Le droit, 23 octobre 1982, Cahier 2
[" Ay % pue E : ie FA a lb x > a A, - oe V ry do yr » 5 a + re» , F \u201ca A # ; ?> > wa 3 wg * 4 |.J > Ë Eve 5 Fe ™ it 9 0 +f 4 = 3 je mn 8; M d= 2 FAS JE À 2 £ other pi une sur AE oad Hair oy & at, vi} id al À i R mT = \u20ac & = mu de ces = à DE rE i Feron»z 86 | 2140190 £2 NP oujewes Be ~ 2h hd ETB.JENLins* 250 ipods ossunu Eig El] 11084 Mt FEN rs Matinée Clear Lou, 25 CHLARENTES La douceur qui se goûte.Choisissez votre douceur, gardez le goût.Le goût de l\u2019Extra Douce: une agréable surprise.AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l'usage \u2014 éviter d'inhaler.Moyenne par cigarette: Matinée: Régulier: \u201cgoudron\u201d 8 mg \u2014 nicotine 0.5 mg.King Size: \u201cgoudron\u201d 11 mg \u2014 nicotine 0.8 mg.Matinée Extra Douce: King Size: \u201cgoudron\u201d 4 mg \u2014 nicotine 0.4 mg.} Be Î 3 - CRRA TONNES SLs.RL LOSI ri 7 WB PAR PIERRE GINGRAS \u2014 Jean Garon, avez-vous abandonné les agriculteurs?Dégageant sa forte corpulence de la profondeur du fauteuil, il se lève, commence à arpènter la pièce en silence.Visiblement cette question l'agace.Après quelques instants de réflexion, il s'arrête, se plante bien droit devant le magnétophone,_les pouces enfoncés dans les poches de sa veste, prêt à répondre.Le commentaire est net, sec: «Les faits parlent plus que les détracteurs.Ma dynamique en tant que ministre de l'Agriculture c'est de nous comparer au meilleur pays agricole au monde, pas au Nou- veau-Brunswick.Nous sommes les meilleurs au Canada et maintenant nous devons acquérir une réputation internationale.» Dans la bouche de Jean Garon, 44 ans, c\u2019est une affirmation en forme de défi, plus qu\u2019une conviction.Ce bourreau de travail, solide, plein de vitalité et d'ambition, refuse de croire que sa cote de popularité a baissé.«Qu'est-ce qu\u2019ils disent de moi, les gars?» «Quels sont ceux qui parlent en mal?» «De quoi se plaignent-ils?» Parce qu\u2019on ne lui pose pas assez vite les questions qu'il souhaite, qu'il exige même, il prend les devants.La voix rauque, le débit mitrailleur, les yeux perçants, il attaque, provoque.«Bien sûr, il y a des agriculteurs qui font faillite comme dans tous les secteurs de l\u2019économie.Bien sûr, j'ai refusé d\u2019intervenir dans la crise du porc au printemps dernier en leur disant: «Réglez vous-mêmes vos chicanes.» Maintenant que le prix du porc a augmenté, plus personne ne se plaint.Bien sûr, l'U.P.A.(Union des producteurs agricoles) chiale.I! y a là 300 fonctionnaires qui doivent à l\u2019occasion justifier leurs salaires.Bien sûr, l'endettement des cultivateurs a JEAN GARON, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DES PECHERIES ET DE L'ALIMENTATION \u201cQU'EST-CE U\"ILS DISENT DE MOI augmenté, mais leur actif est plus élevé que jamais.Bien sûr, je m'occupe plus ces temps-ci du domaine des pêcheries où tout est à faire.Pourtant je n'ai jamais délaissé l\u2019agriculture.» Jean Garon tient à garder sa réputation d'homme à poigne serrée.I! n'aime guère être critiqué, encore moins contesté.Le printemps dernier, il a surpris tout le monde en se rendant au Colisée de Québec à une assemblée à laquelle assistaient 8 000 agriculteurs venus protester contre les politiques du ministre de l'Agriculture.Quelle ne fut pas la surprise des dirigeants de l'U.P.A.de voir apparaître dans l'allée centrale la silhouette trapue de Jean Garon.I! n'en fallait pas plus pour semer la confusion dans la foule ou les huées se transforme- rent rapidement en de chauds applaudissements.Sans y étre invité, le ministre a même été jusqu'à prendre la parole durant plusieurs minutes.Jean Garon est très fier de son Coup.«Âvez-vous vu la photo que le Soleil a publiée après l\u2019événement?C\u2019est l'une des meilleures que l\u2019on ait faites de moi.» Pourtant dans le milieu agricole on demeure inquiet.Aprés avoir occupé la sellette durant le premier mandat du gouvernement actuel, lancé une foule de programmes, rodé la loi sur le zonage agricole et finalement embarqué les 40 000 agriculteurs du Québec dans son bateau, le capitaine Jean Garon s'est retiré dans sa cabine.Et voilà que l'on craint qu\u2019il ne quitte le navire.Pierre Gaudet, ancien président de l'U.P.A., céréalier qui a connu sa part de difficultés financières l\u2019an dernier, se montre très sévère à l'endroit du ministre de l'Agriculture: «C\u2019est un rêveur dans sa conception du développement agricole.Quand il nous a parlé d\u2019autosuffisance, nous avons embarqué «au > Perspectives H 3 coton».