La revue acadienne, 1 octobre 1917, Octobre
[" \\ LA REVUE ACADIENNE PUBLICATION MENSUELLE PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS 1ère ANNÉE OCTOBRE 1917 ~~ Nolo SOMMAIRE Ante Lucem - - - - - BENJAMIN SULTE Les Eudistes au Canada.- - - R.P.EM.GEORGES Les écoles de la N ouvelle-Ecosse - - - A.-L.Aucoin Collection complète - - 5 - LA REDACTION Les vocables algonquins, etc.- - Hon.P.POIRIER \u2018Par chez nous\u201d - - - - - - E.-A.ABONNEMENT ANNUEL - - - §1.00 DIRECTEUR: DR EDMOND-D.AUCOIN, DE LA SOCIETY HISTORIQUE DE MONTREAL.REDACTION ET ADMINISTRATION: 1018, RUE SAINT-DENIS, 1918 MONTREAL N Mos collaborateurs Au lontréal.AU RE = La ontréal AR N > SA on jOttawa Bo SY Br (] 7 o) EEN e N.B \u2014 -_ = \u2014 ai NN se, N.E Bo 4 _ \u2014_\u2014 Bu % IX pp = \u2014 \u2014H- -=x + see = % bh, N.E 11H | 9 a, Sask Co = ar ZNINININSNINININI NIN.fd dn DDN 4 | E.U Ce = ar 1, Co SN z= WW er, N.E Do = Ottawa i GE {a ANY) ise, N.E GAY £3] SE 1684 Ottawa GA 77 Ss d=) j 0 \u2014 en Montréal y ps, A ss eV y 1914 HE] Ye =) A ontréal LEG ) ir = _\u2014 SN Montréal == 9 TES Le \u2014 f= TT 2 i! bn, N.B Le = Ge \u2014\u2014 sos pue = \u2014 \u2014 es st N.E Le pa TT = \u2014\u2014\u2014 _\u2014 \u2014 ii ontréal \u2014\u2014 UT | = ~ Ul 0) hat, N.E CX BI BLIOT ontréal x 1p SAINT-SVLPICE no ontréal Po | of ln Ottawa Ro TN Ottawa R1 I .\u2014aévete caen scan tan sense as g0 ane 4 de\" ofp\u201d ) de de op , Minn Su.i Ottawa VIÉENEUVE TRE Père) R, OMT, Foie de Tete: - Ottawa RH [TIO Ante Lucem Il y a soixante ans, M.Rameau commençait à publier des articles sur l\u2019Acadie et le Canada \u2018du temps des Francais\u201d.Les journaux de France en parlaient, mais non pas tel que des journaux canadiens pourraient le faire, car ils ne semblent pas avoir compris autre chose dans ces études que le fait tout simple de la perte des colonies françaises par suite de la guerre de Sept Ans et du traité de 1763 qui en avait réglé les résultats.Les renseignements et les commentaires de l\u2019écrivain passaient inaperçus.Pourtant, c'était la partie essentielle de son œuvre.Au Canada, nous n'avons pas connu ces articles.En 1860 parut La France aux Colonies ; en 1861, La Colonie de Détroit, un gros et un petit volume qui furent l\u2019objet de diverses mentions dans les journaux de France, mais il y eut de bons arti- \u2018cles dans ceux du Canada, parce que nos gens comprenaient mieux, infiniment mieux, que les journalistes de Paris, la portée de ces ouvrages et le champ nouveau qu\u2019ils ouvraient a la méditation.Ensuite, M.Rameau nous visita.Quelques uns de nos hommes publics s\u2019étant montrés curieux de lire ce que la presse française avait dit des deux livres en question, M.Rameau fit voir leurs articles\u2014et je les ai eu sous les yeux.Voici l'analyse que j'en fis à cette époque.: Le Journal Officiel est très sympathique à l\u2019ensemble de la France aux Colonies, mais il ne l'interprète qu\u2019au point de vue de l\u2019histoire de France.Pour lui, toute l\u2019Amérique et surtout la région nord de ce continent n\u2019existe que derrière un nuage qu\u2019il ne cherche nullement à pénétrer.L'auteur de cet écrit, fort bien rédigé d\u2019ailleurs, ne soupçonne pas les problèmes que nous offre l'histoire de la colonisation américaine, encore moins celle de l\u2019Acadie et du Canada, ni le but que M.Rameau s\u2019était proposé.L\u2019ignorance de notre presse y est flagrante.Notre existence, acadienne et canadienne, ve compte en aucune manière.La révélation d'un retour à la vie ou d\u2019une survivance, si vous aimez mieux, de nos deux peuples, ne frappe point le liseur parisien de ce livre surprenant.L'Acadie à existée, nous l'avons perdue, il paraît qu\u2019elle n'est pas morte, eh bien, cela ne signifie que peu de chose\u2014et le Canada de même. \u2014 152 \u2014 La Revue Politique se met en frais d\u2019érudition pour exposer des principes fort opposés à ceux de M.Rameau, et il en sort des dissertations sur nombre de sujets absolument hors de la question, | ce qui me fait rire.Il y a pourtant des touches qui montrent À une certaine entente des premiers temps du Canada.a L'Univers, l'Union, le Moniteur, la République ont des ba- | nalités\u2014pour accuser réception du volume.| Pas un mot sur le fait principal, savoir : 'existence en plein | dix-neuvième siècle, de deux peuples français dans le nord de i l'Amérique.Pas un mot sur cet autre fait : la perte des deux colonies par la France, ou plutôt les causes de cette perte.M.= Rameau donne du neuf et il enseigne à pleine page : on ne veut 9 pas de cette instruction.i Cependant les articles ne sont pas restés sans fruits.J'ai observé, au cours des vingt ou trente années suivantes, que de jeunes fe écrivains, en petit nombre il est vrai, se sont occupés du livre de fi: M.Rameau et ont saisi sa pensée.C\u2019était la nouvelle école his- i torique qui faisait ses dents,.et, par bonheur, c\u2019est elle qui domine 8 aujourd\u2019hui.