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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Septembre - Octobre 2017
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Reflet de société /, 2017, Collections de BAnQ.

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[" \u2018RefletdeSoci été Un regard différent sur notre, Vol.26 nt Septembre - Odfobre 2017 * TROUSSE DE NALOXONE 1 2 ® \u2014 Cd ce = - 24 Faisle911 Injecte Réanime Inject td nalsxonc Tm #78 4 + 2 3 Éditorial Delphine CAUBeT www.refletdesociete.com 4 Pour ce numéro, le rédacteur en chef de Re?et de Société a laissé sa place pour l\u2019éditorial à sa chef de pupitre, moi-même.Si certains d\u2019entre vous se sont déjà posés la question de ce qu\u2019était un chef de pupitre, sachez que c\u2019est la personne qui coordonne les affaires internes du magazine.Le rédacteur en chef serait un peu comme le premier ministre, tandis que le chef de pupitre serait le secrétaire d\u2019état.Chacun à ses dossiers et parfois nos plates-bandes se rejoignent.Et comme à Re?et de Société on ne fait rien comme les autres, le chef de pupitre est recruté par le volet maison d\u2019édition (les Éditions TNT) pour jouer le chef d\u2019orchestre entre les auteurs, l\u2019imprimeur et la foule d\u2019autres partenaires.Probablement que mon jupon a un peu dépassé par moment et que vous l\u2019avez noté: je suis Française.Du sud de la France (une précision importante pour moi).Je suis arrivée au Québec en 2009 alors que je n\u2019avais que 20 ans et un DEC en poche.J\u2019ai fait mes études universitaires au Québec et c\u2019est quelques années plus tard, fraîchement diplômée, que Raymond Viger et Re?et de Société m\u2019ont embauchée.Début 2017, pour des raisons administratives et ?nancières, l\u2019organisme effectue plusieurs changements, dont la séparation des Éditions TNT.Elles deviennent une entité à part, administrativement différente de Re?et de Société.Et c\u2019est là que Raymond Viger me propose de devenir présidente de ce nouvel organisme.Bien sûr, je saute sur l\u2019occasion.Peu de temps après, en épluchant la loi sur le livre (loi provinciale), j\u2019ai découvert un fait qui m\u2019a fait tomber de ma chaise: au Québec pour être un libraire, éditeur ou distributeur agréé, il faut être un citoyen canadien résident au Québec.Même si nous étions plusieurs sur le conseil d\u2019administration et que j\u2019étais la seule avec une résidence permanente, ça ne passe pas.Je dois quitter le conseil d\u2019administration sous peine de ne plus rendre conformes les Éditions TNT à la loi sur le livre.Cette précision de la loi sur le livre me laisse totalement pantoise.Actuellement, je suis résidente permanente au Canada.Concrètement, c\u2019est l\u2019étape juste avant la citoyenneté.Ça veut dire que je suis éligible pour des subventions, que je peux pas mal tout faire, à part voter.En étant si restrictif avec sa loi sur le livre, le Québec envoie un message totalement incohérent: c\u2019est d\u2019accord pour te donner de l\u2019argent et t\u2019aider à te trouver un travail, mais si tu veux participer à la vie culturelle de la province et créer ton propre travail dans le milieu du livre (même avec une participation minoritaire), c\u2019est non.Mais cette loi n\u2019exclut pas uniquement les migrants, elle met de côté également les Canadiens non-résidents au Québec.Datant de 1981, cette loi avait probablement pour objectif de limiter le nombre de parutions en anglais sur le marché québécois.Sauf qu\u2019en 2017, cette loi est devenue archaïque.Grâce à Internet et aux plateformes de livres numériques, du contenu de toutes langues est disponible instantanément.Nous-mêmes, grâce à l\u2019entrepôt numérique avec lequel nous collaborons, rendons nos livres accessibles dans des pays avec qui nous n\u2019avons aucun lien.Des livres de Raymond Viger ont été vendus au Luxembourg alors que nous ne travaillons pas ce marché.Alors, lorsque l\u2019on compare la rigueur de la loi sur le livre avec la réalité du terrain, la différence est vertigineuse.Nous avons pris contact au printemps dernier avec des élus pour en savoir davantage sur cette loi, et pour peut-être la moderniser.Mais à ce jour, aucune information concluante ne nous a été transmise.Faut-il réformer la loi sur le livre?En 2017, cette loi est devenue archaïque.Grâce à Internet et aux plateformes de livres numériques, du contenu de toutes langues est disponible instantanément. 5 Je découvre ! 6 ReletdeSociété Service aux abonnés Changement d\u2019adresse 514-256-9000 abonnes@re?etdesociete.com goo.gl/dE51DH 4264 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc H1V 1X6 Tél: 514-256-9000 \u2022 Fax: 514-256-9444 \u2022 Sans frais: 1-877-256-9009 info@re?etdesociete.com \u2022 refletdesociete.com ISSN : 1711-7860 Directrice administrative Danielle Simard 514-256-9000 journal@journaldelarue.ca Éditeur / Rédacteur en chef Raymond Viger 514-256-4467 raymondviger@hotmail.com Publicité et commandite Pierre Sureau 418-269-3992 Collaborateurs Normand Charest, Louise Gagné, Jean-Claude Leclerc, Nicole Viau.Pupitre Delphine Caubet.Corrections Karyn P.Valéry.Journalistes Justine Aubry, Jean-Pierre Bellemare, Delphine Caubet, Caroline Leblanc, Colin McGregor, Mélina Soucy, Raymond Viger.Infographie Delphine Caubet Juan Carlos Sanchez Lopez.Illustrateurs Cyril, Mabi, Sank.Notre mission: Le Journal de la Rue est un organisme à but non-lucratif qui a comme principale mission d\u2019aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.Membres de : \u2022 Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) \u2022 Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) \u2022 Magazine Canada (CMPA) \u2022 Association des médias écrits communautaire du Québec (AMECQ) \u2022 Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est autorisée à condition d\u2019en mentionnéer la soucer.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Re?et de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Re?et de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques socioculturelles (violence, santé, environnement, prostitution.).Nous proposons des solutions et des ressources.Re?et de Société dispose d\u2019un fonds de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l\u2019organisme récupère les frais dans ce fonds.C\u2019est une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes.Ne me jette pas, passe-moi à un ami 8,95$ l\u2019unité.Génétique Racisme plus fort que la génétique Les suprémacistes blancs américains ont un nouveau passe-temps: tester leur ADN pour découvrir s\u2019ils sont 100% Blanc.Certains ont cependant de la dif?culté à accepter les résultats.Les sociologues Aaron Panofsky et Joan Donovan ont analysé les arguments de plusieurs nationalistes blancs du forum Stormfront qui s\u2019étaient fait tester pour élaborer leur étude.Les gens qui n\u2019étaient « pas purement blanc » tentaient de se convaincre du contraire en disant que la couleur de leur peau ne pouvait pas leur mentir sur leurs origines.D\u2019autres accusaient même l\u2019entreprise de truquer les résultats puisqu\u2019elle est présidée par des Juifs.Certains reprochaient même aux généticiens de prendre pour acquis que les Américains détenaient du sang d\u2019Amérindiens et que le test était donc biaisé.Source: Agence Science-Presse.Sécurité routière Marcher et texter: un danger?En 2016, 63 piétons ont été tués selon le bilan routier du Québec.Cela représente une hausse de 40% comparativement à 2015.Le nombre de décès ayant été également en hausse aux États-Unis en 2016, les experts américains ont avancé une nouvelle hypothèse sur les causes de cette augmentation.Selon eux, la distraction créée par les téléphones cellulaires serait 7 à l\u2019origine du problème.L\u2019étude révèle que 48% des piétons considérés comme imprudents le sont à cause de leur téléphone.Le pourcentage des accidents occasionnés par un conducteur distrait par son appareil téléphonique s\u2019élève quant à lui à 64%.Cependant, la raison réelle de l\u2019augmentation des décès piétonniers ne peut pas être attribuée qu\u2019à la technologie.Le bilan routier de la SAAQ attribue cette hausse «principalement à l\u2019augmentation des décès chez les piétons âgés de 75 ans ou plus».Source : Agence France-Presse Éducation Coder c\u2019est essentiel Le 14 juin 2017, le gouvernement fédéral a lancé CodeCan, un programme de codage de 50 millions de dollars à l\u2019intention des jeunes du pays.500 000 élèves âgés entre 5 et 17 ans béné?cieront à partir de septembre prochain, et ce pendant 2 ans, de cours qui les aideront à développer des compétences sur le codage ainsi que sur le développement numérique.L\u2019apprentissage du codage est devenu une compétence essentielle pour beaucoup d\u2019emplois ainsi que pour faire son entrée sur le marché du travail.Le projet cherche aussi à inciter les femmes et