À la condition bien entendu que le gouvernement ne nous laisse pas tomber.Le contexte économique est difficile, le Conseil des ministres est devenu inflexible.Ça va mal mais Garon est parti s'occuper des poissons.» Pour le député libéral de Brome- Missisquoi, Pierre Paradis, ancien procureur des producteurs de porc opposés aux plans conjoints, Jean Garon est allé trop vite.«Il a endetté les agriculteurs au-delà de leur capacité de payer, mis sur pied de nouvelles productions sans posséder l'expertise technique, lancé des programmes d'aide sans tenir compte de la mise en marché.Dans l\u2019érable, nous avons connu une surproduction importante.» Jean-Pierre Charbonneau, député péquiste du comté de Verchères, est loin d'être de cet avis: «Une des plus grandes batailles menées par Jean Garon et les députés des comtés ruraux au Conseil des ministres est d'avoir réussi à maintenir les taux d\u2019intérêt du crédit agricole au niveau où ils sont actuellement.» Les subventions d'intérêt payés par le Trésor public aux agriculteurs atteindront les 124 millions de dollars cette année, soit tout près de 6 000 $ pour chacun des 21 000 clients de l'Office du crédit agricole du Québec.Ce qui est beaucoup trop aux yeux de certains ministres.Jean Garon affirme, lui, que l'agriculture québécoise est en bonne santé.«Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les chiffres de Statistique Canada.L'an dernier, le revenu net des agriculteurs du Québec a connu une hausse de 25%.En 1982, l'augmentation prévue est de l'ordre de 19%.Pourtant, en Ontario, on prévoit une baisse de 22% et une diminution de près de 17% pour l'ensemble du Canada.Ça ne va sûrement pas si mal qu'on le laisse entendre puisqu'en 1981 on a compté 1 598 nouveaux agriculteurs dans la province.» Le budget réservé à l'agriculture est passé de 368 à 480 millions de dollars.Avec une volonté redoutable qui lui vaut une réputation d'ogre et Apprenez chez vous, à votre rythme, à: \u2014 payer moins d'impôts; \u2014 rentabiliser davantage votre entreprise; \u2014 emprunter de l'argent; \u2014 organiser la relève; \u2014 obtenir une foule d'autres renseignements importants.SERVICES OFFERTS: \u2014 une inscription en tout temps de l'année; \u2014 pour vous aider, un professeur avec qui vous pouvez communiquer sans frais; \u2014 la possibilité d'obtenir des crédits ou une attestation d\u2019études du ministère de l'Education; ; \u2014 pour recevoir le prospectus et le dépliant des cours en agriculture, téléphonez \u2014 à Montréal: 873-2210 \u2014 ailleurs au Québec, sans frais: 1-800-361-4886 ou écrivez à: Ministère de l'Éducation Direction des cours par correspondance C.P.1000, Succ.C Montréal (Québec) H2L 4K6 Cours par correspondance en agriculture même de dictateur, Jean Garon est parvenu \u2014 tout le monde le concède \u2014 à donner à l\u2019agriculture sa véritable importance économique, celle d'une industrie dont le chiffre d'affaires dépasse les 3 mil- lards de dollars.Journaliste au Soleil, ex-chroni- queur à l'agriculture, Marc Lestage, qui a connu quatre ministres différents, dit de Jean Garon: «Son plus grand mérite est d'avoir rendu les agriculteurs sympathiques aux citadins.Il a réussi à faire comprendre que l'industrie du porc est aussi importante pour le Québec que la compagnie Bombardier.Il s'est attiré des votes des populations urbaines avec certaines politiques, notamment le zonage agricole.Un tour de force.» «QUAND JE N\u2019AURAI PLUS D'IDÉES, QUAND JE NE SAURAI PLUS PARLER AUX AGRICULTEURS, JE PARTIRAI» D'ailleurs, pour Me Jean-Marc Audet, porte-parole de la Chambre des notaires du Québec en matière de zonage agricole, «la loi 90 de Jean Garon a développé pour la première fois une conscience du territoire.Le zonage constitue une aussi grande réforme que la loi sur le cadastre de 1860.» A l\u2019intérieur de son ministère de \"Agriculture, des Pécheries et de l'Alimentation, Jean Garon demeure le travailleur acharné qui rend souvent la vie insupportable à ses fonctionnaires.fl écoute mais délègue peu, veille aux moindres détails.