Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, 1 novembre 1934, Novembre
[" QUEBEC, NOVEMBRE 1934 No.11 PAP NIA PP Po sf Po SP Pa ng oP og Pa Ang I A Ad at PINON tf oP Pe PPPs PPP aa aeons a on or a \u2014~n A I A SP a a PP PP PIPPI BULLETIN SOCIETE MEDICALE HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Publication périodique mensuelle Secrétaire Général, M.R.Desmeules.167, Grande Allée Secrétaire de la rédaction Administrateur M.R.BLANCHET M.GEO.RACINE Ecole de Médecine.145, Boulevard Langelier.= _\u2014 \u2014> LE BULLETIN MEDICAL DE QUEBEC, INC.(35% ANNÉE) P.LAROSE Enr., 331 RUE ST-JOSEPH QUEBEC | \u2014\u2014\u2014 air iin NUPERCAINAL \u201cGIBA\u201d (Connu auparavant sous le nom de Percainal \u201cCiba\u201d) Le NUPERCAINAL met a la disposition du médecin un moyen danal- gésie sûre des affections douloureuses de la peau et des muqueuses.Le NUPERCAINAL trouve ses indications notamment dans les cas de brûlures, coup de soleil, eczéma, gerçures, ulcères, prurit anal et vulvaire, fissures anales, hémorroides, etc.(Une canule rectale est jointe à chaque emballage).- Le NUPERCAINAL est sur le marché en tubes dune once.Aux ins titutions, ce produit est également fourni en pots d\u2019une livre.Pee.COMPAGNIE CIBA LIMITEE, MONTREAL.Le barbiturate à action hypnotique extra courte et à marge de sécurité maxima.LABORATOIRES ABBOTT LTÉE 1 2 Wo ee WW Tn \\ \\ =x LA SOCIETE MEDICALE DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC BUREAU DE DIRECTION : Président.M.le Professeur J.GUERARD Vice-Président.M.le Professeur P.-C.DAGNEAU Doyen de la Faculté de Médecine.Secrétaire.M.le Docteur R.DESMEULES Trésorier.M.1: Docteur G.DESROCHERS Membres.M.M.les Professeurs À.VALLEE, A.R.POTVIN, et S.ROY.RÉDACTION : Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé au secrétaire, le Dr R.Blanchet, Ecole de Médecine, Université Laval, Québec.ADMINISTRATION ET PUBLICITÉ Le Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec paraît tous les mois.Il est publié par \u2018\u201cLe Bulletin Médical de Québec Inc.\u201d\u201d Le prix de l\u2019abonnement annuel est de trois dollars.Pour ce qui relève de l\u2019administration et de la publicité on doit correspondre avec le Docteur Geo.Racine, 145 Boulevard Langelier, Québec. SO té tp LS Nn DO dt ca ME re ct CAPS Eh Mn THIS It ae ab ASME OED ODE SOMMAIRE Novembre 1934 \u2014 MEMOIRES \u2014 CARON Sylvio e¢ DESROCHERS Gustave.\u2014Syndrome Sympathique Cervical Postérieur.(Maladie de Barre-Lieou).MILLER J-C.et PELLETIER Alph.\u2014Myopathie Pszudo-hyper- trophique chez un enfant Hérédo-syphilitique.Contribution a l'étude pathogénique.LARUE Lucien.\u2014Un Cas de Cancer de l\u2019Oesophage.GAUMOND Emile.\u2014Affection Bulleuse Récidivante.LACERTE Jean.\u2014Troubles Circulatoires Rétiniens.LIVRES REÇUES \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026enenennnnnnnnnnnmnnnnnne Pages 386 399 401 408 414 == A OO A ee rin, Dll Lo LOE ric a SYNDROME SYMPATHIQUE CERVICAL POSTERIEUR (Maladie de Barré-Lieou) par Sylvio CARON et Gustave DESROCHERS.La malade que nous vous présentons parait rentrer dans le cadre du syndrome identifié par Barré en 1925, sous le nom de \"Syndrome sympathique cervical postérieur\u201d, et repris dans la these ingugurale de son chef de Clinique, Lieou (Strasbourg 1928).Une telle entité a déjà fait l'objet de plusieurs travaux en France et à l'étranger ; dernièrement, dans la Presse Médicale du ler septembre 1934, J.A.Chavany, Médecin de l\u2019Ho- pital du Bon Secours, présente l'observation d\u2019un homme de 47 ans qu'il a pu observer durant plusieurs années, et qui lui permet de faire quelques remarques personnelles au sujet de l'évolution et du traitement.| Nous n'avons pas la prétention d\u2019infirmer ou de confirmer les remarques de Monsieur Chavany; c'est le deuxième malade que nous observons.L'un est un récent accidenté du travail qui a subi un traumatisme cervical, et le deuxième est la jeune fille qui fait le sujet de cette présentation.Nous nous permettrons après l'exposé clinique, de vous Tire les conclusions personnelles de Monsieur Chavany.Elles justifient notre abstention d\u2019une thérapeuthique onéreuse et inefficace.| Histoire: Melle A.I.âgée de 27 ans, présente rien de très particulier dans ses antécédents héréditaires et person- .= * sa nels; elle aurait souffert d\u2019ictère à l'age de 6 ans, porte une 387 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec cicatrice au creux sus-sternal, conséquence de l\u2019incision d\u2019un ganglion suppuré.Il y a trois ans, elle tombe d\u2019une hauteur de 4 pieds en fléchissant fortement le cou.Elle ne perd pas connaissance, ne souffre pas de paralysie, mais accuse une douleur assez vive au point traumatisé.Cette douleur n\u2019aurait pas totalement disparu et depuis un an elle est plus vive, se renforce par instants de paroxysmes plus intenses, qui reconnaissent comme causes le changement de position de la tête dans le sens antéro-postérieur et le décubitus; elle ne peut reposer, dormir qu'assise dans son lit, la tête bien appuyée.immobilisée, car elle éprouve une douleur qui est plutôt une sensation de chaleur à point de départ cervical s'irradiant vers les régions pariétales et vers les bosses frontales des deux côtés; l\u2019irradiation est souvent rétro-orbitaire.Quelquefois c\u2019est la sensation d\u2019un poids dans la tête qui se déplace au gré des positions de celle-ci.I,orsque l'irradiation est rétro-orbitaire, la malade éprouve les mêmes malaises qu'au cours d\u2019un coryza; elle se sent enchifrenée et sourde.Elle n\u2019a pas éprouvé de vertiges véritables.mais fit quelques faux pas à la marche.Ce syndrome douloureux préoccupe la malade et déclanche quelques accès anxieux.L'examen neurologïque s\u2019avère négatif.La ponction lombaire donne comme pression dans la position assise 40 au début avec l\u2019appareil de Claude, 50 au cours de la manœuvre de Quinckensted et 38 après soustraction de 4 c.c.de liquide.Le dosage de I'albumine décéle 0.grm 28 par litre.cytologie 1.0 lymphocytes par mm/c.le Bordet-Wasserman dans le sang est négatif.La tension artérielle est de 140-85.La palpation de la région latérale gauche