Argus, 1 janvier 2018, Vol. 46, No 2
[" Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Volume 46, Numéro 2 La revue québécoise des professionnels de l\u2019information AU SERVICE DES PROFESSIONNELS DE L\u2019INFORMATION ! Faites appel à l\u2019expertise des bibliothécaires et archivist es de BAnQ pour vous soutenir dans l\u2019organisation, la gest ion et la prest ation de services de votre bibliothèque.Explorez l\u2019Esp ace professionnel des milieux documentaires : consultez les dossiers thématiques et les ?ches d\u2019information, participez aux webinaires, puisez dans la galerie de photos, et plus encore ! Pour en savoir plus, visitez notre site Internet : banq.qc.ca/milieux_doc @BAnQ_milieuxdoc @BAnQMilieuxdoc banq.qc.ca P h o t o : B e r n a r d F o u g è r e s Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Volume 46, Numéro 2 La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Table des matières 07 Éditorial Marie-Ève Auclair 49 Bibliothèque de l\u2019Université Laval : 165 ans d\u2019histoire, 1852-2017 \u2013 Présentation du livre de Richard Dufour Jonathan Pépin-Nadeau 52 Un train de retard \u2013 Ou les résistances des politiques et des universitaires face au nouvel humanisme numérique Éric Le Ray DOSSIER Bibliothéconomie, muséologie et archivistique 11 Évolution des ressources documentaires au sein du Musée national des beaux-arts du Québec Nathalie Thibault 16 La petite histoire d\u2019une grande galerie d\u2019art Philippe Cadieux 19 Le Service de la conservation de BAnQ : des experts du document patrimonial Mireille Laforce 24 La bibliothèque, lieu d\u2019inspiration et de création Linda Moisan 28 Par ici la poésie \u2013 Un parcours de médiation documentaire innovant à la Grande Bibliothèque Marie-Ève Plamondon, Marie-Pierre Gadoua et Sylviane Cossette 33 Les familles au cœur de l\u2019ofre culturelle en Mauricie France René et Marie-Andrée Levasseur 37 La participation citoyenne dans les bibliothèques et dans les milieux archivistiques : regards croisés Siham Alaoui La version papier de ce document est imprimée sur du papier Rolland Enviro Print, contenant 100 % de fibres postconsommation.ARGUS La revue québécoise des professionnels de l\u2019information Volume 46, no 2 Automne 2018 Dépôt légal Bibliothèque Nationale du Canada Bibliothèque Nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage : 570 Dépôt légal : 4e trimestre 2018 Publié par Argus est une revue publiée deux fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec 5605, avenue de Gaspé Espace 106 Montréal, Québec H2T 2A4 514 845-3327 info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n\u2019engagent que ceux-ci.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans : > Articlefirst (Oclc) > Francis > Library, Information Science & Technology Abstracts (Lista) > Library Literature > Repère > Wilson Omni.Rédactrice en chef Marie-Ève Auclair Comité éditorial Marie-Claire Barbeau-Sylvestre Violaine Fortier Yvon-André Lacroix Ariane Legault-Venne Anaïs Salomon Collaborateurs, textes Siham Alaoui Philippe Cadieux Sylviane Cossette Marie-Pierre Gadoua Mireille Laforce Éric Le Ray Marie-Andrée Levasseur Linda Moisan Jonathan Pépin-Nadeau Marie-Ève Plamondon France René Nathalie Thibault Révision linguistique Ariane Legault-Venne Juliette Tirard-Collet Marie Tremblay Illustrations Julien Castanié Conception graphique Jolin Masson www.jolinmasson.com Impressiom JB Deschamps C000000 07 Éditorial Muséologie, bibliothéconomie et archivistique ; des professions soeurs Parfois nommées les trois sœurs patrimoniales, les musées, les bibliothèques et les centres d\u2019archives partagent de nombreuses caractéristiques.Séparées de corps depuis quelques décennies à peine, ces dernières années ont vu naître de nombreux projets de collaboration entre elles.De ce fait, ne gagnerait-on pas à ce que les professionnels qui y oeuvrent travaillent de concert ?C\u2019est la conviction de plusieurs.Parmi eux, Nathalie Thibault du MNBQ et Philippe Cadieux de la Bibliothèque de Montmorency nous livrent chacun leur expérience de multidisciplinarité au sein de leur institution respective.Certaines institutions permettent le rapprochement des professions entre leurs murs comme c\u2019est le cas à BAnQ qui abrite une bibliothèque, un espace muséal ainsi qu\u2019un centre d\u2019archives.Ainsi, Mireille Laforce de BAnQ a rédigé un article sur le service de conservation et sur les experts du document patrimonial qui y travaillent : des bibliothécaires, des archivistes et des muséologues.Quant à elles, Marie-Ève Plamondon, Marie-Pierre Gadoua et Sylviane Cossette, également à l\u2019emploi de BAnQ cosignent un article sur Par ici la poésie ; un projet de médiation dans lequel la bibliothéconomie et la muséologie se rencontrent.D\u2019autres institutions, outre BAnQ, développent des projets explorant les relations entre la bibliothèque et la muséologie.C\u2019est le cas de la Bibliothèque Raymond-Lévesque de Longueuil, où, tel que nous le rapporte Linda Moisan, l\u2019institution, en mettant sur pieds des résidences d\u2019artistes, a ouvert ses portes aux créateurs.Ailleurs, il s\u2019agit plutôt de rendre accessible la culture en offrant aux familles la possibilité de louer des laissez-passer pour visiter musées et lieux de patrimoine en bibliothèque, comme on emprunterait un livre pour voyager et s\u2019instruire.C\u2019est ce que nous racontent France René et Marie- Andrée Levasseur dans leur texte dédié au projet Carte Famille tout inclus développé en Mauricie. ARGUS 08 À ces institutions et réalisations physiques s\u2019ajoutent des projets numériques qui apparaissent comme des terreaux fertiles à la convergence et au partage entre disciplines.Les possibilités de participation citoyenne et communautaire offertes par les catalogues numériques dits 2.0 sont, par exemple, de belles opportunités tant pour les bibliothécaires, les muséologies que les archivistes de prendre leur place à titre de médiateurs documentaires, tel que nous l\u2019explique Siham Alaoui.Au-delà des projets communs, tous font face aux mêmes défis découlant du numérique et des contraintes financières et politiques.Comment le Québec et certaines de nos institutions vivent-elles cette réalité ?Il va sans dire que cela varie en fonction des lieux et surtout des professionnels.Dans un article étoffé, Éric Le Ray nous entretient des défis que lance l\u2019ère du numérique à nos sociétés et à nos instances.Enfin pour clore ce numéro de belle façon, Jonathan Pépin- Nadeau nous présente le livre Bibliothèque de l\u2019Université Laval : 165 ans d\u2019histoire, 1852-2017 qui présente l\u2019histoire de cette bibliothèque universitaire.La revue Argus souhaitait avec ce numéro spécial ouvrir ses pages aux bibliothécaires, mais également aux muséologues et aux archivistes afin de partager, d\u2019échanger et d\u2019entendre les différentes réalités de ces professions sœurs.Il est temps de jeter un coup d\u2019œil à son prochain et de s\u2019inspirer des meilleures pratiques de l\u2019autre.Aussi, c\u2019est avec bonheur que nous vous offrons cette édition qui, nous l\u2019espérerons, vous donnera envie de tisser des liens, de nourrir des rêves et d\u2019imaginer des projets avec vos collègues\u2026 bibliothécaires, muséologues ou archivistes.À tous, une excellente lecture ! Marie-Ève Auclair Rédactrice en chef, Argus Bibliothéconomie, muséologie et archivistique E4 | 11 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Évolution des ressources documentaires au sein du Musée national des beaux-arts du Québec L\u2019apport des professionnels de l\u2019information dans un contexte muséal Nathalie Thibault Depuis une vingtaine d\u2019années, les collections muséales sortent des murs grâce à des projets de numérisation, de données ouvertes et de mutualisation des données.Ces projets ont permis à certains musées québécois d\u2019offrir à leurs différents publics un meilleur accès à leur patrimoine documentaire à travers le Web et avec l\u2019utilisation des réseaux sociaux et de blogues.Bien entendu, ce ne sont pas tous les musées qui disposent, au sein de leur équipe muséale, de professionnels de l\u2019information (bibliothécaire, documentaliste, archiviste, technicien en documentation, etc.) pour traiter et mettre en valeur leur patrimoine documentaire.Pour les musées de plus grande taille, on constate ces dernières années plusieurs fusions à l\u2019interne des secteurs liés à la bibliothéconomie et à l\u2019archivistique dans un contexte muséologique.Tout un défi que de croiser des disciplines avec des systèmes de gestion distincts et des normes de descriptions différentes ! On remarque l\u2019arrivée de nouveaux postes en gestion de l\u2019information dans les musées et les institutions de mémoire \u2013 archiviste d\u2019un dépôt numérique, chargé de projet pour le Web sémantique, analyste de base de données \u2013 afin de répondre à de nouveaux enjeux numériques.Ce texte se penche sur un milieu muséal et documentaire que je connais bien puisque j\u2019y travaille en gestion de l\u2019information depuis plus de trente ans.Il s\u2019agit du Musée national des beaux- arts du Québec (MNBAQ).Celui-ci a structuré, en 2012, un service dédié à la gestion globale de l\u2019information en unifiant les ressources humaines, ARGUS 12 technologiques et matérielles au sein d\u2019un même secteur : Archives, documentation et photographie.L\u2019équipe de ce secteur relève désormais de la même entité : la Direction des collections et de la recherche.Tel un mini « GLAM interne », cette restructuration a permis d\u2019élargir la diffusion du patrimoine conservé par ce Musée en remettant en question les pratiques quotidiennes et, surtout, en effectuant des projets transversaux avec la collaboration des conservateurs, des médiateurs culturels et des muséologues.On assiste donc un décloisonnement des silos conventionnels de la bibliothéconomie et de l\u2019archivistique, ce qui a permis un rapprochement des collègues concernés par la gestion de l\u2019information.La bibliothèque et le centre de documentation Voici tout d\u2019abord un bref historique des ressources documentaires au sein de ce Musée.Le mandat actuel du MNBAQ, inauguré en 1933, est de faire connaître, de promouvoir et de conserver l\u2019art québécois de toutes les périodes et d\u2019assurer une présence de l\u2019art international par des acquisitions, des expositions et d\u2019autres activités d\u2019animation.Créée en 1944, la bibliothèque du Musée national des beaux-arts du Québec soutient la mission de l\u2019institution.Elle constitue un support important à plusieurs activités de son personnel et de sa clientèle externe.Elle est ouverte à tout public, mais s\u2019adresse en priorité aux chercheurs, aux professionnels et aux étudiants des cycles supérieurs.Son accès physique est sur rendez-vous.La salle de lecture est désormais le lieu commun pour la consultation de l\u2019ensemble des ressources documentaires du Musée.Installée depuis 1991 dans le pavillon Charles-Baillairgé, cette bibliothèque spécialisée en art du Québec compte aujourd\u2019hui plus de 40 000 volumes, 14 000 dossiers d\u2019artistes et thématiques, ainsi des titres de périodiques anciens et courants.Cette importante collection regroupe plusieurs types d\u2019imprimés : catalogues d\u2019expositions, catalogues raisonnés, catalogues de vente à l\u2019encan, monographies, rapports, thèses, ouvrages de référence, livres rares, etc.La gestion des collections et la gestion documentaire Le développement des collections de la bibliothèque s\u2019effectue, encore aujourd\u2019hui, en fonction des collections d\u2019œuvres d\u2019art et d\u2019objets que le Musée documente, de la programmation des expositions, des recherches ainsi que des nombreuses publications dont le Musée est éditeur.Le développement de la documentation sur les collections témoigne d\u2019un travail d\u2019enrichissement scientifique par l\u2019équipe des conservateurs(trices).Il s\u2019agit d\u2019un travail de collaboration soutenu entre l\u2019équipe du développement des collections et celle des ressources documentaires.C\u2019est en 1978 qu\u2019un système de classement des On remarque l\u2019arrivée de nouveaux postes en gestion de l\u2019information dans les musées et les institutions de mémoire \u2013 archiviste d\u2019un dépôt numérique, chargé de projet pour le Web sémantique, analyste de base de données \u2013 a?n de répondre à de nouveaux enjeux numériques. 13 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique dossiers d\u2019œuvres a été mis en place afin de répondre aux besoins grandissants de repérage de l\u2019information consignée pour chaque œuvre ou objet nouvellement acquis.Par ces exemples, on constate que le Musée a graduellement structuré et consigné l\u2019information qu\u2019il détenait.Aujourd\u2019hui, c\u2019est plus de 40 000 dossiers qui sont gérés selon les règles et les pratiques prévues par la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.En 1988, l\u2019avènement de la Loi sur le droit d\u2019auteur a généré un nouveau projet de gestion documentaire d\u2019envergure.Des ressources ont été mises en place pour dresser l\u2019inventaire et assurer la conservation de la documentation photographique des œuvres, des expositions et des activités de l\u2019établissement.Cet exercice a permis d\u2019identifier les mentions de propriété intellectuelle lors de futurs projets de reproduction.Il a aussi permis d\u2019assurer un meilleur repérage des archives photographiques du Musée pour les clientèles externes : maisons d\u2019éditions, sociétés historiques, musées, chercheurs, étudiants, etc.Cette documentation photographique contribue au visuel de centaines d\u2019expositions, de publications et de projets à l\u2019interne.La diffusion des images dans un musée d\u2019art constitue une grande part du patrimoine archivistique qui se développe numériquement pour les générations futures.Le Musée est assujetti à plusieurs lois en tant qu\u2019organisme public, dont la Loi sur les archives.Le MNBAQ doit gérer efficacement ses ressources informationnelles tout en protégeant les nombreux renseignements personnels qu\u2019il détient.Le professionnel de l\u2019information, en collaboration avec les différentes équipes, a les outils pour évaluer l\u2019utilité des documents produits et reçus par le Musée, et ce, en fonction Nathalie Thibault au travail dans une des réserves du MNBAQ.Crédit : MNBAQ, Idra Labrie ARGUS 14 des besoins administratifs, juridiques ou historiques.Un chantier est présentement en cours pour l\u2019analyse et l\u2019implantation d\u2019une saine gestion documentaire au sein de l\u2019ensemble du Musée.Longtemps, cette facette de la gestion de l\u2019information n\u2019avait pas de répondant officiel au sein du Musée.Un plan de classification ainsi qu\u2019un calendrier de conservation sont présentement en rédaction.Les archives privées et les collections spéciales Au début des années 2000, la direction générale du Musée a décidé de structurer l\u2019acquisition, le traitement, la description et la conservation de ses collections spéciales et de ses fonds d\u2019archives privées acquis depuis plus de vingt ans et qui nécessitaient un encadrement juridique pour leur accès et leur future diffusion et reproduction.Le Musée a donc clarifié la provenance de ces fonds et les clauses juridiques, et a débuté un travail de diffusion en ligne sur son site Web de plusieurs documents d\u2019archives.Ce n\u2019est que tout récemment que l\u2019aménagement des réserves a permis de dédier un espace spécifique à la conservation de ce patrimoine archivistique selon les normes muséologiques en vigueur.Le lancement, en 2014, du Plan culturel numérique du Québec (PCNQ) a été un geste important pour la communauté des musées du Québec et demeure encore aujourd\u2019hui profitable pour les ressources patrimoniales qui seront accessibles sur le Web au cours des prochaines années.Ce plan a permis, grâce au financement offert, la diffusion en ligne de documents d\u2019archives et de ressources documentaires.Récemment, il y a eu création de comités de travail au sein du Ministère de la Culture et des Communications.Ces comités se questionnent sur les métadonnées et l\u2019interopérabilité des contenus de musées, de services d\u2019archives et de bibliothèques.Ces convergences vers le numérique vont permettre de mieux outiller les musées dans leurs approches face à leurs publics.Les musées souhaitent faire émerger les données sur leurs collections.Dans ces comités, on discute désormais de Web sémantique, de données ouvertes liées et d\u2019ontologies.Depuis le lancement du PCNQ, un autre chantier occupe le personnel de la gestion de l\u2019information.Il s\u2019agit de la diffusion des collections et des archives grâce au support financier de ce plan.Ce projet consiste à numériser et à diffuser les archives et les œuvres d\u2019art appartenant au Musée tout en obtenant les licences appropriées pour leur diffusion en ligne.Ce projet de numérisation des objets et œuvres d\u2019art représente un immense travail d\u2019équipe qui met à profit les expertises du professionnel de l\u2019information, conjuguées à celles d\u2019autres emplois/métiers de l\u2019institution comme les photographes, les juristes, le technicien à l\u2019enregistrement, le webmestre, etc.En guise de conclusion Plusieurs institutions culturelles vivent actuellement une importante gestion du Ces convergences vers le numérique vont permettre de mieux outiller les musées dans leurs approches face à leurs publics.Les musées souhaitent faire émerger les données sur leurs collections. 15 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique changement à travers l\u2019implantation de nouveaux processus numériques.Si le virage numérique a longtemps été sous la responsabilité des informaticiens, on constate de plus en plus que les professionnels de l\u2019information ont les compétences requises pour améliorer et mettre en valeur la gestion des contenus des entreprises.On remarque ces dernières années que les données d\u2019une organisation sont de plus en plus considérées comme un joyau à exploiter, en fonction du cadre juridique de l\u2019entreprise, elles doivent être organisées, structurées afin de répondre à une divulgation de plus en plus proactive et à une nouvelle curation de l\u2019information.Ces nouvelles perspectives liées au virage numérique font que les professionnels de l\u2019information sont désormais sollicités en amont des projets numériques afin de participer à la mise en place de systèmes et d\u2019outils technologiques qui vont faire émerger, au cours des prochaines années, un patrimoine documentaire actuellement isolé dans des bases de données, sans référencement ni mise en valeur adéquate.Les enjeux et les défis sont grands pour les musées, car ils sont souvent encadrés d\u2019une juridiction qui balise la mise en valeur, mais, du même coup, ils ouvrent un potentiel énorme sur le plan du libre accès à leurs ressources documentaires dans le cadre de projets à venir : Wikipédia, licences Creative Commons, etc.Au début de ma carrière, on discutait de gestion de dossiers et de séries documentaires.Aujourd\u2019hui, les outils technologiques permettent de fragmenter, de gérer les métadonnées et les documents d\u2019archives à la pièce dans un contexte très pointu afin d\u2019en favoriser le plus grand repérage.Auparavant, l\u2019archiviste ou le documentaliste dans un musée était sollicité pour retracer l\u2019information et les sources primaires pour un chercheur ou un conservateur.Désormais, il est intégré aux comités de conception d\u2019activités et d\u2019expositions et souvent en parité avec ses collègues conservateurs et muséologues.On le consulte pour sa vaste connaissance du patrimoine détenu par un musée, mais aussi pour prononcer des conférences, exposer des archives inédites, collaborer directement à des projets d\u2019expositions et surtout travailler en amont lors de la mise en place de nouveaux processus numériques.Travailler dans un musée et, en plus, dans un milieu documentaire est un privilège énorme.C\u2019est un métier qui exige beaucoup de mise à niveau en regard du droit d\u2019auteur, des avancées technologiques et de la gestion des contenus numériques.Année après année, les défis sont toujours au rendez-vous ! Madame Nathalie Thibault possède une formation en techniques de la documentation ainsi qu\u2019en archivistique de l\u2019Université Laval.Elle est à l\u2019emploi du Musée national des beaux-arts du Québec depuis 1987 au sein du secteur : Archives, documentation et photographie.Elle possède un baccalauréat en histoire de l\u2019art de l\u2019Université Laval et un diplôme du micro-programme en gestion de l\u2019information numérique de l\u2019UQAR.Elle a complété un diplôme d\u2019études supérieures spécialisées en muséologie en 2003 à l\u2019Université Laval.Depuis 2016, elle étudie à temps partiel à l\u2019Université de Montréal, au sein du programme de maîtrise en sciences de l\u2019information de l\u2019EBSI.LECTURES SUGGÉRÉES Benedetti, Joan M.2007.Art museum libraries and librarianship.Lanham, Md.: Scarecrow Press, 312 p.Harvey, Douglas Ross et Martha R.Mahard.2014.The preservation management handbook: a 21st-century guide for libraries, archives, and museums.Lanham: Rowman & Little?eld, 376 p.Ménard, Élaine et Joan E.Beaudoin.2015.