[En 1860 aucun écrivain en vogue n\u2019était assez au @ courant de l\u2019histoire du Canada et de l\u2019Acadie, pour comprendre le : livre dont nous parlons\u2014et c\u2019était facile à deviner : aucun traité ou manuel à l\u2019usage des écoles de France ne parlaient de ces deux pays.En 1917 c\u2019est encore la même chose, mais les revues publiées par la nouvelle génération, et plusieurs livres récents commencent à faire la lumière sur ce sujet.Pour retourner à 1860, il faut dire que, par exception, la Revue Politique et Littéraire, aussi bien que le Journal de l\u2019Instruction Publique de Paris, ont sonné la note juste, mais sans appuyer par trop, pas assez même.Mon idée est que dans le premier de ces deux journaux, M.Pierre Margry était l\u2019inspirateur et que, pour l\u2019autre, on avait coupé dans une lettre privée de M.Rameau un passage tout entier qui donnait le thème clairement, mais, pour le reste des deux articles c\u2019était du bavardage sur des théories ; passé fleur depuis longtemps.Soyons heureux du développement qui se manifeste de nos jours en France dans l\u2019étude de l\u2019histoire coloniale.C\u2019est un com- \u2018mencement qui mènera loin.On fait la guerre aux vieilles méthodes des écrivains et les recherches se portent vers le fond des choses.Ce n\u2019était pas encore la façon, en 1860, de contredire, ou du moins de mettre en doute, l'ancienze manière d'exposer les événements.i: 1M Ÿ Mi À @ A + .A \u2018 ® \u2014 .\\ \u20ac *« \u20ac «eo ete © «\u20ac + c g \u201cce te oe\u201d baa «\u20ac e 8 « ar r e &ceur ec \u2014 153 \u2014 On ne les expliquait nion ne les commentait.Personne ne s\u2019avisait de rectifier les vieux préjugés.L'ignorance ne connaissait pas ce que nous appelons l\u2019étude.Tout se prenait à vue de nez, sans aller plus loin.La nouvelle école veut savoir avant que de parler.La mine de richesses historiques mise au jour par M.Rameau ne disait rien à l\u2019esprit de ses contemporains.Il me l\u2019a expliqué, plus tard, durant sa seconde visite en Canada.En 1860, la presse ne s\u2019était occupée que des points rattachés aux discussions courantes sur l\u2019histoire de France parce que, après tout, c'étaient les seuls qui fussent entendus par les écrivains français.Benjamin SULTE.LES EUDISTES AU CANADA.1896\u20141916 A travers vingt-cinq années d\u2019apostolat (Suite) x\" Il serait sans doute possible d\u2019étudier maintenant le prolongement de l\u2019influence du P.Fudes au Canada, même après la mort des amis dévoués qu\u2019il y comptait, et dont nous venons de faire connaître les principaux ; un courant d\u2019idées comme celui dont il avait été l\u2019instigateur, une fois lancé, ne peut aller qu\u2019en se ramifiant de plus en plus.Mais les études d\u2019influences, comme ces procès de tendances dont notre époque est coutumière, sont extrêmement difficiles à mener ; elles supposent de laborieuses recherches, une abondante documentation, pour n\u2019aboutir bien souvent, hélas ! qu\u2019à des hypothèses plus ou moins hasardées ; nous préférons nous en abstenir, pour rester sur le terrain, autrement solide, des faits dûment enrégistrés par l\u2019histoire.Il nous faut venir jusqu\u2019en 1794, pour surprendre un nouveau contact entre la Congrégation de Jésus et de Marie et le Canada.François Gabriel LeCourtois est en réalité le premier Fudiste qui y soit venu s'établir.Il était originaire de \u2019Tirepied, ancien diocèse d\u2019Avranches ; entré dans la Congrégation en 1784, il fut attaché à la maison de Valognes : il y professait la philosophie quand éclata la Révolution.Après un court séjour en Angleterre, \u2014 154 \u2014 où il s\u2019était réfugié pour ne pas prêter le serment schismatique exigé par la constitution civile du clergé, M.LeCourtois s\u2019embarqua pour le Canada.En 1796, il était nommé curé de Saint-Nicolas, au diocèse de Québec ; l\u2019année suivante, il fut transféré à Rimouski: c\u2019est de la qu'il rayonnait à travers l\u2019immense territoire confié à sa sollicitude pastorale : \u2018Il avait à desservir, seul, la rive droite du fleuve sur \u2018une étendue de près de 50 lieues, depuis la pariosse de Trois \u2018\u201cPistoles, jusqu\u2019à celle de Ste-Anne des Monts ; sur la rive gauche il en avait presque autant dans ce qu\u2019on appelle les postes du roi\u2019.(Fleurs de la Congrégation de Jésus et de Marie : \u2018Tome II, p.114 : d\u2019après des renseignements fournis pas M.Roussel, prêtre de St- Sulpice, professeur de théologie au Séminaire de Montréal).Ce vaste territoire comprenait en fait : le lac St-Jean, le Saguenay, la Côte Nord jusqu'au delà de Moisie, une grande partie du diocèse de Chicoutimi, et le vicariat apostolique du St-Laurent.Dans ses \u201cSoirées Canadiennes\u201d (avril 1863), J.-C.T'aché, l\u2019un des plus Canadiens des écrivains canadiens, a fait revivre dans des pages pleines d'intérêt, les missions de ce saint prêtre : nous y renvoyons le lecteur amateur de vieux souvenirs.Le 10 janvier 1807, M.LeCourtois prit possession de la cure de la Malbaie, et fut le premier prêtre résidant à poste fixe dans cette grande paroisse ; il n\u2019y épargna ni sa peine, ni son argent pour y bâtir une église à laquelle il fit don, entre autres cho se \u201cd\u2019une énorme lampe, d\u2019un bénitier, d\u2019un ostensoir, et de burettes en argent massif.