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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Été 2017
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Reflet de société /, 2017, Collections de BAnQ.

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[" se > = Vol.25 n°3 Eté 2017 2) Ly [ew for \\ \\ 1 re so é \\ | \\\\ = ~~ RefletdeSociété Un regard différe ST vo \\ 2 Je déménage ! 3 Raymond VigeR www.raymondviger.wordpress.com Éditorial 4 Une obligation communautaire est une façon originale de soutenir un organisme communautaire tout en conservant son capital.Vous aidez un organisme en économie sociale tout en recevant des intérêts sur votre placement.Le capital demeure vôtre.L\u2019Autorité des Marchés Financiers (AMF) permet aux organismes communautaires d\u2019émettre des obligations communautaires sans l\u2019obligation de faire un prospectus et sans devoir passer par un courtier.Pour permettre un meilleur ?nancement du communautaire, aucun courtier ne doit être payé pour l\u2019émission de ces obligations, ni du côté de l\u2019investisseur, ni du côté de l\u2019émetteur.Trois organismes ont déjà lancé leur émission d\u2019obligation: \u2022 Le Grand Costumier de Radio- Canada \u2022 Le Cinéma du Parc \u2022 Les Ateliers 7 à nous Après 25 années d\u2019intervention auprès des jeunes marginalisés, pour consolider l\u2019ensemble de ses actions sociales, le Journal de la Rue prépare une émission d\u2019obligations communautaires.Les obligations, en multiple de 1 000$, peuvent recevoir des rendements variant entre 1% et 6,5% d\u2019intérêts selon le montant et la durée des obligations.Qui ne devrait pas investir \u2022 Les obligations communautaires ne sont pas garanties.Il faut donc être un investisseur capable de perdre de l\u2019argent sans mettre en péril ses ?nances personnelles.\u2022 Si vous avez des dettes sur vos cartes de crédit ou autre, commencez par les payer.Une carte de crédit peut vous coûter jusqu\u2019à 29% d\u2019intérêt par année.Aucun placement communautaire ne peut vous offrir un rendement qui pourrait justi?er de ne pas payer vos dettes.\u2022 Il existe des placements de base qu\u2019un citoyen doit envisager avant même de penser à investir dans un organisme communautaire.Un RÉER parce que déductible d\u2019impôt en plus d\u2019être un placement garanti.Il est un véhicule qui doit être priori- sé aux obligations communautaires.\u2022 L\u2019achat d\u2019une maison avec l\u2019avantage de pouvoir RAPPER avec son RÉER devrait passer bien avant l\u2019idée d\u2019investir dans un organisme communautaire.\u2022 Les banques et les caisses offrent des certi?cats de dépôt garantis.Jusqu\u2019à 100 000$, votre investissement est garanti à 100% par la Société d\u2019assurance dépôt du Canada.Investisseurs particuliers \u2022Vous avez payé toutes vos cartes de crédit, votre automobile et autres prêts.\u2022 Vous êtes propriétaire de votre maison et l\u2019hypothèque à payer est une goutte d\u2019eau dans votre budget.\u2022 Vous cotisez au maximum dans votre RÉER.\u2022 Vous avez des certi?cats de dépôts, pour vous et pour votre conjoint, atteignant les 100 000$ garantis par la Société d\u2019assurance dépôt du Canada.\u2022 Vous pouvez prendre aisément des vacances à travers le monde même si vous perdez votre investissement communautaire.Si vous répondez à ces critères très restrictifs, on pourrait envisager d\u2019accepter votre investissement dans une obligation communautaire du Journal de la Rue.Vous pouvez alors me contacter: Raymond Viger (514) 256-4467.raymondviger@hotmail.com Pour tous les autres, soignez votre santé ?nancière.L\u2019argent ne fait pas le bonheur.Mais il peut éviter de s\u2019arracher les cheveux avec les comptes à payer.Il peut aussi vous permettre de béné?cier d\u2019une belle retraite dans le plaisir et le calme.L\u2019argent est un outil qui doit travailler pour vous.Investir dans sa communauté Après 25 années d\u2019intervention auprès des jeunes marginalisés (.) le Journal de la Rue prépare une émission d\u2019obligations communautaires. 5 Je découvre 6 ReletdeSociété Service aux abonnés Changement d\u2019adresse 514-256-9000 abonnes@re?etdesociete.com goo.gl/dE51DH 4264 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc H1V 1X6 Tél: 514-256-9000 \u2022 Fax: 514-256-9444 \u2022 Sans frais: 1-877-256-9009 info@re?etdesociete.com \u2022 refletdesociete.com ISSN : 1711-7860 Directrice administrative Danielle Simard 514-256-9000 journal@journaldelarue.ca PUBLICITE ET COMMANDITE Éditeur / Rédacteur en chef Raymond Viger 514-256-4467 raymondviger@hotmail.com Collaborateurs Louise Gagné, Jean-Claude Leclerc, Mélina Soucy, Nicole Viau.Café Graf?ti 514-259-6900 Pupitre Delphine Caubet.Corrections Karyn P.Valéry.Journalistes Justine Aubry, Jean-Pierre Bellemare, Delphine Caubet, Flora Lassalle, Caroline Leblanc, Mahdia Mellal, Colin McGregor, Anne Reitzer.Infographie Delphine Caubet, Juan Carlos Sanchez Lopez.Illustrateurs Cyril, JuanCa, Lebel, Philippe.Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non-lucratif qui a comme principale mission d\u2019aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.Membres de : \u2022 Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) \u2022 Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) \u2022 Magazine Canada (CMPA) \u2022 Association des médias écrits communautaire du Québec (AMECQ) \u2022 Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d\u2019en mentionnéer la soucer.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Re?et de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Re?et de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques socioculturelles (violence, santé, environnement, prostitution.).Nous proposons des solutions et des ressources.Re?et de Société dispose d\u2019un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l\u2019organisme récupère les frais dans ce fonds.C\u2019est une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes.Ne me jette pas, passe-moi à un ami 8,95$ l\u2019unité.Santé Du fentanyl dans les drogues Plus connu sous les noms de China Girl ou Apache, le fentanyl a été décelé dans plusieurs drogues de rue, notamment l\u2019héroïne, la cocaïne ou les médicaments contrefaits.Le Fentanyl étant sans odeur ni goût, il est dif?cile à détecter par le consommateur.Pourtant, ce puissant analgésique est environ 100 fois plus toxique que la morphine et peut entrainer la mort avec seulement deux milligrammes de consommation, voire sans même le consommer.Le Fentanyl se présente généralement sous la forme de comprimés, mais il peut être en poudre ou liquide et le fait d\u2019en inhaler ou d\u2019en toucher est extrêmement dangereux.Les symptômes d\u2019une surdose se caractérisent notamment par une somnolence grave, une respiration lente, un bleuissement des lèvres et des ongles ou encore une peau froide et moite.Si ces signes surviennent, il est indispensable d\u2019obtenir des soins médicaux d\u2019urgence en appelant le 911.Source: Santé Canada.Nutrition Fruits sans valeurs Une étude réalisée par le chercheur Brian Halweil du World- watch Institute a démontré que certains fruits et légumes actuels ont cent fois moins de vitamines que ceux d\u2019il y a 100 ans.La pomme, par exemple, a perdu la quasi-totalité de sa vitamine C.Il a également démontré qu\u2019un brocoli de 1950 équivaut à 4 de 2015, tandis 7 qu\u2019une pêche en vaut aujourd\u2019hui 26! Pour les mêmes apports, il faut aujourd\u2019hui ingurgiter beaucoup plus de calories.Cet appauvrissement a des réactions en chaîne puisque les céréales dont se nourrissent les animaux sont également plus pauvres en zinc, cuivre et fer.Par conséquent, le lait perd en acides gras essentiels.Le site TerraEco explique que l\u2019espoir qui viendrait des aliments bios.