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Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Septembre
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1950-09, Collections de BAnQ.

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[" MONTREAL, SEPTEMBRE 1950 Notre roman d\u2019amour Par CLAUDE VIRMONNE & é \tw ¦ - \u2022.î-.tv ï¥: -v#wy T:lmm r\\\\j\tv,-v\t\t> v|\t'1k\t1 v '4lÿi t li » H\tn s V m ^ 11™ \t\t\t \tH\tv\tr flliHÉV%\tBjyw v'v- juÆ\t% \u2022 ¦\taPE #(,;\t.v,.,\tMyjjgq\tœ$mSÊk&'\tm .ÂWÊf\t\u2018 Æ\t*L ,\t:,Jy*1\"\tt'J!te>*>.\\W\\\\ iLV^~IbbPhKBmIIwWnlif \t\u2019, #.; \u2022\u2022*\u2022.\";y\u2019/.\t1*\t¦ J\t/^Hfe\tBjpjpf* y \u2019 f, t *.?%fmpi fji mmmwszsmæ.Iff £ \u2022 : L'illustration représente les dessins Marboléum suivants \u2014 plancher: vert M/99; incrustations de la dînette: M/92, et de la cuisine: M/12; mur au-dessus de l'évier: M/39.superbes et élastiques Ce plancher de Marhnléum fera encore bonne figure lorsqu\u2019elle sera une débutante .Après qu\u2019elle y aura trottiné, marché, dansé, quand toute la famille l\u2019aura piétiné pendant des années, ce plancher de Marboléum aura conservé sa souplesse et son éclat original.Il accusera peu de traces d\u2019usure.Sa durabilité fait du Marboléum ce qu\u2019il y a de plus économique pour recouvrir les planchers .dans n\u2019importe quelle pièce de la maison.Fabriqué par DOMINION OILCLOTH & LINOLEUM COMPANY LIMITED MONTRÉAL Planchers Montréal, septembre 1950 3 QU'IL FAIT BON VIVRE BIEN PARFUMEE! ' La Nature renferme des parfums enivrants.Ainsi, des odeurs suaves se dégagent des plantes et, en particulier, des fleurs.Par un beau matin de printemps, un arôme léger et vaporeux flotte dans l\u2019air.Cette griserie à nulle autre pareille procure une sensation de bien-être incomparable, qui en plus de vous ravir exerce, tout comme votre parfum, un charme irrésistible sur votre entourage.Il est infiniment important de se bien parfumer, d\u2019avoir recours à un parfum subtil dont l\u2019odeur toutefois ne se dissipe pas trop rapidement.Il faut également choisir avec beaucoup de soin son eau de toilette, sa poudre pour après le bain, son talc, ses sachets et ses sels de bain, car chacun de ces articles de toilette remplit un rôle particulier et très important.Ils rafraîchissent l\u2019épiderme et sont toujours appréciés.Ils doivent de toute nécessité être imprégnés du parfum dont vous faites usage.L\u2019idéal c\u2019est d\u2019adopter un parfum Coty, dé réputation mondiale.Un seul parfum peut-il vous donner l\u2019assurance d\u2019être bien parfumée?Difficilement! C\u2019est pourquoi Coty vous en offre quatre, au choix.Ces parfums ont fait leurs preuves, et leur arôme se retrouve dans les nombreux produits de beauté de cette maison.On les distingue à la couleur de leur empaquetage.Cramoisi foncé \u2014 L'Aimant de Coty Vert Emeraude \u2014 L'Emeraude de Coty Doré \u2014 L'Origan de Coty Bleu Ciel \u2014 \u201cParis\" de Coty CE MOIS-CI \u2014 Offre gratuite d\u2019un échantillon de sels de bain avec tout achat de produits pour le bain de Coty.Pour votre échantillon adressez-vous à votre fournisseur préféré.f\t¦¦¦¦¦ M DE L'EAU DE TOILETTE APPLIQUÉE généreuse- ment.à la sortie du bain, sur tout votre épiderme encore humide, vous baignera d'une rosée parfumée.$2.25, $4.25, $8.25.LA POUDRE POUR APRÈS LE BAIN parfume et assèche votre épiderme tout en lui donnant un velouté incomparable.Appliquez-la délicatement avec une houppette.Elle vous enveloppera d\u2019un nuage léger et parfumé.$1.75, $2.25.SACHET, parfum discret, imprégnera votre lingerie d\u2019une odeur agréable qui se communiquera à votre peau.Ne manquez pas d\u2019en mettre dans vos tiroirs afin d\u2019en parfumer vos sous-vêtements.$1.50.bot / Saupoudrez vos sous-vêtements de POUDRE DE TALC .ils s\u2019ajusteront plus aisément.Mettez-en un peu dans vos bas, ils glisseront plus facilement, et éviteront les échelles.$1.00.f* # LES SELS DE BAIN adoucissent l\u2019eau et par conséquent nettoient mieux tout en parfumant l\u2019épiderme.Ils font de l\u2019heure du bain un rite de beauté.$1.25, $1.75. 4 La Revue Populaire Santé et Sécurité Vf * & Aeuib Pour compléter ces instructions, je vous prie d\u2019écrire à l\u2019adresse suivante : Service des Consommateurs, Ministère de VAgriculture, Ottawa, pour demander le bulletin qui traite des conserves domestiques, distribué gratuitement sur demande.Marche à suivre : 1° Epreuve des bocaux : Remplir les pots d\u2019eau, mettre une rondelle de caoutchouc neuve, fermer hermétiquement, retourner le bocal et s\u2019assurer qu\u2019il ne coule pas.Rejeter tous les bocaux qui coulent ou qui sont ébréchés.2° Stérilisation des bocaux : Placer dans une grande marmite remplie d\u2019eau et faire bouillir 20 minutes.Laisser dans la marmite jusqu\u2019au moment de s\u2019en servir, ou mettre dans un four chauffé à 350° F.et laisser également dans le four jusqu\u2019au moment de s\u2019en servir.Ne jamais essuyer l\u2019intérieur d\u2019un bocal stérilisé, égoutter seulement.3° Préparation des fruits ou des légumes à stériliser : Procéder aussi rapidement que possible et ne pas entreprendre la mise en conserve en trop grande quantité.Les produits qui attendent ou qui sont entassés se ramollissent et perdent leurs vitamines s\u2019ils sont exposés à l\u2019air.4° Ajouter suivant le cas du sirop ou de l\u2019eau salée et stériliser le temps spécifié pour chaque produit.5° Le sirop peut être clair, moyen ou épais : Sirop clair : 1 tasse de sucre.2 tasses d\u2019eau.Sirop moyen : 1 tasse de sucre, 1 tasse d\u2019eau.Sirop épais : 1 tasse de sucre, Vz tasse d\u2019eau.Tous ces sirops doivent bouillir 5 minutes avant d\u2019être ajoutés aux fruits.Quelques conserves de légumes el de fruits Blé d'Inde Plonger des épis bien frais dans l\u2019eau bouillante 5 à 10 minutes.Mettre les épis d\u2019égale grosseur et longueur dans des pots, remplir d\u2019eau bouillante, ajouter 1 c.à thé de sel et stériliser 3 heures.Si Ton veut égrener le blé d\u2019Inde, on le coupe avec un couteau tranchant ayant soin de racler tout l\u2019épi.On met dans des pots qu\u2019on remplit d\u2019eau bouillante, et dans lesquels on ajoute 1 c.à thé de sel et 1 c.à tb.de sucre par bocal d\u2019une pinte.Pois Ecosser les pois, plonger dans l\u2019eau bouillante 3 minutes, mettre dans des pots, remplir d\u2019eau bouillante, ajouter 1 c.à thé de sel et stériliser 3 heures.Haricots Choisir des haricots qui n\u2019ont pas de fils, laver et faire bouillir 5 minutes.Mettre dans des bocaux, remplir d\u2019eau bouillante et stériliser 2 heures.Betteraves Choisir des petites betteraves, celles qpe Ton enlève pour éclaircir les plants.Couper la tige à la longueur d\u2019un pouce et ne pas enlever la racine.Bien brosser et cuire à l\u2019eau bouillante jusqu\u2019à ce que la peau s\u2019enlève facilement.Retirer de l\u2019eau bouillante, plonger dans l\u2019eau froide, peler, mettre dans des bocaux, remplir d\u2019eau bouillante, apouter 1 c.à thé de sel et stériliser 2 heures.Tomates Choisir des tomates bien mûres, les laver, les mettre dans un grand plat, couvrir d\u2019eau bouillante, laisser reposer jusqu\u2019à ce que la pelure s\u2019enlève facilement.Enlever la partie dure où adhère le pédoncule, mettre dans des pots sans les briser tout en les pressant pour laisser le moins d\u2019espace possible, remplir de jus de tomates obtenu en faisant chauffer des tomates moins belles et en les passant à travers une passoire pour réduire en pulpe.Ajouter 1 c.à thé de sel par bocal d\u2019une pinte et stériliser 30 minutes.Conserves de pêches Plonger dans l\u2019eau bouillante 3 minutes, passer à l\u2019eau froide, peler, séparer en deux, enlever le noyau et mettre aussi- tôt dans des pots bien propres.Couvrir de sirop clair bouillant, ajuster la rondelle de caoutchouc, mettre le couvercle en verre puis l\u2019anneau métallique, visser tout à fait, puis dévisser légèrement ; un pot fermé trop juste peut éclater.Dans le cas des pots qui ferment avec des broches, on n\u2019abaisse pas celle du bas afin que la fermeture ne soit pas hermétique.Quand tous les pots sont remplis, stériliser dans l\u2019eau bouillante 20 minutes, à la vapeur 30 minutes et au four de 250° F.45 minutes.La durée de cuisson doit être bien exacte.Lorsqu\u2019on stérilise à l\u2019eau bouillante, l\u2019eau doit bouillir à gros bouillons et on compte la durée de stérilisation quand l\u2019eau commence à bouillir.Si la stérilisation se fait à la vapeur, on ajoute 10\tminutes de plus parce que la vapeur est moins efficace que l\u2019eau bouillante.11\ten est ainsi du four, la chaleur sèche prend plus de temps à pénétrer le produit ; il s\u2019agit ici de pots d\u2019une chopine ou d\u2019une pinte.Au sortir de la stérilisation, on complète la fermeture, on renverse le bocal pour s\u2019assurer qu\u2019il ne coule pas et on le met droit jusqu\u2019à complet refroidissement.