\u201d (Ibid ac supra).A peine le zélé missionnaire avait- il achevé l\u2019église de la Malbaie, que l\u2019évêque de Québec le nommait curé de St-Laurent en l\u2019île d'Orléans, en 1822 ; sa santé épuisée par ses travaux apostoliques, et par les nombreuses infirmités dont il souffrait depuis longtemps, l\u2019obligea bientôt à se retirer du saint ministère ; il mourut, l\u2019année suivante, au mois d'octobre 1828, laissant après lui une réputation de sainteté, dont le souvenir s\u2019est conservé jusqu\u2019à nos jours ; on en jugera par le témoignage suivant que rend à sa mémoire un, historien contemporain : \u201csa charité \u2018inépuisable, son mépris des choses terrestres, avaient rendu son \u2018ministère encore plus efficace.C\u2019était un prêtre très humble, dont \u201cMgr Plessis disait que sa place n\u2019était pas sur les hauteurs.Il \u2018\u2018aimait trop, disait-il, à se dérober aux yeux de la foule.Sa \u2018prédication était solide, bien nourrie des Livres Saints ; sa conver- \u2018sation indiquait un homme de sens et d\u2019érudition.Mgr Hubert \u2014 155 \u2014 \u201cen faisait grand cas et Mgr Plessis I'estimait beaucoup.\u201d (N.E.Dionne: Ecclésiastiques et Royalistes français réfugiés au Canada).x *x Le Père LeCourtois avait été, sans le savoir, un précurseur : l\u2019humble missionnaire était mort depuis longtemps déjà, quand d\u2019autres fils du B.J.Fudes, vinrent reprendre son œuvre d\u2019évangélisation, et sceller définitivement, entre la Congrégation de Jésus et de Marie et le Canada, cette union dont nous avons précédemment raconté la naissance, et dont il nous faut maintenant esquisser rapidement le développement et la consommation au XIXe siècle.Arrivé à ce nouveau tournant de notre histoire, nous rencontrons, pour la première fois, un nom qui reviendra souvent sous notre plume, nom qui s'impose au respect et à la vénération de l'historien : le nom de l\u2019Acadie.Rien de noble, rien de dramatique comme le passé de ce petit peuple de la vieille Acadie, aussi héroïque dans sa fidélité à sa religion, que dans son culte pour les traditions de sa race et les coutumes de ses aïeux.Son histoire pendant un siècle et demi, comme celle de l\u2019Irlande et de la Pologne, ne présente qu\u2019un sanglant récit des persécutions qu\u2019il a endurées, et de la force d\u2019âÂme avec laquelle il les a soutenues.C\u2019est une nation de martyrs.Longfellow, l\u2019a chantée dans son poème si touchant : \u2018\u201c\u2018Evangéline\u2019\u2019; M.Rameau de St-Père, M.M.Casgrain et Richard, le sénateur Poirier et le docteur Aucoin, nous ont raconté les épisodes les plus émouvants de sa longue et douloureuse agonie, en attendant que demain, l\u2019un de ses fils, entonne sur son tombeau désormais glorieux, l\u2019Alleluia triomphant de la résurrection.Ma tâche est plus modeste : la divine Providence a fait à notre société l\u2019honneur de collaborer à cette œuvre de la résurrection du peuple acadien, et c\u2019est de cette collaboration toute de dévouement de notre part, toute de confiance de la part de I\u2019Acadie reconnaissante, que je voudrais donner un rapide aperçu.Chose singulière, l\u2019Acadie et notre société avaient déjà commencé à s'aimer avant de se rencontrer ; deux aimables poètes les avaient présentées l\u2019une à l\u2019autre : j'ai nommé Longfellow et notre délicieux Père Barbey d\u2019Aurevilly, le frère du grand critique littéraire que, dans un accès de méchante humeur, Lamartine avait surnommé \u2018\u2018le duc de Guise de la littérature\u2019.ROC RER DEEE ES RU OP EE \u2014 156 \u2014 Le Père d\u2019Aurevilly s\u2019était pris d\u2019un véritable enthousiasme pour l\u2019auteur d'Evangéline, dont il avait même traduit en français, d'importants extraits : toute une correspondance s\u2019était ainsi établie entre les deux poètes ; Longfellow adressa un jour au Père d\u2019Aure- | villy, une charmante lettre pour le féliciter \u2018d\u2019avoir reçu avec une | \u201ctelle magnificence les dons sacrés de la Muse\u201d et, souriant de la J! méprise qu\u2019il avait faite en lisant à la signature \u201cMillionnaire il Eudiste\u201d, au lieu de \u201cMissionnaire Eudiste\u201d, il ajoutait gracieuse- ' ment : \u2018Mais millionnaire, ne l\u2019êtes vous pas, et de la richesse véritable.\u201d i Le temps vint toutefois, où l\u2019on passa du domaine de la poésie dans celui de la réalité : jusque alors on avait chanté ensemble un passé douloureux, désormais on allait lutter et souffrir pour marcher ensemble aux mêmes triomphes.Depuis longtemps déjà les Acadiens de la Nouvelle-F,cosse 4 désiraient procurer à leur province, l\u2019inappréciable bienfait dont jouissaient leurs frères du Nouveau-Brunswick : ceux-ci, en effet, 4 avaient à leur disposition le collège de St-Joseph de Memramcook a qui sous l\u2019habile direction des Pères de Ste-Croix, avait fourni au if pays tant d'hommes distingués dans toutes les branches des carrières A libérales.Le Père Sigogne, dont un de ses successeurs à la cure de Ste-Marie, le R.P.Dagnaud, a raconté le laborieux apostolat, 3 avait rêvé de doter sa paroisse d\u2019une école où les enfants pussent 3 recevoir, en même temps que l\u2019éducation chrétienne, une instruction au moins rudimentaire.L'idée avait été réalisée et le presbytère s\u2019était ouvert tout grand pour recevoir ces commensaux d'un nouveau genre.