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Titre :
Paysana
Éditeur :
  • Drummondville :La Parole ltée,1938-1981
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Paysana, 1978-12, Collections de BAnQ.

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Marie n'est pas la figure centrale de l'Église ; cette place revient à Jésus.Mais elle est la figure antérieure ; elle est la racine de la foi, la créature la plus proche du dessein de Dieu.Et ce prophète ne parle pas.Elle connaît tout d'avance et se garde d'annoncer.Elle se maintient dans le silence.Elle ne participe pas à l'allégresse des anges et du peuple.Elle reste, dans cette multitude, solitaire ; dans ce tumulte, silencieuse ; dans cette agitation, immobile.Alors que chacun s'évertue à ce que ça se sache, se voie, s'entende, se touche, elle opère un mouvement vers l'intérieur.Elle revient vers l'esprit.Comme si déjà elle savait que la destinée de son fils sera d'habiter nos consciences, plus longtemps qu'il n'habitera la terre.Le miracle a meurtri sa chair ; elle l'installe dans sa pensée.Du corps, dans le cœur.Cet événement continue en elle sous la forme d'un secret.Cette joie pour les autres se transforme chez elle en une méditation dont nul ne peut comprendre la gravité.Ce fils mis au monde, comme le dit excellemment le langage, lui devient intérieur.Elle l'a donné, mais il demeure au-dedans de son cœur.Rien ne l'en séparera.Obscure permanence de la maternité.L'enfant naît et ne naît pas.Il est envoyé vers son âge d'homme, mais pour une seule, il reste l'enfant.Ce n'est pas par l'instinct d'une possession déplorable.C'est au contraire sous l'instigation la plus libre de la liberté : elle permet d'avoir quand on n'a pas ; d'être quand on n'est pas, bref de contredire superbement nos limites et de conjurer notre condition bornée.Marie, dans cette parole étonnante de l'évangile, est en train de fonder la foi.« Elle conservait avec soin toutes ces choses et les méditait en son cœur.» De la foi qui va naître sur ce tas de paille, elle assume déjà les deux exigences essentielles : la fidélité et l'espérance.L'invincible retour de la mémoire vers l'événement fondateur et l'ardente requête de l'amour.Elle invente cet art de vivre que tant d'hommes vont essayer après elle de porter : demeurer dans la constance et construire le projet; au nom du souvenir, élever l'avenir.Marie conserve et elle invente.Entrelacement du souvenir et du rêve.À la rigueur de la mémoire se mêle la sobre folie de la pensée.Marie est le premier visage de la piété chrétienne.Tous les gens de foi la suivront.Ils se souviendront et ils méditeront.L'évangile est à la croisée de la mémoire et de l'imagination, le nœud où ce qui fut se joint à ce qui sera.Ld sani FRANÇOISE GAUDET-SMET Dès qu'elle entra dans la maison, rien qu'à la façon dont sa mère s'avançait vers elle, Gilberte devina qu'il se passait quelque chose d'extraordinaire.À peine commençait-elle à enlever ses couvre-chaussures que sa mère déclara : \u2014 Nous avons reçu une mauvaise nouvelle.\u2014 Quelle mauvaise nouvelle ?demanda aussitôt Gilberte.\u2014 Ta tante Adéline est morte.J'ai téléphoné à ton père à son travail.C'est sa sœur aînée.Pas plus vigoureux qu'il est, il ne peut se déplacer.Les funérailles ont lieu demain matin.Il faut que notre famille y soit représentée.|| m'a recommandé de te faire prendre le train de trois heures.Tu reviendras dimanche.\u2014 Tout un programme ! bougonna Gilberte.Et mes cours à l'Université ?Et mon excursion de ski?Est-ce vraiment nécessaire que j'aille là ?Une parenté de gens de la campagne qu'on connaît à peine.Il n\u2019y a qu'à envoyer une dépêche.Ce sera bien plus simple.La mère s'impatientait.\u2014 Tu raisonnes comme une enfant de cinq ans.Une dépêche j'en ai envoyé une pour annoncer que tu arriverais ce soir.Pour des gens attachés à leur famille comme ont toujours été les parents de ton père, c'est la présence qui compte.Il faut y aller.Vas-y.Et ne perds pas une minute.Tu sais que nous sommes a une heure de la gare Centrale.\u2014 Eh bien, allons-y ! dit Gilberte d'un air résigné.Allons-y ! Qu'est-ce que je vais me mettre sur le dos ?.Je l'ai! Ma robe écossaise, avec cette belle jupe tout en plis ondulants lorsque je marche. Elle fit une pirouette et courut vers sa garde-robe en continuant : \u2014 Laisse faire : je vais les épater, les parents de la campagne.lis n'en auront jamais tant vu.\u2014 Gilberte, de grâce, calme-toi ! Une robe rouge ?Il ne manquerait plus que cela, lui cria sa mère.D'un bond, Gilberte revint vers la cuisine, et bien campée dans la porte, interrogea, en pesant sur chaque mot : \u2014 Tu ne vas tout de même pas me dire que je vais être obligée de porter le deuil d'une tante que j'ai à peine vue une fois dans ma vie ?Le dos tourné et toute prise par la préparation de son diner, madame Philippe Hubert reprit sur un ton qui ne souffrait pas de discussion : \u2014 Mets ta jupe noire, ton chandail blanc, et ton béret d'étudiante.Avec ton manteau de fourrure, tu seras convenablement vêtue.Et hâte-toi.Le temps se sauve.Gilberte prit son repas sans dire un mot, glissa deux gros livres dans un sac à main, en même temps que son pyjama, et son nécessaire de toilette, sortit de son tiroir un grand foulard quelle tortilla autour de son cou.Mit son manteau, son béret, dit « Au revoir » à sa mère, et sortit.À la gare de Saint-Célestin, la gare longue et trapue, où elle descendit vers les six heures, elle trouva qu'il faisait bien noir, et se sentit perdue.Heureusement, un homme vint vite à elle et lui demanda : « Seriez-vous pas la fille à mon oncle Philippe ?» Lorsqu'elle eut répondu : « Oui, Monsieur.Je suis Gilberte », il continua : « Moi, c'est André.Venez par ici.Mon cheval est attaché à l'abri du vent.J'ai un châle pour vous.Les femmes m'ont recommandé de bien vous envelopper.C'est toute une poudrerie qui se prépare.Mais je suis bien attelé.Vous n'aurez pas le temps d'avoir froid.» Gilberte se laissa faire.Lorsqu'elle eut les pieds bien enrobés dans la peau de fourrure, elle sentit qu'avec ses gants de fin chevreau, elle gèlerait des doigts.Elle saisit donc le châle à pleines mains et se le jeta sur la tête, en le tenant bien.\u2014 Cachez-vous comme il faut.Surtout le front, continua le charretier.On se parlera à la maison.Et dans le soir blanc, la chanson des grelots commença à la réjouir. En entrant dans la cuisine, elle aperçut une dizaine de personnes à table.Et encore, autant d'hommes et de femmes dans la pièce à côté.Elle se sentit un peu gênée en face de tant d'inconnus.Mais ce ne fut pas long.Une femme s'empara de son châle.Une autre apporta une chaise pour la faire asseoir, en disant: « Si vous voulez enlever vos pardessus ».Puis l'oncle demanda : \u2014 Comme ça, Philippe a pas pu venir ?J'aurais pourtant été bien heureux de le voir.Gilberte répondit qu'il souffrait de rhumatismes et qu'il avait même de la difficulté pour se rendre à son travail, non loin de la maison.Une femme reprit : \u2014 Ah! mon doux Seigneur ! Que je le plains donc ! Des rhumatismes, il n'y a rien de plus souffrant.Pauvre Philippe, c'est pourtant pas de vieillesse : on a marché au catéchisme ensemble.Je pense que vous êtes sa plus jeune ?\u2014 Oui, madame.\u2014 Moi, je suis la cousine de votre père, Orise Béliveau, la femme à Hercule Rheault, du rang de la Déchirure.Le garçon de Petit-Pierre à Gros-Pierre.Mais vous devez avoir faim.Ca ne sera pas long, la deuxième tablée achève.On va vous ravigoter à votre tour.Pour commencer, venez donc voir Adéline.Je vous dis qu'elle est bien conservée.Gilberte se laissa entraîner vers la porte, puis entra dans une salle où, d'abord, tout lui sembla bien sombre : une grande pièce où les lueurs tremblotantes des chandelles faisaient tout remuer à l'entour.Elle ne vit presque rien.Rien que le cercueil : un cercueil de drap noir qui lui parut pauvre et très étroit.Sa tante ?Elle ne la reconnaissait pas.La seule fois qu'elle l'avait vue, elle lui était apparut robuste, large d'épaules.Elle ne put que demander : \u2014 Mais, a-t-elle donc été longtemps malade ?Une femme que Gilberte reconnut comme sa plus jeune cousine, et qui l'avait embrassée à son arrivée, lui répondit : \u2014 On n'a pas même eu le bonheur de la soigner.Elle n'a été que deux jours malade, et sans qu'on s'en doute.Gilberte qui n'avait jamais vu que des morts ensevelis dans de larges bières, capitonnées de satin bouillonné, trouvait de plus en plus que sa tante avait les épaules serrées dans ce cercueil tout étroit et dit simplement : \u2014 Il me semble qu'elle a beaucoup maigri ! ~ \u2014 Non.Mais la mort, ca retire.Faut s\u2019attendre a ca, finit la femme d'Hercule Rheault.Gilberte jeta un regard à la chambre mortuaire et pensa : \u2014 C'est pas comme en ville.Et si c'est triste, des morts pas de fleurs ! On la fit souper copieusement.Elle se sentait entourée, choyée.On la présenta à une trentaine de personnes qui lui parlaient de son père, s'informaient de sa santé, de son travail.Puis ce fut la prière, le chapelet, le « De Profundis », les litanies, et « Cinq Pater et cinq Ave » \u2014 annonça la dame qui priait en tête \u2014 pour la première personne d'entre nous qui va mourir ».Gilberte frissonna.La première personne d'entre nous qui va mourir.Tout un détail pour améliorer l'atmosphère ! Plusieurs couples s'en allèrent, s'excusant, et donnant leurs raisons : « Un bébé de cinq semaines, ça ne se laisse pas » ou « les enfants sont malades ».L'une des femmes en noir dit soudain : \u2014 Papa, vous feriez mieux de faire un bon feu dans les deux poêles.Avec le vent qu'il fait, faut de la chaleur en masse dans les chambres.Et, dans la cuisine, il y a le réveillon à organiser.Gilberte suivit son oncle des yeux.Il ouvrit un des ronds du poêle, tisonna la braise, poussa une clef, prit des bûches dans la boîte à bois, les plaça avec soin les unes à côté des autres, puis avant de fermer l'ouverture secoua sa pipe par-dessus.Dans la chevelure du merisier sec, le feu frissonna, pétillant et chantant.Un homme demanda : \u2014 C'est du bois de quelle année ?L'oncle répondit : \u2014 ll a trois ans.\u2014 En tous les cas, finit l'autre, ça me paraît un bois qu'a bien de la vertu.Une femme se pencha, ouvrit une trappe, descendit a la cave.Elle revint les bras pleins de pots de conserves variées: des betteraves, des cornichons, des choux-fleurs, deux pieds de céleri, des confitures.Du garde-manger, une autre apportait des plats de viande froide, des tourtières, des cretons, de la tête en fromage, du miel, des marinades.D'un tiroir, le père sortit un gros pain : deux pains collés ensemble, des pains comme Gilberte n'en avait jamais vu : des pains 7 étroits du bas, puis débordants au haut dans une belle croûte brune.\u2014 C'est de la fournée de lundi, dit-il, et c'est elle qui avait boulangé.\u2014 T'avais une bonne femme, Narcisse, dit un des hommes.L'oncle ferma les yeux et alla s'asseoir.