«Personne ne me mènera par le bout du nez.Les gens sympathiques me trouvent étourdissant.Mais je puis vous garantir que ça «marche full pins.J'ai une « maudite » bonne équipe.» On raconte que le ministre a demandé cette année a ses fonctionnaires affectés aux pêcheries de passer quelques jours en mer avec un pêcheur.Evidemment, ils étaient prêts à faire l'expérience durant la belle saison.Mais voilà que leur patron en a décidé autrement pour éviter que le voyage ne tourne en partie de plaisir.La pêche a lieu en octobre ou novembre.«Les fonctionnaires connaîtront la vraie misère des pêcheurs», aurait laissé échapper Jean Garon.Ceux qui reprochent au ministre de l'Agriculture de s'occuper davantage des Pêcheries n'ont pas complètement tort.Pour Jean Ga- ron, il s'agit-là d\u2019un nouveau défi.li aimerait bien réaliser autant de choses dans ce domaine qu\u2019en agricul- ture.«Le travail à accomplir est énorme, explique-t-il.Le territoire est vaste et le potentiel immense.Il faudra multiplier les expériences auprès des consommateurs comme nous l'avons fait avec le crabe des neiges.Dans ce cas-là, j'ai forcé les compagnies à embarquer dans la campagne de promotion.Le résui- tat: 250 000 livres de crabe ont été pondues en septembre et octobre .» En plus de ces nombreuses tâches, en plus d\u2019avoir fait adopter de nombreuses lois, Jean Garon a aussi trouvé le temps de s'occuper avec succès des Floralies.C'était son idée et il l'a bien défendue devant les autorités de Montréal.Après des débuts spectaculaires, Jean Garon parle de son second mandat comme étant celui de la consolidation.«Ce sera moins fulgurant», une des expressions qui revient constamment dans sa bouche.Il précise: «Si une production passe de 80 000 à 1 million de livres au cours d'une année comme dans le cas de la truite d'élevage, c'est un résultat spectaculaire.Mais si l'année suivante la production double on n'en parlera pas.» Le ministre de l'Agriculture continue de voir grand.Le Québec doit viser l'excellence atteinte par le Danemark en agriculture et celle de l'Islande dans les pêcheries.«En voyage, la première chose que je fais en arrivant dans un endroit nouveau c'est de visiter le centre commercial et les charcuteries pour examiner les étalages.» Car pour Jean Garon, il y a une nouvelle préoccupation: le consommateur.«Nous en sommes à réviser toutes nos normes d'inspection des aliments au Québec.Ça aussi ca n'est pas spectaculaire.I! faut admettre aujourd'hui que le système fédéral d'inspection c'est de la bull shit.Le public veut savoir tout ce qu'il y a dans sa bouteille de Ketchup.» Méme ses plus proches collaborateurs le disent: Jean Garon est un homme secret.On le connaît peu dans l'intimité.D'un naturel réservé, timide souvent, il se livre très peu.Sa solidarité ministérielle est bien connue et jamais on ne l'entendra parler contre un de ses collègues.Considéré comme l\u2019un des hommes les plus forts du gouvernement actuel, celui qui n'a pas été touché par les remaniements ministériels se plait à dire: «Quand je n'aurai plus d'idées, quand je ne serai plus capable de faire marcher la machine, quand je ne saurai plus parler aux agriculteurs, je partirai.Mais j'ai encore des tas de choses à réaliser.© Perspectives B 4 A PASSEZ DONC AU SALON Parce qu'il s'adresse avant tout à des experts de l'agriculture et de l'alimentation du monde entier (agriculteurs, agronomes, vétérinaires, fabricants d'aliments, restaurateurs, cuisiniers, épiciers, économistes, professeurs, etc.), le Salon international de l'agriculture et de l'alimentation offre au public l\u2019occasion de découvrir les dernières nouveautés du secteur agro-alimentaire et la fine pointe de son évolution.M.et Mme Tout- le-Monde, ainsi que leurs enfants, peuvent ainsi pendant quelques jours se mêler aux connaisseurs pour découvrir des milliers de spécimens appartenant à plus de vingt espèces animales, pour déguster les aliments les plus récents ou les présentations culinaires les plus originales, pour apprendre sans difficulté, grace aux méthodes audio-visuelles les plus perfectionnées, ce que les spécialistes ont inventé au cours des derniéres années.Depuis Expo 67, le public a découvert que s'instruire peut être aussi une fête.Les organisateurs du salon ont également fait cette découverte et c'est pourquoi cette manifestation s'avère aussi divertissante qu'instructive.Fondé en 1953, le Salon international de l'agriculture et de l'alimentation a considérablement évolué depuis, surtout à partir de 1974, date à laquelle son organisation fut confiée à un comité tripartite formé de l\u2019Union des