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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
dimanche 1 septembre 2019
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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Fichiers (24)

Références

L'itinéraire, 2019, Collections de BAnQ.

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Soyons solidaires. RAYSIDE LABOSSIÈRE Architecture Design Urbanisme Solitaire ou Solidaire?514 .935 .6684 | www.rayside.qc.ca Rayside Labossière architectes s\u2019investit depuis près de 20 ans dans des projets qui luttent contre l\u2019itinérance.Nous souhaitons un joyeux anniversaire à l\u2019Itinéraire pour ses 25 ans d\u2019accomplissement ! Soyons solidaires.Message du premier ministre Justin Trudeau Depuis 25 ans, L\u2019Itinéraire vient en aide aux Montréalais les plus vulnérables en produisant du contenu journalistique de qualité.Qu\u2019il soit question de lutter contre la pauvreté ou d\u2019aider les membres de notre communauté à bâtir des ponts, cet organisme transforme notre ville pour le mieux.J\u2019ai eu le plaisir de rencontrer des camelots l\u2019année dernière et en écoutant leurs histoires, j\u2019ai constaté à quel point ce magazine touche des vies.Que ce soit la pauvreté, l\u2019itinérance ou l\u2019inclusion, ces enjeux nous concernent tous.Notre gouvernement travaille fort pour relever ces défis, notamment grâce à notre Stratégie nationale sur le logement et à notre stratégie visant à lutter contre l\u2019itinérance, Vers un chez-soi.Nous appuyons de tout cœur le travail important que fait L\u2019Itinéraire et je suis convaincu que cet organisme continuera de faire de Montréal un endroit plus égal et meilleur.Photo: Mario Alberto Reyes Zamora MESSAGE DU PREMIER MINISTRE Je tiens à féliciter tous les gens de cœur qui s\u2019impliquent au quotidien pour concrétiser les différentes initiatives du groupe communautaire L\u2019Itinéraire.Votre organisme redonne espoir à ceux qui en ont le plus besoin et leur permet de voir l\u2019avenir avec plus de confiance.La société québécoise vous en est reconnaissante, et votre gouvernement vous remercie pour tout le bien que vous faites.Je veux particulièrement saluer le travail assidu de tous les camelots de L\u2019Itinéraire qui sont la voix et le visage du magazine dans les rues de Montréal.Ils sont des exemples de courage et de résilience qui nous montrent qu\u2019il est toujours possible de se reprendre en main.Leurs efforts méritent toute notre considération et tout notre respect.J\u2019invite les Montréalais à prendre le temps de discuter avec eux et à continuer de les encourager encore longtemps.Ce numéro spécial du 25e anniversaire du magazine est une belle réussite qui mérite d\u2019être soulignée.Vos fidèles lecteurs peuvent constater que la qualité des articles est au rendez-vous depuis toutes ces années.C\u2019est tout à l\u2019honneur des hommes et des femmes qui ont le courage de vouloir changer les choses et de s\u2019exprimer.Comme à chaque numéro, il n\u2019a pas dû être facile de sélectionner les articles de cette édition spéciale, mais vous avez maintenant entre les mains un témoignage de toute la pertinence et l\u2019importance de L\u2019Itinéraire.Bonne lecture et bon anniversaire à toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire?! François Legault La voix de la rue et d\u2019une métropole inclusive depuis 25 ans L\u2019Itinéraire fête cette année ses 25 ans dans les rues de la Métropole.Mais c\u2019est bien plus qu\u2019un journal ou une entreprise d\u2019économie sociale, c\u2019est également la force du lien qui peut nous unir en société.Le magazine L\u2019Itinéraire permet chaque semaine, à une centaine de camelots, d\u2019entrer en contact avec des milliers de Montréalaises et de Montréalais, et de réaliser ainsi un immense réseau de solidarité.Qui n\u2019a pas son histoire avec une ou un camelot?Qui ne se souvient pas d\u2019un moment d\u2019échange, d\u2019une jasette au coin de la rue?Avec les camelots, nous pouvons parler de tout.Si nous pouvons les aider à notre manière à avoir une place en société, ils nous aident en contrepartie à voir la vie différemment.Montréal est ?ère d\u2019être une ville inclusive pour toutes et tous grâce à des organisations qui, comme L\u2019Itinéraire, favorisent le vivre ensemble, l\u2019insertion et la cohésion sociale.Notre ville a été l\u2019une des premières à avoir son journal de rue, son porte-voix pour les personnes plus isolées.Nous sommes reconnaissants d\u2019avoir un outil social pour éduquer et faire tomber les préjugés.L\u2019Itinéraire, en 25 ans, a contribué à sa façon à créer la métropole distincte qu\u2019est la nôtre.Bravo à tous les artisans et toutes les artisanes de ce succès montréalais et longue vie à L\u2019Itinéraire! Valérie Plante Mairesse de Montréal Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le entre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire souhaite remercier tous les bénévoles qui se sont impliqués de près ou de loin dans réalisation de cette édition spéciale.À ces fidèles qui reviennent semaine après semaine pour l\u2019aide à la rédaction des camelots  : Christine Barbeau, Marie Brion, Anita Barsetti, Daniela Aranibar, Madeleine LaRoche, Sandrine Binkie, Hélène Mai, Danielle Rioux, Erika Mathieu.À ceux et celles qui sont présents pour la révision des textes à chaque édition du magazine  : Paul Arsenault, Lucie Laporte, Sylvie Poirier, Caroline Rodgers, Arianne-Laure Payer.Pour la recherche et la réalisation d\u2019un article de fond sur l\u2019itinérance  : Martine Lanctôt.Pour son coup de pouce à la vente publicitaire  : Sylvie Poirier.Votre temps et vos talents nous sont indispensables.Sans vous, on n\u2019y serait pas arrivé.Merci ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 Prix de vente 3 $ 3 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Édition 25e anniversaire Merci à nos bénévoles ! Le temps des pommes est commencé et la plupart d\u2019entre nous irons probablement au verger en cueillir un beau panier.Nous payerons pour un panier vide, dans lequel seulement un certain nombre de pommes pourront entrer.Évidemment, nous choisirons de belles pommes rouges bien juteuses et laisserons de côté celles qui sont piquées par les vers ou que nous aurons échappées et « poquées ».Chaque année au Québec, les gens sont de plus en plus endettés, le coût des aliments et des logements augmente et le nombre de personne en situation de vulnérabilité sociale ou économique monte en flèche.Les organismes communautaires, de leur côté, doivent déployer des trésors d\u2019ingéniosité pour boucler leur budget et continuer d\u2019offrir leurs services à une clientèle toujours grandissante.Dans ce contexte, la société, par le biais des contributions des bailleurs de fonds gouvernementaux et privés, veut constater les impacts réels de son implication monétaire dans tel ou tel projet.En clair, on veut « mesurer » le succès des organismes financés à l\u2019aide d\u2019objectifs quantifiables.Comme vous et moi, en visite au verger, elle veut remplir son panier du plus grand nombre possible de belles pommes rouges.Alors on finance les organismes pour « sortir les gens de la rue », « éradiquer l\u2019itinérance à Montréal » ou « réinsérer les itinérants dans la société ».On s\u2019attend à ce qu\u2019en X nombre de mois, Y nombre de personnes en situation de vulnérabilité sociale ou économique se soient trouvé un logis et un emploi.Plein de belles pommes rouges dans le panier.Or, accompagner des personnes dans leur cheminement vers la réinsertion sociale, ce n\u2019est pas mesurable de la même manière que la construction d\u2019une école ou le nombre de repas offerts à des écoliers.Alors que tous sont perchés dans les arbres à chercher les pommes les plus grosses et les plus rondes, L\u2019Itinéraire récolte ses pommes à même le sol; celles qui ont été échappées, piétinées et meurtries par la vie.Certaines de ces pommes, même si on les astiquait avec vigueur durant X nombre de mois, ne redeviendront pas rouges et parfaitement rondes.L\u2019Itinéraire accueille également sans distinction les pommes vertes et jaunes.Elles ne feront cependant jamais partie du panier.L\u2019Itinéraire, c\u2019est bien plus qu\u2019un magazine.Il faut être conscient du travail phénoménal accompli derrière le camelot qui vous a vendu cette édition spéciale.Pour se tenir devant vous, ce camelot, peut-être délaissé et trahi par sa famille, ses amis ou la société, probablement aux prises avec un problème de dépendance quelconque, parfois depuis très longtemps, a certainement dû combattre ses démons, accepter de l\u2019aide, faire confiance, se trouver un logement.Et encore, il a dû acquérir non seulement une batterie de compétences, dont des techniques en rédaction, en gestion d\u2019entreprise et en vente, mais il a également dû lutter contre l\u2019angoisse de faire face à la foule et à l\u2019ignorance ou aux préjugés des passants vis-à-vis ses efforts pour s\u2019en sortir.Demandez à votre camelot pourquoi il est membre de L\u2019Itinéraire.Au-delà de l\u2019empowerment, des services qui lui sont offerts, des sous que l\u2019écriture et la vente du magazine lui rapportent et des formations qu\u2019il reçoit, il vous répondra certainement qu\u2019à L\u2019Itinéraire, il brise l\u2019isolement social.Il partage ses idées et est respecté par ses pairs.Il peut être fier de lui, de ses réalisations, et y puiser la confiance et l\u2019estime nécessaires pour rêver de projets et bâtir sa réussite.Certains y arrivent, d\u2019autres recommenceront plusieurs fois avant d\u2019y arriver.Très peu d\u2019entre eux y parviennent à l\u2019intérieur des X mois fixés par la société et ses bailleurs de fonds.On ne peut pas quantifier les bénéfices d\u2019avoir rendu sa dignité à quelqu\u2019un.Depuis 25 ans, c\u2019est ainsi que L\u2019Itinéraire aborde la réinsertion sociale des camelots.Je vous suggère vivement la lecture des témoignages de camelots à la section « Où étiez-vous il y a 25 ans ?» pour imager de manière poignante ce qui précède.À L\u2019Itinéraire, nous considérons que les pommes jaunes, vertes ou poquées sont aussi bonnes que les pommes rouges.Même si nous ne pouvons pas toujours remplir un panier de belles pommes rouges, nous offrons de la délicieuse compote et de l\u2019excellente croustade aux pommes depuis 25 ans.Il me semble que la société en sort gagnante, non ?Le panier de pommes Jessica Major Présidente du conseil d\u2019administration RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste, responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste accompagnateur JASON PARÉ Responsable de la formation des participants MILTON FERNANDES Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur JUAN CARLOS JIMENEZ Webmestre bénévole CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, IMÈNE HAMCHICHE, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI,DANIELA ARANIBAR, SANDRINE BINKIE Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, LAURE-ARIANNE PAYER, SYLVIE POIRIER , CAROLINE RODGERS Bénévoles à la révision ADMINISTRATION SYLVANA LLANOS Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement social ISABELLE LACHARITÉ Intervenante psychosociale PIERRE TOUGAS Responsable du Café MÉLODIE GRENIER Chargée de projet volet autochtone NAHKA BERTRAND Coordonnatrice du Café de la Maison ronde ELLA MARTINDALE Coordonnatrice adjointe du Café de la Maison ronde CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale Administrateurs YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit ALEXANDRE VERDUN - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire JACQUES ÉLYZÉ - Réprésentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! « Bonjour, oui, oui vous pouvez entrer, la porte est ouverte.Elle vous sera toujours ouverte.» C\u2019est ainsi que je me suis exprimé lors de ma première rencontre de camelots en novembre 2016, quelques jours après mon entrée en poste.Quelque 70 camelots qui te regardent, te scrutent, t\u2019analysent et vlan ! Le camelot courageux s\u2019exclame : « Ils disent tous ça la première fois.Ensuite vous montez au 3e dans votre tour d\u2019ivoire puis on ne vous voit plus, vous êtes tous pareils.Tu sais, ça fait quatre ans que je suis ici et je ne sais même pas où est le bureau du DG ».Je venais d\u2019être sensibilisé.L\u2019organisme avait perdu son chemin, son itinéraire.Comme nos participants, nous étions un peu poqués, notre estime de soi avait perdu un peu de lustre.Nous étions en rechute et il fallait sortir L\u2019Itinéraire de l\u2019itinérance.Regarnir notre coffre à outils, se refaire une santé, renouer avec nos partenaires, nos amis, nos collaborateurs, se remettre en forme.Tel un haltérophile, au bras droit, une équipe dévouée, au bras gauche, des bénévoles passionnés.On se replace.On lève la barre.On regarde devant, c\u2019est le moment, on pousse tous ensemble dans une direction, en avant.Pas toujours facile, parfois un peu chambranlant, c\u2019est la vie, mais à force de pousser, sous les encouragements, on arrive tranquillement à atteindre notre objectif, petit ou grand.L\u2019important c\u2019est de retrouver son chemin, son itinéraire.Nous avons tous le droit de recevoir cette opportunité de regarnir son coffre à outils pour continuer de profiter de ce qui est le plus précieux : vivre.Bienvenue à L\u2019Itinéraire.Un endroit où l\u2019on retrouve un soutien social fort, un lieu où le camelot est au centre, au cœur même de l\u2019organisme.C\u2019est un milieu de vie où l\u2019on reconnaît la participation et la contribution de tous.Où l\u2019on valorise l\u2019autonomie, où l\u2019on encourage la prise de décision, où l\u2019on donne un sens au travail, qui rend nos camelots fiers et augmente leur estime de soi parfois écorchée par des expériences de vie difficiles.Vous allez le découvrir dans les prochaines pages : la résilience de nos camelots est à la fois inspirante, touchante et incroyablement stimulante.En passant par son écriture ou par son implication au sein du conseil d\u2019administration, le camelot ne fait pas juste vendre sur le coin de la rue, il travaille, il s\u2019implique, il participe à la démocratie de son avenir.Il repousse l\u2019image de la personne marginalisée ; il s\u2019invite, à son rythme, au marché traditionnel du travail ; il participe et contribue à la société.Parler de L\u2019Itinéraire, de nos différents projets et surtout de nos camelots : c\u2019est avant tout écouter, partager, soutenir, encourager des personnes qui en arrachent un peu, beaucoup, énormément.S\u2019il y a une chose qui ne fait aucun doute, qui n\u2019est pas très « sexy », c\u2019est en abordant des sujets de société comme l\u2019itinérance, l\u2019injustice, la précarité sociale.Nous ne sommes pas les seuls, cependant, nous offrons aux sans voix une occasion unique de s\u2019exprimer et d\u2019être entendus.L\u2019Itinéraire est un modèle d\u2019innovation sociale au Québec.Ami-e-s lectrices, lecteurs vous avez entre vos mains une édition spéciale du magazine de rue qui a été tricotée serrée par une famille de 17 employés et qui permettra à 200 hommes et femmes de réaliser et de poursuivre leur quête.\u2014 « Monsieur Luc, j\u2019aimerais vous partager une idée, je viens vous voir dans votre bureau.» \u2014 « Pas de trouble, la porte est ouverte.» La justice, l\u2019équité, le respect, la fierté, les bonnes relations, le dépassement de soi, la reconnaissance, l\u2019autonomie, ça ne coûte pas grand-chose.Mais ça rapporte gros.En passant, si vous lisez ce texte avant le 29 septembre 2019, vous pouvez venir admirer la porte de mon bureau qui est exposée au World Press Photo dans le local ouest de l\u2019espace mezzanine du marché Bonsecours.Merci vous tous, collaborateurs, amis, artisans, publicitaires, qui avez rendu possible la création de cette édition.Bonne lecture et continuez à nous soutenir pour que l\u2019organisme poursuive avec énergie cette aventure encore longtemps.Depuis quelques années, pas une semaine ne passe sans qu\u2019une nouvelle nous rappelle la fragilité des médias dans le monde.Imaginez un média qui sort de la marge, comme le nôtre, unique dans son approche, dans son style, dans sa mission.Nous aussi, Facebook et Google nous affectent.Notre situation est préoccupante et urgente tout comme celle de l\u2019ensemble des médias écrits.Notre modèle d\u2019affaires est unique, différent.Le temps est venu d\u2019investir collectivement un peu d\u2019énergie et de capitaux et d\u2019avoir l\u2019écoute des gouvernements.Luc Desjardins La porte ouverte Directeur général et éditeur Un soutien de 35 000 $ En mars dernier, la ministre déléguée aux Transports et responsable la Métropole, Mme Chantal Rouleau, s\u2019est jointe à la ministre de la Culture et des Communications, responsable de la langue française, Mme Nathalie Roy, pour souligner les 25 ans du magazine L\u2019Itinéraire avec une aide totalisant 25 000 $.En juillet, le ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, M.Jean Boulet, est venu remettre une contribution additionnelle de 10 000 $ au directeur général et éditeur de L\u2019Itinéraire, M.Luc Desjardins.P h o t o E m i l i e N a d e a u P h o t o A l e x a n d r e D u g u a y Que de chemin parcouru depuis 25 ans ! Dire que le petit groupe d\u2019itinérants rassemblés par un stagiaire en travail social autour d\u2019un projet d\u2019écriture est devenu le magazine que vous tenez entre vos mains \u2026 On le doit à l\u2019acharnement, la passion et l\u2019amour d\u2019autrui de nos prédécesseurs.On ne peut que leur lever notre chapeau ! J\u2019imagine mal toutes les joies et les misères, tout le travail qu\u2019il a fallu pour mettre ce bébé au monde.En 1994, on passe de quelques feuilles photocopiées et agrafées, publiées sporadiquement, à la publication d\u2019un journal de rue mensuel.Le premier numéro, celui de mai-juin 1994, imprimé sur un papier bon marché a comme devise « Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête ».Son contenu est axé principalement sur les paroles des personnes de la rue, des laissés-pour-compte, des marginaux.C\u2019est une publication comme on n\u2019en n\u2019avait jamais vue auparavant à Montréal.L\u2019Itinéraire est né et ce ne sera pas long avant qu\u2019il ne soit reconnu et adopté par le grand public.Au fil des ans, la facture du magazine, devenu bimensuel en 2006, s\u2019améliore.On y retrouve davantage d\u2019articles bien fouillés, rédigés par des journalistes professionnels qui concernent le plus souvent les enjeux sociaux en lien avec l\u2019itinérance, la pauvreté, l\u2019exclusion sociale.Toujours en toile de fond, les camelots s\u2019expriment sur leur vécu, écrivent de la poésie, et certains, parfois, réalisent des entrevues.Cependant, on constate que l\u2019équilibre entre offrir du contenu intéressant qui plaira au grand public et respecter la mission même de L\u2019Itinéraire, soit de donner la parole aux sans-voix est souvent très fragile.Bien que les articles de fond écrits par des camelots trouvent leur place dans la revue, cette pratique n\u2019est pas constante.L\u2019Itinéraire, comme n\u2019importe quel nouveau média se cherche.À une certaine époque le magazine mise davantage sur des interviews avec des vedettes, écrits par des journalistes, au détriment des camelots qui passent au second rang.Au cours de son existence, l\u2019organisme L\u2019Itinéraire a connu son lot de crises, de douleurs de croissance, un peu à l\u2019image d\u2019un adolescent rebelle.Roulement de personnel, frictions entre camelots et employés, ambiguïtés sur le rôle des camelots au sein du magazine, L\u2019Itinéraire, qui était maintenant âgé dans la vingtaine vivait une période trouble.Au cœur du magazine Lorsque je suis arrivée à L\u2019Itinéraire, il y a près de cinq ans, le mot d\u2019ordre était de remettre le camelot au cœur du magazine.Et c\u2019est précisément ce que nous avons fait.En 2015, seulement 14 % du contenu du magazine était rédigé par des camelots.Aujourd\u2019hui, cette proportion dépasse les 45 % et peut parfois friser les 60 % ! Mais pour y arriver, il a fallu réaménager l\u2019équipe de rédaction en mettant l\u2019accent sur l\u2019accompagnement et la formation des camelots.Il a fallu tisser des liens encore plus serrés avec eux et établir un climat de confiance.Cela n\u2019a pas toujours été évident, mais ça s\u2019est fait dans le respect.En fixant des balises, en établissant des façons de faire et en inculquant les règles de l\u2019art du journalisme, les camelots ont su prendre la place qui leur revenait à la rédaction du magazine.Aux journalistes professionnels qui accompagnent nos camelots quotidiennement, d\u2019autres, venus de l\u2019extérieur ont accepté avec enthousiasme de donner de leur temps et leurs talents à nos camelots-rédacteurs.Et depuis cinq ans, plusieurs de nos camelots ont pu peaufiner leurs compétences en faisant un stage annuel à La Presse.Ce merveilleux partenariat avec le quotidien de la rue Saint-Jacques a permis de concrétiser davantage le sérieux de l\u2019engagement de nos participants à la rédaction.Au cours des cinq dernières années, j\u2019ai eu le privilège de voir progresser de nombreux participants à la rédaction.Environ 70 de nos 200 camelots actifs écrivent dans le magazine, et la plupart, de façon régulière.Parmi ceux-ci, bon nombre sont passés du simple mot de camelot à des reportages en bonne et due forme.Ils ont mené des entrevues avec des acteurs importants de la société sur des sujets tout aussi importants.De plus, ils écrivent des chroniques où ils exposent leurs idées, tout en s\u2019assurant de la véracité et du bien-fondé de leurs opinions.Ce faisant, ils se sont informés, ont appris et se sont exprimés sur des enjeux de société qui nous concernent tous et toutes.Ce faisant, ils ont gagné une estime de soi, une satisfaction du travail bien fait et une fierté à montrer à leurs clients ce qu\u2019ils ont accompli.Ce faisant, ils ont pris leur place au cœur de L\u2019Itinéraire.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef L\u2019Itinéraire devient adulte 36 33 Jean-Claude Nault 33 Jacques Élyzé 33 Gilles Bélanger 65 Jean Boisvert 65 Saïd Farkouh 65 Maxime Valcourt 87 Benoit Chartier 87 Nicole Giard 87 Suzanne Leblanc 74 Mots de camelots 28 Yvon Massicotte 46 Mathieu Thériault 56 Jo Redwitch 72 France Lapointe 84 Jean-Paul Lebel Où étais-tu il y a 25 ans ?16 camelots ont participé à cette édition 88 30  Mot de l'INSP Maree Aldam 35  Comptes à rendre Les nombres ronds Ianik Marcil 36 ?Mission Dans les coulisses de L\u2019Itinéraire Alexandra Guellil 49 ?Tranches de vie De la cuisine à la photographie Mario Alberto Reyes Zamora 51 ?Le Café de la Maison ronde D\u2019une nation à l\u2019autre Jason Paré 59 ?L\u2019Itinéraire en expansion Au-delà des frontières montréalaises Josée Panet-Raymond 67 ?Livre Sentinelles II paraîtra à l\u2019automne Laurent Soumis 69 ?Marraine de la rédaction Les lire et les aimer Monique Proulx 74 ?Reportage Portrait de l\u2019itinérance à Montréal Martine Lanctôt 88 ?Le succès à L\u2019Itinéraire Une question humaine avant tout  Alexandra Guellil 94 ?Jeux Spécial 25e anniversaire 1er septembre 2019 Volume XXVI, no 17 Le magazine L\u2019Itinéraire fête son quart de siècle   Au croisement des rues Sainte-Catherine et De Lorimier, les bureaux du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire et son café solidaire font partie du décor montréalais.Dans la métropole, un organisme qui donne aux plus démunis une voix et des outils pour se tenir debout, c\u2019est presque devenu normal.Le magazine L\u2019Itinéraire, qui fête cette année son 25e anniversaire, est le moteur de l\u2019organisme.Aujourd\u2019hui vendu dans les rues de Montréal, Laval, Longueuil, Saint-Jérôme, Granby et Sutton, le bimensuel s\u2019écoule à 24 000 copies par mois.Né d\u2019un pari fou, L\u2019Itinéraire a su s\u2019imposer, en 25 ans, comme un messager portant la voix des personnes marginalisées.Alors, comment L\u2019Itinéraire est-il devenu L\u2019Itinéraire ?Histoire Camille Teste 15 Un quart de s iècle à faire une réel le différence dans la vie des gens, ça mérite d\u2019être célébré avec notre toute nouvelle gamme de café Les Remarquables.LEVONS NOTRE TASSE AUX 25 ANS DE L\u2019 ITINÉRAIRE ?! 25 ANS D E B O N N E S N O U V E L L E S , C \u2019 E S T R E M A R Q UA B L E .C A F E B R O S S A R D .C O M LES REMARQUABLES 7 M É L A N G E S D E C A F É A U G O Û T R É I N V E N T É Un quart de s iècle à faire une réel le différence dans la vie des gens, ça mérite d\u2019être célébré avec notre toute nouvelle gamme de café Les Remarquables.LEVONS NOTRE TASSE AUX 25 ANS DE L\u2019 ITINÉRAIRE ?! 25 ANS D E B O N N E S N O U V E L L E S , C \u2019 E S T R E M A R Q UA B L E .C A F E B R O S S A R D .C O M LES REMARQUABLES 7 M É L A N G E S D E C A F É A U G O Û T R É I N V E N T É Saas Ig ie ££ PE $- Pa % ea 4 Ji FEilikRAIH > ih ur yO { iL.À = ¥ - = IN 15 rd x 0 B15] 1 % 14 2 gs DS oe I men Jeeves od har 0, ali re nary i, ÆS i + [277] Hr N ë Rup; RESO] LLY hd y0 » af, a $ au ç ÉTINERAIRE nr ER \\ 1 J & = ] IT IR po QI FAN JA = : a DR a 41 a er vw = a3 a: Le > i it] % \u20ac à 53 + Yl Se nt ane RY Ly rh nit WS Ps id = Au croisement des rues Sainte-Catherine et De Lorimier, les bureaux du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire et son café solidaire font partie du décor montréalais.Dans la métropole, un organisme qui donne aux plus démunis une voix et des outils pour se tenir debout, c\u2019est presque devenu normal.Précurseur dans bien des domaines, le groupe propose depuis longtemps tout un éventail d\u2019outils de réinsertion sociale.Entre autres choses, il donne accès à des repas, accompagne de façon personnalisée des hommes et des femmes dans leurs déplacements, dans leur recherche de logement ou d\u2019emploi, et garantit à chacun le respect et la tolérance qu\u2019il faut pour retrouver un équilibre.Le magazine L\u2019Itinéraire, qui fête cette année son 25e anniversaire, est le moteur de l\u2019organisme.Aujourd\u2019hui vendu dans les rues de Montréal, Laval, Longueuil, Saint-Jérôme, Granby et Sutton, le bimensuel s\u2019écoule à 24 000 copies par mois.Né d\u2019un pari fou, L\u2019Itinéraire a su s\u2019imposer, en 25 ans, comme un messager portant la voix des personnes marginalisées.Alors, comment L\u2019Itinéraire est-il devenu L\u2019Itinéraire ?Le père de L\u2019itinéraire À l\u2019origine de ce qui deviendra le magazine de rue le plus lu au Canada se trouve un homme : François Thivierge.Quoique formé en arts visuels, il est, dans les années 1980, travailleur de rue.Jeune homme engagé, il collabore à cette époque avec le centre d\u2019accueil Préfontaine, qui deviendra plus tard le centre Dollard-Cormier.Passionné, il profite des rencontres qu\u2019il fait avec les personnes marginalisées qu\u2019il accompagne pour mieux comprendre leurs besoins.Peu à peu, il se convainc que ce public fragile va le rester si on ne trouve pas des moyens de lui redonner du pouvoir.« Notre objectif, rédigera-t-il en 1994, était de sensibiliser les personnes itinérantes à leurs droits, de les encourager à les promouvoir et à les défendre.» Cette logique d\u2019empowerment, aujourd\u2019hui largement plébiscitée, est alors relativement nouvelle.Le magazine L\u2019Itinéraire fête son quart de siècle par Camille Teste Journaliste à L\u2019Itinéraire 2018-2019 L\u2019ITINÉRAIRE GOPESA PAQUETTE Toujours selon cette logique, on décide de faire de ce microcosme un projet indépendant : le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire (d\u2019abord appelé Logital).