À conditions climatiques égales, ces fruits et légumes contiennent signi?cativement plus de vitamine C et de fer (entre autres).Sources: santenutrition.net, TerraE- co, Brian Halweil.Environnement Semence En mai 2017, le journal britannique The Guardian avait titré «La chambre forte anti-apocalypse de l\u2019Arctique inondée.Merci, réchauffement climatique».Un titre accrocheur pour une information pas tout à fait exacte.Il existe en Arctique une Réserve mondiale de semences utilisée comme garantie en cas de catastrophe écologique.2016 a connu des températures anormalement élevées additionnées à de fortes pluies.Néanmoins la réserve est intacte, les in?ltrations d\u2019eaux se sont produites dans un tunnel conduisant à l\u2019antichambre d\u2019entreposage.Cette antichambre est située à 100 mètres sous une montagne et maintenue à une température sous zéro degré.Les in?ltrations d\u2019eau ont donc gelé.Cet événement a été un signal d\u2019alarme pour les concepteurs du projet et le gouvernement norvégien, qui a annoncé vouloir renforcer le tunnel.Avec le réchauffement climatique, cet incident n\u2019est pas à prendre à la légère.Source: Agence Science-Presse.Psychologie Soigner le climato-scepticisme On quali?e les personnes qui ne croient pas au réchauffement climatique, comme Donald Trump, de climatosceptiques.Ces gens usent de tactiques de désinformation a?n de rallier le reste de la population à leurs croyances.Les chercheurs John Cook, Stephen Lewandowsky et Ulrich Ec- ker ont tenté de vacciner les gens contre les climatosceptiques.Ils ont montrés à 1 500 personnes un texte comportant les deux points de vue sur le réchauffement climatique.La moitié du groupe avait été informée auparavant que 97% des climatologues s\u2019entendent pour dire que cette situation est réelle et l\u2019autre moitié avait été informée du « faux équilibre » apporté par les médias qui recherchent toujours à donner une importance égale à tous les points de vue dans la couverture des événements, avantageant ainsi les climatoscep- tiques.Les candidats ayant reçus le message de « vaccination » concernant le « faux équilibre » étaient moins influencés par le texte déséquilibré.Source: Agence Science-Presse Biologie Éviter les OGM dans l\u2019assiette Actuellement, l\u2019industrie alimentaire canadienne n\u2019est pas tenue d\u2019informer le consommateur sur la présence d\u2019organisme génétiquement modi?é (OGM) dans ses produits.Il existe quelques trucs pour les reconnaître dans votre panier d\u2019épicerie.Le coton, le maïs, le canola et le soja représentent à eux seuls 99% des OGM dans le monde.Ces aliments servant principalement à nourrir les animaux d\u2019élevage.Les cultures de fruits et de légumes génétiquement modi?ées sont rares et ne sont même pas encore commercialisés au Québec.Il n\u2019existe pas non plus de viande génétiquement modi?ée.La majorité des OGM consommés dans la province sont issus d\u2019aliments transformés comme la farine et l\u2019amidon, des ingrédients que l\u2019on retrouve dans les biscuits par exemple.Par contre, les étapes de transformations des ingrédients comme la cuisson et la digestion détruisent la majorité des OGM des produits d\u2019origine.Source: Agence Science-Presse 8 Illustration: JuanCa. 9 Narcissisme collectif Le terrain fertile des réseaux sociaux Justine Aubry Utilisés quotidiennement par des millions d\u2019utilisateurs, les médias sociaux ne semblent pas sur le point de perdre en popularité.Passant d\u2019un égoportrait à une simple ré?exion du jour, on termine par la mise en ligne d\u2019une banale activité du dimanche.Cette soif d\u2019exposition de soi, de reconnaissance toujours plus forte, s\u2019inscrit dans un mouvement so- ciétal généralisé et devient dorénavant un objet d\u2019étude des plus actuels.Les médias sociaux, telles les plateformes Facebook ou Insta- gram, peuvent-ils être les moteurs de la promotion du narcissisme dans notre société?Fondement essentiel de la con?ance en soi et des relations interpersonnelles, le narcissisme biologique dit «sain» est à la base de toute psychologie humaine.Pourtant, lorsque ce narcissisme se mute en trouble de la personnalité, il révèle une estime de soi fragile ou défaillante.Selon une dé?nition médicale du narcissisme, seulement 1% de la population générale souffrirait de cette maladie.Alors, peut-on dire que notre société serait atteinte de degrés plus nuancés du narcissisme?Pour le sociologue Michel Maffe- soli, il est ici question d\u2019un «narcissisme collectif».«C\u2019est-à-dire, ne pas se regarder simplement le nombril, mais se regarder le nombril les uns les autres».En faisant le tour d\u2019horizon d\u2019un vaste échantillonnage d\u2019utilisateurs de plateformes en ligne, une tendance se dégage: la valorisation de l\u2019autopromotion.S\u2019en suit alors une comparaison entre individus qui est pratiquement inévitable.Dans son récent essai sur le narcissisme, le docteur en psychopathologie Rémy Potier évoquait «le réseau d\u2019amis» et ses approbations comme «un indicateur de narcissisme».Pour plusieurs de ses patients aux prises avec des troubles identi- taires liés à l\u2019utilisation des réseaux sociaux, les problématiques suivantes sont présentes : attitudes narcissiques, stéréotypes iden- titaires, nombre d\u2019amis comme souci constant ou bien importance accordée au regard de l\u2019autre dans la représentation de soi.S\u2019aimer via les autres Besoin d\u2019être vu et admiré, mise en avant de soi, surestimation de ses propres réalisations\u2026 Ces traits associés au narcissisme sont souvent faciles à associer aux fervents utilisateurs de médias sociaux.Patrice (nom ?ctif ), 43 ans, est un habitué de la plateforme Facebook.Il met en ligne en moyenne 10 publications par semaine: photos d\u2019une recette de son cru qu\u2019il quali- ?e de «gastronomique», ré?exions de vie ou critiques acerbes et image de pro?l de type égoportrait sans cesse mise à jour.Avant de se coucher, il souhaite parfois bonne nuit à «ses facebookiens», presque comme s\u2019il était leur chef.Une étude de l\u2019Université du Michigan parue en 2011 pourrait expliquer le comportement de Patrice.Selon les chercheurs, «les adultes d\u2019âge moyen ont habituellement déjà formé leur identité sociale, mais ils utilisent les médias sociaux pour obtenir l\u2019approbation de leur cercle d\u2019amis».Pour se conforter dans ses réalisations, Patrice aurait donc besoin de partager ses actions et états d\u2019âme a?n d\u2019obtenir l\u2019approbation et l\u2019attention de sa liste d\u2019amis virtuels.Pour d\u2019autres spécialistes, faire le rapprochement entre une montée du narcissisme et l\u2019utilisation des réseaux sociaux n\u2019est pas si simple.Ils expliquent qu\u2019une disposition manque: un désintérêt généralisé à s\u2019intéresser à la vie des autres.Au La vie d\u2019autrui peut sembler mieux que la nôtre.Pour certains, une blessure apparait suite à ces remises en question due au sentiment d\u2019inadéquation et de stress. 