The Quebec gazette = La gazette de Québec, 13 juillet 1837, jeudi 13 juillet 1837
[" \u2014 \u2014 \u2014 i ll ww 3 Ta Ga eu ae @uceber, - Srzo No.JEUDI, 13 JUILLET, 1837.[Tome 78.L\u2019ELOQUENCE DU MISSIONNAIRE.LE PERE ANDRE\u2019, LE PERE HONORE\u2019, LE PERE BRIDAINE, Au moyen-ge, à cette époque où l\u2019organisation sociale était moins savante qu\u2019elle le devint plus tard, l'éloquence du missionnaire trouvait de plus nombreuses occasions de se produire.L\u2019éloquence d\u2019un Pierre l\u2019Ermite, d\u2019un saint Bernard : c'était à la tois la presse, la tribune et la chaire.Dans ces temps pleins de sève et de vie, l\u2019âme da la société en dominait le corps ; it y avait dans la marche des peuples quelque chose de moins régulier, mais de plus inspiré, de plus spontané et de moins normal; le mécanisme matériel était moins parfait, mais l\u2019impulsion morale du principe immatériel était plus puissante.Tl importait que l'expression de ce principe fût en harmonie avec le monde aux fongueuses impressions qui tourbillonnaient autour de lni.À ces cœurs et à ces esprits impétueux et neufs, il fallait une éloquence aux allures impétueuses et naives.L\u2019enthousiasme de la parole devait satisfaire le Le- soin d'émotions que ressentait cette foule ; ces vives imaginations appelaient des mouvements hardis, et ces natures énergiques voulaient être conduites par des voix dans lesquelles elles reconnaissaient quelques traits de leur fière et indomptable grandeur.Quand rien n\u2019était encore régulier dans la société, l'éloquence chrétienne était irrégulière elle-même, A mesure que les siècles ont coordonné les éléments sociaux, que ces vives et vigoureuses saillies de la jeunesse des penples se sont calmées, que tout a pris sa forme et sa place, l\u2019éloquence chrétienne s\u2019est régularisée pour répondre à la nouvelle situation qui succédait à la première.Bossuet a été le saint Bernard du XVIe siècle, car le christianisme a eu pour chaque époque la parole qui convenait à son oreille.Néanmoins l'influence du missionnaire a continué à subsister, malgré ce changement social opéré par le travail des âges.Au bruit de l\u2019éloquence sévère et majestueuse de ceux qu\u2019on pourrait appeler les grands maîtres de la chaire, éloquence qui revé- tait la vérité divine des plus belles formes de la parole humaine, quelquefois le remords s\u2019endormait, et la perversité tombait dans l'indifférence.L\u2019humanité est ainsi faite.Il lui faut quelque chose J\u2019insolite et d\u2019imprévu qui rompe ses habitudes, et la tire par quelque grande secousse de la torpeur qui la gagne.L\u2019éloquence régulière des hommes illustres qui firent retentir la chaire chrétienne de leurs enseignements pleins de méthode et de suite, ressemblait à la lumière de ces beaux jours qui éclairent la terre ; l\u2019éloquence du missionnaire ressembla à ces coups de tonnerre qui ln réveilleut, Il vint, de temps à autres, pour jeter dans les cœurs, assoupis par une fausse sécurité, les épouvantements de ses menaçantes leçons, # # + # Sans doute, l\u2019éloquence du missionnaire a ses inconvénients, et les prédicateurs qui abordèrent ce genre difficile y ont rencontré Lien des ecucils.Tomber dans la trivialité en voulant demeurer tou- Jours simple, naïf et naturel ; se jeter dans l'étrangeté et ln bizarrerie en cherchant ces grands effets et ces mouvements impétueux qui remuent profondément les âmes, précipiter son imagination dans des images grotesques en voulant l\u2019élever à des figures Bardies, tels peuvent être les défauts de ces hasardeuses éloquences qui donuent plus à l\u2019enthousiasme qu\u2019à la méditation, C'est ainsi que parmi les orateurs les plus irréœuliers qui soient montés à la chaire, les contemporains nous ont conservé le souvenir des singularités oratoires du Pere André, eé- lèbre prédicateur qui appartenait à l\u2019ordre des Au- Enstins de Paris, et qui ne refusait aucune saillie à son éloquence, aucune bizarrerie à son imagination.Ce fut lui qui compara uu jour, en chaire, les quatre docteurs de l\u2019église latine aux quatre rois des cartes.\u201c\u201c Saint-Augustin, disaît-il, est le roi de cœur \u201cpar sa grande charité : saïnt-Ambroise le roi de \u201c trèfle par les fleurs de son éloquence ; saint-Jé= \u201c rôme le roi de pique par les aiguillons de son style; \u201c saint-Grégaire le roi de carreau par son peu d\u2019élé- \u201c vation.\u201d Une autre fois la reine Anne d\u2019Autriche entrant dans l\u2019église lorsque son sermon était déjà commencé, il lui dit pour tout compliment : \u201c Soyez \u201c la bienvenue, madame, nous ne mettrons pas plus \u201c grand pot au feu pour vous.\u201d Puis il poursuivit son discours sans le reprendre depuis l\u2019exorde, selon la coutume.Ce fut lui encore qui, préchant devant un évêque et le voyant endormi, cria d'une voix tonnante, au suisse de l\u2019église ; \u201c Fermez les portes, « le pasteur dort, les brebis s\u2019en iront, à qui annon- * cetai-je la parole de Dieu?\u201d Ou rapporte aussi que chargé d'aunoncer une quête pour former la dot d'une demoiselle qui désirait se faire religieuse, il dit avant de commencer son sermon : \u201c\u201c Messieurs, \u201cen recommande à vos charités une demoiselle -\u2018 qui n\u2019a pas assez de bien pour faire vœu de pau- «* vreté.\u201d [1 est certainement facile de contester à la plupart de ces saillies, sinon l\u2019à-propos, au moins la convenance : mais an lieu de se borner à critiquer ces dés fauts, il faut faire remarquer que cette parole vive et caustique qui nous choque dans quelques détails, animait l\u2019ensemble du discours du prédicateur, et contribuait à l\u2019effet général de ses sermons.Les modèles les plus purs de l\u2019éloquence antique ont senti quelquefois le besoin de réveiller l'attention endormie de leur auditoire en s\u2019écartant des formes sérieuses et régulières, et on sait cet apologue adressé aux Athéniens pour les ramener à la question qui aurait toujours dû être présente à leur esprit, puisque c'était, pour leur puissince et leur gluire, une question de vie ou de mort.Il y a dans la littéraire profane denx genres bien distincts fondés sur les deux pôles opposés de l\u2019intelligence humaine, ce sont la tragédie et la comédie, La première parle aux sentiments du cœur qu\u2019elle remue ; la seconde à ceux de l\u2019esprit qu\u2019elle excite.L'une prendre le côté grave de notre nature ; l\u2019autre s'adresse à cette verve ironique qui bout dans notre intelligence et que l'on peut tourner contre nous-mêmes.En observant l\u2019immense intervalle qui doit exister entre la fiction et la vérité, entre le théâtre où se joue l'esprit de l\u2019homme et la chaire du haut de laquelle on parle au nom de Dieu, ne peut-on pas dire que les deux pôles de | intelligence humaine, que nous avons indiqués, existant pour l\u2019é- loqueuce sacrée comme pour la littérature profane, il est facile de comprendre que celle-là, aussi bien que celle-ci, s'adresse à ces deux extrémités de notre natnre ?.Vous ne vous étonnerez plus alors de voir que, de même qu\u2019il y a quelque ressemblance entre Bos- suel ot Corneille, Massillon et Fénélon fondus ensemble et Racine, de mêmela verve de ce genre dont Molière était le modèle se retrouve jusqu\u2019à un certain point dans le Père André, jetant de .mordantes ironnies & nos faiblesses et & nos corruptions.Les premiers vous apparaîtront comme déroulant devant vos yeux le plus sublime de tous les drames, celui de là chaire, qui a pour sujet Dieu et I Homme, pour carrière l'éternité et le temps.Les seconds se montreront ensuite comme trouvant le sujet d\u2019une immortelle dérision dans ces haillons couverte de lambeaux de pourpre, que nous appelons nos richesses, dans ces faiblesses ajoutées à des faiblesses que nous appelons notre puissance, dans ces pompeux néants dont nous sommes si vains, dans ces ténebres ambitieuses que nous noummons nos lumières.En un mot, il y aura des Héraclite et des Démo- crite de la chaire.Taudis que les uns pleureront éloquemment sur les maux de l\u2019humauité, les autres frapperont à coups