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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 1 mai 2020
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2020, Collections de BAnQ.

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[" Aidons nos camelots.Donnez maintenant.Montréal, 1er mai 2020 Depuis le début de la pandémie, des camelots disparaissent dans la brume sans faire la une des journaux.Édition numérique spéciale LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste, responsable des dossiers société LAURENT SOUMIS Journaliste accompagnateur KARINE BÉNÉZET Journaliste, formation des participants MILTON FERNANDES Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur JUAN CARLOS JIMENEZ Webmestre bénévole ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement social ISABELLE LACHARITÉ Intervenante psychosociale PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projet \u2013 Distribution CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale Administrateurs MIVILLE TREMBLAY SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit ALEXANDRE VERDUN - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est ière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en di culté et ofert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes ain de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Nous reconnaissons l\u2019appui inancier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne relètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution inancière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 On en parle de plus en plus depuis quelques années, mais pour beaucoup de gens, l\u2019intelligence artificielle (IA) demeure un concept obscur, difficile à définir et réservé aux initiés de la haute technologie.Pourtant l\u2019IA s\u2019est immiscée dans nos vies depuis très longtemps.Et elle évolue à la vitesse grand V.Tout comme l\u2019électricité et les ordinateurs, on ne saurait en décortiquer le fonctionnement, mais on sait tous s\u2019en servir.De nos jours, et de plus en plus, il existe une myriade d\u2019applications pour l\u2019IA.Mais lorsqu\u2019on mentionne le mot intelligence artificielle, à quoi pense-t-on ?L\u2019une des premières choses qui me viennent à l\u2019esprit est l\u2019ordinateur HAL 9000 dans le film 2001 de Stanley Kubrick, qui date de 1968.Un robot doté d\u2019une volonté, d\u2019intentions et même d\u2019émotions, qui finit par prendre le contrôle de l\u2019humain qui croyait lui-même le contrôler.Ça demeure de la fiction, puisque 52 ans plus tard, de tels robots ne courent heureusement pas les rues.Bons robots Cependant, il existe de « bons robots » ou applications qui construisent des véhicules, fabriquent des objets, analysent des données médicales, assistent à des chirurgies délicates.D\u2019autres effectuent des recherches sur Google, trient nos courriels indésirables en plus d\u2019anticiper nos besoins et nos désirs lorsqu\u2019ils nous confectionnent des playlists, nous suggèrent des séries sur Netflix ou des publicités à notre mesure \u2014 selon leurs algorithmes.On a vu au Japon des robots-compagnons dans des résidences pour aînés et d\u2019autres, d\u2019un réalisme étonnant, créés pour assouvir les désirs des âmes seules\u2026 Mais les algorithmes de l\u2019IA offrent d\u2019infinies possibilités dans tous les domaines de la société, comme nous le fait découvrir notre journaliste Alexandra Guellil dans le dossier de la présente édition.Pensons à l\u2019IA en santé mentale, auprès des personnes atteintes d\u2019autisme, Tt, plus largement, à la façon dont les organismes communautaires pourraient l\u2019utiliser.Et l\u2019humain là-dedans ?Même nos camelots s\u2019expriment pour nous faire part de leurs opinions \u2014 et de leurs craintes \u2014 par rapport à l\u2019intelligence artificielle.Les robots et applications remplaceront-ils éventuellement les humains ?Que deviendront nos données personnelles ?Serons-nous tous suivis dans nos moindres déplacements ?D\u2019autre part, vivrons-nous plus longtemps grâce à l\u2019IA et la science ?Résoudrons-nous les problèmes les plus criants de la planète ?Ces questions, jadis, relevaient de la science-fiction.Aujourd\u2019hui, la réalité commence à ressembler drôlement à la fiction.Chose certaine, il faudra toujours des humains pour programmer ces robots et applications.S\u2019il y a de « bons robots » et de « méchants robots », il en va de même pour les humains qui les créent.1er mai 2020 Édition numérique spéciale NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Solution Jeu des 7 diférences Édition 15 avril 2020 On vit dans un film de science-fiction 7  Mot du DG Merci à La Presse ! Luc Desjardins 8  Camelots en confinement Daniel Prince Karine Bénézet 10  Entrevue Manon Massé, députée confinée Laurent Soumis 13  Tranches de vie Hommage à mon frère Viateur Jean Boisvert 26  Dans la tête des camelots L\u2019intelligence artificielle 28  Rond-point international 30  En toute liberté L\u2019épidémie qui en cache une autre Mathieu Laliberté 33 Comptes à rendre Le cœur en gruyère Ianik Marcil 34  Espace sciences Yves Gregoire 36  Haïkus Prendre une photo avec des mots 38  Lectures Dans l\u2019œil d\u2019un média Roger Perreault 43  C\u2019t\u2019encore drôle Alors on s\u2019accroche au bonheur Marie-Ève Saucier 45  Détente 21 camelots ont participé à cette éditio n 38 36 Dossier 8 1er mai 2020 Édition numérique spéciale L\u2019intelligence artificielle (IA), c\u2019est-à-dire la simulation des savoirs humains par des théories, techniques et programmes informatiques, contribue à changer notre quotidien.Les avancées scientifiques ont mené à des progrès technologiques permettant de trouver des solutions fascinantes à des problèmes complexes.Inclusion des OSBL dans ces solutions innovantes, protection des données, éthique et réduction des inégalités sociales sont les enjeux discutés dans ce dossier.14 Alexandra Guellil Depuis 25 ans, notre magazine s\u2019est solidement implanté dans le paysage montréalais.Les camelots sont de véritables points de repères dans la métropole, reconnaissables avec leur dossard noir et leur casquette à l\u2019effigie de L\u2019Itinéraire.Ces hommes et ces femmes, qui ont connu la rue et la grande précarité, sont les ambassadeurs de notre organisme dont la mission est de leur offrir un moyen digne de s\u2019en sortir par la vente et l\u2019écriture dans le magazine.Mais par les temps qui courent, on ne les voit plus puisque nous avons cessé d\u2019imprimer le magazine qui leur sert d\u2019outil de réinsertion.Personne dans les stations de métro, leurs points de vente de prédilection.Personne dans les rues à qui vendre L\u2019Itinéraire pour arrondir leurs maigres revenus.Et personne avec qui engager un dialogue qui leur permet de faire partie de la société dont ils se sont longtemps sentis exclus.Depuis le début de la pandémie, les camelots disparaissent dans la brume sans faire la une des journaux.Pour ne pas disparaître à notre tour et maintenir notre organisme à flot, nous avons choisi de passer au numérique.Heureusement que nous pouvons compter sur nos fidèles lectrices, lecteurs et partenaires.Empathie et ouverture Et heureusement que nous pouvons compter sur l\u2019ouverture et l\u2019empathie de La Presse, avec qui nous entretenons de très bons liens depuis plusieurs années.En nous offrant un espace dans La Presse + à compter du 2 mai, le quotidien expose L\u2019Itinéraire à un plus grand bassin de lecteurs et lectrices.Pour cette vitrine inestimable, nous lui en sommes très reconnaissants.C\u2019est une première pour nous d\u2019être présents parmi vous, d\u2019être inclus parmi les grands du monde médiatique.Nous apprécions cette place et nous l\u2019occupons avec fierté.Car L\u2019Itinéraire est une voix unique qui offre un point de vue que l\u2019on ne trouve nulle part ailleurs.Tout comme La Presse et autres journaux dits traditionnels, L\u2019Itinéraire subit les contrecoups de cette période particulièrement difficile.Depuis plus de sept semaines, la distribution du magazine dans la rue a été suspendue, affectant du même souffle plus de 170 personnes vulnérables, qui en moins de 24 heures ont perdu leur gagne-pain et une partie de leur raison d\u2019être.Même les entreprises les plus chevronnées n\u2019ont jamais envisagé gérer une crise de cette ampleur.Si dans notre réalité quotidienne à L\u2019Itinéraire nous gérons une entreprise sociale, nous devons aussi composer avec la vulnérabilité, l\u2019anxiété, et la fragilité de nos camelots.Cette situation multiplie par 10 ces problématiques.D\u2019autant plus que nous devons les gérer à distance.Mais l\u2019équipe est fidèle au poste et demeure en contact régulier avec ses camelots.À ce jour, nos intervenants ont effectué plus de 700 suivis psychosociaux, en plus de leur offrir de l\u2019aide alimentaire.Plus qu\u2019un magazine  Un camelot ne vend pas juste un magazine.Il socialise, il contribue à un écosystème très complexe dont nous faisons tous partie.Il n\u2019est ni employé, ni travailleur automne, il ne se situe dans aucune case des différents programmes d\u2019aide financière gouvernementaux.L\u2019Itinéraire est à la fois un magazine, un lieu d\u2019entraide, de soutien alimentaire, de support psychosocial, de mentorat, de préemployabilité, de formation et j\u2019en passe.Notre organisme figure donc dans toutes les cases à la fois, mais dans aucune en particulier.C\u2019est la beauté de L\u2019Itinéraire.Merci de prendre le temps de nous lire.Merci à La Presse ! 7 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 DANIEL ET DOUDOUNE, 2012 ARCHIVES L\u2019ITINÉRAIRE La moindre poussière termine à la poubelle avant même de toucher le sol de l\u2019appartement de Daniel.Sa mère en est d\u2019ailleurs tellement étonnée qu\u2019elle le surnomme son « homme rose ».Daniel en rit ! Son sens de l\u2019autodérision ne l\u2019a pas quitté, mais il n\u2019est qu\u2019un baume sur une intense tristesse.Des sanglots refoulés s\u2019entendent dans sa voix lorsqu\u2019il décrit son quotidien en confinement ; un coup dur de plus à surmonter.Virer schizophrène ! « Le plus difficile, c\u2019est de s\u2019habituer à être vraiment, vraiment seul », exprime-t-il après avoir annoncé la mort soudaine de son chat, Doudoune.Cette mort qui s\u2019ajoute à celle de son frère il y a quelques mois à peine et qui fragilise un peu plus encore son moral.Daniel essaye de conserver son rythme courant, même s\u2019il ne se lève plus qu\u2019à 6 h du matin au lieu de 4 h.Et à la place de vendre le magazine au métro Bonaventure, il prend deux marches par jour.L\u2019une d\u2019elles, celle des lundis, marque un arrêt inévitable à L\u2019Itinéraire dans l\u2019espoir de combler un vide, celui d\u2019être coupé de toute relation de proximité avec sa clientèle et les gens de L\u2019Itinéraire.