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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 15 août 2019
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2019, Collections de BAnQ.

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[" page 14 un demi-siècle d\u2019audace et de contestations L\u2019UQAM Volume XXVI, n?16 Montréal, 15 août 2019 itineraire.ca/camelot-un-jour-2019 Des personnalités seront jumelées à nos camelots afin de vendre dans la rue le magazine L\u2019Itinéraire.12 septembre de midi à 13 h I l est rare de rencontrer quelqu\u2019un qui a exercé 56 métiers comme dans l\u2019expression consacrée.Pour Céline Marchand, camelot dans Rosemont, c\u2019est presque vrai.Peut-être pas 56, mais une bonne vingtaine.Vers l\u2019âge de 16 ans, elle sent que quelque chose cloche en dedans.Elle se sent mal dans sa peau et ne peut identifier cette douleur, cette tristesse.Elle obtient son DEC en lettres au Cégep du Vieux-Montréal, un domaine qui l\u2019intéresse grandement, mais la vie qu\u2019il faut bien gagner l\u2019amène ailleurs\u2026 Malgré plusieurs récidives de dépression non diagnostiquée (elle le sait aujourd\u2019hui maintenant qu\u2019elle est suivie et soignée), elle sera embauchée à la Ville comme col bleu à La Ronde où elle sera tour à tour opératrice de manège, responsable de l\u2019entretien puis du stationnement.Ensuite, elle travaillera à la cafétéria de l\u2019Hôpital Maisonneuve- Rosemont, et comme commis dans le département des jouets chez La Baie, etcetera.Elle a même été factrice sur appel.Après tout a basculé.Personne n\u2019est à l\u2019abri\u2026 Céline, la travailleuse, en a pourtant fait toute une, « une criss de chute », comme l\u2019a écrit le poète Sabourin.Sans parachute cependant.Céline a connu la vie dans la rue pendant près d\u2019un an.Et qui dit un an au Québec, dit hiver.La pire épreuve de sa vie.Au plus mal, elle était incapable de se lever de ses abris de fortune.Si elle y arrivait, elle avait l\u2019impression que tout le monde se foutait d\u2019elle, indifférent.Elle se revoit essayant de crier, mais incapable d\u2019appeler à l\u2019aide « puisqu\u2019aucun son ne sortait plus de ma gorge ».Un jour, c\u2019est une travailleuse de rue qui l\u2019a trouvée et invitée à la suivre dans un organisme où elle a pu prendre une douche chaude en un an, manger un repas digne de ce nom et dormir dans un vrai lit.Pendant son séjour à l\u2019Auberge Madeleine, elle a feuilleté par hasard un numéro de L\u2019Itinéraire.Elle a été enthousiasmée par le magazine qu\u2019elle trouve lumineux.À l\u2019Auberge Madeleine, lieu de transition pour les femmes en difficulté, on la met en contact avec notre magazine de rue et le responsable des camelots.Céline est en poste depuis ce temps.Elle affirme que L\u2019Itinéraire lui a donné de l\u2019espoir et sauvé la vie.Elle se sent comprise, puisque ses collègues, sa deuxième famille, ont à peu près le même vécu.Sa vraie famille : la fratrie ?Elle a recommencé à la voir.Il y a à nouveau beaucoup d\u2019amour entre eux, de la complicité et de la compréhension.Céline est heureuse, elle se sent enfin à sa place.Elle est fière de son magazine que ses clients apprécient.Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Photo Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 1166 | Âge 54 ans Point de vente PJC Saint-Michel/Masson Céline Marchand RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le entre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Bonjour Je viens de terminer la lecture de L\u2019Itinéraire paru le 15 juillet.Je l\u2019ai trouvé intéressant et excellent.Particulièrement les propos de Mathieu Thériault sur E.T.et notre civilisation, ainsi que le Portrait de Josée, dessiné et écrit par Norman Rickert.Merci, Suzanne Marcotte On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social par courriel à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Prix de vente 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les 1,50 $ paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste, responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste accompagnateur JASON PARÉ Responsable de la formation des participants MILTON FERNANDES Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur JUAN CARLOS JIMENEZ Webmestre bénévole CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, IMÈNE HAMCHICHE, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI,DANIELA ARANIBAR, SANDRINE BINKIE Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, LAURE-ARIANNE PAYER, VALÉRIE TREMBLAY Bénévoles à la révision Photo de la une MANIFESTATION CONTRE LE SOMMET DE L\u2019INDEXATION 26 FÉVRIER 2013 \u2022 PHOTO MADOC ADMINISTRATION SYLVANA LLANOS Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement social ISABELLE LACHARITÉ Intervenante psychosociale PIERRE TOUGAS Responsable du Café MÉLODIE GRENIER Chargée de projet volet autochtone NAHKA BERTRAND Coordonnatrice du Café de la Maison ronde ELLA MARTINDALE Coordonnatrice adjointe du Café de la Maison ronde CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale Administrateurs YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit ALEXANDRE VERDUN - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Oui, je sais.Rien de plus prévisible que de parler de vacances durant le mois d\u2019août.J\u2019aurais pu parler des 50 ans de l\u2019UQAM \u2013 notre dossier central \u2013, de la crise du logement, de ce qui se passe à Oka et de toute la complexité de cet enjeu, de la fierté de Fierté Montréal, d\u2019une panoplie d\u2019événements et d\u2019enjeux sociaux qui animent notre société et notre quotidien.Mais je me résigne à un sujet plutôt banal : les vacances.Les camelots me répètent sans cesse les questions « Prends-tu des vacances ?» ou « Aye, t\u2019es pas en vacances ?».À chaque jour, elles et ils sont surpris de me voir à mon bureau\u2026 même si je leur ai dit la veille que je prenais deux semaines de vacances en septembre.Alors, en espérant ne pas avoir à le répéter suite à cette annonce : chers camelots, je prends deux semaines de vacances en septembre.Non, ce sont de vraies vacances, je ne lirai pas mes courriels chaque jour.Oui, je serai là pour notre journée Camelot d\u2019un jour.Oui, je vais ramener des photos.C\u2019est un voyage en Europe, mon premier.Ma blonde et moi nous arrêtons à Toulouse, à Barcelone, possiblement à Paris (il faut bien voir la tour Eiffel au moins une fois dans sa vie), et puis en Suisse.Hier, nous avons soupé en famille avec mon cousin paternel John, que je n\u2019avais pas vu depuis sept ou huit ans et dont la conjointe et les enfants faisaient un road trip à travers le Canada et les États-Unis depuis cinq semaines.Méchantes vacances, ils seront plus épuisés au retour qu\u2019au départ ! Je réalise que le sens des vacances change.Quand j\u2019étais plus jeune, nous passions nos vacances chaque année au même endroit : Bouctouche, un village du Nouveau- Brunswick au cœur de la péninsule acadienne, d\u2019où je tiens mes origines.Nous louions un chalet sur le bord de la plage, tout comme mes grands-parents le faisaient à l\u2019époque.Les vacances, c\u2019était pour nous profondément rattaché à la famille, au retour aux sources, à l\u2019importance de nos origines et de les transmettre aux enfants.Aujourd\u2019hui, ma copine et moi \u2014 comme beaucoup de gens \u2014 nous demandons plutôt quelle nouvelle région visiter, passionnés par la découverte d\u2019autres lieux, de nouvelles rencontres, par cette soif d\u2019en apprendre le plus possible sur le monde qui nous entoure.On dirait que de plus en plus, prendre des vacances est synonyme de vivre de nouvelles expériences, quitte à être plus fatigués au retour qu\u2019au départ.Au lieu d\u2019un retour aux sources pour se ressourcer, c\u2019est plutôt un départ vers d\u2019autres cours.Il y a deux ans, ma copine et moi sommes restés quelques jours à Shediac, une petite ville du Nouveau-Brunswick que plusieurs connaissent sûrement, pas loin de Bouctouche et faisant partie de l\u2019Acadie.La vue du sable, des herbes longues et de la même mer qui avait bercé mon enfance, l\u2019odeur (comment oublier l\u2019odeur) saline de l\u2019air bien singulière, entre la trappe à homards usée et le carburant de bateau de pêche, le vent rafraichissant et vivifiant de la côte, le goût du homard acadien (parce que le homard acadien goûte l\u2019Acadie, la vie)\u2026 Je connaissais déjà profondément tout ça, je l\u2019avais déjà vécu des dizaines de fois, mais c\u2019était une expérience bien plus puissante que toutes les découvertes.Malgré notre soif de découvertes, n\u2019oublions pas nos origines et l\u2019importance d\u2019un retour aux sources.15 août 2019 Volume XXVI, no 16 Charles-Éric Lavery Chef du développement social « Prends-tu des vacances ?» 3 3 Zoom sur Céline 9 France Lapointe 9 Stéphane Avard 9 Antoine Desrochers 32 Mots de camelots 15 camelots ont participé à cette édition 36 8  Rond-point international 10  Questions d\u2019actualité Sur la pénurie de main-d\u2019œuvre 3 questions à Jean Boulet Laurent Soumis 11  Comptes à rendre Désirée Ianik Marcil 13 ?En toute liberté Comprendre le désastre Tchernobyl Mathieu Thériault 22 ?Entrevue Francine Descarries : Institut de recherches et d\u2019études féministes - UQAM Jason Paré 28  Dans la tête des camelots Parle-moi d\u2019un prof qui a été marquant pour toi ?30 ?INSP David Lynch: \u201cHome is a beautiful word\u201d Steven MacKenzie 34 ?Opinion Croire ou ne pas croire ?Là est la question Yves Grégoire 35 ?Recensions Bandes déssinées Jason Paré 35 ?Musique Maya Kamaty : Puissance, douceur et poésie créoles  Alexandra Guellil 42 ?Tranches de vie La force que j\u2019ai acquise Sylvain Pépin-Girard 43  C\u2019t\u2019encore drôle L\u2019été, c\u2019est fait pour jouer Anna Beaupré Moulounda 44 ?Détente L\u2019UQAM  Un demi-siècle d\u2019audace et de contestations 15 août 2019 Volume XXVI, no 16 L\u2019audace.C\u2019est le mot qui a été choisi pour célébrer le 50e anniversaire de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Un mot qui semble bien résumer l\u2019esprit de cette université avant-gardiste créée dans un moment de grandes transformations du Québec.Actrice de changement, l\u2019UQAM était à ses débuts une université de premier cycle.C\u2019était donc une université qui se voulait et qui se veut encore populaire, souhaitant ouvrir ses portes à une nouvelle clientèle qui avait des difficultés à accéder aux études supérieures, entre autres issue des quartiers défavorisés et des communautés culturelles, sans oublier les femmes.L\u2019Itinéraire vous propose un tour d\u2019horizon de ce demi-siècle animé de luttes, de mobilisations et d\u2019innovations.À la une Alexandra Guellil 14 ÉTATS-UNIS QueenCare, un projet social ?Monika Mathews est la fondatrice de QuennCare, une entreprise spécialisée dans les soins biologiques pour les Afro-Américains.Par ses produits, elle veut responsabiliser les femmes noires sur leur usage des produits de beauté naturels, mais aussi lutter contre l\u2019embourgeoisement dans les quartiers pauvres de Columbia City, aux États-Unis.En entrevue avec RealChange, Mme Mathews n\u2019hésite pas à faire découvrir ses produits biologiques qui nourrissent à la fois le corps et l\u2019âme.Chaque mois, ils créent un nouveau produit.Et son entreprise sert aussi de levier aux femmes noires : six stages dans les domaines de la vente, de l\u2019administration et de la gestion sont proposés dans le but de solidifier la communauté et d\u2019offrir de nouvelles possibilités.À côté de cela, elle a aussi fondé un groupe, Young Queen, pour aider les enfants de couleur à lutter contre les stéréotypes et à être fiers de ce qu\u2019ils sont en leur proposant des activités cultureles mais aussi du soutien scolaire.Ces réussites motivent encore plus l\u2019entrepreneure pour d\u2019autres projets comme celui de développer des points de vente de ses produits à Los Angeles, Chicago, New York et même à Nairobi, au Kenya.(Real Change / INSP) Traduction Alexandra Guellil AUSTRALIE Mendicité professionnelle En juillet dernier, sept personnes ont été arrêtées à Melbourne pour « mendicité professionnelle ».Ce terme a tendance à diaboliser et diffamer les personnes itinérantes, qu\u2019ils aient recours à la mendicité ou non.Pour des chercheurs en criminologie rattachés à l\u2019Université de Melbourne, mendier « ne rend pas pour autant leur pauvreté et désespoir moins légitimes et ne rend pas plus acceptable leur exploitation ».Ces sept personnes seraient membres d\u2019un groupe de mendicité professionnelle et leur arrestation, largement reprise par les médias, a provoqué une indignation publique.Les autorités se sont donc retrouvées devant l\u2019obligation de définir l\u2019itinérance, souvent cachée pour rappeler que mendier et dormir dans la rue, ce n\u2019est pas la même chose.Cette histoire a ramené au cœur des débats publics toute la question de la judiciarisation et de la criminalisation des personnes itinérantes.Et aux chercheurs de conclure que le plus inquiétant reste la perception du public selon laquelle les sans-abri sont des criminels, certes vulnérables, mais aussi dangereux.Une lettre ouverte a donc été envoyée à The Conversation pour solliciter les dons et continuer la sensibilisation à ce phénomène de plus en plus grandissant.(The Conversation / INSP) ROND-POINT INTERNATIONAL P H O T O B O B B L O G / U N S P L A S H P H O T O S U S A N F I R E D L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL / MENTANA STÉPHANE AVARD CAMELOT MÉTRO PLACE D\u2019ARMES ET DE LORIMIER/MAISONNEUVE ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE METRO SAINT-HUBERT/BOUCHER Si j\u2019étais la mairesse\u2026 Si j\u2019étais la mairesse de Montréal, j\u2019aurais quelques propositions pour faire prospérer notre ville.Tout d\u2019abord, j\u2019aurais des idées pour réduire la pauvreté dans la ville.J\u2019aiderais les personnes qui surconsomment dans la rue.Je leur offrirais un endroit différent pour consommer, tout en les aidant à arrêter cette mauvaise habitude.Cela serait adéquat pour ceux qui veulent s\u2019en sortir.Ensuite, je proposerais des mesures d\u2019aide d\u2019insertion à l\u2019emploi.Je m\u2019assurerais aussi que les gens aient une opportunité de reprendre les années qui leur manquent dans leur scolarité.Cela serait une mesure juste pour les aider à obtenir de l\u2019emploi.Pour ajouter à ces mesures, les personnes en situation de pauvreté devraient avoir un meilleur accès aux activités culturelles de la ville.Par exemple, l\u2019accès aux musées historiques et artistiques pourrait être gratuit pour ces personnes.De plus, certaines activités comme des ateliers donnés dans ces endroits pourraient aussi être offerts à ces personnes.Finalement, il devrait y avoir un plus grand nombre de logements sociaux dans tous les quartiers de Montréal.Je proposerais aussi certaines mesures pour mieux entretenir la ville.Je m\u2019assurerais de l\u2019entretien des trottoirs, des rues et des parcs.Les parcs de tous les quartiers devraient être entretenus pour garder la même qualité.Cela aurait en plus l\u2019avantage d\u2019amener plus de tourisme dans tous les secteurs de Montréal.Les parcs pourraient devenir des endroits appropriés pour améliorer la condition physique des gens.On pourrait y mettre de l\u2019équipement d\u2019entraînement et offrir des cours de yoga, tai-chi, etc.L\u2019accès aux vélos publics pourrait aussi être amélioré.Les coûts pour ces services pourraient être réduits et il faudrait diffuser plus d\u2019informations à propos de la façon d\u2019utiliser ces services.Espérons que le tout se réalise avec le temps ! Remerciements J\u2019écris ce texte pour remercier mes multiples chers clients.Depuis 13 ans, je suis au métro Placed\u2019Armes et au coin de De Lorimier et Maisonneuve.Je vois des foules qui passent, plusieurs qui n\u2019achètent pas le magazine, parfois même en m\u2019ignorant.Par contre, avec les années, ma carapace s\u2019est durcie ; cela me dérange moins.Je vois aussi des grands groupes de touristes qui parlent des langues étrangères et prennent tout plein de photos.Par contre, il y en a d\u2019autres comme vous qui ressortent de la foule, qui sont fort généreux, encourageants, et qui me faites sentir bien.Depuis 13 ans, vous êtes là avec moi.Vous m\u2019achetez le magazine