redoublés ses immenses vauités de leurs inépuisables derisions, et prépareront ainsi Phomme ramené a I'humilité qui lui convient, par ces poignantes leçons à atuéliorer son néaut devant la majesté de Dieu.En partant de ce principe vous vous expliquerez facilement ces anomalies de la chaire qui sont restées inexplicables ; et, de même que nous vous avons montré dans l\u2019éloquence sacrée les deux grandes divisions qui répondent, dans la littérature profane, aux deux pôles de l'intelligence humaine, nons allons vous faire voir ces deux genres divers rapprochés, ces deux contrastes confoudus, comme ils le sont dans le plus profond génie de la scène anglaise, dans ce Shakspeare dout la personnalité puissante reu- fermant toutes les extrémités, ressemble à ces hautes montagnes couronnées des glaces d\u2019un éternel hiver et portant, comme une riante ceinture, dans des Zones moins élevées, les fruits de l\u2019été et les fleurs du printemps.Vous vous souvenez de cette célèbre scène d\u2019Harm- let, d\u2019une terreur si prodigieuse, d\u2019une trivialité si formidable, d\u2019uue si épouvantable gaité, ou le rire et le frisson se mêlent, et où les traits perçants d\u2019une ironie couvulsive sout jetés, au milieu des ossements d\u2019an c\u2018mitière, à la fraxilité de notre nature et au néaut de l\u2019humatité.Vous allez retrouver ces terribles divisions dans la bouche d\u2019un prédicateur, et le sauvage génie de Shakspeare dans l\u2019éloquence d\u2019un capuein, A l\u2019époque même où toutes les lumières du christianisme éclairaient le grand siècle, où Bossuet, Bourdaloue et Fénélon fesaient entendre, au sein de tant de merveilles, les merveilles de leur parole, et où la chaire retentissait des sublimes harmouies de tant d\u2019éloquences qui seront à jamais l\u2019ornemeut de cette époque et l\u2019exemple comme l\u2019enseignement de la postérité, il y avait un simple capucin qui, en face de ces inimitables modèles, suivait la pente de sa propre nature, obéissait à son seul génie et ébranlait cependant les cœurs par l\u2019ascendant d\u2019une éloquence pleine de ces familiarités terribles que nous voyous dans Shakspeare, Le l\u2019ère Honoré traitait souvent les vérités les plus effrayantes de la religion sous uue forme burlesque ; il écrasait les ames sous le poids de l\u2019épouvante, après avoir excité la gaîté, et chawreait en convulsion de terreur le rire commencé sur les lèvres de ceux qui l'écoutaient, J Dans uz de ses sermons sur le jugement dernier, il prit tout-à-coup en ses mains une tête de mort : \u201c Parle, disait-il, parle; ne serais-tu point la tête \u201cd'un magistrat ¥ Alors il mit sur ce crâne hideux un bonnet de juge.* Eh bien, continua-t-il \u201c en poursnivant son interrogatoire, n\u2019as-tu pas \u201c vendu la justice au poids de l\u2019or ?Ne t\u2019es-tu pas \u201c* entendu avec l\u2019avocat et le procureur pour violer \u201c l'équité ?Ne t'es-tu pas endormi au bruit des \u2018\u2018 gémissements de la veuve, et n\u2019as-tu pas bu, dans \u201c* les banquets, les larmes de l\u2019orphelin ?Combien, \u20ac combien mes frères, ne se sont assis sur les fleurs \u201cde lis que pour mettre la justice et la droiture mal à l\u2019aise 7?A ces mois on le vit jeter la tête avec une sorte d\u2019emportement, puis, en reprenant une autre, il lui disait : \u201c Et toi, ne serais-tu point la \u201c tête d\u2019une de ces femmes qui ne s\u2019oceupaient qu\u2019à \u201c prendre les cœurs à la pipée #\u201d Alors couvrant d'une fontage ce triste débris de l\u2019humanité, cette prison de quelques pouces carrés qu\u2019avait habitée une âme douée du sentiment de l\u2019infini, puisqu\u2019elle avait le sentiment de Dien, il continuait dans son style burlesque et terrible ses effroyables ironies.\u201c* Tête éventée, s\u2019écriait-il, où sont ces beaux yeux \u2018 qui jouaient si bien de la prunelle ?Cette belle \u201c bouche qui formait ces ris gracieux qui font pleu- \u201crer tant des gens en enfer ?Ces dents qui ne * mordaient tant de cœurs que pour les pouvoir \u201c faire mieux manger au diable ?Ces oreilles mi- \u201c gnonnes vers les lesquelles taut des galauts se *\u201c penchaïeut pour murmurer ces tendresses adul- \u2018 tères qui ont allumé les flammes qui te Lbrälent \u201c aujourd'hui ?Où est ce fard, cette pommade, et \u201c tant d\u2019autres ingrédients dont tu enluminais ton \u201c visage ?Que sont devenues ces roses et ces lis \u201c dont tu étais si fière ?Où est tou éclat, où est ta \u201csplendeur, où est ta Leauté ?\u201d ! Le terrible orateur continuaït ainsi son effrayante revue, ramassant dans l\u2019arsenal de la mort ces débris funèbres pour les faire servir à l\u2019instruction des vivants, offrant à l'homme enivré des préuceupations du moude les muets enseignements du tombeau, { mettant\u2019 la vie face à face avec la mort, confrontant \u201censemble la puissance de l\u2019homme et son néant, la beauté de la jeunesse dans la fleur de l\u2019existence et la laideur ineffable du sépulere ; rappelant à ces tôtes riantes, parées de grâces et de splendeurs qui se remuaient dans son auditoire, que cet éclat, ces beautés, ces splendeurs et ces grâces ne sont qu\u2019un rideau de chair que la main de la mort déchire bientôt, pour trouver le hideux squelette qui est le fonds de l\u2019homme, comme le néant est le fond de l\u2019humanité, Et le prédicateur lisait sur ces fronts défigurés par le sépulere toutes les conditions de la vie.A ces débris il assignait une destinée.Ces têtes de spectre, redoutables inconnues, qui muettes comme le cercueil, gardait le secret des pensées qui les avaient animées jadis, et ne présentaient aux regards que l\u2019effroyable uniformité des tombeaux, reprenaient au sou de la voix qui les interrogeait une personnalité, un caractère, un rôle dans la société des vivants, et ces hôtes de l\u2019éternité rentraient un moment dans le temps, pour que les auditeurs pussent se rappeler, en voyant ce qu\u2019étaient leurs devanciers, ce qu\u2019ils seraient eux-mêmes an jour.Certes nous ne donnons ni le Père fonoré comme un modèle d\u2019éloquence sacrée, ni ses discours comme un exemple à suivre.Nous savons tout ce qu\u2019on peut dire avec raison, avec justice, contre l\u2019introduction de ce qu\u2019on pourrait appeler des effets matériels, dans les enseignements intellectuels de la chaire contre la bizarrerie de ce langage, contre l\u2019étrangeté de ces tableaux.Mais en parcourant les variétés de l'éloquence du missionnaire, nous n\u2019avons pas dû onblier un homme au sujet duquel Bourda- loue disait au roi Louis XIV qui lui demandait son \u201csentiment sur ce capucin: \u201cSire, il écorche les oreil- \u2018les, mais il déchire les cœurs.A ses sermons, on |\u201c rend les bourses que l\u2019on a coupées aux miens.\u201d Le Père André et 1» Père Honoré sont deux exceptions dans l\u2019éloquence de la chaire, mais cependant deux exceptions puiseantes, deux éloquentes ! personnalités qui n\u2019ont point eu de modèles, qui ne doivent point avoir d\u2019imitateurs.* * * * & C\u2019était un jour de mercredi des cendres, dans la première moitié du ISe siècle ; les folles joies du carnaval venaient de finir, le temps austère et sérieux du caréme allait commencer.La ville d'Aignes- Mortes, qui vit deux fois Saint-Louis s\u2019embarquer, d'abord pour aller en Terre-Saigte, puis pour se rendre en Afrique, avait vu arriver an jeune prétre, inconnu, pauvre, sans recommandations, sans appui.À peine revêtu des ordres, n'ayant ni l'autorité de l'âge, ni la supériorité de là naissance, ni | l'éclat d\u2019une grande renommée, il banait, pour la première fois peut-être, annoncer la\u2019 parole de Dieu, L'accueil des habitants de la ville avait été empreint d'une ftoideur mêlée de quelque dédain.Sans doute leur orgueil s\u2019était trouvé blessé de ne recevoir pour le temps du carême qu\u2019une recrue de la chaire.Ces pécheurs délicats Voulaient qu\u2019an eût plus d'égard pour leurs vices et qu\u2019on traitit leurs corruptions avec plus de cérémonie.Lorsque le prédicateur abaissa les yeux pour chercher son auditoire, il s\u2019apperçat qu\u2019il était seul dans une éulise déserte.Long-temps il atteudit ; puis voyant que les heures s'écoulent et que per- i Sonne ue paraît, il sort enfin du temple, revêtu d'un | surplis, portant une tristesse évangélique gravée ! sur son front et agitant une sonnètte qu'il fait re- ; tentir de carrefour en carrefour, comme pour con- ! vier ces brebis rebelles à venir écouter la voix de leur pasteur.