« J\u2019écoute le point de presse et après, je passe devant.Je sais que c\u2019est fermé, mais.au cas où.J\u2019ai hâte de voir du monde ! Si ça continue trop longtemps, je vais virer schizophrène.» Coninement ou détention, du pareil au même Son confinement, Daniel le compare à son incarcération à la prison de Bordeaux d\u2019il y a 40 ans.Pour lui, certains aspects sont pires encore.« Je me sens comme les criminels dangereux.À la différence qu\u2019en prison, t\u2019as une date précise de sortie, mais là, on le sait pas.» C\u2019est sûrement ce qui le rend le plus anxieux.Et bien que le confinement soit, de son point de vue, une « détention volontaire » et qu\u2019elle permet de prendre l\u2019air librement, là encore, la situation lui est difficilement supportable, parce qu\u2019« en prison, tu parles à du monde ! Quand t\u2019es avec 800 personnes, tu peux interagir tout le temps.Alors que là, j\u2019 interagis avec qui ?ma télé ?ma radio ?» Daniel ne dispose d\u2019aucun moyen de communication autre que son cellulaire prépayé et il prévoit fermement se munir d\u2019un ordinateur et d\u2019une connexion internet dès la levée du confinement.« Je veux être prêt quand on retournera dans une situation comme ça.Parce que le confinement ou la détention, c\u2019est pareil.Ça me rentre dedans ! Je ne veux pas revivre ça ! » Daniel est tout de même heureux de pouvoir parler à sa mère chaque jour et aux intervenants de L\u2019Itinéraire, même si cela lui a coûté plus de 200 $ en carte prépayée depuis la mi-mars.Penser l\u2019avenir Daniel n\u2019a jamais été ou vécu seul.Que ce soit par le passé ou il y a encore quelques mois de ça, s\u2019entourer de personnes avec qui flâner, partager son quotidien ou simplement jaser a toujours été primordial pour lui.Et bien qu\u2019il se confronte pour la première fois de sa vie à la solitude, il en sort des points positifs sur lesquels il compte bien s\u2019appuyer pour l\u2019avenir.« Je fais le bilan de ma vie.J\u2019apprends à mieux me connaître.J\u2019ai plus le temps de penser, de regarder ce que j\u2019ai fait jusque-là et d\u2019améliorer des choses.Et plus longtemps le confinement durera, plus mes nouvelles habitudes vont s\u2019 imprégner en moi.» Daniel songe déjà à son retour au travail comme camelot.Comment vendre le magazine de la main à la main si des mesures contraignantes de distanciation sociale sont encore en vigueur ?« J\u2019 imagine que je vais me trouver un petit coin au métro avec moins de passage.Je pourrais toujours poser les magazines à deux mètres de moi pour respecter la distance.J\u2019sais pas.» La réponse ne s\u2019improvise pas.Daniel espère simplement que ses clients seront ouverts au paiement par texto, une solution qu\u2019il a eu l\u2019occasion de tester et qu\u2019il trouve utile, et plus que jamais.Comme en prison Prince Daniel Camelot métro Bonaventure par Karine Bénézet Journaliste responsable de la formation des camelots PARTY DE NOËL DE L\u2019ITINÉRAIRE 2017 MARIO ALBERTO REYES ZAMORA 9 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 Pour elle, comme pour d\u2019autres, la vie normale a basculé au printemps 2020.Représentante de la circonscription L\u2019Itinéraire, Manon Massé s\u2019inquiète de l\u2019avenir des petits commerces, des organismes communautaires du quartier, du sort des camelots et \u2013 il faut bien le dire \u2013 de la survie de notre magazine en particulier.« On ne veut pas vous perdre », affirme la députée solidaire de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques et cheffe du deuxième groupe d\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale, dans une entrevue exclusive accordée à L\u2019Itinéraire.Au cours des prochains jours, la députée promet de s\u2019assurer que le magazine profite du programme de soutien aux médias auquel il a droit.À plus forte raison, en ces temps difficiles.« Le premier ministre Legault m\u2019avait assuré qu\u2019 il avait mis la pédale sur le gaz et que le plan de la ministre (de la Culture et des Communications) serait mis en œuvre beaucoup plus rapidement.Je vais veiller à ce que cela se fasse.» Ce n\u2019est pas la première fois Convaincue qu\u2019il y a aussi des jours sombres à venir pour ses commettants, elle refuse de baisser pavillon.« Ce n\u2019est pas la première fois dans l\u2019histoire que le Centre-Sud vit des moments difficiles.On va se retrousser les manches, dit-elle.On va se mettre les mains dedans.Et on va faire revivre le Centre-Sud de Montréal, parce que c\u2019est le plus beau quartier de Montréal.» Pour l\u2019heure, confie-t-elle, son travail de députée ne ressemble plus à ce qu\u2019il était auparavant.« Les gens se demandent souvent ce que font les députés, surtout lorsque l\u2019Assemblée ne siège pas.Dès le premier jour de la pandémie, le gouvernement du Québec s\u2019est mis derrière la santé publique.Pour nous, cela tombait sous le sens.Alors on travaille en collaboration.Les canaux sont ouverts avec le premier ministre.» Pour éviter des décès En attendant la reprise des travaux à l\u2019Assemblée nationale le 21 avril, la période des questions* a cessé d\u2019être l\u2019arène quotidienne où l\u2019on traque l\u2019adversaire.Comme les autres chefs de partis d\u2019opposition, elle participe deux fois par semaine (les lundis et les jeudis) à une conférence téléphonique avec François Legault.« On travaille ensemble pour traverser cette épreuve-là.On essaye de faire en sorte qu\u2019 il y ait le moins de morts possible.Comme l\u2019opposition, on est sur pause.Et on travaille main dans la main pour l\u2019urgence.» « Curieux paradoxe », elle dit avoir moins de temps pour rencontrer les gens de sa circonscription.« Généralement, quand on a un congé du Parlement, on en profite pour aller travailler en circonscription.Alors habituellement, je rencontre des gens, je vais dans des groupes communautaires, je vais dans des grands rassemblements.» Or avec la distanciation sociale, les choses ont bien changé.« Quand je vais faire des courses, je respecte les consignes.Mais je vois bien que le monde de l\u2019 itinérance n\u2019a pas de lieu pour se confiner.Malheureusement, les gens donnent moins.Les gens ne sont plus dans la rue pour donner.» La face cachée de la pandémie « De plus, les commerçants ne reprennent plus les cannettes et les bouteilles.C\u2019est un aspect de la pandémie dont on parle moins.J\u2019en parle assez régulièrement avec le premier ministre.D\u2019ailleurs pas plus tard qu\u2019aujourd\u2019hui.Il faut faire quelque chose.C\u2019est la face cachée de la pandémie.» par Laurent Soumis  Journaliste responsable de l\u2019accompagnement des participants * NDLR L\u2019entrevue a eu lieu au téléphone le jeudi 9 avril 2020.11 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 ManonMassé députée coninée JEAN BOISVERT CAMELOT METRO PLUS MONT-ROYAL/FULLUM Je vais vous raconter une histoire entre deux frères.Je veux partager cette histoire avec vous tous.Peut-être qu\u2019elle peut rejoindre quelques-uns d\u2019entre vous.Je pensais souvent à mon frère Viateur, le septième d\u2019une famille de neuf enfants.Il demeurait à Val-d\u2019Or, en Abitibi.Moi, je suis le dernier de la fratrie, le septième des garçons et j\u2019ai deux sœurs.Je n\u2019avais pas eu de nouvelles de Viateur depuis le décès de notre maman, en 2009.C\u2019était sa fête le 23 novembre 2019.Je me suis dit que j\u2019allais l\u2019appeler pour ses 68 ans, pour lui souhaiter bonne fête.Il avait coupé le contact avec la famille, y compris avec ses deux garçons.Il était très difficile à joindre.Les années passèrent, il travaillait dans le domaine du taxi.À ma grande surprise, son numéro de téléphone n\u2019était plus en service.Une semaine était passée.J\u2019ai reçu un appel de ma sœur, Ginette.Elle l\u2019avait su par mon frère Yvan, informé par notre nièce Julie qui travaille comme infirmière à l\u2019hôpital que Viateur avait été hospitalisé d\u2019urgence dans un état critique.Un choc On lui avait diagnostiqué un cancer des poumons, une grosse masse entre les poumons et le cœur.Son moral était très bas.On lui a offert de la chimio.Il l\u2019a refusé.Il voulait en finir au plus vite.Il était dépressif.C\u2019était un suicide à long terme.Il a demandé l\u2019aide médicale à mourir qui a été approuvée.Il a signé le protocole.Il lui restait à trouver une date qui lui convenait.On l\u2019a transféré aux soins palliatifs, à la maison de la source Gabriel à Val-d\u2019Or, pour les gens en phase terminale.Ça nous a fait un choc de savoir que notre frère, qu\u2019on n\u2019avait pas vu depuis 10 ans, allait partir bientôt.Je l\u2019appelais à tous les soirs pour jaser et profiter du temps qui lui restait.Les premiers temps, on pouvait parler une heure.Les jours suivants, ça diminuait, vu son état de santé qui se dégradait.Je lui ai promis d\u2019être à ses côtés à la date de son départ, qu\u2019il choisirait.Il m\u2019a dit qu\u2019il aimerait bien cela.Je lui avais promis d\u2019aller le voir le jour de Noël et j\u2019ai tenu promesse.J\u2019ai pris l\u2019autobus de Montréal pour Val-d\u2019Or.J\u2019ai passé un bon huit heures avec lui, je suis reparti à 23 h pour revenir à Montréal.On a passé toute la journée ensemble à jaser de notre enfance, de nos parents et de nos frères et sœurs.On s\u2019est rappelé des anecdotes de toute sorte.On a ri, on a pleuré, ç\u2019a été une journée de Noël mémorable pour moi.Elle restera gravée dans mon cœur toute ma vie.Émouvantes retrouvailles J\u2019avais contacté ses enfants qui ont été le voir.Ç\u2019a été une belle rencontre.Ils ont parlé des beaux moments de leur enfance, remplie de rires et de pleurs.Ils ont présenté leurs enfants à Viateur, il ne les avait jamais vus.Quelle belle visite ils lui ont faite, ç\u2019a été très émouvant ! Leur mère et eux lui ont finalement pardonné son absence des années passées.Leur geste d\u2019amour m\u2019a beaucoup soulagé.Mon frère est parti en paix.Les jours passèrent, je l\u2019appelais toujours chaque soir, c\u2019était difficile.Il a trop tardé à décider d\u2019une date pour l\u2019aide médicale à mourir.Il était trop confus, ça a été refusé.Il n\u2019avait plus de force pour parler, sa voix diminuait progressivement.Les derniers jours, je lui parlais avec l\u2019aide de l\u2019infirmière qui posait le téléphone sur son oreille.Je lui disais qu\u2019on l\u2019aimait, de partir en paix et que maman et papa l\u2019attendaient au paradis.J\u2019entendais son souffle qui était rapide, la fin approchait.Le lendemain, le 16 janvier, la date de fête de son fils Maxime, l\u2019infirmière m\u2019a appelé à 4 h du matin pour m\u2019annoncer que Viateur était parti pour le grand voyage.