L'itinéraire, 1 janvier 2017, lundi 1 mai 2017
[" T- Sentinelles 25 ans d\u2019écriture à L'Itinéraire Publication d'un recueil des plus beaux textes de nos participants Volume XXIV, n\u2018 09 Montréal, 1er mai 2017 www.itineraire.ca Ecrire exister ENTREVUE Monique Proulx DOSSIER Consommer autrement rrj Cv. UN PORTRAIT VRAI ET ACTUEL DE L'ITINÉRANCE PARCE QUE PERSONNE N'EST À L'ABRI MARDI 21 H en exclusivité sur À LA RUE LA NOUVELLE SÉRIE DOCU-RÉALITÉ DE JEAN-MARIE LAPOINTE 8624 HI 283 Luc Nom Luc Lenoir | Camelot n 63 Âge 58 ans I Points de vente Métro Berrî-UOAM et Saint-Denis/Maisonneuve Luc apprécie avoir grandi dans une famille où il a reçu de l\u2019amour et une bonne éducation.Mais après le divorce des parents, sa mère décède d\u2019un accident de voiture.Il a 12 ans.Sa fratrie est dispersée et il se retrouve en foyer d\u2019accueil.« Dans ce milieu-là, t\u2019es un numéro.Etre le douzième à prendre ton bain dans la même eau, ne pas manger à ta faim et subir des agressions font partie de ton lot quotidien.A 18 ans, j\u2019ai voulu voir ailleurs et pendant deux mois, j\u2019ai fait le tour du Mexique avec mon baluchon, j\u2019ai vu qu\u2019il y avait une autre vie.» Porté par son optimisme, Luc avait besoin d\u2019être rassuré, de savoir que le monde n\u2019est pas cruel et qu\u2019on peut vivre heureux.Il alterne études et emplois qui le mèneront de Rimouski à la Baie-James, de Drummondville au nord de l\u2019Alberta, à l\u2019Ecole de technologie supérieure en génie civil et au cégep du Vieux-Montréal en bureautique.Il a traversé le continent sans jamais poser ses bagages très longtemps.« j\u2019ai un côté volage, un brin libertin.Ça m'a apporté beaucoup parce que les voyages forment la jeunesse », admet-il, sourire en coin.La genèse de L\u2019Itinéraire En 1988, Luc fait la connaissance de François Thivierge, un intervenant du centre Préfontaine (aujourd\u2019hui Dollard-Cormier).Ils forment bientôt un groupe d\u2019une quinzaine de personnes partageant des affinités et connaissant les mêmes difficultés.Leur but est de permettre aux gens vivant en maisons de chambres de sortir de leur isolement.C\u2019est de cette idée que naîtra quelques années plus tard le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire.« Au tout début, nous organisions un souper la fin de semaine et un café-rencontre le mercredi.Nous voulions créer un lieu d\u2019appartenance pour donner aux gens la possibilité de partager leur vécu, en plus de les aider à améliorer leurs conditions de vie.» Luc remplit bénévolement diverses tâches au café et apporte son aide aux intervenants sociaux.Pour soutenir sa mission, le groupe publie un premier numéro du journal L\u2019Itinéraire en 1992.« Pour faire connaître l'organisme, on distribuait le feuillet dans les maisons de chambres du centre-ville.On publiait des poèmes et des récits d\u2019histoires personnelles en plus de fournir de l\u2019information.» Comme il est instruit et bon en français, Luc est secrétaire du groupe et rédige les procès-verbaux.En même temps, il défend énergiquement les droits des plus démunis en organisant des manifestations, des soupers-causeries, des ciné-clubs.Voyage au bout de soi Sous l\u2019adage « Rien dans les mains, rien dans les poches mais un journal dans la tête », L\u2019Itinéraire est bel et bien lancé.Luc a lui le goût d\u2019aller voir ailleurs, d\u2019autant qu\u2019il a fait la connaissance de Marie-Claude avec qui il vivra sa plus longue relation et fera un merveilleux voyage d\u2019amoureux en Italie.Quelques années plus tard, Luc est de retour à L\u2019Itinéraire, cette fois comme camelot.En plus, il occupe bénévolement différentes fonctions.« Aider les autres, c'est bon pour le karma », assure-t-il.Mais ses démons lui font la vie dure.Luc fait une sérieuse prise de conscience et entreprend courageusement une thérapie en vue de surmonter ses problèmes de consommation.Ça durera deux ans au bout desquels il reprendra son poste de camelot.Maintenant, il connaît ses limites et sait quand il est temps de « prendre un break ».Aujourd\u2019hui, son travail de camelot lui procure ce qu\u2019il a toujours recherché : une grande liberté d\u2019action et la possibilité de faire des choix.Il a raison d\u2019être fier du chemin parcouru depuis la formation du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire qui fut son port d\u2019attache au long de ses pérégrinations.Il prendra sa retraite dans deux ans et c\u2019est avec sérénité qu\u2019il envisage cette nouvelle étape.« je ne serai plus camelot mais je viendrai aider, je ferai du bénévolat, je prendrai soin de moi.et je ferai un quatrième voyage au Mexique.» ParChristine Barbeau, bénévole à la rédaction L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L'Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Le magazine bimensuel est produit par l'équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social par courriel à : c.e.lavery@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.ISSN -1 481 -3572 Numéro de charité : 13648 4219RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Canada PARTENAIRES MAJEURS C^nsdcl Québec B a Desjardins QUEBECOR Ville-Marie Montréal Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS >stm\tBROS SARD\" U^upperkut ^ emploi6 pvpîp L'IMPRESSION RESPONSABLE Fondation du Grand Montréal ÎÎYIÎ F1NlltTIIIN fcESAt\tC )\u201c\"St, a \u2022 \u2022 \u2022 i hwm\tV J Carmand Normand ry.1l I0MIMIB\t¦ ¦ 'A\t-\t¦ ¦\t¦ £ Canada-Vie t ^ f LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE\"! MdSOH MORIROi\tT*\t.Montréal RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEURCÉNÉRAL: LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MACALIE PAQUET Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIKMARCH Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRI0N, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE M0NTVAL0N, CHARLOTTE P0ITRAS, VALÉRIE SAVARD, LAETITIA THÉLÈME, GUILLAUME VICNEAULT, PAUL VANASSE Bénévoles à la révisio PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE Photo de la une MILTON FERNANDES | Camelot: GABRIEL BISS0NNETTE ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCYTRÉPANIER DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERCE Intervenante psychosociale: SOFIA SHLIK0V Responsable du Café PIERRE T0UCAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE - Glasford InternationalCanada Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernsts Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L'Itinéraire Administrateur ALEXANDRE PÉL0QUIN - Camelot de L'Itinéraire GABRIEL BISSON NETTE - Camelotée L'Itinéraire PIERRE SAINT-AMOUR - Camelotée L'Itinéraire ISABELLE M0NETTE - Fondation CSN KATHERINE N AU D - Ciusss Centre-Sud de Montréal CATALIN CARACAS - Ranger Design Représentant des camelots: YVON MASSIC0TTE- Camelotée L'Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE 1514 848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE CICNAC Chargée de projet: MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 L'Itinéraire EST MEMBRE DE aMeco \"lia'- -L-»:*-1 Peti Chambre dcHErt d» Montréal CHANTIER DE LÉCONOMIE SOCIALE & RIOCM 4 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'/tfnéra/re en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.A\tMIXTE V-lP FSC www.fsc.org\tPapier issu de sources responsables \tFSC* C011825 üre: ^ MOTS DE CAMELOTS Bill Economou.10 Jean-Paul Lebel.10 Claudine Boucher.10 Gilles Bélanger.42 Cécile Crevier.42 Jacques Élyzé.42 DOSSIER CONSOMMER AUTREMENT 111: \u2022\tDes consommateurs plus conscientisés \u2022\tL'art d'être « Grano-éco-chic» Par Alexandra Guellil \u2022\tZéro déchet - Petit guide de démarrage Par Mario Alberto Reyes Zamora \u2022\tDes cannettes,,, et des rêves ! Par Mostapha Lotfi PROJET | |J\\| K ^ lK ÉCRIRE POUR EXISTER Au printemps 1992 était publiée la première édition gratuite de L'Itinéraire, avant qu'il devienne un journal de rue vendu par des camelots.Pour célébrer ce 25e anniversaire, un recueil recensant 100 des meilleurs textes de ses participants sera distribué à partir du 24 mai prochain.Retour sur l'histoire de l'écriture à L'Itinéraire.SOMMAIRE ÉDITORIAL.7 La rue est une bibliothèque Par Charles-Éric Lavery ROND-POINT.8 Par Alexandra Guellil ROND-POINT INTERNATIONAL.9 COMPTES À RENDRE.28 L'argent Fait le bonheur Par lanik Mardi, économiste indépendant INFO RAPSIM.29 Québec revient sur ses coupes Par Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM ENTREVUE.30 Conversation avec un SDF pas comme les autres Par Benoît Chartier INFO CAMELOTS\t32 Par Yvon Massicotte CARREFOUR.32 CHRONIQUE.33 Un bateau sur le point de couler Par Said Farkouh MUSIQUE.37 Opéra de rue - À la rencontre de deux marginalités Par Luc Deschênes VIE DE QUARTIER.40 Mile End Par Jean-Claude Nault CHRONIQUE.43 Voir votre ordinateur autrement Par Annie Lambert DÉTENTE.44 À PROPOS DE LA CONSOMMATION.46 Mc^1* LECTEURS Chère équipe de L\u2019Itinéraire, J\u2019achète L'itinéraire depuis quelques années, quand je rencontre un camelot, maisje l'avais jusqu'ici feuilleté distraitement et mis au recyclage.Mais votre numéro sur le bonheur ! Impressionnant, vraiment.Ça vaut la peine d'être lu, c'est du journalisme de qualité, sur un sujet important.Bravo et je vous promets de regarder le journal plus sérieusement à l'avenir.Michèle Ouellet REÇU PAR LA POSTE ET ÉCRIT À LA MAIN.Juste un petit mot pour vous féliciter au sujet du contenu de votre revue.J'adore l'histoire de Tétreaultville [édition du 1er avril], connaître les camelots et me rapprocher d'eux.Félicitations pour la revue, son contenu ! Denise Veillette Les camelots sont des travailleurs autonomes.Erratum Dans la chronique de Marie-Andrée B.publiée dans L'Itinéraire du 1er avril 2017, La voie de la bientraitance, nous avons malencontreusement remplacé par deux fois le terme « communication non violente » par « communication non verbale ».Nos excuses à l'auteure et à ses lecteurs.JV #o du prix de vente du magazine leur revient.ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! 4446622 \u2014La justice, ça Consterne tout .e monde.grande OUVERTURE 7 dacembr» Bibliothèque Marc Fwreau IS Rosemont L\u2019École des métiers du cinéma et de la vidéo 4 programmes Montage/4 mois Films web/6 mois Vidéo/4 mois Documentaire / 9 mois EMC.V ÉCOLE DES MÉTIERS DU CINÉMA ET DE LA VIDÉO CÉGEP DE RIVIÈRE-DU-LOUP emcv.ca Image tirée de Ni vu ni connu, documentaire de David Gamache, en ligne au emcv.ca onglet Réalisations - Diplômés SURVIE Oui, j'appuie L'Itinéraire : DONS CARTES-REPAS ABONNEMENT Pour rejoindre notre service aux donateurs : © 514 597-0238, poste 240 @ dominique.racine@itineraire.ca JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75 $ O 100$ ou JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J'offre_______cartes-repas à 6$ chacune =_______________ Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : O TOTAL DE MA CONTRIBUTION : DONS + CARTES-REPAS JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :_ \u2019 Pour respecter l'écologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie le reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.NE Vous pouvez faire un don directement en ligne RAI\tsur notre site www.itineraire.ca RE Qx4ùwci/\tN\" de chante de l'organisme : 136434219 RR000I IDENTIFICATION Nom :_________ O Mme OM.Prénom Adresse Ville :__ .Code postal :___I__L II Courriel Téléphone:!______) __________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O Visa O MasterCard N°de la carte : I_I_I_I_I__I_I__I__I__I__I__I__I__I__I__I_I__I Expiration_____ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9 PHOTO : MILTOI EDITORIAL PAR CHARLES-ERIC LAVERY CHEF DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL ¦ f T^\u2019 A» La rue est une bibliothèque Je ne vous apprendrai rien, chers lecteurs et lectrices, en vous disant que nos camelots rédigent dans le magazine.Que vous lisiez L\u2019Itinéraire depuis seulement quelques mois ou que vous achetiez chaque édition religieusement auprès du même camelot depuis des années, leurs récits parfois touchants ou percutants, d'autres empreints d'une profonde analyse sociale sont très souvent les premiers que vous lisez.Depuis 25 ans, l\u2019écriture de ses camelots est au cœur de la mission de l\u2019organisme.Mais depuis 25 ans, beaucoup se disent encore que les itinérants ne savent pas écrire.D\u2019ailleurs, ce n\u2019est que l\u2019un des très nombreux préjugés qui semblent persister et que nos camelots doivent combattre quotidiennement.Il est grand temps que ça change ! L\u2019Itinéraire publie le premier livre de son histoire.En vente par nos camelots à partir du 24 mai prochain, et aussi dans quelques librairies indépendantes, c\u2019est un recueil de 100 des meilleurs textes de nos auteurs depuis la première parution de L\u2019Itinéraire - à son origine un petit feuillet distribué gratuitement.Les pouvoirs de l\u2019écriture Depuis 25 ans, l\u2019écriture est pour nos camelots un outil aussi - et pour certains, plus - puissant que la vente du magazine.Manon qui partage une épreuve difficile; Réal, des souvenirs de ses étés de jeunesse; Lorraine, une réflexion spirituelle et poétique sur la vie; Gisèle, une heureuse rencontre à son point de vente.Un mot de camelot ou chronique à la fois, ils et elles « tuent leurs bébittes », comme le disait Patrick Lagacé en 2011.Mais ils et elles enfilent aussi, et beaucoup plus depuis deux ans, le chapeau de journaliste.Ils partagent une réflexion touchante, profonde, crue, percutante, empreinte d\u2019une analyse rigoureuse, d\u2019une grande sensibilité aux enjeux sociaux, d\u2019un cheminement en lui-même par une lutte sociale perpétuelle.Le recueil se veut donc un hommage à tous ces récits de camelots qui ont fait battre leur cœur, celui de L\u2019Itinéraire, le vôtre.Ensemble, nous tuons des bébittes pour en créer une pas mal plus grosse, une super-héroïne capable de transformer la société.Passez le mot ! Mais depuis 25 ans, malgré les milliers d\u2019articles de camelots, malgré les millions de copies de L\u2019Itinéraire vendues, la perception de la majorité des gens n\u2019a pas changé : les personnes qui luttent contre l\u2019itinérance ne savent pas écrire.Elles ne peuvent conjuguer leurs verbes et accorder leurs participes passés, n\u2019ont pas d\u2019histoires à raconter, ne sont pas au courant des enjeux sociaux, ne sont dotées d\u2019aucune capacité de réflexion et d\u2019argumentation.Oui, les personnes itinérantes ont aussi des histoires à raconter, un cœur qui bat et qui ressent, une tête qui se souvient et réfléchit, des yeux qui pleurent et s\u2019émerveillent.et des mains pour écrire, pour rester, pour ne pas se faire oublier ! Mais à vous, chers lecteurs et lectrices, je ne vous apprends rien.Comme il est temps que les préjugés cessent, je vous invite à passer le mot tout autour de vous.Ensemble nous sommes capables de transformer la société.La rue est la plus belle des bibliothèques.Ayez le courage d\u2019y lire l\u2019un de ses auteurs.