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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 15 avril 2017
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2017, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXIV, n\" 08 Montréal, 15 avril 2017 www.itineraire.ca ROMEO DALLAI RE LA VIE APRES LE TRAUMATISME \t\t \t\t ¦ f i 4i\t¦\t \t¦\t rtè*P artafle L'Itinéraire, c'est aussi de laide au logement.Merci de nous aidera poursuivre notre engagement envers la société.itineraire.ca/faire-un-don E E £U1* Céline Nom Céline Marchand | Camelot n° 1166 Âge 52 ans | Pointdevente Saint-Denis/Ontario Céline a vécu beaucoup de souffrances.Peu sont nommées dans son portrait, car elle ne peut en parler, mais on entrevoit à travers son amour pour L\u2019Itinéraire ce qu\u2019elle a pu traverser.C\u2019est une femme sensible et courageuse qui se livre aujourd\u2019hui avec beaucoup demotions, et non sans difficultés : « On dirait que je veux en revenir à moi mais que je fuis de l'autre côté ».Retour dans sa famille après six ans en famille d\u2019accueil Née sur le Plateau Mont-Royal, Céline perd sa mère alors quelle n\u2019a qu\u2019un an et demi.Son père, ouvrier, et veuf avec quatre enfants, ne peut la garder à cause de son jeune âge.Elle est placée en famille d\u2019accueil, ce qui « a fait des dégâts ».A l\u2019âge de sept ans, elle revient dans sa famille, retrouve son père, sa sœur et ses deux frères et vit une enfance heureuse.« Mon père, c\u2019est mon héros, il a eu énormément de courage de s'occuper de ses enfants au moment où il a perdu sa femme.» forts que Céline emploie pour parler de ce moment-là : tout a « éclaté », « basculé », « explosé ».Céline perd son emploi, son appartement, l\u2019aide dont elle bénéficiait, son « chum », recherché par l\u2019immigration.« Et là, je me suis ramassée à la rue, complètement en dépression, complètement à terre.Quand ça a cassé, ça a vraiment cassé.» Trois ans d\u2019itinérance, à rester à des places un mois, deux semaines, trois jours.Elle a vécu beaucoup de jugement, de détresse, de découragement, mais a toujours gardé espoir.C\u2019est ce qui l\u2019a sauvée] Un jour, elle a rencontré une camelot, drôle, souriante.« Elle avait l'air tellement heureuse cette fille-là, pis elle m'a dit : \u201cEcoute Céline, va donc à L\u2019Itinéraire\u201d.» « Ce n'était jamais assez » Titulaire d\u2019un diplôme d\u2019études collégiales en lettres, elle n\u2019a pas eu d\u2019emploi dans ce domaine.« Pourquoi, je nèn parlerai pas.» Elle a travaillé dix ans pour la Ville de Montréal et a occupé plusieurs emplois dans un hôpital.Mais peu importe ce quelle faisait, ce n\u2019était jamais assez : « Même si j\u2019y mettais toutes mes forces et mon énergie, on n\u2019était jamais satisfait de moi.» Elle a eu des « moments très très malheureux », des choses quelle a mal vécues.Elle parle peu de ses expériences passées.« je ne veux pas être dans l\u2019apitoiement, dans la détresse », mais on devine, à demi-mot, que son parcours a été plus que difficile : « On me disait : \u201cÇa n\u2019a pas d\u2019allure la vie que tu as eue, ça s\u2019peut pas de survire à des affaires comme ca\u201d » 2009 : l\u2019année où tout a basculé « Cèsf comme si je ne voulais plus la voir cette foutue date.» Ce sont des mots très « Un des moments les plus heureux de ma vie » Ça lui a pris du temps pour en arriver là.Elle explique avoir eu des préjugés « épouvantables » envers les gens de la rue.Mais en 2013, elle était décidée, prête à faire « tous les sacrifices ».C\u2019est avec beaucoup demotions que Céline nous parle de son arrivée à L\u2019Itinéraire.« j\u2019ai trouvé la maman que j\u2019ai cherchée toute ma vie.Elle m'a aimée, nourrie, comprise, protégée.Des fois, elle m'a remise à ma place, j\u2019en avais besoin aussi, mais toujours d\u2019une façon juste, correcte et aimable.C\u2019est un grand compliment que je leur fais, parce que ce n\u2019est pas n\u2019importe qui qui pourrait être ma mère.» Elle a enfin l\u2019impression d\u2019être au bon endroit, où les changements sont synonymes de positif et non plus de négatif.Elle a réalisé à quel point elle aimait les membres de sa famille et a renoué avec eux.Elle apprend à faire confiance, à se dévoiler, et avance à son rythme, étape par étape.A travers son portrait, elle souhaite faire passer un message à ceux qui vivent une détresse : une famille les attend pour les aider « d recoller tous les morceaux ».U\t3k *\t \\ .Vvi. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Le magazine bimensuel est produit par l'équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social par courriel à : c.e.lavery@i ti ne rai re.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS C^nsdcl Québec B a Desjardins QUEBECOR Ville-Marie Montréal Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS >stm\tBROS SARD\" U^upperkut ^ emploi6 pvpîp L'IMPRESSION RESPONSABLE I irdcoi du !¦ idrrl Wml FONDATION RjESAC (Z\\ fondu» nr#»! \u2022» \u2022 «\u2022 ijmijd\tIf J Carmand Normand\t1ECJR V» IPjVf IUBUIIB\t^\tfw-i, if ^$1\t£ Canada-Vie ^ ^ _ LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE» MQISÏQH UOHIflËU aTÎSSWSSS5Z *¦»*¦*¦Ï^N ^ ¦ 111 ,r\tMontréal L'Itinéraire EST MEMBRE DE aMeco \"lia'- -L-»:*-1 Pet.Chambre dcFErt d» Montréal CHANTIER DE LÉCONOMIE SOCIALE & RIOCM 4 ITIN ERAI RE.CA | 15 avril 2017 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEURCÉNÉRAL: LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MACALIE PAQUET Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIKMARCH Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction CHRISTINE BARBEAU, MARTINE B0UCHARD-PICE0N, MARIE BRI0N, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE M0NTVAL0N, JENNIFER PIT0SCIA, CHARLOTTE P0ITRAS, LAËTITIATHÉLÈME, GUILLAUME VICNEAULT, PAUL VANASSE Bénévoles à la révisio PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE Photo de la une MILTON FERNANDES ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCYTRÉPANIER DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERCE Intervenante psychosociale: SOFIA SHLIK0V Responsable du Café PIERRE T0UCAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE - Glasford InternationalCanada Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L'Itinéraire Administrateur ALEXANDRE PÉL0QUIN - Camelot de L'Itinéraire GABRIEL BISSON NETTE - Camelotée L'Itinéraire PIERRE SAINT-AMOUR - Camelotée L'Itinéraire ISABELLE M0NETTE - Fondaction CSN KATHERINE N AU D - Ciusss Centre-Sud de Montréal CATALIN CARACAS - Ranger Design Représentant des camelots: YVON MASSIC0TTE- Camelotée L'Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE 1514 848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE CICNAC Chargée de projet: MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Croupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L\u2019/tfnérafreen contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.A\tMIXTE V-lP FSC wwwfsc.org\tPapier issu de sources responsables \tFSC* C011825 Céline MOTS DE CAMELOTS Sylvain Pépin-Girard.11 Mostapha Lotfi.11 Lorraine Sylvain.11 Réal Lambert.27 Gisèle Nadeau.27 Jacques Élyzé.27 Bill Economou.43 Maxime Valcourt.43 Cindy Rose.43 DOSSIER VIVRE AVEC UN STRESS POST-TRAUMATIQUE \u2022\tStress post-traumatique Chauffeurs d'autobus éprouvés \u2022\tReconnaître un événement traumatique \u2022\tStress post-traumatique chez [es militaires Tout pour un chien d'accompagnement Par Alexandra Cuellil EXPOSITION ROMÉO DALLAI RE LA VIE APRÈS LE TRAUMATISME Comment vit-on après avoir vécu l\u2019enfer sur terre ?Est-il possible de retrouver une vie « normale » après avoir été témoin des atrocités du génocide rwandais ?Le lieutenant-général Roméo Dallaire signe son troisième ouvrage Premières lueurs, mon combat contre le trouble post-traumatique.Par Roger Perreault SOMMAIRE ÉDITORIAL.7 Sujets à réflexion Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT.8 Par Alexandra Guellil RÉGIONS.9 Ottawa : L'Itinéraireà l'université Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL.10 OPINION.24 Revenu minimum garanti, pourou contre?Par Mathieu Thériault ENTREVUE.28 Conversation avec un pédophile Par Jo Redwitch DÉCRYPTAGE.30 Agir avant qu'il ne soit trop tard Par Jo Redwitch COMPTES À RENDRE.32 Le temps des semences Par lanik Mardi, économiste indépendant INFO RAPSIM.33 Budget Morneau - Le Fédéral et la lutte à l'itinérance ParAmélie Panneton, organisatrice communautaire au RAPSIM CARREFOUR.34 CULTURE.35 Printemps autochtone d'Art 3 Se réapproprier nos racines Par Jean-Guy Deslauriers ENTREVUE.38 Réalité virtuelle : Un Futur à notre portée Par Lucette Bélanger VIE DE QUARTIER.40 Arrondissement Saint-Laurent Par Saïd Farkouh BD.42 Par Isabelle Raymond DÉTENTE.44 À PROPOS DE L\u2019ANGOISSE.46 Mc^1* LECTEURS Les camelots sont des On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.travailleurs autonomes.50 du prix de vente du magazine leur revient.e > ECRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! L'appétit vient en donnant.itineraire.ca/faîre-un-don W DELA Oui, j'appuie L'Itineraire DONS CARTES-REPAS ABONNEMENT Pour rejoindre notre service aux donateurs © 514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75 $ O 100$ ou JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J'offre_______cartes-repas à 6$ chacune = O Mme OM.Prénom : vous voulez les distribuer vous-meme ?Cochez ici : O Adresse : Ve: Code postal :___I__I TOTAL DE MA CONTRIBUTION : JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :_ DONS + CARTES-REPAS \u2019 Pour respecter l'écologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie le reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.NE Vous pouvez faire un don directement en ligne RAI\tsur notre site www.itineraire.ca RE Qx4ùwci/\tN\" de chante de l'organisme : 136434219 RR000I Courriel Téléphone:!_______) _________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O Visa O MasterCard N°de la carte : I_I_I_I_I__I_I__I__I__I__I__I__I__I__I__I_I__I Expiration_____ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9 Sujets à réflexion JiWitgisÿ.l ¦ :*/ - i ¦ t EDITORIAL PAR JOSEE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF D\u2019entrée de jeu, je vous dirais que la présente édition contient des reportages « hard ».Des sujets pas Faciles, mais qui suscitent des émotions et une réFlexion sur la Fragilité-et les Forces-qui nous habitent tous.En effet, discuter de trouble de stress post-traumatique (TPST) avec le général Roméo Dallaire, qui a été témoin direct des atrocités du génocide rwandais, de même qu\u2019avec le père d\u2019un soldat qui a connu les horreurs de la guerre en Afghanistan met en lumière les terribles séquelles vécues par ces hommes.Cependant, nos reportages mettent également en lumière leur résilience et leur espoir de les surmonter.On se souviendra qu\u2019il y a plusieurs années, Roméo Dallaire avait vécu très publiquement la période la plus pénible de sa vie.Ce général à la carrure militaire et au fort caractère s\u2019était littéralement échoué après avoir été au centre d\u2019un des pires cauchemars humanitaires de notre histoire, l\u2019un qui l\u2019a laissé brisé et isolé.C\u2019est au moment le plus sombre de sa vie qu\u2019il a crié à l\u2019aide, mais la réponse n\u2019est pas venue des Forces armées canadiennes à qui il a consacré toute sa vie.Il aura fallu qu\u2019il se tourne vers le côté des Américains pour comprendre, puis tenter de surmonter cet état que l\u2019on nomme désormais trouble du stress post-traumatique.En exposant publiquement la profonde détresse qu\u2019il avait vécue, le général a été l\u2019un des catalyseurs pour amorcer une franche discussion sur ce désordre psychologique et dévastateur.Et, grâce à lui et à d\u2019autres, les choses commencent à changer tranquillement, non seulement au sein des forces armées, mais chez les policiers et premiers intervenants qui font face à des situations extrêmement stressantes et dramatiques.En parler De tout temps la thérapie par la parole, le partage et l\u2019entraide font partie de la solution chez les gens qui ont été marqués au fer rouge par la vie.Roméo Dallaire et ses semblables, ainsi que des civils l\u2019ont compris.En effet, nous avons presque tous vécu d\u2019importants traumatismes au cours de nos vies.Selon les statistiques, les trois quarts de la population canadienne et québécoise seraient atteints d\u2019un TPST après avoir subi un événement qui les a marqués profondément, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un accident, d\u2019une agression sexuelle, d\u2019un incendie ou tout autre occurrence qui a fait craindre pour notre vie.De plus, ces événements entraînent souvent d\u2019autres problèmes connexes comme l\u2019alcoolisme, la dépendance aux médicaments ou des douleurs physiques.L\u2019isolement, la honte et la culpabilité sont également le lot des survivants.Et, chose certaine, ces chocs laissent des traces indélébiles.Mais elles ont l\u2019avantage de s\u2019estomper avec le temps, et surtout quand on accepte d\u2019en parler et de chercher de l\u2019aide.Si on ne peut pas revenir « comme avant », comme le souligne le général Dallaire, on peut ressortir grandi et apte à aider les autres, en choisissant cette voie.C\u2019est ce qui est encourageant chez l\u2019être humain.Sujet choquant Autre reportage choc dans cette édition, celui proposé par notre camelot-rédactrice Jo Redwitch.Animée d\u2019une forte volonté de comprendre ce qui anime l\u2019être humain dans ce qu\u2019il a de plus lumineux et de plus sombre, Jo a réalisé, depuis un an et demi, des articles sur d\u2019anciens détenus, la justice réparatrice et les travailleuses du sexe en abordant ces sujets d\u2019un angle que peu de médias peuvent emprunter.Pour cette édition, elle a réussi à convaincre un pédophile de se confier à elle, par le biais d\u2019intervenants qui l\u2019ont aidée dans ses démarches.Le sujet est dur et ne laissera personne indifférent.Mais ce que j\u2019admire, c\u2019est l\u2019objectivité et le non-jugement dont elle a fait preuve.On a rarement eu l\u2019occasion de lire un témoignage de première ligne aussi percutant que troublant.Crédibilité Avec le souci de livrer des textes intéressants, cohérents et pertinents, nos camelots et participants sont de plus en plus renseignés sur les grands enjeux sur lesquels ils écrivent.Ils font un travail de recherche d\u2019entrevues et de rédaction qui n\u2019a rien à envier aux professionnels des médias.Je tiens à souligner par ailleurs le texte fort intéressant de Mathieu Thériault sur le revenu minimum garanti, qui propose une sérieuse réflexion sur le sujet.Tout comme ceux dont ils parlent, plusieurs de nos camelots-rédacteurs ont connu des événements traumatiques qui les ont entraînés dans les abîmes, les habilitant ainsi à comprendre leur sujet et à livrer des articles crédibles.Par leurs écrits et leur présence même dans le magazine, ils sont la preuve que la résilience et la volonté de progresser ont toujours le dernier mot.¦ 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL 3 questions à Rodolphe Christin Contributeur à l'essai Le travail, et après?, Rodolphe Christin est auteur et sociologue.Il travaille actuellement à la Formation professionnelle continue auprès des adultes.Dans son passage, il invite à penser le travail autrement, en valorisant l'ensemble de ses aspects.O Vos critiques du travail s\u2019insèrent-elles dans un contexte particulier ?Pas vraiment.Nous sommes partis du constat que le travail est omniprésent dans nos sociétés qui sont focalisées sur la croissance.Nous sommes dans un monde où l\u2019on est tenu d\u2019être à la fois un producteur et un consommateur.Or, pour consommer, il faut de l\u2019argent, donc en gagner en travaillant.Ce que nous critiquons, c\u2019est la place centrale que prend le travail dans nos existences alors même qu\u2019il est actuellement difficile d\u2019en trouver un décent.Au départ, c\u2019était une réflexion générale, éloignée donc de la prochaine présidentielle ou de la dernière réforme sur le code du travail français.e Parmi les problématiques abordées, il y a celle du revenu universel ou d\u2019existence.Concrètement, comment peut-on mettre en place une telle mesure ?Si je n\u2019ai pas de recette toute faite, je crois que le modèle dans lequel nous sommes aujourd\u2019hui ne fonctionne pas.On incite les citoyens à s\u2019insérer socialement en trouvant un emploi alors même qu\u2019il n\u2019y en a plus pour tout le monde.Nous sommes donc * 1 dans un système de contrainte paradoxal.Comment trouver un travail qui n\u2019existe pas pour tout le monde ?L\u2019idée du revenu universel est de dissocier le revenu du travail.Sur la question des modalités, il est possible de le substituer à d\u2019autres revenus sociaux octroyés sous conditions.Cela ne veut pas dire que ce revenu ne pourrait pas être complété par d\u2019autres revenus obtenus grâce à des activités qui ne sont pas considérées comme rentables.© Comment définissez-vous le travail ?Ce que j\u2019appelle travail, c\u2019est-à-dire la part de production que l\u2019on fait contre un salaire.Ce sens a une histoire que l\u2019on rapproche de la révolution industrielle où, pour le développement des industries, il a fallu enrôler des personnes tout en limitant leur capacité d\u2019autosuffisance.Dans l\u2019idéal, on ne devrait pas être obligé de travailler pour survivre.Pour moi, le travail est avant tout un système de contrainte sociale : si on peut s\u2019y épanouir, je ne pense pas que ce soit le cas de la majorité des travailleurs.Il existe certainement une distinction de valeurs entre le travail manuel et le travail intellectuel puisque cette distinction a permis de créer une hiérarchie sociale.Par contre le travail intellectuel est lui aussi soumis à des contraintes plus importantes, comme les lois de la production.Aller au-delà de cette vision du « pour le travail, par le travail et pour le travailleur » est extrêmement difficile sans se marginaliser parce qu\u2019on est dans une culture problématique.Il est très difficile, voire impossible, de vivre dans une société du travail sans Essai Le travail, et après ?Rodolphe Christin, Jean-Christophe Giuliani, Philippe Godard, Bernard Legros Édition Écosociété - 2017,112 pages émüté m travail.On reste dans la logique d\u2019insérer les personnes qui sont exclues, mais je ne pense pas que l\u2019on soit tous adaptables à ce marché.Soit on accepte de mettre en place une sorte d\u2019apartheid social soit on cesse de penser le travail comme une norme universelle.C\u2019est pourquoi je pense que nous avons besoin de penser contre le travail et que l\u2019enrichissement que l\u2019on prenait avant par ce biais-là ne fonctionne plus aujourd\u2019hui.¦ I 35e grand congrès AA LONGUEUIL * RIVE-SUD AVEC LA PARTI CI P ATT O N DE AL A NO N B A LATE EN I 5.6 et 7 mai 2017 \\à > J IA T CHANCEDE RENAÎTRE DÉCOMPTE ET PANSE LE SAMEDI SOIR Piis cte 10 Confff ene« Accueil du nowtJM Can'ire su plat?da-'ise:\tanh OUVERTUHl: Vtfidredï À 20h Sam.et Dim, 9h, Ouvrer!au ptiblk - G3 ACdS ADMISSION 3 fcKJtt L ni PrAionbt ICI pl.ne 1!f COLLÈGE NOTRE-DAME-DE-LOURDES j 845, CHEMIN T If NM.LONGUEUIL.