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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Automne 2015
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Reflet de société /, 2015, Collections de BAnQ.

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[" L $a = e ele CI Un regard différent sur notre société ë.Vol.24 n°1 Automne \u2018 e 2015 > ¥ a awd se\u201d Agriculture québéco YW mm Pré serv ation py.Ye - 0 be pe.>» < >.v- oo >r.- de nD Randy 4 ) o LLY * .- .hy! 2 ax es ee: & _*% a x; Un à A ON Ld NS es =+ Se, CA wR x à Jean Bél éliveau sed.abe 3.=, a ed ied dey 2 ee lo mond A FD eo rE, as Jim umônie = a cd + en-miliey carcer La >» eign or > 7 .> KY .=.4 d ot, 5 Sls com è bat dn J < + 7 > < a \u20ac.J = E hrs\u201d \u20ac # 2 m4 NE \u2014ulon Gauhitior vous préscenté 55.cene- AA a ATT.Ces sôdt déportés ét carte de vÉTE JRC anveioooe poor #4, affiche É 7 par TT pany [FE sur J-Enirt Aranes pany 200% a BHCTINE Bitr Swiedi-gnirt ela ooh £03.Lea\u201d wits EAE gent tigponities dena Lee grardeuvs patil, medion, Loge af ax.frar-farega.iio gét.gbDt ads Orne façon oripmale oc Sovéonér l'artiste of de personnofrses +05 Codoaur CÙ SOUVON#S.NMérel pour voiré visite ef valve présence, 3 4 Éditorial rayMonD viGer www.raymondviger.wordpress.com goo.gl/2wLSsR Dans mes 25 ans de service à la communauté, le débat sur la légalisation des drogues n\u2019a cessé de refaire surface régulièrement.Nous avons déjà écrit plusieurs dossiers sur le sujet.Je n\u2019ai pas voulu rééditer tous ces dossiers déjà bien documentés.Ils demeurent disponibles sur notre site Internet.Il est cependant important de revenir sur les principales conclusions.Parce qu\u2019à toutes les années, de nouveaux intervenants sortent des écoles et prennent place sur le terrain et que le débat reprend de plus belle.Reprendre de vieux débats pourrait être socialement bénéique.Un nouveau regard sur un vieux débat.Dans la mesure où l\u2019on ne se contente pas de tourner en rond et de ne déterrer que les mêmes vieux arguments.Légalisation des drogues Généralement, les intervenants sociaux préconisent la légalisation du pot.Plusieurs iraient jusqu\u2019à légaliser toutes les drogues.Concernant la personne toxicomane, les objectifs visés sont : \u2022 Produits mieux contrôlés (qualité, prix, connaissance du produit consommé\u2026) ; \u2022 Éviter de faire pression pour favoriser la consommation des personnes toxicomanes ; \u2022 Mettre en contact un intervenant et la personne toxicomane ; \u2022 Favoriser l\u2019aide et le soutien aux personnes en détresse\u2026 Socialement, certains voudront aussi rajouter : \u2022 Diminuer les entrées d\u2019argent des groupes criminalisés ; \u2022 Possibilité de revenus pour le gouvernement\u2026 Plusieurs pays ont déjà fait des avancés en ce sens.L\u2019Uruguay, un pays socialement avant-gardiste, légalise la culture, la vente et la consommation du cannabis .Légalisation de la prostitution Avec les avantages que peut représenter la légalisation des drogues, plusieurs intervenants sociaux extrapolent et soutiennent la légalisation de la prostitution.Il y a cependant une importante différence à ne pas négliger entre la légalisation des drogues et celle de la prostitution.En légalisant l\u2019alcool, je mets sur tablette un produit, l\u2019alcool.En légalisant une drogue, je mets sur tablette un produit, une drogue.En légalisant la prostitution, puis- je me permettre de mettre sur tablette un être humain?Nous ne pouvons pas jouer à l\u2019autruche et faire semblant que la prostitution ne blesse personne.Nous ne pouvons pas nous limiter à un statu quo.Il faut prendre position et pouvoir passer à l\u2019action.Ce ne sont pas des lois qui pourraient blesser ou marginaliser encore plus les personnes qui se prostituent dont nous avons besoin.Ce sont des ressources, des outils pour aider et intervenir.Les questions qui tuent En période d\u2019austérité gouvernementale, avons-nous les moyens d\u2019être sensibles envers les personnes fragiles et vulnérables?À long terme, a-t-on les moyens de ne pas en prendre soin?Sommes-nous à sacriier une partie de la population pour nous assurer d\u2019un budget équilibré?Devant le manque de moyens que le gouvernement laisse en place, aurons-nous à revenir vers les églises pour faire des interventions bénévoles par des missionnaires?En conclusion Légaliser une ou plusieurs drogues est un débat.Légaliser la prostitution en est un autre.Deux débats différents qui nécessitent des actions et des positions différentes.Deux débats qui méritent qu\u2019on s\u2019y arrête.Arrêter d\u2019associer drogue et prostitution En légalisant la prostitution, puis-je me permettre de mettre sur tablette un être humain? 4@h RaDIO-CanaDa pre te S OM I p SS U # 5 I.+\" vu \u2026 = # (MR; = = a |] + » + LÉ) du \"eR = \u2026 » + BE) » + à + 1) a sa =] a Ba sp a na sl \".\" \"Eh ÛU = 6 #\" w a # ri] +04 nf] oa nu uj » =a sf] ; Q ar ?~ AY ay Yo Ë © lon LT ce salondulivredemontreal.com À sIminfo #sImti Canad = 4ôh kd Canadas the Arts 6 goo.gl/dE51DH «Je sais que c\u2019est vrai.Je vais juste prendre l\u2019exemple de la carotte.On en fait une qui convient à tout le monde, elle est longue, belle.on en a même fait des petites qu\u2019on a plus besoin d\u2019éplucher.Le problème c\u2019est que son rôle à la carotte c\u2019est pas d\u2019être belle! Elle est sauvage et elle pousse dans la terre, les gens l\u2019oublient.» Anonyme «Vous m\u2019apprenez quelque chose.Je suis très surpris.c\u2019est dû à l\u2019industrialisation j\u2019imagine?» Pierre «C\u2019est très inquiétant! Et c\u2019est dangereux s\u2019il y a des maladies.Tout ça parce qu\u2019ils sélectionnent de plus en plus les produits.» Lyse «Je l\u2019ai lu ce matin! Il faut arrêter d\u2019acheter des produits des États-Unis et aller plus dans nos marchés publics.Il y en a partout et ils sont accessibles.On a payait avec nos impôts pour ça.Les maraichers sont vraiment très bien.Quand les produits québécois arrivent sur les étals, les grandes surfaces ne sont pas prêtes de me voir.» Nicole «C\u2019est sûrement pour le mieux, il y a tellement de produits qu\u2019il faut garder les meilleurs.» David 7 L\u2019équipe de Re?et de Société a mis devant le fait accompli des Québécois pour qu\u2019ils commentent cette information: En 100 ans, nous avons perdu 75% de la biodiversité alimentaire mondiale.Qu\u2019en pensez-vous ?Notre dossier est-il pertinent?Est-ce un enjeu important pour vous?Pour cela, nous sommes allez vous rencontrer dans les rues de Montréal à 3 points névralgiques: un marché public, une grande surface spécialisée dans les bas prix et au Centre-Ville de Montréal.Voici quelques-uns des commentaires reçus: Vox pop «On est à l\u2019ère de la monoculture.Tant que les grandes industries feront de la monoculture, ce qui les arrange parce que c\u2019est plus payant, on perdra en diversité.» Anonyme «C\u2019est pas grave.Une tomate est une tomate.Quand je vais au supermarché, je ne demande pas la tomate italienne précisément.Tant qu\u2019il y a des tomates pour ton hamburger et ton ketchup, c\u2019est correct.» Loïck «Ça me fait penser à Monsen- to.C\u2019est inquiétant, révoltant.On s\u2019accapare des espèces au détriment des autres, ça nuit à la diversité locale.Les agriculteurs ne peuvent plus se procurer des graines ailleurs qu\u2019auprès des multinationales.Il faudrait que des produits à base d\u2019OGM puissent être identi?és dans les commerces et que les autres aient plus de visibilités.» Sana «C\u2019est dommage, mais j\u2019imagine que c\u2019est pour nourrir plus de monde.» Anonyme «C\u2019est l\u2019évolution, c\u2019est probablement dû à la mondialisation.Mais en même temps, on a davantage de choix.Dans l\u2019espace, ils peuvent se nourrir qu\u2019avec des pillules.à l\u2019avenir la nourriture sera pour le plaisir et on s\u2019alimentera autrement.Comme dans l\u2019espace.» Antonio «C\u2019est la faute du client.Il ne faut pas porter attention aux défauts des produits.Ce n\u2019est pas grave s\u2019ils sont un peu abîmés ou si la couleur n\u2019est pas la bonne.Tout ne peut pas être parfait.» Chris Acheter local ne résout pas toujours le problème.- Les productions spécialisées du Canada (soja, blé,.) utlisent des semences réglementées, comme celles de Monsanto.- La mécanisation agricole et industrielle est à mettre en cause.Les producteurs produisent des denrées dont le calibrage correspond à leur machinerie.Parmis les variétés, certains choisiront celles dont la taille fonctionne avec leur équipement.- Les grandes industries de la vente ont un cahier des charges sur l\u2019esthétique des aliments.Produire est bien, vendre est une autre histoire.«Je n\u2019ai pas le sentiment de pouvoir y faire grand chose.C\u2019est aux politiques de prendre des décisions pour la protection de l\u2019environnement.» Véronique «Il va falloir faire quelque chose pour la retrouver car cela ne peut pas fonctionner comme ça.On a besoin de diversité pour une agriculture durable, car s\u2019il y a un problème, on est fait.On s\u2019en va droit vers une seule variété et on met pas les chances de notre coté pour l\u2019avenir.» Michel, producteur de la ferme Espo\u2019Art 8 Le constat est simple: en 1 siècle la terre a perdu 75% de la diversité génétique agricole.De gros mots pour quali?er une situation inquiétante.En quelques siècles, notre agriculture est passée d\u2019une production vivrière (autoconsommation) à une production industrielle.Et la sélection à outrance des «bons» gènes a une conséquence: l\u2019extinction massive de variétés agricoles.Super-semences Avec des productions de plusieurs milliers d\u2019hectares spécialisées dans quelques variétés, le Canada et les producteurs veulent du rendement.Et la création des semences est essentielle.Des laboratoires (bien souvent de l\u2019étranger) créent de super denrées agricoles en sélectionnant les meilleurs gènes.Par exemple, pour créer une super-tomate, le laboratoire sélectionnera les gènes de celle qui a la meilleure productivité, la meilleure résistance aux maladies, la plus belle apparence, etc.L\u2019objectif: que la semence s\u2019adapte au maximum de types de sol et dans toutes les conditions.Que les producteurs soient au Mexique, au Québec ou en Europe, ils auront les mêmes semences.La vente du produit sera aussi standardisée.Danger L\u2019agriculture canadienne étant basée sur certaines productions (maïs, soja, canola, blé, avoine, pomme de terre\u2026), il est essentiel que ces productions soient ef?