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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Juin
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1952-06, Collections de BAnQ.

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[" 'M \u2018 M ife .¦ f W'V .\t-A-:-¦¦¦«: éditeur de Rouyn-Noranda Press.Mme Gourd (Anne Beaudry, fl de M.Laurent Beaudry, ancien sous-ministre des Affaires extérieures) le seconde admirablement et tint longtemps la rubrique feminine à la radio, tout en élevant ses six enfants.M.Gourd est aussi Commissaire diocésain des Scouts catholiques de la province et appartient aux deux Chambres de commerce d Amos, aux Chevaliers de Colomb, à l\u2019Association des Prospecteurs du N.-O.du Quebec, au club Rotary, au Cercle universitaire de Montreal, au Montreal of Trade et aux Artisans canadiens-français \u2022 \u2022 \u2022 L ambassade du Canada au Pérou est un des plus beaux hôtels particuliers de l\u2019avenue Arequipa de Lima.Dans cette rue qui mene a la mer, et dont la plupart des maisons sont d\u2019un style hispano-mauresque, habite Son Exc.M.Emile Vaillancourt, ambassadeur et historien canadien.Des balcons en encorbellement, entourés de grilles en bois de cèdre, donnent sur un jardin où des oiseaux de 1 Amazone e des perroquets ajoutent leurs cris et leurs couleurs a la floraison éclatante.L\u2019ambassade, qui a sa petite chapelle privée, est ceinte d\u2019un grand mur blanc \u2022 \u2022 \u2022 Alan Mills, chanteur de folklore canadien, était dernièrement l\u2019invité d\u2019honneur à une souree 'd amis ou l\u2019on montra le film qu\u2019il vient de tourner pour 1 Office National du Film.L\u2019audition d\u2019un album de disques, mis sur le marche m avril, suivit la représentation cinématographique.Les douze chansons de «Folkways», sont du folklore canadien-français :\tJe sms bien quelque chose, M\u2019sieur le Curé, A la claire fontaine Mon pere y m\u2019a mariée, etc.Ancien journaliste du Herald de Montreal, Alan Mills se joignit au «London Singers», sous la direction de John Gross, en 1935, pour une tournée canadienne et américaine qui dura trois ans.Il retourna au journalisme (The Montreal Gazette) jusqu a la guerre, et revint plus tard aux recherches folkloriques et a 1 interprétation où ü est passé maître.Il a découvert, en Nouvelle-Ecosse, des ballades de pêcheurs (que Jean Palardy a illustrées de belles images sur l\u2019écran) dont le refrain nostalgique rappelle es chansons de troubadours, ou leurs copies XXe siècle que Krasna a composées pour les Visiteurs du soir.Alan Mills chante a 1 heure, tous les dimanches, à C.B.C.\u2022 \u2022 \u2022 A l\u2019Exposition de 1 Association professionnelle des photographes, tenue au Musée des Beaux-Arts du 1er au 15 mars dernier, une admirable photographie de Annette e Basil Zarov remportait: (1) le trophée du C.I.L., pour le meilleur portrait de l\u2019exposition ; (2) le premier Prix dans la categorie des portraits de femmes, et (3) le vote populaire depose dans un scrutin par les 7,000 personnes qui visitèrent cette exposition.La beaute du modèle (Mlle Lise Morin, une étudiante en arts, fille dun avocat montréalais) servait les artistes auprès du public amateur, mais ce que les juges experts ont couronné est la qualité technique de cette belle étude.Bravo Annette et Basil Zarov ! \u2022 \u2022 \u2022 L\u2019événement musical le plus sensationnel du mois sera la venue au Forum de Montreal de la troupe entière du Metropolitan Opera de New York.Les artistes l\u2019orchestre, le choeur, le corps de ballet joueront, dans les costumes et les décors habituels de la troupe, trois opéras: Aida, Carmen et La Traviata, les 30 et 31 mai prochain.Le Forum sera réduit de moitié par des tentures à l\u2019épreuve de l\u2019écho, et la scene sera placée au milieu de l\u2019amphithéâtre, afin que chaque spectateur puisse voir et entendre le spectacle.(Je n\u2019oublierai jamais cette soirée de gala pour la reine Marie de Roumanie, où l\u2019on donnait Le Barbier de Séville, avec Chaliapine, que je n\u2019aperçus qu\u2019aux fins d\u2019actes lorsqu\u2019il venait saluer sur le bord de la scène érigée au fond du Forum).Cette fois-ci vous pourrez détailler le jeu de Rise Stevens, dans Carmen, celui de Zinka Milanov, dans Aida, ainsi que Lucia Albanese dans La Traviata, et entendre l\u2019opéra sans micro et sans truquage \u2022 \u2022 \u2022 Quand le commerce s\u2019intéresse aux lettres, on ne peut que lui rendre sa politesse ; et quand il s\u2019agit de la maison Coty, c\u2019est un plaisir ! Fondée par un grand directeur de journal, il était naturel qu\u2019elle accordât des bourses d\u2019études à des journalistes, dont Mlle Paulette SansSoucy, de Woonsocket, R.I., qui fait une tournée de causeries aux Etats-Unis et au Canada sur ses impressions des milieux universitaires et collégiaux en France, comparés aux nôtres.Paulette SansSoucy a reçu la Médaille de l\u2019Ordre académique «Honneur et mérite» pour les articles qu\u2019elle écrit dans la revue de son père, Le Phare, de Woonsocket.La maison Coty a financé tout son voyage en France, dont quelques mois d etudes a la Sorbonne, de Paris .Le Comité féminin de la Société des Concerts symphoniques lors d'une réception en l'honneur de M.Désiré Defauw.De gauche à droite : Mme Léon Lalande, M.Samuel Bronfman, Mme ©race Elliott Trudeau, M.Désiré Defauw.Mmes W.J.S.Evans et Roland Bosk, M.H.A.Stevenson et Mme Samuel Bronfman.\u2014 Au centre, à gauche, M.David A.Gourd, président et directeur général de Radio La Sarre Inc.\u2014 Alan Mills, chanteur de folklore canadien, fPhoto Annette & Basil Zarov)- \u2014 Ci-contre: admirable photographie de Annette & Basil Zarov, primée lors d'une récente exposition au Musée des Beaux-Arts.Le modèle : Mlle Lise Morin, de Montréal. 10 La Revue Populaire ¦ : ¦ I m \\ D\u2019une exquise féminité, cette robe de mariée posée sur un fourreau de satin blanc rosé, est en tulle de nylon de dentelle de Venise.Son corsage à empiècement découpé est à encolure arrondie et les manches bouillonnées ajoutent à son apparence de fragilité, (Portrait Bridai, N.Y.D.t.) LE BLANC.Sur un fourreau de taffetas blanc porté sur crinoline, voici une robe de mariée, en organdi blanc brodé dont les motifs sont disposés en sur la jupe, le haut du corsage et des Les mêmes motifs sont répétés dans le bandeau qui retient le court voile de tulle illusion.(Murray Hamburger, N.YDJ.) La demoiselle d\u2019honneur ajoute à l\u2019élégance du cortège et porte cette robe d\u2019organdi ornée au corsage et à la jupe de panneaux de broderie raffia aux arabesques enlacés.Un charmant bonnet bordé de fleurs délicates complète l\u2019ensemble.(Kay Selig, N.Y.D.1.) Montréal, juin 1952 11 LA NOUVELLE DU MOIS Ïü&mm \u2022yf', M jd m CONTE DE pan Edmond FÉE \u2022 \u2022 \u2022 (Roma^icneà A PANS IL n\u2019était pas étonnant que, malgré la chaleur d\u2019un mois de juin ensoleillé, Jean Misseron flânât dans la Rue de Richelieu, à une heure et demie, alors que les gens riches déjeunaient lentement, avec le souci de l\u2019hygiène, chez eux, ou dans de bons restaurants.Ayant retrouvé son Paris, il s\u2019en gorgeait jusqu\u2019à en oublier les règles que les habitudes imposent aux différentes classes.Chose plus grave, Jean Misseron n\u2019avait plus d\u2019amis.Lorsqu\u2019il avait quitté Paris après la débâcle de l\u2019industrie paternelle et que, ne possédant plus rien, mais conservant l\u2019honneur sauf \u2014 et son diplôme d\u2019ingénieur, \u2014 il s\u2019était embarqué en troisième classe pour l\u2019Amérique latine, personne n\u2019avait été lui serrer la main.Non.il n\u2019avait plus d\u2019amis.Tout d\u2019abord, cet abandon général l\u2019avait contenté.Il préférait l\u2019oubli à l\u2019apitoiement.Un an plus tard, son père l\u2019avait rejoint en Bolivie, pour y mourir bientôt, et Jean, devenu prospecteur, aidé par le hasard aussi bien que par son énergie sans trêve, découvrait de nouveaux terrains stannifères.L\u2019étain c\u2019est la grande richesse de ce pays.Il en avait désormais sa part, et six ans lui refaisaient une fortune.Alors seulement, il avait songé à revoir Paris ; maintenant, il en oubliait le déjeuner, le dîner, l\u2019emploi rationnel du temps selon les heures du jour et de la nuit.Il se trouvait donc Rue de Richelieu, lorsque, devant lui, s\u2019ouvrit la porte d\u2019un restaurant très modeste, assez voisin de la Bibliothèque Nationale.Une jeune fille en sortit.Elle était belle et Jean s\u2019arrêta pour la regarder.Mieux que l\u2019Opéra, la Madeleine, la Rue de la Paix, elle résumait le Charme de Paris, personnifiait la Ville retrouvée.Elle était pourtant simplement mise, cette jeune fille.Une robe légère, blanche à pois roses, avec un manteau qui flottait encore, dont elle rattrapait les deux côtés, et sous lequel on devinait des bras nus.Elle portait une serviette contenant sans doute des papiers d\u2019études.Jean put admirer son visage, assez long, fier, avec une peau très blanche, des yeux bleus, une bouche mignonne, qui devait bien sourire.Des cheveux blonds mais d\u2019un blond foncé, cendré ; rien de ces teintes pâles, qui voguent entre le platine et le blé mûr déteint.Une jeune fille à la table de laquelle, dans le modeste restaurant, aucun employé des environs ne devait tenter de s\u2019asseoir.Elle s\u2019en alla d\u2019un pas vif, sans accorder un regard à l\u2019homme qui s\u2019était arrêté, comme figé devant son apparition.Il allait du même côté qu\u2019elle.Il la vit donc marcher devant lui, puis s\u2019engouffrer sous le grand portail du Palais Mazarin.La curiosité le poussa dans la cour de la Bibliothèque.Il en atteignit le grand vestibule à l\u2019instant où la jeune fille disparaissait dans la Salle de Lecture, et sans trop réfléchir à ce qu\u2019il faisait, il se dirigea vers le Secrétariat, pour demander une carte.Lorsqu\u2019il l\u2019eut mise dans son portefeuille, il retourna vers l\u2019immense salle, y jeta un coup d\u2019oeil, put apercevoir la jeune fille installée à un pupitre du centre, devant une pile respectable de bouquins.