Ça a été difficile pour moi, mais je me console, car je l\u2019ai vu à Noël pour une dernière fois et je lui ai dit que je l\u2019aimais.Ma sœur Ginette, mon frère Yvan et moi, on s\u2019est occupé de l\u2019incinération.Je lui avais promis de m\u2019occuper de lui après son décès, qu\u2019il pouvait partir en paix.Ça lui a fait du bien.Son urne est au salon funéraire.On va l\u2019enterrer cet été au cimetière de Cadillac, notre ville natale, à côté de la place que mon frère Armand a réservée pour lui.On va marquer son nom sur la pierre tombale.J\u2019ai tenu promesse à mon frère Viateur : qu\u2019il repose dans la dignité.Hommage à mon frère Viateur La députée estime que sa circonscription, centrée sur l\u2019industrie des services et marquée par de profondes inégalités, écope lourdement de la crise.« Mon comté est touché de façon particulière.Il y a plein de gens qui sont affectés par la pandémie et qui tombent entre les craques, les personnes itinérantes, les assistés sociaux, les petits commerçants.» « À quoi ressembleront le centre-ville et le Centre-Sud dans quelques mois ?Personne n\u2019est capable de le dire.» Après la crise sanitaire et la crise économique, risque-t-on de subir une troisième crise : celle des finances publiques, qui marquera le retour de l\u2019austérité budgétaire ?Une troisième crise à l\u2019horizon « Jusqu\u2019à maintenant, les gouvernements ont répondu \u201cprésent\u201d.Mais on sait qu\u2019au fil des ans, les mailles du filet social se sont agrandies.Je ne sais pas ce que ce sera plus tard.Mais je peux vous assurer que je serai là et que je veillerai au grain.» Chose certaine, les organismes qui tiennent souvent leurs activités d\u2019autofinancement au printemps « vont avoir la vie dure ».« L\u2019État ne doit pas se mettre à couper dans les subventions aux groupes communautaires dans une crise comme celle qu\u2019on traverse actuellement.Le gouvernement a déjà annoncé qu\u2019 il allait resserrer la vis dans les ministères.Nous allons surveiller le discours sur l\u2019austérité et les investissements débridés dans des entreprises qui vont créer des effets de serre.» S\u2019il le faut, « on va sortir de notre rôle de collaboration et mettre notre pied à terre ».« Quand je pense à vos camelots, conclut-elle, je pense en particulier à Joseph et à Mario.Ce sont des contacts humains.L\u2019 itinéraire a plus d\u2019une raison d\u2019exister.» Viateur en décembre 2019 13 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 12 1er mai 2020 Édition numérique spéciale par Alexandra Guellil L\u2019intelligence artificielle (IA), c\u2019est-à-dire la simulation des savoirs humains par des théories, techniques et programmes informatiques, contribue à changer notre quotidien.Les avancées scientifiques ont mené à des progrès technologiques permettant de trouver des solutions fascinantes à des problèmes complexes.Mais, quels sont les réels impacts dans nos sociétés, notamment pour les personnes autistes et plus largement pour les OSBL ?Quand nous l\u2019avons rencontré en mars dernier, Marc Lanovaz n\u2019avait qu\u2019un souhait : trouver un moyen de soutenir les intervenants et les parents d\u2019enfants autistes.Chercheur à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur à l\u2019Université de Montréal, il a créé un algorithme permettant de colliger les données de crise d\u2019un enfant autiste pour mettre en place un plan d\u2019intervention adéquat.« Quand les praticiens travaillent avec des personnes autistes, individus ayant un trouble déficitaire de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité, difficulté d\u2019apprentissage ou problème de santé mentale, ils s\u2019appuient sur leur jugement personnel et professionnel pour déterminer si le patient s\u2019améliore à la suite d\u2019une intervention », explique-t-il.Son algorithme permet de détecter les changements de comportements, en répertoriant le nombre de fois où l\u2019enfant a fait une crise ou parlé poliment, suite à une intervention.Le tout, sans dépendre de l\u2019humain et de ses erreurs souvent causées par la fatigue ou le stress.« Traditionnellement, on fonctionnait avec des graphiques et l\u2019analyse se faisait visuellement en cherchant les points de différence.Avec l\u2019algorithme et l\u2019apprentissage automatique, on fait moins d\u2019erreurs puisqu\u2019une machine n\u2019est pas affectée par le stress ou la fatigue comme un humain peut l\u2019être », admet-il.Journaliste responsable des dossiers société IA EN MISSION SOCIALE 2019 HOMBELINE DUMAS Soulignons ici l\u2019importance de la décision de la Cour suprême du Canada dans la cause de Jeffrey G.Ewert contre les autorités carcérales du pays les obligeant depuis 2018 à démontrer que les outils psychologiques et statistiques utilisés à l\u2019égard de détenus autochtones sont efficaces pour eux.Et qu\u2019en est-il des inégalités révélées par l\u2019utilisation de l\u2019IA ?Pierre Tricher, chercheur à l\u2019Observatoire québécois des inégalités, soutient que l\u2019IA doit bénéficier à tous, y compris aux OSBL, qui ont souvent des ressources limitées.Il soutient que l\u2019aide doit être à la fois financière et technique.Et l\u2019enjeu est immense puisqu\u2019une utilisation de certains outils technologiques participerait à rendre plus efficaces certains organismes au quotidien, sans pour autant négliger l\u2019apport humain, et ainsi participer à réduire les inégalités sociales.« Plus on peut développer les outils technologiques et les diffuser auprès de ceux qui travaillent sur le terrain, plus on réduit les inégalités », plaide le chercheur.Philanthropie de données Même son de cloche pour Valentine Goddard qui sensibilise à ce qu\u2019elle nomme « le piège de la philanthropie de données », c\u2019est- à-dire lorsque les entreprises prêtent leur temps et expertise aux organismes, en prenant leurs données et informations pour créer un outil utile pour eux.« Cette façon de faire est très limitative, pense-t-elle, et cela n\u2019amène pas une solution sur le long terme comme dans un modèle d\u2019affaires basé sur l\u2019autosuffisance avec une source de revenus tripartie tout en bénéficiant aux citoyens et en respectant les valeurs des organisations.» S\u2019il est vrai que la plus-value des organismes communautaires est de mettre l\u2019humain au cœur de ses missions, nul doute qu\u2019une intégration de projets d\u2019IA ne peut se faire sans réfléchir au but poursuivi.Et à Valentine Goddard de conclure qu\u2019il est possible de « créer beaucoup d\u2019efficacité dans un système grâce à l\u2019IA.Mais notre choix en tant que société sera de définir si on veut se servir de cette optimisation de données pour faire des économies, si on s\u2019en servira à payer des secteurs où les femmes sont surreprésentées et sous- payées.» Le choix nous appartient.Ce nouvel outil prometteur serait un bénéfice pour pallier le manque de services de soutien à la famille.Rappelons que la liste d\u2019attente à Montréal est d\u2019environ sept ans pour en bénéficier.Prudence tout de même, car si un algorithme permet d\u2019alléger des tâches jusqu\u2019alors effectuées par des humains, ils ne les remplaceront pas pour autant.« Un algorithme comme celui-là m\u2019aidera à prendre de meilleures décisions, allègera mon travail.Notre réalité est telle présentement qu\u2019on a un manque de temps et de ressources pour colliger les données essentielles à la prise de décision.La solution n\u2019est pas non plus de demander aux familles de le faire : je ne peux pas m\u2019 imaginer être en train de faire le souper, surveiller mes deux enfants qui se chicanent et collecter des données en même temps » conclut M.Lanovaz.Contourner les biais Les machines nous garantissent-elles vraiment des prises de décision non biaisées ?Avocate et experte reconnue dans les implications éthiques et sociales de l\u2019IA, Valentine Goddard rappelle que « les algorithmes ont tendance à aller naturellement dans une position plutôt qu\u2019une autre ».En revanche, ils permettraient de contourner les biais humains, comme le stress ou la fatigue qui influencent nos décisions, parfois, malgré nous.Prenons l\u2019exemple des autochtones et personnes racisées qui sont surreprésentées dans les pénitenciers et centres de détentions.« Les services correctionnels du Canada utilisaient avant un outil pour faire l\u2019analyse de données statistiques avancées.En analysant des informations basées sur le passé, la machine fera par contre une prévision sur un état actuel des choses grâce aux informations qu\u2019on lui donne.Si on donne une information qui est représentative d\u2019une discrimination actuelle, la machine nous ressortira un état discriminatoire.La machine n\u2019est qu\u2019un miroir de notre société : et ça, ça peut augmenter les inégalités sociales », vulgarise celle qui est également à la tête d\u2019AI Impact Alliance, une organisation visant à soutenir un dialogue inclusif sur des questions liées aux enjeux sociaux et à la gouvernance de l\u2019IA.devrait avoir lieu les 19 et 20 novembre 2020 à Montréal.Comme il est complexe de prévoir où l\u2019on en sera l\u2019automne prochain, deux documentaires sont en cours de préparation, le premier sur l\u2019avenir du travail et le second sur l\u2019intelligence artiicielle et la culture.IA en mission sociale 16 1er mai 2020 Édition numérique spéciale VALENTINE GODDARD Myelin Chaque jour, des millions de chercheurs travaillent à mieux comprendre le cerveau humain et les raisons pour lesquelles il peut y avoir dysfonctionnement.Petit à petit, on apprend à mieux détecter et soigner les problèmes de santé mentale.Malgré tout, un manque dans le partage des informations perdure.Pour pallier cela, Marc-Olivier Schüle, entrepreneur, psychoéducateur et doctorant, a créé Myelin, une plateforme d\u2019information et de collaboration en autisme.L\u2019outil répond à toutes les questions que l\u2019on se pose sur ce trouble en proposant un gain de temps énorme et des réponses iables, adaptées à la situation de son utilisateur.JusticeBot La Régie du logement traite annuellement des milliers de dossiers et nombreux sont ceux qui ont du mal à comprendre le processus et les résultats obtenus.JusticeBot fournit une passerelle entre le droit et la jurisprudence adaptée au public.L\u2019outil s\u2019adresse aux locataires et propriétaires désireux d\u2019évaluer leurs droits en matière de baux dans la juridiction du Québec.Il fonctionne par questions individuelles pour analyser une situation factuelle tout en se conformant aux règles juridiques susceptibles d\u2019être appliquées.En bref, on compare des faits recueillis auprès des utilisateurs dans des afaires précédentes ain de calculer une probabilité de résultats dans une afaire similaire.Woebot On en prend de plus en plus conscience collectivement aujourd\u2019hui, la dépression est la principale cause d\u2019invalidité dans le monde.Et pourtant, les traitements ne sont pas accessibles à tous.Il existe des applications qui remplacent le bureau du psychiatre traditionnel par des messages textes et des discussions anonymes en ligne.Woebot est un robot intelligent qui utilise les principes de la thérapie cognitivo-comportementale, l\u2019une des approches les plus étudiées pour traiter la dépression, pour fournir des réponses scénarisées aux utilisateurs.  