Actualités marines, 1 janvier 1962, Vol. 6, No 3
[" OFF I 52PL41 A2 EX.2 MINISTÈRE DE LA CHASSE ET DES actua PÉCHERIES 1164 ; HIVER 1963 Ve ar ne 3 VOLUME 6 No3 M otHa XX J) PROVINCE DE QUEBEC : Oo 7 7) Te DE cot > am NG LS = Ya x?A NI H > A It 1 i Es a (1 0.- : rz = 5% ES Ng CZ FN , Bot _ 7 ÉP \u201c ; J z : ee ay us - 7, ob A A 7, ZINA WY a VR UN > LL 2 Ly ax io =r EE EE - - rte ar oo aie es, es pp fost oe es Ces ue -\u2014 cy in Se FU ; 5 WW, ji li i! a iy = pr 0 4 | Ty, ky ik p, À i re a Ton] | NR \u201ca | ro À ie : ?ob Se ih 8, À À & 1 | a ; = A ih { i: ë a p yn ; g Hy AE ai $ 2 à 2 BUR ; ï a 3 HS 1 Ja 41% 3 4 + fa hx at ; vpn a be 544 & A i i 4 A, Si LC .4 4 ih tid ; 4 X § : = 4 i # | i ÿ 4 ji by 1 > 1° À 2 $ | we Ÿ E , - ?} it, Ÿ i ~~ £ i Cf hy ye ' ; >.a 14 à # j + + } me 5 ng à FN Ci A + i { 19 Jb 5 4 1] fi 3] i } 4 yf ¥ ; Si it + t2 ; of MBI.+ Jd ol diy ree mere REVUE PUBLIÉE PAR LE AA BONA ARSENAULT ministre MINISTERE DE LA CHASSE F ARTHUR LABRIE, D.Sc., sous-ministre ET DES PÉCHERIES : MONIQUE PLAMONDON DU QUEBEC directeur de la revue ¢ Editorial (Monique Plamondon) La radioactivité ruinera-t-elle les pécheries mondiales ?(Guy Lacroix) Le Poisson et l'homme I- Le Poisson dans la préhistoire, 1ère partie (Jean-Marie Roy) \u2026 10 Recherches en 1962 & la Station de Biologie marine (A.Marcotte, J.Bergeron, Y.Boudreault, P.Brunel, G.Lacroix) .18 Les Pêcheries Maritimes 1961 (Zéphirin Bérubé) Contributions du ministère de la Chasse et des Pêcheries du Québec, éditées en 1962 (Guy Lacroix) Index \u2014 Vol.6 La reproduction partielle ou totale des articles ou des statistiques publiés dans la présente revue est permise, mais on est prié d'en mentionner la source.Toute traduction, pour fins de publication.doit être autorisée par la direction de la revue.Ce numéro d\u2019\u201cActualités Marines\u201d a été réalisé en héliogravure.Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez vous adresser & la Direction de la revue.Ministère de la Chasse et des Pêcheries, Hôtel du Gouvernement, Québec, VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 HIvER 1962 - 1963 ÉDITORIAL Si les ressources naturelles sont diverses et nombreuses dans la province de Québec, la chasse et la pêche, sportive ou commerciale, attirent davantage l\u2019attention des observateurs que passionne la nature.Que nos forêts sauvages, nos rivières tumultueuses, nos eaux côtières soient promesses d\u2019économie balancée, grâce à une mise en valeur rationnelle, personne ne songe à le mettre en doute.Mais cette nature si féconde risque l'épuisement.Une saine planification à tous les niveaux de l\u2019exploitation paraît être l\u2019unique planche de salut et de louables efforts en ce sens ont déjà été fournis dans de nombreux secteurs.Que les hommes de science (chimistes et géologues) s\u2019occupant des problèmes relatifs à l'exploitation forestière ou minière, que ceux qui travaillent au vaste domaine de l\u2019agriculture ou de l'aménagement du territoire échangent leurs vues, qu\u2019ils discutent les résultats obtenus et surtout leurs programmes de mise en valeur avec les chercheurs en biologie marine ou en cynégétique, par exemple, voilà qui pourrait rendre les plus grands services à toute la recherche appliquée.C\u2019est du moins l\u2019opinion exprimée par tous les participants à la Conférence fédérale-provinciale sur « Nos ressources et motre avenir » (Recueil de mémoires « Les ressources et notre avenir » \u2014 tomes I, II, III.Imprimeur de la Reine, Ottawa 1961-62), première du genre dans l\u2019histoire de notre pays, tenue à Montréal à l\u2019automne 1961.L\u2019interpénétration des disciplines apparaît donc indispensable dans tout programme d\u2019expansion économique, industrielle et scientifique.Car enfin, comment concilier l\u2019aménagement des sites touristiques et les besoins plus conservateurs de l\u2019exploitation des richesses de nos eaux?Et là où une coupe de bois serait une entreprise commerciale profitable, elle signifiera peut-être la ruine d\u2019un sol déjà appauvri ou l\u2019anéantissement de longs efforts de mise en valeur du territoire.Une construction de barrage ou de centrale hydroélectrique peut poser d\u2019épineux problèmes à ceux qui se sont vu confier l\u2019aménagement de nos rivières à saumon.Il ne s\u2019agit pas d'arrêter le progrès mais bien de coordonner les recherches et les programmes.Une information adéquate et un échange de vues à tous les niveaux sont hautement souhaitables.Les études qui mèneront peut-être à l\u2019adoption de lois sur l\u2019assainissement de nos eaux en sont un exemple parmi tant d\u2019autres.Ces efforts régionaux s\u2019inscrivent dans un mouvement qui, sur un plan plus vaste, devrait être mondial.Un de nos collaborateurs, parlant de la radioactivité, nous fait d\u2019ailleurs toucher du doigt à la fois la précarité de nos moyens d'action \u2014 s\u2019ils demeurent isolés et enfermés dans un individualisme (j'allais écrire un nationalisme) étroit et mesquin \u2014 et l\u2019ampleur d\u2019un problème qui risque bien de nous engloutir.Et cela nous fait mieux constater l\u2019étroite dépendance qui existe entre les disciplines scientifiques.Car ce qui est vrai des recherches thermonuecléaires l\u2019est aussi de la recherche scientifique prise dams son ensemble.Contacts humains et échanges de vues sont indissolublement liés, tant il est vrai que l\u2019aiguillon d\u2019une recherche ou même d\u2019une découverte vient souvent de conversations personnelles à l\u2019occasion de colloques ou de congrès.La pierre d\u2019achoppement de l\u2019homme de science moderne est bien l'isolement quasi chryséléphantin dans lequel le confine sa spécialité.Il ne s\u2019agit plus d\u2019une déshumanisation du travail, mais bien d\u2019une déshumanisation de l\u2019homme lui-même.Et mous mourrons de n'avoir pas voulu voir et partager.Les lois et les forces de la mature nous enseignent pourtant toujours l\u2019échange et la coordination.Le directeur de la revue a ACTUALITES MARINES let je des ; LA RADIOACTIVITÉ RUINERA-T-ELLE LES PÉCHERIES MONDIALES?Guy Lacroix ; biologiste A STATION DE BIOLOGIE MARINE À Grande-Rivière, Gaspé-Sud.Ceux qui accusent les chercheurs de voguer dans les hautes sphères de l\u2019abstraction, de perdre contact avec la réalité \u2014 accusation parfois justifiée, il faut bien l\u2019avouer \u2014 doivent baisser pavillon devant la portée pratique de certains de leurs travaux.Avec «Un Aliment controversé : le zooplancton marin », (ACT.MAR, vol.6, no 1), M.Lacroix se penchait sur les solutions à apporter au problème de la faim.Il traite maintenant des effets de la radioactivité dans le milieu marin.Voilà bien des problèmes de notre temps.» \u201cem ; be \u201cLes découvertes scientifiques et techniques .cll - + PA A .qui poürraient en résulter pour les pêcheries mon- entraînent des répercussions politiques, sociales et économiques de plus en plus évidentes.Les applications qui en découlent placent l\u2019homme politique plus souvent que jamais dans l\u2019obligation d\u2019entériner des décisions d\u2019experts.Les citoyens, en général moins informés que les politiques, ont accepté avec docilité jusqu\u2019à tout récemment de garder devant les faits (malheureusement toujours) accomplis, un silence respectueux, confondus qu\u2019ils étaient par la complexité réelle des problèmes et par l\u2019ésotérisme, quelquefois recherché, de leur formulation.Toutefois, les suites parfois dramatiques, engendrées par certains usages de l\u2019énergie nucléaire, ont fait resurgir un nouvel état de conscience, de sorte qu\u2019il existe présentement, dans les démocraties occidentales, un embryon d'opinion publique qui ose questionner.Nous estimons ce phénomène heureux, encore qu\u2019il doive procéder surtout d\u2019un effort de rationalisation dans les relations entre les experts, les politiques et les citoyens et moins de l\u2019exploitation discutable d\u2019une émotivité instinctive qui ajouterait seulement à une ignorance déjà regrettable.Le problème de la pollution des mers par les déchets radioactifs et des conséquences graves Vor.6 \u2014- No 3 \u2014 Hrver 1962 - 1968 diales s\u2019insexit\u201d dans cet éventail de points litigieux sur lesquels des questions peuvent être posées.Pour poser ces questions, pour jeter, s\u2019il ÿ à lieu, un cri d\u2019alarme, il faut d\u2019abord avoir cerné le mieux possible les faits pertinents et en avoir évalué, au mérite, les principales implications.La mer est un réservoir de plus d\u2019un milliard de kilomètres cubes d\u2019eau.Affirmer qu\u2019on peut y jeter sans danger quelques tonnes de produits radioactifs, parce que ces produits y seront dilués des millions de fois, c\u2019est, nous le verrons, faire preuve d\u2019ignorance et d\u2019irresponsabilité, Mettre exagérément en relief la radioactivité naturelle dans laquelle nous baignons pour justifier une politique libérale de contamination des mers, c\u2019est refuser l\u2019hygiène, sous prétexte que des milliards de bactéries et de virus nous enveloppent et que nous sommes impuissants à les éliminer.Par contre, c\u2019est raisonner abstraitement et de façon simpliste que de prétendre fonder une interdiction totale d'introduire dans la mer des déchets radioactifs en se basant sur les données suivantes, pourtant exactes: 1) les éléments radioactifs sont dangereux pour la vie végétale et animale Page 3 Verra-t-on s'élargir encore sur notre monde l\u2018ombrelle de semblables champl- issus d'un bouleversement sans nom de la mer?(Explosion nucléaire sous-marine à Bikini le 25 juillet 1946 \u2014 Wide World Photos) en infimes concentrations; 2) ils ne peuvent être détruits et leur nocivité ne peut être éliminée par des transformations chimiques, comme c\u2019est le cas pour d\u2019autres éléments de pollution.Ces deux attitudes, inspirées par des données en soi valables, mais incomplètes et utilisées abusivement, peuvent satisfaire des esprits passionnés ou pris de panique, mais elles ne répondent pas, à notre avis, à une intelligence saine des problèmes en cause et ne peuvent fonder des décisions politiques nationales ou internationales.Les grandes nations l\u2019ont, semble-t-il, en partie compris, qui, depuis quelques années, manifestent une certaine prudence dans l\u2019exercice des contrôles.ofrep fle dre: popes cos décheis sadioacty La mer reçoit déjà une certaine quantité de matériaux radioactifs artificiels.Les explosions nucléaires expérimentales en eau profonde laissent dans l\u2019océan la totalité de leurs produits de fission.Quant aux matériaux de fission produits dans les explosions nucléaires atmosphériques, ils se déposent principalement dans la troposphère, d\u2019où ils retombent lentement.L\u2019on estime que les retombées de poussières radioactives à la surface des mers représentent environ 71% des retombées totales, soit la proportion du globe recouvert d\u2019eau salée\u2019! En fait, les explosions nucléaires expérimentales, pour fins militaires, constituent encore la principale source de produits de fission à pénétrer dans la mer.Ajoutons à cela que ce type de contamination, par sa nature même, comporte beaucoup d\u2019impondérables, que les contrôles exercés \u2014 par exemple le choix du temps et du lieu de l\u2019explosion \u2014 restent très partiels, et nous pourrons être en mesure de nous demander légitimement si ces essais sont rationnellement justifiables.Les accidents à court terme susceptibles de se produire, tels la contamination des pêcheurs japonais et les dommages PAGE 4 Se RE Aen causés aux pécheries pélagiques japonaises, a la suite de explosion d\u2019une bombe H à Bikini en 1954# 3, n\u2019incitent guère à faire une réponse affirmative.Cependant, il n\u2019y a pas que les militaires qui contribuent à cette pollution.Tous les réacteurs nucléaires utilisés pour fins industrielles ou médicales, pour fins de recherches physiques ou biologiques ont à éliminer des déchets radioactifs.Même si présentement ce sont surtout les méthodes d\u2019enfouissement ou d\u2019emmagasinement qui prévalent, le rejet à la mer est maintes fois utilisé.Ces déchets n\u2019y sont pas jetés à tout hasard.Au contraire, les contrôles sont des plus stricts et jusqu\u2019à présent, l\u2019on a choisi, après des études intensives, des régions où l\u2019on espérait une dispersion optimum des dépôts et un isolement suffisamment permanent.Il suffit de passer en revue tous les travaux océanographiques et biologiques réalisés avant la mise en opération de l\u2019usine nucléaire de Windscale, en Grande-Bretagne\u2018, pour constater que la question fut envisagée sérieusement et à grands renforts de précautions.En outre, les installations nucléaires civiles ne sont pas encore très nombreuses et, de l\u2019avis des meilleurs océanographes américains préoceupés par cette question, l\u2019élimination de leurs déchets radioactifs ne posent pas actuellement de problèmes majeurs.Toutefois, l\u2019on doit s\u2019attendre à ce que ces problèmes majeurs se posent très bientôt.La recherche de nouvelles sources d\u2019énergie est en voie de devenir un impératif pour plusieurs pays.Une dépêche récente de Washington®! fait état d\u2019une opinion émise par la Commission de l\u2019Énergie atomique suivant laquelle, d\u2019ici la fin du siècle actuel, la moitié de l\u2019énergie produite aux États-Unis sera d\u2019origine nucléaire.« L'énergie nucléaire peut et doit apporter une contribution importante et, en définitive, vitale pour faire face à nos besoins d\u2019énergie à long terme », souligne le rapport des commissaires de la C.E.AÀ.Par ailleurs, des calculs ont démontré que si seulement 10% de l\u2019énergie requise pour fins civiles provenait de réacteurs nucléaires (à rendement de 50%), la quantité de produits de fission à rejeter pourrait être de 1.6 fois supérieure à la radioactivité naturelle totale de l\u2019océan!\u2018\u2019, Il y a donc, de ce côté, un danger potentiel, qui mérite sans aucun doute une considération immédiate.Le «mon licet » proféré aux conférences internationales par les océanographes soviétiques, les études poursuivies depuis quelques années par différents ACTUALITES MARINES comités de l\u2019Académie des Sciences des États- Unis, les efforts répétés de l'UNESCO pour désamorcer les approches passionnelles de ces problèmes, suffiront-ils pour prévenir des décisions imprudentes, des gestes hâtifs ?