Actualités marines, 1 janvier 1963, Vol. 7, No 2
[" | OFF I 52PL1 EXe2 A2/ pads +} e\u2026\u2014 MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE QUEBEC ÉTÉ AUTOMNE 1963 m fil 3 3 VOLUME 7 No 2 - gc 7 Hy 9\u201d < DIVISION DES PECHERIES a ee 1, vw Q » Ww = PE \u2014 SE Le © Le) Le I.== ue rez % à CA ve x w# KH] jp i vive Perte A ke Vy te \u20ac 2 i Fi te.\u201can 63 ; t ob EAN e Bes %, \u2018 2 ¥, 03) NS pny xX \\ en y à y - 7 Sy Een fi a > \u2026 de ree [5 NY a A J = re s È = À PRE, EF 4, - Ra Wr a * Re.% hs: bd ; = 3 > TA fre EN wa = i oo au.idk ; LR fs ce.= > ar Ry ake # 3 BNE > 54 { .Lu } Sa - TN ! 3 a Xe: > + & a \"> Sn = A MN EY Os, $ Hg x -* ; ~~ Cu ay] x Saks x H 4 ~~ a rr À w Th, % ii aan i PL va wok Nn 2.900, $2 >, QP, \u201c4 A e ty \u20ac LEY ah + re Bar \u2014 G Se R= _ bye 3 Lu = PSE Soe 7 vA a, 3 Tin < 7 % = W\\ a+ } as 4 pr) > a\" «Ry X Perse ou \u201cNog 5 Mg -ry 3) : hs yo Le & ey Fav a Fs pe ty + a = > \u2018Ay, &: sn ES : x » f PE «s+F ~ YEN, x 27 + Ewan 1 te Ma [XY ê \u201cA o WS n WE v + 4%, pA x ER ay Ng» 5 3 2 A a x es |X % y 1097 Ph wt pre > », & - Ÿ de 4 AS di : Fer La 7 af Pp : 9 2 » $ e 4 ri ty &f & > x pet 25.4 a 4 5 0 fs xs ! me J tq w m0 3 $ ¥ Er = ï 5 5 A 4 + : A * ve 4, $ ® 413 ry a - va ee %® aX SPY % >, A + poi By \u2014w in Le £7 5 x r > 7 % (re me 7 it, \"4 $ D = A + tee À EVO Ki au 5 A * x 3 A an nm Wg >, \u201c f #4 Je op Wa i +L 183 Vos \u201c44 Toi AT on x\u201d SH x Ww Ya .Hi x sa Ri ; ah + a \u201cage ol F 2 + Ve = me if La Pons = Jue ; \\: Fo.aS w \\ $ Ra age Ry ea qe i K- = a.Ey Sumy YY cat À vi \\ = Jn rd =.ae I, Yi A Le 3 Wh | SO Se NS Le 9.200 | MEL à + \u2014 er meer POSE LPC EE ps REVUE PUBLIÉE PAR LE MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE DU QUÉBEC DIVISION DES PECHERIES Phofo ci-contre D'un saut, d'un bond, goulûment, voilà le hareng happé et .deux omis satisfaits.(Office du film du @ Québec \u2014 Readman) Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 GÉRARD D.LÉVESQUE, LL.L.ministre MONIQUE PLAMONDON directrice de la revue ® Editorial (Gérard D.Lévesquel .om ¢ Les Odontocétes (Viger Plamondon) ® Captures d\u2019Esturgeons noirs de grande taille dans le Saint-Laurent (Gérard Beaulieu) * Les Esturgeons migrateurs du Saint-Laurent et de la Gironde (Étienne Magnin) ® Résultats d\u2019ensemencements en truites pêchables (J.-L.Loubier) Le Saguenay \u2014 Son contenant et son contenu (Marcel Tiphane) * Reportage sur la vie d\u2019un aquarium (B.Beaulieu) La reproduction partielle ou totale des articles ou des statistiques publiés dans la présente revue est permise, mais on est prié d'en mentionner la source.Toute traduction, pour fins de publication, doit être autorisée por la direction de la revue.Ce numéro d' « Actualités Marines » a été réalisé en héliogravure.Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez vous adresser à la Direction de la revue, Ministère de l'Industrie et du Commerce, Hôtel du Gouvernement, Québec. ÉDITORIAL Les événements récents qui ont marqué profondément les structures mêmes des Pêcheries de notre province ne laissent pas, certes, d\u2019étonner.En effet, à première vue, peu ne s\u2019en fallut que l\u2019on ne considérât le transfert du département des Pêcheries au ministère de l\u2019Industrie et du Commerce comme un pas décisif dans le sens d\u2019une désaffection évidente ou voulue de la recherche de base (on sait l\u2019importance accordée à cette dernière dans le passé) au profit d\u2019un effort d\u2019industrialisation.La construction de navires de pêche à plus fort tonnage, les crédits accrus affectés à la recherche appliquée peuvent le laisser supposer.Mais rien n\u2019est plus téméraire de penser que l\u2019on peut développer l\u2019as- pect industriel et technique de nos pêches sans s'assurer d\u2019une certaine continuité dans le domaine des recherches biologiques.Les vues ministérielles s\u2019inscrivent donc dans le programme d\u2019expansion industrielle qu\u2019épauleront les recherches biologiques, techniques et économiques nécessaires réorientées vers une expansion toujours plus rationnelle de « cette mer qui nous entoure ».GÉRARD D.LÉVESQUE Ministre de l\u2019Industrie et du Commerce PAGE 2 ACTUALITÉS MARINES .EV IGER PLAMONDON, SE av RSP.D.D.S., LL.S.(Montréal, Québec) \u201cM.Sc.D.; Northwestern University, Chicago, U.S.A.» VIGIE Nous avons couru les hasards du froid et l\u2019homme nous est apparu, singulière erreur, parmi les paysages refondus.Cet bomme, tant partagé par la mer, nous l\u2019avons retrouvé tentant les chances fabuleuses de l\u2019hiver, Alors sur un cap dressé en vigie, j'ai aperçu un groupe blanc qui dansait la gigue ensorcelée du Labrador.\u2014 Que font-ils à la face des vents ?\u2014 Les chasseurs de loups-marins attendent le loup-marin, PIERRE PERRAULT extrait de TOUTES ISLES (Fides, Montréal, 1963) À partir des collections contenues dans son musée d\u2019Anatomie dentaire comparée, le Dr Plamondon, stomatologiste et naturaliste de la capitale provinciale, inscrit sa brève étude sous le signe de l\u2019inquiétude propre à tous ceux que passionnent « les grands problèmes de l\u2019évolution ».De l\u2019Allothérium jusqu\u2019à I'Homo sapiens, l\u2019histoire et l\u2019étude de la denture présentent le plus vif intérêt pour celui que passionnent les grands problèmes de l\u2019évolution.Les mammifères sont en effet les premiers animaux qui possèdent une dentition véritable.Donnons tout de suite ici quelques points de repère.Tous les vertébrés ont des dents, mais il est connu que Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 les racines des dents des poissons, des amphibiens et des reptiles sont faibles : les dents tombent et sont remplacées.Un requin, par exemple, produit, au cours de son existence, plus de 5,000 dents, le grand silure, 10,000, et un grand reptile, 2,000.Cette abondance de dents montre bien qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une denture, celle-ci étant plutôt un appareil masticateur formé de dents permanentes se retrouvant à des points précis de PAGE 3 Baleine franche échouée aux Trois-Pistoles, Québec.(Photo Ch.Morency) la mâchoire et s\u2019adaptant parfaitement d\u2019un maxillaire à l\u2019autre.Par la pression qu\u2019elles exercent les unes sur les autres, les dents acquièrent un aspect caractéristique qui, avec leur ivoire quasi imputrescible, a permis aux chercheurs d'identifier la plupart des animaux disparus et de déterminer, dans les rameaux phylétiques, la place qu\u2019ils occupent.Car, connaître la denture, c\u2019est connaître le régime alimentaire, donc, GlobiceFhola melaena (Traill).Individu de 640 m (21 pieds) de longueur échoué aux Trois-Pistoles en 1930.(Photo F.Joly) .LAY _ a par voie de conséquence logique et normale, le mode de vie et le milieu dans lequel l\u2019animal vivait.Ce serait un lieu commun que d\u2019affirmer que, pour un naturaliste, l'Etat du Québec est un paradis.Pour l\u2019homme inquiet de sa destinée évolutive, que de champs encore inexplorés ! Mon propos n\u2019est pas, dans ces pages, de brosser un tableau comparatif de notre faune, ni même de dresser un inventaire des espèces qui nous sont plus ou moins familières.Beaucoup plus simplement, je me propose d\u2019étudier sommairement ici quelques-uns parmi les plus intéressants mammifères marins qui vivent dans nos eaux.Les mammifères les plus connus sont les Baleines, Odontocètes ou Mysticètes, c\u2019est-à-dire pourvues ou non de dents.Les deux espèces appartiennent à la grande classe des Cétacés.Nous ne traiterons que des Odontocètes.Mammifères exclusivement adaptés à la vie aquatique, ils sont singuliers à bien des égards, tant du point de vue de l\u2019aspect du crâne que de la forme et du nombre des dents.Ces Cétacés denticètes comprennent deux groupes principaux : 1) ceux qui ont un crâne symétrique et des dents aux deux mâchoires, tels le Globicéphale, le Béluga, l\u2019Orque Epaulard, le Phoque ; 2) ceux qui ont un crâne asymétrique et des dents à une seule mâchoire, la supérieure chez le Narval, l\u2019inférieure chez le Cachalot.Ces photos et leurs légendes sont tirées du Rapport annuel de la Société Provancher d'Histoire Naturelle du Canada 1929 et 1930, et sont publiées grâce à l'aimable autorisation de la Société et de Monsieur le Docteur Georges Préfontaine, auteur de l'article intitulé : Notes sur Globicephala Melaena (Traill}.Nos plus vifs remerciements.Décrivons ici quelques espèces mentionnées plus haut que l\u2019on trouve normalement dans les limites i nord et nord-est du Canada et jusque dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent.PREMIER GROUPE A \u2014 LE GLOBICEPHALE Nom français : Globicéphale Nom scientifique : Globicephala melas (Traill) Nom anglais : Blackfish Le Globicéphale atteint jusqu\u2019à 9.15 m (30 pieds) de longueur.Par sa forme, il se distingue de tous les autres Cétacés : sa tête est très courte et gonflée en avant ; là où l\u2019on s\u2019attend de trouver le cou, est la partie la plus grosse du corps qui va ensuite s\u2019amenuisant jusqu\u2019à la nageoire caudale, i qui est petite.Les nageoires, longues et minces, s\u2019attachent au corps juste après l\u2019angle de la mâchoire.La nageoire dorsale est située très en avant.Ce type de cétacé est de couleur jais.a cer | Globicephala melgena (Traill).Cliché montrant la ! forme de la #ête, la position des yeux, la forme des dents et leur présence aux deux méchoires, l'élar- » gissement sous la tête de la bande blanche ven- Ï trale.(Photo Dr Georges Préfontaine) | Les Anglais les appellent « Pilot Whales », parce qu\u2019ils se déplacent en grandes bandes en suivant un guide ou poisson-pilote.Si celui-ci s\u2019échoue, ce qui n\u2019est pas rare, tous le suivent ; une fois rendus dans les hauts-fonds, ils sont incapables de retourner dans les eaux profondes (photos de la page 4).La tête osseuse du Globicéphale présente l'aspect d\u2019une tête de canard.Sa denture compte 40 dents, toutes sembables, coniques, pointues et inclinées mé- sio-distalement, c\u2019est-à-dire vers l\u2019arrière de la bouche.Toutes ses dents sont placées à la partie antérieure et n\u2019ont de contact entre elles qu\u2019en occlusion fermée.Le poids de cette tête, chair et os, est de 37.7 kg (83 livres), tandis que le crâne dénudé, lavé et séché ne pèse plus que 10 kg (22 livres).La tête qui apparaît en page 4 a été enlevée à l\u2019un des 16 Globi- céphales qui s'étaient échoués sur la batture de Trois-Pistoles, au Québec, en 1930.