\u2014 Une bonne femme ! reprit la voisine de Gilberte.C'est une femme comme on n'en rencontre pas tous les jours.Quand on était en peine de quelque chose, recours à Adéline.Elle savait tout faire.Connaissait tous les bons remèdes.Toujours des herbages en réserve, d'une été à l'autre.Des racines de savoyane, de l'herbe-à-dindes pour les tisanes, de l'onguent de sureau blanc, du suif de mouton.Et pour relever une femme, c'était une vraie bénédiction ! Il y a des choses qu'on ne peut jamais oublier : un jour, quand j'ai compris que j'en avais un seizième qui s'en venait, j'étais pas mal démontée.Lorsque je lui apprends cela, elle me fixe avec son bon air et me dit : « Tu fais comme moi.Tu recommences le Rosaire.D'abord que tu iras pas plus loin que.la naissance de Notre-Seigneur dans les mystères joyeux.Ca t'en fera dix-huit.C'est un beau nombre ! » Elle s\u2019inquiéta pour savoir si j'avais du petit linge.Je la vois courir à sa caisse de retailles pour préparer un couvre-pieds de ber\u2026 Ca sera un bel ouvrage de Carême, dit-elle.Prends pas de souci d'avance, qu\u2019elle me recommande.Quand ce sera le temps, j'y serai ».C'est bien simple, quand j'ai repris le chemin de ma maison, j'étais toute remontée.Une autre femme reprit : \u2014 L'année que mon Adrien a eu la diphtérie, personne n'osait l'approcher.Son père était aux chantiers.Moi, toute seule avec cet enfant étouffé noir, dans mes bras.Qui c'est qui l\u2019a sauvé ?C'est Adéline, en lui ôtant les flammes qu'il avait dans la gorge.D'une voix toute humble, mais si sincère, un autre hommage montait : \u2014 À mon deuxième, les chemins de printemps étaient quasiment pas allables.Pas moyen d'avoir le docteur.Elle est restée vingt-quatre heures à mes côtés, sans se coucher.De gauche, de droite, chacun parlait.C'est à qui aurait renchéri sur tous les services, sur tous les ouvrages accomplis par la morte.Toutes les femmes voulaient parler ensemble : « À mon premier.à mon treizième.c'était dans le temps des battages.Tous ces hommes à faire dîner ! Elle les a emmenés chez elle, et en plus de cela, elle a gardé mes deux derniers pendant trois semaines.Un dévouement ! on n'en voyait jamais le bout.» 8 Une autre voix reprenait : \u2014 La fois qu'on est passé au feu, elle est arrivée, au petit jour, avec des chemises de laine pour mon mari, des bas pour les enfants, et son manteau à elle pour moi.Je ne voulais pas le prendre.Elle me l'a mis sur le dos en me disant : « je suis à la veille de rester malade, il ne me servira plus, cet hiver.Finis la saison avec, en attendant que nous nous mettions à tisser.J'ai de la laine en quantité.» Elle était un peu là pour le montage des pièces.Pas une comme elle pour le passage en lames.Ourdir.Tout prévoir, c'est du calcul, puis de la précaution à prendre.Et toujours des patrons à prêter.Des modèles de petites robes, puis de petites culottes, pour tous les âges.Jamais rien à l'aventure.Ce n'est pas plus difficile de faire un beau couvre-pieds que de le travailler n'importe comment, qu'elle disait.Y a qu'à s'appliquer.Gilberte se demanda si elle rêvait.Elle n'en revenait pas.Elle écoutait attentivement, voulait tout savoir, tout saisir, tout retenir.Chacun avait pris place à table et mangeait tout en ne perdant rien de la conversation.Un homme dit: « C'est du bon pain ! » et reprit une troisième tranche.Gilberte fixait attentivement ce qu'elle avait cru d'abord être des pois verts mais dont une femme s'était servie si parcimonieusement que cela l'étonna.Elle se demandait ce que pouvait bien être ce petit fruit vert, côtelé comme une orange, lorsque son oncle, en lui tendant une jarre, insista : \u2014 Faut goûter aux capucines, ma fille.Avec des cretons, c'est pas battu.Chère Adéline ! De la visite qui sortait de table sans avoir goûté à ses capucines, ça la mortifiait.Elle disait toujours : « c'est une bénédiction : des fleurs dans le jardin tout l'été, et l'automne puis l'hiver, les fruits, c'est une autre sorte de régal, en marinade.» Et du café ! Son café.Goûtez-y.Elle ne se fiait qu\u2019à elle pour en griller l'orge.Brasse sur un sens, retourne sur l'autre.Sur le gril d'en haut.Sur celui d'en bas.On trouvait que c'était bien du vermoussage, mais faut croire que c'était le bon secret pour réussir, tous ces soins ; on a toujours passé pour avoir du bon café qui coûtait trois fois rien.Une femme tâta la nappe, et le visage, tout éclairci d'admiration, assura : \u2014 Pour filer du beau lin comme ca, tisser de la toile d'un aussi beau grain, faut aimer la belle ouvrage, du commencement à la fin.Le brayage, l'écochage, le peignage, et le reste\u2026 Oui, Narcisse, t'avais donc une bonne femme ! Gilberte observait son oncle.Il se redressa, écrasa la cendre de sa pipe, et en se secouant les doigts, il répondit : 9 \u2014 Une bonne femme, oui, vous pouvez le dire! Une bonne femme, oui, c'est vrai, mais, surtout, une femme de saison.Prenez l'hiver : les boucheries, c'est bien du berdas.Le boudin, la saucisse de trois ou quatre gros lards, les têtes en fromage, les cretons, les pâtés à la viande.Ça fait bien du graissage.Partager la viande avant de la mettre geler.L'envelopper morceau par morceau, avant de la cacher dans les carrés d'avoine.Et c'était pas aisé de mêler les palerons avec les jambons.Elle avait les yeux pointus.Toujours attentive à prévenir les mauvais coups.Faire semblant de rien, puis nous forcer à faire attention à tout.Il coula un regard du côté des garçons, puis il demanda \u2014 Hein ?les enfants, vous lui passiez pas du bouleau pour du merisier ?\u2014 Ni du bois vert pour du bois sec, finit André, ce cousin qui avait accueilli Gilberte à son arrivée.Le père continua : \u2014 Préparer tout le manger des fêtes, pour une vieille maison qui reçoit les enfants et les petits-enfants, c'est du trémoussage.Les viandes, la pâtisserie, les beignes, les tartes, elle avait toujours peur d'en manquer.Et la cachette des noix longues pour retrousser le goût du sucre à la crème.Vous vous souvenez, les petits gars ?Vous l'êtes-vous assez fait chanter que les écureux vous portaient opposition ?Les fêtes passées, c'était le cardage de la laine.Le filage ensuite.Puis le métier à monter.Avec les couvre-pieds à piquer, on s'en allait sur le printemps qu'on n'avait pas le temps de s'ennuyer des jours gras.Le temps du sucre ! Elle savait faire bouillir et surveiller le réduit aussi bien que nous autres.Aujourd'hui, il y a des thermomètres.Mais dans le temps que le sirop se finissait à l'œil, fallait regarder comme il faut.À l'étable, les petits veaux arrivaient drus.Puis les petits cochons.Sans oublier les poulets qui demandaient du dorlotage.Il allait s'arrêter.lorsque, comme pour lui aider à reprendre haleine, une femme continua : \u2014 Faut pas oublier sa collection de plants.Je me disais toujours qu'elle en avait pour toute la paroisse.Et c'est à peu près toujours ce qui arrivait.Si une femme manquait son céleri ou bien ses choux, recours à Adéline qui en avait toujours à donner ! Narcisse secoua sa pipe sur son talon de bottine, la mit dans sa poche et reprit, comprenant que c'était d'abord à lui à parler le plus : 10 \u2014 Entre les semences et les récoltes, elle vous prenait l'été sur l'air du grand-ménage.Frotte, puis brosse, puis frotte encore.Et après, cours aux fraises, pour changer d'air.À travers toute la besogne, toujours deux tricotages de montés, à portée de sa main, pour ne pas rester inactive, s'il arrivait de la visite, ou qu'on recevait des veilleux : la laine pâle pour le soir, la foncée pour le jour.Et ses poulets.Ses abeilles.Les couches-chaudes.Le savon.Quand je pense qu'elle est venue à bout de me gagner au contrôle laitier.C'est elle qui tenait les livres, avec les feuilles d'enregistrement des lards.Pour le lin, ç'avait été toute une discussion.Le lin, c'est bien court, ça mange une terre ! Elle a encore eu le dessus.Elle insistait : « Tu y penses pas ?Neuf filles, puis six brus.Va en falloir de la toile, pour tous les trousseaux.Vite, vite, si tu veux que je t'éjetonne ton tabac.» Et puis, l'esthèque, c'était le ménage de la grange pour recevoir la récolte fraîche : « Chez un bon habitant \u2014 c'était son dire \u2014 faut pas que le grain nouveau porte la poussière du vieux.» Orise Béliveau leva la main, comme pour demander la parole.\u2014 Moi, Narcisse, c'était les fleurs dans le jardin qui me surprenaient toujours.Des belles fleurs, à travers les oignons, et les navets.Ca prenait elle pour penser à ça ! C'était quasiment aussi beau qu'un beau parterre de ville ! Tard l'automne, il y avait les giroflées en fleurs quasiment jusqu'aux neiges.Gilberte avait le cœur serré.Son oncle avait dit : « une femme de saison ».Avec des mots drus, des phrases courtes, il prolongeait sa pensée.Elle ne fournissait pas à le suivre.Elle avait envie de pleurer.Vingt-trois ans.Bachelière, préparant une licence en sciences sociales, elle avait suivi les cours d'éminents professeurs, étudié l'histoire, petite et grande de bien des pays.Pioché de l'algèbre.Pâli sur de la trigonométrie.Suivi un cours de bibliothéconomie.Jamais rien, ni personne, ne l'avait ainsi émue.Dans cette cuisine basse, aux poutres mal équarries, son oncle, cet homme qu'hier elle ne connaissait pas, son oncle écrivait devant elle des pages d'histoire.D'une histoire palpitante que personne ne lui avait jamais révélée.Et l'héroïne dormait dans la salle en avant, les épaules serrées dans un cercueil trop étroit pour elles ! La voix continuait: «le mois de septembre.guétrer les enfants pour |'école.Arranger le butin pour que ça fasse pas trop 11 CES ESC RSS PES FEES EE pitié.On a chacun sa petite orgueil ! Rentrer les jardinages.Faire les conserves, arracher les patates, trier la plume des poules, des oies, des canards.Pius que moins, pour la réserve.En se mouchant silencieusement, une femme finit : \u2014 \u2026 et le petit cadeau annuel aux voisines qui n'avaient ni oies ni canards.Narcisse ne voulait rien oublier.Tant qu'à être juste, il tenait à l'être entièrement : \u2014 La cave était jamais assez pleine.Ni la maison non plus.Beau temps, mauvais temps, année de vaches maigres ou de vaches grasses, dix-huit enfants au baptéme.Toujours debout pour accueillir le compérage.Jamais de lamentation.Toujours de bonne humeur.Gilberte faisait la synthèse.Une femme de saison : le temps des sucres, le temps des semences, le temps des récoltes, !e temps des jardinages, le temps des conserves, le temps des boucheries, le temps du tissage, le temps des relevailles\u2026 en n'importe quel temps ! Et tous les points de repère : les enfants, de un à dix-huit ; la vie, avec l'exigence des jours, le travail constant, le secours mutuel.Les filles qui avaient écrasé des larmes lorsque leur père avait commencé à parler, les filles ne pleuraient plus.C'était trop beau.Trop beau d'avoir eu une telle mère.