Actualités marines, 1 janvier 1965, Vol. 9, No 1
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statistiques publiés dans la présente revue est permise, mais on est prié d\u2019en mentionner la source.Toute traduction, pour fins de publication, doit être autorisée par la direction de la revue.Ce numéro d\u2019 « Actualités Marines » a été réalisé en héliogravure.Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez vous adresser à la Direction de la revue, Ministère de l'Industrie et du Commerce, Hôtel du Gouvernement, Québec.\u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 ÉDITORIAL L'industrie de la pêche au Québec connaîtra en 1965 \u2014 toutes les études en cours le laissent prévoir \u2014 un essor sans précédent.Des projets de grande envergure sont en effet en voie de réalisation.Encore sied-il de mentionner que ces projets se situent à l\u2019intérieur d\u2019un vaste programme de modernisation et qu\u2019ils témoignent d\u2019une intention bien arrêtée : assurer la continuité, et de ce fait l\u2019efficacité, de ip leffort jusqu\u2019alors déployé en vue de transformer la situation économique de la 7 péche et le travail de ses artisans.Les résultats obtenus en 1964 ont permis d\u2019orienter les démarches prévues pour | l\u2019année en cours.Ainsi s'opére un nouveau départ et 'ampleur des travaux amorcés permet de penser que 1965 sera un point tournant dans l\u2019industrie de la pêche au Québec.Dans le domaine des recherches océanographiques ou technologiques, nous pouvons parler d\u2019aboutissement.De longues et soigneuses recherches ont donné des résultats remarquables d\u2019une grande portée.On pourra se prononcer sur des questions aussi diverses que l\u2019utilisation de nouveaux agrès de pêche (filets maillants | pour le flétan et le sébaste, chaluts électrifiés, sondeuses portatives), l\u2019exploitation des algues marines, des myes et des crevettes, ou la rentabilité de la pêche aux crabes dans la région des Iles-de-la-Madeleine, ainsi que la topographie des fonds marins à l\u2019est de la baie des Chaleurs.L'assistance technique à l\u2019industrie de la pêche a été particulièrement dirigée ; vers la modernisation des postes de collection et l\u2019établissement d\u2019une usine de transformation du poisson à Paspébiac.L\u2019exploitation rationnelle du homard a servi de sujet d\u2019étude ; les résultats obtenus ont permis de mettre au point les plans d\u2019un y vivier à homards aux Iles-de-la-Madeleine.Au chapitre de la construction navale, même dynamisme : 4 chalutiers d\u2019acier (dont deux de 129 pieds et deux de 82 pieds) ainsi que dix chalutiers de bois de 65 et de 60 pieds sont venus grossir les effectifs.Des parcs d\u2019hivernement et des rampes de lancement ont été construits ou améliorés à Gaspé, à Havre-Aubert, à Paspébiac , et à la Tabatière.Des essais se sont poursuivis pour mettre au point les types de chalutiers déjà en usage (82, 65 et 60 pieds) ; on a dressé les plans d\u2019un chalutier- école et de chalutiers-seineurs, et l\u2019on a établi ceux de petits bateaux équipés pour a la péche multiple.Ces navires seront lancés en 1965.Du côté de la réfrigération, l\u2019agrandissement de l\u2019usine & glace de la Tabatiére et de celle de Havre-Aubert, la construction de hangars à sel à Harrington, à la Tabatière et à Rivière-Saint-Paul et d\u2019un entrepôt frigorifique à Rivière-Saint-Paul, sont venus s'ajouter aux travaux de modernisation des postes de collection.Parmi les projets à l\u2019étude, celui de l\u2019aménagement d\u2019un centre de pêche à Rivière-au- Renard, projet qui fera de ce port le premier grand port de pêche moderne du Québec, a pris la vedette.Rivière-au-Renard servira de port d\u2019attache au plus gros / chalutier d'acier de la flotte de pêche du Québec (155 pieds), chalutier dont les gouvernements fédéral et provincial ont approuvé la construction.Dans le domaine économique, à la suite d\u2019études poussées des conditions des régions de pêche, divers projets ont été conçus, comme celui de répartir les gains des pêcheurs hauturiers de façon à équilibrer leur budget.Ces études mettent entre les mains des spécialistes les instruments qui leur permettront de voir clairement de quelle façon résoudre le problème de l\u2019avenir économique des régions de pêche.Dans l\u2019ensemble, si l\u2019année 1965 semble prometteuse, c\u2019est que, à tous les niveaux depuis quelques années, on a tenté un effort réel et soutenu pour comprendre une situation complexe, difficile, pour lui trouver des solutions.1965, c\u2019est une nouvelle étape.Si elle apporte les résultats espérés, de nombreux projets qui semblaient audacieux trouveront leur justification et l\u2019industrie de la pêche, l\u2019avenue de la réussite.Gérard CD.Levesque Ministre de l\u2019Industrie et du Commerce ACTUALITES MARINES Wo ÿ ANIMAUX GÉANTS S DES MERS DES FLEUVES par ÉTIENNE MAGNIN Département de Biologie Université de Montréal Il existe encore dans la mer et même dans les eaux douces des êtres gigantesques qui perpétuent chez les gens avides de sensation et de mystère les vieilles légendes sur les monstres marins les plus étranges.Get article présente des observations réelles qui n\u2019en sont pas moins étonnantes.* Le flétan, l'un des plus gros pois- > _ @ sons péchés au Québec.(Office du Pt film du Québec \u2014 N.Bazin).| i | a } VOL.9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 PAGE 3 Très souvent on pose au zoologiste des questions sur les records battus par les animaux : quel est l'oiseau qui se déplace le plus rapidement dans l'air, le mammifère qui se déplace le plus rapidement sur terre, le poisson qui se déplace le plus rapidement dans l\u2019eau, les animaux qui deviennent les plus vieux, ceux qui deviennent les plus gros, etc.Nous allons examiner aujour- d\u2019hui les records de taille des animaux aquatiques.Cela satisfera pour une part les gens curieux de performances.Nous ne voudrions cependant pas nous borner ici à la simple description de phénomènes plus ou moins étranges à partir des êtres les moins évolués du monde animal jusqu\u2019aux mammifères, en passant par les poissons et les reptiles actuels et fossiles.Nous voudrions, au cours de cette étude, laisser entrevoir divers problèmes biologiques posés par les phénomènes de gigantisme.Comment, dans les divers groupes d'animaux, certaines espèces peuvent-elles atteindre de si grandes tailles ?Quel est l\u2019avenir de ces espèces géantes : apparaissent-elles au terme d\u2019une série d\u2019évolutions et sont-elles appelées à disparaître inexorablement ou peut-on espérer les conserver par des mesures adéquates de protection et d\u2019aménagement ?Les invertébrés géants Nous pourrions trouver des phénomènes de gigantisme chez les animaux formés d\u2019une seule cellule, les Protozoaires.La plupart des formes actuelles ne se voient qu\u2019au microscope, certaines même demandent de forts grossissements.Mais il existait, 11 y a de cela une centaine de millions d\u2019années, de ces êtres unicellulaires, les Nummulites, qui mesuraient près de 5 pouces, c\u2019est-à- dire près de mille fois la grosseur moyenne des protozoaires actuels.Faites le rapport à l\u2019échelle de l'homme et vous comprendrez aisément qu\u2019il s\u2019agit bien là d\u2019un phénomène de gigantisme, Venons-en aux animaux déjà plus complexes, formés de plusieurs cellules, mais non encore munis de colonnes vertébrales.Parmi ceux-ci \u2014 que nous qualifions souvent de bestioles, étant donné qu\u2019ils sont généralement de petite taille \u2014 nous allons trouver des formes géantes dont certaines espèces vivent encore actuellement.Notons tout de suite qu\u2019elles se rencontrent toutes dans le milieu marin.On trouve ainsi dans l\u2019océan des vers énormes ou Némertiens Lineus longissimus mesurant jusqu\u2019à 45 pieds de long.Près des côtes japonaises, on trouve des crabes Macrocheirus kampferi de plus de 12 pieds.Nos escargots sont bien petits auprès des grands mollusques gastéropodes Tridachna gigas qui ont quatre pieds et demi de large et pèsent 500 livres.C\u2019est dans le même embranchement des mollusques, mais dans le groupe des Céphalopodes, que l\u2019on rencontre le cas le plus étrange.Vous connaissez proba- PAGE 4 blement les calmars ou encornets que l\u2019on trouve dans le golfe Saint-Laurent et aussi sur le marché des fruits de mer, car ce sont des animaux comestibles.Ils ressemblent un peu aux pieuvres avec leurs longs bras recouverts de ventouses et entourant la tête ; mais à la différence de ces dernières, ils ont dix bras au lieu de huit et leur forme générale est plus allongée.Ceux que nous connaissons ne mesurent guère plus qu\u2019une dizaine de pouces.Mais, vers le début du 19° siècle, un pêcheur a harponné, près de Terre-Neuve, un énorme encornet appelé Architheuthis dux, de plus de 50 pieds de longueur et de 20 pieds de circonférence ; il pesait près de deux tonnes.C\u2019est certainement là le plus grand des invertébrés connus.Nous pouvons facilement imaginer le duel gigantesque raconté par Bullen entre un tel monstre et un animal comme le cachalot dont nous parlerons plus loin.« Sur le côté de la tête du cachalot, je voyais celle du poulpe géant, hideuse, vraie vision de cauchemar.elle avait les dimensions de nos grandes barriques de 350 gallons.des yeux de un pied de couleur glauque.» Les grands poissons marins C\u2019est dans la mer que l\u2019on a trouvé les plus gros invertébrés.Ce sera aussi dans la mer que l\u2019on va trouver les plus gros vertébrés et, parmi eux, les plus gros poissons.Le record de taille chez les poissons est certainement détenu par l\u2019énorme requin-baleine Rhincodon typus.On prend fréquemment des spécimens de 20 à 45 pieds dans les océans Atlantique, Pacifique ou Indien : un requin-baleine de 38 pieds pesant 26,600 livres a été pêché en 1912 au large des côtes de la Floride.Mais la plus grosse prise (70 pieds, 55,000 livres) remonte au siècle dernier ; elle a été faite au large de l\u2019Afrique.En dépit de sa taille et malgré la réputation de méchanceté que détiennent les requins, Rhincodon typus est inoffensif.Il se nourrit exclusivement de minuscules invertébrés planctoniques et de petits poissons.Le même régime alimentaire est suivi par un autre requin de l\u2019Atlantique, le pèlerin des mers Cetorhinus maximus qui peut atteindre la taille de 40 pieds et peser 30,000 livres.Beaucoup plus féroce et dangereux est, par contre, le requin blanc mangeur d'hommes, Carcharo- don carcharias qui atteint la même taille et a à peu près la même répartition géographique.Comme il a été signalé en Méditerranée, le grand naturaliste suédois LINNÉ pensait que le prophète Jonas avait très bien pu être avalé par un poisson de cette espèce.Bien d\u2019autres poissons ou baleines cependant ont été rendus responsables de cette étrange aventure.Les raies sont les proches parents des requins : ce sont aussi des poissons entièrement cartilagineux.Mais alors que les requins ont une forme très élancée, les raies ACTUALITÉS MARINES = = == | la 9 1 ols | cp sont | fies Ha J 10s ] log don | sm À fa alr Em il D A oui kf fle, 4 nin 1 bon Gr {as i ment pi A cud ki bh Entre un nt nous par aha IE Vion ge Nos grande pied de co es ph gs on va tro Js pls go certainement coon ype 044) pie Indien: w livres à dé ide, Mai | remonte at Je l'Afrique don de mé codon {ypu > uv 5, ar un AE Corbin ds ef pes reux es, pa ; Carchare 2 à peu pe ja des te ff je rs biet Ben dur ; pends mw poi ' meus Vis je, [518 oes | sont ramassées sur elles-mêmes et aplaties dorso-ventra- lement.Comme leurs cousins les requins, elles peuvent \u201catteindre des tailles gigantesques.Une d\u2019entre elles, : appelée le grand diable des mers, Manta birostris, peut t mesurer jusqu\u2019à 25 pieds et peser une tonne et demie.Un autre poisson très curieux de cette famille est le poisson-scie (Pristis) ; il est appelé ainsi parce que son nez se prolonge par une lame rigide portant de chaque côté des dents acérées comme des dents de scie.Ce poisson peut atteindre plus de 30 pieds de longueur et peser jusqu\u2019à 5,300 livres.Plus haut dans l\u2019échelle zoologique des êtres vivants se trouvent les poissons osseux qui constituent la majorité des poissons actuels, poissons de mer ou d\u2019eau douce.Les poissons osseux marins n\u2019atteignent pas les tailles colossales des poissons cartilagineux.Certains d\u2019entre eux cependant sont de dimensions imposantes.Les plus gros sont probablement les thons (Thunnus).Ces magnifiques et rapides nageurs, au corps hydrodynamique, sont répandus dans toutes les mers, du Nord au Sud, de l\u2019Orient à l\u2019Occident.Ils peuvent atteindre 12 pieds de longueur et peser 1,500 livres.Très proches des thons sont les poissons-piques ou marlins (Tetrapterus) dont les mesures sont semblables : 14 pieds, 1,000 livres.Il faut aussi citer les mérous de l\u2019Atlantique et en particulier le poisson juif tacheté Epinephelus itajara qui mesure jusqu\u2019à huit pieds et pèse jusqu\u2019à 693 livres.Dans le golfe Saint-Laurent, on trouve un poisson curieux répandu d\u2019ailleurs dans tout l'Atlantique nord : \u201cle flétan (Hippoglossus hippoglossus).Comme chez les : plies, les carrelets, les soles, un œil a rejoint l\u2019autre du ; même côté de la tête au cours du développement embryonnaire.Ces étranges poissons peuvent d'autre part devenir très grands (10 à 12 pieds de longueur) et très gros (500 livres).Un des poissons osseux les plus curieux est assuré- .ment le poisson-lune : Mola mola.Il est appelé souvent poisson-tête : il semble, en effet, que toute la partie caudale de l'animal ait été amputée et qu\u2019il ne reste que la tête.Or, malgré cette amputation apparente, ce pois- Bélouga russe Huso huso \u2014 (Dessin de P.Voévodine d'après une photographie d'un spécimen du Museum d'Histoire naturelle de Paris).son peut devenir très grand.Le plus grand qu\u2019on ait mesuré et pesé provenait de l\u2019Atlantique ; il avait 10 