À ce spectacle étrange, la foule s\u2019émeut, s\u2019amasse et le suit à l\u2019église.Alorsle prédicateur monte en chaire et, d\u2019une voix lente et grave, {ilentoune un cautiqne sur la mort.L\u2019auditoire, encore plein de l\u2019ivresse des jours de folie qui ont ! précédé, répoud a ce chant lugubre par des éclats de \u2018rive ; mais, tout à coup, la voix tonnante du ser- ; monaire domine toutes ces vaines clameurs, comme ! In pensée de la mort écrase toutes les joies du | monde ; il paraphrase ce formidable sujet avec une invincible énergie.Pour étouffer ce vain bruit des vivants qui se remuent À ses pieds, il a fait monter avec lui à la chaire le silence des tombeaux.La rumenr expire, l'attention-s\u2019éveille, l\u2019anxiété commence à se répandre, toute l\u2019agsemblée palpite et s\u2019émeut sous cette parole inspirée, au son de laquelle il semble qu\u2019on entende au loin comme un bruit de cercueils qui s\u2019ouvrent et se referment ; les fronts se courbent devant lui, marqués d\u2019un sceau de terreur, et tons demandent dans leur pensée quel est ce redoutable inconnu qui, le pied sur le cou d\u2019une assemblée, fait tonner lu colère de Dieu au dessus de ses pâles auditeurs ?Cet inconau s\u2019appelait Bridaîne ; et le discours qu\u2019il prononçait ce tnercredi des cendres, à Aigues- Mortes, était son premier sermon.Ce fut ainsi que cet homme dont lo nom devait étre si grand, entra dans Ia vie de la chaire.Dès Pabord, il s'annongait avec les rudes qualités de l'éloquence du missionnaire, et, dans cet éclatant début, on put voir le germe de tant de triomphes réservés à cette vie apostolique qui suilit à accomplir le nombre prodigieux de deux cent cinquante- six missions, car ce conquérant de la parole, plus infatigable encore que les Cyrus et les Alexandre, ne se lassait point de remporter, au nom de Dieu, de ces saintes victoires qui profitent aux vaineus.Bridaine était l\u2019homme de l\u2019inspiration et de l\u2019é- loqueunce spontanée.À la Vue d'une assemblée qui se pressait au pied de la chaire,; i} se recueillait dans une pieuse oraixon, puis rempli de la puissance de son Dieu et du néant de l'homme, il versait, pour ainsi dire, sur son auditoire, son cœur plein de pathétiques sentiments et de foudroyautes pensées.N'attendez de lui ni la sublime gravité de Bossuet, ni le méludieux talent de Massillon, ui le riroureux enchaînemeut de Bourdaloue.II vous donnera ses idées telles que l\u2019inspiration les lui envoie ; il se livrera à toutes les saillies de son imagination ardente, il vous laissera voir toutes les images qui traversent son intelligence, qu\u2019elles soient belles ét rigantesques, qu\u2019elles soient d\u2019une trivialité populaire.Ce travail de l\u2019esprit qui, chez le prédicateur, s'opère ordinairement dans le silence du cabinet, il l\u2019accomplit à la chaire.Il a besoin de sentir son auditoire sons sa parole, et Dieu au-dessus, pour devenir éloquent, ; Tel était l\u2019homme qui, comme missionnaire, à laissé une gloire immortelle, tel était Bridaine.Doué de toutes les qualités qui font l'orateur populaire, soit qu\u2019il parle au nom des intérêts de la terre, soit qu\u2019il parle au nom des intérêts du ciel, quand sa voix puissante s\u2019élevait, elle pouvait facilement se faire entendre de dix mille auditeurs.Son geste était véhément, et l\u2019action, cette première qualité de l\u2019orateur, était chez lui vive et pleine de force.La chaire n\u2019était point pour lui un piédestal où il prétendait élever sa renommée, c'était une arène où il luttait contre les mauvaises passions de son auditoire, et à la fin de ses discours, on voyait cet athlète de Dieu couvert de sueurs et succombant, pour ainsi dire, sous le poids des émotions qu\u2019il avait données.Il avait un à-propus admirable pour conformer le sujet de son discours, et le ton de son éloqueunce, à la circous- tance, à l'auditoire, aux cérémonies qui servaient de cadre à ses paroles.Cela se conçoit.Obéissant toujours aux élans de sou âme, il s\u2019inspirait des prières qui venaient de s'élever vers le c.el et de ces belles cérémonies du catholiscisme, qui traduisent aux regards de la foule la pensée qui frappe les hautes intelligences.Souvent on le voyait s\u2019arrêter au milieu d\u2019une procession, la tête haute, le front chargé de pensées ; d\u2019autres fois il sortaittout à coup du sanctuaire ; et gravissant les degrés qui le séparaient de la chaire, il saisissait le moment où les idées et les sentiments que la solennité du jour devait faire naître dans les Ames, commengaient à fermenter au son des pseaumes et des prières retentissant dans l\u2019église, et alors sa voix se mêlant à toutes ces éinotions secrètes, semblait sortir à la fois Ce tous les cœurs.Chacune des solennités du catholiscisme était à ses yeux comme un drame saint dont sa parole était l\u2019action et'la pensée.Ce grand poête do la chaîre devinait les harmonies qui existent entre les impressions qui viennent du dehors, et les sentiments qui habitent les régions intimes de l\u2019âme.On ne le voyait point, comme ce Romain, demander te ton à un joueur de flâte placé derrière la tribune ; mais souvent ses premières paroles se faisaient entendre au bruit expirant d\u2019un pseanme de la pénitence dont les derniers versets venaient mourir au pied de la chaire ; et l\u2019on eût dit que le feu de l\u2019amour divin qui animait son éloducnce s\u2019allumait aux flammes des chants prophétiques, comme, au temps de la Pâques, tous les flambeaux des églises vienuent s\u2019allumer au ciergo consacré.Cette manière de lier ua discours à nn ensemble | de prières et de cérémonies et de Île faire jaillir, pour ; ainsi dire, du cœur de l\u2019auditoire, plaisait tant à ce grand homme, qu\u2019il en avait fait un système rai- : sonné, et c'était là ce qu\u2019il appelait ses méthodes.Les contemporains d\u2019un esprit délicat critiquèrent souvent Bridaiue.{ls disaient que son imagination ardente était féconde en figures bizarres ; que, si .quelquefois il s\u2019élevait jusqu\u2019au sublime quelque- | fois aussi il descendait jusqu'au trivial, qu\u2019en un \"mot la mesure manquait i ce beau génie, le goût à \u2018cette haute éloquence.Mais tous reconnaissaient jourd\u2019hui à ses discours, parce qu\u2019il était célèbre, | cependant qu\u2019il était impossible de l'entendre sans émotion, tant cette parole pleine de vie remmait les entrailles d\u2019une assemblée, tant oett& conviction profonde était persuasive, quand elle s\u2019élançait de ses lévresinspirées.Nous l\u2019avons dit, c\u2019est là le cachet de l'éloquence du missionnaire.Elle ressemble au torrent dont les eaux sont troublées, mais d\u2019une impétuosité si invincible qu\u2019elles emportent ceux-là même qui remarquent les débris qu\u2019elles roulent, et l\u2019écume qui souille leur cours.Il y avait surtout deux sujets qui, traités par Briduine, produisaient une impression dont le souvenir estresté.Quand les mots de mort ot d\u2019éternité, pronuncés par sa voix tonnante, se prolou- gealent d\u2019écho en écho sous les vieux arceux d\u2019une église, les esprits les plus fermes se sentoient glacés de terreur.Nos pères nous en ont conservé la mémoire et nous nous souvenous de leur avoir entendu rappeler quelques-unes de ces figures qui, traduisant les terreurs de ces effrayants sujets et les peirnant aux imaginations populaires, les rendaient, pour ainsi dire, présents à tous les yeux et faisaient apparaître l\u2019éternité devant le temps: \u201c C\u2019est un pen- \u201c\u201c dule, s\u2019écriait le formidable missiounaire suspendu \u201c* sur son auditoire, c\u2019est un pendule dont le balau- cier traversant l'étendue fait retentir sans cesse aux deux bouts de l'infini ces deux mots inexorables, toujours, jamais.Combien dureront ces souffrances ?Toujours, Quai l\u2019enfer ouvrira- t-il ses portes?Jamais.Lt souvent, an milieu de ses tortures, un de ces damunés, oubliant que le règne du temps est fini, lève lu tête et deman- \u201cde: * Quelle heure, quelle heuve est-t-il?