\u2014 Bon.Une habituée, pensa-t-il.Et il s\u2019en alla.Tandis qu\u2019il songeait à déjeuner, et qu\u2019il se sentait, sans motif certainement, un plus bel appétit que les autres jours, une idée naquit dans son cerveau : \u2014 Personne ne sait que je suis redevenu riche.Il se mit à rire, très heureux.Le lendemain, à deux heures, la jeune fille releva à peine la tête pour voir s\u2019installer, à la table voisine de la sienne, un homme grand, mince, au visage racé, mais grave en profondeur, peut-être, par les aventures ; un homme aux mains nettes, mais à la mise presque pauvre.Une fois assis, Jean se sentit embarrassé.D\u2019abord, il ne savait pas du tout à quoi il s\u2019intéresserait.Ensuite, on n\u2019apprend pas en un jour à se débrouiller dans cet édifice, à connaître tous les rouages de sa bureaucratie, à se débattre contre des catalogues épouvantablement incomplets.Tout d\u2019abord, il s\u2019orienta.A sa droite, travaillait un vénérable prêtre, au col ensablé de pellicules.Il considéra l\u2019immense vaisseau, aussi élevé qu\u2019une cathédrale, et tapissé de livres jusqu\u2019aux coupoles.Assis aux grandes tables, un peuple de travailleurs lisait, annotait, sommeillait, et en face de la réelle grandeur du lieu, donnait l\u2019impression d\u2019une humanité mal bâtie, déjetée, ridicule.Assez rares étaient les hommes jeunes.Jean glissa un regard vers sa gauche.Qu\u2019elle était belle, la jeune fille blonde !.Peut-être au hasard d\u2019une fiche, connaîtrait-il son nom, pourrait-il, s\u2019il ne la voyait pas le lendemain, avoir un renseignement par l\u2019un des gardiens.A l\u2019un d\u2019eux, qui passait près de lui, Jean demanda comment il devait s\u2019y prendre pour trouver les titres des volumes qu\u2019il désirait.Il s\u2019attira une réponse peu amène, mâchonnée dans une moustache, car il ne semblait pas un sujet à pourboires.En tout cas, une réponse tout à fait incomplète.\u2014 Merci, murmura-t-il, se réservant de dire son fait à cet homme, hors de la salle, un de ces après-midi.La jeune fille avait relevé la tête et souri imperceptiblement.Ce provincial timide la distrayait, pendant une minute.Elle se pencha un peu, et d\u2019une voix délicieuse, très basse, parce qu\u2019il ne fallait pas troubler le silence de ce sanctuaire, elle demanda : \u2014 C\u2019est la première fois que vous travaillez ici ?.\u2014 Oui, mademoiselle, répondit Jean, dont le coeur battait très fort.\u2014 Quelle branche ?Il répondit au hasard : \u2014 Minéralogie.Elle eut un petit geste vers la pile de bouquins qui s\u2019entassaient sur un coin de sa table.\u2014 Moi, je compulse des mémoires, pour un historien.En cinq phrases nettes, elle donna à l\u2019ingénieur le moyen de trouver quelque chose dans les catalogues, soit par le nom de la science, soit par ceux des auteurs.Elle lui enseigna la manière d\u2019établir ses fiches, et se replongea dans ses notes.Pour se donner une contenance en attendant ses volumes, et détacher ses yeux de la charmante silhouette qu\u2019il avait à son côté, Jean prit, dans le premier rayon public, ce qui tomba sous sa main.Le Livre des Rois, de Firdousi.La traduction de ces poèmes persans parlait d\u2019amour.Il ne s\u2019était pas trompé : sous le manteau léger, les bras de la jeune fille étaient nus.Blancs.Ronds.Divins.Trois feuilles de buvard épais les isolaient de la table maculée.Il fut tout surpris lorsqu\u2019un gardien, (il était barbu, celui-ci,) se promena dans la salle en criant : \u2014 Messieurs.on va.bientôt.fermer.Pour la seconde fois, la jeune fille se pencha vers Jean.\u2014 Revenez-vous demain ?\u2014 Bien sûr, mademoiselle.Elle lui dit comment il pouvait se faire réserver des livres.Ils sortirent en même temps de la salle.Dans le vestibule, il prononça : \u2014 Je vous dois une grande reconnaissance pour m\u2019avoir tiré deux fois d\u2019embarras, mademoiselle.Vous m\u2019avez fait gagner beaucoup de temps.Elle sourit, répondit par un signe de tête rapide et descendit, légère, comme une écolière échappée de la prison, les quelques marches qui la séparaient de la grande cour.\t[ Lire la suite page 54 ] Dessin de JEAN MILLET Une fois à sa table, devant une pile de livres, Jean glissa un regard vers sa gauche.Qu'elle semblait belle, la jeune fille blonde ! Le Comité du Congrès de la langue française.De gauche à droite, assis: R.P.Albert, o.m.cap.Mlle Cécile Rouleau.M Michel Savard.M le docteur Georges Dumont.M.l\u2019abbé Adrien Verrette.président du Congrès.M.Henri Lallier.M.le docteur S.A.Grondin.M l\u2019abbe Jfa\"-Çl,rarles\tjJ\u201c\t,7 d'Auray.M.J.A.Larochelle.Alphonse Desilets.l\u2019abbé Paul-E.Gosselin.M.Henri Petit.Lucien Gagne.Yves Bernier, l abbe Gerard Benoit.I* U*.Albert Plante.s.|.Y\tM.Sylvio Dumas.Paul de la Durantaye.Henri Boisvert, le R.F.Arsène.M.Henri Beaupré, le R.F.Samuel.Madame Reine Malouin.QUÉBEC A LA DADflI AU COURS des prochains mois, la vieille cité du Cap Diamant, siège de tant de manifestations dont le retentissement et la portée ont souvent revêtu un caractère national et même parfois en ces dernières années, mondial, délivrera une fois de plus son message.Dans l'air embaumé de juin, des voix éloquentes s'élèveront et l'écho de leurs paroles franchira les frontières de notre province pour aller porter aux confins du Canada, dans toutes les régions de l'Amérique du Nord et jusqu'au « doux pays de France », des salutations amicales, des affirmations énergiques et des professions de foi sans équivoque.Sur un thème fondamentalement unique, les orateurs célébreront trois événements éminemment significatifs pour le pays de Québec : le centenaire de l'Université Laval, les noces d'or de la Société du Parler Français et le Troisième Congrès de la Langue Française au Canada.Deux anniversaires mémorables et une date importante que les Canadiens-français se doivent de marquer de la pierre blanche du souvenir en même temps que de la borne solide des résolutions constructives.En 1852, la fondation de l'Université Laval marqua chez nous la reconnaissance la plus éclatante depuis la conquête du «fait français».Notre peuple obtenait en effet de Victoria 1ère, illustre ancêtre de notre jeune et gracieuse souveraine Elizabeth II, en même temps qu'une charte royale, son premier brevet de maturité, soit la permission d'organiser chez lui l'enseignement supérieur avec le pouvoir de conférer aux sujets reconnus dignes les grades qui sanctionnent les divers degrés de cet enseignement.Ainsi, désormais, il nous devenait loisible d'accéder, suivant les normes de notre inaliénable identité spirituelle, à toutes les cimes du haut savoir et de recevoir sous le sceau de notre propre université des diplômes ayant la même force et valeur que ceux des autres institutions similaires du pays.Dans ce domaine nouveau ouvert à ses activités, notre peuple s'avança d'abord prudemment, d'un pas légèrement hésitant, mais qui se mua assez vite en une démarche plus rapide et plus ferme à mesure que Laval donna 1 essor à des promotions de professionnels sérieusement formés qui ne tardèrent pas à faire leur marque et dont la valeur haussa rapidement l'étiage de notre groupe ethnique aux yeux des autres nationalités.\u2022 L'essentiel de nos besoins immédiats se trouvant ainsi assuré, on jugea séant de retourner vers la base même de notre entité culturelle afin de l'étayer à neuf et de la renforcer avant de lui imposer les nouveaux étages projetés de notre expansion nationale.C'est dans ce but que l'Université Laval se tourna avec sollicitude vers l'élément primordial de notre culture qui est en même temps le principe vital de notre survivance : « Sa Majesté la langue française ».\t\u2022 Au cours des délibérations publiques et des échanges de vues particuliers qui marquèrent, en 1902, le Cinquantenaire de Laval, cette question fondamentale de la langue fut étudiée, et la discussion eut pour conclusion concrète, la fondation de la Société du Parler Français au Canada par un groupe des universitaires les plus distingués de cette époque.On ne louangera jamais assez le courage et la vision de ces précurseurs qui posèrent en cette occasion un des premiers gestes de portée vraiment réaliste, issus de nos célébrations patriotiques invariablement fécondes en bruyants enthousiasmes et en homélies sonores, mais hélas ! à peu près toujours déplorablement déficientes en réalisations pratiques.La Société du Parler Français n'entendit pas abuser des discours \u2014 une séance publique annuelle lui parut suffisante en ce domaine \u2014 mais elle voulut travailler sans retard, ni relâche.C'est ce qu'elle n'a cessé de faire, et voilà pourquoi il convient, en ce jour jubilaire, .ÆlmBÊÊÊ II » U fs3*?4ri < |f I « » s » | ,1 ».