10 contraire, les utilisateurs semblent, à première vue, intéressés à en savoir plus sur la vie de leurs camarades virtuels: la preuve, ils alimentent constamment leur banque «d\u2019amis».«Aimer» ou «adorer» les publications des autres est également une pratique récurrente.Pourtant, une question se pose toujours: ces utilisateurs sont-ils réellement intéressés par la vie de ces personnes ou ?irtent-ils plutôt avec l\u2019envie de comparer leur vie?Comparaison malsaine En 2016, un sondage réalisé par Léger pour le Journal de Montréal révélait qu\u2019un adulte sur quatre consi- dèrerait que le fait de se comparer aux autres sur les réseaux sociaux engendrait du stress.Pourquoi?Parce que depuis notre naissance, nous souhaitons être à la hauteur de nos propres attentes et de celles ?xées par notre environnement.Plus tard, et avec l\u2019aide des médias sociaux, certains voudront montrer à leur cercle social cette singularité qu\u2019ils croient devoir acquérir.Ils souhaiteront alors exposer cette non-conformité en valorisant leurs réussites, en révélant une vie montrée comme exaltante.Apparait malheureusement chez bon nombre d\u2019utilisateurs l\u2019instinct de compétition.Et si l\u2019estime de soi est déjà fragile, la propension à se dénigrer face aux réalisations des autres peut être implacable.Présentée sous son meilleur jour, la vie d\u2019autrui peut sembler mieux que la nôtre.Pour certains, une blessure apparait suite à ces remises en question due au sentiment d\u2019inadéquation et de stress.Pour d\u2019autres, l\u2019instinct de compétition ampli?e un état narcissique de dépassement et de supériorité.Si notre liste d\u2019amis est plus fournie que celle des autres, on se met alors à croire qu\u2019on est plus populaire.La popularité nourrit le narcissisme et ainsi de suite.Habitude plus saine Pour Sylvianne Barthe-Liberge, psychologue clinicienne: «Les réseaux sociaux ne sont pas une mauvaise chose en soi.Tout dépend de l\u2019utilisation qui en est faite.Il est fort probable que ce soit le narcissisme sociétal élevé qui pousse les gens à utiliser ces réseaux de manière narcissique et égocentrique».Alors, comment les individus peuvent-ils utiliser les réseaux sociaux sans participer à cette épidémie de narcissisme?Les études sur la question sont aussi complexes qu\u2019évolutives.Il n\u2019y a donc pas de formule magique.Chaque personne est différente.Pour plusieurs, plus l\u2019exposition sur ces plateformes est grande, plus il devient dif?cile de se contenir.Il s\u2019agit alors de dé?nir quelques règles de base devant nous assurer une utilisation plus saine des réseaux sociaux.À l\u2019unanimité, les recherches recommanderaient d\u2019essayer de percevoir ces réseaux davantage comme des lieux de partage d\u2019informations et d\u2019échange social.Et non comme des endroits exclusivement réservés à l\u2019autopro- motion.Éviter le découragement et la déprime en cessant de comparer les réalisations que les uns et les autres ont mises en ligne est également une bonne piste de solution! 11 Les robots, humains de demain?Anne reitzer Avec l\u2019avènement d\u2019Internet et des réseaux sociaux, nos rapports aux autres ont changé.Nos relations sociales deviennent plus virtuelles que réelles.Mais savons-nous véritablement avec qui nous échangeons?Selon une récente étude menée par l\u2019université de Californie du Sud, entre 9% et 15% des comptes Twitter ne sont pas associés à une personne réelle mais bel et bien à un robot.Le réseau social comptant plus de 319 millions d\u2019utilisateurs, cela signi?e donc que près de 48 millions de comptes seraient gérés par ces fameux robots qui nous tweetent, nous retweetent ou nous followent.Les robots ont avant tout été créés par des programmateurs humains pour faciliter le dialogue et d\u2019autres formes de conversation entre un service et un consommateur comme par exemple des messages de con?rmations d\u2019envoi de colis etc.Etant donné que les robots sont programmés pour répondre à l\u2019in?- ni, ils dispensent l\u2019humain de cette tâche, ce qui est véritablement un fort avantage économique pour les sociétés qui en font appel.D\u2019un point de vue marketing, ces robots représentent donc une véritable opportunité pour les marques car ils permettent (grâce à des mots clés ou des hashtags) de pouvoir détecter les intérêts généraux des consommateurs et donc de répondre à leurs besoins ou à leurs attentes.Lorsqu\u2019ils sont bien utilisés, les robots peuvent ainsi partager de manière instantanée du contenu avec leurs cibles et échanger avec elles.Malheureusement, depuis un certain temps, nous voyons apparaître des robots considérés comme «malveillants».D\u2019après Emilio Ferrara, enseignant à l\u2019institut des Sciences informatiques de l\u2019université de Californie du Sud, un certain nombre de robots est utilisé comme outils de propagande et de manipulation de l\u2019opinion publique.Les robots interagissent directement avec les utilisateurs de Twitter, il est facile de pouvoir partager une fausse information ou de renforcer certaines idées extrémistes.C\u2019est pourquoi, les politiques n\u2019hésitent plus à les exploiter à des ?ns électorales notamment lors de la présidentielle américaine de 2016.L\u2019étude Bots and Automation over Twitter during the U.S Election dresse un constat inquiétant de l\u2019utilisation de ces robots.Par exemple, durant l\u2019élection opposant le nouveau président Donald Trump à Hillary Clinton, on remarque que durant le troisième débat, 25% des tweets étaient automatisés et les bots diffusant du contenu pro-Trump en ont émis sept fois plus que les pro-Clinton.A en croire ces chiffres, les robots représentent une nouvelle forme de menace pour la vie démocratique qui repose notamment sur le débat politique.Si les robots se mettent à interagir avec les hommes par le biais d\u2019algorithmes, ils risquent de continuer à créer des chambres d\u2019échos où des personnes qui pensent la même chose vont se regrouper et vont donc renforcer leurs idées (qui ne sont pas toujours justes et positives).Or, un échange équitable de différentes valeurs et idées est indispensable pour que l\u2019on puisse comprendre l\u2019autre et, ainsi, être réellement connecté avec le monde qui nous entoure.Finalement, rien ne vaut encore la bonne vieille méthode du débat autour d\u2019un verre.Comment reconnaître un robot sur Twitter?Vos yeux seront vos meilleurs amis.Véri?ez s\u2019il y a: - L\u2019absence de photo de pro?l; - Des tweets répétés en boucle avec des liens vers des articles suspicieux; - La quasi-instantanéité des retweets; - Le faible nombre de followers; - Un compte ouvert récemment avec des milliers de tweets au compteur.Autrement plusieurs applications comme BotOrNot vous seront utiles.En entrant simplement le nom d\u2019un utilisateur Twitter, l\u2019application analysera le comportement du compte et vous indiquera s\u2019il est automatisé. Illustration: JuanCa. 