toutes les deux semaines.Vous collaborez à mon bien-être dans ce job qui n\u2019est pas toujours facile.Plus particulièrement, je voudrais remercier Vincent, Carole, Suzanne, Philippe, Nathalie, Judith, Guy, Bertrand, Michèle et tous les autres qui m\u2019encouragent de semaine en semaine depuis toutes ces années.Continuez à m\u2019encourager, cela est grandement apprécié.Ceux qui ne se promènent pas dans mon coin, encouragez les camelots que vous croisez.Pour mes clients, attention ! Restez à l\u2019affût, vous pourrez bientôt me lire un peu plus.Je compte commencer à écrire plus souvent.Un gros plus Bonjour, chers lecteurs.Je voudrais vous parler de l\u2019organisme L\u2019Itinéraire et de ce qui a changé dans ma vie.Je me suis inscrit à L\u2019Itinéraire en 2014, mais ce n\u2019est qu\u2019en 2017 que j\u2019y ai trouvé mon intérêt et que j\u2019ai augmenté mes ventes.Au début, je ne savais pas vraiment ce que pouvait m\u2019apporter L\u2019Itinéraire.Depuis que je me suis engagé, je suis devenu un peu plus responsable.Je vais manger à L\u2019Itinéraire tous les jours de la semaine, je peux profiter de bons repas pas chers et d\u2019une aire de repos.En plus, plusieurs services sont offerts, comme l\u2019aide alimentaire, le service juridique, l\u2019aide pour faire l\u2019impôt et autres.Je m\u2019implique aussi un peu dans la distribution.En bout de ligne, j\u2019y trouve mon compte.C\u2019est même eux qui m\u2019ont trouvé un appartement.En fait, L\u2019Itinéraire, c\u2019est un gros tas de petits plus qui fait un gros plus dans ma vie.De plus, j\u2019adore travailler avec le public et chaque fois que quelqu\u2019un me souhaite une bonne journée, ça vaut la peine d\u2019être là.Je continuerai à vendre le magazine, à faire de nouvelles rencontres et à essayer de combler tous mes clients réguliers.Cher public, on se reverra bientôt.Bonne journée ! Sur la pénurie de main-d\u2019œuvre P H O T O C O U R T O I S I E questions à Jean Boulet 3 Ministre québécois du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale de plus sur le marché du travail.Il faut aussi avoir une stratégie nationale d\u2019intégration et de maintien en emploi des personnes handicapées.Pour cela, j\u2019ai embauché 28 agents d\u2019intégration pour accompagner les personnes avec un handicap et les employeurs.Au Québec, on a 650 000 personnes qui ont un handicap.Il y a un potentiel d\u2019à peu près 250 000 personnes qui pourraient intégrer le marché du travail.Il y a aussi les personnes issues des Premières Nations, les femmes et les jeunes qui sont encore sur les bancs d\u2019école.Ils représentent 52 % de nos besoins.La clé, c\u2019est l\u2019intégration.Ces jours-ci, la Chambre des représentants des États-Unis a statué sur l\u2019augmentation du salaire minimum fédéral qui doit doubler en cinq ans pour atteindre l\u2019équivalent de 20 $ (CAN) en 2024.Au Québec, le salaire minimum n\u2019est que de 12,50 $.N\u2019y a-t-il pas lieu de le bonifier pour attirer de nouveaux travailleurs ?Le salaire minimum était à 12,00 $ et les libéraux voulaient le monter à 12,10 $.Nous, on a fait un bond à 12,50 $.C\u2019est la première fois dans l\u2019histoire du Québec où le salaire minimum atteint 50 % du salaire horaire Pour résoudre une partie de la pénurie de main-d\u2019œuvre, Québec examine la possibilité d\u2019augmenter le montant que peuvent gagner les bénéficiaires de l\u2019aide sociale sans voir leurs prestations amputées.C\u2019est ce qu\u2019a confié le ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, au terme d\u2019une entrevue dans les locaux de L\u2019Itinéraire.Votre gouvernement compte beaucoup sur l\u2019immigration pour trouver de nouveaux travailleurs qualifiés.Or, une étude du Mouvement Desjardins montre qu\u2019à peine 15 % des 120 000 postes à combler nécessitent une formation universitaire.En revanche, 58 % des emplois ne demandent aucune spécialisation.Que ferez-vous pour trouver des candidats ?Nous allons aider toutes les personnes qui ne sont pas assez représentées à intégrer le marché du travail et à y demeurer.On évalue que les immigrants pourront combler environ 20 % de nos besoins au cours des 10 prochaines années.Mais il n\u2019y a pas que les immigrants ; il y a beaucoup de travailleurs expérimentés, des personnes de 60 ans et plus.Si on avait le même taux d\u2019emploi qu\u2019en Ontario, on aurait ainsi 89 000 travailleurs moyen.Je suis fier de ça.Évidemment, je joue à l\u2019équilibriste.Les PME me disent que si tu le montes trop, on risque de mettre des jobs en péril, on risque de provoquer des mises à pied.Mais en même temps, ce qui me préoccupe, c\u2019est de maintenir et d\u2019augmenter le pouvoir d\u2019achat.Je sais bien qu\u2019à 12,50 $, ce n\u2019est pas assez pour avoir une bonne qualité de vie.Mon intention, c\u2019est de continuer à être ambitieux.Il y a 250 000 Québécois qui sont encore au salaire minimum et qui ont profité de la dernière augmentation.Il faut continuer à accroître la richesse des Québécois.Il faut sortir le plus de monde du seuil de la pauvreté.On va tout faire pour ça.Le tiers des prestataires de l\u2019aide sociale ne présentent aucune contrainte à l\u2019emploi.Ces 105 000 personnes, qui sont des travailleurs potentiels, n\u2019ont pas le droit de gagner plus de 200 $ par mois sans voir leur chèque (669 $) coupé.Et si on leur permettait d\u2019en gagner le double, par exemple, et cela sans coût pour l\u2019État ?Ma prochaine priorité, ce sera celle-là.Est-ce que ça passera de 200 à 400 $ ?On va voir, mais je vous assure que je vais faire une analyse et que cela fera partie de mes priorités pour le prochain budget.Cette année, il y avait l\u2019exemption pour les pensions alimentaires pour les enfants.Ça, c\u2019était une revendication unanime au Québec.C\u2019était l\u2019une de mes trois priorités.On a monté l\u2019exemption de 100 $ à 350 $.Au final, 87 % des familles monoparentales en ont bénéficié.Je suis fier de cela.LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ Elle est arrivée au Québec il y a 15 ans.Originaire de l\u2019Afrique de l\u2019Est, elle a débarqué à Montréal avec ses deux enfants de moins de 12 ans.Si on ne l\u2019a jamais fait, refaire sa vie à l\u2019autre bout du monde est un incroyable défi.D\u2019autant plus dans un pays où à peu près rien ne ressemble à ce que nous avons connu.Cela paraît inimaginable pour la plupart d\u2019entre nous.Nouvelle langue à apprendre, se dépêtrer dans les dédales administratifs, s\u2019adapter à un nouvel environnement scolaire pour les enfants, affronter les rigueurs de l\u2019hiver.La liste des réapprentis- sages est presque infinie.Être désirée Cette femme se prénomme Désirée et nous ne saurions mieux espérer qu\u2019elle porte bien son nom.Qu\u2019elle soit par notre communauté désirée.Bien qu\u2019une très large proportion d\u2019entre nous sommes accueillants et tolérants \u2014 et sommes même fiers d\u2019une longue tradition d\u2019hospitalité et d\u2019entraide \u2014 nous ne devons pas non plus nous mettre la tête dans le sable.Le racisme et l\u2019intolérance sont malheureusement trop souvent présents dans notre société.Si le parcours des personnes qui immigrent chez nous n\u2019est jamais de tout repos, les actes malheureux de racisme qu\u2019on constate toutes les semaines dans les médias ne rendent pas leur accueil chaleureux.Un immigrant devrait se sentir non seulement accueilli, mais désiré, par sa communauté d\u2019accueil.Désirée ne l\u2019était pas toujours.À de trop nombreuses reprises, elle a senti que le Québec lui accordait une faveur, plutôt que d\u2019embrasser chaleureusement sa venue.Pourtant, nos familles et nos cercles d\u2019amis sont presque tout le temps enthousiastes d\u2019accueillir un nouveau membre en leur sein.S\u2019intégrer par ses enfants Désirée m\u2019a dit une très belle chose : ce sont ses enfants qui l\u2019ont intégrée à la société québécoise, et non l\u2019inverse.Parce que l\u2019école est le vecteur par excellence d\u2019intégration, et non pas le marché du travail comme veulent nous le faire croire les politiciens.Les enfants sont plus « malléables » que les adultes.Ce sont de petites éponges qui assimilent constamment des connaissances, formelles et informelles.Ils s\u2019adaptent bien plus facilement à un nouvel environnement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas à se défaire de décennies d\u2019acquis, d\u2019habitudes et de réflexes.C\u2019est en ce sens que les deux enfants de Désirée l\u2019ont « intégrée » à notre communauté, car ils se sont plus rapidement adaptés qu\u2019elle.Cela se reflète dans la situation socioéconomique des personnes immigrantes.Comme on le sait, le taux de chômage des immigrants de première génération est généralement beaucoup plus élevé que celui des natifs, parfois le triple.Par contre, ces écarts disparaissent presque complètement à la deuxième génération et sont complètement effacés à la troisième.Le devoir de désirer Malheureusement on met trop l\u2019accent sur le chômage élevé des nouveaux arrivants.Bien sûr, c\u2019est notre devoir collectif de faire en sorte de l\u2019amoindrir.Mais cet objectif risque de n\u2019être jamais atteint complètement.Plutôt que de s\u2019obstiner à changer une réalité difficile, nous devrions mettre tous nos efforts à ce que ces personnes soient pleinement désirées par notre communauté, en prenant surtout soin de leurs enfants, comme de tous les enfants du Québec.Ce sont eux qui prendront éventuellement soin de leurs parents, directement et avec le soutien de nos institutions.Mais notre système d\u2019éducation est en lambeaux.Gouvernement après gouvernement, on ne fait que bricoler des solutions sans proposer une véritable stratégie éducative pour l\u2019avenir de nos enfants, pour notre avenir.C\u2019est particulièrement criant dans les quartiers fortement multiethniques de Montréal où les profs et les professionnels ne savent plus où donner de la tête.Si nous voulons réellement une intégration réussie des immigrants, cela passe en grande partie par le soin que nous devons porter à notre système d\u2019éducation.Désirée 11 itineraire.ca 15 août 2019 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT De plus, Montréal subit une pression démographique accrue.L\u2019Institut de la statistique du Québec prévoit que, d\u2019ici 2041, 798 000 personnes s\u2019établiront à Montréal.* L\u2019importance réelle de cette hausse sera à voir, mais, peu importe, cela demandera des actions accrues en logement.Des solutions Ces actions majeures doivent être entreprises à  la fois à court et à long terme pour maintenir et développer un parc de logements accessibles aux personnes à faible et à modeste revenus.Car, on le voit partout à Montréal, le marché privé ne cesse de développer des logements, des condos et des résidences pour personnes aînées.Le développement de nouveaux logements sociaux est un objectif de la Ville qui vise l\u2019ajout de 6 000 unités d\u2019ici 2021.Or, le financement n\u2019est pas assuré pour atteindre cette cible ambitieuse.Le gouvernement Legault a ajouté des fonds pour les logements annoncés par le gouvernement Couillard, mais dont les subventions étaient insuffisantes.C\u2019est bien, mais aucun nouvel ajout d\u2019unités n\u2019a été budgété.En ce qui concerne le fédéral, la Stratégie en logement annoncée par le gouvernement Trudeau ne prévoit pas de programmes ciblés pour le développement de logements sociaux.C\u2019est dans ce contexte que les objectifs de la Ville devront se réaliser.Sa stratégie d\u2019inclusion de logement social, abordable et familial vise à ce que le développement de logements ne soit pas que pour des condos.Pour y arriver, les investissements devront suivre du côté d\u2019Ottawa et Québec.De front avec le développement de logements sociaux, des mesures doivent aussi être prises pour freiner la hausse des loyers, les évictions frauduleuses et la transformation de logements en Airbnb, condos ou bureaux.Taxer la spéculation immobilière étrangère aidera aussi.La Colombie-Britannique l\u2019a fait.Elle a récolté 110 millions $ en un an ! Cela faisait des années que les médias n\u2019avaient pas autant traité de la crise du logement.Ils l\u2019ont fait cette année autour du 1er juillet.Avec raison, car le défi de trouver un logement est plus grand qu\u2019il ne l\u2019a été depuis longtemps, une situation qui, pourtant, se vit à longueur d\u2019année.Hébergement : un développement insuffisant Or, il n\u2019est pas évident que les gouvernements ont entendu le message.Cette crise était prévisible, n\u2019est pas terminée et perdurera.Des mesures d\u2019urgence ont été prises pour aider les ménages à se trouver un logement et des fonds ajoutés pour le développement de logements sociaux qui avaient déjà été annoncés.Le problème de la rareté de logements abordables et de bonne qualité risque cependant de demeurer.Les logements à louer sont rares, de plus en plus chers et bon nombre d\u2019entre eux sont en mauvais état.Conséquemment, de nombreuses personnes paient trop cher pour se loger ou sont mal-logées, tandis que certaines ne réussissent pas à trouver un toit.Cela amène des personnes à cogner aux portes de ressources d\u2019hébergement déjà pleines et, pour d\u2019autres, rend encore plus difficile la sortie de l\u2019itinérance.Des causes « C\u2019est encore pas si cher à Montréal ! » On entend souvent ces propos alors qu\u2019il est coutume de comparer les coûts du logement à Montréal avec ceux d\u2019Ottawa, de Toronto ou de Vancouver, ou encore de New York, de Paris ou de Londres.Or, que cela soit pire ailleurs n\u2019aide en rien la population ici ! Une leçon peut cependant être tirée des expériences de ces villes.Le logement laissé comme bien privé subit des pressions et une spéculation qui ne font qu\u2019accroitre son coût.Et Montréal n\u2019échappe pas à ces pressions ! Depuis plus de 20 ans, les prix des logements ne cessent de croître, les plex des quartiers populaires se vendent après surenchère et les condos se multiplient, dont plusieurs projets à fort prix.Les comités logement ont aussi démontré la perte de logements au profit de locations touristiques via les plateformes comme Airbnb.Pendant ce temps, certains condos vendus demeurent vacants, comme des outils d\u2019investissement, en vue d\u2019une revente à profit.Tout cela alors que trop peu de logements sociaux s\u2019ajoutent.365 jours par année Sans logis   Par Pierre Gaudreau ?Directeur du RAPSIM Photo Claude Majeau * Journal de Montréal, 12 juillet 2019.CHRONIQUE PAYÉE Depuis quelques semaines, le réseau américain HBO-1* diffuse une série sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, qui s\u2019est déroulée en Ukraine en 1986, alors que ce pays faisait toujours partie de l\u2019URSS.Cette proposition, absolument captivante, de cinq épisodes vaut vraiment la peine d\u2019être visionnée, car elle nous permet de comprendre (ou de nous rappeler) à quel point l\u2019humanité est passée proche de son autodestruction et à quel point, même aujourd\u2019hui, nous n\u2019en sommes pas si loin.Pour ma part, j\u2019avais neuf ans en 1986.Les concepts de guerre froide, de combat entre le capitalisme et le communisme ou de menaces et de terreurs nucléaires m\u2019étaient totalement étrangers.Pourtant, je me souviens de Tchernobyl, des spots à la télé et de l\u2019angoisse dans la voix de ma mère qui tentait de m\u2019expliquer l\u2019inexplicable.En faisant œuvre utile, la série nous permet justement de comprendre cette catastrophe, relevant d\u2019abord de l\u2019incompétence et de la cupidité.Et que c\u2019est pratiquement le fait d\u2019un seul individu avant d\u2019être celui de tout un régime.Les images de l\u2019horreur Les scènes de personnes irradiées sont particulièrement insoutenables.Des ingénieurs ou des pompiers qui se rendaient sur les lieux en pensant accomplir un travail de routine sont morts dans d\u2019épouvantables souffrances, leur chair et leurs tissus s\u2019arrachant littéralement de leur corps.Des oiseaux mouraient en plein vol et des hélicoptères s\u2019écrasaient avec tout leur équipage après avoir survolé l\u2019incendie toxique.Pendant longtemps, l\u2019URSS et ses diri- geants-bureaucrates ont cherché à camoufler ou à étouffer l\u2019événement, jusqu\u2019au moment où le mensonge ne fut plus possible.L\u2019histoire de Tchernobyl est