(X J4P ÏG5 S ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 ¦Ottawa | ?L\u2019Itinéraire à l'université & 2017 | ITINERAIRE.CA PAR JOSÉE PANET-RAYMOND - RÉDACTRICE EN CHEF Ilya 10 ans, NéréeSt-Amand a commencé à rapportera Ottawa des magazines qu'il achetait auprès des camelots lors de ses passages à Montréal, dans le but de les montrera ses étudiants.Aujourd'hui, c'est une caisse de 150 magazines qui part chaque mois par autobus vers la capitale nationale, puisque L\u2019Itinéraire est devenu une lecture obligatoire dans les cours du prof titulaire et co-Fondateur de l'École de service social de l'Université d'Ottawa.Au début, le professeur présentait à ses étudiants des témoignages de camelots et des photos de L\u2019Itinéraire pour en discuter avec eux.Maintenant, le magazine fait partie intégrante de ses enseignements.Plus qu\u2019une matière à étudier, notre publication sert d\u2019outil pour déboulonner les préjugés et sensibiliser les étudiants à la réalité de l\u2019itinérance.« Les gens à qui j\u2019enseigne le travail social sont soit à la maîtrise soit au baccalauréat, mais quand ils arrivent dans mon cours, je constate qu\u2019ils ne connaissent pas beaucoup la réalité des gens de la rue.Et encore, ils ont souvent d'importants préjugés à leur endroit », laisse entendre M.St-Amand, qui enseigne à l\u2019Université d\u2019Ottawa depuis un peu plus de 25 ans.Le professeur indique que ses étudiants viennent d\u2019un peu partout, de la ville, des régions rurales, de l\u2019étranger et bon nombre d\u2019entre eux arrivent avec une opinion négative des personnes vulnérables et marginalisées.Apprendre la réalité sur le terrain « La première chose que je fais dans mes cours est d\u2019inviter une personne en situation d\u2019itinérance pour venir parler à mes étudiants.Et, la première lecture de l\u2019année, en septembre et en décembre, cèst L\u2019Itinéraire, dit-il.La lecture des témoignages de vie a un impact ; ils en sont fortement touchés.Surtout quand ils constatent le cheminement des gens qui sèn sont sortis.» Il ajoute que cette introduction à l\u2019itinérance en début de session est moins compromettante pour les étudiants que d\u2019aller dans la rue rencontrer des sans-abri en personne.Or c\u2019est une étape incontournable de leur apprentissage qui viendra plus tard au cours de l\u2019année.M.St-Amand précise par ailleurs que pour briser les idées reçues de bon nombre d\u2019étudiants voulant que les itinérants ont mérité leur sort, il fait une analyse sociale avec eux pour les amener à comprendre les multiples facteurs qui font qu\u2019une personne se retrouve dans la rue.« Cèst faux de croire que cèst la faute de la personne si elle devient itinérante ; il y a des circonstances hors de leur contrôle qui les ont amenées là », explique-t-il.Le préféré des étudiants Pour mieux appuyer ces analyses, le prof recourt à divers publications, mais trouve que L\u2019Itinéraire offre davantage d\u2019exemples concrets.« Ce que je leur présente, ce sont de vrais gens, et non pas un concept abstrait.Ce sont des personnes qui ont une histoire.» Au cours de leur formation, les étudiants du prof St-Amand sont également mis en contact avec d\u2019autres organismes communautaires qui travaillent avec des personnes marginalisées et vivant diverses problématiques.« Ils sont aussi appelés à faire du bénévolat dans une ressource communautaire pendant leur semestre avec moi », souligne M.St-Amand.Quelle évaluation fait-il de L\u2019Itinéraire au cours de ses longues années d\u2019enseignement ?« Lors du dernier bilan que j\u2019ai fait avec mes étudiants, je leur ai demandé laquelle des quelque 35 lectures de tous genres préféraient-ils, et cèst dans une proportion de 90 % qu\u2019ils ont répondu L\u2019Itinéraire.Ça, ça me fait vraiment plaisir! », dit l\u2019enseignant.A une année de sa retraite, le prof qui a publié plusieurs ouvrages, donné une multitude de conférences et formé une myriade de jeunes en travail social semble être encore amoureux de sa profession.Sans doute laissera-t-il un grand vide dans la communauté universitaire d\u2019Ottawa.Par contre, d\u2019autres pourront sans doute bénéficier de sa plus grande disponibilité.Si, lorsqu\u2019il vient à Montréal, Nérée St-Amand s\u2019arrête de temps en temps à L\u2019Itinéraire pour venir nous saluer, une fois retraité, il pourra passer plus souvent chez nous pour partager sa sagesse et son expérience.N\u2019importe quand, Nérée, vous êtes le bienvenu ! ETATS-UNIS | Mini-maisons, grands espoirs Les refuges d\u2019urgence traditionnels ne sont pas la meilleure option pour tous les sans-abri.Denver ROND-POINT INTERNATIONAL ROYAUME-UNI | Criminalisation des sans-abri Alors que le nombre d\u2019itinérants a bondi en Angleterre, le gouvernement a adopté de nouvelles lois et relancé des anciennes qui aboutissent à la punition de personnes sans domicile fixe.De 2006 à 2014, le nombre de cas en justice pour « infractions liées au vagabondage » a grimpé de 70 %.Par exemple, trois hommes ont pratiquement été poursuivis pour avoir pris des déchets alimentaires dans un bac à déchets de supermarché.Depuis le début de l\u2019austérité en Angleterre en 2010, le nombre estimé de personnes couchant dehors a plus que doublé, passant de 1768 en 2010 à 4134 en 2016.Le nombre de sans-abri continuant de progresser et les services de soutien et les refuges diminuant, les itinérants sont de plus en plus visibles dans les villes britanniques.Bien que l\u2019itinérance elle-même n\u2019est pas un crime, les lois et stratégies anti-sans-abri limitent la liberté de ceux-ci et transforment leurs activités quotidiennes en infractions punissables, estiment des enseignants en Politiques sociales et criminologie de la Open University.(The Conversation/INSP) GRÈCE | Les enfants paient le prix de la crise En plein cœur de la dévastation économique, les liens familiaux traditionnellement forts commencent à s\u2019effriter.A Athènes, un refuge pour enfants maltraités accueille maintenant des enfants dont les parents ont simplement du mal à les nourrir.Un quart de la main-d\u2019œuvre grecque est au chômage et un quart de ses enfants vivent dans la pauvreté, selon les chiffres des Nations Unies, obligeant les parents à dépendre des grands-parents pour les dons.Or les pensions de ces derniers ont déjà été coupées une dizaine de fois au fil des ans que dure la crise grecque.La Model National Nursery, une ressource mise en place ily a un siècle pour les orphelins de la guerre, peine à répondre aux besoins sans cesse croissants.Des parents qui doivent patienter sur une longue liste d\u2019attente sont incapables de couvrir leurs besoins de base, et laissent leurs enfants à la maison toute la semaine.Le centre d\u2019accueil au décor Spartiate d\u2019une capacité de 25 lits est sous financé et en déficit d\u2019effectifs; au moins 40 enfants sont sur la liste d\u2019attente, soit quatre fois plus que les années précédentes.(Reuters/INSP) a inventé une solution alternative : des villages de mini-maisons.Si tout se déroule comme prévu, deux nouveaux villages temporaires de maisons minuscules seront construits à Denver en 2017.Leur but est de fournir un autre type d\u2019habitation pour les sans-abri.Le premier, appelé Beloved Community Village et administré en partie par l\u2019Alliance interconfessionnelle du Colorado, sera construit fin mars ou début avril et ne prendra qu\u2019un ou deux jours pour être achevé.Le second, une aventure planifiée par l\u2019église épiscopale de St.Andrew, pourrait être opérationnel d\u2019ici l\u2019été.« Quand nous disons aux gens qu'une partie de l\u2019avantage d\u2019habiter dans le village est d\u2019avoir une adresse afin que ces itinérants puissent trouver un emploi, les gens sont un peu surpris.Cette pensée ne leur est jamais venue à lésprit », remarque Ally Dodge, correspondante communautaire du petit village de St.Andrews.(Denver Voice/INSP) Uitinéraire est membre du International Network of Street Papers (Reseau International des Journaux de Rue - INS P) Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org Intirnvtlmvl NatwarK ef SbnHt Piptn 4 n\tTRADUCTION : GENEVIÈVE BERTRAND ! U ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 PHOTO : REUTERS/ALKIS KONSTANTINIDIS Un cœur tendre dans un hiver Froid Le 14 mars dernier, une grosse tempête a engendré de nombreuses catastrophes.C\u2019était un blizzard extrêmement froid.La visibilité pour les voitures était presque nulle.Je sortais d\u2019un gym et je me suis fait attaquer par la tempête alors que le vent me frappait de temps à autre.Marcher était très difficile alors que la neige m\u2019encerclait très rapidement.Le blizzard était si violent.Toutefois, je n\u2019ai pas à me plaindre car plusieurs personnes ont vécu un moment beaucoup plus difficile que moi.Deux hommes étaient dans une voiture ensevelie pendant des heures et des heures.Le froid qui les guettait les rendait de plus en plus frileux, tremblants, jusqu\u2019à en perdre la vie.Ils ont passé huit heures dans leur camionnette à tenter d\u2019appeler les secours en vain.L\u2019un d\u2019entre eux a vécu ce dernier moment en communiquant avec sa conjointe qui était impuissante face à cette tragédie, même si elle aurait probablement tout fait pour les aider.Je n\u2019imagine pas comment ils ont pu vivre cette mort atroce, à la fois lente et paniquante.Malheureusement, les dés ont été jetés, mais j\u2019ai tout de même un message à lancer.Tu n\u2019as pas pu être là dans ses derniers moments, mais il sera toujours là auprès de toi maintenant.Dis-toi qu\u2019il te voit de là-haut.Même si c\u2019est ce qui est le plus difficile à accepter, on sait tous que perdre quelqu\u2019un, ça fait très mal.Je t\u2019écris ces mots pour t\u2019offrir mes plus grandes sympathies.Il sera là à tes côtés pour te protéger, il sera ton ange gardien, il sera là pour te réconforter dans les moments les plus difficiles.A tous ceux qui ont vécu des moments tragiques lors de cet événement, je vous souhaite de retrouver le bonheur.Après la tempête vient le beau temps.SYLVAIN PÉPIN-GIRARD K PRÉPOSÉÀ L'ENTRETIEN MÉNAGER Le vagabond Chaque dimanche matin, son père le ramenait à l\u2019église où il répétait, en chœur avec d\u2019autres petits amis, des paroles qu\u2019il ne comprenait pas.Il n\u2019aimait pas entendre ces préceptes ni même la voix du prêtre.Il détestait l\u2019habit du prêtre.Il n\u2019aimait même plus la couleur noire.En ce matin parisien très froid, l\u2019enfant se réveilla et fuit vers la rue.Il faisait encore nuit et un silence de cimetière régnait sur Paris.La Ville Lumière avait l\u2019air d\u2019un fantôme.On n\u2019y voyait rien sauf des clochards dont les dents grinçaient du froid extrême.Ces marginaux étaient trahis par leur destin.A côté d\u2019eux cohabitaient des animaux domestiques dont certains avaient fui le domicile car trop gâtés.Ces animaux en avaient assez de la vie des maisons cossues et se sont enfuis dans la rue pour vivre libres.Ils pouvaient dormir quand ils le voulaient, manger des ordures comme ils le voulaient.L\u2019enfant aussi n\u2019avait trouvé que cela en cette heure avancée de la nuit.Son père fit irruption dans la chambre pour le réveiller mais il trouva seulement son lit vide.Il le chercha partout, en vain.Une recherche pénible d\u2019un enfant qui a aimé la rue et a préféré sa liberté à l\u2019autoritarisme du père.C\u2019est ainsi que ce fils a grandi.Il passait ses journées à vendre des journaux qu\u2019il lisait avec avidité et, la nuit, il se réfugiait dans un coin isolé pour se coucher.Il inscrivait tout ce qu\u2019il avait observé dans la journée dans un cahier-journal qu\u2019il tenait.Le voilà un jeune homme.Il a écrit ses mémoires.Il les a faites imprimer et les a publiées sous forme d\u2019un livre qu\u2019il a présenté au public comme un cadeau de la part d\u2019un homme ayant préféré une vie d\u2019itinérance.Il a offert un livre aux autres afin qu\u2019ils le lisent, pour qu\u2019ils y découvrent la trajectoire d\u2019un homme rebelle qui a prouvé que la rue peut nous offrir quelqu\u2019un d\u2019apprécié, quelqu\u2019un qui a consacré sa vie à immortaliser une réalité longtemps ignorée par tant d\u2019autres.MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONT PETIT MOTS DE CAMELOTS Souvenirs de camelot Aujourd\u2019hui je vous vois, vous, les petits enfants doux comme les minous, et vous qui devez ouvrir vos deux portefeuilles pour m\u2019acheter une revue ; vous qui portez vos sourires comme des bijoux de nacre, et vos vêtements, comme des œuvres d\u2019art ; vous qui m\u2019approchez accompagnés de vos adolescents, vous dont la voix hésite, et j\u2019entends la multiplicité de vos accents.Auparavant, je n\u2019aurais jamais cru que votre humanité pût décliner autant de variations, et lorsque vous vous affairez devant moi, c\u2019est pourtant votre unicité et votre solidarité qui m\u2019étonnent.Parfois dans le souffle de votre exaspération, je perçois votre langage non-verbal, et je vous entends aussi jouer votre vie.Ceux qui n\u2019ont pas de maison doivent exubérer à la vue de tous, ceux qui se sentent investis d\u2019une mission perfectionnent sans fin la danse de leur démarche.Chacun de vos actes de bonté rejaillit comme un feu d\u2019artifice, chaque rame de métro refait la mise en scène.Et pendant ce temps, je pressens la promesse de la rue.LORRAINE SYLVAIN BÉNÉVOLE MÉTRO PEEL 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 1 1 DOSSIER î VIVRE AVEC UN STRESS POST-TRAUMATIQUE Trois Canadiens sur quatre rapportent avoir déjà vécu un événement traumatique au cours de leur vie.Si avec le temps, le syndrome de stress post-traumatique (SSTP) fait de plus en plus les manchettes, cela n\u2019a pas toujours été le cas.Comme tout problème de santé d\u2019ordre psychologique, de nombreux préjugés persistent face au SSTP.Les recherches scientifiques actuelles définissent les grandes lignes d\u2019un événement traumatique.De façon générale, il est grave, perturbant et sort de l\u2019ordinaire provoquant ainsi une atteinte à l\u2019intégrité physique ou morale d\u2019une personne.Il peut avoir été vécu par les vétérans de l\u2019armée à la suite d\u2019une mission particulièrement violente, mais aussi par des travailleurs du service public en contact avec une clientèle variée et parfois difficile.Mais comment fait-on pour continuer à vivre avec un tel traumatisme ? trr l-'- Stress post-traumatique Chauffeurs d'autobus éprouvés PAR ALEXANDRA GUELLIL Au téléphone, Sophie* le répète plusieurs Fois : elle n'a pas vu qu'un homme s'était accroché à l'autobus alors qu'elle était sur le point de partir.Si ce dernier n'a rien eu, jusqu'à trouver le moyen d'en rire, c'est la réaction des autres passagers qui l'a complètement paralysée.« En tant que femme chauffeure d'autobus, il est vrai que l'on est plus facilement harcelée, plus facilement exposée aux manipulateurs de toutes sortes, plus facilement perçues comme vulnérables et jugées moins professionnelles que les hommes.Certaines mentalités ont du mal à évoluer », admet la travailleuse.Quand ce n\u2019est pas le sexisme qui est banalisé, ce sont les questions relatives à la santé psychologique qui font l\u2019objet de toutes sortes de préjugés.En novembre 2016, Sophie a repris son poste à la Société de transport de Montréal après un congé de maladie.Son retour au travail n\u2019a pas été facile, elle a eu de la difficulté à être seule aux commandes d\u2019un autobus alors qu\u2019elle en a conduit à plusieurs reprises depuis six ans.« C'était très difficile pour moi.Il faut vraiment comprendre que l'été d'avant, je ne pouvais monter ou voir un autobus passer à mes côtés sans entrer dans un état de panique et repenser à tout ce qui m'était arrivé.» Sophie, victime d'un stress post-traumatique Ceci lui vaudra d\u2019ailleurs certaines remarques « blessantes » de ses collègues montrant son incapacité du doigt.Malgré tout, Sophie n\u2019a rien lâché, elle a pris sur elle.Pendant plusieurs de ses parcours, elle réussit à obtenir la présence d\u2019un psychologue à ses côtés.Un soir de travail, Sophie s\u2019apprêtait à prendre la route quand un jeune homme s\u2019est accroché à l\u2019autobus.La suite de l\u2019histoire est encore quelque peu confuse dans son esprit.« Je ne l\u2019ai pas vu, j\u2019étais déjà en route, il s\u2019est accroché à l\u2019autobus.Il aurait pu atterrir sous les roues, je présume qu\u2019il n\u2019était pas blessé parce que quand je m\u2019en suis rendu compte, il est monté et est parti à rire en me voyant paniquer.Moi, j\u2019avais juste mal au cœur, l\u2019goût d\u2019vomir d\u2019là bile ! » Pendant ce temps, les autres usagers ont haussé la voix, comme si elle l\u2019avait fait exprès.Elle décrit la scène comme du bullying, une forme d\u2019intimidation très violente basée sur du harcèlement.« Une seule passagère m\u2019a aidée à récupérer ma veste, j\u2019étais incapable de le faire seule.Les autres sont partis alors que j\u2019étais comme en crise.» Un état de panique décelé par l\u2019ambulancier chargé d\u2019intervenir sur place.C\u2019est lui qui l\u2019a confinée dans un espace sécuritaire.« je ne voyais ni ses pieds, ni sa figure, je ne parviens pas âme souvenir de son visage, je ne l\u2019ai pas vu », martèle-t-elle.Admettre la peur Trois.C\u2019est le nombre d\u2019agressions récentes qu\u2019André* est capable de raconter.Il admet encore difficilement qu\u2019il a eu peur au volant de son autobus.C\u2019est toujours un travail qu\u2019il doit faire sur lui-même à quelques jours de son retour en poste.L\u2019événement qui a provoqué son départ s\u2019est produit le 20 août dernier.C\u2019était tout juste trois semaines après qu\u2019un père de famille l\u2019ait violemment insulté lorsqu\u2019il l\u2019a informé des tarifs en vigueur » * Nom d'emprunt 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 13 pour les enfants et quelque temps à peine après avoir reçu dans les yeux des flower power, un produit chimique retrouvé généralement dans les boutiques de farces et attrapes.« Ce qui est ironique, dit-il, c\u2019est que je reçois encore des lettres qui contestent la nature de mon accident de travail.» Contestations ou non, si les dates des événements sont encore un peu confuses dans son esprit, André est capable de les raconter dans les moindres détails, même si ses mains tremblent.« j'ai embarqué un homme d\u2019une trentaine d\u2019années, il m'a demandé une correspondance que je lui ai donnée.Il a fait embarquer ses chums à l'arrière.En tout cas, ils avaient l\u2019air de bien se connaître.Il s\u2019est mis en position de combat pour me redemander une correspondance.Assis face au volant, nos moyens de se défendre sont moindres.On ne peut que subir, j\u2019ai juste eu le temps de me reculer en arrière et j\u2019ai évité son coup de poing qui était déjà parti », raconte-t-il en mimant ses actions.Toute cette scène sèst passée en moins de cinq minutes, le temps nécessaire pour André d\u2019appuyer sur « le piton 911 secret » qui a permis une intervention rapide des autorités.Rien qu\u2019en parlant de ce qu\u2019ils ont vécu, André et Sophie sont encore touchés.L\u2019une marque des pauses régulières au téléphone et l\u2019autre semble encore fébrile malgré sa carrure d\u2019ancien militaire.Pas facile d\u2019accepter que leur travail de chauffeur d\u2019autobus ait pu être la cause d\u2019un trouble de stress post-traumatique.Pas facile non plus d\u2019admettre avoir été autant vulnérable et d\u2019avoir eu peur.« je revis la scène quand je vous en parle.je dois avouer ne pas être certain d\u2019aimer cette sensation », confie André.