L'itinéraire, 1 janvier 2019, mercredi 1 mai 2019
[" Visite d\u2019un lieu inusité par notre camelot Musée canadien de la Guerre froide Le Diefenbunker Page 32 Volume XXVI, n?09 Montréal, 1er mai 2019 Espaces clients pour mieux vous servir 16 Bonaventure Pie-IX McGill Guy-Concordia Angrignon Côte-des-Neiges Université-de-Montréal Saint-Michel Côte-Vertu Lionel-Groulx Honoré-Beaugrand Berri-UQAM Henri-Bourassa Fairview Pointe-Claire* Jean-Talon Snowdon stm.info/espaceclient * Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h Ouverts 7 jours / 7 Espaces clients pour mieux vous servir 16 Bonaventure Pie-IX McGill Guy-Concordia Angrignon Côte-des-Neiges Université-de-Montréal Saint-Michel Côte-Vertu Lionel-Groulx Honoré-Beaugrand Berri-UQAM Henri-Bourassa Fairview Pointe-Claire* Jean-Talon Snowdon stm.info/espaceclient * Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h Ouverts 7 jours / 7 J ean est croyant depuis toujours.C\u2019est sa mère, la rassurante, ciment d\u2019une famille abitibienne de neuf enfants, qui lui a montré à croire et à prier.Aujourd\u2019hui encore, il lui arrive parfois d\u2019entrer dans une église pour y allumer quelques lampions, mais il confie ne jamais aller à la messe qu\u2019il trouve trop longue et bien plate.Jean Boisvert - ou monsieur Jean comme l\u2019appellent les enfants qu\u2019il adore (et c\u2019est réciproque) - est de retour à son poste de camelot après deux années au cours desquelles il a dû se résoudre à prendre un temps pour se soigner d\u2019une maladie physique et aussi d\u2019une dépression.Non seulement le cœur n\u2019y était plus, mais le corps ne suivait plus.Il avait de surcroît des problèmes personnels et familiaux à régler.Un arrêt de travail salvateur.Sa spiritualité, la méditation et la prière l\u2019ont aidé à se remettre sur pied et à faire du ménage dans sa vie et dans sa tête.Une fois les forces et la forme recouvrées, la joie de vivre revenue, une voix intérieure, une voix positive, lui recommande de revenir sur ses pas et de frapper à nouveau à la porte de la maison de L\u2019Itinéraire.Il a été accueilli à bras ouverts.Malgré quelques appréhensions, il reprend le même poste, au coin Fullum et Mont-Royal, où il avait une clientèle fidèle et régulière.Son appréhension tombe rapidement.Ses clients et les employés de l\u2019épicerie l\u2019accueillent chaleureusement.Il apprend même que certains ont appelé au magazine, inquiets de ne plus le voir devant le supermarché.Des policiers qui le connaissent bien se sont aussi informés de son état de santé.Jean est doublement de retour.Il est de retour au travail évidemment, mais il vit aussi un deuxième souffle, une renaissance.S\u2019il ne consomme plus de drogues dures depuis plusieurs années, avec l\u2019aide de son Dieu, il s\u2019est pris en main.Il a aussi cessé de consommer bière et pot depuis six mois.Cadeau qu\u2019il s\u2019est fait pour ses 60 ans.La cerise sur le sundae ?Un appartement subventionné plus confortable pour ce jeune soixantenaire maintenant sobre qui vit en chambre depuis trop longtemps.Souhaitons qu\u2019il souffle ses 61 bougies dans ce home tant désiré et mérité.« N\u2019oubliez jamais que votre sourire est la lumière qui illumine le cœur de celui qui souffre.» Jean Boisvert Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Photo : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 1008 | Âge 60 ans Point de vente Marché Métro, Fullum / Mont-Royal Jean Boisvert RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le entre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Bonjour, dans la chronique Des gens d\u2019exception du 15 mars, j\u2019ai été très touchée par l\u2019article de Jo Redwitch sur la Dre Sylvie Vézina.En fait, la lecture de cet article me permettait de prendre conscience (encore) combien ce sont des gens ordinaires, qui dans leur vie de tous les jours, sont au service de l\u2019humanité.Continuez votre travail d\u2019éclaireur.Merci à tous les camelots ! Johanne Duchêne On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social par courriel à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Prix de vente 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les 1,50 $ paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants JASON PARÉ Responsable de la création visuelle MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté et webmestre SHIRLEY-CAROL LANDRY Stagiaire à la rédaction GENEVIÈVE MARCEAU Collaborateur IANIK MARCIL Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI, AGATHE ROUX-LAFAY Bénévoles à la révision PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT, SYLVIE POIRIER Photo de la une NIK MERKULOV (123RF) ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot MARCELA CHAVES Adjointe administrative NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux ISABELLE LACHARITÉ, DOMINIC GUIMOND Stagiaire en intervention sociale EMMANUELLA SANON Responsable du Café PIERRE TOUGAS Chargée de projet volet autochtone MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.VINCENT LEMELIN - Société de transport de Montréal (STM) FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Dans cette édition, on s\u2019intéresse à l\u2019immigration, et plus particulièrement au parcours complexe et onéreux des personnes qui souhaitent faire du Québec leur nouveau chez-soi.C\u2019est qu\u2019il faut être déterminé pour immigrer ! La démarche est lourde, autant administrativement qu\u2019émotivement.S\u2019ajoute à cela l\u2019adaptation du nouvel arrivant, qui, bien souvent, devra surmonter des préjugés et de la méfiance à son égard.On s\u2019intéresse aussi à l\u2019immigration massive des Français au Québec.Au cours de la dernière décennie, on a vu une hausse notable de Français traverser l\u2019Atlantique pour venir faire leur vie ici.Difficile de ne pas le constater, nos cousins français se sont intégrés dans tous les domaines de la vie québécoise.Que ce soit dans les médias ou autres secteurs de l\u2019économie, l\u2019accent français se fait entendre un peu partout.Notre journaliste Camille Teste, elle-même Française d\u2019origine, pose un regard sur le phénomène avec le concours de divers spécialistes québécois.Elle explique également que le qualificatif « maudit Français » n\u2019a plus tout à fait la même connotation que dans le passé.Les rapports entre les deux nations ont évolué au même rythme que les changements majeurs économiques et sociétaux français et québécois.Rien ne reste statique.Le monde a changé, les grands courants migratoires aussi.Mais il faut dire que l\u2019immigration, les mouvements de peuples, ça ne date pas d\u2019hier.Ni le climat d\u2019intolérance aux étrangers.Difficile de l\u2019ignorer.Grâce aux réseaux sociaux, les discours anti-immigration se multiplient.Dans les médias, lorsqu\u2019un article parle d\u2019immigration ou de réfugiés, des commentaires qui suivent sont très souvent hystériques, mal informés et haineux.Et vraiment désolants.Surtout quand on considère que les gens qui les écrivent sont issus de l\u2019immigration.Eh oui, nous le sommes tous ! De tout temps, depuis que l\u2019humain est en mesure de se déplacer sur de longues distances, il y a eu de l\u2019immigration.On vient tous d\u2019ailleurs.Même les Premières Nations du Canada sont venues d\u2019Asie, en traversant le détroit de Béring.C\u2019est quand l\u2019être humain a posé des frontières que ça s\u2019est gâché\u2026 Au fil du temps, nous avons tous adopté un territoire.On a été accueillis et on accueille à notre tour.Ce qui fait du Québec, et de Montréal en particulier un endroit formidable où vivre.Enfin, je vous laisse avec un petit quelque chose qui circule sur les médias sociaux depuis un certain temps et que j\u2019aime bien : Ton auto est allemande.Ta vodka est russe.Ta pizza est italienne, ton kebab, turc.Ta démocratie est grecque.Ton café est brésilien.Tes films sont américains.Ton thé est tamoul.Ta chemise est indienne.Ton pétrole est saoudien.Tes appareils électroniques sont chinois.Tes chiffres sont arabes, tes lettres latines.Et tu te plains que ton voisin est un immigrant ?On se calme ! Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef 3 39 32 3 Zoom sur Jean 9 Jean-Claude Nault 9 Daniel Richer 9 Benoît Chartier 38 Gilles Bélanger 38 Linda Pelletier 38 Manon Fortier Mots de camelots 20 camelots ont participé à cette édition 1er mai 2019 Volume XXVI, no 09 2 4 Les défis de l\u2019immigration 8 Rond-point international 10 Questions d\u2019actualité 4 questions à Dominique Payette sur les radios poubelles Laurent Soumis 11 En toute liberté On n\u2019a plus le droit de rien dire ! Mathieu Thériault 12 Suivi d\u2019un reportage Fibrose kystique - Des nouvelles de Sarah Josée Panet-Raymond 22 Dans la tête des camelots Qu\u2019est-ce qui te fascine chez une autre culture ?24 #30 secondes avant d\u2019y croire Pour en finir avec les fausses nouvelles Geneviève Marceau 27 Pensées Travailler avec les Japonais Saïd Farkouh 29 Comptes à rendre Félicitations, vous êtes épuisée! Ianik Marcil 30 Des gens d\u2019exception Norman Bethune Isabelle Raymond 32 Visite Le Diefenbunker Musée canadien de la Guerre froide Lynn Champagne 39 Musique Ma première Place des Arts Siou 42 BD Isabelle Raymond 42 C\u2019t\u2019encore drôle Les clés Jean-Marie Corbeil 45 ?Détente Lorsqu\u2019on n\u2019a jamais immigré soi-même, on ne sait pas toujours ce que vivent ceux qui font le choix de s\u2019installer ailleurs.Alors que le gouvernement Legault annonçait, en décembre dernier, vouloir abaisser le nombre d\u2019immigrants de 53 000 en 2018 à 38 000 en 2019, nous avons décidé de nous intéresser aux défis qu\u2019attendent ces nouveaux arrivants.Et puis, parmi ceux qui décident de poser leurs valises au Québec, il y a les Français.À Montréal, on a l\u2019impression qu\u2019ils sont partout.Mais les connait-on vraiment ?Dossier par Camille Teste 14 ÉCOSSE | Petits journalistes au grand cœur Grâce à un partenariat entre le journal de la rue The Big Issue et la Social Enterprise Academy (SEA), une organisation qui soutient les personnes et les groupes œuvrant pour le changement social, des écoliers écossais ont pu créer et vendre une édition spéciale du journal de rue.Quatorze écoles ont participé au projet, proposé et dirigé par le rédacteur en chef du journal, Paul McNamee.Ensemble, les jeunes ont créé un supplément portant sur les entreprises sociales du pays, destiné à être vendu dans leurs écoles.Neil McLean, directeur général de la SEA, s\u2019est réjoui d\u2019un tel projet : « Ce magazine a offert aux jeunes Ecossais une tribune pour exprimer leurs points de vue sur les problèmes qui les intéressent.Ils ont aussi pu exprimer leur créativité et proposer des solutions intéressantes aux entreprises sociales.» (Tony Inglis/INSP.org) TURQUIE | Les Ouïghours fuient la Chine Depuis quelques mois, la situation vécue par la population ouïghoure (musulmane) est de plus en plus médiatisée.Pour autant, les gouvernements étrangers ont peu agi pour condamner ces actes.Pourtant, les faits reprochés à la Chine sont graves : il existerait des centres de détention abritant plus d\u2019un million d\u2019Ouïghours et autres musulmans.Ceux-ci y seraient envoyés pour être rééduqués, acculturés, ou pire.Face à cette situation, de nombreux Ouïghours font le choix de partir vers la Turquie.Ils y seraient aujourd\u2019hui 35 000.La Turquie est le seul pays musulman à avoir régulièrement exprimé son inquiétude face à la situation au Xinjiang, en raison de ses liens culturels étroits avec les Ouïghours, qui parlent une langue turcique.(Murad Sezer, Ali Kucukgocmen pour Reuters/INSP.org) Traduction Camille Teste ROND-POINT INTERNATIONAL PHOTO : REUTERS/MURAD SEZER PHOTO : JAMIE MCFADYEN L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 34 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo BENOÎT CHARTIER CAMELOT MARCHÉ IGA BERCY DANIEL RICHER CAMELOT MÉTRO PLACE-DES-ARTS JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS J\u2019ai retrouvé ma cousine à L\u2019Itinéraire Le camelot Alain, du marché Metro Saint-Joseph, a présenté une nouvelle camelot à L\u2019Itinéraire, Sylvie Houle, qui vend là aussi le weekend.On a commencé à se parler au café.Ça s\u2019est arrêté là.Une autre journée où j\u2019étais au café, je parlais avec une cuisinière, Linda, et Sylvie s\u2019est approchée de moi pour me demander comment j\u2019allais.« Bonjour ! Ça va ?» « Oui, ça va très bien.» « Est-ce que tu connais un Robert Nault ?» Je n\u2019avais aucune idée que Robert Nault, mon oncle, était son père.Je lui ai dit que oui, que j\u2019avais un oncle qui s\u2019appelait comme ça.Je lui ai dit de m\u2019envoyer une demande sur Facebook pour qu\u2019elle m\u2019envoie la photo.En rentrant chez moi, j\u2019ai consulté mon profil Facebook et j\u2019ai vu la photo : il y avait mon oncle, Sylvie quand elle était bébé et sa mère.J\u2019ai été estomaqué de voir que c\u2019était mon oncle.J\u2019ai pleuré de joie.Elle ne s\u2019attendait pas à ce que son père soit bel et bien mon oncle.Elle était aussi surprise que moi, elle trouvait ça spécial.