\u201d Et \u201c la voix de fer lui répond : \u201c l\u2019éternité.\u201d\u201d Vous reconuaissez le germe du mot célèbre de l\u2019abbé Poule : Ils invoquent le néant ; l'éternité leur répond.\u201d Parfois aussi le père Bridaine avait de ces saillies effrayantes qui rappelaient les épouvantables ironies du père Honoré.Etant un jourà la tête d\u2019une procession, il prononça une grande exhortation sur la brièveté de la vie, et finit par dire à la multitude qui le suivait: * Je vais vons ramener chacun chez vous.\u201d Et il les conduisit dans un cimetière.Qu\u2019on ne s\u2019étonne point de voir ces idées de mort et de cércneil revenir sans cesse dans l\u2019éloquence | sacrée.C\u2019est le fonds du christianisme même.Bussuet, lorsqu'il envoya les deux chefs-d\u2019œuvres de l\u2019éloquence saorée, les oruisons funèbres des deux Flenriettes, nu célèbre abbé de Rancé, lo fondateur de la Trappe, ne lui écrivait-il pas: \u201cJe \u201c vous envoie deux têtes de mort assez touchantes ; \u201c elles trouveront leur place daus la cellule d'un \u201c solitaire.\u201d Ty eut une circonstance dans laquelle cette élo- quénce du père Bridaiue, souvent si irrégulière et si hasardeuse, s\u2019éleva à cette perfection de pensée et de style au-dessus de laquelle on ne peut rien imaginer: nous voulons parler du fameux sermon sur l\u2019éternité, prononcé dans l\u2019église de Saint-Sulpice, en 1751, et dont l\u2019abbé Maury nous a conservé l\u2019exorde.Le missionnaire devait, ce jour-là, porter la parole devant un auditoire composé de la plupart des illustrations de ce 18e siècle, travaillé par la contagion de tous les vices et le poison de toutes les incrédulités.On était dans un terspa où les intelligences orgueilleuses commençaient À secouer tous les freins, et où la parole de Dieu semblait, quand elle retentissait, comparaître au tribunal des hommes.C\u2019était presque un spectacle que ce sermon, où la plupart des auditeurs étaient venus pour juger Bridaine, et pour apprécier, du haut de leur dédaigneuse indifférence, ce missionnaire dont on racontait tant de merveilles, Peut-être que dans cet auditoire de hauts et puissants seigneurs de hantes et puissantes dames, d'écrivains célèbres, de hardis philosophes, Voltaire lui-même avait pris sa place.Vingt -cing ans s'étaient écoulés depuis ce premier sermon d'Aigues-Mortes, pour lequel Bridaine, encote inconnu, avait été contraint d'aller recruter dans les places publiques et dans les rues, cet auditoire improvisé qu\u2019il amena au pied de sa chaire ; et maintenant tout Paris accoutait de lui-même, séduit par cet attrait qui man puait an début de l\u2019orateur, et venant chercher, non pas tant la parole de Dien, que le bruit de ce nom et l\u2019étrangeté de cette renommée.Dans cette occasion comme dans la première, pour dominer l\u2019esprit de ceux qui accouraient au- a nna na om aa saa 2 comme pour s\u2019emparer de l\u2019âme de ceux qui le mé- prisaieut autrefois parce qu\u2019il était obscur, Bridaine fit marcher devant lui la terreur.\u201c A la vue d\u2019un auditoire si nouveau pour moi, « dit-il, il semble, mes frères, que je ne devrais on- \u201c vrir Ia bouche que pour vous demander grace en \u201c faveur d\u2019un pauvre missionnaire, dépourvu de \u2018\u201c tous les talents que vous exigez quand on vient vous parler de vutie salut.J'éprouve cependant \u201c aujourd'hui un seatiment différent, et si je suis \u201c humilié, gardez-vous de croire que je m\u2019abaisse hors de ligne, dont le laborieux apostolat fut marqué par tant d'éclatantes conversions, et dout le nonr est resté le type de l\u2019éloquonce dans laquelle il av- quit tant de gloire.RE ES QUEBEC: JEUDI, 13 JUILLET 1897.\u2014rm\u2014 PLAN DE TRAHISON FORME\u2019 YA MONTREAL POUR LIVRER LE CANADA AUX AMERICAINS, ET DIVULGUE\u201d PAR L, M.N.Nous avons déjà donné quelques extraits des car- respondances de l\u2019architraitre L.M.N.qui écrit de Montréal au Daily Express de New-York, et dont los lettres sont reproduites avec avidité par le Vindicator et traduites avec empressement par la Minerve.On a vu que L, M.N.s'était iinposé \u201cla noble tâche\u201d de convaincre les américains que le Canada était mir pour la révolte, qu\u2019il leur tendait les bras, les appeluit de tous ses vœux, et que l\u2019intérêt, l\u2019honneur et la reconnaissance envers l\u2019Etre suprême les obligeaient de venir à son secours.On à Vu aussi que le journal officiel de M.Papineau, d'intelligence avec L.M.N., njoutait le poids de son autorité à tout ce que disuit le correspondant de Montréal, et le vantait aux habitants des Etats.Unis corume devant leur donner onfin des \u201c idées exactes\u201d sur le Cauadu.Ou a va de plus avec que empressement la Minerve (à l'exemple du Pindica- tur, dont elle n'est, pour ainsi dire, que la version française) recueillait tous les articles dans le même sens qu\u2019elle trouvait dnus les autres journaux américains, et les présentait à ses lecteurs comme une preuve que nos voisins avaient \u201cles yeux ouverts sur nous\u201d, et n\u2019attendaient qu'au signal pour voler à notresecours.On peut se rappeler quelles bordées d'injures nous nous sommes attirés en signalant l\u2019existence de ce complot bien avaut qu'il ne fût question de la mesure mitistérielle dont on est bien aise aujourd'hui de se faire un prétexte pour avouer hautement des projets criminels conçus depuis tong- temps, auxquels on a voulu lier le peuple en 1834, en l'engageant à souscrire à des césolutions dont il ne comprenait pas la portée, auxquels ou a voula lier ses représentants en 1836, en les engageant à déclarer solennellement qu\u2019ils njournaient leurs délibérations jusqu'à ce qu'on leur eût accordé l\u2019impossible, et auxquels on veut aujourd\u2019hui lier d\u2019une manière inséparable et le peuple et ses représontants, eu les engugeaut à se compromettre par une résistance ouverte à une mesure qu'ou a prévue, qu\u2019on aurait pu détourner, et qu\u2019on a volontairement rendue inévitable, A Dieu ne plaise que nous rendions complices de ces projets tous les signataires et approbateurs des quatre-vingt-douze résolutions ! Loin de là, nous croyous que la plupart d\u2019eutr'eux, animés des sentiments Au plus pur patriotisme, et entraînés par uue confiance aveugle dans des chefs qu\u2019ils croyaient animés des mêmés sentiment, ont agi de Lonue foi, saus arrière-peusée, et sont revenus ou reviendront sur leurs pas du moment qu\u2019ils se seront apperçus où on les a voulu conduire.Comme sujets, comms citoyens, ils exerçaient un droit, ils accomplissaient un devoir, en s\u2019adressant à l\u2019autorité légitime pour demauder la réforme de ce qui leur paraissait an abus dans l'administration du gouvernement local, ou un vice dans sa constitution, pourvu que leur demande fût couchée dans uv langage respectueux et daus les formes d'usage.Mais refuser de se soumettre à la décision de cette autorité, se révoiter contre elle et l\u2019injurier parce qu\u2019elle n'a pas cru devoir accorder tout ce qu\u2019on lui demandait, et cela saus vouloir même entrer dans les motifs de son refus partiel, ce serait prouver qu'on u's pas agi do bonue foi, et qu'on aurait mérité uv refus absolu et non motivé, l\u2019objet de la demande eût-il été d'ailleurs juste et raisonnable.Il est donc de l'honneur comme il est du devoir et de l\u2019iutérêt de tous ceux qui de Lonne foi et sans arrière-pensée, out adhéré, en leur qua- | lité individuelle, aux quatre-vingt-duuze résolutions, de protester soleunellement contre les intentions qu\u2019on pourrait leur prêter s'ils ne séparaient lenr cause d'avec celle des traîtres qui font de ce refus partiel et motivé un prétexte pour justifier la rebellion et pour livrer le pays à une horde d\u2019avanturiers