pieds de longueur ct pesait 1,200 livres.Mais en 1908, au large de Sydney en Australie, on a signalé un spécimen énorme mesurant plus de 10 pieds ; son poids a été estimé à 4,400 livres, Les grands poissons d\u2019eau douce Il nous faut parler d\u2019abord des poissons migrateurs anadromes qui effectuent leur croissance en mer mais qui viennent en eau douce pour se reproduire.Parmi ceux-ci, les esturgeons sont des poissons particulièrement intéressants : ils font partie d\u2019un groupe intermédiaire entre les poissons cartilagineux et les poissons osseux ; ils peuvent d\u2019autre part, ce qui nous intéresse particulièrement ici, atteindre des tailles gigantesques.Le plus grand est sans conteste le bélouga russe : Huso huso qui vit dans la mer Noire et la mer Caspienne et remonte les fleuves Danube et Volga.Les pêcheurs prennent assez souvent des spécimens de 13 pieds pesant environ une tonne.Le plus gros qu\u2019on ait signalé mesurait 28 pieds et pesait près de 3,000 livres.Vient ensuite l\u2019esturgeon blanc Acipenser transmon- tanus qu\u2019on trouve sur la côte pacifique du Canada.Le plus gros spécimen dont on sait, de façon certaine, le poids et la longueur a été pris en 1912 : il mesurait 12 pieds et demi et pesait 1,285 livres ; les œufs seuls pesaient 125 livres.La tradition orale cependant affirme que cet esturgeon peut atteindre 1,800 livres.Actualités marines (BEAULIEU, 1963) a déjà parlé des gros esturgeons noirs Acipenser oxyrhynchus du Saint-Laurent, qui peuvent atteindre une longueur de neuf pieds et un poids de 410 livres.Nous ajouterons seulement qu\u2019un spécimen de la même espèce, capturé sur les côtes des États-Unis, était parvenu à une longueur de 10 pieds et à un poids de 500 livres.Proches des esturgeons se rangent les poissons-pelles, appelés ainsi parce que leur nez se prolonge par un rostre en forme de pelle qui surplombe la bouche.Une espèce, Polyodon spathula, se trouve dans la vallée du f It.ki hi Mississipi, l\u2019autre, Psephurus gladius, dans les grandes rivières de Chine.Mais alors que la première ne dépasse guère quatre à cinq pieds, la deuxième pourrait atteindre 22 pieds de longueur.Une autre famille de poissons primitifs, proche de celle des esturgeons, localisée à l\u2019est des États-Unis et du Canada, est celle des lépisostées ou poissons armés.Ces poissons sont très caractéristiques avec leur corps recouvert d\u2019écailles losangiques et leur bouche allongée, garnie de dents pointues.Certains spécimens de cette famille peuvent atteindre des tailles et des poids respectables : 10 à 12 pieds pour Lepisosteus tristoechus et 10 pieds (300 livres) pour Lepisosteus spathula.Après ces poissons primitifs Chondrostéens (esturgeons, poissons-pelles) et Holostéens (lépisostées) viennent les vrais poissons osseux ou Téléostéens.Parmi eux, il faut faire une place à part aux énormes poissons rouges Arapaima gigas qui vivent au Brésil dans l\u2019immense bassin de l\u2019Amazone et dont Actualités marines a déjà parlé à propos de leur proche parent l\u2019Arowana (roy, 1962).Comme les poissons armés (Lepisosteus) et les poissons-castors (Amia), ils peuvent utiliser occasionnellement leur vessie natatoire pour la respiration.Ces curieux poissons peuvent atteindre une longueur de 15 pieds et un poids de 400 livres.Viennent ensuite les hideux poissons-chats au corps gluant, dépourvus d\u2019écailles et portant des barbillons en forme de moustache.Le silure Silurus glanis originaire d\u2019Europe centrale atteint neuf à dix pieds ; son congénère afro-asiatique Pangosius gigas atteint à peu près la même taille et un poids de 250 livres ; le poisson-chat américain Philodictis olivaris peut peser plus de 100 livres ; la barbue Ictalurus punctatus, que l\u2019on trouve dans le bassin du Saint-Laurent, jusqu\u2019à 55 livres.Ces gros poissons-chats ont mauvaise réputation ; on les accuse même de manger les enfants qui se baignent dans les rivières.I] semble cependant que ces accusations proviennent plus d\u2019un sentiment de répulsion envers ces disgracieux animaux que d\u2019observations réelles.Rappelons brièvement, pour terminer, les records de poids atteints par quelques poissons d\u2019eau douce : 70 livres pour le maskinongé Esox Masquinongy (fleuve Saint-Laurent) ; 44 livres pour le brochet du Nord Esox lucius (État de New York) ; 64 livres pour le touladi ou truite grise Salvelinus namaycush ; 40 livres pour la truite brune Salmo trutta (Écosse) ; 37.5 livres pour la truite arc-en-ciel Salmo gairdneri ; 22 livres pour la ouananiche Salmo salar (Maine), le doré Stizostedion vitreum (Ontario) et l\u2019achigan à grande bouche Microp- terus salmoides.Les grands reptiles actuels et disparus Les alligators et la plupart des crocodiles actuels qui vivent dans les fleuves dépassent rarement la longueur de 21 pieds.Le crocodile des Philippines et de l'Océanie Crocodylus porosus, qui va en mer, peut atteindre cependant une longueur de 30 pieds.La tortue marine Dermochelys coriacea bat tous les records de longueur et de poids chez les tortues, avec ses huit pieds de long et ses 1,540 livres.Notons que les tortues terrestres ne dépassent pas 660 livres.Ces grands reptiles actuels cependant ne sont que des nains à côté des gigantesques reptiles qui vivaient sur la terre il y a 150 millions d\u2019années.Tous ces monstres étaient d\u2019ailleurs plus ou moins adaptés à la vie aquatique.Les uns vivaient à demi immergés dans les lan- gunes des mers jurassiques, ce qui les aidait à supporter leur poids énorme.C'était le cas des Dinosaures parmi lesquels nous ne citerons que le Brachiosaurus long de 80 pieds et pesant 50 tonnes et le Diplodocus long de 90 pieds et pesant 35 tonnes.Mieux adaptés à la vie marine étaient les Plésiosaures.Ils avaient cependant encore une forme bien curieuse ; on les a décrits comme étant formés d\u2019un serpent greffé sur un corps de tortue.Ces bêtes étranges étaient d\u2019autre part énormes ; elles atteignaient 50 pieds de long, le cou allongé et la tête minuscule mesurant à eux seuls 10 pieds au moins.Les Ichtyosaures enfin étaient franchement adaptés à la vie marine : cou réduit, membres pectoraux et pelviens transformés en [rd qu Ja! ed de mail all da ms & | Ore ton pes pl gen ment hie (Ai don.dk dons Com ihe (rel lors das Com ale milk ty por diet da It t: Cl tu qu tn Yo, che Min, ry SAC qy a bg d l'Orne allie gy Drtue mange tt bp ie de fy lerresres 0 Te sont qe Qu ivan CS OONSOE là ve ane dans ls fax Là supporte pures pari bras long de pes log de t ks Do forme bia nés d'un er êtes étrange ent 50 pi mesurant à squres en pe: do nsformés & pl de fa 7 nageoires, de méme que la queue.Ces étranges reptiles pouvaient atteindre une taille de 40 pieds.Les grands mammifères marins Les reptiles détenaient tous les records de longueur et de poids il y a 150 millions d\u2019années.Ce sont les mammifères qui les détiennent aujourd\u2019hui, battant même ceux des reptiles géants du Secondaire.Le géant des mers est sans contredit la grande baleine bleue des mers arctiques Balaenopterus musculus qui atteint plus de 100 pieds de longueur et un poids de 150 tonnes.Or cet animal énorme qui doit absorber plus d'une tonne de nourriture par jour ne peut ingurgiter que ces petits animaux qui flottent au sein des mers formant le plancton.La grande baleine bleue en effet n\u2019a pas de dents, mais uniquement des fanons qui servent précisément à filtrer le plancton de l\u2019eau de mer.Un autre cétacé énorme, qui possède des dents celui- là et qui est plus largement répandu dans le monde (Atlantique et Pacifique), est le cachalot Physeter cato- don.Cet animal, dont la tête représente près du tiers de la longueur du corps, mesure près de 60 pieds.Il donne jusqu\u2019à 10 tonnes d\u2019huile appelée spermaceti.Comme on l\u2019a signalé en Méditerranée, il est un des animaux marins à qui l\u2019on a attribué l\u2019honneur d\u2019avoir hébergé Jonas, dans son estomac, durant trois jours.Quelques réflexions biologiques au sujet de ces formes géantes Nous venons de voir qu\u2019il existe des animaux géants dans de nombreux embranchements du règne animal.Comment des animaux d'origines si diverses ont-ils pu atteindre de telles tailles, alors que dans les mêmes familles on trouve des espèces qui restent toujours beaucoup plus petites ?C\u2019est la première question qui se pose naturellement à l\u2019esprit après cette revue.La réponse n\u2019est pas simple ; la taille d\u2019un animal dépend en effet de nombreux facteurs internes et externes souvent complexes, réagissant plus ou moins les uns sur les autres et, par conséquent, difficiles à analyser.La constitution génétique d'un animal est évidemment un facteur primordial.Pour acquérir une grande taille et pour pouvoir survivre, avec cette grande taille, un individu doit posséder toute une série de mécanismes physiologiques parfaitement synchronisés.Ces mécanismes sont d\u2019ailleurs encore peu connus : les glandes endocrines jouent certainement un rôle important ; le métabolisme du calcium doit être particulièrement adapté ; les processus reproducteurs sont souvent prolongés.C\u2019est donc tout un ensemble d\u2019adaptations physiologiques et une synchronisation parfaite de toutes ces adaptations qui expliquent que, dans un même groupe animal, certaines espèces peuvent atteindre des tailles gigantesques VoL.9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 alors que d\u2019autres restent petites.Mais la possibilité génétique de devenir très gros n'est pas suffisante pour qu'un individu donné puisse atteindre sa taille maximum.ll faut encore qu'il trouve dans le milieu environnant les conditions qui lui permettront d\u2019atteindre cette taille.La vie dans l\u2019eau \u20ac un élément favorable à cet égard.Nous avons vu en .t que les plus grands reptiles du Secondaire avaient une vie soit semi-aquatique, soit entièrement aquatique.D'autre part, les records de taille atteints par les animaux terrestres sont bien inférieurs à ceux des animaux aquatiques.Citons simplement, pour appuyer cette affirmation, l'exemple des plus grands animaux terrestres actuels, les éléphants, qui atteignent au maximum un poids de 18,000 livres.Quels sont donc les avantages que présente la vie aquatique pour un animal.Tout d\u2019abord \u2014 c\u2019est le principe d\u2019Archimède \u2014 l\u2019eau aide à supporter les animaux, C\u2019est un précieux avantage pour les animaux de grande taille : en effet lorsqu\u2019un individu double sa taille, son volume et, par voie de conséquence, son poids sont huit fois plus grands ; si la longueur est multipliée par 3, 4, 5, le poids sera multiplié par 3°, 4°, 5°, c\u2019est- à-dire par 27, 64 et 125.Si l\u2019animal vit sur terre, il devra posséder un squelette très solide et des membres puissants pour le soutenir.C\u2019est ainsi que les éléphants de 18,000 livres ont des pieds de 18 pouces environ.Dans l\u2019eau, le problème se trouve grandement simplifié : les animaux aquatiques possédant une densité à peine supérieure à celle de l\u2019eau n\u2019ont qu\u2019un faible effort à fournir pour se maintenir et se déplacer.C\u2019est pour cette raison que la plupart des animaux terrestres ne peuvent pas dépasser une certaine taille limite.La plupart des animaux aquatiques par contre peuvent grandir toute leur vie ; ils n\u2019ont pas une taille adulte déterminée ; ils continuent à augmenter de taille et de poids même après leur maturité sexuelle.Les animaux les plus gros seront alors les plus vieux ; d'où le problème de la longévité des animaux sur lequel nous reviendrons bientôt.Cette faculté, que nous pourrions appeler « mécanique », de grandir toute leur vie a libre jeu de s\u2019exercer par le fait que le milieu aquatique fournit une ample provision de nourriture.La faune aquatique est beaucoup plus riche et plus diversifiée que la faune terrestre.Ce que nous venons de dire du milieu aquatique en général est évidemment valable et à un degré supérieur pour les eaux marines : leur densité plus grande offre un support plus efficace et la richesse faunique des mers est sans limite.Les mers offrent en plus un élément important pour l\u2019épanouissement des animaux de grande taille : un espace vital quasi illimité.Plus un animal est grand, en effet, plus il exige un espace vital étendu (J.ROSSET).Nous avons vu les énor- PAGE 7 mes besoins de nourriture des baleines : plus d\u2019une tonne par jour.Il est donc nécessaire que ces animaux bénéficient d\u2019un plus grand territoire de chasse que d\u2019autres petits animaux.La mer immense leur offre ce vaste champ d\u2019action.Nous venons de voir comment certains animaux pré- adaptés pouvaient grandir de façon démesurée dans le milieu aquatique.Mais une deuxième question se pose alors à l\u2019esprit : est-ce que l\u2019acquisition d\u2019une grande taille est un avantage ou un inconvénient pour un animal ?C\u2019est ce que nous allons examiner rapidement maintenant.Un des avantages de posséder une grande taille est évident.Les animaux les plus grands, les plus gros, sont aursi le plus souvent les plus forts et dans cette implacable lutte pour la vie qui sévit dans le règne animal, ce sont les forts qui survivent en écrasant les faibles.Il existe un autre avantage conféré à ces animaux par leur taille : il est d\u2019ordre interne, physiologique.Le paléontologiste WATSON a en effet démontré que «le rendement énergétique de deux animaux de même espèce se solde par un avantage pour le plus lourd des deux.» (RossET, 1962).Si les avantages de posséder une grande taille sont certains, les inconvénients ne le sont pas moins.Ces inconvénients découlent d\u2019ailleurs des divers facteurs internes et externes nécessaires à l\u2019épanouissement et à la survie de ces animaux géants.Nous avons vu tout d\u2019abord que ces animaux devaient posséder des mécanismes physiologiques divers et parfaitement synchronisés.Mais cette adaptation parfaite entraîne une spécialisation telle que le moindre changement dans le milieu externe pourra amener des catastrophes.On peut dire que la survie des espèces géantes est toujours problématique.Nous avons vu aussi que ces animaux ont besoin d\u2019un grand espace vital ; mais alors la densité de la BIBLIOGRAPHIE BrauLEU, G.Porrier, R.1963 Captures d\u2019esturgeons noirs de grande taille dans 1957 120 Histoires de Bêtes d\u2019Ici et d\u2019Ailleurs.Librai- le Saint-Laurent.Actualités marines, 7 (2): ries Gründ, Paris, 542 p.12-13.R .Dickinson, W.M.E.osseT, J 1960 Handbook of Wisconsin Fishes.1962 Réflexions sur le Gigantisme.Cahiers d\u2019études biologiques, Lyon, 8-9 : 143-150.FRÉDOL, A.1865 Le Monde de la Mer.Hachette, Paris.Roy, J.