« La muséologie au sein des sciences de l\u2019information : utopie ou valeur ajoutée ?», Documentation et bibliothèques, volume 61, numéro 2-3, avril-septembre 2015, p. 76-84.Treleani, Matteo.2017.Qu\u2019est-ce que le patrimoine numérique ?Une sémiologie de la circulation des archives.Latresne : Le Bord de l\u2019eau, 102 p. ARGUS 16 La petite histoire d\u2019une grande galerie d\u2019art Philippe Cadieux Plusieurs liens unissent les bibliothèques et les musées.Non seulement ces deux institutions partagent-elles une histoire commune, mais elles se rejoignent aussi par leur rôle culturel fondamental au sein de la société.Les liens se forment encore davantage si l\u2019on considère que de nombreux musées comptent dans leurs locaux un centre de documentation ou encore une bibliothèque en bonne et due forme, tandis que de plus en plus de bibliothèques publiques se dotent d\u2019un espace d\u2019exposition adapté aux normes muséales.Cherchant sans cesse à dépasser la simple fonction de conservation de documents, les bibliothèques développent progressivement une véritable mission de diffusion artistique au sein de leur communauté.En utilisant l\u2019exemple de la Bibliothèque de Montmagny, qui s\u2019est dotée d\u2019une salle d\u2019exposition en art visuel réputée dans la région de la Côte-du-Sud, cet article sera l\u2019occasion de démontrer que le mariage entre les arts et les bibliothèques est pertinent et légitime.La galerie d\u2019art de la bibliothèque La région de la Côte-du-Sud, qui s\u2019étend de Bellechasse à Kamouraska, compte relativement peu de galeries d\u2019art sur son territoire.À l\u2019exception notable de Saint-Jean-Port-Joli, reconnu surtout pour ses artisans-sculpteurs, les galeries d\u2019art à proprement parler sont plutôt rares.Il existe pourtant bien une demande pour ce genre de lieux artistiques, comme le prouvent les restaurants, les bars et les cafés de la région qui exposent régulièrement des œuvres sur leurs murs.C\u2019est donc en 1996 que la Ville de Montmagny tente sa première expérience du côté d\u2019une véritable galerie d\u2019art municipale, utilisant des locaux de la maison historique de Sir Étienne- Paschal-Taché comme centre d\u2019exposition artistique.Cependant, les pièces sont petites et exiguës, rendant difficile le montage d\u2019une exposition cohérente.Par ailleurs, l\u2019accès à la galerie est payant, ce qui n\u2019aide pas sa visibilité.En 2014, à la suite d\u2019un référendum ayant fortement divisé la population, 17 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique la Ville de Montmagny accueille sa première bibliothèque municipale.Du même coup, la municipalité fait l\u2019acquisition d\u2019une toute nouvelle salle d\u2019exposition répondant aux normes muséales.Mieux connue par les Magnymontois comme la « salle d\u2019animation » de la bibliothèque, cette salle d\u2019exposition a adopté dès le départ un mandat de diffusion artistique, offrant aux artistes locaux et régionaux un magnifique espace de rayonnement.De cette façon, la bibliothèque a progressivement remplacé la galerie qui se trouvait à la maison Étienne-Paschal- Taché, celle-ci pouvant alors consacrer ses efforts sur des expositions de nature patrimoniale.Plus grande, mieux éclairée et d\u2019accès gratuit, la salle d\u2019exposition de la Bibliothèque de Montmagny assure une meilleure vitrine aux artistes.Par la même occasion, les arts visuels sont devenus plus accessibles pour la population de la Côte-du-Sud.Un succès indéniable Depuis son ouverture, le succès de la galerie d\u2019art de la Bibliothèque de Montmagny ne se dément pas.Active dès les débuts de la bibliothèque en septembre 2014, la salle d\u2019exposition a enchaîné une quarantaine d\u2019expositions sans temps mort.Les vernissages sont des événements festifs et appréciés, et une soixantaine de personnes y participent en moyenne.La réussite est telle que la liste des artistes désirant exposer à la Bibliothèque de Montmagny déborde.Devant la demande croissante, un comité indépendant a été mis sur pied afin d\u2019assurer la sélection des expositions selon différents critères, notamment l\u2019esthétique, la cohérence de l\u2019œuvre et la démarche artistique.Si la majorité des exposants proviennent de la région de Montmagny, la galerie d\u2019art a néanmoins accueilli des artistes de Québec, Lévis, Kamouraska et Montréal, entre autres.Véritable consécration pour cette galerie d\u2019art, la Bibliothèque s\u2019est même permis de jouer dans la cour des plus grands musées et des plus grandes galeries du monde en organisant à deux reprises une exposition des tableaux du célèbre peintre Jean-Paul Riopelle.Mme Huguette Vachon, veuve de Riopelle, durant l\u2019exposition de 2015 à la Bibliothèque de Montmagny ARGUS 18 Celui-ci ayant vécu à Montmagny et à L\u2019Isle-aux-Grues, la Bibliothèque a développé de précieux liens avec ses héritiers, permettant ainsi une collaboration naturelle.Les deux expositions, en 2015 et en 2018, ont cumulativement attiré plus de 5000 visiteurs à la bibliothèque en une vingtaine de journées.L\u2019art à la bibliothèque : quel avenir ?La diffusion artistique va de pair avec la mission culturelle des bibliothèques.D\u2019un côté, ces expositions permettent de faire rayonner l\u2019art local, que ce soit en prêtant un mur aux jeunes de la relève ou en rendant hommage aux artistes établis de la région.De l\u2019autre côté, en offrant continuellement une exposition artistique accessible gratuitement, la bibliothèque participe activement au dynamisme de la vie culturelle.Plus encore, la diffusion artistique au sein des bibliothèques favorise la démocratisation des arts visuels, souvent perçus comme élitistes.Comme l\u2019explique Céline Meyer, auteure d\u2019un mémoire sur le sujet, la bibliothèque n\u2019agit pas comme instance de légitimation de l\u2019art, à la différence du musée, qui se montre plus sélectif dans le choix des œuvres exposées (Meyer, 2009, p.20).Plutôt que de consacrer une œuvre ou un artiste, la bibliothèque cherche à étendre les frontières de la diffusion artistique et à varier l\u2019offre culturelle.La bibliothèque accueille ainsi les œuvres des classes d\u2019écoliers, des résidences pour personnes âgées, des artistes amateurs, soit autant de clientèles qui ne bénéficieraient pas autrement d\u2019une telle visibilité dans une institution publique.En ce qui concerne le mariage entre les arts et la bibliothèque, l\u2019avenir est prometteur pour les bibliothèques publiques du Québec, qui abritent de plus en plus souvent une galerie d\u2019art.Pour ce qui est de la Bibliothèque de Montmagny, cette sensibilité particulière aux arts visuels nous permet d\u2019espérer de nouveaux projets allant dans le sens de la démocratisation artistique.La Bibliothèque explore notamment la possibilité d\u2019instaurer un système d\u2019artothèque et d\u2019autoriser le prêt d\u2019œuvres d\u2019art, permettant ainsi de faire rayonner encore davantage les artistes de la région et de simplifier l\u2019accès de la population aux œuvres d\u2019art.En conclusion, l\u2019expérience de la galerie d\u2019art de Montmagny démontre bien à quel point la bibliothèque est un lieu naturel pour la diffusion artistique.Sans chercher à remplacer le musée, la bibliothèque n\u2019a pas à se contenter de faire uniquement la promotion de la lecture et de l\u2019écriture.Après tout, tel que le stipule le manifeste de l\u2019UNESCO, « contribuer à faire apprécier les arts » est l\u2019une des principales missions de la bibliothèque publique ! Historien de formation, Philippe Cadieux s\u2019est d\u2019abord intérerré aux archives et la recherche, ce qui l\u2019a emmené vers les sciences de l\u2019information.Après un bref passage à la médiathèque de Radio-Canada et à la Grande bibliothèque de Montréal, il occupe désormais le poste de directeur adjoint et de bibliothécaire à la Bibliothèque de Montmagny.BIBLIOGRAPHIE Meyer, C. 2009.L\u2019art en bibliothèque publique.(Mémoire d\u2019étude, Enssib).Disponible en ligne : www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/2073-l-art-en-bibliotheque-publique.pdf Plus encore, la difusion artistique au sein des bibliothèques favorise la démocratisation des arts visuels, souvent perçus comme élitistes. 19 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Le Service de la conservation de BAnQ : des experts du document patrimonial Mireille Laforce Marie-Claude Rioux, restauratrice.Crédit : BAnQ, photo Michel Legendre. ARGUS 20 C\u2019est une évidence de par sa dénomination, les mandats de toute nature liés à la bibliothéconomie et à l\u2019archivistique sont au cœur des activités de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Certaines missions lui sont cependant plus spécifiquement associées.Celles consistant à conserver le patrimoine documentaire québécois publié au Québec ou relatif à celui-ci ainsi qu\u2019à assurer la conservation d\u2019archives publiques québécoises sont majeures en ce sens.Pour réaliser pleinement ces missions, l\u2019institution s\u2019est allié l\u2019expertise de spécialistes de disciplines sœurs.Muséologues, techniciens en muséologie et restaurateurs sont de ceux-là et ils sont d\u2019ailleurs au cœur du Service de la conservation de BAnQ.Ce service relève de la Direction générale de la Bibliothèque nationale et, plus spécifiquement, de la Direction du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales.L\u2019ampleur des besoins associés aux vastes collections patrimoniales de BAnQ, qui regroupent des documents dont certains ont été créés il y a plusieurs centaines d\u2019années ainsi que des documents d\u2019une grande variété de formats, a amené la Bibliothèque nationale à se doter, à compter des années 1990, d\u2019une équipe qui se consacre à la conservation physique du document, en tant qu\u2019objet.L\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque en 2005 puis la fusion avec les Archives nationales l\u2019année suivante ont augmenté les besoins en ce qui concerne la conservation.L\u2019institution rassemblait dorénavant des collections patrimoniales encore plus grandes et mettait sur pied un programme d\u2019expositions d\u2019envergure.Les collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec réunissent des documents composés principalement de papier, de colle, de textile, de matière synthétique et de peau d\u2019animal.Le Service de la conservation est spécialiste de ces matériaux, mais celui-ci est aussi amené à s\u2019intéresser aux supports optiques et audiovisuels.L\u2019expertise liée à la conservation numérique est pour sa part développée par d\u2019autres équipes provenant de domaines davantage liés aux technologies de l\u2019information.Le Service est responsable de gérer les collections de documents publiés québécois ou relatifs au Québec que conserve BAnQ, ainsi que le prêt de tout document à d\u2019autres institutions à des fins d\u2019exposition (emballage, contrats, conditions).Il est responsable de mettre en œuvre la Politique de conservation, la Politique en matière de restauration et de conditionnement des collections patrimoniales et la Procédure sur la manipulation des documents patrimoniaux de BAnQ en ce qui concerne les documents publiés.Auprès de la Direction générale des Archives nationales, le Service de la conservation offre un service-conseil pour toute question spécifique à la conservation ainsi qu\u2019un service de restauration pour les documents nécessitant des travaux.Le champ d\u2019action du Service est donc double : d\u2019une part, il conseille et Pour réaliser pleinement ces missions, l\u2019institution s\u2019est allié l\u2019expertise de spécialistes de disciplines sœurs.Muséologues, techniciens en muséologie et restaurateurs sont de ceux-là et ils sont d\u2019ailleurs au cœur du Service de la conservation de BAnQ. 21 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique planifie des actions préventives favorisant la conservation et, d\u2019autre part, il s\u2019occupe des documents nécessitant des soins.La chef de service est muséologue de formation et l\u2019équipe peut compter sur trois restauratrices, deux techniciennes en muséologie, ainsi qu\u2019une relieuse.Une équipe de commis complète l\u2019équipe, principalement pour assurer les entrées et sorties de documents, ainsi que la préparation matérielle des documents destinés à être mis à la disposition du public.Quels sont les points de rencontre entre ces spécialistes de l\u2019objet et les bibliothécaires et archivistes ?Ceux-ci se déclinent plus particulièrement dans les activités spécifiques à la Direction générale de la Bibliothèque nationale, de laquelle le Service de la conservation relève.Des liens sont aussi entretenus avec la Direction générale des Archives nationales, responsable également de collections patrimoniales.Conservation des documents Le Service de la conservation est responsable, avec l\u2019équipe des immeubles, d\u2019assurer les conditions environnementales adéquates de conservation dans les réserves : contrôle de la température, de l\u2019humidité relative, de la lumière et de la qualité de l\u2019air.Pour chaque catégorie de documents, il détermine le mobilier à acquérir.En ce qui concerne les modes d\u2019entreposage, le Service détermine si le document doit être protégé par un boîtier ou un autre contenant, mis en chemise avant d\u2019être mis en tiroir, roulé dans le cas d\u2019une carte de grand format par exemple, ou encore, encapsulé, dans le cas d\u2019un document d\u2019archives particulièrement fragile, etc.: c\u2019est ce qu\u2019on appelle le conditionnement.La manipulation des documents patrimoniaux Comme BAnQ doit préserver les documents patrimoniaux destinés à la conservation de façon permanente, chaque utilisation de ceux-ci nécessite une manipulation soignée.Le Service de la conservation est responsable de former à cette manipulation les employés qui travaillent avec les collections patrimoniales, tout au long de la chaîne documentaire.L\u2019objectif de la formation est de conscientiser les employés et de les amener à développer des réflexes de manipulation favorisant la conservation permanente des documents.Cette formation permet aussi au personnel de reconnaître les indices de problèmes liés aux documents, notamment les Chacun son métier, ce qui permet à l\u2019un et à l\u2019autre de se focaliser sur le mandat qui lui est propre, tout en gardant la porte ouverte à l\u2019échange avec les collègues de disciplines sœurs.Alan Berson, cartothécaire présentant un document patrimonial dans le cadre d\u2019une activité d\u2019animation.Crédits : BAnQ, photo Michel Legendre. ARGUS 22 traces de moisissure, qui doivent être détectées rapidement.Une fois formé, le personnel peut faire appel au Service de la conservation pour toute question ou problème : le lien est donc établi dès le départ.Le Service est disponible par exemple pour fournir du matériel, des conseils et des consignes qui faciliteront la manipulation, le transport, la reproduction ou la consultation des ouvrages.C\u2019est le cas principalement pour les documents de formats particuliers (affiches, cartes géographiques, estampes, par exemple) et pour les livres et journaux anciens, qui peuvent être particulièrement fragiles.Plusieurs documents patrimoniaux sont acquis par don.Au moment de l\u2019acquisition, ils peuvent comporter des déchirures ou des adhésifs, avoir été roulés pendant plusieurs années, être encadrés ou être particulièrement sales et poussiéreux.Les documents présentant de tels problèmes sont soumis dès leur arrivée au Service de la conservation, qui effectuera les traitements nécessaires pour les corriger, de façon sécuritaire pour le document.Quelques- uns des traitements les plus courants sont le nettoyage à sec, l\u2019enlè ve ment des adhésifs, la mise à plat et la consolidation des déchirures et des lacunes.Il peut également arriver que l\u2019on constate que des documents en collection depuis longtemps présentent par exemple des traces de moisissure.Dans le doute, le personnel bibliothécono- mique et archivistique peut s\u2019adresser aux restauratrices pour confirmer le problème et déterminer ce qu\u2019il faut faire pour isoler et traiter ces documents.Difusion des documents Les équipes de bibliothécaires travaillant à la diffusion des collections patrimoniales sont amenées à présenter, dans leurs activités d\u2019animation, des documents patrimoniaux.Les usagers peuvent également demander à consulter ces documents.Comme ces documents peuvent être de formats divers et dans différents états physiques, l\u2019équipe de la conservation transmet aux équipes de diffusion, pour chaque document le requérant, des consignes qui en assureront la manipulation et la consultation adéquate.Les équipes de diffusion s\u2019assurent ensuite de transmettre les consignes à leurs visiteurs, s\u2019il y a lieu.Par ailleurs, BAnQ présente des expositions pour lesquelles le Service de la conservation est responsable de déterminer les conditions et consignes d\u2019exposition des documents, ainsi que de fournir les supports et encadrements nécessaires.La numérisation L\u2019un des secteurs où la collaboration entre les professionnels de chaque domaine s\u2019est particulièrement L\u2019un des dé?s des institutions ayant pour mandat de conserver des collections patrimoniales est d\u2019arriver à conjuguer les politiques visant à assurer la conservation permanente et le développement des activités de difusion des documents, sans lesquelles la conservation n\u2019a pas d\u2019intérêt.Ces deux éléments qui pourraient être incompatibles dans l\u2019absolu sont en fait essentiels l\u2019un pour l\u2019autre. 23 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique développée au cours des dernières années est celui de la numérisation.Le programme de numérisation de BAnQ a pris un essor important depuis 2012.Cela a amené à une meilleure structuration du processus de numérisation ainsi que de toutes les activités préalables et connexes qu\u2019elle suppose : sélection des documents à numériser, examen des contraintes et particularités physiques inhérentes aux documents, traitement documentaire des contenus numérisés, planification de la numérisation selon les priorités de contenus souhaitées ainsi qu\u2019au regard des contraintes matérielles des documents, mais aussi de la disponibilité des appareils de numérisation spécifiques aux différents formats de documents.Le programme de numérisation étant centralisé, il a exigé la collaboration des bibliothécaires et archivistes, principalement intéressés aux contenus, du Service de la conservation pour ce qui est du document en tant qu\u2019objet physique, et de la Direction de la numérisation, responsable de la numérisation elle-même.Les discussions nécessaires pour arriver à un processus fluide ont permis de mieux déterminer le rôle de chacun.La clé du succès de la collaboration ?L\u2019un des défis des institutions ayant pour mandat de conserver des collections patrimoniales est d\u2019arriver à conjuguer les politiques visant à assurer la conservation permanente et le développement des activités de diffusion des documents, sans lesquelles la conservation n\u2019a pas d\u2019intérêt.Ces deux éléments qui pourraient être incompatibles dans l\u2019absolu sont en fait essentiels l\u2019un pour l\u2019autre.Les principes de conservation permettront au document de durer le plus longtemps possible, alors que la diffusion justifie le fait de conserver les documents.Tout est dans l\u2019équilibre des choix favorisant l\u2019un ou l\u2019autre.Pour trouver ce point d\u2019équilibre, le dialogue, l\u2019ouverture et la confiance entre spécialistes sont essentiels.La définition claire ainsi que le respect des rôles et responsabilités de chacun sont également cruciaux pour éviter les tensions qui pourraient survenir.Richesse d\u2019échange et partage d\u2019idées venues d\u2019écoles différentes peuvent donner lieu à des débats intéressants qui doivent, pour que nous réussissions trouver des solutions ou compromis acceptés de tous, se faire dans un esprit collégial et avec la conviction de travailler à atteindre un objectif commun.Alors que dans un petit milieu de travail, le bibliothécaire ou l\u2019archiviste est davantage amené à toucher à toutes les fonctions entourant le document, dans sa forme intellectuelle et matérielle, une grande institution comme BAnQ peut se permettre de confier certaines fonctions précises à des spécialistes qui se consacrent exclusivement à celles-ci.À BAnQ, tout ce qui concerne le document en tant qu\u2019objet à conserver a été concentré dans les mains des professionnels de la muséologie et de la restauration du Service de la conservation.Chacun son métier, ce qui permet à l\u2019un et à l\u2019autre de se focaliser sur le mandat qui lui est propre, tout en gardant la porte ouverte à l\u2019échange avec les collègues de disciplines sœurs.Mireille Laforce est directrice du dépôt légal et de la conservation des collections patrimoniales à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Elle est à l\u2019emploi de BAnQ depuis 2004 et avait auparavant œuvré dans le milieu des bibliothèques juridiques québécoises.Outre la Maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l\u2019information, elle détient des diplômes universitaires en histoire, en archivistique et en droit. ARGUS 24 La bibliothèque, lieu d\u2019inspiration et de création Linda Moisan 25 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique On peut imaginer qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile pour un artiste ou un écrivain de créer en composant avec les tâches quotidiennes de la maison et les obligations familiales et professionnelles.Plus qu\u2019un accès à des locaux, la bibliothèque comme lieu de résidence de création leur permet de sortir de leurs milieux habituels, de respecter un horaire régulier de recherche et de création.Pour quelques mois, le résident fait partie intégrante d\u2019un espace public à la fois apaisant et dynamique.Il a à sa disposition des ressources documentaires et des clientèles facilement accessibles.