£2 gr \u2019- _ .FESONSEN Asi (sit, Toute méthode d\u2019écartement de déchets radioactifs est orientée vers l\u2019un ou l\u2019autre de ces buts: disperser ou isoler.Par définition, ce qu\u2019on appelle isotope radioactif est un isotope instable, se désintégrant constamment en émettant des particules (« ou B) ou des photons (y).Ces désintégrations constituent l\u2019activité ionisante de l\u2019isotope.Plus le nombre de désintégrations par unité de temps est élevé, plus l\u2019activité ionisante \u2014 et par conséquent le danger potentiel \u2014 est grande.Pour un même taux de désintégrations, tous les isotopes radioactifs ne sont pas également dangereux pour l\u2019organisme vivant, puisque l\u2019on considère que les émetteurs a sont plus dommageables que les émetteurs B, et ces derniers, plus que les émetteurs de photons y.On caractérise également un isotope radioactif par sa période, c\u2019est-à-dire le temps au bout duquel la moitié de ses noyaux se sont désintégrés.La période peut être dans certains cas très brève (une fraction de seconde, quelques jours, quelques années), dans d\u2019autres, elle est très longue (plusieurs milliers d\u2019années).Le plutonium-239 a une période de 24,400 ans; le strontium-90, de 19.9 ans seulement.Ces trois facteurs \u2014 taux de désintégrations, type de particules émises et période \u2014 entrent en ligne de compte quand on entreprend de se débarrasser de déchets radioactifs.On devra isoler plus sûrement et plus longtemps des isotopes radioactifs qui émettent des particules a ou 8, ceux dont l\u2019activité ionisante est très grande ou les périodes très longues.La concentration des substances radioactives dans le milieu étant un facteur déterminant du danger encouru par les êtres vivants, on devra, quand il est impossible d\u2019isoler, chercher à obtenir une dispersion maximum.La mer, par son gigantesque volume de solvant, par ses courants qui agitent, transportent et mélangent des millions de particules ou d\u2019organismes, par ses fosses, refuges obscurs et lointains, ne s\u2019offre-t-lle pas pour remplir ces deux fonctions: disperser et isoler ?VoL.6 \u2014- No 3 \u2014 HIVER 1962 - 1963 Terrible beauté, beouté qui n'a rien de gratuit.présage de fous les malheurs omme de tant de grandes oeuvres.(Explosion nucléaire sous-marine à Bikini le 25 juillet 1946 \u2014 Wide World Photos) DIE - {the 5 points er eng Od aphi.or Vike La vitesse moyenne et la direction des grands courants océaniques sont choses connues.Le sort des déchets radioactifs introduits dans l\u2019un ou l\u2019autre de ces courants peut être en partie déduit, au moins qualitativement.La dispersion, et par suite la dilution, pourra se faire assez rapidement, tant verticalement qu\u2019horizontalement.Des études ont même démontré que des produits de fission reçus par les eaux de surface pouvaient se distribuer uniformément jusqu\u2019à 100 mètres de profondeur dans seulement 28 heures\u2018, Les océanographes japonais ont pu, peu de temps après l'explosion nucléaire de Bikini, déceler la présence de radioactivité jusqu\u2019à une profondeur de 200 mètres, à plus de 2000 kilomètres de l\u2019atoll de Bikini\u201d, Il y a donc transport rapide et diffusion dans la couche de surface dans un temps très bref.Mais de tous ces matériaux radioactifs introduits dans l\u2019océan, en un lieu donné, quelle proportion est dispersée ou diluée suffisamment pour prévenir tout danger ?Cette question ne peut actuellement recevoir de réponse numérique.Trois mois après l\u2019explosion de Bikini, les navires de recherches japonais rapportaient la présence d\u2019une immense nappe d\u2019eau contaminée qui dérivait autour de l\u2019atoll de Bikini\u201d, Si le transport rapide des matériaux radioactifs est un atout important pour la dispersion, il constitue en même temps un danger, car il est possible qu\u2019une partie de ces matériaux soit entraînée où l\u2019on ne voudrait pas.On connaît peu, en effet, les courants secondaires ou transitoires, capables de faire diverger de la voie prévue une partie du flot des déchets radioactifs.Ce problème est d\u2019envergure dans le cas des déchets provenant des explosions nucléaires expérimentales, alors que les retombées se font sans contrôle.PAGE 5 At ; ab CoE 8 = A i * ÿ be Cy ald en Es ! RS BA : e + For py 3 ; 3 ji ; Cy a « \u2014\u2014 Ta rd id 7 rots at SEM pre \u20183.ha \u201cen ae py, Mri) ised Ef \u2014 it RL > À Som res, pe = Taree al fo = a app\u201d cure a ee | tf \u2014 \u2014\u2014\u2014_.NA ass eT Sin ES LT \u2014\u2014 esd J serge pee pase IIS 5a an nee me.= ei am + \u2014 \u2014\u2014 \u2014= A in ng = \u2014\u2014 VRC LA I a a rage \"ne CANE ne \u2014 ars \u2014 = Perte Pere \u2014\u2014 0 LUF, allie.\u2014\u2014 age pa ce | [= i\u201c \u2014\u2014 2200 -~\u2014 et Ci [eve gp\" men pare - sn _ EN ins \u2014 \u2014\u2014 PE lL \u2014\u2014 Yt ay P-L 2 re prin \u2014 yo - > = gr iB _ æ = [a De J agp mi : ee 5252 er 08 9g + * - ~~ À = 5 2 = | or or Eas Es ; a Corea ay | - = TA i À key i hd \u20ac on > .EE - t = ; po i Hit HL Sa i APN PP - \u201ceo, ~ = - A \u2014 = UP.I» iH a - Jil Sr = =.hi rg SJ ag nh 4 ke H 7 =§> 3 pré +?a 4 pt = mm ve Piel er S re > Nm ee A oll.# = = fy ~~ ix 5 à x +g lH £5 (LTH 221 LL STDC essanf reno, llement.-» a À 25% 11 i hd [AU rire es § gs Ex ¥.M \u201c2.AA on & ror] Fil Cu province de Québec, N.ha 5 > 3 tt ) Pour les produits de fission de faible activité provenant des réacteurs nucléaires, le problème subsiste, mais dans une mesure moindre, car on procède toujours, après, à une étude océanographique régionale du lieu de rejet des déchets.Il convient ici de souligner qu\u2019une partie restreinte de la masse d\u2019eau seulement sera utilisée pour disperser ou diluer les déchets radioactifs reçus par les eaux de surface.En effet, la couche de surface, dont l\u2019épaisseur peut varier de 75 à 100 mètres en plein océan, est séparée de la couche profonde par une barrière qu\u2019on appelle « couche de discontinuité».Il n\u2019est pas dans notre propos d\u2019expliquer en quoi consiste exactement cette couche de discontinuité, mais notons seulement qu\u2019elle prévient le libre mélange entre la couche de surface et la couche profonde, de sorte que la quantité d\u2019eau offerte pour la dilution ou la dispersion des substances radioactives est très limitée.En ce qui concerne les eaux côtières, la situation est encore plus délicate.Les eaux côtières constituent la partie de la mer qui est la plus fréquentée par les hommes; ils y naviguent, y puisent une forte proportion de leurs aliments marins et y trouvent souvent les moyens d\u2019occuper leurs loisirs.Bien qu\u2019il soit admis que la dispersion est souvent plus rapide dans les eaux côtières qu\u2019en plein océan, notamment à cause de la turbulence qui accélère le processus de mélange et de diffusion, la circulation des masses d\u2019eau n\u2019y est pas encore parfaitement comprise en détail, de sorte que chaque cas doit être étudié spécifiquement.C\u2019est d\u2019ailleurs là la motivation d\u2019une recommandation d\u2019un comité de l\u2019Académie des Sciences des États-Unis qui s\u2019est penché sur cette question: « Prior to start of disposal operations a survey of an area must be made to determine details of local circulations.»®, On peut d\u2019ailleurs se faire une idée de la complexité des phénomènes de circulation dans les eaux côtières en énumérant quelques-uns des paramètres qui entrent en ligne de compte: la configuration de la côte, la présence d\u2019estuaires, la topographie et la nature du fond, les courants de marée, l\u2019incidence et la fréquence des tempêtes, ete.Ii semble qu\u2019on ne pourra procéder à la vidange économique et prudente des déchets radioactifs dans ces eaux qu\u2019au moment où il sera possible de formuler mathématiquement leurs phénomènes de circulation et pouvoir ainsi prédire le sort des matériaux qu\u2019on leur confiera.VoL.6 - No 3 \u2014 Hiver 1962 - 1963 Si la dispersion par les courants et la diffusion dans la couche de surface ne fournissent pas de réponse définitive à la question du rejet dans la mer des déchets radioactifs, peut-on penser que les fosses océaniques pourraient les isoler, au moins jusqu\u2019au moment où leur activité sera suffisamment réduite ?Une double prémisse est à la base de cette suggestion: 1) aucun des animaux de grande profondeur n\u2019est l\u2019objet d\u2019une pêcherie commerciale; 2) la circulation et le mélange sont si lents dans les grandes profondeurs que les substances indésirables y seront réellement isolées.Lors d\u2019une conférence internationale réunie à Monaco en 1959 sous l\u2019égide de l\u2019Agence internationale de l\u2019Énergie atomique et de l'UNESCO, certains océanographes américains auraient parlé d\u2019un isolement possible de 1500 ans, alors que les océanographes soviétiques affirmaient que des substances radioactives introduites dans la couche profonde apparaîtraient dans la couche de surface dans moins de 45 ans\u201c.Une telle divergence de vues met à jour notre ignorance des phénomènes de circulation des eaux profondes.Il n\u2019en reste pas moins que les soviétiques ont pu faire la preuve de variations importantes, en peu d\u2019années, dans les caractéristiques physiques de l\u2019eau de mer en grande profondeur, variations qui ne peuvent se produire que sous l\u2019influence d\u2019une circulation et d\u2019un mélange relativement rapides!!°, Est-il possible de disperser rapidement, de diluer suffisamment ou d\u2019isoler réellement des substances radioactives dans la mer ?À cette question, les physiciens-océanographes ne peuvent donner qu\u2019une réponse mitigée et fortement restrictive, qui appelle toutes les prudences.Il est d\u2019ailleurs réconfortant pour ceux qui s\u2019intéressent aux pêcheries de constater que les océanographes, appelés à se prononcer officiellement sur ces problèmes, mesurant sans doute la portée de leurs interventions, prennent des attitudes très conservatrices.Su.agées ss faOdaies d'ecéonceraphie physique Les biologistes n\u2019affichent pas une prudence moindre.Si les évaluations quantitatives ne sont pas toujours aussi nombreuses qu\u2019il le faudrait en océanographie physique, la situation est beaucoup plus obscure encore en océanographie biologique.Les études quantitatives, qui précèdent de beaucoup la mathématisation et l'interprétation PAGE 7 ms ras théorique, se font depuis peu en écologie marine, et il est bien peu de phénomènes biologiques et écologiques dans la mer qui peuvent être l\u2019objet de prédictions quantitatives sérieuses.En regard du problème qui nous occupe présentement, il est cependant trois faits importants dont nous avons tout au moins une connaissance semi-quantitative: 1) les organismes marins absorbent certains matériaux radioactifs de leur milieu; 2) les organismes marins concentrent certains de ces matériaux, dans certains cas plusieurs milliers de fois; 3) des organismes marins transportent ces matériaux à des distances considérables.Pour suivre le cheminement des substances radioactives dans la biosphère marine, il faudrait repasser dans le détail les chaînes alimentaires\u201c, ce qui sortirait certes des cadres de cet article.Sans entrer dans ces détails, retenons que ce cheminement peut se faire du plancton végétal au plancton animal et du plancton animal aux poissons et invertébrés benthiques, et fournissons quelques exemples de nature à illustrer ces trois phénomènes ci-haut mentionnés.Les organismes du zooplancton sont en grande partie des filtreurs, d\u2019où une aptitude particulière à ingérer des matériaux, radioactifs ou pas, sous forme aussi bien ionique que particulaire ou colloidale.De plus, la répartition proportionnelle des éléments requis pour leur survie, leur croissance et leur reproduction, n\u2019est pas identique à la répartition proportionnelle de ces éléments dans le milieu marin.Ils excrètent donc les éléments indésirables ou inutiles pour eux, mais concentrent ceux qui leur sont utiles ou nécessaires.C\u2019est pour cette raison que la quantité relative d\u2019un élément présent dans un organisme zooplanctonique peut être plusieurs milliers de fois supérieure à ce qu\u2019elle est dans l'eau de mer environnante.Ceci vaut tant pour les éléments radioactifs que pour les éléments non-radioactifs.C\u2019est ce qui explique, par exemple, qu\u2019on ait trouvé une radioactivité de 500 à 10,000 fois plus grande dans des échantillons non triés de zooplancton que dans un poids égal d'eau de mer\u201c, Les organismes du zooplancton ne font pas que concentrer les substances radioactives; ils les transportent.Ils les transportent dans leurs migrations horizontales passives, au gré des courants, mais aussi dans leurs migrations verticales actives.Ainsi, les Euphausides, dont certains sont des filtreurs efficaces, sont capables de concentrer plusieurs éléments radioactifs!) et font des migrations verticales extensives, transportant ainsi Page 8 NUN PRR rE IRRS SHEE ee - nes des substances radioactives des couches profondes vers les couches de surface et vice-versa.Des mécanismes biologiques comme ceux-là sont susceptibles de neutraliser, tout au moins en partie, les heureux effets de dispersion, de dilution ou d'isolation que les seules conditions physiques auraient pu réussir à produire.La mer est remplie d\u2019organismes migrateurs qui, soit dit en passant, ne respectent ni les eaux territoriales, ni les frontières nationales.Certains d\u2019entre eux font des migrations assez spectaculaires.Un poisson anadrome, comme le Saumon, peut parcourir dans ses migrations des centaines de milles.Un Saumon, étiqueté dans la Grande Rivière, en Gaspésie, fut récemment retrouvé au Groenland (Julien Bergeron, communication personnelle).D\u2019autres poissons, comme le Hareng, dont les populations sont énormes, font des migrations horizontales et verticales importantes.Non seulement les organismes marins peu- vent-ils véhiculer les substances radioactives re- concentrées par eux, mais ils peuvent en être eux-mêmes les victimes.En poussant les choses à l\u2019extrême, on pourrait penser à une catastrophe biologique, par laquelle des espèces commerciales de poissons seraient mises en état d\u2019infériorité, sous l'influence d\u2019accidents génétiques provoqués par la radioactivité.De ces quelques notes sur l\u2019aspect biologique du problème, il doit ressortir que les organismes vivants jouent un rôle de concentrateur et de vecteur des isotopes radioactifs, mais que les effets de ce rôle, à l'échelle des populations, sont encore peu compris.Les faits connus jusqu\u2019à présent, et dont nous avons à peine fourni quelques exemples, vont tous dans la même direction: les êtres vivants marins, loin de contribuer à disperser, diluer et isoler les déchets radioactifs dans la mer, agissent exactement en sens contraire.Il est possible qu\u2019une connaissance plus étendue des phénomènes biologiques et écologiques, jointe à des informations plus précises quant à l\u2019effet des radiations ionisantes sur les êtres vivants marins et terrestres, nous amène à reviser les attitudes prudentes et sévères d\u2019aujourd\u2019hui, mais nous n\u2019en sommes pas encore là.Conclusions Les pages précédentes avaient plus pour but de mettre en relief la complexité des problèmes posés par l\u2019utilisation actuelle ou future de la mer ACTUALITÉS MARINES ha *® > , Le, a 2.se 7 pi n a 6 Li ™ WW 0, Jy &, ay) nity # 2 Au (es ~ sept a * de v >, - a Ie À - x \u2018> FY 0 Ios i I 1.9 wr\u201d £ \\a 44 i Ve 4 IX 4 pont * Cu a ES >», \u20ac 4 \u2018p WW 74 Xe x 5 * > 4 + » it : 314} » y x I «3, ) 2 § \u201c| ¥ Gé : pe .