(À remarquer que nous avons choisi la plus petite).Notre Globicéphale (Globicephala melas) est plus grégaire que celui des mers du Sud (Globice- phala Hyperoädon) et s\u2019en différencie encore par les deux caractéristiques suivantes : Longueur des Nombre nageoires de dents A \u2014 Globicephala melas 122 cm (4 pieds) 40 B \u2014 Globicephala Hyperoddon 122 cm (4 pieds) 32 B \u2014 LE BELUGA Nom frangais : Béluga Nom scientifique : Delphinapterus leucas (Pallas) Nom anglais : White Whale Le Béluga des eaux du Québec habite principalement la région qui s\u2019étend depuis l\u2019Île-aux-Cou- dres jusqu\u2019à la Pointe-des-Monts, sans omettre la rivière Saguenay.Le mot « Béluga » signifie : animal de couleur blanche.Il est connu dans le Québec sous le nom de « Marsouin Blanc ».Toute une série de noms vernaculaires lui sont donnés depuis sa naissance jusqu\u2019à l\u2019état de maturité, parce qu\u2019il passe par quatre stades de coloration : brun foncé, bleuâtre, grisâtre et finalement tout blanc.Il sera donc, selon le cas, appelé « Veau », « Blafard », « Gris », « Bleuvet », « Blanchon ».Les Esquimaux l\u2019appellent : « Killeluak ou Killelugak », tandis que les Anglais l'ont baptisé « White Whale » ou « White Porpoise ».Sa longueur varie de 6.10 m à 9.15 m (20 à 30 pieds) et son poids maximum peut atteindre Face palatine d'un crâne de Béluga (Delphinopterus leucas, Pallas).Collection V.Plamondon \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) 1,336.6 kg (2,940 livres), alors que le petit d\u2019un mois pèse 84 kg (185 livres).Sa peau est complètement dénuée de poils, même chez l'embryon de 101.6 mm (4 pouces), selon les observations du biologiste canadien Vadim-D.Vladykov ; ainsi ces animaux ne présentent pas l\u2019une des plus importantes caractéristiques des Mammifères, la pilosité.Le derme est très épais, tandis que chez les autres Cétacés il est réduit au minimum ou n\u2019existe pas.Sa tête est plutôt petite, arrondie en avant, bombée.Elle est reliée au corps par un cou presque imperceptible.Le museau est court et arrondi.Le dessus de la partie antérieure de la tête montre une protubérance en forme de croissant, au milieu de laquelle s\u2019ouvre l\u2019orifice commun de deux évents (soufflet).La concavité du soufflet est dirigée vers Radiographie (V.Plamondon) des maxillaires supérieur et inférieur, partie antérieure, d'un crâne d'Orque Epaulard (Orcinus orca, Linné).Collection V, Plamondon \u2014 Québec.l'avant.L\u2019œil est petit et rond.Un peu en arrière de celui-ci, il y a une légère cavité à peine plus grosse qu'une tête d\u2019épingle : c\u2019est l\u2019orifice extérieur de l\u2019oreille.La mâchoire inférieure est arrondie ; elle avance presque autant que la supérieure.Le nombre de ses dents est de 40, toutes semblables et coniques, sans contact entre elles, sauf en occlusion fermée.Leur structure est tout à fait particulière (Lônnberg) : la couche d\u2019émail, très mince, disparaît vite à l\u2019usure ; le cément, au contraire, est très épais.Chez l\u2019individu adulte, c\u2019est donc la racine qui fonctionne comme couronne de la dent.Il n\u2019en est pas ainsi chez les Delphinidés qui ont des dents à émail très épais.C \u2014 L\u2019ORQUE ÉPAULARD Nom français : Orque Epaulard Nom scientifique : Orcinus orca (Linné) Nom anglais : Killer Whale La plus grande espèce de la famille des Delphi- nidés est l\u2019Orque Épaulard, qui atteint 8.23 m (27 pieds) de longueur et qui est remarquable, à l\u2019inverse des Marsouins, par l\u2019ampleur de ses nageoires dorsale et pectorales.Ces dernières sont arrondies du bout.Ses mâchoires portent une cinquantaine de dents.Tout son corps est noir, sauf une tache blanche au-dessus de chaque œil et une bande qui s'étend ventralement, du menton à l\u2019anus, et se prolonge sur les côtés de la queue, à droite et à gauche.PAGE 6 Face palatine d'un Phoque commun {Phoca vitulina, Linné).Collection V.Pla- mondon \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) À l\u2019observer, on voit que c\u2019est un animal taillé pour se déplacer rapidement dans l\u2019eau et s\u2019attaquer à des proies de grande taille.En fait, l\u2019Orque Epaulard est un des pirates des mers.En bande, elles n'hésitent pas à s'attaquer aux Phoques, aux Marsouins, aux Dauphins, même aux Baleines, dont elles arrachent avec leurs dents des lambeaux de lard et de chair.Wy = La distribution géographique de ce bandit des mers est mondiale : on le rencontre en des points aussi éloignés que le Groenland, le détroit de Behring et l\u2019Antarctique.Au sous-ordre des Odontocètes, viennent ensuite les Pinnipèdes, ces Mammifères marins à « pattes- nageoires », tels les Phoques, les Morses, les Narvals, etc.D \u2014 LES PHOQUES Ces Mammifères marins ont les pieds en forme de nageoires.Ils sont habiles nageurs.Sur le sol ou sur les glaces, ils se traînent difficilement ou plutôt ils rampent.Leur denture diffère beaucoup de celle des Carnivores.Ils ont généralement des incisives aux deux mâchoires, mais toujours plus nombreuses à la mâchoire supérieure qu\u2019à l\u2019inférieure.Quant aux molaires, elles sont toutes semblables et se composent soit d\u2019une seule pointe, soit d\u2019un lobe médian accompagné de deux pointes antérieure et postérieure.Leur couronne est tranchante et propre à couper les poissons.Leur habitat se situe dans les eaux salées, cependant il existe actuellement deux endroits connus où ils vivent en eau douce : 1 \u2014 Dans le Nouveau Québec (Ungava), aux lacs Upper Seal et Lower Seal qui se déchargent dans le golfe de Richmond.Cette espèce se nomme : Phoca vitulina Mello- nae (Doutt).2 \u2014 Dans le grand lac Baïkal en Sibérie méridionale.Examinons maintenant quelques Phoques que l\u2019on rencontre dans le Saint-Laurent.1 \u2014 Le Phoque Commun.Nom français : Phoque Commun Nom scientifique : Phoca vitulina (Linné) Nom anglais : Harbour Seal Ce Phoque commun est généralement gris foncé sur le dos, gris pâle sur le ventre avec beaucoup de taches brun foncé ou noires.La tête est ronde et la mâchoire carrée.Elle ressemble beaucoup à celle du bouledogue.Ses petits naissent en mai et juin.Chez l'adulte, la longueur totale est de 152.4 cm (60 pouces), tandis que le poids se situe dans les 113.6 kg (250 livres).La répartition de l\u2019espèce couvre le littoral de l\u2019Atlantique, le Labrador, le golfe et le fleuve Saint-Laurent et même les lacs intérieurs.2 \u2014 Le Phoque Gris.Nom français : Phoque Gris Nom scientifique : Halichoerus grypus (Fabricius) Nom anglais : Grey Seal Le Phoque Gris est généralement d\u2019un gris foncé coupé de taches assez grandes, tantôt claires, tantôt presque noires.On le distingue par son museau qui est plus long et plus large que celui du Phoque commun.Chez l\u2019adulte, la longueur varie entre 3.05 m et 3.66 m (10 et 12 pieds).Les petits naissent tard en automne.Chaque année en juin, toute une colonie arrive aux Îles Razades, près de Trois- Pistoles.On en a vu jusqu\u2019à trente à cet endroit.3 \u2014 Le Phoque du Groenland.Nom français : Phoque Gris Nom scientifique : Phoca groenlandica (Fabricius) Nom anglais : Harp Seal Le Phoque du Groenland est d\u2019un gris clair avec un masque noir et une bande noire sur le dos en forme de harpe.Ses petits naissent sur les glaces en fin de mars ou au début d\u2019avril dans le golfe Saint- Laurent et sur le littoral de Terre-Neuve.L'auteur de cet article a pratiqué, en 1953, une césarienne chez une mère enceinte.L\u2019opération a été filmée en 16mm en couleurs par Monique Plamondon, éditeur d\u2019 « Actualités Marines ».Nous avons eu la surprise de constater qu\u2019à l\u2019état de fœtus le petit est de couleur jaune or.Denture d'un Phoque gris (Halichoerus grypus, Fabricius).Collection V.Plamon- don \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) AR non din te de re re Face latérale, côté droit, montrant l'articulation des maxilloires supérieur et inférieur d'un Phoque du Groenland (Phoca groenlandica, Fabricius).ADULTE.Collection V, Plamondon \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) Il est intéressant de noter les différents noms vernaculaires qu\u2019il porte suivant l\u2019endroit et même les couleurs de sa fourrure depuis sa naissance jusqu\u2019à l\u2019âge adulte.Pour l\u2019Esquimau, c\u2019est un Kyoli.Pour un Groenlandais, un Atak.Pour un Canadien- français, ce sera tour à tour un Loup-marin, un Barre-noire, un Barre-sale, un Brasseux, un Cœur- marqué, un Pivelé, La diversité des couleurs varie selon l\u2019âge du \u2018sujet, ce qui explique partiellement les appellations locales déjà mentionnées.Ainsi le petit est couvert d\u2019un duvet jaune or à la naissance ; il devient tout blanc à un mois, pour nous apparaître un peu grisâtre plus tard.À un an, il est blanc avec des petites taches noires de la grosseur d\u2019un dix sous.À l\u2019âge de deux ans, on note peu de changement, si ce n\u2019est que les taches sont plus grosses, plus uniformément distribuées et moins foncées.À trois ans, les taches se sont encore agrandies et se rejoignent.À quatre ans, les deux barres caractéristiques du dos commencent à prendre la forme d\u2019une harpe, d\u2019où, nous semble-t-il, vient le nom anglais de : « Harp Seal ».Les autres taches disparaissent graduellement à mesure que les barres deviennent distinctes et parfaites.PAGE 8 Face palatine d'un créne de Phoque du Groenland (Phoca groenlondica, Fabricius).FOETUS, montrant les couronnes des dents permanentes bien en place.Collection V.Plamondon \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) Vers l\u2019âge de neuf ans, ces deux barres et une partie de la tête et du nez seulement sont noires, tout le reste est parfaitement blanc.Du point de vue de l\u2019ossature crânienne, notre fœtus de Phoque du Groenland nous réservait une surprise : ses fontanelles antérieure et postérieure étaient déjà soudées à cet âge.Disons tout de suite que la fontanelle est ce point de réunion des sutures du crâne formé par une membrane fibreuse dépres- sible, qui est remplacée d\u2019abord par un cartilage et ensuite par l\u2019os.(L\u2019occlusion ou fermeture complète a lieu en général, chez nos enfants, vers l\u2019âge de 24 ans ou au plus tard 3!4 ans).La fontanelle antérieure est formée par la réunion des sutures de l\u2019os frontal et des pariétaux.La postérieure se fait par la réunion de l\u2019os occipital avec les pariétaux.Or notre fœtus n\u2019avait que 8 mois de vie intra-uté- rine et le tout était déjà bien soudé ; donc, il était prêt pour le combat de la vie.Tous les Phoques peuvent rester en plongée de 10 à 15 minutes environ.Des études faites sur des Mammifères marins ont démontré qu\u2019ils sont insensibles au bioxyde de carbone.D\u2019un autre côté, ces animaux sont très sensibles à une basse concentration d\u2019oxygène de l\u2019air inspiré (Scholander).La morphologie de leurs dents, surtout des couronnes, a été étudiée par les Paléontologistes : elle est à la base même de leurs travaux.Beaucoup de Mammifères ne nous sont connus que par leurs dents (Ellenberger & Baum Drs.).Il en est de même pour l\u2019identification de nos Phoques.Ainsi le Phoque commun (Phoca vitulina) a des dents à plusieurs pointes rapprochées les unes des autres.Chez le Phoque du Groenland (Phoca groenlandica), les dents sont semblables à celles du Phoque commun mais plus petites et plus espacées ; par contre, chez le Phoque gris (Halichoerus grypus), les dents sont très espacées à la mâchoire inférieure et les prémolaires sont dépourvues de pointes.Autre identification au moyen des incisives : chez le Phoque du Groenland, le Phoque gris, le Phoque commun et le Phoque annelé (Phoca his- pada Schreber), on trouve 3 incisives supérieures et deux inférieures sur chaque demi-mâchoire supérieure et inférieure ; tandis que le Phoque à capuchon (Cystophora cristata Erxleben), n\u2019a que deux incisives supérieures et une inférieure.Voici quelques exemples de formules dentaires : À \u2014 Phoques du Groenland, Phoques gris et Phoques communs : Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 3 1 2 3 Incisives \u2014 , Canines \u2014 , Prémolaires \u2014 , Molaires \u2014, 2 1 2 3 Total 34 dents B \u2014 Phoques à capuchon, 2 1 2 3 Incisives \u2014 , Canines T , Prémolaires 7 , Molaires ry 1 Total 30 dents Il existe un autre point de comparaison intéressant, qui sert aussi à l'identification des Phoques : c\u2019est la forme de la voûte palatine.Chez le Phoque du Groenland et le Phoque gris, la voûte palatine épouse la configuration d\u2019un « U » évasé à base plate transversale à l\u2019âxe du crâne, tandis que chez le Phoque commun et le Phoque annelé, elle représente un « V » profond dans toute sa longueur.Quant à la mâchoire inférieure, elle nous montre aussi des caractéristiques bien définies.Ainsi le condyle est horizontal et concave dans sa partie centrale chez le Phoque gris, alors qu\u2019il est oblique chez le Phoque du Groenland.Le talon du condyle offre encore des différences ; chez le Phoque gris, il est droit de haut en bas vers l\u2019angle de la mâchoire, cependant qu\u2019il est en spirale chez le Phoque du Groenland.L\u2019apophyse coronoïde du Phoque du Groenland est mince et étroite, alors qu\u2019elle est large et épaisse chez le Phoque gris.L'entrée du canal dentaire inférieur est à 20mm de l\u2019échancrure sigmoïde chez le Phoque du Groenland, tandis qu\u2019elle est à 30mm chez le Phoque gris.De tous les Phoques que l\u2019on trouve dans le Saint-Laurent, le Phoque commun est le seul à avoir la mâchoire inférieure plus courte que la supérieure.E \u2014 LE MORSE Nom français : Morse Nom scientifique : Odobenus rosmarus (Linné) Nom anglais : Walrus La taille du Morse varie entre 3.05m et 3.66m (10 et 12 pieds) et son poids adulte est de 909 kg (1 tonne) et plus.Sa peau est d\u2019un jaune brun.Après une gestation de onze mois, il met au monde un ou deux petits.Tout comme les Phoques, il n\u2019a pas de pavillons auditifs externes, alors que les Otaries ont des oreilles externes.Sa denture se différencie cependant de celle des Phoques : elle compte 16 dents de moins.Il n\u2019a donc que 18 dents au lieu de 34.De plus, le mâle possède deux longues canines supérieures.Dirigées vers le bas et longues parfois de 43.2 cm (17 pouces), ces dents ou plutôt ces défenses, lui permettent de se hisser, hors de l'eau, PAGE 9 Morse (Odobenus rosmarus, Linné) aux cani- nes-défenses redoutables.