L'événement, 8 septembre 1874, mardi 8 septembre 1874
[" PRIX DC ÉDITION QUOTIDIENNE : Par an, (payable d'avance) \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.Par an, (payable 1 wance) oo.(payable Pour les État: 1 ;-.payatle d'avance.Bureaux à Québec : No.1, rue Buade, à coté du Bureau de Poste.Feuilleton de L'ÉVÉNEMENT DU 8 SEPTEMBKE 1874 LA DEGRIN CAGITE.) Ne leur avait-il pas reproché ce qu\u2019il avait fait pour les vieux Cochard ?.Ne s'\u2019était-il pas en quelque sorte vanté d\u2019avoir pour maitresse la sœur de leur mère, leur tante, Flora Misri ! Quelle honte ! Et cependant, ils avaient été forcés d'endurer toutes ces révoltantes ironies, débitées d\u2019un ton de tranquille impudence.\u2014Ah ! le misérable !.s'écria Jean, lorsqu'ils eurent dépassé la grille, je lui en voudrais moins s\u2019il eût fait feu sur nous, tandis qu\u2019il tenait son revolver !\u2026 Léon Cornevin hochait tristement la tête.\u2014Nous sommes des enfants, dit-il, et nous venons de faire une folie insigne.Quand on attaque une bête fauve, on doit être assez bien armé pour la tuer.Nous avons aitaqué Combelaine et nous sommes sans armes.Cet homme nous avait oubliés, peut- être, nous venons de lui rappeler que nous existons et que nous pouvons devenir redoutables.Il ne se baitra pas\u2026 mais notre imprudence nous coutera plus cher qu\u2019un coup d'épée.Les deux jeunes gens savaient bien que Raymond devait être chez eux à cette heure, et que sans nul doute il attendait avec une anxiété poignante le résultat de leur démarche.Mais les circonstances devenaient trop lourdes pour s\u2019en remettre à leurs seules lumières.Et après une courte délibération, et malgré le secret promis à Raymond, ils résolurent de prendre conseil de Me Roberjot.L'avocat venait de se mettre à table quand on lui annonça les deux frères.\u2014Venez-vousme demander à déjeuner, leur cria-t-il gaîment, ou maître Jean s'est-il encore fourré dans quelque guépier ?\u2026 Léon était trop embarrassé pour ne pas raconter fort exactement toute l'affaire, les instances de Raymond, sa station avec Jean dans le salon d'attente, la conversation des fournisseurs, la réception de M.de Combelaine, son refus, sa colère et enfin sa demande d'un délai de quarante- huit heures.Et lorsqu'il eut terminé : \u2014Que le diable vous emporte ! s\u2019écria Me Roberjot si vielem- ment, que Léon Cornevin ea demeura tout interloqué.~\u2014Cependant, commenca-t-il.Mais l'avocat ne voulut pas l'écouter, et très vivement : \u2014Que votre trère, poursuivit-il ue Jean, qui est un écervelé, c'est convenu, se [ut laissé pousser à cette escapade, je le comprendrais, mais vous, Léon, un garçon sensé, un méthodiste, un philosophe, un sage.\u2014Eh! monsieur, interrompit Jean, Raymond, à notre défaut, 8e serait adressé au premier venu.\u2014Il fallait me faire prévenir Messieurs, je serais accouru.Et moi qui comprends l\u2019amitié autrement que vous, j'aurais essayé de raisonuer avec Raymond, et s\u2019il N\u2019avait pas voulu m'\u2019écouter, je l'aurais empoigné au collet, et je lui aurais dit : Avant de te battre avec cet autre, il \u2018\u201c faudra te bat- * tre avec moi !.