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Titre :
Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
Éditeur :
  • Québec :Bulletin médical de Québec,1932-1936
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Laval médical
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Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, 1933-11, Collections de BAnQ.

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[" jit) 3! LA | SOCIETE MEDICALE HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC \u2014 BUREAU DE DIRECTION : Président.M.le Professeur A.ROUSSEAU Doyen de la Faculté de Médecine.\u2026 M.le Professeur J.GUERARD Secrétaire\u2026\u2026\u2026\u2026.M.le Docteur R.DESMEULES Trésorier.M.le Docteur G.DESROCHERS Vice-Président REDACTION : Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé au secrétaire, le Dr R.Blanchet, Ecole de Médecine, Université Laval, Québec.ADMINISTRATION ET PUBLICITÉ Le Bulletin de la Société Médicale des Québec paraît tous les mois.Québec Inc.\u2019 Hôpitaux Universitaires de Il est publié par \u2018\u201cLe Bulletin Médical de Le prix de l\u2019abonnement annuel est de trois dollars.Pour ce qui relève de l\u2019administration et de la publicité on doit correspondre avec le Docteur Geo.Racine, 145 Boulevard Langelier, Québec. SOMMAIRE Novembre 1933 \u2014 MEMOIRES \u2014 Un cas d\u2019Infantilisme J.-C.MILLER et A.PELLETIER L'Hyperpnée expérimentale, Moyen de Diagnostie des Epilepsies S.CARON Un cas de Xanthomes multiples L.BERBER et L.LARUE Un Chondrome costal V.POTVIN Un cas de Leucémie myéloïde.Considérations S.LEBLOND LIVRES RE(TUS \u2014ususuenc0u00s000usou0e sous an sense unes toscane 020000000006 000 sons aveu none 200120202000 4 0000 CEST PP 343 343 351 360 0 5 0 Xl UN CAS D\u2019INFANTILISME J.-C.MILLER et Alph.PELLETIER, Hôpital-Fcole La Jemmerais.L'évolution de l\u2019endocrinologie ainsi que l\u2019expansion des doctrines psychanalytiques attirent de plus en plus l\u2019attention vers la Physiologie Sexuelle.Sans nous amener à des interprétations sexologiques encore fort discutables, les expériences récentes nous forcent à reconnaître la corrélation indéniable, existant entre l\u2019évolution sexuelle et la courbe des différentes étapes de la vie physique et mentale.La croissance est pour une bonne partie, subordonnée aux diverses fonctions endocrines; l\u2019intégrité anatomique et fonctionnelle de chacune de ces glandes, est indispensable à la croissance normale.\u2018Toute altération isolée ou complexe du système glandulaire est susceptible d\u2019entrainer des déviations morphologiques, variables selon la gravité de la lésion, l\u2019âge du sujet, les suppléances possibles réalisées par les autres glandes, ou par l'organisme lui-même.Jusqu'à la période prépubertaire, l\u2019Hypophyse et le Corps Thyroïde sont les principaux facteurs de croissance.Bourneville avait déjà remarqué que l'agénésie du corps thy- roide entrainait l'idiotie myxœdémateuse; plus récemment on a constaté expérimentalement, que le lobe antérieur de l\u2019Hypophyse pouvait suppléer jusqu\u2019à un certain point, à la fonction thyroidienne abolie, mais de façon fort imparfaite.Chez des tétards de grenouille dont on avait détruit la glande thyroïde, l\u2019injestion: de substance hypophysaire antérieure assurait la croissance pondérale et staturale, mais plus ou moins dystrophique et non accompagnée de transformation sexuelle.Dans des \u2018circonstances analogues, l\u2019opothérapie thyroïdienne provoquait, et la croissance normale, et la mutation du tétard en grenouille, c'est-à-dire l\u2019éveil des fonctions sexuelles. 344 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec La fonction thyroïdienne apparait donc comme le principal agent déterminant de cet important phénomène vital, la puberté, ou le passage à l\u2019état adulte.Cette transformation, déjà annoncée par une poussée de croissance osseuse, se traduit par le développement des organes génitaux, par l\u2019établissement du cycle menstruel, ou de la spermatogenèse ; et finalement par l'apparition des caractères sexuels dits secondaires.L'absence ou le retard de la maturité constitue, selon l\u2019expression de Brissaud, l\u2019Infantilisme.D'autres formes plus variées, ont été décrites, et se caractérisent habituellement par un arrêt de croissance brusque et précoce.Ces formes sont liées plus ou moins directement à des affections organiques diverses, cardiaques, rénales et hépato- spléniques; ces variétés particulières, ne répondent pas en général à la médication opothérapique.L'exemple clinique que nous vous présentons, est Gérard B., No.516, jeune homme actuellement âgé de 19 ans et 2 mois, dont 'atteinte de la maturité physique et psychique est nettement retardée.Gérard est un taré, fils de cancéreux, et un des huit enfants survivants d'une mère ayant eu 28 grossesses dont / fausses-couches.Dès la petite enfance, on note des dystrophies de croissance: précocité de l\u2019éruption dentaire, la première dent ayant apparu à 4 mois; l\u2019enfant aurait parlé à 2 ans, et la marche ne se serait établie que vers l'age de 4 ans, ayant été retardée par un rachitisme dont il présente encore des traces aux membres inférieurs.On rapporte aussi, des manifestations eczémateuses rebelles, une pleurésie purulente avec costotomie, à l\u2019âge de 12 ans, et dans l\u2019ensemble, la croissance fut pénible et retardée.On relève également un retard dans son développement mental accompagné d'\u2019instabilité maladive: irrégularité à l\u2019école, indocilité, vagabondage, menus vols et finalement condamnation à l\u2019âge de 12 ans, à 3 années d\u2019Ecole de Réforme.Sorti de là sans profit notable, à l'âge de 15 ans, le garçon fut alors dirigé a notre Hopital-Ecole.Lors de cette premiére admission, en décembre 1929, et alors agé de 15 ans et 4 mois, Gérard pouvait à peine lire.PR RR NA Te Jag ; grief qe D Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec + Lu AS et présentait un age mental de 9 ans; il pesait 65 lvs., mesurait 53 pcs., taille et poids communs aux enfants de 10 à 11 ans.Sa puberté était alors à peine ébauchée, et ne se manifestait que par quelques rares poils pubiens.