producteurs agricoles, du Conseil de l'alimentation du Québec et du ministère de l'Agriculture, des Pécheries et de I'Alimentation du Québec.Maintenant installé au stade Olympique et au Vélodrome, le salon dispose de vastes espaces pour étaler ses kiosques, ses aires d\u2019expositions, ses pistes de démonstration et ses centres de dégustation.e Vous trouverez le programme détaillé du Salon à la page 20.LE LYS D\u2019OR Symbole de l\u2019effort des industriels laitiers québécois et de l'excellence de leurs produits Agriculture, a Pécheries et Alimentation Québec Perspectives HE 5 Eee Au cours des cinq dernières années, la valeur des fermes québécoises a explosé.Malgré le fait que le dernier recensement réintroduit dans les statistiques agricoles près de 10000 fermes non répertoriées par celui de 1976, le capital agricole engagé en agriculture est passé de 79000$ à 197 000$ par ferme.On observe évidemment des différences significatives entre les circonscriptions.Par exemple, cette moyenne passe à 374 000$ dans le cas de la circonscription d'Iberville.L'élimination des fermes marginales, qui forment 20% du total, gonflerait de façon marquée ces données.C'est dire que les fermes québécoises sont véritablement devenues des entreprises de type industriel.Si elles exigent des capitaux variant entre un quart et un demi-million de dollars dans les cas ordinaires, elles réclament des fonds de roulement qui grimpent en proportion.Par exemple, la valeur des machines disponibles sur les fermes du Québec frise les deux milliards de dollars, soit une somme moyenne par ferme commerciale de 43000$.Pour faire fonctionner ces machines et les entretenir, l\u2019agriculteur a dû dépenser 2400$ pour la réparation, 2200$ pour les carburants et les huiles et 1200$ pour l'électricité.L\u2019entretien des bâtiments exige 1 700$ alors que les salaires versés par les agriculteurs qui emploient de la main-d'oeuvre dépassent, toujours en moyenne, 7 300$.Les achats d'engrais, de chaux, de semences et de produits chimiques excèdent 3500$ et celui des aliments pour les animaux 2000$.Encore là, on observe des variantes régionales importantes.Par exemple, les circonscriptions de la région de Saint-Hyacinthe obtiennent une moyenne par ferme de 10200 $ pour les salaires versés, de 7 600$ pour les engrais et les chaux, et de plus de 3000$ pour la plupart des autres postes.En retour, les ventes moyennes qu'effectuent ces entreprises totalisent 53000$ au Québec, et 79000$ dans la région de Saint- Hyacinthe.Tous ces chiffres montrent bien la place grandissante que prend la gestion dans les opérations de la ferme.Ils expliquent également les difficultés que rencontrent ceux qui désirent devenir producteurs agricoles.Or, pour près de 13000 fermes du Québec, ces chiffres demeurent très en deçà de la réalité.Par exemple, 750 fermes vendent pour plus de 0000 $ de produits agricoles, soit cinq fois plus que la moyenne.Dépenses et investissements sont à l'avenant.La valeur totale des ventes effectuées a excédé deux milliards de dollars en 1980, celle des dépenses recensées atteignait 1,2 milliard, et les salaires versés 135 millions.Les retombées économiques régionales de cette activité agricole sont donc considérables.Dans bien des comtés, elles constituent l\u2019'épine dorsale de l'économiee L'UPA.ET LA FÉDÉRÉE Parmi les plus importantes réussites de la ctasse agricole québécoise, il convient de signaler le fait qu'elle a su se doter, au cours des années, de pouvoirs d'intervention collectifs qui font maintenant l'envie des autres pays.D'un côté, la Coopérative fédérée du Québec s\u2019est constitué un marché de plus d'un milliard de dollars.De l'autre, l'Union des producteurs agricoles (U.P.A.) regroupe à peu près tous les producteurs au sein d'une association qui est parvenue à réconcilier les intérêts divergents de ses membres, tout en jouant un rôle dominant dans le secteur commercial.En effet, aucune association syndicale agricole au monde ne peut prétendre avoir obtenu, en cinquante ans, autant de pouvoirs d'intervention que l'U.P.A.Celle-ci dispose d'atouts uniques comme ceux qui consistent à percevoir, à l'instar des syndicats ouvriers, une cotisation obligatoire et à déterminer, dans bien des domaines, les règles du jeu de la mise en marché des produits agricoles, privilège jusque-là réservé à des corporations comme celles des avocats ou des médecins.Pour parvenir à ce résultat, elle a dû relever le défi qui a partout ailleurs contribué à I'affaiblissement de la classe agricole: réconcilier les intérêts de producteurs dont les produits sont concurrentiels.D'autre part, le mouvement coopératif, dont les principes ont inspiré l'U.P.A.