\t[Lire la suite page 52] BOUQUETS DE FRUITS Ce n\u2019est pas seulement la salade, c\u2019est la salade et sa sauce qui vous valent ces commentaires si flatteurs! C\u2019est parce que la Sauce à salades Miracle Whip possède cette saveur vive, juste à point, que des millions de gens préfèrent.Différente de toutes les autres sauces à salades, elle joint les qualités d\u2019une sauce bouillie piquante et d\u2019une fine mayonnaise.Vous serez enchantée du surcroît de saveur qu\u2019elle donne à vos salades! Tranches d'ananas Tranches d\u2019oranges\tfraises Endives frisées Tranches de bananes Miracle Whip Pour chaque portion, déposez une tranche d\u2019ananas sur feuilles d\u2019endives puis, sur l\u2019ananas, placez une tranche d\u2019orange pelée et 3 tranches de bananes.Disposez des quartiers de fraises fraîches entre les tranches de bananes, posez une fraise entière sur le dessus et servez avec de la Miracle Whip.Avfrf-v&m $oûfé àîlXfàinAC&l EST LA SAUCE A SALADES LA PLUS POPULAIRE JAMAIS CREEE Aimez-vous les compliments à la table Alors servez cetbs salade de ^ala avee Gardez les pets de 16 32 onces pour faire vos conserves 22 La Revue Populaire LE CHATEAU DE L'IMPO Qu\u2019il fait bon se glisser dans de beaux draps frais, si lisses et si doux! Qu\u2019il y fait bon dormir! .De fréquents lavages n\u2019altéreront pas la beauté durable des draps \u201cTex-made\u201d car ils conservent, durant nombre d\u2019années, tout leur éclat et leur fraîcheur.Demandez les draps \u201cTex-made\" .Ils sont à la portée de toutes les bourses, car ils sont fabriqués en différentes qualités (énumérées ci-dessous).JR STAR \u2014 HOMESTEAD ARWELL \u2014 COLONIAL ITEE, MONTREAL LA COMPAGNIE DOMINION TEXTILE LIM En effet, Gilbert, d\u2019humble origine, enlevé tout enfant à des parents in-| dignes pour être confié à l\u2019Assistance publique, à l\u2019aide de bourses, à poursuivre ses études.En souvenir de son [ mari, Mme Chatel témoignait au jeune homme toute l\u2019amitié dont était capable sa nature indolente.Carole le déclarait assommant et le traitait ca-J pricieusement, tantôt dédaigneuse, tan-! tôt aimable.Le jeune homme parlait surtout avec Florence.Près d\u2019elle, ce taciturne perdait sa réserve, sa timidité, qui provenaient sans doute de | sa souffrance d\u2019être plus qu\u2019orphelin et se laissait aller à la douceur des confidences.Leurs entretiens, parfois, j prenaient un ton de camaraderie amicale et tendre et il semblait à Florence que leurs silences mêmes se comprenaient.Ce fut d\u2019une voix tremblante que la jeune fille fit part à son ami de la décision prise.\u2014 Gilbert, dit-elle, nous allons partir, quitter Paris.\u2014 Partir ?.Parce qu\u2019il pâlissait en répétant ce | mot, elle eut un instant de joie enivrante.Mais les minutes heureuses sont comme des oiseaux sauvages, qui se posent rarement.\u2014 Oui.il le faut.Elle expliqua les raisons de leur résolution.et pendant qu\u2019elle parlait, elle regardait le beau visage sérieux du jeune homme, le front de propor-) tions admirables sous les cheveux châtain cendré rejetés en arrière, les yeux gris changeant, un peu enfoncés, le nez j droit, le menton fendu, ces traits jeu-[ nés, cependant creusés, ciselés par la vie, et qu\u2019elle trouvait si beaux.\u2014 Evidemment, reconnut le jeune [ homme au bout d\u2019un instant de réflexion, vous vous tirerez mieux d\u2019affaire à Verneuil qu\u2019à Paris.La vie est beaucoup moins chère à la campagne.Dans votre intérêt, je ne puis donc que vous conseiller ce départ.Mais.Il s\u2019interrompit et continua sur un ton de badinage qui dissimulait mal son émotion.\u2014 Mais moi, que vais-je devenir quand vous ne serez plus là ?Avec vous, j\u2019avais un peu l\u2019illusion d\u2019une famille.Je vais me trouver perdu ! \u2014 Mais, mon cher enfant, vous viendrez nous voir, et aussi souvent que vous voudrez ! disait Mme Chatel, s\u2019évadant pour une fois de son ordinaire apathie.Il va sans dire que vous aurez votre chambre à la maison.\u2014 Merci.Le pli qui barrait le front du jeune homme s\u2019effaça ; il eut le lent et beau sourire qui accentuait le pli de sa joue et lui donnait un charme surprenant.\u2014 Peut-être la bonne éducation, voudrait-elle que je me fisse un peu prier.Tant pis, j\u2019accepte, sans plus de façon ! Il ajouta : \u2014 Il y a à Verneuil une faïencerie que j\u2019aimerais connaître.C\u2019est ma passion, vous le savez.J\u2019irai la visiter, joignant ainsi l\u2019utile à l\u2019agréable.Inconscient du passage du destin, il souriait.\u2014 Donc, si vous voulez de moi, j\u2019irai à Verneuil pour les vacances de Pâques.\u2014 Nous serons bien contentes de vous voir, disait Florence de sa voix tendre.Mais, négligeant celle-ci, les yeux gris de Gilbert allaient se poser sur le visage de Carole, qui, un peu à l\u2019écart, | fumait, d\u2019un air indifférent, sans prendre part à la conversation \u2014 comme si seule lui importait l\u2019opinion de Carole.Et Florence pâlissait, touchée au coeur.L\u2019oiseau lumineux et sauvage.T U R E [Suite de la page 16] qui s\u2019était posé un instant, s\u2019envolait à tire-d\u2019aile.Mais ce soir, pour la première fois, un étrange sentiment de révolte et d\u2019injustice gonfla son coeur.et, aujourd\u2019hui encore, la pensée de ce regard de Gilbert sur le visage de Carole lui emplissait l\u2019âme d\u2019une amertume, d\u2019une détresse intolérables.Se levant de son siège, elle s\u2019approcha de la cheminée surmontée d\u2019un trumeau, et elle examina l\u2019image que lui renvoyait la glace un peu tavelée et verdie, détaillant d\u2019un oeil critique ses traits fins et délicats, sa bouche tendre, ses yeux bruns aux longs cils dans l\u2019ovale mince entre de courts cheveux bouclés, de la même couleur châtaine que les yeux.Oui, d\u2019un emanière discrète, un peu effacée, elle était jolie, elle pouvait plaire, être aimée.Pourtant, Gilbert, qu\u2019e\u2019le croyait son ami, regardait Carole comme jamais il ne l\u2019avait regardée, elle.Et, sans doute, serait-ce surtout pour revoir Carole qu\u2019il viendrait à Verneuil ?La détresse, à nouveau, pesa sur le coeur de Florence.Lasse, sans courage, elle se laissa retomber sur son siège.Le bruit d\u2019une porte ouverte et refermée l\u2019arracha à sa méditation.Elle sec.ua la tête, comme pour se délivrer d\u2019une pensée importune, et, se levant, traversa la pièce.En sortant du salon, elle se trouva en face de sa soeur qui rentrait de promenade en compagnie de Duke, le bouledogue, animal irritable qu\u2019aimait beaucoup Mme Chatel.\u2014 Ma parole, on gèle dans cette baraque ! \u2014 Entre deux maux, il faut choisir le moindre\u2014 grogna-t-elle.Je préfère la compagnie de Benoîte à un rhume de cerveau ! Quand les jeunes filles entrèrent dans la cuisine, elle astiquait, sans rien perdre de sa dignité, des chaudrons de çuivre.Florence lui fit compliment de leur éclat, tandis que Carole se dirigeait vers le feu.De ce côté de la maison, le jardin touchait à un parc touffu qui s\u2019étageait en amphithéâtre.Les nuits de tempête, on devait entendre le vent gémir et se plaindre parmi les arbres.Et tout en haut, entouré de sapins en rangs serrés, un château dessinait sur le ciel gris sa silhouette altière ; sur une de ses ailes, la construction, posée sur de puissants contreforts, était d\u2019une simplicité toute moyenâgeuse.On ne voyait d\u2019ouvertures qu\u2019au sommet, où s\u2019ouvrait une rangée de fenêtres étroites et carrées ; un donjon s\u2019y trouvait adossé.Sensiblement plus récent, un autre bâtiment enjolivé de tours, de tourelles et de fenêtres sculptées, s\u2019adjoignait au château primitif, formant un ensemble imposant.Carole le contempla un moment songeusement ; puis, sa curiosité l\u2019emportant sur sa mauvaise humeur et son insociabilité, elle se tourna vers la femme de ménage pour interroger : \u2014 Benoîte, quel est ce château ?Un peu piquée par la première attitude de la jeune fille, Benoîte attendit un instant pour répondre : \u2014 C\u2019est Amay, mademoiselle.Une pointe de vexation se devinait dans sa sécheresse voulue.Carole n\u2019y fit pas attention.Quand elle voulait quelque chose, elle savait mettre son amour-propre de côté.\u2014 Ah ! Et à qui appartient-il ?demanda-t-elle encore.Benoîte s\u2019arrêta un instant de frotter ses cuivres pour regarder la jeune fille avant de dire : \u2014 AM.Eric de Malestroit, qui est également le propriétaire de la faïencerie de Verneuil.