\u201cEn 1878, arrivait à Ste-Marie, comme curé de la paroisse, \u201cun prêtre qui faisait revivre le P.Sigogne par la bonté de son \u201ccœur, la simplicité de sa vie et son dévouement aux Acadiens.\u201cIl suffit de nommer le Père Gay, pour qu\u2019à ce nom le souvenir \u201cde la vertu admirable du désintéressement caché, vienne aussitôt \u201ca esprit de ceux qui 'ont connu.\u201d (P.Dagnand : les Français du sud-ouest de la Nouvelle-Fcosse: page 214.) Comme son prédécesseur, il comprit parfaitement que les Acadiens étaient condamnés à végéter aussi longtemps que leurs seraient -privés des avantages d\u2019une éducation supérieure.Cette pensée le hanta pendant longtemps, sans qu\u2019il pût entrevoir le \u2014 157 \u2014 moyen de remédier au pénible état de choses qu'il constatait autour de lui.Profitant de la visite pastorale que l\u2019archevêque de Halifax, Mgr O\u2019Brien, fit à l\u2019été de 1883, des comtés de Digby et de Yar- mouth, le Père Gay fit part à sa Grandeur des besoins pressants de l\u2019intéressante population confiée à ses soins, en même temps que de ses projets pour lui venir en aide ; Mgr O\u2019Brien entra parfaitement dans ses vues, et l\u2019idée de l\u2019établissement d\u2019un collège à la baie Sainte-Marie, prit alors une certaine consistance.En 1886, Monseigneur, après mûres réflexions, entama les premières négotiations relatives à la fondation du futur collège ; Monseigneur Fabre, évêque de Montréal, à qui il s'adressa tout \u2018d\u2019abord, le mit en communication avec la communauté des Oblats : I'insuffisance de leur personnel ne permit pas à ceux-ci de consentir à la nouvelle fondation qu\u2019on leur offrait.Les Pères Rédemptoristes, présentés à leur tour, répondirent eux aussi, par un refus auquel devait bientôt s\u2019ajouter celui des Maristes et des Salésiens.Monseigneur O\u2019Brien dans tous ces pourparlers avec les différente sociétés religieuses que nous venons d'indiquer, s'était servi comme intermédiaire d\u2019un docte sulpicien, qui avait mis à la disposition de sa Grandeur et son dévouement obligeant, et les nombreuses amitiés que sa science et la sainteté de sa vie, lui avaient ménagées un peu de tous côtés : Monsieur l'abbé Roussel.Celui-ci connaissait bien les Eudistes dont il avait été l\u2019auxiliaire au Collège de Redon, et auxquels il avait conservé utile respectueuse estime.Déjà, une première fois, en 1888, avait-il essayé, sans y réussir, de les intéresser à la fondation projetée en Acadie.Il devait être plus heureux en 1890, car, dans le courant du mois de mars de cette année même, il pouvait adresser à Mgr O\u2019Brien, ces quelques lignes confidentielles : \u201cUne lettre du Supérieur Général des RR.PP.Fudistes que \u201cje viens de recevoir, m\u2019apprend que sa Congrégation serait disposée, \u2018dès maintenant, à fonder un collège dans l\u2019Amérique du Nord ; \u201cet je m\u2019empresse de transmettre cette nouvelle à votre Grandeur, \u2018\u2018afin que je sache en quel sens je pourrais répondre.\u201d Ce n\u2019était évidemment pas encore la solution de l\u2019épineux problème que l\u2019archevêque de Halifax travaillait à résoudre avec une inlassable persévérance, d\u2019autant moins que.à ce moment même, \u2014 158 \u2014 les négotiations n'étaient pas encore rompues définitivement avec les Salésiens.La situation cependant finit par s\u2019éclaircir, et le 3 juin 1890, le T.H.Père.LeDoré entrait directement en communication avec Mgr O\u2019Brien, par la lettre suivante : \u2018Monseigneur, \u201cM.l'abbé Roussel, Sulpicien de Montréal, m\u2019a fait part \u2018\u201cde la pensée qu\u2019a votre Grandeur de confier au Pères de notre \u2018Congrégation, la direction de deux paroisses françaises dans votre \u201carchidiocese.Il ajoute que des missionnaires pourraient se joindre \u201caux curés, et même que votre Grandeur désirait y établir une \u201cMaison d'instruction.Nous sommes tout désireux, Monseigneur, \u201cde répondre à la demande de votre Grandeur, et dans quelques \u2018mois nous pourrons envoyer deux ou trois Pères pour commencer.\u201cNous avons en France et dans l'Amérique du Sud, une vingtaine \u2018\u201cd\u2019établissements dont plusieurs sont très importants.Mais nous \u2018\u2018n\u2019avons pas encore l'habitude du Canada, aussi je serais très re- \u201cconnaissant a votre Grandeur si elle daignait nous donner quel- \u201cques détails sur les conditions dans lesquelles nous serions en \u201cNouvelle-Ecosse.\u201cDés que j'aurai reçu les explications que votre Grandeur \u201cvoudra bien me faire parvenir, je les communiquerai à mon con- \u2018\u201cseil, et j'aurai l'honneur de répondre au plus tôt à sa Grandeur \u201cpour lui dire ce que nous pourrons faire.\u2018\u201c\u201cDaignez, Monseigneur, agréer l'hommage du plus profond \u201cet du plus religieux respect avec lequel je suis in ss.ce., Mon- \u2018seigneur, \u201cde votre Grandeur le fils et le serviteur très humble, \u201cAnge LeDoré.