13 Au Canada, les réseaux sociaux ont pris une ampleur considérable.Au point où nous sommes le pays le plus connecté à Facebook.En parallèle se sont développés les groupes de soutien en ligne pour toutes sortes de causes.Dont la santé mentale.Pour les personnes atteintes de troubles bipolaires, il existe plusieurs plateformes dans la francophonie, que ce soit sur Facebook ou des forums.N\u2019importe qui peut s\u2019y inscrire, qu\u2019il soit un proche, un patient ou juste un curieux.Pour suivre les informations qui s\u2019y échangent et surtout offrir un lieu sécuritaire aux membres, de nombreux organismes et hôpitaux tentent d\u2019attirer leurs patients sur leur propre plateforme.Des administrateurs y sont présents pour pallier les éventuels dérapages.Entraide en continue Revivre (organisme d\u2019aide pour les personnes ayant des troubles de l\u2019humeur) a pris le virage des réseaux sociaux, très tôt, en 2000.D\u2019après son directeur général, Jean-Rémy Provost, c\u2019est à la demande des membres que fut créée cette plateforme pour les personnes avec trouble bipolaire, anxiété et dépression.«Ces personnes sont en recherche, explique le directeur.C\u2019est une bouteille à la mer.Ils peuvent rester longtemps sur le forum sans écrire, puis un jour ils vont raconter leur histoire.C\u2019est un exutoire pour eux.» Que ce soit des groupes Facebook ou d\u2019autres forums, ces plateformes sont un espace pour échanger avec des pairs.Suis-je normal?Avez- vous ces symptômes?Vos médicaments vous stabilisent-ils?Poser ces questions derrière son ordinateur à des personnes vivant la même réalité, sans le regard de l\u2019autre, aide à s\u2019exprimer.Et pour ceux qui ne sont pas encore suivis par un médecin, c\u2019est l\u2019occasion de mieux appréhender la maladie et d\u2019avoir du soutien pour pousser la porte d\u2019un professionnel de la santé.Pair aidant Nathalie a aujourd\u2019hui 45 ans et elle fréquente 2 forums destinés aux personnes bipolaires.Elle y fait son bénévolat, comme elle le dit.Alors qu\u2019elle approchait de ses 40 ans, Nathalie fait une dépression majeure, où le diagnostic de sa bipolarité tombe, quelques mois plus tard.Contrairement à la majorité des personnes qui écrivent sur ces forums, Nathalie n\u2019y va pas s\u2019exprimer lors de ses phases dépressives.Elle veut trouver une utilité à sa dépression, alors elle écrit ce qu\u2019elle vit et donne des conseils en fonction de son expérience.«Mais jamais sur les médicaments», précise-t-elle.Elle est in?rmière et grâce à sa profession, elle a une bonne connaissance de sa maladie.Mais, une autre réalité, ces lieux d\u2019échanges peuvent être propices aux dérapages.Double tranchant Un forum comme Revivre a des modérateurs pour éviter des dérapages tels que des conseils sur le suicide ou l\u2019organisation groupée du passage à l\u2019acte.Sur Facebook en revanche, de tels vigiles n\u2019existent pas.Les groupes ont des administrateurs (personnes qui gèrent la page et peuvent supprimer des publications et bannir des membres) qui servent de garde-fous.Mais cette supervision reste entre pairs et non aux mains de professionnels.Et les informations qui y sont être échangées peuvent être plus ou moins ?ables.L\u2019autre problématique de Facebook est que des usagers déversent leurs sentiments en période de dépression.Mais contrairement à Nathalie, peu d\u2019entre eux sont présents lorsqu\u2019ils ont repris le dessus.L\u2019entraide se fait donc entre pairs en situation de crise, et lorsque celle-ci devient majeure, il est très dif?cile d\u2019intervenir\u2026 l\u2019autre pouvant être n\u2019importe où à travers le monde.Des forums comme Revivre ont des vigiles qui supervisent les discussions\u2026 chose absente du grand rassembleur Facebook.Jean-Rémy Provost insiste sur l\u2019entraide que peuvent apporter ces groupes de discussions.Nathalie en voit des effets béné?ques, mais précise: «Si mon mari n\u2019avait pas été là, je ne serais plus là non plus.Le soutien de proches est différent, ils ne sont pas de la même équipe.» Mais ils apportent une présence physique, une empathie que n\u2019ont pas les réseaux sociaux.«Les mots sur les forums sont froids et ça reste dans le rationnel, ajoute Nathalie.Pendant une dépression, le cerveau ne fonctionne pas très bien.Moi, j\u2019étais au-delà du rationnel, je ne parlais plus, je ne voyais plus de couleurs\u2026 les mots sont inutiles dans ces périodes.» En 2013, les groupes Facebook francophones consacrés aux bipolaires regroupaient pas moins de 42 000 personnes.Ces plateformes permettent de vulgariser les informations médicales parfois très scienti?ques en discutant du quotidien entre personnes vivant la même réalité. 14 15 Je découvre 16 17 Diffusion des arts autochtones La résurgence FlorA lAssAlle «Mon peuple dormira pendant 100 ans, mais quand il se réveillera, ce seront les artistes qui lui rendront son esprit.» Louis Riel, chef métis, 1885 Après une période de résistance et de survie durant laquelle il était \u2013 entre autres choses - interdit aux Autochtones de pratiquer leurs traditions, les artistes se réveillent.Leurs œuvres apparaissent pour la première fois dans les musées au milieu du 20e siècle.L\u2019expertise de Guy Sioui Durand nous a permis de mieux comprendre la diffusion singulière de leurs arts si distinctifs et étonnants.Que sont les arts autochtones?Les arts autochtones se caractérisent par la conscience des artistes de leur héritage et par leur volonté de le divulguer.Impossible de parler d\u2019un art autochtone puisque les peuples sont multiples et différents les uns des autres.Cette grande diversité se re?