(Urines normales.B.Wassermann négatif.) En le regardant ce soir, après une évolution pubertaire de 4 ans, on ne constate qu'une transformation réelle, au niveau même des organes génitaux: la verge, les testicules et la pilosité pubienne se sont notoirement développés; et d'après l'affirmation du malade, la fonction sexuelle externe serait établie.Mais sa taille n'est encore que de 63 pouces, et son poids de 100 livres, et correspondent à la norme des enfants de 14 à 15 ans; de même l'allure générale et la morphologie sont restées juvéniles.I,es caractères sexuels secondaires sont insuffisants: la tête est restée petite, la face glabre, la voix incomplètement muée, la démarche légère et gracile.Le sujet présente un certain degré d\u2019hypotrophie totale à prédominence pondérale ; sa croissance demeure insuffisante et du type juvénile, c'est-à-dire en longueur: le thorax est grêle, les membres effilés, les extrémités longues et étroites, enfin l'important développement musculaire normal à cet age fait défaut.Dans le domaine psychique, le sujet a aussi réalisé des progrès importants: son Quotient Intellectuel de 60 qu\u2019il était à son entrée, est maintenant remonté à 7/8; ce degré voisine les limites inférieures de l\u2019intelligence normale.Mais bien que les facultés aient atteint un niveau satisfaisant, il est à remarquer que le comportement général du sujet, son intelligence globale, est resté du type juvénile.Il demeure naif, suggestible, instable et pusillanime; il conserve encore une certaine vanité, de même que des manifestations fabula- toires, physiologiques chez des enfants plus jeunes.Nous sommes donc en présence d'une dystrophie de croissance, par dysendocrinie génitale; la fonction externe semble être arrivée à maturité, tandis que la morphologie générale et le psychisme sont demeurés du type infantile.Mais l'éveil génital de la puberté est sous la dépendance d'autres sécrétions préexistantes, celles de l\u2019hypophyse et du corps thyroide.Gi 346 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec L'insuffisance hypophysaire entrave la puberté, mais détermine des ensembles cliniques que ne réunit pas notre malade; on observe alors plutôt du gigantisme ou un syndrome adiposo-génital.L\u2019insuffsance thyroidienne compromet la croissance générale, et provoque des arréts de développement plus ou moins graves, selon l'intensité et la précocité de son apparition.On a distingué a ce point de vue, trois variétés différentes: le Foetalisme, l\u2019Infantilisme proprement dit et le Juvénilisme.Notre malade semble bien appartenir à ce dernier groupe d\u2019Infantilisme Dysthyroiïdien: l'examen radiologique nous montre une selle turcique normale et au niveau des épiphyses nous retrouvons une persistance des cartilages diaphyso-épiphysaires.Plaident encore en faveur de cette dernière hypothèse son hypotrophie staturale et pondérale, ses reliquats de rachitisme et les signes frustes d\u2019insuffisance thyroïdienne qu\u2019il présente encore.Un traitement à base d\u2019extraits thyroïdiens se montre souvent fort efficace chez ces malades.Apert rapporte même une observation où l\u2019Infantilisme a cédé à peu près complètement; son malade a réalisé un développement physique et mental compatible avec la vie normale ; il a pu gagner sa vie se marier et élever deux enfants.Chez notre malade, les circonstances n\u2019ont pas permis un traitement aussi effectif; toutefois, la médication opothéra- pique est encore susceptible d\u2019agir d\u2019avantage.Une transformation importante s\u2019est cependant établie, surtout dans le domaine psychologique qui nous intéresse particulièrement.Ce jeune homme a appris à lire et à écrire, il est maintenant capable de s\u2019adonner au métier de cordonnerie: nous espérons qu'il pourra se réchapper par lui-même dans UN avenir assez rapproché.Ce résultat nous suffirait amplement ; toujours guidés par les principes de l\u2019Hygiène Mentale, nous nous demandons en effet, s\u2019il y aurait avantage réel à prolonger la lignée d\u2019un taré que la nature avait, dans sa sagesse voué à une stérilité probable.- Bibliographie - Nobecourt, P.\u2014Les enfants trop petits.\u2014 L\u2019Expansion Scientifique Française, Paris. 0 des cit fe vi SU dams oo sprigs Bulletin de la Société Médicale des Hopitaux Universitaires de Québec 347 Lévy, Léopold.\u2014Le tempérament et ses troubles.\u2014Ed.J.Olivier, Paris.Apert, E.\u2014Les Infantilismes.\u2014G.Doin, Paris 1931.\u2014 Apert E\u2014La Croissance, Flammarion.\u20141921.\u2014 Raybaud, Antoine.\u2014Les Syndromes Hypophysaires et Infundibulo- Tubériens.\u2014G.Doin, 1933.\u2014 Thomas, André.\u2014Infantilisme et troubles mentaux.\u2014La Presse Médicale, 21 déc.1929.\u2014 Meninger, W\u2014Troubles mentaux associés aux Syndromes Hypophysaires \u2014A.M.A.Jurnal, No.13.\u201429 septembre 1928.\u2014 Apert & Baillet.\u2014Nanisme Réna] et Infantilisme Rénal.\u2014 Société Médicale des Hôpitaux de Paris,\u201426 juin 1931.- 348 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec L\u2019HYPERPNEE EXPERIMENTALE Moyen de diagnostic des épilepsies.M.Sylvio CARON, de la Clinique Roy-Rousseau.L'hyperpnée expérimentale, qui est pratiquée depuis 7 ans comme moyen de diagnostic neurologique, nous est familière et vous est connue.Vous avez assisté à des séances cinématographiques données par le Dr Albert Brousseau, illustrant l'efficacité de cette épreuve dans un cas de myoclo- nie de la face; mais vous l'avez peut-être rarement expérimentée comme moyen de diagnostic de l\u2019épilepsie.Depuis 3 ans, nous l'employons chez tous les sujets hospitalisés pour un syndrome épileptique.et qui retardent a le confirmer, en ne déclanchant pas sous nos yeux les convulsions classiques.Je ne puis pas vous donner le pourcentage des succes, nous n'avons pas toujours pris note de l'épreuve \u2014 nous les notons maintenant \u2014 mais je puis vous affirmer qu'ils se rencontrent en plus grand nombre chez les sujets jeunes, et chez ceux atteints du petit mal, c\u2019est-à-dire dans l\u2019épilepsie juvénile.Voici d'abord la technique: le malade, à jeun depuis 3 heures au moins, est placé dans le décubitus dorsal, débarrassé de ses vêtements et de tout lien pouvant entraver la respiration.Rythme respiratoire: 12 à 15 mouvements à la minute, aussi amples que possible, en insistant sur la phase expiratoire; durée de l\u2019épreuve: 30 minutes.Cette hyperventilation pulmonaire sensibilise les lésions nerveuses et fait apparaître ou des crises comitiales, des états tétaniques.des troubles sensitifs ou moteurs, ou même des myoclonies.