« Ne pas se faire dire bonjour, se faire dire que l'on est toujours en retard, qu'il y a trop de détours ou de travaux, c'est correct, ça fait partie de notre job.Ce qui n'en fait pas partie, c'est quand le monde dépasse les limites.» André, agressé à trois reprises Tabous Selon les études sur le trouble de stress post-traumatique, effectuées notamment par la CNESST, les chauffeurs d\u2019autobus arrivent en troisième position des professions les plus à risques avec les chauffeurs de taxi et les policiers.Les métiers des milieux de la santé et des services sociaux ainsi que ceux de l\u2019enseignement sont pour leur part aux premières loges.« Ces professionnels sont plus à risque que d'autres parce qu'ils travaillent avec le public, ce qui signifie qu\u2019ils peuvent plus facilement être confrontés à des problèmes de comportement.Les horaires atypiques exigés par ces professions ainsi que le côté restreint de leur milieu de travail sont aussi des facteurs de risques », explique Steve Geoffrion, chercheur au Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal.M.Geoffrion soutient que lorsqu\u2019il est diagnostiqué, le trouble de stress post-traumatique est tabou surtout quand il peut faire partie intégrante du travail.« Pour un aidant, faire affaire avec une clientèle qui a des troubles du comportement, cela fait partie du travail.Ce qui donne lieu à une normalisation de la violence.Les personnes qui se plaignent de la violence qu\u2019elles vivent sont jugées incapables d\u2019exercer ce métier.C\u2019est pourquoi beaucoup d\u2019entre elles évitent de rapporter les Le trouble de stress post-traumatique en symptômes (TSPT) La personne qui en souffre peut : r Revivre continuellement la scène traumatique en pensée ou en cauchemars (symptômes de reviviscence) ; Chercher à éviter volontairement ou involontairement tout ce qui pourrait lui rappeler de près ou de loin le trauma (symptômes d\u2019évitement et d\u2019engourdissement émotionnel) ; Etre fréquemment aux aguets malgré l\u2019absence de danger imminent (symptômes d\u2019hyper-vigilance).événements traumatiques parce qu'elles ont tendance à se dire qu'elles ne sont pas victimes puisqu\u2019il s\u2019agit de leur travail.» Pour sa part, le directeur scientifique du Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal, Stéphane Guay, explique que dans les faits, un peu plus de 80 % de la population a déjà été exposée à des événements traumatiques au cours de sa vie.« C\u2019est plus normal d\u2019avoir été exposé à un événement potentiellement traumatique que de contracter un trouble de stress post-traumatique.Dans le dernier cas, seuls 10 % de la population sont concernés.» Rappelons que le trouble de stress post-traumatique n\u2019a été reconnu dans le DSM qu\u2019en 1980.Si les recherches évoluent, il reste difficile de comprendre pourquoi certaines personnes sont plus à risque que d\u2019autres de développer un tel trouble.Certains facteurs peuvent néanmoins le prédire comme le degré de détresse et de dissociation au moment de l\u2019événement ainsi que la qualité du soutien social reçu à sa suite.¦ Stéphane Guay et Steve Geoffrion V J 14 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 des Canadiens rapportent avoir déjà vécu un événement traumatique.En moyenne, ils diront avoir vécu deux événements traumatiques au cours de leur vie Reconnaître un événement traumatiaue Une rupture amoureuse ou une perte d'emploi ne sont pas désignées comme étant des événements traumatiques parce qu'elles n'impliquent pas une menace directe à la vie ou à l'intégrité physique Cet événement provoque généralement une peur intense, un sentiment d'impuissance ou un sentiment d'horreur.L'individu peut l'avoir vécu, en avoir été témoin ou avoir appris qu'un événement menaçait sa vie ou son intégrité physique ou celle d'autrui.Le trauma Ce n'est pas un stress comme les autres, c'est une douleur unique, une souffrance considérable, une expérience humaine multiple et complexe.C'est une réalité subjective interne, d'ordre psychologique, tandis que l'événement traumatique s'opère dans une réalité externe et objective.événements soudains, inattendus, d'une durée limitée (accident de la route, désastre naturel ou accident de travail) événements de longue durée, répétitifs, cumulatifs et infligés volontairement par un autre individu (violence conjugale, abus physiques et sexuels, torture) Conséquences Le fait qu'un événement soit répétitif, d'avoir pensé mourir et d'avoir ressenti de l'horreur a des conséquences plus graves Le fait d'avoir subi des blessures physiques ou sexuelles répétées ou le fait que l'événement ait été perçu comme étant dégradant physiquement et psychologiquement entraine des conséquences à plus long terme Le fait de ne pas avoir pu prévoir l'événement et le fait qu'il ait été planifié et commis par un autre individu amène les victimes\tsources:info-trauma,guide pour les x\t.\tvictimes/Plusqul souvenir.ca/Institut a percevoir I environnement comme étant imprévisible et\tuniversitaire de ia santé mentale de Montréal dangereux et les gens peu dignes de confiance 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 15 (Alain, le troisième homme de la rangée du (centre, à bord de l'avion qui le transporte I avec d'autres sur le terrain de sa mission® Stress post-traumatique chez les militaires\t* Tout pour un chien d'accompagnement il i; l PAR ALEXANDRA GUELLIL Quand un conducteur a déclenché son avertisseur sonore, Alain l'a interprété comme un signal d'alerte.Assis dans son véhicule, la panique s'est emparée de lui.Il est sorti et s'est mis à chercher son arme et ses collègues militaires.Ce n'est qu'en voyant le panneau de signalisation « arrêt» qu'il a compris qu'il était bien de retour au Québec.Cette histoire, c\u2019est Alain qui l\u2019a contée à son père Michel, lui aussi retraité des Forces armées canadiennes.« je dois avouer qu\u2019au début, quand mon fils me disait qu\u2019il avait des souvenirs désagréables de ses missions, j\u2019ai eu tendance à le juger, je ne réalisais pas à quel point il pouvait être marqué alors que moi aussi j\u2019en ai vu des choses.», avoue-t-il.A ce moment-là, Michel ne saisissait pas totalement que son fils était revenu de mission avec un syndrome de stress post-traumatique.Il n\u2019avait pas admis le diagnostic avant qu\u2019ils ne se parlent de quelques scènes d\u2019horreur vécues là-bas comme la tentative de suicide de son sergent lors de sa première mission en Afghanistan.« Il était ambulancier donc aux premières loges.Il a été bloqué sur la route.En arrivant sur les lieux et après avoir appliqué le protocole d\u2019intervention, il l\u2019a vu avec la mâchoire arrachée par le projectile, je vous laisse imaginer à quoi cela peut ressembler.» Retour de mission Ces flashbacks, Alain les a depuis son retour de mission en 2004.En vérité, il a commencé à les avoir «sur le terrain » et c\u2019est pour cette raison qu\u2019il a été rapatrié au Québec.Un rapatriement qui a eu lieu quatre ans après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et seulement une année après que des soldats canadiens aient été déployés en Afghanistan dans le cadre de l\u2019opération américaine Enduring Freedom.A son retour, le pays d\u2019Asie centrale annonçait la création de sa nouvelle constitution et le Canada, lui, s\u2019était engagé financièrement pour appuyer l\u2019élection présidentielle afghane.La même année, le général Dallaire témoignait devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda contre le colonel Théoneste Bagosora.On commençait à peine à mettre des mots sur les maux.A cette époque, le syndrome de stress post-traumatique en tant que diagnostic médical était loin de faire les manchettes dans les médias comme aujourd\u2019hui et avait même plutôt mauvaise presse au sein des Forces armées canadiennes.Michel ne le nie pas, « oui, il y a eu de l\u2019aide financière et une pension à vie qui est utilisée pour payer le logement ou la nourriture de mon fils (.) Mais leur responsabilité doit aller au-delà.La blessure psychologique reste présente à vie.» Un chien comme allié Avec les années qui passaient, Alain avait toujours ses cauchemars intenses.Quasi associai même avec ses proches, « il y a eu des moments où il devait refaire ses dents qui se sont cassées dans son sommeil et d'autres, où il avait beaucoup de difficultés à rester présent dans une foule active ».Une séparation et une garde partagée plus tard, père et fils tentent de rester souder et remuent ciel et terre pour obtenir de l\u2019aide.« Quand une personne comme cela se sépare de sa conjointe comme cést le cas pour la plupart des anciens militaires, son cercle d'amis devient aussi très limité.Il peut très rapidement s\u2019isoler.Et c\u2019est souvent cela qui l'amène à broyer du noir et à vouloir en terminer avec des actes que l'on ne souhaite pas », raconte son père.Il y a quelque temps, Alain lui a parlé de la possibilité d\u2019acquérir un chien d\u2019assistance notamment avec l\u2019organisme Les chiens Togo.Pour obtenir l\u2019animal de compagnie, trois conditions doivent être respectées: fournir un mot d\u2019un professionnel de la santé approuvant le projet d\u2019adoption d\u2019un chien d\u2019assistance, mettre en place un suivi médical adapté et fournir un diagnostic de troubles psychologiques invalidants.En d\u2019autres termes, le simple fait d\u2019être stressé ou déprimé n\u2019est pas suffisant pour obtenir un chien d\u2019assistance.Cette sorte de zoothérapie est loin d\u2019être une solution miracle au syndrome de stress post-traumatique.S\u2019il est vrai que ces chiens 16 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 '¦vW \u2014- « En Égypte, j'ai vu des images horribles sur le bord du canal de Suez.Mais je n\u2019ai jamais eu de trouble de stress post-traumatique.La différence entre Alain et moi, c'est que moi j'y étais pour des missions de paix et pas d'engagement.D'un autre côté, c'était aussi une mission de paix pour le général Dalla ire.En réalité, je crois juste que le contexte était complètement différent à l'époque.» sont entrainés pour gérer l\u2019anxiété de la personne concernée et qu\u2019ils peuvent, par exemple, l\u2019aider à surmonter sa peur d\u2019aller dans les lieux publics, l\u2019organisme précise qu\u2019«/7 est dangereux de véhiculer l\u2019idée que la présence d\u2019un chien suffit pour garantir rémission, bonheur et épanouissement de la personne en difficulté d\u2019adaptation.Tout comme il est faux de prétendre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une aide pouvant convenir à n\u2019importe qui ».Dans le cas d\u2019Alain, depuis son retour d\u2019Afghanistan, les traitements médicaux ne lui ont apporté que très peu de soulagement dans sa vie quotidienne.« Avec l\u2019acquisition d\u2019un chien, c\u2019est sa qualité de vie qu\u2019il souhaite améliorer.Ce projet, il Ta monté seul au départ, je lui ai apporté mon soutien pour récolter les fonds », explique son père.|Alain photographié en Afghanistan! ¦près de son ambulance blindée.! ¦Michel Albert et son fils, Alain, aujourd'hui! Quand j'imagine Alain, je le vois sur un ring de boxe.Actuellement, on est comme au 12e round, si on atteintson objectif, c'est la victoire.Sinon, ce sera un K.-O.qui pourrait être (.) Pour tout vous dire, je me suis conditionné à recevoir un coup de téléphone qui pourrait m'annoncer la mauvaise nouvelle (.), qu'on m'apprenne un jour son suicide.» Ces fonds nécessaires pour la réalisation de ce projet ont été fixés à 8000 $ comprenant le suivi psychologique d\u2019Alain ainsi que l\u2019entrainement de l\u2019animal.« S\u2019il fallait que je liste toutes les démarches que Ton a faites, j\u2019pourrais écrire un livre.Ce qu\u2019on a trouvé intéressant, c\u2019est que cet organisme entraînera l\u2019animal en fonction de la problématique d\u2019Alain, ce qui à mon sens change tout».Pour arriver à rassembler une telle somme d\u2019argent, Michel a décidé de créer un site internet et de médiatiser l\u2019histoire de son fils.Au moment d\u2019écrire ces lignes, Michel Albert nous apprenait qu\u2019un vétéran du nom de Daniel Pelletier, habitant à Saint-Raymond, leur a prêté la somme de 8000 $ pour qu\u2019Alain puisse faire l\u2019acquisition d\u2019un chien d\u2019accompagnement.Père et fils se sont tout de même engagés à rembourser cette somme par le biais de la campagne de financement.Statistiques contre déni Selon l\u2019enquête sur la santé mentale dans les Forces armées canadiennes menée en 2013, sur 8 200 militaires, 11,1 % ont dit souffrir des symptômes du trouble de stress post-traumatique.Quelques années plus tôt, en 2001, une seconde étude a été réalisée sur l\u2019incidence cumulative du trouble de stress post-traumatique et autres troubles mentaux.Selon ces données, il était estimé que 8 % des militaires déployés avaient reçu un diagnostic.Pour obtenir ces résultats, plusieurs dossiers médicaux de militaires ont été évalués au retour de leur mission en Afghanistan entre le 1er octobre 2001 et le 31 décembre 2008.Il s\u2019agissait alors de la première étude qui s\u2019appuyait sur des diagnostics cliniques établis par des professionnels en santé mentale plutôt que sur un questionnaire d\u2019autoévaluation.Plus récemment, en 2014, le psychologue clinicien Alain Brunet a publié une recherche dans le Canadian journal of Psychiatry dans laquelle il préconisait à l\u2019armée canadienne, et en entrevue au Soleil, « de cesser de répéter qu\u2019il n\u2019y a pas de lien direct entre les suicides de militaires ou d\u2019anciens combattants et les missions à l\u2019étranger».Les militaires sondés avaient été envoyés en Bosnie et à Chypre lors de missions de maintien de la paix.Ils avaient tous développé un trouble de stress post-traumatique et couraient douze fois plus de risque d\u2019avoir des pensées suicidaires.Ils étaient 36 fois plus à risque de tenter de s\u2019enlever la vie.Quant au taux de suicide chez les militaires, en janvier 2016, La Presse affirmait que le suicide comptait pour le tiers des morts dans les Forces armées canadiennes depuis cinq ans.¦ 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 17 ' * * \u2018perns' Il HI?Ef ÏAUANC EMIGRES EUR putmtits Je ne pouvais plus tolérer l'opulence dans laquelle on vit, j'avais le dédain pour cette vie matérielle qui abusait des bienfaits de nos sociétés mais qui ignorait les autres.S Roméo Dallaire\t^ Æ La vie après le traumatisme Pilln bâtiment de Kigali, au Rwanda, -loù dix soldats des Nations Unies ontÿ été abattus lors du génocide de 19941 ENTREVUE PAR ROGER PERREAULT CAMELOT LAURIER/ PARC Comment vit-on après avoir vécu l'enfer sur terre ?Est-il possible de retrouver une vie « normale » après avoir été témoin des atrocités du génocide rwandais ?Le lieutenant-général Roméo Dallaire qui signe son troisième ouvrage Premières lueurs, mon combat contre le trouble post-traumatique aborde la question avec aplomb, en plus de dénoncer les conséquences de la guerre chez ceux qui y ont participé.Le choix du titre de Premières lueurs vise à faire prendre conscience que, chez les post-traumatisés, la nuit est l\u2019ennemie de ceux qui sont psychologiquement blessés.C\u2019est le moment où le silence et la noirceur laissent tout ce qui les a affectés revenir les hanter sans interruption, les faisant replonger dans leur état le plus sombre.Mais les premières lueurs du jour font aussi réaliser qu\u2019on a réussi, malgré tout, à traverser une nouvelle nuit, et que le soleil qui se lève va nous permettre de reprendre nos activités pour une autre journée.Après avoir fait état de ce qu\u2019il a vu et vécu au Rwanda, Roméo Dallaire veut cette fois faire comprendre ce qu\u2019il a ressenti de son implication dans ces événements horribles où il s\u2019est trouvé incapable d\u2019intervenir efficacement.Il explique qu\u2019à la fin de l\u2019année 2000, après avoir été « licencié médicalement » et avoir été obligé de quitter brutalement l\u2019uniforme qu\u2019il portait depuis son plus jeune âge, il s\u2019est soudainement retrouvé sans orientation et sans aucune idée de ce qu\u2019il allait faire de sa vie.Il avoue avoir été à ce moment « suicidaire » et avoir d\u2019ailleurs, à quelques reprises, attenté à ses jours.Le difficile retour à la normalité C\u2019est alors qu\u2019il a entrepris une thérapie qui s\u2019est avérée plus ou moins efficace.Il avait réalisé, à son retour du Rwanda, ne plus être en mesure de composer avec la situation vécue qui dépassait toutes les normes.Il avait assisté à la tuerie massive de l\u2019équivalent de la population de Montréal, et vu le déplacement de quatre millions de personnes dans des conditions de souffrances atroces, sans pouvoir intervenir ou contrôler quoi que ce soit, faute d\u2019autorisation et de moyens.« J'ai, dit-il, assisté à tout cela pendant des semaines et des semaines et, lorsque j'en suis sorti, c'était pour me retrouver ici, dans la normalité, comme si rien n\u2019était arrivé.Pour l\u2019ensemble de la population, il s\u2019agissait d\u2019une réalité qui s\u2019était passée très loin de la nôtre.Dans mon cas, je fustigeais avec agressivité les cas extrêmes dans ?Roméo Dallaire est né en 1946 à Denekamp, aux Pays-Bas, et a grandi à Montréal.Issu d'une famille de militaires, il s'enrôle dans l'armée canadienne en 1964.Des années plus tard, promu lieutenant-général, il est envoyé au Rwanda pour mener une mission des Nations Unies pour le maintien de la paix.Pendant le génocide de 1994 dont personne n'avait soupçonné l'ampleur, il assiste impuissant à l'horreur.À son retour d'Afrique, ilalerte la communauté internationale sur la gravité des événements, qu'il relate plus tard dans son premier livre, J'ai serré la main du diable (2003), adapté au cinéma en 2007.'V\u2019Vl S 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 19 U A puts LE.feLSl ALU IR lu1 nnniNAKT CiNjRM aomëo OALlAlll b *- m * « J'ai réalisé il y a à peine cinq ans, quand j'ai sorti mon deuxième livre, qu'il y a deux niveaux de stress post-traumatique.Il y a d'abord la blessure causée par un choc.Un accident d'auto, une embuscade, quelque chose de violent et brutal qui peut nous tétaniser et revenir nous hanter toute notre vie.Mais avec le changement de la nature des conflits, on a compris que la blessure était beaucoup plus profonde que le choc en lui-même.C'est quelque chose qui va contre les fondements de nos valeurs de vie.C'est une atteinte à notre moralité fondamentale comme être humain.Quand on croit aux droits de la personne, quand on croit à la responsabilisation de l'autorité, quand on a un système de valeurs et de coutumes, on comprend que la blessure est beaucoup plus profonde que ce qu'on croit au départ.Elle remet en cause la nature même de l'humanité.» Affiche du film J'ai serré la main du diable adaptation cinématographique du roman de Roméo DaKaire lesquels vit le reste de l\u2019humanité.Je ne pouvais plus tolérer l\u2019opulence dans laquelle on vit, j\u2019avais le dédain pour cette vie matérielle qui abusait des bienfaits de nos sociétés mais qui ignorait les autres, j\u2019en étais venu à ne plus pouvoir rire avec les autres, à ne plus être un aussi bon vivant qu\u2019avant.» Une lente reconstruction Son stress post-traumatique a vraiment débuté deux ans après son retour d\u2019Afrique.