\u201d Il se montait tellement qu\u2019il en oubliatt de manger, et que, sa fourchette d'une main et son couteau de l'autre, il gesticnlait comme s\u2019il eût été à la tribune\u2026 \u2014Quoi ! poursuivait-il, vous avez un ennemi mortel, vous le voyezau bord d\u2019un abime qui l\u2019attire, où il va rouler fatalement, et vous lui criez : casse-cou !\u2026 Lorsque Jean Cornevin,qui était étourdi, avait fait quelque sottise, ille reconnaissait volontiers, et de la meilleure grâce du monde se laissait laver la tête.Léon, qui était un Lomme froid et grave, L'avait pas cette bonhomie.Il n'aimait pas à avoir tort.II suffisait presque qu'on lui démontrât qu'il faisait une folie pour qu\u2019il s\u2019y obstinat.\u2014Je ne vois pas, dit-il d'un ton un peu piqué, en quoi notre démarche a pu moditier la situation de M.de Combelaine.| Me Roberjot haussa les épau- es.\u2014Puisque vous ne savez pas voir, dit-il, écoutez.Voici dix ans, n'est-ce pas, que M.de Com- belaine exploite la situation ines- L'ABONNEMENT.* (payable-quraut l'année).ÉDITION SEMI-QUOTIDIENNE : \u2026\u2026\u2026.$=+.00 HE CANCE ns ie een eee 500 pérée que lui a faite le coup d'È- tat.Voici dix ans qu\u2019il cumule des traitements énormes, qu'il met à amis,qu'il bat monnaie à la Bourse qu'il a des secrets qu'on lui cone ou qu'il surprend, qu'il ne cesse de tirer à vue sur la cassette impériale.En est-il plus avancé ?Non.De tous les millions quiont glissé entre ses mains rien ne Îui reste que le regret de ne les avoir plus, le désir enragé d'en avoir d\u2019autres.Sa situation est ce qu'elle était la veille du Deux Dêcembre.Je me trompe ; elle est plus mauvaise, car il a dix années de plus, moins d\u2019audace et des habitudes de dépeuse et de bien-être qu\u2019il n\u2019avait pas.Ses créanciers le tracassaient jadis pour quolques centaines de francs, ils le harcèlent aujour- d\u2019hui pour un demi-million.\u2014Oh ! quand on a ses ressources ! murmura Léon Cornevin.\u2014Mais il n'en a plus, répondit l'avocat, non, plus aucune.Tout s'épuise.Il ne trouverait plus au- jourd\u2019hui mille écus de son influence qui jadis lui valait des pots-de-vin de cent et de deux cent mille francs, tant il en a usé et abusé de toutes les façons pour lui, pour ses maîtresses, pour le premier escroc venu qui avait la poche bion garnie.l'as un de ses amis ne lui préterait cent 'ouis, et il ne trouverait pas cent sous sur sa signature.Vous savez comment l\u2019empereur répond à ses cris de détresse ?l\u2019ar une aumône de dix mille francs tous les trois mois.Comment vi- vra-t-il, aves ses seuls traitements, lui qui ne pouvait pas joindre les deux bouts quand il avait le quintuple ! {1 ne vivra pas, et il le sent si bien, qu\u2019il parle de se marier.\u2014Lui 2.\u2014Pourquoi non ?.Vous ne lui donneriez pas votre fille si vous en aviez une, ni moi non plus, mais tout le monde n'est pas si dégouté que nous.\u2014Un tel homme !.\u2026 \u2014Ce tel homme, mon cher, donnera a sa femme le titre de comtesse, plus que contestable, c\u2019est certain, et pour le moment incontesté, et lui ouvrira les portes des Tuilleries.Ce tel homme, s1 son beau-père n\u2019est pas absolument taré, le fera décorer ; le fera nommer député ou peut-être sénateur, s'il n\u2019est pas trop notoirement idiot.Jean Cornevin ne pouvait s'empêcher de sourire.