d\u2019abord celle d\u2019une catastrophe épouvantable et des personnes qui en sont responsables.Sauf qu\u2019on prend aussi conscience que cela aurait pu être bien pire si quelques dizaines d\u2019individus ne s\u2019étaient pas sacrifiés pour éviter la mort probable de millions d\u2019autres.On est touché par ces ingénieurs qui ont offert leur vie pour aller ouvrir des valves critiques dans des souterrains complètement irradiés, ou par ces 400 mineurs qui sont allés creuser sous le réacteur pour éviter que la nappe phréatique ne soit contaminée et qu\u2019elle pollue pratiquement toute l\u2019Europe.De ces mineurs, plus de 100 sont morts avant l\u2019âge de 40 ans et on ne sait trop rien des autres.Au total, 600 000 personnes, conscrites ou volontaires, ont œuvré sur le site contaminé, dont un grand nombre savait qu\u2019ils allaient au-devant d\u2019une mort certaine.De véritables héros dont on ignore tout de l\u2019état de santé actuel.Les causes d\u2019un désastre L\u2019URSS, devenue maintenant la Fédération de Russie, n\u2019a jamais divulgué de chiffres sur le nombre réel de morts causées par cette catastrophe.Les estimations oscillent entre 4000 et 93 000, mais cela pourrait être bien plus.Encore aujourd\u2019hui, une zone de 2600 km2 est érigée autour du site, dans laquelle toute forme de présence humaine est exclue.Au final, 300 000 personnes ont été évacuées de la zone à risque.Et il a fallu attendre jusqu\u2019en 2017 pour que le site soit complètement confiné, une opération qui a coûté plus de 2 milliards $.La série ne se gêne pas pour critiquer à fond le système communiste façon soviétique.Et il y a de quoi.Défense de l\u2019État à tout prix, culture du mensonge et du secret, promotion par copinage et corruption, croyance dans l\u2019invulnérabilité du parti : disons que la marmite était prête pour un désastre en règle.Bien que l\u2019URSS soit de l\u2019histoire ancienne, il ne faut pas croire pour autant que la possibilité d\u2019une telle catastrophe le soit.Celle de Tchernobyl a largement à voir avec l\u2019incompétence, la cupidité, la paresse et la soif de pouvoir d\u2019un individu en particulier et des personnes à ses ordres.Cela, malheureusement, est aussi une caractéristique fondamentale de nos sociétés capitalistes.Comprendre le désastre Tchernobyl 13 itineraire.ca 15 août 2019 EN TOUTE LIBERTÉ PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT BERNARD/ DE L\u2019ÉPÉE * Je vous arrête tout de suite : je n\u2019étais pas abonné à HBO.Mais avec une carte de crédit, vous pouvez vous abonner au site sur internet.Le premier mois est gratuit et vous avez accès à plusieurs autres très bonnes séries.Au bout d\u2019un mois, vous pouvez prétendre que vous n\u2019aimez pas le service et annuler l\u2019abonnement. UQAM, 16 MAI 2012 PHOTO MADOC L\u2019audace.C\u2019est le mot qui a été choisi pour célébrer le 50e anniversaire de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Un mot qui semble bien résumer ces années qu\u2019on ne peut évidemment pas séparer des mouvements de grèves et autres mobilisations.Serait-ce là la définition de ce que beaucoup nomment aujourd\u2019hui « l\u2019esprit UQAM » ?L\u2019UQAM Qu\u2019ont en commun Louise Richer, fondatrice de l\u2019École nationale de l\u2019humour, Cathy Wong, première femme à présider le Conseil municipal de Montréal, le météorologue Pascal Yiacouvakis ou le cinéaste Denis Villeneuve ?Hormis leur notoriété et talent respectifs, ils sont tous passés par l\u2019UQAM pour compléter leur formation académique.Ils font donc partie de ces Québécois à avoir fait le choix de poursuivre leurs études au niveau universitaire.Mais pourquoi avoir choisi spécifiquement l\u2019UQAM ?En lisant leurs entrevues publiées par Actualités UQAM, le média électronique institutionnel de l\u2019université, les mots « effervescence », « engagement », « transformation » sont ceux qui reviennent le plus.À raison ?par Alexandra Guellil un demi-siècle d\u2019audace et de contestations L\u2019UQAM Née d\u2019idéaux À la fin des années 1960, au sortir de la Révolution tranquille, le message populaire était plutôt clair : on voulait rendre les études universitaires accessibles à tous, y compris à ceux et celles qui n\u2019en avaient pas les moyens.Un premier mouvement étudiant se forme alors pour demander la création d\u2019une seconde université francophone à Montréal, la première étant l\u2019Université de Montréal, fondée en 1878.Cette dernière était considérée par beaucoup comme trop élitiste et pas assez représentative des élans populaires de l\u2019époque.Ce tout premier mouvement donne lieu à des assemblées générales, des grèves et des manifestations dans plus d\u2019une quinzaine de cégeps et associations universitaires de la province.L\u2019ambition était grande, il s\u2019agissait alors de créer une université qui pourrait côtoyer son homologue anglophone, l\u2019Université McGill, fondée en 1821, et, quelques années après, l\u2019Université Concordia, en 1974.Une seconde université francophone qui prendrait toute sa place dans le paysage montréalais en imposant sa vision de l\u2019éducation.Le souhait était aussi d\u2019atteindre plus d\u2019égalité, plus d\u2019accessibilité aux études universitaires.Il fallait créer une université qui aurait pour idéal de s\u2019éloigner de l\u2019élitisme au moment où de nombreux jeunes, souvent issus de quartiers défavorisés et des communautés culturelles, n\u2019avaient pas accès aux études dont ils rêvaient.Rappelons qu\u2019à cette époque, la population québécoise était l\u2019une des moins scolarisées au Canada : seuls 13 % des jeunes Québécois francophones terminaient leur 11e année et un peu moins de 4 % d\u2019entre eux s\u2019engageaient dans des études universitaires.Ces aspirations sont nées d\u2019événements précurseurs : en 1960, le Parti libéral de Jean Lesage alors au pouvoir met en place la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement, mieux connue sous le nom de Commission Parent.Trois ans plus tard, quelque 500 recommandations conduisent à la refonte du système éducatif québécois mesure après mesure.L\u2019UQAM est créée le 9 avril 1969 et devient la deuxième université francophone de Montréal.Sur la photo, un panneau publicitaire faisant la promotion de l\u2019université datant de 1974.16 15 août 2019 itineraire.ca PHOTOS UQAM OCCUPATION AGEUQAM, 16 FÉVRIER 1989 PHOTO ANDRE QUERRY/FLIKR L\u2019école devient ainsi obligatoire jusqu\u2019à l\u2019âge de 16 ans, on abolit les collèges classiques pour créer des polyvalentes, on vote la gratuité des études préuniversitaires en même temps que l\u2019on crée des cégeps dans l\u2019ensemble du réseau régional de l\u2019Université du Québec.C\u2019est aussi dans ces années que le régime des prêts et bourses pour les étudiants au niveau collégial et universitaire est créé.UQAM, la militante 1969 : le réseau de l\u2019Université du Québec est fondé et les premiers pavillons ouvrent leurs portes dès la session d\u2019automne, en plein milieu du Quartier latin de Montréal.Dès sa fondation, l\u2019UQAM a donc pour mission principale de démocratiser l\u2019éducation en privilégiant une gestion participative.La toute première grève arrive cependant très vite et est causée par la volonté de syndicalisation du personnel de soutien.C\u2019est ainsi qu\u2019est créée, en 1971, la première convention collective entre les employés de l\u2019université et la direction.Mise en place du premier cours universitaire sur le féminisme et les femmes, issu d\u2019une démarche collective et militante.Il regroupe une vingtaine de professeures et de chargées de cours et est suivi par plus de 200 étudiantes et étudiants.Lancement du nouveau laboratoire de géochimie isotopique dans le cadre du projet de recherche archéologique TUVAALUK sur l\u2019étude du peuplement le long des côtes de l\u2019Ungava avant le contact avec les Blancs.Projet conjoint mené en partenariat avec les universités du Québec à Chicoutimi, de Montréal et Laval. PHOTOS UQAM Deux ans après, en 1973, la communauté étudiante de l\u2019UQAM mène son tout premier combat contre la hausse des frais de scolarité, reproduisant le modèle de grèves des travailleurs et travailleuses.Le personnage mythique de « Léo la moto », une caricature créée par le Comité d\u2019organisation provisoire des étudiants (COPE) de l\u2019UQAM fait son apparition : il représente le recteur Léo A.Dorais faisant appel à l\u2019Unité mobile de la police de Montréal pour expulser les manifestants qui protestaient contre cette première hausse des frais de scolarité.Si ce premier mouvement ne dure pas plus de deux mois, c\u2019est à sa suite qu\u2019on remplace le COPE par l\u2019Association générale des étudiants (AGEUQAM) de l\u2019UQAM, en 1976.Dans les années 1980, le penchant militant plutôt de gauche semble donc plus que jamais présent entre les murs de l\u2019université, alors même que l\u2019ensemble de la province est invitée à se prononcer sur le projet de souveraineté du Québec.Six ans plus tard, tout éclate.Pour beaucoup, le fait que l\u2019UQAM ait misé sur la démocratisation et l\u2019accessibilité des études universitaires est une raison qui explique son sous-financement.Manque de locaux, de moyens et lassitude de constater l\u2019étroitesse de leur bibliothèque ne sont que des exemples qui poussent les différentes associations syndicales, tant des étudiants que des professeurs, à former des alliances.L\u2019objectif est louable : il s\u2019agit d\u2019améliorer les conditions d\u2019études, de travail et de vie au sein de l\u2019université.L\u2019ADN des revendications reste sensiblement le même d\u2019année en année : on veut transformer les prêts en bourses, obtenir la gratuité scolaire, bref démocratiser l\u2019éducation pour de vrai.Les mobilisations et grèves se succèdent, toujours pour les mêmes raisons dont la principale est le dégel des frais de scolarité.Celle de 1990 marque toutefois un peu plus les esprits puisque c\u2019est à ce moment-là que l\u2019on voit émerger des fédérations étudiantes comme la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ou encore la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).2012, un moment clé Le mouvement étudiant de 2012, appelé communément le « Printemps érable », a sans doute été l\u2019événement le plus marquant de ces dernières années, pour l\u2019UQAM comme pour l\u2019ensemble des universités au Québec.Tout a commencé lorsque le gouvernement du Québec de Jean Charest a voulu hausser de 75 % sur une période de cinq ans les droits de scolarité universitaires dès la session d\u2019automne 2012.À l\u2019époque, ils étaient de 2 168 $ pour une année complète, comprenant 10 cours de trois crédits.L\u2019idée était d\u2019indexer ces droits à l\u2019inflation pour les années suivantes.Rappelons que ce mouvement faisait du pouce sur toute la question de la gratuité des études universitaires, un sujet souvent remis au cœur des débats politiques.Aussi, le gouvernement appuyait cette volonté en soulignant que le Québec restait la province du Canada où ces frais étaient les moins élevés.On demandait donc aux étudiants de « payer leur juste part » du financement d\u2019une formation dont ils étaient les premiers bénéficiaires.Une vision non partagée par les étudiants eux-mêmes, puisque leurs formations étaient aussi bénéfiques pour l\u2019ensemble de la société.Ce dialogue de sourds pousse donc plus de 300 000 étudiants et étudiantes à se mobiliser dans les rues de l\u2019ensemble de la province pendant plus de six mois.Le sujet finit par diviser la société entre les « carrés rouges et carrés verts », symbolisant ceux qui étaient contre et ceux qui étaient pour l\u2019augmentation et l\u2019indexation des frais de scolarité.On pourrait facilement dire que le Lancement du programme court en droit pour autochtones, une première au Québec.Sur la photo : Alex Cheezo, vice-président du Conseil algonquin de l\u2019Ouest du Québec, Dominique Rankin, grand chef du Conseil, Claude Corbo, recteur et Me Pierre Brossard, vice-recteur exécutif. UQAM, 16 MAI 2012 PHOTO MADOC « Printemps érable » est le plus important mouvement étudiant jamais recensé au Québec en raison de son côté rassembleur et de sa portée médiatique.Ce n\u2019est donc pas pour rien que 2012 est considéré par Gabriel Nadeau-Dubois, qui était à l\u2019époque co-porte-parole de la Coalition large de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), comme un moment clé « où il y a eu une attaque coordonnée et organisée contre l\u2019exercice du droit de grève étudiant », comme on peut le lire dans un article publié en avril 2019 par Montréal Campus, le journal étudiant de l\u2019UQAM.Notons que c\u2019est aussi pendant ce mouvement que la loi spéciale 78, visant à mettre fin aux mesures de grève, a provoqué une importante remise en question du droit de grève qui était jusqu\u2019alors reconnu par le gouvernement et les administrations collégiales et universitaires.Cette période est aussi le moment où la réputation de l\u2019Université semble avoir été quelque peu éprouvée.Dans les médias, elle est associée à des mots un peu moins glorieux tels « saccages », « grèves » et « dérapages ».Des mots qui ont eu, sans aucun doute, un impact sur sa réputation et son image.On se questionne sur l\u2019omniprésence d\u2019étudiants en cagoule interdisant d\u2019autres étudiants d\u2019assister à leurs cours ou de se rendre sur le campus.Certains étudiants ont même peur que ces évènements aient des répercussions sur la valeur de leur diplôme.Même les professeurs n\u2019hésitaient pas à prendre position pour que le conflit cesse.Ce n\u2019est donc pas pour rien que les chiffres de fréquentation de l\u2019Université de cette période montrent d\u2019ailleurs une légère baisse des effectifs, bien que tout se soit résorbé par la suite.Lancement officiel de la radio universitaire CHOQ-FM.De gauche à droite : Roxane Laberge, directrice des communications, Éric Lefebvre, coordonnateur et fondateur, et Éric Skye Lefebvre, directeur de la programmation. PHOTO UQAM UQAM, l\u2019avant-gardiste Au-delà de son côté militant et des remous qui y sont liés, l\u2019UQAM est aussi celle qui a repoussé les limites de l\u2019éducation en créant des programmes d\u2019études novateurs.De la création du tout premier programme de sexologie d\u2019Amérique du Nord, en 1976, au programme de design de l\u2019environnement, en passant par celui des études féministes, l\u2019université n\u2019a cessé d\u2019affirmer sa volonté de repousser les limites du savoir et des savoir-faire.Magda Fusaro, rectrice de l\u2019UQAM, rappelle que la création de l\u2019université s\u2019est faite dans un moment de grandes transformations du Québec.« Dans cette idée d\u2019audace qui est notre slogan, il y a cette volonté d\u2019aller dans des champs d\u2019expertises qui sont peu ou pas du tout exploités.Tout cela naît des mouvements de révolutions qui ont trouvé ancrage au Québec », explique Mme Furaso.Ce que l\u2019on a appelé « l\u2019esprit de l\u2019UQAM » serait donc lié, selon la rectrice, aux créateurs de l\u2019Université qui étaient à la fois reconnus pour être très conservateurs et en même temps très avant-gardistes.On pourrait donc définir cette idée par la nécessité de créer des débats sociaux ou culturels.