du cou au niveau de la portion moyenne met en évidence une petite masse osseuse, légèrement douloureuse à la pression.La radiographie décèle une anomalie située entre la cinquième vertèbre cervicale et la sixième, qui est difficile à interpréter.Pas d\u2019ostéophytes.La notion d\u2019un traumatisme cervical, la constatation par la palpation et la radiographie d\u2019une anomalie de position de la 5e vertèbre cervicale sur la 6e, le caractère de la céphalée, CIC at il > fo nl a -_\u2014\u2014\u2014 WN 90 = \"ca i H PI MO sis Le ie rd hos (rpc.AR i ds MC A ca die cdi sie, enti cut cord isin tor 5 | Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 388 ; sa disparition par la position assise, tous ces éléments justifient le diagnostic de syndrome sympathique cervical posté- : rieur.Notre présentation offre donc d'une part les symptômes classiques subjectifs du syndrome, et d\u2019autre part n'offre pas le cliché radiologique de l'arthrite vertébrale chronique.Nous pouvons au moyen de la stéréoscopie soupçonner la position non parfaite du corps de la 5e vertèbre cervicale sur la Ge.mais pas d'ostéophytes.Existerait-il un glissement latéral du corps de la 5e vertèbre sur la Ge vertèbre cervicale.et ce glissement serait-il le facteur irritant du nerf vertébral et de son plexus artériel , jouant le rôle du nerf sympathique?Cette pathogénie expliquerait les modifications de la vaso-motricité artérielle, cause de tous les symptômes subjectifs transitoires ne survenant ; qu'à l'occasion d\u2019un changement de position.Nous n\u2019oserions l'affirmer; ce glissement se serait produit sans éveiller de symptômes radiculaires.L'absence de signes radiologiques d\u2019arthrite ou de péri- arthrite ne doit pas nous faire-conclure qu\u2019il n\u2019existe pas d\u2019altérations des tissus extra ou intra-rachidiens, altérations qui échappent aux ravons X, mais qui sont susceptibles de retentir sur les formations vasculo-nerveuses qui traversent ou longent les corps des 5e et 6e vertèbres cervicales.2ème observation: Monsieur F-X.D., âgé de 60 ans, vient nous consulter pour les suites d\u2019un accident survenu le 22 juin 1934.D'après ce qu'il nous dit lui-même, ce blessé aurait fait une chute d\u2019une hauteur de douze à quinze pieds, alors qu'il travaillait dans un moulin.Il ne se rappelle pas exactement les circonstances de l\u2019accident, car il perdit conscience pendant deux à trois heures et resta obnubilé pendant trois jours.Traité a domicile par le Docteur B., il garda le lit durant trois semaines, après quoi il put se lever et marcher en s'aidant d\u2019une canne, bien qu'il se sentit étourdi et éprouvat des maux de téte.Une amélioration assez rapide des symptomes se fit ensuite sentir, mais certains phénomènes ont persiste jusqu a date. da Cité ic D si da de RL ASSL Lh a RENE TA a ARDS Ia OIE pd aE SEE SC ME a EG (oe Mey 4 Beep 389 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec Lorsqu'il est au repos, immobile et principalement dans.la position assise, le blessé ne ressent à peu près aucun malaise, mais dès qu'il veut mouvoir la tête, soit dans le sens.latéral ou antéro-postérieur, il éprouve des douleurs à la région cervicale postérieure, lesquelles irradient vers l'occiput et les régions temporales.Parfois aussi les douleurs se manifestent dans la région scapulaire droite et s\u2019accompagnent de sensations vertigineuses, lorsque le blessé se penche en avant.Il se plaint enfin de fatiguabilité de la vue, bien que son acuité visuelle semble être la même qu\u2019auparavant.A l'examen, nous remarquons l\u2019attitude spéciale du malade qui est légèrement courbé en avant; il évite de faire des mouvements de flexion ou'de rotation de la tête pour ne pas déclancher ses douleurs cervicales et les éblouissements qui les accompagnent parfois.Par la palpation, on développe certain points douloureux de la colonne cervicale, principalement au niveau de C6 et C7; cependant, il n\u2019existe pas de raideur, ni de limitation des mouvements.L'examen neurologique ne décèle, par ailleurs, aucun trouble objectif, à l\u2019exception d\u2019une inégalité pupillaire au profit de la pupille gauche.La ponction lombaire a montré un liquide sous pression normale (40 cm.en pôsition assise) et sans altération de la formule albumino-cytologique: (albumine: 0.22, lymphocytes: 0.4 par mme., benjoin colloidal, négatif.) La tension artérielle marque 17 cm.Mx.sur 10 cm.Mn.à l'oscillomètre de Pachon, avec indice oscillométrique de 7.les artères radiales sont souples, le cœur est bien rythmé et ne présente pas de signes de lésions valvuladires.Le taux de I'urée dans le sang est de 0.48 par litre.Malgré le peu de renseignements fournis par l\u2019examen objectif du système nerveux, nous avons cru devoir demander un examen radiologique du crâne et du rachis cervical, qui s'est montré négatif au point de vue fracture, mais qui a révélé l'existence de modifications dans le contour de la cinquième vertèbre cervicale.Il ne fait pas de doute pour nous, que le point de départ i ja de (che À dans i | ese, | la ré i ie ma 1 de He son | hp: Li met | re déj Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 390 des symptômes siège au niveau de la colonne cervicale et des parties adjacentes, et que l\u2019ensemble symptômatique présenté par ce malade se rapproche énormement de ce que Barré a décrit sous le nom de \u201csyndrome sympathique cervical postérieur.