\u2019elle a la chance de vivre son rêve.« Je vis une vie d\u2019artiste et je veux montrer au monde que je suis capable de travailler fort.J\u2019ai eu une formation en arts de la scène grâce aux Muses.C\u2019est un grand cheminement, explique la comédienne née dans une famille de musiciens (son père et sa mère ont joué dans l\u2019Orchestre Métropolitain).C\u2019est pour ça que j\u2019aime la vie d\u2019artiste comme dans la chanson J\u2019aurais voulu être un artiste.Ben voilà, je suis devenue une artiste ! », ajoute-t-elle avec fierté.Depuis le film Gabrielle, la jeune comédienne a participé à plusieurs projets artistiques.Elle a eu divers petits rôles, comme dans la série télé Au secours de Béatrice.Elle a aussi joué dans une websérie qui s\u2019appelle Les éphémères, ainsi que dans plusieurs pièces de théâtre.Tout récemment, elle faisait partie de la distribution de la pièce Cendres de Menka Nagrani.Un projet qui mélange le jeu et la danse.« Menka savait que j\u2019étais capable de danser et de jouer dans des pièces de théâtre.J\u2019ai rencontré une équipe extraordinaire.Je connaissais déjà Olivier Rousseau puisqu\u2019on a joué dans une pièce qui s\u2019appelait Bonne fête, nous raconte Gabrielle.Dans Cendres, j\u2019 interprète le rôle de Vivianne.C\u2019est une personne qui est enthousiaste, chaleureuse et elle cherche à consoler son frère.Mais son frère est du genre colérique.Il n\u2019aime pas qu\u2019on parle de sa sœur parce que ça lui fait trop de peine et ça le met en colère.» Gabrielle a rencontré Menka Nagrani aux Muses : cette dernière y donne des cours de danse.« J\u2019ai aussi fait beaucoup de projets avec la chorégraphe Mahéwen Desbois, ajoute-t-elle.J\u2019ai fait Dans ta tête et Six pieds sur terre.Avec ma collègue Roxanne, j\u2019ai aussi collaboré au le spectacle musical Avec pas d\u2019cœur.Une grande tournée est d\u2019ailleurs prévue au mois de mars.Dans cette pièce, on parle de sexualité entre des personnes qui ont une déficience intellectuelle.» Avec quels acteurs Gabrielle aimerait-elle partager l\u2019écran ?« J\u2019aimerais beaucoup jouer avec Patrick Huard parce que je trouve qu\u2019 il est vraiment gentil.J\u2019aimerais aussi faire un film de pirates avec Johnny Depp.Sinon, je voudrais interpréter une détective à l\u2019anglaise ou incarner une fille rebelle comme une vampire.» On lui demande aussi souvent s\u2019il y aura une suite à Gabrielle : « Je leur dis que je ne sais pas.Peut-être que oui, peut-être que non.» La loi du plus fort Souvent à l\u2019école, ça ne prend pas grand-chose pour être victime d\u2019intimidation.Lorsqu\u2019on a une différence, que ce soit physique ou intellectuelle, on peut facilement devenir la tête de Turc.Dans les années 1980, on ne parlait pas autant de ce phénomène qu\u2019au- jourd\u2019hui.Vincent-Guillaume fréquentait la même école primaire que son frère, Jean-Sébastien.Il devait régulièrement le défendre auprès de ses camarades.Cela l\u2019a aidé à développer son sens des responsabilités.« Ce sont surtout mes parents qui ont dû faire face à ce problème, mais moi quand j\u2019étais petit, je me sentais protecteur de mon frère.L\u2019 intimidation existe encore aujourd\u2019hui, mais à l\u2019époque, c\u2019était vraiment la loi du plus fort.C\u2019était souvent les plus vulnérables qui payaient.Il a fallu que je m\u2019 interpose, physiquement même.Je suis très sensible à l\u2019 intimidation.Quand tu vois quelqu\u2019un que t\u2019aimes se faire brasser ou se faire dire des choses qui ne sont pas très jolies, non