« Comme l\u2019objectif était d\u2019augmenter la capacité d\u2019agir des personnes itinérantes, la recherche d\u2019autonomie du groupe allait de soi, explicite François Thivierge.Lors de l\u2019assemblée de fondation de l\u2019organisme, ce sont d\u2019ailleurs presque toutes des personnes itinérantes qui élisent le conseil d\u2019administration, lui aussi constitué en grande majorité de sans-abri.» Au centre, tout n\u2019est pas simple pour autant.Confrontées à une extrême précarité, les personnes qui fréquentent le local ont des problèmes de santé mentale ou de consommation, elles doivent régulièrement faire face à des enjeux judiciaires ou de logement.Et puis, du fait de leur condition, elles n\u2019ont pas l\u2019habitude de fonctionner en groupe, favorisant des stratégies de survie individuelles et de court terme.Pourtant, après quelques années, une identité collective émerge.Sans trop s\u2019en rendre compte, les participants ont su créer un terreau fertile à ce qui deviendra l\u2019un des projets sociaux les plus innovants du Québec.Par les itinérants, pour les itinérants Peu à peu, François Thivierge et son équipe, formée par Pierrette Desrosiers, Denise English et Michèle Wilson, mettent sur pied des projets qui visent à favoriser l\u2019autonomie et l\u2019entraide au sein de la communauté itinérante de Montréal.En 1990, M.Thivierge se débrouille ainsi pour que le Centre d\u2019accueil Préfontaine permette à ces gens d\u2019accéder à un local, situé dans le Centre-Sud de Montréal.Il voit ce projet comme une façon de combattre l\u2019isolement.Il s\u2019agit aussi de leur laisser gérer l\u2019endroit le plus possible, de façon à développer leur sens des responsabilités et, autant que possible, de créer un sentiment d\u2019appartenance.Avec le temps, on commence à y organiser des soupers collectifs, un café-rencontre, des réunions de groupe animées conjointement par les intervenants et les personnes itinérantes, bref, diverses activités ayant vocation à favoriser la rencontre et le débat. Un journal En 1991, les choses s\u2019accélèrent.Alors étudiant au baccalauréat en travail social de l\u2019UQAM, François Thivierge doit effectuer un stage dans le cadre de sa formation.Il en profite pour monter un nouveau projet atypique avec le Groupe L\u2019Itinéraire, à savoir une publication qui serait elle aussi gérée par des personnes itinérantes.Au début, l\u2019objectif est tout simple : « Faire un journal, c\u2019était d\u2019abord une manière de doter l\u2019organisme d\u2019un outil de communication », explique- t-il.Très vite, on prend aussi conscience du potentiel d\u2019impact d\u2019un tel dispositif : avec un vrai journal, les personnes confrontées à une très grande précarité, trop souvent isolées, négligées et réduites au silence, pourraient, par ce biais, participer à la vie démocratique.Fils du journaliste Marcel Thivierge, décédé quelques années plus tôt, François Thivierge connaît bien le potentiel des médias.« C\u2019est sans doute ce que mon père m\u2019a légué sans même le savoir », raconte-t-il à L\u2019Itinéraire, un quart de siècle plus tard.Porter leur voix, gagner leur pain La première publication sort au printemps 1992.On en tire 500 exemplaires.Comme les trois prochaines, qui sortiront entre 1992 et 1993, ce premier opus est distribué gratuitement aux maisons de chambre, aux organismes tournés vers l\u2019itinérance, à plusieurs instances gouvernementales et politiques, bref, aux acteurs du milieu.Mais l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire veut aller plus loin.Si le journal a la vocation de devenir un porte-voix, il peut aussi, s\u2019il est vendu, constituer une alternative à la mendicité.Après tout, vendre un journal dans la rue ne bouleverserait pas trop les habitudes de vie des personnes, tout en permettant d\u2019éviter de quêter.Mais le public est-il disposé à suivre ?Pour le savoir, il faut faire le test.En juin 1993, pour la première fois, une édition spéciale de L\u2019Itinéraire est vendue dans les rues de Montréal, et ce, grâce au journal La Presse, qui imprime gratuitement plusieurs milliers d\u2019exemplaires.En quelques jours, une quinzaine de camelots parviennent à en distribuer 3000, le temps d\u2019une véritable aventure.« Nous avions loué trois camionnettes, ce qui nous permettait d\u2019aller reconduire les camelots sur les différents sites le matin et d\u2019aller les chercher le soir pour les ramener au local, se souvient François Thivierge.Le midi, nous allions chercher les camelots pour un dîner au restaurant.» Indéniablement, l\u2019expérience est un succès.Mais comment financer L\u2019Itinéraire sur le long terme ?Quel bailleur de fonds croira à un journal produit et commercialisé par des personnes itinérantes ou proches de la rue ?Qui donnera à un tel projet plutôt qu\u2019à des services d\u2019aide immédiate aux nécessiteux ?19 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 ITINÉRAIRE Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans sa êète Font gel tout liver S Qu\u2019ont-ils ges sans-abri, à chanter tout l\u2019été?Échanges cottectifs Battements de coeur dans les pares Page 8 Entrevue, _- Quand le mendiant _ interroge la police Un coup de poker Au départ, pas grand monde.L\u2019équipe de François Thivierge est tenace, mais les mois passent.Près d\u2019un an plus tard, c\u2019est une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux qui permet de lancer la machine.Le risque est énorme : la somme promise n\u2019est pas vraiment destinée à ce projet, et tout l\u2019argent du premier versement est rapidement dépensé, notamment pour l\u2019impression des 5000 copies du nouveau numéro.Cet argent permet aussi d\u2019embaucher deux professionnels, Linda Boutin et Serge Lareault, qui encadreront les participants.En mai 1994, L\u2019Itinéraire reprend le chemin de la rue.Vendu 1 $, il rapporte 0,50 $ au camelot, constituant, pour les meilleurs vendeurs, un intéressant complément de revenu.Rencontre avec les Montréalais La rencontre avec le public ne se fait pas sans heurt.« Ce n\u2019était pas facile, dans les premiers temps, relate Michel Desjardins, camelot de la première heure.Les gens ne voyaient pas les itinérants comme on les voit aujourd\u2019hui.Ils sont plus sensibilisés et bien du monde a quelqu\u2019un dans sa famille qui s\u2019est retrouvé dans la rue.Mais à l\u2019époque, il y avait plus de préjugés.En 1994, je me faisais souvent lancer \u201cva donc travailler !\u201d Je leur répondais : \u201cInquiétez-vous pas, ce n\u2019est pas le Réveillez-vous des Témoins de Jéhovah.Je n\u2019irai pas cogner chez vous !\u201d Ça les faisait rire et ça détendait l\u2019atmosphère.» À force d\u2019être persévérant et constant sur son spot de vente habituel, Michel s\u2019est bâti une clientèle et s\u2019est même fait de nouveaux amis.« Ça a pris du temps, mais les gens ont appris à me connaître.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai des clients qui se confient à moi.J\u2019en ai même eu qui m\u2019ont demandé de les aider à retrouver leur enfant qui avait fugué.» De son côté, François Thivierge raconte que ses qualités de diplomate ont été mises à l\u2019épreuve.« Au départ, j\u2019ai dû gérer au quotidien des interactions difficiles entre la police, la population et les itinérants, relate-t-il.Je devais souvent aller à la rencontre des uns et des autres pour calmer les choses.Et puis, à un moment donné, la chimie a pogné.» Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes.De mai à décembre 1994, le tirage de la publication, qui sera bimestrielle jusqu\u2019en 1995, passe de 5000 à 25 000 par numéro.Bon an, mal an, le public est au rendez-vous et les camelots aussi.À la fin du mois de décembre 1994, l\u2019équipe de vendeurs est composée de 20 camelots.Ils seront rejoints, dans les années suivantes par des centaines d\u2019autres.En 1994, François Thivierge, alors âgé de 38 ans, reçoit le prix d\u2019excellence de l\u2019Université Laval.On salue son travail.Dans un article de la camelot Carmen Langlois, publié la même année dans L\u2019Itinéraire, on lit ces mots touchants : « Il a aimé les désespérés assez pour leur prouver qu\u2019 ils avaient des forces et pouvaient les utiliser de manière à se donner une vie meilleure.» Le mouvement des journaux de rue C\u2019est aussi en 1994 que voit le jour, l\u2019INSP (International Network of Street Papers), dont le siège social est en Écosse.Le réseau de journaux de rue qui regroupe surtout les publications européennes collabore avec NASNA, son homologue nord-américain.Depuis 1998, L\u2019Itinéraire était membre de NASNA, mais migre progressivement vers l\u2019INSP, et en devient membre à part entière en 2000.Dès lors, le magazine s\u2019inscrit dans un mouvement mondial qui dépasse de loin les frontières du Québec.Le réseau nord-américain cessera d\u2019exister en 2013.21 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 FRANÇOIS THIVIERGE, 2016 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PREMIER CAFÉ DE L\u2019ITINÉRAIRE, 1993 J.JOHNSTON À New York par exemple, un journal destiné à aider les personnes itinérantes est né en 1989.Mais aux États-Unis, ces publications se vendent mal, tant la qualité laisse à désirer.En Europe en revanche, les journaux de rue connaissent un meilleur succès, car leur contenu est réalisé par des professionnels.Les personnes itinérantes, elles, sont plutôt cantonnées à la vente.Or L\u2019Itinéraire ne l\u2019entend pas de cette oreille.Empowerment oblige, les camelots doivent aussi pouvoir participer à la gestion du journal et, s\u2019ils le désirent, écrire dedans.Mais est-il seulement possible de produire une publication de qualité dans laquelle les camelots écriraient presque comme des pros ?En 1993, John Bird, fondateur du magazine de rue britannique The Big Issue, est en visite à Montréal pour rencontrer l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire.Il émet de sérieux doutes sur la question : un magazine créé par des personnes ayant connu d\u2019importants défis dans leur vie, il y a peu de chance, selon lui, que cela perdure.Apprentis journalistes Il est vrai que les défis sont grands : après tout, les participants ne sont pas des journalistes et leur condition n\u2019est pas toujours conciliable avec la stabilité que requiert la commercialisation d\u2019un titre de presse.« Il n\u2019a pas été facile de trouver la bonne formule pour créer un plateau de travail qui permette au journal d\u2019être produit régulièrement, d\u2019arriver à temps chez l\u2019 imprimeur tout en étant écrit et produit par des gens en difficulté, toxicomanes et itinérants, raconte Serge Lareault, alors rédacteur en chef, dans le numéro GROUPE DE CAMELOTS, SEPTEMBRE 1996 ARCHIVES L\u2019ITINÉRAIRE FRANÇOIS THIVIERGE, 2016 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA anniversaire de 1999.Il fallait créer des postes de travail avec assez de souplesse pour que nos gens, s\u2019 ils rechutaient ou disparaissaient quelque temps, puissent reprendre leur place sans que la production du journal en souffre.» La difficulté est d\u2019autant plus grande que si certains camelots parviennent à prendre la plume dès leur entrée dans l\u2019organisme, d\u2019autres, timides, méfiants, ou même parfois analphabètes, y sont carrément réfractaires.Très vite, on comprend que pour leur donner une chance, il faut leur offrir un soutien et les former autant que possible à la logique journalistique.Peu à peu, L\u2019Itinéraire devient un journal-école.On établit alors des partenariats avec plusieurs cégeps et universités, qui accueillent ainsi les camelots désireux de se mettre à niveau.L\u2019Itinéraire se procure aussi de quoi offrir à ses participants une formation en informatique.« Nous avions mis une annonce dans le journal pour que des donateurs nous envoient [de] vieux ordinateurs qui serviraient à nos cours », raconte encore Serge Lareault en 1999.Prendre sa place Il ne faut pas longtemps avant que l\u2019impact du projet dépasse toutes les espérances de l\u2019équipe.Au-delà de leurs qualités éditoriales, on constate que c\u2019est aussi l\u2019estime de soi des participants qui grandit.Parfois pour la première fois de leur existence, ceux-ci tirent fierté de leurs progrès et prennent conscience, en partie grâce à l\u2019engouement des Montréalais pour ce drôle de journal, que leur voix compte.D\u2019ailleurs, assez vite, les camelots-rédacteurs ont l\u2019occasion d\u2019intervenir sur des sujets qui dépassent de loin la question de l\u2019itiné- rance.On écrit sur le sida, grand enjeu de cette fin de siècle, on parle des maladies mentales, de la prostitution, de la drogue et du vieillissement.Peu à peu, on prend aussi le pari d\u2019inclure des dossiers culturels.En 1995, la camelot Marie-Céline Arsenault signe une première entrevue culturelle et rencontre l\u2019auteur-compositeur-interprète Raymond Lévesque.Avec le temps, L\u2019Itinéraire, qui deviendra mensuel, puis bimensuel, ira ainsi à la rencontre de nombreuses personnalités du monde de la culture, mais aussi de la politique.Le magazine intervient sur tous les sujets, et se crée, au Québec, une image de précurseur en économie sociale.Son travail, largement relayé par des médias comme La Presse ou Radio-Canada qui se passionnent pour le projet, est salué par la critique.En 1997 et 1998, l\u2019Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) fait ainsi de L\u2019Itinéraire le média communautaire de l\u2019année.Dans le cadre d\u2019une exposition sur le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme de 1998, le Musée de la civilisation du Québec reconnaît quant à lui le journal comme l\u2019un des projets ayant le plus contribué à la promotion des droits humains au Québec. Le temps de la maturité Avec le temps, L\u2019Itinéraire tisse des liens, s\u2019insère dans le secteur communautaire et acquiert une solide légitimité.Mais tout n\u2019est pas rose pour autant.Comme n\u2019importe quel organisme, L\u2019itinéraire est régulièrement contraint d\u2019affronter des crises.Changements de direction, guerres intestines, fluctuation des aides reçues par les bailleurs de fonds, fragilité du secteur de la presse : les équipes doivent faire face à des hauts et des bas qui, parfois, menacent jusqu\u2019à son existence.Le fait que les camelots soient impliqués dans la prise de décisions, complexifie encore la chose.« À L\u2019Itinéraire, il faut bien comprendre que nous travaillons avec des participants qui, d\u2019une certaine manière, sont aussi aux manettes, rappelle Luc Desjardins, actuel directeur général de l\u2019organisme.C\u2019est une bonne chose, car nous souhaitons rester fidèles à cette idée d\u2019empowerment, mais forcément ça vient avec son lot de défis.» C\u2019est d\u2019ailleurs après une crise que M.Desjardins se joint à l\u2019organisme en 2016.À l\u2019époque, des difficultés financières et humaines fragilisent le groupe.Luc Desjardins, qui a dirigé plusieurs organismes à vocation philanthropiques, est aussi un connaisseur des milieux syndicaux.En acceptant le poste, il sait que la tâche qui l\u2019attend sera rude, car en plus des quelques difficultés internes, la conjoncture n\u2019est pas au beau fixe.Les camelots au centre De fait, le magazine L\u2019Itinéraire est en danger : la crise de la presse fragilise tout le secteur.Pour la pallier, les équipes se démènent.En 2015, on embauche une nouvelle rédactrice en chef, Josée Panet- Raymond, journaliste et coordonnatrice de rédaction de longue date.Celle-ci a pour mission de remettre les camelots au centre du magazine.Les épreuves traversées par le magazine et la pression subie par le monde de la presse ont en effet poussé ses prédécesseurs à favoriser l\u2019efficacité au détriment de l\u2019empowerment.Peu à 1996 Prix du journalisme de l\u2019Association canadienne des périodiques catholiques.AMECQ (Association des médias écrits communautaires du Québec) « Meilleure photographie » et « Meilleure conception graphique ».1997 AMECQ « Meilleure entrevue », « Meilleur texte d\u2019opinion » et « Journal de l\u2019année ».1999 L\u2019un des organismes ayant le plus contribué à la promotion des droits de la personne, mentionné dans l\u2019exposition canadienne sur le cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme.Meilleur journal de rue selon la North American Street Newspaper Association (NASNA).2001 Prix spécial de l\u2019Office de la langue française pour la qualité du français et l\u2019expression des personnes vulnérables.2004 Premier prix d\u2019excellence du Réseau de la santé et des services sociaux pour l\u2019aide aux personnes vulnérables.2007 Prix d\u2019Excellence de la Fondation Desjardins pour l\u2019aide humanitaire aux itinérants.2011 Prix de l\u2019entreprise d\u2019économie sociale de l\u2019année remis par la Ville de Montréal.Reconnaissance des partenaires de l\u2019International Network of Street Papers (INSP) (Gouvernement d\u2019Écosse, Mairie de Glasgow, Agence Thompson Reuters, Fondation Open Society) pour avoir été l\u2019un des agents ayant le plus contribué au développement du concept des journaux de rue.2015 à 2018 Prix de l\u2019AMECQ décernés dans plusieurs catégories.2019 INSP Awards « Meilleure page couverture » édition 1er décembre 2018 \u2013 S\u2019aimer en 2018, conçue par Milton Fernandes.quelques prix gagnés par L\u2019Itinéraire DESIGN THINKING JAM 2018 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA LUC DESJARDINS, INSP AWARD 2019, HANOVRE, ALLEMAGNE L\u2019ITINÉRAIRE peu, ce sont des journalistes professionnels qui ont repris la main, cantonnant les participants à des publications très secondaires.« C\u2019est symbolique, mais quand je suis arrivée, il y avait une porte entre la rédaction et « l\u2019aquarium », qui est la salle informatique que nous mettons à disposition des camelots pour qu\u2019 ils produisent leurs textes.Cette porte a été enlevée depuis », se souvient-elle.Pour redonner aux camelots une place au cœur de la machine, on embauche une seconde personne chargée d\u2019accompagner les participants.On renforce également le lien avec les bénévoles dévoués qui accompagnent chaque semaine les participants dans l\u2019écriture.Et puis, on renoue avec cette idée de journal-école, en créant des opportunités de formation.C\u2019est ainsi que naît, en 2015, un partenariat avec le journal La Presse, qui permet à plusieurs camelots d\u2019effectuer chaque année un stage d\u2019une semaine dans les murs du quotidien.Autant que faire se peut, on s\u2019assure aussi que les camelots trouvent un format d\u2019écriture qui leur convient.Ainsi, les débutants peuvent commencer en récoltant, sur internet, quelques citations sur un sujet donné.Quant aux plus aguerris, ils sont encouragés à écrire des chroniques libres ou se chargent carrément d\u2019assignations plus complexes telles que des reportages de fond ou des entrevues.« Ce qui me rend le plus fière, réagit sur le sujet Josée Panet-Raymond, c\u2019est de voir à quel point certains camelots ont progressé, passant d\u2019assignations toutes simples à des formats réellement journalistiques.» Vers le futur La mutation du magazine ne s\u2019arrête pas là.Plus que jamais, il faut, pour survivre dans le secteur, proposer une esthétique contemporaine et des contenus qui se démarquent.On embauche le graphiste Milton Fernandes, chargé de moderniser et d\u2019épurer sa facture.Pour ne pas heurter le lecteur, il faut le faire en douceur.Cela prendra plus de deux ans.Par ailleurs, on met sur pied un comité éditorial, composé de professionnels bénévoles, de camelots et de la rédactrice en chef.Son mandat est d\u2019examiner le contenu et l\u2019apparence du magazine, d\u2019émettre des conseils et de s\u2019assurer du respect de la ligne éditoriale de L\u2019Itinéraire.Un autre défi, et pas des moindres, attend l\u2019équipe.Si sa mission est de publier un contenu attrayant, encore faut-il que les camelots parviennent à le vendre.Or, la dématérialisation croissante de la monnaie ne leur rend pas la tâche facile.Dans la rue, de plus en plus de clients n\u2019ont jamais de monnaie et regrettent de ne pas pouvoir payer leur magazine par carte bancaire.On s\u2019associe alors à l\u2019équipe de Talsom, conseillère en transformation digitale, pour trouver une solution numérique au problème.C\u2019est ainsi qu\u2019à la fin de l\u2019été 2018 un « Design Thinking Jam » est organisé à l\u2019Espace Faubourg Québec de Montréal.L\u2019événement regroupait 200 volontaires venus mettre en commun leurs idées pour aider L\u2019Itinéraire à avancer sur ce point.Quelques mois plus tard, L\u2019Itinéraire et Talsom annoncent le projet de développer une solution permettant aux clients de choisir le type de paiements.25 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL 2018 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Bien plus qu\u2019un magazine Depuis quelques années, de nombreux autres projets ont vu le jour, dont plusieurs très innovants.Parmi eux : des ateliers et une représentation d\u2019impro en partenariat avec le Théâtre de la Ligue Nationale d\u2019Improvistion ; le développement d\u2019un projet de microcrédit destiné aux participants en collaboration avec HEC Montréal ; le Café de la Maison ronde visant à donner du travail à des personnes autochtones ; la présence de camelots au Salon du livre ou encore Vivre L\u2019Itinéraire, un projet documentaire sur Instagram avec L\u2019inis.Ainsi, s\u2019il demeure fidèle à ses missions traditionnelles, le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire a fait le choix de s\u2019engager dans la voie du futur, et ce, avec créativité.« C\u2019est important pour nous d\u2019utiliser ce genre d\u2019 initiatives pour faire connaître les autres projets de L\u2019Itinéraire.Car on s\u2019est rendu compte que les gens connaissaient surtout le magazine, élabore Luc Desjardins.Aujourd\u2019hui, grâce à ces projets, nous avons des donateurs qui nous soutiennent pour autres choses que notre publication.» Une façon de se réinventer, donc, pour perdurer dans un paysage communautaire segmenté, concurrentiel, mais encore tellement nécessaire.26 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans À l\u2019occasion du 25e anniversaire de L\u2019Itinéraire, Québecor tient à souligner le travail exceptionnel accompli par l\u2019équipe du magazine.Nous sommes fiers de collaborer avec des gens aussi dévoués et de participer concrètement, depuis plus de 15 ans, à cette mission d\u2019une grande importance pour la communauté, en assurant l\u2019impression du magazine.Au fil des ans, L\u2019Itinéraire a permis d\u2019améliorer la qualité de vie de milliers de personnes.Nous lui souhaitons un autre 25 ans de succès et de belles histoires ! BON 25e ANNIVERSAIRE ! YVON MASSICOTTE, 2009 ISABELLE CLÉMENT Lorsqu\u2019on abat un arbre, on installe des bûches par terre, pour qu\u2019il y ait un espace entre le sol et le tronc.De cette façon, la lame de la scie ne se désaffûte pas au contact du sol.Je suis tombé justement entre ces espaces.On peut dire que ce fût une chance inouïe.Mes dents se sont écrasées sur une bûche devant moi.Mon neveu était en pleurs; il croyait m\u2019avoir tué.Voyant du sang couler de ma bouche, il a craint une hémorragie.L\u2019arbre était tombé sur ma tête en premier ; face contre terre, le sang s\u2019écoulait jusqu\u2019à ma bouche.L\u2019ambulance est arrivée et on m\u2019a conduit à l\u2019hôpital Sacré-Cœur.À mon réveil, ma sœur, son copain et mon neveu étaient là.Des tubes sortaient de mon nez ; il y circulait un liquide rosâtre.Je craignais une hémorragie interne.Mais les trois spécialistes présents m\u2019ont rassuré; je n\u2019avais rien à craindre.Le chef du groupe m\u2019a demandé si j\u2019étais d\u2019accord pour que l\u2019on me pose une plaque d\u2019acier temporaire que l\u2019on enlèverait par la suite.Mon os pelvien, où la tête de mon fémur reposait, était brisé.J\u2019avais le choix : la brisure était bien enlignée et pouvait se ressouder d\u2019elle-même.J\u2019ai décidé de ne pas me faire opérer.Je n\u2019ai pas eu de cicatrice, mais quand même, je suis resté trois mois sans marcher.Il y a 24 ans et quelques mois, mes souvenirs se sont figés à tout jamais.C\u2019était le 19 octobre 1995.J\u2019étais un travailleur autonome.Mon neveu m\u2019a demandé de l\u2019aider à abattre un arbre sur un terrain privé.Il s\u2019agissait d\u2019un travail de professionnel.Occasionnellement, je travaillais avec son père de qui mon neveu a appris le métier d\u2019émondeur.Ce jour-là, j\u2019avais du temps à tuer.Alors j\u2019ai décidé d\u2019aller travailler avec lui.Moi, je ramasserais les branches que lui, perché dans l\u2019arbre, coupait pour le déshabiller.Une fois l\u2019arbre dénudé, il est descendu pour l\u2019abattre.Il a fait l\u2019entaille qu\u2019il faut pour l\u2019envoyer dans la bonne direction.Pendant ce temps, je continuais à ramasser les branches éparpillées ici et là.L\u2019arbre était prêt à tomber.Pensant que j\u2019étais derrière lui, mon neveu a décidé de le faire tomber.Mais j\u2019étais dans l\u2019angle de la chute.L\u2019arbre s\u2019est abattu sur moi, me frappant entre la tête et l\u2019épaule.Je me suis retrouvé sous sur cette masse de quelques tonnes.Durant un court moment de conscience, je me suis extirpé de sous l\u2019arbre, avant de retomber inconscient.La chute d\u2019un arbre a entraîné la mienne Yvon Massicotte CAMELOT MÉTRO UNIVERSITÉ-DE-MONTRÉAL Après ma guérison, j\u2019ai repris le travail avec mon neveu.À mon compte, je n\u2019avais pas d\u2019assurance, je devais travailler pour joindre les deux bouts.J\u2019ai eu des maux de dos et j\u2019ignorais pourquoi.Après deux ans, j\u2019ai décidé de consulter un médecin pour connaître les raisons.On a décelé finalement une hernie discale entre les vertèbres L4 et L5.On m\u2019a dit qu\u2019on ne pouvait malheureusement rien faire.À plusieurs reprises, pendant près de cinq ans j\u2019ai consulté, avec toujours le même résultat.Courbé à 45 degrés, je marchais avec une canne que je mettais de côté lorsque je travaillais à l\u2019émondage.La souffrance a eu raison de moi.J\u2019ai dû abandonner et je n\u2019étais plus capable de subvenir à mes besoins.Lorsqu\u2019on gagne des centaines de dollars par semaine et que l\u2019on se retrouve avec 600 $ par mois, on a beaucoup de difficulté à acquitter ses factures mensuelles.Au bout d\u2019un moment, la serrure de mon appartement a été changée.Je me suis retrouvé à la rue à 48 ans pour la première fois de ma vie.Je me suis promené en autobus pendant trois jours.Sans un sou, j\u2019avais faim, je n\u2019avais plus de cigarettes.Oui, je sais que ce n\u2019est pas bon de fumer, mais quand tu n\u2019en as pas, c\u2019est souffrant.Alors en dernier recours, j\u2019ai appelé ma sœur ainée et je lui ai expliqué ma situation.Elle m\u2019a dit : « Yvon, il existe des refuges où tu peux aller dormir et manger.» Elle m\u2019a fait une liste de refuges; mon ère d\u2019itinérance venait de commencer.Souvent, les gens me disaient : « Tes frères et tes sœurs ne peuvent pas t\u2019aider ?» Je leur expliquais que toute ma famille avait des enfants et que je ne voulais pas être un fardeau pour eux.Ils me savaient très débrouillard ; ils ne craignaient rien pour moi et mon âme d\u2019aventurier.Après m\u2019être habitué à l\u2019itinérance et avoir pris les conseils de sans-abri expérimentés, j\u2019ai réussi à subvenir à mes besoins.Je me levais à 7 h du matin et je me suis bâti un parcours, le long duquel je ramassais environ de 20 $ à 30 $ de canettes chaque matin.Moi avec ma canne, je redevenais autonome.Je pouvais me nourrir, me vêtir et avoir un endroit où dormir.Un jour, alors que je souffrais continuellement de maux de dos, un itinérant de la Maison du Père m\u2019a dit d\u2019aller voir le Dr Paulin.Lorsque je suis arrivé à son bureau, je lui ai expliqué la nature de mon problème.Il a décidé de me donner des médicaments contre la douleur, ce que normalement je refusais de prendre, parce que je redoutais les effets secondaires, probablement à cause de mes allergies à la moutarde et à la graine de lin.Finalement, la douleur a eu raison de mes craintes.Le médecin ne comprenait pas pourquoi personne ne s\u2019était occupé de mon cas et que l\u2019on me répondait à chaque fois que l\u2019on ne pouvait rien faire.Il m\u2019a dit : « Moi, je vais te trouver un médecin qui va t\u2019opérer ».Il m\u2019a dirigé vers l\u2019Hôpital neurologique de Montréal.Là-bas, le médecin m\u2019a prescrit une physiothérapie de deux semaines, mais rien n\u2019améliorait mon cas.Il a décidé alors de me donner un rendez-vous en résonnance magnétique.À la date prescrite, on m\u2019a dit que l\u2019on ne pouvait pas faire fonctionner l\u2019appareil, car l\u2019air climatisé était brisé.On m\u2019a redonné un autre rendez-vous pour le mois suivant.Aujourd\u2019hui encore, je crois que le système de santé n\u2019est pas le même pour tous.Beaucoup de personnes itinérantes ont souffert de ces façons de faire.À mon deuxième rendez-vous, j\u2019ai passé une résonnance magnétique et on a décidé de m\u2019opérer.Il a fallu deux opérations pour enlever complètement cette hernie.Environ un an plus tard, après quatre années passées dans la rue, j\u2019ai décidé de reprendre un logement à 54 ans.