\u201d Par suite d\u2019un malheureux concours de circonstances, cette lettre ne parvint pas a son destinataire : d\u2019où de part et d\u2019autre grand embarras.Monseigneur O\u2019Brien croyant, une fois de plus, son affaire manquée, alla frapper à une nouvelle porte et s\u2019aboucha avec les Pères de la Miséricorde de New York ; le Père Le Doré, de son côté, n'entendant plus rien parler de rien et ne'sachant a quoi s\u2019en tenir, résolut, suivant en cela le conseil du P.Roussel, d\u2019envoyer deux de ses Pères, pour s'entendre de vive voix avec Monseigneur de Halifax.(A continuer) Em.GEORGES, pire, c.j.m \u2014 159 \u2014 Les écoles de la Nouvelle-Ecosse Au cours du mois de décembre 1916, le \u201cPetit Canadien\u201d, organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, publiait un article aussi intéressant que véridique, au sujet du rang qu'occupe la langue française dans nos écoles acadiennes en Nouvelle-Ecosse.La \u201cRevue Acadienne,\u201d déjà intitulée \u2018éducatrice impartiale\u201d tant en matières historiques qu\u2019en tout ce qui concerne le régime scolaire, auquel, nous Acadiens, sommes forcément soumis, est tout heureuse de revenir sur la question et de donner à ses lecteurs, quelques détails sur le degré de connaissance de la langue française chez nos élèves acadiens.C\u2019est un fait bien établi que nes élèves, même ceux qui ont obtenu tous les grades que leur confèrent nos écoles primaires et nos \u2018Highs Schools,\u201d n\u2019ont pas une connaissance suffisante de la langue française.Pourtant, l\u2019élève acadien est aussi intelligent et aussi studieux que son confrère d\u2019origine anglaise.Sa quasi- ignorance du français n\u2019est donc pas due à une faiblesse d\u2019intelligence } elle n\u2019est pas d'avantage due à une certaine indifférence chez lui, d'apprendre sa langue, car, quoiqu\u2019il soit en contact presque continuel avec les Anglais, il aime sa langue maternelle, il désire la bien connaître et la bien parler.Mais le milieu peu favorable dans lequel il est placé, ne lui permet pas de réaliser ces légitimes aspirations.| Et qui blâmer pour cet état de chose?Les autorités scolaires de la Nouvelle-Ecosse, pour le trop peu d'encouragement qu\u2019ils donnent à l\u2019étude du français, particulièrement dans nos \u201cHigh Schools.\u201d En 1901, il est vrai, cédant aux instances des Acadiens qui luttaient pour la revendication de leur droit à l\u2019étude de leur langue, le Conseil de l\u2019Instruction Publique accorda que, pendant les quatre premières années du cours primaire, le français fût la langue d'enseignement dans nos écoles.C'\u2019était certes le moins qu\u2019il pouvait faire pour une cause, non moins sacrée, pour nous de l\u2019Acadie, que celle des Canadiens-Français de l\u2019Ontario, mais sachant pour le moment qu\u2019il était inutile de continuer la lutte, nous fûmes forcément obligés de nous contenter.Jusqu\u2019au 4dième Grade, donc, l\u2019enseignement, dans nos écoles acadiennes se donne surtout en français, mais du 4ième Grade au huitième, l\u2019étude du français est beaucoup moins considérée, car il se continue en même temps que l\u2019enseignement de l'anglais.i.d i DO: th EE Bi RE K Re \u2014 160 \u2014 Mais huit années de français devraient donner à nos élèves une connaissance assez appréciable de leur langue diront quelques- uns.Oui logiquement parlant, mais les résultats obtenus démontrent que la majorité des Acadiens qui sortent de nos écoles primaires ne savent ni parler ni écrire correctement le français.Les fautes d'orthographe qu\u2019ils font, sont preuves qu\u2019ils ignorent souvent les premières règles de la grammaire.Sont-ils excusables ?Oui, croyons-nous, et voici comment.En premier lieu, la majorité de nos maîtres et maîtresses d'école, n\u2019ont pas eux-mêmes une connaissance assez approfondie de la langue française, ni la méthode et les moyens de la bien enseigner, car, ils ont fréquenté les mêmes écoles que leurs élèves, et ont subi tous les inconvénients d\u2019un programme d'étude du français que les autorités scolaires de la Nouvelle-Ecosse ont su préparer à leur manière.Jugez-en plutôt par le tableau suivant : tableau des matières du cours d\u2019étude du français des High Schools,\u201d que j\u2019emprunte au \u2018Petit Canadien.\u201d Au 9ième Grade, qui renferme les matière requises pour un diplôme scolaire de 3ième classe, \u201cOntario High School French Grammar by Squair & Fraser ; Lessons 1 to 30, and Bertenshaw\u2019s French Conversational Reader, Lessons 1 to 30.\u201d Au Grade X, programme de deuxième classe, \u201cOntario High School French Grammar, Lessons 30 to 60, and Bertenshaw\u2019s Reader, Lessons 31 to end.\u201d Au Grade XI, programme de lière classe, \u2018\u201c\u2018Berthon\u2019s Specimens of Modern French Prose : \u201cOntario High School French Grammar, Lessoms 61 to 92.\u201d Au Grade XIII ou Académique, on termine l\u2019étude de la grammaire, toujours la même, et on fait de la littérature?On fouille les \u2018Sacs et Parchemins'\u2019de Sandeau : on admire en passant le Polyeucte de Corneille, édition de Baunhotz (un Allemand probablement), et on fait la connaissance de \u201cLe gendre de Monsieur Poirier !