\u201d Le caractère des douleurs, leur topographie spéciale, les étourdissements, l'inégalité pupillaire associés aux signes radiologiques constituent un ensemble de symptômes assez typiques pour justifier ce diagnostic.Voici les observations personnelles de Monsieur Cha- vany : \u201cFn lisant les observations contenues dans la thêse de Iieou il semblerait que de telles manifestations sont d\u2019un excellent pronostic et aisément curables par des procédés thé- rapeuthiques relativement simples (diathermie, injections de novocaine latéro-vertébrales, injections épidurales hautes).Nous ne partageons pas l\u2019optimisme de cet auteur.L\u2019évolution de notre cas montre qu\u2019il faut être réservé en ce qui concerne sinon la gravité, du moins la longueur d'évolution du mal.T.souffrait depuis 4 ans quand nous avons commencé son traitement.Il y a huit mois que nous le traitons.Il a subi une première série de radiothérapie semi-pénétrante, des séances de haute fréquence locale et de diathermie.Dans l'intervalle de ces séries physiothérapiques il a reçu des injections intra-veineuses de cyanure de mercure et d'iodure de sodium en solution concentrée.Il va certainement mieux, mais il n\u2019est pas guéri puisqu\u2019il est en train de refaire une nouvelle série de rayons X.Les autres cas que nous avons observés témoignent aussi d'une résistance certaine aux thérapeutiques les mieux conduites, témoin un blessé de guerre, désespérant par sa chronicité, dont l\u2019origine des troubles remonte à une plaie par shrapnel de la région postérieure du cou, et chez lequel il existe un déséquilibre névrotique non douteux.Il faut en effet.tenir grand compte du terrain sur lequel évoluent ces troubles sympathiques locaux.Les malades que nous avons pu observer nous semblent être des dystoniques généraux du système neuro-végétatif avec tendances névro- pathiques plus ou moins accusées.I.épine irritative locale (rhumatisme cervical, spina bifida, traumatisme) ne nous 391 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec apparait que comme le point d\u2019appel engendrant une pertu- bation d\u2019une partie du système sympathique par ailleurs éminemment irritable.C\u2019est ce qui explique qu\u2019il y a beaucoup d'arthrites chroniques de là colonne cervicale et qu'il y a relativement beaucoup moins de syndromes de Barré-Iicou.\u201d (Travail de la Clinique Roy-Rousseau.) - lk \u2014 BRO ORACLE i tle ie (heir piri i rc Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 392 MYOPATHIE PSEUDO-HYPERTROPHIQUE CHEZ UN ENFANT HEREDO-SYPHILITIQUE.Contribution à l\u2019étude pathogénique 4° par J-C.MILLER et Alph.PELLETIER.La question des Myopathies reste toujours le sujet de discussions diverses.Notamment en France et en Allemagne, d'importantes contributions furent récemment apportées à leur étude pathogénique ainsi qu'à leur traitement.Chez les Myopathiques, on a quelquefois pu mettre en évidence l\u2019existence d\u2019une Syphilis: différents auteurs concèdent à cette dernière maladie un rôle déterminant de plus en plus certain.Ces deux entités nosologiques retrouvées chez notre malade.de méme que l\u2019évolution que nous avons pu suivre depuis 3 ans, nous ont amenés à vous exposer cette observation.Afin de démontrer le caractère évolutif de l'affection, vous nous permettrez d\u2019esquisser brièvement d\u2019abord, l\u2019état somatique à l\u2019arrivée, puis ensuite de vous en faire la présentation clinique, au stade actuel de la maladie.Le jeune Paul D., 13.8 (No.870), fut admis le 6 août 1931, à l\u2019âge de 10 ans et 6 mois.Il est le fils d\u2019un dégénéré alcoolique, tuberculeux et aveugle de naissance de même qu\u2019une tante maternelle.Il a un frère qui serait bien portant.Sa naissance fut normale.de même que son développement psycho-moteur au cours de la petite enfance.Comme maladies infectueuses, on ne rapporte qu\u2019une rougeole à l\u2019âge d'un an et une coqueluche à 4 ans.Placé dans un Orphelinat vers l\u2019âge de 8 ans, le garçon v suivit régulièrement la classe pendant deux années.Il se révéla incapable de bénéficier de 393 .Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec cet enseignement, et manifesta par ailleurs des troubles de l'humeur et du caractère; ces anomalies mentales entrainè- rent son admission à notre Institut M édico-Pédagogique.l'examen physique d'alors faisait voir un enfant malingre, a croissance staturale et pondérale retardée: on remarquait une asymétrie faciale légère, des oreilles décollées, ainsi que des dystrophies osseuses dont une Spina-Bifida occulte de la première vertère sacrée.A ces quelques stigmates phv- siques, s\u2019ajoutait une arriération mentale légère, avec un cœfficient intellectuel à 76.Enfin, un Bordet-Wasserman positif dans le sang, (sérum non chauffé) venait confirmer la présence de l\u2019Hérédo-Syphilis.Mais déjà dans le temps, s\u2019ébauchait un syndrome neurologique, ne permettant pas encore de porter un diagnostic précis.La Réflectivité tendineuse était conservée.de même que les réactions oculo-pupillaires, mais nous avions noté une certaine instabilité dans la démarche de l'enfant dont le volume des mollets éveillait déjà l'attention.En résumé, l\u2019anamèse, malheureusement bien incomplete ne permet pas de relever des antécédents myopathiques: elle révele cependant une hérédité chargée (cécités congénitales, tuberculose, alcoolisme, syphilis).Quant au malade lui-même, qui nous fut envoyé pour troubles mentaux, il présentait a I'admission, des dystrophies neuro-musculaires déja importantes à retenir.Au cours des années suivantes s'installa progressivement une hypotonie musculaire associée à des troubles plus prononcés de motilité.L'enfant était fatigable: il lui devint pénible, puis plus tard, impossible de suivre les autres élèves dans la routine journalière.La participation aux jeux, la marche rapide, l'ascension des escaliers exigèrent bientôt des efforts supérieurs à ses capacités physiques.Déjà en février 1933, il dût être admis dans une infirmerie.La maladie a donc certainement évolué: l'examen physique actuel le prouve amplement.Les troubles neuro- musculaires dominent la scène.Un simple regard laisse apercevoir des tronbles trophiques au niveau des masses musculaires.On remarque des atrophies proximales et symétriques aux quatre membres: elles sont frappantes à l\u2019épaule, au bras et aussi à la le te J Ii lg i I I) Ii \u2014 - 4e Ge Ww ww we WP Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 394 cuisse.Par ailleurs, le volume des mollets est augmenté et leur donne l'aspect de \u201cjambes de coq\u201d; quoique moins apparente, l'atrophie musculaire se retrouve au niveau du tronc; les modifications squelettiques en sont une conséquence.Le thorax est à la fois élargi et aplati d'avant en arrière, c\u2019est la \u201ctaille de guêpe\u201d.Le malade présente en plus une lordose accentuée avec un certain degré de scoliose.I\u2019atonie