La revue acadienne, 1 avril 1917, Avril
[" LA REVUE ACADIENNE PUBLICATION MENSUELLE PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS 1ère ANNÉE AVRIL 1917 No.4 SOMMAIRE M.l\u2019abbé Henri-Raymond Casgrain - GERARD MALCHELOSSE L\u2019Esprit acadien, - - - - E.A.La population du Nouveau-Brunswick D.-T.ROBICHAUD Acadie et Acadiens - :- L\u2019ABBÉ A.-C.DUGAS \u201cPar chez nous\u201d.E.A.ABONNEMENT ANNUEL - - - DIRECTEUR: DR EDMOND-D.AUCOIN, DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE MONTREAL.REDACTION ET ADMINISTRATION: 1918, RUE SAINT-DENIS, i918 MONTREAL, éériatin did) - Quelques-uns de nos Abonnés \u2014\u2014_.(suite) MADAME Nap.-S5.LEBLANC - - - - - - Cap.-Pelé N.B.MADAME H.-C.LEBLANC - - - - - - - Cap.-Pelé N.B > ah de ANT a ah.M B Hon 1 NB M.L | NB | RE (4 Dr = = x N.S oN.ey N.B M.1, J xO P.Q | Ÿ EE = N ES A \u2014 \u2014 \u2014 = | N.E Dr AY \u2014\u2014\u2014 os \u2014_\u2014 === = P.Q I Dr a \u2014 % ba P.Q Dr py i 524 LY) 2 NIN NMNININININI NI NIN NI NINN Le P.O M Ds See?ÉÆ 5 N.E 3 UN ) 5 REVE a] | | NE N =! 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Ll Py Pa mt aa DAS, a Tor cas y ces Tes er re ee tts poo SCE Es a Bi AY 5 G Be a v 5 Ds eZ ee.: [XE NN] oo.Ne oo.eres os .es Shay o-P 9 Se 2 = SN \\ -.: 3 veo L NN N A RE = ve: SEN, KR 9 a a Sy DA NAY oO Lo x2 = DN Cas ESS x, seu.\" EN = 5 es casses _ Ss y ve cess RY GES AS oo RS \u201cNY eo = rs FN) : ou ON = .\u2026.SN N 4 Se A NS : eae 0 O ; A N 3 RS à Æ [NN To ee, N° : : fe ®e0 N 3 s Ce \u2019abbé H.-R.CASGRAIN 2 HIE OX x] : ree } SSO XS SN 5 9 2 XH I 0 SC SES LS 23 NSS \u2014 57 \u2014 çaise lui a décerné de beaux prix, ceux que l\u2019on doit le plus ambitionner; privilégiés sont nos compatriotes qui obtiennent cet honneur.Admis membre de la Société royale du Canada, lors de sa fondation par le marquis de Lorne, il en fut président général en 1889 et 1890.Il était aussi docteur ès-lettres, membre de la Société historique et littéraire de Québec, de la Société historique de Montréal, membre correspondant de la Société historique de Boston, de la Société de Géographie de Paris, etc, etc.L'abbé Casgrain appartenait à la jeune génération de 1860.Il est un deŸ écrivains qui participèrent au développement, pour ne pas dire à la naissance de notre littérature nationale.Il se fit remarquer de bonne heure par son talent brillant et ses aptitudes littéraires; son style coloré, sobre et descriptif, frappa toutes les imaginations: dès son premier coup, il fit sensation.Ce fut au mois de janvier 1860 qu\u2019il publia, en feuilleton, dans le \u201cCourrier du Canada\u201d sa première légende, le Tableau de la Rivière-Ouelle, qui devait être suivie de deux autres, les Pronniers canadiens et la Jongleuse.La presse salua le jeune auteur et l\u2019acclama en l\u2019appelant le \u2018\u2018Château- briand du Canada.\u201d Tant d\u2019encouragements et d\u2019appréciations flatteuses, justement mérités, décidèrent l\u2019abbé Casgrain à faire davantage pour les lettres canadiennes-françaises.Elargissant son premier programme il publia successivement : Légendes canadiennes (1861), Histoire de la Mère Marie de l\u2019Incarnation (1864), Biographies canadiennes, Vies des Saints (1868), Miettes poétiques (1872), Opuscules (1876) Histoire de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec (1878), Une paroisse canadienne au XVIIème siècle (la Rivière-Ouelle, 1880), Pèlerinage au pays d\u2019Evangéhne (1885), Montcalm et Lévis (1890-91), Une seconde Aca- die (1894), l\u2019Asile du Bon-Pasteur de Québec (1896), les Sulpiciens et les prêtres des Missions étrangères en Acadie (1897).L'abbé Casgrain a aussi pris une part active, avec l\u2019abbé C.- H.Laverdière, à la préparation de la superbe édition revue et corrigée des Œuvres de Champlain (1870) et du Journal des Jésuites.Il suffit d'y jeter un coup-d\u2019œil pour se convaincre des immenses recherches qu'ont dû faire les deux émules pour mener l\u2019entreprise à bonne fin.L'abbé Casgrain a, de plus, le mérite d\u2019avoir dirigé la publication annotée d\u2019une collection de documents inédits très importants qui se rattachent à nos dernières guerres françaises.Cette Collection de manuscrits, en douze volumes, contient: les lettres du RRR \u2014 58 \u2014 chevalier de Lévis, de Montcalm, de Bourlamaque, de Vaudreuil, de Bigot, de la cour de Versailles, et de divers particuliers ayant rapport à celles déjà citées, le journal des campagnes du chevalier de Lévis, ses lettres et pièces militaires, le journal de Montcalm, des relations intimes, etc., Ces documents disait un écrivain, sont des flambeaux qui éclairent la sombre mise en scène d\u2019une douloureuse épopée.Les Biographies canadiennes, sont des modèles du genre; elles offrent un intérêt particulier, tant à cause de l\u2019originalité du style que par les nombreux renseignements, toujours précis, que l\u2019auteur y étale : A.