Aifredhealth L\u2019organisme basé à Montréal se concentre sur l\u2019aide à la décision clinique en santé mentale, principalement la dépression.L\u2019IA est utilisée pour aider les cliniciens et patients à faire de meilleurs choix de traitements en leur donnant toutes les options qui ont eu des résultats auprès de la population.Aifred Health traduit des données cliniques de milliers de patients ain d\u2019adapter le traitement individuel en réduisant ainsi considérablement le temps nécessaire à un patient pour trouver sa rémission.  Social Distancing Detector Lancé par Adrew Ng de Landing AI, cet outil permet d\u2019aider les employeurs respecter les mesures de distanciation physique, jugées eicace par les autorités de santé publique pour freiner la propagation de la Covid-19.L\u2019outil permettrait par exemple à une usine qui produit des équipements de protection de reprendre le travail tout en assurant la sécurité des techniciens.Le détecteur, intégré à une caméra de surveillance, met en évidence les personnes qui entretiennent une distance inférieure à la minimale acceptable en rouge et trace une ligne entre pour le souligner.Le système peut aussi émettre une alerte pour rappeler à tous de garder ses distances avec les autres.Le concept n\u2019est pas nouveau puisqu\u2019Amazon utilise déjà un logiciel similaire pour surveiller les distances de son personnel dans leur entrepôt.Le créateur a toutefois tenu à rappeler que cet outil est destiné à assurer la sécurité des employés et des communautés et doit être utilisé avec transparence et un consentement éclairé. La crise sanitaire de la Covid-19 interpelle sur la place que nous faisons à la technologie et plus spécifiquement à l\u2019intelligence artificielle.Ce n\u2019est pas pour rien que la Ville d\u2019Ottawa a engagé tout récemment des discussions avec une douzaine d\u2019entreprises à propos d\u2019une application mobile permettant à la Santé publique d\u2019identifier les déplacements d\u2019un individu testé positif à la Covid-19.Traquer efficacement et rapidement le virus.C\u2019est l\u2019objectif poursuivi par Jean-Philippe Monfet, un développeur québécois originaire du Saguenay avec MATAR-19, une application qui permet à la santé publique de retracer tous les déplacements d\u2019un individu testé positif à la Covid-19.Basé sur le partage de données volontaire, l\u2019application permet d\u2019identifier précisément les déplacements, au lieu de faire appel à la mémoire dudit individu ou de publier son itinéraire complet avec le concours des médias.« Les personnes seront informées directement d\u2019un potentiel risque à l\u2019endroit où ils seront.L\u2019application permet de conserver les déplacements, de savoir qui on a croisé et à quel moment sans pour autant savoir qui je suis ou divulguer les détails de ma vie privée », vulgarise M.Monfet.« Quelqu\u2019un qui hackerait cette application n\u2019aurait qu\u2019un numéro de dossier qui n\u2019est pas un numéro d\u2019assurance maladie ou d\u2019assurance sociale.Nous partons de données existantes sur un téléphone intelligent qui seront effacées à la fin de toute cette crise sanitaire et qui sont réservées exclusivement à l\u2019usage de la santé publique.» par Alexandra Guellil 21 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 L\u2019intelligence une alliée arti cielle contre les pandémies ? Sur son blogue personnel, M.Bengio dit vouloir éviter de créer des outils que les gouvernements et les entreprises pourraient par la suite utiliser abusivement à des fins de contrôle de la population.Les chercheurs proposent donc une application mobile qui « évalue la probabilité que vous soyez infecté en fonction de l\u2019endroit où vous êtes allé et des rencontres que vous avez faites ».Par contre, « cette information serait partagée avec les téléphones des personnes rencontrées afin que leur application puisse mettre à jour leur propre estimation des risques ».Bien que tout soit anonymisé, l\u2019application serait utilisée par les citoyens et nous permettrait « lorsqu\u2019on rencontre quelqu\u2019un, [d\u2019être en mesure] de savoir quel risque [nous avons] d\u2019être infecté » en ayant le choix de garder ou non nos distances.« Le dépistage de pair à pair ne nécessiterait donc pas de base de données centralisée des déplacements de chacun.Seules les données anonymisées et délocalisées nécessaires pour entraîner le prédicteur seraient centralisées.Les renseignements cruciaux sur les personnes rencontrées, notamment le lieu et le moment des rencontres resteraient dans votre téléphone.L\u2019application pourrait également répondre à vos questions sur la maladie et vous mettre en contact avec les autorités sanitaires locales pour vous faire tester », promettent les chercheurs.Mieux outiller la santé publique Malgré tous les signaux envoyés au gouvernement du Québec, c\u2019est une organisation de santé publique du Canada, hors-Québec, à Ottawa, qui a finalement répondu positivement au chercheur.« La bureaucratie au Québec est paralysante, même en temps de pandémie.On n\u2019agit pas assez en amont pour freiner la propagation », estime Jean-Philippe Monfet.Il prend en exemple une étude publiée le 15 avril dernier par la revue scientifique Nature qui indique que le risque de contagion de la Covid-19 est bien plus élevé avant l\u2019apparition des premiers symptômes.Au moment d\u2019écrire ces lignes, dans les bureaux de la santé publique du Québec, les équipes traquaient le virus à l\u2019aide de deux outils : un téléphone et un questionnaire détaillé.En bref : lorsqu\u2019une personne était déclarée positive à la Covid-19, on lui demandait de lister avec le plus de détails possibles ses activités pendant les 14 derniers jours en faisant appel à sa mémoire dans le but de suivre pas à pas ses déplacements et de repérer au plus vite les autres personnes possiblement infectées.Une réelle course contre la montre basée sur les failles de la mémoire humaine.Jean-Philippe Monfet soutient que sa solution ne diffuse pas les données personnelles des utilisateurs, « elles sont seulement conservées dans leur cellulaire pour faciliter le travail du personnel de santé s\u2019 ils veulent vérifier les risques de propagation du virus ».Exit donc les enquêtes verbales et la tentation de ne pas divulguer aux autorités sanitaires les véritables informations.L\u2019ingénieur rappelle qu\u2019il peut être difficile de se souvenir de tous les lieux fréquentés pendant 14 jours et que la plupart de nos téléphones intelligents enregistrent déjà nos déplacements.Et, à la différence de Facebook, « il n\u2019existe aucune base de données centralisée ».Dépistage de pair à pair Autre application, autre objectif : celui d\u2019aider à la distanciation sociale en favorisant un dépistage de pair à pair.Les chercheurs de renommée internationale Yoshua Bengio et Vargha Moayed ont sonné l\u2019alerte sur l\u2019utilité de la technologie pour aider à la distanciation sociale qui devra par ailleurs être encore pratiquée pendant 18 à 24 mois en attendant les premiers essais cliniques des vaccins et une vaccination de masse des citoyens.Protéger la vie privée Ces deux solutions technologiques, loin d\u2019être les seules au monde, permettent de réfléchir à l\u2019utilisation de nos données personnelles qui pourrait être légalisée par l\u2019adoption de la Loi sur les mesures d\u2019urgence aux Communes.Pour preuve : le maire de Toronto a bien eu envie d\u2019utiliser des données de positionnements des téléphones intelligents de ses citoyens pour surveiller les efforts de distanciation sociale et créer une carte des points chauds de rassemblements.Et d\u2019ailleurs, souvenons-nous qu\u2019avant toute cette crise, le sujet chaud à l\u2019étude était la mise en place d\u2019une loi provinciale sur la protection de nos données personnelles.Ailleurs, il y a eu l\u2019exemple de Corona 100M (Co100), une application utilisée par le gouvernement sud-coréen qui envoie des alertes en temps réel par message texte sur le nombre de cas confirmés positif à la Covid-19 ainsi que les antécédents de voyage des personnes infectées.« Auto-quarantaine protection de sécurité » est une fonction de l\u2019application qui permet à ceux qui ont été mis en quarantaine de rester en contact avec les travailleurs sociaux.On garde également une trace de leur emplacement afin de s\u2019assurer qu\u2019ils respectent bien leur isolement forcé et les cartes de crédit et achats sont scrutés à la loupe.Mais en Corée du Sud, ces applications ont été lancées à l\u2019aide des données gouvernementales et posent directement un problème d\u2019éthique concernant la confidentialité des données médicales et la surveillance des individus.La solution la moins intrusive Dans cette crise, l\u2019intelligence artificielle a une place de premier choix.Le 31 décembre 2019, c\u2019est bien elle qui a permis à la compagnie canadienne BlueDot de Totonto de repérer les 27 premiers cas de pneumonie suspects autour d\u2019un marché d\u2019animaux à Wuhan (Chine) avant d\u2019alerter les autorités.Mais à l\u2019époque, c\u2019était une aiguille dans une botte de foin puisque les algorithmes de l\u2019entreprise analysaient des millions de sources d\u2019informations avant de comprendre qu\u2019ils étaient face à une véritable pandémie qui irait jusqu\u2019à changer notre quotidien montréalais.Dès le début de la propagation de la Covid-19, l\u2019Université Johns Hopkins à Baltimore a mis en place un outil de visualisation de données précis avec comme ambition première de contrer la désinformation.S\u2019appuyant sur les données fournies par la Chine, l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre européen de Jean-Philippe Monfet Suivre la propagation de la Covid-19 avec une application 22 1er mai 2020 Édition numérique spéciale #çavabienaller Ensemble, gardons nos distances et prenons soin de nous.prévention et de contrôle des maladies, cette carte interactive nous aide à suivre en temps réel la progression de la pandémie grâce à un décompte, pays par pays, de cas confirmés, de décès, de personnes guéries et des cas actifs.Cet outil illustre concrètement l\u2019apport social de l\u2019IA et ses impacts sur notre quotidien.Même si quand on en parle, on a toujours tendance à visualiser un robot, du type Terminator ou de vagues séries de calculs complexes, sans vraiment en saisir toutes ses subtilisés et enjeux, gageons que