\u201d Un programme ainsi rédigé et à couleur un peu trop onta- rienne, n\u2019est pas de nature à nous faire croire que ses auteurs sont doués d\u2019une grande libéralité.Il n\u2019est pas de nature non plus, à inspirer une grande confiance chez nos élèves, et il ne faut pas s'étonner alors si la connaissance du français chez eux, n\u2019est pas ce qu'elle devrait être.Cette Ontario High School French Grammar, qu\u2019on nous met entre les mains, étant celle sans doute qui a inspiré à un inspecteur anglais des écoles ffançaises de l'Ontario lu fameuse phrase \u201cIl a» \u2014 161 \u2014 puit entonne,\u201d n'est pas faite pour nous.Etant bilingue, elle s\u2019adresse plutôt à l\u2019élève anglais qui veut apprendre le français.Si au moins l\u2019étude de cette même grammaire était obligatoire dans tous les Grades de nos High Schools, nous n\u2019aurions pas trop à nous plaindre, mais elle ne l\u2019est pas.Ainsi, au 9ième Grade l\u2019anglais seul est obligatoire et le français est matière facultative aux examens.Au 10ième, il est mis sur le pied du grec et de l\u2019allemand.Si enfin la connaissance de chacune des règles de cette grammaire était accompagnée d\u2019un exercice écrit, l'élève comprendrait mieux d\u2019abord et retiendrait plus facilement ensuite.Mais les autorités scolaires se gardent de lui en fournir les moyens.Pourvu que l\u2019on sache un peu d\u2019Ethymologie et que l\u2019on apprenne les principales règles de la Syntaxe, c\u2019est suffisant pour eux.On le voit, le Conseil de l\u2019Instruction Publifiue donne peu d'importance à l\u2019étude du français dans les Grades élevés, et s\u2019il nous a accordé que, durant les quatre premières années du cours primaire, le français fût la langue d'enseignement dans nos écoles acadiennes, il a cédé à notre demande plutôt dans le but de faire de cet enseignement du français, la préparation à l\u2019étude de l'anglais, qu\u2019en celui de la reconnaissance de nos droits.Nos adversaires sont puissants, mais nous sommes tenaces et moins timides au- jourd\u2019hui.Nous luttons toujours ,tranquillement cependant, et \u2018sans trop le faire voir, car nous\\ vivons dans un siècle où le faible doit souvent plier et user de douceur auprès du fort.Ceci ne nous empêche pas, toutefois, de caresser l\u2019espoir de voir un jour des écoles normales bien françaises, établies sur ces plages acadiennes, où iront se former pendant des années, les futurs éducateurs et éducatrices des petits frères d\u2019Evangéline.A.-L.AUCOIN.La collection complète Il y a encore quelques collections complètes de la Revue acadienne au bureau du directeur.Les 12 numéros de l\u2019année, reliés formeront un joli volume.LA REDACTION CR ST AT WI RU OORT Coon RER RES ER EE EE REPORTS LE a a a TETE \u2014 162 \u2014 Les vocables algonquins, etc.(Suite) Hurons: Tribu indienne, trés puissante, autrefois.\u2018Les Hurons habitaient au nord des lacs Erié et Ontario.Ils s\u2019appelaient Wyan- dots, et ils furent surnommés Hurons a cause du bizarre aspect de leur téte tatouée et de leur chevelure.Les premiers Francais qui virent ces étonnantes têtes de Sauvages s\u2019écrierent: \u2018\u2018Quelles hures.\u201d Ce qui précède est pris de la Vérité de Québec, no du 10 février 1917.Se non è vero.La paternité de cette trouvaille revient au Père Lallemant.IROQUOIS: Tribu sauvage, ennemie des Français.\u201cLa nation Iroquoise reçut des Français le nom sous lequel elle est générallement connue et que l\u2019on fait dériver du mot \u201cHiro,\u201d j'ai dit, conclusion ordinaire des harangues de ses orateurs.Les Iroquois s\u2019appelaient eux-mêmes du nom de Hottinonchiendi, qui signifie cabane achevée.Les Hollandais, leurs voisins, les appelaient Maquas, désignation qui s\u2019est étendue même aux Hurons.En changeant un peu ce mot, les Anglais ont formé le nom de Mohawk, qu\u2019ils donnèrent aux Agniers.\u201d De la Vérité de Québec, no du 10 février 1917.Ceci est croyable, sans cependant être un article de Foi.Me prévalant de l\u2019axiome théologique in dubiis libertas, j'ose emettre l\u2019opinion que ce nom viendrait tout aussi vraisemblablement d\u2019une locution indienne, notée en français par Irinachoiw, et qui signifie un vraz serpent.KACAOUI: Canard à longue queue, d\u2019après M.C.E.Dionne.C\u2019est le old Squaw des chasseurs anglais.KAYARK : Canot fermé, fait de peaux, dont se servent les pêcheurs et les chasseurs esquimaux.Le canot ouvert, en usage pour les femmes, se nomme oumiak.KINIKENIR : Vocable des Sauvages de l\u2019ouest passé dans la langue, et qui signifie un mélange de tabac indigène de saule rouge (red willow) et de sumach (rhus). \u2014 163 \u2014 MACHICOTE : Mot pris aux Algonquins et qui signifie jupon de femme, cotillon.MACKINAW : Camelot, couverte de laine, capot fait avec une couverture de laine.Ainsi appelé, parce que ce vêtement venait principalement du fort Mackinaw; tout comme le nom de cachemire a été donné aux châles qui viennent de la ville de Cachemire, aux Indes.\\ .Enveloppés dans nos pelisses de bison et dans nos couvertures Mackinaw, nous pouvions sans être incommodés, braver la fureur du vent.M ASKEG : Marais, savanne.Ce mot est d'origine crie, correspond au mot mocôque, d'origine anénaquise, employé par les Acadiens.Ce terme est entré dans la langue des Anglais du Canada.M ASKOBINA OU Masko : \u201cNom sauvage du sorbus americana, le sorbier.