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Titre :
Actualités marines
Éditeurs :
  • [Québec, Québec] :Département des pêcheries, province de Québec,1957-1973,
  • [Québec, Québec] :Ministère de la chasse et des pêcheries, province de Québec,
  • [Québec, Québec] :Ministère de l'industrie et du commerce du Québec, division des pêcheries,
  • [Québec, Québec] :Ministère de l'industrie et du commerce du Québec, direction des pêcheries,
  • [Québec, Québec] :Ministère de l'industrie et du commerce du Québec, direction des pêches,
  • [Québec, Québec] :Ministère de l'industrie et du commerce du Québec, Service d'information,
  • [Québec, Québec] :Minstère de l'industrie et du commerce du Québec, Direction des pêches maritimes
Contenu spécifique :
Vol. 8, No 1
Genre spécifique :
  • Revues
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Actualités marines, 1964, Collections de BAnQ.

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[" OFF I 52PL1 A2/ Xe?DIVISION DES PECHERIES MINISTERE DE LINDUSTRIE ET DU * re | COMMERCE QUÉBEC PRINTEMPS 1964 VOLUME 8 No1 ct dMines CT 231064 MINIsT.ERE | SERVICE DIN fo DUCATION 2 jis - lis\u201d tongs ® =.= wr 7 SA - = ; ii Se = .> -\u2014 a or I ke i = =~ \u201cit wo cn Z er _ =+\u2014 3 Sh 20 ye ey 3 er rap es rd T+ jf LT ~~ Le ; = ESN OI ey ea ATE fe re 1 Vou La TORRY CY US, ad Nee be CES \u2014 bo te \u201c aw 00 TR ay 0 55 2 ee bes SCH =) fe 4 x: aS A, x \u2014 Ri x p= ay / \u2014 % Sn see SR) 7 rr Rl Wa eo mE xd 3 Lrwcreing 3 ity SE 4 ati ~ rs / ; \u2014 Va / af 774,8 v 9% te st tre ; + /f Pa 72 \u201cv ey & =r % f- 7 / 17 (os it UE i © vy 4) F T, à A a Le a» x ® 3 +f yd ol 4 1 \u201c1 af 7 AS of Ze ; \u201d JL \u2018 1; A J Js J /, : 17 / J fort ; LE \"5 4] 7 / 7 £4 A4 # a 7x 7 > / !, pd J A La ; i] 7 { e- 77 fff Lt 7 A1 +f ÿ |r: 1 : RN as + TO di 17 ws Le iF Vi §- i H >I ne, Ay 3 ARN DAP oF es wT # aa Ta \u2014\u2014 nettes art eur\u201d = SE = ~~ TS © \u2014 7 A Fr ym Zr 7 = y ee Sov = ha] ~~ we = Tp sv ae id ba LS œ 15 rr \u201cLoe - gp - i 3 Me - ot meme) \u2014t \u201ceo ( a 35, J e ee a re pr _\u2014 = - 2 es ae MX Wp wu SEN A NWS \\ SN Ÿ - A bh.% 2 AN N NT when v, owe eZ 2 VS > «oy ; 71 i # Ge 1 209745 25, se A qe à % 3 Jim 2% : A Le 7 fe &; hs i» ; KE # iY 7 7 7 > TS ab 5 if mea pd y 7 Ÿ, % EY » J ¢ FY a 7 7 y JEP o 5 LI i IA ay piles sop) EL wer AT, x 7) URAL Sa seni came 2) = dy > =z > 4 4 Zz 2 78 a oe SNE ne: ag Ning, as, a CE 7 Ge { A = AT ces = DL yA MW Ta 7 0 = LE se ; Fc ar Seats = eh eT A É tree > Ne HW Sw Pas vs mm PE ne Ge % 9) À EE sa Le a Ak > see ja?Ÿ 2 ; o£ Naam 3 ra, \u2014 PE Le 2 = ma, A : 22 ~~ FF ee wus EN of & = Eee 7 rat; 77000 EAU = re SUS SAKES BO & MY 2% = =i Ge ee A 4 A7 Se pe an: PURE TS 0e D AE = 29 0, = ae v a 2 ei J # Ya 12 EG FL) ey ae 0 A a ~ ed IN] ¢ A A \u2014 1727 fo sv > == 7 7 4 \u201c ap j / + 7; © » Zi \u201cPa | \u201c7 7 Me # x a 7, IC od =, Pm % i A » .AY; 7 i nk Su 7 Z a ZN > 17 22 SWZ Z = Z Le Po gr À ÿ ; be > Y LE, Z / E wv we A) ; ( / {FL ~~.E28 7 PC of 7 77 = = = 1 (ES \u2014 7 TF2 as Za = = 6 % of fn ze C4 pr 25 Ce PA nue sé = 7 Simm Cry Ne ALE renin, = 2%, we Re vw LA 7 Pr 2 nT mn, AF ARRAS i PO NPDRS RY REVUE PUBLIÉE PAR LE TE GÉRARD D.LEVESQUE, Ill.ministre MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE DU QUÉBEC BLANCHE BEAULIEU DIVISION DES PECHERIES directrice de la revue s OO M M A R © Éditorial (Yves Jean) \u2026\u2026\u2026\u2026enssenensenns vrasernesceasennensencences \u2026 2 ® Progrès récent des recherches sur les engins de pêche (Yves Boudreault) .aorsessesrenserenaraseeecenvcnee vencerensersanseneneccenses 3 © Un chalutier de grande pêche au Québec (J.-M.Boulanger) \u2026 7 e Lorsque les eaux fleurissent (Yves Desmarais) e Bilan de l\u2019action gouvernementale au domaine des pêches (J.-B.Bergevin) .arsscrrenmrenseneneaecarnane0s saveurs voretaemersnece arecessacessaucss 15 © Quelques aspects de la physiologie de la vision du saumon (Salmo salar) (M.A.AU) \u2026\u2026.\u2026rererrrer eens cesserause vanceasseassennneuss 21 La reproduction partielle ou totale des articles ou des statistiques publiés dans la PHOTO CI-CONTRE ; .A , présente revue est permise, mais on est prié d'en mentionner la source.Toute Lo palangre, cet excellent ogrès de pêche, connu dans le monde entier, utilisé au Québec pour lo péche à la morue et au flétan, servira blentét 4 la pêche à l'espadon et au requin- moquerenu dans fe golfe, Adapts à Ce numéro d'« Actualités Marines» a été réalisé en héliogravure.Pour tout certains fonds, la palongre convient : .bien à de petits bateaux, équipés éga- renseignement supplémentaire, veuillez vous adresser à la Direction de la revue, lement de filets maillants au poisson Ministère de l'Industrie et du Commerce, Hôtel du Gouvernement, Québec.rouge ef au flétan.(OFFICE DU FILM DU QUEBEC - N.BAZIN) traduction, pour fins de publication, doit être autorisée par la direction de la revue.VoL.8 \u2014 No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 PAGE 1 ÉDITORIAL Pace 2 Si le printemps ramène au travail les équipes de pêche du Québec, ramène-t-il toutes les équipes de l\u2019année dernière ou des années précédentes ?Certains pêcheurs se sont-ils découragés de pratiquer un métier difficile, de rendement inégal ?Pour tous ceux qui s\u2019intéressent de près ou de loin à la pêche se pose le problème de son avenir.Toute tentative de solution doit reposer sur un inventaire des facteurs en jeu.L\u2019inventaire de notre domaine maritime et de ses ressources viendrait en premier lieu.Notre territoire comprend trois grands secteurs bien distincts : la Gaspésie, les Iles-de-la- Madeleine et la Côte-Nord du golfe Saint-Laurent.Environ 3,800 pêcheurs exploitent ce territoire.Ils possèdent près de 2,500 bateaux côtiers de moins de 10 tonnes et de 150 navires hauturiers de plus de 10 tonnes.La majorité des pêcheurs s\u2019'adonnent à une pêche artisanale aux lignes, au trappes ou aux filets maillants.Les autres (environ 500) pratiquent la pêche hauturière avec des engins modernes comme le chalut.Malgré leur nombre, les pêcheurs côtiers ne prennent que 26% des captures totales des poissons de fond comparativement à 37% pris par les pêcheurs hauturiers.Les poissons pélagiques tels que le hareng et le maquereau ou encore le saumon et le homard forment le reste.Ressources du golfe Saint-Laurent Quelles sont en fait les ressources de notre territoire maritime ?Etaient-elles sous- exploitées, sont-elles trop exploitées présentement ?Le pêcheur du Québec est-il le seul à en profiter?Ces ressources sont-elles inépuisables ou de rendement limité ?Voilà autant de questions auxquelles il faudrait pouvoir répondre, car nos pêches en dépendent.A propos de ressources, il faut distinguer entre ressources disponibles et ressources exploitées.Des études sur l'étendue des ressources disponibles du golfe Saint-Laurent nous apprennent que les proportions de poissons de fond disponibles et les proportions de poissons capturés enregistrées par les pêcheurs commerciaux sont sensiblement du même ordre : Morue, Plie, et Poisson rouge sont les trois principales espèces dans les deux cas.Par contre, certaines ressources disponibles sont peu ou ne sont pas exploitées : Barbue, Chien de mer, Grenadier, Raie de mer.D'autre part, à côté des espèces de grand rendement, des poissons comme la Barbue, l\u2019Eglefin, le Colin et le Flétan, apportent un supplément de revenu au pêcheur, mais ne peuvent par elles-mêmes servir de base à une pêche d'envergure.Au domaine pélagique figurent surtout dans nos eaux le Hareng, le Maquereau et, dans la partie sud du golfe en été, l\u2019Espadon.Le Hareng est sans contredit l\u2019espèce la plus abondante du golfe Saint-Laurent; or cette ressource est à peine touchée.Le Maquereau pourrait également être exploité davantage.L'Espadon, par ailleurs, objet d\u2019une pêche lucrative dans les autres provinces, est inconnu des pêcheurs du Québec.Le Saumon entre dans la catégorie des produits de luxe.Il est sans doute exploité à son maximum et un effort de pêche plus intense n\u2019amènerait pas de fortes augmentations.Au domaine des coquillages, Crustacés et Mollusques, le Homard représente plus de 20% de la valeur des pêches du Québec.Là encore, il s\u2019agit d\u2019une espèce de luxe, exploitée à son maximum et maintenue à un niveau à peu près constant grâce à une réglementation sévère.La demande excède l\u2019offre et les prix augmentent graduellement.Les Crevettes et les Crabes- araignées pourraient faire l'objet d\u2019une pêche plus intense dans le golfe Saint-Laurent.= Les ressources du golfe se prêtent-elles à une exploitation intensive?Si l\u2019on peut répondre oui à cette question, il faut préciser toutefois que tel n\u2019est pas le cas pour toutes les espèces mentionnées plus haut.Il ne fait pas de doute que l\u2019augmentation de l\u2019effort de pêche produira des augmentations substantielles dans les prises de harengs, de maquereaux, de crevettes, de crabes, de coques, de raies de mer, de barbues et peut-être de flétans.Par contre, une augmentation du nombre de casiers à homard ou de trappes à saumon ne fera que diminuer l\u2019apport de chacun sans changer sensiblement les prises totales.(suite à la page 31) Pa rene AU CONGRÈS DE L'OAA À LONDRES Progrès récent des recherches sur les engins de pêche par YVES BOUDREAULT Station de Biologie marine, Grande-Rivière à Dans un métier difficile où l\u2019efficacité est fonction de facteurs pour la plupart imprévisibles, dans ce métier de pêcheur, où l\u2019action humaine ne peut s'exercer à À 5 coup\u2019sÿr, son objet déjouant ses approches, l\u2019instrument prend une importance ÿ capitalé.L\u2019instrument permet à l'intelligence de rejoindre son objet, de le cerner, À ses réseaux préfigurant ceux des filets.Fournir au pêcheur des instruments de § précision, tant pour la détection que pour la capture, le munir d\u2019une seconde vue \u2018 et allonger son bras, voilà ce que des spécialistes tedtent de faire partout au monde.§ ?.M.Baudreault, délégué au Congrès de l\u2019'OAA par l\u2019administration des Pêches du § À Québec, fait brièvement l'inventaire des recherches poursuivies dans ce domaine.À Dans l'esprit des spécialistes de l\u2019Organisation des Nations-Unies pour l\u2019Alimentation et l\u2019Agriculture (OAA), une meilleure exploitation des ressources alimentaires de la mer s\u2019intègre naturellement dans les plans visant à résoudre le problème de la faim dans le monde.La capture des différentes espèces d\u2019animaux marins exige des engins de toutes sortes.Au bateau gréé s\u2019ajoutent aides à la navigation, détecteurs de poisson, câbles, filets, lignes et autres accessoires.Or, tous ceux qui sont au fait de la situation savent pertinemment que les techniques de pêche sont loin d\u2019avoir progressé aussi rapidement que d\u2019autres techniques d'exploitation des ressources naturelles, comme par exemple, dans le domaine de l\u2019agriculture.Dans de nombreux pays pourtant, des équipes de spécialistes se livrent à de patients travaux de recherche sur les engins de pêche.Le temps de la recherche individuelle est passé, Plus que jamais, la coopération, tant au niveau des institutions qu\u2019au niveau des chercheurs, devient impérative, face à la complexité des problèmes en cause.C\u2019est dans le but de stimuler de tels échanges, d\u2019établir des contacts et de permettre des discussions entre les personnes intéressées que l\u2019OAA organise périodiquement un Congrès mondial sur les engins de pêche.Nous avons eu le privilège de participer au dernier de ces congrès qui eut lieu à Londres en mai 1968.Nous nous proposons d\u2019essayer de vous en donner un bref aperçu dans les lignes qui suivent.Il est clair que nous n\u2019ambitionnons pas d\u2019aborder tous les sujets qui y furent débattus.Fosses de Mécatina (30-50 brasses) \u2014 Concentrations de morues de fond et de morues pélagiques.Echogramme \u2014 Collection Jean-Marie Boulanger.A , / LYS 4 (' ?/ / , \\ .! ur, Vy \\ i k VE à FX (AR { vo ç he >> CA A8 A (OFFICE DU FILM DU QUEBEC \u2014 L.BOUCHARD) AN, Tout au plus, nous bornerons-nous à souligner ce qui, dans le contexte actuel des pêches du Québec, nous a semblé le plus important.Six ans s\u2019étaient déjà écoulés depuis le premier congrès mondial des engins de pêches tenu à Hambourg en Allemagne de l\u2019Ouest.Depuis ce temps, grâce aux sérieux efforts de plusieurs pays, des progrès remarquables ont été réalisés tant dans les agrès de pêche eux-mêmes que dans les méthodes permettant de les utiliser efficacement.En diffusant les résultats de ces travaux au bénéfice des pays représentés, le congrès de Londres se proposait un double but: faire le point des connaissances actuelles sur les engins de pêche et, en second lieu, orienter les recherches futures.Près de 600 délégués, représentant 50 pays et une dizaine d'organismes nationaux et internationaux, ont participé à ce congrès.En plus des délégués des services et des organismes officiels des pêches, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019y côtoyer des armateurs, des industriels, des pêcheurs, des ingénieurs, des biologistes et des techniciens.Les exposés présentés (près de 85) avaient été préparés, sur l\u2019invitation de l'OAA, par des spécialistes de différents pays, réputés en matière de science et de technique des pêches.Ils étaient distribués d\u2019avance aux congressistes de sorte que le temps des réunions était consacré à la discussion des différents points soulevés par ces travaux.Trois sujets principaux étaient inscrits à l\u2019ordre du jour : a) matériaux; b) agrès et méthodes de pêche; c) recherches sur les engins de pêche.31 4e ÊUN és Ce.Dans la plupart des pays, les fibres synthétiques sont de plus en plus employées à la place des fibres naturelles.Au Japon, par exemple, 85% des filets de pêche sont faits de fibres synthétiques.Dans le cas des chaluts cependant, étant donné l\u2019importance de l\u2019usure et les dangers de perte partielle ou complète, les pêcheurs japonais utilisent souvent, particulièrement pour les dessous du chalut, les fibres naturelles dont le prix est moins élevé.Les filets maillants en monofilaments, bien qu'ayant un coefficient de capture de 1.2 à 1.3 fois supérieur aux filets autrement montés, accusent cependant quelques désavantages.Leurs noeuds manquent de stabilité et ils occupent beaucoup d\u2019espace dans les embarcations.Leur mise au point requiert de plus amples recherches.Les filets sans noeuds offrent pour la pêche un intérêt croissant.Von BRANDT d'Allemagne en vanta les avantages sur les filets noués traditionnels : poids moindre par mètre carré, plus grande résistance à la rupture des mailles et dimensions plus stables de celles-ci.Quant à la résistance hydrodynamique et au coefficient de capture, les épreuves ont montré jusqu'ici qu\u2019ils ne diffèrent pas des filets noués traditionnels.Cependant, les filets sans noeuds étant d\u2019un emploi plutôt récent, il est difficile de se faire une opinion définitive sur leur efficacité.Agres ct methodes de pechc a) chalutage par l\u2019arrière Le chalutage par l'arrière a révolutionné la manipulation du chalut au cours des dix dernières années, en permettant la mécanisation presque complète de la mise à l\u2019eau et de la relève.Les constructeurs mettent encore présentement plusieurs méthodes à l\u2019essai et ils ont souligné l\u2019importance d\u2019une étroite coopération entre les constructeurs et les spécialistes des agrès de pêche, en vue du perfectionnement ultérieur du chalutier par l'arrière.b) chalut électrique Plusieurs études sont en cours actuellement sur les réactions des animaux marins à l\u2019électricité 3 \" os ; Va à * À Fy LR + LAR A \\, pélagiques let peut-être morues).et les leçons qu\u2019en peut tirer la pêche commerciale.KREUTZER (USA) emploie des courants pulsés de 15,000 à 40,000 ampères afin d\u2019attirer et de retenir les poissons dans un chalut de fond.D\u2019après ses expériences, l'augmentation des prises varie de 100 à 500%, suivant l\u2019espèce de poisson et les conditions de pêche.Il va sans dire que pour obtenir ces résultats il faudra transformer l\u2019équipement actuel, ce qui représente des mises de fond assez considérables.c) chalut de fond En Angleterre, on a tenté d\u2019appliquer les principes du génie maritime au dessin des chaluts.Les ingénieurs affirment qu\u2019il est possible de dessiner un chalut en