\u2014 Il faut en effet que M.de Malestroit soit riche pour entretenir en bon [Lire la suite page 24] Montréal, septembre 1950 23 \"PAGES PETPOUVÊES\u201d die Çaiton die 'THonti.gru^ L'ARBRE QUI TOMBE Le voyageur, en voyageant, vit un arbre qui, allait tomber.Mais le voyageur ne savait pas que l\u2019arbre, solide comme il paraissait être avec ses racines agrippant le granit, allait tomber.Et, cependant que la passant passait, s\u2019accomplit l\u2019oeuvre de mystère que personne n\u2019analyse, et l\u2019arbre dans toute sa robustesse et dans tout son feuillage vint tomber devant le chemineau qui cheminait.Au fracas de la masse qui s\u2019effondrait.1 homme qui passait eut un sursaut, fureta d\u2019un regard distrait dans l\u2019enchevêtrement des branches abattues, et poursuivit sa route en chantonnant.Il n avait pas su voir, au faîte plus feuillu, qu\u2019avec l\u2019arbre ruiné périssait un nid d\u2019oiseau.LA BICHE En ce temps-là, je fricotais du bois de corde et de la littérature, tout en défrichant mon lot de colon au fin bout d\u2019un beau lac d\u2019Argenteuil.Un soir que je venais de m\u2019arrêter à la porte de mon chantier pour allumer une pipe et me repaître de la pénombre rose, orange et.bleutée qui fait un cadre à nos longs crépuscules de juillet, j\u2019aperçus, toute fauve dans l\u2019émeraude des feuillées qui ourlaient le rivage, la tête si grêle et si jolie d\u2019une biche.Et sitôt, l\u2019instinct meurtrier qui \u2014 comme l\u2019animal cher à Charles Monselet \u2014 gît dans le ventre, sinon au coeur, de tout homme bien portant, me fit decrocrer ma carabine et lancer mon canot d\u2019écorce.La bête savourait la vie, sans inquiétude, cependant que, sans bruit et profitant du vent qui la trahissait, je faisais couler mon canot tout près du bord, sous le couvert de l\u2019ombre.A demi-portée\" de 1 arme, je vis son doux regard bleu de bonne biche qui semblait consentir à se laisser tuer sans se défendre, et je ne voulus pas.Immobile dans mon canot que la brise poussait doucement à la dérive, j\u2019admirai tout mon soûl le gracieux animal qui me faisait peut-être la confiance de me considérer comme une épave.Puis, la nuit venant, je frappai l\u2019eau du plat de mon aviron pour lui signifier que j\u2019étais un homme, l\u2019ennemi.Dans un saut élégant, presque une envolée, la biche disparut dans les aulnes profonds, et je l\u2019entendis renifler bruyamment de gratitude ou de frayeur.LE CANADA (Extrait) Le Canada n\u2019est pas un petit coin de terre qui va se clore, pour Montréal, à quinze arpents derrière le Mile-End ; pour Québec, à deux portées de fusil du clocher de Beauport et, pour Ottawa, dans le petit bois qui voile d\u2019ombre le Chemin des Amoureux.Le Canada, c\u2019est avant tout de l\u2019immensité; c\u2019est toute la superficie des Etats-Unis d\u2019Amérique, plus trois fois celle de la France ou de l\u2019Allemagne, cinq fois celle des Iles-Britanniques ou cinquante-cinq fois celle de la Belgique ; c\u2019est, superficiellement, 24 fois l\u2019Abyssinie, 13 fois l\u2019Afganistan, 20 fois l\u2019Algérie, 15 fois l\u2019Autriche-Hongrie, 6 fois la Bolivie, 30 fois les Iles-Britanniques, 16 fois la Colonie-du-Cap, 18 fois le Chili, 30 fois l\u2019Equateur, 9 fois l\u2019Egypte, 17 fois la France, 2 fois les Indes anglaises, 17 fois l\u2019Allemagne, 33 fois l\u2019Italie, 4 fois le Congo belge, 22 fois le Japon, 4 fois le Mexique et 16 fois le Maroc, 11 fois les Nouvelles-Galles du Sud et 34 fois la Nouvelle-Zélande.25 fois la Norvège et 7 fois le Pérou, 5 fois la Perse et 31 fois les Philippines, 18 fois le Siam et 31 fois le Sénégal, 18 fois l\u2019Espagne et 30 fois l\u2019Afrique Australe (Transvaal et le reste) \u2014 ce qui veut dire qu\u2019en étant peuplé, comme l\u2019Angleterre et le pays de Galles, au taux moyen de 558 personnes par mille carré de 640 acres, la seule province de Québec aurait une population d: 196,345,134 âmes et qu\u2019au même taux, qui n\u2019a rien da fantaisiste puisqu\u2019il existe réellement et qu\u2019il n\u2019est pas même un maximum, et qu\u2019au même taux, dis-je, le Dominion du Canada tout entier pourrait loger 2,090,030,292 d\u2019êtres humains, c\u2019est-à-dire environ cinq cent millions d\u2019homme de plus que ne pourrait en fournir l\u2019humanité contemporaine.Et voilà ce qui justifie notre poète d\u2019avoir dit : Il est, sous le soleil, un sol unique au monde Où le Ciel a versé ses dons les plus charmants ; Où, répandant ses biens, la Nature féconde A ses vastes forêts mêle ses lacs géants ; et voilà ce qui me justifie moi-même de dire que le Canada, c\u2019est avant tout une synthèse mondiale où les immensités se superposent pittoresquement aux infinis.Or, économiquement, politiquement et sociale- Pour faire suite au récent \u201cCe dont on parle\u201d où Lucette Robert annonçait Vintention de Lou-vigny de Montigny de publier un recueil des \u201cPages retrouvées\u201d de feu son frère Gaston, nous sommes heureux d\u2019avoir obtenu l\u2019autorisation de reproduire ici quelques-unes de ces pages.Bien que choisis parmi ses compositions les plus courtes, ces échantillons justifieront notre collaboratrice de souhaiter, avec tous les connaisseurs, que soient sauvées du naufrage les pages retrouvées de l\u2019un de nos plus brillants écrivains canadiens-français.Ces menues pièces suffiront en effet à rappeler l\u2019excellent ouvrier de notre langue que fut Gaston de Montigny, et les ressources de son talent qui, selon les heures, s\u2019adonnait à l\u2019observation, aux descriptions de notre nature laurentienne, à la fantaisie, au mysticisme, à l\u2019économie, au patriotisme et même à l\u2019humour, et que dominait un humanitarisme intense, voire une sensibilité qui vibrait à la moindre occasion.¦\tsi lilt.GASTON DE MONTIGNY, vêtu du burnous des Bédouins.Journaliste, poète, essayiste, naturaliste, colon et soldat, Henri Gaston Testard de Montigny naquit à Saint-Jérôme (Terre-bonne), le 27 mai 1870.Il fit ses études classiques an collège Sainte-Marie de Montréal et au collège de Joliette et des études agronomiques à Beauvais (France).En 1895, il s'enrôla dans la Légion Etrangère d'Afrique.Revenu au Canada en 1900, Il collabora 6 plusieurs journaux et revues.Décédé à Montréal, le 30 octobre 1914.ment, ces immensités sont de l\u2019horizon, parce qu\u2019ils sont de l\u2019avenir \u2014 et l\u2019économiste n\u2019a pas le droit de se désintéresser de l\u2019avenir, parce que l\u2019avenir est l\u2019horizon normal de l\u2019Humanité.(1907).MERVEILLES DE LA NATURE Pour l\u2019avoir, sinon lu, du moins ouï dire, chacun sait que, pour naître, croître, mûrir et porter fruit, les végétaux, fussent-ils microscopiques ou boababesques, sollicitent le concours du premier des éléments qui composent la trilogie sur laquelle repose l\u2019univers, c\u2019est-à-dire l\u2019eau, en latin : aqua.D\u2019où la bienfaisance des rosées matinales, des pluies, des irrigations et voire des vulgaires arrosements que le génie compensatif de l\u2019homme invente pour corriger les distractions firmamenteuses et faire penser aux radicelles enfouies que la fraîcheur qui leur arrive provient directement des sphères où les nues s\u2019entrechoquent en crevant, crèvent en s\u2019entre-choquant.Cette nécessité, faisant loi, concourt pour une large part à faire accepter philosophiquement les douches astrales dont, à certaines périodes, nous sommes gratifiés.On rentre crotté comme un barbet fringaleux, tout saturé de brouillard, le pantalon collé aux flancs, c\u2019est-à-dire aux mollets, le faux-col boursoufflé de taches laiteuses, le nez froid, les pieds trempés.Il faut pourtant que ça tombe, pour que ça pousse.Le député se dit alors que, du moins, les carottes seront plus grosses et que la pluie trouble l\u2019eau où l\u2019on pêche ; le jeune marié se répète que les choux prendront assez d\u2019envergure pour abriter bien des surprises ; la fillette se murmure que l\u2019eau rafraîchit les roses ; le journaliste se persuade qu\u2019il pourra servir de meilleures salades, etc.Et c\u2019est ainsi qu\u2019on se console, mi-morose, mi-gai, en s\u2019écoutant sécher, blotti en cet endroit que des loustics très forts en géométrie nomment \u201cle coin\u201d du feu.Mais, tout ça me semble bien moyenâgeux, depuis que je connais la merveilleuse invention hydrogénique dont nous parlait naguère notre très-affable, très-savant et très-joyeux confrère Stanislas.Il n\u2019est point seulement un rédacteur financier qui pressent les sautes du baromètre boursier, ni seulement le robuste et vert doyen de la pléiade des vrais journalistes dont s\u2019agrémente \u2014 oh ! si économiquement ! \u2014 la Cité de Montréal.Il est encore un agronome de gente humeur et d\u2019habile savoir ; et je sais qu\u2019en face de Mai-sonneuve-Hochelaga, en une lande ultra-fluviale, il cultive des légumes mirobolants.Vous pouvez en conclure que, pour obtenir un semblable résultat, notre collaborateur a dû observer beaucoup, lire pas mal et piocher dans les bouquins tout autant que bêcher dans ses plates-bandes.Et c\u2019est en ce faisant qu\u2019il a découvert un procédé nouveau pour entretenir dans le sol, sans le secours d\u2019aucune pluie, d\u2019aucune canalisation, d\u2019aucun arrosage, en plein soleil, en pleine sécheresse, en pleine caniculaire chaleur, l\u2019humidité tiède, constante et fécondante dont les végétaux en général, et tout particulièrement les pommes de terre, alias patates, ont besoin pour se bien comporter, c\u2019est-à-dire s\u2019arrondir et profiter.Et parce que je sais avec quelle ardeur vous saisissez toute occasion de vous instruire davantage chaque jour, je commets l\u2019indiscrétion de vous confier le secret.On sème par rangs parallèles, c\u2019est-à-dire comme de coutume, les fragments de patates à qui incombe la mission de se multiplier avec, si possible, la prolifi-cité vertigineuse du hareng, puis, entre chaque alignement de patates, on sème de la graine d\u2019oignon fort.Qu\u2019arrive-t-il ?Lorsque, après avoir, pour germer, absorbé la sursaturation de fraîcheur que la fonte des neiges printanières emmagasine entre le sol et le sous-sol, les jeunes patates commencent à entr\u2019ouvrir leurs yeux glabres sans se soucier de la poussière qui peut y pénétrer, l\u2019époque est généralement venue où, le plus redoutablement, la chaleur asséchante menace de ralentir la croissance des hydrophiles tubercules.Mais ne craignez rien.L\u2019oignon veille ! Car, lui aussi, oignon, a grandi comme sa voisine, patate, et son arôme, aux vertus d\u2019ailleurs bien connues, mettant à profit la pénétrabilité dont l\u2019a doué la nature, s\u2019infiltre parmi les pores de l\u2019humus pour se circompoliser dans le voisinage de sa déjà grossette compagne.Et voici que, entourés, pénétrés, envahis bientôt par cette picotante ambiance, [ Lire la suite page 82 ] 24 La Revue Populaire NUL AUTRE NETTOYEUR ne donne UN TEL POLI aux éviers et baignoires Ce needau'um d&o/wdûom powÂa- aueim deemÆûm de Jmmeô nuti-£iû&td Lo R 2 T?O- P na\t^ Si '-o ^ ï- ¦1 î?