= 3 wR = SN, : » ¥.> $ aS A A \u2018 vd We À 4] 3 ?ra WC Bt A ; NY 5 Y REE) ng \u20ac, N ; ÿ > {(Diapositive : Camille Bazin, Québec} Splendeur bleutée du maquereau, réponse inlassable de la mer a la quête des harpons et des filets.Quand la mouche ou le ver n'éveilleront plus de résonnance au creux des abris de roche, que les filets ne ramèneront que monstres et débris, où sera notre gain ? wt ma, = oy Lo en = Le us à Le ag rt pore Le 253 uc eee se a 053 ere , G oer $a EE = _\u2014 © RTs ee qu SG ARE _ 5 io 2 77 a cs ot 2: Le = ae on 252 rep a Te 3 = Ei oy Sa 2 = PS SHE z= 53s ar x 8 3 RE 2 = ri Bx i A = cu x EER x x NEA.\u2014 2 A = = = Es ) ih à Ÿ À É 2 5 % = comme dépotoir de déchets radioactifs que de faire une synthèse complète de tous les éléments connus ou à connaître des solutions proposées.Nous y avons d\u2019abord admis que les substances radioactives constituent un danger pour les êtres vivants.Nous avons également vu qu\u2019il est impossible d\u2019utiliser l\u2019énergie nucléaire, sans qu\u2019il faille éliminer des substances radioactives indésirables et que la mer semblait, sous certains aspects, un lieu propice pour les y déposer.Cependant, il nous a semblé de plus en plus évident, en repassant les études, les commentaires et les recommandations des océanographes qui se sont penchés sur cette question, que les données actuelles de l\u2019océanographie, tant physique que biologique, ne justifient qu\u2019un usage prudent et parcimonieux de la mer à cette fin, car autrement il y a risque de nuire considérablement aux pêcheries mondiales.Quantités très petites de déchets, contrôles rigoureux avant, pendant et après les rejets à la mer, utilisation de contenants éprouvés, telles sont les expressions qui reviennent le plus souvent à la bouche de ces experts.Les essais nucléaires sous l\u2019eau ou dans l\u2019atmosphère, en introduisant dans la mer des substances radioactives en quantités considérables sans contrôle réel, ne réalisent pas ces conditions.Nous estimons personnellement qu\u2019ils constituent un geste irrationnel et condamnable.Quant à l\u2019introduction de déchets radioactifs provenant des réacteurs nucléaires utilisés pour fins civiles, nous ne croyons pas qu\u2019il y ait lieu de s\u2019en alarmer, car dans l\u2019ensemble, elle est faite avec beaucoup de circonspection.Nous ne pouvons cependant que souhaiter vivement voir s\u2019agrandir le champ des connaissances océanographiques fondamentales, afin qu\u2019on puisse décider en toute connaissance de cause jusqu\u2019où on peut aller et à quel moment on doit s\u2019arrêter.La tâche est immense, comme le souligne l\u2019océanographe américain Roger Revelle: \u201cIn the next decade we should attempt to learn far more about the ocean and its contents than has been learned since modern oceanography began 80 years ago\u201d.!\" ERRATUM A la question que pose le titre de cet article, nous pouvons maintenant répondre dans la négative, conditionnellement: 1) si nous évitons une guerre nucléaire, ce qui serait certes plus possible en trouvant une formule convenable de désarmement nucléaire au plus tôt; 2) si les essais nucléaires sous l\u2019eau et dans l\u2019atmosphère sont immédiatement suspendus; 3) si les rejets de déchets nucléaires civils sont sous contrôle international; 4) si les mesures restrictives actuellement en vigueur dans ce domaine ne sont élargies qu\u2019à la suite de recommandations strictement scientifiques, et non sous la pression économique et financière.RÉFÉRENCES 1.Revelle, R.and M.B.Schaefer, 1957.General considerations concerning the ocean as a receptacle for artificially radioactive materials.U.S.Nat.Acad.Sci, Publ.no.551: 1-25.2.Miyake, Y., Y.Sugiura and K.Kameda, 1955.On the distribution of the radioactivity in the sea around Bikini Atoll in June 1954.Rec.oceanogr.Works Japan, 2 (1): 34-44.3.Capron, P., 1956.La bombe à hydrogène.Revue des Questions scientifiques, 127 (5me sér., tome 17) : 5-19.4.Waldichuk, M, 1961.The pollution problem arising from the disposal of radioactive materials.Fish.Res.Bd.Canada, Manuser.Rep.Ser.(Oceanogr.and Limn.), no.100: 1-30.5.La Presse, 23 novembre 1962, p.5.6.Wooster, W.S.and B.H.Ketchum, 1957.Transport and dispersal of radioactive elements in the sea.U.S.Acad.Sci.Publ.no.551: 43-51.7.Miyoshi, H., S.Hori and S.Yoshida, 1955.Drift and diffusion of radiologically contaminated water in the ocean.Rec.oceanogr.Works Japan, 2 (2) : 30-36.8.U.S.National Academy of Sciences, Publ.no.655: 1-37 (Radioactive waste disposal into Atlantic and Gulf coastal waters).9.Vichney, N., 1960.Un problème non résolu: l\u2019élimination des résidus radioactifs La Nature, no 3297: 10.Bogorov, V.G.and E.M.Kreps, 1959.Concerning the possibility of disposing of radioactive waste in ocean trenches.Progress in nuclear Energy, ser.XII, vol.I (Health Physics), pp.583-590.11.Nous renvoyons le lecteur intéressé à la série d\u2019articles intitulée: DE LA DIATOMÉE À LA MORUE, parus dans Actualités marines, vol.3, no 8; vol.4, no 1; vol.4, no 2.12.Martin, D., 1958.The uptake of radioactive wastes by benthic organisms.Proc.9th Pac.Sci.Congr., 16: 167-169.13.Osterberg, C., 1962.Fallout radionuclides in Eu- phausiids.Science, 138 (3539): 529-530.La dernière livraison de la revue \u201cActualités marines\u201d n\u2019a pas fait mention du nom de M.Neuville Bazin de l'Office du Film du Québec à propos du hors-texte.Le Bureau de la rédaction tient à s\u2019en excuser auprès de M.Bazin et profite de l\u2019occasion pour le remercier de sa collaboration.VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 HIVER 1962 - 1963 PAGE 9 Dessin de présentation : Clef de voûte aux Trois Poissons de l'église de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône).Exécution de M.PAUL VOÉVODINE d'après La Vie des animaux, Tome | (Larousse).Le poisson dans la préhistoire Quel rôle le poisson a-t-il joué dans la vie de l\u2019homme dès l\u2019origine ?Voilà une lointaine étape qu\u2019évoque pour nous M.Roy dans le premier d\u2019une intéressante série d'articles que nos lecteurs accueilleront avec enthousiasme, leur valeur étant incontestable.Si loin qu\u2019on remonte par l\u2019imagination dans la nuit des temps, on ne peut séparer le poisson de l\u2019activité humaine, toute primitive qu\u2019elle fût.En effet, comment douter de cette relation continuelle entre l\u2019Homme préhistorique, conduit par une nécessité vitale à pratiquer la pêche, et ce monde des eaux qui, en lui fournissant sa subsistance, répond à l\u2019une des grandes préoccupations de sa vie ?Quand l\u2019Homme a-t-il commencé à se nourrir de poisson ?Quels moyens a-t-il utilisés en premier pour se le procurer ?De quelle façon et quand a-t-il été amené à fabriquer les hameçons, les harpons, les filets et autres engins de pêche ?Il serait présomptueux de vouloir répondre avec certitude à ces questions.Les documents qui, grâce à la paléontologie, à la géologie et à l\u2019archéologie, permettent de retracer les phases de Pace 10 la préhistoire, ne portent que sur une période de temps relativement courte par rapport à l\u2019apparition de l'Homme (déjà précédé par les Homi- niens), que la Science date de 600,000 ans et même plus.Or, les harpons et les hameçons découverts jusqu\u2019à maintenant parmi les vestiges du Paléolithique ne datent que de l\u2019Aurignacien, autrement dit du début de l\u2019Âge du renne, soit au plus 30,000 ans avant notre ère.C\u2019est à peu près au même temps que remonte la représentation pariétale de scènes de pêche dans une des grottes d\u2019Espagne \u2014 la Cueva de los Casares \u2014, habitée durant l\u2019Aurignaco-Périgordien.Enfin, en plein Sahara, au voisinage du massif du Hog- gar ainsi qu\u2019aux confins du désert et du Soudan, on a trouvé des dépôts composés de nombreuses arêtes de poissons, avec des coquilles de mollusques, des harpons et même ce qui semble des poids pour les filets de pêche; ces vestiges re- ACTUALITÉS MARINES montent au temps où l\u2019emplacement actuel du désert était occupé par la forêt ou la steppe et parcouru de cours d\u2019eau ; l\u2019on peut considérer ces restes comme les plus anciens en rapport avec le poisson et la pêche, puisqu\u2019ils dateraient d\u2019environ 50,000 ans.Par-delà ces preuves matérielles, toute affirmation sur les relations entre l'Homme et le poisson n\u2019est que pure hypothèse.Toutefois il est permis d\u2019utiliser dans ce domaine, comme on l\u2019a fait pour d\u2019autres aspects de la préhistoire, le témoignage de l\u2019ethnographie, qui nous éclaire un peu sur les hommes vivant à l\u2019âge de la pierre ancienne: en effet, le mode de vie des primitifs actuels reflète plus ou moins fidèlement celui de l\u2019Homme préhistorique.Comment n\u2019être point frappé, par exemple, par la ressemblance entre les armes de jet \u2014 harpons, javelots, propulseurs \u2014, dont se servent pour la pêche certaines peuplades actuelles d\u2019Australie ou d\u2019Amérique du Sud et celles qu\u2019on retrouve dans les dépôts paléolithiques ?Entre les cités lacustres de l'Afrique et les palafittes de la préhistoire ?Et l\u2019on ne peut qu\u2019être tenté de rapprocher ce phénomène d\u2019alternance qui marque la vie de l\u2019Esquimau \u2014 dispersion de l\u2019été et concentration de l\u2019hiver \u2014, avec celui qui anime les groupes paléolithiques dont les déplacements et stationnements, attestés par les vestiges des campements, sont en relations étroites avec la recherche du gibier et du poisson.Il ne faut jamais oublier cependant que ces comparaisons, si instructives soient-elles, restent approximatives et que leur caractère conjectural assigne une limite obligatoire aux incursions de l\u2019ethnographie dans le domaine de la préhistoire.Toutes réserves faites, il est permis de supposer, par exemple, que l'homme préhistorique, comme les indigènes actuels, a commencé par se servir de ses mains nues pour capturer le poisson.Ce mode de pêche qui exige une grande habileté était, en raison de sa simplicité, à la portée de l\u2019homme paléolithique, dont la lutte constante pour la vie développait l\u2019adresse et l\u2019ingéniosité.Pour citer un autre exemple qui révèle comment l\u2019ethnographie peut nous éclairer sur la préhistoire, rappelons que certains peuples primitifs actuels \u2014 tels les Orang Semang de Malacca \u2014 n\u2019utilisent que le bois comme outillage, et particulièrement le bambou: or, c\u2019est là une matière extrêmement périssable et dont il est difficile de croire qu\u2019elle puisse se conserver durant des millénaires.Il est'permis de penser que le bois fut VoL.6 - No 3 \u2014 HivER 1962 - 1963 utilisé durant la préhistoire pour la fabrication de harpons ou d\u2019hamecons.N\u2019a-t-on pas trouvé, dans certaines grottes, des pointes d\u2019épieu parmi de nombreux os d\u2019éléphants antiques ?« Pour rares que soient ces faits, dit M.l\u2019abbé Breuil, ils suffisent cependant pour rappeler quelle absence grave d\u2019informations la disparition du bois représente pour la reconstitution des milieux primitifs.» Enfin, dans certaines régions du globe où la pierre et le bois sont rares ou manquent presque totalement, il est possible qu\u2019avant la pierre, l\u2019os ait fait partie de l'outillage primitif et que bien des instruments de pêche fort anciens soient ainsi disparus, sous l\u2019action d\u2019agents climatiques et chimiques défavorables ou comme aliments des Rongeurs et des Carnassiers.Cependant on peut affirmer, d\u2019après les vestiges trouvés là où les conditions étaient favorables à leur conservation \u2014 dans les grottes, par exemple \u2014, que l\u2019industrie de l\u2019os a toujours accompagné, sinon précédé, celle de la pierre.Quoi qu\u2019il en soit, on trouvera des traces de l\u2019une et de l\u2019autre, dans la période qui nous intéresse et qui s\u2019étend sur une durée de 400 à 450 siècles.Cette période comprend le Paléolithique supérieur (Leptolithique), le Mésolithique et le Néolithique qui aboutit aux âges du bronze et du fer.On entre ainsi dans la protohistoire.Naturellement quand on tente de fixer les limites de la Préhistoire, il faut se rappeler que la chronologie varie avec les diverses régions du globe.Ainsi le Néolithique, qui semble se terminer en Égypte vers le sixième millénaire avant Jésus- Christ, se prolonge encore 3,000 ans en Crète.Il vient à peine de finir en Thessalie, au XVIe siècle avant Jésus-Christ, que déjà les Pharaons de la XVIIIe dynastie font construire le temple de Karnak.Trois mille ans plus tard, en pleine Renaissance, les explorateurs qui débarquent en Amérique du Nord y trouvent les Peaux-Rouges qui chassent le bison avec des flèches en silex ! Bien plus, à Page des satellites de l\u2019espace et de l\u2019énergie nucléaire, des tribus de l\u2019Australie et de l\u2019Amérique du Sud pratiquent encore la pêche à l\u2019aide de l\u2019arc et de flèches à pointe en os ou en silex ! Ainsi la Préhistoire, qui se perpétue en quelque sorte au milieu de la civilisation actuelle, s'est-elle écrite à un rythme qui diffère avec les lieux et les peuples.La Préhistoire dont il est question ici est celle qui s\u2019est déroulée en Europe, au Moyen Orient et en Afrique du Nord.Déjà PAGE 11 RE EEE SEE EE au début de cette époque, c\u2019est-à-dire au Paléolithique supérieur, l'Homme avait acquis les caractères généraux des races actuelles, présentant un mélange d\u2019éléments négroïdes, éthiopiens, blancs et probablement jaunes.Cette humanité était représentée, en Europe, par trois types principaux: la race de Cro-Magnon, celle de Grimaldi et celle de Chancelade.Les groupes d\u2019Afrique, d\u2019Asie mineure et d'Orient se rapprochent plus ou moins de ces trois types.Les témoignages qui permettent en toute certitude d\u2019établir les relations de l'Homme préhistorique avec le Poisson peuvent être rangés en trois catégories: les instruments et engins de pêche ; les débris de poissons provenant des reliefs de cuisine ou des foyers des troglodytes; enfin les représentations du Poisson dans l\u2019art préhistorique: gravure, sculpture et peinture.Cop irs oh free Foe Bien qu\u2019on ne puisse établir de succession rigoureuse dans les procédés utilisés, durant la préhistoire, pour la capture du poisson \u2014 ces procédés apparaissant en des lieux divers à des époques différentes et pas toujours dans le même ordre \u2014, il y a certes des méthodes de pêche qui semblent plus anciennes que d\u2019autres.Ainsi en est-il de l\u2019épieu, dont l\u2019usage remonte au moins à l\u2019Aurignacien.Formé d\u2019une pierre tranchante \u2014 le plus souvent de silex \u2014 fixée à un manche de bois, il a pu servir tant pour la pêche que pour la chasse.De là au javelot, il n\u2019y avait qu\u2019un pas à franchir.Le javelot fut lancé à la main d\u2019abord, puis au moyen du propulseur, dont l\u2019invention marquait un réel progrès dans la précision du lancer.On sait en quoi consiste cet instrument encore en usage pour la chasse et la pêche chez certaines peuplades d\u2019Australie et