|| faudrait bien l'enterrer, au matin, mais jamais elle ne serait morte.Gilberte soupira profondément.L'émotion lui mangeait l'âme.Une des filles lui dit : « Pauvre cousine.vous devez être fatiguée, après trois heures de train.Et quand on pense qu'il est deux heures.Venez que je vous montre votre chambre.Le service est à neuf heures.Faut partir à huit.» Elles montèrent ensemble.Gilberte fut dirigée au bout d'un couloir, et entra dans une petite chambre, toute blanche, égayée d'une courtepointe où flambait un vermillon clair, en petits carrés guère plus grands que des timbres, coupés de blanc, de jaune et de vert.Elle entendit sa cousine qui assurait : \u2014 Vous n'aurez pas froid.J'espère que vous allez bien dormir.Il y a de bons draps de laine.Et je vais sortir un couvre-pieds de plus.D'une armoire, où il y en avait des piles et des piles, elle tira une grande couverture, si belle, si belle, si étonnante que Gilberte se pencha attentivement pour examiner le travail des morceaux bien agencés, des petits points si réguliers.Sa cousine l'observait et dit presque joyeusement : 12 \u201ca \u2014 Je suis donc contente que cela vous intéresse ! C'est le morceau le plus précieux de notre maison.Il a son histoire.Pour notre première journée d'école, maman nous confectionnait une robe d'indienne neuve.Et gardait soigneusement les retailles.Un jour, elle les sortit, et nous fit faire à chacune notre étoile.Neuf étoiles.Neuf filles.Comptez les carrés.Ils sont là.Elle contempla les étoiles du lit.Et regarda longuement sa cousine.Elle aurait voulu lui sauter au cou, lui demander pardon pour n'avoir rien su d'elle et d'eux tous avant aujourd'hui, pour l'indifférence de sa famille.Elle commanda : \u2014 Allons ensemble dire bonsoir à ma tante.Le cercueil lui apparut toujours bien étroit.Bien trop étroit pour cette grande femme.Quelle vie large et pleine il emporterait ! Elle eut honte d'avoir pensé aux fleurs des serres.Pas de fleurs ici ?Mais tous les cœurs en jetaient.Toutes les âmes en multipliaient, qui ne se faneraient pas de sitôt, qui retigeraient, qui retigeaient.Pieusement, elle mit ses mains dans les mains de la morte.Des mains encore rudes, des mains où les veines, fortes d'un sang vigoureux, avaient sculpté leur chemin : des mains de saintes, qui s'étaient ouvertes pour toutes les offrandes, qui s'étaient jointes pour toutes les résignations, qui s'étaient données à tous les labeurs.1949 Françoise GAUDET-SMET Une femme parfaite, qui la trouvera ?Elle a bien plus de prix que les perles ! En elle se contie le cœur de son mari il ne manque pas d'en tirer profit.Elle fait son bonheur et non son malheur, tous les jours de sa vie.Elle sait l'utilité de son labeur elle est telle qu'un vaisseau marchand qui, de loin, amène ses vivres.Elle ne redoute pas la neige pour sa maisonnée car toute sa famille porte double vêtement.Force et dignité la revêtent, elle rit au jour à venir.Du Livre des Proverbes 13 ; i it t ! pues un matin gris d'automne où pleure la pluie, grand'mère a suspendu du bleu du ciel, du rouge des cerises mûres, de l'or des avoines folles, du vert des pommes sûres et du brun des feuilles mortes pour faire une ceinture fléchée.Les laines des blancs moutons teintes de racines d'aulnes, de plantes du jardin, de pelures d'oignons, se balançant dans l'espace, tels des fils de la Vierge, ensoleillent tout à coup la cuisine sombre et font rire de joie les tout petits enfants.Mais il faut attacher les pieds de ces vagabondes et les réunir sagement.Alors, la vieille fixe au plancher qui sent les branches de cèdre les laines qui dansaient comme des rayons de soleil.Elles partent au-dessus du cadre de la Sainte Famille et descendent jusqu'à la berceuse au siège de babiche lacée, faisant plan incliné comme un chemin qui monte au ciel, puis en revient.Et, nouvelle Pénélope, l'épouse au cœur fidèle tresse en attendant de revoir son vieux, au Paradis, cette ceinture sans fin que réclameront toujours ses fils et qu'elle souhaite voir se continuer par toutes ses filles et leurs petites-tilles.14 Pour que l'écharpe soit belle et porte bonheur à celui qui l'aura et pour qu'il sache qu'elle l'aime, elle emmêle aux fils de trame et de chaîne tout ce qu'elle sait de plus beau : des Ave pour saluer Notre Dame, des Pater pour que le coureur des bois solitaire ne soit pas enseveli sous des neiges traîtresses et des poudreries d'hiver ; pour que le trappeur retrouve toujours sa route et que l'homme de chantier ne perde pas son âme ; des cantiques pieux, des berceuses tendres, des refrains d'autrefois que module sa voix cassée ; des contes de fées qu'elle répète pour la centième fois aux bambins qui la regardent travailler ; des souvenirs qui ont constitué sa vie et qu'elle repasse en silence ; souvenirs qui ont parfois fait verser des larmes mais qui sont de la famille parce qu'ils rappellent un passé de tendresse commune et font de cette ceinture une chose si personnelle qu'elle reconnaîtrait partout son travail comme les Bretonnes identifient les naufragés en reconnaissant leur tricot.Tandis que grand'mère descendait, lentement le tressé des laines multicolores, le vent au dehors a chassé les nuages.Et le petit dernier, entr'ouvrant la porte, montre de son doigt potelé un arc-en-ciel qui se dessine sur la rivière.\u2014 « Regarde, Memère, dit-il, le bon Dieu aussi a fait une ceinture fléchée.» Suzanne VACHON 15 Depuis quelques années, lorsque l'on entend parler de ceintures fléchées, ou tout simplement de « fléché », la majorité des gens savent qu'il est question de cette technique de tissage qui se fait uniquement à la main sans l'aide d'aucun instrument et qui semble exiger beaucoup de temps et de patience.On connaît presque toujours quelque parent ou ami qui, ayant appris à flécher, nous a montré sa première ceinture fléchée de type traditionnel, une cravate, une murale et parfois un sac à main ou un abat- jour.Pour le profane, il semble parfois difficile de faire le lien entre ces pièces contemporaines et les grandes ceintures fléchées d'autrefois travaillées serrées en laine fine et bien retorse pour les rendre durables.Pourtant, la technique et la racine culturelle sont les mêmes, malgré que la fibre et la pièce finale aient souvent changé.En fait la technique du tissage aux doigts des ceintures fléchées est réapparue il y a environ une dizaine d'années après être demeurée en sourdine pendant plus d\u2019un demi-siècle, cachée au fond des lourds coffres de cèdre, sous les courtepointes et vieux vêtements, souvenirs de nos aïeux.Comme le reste le fléché a évolué, s'est transformé sous l\u2019impulsion créatrice de quelques artisanes habiles qui ont su l'introduire dans nos salons sous forme de murale décorative ou dans nos vêtements : cravate, foulard ou ceinturon.L'utilisation de fibres, relativement plus grosses que celles employées autrefois, a réduit considérablement le temps nécessaire à la confection de ces pièces.Ainsi, au lieu des 400 ou 500 heures de labeur que représentent les ceintures fléchées anciennes, on fabrique aujour- d'hui une cravate ou une petite murale en moins de 10 heures.Devenu de la sorte beaucoup plus accessible et utile, compte tenu des priorités actuelles, le fléché a pu reprendre la place qui lui est due, parmi nos traditions artisanales et culturelles.16 EORONOrOrc Traditionnelle au Québec Mais justement, en quoi le fléché est-il traditionnel au Québec ?Les historiens ou ethnologues qui se sont penchés sur cette question, en particulier Marius Barbeau durant les années 30 et 40, constatérent en premier lieu que cette technique de tissage- aux-doigts assez complexe se retrouve uniquement en Amérique du Nord.D'une part, les Québécois en ont produit une très grande quantité durant le 19° siècle et d'autre part, les Indiens de l'Est de l'Amérique du Nord en ont fabriqué également, mais en plus petite quantité.Nous aurons d'ailleurs l'occasion de reparler de l'évolution du fléché chez les Indiens.H faut cependant apporter la précision suivante : le motif de base du fléché, appelé « chevron » ou « V », se retrouve chez les différents peuples de tous les coins du globe.On en fabriquait par contre des pièces relativement courtes et étroites, qui servaient généralement de jarretières et parfois de ceinturons.Mais pour arriver à produire autre chose que le motif chevron et ses composantes il faudra connaître ce que nous pourrions appeler un « point » ou un complément technique, c'est-à-dire le changement de fil de trame.Celui-ci permettra de produire une infinité de motifs, selon l'imagination de l'artisan.Les Québécois ont donc, à partir d'une certaine époque, utilisé cette technique de tressage, en ont développé un motif en particulier et l'ont largement utilisé pour produire de superbes ceintures fléchées.Ces ceintures aux couleurs vives mais toujours d'un goût très raffiné complétaient et réchauffaient avantageusement les costumes souvent sombres de nos ancêtres.À la fin du siècle dernier, l'élite la portait d'ailleurs avec beaucoup de fierté, l'ayant commandée personnellement, toujours plus grande et plus belle que les autres.Alors que les chercheurs ne s'entendent pas tous sur l'origine exacte des ceintures fléchées, à savoir le rôle qu'y ont joué les Indiens, il est plus facile d'en déterminer les différentes étapes en ce qui a trait à son utilisation et à sa définition chez les Québécois.Indispensable au trappeur Selon Marius Barbeau, la ceinture fléchée typique a dû faire son apparition un peu avant 1800.Pour appuyer cette hypothèse, il mentionne en avoir repéré une quinzaine nommées « ceintures à flèche » dans les livres de comptes de la Compagnie du Nord- Ouest durant les années 1800 à 1803.Cette époque semble avoir connu les premières ceintures fléchées qui furent au début utilisées surtout par les coureurs des bois et les voyageurs.Celles-ci leur serraient chaudement la taille et ils pouvaient y accrocher 17 a ER différents accessoires utiles à garder à portée de la main.Certains prétendent également qu'elles protégeaient le dos lors d'efforts excessifs et qu'on s'en servait à l'occasion pour attacher des paquets sur le dos.[| faut bien comprendre que ces ceintures étaient de qualité bien inférieure à celles produites durant la seconde moitié du siècle dernier.Plutôt étroites et fabriquées en laine plus grosse et moins serrée elles étaient peu coûteuses, donc plus accessibles à tous.Elles furent bientôt utilisées dans la traite des fourrures avec les Indiens.Ceux-ci convoitaient facilement les nombreux objets nouveaux que leur présentaient les Blancs et apprécièrent rapidement les couleurs flamboyantes de ces ceintures à longues franges.Portée par les paysans La ceinture fléchée a probablement subi une première évolution importante lorsqu'elle fut adoptée à grande échelle par les colons et paysans, surtout dans le comté de l'Assomption au Nord de Montréal et ce, probablement après 1830-1840.Parmi les gens que j'ai eu l'occasion de rencontrer et qui possèdent une ceinture fléchée, nombreux sont ceux qui la tiennent de leur patrimoine familia! et dont les ancêtres étaient colons ou cultivateurs.Avez-vous déjà admiré les toiles de Krieghoff illustrant l'une ou l'autre de ses nombreuses scènes de campagne ?Témoin des fins détails du passé, il se plaisait à entourer chaudement la taille de ses personnages avec de belles grandes ceintures fléchées.À partir de cette époque, on lui a donné une qualité supérieure et elle semble s'être grandement raffinée.On utilisait dès lors une laine plus fine que l'on retordait au rouet pour la rendre plus serrée.Puis on frottait la laine avec de la cire d'abeille avant et pendant le travail afin qu'elle soit plus résistante.Ceci évitait qu'elle ne s'effiloche et se brise durant le tissage.C'est probablement au début de cette période également que le motif traditionnel par excellence s'est défini : celui que l'on appelle aujour- d'hui « motif Assomption » et qui consiste en une série d'éclairs ou zigzags distribués symétriquement de part et d'autre du centre rouge, appelé « cœur ».Ce motif fut employé dans la grande majorité des ceintures fléchés et il est tentant d'en attribuer la cause à la Compagnie de la Baie d'Hudson qui en a développé le commerce et en a fait une mise en marché dans ses différents comptoirs et postes de vente.Pour des raisons évidentes de mise en marché, elle aurait pu standardiser les couleurs et le motif dans ses commandes.De plus, puisqu'elle recrutait ses « flécheuses » dans la région de l'Assomption, elle aura ainsi favorisé le développement local de 18 ORT cette industrie domestique.Ceci pourrait expliquer le fait que cette région ait été le berceau sinon le cœur de la fabrication de ces ceintures.En conséquence, les Anglais nommèrent ces ceintures « Assomption sash », sans égard aux motifs.Ornement de bedons C'est un peu plus tard, soit vers les 1860-1880, que la ceinture fléchée grimpa d'un autre échelon dans l'échelle sociale.En effet, on vit de plus en plus de notables et riches marchands garnir leur capot de chat sauvage d'une chatoyante ceinture, suffisamment longue et large pour l'enrouler en 2 ou 3 tours de taille.Ce fut alors une mode de luxe, une parure bien plus séduisante qu'utile malgré quelle fut déjà profondément intégrée au costume québécois.On assista également à la formation de plusieurs clubs de ra- quetteurs et toboggans.Ces clubs à tendance sociale étaient plutôt sophistiqués et réservés au départ aux gens de la haute.Chaque club adoptait un costume bien défini qui s'identifiait plus facilement par ses couleurs.Il va sans dire que le port de la ceinture fléchée était de rigueur.Plusieurs ont pu voir des photos de cette époque montrant des raquetteurs du Club de la Tuque Bleue ou autre posant, fièrement habillés de leur costume tout de laine et d'étoffe, portant la traditionnelle ceinture fléchée, dans un somptueux décor de studio de photographie.Déclin Vers la fin des années 1800, les clubs de raquetteurs connurent une très grande popularité auprès de « monsieur tout'l'monde ».Le costume se simplifia mais conserva la ceinture fléchée, malgré qu'on la trouvait plutôt coûteuse.Devant la demande accrue de ceintures fléchées à moindre prix, la Compagnie de la Baie d'Hudson fit manufacturer en Angleterre des ceintures tissées sur métier mécanique.Celles-ci reproduisaient assez bien les motifs des véritables ceintures fléchées avec les mêmes couleurs et aux mêmes dimensions.Mais fabriquées de laine commerciale non cirée, et peu serrées, leur dessin en était moins défini.