\u2014 \u2014\u2014 my me \u2014 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 349 Des travaux biochimiques furent, dans la suite réalisés, et je me permettrai de vous donner les résultats résumés pris dans le travail de M.Heernu, assistant au centre neurologique de Bruxelles.Au cours de l\u2019hyperpnée on observe une tendance très fréquente vers l\u2019alcalose sanguine: 7.2 à 7.5, sans cependant que cela soit constant.On trouve en outre, au moins aussi souvent, une diminution de la calcémie qu\u2019une augmentation ; parfois la calcémie reste constante.Il existe une élimination de bases par les urines et une rétention acide.La glycémie peut varier dans des limites assez larges: une augmentation qui peut atteindre, dans certains cas, jusqu\u2019à Ogr.40.On remarque, en plus, une perturbation de la physiologie du centre respiratoire.Aussitôt que la concentration du CO?sanguin est descendue en dessous du seuil d\u2019excitation du centre respiratoire, celui-ci cesse de fonctionner et l'individu entre en apnée.C\u2019est ce que vous constaterez au cours de l\u2019épreuve: après 5 minutes de respiration forcée, les mouvements respiratoires deviennent plus superficiels et tendent à s'arrêter.Il faut à ce moment stimuler le sujet.Au cours de cette phase de l\u2019épreuve un peu pénible, la respiration est réellement \u201cvolontaire\u201d, les mouvements respiratoires sont réglés par l\u2019activité consciente du cerveau, ce n\u2019est plus une fonction végétative, et durant plusieurs minutes \u2014 15 et plus \u2014 la respiration tend à devenir superficielle, pour devenir assez rapidement ample et plus rapide, enfin automatique, elle cesse alors d\u2019être volontaire.Cette hyperpnée involontaire et automatique explique certains états tétaniques, certaines contractures \u2014 hypertonie et spasme \u2014 localisées, rencontrées chez des patients en état d'anxiété.J'essaierai maintenant de faire devant vous cette épreuve chez 5 malades hospitalisés pour syndrôme épileptique.Voici leurs histoires: 1\u2014Madame C.agée, de 43 ans.Des son jeune age, elle aurait souffert du petit mal.Depuis grippe 1918.Manifestation de convulsions avec chute.Deux jours après son entrée elle confirme le syndrome épileptique.Je tenterai chez elle l\u2019hyperpnée, qui n\u2019a pas déclanché I'inconscience, les convulsions et la chute, après 10 minutes de tentative il y a 8 jours, alors qu\u2019elle était soumise au traitement par le gar- SEE ep EEE PE \"eme 350 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec dénal.L\u2019hyperpnée n\u2019a sensibilisé que certaines manifestations de l'aura: engourdissement dans les deux membres, dyspnée.refroidissement des extrémités.Actuellement elle ne prend pas de gardénal depuis 4 jours.2\u2014Mlle.âgée de 8 ans; souffrait d\u2019épilepsie depuis 2 ans.Pas de maladie dans l\u2019enfance.Confirme le syndrome sans avoir recours à l\u2019épreuve de l\u2019hyperpnée: \u2018\u201c\u201cmanifestation du petit mal\u201d.L'épreuve fait naître à tout coup la perte de connaissance.3\u2014Mlle TP.âgée de 18 ans.Vient consulter pour pertes de connaissance d\u2019une durée de 7 à 8 minutes, et au nombre de 6 à 7 dans 24 heures ; deviendrait pâle avant l\u2019accès et somnolente après.I aura serait sensation vertigineuse, tachycardie, sensation d'étouffer.La premiere perte de connaissance eut lieu dans une église, le 21 mai 1933.I hyperpnée expérimentale extériorise des acces hystérifor- mes.4\u2014Mlle G.agée de 17 ans.Consulte pour crises épileptiformes existantes depuis l\u2019âge de 12 ans, à raison de une à deux par mois.Serrement épigastrique, dit qu\u2019elle va devenir mal, puis perte de connaissance.Ceci existerait à l\u2019occasion d\u2019une peur éprouvée à l\u2019école.Comme moyen de réforme elle est mise dans un cachot noir; elle ressent étouffement, -serrement épigastrique, puis perte de connaissance.I\u2019hyperpnée ne fait pas apparaître de convulsions mais un état d\u2019inconscience, bavardage et rougeur de la face avec Tachycardie.5\u2014M.R.agé de 8 ans.Epileptique depuis l\u2019âge de 5 ans, à la suite de scarlatine; accès au nombre de 10 à 15 par jour.-Pas d'accès nocturnes, il aurait été bien surveillé sur ce point.L'hyperpnée, après 1 à 2 minutes d'expérience, fait apparai- tre un accès identique à celui déclanché spontanément.LE i Mi > _\u2014 Fo 2 0 Bulletin de la Société Médicale des Hopitaux Universitaires de Québec 351 UN CAS DE XANTHOMES MULTIPLES Présentation d\u2019une malade à la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires.(Hôptal St-Michel Archange.) M.L.BERGER et M.LUCIEN LARUE Nous vous montrons cette malade parce qu\u2019elle présente une xanthomatose cutanée généralisée et aussi parce qu\u2019à un moment nous l\u2019avons cru atteinte d\u2019une maladie plus rare, la xanthomatose cranio-hypophysaire ou maladie de Schuller- Christian, affection qui réalise l\u2019association symptomatique suivante : Diabète insipide, lacune crânienne, et lésions osseuses, exophtalmie, des troubles du développement et quelques symptômes plus rares parmi lesquels la surdité bilatérale et des troubles de l\u2019humeur et du caractère.En réalité examen plus complet de cette malade nous a montré qu\u2019il s'agissait \u2018d\u2019une xanthomatose peut-être plus banale parce que plus fréquemment observée.L'examen radiologique du crâne n\u2019a pas décelé de lacunes et le reste du squelette ne présente pas non plus de lésions osseuses.11 n\u2019existe pas d\u2019exophtalmie, la quantité des urines secrétées dans les 24 heures est normale.Cependant, nous devons faire remarquer que notre malade présente tout de même certains symptômes qui ont été signalés au cours de la xantho- matose cranio-hypophysaire tels: la surdité bilatérale, les troubles du développement somatique et psychique avec en plus, les troubles de l\u2019humeur et du caractère, ceux-ci tellement marqués qu\u2019ils ont nécessité son internement.Cependant nous croyons plus prudent de retenir uniquement le diagnostic facilement défendable de xanthomatoses cutanées.Cette malade présente les formes cliniques constituées par le xanthome plan localisé qu'on appelle plus communé- 352 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec ment xanthélasma dont le siège d\u2019élection est aux paupières et qui apparait sous forme de taches jaune paille légèrement saillantes et le xanthome en tumeurs qui existe surtout sur les membres du côté de l'extension, sur les coudes, les genoux, les épaules, les articulations des doigts, des cous-de-pied, enfin sur les fesses où ces tumeurs sont presque toujours pédiculées.Ces tumeurs sont de coloration jaune, à certains endroits légèrement violacées; quelques-unes sont molles, les autres sont d'une dureté fibreuse, par conséquent à un stade évolutif différent.Diverses hypothèses ont été proposées pour expliquer la nature de cette maladie.On a même cru pendant un certain temps à un.origine infectieuse et ce sont les travaux du professeur Chauffard qui ont montré que le xanthome est en relation avec la cholestérinémie.Normalement le sérum sanguin renferme un taux de cholestérine qui oscille entre 1 grm.20 et 1 grm.80 pour mille.Celui-ci chez certains malades peut aller jusqu\u2019à 6 grammes.Chez notre malade il est de 3 grm.60 pour mille.L'on admet que lorsque la cholestérine est insuffisamment éliminée et en excès dans le sang, elle tend à se déposer surtout dans le derme et le tissu cellulaire sous-cutané.Il semble à l\u2019heure actuelle que ce soit l\u2019explication pathogénique la plus généralement admise; cependant cette question renferme encore des inconnus car il existe des observations de xanthomes sans hypercholestérinémie.Le bénéfice de ces recherches a été de mieux orienter la thérapeutique et l\u2019on donne maintenant à ces malades, obstraction faite des traitements locaux, un régime hypo-cholestérique qui, dans bien des cas, a rendu des services appréciables.Examen Histopathologique: En 1927 on préleva trois biopsies au niveau d\u2019une tumeur ., digitale, d'une tumeur du coude et d\u2019une tumeur des fesses.Abstraction faite du profil tumoral, pédiculé dans celle de la fesse, aplati dans les deux autres, l'aspect est partout sensiblement le même.Toute l'épaisseur du derme est occupée par une abondance de cellules claires, spumeuses, généralement arrondies ou ovalaires, plus rarement irrégulières à la suite du tasse- Ps êtes | tent ! Ut Sur Ny Died, our Thang Es ly Stade Dosegy 16 cry f sont jte le male- cerine elu Chez et que él el e der- \u2018heure | ! Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 333 ment réciproque.Les noyaux sont généralement petits par rapport au protoplasme.Celui-ci est bourré de gouttelettes lipidiques, lorsqu\u2019on applique aux coupes des techniques pour la mise en évidence des graisses.Un certain nombre de cellules se signalent par leurs dimensions considérables et par la présence de plusieurs noyaux au voisinage desquels se trouve un ilot de substance protoplasmique plus dense.Sur de nombreux endroits l'orientation des cellules est nettement périvasculaire ; cette orientation s\u2019estompe parfois aux endroits, où les cellules sont particulièrement nombreuses.Les vaisseaux entourés de cellules spumeuses ont des parois nettes et un endothélium légèrement gonflé, mais dépourvu de vacuoles.En imprégnant le réticulum par l\u2019argent suivant la technique de Laidlaw on constate que pratiquement toutes les cellules sont entourées de fibres ou fibrilles argyrophiles qui leur forment une sorte de mailles et sont en continuité avec les fibres réticulaires périvasculai- res.Les cellules dissocient complétement les fibres collage- nes préexistantes et en ont fait disparaître la grosse majorité.Elles ne présentent cependant nulle part aucune trace d\u2019ag- gressivité vis-à-vis des tissus voisins.Sur quelques rares endroits elles deviennent même atrophiques, et une légère sclérose s'ébauche dans leur voisinage.Il s'agit par conséquent de tumeurs essentiellement composées de cellules gorgées de lipides, c'est-à-dire de tumeurs xanthélasmiques.Les recherches modernes ont démontré que ces tumeurs étaient toujours constituées par des cellules appartenant à l\u2019étage dermique ou hypodermique du système réticulo-endo- thélial; les cellules fondamentales sont des éléments histio- cytaires.G.Lévy a voulu faire une distinction entre la variété tumorale apparaissant au cours d'une hypercholésté- rinémie et tune autre autonome, non accompagnée d\u2019altérations sanguines.La première qui mériterait le nom de \u201cxanthélasma\u2019 représenterait des manifestations dyscrasiques locales dues aux dépots dans certains tissus de substances lipi- diques en excès dans le sang.Pour parler avec Chauffard et Laroche l'hypercholestérinémie serait à ces tumeurs LARA, i {i EB Ri Fe pu od i i Fe a a 5 ] i ur + \u201cA % Lu 598 i 4: ; acai pa oot 354 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec ce que l'excès d\u2019acide urique contenu dans le sérum sanguin serait aux tophi des goutteux.Il ne s\u2019agirait alors dans ce cas non pas de tumeurs véritables, mais d\u2019hyperplasies dyscrasiques en tous points comparables aux tumeurs hyperplasiques d\u2019origine