les minorités sous-représentées à s\u2019intéresser plus à des carrières scienti?ques.Depuis 2012, l\u2019engouement mondial pour l\u2019éducation des jeunes au codage a considérablement augmenté.Certains pays comme l\u2019Estonie, l\u2019Angleterre et certains États américains ont même intégré les cours de codage à leur programme scolaire.Source: CNW Sexualité Guérir par le jeu Le nombre de chlamydiae est en hausse constante chez les jeunes Québécois âgés entre 15 et 24 ans.Les chercheuses Lise Renaud et Louise Sauvé se sont donc tournées vers les applications mobiles et les jeux vidéo pour sensibiliser les jeunes.En plus d\u2019abaisser des barrières comme la gêne face à l\u2019éducation sexuelle, les interfaces virtuelles se propagent rapidement et n\u2019ont pas de limites géographiques.Elles peuvent donc informer plus de gens plus vite.Toutefois, les jeunes ne sont pas dupes devant un message éducatif déguisé en plateforme ludique comme le précisent certains designers de jeux.Le succès de ces applications n\u2019est pas encore assuré.Source: Agence Science-Presse Environnement Éviter la surpêche par l\u2019amour En période de reproduction, plusieurs espèces de poissons circulent en grands bancs.C\u2019est pendant cette phase que les poissons deviennent les plus vulnérables et faciles à localiser, car les mâles émettent des bruits retentissants qui les distinguent des autres formes de vie sous-marines.A?n de protéger les poissons des pê- cheurs, des chercheurs californiens ont mis au point une technique simple et peu coûteuse pour assurer leur protection.À l\u2019aide de microphones sous-marins, ces experts sont capables d\u2019identi?er le nombre de poissons, leur emplacement et le moment de la reproduction, en écoutant leurs appels amoureux.En 2017, un tiers des réserves de poissons du monde fait l\u2019objet d\u2019une surpêche.Cette nouvelle technologie permettra de mieux protéger les espèces qui crient trop fort leur amour.Source : Agence France-Presse Santé Réanimer le cerveau?Un groupe de chercheurs de la compagnie Bioquark est arrivé au stade ?nal d\u2019une expérience qui vise à redonner vie à un animal déclaré cérébralement mort.Il ne leur reste plus qu\u2019à trouver un endroit en Amérique latine qui accepte qu\u2019ils effectuent des essais cliniques.Pour réanimer les morts, les scien- ti?ques injecteraient des cellules souches et des protéines dans leur moelle épinière, tout en stimulant le cerveau avec des lasers et des chocs électriques.Ils espèrent ainsi créer de nouveaux neurones et l\u2019in- ?ux qui les lient entre eux.Bien qu\u2019un rétablissement complet des patients ressuscités soit souhaité, les chercheurs disent qu\u2019il ne s\u2019agit pas de leur premier objectif.Selon la neurologue Ariane Lewis, sur le plan éthique ces recherches ne seraient jamais tolérées aux États-Unis.Source: Agence Science-Presse 8 Photo: Juan Carlos Sanchez Lopez. 9 La loi sur les Bons samaritains Mélina Soucy Saviez-vous que depuis le 4 mai 2017, vous béné- ?ciez d\u2019une protection juridique si vous appelez les services d\u2019urgence pour aider une personne en surdose?En réponse à l\u2019augmentation du nombre de décès causés par les opioïdes comme le fentanyl au Canada, le gouvernement fédéral a mis sur pied la loi sur les Bons samaritains secourant les victimes de surdoses.Que dit la loi?Auparavant la loi sur les bons samaritains obligeait seulement les citoyens à aider leurs semblables s\u2019ils se trouvaient dans une situation dangereuse pour leur intégrité physique, et ce, dans la mesure de leurs capacités.Cette loi fait maintenant en sorte que si vous appelez le 911 pour sauver votre ami ou une personne en état de surdosage et que vous avez une possession simple sur vous, la preuve ne peut pas être retenue contre vous.Donc, même si la police vous arrête, elle ne pourra pas vous inculper.Re?et de Société a contacté le service de police de Montréal (SPVM) en juillet 2017 pour savoir si la loi était appliquée, la réponse reste ambiguë: «Il est prématuré pour le SPVM de répondre à votre question, vu que la Loi sur les bons samaritains est entrée en vigueur récemment», a écrit par courriel le service des relations médias du SPVM.Cette immunité s\u2019applique aussi si vous êtes en libération conditionnelle ou en probation en lien avec la possession de drogue.La violation de votre ordonnance ne vous est donc pas reprochée si vous êtes dans cette situation.Comment faire plus?«Ce qu\u2019on voit aux nouvelles est bel et bien réel, explique Christopher, un pair formateur chez Méta- d\u2019Âme, une association fondée sur l\u2019autohabilitation et l\u2019entraide entre consommateurs d\u2019opioïdes en réintégration dans la société.Y a plein d\u2019overdoses au Canada et c\u2019est à cause du fentanyl principalement.De plus en plus de drogues, comme la phéncyclidine, sont coupées avec du fentanyl, ce qui augmente leurs effets psychotropes.On veut changer ça avec notre formation qui s\u2019adresse à tout le monde, mais principalement aux consommateurs de drogues.Sauf que ce sont des gens dif?ciles à rejoindre».Leur formation s\u2019appelle PRO- FAN pour Prévenir, réduire les overdoses, former et accéder à la naloxone.Elle est offerte depuis maintenant 3 ans par Méta-d\u2019âme.En plus de sensibiliser les consommateurs aux surdoses, PROFAN facilite l\u2019accès à la naloxone, un médicament agissant comme un antidote face aux opioïdes.Ce sont des usagers (consommateurs ou anciens consommateurs d\u2019opioïdes) qui donnent la formation à leurs pairs.«La plus grande peur des toxicomanes que l\u2019on forme, c\u2019est de se faire arrêter une fois qu\u2019ils ont appelé les secours, renchérit le pair formateur.Dans les piqueries, c\u2019est pas rare qu\u2019ils décident de jeter le gars en overdose sur le trottoir ou dans une benne à ordures.On les informe donc sur la loi sur les Bons samaritains.En plus, depuis que l\u2019on donne la formation, il n\u2019y a pas eu d\u2019arrestation.La police des quartiers comme Hochelaga-Mai- sonneuve est sensibilisée à cette réalité.» D\u2019une durée d\u2019environ 4 heures, la formation PROFAN permet aux gens d\u2019identi?er les surdoses d\u2019opioïdes, de les prévenir et d\u2019agir en leur présence.Somme toute, les étapes pour sauver une personne dans cet état sont simples.Il faut d\u2019abord appeler le 911, puis injecter la première dose de naloxone, faire le RCR (réanimation cardiorespiratoire) pendant 5 minutes, puis injecter la seconde dose de naloxone comprise dans la trousse de secours fournit à la ?n de la formation.«Le seul problème pour le moment, c\u2019est que les formateurs n\u2019ont pas leur RCR.Ils ne peuvent donc pas l\u2019enseigner.Aussi, il n\u2019y a que 4 pharmacies à Montréal qui offrent le kit d\u2019intervention aux gens formés en ce moment», déplore Christopher.Chantale Perron, responsable de PROFAN, craint quant à elle que le 10 gouvernement ne renouvelle pas le ?nancement de la formation à la naloxone si elle ne devient pas obligatoire.«Pourtant, il y a un réel besoin que les formations PROFAN continuent d\u2019être offertes en continuité, note Chantale.Nous souhaitons que le gouvernement n\u2019aura pas besoin d\u2019attendre qu\u2019il y a ait une crise d\u2019overdoses aussi grave qu\u2019à Vancouver, et que d\u2019autres personnes meurent avant qu\u2019il ne prenne une décision rapide et éclairée.» Comment faire?Pour l\u2019instant la formation donnant accès à la naloxone demeure une initiative de la Direction de la Santé publique de Montréal.Elle ne s\u2019étend pas à toute la province.Cependant, le ministère de la Santé publique est en train de créer une ordonnance collective provinciale qui rendra la naloxone disponible gratuitement dans toutes les pharmacies au Québec pour les gens qui ont une carte d\u2019assurance maladie.Pour l\u2019accès communautaire, c\u2019est-à-dire pour ceux qui n\u2019ont pas de carte d\u2019assurance maladie, la seule formation disponible est montréalaise.Pour recevoir la formation PRO- FAN, il faut faire partie d\u2019un groupe spéci?que.«Les personnes éligibles à PROFAN sont celles qui consomment ou ont déjà consommé n\u2019importe quelles sorte de drogue, de n\u2019importe quelle manière, ainsi que leur proches.C\u2019est-à-dire: les conjoints(tes), amis(es) famille, intervenants qui sont des pairs, et des intervenants, bénévoles ou stagiaires», explique Chantale Perron.L\u2019accès gratuit à la naloxone n\u2019est pas restreint aux gens qui ont reçu une formation pour l\u2019administrer.Elle n\u2019est cependant pas accessible dans toutes les pharmacies pour le moment.Les ambassadeurs de PROFAN suggèrent fortement de suivre la formation pour bien administrer l\u2019antidote en toute sécurité.Avis aux lecteurs: Les surdoses dues au fentanyl et l\u2019accès au naloxone est un sujet d\u2019actualité qui évolue régulièrement.Pour connaître les pharmacies participantes et les pré- requis pour obtenir le naloxone gratuitement, rejoignez Méta- d\u2019âme: 514-528-6999 ou metadame.org.La loi sur les bons samaritains: les origines et les mythes Avant d\u2019être boni?