Évidemment, elles ne pouvaient égaler en qualité et durabilité ces chefs-d'œuvre de l'industrie domestique que sont encore les ceintures fléchées authentiques.Pour la majorité, l'important était de compléter le costume à peu de frais, tant et si bien qu'après quelques temps, les ceintures tissées au métier envahirent le marché et s'accaparèrent du titre de ceinture fléchée.Nombreux sont ceux qui s\u2019y trompèrent et qui s'y trompent encore.19 RE Le bas prix de ces ceintures manufacturées signifiait à plus ou moins long terme la disparition progressive des véritables ceintures fléchées.La Compagnie de la Baie d'Hudson qui avait exploité le commerce florissant de la ceinture fléchée durant de nombreuses années fut donc en partie responsable de sa régression.C'est ainsi qu'après 1900-1910 les « flécheuses » se firent de plus en plus rares et le port de la ceinture fut, lui aussi, graduellement relégué aux oubliettes.Cependant, comme tous peuvent le constater aujourd'hui, cet art traditionnel a quand même survécu à une longue période de « repos ».Il serait bon de livrer dans un prochain article quelles ont été les circonstances et les différents intervenants qui ont permis au fléché de survivre, en tout espoir de continuation.Maurice Leduc archiviste de l'Association des Artisans de Ceinture Fléchée du Québec Inc.Siège social : 7282 St-Denis Montréal, Qué. Utilisation conlemporaine 7 54; de vos rotailles GES UE >% .LYNE COTE Pour agrandir un motif, utilisez un quadrillé dont les carreaux ont Y, pouce ou !4 pouce.Le motif, ici représenté, est à l'échelle de V,\u201d = 17-0\u201d ; c'est-à-dire que chaque demi-pouce équivaut à un pied.NV 4 481: En supposant que la fenêtre mesure 48\u201d x 36\u201d (voir page suivante), nous aurons six laises de 48\u201d x 6\u201d.La tenture est donc la répétition du motif et nous agrandissons ce dernier 24 fois pour qu'il corresponde à la réalité.L'angle du motif est de 45° (degrés).Faites votre patron.Vous avez quatre morceaux double et n'oubliez pas le quart de pouce pour les coutures.Choisissez vos retailles et exécutez.Une fois toutes les laises assemblées, doublez d'une même qualité de tissu sur toute la surface.Nous sommes prêts à réaliser la tenture.La toile romaine se caractérise par les plis accordéons qui se forment en tirant sur la corde.Sa fabrication est simple et plus économique que les tentures traditionnelles, car l'emploi de tissu est moindre et le choix de la qualité plus grand.Nous vous proposons donc de faire usage de vos retailles unissant ainsi la tradition de la courtepointe à un mode d'utilisation contemporaine.L'installation peut se faire en partant du plafond ou du cadre d'une fenêtre et la toile conservera sa belle apparence jusqu'à la longueur désirée.Si vous avez une grande surface à couvrir, il est préférable d'employer plusieurs largeurs de toile (maximum 48\u201d 21 chacune) pour éviter qu'elle ne s\u2019affaisse au centre.La toile est 3 fixée dans l'encadrement de la fenêtre à l'aide d'une latte de bois - (voir illustration a).Donc la toile est stable en haut contrairement 3 a la toile sur rouleau.i a) Hope D'IVSTALLATION Ë DE LA TOILE ROMAINE MUR BROQUETTE LATTE DE BOIS OEILET 1 TOILE Le mouvement de va-et-vient s'effectue de bas en haut.La corde prend naissance à la base de la toile et chemine à travers les œillets placés à égale distance tous les trois ou six pouces dépendant de la largeur des plis désirée (voir illustration b).D'après notre motif, on dispose les œillets au début de chaque laise, c'est- à-dire tous les six pouces.La même chose se répète des deux | côtés de la toile.Une des cordes longe le cadre supérieur de la A fenêtre en passant par l'œillet fixé sur la latte de bois et vient finalement rejoindre l'autre corde.C'est donc en tirant sur cette corde double que les plis accordéons se forment et que la toile fait jour.22 REN] b - WWE ARRIÈRE DE LA TOILE ROMANE PASSAGE DE LA CORDE À TRAVERS LES OCILLETS.La couverture du lit s'agence parfaitement avec la toile romaine, car c'est le rappel du motif sans être la réplique exacte.Cette couverture (80\u201d x 100\u201d) se réalise à partir de deux bandes qui occupent aux extrémités environ vingt-quatre pouces (24\u201d).Les rabats sont tout simplement la prolongation du motif ou une nouvelle laise juxtaposée à la première comme pour la toile romaine.Dans un même ordre d'idée, on peut confectionner des coussins qui compléteront bien l'ensemble.Libre cours à votre imagination pour créer un agencement à votre goût.Toutefois, il est très important d'obtenir une harmonie dans les couleurs, le motif et le genre de mobilier, afin que l\u2019atmosphere qui s'y dégage soit équilibrée.À remarquer, dans la présentation de cette chambre à coucher le graphique mural qui rappelle le motif utilisé pour la toile et le couvre-lit.Le mobilier est sobre et discret pour mettre en valeur une fois de plus le motif.23 a, a ces 508 forsee = frees gi plang se ES es oops Be To ES > ca ge 5 ex ss = a.Zanes Spar es for Se irs ort ie aE re Eee bowel = 3) ie Sie D SST rE ptr Ri pes si ga x SE = 5 _ NS bas À ss +, Xe EL » SR Se 5 J ve ON | y ci i / _ \u2014 il = i =n i Nd it fe ) te ZA nt A] soy Arf EAR Say 3 Aus X lt 4 à od 3 I x NN - NOM UN 1) ei ___ ETC, ba) AL 4 CL \\ ~~ 7 \\\\ ee pe / NV \u2014 elma - \\ Yh 0 À i, CA i À Bl : \\ À i | EAN 41 fl | 4 i FA \\ 1 it NS I 4 b = a À Las TITTIES / ÿ LE = \\ oF i ld À AN 2 es mr en es TT TL INET AT ee TLR \u2014 mart ; iY i ToT X23 \u2014 ee rx 25 br = = wm \\ No |B 2 in ~~ / Ns XA Xe) arr, he / AY es 0 KX y 0) | A) ' | \u20ac = / Soo go ¢ A pens TT My A bi / 0 i à AR => +2, 16 vs lei.re JN w= F& camo \u2014_\u2014 fe fi : fr x - A! &) INTL yO.= > 2204 à 7e 2 5 4 $ i \u201ca \u2014 i ) \u2014- a \u2014 \u2014 ) An Se 5 CT \u2014 rires \u2014 EF, hi) a A mere \u201cA $ if Z AS NY _ fa \u2014 ou % ue UE rex > | te 2535 SA NS N S ae, pe \u201c 7 $$ 7 7 5 GG 7 7 Se < 2 4 > = ce.7 25 7 TE bts es > ce as SR pT om PE ES a RE * = É G fi EXT ek ron a a Ne a > Lo.Col sl Ke CLA Ta a, Ce 7/4 Ox Ce = 7 ry oT 2 Lr a _ =.i) 25 = % 2 TA (3 3 od ir 7, r- =5 5 N 5 es NA SU 5 Fe On 77 CS 2) \u201c7 a Ps Ee Fas 3 FH \u201c = 7 A \u201c af Ve sous Les projecteurs JEANNE DESROCHERS On imagine Noé bâtissant son arche sous les regards critiques ou moqueurs de ses voisins.« Tu aurais dû t'y prendre autrement.\u2014 Tu devrais mettre la porte de l'autre côté.\u2014 Ça tiendra jamais l'eau, ta patente.\u2014 T'es ben fou de travailler comme ça, tu sais bien qu'il n'y en aura pas de déluge.» Une fois embarqué, sauf peut-être pour regretter leur entêtement suicidaire, Noé a pu oublier ses voisins.À l'Île du Prince-Édouard, depuis 1976, de nouveaux Noé voguent sous le feu des projecteurs.Ils ne peuvent pas, eux, oublier ceux qui restent derrière.Les projecteurs suivent l'aventure, avec les caméras de télévision et les journalistes.Il y a les cyniques, qui en ont vu bien d'autres : « C\u2019est bien clair que ca ne peut pas marcher leur affaire ».Mais il y a aussi ceux qui avaient entrevu le miracle possible et qui crient haut et fort leur déception.L'arche prend l'eau.Peu importe que l'équipage réussisse à colmater les brèches et à continuer la course.Il y a des failles.Ce n\u2019est pas le miracle qu'on espérait, la magnifique et triomphante aventure dont on voulait raconter les péripéties avec un enthousiasme sans réserve.L'arche a mauvaise presse.« Et pourtant, dit Nancy, il y a des choses qui marchent très bien, il y a des résultats qui dépassent nos espérances.Le moulin à vent a cassé, c'est vrai.Mais on le remplacera, ce n'est pas la fin de tout.» Nancy a la responsabilité des plantes de la serre solaire à l\u2018Arche de Spry Point, à I'lle du Prince-Édouard.« Et la serre, ça marche magnifiquement ! » 26 Nancy et deux autres membres de l'équipe de l'Arche de Spry Point assistaient à Montréal, au début d'octobre, à une rencontre internationale sur l'agriculture biologique.Il y avait la, au Centre Montfortain, quelque 200 personnes venues des États-Unis, d'Angleterre, de France, et d'aussi loin que l'Australie, le Japon, l'Afrique.Kenneth Mackay avait préparé une conférence sur l'expérience d'auto-suffisance de l'Arche.De son texte et d'une entrevue avec Kenneth et Nancy, on peut tirer les conclusions suivantes : 1 \u2014 l'expérience de l'Arche représente un tel espoir pour les sympathisants de l'agriculture biologique et pour tous ceux qui espèrent que le globe pourra nourrir ses habitants sans épuiser ses ressources, que le moindre échec prend vite des proportions exagérées ; 2 \u2014 les objectifs d'auto-suffisance de l'Arche sont tellement larges qu'il faudra probablement en laisser tomber quelques-uns en route.Ce qu'on a laissé tomber, pour le moment, c'est l'idée d'un moulin à vent qui serait conçu et fabriqué dans la province qui apporterait du travail à l'Île du Prince-Édouard, de même qu'un modèle pour des petites exploitations qui voudraient se servir de l'énergie du vent pour produire l'électricité domestique.Le modèle dont on espérait beaucoup n'a pas donné les résultats escomptés.On se contentera, pour le moment, d'utiliser des pièces conventionnelles fabriquées ailleurs.Une autre déception : le projet prévoyait que l'Arche ferait vivre une famille en plus d'abriter des secrétariats et des laboratoires.Or la famille qui a tenté de vivre dans cette maison avant-gardiste de bois et de verre a trouvé la maison chaleureuse mais a trouvé insupportables les pressions engendrées par le va-et-vient incessant.Comment vivre une vie de couple et comment élever des enfants dans une atmosphère de foire, comment prévoir des tablées qui sont tantôt d'une douzaine, tantôt d'une vingtaine ?L'été dernier, il y a eu 5,000 visiteurs à l'Arche.Ceux qui n'avaient pas prévenu à l'avance, ceux qui ne respectaient pas les jours et les heures de visite tentaient quand même de forcer la porte.Parce qu'ils venaient de loin.Parce qu'ils n'imaginaient pas que dans deux heures et dans deux jours d'autres groupes feraient de même, mettant le chaos dans les horaires de travail, les horaires de repas et de repos.Un deuxième élément du rêve collectif doit donc être éliminé.Les travailleurs de l'Arche et leur famille s'installent autour, chacun 27 chez soi, pour pouvoir vivre une vie normale.L'Arche n'est pas une maison familiale mais une unité de travail.Les récoltes et les produits des serres continuent de nourrir tout ce monde, mais chacun chez soi, à l'exception du repas du midi qui se prend en commun.L\u2019œuvre continue Kenneth MacKay explique comment l'Arche veut restituer à la petite province maritime l'autonomie qu'elle avait, il n\u2019y a pas si longtemps, avant l'ère de la spécialisation.L'Île du Prince-Édouard est devenue une immense entreprise de production de pommes de terre, entièrement dépendante du transport subventionné.On a coupé les arbres pour faire place à la machinerie lourde, et l\u2019île est maintenant balayée par les vents.Des voix autorisées prédisent que la province n'a plus devant elle que trente bonnes années d'agriculture, si les conditions actuelles d'appauvrissement des sols continuent.Pour les promoteurs de l'Arche, la clé de la survie est de retourner à la production locale, au village qui se suffit à lui-même, avec son boulanger, son moulin à farine, ses artisans de toutes sortes, et même à la famille, qui pourvoit à la plupart de ses besoins.L'auto-suffisance est d'autant plus essentielle pour une petite province insulaire, dont la saison de culture est courte, et qui dépend énormément des provisions de pétrole étranger qui peuvent manquer à tout moment.L'Arche est un prototype d'auto-suffisance, un projet de recherche qui s'appuie cependant sur des subventions.