À cet âge, il est difficile de retourner sur le marché du travail; les patrons préfèrent engager des jeunes.Je suis autodidacte et je ne possède pas de carte de compétence.Découragé, après de multiples efforts, je suis devenu dépressif.Un ami de la rue m\u2019a parlé de L\u2019Itinéraire : on pouvait acheter un journal de rue au coût de 1 $ et le revendre 2 $.J\u2019ai hésité ; pour moi, vendre un journal 2 $, c\u2019était comme quêter.Un autre ami de la rue m\u2019a dit de venir quêter à Côte-des-Neiges, parce que les gens du coin ont de l\u2019argent.Je me suis dit que je ferais plus d\u2019argent qu\u2019en ramassant des canettes.C\u2019était l\u2019hiver et c\u2019était rendu difficile.J\u2019ai pris mon courage à deux mains; je quêtais le visage couvert d\u2019un foulard de peur d\u2019être reconnu par un ancien client.Finalement un jour, lors d\u2019une journée moins froide et ensoleillée, un ancien client m\u2019a croisé et m\u2019a reconnu.J\u2019aurais voulu être six pieds sous terre.Ce hasard sera finalement le bienvenu, parce que je serais peut-être devenu un mendiant aguerri.J\u2019ai plutôt décidé de vendre L\u2019Itinéraire.Après 12 ans passés à L\u2019Itinéraire, je ne regrette rien.Au cours de ces années, j\u2019ai su développer d\u2019autres talents que je possédais et que je n\u2019exploitais pas.L\u2019écriture, l\u2019administration, la formation de camelots, les conférences, les apparitions à la télé, à la radio, et surtout les liens que j\u2019ai tissés avec mes clients.Voilà où j\u2019étais il y a de cela près de 25 ans.L\u2019Itinéraire a donné un sens à ma vie.29 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 ESPACE SCIENCES Mot de l\u2019INSP Depuis 25 ans, l\u2019INSP appuie le mouvement des journaux de rue afin de permettre, chaque année, à des dizaines de milliers de camelots de gagner un revenu et d\u2019améliorer leur vie.Au cours de ce quart de siècle, nous avons observé des changements sur le plan social et économique qui ont certes posé leur lot de défis envers nos journaux de rue, mais ont rendu leur travail d\u2019aider des personnes parmi les plus marginalisées encore plus important et plus pertinent que jamais.Il n\u2019y a pas de date officielle pour marquer l\u2019anniversaire de l\u2019INSP, donc, les célébrations ont lieu durant toute l\u2019année.Lors du Sommet mondial des journaux de rue qui a eu lieu à Hanovre cette année, nous avons invité Mel Young, cofondateur de l\u2019INSP, à discuter avec Fay Selvan, notre présidente actuelle, de l\u2019état du mouvement des journaux de rue.C\u2019était une occasion d\u2019y réfléchir collectivement avec la cinquantaine de délégués des journaux de rue présents, mais aussi de se tourner vers l\u2019avenir.Cet événement annuel est toujours le point culminant de notre calendrier, mais en cette année d\u2019anniversaire il revêt un caractère d\u2019autant plus spécial.Ces dernières années, la récession mondiale et les changements politiques et économiques ont eu un impact important sur la pauvreté urbaine et l\u2019itinérance.Les problèmes de migration économique, de chômage et les pénuries de logements ont accru la nécessité d\u2019envisager des solutions novatrices telles que les journaux de rue.Par ailleurs, les partis d\u2019extrême droite ont gagné du terrain dans plusieurs pays, créant des divisions au sein de la société, favorisant la stigmatisation et la discrimination, voire la criminalisation de la pauvreté et de l\u2019itinérance.Journaux de rue indépendants La pluralité des médias, la diversité et la liberté de presse sont de plus en plus importantes.Pourtant bon nombre de médias font la promotion de stéréotypes négatifs et de fake news.Les journaux de rue, en tant que médias indépendants, proposent une plateforme unique, offrent des points de vue alternatifs et donnent une voix à ceux qui n\u2019en ont pas, tout en informant sur des enjeux de justice sociale.L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo par Maree Aldam Directrice générale de l\u2019INSP La consommation d\u2019information à l\u2019ère du numérique et la diminution des paiements en argent comptant constituent aussi un défi pour les journaux de rue.Mais avec notre appui, ces organisations parviennent à évoluer et à innover.Tout au long de notre 25e anniversaire et dans les années à venir, nous soutiendrons nos journaux de rue afin qu\u2019ils demeurent pertinents dans un monde en changement.Nous continuerons de leur offrir du contenu éditorial, du soutien dans leur développement d\u2019affaires ainsi que de la formation.Nous accentuerons l\u2019appui de notre réseau pour qu\u2019il collabore à l\u2019échelle locale, régionale et internationale et qu\u2019il puisse explorer plusieurs façons d\u2019accroître l\u2019impact social des journaux de rue.L\u2019Itinéraire est devenu membre de l\u2019INSP en 2000 et s\u2019implique de près dans nos projets depuis ce temps.Il fournit régulièrement du contenu éditorial remarquable au INSP News Service, notre fil de presse, destiné aux journaux de rue partout au monde, en plus d\u2019ouvrir ses portes au public et de mettre ses camelots en contact avec leurs homologues dans d\u2019autres pays pour qu\u2019ils partagent leurs expériences dans le cadre de la Semaine internationale des camelots.Cette année, L\u2019Itinéraire a été reconnu pour ses contributions dans plusieurs catégories lors de la soirée de remise des prix annuels, les INSP Awards.Un reportage percutant, L\u2019obsession d\u2019un corps dompté, un partenariat inspirant qui a regroupé des membres de la communauté pour travailler à trouver des solutions innovantes pour L\u2019Itinéraire, de même qu\u2019une entrevue avec le premier ministre Justin Trudeau, menée par des camelots du journal, ont tous été en nomination lors du gala.C\u2019est cependant la page couverture de son édition du 1er décembre 2018 qui a été choisie la meilleure de l\u2019année parmi une foule de candidatures.Soulignons également que L\u2019Itinéraire s\u2019implique de près dans le travail régional de l\u2019INSP en Amérique du Nord, où nous souhaitons que le fait « d\u2019agir localement et de penser mondialement » bénéficiera aux journaux de rue à travers le réseau.C\u2019est un honneur de pouvoir célébrer ce quart de siècle en même temps que L\u2019Itinéraire.En effet, tout en étant une étape charnière pour l\u2019INSP et le magazine de rue montréalais, plusieurs de nos membres célèbrent également cette année des anniversaires marquants.Nous souhaitons les féliciter pour leur longévité et leur travail soutenu.Les journaux de rue peuvent changer le monde un journal, un camelot, un lecteur à la fois.Soutenez votre camelot en achetant (et en prenant) le journal ! 31 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 En 2006, L\u2019Itinéraire a été l\u2019hôte de la 11e conférence mondiale des journaux de rue de l\u2019INSP à Montréal, où ont convergé des délégués de plusieurs pays du monde. FIERS PARTENAIRES DE PROUD PARTNERS OF HON.MARC GARNEAU Député / MP Notre-Dame-de-Grâce\u2013Westmount Marc.Garneau@parl.gc.ca (514) 283-2013 TRÈS HON.JUSTIN TRUDEAU Député / MP Papineau Justin.Trudeau.c1c@parl.gc.ca (514) 277-6020 MARC MILLER Député / MP Ville-Marie \u2013 Le Sud-Ouest \u2013 Île-des-Soeurs Marc.Miller@parl.gc.ca (514) 496-4885 ANTHONY HOUSEFATHER Député / MP Mont-Royal / Mount Royal Anthony.Housefather@parl.gc.ca (514) 283-0171 HON.MÉLANIE JOLY Députée / MP Ahuntsic-Cartierville Melanie.Joly@parl.gc.ca (514) 383-3709 FI S PARTENAIRES DE PARTNERS OF HON.MARC GARNEAU Député / MP Notre-Dame-de-Grâce\u2013Westmount Marc.Garneau@parl.gc.ca (514) 283-2013 TRÈS HON.JUSTIN TRUDEAU Député / MP Papineau Justin.Trudeau.c1c@parl.gc.ca (514) 277-6020 MARC MILLER Député / MP Ville-Marie \u2013 Le Sud-Ouest \u2013 Île-des-Soeurs Marc.Miller@parl.gc.ca (514) 496-4885 ANTHONY HOUSEFATHER Député / MP Mont-R yal / Mount Royal Anthony.Housefather@parl.gc.ca (514) 283-0171 HON.MÉLANIE JOLY Députée / MP Ahuntsic-Cartierville Melanie.Joly@parl.gc.ca (514) 383-3709 JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT CHAMP-DE-MARS JACQUES ÉLYZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT / SAINTE-CATHERINE GILLES BÉLANGER CAMELOT JEANNE-MANCE / RENÉ-LÉVESQUE Bon 25e anniversaire et bonne continuation à L\u2019Itinéraire J\u2019ai commencé à vendre L\u2019Itinéraire il y a 22 ans.Je me tenais au café de L\u2019Itinéraire qui était à ce moment-là au coin d\u2019Amherst et de Sainte-Catherine.C\u2019est là que j\u2019ai connu des camelots vétérans qui m\u2019ont parlé de la vente : « Tu vas avoir une place pour travailler, tu vas connaître des gens ».On est devenus des amis.Avant je travaillais pour une pizzeria et je distribuais des circulaires.J\u2019étais déjà dans le public, mais je voulais faire quelque chose de nouveau.Parce que ce que j\u2019aime par-dessus tout, c\u2019est le contact avec les gens.C\u2019est ce qui m\u2019attirait dans ce travail.Je n\u2019étais pas gêné pour vendre.J\u2019apprenais ce qu\u2019était L\u2019Itinéraire et aussi à connaître les personnes de la rue.Elles m\u2019expliquaient ce que c\u2019était de vivre dans la rue.La première journée, je ne connaissais personne.En étant là tous les jours de la semaine, j\u2019ai pris de l\u2019expérience et j\u2019ai appris à connaître mes clients.Le matin, je prends mes journaux et je pars.Ce travail me permet de rencontrer beaucoup de gens.J\u2019aime le monde.En vendant, je peux écouter et parler avec plein de personnes, ce que je ne pouvais pas faire avant.Je n\u2019ai jamais regretté d\u2019être camelot, je suis heureux dans l\u2019organisme de L\u2019Itinéraire et je vais toujours continuer.Félicitations à toute l\u2019équipe du magazine.Ils sont très bons pour moi et je les apprécie, car ils me donnent l\u2019occasion de faire un travail que j\u2019aime.Connaître L\u2019Itinéraire Je veux écrire quelques mots pour souligner le 25e anniversaire de L\u2019Itinéraire.L\u2019Itinéraire est un organisme communautaire que vous connaissez déjà et que je connais depuis 2006.La raison qui m\u2019a amené là : je passais souvent devant L\u2019Itinéraire et l\u2019idée m\u2019est venue d\u2019entrer dans ce qui semblait être un café.Belle occasion de rencontrer des gens, de jaser, de développer un réseau et de faire connaissance.Je ne savais pas que c\u2019était un organisme communautaire.Tout en jasant, j\u2019ai appris qu\u2019il y avait un journal de rue.En ayant obtenu plus de détails, j\u2019ai voulu écrire mon premier article dont le thème était les orphelins de la vie.En 2006, les camelots étaient surtout des consommateurs.Les temps ont changé.Aujourd\u2019hui, l\u2019organisme communautaire a pris un grand virage.Certains membres de l\u2019équipe ont quitté, d\u2019autres sont restés.Une relève s\u2019est ajoutée, composée de nouveaux intervenants, d\u2019une équipe de rédaction dynamique, d\u2019un nouveau directeur général.Ce qui m\u2019a stimulé et permis de rester un participant motivé.En plus, au fil du temps, j\u2019ai participé à des ateliers d\u2019art dans différentes disciplines, et à des sorties dans des musées, comme le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée McCord.Tout cela me permet d\u2019être plus heureux aujourd\u2019hui, toujours entouré d\u2019une équipe motivante.Je voudrais, au nom de l\u2019organisme et des camelots, remercier les fidèles lecteurs.Bon 25e ! Le 25e anniversaire du magazine Aujourd\u2019hui, c\u2019est le 25e anniversaire du magazine L\u2019Itinéraire, qui a été créé en 1994 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.En 1994, je n\u2019étais pas à L\u2019Itinéraire, j\u2019étais à l\u2019école secondaire à la polyvalente Pierre- Dupuis, sur Parthenais.J\u2019avais 16 ans.Je ne connaissais pas L\u2019Itinéraire.Je faisais du vélo, j\u2019allais chez des amis, chez ma grand-mère.Je jouais aux jeux vidéo, je jouais au hockey cosom.Je travaillais dans un salon de quilles sur Ontario et Papineau.Je démêlais les cordes des allées, je débloquais les boules de bowling et je les renvoyais en avant.Je travaillais presque tous les soirs de semaine ou de fin de semaine.C\u2019était un travail que j\u2019aimais, parce que j\u2019étais seul en arrière.Sinon, j\u2019allais à la Relance, qui était un centre communautaire religieux pour les familles.On faisait plusieurs activités, du bricolage et de la gouache.J\u2019étais très artistique.Je faisais des tableaux abstraits.Au centre, ils faisaient aussi des concours d\u2019« Artishows ».C\u2019est lors d\u2019un ces concours que j\u2019ai fait ma première prestation en tant qu\u2019Elvis en interprétant la chanson Suspicious Minds, habillé en cuir lors du comeback du King en 1968 devant à peu près 200 personnes.C\u2019est à 16 ans que j\u2019ai commencé à développer ma passion pour la scène.La Relance existe toujours.Aujourd\u2019hui, le centre se trouve sur Parthenais.Si j\u2019avais connu le magazine, j\u2019aurais été un lecteur fidèle.J\u2019aurais cherché à savoir ce qu\u2019est L\u2019Itinéraire, et qui a créé le magazine.Aujourd\u2019hui, 25 ans plus tard, je suis content de le connaître.C\u2019est le meilleur journal de rue en Amérique du Nord selon le directeur général, Luc Desjardins.C\u2019est aussi mon opinion.Je remercie l\u2019équipe de la rédaction pour le travail qu\u2019ils font et les camelots pour le contenu. Depuis 2017, le Vieux-Port de Montréal accueille le programme Le Miel de Bonneau.Cette initiative novatrice permet à des gars de l\u2019Accueil Bonneau de s\u2019initier à l\u2019apiculture sur un site enchanteur en bordure du ?euve.Chaque année, le projet de ruches de l\u2019Accueil Bonneau permet de produire 1 400 kg de miel dont plus de 90 kg sont issus de celles hébergées sur le site du Vieux-Port.Tous les revenus sont directement réinvestis dans ce projet de réinsertion sociale.La ?erté des apprentis apiculteurs quant à elle, est tout simplement inestimable.QUAND L\u2019APICULTURE URBAINE SE CONJUGUE AVEC LA RÉINSERTION SOCIALE.Dès octobre, le Centre des sciences présente La santé de la tête aux pieds, un trio d\u2019expositions et d\u2019activités axé sur la santé physique et mentale.Parce qu\u2019il existe souvent un lien de cause à effet entre la santé mentale et l\u2019itinérance et qu\u2019il est essentiel d\u2019en parler, le Centre des sciences offrira à des organismes communautaires œuvrant dans ces domaines de venir nous visiter gratuitement.QUAND LA SCIENCE SE CONJUGUE AVEC LA SANTÉ NOUS SOUHAITONS UN JOYEUX ANNIVERSAIRE À L\u2019ITINÉRAIRE, UN MAGAZINE QUI FAIT SON CHEMIN DEPUIS 25 ANS ! CYAN MAGENTA DIE CYAN YELLOW BLACK CYAN CYAN Approbation Bien que tous les eff orts aient été mis en œuvre pour éviter toute erreur, S.V.P., bien véri?er cette épreuve.Notre responsabilité se limite au remplacement des ?chiers ?naux.Mécanique à 100?% du format ?nal SORTIE FINALE à 100?% 8,5\" x 10,875\" 100?% 50?% 0?% PS14068_Annonce_Itineraire_FR_4c 2019-08-05 LG Épreuve Finale (#5) Page 1 FINAL-LIVRÉ M&H 87, RUE PRINCE, BUREAU 310 MONTRÉAL QC H3C 2M7 T.514 866-6736 | PRODUCTION@MH.CA Depuis 2017, le Vieux-Port de Montréal accueille le programme Le Miel de Bonneau.Cette initiative novatrice permet à des gars de l\u2019Accueil Bonneau de s\u2019initier à l\u2019apiculture sur un site enchanteur en bordure du ?euve.Chaque année, le projet de ruches de l\u2019Accueil Bonneau permet de produire 1 400 kg de miel dont plus de 90 kg sont issus de celles hébergées sur le site du Vieux-Port.Tous les revenus sont directement réinvestis dans ce projet de réinsertion sociale.La ?erté des apprentis apiculteurs quant à elle, est tout simplement inestimable.QUAND L\u2019APICULTURE URBAINE SE CONJUGUE AVEC LA RÉINSERTION SOCIALE.Dès octobre, le Centre des sciences présente La santé de la tête aux pieds, un trio d\u2019expositions et d\u2019activités axé sur la santé physique et mentale.Parce qu\u2019il existe souvent un lien de cause à effet entre la santé mentale et l\u2019itinérance et qu\u2019il est essentiel d\u2019en parler, le Centre des sciences offrira à des organismes communautaires œuvrant dans ces domaines de venir nous visiter gratuitement.QUAND LA SCIENCE SE CONJUGUE AVEC LA SANTÉ NOUS SOUHAITONS UN JOYEUX ANNIVERSAIRE À L\u2019ITINÉRAIRE, UN MAGAZINE QUI FAIT SON CHEMIN DEPUIS 25 ANS ! CYAN MAGENTA DIE CYAN YELLOW BLACK CYAN CYAN Approbation Bien que tous les eff orts aient été mis en œuvre pour éviter toute erreur, S.V.P., bien véri?er cette épreuve.Notre responsabilité se limite au remplacement des ?chiers ?naux.Mécanique à 100?% du format ?nal SORTIE FINALE à 100?% 8,5\" x 10,875\" 100?% 50?% 0?% PS14068_Annonce_Itineraire_FR_4c 2019-08-05 LG Épreuve Finale (#5) Page 1 FINAL-LIVRÉ M&H 87, RUE PRINCE, BUREAU 310 MONTRÉAL QC H3C 2M7 T.514 866-6736 | PRODUCTION@MH.CA Durer un quart de siècle pour un média, ça n\u2019est pas rien.Surtout pour un magazine papier, indépendant et un brin marginal.Je suis très fier d\u2019avoir modestement contribué par mes chroniques à chacun de ses numéros depuis janvier 2014 \u2013 celle-ci est d\u2019ailleurs ma 132e.Vingt-cinq ans, ça frappe.Nous sommes étrangement fascinés par les «  nombres ronds  », particulièrement pour les dates anniversaires.Selon les historiens des mathématiques, cette attirance daterait d\u2019aussi loin que l\u2019Antiquité mésopotamienne, plusieurs milliers d\u2019années avant notre ère.Quoi qu\u2019il en soit, il n\u2019y a pas de raison rationnelle pour considérer que le 25e anniversaire de L\u2019Itinéraire soit plus important que son 17e ou son 27e.Il s\u2019agit là d\u2019une convention sociale et culturelle qui n\u2019a aucune base concrète.L\u2019être humain, cet animal étrange.1994 Où étiez-vous il y a 25 ans ?En 1994, lorsque L\u2019Itinéraire publiait son premier numéro, j\u2019allais avoir, quelques mois plus tard, 25 ans.La vingtaine est une décennie marquante pour tout le monde.L\u2019entrée véritable dans la vie adulte, la fin des études et le début sur le « vrai » marché du travail.Pour plusieurs l\u2019achat d\u2019une première maison ou la location d\u2019un premier appartement, penser à fonder une famille, le stress, les dettes d\u2019études, l\u2019ambition professionnelle.Je n\u2019ai pas fait exception.En 1994, je rédigeais mon mémoire de maîtrise en sciences économiques, j\u2019étais en appartement avec mon amoureuse d\u2019alors depuis nos 19 ans, sur le Plateau, je travaillais comme assistant de cours et professionnel de recherche à l\u2019université et ma blonde dans une grande entreprise depuis la fin de ses études.Nous étions résolument devenus adultes.L\u2019entrée dans la vie adulte se fait en général graduellement.Pas pour nous.Ma blonde et moi sommes devenus brutalement adultes le 6 décembre 1989, nous avions 19 ans.Nous achevions notre première session à l\u2019université quand la tuerie de Polytechnique nous a enlevé définitivement notre innocence, scotchés que nous étions à notre télé, dans notre 3½ de la rue Saint- Denis.Quelques mois après la chute du Mur de Berlin.Juste après les manifestations de la place Tian\u2019anmen.Suivie de la révolution roumaine et de l\u2019invasion du Panama par les États-Unis.Brutale année, brutale entrée dans le monde adulte.Mais 19 ans n\u2019est pas un nombre rond.À 24 ans, nous étions déjà fatigués et cyniques.Les anniversaires N\u2019empêche, les dates anniversaires marquent les passages de la vie et de l\u2019Histoire.À la naissance de L\u2019Itinéraire j\u2019allais avoir 25 ans, c\u2019est donc dire que dans quelques mois j\u2019en aurai 50.Cinquante ans.Cinquante.Je n\u2019arrive pas à y croire.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019être aussi nono, désorganisé et inculte qu\u2019à mes 25 ans.Peut-être un peu plus modeste ?Je ne sais pas trop.Mais pour la première fois de ma vie, un nombre rond me frappe.À 50 ans, je ne me considérerai pas vieux ; de nos jours, on est vieux à 85, 90 ans, peut-être ?Mais je serai définitivement plus un jeune homme.Un homme « mûr », comme on dit.Bientôt, je raconterai aux enfants la chute du Mur de Berlin et la tuerie de Poly, comme mon grand-père m\u2019a raconté la Deuxième Guerre mondiale.Et on m\u2019écoutera avec respect et étonnement.À 25 ans, L\u2019Itinéraire, n\u2019est pas vieux (Le Devoir célébrera son 110e anniversaire l\u2019an prochain).Mais à l\u2019échelle des transformations rapides que subissent les médias écrits présentement, le magazine est « mûr ».Il peut maintenant raconter la petite histoire de ses interventions auprès des personnes les plus démunies de la métropole.Et on le lit avec respect et étonnement.On se revoit dans 25 ans, pour ma dernière chronique, alors que je prendrai ma retraite à l\u2019âge de 75 ans ?Longue vie à L\u2019Itinéraire ! Les nombres ronds 35 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT Édition 25e anniversaire CAFÉ DE L\u2019ITINÉRAIRE MILTON FERNANDES Nous avons tous une histoire de vie particulière.Lorsque vous croisez Michel, Cécile, Mario ou Suzanne et qu\u2019après une jasette fortuite, vous leur achetez le magazine, il est à parier que vous n\u2019avez pas pu discuter de leur vie d\u2019avant L\u2019Itinéraire.Dans les coulisses Et ce n\u2019est pas forcément par manque d\u2019intérêt, mais simplement parce que certaines choses prennent du temps à se dire.Entre nous, on ne raconte pas à qui veut l\u2019entendre d\u2019où l\u2019on vient et toutes les embûches que l\u2019on a rencontrées en chemin.Ces confidences viennent petit à petit, au fil du temps.L\u2019Itinéraire, c\u2019est bien plus qu\u2019un magazine.Cette phrase est notre leitmotiv.Quoi de mieux qu\u2019une édition spéciale pour vous en expliquer les raisons ?Quoi de mieux que quelques mots et récits de vie pour que vous compreniez à quel point votre soutien nous est essentiel ?Lorsqu\u2019une personne se présente à nos bureaux de Montréal, situés au 2103, rue Sainte-Catherine Est, elle a déjà fait le premier pas : demander de l\u2019aide.Dans la plupart des cas, il s\u2019agit d\u2019une personne en situation de grande vulnérabilité.Nous sommes en quelque sorte son dernier recours.Prestataire de l\u2019aide sociale ou pas, elle est sans revenu stable et cherche à s\u2019en sortir.Elle se présente à nous parce qu\u2019elle a une grande volonté de surmonter ses difficultés, mais ne sait juste pas par où commencer.Il lui manque les outils nécessaires pour aller de l\u2019avant.S\u2019il s\u2019agit souvent d\u2019une demande de recherche de logement ou d\u2019un revenu stable, on retiendra que cette personne connaît ou risque de connaître une situation de grande précarité.Notre mission est donc de l\u2019accompagner dans sa démarche de réinsertion sociale, de lui ouvrir notre boîte à outils.Et, il importe de le souligner : la plupart de ces personnes avaient déjà de nombreuses ressources en elles.À l\u2019image des diamants qui doivent être dépoussiérés de temps à autre, nous faisons en sorte que ces personnes se souviennent que ces ressources étaient juste bien cachées.Un travail quotidien, souvent invisible et non sans épreuves, réalisé avec le concours d\u2019une équipe soudée et dynamique et dont le but est de faire sens au mot populaire chez les anglophones : l\u2019empowerment (autonomisa- tion, en français).Ce concept unique nous permet de développer différentes techniques pour que ces personnes marginalisées, exclues du marché traditionnel du travail, puissent retrouver leur dignité et reprendre le contrôle de leur vie.Et pour y parvenir, nous leur offrons des opportunités de travail flexibles et adaptées à leur réalité et à leurs besoins particuliers.par Alexandra Guellil Dans les coulisses de L\u2019Itinéraire Qui sont nos camelots ?Nous avons 253 personnes inscrites et membres de l\u2019organisme.On les appelle « nos camelots » ou encore « nos participants », tout simplement parce qu\u2019ils vendent le magazine dans les rues de Montréal, Laval, Longueuil, Saint-Jérôme, Granby et Sutton, mais aussi parce qu\u2019ils participent activement à la vie de l\u2019organisme.Certains d\u2019entre eux sont appelés « PAAS-Action », acronyme qui définit un programme de pré-employabilité d\u2019Emploi-Québec.D\u2019autres sont affiliés au Café de la Maison Ronde (voir page 51), qui est une opportunité de travail adaptée aux personnes autochtones en situation ou à risque d\u2019itinérance.Et puis, quelques-uns de nos participants effectuent des travaux compensatoires, une mesure légale, substitutive à l\u2019incarcération.Ce programme s\u2019adresse principalement aux personnes démunies financièrement et incapables d\u2019acquitter leurs amendes pour une infraction à une loi ou à un règlement municipal, provincial ou fédéral.Profils multiples Nous travaillons avec une majorité d\u2019hommes (77,1 %) et un peu plus de 20 % de femmes.Notons que nos services sont aussi ajustés aux quelques personnes transgenres ou non-binaires qui font partie de notre clientèle.Bien que nous recensions tous les groupes d\u2019âge dans nos effectifs, la plus forte majorité de nos participants ont entre 51 et 60 ans.Certains d\u2019entre eux sont aux prises avec des dépendances à l\u2019alcool ou aux drogues alors que d\u2019autres ont des problèmes de santé mentale ou une contrainte sévère à l\u2019emploi.Et dans le fond, qu\u2019importent leurs diagnostics médicaux, ce qu\u2019il faut comprendre, c\u2019est que leur état physique ou mental ne leur permet pas de travailler dans un milieu professionnel traditionnel.Pour contrer la confusion régulièrement établie entre « L\u2019Itinéraire » et « itinérance », il convient de rappeler que la majorité d\u2019entre eux vivent dans des appartements privés, en maison de chambres ou dans des logements subventionnés.Selon nos derniers chiffres, seuls 24 membres de notre communauté connaissaient donc une réelle situation d\u2019itinérance puisqu\u2019ils ont élu domicile dans un refuge ou dans la rue.Quant à leur revenu, chacun de nos participants bricole ses fins de mois avec, en majorité, les prestations de l\u2019aide sociale de base, leurs pensions de vieillesse ou des prestations du régime des rentes du Québec.Le 3 $ que vous leur donnez à l\u2019achat du magazine est donc plus que vital : c\u2019est un gage de dignité.Comment ça marche ?Le magazine L\u2019Itinéraire est le moteur du Groupe.C\u2019est la concrétisation matérielle qui rend nos actions quotidiennes plus palpables.Vendu depuis 1994, L\u2019Itinéraire tire aujourd\u2019hui à 12 000 exemplaires toutes les deux semaines, soit le 1er et le 15 de chaque mois.Le concept est unique au Québec : les camelots achètent le magazine à l\u2019organisme à 1,50 $ et le revendent dans les rues ainsi que dans les stations de métro au prix de 3 $.Le reste sert à payer l\u2019impression ainsi que les coûts de production.