de cette musculature atrophiée trouble profondément la motilité du sujet.La démarche est particulière : l'enfant se \u2018\u2019dandine\u201d sur la plante des pieds, les épaules rejetées en arrière, le ventre tendu, les bras pendants.Chaque pas exige un balancement latéral du tronc, ainsi que l\u2019écartement des jambes.L'ascension d'un escalier force le malade à s'aider de ses membres supérieurs : il applique la main homologue sur le genou en flexion pour décharger d'autant l\u2019autre jambe qu\u2019il remonte avec difficulté.Enfin, prié de passer de la position couchée sur le dos, à la station debout, le garçon use de tout un stratagème des plus typique et depuis longtemps décrit par Dejerine.Il se projette d'abord sur le côté, puis pose ses mains pour ramener son siège.Continuant son mouvement de torsion, il arrive à fléchir ses jambes, puis à les raidir, se trouvant un moment à \u201cquatre pattes\u201d.Dans un dernier temps, il redresse son tronc, en remontant pour s'appuyer les mains du long de ses jambes et de ses cuisses ; il parvient enfin à s'équilibrer en station debout.l'examen objectif démontre que les réactions oculo- pupillaires sont devenues très paresseuses à la lumière, tandis que l'accommodation se fait normalement.Les reflexes idio-musculaires périostés et tendineux sont pratiquement disparus, sauf pour les achilliens qui réagissent encore.La provocation d'efforts détermine un phénomène particulier, des \u201cBoules Musculaires\u201d, visibles aux régions postérieures de la cuisse et du bras.Les reflexes cutanés sont conservés et ne présentent pas d'intérêt, sauf pour le plantaire droit.qui persiste à réagir en extension.Il est cependant fort douteux qu'il s'agisse d\u2019un Babinski: car cette instabilité vague et polymorphe ancienne, parait en train de revêtir un type spécial de la série choréo-athétosique.Ces mouvements involontaires sont déjà manifestés aux gros orteils, et viennent mitiger les réactions plantaires. 395 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec Ia sensibilité semble conservée à ses différents modes: l'enfant n'accuse par ailleurs aucun symptôme douloureux.Il nous a été matériellement impossible de procéder aux examens électriques.A côté de ce syndrômie principal d'ordre musculaire, nous relevons des dystrophies accessoires, importantes à retenir.L'enfant présente des signes indubitables d'insuffisance plu- riglandulaire: les principales manifestations sont un corps thyroide impalpable, une légère pigmentation bronzée diffuse des téguments, ainsi qu'un retard de croissance corporelle et d'évolution pubertaire.Sa tension artérielle est nettement abaissée a 10-6 (Pachon); on note encore une polyurie permanente, s'étant élevée jusqu'à 1800 c.c.par 24 heures; son métabolisme basal est cependant normal a +7.Le Laboratoire nous a fourni d'autres renseignements assez significatifs.La ponction lombaire a permis de constater une légère hypertension intra-cränienne, à 52 en position assise.J, examen du liquide a donné les résultats suivants: Albumine 0.27, Cytologie 0.8, Glvcorachie 0.91, B.W.négatif.Dans pe sang le B.W.reste positif (+++ sérum non chauffé).I.a Cholestérinémie est à 1 gr.60, la Glycémie O er.94, la Calcémie à 105 miller.Dans l'urine on ne trouve ni sucre ni albumine, mais on constante la présente à l'état libre de Créatine aux taux de 0.17 à 0.30 ctg.pendant que la Créatinine s\u2019est montrée réduite jusqu'à 0.49.Une biopsie, faite au niveau du mollet, a permis l'étude histo-pathologique suivante: \u201cLe fragment prélevé, au niveau du mollet, est constitué \u201cpar des faisceaux musculaires séparés par un tissu adipeux \u201cassez abondant, qui empiéte sur certains faisceaux.Les \u201cfibres musculaires sont en majorité normales; quelques unes \u201cprésentent des altérations diverses, altérations limitées à \u201cdes fibres isolées.Ies unes ont perdu leur striation trans- \u201c\u201cversale, d'autres sont tuméfiées, d'autres enfin présentent \u2018des phénomènes dégénératifs: de générescence pré-hvaline \u201cet dégénérescence vacuolaire.\u201cN.B.l'examen du fragment prélevé ne nous permet pas Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 396 de conclure à l'origine soit primitive soit secondaire de la \u201cmyopathie.\u201d (Mathieu Samson).Enfin l\u2019état mental est resté fixé à une arriération légère (Q.1.72).Soumis à l\u2019enseignement spécial aux arriérés, l'enfant a pu apprendre à lire et à écrire.Le ton affectif a paru se modifier; de vif et enjoué qu'il était, le garçon nous parait aujourd'hui plus lent et quelque peu insoucient.L\u2019incapacité physique grandissante peut expliquer dans une certaine mesure cette modification du comportement.Le caractère généralisé de l'affection, la conservation de la sensibilité ainsi que l'absence de symptômes douloureux, nous empéchent de penser a des atrophies radiculo-névriti- (ques.D'un autre côté, le début a la racine des membres, de même que l'absence de contractions fibrillaires, nous permettent d'éliminer la possibilité de Myélopathie.Par ailleurs, l'âge de l'enfant.l'aspect proximal et symétrique des amvotrophies, la présence de boules musculaires, l'hyporéflexie idio-musculaire et tendineuse, sont les principaux symptômes nous permettant de conclure à une Myopathie.Enfin la \u201cjambe de coq\u201d constituée par une pseudo- hypertronhie des mollets dont nous avons exposé l'étude histo- pathologique.réalise cette variété de Myopathie, que Du- chenne (de Boulogne) avait décrite sous le vocable de para- Ivsie pseudo-hypertrophique.l'interprétation pathogénique, toujours discutée, nous offre trois hy pothèses, musculaire.glandulaire et centrale.Cette dernière conception mésencéphalique semble actuellement la plus en faveur.L'observation de myopathies associées à d'autres syndrômes de la base (Curshmam Rouquier, etc.).le contrôle anatomo-pathologique (Foix et Nicolesco), et enfin des études expérimentales expliquent cette préférence.Nous croyons devoir nous rapprocher de ce dernier mode d'interprétation; notre myopathe présente lui aussi, plus d'un autre trouble d'origine mésencéphalique probable: tels Utd ca de ra AP Fad