seulement tu trouves que c\u2019est injuste, mais ça donne le goût de crier au monde entier que ça ne devrait pas exister ! Je transmets ça à mes enfants.Très jeune, je leur ai demandé de faire attention aux êtres humains qu\u2019 ils côtoient et de les considérer comme des égaux.» De son côté, Gabrielle dit ne pas avoir subi de l\u2019intimidation en tant que tel, ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019avoir été victime de préjugés.Les personnes qui ont le syndrome de Williams peuvent être sujettes aux moqueries puisque leurs traits faciaux sont différents : « Ce qui est difficile, c\u2019est de se faire traiter d\u2019elfe et de lutin.Moi, je leur dis que je n\u2019aime pas ça et de m\u2019accepter comme je suis.Les gens qui ont le syndrome de Williams sont des personnes chaleureuses, enthousiastes, de bonne humeur et qui aiment ça être heureux.Mon défaut, c\u2019est que je suis vraiment chialeuse, je chiale sur plein de sujets (rires) ». Inacceptable Récemment, Vincent-Guillaume a fait la mise en scène de la pièce Des souris et des hommes de John Steinbeck.À l\u2019une des représentations faites devant un groupe scolaire, des adolescents ont fait du grabuge.En plus de se moquer du personnage de Lennie, un déficient intellectuel interprété par Guillaume Cyr, l\u2019actrice Marie-Pier Labrecque se faisait siffler comme une strip-teaseuse à chacune de ses apparitions sur scène et certains jeunes ont même applaudi lorsque le personnage était tué.Ce n\u2019était pas tous les adolescents qui étaient turbulents, mais Vincent-Guillaume a trouvé leur comportement inacceptable : « Il y a eu un manque au niveau de la discipline.Sans vouloir jeter le blâme sur personne, les acteurs de la pièce m\u2019ont dit que les accompagnateurs n\u2019ont pas fait leur travail.Ces jeunes-là auraient dû être sortis de la salle.Il y a encore beaucoup de travail à faire au niveau du jugement et de l\u2019acceptation de l\u2019autre.L\u2019intimidation, on dirait qu\u2019on en parle beaucoup, mais il faut continuer de marteler le message.Il y a aussi un travail à faire comme parent.J\u2019ai trois enfants et je me fais un devoir de les conscientiser sur ces sujets.» PHOTO :?NICOLAS?ST-GERMAIN Les Muses est un programme professionnel en arts de la scène destinée aux personnes ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l\u2019autisme, une limitation physique ou sensorielle.Le programme a été créé en partenariat avec le centre Champagnat de la Commission scolaire de Montréal.Le but est de les intégrer professionnellement dans le monde des arts de la scène.Sur la photo, Gabrielle partage la scène avec le comédien Olivier Rousseau.L\u2019appropriation corporelle Contrairement à son personnage Lennie, Guillaume Cyr n\u2019a pas de déficience intellectuelle.De plus en plus de personnes revendiquent que ce type de personnages soit joué par des comédiens qui ont eux-mêmes une déficience.Une revendication qu\u2019on entend aussi dans le cas des handicaps physiques.Dans le film The Upside \u2014 le remake américain du film français Intouchables \u2014 l\u2019acteur Bryan Cranston joue le rôle d\u2019une personne tétraplégique.Il a été fortement critiqué pour cela puisqu\u2019il n\u2019a pas ce handicap.Vincent-Guillaume a lui-même interprété un jeune homme issu de la neurodiversité dans le film Babine.Selon ce dernier : « Il faut faire attention de ne pas polariser le débat.Moi d\u2019abord, je suis un acteur.Le but d\u2019être acteur est de composer un personnage, si on m\u2019enlève ça, si on ne peut