À l\u2019instar des bibliothèques de Montréal, la bibliothèque Raymond- Lévesque, située à l\u2019entrée du Parc de la Cité, est un lieu de résidence de création bénéficiant d\u2019espaces lumineux, chaleureux et inspirants.Depuis 2013, cinq auteurs et une artiste en arts visuels ont séjourné à la bibliothèque.La Résidence de création Librairie Alire est issue d\u2019un partenariat entre le Conseil des arts de Longueuil, le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil et la librairie Alire.Elle a pour but d\u2019offrir à un artiste ou à un auteur professionnel longueuil- lois une résidence de création et un soutien financier grâce à une bourse de 5 000 $.Le projet présenté doit comprendre la création ou la mise en valeur d\u2019un texte, avoir un lien avec les mots ou avec la littérature, comme rédiger un roman, un album, un ouvrage drama- turgique, composer une musique pour un texte poétique, réaliser une installation artistique incluant des textes et des mots, concevoir un spectacle où le texte, les mots sont présents.La résidence s\u2019étend sur deux mois, à raison de vingt-cinq heures par semaine, et comporte deux volets : un premier volet de résidence, soit une grande partie des heures dédiées à la création, et un volet de médiation, pour lequel l\u2019artiste ou l\u2019écrivain doit prévoir des rencontres ou des activités avec le public de la bibliothèque.Ce dernier volet a pour but de contribuer à la sensibilisation et à la promotion des arts auprès des clientèles desservies.Toutefois, les activités n\u2019ont pas nécessairement à être en lien avec le projet de création.Des critères d\u2019admissibilité ont été établis pour le choix des projets : être un artiste professionnel, en regard des lois sur le statut professionnel de l\u2019artiste ou, être un écrivain professionnel et avoir publié au moins deux livres de fiction chez des éditeurs reconnus et agréés, être disponible pendant la période prévue au contrat et être résident de Longueuil.La résidence permet à l\u2019artiste ou à l\u2019écrivain de se retirer quelque temps dans un lieu où toute son attention et son énergie seront réservées à la création.Mathieu Blais, romancier, poète et professeur de littérature au Cégep Édouard-Montpetit, exprimait ce constat à quelques jours de sa résidence au printemps 2017 : « Avoir une bourse qui vous encourage à prendre le temps d\u2019écrire dans un environnement splendide, c\u2019est comme ?L\u2019artiste Eugenia Reznik installe les Visages sonores à l\u2019extérieur de la Bibliothèque.Résidence de création 2018.Crédits : Bibliothèque Raymond-Lévesque.L\u2019artiste s\u2019est également approprié le lieu, à la manière des résidences in situ, en expérimentant avec une installation visuelle suspendue près des bancs extérieurs de la bibliothèque, représentant les visages décrits et entendus à l\u2019aide de bornes sonores. ARGUS 26 réaliser un fantasme.Quelle chance extraordinaire de pouvoir rencontrer et échanger avec les gens ! Ce sera très enrichissant dans les deux sens »1.Un accompagnement et un soutien logistique sont indispensables pour faciliter le séjour du résident à la bibliothèque.Ce dernier est installé dans une petite salle d\u2019étude bien éclairée pour ses périodes de créations et de recherche.Il est invité à se déplacer dans la grande salle d\u2019étude centrale inondée de lumière, propice aux échanges avec le public.Comme les salles d\u2019étude peuvent également être réservées par les abonnés de la bibliothèque, des réservations sont effectuées en prévision de l\u2019occupation de l\u2019artiste ou de l\u2019écrivain.La bibliothèque fournit au besoin un portable, une carte d\u2019accès au bâtiment et aux salles et un espace d\u2019entreposage pour le matériel.Un parcours signalétique informe les usagers de la présence du résident.Lors 1 Résidence en création pour Mathieu Blais.28 avril 2017.Repéré à http://revue.leslibraires.ca/actualités/le-monde-du-livre/ residence-en-creation-pour-mathieu-blais/ de la résidence de Danielle Marcotte, le thème « Prière de déranger », inscrit sur la signalisation, annonçait aux usagers de la bibliothèque qu\u2019ils pouvaient échanger avec l\u2019auteure, disponible pour répondre aux questions sur le métier d\u2019écrivain, pour offrir de l\u2019aide en rédaction ou un conseil.Le résident bénéficie d\u2019une visibilité grâce à différents outils de promotion.Des affiches, des bannières, un feuillet et plusieurs publications sur les réseaux sociaux informent les citoyens de son arrivée et de l\u2019avancement de sa résidence, ainsi que sur sa biographie, les démarches de son projet et les activités de médiation à venir.La médiation peut emprunter plusieurs chemins : celui, bien connu des artistes ou des auteurs, des rencontres scolaires, ateliers d\u2019écriture, lectures publiques, séances de dédicace, présentations aux membres des clubs de lecture ; sortant des sentiers battus, avec parfois un succès inattendu, la médiation peut également prendre des formes moins orthodoxes.Ainsi, au printemps 2018, la bibliothèque recevait Eugenia Reznik, artiste en arts visuels.Grâce à un stand d\u2019information attrayant, elle a recruté une soixantaine de participants pour son projet de création Visages sonores, doublant ainsi les rencontres individuelles prévues.Ces ateliers de dessin à l\u2019encre de Chine intégrant l\u2019écriture ont affiché « complet » en quelques jours.L\u2019artiste s\u2019est également approprié le lieu, à la manière des résidences in situ, en expérimentant avec une installation visuelle suspendue près des bancs extérieurs de la bibliothèque, représentant les visages décrits et entendus à l\u2019aide de bornes sonores.Lorsque cela est possible, le résidant est invité aux réunions du personnel pour parler de son projet et échanger.Cela facilite son intégration et les discussions se poursuivent ensuite de façon spontanée.Les projets de création sont variés L\u2019on peut conclure en airmant que la présence d\u2019un artiste ou d\u2019un écrivain en résidence se fait de façon toute naturelle dans la bibliothèque « troisième lieu ».Elle facilite le travail du créateur, provoque des échanges avec les clientèles et le personnel, transmet la richesse de la création artistique et littéraire. 27 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique et au moment de leur diffusion ou de leur publication, ils soulèvent un sentiment de fierté auprès du personnel de la bibliothèque.Comme ils ont côtoyé le résident, ils ont l\u2019impression de l\u2019avoir accompagné jusqu\u2019à l\u2019achèvement de son œuvre.Les deux projets d\u2019écriture de l\u2019auteure jeunesse Andrée-Anne Gratton illustrent bien cette appropriation, ce sentiment d\u2019appartenance.Son roman, La mascotte de la bibliothèque, paru chez Soulières éditeur, est inspiré d\u2019un événement vécu par l\u2019équipe de la bibliothèque.D\u2019ailleurs, sa dédicace en fait mention et a fait bien des heureux parmi le personnel.Elle explique aux jeunes lecteurs où elle a trouvé l\u2019inspiration et le sujet de son roman : « Imaginez : on m\u2019emmène dans le bureau du bibliothécaire jeunesse, dont les grandes vitres donnent sur un boisé, et on me présente la mascotte (bien sûr, on me présente aussi le bibliothécaire !), un bel animal \u2013 que je crois empaillé \u2013 à deux pas de la fenêtre.Sauf que\u2026 je sursaute quand l\u2019animal se met à bouger ! Ce fut le coup de foudre\u2026 et le début de cette histoire »2.Le deuxième projet d\u2019écriture de l\u2019auteure, l\u2019album jeunesse L\u2019enfant qui n\u2019avait jamais vu une fleur, paru aux Éditions de la Bagnole, a remporté le Prix Saint-Exupéry 2017 dans la catégorie Francophonie.Une belle nouvelle que le personnel s\u2019est empressé de partager.De plus, toute l\u2019équipe de la bibliothèque attend avec impatience de lire le roman jeunesse de Jennifer Tremblay, Des éclats de nous, Journal de Léo H., comédien et le roman pour adulte Francoeur de Mathieu Blais, deux projets d\u2019écriture initiés en résidence et à paraître chez Leméac éditeur à l\u2019automne.L\u2019on peut conclure en affirmant que la présence d\u2019un artiste ou d\u2019un écrivain en résidence se fait de façon toute naturelle dans la bibliothèque « troisième lieu ».Elle facilite le travail du créateur, provoque des échanges avec les clientèles et le personnel, transmet la richesse de la création artistique et littéraire.Il s\u2019agit d\u2019une expérience exceptionnelle de partenariat et de médiation des savoirs.Linda Moisan est chef de division en médiation des savoirs, développement et traitement des collections pour le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil.Au cours de sa carrière, elle a été responsable des bibliothèques de Saint- Hubert et de Green?eld Park et de la Bibliothèque Raymond-Lévesque.Publicité pour la résidence de l\u2019artiste Eugenia Reznik.Résidence de création 2018.Crédits : Bibliothèque Raymond-Lévesque.2 Gratton, Andrée-Anne.2016.La mascotte de la bibliothèque.Saint-Lambert : Soulières éditeur, p. [75] ARGUS 28 Par ici la poésie Un parcours de médiation documentaire innovant à la Grande Bibliothèque Marie-Ève Plamondon, Marie-Pierre Gadoua et Sylviane Cossette Le parcours Qu\u2019est-ce qu\u2019un parcours de médiation documentaire ?C\u2019est une installation à saveur muséale qui invite les usagers à découvrir et à consulter les collections de la bibliothèque, en plus de rehausser de façon colorée certains éléments de signalisation.Le parcours Par ici la poésie, qui se trouve à la Grande Bibliothèque, à Montréal, a deux vocations : il mène aux collections de poésie, tout en présentant le résultat de l\u2019activité créative déployée lors d\u2019ateliers de poésie, une initiative de médiation sociale réalisée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Le parcours s\u2019étale sur plusieurs rayonnages, des cotes 800 à 899, au niveau 1 de la Grande Bibliothèque.Au tout début, un grand panneau indique l\u2019essence du parcours, son emplacement et ce que l\u2019on y trouve, à la manière d\u2019un plan de centre commercial.Chacun des rayonnages où se trouvent des collections de poésie est signalé par des panneaux aimantés mentionnant le type de poésie que le lecteur rencontre sur son passage : « La poésie contemporaine de langue française, c\u2019est par ici ! » ou encore « La poésie russe, arabe et japonaise, c\u2019est par ici ! ».Ensuite, on trouve dans ces sections un total de 15 panneaux poétiques comprenant un poème conçu par un des participants aux ateliers de poésie, ainsi que les noms de cinq poètes dont les œuvres sont présentes dans la section.Enfin, pour faciliter le repérage des documents, notamment pour différencier les documentaires sur les poètes de leurs œuvres, des collants aux couleurs du parcours ont été apposés sur le dos des ouvrages sélectionnés.Ainsi, le document devient un élément d\u2019exposition et fait partie intégrante du parcours.Un besoin parallèle « Où se trouve la section poésie ?» Voilà une question fréquemment posée par les usagers de la Grande Bibliothèque ! Malheureusement, en raison du système de classification Dewey ainsi que de la taille de nos collections, la réponse n\u2019est pas aussi simple que ce à quoi les usagers s\u2019attendent.La collection de littérature qui se trouve au niveau 1 de la Grande Bibliothèque comporte en effet 15 rayonnages doubles et compte plus de 50 000 documents classés par langue d\u2019écriture.Ainsi, un poète d\u2019origine arabe qui écrit en langue arabe sera classé à la cote 892, mais un poète d\u2019origine arabe qui écrit en langue française sera classé à la cote 841.Ensuite, à cette cote, on trouvera autant les documentaires sur l\u2019auteur et sur son œuvre que sa poésie, si bien qu\u2019un auteur majeur 29 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique et prolifique peut occuper plusieurs tablettes, ce qui rend très difficile le repérage de ses recueils disséminés.On est très loin de la classification rencontrée en librairie, où tous les recueils sont regroupés par nom d\u2019auteur ! L\u2019usager s\u2019attend pourtant à cette simplicité lorsqu\u2019il se présente dans la section Arts et littérature de la Grande Bibliothèque.Ce faisant, il est très compliqué de butiner dans la « section » poésie et d\u2019y faire des découvertes.Il est préférable pour l\u2019usager d\u2019avoir un auteur en tête ou, à tout le moins, une langue de prédilection pour circonscrire sa recherche.À la section Arts et littérature, nous réfléchissions depuis longtemps à une façon de faciliter le butinage et la découverte de la poésie, lorsque la Direction des communications, de la programmation et de l\u2019éducation (DCPE) nous a proposé un projet.Un des mandats de la DCPE est de travailler à l\u2019inclusion sociale au sein de BAnQ.Celle-ci a deux objectifs : favoriser, par des activités culturelles, l\u2019accessibilité aux collections et aux services de l\u2019institution pour des gens qui connaissent diverses formes d\u2019exclusion sociale et améliorer les rapports des membres du personnel avec les gens marginalisés qui utilisent déjà les services de BAnQ.Les activités organisées à l\u2019intention des personnes marginalisées à la Grande Bibliothèque ont pour but de développer chez elles un sentiment d\u2019appartenance, d\u2019inclusion et de respect pour celle-ci.En ce sens, des ateliers de création poétique ont été réalisés sur le parvis de la bibliothèque à l\u2019été 2017, en partenariat avec l\u2019organisme La poésie partout.Cette activité visait les deux objectifs mentionnés plus haut, en amenant des usagers marginalisés à participer à des rencontres qui favorisaient la cohabitation des publics et qui leur donnaient une voix.Cette activité de création a permis de bâtir des ponts, tout en brisant des préjugés.L\u2019idée d\u2019une exposition mettant en valeur les poèmes écrits lors de cette activité dans les collections de littérature de la Grande Bibliothèque s\u2019est imposée tout naturellement afin de pousser le geste d\u2019inclusion jusqu\u2019au bout.En intégrant le fruit de ces ateliers à même l\u2019aménagement de la bibliothèque, on fait en sorte que ce public participe à la vie culturelle et intellectuelle de l\u2019institution.La rencontre C\u2019est en décembre 2017 que le projet a été amorcé.Celui-ci a été confié à Marie- Pierre Gadoua, médiatrice sociale, et à moi en tant que bibliothécaire- coordonnatrice.Nous allions tenter une toute nouvelle approche : il y aurait deux chargées de projet, l\u2019une avec la vision médiation sociale et l\u2019autre avec la vision médiation documentaire.Nous allions porter toutes deux la responsabilité du dossier et diviser les tâches selon nos expertises.Dès notre première rencontre, nous savions déjà que nous souhaitions jumeler nos besoins.Pourquoi ne pas profiter de cette exposition pour inviter les usagers à découvrir les collections, en Qu\u2019est-ce qu\u2019un parcours de médiation documentaire ?C\u2019est une installation à saveur muséale qui invite les usagers à découvrir et à consulter les collections de la bibliothèque, en plus de rehausser de façon colorée certains éléments de signalisation. ARGUS 30 y facilitant le repérage des œuvres poétiques ?Et pourquoi ne pas ajouter des suggestions de lecture, en ciblant des poètes dont les œuvres se trouvent dans différentes sections ?Ainsi, le concept d\u2019exposition a fait place à celui d\u2019un parcours de médiation à deux volets, l\u2019un social et l\u2019autre documentaire.En invitant les usagers à se promener dans les rayons, nous leur ferions découvrir les ateliers de poésie ainsi que la collection ! Nous avions notre concept de base, mais comment réaliser concrètement notre vision ?Il était clair que nous avions besoin d\u2019une troisième personne pour ce projet.Quelqu\u2019un qui aurait une expertise avec les composantes matérielles, notamment les commandes chez des fournisseurs et l\u2019installation d\u2019éléments d\u2019exposition.Quoi de mieux qu\u2019une technicienne en muséologie pour compléter notre équipe ?Sylviane Cossette s\u2019est donc jointe à nous, et notre projet a basculé dans le concret à vitesse grand V ! Chacune son expertise, chacune son mandat Le partage s\u2019est fait naturellement, puisque nous avions chacune nos expertises et nos champs de connaissance.Très tôt dans le projet, je me suis occupée de déterminer les sections et les auteurs que nous souhaitions mettre en valeur.La tâche n\u2019a pas été simple, mais je me suis basée sur trois critères pour le choix des auteurs.Comme nous voulions un parcours, je devais choisir des auteurs de toutes les langues afin de couvrir l\u2019entièreté de la collection.De plus, ces auteurs devaient profiter d\u2019une certaine notoriété, et enfin, nous devions posséder plusieurs documents pour chaque auteur.Nous voulions en effet qu\u2019il y ait un choix étendu sur les tablettes.Cela ne m\u2019a pas empêchée, cependant, de choisir quelques auteures québécoises que je voulais absolument mettre en valeur, comme Marie-Andrée Gill ou Isabelle Gaudet-Labine, des auteures pour lesquelles nous n\u2019avons pas nécessairement ni beaucoup de titres ni beaucoup d\u2019exemplaires.Marie-Pierre s\u2019est occupée quant à elle du lien avec La poésie partout, notre partenaire pour les ateliers poétiques, avec l\u2019animatrice des ateliers, Marie-Paule Grimaldi, ainsi qu\u2019avec les participants eux-mêmes.Ces ateliers poétiques favorisaient l\u2019échange et la création.Les participants travaillaient sur leur écrit ou à partir de textes libres de droits.On trouve donc dans le parcours des poèmes inspirés de documents se trouvant dans nos collections patrimoniales, comme Refus global (1948) ou l\u2019Ordre de déportation des Acadiens (1755).Après avoir obtenu l\u2019accord des participants pour utiliser leurs poèmes dans le parcours, Marie- Pierre a trouvé toutes les références des textes originaux avec l\u2019aide des archivistes de BAnQ Vieux-Montréal.L\u2019idée d\u2019une exposition mettant en valeur les poèmes écrits lors de cette activité dans les collections de littérature de la Grande Bibliothèque s\u2019est imposée tout naturellement a?n de pousser le geste d\u2019inclusion jusqu\u2019au bout.En intégrant le fruit de ces ateliers à même l\u2019aménagement de la bibliothèque, on fait en sorte que ce public participe à la vie culturelle et intellectuelle de l\u2019institution. 31 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Par ici la poésie \u2013 trio : à gauche Marie-Pierre Gadoua, au centre Sylviane Cossette et à droite Marie-Ève Plamondon.Crédit : Pierre-Luc Décarie Par ici la poésie \u2013 signalétique : signalétique à saveur muséale jalonnant le parcours.Crédit : Pierre-Luc Décarie Par ici la poésie \u2013 panneau poétique : un des 15 panneaux jumelant poème et suggestions de lecture.Crédit : Pierre-Luc Décarie ARGUS 32 Ensuite, nous avons jumelé les poèmes aux différents auteurs et sections sélectionnés dans la collection.Marie-Pierre s\u2019est aussi chargée des communications avec les graphistes de la firme Ping Pong Ping, qui ont créé un superbe concept pour notre parcours.Enfin, elle gérait également notre budget, ce qui n\u2019est pas une mince tâche.Sylviane, de son côté, nous a très vite proposé des matériaux intéressants qui correspondaient à nos idées, et a listé tous nos besoins.Elle s\u2019est chargée des commandes, des devis et du lien avec le fournisseur.Enfin, à la réception du matériel, elle s\u2019est assurée de la qualité des produits et s\u2019est occupée de l\u2019entièreté de l\u2019installation.Tout un travail ! Le résultat Par ici la poésie est, selon moi, un double succès.D\u2019une part, parce que nous avons allié nos deux points de vue et nos deux besoins, le parcours a une plus grande pertinence.Il mène aux collections et incite à la découverte, il clôt le geste d\u2019inclusion sociale des participants aux ateliers dans la bibliothèque et il affiche des éléments muséaux dans les aires bibliothéconomiques.D\u2019autre part, le fait de partager les responsabilités et de compter sur nos expertises respectives a facilité la réalisation de ce projet.Il n\u2019y a sérieusement que des avantages à travailler ensemble.Le partage des connaissances et le travail en collégialité constituaient une formule garantissant le succès de notre projet.La qualité qui en résulte se reflète d\u2019ailleurs dans le parcours, par la philosophie sur lequel il repose et par son exécution.Il est certain que nous souhaitons répéter l\u2019expérience, que ce soit pour un projet semblable (il y a de nouveaux ateliers de poésie cette année !) ou pour un autre.Le mariage de la muséologie et de la bibliothéconomie est un concept encore sous-utilisé aujourd\u2019hui dans les bibliothèques, alors qu\u2019elles sont pourtant des lieux publics gratuits à forte fréquentation, permettant un grand rayonnement de la culture et du savoir.À quand un partenariat avec un musée pour une exposition d\u2019œuvres d\u2019art en bibliothèque ?Ou encore avec un musée à vocation scientifique, pour réaliser un parcours éducatif menant vers des ouvrages du domaine ?Les deux institutions que sont les musées et les bibliothèques ont tout à gagner de ce genre de partenariat.Les possibilités sont infinies, il suffit de provoquer la rencontre et, surtout, d\u2019avoir la volonté de travailler ensemble.Marie-Ève Plamondon, auteure de cet article, est bibliothécaire à BAnQ depuis 2012 et bibliothé- caire-coordonnatrice à la section Arts et littérature depuis 2015.Le contact avec les usagers et les projets de suggestions de lecture sont ce qui la fait vibrer au quotidien.Marie-Pierre Gadoua est chargée de projets en médiation sociale à BAnQ depuis 2017.Anthropologue de formation, elle œuvre depuis plus de 10 ans auprès de populations marginalisées à Montréal dans une optique d\u2019inclusion sociale par le biais de la culture et du patrimoine.Sylviane Cossette est technicienne en muséologie à BAnQ depuis 2006.Elle participe à l\u2019installation d\u2019expositions à la Grande Bibliothèque ainsi que dans les autres édi?ces de BAnQ a?n de mettre en valeur les collections de l\u2019institution.La diversité des projets ainsi que la muséologie la stimulent et la passionnent. 