d\u2019Amérique du Sud: c\u2019est un bâton plus ou moins cylindrique, muni sur sa longueur d\u2019une rainure qui sert à guider le javelot.Les fouilles archéologiques ont conduit à la découverte d\u2019un grand nombre de propulseurs.On les rencontre particulièrement aux niveaux stratigraphiques III et IV du Magdalénien\"\"!, qui correspondent à l\u2019apogée de l\u2019âge du Renne.C\u2019est surtout les ramures de cet animal qu\u2019on utilise pour fabriquer les propulseurs, dont certäins vont mériter par leur décoration la désignation d\u2019oeuvres d\u2019art; divers animaux y sont gravés ou sculptés en ronde-bosse: bisons, bouquetins, mammouths, rennes, renards, poissons, etc.Les propulseurs à large palme, dits « à crochets », sont faits d\u2019un andouiller de renne s\u2019évasant au sommet en empalmure, celle-ci étant sculptée en forme d\u2019animal.C\u2019est surtout dans les Pyrénées qu\u2019on a trouvé les mieux conservés; les autres viennent de Bruniquel (Tarn-et- Garonne) et de la Madeleine (Dordogne).Les propulseurs cylindriques fabriqués à même les tiges de jeunes ramures abondent à la fin du Magdalénien IV, particulièrement à Bruniquel et à la Madeleine.Par contre, le propulseur est déjà disparu au Magdalénien VI.Entretemps, le javelot, né de l\u2019épieu à tête en silex pointu, s'est perfectionné.La pierre a fait place à l\u2019os qui, taillé et poli, donne des (1) Comme on le sait, on distingue les diverses phases du quaternaire par les industries, ou, si l\u2019on préfère, par les types d'outils retrouvés dans les diverses assises mises à jour par les fouilles.Leur nom vient de l\u2019endroit où un type donné fut révélé en premier ou qui caractérise le mieux ce type: ainsi l\u2019Aurignacien a-t-il été nommé d\u2019après la grotte d\u2019Aurignac (Haute-Garonne), le Magdalénien d\u2019après celle de la Madeleine, et ainsi de suite.Le Magdalénien se subdivise, à son tour, en six niveaux désignés par des chiffres romains.asie Page 12 ACTUALITES MARINES et 0 4 EL FE Pr rey D> ama eres pointes plus affinées, puis, \u2014 invention remarquable \u2014, apparaît la barbelure, ou ardillon, qui maintient la pointe dans la chair du poisson et empêche le décrochage.Durant le Magdalénien, l'Homme améliore en général ses outils \u2014 perçoirs, racloirs, burins \u2014 et en découvre de nouveaux.C\u2019est ainsi, par exemple, que l\u2019apparition de l\u2019aiguille à chas marque à ce moment une étape importante dans l\u2019histoire de l'Humanité.C\u2019est du principe même de cette aiguille que s\u2019inspirera un autre perfectionnement du javelot; percé d\u2019un trou, il sera muni d\u2019une corde et deviendra de la sorte le harpon.Ainsi, quand le poisson est accroché, le pêcheur peut le suivre, le laisser s'épuiser complètement, puis le ramener; cette méthode permet la capture de plus grosses pièces et ce d\u2019une plus grande distance.Naturellement, on n\u2019a pas retrouvé les cordes des harpons: faites de lanières de peau ou de fibre végétale, matières périssables, elles ne pouvaient laisser de traces après des millénaires.Mais leur existence ne peut être mise en doute: en effet, les trous, les tubercules ou les rainures remarqués sur les harpons ne peuvent être que les points d\u2019attache du filin, Les plus anciens vestiges de harpons qu\u2019on ait trouvés jusqu\u2019à maintenant semblent bien, comme on l\u2019a déjà mentionné, ceux qui proviennent de dépôts sahariens formés de monceaux de coquillages et d\u2019arêtes de poissons.En Europe, par ailleurs, l\u2019apparition du harpon peut remonter à 25,000 ans, 30,000 tout au plus: ce sont ceux de l\u2019Aurignacien, à tête en silex.Mais c\u2019est au Magdalénien que l\u2019usage du harpon trouve son plein essor.L\u2019'os et le bois de renne ont remplacé le silex.On peut suivre à travers les différents niveaux l\u2019évolution du harpon qui présente une grande variété de types (Figs 1-6).Les plus anciens, ceux du Magdalénien IV, portent généralement des barbelures petites et peu dégagées.A l\u2019étage suivant (V) le harpon se développe en deux types successifs, passant de l\u2019un à l\u2019autre: le plus ancien est à barbelures petites et serrées (Fig.1) ; les barbelures du plus récent sont très écartées les unes des autres, longues, recourbées sur le fût (Fig.2).Le harpon porte le plus souvent, une seule rangée de barbelures (Fig.5) ; exceptionnellement, le bord opposé à cette série présente quelques barbelures ; comme le remarque l\u2019abbé Breuil, c\u2019est une forme de transition au Magdalénien VI.Les harpons du Magdalénien V se retrouvent sur une aire très étendue en Europe: en Espagne (Cantabres), en France, en Suisse, en Belgique et même en Angleterre et en Autriche.Toutefois, dans les Cantabres, le type à petites barbelures manque, tandis que celui à longues barbelures recourbées est abondant; la base prend la forme d\u2019un tubercule perforé pour l\u2019attache du filin.Les harpons du Magdalénien VI portent une double rangée de barbelures; celles-ci d\u2019abord longues et courbes évoluent peu à peu en barbelures larges et anguleuses (Fig.6).Quelques-unes des barbelures servent à former une foëne avec deux sagaies latérales.Les harpons continuent de s\u2019élargir \u2014 les barbelures anguleuses étant souvent unilatérales \u2014 et deviennent plats, durant l\u2019Azilien, première étape du Mésolithique (Fig.7).On les retrouve alors en abondance en Dordogne, au Poitou, et jusqu\u2019en Angleterre (grotte de Victoria).Le Mésolithique, qui comprend les temps intermédiaires entre l\u2019Âge du Renne et le Néolithique, ne s'applique pas de la même façon à toutes les régions.Ainsi l\u2019Afrique du Nord et l\u2019Asie mineure avaient atteint le Néolithique au temps du Mésolithique occidental.Par contre, tandis que la néolithisation de l\u2019Europe se poursuivait du Sud vers le Nord et d\u2019Est VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 HIver 1962 - 1963 Pace 13 ER EE RENE en Ouest, des tribus du désert et des forêts tropicales ont continué leur existence mésolithique durant des millénaires, jusqu\u2019à l\u2019époque chrétienne, par exemple, en Arabie et au XIXe siècle, en Afrique méridionale.Le mégsolithique, qui succède au Leptolithique, dans les civilisations européennes englobe, en France et en Espagne, piusieurs industries dont la principale caractérise l\u2019Azilien.La vaste grotte-tunnel du Mas d\u2019Azil (Ariège), qui a donné son nom à l\u2019Azilien, est particulièrement riche en vestiges, parmi lesquels on trouve de nombreux harpons.Ils ne sont plus en bois de Renne, mais en bois de Cerf.Ils sont plats et, le plus souvent, perforés à la base, sauf les plus anciens munis de tubercules non percés.Les barbelures sont unilatérales ou bilatérales et les plus évoluées, à angle aigu (Fig.7).En Palestine, la culture natoufienne du Mésolithique, qui a duré de 10,000 à 5,000 ans avant Jésus-Christ, a laissé de nombreux harpons.Le Mésolithique des pays baltes remonte, pour sa part, à 8,000 ans.On a retrouvé dans une station sur les rives de l\u2019Alster, au nord-est de Hambourg, un harpon, portant un seul rang de barbelures anguleuses, dont la base diffère de tout ce qu\u2019on a rencontré auparavant: le tubercule est remplacé par deux barbelures dont l\u2019une est dirigée vers l\u2019arrière et l\u2019autre, triangulaire, présente deux pointes.La plus intéressante des cultures mésolithiques des pays du Nord, la civilisation maglemosienne, date de l\u2019époque où la Baltique était un immense lac, entre 6,800 et 5,000 ans avant Jésus-Christ.Les régions où s\u2019est développée cette culture sont surtout le Danemark, la Suède et, plus au sud, la Pologne, l\u2019Écosse et l\u2019Angleterre.On a retrouvé, dans de vastes tourbiéres! à milieu acide favorisant la conservation, des corps humains momifiés et les outils de ce peuple de pêcheurs-chasseurs, dont plusieurs harpons.Il en existe un type, très caractéristique du maglemosien, qui présente des barbelures latérales récurrentes.D\u2019autres ont des barbelures qui ne sont plus sculptées à même le fût, mais formées de lamelles de silex (microlithes) espacées et fixées dans deux rainures latérales.Plusieurs harpons sont décorés de gravures, figurant des poissons ou d\u2019autres animaux, et de dessins géométriques.Enfin, on a retrouvé, en Scandinavie, associés à des ossements d\u2019élans, d\u2019oiseaux et de poissons, des harpons qui correspondent au Mésolithique final.La période la plus récente de la préhistoire, le Néolithique ou Age ae la pierre polie, est marquée par l'importance croissante de la pêche.Comme c\u2019est le cas pour d\u2019autres outils, dont on parlera plus loin, le nombre des harpons se multiplie dans les vestiges de cette époque, qui remonte à environ 7,000 ans avant Jésus-Christ en Europe méridionale et à 3,000 environ en Scandinavie.C\u2019est de cette période que datent les pala- fittes ou cités lacustres préhistoriques, qui, cependant, en certaines régions existaient déjà au Mésolithique.Les hommes se mettaient à l\u2019abri des attaques des fauves ou des reptiles ou de celles de tribus ennemies, en bâtissant leurs demeures sur des pilotis Des groupements analogues qui existent encore de nos jours en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, ont ainsi à leur portée les eaux poissonneuses et vivent surtout, on le conçoit facilement, des produits de la pêche.On a trouvé les restes de nombreux palafittes, en Suisse \u2014 une cinquantaine sur les bords du lac Leman \u2014, en France, en Irlande\u201d, en (1) Maglemosien vient du danois: magle, grande, et mose, tourbe.(2) On a donné le nom de cranogs aux cités lacustres qui existaient en Irlande.PAGE 14 ACTUALITÉS MARINES rase Angleterre et en Russie.Aujourd\u2019hui les méthodes radiométriques permettent de déterminer l\u2019âge des pilotis, en mesurant la teneur de leur bois en carbone radioactif C14.On a pu de la sorte dater ces vestiges des cités lacustres qui remontent au Néolithique ou à l\u2019Âge du bronze.Les nombreux objets qui en proviennent, bien conservés sous les couches de tourbe et de vase accumulées durant des siècles, comprennent de nombreux harpons en os ou en bois de cervidés, avec pointe en os ou en pierre polie.Ils sont plus légers et mieux équilibrés que ceux du Paléolithique et plusieurs portent encore la trace du filin.Mentionnons aussi, du Néolithique du Sahara, des harpons en os à 1 ou 2 rangées de barbelures qui se rapprochent de certains types du Magdalénien européen.Le harpon a continué de se perfectionner, durant les âges du bronze et du fer.Bien qu\u2019il présente un inconvénient, celui de rouiller au contact de l\u2019eau, le fer a vite conquis la faveur des pêcheurs parce qu\u2019il permettait de fabriquer des harpons à pointes plus fines et plus acérées.Le chasseur a délaissé le harpon, tandis que le pêcheur a continué de l\u2019employer jusqu\u2019à nos jours; il sert encore non seulement chez les tribus sauvages, mais aussi à la capture des baleines ou même, en certains endroits, sous forme de foëne, à celle de gros poissons tels que l\u2019esturgeon et le saumon.Comme le harpon, l\u2019are date du Paléolithique.En somme, la flèche est encore un javelot, plus petit et plus léger, et l\u2019arc, un propulseur perfectionné; cette invention, qui a exigé de l\u2019homme préhistorique un effort d'imagination sans précédent, marque un progrès dans la puissance et la précision du lancer.Même si ce fut surtout une arme de chasse, on peut croire à son usage pour la capture du poisson.Cette présomption s\u2019appuie d\u2019une part sur les vestiges qui révèlent la présence de pointes de flèches (Fig.8) mêlées à des arêtes de poisson et, d\u2019autre part, sur le fait que certaines tribus actuelles de l\u2019Australie et de l\u2019Amérique du Sud tirent encore à l\u2019arc le poisson des rivières.On sait l\u2019habileté et l\u2019entraînement nécessaire à l\u2019archer pour arriver à toucher un animal sur la terre ferme; on peut donc imaginer combien il est difficile d\u2019atteindre d\u2019une flèche un poisson, même immobile, alors que la visée d\u2019un but submergé doit tenir compte de la réfraction du milieu liquide ! Les vestiges d\u2019arcs préhistoriques sont moins nombreux que ceux des autres armes de jet, car le bois se conserve très mal, sauf dans des conditions exceptionnelles.Toutefois, on a trouvé quelques fragments d\u2019arcs, à Meindorf, par exemple.Un des mieux conservés provient de la grotte de Teyjat (Dordogne) et remonte au Magdalénien.L\u2019épieu, le javelot, le harpon et l\u2019are, dont on a parlé jusqu'ici, ont servi autant à la chasse qu\u2019à la pêche.Avec l\u2019arme de jet, le pêcheur ne pouvait atteindre que les poissons assez gros, se tenant près de la surface.Ces moyens, aussi, ne permettent de capturer qu\u2019un poisson à la fois.Et comment pourrait-on, par ailleurs, harponner une sardine ou un jeune brochet ?Il est tout aussi impossible d\u2019atteindre les gros poissons quand ils se tiennent, hors de vue, en eau profonde.Pour arriver à les capturer, l\u2019homme préhistorique a fait appel à la ruse.C\u2019est ainsi qu\u2019est né l\u2019hameçon, instrument aussi simple qu\u2019ingénieux, dont l\u2019usage, exclusivement réservé à la pêche, s\u2019est perpétué à travers les siècles et se continue de nos jours dans toutes les parties du monde.VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 HIVER 1962-1963 PAGE 15 Les premiers hameçons, du moins les plus anciens qu\u2019on ait retrouvés, n\u2019avaient pas la forme de crochet qu\u2019ils ont adoptée plus tard.C\u2019étaient des fragments de silex en forme de losange ou de croissant, munis d\u2019une encoche médiane pour la ligne (Figs 9 et 10).Sans doute y ajoutait-on un appât pour attirer le poisson ; celui-ci, en l\u2019avalant, se trouvait retenu par les pointes qui s\u2019enfonçaient dans les parois de sa gorge ou de son estomac.Ce type d\u2019hameçon remonte au Paléolithique, plus précisément au Magdalénien, c\u2019est-à-dire aux environs de 15,000 ans avant Jésus-Christ.Plus tard, mais toujours au Magdalénien, le croissant et le losange en silex sont remplacés par des bâtonnets en os ou en ivoire appointés à leurs extrémités et portant au milieu une encoche pour la ligne (Figs 11 et i2).La civilisation maglemosienne invente l\u2019hameçon recourbé, en os; le crochet ne porte pas de barbelure et la tête est renflée pour le point d\u2019insertion de la ligne.D\u2019autres, d\u2019un type trouvé en Allemagne septentrionale, sont plus petits, le renflement de la tête est plus développé (Fig.16) ou remplacé par une perforation (Fig.17).En Esthonie, on a trouvé des hameçons d\u2019un type tout à fait différent; le crochet est court et la tige, très renflée, porte souvent plusieurs petits trous; le tubercule d\u2019attache forme deux lobes.L'importance croissante de la pêche durant le Mésolithique et le Néolithique multiplie le nombre et la diversité des hameçons.Ils abondent dans les gisements des palafittes et sont d'une extrême