-S.Falardeau (1862), A.-E.Aubry (1865), G.-B.Faribault (1866), F.-X.Garneau (1866), la famille de Sales Laterrière (1870), P.-A.de Gaspé (1871), Francis Parkman (1875 et 1885), Octave Crémazie (1881), Antoine Gérin-Lajoie (1884), écrites et publiées à différentes époques.En 1861 étaient fondées les Soirées canadiennes, l'abbé Cas- grain en fut le directeur-adjoint et Hubert LaRue, le directeur.Et 1863 vit naître le Foyer canadien: l'abbé Casgrain y donna en 1866 le Mouvement litéraire en Canada.De 1884 à 1886 parurent les Œuvres complètes de l\u2019abbé Casgrain qui, malheureusement, ne sont pas \u2018complètes\u2019 puisque l\u2019auteur n\u2019en a pas continué la publication.On y trouvera cependant ses Légendes, Biographies canadiennes, l'Histoire de la mère Marie de Incarnation et l\u2019Histoire de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Aussi quelques variétés: Mzettes poétiques (neuf pièces de vers), Pèlerinage au Cayla, Excursion à l\u2019île aux Coudres, Lettres améri- caînes, l\u2019Ancien régime au Canada, Notre passé httéraire et nos deux historiens, Angéline de Montbrun par Laure Conan, Discours en faveur de la France, la Pêche aux Marsoumns, le Canada depuis l\u2019Union Afin de rendre cette nomenclature aussi complète que possible, notons en outre: Chauveau, étude critique (1872), Découverte du tombeau de Champlain par MM.les abbés Laverdiére et Casgrain (1866), Champlain, sa vie et son caractère (1898), Souvenances canadiennes, et la Vie de famille, restée inachevée.En 1872, l\u2019Opinion publique (Montréal) publiait des Szl- houettes d'écrivains canadiens, sous le pseudonyme de Placide Lépine: ce \u2018\u2018personnage mystérieux\u201d n\u2019était autre que MM.Cas- grain et Marmette.Ces écrits pleins de brio et de verve gauloise, firent sensation lors de leur apparition.On lut: J.-C.Taché, Geode Boucherville, A.Gérin-Lajoie, P.-J.-O.Chauveau; Joseph Mar- mette eut même la plaisanterie de \u2018\u2018silhouetter\u2019 son collègue, qui, lui, à son tour, dessina hardiment son compère.Voyant l\u2019embarras \u2014 59 \u2014 d\u2019un chacun, nos deux collaborateurs riaient de bon cœur.Un autre auteur, Jean Piquefort, (sir A.-B.Routhier) entra résolument dans l\u2019arêne (Pastels et Portraits, dans le Courrier du Canada), \u201cet planta son dard aigu dans le flanc sensible des hommes de lettres\u201d Un quatrième farceur, Hubert LeRue, prenant part à la dispute, riposta et publia dans l\u2019Evènement une série d'articles piquants intitulés Profils et Grimaces, auxquels, parait-il, n\u2019était pas étranger l\u2019abbé Casgrain.Figurez-vous la chose.Et l\u2019on riait encore plus fort.Aujourd\u2019hui, après quarante ans que ces \u2018coups de plume\u201d ont eu lieu, je songe à cette bonne camaraderie de l\u2019ancienne génération lettrée celle qui date de 1860, et je ne puis que regretter ce \u2018bon vieux temps\u2019\u2019.Cette intimité entre hommes de lettres existe-t- elle maintenant parminous ?Peu probable.Le patriotisme en souffre, n\u2019est-il pas vrai ?.Mais, j'y pense, ne devais-je pas plutôt bio- graphier l\u2019abbé Casgrain et non philosopher ?Rebroussons chemin et remettons à plus tard un sujet épineux qui devrait être traité plus au long.rem) mre L'abbé Casgrain est un de ceux qui ont le plus écrit sur l\u2019Aca- die.Peut-être même pourrait-on le classer au premier rang de ceux-ci.Outre son Pèlerinage au pays d'Evangéline, les Prêtres des Missions Etrangères en Acadie, et sa Seconde Acadie, il a donné quelques brochures, sur les Acadiens, édition intime, que je regrette n\u2019avoir pu consulter.Il a de plus publié dans la Revue Canadienne, en 1887, un long récit sur les Acadiens après leur dispersion.Le Canada-françars lui doit la rédaction des Documents inédits sur l\u2019A- cadre, et aussi trois intéressants articles: Coup d\u2019œil sur l\u2019Acadre avant la dispersion des Acadiens, Eclaircissements sur la queshon acadienne (serment d\u2019allégeance) et Montcalm peint par lui-même.L\u2019extrait des Archives de l\u2019Archévêché de Québec et de la propagande de Rome, en réponse aux \u201cMemoirs of Bishop Burke\u201d a été publié sous la direction de l\u2019abbé Casgrain.Les Acadiens doivent donc à l\u2019abbé Casgrain un tribut de reconnaissance: il le mérite, en effet.Il a parfaitement compris la grande injustice dont ils furent les innocentes victimes.Il a, pour ainsi dire, rétabli leur passé, leur histoire sur le point d\u2019être oubliée