« On a lancé le premier programme de sexologie en 1969, on a été la première université au Québec à avoir un poste d\u2019ombudsman, on a créé la clinique juridique pour les personnes qui n\u2019avaient pas accès au système d\u2019aide juridique, on a mis sur pied le premier groupe d\u2019études féministes, etc.Je peux multiplier les exemples pour vous montrer à quel point il y a eu des premières », réitère Magda Furaso non sans un sentiment de fierté.Le toit du pavillon de design fait partie des arrêts de la balade scientifique « L\u2019agriculture en ville », un itinéraire permettant de visiter différents jardins communautaires du centre-ville de Montréal pour découvrir l\u2019agriculture urbaine.20 15 août 2019 itineraire.ca PHOTO JON LEWIS/FLIKR Les études universitaires en chiffres Au Québec, en 2015, la proportion des femmes de 25 à 54 ans ayant obtenu un baccalauréat ou un diplôme universitaire supérieur au baccalauréat comme niveau de scolarité était plus élevée que celle des hommes.Notons qu\u2019en 2006, seulement 21,4 % de la population québécoise âgée de 15 ans et plus possédaient un certificat ou un grade universitaire.Au niveau national, en 2016, plus de la moitié des Canadiens de 25 à 64 ans étaient titulaires d\u2019un diplôme d\u2019études collégiales ou d\u2019un diplôme d\u2019études universitaires, soit une hausse de 48,3 % depuis 2006.Notons que la même année, le Québec affichait le plus haut pourcentage de jeunes diplômés en sciences et technologies du génie, mathématiques et sciences informatiques, qui occupaient un emploi dans leurs domaines d\u2019études. Professeure au département de sociologie de l\u2019UQAM, Francine Descarries est l\u2019une des fondatrices de l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes (IREF) et était, jusqu\u2019à tout récemment, directrice scientifique du Réseau québécois en études féministes (RÉQEF).Nous avons eu la chance de parler à cette grande dame dans le cadre du 50e de l\u2019UQAM.par Jason Paré PHOTO COURTOISIE Francine Descarries L\u2019UQAM célèbre son 50e anniversaire cette année.Quel impact a eu cette institution sur votre carrière et pour les études féministes en général ?Le seul fait d\u2019être choisie par cette université a eu un impact considérable sur ma trajectoire.Quand j\u2019ai été engagée, je ne connaissais pas l\u2019UQAM tant que ça mais j\u2019ai vite compris que c\u2019était une université où les possibilités étaient immenses.Je suis arrivée dans le début des années 1980, donc il y avait plein de choses qui pouvaient se développer.Il y avait une volonté de la part de la direction comme de celle des professeurs, des chargés de cours et des étudiants d\u2019être des agents de changement.C\u2019est ce qui a permis à mes collègues et moi d\u2019instaurer les études féministes et de leur donner l\u2019importance qu\u2019elles ont acquise.À ses débuts, l\u2019UQAM était une université de premier cycle, elle se voulait et se veut encore populaire.Elle voulait ouvrir des créneaux et attirer une nouvelle clientèle.Beaucoup de femmes, de militantes et de féministes se sont rapidement aperçues qu\u2019elles étaient les éternelles oubliées de la science, de la science des hommes.Elles ne se reconnaissaient pas dans le discours et dans les connaissances produites.En termes plus savants, on a reconnu l\u2019androcentrisme du savoir, de la façon de produire ce savoir et de le communiquer.Très rapidement dans les années 1970, des jeunes profs et des chargées de cours ont senti la nécessité de se réunir.Le premier cours d\u2019étude féministe à l\u2019UQAM a été offert en 1972.Concordia donnait déjà un cours, mais dans le milieu francophone, ça a été le premier.C\u2019était un immense cours qui recevait plus de 200 étudiants.Puis, dès 1976, un groupe s\u2019est formé, le GIERF (Groupe interdisciplinaire d\u2019enseignement et de recherche féministes), qui dans une certaine mesure, a été le premier regroupement de femmes professeures et de chargées de cours dans une université francophone.Au début des années 1980, il commence à avoir une masse critique et les cours se multiplient dans les départements.Vous remarquerez qu\u2019on parle d\u2019études féministes et non de Women\u2019s Studies ou de département d\u2019études féministes.Notre volonté était de nous implanter dans toutes les matières et de les questionner, ce qui a eu un impact assez considérable.Par contre, le travail n\u2019est pas terminé.Le savoir féministe est de plus en plus présent, mais on ne peut pas dire qu\u2019il a submergé l\u2019ensemble des disciplines et des connaissances.Est-ce que les études féministes sont reconnues à leur juste valeur ?À l\u2019UQAM, je dirais que oui.En 1990, le GIERF devient un institut.Donc, l\u2019UQAM reconnaît la pertinence de développer un champ d\u2019étude féministe et y a apporté un appui réel.Mais, dans le milieu universitaire en général, ça demeure quelque chose d\u2019un peu marginal.Sauf que le succès rencontré, la popularité de nos études et la qualité de nos étudiantes font qu\u2019on est quand même obligés de reconnaître leur pertinence.Depuis 30 ans, cela donne des résultats.L\u2019Institut de recherche et d\u2019études féministes est reconnu dans toute la francophonie.Son leadership Les copines d\u2019abord a été suffisamment fort pour qu\u2019on puisse, à partir de l\u2019UQAM, développer ce qui est maintenant le Réseau québécois en études féministes (RÉQEF), que j\u2019ai dirigé pendant neuf ans.Le réseau regroupe plus de 100 chercheuses dans toutes les universités du Québec, 200 étudiantes et de 15 à 20 personnes des groupes communautaires qui font de la « co-construction » de connaissances.Je dis toujours qu\u2019on a traversé trois périodes : l\u2019émergence, la consolidation, et maintenant, l\u2019ouverture.Les études féministes de nos jours sont très différentes de ce que j\u2019ai connu il y a 30 ans, en partie en raison des gains obtenus par les femmes ici au Québec et dans d\u2019autres sociétés.Elles ont progressé et ont atteint une certaine égalité, ce qui fait que les disparités entre les femmes sont apparues plus grandes au fil des années.Maintenant, les études féministes s\u2019intéressent beaucoup à ce qu\u2019on appelle les perspectives intersectionnelles.On s\u2019est aperçu qu\u2019avec la diversification et le renforcement des études féministes, on ne peut plus avoir une unanimité.On ne peut plus regarder la société uniquement à travers la lorgnette des rapports de sexe ; il faut l\u2019observer en tenant compte de l\u2019imbrication des rapports sociaux, de pouvoir et d\u2019hiérarchie.La particularité des études féministes, c\u2019est qu\u2019on le fait à partir de l\u2019expérience des femmes, du vécu des femmes.L\u2019idée de l\u2019intersectionnalité \u2013 qui dit par exemple qu\u2019une femme blanche est plus privilégiée qu\u2019une femme noire \u2013 a été développée par une féministe afro-américaine à la fin des années 1980.Peut-on penser que ce concept s\u2019applique aux Québécoises et aux Québécois, puisqu\u2019ils sont eux aussi dominés dans leurs rapports sociaux, qu\u2019ils sont eux aussi une minorité ?Tout le monde ne vous répondra pas de la même façon.Moi, je trouve que dans une certaine mesure, les études féministes portent peut-être trop d\u2019attention à l\u2019identité sexuelle et aux identités individuelles, alors que pour moi, le féminisme, c\u2019est un projet collectif de transformation sociale.Le féminisme doit s\u2019occuper en priorité des femmes, mais s\u2019occuper en priorité des femmes, c\u2019est aussi s\u2019occuper de l\u2019ensemble de la société.Nous sommes multiples, à un moment donné, je suis Québécoise, à un autre moment, je suis professeure d\u2019université, je suis Blanche, je suis une minorité marginalisée\u2026 Donc, je n\u2019occupe pas toujours la même position, c\u2019est pour ça que j\u2019aime beaucoup le concept d\u2019imbrication des rapports sociaux qui n\u2019est jamais la même.C\u2019est certain qu\u2019une personne comme moi, blanche et scolarisée, jouit de beaucoup de privilèges.Ce que force maintenant la perspective féministe, c\u2019est de considérer mes privilèges, de regarder d\u2019où je parle quand je parle.C\u2019est pour ça que le féminisme est tellement intéressé par la « co-construction » de connaissances.C\u2019est faux de croire que les féministes n\u2019ont pas pensé aux classes sociales.C\u2019est un mythe souvent porté par les jeunes.On a moins réfléchi au racisme.Les conditions québécoises s\u2019y prêtaient moins, puisque les francophones se sentaient eux-mêmes comme des dominés et des colonisés, mais le féminisme a toujours considéré qu\u2019il y avait des rapports sociaux qui intervenaient.Par contre, le problème était tellement grand il y a une cinquantaine d\u2019années, qu\u2019avant de penser aux différences, il fallait obtenir le droit de vote, le droit d\u2019être une citoyenne à part entière, le droit d\u2019avorter, etc.Maintenant qu\u2019on a réalisé ça, les différences entre les femmes sont plus marquantes.Il est plus facile pour moi d\u2019accéder à l\u2019avortement qu\u2019une personne qui n\u2019a pas de moyens ou qui n\u2019a pas d\u2019habiletés sociales.Cependant, il faut faire attention à l\u2019illusion de l\u2019égalité.D\u2019abord, quand on regarde la situation des femmes à travers le monde \u2014 leur taux de pauvreté et les mauvais traitements qu\u2019elles subissent \u2014 le féminisme se doit d\u2019avoir une perspective globale et, de ce point de vue, il est loin d\u2019avoir réalisé tous ses objectifs.Du côté de la société québécoise, il y a toujours un plafond de verre et une culture patriarcale qui fait que les femmes ne parviennent pas encore à se considérer comme égales.J\u2019ajoute à tout ça la charge mentale qui touche d\u2019abord les femmes.Mais il y a eu une évolution.C\u2019est sûr qu\u2019en se comparant, c\u2019est extraordinaire, ne serait-ce que le rôle des pères au Québec.Les hommes ont commencé à intégrer la paternité dans leur vie, mais c\u2019est toujours les femmes qui ont la charge mentale, s\u2019occupent des enfants, font le plus de tâches domestiques.Je pense qu\u2019au Québec, on a assez bien réalisé notre égalité publique, mais on n\u2019a pas encore réalisé notre égalité privée.Si l\u2019on revient à l\u2019UQAM, l\u2019université est souvent critiquée pour certains débordements, les grèves et l\u2019annulation de conférences sous la pression de certains étudiants militants.Que pensez-vous de ces différentes polémiques ?Est-ce que la liberté académique est menacée ?En tant que féministe, je dois avouer que j\u2019ai de la difficulté à adhérer totalement à l\u2019idée de liberté de parole.Je ne suis pas tellement intéressée que mon université reçoive des fascistes, des antiféministes, des masculinistes et ça, je ne m\u2019en cache pas.J\u2019espère éviter la censure comme telle, mais je suis de celles qui vont protester si on veut présenter un film fasciste ou si on veut donner la parole à quelqu\u2019un de l\u2019extrême droite.La liberté individuelle s\u2019arrête là où le bien collectif est en jeu.24 15 août 2019 itineraire.ca Dans les cas qui ont fait la manchette, est-ce que c\u2019était véritablement des fascistes ou des gens d\u2019extrême droite ?J\u2019aimerais mieux ne pas me prononcer là-dessus, car je n\u2019ai pas en mémoire exactement les gens en question.L\u2019UQAM est un microcosme de la véritable société et, effectivement, c\u2019est une université en ébullition.Elle est ouverte aux nouvelles idées, aux nouvelles réalités, et avec sa population étudiante, elle porte très souvent des volontés de changements.Donc, quand on veut que les choses changent, on n\u2019est pas devant des eaux tranquilles.Je vois par exemple des collègues européennes ou d\u2019autres universités venir pour la première fois dans une salle de classe à l\u2019UQAM ; les étudiants vont d\u2019entrée de jeu questionner la profes- seure sur son plan de cours et sur son modèle d\u2019évaluation.Cela a son lot d\u2019inconvénients, mais on a l\u2019impression d\u2019être au cœur de la dynamique sociale.Oui, il y a des débordements, oui des fois on va trop loin, mais en même temps, je crois que l\u2019UQAM permet de se construire une conscience sociale.C\u2019est un merveilleux espace pour apprendre la citoyenneté et pour apprendre à ne pas accepter indûment les idées convenues.Avec le débat sur l\u2019interdiction des signes religieux pour certains fonctionnaires, le mouvement féministe s\u2019est divisé au cours des dernières années, ce qui a amené à la création du groupe PDF Québec (Pour les droits des femmes du Québec).D\u2019un côté, on voit cette interdiction comme un grand pas en faveur de l\u2019égalité homme-femme, et de l\u2019autre, un geste qui infantilise et discrimine les femmes.Quelle est votre position sur cette question ?D\u2019abord, je considère que toutes les religions ont produit un discours à l\u2019égard des femmes qui les infériorise et les mette sous la tutelle du frère, du mari et de l\u2019État.Je reconnais les efforts de certaines religions pour mieux adapter leur discours à la situation des femmes, mais ce n\u2019est pas suffisant.Pour ma part, tant et aussi longtemps que l\u2019Église catholique n\u2019aura pas une papesse, elle envoie le message que les femmes sont inférieures aux hommes et qu\u2019elles ne peuvent pas accéder aux plus hautes fonctions.Ce débat est donc, pour moi, très compliqué.Il est important que les femmes qui se couvrent la tête soient acceptées sans aucune restriction dans les écoles si l\u2019on veut les intégrer.Par ailleurs, je ne suis pas à l\u2019aise qu\u2019on me dise que ces femmes portent volontairement le voile.Il y en a sans aucun doute, je ne veux pas interroger leurs croyances, mais quand on sait par exemple que le port du voile n\u2019est pas une obligation religieuse, mais une obligation culturelle ancrée dans le religieux, on peut se poser des questions.Disons que j\u2019aurais été plus favorable à la position Bouchard-Taylor.Quand on élargit ça, je dois vous avouer que je suis dans l\u2019ambiguïté.Je considère qu\u2019aucune de ces personnes ne devrait être limitée dans ses possibilités d\u2019embauche.Sinon, on ne parle jamais de la perruque de la femme juive, on ne parle jamais de toutes ces femmes qui ne peuvent pas sortir de la maison sans l\u2019autorisation de leur mari.Alors, le foulard, ce n\u2019est pas grand-chose.C\u2019est la situation globale des femmes qui pose problème.C\u2019est sûr qu\u2019on ne devrait pas brimer des individus, mais pour moi, la croyance est de l\u2019ordre du privé.Comment le féminisme doit-il composer avec la réalité des femmes trans ?Je suis d\u2019une génération où ces questions ne se posaient pas vraiment.C\u2019est une nouvelle problématique \u2014 la problématique du genre \u2014 qui est très différente de celle des rapports de sexe.Je suis toujours pour l\u2019acceptation, mais je voudrais mieux comprendre ce phénomène.En tant que féministes, nous disons qu\u2019il n\u2019y a rien de naturel à être une femme : « On ne naît pas femme, on le devient ».« Je trouve que dans une certaine mesure, les études féministes portent peut-être trop d\u2019attention à l\u2019identité sexuelle et aux identités individuelles, alors que pour moi, le féminisme, c\u2019est un projet collectif de transformation sociale.Le féminisme doit s\u2019occuper en priorité des femmes, mais s\u2019occuper en priorité des femmes, c\u2019est aussi s\u2019occuper de l\u2019ensemble de la société.» De l\u2019autre côté, il y a des personnes qui vont dire qu\u2019elles se sont toujours senties femmes.Je n\u2019arrive pas à démêler ce débat, je ne parviens pas à comprendre cette nouvelle quête identitaire et ce qui appartient à l\u2019ordre du biologique ou du génétique.Loin de moi l\u2019idée de nier que des gens naissent intersexes et de nier ces désirs de changement et de transformation.C\u2019est difficile, parce que la société est encore très mal équipée pour gérer cette question et, en tant que sociologue, j\u2019aurais besoin de mieux comprendre les fondements sociaux et identitaires.C\u2019est quelque chose qui m\u2019interpelle beaucoup, mais je ne suis pas encore parvenue à avoir des réponses.Et je pense qu\u2019il est peut- être prématuré d\u2019avoir des réponses.Par contre, à l\u2019instar du voile, l\u2019acceptation et l\u2019accueil demeurent très importants, voire primordiaux.Cela ne signifie pas que je comprends ou que j\u2019adhère.Ces questions s\u2019inscrivent, pour moi, dans un féminisme qui est autre.Par exemple, c\u2019est difficile de faire de la place dans mes démarches féministes aux croyances que j\u2019ai passé ma vie à combattre.Que pensez-vous de la présence d\u2019une femme trans à la présidence de la Fédération des femmes du Québec ?En tout cas, j\u2019ai gardé mon membership.(rires) Quelle que soit la personne, peu importe sa religion, sa couleur, son orientation sexuelle, ce qui est important pour moi, c\u2019est qu\u2019elle priorise toutes les questions femmes.Qu\u2019elle ne néglige pas une lutte contre la pauvreté ou la violence au profit d\u2019une lutte pour la liberté sexuelle.Bref, qu\u2019elle accorde à toutes ces questions la place qui leur revient.