(par exemple, un homme un vote, quelle que soit sa puissance financière), a su relever bien des défis.Il est parvenu à obtenir une force de capitalisation telle qu'il a pu se permettre d'acheter des entreprises privées.ll domine aujourd'hui largement non seulement des domaines où il s'était initialement implanté, comme celui de la transformation du lait, mais également ceux où les principes de la concurrence paraissaient devoir l'écarter.Or ces coopératives continuent d\u2019appartenir à ceux qui recourent à leurs services, à savoir les agriculteurs.Elles disposent de moyens techniques parmi les plus puissants au monde.Par exemple, la fromagerie d'Agropur à Notre-Dame-du- Bon-Conseil .qui est la plus moderne d'Amérique.© Perspectives ll 6 get ON rs AN a of) AH 00% Ca EW 5 Lo dent es en WN SY WwW 7 ON I WY ges ec ne fe?\\\\ WW en e no el net Que { i Lise \u2014\u2014\" MOTO mme TT TY Tepe MOINS DE FERME PLUS IDE PRODUITS ¢ A la fin du siécle dernier, on re- 4 censait 175000 fermes au Québec.4 En 1981, on en comptait 48000.Mais de ce nombre, 10000 peuvent être considérées comme marginales, ne produisant pas 2500 $ de # revenu par année.Malgré cette forte diminution, la production agricole du Québec n'a pas cessé de croître tout en se diversifiant considérable- ki ment.Jadis, la plupart des fermes pro- ;] duisaient un peu de tout.Aujour- d'hui, elles sont pratiquement Al toutes spécialisées.La production 44 laitière continue de dominer.Elle ) i occupe la moitié des producteurs, ind mais l'accroissement de la produc- W tivité dans ce secteur est telle que, depuis 1966, le nombre de producteurs laitiers est passé de 62000 à à 20000 sans que les quantités produites ne soient réduites.De fait, la \"4 diminution de l'ensemble des producteurs agricoles depuis cette date est entièrement imputable à cette catégorie.Dans les autres secteurs, le nombre de producteurs augmente.L'accroissement de la productivité tant des vaches laitières que des végétaux a pour conséquence indirecte de libérer depuis cinq ans environ 120000 acres de terre par année.Soit l'équivalent de la superficie totale consacrée à la production des légumes et des pommes de terre ou du double de la superficie cultivée en moyenne dans chacun des comtés agricoles.Ces terres sont réaffectées à d'autres fins, notamment à la production de céréales et de bovins où le Québec demeure largement déficitaire.C'est dire que le thème de l\u2019autosuffisance s'impose non comme un luxe mais comme nécessité.Sans cette orientation, il faudrait « fermer » l'équivalent de deux comtés agricoles chaque année.e DES CAROTTES CONTRE DES ORANGES Les ministres de l'Agriculture qui se sont succédé au Québec depuis dix ans ont tous prôné l'objectif d\u2019autosuffisance alimentaire.lis ont pour cela reçu l'appui des autres agents du secteur agro-alimentaire.Cet objectif a été précisé avec les années, et diverses politiques ont été adoptées pour y arriver.Mais qu'est-ce que l\u2019autosuffisance (que l\u2019on désigne également par le terme auto-approvisionnement) ?C\u2019est d'abord le contraire de l'achat chez nous.En ce sens que l'opération consiste à ajuster la production aux besoins des consommateurs et non à demender à ces derniers de privilégier les produits du Québec à tout prix.L'autosuffisance ne vise donc pas à déplacer la demande, par exemple, pour les oranges ou les tomates en faveur des pommes et des carottes.Elle consiste plutôt à produire suffisamment de pommes et de carottes pour compenser par des ventes à l'extérieur les achats d'oranges et de tomates qu'on y effectue.À la limite, le chiffre d'affaires des agriculteurs devra équivaloir les sommes dépensées par les consommateurs.Cette politique est donc axée sur le développement des productions où le Québec est compétitif.Les surplus exportés couvrent ainsi ies dépenses faites à l'extérieur pour les produits importés.