« Nous ne produisons pas toute notre énergie, ni tous nos aliments, mais nous explorons les façons dont nous pourrions devenir auto-suffisants.Nous concentrons nos efforts sur l'alimentation, la production d'énergie et le gîte.» La laitue en janvier Les Canadiens préoccupés d'écologie abandonneront peut-être facilement le caprice de la laitue de Californie au mois de janvier.Mais se rendent-ils compte que même la congélation peut devenir un luxe ?Mille kilowatt-heures d'électricité par année, c'est ce que dépense un congélateur domestique.À l'Île du Prince-Edouard c'est une dépense de $50, qui augmente d'année en année avec les tarifs d'électricité.La serre chauffée n'étant pas non plus une solution économique, l'Arche met beaucoup d'espoir dans la serre solaire; Depuis deux hivers, la serre de l'Arche se maintient au-dessus du point de congélation, même quand il fait 25 sous zéro au dehors.28 Le système requiert un minimum d'électricité, pour faire circuler l'air.Mais pendant une panne d'électricité, au cours du premier hiver, la chaleur entreposée pendant les heures d'ensoleillement a maintenu en bon état la maison, les serres et les trente viviers remplis de poissons tropicaux.Ces viviers sont une partie intégrante du système, car l'eau des aquariums, réchauffée par le soleil, contribue à réchauffer la serre.La chaleur est aussi emmagasinée dans une réserve de cailloux, dans le sous-sol, et la ventilation se fait dans des conduits semblables à ceux d'un chauffage conventionnel.L'hiver, la serre produit des légumes qui craignent moins le froid, comme la laitue, le brocoli.Elle permet d'allonger la saison des légumes plus délicats, ce qui donne des tomates au printemps et facilite la production de plants qui peuvent plus tard être transférés au jardin ou encore vendus aux visiteurs du dimanche.Les poissons dans leurs viviers ont des fonctions multiples : ils fournissent une bonne nourriture protéinée, ils accumulent la y chaleur du soleil, et leur eau azotée sert d'engrais aux plantes.L'eau ÿ est purifiée naturellement, par des algues, sans qu'on ait besoin i de pompes et de filtres.EE Les insectes contrôlés par leurs ennemis naturels Parce qu'on ne veut pas empoisonner les poissons avec des pesticides et des engrais chimiques, les plantes sont choisies en fonction de leur résistance aux maladies et aux insectes.Les insectes sont contrôlés par leurs ennemis naturels, lézards et araignées.Quand il le faut, on introduit de nouveaux prédateurs ; par exemple, on a importé une petite guêpe qui combat si bien la mouche qu'avec la disparition de celle-ci, la population des guêpes devrait s'éteindre aussi.A L'Arche surveille l'enrichissement des sols par le compost et par l'enfouissement d'engrais vert, soit le sarrazin, soit le seigle.D'ici 5 ans, on devrait avoir des résultats détaillés sur les différentes méthodes.« Nous ne cherchons pas, dit Kenneth MacKay, les techniques qui donneront les meilleurs rendements sur une année ou deux.Nous voulons trouver les meilleures méthodes pour que la E terre ne cesse jamais de produire.» L'équipe considère qu'après deux ans, sur un sol balayé par le 8 vent et appauvri par les cultures spécialisées, les méthodes d'agri- [| culture biologique (coupe-vents, fumier, compost, engrais verts) donnent de bons résultats.29 Une architecture intelligente Un autre succès, c'est la conception de la maison pour tirer le meilleur parti possible de la chaleur du soleil.Au nord, la maison se défend des attaques du vent par un remblais de terre.Pas d'ouverture au nord, et les murs ont 16 cm d'isolation.Le toit en a 32 cm.La construction est sur un axe est-ouest, toute en fenêtre du côté sud, qui abrite en plus de la grande serre, des pièces familiales combinées avec de petites serres.C'est une construction trop coûteuse pour une maison conventionnelle, mais les architectes en ont déjà adapté les caractéristiques les plus intéressantes pour des maisons du voisinage visant une meilleure utilisation de l'énergie.Il est assez simple, par exemple, d'obtenir de l\u2019eau chaude par énergie solaire.Il est difficile d'imaginer l'Arche de Spry Point si on n'a pas vu des photos et des dessins représentant la disposition générale, la luminosité de la salle à manger jouxtée à une serre, la disposition des bacs à pisciculture dans la grande serre.On peut voir tout ça dans une brochure intitulée L'Arche de sagesse, publiée par le ministère Pêches et environnement Canada, à Ottawa.Les groupes qui voudraient visiter l'Arche doivent écrire au New Alchemy Institute, Souris, R.R.no 4, Île du Prince-Édouard, Canada.ow a J N= 5 i A J A les NE (ae 1 a Re A 30 up PRICE YVES DE CALLIÈRES Le cognac est né de la rencontre de cinq conjonctures : la terre, le sel, la vigne et la pauvreté ; le client a fait la cinquième.Qui veut aller à la source de l'information doit commencer sa tournée des chais par une salle au musée de Cognac : quelques û cartes lui révéleront que la préhistoire de la Saintonge est d'une É grande richesse.L'amalgame des Gaulois, des Romains, puis des É Francs formèrent le peuple saintongeais, en s'installant sur les 3 rives de leurs deux petits fleuves : la Charente et la Seudre.Un premier charme retient les hommes en Saintonge : son sol Ë de terrains crétacés et jurassiques, mêlant la craie et l'argile pour former cette terre de « champagne » si hautement propice à la culture de la vigne.Mollement ondulée, la Saintonge s'ouvre sur l'océan Atlantique en une côte découpée formant un golfe d'où surgissent les îles d'Oléron et de Ré.Un deuxième charme est celui de ce golfe tourmenté, riche en poissons, crustacés et mollusques, spécialement les huîtres de Marennes et les moules de Charron et de Brouage.Mais, à l'ori- i gine, le sel en est l'attrait principal.Le sel, première épice connue.E Le sel est à la naissance du goût.Or, dans la France ancienne, « il n'était sel que de Saintonge ».Les marais salants employaient des « saulniers » qui avaient soif, des fonctionnaires ou « gabelous » chargés de percevoir la taxe sur le sel, la gabelle.Le sel enrichis- ; sait fermiers généraux des impôts de France, négociants-exporta- EE teurs, navigateurs et bourgeois des villes.Or tout ce monde pré- J tendait boire le vin blanc sec de Saintonge qui étanche si bien la br soif et qui s'accorde si merveilleusement avec les fruits de mer! Boire du vin.et du meilleur! Vive donc la vigne ! Ainsi va le monde, jusqu'à la grande mévente de 1620.É Le plus important acheteur de sel et de vin de Saintonge était l'Angleterre.Or La Rochelle, principal port d'exportation de ces 31 marchandises est devenue place forte des protestants calvinistes et alliée de l'Angleterre.Bloquée par l\u2019armée royale sur les ordres du Cardinal de Richelieu.La Rochelle n'était plus capable d\u2019écouler en Angleterre les produits saintongeais, non plus d'ailleurs qu'aucun autre port français.Alors la pauvreté, mère d'ingéniosité, intervint.« Brûlez, distillez dit-elle, tout ce vin que vous ne sauriez vendre ! » Privés, faute de transport, de brandewijn (vin brûlé) hollandais et de brandy anglais, les délicats, les gourmets de la France entière s'intéressent à l'eau-de-vie saintongeaise.Le cognac était né.Le mot « cognac » est prononcé pour la première fois en 1725.Le coup de force qui ouvre à ce nouveau venu la porte des gastronomes lui viendra encore de mère-pauvreté, lors de la grande crise de 1780.Les tonneaux coûtaient plus cher que l'eau-de-vie.Va-t-on la jeter au ruisseau ?.\u2026.Que non! Le vieillissement était inventé et avec lui la renommée du cognac portée jusqu'aux confins du monde.Pourquoi ce succès international ?Si le cognac s\u2019est installé partout dans le monde, c'est qu'il est demeuré l'alcool le plus simple, le moins trafiqué, le plus naturel, le plus franc, comme disent les « bouilleurs de cru ».On compte des centaines de variétés de whiskies, de gins, de vodkas, de marcs et d'eaux-de-vie.II n'y a qu'un seul cognac.Où est-il fait, de quoi et comment ?Quatre facteurs concourent à son identité : le terroir, l'encépagement, le procédé de distillation et le vieillissement.Le terroir, c'est le sol où s'ordonnent, autour de Cognac, sept zones concentriques ou appellations dénommées, dans l'ordre de la qualité : Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies, Fins Bois, Bons Bois, Bois Ordinaires, et Bois à terroir.\u2014 La Grande Champagne (crétacé), avec Cognac, Jarnac et Segonzac, reçoit les influences maritimes et continentales ; son produit excelle par la finesse et la netteté.\u2014 La Petite Champagne (crétacé), avec Archiac, Barbezieux et Châteauneuf, a un climat capricieux ; le cognac de cette zone est caractérisé par son corps et son mordant.Ces deux crus sont complémentaires.Ils se retrouvent dans l'appellation « Fine Champagne » composée au moins de 50% de Grande Champagne.\u2014 Les Borderies (partiellement décalcifiées), centrées autour de Burie, donnent un produit très bouqueté, très tendre, qui vient vite à maturité.32 \u2014 Les Fins Bois (jurassique et crétacé) font la gloire de Jonzac, Pons, Saintes, St-Jean d'Angely et Matha ; ils produisent un cognac dont les qualités rappellent les Borderies, mais en plus fragiles.\u2014 Les Bons Bois, composés de terrains variés, allant de St- Savinien à Montendre, forment une zone caractérisée par un climat fortement maritime ; ils permettent de distiller des eaux-de-vie moins nettes, mais franches et souvent marquées d'un goût de terroir.