À côté de la vente dans les rues, 2500 copies sont distribuées via des abonnements à travers le monde, de l\u2019Allemagne à la France en passant par le reste du Canada et les États-Unis.Nous touchons ainsi un peu plus de 50 000 lecteurs mensuellement, de tous les horizons.Ce fonctionnement est une réelle opportunité pour nos participants de se réinsérer durablement sur le marché du travail.Vendre le magazine est une façon de créer et de renforcer les liens positifs avec la communauté.C\u2019est un soutien au revenu, une possibilité pour eux de travailler en adéquation avec un train de vie qui n\u2019est pas toujours si simple.Nous leur offrons un break, un temps de répit pour repartir sur un chemin moins sinueux.Et nous y croyons au point tel que notre but ultime est de les réinsérer durablement sur le marché du travail de différentes façons.En d\u2019autres termes : s\u2019il est vrai que vous ne connaissez peut- être pas les vies passées de Michel, de Cécile, de Mario ou de Suzanne, vous savez au moins à quoi ils ressemblent physiquement, et connaissez leurs habitudes de vente.Gageons que vous connaissez aussi certains de leurs rêves et projets d\u2019avenir.Et ça, c\u2019est le plus précieux, pour eux, pour vous comme pour nous.Comment intervenons-nous ?Avant qu\u2019ils ne soient pris en charge par nos intervenants psychosociaux, les futur(es) camelots étaient aux prises avec différentes problématiques.Si tous n\u2019ont pas vécu dans la rue, ils étaient tous en situation de grande vulnérabilité.Dans la majorité des cas, c\u2019est la recherche de logement ou d\u2019un revenu stable qui les animait en passant notre porte.C\u2019est la raison pour laquelle l\u2019une des grandes étapes de notre intervention concerne le soutien au logement qui est devenu, par la force des choses, l\u2019une de nos priorités.Pour répondre aux besoins de nos participants, nous avons développé des partenariats et services avec le Réseau de l\u2019Académie (Resac) ou l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montréal (OMHM).Ce travail de terrain nous permet d\u2019assurer à une trentaine de nos camelots un logement subventionné, c\u2019est-à-dire, un logement dont le loyer équivaut à 25 % de leurs revenus.38 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans LA VENTE DU MAGAZINE ARIANNE CLÉMENT De plus, nous travaillons de concert avec l\u2019Accueil Bonneau, Ma Chambre Inc., Projet Logement Montréal et la Fédération des OSBL d\u2019habitation de Montréal (FOHM), pour leur offrir un service de fiducie et de succession qui répond à leurs besoins.Ces alliances nous permettent aussi d\u2019échanger des informations et références nécessaires aux demandes de logement.Il peut aussi arriver que nous leur apportions un soutien pour qu\u2019ils parviennent à s\u2019acquitter de « leurs dettes sociales et juridiques » accumulées à la suite de délits mineurs ou de constats d\u2019infractions.Cette aide se matérialise par la possibilité d\u2019effectuer des travaux communautaires et compensatoires, mais aussi des demandes à l\u2019aide juridique.Mais notre travail ne s\u2019arrête pas là, nous menons d\u2019autres projets d\u2019autonomisation avec et pour eux.Par exemple, nous les aidons à remplir leurs déclarations d\u2019impôts gratuitement, nous leur offrons des services d\u2019impôts toute l\u2019année, à moindre coût et nous les accompagnons dans la gestion de leur budget lorsqu\u2019ils ont des demandes spécifiques.Aussi, nous essayons de créer des liens avec la communauté étudiante et le corps professoral afin de nous enrichir mutuellement et de créer de nouvelles approches.Ainsi, durant la session d\u2019automne 2018, trois cohortes d\u2019étudiants inscrits au cours d\u2019innovation sociale, proposé par les professeurs Joey El-Khoury et Marley Pozzebon, ont réalisé des projets de recherche pour développer un programme unique de microcrédit permettant un soutien à la gestion des revenus de nos camelots.D\u2019autres étudiants sont d\u2019ailleurs actuellement mobilisés pour concrétiser ce projet unique à Montréal. Soutien alimentaire Le Café L\u2019Itinéraire est le lieu principal de distribution du magazine, de soutien à la vente, mais aussi d\u2019aide alimentaire et d\u2019échanges dans une atmosphère bienveillante.Réservé exclusivement à nos camelots, c\u2019est un espace qu\u2019ils considèrent souvent comme un deuxième chez-soi.Il est ouvert la semaine, du lundi au vendredi, de 7 h à 20 h.Nous leur servons des repas entre 8 h et 13 h 30.De plus, un dîner communautaire est offert gratuitement à l\u2019ensemble de notre clientèle, le dernier mercredi du mois.Avec les denrées alimentaires de Moisson Montréal, nous sommes en mesure de fournir 26 331 kg de nourriture à nos camelots chaque année.Cela représente un peu plus de 12 000 repas et 2000 sacs d\u2019épicerie que nous distribuons à nos participants.Vous croisez souvent dans la rue des personnes dans le besoin et souhaitez les aider à se nourrir ?Nous vous offrons la possibilité d\u2019acheter une carte-repas solidaire qui donne accès à un repas complet gratuit pour une personne dans le besoin.Le principe est de l\u2019acheter à 6 $ et de la redistribuer à nos camelots ou à d\u2019autres personnes de la rue qui pourront se rendre dans cinq différents points de restauration à Montréal (L\u2019Itinéraire [pour nos camelots], le Phare, le Resto Plateau, le Chic Resto Pop ou le Comité Centre-Sud), et dans deux points de restauration situés respectivement à Longueuil et à Granby (Le Repas du passant et Le Partage Notre-Dame).Par ailleurs, le Café de la Maison ronde honore aussi la carte-repas solidaire pendant la belle saison, soit de mai à la fin octobre.Si vous souhaitez vous procurer cette carte-repas, sachez qu\u2019il existe quatre points de vente à savoir : L\u2019Itinéraire, le Café Sfouf, le Café Parva, situé dans la Grande bibliothèque (BanQ), et le Café de la Maison ronde.Rédacteurs aguerris Chaque jour, nous travaillons à placer les camelots au cœur du magazine en leur offrant aide, accompagnement et encouragement pour participer activement à la rédaction du magazine.Articles, entrevues, reportages, chroniques ou mots de camelots, nous avons plusieurs formules axées sur le côté thérapeutique de l\u2019écriture.Ils développent ainsi des habiletés, parfois insoupçonnées, reprennent confiance en leurs différentes capacités et s\u2019affirment en tant que rédacteurs aguerris sur différents sujets telles la politique, les affaires sociales et culturelles, la science ou les actualités.Plus largement, écrire dans les pages de L\u2019Itinéraire leur permet de retrouver leur estime personnelle, de s\u2019ouvrir aux autres et de trouver de nouvelles perspectives.Ils sont fiers de vous montrer qu\u2019ils ont écrit tel ou tel passage du magazine.Ces sentiments sont si palpables qu\u2019ils contribuent à les éloigner de la rue et à reprendre le contrôle sur leurs différentes dépendances.C\u2019est l\u2019objectif qui nous anime chaque jour.Concrètement, ils peuvent assurer un peu plus de la moitié du contenu du magazine.En moyenne, c\u2019est une vingtaine camelots qui participent à chacune de nos éditions.Une grande majorité d\u2019entre eux effectue des reportages ou des articles de fond nécessitant de la recherche et des entrevues avec des personnalités.REPAS COMMUNAUTAIRE MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Un des exemples les plus marquants pour l\u2019année 2018 a été de donner l\u2019opportunité à quatre de nos participants de mener une entrevue de fond avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, dans ses bureaux d\u2019Ottawa.Outre le fait d\u2019approcher la personnalité publique et politique, ils ont pu devenir « correspondant d\u2019un jour », visiter le Parlement du Canada et assister à la période des questions de la Chambre des communes.Aux niveaux municipal et provincial, d\u2019autres participants ont pu interviewer la mairesse de Montréal, Valérie Plante et Catherine Dorion, députée de Québec solidaire de Taschereau.Même s\u2019ils ont des valeurs et des ambitions politiques bien distinctes, ces trois politiciens ont dû se prononcer sur des enjeux sociétaux qui concernent directement nos participants, qu\u2019il s\u2019agisse de la création de logements sociaux, de l\u2019itinérance ou des prestations de l\u2019aide sociale.Quelques grands noms du monde culturel québécois et canadien se sont aussi prêtés au jeu de l\u2019entrevue : Denys Arcand, Ginette Reno, Louise Portal, Kim Thuy ou Patrick Huard, pour ne citer que ceux-là.Ils ont tous accordé un peu de leur temps à nos participants.Les entrevues ont été faites en personne ou au téléphone et ont procuré une énorme satisfaction personnelle à ceux et celles qui les ont menées.Et, quand ils ne sont pas en entrevue avec des vedettes, nos participants ont la possibilité d\u2019écrire leurs pensées et histoires de vie au travers des rubriques diverses et variées du magazine.Dans ces cas-là, nous donnons une structure solide pour qu\u2019ils puissent exprimer des choses qui resteraient autrement enfouies.Notre formule est tellement malléable, que nous permettons aussi à deux camelots-apprentis bédéistes d\u2019aiguiser leurs crayons de couleur et de s\u2019exercer à l\u2019art de la bande dessinée.41 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 JEAN-CLAUDE NAULT, ISABELLE RAYMOND ET MOSTAPHA LOTFI AVEC JUSTIN TRUDEAU À OTTAWA, 2018 ALEXANDRE DUGUAY ROGER PERREAULT, ISABELLE RAYMOND, YVON MASSICOTTE ET MARIO REYES STAGE À LA PRESSE, 2018 KARINE BÉNÉZET SIMON JACQUES, CAMELOT, BALLE-MOLLE 2018 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Précisons tout de même que chacune des participations écrites de nos camelots est rémunérée en argent ou en nombre de copies du magazine, selon une grille tarifaire précise et équitable.Nous saluons chaque effort, qu\u2019il soit investi dans la recherche, devant un clavier, en personne ou au téléphone face à une personnalité.Nous mettons un point d\u2019honneur à privilégier leur vision des choses : une personne qui vit une situation de précarité ou qui est concernée par un problème de santé mentale ne parlera pas de la même façon du système de santé québécois ou d\u2019une mesure liée aux logements sociaux, qu\u2019une personne qui ne vit pas cette réalité.À l\u2019inverse, une personne ayant un trouble anxieux prendra probablement deux mois à mettre en place ses idées dans un article, mais comprendra par la suite son fonctionnement propre et développera des habiletés pour contrer son trouble ou ses peurs.Toutes ces particularités font le côté humain et authentique de L\u2019Itinéraire, qui devient de facto unique et essentiel au paysage médiatique québécois.Autres opportunités Outre la vente du magazine, nous offrons de nombreuses possibilités d\u2019implication.Nos participants peuvent, par exemple, être distributeurs du magazine au métro Berri-UQAM, c\u2019est-à-dire assurer aux autres camelots un ravitaillement du nombre de copies dans un point de passage central de la ville de Montréal.Il leur est aussi possible de travailler à la réception des magazines directement au Café de L\u2019Itinéraire.Ces activités les aident à développer un certain entregent et une certaine réhabilitation sociale et professionnelle.Ceci est rendu possible notamment grâce au Programme d\u2019aide et d\u2019accompagnement social (PASS-Action), une mesure de pré-em- ployabilité d\u2019Emploi-Québec.En 2018, nous avons ainsi pu offrir à une vingtaine de personnes un peu plus de 12 450 heures de travail en entretien ménager, soutien administratif, cuisine, distribution du magazine, photographie et journalisme. STAGE À LA PRESSE, 2018 KARINE BÉNÉZET De plus, depuis de nombreuses années, nous bénéficions de la présence quotidienne d\u2019une enseignante du Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP), affilié à la Commission scolaire de Montréal.Son mandat est d\u2019offrir à nos participants des ateliers leur donnant l\u2019occasion de révéler leurs habiletés sociales et artistiques au grand jour.L\u2019année dernière, 25 camelots y ont participé et quelques-uns d\u2019entre eux, jusqu\u2019alors réservés et discrets, se sont même retrouvés devant un public pour une représentation théâtrale.C\u2019est dire ! Milieu de vie Beaucoup de nos participants voient en L\u2019Itinéraire un second chez soi.Si demain nous étions forcés de mettre la clé sous la porte, nous ferions plusieurs orphelins.En ce sens où la vie associative au sein de nos murs est si importante qu\u2019elle renforce leur sentiment d\u2019appartenance, brise l\u2019isolement social, favorise l\u2019autonomisation et la vie démocratique.Parmi les différentes activités sociales, notons les ateliers de cuisine collective, les sorties à la cabane à sucre Constantin et les repas de Noël et de la Saint-Valentin offerts par Telus, le party de Noël et les parties de balle-molle en compétition amicale avec l\u2019Accueil Bonneau et la Maison du Père.S\u2019ajoutent à cela des réunions mensuelles des camelots, où nous leur laissons bien souvent le micro ouvert pour exprimer leurs doléances, incompréhensions ou bien, plus souvent, communiquer des messages à l\u2019équipe ou aux autres participants.De plus, certains de nos participants siègent à notre conseil d\u2019administration, un élément non négligeable qui sert à huiler la machine démocratique de l\u2019organisme.Ce n\u2019est pas pour rien que nos camelots portent fièrement un dossard ou un manteau aux couleurs de L\u2019Itinéraire ! Ils sont fiers d\u2019appartenir à un tout, à une microsociété\u2026 bref, nous sommes une famille ! De multiples ententes et partenariats Nous ne serions pas aussi efficaces au quotidien sans nos nombreux partenaires qui nous aident à rayonner.Sans eux, nous ne pourrions pas mener à bien nos différents projets d\u2019autonomisation.Voilà maintenant trois ans que nous collaborons avec La Presse pour offrir à nos participants un stage intensif en rédaction journalistique d\u2019une semaine.Ces derniers sont choisis à la suite d\u2019un processus de présélection précis, dirigé conjointement par les équipes de L\u2019Itinéraire et de La Presse.Concrètement, pendant ces quatre jours, nos camelots troquent leur veston de vendeur de L\u2019Itinéraire pour un bloc-notes et un stylo.Ils vont sur le terrain en tant que journalistes stagiaires et ont comme principale mission de créer un article, en suivant les conseils des professionnels du métier.Cela représente un peu plus de 28 heures de formation au sein d\u2019une des rédactions francophones les plus diversifiées en matière de couverture des actualités, des débats de société et des dossiers de fond.Grâce à la Société de transport de Montréal (STM), nos camelots bénéficient de titres de transport gratuits et peuvent ainsi vendre le magazine à l\u2019intérieur des stations de métro de la métropole, de Longueuil et de Laval.Plus de la moitié des stations de métro sont ainsi occupées par un ou plusieurs de nos camelots, ce qui représente un peu plus de 39 % de nos ventes totales du magazine.De plus, une entente avec le Réseau de transport de Longueuil (RTL) permet d\u2019offrir des certificats mensuels et des titres individuels de transport qui sont attribués à nos camelots de Longueuil.C\u2019est ainsi que nous avons pu étendre l\u2019impact du Groupe en région, soit Longueuil, Laval, Saint-Jérôme, Granby et Sutton.En tout, huit de nos camelots travaillent dans ces villes pour un total de 805 magazines vendus toutes les deux semaines.Outre cet aspect monnayable, il faut souligner que la présence de nos camelots, dans le métro comme dans les rues, favorise la création de différents liens humains et leur permet de sortir de l\u2019isolement.Ce rayonnement ne serait pas possible sans nos partenaires majeurs que sont les gouvernements du Canada et du Québec, l\u2019arrondissement de Ville-Marie, la Ville de Montréal, la Ligue nationale d\u2019improvisation (LNI), les Caisses Desjardins et le groupe Quebecor.Notons aussi le soutien précieux de la Table itinérance Rive-Sud (TIRS), la Ville de Laval, le Regroupement des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIIL), L\u2019œuvre Léger, Moisson Montréal, le Café Brossard, l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montréal, des fondations J.Armand-Bombardier, Carmand Normand, Marcelle et Jean Coutu, les Habitations du Réseau de l\u2019Académie (Resac), Upperkut, la Bibliothèque et les archives nationales du Québec, Exeko, Great West, London Life et Canada Vie, le Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP), de même que Via Rail, transporteur officiel de nos camelots-reporters à l\u2019exterieur de Montréal.43 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Enfin, mentionnons que notre Groupe est membre du CDC Centre-Sud, du Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM), du Chantier de l\u2019économie sociale, de la Chambre de commerce de l\u2019Est de Montréal, de la Table de quartier Peter McGill, du Mouvement pour mettre fin à l\u2019itinérance de Montréal (MMFIM), du Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), de l\u2019Association des médias écrits et communautaires du Québec (AMECQ) et de l\u2019International Network of Street Papers (INSP).Ce dernier apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Au total, plus de 250 000 sans- abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de ces journaux de rue à travers le monde.Informer et sensibiliser En plus d\u2019être présents dans les rues de Montréal, nous le sommes aussi numériquement.Avec nos différentes plateformes (site web, landing pages, Facebook, Instagram, Twitter, LinkedIn, Infolettres), notre mission est aussi de vous informer et de vous sensibiliser aux diverses réalités vécues par nos camelots.En bref, nous travaillons à promouvoir les éditions, projets et activités de notre groupe ainsi que les initiatives des participants.Un travail essentiel qui nous permet de poursuivre nos activités grâce aux importantes campagnes de financement menées sur le Web, comme les Mardi, je donne ou la Campagne des Fêtes.Nombreux bénévoles Nous avons beau vous décrire en mots et en paraboles tout ce que nous faisons au quotidien, il faut quand même admettre que nous sommes ce que nous sommes grâce à nos nombreux bénévoles.Qu\u2019ils siègent au conseil d\u2019administration, aux différents comités ou qu\u2019ils travaillent à la rédaction ou au café, nous profitons de cet espace pour dire « merci ».Comme nous le disions plus haut : L\u2019Itinéraire est une grande famille dont vous faites tous assurément partie ! 44 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans Dre Marie-Chantal Pelletier Chef de service Médecine des toxicomanies Fier de collaborer avec L\u2019Itinéraire qui, depuis 25 ans, redonne dignité et espoir aux personnes les plus démunies.Bon anniversaire! Jean-Claude Nault Camelot Dre Annie Trépanier Psychiatre Unité de psychiatrie des toxicomanies MATHIEU THÉRIAULT AU CENTRE, DOCUMENTAIRE SQUAT, 2001 COURTOISIE GUNTHER GAMPER « trippante » et autres superlatifs vraiment intenses qu\u2019une bande d\u2019ados qui viennent d\u2019aller voir un tel concert.Sauf qu\u2019en général, à 17 ans, on n\u2019a pas vraiment trop d\u2019argent pour s\u2019offrir des billets pour ce genre de show.Qu\u2019à cela ne tienne, certains de nos camarades nous avaient dit qu\u2019il y avait une petite porte dérobée dans un quelconque coin du stade où il était possible de se faufiler sans avoir de billet, pour ensuite se fondre dans la foule.C\u2019était censé être fastoche, fallait juste chercher un peu et elle était là dans un coin.Légende urbaine bien sûr.Le stade est ovale, il n\u2019y a pas de coin ! Et il doit y avoir des dizaines de portes.Alors la porte miracle, notre « sésame ouvre-toi », quand bien même qu\u2019elle aurait existé, on ne l\u2019aurait sans doute jamais trouvée.Pas de billet ?Pas grave ! Durant cette recherche, moi et l\u2019amie qui m\u2019accompagnait commencions à entendre les premières notes du concert, celles de « Astronomy Domine » si je me rappelle bien, mais avec le son Dans la vie, il est plutôt rare que l\u2019on se souvienne de façon précise de ce que l\u2019on faisait lors d\u2019une journée spécifique, il y a plus de 25 ans.Ainsi, je ne pourrais probablement pas vous dire ce que j\u2019étais en train de faire, disons le 1er septembre 1994.Oubliez ça ! Pourtant, le 24 mai 1994 \u2014 anniversaire de fondation du magazine L\u2019Itinéraire \u2014, est une date à jamais gravée dans ma mémoire.C\u2019est l\u2019une des rares dates dont on se souvient toute une vie.Je peux donc partager quelques souvenirs avec vous.En partant, c\u2019est plus facile.Le 24 mai, c\u2019est aussi mon anniversaire à moi.J\u2019avais 17 ans en 1994.L\u2019âge où on n\u2019est pas sérieux, comme disait si bien Rimbaud.En plus, ce soir-là, le mythique groupe Pink Floyd se produisait au Stade olympique, pour le dernier d\u2019une série de trois prestations consécutives.Pink Floyd au Stade, on n\u2019oublie pas ça quand on a 17 ans, ni plus vieux j\u2019imagine.Moi j\u2019étais en secondaire 5.Tous mes camarades qui avaient pu aller aux deux concerts précédents s\u2019entendaient pour dire que c\u2019était l\u2019expérience la plus « malade », « capotée », Mathieu Thériault CAMELOT BERNARD/DE L\u2019ÉPÉE Un show inoubliable encore plus pourri à l\u2019extérieur qu\u2019il ne l\u2019est à l\u2019intérieur.Nous étions sur le point de rebrousser chemin quand nous avons aperçu trois ou quatre « armoires à glace » qui semblaient prêtes à tout pour se frayer un chemin jusqu\u2019au concert.Notre instinct nous disait que nous étions peut-être sur un bon filon.Les mecs semblaient particulièrement déterminés, enragés, et disons-le sans doute un peu intoxiqués.Alors nous avons décidé de les suivre à distance.Et nous n\u2019étions pas les seuls, si bien que peu de temps après, nous étions près d\u2019une vingtaine à suivre pas du tout discrètement nos déterminés matamores.À la mezzanine si je puis dire, le Stade olympique est ceinturé de dizaines d\u2019immenses baies vitrées qui font le tour de la structure.N\u2019hésitant devant rien, les « gros bras en chef » que nous suivions ont pris, semble-t-il, la téméraire décision qu\u2019ils allaient passer coûte que coûte et ainsi entrepris de défoncer une des baies vitrées à coup de bottes, de battes et de caps d\u2019acier.Le moment de grâce est arrivé quand l\u2019une d\u2019entre elles a volé en morceaux dans un sublime vacarme, laissant ainsi la voie libre à une vingtaine de jeunes de passer à travers et aller se perdre dans la foule du stade en courant ! OK ce n\u2019était pas trop légal, mais qu\u2019importe, nous étions au cœur de la bête ! Quelques minutes plus tard, comme de juste, toutes les baies vitrées du stade étaient gardées par la police antiémeute.On imagine que bien peu d\u2019autres petits comiques sont entrés sans billet par la suite.Le souvenir d\u2019une vie Avec mon budget de l\u2019époque qui était proche du zéro, j\u2019ai pu voir le groupe de mes rêves, avec en prime une bonne dose d\u2019adrénaline dont je me souviens encore aujourd\u2019hui.C\u2019était illégal, donc forcément un peu excitant.C\u2019est sans doute le genre de niaiseries qu\u2019on fait seulement quand on est ado.Vraiment, penser aller voir le groupe le plus populaire au monde au Stade, sans billet et sans argent ?Le pire c\u2019est que ça a marché ! Eh bon, je ne crois pas que j\u2019ai rapproché Pink Floyd de la faillite en agissant de la sorte.Alors pour moi, l\u2019anniversaire de L\u2019Itinéraire et le mien sont une date qui s\u2019inscrit dans un contexte bien particulier de ma propre vie.En 1994, je me souviens que j\u2019achetais le magazine aux camelots qui le proposaient dans les métros et au centre-ville au coût de 1 $.Je trouvais déjà alors que c\u2019était une belle initiative, même si je dois avouer que je ne le lisais pas avec beaucoup d\u2019intérêt.J\u2019étais un ado, et la revue était vraiment moins bonne qu\u2019elle ne l\u2019est aujourd\u2019hui ! À 17 ans, j\u2019étais certainement loin de me douter qu\u2019un jour moi aussi je serais impliqué avec le magazine L\u2019Itinéraire, que j\u2019en serais un des camelots et que tout ceci prendrait une grande place dans mon existence.Avant d\u2019y collaborer, j\u2019ai fait toutes sortes de jobs, vécu toutes sortes d\u2019expériences et j\u2019ai appris beaucoup.Notamment le fait que le milieu du journalisme en est un qui m\u2019interpelle particulièrement.Il est navrant de constater qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une mini salle de rédaction à L\u2019Itinéraire et que de plus en plus de journaux sont en train de fermer les leurs.Que personne ne veut plus mettre d\u2019argent pour des journalistes qui, lorsqu\u2019ils font bien leur travail, permettent au moins de remettre à l\u2019endroit tout ce qu\u2019on nous présente à l\u2019envers.Vingt-cinq ans plus tard, moi qui achetais L\u2019Itinéraire au centre- ville à 1 $ quand j\u2019étais ado, ben c\u2019est rendu que je le vends à mon tour.Et même que j\u2019y écris plus souvent qu\u2019autrement.Parce que c\u2019est devenu un magazine vraiment plus pertinent, qui offre un point de vue qu\u2019on ne retrouve nulle part ailleurs.Comme Pink Floyd, le truc a bien vieilli, même si le contenant lui, peut-être un peu moins.La vie n\u2019est jamais un chemin tracée d\u2019avance.N\u2019importe quand un événement peut survenir pour faire basculer radicalement la trajectoire.Alors vaut mieux ne pas trop regarder de haut les gens qui sont à la rue aujourd\u2019hui.On dit souvent qu\u2019une bonne partie des Québécois est à seulement deux chèques de paie de faire faillite.Ou qu\u2019on est jamais si loin d\u2019une crise de santé mentale qui peut tout emporter.Alors même si aujourd\u2019hui je ne tenterais sûrement de voir un show au stade sans billet ni argent, j\u2019essaie de profiter au maximum des opportunités inattendues qui peuvent finir par devenir des souvenirs impérissables ! 47 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 Bon 25e anniversaire à L\u2019Itinéraire ! Dominique Anglade Députée de Saint-Henri-Sainte-Anne Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019économie 514-933-8796 Enrico Ciccone Député de Marquette Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de sports, loisirs et saines habitudes de vie 514-634-9720 Hélène David Députée de Marguerite-Bourgeoys Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de condition féminine 514-368-1818 Jennifer Maccarone Députée de Westmount-Saint-Louis Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de famille et de clientèles vivant avec un handicap ou avec le spectre de l\u2019autisme 514-395-2929 Isabelle Melançon Députée de Verdun Leader parlementaire adjointe Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de culture et de communications 514-766-7503 Marie Montpetit Députée de Maurice-Richard Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019environnement et de lutte contre les changements climatiques Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019agriculture 514-387-6314 Marwah Rizqy Députée de Saint-Laurent Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019éducation et d\u2019enseignement supérieur Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de stratégie numérique 514-747-4050 Monique Sauvé Députée de Fabre Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019emploi et de solidarité sociale Porte-parole de l\u2019opposition officielle pour les aînés et les proches aidants 450-689-5516 Bon 25e anniversaire à L\u2019Itinéraire ! Dominique Anglade Députée de Saint-Henri-Sainte-Anne Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019économie 514-933-8796 Enrico Ciccone Député de Marquette Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de sports, loisirs et saines habitudes de vie 514-634-9720 Hélène David Députée de Marguerite-Bourgeoys Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de condition féminine 514-368-1818 Jennifer Maccarone Députée de Westmount-Saint-Louis Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de famille et de clientèles vivant avec un handicap ou avec le spectre de l\u2019autisme 514-395-2929 Isabelle Melançon Députée de Verdun Leader parlementaire adjointe Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de culture et de communications 514-766-7503 Marie Montpetit Députée de Maurice-Richard Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019environnement et de lutte contre les changements climatiques Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019agriculture 514-387-6314 Marwah Rizqy Députée de Saint-Laurent Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019éducation et d\u2019enseignement supérieur Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de stratégie numérique 514-747-4050 Monique Sauvé Députée de Fabre Porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019emploi et de solidarité sociale Porte-parole de l\u2019opposition officielle pour les aînés et les proches aidants 450-689-5516 49 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 J\u2019ai commencé à travailler très jeune en restauration rapide alors que j\u2019étais étudiant.