connaissant certains paramètres tels que ses dimensions, la vitesse et la profondeur du chalutage.De cette façon, on peut réaliser, pour une puissance donnée du navire, un chalut présentant une grande ouverture verticale par rapport à son ouverture horizontale, ou vice-versa.Malheureusement, ces ingénieurs ne peuvent nullement garantir que leurs chaluts captureront des poissons, puisqu\u2019ils ne tiennent compte, en les concevant, ni des habitudes des poissons, ni de leurs réactions à ces engins.Il faut admettre que le comportement des poissons envers les agrès de pêche nous est presque compiètement inconnu.Cette carence dans nos connaissances, qui a été maintes fois soulignée à ce congrès, constitue un handicap majeur dans l'élaboration des engins de pêche en général.La question de savoir si le chalutage endommage les fonds de pêche a été soulevée sans susciter beaucoup de commentaires.Un délégué affirma que des prises de vues sous-marines avaient montré de petits poissons morts, probablement écrasés par le passage d\u2019un chalut.Cependant, d\u2019autres ont fait remarquer que certains fonds de pêche ont été chalutés depuis de nombreuses an- Echogramme \u2014 Collection Jean-Marie Boulanger.nées, de façon intensive, sans que les poissons les aient délaissés.d) filets maillants Les filets maillants semblent gagner de la popularité un peu partout dans le monde.Des travaux sur la mécanisation des opérations de relève de ces filets sont en cours dans plusieurs pays, notamment au Japon et en URSS.On espère que ces recherches aboutiront à l\u2019élaboration de treuils facilitant le travail des pêcheurs aux filets mail- lants.Au sujet de cet agrès, on a discuté du rapport entre la longueur du filet étendu dans l\u2019eau et sa longueur propre, ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler le coefficient de montage.FRÉCHET (Canada) croit qu\u2019un coefficient de 80% est suffisant et permet d\u2019employer le filet avec un maximum d'efficacité.MIYAZAKI (Japon) rapporta que dans son pays le coefficient de montage des filets utilisés par les pêcheurs était d\u2019à peu près 50% ; cela permettait d\u2019avoir un bon emmaillage et d'éviter que les poissons puissent s'échapper.e) détection du poisson De nouveaux appareils électroniques pour la détection du poisson ont fait l\u2019objet de communications importantes.M.FONTAINE, de la Société Générale de Télégraphie sans fil de France, nous a présenté son asdic appelé « EXPLORA- TOR ».Cet appareil, qui peut détecter les bancs de poissons jusqu\u2019à une portée horizontale de 1200 mètres, enregistre sur un papier à quelle profondeur ou à quelle distance du fond se situe un banc de poissons, la direction dans laquelle il se trouve et la distance qui le sépare du navire.Actuellement, plus d\u2019une douzaine de bateaux sont équipés de cet asdic et les résultats obtenus semblent plus que satisfaisants.Il a l'avantage sur les autres sondeurs horizontaux de pouvoir localiser des poissons sur le fond ou très près du fond.(OFFICE FILM DU FILM DU QUÉBEC \u2014 L.BOUCHARD) F0 ey Ya En Angleterre, des chercheurs de l\u2019Université de Birmingham ont mis au point un système sonar de balayage électronique qui peut être valable dans la technique des pêches.Les traces des bancs de poissons sont présentées sur un écran à rayons cathodiques tout comme sur un radar.Sur cet écran, il est possible dans certains cas de voir le déplacement des bancs de poissons.Il semble que cette technique puisse servir largement à la pêche.D\u2019Angleterre également, la compagnie Kelvin Hughes a présenté son sondeur « Humber » qui est muni des accessoires électroniques les plus récents pour le repérage des poissons.Il semble que ce soit actuellement l\u2019appareil le plus perfectionné parmi les sondeurs verticaux classiques.Il convient de souligner ici que ces trois derniers appareils de détection, à cause de leur grosseur, de leur coût et de la complexité de leur installation, ne peuvent être utilisés que sur de gros chalutiers.Cependant, parce qu\u2019ils peuvent donner sur les populations de poisson une grande quantité d'informations, de tels appareils sont installés sur les navires de recherches en biologie marine comme le « Thalassa » (France) et le « RV Clione » (Angleterre).Des méthodes acoustiques pour la détection des poissons sont à l\u2019essai depuis quelques années.Elles consistent à localiser et à identifier les bruits caractéristiques qu\u2019émettent les poissons, soit en se nourrissant, soit en nageant ou pendant la période du frai.Les délégués au congrès ont eu l\u2019occasion d\u2019entendre des bandes magnétiques sur lesquelles des chercheurs japonais et américains avaient capté de tels bruits.Ces études ont pour but de permettre l\u2019utilisation de moyens acoustiques artificiels pour attirer, effrayer et concentrer les animaux marins dans les agrès de pêche.Recherches sur les engins de pêche Notons d\u2019abord que bien des paramètres responsables de l\u2019efficacité d\u2019un agrès de pêche échappent aux spécialistes.On ne doit donc pas trop se surprendre de la lenteur des progrès et des résultats décevants obtenus avec certains agrès.Parmi ces paramètres inconnus, le comportement des poissons envers les engins de pêche apparaît sûrement comme le plus important à l\u2019heure actuelle.De nombreux projets de recherches dans ce sens ont été décrits au congrès.Différentes techniques furent mises de l\u2019avant et parmi celles-ci, la plus spectaculaire est sans doute celle employée par les Russes avec leur sous-marin « Severyanka », qui est équipé pour l'observation et la photographie des chaluts et des bancs de poissons.Nous pouvons aussi prévoir que l\u2019application aux pêches des récents progrès de la télémétrie, des calculatrices électroniques, des techniques militaires et des explorations spatiales et l\u2019utilisation des connaissances en océanographie physique et biologique vont en quelque sorte révolutionner les méthodes de pêche.Lors d\u2019un congrès de cette envergure, où sont mis en présence des personnalités de disciplines très diverses, les discussions demeurent d\u2019ordre plutôt général.Nous pensons qu\u2019il aurait été souhaitable de grouper, à un moment donné, les délégués de même discipline afin qu\u2019ils puissent discuter leurs problèmes d\u2019une façon plus approfondie.Néanmoins, le Congrès de 1963 aura largement rempli le but qu\u2019il s\u2019était proposé: diffuser les connaissances déjà acquises et fixer les objectifs des travaux à venir.ERRATA ACTUALITÉS MARINES, vol.7, no 3 Le poisson et l\u2019homme, p.24, 2e ligne \u2014 Lire: «.des sexes », où « le thème général.» Pêcheries maritimes 1962, p.81, 1ère colonne \u2014 Lire: Alose Saumon Éperlan Capelan Poulamon UN CHALUTIER DE GRANDE PÊCHE AU QUÉBEC JEAN-MARIE BOULANGER Le « PRIMO », premier chalutier de grande pêche de la flotte québécoise, a été mis à l\u2019eau en novembre 1963 par les ateliers de George T.Davie & Sons de Lauzon.Il a été suivi de peu d\u2019un autre chalutier de même type, !\u2019 « EXCEL-O », qui a pris la mer au printemps.Déjà en pêche sur l'Atlantique, le « PRIMO » reviendra dans le golfe Saint-Laurent à l\u2019été, pour assurer, avec l\u2019« EXCEL-O », l\u2019approvisionnement de l'usine de La Tabatière.Ces deux magnifiques unités, propriété de St.Lawrence Sea Products Co., sont le fruit de longues et patientes recherches de la part des armateurs.Elles se comparent favorablement aux meilleures réalisations étrangéres et sont, de fait, une synthèse bien réussie des meilleures qualités des chalutiers de grande pêche en service dans le monde.Les caractéristiques de ces deux chalutiers sont les suivantes: Longueur hors-tout .1290\u201d Longueur entre perpendiculaires 1150\u201d VoL.8 \u2014 No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 / Chalutiers, petits ou \u2018gros, de bois, de fer ou d'acier, nul n\u2019a de secret pour M.: Boulanger.Avec leurs qualités et leurs défauts, leurs caprices et leurs exigences, 3 ils occupent tous une place bien à eux dans son esprit.En 1961, M.Boulanger 4 présentait aux lecteurs d'ACTUALITÉS MARINES le premier chalutier d\u2019acier du \u2018 Québec (vol.5, no 3).Laissons-le aujourd\u2019hui nous décrire un nouveäu type de 1 chalutier qui introduirait le Québec dans le domaine de la grande pêche.Largeur .\u2026.\u2026.\u2026.-ccecrenercrererasce 26°0\u201d Profondeur ses 1470\u201d Volume de la cale à poisson 6,500 pi.cu.Puissance motrice \u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.720 HP.La coque, dont les lignes ont fait l\u2019objet d\u2019études spéciales en bassin de carène, est entièrement soudée et renforcie pour la navigation dans les glaces.L'ensemble de la construction est conforme aux normes du Bureau canadien d\u2019Inspection des Navires et reçoit la cote 100A1 de la Société de classification Lloyd\u2019s.De type classique, ces chalutiers sont équipés pour la pêche au chalut par tribord.À l\u2019avant, le pont teugue constitue un vaste abri pour la réparation des agrès de pêche et protège également l'accès aux magasins.La cale à poisson, ouvrant sur le pont par deux écoutilles en métal léger, est située au milieu du navire.Les parois sont isolées à la mousse d\u2019uréthane et habillées de contreplaqué recouvert lui-même de fibre de verre enduite de résine synthétique.PAGE 7 PIECE Le tout présente une surface dure, lisse, imperméable et réfractaire aux bactéries.Les divisions horizontales et verticales des parcs, réalisées en profilés d\u2019aluminium, complètent une installation qui assure les meilleures conditions sanitaires à l\u2019entreposage d\u2019une denrée aussi délicate que le poisson.La salle des machines, située sur l'arrière, est vaste et bien éclairée.La simplicité et la netteté des installations en font un local remarquablement bien réussi.Le pont supérieur se divise en parties à peu près égales: abri avant, plage de travail et bloc des emménagements.L'espace réservé à la manoeuvre du chalut est disposé à la façon ordinaire des chalutiers de grande pêche; un treuil hydraulique Norwinch assure la facilité des opérations.Le bloc des emménagements est situé sur trois ponts superposés.Le pont supérieur est occupé par la passerelle équipée de tous les appareils de navigation modernes.Le patron du bateau est également logé sur ce pont, sur l\u2019arrière de la passerelle et il dispose d\u2019une chambre confortable, avec salle de bain attenante.Sous la passerelle, au même niveau que le pont principal, se trouvent les cabines du second PAGE 8 (PHOTO GEO.T.DAVIE & SONS) capitaine, du chef ingénieur et du cuisinier ainsi que la cuisine, le réfectoire et les salles de bain des officiers et des matelots.Le poste d\u2019équipage, pouvant loger 11 personnes, est situé sur le pont inférieur sous la cui- sine-réfectoire.Tous ces locaux, finis dans le même style, ont été réalisés en formica de teinte acajou et s\u2019il y a apparence de luxe, telle n\u2019a cependant pas été la raison de ce choix.Ainsi conçus, les quartiers d'équipage sont d\u2019entretien facile et leur aspect agréable ainsi que leur confort préparent les pêcheurs à mieux supporter la rudesse de la vie en mer.Tous ces locaux sont chauffés et ventilés par un système de circulation d\u2019air forcé et l\u2019équipage peut passer d\u2019une pièce à l\u2019autre sans avoir à sortir à l'extérieur.C\u2019est un avantage pour un navire faisant la pêche d'hiver sur les bancs de l\u2019Atlantique.Ainsi équipés, ces deux nouveaux venus de notre flotte de pêche devraient donner satisfaction aux armateurs.La contribution de ces chalutiers au point de vue de la quantité de poisson débarquée dans les ports du Québec sera considérable et l\u2019économie de la Côte-Nord en bénéficiera grandement.ACTUALITÉS MARINES APPENDICE M/V PRIMO \u2014 M/V EXCEL-O Caractéristiques principales Dimensions Longueur hors-tout .sanonsonssessearenen en sestenseenes se 129\u20190\u201d Longueur entre perpendiculaires serres 1150\u201d LArgeUr \u2026\u2026\u2026ussrercsrsssessesssonssressaresesees sénusavessensersssesseessae0es 26\u20190\u201d Profondeur \u2026\u2026sseerereseneensenss 160\u201d Classification et Inspection Bureau Canadien d\u2019Inspection des Navires Société de Classification Lloyd\u2019s, 100A1 Appareil propulsif 1 moteur Burmeister & Wain Alpha 496 VO, 6 cylindres, 2 temps, puissance au frein 720 hp, 1 hélice, 3 pales réversibles, à pas variable.Appareils auxiliaires a) entraînés par le moteur principal i) une pompe à eau d\u2019une capacité de 88 gallons/ minute, servant à la circulation d\u2019eau de mer our le refroidissement du moteur.lle peut aussi servir de pompe de secours soit pour vidanger les cales, soit pour amener l\u2019eau douce.ii) une pompe de circulation d\u2019eau douce de 88 gallons/minute, servant au refroidissement du moteur.iii) deux pompes hydrauliques Norwinch P 37/290 pour l'entraînement du treuil de pêche; puissance totale de 135 h.p.au frein, à 310 tours/minute.iv) 1 pompe à lubrifiant, 6 pompes à carburant.b) autonomes i) 2 groupes électrogènes General Motors, capacité individuelle de 30 Kw, our courant triphasé à 230 volts, 60 cycles.remier entraînant aussi 1 pompe de cale de 60 gallons/minute et 1 compresseur à air d\u2019une capacité de 15 pieds cubes d\u2019air à la minute sous une pression de 425 livres au pouce carré.Le second entraînant une pompe hydraulique de gecours Norwinch P.14 pour le treuil de e; ii) 1 pompe à eau, pour service général, pouvant servir de pompe de secours pour vidanger les cales; capacité de 50 gallons à la minute sous une pression de 50 livres au pouce carré; entraîné à l'électricité; ili) 2 pompes à eau potable, pour le service de la cuisine et des quartiers d\u2019équipage, capables de maintenir dans le système une pression de 40 livres au pouce carré; entrainées à l\u2019électricité; VoL.8 \u2014- No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 iv) 1 pompe à eau salée de même type et de même capacité assurant le service des appareils sanitaires du bord; entraînée à l\u2019électricité; v) 1 fontaine à eau douce réfrigérée; vi) 1 pompe à mazout, d\u2019une capacité de 7 gallons/minute, entraînée à l\u2019électricité; vii) 1 purificateur de mazout, De Laval, d\u2019une capacité de 50 gallons à l'heure, entraîné à l\u2019électricité: viii) 1 fournaise à air chaud, à circulation forcée, servant de système de ventilation générale en été; ix) 1 réfrigérateur au fréon pour les vivres, capable de maintenir une température de 32°F par une température ambiante de 90°F; x) 1 chauffe-eau de 50 gallons pour service domestique.Apparaux de pêche 1 treuil hydraulique Norwinch HT 13/28; capacité de 6.2 tonnes à une vitesse des funes de 245 à 250 pieds à la minute.800 brasses de câble de 7/8\u201d par baril.1 jeu de panneaux Brompton de 10°6\u201d.1 jeu de potences et de poulies disposé pour chalutage par tribord.1 chalut No 41-5.Apparaux de manoeuvre 1 pilote automatique Wood Freeman, couplé à un appareil à gouverner Tenfjord à télécommandes hydrauliques et électriques.Appareils de navigation compas suspendu compas réflecteur, type de l\u2019Amirauté 922-2 loch mécanique échographe Simrad 512-12 Loran, DX-Navigator Radar, Marconi, LN35-A Détecteur de poisson 1 échographe Simrad 510-6 bb bt fd fd fb et Communications 1 radiotéléphone Marconi CN-86 1 systéme d\u2019intercom électrique 1 système d\u2019intercom mécanique Apparaux de sauvetage 2 radeaux de sauvetage en caoutchouc 2 doris de 16 pieds Emménagements Emménagements prévus pour 16 personnes: 11 sous le pont principal, 4 sur le pont principal et 1 sur le pont passerelle.Caractéristiques diverses Volume de la cale à poisson: 6,500 pieds cubes Soute à mazout: plus de 10,000 gallons Eau potable: environ 4,000 gallons.Pace 9 Étangs et ruisseaux « naturels» avec une abondante végétation aquatique.À la vie végétale, un peu d\u2019humidité suffit presque toujours.Qu\u2019au fond d\u2019un bassin se rassemblent les eaux de pluie, qu\u2019une source affleure formant mare ou étang, qu\u2019une étroite faille appelle l\u2019eau des hauteurs, et voilà que vertes ou dorées naissent les herbes, s\u2019étalent les fleurs.Les plantes aquatiques témoignent cependant d\u2019une plus grande dépendance à l\u2019égard de l\u2019eau; elles en sont le plus bel ornement, la plus séduisante approche.A la suite de M.Desmarais, pour qui la flore aquatique n\u2019est pas aussi secrète qu\u2019elle nous semble, visitons des aquariums sans poissons, des serres où l\u2019eau a presque délogé la terre, un univers nouveau.ot messe TEL aa Cr tea tie i lira.nist amet SA.AAO ee, Ap as ie BS PAGE 10 ACTUALITÉS MARINES Lorsque les eaux fleurissent par YVES DESMARAIS Surintendant au Jardin botanique de Montréal Un jardin botanique, dans une grande agglomération urbaine, devient vite ce que le frère Marie-Victorin appelait une « oasis de beauté ».Le Jardin botanique de Montréal n\u2019a pas échappé à cette règle; il est rapidement devenu un joyau très apprécié de ses visiteurs.