¦ Abonnez-vous à notre chaîne officielle Groupe Htinéraîre 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL questions à Diane Vinet Les données statistiques sont claires : près d'un Québécois sur cinq sera touché de près ou de loin par un problème de santé mentale au cours de sa vie.À l'occasion de la 66e semaine de la santé mentale, du 1er au 7 mai 2017, Diane Vinet, directrice générale de l'Association canadienne pour la santé mentale pour la division du Québec et la filiale de Montréal, revient sur l'importance d'une telle semaine.O Pourquoi est-il encore nécessaire de sensibiliser sur la santé mentale ?Si je devais dresser un bilan de ce qui a été créé depuis la première semaine de sensibilisation, je dirais globalement que l\u2019on avance : il y a eu quand même un plan d\u2019action en santé mentale qui a été mis en place par le gouvernement ainsi que d\u2019autres mesures qui sont axées sur la prévention.Mais, il y a encore beaucoup de travail à faire, ne serait-ce qu\u2019en promotion et en prévention de la santé mentale qu\u2019il faut vraiment voir comme un investissement puisque l\u2019on agit en amont.Parler de la santé mentale, c\u2019est-à-dire parler de « la bonne santé mentale », c\u2019est l\u2019affaire de tous.C\u2019est vraiment important de dire qu\u2019une bonne santé mentale, c\u2019est beaucoup plus que l\u2019absence de troubles mentaux.Quand on en a une optimale, cela signifie à la fois que l\u2019on ne souffre d\u2019aucun trouble ou maladie, mais aussi que nous avons un certain équilibre au quotidien.Par exemple, quand on s\u2019adresse aux aînés, il y a encore beaucoup de travail à faire quand on tente de démontrer par des enseignements et formations ce qui est de l\u2019ordre du vieillissement « normal » et ce qui correspond plutôt à une détresse psychologique.e Votre thème de cette année est de « parler haut et fort de la santé mentale » en mettant en avant l\u2019universalité de la problématique.Pourquoi ?Quand on dit que la santé mentale est l\u2019affaire de tous, c\u2019est aussi dire que ce n\u2019est pas juste une problématique individuelle, mais bien une responsabilité et une ressource aussi collective.Souvent, des conseils sont donnés à l\u2019individu qui a des problèmes de santé mentale.On peut lui conseiller par exemple de pratiquer le yoga ou un autre sport.Mais la plupart des conseils sont axés sur lui seul.Quand on prend conscience que c\u2019est aussi l\u2019affaire de tous, on pourra alors parler de l\u2019importance d\u2019avoir un environnement sain, d\u2019une éducation accessible et de qualité, un revenu décent ou des services de santé accessibles.Vous savez, je peux être très bien, mais si je vis dans un logement insalubre dans lequel je ne me sens pas bien, c\u2019est certain que cela ne m\u2019aidera pas à avoir une bonne santé mentale.Les Sur le plan économique, une population en bonne santé mentale est une ressource collective : « Selon les estimations de la CSMC, les maladies et les problèmes associés à la santé mentale coûtent à l'économie canadienne plus de 50 milliards de dollars par an, soit près de 1400 $ par personne au Canada en 2016 ».Source : Commission de la santé mentale du Canada.(2017).Selon l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (2011), « on remarque l'émergence d'une quantité considérable de travaux sur l\u2019efficacité des interventions de promotion de la santé mentale et de prévention de la maladie mentale, notamment celles qui visent à améliorer la qualité de vie ».Source : Roberts, G.et Grimes, K.(2011).études l\u2019ont démontré à plusieurs reprises, les facteurs sociaux influencent l\u2019état de notre santé mentale et physique.Parler haut et fort de la santé mentale signifie aussi se faire entendre pour nourrir et consolider les compétences individuelles et reconnaître les environnements favorables à une bonne santé mentale.© Sentez-vous que la santé mentale est une problématique souvent exclue des problèmes de santé ?Il est vrai que l\u2019on réduit souvent les problèmes de santé à la santé physique, surtout lorsque l\u2019on parle de l\u2019influence que peuvent avoir les déterminants sociaux comme le logement ou l\u2019éducation.C\u2019est pourquoi il est préférable de parler de « la santé globale ».Cela permet d\u2019inclure à la fois la santé physique et la santé mentale.Depuis de nombreuses décennies, on parle plus souvent des problèmes de santé physique.Par exemple : prendre une marche aide à réduire les problèmes cardiaques et manger sainement prévient certainement le cancer, mais tout cela participe aussi à un meilleur équilibre donc aune meilleure santé mentale.Il existe encore une certaine réticence à parler de la santé mentale; rien que par son terme, qui a encore une connotation très négative et qui fait peur.Le côté maladie mentale va souvent être associé aux troubles psychotiques et aux comportements de crise.Cela fait malheureusement partie de la représentation que l\u2019on a collectivement de ce qu\u2019est la santé mentale.La stigmatisation et les préjugés sont donc encore présents, ce qui mène à des tabous qui persistent.Et ce, alors même que l\u2019on peut très bien en parler de façon positive et éducative.¦ S ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 WW ROND-POINT INTERNATIONAL SALVADOR | Les villages de pêcheuses se battent pour manger La pêche et la récolte des mollusques sont les principales sources de nourriture et de revenus au Salvador, ce pays d\u2019Amérique centrale de 6,3 millions de personnes.Les deux ont été durement touchées par les facteurs environnementaux et par la violence des gangs.Mais les femmes de Las Gaviotas répliquent à la pauvreté en opérant leur propre coopérative.« Nous avons eu peur (des gangs), donc personne ne sort la nuit, et la pêche de cette période de l\u2019année est meilleure la nuit, mais cela change un peu maintenant», a déclaré Berfalia de Jésus Châvez, l\u2019une des membres fondatrices de la Coopérative Las Gaviotas, créée en 1991, composée de 43 femmes et constituée de seulement 10 bateaux et deux voitures.Lorsque la pêche est bonne, elles peuvent attraper pour 40 dollars par semaine de poissons.Les changements climatiques ont également réduit la capture de poissons, tout comme les phénomènes de la Nina et de el Nino.La prévalence de la sous-alimentation au Salvador représente 12,4 % de la population, selon l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO).[Inter Press Service/INSP) FIDJI | L\u2019éducation pour contrer l\u2019exploitation Après avoir instauré l\u2019éducation gratuite et obligatoire, le gouvernement de Fidji constate que le nombre de cas déclarés de travail d\u2019enfants a chuté de 64 en 2011 à 5 en 2016.Cependant, le manque de croissance économique, le chômage élevé et les bas salaires contribuent encore à la pauvreté dans la région.Mais l\u2019élimination du travail des enfants, qui est également répandu dans d\u2019autres pays insulaires du Pacifique comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) et le Samoa, dépend de la croissance du travail rémunéré décent et de la réduction des inégalités.Des études menées à Fidji et en PNG par l\u2019Organisation internationale du Travail (OIT) au cours de la dernière décennie ont identifié la pauvreté et les difficultés financières comme les principaux facteurs du travail des enfants qui œuvrent dans la rue, mendient ou font les poubelles, alors que les jeunes filles sont plus vulnérables à la prostitution et à la servitude domestique.Des programmes de formation pour contrer le travail des enfants par le biais de la scolarisation gratuite ont été menés auprès d\u2019enseignants, de policiers et de leaders communautaires.Mais bien que de plus en plus d\u2019enfants fréquentent l\u2019école primaire, le taux de décrochage au secondaire demeure élevé, tout comme le sont les emplois pour ceux qui décrochent leur diplôme.[Inter Press Service/INSP) VENEZUELA | Au secours des affamés Alors que les Vénézuéliens entrent dans la quatrième année d\u2019une écrasante récession qui a obligé beaucoup d\u2019entre eux à se priver de manger et à se heurter à la rareté d\u2019aliments subventionnés, une pléthore de projets de solidarité ont vu le jour.A Caracas, des bénévoles du programme Haz la diferencia (Faire une différence), choqués de voir leurs concitoyens fouiller les poubelles pour se nourrir organisent des soupes populaires et des dons de vêtements au plus grand plaisir des enfants venus d\u2019une ville à quelques heures de la capitale.Il en va de même pour six restaurants haut de gamme qui ont formé l\u2019organisme « Ventre plein, cœur heureux » - qui fournit de la nourriture, prépare des repas et les sert à un foyer pour personnes âgées et à un hôpital pour enfants.Dans ce pays qui fut jadis l\u2019un des plus riches en Amérique latine, de plus en plus de particuliers, d\u2019entreprises, d\u2019églises et de restaurants ont démarré des projets partout au pays pour servir de la nourriture, faire des dons de vêtements et des dons de fournitures pour des hôpitaux en pénurie de stock.(Reuters/INSP) L'Itinéraire est membre du international Network of Street Papers {Réseau International des Journaux de Rue - INS P).Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 9 TRADUCTIONS : GENEVIÈVE BERTRAND PHOTO : CATH ER I [TE Wl LSON/I PS My Daily Needs MOTS DE CAMELOTS h I know what my primary concerns are every day.I wake up and weigh myself then wash up and have my breakfast.These past five years I\u2019ve lost over 20 pounds through proper dieting.Before leaving I sometimes read the Bible and always pray for others and ask for divine protection.I\u2019ve studied the Bible thoroughly since 1990 with the guidance of the Holy Spirit.These are the main guidelines to start my day.Setting my mind on having a good day is important.My heavenly Father knows what my needs are.I can do all things through Christ who strengthens me.Why worry when Jesus is on my side 24 hours a day ?I have my health, some friends, but I could be making more money.I enjoy eating well every evening at home and I thank my parents for that.Later at night I like watching some hockey, wrestling, Greek TV and using the internet.I don\u2019t like the winter because it\u2019s too cold and I\u2019m stuck inside.I enjoy the other seasons a lot more, because I see green space and I can go out easily to swim and travel.Many of these elements are essential to living a better life.BILLECONOMOU CAMELOT MARCHÉ ATWATER Alexandra, dumpster-diveuse depuis dix ans Ma grande amie Alexandra subvient à ses besoins en grande majorité en récupérant des produits invendus.Elle parcourt les ruelles de Montréal en fouillant les conteneurs et y trouve des trésors tels que des vêtements, de la nourriture et des produits de toute sorte.Justement, au moment où j\u2019écris ce texte, elle vient de trouver une dizaine de fromages de haute qualité supposément passés date, que nous avons partagés avec fierté, alors que nous n\u2019aurions pas eu les moyens de nous les payer.Alexandra a commencé ça à 17 ans, en fugue, sans revenu.Après deux jours sans nourriture, elle a décidé de fouiller dans les poubelles du complexe Desjardins et y a trouvé des frites, du poulet, de la salade et beaucoup d\u2019autres repas plus ou moins entamés.Elle a compris que ce serait le début d\u2019une quête sans limites.Après quelques années, elle a acquis de l\u2019expérience et repéré de bons endroits où elle trouve de tout et de rien.Il faut être patient puisque des fois, c\u2019est vide et d\u2019autres, c\u2019est plein.Il n\u2019y a pas longtemps, elle a trouvé plusieurs pages Facebook qui sont destinées à lutter contre le gaspillage, comme Free Food for Free People Montréal.Il est nécessaire de contrer le gaspillage car nous avons assez de ressources pour subvenir aux besoins de tout le monde, mais nous préférons mettre des dates de péremption et scrapper les invendus.À bientôt Sofia Chère Sofia, Je voulais écrire ces quelques mots pour souligner ton départ.Comme beaucoup de gens à L\u2019Itinéraire, j\u2019ai appris cette nouvelle avec un peu de tristesse.Après ces deux dernières années passées avec nous, tu faisais vraiment partie de la famille.Durant ce temps, j\u2019ai appris à te connaître et à t\u2019apprécier.Ta belle énergie va nous manquer.Parler avec toi est toujours un plaisir et nos échanges m\u2019ont souvent apporté une aide précieuse.Je suis convaincue que tu relèveras avec la même bonne humeur et la même humanité les défis qui t\u2019attendent dans ton nouvel emploi.Tes futurs collègues et tous ceux que tu côtoieras ont beaucoup de chance.Bonne route et bonne chance, de la part de Claudine et de tous les camelots ! CLAUDINE BOUCHER PARTICIPANTE JEAN-PAUL LEBEL CAMELOT SAINT-DENIS/ ÉMERY\tA lai 2017 ÏÜSÏSJ DOSSIER En avril dernier, de nombreux médias ont alerté l\u2019opinion publique sur la fraude alimentaire.Le chiffre a été donné par l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments (ACIA) : sur 3601 aliments analysés et importés au Québec, environ 20 % étaient non conformes en raison principalement de leur étiquetage.En bref, sans le savoir, certains consommateurs ont pu manger du porc alors qu\u2019ils croyaient manger du veau ou alors acheter des avocats bio qui n\u2019avaient de « bio » que leur étiquette.