À la suite de surmenage, j\u2019ai eu quelques problèmes de santé et je n\u2019étais plus capable de garder un travail plus de quelques mois.On m\u2019a guidé vers L\u2019Itinéraire.J\u2019y travaille depuis plusieurs années.C\u2019est un travail qui s\u2019adapte à mes capacités et m\u2019a permis d\u2019évoluer pour le mieux et de trouver un certain équilibre.De plus, le magazine véhicule de nombreuses valeurs et parle de causes qui me rejoignent.J\u2019ai tout d\u2019abord travaillé comme préposé à l\u2019entretien, puis comme assistant à la cuisine.Au bout de quelque temps, l\u2019équipe a décelé mon intérêt pour la photographie.Ils m\u2019ont donné l\u2019opportunité de travailler comme photojournaliste stagiaire pour le magazine.Cela m\u2019a permis de rencontrer des gens de différents domaines : écrivains, peintres, athlètes, journalistes, chanteurs, acteurs, politiciens, cinéastes et gens engagés dans des organismes communautaires.J\u2019ai également pu faire plusieurs photos de couverture pour le magazine.Comme celle de Justin Trudeau lorsque L\u2019Itinéraire s\u2019est rendu à son bureau d\u2019Ottawa pour une entrevue exclusive, ou celle de la mairesse Valérie Plante à Montréal.En 2017, j\u2019ai reçu le prix de la meilleure photo de presse de l\u2019Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) pour le portrait d\u2019un camelot que l\u2019on retrouve dans le calendrier 2017 de L\u2019Itinéraire.Ce calendrier a été réalisé en collaboration avec 11 photographes réputés du Québec.Parmi eux, le photojournaliste Martin Tremblay du quotidien La Presse.J\u2019ai eu la chance de pouvoir le suivre sur le terrain lors de mon premier stage de ce réputé journal.Mes photos, qui résumaient le stage de mes collègues, ont par la suite été publiées dans les versions numérique et papier du journal du 1er juillet 2017.J\u2019ai assisté à des vernissages, des spectacles, des conférences de presse et participé à des projets variés.Parmi ceux-ci, les ateliers de haïkus en collaboration avec la Grande Bibliothèque.Après le travail en atelier, les poèmes de différents camelots et les miens ont été inscrits sur une structure qui projetait des poèmes au sol grâce au soleil.J\u2019ai fait de l\u2019improvisation avec mes collègues lors des pauses d\u2019un match de la Ligue Nationale d\u2019Improvisation (LNI) au Club Soda, devant des centaines de personnes.J\u2019ai rédigé plusieurs textes dont La remise bibliothèque d\u2019outils, La coop les Valoristes, La monnaie locale complémentaire et une entrevue avec Vincent Verzat, un vidéaste activiste français.D\u2019ailleurs, un de mes textes se trouve dans le premier recueil Sentinelles qui regroupe une sélection des meilleurs textes de camelots depuis le début du magazine L\u2019Itinéraire.Mon entrevue coup de cœur : Guillaume Vermette, clown humanitaire qui présente des spectacles et va à la rencontre des gens partout dans le monde (dans les camps de réfugiés, orphelinats, centre de personnes âgées et hôpitaux) afin de distribuer du bonheur, de l\u2019espoir, et de l\u2019amour ! Et tout ça bénévolement.Actuellement, je fais une pause de photographie afin de me concentrer sur d\u2019autres défis.Je suis de retour à la cuisine de l\u2019organisme pour quelque temps.Je remercie l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire pour le soutien qu\u2019elle m\u2019a apporté au fil des ans ainsi que pour l\u2019expérience et l\u2019apprentissage que j\u2019ai pu acquérir grâce à son aide.De la cuisine à la photographie PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT CUISINE TRANCHES DE VIE Les personnes qui se retrouvent dans la rue ont différents besoins.Les organismes communautaires et le réseau de la santé et des services sociaux ont pour mission de les aider en offrant diverses actions de travail de rue et de proximité.Tout en assurant des représentations auprès du gouvernement du Québec pour des interventions suffisantes auprès des personnes vulnérables, la Ville participe également en soutenant des projets d\u2019urgence qui concernent l\u2019espace public et la sécurité de tous.Le premier journal de rue a été le Street News de New York, en 1989.Puis il y a eu le célèbre The Big Issue de Londres en 1992 dont le fondateur, John Bird, est venu à Montréal présenter son concept.Inspirés notamment par ces expériences, les membres du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire ont voulu réaliser une entreprise semblable.En 1993, des élus municipaux et provinciaux ont participé à la vente d\u2019un projet pilote, durant une journée.Puis la Ville a offert une première contribution de 30 000 $ pour le démarrage en mai 1994.« Un règlement municipal, toujours en vigueur, permettait de vendre un journal dans l\u2019espace public, relate Serge Lareault, directeur à L\u2019Itinéraire de 1994 à 2014 et aujourd\u2019hui Commissaire aux personnes en situation d\u2019itinérance à la Ville de Montréal.Nous avons ainsi pu diriger les premiers camelots dans les rues de Montréal, à commencer par les quartiers Centre-Sud et Plateau Mont-Royal.Le SPVM a aussi été très contributif en informant tous les postes de police pour expliquer aux patrouilleurs que les camelots étaient autorisés par la Ville à vendre sur les trottoirs.» Pour garantir le succès du journal de rue, dans le cadre d\u2019une ville où les hivers sont très froids, il fallait permettre aux camelots de vendre à l\u2019intérieur.La STM a été la première société de transport à permettre à des camelots de vendre dans les stations.Encore aujourd\u2019hui, les camelots sont présents dans le réseau souterrain de Montréal.« Ce partenariat avec la STM a été essentiel », souligne Serge Lareault.En 25 ans, la Ville de Montréal n\u2019a jamais cessé son partenariat avec L\u2019Itinéraire et ce par divers projets dont l\u2019acquisition de leur immeuble, au coin des rues Sainte-Catherine et De Lorimier.Plus récemment, avec la collaboration de l\u2019arrondissement Ville-Marie, le Café de la Maison ronde, situé dans le Square Cabot, est un autre partenariat de réinsertion socioprofessionnelle et de cohabitation sociale où l\u2019expertise de L\u2019Itinéraire est mise à contribution pour soutenir les citoyens et les Autochtones du secteur.« Nous pouvons être fiers de notre journal de rue montré- alais, affirme la mairesse Valérie Plante.Cette publication, son groupe énergique et ses camelots ont apporté à la métropole ce visage humain que nous reconnaissons.L\u2019Itinéraire, c\u2019est 25 ans de messages de solidarité, d\u2019informations pour aider les Montréalaises et les Montréalais à mieux comprendre l\u2019itinérance, à combattre les préjugés et l\u2019isolement social.Longue vie à L\u2019Itinéraire ! ».L\u2019Itinéraire un succès montréalais PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL Le Café de la Maison ronde, un partenariat entre L\u2019Itinéraire, la Ville de Montréal et l\u2019arrondissement Ville-Marie, illustre comment le journal de rue a développé son approche d\u2019insertion socioprofessionnelle.P h o t o : M a r i o A l b e r t o R e y e s Z a m o r a Les personnes qui se retrouvent dans la rue ont différents besoins.Les organismes communautaires et le réseau de la santé et des services sociaux ont pour mission de les aider en offrant diverses actions de travail de rue et de proximité.Tout en assurant des représentations auprès du gouvernement du Québec pour des interventions suffisantes auprès des personnes vulnérables, la Ville participe également en soutenant des projets d\u2019urgence qui concernent l\u2019espace public et la sécurité de tous.Le premier journal de rue a été le Street News de New York, en 1989.Puis il y a eu le célèbre The Big Issue de Londres en 1992 dont le fondateur, John Bird, est venu à Montréal présenter son concept.Inspirés notamment par ces expériences, les membres du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire ont voulu réaliser une entreprise semblable.En 1993, des élus municipaux et provinciaux ont participé à la vente d\u2019un projet pilote, durant une journée.Puis la Ville a offert une première contribution de 30 000 $ pour le démarrage en mai 1994.« Un règlement municipal, toujours en vigueur, permettait de vendre un journal dans l\u2019espace public, relate Serge Lareault, directeur à L\u2019Itinéraire de 1994 à 2014 et aujourd\u2019hui Commissaire aux personnes en situation d\u2019itinérance à la Ville de Montréal.Nous avons ainsi pu diriger les premiers camelots dans les rues de Montréal, à commencer par les quartiers Centre-Sud et Plateau Mont-Royal.Le SPVM a aussi été très contributif en informant tous les postes de police pour expliquer aux patrouilleurs que les camelots étaient autorisés par la Ville à vendre sur les trottoirs.» Pour garantir le succès du journal de rue, dans le cadre d\u2019une ville où les hivers sont très froids, il fallait permettre aux camelots de vendre à l\u2019intérieur.La STM a été la première société de transport à permettre à des camelots de vendre dans les stations.Encore aujourd\u2019hui, les camelots sont présents dans le réseau souterrain de Montréal.« Ce partenariat avec la STM a été essentiel », souligne Serge Lareault.En 25 ans, la Ville de Montréal n\u2019a jamais cessé son partenariat avec L\u2019Itinéraire et ce par divers projets dont l\u2019acquisition de leur immeuble, au coin des rues Sainte-Catherine et De Lorimier.Plus récemment, avec la collaboration de l\u2019arrondissement Ville-Marie, le Café de la Maison ronde, situé dans le Square Cabot, est un autre partenariat de réinsertion socioprofessionnelle et de cohabitation sociale où l\u2019expertise de L\u2019Itinéraire est mise à contribution pour soutenir les citoyens et les Autochtones du secteur.« Nous pouvons être fiers de notre journal de rue montré- alais, affirme la mairesse Valérie Plante.Cette publication, son groupe énergique et ses camelots ont apporté à la métropole ce visage humain que nous reconnaissons.L\u2019Itinéraire, c\u2019est 25 ans de messages de solidarité, d\u2019informations pour aider les Montréalaises et les Montréalais à mieux comprendre l\u2019itinérance, à combattre les préjugés et l\u2019isolement social.Longue vie à L\u2019Itinéraire ! ».L\u2019Itinéraire un succès montréalais PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL Le Café de la Maison ronde, un partenariat entre L\u2019Itinéraire, la Ville de Montréal et l\u2019arrondissement Ville-Marie, illustre comment le journal de rue a développé son approche d\u2019insertion socioprofessionnelle.P h o t o : M a r i o A l b e r t o R e y e s Z a m o r a Malgré quelques changements cosmétiques (comme les modifications de noms de rue et l\u2019ajout d\u2019un pin blanc sur le drapeau de la Ville), ainsi qu\u2019une présence de plus en plus grande dans les médias, les Premières Nations sont encore trop peu visibles à Montréal.Bien souvent, on les côtoie sans le savoir et bien souvent, la seule réalité qu\u2019on connait de ces peuples se résume aux problématiques d\u2019itinérance, de toxicomanie et de précarité.Cependant, comme toute autre communauté, le visage des Autochtones urbains est multiple.Né en 2015 à la suite de la rénovation du square Cabot, à côté du métro Atwater, le Café de la Maison ronde a pour objectif de permettre aux Autochtones en situation de précarité de s\u2019intégrer progressivement au marché du travail, et, selon Charles-Éric Lavery, chef du développement social à L\u2019Itinéraire, « favoriser le vivre-ensemble à travers la création de liens sociaux positifs entre les communautés ».Le projet a été réalisé en collaboration avec l\u2019arrondissement Ville-Marie, ainsi que le RÉSEAU pour la stratégie urbaine et la communauté autochtone de Montréal.Afin d\u2019orienter les travaux du square Cabot en faveur d\u2019une meilleure cohabitation sociale, un comité réunissant les partenaires du milieu a été formé en 2014 : « Le comité d\u2019action sur la sécurité urbaine a mis en place des projets, dont l\u2019un était axé sur l\u2019 intervention sociale, raconte Annie Gauthier, conseillère en développement communautaire pour l\u2019arrondissement Ville- Marie.On voulait éviter qu\u2019une fois le parc fermé, les gens en par Jason Paré Maison ronde Le Café de la D\u2019une nation à l\u2019autre 2016 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA difficulté se retrouvent sans ressources.On voulait qu\u2019 ils puissent continuer à bénéficier des services des organismes du coin.» Les préjugés envers les Autochtones du secteur étant nombreux, le comité souhaitait changer les perceptions, et du même coup, faire découvrir leurs cultures à la population.De là est née l\u2019idée de donner une nouvelle vocation à la vespasienne située dans le parc urbain : « On s\u2019est dit, pourquoi pas un café où l\u2019on pourrait développer une entreprise d\u2019 insertion sociale avec un volet autochtone », se remémore Annie Gauthier.« Au lieu d\u2019opter pour un café privé, le comité a plutôt demandé à des organismes qui seraient partants pour l\u2019exploiter.Ils ont approché L\u2019Itinéraire, car l\u2019organisme avait déjà une expertise en gestion de café », explique Mélodie Grenier, chargée de projet du Volet autochtone à L\u2019Itinéraire.Et selon Annie Gauthier, en plus de la gestion à l\u2019interne d\u2019un café, le type de clientèle avec laquelle L\u2019Itinéraire intervient, ainsi que son expertise dans le domaine de l\u2019économie sociale ont également été des facteurs qui ont poussé le comité à rencontrer l\u2019organisme.Un programme spécifique pour les Autochtones L\u2019idée de créer au square Cabot le premier café autochtone de Montréal a été motivée par la forte concentration de personnes issues des Premières Nations et des communautés inuites dans le secteur.Cette concentration s\u2019explique, entre autres, par la présence de plusieurs organismes qui travaillent auprès des Autochtones en situation d\u2019itinérance ou de précarité.La communauté autochtone de la métropole est très plurielle et rejoint toutes les nations.Il y a des Innus, des Ojibwés, des Mohawks et des Abénakis.Cependant, la communauté la plus représentée dans le square Cabot sont les Inuits.La mission du Café de la Maison ronde ressemble beaucoup à celle du magazine L\u2019Itinéraire : l\u2019empowerment (autonomisation) des participants grâce à un programme de préemployabilité, une première dans le cas des Premières Nations à Montréal.« Il y a des programmes d\u2019employabilité pour les Autochtones, mais pas en préemployabilité, soutient Mélodie Grenier.Et, quand on parle de préemployabilité, on parle d\u2019un travail qui est adapté et qui est à l\u2019écoute des besoins spécifiques des communautés autochtones et inuites en situation de précarité.» Charles-Éric Lavery abonde en ce sens : « Le programme de travail alternatif répond à un réel besoin, puisqu\u2019 il n\u2019existe quasiment aucun programme similaire à Montréal.C\u2019est donc pour de nombreuses personnes une opportunité inespérée de regagner sa dignité, son estime de soi et de créer des liens sociaux positifs.» Bref, une opportunité d\u2019emploi offerte à des personnes qui n\u2019en avaient pas, surtout celles en situation d\u2019itinérance.52 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans 2017 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA p u b l i c i t é Les participantes du Café de la Maison ronde proviennent de différents organismes, dont le centre d\u2019hébergement Foyer pour femmes autochtones, ainsi que Chez Doris, un centre de jour pour femmes.Ce dernier est situé tout près du square Cabot.« Les femmes nous voient tous les jours et elles ont envie de travailler.Il y a une belle complicité avec Chez Doris », se réjouit Mélodie Grenier.La présence de L\u2019Itinéraire dans des comités autochtones et des comités en itinérance permet aux partenaires de bien comprendre les objectifs : « Avec le temps, L\u2019Itinéraire a créé beaucoup de liens avec les organismes autochtones, entre autres pour aller chercher de futurs travailleurs à la journée, constate Annie Gauthier.Peut-être que certains se demandent encore si le projet ne pourrait pas être géré par un organisme autochtone, mais je pense que L\u2019Itinéraire est de plus en plus accepté dans le milieu.» Un départ qui fait mal En juillet 2018, le centre de jour Open Door, qui procure des services aux sans-abri et aux personnes à faible revenu, même en état d\u2019intoxication, a quitté le quartier.Il y a trois ans, l\u2019église St.Stephen que l\u2019organisme occupait a été vendue au promoteur Stanford Properties Group, afin d\u2019être rénovée et transformée en immeuble à logements.Ce déménagement a eu des impacts importants, accentuant la détresse des Autochtones qui fréquentent le quartier.Est-ce que l\u2019arrondissement a pensé à une stratégie pour remédier aux problèmes occasionnés par ce départ ?« Il y a plusieurs stratégies en place, affirme Annie Gauthier.On est en train de travailler avec des organismes du milieu sur un futur centre de jour dans le secteur pour remplacer celui d\u2019Open Door.Le travail avance super bien.On est en négociation pour un lieu et notre objectif est d\u2019ouvrir cet automne.» 2018, LE MINISTRE JEAN-YVES DUCLOS ET LUC DESJARDINS, DG DE L'ITINÉRAIRE MARIO ALBERTO REYES ZAMORA 2019, NAHKA ET ELLA PASCALE PLANET Félicitations pour les 25 ans de l\u2019itinéraire Kim, une cliente de Chez Doris originaire de la région de Qikiqtaaluk, en compagnie de Nahka, coordinatrice du café.Nous sommes fiers d\u2019être partenaire avec vous ! chezdoris.org publicité Pour la suite du monde Depuis l\u2019ouverture du café en 2015, Annie Gauthier remarque plusieurs effets et changements positifs : « Ç\u2019a changé les perceptions au sujet des Autochtones et amélioré la connaissance de leur culture.Ç\u2019a permis aussi aux personnes plus marginales qui étaient là de tisser des liens avec le Café de la Maison ronde.Il y a une communauté qui s\u2019est créée autour de ce projet.Beaucoup de travail s\u2019est fait en termes de visibilité : la couverture médiatique est de plus en plus grande et des événements artistiques ont permis de promouvoir le café.» Le Café de la Maison ronde peut compter sur plusieurs partenaires.Il y a bien sûr l\u2019arrondissement Ville-Marie qui prête la vespasienne et fournit beaucoup de matériel, ainsi que le gouvernement du Canada, dont le soutien permet de financer le programme de travail alternatif.« Sinon, en plus des organismes tels que Chez Doris, le Foyer des femmes autochtones et Native Montreal, il y a aussi des entreprises comme Rise Kombucha et Café Brossard qui contribuent à notre mission.Il y a également Moccasin Jo Coffee Roasters and Cafe qui n\u2019est pas tant un partenaire, mais plutôt un fournisseur, ce qui est super important, parce que c\u2019est la seule maison de torréfaction autochtone.» Afin de répondre à une demande qui était constante dans les années précédentes, de la crème glacée a été ajoutée au menu du Café, commanditée par la Laiterie de Coaticook.Autre ajout : des burgers de saumon sont maintenant offerts à la clientèle.Bref, si vous passez dans le coin, vous devriez vous arrêter au Café de la Maison ronde afin de casser la croûte.Vous contribuerez ainsi à une belle mission.Et en plus, c\u2019est très bon ! 54 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans Zoom sur l\u2019unique café autochtone de Montréal LES 25 ANS DE L\u2019ITINÉRAIRE 1 9 - C S L D S - 1 8 0 Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie L\u2019arrondissement de Ville-Marie est ?er de soutenir L\u2019Itinéraire et son Café de la Maison ronde Fruit d\u2019une collaboration entre l\u2019Arrondissement et les partenaires du milieu, le Café de la Maison ronde a vu le jour en 2015, avec le réaménagement du square Cabot.Il devient rapidement un lieu incontournable pour les passants et les foodies qui veulent déguster de délicieux mets inspirés de la culture des Premières Nations : pain bannique, tacos autochtones, scone dog et plus.L\u2019objectif du café ?Goûter à de nouvelles saveurs, certes, mais aussi favoriser la mixité sociale, créer des ponts avec la communauté autochtone et faire découvrir un beau projet d'économie sociale instauré et géré par L'Itinéraire.FÉLICITATIONS AUX PARTENAIRES! Cependant, ma situation financière était vraiment précaire.Ce fut donc l\u2019année des carottes, des macaronis au jus de tomate, et des toasts au beurre de pinottes.Ma situation familiale n\u2019était pas, elle non plus, très joyeuse.Mise en contexte Un an auparavant, j\u2019avais décidé de quitter le père de mon fils parce qu\u2019il voyait déjà en sa progéniture un futur criminel, un vendeur de drogue digne des films d\u2019Al Pacino.Ce qui, soit dit en passant, m\u2019a mis dans une merde financière terrible.Lorsque je l\u2019ai quitté, il ne voulait pas prendre ses responsabilités parentales.Après quelque temps, ses liens avec le crime organisé l\u2019ont mené tout droit derrière les barreaux.Il a reçu une sentence pour un crime qu\u2019il n\u2019avait pas commis : six ans de pénitencier pour holdup.Robin finira par se suicider.Il y a 25 ans, j\u2019avais la tête pleine de projets et le cœur rempli d\u2019espoir.Honnêtement, il y a 25 ans, je n\u2019aspirais pas à devenir camelot dans la vie, mais les choix que j\u2019ai faits m\u2019ont menée vers cet organisme communautaire.Et, comme dirait Édith Piaf : non, je ne regrette rien.En 1994, alors que le journal en était à ses premiers balbutiements, j\u2019étais de mon côté assez loin d\u2019un point de vue géographique, mais assez près de ma réalité d\u2019aujourd\u2019hui.Je vous explique.À cette époque, je demeurais au Saguenay avec un enfant âgé de deux ans.Je m\u2019affairais à retourner sur les bancs d\u2019école pour terminer mon DEC au Cégep de Jonquière en technique de la documentation.Des projets plein la tête JO REDWITCH, 2018 MILTON FERNANDES Jo Redwitch CAMELOT MÉTRO McGILL 600, chemin du Golf, L\u2019Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A8 990, avenue Holland, Québec (Québec) G1S 3T1 apciq.ca Félicitations à L\u2019Itinéraire pour 25 ans de succès Malgré le manque d\u2019argent, j\u2019ai quand même poursuivi mon projet d\u2019études, j\u2019ai accepté de me débrouiller seule.Je suis donc devenue étudiante à temps plein et cheffe de famille monoparen- tale.Il fallait cependant que je m\u2019éloigne du milieu dans lequel j\u2019étais pour accomplir mon projet.J\u2019ai pris mes distances de la vente de drogue, mais aussi de mes amis toxiques.Difficiles décisions, mais combien vitales pour la jeune vie de mon enfant.Nous étions juste lui et moi.L\u2019année 1994 a été difficile, mais j\u2019aimais étudier ; je tiens cela de mon père.Je voulais avoir une carrière pour mon fils, pour qu\u2019il soit fier de moi.Tournant de ma vie Comme plusieurs de mes clients le savent, je me suis accroché les pieds dans les bars après mes études.Au départ, ce travail d\u2019été n\u2019était qu\u2019une solution temporaire.Je pensais le faire pour mon fils, pour qu\u2019on vive mieux.Mais la réalité était toute autre.Ce n\u2019était pas seulement un gagne-pain : j\u2019avais un immense besoin d\u2019approbation, des hommes en particulier.À ce moment-là, je n\u2019étais pas consciente de cette carence infantile.Mon côté séduction a pris le dessus.L\u2019argent rapide m\u2019aidait à devenir une femme en apparence accomplie.J\u2019ai donc continué longtemps dans ce pattern qui a été nocif à long terme.Dire que je voulais devenir une bibliothécaire.Bon, on y repensera\u2026 Pour tout vous dire, avec du recul, je prends conscience que c\u2019est moi qui me suis imposée certaines de ces épreuves.Même si je me suis sortie aujourd\u2019hui de tout ce bordel, j\u2019éprouve quand même des regrets pour ce que j\u2019ai fait vivre à mes proches, surtout à mon fils.J\u2019aurais vraiment aimé qu\u2019il soit fier de moi.L\u2019arrivée au groupe C\u2019est une amie qui était camelot qui m\u2019a fait connaître L\u2019Itinéraire.Vendre un magazine au cœur du centre-ville de Montréal, ce n\u2019est pas banal ni évident, même aujourd\u2019hui.Lorsque je suis entrée à la cafétéria, je suis tombée sous le charme de cette ruche d\u2019abeilles bouillonnante d\u2019idées et de projets.Si je conserve des séquelles importantes de mon ancienne vie, je ne suis pas là pour m\u2019apitoyer.Je demeure sur mon spot, pour essayer d\u2019égayer la journée des gens.Je garde le sourire autant que possible.Un camelot, c\u2019est d\u2019abord ça sa job, c\u2019est d\u2019être là pour les passants.Parfois, les clients se confient et cela donne un sens au travail, un sens à la vie.On renforce notre estime en parlant aux gens qui daignent s\u2019arrêter quelques minutes.Depuis le début, L\u2019Itinéraire m\u2019a aidée dans plusieurs domaines et j\u2019en suis très reconnaissante.J\u2019ai de nouveau des projets d\u2019études qui me tiennent à cœur, et ce, grâce au magazine et aux clients qui m\u2019ont si généreusement encouragée dans mes démarches.Il y a 25 ans, le journal se préparait à devenir le magazine qu\u2019il est aujourd\u2019hui.Parce que L\u2019Itinéraire c\u2019est bien plus qu\u2019un magazine : c\u2019est du soutien psychosocial, de l\u2019aide alimentaire, de l\u2019aide au logement, une cafétéria accueillante, des camelots tous plus uniques les uns que les autres sans compter bon nombre de bénévoles qui embrassent la cause et m\u2019aident à devenir encore meilleure.Je compte toujours retourner aux études en septembre.Mais ce n\u2019est pas pour quitter L\u2019Itinéraire.C\u2019est pour parfaire mon style d\u2019écriture.Merci la gang ! 57 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 25e ANNIVERSAIRE L\u2019ITINÉRAIRE Au nom de tous les Lavallois, je souhaite longue vie au magazine L\u2019Itinéraire, qui fête cette année son 25e anniversaire.La publication, distribuée sur notre territoire aux stations de métro Montmorency et Cartier, agit chez nous comme ailleurs en tant que levier pour les personnes en situation d\u2019itinérance ou à risque de l\u2019être.Bien que Laval soit connue à travers la grande région métropolitaine comme une ville offrant une qualité de vie enviable, comme toutes les autres grandes villes, elle doit composer avec des enjeux de précarité.En effet, environ 50 000 personnes y vivent sous le seuil de la pauvreté.Cette situation nous préoccupe et nous posons des gestes concrets pour y répondre.Nous avons, par exemple, réuni tous nos partenaires autour d\u2019une politique régionale de développement social, un fait rare au Québec.Solidaires, nous travaillons ainsi à l\u2019amélioration des conditions de vie de tous les citoyens afin de briser l\u2019isolement, de favoriser les rapprochements et de renforcer la cohésion sociale et le sentiment d\u2019appartenance.Les 25 ans de L\u2019Itinéraire témoignent de la force de ces réseaux de solidarité, qui agissent comme de véritables catalyseurs du mieux-vivre ensemble.Bravo à toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire, une initiative qui continue de nous inspirer ! Marc Demers Maire de Laval L\u2019Itinéraire a indéniablement des racines montréalaises.Mais depuis plusieurs années, le magazine prend de l\u2019expansion hors des frontières de la métropole.On retrouve désormais des camelots à Laval, Longueuil, Saint-Jérôme, Sutton et Granby.Et au-delà des ventes du magazine de rue, ce rayonnement permet à L\u2019Itinéraire de changer encore plus de vies.Si on remonte aux tout débuts du magazine, en 1994, le territoire de vente de L\u2019Itinéraire se limitait principalement au « bas de la ville » de Montréal, à l\u2019est du boulevard Saint-Laurent.Petit à petit, le nombre de camelots vient gonfler les rangs de l\u2019organisme et force l\u2019agrandissement du territoire de vente au sein de la métropole.La Société de transport de Montréal (STM), de son côté, apporte un soutien inestimable à la cause en permettant aux camelots de vendre aux abords et dans les stations de métro, ce qui permet à L\u2019Itinéraire de prendre de l\u2019expansion.D\u2019autant plus que la STM offre un certain nombre de titres de transport gratuits destinés à nos camelots pour les aider dans leur travail.Aujourd\u2019hui, plus de la moitié des 68 stations de métro de la métropole, de Longueuil et de Laval sont occupées par nos camelots, ce qui représente près de 40 % des ventes totales du magazine.Si à Montréal le recrutement de camelots se fait surtout de bouche- à-oreille, beaucoup d\u2019entre eux proviennent également des refuges comme l\u2019Accueil Bonneau ou la Maison du Père.D\u2019autres nous sont référés par des organismes communautaires qui travaillent avec des sans-abri et des personnes en situation de vulnérabilité sociale et économique, ainsi que des institutions de la santé comme le CIUSS.Pour ouvrir de nouveaux territoires dans d\u2019autres municipalités, il faut des permissions de vendre à des endroits spécifiques.On n\u2019arrive pas avec nos gros sabots dans une ville pour s\u2019installer n\u2019importe où, il faut l\u2019aval des autorités.De plus, l\u2019entrée dans une nouvelle ville se fait majoritairement en collaboration avec des organismes locaux qui partagent notre mission.Lorsque nous accueillons de nouveaux camelots dans d\u2019autres villes, c\u2019est grâce aux liens que nous tissons avec des groupes communautaires qui œuvrent auprès des personnes démunies, en situation d\u2019itinérance, en santé mentale, en toxicomanie, etc.par Josée Panet-Raymond L\u2019Itinéraire en expansion Au-delà des frontières montréalaises JEAN-MARIE LAPOINTE ET SON AMI BERTRAND DEROME, 2016 CAMELOT D\u2019UN JOUR 2017 À LONGUEUIL MAGALIE PAQUET JEAN-CLAUDE NAULT AVEC LE MAIRE DE LAVAL MARC DEMERS, 2018 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA L\u2019Itinéraire à Laval L\u2019Itinéraire a fait son entrée à Laval en 2007, année de la mise en service des métros Cartier, Montmorency et De la Concorde.Dès lors, nos camelots vendent à l\u2019intérieur des deux premières stations où transitent des millions de personnes chaque année.Le souhait de L\u2019Itinéraire est de travailler avec des organismes locaux pour recruter des camelots lavallois afin qu\u2019ils puissent vendre dans les rues de Laval et ainsi avoir la possibilité d\u2019améliorer leurs conditions de vie.En effet, la troisième plus grande ville au Québec, dont la population s\u2019élève à environ 438 000 habitants, compte quelque 50 000 personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté.De plus, l\u2019itinérance y est bien présente, mais elle n\u2019est pas aussi visible qu\u2019à Montréal.On parle davantage d\u2019itinérance cachée de gens qui sont sans domicile fixe.Au cours des dernières années, L\u2019Itinéraire a rencontré le Réseau des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIIL) et a présenté son projet.Nous avons discuté des façons dont nous pourrions collaborer pour offrir l\u2019opportunité de devenir camelot aux personnes vivant l\u2019exclusion et la précarité sociale et économique.Outre les organismes communautaires, L\u2019Itinéraire a eu l\u2019occasion de rencontrer le maire Marc Demers, qui s\u2019est montré sympathique à notre cause.Lors d\u2019une entrevue exclusive en début d\u2019année 2019, le maire s\u2019est confié à notre camelot-rédacteur sur son enfance marquée par la pauvreté et son désir d\u2019aider les plus vulnérables de la société.Et puis, question de s\u2019imprégner de la réalité des camelots, le premier magistrat de l\u2019 île Jésus a participé, à deux reprises, à notre événement-phare Camelot d\u2019un jour et réitérera l\u2019expérience pour une troisième année lors de la 5e édition, le 12 septembre.