Ça lui a pris deux ou trois jours pour digérer la nouvelle.Elle réalise maintenant qu\u2019on est vraiment cousins.Moi de mon côté, depuis que je la connais, ma flamme intérieure s\u2019est allumée.Maintenant, nous avons des projets ensemble.On est unis à la vie, on ne se laissera pas tomber.Alain était surpris lui aussi quand je lui ai raconté, comme plusieurs employés à L\u2019Itinéraire.Sans lui, je n\u2019aurais jamais revu ma cousine.Aidez-moi à les remercier en allant encourager Alain et Sylvie au marché Métro Saint-Joseph.Merci beaucoup Alain ! Le deuil L\u2019année 2019 a commencé d\u2019une façon plutôt difficile pour moi.Parce qu\u2019en l\u2019espace de deux semaines, j\u2019ai perdu un frère et un neveu.C\u2019est la première fois dans ma famille qu\u2019un membre nous quitte, emporté par la Grande Faucheuse.La différence entre les deux départs est que l\u2019une était prévisible et l\u2019autre non.Pour mon frère, la mort était prévisible, à la suite à un cancer du larynx qui durait depuis plus d\u2019un an, et dont la phase terminale a causé beaucoup de douleur.On en venait à souhaiter son départ.Par contre, le deuxième deuil est beaucoup plus difficile pour la famille en général, mais encore plus pour le père et la mère.Parce que la victime était enfant unique et père d\u2019une fille de 20 ans.La mort est survenue d\u2019une manière abrupte, lors d\u2019un accident de motoneige.La stupéfaction était totale et douloureuse.On commence à peine à tourner la page et on entre maintenant dans les dédales gouvernementaux de la succession.En général, il y a tout le temps un bon côté dans le malheur.Après 35 ans, j\u2019ai revu ma sœur cadette, un choc ! Mais une rencontre tellement enrichissante et joviale, malgré les circonstances.Elle est professeure au cégep du Vieux- Montréal.Elle revenait d\u2019un voyage en Chine et au Vietnam.Je voyais une personne d\u2019une merveilleuse sagesse, avec une grande expérience de vie.Le départ de mon frère va nous permettre d\u2019avoir un guide lorsque notre tour sera arrivé.Maintenant la vie continue, en espérant que l\u2019année finira plus tranquillement qu\u2019elle a commencé.Bon courage jeunesse ! On essaye de faire des réformes positives, comme la lutte aux changements climatiques.Les bons changements demandent beaucoup de temps.Mais d\u2019un autre côté, la société va trop vite pour le permettre et les gens ont une très grande résistance aux changements.Il faudrait que ces bons changements se fassent d\u2019une façon drastique.Voici un exemple frappant : d\u2019ici trois ans, en France, il sera interdit d\u2019utiliser le glyphosate pour l\u2019agriculture.Tandis qu\u2019au Canada, ainsi que dans de nombreux pays, le gouvernement a reconduit pour 15 ans l\u2019autorisation de se servir de ce produit.Actuellement, l\u2019organisme Équi- terre fait circuler une pétition sur internet pour faire interdire ce pesticide qui est un ingrédient actif du Roundup.Vous pouvez la signer en allant sur le site : equiterre.org.Cet organisme nous informe aussi sur les dangers du glyphosate : il est probablement cancérigène.Ceci est un exemple parmi des milliers d\u2019autres.Le gouvernement devrait mettre ses culottes face à certaines multinationales.Ces compagnies commandent des études dont les résultats sont biaisés.Quel bel héritage pour nos jeunes et nos enfants! Ils ont et auront différentes sortes de cancers, à un plus jeune âge que dans mon temps. P H O T O : C O U R T O I S I E questions à Dominique Payette 4 Selon vous, les radios poubelles sont devenus des instruments de propagande du populisme de droite qui attaquent régulièrement les féministes, les environnementalistes, les syndicalistes, les Autochtones et les pauvres.Pourquoi visent-elles ces catégories sociales ?Il y a plusieurs raisons.La première, c\u2019est qu\u2019ils ont compris que lorsqu\u2019ils attaquent des individus, ils risquent d\u2019être condamnés à des amendes particulièrement salées.Car au Canada, la loi sur la diffamation est faite de telle sorte que (la victime) doit faire la preuve qu\u2019elle a subi de véritables dommages personnels.Pour les groupes, cela n\u2019est pas possible.Par exemple, un groupe de personnes assistées sociales ne peut pas faire la preuve qu\u2019elles ont subi - chacune d\u2019entre elles - des dommages personnels.C\u2019est très certainement l\u2019une des raisons qui font que les radios s\u2019attaquent aujourd\u2019hui à des groupes et à leurs porte-parole.Dans l\u2019espace public, les porte-parole doivent s\u2019attendre à vivre dans la confrontation.Mais je pense que dans certains cas, cela dépasse largement la confrontation qu\u2019on doit accepter.Tous ces groupes ont une chose en commun : c\u2019est de considérer le lien social comme étant le moteur de nos sociétés.Autrement dit, la solidarité entre les êtres humains.Je pense que c\u2019est précisément contre ça qu\u2019en ont plusieurs animateurs de la région de Québec.Ancienne journaliste à Radio-Canada et à Télé-Québec, Dominique Payette est docteure en sociologie.Elle enseigne au département d\u2019information et de communication de l\u2019Université Laval.Après avoir dirigé en 2010 le Groupe de travail sur le journalisme et l\u2019avenir de l\u2019information au Québec, elle vient de publier Les?brutes?et?la?punaise chez Lux Éditeur.Un réquisitoire contre les radios poubelles qui « empoisonnent » l\u2019atmosphère de la Vieille Capitale.Vous ouvrez votre premier chapitre en rappelant les propos offensants tenus par les radios poubelles de Québec durant plusieurs années avant la tuerie à la mosquée.Est-ce un hasard si les crimes haineux sont plus fréquents à Québec qu\u2019à Montréal ?* C\u2019est difficile de le dire.Ce qu\u2019on essaye de comprendre, c\u2019est pourquoi cela s\u2019est développé dans la région de Québec.C\u2019est un phénomène qu\u2019il faudrait étudier.Ce qui n\u2019est pas un hasard, c\u2019est de créer, avec des commentaires qui sont racistes, souvent misogynes et antimusulmans, un climat de peur.Il y a beaucoup de groupes et de petites communautés qui ont des inquiétudes liées aux propos que tiennent ces radios.Alors, est-ce que c\u2019est un hasard si c\u2019est ici qu\u2019il y a eu un attentat dramatique ?Je ne pense pas.Je pense qu\u2019il y a un climat qui est malsain et qui est entretenu par certains de ces animateurs de radio.Le modèle d\u2019affaires de ces radios, qui font « le commerce des injures et de la haine », cible les mâles blancs, banlieusards, hétérosexuels, qui se sentent opprimés par l\u2019élite.N\u2019est-ce pas la recette exploitée par Trump aux États-Unis ?Vous avez tout à fait raison.C\u2019est une recette directement importée des États- Unis.Là-bas, il y a actuellement 4000 radios de ce type qui tiennent le même genre de propos.Elles ont, presque toutes, soutenu Donald Trump lors de sa campagne et de sa présidence.Aux États- Unis, il n\u2019y a plus de cadre juridique qui empêche ce genre de radio d\u2019opinion.Mais au Canada \u2013 et les communications sont de compétence fédérale \u2013 il existe encore une loi qui impose normalement aux détenteurs de permis de radio de promouvoir la diversité des points de vue.On est très loin de ça dans la région de Québec.Il y a une sorte d\u2019uniformité de pensée qui s\u2019en va toute à droite, quand ce n\u2019est pas à l\u2019extrême droite, par exemple, en faisant des entrevues extrêmement complaisantes avec Marine Le Pen.Dans la région, on fait face à un véritable déséquilibre structurel de l\u2019information.Cela a une influence très grande sur les choix politiques qui y sont faits.Vous dénoncez l\u2019incurie du CRTC, l\u2019organisme fédéral qui renouvelle les permis, et le caractère peu dissuasif des décisions rendues par le Conseil de presse.Les élus doivent-ils agir pour mettre fin aux dérapages ?Je n\u2019ai aucun doute là-dessus.Ça ne peut pas être vous et ça ne peut pas être moi.Au bout du compte, ce sont les élus qui vont devoir trouver le courage de confronter des radios qui sont extrêmement puissantes, trop puissantes pour notre démocratie.Face à ces radios-là, il n\u2019y a en ce moment aucun contre-pouvoir.Le CRTC fait preuve véritablement d\u2019incurie.Et le Conseil canadien des normes de radio et de télévision - qui a été créé soi-disant pour que les radios s\u2019autoré- gulent - prend des décisions à la limite de l\u2019insignifiance.En fait, ce Conseil a été créé pour que les plaintes lui soient adressées directement, plutôt que qu\u2019au CRTC.Le CRTC a vraiment renoncé à une partie de ces fonctions qui lui sont attribuées par la loi sans qu\u2019on en ait vraiment débattu.sur les radios poubelles Sociologue 1er mai 2019 itineraire.ca 10 LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ * En 2016, Québec avait un taux de crimes haineux de 7,1 par 100 000 habitants contre 4,7 à Montréal.En 2017, 9,8 par 100 000 habitants contre 7,5, selon Statistique Canada. Un discours commence à s\u2019installer de plus en plus dans l\u2019opinion publique, selon lequel certains groupes minoritaires dans la société seraient en train de brimer toute forme de discussion publique.Les minorités ethniques, de genre, religieuses, voire les handicapés, seraient en train de tyranniser le discours public, si bien qu\u2019il ne serait plus possible de dire quoi que ce soit à propos de qui que ce soit.En fait, ce discours est particulièrement présent chez les chroniqueurs de Quebecor ou de la radio privée de Québec qui se plaignent en gros qu\u2019ils n\u2019ont plus le droit de rien dire.Les « lobbys de minorités victimaires » de toutes sortes empêchant selon eux la majorité historique francophone de s\u2019exprimer et de faire valoir ses droits.« La plotte à terre » Le discours public a changé, c\u2019est vrai en partie, pour le meilleur et pour le pire.Oui, on a d\u2019une part des associations qui semblent carburer à l\u2019indignation et voir des scandales parfois où il n\u2019y en a pas.À titre d\u2019exemple, lorsqu\u2019une association a trouvé que le sketch du dernier Bye Bye mettant en scène Trudeau dans une parodie du style « Bollywood » relevait du racisme anti-in- dien, j\u2019ai personnellement trouvé qu\u2019on étirait un peu trop l\u2019élastique.Pour moi, c\u2019était le PM et sa famille qui s\u2019étaient ridiculisés en enfilant des déguisements que plus personne ou presque ne porte là-bas.C\u2019est comme lorsqu\u2019un ministre français a dit qu\u2019il « avait la plotte à terre » lors d\u2019un passage en région, expression que même le « plus colon de gars de région » n\u2019utilise même pas.Car oui, même drapée des meilleures intentions, l\u2019appropriation culturelle existe et ne sert jamais personne.On a l\u2019air con d\u2019un côté, ridiculisé de l\u2019autre.Autre temps, autre mœurs C\u2019est vrai, des sketchs vraiment pertinents des Cyniques, d\u2019Yvon Deschamps ou de RBO ne passeraient plus aujourd\u2019hui sans créer de remous, de réactions.C\u2019est juste que la société évolue et qu\u2019on peut s\u2019apercevoir que des fois ce qu\u2019on dit sans même y penser, et bien ça peut heurter des gens, voire les blesser.Oui c\u2019est vrai des fois, il y en a qui ont la « victimite » un peu trop facile, l\u2019épiderme peut-être à fleur de peau.Mais n\u2019est-ce pas un peu normal, lorsqu\u2019on a été ignoré ou ostracisé pendant des décennies de vouloir dire: « Eh ! Ho ! On existe nous aussi.» Et oui, au risque de grincer dans les oreilles de certaines voix habituées à n\u2019entendre jamais d\u2019autres voix que la leur, au risque d\u2019avoir l\u2019air de taper trop fort du pied ou ne pas sonner assez juste dans la trompette.La prise de parole publique n\u2019est pas aussi facile pour tous.Votre mère vous a sûrement déjà dit de tourner votre langue sept fois avant de parler.Eh bien aujourd\u2019hui, plusieurs groupes viennent régulièrement rappeler que le rapport à ce qui est normal ou drôle n\u2019est vraiment pas le même pour tous et qu\u2019il vaut mieux réfléchir avant de parler à travers son chapeau.Yvon Deschamps ou RBO ne sont certes plus actifs, mais nul doute qu\u2019ils rempliraient toujours les salles s\u2019ils l\u2019étaient encore.Si la connerie ne passe plus aussi facilement qu\u2019avant, les gens ont toujours autant soif de discours qui font vraiment rire ou réfléchir.On n\u2019a plus le droit de rien dire ! 11 itineraire.ca 1er mai 2019 PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD EN TOUTE LIBERTÉ Dans un article que nous avons publié le 15 septembre 2018, Sarah Dettmers, atteinte de fibrose kystique, était en attente d\u2019une greffe pulmonaire depuis près d\u2019un an.Dans la chute du texte signé Kimberley Desjardins, Sarah recevait enfin les nouvelles tant espérées.Et il était moins cinq ! Un an plus tard, la jeune survivante revient sur le don d\u2019organes qui lui a donné une seconde vie.Sarah avait retourné plusieurs scénarios dans sa tête en attendant sa greffe de poumons.« Je m\u2019imaginais être chez moi et recevoir le coup de fil anticipé depuis 11 mois, nous dit la jeune femme de 31 ans.Mais ça ne s\u2019est pas passé comme ça.En fait, j\u2019étais hospitalisée depuis trois mois pou une influenza, qui n\u2019arrêtait pas de se dégrader.» Il était donc moins cinq quand la Dre Jennifer Landry, pneumologue en fibrose kystique, est venue lui dire que des poumons l\u2019attendaient.« Quand elle est entrée dans ma chambre, elle s\u2019est mise à pleurer.Je lui ai demandé : \u201c ils sont là ?\u201d et elle m\u2019a dit : \u201c oui, ils sont là \u201d.Elle n\u2019avait pas besoin de m\u2019en dire plus long.» « La Dre Landry c\u2019est l\u2019ange sur ma route, affirme Sarah.Elle me suit depuis que j\u2019ai 18 ans.Je suis convaincue que je ne serais pas en vie si elle n\u2019avait pas été là.Elle traite autant mon corps que ma tête.» Une greffe, une centaine d\u2019intervenants Quarante-huit heures après l\u2019annonce, on transférait Sarah du CUSM au CHUM où les poumons l\u2019attendaient.Le 14 mars 2018, une petite armée médicale composée de sept chirurgiens, soit deux pneumologues, deux cardiologues, deux chirurgiens thoraciques et un neurologue, sans oublier l\u2019anesthésiste et les infirmières était mobilisée pour performer cette délicate opération.Ici, Sarah précise avec beaucoup d\u2019émotion, qu\u2019habituellement, une seule greffe exige, de près ou de loin, l\u2019implication d\u2019une centaine d\u2019intervenants allant de policiers ou pompiers volontaires pour le transport des organes, du coordonnateur de Transplant Québec, des téléphonistes, des infirmières, de l\u2019équipe de chirurgie et plusieurs autres.« Toute cette équipe pour la survie de Sarah », dit-elle la voix brisée, les larmes aux yeux.Suivi d\u2019un reportage 2018 Fibrose kystique - greffée des poumons PHOTO : MILTON FERNANDES 12 1er mai 2019 itineraire.ca par Josée Panet-Raymond Des nouvelles de Sarah publicité Finalement, la chirurgie durera huit heures, ce qui est plus long que d\u2019habitude.C\u2019est que la fibrose kystique avait fait ses dégâts.Les poumons de la jeune greffée étaient dans un tel état de décomposition que des tissus pulmonaires s\u2019étaient collés aux parois du cœur.Il a fallu les détacher avec une infinie minutie.D\u2019où la présence de cardiologues pendant l\u2019intervention.« Mes poumons étaient finis ! Les chirurgiens n\u2019en revenaient pas.» Tout au long de la chirurgie, les parents de Sarah vivaient l\u2019angoisse de l\u2019attente dans une salle attenante avec deux de ses meilleures amies et Tomy-Richard Leboeuf-McGregor, alors directeur général de Vivre avec la fibrose kystique, qui, lui-même avait subi une double greffe des poumons.Reconnaissante de ce soutien indéfectible, Sarah affirme toutefois que : « Ces huit heures sont un vide total pour moi ».Maladie dégénérative Jusqu\u2019au 14 mars 2018, Sarah Dettmers avait vécu toute sa vie avec la fibrose kystique.« C\u2019est une maladie génétique, dégénérative.L\u2019état dans lequel j\u2019étais les mois précédant ma chirurgie, ça n\u2019a pas toujours été comme ça.Plus ça allait, moins ça allait bien.Dans les derniers temps, ma vie était gérée par le nombre de souffles que ça me prenait pour faire une action.Simplement traverser les trois mètres entre ma chambre et la salle de bain était pénible.Je me demandais si j\u2019avais suffisamment envie pour que l\u2019essoufflement pour me rendre à la toilette en vaille la peine.» La greffe a été un succès, selon Sarah.Mais la semaine aux soins intensifs qui a suivi n\u2019a pas été une sinécure.« Comme les poumons sont des muscles, il a fallu les réactiver le plus tôt possible.Donc le mot d\u2019ordre c\u2019est lève-toi et marche, et ce, deux jours après l\u2019opération », relate-t-elle.« Aujourd\u2019hui, je respire bien », affirme la frêle jeune femme.Aucune complication à l\u2019horizon, bien qu\u2019elle éprouve parfois quelques inconforts.« Ça c\u2019est à cause que mes nouveaux poumons doivent s\u2019ajuster à leur nouvel espace.L\u2019un d\u2019eux a dû être taillé pour qu\u2019 il entre [dans sa cage thoracique].Le ou la donneur était plus grand que moi.» Gratitude En raison de sa jeunesse \u2013 et sans doute aussi son attitude de battante \u2013 Sarah a un bon pronostic.Bien sûr, elle doit prendre beaucoup de médicaments et être constamment à l\u2019affût des virus et maladies en raison de son système immunitaire diminué.