\u201d L'abbé H.R.Casgrain.Mot en usage dans le pays de Québec.MICHIGONEN : \u2018Mot d'origine montagnaise, désignant une variété de persil, dont l\u2019arôme est bien supérieur à celui de nos espèces domestiques.\u201d Sylva Clapin\u2014 Dictionnaire.MOoHAWK : tribu iroquoise : Il semblerait que ce nom vienne d\u2019un mot pris au dialecte des Narragansets, mohowauuck, signifiant mangeur d'êtres vivants, quelque chose comme cannibale.MADOUECE : .' Porc-épic, le histrix des naturalistes.Ce mot apparemment pris du vocabulaire micmac est d\u2019un emploi universel parmi les Acadiens, quoique le mot porc-épic soit aussi connu.M AHOGANE : C\u2019est le bois d\u2019acajou swietenia mahogony.Ce mot nous vient de l'anglais, qui le tient des aborigénes d\u2019 Amérique.MAIS : Zea mays (L.) appelé turquet, blé d'Espagne, blé de Turquie, en France, et blé-d\u2019Inde, en Acadie.C\u2019est le maize\u2014des Anglais.Mot d'origine haïtienne.\u201cLes Armouchiquois et toutes les nations plus éloignées, outre la chasse et la pêcherie ont du blé de mahis et des fèves.\u201d Lescarbot, tome III, p.119. \u2014 164 \u2014 MANITOU : Esprit, divinité.On trouve plusieurs lacs et rivières, depuis les côtes de l\u2019Atlantique jusqu'aux prairies du Manitoba, qui portent ce nom, assurément algonquin.\u201cLes plus nerveux, parlaient de sortir et de provoquer en combat singulier le mantou du Saint- Maurice\u201d\u2019\u2014Sulte.' Les îles Manitoulines, au nord du lac Huron, les plus grandes îles en eau douce de toute la terre, signifient les îles du Grand Esprit.C\u2019est sur ces iles que se déroule l\u2019épopée indienne de Longfellow, Hiawatha.MARCHOUECHE : Procyon lotor : Chat sauvage, appelé, je crois, raton dans le Roman de la Kose.C\u2019est le raccoon des Anglais.Le mot marchouèche nous vient apparemment des Micmacs, quoiqu\u2019il porte fortement l'empreinte du picard.MARIE-BARON : Mot des Antilles, signifiant, tonnerre, et qui est passé dans la langue maritime.MASHQUABINA Sorbier d\u2019Amérique.Ce mot ,inconnu en Acadie, est en usage en bas de Québec, principalement dans la région du Saguenay.\u201cLe mot maskouabina veut dire graine à ours.C\u2019est le cormier, dont les orignaux mangent l\u2019écorce qu\u2019ils aiment beaucoup.J.-C.\u2019Taché.Les trois Légendes.Peut\u2019-être devrait-il sortho- graphier mashkonabinac.MASHKOUT : Ecorce de bouleau.Ce mot sauvage est passé tout à fait dans la langue acadienne : allumer le feu avec du maskour ; faire un casseau de maskoui pour recueillir l'eau d'érable, etc.\u2018\u2019Maskwa, en algonquin, signifie celui qui étreint l\u2019ours.\u201d (Berloin, p.195.) M ASKINONGE : Gros poisson d\u2019eau douce se rattachant à la famille des brochets, genre des esoces.Son nom scientifique est, je crois, esox nobilior.Les Anglais en ont fait masquilonge, par le changement de I'n en | et la chute de l\u2019accent sur l\u2019é.Il y a la rivière et le lac Maskinongé, dans la province de Québec. \u2014 165 \u2014 M ATACHE : Tacheté, marqué de taches, meurtri : il a la peau toute matachée.Je crois que les Acadiens tiennent ce mot des Sauvages, qui l\u2019employaient dans un sens différent.\u201cPoutrincourt lui fit des présents de couteaux, hache, et matacmas, c\u2019est-à-dire, escharpes, carcans et brasselets faits de patenotres ou de tuyaux de verre blanc et bleu.\u201d Lescarbot.Le même auteur dit ailleurs : \u201cIl porte pendu a son col.une bourse en triangle, couverte de broderie, c\u2019est-à-dire de mata- chiaz.\u201d J'ai vu quelque part que le prétendu Sauvage qui avait assassiné Howe, à Beauséjour, était un Acadien, mataché par les soins de l'abbé Leloutre, au dire des Anglais.Ici, le mot signifie déguisé en sauvage.L'abbé Leclercq et les autres missionnaires écrivent se matachier.MAXANGUA : Non d\u2019un arbre des Indes occidentales, dont l\u2019écorce sert à fabriquer des cordages.Le dictionnaire maritime de Bonnefoux et Paris l\u2019a recueilli.MICOCOUILLER :\u2014Celtis occidentalis.Essence de bois très dur, précieux en ébenisterie.Ce mot dont le radical est inconnu est vraisemblablement d\u2019origine américaine.MICMACS : Indigènes appartenant à la grande famille abénaquise, et qui, sous la domination française ,habitaient plus particulièrement le territoire compris aujourd\u2019hui par le Nouveau-Brunswick, l\u2019île du Prince-Fdouard et une partie de la Gaspésie.Quelle est l\u2019origine de ce mot?Quand et par qui le nom de Micmac fut-il donné aux sauvages de l\u2019Acadie.J\u2019en fis la demande a M.Benjamin Sulte, une autorité en histoire du Canada, et voici ce qu'il m\u2019a répondu : \u201cPar qui, et à quelle occasion le nom de Micmacs fut donné aux Souriquois ou Algonquins de l\u2019ancienne Acadie ?ba \u201cLa page suivante d\u2019une brochure portant pour titre UNE TRIBU PRIVILIGIEE : SOUVENIR DU Ille CENTENAIRE DES MICMACS et publiée en 1910 par le Rév.P.Pacifique, O.M.C., répond parfaitement à cette question : c\u2019est-à-dire qu\u2019elle fait du micmac ! (À continuer) P.POIRIER 333 J 5e 3 8 23°0 0\u20ac 035 ves vw > - sec.\u201c J ¥ a .22 > 9° > .sa 2 \u2014 166 \u2014 \u201cPar chez nous\u2019 Les préparatifs du sacre de Mgr Chiasson se continuent avec entrainement à la Pointe de l\u2019Eglise.Son Eminence le Cardinal Bégin sera le prélat consécra- teur.Mgr S.