et méconnue.L\u2019abbé Casgrain a fait un acte de véritable patriotisme, et quoique ses ouvrages reposent sur des documents irréfutables, qu\u2019ils sont écrits avec sincérité et en un langage correct, il n\u2019en fut pas moins sournoisement attaqué.Mais l\u2019auteur de Montcalm et Lévis se défendit bravement, et prouva toute la vérité de ses avancés.Quoiqu\u2019il en soit, sa renommée est solide et brille d\u2019un éclat, que le temps, nous en sommes convaincus, ne saurait obscurcir, et son nom restera à jamais mémorable.J'aurais aimé développer cette trop courte appréciation mais un tel programme eut nécessité trop d'espace et je n\u2019oserais pas m\u2019accaparer toutes les pages de la \u201cRevue Acadienne\u201d J'espère néanmoins que ces lignes suffiront a faire comprendre le réle important qu\u2019a joué l\u2019abbé Casgrain au milieu de nous.Il a beaucoup écrit; son érudition était considérable.Il fut bien connu en France à cause des recherches historiques qu\u2019il fit aux archives de la marine à Paris, et aussi parce que son Pèlerinage au pays d Evangéline reçut les louanges de l\u2019Académie française.Son nom n\u2019est pas non plus étranger en Allemagne puisque son ouvrage sur la mère Marie de l\u2019Incarnation fut traduit dans la langue de ce pays.Au cours de ses voyages en Europe il découvrit de nombreux documents ignorés qu\u2019il copia et dont il enrichissait, plus tard, ses productions littéraires: ce qui fait, en somme.qu\u2019il donnait toujours du nouveau et \u2018\u201c\u2018débrouillait la trame des évènements à moitié oubliés ou mal compris.\u201d Je termine par le jugement suivant que M.Benjamin Sulte.l\u2019érudit historien, portait sur l\u2019abbé Casgrain, en 1889, et qui peut être encore d'actualité: \u2018Un écrivain limpide, au sens généreux, au patriotisme éclairé, maître de sa phrase, éloigné du boursoufflage si commun de nos jours.Un homme à l\u2019abord ouvert très sympathique, ayant beaucoup de monde, comme on dit, et causeur entraînant.Un ecclésiastique du genre bénédictin, c\u2019est-à-dire qui vit dans les livres et les vieux papiers.\u201cIl a pénétré par tous les passages souterrains de l\u2019histoire du Canada, et il sait en tirer des richesses de renseignements que sa plume éparpille dans la presse, avec une grâce de grand seigneur et d\u2019érudit habitué à recueillir le bon grain des archives pour le semer dans le champ public.\u201cLes belles manières, la cordialité, le mouvement de l\u2019esprit tout en dehors, ont attiré autour de l\u2019abbé Casgrain la jeunesse lettrée, où plutôt voulant devenir lettrée, celle qui depuis.trente ans, a formé le groupe de nos écrivains actuels.J'ai souvenance d\u2019avoir lu que le grand artiste, Michel Ange, marchait dans les rues entouré de peintres et de sculpteurs qui recherchaient sa compagnie.C\u2019est le cas de M.Casgrain.\u201d (1) Gérard MALCHELOSSE.1) Au nom des Acadiens, nous viendrons, plus tard nous aussi, rendre notre tribut d\u2019hommage 4 l\u2019Abbé Casgrain, qui a si bien écrit de nous.LA DIRECTION. \u2014 61 \u2014 L'Esprit acadien Un jeune homme de vingt-deux ans, élève en philosophie au collège de Sainte-Anne, N.-E., visitait un jour, sur les iles de la Madeleine, pendant les vacances, un de ses amis, qui, lui, était étudiant à l\u2019Université Laval de Québec.Après s\u2019être entretenus pendant quelque temps dans un petit cabinet d\u2019étude sur leurs beaux rêves de jeunesse, l'étudiant de Laval conduit son ami dans une chambre avoisinante pour le présenter à son grand père.\u2014\u201c\u201c\u2019T'enez, grand père, je vous présente monsieur X., un ami de la sagesse.\u201d Le vieillard acadien, le dos courbé par les années, laisse aussitôt tomber son journal à ses pieds en se levant de sa grande chaise pour tendre la main au jeune visiteur.| \u2014\u201c\u201cUn ami de la sagesse, articule l\u2019octogénaire en souriant, je connais bien des gens qui sont amis de l\u2019argent et qui n\u2019en ont point.\u201d E.À.La population du Nouveau-Brunswick L'autre jour, dans une appréciation du résultat des dernières élections provinciales au Nouveau-Brunswick, un jourñaliste irlandais d\u2019Ottawa, originaire de Saint-Jean, écrivait que les Irlandais catholiques forment les trois septièmes de la population de cette province et faisait allusion aux circonscriptions électorales où cet élément est en majorité.* Intrigué, j'ai consulté les rapports des deux derniers recense ments.J'ai dressé le tableau que je vous envoie avec prière de lui trouver une place dans la Revue Acadienne.