ée par le gouvernement cette année, cette loi obligeait seulement les citoyens à porter secours, au maximum de leurs capacités, à une autre personne dont la vie est en danger.Si vos capacités et connaissances ne vous permettent que d\u2019appeler les secours, vous avez rempli votre devoir de citoyen.Vous n\u2019êtes également pas dans l\u2019obligation de secourir quelqu\u2019un si votre intervention poserait un risque pour votre vie ou celle de personnes environnantes.Certaines personnes s\u2019abstiennent de porter secours à l\u2019autre par peur d\u2019être tenues responsables des dommages que pourraient entraîner leur aide.Pourtant, la loi prévoit qu\u2019un bon samaritain ne peut pas être tenu responsable dans une telle situation.Excepté s\u2019il a intentionnellement voulu nuire à la personne ou qu\u2019elle a été insouciante dans sa conduite.Je découvre ! Je découvre ! 11 Témoignage Rester pour les sauver Mélina Soucy «Dans le milieu, la plupart des gens se sauvent quand il y a une overdose, parce qu\u2019ils ont des casiers judiciaires, des mandats d\u2019arrestation, vendent de la drogue ou en ont sur eux», explique Julie (nom ?ctif ), une ex-toxicomane dans la mi-trentaine.La loi sur les bons samaritains pourrait donc convaincre les toxicomanes de sauver leurs camarades.Pendant les 9 années qu\u2019elle a consommé, Julie ne s\u2019est jamais enfuie lorsque les gens étaient en surdosage.Il y a cependant deux histoires qui l\u2019ont marquée plus que les autres.«La première histoire s\u2019est déroulée au début de ma consommation de drogues.C\u2019était la veille de Noël.Y\u2019a un gars dans son char qui m\u2019a abordée.Il cherchait du crack.On était une p\u2019tite gang, on a embarqué avec lui et on est allés en chercher.Le gars me montrait les photos de ses deux p\u2019tites ?lles, pendant qu\u2019on était avec le vendeur».Puis, ça a dérapé.«La crise est arrivée dans son char.Les autres toxicomanes ont eu peur.Ils ont poussé le gars en dehors de son char.Ils lui ont tout volé: sa voiture, ses clés, son portefeuille.J\u2019suis restée avec le père de famille.C\u2019était un toxicomane occasionnel, mais là ça faisait 2 jours qu\u2019il était là-dessus».«J\u2019ai appelé le 911 pour la première fois.Je me suis fait arrêter, car je n\u2019étais pas allée comparaître pour un autre délit.Quand ils t\u2019arrêtent, ils te fouillent.J\u2019avais de la dope sur moi encore.Je leur ai dit avant qu\u2019ils commencent à me fouiller.Ça sert à rien de mentir, ils vont la trouver».Cette fois-là, la police a emmené Julie au poste pour s\u2019assurer qu\u2019elle comparaisse.Elle est passée devant un juge et a reçu une libération sous caution.«La deuxième fois date de la ?n de ma consommation.À l\u2019époque je consommais de l\u2019héroïne, du fentanyl, du cannabis, bref, j\u2019ai pas mal tout essayé.J\u2019étais dans un crackhouse.Tout le monde était intoxiqué et n\u2019était pas en mesure de réagir à une éventuelle crise.Il y avait un homme en overdose sur le sol.Les gens l\u2019ignoraient et faisaient comme si de rien n\u2019était.Ç\u2019a pas de sens de laisser quelqu\u2019un dans cet état-là! Il y avait une caserne de pompiers pas loin, donc j\u2019ai couru jusque là-bas pour chercher de l\u2019aide», raconte la trentenaire.Après avoir placé le toxicomane en crise sur une civière, les policiers ont arrêté Julie.«J\u2019avais encore de la dope sur moi, mais je pouvais pas le laisser de même», af?rme-t-elle.Après avoir été amenée au poste, Julie a passé en cour.Le juge lui a donné une libération sous caution, encore une fois.Aujourd\u2019hui, Julie vit avec son chum et un autre coloc.Elle a arrêté les drogues dures depuis 1 an et demi et est retournée aux études.Après avoir réussi son équivalence de secondaire 5, elle veut étudier pour devenir travailleuse de rue pour aider ses pairs à s\u2019en sortir.Julie ne croit cependant pas que la loi qui protège les toxicomanes contre certains délits fera une différence pour l\u2019instant, puisque personne ne sait qu\u2019elle est en vigueur.«Il va falloir que les organismes et les travailleurs de rue informent les toxicomanes pour prévenir les morts.La loi ne sera pas utile sinon», croit Julie.Loi sur les Bons samaritains Cette loi donne l\u2019immunité aux personnes qui appellent le 911 pour aider quelqu\u2019un en état de surdosage.Elle donne une protection juridique contre plusieurs délits, dont les possessions simples.Grâce à cette loi, si une personne a de la drogue sur elle et qu\u2019elle appelle les secours, la police ne peut pas l\u2019arrêter.Cette protection juridique s\u2019applique aussi si vous êtes en libération conditionnelle ou en probation en lien avec la possession de drogue. 12 Arrêt Jordan Quand la Justice tient tête à la Justice anne ReiTZeR Le vendredi 16 juin 2017, les juges de la Cour suprême ont rendu un verdict unanime pour libérer James Coby de toutes les accusations qui pesaient contre lui.Le motif: son procès a duré trop longtemps, plus de 60 mois.La Cour rappelle ainsi qu\u2019il est temps que les provinces respectent les délais de traitement des procès.Rappelez-vous, le 8 juillet 2016, la Cour suprême du Canada rendait l\u2019arrêt Jordan.Cet arrêt est exceptionnel et historique car il oblige la justice à entendre une cause dans un délai raisonnable, en accord avec la Charte des droits et libertés de la personne.Dans son jugement, la Cour a limité le délai à 18 mois pour un procès en cour provinciale et à 30 mois devant une cour supérieure, sauf circonstances exceptionnelles.Pour mieux comprendre cet arrêt, il faut revenir en décembre 2008.À cette époque, Barret Richard Jordan est inculpé pour une affaire de drogues en Colombie-Britannique.Il devra attendre presque cinq ans avant d\u2019être jugé coupable.C\u2019est pourquoi les avocats de Jordan ont décidé d\u2019aller jusqu\u2019en Cour suprême, estimant le délai de 49 mois totalement déraisonnable.La Cour suprême fut d\u2019accord avec eux et invalida la condamnation de M.Jordan.James Coby, quant à lui, a été accusé d\u2019infractions liées aux drogues et aux armes le 12 janvier 2010.Mais entre le moment où Coby a été accusé et la date à laquelle son procès devait se dérouler, cinq années entières se sont écoulées.C\u2019est pourquoi les avocats de l\u2019accusé ont décidé de faire appel à l\u2019article 11B de la Charte canadienne des droits et libertés, qui stipule que «l\u2019inculpé a droit d\u2019être jugé dans un délai raisonnable».Même si l\u2019arrêt Jordan a été mis en vigueur après les accusations liées à James Coby, les juges ont estimé que la Charte canadienne avait tout de même été violée et qu\u2019en conséquence, il devait être libéré.Si les provinces du Québec, de l\u2019Alberta, du Manitoba et de la Co- lombie-Britannique ont demandé à la Cour Suprême, en avril 2017, un assouplissement des critères de l\u2019arrêt Jordan pour «maintenir la con?ance du public envers la justice», la réponse de la Cour suprême a été très claire.Selon elle, les provinces ont laissé s\u2019installer une «culture de complaisance à l\u2019égard des délais dans le système de justice criminelle» et les procès qui durent plus de 30 mois portent atteinte aux droits des accusés.En effet, avant leur procès, les accusés sont présumés innocents.De ce fait, pour ces personnes incarcérées, le stress, l\u2019attente, l\u2019isolement et l\u2019exclusion sont des éléments qui contreviennent indéniablement à leur dignité.Même si certaines personnes sont reconnues coupables, d\u2019autres sont acquittées.La longueur du jugement rend dif?- cile leur réinsertion dans la société à cause de la stigmatisation.Si l\u2019arrêt Jordan pourrait toucher plus de 800 arrêts de procédures, dont environ 485 criminelles, la durée irraisonnable est aussi un véritable poids pour les victimes.En effet, dans la majorité des cas, il est dif?cile pour elles de faire leur deuil avant que le procès soit passé.Cependant, la Cour suprême a tout de même tenu à rappeler que certaines circonstances exceptionnelles pouvaient annuler les nouveaux délais de traitement des procès comme la complexité de l\u2019affaire, le préjudice subi et la gravité de l\u2019infraction.Cour suprême La Cour suprême constitue le tribunal de dernier ressort, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle est le dernier recours judiciaire.Composée de 9 juges (dont 3 obligatoirement du Québec), elle est habilitée à prendre des décisions en matières civile, criminelle et constitutionnelles.Que ce soit au Québec ou dans les provinces et territoires.Ses missions sont d\u2019interpréter la constitution canadienne, de déterminer si les lois respectent la constitution et en?n d\u2019interprêter les lois fédérales et provinciales. 