(Photo Plamondon) sur les rochers et de progresser sur les glaces.Grâce à leurs molaires, larges et fortes, les Morses peuvent broyer les coquillages les plus durs.Formule dentaire du Morse : 1 1 3 0 Incisive \u2014 , Canines T , Prémolaires = , Molaire \u2014, Total 18 dents Voici quelques détails intéressants (photos ci- contre) de notre collection d\u2019Anatomie dentaire comparée : Poids de la tête dénudée, lavée et séchée 6.82 kg (15 livres) Longueur de la tête 38.1 em (15 pouces) Largeur de la tête : à l\u2019os frontal 17.7 cm ( 7 pouces) à l\u2019os pariétal 27.9 cm (11 pouces) Longueur totale de la canine 43.1 cm (17 pouces) Longueur de la canine, hors de son alvéole 25.4 cm (10 pouces) Poids de la canine 24 kg (1% livre) Longueur de la mâchoire inférieure 22.8 cm ( 9 pouces) Largeur de la mâchoire PC 4 bh inférieure entre te , ; les condyles 11.43 cm (42 pouces) Nous avons en notre possession une petite dent dont Hauteur de la mâchoire la longueur est de 44.76 cm (18 pouces) et la cir- inférieure au niveau conférence externe à l\u2019apex de 76.2 mm (3 pouces).des molaires 7.62 cm (3 pouces) De plus, en notre musée personnel d\u2019Anatomie dentaire comparée, nous possédons une section apicale DEUXIÈME GROUPE de 101.6 mm (4 pouces) de longueur, dont la circonférence à l\u2019apex est de 177.8 mm (7 pouces) ; A \u2014 Le Narval Nom français : Narval Nom scientifique : Monodon monoceras (Linné) Nom anglais : Narwhal 7 Le plus proche parent du « Marsouin blanc » habite les régions froides, mais se distingue à sa peau blanche, semée de petites taches noires et surtout à sa denture si particulière.Tous les germes dentaires qui existent chez le fœtus disparaissent à la naissance, à l\u2019exception de deux dents antérieures de la mâchoire supérieure.Ces deux dents de l\u2019adulte évoluent différemment suivant les sexes.Chez la femelle, elles restent courtes et enfouies dans leurs alvéoles.Chez le mâle, au contraire, l\u2019une de ces dents, généralement la gauche, prend un développement énorme et s\u2019allonge en ligne droite, perçant la lèvre supérieure, jusqu\u2019à devenir une défense de 1.83m à 2.74m (6 à 9 pieds).Une particularité de cette dent est de présenter à sa surface des stries toujours spiralées vers la gauche.Les autres dents font complètement défaut.PaGE 10 Créne de Morse (Odobenus rosmarus, Linné) adulte.Remarquer les dents du maxillaire inférieur et la position des défenses.Collection et photo V.Pamondon \u2014 Québec. elle provient d\u2019une dent de 1.93 m (6 pieds et 4 pouces) de longueur.Cette dent sectionnée et perforée dans Joue, se as longueur sert de tige à une lampe sut \u201cpied, un modèle particulier : elle est sout canines de « Morse ».Cette œuvretorigin montée par un naturaliste québécois É moire : M.Alexis Déry, D.D.S., un des fondateurs du Jardin zoologique de Québec et de la Société Provancher d\u2019Histoire naturelle du Canada.ale a été B \u2014 Le Cachalot Nom français : Cachalot i Nom scientifique : Physeter macrocephalus (Linné) Nom anglais : Sperm Whale Le Cachalot est un animal énorme, de couleur : noire dont les nageoires pectorales ou battoirs sont très larges et arrondies ; il a une grande nageoire caudale, mais pas de nageoire dorsale.Son poids est \u2019 de 909 kg (1 tonne) par 30.5 cm (pied) de longueur.Sa tête représente le tiers de sa longueur.; Quant à l\u2019organe de l\u2019ouïe, il est paradoxal d\u2019observer que, chez un animal d\u2019une telle taille, le diamè- .tre de ce qui correspondrait à notre conduit auditif externe n\u2019est pas plus large qu'une section d\u2019allumette.Son œil est très petit et de position très laté- - rale, ce qui affecte la partie médiane du champ | visuel.BERTIN, LÉON.« La Vie des Animaux ».Vol.2.Larousse, Pa- i ris 1950.BROWN, ROBERT, « Proc.of Zoological Society », London 1868.i CAMERON, AUSTIN W.« Les Mammiféres du Sud-Est de la Province de Québec ».Rapport annuel de la Société Pro- vancher d'Histoire Naturelle du Canada.1952- 1954.DouTT, JK.« Review of the Genus Phocas».Annals of the Carnegie Museum, Vol.29, 1942.ELLENBERGER & BAUM, DRs.: « Anatomie Descriptive et Topographique ».\u2019 Reinwald & Cie, Paris, 1894.KroNFELD, R., Dr.« Dental Histology and Comparative Anatomy ».Lea & Febiger, Philadelphia, U.S.A.1937.LONNBERG, E.« Remarks on the Dentition of « Delphinap- terus leucas ».Arkiv for Zool.Vol.7, No 2, Stockholm, 1911.PLAMONDON, VIGER.« Le Phoque du Groenland ».Rapport annuel de la Société Provancher d'Histoire Naturelle du Canada.1952-1954.\u201cMile longueüf,- BIBLIOGIRAPHIE Sa macho inférieure, trés longue et étroite, porte 28 dents foutes semblables, coniques et poin- want chgcune une vingtaine de centimetres rs de l\u2019alvéole.La mâchoire supé- t creusée d\u2019alvéoles cornées où s\u2019en- rieure édentée ! châssent les dents inférieures.Jon est fondée sur l\u2019étude des stries concentriques des dents, des différentes couches cornéennes, du poids du testicule et de l\u2019étude du corps jaune chez la femelle.Dans toute notre collection de crânes d\u2019animaux, nous n'en avons aucun qui soit porteur de carie dentaire ou qui présente un état pathologique.Cependant le Dr Sizonenko nous rapporte que le Cachalot a de fréquentes caries dentaires et même des tumeurs osseuses : « Ostéômes ».Voilà, esqu.ssés à grands traits, quelques aspects de la denture de nos mammifères marins les plus connus.Parmi les caractéristiques anatomiques, l\u2019importance de la denture n\u2019est dépassée que par celle des hémisphères cérébraux.Les relations den- ture-cerveau sont d'ailleurs passionnantes à étudier.Peu à peu, nous nous rapprochons des primates.Ne dit-on pas que le cerveau de l\u2019homme est aussi lourd que la mandibule du singe et sa mandibule aussi légère que le cerveau de celui-ci ?Mais cela est une autre affaire.SANDERSON, IVAN-T.«Les Mammifères Vivants du Monde».Hachette, Paris, SCHOLANDER, P.F.« Hvalradets Skriffer Nr.32, 1940.SIZONENKO, P., DR.« Chasseur de Cachalots ».Constellation Médecine, Paris, décembre 1962.STONE WITNER & CRAM, W.E.« American Animals ».Doubleday, Company, New York 1905.VLADYKOV, VADIM-D.«Chasse et Biologie du Marsouin Blanc».Département des Pêcheries, Québec, 1944.Page & Lampe sur pieds faite d'une dent de Narval (Mo- nodon monoceras, Linné) d'un mètre 96 (6 pieds 4 pouces) et dont la base est formée de 4 dents de Morse (Odobenus rosmarus, Linné) de 53.54 em (21 pouces) de longueur.Collection Me Stanislas Dery \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) Petite dent de Narval (Monodon monoceras, Linné) d'une longueur de 4699 cm (18 1/2 pouces) sur laquelle les stries sont visibles.Collection V.Plamondon \u2014 Québec.(Office du Film du Québec \u2014 Photo Bazin) RE A Man Eds RE TE SP ES VO ne RAW fo Mn I Ce AE 8 juin 1955.Rivière-Ouelle.Pêche de Adalbert Bélanger.Esturgeon noir.Longueur totale: 8'9\".Longueur à la fourche: 8'1\".Poids total : 330 livres.Poids des ovaires: 66 livres.NS 2 juillet 1963, Saint-Vallier, Comté de Belle- chasse.Péche de Rodrigue Labrecque Esturgeon noir.Longueur totale : 9'21/2\".Longueur à la fourche : 8'2\", Poids total : 346 livres.Poids des ovaires : 72 livres.Poids de la tête : 85 divres.A ee fjvres.Autres prises d'esturgeons noirs de grande taille : 5 juillet 1946.Femelle ayant frayé, capturée à la pêche de F.Ouellet, Kamouraska.Longueur totale : 8'3\".Longueur à la fourche : 7'7\".Poids : 203 livres : 1912.Esturgeon noir capturé à la pêche de M.Labrecque, Saint-Michel.Poids : 410 livres; vers la même époque et dans la même région, esturgeon noir de 410 livres.\u2014 - CTT TI TT TE À a + .4 CME 23 juin 1954 : ANS He-aux-Patins in Kamouraska cu Pêche de > ) Maurice Ouellet E Esturgeon noir LY / Longueur fotale: 8'9\" to Longueur à la fourche: 82\" = Poids total: 352 livres = Poids des ovaires : 90 livres 1935 Saint-Vallier Pêche de M.Labrecque Esturgeon noir de 435 livres mesurant 10 1/2' d'après les souvenirs de Rodrigue Labrecque et Abel Lachance of] Captures d\u2019Esturgeons noirs de grande taille dans le SAINT-LAURENT Les Esturgeons sont des poissons d\u2019eau douce ou des poissons anadromes répartis sur trois continents : l\u2019Europe, l\u2019Asie septentrionale et l\u2019Amérique du Nord.Cette famille comprend quatre genres et environ 25 espèces.Les Esturgeons noirs de grande taille se font assez rares dans le fleuve Saint-Laurent.En effet, depuis une vingtaine d\u2019années, les biologistes du Québec n\u2019ont pu observer que quatre spécimens dont le poids dépassait 90.9 kg (200 livres).Trois autres spécimens de grande taille nous ont été signalés, mais seulement de mémoire, par des pêcheurs qui les avaient capturés.Certains de ces rapports remontent à 1012.Des données, établies après l\u2019étude des poissons capturés dans le Saint-Laurent, nous permettent maintenant de déterminer le rang qu\u2019occupe, quant à la taille, l\u2019Esturgeon noir (Acipenser oxyrhynchus) du Québec, comparativement à d\u2019autres espèces d\u2019Europe, d\u2019Asie et même d\u2019Amérique.L'espèce européenne qui détient le record mondial pour la taille et le poids est le Bélouga, Huso luso (Linné), qui vit dans les mers Noire, Caspienne et Adriatique.En 1827, d\u2019après « Issledovanie o sostoyanii ryboloustva v Rossi » (A Survey of Russian Fisheries, IV, 1861 1.102), on capturait un spécimen pesant 1,364 kg (3,000 livres).En 1922, (Byulleten\u2019 Glav- nogo upravleniya rybnoi promyshlennosti), on signalait la capture d\u2019un Bélouga de 1,220 kg (2,684 livres) dans la Volga.Enfin en 1924, N.Ya.Babushkin rapportait la capture d\u2019un spécimen de 1,228 kg (2,702 livres) dans le Biryuchi\u2019ya Kosa.Le Kaluga, Huso dauricus (Georgi), du Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 par GERARD BEAULIEU, B.Sc.P.Centre de Biologie bassin de l\u2019Amur, occupe le second rang.Il atteint plus de 4 mètres (13 pieds) de longueur.Le record en poids de cette espèce est de 1,140 kg (2,508 livres), Berg 1948.En troisième lieu vient l\u2019Esturgeon blanc, Acipenser trausmontanus RICHARDSON, qui vit le long des côtes ouest de l'Amérique du Nord.Gudger (1942) cite un spécimen de 3.8 m (12.5 pieds) pesant 584 kg (1,285 livres).L\u2019Esturgeon atlantique ou Esturgeon balti- que, Acipenser sturio Linné, vient au quatrième rang.On le retrouve surtout dans le bassin de la Gironde et le bassin du Guadalquivir en Europe et le long de la côte est de l\u2019Amérique du Nord, du Labrador au golfe du Mexique.Leta- connoux (1961) mentionne un À.sturio de 325 cm et 215 kg (12.8 pieds et 473 livres), capturé en Gironde.Ces derniers renseignements nous ont été donnés par Étienne Magnin pendant son séjour à Québec en 1963.Il semble donc que l\u2019Esturgeon noir du Québec occupe le cinquième rang, quant à la taille, parmi les quelque 25 espèces connues dans le monde.Nous croyons que ces données sur les gros esturgeons noirs capturés dans le Saint- Laurent intéresseront les lecteurs de la revue et les biologistes qui étudient les Acipenséridés.BIBLIOGRAPHIE Bere (L.S.), 1948.Les Poissons des eaux douces de l'URSS et des pays limitrophes.Vol.1, 504 pages.Gupcer (E.W.), 1942, Giant Freshwater Fish of North America.