« Non seulement je n\u2019étais pas bien traité, mais je n\u2019étais pas au sommet de ma blessure qui empirait à chaque nouveau cas de stress.» Par exemple, à la veille du référendum de 1995, alors qu\u2019il parcourait le Québec, il sentait un peuple en ébullition.Une nouvelle cause de stress pour lui qui avait vécu un génocide, et qui se disait qu\u2019il ne fallait pas plus « qu\u2019une bande de caves qui prennent les armes » pour qu\u2019une situation dégénère.Il est alors parti en Virginie étudier ce qu\u2019on y faisait avec les soldats qui revenaient du Vietnam.Il y a été reçu par le directeur d\u2019un des centres de recherche de l\u2019armée, qui l\u2019a écouté, est devenu son psychiatre et a revu sa médication.Il lui a alors fait part de ses trois principales préoccupations.D\u2019abord, on n\u2019avait absolument aucun outil pour les blessés dont la condition s\u2019aggravait ; ensuite, il lui apparaissait que le trouble de stress post-traumatique vécu par les soldats était différent selon leur degré hiérarchique ; enfin, il avait personnellement besoin d\u2019un réel support.On a décidé de l\u2019aider à se soigner, puis de lui présenter les programmes déjà mis sur pied aux Etats-Unis afin de l\u2019intégrer à une réflexion : comment éviter de faire vivre aux soldats canadiens ce que les Américains avaient vécu ?Préparer les soldats aux nouvelles guerres Roméo Dallaire s\u2019est alors investi un an dans la recherche à l\u2019Université de Harvard, et c\u2019est au cours de ces travaux qu\u2019il a pointé le problème des civils soldats et des enfants soldats.« On a constaté que nous avions passé nos carrières à faire la guerre avec des grosses armées munies de lourds équipements.Nous nous retrouvions désormais en présence de conflits dans des États en implosion et aux prises avec des catastrophes humanitaires.On était désormais dépourvus de réponses à ces égards.» Il avait vu au Rwanda des civils utilisés comme des armes de défense, de la chair à canon bloquant l\u2019accès aux points stratégiques de l\u2019ONU.« On a réalisé, à la fin de la guerre en Afghanistan, que si on ne faisait pas attention, on allait se retrouver là où on était en 1990, Uili.NE RAI RE 20 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 c\u2019est-à-dire sans aucun point de repère.Il nous faut maintenant identifier les dilemmes éthiques, moraux et même légaux auxquels nos forces seront confrontées, les préparer à composer avec de nouveaux environnements, et ce avant de les faire partir.Il faut leur donner des ressources pour les rendre capables d\u2019agir.» Un des éléments majeurs qui en est ressorti est qu\u2019on avait besoin de recherches et qu\u2019il fallait préparer les officiers et les sous-officiers à faire face à des volets beaucoup plus sociaux.« On s\u2019est donc dit que ça nous prenait de la philosophie, de la sociologie, de l\u2019anthropologie pour être capable de comprendre les frictions qui ont conduit à ces conflits et à leur résolution.» explique le général.On a ainsi créé sur les bases militaires des centres de soutien aux familles pour leur offrir une écoute, leur apporter de l\u2019information, les aider à trouver de l\u2019emploi et à mieux appréhender la vie quotidienne.Des conjoint(e)s, des bénévoles et des tas d\u2019autres personnes participent à ces programmes qui permettent d\u2019atteindre un bon nombre de familles de l\u2019armée régulière et de la réserve.« Mais le gars qui est tout seul à Matane, lui, il est mal pris en maudit.On a bâti un système basé sur les familles mais j\u2019avoue que ça marche à certains endroits et pas à d'autres, et que les ressources qui y sont mises sont infimes comparativement aux ressources qu'on met pour nous envoyer nous battre.» Les proches, des victimes collatérales Les vétérans rencontrés par les équipes de recherche ont également pointé le fait que les proches des soldats sont eux aussi affectés par la réalité du danger.Ils doivent donc faire partie intégrale de la capacité opérationnelle.« Du temps de mon père et de mon beau-père, dans les années 1930, on n\u2019avait pas le droit de se marier.Il fallait avoir atteint l\u2019âge de 30 ans et être suffisamment à l\u2019aise financièrement pour le faire.Les soldats n\u2019avaient donc pas d\u2019entourage immédiat ou rapproché.» On a plus tard créé sur les bases des quartiers pour les militaires mariés, des endroits pour les enfants, en reconnaissant que les lieux où on travaillait étaient isolés de la population et que cela créait un besoin de nouvelles ressources.« On a basculé dans une période où les familles vivent les missions avec nous maintenant à cause des médias sociaux.Ils sont bien au courant de ce qui se passe et, nécessairement, ils vivent le stress comme nous.» L\u2019armée et la vie militaire exigent une grande flexibilité des soldats.Souvent appelés à déménager, à partir en mission, ils vivent une situation stressante qui se reporte sur leurs proches.« La vie militaire est une vie d\u2019expériences vraiment magnifiques mais elle impose aussi un niveau de stress supérieur à la norme de ce que la population vit », Une blessure qui ne se refermera pas Au moment d\u2019évoquer son avenir, le général évoque une certaine « incertitude ».« j\u2019ai réalisé qu\u2019avec ma blessure, un bruit, un son, un événement peuvent me bousculer, me faire basculer, et même me faire aller à l'extrême.» Il y a le choc en tant que tel, puis il y a ses conséquences.Même si les nouvelles dispositions permettent de mieux anticiper le traumatisme, de mieux réagir et de mieux intervenir avec ses pairs, « il y a toujours des impacts à la blessure.On tombe dans des états assez catastrophiques psychologiquement et ça a des impacts horribles sur nos familles et sur nous-mêmes.La blessure, on peut l\u2019atténuer, mais tout comme pour la personne qui a perdu un bras qui ne reviendra jamais, nous, on ne reviendra plus exactement qui on était.Une prothèse peut remplacer un bras perdu, mais même avec les années, rien ne comblera le vide laissé par un traumatisme de guerre.»¦ Extrait « Ce qui s'est passé au Rwanda ne s'arrêtera jamais et je ne serai jamais libre.Je sais qu'il n'y a pas d'antidote à ce que j'ai vu, à ce que j'ai fait et omis de faire au cours de ces trois mois d'enfer.Il n'existe pas d'analgésiques capables d'adoucir la souffrance profonde, la culpabilité et les images d'une cruelle netteté qui me restent de cette époque et de ce lieu.Le rite annuel qui consiste à revivre la période la plus ignoble du Rwanda est la malédiction du survivant.Chaque soir, j'avale mes pilules et j'essaie de dormir en espérant de pas me réveiller une fois de plus au milieu des âmes en peine qui hantent toujours les collines du Rwanda et qui m'invitent à les rejoindre.» Biographie Premières lueurs Mon combat contre le trouble de stress post-traumatique roméo dailaibe premières lueurs mmeomMkiiiiieIITKIIIIIE »F STRESS POST TRAUMATIQUE ^ L'auteur de j'ai stunt la uaih du diabl{ n Roméo Dallaire Libre expression - 2017,132 pages 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 21 DANS LA TETE DES CAMELOTS VOS COMPLEXES I VOS PEURS.VOS TRAUMATISMES LES PLUS MARQUANTS Complexes, peurs, traumatismes.Stress.Nous essuyons les coups durs de la vie à chacune de leur apparition.Certains nous laissent quasi indifférents, d\u2019autres nous blessent, nous atteignent.La psychologie humaine a ses fragilités que les camelots ne sont d\u2019ailleurs pas les seuls à connaître.Marqués par les événements, vous, comme eux, sauriez certainement répondre à la question suivante : quels sont vos complexes, peurs, traumatismes les plus marquants ?.i ,J_.J\u2014I- l\u2014 \u2014J Tr ~ l'accident -\u2014__ *~r .__________________._______________________________^\t____________________________________________________________j Se remettre en selle Moi j\u2019ai eu un accident de bicycle en allant travailler à la station Fabre.J\u2019ai jumpé dans les airs.Mes coudes, ma tête étaient en sang.J\u2019ai passé deux jours de convalescence chez une amie.C\u2019est mon seul accident à vie.Mon traumatisme a été surtout physique.Mais j\u2019ai eu peur d\u2019y passer parce qu\u2019à mon réveil, j\u2019avais le crâne ouvert.La police avait gardé mon vélo.Je suis allée le chercher et je suis remontée dessus.Je pense que certaines personnes auraient eu trop peur d\u2019en refaire.Moi, j\u2019ai toujours eu un vélo, depuis l\u2019âge de mes 10 ans.Vélos de course, de montagne, etc.C\u2019est l\u2019amour du vélo qui m\u2019a fait remonter dessus.Maintenant, je fais attention, je reste sur les pistes cyclables.Je commençais à peine l\u2019école.À cette époque, j\u2019avais environ sept ans, et je me suis fait renverser par un taxi qui a grillé le feu et qui m\u2019a écrasée au bord d\u2019un trottoir.Il m\u2019a roulée dessus, mon bassin était en miettes.Aujourd\u2019hui, je marche bien.Je suis un peu une miraculée.Vingt ans plus tard, j\u2019ai commencé des leçons de conduite.Rouler tout droit, aucun problème.Puis un jour, dans un virage, j\u2019ai eu un flash, je ne voyais plus rien, tout était blanc.Alors j\u2019ai pesé sur le frein, très fort.En réalité, c\u2019est mon accident qui m\u2019est revenu en tête.Je revivais les mêmes sensations, mais sans la douleur physique.J\u2019ai eu mon permis, mais je n\u2019ai jamais reconduit.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET METRO HONORE-BEAUGRAND JL J- T * S* U- la femme qui m\u2019a réconforté CECILE CREVIER CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINTE-CATHERINE/MORGAN J>\\ V.Le décès de ma grand-mère a été un événement traumatisant pour moi.Je savais quelle partirait un jour, mais je ne pensais pas que ce serait au moment où j\u2019avais le plus besoin d\u2019elle, au moment de ma séparation avec la mère de mes enfants.C\u2019est ma grand-mère qui m\u2019a gardé, qui m\u2019a élevé, dans mes souvenirs.Quand j\u2019allais mal, elle me prenait dans ses bras et je m\u2019ennuie de sa présence, de son réconfort physique dont j\u2019ai besoin, encore aujourd\u2019hui.Elle est décédée en 2009, deux jours après la fête de mon gars.Aujourd\u2019hui, ça me fait toujours mal, comme une blessure profonde.JEAN-CLAUDE N AU LT CAMELOT METRO GUY-CONCORDIA Mon père le bonheur, seulement par moi-même Quand tu viens au monde et que t\u2019es mal aimée en partant.Quand t\u2019es née avec de mauvais parents, qui font du favoritisme, qui t\u2019intimident, qui te démolissent.Ça traumatise.Tu ne comprends rien de ce qu\u2019il t\u2019arrive.C\u2019est comme si j\u2019avais été une proie.Mon malheur rendait heureux.On me disait tout le temps des choses offensantes.Ce n\u2019est pas facile d\u2019en parler.C\u2019est sûr que j\u2019ai un manque de confiance maintenant.Je ne peux pas tomber nez à nez avec quelqu\u2019un et lui faire confiance comme ça, facilement.La seule chose que je peux faire est de construire mon bonheur par moi-même et pas à travers les autres.J\u2019en ai beaucoup bavé.Je n\u2019ai pas le choix.Ne pas avoir connu mon père a été mon traumatisme.J\u2019ai fait semblant que ça ne me dérangeait pas jusqu\u2019à ce que je me rende compte de l\u2019impact sur mon estime de soi.J\u2019ai alors souvent fait des choix dans le but de plaire aux autres plutôt que de me plaire à moi-même.Je vivais en fonction de l\u2019approbation des autres.J\u2019ai aussi évité de faire certaines choses par peur d\u2019échouer.Je m\u2019étais fait une carapace et un jour, en thérapie, je m\u2019attendais à ce que ce soit facile, mais j\u2019ai dû parler de mon père.Et j\u2019ai éclaté.Je me suis aperçu à quel point ça m\u2019avait manqué.Peut-être que les choses que je n\u2019ai pas accomplies m\u2019ont mené là où j\u2019en suis.La somme de tout cela est le résultat d\u2019une vie limitée.Mais je l\u2019ai acceptée.CLAUDE LYRETTE CAMELOT MÉTRO PIE- IX FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL/MENTANA Se sentir démuni Reprendre sa vie en main Ma soeur s\u2019est suicidée lorsque j\u2019avais 13 ans.Elle en avait 20.Ça a été pour moi comme un choc traumatique à retardement.Dans ma jeune vingtaine, je suis arrivée à Montréal.Je n\u2019avais pas de réseau, je ressentais un grand vide.Mes parents étaient divorcés, je regardais des photos d\u2019eux, mariés, en calant une bouteille de vin.Je vivais un état dépressif.Il a fallu que je tombe dans mon bas-fond pour décider de reprendre ma vie en main.J\u2019ai pu le faire grâce à un livre de pensée positive.Alors j\u2019ai entamé un second deuil.Mais cette lecture m\u2019a aussi permis de trouver la paix.Depuis les Fêtes, trois de mes connaissances se sont suicidées.La première question qu\u2019on se pose est : j\u2019aurais-tu pu faire de quoi ?On se la pose encore plus quand il y a des signaux d\u2019alerte.Surtout qu\u2019il y a une couple d\u2019années, un de mes amis est mort d\u2019une overdose.Il m\u2019avait demandé de l\u2019aide, mais je me sentais démuni.Il m\u2019arrive fréquemment de revoir la scène et j\u2019ai beaucoup de difficultés à passer par-dessus ça parce que je culpabilise.Mais mon dernier ami m\u2019a laissé un héritage.Celui de ne pas avoir été assez attentif.Est-ce que j\u2019aurais pu l\u2019aider ?Ça vient rallumer le souvenir de l\u2019overdose que j\u2019avais en partie enterré en moi.DANIEL RICHER CAMELOT MÉTRO SQUARE-VICTORIA CINDY ROSE CAMELOT ROSEMONT/ DES ÉCORES Voir quelqu\u2019un mourir La tache de naissance Si tu m\u2019avais demandé, dans le temps, si j\u2019allais être capable de vendre un magazine sur la place publique, je t\u2019aurais dit non.Approcher les gens a l\u2019air niaiseux, mais quand tu as une grosse tache de naissance sur le visage tu te fais écœurer pas mal.J\u2019ai toujours eu peur de me faire juger, de me faire mal regarder.On m\u2019a d\u2019ailleurs souvent demandé si j\u2019avais mangé un œil au beurre noir.Ça arrive encore, mais je laisse faire.Ça ne m\u2019atteint plus.J\u2019ai eu bien des complexes à cause de ça.Je me sentais handicapé.Au début, je baissais la tête quand je vendais le journal.Maintenant, je regarde le monde dans les yeux.Vendre le journal ça m\u2019a aidé et m\u2019a redonné confiance en moi.La mort de ma femme a été un traumatisme.On était ensemble depuis 25 ans.Un soir, on jasait, puis on s\u2019est couché et ses yeux ont viré à l\u2019envers.J\u2019ai essayé de la ranimer, mais je n\u2019ai pas réussi.C\u2019est sa fête aujourd\u2019hui, elle aurait eu 59 ans.Je pense tout le temps que c\u2019est de ma faute.C\u2019est vrai que j\u2019y pense trop.Elle me manque, je pense tout le temps à elle.Quand j\u2019arrive chez ma sœur, j\u2019y repense encore plus parce que ça s\u2019est passé là-bas.Encore hier, j\u2019ai vu quelqu\u2019un faire une crise d\u2019épilepsie, ça m\u2019a rappelé ma femme.Elle en faisait aussi.Maintenant, j\u2019ai peur de voir quelqu\u2019un mourir.MARIO SAINT-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE ET THÉÂTRE DU RIDEAU VERT ÎSft ':v' ¦ - t.\u2014./\u201e 'Revenu minimum garanti Pour ou contre ?# OPINION PAR MATHIEU THERIAULT CAMELOT DE L'ÉPÉE/ BERNARD 1 ¦Wt'S Et si le gouvernement donnait à tout le monde, delà majorité à la mort, un revenu minimum de base qui permettrait de sortir de la pauvreté ?Sans condition, sans question, sans justification, juste pour la simple et bonne raison qu'aucun citoyen dans une société riche comme la nôtre ne mérite de traîner dans la rue avec une pancarte accrochée autour du cou sur laquelle est écrit «j\u2019ai faim ».C\u2019est un peu le principe du revenu minimum garanti (RMG).Et si cette idée était au contraire complètement débile?Pourquoi, en effet, donner une prestation de base à quelqu\u2019un qui serait, disons, déjà millionnaire ?Chose certaine, le RMG est loin de faire l\u2019unanimité et pour s\u2019y retrouver, il faudrait peut-être déjà savoir de quoi on parle.Qu\u2019on l\u2019appelle RMG, allocation universelle, revenu de citoyenneté, revenu social universel garanti ou autrement, le concept est en général le même.L\u2019Etat donnerait à tout le monde, donc de façon universelle, un montant qui lui permettrait de sortir de la pauvreté et de couvrir ses besoins de base, sans aucune contrepartie.De quel montant parle-t-on ici ?On ne s\u2019entend pas exactement, et ce n\u2019est sûrement pas un point de détail puisque c\u2019est l\u2019ensemble de la société qui au final assumerait la facture.Mais pour l\u2019instant, laissons les maths de côté pour nous en tenir au principe.Un RMG mettrait au rancard l\u2019ensemble des autres programmes sociaux pour les remplacer par une prestation unique.Finis donc l\u2019aide sociale, l\u2019assurance-chômage, les prêts et bourses, les allocations familiales, les pensions de retraite, les prestations de maternité, d\u2019invalidité, pour les orphelins, pour les accidentés du travail et que sais-je encore.C\u2019est ici que les partisans de droite du RMG se lèchent les babines.Moins d\u2019Etat, moins de bureaucratie, moins de fonctionnaires, moins de paperasse.Et la gauche peut facilement les rejoindre en chemin.Avec son armée de fonctionnaires, ses questionnaires à n\u2019en plus finir, ses inspections intrusives, ses catégories arbitraires, ses interrogatoires hyper personnels, le gouvernement joue effectivement un rôle paternaliste, condescendant et patriarcal dans la vie de ses sujets.L\u2019aide sociale équivaut à 54 % du salaire minimum Selon l\u2019organisme Au bas de l\u2019échelle, les personnes rémunérées au salaire minimum travaillent en moyenne 25 heures par semaine seulement.La prestation d\u2019aide sociale de 628$ pour une personne sans contrainte à l\u2019emploi représente ainsi 54 % du salaire minimum pour 25 heures de travail par semaine.24 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 La fin de l\u2019arbitraire étatique ?On n\u2019a qu\u2019à penser à l\u2019aide sociale, pour laquelle L'Etat catégorise un peu arbitrairement les bénéficiaires entre aptes et inaptes au travail, et distribue sa maigre pitance en conséquence.Dans bien des programmes sociaux d\u2019ailleurs, on demeure souvent dans une logique de « bons » et de « mauvais » pauvres, on sépare les « méritants » de ceux qui le sont moins.Le RMG viendrait en principe mettre un frein à cet arbitraire étatique, où des fonctionnaires à l\u2019humeur changeante ou rémunérés « au quota » décident de qui a droit à un peu d\u2019aide, comme l\u2019Eglise décidait autrefois si une mère était assez vertueuse et chaste pour recevoir l\u2019aumône.C\u2019est à cette tyrannie bureaucratique et à ce gouffre financier que viendrait en principe mettre fin le RMG.Un chèque, pour tout le monde, « no questions asked » et chacun vit sa vie.Après, si tu travailles ou pas, combien tu as dans ton compte, que tu sois à l\u2019article de la mort ou en parfaite santé, on réglera ça sur ton rapport d\u2019impôt.La vie rêvée, non?Oui mais qui demande quoi ?Avec pareils arguments, on pourrait penser que seuls quelques irréductibles anarchistes s\u2019acharnent à demander une aussi folle mesure.Qu\u2019on est carrément dans l\u2019utopie.Pourtant, un gouvernement conservateur en Finlande tente actuellement de la mettre en place dans une province.Le Parti libéral du Québec (oui oui, Couillard) se penche sérieusement sur la question et les Suisses ont récemment rejeté à 77 % par référendum une proposition qui visait à implanter la mesure.C\u2019est dans une vingtaine de villes hollandaises que le concept serait aujourd\u2019hui le plus avancé et commencerait dès cette année.Le débat vient de refaire surface dans l\u2019actuelle campagne pour les 44 % des besoins de base couverts par l\u2019aide sociale La Mesure du panier de consommation (MPC), outil mis en place par le gouvernement canadien, a pour but d\u2019établir le seuil minimal de revenu que requiert un ménage pour subvenir à ses besoins.Le panier de consommation est établi en estimant le coût des éléments suivants : \u2022\tNourriture \u2022\tLogement (dont électricité, chauffage, eau et électroménagers) \u2022\tVêtements \u2022\tTransport \u2022\tAutres (téléphone, ameublement, soins d\u2019hygiène, frais scolaires, loisirs, dépenses personnelles) En 2013, la MPC estimait qu\u2019une personne seule vivant à Montréal devait disposer de 16 573 $ par an pour couvrir ces besoins de base, quand la prestation de l\u2019aide sociale n\u2019allouait que 604 $ par mois (7248 $ par an), soit moins de 44 % du montant.