ète aussi dans leurs œuvres et pratiques.Ainsi, la sculpture inuit ne se retrouvera pas chez les Métis ou les Premières Nations.L\u2019art autochtone est donc un terme générique qui englobe une multitude de créations.Contrairement à l\u2019art contemporain occidental, il n\u2019existe pas de rupture entre l\u2019artisanat et l\u2019art contemporain chez les Autochtones : les savoir-faire sont intégrés dans les œuvres, éléments souvent symboliques qui peuvent être interprétés par ceux qui connaissent la culture, l\u2019imaginaire et l\u2019esthétique autochtones.Les rapports à l\u2019esprit des animaux, à la nature, à l\u2019artisanat et aux techniques ancestrales sont omniprésents dans les œuvres d\u2019art autochtones.Dans le domaine de la musique, il pourra s\u2019agir de l\u2019utilisation du tambour, reprenant les battements de cœur et les pulsations de la Terre Mère.Dans les arts plastiques et visuels, on note souvent la présence du cercle (symbole des quatre points cardinaux, des saisons, de la vie\u2026), des plumes, de la broderie traditionnelle, des attrapeurs de rêves, etc.Malgré cet ancrage dans leur culture, les artistes portent souvent des messages universels qui concernent notre manière de vivre ensemble, l\u2019environnement, la représentation de l\u2019histoire\u2026 Diffusion en crise L\u2019été 1990 est marqué par la crise d\u2019Oka, événement durant lequel le peuple mohawk, rejoint par d\u2019autres communautés amérindiennes, se rebelle contre le maire d\u2019Oka (au Québec) qui décide d\u2019agrandir le terrain de golf de la ville sur leur cimetière ancestral.Durant cette période, de violents con?its armés opposent la Sûreté du Québec, puis l\u2019armée canadienne à la Société des Guerriers Mohawks tant à Kanesatake que Kahnawake.Savoir-vivre, savoir-faire, savoir être, l\u2019exposition les Cent jours de l\u2019art contemporain du CIAC (Centre International d\u2019art contemporain) est en cours lorsque le con?it éclate.L\u2019artiste Métis Domingo Cisneros qui y participe barricadera son installation en signe de solidarité.Une grave fracture entre Autochtones et le reste de la population québécoise résulte de la crise d\u2019Oka que le gouvernement fédéral tente tant bien que mal de panser en réalisant, entre autres, des événements autour des arts autochtones dans les musées.Ainsi eurent lieu des expositions telles que L\u2019Oeil Amérindien.Regards sur l\u2019animal au Musée de la civilisation à Québec, Solidarity: Art after Oka à la galerie SAW d\u2019Ottawa en mai 1991, ou encore Art mohawk 92 au centre Strathearn de Montréal.Ces événements permirent aux artistes amérindiens ayant été «Quand il y a une crise, quand les gens ne comprennent pas, les artistes ont plein de travail parce que l\u2019art explique le monde, il est paci?que.» 18 marqués par la crise d\u2019Oka de s\u2019exprimer, de populariser leurs arts et d\u2019être remarqués par le grand public en étant exposés dans des lieux reconnus.Les arts autochtones sont davantage diffusés lors des crises et des con?its opposant les Autochtones et les autres Canadiens.Selon Guy Sioui Durand: «Quand il y a une crise, quand les gens ne comprennent pas, les artistes ont plein de travail parce que l\u2019art explique le monde, il est paci?que.» Circuits parallèles Après 1992, la présence d\u2019artistes autochtones dans les musées se fait plus rare.Certains travaillent sur des événements ponctuels mais la demande à leur égard devient exceptionnelle.Encore aujourd\u2019hui, il n\u2019existe pas d\u2019institutions pour diffuser uniquement les arts autochtones contemporains au Québec, c\u2019est pourquoi les artistes et les passionnés se sont regroupés pour développer un circuit parallèle, basé sur le réseautage.Guy explique: «C\u2019est lorsque tu regroupes que tu observes la grandeur.Je l\u2019ai constaté dans les centres d\u2019artistes, les centres autogérés qui subventionnent les événe- ments.On a vu apparaître quelques institutions dans les réserves, donc ça se construit, y a des choses qui se font, mais lentement.» Les œuvres s\u2019insèrent là où elles le peuvent: l\u2019artiste Sonia Robertson organise des prestations dans le camping de Mashteuiatsh, on retrouve les œuvres cinématographiques de Rebecca Belmore dans l\u2019exposition anthropologique du Musée McCord de Montréal Porter son identité, d\u2019autres artistes s\u2019exposent au Musée de la civilisation de Québec, dans la Maison de la Culture Frontenac\u2026 Gerald MacMaster (artiste et conservateur cri) évoquait en 1992 «la lutte incessante qu\u2019il faut livrer pour extraire l\u2019art autochtone de l\u2019arrière-boutique des institutions culturelles canadiennes.» Il semble que ce combat reste d\u2019actualité.Éléments rassembleurs À présent, un nouveau problème touche le monde entier: la crise environnementale.Un souci majeur qui rapproche les individus.Les Autochtones sont directement concernés par ce mal et militent contre la pollution, la disparition des ressources, la pêche et la chasse intensives.Guy Sioui Durand explique: «La protection de l\u2019environnement est une vraie lutte pour nous.On défend le territoire parce que c\u2019est notre premier mode de survie.C\u2019est sur ce point que les jeunes s\u2019intéressent aux Amérindiens.» Aux problèmes environnementaux viennent s\u2019ajouter ceux relatifs à la mondialisation, aux crises identitaires repérées partout dans le monde.Des luttes ont démarré pour la préservation des identités locales et contre le phénomène d\u2019uniformisation culturelle.Après des décennies de lutte pour la survie de leur culture, les Autochtones connaissent bien ce combat.«C\u2019est donc la crise environnementale et la crise de société qui portent cet intérêt majeur nécessaire et réel pour les Amérindiens et pour leurs arts», explique le sociologue.Pourtant, certains Autochtones sont gênés par la manière dont on les intègre dans ces luttes.Guy exprime sa dif?culté à ne pas être considéré, lors des rassemblements, autrement que comme le «bon sauvage»: «Partout on veut l\u2019Indien en avant, on veut les Indiens inventés, les Indiens imaginaires, le bon sauvage qui défend la nature.On veut le tambour, le côté spirituel et sacré et c\u2019est ça qui fait la renommée.» Pour autant, la multiplicité des individus adhérant à ces combats permet aux artistes de se faire voir et entendre davantage et de lutter pour de nobles causes qui nous concernent tous. 19 Je découvre Je découvre 20 I l l u s t r a t i o n : J u a n C a . 21 D\u2019après les spécialistes, la décision d\u2019immigrer représente en soi un acte violent socialement, économiquement et culturellement parlant, et qui amène des tensions auxquelles les familles ne sont pas nécessairement préparées.À peine le rêve de l\u2019immigration (nourri des années durant) atteint, il faut déjà faire face à la réalité.Il faut entamer le processus d\u2019intégration de tous les membres de la famille sur tous les fronts.Bouleversements conjugaux La réalité du marché de l\u2019emploi représente le premier choc pour les familles, surtout s\u2019il n\u2019y a pas de reconnaissance des études et des expériences acquises dans certains pays d\u2019origine.Sans références québécoises, un premier emploi est également dif?cile à décrocher.D\u2019autres nouvelles réalités sociales viennent se greffer à la situation; les enfants qui réclament plus de droits et de libertés, au même titre que la mère qui prend davantage de place dans les décisions et qui fait valoir les nouveaux droits que lui confère son pays d\u2019accueil.Le sentiment de déracinement et d\u2019isolement que ressentent parents et enfants est également une composante non négligeable.Tout cela réuni, la descente est vite amorcée.Les études s\u2019accordent à dire qu\u2019entre deux et cinq années sont nécessaires à la réussite du projet d\u2019intégration des immigrants.L\u2019avenir du couple en est tributaire.Peu d\u2019immigrants le savent ou le prennent en compte.C\u2019est ainsi que des problèmes latents refont surface au moment des crises.L\u2019éventualité du retour au pays de l\u2019un ou l\u2019autre des parents se dessine sans faire l\u2019unanimité dans le foyer.La tension monte d\u2019un cran.