(1) Ces quelques colonnes de chiffres permettront au lecteur de saisir, d\u2019un coup-d'œil, la juste composition de la population du Nouveau-Brunswick.J'ai emprunté ces chiffres aux rapports du recensement, et le calcul et la compilation des détails que j'en ai faits sont exacts, à l\u2019exception des taux de pourcentage où j'ai éliminé les fractions en donnant le chiffre approximatif.Il y avait donc au Nouveau-Brunswick, en 1911, 351,889 habitants.Il y avait 98,611 Acadiens ou catholiques de langue française, c\u2019est un synonyme, qu\u2019importe !\u2014et 46,278 Irlandais (1) Voir ce tableau, page 64. \u2014 69 \u2014 catholiques, y compris les autres catholiques à part les Acadiens.Il y a donc dans la province 144,889 catholiques, soit trois-septièmes environ de la population totale.Les Irlandais catholiques ne sont tout au plus que 13 pour cent de la population de la province et à peu près 32 pour cent seulement du nombre de catholiques; ils forment donc environ un-huitième et non trois-septièmes de la population totale.Maintenant, dans quels comtés les Irlandais catholiques sont-ils en majorité ?Dans Northumberland, oi ils sont plus nombreux, ils ne forment que 30 pour cent de la population, moins d'un tiers.Viennent ensuite la ville de Saint-Jean.où ils atteignent 27 pour cent; le comté de Saint-Jean avec 25 pour cent, soit un- quart et Ristigouche.où il n\u2019y en a que 13 pour cent.En aucune circonscription, donc, ne sont-ils en majorité.Par contre.les Acadiens forment 94 pour cent de la population de Madawaska; dans le comté de Gloucester, 85 pour cent; dans Kent, 72, et dans Ristigouche, 52 pour cent.De 1901 à 1911, la population du Nouveau-Brunswick s\u2019est accrue de 331 120 à 351 889.soit une augmentation de 20,769.I es Acadiens se sont multipliés à raison de plus de 23 pour cent et ont contribué 18,632 à l\u2019augmentation totale.Le reste des habitants de la province, comprenant ceux, de langue anglaise et ceux de dix- huit autres nationalités, et répartis en une vingtaine de croyances religieuses différentes, ont fourni 2,137, soit une augmentation de moins de 1 pour cent (.0085).En admettant que les éléments composant la population du Nouveau-Brunswick se développent, depuis le dernier recensement, dans les mêmes proportions qu\u2019auparavant \u2014bien que les rapports des derniers recensements accusent une augmentation dans le taux d\u2019accroissement chez les Acadiens et une diminution du taux chez les autres éléments.\u2014les habitants d\u2019origine française auront atteint, en 1921, 121,287, et les autres 255, 430.En 1961, c\u2019est-à-dire dans 44 ans, il devrait y avoir dans la province, environ 281,000 Acadiens et 264,000 habitants de langue anglaise, etc.Nous serons donc en maiorité, alors; peut-être avant.Je crois que le recensement de 1921 nous réserve des surprises.Je préparerai pour le prochain numéro de la Revue Acadienne un tableau semblable en rapport avec la population de la Nou- velle-Ecosse.L'Ile du Prince-Fdouard aura ensuite son tour.D.-T.ROBICHAUD. SWICK NOUVEAU-BRUN Pourcentage COMTÉS Catholiques autres que les Acadiens Anglais et protestants : Acad Autres cathol Angl.& protest Population Acadiens \u2014\u2014\u2014\u2014 | Catholiques | f | Albert Ce ee ee ee ee 691 155 673 5 | © = 07 02 05 93 274 424 150 19 022 12 02 10 88 Carleton 21 446 Charlotte 21 147 244 262 018 18 885 11 02 09 89 Gloucester 32 662 27 732 30 148 416 514 92 85 07 08 204 78 72 06 22 Kent se eee eee eee 24 376 17 436 19 172 736 King\u2019s Cee eee eee eee 20 594 202 266 064 18 328 11 01 10 89 16 863 15 757 16 46 705 401 98 94 04 02 Madawaska Northumberland 31 194 818 16 298 480 14 896 52 22 30 48 10 897 80 842 762 10 055 085 008 08 915 Queen's.069 482 65 52 13 35 Ristigouche 15 687 136 10 205 Saint-Jean, cité 42 511 530 12 171 11 641 30 340 28 01 27 72 11 061 465 255 790 806 29 04 25 71 Saint-Jean, comté 05 10 85 Sunbury 219 267 917 650 302 15 11 359 723 966 243 393 35 24 11 65 Victoria 15 532 731 17 744 47 42 05 da Westmorland.33 276 13 801 Moncton, ville 11 345 280 a 382 102 963 39 29 10 61 York fee ee ee ee ee see 31 561 711 ow 914 CO - \u2014 = 203 27 647 12 02 10 88 351 889 98 611 144 889 46 278 207 000 41 28 13 59 \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 + SUE TERED PATATE mp 3 \u2014 64 \u2014 Acadie et Acadiens (1) Conférence faite à Montréal à un euchre acadien sous le pa- trônage de la société de l\u2019Assomption et de la succursale Abbé Cas- grain le 17 novembre 1915.M.le Président honoraire, M.le Président actif, Mesdames et Messieurs, En connaissant le dessous des cartes, vous seriez étonnés de me voir à cette fête en compagnie de M.J.Richard, curé de Verdun et d\u2019y paraître à l\u2019état de compère-compagnon, tout en étant amis d\u2019enfance.Car c\u2019est bien lui \u2014 je l\u2019en charge de tous mes soup- çons\u2014qui a soufflé mon nom comme conférencier à cette fête d\u2019Acadiens.Malgré ce petit coup de Jarnac, je n'en regarde pas moins M.Richard avec un œil bienveillant, me rappelant la parole du bon saint François de Sales à l\u2019un de ses adversaires: \u2018Vous êtes mon ennemi, mais soyez assuré que lors même que vous m\u2019arracheriez un œil, je vous regarderais de l\u2019autre avec bienveillance.