© CAILLES, OIES, TRUITES.Au fur et à mesure que le goût des consommateurs se raffine et se diversifie, la production se développe dans de nouveau secteurs.C'est ainsi que celle des cailles et des faisans, des oies et des canards a pu doubler au cours des cinq dernières années.Ces spécialités sont généralement concentrées dans quelques circonscriptions où se situent des élevages spécialisés: Brome pour le canard, Chicoutimi pour les oies, Berthier pour les cailles.Pour les mêmes raisons, on assiste à une expansion rapide des troupeaux de moutons, de chèvres et de lapins, ainsi que des ruchers.Une nouvelle classe de producteurs agricoles a même vu le jour, avec le développement des élevages de truites qui ont multiplié par dix leur volume de production en cinq ans, en devenant un produit de table recherché.Dans tous ces domaines, on assiste a une spécialisation des producteurs attirés souvent par l'encombrement des productions plus traditionnelles et par les coûts considérables auxquels il faut consentir pour y accéder.Enfin, le retour à la nature des gens de la ville a non seulement permis le développement de l'agri- \u2018culture biologique, mais joué un certain rôle dans celui du miel ou des piscicultures qui favorisent la pêche en étang.Au total, ces productions dites nouvelles visent directement l'ouverture de marchés qui jusqu'ici étaient laisés à l'importation.e Perspectives B 8 EE A SO a TZ eee Eee ® Les Québécois consomment 23% plus de viande bovine que les autres Canadiens, soit 120 livres ï par année et par habitant.® Les Québécois achètent bon an mal an 40% de la production de viande bovine produite en Alberta, la principale province productrice.® Le «boeuf de l'Ouest» vient parfois du Québec et plus particulièrement de l'Outaouais, de l\u2019Abiti- bi-Témiscamingue ou des environs de Québec (Mégantic ou Beauce).® Souvent trois producteurs difté- rents assurent l'engraissement des bovins de boucherie: les nais- Seurs prennent soin des vaches qui les font naître et veillent sur eux jusqu'à la phase du sevrage; les engraisseurs les amènent au poids de 800 livres: et les finisseurs les revendent trois mois plus tard à 1 100 livres, après les avoir alimentés de façon intensive avec des céréales.L'animal a alors environ 21 mois.® Le prix du boeuf est presque entièrement déterminé par celui qui prévaut à Chicago quelles que soient les quantités produites au Canada (et par conséquent au Québec) et les coûts requis pour le produire.® Cinq mille producteurs du Québec se consacrent en priorité à l'élevage du boeuf de boucherie.e Les pommiers ont besoin des abeilles car les fleurs qu'ils portent peuvent difficilement se féconder mutuellement.Il n'est donc pas rare de voir des ruchers dans les vergers pendant la saison de pollinisation.Il faut plusieurs années avant qu\u2019un pommier donne ses premiers fruits.Voilà pourquoi, les changements dans ce secteur ne sauraient être que graduels.Une invention québécoise L'université du Québec à Montréal, en collaboration avec un laboratoire français, a mis au point une chambre d'entreposage sous «atmosphère contrôlée à stabilisation naturelle» qui permet d'obtenir, après plus de six mois d\u2019entreposage, des pommes presque aussi croquantes qu'au moment de la cueillette.Inaugurée l\u2019année dernière, cette chambre a notamment pour avantages additionnels d\u2019être peu coûteuses à construire et de ne requérir pratiquement aucune dépense énergétique.Elle peut servir à entreposer d'autres produits que la pomme.® LE SAVIEZ-VOUS ?.importé de France, Beaujolais - \u2018tdela Ste\" one 7 ni rat Cuvée des Patriotes > Nuit de as Stdean : 750mt J Beaujolais AC.- Vin rouge sec et 750ml légèrement fruité, \u201cAccompagne bien: \"A Viandes rouges, Ly volaille, orilades =; \u201c grillades, hts et \u201c et fromages.: Accompagne bien: charcuteries, plats en sauce et rôtis, SOCÈTÉ DES ALCOOLS DU puésec -* La cave à vin des ps QUÉDÉCUE i n a ST aT TR a Ee AE RES FES; Prod Tes £ Entre la vache et le verre dans lequel vous le versez, le lait circule maintenant sans avoir été pratiquement exposé l'air libre.Il sort de la trayeuse pour emprunter un lacto- duc qui le conduit directement a un réservoir réfrigérant.De là il est siphonné pour son transport en camion-citerne jusqu'aux réservoirs d'un laitier qui lui fera subir divers traitements destinés à uniformiser sa composition, assurer sa salubrité et prolonger sa conservation.Il est ainsi tour a tour clarifié dans un centrifugeur qui le débarrasse de toute particule étrangère et ajuste sa teneur en gras selon les normes en vigueur.