Éclatement Reconnaître ses difficultés et tendre la main vers l\u2019extérieur ou à sa communauté ne peut être envisagé, pour la plupart\u2026 le linge sale se lave en famille.Faire appel à un spécialiste en relations conjugales ne fait pas non plus partie de la culture d\u2019origine ou serait tout simplement dispendieux.Il existe cependant des organismes communautaires et des services qui ont pour mission de répondre aux besoins des conjoints en dif?- culté, tel que le Service d\u2019aide aux conjoints qui reçoit exclusivement des hommes pour qui le processus judiciaire est déjà démarré, suite à une demande de divorce requise par l\u2019épouse ou à une plainte de violence conjugale.Les intervenants de cet organisme s\u2019accordent à dire que la déception première des familles immigrantes provient du fait que leurs attentes financières sont loin de celles réalisées depuis leur arrivée.Ne pas atteindre cet objectif pour l\u2019immigrant serait synonyme d\u2019échec.S\u2019ajoutent la pression familiale et la crainte de décevoir les siens, ce qui peut conduire à de la violence conjugale même si parfois cela n\u2019a jamais eu lieu par le passé.Place de la femme Les avis des intervenants au sujet du rôle de la femme sont mitigés.L\u2019un me parle de l\u2019intégration rapide de la femme et du sentiment d\u2019échec que cela crée chez le conjoint, un autre intervenant met de l\u2019avant la somme de responsabilités - travail, charges administratives, etc.- qui incombe aux hommes dont les conjointes ne maitrisent pas la langue.Yves Nantel, l\u2019un des intervenants, a également relevé le manque d\u2019accompagnement et de support envers les nouveaux arrivants: «On parle aux femmes de leurs nouveaux droits et de la façon de les faire valoir, mais moins des conséquences sur leur vie familiale.Très souvent, elles méconnaissent la tolérance de la société québécoise et du système judiciaire face à certaines questions.» Sans compter les coûts des procédures judiciaires qui enfoncent la famille dans la précarité en plus du désarroi.Communication en crise D\u2019après Yves Nantel, les communautés à fortes croyances, telles que la communauté musulmane, auraient du mal à accepter l\u2019idée de la rupture ou du divorce.Cela complique la tâche de l\u2019intervenant auprès des participants: «Pas d\u2019entente, mais pas de séparation non plus, ce qui rend la vie au sein du foyer insupportable.» Les histoires des hommes rencontrés par cet organisme, aussi différentes soient-elles, ont toutes un point commun: la grande solitude et la souffrance qu\u2019ils n\u2019expriment pas.La gent masculine serait de nature moins expressive.L\u2019analyse de l\u2019équipe du Centre d\u2019aide aux conjoints tient compte de la difficulté de ne pas comprendre le contexte sociétal, de ne pas connaître son voisin ou de se croiser sans se parler.Le rythme de vie effréné ne laisserait pas les immigrants indifférents. 22 Crise conjugale Le mari se dévoile MAhdiA MellAl Miguel (nom ?ctif ), d\u2019origine colombienne, est arrivé au Québec avec sa femme et sa petite ?lle il y a trois ans et demi.«Les premiers temps de notre arrivée, tout allait très bien.Nous étions comme en vacances.Arrivés à la belle saison, nous avons pris le temps de découvrir la ville de Montréal que nous avons trouvé très jolie.Nous étions encore pleins d\u2019espoir, même si l\u2019incertitude de cette nouvelle aventure demeurait présente dans notre esprit.» Sur les motivations de leur immigration, Miguel répond: «Nous faisons partie des immigrants travailleurs quali?és et dans notre vie antérieure, nous étions professionnellement bien intégrés.Ma femme et moi nous avions une vie assez agréable, des salaires convenables, et nous habitions un quartier tranquille de Bogota.Mais on voulait découvrir autre chose, une autre culture, une autre langue, avancer et par la même occasion améliorer notre situation dans son ensemble et offrir une vie meilleure à notre ?lle.«Nous n\u2019avons pas tout de suite trouvé du travail à cause du handicap de la langue.J\u2019ai entamé mes cours de francisation après deux mois pour y remédier et j\u2019ai poursuivi mon processus d\u2019intégration par les démarches pour la reconnaissance de mes acquis.J\u2019ai même pu trouver du travail dans mon domaine de compétences.Ce qui n\u2019a pas été le cas de ma femme qui ne vivait pas les choses de la même façon.Elle était un peu perdue, elle n\u2019a rien entrepris pour la valorisation de ses acquis professionnels, et elle a dû ensuite prendre un travail dans lequel elle ne s\u2019épanouissait pas, elle trouvait même cela dévalorisant comparé à sa précédente expérience.Quand l\u2019hiver est venu, elle n\u2019a pas pu s\u2019empêcher de déprimer et ça a été le début des disputes entre nous.On ne pouvait plus se parler sans se chicaner.L\u2019idée de retourner au pays nous a traversé l\u2019esprit une courte période, mais vu l\u2019énergie et l\u2019argent qu\u2019on y a mis il n\u2019était pas question de baisser les bras.«Le plus dur, aussi, ça a été de ne pas avoir de cercle d\u2019amis, hormis le couple d\u2019amis colombiens qui nous avait reçus à notre arrivée.Ici les gens sont très respectueux et ne s\u2019occupent pas des affaires des autres.Mais pour dépasser cette étape et tisser une véritable amitié, ce n\u2019est pas possible.Après moins de 2 ans de notre arrivée, nous sommes retournés pour une visite en Colombie et cela nous a fait du bien.Ça a été une pause qui nous a permis de respirer.«Ce qui m\u2019attriste, c\u2019est qu\u2019il a fallu que nous en arrivions à des violences pour saisir la gravité de ce qui nous arrivait.Mais c\u2019est ce qui nous a permis de trouver de l\u2019aide auprès du Centre d\u2019aide aux conjoints.C\u2019est à partir de là qu\u2019on s\u2019est donnés la chance de nous prendre en main et surtout de reconnaître nos dif?cultés.Avant, nous faisions tout pour montrer aux autres que tout allait bien.C\u2019est dommage, mais entre Colombiens nous sommes constamment dans une espèce de concurrence pour montrer qui a le mieux réussi ici, ce qui fait que chacun fait en sorte de montrer qu\u2019il garde la face même si ça n\u2019est pas vrai.«Aujourd\u2019hui, ma femme et moi on a décidé de se donner la chance de tenir nos promesses et de respecter nos objectifs de départ, pour nous et pour notre ?lle qui est si bien intégrée à la société.Elle aime la neige, elle aime vivre ici, même si personnellement je souhaite qu\u2019elle garde aussi des valeurs de sa culture colombienne.«Je me souviens qu\u2019en arrivant au Centre d\u2019aide aux conjoints je me trouvais dans une profonde solitude.» Miguel n\u2019a pu retenir ses larmes en parlant de cela.