\\J 33 % de richesses invisibles Statistique Canada a estimé que le travail non rémunéré au Canada équivalait à 33% du produit intérieur brut.Lorsqu\u2019une personne travaille dans la sphère privée, son activité n\u2019est ni reconnue, ni récompensée par un salaire : \u2022\tEducation des enfants \u2022\tActivité des proches aidants \u2022\tPréoccupation du vivre ensemble \u2022\tTâches domestiques \u2022\tCréation artistique \u2022\tBénévolat \u2022\tMilitantisme \u2022\tEtudes V________________________________________ présidentielles françaises.A plusieurs endroits en Occident, la proposition est sérieusement débattue et envisagée.On n\u2019est donc plus dans une utopie du genre « un monde sans argent et sans patriarcat », l\u2019affaire est à nos portes.Partisans et détracteurs à droite comme à gauche Ce qui est particulier avec l\u2019idée du RMG, c\u2019est qu\u2019on en retrouve des partisans autant à droite qu\u2019à gauche, et donc des détracteurs également dans les deux camps et leurs extrêmes.On a vu des anarchistes autant soutenir que démolir l\u2019idée, mais on a aussi vu l\u2019économiste Milton Friedman (pour ainsi dire le père fondateur du néolibéralisme) s\u2019en faire le promoteur.Si plusieurs arrivent à s\u2019entendre sur les bénéfices supposés de la chose, tout le monde se demande bien sûr combien coûterait une telle mesure, comment on la financerait et surtout, de combien serait la prestation mensuelle.Ses partisans argumentent en disant qu\u2019à l\u2019heure d\u2019une économie post-industrielle, on arrêterait enfin de définir seulement les citoyens en fonction de l\u2019emploi qu\u2019ils occupent.Le bénévolat, les pairs aidants, les entreprises culturelles, sportives et toutes les autres activités non salariées seraient finalement récompensées à leur juste valeur.Comme on l\u2019a dit plus haut, on en finirait aussi avec la bureaucratie du gouvernement, son armée de fonctionnaires tatillons et ses programmes qui se recoupent parfois.Une baisse généralisée des salaires ?Comme le dit un critique du concept, il semble que c\u2019est surtout la droite qui se fait de nos jours la grande partisane du RMG, ce qui n\u2019est pas un mince paradoxe.Comme le dit le proverbe, l\u2019enfer est pavé de bonnes intentions et le diable est toujours dans les détails.Pour le cas qui nous occupe, c\u2019est dans l\u2019application concrète de la mesure qu\u2019une bonne idée pourrait au final se tourner contre ses promoteurs.Par exemple, certains estiment qu\u2019un RMG permettrait au patronat d\u2019appliquer une baisse généralisée des salaires sous prétexte que l\u2019Etat verse déjà à tout un chacun une prestation de base, que viendrait donc compléter le salaire versé.Ou encore, des féministes pensent que cette prestation pousserait les femmes à demeurer mères au foyer, renforçant ainsi les rôles traditionnels et les privant de l\u2019émancipation et la socialisation que permet le salariat.\t» 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 25 L\u2019Etat-providence, tel qu\u2019il s\u2019est construit depuis la Deuxième Guerre mondiale, peut effectivement ressembler à un monstre bureaucratique.A chaque politique sociale correspond une classe ou une communauté de citoyens qui se sont battus pour obtenir des droits spécifiques.Les féministes ont réclamé des congés de maternité, les sans-emploi l\u2019assurance-chômage ou l\u2019aide sociale, les accidentés du travail ont revendiqué la CSST ou les étudiants les prêts et bourses.Ces différents programmes ne sont pas apparus de nulle part et ont toujours eu comme enjeu principal la juste redistribution des richesses, le partage entre le capital et le travail, entre les classes sociales.Le RMG, pour sa part, n\u2019a jamais été porté par aucun mouvement social et semble sortir de ce cadre.Il semble même que cette revendication soit surtout apparue quand les luttes sociales étaient en déclin.Un démantèlement de l\u2019Etat-providence ?C\u2019est du moins ce que soutiennent Mateo Alaluf et d\u2019autres auteurs dans un livre clairement de gauche intitulé Contre l\u2019allocation universelle (Lux, 2016).Ils y soutiennent que c\u2019est lors de la crise économique de 1973 que l\u2019idée a d\u2019abord suscité l\u2019enthousiasme, lequel s\u2019est renouvelé encore après la crise de 2008.Le RMG serait donc en progrès quand les mouvements sociaux sont sur la défensive et accompagnerait ainsi le démantèlement de l\u2019Etat-Providence et la montée du néolibéralisme.« L\u2019émancipation individuelle et collective sera fonction de droits et non d\u2019une somme monétaire attribuée à chacun.Les services publics, c\u2019est-à-dire les droits à la santé, à l\u2019éducation, à la mobilité, au logement, au travail, dans cette perspective, primeront l\u2019octroi d\u2019une allocation », disent-ils en conclusion.La pauvreté coûte 24,4 milliards de dollars Selon une étude de 2007 menée pour l\u2019Ontario Association of Food Banks (OAFB), la pauvreté coûte 24,4 milliards de dollars par année au Canada (en coûts directs et indirects).Pourtant, la même année, pour que tout le monde puisse être juste au-dessus du seuil de pauvreté, il aurait fallu débourser 12,3 milliards de dollars.V\tJ Dans un Québec où un chèque d\u2019aide sociale ne permet même pas aux prestataires d\u2019atteindre la moitié du seuil de faible revenu, le RMG semble a priori une excellente initiative.Cependant, le fait que ce soit le même gouvernement du PLQ, qui vient d\u2019adopter la loi 70 permettant de charcuter les prestations à aussi peu que 399 $ par mois, qui s\u2019en fasse le promoteur a de quoi nous rendre sceptiques.Qu\u2019ailleurs en Occident, ce soient surtout des gouvernements conservateurs qui promeuvent la mesure a aussi de quoi nous rendre méfiants.Chose certaine, si le Québec ou le Canada cherchent à s\u2019aventurer plus loin sur cette avenue, les citoyens et les mouvements sociaux devront se montrer très vigilants afin de s\u2019assurer que ce qui a les apparences d\u2019un grand progrès social ne se transforme pas en cadeau de Grec.¦ EM ufVMln* LJItinéraire, cest aussi du soutien au revenu.Merci de nous aidera poursuivre notre engagement envers la société, itinéraire.ca/fa ire-un-don 26 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 Un incident de sport Quand j'étais jeune adolescent et que j\u2019allais à l\u2019école du village chez les frères Maristes, en 1965, j\u2019aimais souvent jouer au ballon soccer, au volleyball et au ballon-balai sur l\u2019heure du dîner.Mais comme j\u2019avais commencé l\u2019école, et donc aussi le sport, plus tôt que les autres, à cinq ans et demi, j\u2019avais développé beaucoup de vitesse pour déjouer l\u2019adversaire au ballon avec les pieds.On m\u2019avait surnommé « Réal la rafale ».Un jour, deux de mes compagnons de classe, qui étaient beaucoup plus gros que moi, m\u2019ont pris en sandwich et un des deux m\u2019a donné un coup derrière le genou.Cela m\u2019a causé une hémorragie interne et de l\u2019enflure.J\u2019ai dû aller à l\u2019hôpital pour passer des radiographies.Les médecins ont découvert que j\u2019avais une fracture du ménisque et mont mis la jambe dans le plâtre.Comme je ne pouvais aller à l\u2019école avec cela, j\u2019ai appelé un de mes compagnons de classe pour qu\u2019il m\u2019amène mes livres à la maison et me tienne au courant d\u2019où on était rendus dans la matière scolaire.Ainsi j\u2019ai continué d\u2019étudier à la maison.Après un mois, on m\u2019a enlevé le plâtre.Jâvais perdu beaucoup de masse musculaire.On m\u2019a dit que je devrais être opéré plus tard.J\u2019ai parlé à mon père et il m\u2019a amené chez un chiropraticien, à 12 miles de chez moi, à Saint-Raymond-de-Portneuf.Il m\u2019a enlevé du sang dans le genou et m\u2019a mis un bandage.Il m\u2019a dit que jâvais bien fait de venir car j\u2019aurais pu faire de la gangrène dans le genou et en mourir.Après un autre mois et en faisant des exercices, j\u2019ai pu remarcher normalement.Dans les mois suivants, un de mes compagnons de classe qui jouait au hockey au niveau Bantam, qui s\u2019appelait Gaston, s\u2019est blessé au genou et a été mal soigné.Il en est décédé.C\u2019est pourquoi il est toujours important de se faire soigner correctement.Un système d\u2019alarme C\u2019était chez une dame chez qui j\u2019allais faire le ménage une fois aux quinze jours, sur le Plateau Mont-Royal.Ça faisait au moins quatre ou cinq ans que je travaillais chez elle.Un beau jour, elle mânnonça quelle se faisait poser une alarme pour rendre son logement plus sécuritaire.Je travaillais là toute la journée et elle màvait montré comment entrer le code du système lorsque je partais et l\u2019enlever quand j\u2019arrivais le matin pour faire le ménage.Lorsque j\u2019allais faire le ménage chez des clients, j\u2019apportais toujours ma fiche de travail avec le nom de la personne et son numéro de téléphone.J\u2019appelais toujours la veille pour qu\u2019il ou elle le sache.Un jour, j\u2019arrive chez ma cliente.J\u2019entre dans la maison, je barre la porte et me dépêche d\u2019enlever le code.Par mégarde, j\u2019oublie de peser sur un bouton.et je ne m\u2019en aperçois pas.Je m\u2019en vais dans la cuisine et je commence à préparer les choses dont je me sers pour faire le nettoyage.Tout à coup, l\u2019alarme se met en marche.Il est trop tard et la sirène commence à sonner.Je finis par réussir à arrêter le système d\u2019alarme et je commence à travailler.Mais quinze minutes plus tard, je vois deux agents de police monter sur le perron.Je m\u2019en vais leur ouvrir la porte, je nài rien à craindre.Un agent me demande ce que je fais là et je lui réponds simplement que je travaille ici.Le policier appelle alors ma cliente à son bureau.Le tout s\u2019est très bien réglé.La cliente a expliqué aux policiers que j\u2019étais bel et bien sa femme de ménage et que je pouvais travailler comme d\u2019habitude.Je peux dire que j\u2019ai quand même été chanceuse car jài eu affaire à deux policiers avec qui jài pu communiquer facilement.MOTS DE CAMELOTS Le bonheur Le bonheur commence par nous.Etre en paix avec soi-même, pratiquer des choses qu\u2019on aime: les arts, écouter de la bonne musique, bouger, lire, écrire.Sàjoute la persévérance qui continue à nous rendre heureux, même si on est pauvre.C\u2019est là quàrrive la richesse.La pauvreté, c\u2019est une forme de richesse.Il y en a qui sont riches, mais ne sont pas heureux.Pour obtenir quelque chose, allons le chercher.Il ne faut pas attendre des années et des années après une loterie.On pourrait attendre longtemps, assez de temps pour se rendre à notre cercueil, c\u2019est une perte de temps que de toujours attendre, attendre et attendre.Si tu n\u2019étais pas heureux avant, il n\u2019est jamais trop tard.Ne fais pas juste penser à ce que tu vas faire, fais-le.Il y en a pour qui le bonheur, c\u2019est d\u2019essayer de nuire aux autres, quand ils voient quelqu\u2019un malheureux, cela fait leur bonheur.Mais il ne faut pas s\u2019arrêter à ça.Pour continuer d\u2019être soi-même heureux, débarrasse-toi de ton négatif, conseil d\u2019un sage.Pensée du jour : Tu ne peux pas cacher à l\u2019intérieur de toi ce qui paraît à l\u2019extérieur.Regarde les yeux de quelqu\u2019un, tu vas avoir la réponse.Contente-toi de peu pour être heureux.\"-A JACQUES ÉLYZÉ CAMELOT THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI RÉAL LAMBERT CAMELOT LAURIER / LANAUDIÈRE GISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTRO FABRE Conversation avec un pédophile ENTREVUE PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL Les pédophiles sont-ils récupérables ?La question est trop souvent gardée sous silence.Si les actes commis sont souvent irréparables, quelles solutions propose notre société pour éviter aux coupables de récidiver ?Écouter l'un d'entre eux peut nous aider à répondre à ces questions.Les Cercles de soutien et de responsabilité (CSR) sont des initiatives communautaires qui existent partout au Canada.Chaque cercle comprend un groupe de bénévoles qualifiés qui accompagnent des délinquants sexuels qui sont déjà passés à l\u2019acte afin d\u2019obliger l\u2019individu à rendre des comptes et à se reconstruire complètement.Ceux-ci s\u2019engagent de leur plein gré à communiquer ouvertement avec le groupe au sujet de leurs besoins.Le processus dure souvent plusieurs années.Ce modèle est reconnu internationalement pour son efficacité à aider les délinquants sexuels à se réinsérer avec succès dans la société.Des recherches ont démontré que le taux de récidive sexuelle des hommes participant aux CSR est de 80 % inférieur à celui des délinquants qui n\u2019y participent pas.Déjà impliquée avec le Centre de services de justice réparatrice, qui met en lien ex-victimes et ex-détenus, je voulais comprendre comment notre société peut accompagner dans leur réintégration des personnes reconnues coupables de faits aussi graves que des actes de pédophilie.Par l\u2019intermédiaire d\u2019un aumônier qui est intervenu par le passé à la prison La Macaza, où sont incarcérés la plupart des délinquants sexuels, j\u2019ai été référée à Françoise Crabalona, présidente du CSR.Ancienne psychologue, elle a longtemps travaillé dans un hôpital auprès d\u2019enfants victimes d\u2019abus sexuels.C\u2019est ainsi que j\u2019ai pu rencontrer Alain*, 40 ans, pédophile récidiviste qui a fait quatre victimes, garçons et filles, et a été incarcéré à La Macaza.Il demeure actuellement dans une institution provinciale sous haute surveillance, avec d\u2019autres personnes qui ont des problématiques en santé mentale.Je l\u2019ai vu en compagnie de deux de ses intervenants bénévoles, qui me l\u2019ont présenté comme une personne très fragile, qui manque d\u2019autonomie et a besoin d\u2019un support continuel.Suivi depuis quatre ans par le CSR, Alain a fait des progrès.Il ressent aujourd\u2019hui beaucoup de culpabilité et de remords.J\u2019ai vu chez lui de la sincérité et de l\u2019espoir, mais aussi une certaine naïveté et une très grande faiblesse qui nous laissent supposer qu\u2019il ne sera probablement jamais remis en complète liberté.A quel âge as-tu réalisé que tu étais sexuellement attiré par les enfants ?Je l\u2019ai su très jeune.Ma première victime, ça a été à 14 ans, mais j\u2019ai commencé à avoir des fantasmes vers l\u2019âge de 8 ou 9 ans.Considères-tu que les membres de ton entourage ont eu une influence sur ton attirance pour les enfants ?Non, pas du tout.J\u2019ai eu de bons parents.C\u2019est un problème que j\u2019ai développé, puis c\u2019est un mauvais chemin que j\u2019ai choisi, c\u2019est quelque chose qui est parti de moi.Puis je me masturbais beaucoup.As-tu compris tout de suite que ce qui t\u2019arrivait n\u2019était pas correct ?Non, je n\u2019avais pas demotions à ce moment-là.Je ne pensais pas à ça.Est-ce que tu en as parlé à quelqu\u2019un, quand tu as compris que tu étais attiré par les enfants ?Non, ce qui est arrivé avec ma première victime, c\u2019est que mes parents m\u2019ont surpris.Personne n\u2019a porté plainte.C\u2019est à ce moment que j\u2019ai pris conscience de la situation.Et après, c\u2019est moi qui me suis dénoncé de moi-même.Comment tes parents ont-ils réagi quand c\u2019est arrivé ?C\u2019est sûr que mes parents auraient aimé me placer mais ils ne connaissaient pas la nature du problème et dans ce temps-là, ils ne savaient pas où se référer pour que je puisse être suivi par un travailleur social.Ils ne savaient pas où avoir de l\u2019aide et ne savaient pas à qui en parler.A cette époque, les gens qui ont ces problèmes-là étaient encore plus mal vus.Cela ne sera jamais accepté et certains font des victimes l\u2019une après l\u2019autre.Ils font une victime, ils vont en prison, ils sortent, ils refont une victime, et ainsi de suite.Moi, j\u2019ai quatre victimes en tout.Il y en a une pour laquelle je viens de me dénoncer et je suis en processus pour passer en cour devant le juge.Ça fait longtemps mais j\u2019avais ce poids sur la conscience alors je me suis dénoncé.J\u2019en ai beaucoup parlé avec mon intervenant qui avait remarqué mes sautes d\u2019humeur, mon impulsivité.* Nom d'emprunt 28 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 PHOTO : SAMARTBOONYANC (123RF) Quand je voyais mon frère et mon neveu, qui a été ma victime, cela me préoccupait.Mon neveu ne se rappelle de rien, cèst ce qu\u2019il a dit au détective quand il l\u2019a rencontré.Cela me fait du mal de penser à ça mais je m\u2019attendais à la réaction de mon frère.Il m\u2019a mis à part, il me rejette.Je comprends pour son fils mais ce n\u2019est pas facile à accepter.Avec mes frères ça toujours été comme cela, ils m\u2019ont toujours rejeté et je trouve ça difficile, mais je ne fais plus d\u2019efforts comme avant pour essayer de me rapprocher.Qu\u2019est-ce qui te fait de la peine, Alain ?C\u2019est tout ça.J\u2019ai pris un mauvais chemin, j\u2019aurais pu avoir une belle vie mais au lieu de ça, j\u2019ai pris un mauvais chemin et ça m\u2019a mené à une mauvaise vie.Des fois, tu trouves que l\u2019idée est bonne sur le coup mais ça fait mal aux victimes.C\u2019est ma première victime fille qui m\u2019a fait le plus mal.Nous commencions à être très proches la petite et moi, j\u2019étais pas son idole mais pas loin, et elle m\u2019appelait « papa ».Je la corrigeais en lui disant que je n\u2019étais pas son père.J\u2019essayais de faire de mon mieux avec elle.C\u2019était la fille d\u2019un de mes amis.Quand il s\u2019est distancé de la mère, moi, je me suis rapproché d\u2019elle pour être plus proche de la petite.Et là, je me suis attaché à la petite, elle me donnait des bisous sur les lèvres et elle me disait des « je t\u2019aime ».Elle me suivait partout, elle m\u2019aimait.Est-ce que tu es passé à l\u2019acte avec cette petite fille ?Oui.Quel âge aviez-vous tous les deux ?Moi j\u2019avais 27 ans, on était ensemble mais je ne veux pas trop entrer dans les détails.Et elle, quel âge à peu près ?Elle avait 5 ans.En prison, est-ce que vous parliez de vos délits entre vous ?Non, non ! Personne ne parle.Quand tu arrives là-bas, les détenus savent tout de suite pourquoi.Comment fais-tu pour ne pas passer à l\u2019acte quand tu as des pulsions sexuelles ?Ça arrive que je me masturbe.J\u2019en parle aussi à la maison (NDLR : une institution surveillée dont le nom ne nous a pas été révélé), à mes intervenants.J\u2019essaye de ne pas m\u2019isoler seul dans ma chambre.Je suis bien entouré.Le Cercle de soutien et de responsabilité m\u2019aide beaucoup.Est-ce que tu crois que tu as une sexualité saine ?Je ne sais pas ! Je suis intéressé par quelqu\u2019un en ce moment.Il habite la même maison que moi.Lui, il n\u2019est pas encore prêt qu\u2019il me dit.Il est homosexuel mais il n\u2019est pas prêt pour le moment, c\u2019est le temps qui va décider, mais il y a un attachement qui se fait tranquillement.Qu\u2019est-ce qui t\u2019attire chez cette personne ?Il est beau à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur.Il me fait du bien et j\u2019aime quand on s\u2019embrasse.Je ne sais pas si ça va aller plus loin car ça m\u2019a toujours un peu gêné, le côté sexuel, ça m\u2019a toujours fait poser beaucoup de questions sur moi.Donc pour le moment, on en reste aux bisous, je ne veux pas pousser les choses.Je ne sais pas ce qui va arriver dans le futur.C\u2019est sûr que je veux m\u2019en sortir et avoir une belle relation.Je ne veux pas faire d\u2019autres victimes parce que j\u2019ai fait du mal à bien du monde et à mes parents.Je viens d\u2019avouer pour ma dernière victime qui est le fils de mon frère, cela leur a fait beaucoup de mal, ça a ramené un choc passé.