* » MM S 4 : imjmm* E1ÏI Les sites historiques sont l'objet de restaurations.ras* Les édifices du Parlement fédéral se mirent dans les eaux de l\u2019Outaouais.L\u2019HON.LOUIS-P.CÉCILE, C.R., ministre du Tourisme et de la Publicité d\u2019Ontario Avec tous ses contrastes, la province d\u2019Ontario ne peut que plaire à tous.L\u2019industrie, les arts et l\u2019histoire sont venus compléter l\u2019apport de la nature pour créer une ambiance tout à fait captivante.C\u2019est un pays merveilleux de verdure, parsemé de montagnes et de vallées, de lacs et de ruisseaux, de torrents et de rivières profondes, qui se mire dans les Grands Lacs et s\u2019exprime dans le tonnerre des chutes Niagara.Et tout à côté, de grandes industries, une vie commerciale trépidante, des villes incandescentes de lumière et de plaisirs le soir.C\u2019est un immense terrain de jeu, sillonné de bonnes routes, dont les hôtelleries ne le cèdent en rien aux meilleures du continent et dont les auberges et pensions ne peuvent être plus accueillantes.Vous ne serez pas satisfaits d\u2019une courte visite.Vous voudrez tout voir, tout essayer.Vous voudrez pratiquer la natation, le canotage, la pêche, la marche, l\u2019équitation et après cela vous reposer.Quels que soient vos goûts, vous serez servis à souhait.Et à la fin de votre trop courte vacance, vous retournerez chez vous, une sensation de repos plein le corps, d\u2019agréables souvenirs plein la tête et un désir de revenir plein le coeur.Le spectacle des chutes Niagara fait oublier les fatigues de voyage.De la place pour toute la famille! .\tH** Pour publications et renseignements, écrivez au ministère du Tourisme, 483C Parliament Bldgs., Toronto, Ontario.Champlain est toujours à l\u2019honneur en Ontario., Gov ' R,° r e '6r|« s; «HI** « - - 8 - w 9 26 La Revue Populaire Pour VOUS Angleterre Gor-Ray vous offre une jupe à toutes fins \u2014 et qui ne se démodera pas.De coupe élégante, d'un fini soigné, dans de véritables lainages tissés en Angleterre, elle garde une belle apparence pendant un usage qui dure des années.Assurez-vous de l'étiquette Gor-Ray \u2014 quand vous faites des achats \u2014 car il existe une jupe Gor-Ray dans le tissu, le modèle et la taille qui vous conviennent.B7t£~ be/é&y' / GOR-RAY LIMITED, 107 NEW BOND STREET.LONDON.W.I.ENGLAND fille, il se tenait derrière elle, silencieux, immobile.Et lorsque, enfin, avec quelque surprise, elle se tourna vers lui, l\u2019inconnu murmura : \u2014 Vous allez «le» trouver changé!.Car c\u2019est bien, n\u2019est-ce pas, oe souvenir que vous avez gardé de lui ?Sans parler, Grâce inclina la tête.Une inquiétude, peu à peu, l\u2019envahissait, avec la certitude que la jeune femme du rapide l\u2019avait trompée.Ne s\u2019était-elle pas, en effet, prétendue étrangère à tous les habitants de Dark-Castle ?L\u2019inconnu dut s\u2019apercevoir de ce trouble, mais l\u2019attribua, sans nul doute, à une tout autre cause, car il s\u2019accusa.\u2014 Je suis maladroit.J\u2019urais dû penser à l\u2019émotion que pouvait vous causer la vue de ce portrait et ne point vous conduire devant lui.« Voulez-vous, proposa-t-il, que nous passions dans mes appartements particuliers ?__Je vous remercie, mylord.Nous sommes très bien ici.L\u2019inconnu eut un sourire approbateur, comme si les paroles de sa compagne et sa décision témoignaient d\u2019un courage dont il lui savait gre.H venait de s\u2019asseoir, dans une pose familière, sur l\u2019un des angles du bureau, après avoir désigné à Grâce 1 un des fauteuils de velours, à pieds sculptés, placé en pleine lumière.Puis, un long instant silencieux, il la regarda., , \u2014 Vos lettres n\u2019avaient rien exagère, convint-il enfin.Vous êtes très belle.Une ardente rougeur embrassa jusqu\u2019au front de Grâce.Allait-il ^falloir que, dès le premier jour, elle se tînt sur la défensive ; et retrouverait-elle ici les mêmes inquiétudes, embarras et tristesses que, fuyant la France, elle avait cru fuir ?Comme la jeune fille n\u2019avait pas répondu à l\u2019approbation élogieuse de son hôte, celui-ci se pencha légèrement en avant et, continuant à détailler le visage proche avec curiosité : \u2014 Extraordinaire! reprit-il comme se parlant à lui-même, incroyable ! Puis, avec un sourire : \u2014 Excusez-moi.Je vais etre effroyablement grossier, mais.je n\u2019aperçois chez vous aucune cicatrice.Je, n\u2019aurais jamais cru que, même en Amérique, semblable miracle pût être accompli.Grâce ne répondit pas immédiatement.A ses yeux, l\u2019étrange et beau visage de sa compagne d\u2019un soir se des-sinait.Et elle se souvenait des coutures fines et blanches, presque imperceptibles, qu\u2019elle y avait remarquées.Doucement, elle passa ses doigts sur chacune de ses joues, à la place où se trouvaient, chez l\u2019autre, ces cicatrices.\u2014 L\u2019Amérique possède, en effet, les meilleurs chirurgiens du monde, dit-elle à tout hasard.Son hôte parut satisfait.H la regarda encore et poursuivit : __Vous avouerai-je qu\u2019avant de vous voir notre.entreprise me semblait bien téméraire, et que je concevais des craintes au sujet de sa réussite?_____Ces appréhensions étaient naturelles.\u2014 Mais la vérité m\u2019oblige à poursuivre que, dès cet instant, je considère avec confiance sa réalisation.Il se tut.\u2014 Je vous remercie, murmura Grâce.Dès les premières phrases de politesse échangées, l\u2019insonnu, ayant remarqué l\u2019excellence de son langage, s\u2019était exprimé en anglais.Et Grâce eut souhaité posséder moins bien cette langue afin de pouvoir, comme le faisait tantôt son hôte, parler lentement, avec hésitation et en cherchant ses mots.\u2014 Savez-vous que je suis navré de devoir vous abandonner ce soir même, reprenait-il.Oh ! mon absence sera brève.Je rentre à Dark-Castle demain.Mais j\u2019eusse aimé vous faire les honneurs du château.Et puis, nous avons encore à nous entretenir ensemble de certains sujets.importants.La dernière phrase était évidemment destinée à amener des paroles plus précises, car le compagnon de Grâce s\u2019interrompit à peine et, soudain, interrogateur : \u2014 Votre séjour à Paris s\u2019est-il bien passé ?\u2014 Fort bien, je vous remercie.Mais je l\u2019ai abrégé de quelques jours, et c\u2019est pourquoi j\u2019arrive à Dark-Castle avant la date prévue.L\u2019Ecossais s\u2019inclina.\u2014 Vous m\u2019en voyez ravi.Mais, tout aussitôt, poursuivant une pensée maîtresse : \u2014 Votre notaire a donc simplifié le; choses ?Rappelez-vous, nous redoutions tellement que l\u2019étalblissement de ces.actes soit d\u2019une réalisation difficile.\u2014 Il n\u2019en a rien été, mylord.L\u2019inconnu avait quitté sa place et s\u2019était rapproché de Grâce.Et sa voix s\u2019assourdissait, comme s\u2019il eût craint d\u2019être entendu.Grâce s\u2019efforça de prendre un air d\u2019indifférence.Mais, de plus en plus, elle se sentait perdre pied.Ses lèvres tremblaient légèrement, tandis qu\u2019elle répondait : \u2014 Je n\u2019ai point, sur moi, un seul de ces papiers, mylord.L\u2019Ecossais eut un haut-le-corps.Il mordit violemment sa moustache, tandis que ses yeux perçants scrutaient sans douceur le visage de Grâce.\u2014 Vous voulez dire qu\u2019ils sont demeurés chez Me Rivière ?Et comme, en signe d\u2019assentiment, elle inclinait la tête : \u2014 Ceci n\u2019était point dans nos conventions, madame.«Certes, ajouta-t-il, revenu de son premier désappointement, ou, en tout cas, le dissimulant sous l\u2019ironie, certes, je ne doute point de votre parole.Mais vous conviendrez que, dans une affaire telle que celle-ci, chacune des parties doit prendre ses garanties.Or, il me paraîtrait, disons.enfantin, de ma part, de vous les donner toutes et de n\u2019en recevoir aucune.Avec indifférence, la jeune fille haussa les épaules.\u2014 Comme il vous plaira, mylord, je puis repartir.Elle était, lui semblait-il, arrivée à une extrême limite de tension nerveuse et ne trouvait plus, en son esprit aride, que le désir de voir se terminer cette aventure effarante, fût-oe par sa propre confusion.Dans un dernier effort, cependant, et prise d\u2019une inspiration soudaine, elle dit encore : \u2014 De toute façon, ces papiers sont en sûreté chez Me Rivière, et Paris, à.vol d\u2019oiseau, n\u2019est point si éloigné d'Edimbourg que vous ne puissiez aller vérifier leur forme et leur contenu.Il m\u2019a paru, quant à moi, inutile de faire voyager des documents qui peuvent être perdus, dérobés, que sais-je ?En tout cas, trahir et leurs signataires, et leurs bénéficiaires, et leurs possesseurs ! Grâce parlait au hasard, presque en désespoir de cause, et surtout avec la crainte que son raisonnement s\u2019adaptât mal à la situation.Mais elle eut le soulagement de voir le visage de son compagnon s\u2019éclairer.\u2014\tPar saint George, s\u2019écria-t-il, je rends grâces à votre prudence.A la réflexion, elle me paraît même indispensable.Du reste, nos intérêts sont trop liés pour que je m\u2019arrête un instant à l\u2019idée que vous puissiez avoir modifié, en quoi que ce soit, des engagements pris en toute liberté.\u2014\tJe suis heureuse de cette confiance, murmura Grâce avec une sèche ironie. Montréal, juin 1952 27 \u2014\tAh ! jeta-t-il avec une sorte de dépit, qu\u2019il me déplaît d\u2019avoir à vous quitter ! Il s\u2019interrompit, parut balancer entre deux décisions, mais reprit bientôt : \u2014\tEt cependant, je dois partir.Des affaires m\u2019attendent à Edimbourg.Mais, comme je vous l\u2019ai déjà affirmé, je serai de retour demain.