plus jouer un personnage parce qu\u2019on n\u2019a pas les caractéristiques ou le handicap, je n\u2019ai plus de raison d\u2019être acteur ».Dans le film Gabrielle, l\u2019acteur qui jouait le petit ami du personnage principal n\u2019avait pas de déficience intellectuelle non plus, ce qui ne choque pas Gabrielle Marion-Rivard : « C\u2019est sûr que jouer une personne qui a une déficience intellectuelle, ce n\u2019est pas facile.Mais pour Alexandre Landry, il s\u2019est beaucoup inspiré d\u2019une personne qui avait le syndrome de Williams.Ce n\u2019est pas facile parce qu\u2019 il faut savoir comment vit cette personne, c\u2019est quoi ses intentions.On a beaucoup fait de cheminement ensemble, on a travaillé fort là-dessus ».Gabrielle Marion-Rivard est la preuve qu\u2019on peut vivre ses rêves, même en ayant une déficience intellectuelle, et plusieurs projets artistiques l\u2019occuperont dans les prochains mois.Vincent- Guillaume Otis, qu\u2019on surveille assidûment dans District 31, est doté d\u2019une très grande sensibilité face à la différence.Espérons que cette empathie soit contagieuse pour mettre fin aux préjugés.La 31e Semaine québécoise de la déficience intellectuelle a lieu du 17 au 23 mars 2019 PHOTO?:?SANDRA?LYNN?BÉLANGER J\u2019ai appris très jeune à accepter la différence.Lorsque j\u2019étais au primaire, mon école était située à côté d\u2019une école pour les personnes ayant une déficience intellectuelle.Les deux cours de récréation étaient collées.Nous, on les voyait prendre l\u2019air, eux, ils nous regardaient nous amuser.Certains de mes camarades se moquaient d\u2019eux pour se divertir.Déjà à six ans, je ne me gênais pas pour leur dire d\u2019arrêter leurs moqueries.Je leur expliquais que ce n\u2019était pas de leur faute s\u2019ils étaient comme ça.Ils sont nés comme ça et n\u2019importe qui pourrait naître ainsi.Ce que je trouvais triste, c\u2019est que ces élèves ayant des besoins particuliers ne se rendaient pas compte qu\u2019une poignée de mes camarades riaient d\u2019eux.Même, certains riaient avec eux.Dans leur candeur, ils ne voyaient pas les méchancetés.Ce que je ne savais pas à l\u2019époque, c\u2019est qu\u2019un petit être qui aurait besoin d\u2019être protégé naîtrait deux ans plus tard.Ma chère petite sœur Érika est née avec divers problèmes de santé.Elle a été gavée par le nez pendant quelques années avant d\u2019avoir une gastros- tomie.Elle devait recevoir une injection \u2014 que ma mère lui faisait \u2014 six jours par semaine, puisqu\u2019elle ne produisait pas d\u2019hormones de croissance.On lui diagnostiqua plus tard une déficience intellectuelle légère.Ça me faisait du mal de la voir malade, mais sa déficience ne me dérangeait pas.On n\u2019était pas à la même école.Elle allait à François-Michel, un endroit spécialisé en déficience intellectuelle.On a fréquenté La Maison des enfants, un lieu où l\u2019on pouvait se divertir et se détendre.Il y avait aussi plusieurs intervenants bénévoles qui pouvaient nous écouter.Un jour, un gamin a bousculé ma sœur.Elle est tombée par terre.J\u2019ai alors poussé le garçon si fort qu\u2019il s\u2019est cogné contre le mur.Un des intervenants m\u2019a dit que même si ce qu\u2019il a fait est mal, il y a d\u2019autres solutions que la violence.Donc on lui a parlé de l\u2019état de ma sœur et de son opération.Le garçon s\u2019est excusé.Les autres jours, chaque fois qu\u2019il voyait ma sœur, il la prenait par la main et ils jouaient ensemble.C\u2019est pour cela qu\u2019il est important que les adultes interviennent contre l\u2019intimidation.L\u2019âge adulte : un peu comme l\u2019adolescence Maintenant que ma sœur est adulte, elle est capable de se défendre si une personne l\u2019insulte.