variété, que ce soit par la forme ou par la dimension, particulièrement ceux de l\u2019Âge du bronze.Les plus simples, droits et appointés aux extrémités, ne sont que la reproduction, en bronze, des hameçons de bois ou d\u2019ivoire du Paléolithique.Mais, le métal, ductile et résistant, permet une grande variété de formes (Figs 13-18).Le fil de section ronde \u2014 ou, plus rarement, quadrangulaire \u2014 est recourbé et replié à son extrémité supérieure en dedans ou en dehors de façon à former un oeillet de suspension (Figs 13 et 14).De plus en plus, on rencontre l\u2019hameçon avec crochet d\u2019arrêt en dedans de la pointe, comme en sont munis les hamecons d\u2019aujourd\u2019hui (Fig.15).Les uns sont de facture trés soignée, quelquefois à deux pointes et munis d\u2019un anneau pour la ligne (Fig.17).Les habitants des palafittes avaient, semble- t-il, leurs propres fonderies ; les artisans faisaient fondre, pour les mélanger, les minerais de cuivre et d\u2019étain, en se servant de moules en grès.Les pêcheurs s\u2019y procuraient le fil de bronze dont ils PAGE 16 avaient besoin.Pour fabriquer un hameçon, ils n\u2019avaient qu\u2019à couper un bout de fil, à le courber, à aiguiser la pointe en y ajoutant une barbelure et à faire un anneau pour le filin.On a trouvé des rouleaux de ce fil de bronze dans certains palafit- tes de Suisse et d\u2019Italie.L\u2019Age du fer apporte moins d'innovations que l\u2019Âge du bronze et le remplacement d\u2019un métal par l\u2019autre ne se fait que très lentement, sans doute à cause de l\u2019oxydation qui abrège la durée des objets en fer.Toutefois, son usage finit par s\u2019imposer, car il permet aux pêcheurs de ce temps de donner à leurs hameçons des formes plus régulières et des barbelures plus aiguës.Par ailleurs, l\u2019'hameçon n\u2019est pas le seul engin qui fasse appel à la ruse pour attirer le poisson.Le pêcheur préhistorique avait déjà inventé le « leurre ».On à découvert dans un foyer solutréen datant de quelque 20,000 ans une lame en os poli en forme de poisson, d\u2019environ 4 pouces de longueur, avec un trou à la place de l\u2019oeil.Divers niveaux du Magdalénien renferment de ces « cuillers » préhistoriques faites de lamelles d\u2019os, parfois ornées de stries obliques, de quadrillés ou de losanges et pourvues d\u2019un oeillet d\u2019attache.Plusieurs, semble-t-il, ont servi particulièrement à attirer le Saumon à portée de harpon ou de ligne: ce poisson, dont la remontée en masse à l\u2019époque de la frave facilitait la capture, a certainement joué un rôle important dans l\u2019alimentation durant la Préhistoire.Encore aujourd\u2019hui, les Esquimaux pêchent le saumon avec des leurres du même genre qui représentent un vrai poisson avec nageoires ou sont tout simplement pisciformes.Ils utilisent aussi des canines d\u2019ours qu\u2019ils perforent dans le sens de la longueur pour qu\u2019elles se tiennent horizontalement dans les courants; or, on trouve dans les gisements magdaléniens des dents d\u2019ours perforées de la même manière, les unes portant, gravées, des figurations de poissons ; une telle analogie laisse supposer leur usage comme hameçons, D\u2019autres objets qui remontent à la même époque semblent aussi en relation avec la pêche.Ce sont des pointes en bois de renne longues d\u2019environ 5 pouces, avec un trou à la base et, au-dessous, une rainure polie d\u2019un côté par ce qui semble être un frottement prolongé.Or, les Esquimaux actuels se servent de pointes tout à fait semblables qu\u2019ils passent par les ouïes des saumons qu'ils ont capturés afin de les porter au moyen d\u2019une lanière, tout comme le font aujour- d\u2019hui les jeunes pêcheurs à la ligne qui enfilent leurs poissons sur une branche ou une broche.ACTUALITÉS MARINES Les pointes qui datent du Magdalénien étaient, semble-t-il, destinées au même usage.Les engins de pêche mentionnés jusqu'ici ne permettent pas de capturer une grande quantité de poisson à la fois.Pour satisfaire à ses besoins alimentaires le pêcheur devait trouver une méthode de meilleur rendement.C\u2019est ainsi qu\u2019il fut amené à inventer le filet.On a cru assez longtemps que cette invention ne datait que du Néolithique.Le filet évoque surtout pour nous l\u2019idée de pêche en mer; or, pour cela, il faut des embarcations et celles-ci n\u2019apparaissent qu\u2019à une époque relativement tardive de la Préhistoire.Mais en s\u2019appuyant sur ce fait pour dater l'usage du filet, on oubliait l\u2019usage exclusif qu\u2019en ont fait certains peuples pour la pêche en eau douce.On sait, par exemple, que les Égyptiens l\u2019employaient pour capturer les poissons du Nil, comme en témoignent les peintures des tombeaux, où on les reconnaît dans une grande variété de formes: la senne, le carrelet, l\u2019épervier, l\u2019épuisette, etc.Ce qui renforçait l\u2019idée de l'âge assez récent des filets de la Préhistoire, c\u2019est que les vestiges qu\u2019on en trouvait ne remontaient qu\u2019au Néolithique.Pourtant, il était permis de supposer que les filets étaient connus à une époque plus reculée et que toute trace en était disparue, car les fibres dont ils étaient faits ne pouvaient, aussi bien que la pierre ou l\u2019os des harpons et des hameçons, résister à l\u2019usure des siècles.Ce qui, encore récemment, n\u2019était qu\u2019une hypothèse s\u2019accrédite de plus en plus grâce à des découvertes très récentes.Comme on l\u2019a déjà mentionné, on a trouvé dans le Sahara des dépôts composés de coquillages et d'arêtes de poissons auxquels étaient mélées des pierres dont on a toutes les raisons de croire qu\u2019elles servaient de poids pour les filets.Or ces vestiges dateraient de 50,000 ans, ce qui recule singulièrement l'invention de la pêche au filet ! Quoique moins anciens, d\u2019autres indices laissent croire à l\u2019usage de filets au Paléolithique: les préhistoriens Breuil et Lanthier mentionnent, par exemple, la présence dans le Magdalénien ITI de lames d\u2019os qui portent, gravées, des « figurations pouvant être interprétées comme mailles de filets ».Du Mésolithique, certaines stations du Portugal septentrional renferment des galets ovales, portant une concavité, que l\u2019on considère comme des poids de filets, parce que les riverains actuels en utilisent de semblables à cette fin.Parmi les plus intéressants vestiges du Mésolithique de la Baltique, il faut mentionner les filets à mailles avec 18 flotteurs d\u2019écorce de pin et VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 Hiver 1962 - 1963 poids de pierre, trouvés à Antrea (Viborg), qui datent de 6,800 à 5,000 ans avant Jésus-Christ.Quant au Néolitique, il laisse voir l\u2019usage généralisé du filet, dont on rencontre, particulièrement dans les palafittes, de nombreux vestiges.Ce sont des fragments de filets assez grands, faits de cordes de lin nouées aux points d\u2019intersection et formant des mailles carrées d\u2019un demi à 1 pouce et demi de côté.On les trouve associés à des morceaux d\u2019écorce de pin taillés en rond ou en carré, avec un trou central, et à des pierres calcaires portant une rainure médiane ou des encoches (Figs 19 et 20) : sans aucun doute ce sont là les flotteurs et les poids destinés à maintenir verticalement la nappe de filet qui forme ainsi une barrière où viennent se mailler les poissons.Les filets ont probablement aussi été employés comme sennes.On ne sait exactement quand l\u2019homme préhistorique a commencé à se servir d\u2019embarcations pour aller à la pêche.Les plus anciennes pirogues, qui datent du Néolithique, sont très rudimentaires: ce sont des demi-trones d\u2019arbres creusés, longs de 6 à 10 pieds et larges d\u2019une vingtaine de pouces.Mais elles se perfectionnent à l\u2019Âge du bronze: plus longues, plus larges et plus profondes, elles sont arrondies à leurs extrémités, par conséquent facile à déplacer et propres à la manoeuvre de filets.Ceux-ci se perfectionnent également: les mailles sont plus régulières et les noeuds sont faits, non plus seulement à la main, mais au moyen de navettes.Des instruments en os qui rappellent par leur forme l\u2019épissoir des marins ont été découverts dans les gisements néolithiques: on suppose, sans pouvoir en être sûr, qu\u2019ils ont servi à la confection des filets (Fig.22).Mais les navettes de l\u2019Âge du bronze (Fig.21) qui ressemblent beaucoup à celles dont se servent encore nos pécheurs (Figs 23 et 24) ne laissent pas de doute sur leur usage.Quant aux nasses et barrages, d\u2019un usage si fréquent de nos jours chez les peuplades primitives, il est permis de supposer qu\u2019ils ont existé, aussi bien que le harpon, l\u2019hameçon et le filet, durant la préhistoire, mais ils n\u2019ont laissé aucune trace.Les branchages, le jonc et l\u2019osier qui servent à fabriquer ces engins ne peuvent, comme l\u2019os, l\u2019ivoire ou le bronze, se conserver pendant des siècles.De l\u2019Âge de fer, on retrouve des débris de filets, des ancres, sans doute destinées à les tenir immobiles, et des pierres spéciales pour la torsion des fils servant à la confection des mailles.(suite du texte dans le prochain numéro) PAGE 17 À LA STATION DE BIOLOGIE MARINE par Alexandre Marcotte, directeur Julien Bergeron, Yves Boudreault, Pierre Brunel, Guy Lacroix.{Photo Y.Boudreault) Une station de recherche est un organisme complexe dont les fonctions n\u2019apparaissent pas toujours clairement aux personnes de l\u2019extérieur.En attendant une étude plus poussée du travail et des objectifs de la Station de Biologie marine de Grande-Rivière, faisons, guidés par son équipe de chercheurs, un tour rapide à travers bureaux et laboratoires; nous nous préparerons ainsi à faire plus ample connaissance plus tard.Depuis 1951, la Station de Biologie marine de Grande-Rivière et ses deux laboratoires régionaux de Cap-aux-Meules et de La Tabatière poursuivent des recherches dans les eaux marines du Québec.Dès le début nous avons attaché beaucoup d\u2019importance à l\u2019acquisition des connaissances fondamentales nécessaires à la compréhension du milieu marin de nos régions.Cela demeure le but premier de nos recherches.« Bien qu\u2019il soit raisonnable d\u2019attendre de la recherche océanographique des applications pratiques, la recherche en elle-même est justifiée dans la mesure où elle traduit l\u2019effort de l\u2019homme pour Pace 18 découvrir les causes des phénomènes naturels et de leurs effets, et les organismes qui vivent dans un milieu donné.»\u2018!) Rappelons, d\u2019une part, que c\u2019est seulement en accumulant ces données de base que nous en viendrons à comprendre suffisamment le milieu marin pour pouvoir en tirer le meilleur parti possible.Pour en arriver là, il reste encore beaucoup à faire, et l\u2019on peut dire que, malgré tous les efforts faits ici et là, nous sommes encore dans une période de tâtonnements.1) Luis Howell-Rivero, « Le Courrier de l\u2019Unesco », sept.1962, p.16.ACTUALITÉS MARINES D'autre part, il est bon de souligner que la mer n\u2019est pas uniquement un réservoir à poissons: entrevoir la recherche océanographique sous cette optique serait mal la comprendre.En plus des ressources alimentaires des océans, encore bien peu exploitées, on peut espérer tirer parti tôt ou tard de leurs ressources énergétiques et de leurs matières premières (gisements pétrolifères, produits chimiques, gisements miniers et algues marines), sans compter les dérivés bio- chimiques et thérapeutiques potentiellement présents.Il n\u2019en reste pas moins vrai cependant que la pêche est une des applications essentielles de la recherche océanographique.Aussi, dans la mesure des connaissances disponibles, nous devons orienter une partie de nos travaux vers la pêche elle-même.L'application la plus immédiate dans ce sens concernerait les agrès de pêche.Mais encore là, au lieu de procéder de façon plus ou moins empirique comme on l\u2019a toujours fait dans ce domaine, il serait heureux que l\u2019utilisation des agrès de pêche actuels soit basée sur de meilleures données scientifiques.Les professionnels de la pêche seraient les premiers à en tirer profit.Le présent article, rédigé en collaboration par les scientifiques de la Station de Biologie marine, présente sous une forme résumée, les différents thèmes qui ont fait l\u2019objet de nos recherches en 1962.Les travaux effectués au cours de cette année sont pour une bonne partie de même nature que ceux des années précédentes.C\u2019est précisément Échantillon épibenthique à plancton (Photo Andrés Mak) ce caractére de pérennité de nos investigations qui leur confére le plus de valeur, la répétition des mémes observations pendant plusieurs années étant indispensables, si l\u2019on veut pouvoir en tirer des conclusions utiles.Tvdrograrbi Comme par les années antérieures, nous avons fait régulièrement des relevés hydrographiques dans la baie des Chaleurs et les eaux adjacentes.Ce genre d\u2019observations nous permettra d'apprécier les variations saisonnières et annuelles des conditions hydrographiques de cette région.En juin 1962, un travail préliminaire a été entrepris dans le Saguenay afin d\u2019étudier les particularités hydrographiques locales.À 18 stations nous avons relevé des mesures étagées de température, de salinité, de densité et d\u2019oxygène.wwecherches «pr fo \u201ccenlencres En 1962, comme pendant les années précédentes, les travaux de recherches sur le zooplanc- ton furent de deux ordres: 1) des travaux de longue haleine, visant à décrire, à comprendre et à expliquer cet élément vital aux poissons commerciaux que constitue le zooplancton; 2) des travaux à plus court terme, portant sur des groupes spécifiques d\u2019organismes faisant partie du zooplancton, travaux visant à résoudre des problèmes déterminés, habituellement d\u2019envergure limitée. bn ve : > ¥ teur £- : Nous avons complété, en 1962, la derniére année de prélèvements zooplanctoniques systématiques destinés à l\u2019étude de la production du zoo- plancton dans la baie des Chaleurs et sur les bancs de pêche gaspésiens.Ce travail, qui a exigé à chaque année depuis 1959 un nombre considérable de prélèvements et d\u2019analyses, vise des objectifs précis: 1) décrire les fluctuations quantitatives saisonnières du zooplancton dans une région d'intérêt très secondaire (la baie des Chaleurs) et dans une région importante (les banes gaspésiens, soit le banc de Miscou et le bane des Américains), pour la pêche commerciale; 2) relier le mieux possible ces fluctuations quantitatives au régime hydrographique existant dans la baie et à l\u2019extérieur de la baie; 3) faire une liste des espèces présentes, analyser leurs variations saisonnières et géographiques; 4) mettre en relief des espèces indicatrices de conditions hydrographiques déterminées et, par là, indicatrices de bonnes ou mauvaises conditions de pêche; 5) tenter de déterminer l\u2019existence de stations-clés, représentatives des conditions d\u2019une région étendue, stations que nous pourrions éven- Pace 20 tuellement visiter périodiquement afin de suivre les phénomènes biologiques d\u2019intérêt halieutique.Toujours dans la même perspective, le préposé aux travaux sur le zooplancton a dirigé, au cours de la présente année, le travail d\u2019un étudiant qui, à sa suggestion, tente de dégager les aspects dominants de la variation quantitative et qualitative du zooplancton en fonction des gradients de salinité rencontrés dans la partie occidentale de la baie des Chaleurs et dans l\u2019estuaire de la rivière Restigouche.Les résultats d\u2019un tel travail fourniront un apport additionnel dans la recherche des espèces indicatrices.