-M.1962 L\u2019Arowana, l\u2019aristocrate des poissons.Actualités N R.RASE ; \u2019 ORMAN, J.R.ET F.C.FRASER marines, 6 (2) : 15-18.1938 Giant Fishes, Whales and Dolphins.Norton, New York, 361 p.ScuuLTz, L.P.NORMAN, J.R.ET F.C.FRASER 1949 Field Book of Giant Fishes.Putnam, N.Y., 376 p.PINNER, E.1951 Curious Creatures.256 p.Yonathan Cope, London, PAGE 8 1948 The Ways of Fishes.Van Nostrand, Toronto, p.153-166.VERRIL, AH.1941 Mœurs étranges des poissons.Payot, Paris, 239 p.ACTUALITÉS MARINES &p Le duet par 1 ge à jen miel gi i ils 0 mi celle ah Hin thy pid Yo À qu 4 uy Se | ts deux, 2 til, Mi, Ça ts fie, egg, Nia g, 5 Gry lion Parfait dre thang.Ids ai êtes Shan ont besa ME ds | ur, Libro py did tual | Toronity population devient trés faible et les chances de reproduction seront réduites d\u2019autant.: L\u2019avenir des espèces géantes Au terme de l\u2019étude qui précède, il semble difficile de prédire à priori les chances de survie des espèces | géantes.Les avantages physiologiques de posséder une | grande taille et les facilités qu\u2019offre le milieu aquatique à ces espèces semblent être pour elles un gage certain de survie et d\u2019épanouissement.Par contre, les inconvénients physiologiques du gigantisme et la disparition des reptiles géants du Secondaire nous inciteraient plutôt à les considérer comme des fins de séries évolutives en voie d'extinction.Le fait que l\u2019on capture de moins en moins de ces monstres aquatiques viendrait corroborer cette dernière hypothèse.La conclusion la plus logique à laquelle nous aboutissons à ce stade est que la survie Mérou géant, espèce de bar des mers chaudes \u2014 (FAO, Photo P.Boucay, reproduite du Courrier de l'Unesco, n° 7-8, juillet-août 1960).VoL.9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 de ces espèces reste toujours problématique, que leurs chances sont plus ou moins grandes suivant les conditions externes.Mais voici que dans l\u2019évolution naturelle du monde, un être est apparu, doué d'intelligence et par là capable d'orienter lui-même l\u2019évolution.L\u2019homme, en effet, bien que d\u2019apparition récente, a déjà eu une influence profonde sur le destin des espèces animales.Des espèces ont déjà disparu à cause de lui.Les espèces géantes pourront subir ce sort car elles constituent non seulement une proie alléchante d\u2019un point de vue pécuniaire mais aussi l\u2019objet d\u2019une prouesse sportive.Mieux encore l\u2019homme peut aussi sauvegarder des espèces animales qui sembleraient condamnées à mort par le libre jeu des lois naturelles.Des mesures ont été prises pour sauver les baleines.D\u2019autres mesures devront être prises, avant qu\u2019il ne soit trop tard, pour protéger les autres espèces géantes qui vivent encore au sein des eaux douces et marines du globe terrestre. LA CHAÎNE ALIMENTAIRE MARINE anr 1 GUY LACROIX, ; Station de Biologie marine, Grande-Rivière.De BP review Belgium nous obtenons l\u2019autorisation de reproduire cet impor4 t tant article de Guy Lacroix, publié dans le numéro 16, l\u2019un des quatre numéros § consacrés à Pocéanographie.Collaborateur d\u2019Actualités marines, M.Lacroix est} \u2018 également bien connu à l\u2019étranger, comme en fait foi cette participation à une série qui a groupé les témoignages les mieux reçus dans le domaine de l\u2019océanographie.ks gen ql lg pi It a bol de sen fe il eM Pour quiconque regarde, d\u2019un œil distrait, les débarquements dans un port de pêche moderne, la mer peut apparaître comme un réservoir inépuisable de richesses exploitables, dans lequel on peut faire des prélèvements à l\u2019infini, puisque quelque merveilleux et mystérieux mécanisme de régulation rétablirait infailliblement l\u2019équilibre détruit.Par contre, pour le pêcheur professionnel qui assiste quotidiennement aux gloires et aux déboires momentanés ou prolongés de sa courbe de captures, la mer est surtout la source de sentiments extrêmes.Seuls le souvenir des jours gras et l\u2019anticipation de leur retour parviennent à atténuer quelque peu le découragement des interminables jours maigres.Pour l\u2019écologiste, la mer est avant tout une vaste industrie, au sein de laquelle des êtres vivants nombreux et variés ont des fonctions déterminées et dont le bilan doit être chiffrable et même prévisible.Dans cette perspective, plus engagée que celle de l\u2019observateur d\u2019occasion, mais plus détachée que celle du pêcheur, l\u2019écologie marine actuelle se reconnaît, me semble-t-il, trois missions principales : 1) donner une carte d\u2019identité à ces êtres vivants ; 2) leur reconnaître une profession à l\u2019intérieur du système naturel qu\u2019est l\u2019hydrosphère marine ; 3) procéder à l\u2019analyse opérationnelle de leur activité, évaluer leur rendement professionnel et mettre le doigt sur les plus influents d\u2019entre eux.Même si les cent dernières années ont permis d\u2019enregistrer des progrès considérables dans l\u2019identification des organismes marins, nous n\u2019en restons pas moins convaincus que la détermination exacte de leur position dans les règnes végétal et animal doit rester au programme de l'étude biologique de la mer, car des groupes taxonomiques, parfois même très travaillés, ne sont pas encore parfaitement connus.La reconnaissance de la (ou des) fonction(s) de ces organismes dans leur milieu n\u2019est l\u2019objet d\u2019études rigoureuses que depuis quelques années.Les travaux plus anciens, presque toujours de caractère qualitatif, n\u2019en ont pas moins fourni des informations très utiles sur les espèces communes et peuvent servir de base à l\u2019élaboration de fructueuses hypothèses de travail.Enfin, l\u2019évaluation détaillée, en termes quantitatifs, des relations qui existent entre les êtres vivants eux-mêmes, ne fait, somme toute, que débuter.VoL.9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 Ces deux dernières tâches, dont le but ultime est la découverte des lois qui régissent la transformation de la matière et de l\u2019énergie dans la chaîne alimentaire marine, constituent, par leur ampleur et leur complexité, un véritable défi à la méthode scientifique.Nous essaierons, dans cet exposé, non pas de faire une synthèse de tous les résultats obtenus jusqu\u2019à présent, mais de fournir les éléments qui nous apparaissent essentiels à la compréhension du travail, souvent d'apparence rebutante, que s\u2019est assigné l\u2019écologiste marin.La source de toute vie marine : le soleil Dans la mer, comme sur la terre, nous retrouvons, à la base de toute production vitale, une production végétale, une synthèse chimique accomplie par des plantes vertes, à partir du gaz carbonique et des sels inorganiques dissous pour former des composés organiques, comme les carbohydrates, les protéines, les huiles et les graisses.Les plantes marines, agent et produit final de cette synthèse, sont, à l\u2019exception des grandes algues du rivage \u2014 telles les Lamina- riales et les Fucales \u2014 pour la plupart des algues microscopiques, unicellulaires et flottantes, dont l\u2019ensemble constitue pour les écologistes le phytoplancton.Pour réaliser cette synthèse, un apport énergétique est nécessaire que ne peut fournir l\u2019eau de mer elle-même.Le soleil, source de toute vie terrestre par son énergie lumineuse, dispense également aux algues du phytoplancton marin l\u2019appoint énergétique exigé.En permettant l\u2019absorption des radiations solaires, la chlorophylle de ces algues, véritable catalyseur, rendra la réaction possible, de sorte que la synthèse marine des matières organiques est aussi une photosynthèse.Toutes les radiations solaires qui nous parviennent sur la terre ne sont pas accessibles aux algues pour la photosynthèse.Seules les radiations comprises dans la partie visible du spectre, soit environ la moitié des radiations solaires, sont absorbées par la chlorophylle.Si nous tenons compte des pertes subies par réflexion à la surface de l\u2019eau, des pertes par diffusion ou absorption sur les particules non végétales en suspension, nous arrivons à la conclusion qu\u2019une faible proportion seulement de l\u2019énergie solaire (approximativement 10%) parvenant à la sur- PAGE 11 face de l\u2019océan est effectivement utilisable pour la photosynthèse.La pénétration de la lumière étant fonction de la transparence de l\u2019eau, l\u2019intensité lumineuse décroît avec la profondeur.Comme les plantes marines utilisent une partie importante de l\u2019énergie absorbée pour satisfaire des besoins respiratoires, on doit constater qu\u2019à partir d\u2019une certaine profondeur, l\u2019énergie absorbée sera insuffisante pour assurer à la fois la satisfaction des exigences de synthèse et de celles de la respiration.Il est convenu d\u2019appeler point ou profondeur de compensation la profondeur où l'équilibre existe entre la production de matières organiques par synthèse et les pertes énergétiques causées par la respiration.La profondeur de compensation varie avec les espèces, mais aussi avec la latitude.Ainsi estime-t-on que pour les eaux tropicales, la profondeur de compensation se situe de façon presque constante à environ 100 mètres, tandis que pour les eaux des régions tempérées et nordiques, dont la turbidité est plus grande et plus variable, la profondeur de compensation s\u2019étend de 25 à 50 mètres, suivant les espèces, la région et la saison.Dans les eaux côtières, plus turbulentes et par suite moins transparentes, la profondeur de compensation est souvent située à moins de dix mètres.Aussi l\u2019épaisseur de la couche d\u2019eau réservée à l\u2019activité photosynthétique est-elle relativement mince.Si la parcimonie avec laquelle l\u2019énergie lumineuse est distribuée dans la mer impose des limites étroites à la production initiale de matières organiques, d\u2019autres facteurs peuvent intervenir et, quelquefois, de façon encore plus dramatique.Même quand l\u2019énergie lumineuse est amplement suffisante, l\u2019usine marine de photosynthèse ne peut fonctionner que si la matière première \u2014 gaz carbonique et sels nutritifs \u2014 est en concentration convenable.La mer s\u2019enrichit régulièrement, quoique lentement, en gaz carbonique et cette substance ne constitue pas un facteur limitant.La situation est différente cependant pour les sels nutritifs, principalement des phosphates et des nitrates, qui ne se trouvent dans l\u2019eau de mer qu\u2019en très faibles concentrations.On prétend qu\u2019un sol fertile peut contenir jusqu\u2019à 0.5% d\u2019azote, alors que l\u2019eau de mer la plus riche n\u2019en contiendrait que 0.00005 %.En fait, seules les couches d\u2019eau profondes contiennent «tant d\u2019azote, là où, faute Pace 12 NW 4 ST NST Dans la mer, la responsabilité de l'activité photo-synthétique appartient à des Thallophytes, représentés par des algues littorales mo- croscopiques \u2014 visibles à l'oeil nu \u2014 et des algues pélagiques microscopiques.Les algues mocroscopiques ont habituellement plus de 2 ou 3 centimètres, tandis que les algues microscopiques (à l'intérieur du cercle) ont moins de 1 millimètre.Pour déterminer la taille de ces dernières, on utilise d'ailleurs le micron (1/1000 millimètre) comme unité de mesure.d\u2019énergie lumineuse, l\u2019activité photosynthétique est extrêmement faible, sinon nulle.Les faibles concentrations de sels nutritifs des eaux de surface s\u2019épuisent donc graduellement au fur et à mesure que les Diatomées et les Dinophycées \u2014 principalement algues marines unicellulaires \u2014 se multiplient et croissent.Or, quand on sait que leur multiplication, par simple division, produit des générations nouvelles d'heure en heure (et peut-être même dans certains cas, de minute en minute) et qu\u2019il n\u2019est pas rare de ACTUALITÉS MARINES il Jul élique opp fires 72 élogiques pont lt vs (à Fe TL 7 nillnbe) nthe i fl x Oe OF fur dl rca Jars = J on st dasen heute 8 i (05 & ue js AY 4 AV AT T4 ÉNERGIE UTILISABLE wi ) | PAV VT \" + Dons les systèmes naturels comme dans les systèmes mécaniques, chaque transfert d'énergie s'accompagne d'une perte plus ou moins considérable.Aux différentes étapes de la production et du transport d'énergie électrique comme aux différents niveaux trophiques de la chaîne alimentaire marine \u2014 énergie solaire, phytoplancton, herbivores, carnivores primaires et secondaires \u2014 l'énergie est dégradée.Le graphique hypothétique illustré ici montre la faible efficacité d'utilisation de l'énergie solaire dans la chaîne alimentaire marine et l'importance relative des pertes énergétiques dues à la respiration tout au long des processus de transformation.dénombrer leur population en millions de cellules par mètre cube d'eau, on peut se représenter à quel rythme les quelques dizaines de milligrammes de nitrates et les quelques milligrammes de phosphates par mètre cube, habituellement présents clans l'eau de mer, peuvent être utilisés.L\u2019épuisement en nitrates et phosphates se produit en fait très rapidement, à moins que l\u2019eau appauvrie ne soit remplacée, à la faveur d'un mélange vertical suffisamment intensif, par une cau plus riche venant des couches profondes.Même dans ces circonstances cependant l'équilibre est fragile, car un mélange vertical trop accentué peut transporter des quantités d'algues