- caces et saines.Toute une économie en dépend.Et les producteurs ne peuvent pas choisir n\u2019importe quelles semences, car elles sont lé- giférées.La création d\u2019hybrides en laboratoire n\u2019est pas le problème.Mais en conséquence, nous ne produisons que certaines espèces, en très grande quantité.Pour Lyne Bellemare, coordonnatrice du volet francophone à Semences du patrimoine, ce n\u2019est pas juste une question de patrimoine agricole.«La diversité génétique est en train de disparaitre, alors que c\u2019est essentiel.Si une seule espèce est cultivée et qu\u2019elle est touchée par une maladie, on peut tout perdre.Avoir une diversité c\u2019est assurer la survie.Ceux qui résisteront aux maladies auront des descendants plus forts et immunisés à cette maladie.» Concrètement, si aujourd\u2019hui nos super-semences sont peu ou pas affectées par les maladies, cela ne garantit pas que ce sera le cas à l\u2019avenir.En sélectionnant démesurément les gènes, on encourt l\u2019extinction ce certaines potentiellement utiles à l\u2019avenir.Le constat est sévère, en 100 ans 75% de la biodiversité agricole s\u2019est éteinte.Et 90% du bassin de gènes restants n\u2019est pas cultivé explique Semences du patrimoine.Back-up de dernier recours Face à ce constat, plusieurs pays ont mis sur place des banques de Matériel génétique pour sauver ce qui peut l\u2019être encore.Il en existe 3 au Canada qui congèlent les semences rares ou maintenant éteintes.La banque de Saskatoon, spécialisée dans les crucifères (choux, brocolis,.) et fougères, contient le plus d\u2019échantillons: 113 000 semences.Lyne Bellemare explique: «Si un cataclysme se produit, nous pouvons aller chercher des back-up.Mais si nous les ressortons 100 ans après la conservation, ces plantes ne sont plus adaptées à la réalité du terrain.» Concrètement, congeler c\u2019est bien, mais cultiver serait mieux.D\u2019après l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), «seules 12 espèces végétales et 14 espèces animales assurent désormais l\u2019essentiel de l\u2019alimentation de la planète, alors que dans le passé 10 000 espèces étaient cultivées pour nourrir la planète.» L\u2019extinction de variétés agricoles fait partie du processus naturel de notre planète.En revanche, une perte de 75% en 100 ans est considérée comme inquiétante par les experts.Agriculture Disparition massive Delphine Caubet «La diversité génétique est en train de disparaitre, alors que c\u2019est essentiel.» 9 Légumes ancestraux Bienvenue au Potagers d\u2019antan Delphine Caubet Dans un petit village du Québec, un passionné d\u2019histoire et d\u2019agriculture tente de maintenir le passé dans le présent.Dans ses quelque 60 000 pieds carrés de terrain, les fruits et légumes ancestraux du Québec cohabitent.Son potager a des allures de fourre-tout où tabac, framboises et crosne (entre tant d\u2019autres choses) trouvent leur place.Pour Michel, maître jardinier du Potagers d\u2019antan, la passion s\u2019est déclarée en 2003, l\u2019année où sa conjointe et lui achetèrent une maison du 19e siècle.Avec tant de réparations, le jeune père cherche un autre passe- temps et un défouloir à sa vie professionnelle.Le jardin, à l\u2019abandon depuis des années, s\u2019est révélé à la hauteur de ses attentes.Ce petit-?ls d\u2019agriculteurs n\u2019avait jamais imaginé qu\u2019un jour il aurait sa terre, et que mieux encore, il l\u2019exploiterait.Et dans quel état elle était! Pour continuer sur la thématique d\u2019antan, Michel fait tout avec les outils de l\u2019époque.Alors exit les motoculteurs ou tout autre engin motorisé.Mains et pioches sont ses seuls amis.«Et j\u2019ai trouvé de tout dans la terre! Des marteaux, des sacs\u2026 Elle était dans le même piteux état que la maison.» 12 années plus tard, Michel est devenu l\u2019un des rares producteurs de semences ancestrales du Québec.Dans un contexte où l\u2019humanité a perdu 75% de la biodiversité agricole en 1 siècle, Michel fait ?gure de garde-fou.Il veut préserver ces «trésors», quand bon nombre de personnes ignorent en avoir sur leur terre.L\u2019éventail de son potager?Lui- même l\u2019ignore.À cette question s\u2019ensuit un monologue recensant quelques une des plantes auxquelles il s\u2019est frotté.Tomates (entre autres la Savignac dont le maître jardinier pourrait vous conter l\u2019histoire entourant le religieux québécois qui la créa), oignons, pommes de terre, haricots, tabac (un insecticide biologique très intéressant, af?rme-il), crosne, cerfeuil tubéreux, melons, courges, camerises, ?nes herbes, prunes, cerises\u2026 et la liste continue.Tant de diversité permet à Michel de faire des essais, mais aussi de se prémunir d\u2019une hécatombe.Planter diverses tomates n\u2019est pas que pour le plaisir.En cas de gel ou de maladie, chaque espèce tomates a une réaction différente et la diver- si?cation accroit les chances d\u2019avoir des survivants.Et les enfants de ces derniers seront plus forts\u2026 Michel s\u2019est fait connaître dans le milieu des semenciers.S\u2019il travaille avec les Européens, des Québécois l\u2019appellent aussi pour lui offrir des semences qui pouvaient être dans leurs familles depuis plusieurs années.Des familles qui ignorent parfois ce à quoi elles ressemblent\u2026 Michel prend alors des allures d\u2019explorateur en plantant des semences dont il ignore parfois le résultat.En 2010, Michel débute son blogue Potagers d\u2019antan.Depuis ces années à cultiver et à s\u2019intéresser à l\u2019histoire des potagers québécois, le maître jardinier a recueilli une masse d\u2019informations.«Mais si on passe au feu ou que je meurs, tout est perdu.» Alors le Potagers d\u2019antan se déplace sur la toile pour livrer ses secrets.À l\u2019intérieur, on y retrouve des informations sur ses semences rares, leur histoire et bien sûr quelques trucs et astuces de jardiniers.Cerise sur le gâteau, Michel vend les semences, «le matériel génétique» comme il dit.Là encore le maître jardinier met tout en œuvre pour que continuent à vivre ces plantes ancestrales et ces potagers d\u2019antan.Si vous aussi le patrimoine agricole du Québec vous intéresse, rendez-vous sur: goo.gl/PE93yK Aperçu du Potagers d\u2019Antan.P h o t o : D e l p h i n e C a u b e t . 10 Depuis le printemps 2014, l\u2019Ou- taouais a son Escouade anti-gas- pillage.Une armée de bénévoles prêts à sillonner les champs et les marchés pour récolter les fruits et légumes destinés au gaspillage.Rencontre avec sa coordonnatrice, Nathalie McSween.Au Canada, 40% des denrées sont gaspillées.C\u2019est 183 kg d\u2019aliments par an et par personne d\u2019après la Table de concertation sur la faim et le développement social de l\u2019Outaouais (TCFDSO).L\u2019autre réalité est que depuis 2008, la région connait une augmentation de 25% de ses besoins en urgence alimentaire.Deux solitudes qui se rencontrent en Outaouais.Ignorance Lorsque le projet a débuté en 2014, l\u2019Escouade n\u2019avait aucun contact avec les agriculteurs.Elle savait juste que les membres de la TCFD- SO étaient pris à la gorge.Les demandes augmentaient tandis que les subventions diminuaient.Alors ils ont fait un pari: glaner les fruits et légumes dans les champs et les invendus des marchés publics.«Le problème est que les gens ne se connaissaient pas, explique Nathalie McSween.Les agriculteurs ne connaissaient pas les organismes en sécurité alimentaire, et ces derniers ne pensaient pas aux producteurs.On a fait le pari que les agriculteurs seraient prêts à donner leur surplus si des bénévoles venaient les récolter.Et ça a été le cas!» Le projet a été un vif succès.Complicités «En été, les agriculteurs travaillent beaucoup, explique Nathalie.Parfois jusque 14h à 16h par jour.Ils n\u2019ont ni le temps ni l\u2019argent de récolter des produits pour les banques alimentaires.» Alors un modèle à la carte leur est proposé: ils ne signent pas d\u2019engagement, mais passent des appels sur une base volontaire pour que des bénévoles viennent chercher les surplus.Et ce modèle a séduit une vingtaine d\u2019agriculteurs.En 2014, ce n\u2019est pas moins de 7 tonnes de fruits et légumes qui ont été glanés par l\u2019Escouade.Menée par Nathalie McSween, mais surtout appliquée par 75 bénévoles, «des gens avec une conscience écologique».C\u2019était également une activité familiale qui permettait d\u2019expliquer aux enfants l\u2019agriculture, la nature et le fonctionnement des banques alimentaires.Un autre succès à la carte.Redistribution Quand l\u2019Escouade part glaner des produits, elle appelle les banques alimentaires de la région pour les récupérer.Le reste va en ville ou à Moisson Outaouais.«Mais on a besoin de transformations», explique Nathalie McSween.L\u2019Escouade a déjà récolté 1 000 kg de courgettes, mais les organismes en sécurité alimentaire n\u2019étaient pas capables d\u2019en recevoir autant.