À ce moment-là, la porteuse de cette action, si elle fait bien son travail, pour moi il n\u2019y a aucun problème.Est-ce que vous vous considérez plus comme une féministe sociologue ou comme une sociologue féministe ?Je suis obligée de dire une féministe sociologue, parce qu\u2019en me spécialisant pendant 35 ans dans les études féministes, j\u2019ai perdu des bouts de la sociologie en général.Ma pensée est sociologique, mais mes connaissances sont féministes.Être sociologue, c\u2019est une déformation à vie.Tous les problèmes que j\u2019analyse sont abordés de façon sociologique, mais la question femme est toujours présente.La sociologie est une discipline extraordinaire, je regrette beaucoup qu\u2019on accorde si peu de place dans la société actuelle aux sciences humaines.C\u2019est une lunette indispensable pour comprendre la société et pour provoquer du changement.Quelles devraient être les priorités des mouvements féministes actuels ?La justice sociale et mettre un terme à la violence sont pour moi les deux grandes priorités.Une troisième, c\u2019est de s\u2019assurer que chaque personne, selon son potentiel et ses besoins, puisse se réaliser.26 15 août 2019 itineraire.ca Transport gratuit du 21 juin (16 h) au 27 août pour les 6 à 11 ans* stm.info/sortiesenfamille * CERTAINES CONDITIONS S\u2019APPLIQUENT Histoire et civilisation C\u2019est mon prof d\u2019histoire de secondaire 4.À ce moment-là, j\u2019étais en centre d\u2019accueil, ce n\u2019était pas facile et c\u2019était la troisième fois que je reprenais le cours d\u2019histoire.La matière, je la connaissais bien, mais ce prof avait une façon de l\u2019amener et avait une interaction avec les étudiants qui nous donnait le goût de faire nos devoirs.On avait hâte au prochain cours.Cela a tellement eu un impact positif que quand je suis allé au Cégep du Vieux, je me suis inscrit au programme d\u2019Histoire et civilisation.SIMON JACQUES CAMELOT MÉTRO BERRI-UQAM DANS LA TÊTE DES CAMELOTS d\u2019un prof qui a été marquant pour toi ?Parle-moi PHOTO JORDAN ROWLAND (UNSPLASH) Monsieur Gremlin C\u2019est mon prof de physique au secondaire.Il ne m\u2019aimait pas beaucoup, car mon frère était passé avant moi et il était tannant.Il avait l\u2019habitude de crier : « Desrochers ! » (rires) Il avait comme adage : « Ce qui se conçoit bien, s\u2019énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément ».Son nom était M.Gamelin, mais il était affectueusement appelé « Gremlin ».ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE METRO, SAINT-HUBERT / BOUCHER Capitaine Boulay Jean-Marie Boulay, prof de mathématique au secondaire et capitaine des Corps de cadets des Fusiliers du Saint-Laurent en Gaspésie.Il était très humain et c\u2019était un homme sensible.Avec les cadets, on avait été visité le camp de Farnham et celui de Valcartier.Ce sont de beaux souvenirs.JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT / SAINTE-CATHERINE Sans attache Il n\u2019y a pas de prof marquant pour moi, parce que je déménageais souvent.En 4e année, j\u2019ai déménagé trois fois.Donc, j\u2019ai peu de souvenirs de mon enfance et je n\u2019avais pas d\u2019attaches.C\u2019est ma sœur qui a été marquante pour moi.Elle a été ma professeure de vie.De zéro à sept ans, c\u2019est elle qui m\u2019a élevée.J\u2019ai encore un lien important avec elle.Nous sommes aussi proches que si on était des sœurs jumelles.CINDY ROSE PARTICIPANTE RÉCEPTION Les méchantes sœurs Dans mon temps, des religieuses nous enseignaient.Au lieu de nous aider, elles nous menaient la vie dure et nous frappaient à coup de règle.Sœur Sainte-Fatima était plus sévère que les autres.Elle nous traumatisait.Elle m\u2019avait même fouettée et j\u2019ai eu tellement peur que je n\u2019en ai pas parlé avec mes parents.J\u2019ai coulé à cause de ça.Heureusement, nous avons déménagé et dans ma nouvelle école, c\u2019était des professeurs.Ça allait mieux avec eux, car ils prenaient le temps de nous aider.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / MENTANA Création et expression Micheline à la maternelle.C\u2019est la seule prof qui poussait les enfants à créer et s\u2019exprimer.Elle faisait des activités pour décorer la classe et plein d\u2019affaires de même.Mes autres profs n\u2019encourageaient pas ça.C\u2019est ce que je trouve plate du système scolaire.On est censé être un peuple moderne, mais ça n\u2019a pas beaucoup évolué à ce sujet.Ils construisent des robots pour le marché du travail.Je trouve aussi qu\u2019il manque d\u2019heures consacrées à l\u2019éducation physique.ALEXANDRE VERDUN CAMELOT MÉTRO JARRY Algèbre et fraction C\u2019était un prof à l\u2019école des décrocheurs de Laval.J\u2019avais bien de la misère en mathématiques.J\u2019ai eu une prof qui m\u2019a aidé, qui m\u2019a expliqué les règles et grâce à elle, j\u2019ai passé mon cours de math.Elle était gentille, elle était patiente et elle était à l\u2019écoute.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE 29 itineraire.ca 15 août 2019 d\u2019un prof ESPACE SCIENCES PHOTO MARK BERRY By Steven MacKenzie David Lynch Director, writer, artist, and creator David Lynch is not someone who usually gives interviews at all.But, as a series of screenings of his works, as well as a major exhibition, are to be shown at HOME in Manchester, he did exactly that.Lynch had a wide-ran- ging conversation with The Big Issue\u2019s Steven MacKenzie, touching on his life, his art, and his perception of home.David Lynch is such an enigma he\u2019s become an adjective.The Urban Dictionary defines \u2019Lynchian\u2019 as a \u201cbalance between the macabre and the mundane\u201d and, more frankly, \u201cYou have no fucking clue what\u2019s going on, but you know it\u2019s genius.\u201d Equally brilliant and baffling, the director\u2019s work feels like it contains the answers to life, the universe and everything, if only we could tune into the right frequency.Repeated motifs of duality and dreams versus reality permeate his imagery, stemming from (perhaps) a lifelong fascination with The Wizard of Oz.But although it might seem like David Lynch comes from somewhere over the rainbow, home is where his heart is, and what he wants to speak to The Big Issue about.Lynch was raised in small-town America, moving from the likes of Missoula, Montana to Sandpoint, Idaho to Spokane, Washington as his father was reassigned by the US Department of Agriculture, an upbringing reflected and refracted in the likes of Blue Velvet and Twin Peaks.His time as an art student in Philadelphia brought extra menace to his experimental film Eraserhead.He has lived in the Hollywood Hills for decades and rarely leaves, but is always observing, interpreting.Today is a strange day in LA.\u201cIt\u2019s a cloudy, dreary, gloomy day.Strange weather.Strange weather,\u201d he says to The Big Issue over a video call.He wears the same type of shirt every day, his hair reliably skew-whiff.He speaks with conviction and clarity, even if some answers are an exercise in evasiveness.He has made time in his regimented routine to talk about the series of events he has curated at the Manchester International Festival, centred on the gallery aptly called HOME.What did you benefit from or lose from not always having a settled home when you were younger?Well, obviously it\u2019s a bit of a shock to be told you\u2019re moving to a new place but as I remember it wasn\u2019t a depressing thing.Fortunately, I was able to make friends pretty easily so I have fond memories from each place, and these kinds of moves\u2026 something gets jolted and I think that could be good.Did you learn early on that there are advantages to being an outsider?Human beings like to feel part of the group in some way.It\u2019s comforting.So to be a loner, an outsider, can be kind of depressing and upsetting.At the same time, I really believe that to get work done, many times you need to be by yourself.Have time to daydream, have time to think and work on your own.What is your earliest memory of home?In Spokane, Washington, I had a little bed and it was a little room.That\u2019s my earliest bedroom memory.What posters did you have on the walls?I didn\u2019t have any posters.That whole poster thing came later.I painted a mural on my bedroom ceiling.The ceiling was flat but then it tapered and came into the walls, so on the tapered part I painted a mural.It was many different things, music and painting all together.You grew up in small towns across America.Could you ever make your home in one today?Part of me would like that but now I think that drugs have permeated.They started in the big cities, then they went to middle-sized cities, then they went into the countryside.So many, many, many, many problems come from drugs.A lot of small towns were super peaceful at one time and just idyllic, living close to nature, real serene and beautiful.When drugs came, a lot of crime and violence and fear comes creeping in, and sad stories.So I think a lot of these small towns have been perverted.31 itineraire.ca 15 août 2019 Tous les 15 du mois, nous publions du contenu original INSP.Membre du réseau international des journaux de rue, The Big Issue North (Angleterre) a récemment interviewé le réalisateur, écrivain, artiste et créateur David Lynch.Il nous confie sa vision d\u2019un chez soi, en lien avec son projet HOME, qui est une suite de projections, d\u2019évènements spéciaux et d\u2019expositions sur le même sujet, installé à Manchester jusqu\u2019au 29 septembre.Originalement publié dans The Big Issue en juillet 2019.\u201cHome is a beautiful word\u201d People say the idyllic past we\u2019re nostalgic for \u2013 all white picket fences and cherry pies \u2013 never actually existed.It did exist.When a war is over there\u2019s a joy in the air.That carried over into the Fifties, so even though there were, I\u2019m sure, all the same problems there was still an optimism for a bright future coming.That lasted until President Kennedy was shot in 1963.By the Seventies it was a total different feel in the world.When you were 17 you planned to make your home in Salzburg but left after a few days.Why couldn\u2019t you feel at home in Europe?Salzburg was way too clean.It was beautiful but it was not the kind of mood I was looking for.Had you not seen The Sound of Music?That should have been a big tip-off.You ended up living in Philadelphia.Philadelphia.Corrupt, filthy, fear in the air \u2013 thick.Insanity in the air.This place was just what the doctor ordered.It was incredible.Now Philadelphia is pretty much a city like any other city.It\u2019s got some places that look like Warsaw after the Second World War, bombed-out horrible places, but the city centre is clean.They\u2019ve cleaned all the soot from the buildings and it\u2019s just kinda regular to me.This artwork [Philadelphia (2017)] shows where you stayed?Yes, I lived in that house.The biggest influence in my life is the city of Philadelphia and so that painting represents some feelings of that.Does it help to go outside your comfort zone to find inspiration?You never know when ideas are going to hit you.You can get ideas just from sitting in a room daydreaming, just feeling the air.I think people are like radios.They pick up signals.But sometimes you go to a new place and that will give you ideas.Sometimes you go to a new place \u2013 no ideas.You never know what\u2019s going to trigger the ideas you fall in love with.Mulholland Drive is not just the name of a film but practically your address.What does the road mean to you?Mulholland Drive is a famous long, long, long winding road that goes on the crest of the Santa Monica mountains.It\u2019s a two-lane road.There\u2019s long stretches where you\u2019re just rolling but it\u2019s very winding.After you\u2019ve lived in LA for a while you hear stories, things happening on Mulholland Drive.Do you still suffer from agoraphobia?I don\u2019t like to go out.I do go out, but I don\u2019t like it.But many times I don\u2019t want to go out and then I\u2019m forced to go out and I enjoy myself when I\u2019m out.Getting enough strength to walk out the door sometimes is tricky.When was the last time you went out?The last time I went out I did a talk at a theatre with Russell Brand.I had signed up, I said I would do that so I had to do it.But it was a pretty enjoyable night.Do you still follow a strict routine?It\u2019s always the same.When you have a certain regimen, certain things you wear, you don\u2019t have to worry, you just do it then it leaves more time to daydream and think.It\u2019s to help the work.At what point in your day do you have your first coffee?First thing.I still smoke cigarettes so I have coffee and cigarettes and then I meditate and then I go out or go to where I\u2019m going to work.Do you drink your own brand of coffee?Yes, I drink David Lynch Signature Cup coffee.I now have an Americano so it\u2019s Espresso with hot water and a little bit of milk.Have you ever tried Kyle MacLachlan\u2019s wine?I have had it and it\u2019s a nice wine.He\u2019s very serious about that wine and I think it\u2019s slowly but surely doing well.I was wondering how much a home is tied to a sense of identity, and the significance of the final scene of Twin Peaks: The Return being set at what may or may not be Laura Palmer\u2019s home?That\u2019s how it ends.So\u2026 I\u2019m not really able to discuss that but the word home, it\u2019s a beautiful word.In The Wizard of Oz, that line, \u201cThere\u2019s no place like home\u201d.This is something that everybody feels but there\u2019s still many unhappy homes.It would be great to have a world where everyone had a home that they loved and where they felt secure and happy.What makes a house a home?It\u2019s not just something to keep the elements out.It\u2019s somewhere you feel very good; a place you like to return to if you go out.And if there\u2019s other people in the home, a family, and you like them, it\u2019s great.If someone doesn\u2019t have the security of a home, what are the consequences?It makes a big trauma for a person and it\u2019s not right.Everyone should have a home, a place where they\u2019re safe, where they can sleep and get rest, keep their stuff.We, human beings, owe it to each other to find a way that everyone has a place and no one goes to bed hungry at night.It\u2019s something we\u2019ve got to work together to get for all the people.The David Lynch Foundation helps lots of vulnerable groups, such as prisoners, troubled kids and people who have experienced homelessness.What do these groups share?These days the world is filled with a lot of stress and people suffer from this stress and negativity.The practice of transcendental 32 15 août 2019 itineraire.ca meditation starts rapidly folding the full potential of the human being \u2013 enlightenment.Doesn\u2019t matter if you\u2019re rich, poor, homeless, when you walk towards the light each step things get brighter.It\u2019s so beautiful to see what happens to a person when they walk away from suffering.Even if they\u2019re homeless they start feeling happy inside, regardless of the outside circumstance.Do you think the word homeless is a label used by people to distance the problems of others from themselves?Yeah, I think that\u2019s true.People say, why are they homeless, there must be something wrong with them.But these days everyone gets the feeling: \u201cthat can be me on the street\u201d.Homelessness is rising and rising.These labels do separate us but we\u2019ve got to see it as our fellow human beings and do something to help out.In Twin Peaks and Mulholland Drive, there are characters who are dirty, who might live at the back of a diner or in the woods, or ask for cigarettes.When you\u2019re using those stereotypical tropes, what does it represent?A homeless person doesn\u2019t have a home.Because they don\u2019t have a home they don\u2019t have a shelter.Because they don\u2019t have a shelter they\u2019re a victim of the elements.Homeless people don\u2019t get to bathe too often and they\u2019re sunburnt a lot of times, they\u2019re dirty because they don\u2019t have a place to get cleaned up and they might start getting an odour.These are general, stereotypical things that you notice but all those things could be taken care of pretty quickly if they had some help.Apparently the actor who played the \u2019bum\u2019 in Mulholland Drive asked you what the character represented and you said \u201ceverything\u201d.People say I say something \u2013 I don\u2019t recall ever saying that.If there\u2019s 500 people in the theatre, there are going to be 500 different interpretations of things.It\u2019s just the way it is.On the surface we\u2019re all different, at the base we\u2019re all the same.So I\u2019m for getting a world where that unity is enlivened.You have said that a mantra is the key to open the door.Does that mean home is within us?This is the biggest, the most beautiful home.We have a treasury within.It\u2019s unbounded, infinite, eternal, immutable, immortal treasury, but we\u2019ve lost contact.You\u2019ve got the gold in the vault but if you don\u2019t have the key to open up the door you\u2019re not going to get that gold out.That vault can be seen as a home, a beautiful home, the self.The feeling of the home, money can\u2019t buy that.It\u2019s bliss.There\u2019s a line, know thyself.This is the self they\u2019re talking about.David Lynch at HOME is a season of films, special events and a major art exhibition at HOME, Manchester, until September 29, as part of Manchester International Festival 2019 mif.co.uk The  David Lynch Foundation  runs programmes for vulnerable or disadvantaged people, including working with homeless charities, offering scholarships to those who could benefit from meditation but would not normally think it was for them.