33 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Les familles au cœur de l\u2019ofre culturelle en Mauricie France René et Marie-Andrée Levasseur Le projet Famille tout inclus est le fruit d\u2019un travail de collaboration et de concertation entre les différents partenaires culturels de la région de la Mauricie.Cette table de concertation regroupe le ministère de la Culture et des Communications, direction de la Mauricie, de l\u2019Estrie et du Centre-du- Québec (MCC) ainsi que les partenaires territoriaux soit les MRC de Maskinongé, de Mékinac et des Chenaux, les villes de Shawinigan et Trois-Rivières, l\u2019agglomération de La Tuque, Médiat-Muse1 et le Réseau BIBLIO du Centre-du-Québec, de Lanaudière et de la Mauricie (Réseau BIBLIO CQLM).Sous forme d\u2019une planification triennale, ce projet a pour objectif de mettre en place des actions visant à bonifier et à améliorer l\u2019offre et l\u2019accueil fait aux familles qui visitent des lieux culturels en Mauricie.Plus spécifiquement, chaque partenaire du projet s\u2019engage à : \u2013 poser un geste ou une action permettant d\u2019accroître leur accessibilité vis-à-vis les familles ; \u2013 améliorer la diffusion de l\u2019offre familiale culturelle sur le territoire ; \u2013 participer activement à la concertation régionale ; \u2013 accroître le taux de fréquentation des familles dans les lieux culturels de la région ; \u2013 bonifier la programmation culturelle offerte aux familles ; \u2013 impliquer les familles dans la mise en œuvre de ce projet (implication citoyenne).Après quelques rencontres de travail, l\u2019ensemble des partenaires s\u2019est entendu pour définir un budget commun, adopter un nom rassembleur pour l\u2019ensemble des actions, créer un logo et réaliser 11 actions concertées visant à améliorer l\u2019accueil et l\u2019offre culturelle destinés aux familles par les équipements culturels de la Mauricie.Il a été aussi convenu que la coordination du projet soit conjointement assurée par le MCC et Culture Trois-Rivières.Cet organisme a la responsabilité de faire le pont entre les organisations, d\u2019assurer le relais d\u2019information entre celles-ci, de coordonner les rencontres des partenaires ainsi que d\u2019assurer les suivis reliés aux différentes actions à mettre en place.Les cartes d\u2019accès Famille tout inclus s\u2019inscrivent dans ce projet régional.Elles se comparent à une collection de livres.Pour débuter cette collection, le premier volet déployé est la carte Accès-Musée.Cette carte 1 Médiat-Muse est le regroupement des musées, centres d\u2019exposition, centres d\u2019interprétation et lieux historiques de la Mauricie et du Centre-du-Québec. ARGUS 34 d\u2019accès constitue la première action accessible au public.Elle a été dévoilée le 18 juin 2018 lors d\u2019une conférence de presse tenue à la Maison de la culture de Trois-Rivières.Désirée de part et d\u2019autre par les bibliothèques et les institutions muséales de la région et initiée au départ par le Réseau BIBLIO CQLM, en collaboration avec Médiat-Muse, cette action est vite devenue une priorité pour l\u2019ensemble des partenaires de Famille tout inclus.Voici brièvement les grandes lignes de ce projet.Les objectifs visés En créant la carte Accès-Musée, l\u2019ensemble des partenaires s\u2019assure d\u2019offrir aux familles mauriciennes l\u2019accès à divers lieux culturels et ce, gratuitement.Pour les bibliothèques, ce projet permet de bonifier l\u2019offre faite aux familles en leur offrant la possibilité de faire des découvertes culturelles.Pour les institutions muséales participantes, la carte devient un outil de promotion visant à accroître la fréquentation de leur lieu et de les faire connaître.Le fonctionnement La carte Accès-musée est une carte donnant accès gratuitement à une famille, composée d\u2019un maximum de 2 adultes et 3 enfants, à toutes les institutions muséales participantes.Tout comme un livre, cette carte s\u2019emprunte au comptoir de prêt de la bibliothèque pour une durée de deux semaines.Trois cartes d\u2019accès étant disponibles par point de service2, 172 cartes Accès- Musée circulent présentement sur le territoire mauricien.Comme le réseau BIBLIO CQLM couvre également les territoires du Centre-du-Québec et de Lanaudière, la carte d\u2019accès a également été déployée dans les bibliothèques situées sur ces deux territoires, portant à 427 le nombre total de cartes en circulation.La carte Accès-Musée est réser- vable, non renouvelable et ne peut faire l\u2019objet d\u2019un prêt entre bibliothèques.En cas de perte ou de retard, ce sont les règlements de la bibliothèque prêteuse qui s\u2019appliquent.Il n\u2019y a pas de limite d\u2019accès par musée pour l\u2019utilisation de la carte.Durant les deux semaines de prêt, la famille peut accéder aux institutions muséales participantes en présentant tout simplement sa carte d\u2019accès à l\u2019entrée.La liste des institutions 2 Compte tenu de leur population, les bibliothèques de Shawinigan et de Trois-Rivières ofrent respectivement 24 et 25 cartes Accès-Musée. 35 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique muséales participantes au projet est remise à l\u2019abonné lors du prêt de la carte Accès-Musée.Elle est également disponible dans les catalogues des bibliothèques et sur la page Facebook du projet Famille tout inclus.Cette liste est mise à jour de façon ponctuelle afin de permettre l\u2019ajout de nouvelles institutions muséales.La promotion Afin de bien faire connaître le programme Famille tout inclus, une affiche et une page Facebook ont été créées (www.facebook.com/Famille-tout- inclus).Pour le lancement de la carte Accès-Musée, les partenaires ont privilégié la création d\u2019une affiche à distribuer auprès des partenaires (musées, bibliothèques, bureaux municipaux et différents lieux de loisir) et des signets à remettre aux citoyens.Une conférence de presse a aussi été organisée pour lancer officiellement le projet Famille tout inclus ainsi que la carte Accès-Musée.L\u2019implication des organismes participants La participation des organismes culturels du milieu est essentielle au bon fonctionnement de ce projet.Les bibliothèques et les institutions muséales doivent fournir au MCC une résolution confirmant leur participation au projet de carte Accès-Musée.Lors du retrait d\u2019un partenaire, il est également nécessaire d\u2019informer le MCC par résolution.En participant à ce projet, les bibliothèques et le Réseau BIBLIO s\u2019engagent à : \u2013 effectuer la préparation matérielle de la carte Accès-Musée, soit apposer un code à barres ou une puce au dos de la carte ainsi que leur logo ; \u2013 intégrer et maintenir à jour la notice descriptive de la carte dans leur catalogue de bibliothèque ; \u2013 mettre en circulation les cartes Accès-Musée pour leurs abonnés ; \u2013 informer le MCC lorsqu\u2019une carte est perdue ; \u2013 promouvoir la carte Accès-Musée dans le cadre de leurs activités ; \u2013 offrir une visibilité à la carte leur son site Web ; \u2013 tenir des statistiques de prêts et les transmettre annuellement au MCC ; \u2013 participer aux rencontres de suivi du projet.De leur côté, les institutions muséales qui désirent participer à ce projet ont l\u2019obligation d\u2019être membre de Médiat- Muse ou être une institution muséale reconnue (agréée).Ces institutions s\u2019engagent à : \u2013 accepter la carte Accès-Musée lors de sa présentation ; \u2013 promouvoir la carte à l\u2019intérieur des murs de leur organisation ; \u2013 offrir une visibilité sur leur site Web ; \u2013 informer le MCC de tout problème avec une carte ou de l\u2019utilisation d\u2019une carte désactivée ; \u2013 tenir des statistiques et les transmettre annuellement au MCC.Les institutions muséales situées sur les territoires de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont été sollicitées Sous forme d\u2019une plani?cation triennale, ce projet a pour objectif de mettre en place des actions visant à boni?er et à améliorer l\u2019ofre et l\u2019accueil fait aux familles qui visitent des lieux culturels en Mauricie. ARGUS 36 par Médiat-Muse.Treize institutions muséales ont déjà répondu à l\u2019appel.Dans la prochaine année, nous espérons élargir l\u2019accessibilité aux institutions muséales situées à l\u2019extérieur du territoire de la Mauricie et du Centre-du- Québec.Les institutions muséales intéressées à participer à ce projet doivent communiquer avec madame Mélanie Poisson, du ministère de la Culture et des Communications, direction de la Mauricie, de l\u2019Estrie et du Centre-du- Québec à melanie.poisson@mcc.gouv.qc.ca.Il est important de mentionner que la carte Accès-Musée est financée par tous les partenaires du projet Famille tout inclus.Ceux-ci assument les frais associés à la mise en œuvre du projet ainsi que la réalisation matérielle des cartes pour toutes les bibliothèques du territoire de la Mauricie.Un premier bilan à venir Le projet Famille tout inclus ainsi que la carte Accès-Musée ne sont qu\u2019à leurs premiers balbutiements.Les partenaires sont fiers d\u2019y participer et l\u2019engouement des familles pour cette première action régionale se fait bien sentir sur le terrain.En effet, plusieurs bibliothèques ont une liste d\u2019attente pour l\u2019emprunt de la carte.Quelques rencontres seront prévues au cours de cette première année afin d\u2019évaluer les bienfaits de ce projet.Détentrice d\u2019un baccalauréat en géographie, d\u2019un certi?cat en administration et d\u2019une maîtrise en bibliothéconomie et science de l\u2019information, France René œuvre dans le domaine des bibliothèques publiques depuis 23 ans.Gestionnaire depuis toujours, elle a travaillé pendant 15 ans à titre de responsable de la bibliothèque de Trois-Rivières-Ouest et, suite à la fusion municipale en 2002, à titre de coordonnatrice au service à la clientèle pour la bibliothèque de Trois- Rivières.En 2009, elle décide de relever un nouveau dé?en devenant responsable de la bibliothèque de Charlesbourg et en 2013, responsable de la bibliothèque de Beauport.En retournant dans sa ville natale en 2015, elle met son expertise au service des bibliothèques en milieu rural et semi-rural en devenant directrice générale du Réseau BIBLIO du Centre-du- Québec, de Lanaudière et de la Mauricie.Détentrice d\u2019un baccalauréat en Histoire de l\u2019art et d\u2019une maîtrise en muséologie de l\u2019Université du Québec à Montréal, Marie-Andrée Levasseur est à l\u2019emploi de Culture Trois-Rivières depuis près de 15 ans.Comme directrice des arts visuels, ses fonctions l\u2019amènent à superviser le développement des arts visuels sur le territoire de la Ville de Trois-Rivières, par la gestion du Centre d\u2019exposition Raymond-Lasnier et du Centre culturel Pauline-Julien, par les diférents projets qu\u2019elle mène liés entre autres à l\u2019art public tri?uvien.Elle agit également comme conservatrice pour la collection des œuvres d\u2019art de la Ville de Trois-Rivières.Elle s\u2019implique aussi dans le milieu muséal régional et national.Elle siège sur le conseil d\u2019administration de Médiat-Muse depuis 2005 et en est la présidente depuis 2011.Elle siège également sur le conseil d\u2019administration de la Société des musées du Québec depuis 2014, elle en est la vice-présidente depuis 2017.En créant la carte Accès-Musée, l\u2019ensemble des partenaires s\u2019assure d\u2019ofrir aux familles mauriciennes l\u2019accès à divers lieux culturels et ce, gratuitement.Pour les bibliothèques, ce projet permet de boni?er l\u2019ofre faite aux familles en leur ofrant la possibilité de faire des découvertes culturelles. 37 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique La participation citoyenne dans les bibliothèques et dans les milieux archivistiques : regards croisés Siham Alaoui Le développement spectaculaire du numérique a bouleversé les modalités de la création, du traitement et de l\u2019exploitation de l\u2019information.Dans l\u2019optique du Web participatif, ou encore du Web 2.0, la collaboration des usagers à la description des objets documentaires numériques est, de nos jours, omniprésente.Dans l\u2019univers des LAM (Libraries, Archives and Museums), notamment des bibliothèques et des Archives, des pratiques participatives ont commencé à se propager.En bibliothèque, la collaboration des usagers se cristallise à travers les fonctionnalités offertes par les catalogues 2.0, ces dispositifs technologiques qui offrent désormais aux usagers la possibilité d\u2019annoter les notices bibliographiques et d\u2019enrichir leurs contenus.La finalité ultime de ces catalogues est d\u2019améliorer la qualité de repérage des ressources documentaires, notamment dans un contexte marqué par l\u2019explosion des données massives (Big data).En outre, sous l\u2019influence de la démocratie participative favorisant une implication plus active du citoyen dans l\u2019espace public, les bibliothèques participatives ont vu le jour.Perçues comme des agents de médiation documentaire plus ouverts, plus axés sur les citoyens et sur leurs besoins, ces institutions reflètent un fort désir d\u2019innovation et de partage des savoirs dans une perspective de sociabilité et de respect mutuel.Du côté de l\u2019archivistique, cette dimension collaborative prend un autre virage.D\u2019un point de vue sociétal, le dispositif de création, de gestion, de diffusion et d\u2019exploitation des documents d\u2019archives se réalise dans une optique de témoignage, de légitimation et de défense des actions individuelles et collectives.C\u2019est dans cette lignée de pensée que de nouvelles pratiques participatives se voient apparaître.Les archives communautaires témoignent du désir d\u2019un groupe social de collecter, de gérer, de sauvegarder et de valoriser ARGUS 38 son patrimoine archivistique.Aussi, avec l\u2019essor des technologies, l\u2019archive participative, ou encore les archives 2.0 a émergé en tant que pratique mettant à profit les fonctionnalités du Web 2.0 pour impliquer les citoyens dans un large éventail d\u2019interventions sur les documents, collections ou fonds d\u2019archi ves publics.Dans notre article, nous nous efforcerons de nuancer cette dimension participative et de démontrer ses manifestations des points de vue biblio- théconomique et archivistique.Il s\u2019agit également de souligner les aspects de convergence et de divergence entre ces deux disciplines.Nous tentons aussi de situer ces formes participatives dans la sphère socioculturelle, tout en abordant la question du positionnement des professionnels de l\u2019information (bibliothécaires, archivistes et techniciens en documentation) dans la chaîne de la médiation documentaire.1.Émergence et évolution de la participation comme mouvement caractérisant la société actuelle De nos jours, on assiste à de nouvelles mutations sociales qui tendent vers l\u2019ouverture et la collaboration du grand public aux activités politiques, culturelles, économiques et sociales.La démocratie participative a ainsi émergé au courant des dernières années en tant qu\u2019un mouvement social visant l\u2019implication du citoyen dans les affaires publiques1.Le citoyen devient désormais un acteur actif qui est amené à prendre part dans les décisions des institutions publiques en faisant connaître ses propres opinions et conceptions.Cette tendance est devenue encore plus populaire avec l\u2019omniprésence des technologies du Web 2.0, ces dispositifs de socialisation qui transforment les internautes de simples utilisateurs passifs à des utilisateurs actifs, collaborateurs, créateurs de contenus.Dans ce sens, on retient le crowdsourcing comme démarche misant sur le partage de l\u2019exper tise scientifique des inter- nautes \u2013 ou encore les citoyens dans un sens plus large \u2013 et la mise à profit de leurs compétences techniques et intellectuelles pour réaliser une ou plusieurs activités en ligne2, par exemple la conception d\u2019un produit de consommation, le développement d\u2019un site Web institutionnel ou commercial.Les citoyens deviennent ainsi des agents collaborateurs à plusieurs niveaux.Les bibliothèques et les centres d\u2019archives, ces institutions de mémoire, n\u2019échappent pas à cette dimension participative.Désirant améliorer la 1 Patsias, Latendresse et Bherer, 2012 ; Kutay, 2015 ; Lalande et Vermeersch, 2017 2 Moirez, 2013 ; Eveleigh, 2017 Les bibliothèques et les centres d\u2019archives, ces institutions de mémoire, n\u2019échappent pas à cette dimension participative.Désirant améliorer la qualité de leurs services et de jouir d\u2019une meilleure visibilité auprès de leurs communautés d\u2019usagers, ces organisations socioculturelles s\u2019emparent des stratégies invitant le grand public à prendre part dans les activités bibliothéconomiques et archivistiques. 39 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique qualité de leurs services et de jouir d\u2019une meilleure visibilité auprès de leurs communautés d\u2019usagers, ces organisations socioculturelles s\u2019emparent des stratégies invitant le grand public à prendre part dans les activités bibliothé- conomiques et archivistiques.L\u2019idée est de se rapprocher des clientèles cibles, de concevoir des produits et services documentaires adaptés aux besoins de celles-ci et d\u2019instaurer une certaine dynamique et agilité dans les processus d\u2019affaires stratégiques et opérationnels.En bibliothéconomie, les bibliothèques participatives ont émergé en tant qu\u2019un troisième lieu visant à impliquer les citoyens d\u2019une manière activement dans les projets et les activités de la bibliothèque.En archivistique, la participation commence à se tailler une place considérable dans les pratiques des institutions d\u2019archives, ces entités qui jouissent d\u2019un pouvoir régulateur dans la société.Plusieurs pratiques colla- boratives ont ainsi vu le jour, dont les archives communautaires et l\u2019archive participative.Nous allons détailler chacune de ces formes participatives à travers les lignes subséquentes.2.La bibliothèque participative : une institution fondée sur le 2.0 2.1.Une transition du bureaucratique vers le participatif Les missions des bibliothèques s\u2019articulent autour d\u2019un principe clé : desservir les usagers dans la diversité de leurs profils académiques et sociodémo- graphiques.Afin de mener à bien cette mission, les bibliothèques optent, entre autres, pour des projets d\u2019informatisation des fonds documentaires.Telles institutions, jouissant d\u2019un pouvoir social important et autrefois basées sur une structure bureaucratique, étaient fondées sur une approche centrée sur le système.Cette vision traduit la tendance à concevoir et à mettre en place des infrastructures technologiques dédiées à l\u2019automatisation des tâches de la gestion des bibliothèques (activités de la chaîne documentaire telles que l\u2019acquisition, le traitement et analyse documentaire, accès, etc.), et ce, en partant d\u2019une approche axée sur l\u2019amélioration de la productivité et la diffusion des extrants (produits finaux) documentaires auprès des usagers.Néanmoins, une telle orientation ne correspondait pas à la dynamique associée aux activités socioculturelles des bibliothèques : celles-ci existent pour les usagers, et en même temps, leurs missions, activités et produits sont structurés par les usagers.Ainsi, une reconceptualisation des stratégies et politiques des bibliothèques était nécessaire.Cela a permis en effet de situer l\u2019usager au centre des missions bibliothéconomiques.Cette nouvelle orientation dicte une implication active des bibliothécaires avec les usagers, afin de cerner les besoins de ces derniers et leur offrir des produits et services documentaires qui font en sorte que leur taux de satisfaction soit plus important.L\u2019évolution d\u2019une telle conception du système vers l\u2019usager témoigne du souci des bibliothèques de garder une bonne image auprès de leur communauté desservie.Mentionnons, dans ce sens et à titre d\u2019exemple, la consultation des usagers lorsqu\u2019il s\u2019agit de mettre en place un nouveau dispositif technologique dédié à la gestion des ressources documentaires (par exemple, la définition des préférences quant à la convivialité de l\u2019interface, le choix de la solution logicielle, la définition des facettes pour la filtration des résultats de la recherche, etc.).Une telle démarche s\u2019avère à la fois stratégique et sociale : elle influe sur l\u2019orientation stratégique de la bibliothèque dans le sens où elle redéfinit les objectifs à accomplir, tant sur le court, le moyen que le long terme, et ce, en fonction des préférences des usagers.Elle revêt aussi une dimension sociale ARGUS 40 grâce aux interactions avec les usagers.Ces échanges forment une dynamique continue qui rajoute une couche de socialisation encore plus importante pour les bibliothèques en tant que troisième lieu.Avec l\u2019intégration de plus en plus effective de cette philosophie dans les orientations des bibliothèques, ces dernières ont opté pour la réingé- nierie de leurs dispositifs de médiation documentaire.On