« Jusque-là, vous vous trouverez d\u2019ailleurs seule au château, poursuivit-il en pesant sur les mots, comme si chacun avait un sens particulier.Je pense que vous n\u2019en serez pas fâchée.Vous aurez ainsi quelques heures pour vous accoutumer aux lieux et vous préparer à une émotion ardemment désirée, je le sais, mais, malgré tout, bien grande.Et maintenant, je vous laisse.Il tendit la main à sa compagne et se détourna pour aller appuyer sur une sonnerie.__A propos, reprit-il en revenant vers la jeune fille, pensez-vous être troublée par la vue de l\u2019enfant ?Durant une fraction de seconde, Grâce hésita.Cette question était l\u2019une de celles qui lui semblaient le plus étrange.\u2014\tNon, dit-elle enfin.Il n\u2019y a aucune raison pour que je le sois.L\u2019inconnu se mit à rire, mais son visage, au lieu de s\u2019éclairer, parut plus dur à Grâce, avec une sorte d\u2019âpreté, presque cruelle, qui relevait les coins de sa bouche.__A la bonne heure ! J\u2019aime votre franchise et l\u2019absence totale de.sensibilité qui me paraît vous caractériser.Du reste, William est malade et je ne pense pas qu\u2019il sorte de sa chambre avant plusieurs jours.CHAPITRE III Ïorsque Grâce se réveilla, le lendemain, dans un décor encore peu J familier, il parut à la jeune fille que son rêve étrange se prolongeait.Elle avait dormi juste assez pour que, dans son esprit inconscient, 1 exactitude des événements s\u2019emmêlât à la fantaisie du songe.De sorte que, dans les premières minutes, elle ne pouvait séparer l\u2019une de l\u2019autre la part des souvenirs réels et celle des illusions.La veille, la jeune fille avait pris connaissance de son appartement avec indifférence.Elle était trop préoccupée pour s\u2019intéresser beaucoup aux lieux.A huit heures seulement, un domestique avait, sur une table roulante, apporté son dîner.Tandis que l\u2019homme, gravement, et comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un dîner de cérémonie, allumait les six bougies dressées dans chaque candélabre d\u2019argent de la cheminée, elle avait questionné : \u2014 Lord Harlington ?.____Sa Seigneurie est absente ; de même lord Ruthery et lady Ethel.Et Grâce n\u2019avait pas essayé de poser d\u2019autres questions.Que lui importait, du reste, et Dark-Castle et ses habitants ! Elle savait, après sa conversation avec l\u2019inconnu qui l\u2019avait accueillie, combien son passage entre ces murs serait bref.Qu y pourrait-elle faire, en effet?.Ce n é-tait point ici une simple institutrice qu\u2019on attendait, mais une femme ayant un rôle obscur à remplir, des tâches mystérieuses ; et dont un pacte secret faisait l\u2019alliée de certains, peut-être l\u2019ennemie des autres, dans ce manoir.Ce matin, pourtant bien que toujours rattachée à l\u2019idee du depart, la jeune fille trouvait sa discrétion ridicule, et, tout en quittant son lit et s\u2019habillant, elle s\u2019exhortait à ne point demeurer durant cette journée presque prisonnière dans sa chambre.Contre son attente, la maid (servante) qui lui apporta son petit déjeuner était accompagnée de Cecilia.Lorsque la première se fut retirée, la femme Cette année, passez vos vacances dans les ¦v Mil mWINCB MARITIMES dont les côtes sont baignées par l\u2019océan (Ci-dessous) Vous vous baignerez dans Veau salée et chaude de VAtlantique à Pictou Lodge, en Nouvelle-Ecosse.(Ci-dessus) L'Hôtel de Charlottetown, propriété du Canadien National, vous réserve le chaleureux accueil qui caractérise les Maritimes.mmsmsmtagmsmag.Lorsqu'il s'agit de donner un cadeau Le Canadien National vous offre le moyen pratique d'offrir en cadeau un voyage par chemin de fer.Ce don permet à qui le reçoit d'aller où il le désire.Et vous ne versez que le montant que vous voulez donner.On peut se procurer ce cadeau, sous forme de certificat, à tout bureau des billets du Canadien National.Peut-on imaginer cadeau plus facile à acheter, plus agréable à recevoir.¦¦¦¦¦ U Canadien National vous y transportera Les Maritimes ont beaucoup à offrir aux villégiateurs: natation et navigation à voile dans de jolies baies abritées, le bain dans les brisants de l\u2019Atlantique, la pêche en mer de gros poissons, le golf, le tennis, le canotage.Les buts d\u2019excursions sont aussi nombreux: le fameux \"Cabot Trail\u201d, au Cape Breton, les pittoresques villages de pêcheurs de la Nouvelle-Ecosse et de Terre-Neuve, les forêts et les rivières du Nouveau-Brunswick, les plages et les dunes de l\u2019Ile-du-Prince-Edouard, etc., etc.Le Canadien National possède l\u2019hôtel de Charlottetown, le Pictou Lodge et l\u2019hôtel Nova Scotian, à Halifax, trois endroits de réputation mondiale.Le Canadien National dessert les Maritimes avec trois de ses grands trains: l\u2019Océan Limité, l\u2019Express Maritime et le Scotian.Vous projetez un voyage dans les Provinces Maritimes?Consultez sans retard un agent des billets du Canadien National ou une agence de voyage.CANADIEN NATIONAL LE RÉSEAU QUI DESSERT LES DIX PROVINCES 23 La Revue Populaire é\\i|ez de l'eau bouillante rapidement .même si tous tes éléments de votrepoe/e sont employés! BOUILLOIRE ELECTRIC $ièg« social: Toronto\u2014Bureaux de ventes d'un océan à l'autre CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED \u2014 Quelle merveilleuse commodité! .de l\u2019eau chaude rapidement\u2014même si tous les éléments de votre poêle sont en usage\u2014parce que votre bouilloire G-E possède son propre élément Hi-Speed Calrod\u2014 totalement immergé dans l\u2019eau.C\u2019est un économiseur de temps .car elle fait bouillir quatre tasses d'eau en moins de trois minutes.Contenance 4 chopines.Ne peut surchauffer.Voyez votre marchand G-E dès aujourd\u2019hui.VOICI LA RAISON DE LA RAPIDITÉ DE VOTRE BOUILLOIRE G-E L\u2019élément Calrod G-E est directement dans l'eau .laquelle, alors, bénéficie de tonte la chaleur sans perte de courant.de chambre s\u2019enquit de la façon dont elle avait passé la nuit.\u2014 Bien, je vous remercie, murmura Grâce.Et aussit >t : \u2014 Lord Harlington sera-t-il de retour ce matin ?Pourrai-je le voir ?La femme de charge eut un geste d\u2019ignorance.\u2014 Lord Harlington n\u2019avertit jamais de son arrivée à Dark-Castle.Aussi ne saurai-je vous renseigner à ce sujet.Elle parlait d\u2019une voix neutre, les mains caressant doucement les plis de son tablier de soie.Mais, en dépit do l\u2019apparente déférence qu\u2019elle semblait témoigner à Grâce, celle-ci crut remarquer, dans son attitude, une sorte de réserve, et presque d\u2019hostile froideur.\u2014 Je voudrais, tout au moins, reprit Grâce, connaître le petit lord, mon élève.Aurez-vous l\u2019obligeance de me conduire vers lui ?\u2014 Lord William est souffrant, mademoiselle.\u2014 Très souffrant ?\u2014 Non, fatigué seulement.Mais le pauvre petit a des crises nerveuses si fréquentes que l\u2019on redoute la moindre émotion.La jeune fille sourit.\u2014 Je ne pense pas que cela en soit une pour lui, que de faire la connaissance de son institutrice, et.Elle n\u2019eut point le temps d\u2019achever.La porte de la chambre venait de s\u2019ouvrir toute grande et, sur le seuil, un jeune garçon parut.Il paraissait grand pour son âge, mais très maigre, dans le pyjama de soie qui l\u2019habillait.Sur les dalles de pierre du couloir, ses pieds étaient nus.\u2014 Lord William! s\u2019écria Cecilia avec effroi, où allez-vous ?Elle s\u2019était élancée vers l\u2019enfant pour le prendre entre ses bras.Doucement, il la repoussa.\u2014 Je savais, depuis hier, que Mlle Fabrège était arrivée, dit-il d\u2019une voix claire.Et j\u2019ai pensé que, même souffrant, c\u2019était à moi de venir la saluer.Grâce sourit avec émotion.Cet enfant, charmant jusque dans ses désobéissances mêmes, trouvait, du premier coup, le chemin de son coeur.Sans doute Cecilia n\u2019avait-elle point les mêmes raisons de juger plaisante l\u2019escapade de William, car elle tentait de nouveau d\u2019entraîner le petit lord.Il se débattait.\u2014 Mon Dieu, mon Dieu, gémissait-elle, que fait donc votre nurse ?.Vous allez vous enrhumer sur ces carreaux.Sans dire un mot, Grâce se rapprocha du groupe.Elle se pencha avec autorité vers l\u2019enfant, le souleva de terre et le porta sur son propre lit.-\u2014Voilà, dit-elle en l\u2019enveloppant d\u2019une couverture.Vous pourrez ainsi retourner chez vous sans craindre de prendre froid.Elle s\u2019interrompit, tendit la main au jeune garçon et acheva : \u2014 Je suis bien contente de vous connaître, William, mais vous n\u2019auriez pas dû vous enfuir de votre chambre.Les yeux du petit lord, limpides et pleins de cette radieuse fraîcheur de l\u2019enfance, se levèrent vers ceux de Grâce.\u2014 C\u2019est vrai, convint-il.Mais je m\u2019ennuyais tant, et j\u2019étais si impatient de vous voir.Il se tut, parut réfléchir durant quelques secondes, et, tourné brusquement vers la femme de charge : \u2014 Mais vous n\u2019étiez pas bien renseignée du tout, Cecilia, murmura-t-il d\u2019une voix grondeuse.Pourquoi disiez-vous à Tommy qu\u2019on ne pouvait s\u2019attendre à rien de bon de cette nouvelle « recrue », qui était la protégée de mon oncle Edward, et sans doute tout juste bonne à renforcer le lot des indésirables à Dark-Castle ?Visiblement, l\u2019enfant répétait des mots dont il n\u2019avait pas compris le sens, ma\u2019s qu\u2019il pressentait hostiles à Grâce.Et il acheva : \u2014 Je crois, moi, que Mlle Fabrège est très bonne et que nous nous entendrons parfaitement.Sous l\u2019effet de la confusion, le visage de la femme de charge était devenu pourpre.Elle balbutia quelques paroles de réprimande à l\u2019intention du petit lord et se rapprocha de lui pour l\u2019emporter.Sans doute allait-il encore refuser.Grâce intervint : \u2014-Laissez-vous ramener chez vous, William.Cecilia est très bonne, aussi, de penser à votre santé.Il ne faut pas lui faire de peine.La femme de charge rougit encore.Elle jeta un regard indécis à Grâce, puis, prenant l\u2019enfant dans ses bras, s\u2019apprêta à quitter la,chambre.