13 Je découvre ! 14 Sites d\u2019injection supervisée (SIS) Un long débat RayMond VigeR Depuis plus d\u2019un quart de siècle, les travailleurs de rue sillonnent les rues pour échanger les seringues souillées des personnes toxicomanes et leur remettre du matériel propre et adéquat.Cela fait partie d\u2019une intervention de réduction des méfaits, autant pour la personne toxicomane que pour la société en général.Les deux lieux autorisés par Santé Canada pour l\u2019ouverture d\u2019un SIS ne s\u2019est pas fait par hasard.Cactus, et Dopamine sont des organismes qui font partie des pionniers dans ce genre d\u2019intervention.En choisissant d\u2019y ouvrir un SIS, on ne déplace pas les personnes toxicomanes dans un nouveau secteur.Ils y sont déjà présents depuis très longtemps.En 2003, Vancouver voit l\u2019ouverture du premier SIS en Amérique du Nord: Insite.Les intervenants qui ont soutenu ce projet en ont arraché pour y arriver.Et ils doivent encore et toujours se battre pour conserver leurs acquis.En 2008, malgré l\u2019opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique, de son ministère de la Santé, de la municipalité de Vancouver et des corps policiers, le gouvernement de Stephen Harper tente de le fermer.Un débat juridique qui durera trois années et qui est passé par la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique et la Cour suprême du Canada.En 2011, cette saga judiciaire avait fait reculer le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, ainsi que le Premier ministre Jean Cha- rest, sur l\u2019ouverture prévue de ces centres au Québec.En 2017, six années après que les avocats de Stephen Harper aient mordu la poussière en Cour suprême, le gouvernement de Philippe Couillard autorise ?nale- ment l\u2019ouverture de trois SIS au Québec.Faut-il se satisfaire de cette avancée sociale?Bien sûr qu\u2019un SIS répond à plusieurs besoins sociaux criants.Mais à Montréal, contrairement à Vancouver, nous avons oublié le principal.Bienfaits d\u2019un SIS Être présent auprès d\u2019une personne toxicomane lors de sa consommation permet de réagir rapidement lors d\u2019une overdose.Cela peut faire une très grande différence, permettant de diminuer les risques de complications et parfois d\u2019éviter le décès de la personne.Il arrive trop souvent qu\u2019un junkie utilise de l\u2019eau malpropre ou des seringues souillées pour s\u2019injecter.En fournissant du matériel adéquat, nous évitons la propagation de plusieurs maladies.Certains diront pourquoi s\u2019en inquiéter, ce ne sont que des junkies et tant pis pour ceux qui auront une relation sexuelle avec ce «genre» de personnes.Peut-être.Mais on sait que plusieurs de ces toxicomanes se prostituent.Et leurs clients peuvent se retrouver dans toutes les sphères de la société.Et une gentille jeune ?lle pourrait bien avoir une relation sexuelle avec un beau jeune homme qui aurait eu une relation avec une de ces personnes toxicomanes.Personne ne peut se sentir 100% à l\u2019abri.De plus, il ne faut pas oublier qu\u2019en récupérant le matériel utilisé, les SIS permettent de diminuer le nombre de seringues souillées trouvées dans nos rues et dans nos parcs, protégeant ainsi nos enfants. 15 Quand un junkie se pique tout croche un peu partout dans les membres, il y a un risque majeur d\u2019infections qui parfois nécessitent une amputation.On ne peut ignorer une aggravation des infections et des amputations qui signi?ent le recours au 911, des transports en ambulance, des admissions aux urgences ainsi que des soins médicaux coûteux.Cette stratégie de prévention permet de diminuer les taxes nécessaires à couvrir ces frais médicaux et légaux.De plus, toutes ces interventions faites auprès des toxicomanes directement dans un lieu de consommation réduisent le temps d\u2019attente aux urgences.Avec certaines drogues, quand le junkie vient tout juste de s\u2019injecter, il peut perdre contact avec la réalité.Il peut sortir en courant d\u2019une ruelle et se jeter involontairement devant un véhicule.Résultat, un mort et un conducteur et ses passagers traumatisés par un évènement évitable.Dans un SIS, le toxicomane prend un instant de répit avant de retourner dans la tourmente de sa vie.Un instant pour décompresser, un instant pour prendre contact et peut- être établir une relation avec une personne qui lui offrira une alternative à son mode de vie.Qu\u2019a-t-on oublié à Montréal?À l\u2019Insite de Vancouver, au 2e étage, il y a un centre de désintoxication.Un lieu sécurisé permettant de ne pas avoir à retourner à la rue en attendant une place permanente dans un centre de thérapie.La personne toxicomane a juste à dire «oui, je le veux» et elle se retrouve immédiatement dans le centre de thérapie.Si elle devait retourner dans son milieu de vie, son revendeur ou son proxénète réduirait à néant sa volonté d\u2019aller en thérapie et de changer de mode de vie.L\u2019arrêt de consommation fait partie intégrante du processus de réduction des méfaits.Même s\u2019il ne pourrait exister sans les premières étapes, le 2e étage de l\u2019Insite en est un élément clé très important.Montréal a-t-elle oublié d\u2019inclure un 2e étage à ces SIS?Il est vrai que les SIS au Québec ont des ententes privilégiées avec des centres de réadaptation.Il y aurait un protocole de prise en charge et des ententes avec différents partenaires d\u2019intervention.En moins d\u2019une heure, un transport est censé venir chercher la personne intoxiquée pour l\u2019amener dans un centre de thérapie temporaire en attendant une place à plus long terme.Une heure d\u2019attente dans la vie d\u2019une personne toxicomane.Ça peut paraître une éternité.Même accompagné d\u2019un intervenant, en sortant dehors pour se rendre au véhicule, risque-t-elle de croiser le regard des gens de son milieu de consommation?Un regard qui pourrait faire fondre toute intention de changer de mode de vie?Je découvre ! 16 Les sites d\u2019injection Les études menées par la Direction de la Santé publique de Montréal sur la population des sites d\u2019injection supervisée démontrent qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019augmentation du nombre de toxicomanes dans les deux quartiers où ils ont été installés.Selon la Dr.Carole Morissette, médecin-conseil de la Direction de la Santé publique montréa- laise, ces sites ont été installés aux endroits où les besoins étaient déjà les plus criants.Cette évaluation des besoins de la population toxicomane date cependant de 2010.Les toxicomanes qui fréquentent Dopamine, site situé dans Hochelaga- Maisonneuve, et CACTUS, site situé au centre-ville de Montréal, vivaient donc déjà dans les alentours.P h o t o : P i x a b a y .c o m . 17 Chronique sur l\u2019itinérance Un instant dans le cœur d\u2019un héroïnomane caRoline leblanc L\u2019héroïne est une drogue qui peut apeurer, mais qui peut être vécue comme une source de vitalité.Dans certains cas, la consommer peut entraîner la mort.Chaque matin, des personnes centrent leur vie sur l\u2019acquisition de leur dose et, chaque jour, elles mettent leur vie en danger pour atténuer un vide intérieur.Les marques laissées sur leur corps en dévoilent l\u2019intensité.Leurs jambes et leurs bras meurtris par les injections à répétition projettent un sentiment d\u2019impuissance à leur égard.Le fonctionnement de ces individus est complexe et exige un effort pour en saisir la réalité.Continuellement à la recherche de leur prochain hit, leur rythme de vie les amène à ce qu\u2019une simple prise de rendez-vous devienne compliquée, voire impensable.Ancrées dans un cercle vicieux, les personnes qui sont dépendantes de cette drogue sont souvent condamnées à marcher dans les mêmes pas.C\u2019est un mode de vie propre à leur réalité qui devient dif?cile à comprendre de l\u2019extérieur.Depuis maintes années, je vois des gens consommer des opiacés, s\u2019en sortir ou en mourir.Ceux qui sont encore en vie et qui consomment gravitent à différents degrés autour de moi.Certains me mentiront pour ne pas me décevoir face à une rechute.D\u2019autres m\u2019amèneront à m\u2019éloigner d\u2019eux, car ils agissent de façon à me soutirer tout ce qu\u2019ils peuvent pour répondre à leur dépendance.