À ce seul point de vue, il justifie amplement l\u2019argent et les efforts = consacrés à sa création et à son entretien.Ce serait cependant mal comprendre l\u2019importance et le rôle d\u2019un jardin botanique que de s\u2019arrêter à ces considérations d\u2019esthétique.Un jardin botanique est essentiellement une institution vouée à la recherche et à la conservation et sa plus grande richesse consiste dans ses collections de plantes vivantes; à ces dernières, s\u2019ajoutent une collection de plantes sèches (herbier), une bibliothèque et des laboratoires.À Montréal, les ressources combinées du Jardin, institution municipale, et de l\u2019Institut botanique de l\u2019université de Montréal ont permis de constituer un herbier comptant au-delà de 500,000 spécimens et la bibliothèque botanique la plus complète au Canada.La collection de plantes vivantes qui comprend plus de 22,000 espèces ou variétés est l\u2019une des plus importantes du monde.Parmi nos plantes, les moins spectaculaires sont peut-être les plantes aquatiques.Submergées Figure 1 \u2014 Bassins, avec sentiers en contre-bas - ie TRS A WI er gee TT or go A ET Ey A pry.: souvent dans une eau assez peu transparente, ou enracinées dans un sol humide et vaseux, elles n\u2019attirent pas toujours l\u2019attention du visiteur distrait.Il nous a été quand même possible de les présenter dans un cadre de beauté, soit dans un décor naturel (photo ci-contre), soit de façon plus rigide et fonctionnelle, dans des bassins de béton (fig.1).Les plantes plus délicates sont conservées à l\u2019intérieur des serres, dans des aquariums ou autres contenants (fig.2).Dans les étangs extérieurs, nos plantes aquatiques poussent avec une luxuriance extraordinaire et parmi les soins dont elles sont l\u2019objet, l\u2019un des plus exigeants consiste à empêcher l\u2019envahissement de ces masses d\u2019eau par une végétation trop dense.Quelques poissons herbivores nous aident à maintenir un certain équilibre.Les plantes d\u2019aquarium demandent une attention constante et des soins journaliers.Actuellement, ces aquariums étant situés dans les serres de service, cette collection n\u2019est accessible qu\u2019aux chercheurs et aux visiteurs ayant un intérêt spécial dans ce domaine.Les plans du jardin prévoient la construction d\u2019une serre d\u2019exposition, aménagée spécialement pour les plantes aquatiques; les visiteurs pourront alors admirer cette végétation dans une ambiance appropriée.Pour susciter plus d\u2019intérêt, nous associerons à ces Figure 2 \u2014 Aquariums à l'intérieur des serres plantes quelques poissons et autres organismes aquatiques.Les 109 bassins de béton de dimensions variées, situés à l\u2019extérieur, ont chacun leur propre système de drainage; ainsi peut-on maintenir les niveaux d\u2019eau appropriés aux cultures qui y sont pratiquées.Dans certains cas, nous faisons fiuc- tuer ces niveaux au cours de la saison de croissance pour répondre aux exigences particulières de chaque espèce.Un système d\u2019augets et de puits à profondeurs variables à l\u2019arrière des bassins permet d\u2019assurer leur alimentation en eau et une circulation adéquate.Une série de bassins de niveaux variables constitue pour certains cas spéciaux des habitats à eau courante bien aérée (fig.3).Les sentiers en contre-bas permettent aux visiteurs, aux botanistes et aux jardiniers d\u2019avoir toutes les plantes à portée de la main et des yeux.Si cet arrangement présente l\u2019inconvénient de placer des collections rares ou précieuses à la portée de visiteurs peu scrupuleux, il comporte néanmoins des avantages pour leur étude et leur entretien.À cause du maintien dans ces bassins de conditions écologiques particulièrement favorables à la croissance végétale, nous avons à les défendre continuellement contre l\u2019envahissement de plantes indésirables.La collection de plantes aquatiques requiert de nos horticulteurs des connaissances très spécialisées et leur maintien en bon état un travail incessant (fig.4).Malgré toutes ces précautions, nous perdons de temps en temps des spécimens délicats.Par ailleurs, il nous est né, de façon imprévue, quelques espèces intéressantes, comme la minuscule Selaginella apoda, (L.), Fern., ou d\u2019autres plus communes, comme le grand Scirpus pedicellatus, Fern., qui est assez décoratif (fig.5).Nous ne croyons pas pouvoir mieux illustrer la richesse de cette collection qu\u2019en citant la liste Figure 3 \u2014 Bassins en cascades d\u2019un inventaire dressé rapidement à la fin de l\u2019automne 1963.Quelques illustrations d\u2019inflorescences montrent également bien la très grande variété des spécimens en culture (fig.6 à 9).On remarquera dans cette liste des espèces ou des genres particulièrement bien représentés.Il s\u2019agit parfois de variantes dont l\u2019intérêt est horticole, comme chez les Caltha palustris, ou phyto- géographique, comme les deux variétés de Me- nyanthes trifoliata, l\u2019une d'Amérique du Nord et l\u2019autre de Laponie.Les quelques imprécisions de cette liste, comme les identifications incomplétes (sp.ou spp.) illustrent bien les problémes continuels posés aux botanistes du Jardin.Dans certains cas, les étiquettes d\u2019identification sont perdues ou déplacées par des visiteurs peu scrupuleux et le jardinier ou le responsable de l\u2019inventaire doit attendre que le spécialiste ait remis les choses en ordre.Parfois aussi, nous sommes en présence de variétés purement horticoles, comme chez les Nymphaea, dont le statut taxonomique est très embrouillé à la suite de sélections et de croisements effectués par des horticulteurs plus préoccupés de produire un spécimen nouveau que soucieux des règles de nomenclature.Il arrive également que nous recevions des spécimens dont le statut taxonomique est douteux; le botaniste doit alors attendre la venue des fleurs ou des fruits qui lui permettra, après une étude parfois assez longue, de trouver la clé de l\u2019énigme.C\u2019est justement cette multiplicité des problèmes posés et leur fréquence qui ajoutent à cette collection un intérêt croissant et attirent le botaniste.Pour le public visiteur, le secteur des plantes aquatiques du Jardin permet de se divertir et de se reposer, tout en s\u2019instruisant.Figure 4 \u2014 Travail patient du jardinier essentiel à fa survie des plan casei.Zo r = = A 7A \"+ Ge > % di À ani 2500 oy : *, 74.AS IN > \u2018À ne Ny ] \\.+ 4 AT \u201cA \u20ac I lo I Nymphaea « Chromatella » {Photo Roméo Meloche : Jardin Botanique de Montréal) Sourire et grâce, calme apparence des grands jeux de la nature. xn a ire i.a x ue e \u2014_\u2014 % pio as oi SE RR aa a ios mv Aer = a em = sn Legs 2 = po re es 2e SHR 2x a doses SL Lo gis Bex: Lee re rise, sg + 5 a i GLa ER 5 a = Te 55 RO Bs ns a RY PE EX ee ra 2 ue, fa = GE a Es AER ices = AEE > a es Zid 2 80% 8 x i 0 2 5 K _ Lo _ eu _ A = _ EE SE as É ie: 2 Be 224 he = = er 3 De a A É 4 ky h: à RH 3 ; : 2 &h À i R RB À Bs t i PNY x À ka 5 y 5 K \u2026 br 4 \u2014 \u2014_ \u2014 \u2014 Lo Es - ntm Figure 5 Arrivé à l'impromptu.sûr d'être bien accueilli : le Scirpus pedicellatus, Fern.Fiqure 6 Figure 7 Joyau de nos Zizania aquatica L., eaux tranquilles, le «riz sauvage » le Polygonum de nos Indiens.amphibium L.(REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE DE ROMÉO MELOCHE \u2014 JARDIN BOTANIQUE DE MONTRÉAL) Figure 9 Nymphoides peltato (G.Mel.) Ktze.une Gentianacée qui mime nos lis d'eau, Figure 8 Aponogeton distachyus L.faux fleurs délicatement parfumées. Plantes aquatiques en culture au Jardin botanique de Montréal ACANTHACEAE Hygrophila polysperma T.Anders Sypnema triflorum (Buch.-Ham.) tze ALISMATACEAE Alisma sp.Alisma canaliculatum R.Br.et Bouché Echinodorus sp.(Junior Swords) Echinodorus longistylis Buch.Echinodorus martii Michx.Echinodorus muricatus Griseb.Echinodorus tenellus (Mart.) Buch.Sagittaria spp.Sagittaria eatoni J.G.Smith.agittaria graminea Michx.Sagittaria lorata Small.Sagittaria montevidensis Cham.et chlecht.; .Sagittaria guayanensis HBK (pusilla) Sagittaria sagittifolia L.\u2018\u2018flore pleno\u201d Sagittaria graminea Michx.Sagittaria subulata (L.) Buch.APONOGETONACEAE Aponogeton sp.(München Aponogeton distachyus L.F.ARACEAE Acorus Calamus L.Acorus Calamus L.\u201cvariegatus\u201d Acorus gramineus Ait.var.pusillus (Sieb.) Engler Acorus pusillus Siebold Anubias lanceolata Schott Calla palustris L.Cryptocoryne beckettii Thur.Cryptocoryne ciliata Fisch.\u201cminor\u201d Cryptocoryne cordata Griff.Cryptocoryne haerteliana Jacobs Cryptocoryne griffithii Schott Cryptocoryne lutea Alston Cryptocoryne vpurpuracea | Cryptocoryne Willisii Engelm.Lagenandra lancifolia (Schott Lysichitum americanum Hultén St.John.Lysichitum camtschatcense (L.) Schott.Lysichitum camtschatcense (L.) Schott \u201calbum\u201d Peltandra virginica Kth.Typhonodorum lindleyanum Schott.Thur, BORAGINACEAE Myosotis caespitosa K.F.Schultz.Myosotis palustris Roth CALLITRICHACEAE Callitriche sp.CAMPANULACEAE Lobelia cardinalis L.var.Lobelia carnialis L.\u201cCrimson Radiance\u201d Lobelia cardinalis L.\u201cPink red\u201d Lobelia cardinalis L.hybr.\u201crobusta grandiflora\u201d Lobelia Kalmii L.Lobelia siphilitica L.Lobelia siphilitica L, forma albiflora ritt, CARYOPHYLLACEAE Stellaria longipes Goldie \u2018\u2018laeta\u201d COMPOSITAE Aster foliaceus Lindley.Helenium autumnale L., var.canaliculatum (Lam.) Torr.& Gray.Senecio aureus L, var, intercursus ern.Solidago graminifolia (L.) Salisb.GRASSULACEAE Tillaea recurva Hook f.PAGE 14 CRUCIFERAE Cakile edentula (Bigel.) Hook.var.lacustris Fern.Cardamine sp.Cardamine bulbosa (Schreb.) BSP Cardamine lyrata Bunge, forma submersa Glück Nasturtium sp.CYPERACEAE Carex spp.Carex aquatilis Wahl, Cyperus sp.Cyperus alternifolius L.Cyperus alternifolius L, \u201cgracilis\u201d Cyperus alternifolius L., \u201cvariegatus\u2019 Cyperus flabelliformis Rottb.Cyperus giganteus Vahl, Cyperus papyrus L.Dulichium arundinaceaum (L.) Britton.Eleocharis acicularis R.Br.Eleocharis dulcis (Burm.f.) Trin.Eleocharis palustris R.Br.\u201calbescens\u201d\u201d Scirpus atrovirens Mühl, Scirpus Tabernaemontani Gmel., \u201czebrinus\u201d Scirpus Torreyi Olney Scirpus validus Vahl, var.creber Fernald.DROSERACEAE Aldrovandia vegiculosa Monti EQUISETACEAE Equisetum variegatum Schleicher ERICACEAE Vaccinium macrocarpon Ait.GENTIANACEAE Centaurium umbellatum Gilib.Menyanthes trifoliata L.var, (de Laponie) Menyanthes trifoliata L.var.minor Michx.Nymphoides peltata (Gmel.) Ktze Swertia Kingii Hook.f.GRAMINEAE Glyceria melicaria (Michx.) Hubb.Oryza sativa L.Phalaris arundinacea L.var.picta L.Phragmites communis Trin.Zizania aquatica L.HALORAGACEAE Myriophyllum spp.Myriophyllum hippuroides Nutt.Myriophyllum proserpinacoides Gill, Myriophyllum \u201c\u2018rubrifolium\u201d HIPPURIDACEAE Hippuris vulgaris L.HYDROCARYACEAE Trapa natans L.HYDROCHARITACEAE Elodea densa Casp.Elodea canadensis Michx.Hydrocharis morsus-ranae L.Hydromystria stolonifera G.F.W.Mey.Stratiotes aloides L.Vallisneria neotropicalis Vict, \u201c\u2018marmorata\u201d\u2019 Vallisneria spiralis L.Vallisneria spiralis L.\u201cminor® Vallisneria tropicalis \u2018Giant Tropical\u201d IRIDACEAE Iris spp.Sisyrinchium montanum Greene ISOETACEAE Isogtes flaccida Shuttlew JUNGAGINACEAE Juncus effusus L.\u2018\u201c\u2018aureo-striatus\u201d Scheuchzeria palustris L., var, americana Fern.Triglochin palustris L.LABIATAE Lycopus sp.Mentha P, Mentha egium L.LEMNACEAE Lemna minor L, Lemna trisulca L.LENTIBULARIACEAE Utricularia emarginata Benj.LILIACEAE Helonias bullata L.LYTHRACEAE Didiplis sp.Lythrum Salicaria L.MARSILEACEAE Marsilea macropoda Engeim.Marsilea quadrifolia L.(forme submergée Pilularia globulifera L.MELASTOMATACEAE Rhexia virginica L.NAJADACEAE Naias flexilis (L.) Ag.NYMPHAEACEAE Brasenia Schreberi Gmel.Cabomba caroliniana Gray Nymphaea we Nymphaea hybr.\u201cBlue Madagariensis\u201d Nymphaea elegans Hook.Nymphaea rubra Roxb, Nymphaca tetragona Georgi, var.helvola Conard Nymphaea tuberosa Paine Nymphozanthus variegatus (Engelm.) Fern.OENOTHERACEAE Ludwigia \u201cMulertii\u201d ONAGRACEAE Epilobium alpinum L, ORCHIDACEAE Habenaria fimbriata (Ait.) R.Br.Liparis Loeselii (L.) L.C.Rich, Spiranthes cernua (L.) Richard (Type aquatique méridional) OSMUNDACEAE Osmunda regalis L.var.spectabilis (Wild.) Gray PARKERIACEAE Ceratopteris sp.Ceratopteris deltoidea Benedict.Ceratopteris pteridoides Hieron.POLYGONACEAE Polygonum amphibium L.Polygonum bistorta L.(?) Polygonum viviparum L.Rumex Britannica L.POLYPODIACEAE Dryopteris thelypteris (L.) A.Gray, var.pubescens (Lawson) Nakai Onoclea sensibilis L.PRIMULACEAE Glaux maritima L.Lysimachia japonica Thunb.Lysimachia Nummularia L.Primula laurentiana Fern.Primula sibirica Jacq.Samolus Valerandi L.Steironema lanceolatum (Walt.) A.Gray RANUNCULACEAE Caltha palustris L.var, Caltha palustris L, \u201calba\u201d Caltha palustris \u2018\u201c\u2018Holubyi\u201d Caltha palustris L.\u201cmostrosa plena\u201d Caltha palustris L.\u201cnana plena\u201d Caltha palustris L.\u201csemi-plena\u201d Ranunculus sp.Ranunculus Cymbalaria Pursh, var.alpina Hook.Ranunculus lingua L.Ranunculus repens L.Thalictrum alpinum L.RICCIACEAE Riccia fluitans L.ROSACEAE Fragaria sp.Geum canadense Jacq, Potentilla palustris L.Rubus acaulis Michx.Rubus pubescens Raf.Sibbaldia procumbens L.RUBIACEAE Galium palustre L.Houstonia coerulea L.SALVINIACEAE Azolla caroliniana Willd, Salvinia auriculata Aubl, Salvinia natans (L.) All.SAURUCACEAE Anemopsis californica Hook.et Arn.Saururus loureiri Decne.SAXIFRAGACEAE Chrysosplenium tetrandrum Th.Ties.Parnassia glauca Raf.Penthorum sedoides L.Saxifraga ascendens L.SCROPHULARIACEAE Gratiola officinalis L.Herpestis amplexicaulis Pursh Herpestis Monniera H.B.K.Limosella aquatica L.Mimulus guttatus DC.Mimulus moschatus Dougl.Mimulus rigens L.Mimulus rigens L., var.colpophyllus Fernald.Scrophularia aquatica L.Veronica beccabunga L.Veronica scutellata L.SELAGINELLACEAE Selaginella apoda (L.) Fern.SPARGANIACEAE Sparganium androcladum (Engelm.) Morong.TYPHACEAE Typha angustifolia L.Typha gracilis Jord.Typha latifolia L.UMBELLIFERAE Hydrocotyle umbellata L.Oenanthe fistulosa Asso.Oenanthe sarmentosa Nutt.Peucedanum palustre (L.) Moench.VERBENACEAE Verbena hastata L.VIOLACEAE Calceolaria sp.Viola cucullata Ait.Viola paliens (Banks) Fern.ZOSTERACEAE Potamogeton spp.ACTUALITES MARINES \\u Symposium sur les pêches maritimes du Québec Bilan de l\u2019action gouvernementale au domaine des Pêches par J.-B.BERGEVIN Sous-ministre adjoint de l'Industrie et du Commerce Les 31 mars et 1er avril derniers, l\u2019université Laval prenait l\u2019initiative d'organiser un Symposium sur les Ÿ êches maritimes.Première du genre au Québec, cette démarche a suscité beaucoup d\u2019intérêt et attiré un on nombre de participants.ACTUALITES MARINES a obtenu l'autorisation de publier plusieurs textes présentés à cette occasion.Voici en premier lieu une étude de M.Bergevin, sous-ministre adjoint de 4 Industrie et du Commerce du Québec.M.Bergevin y analyse avec vigueur et clarté la portée de l\u2019action ; exercée par les divers gouvernements sur l\u2019évolution des pêches au Québec.Cette action a été le facteur : déterminant de cette évolution, mais les résultats justifient-ils cette intervention et celle-ci ne pourrait-elle s'exercer dans une perspective plus large ?Voilà les points à mettre en lumière, voilà comment le texte Les Pêcheries commerciales ne relèvent du ministère de l'Industrie et du Commerce que depuis avril dernier (1963).Les pêcheries dites intérieures ou d\u2019eau douce, de même que la pêche sportive, ont alors été rattachées au nouveau ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche.Disons ici que ce changement de contexte fournissait à la direction du secteur des pêches l\u2019occasion de ré- analyser sa politique en réservant une place prépondérante à l\u2019aspect économique des problèmes.J'espère ne pas trop vous décevoir en vous disant dès maintenant que je ne peux aujourd\u2019hui vous décrire ce qu\u2019est la politique du Québec en matière de pêcheries commerciales.La raison en est bien évidente: le Québec n\u2019a pas connu, à proprement parler, une politique des pêches.Bien sûr, le ministère des Pêcheries a eu, depuis sa création en 1922, à poser de nombreux gestes administratifs qui s\u2019inscrivaient en pratique dans une certaine politique, mais c\u2019en était une à court terme, axée sur des problèmes de portée immédiate, sans qu\u2019il soit particulièrement tenu compte de ses conséquences sur une longue période.VoL.8 \u2014 No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 | de M.Bergevin se présente comme une prise de conscience dont tous peuvent tirer profit.