À l\u2019occasion de cette activité de sensibilisation, le maire, comme une vingtaine d\u2019autres personnalités connues, est jumelé à un camelot pour vendre le magazine pendant une heure.Avec le temps, et en tissant des liens avec les acteurs locaux, il est à souhaiter que les camelots lavallois seront plus présents dans les rues de cette ville.Une perspective qui est toujours en développement, mais dans laquelle nous plaçons beaucoup d\u2019espoirs.À Longueuil L\u2019Itinéraire s\u2019est implanté à Longueuil en 2016, avec comme objectif d\u2019améliorer la vie des personnes vulnérables, en plus d\u2019étendre le territoire de vente du magazine.Longueuil, qui figure comme la cinquième ville en importance au Québec, compte une densité intéressante.Et, comme de nombreuses municipalités québécoises, elle n\u2019est pas exempte des problèmes qu\u2019on retrouve à Montréal.Il y existe des enjeux de pauvreté extrême de même que la présence de personnes en situation d\u2019itinérance, une réalité qui est de plus en plus visible dans des endroits plus achalandés comme la rue Saint-Charles dans le Vieux-Longueuil, le terminus du métro Longueuil et près des centres commerciaux.Afin de concrétiser cette implantation, L\u2019Itinéraire a contacté la Table d\u2019itinérance Rive-Sud (TIRS) en 2015 pour tâter l\u2019intérêt du regroupement de plus d\u2019une vingtaine d\u2019organismes communautaires de la région de participer à la démarche.C\u2019est avec beaucoup d\u2019ouverture et d\u2019enthousiasme que la TIRS et ses organismes membres, de même que la Ville de Longueuil, le cabinet de la mairesse et le Service de police de Longueuil ont collaboré pour permettre à des camelots longueuillois de vendre L\u2019Itinéraire sur leur territoire.Aujourd\u2019hui, sept camelots vendent le magazine à différents endroits de la Ville dont dans cinq bibliothèques publiques.De plus, le Réseau de transport de Longueuil fournit des passes mensuelles à nous camelots.60 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans LA VOIX DE L\u2019EST, MARS 2014 ARCHIVES L\u2019ITINÉRAIRE JEAN-MARIE LAPOINTE ET SON AMI BERTRAND DEROME, 2016 La présence régulière des camelots fait partie de la vie quotidienne de gens de Longueuil et on peut désormais lire des textes et articles rédigés par ces camelots longueuillois dans les pages du magazine, qui compte de plus en plus de lecteurs sur la Rive-sud.Mentionnons par ailleurs que, grâce au partenariat avec la TIRS, la carte-repas solidaire de L\u2019Itinéraire, qui permet à toute personne dans le besoin de manger un bon repas dans une ressource communautaire est maintenant disponible au Repas du passant à Longueuil.L\u2019histoire de Monsieur Sutton\u2026 et Monsieur Granby Si l\u2019implantation dans d\u2019autres villes passe d\u2019abord par des organismes, parfois, elle se fait tout naturellement, grâce à l\u2019intervention de camelots.C\u2019est le cas des villes de Sutton et Granby.Que fait L\u2019Itinéraire dans les Cantons-de-l\u2019Est ?Demandez-le à notre camelot Bertrand Derome, alias Monsieur Granby ou Monsieur Sutton, comme il est communément appelé dans ce coin du pays.Bertrand, aujourd\u2019hui âgé de 60 ans, a connu une vie de galère dès son plus jeune âge, lui qui a été aux prises avec de graves problèmes de toxicomanie.Après avoir fréquenté le milieu interlope et fait quelques séjours en prison, puis en maison de transition, Bertrand s\u2019est retrouvé dans la rue, sans-abri.Les nombreuses cures de désintoxication et les thérapies répétées n\u2019auront rien donné, jusqu\u2019à ce que ses parents, à bout de ressources, viennent cueillir leur fils sur le coin où il quêtait régulièrement.Pour l\u2019aider à se remettre sur pied, ils le ramènent chez eux, puis l\u2019envoient faire une retraite spirituelle à Sutton.L\u2019accro au crack et à la cocaïne y séjournera dans le silence absolu, selon la vocation du monastère.C\u2019est ce qui finira par vaincre sa dépendance à la drogue et le mettre sur le chemin de la sobriété.Une sobriété qui dure maintenant depuis plus de 10 ans.Au terme de sa retraite, Bertrand choisit de s\u2019installer dans le bucolique village de Sutton.Son spot de vente se trouve en face du bureau de poste, sur la rue principale jalonnée de charmantes boutiques et de commerces locaux et située au pied de la montagne.Dans une entrevue qu\u2019il nous avait accordée en 2012, Bertrand relatait que pendant ses années dans la rue, il fréquentait L\u2019Itinéraire et se disait «\u2026 qu\u2019un jour, j\u2019allais la vendre cette revue-là et c\u2019est chose faite ! ».Aujourd\u2019hui, tout le monde connaît Bertrand Derome et les villageois sont non seulement de fidèles clients, mais des amis qui soutiennent le camelot avec encouragements et bons mots.Puis, en 2015, Bertrand a souhaité étendre son champ d\u2019action.C\u2019est ainsi que le camelot s\u2019est retrouvé au centre-ville de Granby pour vendre L\u2019Itinéraire.Cette fois, il a été appuyé par le Groupe actions solutions pauvreté Haute-Yamaska (GASP) qui est intervenu auprès du conseil de ville pour qu\u2019il accorde au camelot le permis de vendre L\u2019Itinéraire sur son territoire.La Ville finira par octroyer le droit de vente à six emplacements un peu partout dans cette ville aux limites de la Montérégie et de l\u2019Estrie.De plus, grâce au GASP, la carte-repas solidaire de L\u2019Itinéraire est désormais acceptée au Partage Notre-Dame, un restaurant populaire situé rue Racine à Granby.Depuis qu\u2019il est camelot, Bertrand Derome, l\u2019un de nos meilleurs ambassadeurs, a très souvent défrayé la manchette dans les journaux tels La Voix de l\u2019Est et Le Nouvelliste.Le cheminement de Monsieur Sutton et Granby a d\u2019ailleurs impressionné à un tel point les gens de la région, que le député François Bonnardel lui a décerné la médaille de l\u2019Assemblée nationale, distinction rarement accordée à des citoyens ayant un parcours hors de l\u2019ordinaire. CAMELOT D\u2019UN JOUR 2017 À SAINT-JÉRÔME YVES MANSEAU AVEC STÉPHANE MAHER, MAIRE DE SAINT-JÉRÔME, 2018 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Saint-Jérôme félicite l\u2019Itinéraire pour ses 25 ans d\u2019existence ! p u b l i c i t é \u2026 et enfin à Saint-Jérôme L\u2019Itinéraire a rejoint les Laurentides en 2016.Un peu à l\u2019instar de Bertrand Derome, c\u2019est un de nos camelots de l\u2019époque, Yves Manseau qui a souhaité pouvoir vendre le magazine dans sa ville de résidence, Saint-Jérôme.Le militant anti pauvreté qui a connu des périodes sans domicile fixe avait mis sur pied en 2014 le Collectif de la Rue Solidarité des Laurentides pour venir en aide aux personnes en situation d\u2019itinérance dans cette ville des Basses-Laurentides.Le projet de recruter des camelots et d\u2019implanter L\u2019Itinéraire sur le territoire de Saint-Jérôme s\u2019imposait donc.La Ville de Saint-Jérôme a accueilli l\u2019initiative avec enthousiasme et a autorisé la vente.Yves Manseau a depuis cessé d'être camelot et c'est désormais Jocelyn Chrétien (2e à g.sur la photo ci-dessus) et France Gagnon (absente sur la photo) qui assument ce rôle à Saint-Jérôme.Le maire Stéphane Maher, qui a reconnu l\u2019importance de la mission sociale de L\u2019Itinéraire, a même écrit une lettre de remerciement à notre intention, dans laquelle il souligne l\u2019importance du magazine et mentionne que « dans cette marée médiatique où chaque groupe tente de trouver sa place, L\u2019Itinéraire exerce un rôle capital en ajoutant à son arc des valeurs humaines et une mission à caractère social ».Il indique également : « \u2026 en accompagnant des personnes marginalisées\u2026 L\u2019Itinéraire participe grandement à la transformation de Saint-Jérôme en véritable cité de possibilités.» Tout comme le maire de Saint-Jérôme, nous croyons que là où il y a des personnes qui sont en situation d\u2019itinérance ou à risque de l\u2019être, qui vivent de l\u2019exclusion sociale et connaissent l\u2019extrême pauvreté, L\u2019Itinéraire peut être pour ces hommes et femmes une cité de possibilités.62 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans Chaque jour, le magazine L\u2019Itinéraire contribue à briser l\u2019isolement et à améliorer les conditions de vie des personnes marginalisées.Célébrons les ans de travail de ses artisanes et artisans ! L\u2019Itinéraire - 8,5 po x 10,875 po, couleurs 1 8 1 9 - 3 2 0 De gauche à droite : Andrés Fontecilla - Député de Laurier-Dorion, Manon Massé - Députée de Ste-Marie\u2013St-Jacques, Alexandre Leduc - Député d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, Gabriel Nadeau-Dubois - Député de Gouin, Vincent Marissal - Député de Rosemont, Ruba Ghazal - Députée de Mercier Félicitations à L\u2019ITINÉRAIRE pour 25 ANS d\u2019empowerment d\u2019entrepreneuriat et de dignité! p u b l i c i t é p u b l i c i t é JEAN BOISVERT CAMELOT MONT-ROYAL / FULLUM ET SHERBROOKE / TRIANON MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT Il y a 25 ans En me promenant à vélo, j\u2019ai vu, à l\u2019angle des rues Amherst et Ontario, un petit café qui attire mon attention.On y recrutait des camelots pour vendre le journal de rue L\u2019Itinéraire.On m\u2019a proposé d\u2019acheter un certain nombre de journaux au prix de 1 $ et de les revendre pour 2 $.Je me suis méfié et j\u2019avais peur de perdre mon argent.Mais les quatre femmes responsables m\u2019ont rassuré et j\u2019ai décidé de me lancer dans l\u2019aventure.On m\u2019a assigné à un poste de vente sur la rue Fleury et j\u2019ai décidé de m\u2019installer aussi dans le Vieux-Montréal, près de la cathédrale Notre-Dame.Les ventes étaient bonnes et j\u2019ai gagné de la confiance en moi.Peu de temps après, le journaliste Alain Gravel a réalisé un reportage sur les camelots de L\u2019Itinéraire.J\u2019ai été vu à la télévision de Radio-Canada.Cela m\u2019a donné beaucoup de visibilité.Avec le temps, tout en prenant de l\u2019expérience, j\u2019ai commencé à vendre aux portes des théâtres, le Rideau Vert et le TNM.J\u2019ai rencontré là des gens sympathiques, autant les employés que le public.Pendant 25 ans, j\u2019ai connu des hauts et des bas.Le travail de camelot n\u2019est vraiment pas facile.On côtoie la grosse misère, les poqués, les criminels de rue, etc.J\u2019ai même déjà reçu des menaces de mort.Cela dit, je suis tellement content de ma job que je vais continuer le plus longtemps possible, tant que ma santé me le permettra.Mon parcours Au début des années 1990, j\u2019ai connu la vie dans la rue, mais j\u2019en suis sorti en faisant 56 métiers qui ne me rendaient pas heureux : plongeur de restaurant, solliciteur en télémarketing, vendeur, etc.À cette époque, je consommais drogue et alcool.Presque tout mon argent y passait.J\u2019étais épuisé mentalement et physiquement, mais le besoin de me geler était plus fort que tout.J\u2019ai fait une dépression majeure en 2009.D\u2019abord cette année-là, ma mère a reçu un diagnostic de maladie incurable.Avec mes frères et sœurs, je l\u2019ai accompagnée jusqu\u2019à son dernier souffle.Puis, un mois plus tard, sans qu\u2019on s\u2019y attende, ma nièce Sylvie, dont j\u2019étais proche, s\u2019est enlevé la vie.J\u2019ai eu tellement de peine que j\u2019ai plongé encore plus profondément dans la consommation.J\u2019ai eu moi-même des pensées suicidaires et j\u2019ai vraiment touché le fond.C\u2019est Claude Lirette, un des plus anciens camelots qui m\u2019a encouragé à venir rencontrer les intervenants.Un matin, j\u2019ai accepté parce que je voulais sortir de l\u2019isolement.Il y a avait cependant encore beaucoup de chemin à parcourir.Plusieurs des humains rencontrés, des clients et des clientes croisés grâce à L\u2019Itinéraire m\u2019ont aidé à cheminer vers des jours meilleurs.J\u2019ai découvert grâce au magazine une deuxième famille qui m\u2019a adopté inconditionnellement et qui m\u2019a offert son soutien.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai cessé de consommer.Je vis mes « 24 heures » pleinement, sobrement et avec sérénité.Je pratique la prière, ce qui me donne une force intérieure.Depuis 10 mois, je suis totalement abstinent et j\u2019en suis très fier.Je n\u2019ai jamais été aussi bien dans ma peau.La « cerise sur le sundae » ?Après 12 ans en chambre, je viens d\u2019emménager dans une coopérative.J\u2019habite un trois et demi flambant neuf.Je suis heureux.N\u2019oublions pas que nous ajoutons un deuxième soleil à notre journée quand nous conservons notre bonne humeur.Et puis le sourire met de bonne humeur.Être heureux vous fait sourire.Et sourire vous rend heureux.Je profite de ce numéro spécial soulignant les 25 ans de L\u2019Itinéraire pour remercier tout particulièrement mes clientes et mes clients envers qui j\u2019ai de la gratitude et même de l\u2019amour.Bisous et câlins ! SAÏD FARKOUH CAMELOT STATION MONTMORENCY Le travail à L\u2019Itinéraire Lorsque j\u2019ai frappé à la porte des bureaux du magazine L\u2019Itinéraire en demandant un boulot, je n\u2019avais pas de grandes attentes.J\u2019avais tort.À mon arrivée, la femme qui m\u2019a accueilli avec un beau sourire à la cafétéria m\u2019a dit : « Veux-tu travailler avec nous ?» « Certainement madame, oui, je voudrais bien travailler ici », ai-je dit « D\u2019accord, venez demain pour commencer la vente », a-t-elle répondu.Cela m\u2019a étonné, elle ne m\u2019a pas demandé de CV ni posé les questions habituelles lors d\u2019une recherche d\u2019emploi.Le premier jour de vente, j\u2019ai pu vendre sept magazines.J\u2019étais très content; j\u2019avais gagné des sous qui me permettaient d\u2019acheter un café et un croissant.Deux ans et demi se sont déjà écoulés depuis que je travaille avec cet organisme qui m\u2019a beaucoup aidé à donner un sens à ma vie.L\u2019Itinéraire m\u2019a permis de développer mon talent d\u2019écriture en me permettant de m\u2019exprimer régulièrement \u2014 et sans limite \u2014 par la publication de plusieurs textes (chroniques, mémoires, récits, reportages de type scientifique et philosophique).Je suis très content et très fier de partager ma vision du monde et ma culture avec les autres.L\u2019ambiance est aussi très amicale partout dans les bureaux (rédaction, cafétéria, administration, camelots et bénévoles).C\u2019est la première fois que j\u2019ai le sentiment d\u2019appartenir à un endroit.La chose que j\u2019aime le plus ici, c\u2019est le travail en équipe.Nous travaillons tous ensemble pour que le magazine soit meilleur.De ce fait, lorsqu\u2019une personne réussit, sa réussite appartient à toute l\u2019équipe.Je dois remercier mes fidèles clients qui lisent mes articles.C\u2019est très satisfaisant pour moi de voir que mes écrits sont lus.Et un grand merci à L\u2019Itinéraire sans lequel ce ne serait pas possible. la vieille taverne qu\u2019il occupe toujours, grâce au soutien du programme fédéral de lutte à  l\u2019itinérance, alors l\u2019Initiative de partenariats en action communautaire, devenu Vers un chez-soi.Le RAPSIM contribue depuis les débuts de ce programme, à l\u2019identification des besoins des priorités.Ainsi, c\u2019est uniquement à Montréal que ces fonds permettent, à la suite d\u2019une planification communautaire régionale, d\u2019aider les organismes à accéder à de meilleurs locaux pour mener leur action.Encore plus importante, cette aide fédérale a contribué à la construction de plus de 1500 logements sociaux pour personnes itinérantes.Un logement\u2026 Avec la publication de son magazine, incluant la vente et la participation des camelots à sa rédaction, L\u2019Itinéraire est un projet d\u2019insertion qui constitue une grande réussite.Le revenu qu\u2019apporte la vente des numéros aide les camelots, mais ceux-ci ne roulent pas sur l\u2019or.Pour se loger, ces hommes et ces femmes font face à des défis grandissants, comme toutes les personnes à faible revenu à Montréal.Plusieurs camelots ont obtenu le droit, et non la chance, d\u2019avoir un logement social, dont ceux des Résidences de l\u2019Académie et de Villa Exprès pour toi.Le besoin pour de nouveaux logements sociaux pour éviter la rue et en sortir est encore important et grandissant.Voilà pourquoi depuis 45 ans, le logement est une des interventions majeures du RAPSIM et de nombre de ses membres, une action qui contribue année après année à loger plus de monde.\u2026 et des sous pour le payer Que ce soit en logement social ou encore pire en logement privé, peu d\u2019argent reste après le paiement du loyer, pour manger, se vêtir et prendre le bus.Le droit à un revenu décent est donc un autre axe clé de l\u2019action du RAPSIM.Cela passe par la demande de prestations d\u2019aide sociale qui couvre les besoins essentiels.Pour ceux qui la reçoivent, on devrait permettre la hausse des gains permis sans pénalités\u2026 Comme la quote-part de la vente du numéro que vous être en train de lire, qui revient au camelot.Alors que L\u2019Itinéraire fête son 25e anniversaire, le RAPSIM soulignera sous peu la 45e année de son action.Depuis les débuts du magazine, des liens existent entre ces deux organisations et ce 25e permet de revenir sur des pans de cette histoire.Le mandat du RAPSIM, un regroupement de maintenant 110 organismes communautaires, est différent de celui de L\u2019Itinéraire, mais leur action se rejoint sur bien des plans, de par le vécu et les besoins des camelots, tout comme celui de l\u2019organisme.De l\u2019affaire Lizotte au BEI Il y a 20 ans, le 5 septembre 1999, Jean-Pierre Lizotte, un camelot de L\u2019Itinéraire est violemment battu puis arrêté devant un chic restaurant du boulevard Saint-Laurent.Gravement blessé, il se retrouve en cellule sans aide médicale, il en restera paralysé et mourra six semaines plus tard.Un policier et le portier du restaurant seront acquittés en 2002 des accusations d\u2019homicide involontaire, de voies de fait et de lésions.Seule une suspension de 25 jours du Comité de déontologie, contestée jusqu\u2019en Cour Suprême, sera appliquée envers les deux policiers en 2015, plus de 15 ans plus tard.Soulevant, dans ses pages et son action les enjeux de cette affaire, L\u2019Itinéraire a été parmi les acteurs, avec le RAPSIM, qui ont demandé et obtenu la mise en place d\u2019un Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) sur les interventions policières causant la mort ou des blessures graves.Les décès dans l\u2019espace public à la suite des interventions policières de plusieurs personnes, dont Mario Hamel en 2009 et d\u2019Alain Magloire en 2012, ont rappelé la nécessité de cette instance.Finalement créé par l\u2019Assemblée nationale en 2013, le bureau tarde certes à faire ses preuves, mais son besoin est indéniable, celui-ci ayant entrepris plus de 130 enquêtes en trois ans.Du pawn shop à la taverne C\u2019est dans les petits et froids locaux occupés auparavant par un prêteur sur gages, coin Ontario et Amherst, que L\u2019Itinéraire a débuté son action.Rapidement devenu trop à l\u2019étroit, il a pu se relocaliser en 2006.Il avait acheté rue Sainte-Catherine Une histoire qui s\u2019entrecroise L\u2019Itinéraire et le RAPSIM   Par Pierre Gaudreau ?Directeur du RAPSIM CHRONIQUE PAYÉE Après le grand succès remporté il y a trois ans par le recueil de textes Sentinelles, L\u2019Itinéraire publiera cet automne une suite des meilleurs textes écrits récemment par nos camelots-rédacteurs.Alors que le premier volume présentait la crème de la crème des textes publiés dans le magazine depuis le printemps 1992 jusqu\u2019à l\u2019automne 2016, le nouveau volume contiendra une sélection des meilleurs textes parus entre le 1er septembre 2016 et le 15 août 2019, soit au cours des trois dernières années.C\u2019est la suite logique d\u2019un succès d\u2019édition.Le précé- dent ouvrage s\u2019est vendu à 3500 copies et a nécessité trois réimpressions.La production du nouveau recueil a requis des centaines d\u2019heures de travail de la part des rédacteurs, des bénévoles et des employés de la rédaction du magazine.Plus de six mois de préparation Dès l\u2019hiver dernier, Josée Cardinal et Pierre Saint-Amour, deux participants à la distribution reconnus pour la qualité de leur plume, ont épluché les 72 dernières éditions du magazine pour une première sélection des textes plus prometteurs : en tout 3456 pages à parcourir.Ils ont relevé plus de 200 textes écrits et publiés sur près de 350 pages de magazine.par Laurent Soumis Sentinelles II paraîtra à l\u2019automne BANQ, LANCEMENT SENTINELLES, 2017 MILTON FERNANDES FÉLICITATIONS À L\u2019ITINÉRAIRE QUI ACCOMPAGNE LES PERSONNES MARGINALISÉES DEPUIS 25 ANS p u b l i c i t é Au printemps, un jury de bénévoles présidé par l\u2019écrivaine Monique Proulx et composé de Christine Barbeau, bénévole à la rédaction, Lucie Laporte, réviseure du magazine, Ianik Marcil, économiste indépendant et chroniqueur à L\u2019Itinéraire ainsi que Miville Tremblay, ancien journaliste et directeur régional de la Banque du Canada, a primé les meilleurs textes des trois dernières années tous genres confondus.Une touche personnelle Devant la qualité de la récolte, l\u2019équipe de la rédaction a choisi de retenir en finale les textes d\u2019opinion qui témoignent des préoccupations, des valeurs et des idées personnelles des camelots-rédacteurs.Plus que de longs reportages ou de grandes entrevues, ces textes demeurent intemporels.Ils sauront résister à coup sûr à l\u2019usure du temps.Puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un recueil des meilleurs textes, nous avons inclus les lauréats des prix de la rédaction décernés au cours des trois dernières années : le Prix Alcatraz pour le meilleur mot de camelot; le Prix Jean-Pierre-Lizotte pour la meilleure chronique libre; le Prix Alain-Charpentier pour la meilleure chronique culturelle; et le Prix Claude-Brûlé pour le meilleur article de société.Nous y avons aussi ajouté les textes sélectionnés qui sont publiés chaque mois, depuis 2018, dans les pages Débats de notre partenaire La Presse +.Disponible à l\u2019automne L\u2019équipe a aussi veillé à ce que le plus grand nombre de camelots ait la chance de voir leurs textes publiés dans ce recueil.Environ une soixantaine de camelots ont participé à cet ouvrage collectif.Le recueil sera lancé au cours de l\u2019automne, à temps pour être vendu notamment, au Salon du livre de Montréal.Le livre sera également vendu dans la rue et dans le métro par votre camelot régulier à son point de vente habituel.Se le procurer est un geste de solidarité envers votre camelot, un choix judicieux de propos pertinents et un incontournable cadeau de Noël toujours apprécié. Je dis souvent que L\u2019Itinéraire a été pour moi une manière de planche de salut \u2013 presque autant que pour les camelots qui y trouvent leur dignité.À l\u2019époque où Serge Lareault m\u2019a approchée pour lire les textes des camelots et décerner des prix aux meilleurs d\u2019entre eux, nous étions à la fin des années 90 et je flottais sur un nuage d\u2019or.J\u2019étais le parfum littéraire du jour, les reconnaissances et les éloges me pleuvaient sur la tête, et je n\u2019étais pas loin de me convaincre que cet éphémère feu d\u2019artifice constituait la vie normale L\u2019Itinéraire m\u2019a fait tomber sur terre.Non seulement sur terre il y avait des malchanceux et des déchirés par en dedans, mais il y avait aussi des pleins de talent et de courage bravant tous les jours leurs nuages noirs.Et qui écrivaient sans masque parce qu\u2019ils n\u2019avaient plus rien à gagner ou à perdre.Ceux-là ne deviendraient jamais le parfum littéraire du jour, mais tous les jours ils témoigneraient qu\u2019il y a une grande beauté à dire la vérité de la rue.De fil en aiguille, ma « job » de jurée est devenue permanente, me gardant sans cesse en contact avec les cris du cœur et les aveux coups de poing, les perles de sagesse et les récits pétris d\u2019humour de tous ces écrivains qui s\u2019ignorent.Lorsque des « piliers » de L\u2019Itinéraire (Josée Cardinal, Pierre Saint- Amour\u2026) assistés de Simon Posnic, m\u2019ont intégrée à leur projet de colliger les meilleurs textes de la revue depuis ses débuts pour en faire un recueil, j\u2019ai su tout de suite que l\u2019aventure serait enthousiasmante.Recevoir soudain en pleine face 25 ans de paroles sans filtre et sans édulcorant, de mots intenses qui disent la difficulté et la force de la vie constituait une expérience chavirante \u2014 et une lecture vertigineuse, qui a donné un livre vertigineux.Sentinelles le bien nommé est paru en 2017 et est devenu presque instantanément un best seller.Et il aura très bientôt un petit frère.Sous les textes, il y a des plumes fortes, d\u2019autres aériennes, des égos pointus et d\u2019autres émoussés, des esprits rebelles et d\u2019autres amoureux, et il y a surtout du vrai monde.Je me suis habituée à beaucoup d\u2019entre eux au fil des années, j\u2019ai ri et j\u2019ai été émue par leurs frasques et leurs audaces dans les partys de Noël, j\u2019ai admiré leur style, leur force de caractère et leur tête de cochon.