= RIRCIREN iy @ccthe Ë Les ame Nous avons continué, durant la présente année, l\u2019étude de la distribution géographique, de la reproduction et de la croissance des Euphau- sides, ces Crustacés dont le rôle dans l\u2019alimentation de nos poissons commerciaux a été maintes fois reconnu.Leur importance stratégique dans l\u2019alimentation du Hareng et de la Morue, les variations qu\u2019ils suscitent dans les mouvements horizontaux et verticaux de ces poissons rendent nécessaires une connaissance exacte de leur distribution dans le golfe Saint-Laurent tout entier et des données de première main sur le temps et les régions de reproduction, de même que sur le rythme de croissance.Enfin, fut amorcée en 1962, une étude écologique de l\u2019ichthyoplancton (oeufs et larves de poissons) du golfe Saint-Laurent.Les débuts de ce travail furent modestes, de nombreuses mises au point techniques ayant été exigées au préalable.Les essais de l\u2019année qui se termine nous permettent cependant d\u2019espérer qu\u2019un travail systématique sera possible en 1963.:es inveriebres de fond L\u2019étude systématique de l\u2019alimentation de la Morue en rapport avec le rendement de la pêche, commencée en 1946-47 par la Station biologique du Saint-Laurent, poursuivie de 1951 à 1954 par MM.Étienne Corbeil et Pierre Brunel, a été reprise par ce dernier en 1960-1961.Ce travail continué en 1962 en est donc à sa neuvième année.L'analyse préliminaire des données a déjà produit des résultats prometteurs.Les pêches de 1962, bimensuelles du début de mai à la mi-juillet, ont mis en relation, comme en 1961, les variations journalières de la quantité ACTUALITÉS MARINES des différentes espèces de proies dans les estomacs de morues et les mêmes variations de ces proies dans la mer au voisinage du fond.Ce parallèle devrait mettre en lumière toute sélection de ces proies par la Morue.D\u2019autre part, a l\u2019aide de filets maillants pêchant sur le fond et à 30 pieds du fond, grâce aussi à un cloisonnement spécial du chalut en deux poches pêchant séparément, nous avons pu suivre l\u2019influence des déplacements verticaux de la Morue sur son alimentation.Nous espérons ainsi pouvoir utiliser les proies trouvées dans les estomacs de morues comme indicatrices des déplacements verticaux de ce poisson, déplacements dont l\u2019importance relative peut facilement influencer le rendement de la pêche.On sait en effet que les chaluts et palangres, pêchant au fond, ne peuvent efficacement capturer la Morue nageant trop au-dessus du fond, «en flotte», selon l\u2019expression des pêcheurs.\u2019 Le préposé aux travaux sur les invertébrés de fond a poursuivi aussi en 1962 l\u2019échantillonnage des crabes-araignées (Chionoecetes opilio) commencé en 1960, l\u2019industrie de la pêche portant un intérêt nouveau à l\u2019exploitation de ce Crustacé.Les chalutages de jour et de nuit ont confirmé les résultats de 1960 et de 1961: les captures de nuit valent deux et trois fois celles de jour et les captures globales sont deux fois moindres durant une période printannière d\u2019un mois \u2014 qui paraît pouvoir être avancée ou retardée selon l\u2019année \u2014 qu\u2019avant ou après cette période.Les mesures destinées à déterminer la taille, le poids, le sexe, la quantité d\u2019oeufs chez les femelles, la couleur et la dureté de la carapace permettront peut-être de préciser nos connaissances sur la croissance, la fécondité, la période de mue et de reproduction et le mode de vie du crabe-araignée.L\u2019inventaire précis des espèces d\u2019invertébrés de fond qui habitent les eaux québécoises du golfe Saint-Laurent, essentiel notamment à notre étude de l\u2019alimentation de la Morue, a aussi retenu notre attention comme par le passé.Le responsable a concentré ses efforts dans ce domaine à l\u2019étude d\u2019un genre (Anonyx) de Crustacés amphipodes (ou puces de mer) importants tant par leur fréquence dans l\u2019alimentation des poissons que par leur ennuyeuse habitude de s\u2019attaquer en grand nombre aux poissons immobilisés dans les filets maillants des pêcheurs, au point de rendre ces captures impropres à la consommation.VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 HIVER 1962 - 1963 Poulie de déclenchement ou \"chien\".Depuis la fondation du laboratoire de biologie marine de Cap-aux-Meules, des observations annuelles ont été faites sur les populations de homards des eaux de cet archipel.Ces travaux cependant se poursuivaient alors que chaque année variait la loi des pêcheries de ce crustacé.En 1952, la taille minimale légale était de 215 pouces (longueur du céphalo-thorax).Durant 4 années, soit de 1953 a 1957, cette taille a été augmentée de 14 de pouce annuellement pour finalement atteindre 3 pouces en 1957.On peut considérer que lorsque cette taille était fixe, le recrutement annuel était le méme (le recrutement étant cette partie de la population qui, au cours d'une année, passe dans la catégorie commerciale).De 1953 a 1958 cependant, le recrutement a varié d\u2019année en année et il est assez difficile de comparer les résultats des observations faites durant cette période.Depuis 1958, la taille minimale légale n\u2019ayant pas varié, nous croyons qu\u2019il est encore très utile de faire d\u2019autres échantillonnages afin de connaître les variations dans la composition des stocks et les effets des changements apportés à la loi.C\u2019est pourquoi nous avons fait, au cours de la saison 1962, des échantillonnages de captures commerciales à sept endroits différents de l\u2019archipel afin de connaître la distribution des sexes et des classes de longueur selon les différentes régions de pêche.PAGE 21 (Photo Andrés Mok) \u2018 \\ it Nous avons également examiné la composition des captures complètes de homards, c\u2019est-à-dire, tous les homards que le pêcheur retire de ses casiers avant d\u2019en faire le triage.Pour se conformer à la loi, chaque pêcheur doit remettre à l\u2019eau les individus n\u2019ayant pas la taille minimale légale et les femelles oeuvées.En plus de nous renseigner sur la proportion et la valeur commerciale des captures, ceci nous permet de connaître les régions où le recrutement est particulièrement bon.Un étiquetage d'automne sur un fond très exploité durant la saison de pêche nous renseignera sur les déplacements de ce crustacé au cours de l\u2019hiver.En 1957, la lagune de Havre-aux- Basques a été complètement fermée par la construction d\u2019une jetée reliant l\u2019île de Havre-Aubert à l\u2019île de Cap- aux-Meules.Cette lagune était considérée comme frayère naturelle et renfermait une population assez considérable de homards.Pour savoir si le homard s\u2019était adapté aux conditions nouvelles de son habitat, nous avons fait de la pêche expérimentale dans cette lagune durant 10 jours au cours du mois d\u2019octobre.Enfin, la compilation des captures commerciales de homards de tous les pêcheurs de l\u2019archipel permettra de comparer, région par région, les variations annuelles de cette pêche.iobr go de dacs Ca \u2018 : (FE wn.LE ym 4 i coff y ff SEs Ep Mises à part les statistiques de péche commerciale de ce poisson, nous connaissons très peu de choses de la biologie du maquereau de notre région.Au cours de 1962, nous avons continué à faire des observations sur les caractères métriques (longueur tota- PAGE 22 (Photo Andris Mak) le, longueur de la téte, etc.) et mé- ristique (nombre de pinnules dorsales et ventrales, nombre de vertébres, nombre de rayons des nageoires) de ce poisson.Plus de 300 otolithes ont été prélevés pour déterminer l\u2019âge des individus capturés et connaître ainsi la composition des populations de Maquereau autour des Îles-de-la-Ma- deleine.Nous avons également effectué une croisière sur le Banc de Bradelle, au cours du mois d\u2019août, afin d\u2019y récolter des larves et des individus juvéniles dans cette région du golfe considérée comme frayère naturelle de l\u2019espèce.tés SSEHIiEN des poissons lérperserx En 1957, nous avions commencé à suivre les fluctuations d\u2019abondance des poissons sur les fonds de pêche de la baie des Chaleurs et particulièrement sur les principaux bancs situés à l\u2019entrée de cette baie.Ce genre d\u2019inventaire a été répété tous les ans depuis.En 1962, nous avons visité régulièrement 10 stations de pêche situées au voisinage des principaux fonds fréquentés par les pêcheurs de la Gaspésie: banc de Miscou, banc de l\u2019Orphelin et banc des Américains.Ce recensement des poissons de fond s\u2019est fait entre le 29 juin et le ler octobre 1962.Notre premier but était d\u2019établir la distribution saisonnière des principales espèces de poissons commerciaux trouvés dans ces parages.À ce premier objet de notre étude, s\u2019ajoutaient l\u2019évaluation de l\u2019importance des classes annuelles, l\u2019estimation du recrutement en jeunes morues pour les années à venir et la détermination de quelques facteurs du milieu où vivent ces espèces de poissons.ACTUALITÉS MARINES I Nos observations portaient surtout sur les poissons commerciaux communément rencontrés sur ces fonds de pêche, Morue, Plie canadienne, Plie grise et Barbue.CHEE Hé bite YF 22 sf le.cephoo / JET Dans les recherches en pêcheries, l\u2019échantillonnage des captures commerciales de poissons peut fournir des données très utiles.Ce genre d\u2019échantillonnage nous permet de suivre l\u2019évolution des stocks d\u2019espèces de poissons commerciaux en exploitation.Il y a quelques années la Commission Internationale pour les Pécheries de l\u2019Atlantique Nord-Ouest introduisait une réglementation sur le maillage des chaluts; des observations régulières sur les captures commerciales sont devenues indispensables dans l\u2019appréciation des effets d\u2019un tel règlement.En 1962, nous avons ainsi échantillonné les prises faites à l\u2019aide des différents agrès de pêche en usage soit le chalut, la palangre et le filet maillant.Nous avons fait des observations sur près de 5,000 morues, a la suite de 13 échantillonnages effectués tant dans la baie des Chaleurs que sur la côte nord du golfe Saint-Laurent.tr poehr OF ire cuds Îte Ménseric ich le: Is i a buie des Chaf +15 Depuis 1954, un échantillonnage représentatif des captures commerciales du Saumon est pratiqué à Carleton-sur-Mer, centre de débar- fii is .(Photo Andras Mak) quement de ce poisson dans cette partie de la baie des Chaleurs.Cette année, du 15 mai au 15 juillet, plus de 1,400 saumons ont été examinés et un échantillon d\u2019écailles a été prélevé pour la détermination de l\u2019âge de chaque individu.Ce travail lépi- dologique nous permettra de connaître la distribution des classes d\u2019âge du saumon en mer et en eau douce ainsi que le pourcentage de saumons ayant déjà frayé.M RTS is \u2018 2 fiir, in \u201cii Cedar eo.\u201ceu Dans ce siècle appelé siècle de la vitesse, le déplacement d\u2019un navire de recherche comme le nôtre, avec ses « maigres » dix noeuds, paraît d\u2019une lenteur extrême.Le temps mis à parcourir un territoire quelque peu étendu rend peu valable la comparaison des mesures scientifiques effectuées au cours d\u2019une même croisière.C\u2019est dans le but de réduire le temps nécessaire au passage d\u2019une station hydrographique à une autre que nous avons songé à utiliser un hélicoptère pour faire certains travaux de re cherche ordinairement réalisés à bord du navire océanographique.Afin de pouvoir évaluer sur place l\u2019utilité d\u2019un tel appareil à l\u2019exécution de tâches spéciales, nous avons pu utiliser, grâce à la coopération du ministère des Transports et des Communications du Québec, un hélicoptère type Bell Ranger J-2.Cet appareil a séjourné à la Station de Biologie marine de Grande-Rivière du 24 au 29 septembre 1962.Nos essais sur l\u2019enregistrement des bathy- thermogrammes, le prélèvement d\u2019échantillons d\u2019eau de mer et de plancton furent très concluants.Dans les deux premiers cas, l\u2019hélicoptère se tient relativement immobile à environ une dizaine de pieds au-dessus de la surface de l\u2019eau, pendant qu\u2019on descend dans la mer le ba- thythermographe et la bouteille à renversement selon la méthode habituelle, Pour la récolte d\u2019échantillons planctoniques, l\u2019appareil, tout en restant à la même altitude, décrit des cercles à petite vitesse autour de l\u2019endroit choisi.Une des expériences les plus intéressantes que nous ayons tentées avec l\u2019hélicoptère a été la recherche des bancs de poissons du haut des airs.En effet, utilisant une sondeuse analogue à celle des bateaux de pêche et remorquant à grande vitesse un flotteur spécial, porteur du transmetteur d\u2019ultra-sons habituellement fixé sous la coque des navires, nous avôns obtenu, lors de vols à basse altitude, des enregistrements très nets de bancs de poissons.Les échogram- mes réalisés permettent d\u2019envisager comme possible la prospection de grandes concentrations de poissons sur des territoires étendus.Le même système pourra sans doute servir à la topographie sous-marine \u2014 au tracé précis des fonds sous-marins \u2014 source de données très utiles aux pêcheurs.En recherche océanographique, l'hélicoptère permettra de réaliser d\u2019autres travaux comme la mesure des courants, des températures de la surface de l\u2019eau, ete.Relevage d'un filet maillant RE - à i Ee ier BE L\u2019introduction en 1960 des filets maillants a eu comme résultat le développement d\u2019une méthode de pêche qui, en général, s\u2019est révélée très profitable.Cependant on se pose encore bien des questions au sujet de cet agrès de pêche.Dans la mesure où les circonstances nous le permettent nous continuons nos expériences avec ce genre de filets, en vue de résoudre l\u2019un ou l\u2019autre des problèmes que leur usage peut soulever: sélectivité, couleur, ete.fb WARD Au cours de l\u2019été 1960, nous avions effectué une série de sondages dans la baie des Chaleurs; une carte topographique préliminaire en a déjà été publiée (Actualités Marines, avril 1961).Durant la saison 1962, ces relevés topographiques ont été étendus jusqu\u2019à la pointe St-Pierre au nord et jusqu\u2019au 63ième degré de longitude ouest, afin d\u2019inclure les bancs de pêche des Américains et de l\u2019Orphelin.Parallèlement à ces sondages, nous avons prélevé et classé au point de vue granulométrique plusieurs échantillons de sables et de vases de la baie des Chaleurs.Nous avons de plus effectué dans le Sague- nay des travaux semblables, topographie et étude des sédiments.