« Les poumons qu\u2019on m\u2019a greffés sont maintenant mes poumons.Mais je vais toujours rester avec l\u2019 impression que je porte quelqu\u2019un en moi.Je suis éternellement redevable à cette personne et à sa famille.Je ne cherche pas à savoir c\u2019est qui.Pour moi, ce que cette personne a fait dans la vie n\u2019a pas d\u2019 importance.Mais j\u2019aimerais savoir si c\u2019était un homme ou une femme.Parce que je pense à cette personne tous les jours et j\u2019en parle très souvent.J\u2019aimerais pouvoir dire mon donneur ou ma donneuse.En tout cas, j\u2019ai une immense gratitude à son endroit.» Sarah estime qu\u2019elle a désormais une mission dans la vie.« La vie m\u2019a offert cette occasion de réaliser ce que j\u2019ai à faire », dit-elle.Elle ajoute qu\u2019elle veut à tout prix \u2013 par respect pour le donneur ou la donneuse \u2013 être digne de porter ce don en elle.« J\u2019aimerais éventuellement rencontrer ses parents, pour les remercier, pour leur montrer ce que j\u2019ai fait grâce à ces poumons.» Tomy et l\u2019urgence de vivre Enfin, un événement qui l\u2019a secouée et attristée s\u2019est traduit par une nouvelle impulsion.« Mon ami Tomy est malheureusement décédé en novembre 2018.C\u2019est un gros morceau, il était extrêmement impliqué dans la communauté.» Tomy-Richard Leboeuf-McGregor, directeur général de Vivre avec la fibrose kystique a succombé à diverses complications cinq ans après avoir subi une greffe des deux poumons.Il était âgé de 32 ans.« C\u2019est un grand choc tant pour moi que pour la communauté fibrose kystique.Je me voyais beaucoup en lui.Sa mort m\u2019a vraiment redonné l\u2019urgence de vivre.» Aujourd\u2019hui, c\u2019est Sarah Dettmers qui est présidente de cet organisme, qui lui tient beaucoup à cœur.Elle caresse aussi l\u2019ambition de redonner à la société en travaillant dans le communautaire.Un projet de livre serait également dans les cartons.« The sky\u2019s the limit », lance-t-elle remplie d\u2019espoir.vivreaveclafibrosekystique.com transplantquebec.ca signezdon.gouv.qc.ca 13 PHOTOS : NIK MERKULOV (123RF) Lorsqu\u2019on n\u2019a jamais immigré soi-même, on ne sait pas toujours ce que vivent ceux qui font le choix de s\u2019installer ailleurs.Alors que le gouvernement Legault annonçait, en décembre dernier, vouloir abaisser le nombre d\u2019immigrants de 53 000 en 2018 à 38 000 en 2019, nous avons décidé de nous intéresser aux défis qu\u2019attendent ces nouveaux arrivants.Et puis, parmi ceux qui décident de poser leurs valises au Québec, il y a les Français.À Montréal, on a l\u2019impression qu\u2019ils sont partout.Mais les connait-on vraiment ?Les défisde l\u2019immigration par Camille Teste Lorsqu\u2019on est immigrant et que l\u2019on énumère les étapes qui permettent de retrouver une vie stable dans son pays d\u2019accueil, ceux qui n\u2019ont jamais tenté de s\u2019installer ailleurs sont nombreux à s\u2019étonner.Car immigrer n\u2019est pas de tout repos.Il faut s\u2019adapter à une nouvelle culture, mais avant d\u2019en arriver là, il faut passer par différentes procédures dont on ignore trop souvent la lourdeur.Diverses manières d\u2019entrer dans le pays Bien sûr, toutes les procédures ne se valent pas.Il y a de multiples manières d\u2019entrer dans le pays.D\u2019abord, il existe des statuts destinés à ceux qui comptent sur le Canada pour échapper à des situations dramatiques, de guerre ou de famine, par exemple.Il s\u2019agit des réfugiés.En 2018, le Canada en a accueilli 30 000.Ces statuts-là sont très loin d\u2019être faciles à obtenir, la sélection est rude et les refus, fréquents.Ces réfugiés peuvent être accueillis via deux procédures : le parrainage public, c\u2019est-à-dire sous la houlette de l\u2019État canadien, et le parrainage privé, via des Canadiens souhaitant aider et se porter garants d\u2019eux.D\u2019ailleurs, le parrainage existe aussi pour les résidents permanents et les citoyens canadiens qui souhaiteraient faire venir au Canada un ou plusieurs membres de leur famille proche.Investir À l\u2019autre bout du spectre, il existe une procédure destinée aux gens d\u2019affaires et aux investisseurs, qui peuvent s\u2019installer au Canada, sous réserve d\u2019investir un montant très élevé dans un commerce ou de le prêter au gouvernement.Au Québec, ces frais s\u2019élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars.Il faut aussi fournir des preuves de son patrimoine.« C\u2019est une procédure réservée aux gens très riches », précise Nadia Barrou, avocate spécialiste de l\u2019immigration, qui travaille dans le domaine depuis 25 ans.Autrefois aisée, cette procédure s\u2019est complexifiée ces dernières années.« Avant, il était possible d\u2019acheter un dépanneur jusqu\u2019à l\u2019obtention de sa résidence permanente, et de le revendre ensuite à une autre personne voulant aussi immigrer, élabore-t-elle.Aujourd\u2019hui, c\u2019est beaucoup plus exigeant, il faut fournir des preuves d\u2019un projet viable.» S\u2019installer Pas si simple au Québec ? Temporaires Autre manière d\u2019immigrer, les études.Les étudiants arrivent avec un visa spécifique ou peuvent en général prétendre à un visa « post-di- plôme » après, et sont en mesure, en général, de viser la résidence permanente, celle-ci pouvant conduire, après un certain nombre d\u2019années, à l\u2019acquisition de la citoyenneté.« C\u2019est aussi un bon moyen d\u2019immigrer pour les Français, peu importe leur âge, explique Nadia Barrou, car les frais d\u2019études sont très bas pour eux.Pour les autres nationalités, c\u2019est beaucoup plus cher.» En effet, les frais sont moindres pour les Français en vertu d\u2019une entente entre les gouvernements québécois et français.Au premier cycle, les Français payent les mêmes frais que les étudiants venus des autres provinces canadiennes.Certains immigrants, en particulier les jeunes diplômés, peuvent également entrer au pays via des visas temporaires.Certains sont fermés, ce qui signifie que leur présence au pays dépend de l\u2019employeur, d\u2019autres sont ouverts, ce qui veut dire qu\u2019ils peuvent travailler pour plusieurs employeurs.Ces visas s\u2019obtiennent avec plus ou moins de facilité.Le permis de travail temporaire le plus flexible, le PVT, ou permis vacances travail, dure entre un et deux ans.Il s\u2019adresse aux Français de 18 à 35 ans, et aux Belges de 18 à 30 ans.Il fonctionne avec des quotas.En 2019, le Canada accueillera ainsi 7150 « pvtistes » français et 750 belges.Sélection Depuis 2018, le Québec travaille sur un outil de sélection d\u2019immigration choisie en fonction des besoins de la province.Ce nouvel outil, Arrima, a été mis en place pour faciliter cette sélection.Il s\u2019agit d\u2019une plateforme par laquelle ceux qui le désirent présentent un dossier.« En fonction de son métier, on peut être invité ou non.Or, quelqu\u2019un qui a une formation de soudeur, d\u2019 infirmière ou de cuisinier \u2014 le métier le plus demandé au Québec \u2014 a beaucoup plus de chance d\u2019être invité que quelqu\u2019un qui a un doctorat en sociologie.» Ces temps-ci, au Québec, illustre encore Nadia Barrou, les travailleurs temporaires qui sont sur le territoire ont beaucoup plus de chances de prétendre à une résidence permanente que les aspirants immigrants qui sont à l\u2019étranger.« Ça n\u2019a pas toujours été comme ça.Il y a plus de 10 ans, tout le monde pouvait déposer une demande et tout le monde, ou presque, était accepté, informe-t-elle.Mais maintenant, en dehors du parrainage, il n\u2019y a aucune invitation, en ce moment, destinée à ceux qui ne sont pas temporaires.Le Québec veut avant tout faciliter l\u2019 immigration permanente de ceux qui sont déjà là.» Immigrer coûte cher Toutes procédures confondues, immigrer n\u2019est pas sans coût.Le prix de la résidence permanente au Canada s\u2019élève à 1040 $ par adulte et à 150 $ par enfant, auquel il faut ajouter, au Québec, la somme de 798 $ pour le requérant principal, puis 180 $ supplémentaires pour chaque personne à charge.Au-delà de ces coûts, il faut compter les frais d\u2019avocat et de visite médicale, parfois des frais liés aux tests de langue, obligatoires dans certaines procédures, ainsi que les frais d\u2019installation généraux.« Pour plusieurs, c\u2019est un sacrifice, souligne Laurence Nadeau, co-fondatrice du site immigrer.com.Ça peut prendre des années pour avoir l\u2019argent nécessaire.Et ça, c\u2019est sans parler des arnaques dont sont victimes certains immigrants mal informés.» Une vie en suspens D\u2019une manière générale, l\u2019immigration est un projet de vie dont la logistique est très lourde, rappelle-t-elle aussi.« De l\u2019extérieur, on ne se rend pas compte, mais quand est-ce qu\u2019un Québécois va à la fois chercher un nouveau toit, un nouveau travail, une école pour ses enfants, tout en devant s\u2019adapter à une nouvelle culture, le tout sans ses proches ou ses amis avec soi ?» D\u2019autant que les nerfs des aspirants immigrants sont souvent mis à rude épreuve, car les procédures d\u2019immigration sont de plus en plus longues.« Par ailleurs, les gens doivent souvent se procurer les originaux de leurs diplômes, ou les certificats de police des pays dans lesquels ils ont vécu pendant un certain temps, poursuit Mme Nadeau.Or, cela peut prendre des mois.Parfois c\u2019est même impossible de retrouver certains documents, par exemple si vous venez d\u2019un pays en guerre.» Ces procédures, qui durent parfois des années, conduisent en général les aspirants immigrants à mettre leur vie en suspens.« C\u2019est complexe à expliquer quand on ne l\u2019a pas vécu, mais ces personnes retiennent leur souffle, et plus c\u2019est long, plus c\u2019est difficile, dit-elle.Entre autres choses, elles ne vont pas s\u2019 investir de la même manière dans leur pays d\u2019origine, puisqu\u2019elles vont en partir.Ou alors elles vont peut-être remettre à plus tard leurs projets d\u2019enfants.» Découragement La situation des immigrants temporaires qui attendent leurs papiers pour rester sur le territoire n\u2019est guère plus facile.Surtout que l\u2019immigration n\u2019est pas sans surprise : changements de lois, dossiers perdus, bogues des plateformes d\u2019immigration en ligne peuvent parfois les conduire à tout reprendre à zéro.« Par exemple, lance Laurence Nadeau, en février dernier, beaucoup de candidats ont réagi violemment à l\u2019annonce des 18 000 dossiers d\u2019 immigration que le gouvernement québécois voulait éliminer.C\u2019est dur pour des gens qui se sont autant investis.» Face à ces errements administratifs, aux défis professionnels, aux changements radicaux de climat, à la solitude ou au sentiment de sacrifice vécu par ceux qui sont venus de loin dans le but de faciliter la vie de leurs enfants, le découragement n\u2019est jamais loin.16 1er mai 2019 itineraire.ca Dans les rues de Montréal, ils étaient des milliers, l\u2019été dernier, à célébrer la victoire de la France à la Coupe du monde de soccer.Largement relayés par les médias, ces scènes de liesse et ces drapeaux bleu, blanc, rouge ont marqué bien des Québécois, pas toujours conscients de l\u2019ampleur du « phénomène Français » dans la province.Chaque année en effet, entre 3000 et 4000 Français viennent s\u2019établir dans la province en tant que résidents permanents.À ceux-ci s\u2019ajoutent les détenteurs de permis temporaires, mais aussi les étudiants.« Depuis 10 ans, les Français sont soit premiers, soit deuxièmes dans le classement des populations qui immigrent le plus au Québec », souligne Jean-Philippe Warren, professeur de sociologie à l\u2019Université Concordia.C\u2019est quand on le compare à l\u2019immigration chinoise que le flux d\u2019immigrants venus de France est le plus impressionnant : à quelques centaines de personnes près, les immigrations française et chinoise sont du même ordre de grandeur.« C\u2019est surprenant, explique M.Warren, car les Chinois sont presque 1,4 milliard, alors que la population française représente moins de 70 millions de personnes.» Comprendre les Français du Québec (maudits) par Camille Teste Source : Consulat général de France à Québec.a presque doublé soit une hausse de 76% de 45 890 à 80 900 Entre 2005 et 2017 le nombre de Français inscrits sur les registres consulaires de Québec et de Montréal passant La communauté la plus importante de Français est En 2017, elle s\u2019élevait à 69 000 concentrée à Montréal Tropisme québécois Alors, comment expliquer un tel tropisme ?Pour Jean-Philippe Warren, cela tient d\u2019abord à l\u2019essor qu\u2019a connu la province ces 50 dernières années.« Le Québec est passé d\u2019une économie chancelante et des secteurs de pointe sous-développés à une situation économique attractive, avec des entreprises réputées en jeu vidéo, en intelligence artificielle, etc.» La province a aussi su revaloriser ses universités, qui constituent un important canal d\u2019immigration.Autrefois peu cotées, McGill exceptée, elles ont su évoluer pour attirer de nombreux étudiants étrangers.« Alors qu\u2019 il y a 50 ans, un Français aurait eu honte de venir faire son doctorat de philosophie au Québec, aujourd\u2019hui les étudiants se pressent ici pour étudier », affirme M.Warren en ce sens.Mais l\u2019essor québécois n\u2019explique pas tout.Selon le sociologue, ce qui a changé, c\u2019est aussi que les Français, depuis quelques temps, sont nombreux à vouloir quitter l\u2019Hexagone.« Ça, c\u2019est nouveau, dit-il.De tous les habitants de l\u2019Europe, ce sont ceux qui envisagent le plus de partir.De plus, ce sont les plus nombreux à dire qu\u2019 il n\u2019y a pas de place pour \" des gens comme eux \" en France.» Face à cela, le dynamisme de la province, de même qu\u2019une certaine culture professionnelle tendant à donner sa chance à tous, a de quoi plaire.Ajoutez à cela la langue française, et l\u2019impression \u2013 parfois trompeuse - de certains traits culturels communs, et le Québec devient un choix plutôt naturel.Facilités De son côté, la province ne cache pas son intérêt pour les habitants de l\u2019Hexagone, comme le confirmait le premier ministre François Legault, lors d\u2019un déplacement à Paris, en janvier dernier.« Actuellement, il y a beaucoup trop d\u2019 immigrants au Québec qui ne sont pas qualifiés ou qui ne parlent pas français, disait-il.Donc, des Français, on en prendrait plus.» Pour faciliter cette immigration-là, il existe divers accords entre les deux pays.Ceux-ci touchent notamment les frais de scolarité, minimes pour les ressortissants français.« Un diplôme d\u2019études professionnelles en informatique, par exemple, coûte 250 $ pour un Français, et 22 000 $ pour un Belge », rappelle Nadia Barrou, avocate spécialiste de l\u2019immigration.D\u2019autres initiatives visent également à faciliter au maximum le recrutement des Français.Parmi les plus populaires, il y a les « Journées Québec », des foires de recrutement organisées en France.En décembre 2018, la 19e édition, organisée à Paris, avait attiré quelque 24 000 candidats pour 113 employeurs québécois et 2252 postes à pourvoir, notamment dans les secteurs du génie mécanique, du jeu vidéo, de l\u2019aérospatiale, de la santé, de la comptabilité et de la restauration.Marché de l\u2019immigration Pour favoriser encore l\u2019installation des Français au Québec, de nombreux outils sont apparus sur internet au fil des ans.Parmi eux, il y a le site immigrer.com, qui célèbre ses 20 ans cette année.Sa co-instigatrice, Laurence Nadeau, en a eu l\u2019idée après deux expatriations temporaires en France.