retient ici l\u2019exemple des catalogues 2.0, qui témoignent de l\u2019intégration de la dimension collaborative dans les dispositifs de la médiation en bibliothèque.2.2.Les catalogues 2.0 : un nouveau dispositif pour la collaboration des usagers en bibliothèque Les catalogues des bibliothèques sont des recueils de données bibliographiques, présentées d\u2019une façon normalisée pour décrire les ressources documentaires détenues par la bibliothèque.Ils se révèlent des dispositifs de médiation documentaire par excellence : ils constituent pour l\u2019usager la porte d\u2019accès au large éventail des collections détenues par la bibliothèque.Grâce à une exploitation rationnelle des fonctionnalités de ces médias, l\u2019usager effectue la recherche documentaire de façon autonome ou avec l\u2019assistance du bibliothécaire, le cas échéant.Les catalogues, dans leur acception traditionnelle, s\u2019apparentent à des dispositifs de médiation unidirectionnels : le bibliothécaire ou le technicien en documentation effectue le traitement et l\u2019analyse des ressources documentaires pour faciliter leur accès par le lecteur qui effectue la recherche documentaire.Le caractère linéaire de cette médiation ne laisse cependant pas place à l\u2019usager pour s\u2019exprimer, juger de la qualité du catalogage, et d\u2019une façon générale, pour réagir face aux produits documentaires mis à sa disposition.Or, les usagers arrivent avec leurs propres compétences informationnelles qui résultent de l\u2019accumulation de l\u2019expérience personnelle et professionnelle.Cela donne en effet naissance à une diversité d\u2019opinions sur la qualité du catalogage, notamment pour ce qui a trait à l\u2019utilisation des descripteurs, le choix de l\u2019indice classificatoire, la suggestion d\u2019une correction des données bibliographiques telle que la date de publication d\u2019un livre, etc.Ce postulat exige ainsi la définition de nouvelles fonctionnalités documentaires de nature collaborative pour les catalogues de bibliothèque : les catalogues 2.0.S\u2019inspirant des balises collabora- tives du Web 2.0, les catalogues 2.0 sont des outils de socialisation pour les usagers des bibliothèques.Grâce à des options d\u2019ajout des commentaires, d\u2019étiquettes, de tags ou de descripteurs (mots-clefs), ces acteurs sont aptes à s\u2019engager dans le processus de l\u2019enrichissement des données bibliographiques que les catalogues renferment, de même que la valorisation de la ressource documentaire traitée (par exemple le partage d\u2019opinions avec d\u2019autres lecteurs, comme c\u2019est le cas pour l\u2019achat des livres sur Amazon).Forts de cette implication, les usagers se rejoignent aux bibliothécaires et techniciens en documentation dans le processus du traitement et de l\u2019analyse documentaire.Les interactions entre les bibliothécaires et les usagers améliorent la qualité du catalogage et permettent, par conséquent, de multiplier les chances du repérage documentaire.Dans cette lignée de pensée, les usagers se transforment en des agents de médiation à double profil : ils sont à la fois des émetteurs de l\u2019information relative à la ressource diffusée (enrichissement des données bibliographiques, évaluation de la ressource, etc.), et les récepteurs de celle-ci (utilisation et appropriation personnelle).Il est dès lors évident de conclure que la chaîne 41 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique de médiation documentaire se veut désormais rétroactive, multidirection- nelle, en boucle, puisque les usagers réagissent et expriment leurs opinions qui doivent, à leur tour, être prises en considération par les bibliothécaires pour des améliorations futures de la qualité des catalogues.Grâce à ces avantages, les catalogues 2.0 se sont de plus en plus propagés dans les bibliothèques québécoises, notamment dans les bibliothèques universitaires (le catalogue Atrium de l\u2019Université de Montréal, Ariane de l\u2019Université Laval, etc.).Il est estimé que la communauté desservie dans le contexte académique possède les habiletés informationnelles nécessaires à l\u2019exploitation de cette génération de catalogues.En outre, plusieurs formations sont offertes par les bibliothécaires pour une utilisation rationnelle de tels dispositifs.La prolifération des catalogues 2.0, conjuguée aux manifestations de la démocratie participative, a mobilisé les bibliothèques pour intégrer les dimensions collaboratives à une échelle plus large, citons à titre d\u2019exemple les activités d\u2019animation, l\u2019aménagement des bibliothèques, en sus des diverses opérations de la chaîne documentaire (acquisition, traitement, analyse, diffusion, etc.).Les bibliothèques participatives ont ainsi vu le jour.2.3.La bibliothèque participative : le troisième lieu en évolution La bibliothèque participative, ou bibliothèque 2.0, est un espace de socialisation et de collaboration.Fondée sur les principes de la démocratie, notamment l\u2019égalité, elle incite les usagers à s\u2019impliquer dans diverses activités.Dépassant la simple intervention sur les opérations de la chaîne documentaire (principe des catalogues 2.0), les usagers sont invités à prendre part dans l\u2019organisation des événements de la bibliothèque, l\u2019élaboration des produits documentaires, l\u2019aménagement des espaces, etc.Bref, il s\u2019agit de la co-construction de la bibliothèque et de la co-concep- tion des produits et services, que ce soit dans un environnement physique ou numérique.Mentionnons, dans ce sens, les projets d\u2019aménagement des bibliothèques dans le cadre des initiatives environnementales axées sur le développement durable (espaces verts), où les usagers-citoyens, physiquement présents ou géographiquement dispersés, sont amenés à collaborer et à faire part de leurs suggestions pour que la bibliothèque de leur arrondissement, de leur commune ou de leur région soit mieux aménagée en fonction des valeurs environnementales.On cite aussi l\u2019exemple de la conception d\u2019un site Web interactif dédié à la communauté des usagers jeunes pour des fins ludiques, ou encore, la création d\u2019un Les catalogues 2.0 et les bibliothèques participatives sont de bons exemples illustrant l\u2019ouverture des bibliothèques et leur évolution en fonction des besoins de leurs usagers.Force est ainsi d\u2019admettre que ces formes participatives viennent cristalliser encore plus la mission vitale de ces institutions de mémoire : desservir les usagers et faciliter leur accès aux produits et services documentaires. ARGUS 42 espace de divertissement, physique ou virtuel, pour les usagers adolescents s\u2019intéressant aux films documentaires sur l\u2019histoire du Québec.Il pourrait être légitime, dans ce cas, de réaliser un sondage auprès des usagers cibles afin de les inciter à partager leurs opinions et à suggérer des pistes potentiellement utiles pour la conception de tels produits ou services.Cela est particulièrement intéressant dans la mesure où ces derniers seront mieux adaptés à la réalité de la clientèle desservie.La bibliothèque participative offre ainsi la possibilité de délibérer, de défendre les idées personnelles et de participer à des décisions collectives : c\u2019est s\u2019imposer dans l\u2019espace public.Cette collaboration revêt de multiples intérêts pour la bibliothèque.On pense ici au développement des compétences et au partage du savoir-faire, tant pour les professionnels de l\u2019information que pour les usagers.En outre, la cohabitation des deux parties crée un espace de socialisation marqué par le respect mutuel et la valorisation de la créativité d\u2019autrui.C\u2019est aussi une bonne opportunité pour les usagers pour développer leur sens de responsabilité en tant que citoyens et pour veiller à l\u2019intérêt général de la communauté dont ils font partie.Les bibliothèques participatives sont devenues de plus en plus populaires en Europe (France, Belgique, Suisse, entre autres), et ce, au courant des années 20103.En Amérique du Nord, et plus précisément au Québec, les projets des bibliothèques participatives ont commencé à mieux se propager au courant des dernières années4.On pense aux ruches d\u2019art, aux médialabs et aux fab labs.Ces formes participatives encouragent la créativité 3 Le Deuf, 2010 ; Moirez, 2013 ; Bats, 2015 ; Jovignot et Russeil, 2016 4 Bibliothèques de Montréal, 2017 ; Desautels et Saint-Jacques Couture, 2018 ; Martel, 2018 ; Parent, 2018 des usagers et mobilisent leur potentiel d\u2019innovation pour créer de nouveaux produits et services documentaires, grâce à des dispositifs technologiques évolutifs (design en 3D par exemple).La bibliothèque se transforme ainsi en un laboratoire ou encore en un espace de création novateur.Les catalogues 2.0 et les bibliothèques participatives sont de bons exemples illustrant l\u2019ouverture des bibliothèques et leur évolution en fonction des besoins de leurs usagers.Force est ainsi d\u2019admettre que ces formes participatives viennent cristalliser encore plus la mission vitale de ces institutions de mémoire : desservir les usagers et faciliter leur accès aux produits et services documentaires.Elles laissent aussi une place importante pour ces acteurs afin d\u2019intervenir dans les diverses activités des bibliothèques, et d\u2019accompagner, à leur tour, ces institutions dans leur mission de la démocratisation du savoir.Si la bibliothèque participative promeut l\u2019implication du citoyen dans ce genre de missions, la participation en archivistique prend un autre virage.C\u2019est ce qui sera démystifié dans la section suivante.3.La participation dans le monde archivistique : deux pratiques qui coexistent Dans l\u2019univers archivistique, la dimension participative est différemment La bibliothèque participative ofre ainsi la possibilité de délibérer, de défendre les idées personnelles et de participer à des décisions collectives : c\u2019est s\u2019imposer dans l\u2019espace public. 43 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique appréhendée.Cela est dû à la nature même des documents d\u2019archives.À la différence de la conception biblio- théconomique qui considère que les ressources documentaires possèdent leur identité absolue en elles-mêmes, indépendamment des facteurs externes, les documents d\u2019archives sont des objets documentaires organiques, c\u2019est- à-dire qu\u2019ils sont générés par et pour leurs créateurs et ce, dans des contextes bien définis.C\u2019est cet aspect organique qui définit la personnalité du document d\u2019archives5, c\u2019est-à-dire sa signification, sa valeur de preuve, de témoignage ou d\u2019information.Cela étant dit, la participation aux interventions archivistiques doit s\u2019insérer dans cette sphère organique et la maintenir, ce qui a donné en effet naissance à une tendance de la collaboration des groupes sociaux à la gestion et à la constitution de la mémoire collective.Il s\u2019agit des archives communautaires (community archives).3.1.Les archives communautaires Les archives communautaires sont un regroupement des archives, des collections, des fonds et d\u2019autres objets patrimoniaux propres à une communauté, à un groupe social donné.Elles sont créées, accumulées, décrites et conservées par un ensemble d\u2019individus ou de communautés désirant rendre compte de leur patrimoine culturel, et ce, sur la base des expériences partagées, des intérêts communs ou encore de l\u2019identité collective6.Ce qui différencie le dispositif de la gestion des archives communautaires par rapport aux interventions archivistiques traditionnelles est l\u2019autonomie.Les opérations de collecte, de description et de préservation se réalisent par les individus qui possèdent, créent ou accumulent ces archives, et ce, sans avoir recours 5 Cardin, 1995 6 Hurley, 2016 ; Sheieled, 2017 à l\u2019intervention formelle de l\u2019archiviste ou du gestionnaire des documents.En plus, les archives communautaires sont gérées en fonction des intérêts des individus impliqués, car, finalement, elles sont créées par ces individus et existent pour eux.Nous estimons que les archives communautaires sont la porte d\u2019ouverture du grand public à des interventions archivistiques à une échelle plus large, celle de la participation.Cette pratique collective reflète aussi la conscience de l\u2019importance de la mémoire communautaire, elle-même faisant partie de la mémoire de la nation dans son ensemble.Ainsi, il est évident d\u2019affirmer que les citoyens adoptent désormais les rôles de l\u2019archiviste en tant que constructeur, gestionnaire et gardien de la mémoire collective.On ne peut s\u2019empêcher de citer, dans cette perspective, le fameux exemple des Archives gaies du Québec (http:// agq.qc.ca/), qui est un regroupement socioculturel qui vise la collecte, la gestion et la sauvegarde des archives de la communauté LGBTQ (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queer).Les processus archivistiques sont réalisés par et pour leurs créateurs, en fonction de leurs besoins.Cette amorce de la participation dans la constitution, la gestion et la valorisation des archives communautaires s\u2019est encore plus développée avec l\u2019exploitation massive des technologies.L\u2019archive participative, ou les archives 2.0, témoigne de cette évolution.3.2.L\u2019archive participative ou les archives 2.0 : le citoyen au cœur des interventions archivistiques La prolifération du numérique a engendré une production documentaire en croissance exponentielle, ce qui a fait naître de nouveaux enjeux liés à la maîtrise de cette masse documentaire de plus en plus décentralisée.Le Web 2.0 est venu pallier ces risques : grâce à des ARGUS 44 fonctionnalités de partage et de collaboration, les usagers-internautes peuvent désormais participer à l\u2019annotation, à la description, à l\u2019indexation, à l\u2019identification (tags) et à l\u2019enrichissement des documents d\u2019archives/collections/ fonds numériques, et ce, peu importe leur emplacement géographique.Ce tournant est marqué par l\u2019avènement de l\u2019archive participative, ou des archives 2.07.Nous employons ici l\u2019expression archive participative au singulier pour référer au dispositif de la création, et de 7 Huvila, 2008 ; Moirez, 2012 ; Spindler, 2014 ; Iacovino, 2014 ; Eveleigh, 2017 la gestion, entre autres, des archives, plutôt qu\u2019aux archives en tant qu\u2019objets (si le vocable est employé au pluriel).Cette participation s\u2019inscrit dans la continuité de la pratique des archives communautaires, et ce, dans le sens où les citoyens se veulent autonomes quant à la gestion des objets documentaires créés par eux-mêmes ou mis à leur disposition.Mentionnons dans cette lignée de pensée, les manifestations du crowdsourcing et de l\u2019indexation collaborative.L\u2019archive participative implique ainsi l\u2019usage des technologies du Web 2.0 afin d\u2019orienter les pratiques archivistiques vers une meilleure agilité et une véritable ouverture.C\u2019est le reflet d\u2019une approche axée sur l\u2019usager8.Ce dernier, en usant de ses habiletés informationnelles, intervient directement sur un large éventail des ressources documentaires disponibles sur l\u2019espace virtuel.C\u2019est en considérant ces dimensions que les institutions culturelles ont commencé à développer une conscience quant à l\u2019importance de la participation citoyenne dans les activités de gestion de la mémoire collective.On projette ici la lumière sur le projet de recherche de grande envergure, conduit par Christian Boudreau, professeur à l\u2019École nationale d\u2019administration publique, et visant l\u2019étude de la mise en valeur des archives au Québec dans le cadre d\u2019une plate- forme participative en ligne.Ce projet de recherche, financé par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture dans le cadre de son programme d\u2019actions concertées et réalisées en partenariat avec le Ministère de la Culture et des Communications9, s\u2019inscrit dans le cadre du plan culturel numérique lancé par le Gouvernement du Québec.8 Theimer, 2011 9 www.frqsc.gouv.qc.ca/fr/la- recherche/la-recherche- ?nancee-par-le-frqsc/projets-de-recherche/projet/ mise-en-valeur-des-archives-au-quebec- experimentation-d-une-plateforme-participative- en-ligne-xf2im0bl1508425966325 L\u2019archive participative se situe dans un courant visant, à l\u2019instar des bibliothèques, à faciliter l\u2019accès aux ressources documentaires.Toutefois, la philosophie semble diférente : si les bibliothèques optent pour la collaboration des citoyens dans une optique des relations publiques, de ?délisation, de promotion des valeurs socioculturelles (instruction, responsabilité sociale, etc.), l\u2019archive participative est, pour sa part, axée sur l\u2019objet documentaire (fonds, collection, document d\u2019archives). 45 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique La ville de Québec, la ville de Gatineau, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) seront des intervenants essentiels dans ce projet : elles mettront en ligne une grande variété des collections patrimoniales, et inviteront les citoyens à les annoter, les décrire et les indexer.L\u2019archive participative se situe dans un courant visant, à l\u2019instar des bibliothèques, à faciliter l\u2019accès aux ressources documentaires.Toutefois, la philosophie semble différente : si les bibliothèques optent pour la collaboration des citoyens dans une optique des relations publiques, de fidélisation, de promotion des valeurs socioculturelles (instruction, responsabilité sociale, etc.), l\u2019archive participative est, pour sa part, axée sur l\u2019objet documentaire (fonds, collection, document d\u2019archives).Cela est justifié par l\u2019importance que revêtent ces objets comme source de pouvoir dans la société et en tant que mécanisme de maintien du lien social.Ils permettent de légitimer les actions publiques et de les défendre.L\u2019implication citoyenne dans les processus archivistiques joue un rôle prépondérant dans la valorisation des archives.Celles-ci, pour être effectivement exploitées, gagneraient à être promues auprès des clientèles cibles.Cela s\u2019apparente en effet au marketing d\u2019un produit ou d\u2019un service, lesquels doivent être connus auprès du groupe de consommateurs visés, pour qu\u2019ils soient achetés ou utilisés.En termes archivistiques, si un fonds, une collection ou des documents d\u2019archives sont à être exploités, ils doivent tout d\u2019abord être mis en valeur.Cela ne peut se faire que par la description, l\u2019identification et la description qui fournissent les éléments de base reflétant ?la forme de l\u2019objet documentaire, ?son identité et ?sa valeur.Cette valorisation permet d\u2019attirer des usagers potentiels des archives, promeut leur fidélisation et aide à tisser des liens de confiance entre le public et les services d\u2019archives.Il n\u2019est donc pas étonnant de constater de nombreux auteurs mettant le point sur la mise en valeur des archives comme un préalable à leur exploitation efficace10.Ces auteurs se rejoignent dans l\u2019idée selon laquelle la valorisation des archives devrait être reconnue comme une fonction clé devant s\u2019intégrer à toutes les étapes de la chaîne archivistique (acquisition, gestion, description, classement, indexation, diffusion, exploitation), notamment dans un contexte numérique marqué par la croissance de la production documentaire et la multiplication des enjeux liés à l\u2019accès.Ces formes participatives évolutives dont les institutions de mémoire s\u2019emparent, constituent un tournant majeur dans les pratiques de la médiation documentaire.Qu\u2019en est-il ainsi du rôle des professionnels de l\u2019information dans cette sphère ?Jusqu\u2019à quel point pourrait-on affirmer que le citoyen 10 Cardin et Desîlets, 2017, 2018 Si les institutions de mémoire se sont emparées, de nos jours, des formes participatives a?n de jouir d\u2019une meilleure visibilité, de tisser des liens de ?délisation avec les publics cibles et de promouvoir les valeurs liées à l\u2019accès équitable à l\u2019information documentaire, cette collaboration engendre toutefois des enjeux qu\u2019il importe de tenir en compte. ARGUS 46 devient un acteur dans cette médiation ?Quelle légitimité pour lui dans l\u2019espace socioculturel public ?4.La participation dans les bibliothèques et les institutions d\u2019archives : promesse ou menace ?Si les institutions de mémoire se sont emparées, de nos jours, des formes participatives afin de jouir d\u2019une meilleure visibilité, de tisser des liens de fidélisa- tion avec les publics cibles et de promouvoir les valeurs liées à l\u2019accès équitable à l\u2019information documentaire, cette collaboration engendre toutefois des enjeux qu\u2019il importe de tenir en compte.Certes, ce mouvement participatif s\u2019inscrit dans l\u2019optique de la transparence dans les missions socioculturelles des institutions publiques afin d\u2019encourager la collaboration citoyenne à tous les niveaux.Néanmoins, il n\u2019en demeure pas moins que le citoyen, en tant qu\u2019acteur social qui se rejoint désormais à la sphère des intervenants traditionnels dans ces institutions de mémoire, constitue une source de déséquilibre et de réingénierie des rôles de ces acteurs.D\u2019entrée de jeu, le pouvoir des acteurs de bibliothèques ou encore des centres d\u2019archives est désormais partagé avec les citoyens.Ces derniers, par leur implication active dans les programmations culturelles de ces institutions, s\u2019imposent et débattent leurs idées.Les interventions sur les activités et ressources documentaires font de ces citoyens des acteurs qui dirigent les