unicellulaires au-dessous de la profondeur de compensation et réduire Vor.9 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 d\u2019autant les cffets bénéfiques de l\u2019enrichissement en phosphates et nitrates.Tout est donc une question de dosage, ct la combinaison idéale lumière/phosphates-nitrates ne se produit jamais.C\u2019est ce qui explique que la moyenne annuelle de production de phyto- plancton est d\u2019environ 120 grammes de carbone par mètre carré dans les caux peu éclairées des régions tempérées ct de 30 grammes seulement pour les caux bien éclairées des Tropiques.Broutant sur les pâturages marins, des herbi- rores minuscules mais nombreux Ces masses de phytoplancton \u2014 la production annuelle totale s\u2019élèverait à près le 500,000 PAGE 13 a millions de tonnes \u2014 constituent un riche pâturage.L\u2019analyse chimique révèle une teneur élevée en protéines (40-50%) et des concentrations variables mais proportionnellement 1m- portantes de carbohydrates (20-40%) et de lipides (20-25%).Des herbivores, dont la plupart ont moins d\u2019un centimètre de long, tireront de cette diète équilibrée l\u2019énergie nécessaire à leur maintien, leur croissance et leur reproduction.Ces herbivores sont des organismes à faible pouvoir natatoire, dérivant passivement dans les courants.L\u2019écologiste les place dans un grand ensemble qui groupe tous les animaux marins incapables de vaincre les courants dans lesquels ils sont placés : le zooplancton.Tous les embranchements du règne animal sont représentés dans le zooplancton : Protozoaires, Coelentérés, Arthropodes, Mollusques, etc.Certains groupes n\u2019y sont cependant qu\u2019à titre provisoire sous forme d\u2019œufs, de larves et de juvéniles.C\u2019est le cas, entre autres, d\u2019un grand nombre de Poissons, des Echinodermes et des Crustacés déca- podes.Des particules aussi petites que les algues cellulaires, d\u2019ailleurs plus ou moins éparpillées dans la masse d\u2019eau, ne peuvent être ingérées par les méthodes habituelles de capture.Aussi les herbivores du zooplancton utilisent-ils le seul procédé efficace en l\u2019occurrence, la filtration.Les mécanismes de filtration peuvent être complexes et très efficaces comme ceux des Appendiculaires du genre O:kopleura, capables de filtrer dans une heure un volume d\u2019eau plusieurs milliers de fois supérieur à celui de leur propre volume.D\u2019autres adaptations moins raffinées se rencontrent, telles ces maxilles spécialisées munies de soies très fines et plus ou moins rapprochées qui permettront de retenir certaines algues et d\u2019éliminer les particules trop grosses.Ce type de tamis est caractéristique de Crustacés comme les Copépodes herbivores du genre Calanus, qui constituent une fraction souvent prédominante dans le zooplancton de plusieurs mers du monde.Au cours des analyses du zooplancton des régions tempérées et nordiques, il n\u2019est pas rare de dénombrer plus de 100,000 individus par mètre cube d\u2019eau de mer.La quantité d\u2019eau filtrée par ces organismes, et par conséquent les algues qu\u2019ils ingèrent, est énorme, si l\u2019on considère qu\u2019un Calanus doit filtrer un minimum de 70 ml d\u2019eau par jour pour satisfaire ses besoins essentiels.PAGE 14 L'efficacité avec laquelle l\u2019énergie potentielle que représente le phytoplancton est utilisée par les herbivores n\u2019est pas très facile à mettre en évidence.Des taux d\u2019assimilation élevés ont été notés \u2014 70 à 80% chez Calanus \u2014, mais la perte énergétique causée par la respiration serait de l\u2019ordre de 80%.Pour plusieurs espèces très importantes d\u2019herbivores, nous ne possédons que des renseignements très fragmentaires et l\u2019on peut supposer que ces lacunes ne seront comblées que lentement, si l\u2019on considère toutes les difficultés inhérentes à ces analyses : rapidité des processus digestifs, changements possibles de diète suivant l\u2019âge, le type et la quantité de nourriture disponible, etc.À Paifât des herbivores, une pléthore de carnivores des plus disparates Les premiers chaînons de la chaîne trophique marine \u2014 énergie solaire/phytoplancton/ zooplancton herbivore \u2014 sont relativement simples et peuvent faire l\u2019objet d\u2019une analyse quantitative qui tient compte des principaux transferts d\u2019énergie.Des études nombreuses et de plus en plus précises ont d\u2019ailleurs ouvert la voie à Putilisation de modèles mathématiques permettant déjà des prévisions raisonnablement exactes.Cette limpidité ne se retrouve cependant pas aux niveaux subséquents, alors que les enchevêtrements se multiplient à un rythme effarant.Les relations \u2014 celles dont nous connaissons l\u2019existence \u2014 entre les organismes s\u2019entrecroisent à un point tel qu\u2019il devient même impossible d\u2019en faire une illustration graphique complète et cohérente.La distinction classique entre les carnivores primaires, consommateurs d\u2019herbivores, et les carnivores secondaires, consommateurs de carnivores, n\u2019est point d\u2019un grand secours pour démêler cet écheveau.Dans le premier groupe, nous pouvons retrouver des Copépodes carnivores à peine plus gros que les Copépodes herbivores dont nous avons parlé précédemment, mais tout aussi bien des Baleines de 25 mètres.Le Maquereau, le Hareng, la Sardine sont aussi des carnivores primaires, de même que le Requin-Pèlerin.Dans le second groupe, la disparité est tout aussi considérable.Mentionnons à titre d\u2019exemples un Poisson, la Morue, un Oiseau, le Fou de Bassan, et un Mammifère, le Phoque.ACTUALITÉS MARINES Qu soi por re) Spi Ho, mi Polen le E Tete \u2018 Bay Ig i lin $n Ds fl or 8 of [ie Comp; Sle df il à bly ; mit: de tan.je top lancer MENÉS 9e ua UN tram à de pl le vor à ene: exacts dant pis es en efface, Anais coro npouil comp ATH ot de cart par is qo es (AH ps her emer RS nt Au que } 1 di io grue, 4 ie k i Nan :HRBIVORES pres Oro.x NSS Cf GEN NIN ed = 2 Sri - A Quelques herbivores et carnivores.Calanus (1) est apte à se nourrir d'algues microscopiques, grâce à ses maxilles (2), munies de très fines soies.Les famis d'Oikopleura (3 et 4) sont incorporés à ses tissus.Une des adaptations typiques des carnivores est le développement d'outils pour saisir les proies animales.Sagitta (5) le fait avec de puissants crochets (6), tandis que la jeune larve de Scomber scombrus (Magque- reau) est déjà munie de dents préhensiles (7 et 8).Taille approximative des animaux illustrés: Colonus : 4-5 mm: Oikopleura : 10-12 mm; Sagitta: 20 mm; Scomber: 10 mm.(Le détail d'Oikopleura dessiné d'après Hardy, 1956).Illustrations inédites réalisées par M.Andras Mot.Cette diversité devient réellement embarras- santc au moment où, sur le plan de l\u2019utilisation de la matière organique et de l\u2019énergie emprisonnées dans les herbivores, on veut établir un bilan.On doit alors faire entrer en ligne de compte l\u2019abondance et la taille des individus de chaque groupe, leur potentiel d\u2019ingestion et d\u2019assimilation, leur taux respiratoire respectif, la qualité et la quantité de leurs excreta.Comme, de plus, plusieurs de ces carnivores sont des migrateurs actifs, même une étude très limitée spatialement présente des difficultés considérables.Mais c\u2019est surtout la présence de nombreux chaînons secondaires qui tend à rendre la situation confuse et les interprétations moins rigou- rcuscs.Le Hareng, le Chaetognathe Sagitta et la Méduse Aglantha sont tous trois prédateurs de Copépodes herbivores et carnivores.La Méduse Aglantha peut s'attaquer au Chaetognathe Sagitta qui, lui, sera consommé par le Hareng.Le Hareng cest également consommateur de l\u2019Euphauside Thysanoessa, tout comme la Mo- ruc qui mange le Hareng.De tels recoupements sont fréquents dans presque toutes les relations alimentaires qui prennent place à l\u2019étage trophique des carnivores.Comme à chaque transfert d\u2019énergie il y a des pertes parfois considé- Vor, 9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 rables, plus la chaîne s\u2019allonge et s\u2019entremêle, moins l'énergie est utilisée efficacement.À cet égard, l\u2019homme, un autre carnivore qui fait des prélèvements de nourriture dans la mer, n'a pas toujours un comportement très rationnel.Le Nord-Américain qui préfère la Morue au Hareng choisit un aliment dont le coût énergétique est très élevé.Guidé seulement par des principes économiques, l\u2019homme devrait suivre l\u2019exemple de la Baleine bleue et exploiter directement des herbivores.La Baleine bleue de l\u2019Antarctique se nourrit en effet de PEuphauside Euphausia superba qui broute directement sur lc phytoplancton, mais les humains n\u2019ont pas encore réussi à mettre au point un mécanisme de filtration aussi rentable que celui des baleines à fanons.La mort, une activité essentielle Malgré l\u2019efficacité apparente de la prédation et le nombre élevé de prédateurs dans la mer, tous les organismes vivants qui s\u2019y trouvent ne sont pas mangés par les herbivores ou les carnivores.La mort naturelle, due aux conditions physiques défavorables ou au manque de nourriture, est une composante de la réalité marine comme de la réalité terrestre.Les cadavres de plantes ou d\u2019animaux coulent plus ou PAGE 15 \u2018 CARNIVORES moins lentement vers le fond et subissent alors de nombreuses transformations.Les plus gros cadavres sont attaqués par des Invertébrés de fond, qui, dans leur rôle de vidangeurs, les ingéreront en tout ou en partie.Les Crabes, les Crevettes, les Homards se rangent parmi les animaux qui s\u2019acquittent de cette fonction.Les cadavres de dimension plus petite, comme ceux des organismes du phytoplancton et du zoo- plancton, feront le régal d\u2019autres Invertébrés benthiques, les fltreurs, tels les Amphipodes, les Balanes, les Mollusques bivalves, les Vers tubicoles ou les Ascidies.Enfin, les cadavres qui seront parvenus librement au fond ou les particules restantes qui n\u2019auront pas été ingérées en cours de route trouveront preneur chez les Polychétes errantes ou les Holothuries.Mais tout au long de ce lugubre processus de sédimentation, d\u2019autres organismes entreront en action pour y exercer une fonction absolument essentielle, la décomposition.Les bactéries, à qui revient ce rôle, sont présentes dans la mer en nombre considérable, mais elles ne sont pas distribuées très uniformément.Tandis que les eaux de surface en contiendraient environ 500 par millilitre d\u2019eau de mer, les sédiments seraient réellement leur royaume avec des populations de l\u2019ordre de g00,000,000 par gramme.On a par ailleurs calculé qu\u2019un gramme de détritus peut contenir jusqu\u2019à 5 billions de cellules bactériennes.Leur abondance semble donc étroitement liée à l\u2019abondance de la matière organique.S\u2019attaquant aux tissus animaux et végétaux dans les couches profondes, les bactéries restituent à l\u2019eau de mer les sels inorganiques, nommément les phosphates et les nitrates, dont nous avons souligné le rôle dans la photosynthèse.Elles sont responsables de l\u2019accumulation, dans les eaux situées au-dessous du point de compensation, de concentrations importantes de sels nutritifs dont le retour en surface sera assuré par le mélange vertical.On ne saurait mieux mettre en relief leur importance qu\u2019en citant Pasteur : « Sans eux, la vie deviendrait impossible, parce que l\u2019œuvre de la mort serait incomplète ».En plus de permettre la fermeture du cycle alimentaire de la mer, on ne saurait passer sous silence deux autres rôles attribués récemment aux bactéries.Elles entreraient dans l\u2019alimentation de plusieurs Invertébrés filtreurs qui ingèrent des détritus porteurs de grandes quantités PAGE 16 de cellules bactériennes.Les enzymes du tract digestif de ces Invertébrés en permettraient la digestion.D\u2019autre part, plusieurs souches bactériennes produiraient de la vitamine Br2 et des composés analogues, susceptibles d\u2019influencer la fertilité des mers.Le bilan final Nous avons vu, au cours des paragraphes précédents, qu\u2019il était très difficile de suivre pas à pas les transformations de matière organique dans la chaîne alimentaire marine.Nous disposons de méthodes relativement exactes pour mesurer le taux de production de matière végétale ou productivité primaire, mais dans tous les cas subséquents \u2014 herbivores, carnivores primaires et secondaires \u2014 nous devons nous contenter de mesurer le stock de matières organiques à un moment donné et, à partir de là, faire des interpolations plus ou moins précises pour évaluer le taux de production.La connaissance des taux de production est essentielle pour juger de la fertilité d\u2019une masse d\u2019eau et pour en établir un bilan, quotidien, saisonnier ou annuel.Aussi les tentatives faites jusqu\u2019à présent sont-elles plus ou moins réalistes, plus ou moins erronées, car plusieurs des valeurs introduites dans les calculs sont dérivées.Il reste quand même intéressant de prendre connaissance de ces bilans provisoires, ne serait-ce que pour nous stimuler dans l\u2019acquisition des connaissances qui font présentement défaut.C\u2019est dans cette optique que l\u2019océanographe américain K.O.Emery a essayé d\u2019établir un bilan pour les eaux du sud de la Californie.La production annuelle de phytoplancton pour ces eaux est estimée à 42 millions de tonnes (poids sec), et celle des algues macroscopiques à 1.7 million de tonnes, de sorte que la production végétale totale est de l\u2019ordre de 44 millions de tonnes, ce qui représente une utilisation efficace et productive > Dans le grand cycle de la vie marine, les animaux aquatiques n'ont pas seuls leur mot à dire.La musique des profondeurs a ses harmoniques ailées.ACTUALITÉS MARINES Ld > - tu PNG < & dy q Wry a+ hs} cu J 1244 lengy ve ee Ea 3 =.pr EE | 3 ts \u20ac Suivre \u20ac ON À eh ) aig [2 4 : Nous de p æ Kactes Pour i lr hy 4.: as ag Li 2 - vers pi à 5 NOUS Et i rs oe | ty atreh 8 FY : Zz =» IS précis Q pt?La connai 3 x.