|| est ensuite homogénéisé: il s'agit de diviser les globules de gras en particules assez fines pour qu'elles restent dispersées de façon homogène et uniforme dans toute la masse de lait, de façon à ne pas remonter en surface.La pasteurisation qui suit et qui consiste à le chauffer au moins pendant seize secondes à 163°F (72,8°C) permet de détruire la totalité des bactéries pathogènes et la très grande majorité des autres micro-organismes du lait, en affectant toutefois le moins possible la structure de sa composition et ses caractères orginaux comme le goût et la valeur nutritive.Il est enfin automatiquement mis en contenant de carton ou de polyéthylène.Le procédé se fait en continu, en circuit fermé, et sous des contrôles précis.Ainsi, lorsque vous ouvrez votre litre, vous êtes dans la plupart des cas la première personne à lui faire voir la lumière.© Ls ; oat ov POR, à DU BOEUF VACHEMENT BON.La prochaine fois que vous mangerez un hamburger, dites-vous que vous étes probablement en train de déguster une bonne vache laitière du Québec.Ne faites pas la moue, car des connaisseurs prétendent que les bovins nourris, comme cette vache, de fourrages ont plus de goût que ceux qu'on engraisse aux céréales.Du reste, si le boeuf de l'Ouest était alimenté de cette fa- con, il coûterait plus cher.Autrefois, les bovins servaient d'abord de tracteurs, ensuite de fournisseurs de lait, et finalement d'aliments.Aujourd'hui, les progrès de la génétique ont permis de fabriquer sur demande des animaux qui répondent précisément à ce qu'on attend d\u2019eux.C\u2019est ainsi que les races à viande se caractérisent par un développement exceptionnel du postérieur où se situent les morceaux les plus recherchés.De mê- me, l'ensemble des masses musculaires est épais, les muscles sont souvent globuleux et saillants, alors que l\u2019encolure et les membres sont courts et l'ensemble de l'animal près de terre.Des caractères opposés presque trait pour trait se rencontrent chez les meilleurs races laitières qui possèdent une musculature fine, des masses musculaires réduites, un train avant aussi important que l'arrière.Enfin, l'animal est haut sur patte pour faciliter la traite.L'animal primitif quant à lui avait les parties antérieures plus développées que l'arrière.e Bil eee Bil Pure a .PE Pour traire cent vaches par jour selon la méthode maintenant utilisée dans les étables, le producteur aura à travailler en moyenne 15 heures et demie par jour.S'il veut réduire son travail à une moyenne de 9,6 heures, il songera habituellement à convertir son étable, en éliminant les attaches et le lactoduc, pour adopter le système à logettes qui permet aux vaches de circuler librement.Il complétera par un salon de traite où les vaches défilent tour à tour.Si ce salon de traite est doté d\u2019un ordinateur, le producteur pourra en outre enregistrer pour chaque vache le volume de lait produit par traite ou par jour, la température du lait (qui peut indiquer si la vache est en chaleur ou malade), la liste des vaches dont la production du jour est inférieure à la moyenne de production des dix derniers jours, etc.Par contre, ce système peut compliquer sa tâche lorsqu'il s'agit de nourrir ses bêtes sur une base individuelle.Il peut alors recourir à un système de distribution alimentaire automatique de concentrés contrôlé par ordinateur.Les stations de distribution alimentaire sont alors localisées à divers endroits de l'étable.Elles sont reliées à un ordinateur.Les animaux portent un collier équipé d\u2019un émetteur électronique dont le signal est particulier à chaque animal.Ainsi, en s'approchant d'une station de distribution, la vache est identifiée par l'ordinateur qui lui fournit des aliments conformes au programme alimentaire défini par l'éleveur.Chaque quantité que consomme l'animal est enregistrée par l'ordinateur qui en tient compte lors des distributions suivantes.e Perspectives ll 10 Te Riche en ressources, le Canada est ta la poursuite de l'auto: | a ° \u201c suffisance en matière d'énergie, objectif qu'il espère \u201catteindre avant la fin du siècle.Pays fortuné, il l'est déjà, et cela depuis longtemps \u2018maintenant, dans un autre domaine peut-être encore plus.\u2018 6 important: l'alimentation.Le Salon - Le gouverne- nent du Canada y aura \u201cde nombreux kiosques.Venez, on veut vous voir.