\u2014 Vous viendrez me voir?questionna William.\u2014 Oui, assura Grâce, plus tard.Il lui sourit, et, plein de confiance, s'abandonna à Cecilia qui, très vite, traversa la chambre, ouvrit la porte et la referma précipitamment derrière elle.\u2022 Après quelques centaines de mètres, le chemin grimpa légèrement, surplombant l\u2019eau bleue.Grâce longeait alors l\u2019une des plus proches forêts, et, faisant quelques pas sous le couvert des arbres, elle eut le plaisir rare de voir se débander et s\u2019enfuir à son approche une harde de chevreuils.Puis, ce fut de nouveau le moor, rose et frémissant sous des souffles légers, et dont le silence était de temps à autre traversé par le cri guttural d\u2019une grouse.Mais un autre bruit, humain celui-là, frappa bientôt Grâce.On parlait non loin de l\u2019endroit où elle se trouvait.Elle fit encore quelques pas et découvrit, dans une petite crique, deux jeunes paysans occupés à pêcher au bord du lac.Les enfants levèrent la tête à son approche, mais ne se dérangèrent pas.Sans doute n\u2019avait-elle rien qui pût les effrayer.Comme elle s\u2019arrêtait près d\u2019eux, leur demandant si la pêche avait été bonne, ce que prouvait abondamment, du reste, une vieille casquette posée sur le rivage et remplie de poissons, l\u2019un des enfants releva la tête et parut écouter avec attention.Son compagnon l\u2019imita et Grâce elle-même, prêtant l\u2019oreille, finit par percevoir, dans le lointain, le galop d\u2019un cheval.Le galop crût rapidement, se précipita.Sans se concerter, les enfants rassemblaient avec précipitation leurs engins de pêche.Mais, si rapides qu\u2019ils fussent, ils n\u2019avaient point complètement terminé lorsque, débouchant d\u2019une route qui, plus haut, coupait le chemin du lac, un cavalier apparut.\u2014 Lord Harlington! s\u2019écria l\u2019un des paysans avec effroi.Celui qui avait poussé cette exclamation voulut fuir.Mais il se trouvait sans doute trop près du bord, et, dans le mouvement qu\u2019il fit, son pied glissa.Il essaya désespérément de se rattraper, mais ce fut en vain.Les bras étendus, il s\u2019abattit dans l\u2019eau avec un grand cri.Son compagnon se trouvait déjà loin ! Grâce était excellente nageuse.Elle s\u2019apprêta à plonger.Mais elle s\u2019aperçut tout de suite que le lac était peu profond à cet endroit et que l\u2019enfant avait pied.Elle s\u2019allongea donc sur la berge et lui tendit la main afin de l\u2019aider simplement à remonter.Lorsque, après plusieurs efforts, il y fut parvenu, la jeune fille se releva.Quelque peu mouillée, elle-même, elle regardait l\u2019enfant, embarrassée et piteux, qui s\u2019ébrouait, les vêtements collés au corps, les cheveux ruisselants et mêlés d\u2019herbes, lorsqu\u2019une voix la fit tressaillir : \u2014 Faudra-t-il donc que mes gardes aient à surveiller de petits gredins de Montréal, juin 1952 29 votre espèce, et n\u2019y aura-f-il que la prison qui puisse mettre un terme à ces délits trop fréquents ?Comme il ne lui accordait aucune attention, Grâce considéra le cavalier.Ses traits n\u2019avaient plus la calme beauté qu\u2019ils offraient chez le jeune adolescent du tableau.Ils étaient rudes, âpres, heurtés, et une violente contrariété les assombrissait encore.Le large front et les cheveux dorés présentaient une exacte similitude avec l\u2019image que connaissait déjà Grâce.Mais le dessin de la bouche paraissait beaucoup plus dur et marqué d\u2019amertume et de dédain.Enfin, le lumineux regard du portrait n\u2019existait plus.Les yeux de lord Har-lington étaient d\u2019un bleu froid, bien éloignés de cette douceur des lacs écossais dont la jeune fille avait cru, sur la toile, reconnaître la teinte.Maintenant toujours son cheval à quelques pas du groupe formé par Grâce et l\u2019enfant, lord Harlington, le front contracté, frappait nerveusement l\u2019une de ses bottes de l\u2019extrémité de sa cravache.\u2014 Approche ! ordonna-t-il.Je vais te montrer comment doit être puni un voleur.Résolument, Grâce s\u2019avança devant le coupable.\u2014 Ce n\u2019est qu\u2019un enfant, mylord, murmura-t-elle.Sans aucun doute, cette leçon lui aura suffi.Un regard étincelant se tourna vers Grâce et la jeune fille y lut, en même temps qu\u2019une sombre colère, un dédaigneux étonnement de son intervention.Elle le supporta, pourtant, sans baisser les yeux.Mais lord Harlington, déjà désintéressé de la jeune fille, cherchait, derrière celle-ci, l\u2019enfant qui se cachait.Comme si les paroles prononcées par G âce n\u2019eussent fait qu\u2019accroître son courroux, il répéta, plus impérieusement encore : \u2014 Avance ! C\u2019en était trop.L\u2019enfant, épouvanté, éclata en sanglots.Dans un rythme de seconde en seconde plus précipité, la cravache s\u2019agitait toujours.Nul doute que le jeune homme ressentît une forte envie de la tourner contre le coupable.Il ne le fit pas, pourtant.\u2014 C\u2019est bien, s\u2019écria-t-il, après avoir encore attendu quelques secondes et impatienté par les larmes autant que par le mutisme du petit paysan.Va-t-en ! Mais ne t\u2019avise pas de recommencer, car je n\u2019aurais pas toujours cette indulgence, et tu irais peut-être, une autre fois, rejoindre Thomas qui plaçait si bien les collets et s\u2019occupait un peu trop de mes chevreuils.A peine le jeune garçon attendit-il la fin de cette harangue.En tout cas l\u2019invitation de vider les lieux n\u2019eut point à lui être répétée.Il se mit à courir, détalant avec une telle célérité à travers le moor qu\u2019il disparut bientôt aux yeux des jeunes gens.Un sourire amusé passa sur les lèvres de Grâce.Puis, elle se détourna.Comme elle allait s\u2019éloigner, elle remarqua, oubliée sur la berge par son propriétaire, la vieille casquette toute pleine de poissons frauduleusement pêchés.Elle hésita d\u2019abord, et enfin la ramassa.\u2014 Voulez-vous rejeter ces poissons dans l\u2019eau ?pria une voix aux inflexions impératives.La jeune fille n\u2019obéit point.Son calme regard se leva sur lord Harlington.\u2014 Cela ne servirait à rien, mylord.La pêche remonte à trop longtemps.Sans se troubler, elle resserrait entre ses doigts les bords de la casquette qu\u2019elle venait d\u2019avoir la pensée de rapporter à Dark-Castle.Devant cette tranquille désobéissance, les sourcils du jeune homme se contractèrent.\u2014\tUn instant !.articula-t-il, comme Grâce reprenait sa marche.Il enchaîna, d\u2019ailleurs, aussitôt : \u2014\tVous pensez bien qu\u2019en réprimandant tout à l\u2019heure ce jeune polisson, j\u2019usais de mon droit.J\u2019ai donc aussi celui d\u2019être assuré que vous n\u2019allez pas lui rendre le fruit de sa pêche.Pour la seconde fois, un sourire amusé détendit les lèvres de Grâce.Et sans doute oublia-t-elle à qui elle s\u2019adressait, car elle murmura : \u2014\tJe compte rapporter ceci au petit lord.Une expression d\u2019étonnement, presque de stupeur, traversa le visage du jeune homme.\u2014 A mon fils?murmura-t-il comme malgré lui.Trop tard Grâce s\u2019aperçut de la faute qu\u2019elle avait commise.Voici qu\u2019elle était obligée de se nommer.Or, les quelques paroles de l\u2019inconnu, la veille au soir, ses allusions mystérieuses, lui avaient donné à penser que l\u2019original du portrait et Grâce Fabrège se connaissaient.Le cavalier dut prendre cette hésitation pour un blâme à son manque de courtoisie, car il n\u2019avait pas, lui-même, dit son nom.Il rougit légèrement.Puis, s\u2019inclinant du haut de sa selle : \u2014 Lord Gerald Harlington, murmura-t-il.Avec une sorte de courage désespéré, Grâce releva la tête : \u2014 Grâce Fabrège.\u2014 Veuillez m\u2019excuser, mademoiselle, de ne point vous avoir souhaité la bienvenue à Dark-Castle.La raison en est simple.Je me trouvais absent du château depuis plusieurs jours.Ce fut tout.A ces excuses sommaires, lord Harlington n\u2019ajouta pas un mot de gratitude, et sans doute l\u2019eût-on bien surpris en paraissant l\u2019attendre.Il s\u2019inclina encore, et, passant devant la jeune fille, il lança son cheval au galop dans la direction du château.A son tour, Grâce s\u2019engagea sur le sentier du lac qu\u2019elle avait parcouru, dans l\u2019autre sens, une heure auparavant.Elle ne marchait pas vite, si absorbée par ses pensées qu\u2019elle ne s\u2019aperçut pas du chemin parcouru et fut surprise en se retrouvant à Dark-Castle.Comme la jeune fille traversait le vestibule, un domestique s\u2019approcha d\u2019elle et lui apprit que lord Ruthery, de retour, l\u2019attendait dans la bibliothèque.Néanmoins, comme il n\u2019y avait pas à repousser cette invitation, Grâce suivit le domestique jusqu\u2019à la bibliothèque dont il ouvrit la porte devant elle.Le premier regard involontaire de la jeune fille fut pour le portrait de la cheminée.Frappé, ce matin, par la lumière, il éclatait de vie ; et Grâce, avec plus de certitude encore, reconnut, en cet adolescent, le cavalier rencontré tantôt.Ce mouvement n\u2019avait pas échappé à lord Ruthery.Debout devant le bureau, il feuilletait distraitement une revue et paraissait attendre.Il s\u2019avança vers la jeune fille et lui souhaita le bonjour.Puis, très vite, comme s\u2019il voulait prévenir toute parole de sa part, il se tourna vers l\u2019une des portes-fenêtres et appela : \u2014 Ethel ! Une jeune femme, qui était accoudée à la balustrade surplombant le lac, rentra dans la pièce et Grâce reconnut l\u2019abondante chevelure rousse et les yeux pâles entrevus dans l\u2019ombre de la voiture.