« J\u2019étais journaliste et j\u2019ai travaillé sur plusieurs guides destinés à tous ceux qui envisageaient de venir vivre au Canada, raconte-t-elle.J\u2019ai vraiment assisté à une accélération de l\u2019 intérêt français pour le Québec.Aujourd\u2019hui, en France, on a l\u2019 impression que tout le monde a un cousin, un beau-frère ou un voisin qui s\u2019est installé ici.Donc forcément, un site qui donne des clefs à ces immigrants-là, ça s\u2019est imposé comme une évidence.» Plus récemment, l\u2019avocate Nadia Barrou, dont le nom résonne de façon familière aux oreilles des francophones ayant entrepris des démarches d\u2019immigration, a fait sa place sur les réseaux sociaux.Elle anime le groupe Facebook Français, Belges et Suisses du Canada : questions d\u2019 immigration.Fréquenté par plus de 10 000 membres, il est un outil d\u2019entraide extrêmement plébiscité par les nouveaux arrivants, souvent perdus dans les méandres labyrinthiques que sont les procédures d\u2019immigration au Canada.Rentrer chez soi Malgré ces dispositifs utiles, tous les Français ne restent pas au Québec.En moyenne, un quart d\u2019entre eux décident de rentrer chez eux après plusieurs années.« Il est assez facile, pour les Français, plus que pour d\u2019autres immigrants, de venir s\u2019 installer au Québec.Mais cela fonctionne dans les deux sens, remarque Jean- Philippe Warren, il est aussi facile d\u2019en repartir, beaucoup plus que si vous venez de l\u2019autre bout du monde, ou que si vous avez quitté un pays en guerre.» Ces Français qui plient bagage le font pour plusieurs raisons.D\u2019abord, il y a les étudiants, qui sont environ 10 000.« Eux n\u2019ont pas toujours l\u2019 intention, à long terme, de s\u2019 installer si loin de chez eux », explique le sociologue.Ensuite, il y a ceux qui sont venus ici avec un permis temporaire, et qui voient le Québec surtout comme un séjour dépaysant, une aventure, bref, une façon de voir du pays.Plusieurs viennent aussi avec un plan de carrière en tête, et s\u2019en retournent au bout de quelques années, avec de l\u2019expérience professionnelle en plus et quelques sous de côté.19 itineraire.ca 1er mai 2019 Défis professionnels D\u2019autres encore rentrent chez eux car ils n\u2019ont pas trouvé, au Québec, l\u2019épanouissement qu\u2019ils attendaient.Souvent, cela s\u2019explique par des difficultés professionnelles.« Beaucoup de Français vont résumer leur expérience québécoise à ce qui leur arrive professionnellement, constate M.Warren.Si ça se passe bien, certaines personnes se surprennent à rester alors que ce n\u2019était pas le plan de départ.Au contraire si ça se passe moins bien que prévu, cela peut déterminer un retour au pays.» Or, contrairement à ce que beaucoup de Français croient à leur arrivée au Québec, la réussite professionnelle n\u2019est pas toujours acquise ici.D\u2019abord, malgré certaines équivalences, beaucoup peinent à faire reconnaître leurs diplômes ou le prestige de l\u2019établissement fréquenté en France.« On entend régulièrement des Français se plaindre qu\u2019on ne reconnait pas leurs profils à leur juste valeur.Et c\u2019est vrai qu\u2019on peut avoir fait une grande école en France, ici, ça ne va pas parler à grand monde, observe Jean-Philippe Warren.Ceux qui ont des formations d\u2019excellence vont se buter aux mêmes obstacles que n\u2019 importe quel immigrant.» Communiquer avec les Québécois D\u2019autres raisons peuvent entacher une réussite professionnelle.Parmi elles, la culture d\u2019entreprise et les relations entretenues avec les Québécois.C\u2019est un constat que fait Jean-Pierre Dupuis, professeur à HEC.Spécialiste du management interculturel, il s\u2019intéresse depuis longtemps à l\u2019intégration des Français dans les entreprises.« En étudiant les Français, notamment dans le monde de la gestion, j\u2019ai découvert qu\u2019 il y avait de vraies incompréhensions entre Français et Québécois, indique-t-il.Pour un certain nombre de Québécois, les Français sont des personnes agressives, arrogantes, qui se pensent supérieures aux Québécois.Alors, par mesure défensive, les Québécois ont tendance à être agressifs avec les Français.» Or, note Jean-Pierre Dupuis, les Québécois concernés ne se comportent pas de la même manière avec les autres francophones d\u2019Europe.« En général, de prime abord, ils peuvent se comporter de la même manière, mais c\u2019est parce qu\u2019 ils ne font pas immédiatement la distinction entre Français, Belges et Suisses, sourit-il.Dès lors que la personne dit qu\u2019elle est belge ou suisse, leur comportement change.Ils n\u2019ont pas ce même rapport avec eux.» Selon lui, ces relations conflictuelles s\u2019expliquent souvent par un manque de compréhension mutuelle.« En France, c\u2019est vrai qu\u2019on est plus mordant qu\u2019 ici.Selon moi, les Québécois confondent la combativité intellectuelle des Français avec de l\u2019agressivité.Ce qui est intéressant, c\u2019est que bien souvent les Québécois ne savent même pas pourquoi ils ressentent une certaine tension à l\u2019encontre des Français.» Tensions historiques Jean-Pierre Dupuis invoque aussi l\u2019Histoire.« Je crois qu\u2019 il y a un problème de perception que s\u2019est construit avec l\u2019Histoire.Aujourd\u2019hui, les Français qui arrivent au Québec sont ouverts sur le monde, ils apprécient la culture québécoise, constate-t-il.Mais [dans l\u2019imaginaire collectif], il reste des traces de l\u2019 immigration française des années 1950-1960, issue des colonies françaises, mais aussi de la vague de la fin du 19e siècle, qui était constituée de congrégations religieuses.» Or, ces immigrants-là n\u2019entretenaient pas, avec les Québécois, des relations d\u2019égal à égal.« Par exemple, les immigrants issus des congrégations religieuses étaient souvent des enseignants.Stricts, rigoureux, ils ont contribué à créer cette image de Français autoritaires.» Difficile aussi, pour certains Québécois, de se départir d\u2019une ancienne querelle entre le tenace complexe de supériorité des Français, notamment vis-à-vis de la langue parlée, et son pendant québécois.« C\u2019est sûr qu\u2019il y a encore des traces d\u2019un certain complexe d\u2019infériorité chez les Québécois.Certains se sentent, ou se sont déjà sentis infériorisés dans la langue.Et ça, ça peut provoquer de l\u2019agressivité », reconnait encore Jean-Pierre Dupuis.Fierté Bien sûr, les Français ne sont pas les seuls à vivre des expériences d\u2019intégration difficile.Après tout, note M.Dupuis, c\u2019est le propre de l\u2019immigrant.« Mais alors que la plupart des immigrants s\u2019y attendent, les Français, eux, ne s\u2019y attendent pas.Ils sont moins préparés.» Alors, est-ce que les relations entre Français et Québécois évoluent ?Certainement, avance-t-il, mais pas très vite.« Tous les Québécois n\u2019entretiennent pas ce rapport conflictuel avec les Français, mais pour ceux qui ont une certaine animosité, ça change tout doucement.Il faudrait qu\u2019 ils aient davantage de contacts avec eux pour qu\u2019 il y ait une vraie amélioration.» Jean-Philippe Warren nuance.« Je crois qu\u2019une forme d\u2019égalité est en train de voir le jour.Avant, les Québécois se sentaient jugés par les \u201c maudits Français \u201d et les Français, il faut le dire, se donnaient le droit de juger les autres, observe-t-il.Maintenant que la France ne va plus très bien, le nombrilisme des Français diminue un peu.De leur côté, les Québécois ont davantage de fierté, notamment du fait du relèvement phénoménal qu\u2019a connu le Québec depuis 50 ans.» Selon lui, les Québécois d\u2019aujourd\u2019hui sont bien moins touchés par la critique française.« Aujourd\u2019hui, les Québécois se sentent moins culs terreux, dit-il.Ils sont nombreux à considérer qu\u2019 ils n\u2019ont pas grande chose à envier aux autres.» 20 1er mai 2019 itineraire.ca Invasion française ?Alors, ces quelques tensions ont-elles poussé les Québécois à se lasser de la présence française ?« Honnêtement, je ne crois pas que cela concerne la majorité de la population, suppose Jean-Pierre Dupuis.Il y a certainement des Québécois qui parlent d\u2019une invasion française dans certains coins de Montréal, mais il faut relativiser : il y a des groupes beaucoup plus visés ces temps-ci, à commencer par la population musulmane.» Néanmoins, poursuit M.Dupuis, « si je me fie à mon expérience personnelle, je sais qu\u2019au HEC par exemple, il y a énormément de professeurs français, ce qui peut déranger plusieurs collègues québécois.Ceux-là redoutent que certains départements deviennent dominés par la pensée française et s\u2019éloignent ainsi du contexte québécois.» Malgré tout, en région, les Français demeurent la catégorie d\u2019immigrants la plus représentée.« Fait notoire, souligne Jean- Philippe Warren, ils font partie des immigrants qui sortent le plus facilement de l\u2019 île de Montréal et qui, une fois en région, s\u2019 installent souvent définitivement.» Preuve que les maudits Français, en dépit de certaines fragilités, parviennent quand même à se faire accepter par leurs cousins Québécois. P H O T O : A N D R E B E N Z ( U N S P L A S H ) Je mange donc je suis J\u2019ai écrit en coopération avec une journaliste un article sur l\u2019oncologue Richard Béliveau.J\u2019ai découvert que le régime méditerranéen est anti-cancérigène.C\u2019est également le cas pour les Indiens qui mangent beaucoup de curcuma.Ça m\u2019avait pas mal surpris.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Cuba libre J\u2019aime beaucoup les danses cubaines comme la salsa et la rumba.Je n\u2019ai jamais pratiqué ces danses, surtout maintenant avec mon mal de dos, mais je regarde ça à la télévision et ça m\u2019impressionne beaucoup.J\u2019aime les costumes et les chapeaux que les danseurs portent.J\u2019aimerais aller visiter ce pays, mais ce n\u2019est pas possible financièrement.DIANE CURADEAU CAMELOT WELLINGTON La fin de l\u2019Apartheid Je suis fasciné par Nelson Mandela qui a fait 27 ans de prison.Il a combattu le racisme dans son pays, l\u2019Afrique du Sud.Après la prison, il est devenu président, ce qu\u2019il méritait à cause de ses grandes qualités et ses valeurs.Il se battait pour l\u2019amour et la paix.C\u2019est suite au visionnement d\u2019un reportage que je me suis intéressé à l\u2019homme.JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT/SAINTE-CATHERINE Aux pays des Vikings Les pays d\u2019Europe du Nord m\u2019attirent beaucoup.Ces peuples ont l\u2019air plus heureux.Ils prennent plus soin de leur santé et de leur corps.Il y a les saunas et ils se baignent dans l\u2019eau glacée.Ils ont un hiver similaire au nôtre, mais ils semblent l\u2019apprécier plus que nous.J\u2019aimerais beaucoup aller au Danemark et j\u2019ai beaucoup d\u2019admiration pour l\u2019actrice suédoise Ingrid Bergman.Elle dégageait une sensualité vraiment particulière.RÉJEAN BLOUIN CAMELOT MÉTRO PIE-IX Dans le Grand-Nord Je suis plutôt impressionné par la vie des Inuits dans le Grand-Nord.Il fait noir à moitié de l\u2019année et clair de l\u2019autre.Ils chassent le phoque, naviguent entre les icebergs et risquent de tomber face à face avec un ours polaire n\u2019importe quand.Ils sont connectés à la nature et leur résistance m\u2019impressionne.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE DANS LA TÊTE DES CAMELOTS te fascine chez une culture ?autre Qu\u2019est-ce qui Nous sommes des bibittes Je suis fasciné par les bouddhistes qui ont un tel respect pour la vie qu\u2019ils n\u2019osent même pas écraser une bibitte.Si c\u2019est parce qu\u2019ils croient que l\u2019un de leurs ancêtres peut loger dans cet insecte, personnellement, je l\u2019écraserais pour le libérer de cette vie afin qu\u2019il se réincarne dans une autre créature.Ce serait probablement mieux que d\u2019être une bibitte.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO, SAINT-HUBERT/BOUCHER Au pays du Soleil-Levant J\u2019aime beaucoup la culture japonaise.Ce sont des gens qui sont bourrés de talent dans plusieurs domaines, dont celui de l\u2019automobile ou des communications.Je trouve que les costumes des geishas sont très beaux et ils ont de belles coutumes : ils enlèvent leurs chaussures et s\u2019assoient par terre pour manger.Ça semble plus respectueux et convivial.LUCETTE BÉLANGER CAMELOT MÉTRO PIE-IX 23 itineraire.ca 1er mai 2019 Ce n\u2019est pas d\u2019hier que des hypothèses et articles clamant l\u2019inefficacité voire la dangerosité des vaccins circulent sur les réseaux sociaux, faisant ainsi de nombreux adeptes anti-vac- cins.Conséquence : des maladies éradiquées par les mêmes vaccins décriés refont surface.C\u2019est le cas de la rougeole, disparue depuis le début des années 2000 et qui a réapparu dans l\u2019État de New York récemment.D\u2019où l\u2019importance de ne pas croire tout ce que l\u2019on lit sans vérifier d\u2019abord.Éduquer et sensibiliser les jeunes contre les fausses nouvelles, c\u2019est la mission que se sont donnés plusieurs professionnels des médias en créant la formation #30 secondes avant d\u2019y croire.Une des initiatrices du projet et journaliste d\u2019expérience, Line Pagé, a vu le monde des médias évoluer au fil des ans.Elle a constaté qu\u2019il était de plus en plus difficile de dissocier le vrai du faux.« Il est important de développer un esprit critique dès un jeune âge.Je pense que ce qui est difficile aujourd\u2019hui, c\u2019est que l\u2019 information arrive de partout et sous plusieurs formats, explique-t-elle en mentionnant les réseaux sociaux les plus populaires comme Twitter, Facebook et Instagram.Tout le monde produit des images et de l\u2019 information.» Cette initiative proposée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et par l\u2019Agence Science-Presse (ASP) permet aux jeunes de 13 à 17 ans de se sensibiliser aux fausses nouvelles et autres canulars grâce à des ateliers offerts par des journalistes bénévoles.Pour en finir avec les Journaliste-stagiaire fausses nouvelles 24 1er mai 2019 itineraire.ca #30 secondes avant d\u2019y croire par Geneviève Marceau des utilisateurs de Facebook ont déjà partagé une fausse nouvelle 8,5 % sept fois plus susceptibles de partager une fausse nouvelle sur Facebook que les 18-29 ans 65 ans + Intérêt monstre La formation d\u2019une heure, qui est subventionnée en totalité par le ministère de l\u2019Éducation, est offerte directement dans les classes.Les professeurs n\u2019ont qu\u2019à s\u2019inscrire pour que leurs élèves puissent profiter de l\u2019expérience.Le jumelage s\u2019effectue par région, selon le nombre d\u2019inscriptions, puisque les ateliers sont offerts partout au Québec.L\u2019an dernier, 2800 étudiants avaient bénéficié de cette formation.Line Pagé estime qu\u2019environ 4000 élèves auront participé aux différentes activités en 2019.L\u2019équipe était surprise par l\u2019engouement face au projet.