la crise sanitaire mondiale de la Covid-19 est un exemple phare de l\u2019utilité de l\u2019IA.Sur le terrain, elle est utilisée pour surveiller des patients à distance en collectant leurs signes physiologiques grâce à des capteurs cliniques, gérer la capacité des établissements de soins et faciliter la compréhension de la pandémie autant pour les patients que pour les professionnels de la santé et améliorer le traitement.Mieux encore, l\u2019IA permettrait de briser l\u2019isolement imposé par la distanciation sociale notamment grâce aux robots conversationnels (ou chatbots) qui sont aussi utilisés pour diagnostiquer certains individus.S\u2019il est vrai que ces outils ne pourront pas tout régler, ils peuvent contribuer à trouver des solutions, supporter les professionnels en première ligne, rassurer le public et prévenir l\u2019engorgement des systèmes de santé.Si la technologie peut être une alliée lors de prochaines épidémies, force est de constater qu\u2019on ne peut se passer de réfléchir aux enjeux de son utilisation qui sont souvent plus néfastes pour les plus vulnérables, excluent de facto de ces solutions.Trouver la solution technologique la moins intrusive et la plus efficace possible est un combat auquel tient plus que tout Valentine Goddart, qui revêt cette fois-ci son chapeau d\u2019avocate : « le problème va bien au-delà de tout cela.Il est temps de réfléchir à des changements beaucoup plus importants et à ce que l\u2019on valorise dans la société.La Covid-19 nous propulse plus vite dans une ère numérique et une économie digitale, même si nous n\u2019en avions pas envie antérieurement », conclut-elle.24 1er mai 2020 Édition numérique spéciale Plus de vie privée C\u2019est intrigant pas mal l\u2019IA.Je pense à Siri et à la reconnaissance faciale, vocale, le contrôle à distance.C\u2019est la vie privée tout ça ! Est-ce que d\u2019autres personnes ont accès à toutes ces informations ?Est-ce que c\u2019est inquiétant ?Oui et non.D\u2019un côté, c\u2019est pratique, d\u2019un autre, il n\u2019y a plus de vie privée.J\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est sans limites.YVON MASSICOTTE CAMELOT METROS UNIVERSITÉ-DE-MONTRÉAL ET CÔTE-DES-NEIGES Des robots pour les tâches dangereuses L\u2019intelligence artificielle ?Non, je ne saurai pas expliquer ce que c\u2019est.Pour moi c\u2019est les robots, les humanoïdes.Ça me fait peur ! Jusqu\u2019où on peut pousser ça ?C\u2019est sûr que ça a du bon.Pour traiter des données par exemple ce qui prendraient mille fois plus de temps à un humain.Sûrement que la science-fiction nous a fait peur aussi avec ça, mais.l\u2019humain a toujours craint l\u2019inconnu.Par contre, les robots seraient pratiques pour plein d\u2019affaires dangereuses.DANIEL PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Nuisible à l\u2019homme L\u2019IA, ça sert à créer des machines qui travaillent pour nous.C\u2019est une bonne chose.Mais s\u2019il y a trop de machines intelligentes qui font des choses pour nous, l\u2019humain va dépérir.Rien que le taux d\u2019obésité exploserait.à date, l\u2019IA est déjà nuisible.Parce que ça coûte cher pour l\u2019instant.Ça risque de créer un écart encore plus grand entre les riches et les pauvres.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Qu\u2019est-ce que ma vie vaudra ?L\u2019intelligence artificielle, ça a rapport avec les ordinateurs et les robots.À quoi ça sert par contre.c\u2019est une question compliquée.Ça peut servir la vie en général, surtout du côté médical.Scientifiquement, ça peut aider à faire ce qu\u2019un humain n\u2019est pas capable de faire ; ça l\u2019améliore.Ça me fait penser à un film dans lequel un petit garçon se croit en être un vrai, jusqu\u2019à ce qu\u2019il découvre qu\u2019il est un robot.Ça m\u2019a touchée.Je crois fortement que ce n\u2019est pas un chemin à suivre.Allons nous devenir mi-robots ?Qu\u2019est-ce que ma vie va valoir à ce moment-là ?LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ET PRÉPOSÉE À LA CUISINE Perdre sa job Je ne sais pas du tout ce que c\u2019est, l\u2019intelligence artificielle.Il faudrait que je regarde plus en détail parce que je ne m\u2019y suis jamais vraiment intéressée.Mais je suppose que les robots pourront un jour remplacer les personnes qui travaillent sur des machines et qu\u2019ils perdront leurs jobs.DIANE CURADEAU CAMELOT À LA DISTRIBUTION L\u2019intelligence artificielle c\u2019est.tout ! L\u2019intelligence artificielle c\u2019est pas mal tout.c\u2019est complexe.Je pense à la robotique, à la logistique et aux avantages que ça peut apporter : aider à remplacer des parties du corps, intégrer des puces dans le cerveau pour soigner certaines maladies.Mais ça m\u2019inquiète quand même.On pourrait se faire remplacer par des robots plus intelligents que nous.PASCAL ST-LOUIS PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN 27 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 Sauriez-vous expliquer clairement ce qu\u2019est l\u2019intelligence artiicielle (IA) ?Selon une enquête du Baromètre Cirano menée en 2018, 90 % des Québécois ont une idée plus ou moins précise de ce qu\u2019est l\u2019IA. Nigéria Des chaînes pour « traiter » la maladie mentale L\u2019enchaînement de personnes souffrant de troubles mentaux se poursuit encore dans certains pays d\u2019Afrique et du sud-est de l\u2019Asie.Stigmatisés et victimes d\u2019ignorance, ces pauvres gens sont attachés à des arbres ou enfermés, souvent sans eau et nourriture pendant des jours.Quand la mère d\u2019Akanni est morte en 2018, elle a vécu une grande détresse psychologique et a cessé de manger.Face à son comportement erratique et ne sachant que faire pour gérer son traumatisme, le père d\u2019Akanni l\u2019abandonna dans une église d\u2019Abeokuta, dans l\u2019État nigérian d\u2019Ogun.Le pasteur l\u2019enchaîna dans une pièce nus pieds, sans eau et nourriture, en compagnie d\u2019un homme souffrant de troubles mentaux.On lui laissa un pot pour faire ses besoins, sans aucune intimité.Les employés évoquent le jeûne pour expliquer ces privations.« Quand ils disent que je devrais jeûner et que je bois de l\u2019eau ou que je mange, ils m\u2019enchaînent.C\u2019est une punition.J\u2019ai été enchaînée maintes et maintes fois », a informé la femme à des membres de Human Rights Watch, qui documentent ces graves cas d\u2019abus des droits de la personne.Akanni est loin d\u2019être la seule à vivre cet abus ; de nombreuses personnes sont enchaînées quand elles se comportent de façon « hors norme » en raison de maladie mentale réelle ou perçue.La plupart des Nigérians sont incapables d\u2019avoir accès à des services en santé mentale adéquats et ont recours à des guérisseurs traditionnels ou religieux.Mais les choses changent : en octobre, le président nigérian Muhammadu Buhari a dénoncé l\u2019enchaînement comme étant un acte de torture et la police a effectué des raids dans des centres de réhabilitation islamiques dans le nord du pays.« Il est plus important que jamais de bannir cette pratique cruelle qui prive les gens de leur dignité.Il est d\u2019autant plus essentiel de prioriser l\u2019accès à du soutien psychosocial le plus près possible des communautés de ces gens », martèlent les auteurs Kim Samuel fondateur du Center for Social Connectedness, basé à Toronto et Emina ?erimovi?recherchiste au Human Rights Watch.(Inter Press Service / INSP.ngo) Allemagne Aéroport désert, plus de job L\u2019aéroport de Hambourg est désert en raison de la pandémie de coronavirus.Et pour certaines personnes qui y travaillent, moins de monde mène forcément à une réduction des heures de travail.À 58 ans, Uwe Tröger, a vu sa routine quelque peu chamboulée.Employé depuis quatre ans par Spende Dein Pfand, une initiative encourageant les citoyens à donner leurs bouteilles vides afin de les recycler, il collectait habituellement 1800 bouteilles chaque jour avec deux autres collègues.Depuis la pandémie, et en raison de la réduction drastique du nombre de vols par les compagnies aériennes et donc du passage des voyageurs susceptibles de faire des dons, il ne parvient pas au même résultat.C\u2019est la raison pour laquelle des arrangements ont été pris par les travailleurs sociaux pour aider les personnes plus vulnérables comme Uwe Tröger.« C\u2019est vraiment effrayant, tous les sons, les agitations des gens ont disparu.Vous auriez pu tourner un film de zombies ici avec une telle ambiance », ironise le travailleur qui ne manque pas d\u2019humour.(Hinz & Kunzt / INSP) L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.Allemagne Hinz & Kunzt États-Unis The Contributor PAUL HANNAH HERNER MAURICIO BUSTAMANTE REUTERS TV SHAWN HANNAH HERNER Traductions Alexandra Guellil et Josée Panet-Raymond États-Unis Se réhabiliter par le vote Lorsqu\u2019un Américain est accusé d\u2019un crime, il perd automatiquement le droit de se prononcer aux urnes.Paul et Shawn, deux camelots du journal de rue The Contributor, (Nashville, Tennessee), ont été accusés pour des crimes commis il y a plus de 25 ans.Et malgré le temps qui passe, ils n\u2019ont toujours pas pu récupérer ce droit.Paul croit que si des personnes comme lui pouvaient se prononcer lors des élections, « peut-être pourrions-nous faire entrer quelqu\u2019un qui a du bon sens ».Conscient de ce privilège, le camelot voit en le vote un moyen de retrouver l\u2019estime de soi, perdue depuis le jour où il a été fiché comme criminel.Quant à Shawn, son acolyte, sa conscience politique lui vient de sa mère qui travaillait dans les bureaux de campagne pour des candidats aux municipales et à la présidentielle.S\u2019il pouvait voter à nouveau, il souhaiterait donner sa voix à ceux qui tiendront parole.Mais, 13 ans après avoir purgé sa peine, il est toujours considéré comme un criminel.Il évince les critiques pour préférer porter fièrement son chandail et son chapeau en distribuant des dépliants à ceux qu\u2019il aime.