\tM\t\t * \u2019\t, IP\tr\tu\t\t\t Ces scandales alimentaires peuvent mener àvouloirconsommerautrement,defaçon plus responsable, c\u2019est-à-dire en respectant des normes sociales et environnementales.Que ce soit dans son assiette ou dans ses déplacements, cette conscientisation donne naissance à de nombreux concepts mieux connus sous les idéologies du minimalisme, de la simplicité volontaire ou encore du zéro déchet.Mais comment peut-on s\u2019y retrouver ? ENTREVUE Des consommateurs plus conscientisés PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRA CUELLIL Membre de l'Observatoire de la consommation responsable depuis 2012 et professeure au département marketing de l'ESG-UQÀM, Élisabeth Robinot s'intéresse principalement au comportement du consommateur appliqué aux problématiques du marketing vert.En entrevue, elle explique les principes généraux de la consommation responsable.Comment peut-on définir la consommation responsable ?Il s\u2019agit d\u2019un concept qui permet de consommer en respectant des produits et des services « fabriqués » de façon responsable, c\u2019est-à-dire selon des considérations sociales et environnementales.Les consommateurs font ainsi des choix économiques dans l\u2019ensemble de leurs achats qui respectent des normes particulières.Pour consommer de façon responsable, il faut prendre en compte trois piliers : s\u2019assurer que le produit a été « fabriqué » dans des conditions socialement respectables, éthiques et qui respectent l\u2019environnement.Par exemple, d\u2019un point de vue économique, la production de bananes doit se faire en respectant les droits des travailleurs.Est-ce que ce concept est en progression chez les consommateurs québécois ?Selon les enquêtes que l\u2019on réalise depuis 2010 à l\u2019Observatoire de la consommation responsable, il est vrai que l\u2019on note une progression importante de ce type de consommation.Au niveau du Québec, il y a une certaine tendance de conscientisation, que l\u2019on retrouve aussi beaucoup à Montréal, et qui est due à l\u2019apparition de services qui vont « En 2016, la part des consommateurs les plus responsables au Québec a augmenté à 21,4%.L'indice de consommation responsable était supérieur à 80 %.» Source : Baromètre de la consommation responsable de 2016 dans ce sens.C\u2019est le cas des fermes Lufa ou de toutes ces initiatives qui permettent de développer l\u2019agriculture urbaine et locale tout en favorisant l\u2019éthique dans la production et dans la commercialisation des produits.Quand on dit consommer de façon responsable, c\u2019est souvent lié à notre alimentation.Y a-t-il une raison particulière à cela ?Avec notre dernier rapport, on s\u2019est rendu compte que la première préoccupation des consommateurs était leur santé.Manger autrement est donc perçu comme une façon d\u2019y faire plus attention en favorisant l\u2019achat de produits qui visent le bien-être et la santé.Lorsque l\u2019on regarde les critères les plus importants dans le choix de produits alimentaires, on remarque que les consommateurs identifient d\u2019abord l\u2019origine du produit (64 %), c\u2019est-à-dire son « lieu de fabrication », avant d\u2019identifier son authenticité.L\u2019étude a aussi montré le fort impact du logo Aliments du Québec sur le choix des produits alimentaires.Cela signifie que c\u2019est la provenance locale qui parle le plus aux consommateurs.On peut comprendre cette donnée en se rappelant que dans la consommation responsable, il y a une grande dimension environnementale.Oui consommer bio, mais si les bananes ont déjà parcouru 5000 km en avion pour arriver au Québec, l\u2019impact environnemental ne change pas.Les bananes bio produites ailleurs seront donc délaissées pour des pommes produites au Québec.Il faut aussi noter que les consommateurs évitent généralement les produits transformés ou usinés justement pour que leurs valeurs soient respectées.Quel est le profil des individus qui ont un fort indice de consommation responsable ?En 2016, comme depuis 2010 et à l\u2019exception de 2015, les femmes obtenaient un score légèrement plus élevé que les hommes sur leur niveau général de consommation responsable.Les femmes se distinguaient particulièrement des hommes sur les comportements de déconsommation et sur les comportements de recyclage.Il est 12 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 PHOTO : DOLCACHOV (123RF) « L'origine des produits semble mobiliser les consommateurs alors que près des deux tiers des répondants mentionnent que le lieu de fabrication constitue un critère très important lors de l'achat de produits alimentaires.» Source : Baromètre de la consommation responsable de 2016 important aussi de relever les groupes d\u2019âge : en 2016, ce sont les 18 à 24 ans qui occupaient la première place, suivis des 65 ans et plus, des 45 à 64 ans et des 24 à 44 ans.Globalement, cela peut être dû aux efforts de sensibilisation des écoles primaires et secondaires, mais aussi au fait que selon les âges, les individus semblent favoriser les pratiques différentes de consommation responsable : les 18 à 24 ans occupent ainsi la première position sur les pratiques de déconsommation, du transport durable et de la consommation collaborative alors que les 25 à 44 ans sont plus interpellés par les pratiques de compostage.Notons simplement que les comportements peuvent être subis par les individus étant donné leur situation financière et professionnelle.Qu\u2019en est-il de l\u2019usage des services et produits collaboratifs type Uber ou Airbnb?Certains les utilisent parce qu\u2019ils ont à cœur de favoriser l\u2019économie collaborative quand d\u2019autres le font uniquement pour des raisons financières.La tendance actuelle est d\u2019aller vers la dépossession des objets.Plusieurs consommateurs s\u2019aperçoivent qu\u2019ils ont besoin de moins posséder et que la fonctionnalité unique répond amplement à leurs besoins.L\u2019échange, le don et le partage d\u2019objets sont des éléments de plus en plus en croissance.C\u2019est à la mode.« Les Québécois sont encore frileux vis-à-vis de l'adoption de pratiques écoresponsables durant leurs séjours touristiques.» \u2022Usabeth Robinot Quels sont les liens entre la consommation responsable et l\u2019accessibilité à l\u2019information liée à un produit ou à un service ?Pour suivre les principes de la consommation responsable, il faut avoir accès à l\u2019information des produits et services et savoir la traiter.Il est donc important d\u2019informer les consommateurs de façon simple pour qu\u2019ils puissent s\u2019approprier toutes les données.Si on reste dans un discours conceptuel, abstrait et complexe, cela n\u2019aidera pas à changer les habitudes des consommateurs.Le problème de l\u2019étiquetage des produits est souvent source de débats.Existe-t-il une solution universelle qui permet à la fois de respecter les lois du marché et d\u2019informer réellement le consommateur ?Notre étude a démontré que les Québécois sont confus lorsqu\u2019il est question des allégations environnementales des produits sur le marché.Plus d\u2019un répondant sur deux n\u2019arrive pas à bien déchiffrer l\u2019information qui lui est communiquée.Cette confusion fait douter les consommateurs.C\u2019est un problème très complexe.Beaucoup d\u2019enseignes européennes proposent aujourd\u2019hui leur propre étiquetage.Le risque avec ce processus est de perdre le consommateur qui ne saura plus où regarder.Il faudrait donc viser une uniformisation de l\u2019étiquette d\u2019un produit pour qu\u2019il y ait les informations liées à toute la production du produit ou du service en question.Mais c\u2019est vrai que c\u2019est très complexe.Donnée surprenante que l\u2019on retrouve dans votre étude, celle de l\u2019écotourisme qui ne semble pas être si populaire que cela au Québec.Quelles en sont les raisons ?L\u2019écotourisme traduit les choix écoresponsables des consommateurs dans les domaines de l\u2019hébergement, du transport, des activités pratiquées et des choix alimentaires pendant les séjours touristiques.Les Québécois sont pour l\u2019instant peu tournés vers l\u2019écoresponsabi-lité lors de leurs séjours touristiques.Ils partent proportionnellement peu en dehors du Québec et quand ils partent, ce ne sont pas des critères qu\u2019ils considèrent.Par exemple : 4 vacanciers sur 10 utilisent des transports en commun.Le volet écoresponsable a peu d\u2019influence dans les choix alimentaires durant les séjours touristiques.Quand on analyse la théorie du minimalisme, qui a pour but de faciliter la dépossession des objets et précisément la façon dont elle est mise en application, on se rend compte quelle ne bénéficie pas toujours aux personnes dans le besoin.Quelles en sont les raisons ?C\u2019était la philosophie de départ de ce mouvement.Malheureusement, on s\u2019aperçoit qu\u2019il touche plutôt des personnes qui ont un haut revenu alors qu\u2019initialement, ce mouvement favorisait l\u2019accès à des conditions de consommation égales et éthiques pour tous.Mais il faut quand même nuancer les propos : dans certains quartiers montréalais qui éprouvent des difficultés, il y a quand même eu la création des jardins communautaires et d\u2019autres efforts au niveau des municipalités pour favoriser l\u2019accès à l\u2019alimentation saine à tous ou encore à l\u2019éducation.¦ Les 5 produits écoresponsables les plus achetés â *î é* Sacs d\u2019épicerie réutilisables Fraises cultivées localement Tomates cultivées localement Pommes cultivées localement Salades/laitues cultivées localement v J 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 13 CONSEILS PAR MARIO ALBERTO REYES ZAMORA STAGIAIRE PHOTOGRAPHE Zéro déchet Petit guide de démarrage Le mouvement « zéro déchet » prend de l'ampleur à Montréal.Pour preuve, sur les réseaux sociaux, les utilisateurs sont de plus en plus nombreux à rejoindre le mouvement, et à se conseiller sur toutes sortes d'astuces.Ils sont aujourd'hui plus de 4000 membres sur Facebook.Selon le journal Métro, un ménage montréalais produisait en moyenne 278 kg d'ordures (hors recyclage et déchets organiques) en 2014.Comment réduire concrètement notre empreinte écologique ?Voici des astuces regroupées en six besoins de base pour réussir une transition efficace.Se nourrir Chez le boucher, le poissonnier, le boulanger ou le fromager, l'utilisation d'emballages multiples est fréquent.Apporter ses propres récipients et/ou sac en tissu.L'origine des aliments et la façon dont ils sont acheminés aux épiceries et commerces déterminent leurs impacts sur l'environnement.Prioriser les petits producteurs locaux.Certains produits de notre alimentation de base sont souvent accompagnés d'emballages superflus (plastique, cartons, verre ou métal) plus difficilement recyclables.Acheter en vrac le riz, les pâtes, les lentilles, les céréales, la farine, le sucre ou le sel permet de diminuer les déchets.Jeter Les matières organiques représentent environ 45 % de nos poubelles.Certains quartiers offrent un service de cueillette des matières organiques.Si ce n'est pas le cas, il est possible de composter à domicile (vermicompostage ou compostage domestique).\t \tSe déplacer en l'environnement, avec lission des gaz à effet de serre.De plus, il est nécessaire de bouger, la sédentarité pouvant être néfaste pour la santé.Privilégier les moyens de transport à « propulsion humaine » comme la marche, la course, le vélo, les patins à roues alignées ou les planches à roulettes, qu'ils soient personnels, en libre-service ou achetés à bas prix.De plus, le transport en commun peut être plus rapide et efficace lorsque la météo n'est pas favorable.Pour sortir de la ville et se rendre plus loin, le covoiturage peut s'avérer pratique et abordable. * Consommer Le shampoing, le savon, le dentifrice, le déodorant ou la crème à raser sont suremballés.Passer aux cosmétiques solides ou les fabriquer soi-même afin de contrôler la qualité et la quantité des ingrédients du produit.Les brosses à dents classiques sont faites de plastique polluant.Idéalement, préférer une brosse à dents en bambou avec des poils en nylon biodégradables.S'habiller Plusieurs personnes aiment bien changer de style et avoir du choix quand vient le temps de s'habiller.Parfois on peut perdre ou prendre du poids ou les enfants peuvent rapidement grandir.Ceci pousse à changer de vêtements.Malheureusement leur prix est dispendieux quand ils sont neufs.Que ce soit pour acheter à bas prix ou vendre les vêtements que vous ne voulez plus, les friperies demeurent une bonne option.Les familles qui ont des enfants d'âges semblables ou avec un léger écart peuvent s'échanger des vêtements.Vous pouvez organiser des soirées d'échange de vêtements entre amis, voisins et même créer un groupe à cet effet sur les réseaux sociaux ! Nettoyer Les produits ménagers sont habituellement proposés dans des contenants à usage unique et comportent souvent des produits chimiques.Là encore, il est possible de trouver son bonheur avec les produits en vrac ou bio.Il y a aussi possibilité d'utiliser des recettes maisons.Par exemple, le vinaigre, le bicarbonate et le citron sont des ingrédients de base pour fabriquer des nettoyants.En dernier recours, il existe aussi des produits biodégradables commerciaux qui ont par contre des emballages.Les défis du « zéro déchet» La soie dentaire est très difficile à remplacer La litière et la nourriture pour les animaux domestiques se trouvent difficilement en vrac Les couches lavables pour les bébés ne sont pas toujours pratiques, surtout en voyage L'étiquetage sur les fruits et légumes est parfoit inévitable.Certaines entreprises ont même décidé de « tatouer » les aliments sur leurs pelures 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA Portraits croisés L'art d\u2019être « Crano-éco-chic» PAR ALEXANDRA GUELLIL Laure Caillot et Melissa De La Fontaine Dans l'appartement de Laure Caillot, « il n'y a rien de superflu ».Sa Fille ne possède qu'un bac à jouets qu'elle peut ranger Facilement le soir.À trois avec son conjoint, leur budget en alimentation est d'environ 80 à 100 $ par semaine.Ce qui couvre largement les déjeuners, lunchs et soupers de toute la Famille.Maman zéro déchet assumée jusqua avoir créé un blogue à ce sujet, Laure Caillot, 36 ans, a choisi d\u2019acheter le plus possible des aliments bio, de saison et produits localement.