« L\u2019an passé, nous n\u2019avions pas fait de publicité et pourtant plusieurs personnes démontraient de l\u2019 intérêt pour notre projet.On est un peu débordés, pour être honnête », sourit-elle.Attraper Pikachu Les fondateurs de #30 secondes avant d\u2019y croire, Eve Beaudin, Jeff Yates et Line Pagé, ont pris le soin de choisir des thèmes qui intéressent les jeunes pour construire la formation, comme les jeux de Pokémon, les influenceurs et les fausses images circulant sur Instagram.Durant les activités, les élèves doivent dénicher des fausses nouvelles cachées dans des articles parfois très loufoques.Par exemple, une nouvelle indique qu\u2019un carambolage a été causé par un homme qui voulait attraper Pikachu sur l\u2019application Pokémon Go.Pour arriver à distinguer le vrai du faux, ils doivent prendre le temps d\u2019observer les nouvelles et briser le réflexe de partage instantané auquel ils ont été habitués.Les élèves peuvent aussi accéder au site internet 30secondes.org pour compléter leur formation grâce à de courtes capsules récapitulatives portant sur des enjeux tels que le rôle des médias, l\u2019impact et l\u2019histoire des fausses nouvelles et bien d\u2019autres.Le site est convivial et facile d\u2019accès.On s\u2019y retrouve facilement lorsque vient le temps de visualiser des capsules vidéo ou encore de consulter les liens utiles.Pas que pour les jeunes ! Le succès de #30 secondes avant d\u2019y croire confirme qu\u2019en matière de fausses nouvelles, il existe bien un besoin de formation.Mais pas seulement pour les plus jeunes.En effet, selon une étude menée par Andrew Guess, poli- tologue à l\u2019Université de Princeton, les plus de 65 ans sont sept fois plus susceptibles de relayer de la désinformation sur Facebook que les 18-29 ans.Il avance deux hypothèses pour #30 secondes avant d\u2019y croire Fiable : Il est important de vérifier qui a rédigé l\u2019article et si le texte est signé.Est-ce que c\u2019est une source fiable ?Vérifier les sources : L\u2019article doit présenter plusieurs points de vue.L\u2019auteur doit aussi avoir utilisé des sources fiables, soit des professionnels et des gens qualifiés sur le sujet.Vérifier la provenance : Il est également important de vérifier l\u2019adresse URL.Il ne faut pas toujours se fier aux informations recueillies sur les réseaux sociaux ou encore sur les blogues.Pourquoi ? Est-ce que l\u2019objectif de l\u2019article est d\u2019informer ?Il faut garder un esprit critique envers l\u2019information.Conseils pour vérifier l\u2019authenticité d\u2019une nouvelle Crédit : BAnQ expliquer ce phénomène : d\u2019une part, la difficulté des personnes âgées à s\u2019adapter à l\u2019environnement numérique, et d\u2019autre part les problèmes liés à la mémoire dont certaines personnes sont atteintes.Pour répondre à ce besoin, les fondateurs de #30 secondes avant d\u2019y croire ont décidé d\u2019élargir la formation.« Nous sommes présentement en attente de subvention, mais nous avons déjà comme plan d\u2019offrir les activités dans les bibliothèques de quartier », précise Mme Pagé.Mais pas question de transposer la formation telle quelle.Pour l\u2019adapter à un public plus large, les jeux Pokémon seront laissés de côté pour faire place à des sujets plus politiques, comme les canulars que l\u2019on peut voir passer en période électorale.Détecteur de rumeurs Au Québec, #30 secondes avant d\u2019y croire n\u2019est pas le seul projet qui s\u2019attaque à la désinformation et qui sensibilise le public sur leurs manières d\u2019utiliser des réseaux sociaux.Le site de l\u2019Agence Science-Presse, par exemple, a mis en place un détecteur de rumeurs.Celui-ci permet aux utilisateurs de soumettre, vérifier et démystifier certaines informations.Selon la FPJQ, ce site est un modèle en matière de vérificateur de nouvelles.Dans le reste du Canada, la plateforme Actufuté est aussi une référence pertinente.Sans nécessairement offrir un outil pour vérifier les nouvelles, ce site propose un jeu interactif appelé Contre-fait, dont l\u2019objectif est simple : détecter les vraies et les fausses nouvelles parmi un ensemble de photos, liens et autres renseignements fournis sur le site.Les utilisateurs sont ensuite notés sur leur performance.Enfin, ailleurs dans le monde, plusieurs autres modèles de sites existent pour aider les internautes à se retrouver dans la marée d\u2019informations du web.Par exemple, le journal Le Monde, en France, a créé l\u2019outil Décodex, qui permet aux utilisateurs de copier-coller un lien pour s\u2019assurer de sa fiabilité.26 1er mai 2019 itineraire.ca sont sept fois plus susceptibles de partager une fausse nouvelle que celles d\u2019idéologie progressiste prennent six fois plus de temps que les fausses pour atteindre 1500 personnes se déroulera la première Semaine de la presse et des médias organisée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.S\u2019inspirant du modèle français, plusieurs conférences, activités et portes-ouvertes seront offertes au public.Les personnes En moyenne, d\u2019idéologie conservatrice les vraies informations Du 29 avril au 5 mai Tous les Japonais ne sont pas les mêmes.Mais j\u2019ai appris à apprécier leurs qualités en travaillant avec eux.En 1997, la compagnie Mitsubishi Heavy Industries avait obtenu un contrat en Syrie pour la construction d\u2019une centrale électrique.Je revenais du Canada en 1998 pour m\u2019occuper de mes parents.Je voulais travailler sur ce chantier, fort de mon diplôme d\u2019ingénieur en mécanique, de mes années d\u2019expérience et de ma maîtrise de l\u2019anglais.Le jour de l\u2019entrevue, je suis arrivé aux bureaux des administrateurs, ingénieurs et techniciens.Il s\u2019agissait en fait d\u2019une grande salle sans cloison afin de faciliter la collaboration et de permettre au directeur et à son adjoint de surveiller tout le monde.Un poids lourd À mon arrivée, j\u2019ai demandé à un Japonais qui était la personne chargée de mon entrevue.Il m\u2019a indiqué quelqu\u2019un qui ressemblait à un lutteur sumo, un poids lourd nommé Bonjouko, le directeur adjoint.Il s\u2019est adressé à moi en anglais avec un accent japonais, puis il m\u2019a conduit dans une autre salle.Quelques minutes plus tard, cinq Japonais en uniforme bleu marine sont entrés et m\u2019ont serré la main.Leur patron, monsieur Nakazouka, s\u2019est présenté comme étant le directeur du projet puis il m\u2019a présenté les quatre autres hommes.Le directeur me posa quelques questions d\u2019ordre général et j\u2019y répondis facilement.Les autres l\u2019aidèrent à préciser certaines particularités du projet.Au bout de 30 minutes, Nakazouka m\u2019a remercié et m\u2019a promis une réponse rapide.Quelques jours plus tard, j\u2019ai su que j\u2019avais obtenu le poste.J\u2019ai commencé à travailler comme superviseur de l\u2019installation des tuyaux d\u2019incendie de la centrale, conformément aux plans.Une grande différence Mon travail m\u2019a aidé à comprendre la culture des Japonais, leur ingéniosité à travers une grande entreprise, leur organisation minutieuse, leur loyauté les uns envers les autres ainsi que leur travail acharné pour développer des entreprises de calibre mondial.J\u2019ai constaté une grande différence entre leur façon de travailler et celle des entreprises canadiennes.Les Japonais abordent le travail de façon militaire, selon le rang.Le directeur donne les ordres à ses subalternes et peut intervenir dans tous les aspects du projet, petit ou grand.J\u2019ai également noté qu\u2019il était difficile de décoder leurs visages, probablement à cause de leur culture.Ils n\u2019affichent aucune expression ni émotion.Des visages neutres.La communication est différente puisque le non-verbal est quasi inexistant.Une approche militaire Au début, je n\u2019étais pas à l\u2019aise avec l\u2019approche militaire.Au Canada, je communiquais facilement avec mes patrons et j\u2019avais davantage de latitude dans mon travail.Cependant, après un certain temps, leur façon pouvait rendre le travail plus efficace.La journée de travail commençait à 7 h 30 par un rassemblement où les Japonais se recueillaient autour de la statue de Bouddha pendant cinq minutes.Les travailleurs d\u2019autres nationalités restaient debout en silence, respectueux, jusqu\u2019à la fin de la prière.Ensuite, tout le monde se rendait à l\u2019extérieur pour faire des exercices au rythme de la musique japonaise pendant un quart d\u2019heure, beau temps mauvais temps.Je me suis plié à cette discipline de bonne foi, même si ces rituels me semblaient rigides et étranges.La clé du succès Après l\u2019exercice, on se séparait en petit groupe de 8 à 12 hommes autour d\u2019un supérieur.Chaque membre devait expliquer en bref ses tâches de la journée.J\u2019ai travaillé pendant un an pour cette compagnie.Avec le recul, je constate que dans l\u2019ensemble, cela a été une expérience positive.J\u2019ai travaillé à un immense projet au sein d\u2019une compagnie de grande réputation, et j\u2019ai pu ajouter cette expérience à mon CV.Mon expérience avec les Japonais m\u2019a permis de constater que leur succès repose sur l\u2019ordre, l\u2019obéissance, la discipline et la ponctualité.Ils accordent une importance particulière à la spiritualité et à la forme physique.Ils consacrent leur weekend d\u2019une journée par semaine au repos, à la musique, aux voyages et aux relations sociales.Travailler avec les Japonais 27 itineraire.ca 1er mai 2019 PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY PENSÉES L\u2019accroissement de l\u2019aide fédérale permettra aussi d\u2019indexer les salaires des intervenant.e.s dont l\u2019action est soutenue par Vers un chez soi, une aide pertinente alors que les organismes communautaires ont des défis grandissants de dotation et de rétention du personnel.Des fonds sont aussi prévus pour contribuer à des actions additionnelles en hébergement d\u2019urgence, car Montréal vit aussi un accroissement de la demande.Pour la suite ?Après le 1er avril 2021, comment Vers un chez soi se déploie- ra-t-il ?Cela devra, comme par le passé, faire l\u2019objet d\u2019une entente Canada-Québec.Cela constitue un très gros enjeu et cette entente devrait être signée dans les prochains mois, bien avant les élections fédérales du 21 octobre prochain.L\u2019aide fédérale continuera-t-elle à soutenir une diversité d\u2019actions ?C\u2019est ce que prescrit la Politique nationale de lutte à l\u2019iti- nérance, pour éviter la rue et en sortir.Pour arriver à ses fins de réduire l\u2019itinérance de 50 %, le gouvernement fédéral devrait adhérer à la vision que l\u2019on s\u2019est donnée au Québec d\u2019agir à différents niveaux, celui du logement certes, mais aussi celui du revenu, de l\u2019accès aux services de santé et aux services sociaux, de la cohabitation et de la déjudiciarisation.Sur tous ces plans, la politique québécoise prévoit une action majeure pour prévenir l\u2019itinérance.Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal doivent défendre cette approche, où la diversité des actions menées permet effectivement à bien des hommes et des femmes de se sortir de la rue ou de l\u2019éviter.Le soutien à ces actions, tant l\u2019intervention que l\u2019aide pour les logements et les installations, doit être consolidé et accru.L\u2019aide doublée annoncée par le gouvernement fédéral avec Vers un chez soi ne permettra pas à elle seule de réduire l\u2019iti- nérance de moitié.En conservant une approche globale et une action basée sur les choix de la communauté, elle pourra cependant conserver une grande pertinence.Le 1er avril dernier, le soutien du gouvernement fédéral à la lutte à l\u2019itinérance prenait un nouveau nom, celui de Vers un chez soi.Ce programme, dont un financement doublé étalé sur 10 ans, a l\u2019ambition de réduire de moitié l\u2019itinérance chronique au Canada.Au cours de ses deux premières années, Vers un chez soi maintiendra le soutien qui était accordé par le programme dont il prend le relais, la Stratégie de partenariats de lutte à l\u2019itinérance (SPLI).Pour 2019-2021, ce sont ainsi plus de 23 millions $ qui seront investis à Montréal.Des investissements pertinents Annoncé en 1999 à Toronto pour faire face à une crise des sans-abri, le programme fédéral de lutte à l\u2019itinérance visait alors en trois ans à mettre fin à l\u2019itinérance.Vingt ans plus tard, la Ville Reine ne cesse d\u2019ouvrir des refuges, où plus de 8000 personnes s\u2019entassent tous les jours.* Il demeure que l\u2019aide fédérale a été utile pour contrer l\u2019itiné- rance.À Montréal, elle a permis de compléter le financement du programme québécois AccèsLogis et de soutenir la mise en place de plus de 1200 logements sociaux pour sans-abri.De CACTUS à L\u2019Itinéraire, plus de 30 organismes ont pu se doter de meilleurs locaux, voire en devenir propriétaires.Une large diversité d\u2019interventions pour prévenir et réduire l\u2019itinérance a ainsi pu être soutenue depuis 20 ans.À Montréal, les fonds fédéraux ont été investis dans un exercice de planification communautaire, avec l\u2019analyse locale des besoins, des actions pertinentes et des recommandations de financement.Le RAPSIM, ses membres et partenaires, la Ville et le réseau de la santé déterminent les choix.Des plus et des moins pour 2019-2021 Pour ses deux premières années, Vers un chez soi permettra de maintenir l\u2019action menée dans une cinquantaine d\u2019organismes qui offrent du logement, de l\u2019hébergement, font un travail d\u2019insertion, d\u2019accompagnement et de défense des droits.Il permettra de bonifier certaines actions et de soutenir quelques nouvelles réponses, incluant les logements sociaux et les locaux des organismes, deux défis qui sont croissants avec la frénésie de l\u2019immobilier.Vers un chez soi 23 M $ en réponse aux besoins Pierre Gaudreau ?Directeur du RAPSIM P H O T O : A T E L I E R H A B I T A T I O N CHRONIQUE PAYÉE * Toronto daily shelter usage Grâce au fonds fédéraux, l\u2019organisme le Sac à dos a acheté cet immeuble pour y installer son centre de jour et des logements sociaux à l\u2019étage.Le Sac à dos accueille mensuellement 1200 personnes, qui viennent y chercher leur chèque d\u2019aide sociale et du soutien. Jean-François Roberge, ministre de l\u2019Éducation du Québec, a récemment défendu le rôle des professeurs, dans une entrevue au Journal?de?Montréal.Il souligne, avec raison, le travail colossal de ces femmes et de ces hommes pour lesquels l\u2019enseignement n\u2019est pas loin d\u2019être une vocation.Il a cependant ajouté ceci : « Quand?je?vois?un?prof?en?épuisement,?je?me?dis?\u201c?Il?devait?être?bon,?lui.?Il?a?tout?donné!?