+ Cette communication s\u2019est tracée comme objectif de présenter certains éléments qui pourraient servir de base à une politique éclairée et cohérente.Je me permettrai d\u2019attirer votre attention sur les problèmes qui nous paraissent les plus complexes et qui n\u2019ont pas encore reçu de solutions pratiques.Je puis vous assurer que le gouvernement serait heureux de recevoir vos suggestions et, dans certains cas, d\u2019en tenir compte au moment d\u2019élaborer ses plans d\u2019action.Si, dans le sens que je viens de donner à ce terme, on peut dire que le Québec n\u2019avait pas de politique de pêcheries, ce commentaire s\u2019applique également au gouvernement canadien.Qu\u2019il suffise de noter que, depuis le début de la Confédération, une seule conférence fédérale-provinciale a eu pour thème les pêcheries et qu\u2019elle a eu lieu en novembre dernier.Il ne faut donc pas se surprendre du peu de coordination des plans fédéraux et provinciaux.Enfin, dernière mise en garde, je parlerai à plusieurs reprises, au cours de cet exposé, de Pace 15 l\u2019action gouvernementale au niveau fédéral et au niveau provincial.Elle a eu en effet une influence si importante sur l\u2019industrie, tant au point de vue des immobilisations que des règlements administratifs, qu\u2019il serait peu réaliste de ne pas en tenir compte.Vous comprendrez, cependant, qu\u2019en ma qualité de fonctionnaire du Québec, je m\u2019efforcerai, surtout en parlant du fédéral, de m\u2019en tenir strictement aux faits.La péche dans le rie économique du Outébe- Si Yon compare la valeur nette de toute la production du Québec à celle de la production qui provient du secteur de la pêche, celui-ci pourrait ne pas offrir beaucoup d\u2019intérêt: cette production ne constitue en effet que 1/10 de 1% de ce total.A mon avis, cependant, poser ainsi le problème c\u2019est mal le poser.Si le gouvernement jugeait de l'importance d\u2019une industrie et de l\u2019attention qu\u2019on doit lui accorder à partir de tels critères, il se désintéresserait des industries en croissance, dont l'importance actuelle est minime, ou bien ne saurait s'intéresser au développement d'industries nouvelles au Québec.Ainsi, c\u2019est surtout à cause de son importance régionale que l\u2019industrie de la pêche mérite notre attention.En effet, dans cet immense territoire, si peu développé au point de vue industriel, que constituent les régions maritimes: Gaspésie, basse Côte-Nord, Iles-de-la-Madeleine, vit une population dispersée qui se chiffre à quelque 200,000 habitants.Plus de 6,000 travailleurs, soit environ 11% de la main-d\u2019oeuvre, travaillent directement à la pêche ou à des tâches connexes: traitement ou transformation des produits marins, construction navale, etc.Cette industrie pourrait donc, sem- ble-t-il, participer davantage à l\u2019établissement d\u2019une économie régionale viable.Les captures de poisson au Canada, comme au Québec, n\u2019ont accusé, en dernière analyse, aucune augmentation au cours de la dernière décennie, alors que les captures mondiales de poisson faisaient plus que doubler.Par contre, si la production au Québec n\u2019a pas augmenté, la productivité s\u2019y est accrue considérablement.Québec a vu le nombre de ses pêcheurs passer de 12,000 en 1935 à 7,500 dix ans plus tard, puis à 3,700 en 1961.Ce déclin touche les effectifs de la pêche côtière, celle qui se pratique tout près des côtes dans des embarcations ne dépassant guère 35 pieds de longueur.Par contre, le nombre de pêcheurs qui se Pace 16 consacrent à la pêche hauturière, à la pêche en haute mer à l\u2019aide de chalutiers et de cordiers, atteignait 700 en 1962.La pêche hauturière telle qu\u2019elle se pratique aujourd\u2019hui n\u2019existait pas au Québec en 1951.Quant à la valeur des captures évaluée d\u2019après les prix payés aux pêcheurs, le taux de croissance n\u2019a guère été spectaculaire, puisqu\u2019à partir d\u2019un niveau de $4,400,000 en 1945, elle a dû mettre dix-sept ans pour atteindre en 1962 une valeur de $5,200,000.Il est à noter que la faible augmentation des prix ne s\u2019applique ni au Homard ni au Saumon, espèces dont les prix ont augmenté considérablement.La valeur commerciale des produits transformés au Québec est passée de $7,000,000 en 1945 à $9,200,000 en 1962.Enfin, l\u2019industrie canadienne de la pêche exporte environ les deux tiers de sa production, ce qui représente environ $250 millions; quoique la valeur de la production québécoise atteigne à peine 5% de ce total, elle n\u2019en influence pas moins favorablement, toutes proportions gardées, la balance commerciale du Canada.Je crois que, vue sous cet angle, l\u2019industrie de la pêche, au Canada comme au Québec, prend de l'importance.Role joué par les gouvernements Après avoir jeté un coup d'oeil rapide sur la place des pêcheries dans notre vie économique, passons brièvement en revue l\u2019action des gouvernements dans ce secteur d\u2019activité.L'intervention des gouvernements fédéral et provincial dans les pêcheries a été massive aussi bien du point de vue des réglementations que de l\u2019apport en capitaux.Au Québec il est courant de lire dans les publications spécialisées que les crédits attribués aux pêcheries sont quasi aussi importants que la valeur brute des captures par les pêcheurs.Bien plus, dans une publication que le Bureau de la Statistique rendra publique sous peu, il est écrit en toutes lettres que les dépenses gouvernementales pour les pêcheries par tête d\u2019habitant sont au Québec plus élevées que dans les autres provinces canadiennes.Ces faits sont indéniables mais ils doivent donner lieu à deux commentaires extrêmement importants: 1) Il est normal que le Québec, seule province canadienne du littoral maritime à administrer entièrement ses pêcheries, dépense plus par tête d\u2019habitant que les autres; 2) Les dépenses gouvernementales \u2014 et cette remarque s\u2019applique aussi bien au fédéral ACTUALITÉS MARINES qu\u2019au provincial \u2014 inscrites au poste « pêcheries », ont souvent servi à des fins d'assistance sociale ou d\u2019aide aux industries qui ne sont qu\u2019indirectement rattachées a la péche, comme la construction navale par exemple.Je n\u2019insisterai jamais trop sur l\u2019importance de ce second facteur.Combien de quais ont été construits ou reconstruits, combien d\u2019usines de transformation ont reçu de l\u2019aide financière, combien d'installations portuaires ont été réaménagées, combien de chemins restaurés, à même les crédits attribués aux pêcheries, sans jamais servir de fait au développement de l\u2019industrie de la pêche proprement dite.Ces dépenses ou ces immobilisations n\u2019étaient pas tant destinées à aider l\u2019industrie comme telle, qu\u2019à venir en aide à une population qui avait un urgent besoin d'augmenter ses revenus.Les sommes que les gouvernements ont ainsi consacrées aux fins d'assistance sociale sont loin d\u2019être négligeables.Je ne fais pas ici cette remarque pour critiquer l\u2019aide financière apportée à ces populations déshéritées, mais bien pour mettre en évidence le fait que les dépenses gouvernementales pour les pêcheries ne sont pas aussi importantes qu\u2019on pourrait se l\u2019imaginer.La contribution du gouvernement fédéral a consisté surtout dans l\u2019aménagement d\u2019installations portuaires et dans l\u2019aide à la construction de la flotte moderne, des sommes importantes étant consacrées à la recherche fondamentale et appliquée dans les domaines technologique et biologique.Le Québec, en plus d\u2019aider largement la recherche, a surtout supporté une bonne part du coût de construction des unités de pêche en consentant des prêts à long terme sans intérêt.En outre, l\u2019entreprise privée a bénéficié de subventions pour l\u2019aménagement d\u2019usines; des sommes importantes ont également servi à la construction d\u2019entrepôts frigorifiques, d'usines à glace, de séchoirs et de glacières.Enfin, le Québec a organisé un service pour l\u2019enseignement du métier de pêcheur hauturier à son école d\u2019apprentissage en pêcheries à Grande-Rivière.En général, c\u2019est au niveau dit primaire des opérations que l'intervention gouvernementale s\u2019est surtout fait sentir; en effet, le gouvernement n\u2019est intervenu aux niveaux secondaire et tertiaire VoL.8 - No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 de l\u2019industrie que de façon sporadique.Il est, au fait, intéressant de remarquer que les mises de fonds du gouvernement dans le secteur des pêcheries sont assez bien connues, mais qu\u2019on ignore presque tout de la valeur des mises de fonds en provenance du secteur privé de l\u2019économie.On verra plus loin que le Québec, tout comme les autres provinces, a souffert de l\u2019absence d\u2019une politique canadienne des pêches.Sereda dos priv des prodait.sirir.Après avoir situé les pêches dans l\u2019ensemble de l\u2019économie du Québec, puis avoir passé en revue la nature des immobilisations gouvernementales, arrêtons-nous un instant à quelques considérations sur la structure des prix des produits marins, quitte à terminer cet exposé par quelques commentaires sur la qualité des produits.L'industrie des pêches du Québec est étroitement liée à celle des provinces de l\u2019Atlantique, tout en ne représentant au total qu\u2019une bien petite portion du volume et de la valeur des captures de l\u2019est du pays.Par conséquent, il est à mon sens peu réaliste, du moins pour le moment, de vouloir élaborer une politique des pêcheries qui serait purement québécoise; au contraire nos plans en vue du redressement et de l\u2019assainissement de l\u2019industrie doivent se faire en tenant compte du contexte de l\u2019économie des provinces de l\u2019Atlantique et de la politique fédérale.Reconnaissons d\u2019abord qu\u2019au Québec, on se trouve en présence d\u2019un petit nombre de pêcheurs hauturiers et d\u2019un grand nombre de pêcheurs côtiers qui sont plus ou moins liés à un nombre restreint d\u2019établissements destinés à la transformation des produits marins.Les usines les plus importantes appartiennent en partie à de vieilles firmes qui ont en général évolué considérablement.Cependant, l\u2019industrie n\u2019a pas su attirer depuis nombre d\u2019années des apports nouveaux de capitaux privés en quantité considérable, ce qui limite quelque peu le jeu de la concurrence.Le secteur secondaire, à son tour, est aux prises avec un nombre limité d'acheteurs surtout sur son marché d'exportation le plus important, les États-Unis.Dans l\u2019ouest canadien, des problèmes semblables surgissent et les dirigeants ont déjà indiqué leur intention d\u2019y apporter des remèdes.De 1950 à 1958, les prix payés aux pêcheurs ont baissé considérablement ; ils ont accusé depuis Pace 17 3 enfin dasa 1 LR) une augmentation plutôt faible, surtout si on la compare à la hausse des prix des produits marins finis.Par contre, les frais de fonctionnement des bateaux, au cours de la même période, ont grandement augmenté, d\u2019où la situation désavantageuse des pêcheurs.Il est tout de même étrange de constater que les prix payés aux pêcheurs aient si peu changé au cours de la dernière décennie, alors que, par ailleurs, l\u2019industrie de transformation n\u2019a pas semblé éprouver de difficultés sérieuses à absorber tout le produit de la pêche; elle pouvait en effet compter sur un marché relativement stable et les prix obtenus étaient en 1961 d'environ 30% de plus qu\u2019en 1951.Une analyse des écarts de prix entre les niveaux primaire, secondaire et tertiaire de l\u2019industrie s'impose.Je faisais partie en janvier dernier de la délégation du Québec à la Conférence fédérale-pro- vinciale sur les pêcheries.Chaque délégué avait à sa disposition une documentation de base, préparée par des spécialistes, sur divers aspects de l\u2019industrie.Parmi les documents techniques, il en était un qui, à mon sens, est d\u2019une importance capitale pour la mise en marché des produits marins; il s\u2019agit en l\u2019occurence d\u2019une communication sur la réfrigération.On peut y lire, en effet, qu\u2019au Canada, sur un total de 234 entrepôts frigorifiques, 55 sont inacceptables parce que la température ne permet pas d\u2019y conserver la qualité du poisson, 146 sont à peine acceptables et seulement 33 ont un standard adéquat.Ce qui est encore plus troublant, cependant, c\u2019est que les 122 wagons de chemin de fer, mis à la disposition des expéditeurs de nourriture congelée, permettent des changements de température qui, d\u2019après les spécialistes, affectent la qualité du poisson.Le transport par camions réfrigérés laisse aussi beaucoup à désirer.Quant à la manutention au niveau des commerces de gros et de détail, on s\u2019accorde tous à dire qu\u2019elle est tout à fait inadéquate.Nous sommes donc en présence ici d\u2019une difficulté majeure, puisque la qualité même des produits est en jeu et, à mon avis, il serait urgent de donner à la solution de ce problème technique une priorité absolue.Péche haruturière Examinons ensemble, si vous le voulez bien, quelques problèmes particuliers au secteur des pê- Pace 18 cheries et voyons si nous pouvons y apporter des solutions ou amorcer des études susceptibles de nous éclairer dans l\u2019action.Parlons d\u2019abord de la flotte de pêche hauturière.Inexistante en 1951, la flotte moderne de pêche hauturière du Québec compte maintenant 142 unités.Cet effort de modernisation encouragé par les gouvernements fédéral et provincial a transformé l\u2019activité du pê- cheur ; jouissant de bateaux équipés pour un plus long séjour en mer, il peut prolonger son activité, pêcher sur un territoire de plus en plus vaste et rapporter à l\u2019usine de plus grandes quantités de poisson.Tous ces facteurs répondent bien aux exigences d\u2019une productivité accrue.La construction de tels bateaux, qui tend à se généraliser, cadre bien avec la nécessité, pour les usines de transformation, de recevoir régulièrement un volume accru de poisson afin d'améliorer leur rentabilité et d\u2019assurer de meilleures conditions économiques aux régions concernées.Le chalutier, qu\u2019il soit de bois ou d\u2019acier, semble répondre aux besoins d\u2019une productivité accrue dans ce secteur.En 1963 le Québec a fait porter son effort sur la construction de chalutiers d\u2019acier.Son programme de construction pour 1964-1965 sera sans doute moins imposant que celui de l\u2019année précédente, mais il n\u2019en demeurera pas moins important.Ce programme québécois de construction de chalutiers d'acier doit être vu dans le contexte des plans fédéraux de prêts à la construction de chalutiers de toutes sortes.Le Québec a cru bon de profiter de ces plans au maximum et, de fait, il en a profité plus que toutes les autres provinces.Cette décision de notre part fut-elle une décision sage?Je crois qu\u2019objectivement parlant, il serait difficile de donner aujourd\u2019hui même, à cette question, une réponse définitive, favorable ou non.L'expérience montre que le chalutier de bois de 60 pieds a donné des rendements fort intéressants.Quoi qu\u2019on dise, l'expérience canadienne des chalutiers d'acier est encore trop limitée pour mener à des conclusions.Les bilans pro forma que le ministère de l'Industrie et du Commerce a préparés sur les chalutiers d\u2019acier sont loin d\u2019être concluants.Bien sûr, si l\u2019on utilise pour juger de la rentabilité des chalutiers, les mêmes critères qu\u2019emploierait le secteur privé pour juger de ses immobilisations, je crois qu\u2019il faudrait, dans ce cas, rayer de notre programme toute participation gouvernementale à la construction de bateaux de pêche.Mais, ne s\u2019agit-il pas ici d\u2019immobilisations de caractère presqu\u2019exclusivement public et par- ACTUALITÉS MARINES tant les critères employés ne devraient-ils pas être ceux que l\u2019on applique à toute immobilisation publique ?La construction et la réparation de quais ou autres travaux d'aménagement portuaire seraient-elles admises sans l\u2019utilisation de pareils critères ?