« C'est sûr que mes parents auraient aimé me placer mais ils ne connaissaient pas la nature du problème et dans ce temps-là, ils ne savaient pas où se référer pour que je puisse être suivi par un travailleur social.Ils ne savaient pas où avoir de l'aide et ne savaient pas à qui en parler.» As-tu été incarcéré ?Pour ma première victime, les parents le savaient mais ils n\u2019ont pas porté plainte.J\u2019avais 14 ans à l\u2019époque.Et pour ma deuxième victime, j\u2019ai eu un sursis de 18 mois pendant lesquels je pouvais sortir le jour pour travailler.J\u2019ai fait de la détention à ma troisième victime.J\u2019ai fait un an en dedans et un an en libération conditionnelle (NDLR : sous juridiction fédérale).J\u2019étais à La Macaza.C\u2019est là que toutes les personnes qui ne peuvent pas être mêlées à la population de pénitencier vont.La Macaza est spécialisée pour des détenus en délinquance sexuelle.Ce sont pour la plupart des pédophiles, je crois.0, IJj R i ^ Penses-tu pouvoir te pardonner un jour ?J\u2019ai bien de la misère avec ça, beaucoup de misère.C\u2019est sûr que je veux m\u2019en aller vers un meilleur chemin et bien finir mes jours.Aujourd\u2019hui, ça va relativement bien mais tout le monde qui commet un geste terrible peut un jour penser au suicide.Je ne peux pas dire que je n\u2019y pense pas parfois.J\u2019ai même déjà fait une tentative il y a très longtemps mais un ami m\u2019a surpris juste à temps.Encore aujourd\u2019hui, je souffre énormément.J\u2019ai une filleule que je ne peux pas voir.J\u2019aimerais ça, mais je ne peux pas prendre le risque de récidiver et de faire une autre victime.15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 29 PHOTO : JO REDWITCH Agir avant qu'il ne soit trop tard PARJOREDWITCH La réalité même de la pédophilie est horrifiante et révoltante.Démystifier ce fléau pourrait toutefois contribuer à prévenir les crimes età protéger les enfants d'aujourd'hui qui seront les adultes de demain.S'il n'existe pas de solution clé en main et si toutes les ressources ne conviendront pas à tous les diagnostics, celles-ci ont le mérite d'exister.État des lieux.Pédophile conscient ou pervers sadique Jusqu\u2019au 18e siècle, la pédophilie était diagnostiquée comme étant de la folie et le pédophile comme un individu dégénéré.La pédophilie a été théorisée au sens psychiatrique en 1886, et dans la société moderne, les activités s\u2019y rapportant sont non seulement inacceptables socialement mais sont punissables au sens de la loi.La Classification internationale des maladies (CIM-10) publiée par l\u2019Organisation mondiale de la Santé définit aujourd\u2019hui la pédophilie comme « une préférence sexuelle pour les enfants, qu\u2019il s\u2019agisse de garçons, de filles, ou de sujets de l'un ou l'autre sexe, généralement d\u2019âge prépubère ou au début de la puberté ».Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), qui fait actuellement autorité dans le domaine du diagnostic de la santé mentale, a lui déjà revu plusieurs fois sa classification.Les experts s\u2019accordent toutefois sur un point : il y a une très grande différence entre le pédophile conscient de son trouble de personnalité (Alain fait partie de cette catégorie) et celui qui est qualifié de pédophile de type pervers sadique, qui ne sera focalisé que par son simple désir de relation sexuelle avec l\u2019enfant et ne sera pas conscient du mal qu\u2019il fait.Il justifiera ses actes par le déni en se disant que l\u2019enfant avait besoin de tendresse.Nous ne parlerons dans ces pages que du pédophile conscient, pour qui des solutions existent.« Une déviance à traiter dès l\u2019enfance » Nombre de pédophiles commettent leurs premiers crimes au cours de leur jeunesse.Les traiter avant le passage à l\u2019âge adulte donne de bons résultats, encore faut-il les identifier suffisamment tôt.A en croire les statistiques du ministère de l\u2019Intérieur britannique, 30 à 50 % des abus sexuels sur des enfants sont le fait de jeunes enfants ou adolescents.50 % des agresseurs sexuels avouent que leurs déviances se sont manifestées dès l\u2019adolescence, voire même plus tôt.« La pédophilie est une déviance à traiter dès l\u2019enfance.Un adulte ne devient pas pédophile du jour au lendemain, explique le docteur britannique Andrew Durham, qui intervient auprès de pédophiles.Mais la peur et la haine qu'inspirent les pédophiles sont telles que les gens se refusent à comprendre à quel point ce que ces individus ont vécu dans leur enfance est important.» Un jeune américain monte un groupe de soutien en ligne Certains pédophiles ne sont jamais passés à l\u2019acte mais vivent avec une attirance sexuelle envers les personnes prépubères, ou même envers les enfants en bas âge (hébéphilie).C\u2019est le cas d\u2019Adam, un Américain de 19 ans aujourd\u2019hui, qui a pris conscience de son attirance pour les enfants lorsqu\u2019il avait 14 ans.Il ne voyait donc pas le mal, jusqu\u2019à ce qu\u2019il vieillisse et tombe sur une vidéo qu\u2019il voudrait oublier, impliquant un très jeune enfant de 18 mois.Ce fut un éveil très brutal pour lui.« j\u2019ai été horrifié parce que je voyais, 30 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 20 MINUTES Témoignage Des ressources à Montréal En Belgique, l'accès à un programme d'euthanasie est légal pour une personne souffrant d'une façon insupportable et constante, et pouvant prouver avoir tout essayé pour trouver une solution.C'est le cas de Sébastien, un ingénieur de 39 ans qui a suivi 17 ans de thérapie sans succès, et qui reste sexuellement attiré par les enfants.Il a demandé une castration chimique qui lui a été refusée, n'ayant jamais été condamné pour une agression.La particularité de la loi belge est que la souffrance psychique due à des troubles psychiatriques graves permet aussi d'accéder au programme et de mettre fin à ses jours par injection létale.Sébastien est en processus pour mettre fin à ses jours et s'est isolé pour ne pas faire de mal aux enfants.Un pédophile belge demande l'euthanasie explique-t-il dans un reportage* je me souviens avoir voulu passer à travers l'écran d\u2019ordinateur et tuer la personne qui faisait ça.A ce moment-là, j\u2019ai su qu\u2019il y avait quelque chose de vraiment mal.j\u2019ai été envahi par la culpabilité et la honte » ; il a ensuite traversé une longue période de dépression.Au bout d\u2019un moment, Adam a su réagir, d\u2019abord en en parlant à sa mère, dévastée, puis en mettant sur pied un groupe de soutien virtuel pour les jeunes pédophiles qui ne sont jamais passés à l\u2019acte.Les membres peuvent s\u2019aider et s\u2019encourager afin de ne plus consommer de pornographie infantile et de ne pas passer à l\u2019acte.Ils se sont tous autodiagnostiqués à partir du DSM, reconnaissent leur dépendance et prônent l\u2019abstinence totale.Empêcher la récidive Le but du service correctionnel du Canada est d\u2019agir auprès des personnes qui ont été reconnues coupables de crimes en matière de délinquance sexuelle.Durant son séjour en institution provinciale ou en maison de transition, le pédophile désirant s\u2019investir dans son rétablissement peut être suivi sur de très longues périodes par le Cercle de soutien et responsabilité (CSR).Celui-ci a pour mission d\u2019encadrer et de responsabiliser le pédophile dans le but de le réintégrer dans la population.Les services proposés aux récidivistes sont coûteux pour la société mais nécessaires.C\u2019est pourquoi certains s\u2019accordent pour dire que le travail avec de jeunes pédophiles est d\u2019autant plus pertinent.¦ * Source : http://www.upworthy.com/this-19-year-old-pedophile-has-never-gone-near-a-child-and-he-needs-you-to-hear-his-story Amorce Les personnes ayant des troubles de pédophilie et qui en sont conscientes peuvent se rétablir de diverses manières axées sur l'ouverture et le respect de l'être humain.C'est le cas de la ressource communautaire Amorce, à Montréal.Depuis 1992, le groupe se distingue par ses réunions d'entraide hebdomadaires qui visent à rendre le client responsable de sa démarche et à dépasser les stigmates sociaux, tout en brisant l'isolement.Dans une approche humaniste et cognitive, le respect, l'écoute et l'empathie sont des priorités.Tous les employés ont reçu une solide formation en évaluation et en intervention, et ils ont plusieurs années d'expérience auprès de la clientèle sexuellement délinquante.groupeamorce.com Cl DS Laval Le Centre d'intervention en délinquance sexuelle a pour mission d'offrir un traitement adapté et spécialisé aux individus aux prises avec un problème de délinquance sexuelle afin de protéger les enfants et les adolescents contre les abus sexuels.Le centre accueille en majorité des hommes qui ont commis des délits sexuels.Ceux-ci s'engagent dans une démarche thérapeutique de près de 20 mois.cidslaval.com RIMAS Le Regroupement intervenant en matière d'agression sexuelle, qui se présente comme un lieu d'échange et de formation entre chercheurs intervenants, organise tous les deux ans un congrès, alternativement au Canada et en Europe.Son prochain colloque, sur le thème Quand la clinique rencontre la recherche aura lieu du 31 mai au 2 juin.cifas2017.ca Abonnez-vous à notre chaîne officielle Groupe l'Itinéraire itinéraire,ta 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 31 V^j - Le temps des semences COMPTES À RENDRE PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT V \u2022 r g .*¦_ f Au moment où vous lisez ces lignes, le printemps devrait être pas mal bien installé dans la région.Si vous avez le bonheur de pouvoir cultiver un potager, ou à tout le moins quelques plants en pots sur votre balcon, vos semis devraient être bien vigoureux depuis un bon moment.Pour les urbains que nous sommes en large majorité, il s'agit là d'un petit luxe, de renouer à petite échelle avec une tradition millénaire.C'est encore plus vrai au Québec, dont l'économie s'est longtemps basée sur l'agriculture.Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, dans les années 1950, environ le tiers de l\u2019emploi au Canada se concentrait dans l\u2019agriculture, alors que le pays s\u2019industrialisait à grande vitesse.Un demi-siècle plus tard, c\u2019est à peine 3 % des Canadien-nes qui y travaillent.C\u2019est donc dire qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps, le travail de la terre était une réalité de grande proximité pour à peu près tout le monde, depuis le début de la colonie, en somme, et qui nous est maintenant presque totalement étrangère.Ce constat, qui pourrait s\u2019appliquer à tous les pays industrialisés, m\u2019attriste profondément.S\u2019il est un geste que la totalité des humains posent au moins une fois par jour, c\u2019est bien de s\u2019alimenter.Cela est d\u2019autant plus désolant qu\u2019une société riche comme la nôtre semble obsédée par la bouffe et la gastronomie.Les livres, les magazines et les émissions de télévision spécialisées ont des succès qu\u2019envient tous les autres genres.Même dans les salons du livre, les livres de recettes ont plus de succès que les romans de nos étoiles de la littérature.Pourtant, bien peu d\u2019entre nous avons déjà expérimenté concrètement la production agricole.Ça a l\u2019air de quoi, un plant de choux de Bruxelles ou de zucchinis ?Qui a déjà vu un œuf de poule pondu du jour, avant qu\u2019il ne soit lavé et estampillé d\u2019un code à l\u2019encre rose ?Et on ne parle pas de l\u2019élevage et de l\u2019abattage industriel des animaux ni de la transformation alimentaire.Enseigner l\u2019agriculture D\u2019ailleurs, à une époque où tout un chacun s\u2019inquiète pour sa santé et surveille son alimentation, il est étonnant de constater que les ventes d\u2019aliments transformés continuent de connaître une croissance forte et soutenue.On craint le rôle invasif de la technologie dans nos vies privées, mais on ne se soucie à peu près jamais de la manière dont on fabrique un nombre important d\u2019aliments qu\u2019on ingère dans notre propre corps.Il est souvent question de la nécessité d\u2019introduire des cours pratiques à l\u2019école secondaire, qui prépareraient les jeunes au monde concret qui les attend, au plan des finances personnelles, par exemple.Il me semble qu\u2019il serait de la première importance qu\u2019un cours sur l\u2019agriculture et l\u2019alimentation soit proposé aux élèves.A l\u2019instar de l\u2019enseignement des rudiments de la gestion de l\u2019épargne et du crédit, il faudrait cependant dépasser les objectifs des anciens cours d\u2019« économie familiale ».Il n\u2019est pas prioritaire pour l\u2019école d\u2019apprendre aux jeunes à gérer leur compte de banque ou à cuisiner une sauce à spaghetti.Je ne dis pas que ça ne devrait pas être le cas, mais dans le contexte où plus tard ils évolueront dans un monde de plus en plus complexe, ce sont les enjeux sociaux, politiques, économiques et écologiques de ces questions qui devraient être mis de l\u2019avant.De bien comprendre ce qu\u2019impliquent l\u2019agriculture et la transformation alimentaire industrielle, tant pour la santé individuelle que celle des écosystèmes ou de l\u2019économie.Parce que nous n\u2019entretenons plus de liens de proximité avec l\u2019agriculture, nous ne nous soucions à peu près pas de ces questions, qui ont pourtant maintenant une importance beaucoup plus grande qu\u2019à l\u2019époque de nos aïeux.Nous ne savons pratiquement plus comment cultiver un potager, mais nous ne nous intéressons que très peu aux méthodes de production de nos aliments.Il serait temps de semer un peu de connaissances et de réflexions dans l\u2019esprit des jeunes pour en faire des citoyens-consommateurs plus avisés à l\u2019avenir.¦ UDt Linked 03 32 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 PHOTO : GENNADIY POINYAKOV (I23RF) PHOTO : SONCQUAN DENG (12 rr f- frA Budget Morneau INFO RAPSIM PAR AMELIE PANNETON ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM ?r:'tnr« i ii «B H 4 e .11 Quel est le rôle du gouvernement Fédéral dans la lutte à l'itinérance ?Quel est l'impact du dernier budget du ministre Morneau sur le travail des organismes communautaires à Montréal ?En quoi les sommes consenties répondent-elles aux demandes exprimées sur le terrain ?AFin de bien comprendre les eFFets des mesures annoncées le 22 mars dernier, il est nécessaire de revenir sur les Fonds Fédéraux qui permettent de réduire et de prévenir l\u2019itinérance.Le gouvernement canadien apporte, depuis 1999, un soutien financier important aux organismes montréalais actifs auprès des personnes en situation d\u2019itinérance.Il le fait par le biais d\u2019un programme qui existe aujourd\u2019hui sous le nom de la Stratégie des partenariats de lutte contre l\u2019itinérance (SPLI).A Montréal, les fonds soutiennent une diversité d\u2019actions sur le terrain : travail de rue et de milieu, mais également interventions au sein de centres de jour et de refuges.Parallèlement, la SPLI permet aussi d\u2019améliorer les installations des organismes et de contribuer au développement d\u2019unités de logement social.On parle ainsi d\u2019une enveloppe budgétaire essentielle, portée par une vision globale.La SPLI, telle quelle est conçue initialement, reconnaît que les réponses à apporter à l\u2019itinérance doivent être diversifiées, mais toujours en phase avec les besoins exprimés par les communautés.Housing First Mais en 2013, coup de théâtre : le gouvernement fédéral, sous la gouverne des conservateurs de Stephen Harper, réoriente la SPLI.Les fonds alloués pour la période allant de 2015 à 2019 devront suivre l\u2019approche Housing First.Connue en français sous le vocable Logement d\u2019abord, cette pratique consiste à offrir un logement, accompagné d\u2019un suivi qui varie selon l\u2019intensité des besoins, à des personnes en situation d\u2019itinérance chronique.Bien que ce type d\u2019initiative ait sa place dans la lutte à l\u2019itinérance, l\u2019accent mis sur l\u2019approche Logement d\u2019abord se traduit par de lourdes coupures dans les projets qui ne s\u2019inscrivent pas dans cette pratique.Le travail de rue, les activités de réinsertion, l\u2019accompagnement et l\u2019aide alimentaire ne sont que quelques-unes des initiatives qui, sous cette SPLI Logement d\u2019abord, subissent d\u2019importants reculs.Dès l\u2019annonce du gouvernement conservateur, le RAPSIM et ses membres militent donc activement pour que la SPLI retrouve sa vocation généraliste.L\u2019année dernière, le premier budget des libéraux de Justin Trudeau marque ainsi une victoire importante : non seulement l\u2019approche globale du programme effectue un retour en force, mais les fonds disponibles connaissent une hausse de 50 %.Une première augmentation en 15 ans ! Tout n\u2019est pas rose, cependant : ce financement additionnel arrivera à échéance le 31 mars 2018, date à laquelle les services pourraient être à nouveau menacés.Et le budget de cette année?Pour le deuxième budget Morneau, le RAPSIM et ses membres portaient une demande claire : que les fonds de la SPLI soient doublés, dès maintenant et jusqu\u2019en 2025, et que le programme s\u2019inscrive dans une approche globale de la lutte à l\u2019itinérance.Bien que les investissements annoncés ne répondent pas complètement aux revendications du milieu, l\u2019ensemble n\u2019en demeure pas moins satisfaisant : des fonds qui permettent de maintenir les services qui avaient été coupés sous le gouvernement conservateur, puis une enveloppe bonifiée pour la prochaine mouture du programme, qui débutera en 2019.Au total, les libéraux de Trudeau se proposent d\u2019affecter 2,1 milliards de dollars pour la SPLI sur les 11 prochaines années.ce qui, bien sûr, dépasse la durée du mandat du gouvernement actuel.Au-delà des montants eux-mêmes, cependant, une question demeure : quel principe guidera l\u2019affectation de ces fonds?Le gouvernement fédéral sera-t-il tenté de favoriser un seul modèle d\u2019intervention, au détriment d\u2019autres pratiques qui ont fait leurs preuves?Ou offrira-t-il à nouveau son appui à une approche globale, en finançant à la fois une diversité d\u2019interventions et des fonds d\u2019immobilisation pour le logement social et les installations des organismes?Le RAPSIM et ses membres, convaincus de l\u2019efficacité d\u2019une SPLI généraliste et communautaire, militeront assurément pour cette deuxième option.¦ |> Il\t1 IJ Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérances do Montreal l\\ft ( J I 1*1 www.rapsim.grg | Têt.: 514 379-1949 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 33 PHOTO : MILTON FERNANDES CARREFOUR |J£upperkut £ Canada-Vie Les voila nos 5 mentors ! LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"1 iv r Après que de nombreux camelots aient proposé leur candidature, un jury a délibéré et a choisi : (de gauche à droite) Michel Marcil, Jo Redwitch, Yvon Massicotte, Gabriel Bissonnette et Gaétan Prince (absent de la photo) comme mentors.Derrière eux, Marc Desnoyers, de l\u2019agence Upperkut a fait partie du jury.Ce projet de mentorat - réalisé avec l\u2019appui de la Great-West assurances - permettra à ces camelots chevronnés de transmettre leur savoir et leur expérience à leurs collègues plus jeunes et aux nouveaux venus à L\u2019Itinéraire.Nos cinq mentors iront sur le terrain identifier de nouveaux spots de vente, dispenseront des conseils pour améliorer les revenus des camelots et seront également ambassadeurs dans la communauté en donnant des conférences.Une excellente façon de former la relève et d\u2019assurer la pérennité de notre organisme.