^ R \u201cS.O- c/> O- 2 n>' fl A 2' 3 P .t/5 .a- ^ * SWIFT CANADIAN CO.LIMITED 4 54 La Revue Populaire LE CHATEAU DE L'IMPOSTURE ismte de ia page 501 Du Confort GRACE À LA COULEUR WÀMk Des psychologues coloristes s\u2019accordent à dire que la couleur peut reposer ou déprimer\u2014 engendrer ou soulager la tension nerveuse\u2014faire paraître les pièces plus claires, plus spacieuses.Voici une pièce qui était morne et déprimante.Elle respire maintenant le confort, grâce a l\u2019emploi du système Pittsburgh de sélection facile des couleurs et des Peintures Pittsburgh belles et résistantes.Un thème décoratif efficace emploie avantageusement 1 la lumière solaire ^ \"Dynamique des Couleurs\"\u2014Système Pittsburgh de selection facile des couleurs.Même cette vignette, qui n\u2019est pas en couleurs, aide à montrer comment ce salon ensoleillé qui fait face au Sud a été rendu plus frais et plus reposant grâce à la \"Dynamique des Couleurs\u201d et aux Peintures Pittsburgh.La nuance foncée, sur le mur du fond, donne le ton dans ce thème décoratif.Elle attire l\u2019attention sur l\u2019aspect accueillant du foyer.Des nuances plus pâles sur le plafond et le mur où se trouve la fenêtre égaient la pièce et la font paraître plus grande.Des couleurs vives sur les meubles complètent et équilibrent le tout.Procédez sûrement en ce qui concerne vos plans pour votre thème décoratif.Renseignez-vous chez votre Marchand de Peintures Pittsburgh au sujet de la \"Dyna-mique des Couleurs\u201d et des Peintures Pittsburgh\u2014immédiatement.Peintures Pittsburgh 7WMÆm FABRIQUÉES AU CANADA HOBBS Hobbs Glass Limited London, Canada.Veuillez m\u2019envoyer les renseignements complets concernant.Nom.Rue.Ville.Province n\u2019avez pas le droit de me regarder avec cet air méprisant ! Vous n\u2019avez pas voulu que je reste auprès de vous, cet après-midi.Et je n\u2019ai jamais prétendu être un saint, un de ces dadais qui vivent comme des moines ! Il tangua, rattrapa de justesse son équilibre, ébaucha un rire hoquetant et reprit, solennellement : \u2014 J\u2019ai au contraire pour devise qu\u2019il faut s\u2019amuser dans la vie comme on l\u2019entend et autant qu\u2019on le peut.Vous courez les magasins et les maisons de couture et moi les bars.Vous vous amusez à Paris à votre façon et moi à la mienne.Qu\u2019avez-vous à y reprendre ?Je vous laisse à votre guise dépenser mon argent.N\u2019était-ce pas ce que vous désiriez en m\u2019épousant ?Carole continuait à fumer d\u2019un air indifférent, en balançant son pied élégamment chaussé de cothurnes à très hauts talons ; cependant, une légère rougeur montait à ses joues ordinairement d\u2019une pâleur de camélia.\u2014 Je voudrais retourner à Arnay, disait à présent Eric sur un ton pleurard d\u2019ivrogne.Que se passe-t-il en mon absence ?Qu\u2019est-il arrivé ?Carole haussa les épaules.\u2014 Que voulez-vous qu\u2019il se passe ?Vous ne vous croyez pas indispensable, je suppose ?fit-elle d\u2019un air railleur.Il eut vers elle un oblique regard plein de défiance et serra les lèvres sans répondre.\u2014 Allez vous coucher, reprit-elle.C\u2019est le mieux que vous puissiez faire.Ne soyez pas plus longtemps grotesque.Nous dînerons sans vous.Il fit d\u2019abord mine de se révolter, puis obéit en grommelant.Mais, en s en allant, il ne put se retenir de claquer la porte.Les deux jeunes femmes restèrent seules dans le salon.Florence n\u2019osait pas regarder sa soeur.Carole, cependant, ne semblait pas impressionnée outre mesure Elle écrasa sa cigarette dans un cendrier et, regardant ses ongles vernis, elle fit nonchalamment : \u2014 Je regrette de n\u2019avoir pu jeter sur ce léger travers de mon époux le manteau dont les fils de Noé recouvrirent leur père dans une circonstance offrant quelque analogie avec celle-ci.Mais, après tout, je n\u2019ai pas tellement l\u2019esprit biblique.X joui, c-aioie vmi a la unevalerie alors que Gilbert se trouvait là.Il s\u2019entretenait avec Florence, racontant avec entrain un fait survenu à l\u2019usine ; et la jeune fille lui répondait sur le même ton, souriante parce qu\u2019il semblait apaisé et content.La première, elle vit stopper devant la grille l\u2019auto beige de sa soeur.Un jour, Carole vint à la Chevalerie alors que Gilbert se trouvait là.Il s\u2019entretenait avec Florence, racontant avec entrain un fait survenu à l\u2019usine ; et la jeune fille lui répondait sur le même ton, souriante parce qu\u2019il semblait apaisé et content.La première, elle vit stopper devant la grille l\u2019auto beige de sa soeur.\u2014 Voici Carole, dit-elle, sa gaieté éteinte comme sous un souffle.Tandis que Carole entrait, ses yeux cherchaient à lire sur le visage du jeune homme l\u2019effet que lui produisait cette entrevue.Il se levait, exprimait sa joie de la rencontrer, prononçait des paroles banales nécessitées par les circonstances et faisait preuve d\u2019une remarquable présence d\u2019esprit.Carole tendait la main, se montrait aimable et séduisante comme en ses meilleurs jours d\u2019autrefois ; son parfum emplis- sait la pièce, ses gestes se répétaient dans le miroir, son rire résonnait.Quels échos éveillaient-ils en Gilbert ?On ne pouvait savoir.Le jeune homme répondait avec aisance, son attitude semblait parfaitement naturelle ; la sensibilité de Florence pouvait seule remarquer le frémissement inhabituel de ses mains et discerner dans sa voix une sécheresse qui dissimulait peut-être son émotion.Il prit d\u2019ailleurs congé très rapidement.Carole le suivit d\u2019un regard pensif.\u2014 Il a un peu maigri, cela ne lui va pas mal, remarqua-t-elle.Puis elle se remit à parler de la fête qu\u2019elle comptait donner pour Noël, et des transformations qu\u2019elle se proposait de réaliser au château.\u2014 J\u2019ai l\u2019intention de faire percer quelques fenêtres et relier par un escalier une pièce du rez-de-chaussée à deux autres du premier étage, pour m\u2019installer un appartement particulier à mon goût, expliquait-elle.L\u2019une des chambres que je compte m\u2019attribuer est celle de Walter Roussel, et cela l\u2019obligera à aller loger ailleurs.Florence écoutait mal ; la conversation fut.le de Carole, sa voix rapide, la fatiguaient.Sa pensée inquiète était ailleurs.Mais le nom de Walter Roussel avait le don de faire tressaillir en elle une corde indéfinissable.Elle ne pouvait s\u2019empêcher d\u2019évoquer celui qui portait ce nom, ses yeux impénétrables, son air de raillerie et de puissance.Carole, Eric et Walter Roussel s\u2019attardaient dans le salon à boire le café En plus, les radiateurs jugés insuffisants, on avait allumé un feu de bois qui pétillait sur les meubles.L\u2019atmosphère eût été douillette et agréable, si la présence de l\u2019ancien précepteur, l\u2019anomalie de sa silhouette et de son beau visage n\u2019y eussent ajouté on ne sait quoi de trouble et d\u2019énigmatique.Les deux hommes fumaient, buvant des liqueurs et échangeant des phrases banales.Carole, ayant fini son café, alluma elle-même une cigarette et se renversa sur son siège pour prononcer, avec une négligence affectée : \u2014 A propos, monsieur Roussel.je vous prierais de bien vouloir choisir une autre chambre et de faire enlever vos affaires personnelles de celle que vous habitez en ce moment.Elle guettait, sous ses paupières baissées, l\u2019effet produit par ses paroles.Au silence qui les accueillit, à l\u2019éclair qui jaillit du regard de Walter Roussel, la jeune femme prit conscience qu\u2019elle s\u2019aventurait sur un terrain peu sûr, mais il était trop tard pour revenir sur ses pas.Eric, qui portait un verre de cognac à ses lèvres, le reposa pour regarder sa femme avec inquiétude.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela signifie, Carole ?\u2014 Oh ! c\u2019est très simple ! Un temps passa, qui marqua sa dernière hésitation, puis elle reprit : \u2014 Les pièces réservées à mon usage personnel ne me plaisent pas, je les trouve mal exposées et peu agréables.La chambre de M.Roussel et ses dépendances me conviendraient beaucoup mieux.J\u2019ai calculé que je pourrais les relier par un escalier intérieur à une pièce du rez-de-chaussée qui me fera un petit salon particulier ; et cela me composera un appartement indépendant et tout à fait à mon goût.