À cause de son importance dans l\u2019économie des provinces de l'Atlantique, l\u2019industrie de la pêche ne peut pas être laissée à elle-même et les gouvernements se doivent de la soutenir.D'ailleurs, à cet égard, la position canadienne est loin d\u2019être anormale.Tous les pays du monde, sauf quelques rares exceptions, viennent en aide à leurs pêcheries.Qui peut attester, par exemple, que les ba- teaux-usines russes qui pêchent sur nos côtes sont rentables ?Jusqu\u2019à quel point de telles activités dépendent-elles de subsides ?Avouons-le, le problème devient ici d\u2019ordre académique.De toutes façons, il y aurait peut-être lieu, dans le cas des capitaux immobilisés par le secteur public au poste des chalutiers d\u2019acier ou des chalutiers de bois, d\u2019en étudier plus profondément le bien-fondé.On pourrait à ce sujet organiser des séances d\u2019étude interdisciplinaires où il y aurait consultation franche et nette, statisticiens et économistes se gardant toutefois de porter des jugements de l\u2019ordre du génie mécanique.Enfin, la modernisation de notre flotte de pêche dépendra encore pour un certain temps des succès obtenus dans l\u2019entraînement technique des équipages.Le niveau d\u2019instruction des équipages s\u2019améliore chaque année et l\u2019on peut s\u2019attendre à ce qu\u2019il en résulte une meilleure utilisation des capitaux mis à leur disposition et des ressources à leur portée, dont l\u2019un des aspects serait l\u2019intensification de l\u2019effort de pêche durant la saison active.Péche côtière Alors que la pêche hauturière offre d\u2019excellentes possibilités de développement, la pêche côtière est appelée à un développement limité.Le petit volume des captures par pêcheur, leur peu de variété et l\u2019éparpillement des exploitants ne semblent pas de nature à aider le relèvement du niveau de vie du pêcheur côtier ni à assurer aux usines de transformation la matière première suffisante à une opération rentable.Cependant, le pêcheur côtier peut encore tabler sur la capture de crustacés de haute valeur comme le Homard ou sur les espèces pélagiques comme le Hareng et le Maquereau.VoL.8 \u2014- No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 La pêche côtière nous met en présence d\u2019un problème socio-économique d\u2019envergure.Dans certaines régions, le pêcheur côtier, malgré sa productivité relativement faible, devra continuer à retirer de la pêche une partie de son revenu.Ainsi, sur la côte nord de la Gaspésie de même que sur la basse Côte-Nord du Saint-Laurent, ce n\u2019est que petit à petit que l\u2019on pourra, pour le moment du moins, apporter des changements fondamentaux aux méthodes artisanales présentement utilisées.Il y a donc, dans ce secteur de la pêche côtière, un problème dont vous pourriez faire l\u2019objet d\u2019une de vos séances d\u2019étude.Il se poursuit présentement au Bureau d\u2019Aménagement de l\u2019est du Québec, avec l\u2019aide du ministère de l\u2019Industrie et du Commerce, une enquête sociologique auprès des pêcheurs côtiers.Nous avons raison d\u2019espérer tirer grand profit des connaissances accumulées au cours de cette enquête, dont les résultats seront disponibles sous peu.Comment vient-on en aide à ce pêcheur côtier ?Quelles solutions temporaires a-t-on à lui offrir immédiatement ou sur une période de quelques années ?Voilà des questions qui n\u2019ont pas encore reçu de réponses adéquates.\u2019Muelques solutions Les biologistes ne semblent pas, pour le moment, préoccupés par la question des réserves de poisson.II est vrai que le poids moyen du poisson est plus bas qu\u2019autrefois, mais le volume des captures demeure sensiblement le même.Il est essentiel que le gouvernement du Canada décide, non pas de tolérer temporairement, mais de permettre pour de bon que toutes nos unités de la flotte moderne inférieures à 100\u2019 de longueur péchent à l\u2019intérieur de la limite de 12 milles de nos côtes, privilège dont ont toujours joui les bateaux étrangers.Cette recommandation est d\u2019autant plus importante qu\u2019à certaines périodes de l\u2019année, ce n\u2019est qu\u2019à l\u2019intérieur de cette zone que se trouvent en abondance les concentrations de poisson.Québec, on le sait, est la seule province qui concentre entièrement ses activités de pêche dans le golfe Saint-Laurent.Inutile donc de souligner que le Québec encourage fortement le gouvernement fédéral à faire reconnaître, sur le plan international, les eaux du Golfe comme eaux territoriales du Canada, de même qu\u2019une lisière de Pace 19 12 milles le long des côtes canadiennes, deux mesures susceptibles d\u2019améliorer en qualité et en nombre les stocks de poisson accessibles à nos pêcheurs.Du point de vue approvisionnement en matière première, l\u2019industrie ne rencontre pas de problèmes immédiats.Toute politique visant à aider l\u2019industrie devra s\u2019accommoder de plans clairement établis en vue du relèvement du niveau moyen du pêcheur.Comme nous le disions plus haut, une analyse du prix de revient s\u2019impose à tous les stades de transformation et de mise en marché.Le ministère se promet d\u2019inscrire cette enquête à son programme le plus tôt possible.Quant à la rentabilité du bateau de pêche, elle serait beaucoup plus alléchante si les prix des captures du pêcheur avaient accusé une hausse au moins parallèle à celle des frais de production et des prix des produits transformés.Il en résulterait du même coup un revenu accru pour les propriétaires de bateaux et leurs équipages.De plus, la création de nouveaux débouchés, pour le hareng par exemple dont les réserves abondantes dans nos eaux sont à peine exploitées, serait de nature à améliorer sensiblement la productivité de nos unités de pêche.Quant aux mises de fonds du secteur public, en particulier dans l\u2019aménagement d'installations portuaires et la construction de nouvelles unités de pêche, une étroite collaboration s\u2019impose entre le fédéral et le provincial.A la Conférence de janvier dernier, on a convenu qu\u2019il y aurait, de façon systématique, des échanges de vue à ce sujet entre les deux gouvernements.C\u2019est là la seule formule qui permette une rationalisation des immobilisations.Puisque la pêche nécessite des immobilisations en capital considérables, il importe de choisir un nombre limité de sites destinés à servir d\u2019une façon adéquate toute la flotte de pêche.L'activité des chantiers navals de construction et de réparation doit être conçue de façon à rendre les meilleurs services possibles à la flotte et l\u2019emplacement de ses postes de service choisi dans cette perspective.Si nous abordons enfin la question de l\u2019expansion du marché ou de la recherche de nouveaux PAGE 20 débouchés à l\u2019exportation, nous touchons clairement un domaine relevant du gouvernement fédéral.Notre industrie de même que le gouvernement du Québec ne sauraient cependant à ce sujet adopter une attitude toute passive.Il faudrait amener le gouvernement central à nous trouver de nouveaux marchés étrangers, ou à inscrire les produits marins dans son programme d'assistance aux pays moins favorisés.Dans un monde où les deux tiers de la population sont sous-alimentés, n\u2019y aurait-il pas moyen de trouver à utiliser à bon escient des produits aussi sains que ceux de la mer ?Dans le domaine du transport des produits marins, de la mise en marché et de la manutention au niveau des commerces de gros et de détail, les efforts des gouvernements et des industries doivent de plus en plus être coordonnés.Il s\u2019agit ici d\u2019être en mesure d\u2019offrir aux consommateurs un produit de qualité.Dans un milieu comme le nôtre, où le standard de vie est fort élevé, ce facteur n\u2019en est pas un d\u2019importance secondaire.Le volume et la valeur de la production provenant du secteur des pêcheries commerciales du Québec ne sont pas assez importants pour que le gouvernement songe à intervenir seul et réussisse à redresser l\u2019industrie.Toute l\u2019action, il est clair, doit se faire dans le contexte de l\u2019économie des provinces de l\u2019Atlantique et en étroite collaboration avec le gouvernement fédéral, Cependant il faut à tout prix ne pas perdre de vue les questions fondamentales.L'industrie de la pêche permet-elle présentement le jeu de la libre concurrence ?Si non, les contributions financières gouvernementales ne devraient-elles pas être remises en question ?Le fait de lier le chalutier à certains ports de débarquement ne limite-t-il pas ses chances d\u2019obtenir un meilleur prix ailleurs ?À quoi bon investir aux niveaux primaire et secondaire de l\u2019industrie, si on laisse ensuite le produit perdre de la qualité au cours du transport ou au moment de la mise en marché ?Un Office fédéral du poisson est-il à ce point impensable, le Québec ne pouvant à lui seul re- strueturer l\u2019industrie ?Voilà autant de questions qui méritent une étude approfondie et on ne peut, à l\u2019échelle canadienne comme à l\u2019échelle du Québec, prétendre avoir une politique des pêcheries, avant d\u2019y avoir répondu.ACTUALITÉS MARINES LCL 2MR L'étude du saumon, de ses moeurs et de son système visuel, présente un intérêt considérable.Son système visuel en particulier, qui fait l\u2019objet de cet article, est important à bien des points de vue.Comme tout pêcheur le sait, le saumon est un poisson énergique et vif, pourvu de gros yeux bien développés et, partant, d\u2019une sensibilité et d\u2019une acuité visuelle très grande.Il est donc na- tur'el que sa vision joue un grand rôle dans toutes les activités normales de sa vie, telles que la nutrition, les migrations, etc.Le pêcheur amateur ou professionnel, qui connaît l\u2019importance du système visuel chez le saumon de même que son fonctionnement, comprendra plus facilement l\u2019histoire naturelle et les moeurs de ce dernier et pourra, par conséquent, exploiter plus profitablement les populations de saumons de nos rivières, de nos lacs et de nos mers.Le saumon appartient à une famille de poissons très importante au point de vue économique, connue sous le nom de Salmonidés.La truite et l\u2019omble appartiennent également à cette famille.Le saumon de nos eaux, connu scientifiquement sous le nom de Salmo salar, vit dans l\u2019Atlantique, au large des côtes septentrionales de l\u2019Amérique du Nord et de l\u2019Europe et ne doit pas être confondu avec le saumon du Pacifique, du genre Oncorhynchus, qui évolue dans le Pacifique, sur les côtes septentrionales de l\u2019Amérique du Nord et du nord de l\u2019Asie (Japon et U.R.S.S.).Ce dernier genre comprend six espèces dont cinq se trouvent en Amérique du Nord.Quoique ces espèces appartiennent à la même famille de poissons VoL.8 \u2014- No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 Professeur d'Ichty hear: Physiologie comparée, % Université de Montréal.ga Co Coilig horizontale d\u2019un oeil de saumon.C :@ornée; CR : cristallin; I : N : nerf optique; R: rétine.LE (Salmonidés) que notre saumon, ils en diffèrent à divers point de vue.J'ai commencé à m\u2019intéresser à l'étude des yeux de poissons en 1954, lorsque je suis devenu professeur à l\u2019Université de la Colombie-Britannique.Pendant cing ans, j'ai étudié le système visuel des cinq espèces de saumons du Pacifique qu\u2019on pouvait trouver à cet endroit.Les résultats de ces recherches ont déjà été publiés (ALI, 1959; 1960; 1961; ALI et HOAR, 1959).Au cours de ces travaux, j'ai étudié la structure de la rétine du poisson et les modifications qui surviennent dans la rétine sous l\u2019influence de la lumière et de l\u2019obscurité; j'ai tenté de retracer le processus de ces modifications et de déterminer l\u2019influence que les changements de température et d\u2019intensité de la lumière exercent sur lui, ainsi que les divers aspects que prend la rétine la nuit ou le jour et ainsi de suite.Ces études m\u2019ont permis de démontrer qu\u2019il existe une corrélation entre la migration, l\u2019alimentation et la formation en bancs de ces poissons et leur physiologie visuelle.Quand, en 1958, j\u2019acceptai un poste d\u2019enseignant à l\u2019Université McGill, et que je passai dans l\u2019est du pays, je décidai de poursuivre mes travaux sur le système visuel des poissons en me servant du Saumon de l\u2019Atlantique.Comme ce poisson appartenait à la même famille que les saumons du Pacifique, il m\u2019était venu à l\u2019idée qu\u2019il pourrait être intéressant de comparer les résultats obtenus avec l\u2019un et l\u2019autre.Avant d\u2019entreprendre cet exposé; il me semble important de donner un aperçu de la structure de l\u2019oeil en général et de la rétine en particulier.PAGE 21 HA i i A I KE Cy Figure 2 Les opparells d'histologie B: plaque chauffante (pour étendre le ruban de paratfine); paratfine [lorsque le bloc de paraffine est coupé, chaque nto adhére à l'autre formant le rubani.microtome; P: : ruban de bloc de paraffine; M : La rétine est à l\u2019oeil ce que la pellicule est à l\u2019appareil photographique.On peut facilement constater, d\u2019après la figure 1 qui représente la structure de l\u2019oeil du saumon, que le principe fondamental de la structure et du fonctionnement de l\u2019oeil est semblable à celui d\u2019un appareil photographique.Quand la lumière, traversant la cornée et le cristallin, vient frapper la rétine, le pigment sensible à la lumière dans les cellules visuelles photosensibles (les cônes et les bâtonnets) absorbe l\u2019énergie lumineuse et se trouve sensibilisé de la même façon que le produit chimique d\u2019une pellicule photographique.Ce processus photochimique apporte certaines modifications mécaniques dans les cônes et les bâtonnets; de là naît l\u2019influx nerveux transmis par le nerf optique au cerveau et perçu en sensations lumineuses, Selon le nombre et l\u2019emplacement des cellules photosensibles ainsi modifiées, telle ou telle image se forme donc par l\u2019entremise du cerveau.Dans le cas du saumon, j'ai d\u2019abord étudié la structure de la rétine et le rapport de son épaisseur et des diverses couches qui la composent avec certaines caractéristiques du poisson, telles que sa longueur, son poids, la largeur de sa tête et le diamètre de ses yeux.Ces travaux ont été suivis d\u2019une étude de l\u2019état de la rétine dans diverses conditions du milieu ambiant: différentes intensités de lumière, longueurs d\u2019ondes (couleurs), températures, etc.Ensuite, j'ai porté mes recherches sur le processus d\u2019adaptation à la lumière et à l\u2019obscurité et sur l\u2019influence des variations d\u2019intensité lumineuse et de température sur le processus d'adaptation.Les réactions de la rétine dans des yeux énucléés- (i.e.retirés de l\u2019animal) ont également été étudiées.En dernier lieu, j\u2019ai étudié la réaction électrique de la rétine (électro- rétinogramme) et tenté de découvrir la fréquence à laquelle une lumière intermittente ne peut être différenciée d\u2019une lumière continue sur l\u2019électro- rétinogramme.Dans cet article, je me propose de donner un aperçu des résultats obtenus et des Pace 22 conclusions tirées des études poursuivies depuis 1958.La plupart des saumons utilisés au cours de ces recherches ont été gracieusement fournis par M.A.J.Baxter du ministère des Pêcheries du Canada; d\u2019autres ont été obtenus de la station piscicole des Cantons de l\u2019Est de la province de Québec.L'appui financier nécessaire à la poursuite de ces travaux a été apporté par le Conseil national de Recherches du Canada.Sauf indications contraires, les poissons utilisés étaient âgés d\u2019un an et mesuraient de 9 à 12 centimètres de longueur environ.On les gardait au laboratoire dans de l\u2019eau courante et ils étaient nourris de foie de porc, de \u201cpablum\u201d ou de moulée en comprimés.Au cours de ces recherches, deux techniques ont été surtout utilisées qu\u2019il serait bon, je pense, de décrire brièvement.L\u2019une est basée sur l\u2019histologie et l\u2019autre sur l\u2019électrophysiologie.On peut voir dans les figures 2 et 3 quelques-uns des instruments qui ont servi à l\u2019application de ces deux techniques.La technique histologique consiste à conserver le tissu dans un état qui se rapproche le plus possible du tissu vivant, d\u2019en retirer des tranches très minces, généralement de 3 à 8 microns d\u2019épaisseur, et de colorer ces tranches afin de les rendre visibles à l\u2019examen microscopique.