\u2014 Enfin, les Bois Ordinaires et Bois à terroir, de plus en plus confondus en une seule appellation, comprennent les différents terrains du littoral et des Îles, dons le climat est entièrement maritime ; ils donnent des eaux-de-vie rustiques dont le goût de terroir serait disgracieux sans l\u2019habileté du distillateur.Un ensoleillement doux.Beaucoup de lumière.Un peu de terre.Et partout présente, la vigne.Mais pas n'importe quelle variété de vigne.Trois cépages de vigne blanche seulement sont admis à produire le « Seigneur Cognac ».Ils portent les noms suivants : folle française, saint-émilion et colombar.Les vendanges se font normalement entre le 20 septembre et le 15 octobre.La vinification en est restée au stade où l'a laissée Noé : le viticulteur presse lui-même les raisins de sa récolte, il transvase (il « soutire ») le jus (le « moût ») dans de grands fûts (les « muids » et les « demi-muids ») et le laisse fermenter tout en le surveillant du coin de l'œil.Après un mois environ de fermentation, le vin est fait.C'est un petit vin blanc qui titre entre 5 et 8 degrés d'alcool au maximum.Aucun sucre ni produit chimique n'est autorisé par la loi pour soutenir ce vin, d'autant plus fragile qu'il titre moins.Il présente les caractères d'un bon vin de « chaudière » : acidité importante, degré peu élevé et pauvreté en tanin.C'est pour prévenir toute défaillance qu'on passe au plus vite à l'opération suivante.Tous les vins doivent être distillés avant le 31 mars, soit par le viticulteur-récoltant lui-même (« bouilleur de cru »), soit par un distillateur agréé.Distiller est un grand art, dont dépend pour l'essentiel la qualité du cognac.La « double distillation » saintongeaise se fait au moyen d'un alambic traditionnel de cuivre, qui est le même que celui dont on peut relever le schéma sur les papyrus égyptiens.33 Chauffé dans une chaudière (le « cucurbite »), le vin émet des vapeurs qui sont recueillies par le chapiteau et dirigées dans le serpentin par l'intermédiaire du « col de cygne ».Le principe est simple, mais dans cet alambic tout est calculé : contenance optimale de la chaudière, forme du chapiteau, celle du col de cygne, importance du serpentin contenu dans un bassin-réfrigérateur, la nature et le traitement du cuivre utilisé, la vitesse de chauffe et le combustible employé.Le perfectionniste stocke pendant toute l'année des eaux de pluie qui seront utilisées pour refroidir le serpentin.Mais le trait de génie de la distilllation saintongeaise est la « bonne chauffe », qui permet d'obtenir un produit absolument pur, net, sans rien perdre de ses vertus gustatives, ni de son aptitude au vieillissement.Le produit recueilli lors de la première chauffe est un « brouil- lis » de 27 à 30 degrés.On le laisse refroidir et on le « repasse » une seconde fois dans l'alambic, où il est chauffé de nouveau très régulièrement pendant 12 heures.Cette seconde chauffe demande une surveillance très attentive.Pour ne pas la rater, le distillateur dort près de son alambic sur un lit de fortune dans sa « brûlerie ».C'est alors que le distillateur, aidé par son alcoomètre, mais surtout par son sens du cognac, isole les « têtes » et les « queues » du produit distillé, pour ne conserver que le « cœur ».Seule cette eau-de-vie qui titre alors entre 69 et 72 degrés, sera appelée à vieillir.|| reste encore deux opérations délicates : le vieillissement ou mieux l\u2019« élevage » et les « coupes », avant que le cognac soit admis à être mis en marché et vienne, en toute petite quantité, étaler sa couleur ambrée au fond d'un verre à dégustation.34 Ox LÉ ç lativité ALFRED DESROCHERS Du fond de l'Orient s'avancent les rois mages ; Les bergers d'alentour, eux, sont déjà venus à l'étable où, sur l'heure, est né l'enfant-Jésus.Le ciel est bleu comme il ne l'est que sur images.À l'auberge on entend parler tous les langages ; on dirait que le monde est sens dessus dessous ; les gens d'ici causent avec des inconnus et le rossignol même a repris ses ramages.L'âne et le bœuf près de la crèche à l'unisson tentent par mille jeux d'égayer l'enfançon que Marie, en pleurant de joie, embrasse et berce.Satan seul, en ce soir de fête, est soucieux : La Vierge enfin sur lui l'emporte, et les faux dieux s'en vont déjà vers le néant à la renverse.x hk kk hk * hk kk hk hk kk * hk * hk Kk 35 * La maladie par / alimen lation LOUIS TURGEON La différence entre l\u2019hiver et l\u2019été On a dit et répété que les Canadiens, vivant dans un pays où l'hiver est très froid et où la température varie très souvent, doivent s\u2019alimenter de mets réchauffants durant cette fameuse période hivernale.Est-ce là une affirmation scientifique ou un concept tout simplement basé sur un dicton populaire ?Rien de cela ne tient si l'on examine les faits et les réalités.Et rien davantage ne tient dès qu'on admet que ce sont justement les aliments « réchauffants » qui causent des maladies et des troubles dont les Canadiens ont particulièrement à se plaindre en hiver.Comme preuve que les aliments réchauffants qu'on réclame pour nous Canadiens durant l'hiver causent des troubles de santé, j'ai fait une liste de symptômes ou de malaises ou de maladies causés par des aliments justement reconnus comme réchauffants (j'en donne une liste plus loin).Voici les quelques troubles précis auxquels je fais allusion : Acidité générale augmentée par la difficulté d'éliminer facilement les substances protéiques excessives (viandes) ainsi que les excès d'hydrates de carbone (sucreries, etc.) Appareil vocal malade (voix rauque, extinction de voix, etc.) Bâillements inhabituels après repas Céphalées (maux de tête chroniques, périodiques, lancinants, etc.) Coryza (rhume de cerveau) Douleurs névralgiques ou arthritiques Fatigue (sensation générale de fatigue) Gaz d'estomac ou d'intestin Inertie intestinale, constipation, etc.Maux de tête congestifs Pieds froids mais tête fiévreuse Résistance physique diminuée Stase intestinale (constipation, etc.) Troubles uratiques (excès d'acide urique) Acidité excessive de l'estomac, avec digestion fautive, laborieuse, lente, inefficace Amygdalite (gorge enflée, douloureuse, difficulté à avaler, etc.) Appétit diminué, dégoût inhabituel pour certains mets, etc.Catarrhe nasal, stomacal ou généralisé Congestions locales (nez, gorge, intestin, etc.) Douleurs lombaires Étouffements (sensations d'étouffement, avec toux, etc.) Gorge congestionnée, voix rauque, etc.Jointures sensibles dans les membres Nausées chroniques ou accidentelles Refroidissements, rhumes, etc.Somnolence après les repas Température (élévation anormale) Voies éliminatoires congestionnées Je répète que l'on peut avoir l\u2019un ou l'autre ou plusieurs de ces troubles en mangeant régulièrement des aliments réchauffants. Mais il faut dire aussi que les aliments réchauffants sont justement ceux qui ont un effet congestionnant ou qui embarrassent tout l'organisme (graduellement, mais sûrement).Pour bien comprendre la nature de nos troubles, il faut mettre le doigt exactement sur ces aliments qui causent ces dérangements.La liste en est longue, mais je ne donne que les principaux et je les appelle « pathogènes » parce que le mot le dit, ils causent des troubles de santé chez de nombreuses personnes : Bacon gras (peu cuit) Biscuits du commerce Bœuf bouilli ou de Boissons sucrées Charcuteries (toutes) Confiseries (toutes) Crêpes à la farine blanche Fèves au lard en conserve Gâteaux du commerce (tous) Jambon gras et frit Lapin Miel falsifié Oeufs frits avec bacon Patates bouillies Poisson salé Sauces grasses Tartes (pâtes et sucres) Vinaigre et marinades (tout genre) Cacao Chocolats divers Confitures (toutes) Essences de fruits du commerce Fritures en général Gelées sucrées Ketchup Marmelades sucrées Oeufs cuits durs Pain blanc Patés (à la viande, etc.) Pommes de terre frites Sirops de table Viandes salées (« corned beef ») Vins communs, sucrés soupe Café en abondance (sucré) Condiments et marinades Conserves sucrées Farine blanche Fromages grossiers Gruau usiné Lait au verre Mélasses Oeufs frits (au miroir) Pain au raisin Pâtisseries (toutes) Porc en général Sucreries en général Viandes de vieux animaux Etc, etc.etc.Après avoir lu cette liste, plusieurs diront qu'on mange de ces divers aliments tout autant en été alors que durant la belle saison on est rarement malade.C'est d'accord.La différence est que durant la saison estivale on vit à des températures plutôt égales, à l'intérieur comme à l'extérieur, avec en plus de meilleures occasion de vivre au grand air et de faire plus d'exercices physiques.Là est toute la différence.Mais alors, après avoir pris connaissance de la liste des aliments qui causent les troubles dont bien des gens souffrent en hiver, on se demande ce qu'il nous reste à manger une fois qu'on a éliminé ces aliments nuisibles.Tout d'abord, il n'est pas vrai qu'après avoir éliminé tous les aliments nuisibles que j'ai énumérés plus haut il ne nous reste pratiquement rien à manger.Bien au contraire, il en reste un très grand nombre.Je n'ai pas l'espace ici pour les énumérer tous.Voici cependant une liste d'aliments absolument acceptables en toute saison : Agneau au four Agneau (côtelettes dé- Aiglefin (filets) graissées) Ananas sans sucre Asperges (nature ou Avocats conserve) Betteraves cuites Beurre d'amandes blan- Bananes mûres Bifteck grillé ches Betteraves (feuilles) Bière (avec modération) 37 Canard au four (dégraissé) CUP PORTE Bleuets sans sucre Canneberges (sauce) Cassis, jus sans sucre Cerises sans sucre Chou-fleur Chou vert (salade) Coco, noix fraîche Echalotes Figues sèches (noires) Gadelles sans sucre Fromage petit suisse Haricots jaunes Huîtres fraîches Langues de veau Marmelades domestiques Morue (filets) Oignon vert Olives mûres (noires) Pamplemousses de Floride Poireau (potage épais) Pommes douces Poulet au four Prunes douces Ris de veau Sardines de qualité Thon blanc Brocoli Carottes cuites à la vapeur Catnip (tisane) Choucroute (conserve) Chou frisé (salade) Chou vert cuit 10 minutes Cœurs de poulet sautés Eperlans cuits a la vapeur Foie de veau authentique Gésiers (consommé ou hachis) Fraises douces sans sucre Haricots verts Huile d'olive pure Clams en conserve Melon sans sucre Navets cuits à la vapeur Oignons cuits vapeur Oranges de Floride Panais cuits à la vapeur Poires sans sucre Pommes sèches (compote) Pruneaux secs (cuits sans sucre) Raisin sec dans poudings Rosbif saignant Séné (tisane) Tomates (serre ou jardin) Caroube (substitut du sucre) Céleri cru ou cuit Choux de Bruxelles Chou rouge (salades) Citron (jus dans salades) Concombre dans salade Epinards cuits 7 minutes Framboises sans sucre Fromage de Roquefort Hareng fumé Haricots verts de Lima (conserve) Laitue en abondance Lin (tisane de graine de lin) Miel pur Oeufs de poissons Oka (nature ou conserve) Pain de seigle brun Péches sans sucre Pois verts (les petits) Pouding au riz naturel brun Pruneaux bleus Raisin vert (nature) Salades variées et abondantes Sole (filets) Etc., etc., etc.Cette liste est loin d'être complète.Elle a au moins le grand avantage de ne pas contenir d'aliments riches en substances qui embarrassent et congestionnent l'organisme, par exemple les « binnes » au lard, le porc « frais », les « cretons français », la « tête fromagée », la graisse de rôt, le fromage mastic, les spaghettis ou macaronis au fromage, le « chiard », le « bouilli » etc.Et en plus, si vous avez la prudence d'ajouter à cette liste de bons aliments des préparations protectrices et préventives, je vous offre par mon expérience de quarante années d'essais et de recherches, l'assurance que vous vous éviterez un tas de troubles de santé pendant la saison d'hiver.Ces préparations sont tout simplement des consommés extrêmement riches en sels minéraux protecteurs de la santé.En effet, des aliments protecteurs, cela existe.En voici au moins quatre : 38 1.Consommé de jointures de veau * Ingrédients : 2 jointures 1 tasse de céleri haché 1 gros oignon pelé, haché 1 poireau haché (un peu de vert 6 coquilles d'œufs broyées compris) 2 feuilles de laurier 1 bouquet de persil vert 3 pintes d'eau froide 1 cuillerée à thé de marjolaine Mijoter à feux doux, lentement, durant 3 heures ou plus ; passer, dégraisser Utilisation : chauffer 1 tasse par portion, ajouter sel et poivre au goût et prendre tel quel, très chaud, à petites gorgées, dans un bol à consommé quelques minutes avant le repas du midi.2.Consommé de crabe Ingrédients : 1 boîte de crabe (conserve) !/, tasse de persil haché 1/, citron, pelure comprise 11/, tasse d'eau froide (ou 2 tasses) Mijoter à feu doux, lentement, vaisseau couvert, durant 60 minutes ; passer et subdiviser en deux portions d'environ 6 à 8 onces ; boire tel quel très chaud, quelques minutes avant le souper.Addition d'un peu de sel au goût.3.Consommé de homard Ingrédients : 1 boîte de homard 1/, citron, pelure comprise 1 cuill.à table de menthe 11/, tasse d'eau froide (ou 2 tasses) Procéder comme dans le cas précédent.