sans foi ni lui, comme on à lu preuve qu\u2019ils entendent le Faire.A Dieu ne plaise, non plus, que nous rendions complices de ces sinistres projets tous les auteurs des résolutions source de taut de maux, où tous les membres de l\u2019assemblée qui ont concouru à l'adresse de 1836, où la chauibre déclarait ajourner ses délibérations jusqu'à ce qu\u2019on eùt accordé ses demandes, dont la principale, sans laquelle toute autre concession, disait-clle, serait inellicace, était que la nomination des membres de la seconde chambre fât ôtée ** aux misérables inquiétudes de la vanité.A Dieu \u201c ne plaise qu\u2019un ministre du ciel puisse jamais \u201c avoir besoin d'excnse auprès de vous, car, qui « que vous soyez, vous n\u2019êtes commo moi que des « pécheurs.C\u2019est devant votre Dieu et le mien | \u201c que je me sens pressé dans ce momeut de frapper * na poitrine.Jusqu\u2019à présent, j'ai publié les jus- « tices du Trés-Hant dans des temples couverts de « chaume; j'ai prêché les rigueurs de la pénitence \u201c à des infortunés qui manquaient de pain; j'ai an- \u201c noncé aux bous habitants des campagnes les véri- | \u201c tés les plus effrayantes de la religion.Qu'ai-je | \u201c fait ?malheureux ! J'ai contristé les pauvres, les | \u2018\u201c meuilleurs amis de mon Dieu ; j'ai porté l\u2019épou- \u201c vante et la douleur dans ces ames simples et fidèles ! « que j'aurais dû plaindre et consoler, C\u2019est ici où | | | | | \u201c mes regards ne tombent que sur des grands, sur | jorité de la chambre n\u2019avait pas « des riches, sur des oppresseurs de l\u2019humanité « gouffrante, ou sur des pécheurs endurcis; ah! \u201c c'est ici seulement qu'il fallait faire retentir la \u201c parole sainte dans toute la force de son tonnerre, \u201c et placer d\u2019un côté la mort qui vous menace, de \u201c l\u2019autre le grand dieu qui va vous juger Je * tiens aujourd\u2019hui votre sentence à la main.Trem- \u201c blez done, hommes superhes et dédaignenx qui \u201c\u201c m'écoutez.La nécessité du salut, la certitude de \u201c In mort, l\u2019incertitude de cette heure si effroyable | \u201c pour vous, l\u2019impénitence finale, le jugement der- | \u201c nier, le petit nombre des élus, l'enfer et pardessus \u201c tout l'éternité : l\u2019éternité! voilà les sujets dont je \u201c viens vous entretenir, et que j'aurais sans doute \u201c dû réserver pour vous seuls.Dieu toucliera vos \u201c cœurs pendant que vous écouterez son indigno \u201c ministre ; vous viendrez vous jeter dans mes bras \u201c en versant des larmes de repentir, et, à force de « remords, vous me trouverez éloquent.\u201d Nous avons cru qu'une étude sur Bridaine nese.rait point complete, si nous ne citions pas ce bean morceau qui montre jusqu\u2019à quel degré peut s\u2019élever \u2018 l'éloqueuce du missionnaire, lorsqu\u2019à cette verve d'inspiration qui en est le fond, elle joint cette pureté de style, forme exquise et parfaite des créations de la pensée.L\u2019exorde du sermon de 1751 sera à jamais le plus beau titre de Bridaine, et ce magnifique exemple servira à faire comprendre l'influence extraordinaire qn\u2019exerçait sur les esprits, cet homme \u2018 au roi et donnée au peuple, couforménient au vœu exprimé daus une des résolutions de 1834 On w'exigera pas que nous fassions l'apologie de ceux qui ont pu innocemment participer à cette détermination, mais il nous sera permis de rappeler les bruits qui ont couru dans le temps, qu'une partie des membres avaient été comme circonvenus, pris au piége, et qu\u2019ils n'avaient pas plus tôt ouvert les yeux qu\u2019ils voulurent retirer leur udbésion, mais qu'il n\u2019était plus temps, les autres s'étant immédia - tement débandés.Le Canadien, qui est considéré comme l\u2019orgune du parti qu\u2019on prétend avoir été joué en cette occasion, a toujours soutenn, comme il vous le fait remarquer daus son numéro d'hier, quoiqu'il ait été gourmandé pour cette assertion par les feuilles dans l'intérêt de M.Papineau, que la ma- insisté à obtenir un changement dans la constitution du conseil législatif \u201c comme condition de sa coopération à la marche régulière du gouvernement.\u201d \u2018Tous les autres journaux, avec l'exécutif ici et les autorités en Augle- terre, ont donné à l'adresse une interprétation différente ; inais nous désirons éviter une discussion sur ce point, et nous prenons l\u2019assertion du Cunudien comme avouée par ceux dont il est censé être l'organe.Quoi qu'il en soit, M.Papineau et ses partisans auraient pu encore, wils l\u2019eussent voulu, se tirer aveclivuneur et dignité du pas où ils se trouvaient engagés, et la chambre avec eux.Ils l\u2019auraient pu faire avec d'autant plus de grâce, que tout en refusant d'accéder à une demaude inadmissible, en même temps qu\u2019on s\u2019engageait à prendre d\u2019autres mesures pour arriver au même but, on semblait leur ménager exprès une porte, en motivant le refus de ln coucession demandée sur Uinopportunité dans les circonstances actuelles.Si en demandant ce qu\u2019ils ; savaient ne devoir pas obtenir, ilsavaient seulement voulu marchander, ou demander plus pour avoir moins, n\u2019auraient-ils pas pu dire.à la chambre des communes: \u2018* Nous nous sommes adressés avec con- flance à vous daus nos souffrances ; vous admettez l'existence des maux dont nous nous plaignons depuis long temps ; mais le remède que nous vous avons demandé, vous le jugez inapplicable dans les circonstances actuelles, et vous en ordoanez un au- tre ; nous nons soumettons respectueusement à votre décision, sans cependant cesser de croire que celui que nous demandions aurait été plus efficace, ou d'espérer que, lorsque les circonstances seront changées, Vous jugerez encore à propos de nous l\u2019accorder ; notre soumission respectueuse est un gage assuré de l'usage que nous en ferons.\u201d Une pareille conduite pourrait relever la chambre daus l\u2019estime et la faveur du gouvernement impérial, et aux yeux de tous les gens raisonnables, autant qu\u2019une conduite contraire est propre à la rabaisser.À quoi sert de prétendre qu'on vous vole votre argent?En principe, il est sans doute À regretter que le parlement britannique ait été forcé de recourir à la mesure extra-constitutionnelle d\u2019ordonner le paiement de ce qui était dû aux serviteurs de la couronne ou du peuple coume on voudra ; mais c\u2019est vous qui l\u2019y avez forcé.Ce n\u2019est pas votre argent que l\u2019on prend pour payer ces serviteurs, c\u2019est l\u2019argent qui leur est légitimement dû et dont ils sont injustement privés depuis long-temps.Mais pour revenir au plan do campagne révolutionnaire, les enfants du sol apprendront sans doute avec surprise qu\u2019on ne les croit bons qu\u2019à faire de simples soldats, que tous les grades d'officiers dans l\u2019armée républicaine sont réservés pour les aventuriers étrangers, et que c\u2019est aussi en faveur des spéculateurs étrangers qu\u2019on veut confisquer les propriétés de la compagnie des terres : (Extrait de la correspondance de Monti éul du Daily Express de New-York, reproduite conune premier article éditorial par le Vindicator et traduite par la Minerve.) L\u2019urgente nécessité forme, comme de raison, le plaidoyer.Le roi, bon homme, ne peut permettre que los salaires de ses serviteurs restent impayés.Comme ces servifeurs de vois sont sujets à être maitres patmi le peuple, il n\u2019est pas étonnant que les Canadiens ne s\u2019empressent pas de les payer, jus- QU\u2019À ce que les officiers deviennent, suivant la doctrine américaine, les serviteurs du peuple et fassent quelque chose pour gagner leur argent.On oublie quo des fainéants s\u2019engraissent de sinécures ; c\u2019est parce que des juges souffrent qu\u2019on doit voler Par.gent.Les juges coming de raison partagent le sort des autres créatures rapaces; mais comme nous payons au crédit, c\u2019est-à-dire que nous donnons pour un ce gue vous donnez pour trois, ils pourraient bien attendre un peu, jusqu\u2019à ce qu'on prête une oreille aux prières du peuple, et ils recouvriraient alors leur paie selon la loi, à la Façon yankcee.Mais après