« je crois que chacun a sa limite.Nous, c\u2019est le choix que nous avons fait, mais ça ne veut pas forcément dire que l'on est obligé d\u2019acheter chacun de nos aliments uniquement s'ils sont bio, de saison et produits localement », explique-t-elle en prenant l\u2019exemple de ce qu\u2019il est possible de trouver dans les épiceries en vrac.« Ils ont des aliments de base qui coûtent moins cher comme la farine, du riz, des pâtes, des lentilles, ou des flocons d'avoine.Le zéro déchet reste un choix qui comporte plusieurs options.Le vrac en est une puisque certains producteurs achètent leurs produits par le volume.C\u2019est pour cela que cela coûte vraiment moins cher au consommateur.» A ses côtés, Mélissa De La Fontaine avec qui elle a pu animer une conférence dernièrement sur le mouvement zéro déchet.« C\u2019est sur le long terme que ce type d\u2019action peut être bénéfique sur les finances personnelles comme l\u2019environnement », ajoute-t-elle.Elle aussi collabore à un blogue pour partager ses expériences de vie ainsi que ses réflexions.A 29 ans, la jeune femme vit seule dans un 2 et 'h avec son oiseau.Elle ne se cache pas d\u2019aimer les pots Mason et d\u2019avoir en horreur les déchets.« Oui, c\u2019est certain que si on fait toute notre épicerie à une même place, cela peut vite nous revenir cher, mais il y a d\u2019autres alternatives.» Celle qui est aussi réalisatrice de profession parle de sa hantise quasi viscérale du gaspillage alimentaire.« On perd des sommes plus importantes en jetant de la nourriture plutôt qu\u2019en trouvant des solutions comme récupérer \"les restes\".» Le mouvement zéro déchet, elle le suit en fonction de ses propres exigences.« j\u2019ai une voiture que j\u2019utilise pour le travail quand je n\u2019ai pas le choix.Mais en ville, je me déplace généralement en transport en commun.Chacun y va avec son mode de vie.» Penser différemment En moyenne, Mélissa De La Fontaine dépense 50 $ par semaine en alimentation.Au moment où elle parle de son budget hebdomadaire, son cellulaire sonne, elle vient de recevoir un message d\u2019une fruiterie de son quartier avec qui elle vient de passer un accord qui semble la satisfaire.« Chaque semaine, ils me feront une boîte non emballée oû ils mettront les fruits et les légumes de leur choix.Le tout pour environ 30 piasses.Ça coûte moins cher à tout le monde et ça évite d\u2019utiliser des emballages ».Ce type d\u2019arrangement n\u2019est pas le premier que Mélissa De La Fontaine se permet de prendre avec les commerces de son quartier.Ce changement de comportement est même devenu source de nombreuses blagues dans sa famille qu\u2019elle considère comme aisée.Elle dit d\u2019ailleurs être celle qui vit avec le moins d\u2019argent.« Quand j\u2019ai commencé à ramasser les \"restes\", c\u2019était comme moyennement bien vu.Maintenant, j\u2019ai le culot de ramener les restants de toute la table au complet, je ramène un méga Tupperware.C\u2019est rendu quasi une joke ! », raconte-t-elle un sourire aux lèvres.Mais, elle l\u2019avoue, il faut quand même oser pour avoir une telle attitude.« j\u2019ai un salaire quand même bas si on prend la moyenne des jeunes de ma génération, 30 000 $ 16 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 PHOTO : LAURE CAILL( par année environ.Mais tout ce que j\u2019achète pour suivre ce mouvement zéro déchet, je le vois comme une ressource commune, je ne veux pas gaspiller les choses que j\u2019ai même si je peux en acheter d'autres.Même si je gagnais 100 000 $ par année, je ne voudrais pas plus gaspiller la pomme que je viens d\u2019acheter parce que je considère que c\u2019est un bien collectif et que je ne peux pas le gaspiller », souligne-t-elle.Pour sa part, Laure Caillot a mis en place quelques petits rituels quotidiens comme le fait de conserver au congélateur les pelures de carottes, d\u2019oignons, de pommes de terre ainsi que les queues de brocolis.Tout cela lui sert à préparer ses propres bouillons de légumes.« C\u2019est essayer de penser comment on peut optimiser tout ce que nous pouvons consommer.Il y en a même qui parviennent à faire des chips avec des pelures de pommes.On est plus habitués à cuisiner les \"restes\".Mais quand on mélange tout ensemble, on obtient simplement un touski et au besoin, on peut rajouter un œuf et cela donne une base d\u2019omelette.Il suffit juste d\u2019être créatif.» Les deux jeunes femmes ne mangent pas ou peu de viande.Elles disent économiser un peu plus et respecter ainsi leurs convictions.Leurs protéines, elles les trouvent la plupart de temps en consommant plus de légumineuses.« Cela ne veut pas dire que pour être zéro déchet, il faut obligatoirement arrêter de manger de la viande.Ça dépend encore une fois des valeurs de chacun », insiste Laure Caillot.Conscientisées Le concept du zéro déchet a été popularisé par la publication du livre Zéro Déchet de Béa Johnson, une Franco-américaine qui dit vivre sans produire de déchet depuis 2008.Elle y parvient principalement en faisant le tri dans ses besoins et en recyclant.Avant même de connaître ce mouvement, Laure Caillot avait déjà certaines habitudes quotidiennes : elle préparait ses propres produits d\u2019entretien ménager et utilisait des couches lavables pour sa fille.« Et un jour, j\u2019ai découvert Béa Johnson qui a mis sur la mappe ce mouvement.Et c\u2019est là que nous avons mis un mot sur nos gestes quotidiens.» La jeune femme qui travaille dans le domaine des médias numériques cherchait à bloguer autrement qu\u2019en racontant ses voyages ou expériences d\u2019expatriation.« Grâce à des amis, j\u2019ai voulu montrer l'envers du décor du zéro déchet qui convient à mon mode de vie.Il y a beaucoup de blogues à ce sujet, et c\u2019est bien.Ce qui compte c\u2019est que l'on fasse de quoi chacun à notre rythme en respectant nos propres contraintes.» Fontaine « Cela me faisait capoter de constater le non-sens de certaines de nos actions.Beaucoup de personnes achètent des beaux fruits et légumes qu'ils finissent anyway en soupe parce qu'ils n'ont pas eu d'autres solutions.Alors les acheter \"moches\" alors qu'ils sont encore bons, qu'est-ce que ça change ?» Mélissa De La Quant à Mélissa De La Fontaine, c\u2019est lors des fêtes de fin d\u2019année qu\u2019elle s\u2019est questionnée sur la quantité importante de déchets produits.Elle ne comprenait pas comment dans une seule famille on pouvait utiliser autant de papier de soie.« j\u2019ai remarqué que l\u2019on consommait beaucoup de choses parce qu\u2019on le pouvait, parce qu\u2019elles étaient à moindre coût à Dollarama et que l\u2019on ne se questionnait même plus sur les effets de ces choses-là sur l\u2019environnement », explique-t-elle.Simplicité ou pauvreté volontaire ?Zéro déchet, minimalisme, simplicité volontaire ou consommation responsable, il peut être difficile de se retrouver dans l\u2019ensemble de ces concepts.Pour Laure Caillot aussi, les distinctions ne sont pas aisées à faire.Elle se prête tout de même au jeu.« On pourrait dire que l\u2019on suit un peu le concept du minimalisme dans le sens où l\u2019on n\u2019a pas beaucoup de choses dans la maison, explique-t-elle.Ma fille peut vider son bac de Lego au complet, ses jouets peuvent être étalés dans le salon, ça ne me dérange pas.Cela ne prendra pas plus de dix minutes le soir à tout ranger.» Elle apprécie beaucoup ce côté pratico-pratique qui lui fait gagner du temps pour les tâches ménagères.Quand elle s\u2019est plus impliquée dans le mouvement zéro déchet, les déménagements successifs avaient déjà fait le travail de réduction du matériel en surplus.« On avait peu de choses, mais on a quand même beaucoup désencombré.» Quand on décide de suivre le mouvement zéro déchet, il faut y aller à son rythme en fonction de son mode de vie.C'est une question de repenser comment on peut vivre zéro déchet sans forcément avoir besoin de s'outiller sur mesure.Bien souvent, on a tout ce qu'il faut chez nous.Il suffit d'être créatif.* I t « Qu'est-ce qui vaut mieux?Viser quelque chose qui est emballé ou sauver des fruits et légumes qui sont sur le point d'être jetés et qui ne sont pas emballés, mais encore très goûteux ?» Quand la jeune mère cherche à définir la simplicité volontaire, elle se souvient d\u2019un témoignage d\u2019une maman qui l\u2019a beaucoup marqué.Cette mère habitait dans Rosemont et avait posté son histoire sur les réseaux sociaux.« Elle disait que l\u2019on parlait souvent de ce concept de la simplicité volontaire, mais que pour elle, ce n\u2019était pas réellement un choix puisqu\u2019elle n\u2019avait pas ou peu de moyens.» Dans cette lettre, cette maman expliquait que depuis son retour à l\u2019école, elle vivait dans une certaine pauvreté volontaire jusqu\u2019à avoir des difficultés à joindre les deux bouts.Elle ne parvenait pas à s\u2019offrir le service de garde de l\u2019école pour ses enfants, n\u2019était toujours pas parvenue à payer les frais de la rentrée scolaire et considérait comme un cadeau le fait de s\u2019offrir un café latté ou une bouteille de vin.« La simplicité volontaire, vous connaissez ?Nous on appelle ça la simplicité involontaire.C\u2019est notre petit côté humoristique (.) Chez nous, il n\u2019y a pas de surplus, si quelque chose rentre, quelque chose doit sortir», peut-on lire dans cette lettre.Laure Caillot insiste donc sur le côté socio-économique de ce concept de simplicité volontaire qui fait que des choix quotidiens doivent être effectués pour survivre.« C\u2019est bien beau ce concept, mais pour beaucoup de monde, ce n\u2019est pas un choix ».Les partages sur les réseaux sociaux ont donné lieu à un élan de solidarité pour cette mère qui a pu recevoir de nombreux dons.Quant à Mélissa De La Fontaine, elle insiste sur le côté marketing de certains mots qui ne sont pas si différents.Ainsi, « minimalisme » ou « simplicité volontaire » sont deux concepts qu\u2019elle ne distingue pas.« Ce que j\u2019apprécie par contre de tous ces mouvements, c\u2019est le questionnement qu\u2019ils nous poussent à avoir.A-t-on vraiment besoin d\u2019avoir tous ces objets-là ?Nous rendent-ils réellement plus heureux ?» Agir pour demain C\u2019est avec sa grand-mère que Laure Caillot aurait aimé le plus partager toutes ses découvertes.Tout ce qu\u2019elle fait actuellement dans sa vie quotidienne se rapproche de ce qu\u2019elle faisait.« je me rends compte que je reviens à ce qu\u2019elle faisait.Elle vivait en France, elle est décédée à 99 ans, a connu les privations, le rationnement et l\u2019explosion de la société de la consommation.Elle connaissait la valeur d\u2019un morceau de pain.Aujourd\u2019hui, je pense que l\u2019on est juste une génération plus conscientisée et que l\u2019on est soumis à mieux comprendre les répercussions de nos gestes », partage-t-elle avec émotion.A Montréal, Laure Caillot et Mélissa De La Fontaine ne sont pas les seules à suivre le mouvement zéro déchet.De plus en plus d\u2019épiceries en font même leur marque de commerce.Rien que sur le groupe Facebook « Zéro déchet Montréal », le nombre de fans atteignait en avril dernier un peu plus de 4000 personnes.Toutes sont à la recherche de solutions pour réduire leur empreinte écologique.¦ \"Vieux\" fruits et des légumes [récupérés à la fruiterie pour 24 $.« Selon Équiterre, au Canada, 40 % des aliments produits ne se rendent pas au consommateur.De ce montant, 30 % ne se rendent même pas sur les tablettes et 47% sont jetés par le consommateur.Le gaspillage alimentaire se chiffrerait à 31 milliards de dollars.» \t\tZM* ¦ T'J#\t\tïi L J PHOTO : SAME RAVENELLE et des rêves ! Des can nettes «T'JèS'A CHRONIQUE PAR MOSTAPHA LOTFI i 1\t\\ 'W JL\tr'yî-yn .VlT.\tJ\tJ! \tiA «ivSSMUj\t\t A\t\t\t jf ' J\tf\t\t\t\t\t\t3$ rr j\tW I\t^ 1 ;M a »W9 fil \t\t\tvrojK\t|JL\t\tr_ jBf\tjell 1\t\t\t \t\tjf'@\t\tHH i Tlc¦\t\t\t\t \t\t\t\t\tMm\t\t\t \t\t\t\tL wv\tml\tLtn, .- jjB\tiri i\t_ii \tr-'\"' 1\t\t\t\tEJ]\tr Jrjt\tjfii'.JL V ¦.- bF / i\tWï^ll ,' r * r ] \tf :T.m\t\t\t\t\t\t\t À L'Itinéraire où l'économie sociale est religion, les idées ne chôment pas.L'une d'elles venait d'une consœur qui m'a mis la puce à l'oreille : une coopérative innovatrice travaillant dans la récupération est prompte à accepter toutes marques de cannettes et bouteilles, même scrappées et consignées Québec, détail anodin et omis qui se révélera capital pour la suite de l'histoire.Cette idée m\u2019a fasciné car elle s\u2019inscrit parfaitement dans le système D : cet amas de stratégies de survie à contre-courant d\u2019un modèle érigeant la consommation et l\u2019argent en valeurs morales.Ramasser des canettes permet à la fois d\u2019avoir un revenu et de nettoyer la cité.Les recycleurs sont peut-être sans le savoir de parfaits éboueurs ! .Or qui dit revenu dit projets, alors pourquoi ne pas rêver ?J\u2019ai ouï dire que grâce aux canettes, on peut se permettre de payer une petite facture, alors pourquoi ne pas en profiter pour s\u2019offrir un accès internet de plus en plus coûteux par exemple?Et si on arrive à amasser un petit magot, pourquoi ne pas s\u2019offrir une TV plasma de 40 po ou plus, plutôt que de se contenter d\u2019une minuscule 24 po ?Non ! Peut-être que ce n\u2019est pas assez ! Un voyage en Suède n\u2019est-il pas envisageable grâce à cette manne imprévue ?Ah ! La Suède, ça doit y être encore plus payant de ramasser des canettes.Et puis les gens doivent être encore plus généreux, comme ces Danois qui ont fait de leur journal de rue Hus Forbi le magazine le plus vendu au pays ! Hélas, le rêve est souvent très éloigné de la réalité, davantage que le sont les cieux des terres.Entre temps, il faut bosser car quelque part, il est écrit que pour gagner son pain, l\u2019humain doit suer ! .Ramasser des cannettes est une tâche dure car le ramasseur se livre continuellement en pâture aux regards et aux préjugés.C\u2019est encore pire que de faire le camelot! Le ramassage a des inconvénients : il faut stocker les canettes, subir la puanteur, rapporter chez soi de la salissure et de la vermine.En tentant de faire ce travail, j\u2019ai entamé une refonte psychologique redoutable, je me suis livré à une perpétuelle exposition aux regards et au mépris, quitte à frôler une risée ! .Puis après moult hésitations, j\u2019ai osé m\u2019en aller à la coop.Ce