\u201d » J\u2019ai dû relire trois fois le passage complet pour être certain de ne pas avoir eu la berlue.Celui qui est ultimement le responsable des conditions de travail des profs fait ni plus ni moins l\u2019apologie de l\u2019épuisement professionnel, faut le faire ! Culte de la performance Ces mots du ministre Roberge sont comme la version poussée à l\u2019absurde du culte de la performance.Une bonne travailleuse est une travailleuse épuisée, parce qu\u2019elle a « tout donné ».Comme la marathonienne qui doit toute l\u2019énergie de chacun des muscles de son corps pour battre un record.La différence, c\u2019est que la sportive « recharge ses batteries » après la course.Les profs, malgré les vacances et les congés, n\u2019ont plus, pour une bonne partie d\u2019entre elles, la possibilité de se ressourcer et de se refaire une santé physique et mentale.Comme si leur année n\u2019était qu\u2019un long marathon sans fin.On le répète depuis des années, on a étiré l\u2019élastique au maximum dans nos écoles, autant de l\u2019équipement, des infrastructures, du matériel scolaire que de celui des profs.Le plus grave dans les mots du ministre sont aussi ceux d\u2019un ancien prof.Sauf erreur, c\u2019est la première fois dans l\u2019histoire du ministère de l\u2019Éducation que son titulaire soit un professeur de carrière.Il connaît la réalité de ses ex-collègues pour l\u2019avoir lui-même vécue \u2013 on ne peut donc pas l\u2019accuser d\u2019être déconnecté de la réalité.Des femmes et des hommes interchangeables Ses mots n\u2019ont donc pas « dépassé sa pensée ».Et cette idée n\u2019est pas non plus anecdotique, elle reflète très bien la vision que ce gouvernement, comme la plupart de ceux qui l\u2019ont précédé, a des travailleuses et des travailleurs : des personnes interchangeable sur le marché du travail.« Marché du travail » : quelle détestable expression.Comme si les employeurs achetaient du temps de travail de la même manière qu\u2019on achète un sac de carottes au marché Jean-Talon.On l\u2019entend de la bouche de nombreux ministres presque tous les jours, notamment lorsqu\u2019il est question d\u2019immigration : les travailleurs doivent s\u2019ajuster et répondre aux besoins des entreprises.Évidemment, ça n\u2019est pas faux en soi.Là où cela pose problème, c\u2019est qu\u2019on ne peut pas « s\u2019ajuster » en un claquement de doigts à de nouvelles réalités.Cela prend du temps, de la formation, des études.Le premier ministre Legault a bien montré son total aveuglement, en affirmant, à propos des femmes professeures qui portent un signe religieux, ce qui leur sera interdit après l\u2019adoption de la nouvelle loi : « Il y a d\u2019autres emplois de disponibles.Qu\u2019elles comprennent qu\u2019au Québec, pour occuper ces fonctions, il ne faut pas porter de signes religieux ».Que le premier ministre lui-même fasse fi du fait que les futurs profs doivent investir des milliers d\u2019heures et de dollars pour décrocher minimalement un baccalauréat quand ça n\u2019est pas une maîtrise, et qu\u2019on ne se trouve pas un autre emploi comme ça, par magie, est lourd de conséquences.M.Legault et M.Roberge ont une vision du marché du travail qui se rapproche davantage de l\u2019achat de sacs de carottes au marché que de la complexité de la réalité humaine du travail.Travailleuses et travailleurs, vous êtes des petites machines interchangeables ; si vous ne vous adaptez pas aux réalités du marché du travail, tant pis pour vous.J\u2019ai écrit une partie de cette chronique au féminin, parce que ce dont il est question ici touche particulièrement les femmes, majoritaires dans l\u2019enseignement, et plus spécifiquement de nombreuses immigrantes.Encore une fois.Félicitations, vous êtes épuisée ! 29 itineraire.ca 1er mai 2019 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT PHOTO : WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS Norman Bethune a été un grand médecin-chirurgien passionné qui a étudié et vécu à Montréal.À une époque où les soins de santé n\u2019étaient pas accessibles à tous, le Dr Bethune s\u2019est dévoué pour les démunis d\u2019ici et dans les zones de guerre à l\u2019étranger.Reconnu pour avoir soigné, sans le moindre sou en échange, des chômeurs et leurs familles, il est aussi inventeur de plusieurs instruments de chirurgie.Ce héros canadien n\u2019a toutefois pas fait l\u2019unanimité auprès de ses pairs.Henry Norman Bethune (1890-1939) est né à Gravenhurst en Ontario.Ses parents, Malcolm Nicholson Bethune, un grand globe- trotteur et Elisabeth Anne Goodwin se sont rencontrés à Honolulu alors que cette dernière était missionnaire presbytérienne anglaise.Converti à cette religion, le paternel devient prêcheur dans plusieurs régions en Ontario avant la naissance de son fils unique.Le jeune Norman a fréquenté plusieurs établissements scolaires au cours de son enfance et de l\u2019adolescence puisque sa famille déménage souvent dû au travail de son père.Tel grand-père, tel petit-fils Plus tard, pour honorer son grand-père, chirurgien militaire lors de la guerre de Crimée, Norman décide de laisser tomber le Henry pour adopter le nom de celui qu\u2019il considérait comme son modèle.Intéressé depuis son tout jeune âge par la médecine, il n\u2019a pas hésité à suivre la même vocation que son grand-père.Avant d\u2019étudier en médecine à l\u2019Université de Toronto, Norman Bethune a travaillé comme enseignant, notamment dans un camp de bûcherons.et passion Anti-conformité DES GENS D\u2019EXCEPTION Norman Bethune Nor an Bethune PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR STATUE EN CHINE PHOTO : WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS Lors de la Première Guerre mondiale, en février 1915, Norman Bethune, sans avoir terminé ses études, s\u2019enrôle et devient brancardier, en Belgique, transportant les blessés vers des lieux où ils recevront des soins médicaux.Trois mois plus tard, un éclat d\u2019obus le blesse à la jambe gauche.De retour au Canada, il complète alors son baccalauréat en médecine, ce qui a laissé le temps à sa blessure de guérir, puis il devient sous-lieutenant chirurgien à la Royal Naval Canadian Volunteer Reserve.Vie personnelle En 1920, lors d\u2019un voyage à Londres, il rencontre une riche héritière, Frances Eleanor Campbell Penney avec qui il se marie en 1923.Après une longue lune de miel de six mois, le couple déménage à Détroit, où le Dr Bethune ouvre un cabinet.L\u2019endroit est peu fréquenté et plusieurs de ses patients n\u2019ont pas beaucoup d\u2019argent.Il accepte alors le troc contre ses services.Grâce à ses contacts avec d\u2019autres médecins, sa clinique se fait de plus en plus connaitre et des gens plus fortunés viennent s\u2019y faire soigner.À la maison, il a un comportement assez intense, même impatient et autoritaire.L\u2019argent a souvent fait l\u2019objet de disputes.Sa femme, qui en a assez, décide de divorcer en 1926.Croyant qu\u2019il a changé, elle le remarie en 1929, mais ce mariage n\u2019a duré que deux ans.Le Dr Bethune aime faire la fête et être entouré de femmes.Le couple n\u2019a jamais eu d\u2019enfant.Frappé par la tuberculose À l\u2019âge de 36 ans, Norman Bethune attrape la tuberculose, une maladie qui a tué beaucoup de gens à cette époque.Il demeure hospitalisé au sanatorium Trudeau de Saranac Lake, dans l\u2019État de New York pendant plus d\u2019un an.Convaincu que ses jours sont comptés, il produit une murale arborant des poèmes et des dessins, dont l\u2019un d\u2019eux le représente dans les bras de l\u2019ange de la mort.En lisant un article sur le pneumothorax artificiel, il convainc son médecin de pratiquer cette technique expérimentale sur lui.L\u2019intervention réussit et il guérit rapidement.Passions et inventions Soucieux de toujours prodiguer les meilleurs soins, il modifie des outils chirurgicaux pour les adapter à ses besoins.Il en a inventé plusieurs, dont le costotome ; il s\u2019agit du fameux sécateur servant à ouvrir le sternum et à couper les côtes.Aussi, il a conçu une trousse en bois, facilitant le transport de médicaments et d\u2019approvisionnement, lors de la guerre de la Chine contre les Japonais.Adepte du communisme, Norman Bethune trouve aberrant que les personnes à faible revenu n\u2019aient pas accès à des soins de santé, faute d\u2019argent.En 1935, malgré le désaccord de la population plus aisée, il ouvre une clinique de médecine sociale pour soigner gratuitement les plus démunis.Il adhère alors au Parti communiste, qui propose au gouvernement d\u2019instaurer un régime d\u2019assurance-maladie et la gratuité des soins.Plusieurs médecins s\u2019opposent à cette idée.Le gouvernement refuse leur plan.Les dernières années de sa vie En 1936, avec la montée du fascisme, une guerre civile éclate en Espagne.Le Dr Bethune part à Madrid pour soigner les blessés de guerre.Il se rend d\u2019abord à Londres pour y acheter une camionnette, des flacons de sang et un réfrigérateur.Il installe son unité mobile tout près du front, réduisant le transport et ainsi le nombre de décès.Cette idée sera reprise lors de la Seconde Guerre mondiale.Comme il aime noter les faits et actions de son entourage et qu\u2019il fréquente la journaliste suédoise Kajsa von Rothman, soupçonnée d\u2019espionnage, il est rapatrié au Canada, sous les mêmes soupçons.Deux ans plus tard, c\u2019est la guerre en Chine, qui est envahie par les Japonais.Il y a alors une pénurie de médecins pour soigner les soldats blessés.Puisqu\u2019il n\u2019y a pas assez de sang à transfuser, Norman Bethune crée une banque de sang près du front et une unité mobile pour les transfusions et les chirurgies.Pour répondre au manque criant de médecins, il forme les infirmiers, qui deviendront à leur tour docteurs.Ils doivent soigner les blessés dans des conditions lamentables.Il manque de tout : des outils chirurgicaux, des médicaments, des fournitures.Lui et son équipe ont opéré 115 patients en à peine trois jours.En 1939, à Xian de Tang, alors qu\u2019il opéra, sans gants, un soldat atteint d\u2019une infection, le médecin se coupe le doigt.Il contracte une septicémie, et faute de pénicilline, il en décède.Le Dr Bethune n\u2019a que 39 ans.Aujourd\u2019hui, on retrouve à Shíji?zhu?ng, en Chine, une statue à l\u2019honneur de ce héros canadien.Tout comme à Montréal, coin De Maisonneuve et Guy.Le Dr Norman Bethune a été un pionnier dans l\u2019avancée de la médecine chirurgicale.Il n\u2019a pas hésité à soigner les gens dans un environnement hostile, au péril de sa vie.Ce champion de la médecine sociale a contribué à sa façon à l\u2019éventuelle instauration du régime d\u2019assurance-maladie, qui nous donne accès à des soins médicaux, peu importe notre revenu.1er mai 2019 itineraire.ca 31 PHOTO : JASON PARÉ CARP, ONTARIO \u2013 1959.En pleine Guerre froide, le premier ministre John Diefenbaker commande la construction d\u2019un abri nucléaire.La tension est à son comble avec l\u2019URSS et le gouvernement canadien a besoin d\u2019un endroit pour loger ses membres clés, ainsi que ceux des forces militaires, en cas d\u2019une attaque nucléaire contre le pays.Profitant du passage de L\u2019Itinéraire à Ottawa pour couvrir le budget fédéral, l\u2019équipe du magazine a eu la chance de visiter ce lieu inusité, fermé depuis 1994 et accessible au grand public depuis 1998.De l\u2019extérieur, le bunker ressemble à un simple hangar.La première chose qu\u2019on remarque à l\u2019intérieur, c\u2019est une jeep militaire et trois répliques de bombes atomiques.Il n\u2019y a personne pour nous accueillir.Il faut tout d\u2019abord suivre un long tunnel en béton qui dégage une odeur de vieille poussière et d\u2019humidité.Puis, après une marche de plusieurs mètres, on arrive devant de lourdes portes où est situé l\u2019accueil et où nous attend notre guide Jen Fink.Native de l\u2019Ouest-de-l\u2019Île à Montréal, notre guide est déménagée à Ottawa pour ses études universitaires.Coordonnatrice des réservations du Diefenbunker depuis un an et demi, elle a eu la gentillesse de nous faire découvrir les lieux.Le jour d\u2019après Situé 22 mètres sous terre, le bunker contient environ 350 pièces sur quatre étages, pour une superficie totalisant 10 000 mètres carrés.En cas d\u2019une attaque, l\u2019endroit pouvait abriter de 500 à 600 personnes pour une durée de 30 jours.Le bunker peut résister à une bombe de cinq mégatonnes qui tomberait à une distance d\u2019un peu moins de deux kilomètres.L\u2019abri se trouve à Carp, un petit village situé à l\u2019intérieur de la limite d\u2019évacuation du centre-ville d\u2019Ottawa.Selon notre guide, si une explosion nucléaire se produisait à New York, le lieu serait à l\u2019abri des retombées nucléaires puisque les vents prédominants ne soufflent pas dans cette direction (tout le contraire pour Montréal).Le Diefenbunker PAR LYNN CHAMPAGNE CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE Un avant-goût de l\u2019apocalypse Dès le début de la visite, notre guide nous informe des procédures à suivre pour être admis au bunker après une attaque nucléaire.En premier lieu, les gardiens vérifient si le nom du demandeur est sur la liste.Puis, on doit prendre une douche avec ses vêtements afin d\u2019enlever les poussières radioactives.Le linge est ensuite jeté dans une chute qui se termine par un caisson entouré de plomb.Ils ne sont pas brûlés pour éviter tout risque d\u2019incendie dans le bunker.D\u2019ailleurs, aucun matériau de construction du bunker n\u2019est en bois.Puis, après s\u2019être déshabillé, le réfugié doit prendre une seconde douche pour s\u2019assurer que toute la poussière radioactive a été enlevée.Le seul accessoire venant de l\u2019extérieur permis dans le bunker, ce sont les lunettes de lecture, car il n\u2019y a pas de service d\u2019optométrie dans le bunker et que cet accessoire est essentiel pour qu\u2019une personne admise puisse bien faire son travail.Après avoir pris de nombreuses douches pour être certain de se défaire de toute la radioactivité, c\u2019est maintenant le temps de consulter le médecin.Dans la salle médicale, une courte évaluation de santé est effectuée pour déterminer les besoins du patient pendant son séjour.