\u2014 Nat.Hist., New York, 49 : 115-121.LETACONNOUX (R.), 1961.Note sur la fréquence de la distribution des captures d\u2019esturgeons (Acipenser sturio L.) dans le golfe de Gascogne.\u2014 (Texte dactylographié).PaGE 13 Pêche en fascines (Office du film du Québec) ÉTIENNE MAGNIN, D.Sc.Laboratoire de Zoologie UNIVERSITÉ LIBRE DE LYON Visiteur estival bien connu à notre centre de Biologie, M.E.Magnin, qui a contribué à plusieurs reprises aux travaux des chercheurs du ministère, met ici en parallèle notre esturgeon noir et l\u2019esturgeon qui se pêche en Gironde.Evitons toutefois de confondre l\u2019esturgeon de mer dont il sera traité ici avec l\u2019esturgeon de lac dont on craignait la disparition au Québec (Actualités marines, vol.6, no 2).RE Esturgeons pêchés en une seule journée dans la Garonne, il y a vingt ans.(Photo \u2014 Etienne Ma- gnin) \"ge 3 vob ee 4 Ecussons dermiques ou boucliers d'esturgeons.Plus doux au toucher, chez l\u2019Acipenser sturio Linné d\u2019Europe, leur surface externe portant de petits tubercules arrondis (à gauche), ils sont plus grands chez l\u2019Acipenser oxy- thynchus Mitchill du Saint-Laurent (a droite), leurs alvéoles plus profonds étant limités par des cloisons minces et coupantes qui les rendent très rugueux au toucher. > an en lc of dl ip déc imp pat Jom ll le = M = = = = = = = = ss vas oS wo = \u2014 TF dattes _ pres 2 \u2014 r\u2014 TER.CS eno.LT; ey wo x SE 2 La plupart des esturgeons sont des migrateurs anadromes, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils vivent principalement en eau de mer et qu\u2019ile remontent régulièrement dans les eaux douces pour frayer.C\u2019est le cas de l\u2019Esturgeon noir du Saint-Laurent, Acipenser oxyrhynchus MIT.et de l\u2019Esturgeon de la Gironde, Acipenser sturio L.Après une brève présentation de ces deux espèces, nous décrirons les diverses manières de les pêcher et leur importance économique actuelle.Nous terminerons par quelques considérations sur l\u2019avenir immédiat et lointain, non seulement de ces deux espèces, mais des esturgeons en général.PRÉSENTATION DES DEUX ESPÈCES ESPÈCE AMÉRICAINE L\u2019espèce américaine, Actpenser oxyrkhynchus, appelée Esturgeon noir en français et « sea sturgeon » ou « Atlantic sturgeon » en anglais, vit sur toutes les côtes de l\u2019Atlantique, depuis le Labrador jusqu\u2019au golfe du Mexique.Cet esturgeon remontait autrefois la plupart des rivières situées dans cette aire et il avait dans la plupart une réelle valeur économique.Les premiers colons arrivés sur le Nouveau Monde étaient émerveillés par des pêches extraordinaires ; un vieux rapport signale 600 esturgeons pris en deux jours dans certaines rivières de Virginie.Vers 1700, dans le golfe du Maine, en une seule saison on compta plus de mille barils d\u2019esturgeons préparés : la plupart étaient alors expédiés à Hambourg ou en Norvège.Au début du siècle, on sortait encore de la rivière Delaware plus de 5 millions de livres d\u2019esturgeons.Actuellement l\u2019esturgeon de mer est devenu très rare aux Etats-Unis et ne représente plus de valeur économique ; par contre, il semble bien établi dans le Saint-Laurent où il est l\u2019objet de pêches commerciales.Nous avons pu établir la croissance de l\u2019Esturgeon noir du Saint-Laurent : à 5 ans, il mesure 50 cm (20 pouces) et pèse 0.4 kg (0.9 livres) ; à 10 ans, il mesure 90 cm (35 pouces) et pèse 3 kg (6 livres) ; à 20 ans, il mesure 160 cm (63 pouces) et pèse 22 kg (4814 livres).Ce n\u2019est qu\u2019à 40 ans qu\u2019il atteindra la taille de 240 cm (8 pieds) et un poids de 80 kg (176 livres).La lenteur de cette croissance a été confirmée par les données d\u2019un marquage effectué par le Centre de Biologie de Québec.D\u2019autres aspects de la biologie de cet esturgeon sont encore presque totalement inconnus : lieux et époques de fraye, vie en mer, âge de la maturité sexuelle.Sur ce dernier point, nos données actuelles sembleraient indiquer que les mâles n\u2019atteignent leur maturité que vers 22 ans et les femelles vers 27 ans.Une étude faite avec Gérard Beaulieu sur les données du marquage nous a donné des indications intéressan- Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 tes sur la descente progressive des jeunes vers les eaux saumatres.ESPECE EUROPEENNE L\u2019esturgeon Acipenser sturio était autrefois bien représenté dans plusieurs fleuves de l\u2019océan Atlantique et dans différentes mers européennes : Manche, mer du Nord, Baltique, Méditerranée, Adriatique, mer Noire.Les principales langues européennes ont d\u2019ailleurs un mot pour désigner ce poisson : il est appelé esturgeon en français, « stôr » en allemand et en danois, «steur » en hollandais, « stôrje » en norvégien, «stor » en suédois, « jèsiotr » en polonais, « ocetre » atlantique, allemand ou baltique en russe, « sampi » en finlandais, « storione » en italien, « sipul » en roumain, « esturion » en espagnol.Les seuls fleuves où cette pêche présente encore un intérêt commercial sont le Guadalquivir en Espagne et surtout le bassin fluvial de la Gironde, de la Garonne et de la Dordogne en France.La croissance de l\u2019esturgeon de la Gironde est différente de celle de l\u2019esturgeon du Saint-Laurent.À 5 ans, il mesure 68 cm (27 pouces) et pèse 1.2 kg (2.6 livres) ; a 10 ans, il mesure 110 cm (43 pouces) et pèse 6.5 kg (14 livres) ; à 20 ans, il mesure 178 cm (70 pouces) et pèse 30 kg (66 livres) ; à 40 ans, il mesure 255 cm (8 pieds) et pèse 96 kg (211 livres).La fraye a lieu durant le mois de mai dans les eaux douces de la Garonne et de la Dordogne.Les jeunes alevins descendent en eau saumâtre vers l\u2019âge de 1 an et atteignent la mer à l\u2019âge de 4 ou 5 ans.Ils effectuent des remontées annuelles de la mer vers les eaux saumâtres des estuaires, mais n\u2019entreprendront la grande migration reproductrice vers les eaux douces qu\u2019à l\u2019âge de 14 ans pour les mâles et de 18 ans pour les femelles.MODES DE PÊCHE DANS LE SAINT-LAURENT Les esturgeons noirs se prennent dans des « pê- ches » fixes échelonnées sur la rive sud du Saint-Lau- rent de Saint-Vallier à Rivière-du-Loup.Ces pêches sont formées d\u2019une barrière (chasse) plus ou moins longue partant du rivage et s\u2019avancant vers le milieu du fleuve.La chasse se termine dans le « port », grande cage dont le fond reste immergé à marée basse.Chasse et port sont construits en treillis métallique en eau douce ou en branches entrelacées (fascines) en eau de mer.Un bel exemple de ce dernier type est la pêche de M.Ouellet, tendue sur une petite île en face de Kamouraska (fig.1 et 2).Nous ne donnerons pas plus de détails sur ces pêches fixes, car elles ont été déjà décrites à deux reprises dans Actualités Marines par Vadim-D.Vladykov (vol.2, no 1, 1958) et par Gérard Beaulieu (vol.6, no 1, 1962).Pace 15 Fig.1 \u2014 Pêche en fascines : vue de la chasse qui est double.(Office du Film du Québec) Nous parlerons simplement des avantages et des inconvénients que présente ce mode de pêche pour un biologiste.Un avantage certain est que ces poissons sont en parfait état physiologique au moment où on va les recueillir : ils n\u2019ont subi aucun choc et sont demeurés dans leur milieu naturel.Ces conditions sont parfois très utiles à certaines recherches.Par contre, installées à proximité du rivage, ces pêches ne fournissent pas un échantillonnage caractéristique de la population vivant dans le fleuve à ce moment-là.Dans le cas des esturgeons noirs, par exemple, il est très rare que l\u2019on prenne des animaux adultes : cela explique notre ignorance sur de nombreux points de la biologie de cette espèce.EN FRANCE Dans la Garonne et la Dordogne, on a capturé parfois des esturgeons avec des filets à aloses.Dans l\u2019estuaire de la Gironde, au moment de la remontée migratrice, les pêcheurs se consacrent presque exclusivement à la pêche à l\u2019esturgeon.Ils utilisent de petits canots à moteur dans lesquels ils pêchent souvent seuls, Pêche en Gironde Fig.3 Fig.2 \u2014 Le port avec le coffre de réserve au premier plan.{Photo \u2014 Etienne Magnin) quelquefois à deux.Arrivés au large, ils jettent à l\u2019eau leurs filets, grands tramails dérivants de plus de 100 mètres de longueur, munis de flotteurs de liège et faits de plusieurs nappes de mailles différentes, les plus petites ayant au moins Îl centimètres (414 pouces environ) de côté.On commence à pêcher une heure avant la marée haute ; on continue durant toute la pleine mer et on lève les filets dès que la mer descend, quand le courant devient trop rapide.Les pêcheurs ont remarqué que les captures sont plus ou moins nombreuses suivant le coefficient des marées, les plus favorables étant les marées de quartier.On retire les filets de temps en temps.Lorsqu\u2019un esturgeon est pris, on l\u2019embarque (fig.3), on le « démaille », on lui passe une corde dans les branchies et la bouche (fig.4) et on l\u2019amarre derrière le bateau.Le poisson restera ainsi à l\u2019eau pendant la durée de la pêche.À l\u2019arrivée au port, les esturgeons sont saignés et ouverts.S\u2019ils contiennent des œufs mûrs (fig.5), on passe immédiatement à la préparation du caviar : les ovaires sont coupés en morceaux et frottés sur un tamis (fig.6) ; les œufs passent à travers la grille ; ils sont ensuite salés, égouttés et mis en boîte.Fig.4 (Photos \u2014 Etienne Magnin) ; li ! = IMPORTANCE COMMERCIALE AU QUÉBEC L'exploitation des esturgeons est très différente dans le Saint-Laurent et dans la Gironde.Dans le Saint-Laurent, on capture surtout de jeunes esturgeons n\u2019ayant pas encore atteint la maturité.Ils sont donc vendus uniquement pour leur chair.Il s\u2019agit d\u2019autre part d\u2019un marché local ne dépassant pas un certain périmètre autour du Lieu de pêche.L\u2019Esturgeon jaune d\u2019eau douce Acipenser fulvescens est beaucoup plus recherché au point de vue commercial : sa grande supériorité sur l\u2019Esturgeon de mer est qu\u2019il peut se fumer plus facilement.La chair de l\u2019Esturgeon noir nous semble cependant meilleure que celle de l\u2019Esturgeon jaune : elle possède un arrière-goût marin qui lui donne une saveur très particulière.EN FRANCE L\u2019Esturgeon de la Gironde est surtout exploité pour son caviar : la taille minima autorisée correspond d\u2019ailleurs à peu près à celle de la maturité et d'autre part la pêche est ouverte durant la période de reproduction.Alors que dans le Saint-Laurent on ne prend en général que des esturgeons non parvenus à maturité, on peut dire qu\u2019en Gironde on ne prend que des esturgeons adultes.La production annuelle de caviar atteint actuellement 3- tonnes.PERSPECTIVES D'AVENIR Nous allons examiner d\u2019abord, à la lumière des observations précédentes, comment se présente l\u2019avenir immédiat des esturgeons des deux bassins hydrographiques du Saint-Laurent et de la Gironde.Selon nos connaissances actuelles sur les esturgeons des différentes régions du monde, nous examinerons ensuite rapidement l\u2019avenir de cette famille de poissons.Préparation du caviar Fig.5 L\u2019avenir immédiat se présente bien différemment dans le Saint-Laurent et dans le bassin de la Gironde.Les esturgeons du Saint-Laurent semblent de