n\u2019était pas facile d\u2019y arriver car il fallait se servir des transports en commun.Le chapelet redoutable recommence : regards, préjugés, questionnements sans fin.Une fois arrivé sur les lieux, un préposé a jeté un coup d\u2019œil apitoyant sur la marchandise : apparemment ce n\u2019est pas prometteur.C\u2019est à ce moment que la fameuse expression « consigné Québec » ressurgit.Après le triage, j\u2019ai reçu un billet qui me permettait d\u2019encaisser 40 cents ! La préposée à la caisse était visiblement désolée.De mon côté je me livrais à une bataille rude entre deux aspects à la base de toute personnalité humaine : l\u2019homme civilisé, courtois, dressé par toutes ces morales lui inculquant la bonne conduite versus la bête enfouie quelque part dans cet inconscient qui émerge sporadiquement.Fortuitement, l\u2019homme civilisé a pris le dessus et s\u2019est confondu en salutations et remerciements alors que la bête elle, frustrée et blessée dans son amour-propre, a dissimulé sa rage.Pensif, je retournais chez moi.A coup sûr je ne ferai plus ce travail.Néanmoins, cela ne m\u2019empêche pas de méditer sur des façons de promouvoir le recyclage.A cet égard, l\u2019exemple d\u2019une ville suédoise m\u2019est venu à l\u2019esprit : ils ont réussi à réduire les déchets résidentiels à zéro.Désormais, tout passera au recyclage.Entre autres solutions, j\u2019ai envisagé ceci : élargir les types de plastiques recyclables et consignés au Québec.Cette suggestion est réalisable et des slogans sur des bouteilles de type « consignez-moi ! » ont déjà commencé à circuler.J\u2019ai une autre idée un peu fantasque : recycler peut être une tâche ardue requérant patience, logistique et temps, alors pourquoi ne pas rémunérer la personne qui fait ce travail?Je m\u2019explique : il faut trouver une formule permettant de convertir la matière recyclable collectée chez les résidents en une manne financière, payée selon la quantité collectée par exemple.Ce sont là des rêves.Or les rêves ont des avantages : d\u2019abord, ils sont gratuits et puis, encore mieux, ils peuvent se convertir en projets inspirants, voire en réalités.¦ 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 19 EN VENTE LE 24 MAI 20 $ par les camelots à L'Itinéraire Sentinelles 25 ans d\u2019écriture à L'Itinéraire 2017, 216 pages au Café de la Maison ronde 25 $ par envoi postal JO!\tY s en librairie (liste sur itineraire.ca) MERCI À NOTRE ILLUSTRATEUR.L'illustration de la couverture de Sentinelles a été réalisée bénévolement parSébastien Thibault.L'artiste québécois réside à Matane.Il collabore régulièrement avec des journaux et magazines prestigieux comme Time Magazine, The New York Times, The Guardian, Wall Street Journal ou encore Le Monde, pour ne citer que ceux-là.sebastienthibault.com .ET À NOS IMPRIMEURS L'Itinéraire a confié l'impression de Sentinellesh Katasoho, une entreprise familiale montréalaise qui se distingue parson engagement social et sa volonté d'inclure des préoccupations environnementales dans son processus de production - katasoho.com KataSOHO SENTINELLES PROJET ITINERA IR I Z ~W! ~l *y* | Sif ' Çï Q©© Q (ÿO O 4>i©o©G!oo o .-« fa woid a« Mêê\t\tk \t\t \t\tF Conversation avec un SDF pas comme les autres Un téléphone intelligent peut parfois sauver des vies.C'est ce que j'ai appris en discutant par téléphone avec Christian, un sans domicile fixe de 45 ans qui dort dans les rues de Paris et qui accède à différentes ressources grâce à Twitter.Depuis combien de temps vis-tu dans la rue, et à la suite de quel événement ?C\u2019est très simple, j\u2019ai vécu un mauvais divorce et j\u2019ai perdu mon travail.Par la suite j\u2019ai été expulsé de mon logement, en avril 2015.Ça fait donc deux ans que je suis dans la rue.Au Québec, il y a beaucoup de gens avec des problèmes de santé mentale qui sont dans la rue.En France aussi ?Ici, ce n\u2019est vraiment pas pris en compte alors qu\u2019on sait que la rue, ça rend fou.Au bout d\u2019un moment, les gens pètent un plomb.Il y en a qui vont très bien, mais après six mois dans la rue, tu les vois commencer à perdre la tête.Demandes-tu de laide à des organismes pour dormir et manger ?Sont-ils assez nombreux selon toi ?Ecoute, pour manger et se laver, oui, on a des ressources.Pour dormir, c\u2019est beaucoup plus compliqué parce que les systèmes d\u2019hébergement en France sont vraiment dégueulasses et absolument indignes.Moi j\u2019ai fait un choix, je vis dans la rue.Je sais qu\u2019au Québec, tu n\u2019as pas ce choix à cause des températures et de la neige.Mais avec le climat en France, tu peux dormir dehors.J\u2019ai un duvet et des couvertures.Y a-t-il des soins médicaux, des cliniques dentaires, etc.?Tout ce qui est médical est pris en charge par l\u2019Etat, ça dépend de la Sécurité sociale.Tu peux te faire soigner sans problème.Nous, on est rendus avec des soins chiropratiques gratuits à l\u2019accueil Bonneau, c\u2019est à l\u2019essai pour l\u2019instant.Ah bon, vous avez ça chez vous?En France, on a ça depuis un bon moment.On a la couverture maladie universelle, notre carte d\u2019assurance maladie s\u2019appelle la carte Vitale.Ça fonctionne bien généralement même si, bien sûr, certains médecins essaient parfois de se débarrasser de nous.Tu as dit que l\u2019espérance de vie des SDF en France était de 49 ans.C\u2019est vrai ?Oui, c\u2019est pas beaucoup.Je suis bénévole au Collectif des morts de la rue, qui se bat pour que ce problème soit dénoncé.C\u2019est eux qui ont sorti ces chiffres-là.Quarante-neuf ans c\u2019est une moyenne car dans ces décès, il y a des bébés de 3 semaines, des enfants de 13-14 ans et des personnes âgées de 70 ans.Cela m\u2019énerve beaucoup car la France est un pays très riche et ce n\u2019est pas normal qu\u2019à notre époque, il y ait encore des gens qui meurent dans la rue.Tu sais, même quand les gens sont pris en charge, certains sont rendus tellement bas au niveau de la santé physique qu\u2019ils meurent quand même.On parle des morts dans la rue, mais il y aussi des morts dans des foyers d\u2019hébergement d\u2019urgence ou dans les chambres d\u2019hôtel (NB : quand il n\u2019y a plus de places dans les foyers, on réquisitionne parfois des chambres d\u2019hôtel pour loger les SDF).Qu\u2019est-ce que tu transportes dans ton sac à dos ?Je dois quand même avoir 30 kilos sur les épaules (66 Ibs).J\u2019ai mes papiers et un gros fouillis dans mon sac.J\u2019ai un sac de couchage, trois couvertures et un duvet.Est-ce qu\u2019il manque de médecins en France ?A Paris il y a un médecin dans toutes les rues.Par contre, à l\u2019extérieur de la ville, en banlieue ou en campagne, ils sont plus rares.Le maillage, ça coûte très cher à L\u2019Etat.Qu\u2019est-ce que tu as de plus important ?As-tu des médicaments ?Moi, je ne suis jamais malade, c\u2019est une chance.Ce que j\u2019ai de plus important, ce sont des produits d\u2019hygiène et mon chargeur de téléphone, car il faut de la batterie pour aller sur Twitter.30 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 Qu\u2019est-ce que t\u2019apporte Twitter ?Je t\u2019avoue que je suis un alien.Pour utiliser Twitter, il faut avoir un téléphone et un abonnement.Je fais ça parce que j\u2019y vois une utilité directe, pour moi et pour les autres.Je rejoins des gens ou des associations qui m\u2019amènent plein de choses que je redistribue aux associations ou à d\u2019autres SDF.Quand on m\u2019invite à manger, j\u2019amène toujours un copain avec moi.Comment t\u2019es venue cette idée ?J\u2019ai un ami qui est SDF qui faisait ça avant moi, il m\u2019expliquait qu\u2019il refusait toutes les aides de l\u2019Etat.Au Québec vous avez le bien-être social, nous on a le RSA (revenu de solidarité active).Grâce à Twitter, mon ami n\u2019a pas besoin de cette aide au revenu, il trouve toujours des petits boulots à faire.Combien ça te coûte ?Je paie seulement 5,99 euros (environ 8 dollars canadiens) pour deux heures d\u2019appels et 2 Go de données pour aller sur internet.Souvent, je dépasse mon forfait, mais ça ne me coûte jamais plus de 15 euros par mois (environ 20 dollars canadiens).« Les terroristes de Daesh, ce sont de petites merdes.Avec l'attentat de Charlie Hebdo, la fusillade au Bataclan, le camion à Nice, il y a eu 200 à 220 morts.Alors que dans la rue, entre 2015 et 2016, plus de 1000 personnes sont mortes.La précarité fait beaucoup plus de morts en France que les terroristes ! » Ici ça te coûterait cinq fois plus cher, parce qu\u2019il y a quelques compagnies qui se partagent le monopole.Y a-t-il beaucoup de gens qui sont entrés en communication avec toi grâce à ça ?Oui, beaucoup de gens.Par exemple, on m\u2019invite à prendre un bain ou une douche, on me donne des habits.Demain soir, je suis invité au théâtre et on se fera un restaurant.Ça va être une super soirée.Est-ce que les gens t\u2019offrent parfois l\u2019hébergement pour la nuit ?Ça arrive.Le week-end dernier par exemple, on m\u2019a invité à faire ma lessive, à manger et dormir.J\u2019essaie de ne pas abuser de la situation, il y a des gens qui m\u2019invitent à dormir, mais je sais qu\u2019ils ont une vie et je ne veux pas squatter chez eux.C\u2019est d\u2019abord le boulot de L\u2019Etat de me trouver de l\u2019hébergement et ça, c\u2019est totalement défaillant en France.Est-ce que tu paies ton transport ?En France, pour les SDF, le transport est gratuit.Il faut faire une demande au RSA (revenu de solidarité active) et c\u2019est très simple.Tu peux voyager avec ta passe magnétique partout à Paris.As-tu un métier ?A la base j\u2019ai un bon métier, mais c\u2019est très difficile de trouver un emploi quand tu es dans la rue, alors je me débrouille autrement.Ce matin, j\u2019ai peinturé une chambre grâce à Twitter.Comme moi, il y a beaucoup de gens qui sont à la rue et qui travaillent, on dit de nous qu\u2019on ne veut pas travailler, qu\u2019on est des assistés et des fainéants, mais c\u2019est totalement faux.Il n\u2019y a tout simplement pas assez de logements et d\u2019abris, même pour ceux qui travaillent.Quand tu interpelles des politiciens sur Twitter, as-tu des réponses ?Pas souvent.J\u2019ai interpellé la ministre du logement plusieurs fois, mais elle m\u2019a toujours ignoré.On est en période électorale et ils savent qu\u2019ils vont tous sauter dans quelques semaines.Ils s\u2019en foutent de nous ! Comment vois-tu ton avenir ?Je serai sûrement futur président de la République ou un grand acteur porno.Après tout, c\u2019est un peu la même chose ! Est-ce que tu entrevois obtenir un logement bientôt ?J\u2019ai entrepris des démarches, je suis sur une liste d\u2019attente pour un logement HLM (habitation à loyer modique), mon dossier est complet, mais il doit traîner quelque part dans une administration.Il y a 150 000 SDF en France, mais seulement 100 000 places pour eux.Il y a une personne sur trois qui l\u2019a dans le cul, c\u2019est mathématique.Es-tu prioritaire parce que tu es dans la rue ?Il y a plein de gens qui sont prioritaires, et vu que je suis SDF, je suis en dessous de la pile parce qu\u2019il faut quand même des ressources pour payer son loyer.En France, tu vois, c\u2019est marqué partout « Liberté, Egalité, Fraternité ».Liberté, je veux bien.Fraternité, moyen.Egalité, laisse tomber ! On te remercie bien pour cette entrevue, Christian ! C\u2019est cool mon ami ! Est-ce que tu es dans la rue, toi ?Je suis un itinérant avec un toit.J\u2019ai été dans la rue il y a 15 ans et j\u2019ai perdu beaucoup de dents à cause de ça.Tu sais, en France, tu serais déjà mort.Un an dans la rue, c\u2019est comme si tu perdais trois ans de ta vie.Tu perds des années de vie que tu ne pourras jamais rattraper.Ça fait deux ans que je suis dans la rue, donc ça fait six ans de perte de vie.Va sur mon Tweet et regarde mes photos, tu verras des conditions d\u2019accueil édifiantes.Bon courage mon ami, et longue vie ! Prends soin de toi mon frère ! ¦ INFO CAMELOTS PAR YVON MASSICOTTE REPRÉSENTANT DES CAMELOTS jv\\\t- CAMELOT RENAUD-BRAY CÔTE-DES-NEICES ET MÉTRO UNIVERSITÉ-DE-MONTRÉAL Lecnture a L Itinéraire La plupart des camelots écrivent dans le magazine.Pourquoi pas tous ?Parce qu\u2019au début, on demande au nouveau camelot de commencer par vendre le magazine.Certains ne sont pas familiers avec l\u2019écriture, et ce n\u2019est pas quelque chose qui intéresse tout le monde.Lorsque la personne souhaite publier un texte, des membres de l\u2019équipe de la rédaction la rencontrent et lui expliquent les différentes possibilités qui s\u2019offrent à elle.Et si elle le désire, elle peut prendre rendez-vous avec un bénévole de la rédaction pour écrire des mots de camelots ou des chroniques.Les bénévoles sont là pour aider les participants à taper leurs textes, à les corriger si nécessaire, et à leur donner des conseils.Quelquefois, ils lui suggéreront par exemple d\u2019utiliser un terme plutôt qu\u2019un autre, de développer une idée, d\u2019organiser son texte d\u2019une autre façon.Il est important pour nous d\u2019écrire car l\u2019écriture en soi est thérapeutique.Les clients adorent lire ce que les camelots ont à dire, cela les aide à mieux les connaître, leur offre un nouveau point de vue et permet de faire tomber certains préjugés.Avenir.J\u2019en profite pour vous parler du numéro 100 % camelot, qui sortira le 15 mai 2017.Je vous explique le processus.Quatre camelots ont été choisis pour assurer la coordination de cette édition, sous la supervision de l\u2019équipe de rédaction.Nous avons choisi le thème du dossier principal, les différents articles qui le composeront, nous avons réfléchi ensemble à l\u2019illustration de la une.Vous savez, L\u2019Itinéraire a aussi décidé de publier un recueil des meilleurs textes de camelots depuis 25 ans.Nous aurons le loisir vendre ce livre à nos clients dès le 24 mai 2017.A suivre ! ¦ CARREFOUR Bienvenue Le Café de la Maison ronde, que L\u2019Itinéraire administre depuis maintenant trois ans va bourdonner d\u2019activités dès le mois de mai, grâce à notre nouvelle chargée de projets.Mélodie Grenier s\u2019occupera non seulement de la gestion administrative du Café situé au Square Cabot, à côté du métro Atwater, mais planifiera une foule d\u2019activités en lien avec les communautés autochtones et inuites qui fréquentent le square depuis de nombreuses années.De concert avec l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire et le gérant d\u2019origine ojibway, Al Harrington, Mélodie, elle-même métis, mettra son expérience au profit de la communauté et des clients du café pour créer des liens et contribuer à une meilleure cohabitation sociale au sein du quartier.Le Café de la Maison ronde, créé en 2015 ouvrira ses portes, cette année, le 20 mai.Le Café emploie chaque été des personnes autochtones éloignées du marché du travail.C\u2019est d\u2019ailleurs le seul café autochtone à Montréal.