Érika n\u2019a pas la langue dans sa poche et a un sens surprenant de la répartie.Puisqu\u2019elle n\u2019est pas assez autonome pour être seule en appartement, c\u2019est notre mère qui s\u2019occupe d\u2019elle.Ce n\u2019est pas toujours facile, on dirait qu\u2019elle est dans sa phase ado, même si elle a 25 ans.Cela ne l\u2019empêche pas d\u2019avoir un grand cœur et d\u2019être très sensible.Elle étudie au centre Champagnat et elle cuisine pour le casse- croûte de l\u2019école.Érika adore le théâtre, elle joue dans la troupe La Gang à Rambrou.J\u2019ai vu un de leurs spectacles et j\u2019ai été impressionnée par leurs talents malgré leur handicap physique, intellectuel ou sensoriel.La maison de répit Pendant plusieurs années, j\u2019ai fait du gardiennage dans une maison de répit pour les adultes déficients intellectuellement.Parmi eux, il y en avait un qui ne parlait pas.Ce n\u2019était pas toujours facile de se faire comprendre, mais avec de l\u2019écoute et beaucoup de patience, j\u2019y parvenais.J\u2019étais très attachée à eux.Une résidente, avec qui j\u2019aimais jaser, parlait beaucoup de politique.À l\u2019époque du Printemps érable, lors de la grève étudiante, elle m\u2019a dit : « La ministre Courchesne, est-ce qu\u2019elle a été à l\u2019école elle ?» J\u2019ai tellement ri.Je n\u2019oublierai jamais ces résidents.Pour moi, les personnes qui ont une déficience intellectuelle sont du monde comme nous.Ils ont leurs rêves, leurs activités préférées et ils sont affectueux.Ma sœur rêve d\u2019aller dans le programme Les Muses.Je lui souhaite vraiment.Je l\u2019ai vue jouer et elle a du talent.41 itineraire.ca 15 mars 2019 est unique Chaque personne PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR @siouartiste Êtes-vous de ceux qui swingnent?la manette pour faire sauter Mario plus loin ?Moi, j\u2019étais celui qui la pitchait?dans TV.Je l\u2019ai mordue une bonne couple de fois aussi.On peut estimer mon âge comme on le ferait avec un arbre en comptant les cercles dans le tronc, mais en comptant plutôt ici les cercles de morsures sur ma vieille manette de Xbox.Le seul type de jeu qui ne suscite en moi aucune envie de fesser sur la prochaine personne que je croise sur le trottoir, c\u2019est le jeu de simulation.Je ne parle pas que des Sims, là.Je parle entre autres de I Am Bread, où l\u2019on se retrouve dans la peau d\u2019une tranche de pain (si vous voulez mon avis c\u2019est bon en TABARN**), mais aussi de Goat Simulator, où l\u2019on contrôle une chèvre qui n\u2019a rien à foutre des lois de la physique et qui peut ainsi toute déc*lisser.Ça nourrit tellement l\u2019imaginaire, ça me donne plein d\u2019idées : un simulateur d\u2019étudiant de l\u2019UQAM, où tu contrôles un gars qui fait un certificat en animation et recherche culturelles.Le but du jeu c\u2019est de boire d\u2019la bière.Sinon, un simulateur d\u2019invité d\u2019En direct de l\u2019univers.Tu contrôles un artiste semi-beau/semi-dégueulasse qui doit brailler le plus fort possible en voyant son ancien prof du primaire atteint de démence venir chanter « Deux autres bières » d\u2019Offenbach.Quin, Assassin\u2019s Creed pis ta maudite mission d\u2019éducation historique ! MAIS ! Mon idée ultime de simulateur, je vous la présente ici : Le Sans-abri Simulator ! Un jeu super éducatif, oui, mais qui cherche avant tout à divertir le jeune carriériste de Villeray aux dépens d\u2019un groupe de gens déjà hautement marginalisés.