loin les privilégiés.On pêche très peu de géniteurs au moment de la fraye ; la reproduction peut donc s\u2019opérer naturellement et dans les meilleurs conditions.Du fait aussi que les poissons capturés ne servent qu\u2019à une consommation locale réduite, il n\u2019y a pas de destruction massive de jeunes n\u2019ayant pas atteint la maturité.I] semble même que cette pêche pourrait être intensifiée et inclure les gros spécimens en vue de la production du caviar sans, pour cela, mettre en péril l\u2019avenir de l\u2019espèce : le Saint-Laurent en effet est un fleuve énorme et il semble que, quels que soient les moyens mis en œuvre, la majorité des poissons échapperont aux engins de pêche.Il y a cependant ici une remarque importante à faire au sujet de cet esturgeon noir du Saint-Laurent : nous ignorons complètement l\u2019état du stock présent.Il faudra donc se montrer prudent dans les mesures à prendre.L\u2019avenir des esturgeons de la Gironde est beaucoup plus précaire du fait de la pêche intensive des reproducteurs durant toute la période de fraye et sur l\u2019ensemble du territoire occupé par cette espèce.Le nombre des captures diminue d\u2019ailleurs régulièrement chaque année.Les 14 esturgeons de 180 cm (6 pieds) environ, reproduits à la page 14, furent pêchés en une seule journée dans la Garonne, à 150 km (100 milles) de l\u2019embouchure.Cette photographie date d\u2019une vingtaine d\u2019années ; au même endroit actuellement on ne pêche plus qu'un ou deux esturgeons par an.Si nous élargissons le champ de nos connaissances dans l\u2019espace et le temps, nous en retirons une impression pessimiste quant à l\u2019avenir des esturgeons.Groupe très nombreux et très diversifié dans les temps géologiques passés, il ne compte plus que quatre genres et une vingtaine d\u2019espèces.Répartis dans tout l\u2019hémisphère nord, ils ne sont cependant abondants que dans des bassins hydrographiques bien délimités.Depuis un siècle enfin, on a noté leur disparition progressive de nombreuses rivières.Devons-nous conclure ici à l\u2019exis- Fig.6 (Photos \u2014 Etienne Magnin) tence d\u2019une loi implacable de la nature qui condamnerait les espèces comme les individus à une mort fatale et contre laquelle l\u2019homme serait impuissant ?Un ichtyologue russe bien connu, M.Gerbilskii, démontre que les esturgeons possèdent des possibilités d\u2019adaptation écologique et biologique remarquables qui leur permettent non seulement de survivre là où ils sont mais aussi de coloniser de nouveaux milieux.Leur disparition est la conséquence de la pêche intensive faite par l\u2019homme.Cet auteur termine en rappelant que les mesures à prendre doivent se baser sur la connaissance la plus approfondie possible de la biologie de ces poissons.Il est inutile de revenir sur ce sujet qui a déjà été traité deux fois en éditorial dans cette revue (vol.6, nos 1 et 2, 1962).Signalons simplement que des organismes responsables de la pêche, le Conseil supérieur de la Pêche en France et le ministère de la Chasse et des Pêcheries du Québec, ont été à l\u2019origine des recherches que nous avons effectuées sur ces poissons.CONCLUSION Ce sera sur une note optimiste que nous terminerons cette courte étude.Les esturgeons sont encore nombreux au Québec dans le Saint-Laurent et dans le bassin de la Gironde en France.Des mesures de conservation et d\u2019aménagement peuvent maintenir et peut-être même accroître leur nombre.Ils continueront à fournir aux gourmets leur précieux caviar et leur chair délicieuse.On peut espérer que ces mets délicats ne seront pas, du fait de leur rareté, réservés à un petit nombre de privilégiés comme chez les anciens Romains, ou même aux rois, comme au 14: siècle en Angleterre à l\u2019époque d\u2019Edouard II.BIBLIOGRAPHIE On trouvera la plus grande partie de la bibliographie utilisée ici dans notre étude précédente : MaGNIN (E.), 1962.\u2014 Recherches sur la systématique et la biologie des Acipenséridés, Acipenser sturio L., Act- penser oxyrhynchus MITC.et Acipenser fulvescens RAF.\u2014 Ann.Stat.Cent.Hydrobiologie, Paris, Tome 9.Nous avons utilisé en plus : Gerainsxn (N.L.), 1962.\u2014 Théorie des « progrès biologiques » des esturgeons et son application pratique dans l\u2019industrie piscicole des esturgeons.\u2014 Edition de l\u2019Université de Léningrad.(en russe).N.B.\u2014 Les photographies numérotées 1 et 2 ont été fournies par M.Gérard Beaulieu, les suivantes par M.Etienne Magnin.PAGE 18 ACTUALITÉS MARINES -\u2014\u2014\u2014\u2014_ JB SR RÉSULTATS D'ENSEMENCEMENTS EN TRUITES PECHABLES par JEAN-LOUIS LOUBIER Station piscicole des Cantons de l\u2019Est Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche Que ne fait-on pour assurer aux pêcheurs de bonnes prises ?M.J.-L.Loubier décrit ici une série d\u2019expériences qui ont permis aux spécialistes en aménagement de faire un choix entre différentes méthodes d\u2019ensemencement.Amateurs, votre cause est entre bonnes mains.Depuis quelques années, on pratique l\u2019ensemencement au moyen de truites pêchables dans plusieurs lacs des Cantons de l\u2019Est.Il semble bien prouvé (Needham 1961) que l\u2019ensemencement en truites pêchables est plus efficace que l\u2019ensemencement en alevins et qu\u2019il rapporte, au moment de l\u2019effort intense de pêche, un nombre maximum de captures.Truites péchables Le qualificatif péchable s\u2019applique à toute truite dont la longueur atteint ou dépasse 15cm (5% pouces), à toute truite par conséquent qu\u2019il est légal et intéressant pour le pêcheur de capturer.Cette longueur minima est acceptée surtout pour les truites mouchetées (Salvelinus fontinalis Mitchill), arc-en-ciel (Salmo gairdneri Richardson) et brune (Salmo trutta Linné).Depuis quelques années dans les cours d\u2019eau où la pêche est intensive et la reproduction naturelle insuffisante, on applique la politique de \u201cput and take\u201d ou l\u2019ensemencement au moyen de truites pêchables.Importance de la taille à \u2019ensemencement L\u2019ensemencement en truites pêchables a sa raison d'être, comme le prouvent les résultats obtenus à la suite d\u2019expériences d\u2019ensemencements pratiquées aux Etats- Unis et au Canada, et résumées par Needham en 1961.Nous donnons au tableau I, inspiré de Needham, le détail de ces expériences.On y voit en effet que, lors de 32 ensemencements en alevins et de 38 ensemencements en truites pêchables dans des lacs, en toute saison de l\u2019année, les résultats obtenus sont très différents : le pourcentage moyen de capture des alevins a été de 7.4 ; celui des truites pêchables de 34.5.Ces résultats, exprimés sur le graphique I, mettent en relief la différence dans les captures obtenues à partir des deux types d\u2019ensemencements et indiquent nettement la supériorité de l\u2019ensemencement en truites pêchables.Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 Importance de la saison d\u2019ensemencement La supériorité des ensemencements en truites pêcha- bles ayant été constatée, les biologistes ont fait diverses expériences afin de déterminer si un autre facteur n\u2019intervenait pas pour causer une variation dans les pourcentages des captures.Il est bien évident, à l'exa- ment du tableau I, que la saison d\u2019ensemencement joue un rôle : un ensemencement en truites péchables durant la saison de pêche donne les meilleurs résultats.Plus la date de l\u2019ensemencement s'éloigne de l'ouverture de la saison de pêche, plus le nombre de captures diminue.C\u2019est ainsi que 54 ensemencements en truites pêchables effectués avant la saison de pêche ont donné un pourcentage moyen de captures de 28.6.Soixante-huit expériences semblables effectuées pendant la saison de pêche ont donné un pourcentage de captures de 41.3.Enfin, 31 expériences du même genre effectuées après la saison de pêche ont donné un pourcentage moyen de captures de 16.8.Le graphique de la figure I résume les résultats obtenus.Expérience a Pétang Baldwin Dans les Cantons de l\u2019Est, les étangs O\u2019Malley, Hatley et Baldwin sont régulièrement ensemencés en truites mouchetées pêchables, tandis que les lacs Libbey, Lippé et Crystal reçoivent des truites arcs-en-ciel, également péchables.Parmi les lacs et étangs mentionnés, l\u2019étang Baldwin offre un intérêt spécial, car, depuis 1954, il est l\u2019objet d\u2019un recensement de pêche continu et aussi précis que possible.C\u2019est ainsi qu\u2019à l\u2019étang Baldwin, sur une période de sept ans, soit de 1955 à 1961 inclusivement, on a ensemencé au-delà de 120,000 truites du stade frétin avancé au stade adulte.On en a recapturé au-delà de 47,000, soit un pourcentage d\u2019environ 40.Nous donnons au tableau II des détails sur les ensemencements et les captures.Les deux postes, nombre de truites introduites dans l\u2019étang Baldwin et captures, sont représentés sur le graphique II en fonction de l\u2019année.PAGE 19 TABLEAU I Résumé des résultats obtenus à la suite de 244 ensemencements en truites mouchetées, brunes et arc-en-ciel étiquetées aux Etats-Unis et au Canada (Needham, 1961), (Chamberland, 1962) TABLEAU II | Ensemencements en truites péchables et captures, de 1954 à 1961 inclusivement, à l\u2019étang Baldwin.Saison Date Captures Nom- 9%, de pêche |__d\u2019ensemencement Quantité Âge Nombre Pourcentage L bre maximum % .: .\"ex 1955 printemps 1954 20,000 truitelles Catégories a minim ma Remarques 1 automne 1954 5,000 fretins i den- de capture 2) printemps 1955 2,500 truitelles | ces capture TOTAL 27,500 4,691 17.0 ! f ût 1 5,00 fretins 1) Ensemencements en 32 36.4-0.06 TA Les plus hauts pourcentages ont 1956 2 Fra 155 pig res ee evins pendant tou- obtenus par es et Ger- 75.350 es les saisons de pa, (1938) Jans oe lac Castle TOTAL 5,400 1,891 35.0 | | \u2018année.ifornie pal e truites | Endroit: lacs.mouchetées de 5 à 8 cm et 1957 14 septembre 1956 15,000 34 après, avoir traité Yom, du lac TOTAL 15,000 6,731 44.8 i ta .+ avee Ces Sstances CHimianes 1958 2 octobre 1957 10,000 fretins | | 2) Ensemencementsen 38 88.4-1.10 34.5 Les plus hauts rendements ont 1 novembre 1957 115 adultes truites pêchables été obtenus au lac Crecy (N.B.) 3 11 juin 1958 500 truitelles ' pendant toutes les On y effectuait le contrôle des 3 19 ther 1958 500 truitelles ç saisons de l\u2019année, prédateurs (Smith, 1954).33 28 juin 1938 500 truitells 1° Endroit: lacs.3) 5 juillet 1958 500 truitelles \u2018 - - - 3) 11 juillet 1958 500 truitelles 3) Ensemencements en 21 14.0-0.00 2.5 Dix des vingt et une expérien- 3) 19 juillet 1958 500 truitelles i alevins en toutes ces ont donné des résultats de 3) 28 juillet 1958 500 truitelles ' saisons.| moins de 1.0%.3) 11 aofit 1958 1,460 truitelles , Endroit: rivières.TOTAL 15,218/ 8,580/ 564/ 1 4,960 adultes 2,989 60.0 4) Ensemencements en 54 82.0-2.60 28.6 Le plus haut pourcentage a été 1959 truites pêchables obtenu avec 200 grosses truites 3) 4) été 1958 1,980 truitelles | avant la saison de mouchetées introduites dans la 2 juin 1959 \u201c1,000 truitelles êche.| rivière Deerskin (Wisconsin) 8 juin 1959 1,000 truitelles ndroit: rivières.(Williamson et Schneberger, 17 juin 1959 1,000 truitelles 1943), ; 18 juin 1959 1,000 truitelles \u2018 Parmi les 54 expériences men- 19 juin 1959 1,000 truitelles j lo tionnées, 24 ont donné des 24 juin 1959 500 truitelles | résultats inférieurs à 20%.TOTAL 77,480 5,776 71.2 # [i 5) Ensemencements en 68 92.2-1.00 41.3 Les résultats les plus élevés ont 1960 9 novembre 1959 15,500 fretins truites péchables été obtenus à Rush Creek, 10 novembre 1960 480 adultes durant la saison de Californie (Vestal, 1954).24 novembre 1959 208 adultes bg ©, 16,188 8 50.96 Endroit: rivières.TOTAL 16,188 153 ; 1961 28 juillet 1960 6,000 fretins pis 6) Ensemencements en 31 88.6-0.02 16.8 Les plus hauts rendements ont 6 octobre 1960 6,000 fretins truites péchables été obtenus à Spring Creek, 28 octobre 1960 5,500 fretins ; après la saison de Pennsylvanie, (Tremblay, 1945), 27 avril 1961 3,050 truitelles i E he.3 mai 1961 6,000 truitelles ndroit: rivières.10 mai 1961 _1,600 truitelles TOTAL 28,150 8,472 30.13 Total et moyennes 244 Max: 32-20 27,2 Les, moyennes mentionnées sont che.6 Min: 0.asées sur toutes les tailles des i i > i ectorale gauche.guin, truites introduites sans tenir 1\u2018 Trpites étiquetées par l\u2019ablation de la nageoire p ga a compte des espèces, des dates 2, \u2018Truites étiquetées par l\u2019ablation de la nageoire pectorale droite.