À l\u2019inverse, d\u2019autres m\u2019éviteront pour se protéger de la honte d\u2019avoir à se justi?er.La consommation les amènera d\u2019une façon ou d\u2019une autre à se couper socialement.Les personnes qui s\u2019injectent doivent composer avec les regards stigmatisants posés sur eux.La méconnaissance et l\u2019ignorance envers cette réalité amènent souvent la population à réagir de façon moraliste, méprisante, à juger qu\u2019ils sont lâches, inutiles et sans avenir.Le mépris amène à les ignorer sans se sentir interpellés.C\u2019est magni?que qu\u2019il y ait des individus qui seront là pour les soutenir en offrant un regard em- pathique, en leur donnant de quoi manger et un peu d\u2019argent.Périodiquement ou occasionnellement, plusieurs d\u2019entre eux poseront des petits gestes d\u2019entraide qui aideront les personnes toxicomanes à tenir le coup jusqu\u2019au moment où elles auront la force de faire le pas vers un autre mode de vie.C\u2019est important de se sentir humain et d\u2019être traité ainsi.Il s\u2019agit d\u2019un sentiment riche de sens quand on pense que ces gens n\u2019ont plus aucun repère dans leur vie et que leur dignité en est trop souvent affectée.Récemment, Santé Canada a donné le feu vert à des sites d\u2019injection supervisée.Après de longs débats, trois lieux sécuritaires et encadrés où il sera permis de s\u2019injecter ont vu le jour à Montréal.Malheureusement, certains résidents ont des réactions négatives à cet égard.La peur de devoir côtoyer les personnes toxicomanes au quotidien les envahit.Il est important de rappeler qu\u2019elles sont déjà présentes dans les quartiers.La seule différence est qu\u2019avec les centres d\u2019injection supervisée, elles pourront désormais avoir recours à un endroit sécuritaire pour consommer.Elles n\u2019auront plus à aller dans un parc ou dans le fond d\u2019une ruelle.Ces sites peuvent leur sauver la vie en cas de surdose et les aider à maintenir un lien avec la société.Personne ne nait toxicomane.Toute personne a le droit de vivre en sécurité et dans la dignité.Il est important de mieux connaitre la situation en laissant derrière nous la peur et le jugement que nous avons envers eux.S\u2019il s\u2019agissait de votre frère, sœur ou enfant?N\u2019aimeriez- vous pas qu\u2019il soit traité avec respect et qu\u2019il ait accès à des services adaptés?Je souhaite que les gens qui s\u2019injectent ne soient pas trouvés morts dans une ruelle comme plusieurs ayant croisé mon chemin.- Caroline Leblanc ?nissante en maîtrise de travail social.Ayant vécu dans la rue pendant plusieurs années, aujourd\u2019hui elle s\u2019investit auprès des personnes en situation d\u2019itinérance et leurs animaux de companie. 18 La consommation Un poids sur les enfants delphine caubeT Ludivine (prénom ?ctif ) tient à parler de drogues.Si elle en a consommé occasionnellement, elle a surtout été percutée de plein fouet par la consommation passée de son père.Au- jourd\u2019hui, Ludivine est adulte, mais sa famille et elle paient encore les conséquences de cette ancienne dépendance.«La drogue a des répercussions sur la vie des personnes longtemps après l\u2019arrêt de la consommation», explique Ludivine.Elle a subi celle de son père.Alors qu\u2019il n\u2019avait que 25 ans et pas encore d\u2019enfants, le père de Ludivine a été un consommateur d\u2019héroïne pendant 3 ans.Tous les jours.À cette époque, il fréquentait déjà sa mère et celle-ci le laissait faire, sans pour autant y toucher.Avant la naissance de ses enfants, le père de Ludivine arrêta l\u2019héroïne pour fonder sa famille.Mais après la naissance de son fils, il troqua une dépendance pour une autre, ce fut le début de la consommation d\u2019alcool.Dépendances en série «Il disait à ma mère que la consommation d\u2019héroïne lui faisait du bien.Mon père est un homme angoissé.Quand il a commencé à boire après la naissance de mon frère, je pense que c\u2019était dû à la peur de perdre un tel bonheur», déclare la jeune femme.Pendant plus d\u2019une décennie, le père de Ludivine boira en cachette sans que ses enfants ne s\u2019en aperçoivent.Alors qu\u2019elle a 14 ans, il sort du placard et l\u2019annonce à toute la famille: il est alcoolique et va aller en cure de désintoxication.Pour la petite Ludivine qui voyait encore son père comme un surhomme, c\u2019est un choc terrible.Alors qu\u2019elle a du mal à saisir et comprendre toute l\u2019ampleur de la situation, son père I l l u s t r a t i o n : P i x a b a y .c o m . 19 lui demande expressément de n\u2019en parler à personne.Elle a déjà de la dif?culté à mettre des mots sur la situation, et voici que par honte, il cherche à lui mettre un bâillon.Rechute Pendant quelques années, le père de Ludivine sera sobre de toute dépendance, exception faite de la cigarette.Exception importante puisque celle-ci va engendrer un cancer de la gorge.«Les conséquences de sa consommation d\u2019héroïne ne sont venues que plus tard, raconte Ludivine.Il a troqué une dépendance pour une autre.Quand il a eu son cancer à la gorge, il a recommencé à boire.» Ludivine avait alors 17 ans.Cette période a été destructrice pour ce père et pour ses enfants qui le voyaient dans un tel piteux état.Alors qu\u2019il n\u2019a quasiment plus de voix après son opération, il recommence à boire, prend ses médicaments, le tout le ventre vide.«Il devait d\u2019abord être nourri par sonde, mais quand il a fallu qu\u2019il remange, la rééducation a été dif?- cile.La nourriture venait dans ses poumons et non son estomac.Il a frôlé la mort plusieurs fois à cause de cela.Son estomac a ?ni par se contracter.Il ne pouvait pas manger beaucoup, et souvent il remplaçait la nourriture par l\u2019alcool.» Depuis qu\u2019elle est jeune, Ludi- vine ramasse parfois son père par terre, ivre, pour le coucher.«C\u2019est très dif?cile d\u2019en discuter le lendemain, car il ne se souvient de rien.Quand j\u2019arrive à lui en parler, il se sent coupable et du coup il boit davantage.C\u2019est un cercle vicieux», explique-t-elle.Impacts Cette dépendance, ce besoin d\u2019alléger ses angoisses, a eu des impacts physiques sur le père de Ludivine.«Il est comme ces rocks- tars qui consomment\u2026 ils ont à peine 27 ans et en paraissent le double.Aujourd\u2019hui, avec mon père, c\u2019est pareil.Depuis 6 ou 7 ans, il semble touché d\u2019une régression cérébrale.Il répète souvent les mêmes choses, il est devenu misanthrope.Il a l\u2019air très vieux, même ma grand-mère de 85 ans est plus apte à interagir.» Aujourd\u2019hui Ludivine a la mi-ving- taine et son père continue de boire.Avec lucidité, elle parle de 5 longues années où elle ne l\u2019a pas côtoyé sans qu\u2019il soit ivre.Bien sûr, elle avait grandi et ne revenait que sporadiquement dans le noyau familial.Ludivine a plusieurs frères et sœurs et tous ont vécu les évènements de façon différente.Grâce à sa mère, Ludivine a appris à exprimer ses émotions: «Même si ce n\u2019est pas politiquement correct de dire que la dépendance de mon père me fait du mal, ma mère m\u2019a aidée à le dire.» Le résultat se voit, Ludivine est une jeune femme équilibrée avec une grande lucidité sur ses comportements.Avant de connaitre toute l\u2019histoire de son père, elle avait essayé plusieurs drogues, mais en femme sportive, elle n\u2019en supportait pas les impacts sur son corps.Les lendemains, un sentiment de culpabilité l\u2019envahissait tandis qu\u2019elle se sentait mal pendant plusieurs jours.Avec ré?exion, elle parle de ses expériences: «Sur le moment tu te sens bien, ce qui est le but, mais c\u2019est fake.J\u2019ai déjà été à une soirée où après avoir consommé j\u2019ai parlé à au moins 50 personnes.Le lendemain, j\u2019ai retrouvé une feuille sur laquelle ils m\u2019avaient tous écrit leurs contacts pour se revoir.Sauf que pendant cette soirée, ils n\u2019avaient pas parlé avec la vraie moi\u2026 j\u2019avais le sentiment d\u2019avoir trahi ma personnalité.» Prendre position Depuis ses expériences d\u2019adolescente, Ludivine ne consomme plus de drogue et elle avoue qu\u2019il est dif- ?cile de se positionner sur le sujet.D\u2019un côté, elle ne veut pas juger, mais d\u2019un autre côté, Ludivine ne peut s\u2019empêcher de penser que l\u2019ouverture d\u2019esprit de sa mère a peut-être nui à sa famille\u2026 Mais surtout, si Ludivine a accepté de parler, c\u2019est pour mettre les choses au clair: «L\u2019alcoolisme est une maladie.C\u2019est aussi incontrôlable qu\u2019un cancer.Culpabiliser la personne ne fera qu\u2019empirer la situation.» Elle ne l\u2019a que trop vu avec des proches qui n\u2019ont jamais compris l\u2019état de son père.«Quand il a fallu qu\u2019il remange, la rééducation a été dif?cile.La nourriture venait dans ses poumons et non son estomac.Il a frôlé la mort plusieurs fois à cause de cela.Son estomac a ?ni par se contracter.Il ne pouvait pas manger beaucoup, et souvent il remplaçait la nourriture par l\u2019alcool.» 20 P h o t o : J u a n C a r l o s S a n c h e z L o p e z . 21 Catherine (nom ?ctif ) souffre d\u2019hyperphagie depuis le début de l\u2019âge adulte.Découverte d\u2019un trouble alimentaire répandu dont on entend pourtant peu parler.Catherine est une très bonne élève.À l\u2019école secondaire, elle obtient d\u2019excellents résultats.Elle évolue dans un cercle d\u2019amis proches et n\u2019a jamais été victime de railleries de la part de ses camarades.