missions bibliothéconomiques et archivistiques.Ainsi, force est de constater qu\u2019ils jouissent d\u2019un pouvoir stratégique, bien qu\u2019il soit indirect, dans ces institutions.Une telle situation engendre des conflits politico-culturels au sein des bibliothèques et des centres d\u2019archives, car les professionnels de l\u2019information étaient depuis longtemps considérés comme des agents de médiation par excellence et jouissaient d\u2019un pouvoir considérable de régulation et de reconnaissance dans la sphère socioculturelle, puisqu\u2019ils sont les acteurs qui favorisent un meilleur accès à l\u2019information documentaire.Afin de résoudre cette tension, les bibliothécaires, les archivistes et les autres acteurs organisationnels doivent faire preuve d\u2019une meilleure flexibilité afin de parvenir à une conciliation entre leurs rôles et ceux qui émergent suite à la participation citoyenne.Aussi, en partant d\u2019une perspective de gestion, pour que la participation citoyenne soit effective dans les bibliothèques et les institutions d\u2019archives, ces institutions doivent opter pour des styles de gestion plus participatifs, plus dynamiques et agiles, plutôt qu\u2019un style bureaucratique basé sur la détention du pouvoir par les supérieurs.Le changement de la philosophie de l\u2019organisation vers une meilleure ouverture permettra de mieux cristalliser cette collaboration et de rejoindre un public encore plus large.Par ailleurs, les citoyens impliqués dans une telle participation, que ce soit dans un contexte bibliothéconomique ou archivistique, sont, la plupart du temps, des usagers non spécialistes.Bien qu\u2019ils possèdent des compétences informationnelles leur permettant d\u2019intervenir sur les objets documentaires, il n\u2019en reste pas moins que leurs actions sont non conformes aux normes et règles reconnues dans le domaine.Le crowd- sourcing est ainsi une pratique qui doit être orientée, contrôlée et régulée par les professionnels de l\u2019information.Les mots-clefs et les descripteurs attribués aux ressources documentaires, de même que les contenus déposés en ligne par les citoyens, doivent être évalués en fonction des normes professionnelles en vigueur.Les professionnels de l\u2019information possèdent, dans cet ordre d\u2019idées, une mission d\u2019ajustement, d\u2019accompagnement pour les citoyens dans leurs activités collaboratives.La chaîne de 47 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique médiation documentaire s\u2019apparentera ainsi, grâce à la collaboration du grand public, à une boucle où professionnels et usagers non spécialistes coexistent.Conclusion La participation citoyenne en milieu bibliothéconomique ou archivistique témoigne de l\u2019ouverture et de la dynamique des institutions de mémoire.Grâce à l\u2019essor des technologies du Web 2.0 et aux fonctionnalités de collaboration et de socialisation, notamment le crowdsourcing et l\u2019utilisation des métadonnées sociales, les bibliothèques participatives, les archives communautaires et les archives 2.0 ont vu le jour.Bien que les bibliothèques et les centres d\u2019archives aient, comme fondements de leur mission, des finalités différentes, soit la focalisation sur les activités en opposition à celle sur les objets documentaires, ils se rejoignent désormais dans un seul but : favoriser l\u2019accès aux ressources documentaires et partager le pouvoir avec les citoyens.Ce tournant dans l\u2019univers socioculturel constitue un virage dans la médiation documentaire.Les professionnels de l\u2019information \u2013 bibliothécaires, archivistes ou techniciens en documentation \u2013 sont appelés à se remettre en question et à redéfinir leurs rôles dans ce contexte de participation.Autrefois détenteurs d\u2019un rôle absolu dans la médiation des savoirs, ils doivent aujourd\u2019hui concilier leurs missions avec celles des citoyens : ces deux parties entrent dans une chaîne de communication rétroactive et itérative, et ce, dans le sens où ils cocréent des contenus dans l\u2019espace numérique et reçoivent des rétroactions pour les ajuster afin qu\u2019ils répondent aux normes sociales et professionnelles.L\u2019agilité et l\u2019ouverture sont donc deux caractéristiques essentielles à la survie des bibliothèques et des centres d\u2019archives contemporains, faute de quoi ils seront menacés par la disparition, vu l\u2019autonomie dont le public commencé à jouir en tant qu\u2019usagers des ressources documentaires dans l\u2019univers numérique.Siham Alaoui est étudiante au doctorat en archivistique et en communication publique à l\u2019Université Laval.Elle a occupé, en 2017, un poste de responsable de la bibliothèque et du service d\u2019archives de l\u2019Institut supérieur de traduction à Rabat, Maroc.Elle détient un baccalauréat en sciences de l\u2019information (2009) de l\u2019École des sciences de l\u2019information (ESI) du Maroc et une maîtrise en sciences de l\u2019information (2015) de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information (EBSI) de l\u2019Université de Montréal.Elle s\u2019est tracé un parcours multidisciplinaire en sciences de l\u2019information, et plus particulièrement en bibliothéconomie et en archivistique.Elle s\u2019est impliquée dans diférents milieux professionnels au Maroc et au Québec : bibliothèques, services d\u2019archives, organisations publiques à vocation administrative, etc., où elle a conduit de nombreux projets.Son expérience professionnelle lui a permis d\u2019amorcer des recherches liées à son champ d\u2019expertise : elle s\u2019intéresse plus précisément aux processus par lesquels les systèmes de gestion documentaire archivistiques sont intégrés en milieu organisationnel, et aux diférentes formes de la médiation documentaire.Elle est auteure de plusieurs articles scienti?ques et professionnels en archivistique et en bibliothéconomie, publiés dans des revues québécoises et internationales.La participation citoyenne en milieu bibliothéconomique ou archivistique témoigne de l\u2019ouverture et de la dynamique des institutions de mémoire.Grâce à l\u2019essor des technologies du Web 2.0 et aux fonctionnalités de collaboration et de socialisation, notamment le crowdsourcing et l\u2019utilisation des métadonnées sociales, les bibliothèques participatives, les archives communautaires et les archives 2.0 ont vu le jour. ARGUS 48 SOURCES CITÉES Cardin, M.et Desîlets, C.2018.La coagrégation de contenus en publicité : un premier laboratoire pour l\u2019archivistique ouverte.Dans Consommer l\u2019information : de la gestion à la médiation documentaire, sous la direction de M. 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Bibliothèque de l\u2019Université Laval : 165 ans d\u2019histoire, 1852-2017, Richard Dufour réussit avec brio à mettre en lumière toute la richesse de l\u2019histoire de cette grande institution.Sans lourdeurs techniques et appuyé par de nombreuses photos d\u2019archives, le livre devient une passionnante traversée des grands changements qui ont marqué la Bibliothèque de l\u2019Université Laval.Fondé sur une recherche extrêmement approfondie et sur de nombreux témoignages, l\u2019ouvrage de Dufour nous plonge au cœur des tiraillements, des bouleversements et des dé?s qui ont forgé la Bibliothèque de l\u2019Université Laval d\u2019aujourd\u2019hui.Nous découvrons tout d\u2019abord dans ce livre l\u2019in?uence importante de l\u2019institution fondatrice de l\u2019Université et de sa bibliothèque : le Séminaire de Québec.Première université canadienne de langue française (1852), l\u2019Université Laval constituera ses premiers fonds documentaires à même la collection du Séminaire de Québec.Soumise initialement au contrôle et à l\u2019in?uence des prêtres du Séminaire, la bibliothèque est, à ses débuts, un lieu de préservation à la fois physique (des ouvrages) et morale (de ses visiteurs).Au ?l du temps, l\u2019in?uence ecclésiastique touchera de moins en moins le contenu des ouvrages, mais encore longtemps la gestion de la bibliothèque ; il faudra en efet attendre 1978 pour que la Bibliothèque de l\u2019Université ne soit plus dirigée par un religieux, mais par un laïque \u2013 une femme de surcroît \u2013 Mme Céline Cartier.On sent Dufour non seulement investi d\u2019un désir de mettre à jour la profondeur historique de l\u2019institution, mais également d\u2019une volonté de rendre hommage aux bâtisseurs et bâtisseuses de la bibliothèque.Avec nuance et élégance, le livre témoigne de l\u2019apport diversi?é des nombreux acteurs \u2013 petits et grands \u2013 de l\u2019histoire de la bibliothèque.Forcés de composer avec un contexte et des pressions en constante évolution, les principaux bibliothécaires en chef de la bibliothèque \u2013 de l\u2019Abbé Blanchet à Mme Loubna Ghaouti, la bibliothécaire en chef actuelle \u2013 auront chacun, avec leurs forces et leurs limites, contribué à la faire durablement progresser.Dans son livre, M. Dufour donne ainsi une place importante aux récits des luttes parfois féroces qui ont forgé la Bibliothèque de l\u2019Université Laval d\u2019aujourd\u2019hui.On comprend mieux alors que c\u2019est aussi à travers ses con?its avec les facultés, les professeurs et les étudiants que la Bibliothèque a pu se redé?nir pour airmer son importance à travers les époques.Par ailleurs, le livre de M. Dufour nous permet de prendre conscience de l\u2019incroyable évolution des fonds documentaires des bibliothèques d\u2019enseignement supérieur.Composée de 15 000 volumes en 1852, la collection de la Bibliothèque de l\u2019Université Laval On sent Dufour non seulement investi d\u2019un désir de mettre à jour la profondeur historique de l\u2019institution, mais également d\u2019une volonté de rendre hommage aux bâtisseurs et bâtisseuses de la bibliothèque. 51 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique passera à 253 427 documents en 1945 pour dépasser les 5 millions en 2009.En 2015, la Bibliothèque investissait également « 75 % de son budget d\u2019acquisition dans des ressources numériques », tandis que les « périodiques représentaient 82 % des achats » (Dufour, 2018, p. 256).Dans cette nouvelle réalité numérique, les grandes fusions d\u2019éditeurs, la baisse du dollar canadien et l\u2019augmentation parfois substantielle du coût des abonnements créent des pressions énormes sur les budgets d\u2019acquisition.Face à la situation, la Bibliothèque de l\u2019Université Laval n\u2019a eu d\u2019autre choix que de délaisser ses abonnements aux grands ensembles de périodiques pour choisir et négocier à la pièce les ressources les plus utilisées par les étudiants et les professeurs.Dans un même ordre d\u2019idée, le livre de Dufour témoigne de l\u2019impact fulgurant des innovations technologiques sur les services, les ressources et l\u2019utilisation de la bibliothèque.Les nouvelles technologies de l\u2019information lui permettent de développer diférentes versions de son catalogue, Ariane, de créer son propre site Web, de faciliter l\u2019accès à son Répertoire de vedettes-matière, d\u2019améliorer le nombre et les capacités de ses bases de données, d\u2019ofrir formations à distance et prêt de livres numériques, etc.Sans nécessairement régler le problème d\u2019espace de la Bibliothèque, la dématérialisation de ses ressources documentaires aura à tout le moins permis de faciliter l\u2019accessibilité à ses collections et à ses services, réduisant par le fait même les vieilles tensions provoquées par la disparition des anciennes bibliothèques facultaires.« L\u2019histoire n\u2019attend pas.Elle poursuit sa course et parfois s\u2019eface quand personne ne prend soin de la préserver » (Dufour, 2018, p. 1).Richard Dufour dresse avec son livre le portrait captivant des luttes, des soubresauts et des grandes avancées qui ont dé?ni la Bibliothèque de l\u2019Université Laval.Plus que jamais au cœur du rayonnement de l\u2019Université et de la réussite de ses étudiants, cette grande bibliothèque universitaire francophone a su se réinventer pour demeurer pertinente.Or, comme rien n\u2019est jamais acquis, les dé?s qui l\u2019attendent requerront encore le leadership et l\u2019audace qu\u2019elle a su démontrer jusqu\u2019à maintenant.Titulaire d\u2019une maîtrise en études littéraires et en bibliothéconomie et sciences de l\u2019information, Jonathan Pépin-Nadeau travaille dans le milieu des bibliothèques publiques depuis 16 ans.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES David, Jonathan (16 avril 2018).« Histoire de la bibliothèque de l\u2019Université Laval : Entretien avec Richard Dufour », sur le site Convergence.Consulté le 24 août 2018.https://archivistesqc.wordpress.com/2018/04/16/bibliotheque_ulaval/ Dessureault, Matthieu (19 avril 2018).« Mémoires d\u2019une bibliothèque », sur le site Journal le Fil.Consulté le 24 août 2018.www.pulaval.com/media/ recensions/3732-LeFil-2018.pdf Dufour, Richard (2018).Bibliothèque de l\u2019Université Laval : 165 ans d\u2019histoire, 1852-2017.Québec : Presses de l\u2019Université Laval, 288 p. ARGUS 52 Un train de retard Ou les résistances des politiques et des universitaires face au nouvel humanisme numérique Éric Le Ray Après avoir organisé quatre forums TAB-ePaperWorld, dans lesquels j\u2019ai invité la plupart des acteurs de la numérisation et du papier électronique au Québec et en France dans l\u2019imprimerie, l\u2019édition et la presse, entre 2010 et 2014, il s\u2019agira, cette fois, de faire le point sur la place du numérique et de l\u2019intelligence arti?cielle dans la société québécoise et sur le projet de plan numérique éventuel qui a été au cœur des débats ces dernières années.Un débat sur un projet de plan numérique, qui concerne donc l\u2019ensemble des secteurs de la société québécoise.Le gouvernement libéral Couillard a déposé en 2016 un « Plan d\u2019action en économie numérique, pour l\u2019excellence numérique des entreprises et des organisations québécoises ».S\u2019il a été accueilli favorablement par les organismes de recherche comme le CEFRIO1 et le milieu des afaires, quali?ant ce plan « de démarche nécessaire et encourageante, tout en signalant qu\u2019il s\u2019agit de sommes modestes face à l\u2019amp leur de la tâche »2, les partis d\u2019oppo si tion, les syndicats ou les spécialistes étaient cependant plus réservés.Du numérique à l\u2019intelligence artificielle, où sont nos priorités ?Le gouvernement fédéral canadien a alloué en septembre 2016 la somme de 900 millions de dollars pour ?nancer les projets de recherche de 13 universités canadiennes.Parmi elles, souligne Fanny Bourel3 dans les colonnes du magazine Direction informatique de septembre 2016, ?gure l\u2019Université de Montréal.Elle a reçu 93,5 millions de dollars pour mener des travaux sur l\u2019intelligence arti?cielle (IA), par 53 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique l\u2019intermédiaire de l\u2019Institut de valorisation des données (IVADO).L\u2019objectif est de combiner l\u2019apprentissage machine avec l\u2019apprentissage profond, pour doter les ordinateurs d\u2019un rendement similaire à l\u2019être humain et à la science de l\u2019optimisation.L\u2019objectif, rapporte la journaliste de Direction informatique, est également de « permettre l\u2019extraction d\u2019informations à partir de données volumineuses et leur transformation en décisions exécutables ».L\u2019IVADO, explique Fanny Bourel, a été fondé par l\u2019Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal.L\u2019IVADO est un centre de recherche en science des données et en intelligence arti?- cielle, qui regroupe plus de 900 scien- ti?ques ailiés.L\u2019Université McGill a reçu 84 millions de dollars pour faire de la recherche sur le cerveau, dans un champ d\u2019études proche de la neuroin- formatique.Polytechnique Montréal a touché 35,6 millions de dollars pour créer l\u2019Institut TransMedTech de Montréal pour développer des technologies médicales.Dans le même temps, l\u2019incubateur Element AI en technologies de l\u2019intelligence arti?cielle a été lancé en octobre 2016 à Montréal.L\u2019équipe derrière cette plateforme, rapporte Fanny Bourel dans un autre article, « ambitionne de connecter des entrepreneurs et des chercheurs qui se spécialisent en intelligence arti?- cielle (IA) pour développer des technologies et aider des organisations à prendre un virage en IA »4.Aller au bout de cette mission d\u2019unir les entrepreneurs et les chercheurs du milieu universitaire a?n de leur permettre d\u2019incuber des solutions sophistiquées est un dé?en soi face à un milieu souvent fermé à ce genre d\u2019initiative ! La naissance d\u2019Element AI, ajoute Fanny Bourel, est le fruit de l\u2019association des entrepreneurs Jean- François Gagné et Nicolas Chapados avec le chercheur en IA et apprentissage profond Yoshua Bengio, avec le fonds d\u2019amorçage Real Ventures.L\u2019incubateur est doté d\u2019un laboratoire de recherche et devrait pouvoir créer des centaines de postes d\u2019ici 2021.En juin 2017, à peine sept mois après sa création, Element AI annonce avoir amassé plus de 139 millions de dollars5 auprès de plusieurs investisseurs pour développer sa capacité d\u2019aider les entreprises à mettre en application les dernières découvertes en intelligence arti?cielle et à l\u2019intégrer dans leur fonctionnement.En août 2017, Element AI, qui ofre des logiciels et du service-conseil, a ouvert un bureau à Toronto.IBM Watson est son principal concurrent qui a une dimension mondiale.Element AI doit donc s\u2019agrandir rapidement pour trouver des fonds ailleurs en ouvrant des bureaux à Singapour, Séoul et Tokyo.Si la demande est forte en Asie, elle l\u2019est d\u2019abord en Occident, qui est, historiquement, le moteur du développement de l\u2019intelligence arti?cielle.On n\u2019a plus le temps d\u2019attendre ! Un comité pour un plan stratégique C\u2019est par ces mots que Hugues Bersini, professeur à l\u2019Université libre de Bruxelles, où il codirige un laboratoire consacré à l\u2019intelligence arti?cielle, a illustré sa pensée lors d\u2019une conférence présentée en mars 2017 dans le cadre du Printemps numérique de Montréal à côté d\u2019experts provenant de Google, d\u2019IBM et de l\u2019IVADO (l\u2019Institut de valorisation des données), établi à Montréal.Il invite les gouvernements à prendre conscience du potentiel énorme des technologies qui sont en train de se développer et à en tirer pro?t rapidement : « pendant que les Google, Amazon, Facebook et Apple de ce monde s\u2019approprient les technologies de demain, la plupart des politiciens les regardent les bras croisés », rapporte Karl Rettino-Parazelli lors d\u2019une entrevue pour Le Devoir avec ARGUS 54 Bersini.« Ces compagnies sont aux avant-postes de la transition sociale.Et pas nos gouvernants.(\u2026) il faut que les gouvernements reprennent la main sur le pouvoir immense qu\u2019ont pris les compagnies privées.»6 En mai 2017, le gouvernement du Québec annonce l\u2019injection de 100 millions de dollars dans un projet de création au Québec d\u2019une grappe en intelligence arti?cielle, avec l\u2019annonce de la création d\u2019un Comité d\u2019orientation7 composé de douze membres pour élaborer un plan stratégique menant à la création de cette grappe, a?n de stimuler la recherche en intelligence arti- ?cielle et de déployer des applications partout au Québec8.Ce comité sera coprésidé, indique l\u2019annonce, par Pierre Boivin, président et chef de la direction de Claridge inc., et par Guy Breton, recteur de l\u2019Université de Montréal.Il a également reçu comme mandat, à la suite d\u2019un rapport du Conseil consultatif sur l\u2019économie et l\u2019innovation présidé par Monique F.Leroux, présidente du Conseil Investissement Québec, publié en septembre 2017, de faire du Québec un acteur de premier plan en IA, en matière de recherche et d\u2019innovation, de création d\u2019entreprise ou d\u2019appropriation de l\u2019IA9.Au même moment, mais ce n\u2019est sûrement pas un hasard, Facebook annonce l\u2019ouverture d\u2019un laboratoire de recherche en « intelligence arti?cielle » IA à Montréal, qui sera dirigé par la professeure Joëlle Pineau, de l\u2019Université McGill10.Elle y codirige le Reasoning and Learning Lab.Ses recherches ciblent le développement d\u2019algorithmes de plani?cation et d\u2019apprentissage, qui pourraient ensuite être appliqués à des problèmes en robotique, soins médicaux, jeux et interactivité.Le laboratoire rejoint ainsi en tant que composante du Facebook AI Research (FAIR), les laboratoires de Menlo Park, New York et Paris.Des accords de collaboration ont été conclus avec l\u2019Institut canadien de recherches avancées (ICRA), l\u2019Institut des algorithmes d\u2019apprentissage de Montréal (MILA) et l\u2019Université de Montréal.Si les choses avancent rapidement dans certains secteurs universitaires et du monde de l\u2019entreprise vers une société post-industrielle, politiquement, les choses avancent plus doucement, alors que le numérique innove chaque jour et qu\u2019il prend, chaque jour, une place de plus en plus dominante dans tous les secteurs de la société civile, avec un impact immédiat et de façon transversale, depuis quelques années, sur les métiers, le travail et les formations associés à la troisième révolution industrielle construite autour du réseau Internet.Cette évolution rapide de l\u2019intelligence arti?cielle vers une société post-industrielle pose des questions éthiques, philosophiques mais également juridiques, rappelle Yoshua Bengio11, à l\u2019origine de l\u2019organisation du Forum sur le développement socialement responsable de l\u2019intelligence arti?cielle12 de novembre 2017, qui a accouché de la Déclaration de Montréal.Cette déclaration reprend à son compte ces préoccupations énumérées ici, alors que Montréal et le Québec deviennent une plaque tournante de la ré?exion autour de ce nouvel enjeu du XXIe siècle dans certains milieux universitaires, comme le MILA, ouvert aux liens avec le milieu des acteurs socioéconomiques du numérique, ou comme l\u2019IVADO.Un milieu traditionnellement fermé à ces liens alors que le numérique n\u2019est que la première étape d\u2019un changement plus global de société ou de civilisation construite autour de la troisième révolution industrielle et d\u2019Internet.Mais les choses changent et l\u2019intelligence arti?cielle québécoise aura pignon sur rue à travers la création d\u2019un « centre d\u2019excellence mondial »13 qui réunira tous les acteurs québécois de l\u2019intelligence arti?cielle autour du 55 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique MILA et de l\u2019IVADO.Cette initiative s\u2019inspire d\u2019expériences similaires en Ontario et dans les centres universitaires américains du MIT, à Boston, et de Stanford, à San Francisco.L\u2019objectif est de créer un écosystème favorisant la collaboration entre tous ces acteurs tout en prônant une intelligence arti- ?cielle responsable14 orientée vers le bien commun.Outre son lieu physique, une ancienne usine de textile située sur la rue Saint-Urbain, dans le quartier Mile-Ex à Montréal15, le MILA vient également de trouver sa PDG, qui vient du Cirque du Soleil, Valérie Pisano.Les acteurs internationaux ne s\u2019y trompent pas et sont attirés par ces initiatives et cette structuration de cette nouvelle économie de la connaissance post-industrielle, comme Havas qui, en mai 2018, a annoncé l\u2019ouverture d\u2019un laboratoire d\u2019intelligence arti?cielle à Montréal associé à un studio de réalité augmentée16.L\u2019initiative devrait créer plus de 60 emplois d\u2019ici 2020 en intelligence arti?cielle, en science des données et en programmation d\u2019expérience client.En juin 2018, Microsoft annonce le renforcement de son équipe en déplaçant dans la métropole francophone une partie de son projet FATE (Fairness, Accountability, Transparency, Ethics)17, La Pensée est sans doute l\u2019une des œuvres les plus célèbres de Rodin.Cette tête de femme où l\u2019on reconnaît le visage de Camille Claudel, émergeant d\u2019un bloc laissé brut, à peine équarri, a suscité une abondante littérature.Elle est con?