\u201cWe have done a couple of pilot projects with a charity in Charing Cross in London,\u201d says Deirdre Parsons, who runs the foundation in the UK.\u201cWe taught a number of staff and their clients and they found they were having success.\u201d \u201cStaff could supply medical advice, job advice, give someone shelter and a place to eat and do laundry, but when somebody had challenges again it might bring them back into homelessness.\u201d According to Parsons, the TM technique encourages inner growth and self-development.\u201cFundamentally the real support comes from within yourself,\u201d she says. \u201cTM is a stress-reducing tool to help positive thinking.We all suffer from anxiety and depression but when you find yourself in that position you might be more prone to it or it might be chronic.\u201d Projects run in the United States have shown impressive results.Rashan Purdy learned the technique and found it transformative.\u201cSince the first time I meditated I felt like a totally different person, a total 180,\u201d he says.\u201cYou\u2019re gonna have problems in life, period.There\u2019s going to be obstacles, but they don\u2019t affect me the same way they once did.\u201d Kevin Robinson agrees.\u201cI always used to walk around with a grudge, an attitude, for the littlest thing,\u201d he admitted.You know certain things people said really bothered me.\u201cNow it just brushes off my shoulders.I walk with my head up, I smile.  All the negative energy is just bouncing off.It\u2019s like you put up a shield.\u201d Some of the revenue from David Lynch-related events at the Manchester International Festival will go towards a programme helping homeless people learn to meditate.\u201cWe\u2019re going to be working with [homeless charity]  Lifeshare,\u201d Parsons says.\u201cWe\u2019re hoping that some of the profits that come from the  Manchester International Festival event  we\u2019ll be able to put towards some scholarships to teach some of the staff and some of the vulnerable people who might be part of their organisation.\u201d How the David Lynch Foundation helps people who have experienced homelessness Croyants ou athées, nous savons tous à peu près ce que cela veut dire.Un croyant a la foi, ce qui n\u2019est pas peu dire lorsque l\u2019on sait que même les médecins et certains scientifiques reconnaissent la puissance de la foi dans la guérison.Certains malades guérissent presque miraculeusement tandis qu\u2019ils ont la foi.Je ne suis pour aucune religion.En effet, je suis agnostique.Ce qui veut dire que je ne sais pas si Dieu existe ou pas.Je ne sais pas s\u2019il y a une vie après la mort.Un agnostique pur et dur ne se casse pas la tête avec ces questions.Moi, c\u2019est mon problème, je me pose des questions.Je suis très curieux de nature, je me pose toujours des tas de questions.Je vis dans le doute.Il est certain qu\u2019il est très tentant d\u2019avoir la foi.De croire qu\u2019il y a une vie après la mort, quelle qu\u2019elle soit.Je ne suis pour aucune religion, je crois cependant que c\u2019est un mal pour un bien.Cela nous apporte l\u2019espoir.C\u2019est « l\u2019opium du peuple », disait Karl Marx.Ceci est particulièrement vrai lorsque l\u2019on regarde d\u2019où viennent les différentes religions.Religions et cultures Elles sont liées à l\u2019environnement et à la culture de chaque peuple.Les nouvelles religions prennent des références dans les anciennes croyances.Il n\u2019y a qu\u2019à penser au judaïsme qui a été la base de l\u2019Ancien Testament.Les chrétiens y ont ajouté la croyance que Jésus-Christ était le sauveur annoncé.L\u2019islam, elle, est la plus jeune de ces trois religions, et elle découle des deux précédentes.Tous les systèmes de croyances ont leur hiérarchie de symboles et de dieux ou d\u2019un seul dieu avec sa cohorte de saints (comme dans la religion catholique et la plupart des religions chrétiennes).Souvent, les dirigeants de ces systèmes deviennent avides de pouvoir et de richesse.Plus ils sont placés haut, plus c\u2019est vrai.Ils peuvent être aussi croyants, mais même chez les plus fervents qui ne sont pas là pour les richesses et le pouvoir, ils bénéficient de l\u2019ascendant qu\u2019ils ont sur leurs fidèles pour promouvoir leur cause.Dans le cas des religieux, ils prêchent leur foi, tandis que les puissants de ce monde (les plus riches des riches\u2026) ne pensent qu\u2019à s\u2019enrichir.Les athées sont sûrs que Dieu n\u2019existe pas.Ils ne jurent que par la science et la raison.Pour la plupart ils sont scientifiques, avec un esprit rationnel.Je me méfie des gens qui croient que l\u2019humain a tout découvert.Même Einstein est remis en question.Rien n\u2019explique le big bang originel.L\u2019univers serait en expansion, mais en déclin.Ce qui veut dire que l\u2019éloignement des astres les uns par rapport aux autres devrait s\u2019arrêter, que le phénomène s\u2019inverserait et que toute la matière de l\u2019univers serait attirée vers le centre.Alors il y aurait un nouveau big bang ?Et si l\u2019univers était Dieu L\u2019univers serait-il cyclique à l\u2019infini, dans le temps ?Le temps est défini par l\u2019énergie ; ce qui crée le temps, c\u2019est le mouvement, donc la matière qui devient énergie.En effet, lorsqu\u2019on atteint zéro Kelvin (-273,15 °C), même les atomes ne bougent plus.Alors, il n\u2019y a plus de création d\u2019énergie, donc le temps s\u2019arrête.Lorsque j\u2019étais petit, on m\u2019a appris que les plus petites particules de l\u2019univers étaient les neutrons à charge électrique neutre, les protons à charge électrique positive et finalement les électrons à charge négative.Maintenant, on nous parle de protons et de photons (lumière).Il y a de nouvelles plus petites particules que dans mon temps.Il y a aussi la découverte de l\u2019antimatière.Tout cela nous apporte de nouveaux horizons scientifiques et me fait croire que nous sommes loin de tout savoir sur notre univers.Il devient dès lors plus difficile pour moi de savoir si Dieu existe ou non.J\u2019en suis toujours à me poser des questions.Comment l\u2019imparfait peut-il comprendre le parfait ?Le parfait étant l\u2019univers pris dans son entier.L\u2019univers serait-il alors Dieu ?La vérité je ne la saurai qu\u2019à ma mort, si j\u2019ai le temps de réaliser que je suis mort.C\u2019est complexe et je vous invite à essayer de me comprendre lorsque je dis que je ne sais pas.Bonne réflexion.Croire ou ne pas croire ?Là est la question 34 15 août 2019 itineraire.ca YVES GRÉGOIRE PARTICIPANT - DISTRIBUTION OPINION Bienvenue à l\u2019usine Bastien Bertine Éditions Vide cocagne, Collection Soudain, 2019, 120 pagess Sombres bagarreurs Al Gofa Éditions Pow Pow, 2019, 180 pages Publié à l\u2019origine sous le titre Dark Angels of Darkness, Sombres bagarreurs d\u2019Al Gofa (Alex Gouin Fafard) se déroule dans un monde post-apocalyptique où des guerriers fusionnent entre eux afin de devenir plus puissants en accumulant les pouvoirs de chacun.La pratique est par contre illégale et sévèrement punie par Impérius Rhâââ, une espèce de dieu tyrannique qui surveille son peuple du haut d\u2019une forteresse volante.Le format de la BD et le look des dessins de Sombres bagarreurs ressemblent beaucoup à ceux des mangas, mais contrairement à ces derniers qui misent généralement sur le noir et blanc, la création d\u2019Al Gofa propose quelques couleurs allant du brun au jaune, en passant par le violet et le mauve.Axé sur l\u2019action, le style du bédéiste illustre efficacement le chaos qui règne dans ce monde et rappelle une excellente série animée des années  80  : Ken le Survivant.L\u2019accent est également mis sur l\u2019humour.Les noms que l\u2019auteur donne à ses personnages sont particulièrement rigolos, surtout lorsqu\u2019ils sont rebaptisés après une fusion.Megan devient par exemple Mega Megan.Simple, mais efficace.Ou, plus absurde, Muran alias Jimmy change pour Gumanro, mais le guerrier préfère finalement Steve.Bref, Sombres bagarreurs est une BD dynamique et amusante qui se lit d\u2019une traite.Un artiste décide de travailler dans une aciérie pour observer son fonctionnement et comprendre ce que vit son entourage qui y travaille.Il découvre un endroit aliénant, bruyant, sale et dangereux.L\u2019auteur français Bastien Bertine se met en quelque sorte en scène dans ce récit social de 120 pages.Rejeté par certains collègues, apprécié par d\u2019autres, le double de Bastien immortalise son lieu de travail dans une série de dessins qu\u2019il expose finalement dans une galerie de la ville après avoir été renvoyé.Il y découvre plusieurs personnes intéressantes, dont Violette, une ouvrière amatrice de dinosaures et de physique quantique, et un gros homme qu\u2019on surnomme l\u2019Ogre, qui travaille à la fonderie et qui devient en quelque sorte le protecteur de Bastien.Le récit peut sembler un peu aride aux premiers abords, mais on embarque rapidement.Il se dégage une atmosphère inquiétante de la BD, ce qui crée un effet de suspense qu\u2019on a de la difficulté à expliquer, mais qui parvient à nous captiver.À l\u2019image des dialogues, les dessins sont dépouillés et se concentrent sur l\u2019essentiel.Les couleurs sont vives et transmettent efficacement les émotions vécues par le personnage.Au final, il s\u2019en dégage une certaine poésie à laquelle il est difficile de rester indifférent.Sombres bagarreurs recensions Bienvenue à l\u2019usine JASON PARÉ RESPONSABLE DE LA FORMATION DES CAMELOTS Les choix de bandes dessinées PHOTO CDEMAISON musiqueMaya Kamaty La période estivale à Montréal est idéale pour (re)découvrir des artistes venus d\u2019ailleurs.Le 14 juillet dernier, le Club Ballatou rythmait aux sonorités du maloya pop-électro de la Réunionnaise Maya Kamaty à l\u2019occasion de la 33e édition du Festival international Nuits d\u2019Afrique.Elle est venue rencontrer son public montréalais, composé à la fois de Réunionnais installés au Québec depuis de nombreuses années, mais aussi de Québécois d\u2019origines diverses interpelés par son univers.Dès son entrée sur la scène du mythique Club Ballatou, lieu où les musiques et danses d\u2019ascendance africaine trouvent un écho particulier, Maya Kamaty salue son public en créole réunionnais, une langue qu\u2019elle défend ardemment dans ses textes comme sur la scène, et ce, partout dans le monde, devant un public aguerri ou non.Le créole de Maya Kamaty vient de l\u2019 île de La Réunion, département français situé à l\u2019ouest de l\u2019océan Indien.On le reconnait par ses emprunts linguistiques au français, au malgache ainsi qu\u2019aux langues indiennes et africaines.La particularité réunionnaise est importante puisque des langues créoles, il en existe beaucoup, qu\u2019elles soient à base latine, francophone ou anglophone.Nées de l\u2019esclavage et de la traite négrière, ce sont des langues qui se sont formées sur l\u2019aspiration à la liberté et à l\u2019égalité des esclaves.Système colonial oblige, ils avaient besoin d\u2019un moyen de communication pour organiser les révoltes, mais aussi exprimer leur quotidien laborieux.Et certains maîtres l\u2019utilisaient aussi pour se faire comprendre.La force des langues créoles est due à cette période de l\u2019histoire : il était urgent de sortir d\u2019un état de déshumanisation, de créer un imaginaire, un système de communication symbolique qui s\u2019est structuré à la fois dans la violence et la rencontre des parlers français, anglais, espagnol ou portugais et des langues africaines.On comprend donc aisément pourquoi les langues, musiques et danses nées de la période esclavagiste et coloniale peuvent être à la fois douces et revendicatrices, à la fois crues et imagées, à la fois frissonnantes et rassurantes.Un maloya électro-pop Le maloya est, avec le séga, un des deux genres musicaux qui prédominent à La Réunion.On le chante, on le joue et on le danse.Plus que cela, il fait partie intégrante de l\u2019identité réunionnaise, notamment parce qu\u2019il arrête dans le temps des moments clés qui font partie de l\u2019histoire ou du quotidien réunionnais.Ce n\u2019est donc pas anodin s\u2019il a été reconnu comme un patrimoine culturel immatériel de l\u2019humanité par l\u2019UNESCO il y a dix ans.puissance, douceur et p o é s i e c r é o l e s   par Alexandra Guellil Maya Kamaty FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D\u2019AFRIQUE 2019 PHOTOS ANDRÉ RIVAL Le maloya de Maya Kamaty est unique en son genre.Déjà parce qu\u2019elle l\u2019a hérité de son père, Gilbert Pounia, cofondateur d\u2019un des plus célèbres orchestres maloya, le groupe Ziskakan, mais aussi parce qu\u2019il est imprégné par l\u2019univers du conte légué par sa mère, la conteuse Annie Grondin.Et, avec tout ce bagage familial, elle a su apporter sa touche personnelle en ajoutant des influences inspirées par tout ce qu\u2019elle a vécu dans le passé et vit dans le présent.Chez elle, on écoutait bien évidemment Alain Péters, Jacques Brel, Georges Brassens ou Édith Piaf, mais aussi Jimi Hendrix, Billie Holiday, Trilok Gurtu, Papa Wemba et Salif Keita.À l\u2019adolescence, elle a eu envie de voir ailleurs et de changer d\u2019air.Elle délaisse la musique réunionnaise et créole pour se tourner vers la variété internationale.À son arrivée en France, elle choisit un peu par hasard un cursus de médiation culturelle et communication.Et puis, de fil en aiguille, son île natale la rattrape et les mots « acculturation » et « déculturation », qu\u2019elle avait appris grâce à son père, sont revenus en force la confronter.Dans sa bibliothèque, il y avait différents ouvrages.Mais à chaque fois que l\u2019occasion se présentait, elle éprouvait une envie quasi viscérale de parler de La Réunion, de décrire son île et de raconter son histoire et sa culture.