inflammatoire sans croissance autonome et indéfinie, arrétant leur évolution ou disparaissant même, lorsque l\u2019agent pathogène dyscrasique ou inflammatoire qui les a provoquées disparaît.L'autre variété serait constituée par des tumeurs vraies dans le sens des néoplasmes bénins de Masson ou des blas- tomes des auteurs anglais et allemands.Il s\u2019agirait d\u2019histio- cytomes primitifs dont les cellules manifesteraient leur nature réticulo-endothéliale par leur faculté d\u2019emmagasiner certaines substances, en particulier des lipides.Cette distinction théoriquement justifiée peut être d\u2019une application malaisée dans certains cas, car même pour les tu- Meurs en apparence autonomes 1l faut envisager la possibilité d'un trouble lipidique local qui pourrait donner lieu à une infiltration dans les histiocytes voisins.La discrimination est encore rendue plus difficile par le fait, mis en évidence par Kyiono, que les cellules histiocytaires entrent d'autant plus facilement en prolifération qu\u2019elles ont emmagasiné de substances étrangères.Les limites entre tumeurs hyper- plasiques et néoplasiques deviennent ainsi particulièrement floues dans ce domaine particulier des tumeurs xanthiques.Dans notre cas la présence de l\u2019hypercholestérinémie et de tumeurs dures, manifestement scléreuses, par conséquent non seulement arrétées, mais nettement involuées, involution déjà ébauchée dans une biopsie de 1927, prouve suffisamment leur mécanisme dyscrasique, non néoplasique.Peu importe que nous les appelions xanthélasmas ou xanthomes hyper- plasiques.TS RR Br O AF EIN Pr Ar A As RAR RRR AR PTA RANI vu My Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 35 GN UN CHONDROME COSTAL M.V.POTVIN, de l'Hôpital du Saint-Sacrement.L'observation que nous apportons présente, croyons- nous, un double intérêt: Le diagnostic clinique des tumeurs solides de l\u2019hypochondre gauche d\u2019une part, de l\u2019autre la pathogénie des chondromes encore obscure à l\u2019heure actuelle.La malade appartient au service de Monsieur le Docteur Leuret chirurgien de l\u2019hôpital St-Joseph qui a eu l\u2019amabilité de nous permettre cette publication.Madame A.K.agée de 26 ans, mariée, sans enfant, secrétaire de son métier se présente dans le service le 22 avril, 1933.Elle se plaint de fatigue générale avec sensation d\u2019abattement, d\u2019amaigrissement assez prononcé (7 à 8 kilos) et de température vespérale oscillant autour 38° C.Ces troubles durent depuis trois mois et semblent s\u2019accentuer graduellement, ce qui décide la malade à consulter.Les antécédants familiaux ne présentent aucun intérêt.Quant au passé de la malade, on y retrouve de vagues douleurs thoraciques au cours de l\u2019adolescence, et, précédant de quelques mois l\u2019éclosion de la dernière maladie, une expectoration matinale rosée, parfois sanguinolente.L'appareil urinaire est troublé par une légère pollakiurie nocturne (2 mictions).L'appareil génital fonctionne normalement.Les digestions sont parfois lentes et un pénibles.L'inspection de la malade nous montre un hypochondre gauche légèrement saillant.La palpation nous y fait décou- viir une masse du volume d\u2019une tête de foetus, arrondie, 356 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec La tumeur ne suit pas les mouvements respiratoires et n\u2019est dure sur toute la surface accessible à la palpation, indolore.pas mobilisable par la palpation.Son pole supérieur se perd en arrière du rebord thoracique.Elle ne semble pas adhérer à la paroi abdominale qui glisse facilement à sa surface.Nettement mate à la percussion la tumeur ne donne pas de contact lombaire bien appréciable.Une radiographie de l\u2019hypochondre gauche nous décèle les contours flous d\u2019une masse arrondie, en contact presque immédiat avec la coupole diaphragmatique.La partie externe de l'ombre présente une plage de mouchetures plus opaques.Le rein gauche, l'angle splénique du colon, le foie, la rate: voilà, selon toute vraisemblance les organes que nous devions interroger.Le rein est vite mis de côté par un examen montrant des urines normales et une pyélographie ascendante donnant l\u2019image d\u2019un bassinet de localisation et d\u2019aspect sensiblement réguliers.La fixité et la consistance de la tumeur, le peu d'importance des troubles digestifs, l\u2019âge et l\u2019état général de la malade nous font également éliminer la possibilité d\u2019une tumeur maligne du colon ou de l\u2019estomac._ Restaient le foie et la rate auxquels il nous semblait falloir se ratacher.Monsieur le Docteur I,euret émit alors l'hypothèse d\u2019un ancien kyste hydatique du lobe gauche du foie dont les parois sont calcifiées et fixées aux organes voisins par la réaction fibreuse qui les accompagne souvent.Cette solution était en effet des plus rationnelles et concordait parfaitement avec nos examens cliniques et radiologiques._ C'est sur ces données que le 24 avril, 1933, nous décidons d'intervenir.Sous anesthésie générale au chloroforme, nous menons une incision parallèle au rebord costal gauche, longue d'environ 10 cm.Dès l\u2019ouverture du péritoine, nous contournons de la main une masse énorme, bientôt identifiée comme chondrome costal.Le développement de la tumeur est entièrement abdominal, quoique son pôle supérieur affleu- ee na \u201cmet AL ale ted 163 qi oie conti\u201d Siok déc\u201d gi I do 2, i ci la paré lé de y Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 357 re le faite de la coupole diaphragmatique.Le jour donné par l\u2019incision étant insuffisant, nous faisons la section des deux derniers cartilages costaux.La libération est très laborieuse et ne peut être complétée que par la résection du 13 antérieur de la 10ème côte qui embroche la tumeur à sa partie tout externe.La plèvre, ayant été légèrement ouverte au cours de cette dernière manœuvre, on ferme la brèche par un point en U et la paroi abdominale en trois plans sans drainage.Les suites opératoires ne présentent rien de particulier et la malade