tout, qu\u2019en revient-il au peuple d\u2019Angleterre que nous payons nos juges ou non ?Sil nouns plait de nous dispenser tout-à-fait de cours de justice, de laisser nos débiteurs dormir tranquilles ou de recevoir des filoux dans nos salons au lieu de les confiner en prison, pourquoi cela troublerait-il Johnny Russell on sa complaisante majorité, qui vote comme les parlemeots européens votent toujours, quand les libertés de l\u2019Amérique et un Américain peuvent être assaillis?S'il est dans nos des- tinéea d\u2019être misérables, pour l'amour de Dieu lais- sez-nous le choix de nos misères.Si nous préfe- rons endarer certains maux dans l\u2019espoir d\u2019en réprimer d\u2019autres qui nous accablent, qu\u2019est-co que cela fait à des gens qui demeuren: à 3000 milles © Une chambre des communes britanniques qui, au commandement d'un ministre, vote contre ses plus beaux privilêres, simplement parce que l\u2019application doit se faire dans une colonie, est à jamais indigne de respect au dehors comme à l\u2019intérieur ; et les Canadiens, croyant que la protection du gouvernement et l'obéissance d\u2019un peuple sont des obligations corrélatives, se considèreront justement absons de toute allégeance à la couronne britannique.Je suis convaineu qu'ils ne s\u2019abaisseront plus jamais à pétitionuer ce parlement britannique.Ils solliciteront les sympathits d\u2019une nat ion puissante qui les avoisine, et se ficront pour se protéger à leurs \u201c bras droits.\u201d Que feront-ils?Ils n\u2019irout pas comme les Portugais on les Italiens se rassembler sur les places publiques pou7 crier \u201cà bas le roi !\u201d et essuyer sur le champ le feu d\u2019une soldatesque.Non, non, ils lisent l\u2019histoire américaine et se montrent déjà élèves habiles.Dans tout le pays ils pratiquent les leçons enseignées par le peuple da Massachuzerts, de 1768 à 1775, qui commença par apprendre à vivre sans ses oppresseurs et finit par savoir les rosser.L'allégeance no sera qu\u2019an lien précaire jusqu\u2019à ce que le peuple soit prét, et alors elle sera mise de côté.Le moindre événement produira une collision, il sera répaudu du sang, qui comme une étincelle sur In poudre produira une explosion jusqu'aux parties los plus reculé s des provinces, et frondra le joug monarchigne de l'autre côté de l\u2019Atlantique, pour ne plus jamais polluer l'hémisphère voci- dental.Le Canada peut-il résister an pouvoir gigantesque de la Grande-Bretagne ?Oui, il le peut et victorieusement.Une main protectrice uide les révolutions de I\u2019 Amérique.Ses fils nés libres L\u2019ont pas été mis au monde pour être les ilotes de l\u2019Europe.La population blanche de vos treize Etats ne pouvait, en 1775, de beaucoup excéder deux millions.Votre parti tory on breton était plus fort que le nôtre, car il se vantait de pouvoir avaler les rebelles, si seulement on lui en \u201c\u201c donnait la permis- gion.\u201d Vous aviez un demi-million d\u2019esclaves sur les bras, formant une majorité dans les Etats du sud et tin cinquième de la population entière.Vous nviez des milliers d\u2019Indiens, sovs l\u2019influence an- gluise, qui rôdaient partout prêts et excités à égorger les familles sans défense.Vous aviez sur les derrières une proviuce hérissée de troupes britanniques, qui dominait toutes les eaux du Nord.En front, le vaste Atlantique ; et les mille vaisseaux de la Bretague, pouvant attaquer en toutes saisons de l'année.Là gisnient vos .treize colonies, simple lisière de 1,400 milles de longueur, et vos deux millions d'habitants presqu\u2019à portée des canons des vaisseaux, Vos contrées occidentales étaient alors # Susquehanna et les Alleghanies.Par quel miracle avez-vous réussi ?Nous n'avons pas d'esclaves que l\u2019on puisse craindre de voir soulever contre leurs maîtres : nous n'avons pas À craindre des sauvages.S'ils se mélaient de la partie, ce serait plutôt comme auxiliaires des Canadiens.Au lieu de sauvages nous avous les sympathies de dix-sept millions d\u2019hommes libres sur nos frontières, d\u2019où des milliers, qnelles que fussent les lois de neutralité, viendraient à Notre secours pour empêcher la Loucherie europé- \u2018enne de saturer encore le sol américain de sang \u2018américain.Au lieu de 1400 milles de rivage de mer constamment exposé, nous n\u2019avons qu\u2019un débouché, à Québec, qui n\u2019a que deux tiers de mille de la: ge et qui est fermé par les glaces quatre mois sur douze.En commençant une révolution en novembre,nous resterions paisibles possesseurs du pays pendant six mois.Et il ne serait en aucun temps pradent d\u2019envoyer des vaisseaux de guerre dans la rivière.Ils seraient enfermés par des careux calés, ue l\u2019on pourrait arranger après une heure d\u2019avis.vis ily a le danger de l\u2019incendie, auquel on ne pourrait échapper dans un chenal étroit avec un fort \u2018Courant dans un sens et la marée dans un autre, alternativement.Toute la marine britannique, si \u2018elle venait ici, serait détruite en denx ans par des brulots.Les villes de Montréal et de Québec pourrait peut-être rester entre les mains des bretons n\u2019à ce qu\u2019ils seraient réduits par In famine, mais Jamais les troupes ne pourraient tenir la campagne.Evo hiver dans ane excursion de dix milles le f-oid woul fornit assez d'orteils, de doigts et de nez gelés pour tenir la moitié du détachement à l'hôpital pendant six mois.En été nos chemins de glaise pour- raîent rarement résister au poids de l'artillerie ou de forts chariots ; les troupes même, incapables d\u2019y tenir, auraient À traverser les champs.pour y être fauchées par le premier venu capable de charger un fusil derrière un arbre.Vos hommes publics signèrent la déclaration de l'Indépendance en face des plus grands périls, Ils n\u2019avaient aucun refuge.Les nôtres, dans des cas de revers momentanés, n\u2019ont qu\u2019à franchir les lignes pour leur sûreté.Votre commerce étuit détruit, vous ne pouviez vous procurer de subsides nulle part, Nos habitants n\u2019ont qu\u2019à diriger leur négoce du côté des Etats dont les voies de communication par eau s\u2019étendent à notre voisinage, et ils pourraient continuer leurs affaires régulièrement sans interruption, et sans épronver les inconvénients de la guerre.Vous eûtes des difficultés à réaliser de l\u2019argent.Des prêts patriotiques ont depuis été si profitables aux capitalistes et les révolutions américaines couronnées si universellement de succès, qu\u2019il n\u2019y à plus de trouble à craindre sur ce point.L'agent du Bas-Canada leverait des emprunts même à Londres à des conditions plus libérales gqne no le pourrait le chancelier de l\u2019échiquier, parce que cette province est prêle, en ce qu\u2019elle n\u2019a pas une seule piastre de dette.Ses législatours ne se sout pas laissé duper par le cri de, \u201c améliorations publiques,\u201d jusqu\u2019à s\u2019hypothéquer eux-mêmes et leur postérité, pour laire des emprunts d'argent qui, quoiqu'\u2019on en dise, ne servent, dans les colonies, qu\u2019à remplir len goussets de la race officielle et & river plus solidement les fers du peuple.Non seulement sommes-nous exempis de toute dette, mais nous avons les moyens de payer.L'Assemblée a déclaré qu\u2019elle confisquera toutes les propriétés de la compagnie dite des terres de l\u2019Amérique britannique du Nord, sitôt qu\u2019elle en aura le pouvoir.Ces terres sont sur les bords immédiats de Vermont et de New-Hampshire ; puis nous avons des forêts interminables de pins, jusqu\u2019à présent non arpentées.Co serait une gloriense spéculation pour une société d'individus entreprenants de fournir l\u2019argeut nécessaire pour soutenir la guerre, et recevoir des tarres incultes en paiement.Il ne Faudrait pas une grosse somme, Nous n\u2019a- vous pas besoin de marine, ni d\u2019embassades coû- teuss,\u2014un tour à Wash ugtun coûte preujne rien.Des forts et des fortifications ne sont pas nécessaires ; les fossés et les clôtures qui traversent nos fermes dans toutes les directions forment déjà des parapets suffisants qui, avec des abatis d'arbres, pourvoiraient de lignes de défense sans frais.Quant à