(The Contributor/INSP) VANCOUVER DOWNTOWN EASTSIDE WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS Il y a déjà des mois que des intervenants en santé publique ou en itinérance/toxicomanie essaient de sonner l\u2019alarme.Qu\u2019on compte les morts par milliers.La crise des opioïdes est une catastrophe sociale et un enjeu de santé de la plus haute importance.Ils étaient plusieurs \u2013 et c\u2019est mon cas \u2013 à dire que si une crise équivalente à celle des opiacés touchait d\u2019autres segments de la population et d\u2019autres classes sociales, ça serait l\u2019émeute, la panique et la crise sociale dans tout le pays.Que la société au complet serait virée à l\u2019envers et qu\u2019on réclamerait d\u2019urgence une intervention draconienne des autorités.Eh bien nous y sommes ! Pour notre plus grand malheur.Le ghetto en crise Le Downtown Eastside est un endroit inclassable.L\u2019un des pires ghettos d\u2019Amérique, une véritable piquerie à ciel ouvert.Sur un territoire de 20 pâtés de maison, on y retrouve tous les misfits de l\u2019Ouest canadien.Prostitués, itinérants, toxicomanes, autochtones, alcooliques et victimes de la maladie mentale y sont confinés par la ville de Vancouver depuis toujours.Cette antichambre de l\u2019enfer est leur espace et là-bas on ne les emmerde pas trop, sauf que la vue d\u2019ensemble est souvent pénible à voir.Dans le quartier, ça fait des mois que la mort rôde et que les gens tombent comme des mouches, quotidiennement.Que là aussi l\u2019ennemi est invisible et ne prévient pas avant de frapper.En fait non, il n\u2019est pas totalement invisible.La plupart du temps, il se présente en poudre blanche ou brunâtre, en petit sachet et frappe surtout par les veines ou les narines.Et tout le problème est là.Il est plutôt facile d\u2019ignorer les victimes de la crise des opioïdes en se disant que tous ces drogués n\u2019avaient qu\u2019à ne pas consommer s\u2019il voulait rester en santé et éviter les décès.Que contrairement aux victimes de la COVID-19, dans la consommation, eux savaient très bien à quels risques ils s\u2019exposaient.Cette mentalité sécurisante n\u2019a plus lieu d\u2019être aujourd\u2019hui, alors que nous sommes tous menacés par un autre ennemi invisible.C\u2019est un enjeu complexe, mais il faut rappeler que plusieurs spécialistes considèrent la toxicomanie comme une maladie.Que l\u2019industrie pharmaceutique a une énorme responsabilité dans la diffusion massive d\u2019opiacés et la dépendance qui s\u2019en suit.Que Dimanche 29 mars, Radio-Canada présente un reportage en direct du Downtown Eastside à Vancouver faisant état de la réaction de plusieurs itinérants face à la pandémie de la COVID-19.En gros, on y entend que chez les gens de la rue, c\u2019est business as usual et que la plupart continuent de (sur)vivre comme ils en ont l\u2019habitude.On rapporte que plusieurs ne se sentent pas concernés par les nouvelles mesures de confinement ou de distanciation, voire qu\u2019ils s\u2019estiment même plus en sécurité dans la rue et qu\u2019ils n\u2019ont pas l\u2019intention de changer leurs habitudes.Et la journaliste de rappeler à quel point une personne itinérante infectée pourrait être un dangereux vecteur de transmission.  Il serait facile de se braquer devant un tel reportage, d\u2019y voir de l\u2019égoïsme et un dangereux je-m\u2019en-foutisme, mais ce serait oublier bien vite qu\u2019à l\u2019heure où tout le monde n\u2019en a plus que pour le nouveau virus, les itinérants et les toxicomanes sont en quelque sorte habitués de vivre dans la crainte d\u2019un ennemi bien plus létal pour eux que le COVID-19 : le fentanyl et les drogues contaminées.les enjeux de santé mentale sont encore aujourd\u2019hui tabous et largement sous traités.Qu\u2019il y a de nombreux facteurs sociaux, économiques, ethniques et culturels derrière les problèmes de consommation et de dépendance.Qu\u2019on débatte à savoir si ce sont ces problèmes qui mènent à la rue ou l\u2019inverse.Que c\u2019est bien souvent, mais de moins en moins uniquement, un enjeu de classe sociale, de pauvreté.C\u2019est surtout à ce niveau qu\u2019on peut mesurer le gouffre dans la réaction entre deux crises majeures de santé publique.On pourrait sortir un tableau pour comparer les statistiques et aligner les morts, mais l\u2019exercice serait aussi macabre que futile.Dans l\u2019Ouest Canadien, le fentanyl a tué plus d\u2019un millier de personnes par an dans les dernières années.Non pas sur l\u2019ensemble de la population du BC, mais sur celle des consommateurs de drogues dures.Dans ce segment de la population, le taux de létalité est stratosphérique, totalement paniquant.De l\u2019autre côté du miroir Comparer, ou pire opposer, une crise à une autre serait contre productif et futile.On n\u2019est pas ici dans une compétition de la souffrance ou une coupe Stanley de la misère.Comme plusieurs, je souhaite qu\u2019il y ait un « avant et un après COVID-19 » qui nous amène vers le meilleur et non le pire.Sauf qu\u2019en visionnant ce reportage ciblant les itinérants et leur apparente indifférence face à l\u2019actuelle pandémie, je n\u2019ai pu m\u2019empêcher de penser que leur réaction était en fait un miroir qu\u2019ils nous mettaient en pleine face.Je peux très bien comprendre que dans la rue, et tout particulièrement dans le Downtown Eastside, pour bien des individus, le virus ne change pas grand chose.Cela fait déjà des mois que la société les regarde mourir dans l\u2019indifférence.Pour eux la peur de la mort est quotidienne et permanente.Après tant de décès dans des petites communautés, il est certain qu\u2019ils ont été touchés dans leur vie personnelle et leur entourage.Je peux assez bien figurer que dans les circonstances, la réaction de plusieurs d\u2019entre eux soit du type : « vous avez peur d\u2019être infecté, de tomber malade ou pire encore?Eh bien join the club ! » En ces temps particulièrement difficiles, n\u2019oublions pas que la COVID-19 n\u2019efface(ra) pas les maux qui nous affaiblissaient déjà avant.Et que son éventuelle disparition ne résoudra pas pour autant cette autre crise à laquelle nous aurions dû nous attaquer de façon bien plus musclée il y a déjà trop longtemps.31 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 L\u2019épidémie qui en cache une autre Camelot Bernard/De L\u2019épée par Mathieu Laliberté Parallèlement aux diverses mesures d\u2019urgence mises en place dernièrement comme la création du Fonds local de soutien COVID-19*, l\u2019arrondissement de Ville-Marie a officiellement adopté son Plan d\u2019action en développement social 2020-2022 lors du conseil du 14 avril.Objectif : améliorer la qualité de vie de sa population et de ses communautés et soutenir le développement collectif.Découlant de la Politique de développement social « Montréal de tous les possibles » adoptée par la Ville de Montréal en 2017, ce Plan est le fruit d\u2019un vaste travail de collaboration et de consultation de la population, des organismes partenaires et de toutes les divisions de l\u2019Arrondissement.82 ACTIONS CONCRÈTES SUR TROIS ANS Porté par des valeurs telles que l\u2019inclusion, le soutien aux personnes vulnérables ou encore l\u2019accessibilité et l\u2019équité, il détaille pas moins de 82 actions concrètes qui seront réalisées au cours des trois prochaines années et qui viennent bonifier le travail des équipes de Ville-Marie et des organismes sur le terrain, particulièrement dans le contexte de la COVID-19.DOMAINES VARIÉS Réduction de l\u2019insalubrité des logements et protection du parc locatif, mise en place d\u2019une ressource de type « wet services » pour les personnes en situation d\u2019itinérance, réalisation du projet du futur Centre de Peter-McGill, mesures en faveur de la consommation locale.ces actions touchent des domaines aussi variés que l\u2019habitation, l\u2019aménagement du territoire, la lutte contre l\u2019exclusion et la pauvreté, la sécurité alimentaire ou encore la cohabitation harmonieuse.Consultez le plan sur Montreal.ca.* En collaboration avec les Caisses Desjardins du Complexe Desjardins et du Quartier-Latin de Montréal et la députée de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques et cheffe du deuxième groupe d\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale du Québec, madame Manon Massé.PLAN D\u2019ACTION EN DÉVELOPPEMENT SOCIAL 2020-2022 La plupart des grandes villes au pays ont réquisitionné, voire acheté, des hôtels pour héberger les patients atteints de la COVID-19, question de désengorger les hôpitaux.Les autorités de santé publique aux niveaux provincial et régional sont sur le pied de guerre.Ottawa débloque des centaines de milliards de dollars pour soutenir les particuliers, les entreprises, les artistes et les groupes communautaires \u2013 du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale.C\u2019est donc les trois ordres de gouvernement qui sont mobilisés partout au pays par la pandémie.À cette mobilisation inouïe des institutions publiques s\u2019ajoute celle des acteurs privés.De nombreuses entreprises ont transformé leurs activités pour venir en aide à la collectivité.On a vu, par exemple, des distilleries fabriquer des produits désinfectants pour les mains ou des ateliers de confection de vêtements fabriquer des masques.Par ailleurs, des millions de personnes soutiennent leurs familles, leurs amis ou leurs voisins.Exclure les exclus Malgré le soutien colossal, notamment financier, des gouvernements à la population, on a échappé bien du monde.Certes, le fédéral s\u2019est rajusté presque quotidiennement pour étendre ses programmes d\u2019aide à des catégories d\u2019individus ou d\u2019entreprises qui n\u2019étaient pas couvertes dans les premières annonces.Mais plusieurs groupes de personnes (et d\u2019entreprises) restent tout de même sur la touche.Sans surprise, ce sont les personnes exclues qui le demeurent, même en temps de crise.Par exemple, Ottawa a libéré des dizaines de milliards de dollars pour venir en aide aux travailleuses et travailleurs ayant perdu leur emploi, leur offrant 2000 $ par mois pour un maximum de quatre mois grâce à la Prestation canadienne d\u2019urgence (PCU).