À Montpellier, elle rencontre Stéphane Lépinay et Moana Apo, ses dalons (ou bons amis) et Carlo de Sacco, avec qui elle forme le groupe Grèn Semé.Les deux premiers sont d\u2019ailleurs ses complices musicaux actuels, l\u2019un à la guitare et l\u2019autre aux arrangements électroniques.Avec Dylan Marvillier à la batterie, ils sont Maya Kamaty.C\u2019est aussi pendant ces années-là qu\u2019elle apprend à jouer du kayamb (idiophone par secouements populaire dans les Mascareignes), du roulèr (tambour traditionnel) et compose ses premières chansons.Ces deux instruments sont la base du maloya et du séga.Notons ici que les premiers kayambs étaient construits avec ce que les esclaves trouvaient dans les champs de canne à sucre : des roseaux ou des tiges de fleurs de canne à sucre qu\u2019ils liaient.Le son provient de petites graines rondes et dures de safran marron, de kaskavel (cascavelle) ou de conflor (conflore) à l\u2019intérieur de l\u2019instrument.Ces graines produisent un son caractéristique, lorsqu\u2019elles s\u2019entrechoquent, que l\u2019on pourrait assimiler au bruit de la mer.C\u2019est cet instrument qui marque le début d\u2019un morceau de maloya ou de séga et qui permet au public de reconnaître le moment où il faut danser et « rouler les reins ».Arrêt dans le temps En 2014, Maya Kamaty sort son premier album qu\u2019elle intitule Santié Papang, du nom du chemin qui bordait sa maison d\u2019enfance.Il faut savoir qu\u2019à La Réunion, ces petits chemins sont somme toute devenus rares et ils renvoient souvent à des souvenirs d\u2019enfance auxquels beaucoup de Réunionnais sont attachés.Dans cette FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D\u2019AFRIQUE 2019 PHOTOS ANDRÉ RIVAL album, ces titres sont en français et créole et déjà imprégnés par différents univers musicaux qu\u2019elle mélange à souhait.Sur la scène du Balattou, Maya Kamaty a présenté les chansons de son second album, intitulé Pandiyé, qui signifie « suspendu », comme l\u2019est le temps lorsqu\u2019on fait de la musique.Si le kayamb conserve sa place de choix, on retrouve aussi des guitares rock lascives, des basses suspendues et des ornementations électroniques en tout genre.En écoutant ses 11 titres, on ressent une sensation unique, celle que l\u2019on a lorsque l\u2019on entre dans une bulle onirique dans laquelle on s\u2019évade volontiers pour s\u2019éloigner du brouhaha politico-mé- diatique.Chaque titre a son histoire.Par exemple, Kaniki (tout petit) raconte l\u2019histoire d\u2019une jeune fille du voisinage qui ne parlait pas beaucoup et qui était dans sa bulle tandis que Trakasé décrit la solitude de la vieillesse et met à l\u2019honneur Monsieur Bègue, 95 ans, qui habite dans le même quartier que la chanteuse et qui dit tout le temps qu\u2019il va bien en attendant la mort.Un propos qui l\u2019a beaucoup touchée.Et puis, en voyant Maya Kamaty sur scène, tout prend son sens.S\u2019il est vrai qu\u2019elle ne peut définitivement pas rester en place et qu\u2019elle dégage une énergie communicatrice exemplaire, on ressent aussi toute sa sincérité et son honnêteté lorsqu\u2019elle s\u2019adresse à son public qu\u2019elle n\u2019hésite pas à inviter sur le parterre pour danser et lui faire oublier les tracas quotidiens le temps d\u2019une soirée.entrevue Raconte-nous l\u2019histoire de Maya Kamaty comme choix de nom de scène ?Kamaty est mon deuxième prénom.Mon père me l\u2019a donné pour rendre hommage à une femme qui habitait dans son quartier, à Grand Bois (Saint-Pierre).C\u2019était une Indienne qui pratiquait les religions chrétienne et hindoue à une époque où ce n\u2019était pas forcément très bien vu.Elle était montrée du doigt quand elle allait à l\u2019église, parfois même par le prêtre lui-même qui la traitait de païenne.Elle s\u2019est fait baptiser sur son lit de mort par mon arrière-grand-mère.Cette femme a beaucoup marqué mon père par sa force et son courage.Et à mon tour, je pense que c\u2019est une femme forte, d\u2019où le choix de ce nom de scène.Dès que tu arrives sur la scène, à Montréal ou ailleurs, tu parles créole réunionnais, parfois même devant un public qui ne te comprend pas forcément.Tu l\u2019écris, le racontes, le chantes, le danses et tu t\u2019affirmes à travers lui.Pourquoi est-ce si important ?C\u2019est simple, je pense que les gens peuvent comprendre ce créole.Si je pensais que ce n\u2019était pas le cas, surtout quand je parle entre les morceaux sur scène, je ne le parlerais pas.Je sais m\u2019adapter aussi : quand on a joué en Ontario, j\u2019ai parlé en anglais.Tant qu\u2019on joue sur des scènes francophones, je suis persuadée que le créole réunionnais se comprend, même si ça demande un petit peu d\u2019efforts.Ce créole est très francisé si j\u2019ose dire, même si on a notre propre accent et nos couleurs.Le métissage est une particularité à La Réunion.Peux-tu nous en donner ta vision ?En tant que Réunionnaise, je suis à la fois malbaraise, malgache, chinoise et française.Le métissage à La Réunion est exceptionnel parce qu\u2019il y a eu tous ces apports de cultures sur un petit caillou en à peine 350 ans.Toutes ces cultures se rejoignent, cohabitent et vivent plus ou moins ensemble.Je ne dis pas totalement ensemble parce qu\u2019il y a bien évidemment des cons partout (rires), mais c\u2019est vrai qu\u2019il y a un respect culturel, une grande tolérance et entente, qui peut être parfois un peu vacillante, mais qui reste tout de même présente.En fait, je pense qu\u2019à La Réunion, il y a une sorte de modèle de savoir-vivre.Mais tout n\u2019est pas parfait parce qu\u2019on perd parfois le sens de nos valeurs.Malgré tout, c\u2019est quand même moins violent qu\u2019ailleurs.39 itineraire.ca 15 août 2019 À l\u2019heure où partout dans le monde, nous sommes en train de nous repositionner sur la question identitaire, comment te situes-tu ?Justement, j\u2019ose dire qu\u2019il y a des cons partout et La Réunion n\u2019est pas une exception.La connerie n\u2019a pas de couleur ou de religion.Et c\u2019est quelque chose que je déplore.Je veux dire, c\u2019est comme si certaines personnes avaient oublié de se regarder dans un miroir ! Regarde mon groupe : Stéphane passe facilement pour un Finlandais ou un Québécois, mais il est Réunionnais ! Depuis janvier dernier, des bateaux de familles sri-lankaises sont arrivés à La Réunion et j\u2019ai assisté à un déferlement de commentaires haineux.Je ne pensais pas que c\u2019était possible chez moi.À la suite de cela, je me suis posé énormément de questions et j\u2019en suis arrivée à la conclusion qu\u2019on a oublié que nous sommes arrivés dans ces bateaux, qu\u2019on a fait ce trajet-là aussi.Un des morceaux que je chante sur scène, Mazine (Imagine), est d\u2019ailleurs toujours d\u2019actualité pour cela.Ce texte explique qu\u2019il ne faut pas qu\u2019on oublie d\u2019où l\u2019on vient, qu\u2019il faut que l\u2019on aide les personnes qui sont en difficulté parce que peut-être qu\u2019un jour, nous serons nous-mêmes confrontés à cette même difficulté.Et ça nous pend au nez vu le dérèglement mondial, qu\u2019il soit environnemental ou politique ! Tes parents se sont fait connaître pour leur combat en faveur de la culture et la langue réunionnaises.En écoutant tes textes, on a beau maîtriser le créole réunionnais, on ne comprend pas tout pour autant\u2026 Alors d\u2019abord, sur le combat de mes parents, ce n\u2019est pas que j\u2019évite d\u2019en parler, mais je n\u2019étais pas là et je ne l\u2019ai pas connu.Aujourd\u2019hui on est en 2019 et je regarde vers demain.Mon héritage est dans les mots créoles qu\u2019ils m\u2019ont appris et leur importance.C\u2019est vrai qu\u2019on a cette discussion concernant mes textes, mais je crois que l\u2019incompréhension n\u2019est pas tant dans les mots utilisés, mais plus dans le sens à leur donner.Mes parents m\u2019ont légué ça aussi, le sens de la poésie.Je ne pense pas qu\u2019un Réunionnais ne comprenne pas les mots, mais bien plus la suite de mots (rires) ! De toute façon, mes textes sont très abstraits, profonds et presque personnels.Mais tu sais, j\u2019utilise les mêmes mots que les mecs qui font du dancehall.Je crois juste que l\u2019on peut dire que le soleil brille de mille-et-une façons en créole réunionnais.Il y en a qui écrivent « soley i brille » et moi qui préfère écrire « rayon d\u2019lumièr ».Dans tout ce que j\u2019écris, j\u2019essaye de trouver des images parce que la langue créole est très riche et imagée.Le mystique et les superstitions sont très présents à La Réunion.Tu en parles un peu dans ta chanson Dark River d\u2019ailleurs\u2026 C\u2019est le seul morceau en anglais coécrit avec une jeune poète mauricienne, Lisa Ducasse.Je voulais écrire sur le mysticisme des bassins et des rivières de La Réunion et du poids que tout cela peut avoir.Le texte renvoie à L\u2019histoire du bassin du Diable, de Zoura et de la fleur maléfique que ma mère me racontait.Zoura était une jeune esclave qui avait beaucoup de prétendants qu\u2019elle envoyait chercher une fleur dans un bassin.Et ils mourraient tous.Alors on ne sait pas si Zoura les poussait dans le bassin ou si l\u2019aventure était trop périlleuse.Un jour, elle tombe amoureuse d\u2019un homme qui lui demande d\u2019aller chercher une fleur au bord d\u2019une falaise d\u2019où elle tombe.La fin a des versions différentes : on dit qu\u2019elle voit la lueur des yeux de Grand Diable ou ceux de la Justice.Ce bassin existe à La Réunion : il s\u2019appelle le bassin du Diable et la fleur en question s\u2019appelle la griffe du diable, elle est rouge et est utilisée pour soulager les douleurs rhumatismales.Es-tu superstitieuse ?Oui, très ! La Réunion est remplie de superstitions en tout genre.Après tu y crois ou non, mais moi j\u2019y crois dur comme fer.Ma mère est conteuse et m\u2019a raconté plein d\u2019histoires dans mon enfance.Tu sais, au décès de mon grand-père, ma tante qui est aujourd\u2019hui décédée, a pincé son corps pour voir s\u2019il était dur ou tendre.Cela permettait de savoir si nous aurions d\u2019autres décès dans la famille.Il y a des gestes comme cela qui sont ancrés en nous et dont on ne peut pas vraiment se défaire.Je ne marcherai pas dans la rue avec de la viande après 18 heures par exemple ! (rires) Et puis, tu sais, on ne se pose pas vraiment la question du pourquoi on ne fait pas ces choses, on ne les fait pas c\u2019est tout.Je dois t\u2019avouer que je suis très peureuse.Il y a des moments où tu ressens des choses fortes à La Réunion, il y a beaucoup d\u2019histoires sur les chemins de randonnée.Et tout cela me suit partout : quand je traverse la rue de Jack l\u2019Éventreur ou que j\u2019apprends l\u2019incendie de la cathédrale Notre-Dame à Paris, je suis quand même très sensible aux histoires racontées.Ça me fait quelque chose.40 15 août 2019 itineraire.ca « À La Réunion, il y a une sorte de modèle de savoir-vivre, même si tout n\u2019est pas parfait, c\u2019est quand même moins violent qu\u2019ailleurs.» Ton maloya a une touche à la fois traditionnelle et électro.Tu n\u2019hésites pas à mélanger les sonorités.Peux-tu nous décrire Pandiyé ?J\u2019aime dire que c\u2019est une électro-pop créole.J\u2019essaye de définir moi-même ma musique parce que trouver des mots pour des choses qui sont larges et vastes est loin d\u2019être évident.Aujourd\u2019hui, on a accès à énormément de données et de propositions artistiques qui nous nourrissent.Ces dernières années, j\u2019ai écouté beaucoup de trip hop, d\u2019électro, de pop atmosphérique et j\u2019ai essayé de voir comment tout cela pouvait s\u2019intégrer dans le maloya.Avec Moana et Stéphane, on a fouillé, trifouillé et cherché à donner d\u2019autres dimensions à ce qui existait déjà.Alain Peters et Ziskakan avaient déjà amené des instruments électriques dans le maloya donc nous n\u2019avons rien inventé.La nouveauté est plus dans les sonorités actuelles qui changent.On ne le fait pas parce que c\u2019est tendance, mais bien plus parce que c\u2019est la musique que l\u2019on aime et que l\u2019on écoute.On a envie d\u2019ouvrir le champ des possibles et de sortir de la case « world music » parce qu\u2019on est bien plus que cela.S\u2019il est vrai qu\u2019on nous met souvent dans la case musiques du monde, je crois qu\u2019on gagnerait bien plus à sortir de cette étiquette.Il y a une espèce de transe qui se met en place lors de tes concerts.Tu as un échange particulier avec ton public.Que représente la scène pour toi ?Je pense que je donne autant que je reçois sur scène.À La Réunion, il y a les kabars et les servis kabaré.Ce sont deux choses distinctes.Le premier est une soirée plus festive et revendicatrice mêlant chants et danse et le second a un côté rituel sacré avec une transe non maîtrisée qui s\u2019installe.La transe n\u2019est même pas l\u2019objectif ultime, c\u2019est un appel aux ancêtres.Je ne me rends pas trop compte de l\u2019extérieur de l\u2019image que je renvoie quand je suis sur scène.Ce que je sais, c\u2019est que je ne fais pas semblant parce que j\u2019ai un profond respect pour la scène, pour l\u2019endroit que c\u2019est.Je la considère comme un temple qui m\u2019appartient pendant une heure.Il y a des fois où je suis en forme et d\u2019autres fois où je le suis moins.C\u2019est un lieu qui me porte comme il me fait peur.Ces paradoxes sont intéressants en termes physique et mental.Je n\u2019ai pas trouvé d\u2019autres équivalences.Se livrer à un public n\u2019est jamais évident.Nous sommes dans des sociétés où l\u2019on juge en permanence et se livrer peut devenir moins facile et apeurant, sauf quand on parvient à relativiser et à se rendre compte que les jugements ne sont pas une fin en soi.PHOTO CDEMAISON À la fin du mois, je quitte l\u2019organisme au terme de cinq années d\u2019un programme d\u2019employabilité.Je suis fier de toutes les bonnes actions que j\u2019ai pris l\u2019habitude de poser pour les sans- abri, les travailleuses du sexe (que je surnomme les « déesses de la rue ») et toutes les personnes qui ont un rapport personnel avec la rue.Pour moi, ces personnes vont toujours rester plus importantes que tout dans ma vie, même plus importantes que moi.Elles le sont tellement que je ne peux pas passer une journée sans les aider.C\u2019est plus fort que moi.Ça vient d\u2019une grande volonté que j\u2019ai à l\u2019intérieur de moi et qui est l\u2019empathie.C\u2019est tellement fort que chaque fois que je vois une personne dans le besoin, je ne peux pas continuer mon chemin sans lui avoir parlé et l\u2019avoir aidé d\u2019abord.Avant j\u2019étais comme le reste du monde : aveugle et avec un cœur de pierre.Je ne connaissais pas les itinérants.J\u2019avais moins d\u2019argent, alors je ne pouvais rien leur donner.Je passais devant quelqu\u2019un qui quêtait sans regarder, sans m\u2019arrêter.Il suffit d\u2019une première fois Lorsque j\u2019ai pris la peine de m\u2019arrêter devant une personne qui quêtait, ça m\u2019a glacé le sang.Je me suis mis dans sa peau pour la première fois.Elle avait des chaussures et des bas troués, son linge était magané et c\u2019était pratiquement l\u2019hiver.J\u2019ai trouvé ça tellement triste que personne ne l\u2019aide, alors j\u2019ai pris mon courage à deux mains pour l\u2019écouter et lui serrer la main.Il fallait que je fasse quelque chose.Je suis allé dans un magasin et je lui ai acheté quelques affaires.Pas beaucoup, mais l\u2019essentiel.une tuque, une paire de bas ; je savais qu\u2019il allait avoir froid quand même, mais que ce que je lui avais acheté allait faire une différence.Il faut être plus sensible aux demandes des itinérants et pas simplement leur donner de l\u2019argent.Quand on prend le temps de les écouter et de leur donner des choses qui répondent à leurs besoins, ça les rend heureux.Quatre à cinq minutes minimum par personne, sinon ce n\u2019est pas assez.Ce que j\u2019aime, c\u2019est quand les gens me racontent leur histoire de vie, comment ils sont devenus itinérants, comment était leur vie avant.Est-ce que c\u2019est un choix personnel ?Est-ce que ce sont les difficultés de la vie qui les ont menés à la rue ?La force de l\u2019empathie Je vous invite à regarder l\u2019émission Face à la rue, sur la chaîne Moi et Cie.Ça parle des itinérants, des personnes prostituées, de tout le monde de la rue.C\u2019est fait avec respect.C\u2019est tellement émotif que je pleure à chaque fois.Ça me rappelle la vie que mon père a eue.L\u2019empathie, c\u2019est quelque chose que tes parents peuvent te montrer un peu, mais c\u2019est toi qui dois la travailler et la développer.Si tu veux avoir de l\u2019empathie comme force, il faut savoir l\u2019entretenir et mettre l\u2019effort nécessaire pour y arriver.Ça fait plus de 20 ans que je travaille mon empathie.Parce que j\u2019ai travaillé à L\u2019Itinéraire, ma force d\u2019empathie est décuplée.J\u2019ai choisi de venir travailler ici pour comprendre la vie que mon père a eue.Comment il faisait pour se nourrir l\u2019hiver ?Comment il faisait pour survivre au froid ?Est-ce qu\u2019il allait dans des refuges ou était-il plutôt solitaire ?Avait-il le droit d\u2019aller dans des refuges ou était-il banni à cause de sa consommation de drogue ?Ce sont des questions qui me tracassaient beaucoup l\u2019esprit.En parlant aux autres camelots, ça m\u2019aidait beaucoup.J\u2019en ai appris sur leur vie.Donner c\u2019est recevoir Chaque fois que je donne à une personne, je reçois en même temps.