\u201c À.ele pour | Fu À a M6, au ét pour soner on 4; A or fr 2 Ig NIA pi # Nn Mr ad FN 5, lis 2 5 ee 1.3 rl Re 2 % leurs foe es = § Ps 2 A a, [rar : \"6 Je (OIE Pr F 3 ot se pod e x7 Tat-e Qu Th n des cor FY 9 8, Bong faut, Cat ww 4 + améncin 8 = © +5 As bilan por = wy > = = [EY product DE 5 eaux £i vO ad i sc), à 3 # $v > millon fale toh A Fe 16, C\u20ac q Er Le product fF o- AF = «; an * fare + var, kc = $ > ane ah\u201d of ~ Cd Ng = + sr v & pk i Yh oo Xe + ae Try 5 2, a Deke v Ey?oi * CT pue.#.,.- » 0 # né > o£ Sida, je, 7 4 atfed Ld te es ia Es 4 >» MR £a A A ps {+ AS an, Ye oy ~&.+\" ye nr 2% AY Br, Sw us, * PA I ; Rod Le 2 gts PR AT J ies =, nt wi s 4e = ve Pin .{+ => au : 4 = Nd yl lefpetl.4 4\u201d Aa £ = Fa car WE a 5 ho LA É r £a # LA 3 3 $e S30 = cé > se a: tp ~~ Fn Ja Des ré hr 5: ; 2 td.» # a @ \u201c + 2x «e 3 pe * \u201cel # hens (AR es Ey rf A ee 41 Mond pi Gain ee $ gr dan ji TE it 15 M 1° 2 Æ Soil Eat A A x a ts Ru ; ab + + RE: 1 À xr Tan Fr #5 ge\u201d.2 * + * ; ig iB yg De \u201caps © + = 4 a HY ae Le 43, = wl ; 3 Bi 9 £4 ER # LE od A 2 hf de SH = Se > Lu Ly oF Ee > sp oF = 2 4 Rhy \u20ac pi ES 75 i cH ke A vo pi hE ev he aL + 7 + LK oH [3 Rd a 2 vf, ge i > # # a à see hd WX, a 224 = ay > Wa PS 5 Fat 0 és $ WR, vins RAS WLS WG «gh 75.i ho 4 i cok RE \u201ci D hy fi og, HE DEF PA a Cr 5 Fe 2 pi ME ie 4s fi o Ne Li be Wha 155 Te Sh ba ak, ok $ \u20ac ar + vor & 5 Jig Sf 5 i oR # We a LIT Zz A2 x4 gy # diver te À Pa en Ir mew x x He 5 Ga oe eut 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54 se ui alk dy buds Ones et cel EEN avy * Ta 3 Conserve 5 a ler wn * etude ss PE + 4 3 SHY Tl aii.face [We La ee ie pat én Tx Rb SN méricain & et ouest dé de conte of \u2014\u2014 Cm eon ind Ja création rangle change pi > aR Loo JTS emt de SAIC qa.we PR + Jaume RFE Be Po SK du bord its ac Bgl e JRA Pe \u2014 a an coma mes od ae _ = os ps em 4 pool St wr æ A + tli pa ee ame _\u2014_ eR SRE __ = rE He eme ) Ps a SES ou ot age gu Clos \u2014- 2 ae à Qube \u201d 4 ê 0 Petal Jy ris Mas ce, seules zones d\u2019étude du bord de la mer qui puissent avoir du succès avec le temps devront être reliées à un parc sur le littoral.Les eaux côtières sont les lieux privilégiés du monde pour la production de la vie ; les organismes vivants y sont nombreux et variés.Il y a bien les mers polaires où il se produit du plancton, en été, mais il s\u2019agit là d\u2019un phénomène de trop courte durée pour qu\u2019on puisse en tenir vraiment compte.Or, le bord de la mer est en très grand danger.À plusieurs endroits, on ne peut déjà plus pêcher, parce que les poissons sont presque disparus ou que les eaux sont polluées.On pense parfois que nos pères avaient vu juste en construisant leurs villes à proximité de rivières abondantes en ressources.Et pourtant, ces ressources, ce sont précisément les villes qui les ont détruites.On pourrait croire que, situées près de grands centres, ces zones auraient au moins l\u2019avantage d'être connues, ce qui n\u2019est pas toujours le cas.Il fut un temps où la baie de New-York abondait en poissons, en mollusques et en crustacés.Il est loin d\u2019en être encore ainsi aujourd\u2019hui.Quand on pense aux nombreux centres intellectuels qui existent à New-York, on est surpris d\u2019apprendre que cette baie, partie de la baie de l\u2019Atlantique du centre, a pu être qualifiée à ce titre et à juste titre de « neglected marine gold mine ».Si l\u2019on connaissait mieux la question, on pourrait augmenter la productivité de telles zones ou même, peut- Être, arriver à les repeupler d\u2019espèces décimées.Mais où travailler ?Il n\u2019existe, dans cette baie, à ma connaissance, aucune zone importante d\u2019étude, aucune zone réservée, avec son hangar marin, et, malheureusement, ce serait très difficile maintenant d\u2019établir de telles zones à cet endroit.Les baies dans ce genre sont de réels viviers ; il nous faut donc les connaître mieux.Quand on s\u2019occupe de conservation, c\u2019est évidemment dans le but de conserver quelque chose.Je crois, toutefois, que la conservation ne devrait pas se limiter à ce rôle passif.Il faudrait, de plus, qu\u2019elle contribue à instruire et que, pour ce faire, elle soit conduite selon les méthodes scientifiques professionnelles.Si, comme je le pense, la principale raison qui nous incite à créer des parcs-réserves c\u2019est d\u2019en faire des zones d\u2019étude, il faut chercher à atteindre ce but et infor- PAGE 24 mer le public de nos efforts en ce sens.Il est dangereux d\u2019ignorer les choses de la mer en face des problèmes actuels de surpopulation, de pollution des eaux et d\u2019exploitation outrée de ses ressources, devant l\u2019opinion assez répandue que la mer contient des richesses inépuisables et que nous pouvons, par conséquent, donner libre cours à notre cupidité et à notre goût du gaspillage.CONCLUSION Lorsque, dans un bureau ou une usine, un employé a un grief à formuler, il le communique à son patron, car c\u2019est de lui qu\u2019il peut le plus vraisemblablement obtenir satisfaction.Dans notre cas, qui sera le « patron », c\u2019est-à-dire celui à qui nous adresserons nos griefs ?La mer, en grande partie, n\u2019appartient à personne, ou plutôt, elle est la propriété de toutes les nations.Le « patron », en l'occurrence, sera donc une société internationale investie des pouvoirs nécessaires.Quelle sera cette société, je ne saurais le dire, mais une chose est certaine : il faut entreprendre des démarches auprès de quelqu\u2019un ; aller à la tête d\u2019abord, sans doute, ou peut-être bien s'attaquer au bas de la pyramide.Car, même si le problème est universel comme la mer, les efforts qui se font à Péchelle locale pour obtenir l\u2019établissement de zones d\u2019études doivent se continuer et s\u2019intensifier.Je voudrais suggérer, en terminant, que nos universités instituent un programme beaucoup plus complet d\u2019étude de la mer et que les organismes qui s\u2019occupent de conservation inscrivent la mer à leur programme de travail.La nécessité de créer des zones d\u2019étude scientifique dans la mer s'impose.L\u2019exposé que je vous ai fait de l\u2019état d\u2019esprit des gens à l\u2019égard de la mer, ainsi que des particularités de la mer parle par lui-même.Cependant, il ne faut pas en rester là.Il faut que quelqu\u2019un donne le départ et je crois qu\u2019il appartient aux hommes de science et aux spécialistes de la conservation de le faire conjointement.À l\u2019heure actuelle, la conservation des organismes marins est terriblement en arrière des autres formes de conservation et il ne faut plus, si nous voulons rattraper notre retard en ce domaine, nous laisser effrayer par sa complexité, les difficultés qu\u2019il présente ou notre ignorance des problèmes qu\u2019il pose.ACTUALITÉS MARINES IH pt A Vi Ie date \u20ac da Pr al ise 8 pu lt md mr d wll prend Qu tl ma pends aie ipl quh theses la fine ls te d tséco hg ru be tims Hede oe ky Tht Pile le kay pis J i On bj Ting fy py tag Hi \u2018 X Yo, 9 Se yp id ig } ps Waly ote Ga, \u20ac 1105 gy, i, ie Propriété LENCE, ds uy TE Sas enieprtnde ler by Sataque à problème ie fon; ent de une fer, Que 6 up pli tone ps (8 mes à ur des des ot pe, Le es lé mer po on lr asp K spp qu, À ler 5 mais & 5 de Cons os HE fae pie où TO fs LE POISSON DANS LA BIBLE (suite) L\u2019Histoire de Joseph termine le livre de la Genése et prépare I'Exode, qui est I'événement dominant de l\u2019histoi- i re d'Israël, car il marque le début de I'intervention de Yahvé dans la formation du peuple élu.Il est difficile, sinon impossible, de déterminer la date exacte de l\u2019entrée en fonction de Joseph à la cour ! des Pharaons.On situe cet événement entre les XVIII® et XVI° siècles avant notre ère.Le manque de précision laisse supposer que l\u2019histoire de Joseph est « un exemple parfaitement historique de l\u2019infiltration infiniment complexe qui permit aux ancêtres d\u2019Israël de se fixer au , pays du Nil» (R.P.J.De Fraine) et que le mouvement d'immigration envisagé sous un angle théologique par l\u2019Ecriture a été « rassemblé dans un seul récit qui , prend la valeur d\u2019un raccourci concret ».Quoi qu\u2019il en soit, le séjour des Hébreux en Egypte est marqué surtout par un état de servitude qui ne prendra fin qu\u2019avec l\u2019Exode.Réduits en esclavage, les ancêtres d'Israël partageaient la nourriture du peuple égyptien composée en grande partie de poisson.On sait que la pêche a été de tout temps une des grandes richesses de l\u2019Egypte.La représentation, dans les peintures des chambres funéraires, de scènes de pêche où sont utilisés les filets, les seines, les nasses, les lignes et même les harpons, et celle de nombreuses espèces de poissons, que la parfaite exécution du dessin permet d\u2019identifier avec précision, démontrent l\u2019importance de la pêche en Egypte.D\u2019autres fresques ou bas-reliefs illustrent les différentes phases de la préparation du poisson, tandis que certaines inscriptions et des papyrus décrivent l\u2019organisation et l\u2019économie des pêches, ainsi que l\u2019impôt sur la vente du poisson, source de revenus pour le trésor royal.Plusieurs auteurs anciens, tels que Diodore de Sicile, Hérodote, Elien, Plutarque, font souvent allusion aux poissons et à la pêche en parlant de l\u2019Egypte.Le poisson occupait, avec d\u2019autres animaux, tels que le crocodile, le serpent, le chat, l\u2019ibis, le faucon, une place importante dans la mythologie égyptienne.Certains poissons étaient considérés comme sacrés, dont la Perche du Nil (Lates niloticus), le Tilapie (Tilapia nilotica), l\u2019Oxyrhynque (Mormyrus), particulièrement vénéré dans la ville qui portait son nom.Il était défendu d\u2019en manger, les uns à certaines époques de l\u2019année, d\u2019autres en tout temps.C\u2019était le cas aussi d\u2019espèces réputées impures, telles que l\u2019Anguille et plusieurs « poissons- chats ».Quant au pharaon et aux prêtres, le poisson leur était absolument interdit comme aliment.Nous savons aussi que les Egyptiens ont observé et Vor, 9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 noté avec justesse, compte tenu des conceptions scientifiques du temps, le comportement et la biologie des poissons : migrations, fraye, fécondité.On trouve dans l\u2019Histoire de Joseph une allusion à cette fécondité dont, malheureusement, ne rend compte exactement aucune traduction de la Genèse.Jacob qui a rejoint Jozeph en Egypte appelle auprès de lui ses petits-fils Ephraïm et Manassé et les bénit : « Que Ange qui m\u2019a sauvé de tout mal bénisse ces enfants, que survive en eux le nom de mes ancêtres Abraham et Isaac, qu\u2019ils croissent et multiplient sur la terre!» (Gn 48 16).On traduit par « qu\u2019ils multiplient », parce qu\u2019il n\u2019y a pas de verbe en français (ni en latin d\u2019ailleurs) pour rendre exactement le mot hébreu du texte original : idgû, qui signifie « qu\u2019ils poissonnent en abondance ».C\u2019est également comme symbole de fécondité que le poisson apparaît dans une coutume qui était encore en usage il y a une soixantaine d\u2019années chez les Israélites de l\u2019Est.Après la célébration d\u2019un mariage, on plaçait un poisson frais sur le sol et les nouveaux époux devaient l\u2019enjamber sept fois, pour manifester leur espoir d\u2019une abondante postérité.Cette coutume peut aujour- d\u2019hui nous sembler étrange, si nous oublions celle que nous avons conservée de lancer du riz ou des confetti aux mariés, coutume qui nous vient de l'Asie, où elle est considérée comme un gage de fécondité.Pour revenir aux Hébreux de la Bible, les poissons dont ils ont pu se nourrir durant leur séjour en Egypte étaient surtout des espèces d\u2019eau douce.Les Egyptiens se sont peu adonnés à la pêche en mer.Parmi les poissons de la Méditerranée, il en est cependant qu\u2019ils pouvaient pêcher dans le delta, tels que les Mugilidés, qui s\u2019accommodent aussi bien des eaux saumâtres que salées ; parmi ceux-ci notons le Mulet gris (Mugil capito), le Mulet cabot (M.cephalus), le Mulet lippu (M.chelo).Ils pouvaient capturer les poissons anadromes tels que les Sparidés, qui gagnent les eaux douces pour frayer et remontent parfois très haut dans le fleuve, et l\u2019Alose feinte (Alosa fallax niloticus).Des poissons du Nil qui servaient de nourriture, mentionnons seulement ceux qui appartiennent aux familles suivantes : Mormyridés (une ou deux espèces seulement étaient considérées comme sacrées), Cypri- nidés (Barbeaux, dont le Bynni ou Lépidote, vénéré dans toute la vallée du Nil), Clariidés, Mochokidés, Serranidés (Perche du Nil) et Cichlidés ; le représentant le plus remarquable de cette dernière famille est le Tilapie du Nil (Tilapia nilotica), poisson sacré, mais dont la consommation n\u2019était pas interdite en tout temps PAGE 25 puisqu\u2019on le voit souvent figuré dans les fresques et les bas-reliefs des tombeaux, dont quelques-uns remontent à 3,000 ans avant Jésus-Christ : une de ces scènes montre un pêcheur capturant avec un double harpon un Tilapia nilotica et un Lates niloticus.Bien plus, l\u2019étude des inscriptions et des monuments a révélé que la pisciculture du Tilapie était pratiquée en Egypte au moins 2,000 ans avant notre ère.Tout cela permet de comprendre pourquoi les Egyp- tiens regardaient la destruction des poissons du Nil, à la suite du changement des eaux en sang, comme la plus terrible des dix plaies, après la mort des premiers-nés, « Ainsi parle Yahvé : voici qui te prouvera que je suis Yahvé.Du bâton que j'ai en main, je vais frapper l\u2019eau du Fleuve et elle se changera en sang.Les poissons du Fleuve crèveront et le Fleuve en deviendra si puant que les Egyptiens s\u2019efforceront en vain de boire son eau.» (Ex 7 17-18).« Les poissons du Fleuve crevèrent et le Fleuve en fut empuanti au point que les Egyptiens ne pouvaient plus en boire l\u2019eau.» (Ex 7 21).Cette plaie sera évoquée dans un psaume : « Il changea leurs eaux en sang et fit périr leurs poissons.» (Ps 105 29).