ée au musée Rodin en 1918, puis déposée au musée d\u2019Orsay en 1986.Auguste Rodin, La Pensée, vers 1895.Crédits photo : Éric Le Ray ARGUS 56 qui étudie les enjeux éthiques soulevés par le déploiement de l\u2019intel li gence arti?cielle (IA).D\u2019autres acteurs apparaissent, comme Martin Bouchard18, cofondateur de Copernic, Coveo et du centre de données 4Degrés, qu\u2019il a vendu à Vidéotron.Il veut investir 150 millions de dollars avec son entreprise Bases.ai et son partenaire Vincent Thibault, pour créer trois laboratoires d\u2019intelligence arti?cielle.Le premier sera situé à Lévis.Tous ces investissements ne doivent cependant pas nous faire oublier que rien n\u2019est gagné et qu\u2019il en faudra bien d\u2019autres, car « Montréal n\u2019est pas la capitale mondiale de l\u2019IA ».Olivier Schmouker nous rappelle que « l\u2019IA va nécessairement percer à l\u2019avenir là où l\u2019argent est aujourd\u2019hui investi en matière d\u2019IA et de robotique ».Mais il ajoute qu\u2019il se trouve que le magazine britannique fDi, une publication du Financial Times, vient justement de regarder où les investisseurs intéressés par l\u2019IA et la robotique plaçaient leur argent en établissant un palmarès des villes qui séduisent le plus ces investisseurs-là.Il se trouve que Montréal n\u2019apparaît pas dans le top 25 de ces villes19.Toronto, qui est la seule ville représentant le Canada, apparaît en 25e position derrière Sydney et Berlin.Paris arrive en 10e position derrière Bangalore, en Inde, et devant Düsseldorf, en Allemagne.Ce retard du Canada en intelligence arti?cielle a des conséquences selon le rapport AI Momentum, Maturity and Models for success, réalisé par Forbes Insights20 en juillet 2018.On y constate que dans le top dix des chefs de ?le en intelligence arti?cielle le Canada se classe en efet en avant dernière place, avec 68 % de taux d\u2019adoption de l\u2019IA au sein des entreprises canadiennes, derrière la France (69 %) et l\u2019Inde (72 %).Parmi les pays les plus avancés dans le domaine, l\u2019Australie (78 %) est en tête devant le Royaume-Uni (75 %) et l\u2019Allemagne (74 %).Les États-Unis (74 %) arrivent en quatrième position.La réalité au Québec, c\u2019est que la révolution de l\u2019intelligence arti?cielle qui nous mène vers une civilisation post-industrielle semble bousculer les acteurs et certains universitaires attachés à la troisième ou à la quatrième révolution industrielle construite autour d\u2019Internet mais qui reste ancré à la civilisation industrielle.Ils sont encore à se demander, par manque d\u2019inspiration et surtout de vision, comment le Québec adoptera le numérique, alors que les enjeux ne sont plus là depuis longtemps.Je pense en particulier à la conférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain du 16 novembre 2018 qui portera sur « Universités et entreprises : comment réussir la quatrième révolution industrielle ?» ou au colloque sur « la numérisation généralisée de la société : acteurs, discours, pratiques et enjeux », qui était organisé à l\u2019UQAM, à Montréal, organisé en mai 2018, alors que le Comité d\u2019orientation de la grappe en intelligence arti?cielle du Québec sortait son rapport pour une Stratégie pour l\u2019essor de l\u2019écosystème québécois en intelligence arti?cielle à travers 12 recommandations21.Cinq orientations stratégiques pour renforcer l\u2019écosystème Aller au bout de cette mission d\u2019unir les entrepreneurs et les chercheurs du milieu universitaire a?n de leur permettre d\u2019incuber des solutions sophistiquées est un dé?en soi face à un milieu souvent fermé à ce genre d\u2019initiative ! 57 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique québécois en intelligence arti?cielle ont été retenues par le gouvernement du Québec, qui informe le public de son choix dans son communiqué de presse difusé le 21 juin 201822,.Ce con?it entre deux modèles de société, l\u2019industriel et le post-industriel, est perçu par peu de spécialistes, qui ne le sont plus à partir du moment où ils passent à côté de cette réalité qui se joue au sein de la société civile, devant nos yeux.Les autres acteurs de la société, les politiques comme les fonctionnaires, ne sont pas épargnés par ce con?it qui est d\u2019abord un con?it de sens, de pouvoir et un con?it par rapport à la place que doit avoir l\u2019État et l\u2019individu dans une société industrielle « hiérarchique » ou une société post-industrielle de plus en plus « hétérarchique ».Chaque décision politique, qui aura des répercussions dans 10 ou 30 ans, implique donc, derrière, une vision qui, paradoxalement, ne semble pas aller dans le même sens si on parle de stratégie numérique ou de stratégie autour de l\u2019intelligence arti?cielle.Guy Millière dé?nit ainsi la difé- rence entre le fonctionnement industriel et le fonctionnement d\u2019une société post-industrielle : « Le fonctionnement industriel repose sur la production de marchandises matérielles et implique une utilisation importante de main- d\u2019œuvre dans le secteur produisant ces marchandises matérielles.Le fonctionnement post-industriel repose, quant à lui, sur une production immatérielle (vente de brevets, de services, de savoir-faire) et implique un glissement graduel de la population active vers le secteur correspondant à cette production immatérielle (\u2026).La logique économique du fonctionnement post-in- dustriel a pour matériau essentiel et presque unique l\u2019innovation, la création et la connaissance ; les sociétés post-in- dustrielles sont dans une situation de dépendance matricielle par rapport à l\u2019eicacité des institutions d\u2019enseignement et à la performance des moyens d\u2019information (\u2026).Le fonctionnement post-industriel remet en cause fondamentalement les procédures centralisatrices et fait éclater les structures que ce fonctionnement suscitait.Il brise les anciens clivages de la division du travail et fait de chacun un décideur potentiel.»23 Guy Millière ajoute que le fonctionnement post-industriel implique un changement d\u2019organisation, car la structure pyramidale adéquate à l\u2019ère industrielle et centralisatrice est condamnée à l\u2019obsolescence et doit céder la place au réseau qui permet à tous ses membres d\u2019apporter sa contribution et sa créativité : « alors que dans le monde industriel l\u2019avantage allait aux grandes entreprises concentrées, l\u2019avantage va dans le monde post-industriel aux petites entreprises susceptibles de mieux s\u2019adapter à des mutations technologiques toujours plus rapides et de mieux capter l\u2019innovation.Outre leurs facultés d\u2019adaptation, les petites entreprises ont, dans le La réalité au Québec, c\u2019est que la révolution de l\u2019intelligence arti?cielle qui nous mène vers une civilisation post-industrielle semble bousculer les acteurs et certains universitaires attachés à la troisième ou à la quatrième révolution industrielle construite autour d\u2019Internet mais qui reste ancré à la civilisation industrielle. ARGUS 58 monde post-industriel, l\u2019avantage de permettre une circulation plus rapide de l\u2019information et de jouer plus aisément le rôle de catalyseur de l\u2019initiative dans un texte où l\u2019avantage va aux structures où l\u2019initiative de chacun compte et peut faire la diférence.»24 Une stratégie numérique rattrapée par l\u2019intelligence artificielle ?Le 13 décembre 2017, la ministre Dominique Anglade a présenté la Stratégie numérique du Québec de son gouvernement, fruit des ré?exions entreprises depuis 2016, en dépensant plus de 170 000 $25.Une somme évaluée dans un premier temps à 50 000 $ dans l\u2019article de Pascal Dugas Bourdon dans Le Journal de Québec du 24 janvier 2018 et réévaluée à la hausse en mai 2018 par le même journaliste dans Le Journal de Montréal 26.Tous les citoyens étaient invités à se préparer à ce « tsunami numérique »27, ainsi que tous les acteurs socioéconomiques du Québec.Ces derniers ont été conviés « à se placer en mode solution face aux bouleversements provoqués par la révolution numérique » lors d\u2019un symposium organisé, les 31 janvier et 1er février 2018, au Centre des congrès de Québec.Il faut le dire, ce n\u2019était pas le cas jusqu\u2019à présent.Cependant, on a l\u2019impression de louper le coche en investissant dans la troisième ou la quatrième révolution industrielle construite autour d\u2019Internet, alors qu\u2019il faudrait plutôt amener notre société vers la révolution post-indus- trielle de l\u2019intelligence arti?cielle telle que décrit dans le livre La septième dimension du philosophe et économiste Guy Millière.Ces deux révolutions coexistent dans une période de copiage, puis de complémentarité et en?n de remplacement, mais n\u2019aboutissent pas à un même projet de société.Le constat est ainsi fait que la société civile a tendance à avancer seule depuis des années dans ce qui devient les bases d\u2019une nouvelle civilisation post-industrielle.On sent cependant que les acteurs socioéconomiques, les politiques comme les universitaires, commencent à s\u2019intéresser à ce secteur porteur de restructuration sociale et morale, mais également de restructuration économique porteuse de nouveaux emplois.Le rendez-vous du gouvernement libéral du Québec de 2018 s\u2019intitulait « Prévenir le tsunami numérique : un dé?pour l\u2019emploi dans la Capitale-Nationale ».On espère que, malgré un train de retard, ces universitaires et ces politiques sauront rattraper les vrais acteurs de la société civile de ces changements qui préparent les bases de notre future vie numérique dans une société post-industrielle qui se fait pour l\u2019instant un peu sans eux ! L\u2019organisation du World Summit AI pour les Amériques28 à Montréal entre 2019 et 2021 devrait aider à sensibiliser tous ces acteurs de la société civile, académique et politique aux vrais enjeux de l\u2019intelligence arti?cielle dans nos vies.La nouvelle économie numérique de la demande doit s\u2019arrimer à l\u2019ancienne pour se développer Sylvain Carle29 , invité au groupe de ré?exion gouvernemental en 2016 qui a précédé le dépôt du plan numérique présenté ici, reste « mi-?gue, mi-raisin, parce que le plan d\u2019action en économie numérique (\u2026) n\u2019est encore qu\u2019un petit début.Je crois qu\u2019on a su identi?er les bonnes priorités, les bonnes pistes d\u2019actions.On va annoncer des projets porteurs, des initiatives de soutien, des millions en investissements\u2026 Mais quand on va comparer le montant alloué au numérique à celui du plan nord (et des ressources naturelles) on verra bien qu\u2019on est très loin du plan nerd (\u2026) On sera sérieux quand on aura autant (ou plus) de budget pour 59 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique l\u2019économie du 21e siècle que pour celle du 20e.» Si Sylvain Carle entrevoit l\u2019idée que l\u2019État coordonne avec le privé une consultation publique, par une sorte de cocréation via le Web, pour élaborer une stratégie numérique qui chapeautera les diférents plans d\u2019action par secteurs30, positivement, le chantier n\u2019en est qu\u2019à son début.Surtout que les acteurs du milieu réclament de l\u2019action depuis le Forum des idées organisé en 2014 et plus de débats ou de rapports.Il faut réviser les lois, la ?scalité et développer de nouvelles relations de travail.Plan 2016 du gouvernement Couillard, cinq axes, 28 mesures Dans les cinq axes d\u2019intervention du plan d\u2019action du gouvernement Couillard présenté en mai 2016 au grand public, on nous parle de stimuler les innovations par les technologies et les données, d\u2019accélérer la transformation numérique des entreprises et l\u2019adoption du commerce électronique, de renforcer la position du secteur des TIC comme chef de ?le mondial, de se doter des compétences numériques requises et en?n d\u2019assurer un environnement d\u2019afaires attrayant et favorable au déploiement du numérique.Dans les 28 mesures, on y parle de recherche en mégadonnées, de création d\u2019un fonds d\u2019amorçage pour les jeunes entreprises innovantes, de l\u2019accompagnement des entreprises dans leurs eforts de transformation numérique, d\u2019un nouveau crédit d\u2019impôt pour les grands projets de transformation, d\u2019un appui aux incubateurs d\u2019entreprises, d\u2019une campagne de sensibilisation, de la formation des jeunes, etc.Les enjeux sont importants, et pas seulement ceux liés à l\u2019économie.Il en va de la place de la culture francophone, de l\u2019identité québécoise dans un marché où la mondialisation doit être un ré?exe naturel et non plus seulement un débat idéologique pour ou contre.Un enjeu d\u2019autant plus important que la ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, a noté, explique Pierre Saint-Arnaud31 dans les colonnes du Devoir, que « seulement 20 % des entreprises québécoises ont un site Web et un nombre encore plus restreint, soit 12 %, a une capacité de réaliser des transactions par Internet ».Mais le village global de McLuhan n\u2019est plus un débat justement, car il n\u2019est plus un projet ; il est une réalité, ici et maintenant, depuis longtemps.Le retard est ?agrant ! Jean-François Codère32, dans le journal La Presse, analyse rapidement les cinq axes d\u2019intervention et les 28 mesures accompagnées d\u2019un budget de près de 188 millions de dollars sur cinq ans, associés à 100 millions de dollars destinés aux infrastructures d\u2019accès à Internet haute vitesse, particulièrement en région.Il souligne que Le constat est ainsi fait que la société civile a tendance à avancer seule depuis des années dans ce qui devient les bases d\u2019une nouvelle civilisation post-industrielle.On sent cependant que les acteurs socioéconomiques, les politiques comme les universitaires, commencent à s\u2019intéresser à ce secteur porteur de restructuration sociale et morale, mais également de restructuration économique porteuse de nouveaux emplois. ARGUS 60 le gouvernement souhaite atteindre le 30 mégabits/seconde partout dans la province d\u2019ici 2021.Pour les partis d\u2019opposition comme le PQ33, c\u2019est la preuve que le Parti libéral n\u2019a pas de stratégie numérique et qu\u2019il ne fait qu\u2019improviser, précise Mireille Jean, députée de Chicoutimi et porte-parole du Parti Québécois en matière d\u2019économie numérique.Pour la CAQ, par l\u2019intermédiaire de son porte-parole en matière d\u2019innovation, André Lamontagne34, ce n\u2019est pas un véritable plan stratégique pour voir émerger le Québec numérique, mais une simple feuille de route peu ambitieuse.« S\u2019il a au moins le mérite de poser le bon diagnostic, le document présenté (\u2026) contient peu de pistes de réponses concrètes et eicaces pour appuyer et accompagner les entreprises québécoises dans le virage numérique inévitable ».La CAQ valorise une approche globale et non en silo comme chez le Parti libéral.C\u2019est en tout cas l\u2019argument avancé par leur représentant en matière d\u2019innovation.Petits moyens pour un grand défi Michelle Blanc35 relève pour sa part que ce dépôt d\u2019un Plan d\u2019action en économie numérique du Québec s\u2019est fait dans l\u2019indiférence du grand public ou des médias.Même les partis d\u2019opposition sont restés assez discrets sur leurs analyses de ce plan d\u2019action.Peut-être parce que la révolution numérique pour le grand public est déjà une réalité dans le quotidien des gens, d\u2019après les études du CEFRIO, et qu\u2019il n\u2019est pas forcément nécessaire d\u2019avoir un plan venant de l\u2019État pour faire avancer les choses.Pierre Saint-Arnaud36 rapporte les propos du président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, Léopold Turgeon, à ce sujet : « Le consommateur est sur la tablette et le téléphone intelligent et nous, on est en retard.» Ce dernier ajoute : « C\u2019est la première fois que le consommateur est en avance sur les détaillants et ça demande un ajustement majeur, mais les petits détaillants ont peu de moyens et peu de ressources humaines pour aller de l\u2019avant.»37 L\u2019analyse de Michelle permet cependant de nous montrer les vrais enjeux, pas pour ceux qui sont déjà dans cet univers, mais pour la population qui ne prend pas forcément conscience « des changements qui sont déjà là et qui continueront de s\u2019accélérer », même s\u2019ils sont équipés de la technologie numérique mobile dernier cri.Comment réussir cette vie numérique qui s\u2019impose à nous, s\u2019interrogeait Dominique Forget38 dans un dossier de L\u2019actualité de novembre 2014, pour éviter d\u2019en être exclu ?Internet devient en efet comme l\u2019électricité, invisible, vital et ne peut fonctionner sans elle.Une nouvelle révolution se bâtit sur une ancienne, comme la nouvelle économie se construit à partir de l\u2019ancienne.Les agences de voyages, les chaînes de commerce de détail, le secteur de la fabrication, du commerce en gros, du commerce de détail ou des services vendent aujourd\u2019hui leurs produits en ligne.La délocalisation en Asie est une réalité au Mais cette conversion du monde analogique au monde numérique, explique Milad Doueihi, ne va pas sans résistances, car l\u2019enjeu d\u2019aujourd\u2019hui est de « réussir ou non sa vie numérique », source d\u2019une nouvelle forme d\u2019intégration ou d\u2019exclusion sociale. 