(Séguin, et des endroits de ces ense- R.L.1957).mencements, 3.Truites étiquetées par l\u2019ablation de la nageoire pectorale gauche; dans la colonne des captures, les deux chiffres inférieurs indiquent les truites étiquetées, Nous supposons que ces truites introduites dans l\u2019étang au cours de la saison de pêche 1958 n\u2019ont pas été capturées et nous considérons le nombre de truites non capturées comme un ensemencement pour la saison de pêche 1959.Il s\u2019agit d\u2019un ensemencement au moyen de mâles de truites rouges du Québec Salvelinus alpinus subsp.).Leur longueur varie entre 7 et 10 pouces.rovenance : lac Chaudière.N.B.On a dû exclure les résultats d\u2019environ 25 jours pour diverses raisons; notamment: \u2014 le manque de données adéquates, 4.\u2014 les conditions plus ou moins difficiles des expériences, \u2014 un manque de contrôle, On n\u2019a remarqué aucune différence dans le taux de survie des différentes espèces 5.de truites: c\u2019est pourquoi on a groupé les données des trois espèces.Les résultats des ensemencements de l\u2019étang Baldwin confirment assez bien ceux des expériences résumées par Needham (1961) et décrites au chapitre précédent.5) L\u2019examen du tableau II et du graphique II nous permet les constatations suivantes, relatives à chaque saison de pêche : 1) Saison 1955 : comme on peut le voir au tableau 2, la majeure partie des truites ont été apportées à l'étang un an avant l\u2019ouverture de la pêche ; au 6) cours de l\u2019été 1954, la pêche était prohibée à l\u2019étang Baldwin.On constate que le pourcentage des captures est faible (17.0%).7) de pêche, qui s'étend de la fin de mai à la fin de juin.Saison 1959 : ces ensemencements successifs ont été réalisés pendant la période où l\u2019effort de pêche est à son maximum.Le résultat (77.2%) est bien supérieur aux résultats précédents, mais concorde avec les données déjà exprimées au tableau I (ensemencement durant la saison de pêche).| Saison 1960 : ensemencements pratiqués en automne, \u2018 c\u2019est-à-dire après la saison de pêche ; les résultats | sont très bons.Saison 196! : les résultats provenant d\u2019ensemence- A 2) Saison 1956 : même si l\u2019ensemencement a été pres- ments après et avant la saison de pêche sont bons, que totalement effectué après la saison de pêche, mais peu élevés par comparaison aux résultats des les résultats sont relativement bons (35.0%).saisons 1958, 1959, 1960.: 3) Saison 1957 : ensemencements effectués après la saison de pêche ; les résultats sont élevés (44,8%).Conelusion | 4) Saison 1958 : sur un total de 4,690 truites pêchables Les résultats obtenus à la suite d\u2019ensemencements | étiquetées et remises à l\u2019eau au cours de la saison pratiqués aux Etats-Unis et au Canada démontrent deux | de pêche, 2,980, soit 60.0%, ont été capturées.Il points fondamentaux : \u2018 faut remarquer que les ensemencements successifs 1) 1l est préférable d\u2019ensemencer au moyen de truites n\u2019ont pas tous été effectués pendant l'effort intense péchables que de le faire en alevins ; ; PAGE 20 ACTUALITÉS MARINES ! El 8 §= B BI EES 100 90 80 70 60 50 % de capture 40 30 20 10 0 34.5 74 [1] = | 34 H-\u2014\u2026 MAXIMUM DE CAPTURES H\u2014 MOYENNE DE CAPTURES - 41.3 28.6 16.8 Nombre d'expériences Longueur des poissons Saisons GRAPHIQUE 1.Résumé des résultats obtenus à la suite de 244 ensemencements en truites mouchetées, brunes et 32 38 2.5-13cm 15cm + 2.5-13cm 15em + 15m + 15em + ; Toutes avant pendant après | En toutes saisons | saisons saison saison saison Lacs 23 54 66 31 Rivières arcs-en-ciel étiquetées aux États-Unis et au Canada (Needham, 1961), {Chamberland, 1962).2) il est préférable d\u2019effectuer les ensemencements en truites pêchables durant la saison de pêche.Il est intéressant de constater que, dans plusieurs étangs et lacs des Cantons de l\u2019Est, la politique d\u2019ensemencer au moyen de truites pêchables se pratique depuis 1954 et tend à se généraliser.De plus, le recensement de pêche effectué à l\u2019étang Baldwin depuis un certain nombre d\u2019années a permis de constater également qu\u2019au niveau local, on obtient de meilleurs résultats par l\u2019ensemencement en truites pêchables durant la saison de pêche.BIBLIOGRAPHIE CHAMBERLAND, Ernest (1962) L'efficacité des ensemencements de truites provenant de stations piscicoles Communication présentée à l'Ecole Supérieure des Pêcheries, Faculté d\u2019Agriculture, la Pocatière.NEEDHAM, Paul R.(1961) New horizons in stocking hatchery trout.U.S.Trout News, 6 (3) : 4.SÉcurN, Richard L.(1957) Comparative angling yield of the first two fishing seasons in a planted lake, Baldwin Pond, Stanstead County, Québec.1957 Meeting of the Northeast Division of the American Fisheries Society, New Haven, Connecticut : 7p.SÉcuIN, Richard L.(1957) Management, fishing results and growth of speckled trout (Salvelinus fontinalis) in Baldwin Pond, Stan- stead County, Quebec.The Can.Fish.Cult.20 : 29-37.Stcuin, Richard L.(1958) The creel census is big business (Inédit).B TRUITES INTRODUITES DANS L'ETANG TRUITES CAPTUREES | 44.80% 35.00% - 56.40% 50.96% 30.13% 72.20% 30,000 20,000 10,000 2 8 ~ Saison 1955 Saison 1956 Saison 1957 Saison 1958 Saison 1959 Saison 1960 Saison 1961 GRAPHIQUE 2.Ensemencements en truites pêchables et captures, Étang Baldwin, pour les saisons 1955 à 1961 inclusivement. plan) et des eaux vertes de l'estuaire du Saint-Laurent.(Photo : Von conter \u20ac AS conan Turbulence produite par la rencontre des eaux bleues du Saguenay (arrière- P.Brunel) 25 Le Saguenay : un fjord, une entaille profonde dans le bouclier laurentien, un trésor pour les chercheurs, qu ils soient géologues ou biologistes.M.Tiphane, professeur agrégé et directeur intérimaire du département de Géologie à l\u2019Université de Montréal, nous revient avec une étude préliminaire extrêmement intéressante d\u2019une de nos \u201cplus belles riviéres, le Saguenay.A la mi-juin 1962, l\u2019auteur avait l\u2019occasion de participer à une expédition au Saguenay.Il s'agissait d\u2019étudier la rivière tant au point de vue de la qualité et de la circulation des eaux que de ses caractères biologique, topographique et géologique.Les travaux se sont poursuivis du I4 au 21 juin à partir de l\u2019embouchure du Saguenay vers l\u2019amont jusqu\u2019à Saint-Fulgence, extrémité du bassin.Methode de travail La première illustration est un plan du Sa- guenay sur lequel apparaît la position de stations numérotées consécutivement de l\u2019amont vers le Saint-Laurent.Les stations étudiées durant cette expédition sont encerclées.PAGE 22 La seconde illustration présente une coupe longitudinale donnant la profondeur du cours d\u2019eau à peu près en son centre tout le long du trajet.Les lignes verticales discontinues indi- uent les endroits où les mesures ont été faites.À chacune des stations, nous avons pris un ba- thythermogramme indiquant la variation de la température des eaux avec la profondeur, puis nous avons prélevé des échantillons d\u2019eau aux profondeurs standards (0-10-20-30-50-75-100- 150-200 mètres) afin de déterminer la salinité et la densité de l\u2019eau et dans plusieurs cas le pourcentage d\u2019oxygène.Comme l\u2019influence des marées sur la circulation de l\u2019eau est très importante vers l\u2019aval, nous avons répété les mêmes opérations aux six stations situées près de l\u2019embouchure, à l\u2019état opposé de la marée, le lendemain.ACTUALITÉS MARINES Par la suite, diverses opérations de chalutage sur le fond étaient menées par les biologistes ; ce qui, en même temps, nous donnait une idée du caractère du fond (rocheux, vaseux, etc.).Là où le fond l\u2019a permis, nous avons prélevé un échantillon du type carotte ; les sept échantillons ainsi obtenus sont indiqués sur le fond de la coupe par la lettre C ; nous les avons étudiés sous l'aspect granulométrique.Ils ont varié en longueur de 1 pied à 3% pieds.Topographie Un premier coup d\u2019œil sur la coupe de la rivière, nous fait voir que le Saguenay consiste en un grand bassin qui va de Saint-Fulgence en amont jusqu\u2019à Sacré-Cœur où le fond s'élève jusqu\u2019aux environs de 55 mètres (180 pieds).Une autre petite fosse s\u2019étend de Sacré-Cœur jusqu\u2019au seuil situé à un peu moins de 2 kilomètres (3 milles) en aval de Tadoussac, soit dans le Saint-Laurent.Le premier bassin d\u2019une profondeur de 275 mètres (goo pieds) a un fond presque plat recouvert de sédiments très fins, sauf vers l\u2019aval où les relevés indiquent des irrégularités marquées et des sédiments de plus en plus grossiers.La fosse près de l'embouchure a un fond très irrégulier et ne semble pas propice à une sédimentation, exception faite de blocs qui sont probablement pour la plupart des résultats d\u2019éboulis des flancs abrupts de la rivière et des dépôts gla- claires.Hydrographie À cause de sa grande profondeur, le Sague- nay a des eaux semblables à celles de l\u2019estuaire du Saint-Laurent avec lequel il est en communication ; les principales différences sont dues en surface à l\u2019apport d\u2019eau douce et aux marées, en profondeur à la présence d\u2019un seuil à l\u2019embouchure.Ainsi, la salinité va varier dans d\u2019assez grandes limites en surface, alors qu\u2019en profondeur Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 - us Can Ce 060 SCENE elle semble constante dans le grand bassin, se maintenant aux environs de 31°/00, alors qu\u2019elle est de 32 et 33%/00 à la station 49Â près du ba- teau-phare no 4 dans le Saint-Laurent.Cette salinité croît avec la profondeur et ne présente d\u2019inversion à aucun endroit.Les variations indiquées en surface se manifestent sur une épaisseur de l\u2019ordre de 15 mètres (50 pieds) et sont fonction de la marée ; ainsi la salinité de surface sera plus faible à marée baissante alors qu\u2019elle croi- tra à marée montante.À partir de cette profondeur limite d\u2019oscillation elle augmentera lentement et graduellement d\u2019environ 25°/00 à 31°/00 dans les grandes profondeurs.De même on peut dire que, de façon générale, la température s\u2019abaisse à partir de la surface vers le fond : le changement cependant ne se produit pas comme dans le cas de la salinité.Ici on remarque une baisse très rapide de la température dans les premiers pieds après quoi elle continue de s\u2019abaisser mais très lentement jusqu\u2019au fond ; il faut faire cependant à propos du grand bassin une distinction importante.