l\u2019artillerie, l'ennemi laisserait par les campagues autant de bouches à feu prises dans la Loue qu\u2019il en fandrait.On aurait besoin d\u2019armes légères, mais chaque maison est déjà pourvue do quelque instrument à tirer et d\u2019un homme qui sait s\u2019en servir.Le Massachusetts, Avec une population uniforme, fournit 17,000 combattants dans chacune des années 1774 et 75.1 y a dans cette province 125,000 hommes capables de porter les armes, c'est à dire depuis 16 jusqu\u2019à GO ans.Les rapports de la milice, s'ils étaient complétés, abstraction faite des exemptions, feraient probablement voir environ 80,000 miliciens.Il n\u2019est pas sur le continent américain de peuple si bien qualifié pour davenir soldats, que les Canadiens français.Le peuple chez vous se lasse trop vite du contrôle et est trop spéca- lateur pour rester dans un camp quand il sait qu\u2019il peut travailler avec plus de bénifice ailleurs.Il ne voudrait pas servir en simple militaire parce qu'il se croit trop d'importance, et, comme l'équipage de cette goëllette qui \u201c voulait bien perdre une demi- journée,\u201d alors que les voiles était emportées, il est sujet à parlementer avec ses officiers.Au contraire, les Canadiens se réjouiraient do la vie des camps ; bien payés, bien vêtus, ils aimeraient à se former en corps.Ils sont robustes, actifs, patients et obéissants, et seraient dévoués à des officiers en qui ils auraient confiance.Comme batcliers et voy- agours du Nord-Ouest, leur mérite est reconuu depuis long-temps, et leur conduite comme militaires dans la dernière guerre attira des éloges constants de la parts de commundants britanniques.Mais, quoique admirablement bien qualifiés comme soldats, ils manquent d'officiers, \u2014les bons officiers font les bons soldats.Il y en à quelques-uns dans le pays, il y en a beaucoup aux Etat-Uuis.Môme les eadets de votre école militaire à West-Point prendraient la route da Canada, au eri de la guerre, impatients de mettre en pratique les leçnns qui leur soot maintenant enseignées, de peur d'en perdre pour toujours l\u2019occasion.Puis, combien de vétérans couverts de cicatrices, qui ont arrosé de leur sangles pleines du Guadalquivir jusqu\u2019au Phin, depuis le Rhin jusqu\u2019au Niemen, verrait-on débarquer de vos paquebots du Havre, roidissant leurs membres nerveux comme le cheval do bataille au son de la trompette, ef accourir pour effacer la tache qu\u2019ils pourraient s\u2019imaginer que les derniers revers de la France aient imprimée à leur réputation militaire.C'est mon opinion, que l\u2019Angleterre ne coercitera jamais les Canadas, si seulement ils déclarent ne vouloir pas être coercites.Il y aurait des difficultés d\u2019en réaliser les moyens dans la chambre des communes, parce qu\u2019il est un fort parti qui, sar un principe d'intérêt, considère que le Canada serait plus profitable pour l\u2019Angleterre comme Etat indépendant que comme une colonie.Mais supposons qu\u2019elle commence les hostilités, quelle force pour- raît-elle envoyer pour subjuguer la puissance naturelle et physique du pays ?Qu'on se souvienne que chaque soldat européen débarqué sue nos rivages coûte, avecson équipemeni, 100 louis.Deux sous de poudre et de balle l'empêchera de faire du tort après qu\u2019il sera débarqué ; et ces deux sous peuvent être épargnés seulement en indiquant les avantages des États-Unis et les facilités de la désertion.Malheureusement la chronique cst parvenue jusqu'aux soldats et leur a appris qu\u2019ils sont des gans responsables et non des instruments passifs entre les mains du pouvoir despotique.Je doute que les Irlandais voulussent se battre contre les colons, surtout quand ils sauraient qu\u2019il est si facile une visite à leurs amis ou cousins à Albany ou à Baltimore.Certes, il ne serait besoin que de commencer nn canal ou un chemin de fer à cent milles des lignes, et l\u2019on verrait des régiments entiers, de quelque nation qu\u2019ils fussent, y compris \u201c les piqueurs, &c.\u201d s\u2019empresser d\u2019émigrer tambour battant, aimant mieux creuser la terre à raison d\u2019un dollar par jour, que de porter un habit rouge avec douze sous par jour pour avoir le plaisir d\u2019être à l'affut d\u2019uue balle de mousquet après avoir erré pendant trente ans loin des casernes.Avec la passation d\u2019un bill pour piller le trésor canadien commencera la séparation du Canada de la couronne britannique.Je ne parle pas ainsi avec assurance parce que je le désire, mais à dessein parce que je sais ce qui en est.Une aliégeance nominale pourra continuer quelque temps, mais elle ne sera que nominale.Le peuple a des chefs prudents, qui ne l\u2019entraîneront pas dans une rébellion prématurée ou partielle, simplement pour satisfaire à l\u2019in- patience de désœuvrés citadins, mais des préparatifs sont déjà commencés qui le rendront invincible sitôt qu'il voudra dire : \u201c\u201c Je suis prét.\u201d Je une fais pas allusion aux procédés d\u2019assemblées publiques si- tuultanées, mais à la voix sourde qui, de maison en maison, de voisin en voisin, circule doucement, silencieusement et irrésistiblement pour auimer, en- uoblir et unir ln détermination du peuple.Laguerre est une partie de chances désespérée, qu\u2019ou duit toujours éviter quand on le peut honorabiement ; mais toutes les horreurs de la rapine et de l\u2019effusio, du sang disparaissent devant l'ignomisie politique d'une lâche existence.I! vaut mieux cent fois expirer les armes à ja main, martyrs des maux de la patrie, que de vivre en vil esclave, insensible à ses misères.El vaudrait mieux que nos os blanchissent les champs où fussent élevés en un vaste monument sur les débrie des libertés du pays, plutôt qu\u2019ils pu«sent se mouvoir et témoigner de sa triste dégradation.Qu\u2019y a-t-il donc de si attrayant dans la vie ou de si affreux dans la mort, pour que les hommes puissent se soumettre tranquillement aux iosolontes prétentions de la horde officielle ?Le don de la prévoyance est mal nommé.Pour connaître l'avenir il faut interroger lu passé.Les scènes des anciennes colonies out été répétées dans les nouvelles, le même catalogue d\u2019accusations contre la couronne britannique est presque rempli.Le résultat doit être le même.Lu Grande-Bretagne n\u2019a plus qu\u2019un choix, c\u2019est de céder tranquillement et paisiblement, tandis qu'elle le peut faire encore avec honneur, un pays qu\u2019elle ne peut pas retenir, qui repousse maintenaut sa profeclion et qui ne pourra jamais fleurir tant qu\u2019elle durera.L.M.N.[Extrait du Populaire.] (Suite des discours prononcés à l'assemblée de Montréal le 6 courant) :\u2014 DISCOURS DE L\u2019IION.BIOFFATT., L'honorable G.Moffatt se présente sur le devant du husting et dit qu'il Ini est infiniment agréable d\u2019avoir à s'adresser à une assemblée si nombreuse et aussi respectable, Vous savez tous, messieurs, dit-il, que nous sommes appolés ivi pour délibérer et pour nous prononcer sur les résolutions qui ont été dernièrement adoptées daus diverses parties de la province, à la suite d\u2019assemblées convoquées par les meneurs de la chambre d\u2019assemblée, qui après avoir engagé les pétitions au parlement impérial, a déclaré en septembre dernier, qu\u2019elle ne procéderait point aux affaires, avant qu'on lui eût accordé en entier ses demandes.Elle a déclaré que jusqu\u2019à l\u2019octroi eutier de ses demandes elle ne pourvoirait point à l'administration de la justice, qu\u2019elle n\u2019accorderait rien pour le gouvernement civil, qu\u2019elle ne ferait rien pour Ja prospérité du pays, quelle que fut Purgence de ses besoins, Les ministres de sa majesté, voyant les plaintes, ont été obligés de cousi- dérer l\u2019état du pays.Ils ont en conséquence proposé au parlement impérial des résolutions.Il ne s'agit point de décider si elles étaient suffisantesou si elles ne l\u2019étaient point ; mais ils ont oru qu\u2019elles l\u2019étaient.Ces résolutions n\u2019ont point plu aux meneurs de la chambre qui en ont témoigné leur mécoutentement.Ils veulent embarrasser davantage la marche du gouvernement, |.au moyen d\u2019assemblées et de résolutions que cette réunion revardera, je m\u2019en flatte, comme opposées à | > » ?ses sentiments et à ses intérêts.