«Et cela fait du gaspillage», ponctue la coordonnatrice.Leur projet à l\u2019avenir est de faire une cuisine collective autonome et amicale pour les aînés.Un gros mot pour un projet complémentaire à l\u2019Escouade.Il s\u2019agira d\u2019une cuisine anti-gas- pillage: les produits que les organismes ne pourront pas récupérer seront cuisinés par des bénévoles.«Les cuisines collectives sont stigmatisées comme étant pour les pauvres.Mais d\u2019autres personnes aiment cuisiner ensemble.Ici notre cuisine anti-gaspillage sera amicale, car redistribuée à des absents.En l\u2019occurrence pour les personnes âgées.» À l\u2019avenir, l\u2019Escouade anti-gaspil- lage voudrait étendre ses activités aux supermarchés et restaurants pour ramasser les invendus.Sécurité alimentaire L\u2019Escouade anti-gaspillage Delphine Caubet P h o t o : G r a c i e u s e t é E s c o u a d e a n t i - g a s p i l l a g e .L\u2019Escouade anti-gaspillage ière de sa récole de courgettes. 11 12 En 11 ans, il a marché 75 543 km, rencontré 4 prix Nobel de la Paix et vécu des histoires incroyables.Aujourd\u2019hui, Jean Béliveau (dit le Marcheur) revient sur ses pas pour observer sa marche à travers 64 pays et ré?échir sur l\u2019homme qu\u2019il est devenu.Et comme derrière tout grand homme, il y a une grande femme (même s\u2019il préfère dire à côté) sa compagne Luce parle également de ces années à soutenir et accompagner son conjoint.Une histoire extraordinaire avec des personnes hors du commun.Jean Béliveau, peu de gens peuvent se targuer d\u2019avoir son vécu.À la ?n des années 1990, Jean traverse une crise existentielle; il perd son entreprise, le travail de plusieurs années.Alors il commence à marcher.Un pâté de maisons\u2026 deux pâtés de maisons\u2026 et puis la décision est prise.Il part 11 ans faire le tour du monde à pied.Le départ se fait en août 2000, de Montréal, direction le Sud.Marcher pour la paix Jean a marché pour la Décennie internationale de la promotion d\u2019une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde de l\u2019UNESCO.L\u2019idée de marcher pour une cause n\u2019était pas nouvelle.Avant son départ, il avait approché des organisations, mais toutes étaient réfractaires à l\u2019idée de se joindre à lui.C\u2019est Luce, sa compagne, qui le convainquit de soutenir la décennie de l\u2019UNESCO.Si aujourd\u2019hui, l\u2019homme de 60 ans a intégré la cause, les premiers temps n\u2019ont pas été faciles.«Quand j\u2019étais aux États-Unis, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019être un imposteur, explique-t-il.J\u2019étais invité dans des écoles pour discuter avec les enfants, pour parler de la paix.C\u2019était au début de la guerre en Irak.» Lui n\u2019en pouvait plus, il était parti pour découvrir le monde.Promouvoir une cause n\u2019est arrivé qu\u2019après dans son cheminement.Alors, être invité à défendre des valeurs aussi grandes, nobles et mondiales! Cela peut effrayer au commencement.La réaction de Jean ne s\u2019est pas faite attendre.«Pendant une période aux États-Unis, je ne voulais plus voir personne.Je dormais dans les bois, j\u2019étais sale\u2026 je voulais vraiment être seul.Et puis un jour j\u2019ai eu une prise de conscience.Je vais marcher pour la paix et pour les enfants.C\u2019est décidé.» Pendant son périple, il dort dans des camps ennemis et partage la table de «radicaux»: «J\u2019ai déjà été chez des habitants pour qui Ben Laden est un héros.Et ils m\u2019encourageaient à continuer, à marcher pour la paix.Dans des camps ennemis, chacun me recevait bien.Je me suis senti bien avec eux», explique le Marcheur.Jean Béliveau, le 29 septembre 2006 à Old Head of Kinsale en Irlande.P h o t o s : G r a c i e u s e t é J e a n B é l i v e a u .Tour du monde à pied Retour sur les pas du Marcheur Delphine Caubet 13 L\u2019étincelle du brasier Mais pour réussir son exploit, il a fallu que Jean devienne le Marcheur.«Et ce sont les gens sur la route qui m\u2019ont formé», explique-t- il.En chemin, il fait des rencontres, discute et fatalement on lui parle de son panneau où est écrit qu\u2019il marche pour la paix.«C\u2019est la population, les gens simples, qui appelaient les médias», explique-t-il.L\u2019engouement se fait, les médias de tous pays parlent de lui tandis qu\u2019il rencontre de grands personnages, dont Nelson Mandela, prix Nobel de la paix.«Sa rencontre a été une grande bénédiction.Quand j\u2019allais dans un pays et que je montrais notre photo, les gens comprenaient de quoi il s\u2019agissait.» Sa venue suscitait un engouement phénoménal pour promouvoir la non-violence et la cause des enfants: «Quand je suis arrivé dans un village du Chili, on m\u2019avait dit que 3 ou 4 enfants m\u2019attendraient.Mais en réalité il y en avait 300 ou 400! Ma présence était l\u2019occasion pour des organismes de publiciser leur cause.Aux Philippines, par exemple, la Fondation Virlanie a pro?té de mon passage pour organiser une grande marche pour la protection des enfants.Il y a eu plus de 1 000 personnes et ils ont récolté 5 000$ pour le ?nancement!» Jean était l\u2019épicentre, mais l\u2019investissement venait des populations locales.Une page se tourne Si ces 11 années ont été un projet conjoint entre Luce et Jean, au- jourd\u2019hui une page s\u2019est tournée.Jean a bouclé sa marche le 16 octobre 2011 à Montréal.Luce, que le Marcheur quali?e «de lumière qui l\u2019a éclairé sur son chemin», souhaite maintenant passer à autre chose.Depuis 2004, elle est à la retraite et elle s\u2019est entièrement consacrée à leur projet de tour de monde.«Je n\u2019ai jamais autant travaillé, plaisante-t-elle.Au moins 40h/semaine.» Le Marcheur qui a traversé 64 pays et fait rêver des milliers d\u2019hommes et de femmes est aussi une personne, et aujourd\u2019hui comme tout autre, il est à un tournant de sa vie.En janvier 2015, il est reparti en Colombie pour une marche (l\u2019un des 5 pays ou régions qu\u2019il n\u2019a pas pu faire pour des raisons politiques), et cette fois-ci il reviendra avec du matériel pour faire \u2013 peut- être \u2013 des documentaires.Il cite notamment sa rencontre avec des migrants africains qui remontent l\u2019Amérique latine pour rejoindre celle du Nord.Des images qui promettent d\u2019être intéressantes! Nouvel homme Ces marches ont changé Jean.Il dit lui-même qu\u2019avant il était un homme avec peu de valeurs et d\u2019éducation.«J\u2019ai arrêté l\u2019école en secondaire 1.Ma vision du monde était restreinte.Je n\u2019avais pas né- «Quand je suis arrivé en Asie, j\u2019ai vu la surconsommation et les conséquences sur l\u2019environnement.J\u2019ai commencé à vouloir défendre notre nature.» 14 cessairement de bonnes valeurs.Pour mon entreprise, il m\u2019arrivait de jouer des coudes et de payer pour des contrats par exemple.Pas souvent, mais c\u2019est arrivé.» Alors forcément, toutes ces années à ne pas savoir où dormir ni comment manger, lui ont appris à vivre de façon minimaliste.Luce, sa conjointe, était toujours avec lui.Elle le suivait sur son ordinateur, «marchait sur le clavier» et l\u2019aidait autant qu\u2019elle le pouvait.Vivre en pleine nature ou avec des personnes démunies a fait de lui «un fanatique de l\u2019environnement» selon ses propres termes.«Quand je suis arrivé en Asie, j\u2019ai vu la surconsommation et les conséquences sur l\u2019environnement.J\u2019ai commencé à vouloir défendre notre nature.Je me suis posé beaucoup de questions\u2026 Est-ce que je suis en train de me perdre?Je suis là pour marcher pour la paix et les enfants.Dois-je m\u2019impliquer autant dans l\u2019environnement?Et j\u2019ai ?ni par comprendre: protéger l\u2019environnement, c\u2019est protéger nos enfants et leur avenir.» Choc du retour De retour à Montréal, la vie commune a été un nouveau dé?pour le couple.11 années à se voir une fois par an dans des circonstances toujours exceptionnelles; paradoxalement le quotidien est un dé?.«Et j\u2019ai frappé mon mur, dit Luce.Jean était préparé à ce que ce soit dur.Il avait rencontré des médecins en Australie qui l\u2019avaient averti.Moi, je n\u2019avais pas pensé aux dif?cultés, pourtant mes amies m\u2019avaient mise en garde.» Lui n\u2019avait besoin de rien et avait acquis une conscience écologique exacerbée; elle, elle avait continué à vivre dans notre confort.«Je ne comprenais pas qu\u2019il n\u2019arrive pas à s\u2019adapter à la vie ordinaire.Et c\u2019est vrai qu\u2019il est devenu un fanatique de l\u2019environnement.Parfois je n\u2019ai même pas le temps de me laver les mains qu\u2019il ferme le robinet.» Mais le Marcheur, c\u2019était surtout une équipe, chacun y avait un rôle.L\u2019un marchant à travers le monde, l\u2019autre sur son clavier répondant aux courriels et gardant contact avec les personnes rencontrées.Luce et Jean ont réussi un exploit ensemble.Mais 4 ans après le retour de l\u2019homme, le couple a décidé de prendre des chemins différents.«Comme l\u2019a chanté Joe Dassin \u201cOn s\u2019est aimé comme on se quitte\u201d, explique Jean.Après 27 ans ensemble c\u2019est étrange, mais c\u2019est d\u2019un commun accord.» Malgré ce dénouement, l\u2019histoire de Luce et Jean n\u2019en perd rien de sa superbe.Rencontre phare pour Jean Béliveau: Nelson Mandela le 14 octobre 2003. 