¦ De gauche à droite : Siou, Geneviève, Nathalie Ouellet, du CREP, et Sylvain Pépin-Girard Spectacle au Quai des brumes Si vous voulez encourager nos participants dans leurs démarches artistiques, alors c\u2019est un rendez-vous au Quai des brumes le 26 avril prochain.Ayant travaillé fort à peaufiner leur performance lors d\u2019ateliers de théâtre, nos participants, Geneviève Bertrand, Sylvain Pépin-Girard, Jacques Elyzée, Norman Rickert et Siou auront un grand plaisir à vous présenter plusieurs numéros de variété.Certains ont écrit des poèmes et des slams, d\u2019autres interpréteront les paroles d\u2019une chanson ou les extraits d\u2019une pièce de théâtre.Lors des ateliers dispensés par le CREP (Centre de ressources éducatives et pédagogiques), les participants de L\u2019Itinéraire ont d\u2019abord relevé le défi de développer la communication orale et la confiance en soi.Le 26 avril, ils relèveront le défi de fouler les planches devant public.Soyez-y ! Le spectacle aura lieu au Quai des brumes (4481 rue Saint-Denis), le mercredi 26 avril, de 18h à 20h.¦ L'Itinéraire au secondaire Le 4 avril dernier, l\u2019Itinéraire a été invité par le Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie pour parler du magazine, mais aussi de l\u2019Itinérance à Montréal en général.Nos intervenants psychosociaux, Jean-François et Fanny (stagiaire) ont discuté de ces questions devant plus de 200 étudiantes.Fait intéressant, cette conférence a été demandée par les étudiantes elles-mêmes suite au succès qu\u2019a remporté la même initiative, l\u2019année dernière.L\u2019activité est tellement populaire que toutes les élèves de la deuxième secondaire ont assisté avec enthousiasme à cette conférence afin d\u2019en connaître un peu plus sur l\u2019itinérance, mais aussi afin de briser les tabous et les stéréotypes qui y sont reliés.Suite à cela, les étudiantes iront rencontrer leurs camarades de secondaire 5 afin d\u2019en parler et de faire de la sensibilisation.Le pensionnat du Saint-Nom-de-Marie a également acheté 150 magazines; ces derniers seront distribués en classe et étudiés par les étudiantes.Merci à vous ! ¦ 34 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 PHOTO : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PHOTO : COURTOISIE \\Ktahkomiq, Ondinnok CULTURE PAR JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PROMENADE MASSON d estauri ers je a nguy7@gm a i /.com .Printemps autochtone d'Art 3 Se réapproprier nos racines 1876, la Loi sur les Indiens.S'en suivent les politiques d'assimilation et d'extinction culturelle du peuple autochtone.Née dans l'urgence de rapatrier un monde englouti, Ondinnok est la première compagnie théâtrale francophone amérindienne du Canada.Devenue complètement marginalisée, la culture autochtone est de moins en moins présente sur la scène montréalaise.La 3e édition du Printemps autochtone d'Art, au caractère multidisciplinaire, veut démontrer l'existence même de leurs cultures.C\u2019est dans le quartier général d\u2019Ondinnok, rue Parthenais, que nous avons rencontré Yves Sioui Durand et Catherine Joncas, codirecteurs artistiques de la compagnie, accompagnés d\u2019Amélie Girard, directrice de production, et de Dave Jenniss, futur directeur artistique.Yves Sioui Durand, un homme au charisme plus grand que nature, riche de son histoire et de celles des peuples autochtones, nous transporte dans les coulisses d\u2019un théâtre contemporain.Qu\u2019est que le Printemps autochtone d\u2019Art 3 ?YVES SIOUI : Vous remarquerez que nous ne disons pas Printemps d\u2019art autochtone, mais Printemps autochtone d\u2019Art, parce que nous ne parlons pas de l\u2019art autochtone, mais des autochtones qui définissent l\u2019art.Nous énonçons donc un art que l\u2019on définit comme étant le nôtre et non comme une simple participation à l\u2019art.La raison d\u2019être de tout ça est que nous étions complètement marginalisés à Montréal.À partir de 2013, on s\u2019est dit qu\u2019il fallait faire quelque chose, pour que les gens puissent constater qu\u2019il existe plusieurs formes d\u2019art autochtone.On a commencé avec la complicité de la Maison de la culture Frontenac.C\u2019est drôle, parce qu\u2019à son époque, il [Louis de Buade, comte de Frontenac] parlait par la bouche de ses canons.Il est devenu notre ami (rires).Cette complicité a duré le temps de deux éditions, en 2013 et 2015.Le public a beaucoup aimé ça.La Maison de la culture Frontenac est située dans un quartier populaire.Ç\u2019était extraordinaire pour nous de rencontrer les gens qui y vivent.Ça leur a permis de découvrir notre existence, l\u2019art autochtone, et de s\u2019en rapprocher.On fait un effort majeur pour rejoindre les gens des différentes communautés culturelles de Montréal et les plus jeunes parce qu\u2019ils constitueront bientôt la majorité.Ça ne sera pas long.Alors c\u2019est important qu\u2019ils connaissent la véritable Histoire.AMÉLIE: Au-delà des communautés culturelles, les Québécois ne connaissent pas non plus très bien l\u2019écriture autochtone, malheureusement.Alors faire l\u2019effort avec les quartiers, de rencontrer les populations, les organismes, c\u2019est essentiel.Que nous réserve la 3e édition du Printemps autochtone d\u2019Art ?YVES SIOUI: Il y a plusieurs volets dans notre programmation, plusieurs intentions derrière chacun d\u2019eux et des démarches extrêmement intimes et profondes.Notre but est de convier le public à une rencontre.On pose des actions dans la société qui sont ?15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 35 PHOTO : COURTOISIE Ondinnok n'est pas une compagnie théâtrale ordinaire.C'est grâce à sa capacité de résilience et d'adaptation qu'elle rejoint les communautés culturelles autochtones et montréalaises de tout âge et de toutes origines.Par ailleurs, etcomme l'explique Dave Jenniss, le futurdirecteur artistique, « la figure de l'enfant est très importante : elle est notre avenir à tous, peu importe nos origines.» C'est la raison pour laquelle la prochaine création d'Ondinnok sera une oeuvre destinée au jeune public, le futur public d'Ondinnok.extrêmement significatives pour répondre à l\u2019appel à la réconciliation et à des efforts de réparation.YVES SIOUI : Mon projet s\u2019appelle Cinq minutes pour que je te dise.Je suis allé voir des compagnies de théâtre, des lieux, puis je leur ai proposé d\u2019accueillir un artiste autochtone de toutes disciplines en lever de rideau, avant leur représentation principale, pendant cinq minutes.C\u2019est un symbole.Dire que les Autochtones étaient là avant.Je voulais que les artistes viennent s\u2019exprimer.Pour les théâtres qui nous accueillent, c\u2019est aussi un acte de réparation.Sur 13 invitations, ceux qui ont acceptés notre proposition sont : le Théâtre de Quat\u2019Sous, le Théâtre du Rideau vert, l\u2019Usine C, Espace Libre, l\u2019Agora de la danse, Tangente, le Théâtre Prospéra, Aux Ecuries et la Place des Arts.C\u2019est une action de l\u2019ordre du partage avec le public.Prends cinq minutes pour m\u2019écouter ! DAVE: Les projets sont tous très personnels et nous ramènent à l\u2019identité et à la langue.Mon spectacle Ktahkomiq, qui veut dire «territoire» en langue malécite, est parti d\u2019une de mes propres questions : si je parlais ma langue d\u2019origine, est-ce que je me sentirais plus Malécite ou plus Autochtone?Pendant ce cheminement, je suis allé au Nouveau-Brunswick rencontrer un elder (un ancien) pour apprendre la langue.Puis, le projet a un peu bifurqué.Je voulais alors apporter quelque chose d\u2019autre, du mouvement, de la danse, discipline à laquelle je n\u2019avais jamais touchée.J\u2019ai fait la connaissance d\u2019une danseuse contemporaine malécite du nom d\u2019Ivanie Aubin-Malo.Avec elle, j\u2019ai découvert que nos deux familles, les Aubin et les Jenniss, étaient en conflit.Nous avons alors décidé de nous réconcilier et d\u2019y aller de cette guérison sur scène, par la langue.Ça, c\u2019est le noyau du spectacle.YVES SIOUI : Le troisième projet, c\u2019est un projet de théâtre musical qui s\u2019appelle Wampum-Kaionn\u2019i.Les wampums sont des ceintures de perles offertes à l\u2019époque du « contact », par tous les peuples El buen vestir, Tlakentli et Laetitia Techer itineraire.ca/extra V M V-* w ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 autochtones.Elles servaient à sceller les traités avec les Européens.En même temps, les wampums servent aussi aux condoléances.C\u2019est une vieille, vieille tradition iroquoienne reprise et partagée par les autres peuples autochtones.Dans la culture autochtone traditionnelle et archaïque, tout était scellé par la parole.Donner sa parole était sacré, un acte majeur.C\u2019était de la diplomatie, le lien qu\u2019on établit quand on passe un traité, lorsque l\u2019on crée un lien d\u2019amitié, une alliance.C\u2019est ça le Kaionn'i que nous allons faire, le quartette de jazz Kawandak et moi, sur des textes que j\u2019ai choisis et écrits.Le premier wampum est celui donné à l\u2019orée du bois.Les gens arrivaient par la forêt, s\u2019associaient, allumaient un feu et chantaient.Le premier wampum servait alors à nettoyer les yeux pour mieux considérer les souffrances.Le deuxième wampum servait à nettoyer la gorge, le troisième à nettoyer les oreilles.Il y en a 15 comme ça.Nous n\u2019en faisons que quatre pour amener les gens à comprendre ce qu\u2019il s\u2019est véritablement joué dans la chair et l\u2019âme de mon peuple.Quelle place occupez-vous dans le cadre du 375e de Montréal ?YVES SIOUI : L\u2019histoire du Canada n\u2019est pas nécessairement la nôtre.C\u2019est une histoire qui nous est racontée, dans laquelle on joue un mauvais rôle.On est de mauvais Indiens.On a pris comme parti de se dissocier complètement du 375e pour des raisons évidentes.Pour nous, le 375e n\u2019a pas de sens sur le plan historique.Et quand on y est associé, c\u2019est sur le plan quasi folklorique ou de la déculpabilisation.On va prendre quelques vedettes, on va les mettre là, pis ça va faire la job ! PHOTO : COURTOISIE PHOTO : COURTOISIE Continuonce,Stephen Lang Printemps autochtone d'Art 3 (PAA3) 26 avril au 22 juin, à Tio'tia:ke territoire Kanien'keha:ka (Mohawk) non cédé, aussi connu sous le nom de Montréal.#\tLevers de rideaux - Cinq minutes pour que je te dise 1er au 30 avril 2017 dans plusieurs salles de Montréal #\tTehatikonhsatatie - Pour celles et ceux qui nous suivront 26 avril au 3 juin 2017 Maison de la culture Frontenac #\tSpectacle El buen vestir- Tlakentli 10 au 12 mai - Monument-National, Quartier des spectacles 17 et 18 mai - Maison de la culture Frontenac #\tL'État des lieux sur les arts autochtones du Québec 17 et 18 mai 2017 - Agora Flydro-Québec du Cœur des sciences #\tSoirée de courts métrages de cinéastes autochtones Mercredi 3 mai - Maison de la culture Frontenac \u2022 Spectacle de clôture - Wampum-kaionn'i 22 juin - 5e salle de la Place des Arts Wampum-Kaionn'i, Martine Doyon Moi j\u2019ai vécu le 350e, le 400e de Québec et le 450e de l\u2019arrivée de Jacques Cartier.On n\u2019a jamais véritablement été consulté, ou intégré comme autochtone, au sein du processus de mise en marché de ces célébrations.Mais, sur le plan de la réalité, il faut se rappeler l\u2019histoire.Ville-Marie, Montréal, Hochelaga.En 1642, c\u2019est sieur de Maisonneuve et une secte religieuse qui vient s\u2019implanter dans Montréal, dans le but de convertir les sauvages que nous étions.Dès 1643, il y aura une résistance.Montréal va être attaquée, jusqu\u2019au massacre de Lachine.Jusqu\u2019à ce jour, on reconnait Montréal comme étant un territoire non cédé Mohawk.Le maire aussi le reconnait.C\u2019est l\u2019histoire.C\u2019est une installation illégale dès le point de départ.C\u2019est un projet complètement religieux, utopique, comme plusieurs autres en Amérique.La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a-t-elle changé quelque chose pour vous et votre mission ?YVES SIOUI : La déclaration n\u2019était pas reconnue par le gouvernement en place de l\u2019époque, celui d\u2019Harper.Il a fallu attendre l\u2019arrivée de Justin Trudeau, et encore là, il l\u2019a reconnue, mais ne peut pas l\u2019appliquer.Les recommandations viennent avec des droits, des actions qui doivent l\u2019être.C\u2019est extrêmement complexe parce qu\u2019on touche à la Constitution du Canada.Historiquement, depuis la Constitution « rapatriée » par Pierre Trudeau en 1982, tous les jugements de la Cour suprême, tous, 100 %, ont été contre la Couronne.Que ce soit pour les revendications territoriales des Autochtones ou lorsque l\u2019on est allé en cour contre le Canada, on a gagné à chaque fois.Donc, la loi de départ, la Loi sur les Indiens, est discriminatoire.Au Canada, on est incapable de changer la Constitution pour intégrer les peuples autochtones comme peuples fondateurs, comme citoyens, à part égale avec les autres citoyens du Canada.Le Canada est, sur le plan juridique et constitutionnel, illégitime ! AMÉLIE : Depuis toujours, les spéculations, les mines, les conditions autochtones, etc.touchent les citoyens quand ils se font voler leurs terres, quand ils se font exproprier, quand Malartic se fait enlever le sol sous ses pieds.C\u2019est la même dynamique.La Constitution ne fait pas plus de discrimination envers les premiers peuples qu\u2019en-vers les gens de Forillon, qui n\u2019ont pas plus de recours que nous.Mais les Autochtones ont gardé cet attachement à leurs terres, à leurs valeurs, encore plus vivant que les autres.Le 9 mars dernier, vous avez reçu le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (PGAAS) du Canada.Quelle signification donnez-vous à cette haute distinction ?YVES SIOUI: C\u2019est important pour moi.Ça peut donner espoir aux plus jeunes, aux artistes actuels.En même temps, c\u2019est une reconnaissance.C\u2019est la plus haute distinction au Canada.A l\u2019échelle du pays, c\u2019est très important pour tous les artistes autochtones, surtout pour sa signification.Je suis le sixième artiste autochtone au Canada à recevoir le Prix du Gouverneur général.Au Québec je suis le deuxième.C\u2019est important pour les Indiens du Québec, parce que dans le monde anglophone canadien, on passe souvent en dessous parce qu\u2019on est francophone.Comme si l\u2019on ne faisait pas partie de la famille.Ça va peut-être aider à déjouer la schizophrénie des deux langues officielles.Ça va peut-être me donner plus d\u2019autorité quand je dis des choses.C\u2019est vraiment une reconnaissance de ma démarche artistique, qui est particulière, pour tout ce que j\u2019ai fait, ancré vers une quête des origines.On reconnait l\u2019œuvre d\u2019un artiste.Dans ce sens-là, je suis très honoré.J\u2019accueille ça avec respect.¦ 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 37 tie réalité virtue Me ENTREVUE PAR LUCETTE BELANGER CAMELOT MÉTRO PIE-IX Réalité virtuelle Un futur à J.notre portée Osman Zeki est un créateur numérique multidisciplinaire.Il a également été développeur technique du court métrage Le photographe inconnu, sélectionné comme meilleure expérience immersive pour les Canadian Screen Awards 2017.Quant à Lucette, elle est camelot depuis plus d'un an et s'est adonnée à la réalité virtuelle dans le cadre de l'installation permanente 100 % Animation au Jardin de réalité virtuelle du Centre Phi.La rencontre entre Osman et Lucette est l'occasion de Faire le point sur cette nouvelle technologie (VR pour les habitués) et de plonger dans un Futur à notre portée.Qu\u2019est-ce que la réalité virtuelle ?La réalité virtuelle (VR) est un produit purement technique.Il s\u2019agit d\u2019avoir un casque sur la tête qui traque sa position dans l\u2019espace et qui reproduit, en quelque sorte, ce que l\u2019on verrait si l\u2019on était dans un autre monde.On nous met dans les yeux d\u2019un personnage virtuel et le mouvement de notre corps est reproduit dans l\u2019environnement.Quelle est la différence entre la réalité virtuelle et la réalité augmentée ?Avec la réalité virtuelle, on se sent isolé du monde réel.Une déconnexion profonde se produit et on oublie qui l\u2019on est, où l\u2019on est.Tandis qu\u2019avec la réalité augmentée, on garde une vue sur le monde réel, sans être en complète immersion dans un autre monde.L\u2019idée est de superposer des objets à un environnement qui existe.Par exemple, on pourrait poser une pomme virtuelle sur une table réelle et interagir.Il y a aussi la réalité mixte.C\u2019est un mélange entre la VR et la réalité augmentée.Ce n\u2019est pas encore disponible, mais on n\u2019en est pas loin.La force de la réalité virtuelle est aussi sa faiblesse.Avec la VR, on évolue seul dans notre expérience.Là où la réalité mixte est intéressante, c\u2019est qu\u2019elle permet de faire des expériences de réalité virtuelle collaboratives.Je pense que l\u2019industrie s\u2019accorde sur le fait que la réalité mixte a plus de potentiel que la réalité virtuelle.A mon avis, plus d\u2019expériences se feront avec la réalité mixte.Mais la VR est un tremplin suffisamment important pour rester.Intuitivement, je dirais que la réalité augmentée tend à disparaître.Avez-vous des exemples de réalité augmentée connus ?Le Pokémon Go est l\u2019exemple le plus connu.Dans les rues, on peut voir un Pokémon se promener et essayer de le capturer.Il suffit de lever la caméra de son téléphone devant ses yeux.Un autre exemple : les vidéos de visites guidées historiques.Si on filme un immeuble historique avec son téléphone, le logiciel comprend ce que l\u2019on Découvrez leçon tenu complémentaire sur itineraire.ca/extra ITINERAIRE.CA 1 5 avril 2017 PHOTO : PHI Centre Phi 407, rue Saint-Pierre, Montréal Jardin de réalité virtuelle, exposition permanente 514 844-7474 \u2022 phi-centre.com 44P 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA regarde et vient ajouter des éléments interactifs par-dessus ce que l\u2019on voit par la caméra pour le visualiser tel qu\u2019il était il y a 100 ans.On prend toujours la réalité comme canevas.La réalité augmentée est un domaine très large, mais le principe est toujours le même : on ajoute toujours un élément numérique qui rehausse la réalité.Depuis combien de temps existe la réalité virtuelle ?La réalité virtuelle existe depuis près de 20 ans, mais à l\u2019époque, l\u2019expérience a échoué, car la technologie n\u2019était pas prête, l\u2019équipement était trop lourd, etc.Il y a encore beaucoup de contraintes pour rendre les expériences en VR accessibles à tous.Le prix est encore prohibitif et l\u2019équipement très complexe, mais c\u2019est de plus en plus accessible.On constate une renaissance de la réalité virtuelle, une explosion de la quantité d\u2019expériences dont le centre nerveux est le secteur du jeu vidéo.De manière secondaire, beaucoup de personnes cherchent à utiliser ce médium pour des formes différentes, par exemple artistiques, comme le fait Bjôrk dans ses spectacles.La réalité virtuelle est aussi intéressante pour se mettre à la place de quelqu\u2019un d\u2019autre, comprendre ce qu\u2019il vit et éveiller l\u2019empathie, par exemple dans le cadre de la santé mentale.C\u2019est un outil très généraliste.Différents secteurs peuvent se l\u2019approprier.A mes yeux, l\u2019usage de la VR semble infini.Peut-on devenir accro à la VR ?Les gens peuvent devenir accros à tout.La sensibilité à être accro à quelque chose est très subjective à mes yeux.Mais je ne pense pas que ce médium engendre ça.Par contre si la VR devenait une échappatoire.Mais on n\u2019en est pas là.Puis, il n\u2019est pas encore possible de solliciter tous les sens.Pour l\u2019instant, et avec précision, seules l\u2019ouïe et la vue sont mobilisées.