¦ Cabane a sucre jïW V\\ém un au n t$vmj m aiimt mi?CONSTANTIN fttmiflc îhadiüofT \t.4»\tCL\t\tr ^ V \\ \t\t\tl\t.J-MI \ti i\t¦\t\t L /aWSjt'' ¦\tIvk\t1 ï\t^ y 1 '\t- -¦VjH\tr À\tjfff 'iT\t î- * ^\t\t\t Une trentaine de camelots et des membres de l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire ont pu se sucrer le bec encore une fois cette année à la cabane à sucre Constantin à Saint-Eustache.Les traditionnels oreilles de criss, le jambon, les omelettes et autres mets qu\u2019ils ont généreusement arrosés de sirop d\u2019érable ont rempli les panses et mis le sourire aux lèvres des convives.Merci à la cabane à sucre Constantin, qui a offert d\u2019excellents rabais à notre organisme, sans oublier l\u2019habituel accueil chaleureux qu\u2019il nous a réservé ! Un gros merci aussi à notre Claudine (2e à gauche avant), qui a organisé en grande partie cette activité annuelle.¦ 32 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 Un bateau sur le point de couler CHRONIQUE PAR SAID FAR KO UH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY Le bateau étrange de douze étages et d'une longueur impressionnante navigue lentement sur l'océan Atlantique couvert de brouillard et de méfiance.À bord, des milliers d'humains de diFFérentes ethnies, langues et couleurs de peau, de toutes provenances.De l\u2019extérieur, le bateau semble dater de la Seconde Guerre mondiale.La coque montre des signes de corrosion et le lettrage qui l\u2019identifie s\u2019est estompé avec le passage du temps.Quel est son port d\u2019attache?Est-ce un bateau de transport ou un bateau marchand ?Est-il en mission spéciale ?Quels sont ses objectifs ?L\u2019intérieur est encore plus bizarre que l\u2019extérieur.Les étages inférieurs sont surpeuplés de pauvres gens.L\u2019odeur est insupportable à cause de la saleté et de la chaleur.Il y a la maladie, les insectes et les rats, les disputes et les crimes.Le corps d\u2019une personne assassinée est jeté à la mer sans qu\u2019une enquête sur la cause de sa disparition ne soit ouverte.Il y a quelques années, la distribution de nourriture et d\u2019eau potable a été réduite pour les passagers des étages inférieurs à cause de la diminution des réserves.A l\u2019opposé, la nourriture et la boisson abondent aux étages supérieurs où se trouvent les piscines, les bars et les discothèques luxueuses.Pour empêcher les gens des étages inférieurs de monter, le bateau est équipé de barrières en fer verrouillées et surveillées par des gardes.La composition de l\u2019équipage est complexe et ambiguë.Il y a beaucoup de dissensions et de haine entre ses membres, dont le nombre est inconnu.Même leurs vêtements, leurs langues et leurs nationalités sont différents.Deux capitaines se relaient aux commandes pour les différents quarts de travail, chacun dirigeant son propre équipage.Ils communiquent rarement entre eux, ne comprenant ni la langue ni les intentions avouées ou cachées de l\u2019autre.Aucun des deux ne sait ce qui se passe sur le bateau ni quel est son itinéraire.Ils sont informés par leurs assistants qui, eux aussi, leur cachent beaucoup d\u2019informations par intérêt personnel.Les instruments de navigation du poste de pilotage sont négligés et rouillés.Les cadrans ne fonctionnent pas ou donnent de fausses indications.Ils n\u2019ont jamais été changés ou calibrés depuis la Seconde Guerre mondiale.Le premier capitaine pense que le bateau se dirige vers l\u2019Est, tandis que le deuxième pense voguer vers l\u2019Ouest.Les deux capitaines passent leur quart de travail à boire et à fumer.L\u2019un boit de la vodka et fume le cigare tandis que l\u2019autre boit du whisky et fume la pipe.Ils sont sous l\u2019influence de drogue et d\u2019alcool la plupart du temps.Le bateau commence à craquer et l\u2019eau pénètre à l\u2019intérieur des étages inférieurs, mais les capitaines et leurs assistants ne s\u2019en occupent pas.De plus, un incendie s\u2019est déclaré à bord causant la panne de huit moteurs.Il ne reste que deux moteurs en état de marche.Les réservoirs de fioul sont énormes et contiennent suffisamment pour permettre au bateau de naviguer pendant un an.Présentement, ils sont encore remplis à moitié, mais le fioul coule dans la mer, causant une catastrophe environnementale sans précédent.Le rapport a été caché afin de ne pas se retrouver aux mains des organismes de protection de l\u2019environnement.Un consultant à bord a dit en 1980 que le bateau allait inévitablement couler à cause de la négligence, du manque de vision commune et de coordination entre les équipages.Cet autre rapport a été caché et le consultant envoyé en mission hors du bateau.Il n\u2019y est jamais revenu.Le bateau est au bord de la catastrophe.Il penche dangereusement vers tribord, causant la mort de nombreux passagers des étages inférieurs.Mais le capitaine et son assistant s\u2019en foutent et n\u2019en font pas mention dans leur rapport quotidien.Les réserves de nourriture et d\u2019eau potable diminuent et le capitaine ordonne de réduire encore de moitié les portions données aux gens des étages inférieurs pendant que les passagers des étages supérieurs continuent de profiter de l\u2019abondance.Le bateau continue de naviguer dangereusement vers sa destinée.A ce point, les deux capitaines ont décidé, mais un peu tard, qu\u2019il serait temps d\u2019apprendre la langue de l\u2019autre.Alors, l\u2019un d\u2019eux commence à étudier l\u2019anglais américain et l\u2019autre le russe.¦ 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 33 DANS LA TETE DES CAMELOTS COMMENT AIDEZ-VOUS LE ZÉRO DÉCHET-?© Le zéro déchet, effet de mode ou véritable geste durable, contribue à l\u2019amélioration de notre environnement.Sous cet angle, les initiatives contre la surconsommation et le gaspillage ne peuvent qu\u2019être soutenues.Collectifs et individus emboîtent le pas et multiplient les actions.Nos camelots nous assurent d\u2019ailleurs qu\u2019il est possible de poser de petits gestes, pour nous, pour notre habitat, et ce, quel que soit notre niveau de vie.Organiser le ramassage collectif La ville de Montréal est sale.Si tout le monde, tous les jours, prenait l\u2019habitude de ramasser un déchet dans la rue, ça ferait toute la différence.A chaque fois que je traverse le parc à côté de chez moi, je ramasse un papier à terre et je le jette à la poubelle.Je remarque qu\u2019il y en a de moins en moins.Dans mon quartier, j\u2019avais pensé organiser un ramassage collectif dans les ruelles, un dimanche.En plus, ça aiderait à connaître les voisins.Moi, je vais systématiquement refuser les sacs en plastique.Ça fait d\u2019ailleurs rire mes voisins lorsque j\u2019arrive avec une tomate et une patate dans chaque main.J\u2019achète aussi en vrac, pas forcément pour des raisons environnementales.ROGER PERREAULT CAMELOT LAURIER / PARC livraison en vrac Les sacs en plastique me dérangent.Ça fait beaucoup de pollution.J\u2019en vois beaucoup dans la rue.Je fais mon recyclage.Le plastique, le carton, tout y passe.Plus au nord, à Mont-Laurier, il n\u2019y a pas de déchets.Je pense qu\u2019il faut utiliser, le plus possible, des sacs recyclables.Je vois aussi des gens, bénévoles, qui ramassent les « déchets » comme la nourriture ou même des vieux objets et ils les distribuent à l\u2019aide de leur truck rouge.Ou d\u2019autres, comme ma filleule, qui les ramène aux usines de traitement des déchets.Si je le pouvais, j\u2019organiserais les livraisons des courses avec tout en vrac dans des bacs.Pas de sacs, pas d\u2019emballage, pas de déchets.SYLVAIN CLOT CAMELOT SAINT-DENIS/ONTARIO Recycler, tout simplement Le tri et la récupération.C\u2019est ce que je fais le plus.Les canettes, par exemple, traînent partout et en plus, ça fait de l\u2019argent.Les papiers c\u2019est la même chose.Le carton, les cannes de nourriture se recyclent.Mais je pense que les épiceries pourraient se mettre un peu plus au vrac.C\u2019est moins cher parce qu\u2019on paye souvent plus pour l\u2019emballage que pour le produit lui-même.Mais il y a du pour et du contre.Si l\u2019on n\u2019emballait pas les choses dans des cartons, je pense qu\u2019il y a bien des produits qui seraient volés.Puis, même si l\u2019idée est bonne, je crois que les compagnies n\u2019accepteraient pas de supprimer les emballages parce qu\u2019elles perdraient de l\u2019argent.FRANCE LAPOINTE CAMELOT DE MENTANA/ MONT-ROYAL 34 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 Investir pour économiser La planète n\u2019est plus capable d\u2019en prendre.Trop de pollution et de déchets.On vit dans une période d\u2019abondance.Avant, t\u2019achetais une laveuse, ça durait 10 ou 12 ans.Maintenant, au bout de cinq ans, tu la changes.Point de vue industriel, c\u2019est pareil.Il n\u2019y a pas assez de recyclage.Moi je recycle beaucoup.Je suis concierge là où je demeure et je sensibilise les locataires au recyclage.Je récupère aussi les canettes, je le fais spontanément, pas nécessairement pour l\u2019argent.Il faudrait une grosse campagne de sensibilisation et forcer les multinationales à recycler et à réutiliser.J\u2019ai un de mes amis qui travaille dans le PVC.Il réutilise la matière jusqu\u2019à cinq fois.Je ne sais pas pourquoi ils ne le font pas pour d\u2019autres matières.Ça s\u2019appelle investir pour économiser.GAÉTAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Être mieux formé Moi, je ne m\u2019y connais pas très bien en zéro déchet.Mais, au métro Honoré-Beaugrand, je sais que les gens cherchent toujours où déposer leur contenant de café vide.Ils restent plantés devant les poubelles.Alors, il faudrait mettre des explications plus claires.Chez moi, il faut que les vidanges disparaissent.Pour ma part, je rince mes déchets avant de les mettre dans le bac de recyclage.Il faudrait aussi faire passer plus de documentation pour mieux renseigner les gens à propos de comment faire du compost, former le monde.Par exemple, peu de gens savent que les mouchoirs se compostent.Puis il faut penser qu\u2019on peut donner des choses comme du linge ou même juste des oignons qu\u2019on a en trop.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND Recycler le recyclable Moi, je recycle.Même si parfois je trouve ça complexe.Dans ce cas, je mets quand même certains emballages au recyclage parce qu\u2019un tri est fait après.Pour mon linge, je l\u2019achète dans les friperies.J\u2019adore l\u2019idée d\u2019offrir une seconde vie à un vêtement.Pour l\u2019alimentation, les produits que j\u2019aime n\u2019ont pas de suremballage.Mais le problème est que, ça, tu ne le sais qu\u2019après avoir fait ton achat.Si je pouvais passer une loi pour diminuer la quantité de déchets, j\u2019obligerais les entreprises à utiliser des emballages recyclables et recyclés.Je mettrais aussi fin à la vente des petites bouteilles d\u2019eau.L\u2019eau, on l\u2019a gratuite dans la champlure.ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO VERDUN Réutiliser le plus possible Les municipalités devraient imposer des frais aux gens qui mettent trop d\u2019ordures sur le chemin.Ça réduirait le nombre de déchets parce que lorsqu\u2019il s\u2019agit de sortir des sous du portefeuille, on fait plus attention.Moi, je prends des photos des poubelles dans les ruelles et j\u2019envoie ça à l\u2019arrondissement avec une plainte.De mon côté, je fais attention.Par exemple, si on parle de dates de péremption, il y a une limite quand même.Le sucre ou le café, ça tient des années et des années.Et les emballages.C\u2019est vraiment du gaspillage ! Malheureusement, monsieur et madame Tout-le-monde ne peuvent pas faire grand-chose.On est le dernier maillon de la chaîne.Tout ce que l\u2019on peut faire est de réutiliser le plus possible.TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA Redonner un poumon à la planète Je me suis inscrit cet été pour faire du jardinage sur le toit de mon bloc.Je veux leur proposer de composter pour faire de la belle terre noire.Moi je suis de la vieille génération.On a été habitué à gaspiller.Avant, quand on faisait la vidange de la voiture, on vidait ça dans le canal ! Maintenant, j\u2019essaye de trier.Je rince même mes cannes.Mes affaires, je les donne à quelqu\u2019un d\u2019autre.Si on le voulait, on n\u2019aurait plus aucun déchet.Il suffirait de tous s\u2019y mettre, sur l\u2019ensemble de la planète.On se sentirait mieux et je pense qu\u2019on redonnerait un poumon à la planète.JOSEPH CLERMONT MATURIN CAMELOT SAINTE-CATHERINE / DORION la ville, une mine d\u2019or Moi je suis un récupérateur de ferrailles et les fils électriques qui contiennent du cuivre.Si tu le nettoies bien, tu peux le récupérer.Les trottoirs sont des mines d\u2019or.Parfois on voit des gens à vélo qui ramassent des déchets en bon état pour les envoyer à l\u2019étranger, dans les pays pauvres.Normalement c\u2019est la ville qui ramasse, mais de plus en plus, les gens se mettent à récupérer les choses.Premièrement, ça aide à nettoyer les rues, ça aide les gens à s\u2019en sortir et c\u2019est une cause humanitaire en même temps.Avant, tout partait dans les incinérateurs de la compagnie Miron.Maintenant, plein de gens sont prêts à récupérer et à transformer, par exemple, des pièces de frigo en jouet, en tasse, en table.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 35 Si té s|iàïréminim c'est ton maximum -T\u2019as besom vtsaiM \\mvespûh^e de PLMit DE CpAMAfc.