Ça vous tente ?Oui ou non, je vous garantis que c\u2019est d\u2019la marde ! NIVEAU 1 OK, le jeu commence avec la naissance de votre sans-abri : une ministre de 45 pieds qui pond un œuf ben brun dans une ruelle sous une enseigne Archambault abandonnée.Une fois la coquille percée, vous sortez de l\u2019œuf.Inutile d\u2019ajouter que vous n\u2019avez pas de vie de spare, si vous mourez c\u2019est votre problème.Vous pouvez toujours appuyer sur start pour consulter votre inventaire de départ : 25 000 $ de tickets impayés et remis arbitrairement, ainsi qu\u2019un gobelet du Tim Hortons vide.L\u2019ennemi de base dans Mario Bros, c\u2019est la tortue, on est d\u2019accord ?Dans Sans-abri Simulator, l\u2019équivalent de la tortue est le pigeon.Quand vous en bottez un, vous obtenez 100 points.Quand vous accumulez 1000 points, ça fait absolument rien.Vous sortez de la ruelle.NIVEAU 2 Objectif : Déjouer les gens qui vous ignorent.Vous allez croiser plein de gens qui vont vous ignorer délibérément dans ce jeu-là.Ça va du bonhomme de la Rive-Sud qui sort de son RAM à - 40?C pas de tuque s\u2019a tête en faisant une face de « c\u2019est ben compliqué se parker icitte, j\u2019veux juste aller manger à l\u2019Académie », à l\u2019étudiant blanc de Concordia qui s\u2019en va manifester au TNM pour crier « White supremacist ! » au gars qui déchire les tickets.Libre à vous de piger dans votre catalogue comprenant des stratégies telles que dire bonjour ou courir vraiment vite en direction de l\u2019individu.NIVEAU 3 Objectif : Trouver une place où coucher.Courez ! Il ne reste pas beaucoup de lits de disponible ! Vous essayez la Maison du Père, l\u2019Accueil Bonneau, Mission Old Brewery, tout est plein ! Ah parce que oui, Sans-Abri Simulator se joue exclusivement en ligne et vous êtes automatiquement garroché sur la même mappe que les quelque 3000 autres estimés sans-abris ayant un compte PlayStation Network.Par chance, votre habile négociation avec un policier sur le point de vous accuser de flâner sans motif raisonnable vous a permis d\u2019unlocker le refuge du Royal Victoria.Votre jauge street smart est pleine, vous pouvez maintenant utiliser votre attaque spéciale : demander une smoke.NIVEAU 4 \u2014 LE BOSS D\u2019LA FIN Vous arrivez devant le Royal Vic mais le boss vous barre le chemin : c\u2019est un genre de gros laid avec un manteau de snow vert flash qui fume des Craven A à la chaîne.Il vous crie de vous trouver une job.Vous utilisez votre special attack et lui demandez une smoke : il est complètement déstabilisé ! Il vous dit qu\u2019il lui en reste juste une et s\u2019enfuit à toute vitesse.**On prévoit le DLC\u2020 « maladie mentale » pour le mois d\u2019avril.Ça augmente la difficulté.Swingez la manette si vous rushez.\u2020DLC : Downloadable content (Contenu téléchargeable) 43 itineraire.ca 15 mars 2019 Sans-abri Simulator PAR MARC-ANDRÉ PIETTE AUTEUR Solution dans le prochain numéro xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Attachas Cuite Unités agraires Pousseraient Hurle Tremblerai Qui fonctionnent selon une période de 24 heures Assiettes Tsar Anodonte Astate Dispendieuse Négation Bienheureuse Se rendraient Pronom Pianiste français Argon Élime Armée irlandaise Brancard École Aimées Mesurées Contestasse Rayon Dans la rose des vents Id est Attachas Cuite Unités agraires Pousseraient Hurle Tremblerai Qui fonctionnent selon une période de 24 heures Assiettes Tsar Anodonte Astate Dispendieuse Négation