\u201c Produits laitiers, viandes, volailles, \u20ac fruits de n mer, - légumes, fruits, \u2018céréales, oléagineux, qu'ils soient frais ou\u2019, en conserve, nous les avons en aborilance « et : pour tous les\u201d \\ | Visitez leskiosques 3 | dugouvernement duCanada || Salon international de l'agriculture et ' del'alimentation 1 Du I\u2019 au 7 novembre au Stade olympique Vous y verrez comment le gouvemement du Canada travaille pour vous dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation, de la recherche, de la santé, du transport et de l'environnement.Vous y découvrirez les voies futures qui s'ouvrent à l\u2019agriculture d'aujourd'hui, son emploi des nouvelles sources d'énergie, l'importance qu'elle attache a l'information, les - perspectives de carrière qu'elle offre, la relation qu'elle établit entre la nutrition et la \u2018 \\ qualité de la vie, et bien ; @ dautres choses = = | intéressantes.oF Ong Veuillez me faire parvenir gratuitement la brochure intitulée Le gouvernement du Canada et l\u2019agriculture Nom Adresse Code postal \" .: Découpez etenvoyez à: Publications Canada C.D.430 dm.Succursale De Lorimier, Montréal i + I iB (Québec) HSH 8N7 | i Gouvernement Government eu d | ) d d iE du Canada of Canada 5 PD SE PORC ET POULET LE TRAVAIL VER Au cours des années soixante, les meuneries et les abattoirs (parfois les couvoirs) ont commencé à prendre en charge les secteurs de la production avicole et porcine, comme cela se pratiquait déjà aux États-Unis.Les meuneries, surtout privées, se montrèrent particulièrement actives.En plus de se lancer eux-mêmes dans la production, ces industriels se sont associés par contrat à des exploitants agricoles.Les meuneries pouvaient ainsi compter sur un débouché pour leur moulée, et les abattoirs sur un approvisionnement mieux contrôlé.Ces entreprises fournissaient à l'exploitant crédit, assistance technique, sujets, aliments et une certaine sécurité de revenu.Elles récupéraient en échange une partie ou la totalité de la gestion et du risque.Cette intervention a permis la construction des soues et des poulaillers géants qui dominent le pay- sage dans certaines régions, à l'est de Québec et du Richelieu, ainsi que sur la rive nord de Montréal.Elle a grandement contribué également à la standardisation de la production et à une amélioration notable de la qualité.Ce type d'intégration n\u2019est pas aussi répandu qu'aux États-Unis, mais son influence demeure marquante car elle a modelé même les entreprises agricoles demeurées indépendantes.La mise en place d'un plan conjoint en 1971 dans le secteur de la volaille a freiné cette tendance en apportant aux producteurs un autre pôle de sécurité.Dans le secteur du porc, l'acceptation tardive et récente de cette formule de mise en marché par les producteurs laisse en présence des forces divergentes qui continuent de s'affronter.Hl est vrai que dans ce dernier cas la véritable révolution ne s\u2019est produite qu'au cours des cinq dernières années.Entre le recensement de 1976 et celui de 1981, le nombre de porcs présents dans les fermes du Québec a plus que doublé, même si le nombre de producteurs a diminué.Le Québec qui, au départ, devait importer près de 16 % des porcs qu'il consommait s'est ainsi transformé en exportateur, : écoulant jusqu'au Japon, en Amérique latine ainsi que dans le Nord- Est américain près du tiers de sa | production.L'avenir de cette production demeure incertain.I! dépendra largement des grands courants mondiaux déterminés aux États-Unis ou de la mise en place d'un plan conjoint national qui permettrait au Canada de s'immuniser contre les contrecoups de l'évolution américaine.l| est aussi conditionné par les politiques d'environnement que le gouvernement adoptera pour résoudre le problème que soulèvent ces entreprises gigantesques concentrées dans des zones précises.Du côté de la volaille, la production s\u2019est stabilisée au début des années soixante-dix.Depuis, le Québec occupe le premier rang des provinces productrices.Malgré cela, il n'est pas tout a fait autosuffisant dans ce domaine a cause du fait que les Québécois consomment 15 % plus de chair de volaille que les Canadiens en général.Le développement de la restauration minute, dominée au Québec par les restaurants Scott (poulet frit Kentucky) et les Rétisseries Saint- Hubert n'est pas étranger à ce phénomène.Déjà en 1978, ces deux institutions écoulaient à elles seules 13% des poüléts abattus dans Ta\u201d province.e PRR es
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.