\u201d Ceci règle définitivement mon cas vis-à-vis de mon confrère, mais non pas sa position en rapport avec cet imposant auditoire qui ne lui pardonnera pas facilement de faire comparaître un aussi piètre conférencier que le curé de Saint-Clet (depuis curé de Saint-Poly- carpe).Mais la question s\u2019aggrave encore d\u2019une situation délicate par le fait qu\u2019un Acadien de la province de Québec veuille entretenir des Acadiens de là-bas, de vrais Acadiens, sur leur propre patrie.Malgré mon peu de loisirs et les travaux toujours prenants du ministère, j'accepte cette anomalie, avec l'espérance d\u2019être utile et même de plaire\u2014utle dulci\u2014ce qui est la perfection du genre à laquelle il faut tendre.Plusieurs fois j\u2019eus la bonne fortune de descendre au pays d\u2019Evangéline et de le visiter par tranche, si je puis dire ainsi, mais surtout à deux époques mémorables: le congrès d\u2019Arichat et la consécration épiscopale de Mgr Leblanc.Le mot Acadie a toujours résonné à mon oreille comme une harmonie douce et pieuse, comme un chant plein de mélancolie; c\u2019est pour moi le souvenir de la première patrie absente, la terre primitive de mes ancêtres de laquelle on les a cruellement enlevés comme une main criminelle saisit un tendre fruit vert et l\u2019arrache de l\u2019arbre qui lui devait la maturité.Bercé dès ma plus tendre en- (1) La seconde partie paraîtra en mai prochain. \u2014 65 \u2014 fance des récits douloureux des événements qui ont précédé, accompagné et suivi la dispersion de 1755, je me trouvai plus tard comme atteint de nostalgie: je voulais voir Port-Royal, Grandpré, Beaubassin, la baie Française; prier sur les tombes d\u2019êtres aimés.Ce rêve de ma jeunesse se réalisa d\u2019abord en 1899 et voici ma première entrée dans l\u2019Acadie.C\u2019était le 12 juillet, fête des Orangistes unis dans un même sentiment de hajne contre l\u2019Eglise, la religion, et le clergé.La gent couleur d\u2019orange avait organisé pour 1 h.30 m.du matin un train d\u2019excursion de Dalhousie, N.B.a Saint-Jean.Tous les trains a notre usage étaient partis, quand un ordre supérieur de Moncton nous vint de prendre le train jaune.Mais que diable allions-nous faire dans cette galère ?Quatre prêtres Canadiens- français parmi ces fanatiques, au milieu de la nuit, à cette fête où bouillent les plus mauvais instincts me rappelaient irrésistiblement le damnatus ad bestias des Romains \u2018\u201cle condamné aux bêtes.\u201d.Nous voilà donc installés sur deux banquettes et cause involontaire d\u2019une surprise étrange.On entre, on nous regarde, on nous épie, on sort, on cause par groupes; on revient, on nous examine \u2018\u2018le blanc des yeux\u201d; enfin ce fut une mise-en-scène propre à nous convaincre que que nous étions pour eux comme des cheveux sur la soupe et pour le moins surnuméraires.Il fallait pour eux trancher le nœud de la question; un envoyé spécial, sorte de bouc émissaire vint nous commander au nom de ses copains, de déguerpir au plus vite, car le train était bien à eux, loué pour une excursion.A cette sommation, nous faisons sourde oreille, sans dire un mot, ni faire un mouvement: l\u2019émissaire avait raté son coup.Le président, suffisamment désigné par un large collier d\u2019or sur fond écarlate, arrive à son tour pour nous sommer de nous rendre.Malgré ce dernier et solennel ultimatum, nous ne cédons pas un pouce.Il alla se plaindre au chef du train et comme \u2018\u2018le corbeau de l\u2019arche\u201d\u2019, il ne revint pas; la victoire nous restait.;\u2018 Messieurs et chers compatriotes, il n\u2019y a pas de quoi chanter cette entrée trromphale en Acadie, mais je crains beaucoup pour vous et pour moi, l\u2019insuccès du voyage de ce soir à la patrie absente.Tout va se réduire en cette causerie à une leçon de géographe.et d'histoire.Dans la première partie, nous verrons ce qu\u2019était l\u2019ancienne Acadie; dans la seconde, ce qu\u2019étaient les Acadiens.I L'histoire de l\u2019ancienne Acadie, longue de cent vingt-trois ans (1632-1755) se déroule sur les bords de la baie Française ou de \u2014 66 \u2014 Fundy, est remarquable et intéressante par ses combats par ses héros comme aussi par ses malheurs et c\u2019est par ce trait surtout, que je compte vous intéresser car vos cœurs vont s'attacher à ce peuple et à ce sol marqués du sceau de l\u2019épreuve et de la persécution et à cause de cela plus digne de compassion car res sacra miser comme le disait l\u2019antiquité: \u2018le malheureux est une chose sacrée et digne de compassion.