(Applaudissements).Vous êtes aujoud\u2019hui appelés à déclarer si vous participez aux vues de ces messieurs.(Cris de : non, non).Vous serez unanimes, j'espère, à les repousser gomme contraire à votre bonheur.Je no prétends point dire que nous n\u2019avons point de griefs, ni qu\u2019ils ne serout point redressés par le you- vernement.Nous les sentons tous ces griefs, et nous ne reculerons point d\u2019an pas devant la nécessité de les faire disparaître.Ces griefs seront redressés, mais nous demandons qu'ils le soient d'une manière constitutionelle, sans dicter les termes au gouvernement.(Applaudissements).D\u2019autres messieurs vous dévelupperont plus au long les réso- tions qu\u2019on doit aujourd\u2019hui vous proposer.(Applaudissements).Comme je vois ici un grand nombre de Canadiens qui ne comprennent peut être point l\u2019Anglais, je dois vous dire que M- De Bleury va leur expliquer en Français lo but qui nous rassemble.( Applaudissemonts et God Save the Kiing).MOUVEMENTS MILITAIRES.Les vaisseaux de Sa Majesté la Vestale et le Champion, venant d\u2019Halifax avec le 83e régiment à bord, sont arrivés ici, l\u2019un avant-hier au soir, l\u2019autre cet après-midi.Lo 83e va occuper la citadelle, où il remplace le ler régiment.Ce qui restait ici du premier, est parti pour Montréal hier soir, 4 bord du Suint- George.Un détachement d'artillerie est aussi parti pour Montréal lundi soir, et doit stationner à l\u2019île Sainte- Hélène.CUOËRCITION ANTI-COËRCITIVE.Plusieurs correspoudances ont parlé vaguement d\u2019an acte de cuërcition commis à la fête nationale, relirieuse, champêtre, militaire et anti-coéreitive de St-Thomas, sur la personne d\u2019un brave et loyal habitants d\u2019une des paroisses du bus de ce district, sur lequel on a voulu pratiquer un peu trop rudement le compelle intrare.Sur les dépositions de cet individu et d\u2019un autre qui le menait en voiture, un mandat d\u2019arrêt a été lancé contre un personnage qui a joué nn rôle principal À la fête, et contre deux autres individus qui l'ont assisté dans son aimable invitation.Ils ont été admis À caution par un magistrat de l'endroit, pour comparaître à la prochaine cour criminelle.On dit que M.A.Berthelot, M.P, P., doit sons peu passer en France.Si cela est, nouvelle élection encore.(Libéral) La même feuille contredit les bruits répaudus d\u2019après lesquels MM.Blanchet et Besserer seraient sur le point de donner leur démission.ASSEMBLE E PUBLIQUE.L'avis de convocation qu\u2019on trouvera ci-dessous a été adopté hier dans une réunion du comité nommé à l'assemblée préliminaire d\u2019avant-hier.Le jour et le lieu-de l\u2019assemblée ne sont pas encure fixés, Apres avoir rapporté ce que nous avons dit au sujet de l'assemblée du Saguenay, le Canadien (numéro d'hier) ajoute : \u201c En parlant de cette assemblée, le Morning Herald de ce matin dit, lui, qu\u2019elle n\u2019était composée que de vingt personnes, et que \u2018\u201cles principaux ac- tenrs dans ln farce étaient MM Lafontaine et Gi- ronard, M.P.P.** Nous et ghelques-uns de nos amis avons vu ces deux derniers Messieurs, à leur retours du Saguenay; et chose singulière, ils n\u2019ont soufflé mot de cette assemblée, à laquelle le Herald dit qu\u2019ils ont assisté Nous ne savons où ce journal a puisé ses renseignements.\u201d MARIE'S.Mardi dernier, par M.Charles Cozeau, M.Etienne Drouin, à demoiselle Julie Guyon dit Dumonticr, tous deux de cette ville.Aux Trois- Riviéres, lundi dernier.par M.Cooke, curé du lieu, et *ncaire général, Jos Garépy, écuyer, marchand, de St.George de Noyan, à demoiselle Adélaide Bureau, fille de feu P.Bureau, écuyer.DE\u2019CE'S.Hier matin, & Morton Lodge, Ste Foi, Charles John, troisième fils de T, A.Sinyner, écuyer, député-maître- général de la poste, à l'âge de 11 ans.A VENDRE au bureau dela Gazette de Québec, a bon marché pour argent comptant, un des célèbres BAROVETRES PORTATIFS de Guay Lussac, dans un étui de cuir.Québec, 24 juin 1837.ASSEMBLEE PUBLIQUE.\u2018 LE soussignés prient les habitants de la ville de Québec et des environs, qui désnpprouvent les tentatives faites à des assemblées récentes en différentes parties de la province pour dissiminer le mépris des autor:- tés publiques.la désaffectiion envers le gouvernement du Roi et le parlement impérial, et pour exciter à la violation des lois, des\u2019 bler à » le de JUILLET courant, à UNE heure de l'après-midi, afin d'exprimer leur opinion sur les dites tentesives, et de faire parvenir au gouvernement de Sa Majesté leurs respectueuses assurances de fidélité et d\u2019attachement à la haison qui existe entre celte pruvince et le Rovaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, et leur pleme conviction que le gouvernement de Sa Ma jesté ne manquera pas de co opérer au redressement de tous griefs et abus qui peuvent exi-ter en cette province.\u2014\u2014 (SIGNATURES).Québee, 18 juillet 1837, AVIS, ! I VOUS ceux qui ont dea réclamations contre la succession de feu dume veuve Ronisson, en son vivant inarchande à St-Îtoch, de cette ville, sunt prévenus de présenter leurs comptes dament attesiés; et ceux qui doivent à la dite succession sont également p.évenus de payer au soussigné faubourg St-Vullier.FELIX-TrIIOMAS BIGAOUETTE, exécuteur testamentaire, 1ws Québec, 12 juillet 1837.A LOUER, et en livrer possession le ler mni 1838 : Les Baiiments, Quais, Booms, &c., 4 Spencer Cove, a présent occopés par MM.Atkinson, Usborne & Co.S'adresser à ; GILLESPIE, JAMIESON & Co.12 juillet 1857.ACAJOU.INGT-CINQ billots d\u2019Acajou espagnol très supérieur, en quantités à la convenance des acheteurs, à vendre par D.FRASER.Quai Napoléon, Québec, 8 juillet 1837.\u2019 EN VENTE: ES soussignés viennent de recevoir par la barque Ant, en droiture de Dantzic: Farine Biscuit Lard Bœuf Avoine Et un lot gournables de cl! êne et de sapin supérieures.\u2014En main, \u2014 Lard et Bœuf des marques les plus recherchées, salés dans le Haut Canada et les Etats-Unis ALLAN GILMOUR & Co.Quai d' Irvine.Québ ce, 7 juillet 1837.EN VENTE, PAR SYMES & ROSS, HUM de Déméramfort, sucre raffiné et cassonade, vin de Maière en barriques et quarts, excellent vin de Xérès en caisses de 3 douziines.bouchons à vin et Commans, moutarde en pots de à et } livre, bouteilles de gingembre moulu, 3 quets de 20 hvres; pemiu- res.mastic, haile de lin, cordage ancres et chaînes, vitres, bled et farine, lard du Canata et de Humbourg, beuf du Canada prime et prune mess.Québec, Z juillet 1837.A VENDRE PAR LES SOUSSIGNES : Ce cents quarts lard de Hambourg prime-mess 100 tierçons et quarts vinaigre de vin de France clarifie 50 paniers verre 100 paniers bouteilles à vin 500 bui es et demi-bvi:es vitres de grandeurs assorties \u2014AUSSI\u2014 Enu.d3-vie en barriques et pipes, Noix, Raisin muscat et de Malaga, Sivon, et leur a-sortiment accoutumé de Vins en futaille et en bouteilles, consistant en l\u2019ueto, Bordeaux, Champagne, Mudére et Xorés.\u2014 Et en entrepôt\u2014 20 pipes, 5 barriques Eau-de-vie de Cognac, marque de Larue.LE MESURIER, TILSTONE & Co.Quétdec, 28 jun 1837 A VENDRE, HARBON à GRILLE de la meillenre qualité en débarquement sur le quai MacCallum, Charbon à torge dito dito sur I» quai des Indes Eau-de vie couleur de paille, d\u2019une qualité supérieure, au gallon ou a la barrique , S'udresser à CHARLES POSTON, rue Saint-Pierre.Québec, 26 juin 1837.TELESCOPES ET BAROMETRES, A VENDRE deux des meilleurs TELESCOPES de 30 pouces, avec trépied de cuivre, dans une caisse d\u2019ac jou.Q'atre baromètres élégants avec thermomètres, hygro- inêtres et niveaux, dans des cadres, poli frarçais et porta- fs.G.D.BALZARETTI.21 juin 1837.AXHAM & BOURNE offrent en vente : 30 quarts de LARD d'Irlande prime mess, 1ère qualité.22 mal i827, \u201cVENTES A L\u2019ENCAN.PAR G.D.BALZARETTI.VENDREDI prochain, 14 courant, à DEUX heures précises, à ses chambres d\u2019encan, sans réserve: N assortiment général de marchandises sèches, gres de Naples, soies, satins, mouchoirs de
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