À l\u2019intérieur de cette section du bunker, on trouve quelques lits, une salle d\u2019opération, un appareil à rayon X (qui, ironiquement, dégage beaucoup de radiations) et un bureau pour le médecin.La salle d\u2019opération contient entre autres une machine tubulaire servant à stériliser les instruments médicaux qui semble tout droit sortie de la série M*A*S*H*.En faisant attention, on constate que le dessus des armoires est en angle pour éviter qu\u2019une personne y pose des objets et que ceux-ci tombent sur la tête des gens.Chaque habitant du bunker est important et il faut réduire au maximum les risques d\u2019accident.Une cité souterraine En plus de la sortie principale, le bunker possède deux sorties de secours.Au besoin, les gens pouvaient sortir de l\u2019endroit en empruntant une échelle.Tout près de l\u2019une d\u2019elles se trouve une grande salle où le musée expose une énorme maquette de la structure du bunker.On y voit les nombreuses pièces réparties sur les quatre étages.Une vidéo relatant la construction du bunker et donnant des trucs pour se protéger en cas d\u2019attaque nucléaire y est diffusée.Tout près de là, notre guide nous présente le Canex (Canada\u2019s Military Store), en d\u2019autres mots le magasin général du bunker.Sur les tablettes du commerce, on retrouve divers produits et articles datant des années 1960 jusqu\u2019à 1980, comme du shampoing, de vieilles bouteilles de liqueur, de la cire à chaussure, etc.Il y a même de vieux paquets de cigarettes, du Brylcreem (une crème coiffante pour hommes), des revues et des vêtements.Juste à côté du Canex se trouve le mess (cantine), une grande salle à manger où l\u2019on pouvait également jouer à des jeux.Sur l\u2019un des murs, il y a une grande photo qui représente une forêt traversée par une rivière.Qualifiée de fenêtre, cette image servait à faire oublier aux occupants du bunker qu\u2019ils étaient enfermés sous terre.D\u2019ailleurs, ce n\u2019est pas le seul moyen disponible pour combattre une sensation de claustrophobie.Dessinées sur les murs et les planchers des corridors, des lignes horizontales donnent l\u2019impression que les espaces sont plus vastes qu\u2019ils ne le sont en réalité.Moment incontournable de la visite, la guide nous montre la chambre forte qui était censée contenir une réserve d\u2019or.Finalement, l\u2019or ne s\u2019est jamais pointé puisque le transport de ce dernier était trop coûteux.PHOTO : COURTOISIE DIEFENBUNKER 34 1er mai 2019 itineraire.ca En 1945, un Russe du nom d\u2019Igor Gouzenko qui vivait au Canada a remis à la GRC 109 documents secrets qui prouvaient que l\u2019URSS espionnait le Canada.Cette affaire a déclenché une crise internationale que de nombreux historiens considèrent comme étant l\u2019événement qui a marqué le début de la Guerre froide Il y a un truc singulier avec le coffre : une petite porte a été construite à la droite de la porte principale afin d\u2019égaliser la pression d\u2019air à l\u2019intérieur du coffre.En effet, sans cette petite ouverture, la succion de l\u2019air empêcherait la porte principale de s\u2019ouvrir.Malgré tout, il faut quatre personnes pour ouvrir la porte principale du coffre qui pèse plusieurs tonnes.De nos jours, la voûte est utilisée pour des réceptions ou des mariages (d\u2019autres endroits du bunker peuvent également être loués pour ce type d\u2019événements, dont la salle à manger).Entièrement construite en béton, et dont l\u2019un des murs est renforcé avec du plomb, la chambre forte peut accueillir une cinquantaine de personnes.Un autre lieu marquant du bunker est le mini-entrepôt utilisé pour le stockage de la bouffe qui contient une chambre réfrigérée.En plus de contenir la nourriture périssable, ce frigo pouvait servir de morgue.Un sac mortuaire d\u2019origine est d\u2019ailleurs exposé à cet endroit.Une guerre secrète Dans l\u2019une des nombreuses salles d\u2019exposition du bunker, notre guide nous a présenté un personnage historique un peu oublié, mais particulièrement important.En 1945, un Russe du nom d\u2019Igor Gouzenko qui vivait au Canada a remis à la GRC 109 documents secrets qui prouvaient que l\u2019URSS espionnait le Canada.Cette affaire a déclenché une crise internationale que de nombreux historiens considèrent comme étant l\u2019événement qui a marqué le début de la Guerre froide.Il est intéressant de savoir que les services secrets soviétiques avaient recours principalement à des femmes afin de faire de PHOTO : JASON PARÉ PHOTO : JASON PARÉ l\u2019espionnage, dont l\u2019une des plus célèbres est la prostituée Gerda Munsinger qui a immigré au Canada en 1955 et qui a entretenu une aventure de 1958 à 1961, avec Pierre Sévigny, ministre associé de la Défense nationale sous John Diefenbaker.Ce scandale qui a éclaté en 1966 a ébranlé le gouvernement canadien.Bien qu\u2019aucune attaque nucléaire n\u2019ait eu lieu, cela n\u2019a pas empêché le bunker d\u2019être en activité.Durant 32 ans (de 1962 à 1994), il abritait la Station des Forces canadiennes (SFC) Carp qui comprenait un effectif de 100 à 150 personnes.L\u2019emplacement a traité des communications classifiées « très secrètes » du Canada tout au long de la Guerre froide.Les visiteurs peuvent donc parcourir de nombreux bureaux et salles de communication où ont travaillé les militaires et qui contiennent des appareils de différentes époques, allant de la machine à écrire à de vieux ordinateurs monochromes, du radio- récepteur à de vieux téléphones à roulette.En parlant d\u2019ordinateurs, il y a une pièce qui contient des mégas ordinateurs qui fonctionnaient avec des bandes magnétiques.La pièce est construite sur un plancher surélevé sous lequel se trouve une ventilation afin de garder l\u2019endroit frais et dont les murs sont en métal afin de protéger l\u2019équipement des impulsions électromagnétiques causées par une explosion nucléaire.NDLR Partenaire de projet, Via Rail a assuré le transport de l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire.PHOTO : JASON PARÉ 36 1er mai 2019 itineraire.ca Un autre endroit qui nous rappelle des vieux films de guerre est une salle de conférences où les plus hauts gradés pouvaient se réunir.Sur le mur, sept horloges donnent l\u2019heure des différents fuseaux horaires du Canada, ainsi que l\u2019heure de Greenwich qu\u2019on appelle l\u2019heure Zulu.Des outils importants puisque sous terre on peut rapidement perdre la notion du jour et de la nuit.Jamais sans ma femme En entrant dans les quartiers réservés au premier ministre (les seuls contenant sa propre salle de bain), notre guide nous apprend que John Diefenbaker n\u2019a jamais visité le bunker.Cette décision a été prise lorsqu\u2019il a découvert que les membres clés du gouvernement ne pouvaient pas amener leur famille avec eux en cas d\u2019une attaque nucléaire, ce qui comprenait sa femme Olive.Ainsi, seules les personnes inscrites sur la liste pouvaient s\u2019y réfugier.En sachant cela, John Diefenbaker s\u2019est limité à couper le ruban à la surface lors de l\u2019inauguration du bunker, mais n\u2019y a jamais mis les pieds.Les visiteurs pourront également découvrir le quartier réservé aux femmes, une station de radio de CBC-Radio-Canada, ainsi qu\u2019un exemple de cuisine du style années 1950 et une salle d\u2019exposition qui explique comment on peut bâtir son propre abri nucléaire dans son sous-sol.Bref, le Diefenbunker est l\u2019endroit idéal pour passer une journée avec sa famille ou ses amis et revivre cette époque fascinante qu\u2019est la Guerre froide.Le musée y organise également des jeux d\u2019évasion.Si vous êtes un amateur d\u2019histoire et que vous vous intéressez aux questions militaires, vous devez absolument visiter cet endroit.Le Diefenbunker Musée canadien de la Guerre froide 3929 rue Carp - Carp, Ontario (à environ 30 minutes du centre-ville d\u2019Ottawa) diefenbunker.ca 1-800-409-1965 = DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND LINDA PELLETIER CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE GILLES BÉLANGER CAMELOT CAMELOT JEANNE-MANCE / RENÉ-LÉVESQUE Le travail sur soi Je me sens privilégiée de pouvoir écrire dans ce beau magazine qu\u2019est L\u2019Itinéraire.Nous avons une plate- forme pour dire, expliquer ce que c\u2019est que d\u2019avoir vécu des années dans la rue.Certains vont ouvrir leur cœur et vous raconter la souffrance de la prostitution, le manque que cause la drogue.Plusieurs comme moi vont vous raconter les abus, la violence, l\u2019humiliation vécus dans la petite enfance.On s\u2019en sort, mais avec beaucoup de travail sur soi, je trouve.Rendez-vous compte : j\u2019ai 64 ans et j\u2019ai encore une intervenante psychosociale que je vois chaque semaine.Rien qu\u2019à penser qu\u2019un jour j\u2019en n\u2019aurai plus, la panique me pogne aux tripes, c\u2019est comme si je tombais dans le vide sans parachute.Je manque de confiance en moi, c\u2019est terrible.Alors quand je vois mon intervenante, je vérifie auprès d\u2019elle si telle chose que j\u2019ai dit ou fait est correcte.C\u2019est fatiguant être moi.Je me pose toujours des questions à savoir si j\u2019ai bien agi, je m\u2019en fais beaucoup.Même que mon intervenante m\u2019a fait une liste de choses comme : tu n\u2019as pas à être parfaite; tu as le droit de faire des erreurs.Ça fait du bien de lire ça.Bref, ce que je veux dire, c\u2019est qu\u2019on est chanceux, nous les camelots, de pouvoir nous exprimer librement dans ce beau magazine qu\u2019est L\u2019Itinéraire.Parlons de ressemblances De temps en temps, des travailleurs de la compagnie Telus viennent à L\u2019Itinéraire.C\u2019est une entreprise qui envoie des salariés pour faire du bénévolat, pour préparer des repas aux camelots.C\u2019est alors que j\u2019ai rencontré la vedette Robin Williams ! M.Jeannot, qui travaille chez Telus, ressemble énormément à cette vedette.Avec son équipe il nous cuisine de bonnes recettes.Me voici donc avec l\u2019humoriste et acteur Robin Williams.Comme je suis chanceuse ! Il y a des légendes qui circulent voulant qu\u2019après le décès de certains artistes, ils soient toujours vivants, qu\u2019ils jouent à cache-cache pour éviter la vie publique.On ne sait jamais.Moi aussi j\u2019ai tendance à m\u2019éclipser, à jouer à cache-cache.Manon : « Mon vieux, c\u2019est fou comme tu peux ressembler à Robin Williams ! » Jeannot : « Sans blague ! » Manon : « Parfaitement ! Moi, je n\u2019ai pas trouvé mon sosie, à part moi-même : Marie-Nancy Manon Fortier-Charlebois, bien entendu.» Jeannot : « Mais je n\u2019ai pas trouvé de Marie- Nancy Manon Fortier-Charlebois ! » Manon : « Mon sosie à moi joue à cache-cache comme moi.La ressemblance entre toi et Robin Williams a évoqué une image dans mon esprit.Une image est une représentation visuelle, voire mentale, de quelque chose, objet ou être vivant.» Jeannot : « Aaaaaaaaaah ! » Quand il nous arrive des imprévus, il vaut toujours mieux en rire qu\u2019en pleurer.L\u2019humour permet de déstresser, de dédramatiser et de détendre l\u2019atmosphère.Il est un très bon remède contre les agressions que l\u2019on subit quotidiennement.Quand on y pense, vous pouvez voir combien je suis observatrice et que j\u2019ai le sens de l\u2019humour.Ce qui me permet de profiter des bons moments offerts par la vie.L\u2019esprit d\u2019équipe pour gagner L\u2019esprit d\u2019équipe, c\u2019est d\u2019être attentif au moment présent, concentré, et aussi être présent à son entourage.Par exemple dans les sports, c\u2019est important de jouer tous réunis et d\u2019avoir beaucoup de plaisir à être ensemble.On joue alors de meilleures parties.Au hockey il y a quatre trios dans chaque équipe.On ne peut pas gagner avec un seul trio.Au baseball, c\u2019est la même chose.Si les joueurs ne jouent pas ensemble, on ne peut pas gagner avec un seul joueur.Quand on arrive pour jouer un match, si les participants se donnent tous un coup de main, tout ira bien pour gagner la partie.Il faut qu\u2019ils aient confiance en eux et dans les autres pour prendre le chemin de la victoire.Il faut aussi de la bonne volonté pour réussir à gagner.Ça donne la chance d\u2019être à son meilleur.La victoire vient en partie de la volonté.Chaque joueur peut alors avoir des compliments et être satisfait de la partie.Dans l\u2019avenir, l\u2019équipe pourra améliorer son classement et aller dans la bonne direction.Il faut toujours garder espoir de se reprendre, même quand on perd.Gagnants ou perdants, bravo à ceux qui ont participé.L\u2019esprit d\u2019équipe est toujours gagnant ! MYRIAM EL-AGHA PHOTO MICHEL PARENT Le concours Ma?première?Place?des?Arts?existe depuis 25 ans déjà.Une belle façon de découvrir les talents de demain.Passionné de musique, le camelot Siou a assisté aux prestations des concurrents afin d\u2019y dégoter les perles rares.En huit semaines, j\u2019ai vu au-delà de 32 artistes de tous âges se donner corps et âme sur la scène de la petite salle Claude- Léveillée, dans l\u2019espoir d\u2019être choisis pour la prochaine étape : la demi-finale.Chaque mardi soir, que ce soit dans la catégorie auteur-compositeur-interprète, interprète ou groupe, les artistes ont offert à tour de rôle un mini-spectacle de quatre chansons.Parmi tous les artistes présents, j\u2019ai été particulièrement marqué par les prestations de Wållgreen, Ombre !, Myriam El-Agha et Yann Leon.J\u2019ai eu la chance de discuter avec deux d\u2019entre eux et ce fut de très belles rencontres.Des participants avant tout.des passionnés ! 39 itineraire.ca 1er mai 2019 MUSIQUE PAR SIOU CAMELOT MONT-ROYAL ET BORDEAUX Ma première Place des Arts En toute honnêteté Participant à la catégorie interprète, Myriam El-Agha avoue à quelques reprises au cours de l\u2019entrevue qu\u2019elle est très jeune.Eh oui sûrement très jeune, mais avant tout on reconnait en elle une vieille âme ! Lors de notre conversation, elle ponctue régulièrement ses débuts de réponses par un simple mot : « honnêtement ».Un mot qui semble nous en dire beaucoup sur sa personne.On sent en elle un potentiel créatif immense.Je suis certain qu\u2019elle en surprendra plus d\u2019un dans les années à venir.Lors de sa prestation, Myriam s\u2019est démarquée des autres par sa sensibilité toute particulière.Je lui fais remarquer qu\u2019elle chante comme une auteure-compositrice-interprète.« Parce que je chante mal ! », réplique-t-elle, sourire en coin.Oh non, au contraire ! Sa façon de mettre le texte de l\u2019avant comme si elle l\u2019avait écrit m\u2019a mis la puce à l\u2019oreille.Et ça, c\u2019est sans compter son petit mot de présentation dans le programme de l\u2019événement et qui m\u2019a permis de constater à quel point elle écrit bien.Je lui fais donc part de mes soupçons d\u2019avoir des textes de chansons empilées dans un coin, mais qu\u2019elle est trop gênée pour les chanter en public : « C\u2019est exactement ça, t\u2019es très bon ! Mais oui, honnêtement, je suis d\u2019abord et avant tout une auteure-compositrice-in- terprète.Disons que j\u2019avais un peu la chienne de me présenter ainsi tout de suite.À l\u2019audition, deux des trois juges ont dit qu\u2019ils aimeraient ça me revoir l\u2019année prochaine dans cette catégorie-là ! Pour l\u2019 instant, je suis en musique au cégep Marie-Victorin.Je développe ma technique vocale et j\u2019aime beaucoup ça.Je chante depuis pas si longtemps que ça.» Myriam El-Agha a comme modèles, Philippe Brach et Klô Pelgag, pour les artistes qu\u2019ils sont, mais aussi pour la façon qu\u2019ils ont de mener leurs barques : « Comme eux, je veux avoir une grande liberté, réaliser et produire mes projets, parce que je sais que ma musique n\u2019est pas nécessairement la plus accessible : elle est surtout centrée sur les mots.» D\u2019ailleurs, elle a terminé son spectacle avec une chanson de Klô Pelgag qu\u2019elle présente comme un mélange de Savaldor Dali et de Boris Vian.De mon côté, aussitôt qu\u2019on parle de Boris Vian, je ne peux m\u2019empêcher de réagir.