à * \u2014Ce diable d'avocat se à la tribune, pensait-il.Mais Léon ne riait pas, lui- \u2014Cela étant, fitil, comment M.de Combelaine, qu'une grosse dot remettrait à flot, ne se ma- rie-t-il pas ?\u2014Ah !.c'est ce que je me suis demandé longtemps, répondit Me Roberjot, avant de trouver une réponse satisfaisante.Mais je lai trouvée : il n'ose pas.-\u2014Oh .\u2014II n\u2019ose pas, parce qu'il est une personne quia des vues sur lui, qui se le réserve.Ur, cette personne a pénétré si avant dans son existence et connait tant et tant de ses secrets, qu'il ne peut pas s'en faire une ennemie sans risquer de se perdre.Il peut ne pas l'épouser, elle ;en épouser un autre, non.\u2014KEt cette personne.\u2014Oh!.vous la connaissez, répondit l'avocat.Et après une légère hésitation : \u2014C'est madame Flora Misri, répondit-il, madame Flora qui pendant que M.de Combelaine jetait l'argent par les fenêtres, le ramassait et thésaurisait.C\u2019est une personne très-prévoyante, Malgré ses airs évaporés, et qui sait compter.De telle sorte que, si le comte est ruiné au point de ne savoir plus dans quelles eaux troubles pècher vingt-cinq louis.Madame Flora est riche et trou- veraitun million et demi chez son notaire.C'est avec une impatience manifeste, l'impatience de l'homme qui ne veut pas ruconnaître ses torts que Léon écoutait.\u2014En tout ceci, fit-il, que je ne vois pas quelle influence peut avoir notre démarche sur les dé- terminaisons de M.de Combe- laine.L'avocat sourit.\u2014Oh ! l'entété !.s'éeria-t-il.l\u2019uis très-vite : \u2014Résumons-nous, poursuivit- croit de son rouleau ; une dot le sauverait, mais il ne peut pas se marier à son gré et a ne veut pas épouser madame Flora Misn.Que va-t-il faire ?A quel expé- dient va-t-il recourir ?Le temps presse, il ne peut plus attendre, il.M.-do Combelaine cst au bout! Édition Quotidienne\u2014Mardi, 8 Septefh JOURNAL QUOTIDIEN \u201cil va peut-etre se lancer dans quelque aventure périlleuse.10 ! c'est alors que vous vous chargez l'encan son influence et celle de ses, de lui rappeler le danger.C\u2019est alors que vous lai cries en quelque zorte .> l'rends garde, tes ennemis vellioni\u2026.\u201cmain qui ta protége leur juste coicre se retire, est perdu!\u201d Léon était ob-tinc, cependant au point de nier lévi-, dence.a Me Roberjot, jo W'avais pas vu si loin.nous avons été plus fous.encore que je ne le supposais\u2026 Mais maintenant.que faire, car, c\u2019est là ce que nous venions vous demander.| Ayant fini de\u201d déjeuner, Me Roberjot se leva.\u2014Si j'étais libre, dit-il, je vous accompagnerais, ma is je suis at tendu, je dois prendre la parole aujourd'hui.Seulement, apres demain, j'irai chez vous pour recevoir l'envoye de M, de Com- belaine.Tächez, d'ici-à, de Faire entendre raison à Rayimond\u2026 C'était piüs uisô à consuiller qu'à exécuter.8a apprenant les réponses de M.de Combuelaine, en apprenant surtout que ses uais étaient allés consulter Me Roberjot, Raymond Delorge entra daus une coicre furieuse, disant que c'étail épouvantable, que c'etait à h\u2019oser plusse coutier à personne, puisqu'on était trahi par ses metlleurs munis, Le suclendemain, cependant, lorsque arriva l'avocat, Raymond paraussait lort calme, soit quil eutrélléchi, pendant les quarante, huit heures qu; venaient de se- couler, soit que l'avocat Iutimpo- sût beaucoup plus qu'il ne voulait l'avouer.