Ça va se développer.Et peut-être que lorsque l\u2019on aura une connexion nerveuse, un peu comme on se connecte à un port USB, on pourra parler de risque de dépendance.Black Mirror, une série télévisée, y fait d\u2019ailleurs allusion.La société évolue de manière exponentielle.Si on regarde celle de la technologie à l\u2019heure actuelle, on peut s\u2019imaginer que dans cinq ou dix ans, on sera capable d\u2019aller chercher les sens manquants pour faire de la VR une expérience complète.Le sujet de la dépendance sera alors plus important.Comment voyez-vous Montréal dans le développement de la VR ?Montréal est l\u2019un des plus importants centres technologiques dans le monde et en intelligence artificielle, le plus important.Le contexte artistique, économique, éducatif et technique de Montréal donne l\u2019impression que tous les éléments sont réunis pour en faire un lieu central de la VR.Le Centre Phi, la SAT (Société des arts technologiques) et les compagnies de jeux vidéo développent la réalité virtuelle aujourd\u2019hui, et il y en a sûrement d\u2019autres.Je pense que chaque personne qui souhaite développer quelque chose en VR peut le faire ici.¦ Un temps nouveau Témoignage La réalité virtuelle c'est déjà le début d'un futur avenir.J'ai visité le Jardin de la réalité virtuelle au Centre Phi, une exposition permanente et gratuite.Gratuite?Parce qu'une personne généreuse a entièrement financé le Centre Phi pour sauver l'édifice d'une transformation en condo.J'ai eu la chance de visionner quatre films d'animation d'environ sept minutes chacun.Ça a été une fantastique expérience.Lorsque l'on arrive au Centre Phi, on n'a pas l'impression d'être dans un centre culturel.Ni celle de vivre une expérience de réalité virtuelle.Ça ressemble à l'entrée d'un chic centre commercial à cause d'une boutique de créateurs de mode située à l'entrée.Un grand escalier conduit à l'étage du Jardin de réalité virtuelle.Une guide m'a alors expliqué comment ça allait se passer.Confortablement assise, on m'a installé un casque devant les yeux pour démarrer l'expérience.Quand on commence le visionnement en realite virtuelle, on se sent comme un explorateur.Je savais que la réalité virtuelle était en trois dimensions, je m'attendais à voir de nouvelles choses, mais j'ai été surprise que ce soit si bien fait.J'étais soit actrice, soit observatrice, mais « à l'intérieur » des animations.C'était un autre monde ! Des étoiles qui bougeaient dans toutes les directions, un robot géant, un paysage survolé par des oiseaux, une planète imaginaire au milieu d'une galaxie.Par ailleurs, le Centre Phi propose d'autres genres de projection en VR.Mon expérience m'a donné l'impression de pouvoir avancerdans un tunnel à l'infini.C'était comme un voyage.Comme se promener dans l'Univers.J'avais l'impression d'entrer dans l'image, d'y être physiquement.J'ai ressenti la meme liberté que lorsqueje reve.Puis, j'étais un oiseau ! Je volais au-dessus de Paris et de la Tour Eiffel, au-dessus des arbres et des édifices.Pour mieux planer, je pouvais me diriger avec ma tête.J'avais une sensation de liberté totale.Ça m'a procuré du bonheur.J'aimerais avoir accès à la réalité virtuelle chez moi.Ça me permettrait de la partager et d'en faire profiter le plus de gens possible pour qu'ils puissent eux aussi vivre cette expérience unique.Tout le monde aimerait ça ! Par contre, ce qui serait négatif si j'avais accès à cette technologie à volonté et si je pouvais visionner un monde merveilleux plein d'amour, sans conflits, bref, une sorte de paradis terrestre, c'est qu'enlever mon casque m'enlèverait par là même toutes mes illusions. zjVfvf MMH VIE DE QUARTIER PAR SAID FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY Promenade dans l'arrondissement Saint-Laurent Je vis depuis presque 10 ans dans l'un des plus grands arrondissements de Montréal : Saint-Laurent.En 1650, Jean Descaries, l'un des premiers colons installés sur l'île au XVIIe siècle, reçoit des mains du sieur de Maisonneuve 31 arpents (12 hectares) de terrain.À sa mort en 1687, ses trois Fils héritent des terres et en poursuivent le déFrichage le long de la Côte Saint-Michel, la Future Côte Saint-Laurent actuelle avenue Sainte-Croix.C'est en 1702 que le village de Saint-Laurent construit sa première chapelle, signe de sa Fondation.Le Cégep de Saint-Laurent En 1847, Saint-Laurent se dote d'un établissement d'enseignement.Fondé par les membres de la Congrégation de Sainte-Croix, il compte d'abord 30 étudiants.Au début, il était appelé Académie industrielle, puis en 1861, il devient le Collège Saint-Laurent et propose les cours classiques.Au Fil du temps, de plus en plus d'ailes et de sections sont construites : salle de spectacle, centre sportiF, piscine de taille olympique, bibliothèque, résidences pour étudiants.On y présentait des spectacles, des cérémonies et des conFérences dans l'amphithéâtre, Fierté de la communauté.En 1968, il devient le Cégep Saint-Laurent, un établissement oFFrant diFFérents programmes et reconnu pourses Formations en art.Musee des maîtres et artisans du Quebec En 1962, Gerard Lavallee, proFesseur d arts plastiques, Fonde une galerie d'art à l'intérieur du collège de Saint-Laurent.Nommée Nova et veteradont le nom signiFie « réalités anciennes et nouvelles », elle avait pour objet de sensibiliser la jeunesse aux a rts et au patrimoine.En 1972, on la rebaptise Galerie d'art Kébec et en 1975 elle prend place dans la chapelle de l'ancienne église St-Andrew and St-Paul, érigée en 1867 sur le boulevard Dorchester à Montréal.Au début des années 30, cette dernière est déconstruite et transportée pierre par pierre sur le terrain du Cégep Saint-Laurent a Fi n de Faire place à la gare Centrale.Ce lieu accueille des concerts, des enregistrements, ainsi que plusieurs événements d'envergure.La galerie d'art devient oFFiciellement le Musée d'art de Saint-Laurent en 1976 et sera rebaptisée Musée des maîtres et artisans du Québec en janvier2003.\t- cr 40 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 'V-*.^Collège Vanier En 1992, j'ai suivi un cours de dessin assisté par ordinateur pendant six mois a u Collège Va nier.J'appréciais beaucoup l'espace extérieur, en face du collège pendant les périodes de dîner, l'été.Tous les étudiants profitent alors du soleil qui plombe sur l'avenue Sainte-Croix.L'histoire du collège Vanier commence en 1847.Des soeurs Marianistes sont alors envoyées dans le petit village Saint-Laurent pour fonder une école pourjeunes femmes à l'emplacement actuel du bâtiment E du collège.Cette école se transforme par la suite en deux institutions plus grandes : le pensionnat Notre-Dame-des-Anges et le Collège Basile-Moreau, fermés en 1967 et 1968.Deux ans plus tard, le Cegep Vanier ouvre officiellement ses portes.Les bibliothèques La Bibliothèque du Boisé est stratégiquement située dans un secteur central de l'arrondissement de Saint-Laurent, à l'entrée du Boisé des Bois-Francs proche du parc Marcel-Laurin.Ses visiteurs peuvent profiter de parcours intérieurs et extérieurs, pédestres et cyclables.Le nouvel édifice abrite aussi le centre d'exposition Lethbridge et la réserve muséale du Musée des maîtres et artisans du Québec.Quant à la Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent, elle a bénéficié en 1990 d'un nouvel aménagement paysager.L'oeuvre intitulée Cailloudo du sculpteur Charles Daudelin (1920-2001) s'expose à l'entrée de la bibliothèque.Sa forme rappelle celle d'un oeuf ou d'un caillou usé par le temps.Récipiendaire du prix Paul-Émile-Borduas en 1985, il est reconnu comme un pionnier québécois de la sculpture abstraite et de l'art intégré à l'architecture.L\u2019usine de Bombardier >: WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS i» m L'JIifLÿE Quartier Bois-Franc Le quartier Bois-Franc est né de l'abandon du petit aéroport de Cartierville qui a laissé vacant un terrain de 20 millions de pieds carrés.En 1988, Bombardier Immobilier propose un projet de développement résidentiel à la Ville de Saint-Laurent inspiré d'un nouveau concept, le New Urbanism.Ce concept a entre autres permis la revitalisation du Vieux-Boston et du Vieux-Philadelphie ensebasantsur l'urbanisme de vieux quartiers.Le but était a lors de mettre en valeur le patrimoine immobilier de Bombardier en offrant aux résidents la présence d'espaces verts grâce à la plantation de 20 000 arbres et la présence de nombreux plans d'eau, tout en gardant une proximité avec le centre de Montréal.Le projet a été inauguré le 6 mars 1993.Récemment rénovée, l'usine de Bombardier de l'arrondissement produit des composantes d'avions.C'est en 1986 qu'elle s'installe après l'acquisition de l'entreprise Canadair, importante industrie aéronautique de Saint-Laurent.Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'usine employait 8000 à 10 000 ouvriers.Aujourd'hui, le site Bombardier de Saint-Laurent emploie plus de 3000 personnes et représente la plus vaste de ses installations dans la région de Montréal./ - O 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 41 y, avant ù'mt ««DE N'ALL AT S pfc ^Rs LïS AüTR£ç C-é.%UÀ AnA.a^l6£-C -A TnxiftcK-Zs /fi -eA PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO VERDUN -.4:- \u2022 ;\u2022\u2022\u2022.\t^ Jl\t\tv plein iÆ \\ XÏ-6 6OUTpLu$ ** \\ Des CoLUtGUES\t \tf§jg2>\t\t \t__PB\t\tn \tçf ._ ri, SA ¦¦¦\tj.\tV\tAfJrjFi\t/liçA P0$£0 i rtf&ss\t 1\t\t\tÆ MOTS DE CAMELOTS Publishing Four books Since April 29, 2011, I started publishing books.My first book, called My Impressions of Greece, sold 607 copies.It took two and a half years to complete it and it\u2019s a classic.It talks about every visit I made to Greece seeing family members, enjoying the beaches, food and healthy weather.My second book called Experiencing the Atwater Market sold 279 copies.It\u2019s a contemporary book that I thought of writing and it took about two years to release it on August 19, 2013.After working in the Atwater Market for several years I have met different people and seen what\u2019s going on there.My third book is called Enjoying the Game of Hockey and has sold 129 copies.Hockey is my favourite sport and I have some good memories.It took me 15 months to complete this book and released it on December 15, 2014.My fourth book called Trips are Fun took me 11 months to complete and I started selling it on March 17, 2016.1 made some unforgettable trips to the eastern part of Canada and the United States.This book has sold faster than the third book reaching 158 copies.In mid-November it was the first time I brought all four books at the same time at the Atwater Market.I sold 24 books in six weeks, but later on in January, I only sold one.There\u2019s patience and responsibility needed in order to do this.Every time a book of mine was released, Andrew, one of my customers, was always the first one to buy it.I\u2019ve also signed some of them when people asked me to.I feel proud to have been involved with such informative and truthful projects.BILLECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER 1^ 1 Fois 5 En 1976, quand le Parti québécois est entré, ils ont décidé de fêter la Saint-Jean-Baptiste sur la montagne avec tous les artistes québécois : Jean-Pierre Ferland, Robert Charlebois, Louise Forestier, Yvon Deschamps, Gilles Vigneault, Lise Payette.Les Cinq Mousquetaires partaient le spectacle.Ils ont décidé de faire cela au Lac-aux-Castors.C\u2019était comme Woodstock mais à Montréal.Tout le monde s\u2019amusait du lever du jour jusqu\u2019à la tombée de la nuit, on campait partout.La foule était immense.Il y avait pas mal de Peace and Love, de pot et de hash.Les personnes se baignaient dans le Lac-aux-Castors puisqu\u2019il faisait très chaud.On buvait de la bière, il y avait un feu de camp.C\u2019était vraiment une bonne Saint-Jean-Baptiste.Cela avait duré trois jours à peu près.C\u2019était comme si on avait fêté la montagne du Mont-Royal.Je trouve qu\u2019aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus pareil.Vers 23 h, ils mettent déjà les gens dehors.Dans mon temps, c\u2019était l\u2019époque des chanteurs québécois.C\u2019était une très belle époque.Il n\u2019y avait pas de violence.Tout le monde se passait le joint et jouait de la guitare ou du tam-tam.C\u2019est un beau souvenir à se rappeler pour le 350e anniversaire de Montréal.Je m\u2019en souviendrai tout le temps.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE ET THÉÂTRE DU RIDEAU VERT Angoissée Angoissée, je le suis.Un petit craquement me fait bondir le cœur, comme si j\u2019avais été témoin d\u2019un double meurtre.Epoumonée de tous les cris de femmes révoltées s\u2019entremêlant dans mon thorax, je suis muette.Ma voix, faisant des ronds de fumée avec ses dernières volontés, essaie de crier.tout ce qui en ressort est un gros crachat de désespoir.J\u2019ai mal, une boule de sanglots s\u2019entortille à travers moi, cherchant la sortie de secours.Mon soupir devient soudainement saccadé, comme le bruit d\u2019une vieille caravane sur le chemin du désert.Donnez-moi de l\u2019héroïne, de la coke, du speed ou un juicy, ce sera certes plus facile à vivre que ce grand vide qui séjourne en moi.Minuit et mes sentiments sont comme une horloge déréglée, qu\u2019on aurait laissée tomber dans le fond d\u2019un puits très sombre en plein milieu de l\u2019Afrique du Sud.Mon deuil, je le vis tel un verre d\u2019eau glacé en plein visage ! Déchirée entre la fuite, la haine, le pardon et l\u2019oubli, mes idées ne savent plus où donner de la tête.Transpercée de nouveau, marchant sur un pont en déséquilibre tout près de la dérive, je ne suis pas équipée pour traverser la rivière.Par chance qu\u2019il y a ces fameux Ferrero Rocher pour me redonner une dose de réconfort.Ma respiration, le sang qui coule dans mes veines, ma repousse de cheveux, mes ongles trop longs, mes cinq sens.La brise qui redresse les poils sur ma peau, l\u2019être mouvant qui me construit, mon âme, l\u2019amour, mon instinct.La crise va bientôt me rattraper, je dois conserver le peu de lucidité qui meuble mon esprit pour m\u2019accrocher à la vie, car je le constate par mon organisme imaginé par le Créateur : je suis un miracle! CINDY ROSE BÉNÉVOLEMÉTRO PEEL 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 43 DETENTE 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tOui conjure un malheur.2.\tÉtoufferons.3.\tCoiffure triangulaire.-Choisies.4.\tLisière.- Lettre grecque.-Période d\u2019activité sexuelle.5.\tLabourer.- Perdu.6.\tCheminera.- Apprentis boulangers.7.\tManteau de pluie.- Arrivées.8.\tFini.- Colora.- A moi.9.\tAgent secret français.- Crie, en parlant du cerf.- Combat.10.\tSis.- Enlace.VERTICALEMENT 1.\tQualifie d\u2019anciennes écritures égyptiennes.2.\tAllonger.- Pronom.3.\tCrèveraient.4.\tRicanements.5.\tAire de vent.- Groupe puissant et étendu.6.\tChiffres romains.- Oraisons.7.\tMesures agraires.- Classe.8.\tPropriétaire d\u2019un hôtel.9.\tOrganisation internationale.-Organe qui produit les gamètes.10.\tIséroise.- Our.11.\tSemer dans une terre déjà ensemencée.12.\tRoulé.- Règle.- Malpropre.Lambin Global Lettre grecque Bruit de moteur Tresse Nettoyage Certificats Convertit à l\u2019islam Altèrent Adjectif démonstratif Possédés Fessier Modératrices Enlève les planches Satellites Acide Ville d\u2019Italie Docteurs de la loi musulmane Déplace Transforma Greffé Musique Coupelle joseecardi nalal ©yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro Amusez-vous bien ! CARDINAL DISTRIBUTRICE 1KS ES\ta\ta\tD\tB\t\tEl\tEl\tm 44 ITINERAIRE.CA | 15 avril 2017 JEU DE CHIFFRES 2\t7\t4\t\t8\t\t3\t\t5 9\t\t\t4\t\t\t\t\t \t8\t\t\t3\t\t6\t\t \t\t8\t\t\t\t\t2\t \t\t\t8\t\t\t9\t\t \t\t\t\t\t1\t\t3\t 1\t\t6\t7\t5\t\t\t\t3 \t\t5\t\t9\t2\t\t\t8 8\t\t\t\t\t3\t\t\t6 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Source : Editions Goélette\tSolution dans le prochain numéro 3344 rrmï\" il* JEU DES 7 DIFFERENCES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.JEU DE CHIFFRES 2\t6\t9\t1\t5\t7\t4\t3\t8 4\t8\t3\t6\t2\t9\t1\t7\t5 5\t1\t7\t8\t3\t4\t6\t9\t2 6\t5\t8\t4\t1\t3\t7\t2\t9 3\t4\t1\t7\t9\t2\t5\t8\t6 7\t9\t2\t5\t8\t6\t3\t4\t1 9\t7\t6\t2\t4\t5\t8\t1\t3 8\t3\t4\t9\t6\t1\t2\t5\t7 1\t2\t5\t3\t7\t8\t9\t6\t4 JEU DES 7 DIFFÉRENCES r 15 avril 2017 | ITINERAIRE.CA 45 Solution dans le prochain numéro A PROPOS.DE L'ANGOISSE Le sourire est la grimace de la jeunesse, de même que la grimace est le sourire de la vieillesse.Adolphe d'Houdetot L'angoisse révèle à l'homme sa solitude, et par là-même sa liberté et sa dignité d'homme.Michel Tournier Toute cnil- c: peur d'ambition, qu'elle L'angoisse a le même nom que la vie, elle s'appelle Reviens.Camille Laurens Jiddu Krishnamurti Ce qui motive notre angoisse, c'est notre capacité à nous projeter dans le temps.Créer c'est utiliser l'angoisse, non\tBernard Werber point la guérir : tout ce qui guérit l'angoisse ressemble à la mort.\tMieux vaut être illettré, mais heureux et vivre une vie de plénitude, que d'être savant, bien placé dans la société, mais triste, inquiet, angoissé.Maurice Chapelan Le renoncement est la\tAïvanhov Omraam Mikhaël conséquence de l'angoisse inspirée par l'autorité.Sigmund Freud L'embarras est l'angoisse du choix.Albert Brie L'angoisse nous fait découvrir Dieu et nous fait l'aimer.Miguel de Unamuno L'anxieux, lorsqu'il éprouve ne rien trouver pour nourrir son angoisse, a trouvé.Louis Scutenaire Une angoisse teintée de faiblesse prépare mal deux êtres à la vie en commun.Jean-Claude Cia ri On ne meurt pas d'ennui, mais on peut mourir d'angoisse.Ivan Tourgueniev VILLE-MARIE MON CENTRE '\u2022 w ^ * '\u2022J \t COUP DE CHAPEAU Collectivement, nous travaillons à favoriser l\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes ! LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS QUARTIERS Zoom sur un partenaire qui fait la différence Sentier Urbain Le projet de Quartier Nourricier, développé en collaboration avec la CDC Centre-Sud, le Carrefour alimentaire Centre-Sud, la Société écocitoyenne de Montréal et Sentier Urbain, est sorti de terre.Dans le cadre de ce tout nouveau projet, Sentier Urbain met son expertise de l'avant en coordonnant un plateau de travail pour des jeunes vivant en situation de précarité.Agriculture urbaine, protection de la biodiversité.cette production annuelle bien singulière offrira non seulement fruits et légumes à la communauté, mais aussi elle permettra aux apprentis d'expérimenter différentes facettes du métier d'horticulteur.Pierre angulaire du concept, la première serre communautaire multifonctionnelle à Montréal sera inaugurée sous peu dans un parc Walter-Stewart fraîchement rénové.Une belle histoire à suivre ! 0 ntierurbain.org\tSuivez-les: Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie Ville-Marie Montréal @ 17-DS-51 stm.info/visiteurs Montréal et ses déplacements illimités dans 68 stations de métro et 220 lignes de bus.10$\t18$ Titre un jour\tTitre 3 jours Tarifs sujets à changement sans préavis.vive@75 MOUVEMENT COLLECTIF ^tm "]
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