15 Musique Nomade Marie SeMeur La culture est souvent une source identitaire.Urbaine ou ancestrale, tout semble les opposer, mais une certaine jeunesse nous prouve le contraire.On connaît Wapikoni mobile pour sa promotion d\u2019artistes audiovisuels de communautés autochtones, mais on connaît moins sa petite sœur: Musique nomade, une plateforme musicale basée sur le même principe.L\u2019équipe de professionnels à bord de son studio d\u2019enregistrement sur roues se déplace de ville en ville dans tout le Canada a?n d\u2019iden- ti?er les talents musicaux directement dans les communautés autochtones.Durant l\u2019année, ces spécialistes sont à la recherche de talents isolés, pour les mettre en ligne et leur permettre de se faire connaître.Musique nomade Karine Gravel, la coordinatrice de projet pour la plateforme, explique leur cheminement: «Notre plate- forme souhaite soutenir la relève autochtone.Nous leur offrons gratuitement de quoi se perfectionner.La musique des Premières nations ne passe quasiment pas sur les radios.Pour encourager les artistes, on a créé ce pont entre la relève et l\u2019industrie du disque.» Les jeunes n\u2019ont pas les moyens ?nanciers et matériels pour se produire.Elle explique é g a l e m e n t que c\u2019est dans les communautés Innu et Atikamekw qu\u2019on trouve le plus grand nombre d\u2019artistes voulant garder leur langue traditionnelle vivante a?n de conserver leurs racines.Au Québec, on trouve quelques artistes populaires portant ces valeurs.Sur la scène québécoise, certains artistes se sont démarqués en se taillant une place tout en restant ?dèles à eux-mêmes et à leur culture.Parmi eux se trouvent Sa- mian, Elisapie Isaac ou encore Florent Vollant.Choc de culture Les Premières nations mélangent entre autres peinture, chant, musique et danse traditionnels comme moyen d\u2019expression.Dans la culture hip-hop, ces 4 disciplines complémentaires ont permis à plusieurs jeunes de s\u2019af?rmer et de faire la paix avec eux-mêmes.Révélé par l\u2019émission de télévision Le Rythme des nations (saison 2), Malcolm est un jeune rappeur de Pesami qui compose depuis l\u2019âge de 17 ans.Aussi confortable en français qu\u2019en innu (sa langue maternelle), son rap est son moyen d\u2019expression.«J\u2019ai connu une période très noire étant adolescent, l\u2019écriture m\u2019a permis de me libérer et de trouver la paix», raconte-t-il.Les thèmes récurrents dans sa musique re?ètent sa vie personnelle, traitant de suicide, d\u2019adolescence et de paix.«Avec mes amis et mes cousins, on a pris l\u2019habitude d\u2019écouter beaucoup de rap.Grâce à la reconnaissance d\u2019artistes autochtones, on touche d\u2019autant plus près au monde de la musique.» Musique nomade a également permis à Malcolm de concrétiser ses projets et de gagner en visibilité.L\u2019inspiration, la passion, son travail acharné et sa collaboration avec la plateforme lui ont permis à ce jour d\u2019enregistrer un album et de participer en tant qu\u2019artiste au festival Présence autochtone 2015.Réelle aubaine pour ces jeunes, Malcolm est content d\u2019avoir eu la chance de faire partie de ce programme.Il apprécie le travail que mènent Karine et son équipe.«C\u2019est une bonne chose qu\u2019ils viennent vers nous.Ça permet de nous faire connaitre et d\u2019animer la communauté», conclut-il.«La musique des Premières nations ne passe quasiment pas sur les radios.Pour encourager les artistes, on a créé ce pont entre la relève et l\u2019industrie du disque.» 16 Assis devant la table, l\u2019air un peu mal à l\u2019aise, Jérôme est déterminé à parler.Son histoire est celle d\u2019autres hommes, mais dont le dénouement peut être plus sombre.Même si dénouement il n\u2019y a pas encore.Jérôme est le père célibataire d\u2019une petite ?lle qu\u2019il voit régulièrement.Mais pour faire respecter ses droits parentaux, la route a été longue et pénible.Allégations de violence, attouchements, drogues, etc.Il lui aura fallu 3 ans pour obtenir son droit d\u2019accès.Récit d\u2019un père qui s\u2019est battu pour sa ?lle.Début du cauchemar «J\u2019ai 40 ans.Je n\u2019aurais jamais imaginé que ma vie deviendrait comme ça.» Sa vie, pendant plusieurs années, Jérôme ne l\u2019a plus contrôlée.Traditionnellement, les mères avaient la garde des enfants.Une situation qui peut satisfaire des parents, mais pour d\u2019autres pères leur enfant est leur encrage, leur stabilité.Et face au refus de la mère, faire respecter ses droits parentaux peut devenir le combat d\u2019une vie.Comme pour Jérôme.Alors qu\u2019il se sépare de sa conjointe enceinte de 6 mois, Jérôme est bien décidé à s\u2019occuper de son enfant.Seulement, la mère ne l\u2019entend pas de cette oreille.La naissance donne le ton, il mettra une semaine avant de voir sa petite.«Au début je pouvais voir ma ?lle plusieurs fois par semaine, même si ce n\u2019était que quelques heures.Quand elle a commencé à aller à la garderie, c\u2019était bien car j\u2019allais la chercher et je pouvais la raccompagner chez sa mère.» Une relative routine s\u2019installe pour le jeune père, jusqu\u2019au jour où mère et enfant déménagent.Parallèlement, le ton monte entre les conjoints.En quelques années, Jérôme est signalé 5 fois à la DPJ pour toutes sortes d\u2019allégations, y compris des attouchements.Depuis lors, le jeune père a été blanchi.Coeur déchiré Cette lutte judiciaire et juridique pour sa ?lle a grandement affecté Jérôme.Même si lors de notre rencontre il a l\u2019air en forme, ces années l\u2019ont affaibli.«C\u2019est une histoire à mener au suicide.Je n\u2019aurai jamais pu y arriver sans l\u2019aide de mes proches et de Pères Séparés», explique-t-il.Jérôme travaille dans une école et de telles allégations auraient pu être dévastatrices pour sa carrière.Heureusement, son entourage n\u2019a jamais perdu con?ance en lui.Mais ne béné?ciant pas de l\u2019aide juridique et pas assez riche pour se payer un avocat, le jeune père fait un choix osé: se représenter lui- même au tribunal.«Depuis toutes ces années, je me suis rendu 14 fois en cour.J\u2019ai calculé que si j\u2019avais dû payer un avocat, j\u2019en aurai eu pour plus de 50 000$.» Quasiment le salaire moyen québécois.Pendant ce temps, sa conjointe bé- né?ciait de l\u2019aide juridique.Une nécessité pour sa situation, mais qui induit une différence de poids.Dans certaines circonstances, Jérôme fera appel à une avocate criminelle pour le représenter, notamment durant les allégations d\u2019attouchements.Droits parentaux Le combat d\u2019un père Delphine Caubet «Depuis toutes ces années, je me suis rendu 14 fois en cour.J\u2019ai calculé que si j\u2019avais dû payer un avocat, j\u2019en aurai eu pour plus de 50 000$.» 17 Avec beaucoup de patience et de soutien, Jérôme s\u2019est soumis à tous les contrôles de la DPJ et de la cour.«Je me dis qu\u2019il faut placer l\u2019intérêt de ma ?lle en premier.» Que ce soit les visites à domicile, les fouilles ou les tests de dépistage aux drogues, le jeune père obtempère\u2026 mais autant d\u2019intrusion et de violence psychologique ont des conséquences.L\u2019emprise de la bataille lui a pris toute son énergie et sa santé.Pendant 2 ans, Jérôme sera incapable de travailler.Des séquelles Aujourd\u2019hui la normalité de la vie de Jérôme est toute relative.Le jugement encadre la garde de la ?l- lette pour les journées classiques, mais dès lors qu\u2019un événement «exceptionnel» (comme les vacances) se produit, tout est chamboulé et prétexte à restreindre les droits de Jérôme.Le jeune père est maintenant blanchi, mais il est d\u2019une extrême prudence: sa fille ne peut pas jouer dans la ruelle avec les autres enfants et interdiction de venir chez lui avec des amis.«Je suis un père célibataire, explique- t-il.Je ne peux pas me permettre que des enfants viennent chez moi.» Chaque année au Québec, une semaine est consacrée à la sensibilisation du rôle du père.Une place qui n\u2019est plus celle du pourvoyeur de la famille, mais celle d\u2019une personne qui s\u2019investit dans la vie de ses enfants.Le Québec connait de grandes avancées en matière d\u2019évolution du droit des pères, mais pour Jérôme comme pour d\u2019autres, il s\u2019agit d\u2019une bataille au quotidien.Le jeune père est maintenant blanchi, mais il est d\u2019une extrême prudence: sa ?lle ne peut pas jouer dans la ruelle avec les autres enfants et interdiction de venir chez lui avec des amis. 18 En prison Seigneur, où es-Tu?tiM SMart, auMônier De priSon On nous a demandé, l\u2019an dernier, d\u2019enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus.Une chapelle jusqu\u2019alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés.La théorie étant qu\u2019une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d\u2019être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d\u2019une autre religion.Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les af- ?ches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises.L\u2019autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu\u2019on puisse les cacher par des rideaux, a?n de ne blesser aucune sensibilité.Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.C\u2019est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics.Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.S\u2019adapter Quoi qu\u2019il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotion- nellement aux nouvelles conditions.Pour passer d\u2019un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfes- sionnel.Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur pro?l religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser.Nous avons aussi un plus grand nombre d\u2019aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d\u2019hommes de traditions diverses.Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans.Un rabbin vient à l\u2019occasion.Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu\u2019une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l\u2019accès au lieu de recueillement.Malgré notre approche multi- confessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %.Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d\u2019un autre édi- ?ce par d\u2019autres personnes et avec un ?nancement différent.Cette séparation n\u2019est pas surprenante, si l\u2019on considère le passé trouble qu\u2019ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.Première fois Ça ne vous surprendra probablement pas d\u2019apprendre que la plupart des détenus n\u2019étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération.Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.La prison offre à certains d\u2019entre eux l\u2019occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d\u2019explorer les traditions d\u2019autres croyances. 19 Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois.Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants.Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert.Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l\u2019étude de la Bible au cours d\u2019une même semaine.Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l\u2019espoir et l\u2019amour sont si rares; sans parler du pardon.En tant qu\u2019aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des ?dèles pour l\u2019Église anglicane ou pour la religion chrétienne.Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l\u2019exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.La religion, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération.Les aumôniers se mé?ent de ceux chez qui l\u2019expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés.Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail.Nos raisons d\u2019être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d\u2019encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d\u2019approfondir leur spiritualité et leur pratique.Combattre le crime Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles.J\u2019étais heureux qu\u2019ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux.J\u2019ai peut-être même déjà dit : «Enfer- mez-les et jetez la clé!» Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus dif?- cile de les condamner pour toujours.Vous écoutez l\u2019histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre.Vous commencez à comprendre à quel point l\u2019on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des in?uences extérieures.Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier.Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l\u2019isolation, le temps de ré- ?exion et l\u2019enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions.On espérait que cette période d\u2019isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d\u2019où le terme «pénitencier».À l\u2019époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu\u2019ils ont fait, et qu\u2019ils vont pro- ?ter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation.Néanmoins, l\u2019aspect religieux est devenu purement optionnel.Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant.Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c\u2019est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c\u2019est de vivre en sécurité.Cependant, la I l l u s t r a t i o n R e n a r d L \u2019 é v e i l l é 20 plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n\u2019est qu\u2019une manœuvre électorale, dont le but est d\u2019aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l\u2019unanimité.Temps dif?ciles Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.Et pourtant, dès qu\u2019il fut au pouvoir, ce gouvernement s\u2019est empressé de passer des lois et d\u2019instaurer des règles a?n que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu\u2019il leur soit plus dif?cile d\u2019accéder à une prison à sécurité minimale et plus dif?cile aussi de béné?cier d\u2019une libération conditionnelle.En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés \u2013 tels que l\u2019accès aux livres, à l\u2019éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d\u2019être dur avec les détenus et de montrer à la population qu\u2019on ne les dorlote pas.Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.C\u2019est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d\u2019espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.En tant qu\u2019aumôniers œcumé- niques représentant toutes les croyances à l\u2019intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d\u2019entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.Comment les aumôniers pour- ront-ils offrir de l\u2019espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système.Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs con?dences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l\u2019aide de bénévoles venus de l\u2019extérieur.Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu\u2019ils comptent encore et qu\u2019ils n\u2019ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu\u2019ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu\u2019ils doivent vivre derrière les barreaux.- Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l\u2019église anglicane Grace de Sutton.Vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus dif?cile de les condamner pour toujours. 21 Le détenu et le moine australien Colin MCGreGor, Centre féDéral De forMation - laval Au début des années 80, je faisais partie d\u2019une équipe de débats oratoires.La McGill Debating Union qui était, et est encore, une des meilleures équipes de débat du monde anglophone.Personne n\u2019en connaît vraiment la raison.Peut-être est-ce le climat politique tendu dans lequel McGill baigne.Une île anglophone dans une mer francophone effrénée, qui permet à ses étudiants de déjouer leurs homologues d\u2019Harvard et d\u2019Oxford sur n\u2019importe quel thème.De la peine capitale au prix de la pizza.Personne n\u2019a jamais compris pourquoi nous performions si bien, mais cela m\u2019a permis de parcourir le monde.Je ne serai plus jamais aussi intellectuellement intimidant que je l\u2019étais avant, lorsque je brillais en tant que débatteur de la célèbre université McGill.Rencontre Il y a plusieurs années de cela, je me suis retrouvé en Australie.Durant des débats à l\u2019Université de Sydney, je suis devenu l\u2019ami d\u2019Anthony, un débatteur nerd.Un être tranquille et passionné de lecture comme moi, dont on se moquait beaucoup \u2013 comme c\u2019était aussi mon cas.Et pour que les membres du club de débat se moquent de vous, vous devez être vraiment très nerd.Nous dînions et nous allions au cinéma, Anthony et moi; nous parlions de philosophie et de Dieu, des sujets peu à la mode, même à cette époque; et nous nous émerveillions du monde à haute voix.Blond, tranquille, au visage d\u2019enfant, il avait grandi, comme moi, surtout en lisant des livres dans sa chambre.Il me montra son bureau, un sanctuaire dédié à l\u2019étude, impeccablement rangé, dont la fenêtre donnait sur une baie lumineuse de l\u2019océan Indien.Nos deux mères étaient mortes alors que nous étions encore jeunes; par conséquent, nous avions dû découvrir par nous-mêmes beaucoup de choses sur la vie.Chaque fois que nous passions la journée ensemble, Anthony s\u2019habillait de façon formelle, en vêtements bien pressés, souvent avec une cravate et un veston; ce qui est, en Australie, une manière réellement bizarre de se vêtir.Lorsqu\u2019il croisait des prostituées dans le quartier de Kings Cross au centre-ville, où elles faisaient le trottoir, Anthony exprimait sa frustration de ne pas pouvoir les en empêcher.Il se promit qu\u2019un jour, il travaillerait en ce sens.Hé, hé, je suis moine\u2026 Des années plus tard, de retour à la maison, on m\u2019a dit qu\u2019il était devenu un moine dominicain.Je me demandais bien, dans ma prison, ce qu\u2019il lui était arrivé.Un jour, en lisant un magazine, je suis tombé sur une critique d\u2019un de ses livres: Catholic Bioethics for a New Millenium, «Bioéthique catholique pour un nouveau millénaire».Publié en 2012 par les Presses de l\u2019Université de Cambridge, cet ouvrage présente le point de vue de l\u2019Église catholique romaine en matière de santé.On y trouve aussi des propos très francs sur le sexe et les procédures médicales.On reconnaissait bien Anthony sur la photo, avec peut-être le double du poids de sa jeunesse, mais avec le même visage d\u2019enfant bien déterminé.Ce que les vieux prêtres et les moines pensent à propos de sexe et de médecine peut sembler sans importance pour notre quotidien.Mais cela compte à l\u2019échelle mondiale.En effet, personne sur Terre ne traite plus de patients et ne dirige autant d\u2019hôpitaux que l\u2019Église catholique romaine.Seulement aux États-Unis, 77 millions de patients par année fréquentent des établissements catholiques; et dans beaucoup de pays, la 22 plupart des hôpitaux sont dirigés par l\u2019Église du pape.Alors, si vous souhaitez subir une opération pour changer de sexe dans ces contrées, vous devez respecter les règles établies par de vieux prêtres et des moines.Comme Anthony l\u2019explique dans son livre, l\u2019Église ne favorise pas l\u2019avortement et les condoms, pas plus que l\u2019euthanasie pour les patients en phase terminale ou pour les condamnés à la peine capitale.Par contre, elle accepte les transplantations d\u2019organes et elle cherche généralement à prolonger la vie à tout prix.Et oubliez les opérations de changement de sexe.L\u2019Église catholique croit que vous n\u2019êtes pas né homme ou femme sans raison; et que vous ne pouvez pas décider de changer d\u2019équipe en cours de route.Le magazine The Economist soutient que l\u2019Église catholique a causé le plus grand génocide de l\u2019histoire, par son opposition à la contraception et par la propagation du sida.Beaucoup plus de personnes sont mortes en n\u2019utilisant pas le condom, qu\u2019on en a tué dans les camps de concentration nazis, af?rme The Economist.Péripéties Dans son livre, Anthony Fisher n\u2019hésite pas à se servir d\u2019un humour australien assez cru pour prouver son point.Il pèse, par exemple, le pour et le contre du sexe