61 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique Québec depuis des années, et pas seulement dans le secteur de l\u2019habillement ou des industries graphiques.L\u2019industrie du taxi prendra de plein fouet l\u2019arrivée des voitures autonomes ou sans pilote et l\u2019industrie des télécommunications aiche une réalité pitoyable qui ne sert pas l\u2019intérêt du public, mais ses propres intérêts le plus souvent en con?its d\u2019intérêts, car ils sont en même temps câblo-opérateurs, difuseurs de contenu, producteurs et régies publicitaires.Le témoignage de Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et, en même temps, maire de Sainte-Catherine- de-Hatley, située tout juste entre Sherbrooke et Magog, est accablant.Gilbert Leduc39, du journal Le Soleil, a recueilli son témoignage et en pro- ?te pour décrire la réalité québécoise dans ce domaine.Le programme Québec branché40, explique Leduc, a été lancé en décembre 2016 « pour que les citoyens et les entreprises des régions rurales et éloignées puissent avoir accès à des services Internet haute vitesse de qualité à un coût comparable à celui observé en milieu urbain ».Leduc ajoute que le gouvernement du Québec prévoit un débit de téléchargement d\u2019au moins 5 mégabits par seconde (Mbps) avec un débit de téléversement de 1 Mb/s.On est loin de la moyenne canadienne de 11,9 Mb/s décrit par Michelle Blanc et de la décision du CRTC, qui vient de rehausser le seuil minimal de téléchar- gement à 50 Mb/s d\u2019ici 2021.L\u2019enveloppe consacrée à l\u2019aide gouvernementale du Québec pour contribuer au ?nance- ment des infrastructures numériques de distribution est de 100 millions de dollars.Cette aide vient en complément de l\u2019aide fédérale de 500 millions de dollars d\u2019ici 2021.Gilbert Leduc rapporte qu\u2019en avril 2017, le gouvernement du Québec évaluait à plus de 340 000 le nombre de foyers mal ou non desservis au Québec.Au vu de cette réalité, l\u2019aide apportée par le gouvernement du Québec apparaît à Jacques Demers bien faible.Gilbert Leduc, dans son article, rapporte également les propos de Bruno Leblanc, directeur des afaires provinciales pour le Québec à la Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante (FCEI)41, qui compte 110 000 membres.Si Bruno Leblanc trouve que le Québec va dans la bonne direction, il trouve qu\u2019il ne va pas assez vite dans son investissement.Il y a encore trop de zones, de villages et de villes qui n\u2019ont pas encore accès à la haute vitesse, ce qui a un impact sur la compétitivité des entreprises et sur la qualité du commerce électronique et de la vente en ligne, qui s\u2019en trouvent limités par la même occasion.Septembre 2016 : sortons-nous enfin du tiers-monde numérique ?Michelle Blanc rappelle, dans un billet du 9 septembre 2016, qu\u2019il est de plus en plus question des infrastructures numériques au Québec et au Canada.La consultante vedette au Québec sur ces questions numériques ne cache pas sa satisfaction tout en insistant sur la nécessité d\u2019investir dans les infrastructures numériques en proposant à chaque citoyen et citoyenne du Québec une large bande passante digne de ce nom pour permettre au Québec de sortir du tiers-monde numérique42 dans lequel se trouve cette province francophone canadienne depuis des années.Comme le souligne Sophie Bernard43, à la suite de la présentation de son plan d\u2019action suivi d\u2019une consultation visant à doter le Québec d\u2019une stratégie numérique, à partir du 26 mai 2016, la ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation, Dominique Anglade, a dévoilé le 14 septembre 2016, la plateforme Objectif numérique44, mise en place dans le cadre de la consultation.Cette plateforme sera utilisée ARGUS 62 par le gouvernement du Québec a?n de recueillir des avis sur sept thèmes45 pour lui permettre d\u2019élaborer une politique sur le numérique qui devrait être dévoilée au printemps 2017.On parle ainsi des thèmes autour des infrastructures numériques ; le développement économique à l\u2019ère du numérique ; l\u2019administration publique ; l\u2019éducation et le développement des compétences numériques ; les villes et les territoires intelligents ; la santé et le numérique et en?n la culture numérique.Pour soutenir les entreprises québécoises dans l\u2019adoption de technologies numériques, le programme PME 2.046 a été également mis en place par le CEFRIO, à la demande du ministère, pour soutenir la productivité des PME québécoises par le numérique et participer à cette mise en place d\u2019une stratégie numérique globale.Martin Lasalle47 analyse cette « quatrième révolution du numérique », associée à une nouvelle vague de mondialisation, qu\u2019il considère à tort comme industrielle, alors qu\u2019elle est surtout post-industrielle et post-capitaliste, comme on l\u2019a vu plus haut.Il a raison cependant de rappeler que, si des millions d\u2019emplois disparaîtront dans le monde d\u2019ici 20 ans, d\u2019autres, encore inconnus, seront créés.Mais c\u2019est déjà le cas depuis la naissance d\u2019Internet dans les années 1980.On a déjà perdu des millions d\u2019emplois et on en a également créé des millions avec Internet, tout comme avec les trois révolutions industrielles associées à diférentes vagues de mondialisation qui ont précédé cette révolution du numérique.N\u2019est-ce pas également le propre des révolutions ou des innovations de s\u2019enraciner dans les anciennes révolutions ou dans les anciennes innovations ?Le numérique perturbe le monde du travail avec une automatisation qui tend à faire reculer le modèle salarial dans tous les secteurs de l\u2019économie confrontés à une mondialisation toujours plus proche de nous grâce aux nouvelles technologies, comme l\u2019avait présenté McLuhan avec sa célèbre notion de village global.Plus que le modèle, c\u2019est également la valeur du travail qui en vient à être contesté face à la dictature et l\u2019illusion du gratuit.L\u2019atomisation du travail qui en résulte permet également de moins au moins aux individus de se regrouper « pour exiger de meilleures conditions de travail ».Cela évite également les dérives idéologiques au pro?t de solutions pragmatiques immédiates.La mondialisation met en péril les modèles sociaux progressistes vus comme un handicap, alors qu\u2019ils étaient perçus comme un progrès il y a à peine quelques années.Ils mettent à leur tour en péril les économies locales, alors que ces modèles sociaux semblaient auparavant en être le moteur.La concurrence est féroce, mais en même temps permet à un plus grand nombre d\u2019acteurs d\u2019intervenir dans le marché et d\u2019y grignoter sa modeste part.Les transferts technologiques et de savoir-faire accentuent cette concurrence des modèles sociaux et des modèles économiques, cette réalité du village global, car elle touche notre portefeuille et notre autonomie ?nancière.Dans le même temps, analyse Michelle Blanc48, cette révolution du numérique permet le développement du travail à domicile avec pour efet de réduire le tra?c routier et les congestions routières.On économise de l\u2019énergie, on limite la pollution et l\u2019utilisation Il a raison cependant de rappeler que, si des millions d\u2019emplois disparaîtront dans le monde d\u2019ici 20 ans, d\u2019autres, encore inconnus, seront créés. 63 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique d\u2019espaces commerciaux.On développe de nouvelles sources d\u2019énergie avec des technologies nouvelles, comme le train ou la voiture électrique.Cela favorise le développement et la croissance des régions, qui avaient tendance jusqu\u2019à maintenant à perdre leurs populations.On assiste petit à petit à une décentralisation et à un désengorgement des centres urbains en proportion du développement des réseaux numériques à large bande passante.« La connexion permet de travailler de n\u2019importe où sur cette planète.» N\u2019importe où pour n\u2019importe qui ! Face à cette numérisation globale, la société civile, les partis politiques et les représentants de l\u2019État réagissent chacun en fonction de leurs opinions politiques ou de leur rapport au projet souverainiste québécois ou fédéraliste canadien.On l\u2019a vu récemment, Martine Ouellet, candidate à la cheferie du Parti Québécois, propose un projet de nationalisation des accès à Internet, pour obtenir des tarifs plus uniformes49, ou des télécommunications50.Les libéraux ont une autre position, plus libre marché.La CAQ propose une solution globale qui semble vouloir ne rien dire.Le PQ semble rejoindre les positions de QS ou d\u2019Option nationale qui a fusionné avec le PQ entre temps, puisque l\u2019État, pour eux, doit être présent dans ce marché.Les conservateurs ont également une autre position, plus libertarienne ou classique libérale, où au contraire, l\u2019État doit être absent de ce marché.En fait, il existe plusieurs modèles de développement numérique, plusieurs modèles d\u2019afaires ou le gratuit est en concurrence avec le payant.2017-2018 : encore des résistances à la conversion au nouvel humanisme numérique Mais au-delà des modèles d\u2019afaires, les régions développées coexistent avec des régions sous-développées au sein d\u2019un même pays comme le Canada, ou d\u2019une même province comme le Québec.Au niveau des relations internationales, les sociétés traditionnelles vivent en parallèle ou en même temps qu\u2019avec des sociétés évolutives modernes connectées.Des sociétés sous-développées avec des sociétés dites développées, des sociétés moteurs, centrales, avec des sociétés périphériques.Comme le soulignent Jean-François Fogel et Bruno Patino, il faut conserver un peu de modestie numérique, car « malgré l\u2019abondance des écrans qui nous entourent, malgré ces téléphones portables si souvent tenus en main, malgré les ordinateurs, les consoles, les télévisions, les tablettes et les liseuses, l\u2019homo sapiens n\u2019est pas devenu homo numéricus ».Les auteurs du livre sur La condition numérique51 ajoutent que « la parole, les gestes, les mimiques restent d\u2019usage courant dans les échanges au sein des sociétés humaines ».Le fait que diférents modèles de développement coexistent dans un même village global empêche les gens de vivre au sein d\u2019une pure société de communication numérique où le temps de l\u2019homme coexiste avec le temps de la connexion permanente universelle immédiate.Où les trois humanismes identi?és par Claude Lévi-Strauss52, comme l\u2019humanisme aristocratique de la Renaissance, l\u2019humanisme bourgeois et l\u2019humanisme démocratique, qui ont permis l\u2019émergence de la science et de la technique après les temps de la religion et de la philosophie, laissent place à un nouvel humanisme numérique.Mais cette conversion du monde analogique au monde numérique, explique Milad Doueihi, ne va pas sans résistances, car l\u2019enjeu d\u2019aujourd\u2019hui est de « réussir ou non sa vie numérique »53, source d\u2019une nouvelle forme d\u2019intégration ou d\u2019exclusion sociale.On le voit au Québec dans le transport avec Uber, dans les médias, ARGUS 64 la presse, la télévision, l\u2019édition, dans le secteur de la santé ou de l\u2019éducation.Dans tous les secteurs de la société québécoise où le numérique et l\u2019intelligence arti?cielle ont un impact.Éric Le Ray est un homme des médias imprimés et des médias numériques.Il a été imprimeur (école Estienne) puis journaliste formé au journalisme écrit, radio et télévision (UQAM).Il a étudié et organisé quatre forums TAB-e-Paperworld, autour des technologies numériques mobiles comme les ordinateurs portables, les tablettes, les liseuses, les phablettes et le développement des téléphones intelligents de plus en plus polyvalents.Il est devenu animateur radio à radio shalom Montréal pendant sept ans avec son émission Arrêts-sur- médias.Il vient de fonder sa propre émission d\u2019affaire publique en français de télévision sur le Web qu\u2019il a nommé Occident et est devenu éditeur Les Éditions Libertés Numériques.Il se passionne pour la recherche (un doctorat EPHE, trois post doctorats \u2013 Sherbrooke, UQTR, Metz) pour les changements d\u2019aujourd\u2019hui au sein de la révolution numérique contemporaine et de l\u2019intelligence artificielle.Il vient de s\u2019inscrire pour un second doctorat en psychoéducation à l\u2019UQTR pour penser le rapport à « l\u2019image-écran » et les changements dans les nouvelles pratiques d\u2019écritures, de lectures et de communication entre les individus.6 RETTINO-PARAZELLI Karl, « Intelligence artificielle : \u201cOn n\u2019a plus le temps d\u2019attendre\u201d », Le Devoir, 7 mars 2017.www.ledevoir.com/ economie/493346/intelligence-artificielle-on- n-a-plus-le-temps-d-attendre 7 https://ia.quebec 8 LEMOINE Dominique, « 100 M$ dans un projet de grappe en intelligence artificielle », Direction informatique, 16-05-2017.www.directioninformatique.com/100-m-dans-un- projet-de-grappe-en-intelligence-artificielle/48791 9 www.ccei.quebec/fr/rapport-integrateur 10 LEMOINE Dominique, « Intelligence artificielle : laboratoire Facebook à Montréal », Direction information, 15-09-2017.www.directioninformatique.com/intelligence- artificielle-laboratoire-facebook-a-montreal/51074 11 BENGIO Yoshua, « La communauté de l\u2019intelligence artificielle a bien fait ses devoirs », Le Devoir, 02-12-2017.www.ledevoir.com/opinion/libre- opinion/514491/la-communaute-de-l-ia-a-bien- fait-ses-devoirs 12 https://sites.grenadine.co/sites/ forumiaresponsableumontreal/fr/ forumiaresponsableumontreal 13 DESROSIERS Éric, « L\u2019intelligence artificielle québécoise aura pignon sur rue à Montréal », Le Devoir, 16-01-2018.www.ledevoir.com/ economie/517666/l-intelligence-artificielle- quebecoise-aura-pignon-sur-rue-a-montreal 14 PLAMONDON-ÉMOND Étienne, « Prôner une intelligence artificielle responsable », Le Devoir, 07-04-2018.www.ledevoir.com/societe/science/ 524366/proner-une-intelligence-artificielle- responsable 15 LALONDE Denis, « Le Mile-Ex accueillera un \u201chub\u201d en intelligence artificielle », Les Affaires, 02-02-2018, mise à jour le 05-03-2018.www.lesaffaires.com/techno/technologie-de-l-infor- mation/le-mile-ex-accueillera-un-hub-en-intelli- gence-artificielle/600298 L\u2019immeuble O Mile-Ex abritera l\u2019Institut des algorithmes d\u2019apprentissage de Montréal (MILA), l\u2019Institut de valorisation des données (IVADO), de même qu\u2019Element AI, le laboratoire en intelligence artificielle (IA) de la société française Thales et la division IA d\u2019une grande banque canadienne.16 LALONDE Denis, « Havas ouvre un laboratoire d\u2019intelligence artificielle à Montréal », Les Affaires, 24-05-2018.www.lesaffaires.com/imprimer/ techno/technologie-de-l-information/havas- ouvre-un-laboratoire-d-intelligence- artificielle- a-montreal/602898 17 GAGNON Jean-Sébastien, « Intelligence artificielle : Microsoft renforce sa présence à Montréal », La Presse, 22-06-2018.www.lapresse.ca/affaires/ entreprises/201806/22/01-5186816- intelligence- artificielle-microsoft-renforce-sa-presence-a- montreal.php?utm_categorieinterne=traf\u2026 NOTES 1 Le CEFRIO accueille très favorablement le Plan d\u2019action en économie numérique du gouvernement du Québec, communiqué de presse, 20 mai 2016.2 www.ledevoir.com/economie/actualites- economiques/471499/de-petits-moyens-pour- relever-l-immense-defi-numerique 3 BOUREL Fanny, « 93,5 millions pour la recherche en IA », Direction informatique, 07-09-2016.Quant à l\u2019Université de Waterloo, en Ontario, elle a obtenu 76,3 millions de dollars pour mettre au point des technologies quantiques.www.directioninformatique.com/935-millions- pour-la-recherche-en-ia/43731 4 BOUREL Fanny, « Lancement d\u2019Element AI, un incubateur en intelligence artificielle », Direction informatique, 27-10-2016, www.directioninforma- tique.com/lancement-delement-ai-un-incuba- teur-en-intelligence-artificielle/44526 5 LORTIE Marie-Claude, « Jean-François Gagné : leader en intelligence artificielle à 36 ans », La Presse, 17 août 2017.www.lapresse.ca/ actualites/personnalite-de-la- semaine/201708/17/ 01-5125248-jean-francois-gagne-leader-en- intelligence-artificielle-a-36-ans.php 65 Bibliothéconomie, muséologie et archivistique 18 TREMBLAY Diane, « Le premier à Lévis : investissement de 150 M$ pour créer trois laboratoires d\u2019intelligence artificielle », Le Journal de Montréal, 10-07-2018.www.journaldemontreal.com/2018/ 07/10/le-premier-a-levis-investissement-de- 150m-pour-creer-trois-laboratoires- dintelligence-artificielle 19 SCHMOUKER Olivier, « Non, Montréal n\u2019est pas la capitale mondiale de l\u2019IA », Les Affaires, 13-06- 2018.www.lesaffaires.com/imprimer/blogues/ l-economie-en-version-corsee/non-montreal-n- est-pas-la-capitale-mondiale-de-l-ia-/603264.Le palmarès dans l\u2019ordre de la première vers la 25e position : 1 Singapour (Singapour), Shanghai (Chine), Dubaï (Émirats arabes unis), Houston (États-Unis), Beijing (Chine), Londres (Grande- Bretagne), Tokyo (Japon), Munich (Allemagne), Bangalore (Inde), Paris (France), Düsseldorf (Allemagne), Dublin (Irlande), Séoul (Corée du Sud), Francfort (Allemagne), Helsinki (Finlande), Atlanta (États-Unis), Amsterdam (Pays-Bas), Aberdeen (Grande-Bretagne), Boston (États- Unis), Hong Kong (Chine), New York (États-Unis), Melbourne (Australie), Berlin (Allemagne), Sydney (Australie), 25 Toronto (Canada).20 Diane Tremblay, « Le retard du canada en intelligence artificielle aura des conséquences », Le Journal de Montréal, 20-09-18, www.journaldemontreal.com/2018/09/20/le-retard- du-canada-en-intelligence-artificielleaura-des- consequences 21 https://ia.quebec/rapport-et-recommandations 22 Rapport du Comité d\u2019orientation de la grappe en intelligence artificielle \u2013 Cinq orientations stratégiques pour renforcer l\u2019écosystème québécois en intelligence artificielle.www.fil-information.gouv.qc.ca/Pages/Article.aspx?aiguillage=ajd&type=1& lang=en&idArticle=2606215493 23 MILLIÈRE Guy, « L\u2019information dans l\u2019ère post-industrielle », MEI « Médias et information », no 2, 1994, p.75-80.24 Ibid.25 DUGAS BOURDON Pascal, « 50 000 $ pour une conférence de presse sur la Stratégie numérique », Le Journal de Québec, 24 janvier 2018.26 DUGAS BOURDON Pascal, « Le lancement de la stratégie numérique a coûté 170 000 $ », Le Journal de Montréal, 3 mai 2018.27 LAVOIE Martin, « Québec se prépare au \u201ctsunami numérique\u201d », Le Journal de Montréal, 6 décembre 2017.28 http://tourismexpress.com/nouvelles/ montreal-est-choisie-pour-accueillir-le-world- summit-ai-pour-trois-ans?utm_source=newsletter &utm_medium=email&utm_cam\u2026 29 https://medium.com/@froginthevalley/de- plans-et-de-stratégies-du-numérique-à- léconomique-déception-et-espoir-3dc574ade3e#.w8mo0iez1 30 Économie numérique 2016, secteur culturel juin 2014, celui sur les technologies de l\u2019information au sein du gouvernement dévoilé en 2015, un prochain en 2017 sur l\u2019éducation, puis ce sera au tour de la santé.31 www.ledevoir.com/economie/actualites- economiques/471499/de-petits-moyens-pour- relever-l-immense-defi-numerique 32 http://affaires.lapresse.ca/economie/ technologie/201605/20/01-4983564-quebec- investit-288-millions-pour-le-numerique.php 33 http://pq.org/nouvelle/plan-gouvernemental- pour-leconomie-numerique-mais/ 34 https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/ 2016/05/20/strategie-numerique-toutresteafaire/ 35 www.michelleblanc.com/2016/05/24/la- strategie-numerique-du-quebec-cest-sans-doute- pour-avoir-un-meilleur-facebook/ 36 www.ledevoir.com/economie/actualites- economiques/471499/de-petits-moyens-pour- relever-l-immense-defi-numerique 37 Ibid.38 L\u2019actualité, « Réussir sa vie numérique », vol.39, no 15, 1er novembre 2014.39 LEDUC Gilbert, « Brancher le Québec\u2026 au plus vite ! », Le Soleil, 10 août 2018.40 Ibid., Québec branché est un programme temporaire dont les 88 projets approuvés \u2013 sur les 247 analysés \u2013 doivent achevés au plus tard le 31 mars 2021.En chiffres : 102 millions de dollars, investissement prévu par le gouvernement du Québec.87 millions de dollars, investissement prévu par les promoteurs.88, le nombre de projets approuvés.84 295, le nombre de foyers ciblés.4 387, le nombre d\u2019entreprises ciblées.Source : Ministère de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations 41 Ibid.42 BLANC Michelle, « Pourquoi devrions-nous investir massivement dans les infrastructures numériques », 0909-2016.www.michelleblanc.com/2016/09/09/pourquoi-devrions-nous- investirmassivement-dans-les-infrastructures- numeriques 43 BERNARD Sophie, « Dominique Anglade présente une étape de plus vers la stratégie numérique du Québec », Le Lien multimédia, 19-09-2016.44 www.numerique.economie.gouv.qc.ca 45 Agence QMI, « Sept thèmes pour les consultations en vue d\u2019une politique sur le numérique », 13-09-2016.46 www.pmenumerique.ca 47 LASALLE Martin, « La quatrième révolution industrielle sous la loupe des chercheurs », Le Devoir, 06-02-2016.48 Ibid.49 Agence QMI, « Martine Ouellet prête à nationaliser l\u2019accès à Internet et aimerait des tarifs uniformisés » 29-09-2016.50 LÉVESQUE Lia, « Ouellet prête à nationaliser les télécommunications », Le Devoir, 30-08-2016.51 FOGEL Jean-François \u2013 PATINO Bruno, La condition numérique, essai, Ed.Grasset, 2013.52 LE FORESTIER Mélanie, Notes de lecture sur le livre Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique, Sciences de la société, 92 \u2013 2014, p.209-210.53 L\u2019Actualité, novembre 2014. ARGUS 66 regroupe les données et les activités et vous permettre de conc ts sur les services à vos utilisateurs.rationaliser les chaînes de travail améliorer la gestion des contenus électroniques alléger les tâches routinières Les applications OCLC WorldShare proposent une nouvelle approche pour la gestion coopérative des chaînes de travail en bibliothèques.\u2022 Acquisitions \u2022 Analytiques \u2022 Prêts \u2022 Recherche \u2022 Prêts entre bibliothèques \u2022 Gestion des licences \u2022 Gestion des métadonnées Pour en savoir davantage, veuillez nous rendre visite au www.oclc.org. Offre d\u2019une durée limitée.Les prix rayés sont ceux en kiosque.Certaines conditions peuvent s\u2019appliquer.Prix et disponibilité des publications sujets à changements sans préavis.Taxes en sus.Imprimé 01/2017.ABONNEZ-VOUS MAINTENANT : RABAISCAMPUS.COM/BIBLIO \u2013 1 800 265-0180 89 TITRES À 20 $ OU MOINS 37 NOUVELLES PUBLICATIONS ! -61% 1 an 403,52 $ 156,00 $ -69% 1 an 463,84 $ 143,00 $ -33% 1 an 338,52 $ 228,48 $ -62% 1 an 507,00 $ 192,95 $ -62% 1 an 155,48 $ 58,95 $ -51% 12 nos 51,00 $ 24,95 $ -36% 1 an 55,00 $ 34,95 $ 1495 $ 8 nos 23,60 $ 14,95 $ 1495 $ 12 nos 47,40 $ 14,95 $ -52% 1 an 45,90 $ 21,95 $ 1495 $ 1 an 59,88 $ 14,95 $ 1595 $ 1 an 59,88 $ 15,95 $ 1648 $ 1 an 59,90 $ 16,48 $ 1395 $ 1 an 54,90 $ 13,95 $ -39% 1 an 54,45 $ 32,95 $ -58% 1 an 107,40 $ 44,95 $ -46% 1 an 83,40 $ 44,95 $ -42% 1 an 55,08 $ 31,95 $ -42% 1 an 65,45 $ 37,95 $ -57% 1 an 87,45 $ 37,95 $ -30% 1 an 54,45 $ 37,95 $ 999 $ 1 an 15,96 $ 9,99 $ -59% 1 an 79,60 $ 32,95 $ 1995 $ 1 an 35,70 $ 19,95 $ 1755 $ 1 an 49,50 $ 17,55 $ -30% 1 an 38,70 $ 26,95 $ -36% 1 an 38,70 $ 24,95 $ -45% 1 an 41,70 $ 22,95 $ -40% 1 an 51,60 $ 30,95 $ -14% 1 an 81,00 $ 69,95 $ -34% 1 an 95,88 $ 63,00 $ -39% 1 an 131,88 $ 79,90 $ 1895 $ 1 an 26,00 $ 18,95 $ -36% 26 nos 155,74 $ 99,00 $ -29% 2 ans 47,60 $ 33,95 $ 1495 $ 8 nos 39,60 $ 14,95 $ -65% 1 an 71,88 $ 24,95 $ -65% 1 an 99,50 $ 34,95 $ 1199 $ 1 an 23,80 $ 11,99 $ -47% 1 an 246,48 $ 129,95 $ -47% 1 an 246,48 $ 129,95 $ -79% 1 an 155,74 $ 31,95$ VISITEZ NOTRE SITE DÉDIÉ AUX BIBLIOTHÈQUES.Obtenez facilement et rapidement une soumission en ligne, sans obligation ultérieure de votre part."]
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