cn) CHEB Mr REC HE SEE CAD ee se 19 CDS SES SE EE SES 397 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec sa polyurie (Région Infundibulo-Tubérienne), son Argyll (Tubercules quadrijumeaux), ses mouvements choréo-athé- toides (sphère Thalamo-striée) et ses troubles endocriniens (centres neuro-végétatifs, voisins du 11le ventricule).Cette myopathie pseudo-hypertrophique semble donc comprise dans un ensemble morbide complexe et dérivant d'une atteinte mésencéphalique diffuse.Le traitement anti-spécifique, constamment soutenu depuis bientôt trois ans, n\u2019a pas entravé l\u2019évolution myopathi- que; il n\u2019a pas davantage, effectivement modifié les réactions biologiques.On a récemment préconisé une médication sympathicotonique que l\u2019on dit prometteuse.Ken Kuré et Shigeo Okinaka rapportent de bons résultats par l'emploi de l\u2019Adrénaline associée à la Pilocarpine., injectée à doses progressives.De leur côté, Von Tromas et ses collègues ont imaginé de compenser à la perte du muscle en Créatine.élément indispensable à sa nutrition à sa tonicité, en faisant appel à un dérivé des acides aminés, la Glycocolle, à la dose de 10 à 15 grammes par jour.Depuis quelques temps, notre malade a pris cette dernière médication.Nous n\u2019avons pas jusqu'ici observé d\u2019amélioration notable.Nous proposons cependant de poursuivre cette thérapeutique et de lui associer le traitement sympathicotonique rappelé plus haut: nous pouvons donc espérer pouvoir influer sur cette évolution jusqu\u2019à maintenant considérée comme fatale.En conclusion, nous avons cru pouvoir rattacher à des troubles mésencéphaliques, divers symptômes que présente notre malade.L'absence d\u2019autres antécédents infectieux ou, traumatiques, laisse au terrain spécifique une importance par- ticuliere.Il semble bien que nous soyons en présence d\u2019une hérédo-syphilis maligne et évolutive.avant frappé l'enfant dès le stade embryonnaire (spina-bifida), et continuant de résister à un traitement intensif.L'arriération mentale et le signe d\u2019Argyll, en particulier, font croire à une encéphalopathie syphilitique certaine.Mais on connait la prédilection de la syphilis pour le Mésocéphale (Jean l\u2019Hermite): tout comme elle explique les autres stigmates physiques et mentaux, elle peut fort bien avoir, a ce - Te Te Bulletin de la Société Médicale'des Hôpitaux Universitaires de Québec 398 \\ niveau, déterminé des lésions des centres trophiques généraux capables de déclancher l'évolution myopathique.- Bibliographie - ROUQUES LL Précis de Neurologie.Doin Ed.1933.UQUES, Lucien, I.a Myothonie atrophique.These de Paris.1932.DEJERINE, J.Séméiologique des affection du système nerveux, 2e Édition.Masson, Ed.1926.L'HERMITE Jean, [es Syndromes Infundibulo-Tubériens syphilitiques.L'Encéphale 1932.p.628.DESROCHERS, Gustave, Sur un cas de Myopathie \u2014 Bulletin de la Société Médicale des Hopitaux Universitaires de Québec.No 8, aout 1932.BABONNEX, et Al.Atrophie musculaire progressive.Bulletin de la Socitét de Pédiatrie, 1927, Page 261.ROUQUIER À.et L'Origine mésencéphalique probable des PASSEBOIS, J.Myopathies hypertoniques.Revue Neurologique 1933.Page 735.SORIBAN et PAULIAN.Sur [ 'Histopathologie des myopathies primitives, et surtout de la myopathie pseudo-hypertrophique.Julletin de l'Académie de Médecine.No.xxlv, juin, 1932.LANGERON et AL.Myopathies et troubles endocriniens.Journal de Médecine de Lyon, 5 juin 1929.DRAGANACO et Myopathie pseudo-hypertrophique chez IORDANESCO un enfant hérédo-spécifique.Rev.Neu- (Bucarest) rol.1930.Page 449.RAVINA, A.La Thérapeutique Moderne des Myopathies.La Presse Médicale, 24 mars 1934.(Travail de la Clinique Roy-Rousseau.) 5 399 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec UN CAS DE CANCER DE L\u2019ŒSOPHAGE par Lucien LARUE.l'observation que je vous rapporte est celle d\u2019une personne agée de 46 ans, décédée d\u2019un cancer de I'cesophage et dont vous voyez ici la radiographie et la pièce anatomique.Je ne peux vous raconter en détail toute l\u2019histoire de sa maladie car cette jeune femme présentait en même temps des troubles mentaux qui ont rendu son interrogatoire impossible.C\u2019est dire que pour nous, le cancer est resté latent jusqu'à ce que les signes physiques fussent assez évidents pour attirer notre attention.Ce furent d\u2019abord son amaigrissement considérable et la difficulté qu\u2019elle paraissait avoir à s\u2019alimenter malgré un appétit qui semblait assez bien conservé.En l'observant de plus près, nous nous sommes rendus compte qu'elle avait surtout de la difficulté à déglutir les aliments solides, qu'elle présentait de temps en temps des régurgitations, qu\u2019elle rejetait même des aliments qu'elle venait à peine d\u2019ingérer.C\u2019est dans ces conditions que nous avons demandé un examen radiologique qui nous a donné l'image que voici.Cette image confirmait l'hypothèse que nous avions formulé d\u2019une affection de l\u2019æsophage.La radiographie nous montre un arrêt de la substance opaque au niveau du segment supérieur de l\u2019æsophage.Cependant celle-ci n\u2019est pas complètement arrêtée; la gélo- barine continue son chemin à travers cet organe par un trajet sinueux et irrégulier qui montre en même temps que son calibre en est très diminué.S'agissait-il, en présence de cette radiographie, d\u2019un rétrécissement cicatriciel ou d\u2019un rétrécissement dû à une tu- it | Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 400 meur?En ce qui concerne le premier cas, cette malade.hospitalisée ici depuis une dizaine d'années, n'avait pas dans ses antécédents d'Histoire d'absorption :de caustiques.De plus le rétrécissement cicatriciel siège habituellement au niveau des rétrécissements physiologiques de l'œsophage.ce | qui n\u2019est pas le cas ici.Enfin à la radiographie le rétrécissement cicatriciel, d'après les radiologistes, donne une image plus régulière, moins sineuse que celle que nous avons actuellement.Nous avons donc posé un diagnostic de rétrécissement de l\u2019'œsophage dù à une tumeur, ce que l'autopsie a confirmé et voici la pièce anatomique.Il s'agit d'un épithélioma à cellules pavimenteuses à glo- T- bes parakératosiques situé à deux centimètres et demi au- épisode de la maladie peut être seulement érythémateux, pa- 4 puleux ou urticarien, alors que dans une autre période 1l n\u2019y | aura qu'un prurit plus ou moins intense ou une éruption bulleuse.De plus.le liquide des bulles contient 8596 d'éosinophi- |les, ce qui est grandement en faveur d'une dermatite polymor- 1 phe de Brocq ou de Duhring-Brocq, comme certains l'appellent. 