avec les poules.Et il en conclut que c\u2019est mal.Car vous ne pouvez pas savoir si la volaille consent aux actes sexuels, écrit-il.Le «non, c\u2019est non» est impossible à déterminer, si les poules ne peuvent que glousser.Il soutient aussi qu\u2019il ne suf?t pas d\u2019écouter sa conscience.Les nazis étaient convaincus de leur bon droit, lorsqu\u2019ils construisaient les chambres à gaz et qu\u2019ils envahissaient des nations.On a commis des crimes horribles pour des raisons que leurs auteurs croyaient justes.L\u2019Église catholique se contente de donner son opinion; c\u2019est à prendre ou à laisser, écrit-il.Par delà les mers et les continents, je fais parvenir mes livres à Anthony et il m\u2019envoie les siens.Il m\u2019écrit, sur un admirable papier gaufré, qu\u2019il prie pour «la paix de mon esprit».C\u2019est un homme bien qui organise des groupes de jeunes dans les quartiers pauvres de Sydney\u2026 Quoiqu\u2019être pauvre à Sydney signi- ?e que votre famille n\u2019a que deux voitures dans l\u2019entrée, plutôt que les habituels trois voitures et un bateau.L\u2019Australie est un pays vaste et riche où chacun vit loin de l\u2019autre, sur de larges terrains remplis d\u2019équipements sportifs qui le séparent de ses voisins.Vivants entourés de serpents et d\u2019araignées venimeuses, les Australiens tendent à être indépendants, insouciants\u2026 et anti-intellectuels.Anthony progressait dans sa carrière.Vers la ?n de 2014, il fut nommé archevêque de Sydney.Sa plus grande préoccupation, lors de sa prestation de serment, tournait autour d\u2019un énorme scandale de pédophilie.Mais seulement deux jours après son élévation à ce poste, une prise d\u2019otages eut lieu à deux rues de la cathédrale où il travaillait.Un sympathisant du groupe terroriste État islamique, Haron Monis, venait de prendre en otages 17 personnes innocentes au Lindt Chocolate Café, dans le quartier commercial de Sydney.Personne sur Terre ne traite plus de patients et ne dirige autant d\u2019hôpitaux que l\u2019Église catholique romaine. 23 La perte d\u2019emploi Jean-pierre belleMare La perte d\u2019un emploi peut causer une sérieuse commotion, d\u2019autant plus si vous ne l\u2019avez pas anticipée.L\u2019estime de soi en prend un sérieux coup.On réalise subitement que nous sommes loin d\u2019être irremplaçables.Que ?nalement, le sentiment d\u2019appartenance, de familiarité que nos patrons justi?aient lorsqu\u2019ils s\u2019emportaient n\u2019était que du vent.Nous n\u2019étions qu\u2019un employé parmi tant d\u2019autres.Sacrée meurtrissure pour l\u2019ego.C\u2019est certain que de prime abord, si on n\u2019aimait pas son travail, l\u2019effet sera moindre.Mais quand même, cette perte nécessite un ajustement rapide.Il faut refaire son CV, se présenter comme une pute en forçant sur le maquillage ou le déhanchement; rien de vraiment valorisant.Personne n\u2019y échappe, j\u2019imagine, c\u2019est du moins ce que je veux croire.Mais avant de tirer ma révérence, une rétrospection est nécessaire.Ce travail, quoique peu honori- ?que, avait ses petits à côté qui rendaient la chose plus agréable.La connaissance de mes locataires et leur évolution familiale qu\u2019ils me partageaient au détour d\u2019un escalier ou lors d\u2019une interminable attente pour l\u2019ascenseur me procurait un accès à leur bonheur personnel.Ça n\u2019a pas de prix de voir comment à travers l\u2019adversité (cancer, décès, séparation), certains retroussaient leur courage et en redistribuaient aux traine-savates qui ignoraient leur situation.Des héros qui savaient mieux que quiconque que donner crée plus de richesse qu\u2019en recevoir.Très peu de gens connaissaient mon histoire, mais quel en était l\u2019intérêt également?Lorsque vous avez une conversation enrichissante avec quelqu\u2019un, cela suf?t amplement.C\u2019est un peu comme découvrir une nouvelle recette toute simple, mais qui comble vos pupilles.On se fou royalement de la manière dont elle est concoctée.Elle nous satisfait et c\u2019est tout ce qui compte.Voir les enfants naître, grandir et faire leurs premiers pas avait un effet euphorique sur ma personne.Ces enfants de toutes nationalités, de tous âges, je les avais faits miens.Voilà ma véritable perte.Ces gens, qui m\u2019ont parfois chaviré le cœur, resteront imprégnés dans mon être.Je souhaite à tous ceux qui ont fait appel à mes services ou qui ont croisé ma route tout le bonheur possible.J\u2019ai rarement vu des gens véritablement malintentionnés ou malsains.et quand c\u2019était le cas, ils détenaient trop peu de pouvoir.Leur condescendance et arrogance n\u2019avaient d\u2019égal que leur propre médiocrité.Mais ils ont l\u2019avantage de nous rappeler à quel point il est bon d\u2019être gentil et surtout équilibré.Je suis chroniqueur depuis plusieurs années, j\u2019ai eu ma propre troupe de théâtre, je suis aussi cinéaste à mes heures perdues et surtout je resterais votre ami.Un gros merci de vos sollicitudes, gentillesses et vos magni?ques sourires qui continueront de me hanter joyeusement.Si une porte se ferme, une autre s\u2019ouvre quelque part.À la ?n d\u2019un siège de 16 heures, les policiers ont foncé: 2 otages sont morts, en plus du tireur.On pouvait voir tout cela en direct à la télé.Je l\u2019ai suivi de ma cellule en prison.Le monde est plus petit qu\u2019avant.Blessures profondes Les Australiens étaient bouleversés.Quelques heures après la ?n du siège, le 16 décembre, Anthony célébra une messe à sa cathédrale de Saint Mary.«Nous n\u2019avons pas l\u2019habitude d\u2019entendre des mots comme \u201csiège\u201d, \u201cterroriste\u201d et \u201cotages\u201d associés à notre ville disait-il.Pourtant, le jour dernier, nous avons été soumis à des images et à des bruits provenant habituellement de pays étrangers\u2026 À l\u2019aube, des coups de feu ont éclaté ; les policiers sont intervenus pour sauver des vies; il y a eu des évasions miséricordieuses, mais aussi des morts.L\u2019enfer nous a touchés\u2026 La toile de fond de la lumière, qui se lèvera pour nous à Noël, est tissée de ténèbres\u2026 La vérité et la vie souvent viennent à ceux qui se sont égarés\u2026 dans ce qui est une culture de la mort plus qu\u2019une culture de la vie.» Que vous soyez ou non religieux, cela touche un point.Car c\u2019est souvent dans le noir que la lumière nous apparaît plus rayonnante.Une fresque de graf?tis colorés illumine un quartier délabré.Une bonne action accomplie dans une prison, un hôpital ou un faubourg misérable a plus de valeur pour ceux qui en béné?cient que pour celui qui ne manque de rien.Et parfois, de grandes épreuves sont nécessaires pour amener des personnes à changer.Pour qu\u2019elles réalisent à quel point elles ont de la chance.Pour apprécier ce qu\u2019elles reçoivent.Si vous ne perdez jamais, vous ne pouvez comprendre ce que cela signi?e de gagner. 24 Les artistes du bistro Kim Zombik Kim Zombik sera bientôt connu de toute la planète.Si cela n\u2019arrive pas, alors les Nina Simone et Billie Holiday là-haut ne seront pas ?ères de nous ici-bas.Voilà, c\u2019est dit et tout à fait assumé.Kim Zimbik a un parcours musical des plus impressionnants.Par où commencer?Trop de moments et de périples riches en expériences et en scène, et ce à l\u2019échelle internationale.On parle de Kim Zombik qui tourne au sein du New World Japan Philharmonic Orchestra (orchestre philharmonique au Japon).De collaborations avec des monuments tels Jimmy Cliff et Olu Dara.Pour ne pas tomber dans le Wiki- pédia de la chose, disons que Kim n\u2019a rien à envier à personne.Le temps d\u2019un fa dièse et d\u2019un si bémol et l\u2019ont sait qu\u2019elle vient de loin et que, comme on dit, elle en a vu d\u2019autres.Originaire de Boston, Kim est établie à Montréal depuis plus d\u2019une dizaine d\u2019années.On se demande pourquoi elle n\u2019est pas à la une de tous les médias culturels.Car l\u2019artiste Jazz ne laisse personne indif- férent.Au contraire, elle est dans une classe à part.Une grande artiste au langage corporel épatant et maîtrisé à en envoûter toute une salle.Kim Zomnik vit chaque chanson et exploite chaque seconde de son spectacle dans le moindre détail.Qu\u2019on soit amateur de Jazz ou pas, on comprend rapidement que l\u2019on a le privilège d\u2019assister au spectacle d\u2019une légende vivante.Les yeux et le visage des spectateurs et même des plus ?ns connaisseurs ne mentent pas, Kim Zombik est un phénomène, une artiste qui possède toutes les qualités pour nous faire vivre des moments dignes des meilleures époques du Jazz et de la musique at large.Autant de sensibilité que de caractère sur scène.Une impeccable justesse dans son jeu et des changements d\u2019intensité et de couleurs absolument époustou?ants.Chaque centimètre de son visage et chacun de ses moindres pas comptent en spectacle.Un calme et un contrôle des plus convaincants.Le public se regarde et constate que nul n\u2019a de doute.Que tous sont sous le même effet bizarre, car si rare.Il faut ne pas avoir le complexe du vendeur pour être capable de dire de cette vérité.Un tel talent n\u2019existe pas sans une part de rencontres désagréablement avec certains vendeurs de rêve du monde de la musique.Cela ne rend pas la con?ance en son prochain aussi simple qu\u2019on pourrait le croire dans un des domaines les moins équitables au monde.Kim ne cache pas qu\u2019elle peut avoir des moments où elle est plus réticente face à l\u2019utilisation de son image sur internet où le contrôle se perd rapidement.Kim semble être une personne sensible qui se protège sagement et surtout avec élégance.Peut-être est-ce le yoga, car Kim Zombik vous donnera une de ces séances chers amis! Et sa performance ferait la meilleure des cartes d\u2019affaires! Car un calme extraordinaire habite Kim lorsqu\u2019elle chante sur scène, à rendre un hyperactif jaloux.Il y a du Yoga dans son jazz.Et probablement du Jazz dans son yoga.Après un show de Kim Zombik, on se dit qu\u2019on n\u2019a peut-être pas eu la chance d\u2019assister à un concert de Billie Holiday, mais on a la chance de voir celui de Kim Zombik! P h o t o : G r a c i e u s e t é K i m Z o m b i k . 