Écrivain, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz, l\u2019artiste français est une figure marquante de son époque.Elle abonde : « Oui, quel homme ! C\u2019est l\u2019un de mes auteurs préférés.Son livre L\u2019écume des jours m\u2019a accompagné toute mon adolescence.» Je lui demande si elle se voyait un jour chanter une chanson de lui : « Ah mon Dieu ! Tu vois, une chanson comme Fais-moi mal, Johnny, ce serait un vrai défi pour moi ! J\u2019ai de la misère encore à me laisser aller complètement dans l\u2019 interprétation.Et puis, dans cette chanson, si tu ne le fais pas, t\u2019as l\u2019air un peu cave ! » Vian, en son temps, était un artiste engagé, entre autres avec sa chanson Le déserteur.Je lui demande si pour elle, être artiste vient avec un devoir d\u2019engagement social : « Oui, j\u2019pense que c\u2019est cool le rôle qu\u2019un artiste peut avoir ! Il a la possibilité d\u2019amener de nouveaux débats, de mettre au jour certains tabous.Par contre, je ne veux pas surpolitiser mon rôle, je ne suis pas députée.J\u2019pense qu\u2019à notre manière on peut faire avancer des idées.Puis moi, j\u2019aimerais avoir ce rôle-là ! Je suis assez crue dans mes textes, je dis ce que j\u2019ai à dire et de cette façon, je peux sûrement inspirer certaines personnes à s\u2019exprimer davantage ! » Inspirer certaines personnes, je suis convaincu que ce sera le cas.That\u2019s it ! Inscrit cette année dans la catégorie groupe, ce n\u2019est pas la première fois que Yann Leon participe à Ma première Place des Arts.Voilà trois ans, il y a fait un passage en tant qu\u2019auteur-com- positeur-interprète, se rendant même en demi-finale.D\u2019un survol rapide sur ses dernières années, on ne peut que remarquer la force incroyable que possède cet artiste : sa persévérance ! Il a commencé à jouer à 15 ans dans des bands heavy metal.Il a fait des études collégiales en musique.Il a essayé de participer aux Francouvertes, mais leur jury a qualifié sa musique de « correcte » sans plus.Sachant en rire, Yann ne se décourage pas et a l\u2019intention de se réinscrire pour la prochaine édition.En parallèle, il se construit un studio maison, pour produire et réaliser sa musique.Je l\u2019ai rencontré à un café dans l\u2019espace de la gare Centrale.Il travaille à côté, comme conseiller en informatique.Gentil, il m\u2019offre le café.Aussitôt assis, il m\u2019annonce : « C\u2019est la Journée mondiale du bonheur aujourd\u2019hui, et malgré tout je me suis levé en maudit ! » Ça m\u2019amuse, d\u2019entrée de jeu, on dirait qu\u2019il me lance les premières lignes de sa prochaine chanson.D\u2019ailleurs le gars écrit très bien ! Je vous invite sur son site officiel pour y lire le texte de la chanson Bulldozer.Sur scène, Yann chante en s\u2019accompagnant à la guitare.Il a une attitude réservée, un peu distante ; ce qui correspond assez bien avec son style musical, l\u2019électro.C\u2019est une musique d\u2019atmosphère, il faut quelques chansons pour se laisser imprégner comme il faut.Le tout me fait penser, un peu, à l\u2019électro pop du Français Étienne Daho.À l\u2019écoute de la première chanson, on remarque des arrangements assez épurés.Le premier morceau fini, il se penche rapidement, ramasse un fil et\u2026 surprise : « Ouais, j\u2019ai fait un peu dans l\u2019humour malgré moi ! J\u2019ai commencé à jouer ma chanson et je me Myriam El-Agha J\u2019apprends que le bruit est futile.Que mon silence Lui À une épine Un murmure Qui crie « Je suis là » Dans sa langue natale J\u2019apprends que ce n\u2019est pas Ce qu\u2019on dit Mais ce qu\u2019on tait 40 1er mai 2019 itineraire.ca YANN LEON PHOTO MICHEL PARENT suis rendu compte que je n\u2019avais pas plogué ma guitare [rires].Ah tabarnouche ! Toutes ces pratiques, pour oublier ça ! » C\u2019est un bien pour un mal, lui qui n\u2019aime pas trop faire des interventions entre les tounes, car cet incident l\u2019a rendu davantage sympathique sur scène.Mais en entrevue, pas d\u2019erreur, c\u2019est un être chaleureux, ouvert et généreux.Comme tous les participants au concours, il a joué quatre chansons.Mais dans le lot, il y en a une qu\u2019il affectionne plus particulièrement : « Une de mes chansons que j\u2019adore, c\u2019est Je.Je parle de l\u2019espèce d\u2019exagération [du culte] de la personne qu\u2019on voit tous les jours sur les réseaux sociaux.En plus, les jeunes sont très influencés par les grands artistes\u2026 les Lady Gaga, Bon Jovi ont des super égos, qui lancent leurs êtres à travers nous, via les médias sociaux.Tout le monde veut se distinguer plus que l\u2019autre.Il faut être plus que ce qu\u2019on est soi-même.Tout est amplifié, par exemple si t\u2019aimes quelque chose, eh bien il faut que tu l\u2019aimes plus que tout le monde ! Si t\u2019as des tatous, t\u2019en a pas un, t\u2019en a 60 ! Maintenant, le contenant est plus important que le contenu.Jusqu\u2019où je vais m\u2019exprimer ?Jusqu\u2019à l\u2019 immense ! » Il se désole de réaliser que lui-même, avant d\u2019aller en scène, il passe beaucoup de temps à décider comment il va s\u2019habiller : « Pourquoi je me pose cette question-là ! On s\u2019en sacre, l\u2019 important c\u2019est que la chanson soit bonne et que j\u2019aie du plaisir\u2026 mais c\u2019est l\u2019égo qui est encore là\u2026 mis de l\u2019avant.» Mais c\u2019est justement un métier où il faut se mettre de l\u2019avant, se vendre ?« Oui et je ne suis pas bon pour ça.Même mon site web, ça m\u2019énerve de m\u2019en occuper.Moi, j\u2019aime juste faire d\u2019 la musique et faire des shows, that\u2019s it ! » Yann Leon Depuis mars, les soirées de Ma première Place des Arts sont diffusées tous les samedis soirs sur les ondes de MAtv jusqu\u2019à la mi-mai.Il est aussi désormais possible de les voir en rattrapage sur Illico.JE n\u2019est qu\u2019un otage au pied d\u2019un mur Pas de sauvetage sous la dictature L\u2019ingénierie sociale, la contre-culture Du Moi et encore moi Et JE porte les armes de son égo Chanel, Zara pour le commando Et JE porte les charmes de son égo Gucci, Prada et placebo Paroles de la chanson JE PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR BD Debout devant la porte joliment décorée du chiffre 3 de ma demeure, je dois me rendre à l\u2019évidence, je crois bien avoir perdu mes clés.J\u2019ai beau tapoter les huit poches qui longent mon corps, je n\u2019y trouve que factures approximativement pliées en deux, trois mouchoirs usagés, pourquoi je les garde.sais pas.c\u2019est fabuleusement inutile et ils évoquent une période sombre de la semaine dernière, un rhume que j\u2019ai délibérément et faussement nommé grippe pour justifier une chaise vide dans un bureau beige.J\u2019y trouve aussi un papier de gomme, la nourriture libanaise est probablement ce qui a poussé Thomas Adams à inventer cette friandise élastique et mentholée, en tout cas, c\u2019est ce qui m\u2019a motivé à en acheter.Je pose ensuite la main sur quelques pièces de monnaie, fortune négligeable que je secoue nerveusement lorsque j\u2019entretiens une conversation irritante.Ça ne dure jamais bien longtemps parce que, peu importe mon interlocuteur, au bout d\u2019une ou deux minutes, j\u2019ai droit à un « Arrête de shaker ton change, ça m\u2019énaaaarve\u2026 », mais pas l\u2019ombre d\u2019un trousseau de clés.Peut-être l\u2019ai-je distraitement abandonné sur le comptoir de mon fournisseur de cellulaire chez qui j\u2019ai shaké mon change comme jamais en essayant de faire baisser mon exorbitant forfait devant un employé travesti aux couleurs de la compagnie qui affiche le sourire forcé de la Joconde, en me répétant avec peu de variation de vocabulaire, qu\u2019il ne peut rien faire pour moi.J\u2019y suis retourné\u2026 rien.En poursuivant ma journée à rebours, j\u2019entre à nouveau dans ce café au logo douteux.Qu\u2019est-ce que cette femme couronnée d\u2019une étoile peut bien tenir dans ses mains ?Ses jambes ?Peut- être\u2026 Si oui, deux options : hommage au yoga ou fantaisie d\u2019un graphiste pervers.À la table où je fus dégourdi par un capuccino, je n\u2019ai retrouvé que la trace circulaire de café laissée par le cul de ma tasse et la pile de feuilles noircies de mauvaises nouvelles que j\u2019avais parcourues à coup de soupirs\u2026 toujours pas de clés.En passant entre la peu fréquentable madame Émilie Gamelin et la dépouille de monsieur Archambault, l\u2019agitation habituelle.Je croise un jeune homme qui me chuchote au passage une liste de substances, puis une femme avec un regard pluvieux, conséquence d\u2019une vie sans soleil, suivie de près par deux policiers en manque d\u2019intervention.Deux hommes d\u2019âge plus que mûr échangent sur leurs exploits de beuverie désormais proscrits par un foie fatigué.Trois groupes de fumeurs plus loin, j\u2019entre pour la deuxième fois aujourd\u2019hui dans l\u2019établissement bancaire qui me permet de mettre de côté l\u2019argent qu\u2019ils prendront à chaque mois pour couvrir les frais de service.J\u2019y avais déposé un chèque, mais visiblement, pas mes clés.C\u2019est définitif, sans équivoque, j\u2019ai vraiment perdu mes clés.Les solutions se présentent immédiatement dans ma tête.Je n\u2019ai qu\u2019à engager un serrurier, ou aller chercher le double que j\u2019avais laissé à mes parents pour arroser les plantes lors de mon dernier voyage.C\u2019était donc réglé, ennuyeux, mais réglé.Ce sera le serrurier, d\u2019autres voyages me hantent.Je l\u2019appelle.Il sera à la maison dans une heure ou deux.Je flânerai donc à la Grande Bibliothèque pour assassiner le temps.Juste devant la porte de la boite à livres, un homme me tend de la lecture en échange d\u2019un peu de monnaie.De la monnaie, j\u2019en ai et ce serait socialement une bonne chose pour moi de m\u2019en débarrasser.Je la dépose au creux de sa main et prends la petite revue.Son sourire en dit long.Rarement vu un sourire aussi bavard.De la fierté sans doute, mais aussi le bonheur de voir le mirage d\u2019un chapitre plus lumineux qui à force d\u2019avancer devient, contrairement à tous les mirages, réalité.Tangible.Atteignable\u2026 enfin.En me procurant L\u2019Itinéraire, je me suis rendu compte que j\u2019avais peut-être perdu mes clés, mais pas toutes.J\u2019en avais d\u2019autres en ma possession qui cliquetaient au fond de ma poche, merci à vous qui avez présentement les yeux sur ces lignes gravées sur la porte désormais ouverte de bien des hommes et de bien des femmes.Ne soyez pas avare de vos clés, elles ouvrent des portes\u2026 de grandes portes.43 itineraire.ca 1er mai 2019 Les clés PAR JEAN-MARIE CORBEIL DU DUO CORBEIL ET MARANDA Solutions dans le prochain numéro xxxxxxx xxxxxx xxxxxx À moi Trompera Contraignantes Altérée Nickel Nettoyée Qualifie une route reliant des villages S\u2019attardera à des futilités Sonna Support Mauvaises Greffer Glacier Négation Crierai Larve parasite des bovins Dieu solaire Roulement de tambour Accidentel Possédé Souderai Estuaire Dressa Revêtaient Pronom Stationnaient À moi Trompera Contraignantes Altérée Nickel Nettoyée Qualifie une route reliant des villages S\u2019attardera à des futilités Sonna Support Mauvaises Greffer Glacier Négation Crierai Larve parasite des bovins Dieu solaire Roulement de tambour Accidentel Possédé Souderai Estuaire Dressa Revêtaient Pronom Stationnaient Écumes Écumes Réponses du 1er MAI 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 T V L M A P V A E I N T L V R A O N U M S E A R E B E L R E A I A B V E S R A N I B A E R N E T E R R A I C E E B R G T E A I E U N O C V I E S I V C I A N L E D E T E R M I N E R A S E B I S E L L E R A I T C A R T E E R S E S E H I R E E L E T R I M E S S A S E N S E N T E M U R E S T T E R M I N E R R E V E R E A T M E A N A L E S T I B I E S T U S A S E R E S Réponses du 1er MAI 2019 horizontalement 1.Fixeras.2.Taillerait en biseau.3.Mappemonde.- Écossais.4.Interjection.- Colère.- Balle de service qui touche le filet.5.Rigolé.- À moi.- À elle.- Sélénium.6.Précède Jésus-Christ.- Greffe.- Actionné.7.Orient.- Finir.8.Songe.- Criât.- Pronom personnel.9.Relative à l\u2019anus.- Qui contient de l\u2019antimoine.10.Stère.- Utilisa.- Fromages.verticalement 1.Attribueras.2.Ahurissent.3.Salve.- Chaîne de télévision.4.Apprécie.- Choisi.5.Crièrent.- Existes.6.Mille cinquante.- Intenter en justice.7.Terre entourée d\u2019eau.- Âges.8.Arbres.- Ternes.9.Légumineuse.- Camaraderie.10.Gourou.- Uni.- Brome.11.Riches.- Réduit en miettes.12.Saint.- Tapies.Baie Baie xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Arrêta Véritables Failles Équipé Éberlué Retirée Ornement Relatif au mamelon Convaincues Manipulées Exposas Parcouru Aplatir Arbres Note Absorba Largeur d\u2019une étoffe À travers Papa Tour Midi Bondirait Donnée Pronom Argon Nombre Nattée Arrêta Véritables Failles Équipé Éberlué Retirée Ornement Relatif au mamelon Convaincues Manipulées Exposas Parcouru Aplatir Arbres Note Absorba Largeur d\u2019une étoffe À travers Papa Tour Midi Bondirait Donnée Pronom Argon Nombre Nattée Réponses du 15 AVRIL 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 M M O C E C D E E L E R U E A R I T I L S S R E N A S I P R E N A S E P A R N E R S E T O M N T A R S L U E L A E D C I E D E S M A N E I E S A B L U T S R E SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 67378 4 3 9 2 9 8 2 4 1 5 6 7 9 7 8 9 7 2 5 6 5 1 2 3 9 7 4 5 6 8 1 5 9 6 7 3 7 6 5 4 3 9 1 8 2 3 9 8 7 1 2 5 6 4 2 1 4 5 8 6 7 3 9 9 7 2 3 5 1 6 4 8 8 4 3 6 9 7 2 1 5 6 5 1 2 4 8 3 9 7 1 8 7 9 2 3 4 5 6 4 3 6 8 7 5 9 2 1 5 2 9 1 6 4 8 7 3 Grille Sudoku Facile à imprimer du mercredi 12 septembre 2018 06:00:02 1 / 1 15 avril 2019 Participez à la Semaine nationale de la santé mentale avec le Mouvement Santé mentale Québec et l\u2019Association des art-thérapeutes du Québec ! UN PROGRAMME INSPIRANT 10h30 et 14h30 : deux panels pour nous faire voir autrement.13h : Une dérive urbaine aux alentours de l\u2019Université Concordia.Toute la journée : Une étonnante bibliothèque composée de livres humains dont un camelot de L'Itinéraire.Des kiosques d'exploration des thérapies créatives par les arts.MERCI À : publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! DÉTENTE SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 67445 1 9 4 5 4 7 8 3 9 2 5 1 3 5 8 8 6 3 1 5 2 1 4 7 5 8 1 9 2 3 7 8 2 1 8 7 9 3 5 4 6 5 9 6 4 2 1 7 3 8 7 3 4 8 6 5 9 2 1 9 7 2 6 5 8 4 1 3 4 5 1 3 7 2 6 8 9 8 6 3 1 4 9 2 7 5 6 8 9 2 1 4 3 5 7 3 4 7 5 8 6 1 9 2 1 2 5 9 3 7 8 6 4 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du samedi 15 septembre 2018 18:00:01 1 / 1 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3. cuisine ta ville Quand l\u2019art passe à l\u2019 actIon atsa.qc.ca 9-12 MAI 2019 PLACE DES FESTIVALS un événement artist ique et social sur la m igration avec les personnes réf ugiées et immigrantes cuisine ta ville Quand l\u2019art passe à l\u2019 actIon atsa.qc.ca 9-12 MAI 2019 PLACE DES FESTIVALS un événement artist ique et social sur la m igration avec les personnes réf ugiées et immigrantes e n pa r t e n a r i at av e c l a T C R I + F è t a n Ay i t i , u n e c o l l a b o r at i o n av e c l a F o n d at i o n J u l e s e t Pa u l- É m i l e L é g e r G r a n d s d o n a t e u r s publicité MC Marque de commerce propriété de VIA Rail Canada inc.Rester pris dans un bon magazine B ee Profitez de votre pause-café pour découvrir le tout nouveau CAFEBROSSARD.COM \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 (A [114 BRQ ARD ENTRE RES, ores rr LI Rng pa ces = a > # mr [dut ep LiL 1 Bu.I E\u2014 Lr J EE \"= \u2014 LL} om ANE ELE TEEN FE EL J La promesse d'un café savoureux, EE torréfié de main de maitre qu'on prend TORREFIE A MONTREAL | Heal BN -C gli © plaisir a déguster tous les jours.514 321-4121 «1 800 361-4121 = "]
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