\u2022*» hsmc-cB %crev^ ^ Canada f, sCupesoitp LE DEVOIR PHOTO : LAURENCE LABAT MUSIQUE PAR LUC DESCHÊNES PRÉPOSÉ À L'ENTRETIEN MÉNAGER Opéra de rue Marie-Josée Lord, soprano et porte-parole d'Opéra de rue A la rencontre de deux marginalités Redonner de la dignité et de la Fierté par un projet vraiment original, voici l'approche de l'organisme Le Sac à Dos qui s'occupe de l'insertion sociale et économique des gens de la rue.La Folle aventure n'est rien de moins qu'un opéra de rue de 30 minutes, intitulé Humanitudes, pour et par les participants de l'organisme.Il est le résultat d'une collaboration avec nul autre que l'Opéra de Montréal.L'occasion, comme le souligne Marie-Josée Lejeune, l'une des participantes, de réunir « des gens que l'on considère hauts avec ceux qui sont au plus bas ».L\u2019importance de l\u2019écriture Nicole Blouin, initiatrice d\u2019Opéra de rue et coordonnatrice aux activités de communication et de collecte de fonds du Sac à Dos, est une amoureuse de l\u2019opéra, du théâtre et de l\u2019écriture.Elle a confié l\u2019écriture du livret au poète José Acquelin qui s\u2019est d\u2019ailleurs empressé d\u2019accepter cette collaboration.Pour le librettiste, cette proposition était l\u2019occasion de plonger, d\u2019« être là dans la ville », dans le quartier, où il rencontre et connaît plusieurs de ces itinérants.La poésie est alors pour lui « une autre manière de dire, de traduire une réalité multiple, de faire parler le langage autrement ».Parti des témoignages des participants pour écrire le livret, il considère le titre, Humanitudes, comme parfaitement représentatif.« Un mot-valise qui intègre la solitude, l\u2019attitude, l\u2019aptitude de l\u2019humanité.En un mot, c\u2019est un peu ce que chacun vit à sa façon.» On sent dans ses propos un dévouement à une cause sociale comme celle de participer à l\u2019écriture, pour partager au public la souffrance, la réalité des gens de la rue.Pour lui, « c\u2019est un privilège de partir du quotidien de la vie pour écrire [cette production] ».La passion des participants est également perceptible.Pour eux, il s\u2019agit de s\u2019affirmer par une forme d\u2019art, de lancer le message que, malgré leur différence et leur pauvreté, ils sont comme tout le monde.On voit dans le regard de ceux qui ont investi tout leur cœur dans cette aventure, leur réelle volonté de faire bouger les choses par rapport à l\u2019itinérance, et de changer la perception de personnes qui souvent les méprisent et les jugent.Voir une telle démarche dans une société qui semble ne pas prendre le temps de s\u2019occuper et d\u2019écouter les gens, leurs problèmes, et ce, peu importe leurs difficultés, est rassurant et apporte un certain espoir.Le social avant tout Certaines personnes se demandent peut-être en quoi initier d\u2019anciens itinérants à tous les aspects de l\u2019opéra et aux étapes de réalisation d\u2019une œuvre lyrique est une démarche pertinente.Tandis qu\u2019on pourrait croire qu\u2019ils ont, avant tout, des besoins de bases : se loger, se nourrir et sortir de la rue.L\u2019initiatrice répond clairement à cette question.« Les gens qui ont participé aux activités sont sur un programme de réinsertion.Certains ont déjà vécu dans la rue, d\u2019autres non.L\u2019être humain a besoin de se loger, de se vêtir, oui, mais l\u2019humain » « J'ai décidé de participer à l'Opéra de rue dès que l'on m'a dit que c'était pour ramasser des fonds pour Le Sac à Dos.Ils m'ont aidé et pour eux, je ferais n'importe quoi ! » Michel Arsenault, participant 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 37 a aussi besoin de nourrir son intériorité, de développer sa créativité, déxprimer ce qu\u2019il porte en lui et d\u2019échanger, je me dis que la réinsertion sociale part avant tout d\u2019une attitude envers ces personnes.Dans le fond, c\u2019est à nous de les réinsérer.Nous aussi avons nos problèmes et cette fragilité, tout le monde la porte.Alors, pourquoi faire une distinction ?Ils ont une vision du réel très enrichissante et qui nous parle en tant que société.Pour moi, il était essentiel de faire vivre cette rencontre entre les deux marginalités pour briser le regard de part et d'autre.» Pour Mme Blouin, c\u2019est l\u2019occasion de faire connaître les gens de la rue qui « portent une beauté que l'on ne voit pas à cause des préjugés et de l\u2019opacité des regards des citoyens face à ces personnes ».A son tour, Claudia Bilodeau, médiatrice culturelle, parle du lien qu\u2019elle doit tisser entre tous les artisans de cet opéra, professionnels et amateurs.« Le défi a été de créer un pont entre tous.Les participants sont la source d\u2019inspiration et les gardiens de cette création.Ce sont les experts.D\u2019un côté, on voulait apprendre les différents métiers de la scène et de l\u2019autre, poser les bonnes questions, être à l\u2019écoute de chacun, vraiment construire un lien parce qu'au final, on est tous dans le même bateau.» Le mot «famille» revient d\u2019ailleurs à plusieurs reprises dans la bouche des architectes de cette expérience sociale.Démystifier dans les deux sens La première partie de l\u2019opéra sera assurée par la soprano Marie-Josée Lord, chanteuse reconnue et aimée du public québécois.Combiné à la participation de José Acquelin, poète renommé et honoré du Prix du Gouverneur général de poésie en 2014, le tout devrait participer à la dissolution des préjugés envers les personnes marginalisées.De la même manière, le thème piquera sûrement « Au début, je ne savais pas dans quoi je m'embarquais.Et lorsque je l'ai compris Je me suis dit:\"Ah ! L'opéra, ça va être grandiose.\" Ce qui m'intéressait le plus était de comprendre le fonctionnement de la scénarisation, la création des costumes, les lumières.» Marie-Josée Lejeune, participante Deuxième atelier d'initiation à l'opéra avec L'Atelier lyrique et l'Opéra de Montréair~ 11 ¦P'-; la curiosité d\u2019un public atypique rendant ainsi cet « art total », trop souvent perçu comme élitiste, plus accessible, comme le définit José Acquelin.La collaboration entre Le Sac à Dos et l\u2019Opéra de Montréal devient alors une manière de « démocratiser l'opéra et de s'impliquer dans la communauté », précise Nicole Blouin.Au moment de l\u2019entretien, nous ne savions toujours pas combien de participants seront sur scène le 15 mai à la Cinquième Salle de la Place des Arts, car cela dépendra de l\u2019état d\u2019âme des personnes.Chose certaine, il y en aura.Fière de cette réalisation, Nicole Blouin entend renouveler l\u2019opération de manière récurrente et souligne que « ce n\u2019est pas qu\u2019un événement bénéfique ou ponctuel.C\u2019est l\u2019activité majeure du Sac à Dos au même titre que Courir pour sortir de la rue », un circuit de 5 km, organisé pour recueillir des fonds.Il faudra attendre le 15 mai prochain pour couronner de succès Humanitudes - Opéra de rue.Cependant, d\u2019autres organismes initiateurs d\u2019expériences similaires ont fait leurs preuves, ailleurs dans le monde.Streetwise Opera, une compagnie londonienne qui utilise la musique pour offrir une source fiable de créativité à des personnes ayant vécu l\u2019itinérance en est un exemple.Le Sac à Dos est par ailleurs membre de With One Voice, un mouvement international dirigé par Streetwise Opera, dont l\u2019objectif est de soutenir les projets novateurs tels qu'Humanitudes.¦ P E R a MONTREAL PRÉSENIENÏ HUMANITUDES des personnes ayant.vêtu dortîto tue, livret José Acquelin musique Éric jizham pagne mise en scène Marline Bvaulne scénographie Danièle Lévesque L\u2019Ensemble Arkea dirigé par Dira Gilbert ÎTn première partie, Marie-Josée Lord incluant cocktail dmatoîn, 290 S canifm/ni£atk>n@teia£adoi.org Bïîteti; S3 $ Lundi 15 mai 2017 - 19 h Cmqutëï»* &al|t ^ placodes*rti.com LE SAC ÏDOS çeÇiç rcpntienUrtian iitf&.'Tirtrîirj hteikm fteh-ntfbonLe Sac à Dei Mnntiiri Québec:;!! \u201c\u201c ^ CniwEii CI-HAUT De gauche à droite : Michel Arsenault, participant - Brian Busby, participant -Marie-Josée Lejeune, participante -Claudia Bilodeau, médiatrice culturelle.En bas : Michel Legault, participant.« L'opéra m'a ouvert une porte » Témoignage ïWfW VO \\ \\ Brian Busby, participant d'Opéra de rue Dans le sous-sol de l'Église unie Saint-Jean, coin Sainte-Catherine et de Bullion, la fierté des participants, pierres angulaires d'Opéra de rue, est palpable.Silencieux, nous écoutons Michel exprimer la raison d'être d'Humanitudes.Sans aucun doute, ses paroles font l'unanimité.L'Opéra de rue est un beau projet qui aide les gens de la rue en plus de les faire connaître et de casser les préjugés envers eux.Arrive alors le tour de Brian, enthousiasmé par son parcours, de nous faire part de son expérience de vie et de celle d'Opéra de rue.« J'ai vécu dans une famille de onze enfants dont les neuf premiers sont, pour moi, des demi-frères et demi-sœurs.J'avais aussi un frère jumeau décédé à l'âge de huit ans.Je suis passé par des foyers nourriciers, j'ai été abusé sexuellement par un membre de ma famille.Bref ! J'ai vécu l'enfer.À l'âge de 19 ans, je suis parti et j'ai été un pigeon voyageur pendant plusieurs années.Je ne savais pas vraiment où m'ancrer et c'est dans la drogue que je suis tombé.Ça va faire 18 ans que je n'ai pas touché une aiguille.À cette époque, j'étais dans un nuage noir.Je suis passé par plusieurs missions et refuges.Ça m'a aidé.Puis je suis allé en thérapie, j'ai ouvert une porte, j'ai vu de la lumière et je m'en suis sorti.Aujourd'hui, j'ai un appartement et un chien, Café.C'est un peu mon frère jumeau, lime suit partout.Je me suis embarqué dans l'histoire de l'opéra de rue dès qu'on m'en a parlé.On a travaillé sur un scénario, on a pris des photos, on est allé voir des opéras, certains que je n'ai d'ailleurs pas aimés.Au départ, l'opéra ne m'intéressait pas vraiment, mais je ne m'attendais pas à ça.Je me suis lancé dans l'aventure pour moi-même, aussi pour voir d'autres choses.Et même si l'opéra en soi ne m'intéresse toujours pas, je ne vois plus les choses de la même manière.Je m'aperçois que les artistes, les gens célèbres sont des personnes qui ont beaucoup d'entregent.J'ai changé mon attitude et je suis aujourd'hui apte à mieux comprendre le monde.Avant, je jugeais les gens au lieu de me juger moi-même.Aujourd'hui, je ne suis plus le même.J'ai hâte de voir notre projet parce que nous avons participé, nous nous sommes investis dans sa réalisation et j'ai décidé d'aller jusqu'au bout.J'aime commencer quelque chose et le finir.Ce n'était pas le cas avant.L'Opéra de rue m'a ouvert une porte même si je vis encore au jour le jour.» 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 39 VIE DE QUARTIER PAR JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO GUY-CONCORDIA Magasin Le Mont-Royal Au début du 20e siècle, Le Mont-Royal était LE grand magasin du nord de la ville de Montréal.Situé à l'angle nord-ouest du boulevard Saint-Laurent et de l'avenue Mont-Royal Ouest, il fermera ses portes au début des années 1930 à cause de la concurrence que lui fait le magasin Eaton au centre-ville de Montréal.Promenade dans le Mile End Jusqu'en 1910, le Mile End était la Ville de Saint-Louis.C'est au début du 19e siècle qu'une auberge appelée Mile End Tavern ouvre ses portes à l'angle des rues Saint-Laurent et Mont-Royal.Celle-ci est à l'origine du nom Mile End, quartier actuel de l'arrondissement du plateau Mont-Royal.En 1876, le quartier se dote d'une gare qui participe à la croissance de la ville par le transport des voyageurs avoisinants.Les années 1900 apporteront à leur tour des changements culturels importants.S'installeront alors des protestants anglais, puis des catholiques irlandais, des Juifs et des Grecs.Vers 1980, des artistes, des musiciens et d'autres jeunes professionnels adopteront cette zone encore très abordable.En 1997, le Mile End connaît un renouveau avec l'installation d'Ubisoft et devient le quartier le plus créatif et reconnu comme tel au Canada.C'est aussi pour les Montréalais l'un des quartiers les plus magiques de la ville.V Ecole nationale de théâtre du Canada L'École nationale de théâtre du Canada (ÉNT) est considérée comme une institution artistique majeure.Elle fêtait ses 50 ans d'existence en 2011.L'École a connu de nombreux changements, dont le développement de ses programmes de formation et la rénovation de son théâtre, le Monument-National.Ni illllà yH II i ni :t lu i if> Hôtel de ville de Saint-Louis Construit en 1898, l'hôtel de ville de Saint-Louis est inauguré en 1905.L'architecture, inspirée de celle des châteaux de la Loire, reflétait la volonté de la Ville de Saint-Louis d'avoir un centre municipal prestigieux, qui abritait également une géole dans ses entrailles.Mais cette fonction principale ne durera que quatre ans, car la Ville, très endettée, doit accepter l'annexion parMontréalen 1910.Aujourd'hui, seules les cellules du sous-sol ont été conservées intactes.Cet hôtel de ville héberge la caserne numéro 30 du service des incendies et abrite depuis 1980 le Musée des pompiers auxiliaires de Montréal./ y Bain Saint-Michel * N Le bain Saint-Michel était à l'époque un bain public nommé bain Turcot.Construit en 1909, il se situe au coeur du Mile End et est, depuis 1998, un espace de diffusion, d'expérimentation et de découvertes artistiques.De style Beaux-Arts, le bâtiment a conservé ses superbes caractéristiques architecturales, qui étaient à l'époque des bains montréalais des années 1910 une véritable innovation.Remarquez sa façade sud, percée d'un immense œil-de-bœuf cerclé.PHOTO : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA U * 40 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 y Brasserie Frontenac La Brasserie Frontenac est fondée en 1911 par la famille Beaubien, dont plusieurs de ses membres sont d'importants personnages politiques et hommes d'affaires de l'époque.« La Bière des Géants », le slogan d'une publicité anglaise pour cette première brasserie francophone s'affichait fièrement sur la rue Casgrain.Dans les années 1920, la faillite guette la Brasserie Frontenac et force son association avec la National Breweries Co.en 1926.La marque Frontenac perdure pendant plusieurs décennies et est absorbée par Carling dans les années 1950.Aujourd'hui, la microbrasserie McAuslan produit une bière du nom de Bière Frontenac.Une manière de faire perdurer l'existence de cette brasserie.