\u2014 Mais, Carole.murmura Eric, timidement.Sans le regarder, elle ajouta : \u2014 J\u2019ai du reste convoqué un architecte à ce sujet.Il doit venir demain.C\u2019est pourquoi je demandais à M.Roussel de déménager et de choisir une autre chambre.Elles ne manquent pas Montréal, septembre 1950 55 au château et il doit lui être facile d\u2019en trouver une à sa convenance.Walter Roussel enleva son cigare de sa bouche, la considéra un instant d\u2019un air de regret et prononça : \u2014 Que cela est donc fâcheux, madame ! La chambre que j\u2019habite me convient parfaitement et je tiens beaucoup à la garder.Je suis, croyez-le bien, profondément navré de vous contrarier.Eric de Malestroit lançait tour à tour en direction de sa femme et de son ami des regards inquiets, mais hésitait cependant à intervenir.Enfin, maladroitement, il fit : \u2014 Elle a envie de cette chambre, Walter.Pourquoi n\u2019en prendriez-vous pas une autre ?L\u2019ancien précepteur sourit et tapota doucement du bout des doigts le bras de son fauteuil.\u2014 Je regrette beaucoup, Eric.Malgré mon vif désir d\u2019être agréable à Mme de Malestroit, cela n\u2019est pas possible.Il y a vingt ans que j\u2019habite cette chambre, la bibliothèque n\u2019en est pas éloignée ; j\u2019y ai mes habitudes, je m\u2019y trouve en paix ; vous me connaissez et vous savez que ce sont les choses auxquelles je tienne le plus.Enfin, à mon âge, on ne change pas comme cela ! Le châtelain se tourna alors vers sa femme et prononça d\u2019un ton conciliant : \u2014 Après tout, Carole, vous pouvez fort bien faire votre installation ailleurs.La chambre formant l\u2019angle de la façade est, située en face de la mienne, ferait aussi bien l\u2019affaire.Elle secoua la tête avec irritation.\u2014 Je préfère l\u2019autre.\u2014 C\u2019est un caprice puéril.Sur le même ton, elle fit : \u2014- Peut-être.En tout cas, je ne vois pas pourquoi j\u2019y renoncerais pour satisfaire M.Roussel.Elle redressait la tête d\u2019un air de défi, en regardant l\u2019ancien précepteur ; mais celui-ci n\u2019évita pas son regard Il avait reculé son fauteuil et souriait comme à quelque idée plaisante.Et ce sourire, son air de patience, ajoutèrent à l\u2019impression de malaise subitement ressentie par la jeune femme.Le châtelain était pâle et défait, il lançait de temps en temps un regard craintif du côté de Walter Roussel ; son comportement ressemblait à celui d\u2019un chien coupable qui craint la correction.\u2014 Ecoutez, Carole, dit-il avec agitation, votre entêtement me met dans une situation gênante.Soyez raisonnable, efforcez-vous de comprendre : Walter tient à garder sa chambre ; c\u2019est naturel, après si longtemps ! Et je ne veux pas qu\u2019on l\u2019ennuie, car c\u2019est mon ami.La voix mélodieuse de l\u2019ancien précepteur s\u2019éleva à nouveau;: \u2014 Oui, madame, je sus pour votre mari un ami de longue date et comme on en rencontre peu ! Je suis certain qu\u2019il ne vous a pas dit tout ce qu\u2019il me devait.A proprement parler, il me doit d\u2019être ce qu\u2019il est actuellement, n\u2019est-ce pas Eric ?Le châtelain ne répondit aps et, après une légère pause, Walter Roussel laissa tomber : \u2014 Et il ne saurait oublier mon dévouement.Tout en parlant, il frappait de la main le côté de sa poitrine.De pâle qu\u2019il était l\u2019instant d\u2019avant, Eric de Malestroit était devenu très rouge.De grosses gouttes de sueur perlaient à son front.Avec un accent étrange, il fit : \u2014 Oui, je connais votre dévouement.Walter Roussel eut un bon sourire.\u2014 Vous l\u2019entendez, madame ?Ce dévouement, qui trouve une douce ré compense dans l\u2019amitié qui m\u2019est témoignée, mérite bien quelques concessions.D\u2019une main tremblante, le châtelain se versa une rasade de cognac qu\u2019il avala d\u2019un trait ; puis, sans regarder sa femme, il prononça : \u2014 Je suis navré, Carole, mais, je dois vous demander de renoncer à votre lubie.Elle le regarda avec stupeur.Elle j avait bien compris que la lutte serait j dure, mais elle ne doutait pas de l\u2019emporter finalement Les mots de son mari lui firent l\u2019effet d\u2019une gifle en plein j visage.\u2014 Vous plaisantez, je suppose?fit-elle, encore incrédule.\u2014 Carole je ne puis faire autrement, j Elle croisa les bras.\u2014 Dois-je vraiment comprend e, Eric, j que vous me refusez ce que je vous | demande, que vous prenez le parti de cet homme contre moi, que vous préfé- ! rez me contrarier que de lui déplaire ?Elle se montait à mesure qu\u2019elle parlait et la colère la faisait suffoquer.\u2014 Jamais.jamais je ne vous pardonnerai cela, Eric ! Elle s\u2019était levée, l\u2019excès de la colère l\u2019obligea à se rasseoir.Elle demeura immobile, aussi stupéfaite que si le parquet marqueté sur lequel elle se trouvait se fût soudain dérobé sous ses pieds et transformé en une surface glissante et hasardeuse.Eric de Malestroit, sans rien trouver à dire, essuyait son front où la sueur coulait.Walter Roussel se taisait.Pendant un instant, le silence régna.Bien qu\u2019on fût au début de l\u2019après-midi, il faisait sombre.Les lueurs du feu répandaient leurs clartés rougeâtres au milieu de la pièce, mais laissaient les extrémités presque obscures .Au bout d\u2019un moment, Carole éclata d\u2019un rire nerveux.\u2014 Vous aur ez dû me prévenir, Eric, que je ne serais pas libre chez moi ; que je devrais laisser M.Roussel choisir à sa guise son appartement, donner des ordres aux domestiques et disposer d\u2019eux sans se gêner, comme il le fait ; en un mot, que je ne pourrais décider de quelque chose au château sans que cela fasse son agrément.Le visage du châtelain passait alternativement du rouge foncé à la plus extrême pâleur.\u2014 Ecoutez, Carole.Il se mordit les lèvres et, ne sachant comment poursuivre, eut recours à la violence.\u2014 Ah ! et puis, vous m\u2019embêtez à la fin, à faire tant d\u2019histoires ! Je vous passe tous vos caprices, vous dépensez pour votre toilette tout l\u2019argent que vous voulez.Que vous faut-il de plus ?Pourquoi me tourmentez-vous ?Je suis le maître et libre de faire ce que je veux à Arnay ! Et, après tout, j\u2019ai bien le droit d\u2019avoir un ami ! Walter gardera sa chambre, même si cela ne vous convient pas ! Sa voix, qu\u2019il cessait de contrôler, prenait des notes aiguës, discordantes.A bout d\u2019arguments, il lança sur le sol un cendrier de cristal qui se brisa.Elle le regarda avec mépris et sans répondre se leva et se dirigea vers la porte.Mais cet éclat avait calmé Eric, il s\u2019élança vers elle.\u2014 Carole, ce serait idiot de se fâcher pour cela.Il s\u2019efforça de la prendre dans ses bras, mais elle le repoussa durement, quitta la pièce et referma la porte sur elle.Il hésita un instant à la suivre, puis revint au milieu de la pièce en disant d\u2019un air piteux : \u2014 Combien de temps va-t-elle me bouder après cela ?Voilà une réconciliation qui me coûtera cher ! Il tira sur ses cheveux rares comme s\u2019il voulait les arracher, mais il était trop douillet pour le faire, et s\u2019effondra sur son siège.Walter avait repris sa pose nonchalante et fumait à nouveau son cigare avec béatitude.\u2014 Je crois, mon cher garçon, dit-il sentencieusement, que vous n\u2019avez pas , m La Beauté .ne se lègue pas, elle s\u2019acquiert.avec le Rituel de base Elizabeth Arden t^UINZE ou cinquante ans .peu importe ! L\u2019unique .¦ le seul Rituel de base Elizabeth Arden vous confère cette beauté manifeste .qu\u2019est une mine soignée.Les précieuses préparations \"essentielles\u201d de Miss Arden .Quelques instants à votre miroir .et cette aimable beauté est vôtre .Nettoyez.Ardena Cleansing Cream pour peau sèche ou normale, 1.50 à 8.00.Milky Liquid Cleanser pour peau grasse ou terne, 2.50.Rafraîchissez.avec Ardena Skin Tonic, 1.25 a 11.50 Adoucissez.Plus de 30 ans?Employez Special Salon Treatment Lotion, 6.00 et Special Salon Treatment Oil, 4.50, 10.00 Puis, Ardena Perfection Cream, 7.50, 12.50 ou Joie de Vivre, la crème aux hormones idéale, 3.50, 6.00 Moins de 30 ans ?Ardena Velva Cream pour peau normale, 1.50 et 4.25 Ardena Orange Skin Cream pour peau sèche, 1.50 à 10.50 Ardena Astringent Cream pour peau grasse, 2.50, 4.50 Pour irritations bénignes de la peau, gerçures, employez Eight-Hour Cream 1.75, 3.00 A/e&i DANS TOUS LES CHICS MAGASINS 56 La Revue Populaire Photo R.D.w ' % La santé par l\u2019alimentation L\u2019organisme humain requiert lait, fruits, légumes, céréales et viande tous les jours, été et hiver.L\u2019été, on sert plus souvent froid que chaud.Les aliments saisonniers offrent l'occasion de préparer des repas spécialement attrayants et nourrissants.La salade joint à sa vertu sanitaire couleur et gaieté.Préparée croustillante et fraîche, elle excite l\u2019appétit le plus blasé et elle fournit en même temps les éléments nutritifs nécessaires.Le poisson et les aliments marins fournissent plusieurs éléments nutritifs.Ils abondent en protéines, en minéraux et en vitamines et certaines variétés renferment aussi de la graisse.Vendus frais, congelés, en boîte, salés ou fumés, ils se préparent de maintes manières qui accroissent l\u2019intérêt, le plaisir et les éléments nutritifs du repas.Les experts en hygiène infantile prétendent qu\u2019il y a avantage à servir de petites portions aux enfants ; les grosses pourraient les décourager.Mieux vaut pour l\u2019enfant s\u2019habituer à vider son assiette et, s\u2019il a encore faim, demander une seconde portion.Les plats, les tasses et les verres fêlés ou ébréchés constituent un danger au foyer et au restaurant.Cette vaisselle ne se stérilise pas bien et elle présente un rendez-vous parfait aux germes et aux bactéries.Au foyer, mettez au rancart la vaisselle fêlée ; évitez les restaurants qui l\u2019utilisent.Les collations élaborées pour compléter le menu du jour peuvent apporter une contribution réelle à l\u2019alimentation.Les enfants en croissance, les futures mères, les mères nourrices, les ouvriers au travail et ceux qui essaient de recouvrer la santé et la force requièrent souvent chaque jour plus d\u2019aliments qu\u2019ils n\u2019en peuvent consommer à leur aise en trois repas.Le secret consiste à prendre les bons aliments au bon moment entre les repas.Pour prévenir le rachitisme et construire des dents et des os forts et sains, le régime de l\u2019enfant doit contenir une quantité raisonnable de vitamine D.Le régime ordinaire n\u2019en donne pas assez, les rayons du soleil non plus, même en été.Toute sa croissance, l\u2019enfant a besoin de vitamine D supplémentaire sous la forme de liquides, de capsules ou d\u2019autres préparations.L\u2019un des meilleurs moyens de parer au danger des maladies transmises par les insectes est de bien fermer la maison aux mouches et aux autres pestes semblables.Cela exige des moustiquaires bien adaptés à toutes les portes et fenêtres, et des mesures rapides dès qu\u2019une mouche pénètre ces défenses.