107 Bulletin de la Société Médicale des Hopitaux Universitaires de Québec Pourquoi ce malade souffre-il d\u2019une affection bulleuse récidivante?Nous l'ignorons.S'agit-il d\u2019une infection ou d'une intoxication\u201d L'infection serait peu intense, la maladie évoluant sans température.[intoxication est toujours possible, le malade dans sa deuxième poussée a présenté une éosinophilie sanguine à 10%, mais cette intoxication aurait été guérie une première fois par le Novarseno alors qu\u2019une deuxième fois le même médicament n'aurait rien fait.Dans l'ignorance où nous sommes de l\u2019étiologie de cette dermatose et en face d'un pronostic réservé, vu la longue durée de cette poussée éruptive, si quelqu'un a une idée pouvant servir de directive soit à la connaissance de la cause ou au traitement de cette maladie, nous serons heureux de la connaître et le malade en serait très reconnaissant.(Travail de l\u2019Hôpital du Saint Sacrement.) (uc leu M 0 Mal.ou cf rap ge Cette gle Dou- (Alls: de: Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 40 TROUBLES CIRCULATOIRES RETINIENS.par Jean LACERTE.Les troubles de la circulation rétinienne dont jaural a vous entretenir sont spécialement ceux de l'oblitération aigué de l'artére centrale de la rétine et de la thrombose de la veine centrale.Tout en faisant le diagnostic de ces troubles cireu- latoires rétiniens, je serai amené à parler des angio-spasmes rétiniens et de la thrombose de l\u2019artère centrale de la rétine.Je tiens à vous dire, dès maintenant, que je me suis beaucoup servi dans cette étude des différents travaux qu'a publiés le docteur Boilliart de Paris sur la circulation rétinienne.St vous regardez pour la première fois le fond de l'œil à l'ophtalmoscope.dès que vous arrivez à en avoir une image nette.ce n'est ni la rétine ni le nerf optique mais bien la circulation rétinienne qui attirera le plus votre attention.Vous serez étonné de reconaitre si facilement artères et veines et de les suivre jusque dans leurs plus fines ramifications.I,es artères paraissent plus étroites que les veines qui sont aussi plus sineuses.La coloration des artères est d'un rouge clair alors ue celle des veines est d'un rouge plus sombre.Iinfin, sur les artères.on note le long de l'axe du vaisseau l'existence d'une strie claire.Il ne faut pas oublier que les vaisseaux rétiniens sont vraiment l'image des vaisseaux cérébraux, qu'ils ont avec eux une origine commune: la division de la carotide interne par l'artère ophtalmique.Les veines rétiniennes présentent une disposition analogue à celle des artères; elles se jettent dans le tronc de l'ophtalmique ou aboutissent directement au sinus caverneux.Or.la circulation rétinienne est nécessaire à la vision, du moins dans l'espèce humaine.La RO OO CRE CCE PORT STE 409 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec pathologie nous le prouve.Que l\u2019artère centrale soit oblitérée ou par un spasme, ou par une embolie ou par une thrombose, immédiatement la cécité se produit M.M., 48 ans, débardeur vient consulter parce qu'il ne voit plus de l\u2019œil gauche.Cette cécité complète de l'œil gauche est survenue brusquement sans aucun phénomène prémonitoire.Le regain d'activité au port de Québec à l'automne 1933, lui avait procuré un travail très dûr.Sa santé a toujours été bonne.C'est un alcoolique depuis plusieurs années.II n'a aucun antécédent syphilitique.Les réactions de B.Wet de Kahn sont négatives.L'acuité visuelle de l'œil droit est normale; celle de l'œil atteint est nulle.Les milieux oculaires sont transparents et l'image du fond de l\u2019œil est bien celle de l'oblitération aiguë de l'artère centrale de la rétine.les vaisseaux sont réduits de volume, les artères beaucoup plus que les veines.Un trouble plus ou moins laiteux partant des bords de la papille s\u2019étend vers la périphérie de la rétine, vers la région maculaire.Il n'y a pas de pulsation artérielle provocable.La macule est elle-même occupée par une tache rouge cerise, à bords très nets se détachant sur le trouble rétinien.Des inhalations répétées de nitrite d'amyle n\u2019apportent aucune amélioration dans la vision de cet œil.Ce malade est examiné par un médecin au point de vue cardio- rénal.Ses reins sont en bon état.sa pression artérielle normale et l'examen de son cœur ne révèle rien de pathologique.Je propose une série d'iniections intra-veineuses de cvanure de mercure.Le malade laisse l\u2019Hôpital sans avoir reçu ces injections et il n\u2019a pas été revu depuis.Cette oblitération aiguë de l'artère centrale de la rétine était-elle due à un spasme des vaisseaux rétiniens, à une thrombose suite d\u2019artérite locale ou à une embolie ?C\u2019est surtout dans l'étude des antécédents que se trouvent les éléments du diagnostic.La cécité due à un spasme des vaisseaux rétiniens n'est pas la plupart du temps absolue.C'est un brouillard qui survient brusquement et disparait presque aussitôt.Comme constatation ophtalmoscopique, il est rare qu'on puisse assister à la période aiguë.Les antécédents du malade et la brusquerie de l'apparition et de la disparition des crises font porter le diagnostic.Le spasme est transitoire.C'est son caractère.Absence de toutes lé- Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 410 sions ophtalmoscopiques, acuité visuelle normale en dehors des crises et disparition du brouillard après inhalation de quelques gouttes de nitrite d\u2019amyle rentrent en ligne de compte dans l'établissement du diagnostic.Les pulsations artérielles provoquées existent dans le vaisseau spasmé.Elles n'existent pas dans le vaisseau oblitéré.Comme étiologie, le plus souvent ces spasmes rétiniens se rencontrent chez des hypertendus.I hypertension artérielle paroxystique avec