25 goo.gl/PbGptm 26 Les artistes du bistro Elizabeth Blouin-Brathwaite Voir Elizabeth B.B à la télévision donne certainement l\u2019impression qu\u2019on la connaît.Mais lorsqu\u2019on fait sa connaissance, on est rapidement frappé par sa douceur, sa profondeur et son entière attention.Toutes les sources possibles con?rment qu\u2019elle est une grande dame, une grande artiste très généreuse.Grandir, depuis un très jeune âge, avec le public pour qui on chante, ça prend une bonne tête et de bonnes fondations.La vie publique n\u2019est pas toujours aussi rose qu\u2019elle en a l\u2019air, mais Elizabeth gère cette réalité avec classe.Sa force peut porter à croire que notre Éli nationale ne vit pas de problèmes comme mon- sieur-madame tout le monde, mais au contraire, dans le métier c\u2019est ça être une pro.Québéco-Jamaïcaine, Éli BB vient d\u2019une famille où la musique est au coeur de tout.Vers l\u2019âge de 17 ans, alors qu\u2019elle a déjà plusieurs années d\u2019expérience, Éli est habitué à un rythme élevé de répétitions et de spectacles télévisés.Un traintrain quotidien de fou.Des piles de chansons à apprendre pour Belle&- Bum ou ses shows en tant que choriste.Elizabeth a donné de son âme et de sa voix à tant de productions et d\u2019artistes de plusieurs générations.Une éthique de travail des plus impressionnantes.Elle a, depuis plus de 10 ans, l\u2019un des agendas de spectacles les plus chargés en province, un agenda qui re?ète le fruit d\u2019années expérience.Une voix, du coffre et un bagage outillé autant pour un spectacle intime au bistro et ailleurs.Pour ceux qui la passe régulièrement en entrevue ou qui la connaissent, il est clair qu\u2019Elizabeth se sent bien avec elle-même et est forte comme une lionne derrière son armada de percussions rouges comme sa chevelure signature.Au- jourd\u2019hui à l\u2019âge adulte, elle a une relation nouvelle avec sa féminité, son art et sa spiritualité.Elizabeth est curieuse face à la nouveauté et sait apprécier les petits bonheurs de la vie.Peut-être est-ce son peu de répit qui fait qu\u2019elle savoure pleinement chaque seconde.Certains croiront que ça ne prend qu\u2019un rien pour rendre Éli heureuse ou éblouie, mais en réalité, Elizabeth sait trouver la beauté en tout.Elle entretient rigoureusement sa joie de vivre en fuyant toutes ondes négatives.Bien avant que la chicane commence, Éli est déjà loin.Éli sème du bonheur et ne respire que du bonheur, a?n de demeurer dans la douceur des sourires et des accolades.Elizabeth aime vivre en camaraderie.Elle aime être en présence de ses amis, qui sont souvent aussi des collaborateurs artistes.Ses proches la suivent et la soutiennent en spectacle comme, son amie Marie, qui a une chanson dédiée et composée par Éli: «Marie c\u2019est la ?lle qui nous fait danser, Marie c\u2019est la ?lle qui nous fait vibrer, oh oh c\u2019est Marie.» Marie est toujours aux côtés de son copain à danser et à envoyer une énergie positivement contagieuse à Éli, qui semble puiser la sienne à même l\u2019amour.Si le public pense connaître l\u2019ampleur du talent d\u2019Elizabeth, alors il n\u2019en croira pas ses oreilles lorsque la jeune femme présentera son matériel où son identité, ses qualités et ses choix seront mis en valeur.Son talent sera alors dévoilé dans toute sa splendeur et sa mixité.Elizabeth est connue depuis toujours en tant que choriste chevronnée au Québec.Au Ste-Cath, vous assistez au spectacle d\u2019une artiste à part entière; une excellente chanteuse et percussionniste.P h o t o : M a x i m C a r b o n n e a u P h o t o g r a p h e 27 Les artistes du bistro Sule Heitner Souvent comparé à Lenny kra- vitz, probablement parce qu\u2019il est un guitariste, mais aussi un métisse né d\u2019un mariage mixte, à la chevelure imposante et à la voix masculine, Sule, en plus d\u2019être beau bonhomme, est un artiste des plus talentueux.Il œuvre dans les genres musicaux indie-folk et le blues et fait de très intéressantes adaptations de pièces rarement revisitées.Un vrai Back to the future de la chanson.Il faut dire que le son d\u2019un banjo, un harmonica et d\u2019une guitare peuvent aussi être d\u2019excellents véhicules à faire voyager dans le temps.Plusieurs n\u2019ont découvert Sule que lors de son récent passage à l\u2019émission La Voix, où il a d\u2019ailleurs excellé, mais l\u2019auteur, compositeur et interprète a des années de scènes, de compositions et d\u2019enregistrements derrière lui et nul dans la métropole n\u2019aurait avantage à dire le contraire.Sule (prononcé Sou- Lé) a tourné et collaboré avec, entre autres, Corneille, Gage, Sky, et a aussi assumé la première partie de nul autre que Kool and The gang, Céline Dion, Sean Paul et Akon.L\u2019auteur, compositeur et interprète embrasse un large spectre de genres musicaux, ayant autant été inspiré par le rock de Jimi Hendrix ou Led Zepplin que par le RnB, le Blues, le Funk ou le Soul des Marvin Gaye, B.B.King et Prince.L\u2019artiste, résident du quartier Hochela- ga-Maisonneuve, sait d\u2019où il vient, sait ce qu\u2019il fait et le fait bien et sait où il s\u2019en va.Pour son tout récent projet de spectacles en trio Sule and The Very Bad Men, l\u2019homme s\u2019est entouré d\u2019un des meilleurs batteurs en ville et d\u2019un bassiste qui collabore avec plusieurs émissions de télé.À eux 3, ils sonnent parfois comme s\u2019ils étaient 8.Les compositions sont simples et ef?caces, le but le plus dif?cile à atteindre, même pour le meilleur des compositeurs.Sule, qui garde un merveilleux souvenir de son passage à La Voix, enchaine avec un album en préparation.Le grand public, ayant maintenant découvert l\u2019indéniable talent de Sule, sera certainement ravi de pouvoir entendre les compositions originales de l\u2019artiste et acheter l\u2019album qui promet, car Re?et de Société a eu l\u2019honneur de faire une écoute exclusive de quelques titres.Se rappeler d\u2019où l\u2019on vient ça veut aussi dire se rappeler de ses meilleures années à l\u2019université Concor- dia, où il a obtenu son Bac en musique.Aujourd\u2019hui l\u2019artiste mon- tréalais n\u2019hésite pas à partager ses connaissances.Et oui, Sule enseigne la musique et démontre aussi beaucoup d\u2019humilité lorsqu\u2019il véhicule ses bons conseils aux nouvelles générations d\u2019artistes qui l\u2019admirent et se reconnaissent en lui.Ces jeunes et parfois moins jeunes trouvent en Sule un modèle de persévérance et de con?ance en soi.Plus jeune, Sule a connu des épisodes d\u2019intimidation desquels il a su se sortir grâce à de bonnes valeurs familiales ainsi qu\u2019en s\u2019entourant d\u2019amis qui partagent les mêmes valeurs.Les nombreux nouveaux amateurs du très sympathique Sule Heitner, qui désirent prendre un sel?e avec lui auront certainement la chance de le croiser au Ste-Cath.Entre son test de son et son show, l\u2019artiste est au côté de sa conjointe et de sa petite ?lle.Car en plus d\u2019être un artiste de grand talent qui ne chôme pas, Sule est aussi un sacré bon papa.P h o t o : G r a c i e u s e t é S u l e H e i t n e r . 28 Simon Letellier, élève du Programme d\u2019études internationales de Longueuil, a eu à développer un événement à valeur sociale et communautaire dans le cadre de son cheminement scolaire.Le projet de Simon a été de mettre sur pied un souper-spaghetti pour soutenir le ?nancement et l\u2019achat d\u2019instruments pour son école de musique.Simon a relevé de nombreux dé?s durant le processus.Jonglant avec la réalité académique, les activités parascolaires, sa vie familiale et sociale, la détermination et la débrouillardise dont il a fait preuve mérite d\u2019être soulignées.En plus d\u2019avoir réalisé un événement riche en retombées positives, Simon a témoigné d\u2019un engagement hors du commun.Prix Leviers Jeunes à l\u2019honneur Melissa vient de la Réserve de Kanesatake à Oka.Elle a participé à un programme d\u2019insertion pour réaliser une revue, avec pour objectif de retourner à l\u2019école ou de se trouver un emploi.Il n\u2019est pas facile de quitter les siens pour s\u2019éduquer, mais Melissa a été très persévérante et après avoir rencontré plusieurs embûches, elle a été acceptée au CÉGEP John Abbot.A?n de poursuivre ses rêves, elle a su travailler fort a?n d\u2019être admise à cette école.Mélissa est une artiste exceptionnelle et avec des encouragements et du travail, nous sommes convaincus qu\u2019elle parviendra à ses ?ns de façon spectaculaire.Comme chaque année, le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) décerne les Prix Leviers à des jeunes qui se sont distingués par leur implication et leur réussite dans un organisme.Une façon de reconnaitre ces jeunes et leur cheminement.Pour une meilleure reconnaissance, Re?et de Société a choisi de publier ces jeunes pour souligner leur engagement et leur détermination.Médérick est un jeune garçon de 11 ans qui entreprend sa dernière année du primaire.Il est consciencieux et met les efforts pour obtenir de bons résultats académiques.Il est particulièrement énergique et s\u2019implique activement aux olympiades de son école.Au niveau provincial, il participe aux compétitions de BMX et se retrouve fréquemment sur le podium! Il est l\u2019aîné d\u2019une famille mono- parentale de 3 garçons et fait ?gure de modèle pour ses jeunes frères.Avec ce prix Levier, nous souhaitons souligner et reconnaître sa persévérance, son sens des responsabilités pour l\u2019encourager à poursuivre.Mélissa Malette Simon Letellier Médérick Beaudin 29 Lorsque nous avons rencontré Vincent, il venait de décrocher de l\u2019école secondaire.Il était dans une phase de questionnements, de révolte et de dévalorisation.Graduellement, à travers la relation d\u2019aide et son implication dans la vie associative du TRÎL, il s\u2019est découvert un intérêt pour la justice sociale et les enjeux jeunesse.Au-delà de critiquer et dénoncer les injustices et inégalités sociales, Vincent a participé activement à des discussions et causeries ainsi que des manifestations.Son cheminement l\u2019a mené à s\u2019impliquer au sein du TRÎL comme représentant des jeunes au sein du conseil d\u2019administration.