\u2014 Lady Ethel sera heureuse de voir une jeunesse pareille à la sienne fixée à Dark-Castle, murmura lord Ruthery.Ce manoir solitaire n\u2019a rien de gai et la compagnie d\u2019hommes sombres et silencieux, tels que mon neveu et moi-même, n\u2019est point toujours suffisante à une jeune fille de vingt ans.Grâce s\u2019était d\u2019abord demandé quel lien (à supposer qu\u2019il en existât un) A VAPEUR ELECTRIC GENERAL Il épargne énormément du temps .en taisant tellement plus de repassages et de pressages.plus aisément, beaucoup mieux.Repassez à la vapeur les cotonnades légères, les rayonnes et autres tissus sans humectage préalable .\u201cpressez\u201d les habits, les jupes, les lainages épais aussi bien qu\u2019un tailleur .et lorsque vous confectionnez des vêtements\u201cpressez\u201d les coutures à mesure.CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED Siège social: Toronto\u2014Bureaux de ventes d'un océan à l'autre Beaucoup moins d'humectage parce que les tissus absorbent la vapeur provenant du fer à vapeur G-E.Presque tous vos \u201cpressages\" ont ce cachet professionnel .et ceci sans l'aide d'un linge-protecteur.rs dans un .à /a vapeur ou à sec en touchant un bouton ! 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La Sophisti-Crème, le fond de teint en pain Du Barry, s\u2019étend comme un rêve; la poudre de toilette ultra-fine Du Barry pare le visage d\u2019une douceur veloutée; le rouge à lèvres Du Barry, ferme, crémeux et indélébile, protège vos lèvres tout en les colorant.Ces célèbres produits Du Barry sont aussi hypo-allergéniques.Ils conviennent à votre peau et vous garderont ravissante toute la journée Toronto \u2022 New York Fabricants de la fameuse permanente à domicile Richard Hudnut et de cosmétiques de qualité supérieure Du fameux Salon Richard Hudnut de la Fifth Avenue pouvait unir ces deux êtres.La réponse même de lady Ethel la renseigna : \u2014 Vous savez fort bien, mon père, assurait une voix extrêmement sèche, que la solitude de Dark-Castle ne me pèse point.Je n\u2019y ai jamais éprouvé ni l\u2019ennui, ni le désir d\u2019une compagnie autre que celle à laquelle je suis habituée.Les mots étaient nets.Même une intelligence moins prompte que celle de Grâce aurait perçu, à travers eux, l\u2019animosité évidente de lady Ethel contre la nouvelle venue.Du reste, l\u2019attitude même de la jeu- ne fille parlait mieux encore que ses paroles.Elle n\u2019avait fait que deux ou trois pas dans la pièce et se tenait tout près de la porte-fenêtre, sans aucune envie de se rapprocher de Grâce et moins encore de lui tendre la main.Lord Ruthery affecta de ne point remarquer l\u2019attitude de sa fille à l\u2019égard de Grâce et il redoubla d\u2019amabilités envers celle-ci.Il s\u2019enquit de la façon dont la jeune fille avait passé ses premières heures à Dark-Castle, et, entre eux seulement, la conversation se poursuivit.Toujours appuyée à la porte, dans une attitude indifférente, que démentaient pourtant certains regards jetés à la dérobée sur Grâce, lady Ethel faisait jouer, dans un rayon de soleil, un saphir qu\u2019elle portait à l\u2019annulaire droit.\u2014 Je vous présenterai ce soir votre élève, promit lord Ruthery.J\u2019espère qu\u2019il sera remis et pourra descendre.Grâce voulut passer sous silence l\u2019incident qui l\u2019avait mise en présence du petit William.Elle dit simplement : \u2014 Je pensais que lord Harlington s\u2019occuperait de ce soin.Sans doute l\u2019interlocuteur de la jeune fille attribua-t-il à cette phrase un sens particulier, car il eut, à l\u2019intention de Grâce, un regard d\u2019intelligence en même temps qu\u2019un sourire navré.\u2014 Mon neveu n\u2019est pas à Dark-Castle, mademoiselle.Il chasse le grouse non loin d\u2019ici, mais nul ne sait quand il rentrera.Croyez que.s\u2019il avait connu votre arrivée.\u2014 Lord Harlington est de retour au château, interrompit Grâce.Je l\u2019ai rencontré, ce matin, au bord du lac.Un mouvement d\u2019intérêt fit relever la tête à Ethel, alluma une brève flamme dans les yeux de son père.\u2014 Vous.l\u2019avez rencontré, dites-vous ?\u2014 Oui, mylord, et je me suis présentée à lui.\u2014 Ah ! fort bien ! Il paraissait avoir autre chose à ajouter, mais eut un bref regard vers Ethel et se tut.Un silence de quelques secondes s\u2019établit dans la pièce, que lord Ruthery rompit le premier : \u2014 Je ne veux pas vous retenir davantage, mademoiselle.Sans doute n\u2019avez-vous pas encore terminé votre installation.Nous vous verrons dans un instant, au déjeuner.Lady Ethel n\u2019attendait que ces paroles, qui la libéraient aussi, car elle prit son sac à main posé sur un meuble, et, poussant une petite porte qui devait ouvrir sur un appartement contigu, disparut.CHAPITRE IV Le lendemain même de l\u2019arrivée de Grâce, on avait permis à William une première sortie, et, depuis ce jour, la jeune fille et son petit compagnon ne quittaient guère la terrasse sur le lac.Ils y étaient seuls.La nurse de l\u2019enfant, vieille Anglaise neutre et laide, ne s\u2019occupait que des soins matériels à donner à William.Elle apparaissait régulièrement à l\u2019heure des repas ou du goûter, mais s\u2019éloignait aussi vite, une fois ce qu\u2019elle croyait son rôle terminé.Il était visible qu\u2019entre elle et le petit lord nulle intimité n\u2019existait.\u2014 Oh ! Suzan est ma neuvième nurse, avait répondu William à une question étonnée de Grâce.Elle ne restera pas plus que les autres, qui s\u2019ennuyaient à mourir à Dark-Castle.Et, naïvement, il ajouta : \u2014 Puisqu\u2019elle s\u2019en ira, à quoi bon l\u2019aimer.Puis, relevant ses yeux gris (toute la beauté de son visage) sur la jeune fille, il avait interrogé, vaguement inquiet : \u2014 Et vous, mademoiselle, est-ce que vous partirez aussi ?Afin de cacher son embarras, et peut-être son émotion, l\u2019institutrice s\u2019était penchée sur le petit malade et l\u2019avait embrassé.\u2014 Pas tout de suite, William.Mais peut-être n\u2019aurez-vous pas, non plus, le temps de .m\u2019aimer.Grâce, elle, aimait déjà cet enfant tendre et vif, à l\u2019intelligence précoce, et qu\u2019un visible abandon rendait plus touchant encore.Aussi éprouvait-elle une sorte de remords en songeant combien peu de temps elle lui donnerait sa présence.Le visage et l\u2019attitude ordinaire du maître de maison ne contribuaient point, du reste, à rendre douce l\u2019atmosphère, agréables les moments où les hôtes du château se trouvaient rassemblés.Toujours sombre et tendu, une sorte d\u2019ennui dédaigneux aux lèvres, lord Gerald n\u2019apportait à ces brèves réunions que contrainte.Et sa secrète violence, qu\u2019une nonchalance affectée ne dissimulait pas toujours, semblait à Grâce plus pénible que toute autre chose.Un soir, comme il rentrait, livide de fatigue, Grâce et Cecilia, quittant ensemble la chambre de William durent s\u2019effacer pour lui laisser le passage.Il [ Lire la suite page 39 ] A003 *9 *3 iinaoad no inapA ajnajjiaui bj jtrepipe ua }no} aupuias anbaip zasiuiouoaa \u2022 \u2022 * sajjmaj 0091 snj(f op nos un uofotf suvs snj(f op sojjinof qqi zaua^cjo snoA ;a \u2014 xneamojt jscfmafêuoj mjcf ^U9iu9jpf zunp ji \u2022 \u2022 \u2022 q.ioj is ^uç^jnod * * * xnop ig is 25gf uinl \u2018iv?j.iuojfl 32 La Revue Populaire mm GputcTiAgf or- iTOMAtP sera couverte d\u2019une jolie nappe de dentelle, de napperons ou d\u2019une belle nappe damassée.Des bougies, des fleurs à profusion feront tous les frais du décor.Des assiettes empilées, des tasses et soucoupes, un service à thé, des serviettes, des cuillères et des fourchettes seront disposés sur la table si l\u2019espace le permet.On peut aussi dresser ces accessoires sur une table de côté afin de pouvoir étaler les jolis plats garnis sans qu\u2019il y ait confusion.Les buffets se préparent de diverses façons suivant les ressources dont on dispose.Si, par exemple, on organisa une réception pour 50 à 60 personnes, il est préférable d\u2019avoir des choses qui se servent sans assiette et sans fourchette : des sandwiches, des bouchées, des hors-d\u2019oeuvre, des canapés, des petits fours, des gâteaux, des bonbons et du café.Si la réception ne comprend que 20 à 25 personnes, les plats peuvent être disposés sur la table et 2 ou 3 personnes sont chargées de servir les salades, les viandes froides et les glaces.Pour déterminer le genre de réception qui convient le mieux, il faut considérer le nombre d\u2019invités et les moyens dont on dispose.Ces réceptions peuvent varier des plus simples aux plus élaborées.Voyons ce qui conviendrait pour une réception de 50 à 60 personnes.Menu pour une réception de 50 à 60 personnes Plateau de hors-d'oeuvre contenant