Ça me cause toujours une manière de chagrin lorsque je ne les vois plus, lorsque je ne les lis plus.Car comme souvent dans les familles, L\u2019Itinéraire rassemble des solitaires qui viennent y puiser de la force avant de repartir leur vie ailleurs.Ils partent, mais ils savent qu\u2019une place au coin de la table leur est toujours gardée.Et des p\u2019tits nouveaux se greffent à la famille, sans cesse, lui ajoutant de la couleur et des parfums inédits.Dans le prochain Sentinelles que vous aurez bientôt entre les mains, vous découvrirez à quel point la famille est devenue universelle, rassemblant des sensibilités de tous les continents - ou presque.Ils me considèrent comme leur « marraine », ces grands enfants de L\u2019Itinéraire, et cela est pour moi un velours et un honneur qui vaut bien des prix littéraires.Il me semble pourtant leur avoir donné si peu, au fil des années.J\u2019ai bien écrit pour eux deux ou trois chroniques, récemment deux préfaces, rédigé un conte de Noël (le meilleur de ma vie, sans me vanter), me suis prêtée à deux ou trois entrevues, en ai initié une, ai joué au Camelot d\u2019un jour deux fois et bientôt trois, et le reste du temps, je n\u2019ai fait que les lire et les aimer.Mais c\u2019est peut-être tout ce qui importe, au fond.Les lire et les aimer.69 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 Les lire et les aimer Monique Proulx Auteure LA CLINIQUE MÉDICALE: LSACTUEL SALUE Ey NN LEO FAN REN YLT: plus difficile d'ameliorer leurs conditions de vie et leur bienzetre car elles sont soumises a des priorités plus urgentes que les soins et 1à preventionsA Cela s ajoute la discrimination dont elles sont victimes*On juge leurs pratiques ettleurs modes de vie au lieu de les Comprenare et:les soutenir®ll existe des mecanismes pour reduire ces inegalites sociales: Renjorcer l'autonomie, la dignite et les valeurs humaines\u201d\u2019Autant d'elements qui jorment là mission de l'Itiméraire: Ha \u2019 , CLINIQUE MEDICALE L\u2019ACTUEL 514.524.100I cliniquelactuel.com CLINIQUELACTUEL.COM itineraire.ca/camelot-un-jour-2019 Des personnalités seront jumelées à nos camelots afin de vendre dans la rue le magazine L\u2019Itinéraire.12 septembre de midi à 13 h journaux.C\u2019était à peu près il y a 20 ans.Je continuais de chercher des emplois de ce genre, quelque chose à l\u2019intérieur.Un jour, j\u2019ai fini par entendre parler de L\u2019Itinéraire.On m\u2019a dit que c\u2019était un endroit pour faire des connaissances, trouver des amis, se faire de bons contacts.C\u2019est comme ça que j\u2019ai tenté le tout pour le tout.Je n\u2019ai pas lâché et, aujourd\u2019hui, je suis parmi les camelots les plus tenaces, une de celles qui sont ici depuis le plus longtemps.J\u2019en suis fière.J\u2019ai commencé par vendre uniquement.Par la suite, deux ou trois ans après, lorsque nos locaux ont déménagé sur la rue Sainte-Catherine, j\u2019ai commencé à écrire.C\u2019est comme ça que je me suis mieux fait connaître par mes clients.Ceux-ci m\u2019ont toujours donné de très bons commentaires par rapport à mes articles ainsi que mon sourire contagieux et ma bonne humeur.En 1994, au tout début de L\u2019Itinéraire, je vivais encore à Jonquière, au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean.Je venais de vivre une rupture amoureuse, de terminer une union de fait.Ça ne cliquait pas, on n\u2019était pas faits pour vivre ensemble, c\u2019est donc pour cette raison que j\u2019ai décidé de déménager à Montréal.Je préférais être dans une grande ville, à Montréal où il y a de l\u2019action.Ici, la vie est plus facile avec les transports, les activités, les festivals en été, les festivités d\u2019hiver et l\u2019accès aux ressources et services.Pendant quelques années, j\u2019occupais des petits emplois, rien de stable et de très payant.Je faisais des menus travaux; du ménage dans une maison privée et dans un bureau.J\u2019ai aussi été encarteuse au Journal de Montréal.J\u2019insérais des publicités dans les « Je suis l\u2019une des plus anciennes » FRANCE LAPOINTE, 2016 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA France Lapointe CAMELOT MENTANA / MONT-ROYAL Félicitations et longue vie à L\u2019Itinéraire 25 ans d\u2019histoires p u b l i c i t é Au fil du temps, je suis devenue la vedette du Plateau et cela me rend heureuse et augmente encore plus ma bonne humeur.C\u2019est merveilleux ! Il n\u2019y a rien de trop beau.Depuis que j\u2019écris, j\u2019ai rédigé beaucoup de mots de camelots et quelques chroniques.Dans mes textes, j\u2019ai parlé de l\u2019itinérance, de l\u2019environnement, de l\u2019état des routes et d\u2019autres sujets.Une belle évolution L\u2019Itinéraire que vous voyez maintenant n\u2019a pas toujours été comme ça.Depuis que je suis ici, le magazine a beaucoup changé, beaucoup évolué.Quand je suis arrivée, la revue coûtait 1 $.Nos locaux étaient situés sur le coin d\u2019Ontario et Amherst, rue qui vient de changer de nom et est devenue la rue Atateken.Le nom d\u2019Amherst ne sera plus utilisé à Montréal, puisque c\u2019est le nom de Jeffrey Amherst, un officier britannique qui a suggéré à l\u2019un de ses colonels de distribuer des couvertures infectées de variole à un groupe de rebelles autochtones pour s\u2019en débarrasser.Ce n\u2019est donc pas seulement L\u2019Itinéraire qui change, mais toute la ville ! À mes débuts, le personnel était différent.Dans ce temps-là, c\u2019étaient les fondateurs du magazine, Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson qui étaient là.Plus tard, il y a aussi eu Serge Lareault, qui a réussi à trouver les locaux de L\u2019Itinéraire que nous occupons maintenant.Dans le temps, nos locaux étaient bien différents.Le magazine n\u2019occupait que le rez-de-chaussée de l\u2019immeuble.C\u2019est à cause d\u2019une hausse du loyer que le magazine a déménagé.Maintenant, quand je passe devant cet immeuble, tout a changé.Ce grand local est maintenant occupé par des petits commerces tels une épicerie de fruits et légumes, un magasin de vidéos et un restaurant de sushis, entre autres.C\u2019est aussi par rapport aux camelots qu\u2019il y a eu des changements.Il y en a plusieurs qui sont partis d\u2019eux-mêmes ; d\u2019autres sont décédés.Il y en a aussi qui, comme moi, n\u2019ont pas lâché et ont gagné de l\u2019ancienneté.En pensant à tous ces changements, je me sens heureuse d\u2019avoir tenu le coup, de ne pas avoir lâché et d\u2019avoir pris ma place dans un organisme qui est en constante évolution.Maintenant, je suis préposée à l\u2019accueil du lundi au vendredi, en avant-midi.J\u2019aime ça être à l\u2019accueil pour recevoir les nouveaux arrivants et nos futurs camelots et les guider vers celui qui pourra leur attribuer un spot de vente.Je guide aussi ceux qui ont des rendezvous avec le personnel et je leur donne un bon accueil.Je suis heureuse de fêter le 25e anniversaire.Cette célébration témoigne de l\u2019évolution du parcours de L\u2019Itinéraire, dont je suis fière de faire partie.73 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 MONTRÉAL, 2017 MIVILLE TREMBLAY À L\u2019Itinéraire, notre mission est d\u2019aider les hommes et les femmes qui viennent frapper à notre porte à sortir de la rue ou d\u2019éviter de s\u2019y retrouver.Parmi nos 200 camelots, 12 % sont en situation d\u2019itinérance.De ce nombre, certains dorment dans la rue ou dans des refuges.Mais en devenant camelots pour L\u2019Itinéraire, ils ont accès à une saine alimentation, à des denrées, de l\u2019écoute, des amis, un milieu de vie.On leur offre également une foule de services qui visent à les stabiliser et à les sortir de la rue.Et l\u2019on réussit dans de nombreux cas.D\u2019autres sont en situation d\u2019itinérance cachée, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils dorment chez des amis ou connaissances et sont sans domicile fixe.Nous arrivons également à trouver à ces camelots un toit bien à eux.Puis, 58 % des camelots vivent en chambres ou en logement subventionné, et ce, grâce à notre intervention de concert avec des organismes voués à l\u2019aide à l\u2019hébergement des plus démunis.Pour ce qui est des 30 % restants, ils vivent en appartements privés, mais beaucoup d\u2019entre eux doivent consacrer jusqu\u2019à 60 % de leurs maigres revenus au loyer.Encore là, nous travaillons avec des partenaires pour leur trouver un logement plus abordable, et souvent, plus salubre.Voilà pour la situation à L\u2019Itinéraire.Mais nous avons voulu vous offrir un portrait plus complet de l\u2019itinérance à Montréal.Un portrait qui s\u2019est complexifié avec les années, qui inclut désormais plus de femmes, de jeunes, de membres des Premières Nations, et comme on l\u2019a appris dernièrement, des nouveaux arrivants.La journaliste Martine Lanctôt, rédactrice en chef retraitée de Radio-Canada et bénévole à L\u2019Itinéraire, a rencontré des personnes clé parmi les organismes les plus présents dans le monde de l\u2019itinérance.Portrait de à Montréal l\u2019itinérance Avant-propos par Josée Panet-Raymond Changer d\u2019approche pour mettre fin à l\u2019itinérance chronique : Matthew Pearce y croit Offrir seulement un toit pour un soir aux itinérants, c\u2019est terminé à la Mission Old Brewery, une des quatre grandes ressources pour hommes à Montréal.Lorsque Matthew Pearce a pris la direction de la Mission il y a 10 ans, il s\u2019est donné comme objectif de mettre fin à l\u2019itinérance chronique.Pour cela, il avait en tête de changer la définition même de la mission de l\u2019organisme.« Un refuge traditionnel, c\u2019est un souper, un lit pour la nuit et retour à la rue le lendemain pour accueillir les gens de nouveau le soir.C\u2019est le cercle vicieux d\u2019accueil et d\u2019expulsion.C\u2019était l\u2019offre de service de la Mission Old Brewery depuis sa fondation en 1889.Ça, c\u2019est terminé depuis deux ans », explique Matthew Pearce.Désormais, tous ceux qui frappent à la porte de la Mission sont dirigés au centre d\u2019évaluation et de triage.Là, on établit un programme individualisé qui vise à sortir ces hommes de l\u2019itiné- rance chronique.Les 280 lits de l\u2019organisme sont occupés plus ou moins longtemps, selon les besoins, dans un contexte de transition.« La Mission doit être vue comme un tremplin et non pas une fin en soi pour les itinérants », précise son directeur.« C\u2019est ça qu\u2019on veut dire par mettre fin à l\u2019 itinérance.Faire en sorte que les gens restent le moins longtemps possible chez nous.On ne peut pas éviter les malheurs qui font que les gens se retrouvent à la rue.Mais on peut éviter que les gens s\u2019 installent dans un état d\u2019 itiné- rance.Nous, on dit non, un refuge ne doit pas être un milieu de vie.» Pour y arriver, la Mission a établi un partenariat avec le réseau de la santé, le SPVM et tous les paliers de gouvernement pour l\u2019intégration des itinérants à la communauté.Matthew Pearce reconnaît les efforts des trois paliers de gouvernement qui ont tous adopté Les visages de l\u2019itinérance de gens engagés témoignages 4 par Martine Lanctôt Collaboration spéciale MONTRÉAL, 2016 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA des politiques structurantes en itinérance.Le logement social est au cœur de ces politiques.Actuellement, il y en a 3000 à Montréal dédiés aux personnes itinérantes et 950 autres sont prévus au cours des quatre prochaines années.C\u2019est bien, reconnaît Matthew Pearce, mais il faut aller plus loin encore.« Le logement c\u2019est la pierre angulaire, mais le soutien est essentiel.On aide les gens à sortir de l\u2019ombre de l\u2019 itinérance pour qu\u2019 ils deviennent membres de la communauté, mais pour cela il faut les soutenir, les accompagner, et les aider à sortir de la pauvreté.Réintégrer le marché du travail si possible.Permettre à ceux qui le peuvent de devenir autonomes.» Les quatre grandes ressources pour hommes à Montréal travaillent maintenant en collaboration et tentent d\u2019établir une vision commune.La Maison du Père, la Mission Bon accueil, l\u2019Accueil Bonneau et la Mission Old Brewery accueillent plus de 90 % des itinérants.« On peut avoir de meilleurs résultats, dit Matthew Pearce, si on a une vision commune.Il faut offrir de véritables solutions aux gens qui viennent chez nous.» Il y a 21 ans, la Mission Old Brewery ouvrait le Pavillon Mackenzie pour les femmes en situation d\u2019itinérance, « la plus importante ressource au Canada, précise son directeur, car les femmes ont changé le portrait de l\u2019 itinérance et ont besoin de services adaptés à leur réalité ».Mais la philosophie est la même, apporter des solutions pour sortir les femmes de la rue, les soutenir et les accompagner.Matthew Pearce considère que les services sont meilleurs aujourd\u2019hui, mais il ne s\u2019en satisfait pas.« Oui on voit des bénéfices.Des gens qui nous quittent et qui s\u2019en sortent avec le soutien, oui il y en a.On a fait du progrès, mais c\u2019est clair que ce n\u2019est pas encore assez.Il faut, dit-il, toujours innover, faire évoluer notre approche, chercher les meilleures pratiques.Tant que l\u2019 itinérance va exister, on ne pourra pas être content.» 77 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 MONTRÉAL, 2017 MIVILLE TREMBLAY Adrienne Campbell : une voix forte pour les Autochtones de la rue Elle n\u2019a que 22 ans lorsqu\u2019elle devient directrice de Projets autochtones du Québec (PAQ) en 2011, alors le seul refuge pour Autochtones à Montréal.Née d\u2019un père Cri du Manitoba et d\u2019une mère Libanaise, Adrienne Campbell n\u2019avait pourtant pas un chemin tracé d\u2019avance pour ce poste.Sa culture autochtone était en retrait.Elle a été davantage influencée par les racines libanaises de sa mère, une femme « au grand cœur » qui l\u2019a poussée vers le bénévolat.Et c\u2019est le bénévolat qui l\u2019a menée dans une ressource pour membres de Premières Nations.« J\u2019ai aimé les gens, le lieu.C\u2019est le travail qui m\u2019a attiré, ce n\u2019était pas nécessairement pour renouer avec mon identité autochtone », précise-t-elle.Aujourd\u2019hui, à 30 ans, Adrienne Campbell mesure l\u2019ampleur du défi auquel elle fait face à la tête de ce refuge de 45 lits qui héberge des hommes et des femmes autochtones. Depuis huit ans, elle est plongée quotidiennement dans la réalité des Autochtones qui viennent frapper, toujours plus nombreux, à la porte du refuge.Victimes de violence, d\u2019abus, de pauvreté dans leur communauté, les Autochtones, dont beaucoup d\u2019Inuits, migrent vers Montréal en espérant une vie meilleure.C\u2019est plutôt la rue qui les attend.Lorsqu\u2019on lui a offert la direction de l\u2019organisme, Adrienne Campbell s\u2019est donné comme mission de sortir les Autochtones de la rue : « La guérison, j\u2019y croyais quand je suis arrivée, dit-elle, c\u2019était ma vision du PAQ, mais la réalité\u2026 c\u2019est dur, pas tout le monde est capable de faire face aux traumatismes qu\u2019 ils ont vécus et à toutes les séquelles qui en découlent.» Elle voit maintenant l\u2019itinérance autochtone comme un problème systémique lié à tous les abus subis dans les pensionnats, les enfants enlevés, les agressions sexuelles, la perte des valeurs et de culture.À ses yeux, les traumatismes sont intergénérationnels.Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes.Les Autochtones ont de sept à huit fois plus de risques de se retrouver à la rue qu\u2019un Québécois non-autochtone, selon une étude de l\u2019Institut national de la recherche scientifique, (INRS), de 2017.Ils constituent 12 % de la population en situation d\u2019itinérance « visible » à Montréal, alors qu\u2019ils ne représentent que 0,6 % de la population générale de la métropole, selon le dénombrement de 2018.D\u2019où la nécessité et l\u2019urgence de développer des services adaptés aux Autochtones.« Le sentiment communautaire est très fort chez eux.Quand ils partent du Nord et arrivent en ville, ils cherchent automatiquement la communauté.Ils se retrouvent toujours ensemble dans la rue.Ici, au PAQ ils peuvent parler leur langue.Il y a une atmosphère familiale, du soutien », souligne Adrienne Campbell.Avec ses 45 lits, dont la majorité est occupée par des hommes, le PAQ est cependant loin de suffire à la demande, surtout pour les femmes autochtones très intoxiquées, que le refuge ne peut accepter faute de ressources.Malgré les obstacles, Adrienne Campbell constate qu\u2019il y a des changements positifs.L\u2019Enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et disparues et la Commission réconciliation et vérité sur les pensionnats ont ouvert les yeux de la population et des autorités.« Je pense qu\u2019 il y a eu une très grande amélioration.On commence à se poser la question : comment pourrait-on faire autrement, parce qu\u2019 il y a quelque chose qui ne marche pas.Il y a une prise de conscience\u2026 On le voit avec nos partenaires gouvernementaux, on voit des gens dévoués qui veulent que ça aille mieux.On est très sollicités pour développer des programmes accessibles aux Autochtones, donner des formations à la police et dans les services de santé.» Adrienne Campbell sait maintenant que la guérison se fera lentement.Les Autochtones ont besoin d\u2019outils et de soutien pour faire face à leurs traumatismes.« Ça peut prendre des années, car il faut établir une relation de confiance.C\u2019est un long travail.Mais des histoires de succès, il y en a, et le succès c\u2019est aussi des petites choses et ça se mesure de façon bien différente pour chacun.» « Le sentiment communautaire est très fort chez eux.Quand ils partent du Nord et arrivent en ville, ils cherchent automatiquement la communauté.Ils se retrouvent toujours ensemble dans la rue.» Adrienne Campbell 79 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 Guérir les blessures des femmes : la vision de Léonie Couture Il n\u2019y a pas que L\u2019Itinéraire qui fête ses 25 ans.L\u2019organisme la Rue des femmes fête aussi.En 1994, Léonie Couture décide de consacrer sa vie aux femmes les plus blessées par la vie.Après avoir travaillé dans différents organismes de femmes, c\u2019est la détresse vécue par les femmes itinérantes qui l\u2019interpelle.« J\u2019ai compris de mes expériences personnelles que quand on a vécu de la violence, ça a un impact sur nos vies, mais moi j\u2019ai eu la chance de pouvoir me payer de la thérapie\u2026 ça m\u2019avait tellement aidée, alors je me disais qu\u2019 il faut qu\u2019on se donne les moyens de guérir les blessures du passé de ces femmes qui vivent ce que j\u2019appelle du stress post-traumatique.» Ce qui n\u2019était qu\u2019un centre de jour les premières années est devenu une ressource d\u2019hébergement qui regroupe trois maisons.Avec ses 57 lits, La Rue des femmes accueille plus de 1000 femmes par année, pour quelques soirs, quelques mois et même quelques années.Ce qui distingue la ressource c\u2019est son approche basée sur différentes formes de thérapie : psychothérapie, art-thérapie, chant, écriture, théâtre.Léonie Couture en a fait le projet d\u2019une vie.« Si on veut les aider à s\u2019en sortir, il faut investir dans la guérison, dit-elle.La réinsertion en logement c\u2019est l\u2019objectif ultime.Mais si on ne leur donne pas les moyens de guérir, elles retombent à la rue.» 2014 Adoption par Québec de la Politique nationale de lutte contre l\u2019itinérance, « Ensemble pour éviter la rue et s\u2019en sortir ».Approche globale qui place le logement au cœur du plan d\u2019action, avec le développement des services de santé et des services sociaux, la réinsertion sociale et la lutte contre la pauvreté.Une dizaine de ministères sont mobilisés dans ce plan qui s\u2019échelonne de 2015 à 2020.2018 24 avril, deuxième dénombrement des itinérants à Montréal et, pour la première fois, dans l\u2019ensemble du Québec.Près de 5800 personnes sont en situation d\u2019itinérance au Québec.À Montréal, on en compte 3149 alors qu\u2019ils étaient 3016 en 2015.Les hommes sont majoritaires, les femmes représentant un peu moins du quart des personnes comptabilisées.Les Autochtones sont encore une fois surreprésen- tés dans la population itinérante.Ces données ne représentent que l\u2019itinérance « visible », une partie de l\u2019itinérance étant « cachée », surtout chez les femmes et les jeunes, échappe au dénombrement.2018 Plan montréalais d\u2019action en itinérance 2018-2020 : « Parce que la rue a différents visages.» En collaboration avec les différents partenaires gouvernementaux et communautaires, la ville s\u2019engage à développer les ressources et le logement social.Actuellement il y a 3000 logements avec soutien communautaire à Montréal et 950 nouveaux logements sont prévus d\u2019ici 2020, dont 400 cette année.2019-2029 Vers un chez soi, nouvelle Stratégie nationale de lutte contre l\u2019itinérance du gouvernement fédéral.Dotée d\u2019un budget de plus 2 milliards sur 10 ans pour l\u2019ensemble du Canada, la politique est axée sur le logement mais avec une approche globale qui reconnaît la pertinence des diversités d\u2019actions et devrait donner plus de souplesse aux communautés pour répondre aux priorités et aux besoins locaux.Politiques en itinérance MONTRÉAL, 2016 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA hommes, on parle d\u2019itinérance « cachée ».Les femmes sont plus vulnérables, vivent davantage de violence, s\u2019isolent.Le dénombrement des personnes itinérantes effectuée par la ville de Montréal en 2015 et 2018 évalue que les femmes constituent environ le quart de la population itinérante.Mais certains intervenants du milieu estiment qu\u2019il y a autant de femmes que d\u2019hommes en situation d\u2019itinérance.Léonie Couture poursuit inlassablement son combat.« J\u2019ai toujours cru que ces femmes-là pouvaient s\u2019en sortir.» Malgré les dépendances, l\u2019alcool, les problèmes de santé mentale, elle n\u2019accepte pas que qu\u2019on les considère trop blessées, trop « brisées » pour s\u2019en sortir.« Elles peuvent s\u2019en sortir si on les soigne », répète-t-elle.« Je suis optimiste, sinon ça ne ferait pas 25 ans que je suis là.Quand on voit la reconnaissance des femmes qui viennent nous dire, vous m\u2019avez sauvé la vie [\u2026] On les a écoutées, on ne les a pas jugées, on les a aidées à se reconstruire et on les accompagne dans l\u2019autonomie.» L\u2019organisme a reçu au printemps une subvention du gouvernement fédéral de près d\u2019un million de dollars sur cinq ans pour développer sa pratique de guérison dans le cadre d\u2019un programme pour contrer la violence fondée sur le sexe dont sont victimes les personnes les plus marginalisées.« On a réussi à faire reconnaître notre démarche.On va la modéliser et la partager avec d\u2019autres ressources.On en est très fiers », souligne Léonie Couture.Le portrait de l\u2019itinérance a changé avec la présence toujours plus grande des femmes dans la rue.Les refuges pour femmes débordent et ne peuvent répondre à la demande.Les principales ressources, comme le Chaînon, le Pavillon Mackenzie, la Maison Marguerite, l\u2019Auberge Madeleine et la Rue des femmes refusent quelques milliers de femmes chaque année, faute de place.Le constat de ces organismes, c\u2019est que l\u2019itinérance augmente et que ça augmente encore plus vite du côté des femmes.« Oui, il y en a toujours plus.Quand on a ouvert, ça s\u2019est rempli.À chaque fois qu\u2019on ouvre une ressource, ça se remplit », constate Léonie Couture.L\u2019itinérance des femmes est moins visible que celle des 81 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 MONTRÉAL, 2017 MIVILLE TREMBLAY Les jeunes de la rue, s\u2019investir autrement : l\u2019expérience de Caroline Dufour Lorsque Caroline Dufour débute comme intervenante sociale il y a 22 ans, la réalité des jeunes itinérants est bien différente.« C\u2019était la période punk, les jeunes s\u2019identifiaient comme jeunes de la rue, ils s\u2019affirmaient comme marginaux.C\u2019est sûr qu\u2019il y avait de la détresse, mais ils voyaient la rue comme un territoire d\u2019émancipation et d\u2019affirmation. » Caroline Dufour est aujourd\u2019hui directrice stratégie et impact social à Dans la rue, fondé par le père Emmett Johns « Pops », décédé l\u2019an dernier.Elle a fait ses premiers pas dans l\u2019organisme comme stagiaire et ne l\u2019a plus quitté depuis.« Je suis tombée en amour avec l\u2019organisme, la philosophie et les valeurs de Pops.» À cette époque, les jeunes étaient vraiment dans la rue, Pops allaient à leur rencontre avec sa roulotte.« Les jeunes fuyaient beaucoup les centres jeunesse.On parle de 75 % d\u2019entre eux qui provenaient des centres jeunesse à l\u2019époque.Ils étaient en colère, ils proposaient un autre mode de société.Ils fuyaient pour aller retrouver une gang, une vie communautaire », souligne Caroline Dufour.Elle a été témoin de l\u2019évolution de la situation.La judiciarisation des jeunes dans la rue, la pression de la police et l\u2019arrivée des gangs de rue qui ont pris le contrôle de la drogue et de la prostitution juvénile ont radicalement modifié le portrait de l\u2019itinérance des jeunes.« La situation s\u2019est dégradée, explique la directrice, les drogues de synthèse ont envahi le marché, il y avait beaucoup plus de violence, ce qui a poussé les punks à quitter le centre-ville.» Une des conséquences, c\u2019est que le nombre de jeunes a baissé dans les refuges du secteur.« En 2008, on a fait une étude pour comprendre où étaient les fugueurs.Le portrait a vraiment changé.Il y avait moins de jeunes, mais les cas sont devenus plus lourds.Les drogues de synthèse, c\u2019est une usine à problèmes de santé mentale.On n\u2019était pas équipés à l\u2019époque.C\u2019était vraiment très dur.On s\u2019est formé progressivement en santé mentale (\u2026) C\u2019est une de nos grandes avancées.» Les jeunes n\u2019occupent plus l\u2019espace public comme avant.Ils sont moins au centre-ville, mais davantage dans d\u2019autres quartiers.La définition de l\u2019itinérance a changé.On parle de jeunes en situation de précarité.Dans la rue voit près de 1500 jeunes par année.L\u2019organisme offre toujours un hébergement d\u2019urgence, mais il y a aussi 17 logements en milieu communautaire avec encadrement.« On s\u2019est spécialisé dans l\u2019apprentissage de l\u2019autonomie et de l\u2019émancipation », souligne Caroline Dufour.L\u2019organisme a sa propre école qui permet à 16 jeunes de recevoir une éducation personnalisée et son centre de jour qui accueille 120 jeunes.« Il y aura toujours des jeunes en situation de précarité, la toxicomanie ne va pas disparaître.Il faut les accueillir, mais surtout les aider à sortir de la rue plus rapidement.Il faut que nos services évoluent et s\u2019adaptent aux nouveaux besoins.» Caroline Dufour reconnaît l\u2019importance de la politique québécoise sur l\u2019itinérance adoptée en 2014 et son plan d\u2019action interministériel.Mais elle souhaite des actions plus ciblées pour les jeunes.Dans la rue a initié avec des partenaires une coalition pour la prévention de l\u2019itinérance et le respect des droits des jeunes qui s\u2019appelle Jeunes plus.L\u2019objectif, obtenir un plan d\u2019action interministériel spécifique aux jeunes.« On est beaucoup dans le rêve de la prévention, dit-elle.On espère que nos services vont se transformer et aussi qu\u2019on va travailler autrement avec les partenaires parce que les visages de l\u2019 itinérance et de la précarité chez les jeunes vont être très différents.» « Les drogues de synthèse, c\u2019est une usine à problèmes de santé mentale.On n\u2019était pas équipés à l\u2019époque.C\u2019était vraiment très dur.On s\u2019est formé progressivement en santé mentale (\u2026) C\u2019est une de nos grandes avancées.» Caroline Dufour 83 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 JEAN-PAUL LEBEL, 2014 L\u2019ITINÉRAIRE Jean-Paul Lebel CAMELOT ET MEMBRE DU C.A. ANNIVERSAIRE TOUTE L'ÉQUIPE DE MISSION BON ACCUEIL VOUS SOUHAITE UN JOYEUX 25e ANNIVERSAIRE! e Moé j\u2019étais dans rue, sans but, sans vie, ni logis, sans support ni apport (moral ou affectif).Rendu là, t\u2019es tellement bas, à terre et démoli, que même avec une blonde pis des amis, dans la consommation, tout le monde se crisse de toute, même de sa propre vie.En 1994, je me suis séparé de Sandra, la mère de mes deux premières filles, Roxanne et Brenda.Après la séparation, ça allait assez bien.Je travaillais dans les lave-autos et la construction.Je voyais mes filles toutes les fins de semaine.Et j\u2019avais une bonne relation avec mon ex.En 1996-1997, Sandra a été contrainte de déménager au Nouveau-Brunswick avec mes deux filles.Ça m\u2019a mis à terre, car je ne voyais plus mes enfants.J\u2019ai fait une dépression et j\u2019ai tout lâché.J\u2019ai commencé à boire et à consommer de la cocaïne.