\u201d La Belgique violée et piétinée sous les bottes allemandes fait l\u2019admiration du monde; sa valeur et sa loyauté courent la terre'et les mers et volent de bouche en bouche.L\u2019Aca- die eut aussi sa célébrité et ses malheurs furent chantés en plusieurs langues.(Il est bon de remarquer que les toutes premières années de notre patrie n\u2019appartiennent pas à l\u2019histoire).Cette baie Française qui se nomme aujourd\u2019hui baie de Fundy sépare la Nouvelle-Fcosse du Nouveau-Brunswick et mesure exactement 120 milles de long sur 45 de large.Ainsi resserrée entre des côtes très escarpées elle se distingue entre toutes celles du monde entier par ses marées qui passent pour les plus hautes de l\u2019univers, car le flot s\u2019élève jusqu\u2019à 60 pieds et est violemment repoussé dans les rivières jusqu\u2019à plus de 10 lieues.Sur la rive sud on voit une haute chaine de montagnes bleues qui tout à coup se brisent et s\u2019abaissent vers la mer pour ouvrir un somptueux passage en une porte magnifique de 1200 pieds de large et qu\u2019on appelle la gorge ou le détroit de Digby.C\u2019est l\u2019entrée de l\u2019Acadie proprement dite; c\u2019est par là que sont entrés tous les vaisseaux français portant les premiers colons de l\u2019Acadie.C\u2019est aussi par là que sont sortis, lors de l\u2019expulsion de 1755 appelée par le peuple acadien le grand dérangement, les vaisseaux de transport américains chargés de leur cargaison humaine.En face de cette porte grandiose ouverte par le Tout-Puissant dans le flanc de la montagne, s\u2019étend, au sud, la baie appelée jadis de Port-Royal et nommée par les Anglais: \u2018\u2018baie d\u2019Annapolis\u201d magnifique nappe d\u2019eau de sept lieues de circonférence.A quelques milles plus à l\u2019est, les deux rivières Annapolis et Allan se réunissent avant de tomber dans la baie; c\u2019est là que fut Port-Royal fondé par les Français en 1605 et ainsi nommé par la beauté de son port.Autour du bassin de Port-Royal s\u2019élève en échelons un immense vallon circulaire qui forme la belle vallée d\u2019 Annapolis qui fait 'admiration des touristes.Un de mes confréres, ancien éléve de Joliette M.Lippé, en parlant du Mexique dont il a fait son Tour du Mexique, me disait : \u201c\u2018J\u2019ai visité les Etats-Unis, le Mexique et je n\u2019ai rien \u2014 67 \u2014 vu de plus beau que cette vallée d\u2019Annapolis.C\u2019est donc avec raison qu'on la nomme : \u201cle jardin de la Nouvelle-Ecosse.\u201d C\u2019est comme les côteaux des environs de Montréal, a Notre-Dame de Graces.Sur les deux rives de la rivière Annapolis s\u2019établirent d\u2019abord nos ancêtres chez lesquels règnait une grande abondance.C\u2019est en 1632 et les années suivantes que de Razilly et d\u2019Aulnay amenèrent de France \u2018\u2018300 personnes d\u2019élite\u201d dit la Gazette de Renaudot, environ quarante familles qui forment le noyau de la race acadienne et parmi lesquelles je vois avec émotion la famille Dugas a laquelle j\u2019appartiens par mon pére et Martin qui est celle de ma mère.Pardon de cette confiante allusion; elle servira a m\u2019accréditer auprés de vous et me tiendra lieu de quartiers de noblesse.La première paroisse fondée fut celle de l\u2019Assomption ou de Saint-Jean-Baptiste de Port-Royal desservie d\u2019abord par les Récollets, puis par des prêtres séculiers, et enfin par les Messieurs de St-Sulpice.Mais quand les abeilles deviennent trop nombreuses, elles vont fonder d\u2019autres colonies; elles essaiment.Il en fut ainsi des Acadiens.D\u2019après le recensement de 1671, il y avait aux environs de Port-Royal une soixantaine de familles réduites à quarante, en réunissant celles du même nem.À l\u2019expulsion, il y avait 2000, communiants répartis en douze lieues d\u2019étendue.Par suite de la hauteur des marées, de vastes terrains se trouvaient noyés, mais d\u2019une grande fertilité, à cause du fonds d\u2019alluvion apporté par la baie.Au fond de cette baie de Fundy s\u2019ouvrent comme deux bras qui en sont le prolongement : plus au nord, (à 48 lieues de Port-Royal par terre) est la baie de Chinectou ou de Beaubassin: plus au sud, est celle des Mines, séparée de celle de Chinectou par le cap de Chi- nectou; et enfin la baie de Côbequid, dernier repaire des eaux de la baie Française.C\u2019est autour de la baie de Chinectou que se forma vers 1676 par l\u2019entreprise de Jacques Bourgeois, chirurgien et cultivateur de Port-Royal, la paroisse de Ste-Anne de Beaubassin \u201coil les prairies étaient si grandes qu\u2019on pouvait y nourrir 100,000 bêtes à cornes, \u2018disait M.de Meules.