\t\u2014G ^Boulevard Saint-Laurent à Mcmtréal, regardant vers le nord, [depuis la rue Vitré (aujourd'hui avenue Viger) 26 Mai 1921 Théâtre Rialto Gare du Mile End Àpartirde 1876, les voyageurs prenaient le train pourSaint-Jérôme et les Pays-d\u2019en-Haut depuis la gare du Mile End.Cette gare, située sur le boulevard Saint-Laurent près de la rue Bernard fut agrandie en 1913, puis abandonnée en 1930 après l'ouverture de la gare Jean-Talon.V«É|rJil -OirrC.J*, ht, Mil?E IC.P.R.Milr End SlaiLuft i\tCarte postale de la Gare du Mile End en 1921 .jCÜU-l- ¦ .' ; ¦ / Ancien ciné ma de quartier conçu pour le ciné ma muet accompagné par un pianiste maison, le Théâtre Rialto est inauguré en 1924 selon les plans de l'architecte montréalais Raoul Gariepy (architecte entre autres de l'édifice Archambault, de l'hôpital Saint-Luc et de l'aréna Mont-Royal).La façade s'inspire de celle de l'Opéra de Paris.En 1988, le Théâtre Rialto a été classé monument historique par la Ville puis par le gouvernement du Québec en 1990 et est reconnu depuis 1993 comme lieu historique national du Canada.Aujourd'hui, le Rialto est une salle de spectacles dont la réputation n'est plus à faire.uinwuur hihhi ifyrmai?* £iï;lSS'i£ ik bit ssii \t\t\t\t't \t\t\t\ti] \t\t\t\t \t\t\ti\t TiuiRtnifl\t\t\ti\t \t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t 1t$i; L-\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t_ ¦ ¦ 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 41 MOTS DE CAMELOTS Une belle pensée Habituellement, j\u2019écris à chaque année un mot de camelot pour la fête des Mères.J\u2019ai manqué ce rendez-vous l\u2019an passé et ça m\u2019a attristé, parce que cette journée me permet de me rappeler de ma mère et d\u2019avoir une pensée pour elle, même si elle n\u2019est plus là.Je pense toujours à elle à l\u2019occasion de la fête des Mères, mais aussi à toutes les mamans.J\u2019espère que leurs enfants leur apportent des fleurs ou les amènent au restaurant.C\u2019est important de rendre à notre mère ce qu\u2019elle nous a donné en la gâtant un peu.J\u2019ai aussi une belle pensée pour tous ceux qui, comme moi, n\u2019ont plus leur mère.Quand ça va bien, ce qui est idéal, c\u2019est de rassembler toute la famille.Personnellement, j\u2019aime quand ça fonctionne bien en famille : je traite tout le monde de façon égale, en essayant de leur donner de l\u2019amour et de la bonne humeur.C\u2019est le même principe dans mon travail de vente : quand les gens viennent me voir, je leur communique de la bonne humeur, et je les rends plus heureux.Je sais que je suis un rayon de soleil dans leur journée et qu\u2019ils donneront le sourire à quelqu\u2019un d\u2019autre par la suite.Ça me touche beaucoup quand ils me disent que j\u2019ai illuminé leur journée.Je les remercie tous et leur souhaite une bonne fête des Mères.Indispensable maman Ma mère est très importante pour moi.Sympathique, bonne cuisinière, dévouée et minutieuse sont quelques-unes des qualités qui font d\u2019elle une femme admirable.C\u2019est une bonne ménagère et elle prend bien soin de sa maison, toujours impeccable et très propre.Malgré ses 79 ans, elle s\u2019occupe de mon père malade, diabétique, et le soigne aux petits oignons.Elle est toujours là pour lui.Elle est très patiente, surtout envers ses petits-enfants qu\u2019elle adore.C\u2019est une femme dévouée, d\u2019ailleurs, car elle s\u2019occupe aussi de mon frère qui reste chez elle.Elle est toujours prête à nous aider.On va lui raconter nos problèmes, elle nous écoute et nous conseille.Bien sûr, elle a son petit caractère, mais c\u2019est comme ça qu\u2019on l\u2019aime.Ma mère m\u2019a appris beaucoup de choses de la vie, comme la communication avec les êtres humains : comment approcher les gens, comment parler à quelqu\u2019un.En d\u2019autres mots, elle m\u2019a enseigné à vivre dans le respect.J\u2019ai eu la chance de vivre avec ma mère et ma grand-mère, avec lesquelles j\u2019ai été élevée dans l\u2019amour et l\u2019harmonie.Ces deux femmes indispensables m\u2019ont inculqué le sens des valeurs humaines et le sens des responsabilités.Elles m\u2019ont appris à avoir une vie stable, à régler les problèmes et à trouver des solutions.Ma mère m\u2019a également initié à la musique, car elle joue du piano et de l\u2019orgue.Durant ma jeunesse, j\u2019ai ainsi fait, grâce à elle, des spectacles de danse ballet-jazz.J\u2019adorais ça ! Ma mère et moi, finalement, on se ressemble beaucoup.On a d\u2019ailleurs un point en commun : aucune de nous n\u2019a son permis de conduire.C\u2019est parce qu\u2019on aime se faire « chauffer », comme on dit ! CÉCILE CREVIER CAMELOT MARCHÉ MÉTRO SAINTE-CATHERINE/MORGAN L'écriture Lècriture pour moi, c\u2019est une forme d\u2019évasion.Cela me permet de m\u2019inspirer, d\u2019étaler mes pensées, de partager mes idées, qu\u2019elles soient acceptées oui ou non.Cela peut même être une forme de thérapie pour aller mieux.C\u2019est aussi en continuant d\u2019écrire que nos lecteurs s\u2019intéressent à nos textes et à notre journal.Lècriture permet aussi de conserver sa mémoire.La lecture est également une bonne thérapie, cela garde les neurones en santé.Parfois j\u2019aime lire des livres de philosophie et de théologie.Je pense que c\u2019est un bon outil pour nous donner de meilleures idées et pour mettre en pratique l\u2019écriture.Dans la vie, il peut y avoir une période basse Mais si tu possédais une vie spirituelle Et si tu voulais retourner à cette vie Tu la retrouverais C\u2019est la seule voie Quand tu es fatigué de ton état Une lumière s\u2019ouvrira Je pratiquais l\u2019art Mais il y a eu un retard J\u2019ai demandé Et j\u2019ai retrouvé Lart m\u2019a de nouveau possédé Il m\u2019a sauvé Je suis tombé Et je me suis relevé Tout m\u2019a été redonné JACQUES ÉLYZÉ CAMELOT THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI PHOTO \u2019 - l-: LfA'T I> '\t| ¦JH _J 7VTT rai & iiS CHRONIQUE PAR ANNIE LAMBERT CAMELOT À LONGUEUIL jT\\.Voir votre ordinateur autrement Matériel défectueux ou problème d'exploitation ?La rapide obsolescence informatique nous laisse croire qu'au bout de trois ans, nos chers ordinateurs ne sont plus capables d'en prendre.Mon expérience me fait dire qu'avant de recycler nos compagnons, il faut se poser la bonne question.Lorsque je vis des épisodes de détresse psychologique et pour relativiser les difficultés de la vie, je me rappelle toujours cette histoire : il y a au moins sept raisons pour qu\u2019une ampoule ne s\u2019allume pas.Elle n\u2019est pas forcément brûlée alors, ça vaut le coup de pousser la réflexion un peu plus loin : l\u2019interrupteur est-il à l\u2019arrêt ?La lampe est-elle bien branchée ?Le fusible est-il brûlé ?Y a-t-il une panne d\u2019électricité?J\u2019applique cette même logique à l\u2019informatique : il y a davantage de choix qui s\u2019offrent à moi, autres que Windows ou Mac ! J\u2019ai été en arrêt maladie à la suite d\u2019un accident de travail.En difficulté financière, mon ordinateur aussi commençait à tirer de la patte.Un ami m\u2019a alors parlé des « distributions GNU/Linux » (trop souvent appelées, à tort, les systèmes Linux).J\u2019ai toujours eu une grande complicité avec mon ordinateur et à cette période de ma vie, j\u2019avais déjà perdu pas mal de repères.Alors, l\u2019idée de perdre ceux liés à l\u2019informatique a provoqué un tsunami de résistance.Mais mon ami m\u2019a expliqué que je n\u2019avais pas besoin de changer ma machine, que les logiciels GNU/Linux pouvaient me donner des résultats répondant parfaitement à mes besoins.En effet, mon matériel informatique était en bon état.Le problème venait des logiciels que j\u2019utilisais.C\u2019est avec un certain sourire que je me rappelle alors avoir enlevé mon disque dur contenant « mon précieux » Windows pour amorcer sur mon ordinateur le contenu d\u2019une distribution GNU/ Linux via un CD.Comme si « mon précieux » allait être contaminé par un méchant virus alors qu\u2019il n\u2019était de toute façon pas loin d\u2019un écran bleu, d\u2019un code d\u2019erreur fatale.Aujourd\u2019hui, une distribution peut s\u2019installer sur une clef USB et, je vous rassure, pas besoin d\u2019enlever le disque dur de l\u2019ordinateur, ça ne fera aucun mal à votre précieux Windows.Ça vaut le coup de tenter l\u2019expérience, c\u2019est comme ça que j\u2019ai appris mes premières bases en informatique.Qu\u2019est-ce qu\u2019un ordinateur?Du matériel (carte mère, processeur, mémoire, etc.), un système d\u2019exploitation (Windows, Mac, GNU/Linux, Android, etc.) et des logiciels (Google Chrome, Ms Word, Explorateur, iTunes, etc.) Ça, je l\u2019ai compris en ayant l\u2019heureuse surprise de retrouver des logiciels que j\u2019avais commencé à utiliser sous Windows et qui fonctionnaient aussi sous GNU/Linux.Une façon de dédramatiser la situation et de ne pas perdre tous ses repères est de commencer à utiliser des logiciels libres sous Windows, avant de l\u2019abandonner.Pas besoin d\u2019être programmeur pour utiliser ces logiciels ! Alors la prochaine fois que l\u2019ampoule ne s\u2019allumera pas, heu ! que votre ordinateur plantera, explorez! Est-ce le matériel ou le logiciel qui pose problème ?Il y a peut-être une solution qui s\u2019offre à vous avant de renouveler le matériel.¦ Qu\u2019est-ce qu\u2019un logiciel libre ?« Logiciel libre » (ou free software) désigne des logiciels qui respectent la liberté des utilisateurs.En gros, cela veut dire que les utilisateurs ont la liberté d\u2019exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels.Ainsi, le logiciel libre fait plus référence à la liberté qu\u2019au prix d\u2019achat.Pour comprendre ce concept, vous devez penser à « liberté d\u2019expression ».\t\t \t\t Navigateur internet\tInternet Explorer\tFirefox Messagerie\tMicrosoft Outlook\tThunderbird Suite bureautique\tMicrosoft Office\tLibre Office Lecteur Média\tWindows Media Player\tVLC * Liste non exhaustive \\J 1er mai 2017 | ITINERAIRE.CA 43 JOSÉE CARDINAL Insecte Prière Résistants Lettre grecque Pronom Retardais Reposés Disloquées Adaptera Clayonnages Arrêtiez Ville de Finlande Évanouissement Qui contiennent de l\u2019arsenic Détruira des éléments organiques Dommage Année Qu\u2019il batifole Ozonisées HORIZONTALEMENT 1.\tFruits purgatifs.2.\tFleuve de France.-Petit plateau.3.\tEntièreté.- Céréale.4.\tSi.- Poème de Virgile.5.\tIridium.- Manufacture.-Monnaie.6.\tMesurent.- Vernis.7.\tPoursuivre.- Poète arabe.8.\tRoyales.9.\tPetits ifs.- Déplier.10.\tPossédés.- Amas de papiers.VERTICALEMENT 1.\tRuse.2.\tYogourts.- Regardé.3.\tTitane.- Personnes.4.\tEnleva.- Engrais.5.\tJalonnera.6.\tCeinture.- Dans le vent.-Monnaies.7.\tBouchent.- Lettre grecque.8.\tPoinçon.- Enzymes.9.\tExclamation enfantine.-Compagnie ferroviaire.-Précède Jésus.10.\tRessemblance.11.\tPlissera.12.\tMajoreriez.joseecardi nalal ©yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro Amusez-vous bien ! \t'R\t\t'L\t\t'P\t\t'D R\tE\tC\tU\tR\tA\tG\tE \t'G\tE\tN\tE\tR\tA\tL M\tU\tT\tE\tggg\tE\tT\tA \tL\tSs\t\tU\tR\tE\tT R\tA\tp\t$\thL\tE\tN\tT \tT\tR\tI\tE\tS\tT\tE V\tR\t0\t0\tM\t\t\t \tI\t§\t\tA\tT\tT\tE A\tC\tC\tI\tS\tI\tE\tN \tE\tU\ts\t\t*T\tE\tT I\tS\tL\tA\tM\tI\tS\tE CARDINAL DISTRIBUTRICE IB\ta\tEl\tB\tD\tB\tB\tB\tB\tm\t13\tES 44 ITINERAIRE.CA | 1er mai 2017 Solution dans le prochain numéro DETENTE DIFFERENCES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.T- -¦ v ®\u2014 «ES I Ml T- ?®\u2014 JEU DE CHIFFRES T k \t\t\t\t7\t\t\t\t \t8\t\t\t\t\t1\t\t7 \t\t3\t\t1\t\t\t5\t \t\t\t4\t2\t\t\t\t \t3\t\t1\t\t6\t\t2\t \t\t2\t3\t\t\t\t9\t 2\t1\t\t6\t\t\t\t4\t8 8\t9\t6\t\t\t\t3\t\t \t\t\t5\t\t\t9\t\t Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Source : Editions Goélette\tSolution dans le prochain numéro JEU DE CHIFFRES\tJEU DES 7 DIFFÉRENCES 2\t7\t4\t9\t8\t6\t3\t1\t5 9\t6\t3\t4\t1\t5\t7\t8\t2 5\t8\t1\t2\t3\t7\t6\t4\t9 7\t1\t8\t3\t6\t9\t5\t2\t4 3\t5\t2\t8\t7\t4\t9\t6\t1 6\t4\t9\t5\t2\t1\t8\t3\t7 1\t2\t6\t7\t5\t8\t4\t9\t3 4\t3\t5\t6\t9\t2\t1\t7\t8 8\t9\t7\t1\t4\t3\t2\t5\t6 Centrale des syndicats du Québec cso lacsq.org uCSQ au travail avec vous ! FortG de ses 200 000 membres A PROPOS.de la consommation L'aristocratisme du désintéressement est sans doute au principe de nombre de condamnations de la « société de consommation » qui oublient que la condamnation de la consommation est une idée de consommation.Pierre Bourdieu J'accuse la société de consommation de, m'avoir fait comme je suis : insatiable.J'appelle société de provocation toute société d'abondance en expansion économique qui se livre à l'exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une Fraction importante de la population qu'elle provoque à l'assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu'elle lui [refuse les moyens de satisfaire cet appétit.Romain Gary Frédéric Beiabeder Autrefois, on contestait la| consommation, aujourd'hui on consommel de la contestation.dits |ll est Frappant de constater qu'au moment où accumulent et se diffusent de plus en plus de biens de consommation, ce sont les biens élémentaires |les plus nécessaires à la vie, comme l'air et l'eau, qui Icommencentà Faire défaut.Wilfrid Lemoine Alain Finkielkraut Cari Aderhord Georges Pompidou Dans une société de consommation, le mot de consommation doit être pris au sens littéral : on mange le monde.Contre la vie dévorante, il Faut donc, au risque d'être appelé conservateur, défendre le monde.Notre société dite de consommation est le plus grand dépressif qui soit.Robotisé, nous ne nous en rendons pas toujours compte.Nous n'en avons pas le temps.Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers qui répandent leurs drogues.lAlbert Jacquard La société de consommation est une expression légèrement infâme, née du fantasme de grands enfants déçus d'avoir été trop gâtés.Ils n'ont pas la force de se former et rêveraient qu'on les contraigne à la sobriété.PHOTO : ALICEPHOTO (123RF; stm.info/visiteurs Montréal et ses déplacements illimités dans 68 stations de métro et 220 lignes de bus.10s\t18s Titre un jour\tTitre 3 jours Tarifs sujets à changement sans préavis.vive@75 MOUVEMENT COLLECTIF ON REMPLIT VOTRE TASSE OÙ QUE VOUS SOYEZ Partout au Québec, on livre gratuitement* CAFEBROSSARD.COM CAFÉ BROSSARD arabica tïir iiï TORRÉFIÉ A MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFE BROSSARD La livraison gratuite s'applique pour les commandes de 10 livres de café et plus."]
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