« Les plaies d\u2019Egypte, dit De Fraine, visent à magnifier l\u2019intervention historique de Yahvé en faveur de son peuple au moment de l\u2019Exode.Pour souligner le caractère merveilleux, voire miraculeux de cette intervention providentielle, les narrateurs en ont accentué le côté prodigieux.L'année de l\u2019Exode a vu se dérouler, avec une vigueur inaccoutumée, une série d\u2019événements naturels, habituels en Egypte.» Sans doute celui de l\u2019eau changée en sang correspond-il au phénomène limnologique connu sous le nom de «fleur d\u2019eau » (en anglais, water- bloom), qui consiste dans la prolifération brusque, exubérante et passagère d'organismes aquatiques microscopiques ; dans le cas de la première plaie d\u2019Egypte, il PAGE 26 AB Scéne de péche au filet sur le Nil 1444 d'après un bas-relief du tombeou h:2 d'Aktihetep, grand-prêtre de la cin- ÿ quième dynastie (2500 ans avant J.-C.).Parmi les espèces repro- À duites figurent deux poissons sacrés, le Tilapie et le Mormyre.\"(Reproduction tirée du Bulletin des .Pêches de la FAO, Vol.X, no 4, octobre-décembre 1957, p.238).est fort probable qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une « fleur d\u2019eau » d\u2019algues rouges (Rhodophytes) ; sans être la cause directe de la mort des poissons, le phénomène a pu coïncider avec une épizootie que la tradition aurait amplifiée aux dimensions d\u2019une destruction totale de la faune du Nil.Après la dixième plaie, les Hébreux réussissent à s\u2019échapper sous la conduite de Moise.La sortie d\u2019Egypte eut lieu, semble-t-il, au XITI° siècle.On croit que Séti I fut le premier Pharaon à opprimer Israël : c\u2019est lui qui prit linitiative de restaurer Avaris, l\u2019ancienne capitale des Hyksos, qui deux siècles plus tard sera nommée Tanis ; le fils de Seti I, Ramsès II, est bien connu, surtout pour l\u2019admirable essor que prit l\u2019architecture égyptienne dans les dernières années de son règne.On pense en particulier au Grand Temple d\u2019Abou Sembel, remis particulièrement en lumière par les travaux gigantesques actuellement en cours pour soustraire ce monument à la submersion totale à laquelle le condamnait la construction du grand barrage d\u2019Assouan.Mais c\u2019est à la construction des forteresses de Pitom, située à Tell- er-Retabeh, et d\u2019Avaris, que les Hébreux furent employés.L\u2019Exode semble bien avoir eu lieu sous le règne de Ramsès II, car une stèle de Meneptah, son fils, qui fut aussi son successeur, révèle que ce dernier fit campagne en Palestine et y mentionne la présence, à ce moment, du « peuple d'Israël», qui avait donc déjà quitté l\u2019Egypte.Enfin libérés et engagés sur la route qui aboutira à la Terre Promise, les Hébreux garderont toutefois au moins un bon souvenir du pays des pharaons.Au début de la longue marche au désert, la manne a été accueillie avec joie, mais après « quarante ans » de ce régime, le peuple « à la nuque raide » commence à s\u2019en lasser et regrette la nourriture plus variée \u2014 poisson et légumes ACTUALITÉS MARINES fil ei dy on pére deo (190 en 8 splee ta el in ey More, eds Bling 10, ol, 1, ut tI, p20 fo digs 2 directe de Comoe a pliée aux \u20ac une du Ni CIE à sre {Faye mit que al Ct Teme cpl era OTR { bien co chin an ge.\u2018Abou Sex.ra gi tra Ce I fp conden an, Mas C8 uid Te x furent \u20ac sous le M i! son fl © ier ft shen, 41 je done \u2014 qu\u2019il a connue au pays du Nil : « Ah ! quel souvenir le poisson que nous mangions pour rien en Egyp- te\u2026 ! » (Nb 11 5).Entendant les pleurs et les murmures du peuple, Yahvé en ressentit une grande colère : « Vous mangerez de la viande puisque vous avez pleuré aux oreilles de Yahvé en disant : Qui nous donnera de la viande à manger ?Nous étions heureux en Egypte !.» (Nb 11 5).« Eh bien ! Yahvé vous donnera de la viande à manger.Vous n\u2019en mangerez pas un jour seulement, ou deux ou cinq ou dix ou vingt, mais bien tout un mois, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle vous sorte par les narines et vous soit en dégoût.» (Nb 11 19-20).C\u2019est le prodige des cailles ; le peuple en ramassa pendant tout un jour et toute une nuit et s\u2019en rassasia au point que plusieurs moururent « qui s\u2019étaient abandonnés à leur fringale ».Mais le mot hébreu, traduit ici par « viande », a le sens général de « chair », qui s'applique aussi bien aux poissons qu\u2019aux mammifères et aux oiseaux.Moïse le comprend ainsi, puisqu\u2019il dit à Yahvé : « Le peuple où je suis compte 600,000 hommes de pied?! et tu dis : Je leur donnerai de la viande à manger pendant tout un mois ! Si l\u2019on égorgeait pour eux petit et gros bétail, en auraient-ils as:ez ?Si l\u2019on ramassait pour eux tous les poissons de la mer, en auraient-ils assez?» (Nb 11 22).Les paroles de Moise révèlent que, dans la nourriture des Hébreux, la chair de poisson tenait une place aussi importante que la viande des autres animaux.Toutefois certains poissons étaient interdits.Le Lévi- tique définit les règles selon lesquelles certains ne peuvent être utilisés pour l'alimentation de l\u2019homme.Les animaux aquatiques sont divisés en purs et impurs : « Parmi tout ce qui vit dans l\u2019eau vous pourrez manger ceci.Tout ce qui a nageoires et écailles et vit dans l\u2019eau, mers ou fleuves, vous ne pourrez manger.Mais tout ce qui n\u2019a pas point nageoires ou écailles dans les mers ou dans les fleuves, entre toutes les bestioles des eaux et tous les êtres vivants qui s\u2019y trouvent, vous les tiendrez pour immondes.Tout ce qui vit dans Peau sans avoir nageoires ou écailles vous le tiendrez pour immonde.» (Lv 11 9-12).Le code deutéronomique répéte ces prescriptions : « Parmi tout ce qui vit dans l\u2019eau vous pourrez manger ceci : tout ce qui a nageoires et écailles, vous en pourrez manger.Mais vous ne mangerez point de ce qui n\u2019a pas nageoires et écailles : vous le tiendrez pour impur.» (Dt 14 9-10).Ni la Bible, ni le Talmud, qui apporte des précisions sur les animaux purs et impurs, ne donnent les motifs de ces prescriptions alimentaires.D\u2019après certains auteurs, elles auraient été empruntées aux Egyptiens.Sans minimiser l\u2019influence qu\u2019a exercée l\u2019Egypte sur la vie des Hébreux en général \u2014 car elle fut considérable à cause de l\u2019exil, mais aussi en raison de multiples contacts entre les deux peuples durant une période qui s\u2019étend sur plusieurs siècles \u2014 il faut admettre qu\u2019il existe des différences entre les prescriptions alimentaires de l\u2019un et de l\u2019autre peuple.L\u2019interdiction générale du poisson, au pays du Nil, ne s'applique qu\u2019au roi et aux prêtres, tandis qu\u2019elle vaut pour tout le peuple, chez les Hébreux ; ceux-ci en outre, ne reconnaissent aucun 1.Selon De Fraine, «la mention des 600,000 hommes en âge de service militaire est une impossibilité matérielle : en comptant les femmes et les enfants, on arriverait à un total d'environ deux millions d'émigrants\u2026 En fait, un bon millier de personnes ont dû prendre part à l'Exode ; mais, théologiquement, ce millier représentait le véritable Israël.» Vor 9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 poisson comme sacré et, par conséquent, n\u2019en interdisent aucun pour ce motif.Chez tous les anciens peuples tant de l\u2019Asie que de l'Afrique et, de nos jours encore, chez de nombreuses peuplades primitives, on rencontre des prohibitions analogues, pour des motifs religieux.A l\u2019origine des tabous, on trouve souvent une question d'hygiène.Ainsi quand le Talmud affirme que « de tous les fléaux du monde, les neuf dixièmes viennent des porcs », il nous rappelle que, dans beaucoup de pays, il existe de nombreuses infections dues à la Trichine et au Ténia, parasites qui sont transmis à l\u2019homme par la viande de porc.De plus les anciens supposaient que non seulement les reptiles, mais tous les animaux prédateurs possédaient du venin, Ils croyaient, de plus, que la nature de la nourriture exerce une influence sur la formation de l\u2019Âme : « Ne vous rendez pas vous-mêmes immondes avec toutes ces bestioles rampantes, ne vous contaminez pas avec elles et ne soyez pas contaminés par elles.» (Lv 11 44).Les Hébreux, comme nous le révèle le Talmud, considéraient tous les animaux aquatiques comme prédateurs, mais ne regardaient pas les poissons comme des animaux cruels « parce que la plupart avalent leur proie sans la guetter et sans la déchirer ».Par ailleurs, selon les conceptions du temps, l\u2019eau, grâce à sa vertu purificatrice, empêche les poissons d\u2019être des agents de transmission des maladies infectieuses.Les principes d\u2019hygiène morale et corporelle qui motivent la prohibition des prédateurs terrestres ne sont donc plus valables dans le cas des poissons.Des animaux aquatiques qu\u2019il est permis de manger, la Bible cite deux caractères : présence d\u2019écailles et pré- \u2018ence de nageoires ?.Ce dernier caractère permettait de distinguer les Poissons des Reptiles.Toutefois, malgré ses nageoires, l\u2019Anguille était considérée plutôt comme un Reptile ; même si on la regardait comme un poisson, il était défendu d\u2019en manger, car on la croyait privée d\u2019écailles.Les Lamproies *, qui sont réellement dépourvues d\u2019écailles, étaient naturellement interdites.Seules les écailles amincies en lamelles dites, aujourd\u2019hui, élas- moïdes \u2014 subdivisées en cycloïdes et cténoïdes \u2014 étaient regardées comme de vraies écailles.Les Requins et les Raies, chez qui les denticules font office d\u2019écailles, les Esturgeons *, dont la peau est protégée par des boucliers osseux (scutes), les Mormyres et, surtout, les Siluroidei ou « poissons-chats » (Bagridés, Malopteruridés, Siluri- dés, Clariidés), dont la peau est nue ou porte des papilles dermiques et, parfois, des plaques osseuses, étaient donc des poissons impurs.Il est remarquable que plusieurs espèces sans écailles, ou jugées comme telles, sont des poissons toxicophores : les manifestations morbides dont ils sont cause chez les sujets atteints sont déclenchées soit par inoculation de la toxine (poissons venimeux), soit par ingestion de la substance toxique (poissons vénéneux).Dans le groupe 2.Le Talmud réduit les deux caractères donnés par la Bible à un seul : la présence des écailles.3.Les systématiciens rangent aujourd\u2019hui les Lamproies, non plus avec les Poissons, mais dans un groupe séparé : le sous- embranchement des Agnathes.4.Les œufs de l'Esturgeon, dont on fait le caviar, provenant d\u2019un poisson impur, les Juifs leur ont trouvé un substitut : les œufs de Carpe.Toutefois, certains rabbins qui interprétent les prescriptions sur les aliments dans un sens plus large, affirment que les œufs n'ont rien d'impur, quelle que soit l'espèce dont ils proviennent.PAGE 27 des poissons venimeux, on trouve quelques espèces de Sélaciens, de Raies, de Silures, qui sont pourvus d\u2019un appareil inoculateur : épines ou aiguillons reliés à une glande à venin.La toxicité, variable avec les espèces et les régions, est beaucoup plus fréquente dans les eaux tropicales ou subtropicales.Parmi les poissons vénéneux, mentionnons certaines espèces de Requins et de Raies, quelques Tétrodons et plusieurs Siluridés.L\u2019ingestion de ces poissons produit divers empoisonnements dont la gravité varie avec la nature de la toxine en cause ; ils vont de simples troubles gastriques se manifestant par des nausées, des vomissements et de I'érythéme, jusqu\u2019aux paralysies, au coma et à la mort.Le parallélisme entre poissons toxicophores et poissons interdits permet de supposer que, si les motifs d\u2019hygiène corporelle (transmission de maladies) n\u2019ont pas déterminé la restriction alimentaire, la distinction entre poissons purs et impurs n\u2019en est pas moins liée à une question de santé.Une interdiction générale s'applique au sang des animaux, qui est considéré comme le siège du principe vital : « Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec son âme c\u2019est-à-dire le sang.» (Gn 9 4).Le Lévitique revient souvent sur cette prescription (Lv 2 17 ; 7 26 ; 17 12 ; 19 26).Le « document de Damas » y fait allusion particulièrement dans le cas du poisson : « Et qu\u2019on ne mange du poisson qu'après l\u2019avoir ouvert en deux tout vivant pour en répandre le sang ».Somme toute, le nombre d'espèces classées comme impures était restreint relativement À la grande quantité des poissons permis comme nourriture.En arrivant dans le pays de Canaan, les Hébreux retrouvent les poissons qui abondaient en Egypte et dont ils ont été privés dans le désert.Nous avons déjà mentionné, en parlant des patriarches, que les Cananéens du Bronze moyen, comme ceux du Bronze ancien et, bien avant, les hommes qui vivaient au paléolithique, au mésolithique et au chalcoli- thique, se nourrissaient de poisson.L\u2019entrée des Hébreux en Terre promise sous la conduite de Josué aurait eu lieu aux environs de 1180 avant notre ère.C\u2019était l\u2019Age du Fer moyen, dont de nombreux vestiges ont été mis au jour, particulièrement au cours des excavations pratiquées à Gezer.Parmi ces vestiges se trouvent des arêtes de poisson et des hameçons.Des poissons figurent sur des débris de poteries et apparaissent même sous forme de pendentifs.La « Terre où coulent le lait et le miel » se révèle en même temps, pour les Hébreux, celle où abonde le poisson.La paléontologie démontre que peu de changements se sont produits dans le climat et la faune du pays de la Bible depuis six mille ans.Les poissons que les Hébreux pêchaient dans les lacs et cours d\u2019eau de la Terre promise appartenaient en général aux mêmes espèces que celles qui se retrouvent à notre époque sur les mêmes territoires formant aujourd\u2019hui une partie de la Syrie et du Liban, la Jordanie et Israël.La faune aquatique y ressemble beaucoup plus à celle du nord-est de l\u2019Afrique qu\u2019à celle du reste de l\u2019Asie.Quelques genres et même