(Un micron mesure 1/25400 de pouce ou 1/1000 de millimètre).Il est nécessaire de conserver ainsi les organes et les tissus, car on sait que le cerveau et les organes sensoriels, de même que tous les tissus des animaux morts, tendent à se décomposer.Afin d\u2019empêcher cette décomposition et de maintenir le tissu ou l\u2019organe dans un état qui se rapproche le plus de son état vivant, il faut employer soit un procédé chimique (marinage), soit un procédé physique (congélation).L\u2019oeil se décompose très rapidement; il faut donc agir avec un soin extrême pour en assurer la conservation (fixation).On peut obtenir ce résultat, soit en retirant rapidement l'oeil d\u2019un poisson vivant, Figure 3 oe appareils d' \u2018électrophysiolo ie B: bassin à température constante; P: pel sson lentouré de tissu et attaché au plat); O : oscilloscope : fhermomètre thermistor, PA : préampl Ficateur: T hth pl qu\u2019on aura anesthésié, ou d\u2019un poisson décapité, soit en plongeant un poisson vivant dans un fixateur (solution marinante).J'ai, pour ma part, utilisé un fixateur appelé fluide de Bouin, Celui-ci se compose de 75 parties d\u2019acide picrique saturé, de 25 parties de formaldéhyde et de 5 parties d'acide acétique.Cette solution donne de bons résultats dans le cas des yeux, comme nous avons pu en juger.Les yeux sont placés dans cette solution pendant deux jours, après quoi ils sont déshydratés dans des alcools de plus en plus concentrés (70%, 90% et 100%).Le but de cette dernière opération est d\u2019éliminer entièrement l\u2019eau contenue dans les yeux.Ceux-ci sont ensuite placés dans du xylène pendant 45 minutes, puis dans un mélange de xylène et de paraffine, au four.Après 30 minutes de ce dernier traitement, on les dépose dans de la paraffine pendant une heure.Ce transfert progressif de l\u2019alcool à la paraffine permet à la paraffine d\u2019imprégner les couches les plus profondes des tissus.À ce moment, la matière s\u2019est rigidifiée dans la paraffine et est prête à trancher.Pour couper ce bloc en tranches très minces (qu\u2019on appelle généralement coupes), on utilise un micro- tome (fig.2).Les coupes en ressortent attachées en série sous la forme d\u2019un ruban.Des morceaux de ce ruban sont placés sur des plaques et séchés, puis la paraffine en est retirée à l\u2019aide de xylène et les coupes de la rétine sont alors colorées, On applique quelques gouttes de baume du Canada sur chaque plaque et les coupes sont ensuite scellées avec des couvre-objets.Une fois séchées ces plaques sont prêtes pour l\u2019examen au microscope.Le but de la méthode électrophysiologique est de détecter et d\u2019enregistrer les impulsions électriques naissant dans la rétine.Ces signaux sont d\u2019environ quelques centaines de microvolts; pour les capter, on doit les amplifier des centaines ou des milliers de fois au moyen d\u2019un préamplifica- teur (fig.3).Ces signaux, ainsi amplifiés, sont rendus visibles au moyen d\u2019un oscilloscope.Un appareil fixé à l\u2019oscilloscope photographie ces signaux de façon à ce qu\u2019ils puissent, par la suite, être mesurés et étudiés.Pour capter les courants électriques émis par la rétine, on introduit dans l\u2019oeil, par une minuscule ouverture pratiquée dans la cornée, une électrode faite d\u2019une languette d\u2019argent d\u2019environ un millimètre de largeur et recouverte d\u2019une couche de chlorure d'argent.Une autre électrode, identique à la première et qu\u2019on appelle électrode de référence, est placée à l\u2019extérieur de l'oeil mais très près de celui-ci, Ces deux électrodes sont reliées par des fils très fins au préampli- ficateur.La différence de potentiel entre ces deux électrodes constitue la réponse de la rétine, telle que nous la voyons sur l\u2019oscilloscope.Vor 8 \u2014 No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 siainctare de la rétiac La rétine du saumon de l\u2019Atlantique ressemble énormément à celle du saumon du Pacifique et de façon générale, à la rétine de tout poisson osseux (téléostéens).Une photomicrographie (fig.4) d\u2019une coupe transversale de la rétine d\u2019un saumon laisse voir les diverses couches qui composent la rétine.Il y a huit couches et deux membranes: La couche épithéliale pigmentaire.La couche de cellules visuelles composée de bâtonnets et de cônes.La membrane limitante externe.La couche nucléaire externe.La couche plexiforme (réticulaire ou granulaire) externe.La couche nucléaire interne.La couche plexiforme interne.La couche de cellules ganglionnaires.La membrane limitante interne.Pour obtenir une description détaillée de la rétine du saumon de l\u2019Atlantique et de celle du saumon du Pacifique, on pourra se référer à l\u2019ouvrage de Rochon-Duvigneau (1943) et à mes publications (ALI, 1959; BRETT et ALI, 1958).Il est à noter que la couche pigmentaire est très étendue chez le saumon.La couche de cellules visuelles se compose de bâtonnets et de cônes qui sont en réalité les récepteurs de la lumière.La rétine du saumon contient un grand nombre de bâtonnets et de cônes.Notre exposé traitera maintenant en grande partie de la couche pigmentaire et des cônes.On verra que les bâtonnets sont plus minces que les cônes et qu\u2019un plus grand nombre de bâtonnets que de cônes sont reliés à une cellule ganglionnaire.Cela est dû à ce que les bâtonnets fonctionnent à une intensité de lumière très basse et doivent par conséquent être plus sensibles que les cônes qui jouissent d\u2019une plus grande acuité et fonctionnent à la lumière vive.En d\u2019autres mots, les bâtonnets sont des éléments scotopiques, c\u2019est-à-dire capables de discerner les formes et les contours des objets quand la lumière est faible, alors que les cônes, qui sont des éléments photo- piques, peuvent saisir les détails des objets, leur couleur, ete.Étant donné que les bâtonnets sont très difficiles à voir et à mesurer alors que les cônes peuvent être observés sans trop de difficulté, ce sont ces derniers qui ont été mesurés dans la plupart des travaux de recherches dont les résultats sont donnés dans le présent article.« vrrifation des dimensions fe Li rétine ot de «Mes du ver, Le but de cette étude était de vérifier la relation entre les dimensions de la rétine, telles que l\u2019épaisseur de la rétine même, celle de la couche PAGE 23 pigmentaire et celle de la couche de cônes, et les dimensions du corps, telles que la longueur, le poids, la largeur de la tête et le diamètre des yeux.On sait qu\u2019il existe une corrélation bien définie entre longueur et poids chez le poisson.Cependant, lors d\u2019études antécédentes sur le saumon du Pacifique, on n\u2019a pu établir clairement si l\u2019épaisseur de la couche pigmentaire et celle de la couche de cônes devaient être considérées comme telles ou en pourcentages de l\u2019épaisseur rétinienne totale.Lors des premières recherches (BRETT et ALI, 1958) l\u2019épaisseur de ces couches fut exprimée proportionnellement à l\u2019épaisseur totale de la rétine.Plus tard, cependant, dans une étude plus approfondie (ALI, 1959), qui avait porté sur environ 9,000 yeux de saumons du Pacifique, il apparut que les diverses couches composant la rétine ne variaient pas proportionnellement à l\u2019_épaisseur totale de la rétine, mais tout à fait au hasard (chez des poissons appartenant au même groupe d'âge).Conséquemment, l\u2019épaisseur de chaque couche à étudier a été relevée pour elle- même.Dans une enquête subséquente sur la rétine du caméléon, (ALI, 1960), on a tracé des graphiques présentant les épaisseurs comme telles et les épaisseurs en tant que pourcentages de l\u2019épaisseur totale des rétines.Or, il n\u2019y avait pas de différence apparente entre ces deux graphiques.Je désirais savoir en premier lieu si, dans un groupe de poissons du même âge, il existe ou non une corrélation entre les diverses dimensions de la rétine et celles du corps.Par exemple, l\u2019épaisseur de la rétine varie-t-elle avec le poids ou la longueur du poisson ou, encore, l\u2019épaisseur de la couche pigmentaire, varie-t-elle proportionnellement à l\u2019épaisseur de la rétine?Des questions de ce genre ne sont pas seulement intéressantes en elles-mêmes; toute corrélation qu\u2019elles permettent d\u2019établir apporte des éléments précieux à l'examen et à la présentation des résultats obtenus lors d\u2019une enquête approfondie comme la mienne.Cinquante poissons d\u2019un an furent échantillonnés dans des conditions de lumière et de température ambiantes identiques (25 bougies; 8°C).On mesura la longueur, le poids, la grosseur de la tête et le diamètre des yeux de chacun.Les yeux furent ensuite sectionnés et l\u2019épaisseur de la rétine, celle de la couche pigmentaire et celle des cônes mesurées.Une analyse statistique de ces données a fourni les renseignements suivants.On a remarqué qu\u2019entre chaque dimension morphologique (longueur, poids, grosseur de la tête et diamètre de l'oeil) il existait une excellente corrélation.Par exemple, un poisson plus long était plus lourd qu\u2019un plus petit; il avait aussi la PAGE 24 1 Unes ses ses tête et les yeux plus gros.Toutefois, il ne semblait pas y avoir de véritable corrélation entre les diverses dimensions de la rétine (épaisseur de la rétine, épaisseur de la couche pigmentaire et de la couche des cônes) pas plus qu\u2019entre les dimensions de la rétine et les dimensions morphologiques.En d\u2019autres mots, un poisson plus long et par conséquent plus lourd, ayant une tête et des yeux plus gros, ne possédait pas nécessairement une rétine ou une couche pigmentaire ou une couche de cônes plus épaisse.De même, si un poisson possédait une rétine plus épaisse qu\u2019un autre poisson, il n\u2019avait pas nécessairement une couche de pigments ou de cônes plus épaisse.Il est apparu que dans un groupe de poissons appartenant au même groupe d\u2019âge, il n\u2019existait pas de corrélation significative entre les dimensions du corps et de la rétine ni entre les diverses dimensions de la rétine.Il s\u2019agissait ensuite de savoir si le rapport entre les diverses dimensions serait le même chez des poissons appartenant à des groupes d\u2019âge différents.L'expérience avait démontré qu\u2019un petit poisson, qu\u2019un alevin, avait la rétine plus mince que celle d\u2019un poisson plus âgé, d\u2019un an par exemple.Afin d\u2019approfondir cette question, nous avons entrepris les recherches suivantes.Cent dix saumons appartenant à sept groupes d\u2019âge différents, notamment des embryons avant l\u2019éclosion, des alevins, des tacons, des saumoneaux, des poissons d\u2019un an, d\u2019un an et demi et de deux ans furent soumis à l\u2019action d\u2019une lumière d\u2019une intensité de 25 bougies.On mesura la lon- \u2018gueur, le poids, la grosseur de la tête et le diamètre de l\u2019oeil de chacun et on sectionna les veux.L\u2019épaisseur de la rétine, celle de la couche pigmentaire et celle de la couche de cônes furent mesurées.Voici ce qu\u2019a donné l\u2019analyse statistique de ces mesures.Dans ce groupe de poissons, comme dans le cas des saumons d\u2019un an soumis à l\u2019expérience précédente, il existe une excellente corrélation entre chaque groupe de dimensions morphologiques.Toutefois, contrairement à ce qui se produit chez les poissons d\u2019un an, il existe une bonne corrélation entre les diverses dimensions rétiniennes et aussi entre les dimensions rétiniennes et celles du corps.Une rétine plus épaisse possède, en général, une couche pigmentaire et une couche de cônes plus épaisses.De plus, jusqu\u2019à un certain point, un poisson plus long et plus lourd, ayant de plus gros yeux possède une rétine, une couche pigmentaire et une couche de cônes plus épaisses qu\u2019un poisson plus petit, moins lourd, et dont les yeux sont plus petits.Toutefois, nous avons constaté avec intérêt que l\u2019épaisseur de la rétine et celle des couches de pigment et des cônes ne continuaient pas à croître en proportion directe avec la croissance des dimensions du corps durant toute ACTUALITÉS MARINES Figure 4 Coupe histologique de la rétine adaptée à la lumière.Figure 5 Coupe histologique de la rétine adaptée à l'obscurité.P : pigment épithélial rétinlen; C : cône; B : bâ- fonnet: M : membrane limitante ex- ferne: NE : couche des noyaux exter- J had, oY G ; nes; PE : couche plexiforme externe; os EN ET ees Nl: couche des noyoux Internes: Ta vA : ; RA .Pl : couche plexiforme interne; CG : cellules ganglionnaires; FN : fibres nerveuses [qui constituent le nerf optique); MI: membrane limitante interne.Ly Ue te SE are + 0.1mm la vie du poisson.Leur épaisseur augmentait en proportion directe avec les dimensions du corps, telles que la longueur, le diamètre de l\u2019oeil, etc, jusqu\u2019à ce que le poisson atteigne l\u2019âge d\u2019environ un an et demi, après quoi elle demeurait stable ou diminuait même un peu.Nous avons cru comprendre, après un examen microscopique attentif des coupes, que la rétine croît en épaisseur jusqu\u2019à un certain stade et ce à un rythme parallèle à la croissance générale du poisson.Cette croissance de la rétine est due à l\u2019adjonction de cellules nouvelles, mais, comme les éléments nerveux n\u2019augmentent pas indéfiniment, la croissance de la rétine ne continue pas avec l\u2019âge.Lorsque le poisson atteint un certain âge (un an et demi), la croissance de la rétine s\u2019arrête.Après cet âge, à mesure qu\u2019augmentent la longueur du poisson ou les dimensions de ses yeux, les cellules existantes de la rétine du poisson s\u2019étendent légèrement afin de couvrir tout l'intérieur de l\u2019oeil.Tant qu\u2019une certaine croissance continue de se produire dans les régions périphériques, l\u2019épaisseur de la rétine ne diminue pas.Par ailleurs, si cette croissance devient plus lente ou cesse complètement, la rétine s\u2019amincit parce qu\u2019elle s\u2019allonge.Suivant cette hypothèse, il devrait être possible d\u2019établir une relation entre la longueur du poisson ou le diamètre de son oeil et le nombre de cellules ganglionnaires ou de cônes pour une longueur donnée d\u2019une coupe transversale de la rétine.Afin de vérifier cette théorie, quelque cent cinquante poissons d\u2019Âges différents ont été échantillonnés et leur longueur, ainsi que le diamètre de leurs yeux, mesurés.Après avoir procédé au sectionnement des yeux, on a compté les cellules ganglionnaires et les cônes pour chaque unité de longueur d\u2019une section.L'analyse de ces données a établi clairement que plus le poisson grandit et plus ses yeux grossissent, plus le nombre de ses cellules par unité de longueur (ou leur densité) diminue.Lorsqu'on com- VoL.8 \u2014 No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 pare le nombre de cellules ganglionnaires par unité de longueur chez un embryon ou un alevin à celui d\u2019un poisson de deux ans, on s\u2019aperçoit que pour chaque groupe de sept cellules ganglionnaires par unité de longueur chez le petit poisson, il n\u2019y a qu\u2019une seule cellule chez le poisson de deux ans.Le nombre de cônes ne diminue pas dans la même mesure.En effet, pour chaque deux cônes chez le jeune poisson, on en compte un par unité de longueur chez le poisson de deux ans.Il appert que, si la diminution du nombre de cônes n\u2019est pas aussi marquée, c\u2019est que ceux-ci se forment pendant une période plus longue de la vie du poisson, tandis que les cellules ganglionnaires peuvent s\u2019être formées toutes dans le très jeune âge et qu\u2019elles ne font que s\u2019étaler à mesure que l\u2019oeil croît, ce qui amène une réduction de leur densité.A examen des coupes d'un oeil d\u2019embryon, on découvre un grand nombre de cellules ganglionnaires bien développées tandis que les cônes sont rares et peu développés.