À la maison, tout va aussi pour le mieux.Ses parents sont des gens aimants et encourageants et Catherine entretient une relation empreinte de tendresse avec sa sœur ainée.Pourtant, malgré cette vie qui semble équilibrée, un mal s\u2019installe peu à peu en elle, à l\u2019aube de l\u2019âge adulte.Un mal dont elle ne connait toujours pas la cause, mais dont elle connaitra bientôt le nom: l\u2019hyperphagie.La maladie L\u2019hyperphagie ou «boulimie sans vomissement» est un dérèglement alimentaire peu connu.Ce trouble est associé à une ingestion constante et en grande quantité de nourriture sur une courte période, et ce, sans comportement compensatoire ultérieur (vomissements, par exemple).Moins rapporté que le trouble boulimique, ce dysfonctionnement alimentaire toucherait pourtant pas moins de 2 millions de femmes ou d\u2019hommes au Canada.Diplômée en psychologie et intervenante à Anorexie et boulimie Québec (ANEB), Janique Ray- mond-Migneault explique que «selon les statistiques, il y aurait plus de personnes souffrant d\u2019hyper- phagie que de boulimie.Par contre, les personnes aux prises avec l\u2019hy- perphagie ne sont pas nécessairement conscientes qu\u2019elles ont un trouble alimentaire».Contrairement aux troubles les plus connus, qui font comme principales victimes les adolescents, l\u2019hyperphagie affecterait plus particulièrement les jeunes adultes.C\u2019est vers l\u2019âge de 18 ou 19 ans que Catherine commence à entretenir un rapport réellement con?ictuel avec la nourriture.Elle prend l\u2019habitude de manger de très grosses collations dès son retour de l\u2019école en après-midi, pour ensuite ingérer avec appétit le souper familial.En soirée, il lui arrive aussi de grignoter à nouveau en faisant ses travaux scolaires.Au cours des années qui suivront, les fringales se muteront en «crises d\u2019empiffrement» pendant lesquelles Catherine se mettra à ingérer frénétiquement tout ce qui lui tombera sous la main\u2026 Jusqu\u2019à ce fameux soir où, en regardant tranquillement la télévision, elle s\u2019attarde sur un documentaire traitant de ce trouble alimentaire.Elle se reconnait aussitôt.Lors de l\u2019apparition d\u2019une crise, l\u2019hyperphagique grignote constamment, souvent seul, se sentant incapable d\u2019arrêter avant qu\u2019une sensation de ballonnement ou de maux de ventre apparaisse.«Je pense qu\u2019il devient dif?cile de comprendre les signaux de satiété.Malgré le fait que je sois consciente que je n\u2019ai plus faim, je me lève quand même pour aller chercher quelque chose de plus à manger», témoigne Catherine.Contrairement au trouble boulimique, la personne atteinte ne provoque pas elle-même de vomissements, mais n\u2019en ressent pas moins une grande détresse à la suite d\u2019une crise.Au quotidien, Catherine ne pratique pas de sport intense ou ne se prive pas de nourriture à outrance, suivant plutôt un mode de vie qu\u2019elle quali?e de «régulier».«Dans les périodes hors crise, mon alimentation est très normale et il a donc été dif?cile, dans mon cas, de bien comprendre au début qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019hyperphagie», précise la jeune femme.Selon les statistiques, les crises ap- paraitraient le plus souvent lorsque la personne atteinte tente de suivre un régime amaigrissant.Le résultat n\u2019est bien souvent pas celui espéré: l\u2019hyperphagique prend une grande quantité de poids.Selon Janique Raymond-Migneault, d\u2019autres conséquences physiques sont aussi à prévoir: cholestérol, pression artérielle élevée et/ou diabète.Heureusement pour Catherine, son bilan de santé n\u2019est pas catastrophique pour l\u2019instant.Elle qua- «Je pense qu\u2019il devient dif?cile de comprendre les signaux de satiété.Malgré le fait que je sois consciente que je n\u2019ai plus faim, je me lève quand même pour aller chercher quelque chose de plus à manger.» 22 li?e ses crises de «cycliques», et explique qu\u2019elles surviennent plutôt par périodes de deux à trois mois au cours desquelles la fréquence des crises peut varier, passant «d\u2019un jour sur deux à une fois par semaine environ».Elle clame ne pas avoir voulu suivre de régime amaigrissant, mais explique désirer constamment reprendre le contrôle sur son poids et ses habitudes alimentaires.Un trouble anxieux?D\u2019après le répertoire des troubles du comportement alimentaire (TCA), les personnes souffrant d\u2019hyperphagie sont habituellement anxieuses et peuvent être affectées négativement par le regard que les autres portent sur elles.Elles peuvent ressentir beaucoup de stress et subir une forte pression venant d\u2019elles- mêmes ou de leur environnement social.Leur alimentation «yoyo», alternant entre tentative de normalisation et autogavage, crée chez les hyperphagiques un sentiment de perte de contrôle et d\u2019anxiété.Mme Raymond-Mi- gneault affirme que ce trouble alimentaire peut également découler de problèmes de nature psychologique, bien qu\u2019elle évoque une combinaison de facteurs sociaux, familiaux et personnels généralement en cause.« Il existe beaucoup de facteurs prédispo- sants.Les crises seront souvent en réponse à des difficultés psychologiques, telle une difficulté à gérer le stress ou l\u2019anxiété, à gérer les émotions.La crise devient donc une stratégie d\u2019adaptation, non adéquate, mais qui aide au moment présent», explique-t-elle.Pour Catherine, il est dif?cile de savoir exactement quelle est la cause de ce mal qui la ronge.La jeune femme suppose qu\u2019elle ressent peut- être un trop grand besoin de contrôler toutes les sphères de sa vie.«Pour moi, le stress semble être une des causes principales.Les périodes de remise en question semblent aussi être propices à l\u2019amorce d\u2019un cycle», témoigne-t-elle.Parfois, Catherine se sent submergée par des questions dont elle n\u2019arrive pas à trouver la réponse: Ai-je choisi la bonne carrière?Dois-je retourner à l\u2019université pour gagner plus d\u2019argent dans l\u2019avenir?Dois-je persévérer dans ma relation de couple?Lorsque le doute l\u2019envahit, Catherine se met à grignoter frénétiquement devant la télévision.Puis elle se sent soulagée.Pour un temps\u2026 Comment s\u2019en sortir?Même si l\u2019arrivée d\u2019une crise peut occasionner une sensation de bien- être immédiate, il s\u2019agit plus d\u2019une illusion que d\u2019une réelle solution.Pour accepter cette réalité, la présence du trouble doit d\u2019abord être reconnue, af?rme Mme Raymond- Migneault: «La première étape est de prendre conscience que la personne a un problème.Cela peut s\u2019avérer dif?cile car le trouble peut amener des avantages à la personne, et ceux-ci peuvent peser plus fort que les désavantages dans la balance».L\u2019hyperphagique doit trouver le moyen de guérir son mal intérieur a?n de voir cesser les crises et ainsi reprendre un mode de vie plus sain.Plusieurs solutions sont possibles selon l\u2019intervenante: appeler la ligne d\u2019écoute d\u2019ANEB (organisme d\u2019aide et de soutien aux personnes touchées par un trouble du comportement alimentaire), s\u2019inscrire à des groupes de soutien qui servent à briser l\u2019isolement, échanger avec des personnes qui vivent la même chose\u2026 «Une psychothérapie avec un psychologue permet évidemment de creuser plus loin», conclut-elle.Depuis quelques semaines, Catherine consulte un orienteur.Elle veut réussir à évacuer l\u2019anxiété qu\u2019elle ressent face à son plan de carrière, qu\u2019elle juge confus et démoralisant.À la ?n de ses journées de travail, elle pratique maintenant le yoga et le cardio- vélo, a?n d\u2019éviter de se retrouver seule à la maison avec d\u2019incontrôlables fringales.Au grand dam de son conjoint, elle tente aussi de garder le frigo le plus vide possible.Même si Catherine sait que repousser ses crises sera un objectif souvent dif?cile à atteindre, elle a bon espoir que cette nouvelle routine lui permettra à long terme d\u2019adopter de bonnes habitudes alimentaires.Ligne d\u2019écoute de l\u2019ANEB : 1-800-630-0907 23 Je découvre ! 24 Linda Spear Femme d\u2019église delphine caubeT Une passion, ça ne se choisit pas.On nait avec et on espère vivre au travers.Pour Linda Spear, la vision de son avenir a toujours été simple: depuis ses 4 ans, elle veut devenir prêtre.Problème, elle est catholique et pour le Pape, une femme prêtre doit être excommuniée.Détail qui n\u2019a pas arrêté cette fervente féministe qui, depuis ses 70 ans, vit sa passion.Dans une petite ville touristique du sud du Québec, une étrange messe a lieu chaque semaine.L\u2019église anglicane à la sortie de la ville y abrite 2 «hommes» de Dieu.Son propriétaire actuel est pasteur et partage sa maison avec Linda Spear depuis son ordination en 2010.Une collocation atypique et validée par la population qui ravit les 2 protagonistes.Préparations à la prêtrise Linda a un long parcours religieux derrière elle.Entre ses années en tant que sœur et son expérience d\u2019universitaire en théologie, son implication dans la foi et la culture catholiques est longue et diversi?