quitte l\u2019hôpital le 17ème jour après l'intervention, en très bonne voie de guérison.De cette observation, se dégage un fait qui rétrospectivement semble nous avoir laissé trop indifférent: c\u2019est la disproportion existant entre le volume de la tumeur que nous persistions à rattacher à un viscère abdominal et l'absence de troubles fonctionnels de ces derniers.De plus les phénomènes de compression qui sont les satellites habituels des tumeurs solides manquaient ici totalement: L'image du bassinet ne décelait pas de rétention pyélique, la bile ne trouvait aucun obstacle à son excrétion et la constipation était inexistante.Ces éléments n'étaient-ils pas suffisants pour nous faire porter ailleurs nos investigations?Les constatations faites au cours de l'intervention nous l'ont d'ailleurs démontré.Mais la tumeur enlevée, le rapport de l\u2019histologiste nous affirmant \u201cchondrome pur\u201d, une question devait se présenter naturellement à l\u2019esprit: Quelle en était la pathogénie ou, en d\u2019autres termes, comment expliquer le développement d'un chondrome en un point de l\u2019os où n'existe normalement aucune formation cartilagineuse?I.es hypotheses les plus diverses nous voilent encore la vérité a ce sujet.Plusieurs auteurs ont cru y voir des séquelles d'un rachitisme fcetal, mais une opinion plus acceptée aujourd\u2019hui et qui semble être celle de l'Ecole américaine, attribue le développement de ces chon- dromes à des fragments de cartilage emprisonnés dans la continuité de l\u2019os au cours de la vie intra-utérine.D'après Tixier et Patel \u201cil s'agirait d\u2019une véritable malformation du squelette plutôt que d'une tumeur au sens propre du mot.\u201d Ca 358 Bulletin de la Société Médicale des Hopitaux Universitaires de Québec Beaucoup de faits nous portent cependant a croire que l'on est encore bien loin de la réalité.Des chondromes purs se seraient généralisés par voie sanguine et auraient donné des métastases pulmonaires.Chez notre malade, l\u2019interrogatoire nous avait décelé une expectoration sanguinolente.Notre attention fut dès lors attirée de ce côté, mais les examens stétacoustiques et radiologiques nous montrèrent des plages pulmonaires indemnes.Sans vouloir tirer de conclusion de ce fait nous croirions nécessaire, avant d'affirmer un pouvoir métastatique à des chondromes purs, que des coupes en série passent sous les veux de l\u2019histologiste qui y découvrirait peut- être un noyau isolé en voie de aegénérescence sarcomateuse.Mais ce qui à notre sens, doit retenir plus particulièrement l\u2019attention, c\u2019est que les chondromes se développent assez fréquemment sur des tissus traumatisés: l\u2019irritation chronique, les chocs répétés ne sont pas des facteurs inconnus dans la pathogénie des tumeurs néoplasiques.Aleman (de Stockholm) a décrit des chondroplasies post-traumati- ques de la rotule.Sabrazes et Jeanneney affirment que \u201cdans les traumatismes, un cartilage ainsi lésé montre quelques plages de régénération et de nombreuses images de dégénérescence.\u201d Ils considèrent ces faits comme un premier stade de l\u2019arthrite déformante.En ces dernières années.Leriche et Pollicard ont beaucoup insisté sur la nature néoplasique des chondrifications que l\u2019on observe entre autres dans les gaines synoviales in- flammées.\u201cLe tissu conjonctif v devient translucide, disent- ils et ses cellules se gonflent et prennent peu à peu le caracté- re des cellules cartilagineuses.\u201d L'apparition d\u2019un chondrome sur la continuité d\u2019une côte nous semble bien apparentée à ce processus.Le gril costal est une des parties squelettiques les plus exposées aux traumatismes ; dans l'immense majorité des cas, ceux-ci agissent de dehors en dedans, provoquant un certain degré de redressement de l\u2019os.Selon l\u2019intensité du choc, l\u2019âge du blessé et d\u2019autres facteurs encore, la fracture est complète ou en bois vert; dans ce dernier cas, si c\u2019est le mécanisme de redressement de l\u2019os qui intervient, la face interne est toujours la premiere touchée.Fissure de la table de l\u2019os ou simple éraillure Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 359 périostique, le processus de réparation devra s\u2019y installer et la métaplasie cellulaire suivre son cours.Mais que celle-ci s'arrête au stade cartilage pour faire place à une hyperplasie de ce tissu, un chondrome est né sur la face interne de la côte.I,es causes intimes de ces anarchies cellulaires nous échappent toujours, mais la constatation en est journalière: c\u2019est d'ailleurs l\u2019histoire de chéloides.Nous avons soigneusement interrogé notre malade au sujet d\u2019un traumatisme costal, si bénin soit-il, sans pouvoir rien obtenir d\u2019une mémoire qui, par ailleurs, se montrait assez nébuleuse.Quoiqu\u2019il en soit, en inspectant de près la pièce anatomique, il était manifeste que le point d'implantation de la tumeur siégait sur la face interne de la côte.Devait-elle son développement au mécanisme que nous avons cru y voir ?C'est ce qui, croyons-nous, ferait l'intérêt d\u2019investigations dans des cas analogues. 