(Photo Andras Mak) Les pêcheries maritimes 1961 par Zéphirin Bérubé, B.Sc.P.Avec la fin de l\u2019année, M.Bérubé nous revient avec son exposé précis des opérations de pêche dans la province.Lire M.Bérubé, c\u2019est jeter un coup d\u2019oeil en arrière, évaluer l'effort et le travail consentis, en tirer une leçon pour l'avenir.Politique saine et équilibrée qui consent à faire le point sans complaisance, ni pessimisme, Ma ou Au Québec, la péche maritime se pratique dans le golfe Saint-Laurent, dans la baie des Chaleurs et dans une partie du fleuve Saint- Laurent.Ces bassins de péche constituent quatre régions distinctes: le fleuve Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord et les Îles-de-la-Madeleine.Les statistiques de 1961 sont présentées selon ces divisions.La région du fleuve Saint-Laurent comprend L'Islet, Kamouraska et Charlevoix; l\u2019eau y est plutôt saumâtre.Les autres régions sont baignées par l\u2019eau de mer.La Gaspésie comprend les comtés de Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane, Gaspé-Nord, Gaspé-Sud et Bonaventure; la pêche se fait dans le golfe Saint-Laurent et la baie des Chaleurs.La Côte-Nord comprend les comtés de Saguenay, de Duplessis et l\u2019Île d\u2019Anticosti.Les pêcheurs de cette région pêchent tantôt dans le golfe Saint-Laurent, tantôt dans l\u2019Estuaire.De même, les pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine font leurs captures en plein golfe et un peu aussi dans l\u2019Estuaire, pour ce qui est des gros bateaux.Les ports de pêche ou points de débarquement se succèdent le long des côtes.Les usines des producteurs industriels sont distribuées sur ces territoires au gré des facilités d\u2019approvisionnement en poisson.Voici pour les quatre dernières années les variations dans les captures totales de poisson et leur valeur au débarquement; l\u2019année 1961 est choisie comme base ou 100: Vor.6 - No 3 \u2014 HivER 1962 - 1963 +, Ca Go 7 - ~~ Co Cie a ae Dre dll a Me oda ake Metis Sou RS - TABLEAU 1 VALEUR AU CAPTURES TOTALES DÉBARQUEMENT ANNÉES Indice Indice Cwt Base: $ Base: (1) ase: ase: 1961 = 100.0 1961 = 100.0 1958 1,197,209 112.2 3,731,331 88.2 1959 1,098,846 102.9 1960 958,613 89.8 1961 1,067,382 100.0 3,867,861 91.5 3,953,120 93.5 4,228,154 | 100.0 La même étude faite sur la morue, l\u2019espèce de plus grand rendement, donne les résultats suivants: TABLEAU 2 VALEUR AU CAPTURES TOTALES DÉBARQUEMENT ANNÉES C Indice Indice ay Base: $ Base: 1961 = 100.0 1961 = 100.0 1958 726,823 128.3 1,797,228 99.3 1959 640,452 113.0 1,663,657 91.9 1960 554,756 97.9 1,522,141 84.1 1961 556,712 100.0 1,810,021 100.0 (1) Quintal: 100 livres.Pace 25 = & [5] v 3 Tableau 1] POISSON: CAPTURES, VALEUR, DISTRIBUTION PAR RÉGION, 1961 ESPÈCES FLEUVE ST-LAURENT GASPÉSIE COTE-NORD ILES-DE-LA-MADELEINE TOTAL | 8 Cwt Cwt $ Cwt $ Cwt ! $ Cwt $ Morue 2 5 330,897 1,099,384 98,351 268,422 137,462 442,210 566,712 1,810,021 Aiglefin \u2014 \u2014 648 2,599 \u2014 \u2014 3,033 12,271 3,681 14,870 Merlan \u2014 \u2014 26 24 \u2014 \u2014 509 998 535 1,022 Merluche \u2014 \u2014 3,958 5,625 \u2014 \u2014 803 1,462 4,761 7,087 Sébaste \u2014 \u2014 57,509 137,448 7,533 18,882 7,156 18,944 72,198 175,224 Anarrhique \u2014 \u2014 901 3.590 48 108 29 58 978 3,756 Flétan -\u2014 \u2014 1,722 37,282 1,958 38,579 343 5,281 4,023 81,092 Plie 7 70 31,565 91,772 494 1,196 34,967 99,744 67,033 192,782 Raie \u2014 \u2014 158 680 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 158 680 Turbot \u2014 \u2014 222 672 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 222 672 Loquette \u2014 \u2014 1,021 4,039 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 1,021 4,039 Hareng 692 3,587 102,002 173,630 1,293 5,283 158,298 67,841 262,285 250,341 Maquereau \u2014 \u2014 905 5,389 887 4,779 7,320 23,922 9,112 34,040 Alose 19 228 99 507 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 118 735 Saumon 19 1,532 2,565 145,957 2,522 117,856 \u2014 \u2014 5,106 265,345 Eperlan 808 8,956 2,305 28,972 160 3,200 440 6,660 3,713 47,788 Capelan 278 813 1,546 2,128 1,041 2,772 \u2014 \u2014 2,865 5,713 Poulamon 95 945 93 980 4 48 \u2014 \u2014 192 1,923 Sardine 910 5,070 3,728 14,300 3 12 \u2014 \u2014 4,641 19,382 Truite \u2014 \u2014 4 90 266 8,630 \u2014 \u2014 270 8,720 Poisson blanc 6 180 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 6 180 Poule de mer \u2014 \u2014 261 757 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 261 757 Esturgeon 196 2,940 105 1,245 31 452 \u2014 \u2014 332 4,637 Anguille 3,619 100,677 98 2,400 \u2014_ \u2014 47 919 3,764 108,996 Homard \u2014 \u2014 2,827 109,735 292 10,290 30,983 966,315 34,102 1,086,340 Coques \u2014 \u2014 10,443 34,560 4,750 18,268 \u2014 \u2014 15,193 52,828 Palourdes \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 255 510 255 510 Pétoncles \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 275 1,363 \u2014 \u2014 275 1,363 Encornet \u2014 \u2014 85 105 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 35 105 Crevettes \u2014 \u2014 1 6 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 1 6 Bigorneaux \u2014 \u2014 528 2,641 998 998 \u2014 \u2014 1,526 3,689 Crabe \u2014 \u2014 584 2,528 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 584 2,528 Varech \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 340 1,360 \u2014 \u2014 340 1,360 Divers \u2014 \u2014 T78 397 306 4,500 \u2014 \u2014 1,084 4,897 Loups-marins (nombre) \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 6,728 34,869 1,190 4,907 7,918 39,776 TOTAL 6,651 125,008 557,534 1,909,342 121,552 541,817 381,645 1,651,992 1,067,382 4,228,154 SUNIEVN SELITVALOY Cwt: 100 1b 3 PCR EIRE 8961 - 6961 YSAIH \u2014 & ON \u2014 9 OA Lg Yovd Tableau 2 PRODUITS POUR LE MARCHÉ ET VALEUR MARCHANDE, 1961 EsPÈCES RoND FILET BLoc SALÉ | SECHE FuME CONSERVES | BOETTE poous- VALEUR Cwt Cwt Cwt Cwt Cwt Cwt CAISSES Cwt Tonnes $ Morue 18,896 17,715 90,058 24,408 29,031 2,737 888 \u2014 2,010 3,247,043 Aiglefin 53 574 489 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 25,307 Merlan \u2014 \u2014 \u2014' \u2014' \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 2,671 Merluche 373 \u2014 764 457 204 \u2014mn \u2014 \u2014 \u2014 22,600 Sébaste 38 19,314 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 375,340 Anarrhique \u2014 300 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 _ 7,056 Flétan 3,810 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 93,914 Plie 1,324 11,670 2,718 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 386,185 Raie \u2014 \u2014__ _ _ \u2014 \u2014_ J _ _ \u2014 Turbot _m _ \u2014 0) _ _ _ _ _ wm Loquette _\u2014_ _m 5) _\u2014_ _ _\u2014_ _\u2014_ _ _ wm Hareng 99,112 \u2014 \u2014 5,586 \u2014 23,866 40 52,339 652 561,652 Maquereau 1,602 \u2014 \u2014 1,710 \u2014 \u2014 4,749 2 \u2014 86,327 Alose 118 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 740 Saumon 5,720 \u2014m \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 40 \u2014 \u2014 385,263 Eperlan 3,636 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 57,265 Capelan 1,928 \u2014 \u2014 \u2014 47 6 \u2014 391 19 5,876 Poulamon 192 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 1,923 Sardine 8,273 \u2014 \u2014 1,202 \u2014 \u2014 \u2014 | \u2014 \u2014 19,845 Truite 25 157 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 | \u2014 \u2014 14,125 Poisson Blanc 6 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 | \u2014 \u2014 180 Poule de mer 261 \u2014 \u2014 en \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 1,347 Esturgeon 332 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 4,641 Anguille 3,764 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 104,014 Homard 16,590 \u2014 _ \u2014 \u2014 \u2014 9,649 \u2014 \u2014 1,694,078 Coques 1,516#) \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014# , 1 \u2014 142,009 Palourdes \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 110 | \u2014 \u2014 730 Pétoncles (chair) \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u20140 Encornet \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 35 \u2014 105 Crevettes \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Bigorneaux 528 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 520 \u2014 \u2014 7,841 Crabe (chair) \u2014{ \u2014 \u2014 \u2014 \u2014_ \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Varech \u2014_\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 17 1,360 Divers 1,084 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 4,897 Indéterminé \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 2,208 332,103 Loups-marins 7,9186} \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 126 49,702 TOTAL: \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 7,649,228 Les chiffres de moins de trois producteurs ne peuvent être publiés.En carapace ou écaille, et chair.Nombre de peaux. Tableau 3 PÉCHEURS, BATEAUX, INVESTISSEMENTS ET DÉPENSES PAR RÉGION, 1961 NOMENCLATURE FLEUVE ST-LAURENT GASPÉSIE COTE-NORD ILES-DE-LA-MADELEINE TOTAL PÉÊCHEURS DOLAUX .ucccsoreruescouseneusssensrtasasancenvrssevrancusnne 149 1,770 715 1,187 3,771 aux poissons de fond ss 28 1,419 577 835 2,859 Au hAYENZ .\u2026\u2026\u2026orcecscesscersesteoncencrannensecsessreurr 87 1,162 222 514 1,985 AU homard comma, \u2014 352 34 132 1,118 AU MAQUETEAU .\u2026\u2026.cercrnsenccessasensasracesrasannanc es \u2014 38 49 523 610 AU SAUMON Bosuscorscverssccsesennentrnacessenmenememneness 14 152 232 \u2014 898 À l\u2019Éperlan .\u2026\u2026\u2026umeescrsresreransennsensenseoncenmnenr 88 121 6 176 342 AUX COQUES L\u2026voccrescrsceuracncenieneerescecseusssreuuu ss \u2014 9 1 2 12 AUX PÉÉONCIES L\u2026.usesescecitonrerraniansesnsensenrs \u2014_ \u2014 23 \u2014 23 À diverses ESPÈCES .\u2026.\u2026\u2026\u2026rrsnrersrenenceeens 121 92 192 \u2014 405 BATEAUX (moins de 10 tonnes) : TOBRUK \u2026\u2026\u2026.ocrcccersecrssrerrsnssennentearensenceenneeensensens 16 1,297 1,162 715 3,190 à moteur .11 722 644 472 1,849 à rames 5 541 503 220 1,269 collecteurs \u2014 34 15 28 72 Investissements $ 2,770 $ 39,672 $ 28,583 $ 102,736 $ 178,761 NAVIRES (10 tonnes et plus): TOCAUX -occcnsesconsrssecasensenentanventarsensrasencapesenere \u2014 111 11 35 157 au chaluf cian \u2014 83 4 15 52 à Ja palangre nie, \u2014 76 7 14 97 À la seine danoise messes \u2014 \u2014 \u2014 1 1 à la seine poche \u2026\u2026\u2026scereeereneneen \u2014 \u2014 2 1 8 au filet maillAnt \u2026\u2026\u2026\u2026resenensnensen \u2014 68 5 6 78 À d\u2019autres Agrès rer \u2014 41 \u2014 2 48 INVEStISSEMENtS .\u2026\u2026ruourscrscessererearennnrenseune \u2014 $ 479,181 $ 18,575 $ 3,700 $ 501,456 Arès: DÉPENSES .\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026reesiecsescencanrenreneanennenseenrense $ 25,081 $ 388,884 $ 117,362 8 307,846 3 889,178 Tableau 4 RÉPARTITION GÉNÉRALE ET RÉGIONALE DES EMPLOYÉS DES USINES DES PÊCHERIES EN 1961 FLEUVE ST-LAURENT GASPÉSIE COTE-NORD ILES-DE-LA-MADELEINE ToTAL a) A SALAIRE: 1) Des producteurs \u2026\u2026\u2026\u2026rssses \u2014 44 8 26 74 2) Du ministère des Pêcheries \u2014 146 25 38 204 b) A GAGES: des producteurs et du ministère des PêCheries .\u2026.\u2026\u2026ssesrsccsesenumemenennen \u2014 29 \u2014 38 \u2014 18 \u2014 22 \u2014 27 \u2014 82 \u2014 50 \u2014 29 79 \u2014 414 78 1,121 1,618 \u2014 731 151 1,196 2,078 \u2014 807 224 1,024 2,055 \u2014 789 248 777 1,814 Septembre \u2014 726 133 583 1,442 Octobre .\u2014 646 120 425 1,191 Novembre .\u2014 580 4 306 840 Décembre .\u2026.\u2026\u2026\u2026cerrereseesemesnennenn \u2014 145 \u2014 232 877 Pace 28 ACTUALITES MARINES mn Voici maintenant la comparaison de la valeur marchande des captures totales et de celle des captures de morue pour la période en question: TABLEAU 3 VALEUR MARCHANDE VALEUR MARCHANDE DE LA MORUE DE TOUTES LES ESPÈCES ANNÉES Indice Indice $ Base: Base: 1961, = 100.0 1961 = 100.0 7,410,860 96.8 7,412,668 96.9 7,087,026 92.6 7,649,228 100.0 1958 4,124,760 123.5 1959 3,792,948 113.6 1960 3,182,678 98.0 1961 3,247,043 100.0 La valeur marchande du homard au cours des quatre dernières années s\u2019élève respectivement a $1,225,718., $1,626,177., $1,733,040.et $1,694,078., I'indice étant de 72.4, 90.1 et 102.3 par rapport à l\u2019année 1961 prise comme base ou 100.0.En 1961, 3,771 pêcheurs s'occupent de prendre du poisson pour la vente.Voici la répartition régionale de ces hommes: TABLEAU 4 ee RÉGIONS PECHEURS % Fleuve Saint-Laurent 149 4.0 Gaspésie 1,770 46.9 Côte-Nord 715 19.0 Iles-de-la-Madeleine 1,137 30.1 TOTAL: 3,771 1000 La pêche côtière est pratiquée au moyen de bateaux de moins de 10 tonnes.Les navires de 10 tonnes et plus servent à la pêche de haute mer ou pêche hauturière.La répartition de ces classes différentes d\u2019unités selon les régions présente certainement de l\u2019intérêt: TABLEAU 5 Bateaux de Navires de moins de 10 tonnes RÉGIONS 10 tonnes et plus Nombre % Nombre % Fleuve Saint-Laurent 16 0.5 \u2014 \u2014 Gaspésie 1,297 40.7 111 70.7 Côte-Nord 1,162 36.4 11 7,0 Iles-de-la-Madeleine 715 22.4 35 22.3 TOTAL: 3,190 100.0 157 100.0 VoL.6 \u2014 No 3 \u2014 Hiver 1962 - 1963 L\u2019étude des investissements dans ces différentes classes de bateaux montre dans quels secteurs de cette industrie primaire l\u2019évolution se fait présentement.Voici ce qui a été immobilisé en 1961 dans les différentes embarcations nouvelles.TABLEAU 6 Bateaux de Navires de moins de 10 tonnes RÉGIONS 10 tonnes et plus $ Pe $ Po Fleuve Saint-Laurent 2,770 1.6 \u2014 \u2014 Gaspésie 89,672 22.8 479,181 95.6 Côte-Nord 28,583 16.5 18,575 3.7 Iles-de-la-Madeleine 102,736 59.1 3,700 0.7 TOTAL: 173,761 100.0 501,456 100.0 Les déboursés totaux de tous genres en 1961 pour les agrès de pêche s\u2019élèvent à $839,173.Voyons-en la répartition régionale: TABLEAU 7 RÉGIONS $ % Fleuve Saint-Laurent 25,081 3.0 Gaspésie 388,884 46.3 Côte-Nord 117,362 14.0 Iles-de-la-Madeleine 307,846 36.7 TOTAL: 839,173 100.0 Les usines des producteurs industriels et les séchoirs du ministère de la Chasse et des Pêcheries donnent un emploi saisonnier à près de 2,400 employés.Les salaires payés s\u2019élèvent à $1,500,000.Le ministère de la Chasse et des Pêcheries a des investissements considérables dans les territoires de pêche maritime.Ces investissements consistent en entrepôts frigorifiques, neigères, hangars à classification, salines et ateliers divers.Ces établissements s\u2019ajoutent à ceux des producteurs industriels et servent à l\u2019industrie de la pêche et à l\u2019industrie de la préparation des produits.Le ministère paye plus de $500,000 en salaires et gages dans ces mêmes établissements.Pace 29 Le PHYTOPLANCTON de lu Baie des Chaleurs Jy Le PHITOTLANCTON do Uo ain 3m Clune ES , 8): CONTRIBUTIONS DU MINISTERE DE LA CHASSE ET DES PECHERIES DU QUEBEC, EDITEES EN 1962 par Guy Lacroix, BIOLOGISTE Conservateur de la bibliothèque de Grande-Rivière « ACTUALITÉS MARINES » s\u2019enrichit d\u2019une nouvelle chronique.Tous les ans, on analysera dans ses pages les travaux scientifiques publiés, au cours de l\u2019année, par le ministère de la Chasse et des Pêcheries.