ée.Son rêve ne s\u2019est réalisé qu\u2019en 2010, mais elle est prête depuis les 1960 à être ordonnée prêtre.À cette époque, l\u2019Église catholique fait un travail de ré?exion sur elle-même en s\u2019ouvrant à la modernité: c\u2019est le Concile de Vatican II.Linda est à Winnipeg et l\u2019évêque, comme beaucoup d\u2019autres, est optimiste quant à l\u2019accessibilité des femmes à la prêtrise.«Il nous disait d\u2019étudier, que c\u2019était imminent», explique Linda.Et elle s\u2019exécuta.L\u2019histoire suivant son cours, le concile réputé pour être l\u2019ouverture de l\u2019Église sur le monde moderne laissa les femmes sur la touche.Excommuniées Plusieurs décennies plus tard, Linda découvrit la Roman Catholic Women Priest (RCWP) ou, en français, les Femmes prêtres catholiques romaines.Ce mouvement est né en 2002 en Allemagne par un évêque qui ordonna 7 femmes, celles-ci devenues les fondatrices du RCWP.Aujourd\u2019hui, ces femmes ont été excommuniées par le Vatican, sans pour autant que cela les empêche de poursuivre leur travail.L\u2019évêque ayant lancé le mouvement, lui, reste encore inconnu à ce jour.Il est simplement appelé «Bishop X» et son identité ne sera révélée qu\u2019après sa mort.En 2017, les femmes prêtres sont plus d\u2019une centaine à travers le monde.Pour Linda, cette excommunication n\u2019a pas été un choc, car aujourd\u2019hui elle se sent à sa place.Raison pour laquelle elle parle aussi librement aux médias.«Mais d\u2019autres sont moins à l\u2019aise, explique-t-elle, et une personne travaille encore pour l\u2019Église catholique.» Ces femmes sont des bénévoles et n\u2019ont pas de rémunération par les paroissiens ou une organisation supérieure.Un grand nombre de ces femmes ont plus de 70 ans et, grâce leur retraite, elles n\u2019ont plus besoin de s\u2019inquiéter de leur source de revenus.Linda ajoute que ces femmes avaient 20 ou 30 ans au moment du concile de Vatican II\u2026 des aspirations qui ne demandaient qu\u2019à se concrétiser.Idéologie Parmi les préceptes de ce mouvement, on compte l\u2019égalité entre les genres, bien sûr, mais également le respect de la diversité sexuelle, Aujourd\u2019hui, ces femmes ont été excommuniées par le Vatican, sans pour autant que cela les empêche de poursuivre leur travail.L\u2019évêque ayant lancé le mouvement, lui, reste encore inconnu à ce jour.Il est simplement appelé «Bishop X». 25 religieuse et ethnique.Traduction: Linda, est-ce que le RCWP accepte les personnes homosexuelles?«J\u2019espère que oui, car je suis lesbienne», répond-elle dans son ?egme anglophone.Passé l\u2019attrait de la nouveauté d\u2019une femme prêtre, Linda a ?dé- lisé un groupe de 5 ou 6 ?dèles qui assistent à sa cérémonie hebdomadaire.Pour Céline, l\u2019une des paroissiennes, assister à la messe de Linda est autant un acte de foi que politique.«Je viens par amitié, pour l\u2019appuyer, et je me sens plus près de Dieu en célébrant avec elle.Et pourquoi pas une femme prêtre?», conclut-elle.Mais, conséquence de l\u2019excommunication, le RCWP n\u2019est plus à même d\u2019offrir des sacrements reconnus par le Vatican, dont le baptême et le mariage.«Ça ne fait rien pour mes paroissiens, explique Linda, ce sont des personnes déjà en marge de l\u2019Église.Ce sont des paroissiens très œcuméniques».En effet, certains sont pentecô- tistes, d\u2019autres anglicans, catholiques, homosexuels, hétérosexuels, etc.Lors de ses 5 premières années en exercice, Linda a célébré 2 mariages: un gay et un lesbien.La relition au Québec En 2017, Linda Spear est la seule femme prêtre catholique du Québec.Elle l\u2019explique que l\u2019accueil a été positif, car la province s\u2019est distancée il y a plusieurs décennies de la religion\u2026 ce qui également une plausible explication à son unicité au Québec.L\u2019un des dé?s à venir du RWCP sera de maintenir son recrutement pour que l\u2019ordre continue à vivre.L\u2019observation des pays émergents sera d\u2019autant plus intéressante; leur accession à la prêtrise via le RCWP sera un indicateur sur l\u2019évolution du droit des femmes.P h o t o : D e l p h i n e C a u b e t . 26 Réintégrer la société Une course à obstacles Jean-pieRRe belleMaRe, ex-TôlaRd Les prisonniers qui se retrouvent libres souffrent d\u2019ivresse mentale, moi le premier.J\u2019avais la certitude qu\u2019en?n les choses se dérouleraient comme moi je l\u2019entendais.À ma manière et au moment où moi je le déciderais.Portant ?èrement cette nouvelle liberté, je commençais par me trouver une compagne.Premier constat, ce désir de conquête fut loin d\u2019être aussi facile et rapide, loin de là.Qui sait, le fait d\u2019être affamé, trop entreprenant et surtout expéditif repoussait toutes ces jolies ?eurs au parfum enivrant.Emploi au rabais Ce fut la première de plusieurs désillusions à ma sortie.La recherche de travail s\u2019avéra tout aussi dif?cile.Avoir passé plus de la moitié de sa vie au pénitencier est loin d\u2019augmenter votre charisme auprès d\u2019un employeur.J\u2019ai compris qu\u2019il fallait se maquiller un peu pour intégrer le marché du travail.Seuls les emplois au salaire minimum que personne ne veut ou presque s\u2019ouvrent à nous.Là encore, j\u2019ai dû rabaisser mes idées de grandeur, j\u2019ai dû passer par une agence qui ferma les yeux sur mon passé (contre un pourcentage de mes gains).Je me suis retrouvé comme accrocheur dans une entreprise de fabrication d\u2019étagères.Comme d\u2019autres d\u2019entreprises qui paient un moindre salaire, elles exigent le maximum d\u2019effort.Et j\u2019y ai sacri?é une partie de mes articulations.Un goût amer me monte dans la gorge, car les travailleurs les moins nantis, les plus démunis se retrouvent souvent à être les plus exploités physiquement et psychologiquement.Triste réalité Parce que je venais d\u2019être libéré et que j\u2019avais le désir sincère de sortir de ce cercle vicieux, je trouvais totalement injuste d\u2019être traité de la sorte.Chaque dif?culté que je rencontrais sapait mon travail de réussite.Ces efforts exigés sur une base quotidienne me tuaient à petit feu.Ayant suivi une formation approfondie sur l\u2019art de la paresse au pénitencier, où les excès de zèle pour un bon travail sont fortement déconseillés, les chances n\u2019étaient pas de mon côté.Puis, une prise de conscience m\u2019a permis de comprendre que d\u2019autres travailleurs en arrachaient autant que moi\u2026 et n\u2019étaient pas des criminels.Pourtant, ils étaient traités exactement de la même manière qu\u2019un ex-ba- gnard.Plein de gens autour de moi étaient aussi célibataires ou cassés comme des clous et angoissés par le futur loyer ou la facture du téléphone, et pourtant n\u2019avaient rien fait contre la société.Mais je me victimisais et focalisais uniquement sur mon nombril.Moi, moi et moi.Dif?cile de briser ce carcan.Le temps passé derrière les barreaux nous infantilise et nous rend dépendants.Puis, la fréquentation des confréries anonymes est devenue mon pilier contre la récidive.Entendre ces histoires de réussite, de sacri?ces et d\u2019efforts constants pour s\u2019en sortir fut la meilleure médecine.Liberté à partager La liberté n\u2019est jamais acquise et elle doit être partagée avec un entourage pas toujours conciliant.Puis, ça prend beaucoup de temps pour se déprogrammer des idées vicieuses qui nous hantent.Quand chaque obstacle nous donne l\u2019envie d\u2019abandonner, il faut absolument garder con?ance en la vie.Pour plusieurs d\u2019entre nous, le sentiment d\u2019être injustement traité nous amène à commettre toutes les cochonneries possibles.Moi, j\u2019apprends encore à jouir de ces petits moments de plaisirs, de tendresse et d\u2019amour qui croisent mon chemin.Mais il reste des milliers d\u2019ajustements à faire.L\u2019accès à un permis de conduire, l\u2019acquisition d\u2019un véhicule, la compréhension de la signalisation routière.La location d\u2019un appartement et sa gestion, l\u2019ouverture d\u2019un compte en banque\u2026 Tout ça sans oublier les voleurs, les fraudeurs, les tickets.Ce qui compte lorsque vient le temps de réintégrer la société avec ses règles à n\u2019en plus ?nir est de comprendre qu\u2019il n\u2019y aura pas de facilitateur pour vous.Que ceux qui n\u2019ont rien fait de criminel en arrachent autant, sinon plus.Et qu\u2019il y aura toujours des gens qui condamneront ce que vous êtes ou avez été.Tout comme plusieurs prisonniers condamnent sans essayer de comprendre les citoyens pour leur «aplaventrisme» devant les règles. 27 Je découvre ! 