-J.Doucet P.D, vient de faire appel à la générosité du peuple acadien qui ne manquera pas de témoigner au nouveau prélat, par un précieux cadeau, toute la joie et la considération dont il est l\u2019objet.Quelques-uns des anciens élèves de Ste-Anne ont déjà fait leur offrande ; les autres ne manqueront pas de faire de même.La Congrégation de Jésus et de Marie si douloureusement éprouvée, ces derniers temps par deux incendies consécutives, compte sur l\u2019Acadie reconnaissante pour le plein succès de ces fêtes qui auront lieu le dix-huit octobre.Nous avons appris depuis le mois dernier, qu\u2019un comité était formé, au Nouveau-Brunswick, dans le but de prélever des fonds pour l\u2019achat d\u2019un autel de la Sainte Vierge, dans la crypte de la basélique à l\u2019Oratoire St-Joseph (Côte des Neiges, Montréal) et que sa Grandeur Mgr.Edouard LeBlanc, évêque de St-Jean, en était le président d\u2019honneur.Avant que d\u2019apprendre cette heureuse nouvelle, enthousiasmé par la lecture de deux articles dans l\u2019Evangéline sur l\u2019a-propos du projet, l\u2019auteur de ces lignes s\u2019est rendu chez le Provincial des Pères de Ste-Croix qui a été rempli d\u2019amabilité pour lui, et lui a fait voir les papiers de l\u2019architecte se rattachant au coût de cet autel.Le montant en est que de huit-cents dollars.Il est à espérer que nous n\u2019aurons pas de peine à prélever cette somme.Le Rév.Père Provincial considère ce don comme un acte de la divine Providence.Laissez moi vous ajouter que les Acadiens de Montréal ne seront pas les derniers sur la liste des donateurs.Les contributions peuvent être adressées à M.l\u2019abbé H-D.Cormier, Moncton N.B., secrétaire du comité ou à Mgr S.-J.Doucet, président de ce même comité.O Les membres des Succursales Jacques et Marie et Abbé Casgrain de la Société l\u2019Assomption de Montréal auront leur euchre annuel à la salle de l\u2019Assistance Publique le 24 octobre prochain.Depuis la fondation de la succursale des dames, les organisations marchent à merveilles.Les billets pour cette fête sont en vente chez tous les membres assomptionnistes au prix de 35 sous.0 DEPECHES DE FRATERNELLES AMITIES.I\u2019Association Catholique de la Jeunesse Canadienne-Frangaise, Chers Messieurs, Les Acadiens de Montréal, réunis à la salle de l\u2019Union St-Joseph de St-Henri, pour célébrer leur fête nationale.s\u2019empressent de vous témoigner leur vive admiration pour l'excellent travail d\u2019éducation qui se poursuit dans les rangs de l\u2019A.C.J.C., et vous offrent au besoin, leur entière coopération.(Signé) Rév.J.A.Richard, Chapelain.B.-L.Aucoin, président.E.-D.Aucoin, sec.archiviste.CORDIALE REPONSE Extrait du procès verbal du Comité Central de l\u2019Association Catholique de la Jeunesse Canadienne-Française.Séance du 5 octobre, 1917.Merci aux Acadiens.Leur témoignage d\u2019admiration est un récomfort pour les membres de l\u2019Association de la Jeunesse.Grâce aux Acadiens des provinces maritimes et de Montréal, les liens d\u2019amitiés qui unissent nos deux peuples tendent à se resserer d\u2019avantage.Puissent les deux jeunesses, l\u2019acadienne et la canadienne, se tendre une main amicale pour travailler à l\u2019obtention du même idéal catholique et français.(Signé) Le chef du Secrétariat Alphonse de la Rochelle.E.A. Le Pays d'Evangeline DOCTEUR E-D.AUCOIN Préface par M.C.HEBERT et Introduction par M.B.SULTE A vendre chez l\u2019auteur 1918, rue Saint-Denis et dans les principales librairies de Montréal.Prix du volume - - - 30 sous franco Librairi Duch iDrairie ucinarme ] TELEPHONE, MAIN 7031 Vieux livres et manuscrits achetés et vendus a des prix raisonnables.Pour tout travail canadien dont Pb les éditions sont épuisées veuillez nous écrire ou nous rendre visite a 3 notre nouvelle adresse: ; G.DUCHARME | Nos 36 ET 36a RUE NOTRE-DAME OUEST, | | (Au-dessus de la Librairie J.-A.Derome) 8 MONTREAL.Heures de bureau: 9 a II}4 a.m.et 115 à 5 p.m.Messieurs de la haute-ville, Montréal - Faites faire vos travaux d'impression à l'imprimerie du journal IF: NORD Satisfaction garantie.176, rue Beaubien TEL.ST-LOUIS 1298 Maintenant que la saison froide arrive venez vous procurer vos habits d\u2019automne.Malgré l\u2019augmentation du coût des marchandises, nos prix sont toujours les mêmes.JOSEPH COURVILLE, ENG.Tailleur, agent du \u201cSEMI-READY\u201d NOUS TENONS LA MERCERIE Habits pressés et réparés.COMPLETE Coiffures d'enfants, une spécialité.POUR HOMMES 381, RUE BEAUBIEN CONSULTATIONS TEL.S.-L.6085 Tél.St-Louis 3732 2 à 4 P.M.7 à 9 P.M.Docteur C.-E.Gaudet A.Cadieux EX-INTERNE DES HOPITAUX NOTRE-DAME ET ST-PAUL MALADIE DES ENFANTS Manufacturier Dentaire 2491, rue Mance Montréal 237, rue Chambord, Montreal ANGLE BERNARD Angle Mont-Royal Monument National Soiree du reveil acadien Le mardi, 16 octobre 1917 SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIETE ST-JEAN-BAPTISTE Sont au programme; MM.Victor Morin, le R.P.Dagnaud, Eudiste, M.Guy Vanier et et le Dr E.-D.Aucoin.:-: 1-5 1-1 io: Venez en foule, vous en retiendrez quelque chose."]
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