été très bien inspiré en vous mariant.| Je vous avais du reste prévenu.Quelle I idée d\u2019être tombé amoureux ! Je suis toujours étonné de la quantité de sentimentalité répandue dans le monde.Votre femme est certes assez belle pour inspirer l\u2019amour, mais je ne crois pas qu\u2019elle en éprouve un atome pour vous.Personnellement, je la trouve plutôt fatigante.\u2014 Démon ! soupira Eric.Il y a des moments où je voudrais ne vous avoir jamais connu.L\u2019autre se mit à rire doucement.\u2014 Vous n\u2019en pensez pas un mot, dit-il.\u2022 Carole n\u2019avait pas une nature portée à l\u2019analyse, elle ne cherchait que rarement à approfondir les choses.D\u2019autres se fussent étonnés de l\u2019emprise exercée sur son mari par Walter Roussel et eussent essayé d\u2019en connaître les raisons ; elle ne cherchait pas si loin.Elle éprouvait de sa défaite une humiliation fort pénible à sa vanité et cela submergeait tout.Elle revenait de la bibliothèque, après avoir choisi quelques romans, et longeait la galerie contiguë pour regagner sa chambre sise à l\u2019autre extrémité, lorsque Walter Roussel apparut.Il avait ce don agaçant de surgir ainsi, brusquement, sans qu\u2019on l\u2019eût entendu venir.La jeune femme, en le voyant, rougit violemment et ébaucha un instinctif mouvement de recul dont il s\u2019aperçut.\u2014 J\u2019espère que je ne vous ai pas J effrayée ?demanda-t-il courtoisement.Le souvenir de leur récente conversation et de l\u2019affront reçu contribuait plus à son geste que la crainte ; l\u2019orgueil la fit se raidir.\u2014 Pas du tout.Vous m\u2019avez simplement surprise.Elle allait passer, mais il lui faisait face, respectueusement.\u2014 Je suis heureux de cette rencontre, madame, reprit-il.Je souhaitais justement vous parler.Pouvez-vous m\u2019ac-| corder quelques minutes d\u2019entretien ?La galerie, étroite et longue, délimitait, outre la bibliothèque, des chambres inoccupées ; les murs épais, l\u2019abondance des couloirs, des retraits, supprimaient les bruits, aggravaient le silence intérieur ; on n\u2019entendait que la rumeur du vent qui poussait les fenêtres.Carole éprouva une intolérable impression de solitude, presque de crainte.Cependant, l\u2019attitude de l\u2019ancien précepteur était parfaitement déférente, mais son aplomb la déconcertait.Elle fit : \u2014 Je ne crois pas que nous ayons grand\u2019chose à nous dire.Elle était beaucoup plus grande que lui et devait, pour le regarder, baisser les yeux, ce qui accusait son air de dédain.\u2014 J\u2019aimerais cependant que vous m\u2019écoutiez, madame.\u2014 J\u2019ai la migraine et je ne suis pas disposée à soutenir une longue conversation.Il s\u2019inclina.\u2014 Je serai donc bref.Je veux tout d\u2019abord vous dire combien j\u2019ai été navré de nous voir ainsi opposés l\u2019un à l\u2019autre.Elle eut un geste de hautaine indifférence ; il hocha la tête et poursuivit, du ton indulgent dont on parle à un enfant : \u2014 Oui, je sais ce que vous pensez.Mais, voyez-vous, bien des sottises et des désaccords ne sont en réalité que des erreurs d\u2019appréciation.Depuis la petite mise au point de cet après-midi, je pense que vous avez un aperçu plus exact de la situation.Elle sortit de son silence expectatif pour dire : \u2014 Cette situation peut varier, monsieur Roussel.L\u2019ancien précepteur posa sur la jeune femme un long regard.Il sourit, sa voix se fit plus mélodieuse encore pour répondre : \u2014 Non, madame, elle ne variera pas, parce que les circonstances dont elle découle ne varieront pas.Et j\u2019en appelle à votre sens commun : qu\u2019avons-nous à gagner à nous combattre ?Rien.Il vaut beaucoup mieux nous entendre et vivre en bonne intelligence.Mon plus vif désir, croyez-le bien, est de vous inspirer de la sympathie.Elle ne répondait pas.Malgré le peu de profondeur de son intelligence, elle saisissait fort bien l\u2019assurance derrière la courtoisie de ces propos.Elle comprenait qu\u2019il était sûr que jamais Eric ne l\u2019abandonnerait.Elle eut la conviction déprimante qu\u2019elle ne pouvait rien contre lui.Et voici que, tout d\u2019un coup, Carole vit un visage se coller à l\u2019une des étroites fenêtres percées dans le vieux donjon \u2014 le visage maigre et ravagé d\u2019une femme aux cheveux gris, à laquelle il semblait impossible d\u2019assigner un âge.Et comme un refrain obsédant, les paroles de Benoîte lui revinrent à la mémoire.Peut-être son énervement précédent la rendait-elle plus sensible aux impondérables ; brusquement, elle se sentit envahie par une de ces terreurs irraisonnées et superstitieuses qui peuplent de formes mouvantes les endroits obscurs et font redoutables les pièces désertes.Cette figure apparue lui sembla insolite, menaçante.Pointant son index en direction de la fenêtre, elle demanda d\u2019une voix aiguë : \u2014 Qui.qui est cette femme ?Que fait-elle ici ?Walter eut un rapide froncement de sourcils \u2014 trop rapide pour qu\u2019elle pût le voir.Ce fut d\u2019un ton très calme qu\u2019il répondit : \u2014 Cette femme ?C\u2019est une pauvre créature qui fut naguère la gouvernante d\u2019Eric.Elle a eu des malheurs, est devenue un peu folle.C\u2019est elle-même qui a choisi ce lieu d\u2019habitation où on la garde par pitié.Elle le regarda ; ses yeux noirs, impénétrables, donnaient le vertige ainsi qu\u2019une eau dont on ne connaît pas le fond, mais le sourire qui flottait sur ses lèvres était serein et bon.Du moins, le plus habile physionomiste n\u2019y eût vu que cela.De sa voix douce et modulée, il reprit : \u2014 Votre cher époux qui \u2014 ainsi que vous vous en êtes rendu compte à mon.sujet \u2014 a le culte des traditions et pratique la fidélité à ses amitiés, veille assidûment à ce qu\u2019elle ne manque de rien.Eric pousse même la charité jusqu\u2019à aller la visiter, de loin en loin, car cela représente tout de même pour lui une sérieuse corvée.La pauvre créature ne lui rappelle pas des souvenirs très agréables.Il semblait bien qu\u2019une note d\u2019ironie vibrât dans sa voix, mais les facultés de perception de Carole étaient un peu obnubilées.Walter Roussel continuait à sourire, du même sourire lénifiant, et l\u2019idée ne pouvait venir que ses paroles pussent cacher quelque honteux mystère.XI L\u2019hiver était venu.Dans les buissons, les oiseaux ne chantaient plus.Parfois, l\u2019un d\u2019eux s\u2019élevait, d\u2019un vol lourd et comme engourdi, à la recherche de sa nourriture, puis disparaissait.Le vent, certaines nuits, se déchaînaient, secouant les arbres, enlevant les ardoises des toits, abattant les cheminées.Les prairies, les pelouses rongées de gel, ne laissaient plus voir qu\u2019une herbe roussie ; et les arbres dépouillés de leurs feuilles avaient un air grelottant, pauvre, décharné.A la Chevalerie, la petite bonne, récemment engagée par les dames Chatel, s\u2019affairait autour des feux.Les économies réalisées par le mariage de Carole, qu\u2019il n\u2019était plus nécessaire de nourrir et de pourvoir de toilettes, permettaient ce modeste luxe.Et lorsqu\u2019il venait, [Lire la suite page 58] Montréal, septembre 1950 57 ( .