À cet endroit, la température est à son minimum aux environs de 150 mètres (500 pieds) et remonte graduellement en approchant du fond qui atteint les 275 mètres (900 pieds).I] peut y avoir aussi de petites oscillations secondaires, mais elles sont faibles : ainsi à la section 25 À, on remarque que la température baisse graduellement de 12.4°C en surface à 1.0°C à 30 et 50 mètres (100 et 165 pieds), remonte à 1.25° C à 100 metres (330 pieds) avant d\u2019atteindre son minimum de 0.8°C à 150 mètres (495 pieds), puis s'élève graduellement jusqu\u2019à 1.6°C à 260 mètres (855 pieds) du fond.Les isothermes tracées sur la coupe nous indiquent bien ces anomalies.Sédimentation Comme nous le disions précédemment, divers types de chaluts de fond ont été utilisés pour fins biologiques aux 18 stations indiquées.La remontée des chaluts nous renseignait jusqu\u2019à un certain point sur la nature de ce fond i.e.rocheux, caillouteux, sableux, vaseux, etc.Lorsqu\u2019il y avait des matériaux assez fins et qu\u2019il y avait doute quant à la nature du fond, on en- PAGE 23 voyait un carottier sur le fond pour en prendre un échantillon.Dans les vases, le carottier a recueilli des échantillons atteignant jusqu\u2019à un mètre (3% pieds).Le tableau qui suit donne la nature du fond à ces divers endroits et un résumé de l'analyse granulométrique des carottes faite en laboratoire.Section Profondeur Nature %>37 % - 100 \u201ca \u2019 i \u2019 \u2019 - 1 \u2019 î fp Se + + \u2018 : -~ + ' 2 ~ ' ! +: So : 8 14 \u2014 I20 Se ' + 2 >, Piment \u2014\u2014\u2014 Lg mm mr \u2014\u2014\u2014 me ; +» \u2019 : mess ° - \"-5 ~ ! - .' \u2014-\u2014\u2014\u2014 Legende \u201c-3 9-383 M-3 c ~ ù i \u2019 >»/s e à more \u2014\u2014\u2014\u2014 ha > \u2018 a \u2014> er am ame ems aud ae ttn on ae am a» ee an \u2019I 0 Aum + -=-u-\u2026 _ .a 8-1 \u2014 ° p \u20ac ne.+ Pur M-2: moree montante 2\"hewre = ° Leo c B-3: moree boe/ssonte 3S*hewre B-M:gre/e de mer bosse COUPE LONGITUDINALE DU SAGUENAY 12 A 15 47° æoa 2354 ° xo 2.8 .02._ ; dd 37 ss \u2014 IN iN ; \" # a ait » q > ai, oid a 1, iy - = A Ë a aù a i 2 sr A Ja 3 sph ta RE ce \u201c 5 Lé hd 4 = 5 : a h Ea?ar Se 7 Fo = pr > & \u201c4 K 41 std Es A 2) Pa ik 5e ey 7d Is Sa Je % AR £3 Es 2 i 5 0 = ; Ye) 4 ci ty \u2014 > ve | 4 « fn ps : A = J Â % = pt à [AY it, ; A de 44 ca 5 = ne Heer 7 | J qua 5 ui X 4 2 se %: HL Zk.pe % us a 3 x Er % = y 4 w i = sea Ra LS BE 4, = wy = i Te @ à a ES, #4 as K I) A Le 22 \u201ces 5 ; 3 iE = au = =A à = as ; à nd + A : a A _ ~ a ! fi = da RY rele N RS TB 5 Si = He 5 4 SY) wi pe A te Sid Es \u201c ( AY dd ve Es ob Is 23 t ?TA pi a arf d 7 EY 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os Passons maintenant aux principales étapes du travail qui se poursuit derrière les bassins d\u2019exposition, dans cet immense atelier où des ouvriers au métier peu commun s\u2019emploient à conserver et souvent à sauver ces élégants spécimens que nous admirons côté parterre.Poissons du Québec M.Marcel Shields, qui dirige une bonne équipe de travailleurs, assume la responsabilité de tout ce qui a trait à l\u2019entretien des poissons indigènes, des gros spécimens du fleuve et de la mer, auxquels s'ajoutent quelques crustacés, des phoques et parfois, s\u2019ils survivent, marsouins et dauphins.Le nombre des bassins d\u2019exposition est de 25, 11 d\u2019eau douce, 14 d\u2019eau salée ; 24 bassins de réserve d\u2019eau douce et 4 bassins de sédimentation de 8,000 gallons chacun viennent compléter ces cadres.Dans un aquarium, certaines besognes s\u2019accomplissent quotidiennement, d\u2019autres de façon intermittente, d\u2019autres enfin dépendent des circonstances, des besoins du moment.Ainsi, l\u2019on vérifie tous les jours les boîtes à filtre, les tubes à air, la circulation de l\u2019eau, la température, etc.Dix aquariums par jour subissent un examen spécial ; si c\u2019est nécessaire on les nettoiera, on procédera au filtrage de l\u2019eau ; après avoir étudié les conditions sanitaires, l\u2019on déterminera le pH, lorsqu\u2019il semblera opportun de le faire ; il faudra également éliminer les déchets, tenter de découvrir les indices de mauvaise santé et rapporter scrupuleusement le résultat des observations.Régulièrement, en moyenne une fois par mois, suivant le cubage et le nombre de poissons, il faudra changer l\u2019eau des bassins, ce qui signifie qu\u2019on compte plus d\u2019un changement d\u2019eau par jour.Il s'agit alors de vider l\u2019aquarium \u2014 dans le cas de l\u2019eau salée, on la dirige vers les bassins de sédimentation \u2014 de le laver avec soin (désinfection, brossage des parois, des boîtes à filtre, des vitres).Puis on le remplit, en vérifiant avec soin la température avant de remettre les spécimens : la variation ne doit pas dépasser 2°C (3.6°F).Tous les mois, on renouvelle la provision en eau douce non filtrée qui provient du lac Saint-Charles (15,000 gallons \u2014 681 hl) ; avant de l\u2019utiliser dans les aquariums, il faut la filtrer, en utilisant à cette fin un filtreur à pâte de diatomées dont vous voyez une reproduction dans cette page.Même si l\u2019on ne procède pas à un changement complet de l\u2019eau des bassins, il faut toujours veiller à ce qu\u2019elle ne baisse pas trop.On ménage habituellement une distance de 5cm (2 pouces) entre la surface de l\u2019eau et la partie supérieure du bassin ; cette distance ne doit pas être inférieure à 2.5cm (1 pouce), ni dépasser 12.5cm (5 pouces).Les poissons, comme tous les vivants, s'adaptent plus ou moins bien à un nouveau milieu.I en résulte Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 PME.ci 1 a: RY j Filtreur à pâte de diafomées pour l'aquarium : wr = vo Les compresseurs à réfrigération PAGE 27 Vue arrière des aquariums d'eau douce \u2014 Poissons indigènes des troubles dont la gravité atteint divers degrés.Tous les aquariums enregistrent de lourdes pertes et nul ne peut se vanter d\u2019avoir trouvé le moyen de garder ses sujets en parfaite santé.Evidemment, il est des affections bénignes qu\u2019on peut soigner et guérir ; par contre, certaines maladies n\u2019ont encore trouvé aucun remède.Parmi les traitements mis en œuvre à l\u2019Aquarium, en voici quelques-uns qui paraissent efficaces dans la plupart des cas.Traitement au merearosol On soigne ainsi les irritations cutanées.Le composé est déposé dans la boîte à filtre.Lorsque l\u2019eau devient verdâtre, elle est saturée.Cette solution a cependant un mauvais effet sur le foie ; il faut donc, lorsque le traitement est terminé, changer l\u2019eau du bassin et le désinfecter au moyen d\u2019un charbon de bois placé dans la boîte à filtre.On doit procéder parfois à plusieurs changements d\u2019eau.Le traitement réussit dans 50% des cas.Traitement a Pacriflavine Destiné à combattre les champignons microscopiques, qui apparaissent sous la forme d\u2019une mousse blanche, et les ulcères, ce traitement sert également à la désinfection des nouveaux spécimens.On utilise la même méthode d\u2019application que dans le cas du mercurosol.Les résultats sont meilleurs : succès dans 80% des cas.Pace 28 Aquariums de réserve d'eau douce \u2014 Poissons indigènes Traitement au bleu de méthylène Désinfectant à grande concentration d\u2019oxygène, le bleu de méthylène est employé à titre préventif.Il facilite en particulier la respiration.Traitement au nitrate d\u2019argent Utilisé pour combattre certaines affections des yeux, de la bouche, la perte des rayons ou parfois les ulcères, ce composé s\u2019applique directement sur le poisson avec un coton absorbant.On recouvre ensuite de bichromate de potasse pour éviter que le nitrate se dissolve immédiatement.Traitement à la formaldéhyde C\u2019est à la suite d\u2019une légère opération, par laquelle on enlève les trématodes (vers parasites) des esturgeons, qu\u2019on utilise la formaldéhyde comme désinfectant.Cette opération est très simple : on anesthésie le spécimen malade avec du MS 222 ou de l\u2019urethane, puis on le débarrasse des parasites en utilisant des pincettes.Traitement au sel (NaCL non iodé) Pour prévenir les champignons ou les ulcères chez les truites, on prépare une solution de Chlorure de Sodium dans de l\u2019eau ; on y dépose les truites pendant une période variant de une à vingt minutes.Les résultats sont assez satisfaisants.ACTUALITÉS MARINES Vue arrière des aquariums de poissons exotiques D\u2019autres traitements (phénoxyéthanol, hibitane) sont à l\u2019essai.On n\u2019en connaît pas encore les résultats.Un membre de l\u2019équipe de M.Shields étudie spécialement les cas de mortalité.Ÿ avait-il trop de poissons pour le volume de l\u2019eau, s\u2019agissait-il d\u2019une négligence dans la désinfection, dans le filtrage de l\u2019eau ?Toutes questions auxquelles il tente de répondre ou d\u2019apporter des éléments de solution.Venons-en maintenant à cette opération délicate elle aussi qui consiste à nourrir cette faune dont l\u2019appétit et les goûts diffèrent autant que la taille.Un poisson comme l\u2019éperlan ne reçoit sûrement pas la même ration que la morue ou l\u2019esturgeon et le repas de ces derniers ferait peut-être lever le nez des loups-marins.Allons voir cela d\u2019un peu plus près.À part certains spécimens particuliers qu\u2019on nourrit deux ou trois fois par semaine, il est suffisant, pour la plupart des aquariums, de distribuer de la nourriture tous les quatre ou cinq jours.Tout est d\u2019ailleurs une question de dosage.Dans l\u2019ensemble, aussi surprenant que cela puisse paraître, on alimente en grande partie les poissons de nos eaux conservés à l\u2019Aquarium avec du cœur de cheval : 80%.Eperlans et harengs congelés y contribuent à 15%, poissons vivants (poissons rouges) et coques à 5%.Il est à noter qu\u2019on n\u2019utilise jamais de vairons, car il pourrait en résulter certaines maladies.La quantité de nourriture et sa présentation dépendent des poissons.À un poisson de grande taille, on donnera des morceaux plus gros et en plus grande quantité.Certaines espèces ont des caprices \u2014 que Vol.7 \u2014 No 2 \u2014 AUTOMNE 1963 Aquariums de réserve \u2014 Poissons exotiques nous leur pardonnerons bien volontiers ; les truites ne s'intéressent qu\u2019aux languettes de cœur, ces élégantes.Pour résumer, disons rapidement que le cœur est en honneur chez les esturgeons (on doit le déposer sur le fond), les poissons-castors, les aloses, les carpes, les barbottes, les anguilles, les poissons blancs, les épinoches, les poulamons, les lottes, les bars et les perches.Ce menu se complète d\u2019éperlans, de harengs, de poissons vivants et parfois de coques chez les Salmonidés, de vers de terre et de grenouilles, chez les achigans et les crapets, de poissons rouges chez les poissons armés, de coques chez les éperlans.De leur côté, les brochets apprécient les poissons vivants.C\u2019est le hareng cependant que goûtent requins et morues, chiens, loups et crapauds de mer, flétans et hémitriptères.Nous aurons une petite idée des quantités de nourriture absorbées, si nous savons, par exemple, qu\u2019un requin gatta mangera 25 harengs par mois, un flétan de 27 kg (60 livres), 50, un poisson-loup de 10 kg (20 livres), 15.Un groupe d\u2019éperlans et de poulamons au nombre de 20 se régalera de 1,000 gr (2 livres) de cœur plus 25 coques par mois et 25 aloses de 12.5 cm (5 pouces) consommeront 500 gr (1 livre) de cœur pendant la même période.Il n\u2019est pas jusqu\u2019à des vitamines qui viendront s\u2019ajouter au menu de nos amis.Vitamines B thérapeutiques et vitamines C sont aussi distribuées aux spécimens pesant plus d\u2019une livre (flétans, requins, pois- sons-loups, chiens de mer, morues, saumons, bars, tortues, etc.), de l\u2019huile de foie de morue aux carpes, PAGE 29 + es eT ees RCH Pour M.April, le poisson-loup n'est plus dangereux La tortue marine consent à poser, aidée par M.Krumke SE, aux poissons-castor, aux poissons armés, aux poissons- loups, etc.Ouvrons ici une parenthèse pour traiter des mammifères marins conservés à l\u2019Aquarium.Une personne s'occupe d\u2019eux en particulier.Elle voit à les nourrir et s'occupe avec un soin minutieux de tout ce qui a trait à leur entretien : changements d\u2019eau, vérifications des conditions d\u2019acclimatation, etc.La nourriture est ici encore un facteur très important.Jugeons-en nous-mêmes.Pour maintenir son loup-marin gris en bonne santé, celui qui l\u2019a pris en charge voit à ce qu\u2019il mange 16 kg (35 livres) de harengs par jour, soit près de 4,000 harengs par mois.Il lui fait également prendre ses 4 capsules de vitamines tous les jours.Le phoque à capuchon