olives, radis, céleri, concombres tranchés Les radis bien lavés, auxquels on laisse une petite tige verte, sont découpés en forme de roses ou de tulipes à l\u2019aide d\u2019un petit couteau tranchant.On les met dans l\u2019eau glacée quelques heures pour les faire ouvrir puis ensuite, on les égoutte et on les enveloppe dans une serviette humide.Le céleri peut aussi être découpé en tronçons de 2 pouces à 2% pouces et taillé à chaque bout en fines lanières.On le met ensuite dans l\u2019eau glacée pour le faire friser.Le concombre peut être cannelé à l\u2019aide d\u2019une fourchette avant de le trancher.Il s\u2019agit simplement de peler le concombre et d\u2019imprimer des raies sur toute la longueur avec une fourchette.Tailler ensuite en rouelles.Le succès de ces hors-d\u2019oeuvre dépend de leur fraîcheur.Rien de mieux que d\u2019envelopper d\u2019un linge humide que l\u2019on a soin d\u2019humecter aussitôt qu\u2019il est sec ; c\u2019est ce qui fait les légumes croquants.Bien entendu qu\u2019il faudra préparer les plateaux le matin seulement.Bouchées au poulet : Choux et éclairs minuscules de salade au poulet : Pâte à choux Vz tasse de beurre 1\ttasse d\u2019eau 1\ttasse de farine 4 oeufs Mettre le beurre et l\u2019eau dans une casserole et au premier bouillon, y verser tout à la fois 1 tasse de farine.Brasser vivement pour délayer la farine et quand la pâte est réunie en boule qui se détache bien des parois de la casserole, laisser encore quelques minutes sur feu doux pour dessécher la pâte.Retirer du feu, y mettre les oeufs l'un après l\u2019autre en battant bien après l\u2019addition de chaque oeuf.Jeter par petites cuillerées sur une tôle légèrement beurrée et faire cuire au four de 400° F.15 à 20 minutes ou jusqu\u2019à ce que la pâte soit gonflée et bien dorée.Prolonger la cuisson à feu plus doux MES RECETTES DE CUISINE Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI Menu de réception pour la mariée de juin La mariée de juin, toute à sa parure et préoccupée de l\u2019apparat de la cérémonie, ne se doute nullement qu\u2019une autre préoccupation est à l\u2019ordre du jour '¦ celle d\u2019organiser la réception de mariage.Ce qui s\u2019impose d\u2019abord, c\u2019est d\u2019élaborer le plan de cette réception assez longtemps d\u2019avance, afin de bien s\u2019assurer que l\u2019on pourra trouver ce qui est au programme et remplacer facilement ce qui ferait défaut.Une maîtresse de maison avertie n\u2019est jamais prise au dépourvu et évite l\u2019affolement de la dernière heure.Rien de plus pratique qu\u2019un buffet ; cela permet de recevoir convenablement beaucoup de personnes même dans une maison relativement petite.La chronique de ce mois portera sur les recettes qui conviennent à une réception de ce genre.Si l\u2019on ne peut s\u2019appuyer sur une personne de tout repos pour assurer le succès de la fête, il faut voir à ce que tout soit prêt la veille et que l\u2019on n\u2019ait qu\u2019à disposer les mets sur la table dressée à cet effet.Cette table aussi longue que possible \u201cJ\u2019économise un demiard de LAIT chaque fois que j\u2019emploie la soupe crème de tomate HEINZ \u201d Des milliers de ménagères canadiennes ont découvert cette manière avantageuse d\u2019épargner.Si vous comparez une soupe aux tomates ordinaire, diluée avec du lait, à la soupe crème de tomate Heinz à laquelle vous n\u2019ajoutez que de l\u2019eau, vous vous rendez compte que la soupe Heinz est plus crémeuse.En achetant la soupe crème de tomate préparée par Heinz, vous remarquerez non seulement une heureuse différence dans le goût, mais aussi une grosse différence dans vos comptes de lait.Toutes les soupes-crèmes de Heinz sont riches en crème au moment où vous les achetez.Essayez-les!\u2014Vous vous régalerez.Vous savez que c\u2019est bon parce que ce sont des produits Heinz.%/iVZ te y me A* n\u2019ajoutez Q\\$àc Yeau-gga, Montréal, juin 1952 33 ~?9|P L'ALIMENT PAR EXCELLENCE s&Ügk.ûuùt éétÆ 1H0Ù e&4/MocâtùtâtitëeM Vive le joyeux mois de juin\u2014vive la saison des mets délicieux ! Juin est le mois des Produits Laitiers\u2014C\u2019est le temps de penser aux menus de l\u2019été.Le matin, dégustez des céréales avec des fruits de saison arrosés de crème fraîche et appétissante.Servez du fromage; c\u2019est si bon et il y en a une si grande variété .préparez des recettes nouvelles au fromage; vos invités en seront enchantés.wftiJÉter Cet été rendez vos salades plus attrayantes et ajoutez-y une saveur différente et irrésistible en les décorant de fromage Cottage d\u2019un blanc de neige.Et pour le bien-être de votre famille, à tous les repas servez du beurre doré et du lait frais en grande quantité .voilà les aliments par excellence.* ^jjp Aucun autre aliment ne peut être aussi utile pour préparer des menus variés .aucun autre aliment n\u2019est si nutritif pour les gens de tout âge.m m SERVICE DES PRODUITS DU LAIT Une division de LA FÉDÉRATION CANADIENNE DES PRODUCTEURS DE LAIT 1523 rue Drummond, Montréal, Que. 34 La Revue Populaire thevvhitest.lie»1 en pain.Beurrer de minces tranches de pain auquel on aura enlevé la croûte, les enfoncer ensuite dans de petits moules à muffins et faire dorer au four de 350° F.Les remplir de salade tout comme les choux.Sandwiches variés Les sandwiches peuvent se faire en pain bis ou blanc.Ils peuvent être de fonnes variées: ronds, rectangulaires, triangulaires, roulés.Ces derniers sont les plus pratiques et ceux qui occasionnent le moins de perte.Voici comment procéder: Tailler si possible le pain sur la longueur.Beurrer légèrement, garnir au goût et découper ensuite de diverses façons.Si les tranches sont roulées, on enveloppe dans du papier paraffiné et on place au réfrigérateur.Ces sandwiches se tranchent juste au moment de servir.Et voici diverses garnitures : Garnitures de sandwiches Fromage à la crème et échalotes Fromage à la crème et olives Foie gras et cornichons Jambon et moutarde Sardines Oeufs durs et jus de citrons Amandes et olives Concombre haché finement Radis et carottes râpées Dans la confection des sandwiches, on doit toujours se rappeler qu\u2019ils ne doivent pas être ni secs.Pour éviter qu\u2019ils soient humides, on doit toujours beurrer légèrement les deux tranches de pain et ne pas employer une garniture trop claire.Le pain beurré ne s\u2019humecte pas.Pour les empêcher de sécher, il faut les empiler, les couvrir d\u2019une serviette sèche puis ensuite d\u2019une serviette humide qu\u2019il faudra mouiller dès qu\u2019elle séchera.On est assuré de cette façon de conserver les sandwiches bien frais.Macarons aux noix et aux cerises 2\tblancs d\u2019oeufs 1\ttasse de sucre en poudre (sucre très fin) 1\tc.à tb de farine Ve tasse d\u2019amandes blanchies et hachées V2 tasse de pacanes % tasse de cerises coupées en filets Battre les blancs d\u2019oeufs bien fermes sans toutefois qu\u2019ils soient cassants.Mélanger la farine et le sucre et incorporer graduellement aux oeufs ainsi que les noix et les cerises.Jeter par cuillerées sur une tôle recouverte de papier blanc et cuire à four doux 325° F.jusqu\u2019à ce que ce soit légèrement bruni.Le mélange doit être assez consistant pour ne pas s\u2019étendre avant de cuire.Brownies au chocolat 2\tcarrés de chocolat (ou 2 onces) de tasse de beurre 1\ttasse de sucre 2\toeufs 1\tc.à thé de vanille 1\ttasse de farine V4 de c.à thé de sel V2 c.à thé de poudre à pâte 1 tasse de noix hachées Faire fondre le chocolat au-dessus de 1 eau chaude.Ajouter le beurre et bien mélanger.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre et le sel.Battre les oeufs, ajouter le sucre graduellement et continuer de battre jusqu\u2019à ce que le mélange soit très léger.Ajouter la vanille, le chocolat et le beurre.Incorporer les ingrédients secs puis les noix.Etendre dans une lèchefrite beurrée à l\u2019épaisseur d\u2019un demi-pouce et cuire à 350° F.30 minutes.Couper en carrés dans la lèchefrite.[ Lire la suite page 36 ] 325° F.jusqu\u2019à ce que les petits choux soient bien secs.Laisser refroidir et garnir de salade au poulet.Si l\u2019on désire avoir des éclairs, on met la pâte dans un cornet de papier et on la couche sur la tôle en bâtonnets de 2V2 à 3 pouces de longueur par % pouce de largeur.Cette recette donne de 50 à 60 petits choux ou éclairs.On coupe le dessus des choux et des éclairs, on creuse l\u2019intérieur, et quand ils sont remplis, on remet la partie en- levée.Si l\u2019on veut faire une petite décoration avant de les remplir, on badigeonne d\u2019un peu de beurre le pourtour des choux et des éclairs et on les passe ensuite dans du persil frais finement haché.Salade au poulet 4 tasses de poulet coupé en très petits dés 1% tasse de céleri également coupé en petits dés V2 tasse de pois verts égouttés 10 olives farcies hachées 1 tasse de mayonnaise 1 c à tb.de câpres Sel et poivre au goût Mettre le tout dans un grand bol et bien mêler avec la mayonnaise.Le tout devra être haché bien finement pour en remplir les bouchées.On peut remplacer le poulet, par du homard, des crevettes ou du veau.A la place des choux, on peut préparer des petites caissettes UnjîâlJjûül ck) %cUâto * Attendez qu\u2019on sache que c\u2019est vous qui l\u2019avez cuit! .iûnt vôiu Vous serez la reine du festival quand on saura que vous êtes l\u2019auteur de ce superbe et succulent Gâteau aux Fraises \u2018Magic\u2019! \u201cIl est si léger .si savoureux .vraiment, il est incomparable! C\u2019est tout comme les bons gâteaux aux fraises d\u2019autrefois!