Ça me soulage des malheurs de ma vie, je ne pense qu\u2019au moment présent.C\u2019est comme si le temps s\u2019arrêtait.Lorsque Dieu met une personne sur votre chemin, c\u2019est pour vous donner trois choix : tu t\u2019arrêtes et tu l\u2019aides, tu t\u2019arrêtes et tu ne l\u2019aides pas ou tu passes ton chemin.Si on n\u2019agit pas, il sera peut-être trop tard pour cette personne.Chaque seconde compte.Il faut s\u2019occuper des personnes plus faibles, car on peut toujours se trouver dans une position de besoins.Je crois au karma.Quand tu fais du bien, tu reçois du bien.La force que j\u2019ai acquise 42 15 août 2019 itineraire.ca PAR SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN TRANCHES DE VIE Il paraît que l\u2019été, c\u2019est fait pour jouer.C\u2019est pas les paroles d\u2019une chanson ça ?Pour moi l\u2019été, c\u2019est synonyme de stress.Comprenez-moi ben, l\u2019été c\u2019est ma saison préférée, mais comme ça dure juste deux mois, je sens la pression d\u2019en profiter deux fois plus.J\u2019haïs l\u2019hiver.Je ne me suis jamais habituée.Dites-moi surtout pas de retourner dans mon pays parce que je viens de Rouyn-Noranda (à ne pas confondre avec le Rwanda).Pis cet été, je me mets encore plus de pression.Après une année ben chargée, je me suis séparée, je suis devenue mère monoparentale, mon père est mort (capotez pas, c\u2019est juste du beau, on a réglé toutes nos bibittes avant qu\u2019y meurt), je m\u2019occupe de la succession, pis j\u2019ai jamais autant travaillé de ma vie comme comédienne (pas connue, mais comédienne quand même).Pis là, je me suis dit que c\u2019était assez pour prendre des vacances (la vérité, c\u2019est que je suis sur le bord du burnout, « mes blues passent pu dans porte »).Dans le fond, je préfère dire « retrait temporaire », je trouve ça moins rushant.En retrait temporaire Jour 1 du retrait temporaire.Aujourd\u2019hui, les enfants vont aller au camp de jour et à la garderie, maman est trop fatiguée.Je reste effouarée sur mon divan, les rideaux tirés malgré le magnifique soleil, pas capable de me lever.De mon divan, je regarde le chantier que ma maison est devenue, pis le courage me manque.« Lavez lavez, savez-vous savonner »\u2026 Le ménage, c\u2019est pas sexy.Si ça l\u2019était, on le saurait.Si c\u2019était si sexy, dans la plupart des pays, les femmes n\u2019auraient pas le droit d\u2019en faire.Jour 6.Les enfants vont au camp de jour et à la garderie.La semaine prochaine, c\u2019est promis, on va aller à La Ronde.Aujourd\u2019hui, je prends ma vie en main, je paie des comptes, je retourne les appels, les courriels, je mets une photo sur Facebook parce que ma vie est donc ben l\u2019fun.Bonne journée.Ce soir, on commande du « pout, pout, pout, St-Hubert BBQ.» Jour 13.Je déroule mon fil d\u2019actualité, pis je jalouse mes amis artistes qui sont en show dans un des 12 millions de festival du Québec.Me recentrer.« Ça fait rire les oiseaux, ça fait chanter les abeilles ».MOI, j\u2019ai compris la vie parce que moi, je prends soin de ma petite personne parce que moi, je suis dans un retrait TEMPORAIRE.Aujourd\u2019hui, direction La Ronde.Ça va être le fun.L\u2019enfant fait une crise de bacon.J\u2019ai deux choix : lui donner ce qu\u2019il veut, la crise arrête et je me fais juger, ou tenir mon bout, la crise continue et me faire juger.Être une mère c\u2019est une job à temps plein et c\u2019est la job la plus mal payée que j\u2019ai eue.Une job à temps plein Jour 21.Ah oui, c\u2019est vrai.C\u2019est l\u2019été, il faut en profiter.Jours 22-23-24-25-26-27-28.On va à la plage, on fait un pique-nique, on fait un BBQ, on va voir des amis, on va au Festival de jazz, on se couche tard.JE tonds la pelouse (s\u2019habituer à sa nouvelle réalité), je fais le jardin, pis s\u2019y reste du temps, je pourrais repeinturer la chambre du petit.« Un air d\u2019été tout léger, tout léger, tout léger ».« J\u2019ai d\u2019 la misère, oh calvaire »\u2026 Jour 33 du marathon\u2026 euh\u2026 du retrait.Temporaire : succession, divorce, avocat, cour, notaire, registraire.Cou\u2019donc.C\u2019est fait.Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.« My Heart Will Go On.» Je suis une adulte.L\u2019autre jour au Rona, le vendeur m\u2019a appelé « ma petite madame ».On n\u2019est jamais assez préparé pour ça.Je viens d\u2019avoir 40 ans et maintenant je dois rajouter une étape à ma routine beauté : la sieste.Jour 45 : Reprendre des forces.Scotchée sur mon miroir, cette phrase que je dois me répéter : « T\u2019es tell\u2019ment tell\u2019ment tell\u2019ment belle », un cadeau du ciel.Pas toujours facile.Je suis une drama queen.Un synonyme pour fuckée, mais pas assez pour être médicamentée.Jour 53 : L\u2019été s\u2019achève.« Derrière un kleenex, je saurais mieux comment te dire adieu, comment te dire adieu ».En septembre, le travail va recommencer, la routine va s\u2019affoler.Ma vie est toujours pressée, débordée, y\u2019a pas de temps mort.Toujours mille projets, mille défis, mille activités.Les gens me demandent souvent comment j\u2019arrive à tout concilier, c\u2019est quoi mon secret.Je leur réponds simplement\u2026 burnout.itineraire.ca 15 août 2019 L\u2019été, c\u2019est fait pour jouer ANNA BEAUPRÉ MOULOUNDA COMÉDIENNE-HUMORISTE 43 Solutions dans le prochain numéro xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Inventa Étude des reptiles Relatives à la brebis Terriers Idem Canon Interdire Agent de conservation Continent Creux Partie Corrige Bain Ville des États-Uniis Gâté Saison Que tu bandes Note Sous-sol Pronom Route rurale Cuites Divisions ottomanes Traitement esthétique Versus Pascal Embête Extrêmement Inventa Étude des reptiles Relatives à la brebis Terriers Idem Canon Interdire Agent de conservation Continent Creux Partie Corrige Bain Ville des États-Uniis Gâté Saison Que tu bandes Note Sous-sol Pronom Route rurale Cuites Divisions ottomanes Traitement esthétique Versus Pascal Embête Extrêmement Réponses du 15 AOÛT 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 P C O C R B A I E S E S U S V E I T E D R I A D G E T R O C N O N A P M E L A V S R T O Y R T E S E T E E N N I U E S A I E S P A E V I U D R E R P O H B I E R E M A N C I P A T I O N T O R E A D O R S S A D O I I E O T A L U M I N A N C E S L I L E S U T V A T N A L A E P O N G E G I G A N T E S Q U E S U R I N E R I U L E S R E N D S O T A S S E E S S E A S T I S Réponses du 1ER AOÛT 2019 horizontalement 1.Libération.2.Toreros.3.Jeune.- Id est.- Retira.4.Brillances.5.Terres entourées d\u2019eau.- Do.- Astate.6.Interjection puérile.- Note.- Zoophyte.7.Énormes.8.Pisser.- Chatons.9.Remets.- Que j\u2019enlevasse.10.Crochet.- Mousseux.verticalement 1.Fixation.2.Normés.3.Odeur.- Alcools.4.Sorti.- Pays insulaire.5.Romancier étasunien.- Grisons.6.Idem.- Or.- Tour.7.Braquée.- Tibia.8.Palmier.- Hep ! 9.Travailleuse sociale.- Apostrophai.10.Arêtes.- Crétins.11.Armée.- Vieilles.12.Princes.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Quitter Négociabilité Médecin français Particule Caractère scandinave Glisse Elle publie des livres Affections glandulaires Évocation Filasses Écrivain québécois Propres Finie Strontium Note Meuble Discret Iridium Époques Langue Excédent Rayé Mélodies Aire de vent Fabrique de boulons et d\u2019écrous Puis Enzyme Lisière Parti canadien Quitter Négociabilité Médecin français Particule Caractère scandinave Glisse Elle publie des livres Filasses Écrivain québécois Propres Finie Strontium Note Meuble Discret Iridium Époques Langue Excédent Rayé Mélodies Aire de vent Fabrique de boulons et d\u2019écrous Puis Enzyme Lisière Parti canadien Affections glandulaires Évocation Suinte Existerai Dévêtu Réponses du 1 AOÛT 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 A A R D S A E S U E E E T E N T S I V S S R E I E H E R E T L T S R I E I R A A A R B E P N D L I T O R E E S R N A A M E N S E E T O P U E S D E I T I R C E SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Expert Grille numéro : 67171 7 3 6 1 9 3 5 8 4 6 2 1 8 2 7 8 4 1 1 3 2 6 8 7 7 5 9 7 3 5 8 7 3 9 5 1 6 2 4 4 1 9 6 3 2 8 7 5 2 5 6 8 7 4 1 3 9 6 3 4 2 1 9 7 5 8 9 2 7 5 8 6 3 4 1 5 8 1 3 4 7 2 9 6 3 9 5 1 2 8 4 6 7 1 4 2 7 6 5 9 8 3 7 6 8 4 9 3 5 1 2 Grille Jeu Sudoku Expert à imprimer du samedi 01 septembre 2018 12:00:01 1 / 1 1er août 2019 DÉTENTE Dans le cadre de la production d\u2019un recueil de textes rédigés par nos participants et anciens participants, nous cherchons à entrer en contact avec plusieurs auteurs dont les textes ont été publiés dans notre magazine : Jean-Guy Deslauriers, Yves Manseau, Gisèle Nadeau, Maxime Plamondon et Lorraine Sylvain Si vous êtes une de ces personnes, son ayant droit, ou si vous pouvez nous aider à la retrouver, merci de vous faire connaître avant le 1er octobre 2019 afin de signer un contrat de licence de droits d\u2019auteur.Après cette date, nous nous permettrons de publier les textes des personnes concernées, et ce sans altérer la version originale, considérant qu\u2019il est impossible de les retrouver de même que leurs ayants droit afin d\u2019obtenir leur autorisation.Nous vous remercions d\u2019avance pour votre précieuse collaboration.514 597-0238, poste 246 \u2022 laurent.soumis@itineraire.ca CONTACT : Laurent Soumis, journaliste-accompagnateur L\u2019Itinéraire à la recherche de ses auteurs Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 67261 7 8 2 3 4 2 1 7 5 7 6 9 8 5 7 2 1 9 8 6 6 9 2 1 9 6 7 4 6 5 9 8 5 3 4 1 9 6 7 4 5 8 2 1 3 4 8 2 1 9 3 6 7 5 3 5 1 7 2 6 4 9 8 2 3 9 8 6 7 5 4 1 5 7 4 2 3 1 9 8 6 6 1 8 9 4 5 3 2 7 1 9 3 6 8 2 7 5 4 7 4 6 5 1 9 8 3 2 8 2 5 3 7 4 1 6 9 Grille Sudoku Facile à imprimer du jeudi 06 septembre 2018 06:00:01 1 / 1 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.p u b l i c i t é À propos de Joseph En face de la station Papineau résonne souvent un grand « Bonjour ! ».Vous ne vous trompez pas, c\u2019est bien Joseph-Clermont Mathurin qui se fait entendre dans la clameur de la rue Sainte-Catherine.Faussement grincheux, le camelot rebelle a vu son quotidien s\u2019embellir lorsqu\u2019il a enfin accédé à un logement grâce à l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire.En été, Joseph aime se plonger dans les souvenirs lointains des usines du quartier de Sainte-Marie.Même si l\u2019odeur de la mélasse a disparu et que la prison au Pied-du-Courant a fermé ses portes depuis longtemps, l\u2019histoire du quartier l\u2019interpelle.Il apprécie aussi le corridor coloré du Village qui offre un panorama audacieux et il s\u2019échappe du quotidien en assistant aux animations du parc des Faubourgs.La Prison-des-Patriotes-au-Pied-du-Courant L\u2019édifice de la Prison-des-Patriotes symbolise l\u2019opposition des patriotes à la Couronne britannique.Le centre d\u2019exposition de l\u2019ancienne prison répond aux enjeux complexes des mouvements contestataires du Bas-Canada.Devant l\u2019édifice néo-classique, la détermination des douze patriotes morts sur l\u2019échafaud de la prison est immortalisée par un imposant monument.Conférences, ateliers et expositions thématiques accompagnent ces artefacts patrimoniaux qui évoquent le devoir de mémoire.Le Village Depuis 12 ans, le festival Aires Libres se déploie dans la rue Sainte-Catherine piétonnisée.En plein cœur du Village, au beau milieu des terrasses, l\u2019évènement milite pour la culture et la diversité sur une distance d\u2019un kilomètre.Au-dessus de nos têtes, les boules aux 18 nuances font écho aux teintes du drapeau arc-en-ciel pour une dernière année.Les piétons peuvent varier leur angle de vue en grimpant les escaliers, à hauteur de la forêt multicolore.Depuis la passerelle, le spectateur aperçoit également l\u2019exposition à ciel ouvert de la Galerie Blanc, très appréciée par Joseph-Clermont.Chaque année, la galerie sonde les tendances décalées de l\u2019art sous toutes ses formes.Le parc des Faubourgs Aux abords du pont Jacques-Cartier, un parc florissant compte parmi les pôles effervescents du quartier.Son appellation vient du surnom Faubourg à m\u2019lasse.Autrefois, cette zone était un pivot industriel où les résidents devaient composer avec les effluves de houblon, de tabac et de mélasse.De nos jours, le parc est animé toute l\u2019année par les projets des Voies culturelles des faubourgs et de l\u2019Arrondissement de Ville- Marie.Dans l\u2019espace public se trouvent des expositions temporaires et l\u2019incontournable festival Fierté Montréal.En tant que témoin privilégié, Joseph-Clermont n\u2019est pas avare de compliments face à ce parc qui embellit le secteur.Regard sur un quartier par Joseph-Clermont Mathurin, camelot pour L\u2019Itinéraire Regard sur un quartier est un publireportage commandité par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec la collaboration de Diane Martin-Graser (texte et photos).© D i a n e M a r t i n - G r a s e r .© J e a n - M i c h e l S e m i n a r o © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r . À propos de Joseph En face de la station Papineau résonne souvent un grand « Bonjour ! ».Vous ne vous trompez pas, c\u2019est bien Joseph-Clermont Mathurin qui se fait entendre dans la clameur de la rue Sainte-Catherine.Faussement grincheux, le camelot rebelle a vu son quotidien s\u2019embellir lorsqu\u2019il a enfin accédé à un logement grâce à l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire.En été, Joseph aime se plonger dans les souvenirs lointains des usines du quartier de Sainte-Marie.Même si l\u2019odeur de la mélasse a disparu et que la prison au Pied-du-Courant a fermé ses portes depuis longtemps, l\u2019histoire du quartier l\u2019interpelle.Il apprécie aussi le corridor coloré du Village qui offre un panorama audacieux et il s\u2019échappe du quotidien en assistant aux animations du parc des Faubourgs.La Prison-des-Patriotes-au-Pied-du-Courant L\u2019édifice de la Prison-des-Patriotes symbolise l\u2019opposition des patriotes à la Couronne britannique.Le centre d\u2019exposition de l\u2019ancienne prison répond aux enjeux complexes des mouvements contestataires du Bas-Canada.Devant l\u2019édifice néo-classique, la détermination des douze patriotes morts sur l\u2019échafaud de la prison est immortalisée par un imposant monument.Conférences, ateliers et expositions thématiques accompagnent ces artefacts patrimoniaux qui évoquent le devoir de mémoire.Le Village Depuis 12 ans, le festival Aires Libres se déploie dans la rue Sainte-Catherine piétonnisée.En plein cœur du Village, au beau milieu des terrasses, l\u2019évènement milite pour la culture et la diversité sur une distance d\u2019un kilomètre.Au-dessus de nos têtes, les boules aux 18 nuances font écho aux teintes du drapeau arc-en-ciel pour une dernière année.Les piétons peuvent varier leur angle de vue en grimpant les escaliers, à hauteur de la forêt multicolore.Depuis la passerelle, le spectateur aperçoit également l\u2019exposition à ciel ouvert de la Galerie Blanc, très appréciée par Joseph-Clermont.Chaque année, la galerie sonde les tendances décalées de l\u2019art sous toutes ses formes.Le parc des Faubourgs Aux abords du pont Jacques-Cartier, un parc florissant compte parmi les pôles effervescents du quartier.Son appellation vient du surnom Faubourg à m\u2019lasse.Autrefois, cette zone était un pivot industriel où les résidents devaient composer avec les effluves de houblon, de tabac et de mélasse.De nos jours, le parc est animé toute l\u2019année par les projets des Voies culturelles des faubourgs et de l\u2019Arrondissement de Ville- Marie.Dans l\u2019espace public se trouvent des expositions temporaires et l\u2019incontournable festival Fierté Montréal.En tant que témoin privilégié, Joseph-Clermont n\u2019est pas avare de compliments face à ce parc qui embellit le secteur.Regard sur un quartier par Joseph-Clermont Mathurin, camelot pour L\u2019Itinéraire Regard sur un quartier est un publireportage commandité par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec la collaboration de Diane Martin-Graser (texte et photos).© D i a n e M a r t i n - G r a s e r .© J e a n - M i c h e l S e m i n a r o © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r .DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : POUR ÊTRE EN MEILLEURE FORME BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX educalcool.qc.ca/benefices Il y a plusieurs bénéfices à respecter les limites d\u2019alcool recommandées.On contrôle mieux son poids.On se sent plus énergique et plus en forme.Le sommeil est plus réparateur et on n\u2019a plus jamais la gueule de bois.Décidément, il y a trop d\u2019avantages à la modération pour s\u2019en priver."]
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