À la veille du grand dérangement vers 1753 Ste-Anne de Beaubassin avec ses dessertes, comptait près de 3,000 communiants.Mais la force d\u2019expansion acadienne n\u2019était pas \u2014 68 \u2014 éteinte, loin de là, et le sieur de Dierville pouvait dire avec raison: \u2018Il faut voir comme la marmaille fourmille dans chaque foyer\u201d.Ainsi deux auteurs acadiens vont essayer de transporter sur un autre coin du territoire le plan de colonisation du chirurgien Jacques Bourgeois.Voila pourquoi en 1680, on voit Pierre Melançon et Pierre Therriau quitter Port-Royal.De quel c6té vont-ils diriger leurs pas et planter leurs tentes ?Dans leurs fréquentes excursions par eau, ils avaient souvent remarqué la région du sud de la baie des Mines séparée elle-méme de la baie Frangaise par le cap Porc- Epic nommé par les Anglais Blomédon, et I'avaient baptisée a cause de son immense et unique prairie, la \u201cGrand Prée des Mines\u201d sillonnée par une multitude de petits canaux et de rivières dans lesquels s\u2019engorgeaient et se dégorgeaient les marées.Nos deux colons Melançon et Therriau quittent donc Port-Royal vers 1680 pour se rendre aux Mines (à 23 lieues de Port-Royal) assez vastes pour former plus tard quatre paroisses : St-Charles de la Grandpré (Wolfville) avec 1000 communiants et 4 lieues d\u2019étendue St-Josephe de la rivière aux Canards (Horton) avec 500 communiants et 4 lieues d\u2019étendue; Ste-Famille et l\u2019Assomption de Pigiquit (Windsor), avec 1800 communiants et 12 lieues d\u2019étendue (ce sont les chiffres d\u2019un mémoire fait en 1753).2 Enfin à 18 lieues de Grandpré qu\u2019on pourrait exactement appeler le \u2018\u2018centre de l\u2019Acadie\u2019\u2019,sur un prolongement de la baie des Mines, la baie de Cobequid\u2014un acadien du nom de Mathieu Martin (à qui on accorda une seigneurie et dans l\u2019acte de laquelle on mit: M.M.de St-Martin tesserand par la grâce de Dieu et seigneur par la grâce du Roi.Par un seul trait de plume, il était bombardé gentilhomme !) établit en 1689 un centre de colonisation noyau de - la paroisse des Saints Pierre et Paul de Cobequid dont la population en 1753 se chiffrait par 800 communiants sur son territoire de 12 lieues.(Truro).Ce n\u2019est pas encore tout.En 1698 un cultivateur de Port- Royal, à la tête de sept garçons, voulut, lui aussi, fonder un établissement au nord de la baie Française.Il s\u2019établit à Chipody.Trois rivières se jettent au nord de cette baie: Chipody, Petitcodiac et Memramcook qui elles aussi, se développent au point de former plus tard trois grandes paroisses et une mission à St-Jean.Voilà ce qu\u2019était l\u2019Acadie vers 1755, sans compter -plusieurs autres groupes et petites missions.Il y avait encore les établissements de l\u2019Ile St-Jean aujourd\u2019hui île du Prince Foduard colonisée \u2014 69 \u2014 en 1720 et les années suivantes, et dans laquelle se trouvait lors de la dispersion de 1758, par suite de l\u2019émigration, une population totale de 6000 âmes.Il faudrait ajouter à cela l\u2019Ile Royale ou du Cap-Breton.Il y avait donc en Acadie, à l\u2019époque de l'expulsion 10,000 à 15,000 âmes issues des quarantes familles primitives et sans aucun secours d\u2019émigration étrangère.L\u2019Acadie proprement dite comprenait donc l\u2019Etat du Maine le sud du Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Fcosse.Voilà en peu de mots ce qu\u2019était l\u2019ancienne Acadze que Longfellow appelle \u201cthe home of the happy\u2019 \u2018le séjour du bonheur.\u201d dans son fameux poéme intitulé Evangéline dont le nom reste.Et on dit aujourd\u2019hui le pays d'Evangéline pour indiquer l\u2019Acadie.Mais en passant, Qu'est-ce que l'Evangéline ?C\u2019est un livre où le beau, le bien et le vrar sont unis; \u2018c\u2019est l\u2019histoire la plus simple du monde renfermée dans un cadre d\u2019une magnificence sans égale\u2019; \u2018le poême des larmes essuyées.\u2018\u2018dit Godefroy Kurth.Son auteur est le plus célèbre poète américain : Henry Longfellow, né à Portland, Maine en 1807 et mort à Cambridge en 1882, \u2018après une des plus belles et des plus fécondes carrières que les lettres aient eu à enrégistrer de nos jours\u201d (Kurth.) Evangéline est le récit des souffrances de la déportation des Acadiens: le poète chante aussi le bonheur et les mœurs douces et paisibles du peuple martyr.Rameau de St-Père dans son ouvrage Âcadiens et Canadiens dit : \u2018\u2018Evangéline est la fille d\u2019un riche cultivateur des Mines (de St-Charles de la Grandprée) et ses fiançailles se célèbrent le 4 septembre 1755, veille de la suprême trahison.Le lendemain, au moment où le mariage vient d\u2019être bénit, Evangéline (Bellefontaine) est entraînée d\u2019un côté et Gabriel Lajeunesse son époux de l\u2019autre et conduits tous deux en exil dans la Nouvelle-Angleterre.