28 Sexisme et mensonges Des mots dangereux colin McgRegoR - cenTRe fédéRal de foRMaTion (laVal) Lorsqu\u2019une abeille veut dire au reste de la ruche qu\u2019elle a trouvé une nouvelle source de pollen, elle le fait par une danse.Lorsque nous voulons communiquer entre nous, nous utilisons la parole.Et le genre de langage que nous utilisons produit un important effet sur notre entourage.Dans les prisons canadiennes en dehors du Québec, traiter un détenu de goof (maladroit, loufoque) vous obligera immédiatement à vous battre.En effet, il est très mal vu de ne pas frapper celui qui vous a qualifié de ce terme.Un mot pourtant bien innocent dans le monde libre, et sans conséquence partout ailleurs, comme dans le cas du bon chien Goofy de Disney.Mais l\u2019amical Goofy ne vivrait pas longtemps dans une prison ontarienne.Cependant, nous sommes de plus en plus conscients de l\u2019effet des mots.Le langage compte.Il peut re?éter, par exemple, notre attitude envers les sexes et les ethnies.Certains disent que la langue française est sexiste, car en cas de pluriel avec des éléments mixtes, le masculin l\u2019emporte sur le féminin.Ainsi, s\u2019il n\u2019y avait qu\u2019un seul homme dans une foule d\u2019un million de femmes, il faudrait tout de même dire «ils sont», plutôt qu\u2019«elles sont».Cette ancienne règle remonte au Moyen-Âge.On pourrait voir dans ce pluriel masculin le simple équivalent d\u2019un neutre qui manque au français.Mais d\u2019autres ont voulu voir dans cette «préséance du masculin sur le féminin» l\u2019expression d\u2019un ordre social.Chemises unisexes Quand les Normands venus de France conquirent l\u2019Angleterre en 1066, ils y apportèrent leur langue, avec ses féminins et ses masculins.Par contre, les Anglais parlaient déjà des langues germaniques comportant 3 genres: le masculin, le féminin et le neutre.La langue anglaise a grandi, tant bien que mal, à partir d\u2019un méli- mélo de français et de langues germaniques.À un certain point, on s\u2019entendit pour ne garder que le genre masculin, de manière à ce que les conquis et les conquérants puissent au moins se comprendre.On a simpli?é.C\u2019est ainsi qu\u2019on ne se soucie plus de savoir, en anglais, si une table ou une chemise sont du genre masculin ou féminin.Elles sont neutres.Ça ne signi?e pas que l\u2019anglais est une langue idéale du point de vue de l\u2019égalité des genres.Les anglophones débattent encore à ce propos.Ainsi, il n\u2019y a aucune manière simple de parler d\u2019une personne dont on ne connait pas le genre.Comme lorsqu\u2019on dit: «Celui ou celle qui a appelé n\u2019a pas laissé son nom (he or she didn\u2019t leave a name).» Sexisme anglophone Le mot woman (femme) vient du vieil anglais wif (épouse) ajouté à man (une personne).Ainsi, l\u2019anglais est aussi sexiste que les autres langues.La femme y apparait comme un simple prolongement de l\u2019homme.En français, du moins au Canada, le fait de féminiser les noms de professions est considéré comme une bonne chose.Le fait d\u2019écrire la présidente ou la doc- teure démontre du respect.Mais 29 en anglais, si vous dites the doc- torette, vous prenez un grand risque, puisque cela prend un sens péjoratif dégradant.Dans cette langue, les noms de professions demeurent au masculin, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une sorte de neutre.Une professeure est un teacher et non a teacherette.Actress est maintenant considéré par certains comme sexiste: on dit plutôt actor sans considération de genre.Pourquoi se préoccuper autant de sexisme dans la langue?Après tout, le banawa, parlé dans l\u2019Amazonie, utilise le féminin pour parler des personnes en général.Pourtant, ses locuteurs traitent les femmes d\u2019une manière horrible, nous dit le linguiste Dan Everett.Le fait d\u2019adopter des termes plus justes ne fait pas forcément de nous de meilleures personnes.L\u2019auteur et psychologue torontois Malcolm Gladwell parle de «caution morale»: on utilise des paroles vertueuses, tout en continuant de se comporter de manière indigne.Aux États-Unis, par exemple, on élit un président noir tout en continuant de maltraiter la population noire.«Nous avons élu un président noir», disent les États- Uniens, «nous ne sommes donc plus racistes!» On se donne ainsi la permission de faire du mal, tout en se cachant derrière de fausses façades.Les actions parlent-elles plus fortement que les mots?Ce que nous disons a-t-il de l\u2019importance?Il y a 2400 ans, le philosophe grec Démocrite, qui fut ridiculisé parce qu\u2019il disait que toute chose était composée de minuscules atomes, avait aussi déclaré: «Les mots sont les ombres des actions.» Les mots importent, ils ont des conséquences.Pourtant, on peut aussi les utiliser pour cacher des actions contraires à nos paroles. ?Je m\u2019abonne à Reflet de Société ?1 an - 6 numéros 49,95$ ?2 ans - 12 numéros 89,95$ ?3 ans - 18 numéros 119,95$ ?International, 1 an - 55,00$ Taxes incluses.?Je fais un don : Chèque ou mandat à l\u2019ordre de : Re?et de Société 4264 rue Ste-Catherine Est Montréal, H1V 1X6 (514)256-9000 ou 1-877-256-9009 S\u2019abonner à Re?et de Société est une manière originale de soutenir notre action auprès des jeunes.Prénom : Nom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Nº carte : |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| |_||_||_||_| ?Visa ?Mastercard ?Amex Date expiration : |_||_||_||_| Signature : Général Aide juridique 1-800-842-2213 Protection de la jeunesse 1-800-665-1414 Info-santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence Montréal (514) 527-1375 Clinique Droit Devant (514) 603-0265 Centres de crise de Montréal Tracom (centre-ouest) (514) 483-3033 Iris (nord) (514) 388-9233 L\u2019Entremise (est-centre-est) (514) 351-9592 L\u2019Autre-maison (sud-ouest) (514) 768-7225 Centre de crise Québec (418) 688-4240 L\u2019ouest de l\u2019île (514) 684-6160 L\u2019Accès (450) 679-8689 Archipel d\u2019Entraide (418) 649-9145 Prévention du suicide (418) 683-4588 Émile Nelligan (514) 351-6661 Violence CAVAC 1-866-532-2822 Groupe d\u2019aide et d\u2019info sur le harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 SOS violence conjugale (514) 728-0023 Trève pour 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(514) 251-0805 FOBAST (418) 682-5515 Dianova (514) 875-7013 Centre Casa (418) 871-8380 Centre UBALD Villeneuve (418) 663-5008 Au seuil de L\u2019Harmonie (418) 660-7900 Cran (514) 284-3426 Relais Méthadone (514) 874-9300 Alimentation Le Chic Resto-Pop (514) 521-4089 Jeunesse au Soleil (514) 842-6822 Café Rencontre (418) 640-0915 Ligne d\u2019aide et d\u2019écoute CALACS 1-888-933-9007 Gai Écoute 1-888-505-1010 Tel-Jeunes (514) 288-2266 / 1-800-263-2266 Tel-aide et ami à l\u2019écoute (514) 935-1101 Jeunesse-j\u2019écoute 1-800-668-6868 Suicide action Montréal (514) 723-4000 Prévention suicide Accueil-Amitié (418) 228-0001 Partout au Québec 1-866-appelle Secours-Amitié Estrie 1-800-667-3841 Cocaïnomanes anonymes (514) 527-9999 Déprimés anonymes (514) 278-2130 Gamblers anonymes (514)484-6666 Gam-anon (proches du joueur) 1-800-484-6664 Narcotiques anonymes 1-800-879-0333 Outremangeurs anonymes (514) 490-1939 Parents anonymes 1-800-361-5085 Jeu: aide et référence 1-800-461-0140 Ligne Océan (santé mentale) (418) 522-3283 Sexoliques anonymes (514) 254-8181 Primes-Québec(soutien masculin) (418) 649-1232 Émotifs anonymes (514) 990-5886 Alanon & Alateen (418) 990-2666 Alcooliques Anonymes Québec (418) 529-0015 Montréal (514) 376-9230 Laval (450) 629-6635 Rive-sud (450) 670-9480 Mauricie-Saguenay-Lac-St-Jean (866) 376-6279 NAR-ANON Montréal (514) 725-9284 Saguenay (514) 542-1758 Abus aux aînés (514) 489-2287 Famille Grands frères/Grandes soeurs (418) 275-0483 Familles monoparentales (514) 729-6666 Regroupement maison de Jeunes (514) 725-2686 Grossesse Secours (514) 271-0554 Chantiers Jeunesses (514) 252-3015 Réseau Homme Québec (514) 276-4545 Patro Roc-Amadour (418) 529-4996 Pignon Bleu (418) 648-0598 YMCA MTL centre-ville (514) 849-8393 YMCA Hochelaga-Maisonneuve (514) 255-4651 Armée du Salut (514) 932-2214 La Marie Debout (femmes) (514) 597-2311 Parents Secours 1-800-588-8173 Hébergement de dépannage /urgence Auberge de l\u2019amitié pour femmes (418) 275-4574 Bunker (514) 524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Chaînon (514) 845-0151 En Marge (514) 849-7117 Passages (514) 875-8119 Regroupement maisons d\u2019hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514) 522-3198 Auberge communautaire du sud-ouest (514) 768-4774 Maison le Parcours (514) 276-6299 Oxygène (514) 523-9283 L\u2019Avenue (514) 254-2244 L\u2019Escalier (514) 252-9886 Maison St-Dominique (514) 270-7793 Auberge de Montréal (514) 843-3317 Le Tournant (514) 523-2157 La Casa (Longueuil) (450) 442-4777 Armée du Salut pour hommes (418) 692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514) 523-5288 La Maison du Père (514) 845-0168 Auberge du Coeur (Estrie) (819) 563-1387 La maison Tangente (514) 252-8771 Hébergement St-Denis (514) 374-6673 L\u2019Abris de la Rive-Sud (homme) (450) 646-7809 Maison Élisabeth Bergeron (femme) (450) 651-3591 Je m\u2019abonne ! 31 Je découvre ! 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