À prendre de la même façon.Changer de l'un à l'autre et en prendre au moins 4 fois par semaine (de l'un ou de l'autre).4.Consommé de poisson Ingrédients : 2 lbs de flétan ou bien 2 lbs de poisson (aiglefin, morue) 5 coquilles d'œufs broyées 1, citron, pelure comprise 2 cuill.à table de menthe 1/, piment vert, graines enlevées 1, cuill.à thé gingembre 4 tasses d'eau froide 1 cuill.à thé de sel iodé Mijoter à feu doux, vaisseau couvert, durant 1 heure ; passer et subdiviser en portions de 6 à 7 onces ; à prendre très chaud, lentement avec addition d'un peu de sel, si nécessaire, quelques minutes avant le souper.À prendre les jours où il n'y a pas l'un ou l'autre des consommés 2 ou 3.Ce consommé ne devra pas bouillir violemment, ce qui lui donnerait un goût fort.* Pour informations supplémentaires et très complètes, voir TOUT L'HOMME EN SANTÉ, Éditions Les Études de la Nature Humaine || Québec.39 e 4 1 A i poe © » ® 7 La relraile créatrice / Y a-t-il de la vie après les années de travail ?Oui, environ \\S 2000 heures de plus par an.Ces heures seront vides ou .: ! ; 0 remplies de satisfaction selon notre attitude envers nos années de retraite.L'« âge d'or» de la vie est une onde fugitive.Il faut savoir recueillir les précieuses paillettes de ce flot auritère\u2026 Pendant de longues années, les humains ont fait de leur mieux pour cheminer joyeux sur la voie de la retraite en se redisant sans cesse qu'il y avait au bout quelque chose de flou mais de merveilleux appelé l'« âge d'or ».Pendant des années aussi, ils ont ressenti une appréhension certaine de ce qui les attendait réellement à la fin du voyage.Ils craignaient de connaître l'ennui et la solitude durant les dernières années de leur vie et peut-être même une existence malheureuse.Et trop souvent, cette crainte a contribué à sa propre réalisation.Aujourd'hui, la conception de la retraite a changé, surtout parce qu'on la voit autrement.Les gens commencent à l'envisager avec confiance, voire avec enthousiasme.Ils semblent discerner devant eux des années qui pourraient vraiment être d'or.De plus en plus, ils obtiennent ce qu'ils entrevoient.Les spécialistes de la question parlent d'une « révolution de la retraite ».Pour une part au moins, cette révolution est attribuable à la découverte du fait que les lacunes de nos techniques de recherche avaient faussé l'image classique de la vieillesse.Un brouillard de notions erronées s'est formé pour la simple raison que les chercheurs avaient effectué trop souvent leurs études dans les maisons de retraite.Naturellement, ces établissements sont d'un grand attrait pour les recherches car ils offrent une réserve presque illimitée de sujets ayant tout le temps de répondre aux questions.Le piège est que les pensionnaires de ces institutions ne sont guère représentatifs des retraités en général.Ils ne forment que 10 p.100 environ de la population à la retraite en Amérique du Nord.À cause de leur situation, ces pensionnés sont moins susceptibles que la majorité des personnes âgées d'être en forme et actifs.Les vieillards en bonne santé physique et mentale ont tendance à éviter le traditionnel hospice et à préférer la vie indépendante.Ainsi s'est constituée une forte accumulation de recherches dont l'erreur était de trop souligner les servitudes de l'âge et d'en exagérer les incertitudes aux yeux des personnes approchant de la retraite.De vastes efforts ont maintenant été entrepris pour corriger cette méprise.Ce qui a contribué aussi à modifier l'image du retraité, c'est qu'aujourd'hui la plupart des gens vivent plus vieux et sont en meilleure forme physique qu'autrefois.Grâce aux progrès de la médecine, ils ont des chances de gravir les derniers échelons de leur vie en meilleure santé que ne l'étaient leurs pères et leurs mères à cet âge.Mais l'essence véritable de la « révolution de la retraite» est d'ordre psychologique.Un optimisme nouveau se répand au sujet de ce que l'avenir 40 = réserve aux personnes âgées.Il est maintenant permis de s'attendre à une retraite intéressante et fructueuse parce que l'on s'y prépare de plus en plus.Et l'on s'y prépare de plus en plus tôt dans la vie.Si l'on creuse un peu la surface des idées noires qui subsistent sur la retraite, on découvre presque toujours la crainte sous-jacente de l'inconnu.En allant plus loin encore, on constate qu'habituellement l'avenir est inconnu faute de préparation.Et les gens ne le préparent pas parce qu'ils sont portés à exclure la retraite de leur pensée jusqu'à la dernière minute.Pourquoi ?Parce que, disent les spécialistes, on l'associe à la mort.Ce lien avec la mort est assez juste chez les personnes qui connaissent une retraite malheureuse du fait qu'elles ont négligé de préparer leur 3e âge.Qui sait combien d'hommes et de femmes meurent prématurément parce qu'ils n'ont aucune envie ni raison particulière de vivre ?Le but de la préparation à la retraite n'est pas de vivre plus longtemps, mais de faire en sorte que cette dernière étape de la vie soit aussi épanouissante que possible.Reste que cet épanouissement peut s'accompagner de longévité en perpétuant la valeur de la vie.Idéalement, la préparation à la retraite devrait avoir autant d'importance dans la vie que la préparation à la carrière ou aux études.Un grand nombre des habitants actuels des pays occidentaux passeront autant de temps sur cette terre après avoir cessé leur activité professionnelle qu'ils en ont passé avant de l'entreprendre.Une bonne manière d'envisager la retraite est de la considérer comme une phase de la vie soumise comme toute autre à notre action.Songeons à la question si souvent entendue dans notre enfance : « Qu'est-ce que tu vas faire quand tu seras grand ?» Alors, qu'est-ce que vous allez faire quand vous prendrez votre retraite ! II faut de la réflexion et des essais pour le découvrir, et il convient de commencer à y penser dès la quarantaine.Un bon programme de retraite va bien au-delà des besoins financiers évidents de chacun.ll! doit tenir compte des besoins psychologiques, sociaux et spirituels qui surgissent avec l'âge.Considérons la différence que peut représenter la préparation pour occuper les loisirs du 3e âge par un second métier, les sports, les relations d'amitié.La perspective de manquer d'amis est un excellent exemple des faits désagréables de la vie à la retraite que certains choisissent de se dissimuler.Dans la société où nous vivons, les amitiés tendent à graviter autour de la profession.Que se passe-t-il lorsque quelqu'un ne travaille plus ?Sylvia McDonald, directrice du « Centre de retraite» au Collège Marianopolis de Montréal, signale la triste histoire d'un homme qui, après avoir pris sa retraite, retournait à son ancienne usine tous les jours à l'heure du déjeuner pour être avec ses amis.II est notoire que la solitude est l'un des plus grands problèmes de la vieillesse.Un moyen d'y parer est de se faire des amis en dehors de son secteur de travail.L'amitié se fonde d'ordinaire sur la communauté d'intérêts ; se préparer à la retraite c'est aussi découvrir de nouveaux intérêts afin de nouer de nouvelles amitiés.Une flambée de joie, puis le vide et une pléthore de temps Ce qu'il faut surtout retenir c'est que\u2019 la retraite va ouvrir une brèche immense dans l'emploi de votre temps : plus de 2000 heures libres par an pour le travailleur moyen.Peut-être « libre » n'est-il pas le mot propre ; pour certains, ce pourra être un terrible fardeau.|| en va particulièrement ainsi pour ceux qui commettent l'erreur de centrer leurs plans de retraite sur une seule flambée de réjouissance, une croisière par exemple.lls mènent joyeuse vie durant quatre ou cinq semaines, puis reviennent chez eux où les attendent une existence vide et une pléthore de temps.41 Le temps d'oisiveté est parfois empoisonnant pour un ménage.Pour les époux le fait d'être désormais toujours ensemble peut être difficile à supporter.Les femmes s'évertuent à être patientes ; mais qui est assez saint pour endurer avec sérénité les précieuses remarques d'un mari n'ayant rien d'autre à faire que rester rivé à la maison et se tourmenter parce qu'une table n'a pas été époussetée ou qu'un lit n'est pas fait.La prévision par un couple de nouvelles activités secondaires facilite quelquefois la transition ; mais ces activités en soi ne sont pas la solution de tous les problèmes.Sylvia MacDonald, souriante religieuse titulaire d'un doctorat en langues modernes, qui aura bientôt 68 ans, souligne « que rien ne sert de se borner à occuper son temps.» Ce qu'il faut réellement, dit-elle, c'est pouvoir mener une vie créatrice, et c'est là une aptitude qu'il importe de commencer à acquérir bien des années avant la retraite.Cela consiste à apprendre à être attentif aux choses et aux personnes que l'on coudoie du matin au soir et a savoir les apprécier.En vous rendant à pied à l'arrêt d'autobus ou au parc de stationnement, observez les arbres qui bordent la rue, les vieilles fenêtres du bâtiment d'en face ou la façon dont le vent agite les feuilles sur la chaussée avant un orage.Il est fort probable que vous prendrez ainsi un goût durable à la promenade à pied, ce qui est un excellent passetemps à tout âge, mais surtout pendant le troisième.La marche stimule à la fois l'esprit et le corps, et l'on peut la pratiquer à tout moment, seul ou avec d'autres.Et durant le temps qu'on veut, depuis le saut jusqu'au tabac pour acheter un journal jusqu'à la longue randonnée d'une ou deux heures.Miser sur la vie que l\u2019on vivra dans 40 ans Il conviendrait de réexaminer les anciennes distractions d'un point de vue nouveau, par exemple la lecture.Tentez d'aborder un domaine entièrement nouveau.Si vous avez toujours incliné pour le roman, essayez de passer aux biographies et ne vous arrêtez pas là.Plongez-vous dans un sujet qui bourdonne au fond de votre esprit depuis des années ou dans quelque chose de tout neuf pour vous, comme l'histoire de l'Italie ou la culture des oranges.Si vous êtes trop occupé pour entreprendre de nouveaux sujets, prenez un calepin et notez les questions qui vous traversent l'esprit, mais qui méritent un examen plus attentif.Il y a ensuite toutes les nouveautés auxquelles vous pourriez songer à vous intéresser : la liste en est illimitée, depuis l'astronomie jusqu'à la photographie et la gastronomie.L'important c'est qu'il y a lieu de s'y initier un peu, ne serait-ce que de très loin, longtemps avant l'heure de la retraite.Si vous avez le sentiment que vous aurez enfin le temps de vous livrer à quelque chose qui vous passionne, votre retraite vous apparaîtra comme une perspective agréable.C'est un peu le truc qu'emploient certains vacanciers pour obvier au cafard des lendemains de vacances : avant de partir de la maison, ils se procurent des billets de théâtre ou de baseball pour après leur retour.Il est particulièrement important de se préparer à l'avance \u2014 très à l'avance \u2014 à l'exercice des sports.Il y a des joueurs de squash qui restent en forme et qui tiennent bon jusqu'à soixante-dix ans passés.Mais ce sont des exceptions, et, si vous en avez la possibilité, choisissez de préférence une détente un peu moins exténuante, comme le tennis ou le golf.Le jeune « fort» de 30 ans qui renonce à sa partie ordinaire de rugby sans plaquage du samedi après-midi en faveur du golf mise sur la vie qu\u2019il mènera 40 ans plus tard.Il accomplit aussi autre chose de capital en contribuant à faire de son cheminement vers la retraite un processus graduel.Une retraite qui consiste en une série de changements brusques peut être très bouleversante.Elle peut même entraîner la mort.42 Mais le souci le plus fondamental de tous dans la préparation de votre retraite doit être celui de votre santé.Que vaudront vos parties de golf si vous avez à peine l'énergie de vous tirer du lit le matin ?Le moyen d'avoir une bonne santé pendant la retraite se résume aux bonnes habitudes d'exercice