certaines espèces du Nil se retrouvent dans le Jourdain et le lac de Tibériade !.Ce sont des Siluridés et des Cichlidés.1.Les désignations synonymes de « mer de Galilée », de « lac de Galilée » et de « lac de Génésareth » se rapportent à un seul et même lac, celui de Tibériade.PAGE 28 Les Hébreux croyaient à l\u2019existence d\u2019une communication souterraine entre le Nil et le lac de Tibériade.L\u2019historien Flavius Josèphe fait allusion à la croyance selon laquelle une des sources qui alimentent la mer de Galilée, près de Capharnaüm, « serait un bras du Nil, car on y trouve le poisson Korakinos (Clarias lazera) comme dans le lac situé prés d\u2019Alexandrie ».Un autre poisson du même genre, Clarias macracanthus, vit également dans le Nil et le lac de Tibériade, Rappelons toutefois que ces deux espèces de Clariidés étaient classées parmi les poissons impurs.Une autre famille très importante des eaux douces de la Palestine est celle des Cichlidés, qui compte également de nombreuses espèces dans le Nil.Parmi celles-ci nous avons mentionné le Tilapie du Nil (Tilapia nilo- tica), poisson sacré que les Egyptiens ont représenté dans les peintures des tombeaux et dont ils faisaient l\u2019élevage.Une espèce du même genre se trouve dans le lac de Tibériade, le Tilapie de Galilée (Tilapia gali- laea) ?.Les Tilapies voyagent en bancs près de la surface et leur nombre est parfois si grand, dit-on, que les mouvements de cette masse de poissons, dont la présence est signalée par l'agitation de l\u2019eau d\u2019où émergent des milliers de nageoires dorsales, font penser à une violente averse criblant la surface du lac.C\u2019est une richesse que les pêcheurs ne manquent pas d\u2019exploiter.Nous reverrons, dans le Nouveau Testament, ce poisson, qui, à plus d\u2019un titre, s\u2019est acquis une renommée toute particulière.Le lac de Tibériade sert d\u2019habitat à plusieurs autres espèces de Cichlidés du genre Tilapia et du genre Hemr- chromis.On y rencontre aussi les Cyprinidés (carpes et cyprins) et quelques autres familles *.Au nord du lac de Tibériade se trouve un lac beaucoup plus petit, le lac Hulé (Houlé, Houllé), connu aujourd\u2019hui sous le nom de Mérom ; Josèphe l\u2019appelle Zemachonitis (Semechonite) nom qui signifie « lac aux poissons ».Il est traversé, comme le lac de Génésareth, par le Jourdain qui prend sa source au pied de l'Hermon dans la région de Dan, soit à l\u2019extrémité nord de la Terre Promise.Ce fleuve qui coule dans la vallée du même nom, dite aussi vallée du Ghor, recueille sur son cours, tantôt lent, tantôt tumultueux, les eaux de plusieurs sources, ruisseaux et rivières.Les tributaires les plus importants sont le Yarmouk (Yarmuck) et le Yab- bok (Yabbog, Jabbok) connu aujourd\u2019hui sous le nom de Wadi Zerka (rivière bleue).Les poissons du Jour- dain et de ses tributaires appartiennent, pour la plupart, aux mêmes espèces que ceux du lac de Tibériade.En se jetant dans la mer Morte, les eaux du Jour- dain y entraînent une grande quantité de jeunes poissons, qui, stupéfiés par ces eaux impropres à la vie, deviennent vite la proie de nombreux oiseaux ou sont rejetés morts à la rive, qu\u2019ils jonchent par milliers près de l\u2019embouchure.L\u2019Arnon, rendu célèbre par la tribu de Ruben et connu aujourd\u2019hui sous le nom de Modjib, est, après le Jourdain, le plus important des cours d\u2019eaux qui abou- , 2.Tilapia galilaea a remplacé l\u2019ancienne désignation : Chromis SIMONIS, 3.Nous insisterons davantage sur les espèces du lac de Tibé- riade, dans la partie de cet article portant sur le Nouveau Testament.ACTUALITÉS MARINES im tele (That ni, nt repré Lk fag.TOUSE dar à (Toi [2 a de h i ton ques ton h me loù mere penser à a 1.Cet te 5 desi M, ce posts OTIC oe US ae gene Hom es ramps un lac be nil), co.one [ape Die «lac au : Gina, de [Heme 6 nord de: J valle 6 pelle sr aa de J plus ak Tab sous Je or os do Jor ir a plpe Thenade qu du Jour purs pi shied ais 00 4 piles prË je aber \u20ac ae 5 qu a an: { Jor: & The Bice poe 1% ifs ju Sinon J 3 TYR 3 $5 ¢ v & De Q Q CaruaRNALM Q y CY OQ mt dormer MT pHanoË 2 9 3 3 S ) OESEN-EZER Jor pi ®cuzen JEricHo .e43#H00 ®UiusaLam OAscaLoN f a0azs ENGOADI La Palestine au temps de l'Ancien Testament A MT HERMON Loc de Tibériade abbok @ #EsHBON MT NÉBO tissent à la mer Morte ; il abonde en poissons de toutes sortes.Plusieurs espèces habitent aussi les nombreuses sources qui alimentent la mer de Sel, même celles dont les eaux sont chaudes, salines et sulfureuses : ce sont toutefois des poissons de petite taille, de la famille des Cyprinodontidés, qui trouvent la mort à leur tour, quand ils pénètrent dans les eaux bitumineuses de la mer Morte.Aussi le prophète Ezéchiel, quand il veut illustrer, dans l\u2019une de ses visions, la régénération entière produite par l\u2019eau vivifiante, ne trouve-t-il pas d\u2019image plus forte que la description antithétique de ces eaux mortelles changées en eaux grouillantes de vie : « Partout où passera le torrent, tout être qui y fourmille vivra.Le poisson sera très abondant, car là où cette eau pénètre elle assainit et la vie se développe partout où va le torrent.Sur le rivage il y aura des pêcheurs.Depuis En-Gaddi, jusqu\u2019à En-Eglayim des filets seront tendus.Les poissons seront de la même espèce que les poissons de la Grande Mer, et très nombreux.» (Ez 47 9-10).A l\u2019ouest de la Palestine, le mieux connu des cours d\u2019eau qui se jettent dans la Méditerranée est sans doute le Kishon !.Cette rivière torrentueuse traverse la plaine d\u2019Esdrélon au nord du mont Carmel ; les chevaux et cavaliers de l\u2019armée de Sidéra y furent précipités par les Hébreux, dont la victoire est rappelée dans le Cantique de Débora et de Barag.« Le torrent du Qishôn les a balayés, le torrent sacré, le torrent de Qishôn ! » (Jg 5 21).Cette rivière héberge de nombreuses espèces dulcaquicoles et, près de son embouchure, quelques espèces de la Méditerranée qui s\u2019accommodent des eaux saumâtres, tels les Blenniidés.La Méditerranée, on le sait, est riche en poissons de toutes sortes.Parmi les principales familles, mentionnons les Clupéidés (Sardine, Alose, Alose feinte), les Mugi- lidés (Mulets), les Sparidés (Griset, Dorade, Pagre), les Mullidés (Rougets), les Sciaenidés, les Carangidés, les Coryphaenidés (Coryphène), les Labridés (Labre, Vieille) les Scaridés, les Thunnidés (Thons, Germon, Bonites), les Blenniidés (Baveuse), les Scorpaenidés (Rascasses), les Pleuronectidés (Plies) et les Solidés (Soles).Plusieurs de ces poissons étaient inconnus des Hébreux, qui péchaient surtout en eau douce.Contrairement aux Phéniciens, navigateurs habiles et audacieux qui ne craignaient pas de s\u2019aventurer fort loin tant pour la pêche que pour le commerce maritime, ils se sentaient peu attirés par la mer.Pour ne parler que du domaine de la pêche, il faut reconnaître que la faible partie de territoire qui leur appartenait le long de la Méditerranée ne favorisait guère une exploitation intensive des ressources marines.Les ports qui, par leur situation, convenaient le mieux aux flottilles de pêche étaient phéniciens : Tyr et Sidon, par exemple.Les Cananéens et les Philistins possédaient ceux qui étaient échelonnés sur la côte en descendant vers le sud, tels que Accho, Achzib, Ascalon.De tous les ports pouvant abriter une flotte de pêche considérable, il ne restait aux Hébreux que Joppé (aujourd\u2019hui Jaffa).La pêche relativement restreinte qu\u2019ils pratiquaient en Méditerranée ne leur fournissait donc qu\u2019une faible part des poissons marins dont ils étaient pourtant friands.Aussi en achetaient-ils aux Phéniciens, qui exportaient alors en grande quantité le poisson salé et séché.De tous les poissons pêchés et 1.On écrit aussi Kichone, Kison, Qishôn, Cisson.PAGE 30 exportés par les Phéniciens, le Thon était le plus recherché.Les pêcheurs de Sidon ?et de Tyr capturaient le Thon à l\u2019aide de madragues dans toute la Méditerranée.Déjà à l\u2019époque de Salomon, les pêcheurs phéniciens se rendaient, à la suite de leur flotte commerciale, à Chypre, en Sicile, en Sardaigne, en Afrique du Nord et jusqu\u2019en Espagne, dont les villes de Gades et, plus tard, de Cadix étaient renommées pour la qualité de leur poisson salé (Kolias).Il y a plusieurs espèces de Thons en Méditerranée, dont les Bonites, mais le plus important au point de vue économique est le Thon rouge (Thunnus thynnus) dont la taille peut atteindre 7 pieds *.Le Thon mariné et salé, que les Grecs appelleront téouyos et les Romains, salsamentum, était un mets très apprécié des Hébreux.Tout comme le poisson séché, il arrivait de Sidon à Jérusalem, où un vaste marché aux poissons était installé au nord de la ville.Ce marché a donné son nom à l\u2019une des portes de la cité de David : la Porte des Poissons (en hébreu, sa ar had- dâgim).Elle faisait partie du mur d\u2019enceinte construit au temps d\u2019Esdras et de Néhémie, comme le rapportent les Paralipomènes : « Les fils de Has-Senaa construisirent la porte des Poissons.» (Ne 3 3).« Après quoi il [Ma- nassé] restaura la muraille de la Cité de David, à l\u2019ouest du Gihôn situé dans le ravin jusqu\u2019à la porte des Pots- sons, » (2 Ch 33 14).Néhémie la mentionne de nouveau au sujet de la dédicace du rempart : « Je le suivis avec la moitié des chefs du peuple, par la crête du rempart, par-dessus la tour des Fours et jusqu\u2019à la muraille de la Place, puis par-dessus la porte d\u2019Ephraïm, la Porte des Poissons, la tour de Hannanéel, jusqu\u2019à la porte Probatique.» (Ne 12 38-39).La porte des Poissons donnait sur la vallée de Tyropoeon ; tout près se trouvait le marché où arrivaient les poissons d\u2019eau douce du lac de Tibériade et du Jourdain et les poissons marins débarqués à Joppé, à Tyr, ou à Sidon.Les Phéniciens, non contents d\u2019exporter le produit de leur pêche à Jérusalem, y avaient leurs comptoirs : « À Jérusalem même des Tyriens, qui habitaient là, faisaient entrer du pots- son et des marchandises de tout genre pour les vendre aux Judéens le jour du Sabbat.» (Ne 13 16).Néhémie reprocha aux autorités de tolérer cette infraction à la loi mosaïque et fut obligé de prendre des mesures rigoureuses contre les marchands pour les empêcher d\u2019exercer leur commerce le jour du Sabbat.Outre celui des Phéniciens, Jérusalem importait aussi le poisson salé de l'Egypte.Le seul poisson de mer pouvant parvenir frais à Jérusalem était celui qui était débarqué dans le port de Joppé.Il va sans dire que le poisson frais des eaux douces était aussi en vente sur le marché.À l\u2019instar des Phéniciens et des Egyptiens, 2.Le nom Sidon (aujourd'hui Saïda) vient du mot #saïd qui signifie poisson.3.Edouard le Danois dit dans son ouvrage: « Poissons », en parlant du Thon rouge : « son nom #anin figure parmi les rares poissons que cite la Bible».Rien n'est moins sûr.Le thon c'est le Oüvvoc des Grecs et le thynnus des Latins.Quant au mot hébreu tanin (tannin) il signifie monstre marin de grande taille, ui se rend par xTitoc, en grec, cetus (cete), en latin, et non par Üvvoc et thynnus.Même aujourd'hui, en Israël, on n'emploie pas le mot tannin (tanin) pour désigner les thons, qui s'appellent Tuna koola, Tuna erech hasnapir, Tuna nanasit, pour n'en citer que trois espèces.Le rapprochement entre «tanin» et «thon » est déduit d'une simple consonance et ne s'appuie sur aucune relation étymologique démontrée, et même probable.ACTUALITÉS MARINES | ga # Ï 25 a Touts or he Pit Jel en i os de gaie De 1 ess us TA amego lan a le Is a bs poy Elie fais toto fm lo eur a Bi qu si foe | pére, ons.( fan, le tit ni fe diol mentor lag leche i qe Alin i bt ie be Is ls Mi Qua ie Aly He lily i k li py, Lig Phe i ote Cy Uk Sde Cig hg SEU i, tte Th, i dy S 0c at Un ye Poon ity Ve mar 8 Ce mur th ggg , 4 bg Inte conn k Tappan ie ui [Ma Mid, à [og re des Pa 6 de noue e sus av to rape murale d im, la Pare a bs pore Poisons de $ 5e trouva douce du Lx 5 marins dé Phénicins êche à Jen sal Tête ver du oi ls vend 6), Néhème racion à b sure EU cher d'est porta aus de er po i qu dt ns due qu ep vente SU ; gles da mt juil ;\u2018 ¢ Poses 1 uni ls né Le lies po pe = dei les Juifs de l\u2019Ancien Testament salaient une grande partie du produit de leur pêche pour en faire bénéficier les habitants de la Palestine qui ne pouvaient se procurer de poisson frais._ | Hérodote rapporte que les Juifs de son temps fai- isaient sécher leurs poissons, les broyaient dans des mortiers et en faisaient des pains qu\u2019ils cuisaient au four.Toutes ces façons de conserver le poisson et de l\u2019apprêter étaient en usage sans doute depuis fort longtemps en Palestine et remontaient, pour une part, au temps de Pexil en Egypte ; d\u2019autres étaient empruntées des Cananéens, qui, avant l\u2019arrivée des Hébreux, se nourrissaient de poisson, comme l\u2019a révélé la présence d\u2019agrès de pêche et d\u2019arêtes parmi les vestiges de la période pré- sémitique.De nombreux passages de la Bible font allusion à diverses méthodes de pêche.Celles dont il est question dans l\u2019Ancien Testament sont le harpon, la ligne avec hameçon, et les différentes sortes de filets.La méthode la plus ancienne est sans doute la pêche au harpon.Portant une ou plusieurs barbelures, les harpons furent d\u2019abord faits d\u2019os ou de bois d\u2019animaux, puis fabriqués en métal ; ils sont encore en usage chez les peuples primitifs.II est question du harpon dans le livre de Job : « Cribleras-tu sa peau de dards, pique- ras-tu sa tête avec le harpon ?» (Jb 40 31).Il s\u2019agit toutefois, dans ce passage, de la capture du Léviathan ?, et non du poisson, mais le mot du texte hébreu original est harpon à poisson.L'hameçon est désigné par plusieurs mots dans la Bible.Le mot hébreu hoah signifie aussi bien un hameçon qu\u2019une épine?; le mot sén, gui signifie également épine, se traduit plutôt, sous sa forme plurielle sinnôth, par hameçons.Un autre mot nébreu, hakkah, se rend par « hamegon pour le poisson ».C\u2019est Job qui en parle le premier : « Et Lévia- than, le pêches-tu à l\u2019hameçon ?