Évidemment, les prestataires d\u2019aide sociale n\u2019y ont pas droit.Même s\u2019il y a une logique qui défend cette décision, il reste qu\u2019on accepte d\u2019ouvrir les vannes du trésor public en considérant que le montant de la PCU est le strict minimum pour une grande partie de la population, mais qu\u2019une personne bénéficiaire de l\u2019aide sociale touche à peine plus de 700 $ par mois.On a vu également comment cette crise met en lumière le peu de soin qu\u2019on accorde, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, à certaines personnes âgées dans les CHSLD.Comme le disait Yvon Deschamps, vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade.Les personnes en situation d\u2019itinérance écopent encore plus, alors qu\u2019elles sont parmi les plus exclues de la société.La plupart des hôtels réservés aux malades de la COVID-19 ne sont pas accessibles aux personnes en situation d\u2019itinérance.La pandémie perpétue cette exclusion.Victimes invisibles Les médias rapportent jour après jour les statistiques morbides, le nombre de cas, le nombre de morts\u2026 Un médecin, une préposée dans un CHSLD, des personnes âgées qui meurent.Cette cochonnerie de coronavirus n\u2019est pas une « grosse grippe d\u2019homme », c\u2019est une maladie meurtrière dont on ne connaît pas encore grand-chose.Mais en parallèle à ces souffrances physiques que vivent les malades et à ces morts qui s\u2019accumulent, il y a un grand nombre de souffrances invisibles.Des gens vivant avec une personnalité anxieuse pour qui aller faire l\u2019épicerie hebdomadaire est un supplice.Je ne peux imaginer non plus la douleur des hypocondriaques, qui doivent s\u2019imaginer atteints par la maladie au moindre toussotement\u2026 Il y a bien des cœurs en gruyère* qui ne sont pas comptabilisés par les statistiques officielles.Des cœurs dont les trous ne seront jamais comblés par toutes les PCU du monde.Peut-être que cette crise inédite nous forcera à prendre en considération nos semblables, à prendre soin de ceux qui sont écorchés par la vie, et à contribuer à combler les trous de leurs cœurs ?Je n\u2019en sais rien.Mais je l\u2019espère vivement.Le cœur en gruyère 33 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT * J\u2019ai emprunté cette belle expression à mon amie Gabrielle Provost, qui décrit ainsi les clients magannés par la vie du bar où elle travaille. ESPACE SCIENCES Tout est science.Des conins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jour s en passant par la vie sur Terre, la science est partout.Participant à la distribution par Yves Grégoire JP VALERY | UNSPLASH IMAGE ILLUSTRATIVE ADAM NIE?CIORUK | UNSPLASH NATIONAL CANCER INSTITUTE | UNSPLASH Contrer l\u2019antibiorésistance Selon l\u2019Organisation mondiale de la Santé, la résistance aux antibiotiques est un véritable danger.De nouvelles solutions s\u2019imposent.Des chercheurs des universités McMaster, Indiana et de l\u2019Université de Montréal ont en vue deux nouveaux antibiotiques : la complestatine et la corbomycine, présentés dans la revue Nature et découverts grâce à l\u2019analyse génétique détaillée d\u2019autres bactéries très courantes dans l\u2019environnement : les actinomycètes.Les deux substances s\u2019attaquent directement à la paroi bactérienne en empêchant sa croissance.Selon l\u2019un des auteurs, Yves Lebrun, chercheur microbiologiste à l\u2019Université de Montréal : « La paroi de la bactérie est une sorte de cage.Pour l\u2019agrandir, il faut couper des maillons pour y insérer de nouveaux morceaux.Ce sont des enzymes qui sont responsables d\u2019efectuer ces coupures. » L\u2019action des deux nouveaux antibiotiques bloque l\u2019accès aux enzymes alors que la plupart des antibiotiques tels que la pénicilline les inhibent.Les chercheurs ont testé la complestatine et la corbomycine sur des souris pour combattre la bactérie Staphyloccoccus aureus, une cause d\u2019infection cutanée et très souvent antibio- résistante.Mais si les résultats sont prometteurs, les chercheurs savent que les bactéries trouvent toujours le moyen de déjouer les antibiotiques.Quand l\u2019IA s\u2019attaque au cancer Des chercheurs québécois s\u2019attaquent à l\u2019ennemi public numéro un : le cancer, par l\u2019intelligence artiicielle (IA).Voici deux des cinq projets de recherches assistées par l\u2019IA, inancés par un concours appelé Onco-Tech dont l\u2019objectif est de soutenir les travaux sur le cancer qui font le pont entre la recherche et l\u2019industrie.Repérer l\u2019ennemi Bien souvent source de stress pour les patientes, les mammographies seules ne donnent pas toujours l\u2019heure juste et nécessitent parfois une biopsie complémentaire même si dans 80 % des cas, il n\u2019y a pas de cancer.Pour remédier à cela, l\u2019IA sera utilisée pour détecter, caractériser les tumeurs et prédire les traitements eicaces à partir de l\u2019analyse informatique de 50 000 biopsies et mammographies associées, réalisées ses 20 dernières années.Colorier les tumeurs Ain de mieux cibler et d\u2019identiier les diférents types de cancer, le secteur scientiique se penche sur l\u2019utilisation des nanoparticules d\u2019or d\u2019argent et d\u2019alliages pour les colorier.À l\u2019aide d\u2019échantillon de biopsie, chaque type de nanoparticule qui a une couleur particulière sera attachée à une molécule biologique, elle-même capable de s\u2019accrocher à une cellule cancéreuse précise.Diférentes couleurs apparaîtront au microscope et permettront d\u2019identiier et de quantiier les diférentes tumeurs.Le sommeil à l\u2019étude Parlons de sommeil.Avec l\u2019alimentation et l\u2019activité physique, bien dormir est un besoin essentiel.Si pour beaucoup de gens ce sont les problèmes d\u2019insomnie qui perturbent leur vie, pour d\u2019autres l\u2019endormissement diurne (hypersomnie) est tout aussi important.Une étude québécoise menée sur cinq ans, et récemment publiée dans Sleep Research Society, montre que 33 % des participants à l\u2019étude soufrent de sommeil diurne.L\u2019hyper- somnie est inluencée par des sources multiples : changements hormonaux, dépression, problèmes de la glande thyroïde ou prise de médicaments, qui jouent un rôle sur la qualité de notre sommeil et donc sur notre état le lendemain.Mais bien dormir la nuit permettrait cependant de régler le problème d\u2019hyper- sommolence alors que 60 % des Canadiens disent manquer de sommeil.Des scientiiques, comme Julie Carrier, chercheuse au Centre d\u2019études avancées en médecine du sommeil au CIUSSS du Nord-de-l\u2019Île-de-Montréal, ont pour objectif de faire de la qualité du sommeil une question de santé publique.Une alerte est d\u2019ailleurs sonnée pour les 18-25 ans chez qui les écrans, ordinateurs, téléphones, etc.nuisent grandement à leur sommeil. Mais deux pistes de solutions sont à envisager : l\u2019éducation et le changement des habitudes de vie comme : repenser les horaires scolaires des jeunes ; un projet de société en soi comme l\u2019est celui de la saine alimentation.34 1er mai 2020 Édition numérique spéciale M A S A A K I K O M O R I | U N S P L A S H Les haïkus, ces petits poèmes d\u2019origine japonaise sont très populaires au Québec, et l\u2019on retrouve chez nous bon nombre de passionnés.Parmi eux, plusieurs camelots de L\u2019Itinéraire se sont initiés à cette ancienne forme d\u2019art lors d\u2019ateliers donnés par BAnQ (Bibliothèques et archives nationales du Québec).« Depuis près de cinq ans, BAnQ accueille les camelots de L\u2019Itinéraire.À l\u2019occasion de différents ateliers, ils illustrent leur créativité et expriment leur point de vue auprès des publics de notre institution, informe Jean-Louis Roy, président-directeur général de BAnQ.Ce faisant, ils confortent notre mission en favorisant l\u2019accès au patrimoine documentaire, à la culture et au savoir.« Leur présence et leurs interventions illustrent la pratique de l\u2019 inclusion sociale qui est dans l\u2019ADN de la Grande Bibliothèque.Leur participation nous permet aussi d\u2019apprécier la qualité de leurs réflexions, critiques et propositions.BAnQ est particulièrement fière de ce partenariat auquel elle attache la plus grande importance.» Une collaboration naturelle Celle qui a initié les camelots, une dizaine au fil des ans, est une spécialiste québécoise du haïku, Jeanne Painchaud.Auteure de cinq recueils et un manuel sur l\u2019écriture des haïkus, elle a enseigné, au cours des 15 dernières années, l\u2019art du haïku dans divers milieux comme des centres jeunesse, auprès d\u2019enfants en difficulté, en CHSLD, avec des personnes aphasiques.« Bien qu\u2019on a dû s\u2019apprivoiser les uns les autres, la relation avec les camelots s\u2019est installée tout naturellement, dit la poète.Je me suis ajustée à leur réalité.Ce sont des gens qui s\u2019 intéressent à l\u2019écriture, des gens sensibles qui ont un gros vécu.Ils ont écrit sur tout, pas juste leur situation de camelots.Ç\u2019a vraiment donné de beaux résultats.» Pas si facile Le haïku, explique Jeanne Painchaud, c\u2019est la poésie de l\u2019instant.C\u2019est prendre une photo avec des mots.« On serait porté à croire que c\u2019est facile, mais ce n\u2019est vraiment pas le cas.» Elle confirme qu\u2019il a fallu travailler et retravailler pour peaufiner des poèmes à trois vers, discuter, réfléchir, trouver les mots justes.Car la réalité est qu\u2019il est plus difficile d\u2019écrire court que d\u2019écrire long ! Les résultats donnent de véritables petits bijoux.À vous d\u2019en juger.bye bye sablé au citron quel plaisir de t\u2019avoir mangé dans la vieille espadrille un peu de terre où y pousse un pissenlit enin assis dans le bus mais dans ma tête je continue à courir après Moisson Montréal café d\u2019Outremont curieux itinéraire ! courbé, un homme glane des mégots récolte la mort des autres je croise les bras tu croises les jambes nos regards se croisent sortant du cimetière j\u2019enterre sa mémoire puis je m\u2019envole mon chèque coupé je reste couché trottoir à ma porte.lac asséché soleil brillant les gens s\u2019y baignent sous le pont résonnent les marteaux-piqueurs j\u2019ai mal aux dents Norman Rickert, 2015 Mostapha Glillah, 2017 Siou, 2015 Josée Cardinal, 2015 Josée Cardinal, 2017 Siou, 2016 Siou, 2017 Alain Lepage, 2016 Mario Alberto Reyes Zamora, 2015 Mario Alberto Reyes Zamora, 2017 Le 6 mai, BAnQ mettra les camelots et leurs réalisations à l\u2019avant-scène sur ses médias sociaux, contribuant ainsi à promouvoir le fonds d\u2019urgence de L\u2019Itinéraire.  36 1er mai 2020 Édition numérique spéciale Prendre une photo avec des mots COURTOISIE « J\u2019ai regardé le monde par le viseur de mes caméras et j\u2019aimerais parfois pouvoir effacer de ma mémoire certaines images que j\u2019ai tournées.» Voilà, en résumé , un livre sur les 50 années de carrière du caméraman Patrice Massenet dont les propos ont été recueillis par le journaliste culturel et ami de Massenet, Paul Toutant.Présenter les risques rencontrés par ceux et celles qui rapportent la nouvelle, décrire les acteurs, les gens qui ont fait les événements, conter des aventures et des mésaventures, présenter l\u2019évolution du métier de cameraman et y jeter un regard critique.Voilà ce qui constitue l\u2019ouvrage.Destin : globe-trotter Massenet a travaillé avec quelques-uns et unes des plus grands reporters de Radio-Canada.Qu\u2019on pense au regretté Pierre Nadeau, à Madeleine Poulin, Raymond St-Pierre ou Jean-François Lépine, pour ne nommer que ceux-là.Ses histoires de carrière ont de quoi ravir les curieux qui souhaitent connaître le comment des choses, la vie des correspondants de guerre, des grands reporters et de ceux et celles qui nous montrent ce dont les premiers nous parlent, les gens de caméra.Tout semblait destiner Massenet à suivre les traces de son Sarajevo, Bosnie-Herzégovine.Un édiice bombardé « côté montagne » par les Serbes.d\u2019un média  Dans l\u2019œil J\u2019ai risqué ma vie pour des images 39 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 Camelot à la distribution par Roger Perreault COURTOISIE Un métier parfois honteux Son analyse pointue du métier laisse filtrer une certaine amertume devant la structure qui préside aux opérations.Il dira un jour que sa réalisatrice coupe au montage ce qu\u2019il désigne comme un bon visuel : « La réalisatrice a bien tenu à rétablir la hiérarchie de la production.Sur un tournage, c\u2019est le réalisateur qui décide de tout en premier, puis c\u2019est au tour du reporter de faire des suggestions et, en dernier lieu, le camé- raman apporte sa contribution s\u2019 il y a lieu.» Il dénonce aussi la culture du scoop à tout prix qui prévaut sur celle de la nouvelle.Il reproche aux médias de montrer simplement du sensationnel, du « ce que les gens veulent voir », et de laisser de côté ce qui fait vraiment l\u2019événement.Pour illustrer son propos, il raconte le déferlement des paparazzi lors de la première visite du pape Jean-Paul II en Pologne.