Ça coûte cher la cocaïne.Tout mon argent y passait.Parce que tu n\u2019en as jamais assez.La cocaïne affecte « la glande du bonheur ».Quand tu en prends, t\u2019as l\u2019impression de ne plus avoir de problèmes.La glande en question diffuse de la dopamine.Dans la vie normale, la dopamine est sécrétée lorsqu\u2019il y a des événements heureux.En prenant de la cocaïne, la glande devient déstabilisée.Elle te donne l\u2019illusion du bonheur.Quand tu en as plus, même s\u2019il t\u2019arrive de beaux événe- ments, tu ne seras pas heureux.En 1998, chu rendu dans rue, une seringue dans l\u2019bras, à coucher dans l\u2019parc Viger.Là où j\u2019ai vu deux personnes mourir.L\u2019une d\u2019une overdose, et l\u2019autre à coups de barre de fer.C\u2019est rough la rue.Un jour j\u2019ai trouvé un sac rempli d\u2019argent au métro Berri.J\u2019en ai pris une poignée.L\u2019argent appartenait à un gang de rue.Ils m\u2019ont retrouvé et sont repartis avec le sac à dos.Mais comme il manquait de l\u2019argent, ils sont revenus quelques semaines plus tard.Ils m\u2019ont pété le nez.C\u2019est cette année que j\u2019ai connu feu T\u2019Chico.Il vendait L\u2019Itinéraire sur Saint-Denis.Moé, je bummais pour ma dope.Dope qui fut pour moi la pire prison que j\u2019ai connue.Tu ne penses qu\u2019à ça, ne vis que pour ça.T\u2019Chico m\u2019a expliqué que le fait de vendre le journal était plus valorisant que de bummer parce que tu vends un produit qui te donne la chance de t\u2019exprimer.C\u2019est la voix des sans-voix.Moé, L\u2019Itinéraire m\u2019a sorti d\u2019la rue.Ça m\u2019a tellement aidé que j\u2019ai retrouvé ma fille Valérie grâce au magazine.J\u2019étais le sujet de la chronique ZOOM camelot et je racontais comment, en vendant le journal, mon estime de moi avait monté.Ce n\u2019est pas qu\u2019un magazine, c\u2019est un produit qui change les vies.Tu fais partie d\u2019un groupe qui aide la société grâce à ses programmes de réinsertion sociale, ses intervenants et son support.Par les exemples autour de moi, j\u2019ai réalisé que je pouvais m\u2019en sortir.J\u2019ai repris espoir.J\u2019ai envoyé l\u2019article à Valérie et elle m\u2019a appelé.Depuis ce temps, nous entretenons une bonne relation.Grâce à mon cheminement avec L\u2019Itinéraire, j\u2019ai arrêté de me geler, les gens m\u2019ont vu évoluer et m\u2019ont fait confiance.J\u2019ai donc pu avoir un appartement et reprendre ma vie en main.J\u2019ai une très bonne relation avec mes trois filles.On se voit régulièrement et je vais être grand-père pour la sixième fois.Maintenant, je m\u2019implique beaucoup au sein du groupe.Je suis vice-président du conseil d\u2019administration, j\u2019écris, je vends le magazine, je fais de la distribution, du développement, du recrutement et de la formation.Merci L\u2019Itinéraire ! 85 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 De l\u2019itinérance à L\u2019Itinéraire Bon 25e anniversaire à L\u2019Itinéraire ! François Bonnardel Député de Granby Ministre des Transports Ministre responsable de la région de l\u2019Estrie 450 372-9152 francois.bonnardel.GRAN@assnat.qc.ca Lionel Carmant Député de Taillon Ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux 450 463-3772 Lionel.Carmant.TAIL@assnat.qc.ca Isabelle Charest Députée de Brome-Missisquoi Ministre déléguée à l\u2019Éducation Ministre responsable de la Condition féminine 450 266-7410 Isabelle.Charest.BRMI@assnat.qc.ca Youri Chassin Député de Saint-Jérôme Adjoint parlementaire du ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (volet enseignement supérieur) 450 569-7436 Youri.Chassin.STJE@assnat.qc.ca Richard Campeau Député de Bourget Adjoint parlementaire du ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques 514 251-8126 richard.campeau.BOUR@assnat.qc.ca Bon 25e anniversaire à L\u2019Itinéraire ! François Bonnardel Député de Granby Ministre des Transports Ministre responsable de la région de l\u2019Estrie 450 372-9152 francois.bonnardel.GRAN@assnat.qc.ca Lionel Carmant Député de Taillon Ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux 450 463-3772 Lionel.Carmant.TAIL@assnat.qc.ca Isabelle Charest Députée de Brome-Missisquoi Ministre déléguée à l\u2019Éducation Ministre responsable de la Condition féminine 450 266-7410 Isabelle.Charest.BRMI@assnat.qc.ca Youri Chassin Député de Saint-Jérôme Adjoint parlementaire du ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (volet enseignement supérieur) 450 569-7436 Youri.Chassin.STJE@assnat.qc.ca Richard Campeau Député de Bourget Adjoint parlementaire du ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques 514 251-8126 richard.campeau.BOUR@assnat.qc.ca BENOIT CHARTIER CAMELOT PLACE BERCY ET PROMENADE ONTARIO NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL Mes débuts à L\u2019Itinéraire J\u2019ai commencé à vendre L\u2019Itinéraire le 25 novembre 2010.J\u2019avais rencontré Yvon Massicotte au métro Côte-des-Neiges, où il vendait le magazine.Je lui ai dit que j\u2019aimerais vendre moi aussi, mais j\u2019étais gênée d\u2019y aller toute seule.J\u2019y suis allé quand même, car il m\u2019y a encouragée.Au local de L\u2019Itinéraire, en bas, il y avait Marcel et Claude qui s\u2019occupaient de la distribution.J\u2019ai commencé à faire du bénévolat à la cuisine, en lavant la vaisselle en même temps que je vendais.J\u2019ai dû arrêter le bénévolat à cause de mon arthrite aux mains.À ce moment-là, il y avait beaucoup de sans-abri qui mangeaient ici, et ça faisait beaucoup de vaisselle.À présent, on a un café où on peut manger, seulement pour nous, les camelots.Au début, j\u2019ai vendu à plusieurs places : Côte- des-Neiges, Beaubien, Villa-Maria.Puis, le camelot de Longueuil, Claude, est décédé.J\u2019ai pris sa place.À l\u2019époque, je restais avec mon père en appartement, proche du métro Longueuil.Quand mon père est décédé, j\u2019ai trouvé un nouveau coloc qui m\u2019aidait à payer le loyer.Quand j\u2019ai commencé, L\u2019Itinéraire était un journal mince.Le papier nous salissait les mains; il coûtait deux dollars.Ça s\u2019est beaucoup amélioré avec le temps.L\u2019impression est bien, le papier est glacé, le magazine est plus épais, il y a plus de contenu intéressant.Maintenant, il y a aussi davantage de camelots qui écrivent.Ça fait quelques années qu\u2019il coûte trois dollars.Ce que j\u2019aime le plus dans mon travail c\u2019est, une fois par année, dans le temps des fêtes, je suis la Fée des étoiles.Le monde aime ça et me trouve belle.J\u2019aime mes fidèles clients.Merci à vous de m\u2019encourager à continuer quand ça va moins bien.Je souhaite un bon anniversaire de 25 ans à L\u2019Itinéraire ! Je suis camelot depuis 20 ans Je connais L\u2019Itinéraire depuis sa naissance ou presque.Il y a 22 ans, j\u2019allais dîner dans le local de la rue Ontario.Je suis camelot depuis 20 ans maintenant.Mon métier me permet de rencontrer du monde et de briser l\u2019isolement.Même si je suis un solitaire, j\u2019aime sentir que je fais partie d\u2019une communauté, de la société.J\u2019aime me rendre et me sentir utile.J\u2019ai vécu quatre mois et demi dans la rue en plein hiver suite à l\u2019incendie du bloc-apparte- ments où je vivais.Je me suis retrouvé itinérant à cause d\u2019une grève des fonctionnaires responsables des immeubles à loyer modique.J\u2019ai réussi à m\u2019en sortir en partie grâce à la générosité de chauffeurs de lignes de nuit qui me permettaient de dormir dans le fond de leur bus.Ce qui n\u2019est plus toléré aujourd\u2019hui.Mais il m\u2019est aussi arrivé de dormir sur un banc de parc cet hiver-là.J\u2019en profitais pour y laisser ma poésie.Je crois avoir vieilli de 10 ans pendant ces quatre mois d\u2019itinérance.En plus, pendant cet intervalle, j\u2019ai pris goût au « crack » et à l\u2019alcool.J\u2019ai tout perdu, je paie encore mes dettes.Grâce au Groupe L\u2019Itinéraire, j\u2019ai retrouvé la dignité, le goût de vivre dans la sobriété.J\u2019ai trouvé ici des amis à qui me confier, de l\u2019aide ainsi que du support psychosocial.Je suis comme un crabe, j\u2019ai une carapace bien visible, mais je suis tendre et sensible à l\u2019intérieur.Comme tout le monde, je suis à la recherche d\u2019amitié et d\u2019amour véritable.On a souvent abusé de ma bonté dans le passé.J\u2019en ai pâti.Alors je n\u2019hésite pas à avoir recours aux intervenants du magazine ou à d\u2019autres ressources si je me sens menacé.Aujourd\u2019hui, je bois occasionnellement, en regardant un match dans un pub avec des amis par exemple.Mais jamais je ne recommencerai à consommer compulsivement parce que saoul, j\u2019étais un autre homme, un étranger que je n\u2019aimais pas.Je profite de ce numéro spécial pour dire merci à mes clientes et à mes clients.Chapeau au personnel de L\u2019Itinéraire.Je termine en rendant hommage à mes parents aimants aujourd\u2019hui décédés qui m\u2019ont toujours accepté comme je suis, sans jugement.SUZANNE LEBLANC CAMELOT SAINT-DENIS / ONTARIO Mot de camelot pour le 25e anniversaire Je suis arrivée à L\u2019Itinéraire il y a un peu plus de deux ans et demi.C\u2019est mon amoureux qui m\u2019a encouragée à venir rencontrer les intervenants après mes trois ans de PAAS Action.L\u2019accueil a été formidable, j\u2019ai reçu beaucoup d\u2019encouragements dès le début.On m\u2019encourage encore aujourd\u2019hui ; j\u2019en suis reconnaissante.J\u2019aime vendre le magazine.Mes clients ont de la considération pour moi et apprécient les compliments que je leur fais.Je trouve toujours un bon mot pour chacun d\u2019entre eux.Plusieurs arrêtent quelques minutes pour jaser.Mes clients sont ma motivation pour me lever chaque matin pour faire quelque chose de constructif de ma vie : travailler.L\u2019Itinéraire est facile à vendre parce que c\u2019est un bon magazine qui traite de différents sujets, mais surtout un organisme qui sort des hommes et des femmes de la rue.Contrairement à ce que plusieurs pensent, les camelots de notre magazine ne vivent plus ou presque pas dans la rue.Leur travail de camelot leur permet de gagner leur vie dignement et d\u2019avoir une meilleure qualité de vie.Si tous les citoyens me ressemblaient, moi qui aime tout le monde, il y aurait moins de mépris, moins de préjugés, plus d\u2019empathie envers ceux et celles qui vivent des difficultés dans la ville de Montréal.Bon 25e et longue vie à L\u2019Itinéraire ! MARIO ALBERTO REYES ZAMORA, 2017 MAGALIE PAQUET Lorsqu\u2019il a été question de planifier le contenu de cette édition spéciale, nous voulions au départ vous proposer des portraits de réussite de nos camelots, ceux que vous croisez encore dans les rues de Montréal comme ceux qui ont réussi leur pari de se réinsérer professionnellement.Mais, bien vite, nous nous sommes heurtés au besoin de définir ce qu\u2019est le véritable succès à L\u2019Itinéraire.La notion de réussite est propre à chaque individu.À L\u2019Itinéraire, si nous la quantifions sur certains aspects, la mesure de notre impact social est loin d\u2019être aisée sur bien des points.Que doit-on prendre en compte exactement ?Le nombre de camelots qui ne sont plus bénéficiaires de nos services parce qu\u2019ils ont trouvé un emploi ?Ceux qui ont trouvé un logement après quelque temps d\u2019errance ou bien ceux qui ont réduit, voire cessé de consommer alcool et drogues ?Vous le savez, nous travaillons avec différentes personnes qui ont toutes en commun d\u2019avoir été éprouvées à un moment précis de leur vie.Ce sont avant tout des hommes et des femmes qui connaissent, ont connu ou sont à risque de connaître la vulnérabilité, la dépendance aux drogues et à l\u2019alcool, l\u2019itinérance, un problème de santé mentale ou la précarité.Chaque personne arrive avec un bagage, une histoire différente, ses aptitudes, ses difficultés et ses objectifs.S\u2019il est vrai que nous les accompagnons à travers la vente du magazine L\u2019Itinéraire, notamment la rédaction et les préparations d\u2019articles journalistiques et d\u2019autres projets, somme toute, novateurs comme le Café de la Maison ronde, tous nos participants ne sont pas au même stade.En arrivant dans nos locaux, certains ont besoin de se refaire un réseau social et d\u2019accéder à un logement alors que d\u2019autres sont à la recherche d\u2019une motivation suffisante pour tourner une page difficile de leur vie, souvent liée à la consommation de drogues ou d\u2019alcool.Une question humaine avant tout par Alexandra Guellil Le succès à L\u2019Itinéraire MAXIME VALCOURT, CAMELOT, 2017 MILTON FERNANDES L\u2019histoire de Maxime La première est en lien avec le travail de nos camelots, car oui, ils travaillent dur pour vous offrir un magazine de qualité, soit par sa rédaction soit par sa vente dans la rue et ce, peu importe le temps qu\u2019il fait.Le 8 avril 2019, La Presse publiait dans sa section Débats, un témoignage de Maxime Valcourt, camelot au Théâtre du Nouveau Monde à Montréal.Il parlait de son 59e anniversaire et réfléchissait à ses 15 dernières années.Il expliquait avoir travaillé quasiment autant qu\u2019il s\u2019est amusé.Avant d\u2019être camelot pour L\u2019Itinéraire, il était récupérateur et pouvait voyager aux quatre coins de l\u2019 île de Montréal.Ce qui a lui a permis de la connaître comme le fond de sa poche.En vendant le magazine devant les théâtres du Rideau vert et du Nouveau Monde, il a pu aussi voir plusieurs pièces et spectacles grâce à ses clients qui lui ont offert des billets.Maxime Valcourt est de ceux qui redoutaient il n\u2019y a pas si longtemps l\u2019approche de son anniversaire pour toutes sortes de raisons.Il lui est même arrivé de le passer aux urgences parce qu\u2019il avait bu jusqu\u2019à l\u2019ivresse maladive.Sobre depuis plus d\u2019une quinzaine d\u2019années, il fait aujourd\u2019hui partie de nos meilleurs vendeurs.À chacun son succès Et puis, il y a toutes ces personnes, la grande majorité en réalité, qui ont besoin qu\u2019on leur ouvre notre boîte à outils, qui aimeraient accéder à un programme d\u2019employabilité ou réaliser un projet précis, mais qui ne savent pas comment y parvenir ou simplement comment composer avec leur réalité.Pour toutes ces personnes, le succès se définit en ayant eu la force et le courage de franchir la porte de nos locaux et de rejoindre notre grande famille.Chaque effort, quel qu\u2019il soit, se doit d\u2019être encouragé.Prenons l\u2019exemple d\u2019un de nos participants arrivé il y a quelques années à l\u2019organisme avec beaucoup de colère, de sentiments ambigus par rapport à la société et au monde.Quelques années après, au fil des interventions et rencontres, grâce à une confiance acharnée réitérée à chaque seconde, cette personne parvient à sortir de sa bulle et à saluer les autres participants au Café de L\u2019Itinéraire, allant même jusqu\u2019à s\u2019assoir avec eux et jaser toute la journée.N\u2019est-ce pas là un succès en soi ?Depuis plusieurs années, nous avons toujours en page 3 de notre magazine un Zoom sur un de nos camelots.Il s\u2019agit d\u2019une rubrique écrite par nos bénévoles à la rédaction racontant l\u2019histoire de nos participants.Ce qu\u2019ils ont fait avant d\u2019arriver à L\u2019Itinéraire et ce qu\u2019ils ont pu réaliser ou sont devenus entre nos murs.C\u2019est une rubrique magique parce qu\u2019elle rappelle à quel point on ne peut finalement pas juger un livre à sa couverture, que l\u2019histoire d\u2019une personne peut être unique et que ses défis lui sont propres.Le succès d\u2019une vie peut certainement se mesurer par le travail.Et là encore, ce qui est ou non un travail peut être le sujet d\u2019un autre débat.Citons ici quelques histoires illustrant nos propos.90 1er septembre 2019 L\u2019Itinéraire 25 ans ISABELLE RAYMOND, 2019 MILTON FERNANDES Un tremplin pour Isabelle Autre histoire, autre parcours qui est l\u2019illustration même d\u2019un bienheureux concours de circonstances.L\u2019enfance d\u2019Isabelle Raymond a été marquée par des difficultés d\u2019apprentissage, dues à un trouble déficitaire de l\u2019attention, et par l\u2019intimidation.Endettée à la suite de ses études en arts plastiques qu\u2019elle ne parvient pas à rembourser, elle craque et traverse un épisode psychotique.Un mois d\u2019hospitalisation après, elle trouve un travail dans un magasin d\u2019entraide et de partage où elle rencontre une de nos camelots qui lui parle de l\u2019organisme.Au départ, elle ne pensait pas réussir à vendre le magazine en raison de sa timidité et puis elle s\u2019est découvert ce qu\u2019elle nomme aujourd\u2019hui comme sa seconde famille, les autres camelots et membres de l\u2019organisme.Isabelle Raymond ne vend pas uniquement le magazine.Elle fait aussi partie de celles qui s\u2019investissent dans son contenu par l\u2019écriture d\u2019articles journalistiques comme la réalisation de bandes dessinées thématiques.Son travail de camelot lui a redonné confiance en ses propres capacités, si bien qu\u2019elle a entamé une formation pour devenir agente de sécurité et travaille de temps à autre dans ce milieu, depuis quelques semaines maintenant.Réussir par l\u2019engagement On peut aussi certainement mesurer la réussite par l\u2019engagement, la création de projets divers et le dépassement de soi.Certains de nos camelots ont eu des vies mouvementées par des épisodes traumatiques.C\u2019est le cas de Jo Redwitch qui a survécu à une tentative de meurtre aux mains de son ex-mari, non sans être éprouvée physiquement et intellectuellement.Pourtant, au fil des mois à L\u2019Itinéraire, Jo Redwitch est tout de même parvenue à s\u2019impliquer dans différents aspects de l\u2019organisme qu\u2019il s\u2019agisse de la rédaction d\u2019articles ou de la vente de journaux, elle répond toujours présente lorsqu\u2019on la sollicite.Elle a récemment donné beaucoup de son temps et de son énergie en tant que membre du conseil d\u2019administration pour restructurer nos règlements généraux.Et, malgré toutes ses activités, elle a appris à ne pas s\u2019oublier et à respecter ses propres limites.D\u2019ailleurs, elle prépare actuellement un éventuel retour aux études.Certains de nos participants ont fait aussi de nombreux progrès personnels, et ce, même si actuellement ils sont en réflexion sur leur avenir.Prenons l\u2019exemple de Mario Alberto Reyes Zamora qui, malgré son diagnostic lié à l\u2019anxiété, a pu réaliser de nombreuses choses avec l\u2019organisme.Il a pu écrire des articles fouillés sur certaines problématiques qui le touchaient, comme celui relatif à la cyberdépendance, mais aussi développer de nouveaux talents et apprendre la photographie. Il a été pendant plusieurs mois photographe-participant à L\u2019Itinéraire.De sujet en sujet, il partait en reportage pour capter les meilleurs éléments qui pouvaient parfois se retrouver en page couverture du magazine.Et même si, aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus son activité principale, il conservera ses acquis et ses expériences pour toujours.L\u2019engagement rime souvent avec la persévérance.Lynn Champagne est de celles qui ont su se confronter et se mettre personnellement au défi.En mai dernier, quelques-uns de nos camelots ont pu suivre un stage journalistique à La Presse, auprès de journalistes professionnels.Pendant une semaine, ils ont pu apprendre les bases du métier.Lynn Champagne a failli ne pas compléter cette expérience pour plusieurs raisons dont la principale était le manque de confiance en elle et en ses capacités.Aujourd\u2019hui, lorsqu\u2019on parle de l\u2019histoire de persévérance de Lynn à l\u2019équipe de la rédaction comme aux gestionnaires de l\u2019organisme, elle fait partie de celles que l\u2019on n\u2019oublie pas facilement, qui provoquent encore aujourd\u2019hui certaines émotions, et qui finalement, motivent tous les jours à continuer notre mission, au mieux de notre capacité.Guy s\u2019en est sorti Et, il y a certaines histoires qui illustrent l\u2019objectif que nous poursuivons quotidiennement à L\u2019Itinéraire.S\u2019il est vrai que beaucoup de nos camelots bénéficient de nos services depuis de nombreuses années, certains les utilisent uniquement sur un laps de temps avant de partir vers de nouveaux horizons.C\u2019est le cas de Guy Thibault qui a été camelot, bénévole et même représentant des camelots.Quand il a eu 50 ans, il s\u2019est retrouvé dans la rue après avoir passé une vie à travailler manuellement.Stressé, il s\u2019est retrouvé sur une pente raide, a fini par se sous-estimer et vivre une dépression majeure.De fil en aiguille, il consomme de la cocaïne et passe 450 jours à vivre et à errer dans les rues de la métropole.En 2013, il demande de l\u2019aide à L\u2019Itinéraire où il peut manger un repas complet, socialiser avec d\u2019autres camelots et intervenants et briser la solitude.Guy Thibault a su profiter de différents services qui lui étaient offerts et proposés, il s\u2019est retrouvé un logement et s\u2019est beaucoup impliqué au sein de l\u2019organisme.Il fait partie de ceux qui se sont donné des objectifs très précis en franchissant notre porte.En 2015, il se voyait même deux ans après passer son samedi soir entre chums partageant un bon souper dans une maison de campagne.Quatre ans après, il travaille à temps plein dans une boucherie et épicerie fine bien connue des Montréalais.Gageons que son rêve de soirée entre chums s\u2019est certainement réalisé ! GUY THIBAULT, 2015 GOPESA PAQUETTE Mesurer notre impact social Bien sûr, nous aurions pu aussi écrire sur tout cet impact que nous avons quotidiennement.Nous aurions par exemple pu vous expliquer que chaque année nous aidons tant de personnes en vous décrivant concrètement nos actions, en misant sur un texte un peu moins anecdotique.Mais il nous semblait que cela aurait manqué de quelque chose.Notre impact sur la société ne peut uniquement se mesurer en comptabilisant le nombre de magazines vendus ou le nombre de cartes-repas solidaires distribuées.De nombreuses méthodologies sont utilisées pour mesurer la valeur sociale d\u2019une entreprise ou, dans notre cas, d\u2019un organisme.Il y a par exemple la méthode SROI (return on investment, en anglais) qui offre un cadre d\u2019analyse des impacts sociaux, économiques et environnementaux.En bref, on mesure le changement attribuable à une intervention pour ensuite y accorder une valeur monétaire à titre d\u2019unité de mesure commune de la valeur sociale créée.Cette méthode se base sur six grands principes allant de l\u2019identification des principales parties prenantes à la monéti- sation de tous les résultats obtenus de manière à les valoriser monétairement.S\u2019il est vrai que la mesure de notre impact social fait partie de nos priorités en tant qu\u2019organisme, on ne peut pour autant le limiter à ce qui est tangible et mesurable.En vérité, notre impact social est avant tout humain, avec tout ce que cela implique : des montagnes russes émotionnelles sur lesquelles nous surfons quotidiennement avec notre clientèle aux nombreux projets que nous créons pour relever nos défis quotidiens.Nous ne vendons pas du rêve pour autant, mais bien un magazine qui sert parfois d\u2019excuse à un sourire ou à une jasette que vous accordez à des personnes qui auraient pu jusqu\u2019alors passer inaperçues.Et c\u2019est peut-être justement cela qui rend l\u2019exercice à la fois complexe, mais bel et bien nécessaire.93 L\u2019Itinéraire 25 ans 1er septembre 2019 p u b l i c i t é E N I A A A P O C H E D A A D A L E A E E I R R E N I E D M N I N L S N M J O U S N R L S N N S S S S U L T S T Édition 25e anniversaire Placez les lettres de chaque colonne dans les cases appropriées de façon à former une phrase, dont les mots sont séparés par une case noire.Indice : Cette phrase a longtemps été le slogan de L\u2019Itinéraire.slogan p u b l i c i t é 1.En 2007, L\u2019Itinéraire gagne le prix d\u2019excellence de la Fondation Desjardins pour son A (ADEI) humanitaire aux itinérants.2 .En 2006, Serge Lareault est élu président de L\u2019A C T (AACIINOOSST) internationale des journaux de rue.3.Cette année, L\u2019Itinéraire compte 201 C M T (ACELMOST).4.Les É E V (EEEPRSUV) de L\u2019Itinéraire sont corrigées par des bénévoles.5.L\u2019Itinéraire est un semeur d\u2019 E O (EIOPRS).6.Cette année, 22,4% des camelots sont des F M (EEFMMS) et 76,6%, des H M (EHMMOS).7.L\u2019 I (DEEI) de lancer un Sentinelles 2 pour souligner le 25e anniversaire de L\u2019Itinéraire n\u2019est-elle pas brillante ?8.À l\u2019occasion, des camelots improvisent avec cette compagnie.L (ILN).9.À la veille de son 10e anniversaire, L\u2019Itinéraire arbore un nouveau L O (GLOO).10.Un M D (ADEIM) comme L\u2019Itinéraire a besoin de l\u2019appui de sa communauté.11.En janvier 1995, L\u2019Itinéraire devient un M S E (EELMNSU).12 .L\u2019Itinéraire offre à ses membres un M I U (EIILMU) de vie stimulant.13.En 2001, L\u2019Itinéraire reçoit le Prix spécial de l\u2019O I (CEFFIO) de la langue française pour la qualité de son français et l\u2019expression des personnes vulnérables qu\u2019il permet.14.Cette année, L\u2019Itinéraire compte 253 P T C A (AACIINPPRSTT).15.En 2016, Cybelle Pilon, camelot, joue dans la pièce P E (ELOP) sud, présentée à L\u2019Espace libre.16.Maude Guérin est la P T -parole (EOPRT) du 20e anniversaire de L\u2019Itinéraire.17.À son départ de L\u2019Itinéraire, Serge Lareault est nommé P T C E R (CEEOPRRTTU) des itinérants de Montréal.18.Il est R (AERR) qu\u2019un périodique de rue soit écrit en grande partie par ses camelots.19.Le rapport annuel 2018-2019 de L\u2019Itinéraire est imprimé au verso de papiers R Y L (CCEELRSY).20.L\u2019Itinéraire publie régulièrement une R V (EERUV) de la presse de rue internationale.21.La carte-repas de L\u2019Itinéraire l\u2019est.S I A (ADEIILORS).22 .En 2007, une campagne de publicité de L\u2019Itinéraire est diffusée à la T (EELT).23.Dany Turcotte a été la première personnalité publique à faire la U (ENU) de L\u2019Itinéraire.Placez dans le bon ordre les lettres du mot mystère de chaque énoncé.Encerclez ensuite ce mot dans la grille.Quand tous les mots sont repérés dans la grille, le mot restant constitue la solution recherchée.Solution : L\u2019Itinéraire est le seul journal de rue vendu dans le .xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Inventa Étude des reptiles Relatives à la brebis Terriers Idem Canon Interdire Agent de conservation Continent Creux Partie Corrige Bain Ville des États-Uniis Gâté Saison Que tu bandes Note Sous-sol Pronom Route rurale Cuites Divisions ottomanes Traitement esthétique Versus Pascal Embête Extrêmement Inventa Étude des reptiles Relatives à la brebis Terriers Idem Canon Interdire Agent de conservation Continent Creux Partie Corrige Bain Ville des États-Uniis Gâté Saison Que tu bandes Note Sous-sol Pronom Route rurale Cuites Divisions ottomanes Traitement esthétique Versus Pascal Embête Extrêmement Réponses du 15 AOÛT 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 P C O C R B A I E S E S U S V E I T E D R I A D G E T R O C N O N A P M E L A V S R T O Y R T E S E T E E N N I U E S A I E S P A E V I U D R E R P O H B I E R SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 67261 7 8 2 3 4 2 1 7 5 7 6 9 8 5 7 2 1 9 8 6 6 9 2 1 9 6 7 4 6 5 9 8 5 3 4 1 9 6 7 4 5 8 2 1 3 4 8 2 1 9 3 6 7 5 3 5 1 7 2 6 4 9 8 2 3 9 8 6 7 5 4 1 5 7 4 2 3 1 9 8 6 6 1 8 9 4 5 3 2 7 1 9 3 6 8 2 7 5 4 7 4 6 5 1 9 8 3 2 8 2 5 3 7 4 1 6 9 Grille Sudoku Facile à imprimer du jeudi 06 septembre 2018 06:00:01 1 / 1 1 5 a o û t 2 0 1 9 S T N A P I C I T R A P T E S P O I R O R T E M O N O I T A I C O S S A L L L S E M M E F U E L E E I N L O G O F N V E M E D I A M I L I E U U A D A E R E C Y C L E S C I I L H O M M E S R N R A R E V U E T R O P E R U E T C E T O R P E M Solutions dans le prochain numéro débrouillage DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : B o n 2 5 e a n n i v e r s a i r e à L \u2019 I t i n é r a i r e ! p u b l i c i t é p u b l i c i t é La STM, fière partenaire de L\u2019Itinéraire 19532_01 publicite itineraire 8,5x10,875.pdf 1 24/07/2019 11:17 énergie + s\u2019investir 25 ans à mettre l\u2019énergie humaine au service de la communauté.Énergir tient à féliciter l\u2019Itinéraire de faire une réelle différence dans la société.septième production 2110, rue Drummond, 3e étage Montréal (Québec) H3G 1X1 01/08/19_10:03 client : Energir Nº 111162373-1 format PAP : 100 % @ 300 dpi description : S'investir trim fermé : 8,75\" x 11,125\" pièce : Annonce Journal Étinéraire trim ouvert : XX\" x XX\" version : visible : N/A infographiste : ML bleed : 0,125\" nom fichier : 111162373-1_Energir_Etineraire_ 8,75x11,125_4C_F.indd couleur C M J N PMS 2002 PMS 2002 PMS 2002 Check List ?Les sorties laser ne reflètent pas fidèlement les couleurs telles qu\u2019elles paraîtront sur le produit fini.Cette épreuve est utilisée à des fins de mise en page seulement.X © Luisa Dörr, Brésil, Falleras EXPOSITION 2019 Marché Bonsecours 325, rue de la Commune Est Vieux-Montréal Métro Champ-de-Mars Dim.au mer.: 10 h à 22 h Jeu.au sam.: 10 h à minuit expo-wppmtl.ca #expoWPPMTL Du 28 août au 29 septembre 2019 WPP2019_pageitineraire-v1.pdf 1 19-08-05 10:23 "]
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