Bienheureuse Se rendraient Pronom Pianiste français Argon Élime Armée irlandaise Brancard École Aimées Mesurées Contestasse Rayon Dans la rose des vents Id est Réponses du 15 mars 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 C C G L S E T I E M E S E N A S S E N O E R U E S E N I R A R E B A T E I E I R A E I N T D E E N E T S A T L I S C E U E L L E S R O I I R A I V B R R E A I D E C L A R A T I O N S E C L A B O U S S E E S F I A I E N T O U R E M I E T T E R F E R R E R I G L O O O L R D R E S S I O N S E A U X N E S S E S R I S A S T R E S E A S A N A R E A S R S S U R E Z U T A Réponses du 15 mars 2019 horizontalement 1.Affirmations.2.Salies.3.Se rapportaient (se).- Ur.4.Disperser.- Métal.5.Régime de retraite.- Abri en forme de dôme.6.Lawrencium.- Élevions.7.Liquides incolores.- Crochets.8.Rigoles.- Corps céleste.- Sélénium.9.Posture de yoga.- Crias.10.Certaine.- Interjection.verticalement 1.Te répandras.2.Étêterais.3.Net.- Utilisas.4.Espace déboisé.- Cinq cent dix.- Dénudé.5.Abrutir.- Aare.6.Roentgens.7.Tables sacrées.- Tour.8.Travailleur social.- Teinterez.9.Unité de sensibilité.- Merle.10.Première cellule d\u2019un être vivant.- Fémur.- Stère.11.Arbre.- Sortis.12.Nazi.- Frappera.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Que je régisse Embarras Fébrile Moulures Enfantillage Fiasco Remarque Appartement Réjouira Pommader (se) Blesse Éviscéras Dirige Pouah Revue Radon À elle Raffiner Versus Russes Fainéantise Consacrer Note Rigolé Jeunes Arbre Année Appris À lui Nombre Que je régisse Embarras Fébrile Moulures Enfantillage Fiasco Remarque Appartement Réjouira Pommader (se) Blesse Éviscéras Dirige Pouah Revue Radon À elle Raffiner Versus Russes Fainéantise Consacrer Note Rigolé Jeunes Arbre Année Appris À lui Nombre Réponses du 15 FEV 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 7,268 L G G G E B N I R U N P A R S E S E I F E R I N E V U E S T E R I A P S N R L E U E E L S E S E S M E N E V S E D R I E D R A G O M N I E R O N T A E B N E SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 67455 2 7 1 3 4 8 5 4 2 6 9 1 3 5 8 7 4 7 6 2 2 3 7 4 8 6 3 5 2 9 1 7 5 6 2 9 7 1 3 4 8 9 1 3 8 4 6 2 7 5 7 4 8 3 2 5 1 6 9 1 3 9 5 6 8 7 2 4 8 7 6 2 3 4 5 9 1 2 5 4 1 9 7 8 3 6 6 9 1 7 5 2 4 8 3 4 8 7 6 1 3 9 5 2 3 2 5 4 8 9 6 1 7 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 06:00:01 1 / 1 1er mars 2019 publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! DÉTENTE SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Expert Grille numéro : 67456 4 6 8 2 9 7 4 3 1 4 5 7 8 7 2 2 9 2 5 3 4 2 1 6 5 4 6 9 8 5 5 7 4 9 6 1 8 3 2 9 2 6 3 7 8 5 4 1 3 1 8 4 5 2 6 9 7 8 4 1 6 9 7 2 5 3 6 5 3 2 1 4 9 7 8 2 9 7 5 8 3 1 6 4 7 3 9 8 2 5 4 1 6 1 8 5 7 4 6 3 2 9 4 6 2 1 3 9 7 8 5 Grille Jeu Sudoku Expert à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 06:00:01 1 / 1 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3. UN FILM DE FRANÇOIS DELISLE ALEXANDRE CASTONGUAY FRANÇOIS PAPINEAU EVELYNE BROCHU LARA KRAMER CHRISTIANE PASQUIER GUY THAUVETTE AU CINÉMA DÈS LE 22 MARS CASHNEXUSFILM.COM MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : publicité À propos de Mario Venu tout droit de sa Montérégie natale, Mario fait connaître aujourd\u2019hui L\u2019Itinéraire au cœur de l\u2019effervescence montréalaise.Devenir camelot est une alternative qu\u2019un ami lui a conseillée il y a trois ans.Il trouve cela gratifiant de voir s\u2019afficher des sourires sur les visages qui lui sont familiers.Habitué des longs couloirs du métro McGill en semaine, Mario refait surface