® Ces travaux peuvent habituellement être consultés dans les grandes bibliothèques ou les bibliothèques spécialisées.Ceux à qui ils seront particulièrement utiles à la poursuite de certains travaux en obtiendront un exemplaire de notre service d'échanges si leur demande est fondée.No 64 \u2014 Température de l\u2019eau d\u2019un lac et la migration de frai du Catostome (Catostomus c.commer- soni).Par LEON TREMBLAY (Ministère de la Chasse et des Pécheries, Québec).Extrait du « Naturaliste canadien », vol.89, no 4, pp.119- 128.Cette publication rapporte d\u2019intéressantes observations sur l\u2019influence des variations de température sur la migration de frai de la Carpe noire commune.Les résultats obtenus par l\u2019auteur montrent une corrélation positive entre les élévations de température de l\u2019eau et un mouvement migratoire plus intense vers les ruisseaux de charge du lac Sept-Îles, dans la région de Québec.No 84 \u2014 Variations régionales et saisonnières de l\u2019alimentation de la Morue (Gadus morhua L.), a l\u2019entrée de la baie des Chaleurs.Par GUY LACROIX et ALEXANDRE MARCOTTE (Station de Biologie marine, Grande-Rivière, Gaspé- Sud, Québec).Extrait du « Naturaliste canadien », vol.88, no 10, pp.225-235.Les scientifiques de la Station de Biologie marine de Grande-Riviére consacrent une part importante de leurs efforts à la compréhension du comportement alimentaire de la Morue, le plus important de nos poissons d\u2019intérêt commercial.La contribution no 84 tente d\u2019analyser les rapports entre la taille et la maturité sexuelle et les variations saisonnières et régionales de l'alimentation de la Morue.No 85 \u2014 Redfish explorations in the Gulf of St.Lawrence, 1957.Par JULIEN BERGERON (Station de Biologie marine, Grande-Riviére, Gaspé-Sud, Québec).Extrait des « Rapports et Procés- verbaux du Conseil permanent international pour l\u2019Exploration de la Mer», vol.150, pp.1-4.L\u2019une des fonctions de la recherche en pêcheries est l\u2019exploration des fonds de pêche.Cette exploration mène parfois à la découverte de fonds chalutables non encore exploités.L\u2019exploration des fonds de pêche, faite en 1957 dans le Chenal Laurentien par la Station de Biologie marine de Grande-Rivière, a ainsi permis de repérer de nouveaux fonds à Poisson-rouge, qui sont soumis maintenant à une exploitation commerciale.M.Julien Ber- geron, alors en charge de ces travaux, nous fournit ici un bref aperçu de ces relevés.No 86 \u2014 Liste d\u2019invertébrés marins recueillis dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent de 1929 à 1934.Par GEORGES PRÉFONTAINE (630, avenue Da- vaar, Montréal 8, Québec) et PIERRE BRUNEL (Station de Biologie marine, Grande-Rivière, Gaspé-Sud, Québec).Extrait du « Naturaliste canadien », vol.89, nos 8-9, pp.237-263.PAGE 30 Les relevés faunistiques constituent souvent la base nécessaire de travaux de toutes sortes en écologie marine.C\u2019est pourquoi l\u2019une des premières tâches entreprises par la Station biologique du Saint-Laurent de l\u2019Université Laval, lors de sa création en 1931, fut de faire de nombreux prélèvements d'organismes marins dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent.Certains résultats de ces travaux furent publiés, d\u2019autres présentés oralement dans des congrès scientifiques.La publication d\u2019une liste complète de toutes les espèces identifiées présentement, comme celle que nous présentent le Dr G.Préfontaine et M.P.Brunel, plaira certainement à tous ceux qui s\u2019intéressent aux invertébrés du Saint-Laurent.No 87 \u2014 Résultats d\u2019étiquetage du Bar d\u2019Amérique dans le fleuve Saint-Laurent de 1945 à 1960, Roccus saxatilis (Walbaum).Par GERARD BEAU- LIEU (Centre biologique de Québec, Québec).Extrait du « Naturaliste canadien », vol.89, nos 8-9, pp.217-236.Seize années d\u2019étiquetage ont permis à M.Gérard Beau- lieu d\u2019accumuler d\u2019excellentes données sur les migrations du Bar d\u2019Amérique, dans la région de Québec.Ce travail d\u2019envergure, dont la Contribution no 87 nous livre les résultats, fournit certains des éléments scientifiques requis pour une exploitation rationnelle de cette espèce, dont l\u2019intérêt commercial et sportif s\u2019affirme de plus en plus.No 88 \u2014 Bibliographie du Saumon de l\u2019Atlantique (Salmo salar L.).Par JULIEN BERGERON (Station de biologie marine, Grande-Riviére, Gaspé-Sud, Québec).Cette publication met à la disposition des ichthyologistes plus de 1,500 références bibliographiques sur la biologie et l\u2019écologie du Saumon de l\u2019Atlantique.La documentation sur cette espèce se faisant de plus en plus abondante, M.Bergeron s\u2019attirera sans aucun doute la reconnaissance de ceux qui font présentement ou entreprennent des recherches dans ce domaine.No 91 \u2014 Le Phytoplancton de la Baie des Chaleurs.Par JULES BRUNEL (Faculté des Sciences, Université de Montréal).Nous aurons l\u2019occasion de revenir sur cet important ouvrage dans la prochaine livraison d\u2019ACTUALITÉS MARINES.ACTUALITÉS MARINES ère Actualités Marines Revue publiée par le Ministère de la Chasse et des Pêcheries du Québec Index - Vol.6 ACTUALIIES MARINES (Editoriaux) \u2014 Collaboration scientifique, M.Plamondon: vol.6, no 3, p.2.\u2014 Importance de la recherche, A.Labrie: vol.6, no 2, p.2.\u2014 Rôle de la recherche, B.Beaulieu: vol.6, no 1, p.2.ALIMENTATION \u2014 Voir \u201cZooplancton\u201d.ANGUILLE \u2014 Voir \u201cPêche à anguilles\u201d.ANGUILLE ÉLECTRIQUE \u2014 Voir \u201cArowana\u201d.APPAREILS COLLECTEURS \u2014 Voir \u201cPêche expérimentale\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cZooplanc- ton\u201d.APPAREILS DÉTECTEURS \u2014 Voir \u201cÉlectronique\u201d, \u201cRapport\u201d.APPAREILS TRANSMETTEURS \u2014 Voir \u201cÉlectronique\u201d, \u201cRapport\u201d.AQUARIUM \u2014 Voir \u201cArowana\u201d, \u201cPêche à anguilles\u201d.AROWANA \u2014 L\u2019Arowana, l\u2019aristocrate des poissons, J.-M.Roy: vol.6, no 2, p.15.ASTRONAUTE \u2014 Voir \u201cArowana\u201d.BATEAUX \u2014 Voir \u201cStatistiques\u201d.BATHYTHERMOGRAPHIE \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.BENTHONOLOGIE \u2014 Voir \u201cÉducation\u201d, \u201cRapport\u201d.BIBLIOTHÈQUE \u2014 La Bibliothèque du ministère de la Chasse et des Pécheries, M.-T.Trudel: vol.6, no 2, p, 29.BIOLOGIE \u2014 Voir \u201cActualités marines\u201d, \u201cArowana\u201d, \u201cChalutage\u201d, \u201cEsturgeon\u201d, \u201cHomard\u201d, \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cZooplancton\u201d.CAPTURES COMMERCIALES \u2014 Voir \u201cRapport\u201d, \u201cStatistiques\u201d.CHALUTAGE \u2014 Les Chalutiers ravagent-ils les fonds à Morue ?P.Brunel: vol.6, no 2, p.25.\u2014 Voir \u201cHors-texte\u201d.CHARACIN \u2014 Voir \u201cArowana\u201d.CONSERVATION \u2014 Voir \u201cEsturgeon\u2019.CONTRIBUTIONS \u2014 Contributions du ministère de la Chasse et des Pêcheries de l\u2019année 1962, G.Lacroix: vol.6, no 3, p.30.COPEPODES \u2014 Voir \u201cHors-texte\u201d.COURANTS MARINS \u2014 Voir \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d.CRABE-ARAIGNÉE \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.CRUSTACÉS \u2014 Voir \u201cHomard\u201d, \u201cRapport\u201d.DOCUMENTATION \u2014 Voir \u201cBibliothèque\u201d.VoL.6 \u2014- No 3 \u2014 Hiver 1962 - 1968 ECHANTILLONNAGE \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cRapport\u201d.ECOLOGIE \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d.EDUCATION \u2014 L'École de la route, Soeur Marie-Jean-Eudes: vol.6, | no 1, p.3.ELECTRICITE \u2014 Voir \u201cPéche expérimentale\u201d.ELECTRONIQUE \u2014 Une Rencontre heureuse: l\u2019électronique et la pêche, Y.Boudreault: voi.6, no 2, p.8.\u2014 Voir \u201cRapport\u201d.ENGINS DE PÊCHE \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cPêche à anguilles\u201d, \u201cPoisson\u201d, \u201cPréhistoire\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cStatistiques\u201d.ESTURGEON -\u2014 Alerte sur le Saint-Laurent: l\u2019Esturgeon de lac (Aci- penser fulvescens), G.Beaulieu: vol.6, no 2, p.3.ETIQUETAGE ~~ \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.ETUDE DE POPULATIONS \u2014 Voir \u201cPêche expérimentale\u201d, \u201cRapport\u201d.EUPHAUSIDES \u2014 Voir \u201cHors-texte\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cZooplancton\u201d.EXPERIENCES \u2014 Voir \u201cPêche à anguilles\u201d, \u201cPêche expérimentale\u201d.\u201cRapport\u201d.\u2019 EXPLOITATION \u2014 Voir \u201cRapport\u201d, \u201cStatistiques\u201d, \u201cZooplancton\u201d.FILET \u2014 Voir \u201cPréhistoire\u201d.FONDS \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d.GALVANOTROPRISME \u2014 Voir \u201cPêche expérimentale\u201d.HAMEÇON \u2014 Voir \u201cPréhistoire\u201d.HARENG \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cRapport\u201d.HARPON \u2014 Voir \u201cPréhistoire\u201d.HÉLICOPTÉRE \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.HOMARD \u2014 Les Pêcheries canadiennes de Homard 1957-1961, J.Bergeron: vol.6, no 2, p.19.\u2014 Voir \u201cRapport\u201d, \u201cStatistiques\u201d.HORS-TEXTE \u2014 Euphauside entouré de Copépodes, vol.6, no 1.\u2014 Magquereaux, vol.6, no 3 \u2014 Pêcheurs au chalutage, vol 6, no 2 HYDROGRAPHIE \u2014 Voir \u201cÉducation\u201d, \u201cRapport\u201d.ICHTYOLOGIE \u2014 Voir \u201cEducation\u201d, \u201cRapport\u201d.ICHTYOPLANCTON \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.INDUSTRIE \u2014 Voir \u201cStatistiques\u201d.INVERTEBRES DE FONDS i \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.| INVESTISSEMENTS {3 _\u2014 Voir \u201cStatistiques\u201d.bo LEGISLATION \u2014 Voir \u201cEsturgeon\u201d, \u201cHomard\u201d, \u201cRapport\u201d.Page 31 LEPIDOLOGIE \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.LEURRE \u2014 Voir \u201cPréhistoire\u201d.MAQUEREAU \u2014 Voir \u2018\u201cHors-texte\u201d, \u201cRapport\u201d.MARCHÉ \u2014 Voir \u201cStatistiques\u201d.MÉTHODES DE PÊCHE \u2014 Voir \u201cÉducation\u201d, \u201cPêche expérimentale\u201d, \u201cPréhistoire\u201d, \u201cRapport\u201d.MIGRATIONS \u2014 Voir \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d.MORUE \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cStatistiques\u201d.NAVIGATION \u2014 Voir \u201cElectronique\u201d.OCEANOGRAPHIE \u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cEducation\u201d, \u201cElectronique\u201d, \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cZooplancton\u201d.PECHE \u2014 Voir \u201cElectronique\u201d, \u201cPréhistoire\u201d, \u201cRapport\u201d.PECHE A ANGUILLES \u2014 Pêche à anguilles ?, G.Beaulieu: vol.6, no 1, p.25.PECHE EXPERIMENTALE \u2014 La Pêche expérimentale à l\u2019électricité, L.Tremblay: vol.6, no 1, p.21.\u2014 Voir \u201cPêche à anguilles\u201d, \u201cRapport\u201d.PECHERIES \u2014 Voir \u201cHomard\u201d, \u201cRadioactivité\u201d, \u201cStatistiques\u201d.PÉCHEURS \u2014 Voir \u201cHors-texte\u201d, \u201cStatistiques\u201d.PHYCOLOGIE \u2014 Voir \u201cEducation\u201d, \u201cRapport\u201d.PIRARUCU \u2014 Voir \u201cArowana\u201d.PIRHANA \u2014 Voir \u201cArowana\u201d.PLANCTON -\u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cZoo- plancton\u201d.PLANCTONOLOGIE \u2014 Voir \u201cÉducation\u201d, \u201cRapport\u201d.PLIE \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.POISSON \u2014 Le Poisson et l\u2019homme, J.-M.Roy: vol.6, no 2, p.7.\u2014 Voir \u201cEsturgeon\u201d, \u201cPréhistoire\u201d, \u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d.= POISSONS EXOTIQUES \u2014 Voir \u201cArowana\u201d.POLLUTION DES MERS \u2014 Voir \u201cRadioactivité\u201d.PRÉHISTOIRE \u2014 Le Poisson dans la préhistoire, J.-M.Roy: vol.6.no 3, p.10.PUBLICATIONS \u2014 Voir \u201cContributions\u201d.RADIOACTIVITÉ \u2014 La Radioactivité ruinera-t-elle les pêcheries mondiales ?G.Lacroix: vol.6, no 3, p.3.RAPPORT \u2014 Recherches en 1962 à la Station de Biologie marine, A.Marcotte, J.Bergeron, Y.Boudreault, P.Brunel, G.Lacroix: vol.6, no 3, p.18.RECHERCHE \u2014 Voir \u201cActualités marines\u201d, \u201cBibliothèque\u201d, \u201cChalutage\u201d \u201cÉducation\u201d, \u201cContributions\u201d, \u201cHomard\u201d, \u201cPê- che à anguilles\u201d, \u201cPêche expérimentale\u201d, \u2018\u201cRadioactivité\u201d, \u201cRapport\u201d, \u201cZooplancton\u201d.SAUMON \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.SCIENCES NATURELLES \u2014 Voir \u201cEducation\u201d.Page 32 STATION DE BIOLOGIE MARINE \u2014 Voir \u201cEducation\u201d, \u201cRapport\u201d.STATISTIQUES \u2014 Les Pêcheries maritimes 1961, Z.Bérubé: vol.6, no 3, p.26.\u2014 Voir \u201cEsturgeon\u201d, \u201cHomard\u201d.\u2018TECHNOLOGIE \u2014 Voir \u201cActualités marines\u201d.TOPOGRAPHIE \u2014 Voir \u201cRapport\u201d.USINES \u2014 Voir \u201cStatistiques\u201d.ZOOPLANCTON \u2014 Un aliment controversé: le zooplancton marin, G.La- eroix: vol.6, no 1, p.11.\u2014 Voir \u201cChalutage\u201d, \u201cRapport\u201d.BEAULIEU, BLANCHE \u2014 Éditorial: Rôle de la recherche, Vol.6, no 1, p.2.BEAULIEU, GÉRARD .\u2014 Alerte sur le Saint-Laurent, Vol.6, no 2, p.3.\u2014 Pêche à anguilles, Vol.6, no 1, p.25.BERGERON, JULIEN \u2014 Pêcheries canadiennes de Homard, 1957-1961, Vol.6, no 2, p.19.\u2014 Recherches en 1962 à la Station de Biologie marine (En collaboration), Vol.6, no 3, p.18.BÉRUBÉ, ZÉPHIRIN \u2014 Les Pêcheries maritimes 1961, Vol.6, no 3, p.25.BOUDREAULT, Yves \u2014 Recherches en 1962 à la Station de Biologie marine (En collaboration), Vol.6, no 3, p.18.\u2014 Une Rencontre heureuse: l'électronique et la pêche, Vol.6, no 2, p.8.BRUNEL, PIERRE \u2014 Les Chalutiers ravagent-ils les fonds à morue ?Vol.6, no 2, p.25.\u2014 Recherches en 1962 à la Station de Biologie marine (En collaboration), Vol.6, no 8, p.18.LABRIE, ARTHUR \u2014 Éditorial: Portée des recherches technologiques et biologiques en Pêcheries, Vol.6, no 2, p.2.LACROIX, Guy \u2014 Un Aliment controversé: le zooplancton marin, Vol.6, no 1, p.11.\u2014 La Radioactivité ruinera-t-elle les pêcheries mondiales?Vol.6, no 8, p.3.\u2014 Recherches en 1962 à la Station de Biologie marine (En collaboration), Vol.6, no 3, p.18.MARCOTTE, ALEXANDRE \u2014 Recherches en 1962 à la Station de Biologie marine (En collaboration), Vol.6, no 3, p.18.MARIE JEAN-EUDES (Soeur) \u2014 L\u2019École de la route, Vol.6, no 1, p.8.PLAMONDON, MONIQUE \u2014 Éditorial: Collaboration scientifique, Vol.6, no 3, p.2.ROY, JEAN-MARIE \u2014 L\u2019Arowana, l\u2019aristocrate des poissons, Vol.6, no 2, p.15.\u2014 Le Poisson et l\u2019homme, Vol.6, no 2, p.7.\u2014 Le Poisson dans la préhistoire, Vol.6, no 3, p.10.TREMBLAY, LÉON \u2014 La Pêche expérimentale à l\u2019électricité, Vol.6, no 1, p.21.TRUDEL, MARIE-T HÉRÈSE \u2014 La Bibliothèque du ministère de la Chasse et des Pêcheries, Vol.6, no 2, p.29.ACTUALITÉS MARINES re \u2014 | - \u201c= x ge à Le ER >.» a cts.eect 6 + 8m - \u201ca emmener % \u20ac mi 3
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