\u2018Ils passent leur vie à se rechercher l\u2019un l\u2019autre, mais sans succès.Ce n\u2019est qu\u2019à la fin de leur existence qu\u2019Evangéline et son mari finissent par se rencontrer dans un hôpital de Philade!phie où Evangéline devenue en quelque sorte sœur de charité, soigne les malades et retrouve son Gabriel mourant sur un grabat.\u201d L'ouvrage commencé en 1845 fut publié en 1847.(Qu\u2019on nous permette de signaler en passant que les noms de Gabriel et d\u2019Evangéline ne sont pas de facture acadienne ni extraits des registres paroissiaux).A.-C.DUGAS, ptre (1) Les Acadiens ont aussi un journal nommé l\u2019Evangéline. \u2014 70 \u2014 \u201cPar chez nous\u201d Nous ne pouvons qu\u2019applaudir à l\u2019heureux mouvement des Acadiens en faveur d\u2019une souscription pour élever un monument historique et religieux ( je suppose) sur les lieux sacrés de l\u2019ancienne église Saint-Charles, à Grand-Pré, Nouvelle-Ecosse.L\u2019artiste qui aura a créer cette piéce d\u2019art, tiendra, sans doute, à y voir figurer, à côté du vieillard acadien, le sympathique auteur d\u2019Evangéline avec son parchemin à la main, et le digne abbé Casgrain à l\u2019œil scrutant les manuscrits.Aussi, assis à la \u2018table ronde\u201d il serait juste de leur associer Rameau de Saint- Père, cet ami sincère des Acadiens ébauchant ses volumes sur l\u2019Acadie.La revue historique acadienne ne saurait s\u2019inspirer à de meilleures sources pour rendre justice à la cause.o\u2014 Pendant les années qui ont suivi la publication du volume intitulé: \u201cSelecthons from The Public Documents of The Province of Nova -Scotia, édité par T.-B.Akins (1869) l\u2019on pouvait peut-être, avec beaucoup d\u2019indulgence, apporter certaines circonstances atténuantes aux faux jugements passés par plusieurs historiens, du type d\u2019Hannay, sur les causes du grand dérangement.Mais aujour- d\u2019hui que les rayons de lumière ont brillé sur cette question, grâce aux œuvres de Philippe Smith; de l\u2019abbé Casgrain et d\u2019Edouard Richard et de quelques autres, on se demande comment des écrivains fanatiques peuvent encore essayer de justifier la dispersion des Acadiens.M.l\u2019abbé François Bourgeois en signale un, avec raison, dans les colonnes de l\u2019Evangéline du 11 courant.M.Beckles Willson, un (Blokie), a livré au public en 1911 un volume intitulé: \u2018Nova Scotia\u201d\u2019 dans lequel les fausses assertions sur les Acadieñs pullulent.Nous reviendrons sur ce sujet.0 C\u2019est par erreur que nous disions dans le numéro de mars que le nombre des Acadiens-français éfus à la Législature du Nouveau-Brunswick était monté a dix \u201cde deux qu'il était auparavant\u2019.: Le résultat des élections de 1912 donnait huit représentants acadiens : (pour les deux partis) l\u2019honorable Dr Landry et le Dr T.-J.Bourque (ce dernier est sénateur aujourd\u2019hui) dans le comté de Kent, l\u2019honorable D.-M.Melançon dans Westmorland, MM.J.-B.Haché et M.-J.Robichaud dans Gloucester et MM.L.-A.Dugal et J.Pelletier dans Madawaska.O Nous.offrons nos sincères félicitations à Monsieur Casimir Hébert qui vient d\u2019être nommé consul du Pérou à Montréal.M.Hébert, vous le savez, est un descendant de cette \u2018modeste lignée des aïeux acadiens\u201d à l'hommage de laquelle il a écrit tout dernièrement des mots de respect filial.A cause des devoirs imposts par cette nouvelle charge, le \u201cPays Laurentien\u2019 ne sera plus sous la direction de M.Hébert.M.Gérard Malchelosse devient le seul propriétaire de cette jeune revue laurentienne.0 Les journaux et les revues qui ont daigné faire un peu de réclame à \u201c\u2018l\u2019astre nouveau\u201d sont priés d'accepter nos sentiments de vive reconnaissance.Parmi ces organes, l\u2019Evangéline mérite une mention spéciale.0 11 reste encore quelques douzaines d\u2019exemplaires du \u201cPays d\u2019Evangéline\u2019\u2019 aux bureaux de la revue; les personnes qui désirent antidater leur naissance par la connaissance de l\u2019histoire de leur pays, aimeraient peut-être de lire cette brochure si éloquemment appréciée de plusieurs collaborateurs de l\u2019Evangéline et notamment par le digne écrivain du Devoir, monsieur Louis Dupire.E.A. 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