À travers toutes ces expériences, Vincent est proactif dans ses projets et a repris con?ance en lui.Il occupe maintenant un emploi à temps plein à l\u2019épicerie de son quartier et il s\u2019y implique même comme délégué syndical.Robin fréquente Projet TRIP depuis son entrée en secondaire 1.Dans les 3 dernières années, nous avons pu le voir grandir, évoluer, prendre de la maturité.Il s\u2019est impliqué de différentes façons dans l\u2019organisme.Cette année, Robin a participé à la mise sur pied du Comité Arc-en- ciel, un comité de lutte à l\u2019homo- phobie.Il a été très engagé dans cette démarche, toujours présent aux activités, toujours prêt à partager ses idées pour faire avancer les choses.Robin souhaite depuis longtemps s\u2019impliquer sur le Conseil d\u2019administration de l\u2019organisme, mais il n\u2019avait pas encore l\u2019âge requis.Cette année sera la bonne.Il comprend bien l\u2019organisme et a envie d\u2019y mettre un peu plus son grain de sel! Sa ?abilité, son sens de l\u2019analyse et ses ré?exions seront certainement des atouts pour Projet TRIP.Alexandre fréquente le CSM- Le Complice depuis plus de 7 ans.Au ?l des années il s\u2019est impliqué dans différentes activités de bénévolat de manière ponctuelle pour des évènements, puis régulièrement au café communautaire et au comptoir alimentaire.Son implication a été déterminante pour maintenir ouvert le café communautaire.Il en a assuré l\u2019ouverture avec l\u2019intervenante durant 5 mois.Durant 2 ans, il a été bénévole au comptoir alimentaire.Il faut savoir que sans les bénévoles, le comptoir alimentaire ne pourrait fonctionner.Ainsi nous pouvons considérer que son implication bénévole a eu un impact majeur pour les personnes utilisant les services du café communautaire et du comptoir alimentaire.En 2014, il a participé à une rencontre avec Centraide pour soutenir notre demande d\u2019aide ?nan- cière.Grâce à sa présentation et son travail, nous avons obtenu la subvention dans son intégralité.Robin Hogg Alexandre Milot Vincent St-Amour Bogard) Refletuc Société} M1 an-6nos 37,95$ O2 ans - 12 nos 65,99$ 03 ans - 18 nos 89,95$ Taxes incluses International 45$ CAD 1 an.Chèque ou mandat à l\u2019ordre de Reflet de Société 4233, Ste Catherine Est Montréal, QC H1V 1X4 Téléphone: (514) 256-9000 Sans frais: 1-877-256-9009 Prénom: Nom: Adresse: Ville: Province: Code Postal: Tél.: Courriel: Carte n°: 11011 | Date expiration:_L_1 | | OVISA OMASTER CARD LJAMEX Signature: TOUTE CONTRIBUTION SUPPLEMENTAIRE POUR SOUTENIR NOTRE TRAVAIL EST LA BIENVENUE GENERAL Aide juridique Hochelaga (514) 864-7313 Protection de la jeunesse (DPJ) 1-800 665-1414 Info-Santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence du grand MTL (514) 527-1375 [cen TRE DE CRISE DE MONTREAL Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 RefletdeSociéeté gx» RESSOURCES S'abonner) soutenir notre action aupres-tes pr\u201d VIOLENCE CALACS Montréal Lévis CAVAC Montréal Québec (514) 934-450 Chaudière-Appalaches(418) 774-6858 1-800-835-8342 (514) 277-9860 (418) 648-2190 Groupe d'aide et d'info sur le Harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 SOS violence conjugale (514) 728-0023 VIH-SIDA C.0.C.Q.Sida (514) 844-2477 La Maison du Parc (514) 523-6467 NoPa MTS/VIH (514) 528-2464 Revdec Carrefour Jeunesse Le Chic Resto-Pop Jeunesse au Soleil Iris (nord) (514) 388-9233 Tréve pour elles (514) 251-0323 L'Entremise (est-centre-est) (514) 351-9592 Centre pour les victimes L'Autre-maison (sud-ouest) (514)768-7225 D\u2019agression sexuelle (24h) (514) 934-4504 Centre de crise Québec (418)688-4240 Armée du salut (514) 934-5615 L'Ouest de l'île (514)684-6160 L\u2019Accès (450) 679-8689 Archipel d'Entraide (418)649-9145 Prévention du suicide (418)683-4588 r DROGUE ET DESINTOXICATION [ LIGNE D\u2019AIDE ET D'ÉCOUTE ; ! Toxic-Action (Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 [Gai Ecoute 1-888-505-1010 Centre Jean-Lapointe Mtl adulte (514) 288-2611 [Tel-Jeunes (514) 288-2266 Le grand chemin Québec Jeunesse (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau pointde vue (450) 887-2392 Urgence 24 hres (514) 288-1515 Portage (450) 224-2944 Centre Dollard-Cormier Jeunesse (514) 982-4531 Centre Dollard-Cormier Adulte (514) 385-0046 Le Pharillon (514) 254-8560 Drogue aide et référence 1-800-265-2626 Un foyer pour toi (450) 663-0111 L\u2019Anonyme (514) 236-6700 Cactus (514) 847-0067 Dopamine et Préfix (514) 251-8872 Intervenants en toxicomanie (450) 646-3271 Escale Notre-Dame (514) 251-0805 FOBAST (418) 682-5515 Dianova (514) 875-7013 Centre Casa (418) 871-8380 Centre UBALD Villeneuve (418) 663-5008 Au seuil de L'Harmonie (418) 660-7900 FAMILLE 418) 275-0483 514) 729-6666 514)725-2686 514) 271-0554 (514) 252-3015 (514) 276-4545 Grands frères/grandes sœurs Familles monoparentales Regroupement maisons de Jeunes \u2018 Grossesse Secours Chantiers Jeunesses Réseau Hommes Québec Patro Roc-Amadour Pignon Bleu YMCAMtI centre-ville YMCAHochelaga-Maisonneuve Armée du Salut La Marie Debout A 272220 PT PE (514) 849-8393 (514)255-4651 (514)932-2214 (514) 597-2311 (418)529-4996 (418) 648-0598 ou Tel-aide et ami à l\u2019écoute Jeunesse-j'écoute Suicide action Montréal Prévention du suicide «Accueil-Amitié» Partout au Québec Secours-Amitié Estrie Cocainomanes anonymes Déprimés anonymes Gamblers anonymes Gam-anon (proches du joueur) Narcotiques anonymes ou Outremangeurs anonymes Parents anonymes Jeu: aide et référence Alanon & Alateen Ligne Oéan (santé mentale) Sexoliques anonymes Primes-Québec (soutien masculin) Émotifs anonymes Alanon & Alateen Alcooliques Anonymes Québec Montréal Laval Rive-Sud Mauricie-Saguenay-Lac Saint-Jean NAR-ANON Montréal Saguenay abus aux ainés 1-800-263-2266 (514) 935-1101 1-800-668-6868 (514) 723-4000 (418) 228-0001 1-866-APPELLE 1-800-667-3841 (514) 527-9999 (514) 278-2130 (514) 484-6666 (514) 484-6666 1-800-484-6664 (514) 249-0555 1-800-879-0333 (514) 490-1939 1-800-361-5085 1-800-461-0140 (514) 866-9803 (418) 522-3283 (514) 254-8181 (418) 649-1232 (514) 990-5886 (418) 990-2666 (418) 529-0015 (514) 376-9230 (450) 629-6635 (450) 670-9480 (866) 376-6279 (514) 725-9284 (514)542-1758 (514) 489-2287 Éducation coup de fil DECROCHAGE RB (514) 525-2573 (514) 259-0634 1-866-329-4223 (514) 253-3828 ALIMENTATION (514) 521-4089 (514) 842-6822 _ HÉBERGEMENT DE | DÉPANNAGE ET D'URGENCE uberge de l'amitié pour femmes (418) 275-4574 Bunker (514) 524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Chaînon (514)845-0151 | En Marge (514) 849-7117 Passages (514) 875-8119 Regroupement maisons d'hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514)522-3198 Auberge communautaire du Sud-Ouest (514) 768-4774 Maison le parcours (514)276-6299 Oxygène (514)523-9283 L\u2019Avenue (514)254-2244 L\u2019Escalier (514) 252-9886 Maison St-Dominique (514)270-7793 Auberge de Montréal (514)843-3317 Le Tournant (514)523-2157 La Casa (Longueuil) (450)442-4777 Armée Salut pour hommes (418) 692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514)523-5288 La Maison du Père (514)845-0168 Auberge ducœurEstrie (819)563-1387 Lamaison Tangente (514)252-8771 HébergementSt-Denis (514)374-6673 L\u2019Abris de la Rive-Sud, homme (450) 646-7809 Maison Elisabeth Bergeron femme (450)651-3591 pow pe ffeil we Eiri ca 3 IM hod 2° Lowe Le AD Furewd huniparprdpss wer die litera = As FALE mney, La ridon devoirs et.fu NéLAN GP a RO PTIT, Dupont va fAmpets 12 ormrhile 10.70% + HAGE tat &F Lu reir Thérapée fmarmiderlie ow dr poops Aprty bs plmie.Le beau rerquE Eccuelt de fecies à rredires pour nod Tuoarr a TITTY Cr CAPT Ro T Onna s.Foes ur mo wml prrsonned sur aol nu Encore Pour Ee deTyue de groupe goof + 14H tran oR DLP] Tres Pct Thls Ww rhe pire of RT Furaate, whise dowiwapad Croan rey wy ime haga ne pag iM tnd Fipe JP an! Az frvad Trost, Har peaplie wlll ceed Do) wats tir pug?digue af pi dre Morale oan iff thier waa, 14554 + 1,75 F Lun ri pw : we Combing DFE de prévercur de Len compa bff Filmoagmragees wr nen nrkosa de Ory, de Loco Levon, ok Fvaclmne erocpdere Ebfourre Aang.An fourm devenn po rantechpae Ællevire ou de p'usœurs Joucuré corps.19.754 HUE ri Erreur LES ÉDITIONS TNT PRÉSENTENT Euioidt | \u2018 Guide dfriemwEcion penphd dé vor monrsea aokcidadres / Queer olel3s Frovencar Handbook ; | Poor ddmyvenfler fe suche.I raul 2H der cen proaches dr neon fi ré SVWir-codrers + Lérenmionr a uit Snir dA mod it Pliny.Le Bean hers, Fine di: MPF sits ft 5 AMD cxemptuires rémire Aprde he premier fires fe peidis, Ke vrivoml FIT ree [ee Wn mare Spe cree de adressé er ru ir A eft, Sam fH lr wordy 51 dé prerés ce mel dr 1rd pane ont e 9.05% +2 Sr iacy wi iraees pet Disponible dans toutes des hanoes horaires VV tr tnt.COTE = 4217 Ste-Catherine Est 5 ls DEN Fed sonra, [20], LIV EX4 it 14-26-9000 1-877-256-9009 {rans frald} spits zoo.plf ig 204a oN 4237 rue Ste-Catherine Est, Montréal Qc.H1V 1X4 \u2022 www.editionstnt.com "]
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