ses crises vasculaires, chez ces malades qui ont des mouches noires, des brouillards passagers donne ces spasmes rétiniens.On les rencontre quelquefois chez les brightiques, dans l\u2019artériosclérose, dans l'alcoolisme chronique mais toujours il ne faut pas oublier que le spasme est le signal du début de la lésion artérielle locale souvent encore invisible à l'ophtalmoscope.Dans les cas de thrombose, le plus souvent le malade est éveillé par une sensation douloureuse très vague.Il se frotte l'œil et s'aperçoit qu\u2019il a perdu totalement la vision de cet œil.Mais si on interroge soigneusement le malade et, c'est là le point important, on reconnait souvent que cette cécité n'a pas été une révélation brutale.Depuis quelque temps déjà, le sujet avait par moments ces sensations passagères de brouillard dont je parlais précédemment, après quoi tout rentrait dans l\u2019ordre.Ces troubles prodromiques signalent la lésion de l'artère avant son oblitération.Ils sont utiles aussi pour le diagnostic car lorsqu'ils ont précédé l'oblitération de l'artère, on peut dire que la cause de l\u2019oblitération est plus vraisemblablement une thrombose qu\u2019une embolie.La lésion endartérielle nécessaire à la formation du thrombus peut être réalisée par un état infectieux chronique.Les sujets atteints d'oblitération de l'artère centrale de la rétine ont donc présenté antérieurement des troubles artériels généraux et locaux.Ce sont le plus souvent des hypertendus.Toute autre est l'embolie de l\u2019artère centrale de la reine qui survient brusquement sans aucun prodrôme, sans ces malaises visuels dont je viens de vous parler.C\u2019est le cas de l'observation que je vous ai rapportée.Quelquefois, on suspecte une lésion mitrale mais le plus souvent le diagnostic reste hésitant.L'embolie est beaucoup plus rare que la thrombose.Des auteurs la nient.De Graefe en a donné la première description en 1859, suivie d'une autopsie.L\u2019ar- Me EE a PE EEE J a. sit a dd aa dd de es a tt Ode cat At a cACR Se 411 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec tère ophtalmique se détache presqu'à angle droit de la carotide interne et l'artère centrale de la rétine a son tour en fait autant vis-à-vis de l'ophtalmique qui lui donne naissance.Ce sont là des conditions éminemment défavorables à la circulation d'une embolie.Mais on admet que ces embolies pourraient être des fragments de caillots fibrino-leucocytaires qui viendraient d'un point de la carotide interne ou de l\u2019ophtalmique en état d'artérite athéromateuse.Lorsqu'on examine quelques semaines après le début de la maladie un sujet qui a été atteint d\u2019oblitération aiguë de l'artère centrale de la rétine, on constate souvent que la circulation rétinienne est rétablie.La pression du doigt fait appa- raitre la pulsation artérielle.Généralement, malgré tout traitement, les artères se rétrécissent progressivement et s\u2019entourent d'un cordon blanchatre.La circulation reste précaire et la vision abolie.La seconde observation est celle d'un monsieur T., 55 ans, contrebandier de son métier qui vient consulter parce qu'à son réveil, le matin même, il a constaté qu'il voyait à peine de son œil gauche.Ce malade qui, la veille s'était couché en bonne santé, se lève le matin avec la sensation d\u2019avoir un brouillard épais devant l'œil gauche.M.T.est un alcoolique avéré.Pas d'antécédent syphilitique.B.W.négatif.Il se plaint depuis plusieurs mois de crampes dans les jambes, de mouches noires dans ses deux veux.Il a d\u2019ailleurs subi un traitement aux Etats-Unis pour hypertension artérielle qui est actuellement à 220-130.L'acuité visuelle de l'œil droit est de 10-10; celle de l'œil gauche 1-10 faible.Milieux oculaires transparents.\u2019T'ension oculaire normale.Le fond de l'œil à l\u2019ophtalmoscope donne une image typique de la thrombose de la veine centrale.Ia papille est floue et congestionnée.Nombreuses hémorragies rétiniennes disséminées sur tout le champ rétinien.Les veines près du disque papillaire sont dilatées, tortueuses, d'une coloration noirâtre.les artères sont à peine distinctes novées dans l\u2019ædème.On les croirait oblitérées si la pression du doigt ne provoquait pas leurs battements.Je dirige ce malade vers un médecin.Il n\u2019y va pas.Nous n\u2019en entendons plus parler jusqu\u2019au jour où nous voyons sur le journal du matin que M.I.en voulant prendre le bateau ther 4 .RP yg .v ol., Le Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec 412 ~~ pi tombe à l'eau.Heurcusement, il est réchappé! Etait-il ivre?ug Était-il aveugle à la suite de nouvelles hémorragies dans ses It, deux yeux?Nous ne l'avons jamais su! TU \\ .+ x , .Lr H est très exceptionnel qu\u2019après de telles lésions.la cir- nf culation veineuse s\u2019étant rétablie, on voie peu à peu tous les ti troubles disparaitre.Dans la grande majorité des cas, l\u2019oblitération est définitive et le nerf optique s'atrophie.n Jamais il ne s\u2019agit ici d\u2019une perte totale de la vue de l'œil à atteint.Quelquefois le malade ne peut plus lire ni même se ti conduire de cet œil mais même dans les formes les plus gra- x ves, il voit les mouvements de sa main.rl La thrombose de la veine centrale de la rétine est fré- R quente.Elle est le plus souvent rencontré chez des sujets i § entre 50 et 60 ans, atteints de fragilité veineuse: hémorroi- des, varices, phlébites.I,es lésions déterminantes peuvent | être aiguës ou chroniques.Il peut s'agir d\u2019une infection du on | voisinage, du côté des sinus de la face, d\u2019un abcés de l'orbite, J d'un érysipèle.Mais le plus souvent, il s'agit d\u2019une cause Li chronique.L'hypertension artérielle y joue un grand rôle en :f étant pour le système veineux une cause traumatisante pro- or long'ée.ii § Les hémorragies rétiniennes comme les hémorragies cé- \" rébrales se produisent plus souvent la nuit que le jour.Ce 4 | Malade nous a déclaré qu'il s'était couché le soir avec une Jo § Vision à peu près normale; il s\u2019est réveillé le lendemain matin dE avec une tache opaque dans fœil gauche.La thrombose de \" la veine centrale peut s'expliquer par la stase veineuse pas- mn # sIve amenant une élévation de pression veineuse.