{£'hangements photemecaniaques de la rétine La couche épithéliale pigmentaire de la rétine, les cônes et les bâtonnets prennent des positions différentes selon les diverses conditions de lumière.Leur position est aussi influencée par d\u2019autres facteurs que la lumière, la température par exemple.La figure 4 représente une photomicrographie d\u2019une rétine adaptée à une lumière d'environ 100 bougies.On peut y voir que le pigment et les bâtonnets sont dilatés tandis que les cônes sont contractés.Si l\u2019on compare cette situation à celle que présente la figure 5, on aperçoit facilement les changements qui se produisent dans la rétine à cause du passage à l\u2019obscurité.Lorsque la rétine s\u2019est adaptée à l'obscurité, le pigment et les bâtonnets sont contractés tandis que les cônes sont dilatés.Comment expliquer ces changements ?Page 25 a RRR Figure 6 Représentation schématique des positions du pigment, des cônes et des bâtonnets des rétines adaptées à la lumière et à l'obscurité.- .PIGMENT EPITHELIALE SEGMENT EXTERNE \u2014N MYOIDE 0 = | NOYAUX PIECES BASALES 3 MEMBRANE LIMITANTE EXTERNE ADAPTEE A LA LUMIERE 100 MICRONS ELLIPSOIDE BATONNET ADAPTEE A L'OBSCURITE T Ko .\u2014 FE - = Pour les comprendre, il s\u2019agit d'observer comment nos propres yeux s\u2019adaptent à la lumière et à l\u2019obscurité.Si, la nuit, quelqu\u2019un fait soudainement de la lumière dans votre chambre à coucher, ne clignez-vous pas des yeux pendant un moment, éprouvant \u2018de la difficulté à voir.C\u2019est que vos yeux s\u2019étaient adaptés à l'obscurité, qu\u2019en un instant il y est entré trop de lumière et que le pigment visuel des bâtonnets et des cônes s\u2019en est trouvé ébloui.Nos yeux s'adaptent à la lumière en quelques minutes, le temps pour les pupilles de se contracter et de maîtriser la quantité de lumière qui pénètre dans l\u2019oeil et pour le pigment visuel de surmonter son éblouissement.Le phénomène contraire se produit lorsque vous passez d\u2019une pièce bien éclairée à une pièce sombre; momentanément, vous êtes incapable de bien voir et ce n\u2019est que quelques minutes plus tard que les objets vont redevenir visibles.Dans ce dernier cas, votre oeil s\u2019était adapté à la lumière et la pupille s\u2019était contractée; il était done difficile à une faible lumiére de pénétrer dans votre oeil et de stimuler les bâtonnets et les cônes.Après avoir passé quelques minutes dans cette pièce sombre, votre pupille se dilate permettant ainsi une utilisation compiète de la lumière disponible et vous voyez plus distinctement.Chez le saumon, la pupille n\u2019est pas contractile et l\u2019adaptation à la lumière et à l\u2019obscurité se fait grâce à un mécanisme différent, plus primitif et plus lent.Tel que je l\u2019ai mentionné plus haut, ce sont les cônes qui permettent de voir dans une lumière ambiante vive ; les bâtonnets eux agissent lorsque l'intensité lumineuse est très limitée.Lorsque l\u2019intensité de la lumière dépasse un certain degré, des changements surviennent dans la rétine qui ont pour but de maîtriser la quantité de lumière qui se Page 26 répand dans l'oeil, de masquer les bâtonnets qui ne fonctionnent pas efficacement dans une lumière vive et de placer les cônes aussi près que possible de la lumière qui pénètre dans l\u2019oeil.Le pigment, en s'étendant, masque les bâtonnets (qui se sont allongés); de plus, il réduit dans une certaine mesure la diffusion de la lumière à l\u2019intérieur de l\u2019oeil.Les cônes, en se contractant, en viennent à se rapprocher très près de la membrane limi- tante externe, c\u2019est-à-dire aussi près que possible de la lumière qui pénètre dans l\u2019oeil.Dans l\u2019obseu- rité, c\u2019est exactement le contraire qui se produit : le pigment se contracte et prend la forme d\u2019une bande étroite et permet ainsi une diffusion maximum de la lumière; les bâtonnets se contractent et prennent ainsi la place précédemment occupée par les cônes; ces derniers s'étendent et se rapprochent du pigment.Si on considère ce processus d\u2019un point de vue téléologique, il semblerait que les cônes s'étendent afin de laisser leur place aux bâtonnets.Ces modifications de la rétine, à la lumière ou à l\u2019obscurité, sont appelés changements photomécaniques ; la figure 6 donne une vue schématique du pigment, des cônes et des bâtonnets quand ils sont adaptés d\u2019abord à la lumière puis à l'obscurité.Ces changements photomécaniques ne se produisent pas seulement chez le saumon mais aussi chez la plupart des poissons osseux (téléostéens), chez les amphibiens (batraciens) et chez certaines espèces d'oiseaux.En général, le mouvement pupillaire n\u2019existe pas chez les animaux dont la rétine s\u2019adapte à la lumière et à l'obscurité en subissant des changements photomécaniques.Parmi les exceptions, on compte certains poissons plats (pleuronectes) et les oiseaux qui subissent une adaptation tant pupillaire que ACTUALITÉS MARINES so 80 70 60 so 40 30 20 ® PIGMENT © CONES rT 7 TT 7 717 ADAPTATION A LA LUMIERE / 20 30 40 so TEMPS (MINUTES) Figure 8 Graphique montrant la contraction du plg- ment l'expansion des cônes lorsque les olssons adaptés à la umlére sont exposés à l'obscurité pendant des périodes de temps de plus en plus longues.90 80 70+ ADAPTATION A L'OBSCURITE ® PIGMENT O CONES a o I / uœ © T EPAISSEUR (MICRONS) >» I) T / \u20140 Figure 7 °° Graphig on du pigment et la contraction des cônes lorsque des poissons adaptés à l'obs- o l'expans curité sonf exposés à la lumière pendant des périodes plus en photomécanique.Ces changements photomécaniques de la rétine du saumon m\u2019ont grandement intéressé; c\u2019est pourquoi, au cours des dernières années, j'ai étudié le processus de ces changements, l'influence de certaines conditions ambiantes sur ces changements et la réaction de la rétine à divers facteurs, tels que l'intensité lumineuse, les longueurs d\u2019ondes, l\u2019heure et la température.Dans les quelques pages qui suivent, j'expose dans les grandes lignes les résultats de ces recherches.Le processus des réponses En premier lieu, je me suis intéressé au processus des changements.Afin d\u2019arriver à le connaître, nous avons maintenu cent poissons dans l\u2019obscurité pendant quelques heures; puis, après avoir allumé les lumières, on a échantillonné les yeux de cinq poissons à la fois, aux intervalles de: 0, 1, 2, 3, 4, 5, 10, 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50, 55, 60 et 70 minutes.De la même façon, environ cent poissons furent gardés à la lumière pendant quelques heures, après quoi, les lumières éteintes, on a échantillonné cinq poissons à la fois aux mêmes intervalles.Les yeux de ces poissons ont été retirés, enrobés, sectionnés et colorés.Puis on a mesuré, dans chaque oeil, l\u2019épaisseur de la couche du pigment et celle de la couche des cônes.On a considéré comme épaisseur du pigment la distance entre la base des cellules épithéliales jusqu\u2019au point le plus éloigné d\u2019expansion du pigment dans le processus des cellules épithéliales ; pour mesurer l'épaisseur de la couche de cônes, on prenait la distance entre la membrane limi- tante externe et les extrémités des segments extérieurs des cônes.VoL.8 - No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 Les résultats de la première ue montrant 30H / r o 20 \u2014 e temps de | NT me 10 plus longues.0 10 20 30 40 50 60 TEMPS (MINUTES) expérience indiquaient le processus de l\u2019adaptation à la lumière, tandis que ceux de la deuxième expérience démontraient le processus de l\u2019adaptation à l\u2019obscurité.Les résultats obtenus sont présentés sous forme de graphiques dans les figures 7 et 8.On peut y voir que le pigment rétinien épithélial commence à se dilater dès qu\u2019il est exposé à la lumière.Il se dilate graduellement et atteint un état d\u2019adaptation complète à la lumière après soixante minutes environ d\u2019exposition à la lumière.La réaction des cônes à la lumière commence également instantanément; ils se contractent et s\u2019adaptent à la lumière en 45 minutes.Pour ce qui est de l'adaptation à l\u2019obscurité, (poissons gardés à la lumière, puis exposés à l\u2019obscurité) ni le pigment ni les cônes n\u2019ont de période latente (temps qui précède le mouvement) avant le début de leur contraction ou de leur dilatation, selon le cas, dans l\u2019obscurité.Les résultats que je viens d\u2019exposer diffèrent de ceux obtenus avec le saumon du Pacifique.C\u2019est vrai que l\u2019histoire naturelle de ces deux groupes est différente.Il est d\u2019ailleurs intéressant de comparer les résultats en tenant compte de ce fait.En général, le saumon d\u2019un an de l\u2019Atlantique prend plus de temps à s\u2019adapter à la lumière et à l'obscurité.Le pigment des saumons du Pacifique de toutes espèces et de tous âges passe par une période latente avant de commencer à s\u2019adapter à l\u2019obscurité; il n\u2019en est pas ainsi du saumon de l\u2019Atlantique.Parmi les diverses espèces de saumons du Pacifique, le Coho (Onco- rhynchus kisutch) est, d\u2019après les scientifiques, le plus rapproché phylogénétiquement du saumon de l\u2019Atlantique; cependant, le résultat des expériences conduites à leur sujet démontre qu\u2019il n\u2019existe aucune similarité entre eux au point de PAGE 27 vue adaptation à la lumière et à l\u2019obscurité.En plus du fait que le saumon de l'Atlantique et celui du Pacifique sont légèrement différents et que leur histoire naturelle diffère aussi, une autre raison pourrait expliquer la variation entre les résultats obtenus des expériences conduites sur l\u2019un et l\u2019autre: ce serait l'emploi qu\u2019on a fait d\u2019une lumière de plus faible intensité au cours des expériences tentées sur le saumon de l\u2019Atlantique.En effet, au cours des expériences sur le saumon du Pacifique, on utilisa une lumière de 400 bougies.En soumettant ainsi ce poisson à une lumière beaucoup plus intense, on a probablement obtenu un rythme plus rapide d\u2019adaptation à la lumière et, par contre, le poisson ayant été placé sous une très vive lumière a pu, lorsqu\u2019on l\u2019a plongé dans l\u2019obscurité, ne commencer à s\u2019adapter à l\u2019obscurité qu\u2019après une période latente, étant donné que les effets d\u2019une lumière plus brillante durent plus longtemps.La lumière est un stimulant actif, et plus elle est forte, plus ses effets se font sentir.Donc, le fait que la plupart des saumons du Pacifique s\u2019adaptent plus vite à l\u2019obscurité après la période latente peut être dû au contraste considérable qui existe entre une lumière à intensité de 400 bougies et l\u2019obscurité.Au cours des expériences menées avec le saumon de l\u2019Atlantique, on avait employé une lumière moins intense (25 bougies) ; le contraste entre cette lumière et l'obscurité était donc beaucoup moins marqué.Cela semblerait expliquer pourquoi le rythme d\u2019adaptation à l\u2019obscurité du saumon de l'Atlantique est gradué, uniforme et plus lent.On a fait d\u2019autres recherches pour vérifier l\u2019influence d\u2019intensités de lumières et de température diverses sur le processus d\u2019adaptation à la lumière et à l'obscurité.Nos premières expériences avaient pour but de vérifier l\u2019influence de diverses intensités de lumière sur l\u2019adaptation à la lumière et à l\u2019obscurité.Deux groupes de poissons adaptés à l\u2019obscurité furent exposés à une lumière de 1.0 bougie et de 900 bougies respectivement, puis on préleva des échantillons aux intervalles de temps mentionnés plus haut.Le pigment rétinien épithélial du poisson adapté à l\u2019obscurité puis exposé à une lumière de 1.0 bougie commença à se dilater environ deux minutes après avoir été soumis à la lumière et atteignit un état d\u2019adaptation complet à la lumière 35 minutes après y avoir été exposé (fig.9).Les cônes de ces mêmes poissons commencèrent à se contracter environ 15 minutes après avoir été exposés à la lumière et s\u2019étaient complètement contractés et adaptés à la lumière au bout de 55 minutes.Les chiffres correspondants pour PAGE 28 les poissons exposés à une lumière de 900 bougies furent de cinq minutes et de 40 minutes pour le pigment, de 15 minutes et de 45 minutes pour les cônes.Il est intéressant de noter que lorsque la lumière de 900 bougies s\u2019alluma, les poissons parurent effrayés et excités.Plusieurs poissons sautèrent hors du bassin d\u2019expérimentation.Dix minutes plus tard, tout rentrait dans l\u2019ordre.On a observé un comportement similaire chez le saumon du Pacifique.(ALI, 1959 ; HOAR et al., 1957).Afin d'étudier les effets de l'intensité de lumière sur l'adaptation à l'obscurité, environ cent poissons furent soumis à une lumière de 1.0 bougie et un autre groupe de cent poissons à une lumière de 900 bougies.On éteignit alors la lumière puis on préleva des échantillons selon la méthode décrite plus haut.L'examen de la rétine des poissons choisis a donné les informations suivantes.Le pigment rétinien épithélial du poisson qui avait été exposé à une lumière de 1.0 bougie commençait à se contracter environ 5 minutes après l\u2019extine- tion des lumières et s\u2019était complètement contracté et adapté à l\u2019obscurité au bout de 45 minutes.Quant aux cônes, ils commençaient à se dilater cinq minutes après qu\u2019on eut fait l\u2019obscurité et avaient atteint leur allongement maximum 25 minutes après avoir été exposés à l\u2019obscurité.Dans le cas des poissons exposés à une lumière de 900 bougies avant d\u2019être soumis à l\u2019obseurité, le pigment rétinien épithélial ne commençait à se contracter que 50 minutes après l\u2019extinction de la lumière; on a même constaté, dans les yeux de poissons prélevés 70 minutes après qu\u2019on eut éteint les lumières, que le pigment rétinien épithélial était encore dilaté ou dans un état d\u2019adaptation à la lumière.Les cônes, comme le pigment, n\u2019avaient pas commencé à se dilater même après un laps de 70 minutes suivant la mise en obscurité et ils se trouvaient alors dans un état d\u2019adaptation complète à la lumière (fig.10).Si l\u2019on s\u2019en tient aux résultats précités, il est évident que l'intensité de la lumière influence le processus et l\u2019état d'adaptation.On peut voir, pour ce qui est de l\u2019adaptation à la lumière, que le pigment rétinien épithélial d\u2019un poisson adapté à l\u2019obscurité qu\u2019on expose à une lumière de 1.0 bougie atteint son épaisseur maximale (dans son cas) 35 minutes après avoir été exposé à la lumière ; alors que le pigment d\u2019un poisson soumis à une lumière de 900 bougies ne prend que 17 minutes pour atteindre la même épaisseur.De même, les cônes d\u2019un poisson exposé à une lumière de 900 bougies atteignent leur longueur minimum en 40 minutes, alors que les cônes d\u2019un poisson exposé à une lumière de 1.0 bougie y arrivent en ACTUALITÉS MARINES Figure 9 Graphique montrant l'influence de l'inten- sHté de lo lumière sur l'adaptation à lo lu- 80 mière.Les carrés noirs of tes cercles nolrs représentent le pigment: fes carrds of los cor cles lancs représentent les cônes.Les 7 carrés correspondent 4 une illumination de ADAPTATION A L'OBSCURITE ADAPTATION A LA LUMIERE 900 bougies, les cercles, 1.0 bougle.60] wn = © 5 Figure 10 z 50 Graphique montrant: l'influence de l'inten- > sité de lo lumière sur: l'adaptation à l'obs- Ÿ@ 401 curité.Les carrésnoirs = et les cercles noirs g représentent lo plg- u ment, les carrés ef les cercles blancs ropré- 304 sentent les cônes.Les carrés correspondent & une adoptation préo- fable & une lumière 20 200 bougies, les 20.