(Jb 40 25).Et Isaïe brédit dans un oracle contre l\u2019Egypte : « Les pêcheurs gémiront, tous ceux qui jettent l\u2019hameçon dans le Nil se désoleront.» (Is 19 8).Aucun passage de la Bible ne mentionne la canne à pêche (ou gaule) ; la ligne dont | est question est la ligne à main avec hameçon appâté (esche ou amorce de fond) *.On s\u2019étonne, parfois, du \u2018ait que les Israélites n\u2019ont pas utilisé la canne à pêche, à l\u2019instar des Egyptiens avec qui ils ont été souvent en zontact, particulièrement durant l\u2019exil.Il faut se rappe- er cependant que seuls le pharaon et les nobles pê- *haient pour leur plaisir et que le peuple égyptien, dont es loisirs étaient restreints, se servait plutôt de filets pour capturer le poisson destiné à son alimentation.Quant aux Israélistes, ils ne considéraient pas la pêche zomme un sport, mais seulement comme un moyen de iubsistance.Habaquq fait allusion à l\u2019hameçon, dans ce dialogue ou il se plaint à Yahvé de l\u2019oppresseur chaldéen : « Tu raites les humains comme les poissons de la mer, comme 1.Léviathan est le monstre marin du Chaos primitif ; ce 10m dérive d'une racine qui, en hébreu, signifie enroulement, pirale, anneaux (d'un serpent), et désigne tantôt le Dragon ou e « Serpent fuyard », tantôt le Crocodile ou quelque gigantesque erpent marin.Léviathan revient souvent dans la Bible, surtout tans Ézéchiel, Job, Isaïe et les Psaumes.2.Certaines peuplades primitives se servent encore d\u2019épines M Quise d'hameçons.3.I n\u2019y a évidemment aucune allusion, dans l'Ancien Testa- nent, à la mouche artificielle et à la pêche au lancer, qui étaient connues en Palestine.70L.9 \u2014 N° 1 \u2014 PRINTEMPS 1965 la gent qui frétille sans maître ! Il les prend tous à l\u2019hameçon, les tire avec son filet, il les ramasse avec son épervier.» (Ha 1 14-15).En plus de l\u2019hameçon, le prophète mentionne le filet et l\u2019épervier, les deux engins de pêche les plus importants qui aient été utilisés en Palestine.L\u2019un est la seine, munie de flotteurs et de plombs, qu\u2019on traîne pour enfermer le poisson, l\u2019autre est l\u2019épervier qu\u2019on lance de la rive, ou, le plus souvent, d\u2019un bateau, et qui rafle les poissons là où il tombe.Et Habaquq continue : « Aussi sacrifie-t-il à son filet, fait-il fumer des offrandes, brûle-t-il de l\u2019encens devant son épervier, car ils lui procurent de grasses portions et des mets plantureux*.Videra-t-il donc sans trève son filet.?» (Ha 1 16-17).C\u2019est sans doute aussi à l\u2019épervier que le prophète Isaïe fait allusion dans son oracle contre l\u2019Egypte : « Ceux qui jettent le filet sur les eaux se lamenteront.» (Is 19 8).La seine et l\u2019épervier étaient les méthodes employées couramment par les pêcheurs, car ce qui importait avant tout c\u2019était de capturer le plus de poisson possible.Dans un ouvrage récent portant sur les animaux dans la Bible, Roy Pinney prétend que les Hébreux de l\u2019Ancien Testament connaissaient peu de choses de la pêche *.Cette affirmation, pour le moins exagérée, ne tient pas compte des nombreux passages de l'Ancien Testament où il est question de la pêche.Sans avoir \u2014 il faut en convenir \u2014 l\u2019importance qu\u2019elle devait atteindre au temps du Christ, la pêche se pratiquait depuis des siècles en Israël.Les prescriptions du Lévi- tique sur les poissons purs et impurs, les plaintes des Hébreux qui regrettent, dans le désert, le poisson qu\u2019ils mangeaient en Egypte, les nombreuses allusions aux poissons indiquent que la pêche était bien connue chez les Israélites de l\u2019Ancien Testament, mais la meilleure preuve s\u2019en trouve dans les passages où le poisson et la pêche servent à illustrer une allégorie, une parabole, surtout chez les prophètes.La parole de Dieu est destinée à tous, aux humbles comme aux grands, aux illettrés comme aux savants ; elle doit être comprise par tous et rien ne frappe plus l'imagination populaire que les comparaisons prises dans la vie de tous les jours, que les images qui se rapportent à son milieu, à ses travaux et à ses coutumes.Ainsi, dans ses paraboles, Jésus parle des plantes et des animaux qui sont bien connus en Galilée et dans toute la Palestine ; souvenons-nous du figuier desséché, du lis des champs, du grain de sénevé, de l\u2019ivraie et du bon grain ; combien d\u2019allusions aux animaux familiers : les brebis et les agneaux, le bœuf et la poule qui « rassemble ses poussins sous ses ailes » ! Les paraboles du bon pasteur, du semeur, du moissonneur, du vigneron réfèrent à des métiers et à des occupations bien connus des foules que Jésus enseignait.4.Parmi les « manuscrits de la mer Morte », qui ont suscité tant d'intérêt depuis leur découverte en 1947 dans la grotte de Qumrân, se trouve Le Commentaire d'Habaquq ; peu de passages de cet ouvrage ont provoqué autant de discussions, chez les philologues et les exégètes, que celui où il est question du sacrifice au filet et d'offrandes à l\u2019épervier.D'après le Commentaire, les Chaldéens dont parle le prophète, ce sont les Kittim et « quant à ce qui est dit: C\u2019est pourquoi il sacrifie à son filet et brûle de Vencens a son épervier, cela signifie qu'ils sacrifient à leurs enseignes et que leurs armes de guerre sont l'objet de leur culte ».Les spécialistes discuteront encore longtemps sur cette glose pour le moins imprévue ! 5.«We must bear in mind the fact that before the New Testament times the Hebrews knew very little about fishing ».(The animals in the Bible, 1964, p.17).PAGE 31 On peut en dire autant des allégories, des métaphores, des paraboles de l\u2019Ancien Testament.Songeons à Job et aux trois sages, ses amis, à Tobie, dont l\u2019auteur connaissait la sagesse d\u2019Ahiquar, aux prophètes, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Osée, Michée, Habaquq, Sophonie, à tous ceux qui ont parlé du poisson et de la pêche, parce qu\u2019ils savaient que leur enseignement serait bien compris, parce que la pêche était chose familière aux Hébreux.La Genèse, après avoir relaté la création des Poissons, nous les montre mis par Dieu au service de \u2018homme et placés sous sa domination ; munificence du Créateur que David célèbre en s\u2019accompagnant de la harpe : « Tu l\u2019établis sur l'œuvre de tes mains, tout fut mis par toi sous ses pieds, brebis et bœufs, tous ensemble, les bêtes même sauvages, oiseaux du ciel et poissons de la mer parcourant le sentier des eaux.» (Ps 8 5-9).L\u2019Exode nous a rappelé que la destruction des poissons du Nil est pour les Egyptiens l\u2019une des plus grandes calamités.Nous avons vu, par ailleurs, Job, Isaïe et Habaquq faire allusion aux méthodes et aux agrès de pêche, Esdras et Néhémie, au marché et à la Porte des Poissons.Les Poissons rendent témoignage de la puissance du Créateur : « Les reptiles du sol te donneront des leçons, ils te renseigneront les poissons des mers.Car lequel ignore parmi eux tous que la main de Dieu a fait tout cela ! » (Jb 12 8).Ils tremblent devant lui, dit Ezéchiel, signifiant par là qu\u2019ils ne sont que de pauvres créatures devant sa majesté : « Alors trembleront devant moi les poissons de la mer.(Ez 38 20).La destruction des poissons marque la colère de Dieu : « Par une menace je dessèche la mer, je change les fleuves en déserts ; leurs poissons faute d\u2019eau, sont à sec et meurent de soif.» (Is 50 2).C\u2019est dans le même sens que le prophète Osée parle d\u2019une grande sécheresse, châtiment que les Israélites ont mérité par leurs fautes : « Aussi le pays est en deuil et tous ses habitants dépé- risent, jusqu'aux bêtes des champs et aux oiseaux du ciel ; même les poissons de la mer disparaissent ».Ainsi en est-il de la terrible prédiction de Sophonie : « Je supprimerai hommes et bêtes, je supprimerai oiseaux du ciel et poissons de la mer.» (So 1 3).« Ce jour-là \u2014 oracle de Yahvé \u2014 une clameur s\u2019élèvera de la porte des Poissons.» (So 1 10).La bénédiction de Dieu se traduit, au contraire, par l\u2019abondance des poissons ; l\u2019eau, que Yahvé fait jaillir du Temple et qui porte une merveilleuse fécondité, va assainir la mer Morte où «le poisson sera très abondant », dit Ezéchiel : « Les poissons seront de même espèce que les poissons de la Grande Mer, et très nombreux.» (Ez 47 10).L'Ecclésiaste (Qohélet) compare au poisson pris au filet l\u2019homme frappé subitement par le malheur : « L'homme ne sait pas son heure : comme les poissons pris au piège, ainsi l\u2019homme est surpris par l\u2019infortune, quand elle fond sur lui à l\u2019improviste.» (Qo 9 12).De même, il est dit dans une prophétie de Jérémie : « Voici : je vais envoyer quantité de pêcheurs \u2014 oracle de Yahvé \u2014 qui les pêcheront ».Ezéchiel prédit la chute de Tyr en ces termes : « Elle sera au milieu de la mer un séchoir pour les filets.» (Ez 26 5) et « Je ferai de toi un rocher nu, tu deviendras un séchoir à filets.» (Ez 26 14).La prédiction s\u2019est réalisée : sur emplacement de Tyr, il ne PAGE 32 reste aujourd\u2019hui qu\u2019une humble bourgade, Sour, dont la population vit surtout de la pêche ; le port à demi ensablé ne reçoit plus que de modestes barques de pêche ; le promontoire, où s\u2019élevaient autrefois les palais luxueux des riches marchands tyriens, est recouvert de filets que les pêcheurs y étendent pour les faire sécher, au milieu des ruines, comme l'avait prédit Ezéchiel.Malgré l\u2019importance de la pêche en Israël, rien ne permet d\u2019affirmer qu\u2019on y construisit des viviers pour les poissons, comme l\u2019ont prétendu certains auteurs.Parmi les ruines de Hesbôn, se trouve une citerne au- jourd\u2019hui désaffectée et ayant servi, à l\u2019époque de la Bible, à recueillir les eaux d\u2019un ruisseau \u2014 qui coule encore à cet endroit au pied de la colline \u2014 en prévision des périodes de sécheresse ; on a supposé que .cette citerne avait pu servir en même temps comme vivier pour le poisson qui abonde aujourd\u2019hui encore dans le cours d\u2019eau.On cite à l\u2019appui de cet avancé un passage du Cantique des Cantiques où l\u2019époux compare les yeux de la Sulanite aux citernes de Heshbôn : « Tes veux, les piscines de Heshbôn, près de la porte de Bat-Rab- him.» (Ct 7 5).Une ancienne traduction donnait, au lieu de « piscines », (du latin piscina), « viviers » (vivaria).Or dans le texte original en hébreu on ne trouve pas le mot poisson.Un autre passage de l\u2019Ancien Testament a auszi été considéré comme une allusion à l\u2019existence de viviers chez les Israélites Au chapitre 19 d\u2019Isaïe, le verset qui était rendu par : « Ils seront consternés ceux qui font des bondes et des étangs pour le poisson.» est devenu dans la version moderne : « Les tisserands seront consternés.et tous les ouvriers attristés.» (Is 19 10).On est loin des viviers ! Enfin un verset du livre de Job a aussi été interprété par certains auteurs comme référant à la conservation de poissons vivant dans une piscine.Dans ce passage où Yahvé demande à Job de quels moyens il entend se servir pour capturer Léviathan, se trouve le mot agmôn qui désigne soit une tige de jonc, soit un anneau.Si lon prend le mot agmôn dans le premier sens, il s\u2019agit d\u2019une allusion au moyen de fortune, utilisé par les jeunes pêcheurs à la ligne, pour tranporter le produit de leur pêche et qui consiste à enfiler les poissons sur une branchette! ; puis dans son autre sens le mot agmôn désignerait l'anneau qu\u2019on fixait à la mâchoire où à l\u2019opercule du poisson gardé dans un vivier et auquel était attachée une corde permettant de le tirer au moment voulu, comme cela se pratiquait chez les Egyp- tiens et, surtout, plus tard, chez les Romains.Notons qu\u2019en français, comme en hébreu, le mot jonc peut désigner aussi bien un anneau que la plante du même nom : « Fais-tu passer un jonc dans ses naseaux.?» (Jb 40 26).Plusieurs auteurs ont mis en doute la valeur de la relation faite entre le passage de Job et l\u2019existence de viviers en Israël, où, semble-t-il, on n\u2019a commencé à garder du poisson vivant dans les étangs artificiels qu\u2019au IVe ou au V° siècle après Jésus-Christ *.1.On conviendra que le moyen est peu pratique dans le cas du crocodile 2.Le mot bibar, qu'on trouve dans le Talmud est la traduction en hébreu du mot latin vivaria employé par les Romains ; le fait que le mot hébreu fait son apparition après le mot latin (environ 1,600 ans après l'Exode) démontre que sa création n'était pas justifiée plus tôt par l'usage courant de viviers en Palestine.ACTUALITÉS MARINES ik fy ; Pi.| piste ply i tH de fly ; } X ir, y IL el, RS Mat gy, Wt gy, Fe 6.i qu (iy Ep K que tee.Comme tr ENCORE ag iE 1 pate Mite fs n.Te i ie de Bit.in dong.Wie fy 00 1 ty, l'Ancien Tec sion à ls Au hei sero cons dans pou Doderne: ele IN ati i et mee | la consent ans ce pat ons 1 en\u201d trouve le 1: soin ane.premier #5 sise pr rer le pr.Js pisos JY oun bi IN 3 la mide vier et aug.Jp ther aut che bs Fe amet.Ne , nce IR ate di 5 para jp var & J «Jesse « 3 (omens wifes Ig Le Roussel, seul bateau équipé pour la cueillette des myes au Québec, reprendra Porta are la baie des Chaleurs.EE (0 TN TRL TE Ll ARS Le Body). \u2014 eZ ET \u2014 = EE SES Irmo T= ee Te Soma === = ===\" eT ÉÉCINNIÉÉ SI : So ss TI = = SNS ÉEs = a arcs Lo a ISIN ess \u2014\u2014\u2014 TT = me re EI eee rea _\u2014\u2014 Pe ENS \u2014_\u2014\u2014 = ER Us N= PASSE a rm = \u2014\u2014\u2014 To DVI DÉS ~\u2014 ees = = some _\u2014 = = SE == Te == II Des = _\u2014- \u2014\u2014\u2014\u2014 = \u2014 us = me rar == FI = Jr Sri ss Sem se EE == és) 4 = - \u2014or ~~ 1 mr = = I = marre TTT TT \u2014 I: == = il = Le 4 \u2014 Na CIN 7 NY == To Te Toe =I mes mess 3 mr re ss ss \u2014 eT oT ; ce Pt \u2014 Dre as nee mes => pa sr Québec == \u2014 om pri === I ; CITES Montréal a pr == ii ji eT = m7 2 À rs se ee = = pes ~ = ! 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