360 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec UN CAS DE LEUCEMIE MYELOIDE: CONSIDERATIONS.M.Sylvio LEBLOND, de l'Hôpital du Saint-Sacrement.M.A.W.est un gentleman bootlegger charmant, portant bien une certaine distinction d'allures et doué de quelque culture.Cet homire qui exerce un métier défendu a des principes.Il regarderait courir d\u2019un œil paterne une blatte qui le craint et déchargerait par le canon le magasin de son revolver dans le ventre de l'homme qui ferait obstacle à l'accomplissement de ses fonctions.Il se garderait de manquer à une parole donnée, et ne craint pas de mettre à ses trousses tous les représentants de la justice et de la loi.En somme un de ces contrebandiers ou de ces hors-la-loi tels que nous les décrivent la légende dans Robin Hood ou le roman dans le Morgan des Compagnons de Jéhu.Il n'a que 27 ans et n\u2019est pas encore marié.L'automne dernier il eut une grave altercation avec des représentants de la loi, se fit attraper et loger au Château des Plaines d'Abraham.Peu après son entrée dans cette institution, il se mit à faire des troubles digestifs, une diarrhée plutôt tenace que l'on traita sans beaucoup de succès.Les troubles gastro-intestinaux; vomissements diarrhée, douleurs abdominales persistèrent malgré tout traitement, malgré le repos au lit et le régime lacté.ll maigrit, pâlit, devient fatigable et le médecin de la maison en l'examinant constata une tuméfaction abdominale.Il nous l'adressa le 2 février 1933. Ne Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 361 Nous nous trouvons alors en présence d\u2019un grand jeune homme maigre, pâle, abattu, ne se plaignant que de troubles digestifs.Son ventre est plutôt globuleux.A la palpation on perçoit à gauche une masse dure, lisse, immobile, indolore, occupant tout l\u2019hypocondre gauche, se perdant sous le gril costal et atteignant en bas presque la fosse iliaque.Cette tumeur ne dépasse pas la ligne médiane, présente un bord inféro-interne tranchant avec une double encoche et n\u2019a pas de contact lombaire.Fille donne un son mat à la percussion sur toute son étendue.Il n\u2019y a pas de doute c\u2019est une rate hypertrophiée.Ailleurs on trouve peu de choses: le foie n\u2019est pas gros et la recherche des ganglions dans leurs territoires respectifs ne fournit aucun renseignement intéressant pas plus que l'examen des urines.Pas de douleurs dans les os.Le lendemain même on fait sa formule sanguine.On y trouve 3,120,000 globules rouges.60% d'hémoglobine et 565,000 globules blancs.75% de ceux-ci sont faits de myéloblastes, de promyélocytes et de myélocytes neutrophiles.Le reste est constitué, pour la majeure partie, de polynucléaires neutrophiles.On v trouve encore de nombreuses hématies nuclées.Nous sommes donc en présence d'une leucémie myéloide des mieux constituées, en pleine évolution ascendante.Le traitement presse et sans tarder on le soumet à la radiothérapie.Après la première séance le chiffre des globules blancs monte encore jusqu\u2019à 700,000.Cependant les rayons X, que le malade supporte bien, entrent effectivement en jeu et on voit rapidement les leucocytes tomber a 261,000, 21.000.10,000 et enfin 6000 par mm° en même temps que la rate se rétracte sous les côtes et ne les déborde plus qu\u2019à peine après 10 séances bi-hebdomadaires.Les hématies abaissent leur chiffre à 2.520.000 au début, mais se reprennent vite et montent graduellement jusqu'à 4,500,00 pour v rester.L'hémoglobine fait de même: de 60% elle atteint 98%.L'état général s'améliore, les troubles digestifs disparaissent, la pâleur s\u2019atténue.le malade prend du poids. 362 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec Au bout de 114 mois tout est rentré dans l\u2019ordre.Le malade se livre à certains travaux.On continue de surveiller sa rate et ses réactions sanguines qui ne sortent plus des cadres de la normale.Peu après son entrée, au cours du traitement radiothéra- pique on lui fait une réaction de B.W.qui revient positive à l\u2019antigène alcoolique et à l\u2019antigène cholestériné.Le malade cependant nie toute atteinte de syphilis.Il s\u2019est bien exposé à la contagion mais il n\u2019en a jamais présenté aucun symptôme.Et d\u2019ailleurs chez lui on fie trouve aucut autre signe pathologique qu\u2019une grosse rate.: En mai, alors que tout est rentré dans l\u2019ordre, le B.Wet le Kahn sont encore positifs et notre suiet se porte bien.Nous voici donc en présence d'un jeune homme atteint d'une leucémie myéloide chez qui on ne trouve d'autre stigmate de la syphilis que des réactions sérologiques positives.Que conclure de là ?Notre malade est-il un syphilitique ?Cette leucémie est-elle une manifestation syphilitique ?Ou bien faut-il admettre qu\u2019il existe au cours des affections de la rate des réactions sérologiques positives sans syphilis?Notre malade est-il un syphilitique?Il est permis d\u2019en douter.ll avoue bien s'être exposé à la contagion \u201ccomme tout le monde,\u201d dit-il, mais il nie toute infection.On n\u2019en retrouve d'ailleurs aucun stigmate; pas de trace de chancre, ni autre cicatrice.Pas de signes de syphilis héréditaire.Peut-on attribuer une étiologie syphilitique à cette leucémie myéloïde ?Les auteurs sont très réticents sur cette question et ils ne font que citer le fait que certaines leucémies ont été attribuées à la syphilis.D\u2019après Clerc le rôle de la syphilis dans l'étiologie de la leucémie serait bien douteux.Grenet, dans la thèse de son élève Rousseau en 1924, cite deux cas de leucémie chez des sujets sans stigmates de syphilis, mais à B.W.positifs, et qui furent améliorés par le traitement spécifique.Il est admis cependant que la syphilis peut créer des i elle Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 363 syndromes très voisins de la leucémie myéloïde entre autre l\u2019anémie splénique pseudo-leucémique de Von Jaksch-Luzet, maladie qui frappe essentiellement le nourrisson.Mais encore la spécificité doit-elle faire part dans sa fréquence étiologique à d\u2019autres affections telles que le paludisme, le rachitisme, etc.Le sang dans cette anémie avec grosse rate présente cette particularité de contenir un grand nombre de globules rouges nucléés.Un syndrome à peu près semblable a été décrit par Weil et Clerc chez l'adulte, syndrome qu\u2019ils ont appelé splénomégalie avec anémie et myélémie.Pélissier admet que la syphilis peut entrer en ligne de compte comme cause de cette affection des tissus hématapoïétiques, mais Aubertin, après lui, prétend qu\u2019on ne peut la rattacher à aucune affection bien précise.La syphilis de la rate est bien connue; syphilis héréditaire de la rate chez le nourrison et chez l\u2019adulte; splénomégalie contemporaine du chancre, splénomégalie de la période secondaire et surtout syphilis tertiaire.Mais ces manifestations touchent la rate en tant que viscère comme elles toucheraient