« Une fois les portes qui les retenaient ouvertes, la horde sauvage qui déferle fait peur.Les photographes crient, se lancent des injures et commencent à se frapper.J\u2019ai tellement honte de ma profession.Je n\u2019ai jamais vu de tels charognards à l\u2019œuvre.Il faut dire qu\u2019une bonne photo peut rapporter des centaines de milliers de dollars.Donc, pour eux, l\u2019éthique n\u2019existe tout simplement pas.» héros d\u2019enfance, Bob Morane (l\u2019aventurier des romans graphiques Marabout Junior, créé par le romancier belge Henri Vernes en 1953), et à se faire globe-trotter.Il commence sa carrière comme assistant-caméraman à Radio- Canada en couvrant un show de variétés destiné à divertir les troupes canadiennes confinées sur deux bases militaires très secrètes au Groenland et dans l\u2019Arctique canadien.Du don de soi à l\u2019abomination humaine Le livre nous mène vers des destinations qui l\u2019ont particulièrement marqué.On y rencontre des personnes qui se sont dévouées aux autres de façon significative pour en réduire les souffrances, en défendre les droits fondamentaux, notamment en Colombie.C\u2019est le cas de Jaime Eduardo Jaramillo, un homme d\u2019affaires qui s\u2019est donné pour mission de protéger les milliers d\u2019enfants errants de Bogota, les enfants jetables comme on les appelle, des escadrons de la mort chargés de les éliminer.Sur le territoire africain, en Erythrée, une guerre impitoyable a cours.Massenet y accompagne un neurologue montréalais désireux d\u2019évaluer les besoins réels de la population et découvrira, en plein milieu de la forêt, l\u2019hôpital militaire invisible d\u2019Orotta.Un espace camouflé abrite un bunker de quelque cinq kilomètres où vivent environ 70 000 personnes.Là, c\u2019est l\u2019abnégation des aidants qui le frappe.On rencontre des fomenteurs de génocides, des despotes sans remords dont l\u2019appât du gain et de pouvoir mènera aux pires atrocités, comme en Somalie, en 1992.Dans cette région du globe se déroulent, depuis des temps immémoriaux, de durs combats maintenant livrés à coup d\u2019armes terriblement efficaces.Et qui les leur fournit ?Massenet répond : « Les mêmes qui financent l\u2019ONU, la Croix-Rouge et différentes organisations humanitaires pour éponger le sang : les États-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, l\u2019Israël et même le Canada ».J\u2019ai risqué ma vie pour des images Derrière la caméra de Patrice Massenet Paul Toutant Les éditions de L\u2019homme - 2020, 208 pages Avec le prince Norodom Sihanouk, qui visite un camp de réfugiés près de la Thaïlande.Pologne, camp de concentration d\u2019Auschwitz.Le pape Jean-Paul II essaie de prier au pied du Mur de la mort, malgré les cris des paparazzis.Yémen.Initiation au kat avec le chaufeur et le guide du tournage.Aéroport de Kigali,Rwanda.Avec le réalisateur Jean-Jacques Simon, un oicier ghanéen travaillant pour le général Dallaire et Raymond Saint-Pierre.40 1er mai 2020 Édition numérique spéciale Humoriste Marie-Ève Saucier COURTOISIE La caméra comme bouclier « J\u2019ai beaucoup voyagé à travers le monde.J\u2019ai encore toutes mes dents, mais plusieurs de mes illusions de jeunesse se sont évanouies.» Car des pays, il en a traversé.Des scènes atroces, il en a vues et vécues plusieurs.Outre le Grand Nord canadien, la Somalie et le Venezuela, il était sur place pour assister aux derniers mois du mur de Berlin, couvrir les massacres des factions d\u2019extrême droite en Haïti, les guerres ethniques du Rwanda et de l\u2019ex-Yougoslavie.Il a été confronté à des combattants « gelés à l\u2019os » au Zaïre, assisté aux affrontements entre Israël et la Palestine, et on en passe.Il lui est même arrivé d\u2019être interdit de filmer.Fait particulier pour un homme d\u2019images ! Mais comment résister à toutes ces atrocités, comment poursuivre son travail dans de tels environnements ?À cela, il répond : « Regarder le monde à travers un objectif de caméra me permet de dresser une muraille entre la réalité et mes états d\u2019âme.» Sa carrière lui a quand même offert des moments de sourires.Que ressent-on quand on aperçoit, à genou, le Dalaï-Lama, en train de chercher le filtre d\u2019un micro que son intervieweur a laissé tomber ?Quand on prend conscience que la personne qu\u2019on vient de bousculer, dans la pénombre d\u2019une chapelle, est tout simplement Sa Sainteté le pape ?Il n\u2019en sera pas plus dévoilé.Le plaisir est laissé au lecteur.J\u2019m\u2019ennuie des profs de mes enfants.Même si elles sont plus cool et ont l\u2019air plus jeunes que moi.Évidemment que mes enfants pognent les deux meilleures enseignantes du système scolaire quand toutes les écoles du Québec ferment pour une durée indéterminée ! Oui, on les voit chaque matin via Zoom, mais malheureusement, toutes les vidé- oconférences comportent un ou deux SOLIDES freeze screen qui rendent tout le monde inconfortable.Je tiens toutefois à remercier (oui, je me permets de les nommer) Mesdames Chloé et Desea d\u2019être là pour nos enfants ; plus organisées, volontaires et fortes que toute pandémie.J\u2019m\u2019ennuie d\u2019la madame qui m\u2019a volé mon spot en arrière de la poutre dans le local de Zumba.Ça faisait un an et demi que j\u2019avais ce spot et elle le savait.J\u2019étais assez ben dans mon spot : j\u2019accrochais ma serviette sur les haltères, j\u2019mettais ma bouteille d\u2019eau dans le bac d\u2019élastiques pis quand j\u2019étais trop essoufflée pour finir la choré, j\u2019me cachais derrière la poutre comme un vieux sac qui s\u2019assume pas.Laissez-moi vous dire qu\u2019aujourd\u2019hui, moi et mon ventre flasque laisserions le spot à la voleuse de spot pour aplatir ma courbe de poids.J\u2019m\u2019ennuie de te voir apprécier mon petit cocon de remise en forme, douce madame.Pour vrai.J\u2019m\u2019ennuie de ma voisine d\u2019en face qui va pas ben.Chez nous, les poubelles passent le lundi.Le dimanche, mon chum sort les vidanges et on s\u2019installe devant la fenêtre, en famille, pis on attend la voisine d\u2019en face.Dans la demi-heure suivante, elle vient fouiller dans nos sacs en nous faisant des doigts d\u2019honneur.On lui envoie la main, alors qu\u2019elle quitte en nous disant qu\u2019on s\u2019en va tous en enfer parce qu\u2019on a un cochon de compagnie.À chacun ses traditions.Maudit qu\u2019j\u2019mennuie des insultes de ma voisine d\u2019en face qui me vole mes cannes de thon vides.Mes petits bonheurs semblent anodins.Mais pour les humains de 2020, il n\u2019y a pas de petit, plus d\u2019acquis, pas d\u2019anodin.Alors on s\u2019accroche au bonheur.Bonjour, Je m\u2019appelle Marie-Ève, j\u2019habite sur Terre et je vais vous parler de ce qui occupe l\u2019esprit de tous les humains du monde en 2020 : les tutoriels pour se couper le toupet soi-même.Ben non, c\u2019t\u2019une farce.Évidemment que je vais vous parler de la Covid-19 ! Malgré le coronavirus, j\u2019t\u2019encore drôle, hein ?Mais loin de moi l\u2019idée de tourner la pandémie au ridicule.J\u2019ai la conviction que l\u2019humour innocent est réparateur.Bien qu\u2019il ait causé des dommages, l\u2019ennemi invisible m\u2019a fait réaliser que je prenais plein de petits bonheurs pour acquis.Legault a ses remerciements du jour.J\u2019ai mes « J\u2019m\u2019ennuie » du confinement, et les voici.J\u2019m\u2019ennuie du chauffeur de bus de mes enfants.Même si j\u2019ai jamais été capable de retenir ou même de comprendre son prénom, il était le rayon de soleil qui partait mes journées.Chaque matin, y\u2019arrivait comme un sauveur au volant de son beau grand carrosse jaune, prêt à ramasser mes trésors (over) bruyants.Oui, il me les ramenait huit heures plus tard, mais je préfère garder les beaux souvenirs de mon beau chauffeur sans nom.J\u2019m\u2019ennuie de notre brigadière qui a commencé à travailler cet hiver.C\u2019femme là a transformé mes jours beiges en un thriller policier intitulé « Qu\u2019est-ce qu\u2019y\u2019a en dessous de ces trois manteaux d\u2019hiver là ?».Les regards sympathiques que j\u2019échangeais avec notre briga- dière étaient empreints de questionnements et de réserves qui se traduisaient en une dangereuse danse chorégraphiée par Dame Énigme.Je sais qu\u2019elle pense encore à moi, jubilant à l\u2019idée que je ne saurai jamais de quoi elle a l\u2019air quand elle enlève ses trois maudits manteaux d\u2019hiver.J\u2019m\u2019ennuie d\u2019ma gang de mères à l\u2019arrêt d\u2019autobus des enfants.Toutes des nouvelles arrivantes qui ne parlent pas encore français.Elles me faisaient sentir comme un produit exotique dans mon p\u2019tit Québec natal.Leurs histoires que je ne comprenais pas, nos jokes de météo et leur regard dépassé quand je disais « Tabarnac ! » resteront à jamais gravés dans ma mémoire.En plus, elles me demandaient de traduire les communiqués de la directrice et ça me faisait me sentir intelligente.Alors on s\u2019accroche au bonheur Bethléem.Jean-François Lépine en entrevue avec des membres de la milice palestinienne.Tizi-Ouzou, en Algérie, durant la crise du FIS, qui tuait tous les étrangers rencontrés.Le téléphone utilisé pour assurer le contact avec le Québec était l\u2019un des premiers du genre.Il coûtait 80 000 $ et nécessitait deux personnes pour le transporter.43 Édition numérique spéciale 1er mai 2020 42 1er mai 2020 Édition numérique spéciale *Sondage web réalisé du 13 au 16 mars 2020 des interviewés disent que le travail du magazine L\u2019Itinéraire est essentiel à la société S o l u t i o n d a n s l e p r o c h a i n n u m é r o , p a g e 2 Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! détente oY REMPLIT VOTREsTASSE OU QUE À \u2014\" LS 7 | eo re ) P > \u2014 AS \u2014_\u2014\u2014 T= \u2014 \u2014\u2014\u2014 = Be + oa x \u2014 : - =\" \u2014 WY ea My.= am = - + = A ag mney = 2 222.= : =\" a EE Selo gl \u2014\u2014lnd, = _- \u2014 EE a - _ \u2014 _e a aller = nn - BROSSARD EL EE pp pel Toh op ney dhs pth ?dl dha pale Hh BH FH \u201cref sleep ric = Myresgrt 54, touly roi) He HE Co Pepmigsy bn ppd ire sve ip CAFE TORREFIE A MONTREAL 514 321-4121 1 800 361-4121 FLatoL rah cio, BROSSARD\"™ et *La livraison gratuite s'applique pour les commandes de 10 livres de café et plus."]
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