«Aujourd\u2019hui, cela fait 4 mois que nous sommes en thérapie, et on a appris à tirer des enseignements de nos problèmes et à apprécier ce que nous avons.Une vie paisible et une bonne santé pour surmonter ensemble les obstacles du parcours d\u2019immigrants.Si je devais donner un conseil aux autres immigrants, c\u2019est de ne pas se référer aux histoires des autres.Chaque parcours est unique.Garder ses objectifs en vue, mais s\u2019accorder le temps nécessaire pour les réaliser.Vivre chaque nouvelle étape franchie comme une victoire.» Même si le processus peut être dif- ?cile au début, d\u2019autres couples réussissent à maintenir la cohésion familiale.Ils renversent la vapeur en resserrant les liens de manière à mieux appréhender cette phase transitoire et ainsi faire face à l\u2019orage ensemble en attendant le beau temps. 23 Je découvre Photo: Pixabay.com 25 Législation anti-pitbull et autres chiens La réalité de la rue CAroline leblAnC Pendant longtemps, l\u2019animal a été considéré comme un bien aux yeux de la loi québécoise.Mais depuis 2016, il a obtenu le statut d\u2019être vivant sensible et doué de sensation.Un espoir pour ceux qui, comme moi, pensent que la législation et les actions devraient s\u2019axer sur la prévention et l\u2019intervention en cas de négligence et de cruauté.Malheureusement, la nouvelle réglementation en matière de gestion animalière de la ville de Montréal prouve qu\u2019il reste encore du chemin à faire pour y parvenir.Pour protéger la population, l\u2019administration Coderre a mis en place, dans l\u2019urgence, une règlementa- tion valorisant le bannissement des chiens de type Pitbull, au lieu d\u2019élaborer un programme d\u2019éducation axé sur la prévention des morsures.Pourtant, il a été démontré en Ontario que le taux de morsures n\u2019a pas diminué suite au bannissement de ces types de chiens.Les politiciens ont toutefois décidé, sans tenir compte de la réponse scienti- ?que, de valoriser l\u2019extermination de plusieurs chiens, et ce, sans se soucier des conséquences que peut provoquer une séparation entre le maitre et l\u2019animal en cas de non- conformité.Pour les personnes qui vivent dans un contexte d\u2019itinérance, cette réglementation alourdit leur quotidien et augmente leur stress de perdre leur compagnon de vie.Pour eux, l\u2019animal occupe souvent une place centrale.L\u2019état de bien- être qu\u2019il procure est inestimable.Il est une source de réconfort leur permettant de trouver un sens à la vie et de s\u2019y raccrocher.Ayant moi- même vécu dans la rue et ayant intervenu dans la rue auprès de cette population, j\u2019ai eu la possibilité de constater les nombreux bienfaits d\u2019une telle relation.Les démarches pour se conformer au règlement ont été tellement ardues et complexes que les personnes itinérantes n\u2019avaient pas les ressources nécessaires pour y parvenir.Dans les faits, pour garder leur animal, elles devaient se procurer un harnais, une laisse spéciale et une muselière.Par la suite, elles devaient débourser 150$ pour enregistrer leur animal.Comme tout propriétaire, les personnes itinérantes devaient assister aux cliniques d\u2019enregistrement qui étaient engorgées durant des heures sans avoir de place pour laisser leur animal.En?n, elles devaient trouver l\u2019argent pour vacciner, micropucer et stériliser leur animal et faire une enquête judiciaire pour fournir la preuve qu\u2019il n\u2019a pas de dossier criminel.Malgré que la Ville de Montréal ait soutenu certains d\u2019entre eux par le biais d\u2019organismes en offrant la possibilité d\u2019obtenir une lettre attestant leur situation d\u2019itinérance, les ressources pour le reste des démarches étaient dif?ciles à atteindre.Des personnes itinérantes y sont arrivées avec acharnement, mais beaucoup d\u2019autres ont échoué; il fallait environ 700$ et beaucoup d\u2019énergie pour achever le processus.Un montant colossal pour une personne vivant dans la rue.Et vous, seriez-vous capable de vous conformer aux exigences de la ville si vous n\u2019aviez aucun moyen ?nancier et que vous viviez un contexte de vulnérabilité?Pour celles qui n\u2019y sont pas parvenues, un stress continuel les a envahies à l\u2019idée de perdre leur animal.Pour maintenir leur lien, certaines ont décidé de quitter Montréal pour aller dans une ville sans bannissement.Ce départ précipité les a amenées à couper leur lien avec leur réseau social et les organismes qui les soutenaient.Une coupure drastique qui accentue leur désaf- ?liation sociale et qui les fragilise, car toutes les villes n\u2019ont pas les ressources adaptées à leur problématique.Dans l\u2019impuissance, d\u2019autres continuent d\u2019errer dans la métropole, sachant les risques de faire saisir leur animal.Mais la triste vérité est qu\u2019aucun de ces propriétaires ne peut être sûr de garder son animal, car le Gouvernement du Québec a lui aussi opté pour le bannissement en ciblant les chiens de type Pitbull et Rott Weiller.- Caroline Leblanc est la fondatrice et directrice de l\u2019organisme Solidarité dans la rue.Ayant vécu dans la rue pendant plusieurs années, elle a créé son organisme pour sensibiliser les instances de notre société à la réalité des personnes de la rue avec un animal de compagnie.Aujourd\u2019hui, elle termine une maîtrise en travail social tout en s\u2019investissant dans son organisme. 26 Suicide d\u2019un père Un présent bien passé JeAn-Pierre belleMAre, ex-tolArd Je viens de traverser ce pont, celui où l\u2019homme qui m\u2019a donné la vie a décidé de s\u2019enlever la sienne.Des larmes forcent leur passage, embrouillant ma vue, alourdissant mon pas.Pendant plus de 20 ans, mon jugement en fut embrouillé.Ce père de quatre enfants avait choisi où, quand et comment la mort l\u2019affranchirait.Ses problèmes, d\u2019apparences insurmontables, devinrent sa guillotine.Pour l\u2019adolescent que j\u2019étais, la vie venait de se transformer en cauchemar.Je n\u2019avais plus aucun repère! Perdre un être cher est déjà dif?cile, mais le suicide étant souvent perçu comme un acte de lâcheté, je me retrouvais avec un deuil honteux.Aborder le décès du paternel avec quiconque m\u2019obligeait à révéler une déchirure intérieure que je voulais préserver des commentaires.Il m\u2019a fallu beaucoup de temps et de ré- ?exion pour remettre les morceaux en place, j\u2019étais purement et simplement brisé.Il me fallait trouver un rationnel à son geste, et rapidement, car peu de temps après j\u2019ai caressé le pont Jacques-Cartier avec l\u2019intention de suivre les pas de Rolland.Un automobiliste égaré traversa le pont et s\u2019arrêta à ma hauteur pour s\u2019informer et il découvrit que j\u2019étais une connaissance.Mon nom est Bellemare, lui Lespérance, et beau-frère et belle-sœur se dirigeaient vers le parc d\u2019attractions de La Ronde.Un court échange avec eux et je pris le même chemin.Pour marquer mes 50 ans, j\u2019ai refait le parcours de mon père avec émotion.J\u2019ai terminé sur un banc de parc d\u2019où on pouvait observer le pont.S\u2019était-il déjà assis à cette place pour remettre en question son choix ou pour con?rmer sa décision?Mon père, Rolland, était croyant, mais ses prières et ses chapelets n\u2019ont pas su atténuer sa souffrance.Trop souvent des croyants comme lui ont attendu que leur Dieu vienne les secourir, mais ils en sont morts en salle d\u2019attente.Notre existence devrait servir à améliorer la vie des autres par différents moyens.Des sourires, des câlins, des attentions, à ceux qui en ont véritablement besoin, ceux dont on détourne le nez, les yeux et la compassion.J\u2019ai tourné la page à plusieurs reprises, et aujourd\u2019hui j\u2019en ferme le livre.Une nouvelle histoire commence et elle se compose de renouveau.J\u2019ai fait un arrêt à la SPCA de Sherbrooke en demandant quel serait le prochain animal à mourir.Je le voulais.Une longue discussion s\u2019en suivit et j\u2019ai ?nalement sauvé un lapin de la mort.Ce qui comptait était de sauver une vie, je l\u2019ai prénommé Rolland.Ma conjointe adore les lapins, alors il sera choyé.Je suis retourné dans mon traintrain quotidien avec une plus grande paix.Mon patron tente de vendre l\u2019entreprise, que grand bien lui fasse, je n\u2019ai pas de souci pour aujourd\u2019hui et c\u2019est tout ce qui compte maintenant.Demain est un autre jour.S\u2019était-il déjà assis à cette place pour remettre en question son choix ou pour con?rmer sa décision? 