et d'alimentation prises durant la jeunesse et surtout l'âge mûr.Les médecins estiment que le régime alimentaire va normalement tout seul, que l'on soit jeune ou vieux, si l'on fait régulièrement de l'exercice et des visites à son médecin.Tout genre d'exercice, du plus violent au plus léger, est bénéfique à qui avance en âge.L'exercice mental est tout aussi indispensable.L'esprit est exposé à se relâcher chez celui qui n'a plus à s'appliquer au travail.Ce phénomène se trouve facilité par le mythe que les facultés mentales de l'être humain connaissent un brusque déclin à partir d'un certain âge.En réalité, un groupe de psychologues ont découvert que l'esprit n'atteint pas son maximum de capacité avant l'âge de 60 ans et ne décline par la suite que très lentement.Les personnes âgées possèdent une indéniable supériorité mentale.Ils ont le savoir acquis ; le sens de la perspective ; la sagesse.Et aujourd'hui leurs qualités et leurs aptitudes sont reconnues.Votre temps, et non votre argent, peut être votre apport le plus précieux De toute évidence, la retraite devrait comprendre de nombreuses et fécondes années d'emploi de nos talents, de notre intelligence, de nos connaissances et de nos compétences.Les statistiques de l'espérance de vie indiquent que l'homme de 65 ans d'aujourd'hui peut compter vivre jusqu'à 79; et la femme moyenne de 65 ans jusqu'à 82.Ce temps est trop long pour le passer à flâner.Au terme de longues années de travail, l'idée de s'asseoir dans une berceuse peut paraître de loin une agréable manière de vivre.Mais attendez d'y arriver ; la sonnerie agaçante du réveille-matin viendra peut-être même à vous manquer.Vous regretterez presque sûrement l'intérêt de votre ancien emploi, si routinier qu'il puisse maintenant vous sembler.Les possibilités de participation offertes aux personnes âgées sont innombrables, non pas en dépit mais à cause de leur âge.Mais cela aussi demande de la préparation si nous voulons trouver un champ d'activité qui nous permettra de transmettre une partie de la somme de connaissances, de talents et de sens commun acquise avec les années.Peut-être aurez-vous l'occasion d'enseigner dans une œuvre de votre quartier concernant les activités de jeunesse.Il vous sera peut-être donné de communiquer le fruit de vos années d'expérience dans l'un de vos « violons d'Ingres ».Il existe beaucoup d'entreprises où votre apport le plus précieux sera, de loin, non pas votre argent mais votre temps.À ceux qui ont consacré leur vie aux affaires, le Canada fournit une excellente possibilité d'aider les autres en apportant leur collaboration au Service canadien de gestion outre-mer.Ce service dirigé par des hommes d'affaires canadiens éminents offre le concours de cadres retraités aux gouvernements et aux entreprises des pays en voie de développement.Trouver des possibilités valables d'exercer leurs aptitudes après leur retraite est peut-être précisément ce qu'il faut aux cadres, car la retraite est généralement beaucoup plus traumatisante pour l'administrateur que pour l'ouvrier ou l'employé de bureau.Il y a quelque chose d\u2019artificiel dans la vie d'un cadre.Son importance disparaît avec son départ de l'entreprise.Un jour il fait la pluie et le beau temps dans son service, et le lendemain il n\u2019est plus qu'un citoyen comme les autres.Heureusement, un nombre croissant de compagnies et d'associations d'employés reconnaissent aujourd'hui que leur responsabilité envers le personnel s'applique aussi à l'après-retraite.Elles offrent avant la mise à la retraite des cours de préparation portant sur les aspects psychologiques, sociaux et finan- 43 ciers de cette nouvelle vie.C'est presque l'inverse de l'époque \u2014 il y a à peine dix ans \u2014 où il était rarement question de la retraite dans certaines entreprises.Souvent, l'employeur et l'employé n'abordaient pour la première fois le sujet que le jour où le service du personnel envoyait un formulaire de pension à signer et notait, en passant, que le chèque du vendredi suivant serait le dernier.Faire comme si on devait vivre beaucoup plus longtemps que ne le disent les tables de survie Les ressources financières constituent certes un élément critique de la préparation à la retraite.C'est aussi une question très difficile dès qu'on entre dans les détails, tant parce que les moyens de chacun sont une affaire individuelle que parce qu'en l'espace de quelques décennies, l'économie peut changer énormément.Par exemple, une personne qui se propose de vendre sa maison au moment de la retraite et d'en employer le produit pour payer le prix d'un appartement doit tenir compte de l'éventualité où elle vivrait plusieurs années de plus qu'elle ne pense, ce qui est fort bien sauf que le loyer pourra tripler.L'une des règles fondamentales de la préparation à la retraite est de prévoir une longévité beaucoup plus grande que ne l'indiquent les tables de survie.Mais il y a un aspect favorable de la question financière qui mérite d'être considéré : vos dépenses journalières connaîtront vraisemblablement une diminution sensible.Vous dépenserez moins pour les déjeuners, l'essence, les transports en commun et probablement aussi pour les vêtements et les divertissements.Il vous sera peut-être possible d'épargner de l'argent parce que, pour la première fois, vous aurez le temps de prendre quelques heures pour réparer vous-même le grille-pain ou le porche de la maison.|| est presque certain que vous goûterez la satisfaction de vos réussites et que vous vous demanderez pourquoi vous ne vous êtes jamais attaqué auparavant à des tâches aussi simples.Vous vous étonnerez même d'avoir attendu si longtemps pour le faire.LA BANQUE ROYALE DU CANADA 1978 Bulletin mensuel! 44 e Né des mêmes accroissements de la conscience, un autre souffle traverse la masse humaine : celui qui nous attire tous, par une sorte d'affinité vivante, vers la splendide réalisation de quelque unité pressentie.Contestées, suspectées, raillées souvent, les aspirations \\ (/ unitaires, en politique, en pensée, en mystique, A naissent partout autour de nous; et parce / Ÿ- X 7 qu'elles ont pour sujet non ce qui est matériel SV, et plural, mais ce qu'il y a de spirituel et de | commun à tous en chacun de nous, aucune force de routine ou d\u2019égoisme ne paraît capable de les arrêter : irrésistiblement, elles s'infiltrent et dissolvent peu à peu les cadres vieillis et les fausses barrières.e Ou bien la Vie ne va vers aucun terme qui recueille et consomme son œuvre : et alors le Monde est absurde, destructeur de lui-même, condamné par le premier regard réfléchi qu'il a enfanté au prix d'un immense effort; et de nouveau c'est la révolte, non, non plus seulement comme une tentation, mais comme un devoir.e Ou bien Quelqu'un existe, en qui chaque élément trouve graduellement, dans sa réunion au Tout, l'achèvement de ce qui s'est construit de sauvable dans son individualité : et alors, il vaut la peine de se plier et même de se vouer au labeur; mais dans un effort qui prend la forme d'une adoration.(Vision du passé) Teilhard de Chardin 45 SSI RESTE PE SE i DANS L'TEMPS DES FÊTES PAROLES : FRANÇOISE GAUDET- SMET HÉLODIE & CHANT : ETIENNE BOUCHARD Dans l'temps des fêtes y'a des tem-ÿ pêtes ça fait par-f tie des fêtes i- 3 D G À\" ci.Dans l'temps des fêtes y'a des temd pêtes ça fait par- ftie des fêtes i- G fn \u2014 > > - ci.Tous les per rons ont le dos Jrond,.Tous les pi quets ont des bon ° An | AT ROO AE005600600 \u2014 nets.Tous les poteaux Ont des cha- aux, Tous les perd rons,les piquets,les \u201c D Ed rm An i teaux Embrassez vo-tre com- pa- gnie Ca fait par ie des fêtes 1- Bom Em D mm 1 A?A7 C1, bt Lu É MAL A\" Final Dans 1'temps des D É mM D A7 5 \u201cDans / temps des fêtes 2 Dans l'temps des fêtes, y'a des tempêtes, ça fait partie des fêtes ici (bis) Il a neigé, faut déneiger, il faut pelleter, pour mieux danser quand le moment sera arrivé.Faut déneiger, faut pelleter pour danser, embrassez votre compagnie, ça fait partie des fêtes ici (bis) 3 Dans l'temps des fêtes, y'a des tempêtes, ça fait partie des fêtes ici (bis) de la grosse neige, de la p'tite neige, neige mouillante, neige collante, neige brillante, étincelante, de la grosse neige mouillante, collante, embrassez votre compagnie, ça fait partie des têtes ici (bis) 4 Dans l'temps des fêtes, y'a des tempêtes, ça fait partie des fêtes ici (bis) neige mollette, neige follette su\u2019 l'bout des pieds pour mieux danser les bancs sont hauts, les cœurs ont chaud su\u2019 I'bout des pieds, sur les bancs, il f'ra chaud embrassez votre compagnie, ça fait partie des fêtes ici (bis) 48 CRÉATIONS CLAIRE-VALLÉE Saint-Sylvère, Qué.GOZ 1H0 POUR UTILISER DES RETAILLES suggestions de Françoise GAUDET-SMET Album No 1 COURTEPOINTES : 20 modèles de carrés à couvre-pieds avec patron, grandeur 9 pouces $2.00 Album No 2 POINTES FOLLES: 24 murales en couleurs et diverses suggestions 2.00 Album No 3 RAMASSE-MIETTES: 32 pages d'idées, en carrés à utiliser en beauté, à faire parler \u2026 3.00 No 4 Variétés CHAUFFE-CŒUR : pièces murales crochetées, en appliqués, au macramé, jouets, coussins, 32 pages couleurs 3.00 No 5 CLARTÉS : décorations en papier à tailler pour étoiles, lanternes, 32 pages tous détails pour fabrication maison par Samuel Brisson .3.00 No 6 «Les temps meilleurs » : Long-jeu de dix poèmes de Françoise GAUDET-SMET mis en musique et chantés par Étienne Bouchard en disque, port compris memes 8.00 No 7 en cassette, B pistes nu 9.00 No 8 AGENDA 1979 e Pour l'année de l'enfant : FECONDITES ooo 4.00 Les cahiers PAYSANA publication saisonnière $2.00 l'ex.quatre éditions par an abonnement $7.00 CREATIONS CLAIRE-VALLEE S.-Sylvère, Qué.GOZ 1H0 Ter Imprimeur : PRESSES ÉLITE INC. PE ca aia ma peer EO Slo ia = [5 Kee ai PSS fut 31 MO LA ox -\u2014 ès + + + Ah POS A «ay her LL ve Ad +5 Se ag hg E vs où * Pag Lite) - =.Te TR i pe > à agp it ila) po H ei x 5 RE = cu 4 on a 2 es NS 4 pr 25 A = pa\u201d ¥ % @, Tha Nd D a ot 3 ¢ : > me pe ?pl Ee pes G > XX EIN Si EE 4, \u2014 rs Tee 5 .Courrier de deuxiéme classe ~~ Ch 5 z ami a Ed > = x N 3 5 Mg: als 5 ve 0 La se ta \"+ SN pd / 4 WX J A, \u20ac Ve Re wh a 74) i = Ne 5 7: A ee ps 808 7 ot oo = Ci yh) ue 7.\\ 4 ot a su 2 Te ar rr Dye 2.54 7 ~ = eme Wy, Nong ok) 7 7 gr aaa me oo! ome EX dl £7 ; ; { + 2 x, Ne AE a rey aii IN F4 Ji ge pa | > * hse ES se 7 + N in RN SURE Re, Ms LE Thien RS x © 2H # te a AN y ava PE Mg =» orgy TEAR 24; À 2 7 Rie NNT = AK Qu * À I a Fn 0.eut DIRES EEE Les PY 4?ER x £0 hn, ALY i » Se Enregistrement no 4343 e.oe, fr zg, A WEL ¥ 0) x; LE «, ny : .A Ne DAS ; 7 ; Kw.a 7 ang a.peed 73 Tet fos JF ee as EE 3 ET = Fa we Rn) = \u201cisa\u201d - = 25 Mh DT Ni Wren, pa > +\u201d A 25 >, MN La Di ph en as ary TR Tom od 7 = a = > 75 on mere me.Sr.mm\u201d Patty.4 | 9 Pos = mb / re Ww a at AS Rtic re ST imme\u201d CNT] ; A LE 4 ¥.Mw rs Io a) esd \u2014_ a a se | A Eo 0), t 3 e Ex \"pret ie (> oo lf a) es 3 Red > PU a 24, IES 4 by {> nh pa Le tn Tg x e > a BZ 5 EN Lu 1 ap 251 2 LES We of vr eee px Al Wd RE a lie tt dw = pd Ce 4 + Hh de N i Spo» air PO \u2014 po ae \\ ; %, i = I 55) en 9.XN kK È re et Be Tay of e % ; .a ve à at N sa YZ ve a 4° 5 > a À, À 14 Ty rt, 2e ; > se Lu LL po mn Par n CFE CE N 3 Ww?Ry ur a» 3 + Pre we ¢ a Ne gr\" NY 1 ?be + tp a Vy nf db) pt = = .ee y CE rs Se PE y pp XP pe a À 5 = Cl BN 0 tl EX : rp Ege pres 5 Wa 2a KZ iy a £3 AP PET M va Ÿe /B À 23 2.+ WW i 5 4 °F Pe BS où t in Xe + AL LE a Pr > id st N K Li \u201c4 \u20ac 4 = «5 NA LZ > 1H LU Se \u201c % Ve A SC Fat rsa J # .\\ AR rm PI re Pay \u20ac A TON, a CA Li Cr © RH & À, 3 me US Ce\u201d pt a A ve \\N RN oy LÉ 4 GZ i ee pass = a 3 LL À rah .- ECE ale * SS hE : et \u201d Cr i RPS Rte) cote\u201d A?x AR 3 (SR rs "]
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