au coin de Sainte-Catherine et Union toutes les fins de semaine.Fidèle à son poste, on le voit interpeller ses clients habituels « regardez, ce mois-ci j\u2019ai une entrevue dans le numéro, lisez-la ! » s\u2019écrie-t-il.Son aisance relationnelle a permis de tisser des liens avec les usagers du métro qui sont devenus, au fil du temps, des lecteurs assidus du magazine.Mario connaît le coin comme sa poche et évoque des lieux remarquables de son quartier achalandé, hiver comme été.Un parc historique, un musée emblématique et une place monumentale, voilà un bon programme pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore tous les recoins de Ville-Marie.Place Bonaventure Tout comme l\u2019exposition universelle, ce carrefour colossal fait partie des projets marquants développés dans les années 1960.Reliée à la ville souterraine, la Place Bonaventure est un bâtiment emblématique de l\u2019arrondissement de Ville-Marie.Sa forme géométrique s\u2019ancre parfaitement au milieu du quartier des affaires.Chaque année, Mario et des millions de curieux franchissent les tourniquets des halls d\u2019exposition, où sont organisés des salons événementiels, comme celui des animaux domestiques qu\u2019il évoque avec enthousiasme.Dans le même périmètre, la patinoire Atrium est un de ses lieux de prédilection où il va admirer ceux qui profitent de la glace pour tenter des figures artistiques non imposées ! Square Phillips Lorsque notre camelot bat le pavé sur Sainte-Catherine, il prend le temps de s\u2019arrêter dans le square Phillips.Face à La Baie d\u2019Hudson, on ne peut manquer ce petit espace urbain aménagé en 1844.Les statues allégoriques sculptées par Louis-Philippe Hébert trônent au milieu du parc.Au sommet du monument, Édouard VII, dit « le Pacificateur » et héritier de la Couronne britannique, donne du relief à l\u2019ensemble.Un petit coin d\u2019histoire dans lequel les aiguilles de notre montre sont suspendues, juste l\u2019instant de grignoter son menu sur le pouce et d\u2019écouter le brouhaha ambiant.Musée Grévin Ce concept français du XIXe siècle s\u2019exporte à Montréal en 2013 pour y présenter plus de 125 personnages de cire répartis au 5e étage du Centre Eaton.Au fur et à mesure de notre parcours, on découvre sur 22 000 pi2 des thématiques qui ont constitué l\u2019identité du Québec.Les célébrités locales et les saisons demeurent les attractions touristiques très appréciées du public.La salle nommée Le Temple des sports est la préférée de Mario.Pourquoi ?Maurice Richard, son idole, est exposé au rang des champions juste en face de Robert Charlebois.Surnommé la Comète, ce joueur de hockey québécois est resté dans la mémoire collective en faisant les heures fastes des Canadiens dans les années 1950.Regard sur un quartier par Mario, camelot pour L\u2019Itinéraire Regard sur un quartier est un publireportage commandité par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec la collaboration de Diane Martin-Graser (texte et photos).© D i a n e M a r t i n - G r a s e r .© D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r educalcool.qc.ca/benefices POUR UN MEILLEUR SOMMEIL BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX Il y a plusieurs bénéfices à respecter les limites d\u2019alcool recommandées.On contrôle mieux son poids.On se sent plus énergique et plus en forme.Le sommeil est plus réparateur et on n\u2019a plus jamais la gueule de bois.Décidément, il y a trop d\u2019avantages à la modération pour s\u2019en priver."]
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