«jS VV fiSÊÊSm *:3k » «*» Qui donc donne du FER à bébé ?Mais c\u2019est vous-même, madame, puisque vous avez eu la bonne idée de lui servir de la succulente Bouillie de Céréales Gerber.Cette excellente nourriture contient une généreuse quantité de fer, qui aide bébé à se faire un sang riche et rouge.C\u2019est pourquoi un si grand nombre de bébés, dès qu\u2019ils peuvent manger à même une cuiller, se délectent des bouillies Gerber.Les médecins savent que nous nous occupons uniquement de l\u2019alimentation des bébés, aussi suggèrent-ils fort souvent d\u2019employer une des bouillies de céréales Gerber \u2014 la Bouillie de Céréales Gerber (GERBER\u2019S CEREAL FOOD), la Bouillie de Farine d\u2019Avoine Gerber (GER-BER\u2019S OATMEAL MIXTURE) et |HKj la Bouillie d\u2019Orge Gerber (GER- YÜSP\u2019 BER\u2019S BARLEY CEREAL).L\u2019un ou l\u2019autre de ces produits, suivant le cas, sert de début.Ensuite, on a recours à tous trois, les présentant à tour de rôle afin d\u2019éviter que bébé se lasse d\u2019une même nourriture.Bientôt, nous vous offrirons les purées et les soupes purées Gerber à la saveur naturelle.Toutes seront cuites d\u2019avance et prêtes à servir.Rien de plus pratique pour les mamans, rien de meilleur pour les bébés.Surveillez nos prochaines annonces sur ce sujet.Nous nous occupons uniquement de l alimentation des bébés erbers NOURRITURES POUR BEBES Gerber-Ogilvie Baby Foods, Ltd.Niagara Falls, Canada fout aid0111 Conseils pratiques compilés par Mme DAN GERBER (mère de 5 enfants) Pour recouvrir .Une jeune mère m\u2019écrit que le papier d\u2019aluminium est parfait pour recouvrir les boîtes ouvertes de nourritures pour bébés.Iil n\u2019est pas besoin d\u2019employer d\u2019élastiques.Il suffit de refermer le papier d\u2019aluminium sur la boîte.Pour vous .Cette rubrique de conseils pratiques dont profitera bébé vous est toute grande ouverte.Envoyez toute suggestion à Mme Gerber, Gerber-Ogilvie Baby Foods Ltd., Niagara Falls, Canada.Une bavette pratique .Au prochain repas de bébé, attachez-lui une couche autour du cou.Elle lui servira de bavette digne de ce nom, puisqu\u2019elle sera assez grande pour l\u2019empêcher complètement de se salir.Elle vous épargnera en outre du travail.Quoi jeter .1.\tJetez pour ne plus jamais vous en servir verres, tasses, assiettes, etc., craqués ou fendillés, puisqu\u2019il n\u2019est /pas possible, du point de vue de l\u2019hygiène, de les nettoyer convenablement.2.\tJetez tout jouet détérioré qui présente des angles aigus ou dont, certaines pairties pourraient se détacher et être avalées par bébé.3.\tJetez, mais pas l\u2019aveuglette.Ne jetez aucun remède dangereux, aucune pièce de vaisselle brisée, etc., dans un endroit accessible aux enfants.Pensez iV son papa.Il veut s\u2019occuper, lui aussi, d\u2019élever bébé.Ainsi, le dimanc-he, pourquoi ne pas le laisser baigner bébé?Us s\u2019amuseront tous deux comme des petits fous.¦mm:1.Le meilleur moyen.Remettez-vous-en aux conseils du médecin pour déterminer à quelles heures votre bébé doit manger et se coucher.Ce qu\u2019il peut faire et doit faire n\u2019est pas déterminé par son âge, son poids ou par ce que le bébé d\u2019à côté fait.Cela dépend du degré de dévelopjiement auquel il est parvenu.Echantillons gratuits.Demandez qu\u2019on vous envoie des échantillons gratuits de Bouillie de Céréales Gerber, de Bouillie de Farine d\u2019A-voine Gerber et de Bouillie d\u2019Orge Gerber.Pour obtenir ces délicieuses nourritures préparées d\u2019avance, il suffit d\u2019écrire à Gerber-Ogilvîe Baby Foods Ltd., Niagara Falls, Canada. 58 La Revue Populaire Gilbert ne trouvait plus comme naguère Florence à la cuisine, occupée à quelque besogne de Cendrillon.Le jeune homme continuait à visiter régulièrement les dames Chatel ; celles-ci le rencontraient en outre chez Mlle Bon-nemain.Entre Florence et lui, une intimité plus chaude, plus profonde que celle d\u2019autrefois, s\u2019était établie.La jeune fille se sentait heureuse, confiante.Que ferait de cette confiance le courant des jours à venir ?Elle s\u2019efforçait de savourer le charme des heures sans y mêler aucun souvenir du passé, sans rien voir au delà du présent.Elle avait appris à craindre ce qu\u2019il peut y avoir d\u2019énigme derrière les sourires et les regards, et l\u2019avenir l\u2019épouvantait comme un inconnu plein de pièges.Et voici qu\u2019un matin, à l\u2019heure du petit déjeuner, comme d\u2019habitude, le facteur apporta le courrier, puis repartit ensuite sur sa bicyclette.Il y avait deux ou trois imprimés, plus une longue enveloppe blanche, timbrée d\u2019Angleterre et d\u2019une écriture inconnue que Florence considérait d\u2019un air intrigué.\u2014 Une lettre pour toi ?De qui ?demanda Mme Chatel, sans s\u2019arrêter de beurrer ses tartines.\u2014 Ma foi, je ne connais pas cette écriture.\u2014 Qu\u2019attends-tu pour l\u2019ouvrir, sotte ?Florence obéit et, tandis qu\u2019elle lisait, une expression d\u2019intense étonnement venait sur son visage, en même temps qu\u2019une buée rose.La lettre venait de Ronald Kneith.Avec l\u2019humour qui lui était particulier, le jeune homme faisait l\u2019aveu de son amour et demandait à Florence d\u2019être sa femme.Voici ce qu\u2019il disait : « Chère miss Florence, « On dit que les Anglais sont des gens «à l\u2019esprit lent et qu\u2019il leur faut tou-« jours un quart d\u2019heure de plus qu\u2019aux « autres pour comprendre une plaisan-« terie et en rire.Je ne ferai pas mentir cette réputation, car plusieurs mois «m\u2019ont été nécessaires pour me rendre « compte que je vous aimais.«Votre charme, votre esprit, la grâce «de votre personne, ce que j\u2019ai pu de-« viner de votre coeur ont laissé en «moi une impression que le temps n\u2019a « fait qu\u2019approfondir.Je viens donc « solliciter votre main.Ma situation « matérielle est très bonne ; elle le sera « davantage lorsque j\u2019hériterai la for-« tune et le titre de mon oncle.Je « vous le dis cela pour le cas où vous « seriez sensible à ces choses, mais je « ne te crois pas.J e pense que je sau-« rais vous rendre heureuse, et pour «moi il n\u2019y aurait pas de plus grand « bonheur que de vous avoir pour fem-« me.» Florence, la lettre entre les mains, restait songeuse.Elle éprouvait un sentiment étrange.Ce n\u2019était certes pas la joie délirante avec laquelle une jeune fille reçoit la demande en mariage de celui qu\u2019elle aime, mais un étonnement ému.Elle revoyait le jeune Anglais, son visage sympathique, sa distinction ; elle se souvenait de ce que Carole disait de sa grande fortune.Et il voulait l\u2019épouser !.C\u2019était flatteur.Elle qui tremblait toujours de n\u2019être pas assez jolie, pas assez séduisante pour plaire à Gilbert, venait d\u2019avoir la preuve qu\u2019elle pouvait être aimée.La recherche de Ronald Kneith la rehaussait à ses yeux et elle en gardait au jeune homme une gratitude émue.Il lui faisait, en l\u2019aimant, un présent qu\u2019elle offrait en pensée à Gilbert.\u2014 Alors, de qui est cette lettre ?demanda Mme Chatel, qui surveillait sa fille des yeux, mais sans pour cela perdre une bouchée.De Ronald Kneith, le neveu de lord Graham, répondit la jeune fille.\u2014\tAh ! L\u2019intonation de Mme Chatel se fit déférente.\u2014\tC\u2019est gentil de sa part de se rap- peler de toi.Ce doit être par égard pour Carole.\u2014 II.Il me demande en mariage, dit Florence.De stupeur, Mme Chatel faillit s\u2019étrangler.\u2014 Mais.Carole disait qu\u2019il était fort riche ! Florence inclina la tête.\u2014 Les hommes sont bizarres, c\u2019est vrai.\u2014 Et il veut t\u2019épouser ?fit Mme Chatel.Elle regardait Florence avec étonnement.De toute évidence, elle ne comprenait pas que sa fille cadette, jugée par elle insignifiante en comparaison de l\u2019éblouissante Carole, pût prétendre à un riche mariage.\u2014 Je ne te savais pas cachotière, Florence, remarqua-t-elle d\u2019un ton acerbe.Car je suppose que tu t\u2019attendais à cela ?\u2014 Tu te trompes, maman, protesta la jeune fille.J\u2019ignorais absolument les sentiments de M.Kneith.Avec nervosité, la bonne dame demanda : \u2014 Et.quelles sont tes intentions ?\u2014 Remercier M.Kneith du grand honneur qu\u2019il me fait.et refuser.Mme Chatel finit son café au lait en toute sérénité.Elle ne chercha pas à savoir si ce mariage pouvait assurer le bonheur de sa fille, et encore moins à la faire revenir sur une décision qui avait, pour elle, le mérite de ne rien changer à ses vues.La révélation qui la faisait plus confiante en elle-même brillait encore sur son visage lorsque, le lendemain, Gilbert vint, comme à l\u2019accoutumée, passer la soirée.La bise pleurait dans les arbres du jardin ; mais le salon semblait plus intime ; on appréciait mieux la tiédeur du feu, le crépitement des bûches, images et bruits familiers qui se fixent dans la mémoire avec le souvenir de nos joies et de nos peines.L\u2019assurance plus marquée, une gaîté plus vive, tout ce qu\u2019il y avait dans l\u2019attitude de Florence, firent dire à Gilbert : \u2014 Qu\u2019avez-vous, Florence ?Je vous trouve bizarre, ce soir.Vous êtes comme un pap.llon, vous ne vous posez pas, vous volez ! Elle hésita, sourit, rougit un peu.\u2014 Je n\u2019ai rien.C\u2019est-à-dire.Elle avait envie de lui parler de la demande de Ronald Kneith et hésitait à le faire ; elle oscillait, en proie à des sentiments mal définis dans lesquels il entrait un obscur besoin de revanche, le désir de lui montrer qu\u2019on la prenait au sérieux, que quelqu\u2019un l\u2019aimait et voulait l\u2019épouser.En même temps, un espoir lui venait.Il y a des êtres qu\u2019il faut aiguiller.En racontant à Gilbert la recherche dont elle était l\u2019objet, en éveillant en lui une jalousie possible, le jeune homme ne cesserait-il pas de la considérer comme la petite amie de toujours, pour voir en elle la femme séduisante qu\u2019elle était pour un autre ?Surmontant sa gêne timide, elle prononça : \u2014 Eh bien !.imaginez-vous, Gilbert, que j\u2019ai reçu une demande en mariage ! Gilbert était assis à sa place habituelle, non loin du feu ; il souriait, une cigarette à la main.Dans la cheminée, les bûches flambaient capricieusement.Au moment où Florence prononçait ces paroles, il fit un mouvement et la lueur des flammes empourpra ses joues, son front et elle ne put rien voir de son \u2022 expression.