+ T \"10\" 20 30 40 5 60 \u2018 7% TEMPS (MINUTES) 55 minutes.Il semble donc qu\u2019on puisse avancer, sans crainte de se tromper, que le pigment et les cônes des yeux d\u2019un poisson exposé à une plus forte intensité de lumière s'adaptent plus facilement à la lumière, que ceux des yeux d\u2019un poisson a exposé à une lumière d\u2019intensité plus faible.Il est également évident, d\u2019après ces résultats, que l\u2019état final d\u2019adaptation à la lumière de la rétine des poissons soumis à une lumière de 900 bougies est plus prononcé que celui d\u2019un poisson exposé à une lumière de 1.0 bougie.Le pigment est plus dilaté, les cônes plus contractés, dans l\u2019état d'adaptation maximale, chez le premier groupe.En d\u2019autres mots, dans certaines limites, plus la lumière est intense, plus l\u2019état d'adaptation de la rétine est prononcé.Le fait que la différence entre l\u2019épaisseur de la couche pigmentaire de ces deux groupes est plus prononcée que la différence entre l\u2019épaisseur des couches de cônes pourrait servir d\u2019appui à la théorie, selon laquelle la couche pigmentaire a pour fonction d\u2019exercer un contrôle sur la quantité de lumière qui vient frapper les cônes.Sous une lumière intense, la couche pigmentaire est presque complètement dispersée de façon à ce que la quantité de lumière soit moindre, tandis que sous une lumière beaucoup plus faible, elle est passablement contractée de façon à permettre aux cônes d'utiliser pleinement la lumière disponible.Les cônes, d\u2019autre part, sont des récepteurs qui fonctionnent sous des intensités de lumière qui atteignent ou dépassent leur seuil.Conséquemment, leur fonction, qui est de percevoir, reste la même quelle que soit l\u2019intensité de la lumière, pourvu que cette dernière dépasse leur seuil.Lorsque la lumière tombe plus bas que le seui! des cônes, ceux-ci s\u2019allongent et permettent ainsi aux bâtonnets de se contracter et de prendre la place qu\u2019eux-mêmes occupaient avant la modification, soit près de la membrane limitante externe et le plus près possible de la lumière qui pénètre dans VoL.8 \u2014- No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 cercles, à une lumière de 1.0 bougie.O4 oO v 8 Ww a J 2 oO 4 81 od Oo TEMPS(MINUTES) l'oeil.La différence entre I'épaisseur de la couche de cônes des deux groupes de poissons, les uns adaptés à une lumière de 900 bougies et les autres à une lumière de 1.0 bougie, est négligeable ; elle est en effet un peu moindre que la différence entre les couches de cônes des poissons échantillonnés après, respectivement, 55 et 60 minutes d\u2019exposition à une lumière de 900 bougies.Ces résultats montrent également l\u2019influence qu\u2019exerce l\u2019intensité de la lumière sur le processus de l'adaptation à l'obscurité.La rétine des poissons soumis à l'obscurité après leur adaptation à une lumière de 900 bougies demeure dans un état d'adaptation à la lumière même après 70 minutes, tandis que dans cette même période de temps, la rétine des poissons soumis à l\u2019obscurité, après leur adaptation à une lumière de 1.0 bougie, atteint un état d\u2019adaptation complète à l\u2019obscurité.La couche pigmentaire d\u2019un poisson exposé à une lumière de 900 bougies connaît une période latente d\u2019au moins 55 minutes avant de donner seulement des signes d\u2019un commencement d'adaptation à l\u2019obscurité; cette période latente, dans le cas du poisson exposé à une lumière de 1.0 bougie, n\u2019est que de 5 minutes.Ces résultats prouvent sans aucun doute que la rétine du poisson exposé à une lumière plus intense est influencée pendant une plus longue période de temps pendant sa mise en obscurité que celle du poisson adapté à une lumière d\u2019intensité beaucoup plus faible.Il n\u2019est pas impossible que les poissons exposés à une lumière plus intense puissent, après une période latente, s\u2019adapter à l\u2019obscurité très rapidement, tandis que ceux soumis à une lumière de plus faible intensité commenceraient à s\u2019adapter immédiatement à l\u2019obscurité, mais lentement et à un rythme régulier; malheureusement, le résultat de nos expériences ne nous éclaire pas là-dessus.Il est un autre résultat de nos expériences qui nous paraît digne d\u2019être mentionné ici.Nous avons remarqué que, dans les expériences où nous nous PAGE 29 MICRONS MV 80 70 80 y ê or ZA = Te - ~~ .4 A F7 A oo\" | PE = PIGMENT } ./ o CONE 5°¢ .à PIGMENT AN.a CONE Jeo MT, N, Te, =8=8 \u2014\\et JL 1 1 1 1 | 4 | 10 20 30 40 50 ! #5 70 Figure 11 Graphique montrant l'effet de lo fempéra- ture sur l'adaptation à lo lumière sion du pigment et contraction des cônes).MINUTES servions d\u2019une lumière à 1.0 bougie, les couches de cônes mettaient plus de temps à s'adapter à la lumière qu\u2019à l\u2019obscurité.Le pigment rétinien, par ailleurs, s\u2019adapte plus facilement à la lumière qu\u2019à l'obscurité.C\u2019était la première fois qu\u2019il m\u2019était donné de constater que les cônes peuvent prendre plus de temps à s\u2019adapter à la lumière qu\u2019à l\u2019obseu- rité.Nous pouvons ici risquer une hypothèse: une faible intensité de lumière ne susciterait qu\u2019une réaction lente parce que son effet stimulant est limité, ce qui rendrait le processus d\u2019adaptation à la lumière plus long.Soumise à l\u2019obseu- rité, la rétine dans ce cas s\u2019y adapterait assez facilement parce que, premièrement, la marge entre une intensité faible de lumière et l\u2019obscurité est comparativement plus réduite et, deuxièmement, parce qu\u2019elle n\u2019est pas dans un état d\u2019adaptation aussi complet que la rétine exposée à une lumière beaucoup plus intense.Avec les informations dont nous disposons à l'heure actuelle, il est impossible de conjecturer sur la signification de ces résultats par rapport aux activités du jeune saumon.On devra étudier le rôle de la lumière sur le comportement du jeune saumon afin de comprendre la portée des résultats des études histophysiologiques sur son histoire naturelle et ses activités.Comme prochaine expérience, il nous sembla qu\u2019il serait intéressant de vérifier les effets de la température ambiante sur le processus d\u2019adaptation à la lumière et à l\u2019obscurité des cônes et du pigment.Dans ce but, nous avons acclimaté environ 200 saumons à une température de 5°C et 200 autres à 20°C.Utilisant la méthode mentionnée plus haut, nous avons prélevé des échantillons dans les deux groupes, à différents intervalles d\u2019exposition à la lumière ou à l'obscurité.L\u2019intensité de la lumière utilisée pour les tests d\u2019adaptation à la lumière était maintenue constante.Les yeux de ces poissons furent sectionnés, Pace 30 colorés et examinés.Les résultats obtenus sont présentés de façon quantitative dans les figures 11 et 12.Un examen attentif des sections et les analyses de dimensions indiquèrent que l\u2019adaptation complète du pigment (expansion) survenait en 50 minutes d\u2019exposition à la lumière à une température de 5°C et en 15 à 20 minutes à 20°C.On a remarqué une différence semblable dans les réactions des cônes; leur adaptation à la lumière était complétée en 55 minutes à 5°C et en 35 minutes à 20°C.Pour ce qui est de l\u2019adaptation à l\u2019obscurité à 5°C, ni les cônes ni le pigment ne montrèrent de réaction même après deux heures dans l'obscurité.L'adaptation semblait toutefois commencée car les rétines de poissons prélevés après 70 minutes paraissaient être dans un état d'adaptation partielle.Il est étonnant de constater que même chez les poissons prélevés après deux heures, la rétine était encore dans un état d'adaptation partielle.Quoique le pigment et les cônes aient été plus contractés et plus dilatés, respectivement, dans les rétines prélevées après 14 heures d\u2019obscurité, ils n\u2019avaient pas encore atteint un état d\u2019adaptation complète à l\u2019obscurité, c\u2019est-à-dire que le pigment et les cônes n\u2019étaient pas respectivement contractés et dilatés au maximum.Les cônes et le pigment des poissons soumis à une chaleur de 20°C commencèrent à réagir tôt après l\u2019extinction des lumières (fig.12).Les cônes étaient presque complètement adaptés à l\u2019obseu- rité en 60 minutes environ ; le pigment, lui, l\u2019était en 45 minutes.Ces résultats démontrent clairement l\u2019influence de la température sur la rapidité du réflexe photomécanique rétinien chez le saumon.Ils prouvent que plus la température est élevée, plus l\u2019adaptation à la lumière ou à l\u2019obscurité est rapide.(à suivre) ACTUALITÉS MARINES e PIGMENT }s c sob o CONE a PIGMENT), ne > 20°C pan 80 i.4 CONE } Fey Pa 70 Neo Nes CS a > a 260 \\, at >, S ê Na = 5ok a 2 a \\ 401 / Aa A Naa \u2014_\u2014 Figure 12 7 _ SR 30H 5 + o\u2014 foo Graphique montrant P= g=5=8\u20140\u2014° l'effet de la tempé- 20 be rafure sur l'adapta- ( Hon à l'obscurité {con- fraction du pigment ef JA 14 LL 40 expansion des cônes).0 10 20 30 40 re\u2019 60 70 MINU ÉDITORIAL cie Qu'en est-il des trois principales espèces commerciales du golfe : Morue, Poisson rouge et Plie?Le problème ici est plus complexe.En effet, dans ce domaine, nos pêcheurs subissent une concurrence très forte de la part des autres provinces et des pays étrangers.Il n\u2019est même pas sûr qu\u2019un plus grand effort de pêche s\u2019accompagne nécessairement d\u2019une augmentation dans les débarquements.Depuis 1952, par exemple, les chalutiers européens mettent à contribution, pendant les mois de février, mars et avril, les stocks de morue exploités par les pêcheurs du Québec pendant l'été.Les secteurs est et nord du golfe Saint-Laurent ont souffert également des campagnes de pêche étrangères.On constate donc une augmentation considérable de l\u2019effort de pêche à la morue dans le golfe Saint-Laurent au cours des 15 dernières années.H semble bien \u2014 les chiffres sont là pour le prouver \u2014 que ce ne sont pas les pêcheurs du Québec qui en ont profité, mais bien ceux des autres pays.Cette pêche intensive a eu pour effet immédiat une diminution appréciable de la taille de la morue.Les prises de poisson rouge, nouveau venu sur nos marchés, accusent des fluctuations assez fortes à cause de l\u2019influence de facteurs biologiques particuliers.Enfin, les plies capturées par le Québec dans le golfe Saint-Laurent ne représentent que le quart des prises totales, la Nouvelle-Ecosse et l\u2019Ile-du-Prince-Edouard exploitant également ces stocks.Cet exposé peut paraître un peu sombre.On se demandera si la situation du pêcheur québécois n\u2019est pas désespérée, s\u2019il ne lui est pas impossible de faire face à la concurrence des autres provinces et des pays étrangers.Eh bien, non.À plusieurs facteurs négatifs, dont une saison de pêche relativement courte, le pêcheur du Québec oppose des avantages certains dont le principal est la proximité des bancs de pêche.Voyons comment il pourra tirer parti de ces avantages.La pêche hauturière, qui se pratique surtout au chalut, est née au Québec, comme ailleurs, de la nécessité d'atteindre une efficacité suffisante pour que la pêche survive.Partie de rien en 1951, la flotte hauturière du Québec atteignait en 1963 presque 150 unités.Pour juger de l\u2019efficacité obtenue, notons qu'en 1945, environ 8,000 pêcheurs capturaient 60 millions de livres de morue alors qu\u2019en 1962 les mêmes quantités étaient prises par moins de la moitié de ce nombre, soit 3,800 pêcheurs.Ces résultats cependant ne suffiront pas, et le pêcheur hauturier devra, pour réussir, rendre son activité encore plus efficace.Il peut le faire de plusieurs façons sans engager de capitaux supplémentaires : d\u2019abord intensifier son effort de pêche pendant la saison régulière (la flotte du Québec n\u2019est en pêche que 50% du temps disponible, affirme-t-on, alors que celle de la Nouvelle-Ecosse travaille avec une efficacité de 90%); puis prolonger par tous les moyens possibles sa saison de pêche (les chalutiers européens parcourent chaque printemps plus de 4,000 milles pour venir pêcher à 10 milles des Hes-de-la-Madeleine, alors que nos propres pêcheurs sont encore à faire leurs préparatifs pour la saison); enfin, pratiquer une pêche polyvalente, en exploitant différentes espèces à différentes périodes de l\u2019année, aux moments de plus grandes concentrations.La recherche scientifique et l\u2019usage d\u2019appareils modernes de détection du poisson aideront le pêcheur hauturier à atteindre ce but.Des installations modernes de débarquement du poisson et d\u2019approvisionnement lui permettront de réduire au minimum le temps au port, pourvu évidemment que le pécheur lui-méme soit intéressé a retourner en mer le plus tôt possible.Le problème de la pêche côtière est tout autre et si son développement ne peut être que limité, elle n\u2019en reste pas moins sujette à améliorations.L'objectif est fondamentalement le même partout : augmenter les captures pour hausser le revenu du pêcheur, mais les solutions diffèrent avec les régions.Aux Iles-de-la-Madeleine, secteur favorisé, des ressources abondantes et variées peuvent être exploitées dans un rayon de moins de 20 milles : loups-marins au printemps, homards, harengs, maquereaux, morues et plies plus tard.Chaque pêche n\u2019apporte pas à seule seule des revenus suffisants, mais combiner plusieurs pêches y atteindrait, il faudrait donc transformer bateaux et équipement.VoL.8 \u2014 No 1 \u2014 PRINTEMPS 1964 Page 31 Sur la côte nord du golfe, surtout la basse Côte-Nord, la trappe assurerait un ample revenu au pêcheur.Par contre, la saison étant très courte, celui-ci n'a pas le temps de traiter ses prises pour les conserver.Prolonger la saison des trappes en gardant vivantes, pendant plusieurs semaines, les quantités énormes de morues capturées ou employer d\u2019autres agrès de pêche, comme les filets maillants, lorsquë la morue s'éloigne des côtes seraient des solutions.L'introduction du chalutage dans la partie nord-est du golfe, malgré les fonds rocailleux, devrait augmenter considérablement le revenu des pêcheurs de la région.De son côté, la région de Gaspé-Nord présente des problèmes particuliers, les plus difficiles à résoudre, semble-t-il.En général, le pêcheur de Gaspé-Nord ne peut exploiter que la morue qu\u2019il pêche à la ligne à main, à cause des courants.Ne pourrait-on améliorer les méthodes actuelles en utilisant des moulinets électriques et d\u2019autres accessoires qui permettraient au pêcheur de manipuler un plus grand nombre de lignes en un espace de temps plus court et avec moins d'effort.L'introduction de sondeuses peu coûteuses pour localiser rapidement les concentrations de morue, d\u2019agrès de pêche nouveaux tels que les filets maillants au poisson rouge et au flétan, serait de nature à augmenter les prises du pêcheur côtier de Gaspé-Nord qui a cet immense avantage de n\u2019être qu'à quelques milles des lieux de pêche.La pêche sportive en eau salée devient aussi de plus en plus populaire sur la côte de l\u2019Atlantique.En résumé, malgré une concurrence qui se fait de plus en plus forte, le pêcheur du Québec peut survivre et même améliorer sa situation.Pêcheur hauturier, il trouvera, aidé par la recherche et l\u2019enseignement et soutenu par sa bonne volonté, les moyens de prolonger sa saison de pêche et d\u2019exploiter les espèces disponibles avec une plus grande efficacité.Pêcheur côtier, il peut diversifier son activité et s\u2019équiper de façon à exploiter plusieurs espèces au fur et à mesure qu\u2019elles s\u2019approchent des côtes; il peut également tenter d'exploiter toutes les ressources mises à sa portée, coques, bigorneaux ou algues marines.Gouvernements et organismes de recherches continueront d\u2019aider le pêcheur dans la mesure des crédits mis à leur disposition, mais la pêche repose d\u2019abord et avant tout sur le pêcheur lui-même à qui nous ne pouvons qu\u2019indiquer la voie.Yes Sean Directeur des Pécheries « L\u2019équipe de rédaction de la revue Actualités Marines tient à exprimer sa reconnaissance envers Mlle Monique Plamondon, qui a laissé la direction de la revue en janvier dernier.Actualités Marines a largement profité de l\u2019impulsion que Mlle Plamondon a su lui donner.D\u2019autre part, son dévouement à la cause de la pêche était bien connu de ses collègues, qui lui souhaitent le meilleur succès dans les nouvelles tâches qu'elle assume.» Pace 32 ACTUALITÉS MARINES Lorsque la brume s'amasse, le bateau accosté, la pêche débarquée, elle a beau fout envelopper, tout engourdir, les mains sont libres, les cales ouvertes, les agrés \"parés' .pour demain.{OFFICE DU FILM DU QUEBEC \u2014 DRISCOLL) 4» ey 3 ù ft Lag ey Xd g Es Lu P= - zu.Be th i ~ a TN 0208 rash a + A > = ve À a an ron.ten 4 org.ANS Nae: &, me ane \u2014 ile A.oué # ho ns TITRE a \u2014 i I ) hn a D } a Pre III À Ce: SSII AS Sa == É Am STE res IE fee asa = = Tx SS \u2014 \u2014 \u2019 - = = Québec Montréal Rimouski Cloridorme = ESS Re -__\u2014 cr © SI SE Riv.au Renard a TRI CIE u Renar FOCÉAN- ATEANTIQUE _ \u20ac AA TN SRI TI ; = a Québec Y Grande-Rivière Iles de la Madeleine Gaspé Newport 0 Paspébiac es La Tabatière G Riv.au Renard & 5 Riv.au Tonnerre = COTE NORD DU ST-LAURENT # > = La Tabatière = ' = Sept-lles FT «ow TY v\u20ac * ÉOLFE ST-LAURENT * TT «/ =; = a tx 1 BE 1 = 1 ff Æ x / R% 7 = } ere So = a > 1 MESSE lles de | adeleine \u2014\u2014 > UT Lp m= v= \u2014 IT tm 7 RÈQUE NAT, S RECU LE si Al 1975 S~._Ly_QUEBED J = = 3 > J Æ { % ; #4; és SIN rss TES Cs = ETATS-UNIS "]
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