reçoit à peu près la même ration.Quant aux loups-marins de glace qui ne dépassent pas 450 kg (1,000 livres), comme les deux précédents, et les loups-marins d\u2019esprit dont les poids se situent aux alentours de 68 kg (150 livres), leur ration est de un peu plus de 4 kg (8 à 10 livres) par jour, plus 2 capsules de vitamines.Le dauphin, qui n\u2019a malheureusement pas survécu au déplacement, mangeait quelque 10 kg (20 livres) de hareng par jour et 4 capsules de vitamines.Les Poissons exotiques Plus colorés que les poissons de nos eaux, leurs tournures évoquant parfois toutes les ramifications et la luxuriance des forêts tropicales, les poissons exotiques demandent un traitement différent de celui que nous venons de décrire.De petits bassins pour la plupart, les 31 aquariums d\u2019exposition comptent 6 aquariums d\u2019eau salée, dont la température est maintenue entre 22 et 24°C (72 et 76°F), et 25 aquariums d\u2019eau douce, dont la température se tient entre 24 et 26°C (76 et 80°F).Le maintien de l\u2019eau à cette température élevée entraîne une plus grande évaporation.La dépense s\u2019élève donc à 1,136 hl (25,000 gallons) d\u2019eau douce et à 545 hl (12,000 gallons) d\u2019eau salée par année.M.Krumke est fier de compter 800 spécimens de poissons exotiques de 69 espèces différentes et plusieurs spécimens de tortues et de reptiles de 9 espèces différentes.Les traitements se résument à l\u2019utilisation dans les bassins d\u2019eau salée de sulfate de cuivre en solution, pour prévenir certaines affections.On emploie également, dans les bassins d\u2019eau douce, du mercurosol, mais en solution très faible, car il s'attaque aux plantes.Les tortues marines et les reptiles prennent aussi certaines vitamines.La nourriture quotidienne des poissons exotiques comprend en proportion égale de la nourriture préparée à l\u2019avance suivant des recettes éprouvées, nourriture qu\u2019on vend sur le marché, et du cœur de cheval haché très finement.Des poissons rouges seront égale- ment utilisés à l\u2019occasion et une infime partie de l\u2019alimentation de certains spécimens fera appel aux vers.Les alevins seront nourris de crevettes du Pacifique.Mentionnons entre autres que l\u2019Oscar, Astronau- tus ocellatus, et l\u2019Arowana consomment du cœur et des poissons rouges, comme les tortues, dont le plus gros spécimen pèse 17 kg (38 livres).Les anguilles, les langoustes et les murènes aiment les éperlans.Le Piranha, ce dangereux carnivore du bassin de l\u2019Amazone se nourrit à l\u2019Aquarium de vers de terre et de poisson.L\u2019Alligator aime la viande rouge ; le plus gros de l\u2019Aquarium mesure 1.10 m (44 pouces) et pèse 10 kg (23 livres).Les vers de terre comptent également des amateurs chez les poissons-papillons et les poissons-couteaux.Notons que la survie des poissons exotiques exige que le pH soit assez stable.La salinité doit aussi être particulièrement élevée ; ainsi à l\u2019eau du golfe, l\u2019on doit ajouter du sel de mer artificiel.On procède régulièrement à l\u2019analyse du pH et de la salinité.Un fait semble particulièrement intéressant : à l\u2019Aquarium on réussit de l\u2019élevage de poissons exotiques et pas des moindres.N\u2019a-t-on pas obtenu 200 petits Xiphophorus helleri (Queue d\u2019épée) et 100 petits Mollienesia sp.(Molly à queue de lyre) ?L\u2019approvisionnement de l\u2019Aquarium ne dépend évidemment pas de l\u2019élevage.Tous les moyens possibles sont mis à contribution pour grossir une collection déjà intéressante, tant au point de vue de la quantité que de la diversité.On achète des spécimens, on en pêche, on en reçoit en cadeau et l\u2019on fait beaucoup d\u2019échanges avec d\u2019autres aquariums ou des sociétés de science naturelle.Lorsqu'il s\u2019agit d\u2019aller chercher ou porter des spécimens de grande taille assez loin, on utilise un camion de trois tonnes muni de 3 réservoirs de 1 hl (200 gallons) chacun et d\u2019une bonbonne à oxygène.New York, Philadelphie, Woods Hole, Grande-Rivière, toute la Gaspésie d\u2019ailleurs, reçoivent la visite de ces collectionneurs de faune aquatique.Ainsi fut amené de New York un requin de 34 kg (75 livres) et de Gran- de-Rivière un flétan de 27 kg (60 livres).Les petits spécimens sont ramenés dans un camion plus petit, équipé d\u2019un bassin de matière plastique de 5 hl (100 gallons) et d\u2019une bonbonne d\u2019oxygène.Initiatives Certaines innovations ont été apportées aux aquariums suivant des suggestions du personnel qui voit de près à l\u2019entretien des poissons.Ainsi ont été adoptés les filtres de fond, les réservoirs en matière plastique (ce qui élimine les joints de métal), les doubles-fonds isolés du contact de l\u2019eau.Les meubles d\u2019exposition qu\u2019on peut admirer dans les couloirs de l\u2019Aquarium sont l\u2019œuvre, dessin et montage, de ces membres du personnel.Réputation de Aquarium Dans l\u2019ensemble, l\u2019on est fier à l\u2019Aquarium des commentaires entendus sur le succès de l\u2019entreprise à laquelle on participe si activement.L\u2019assistant conservateur de I\u2019Aquarium de New York n\u2019a-t-il pas admiré la bonne condition des spécimens et parlé d\u2019une réussite exceptionnelle ?L'ancien conservateur de l\u2019Aquarium de Philadelphie et M.Newman, Conservateur de l\u2019Aquarium de Vancouver, s\u2019exprimaient à peu près dans les mêmes termes lors de leur passage à l\u2019Aquarium.Ne peut-on d\u2019ailleurs s\u2019enorgueillir de posséder des spécimens rares, comme la tortue Matamata, dont la tête est en forme de triangle, comme un dipneuste, dit poisson à poumon, car un embryon de poumon remplace les branchies ?Ce poisson étrange, qui a peut-être une origine préhistorique, possède, à la place des nageoires, des appendices.On est également fier d\u2019avoir réussi le record de conserver une pieuvre presque 9 mois.M.Guay n'a pas son pareil pour nourrir les phoques, grands ou petits. Tous les chiffres mentionnés au passage au cours de cet article sont tirés de relevés enregistrés chaque jour et compilés à intervalles réguliers.Ces tableaux, lorsqu\u2019ils sont groupés, forment des cahiers imposants, car, vous avez pu le constater, les postes sont nombreux et diversifiés Chaque bassin est l\u2019objet d\u2019une étude spéciale, dans chaque bassin chaque spécimen est suivi par l\u2019œil critique d\u2019un ou de plusieurs cliniciens qui enregistrent les moindres changements.Voici quelques extraits de ces tableaux : Consommation quotidienne de harengs et de vitamines \u2014 Loups-marins \u2014 Janvier 1963 Glace Gris Capuchon Prince 2GR.Esprit Gros jer Vieux Iles-Mad.P.-Persil Ie-Coudres Date am.pm.am.pm.am.pm.am.pi.am\u2019 pm.am pm.am.pm am.pm.am.pm.1°15 75 \u201d75 75 \"20 20 \"10 10 \"10 10\u201d5 5 \"55 \"0 10 \"10 10 2 75 \"75 75 75 20 \"20 10 \"10 10 \u201dI0 10 \"0 5\u201d5 10 \"KO 10 \"10 3 \"0 \u2014 20 \u2014 10 10 *5 *5 *% *\u20195\u201d5 '5°\u20195 5 '5 '5 5 ?5 475 75 \"75 75 \"80 75 \"10 \u2014 \"10 10 \"5 15 \"10 10 \"10 10 \"10 10 5 \"80 80 \u201d80 80 \"45 45 \u2014 \u201810 \"10 10 \u201d15 15 \u201c10 10 \u201c10 10 \"iG 10 6 \"90 90 \"80 80 \u201c45 45 10 \u2014 10 10 \u201d15 15 \"10 10 10 10 \"10 10 Tot.440 450 150 575 530 550 Et ainsi de suite jusqu\u2019au 31 pour tous les spécimens.8-9 Aquarium d'eau salée (3,800 gallons) \u2014 Mars 1963 1 fiétan, 3 raies, ! chien de me, 2 saumons, 6 morues Date Nettoyage Lavage Analyses Nourriture fond et surface vitre intérieure pH.Sal.T.Pds Nawre Vits Remarques 1 x 10 1,300 13 har.2 10 3 10 4 10 1,000 10 har.2 fm.5 11 6 71 25.5 11 Et ainsi de suite jusqu\u2019au 31, les mêmes relevés étant faits pour chacun des aquariums.Poissons exotiques Conclusion Comment fonctionne une entreprise aussi complexe de façon efficace, sur quoi se base-t-on pour établir un régime alimentaire, pour décider d\u2019un traitement, pour changer la composition de l\u2019eau ?Il y a une direction technique à l\u2019Aquarium.La solution de bien des problèmes dépend des recherches poursuivies en laboratoire, dans le domaine de l\u2019aquariologie en particulier, de la biologie et de la chimie de facon plus générale.En pratique, cependant, un aquarium est presque automatiquement un laboratoire de recherches technologiques.La survie du poisson en aquarium n\u2019est pas résolue de soi par certaines théories bien établies.Jour après jour, dans cet atelier dont je vous parlais, sont rassemblées les données du problème, s\u2019élabore une technique de plus en plus parfaite.Le coup d\u2019œil de celui qui nourrit les poissons est irremplaçable ; c\u2019est lui qui discernera un léger changement de couleur, une petite irritation, une réticence à se nourrir, une activité diminuée ; c\u2019est lui qui, cette inquiétude éveillée, surveillera son poisson, notera l\u2019évolution qui se produit, en recherchera lui-même la cause qu\u2019il saisira avec un instinct plus sûr que le spécialiste.De lui, dépendent toutes ces vies ; la moindre négligence entraîne des pertes graves.Devant la vie, il n\u2019y a pas place pour l\u2019indifférence et on le sait bien à l\u2019Aquarium où l\u2019on travaille parfois 16 heures ou 18 heures par jour, lorsqu\u2019une défectuosité quelconque ou un défaut de personnel pourraient mettre en danger cette faune fragile.Revenus, côté parterre, il nous semble mieux comprendre l\u2019immense travail consenti pour nous apporter cette vivante lecon d\u2019histoire naturelle.Nous comprenons également l\u2019utilité qu\u2019aurait ici un centre complet de documentation sur la faune marine, car notre visite a éveillé chez nous un immense appétit.Photo ci-contre Une prise dont on est fier, même si l'on n'y est pour rien.(Photo: Louis Lanouette, Québec). ; fo Il }; ! i ji ji al f 3! \u2019 \u2014\u2014\u2014\u2014 à 4 \u2014 7 4 F- 4 à 3 A ¥ > 4.0 pap eu fe an ve Ÿ a À « Ÿ + te v fs [Ted f / ae Ç j A4 « = : No .a 4 an £ * # A Ri = # yo da [oy Hi 7 sus 4 - mci.Mon i aS wh i BS b \u2018 ~~ IX fi 3 « ; oy £ 2.EAL, 6 A pees Ny ES ¥ / a | 7 ; ry \\ v,.- ga M J % \\ 4 i 4 | ; I .\u201c andl 28.0 1 NN ed } voy & / try + A J D 4 Ja v x ts , y \u201cremy, Tr A \u20ac.me a A VE.3 + ___ { ; us \u2014\u2014 > eo = =\" ta.pr pr Tee \u2014 \u2014 ia _, \u2014\u2014 Se \u2014 TN em - == AE EE er \u2014 - > = == = = += Sl /- es = = fan] \u2014 = _ ci SSI py = == Ses = em _\u2014 ~2 FEF, =x.= = Tes oe TT = = À - ~~ pe rs = = Tm = = = ID Tes \u2014\u2014\u20142\u2014\u2014 === \u2014 =o = == - _-, = ~ = TN = SE = \u2014 Fr = $ TS SI - = - STE = ~~ La IIS 00 IS ee TT aR \u2014 25 \u2014 me.== ZZ = ce SE = TT.os \u2014 memes \u2014 = rss Lo TT = \u2014\u2014 \u2014 == et \u2014 STITT ~ \u2014 ND Pas 7 TTS = ra\u201d - _\u2014_ CZ re mm 77 = = _ == = Dee PSE 0 = nae _\u2014\u2014 vos \u2014 DS a a a == - \u2014 ee intra = 05 = == ETI i ~~ Sa > N == > \u2014 _ VIEILLE I Mer BAÏIE-D A: == = a.Tm \u2014 \u201c \u2014 0 f ee css \u2014_\u2014 = VA nF = 8 72 \u2014 eT ei 43 ma ~ even pap ë- = Le _ Tes Ï ti T= = = m0 ren pi nr -\u2014 I = me x ESS T= =: == a = ~~ = SITTERS Québec a x 0e = 2E°= == Montréal py == = = \u2014_\u2014 a \u2014 \u2014 I~ =.Los = ~~ 2 Ea I HN \u2014\u2014 ==.ms Ad, Es Rimouski OSSI TS re ui = = Le a = Cloridorme > == \u201c= = Riv.au Renard BAIE UDSON AT =, - É Québec 2A Grande-Riviére lles de la Madeleine = ft Le Gaspé \u2014 es RECU LE SZ GASPESIE à ( k LÉ | SuÎAL #75 Chicoutimi Rimouski ee De des les à ela Madeleine = ou QUEBED \u201c ire res.= Québe N.-B.== =>, TT 52 T= Montréa \u2014 TS = Ze === a Ottawa © TT (C= == Tee \u2014 SE = ONTARIO N.-E = \u2014== \u2014_\u2014 22 ÉTATS-UNIS es pr pa ire = FRA _ \u2014_\u2014\u2014 EX \u2014a \u2014 = T= a TT 00) = \u2014 == \u2014 es ESS ces corse Te \u2014\u2014.\u2014\u2014 \u2014 rx TST = = = are mm = 9: TTS me Te = = BERIT OUR Li "]
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