| La thérapeutique de ces affections de la circulation rétinienne donne des résultats peu encourageants.C'est cepen- air dant faire œuvre utile si, abandonnant l'idée d\u2019un traitement i local, nous pensons d'abord à l\u2019état général du malade.{rt ., ., +» .: od L'association du médecin et du spécialiste est indispensable pour le traitement comme pour le diagnostic des affections circulatoires de la rétine.La médication héroïque du spasme est le nitrite d'amyle en inhalations à laquelle on peut i joindre la médication opiacée.Si les spasmes se répétent on Ji peut prescrire les antispasmodiques dont le type est la Valé- a riane, sous forme de pilules de Méglin; l'acétvilcholine en fa 413 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec injections de vingt centigrammes par jour pendant huit jours ou l\u2019Hypotan par la bouche.Ces spasmes peuvent aussi dans certains cas de thrombose artérielle en évolution, provoquer l'oblitération.Aussi, faut-il avertir le malade de l\u2019importance et de l'urgence qu'il y a à traiter le spasme artériel aussitôt qu\u2019il apparait car les lésions des cellules ganglionnaires de la rétine surviennent avec grande rapidité.Si vingt-quatre heures se sont déjà écoulées depuis l'apparition de la cécité, il est à peu près sûr que plus rien ne reste à faire.Les oblitérations veineuses n'ont jamais ni la brusquerie ni la gravité immédiate des oblitérations artérielles.Il faut remonter à la cause, rechercher la syphilis, une infection chronique ou aigué de voisinage ou à distance, traiter l'hypertension artérielle qui existe presque toujours en même temps.(Travail de l\u2019Hôtel-Dieu.) rr eee QUAND LE SURMENAGE EN CE TEMPS dactivité intense l'hypertension artérielle est devenue une affection courante atteignant hommes et femmes de tout âge et assez souvent les jeunes.De jour en jour le Théominal voit accroitre le nombre de médecins qui prescrivent ce produit pour apaiser un système nerveux trop irritable.Sous son influence on voit dispa- raitre les spasmes artériels et s\u2019atténuer progressivement les autres troubles nerveux.les céphalalgies, les douleurs erratiques, le vertige, la dyspnée, la nervosité et l'insomnie se calment et souvent la pression artérielle baisse progressivement.EST INEVITABLE Le Théominal a été administré avec satisfaction pendant un an et plus sans aucun inconvenient.I.e traitement par le Théominal vise plus à l'apaisement des troubles subjectifs qu\u2019à une baisse dramatique de la pression artérielle.Autres indications: Le l'héominal a donné d\u2019excellents résultats dans l\u2019angine de poitrine et dans les troubles nerveux de la ménopause.DOSE: Un comprimé deux à trois fois par jour.Vendu en bouteilles de 25 et 100 comprimés, THEOMINAL Marque de Commerce Enr.aux E.U.et Canada.Demandez notre pamphlet \u201cAction et Indications du Théominal\u201d WINTHROP CHEMICAL COMPANY, ING.PRODUITS PHARMACEUTIQUES RECOMMANDABLES 907 Elliott St, W., WINDSOR, ONT.E 6 fi 3 ! i einer 414 Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec LIVRES REÇUS NOUVEAUX PROCEDES D\u2019EXPLORATION FONCTIONNELLE DU FOIE PAR Noël Fiessinger Henry Walter Un volume de 172 Pages \u2026\u2026\u2026ennnnnmnnnnnnnnenns 28 fr.Chez MASSON ET Cie, Editeurs, Libraires de l\u2019Académie de Médecine, 120 Boulevard Saint-Germain, Paris.IL n\u2019est pas de chapitre aussi remanié dans ces dernières années que celui des explorations fonctionnelles du foie.Les auteurs, dans leur livre de 1925, avaient mis le sujet au point.Il leur faut au jour- d\u2019hui pour le compléter, à la lumière des recherches modernes, publier un autre livre de 172 pages.Leur but est à la fois de vulgariser et de discuter les méthodes récemment proposées pour l\u2019exploration du foie.Dans un premier chapitre, ils étudient les bases scientifiques de l'insuffisance hépathique en s\u2019appuyant sur les données expérimentales et cliniques.L'exploration biliaire devait être remaniée en raison des multiples recherches auxquelles elle a donné lieu.Mais les auteurs se sont surtout attachés à l\u2019étude de l\u2019épreuve du rose bengale dont la technique leur est\u2019 personnelle et pour laquelle ils possèdent une abondante documentation.Au sujet de l\u2019exploration sucrée, de la même facon, les auteurs épuisent l\u2019étude de l\u2019épreuve de la galactosurie provoquée et au sujet de l\u2019exploration protidique, ils montrent les multiples aspects du problème et différentes sources d\u2019information.- À l\u2019occasion de chaque exploration, ils s\u2019attachent à la mise au point d'une technique précise et formulent les indications des explorations et la signification des résultats.Dans un dernier chapitre, la pratique de l\u2019exploration fonctionnelle, MM.N.Fiessinger et Walter décrivent, ce qu\u2019ils appellent, l\u2019instantané rapide et l\u2019instantané d\u2019observation, suivant la gravité et l\u2019importance des circonstances.a ee ~ de Jos lis out Al Bl i je Ils oll 9 mt À eee CEE EEE EE L NE ICE IC ICE ICC oe ) iy | 0 i 0 i i Do Al ÿ Un J LIBRAIRIE MEDIGALE ET SCIENTIFIQUE Grand choix de Livres Français (Dernières Editions) Edités par: J.B.BAILLIERE & FILS, G.DOIN & Cie, EAPANSION SCIENTIFIQUE FRANCAISE, GAUTHIER-VILLARS & Cie, A.LEGRAND, MASSON & Cie, VIGOT Frères., N.MALOINE., ane ER {SRE OR OER {ED (3 EE En Vente chez: J.EDDE Ltée Edifice New Birks, MONTREAL.2 comprimés par jour PHÉNYLÉTHYLMALONYLURÉE combinée Communication à la Soeiété Médico Psychologique Paris, Août 1921.- Laborat.À.GÉNÉVRIER, 33, Bd du Chateau, Neuilly, Paris 5 7 E Ë 2 : 5 ; J.EDDE, Limitée, New Biz! Bldg, Vraiment ?more \u201cDiles-lui d'entrer | I PHENYLAZO-ALPHA-ALPHA-DIAMINO-PYRIDINE MONO-HYDROCHLORIDE ) _ \u201cBonjour, docteur: prescrivez-vous le Pyridium?\u201d Si vous ne l\u2019avez jamais essayé, nous vous suggérons de ne pas attendre davantage pour profiter de son efficacité.Il est très recommandé tout aussi bien pour soulager les symptômes sérieux de toute affection des voies génito-urinaires que pour les traiter.RCK & CO LIMITED FABRICANTS CHIMISTES Cagis Ed | | A 0 MONTREAL, P.Q.| "]
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