le foie ou un autre organe.On ne retrouve pas dans le sang les stigmates de la poussée proliférative des centres myéloïdes comme dans la leucémie myéloïde.Et d'ailleurs il n\u2019est pas dans les habitudes de la syphilis de construire de cette façon.La syphilis, nous apprend-on au cours de pathologie générale, est essentiellement constructive; mais elle bâtit, aux dépens du tissu conjonctif, du tissu scléreux, et l'examen anatomique d\u2019une rate syphilitique nous laisse voir un organe augmenté de volume où la pulpe est tassée, repoussée, considérablement réduite sous la poussée grandissante du tissu scléreux.La rate leucémique, au contraire, fait voir une prolifération cellulaire du tissu parenchymateux; accumulation dans les mailles refoulées du tissu splénique de cellules jeunes, nées de parents trop prolifiques, et impuissantes à évoluer davantage.De cette hyperplasie, de cette cataplasie, comme l'appelle Waugh à la néoplasie il n\u2019y a qu\u2019un pas à franchir: celui d'un trouble dans la systématisation.On a failli les confondre et Bard appelait la leucémie un cancer du sang. x 364 Bulletin de la Société Médicale des Hopitaux Universitaires de Québec Ce n\u2019est pas de cette façon qu\u2019agit d\u2019habitude le tréponème pâle.Et notre malade aurait-il pu présenter comme première manifestation de sa syphilis un syndrome semblable aussi peu dans les us et coutumes de celle-ci?C\u2019est fort peu probable.Mais pourtant son B.W.est positif.Il paraitrait que le fait est possible.La réaction de Bordet-Wasserman pourrait étre positive chez les porteurs chroniques de grosse rate sans qu'on puisse en incriminer la syphilis.P.Emile Weil sur 12 cas de snlénomégalie primitive chronique aurait trouvé 7 B.W.positifs à l\u2019exclusion de toute syphilis, par conséquent un pourcentage de 58 cas chez qui le traitement spécifique aurait eu des effets nuls sinon nocifs.On sait d'autre part que le B.W.dans la syphilis tardive de la rate est des plus tenaces et qu\u2019il résiste plus que la rate elle-même au traitement.Ia rate aurait-elle donc son mot a dire dans la formation des anticorps qui vont fixer le complément?On peut encore trouver une réaction de B.W.positive dans d'autres affections; au cours des fièvres élevées, par exemple, dans le paludisme, le pian, la lèpre, la scarlatine, l'ictère et en particulier l\u2019ictère spirochéto-hémorragique, l'angine de Vincent, ete.TI ne faut pas pour cela nier toute valeur au B.W.comme critère d\u2019infection svphilitique surtout dans notre pays où les infections ci-haut citées sont rares pour la plupart, mais il est bon de connaitre que cette réaction à antigène non spécifique peut voir son complément être dévié pour un anticorps autre que celui produit par le tréponème de Schaudinn.M.Paul Chevalier, à la réunion dermatologique de Strasbourg du 8 mai 1932, expose le fait que les porteurs chroniques de grosse rate, surtout s\u2019ils sont jeunes, présentent dans 20% à 30% des cas des réactions sériques du type syphilitique des plus stables.Le traitement spécifique n\u2019aurait pas réussi à négativer ces réactions; seule l\u2019ablation de la rate chez les malades qui ont survécu, a pu le faire. Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 365 On avait pensé au début que la présence de cholestérine en excès dans le sang pouvait expliquer ces réactions positives anormales et tenaces; l\u2019adjonction de cholestérol à l\u2019antigène avait provoqué une fixation du complément plus rapide et plus sensible.Mais chez les syphilitiques a cholestériné- mie élevée le B.W.s\u2019était négativé aussi rapidement sous l'influence du traitement que chez les cholestérinémiques normaux.Bory, alors, à la même réunion dermatologique de Strasbourg, expose l'hypothèse, sans preuve à l'appui, que ces réactions positives sont le fait d\u2019une trop grande pauvreté des humeurs en lécithine et que l'apport de cette substance pourrait peut-être négativer ces B.W.troublants.Quoi qu\u2019il en soit de toutes ces opinions et hypothèses 1l existe un fait: des porteurs de grosse rate peuvent avoir des réactions sérologiques du type syphilitique positives sans qu\u2019on puisse retrouver la syphilis ou ses séquelles chez ces malades.Notre bootlegger en est un bel exemple.Aussi tenant compte de tous ces faits l\u2019avons-nous considéré d\u2019abord et surtout comme un leucémique.Le traitement radiothérapi- que a jugulé la poussée proliférative de ces éléments blancs et détruit leur excès.Quant à la syphilis, dont le B.W.est le seul symptôme positif, nous attendons qu\u2019elle fasse autrement sa preuve pour v croire et la traiter, nous contentant en attendant, de croire à la possibilité d\u2019une réaction positive chez un porteur de grosse rate.- Bibliographie - A.Ciere:\u2014 Nouveau traité de Médecine Fase.IX Pathologie des globules blancs.Ch.Aubertin :\u2014 Nouveau traité de Médecine Fase.IX.Pathologie de la rate.M.Léon-Kindberg \u2014 Nouveau traité de Médecine Fase.IX.Syphilis de la rate.Théo.R.Waugh:\u2014 The Canadian Medical Association Journal, fev.1925.\u2018The Nature and Classification of leukemias. 366 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec Rousseau :\u2014 P.Emile Weil \u2014 Paul Chevalier \u2014 Louis Bory \u2014 L.Pélissier \u2014 Thèse de Paris- 1924- (Syphilis tertiaire de la rate.) Paris Medical- 22 mars 1919.Rk \u2018\u2018La réaction de Wasserman dans les splénomégalies chroniques.\u201d\u2019 Bulletin de la Société Fr.de Dermatologie et de Syphiligraphie- No.juillet 1932.Idem.Gazette des Hôpitaux: 13 déc.1924 et 20 dée.1924.\u201c\u201cSyphilis de la rate.\u201d Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 367 LIVRES REÇUS \u2014 La Tuberculose du lobe Azygos par B.Le Bourdellès, Professeur agrégé au Val-de-Grâce et J.Jalet, Ancien assistant d\u2019électro-radiologique au Val-de-Grâce.Un volume de 160 pages avec 70 figures (Bibliothèque de Phti- SIOÏOZIE ) L.\u2026\u2026
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