27 Je découvre 28 Histoire d\u2019horreur La gale! L\u2019invitée indésirable Colin MCGreGor - CFF de lAvAl L\u2019histoire a eu lieu lorsque j\u2019étais en détention, en tranfert d\u2019une prison à une autre.Allongé sur le matelas du haut d\u2019un lit superposable dans une cellule de 7 x 10 pieds, nous avons subis mon compagnon cellule et de moi, de terribles démangeaisons.Des zébrures rouges se sont développées sur toute notre peau, surtout au niveau de la partie inférieure de nos jambes et bras.Mon compagnon en souffrait plus que moi: ses zébrures se sont étendu jusqu\u2019à son ventre.La nuit, on se grattait tellement furieusement que le bruit de l\u2019un pouvait réveiller l\u2019autre.«Ces docteurs stupides ne veulent pas me voir», se plaignait-il.«Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ce bordel?» Un jour -c\u2019était un vendredi- l\u2019équipe médicale débordée de la prison appela son nom.Lâchant des jurons comme\u2026 comme tout détenu en prison\u2026 Il se leva et s\u2019en alla.Quelques minutes plus tard, mon nom fut appelé, chose bizarre puisque je n\u2019avais pas demandé de rendez-vous.Ma peau était depuis toujours mauvaise\u2026 Je me suis dirigé vers le poste des soins in?rmiers, où deux in?rmières se tenaient à quelques mètres de moi et regardaient, horri?ées, mes chevilles sanglantes.«La gale.» Cette chose que vous ne souhaiteriez jamais avoir, et certainement pas dans un espace clos.Nous sommes instantanément devenus les personnes les moins populaires de la prison, qui est remplie de personnes extrêmement impopulaires, chose qui était déjà un véritable exploit.Petit acarien La gale est une maladie qui infecte la peau.Elle commence par une petite bosse, puis se propage sous une forme de zébrures rouges et sanglantes.Le cas ressemble à beaucoup d\u2019autres problèmes de peau, tels que le zona.La gale est une sorte de ?lm d\u2019horreur.Elle est causée par un petit insecte brun à 8 pattes, un acarien, ayant une forme de tortue.Et ce parasite Scarpotes Scabiei ne peut pas être vu à l\u2019œil nu.P h o t o : P i x a b a y .c o m 29 Les acariens femelles creusent sous votre peau, souvent se fau?- lant entre vos doigts, orteils, ou vos «parties intimes».Une fois qu\u2019elles accèdent à l\u2019intérieur de votre peau, elles prennent leur temps pour creuser jusqu\u2019à ce qu\u2019elles trouvent un endroit agréable pour pondre leurs œufs.Vous rappelez- vous de ces scènes du ?lm Alien, lorsqu\u2019un animal denté perce la paroi de l\u2019estomac d\u2019astronautes, montrant ses dents en triomphe avant de prendre la fuite dans la station spatiale?C\u2019est la même sensation.C\u2019est effrayant.Tout ce que vous touchez doit rester dans un sac en plastique pendant 7 jours, ou peut-être même brûlé.Les douches chaudes sont une nécessité, pour faire cuire ses petits diables se trouvant sous votre peau et vous en débarrasser.Il n\u2019y a jamais eu meilleur argument pour prendre des douches chaudes régulières.Les acariens peuvent creuser jusqu\u2019à 1/5ème d\u2019un centimètre par jour, et peuvent vivre à l\u2019intérieur de vous pendant plusieurs semaines avant que vous le remarquiez.Non seulement cela, mais les médecins ne peuvent jamais con?rmer que vous avez ou aviez eu la gale.Les insectes sont trop petits pour être détectés, et il n\u2019existe aucun test dé?nitif.En prison, lorsqu\u2019on remarque des démangeaisons, une peau rouge et des bosses, on assume qu\u2019il s\u2019agit de la gale.Être traité comme un porteur de la gale est une expérience insultante, que vous l\u2019ayez ou non.La solitude Nous criant dessus à travers les portes de cellules, mon compagnon et moi prenions des douches séparées en couvrant, de ce qu\u2019on nous a dit, être une crème très chère.Nos repas nous ont été apportés par des bénévoles pas très disposés.La gale est un événement semi-régulier en prison, il existe donc un protocole dont tout le monde est au courant.Vos vêtements sont emportés dans des sacs à risque biologique, vous faisant sentir moins humain, comme si cela ne suf?sait pas d\u2019être emprisonné.Vous êtes isolé du reste de la population carcérale le temps d\u2019appliquer vos crèmes et de rester en attente.Suivant les ordres du médecin, je me suis enduis de crèmes, pris mes douches, changé mes vêtements à plusieurs reprises, et beaucoup lu.J\u2019ai essayé de ne pas me gratter la nuit, juste pour que mon compagnon de chambre puisse dormir.Celui-ci est devenu de plus en plus exaspéré.Il venait d\u2019être condamné à sa première peine de prison.En plus de la gale, Il avait beaucoup de choses à digérer.En ?n de compte, j\u2019ai réussi à convaincre la plupart des prisonniers qui me criaient dessus que contracter la gale n\u2019était pas de ma faute.Après deux semaines de crèmes et de solitude, mes éruptions se sont évaporées.Était-ce la gale après tout?Je ne le saurai jamais.Je découvre ?Je m\u2019abonne à Reflet de Société ?1 an - 6 numéros 49,95$ ?2 ans - 12 numéros 89,95$ ?3 ans - 18 numéros 119,95$ ?International, 1 an - 55,00$ Taxes incluses.?Je fais un don : Chèque ou mandat à l\u2019ordre de : Re?et de Société 4264 rue Ste-Catherine Est Montréal, H1V 1X6 (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 S\u2019abonner à Re?et de Société est une manière originale de soutenir notre action auprès des jeunes.Prénom : Nom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Nº carte : |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| ?Visa ?Mastercard ?Amex Date expiration : |_||_||_||_| Signature : Général Aide juridique Hochelaga (514)864-7313 Protection de la jeunesse 1-800-665-1414 Info-santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence Montréal (514)527-1375 Centres de crise de Montréal Tracom (centre-ouest) (514)483-3033 Iris (nord) (514)388-9233 L\u2019Entremise (est-centre-est) (514)351-9592 L\u2019Autre-maison (sud-ouest) (514)768-7225 Centre de crise Québec (418)688-4240 L\u2019ouest de l\u2019île (514)684-6160 L\u2019Accès (450)679-8689 Archipel d\u2019Entraide (418)649-9145 Prévention du suicide (418)683-4588 Drogue et 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