\u2014Eh bien ! je suis exact, J'espère! dit gaiement Me Itoherjot.Est-on venu ?.\u2026.\u2014l\u2019as encore, répondit Léon.lt sans lui laisser le temps de répliquez, il l'entramna jusqu'à une fenctre vuverte, et bas et vivement : \u2014-Raymond m'inquictu, lu! dit- il.Je le connais, s\u2019il est s1 tranquille, c'est qu'il médite quelque ; folie, pour le cas où M, de Coum- laine persisterait dans son refus\u2026 | \u20141L y persi-tera, répondit Me | Roberjot.ce n'est pas douteux.Néanmoins.rassurez-vous, mes mesures sont prises.Mails Voret,! je crois, notre ambassadeur Devant la maison, en effet, ny coupé aitelé de deux magnifiques\u2018 chevaux venait de s'arreter.Un gros homme en descendit, qui traversa le trottoir et disparut sous la porte-cochère\u2026 i L'instant après, il entiaui chez, MM.Cornevin.C'était un hom-| me d'environ quaraste-cing ans, portant de gios favoris noirs, tres bien mis el dont les mains epuis-, ses luisalent craquer les gants gris perle.\u2018 -\u2014\u2014de suis l'atai de M.ik omte de Combelaine.1.-ssieurs.dit-il des le sew er je vn je Viens.Le reste de ua phrase expira dans son gosier, ci une puleur soudaine envaluit son visage prospère\u2026 Il venait d'apercevoir Me Ro- berjot debout.dans embrasure de lu fenétre.\u2014 Toi, ici, balbutia-t-1l, toi !\u2026.\u2014\u2014Moi-mewre, cher monsieur | Verdale, répondit l\u2019axovat avec | Une ironique courtoisie\u2026 de suis | \"ami, \u2014 | ami intime.vous m'en-, tendez.\u2014de M.Raymond Delor-| ge ct je suis venu saveur ce qu'ont, décidé les .\u2026-eillers de M de! Combelaine.Raymond, Jeanet Leon étaient confondus.Quelles étaient les relations du ces deux ?ls l'igno- hommes \u2018 raient.Mais ils ne pouvaient pas voir qu'il y avait entre eux un secret, qui faisnit de l'un l'esclave soumis ct tremblant de l'autre.À l'air suflisant de M.Verdale succédait la plus humble attitude.\u2014Nous avons décidé, répondit- il non sans hésitation, que M, de Combelaine ne doit pas accepter la rencontre qui hua ete propo sée.Nous esperons que M.Raymond Delorge reconnaitra comme nous que cu duet vst 1 possible.Nicependant il mettait à execution certaines niehaces, Notre client, sur notre conserl, déposerait une plainte.\u2014C'est bien! lit séchement Me Roberjot\u2026 nous aviserons\u2026 Mais M.Verdale s'était à peine retiré, ou plutôt enfui, que la colère dv Raymond éclata.\u2014Ah ! M.de Combelaine veut déposer une plainte ! s'écria-t-il- Eh bien !ce soir mème.à l'opéra, | je lui en fournirai l'occasion \u2026 Jean et Léon croyaient que M.Roberjot allait repondre et vertement.l\u2019oint Que la contre jun ami est venu apprendre votre ct tu, folie, Malhenreux ' Vous ne com-! | prenez donc pas que vous battre mals OU avec M, de Combelaine, ce serait \u2018 | arvétant à In Mall sie, er rem a.Editeur-Propriétaire «+ Rédacteur eu Chef: - - ll alla tranquillement ouvrir une porte et madame Delorge parut.\u2014Mamere !.balbutia Raymond décontenancé.\u2019 Madame l'elorge s'avança Oui, votre mère, dit-elle, à qui proclamer son innocence !\u2026.Se _ | bat-on avec un lâche assassin ?\u2026 \u2014Excusez-moi, monsieur, dit-il, Croiser le for avec lui, c\u2019eùt été: renoncer an droit d'en obtenir justice.Lt
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