\u2014\tUne demande en mariage ?Vous ?fit-il.Sa voix était sèche, brève, sans expression.\u2014\tOui, moi, fit-elle, blessée du ton.Qu\u2019y a-t-il de surprenant ?Les coins de sa bouche tremblèrent.\u2014\tDécidément, reprit-elle, tout le monde semble trouver extraordinaire que quelqu\u2019un ait eu l\u2019idée saugrenue de m\u2019épouser ! Elle essaya de rire, mais ce rire forcé sonna faux et des larmes montèrent à ses yeux.\u2014 Carole a eu l\u2019air stupéfaite et indignée qu\u2019on ait pu prêter attention à mon insignifiante personne, alors qu\u2019elle se trouvait là.Parce qu\u2019elle est jolie, elle a un peu tendance à croire qu\u2019au-près d\u2019elle les autres femmes n\u2019existent pas.La preuve est faite qu\u2019elle se trompe.C\u2019était la première fois qu\u2019elle ss laissait aller à critiquer sa soeur et elle s\u2019entendait parler avec honte, comme une autre personne qu\u2019elle eût voulu faire taire et qu\u2019une révolte poussait à désobéir.\u2014 Vous tombez dans le même travers, ajouta-t-elle.Mais, pas plus qu\u2019il n\u2019avait remarqué ses larmes, il ne releva ses dernières paroles.Ses yeux un peu enfoncés, qui ressemblaient par moments à ceux d\u2019un aigle, la fixaient.Son expression était impénétrable.\u2014 Et.peut-on savoir.quel est le prétendant ?demanda-t-il d\u2019une voix brève.Elle leva la tête.-\u2014Je ne vous dirai pas son nom, parce que j\u2019estime que cela ne doit pas se faire, dit-elle.Ce nom, d\u2019ailleurs, ne vous dirait rien, car vous ne le connaissez pas.Il s\u2019agit d\u2019un jeune Anglais, parent de lord Graham, que j\u2019ai connu au mariage de ma soeur.Il est distingué, sympathique et très riche, acheva-t-elle avec une sorte de bravade.Il eut un drôle de petit rire, qui creusa le pli de sa joue.La cigarette qu\u2019il fumait tremblait entre ses doigts.\u2014 C\u2019est beaucoup de qualités réunies chez un seul homme, remarqua-t-il ironiquement.Et.qu\u2019allez-vous répondre ?Elle fit, d\u2019un air las : \u2014 Je refuse, naturellement.Il s\u2019était un peu redressé sur son fauteuil et respirait profondément.\u2014 Pourquoi, naturellement ?Malgré tous ces avantages, ce prétendant n\u2019a pas réussi à vous plaire ?fit-il avec la même ironie.\u2014 Je suis bien difficile, il faut croire, répondit-elle.\u2014 Il est en effet, extrêmement rare qu\u2019une jeune fille refuse d\u2019épouser un homme riche.\u2014 Gilbert.murmura-t-elle, très bas.Elle ne pouvait pas dire autre chose, c\u2019était comme un appel, une main tendue vers lui.Mais il se penchait vers le feu pour jeter sa cigarette et ne l\u2019entendait pas.Quand il se releva, il vit à l\u2019étroit visage de Madone brune quelque chose d\u2019émouvant, de pathétique, qu\u2019il ne devait jamais oublier et qui le troubla.D\u2019une voix changée, il murmura : \u2014 En tout cas, Florence, je suis bien heureux.J\u2019avais craint un instant que ce prétendant parfait ne m\u2019enlevât ma petite amie.Il prit sa main entre les siennes, la serra.Mais cette anodine gentillesse était impuissante à apaiser toute l\u2019amertume de la jeune fille.Poussée par une sorte de rancune, elle se dégagea.\u2014 Aucun sacrifice n\u2019est trop lourd pour le coeur d\u2019une mère, prononça sentencieusement Mme Chatel.Je craignais que le climat d\u2019Angleterre ne convienne pas à ma santé, mais j\u2019étais prête à suivre Florence, car je n\u2019accepterai jamais de me séparer d\u2019elle.Ayant ainsi énoncé naïvement ses préientions et paré à toute éventualité, la bonne dame, de sa voix paisible, ajouta : \u2014 D\u2019ailleurs, je préfère que ce mariage ne se fasse pas.Personne ne releva la réflexion.Gilbert avait pris une autre cigarette et il l\u2019alluma d\u2019un geste nerveux.Une contrainte plana sur le reste de la soirée.Plus tard, quand serait atteint le but mystérieux dont l\u2019approche le troublait, il comprendrait que sa venue dans ce pays, sa lourde déception amoureuse, l\u2019évolution de son coeur, étaient autant d\u2019étapes nécessaires imposées par une force plus grande que la sienne.Le même soir, Florence écrivit à Ronald Kneith pour lui donner sa réponse.Ce n\u2019était pas une lettre facile à faire.Le jeune Anglais ne paraissait pas s\u2019attendre à un refus.Et la jeune fille ne pouvait pas lui dire que son coeur appartenait tout entier à un autre qui n\u2019en faisait aucun cas.Elle pensait qu\u2019elle allait, à son tour, faire souffrir comme elle souffrait elle-même ; et tandis qu\u2019elle terminait, en souhai ant au jeune homme de trouver auprès d\u2019une autre le bonheur qu\u2019il méritait, une larme tomba sur le papier à lettres.XII arole avait, depuis longtemps, annoncé son intention de remplir le château d\u2019invités pour Noël et, dès le 20 décembre, des groupes d\u2019amis anciens et nouveaux commencèrent à arriver.L\u2019antique demeure retentissait du bruit des rires, de l\u2019éclat des voix, de la musique des pick-up.On dansait tous les soirs.Walter Roussel promenait parfois sur les invités son regard impénétrable mais, généralement, il se tenait à l\u2019écart de toute cette agitation.Si le maître de maison participait aux divertissements, son humeur inquiète et maussade, qui l\u2019empêchait de se mettre à l\u2019unisson, le manque de tact de ses manières, assombrissaient l\u2019atmosphère.Le jour de Noël arriva.Malgré la tristesse du ciel, alourdi de nuées neigeuses, une joie planait.On devait réveillonner au château, après avoir assisté en bande à la messe de minuit.Les dernières notes des cloches retentissaient encore dans l\u2019air nocturne que les voilures regagnaient Arnay.Les salons, la salle à manger offraient un coup d\u2019oeil féerique.Du houx décorait les lustres, les tables, les cheminées.Mme Chatel se rengorgeait dans sa robe de satin noir.Les hommes étaient jeunes et gais ; la plupart des femmes jolies et élégantes.Florence était ravissante dans une robe de moire bleu lavande à volanls qui faisait ressortir sa taille mince et gracieuse, et dont la nuance seyait à son teint ambré ; mais Carole, enroulée dans un fourreau de satin chatoyant qui ciselait son buste et ses belles jambes, apparaissait comme la reine incontestée de la réunion.Aucune autre femme ne pouvait lui être comparée.L\u2019un des invités, Félix Delcourt, un artiste peintre connu par Carole alors qu\u2019elle fréquentait les académies de peinture parisiennes, était un de ces joyeux lurons, gesticulants, vociférants, dont le principal souci, dans la vie, é ait de se livrer à des facéties de ra-pins, plus ou moins spirituelles ; il se fût cru déshonoré s\u2019il n\u2019avait pas inventé quelque chose de cocasse pour égayer la soirée.Tandis que les invités s\u2019acheminaient vers la salle à manger, au milieu d\u2019un brouhaha joyeux, il revint après une courte éclipse, traînant par le bras une femme aux cheveux gris en désordre, pauvrement vêtue, qui ne le suivait qu\u2019à son corps défendant.\u2014 Mesdames, messieurs, prononça-t-il avec emphase, du ton dont il eût harangué une foule, il est d\u2019usage, dans certaines régions, d\u2019inviter un pauvre au souper de Noël.On dit que ça porte bonheur.Je vous présente donc l\u2019invitée de Noël.Il fit un rond de jambe ; la femme [ Lire la suite page 60 ] ThJfljiH)! Lj*ü .ÊÊÊÊÊmmmml mm*- mm fcp3ùi3si*(' tém® ¦HHl -.4;i Mu Montréal, septembre 1950 I?iwinnt ¦ DIMENSIONS EXCEPTIONNELLES et meuble attrayant de style semi-antique en noyer, acajou ou chêne pâle dont la riche apparence est rehaussée par la grille en tissu entremêlé de fils dorés.Superbe fini poli à la main, dessus d\u2019une seule pièce.wÀlwmmh deà mÀomamA .dont la performance est d\u2019un réalisme sans pareil.et la tonalité d\u2019une glorieuse beauté RADIO-PHONOGRAPHE GENERAL ® ELECTRIC Modèle C700 (ci-dessus) La simplicité fait le charme de ce radio console muni d\u2019un haut-parleur dynamique puissant de 10\", d\u2019un condensateur à trois blocs, d\u2019un phonographe jouant les trois genres de disques, de six lampes.Fini noyer, acajou ou chêne pâle.Dimensions: h.31 Va \", I.24\", p.16\".Modèle C704 (à droite) Console à portes pleine longueur.Haut-parleur dynamique puissant de 10\"; condensateur à trois blocs; tourne-disques à trois vitesses dont le pick-up est muni d\u2019un style de saphir.Six lampes.Dimensions: h.34 Va\", I.24% \", p.1 6 Vs \".Prix, noyer $224.50; léger supplément en acajou et chêne pâle.^lio\\jvyleb.Modèle C750 (ci-dessus).Ce modèle aux lignes gracieuses incorpore des caractéristiques exceptionnelles rarement rencontrées dans un console combiné de ce prix moyen.Son grand cabinet permet le montage d\u2019un \"écran\u201d acoustique massif qui assure une excellente reproduction de la basse.Son haut-parleur de douze pouces ainsi que son transformateur d\u2019énergie améliorent sa tonalité et son rendement.Superbe cadran coulissant éclairé; antenne à même Heam-A-Scope.Le tourne-disques à trois vitesses logé dans un compartiment éclairé, joue tous les disques et est muni du célèbre reproducteur électronique G-E à styles de saphir remplaçables; tête de reproduction d\u2019une seule pièce à triple fin.Six lampes.Dimensions: h.34\", 1.32) 2 ^ P- 153
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