\u201d Avec vos propres ingrédients, bien frais et choisis avec soin, ET avec la Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019, vous pouvez toujours compter sur d\u2019excellents résultats.De plus, la \u2018Magic\u2019 ne coûte pas cher., .moins de lfé par cuisson ordinaire! Gâteau aux Fraises \u2018MAGIC\u2019 1% tasse farine à pâtisserie tamisée ou l\u2019/a tasse farine de blé dur tamisée 2 c.à thé Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019 Va c.à thé sel 4 oeufs séparés Vs tasse eau froide 1 fasse sucre granulé fin II/2 c.à thé vanille Tamisez 3 fois ensemble farine, sel et Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019.Battez les jaunes d\u2019oeufs jusqu\u2019à ce qu\u2019épais et légers; incorporez graduellement l\u2019eau froide et H de tasse de sucre, puis continuez à battre 4 minutes.Battez les blancs d\u2019oeufs jusqu\u2019à ce que fermes mais non pas secs.Incorporez graduellement le H de tasse de sucre qui reste, battant après chaque addition jusqu\u2019à ce que le mélange forme des monticules.Ajoutez le mélange de farine au mélange de jaunes d\u2019oeufs, environ un quart à la fois, repliant légèrement après chaque addition, jusqu\u2019à ce que la farine soit bien incorporée.Ajoutez la vanille.Ajoutez la meringue au mélange de jaunes d\u2019oeufs et repliez légèrement pour bien mêler.Versez dans deux moules à gâteau ronds de 8\" non graissés.Cuisez à four modéré (350°) de 25 à 30 min.Renversez immédiatement les gâteaux cuits et laissez-les refroidir ainsi suspendus (pour cela, posez les moules sur les bords de 3 cocotiers ou de 3 tasses à café).Posez ensuite les gâteaux l\u2019un sur l\u2019autre, étendant entre les deux des fraises écrasées et sucrées.Couvrez le dessus de crème fouettée légèrement sucrée et aromatisée, puis garnissez avec des fraises entières. Montréal, juin 1952 35 Wcstingh Lisez pourquoi seul FROST-FREE* Westinghouse assure un dégivrage vraiment automatique Jamais plus .à faire le Dégivrage -7-un* u im MEAT Rien à FAIRE OU À TOUCHER AUCUN PLATEAU À VIDER 11M20061- /\tPAS D\u2019HORLOGE OU DE MINUTERIE À RÉGLER, LES ALIMENTS NE SORTENT PAS\u2014 ?PAS D\u2019ODEURS LE REFRIGERA PREMIER ET le SEl ENTIÈREMENT JL AU MONDE automatique À ETRE Westinghouse fROfM*** -7-un* Il vous faut dégivrer certains réfrigérateurs chaque fois que vous pensez qu\u2019ils ont besoin d\u2019être dégivrés.D\u2019autres réfrigérateurs passent par un cycle de dégivrage au bout de périodes déterminées, qu\u2019ils en aient besoin ou non.Mais le Réfrigérateur \u201cFrost-Free\u201d Westinghouse est Différent! .se dégivre seulement au besoin .reprend instantanément la réfrigération après que tout givre est disparu .se dégivre si vite que les aliments congelés et les cubes de glace restent durs .point d\u2019eau à jeter .nulle horloge ou minuterie .aucun nettoyage pour finir .les aliments ne sortent pas pendant le dégivrage.Seul le \u201cFrost-Free\u201d Westinghouse assure cette protection parfaite des aliments .cette commodité libératrice de soucis .Plus jamais vous n\u2019aurez à penser au dégivrage\u2014vous n\u2019avez même pas à remuer le petit doigt.Il n\u2019y a rien qui ressemble à FROST-FREE dans aucun autre réfrigérateur \u2014à n\u2019importe quel prix.?marque DEPOSEE Voyez les NOUVEAUX réfrigérateurs FROST-FREE* Westinghouse chez votre marchand local A MAIN POELE RADIO-PHONO CHAUFFE-EAU LAVEUSE LAUNDROMAT SECHEUSE ASPIRATEUR ROTISSOIRE MALAXEUR ai GRILLE-PAIN FER 36 La Revue Populaire Donnez à vos desserts un attrait particulier.du brillant.de la gaieté.en recourant aux gelées Shirriff à la \"coque de saveur\u201d.C\u2019est si facile.Couronne aux framboises\u2014Dans un grande moule, préparez une scintillante gelée Lushus (à la framboise) .Avant de servir, disposez en couronne, autour de ce plat délicat, des fruits variés\u2014frais, en conserve ou frigorifiés.Quel goût et quelle belle apparence! Les gelées Lushus ont tout à fait la saveur du fruit frais.Petits frappés au \"lime\u201d\u2014Aussi rafraîchissants qu\u2019une citronnade glacée! Versez une piquante gelée Lushus (au \"lime\u201d) dans des coupes à dessert, puis garnissez-les d\u2019un morceau d\u2019orange et d\u2019une cerise bien rouge.\u2022 \u2022o Toute gelée Lushus, de Shirriff, vous apporte une saveur incomparable.Le goût du fruit frais est scellé hermétiquement, sous forme liquide, dans la fameuse \"coque de saveur\u2019\u2019\u2019 Shirriff.Telle quelle ou savamment garnie, une gelée Lushus enchantera votre famille.^I5tiu6 SHIRRIFF Biscuits de réfrigérateur 1\ttasse de shortening Ve tasse de sucre % tasse de cassonade 2\toeufs 2% tasses de farine tamisée % c.à thé de soda à pâte 1\tc à thé de sel 2\tà 3 c.à thé de cannelle Défaire en crème le shortening, y ajouter graduellement le sucre et la cassonade.Battre les oeufs et les ajouter au premier mélange.Tamiser ensemble tous les ingrédients secs et les incorporer au premier mélange, pour en faire une pâte bien lisse.Diviser cette pâte en 4 parties.Dans la première partie, bien mélanger % tasse de noix hachées.Dans la 2e partie, ajouter % tasse de noix hachées et V2 tasse de dattes coupées finement.Dans la 3e partie, faire fondre 1 carré de chocolat et l\u2019ajouter au mélange.Dans la 4e partie, ajouter 1 c.à tb.de zeste d\u2019orange râpé.Façonner ensuite ces différentes pâtes en 4 rouleaux de 1% pouce de diamètre, envelopper soigneusement de papier paraffiné et mettre au réfrigérateur jusqu\u2019à ce que la pâte soit gelée ; ce qui prendra plusieurs heures ou toute la nuit.Tailler ensuite les biscuits en tranches très minces et faire cuire sur une tôle non graissée au four de 400° F.6 à 8 minutes.On servira avec ces petits fours de la crème glacée.Il en faudra 5 à 6 pintes pour 50 à 60 personnes.Recette de café poiir 60 tasses 2 livres de café moulu 6 pintes d\u2019eau froide 2 oeufs 2 pintes de crème Mettre le café dans une casserole avec 2 oeufs battus et 1 tasse d\u2019eau froide.Délayer, ajouter le reste de l\u2019eau et faire chauffer doucement en brassant jusqu\u2019au point d\u2019ébullition.Laisser mijoter 5 à 8 minutes puis laisser reposer 10 minutes et couler pour servir.Si l\u2019on trouve l\u2019infusion trop forte, on n\u2019a qu\u2019à diluer au goût avec de l\u2019eau bouillante.On peut très bien aussi faire chauffer la crème, la mêler au café et ajouter dans chaque soucoupe 2 ou 3 carrés de sucre ; c\u2019est plus facile à servir.Autrement, il faut s\u2019assurer que le sucre et la crème seront passés dans des petits cabarets.Recette de la glace à décorer le gâteau V2 tasse de beurre 2 livres de sucre à glacer 2\tc.à tb.de jus de citron 4 blancs d\u2019oeufs Défaire le beurre en crème et y incorporer graduellement 1 tasse de sucre à glacer bien tamisé puis le jus de citron.Si l\u2019on veut obtenir une glace légère et mousseuse, il faut avoir soin d\u2019ajouter le sucre en tamisant et peu à la fois.Battre les blancs fermes et y incorporer le reste du sucre.Mêler les 2 mélanges.Colorer en rose si on le désire légèrement.On peut se dispenser de mettre du beurre dans cette glace mais elle durcira très vite.Le beurre et le jus de citron la garderont fraîche.Couvrir tout le dessus du gâteau de cette glace et l\u2019égaliser avec une spatule ou un couteau passé dans l\u2019eau bouillante.Si l\u2019on a des douilles, on pourra faire quelques jolies décorations.Recette de punch pour 50 à 60 personnes 3\ttasses d\u2019eau 3\ttasses\tde\tsucre 2\ttasses\tde\tjus\tde citron 3\ttasses\tde\tjus\td\u2019orange 2\tpintes\tde\tjus\tde raisin 2 grosses bouteilles de soda water ¦ Faire bouillir les zestes de citron et d\u2019orange avec de l\u2019eau pour couvrir 15 minutes.Couler et en réserver 3 tasses.Ajouter le sucre et faire chauffer juste assez pour le faire fondre.Laisser refroidir et le mêler à tous les jus de fruits.Ajouter un gros morceau de glace et laisser macérer le tout.Au moment de servir, y mettre l\u2019eau gazeuse (soda water) qui peut être remplacée par du dry ginger ale.Ce punch ne devra pas être trop sucré.Cependant, on peut ajouter du sucre au goût.On peut aussi à volonté, y incorporer du vin ou une liqueur au choix mais le tout devra être servi glace.Gâteau aux fruits léger 1\ttasse de beurre IV2 tasse de sucre 6 oeufs 2V2 tasses de farine à gâteau tamisée 2\te.à thé de poudre à pâte 1\tc.à thé de vanille V2 c.à thé d\u2019essence d\u2019amande 2\ttasses de raisin 1 tasse de cerises hachées Défaire en crème le beurre et y ajouter graduellement le sucre.Le mélange doit être bien crémeux.Ajouter les oeufs non battus l\u2019un après l\u2019autre et battre fortement après chaque addition, jusqu\u2019à ce que le mélange soit très léger.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre.Incorporer sans battre dans le premier mélange.Aromatiser et incorporer tous les fruits légèrement farinés avec un peu de farine prise sur toute la quantité.Verser dans un grand moule doublé de papier brun beurré et faire cuire à four doux 300° F.Laisser reposer dans le moule 15 à 20 minutes avant de démouler.Refroidir complètement et glacer le gâteau.Avant d\u2019appliquer la glace, on devra badigeonner le gâteau d\u2019une petite glace légère simplement faite avec du sucre à glacer, un peu de lait et de la vanille.On devra laisser sécher cette glace qui sert à coller les miettes avant d\u2019appliquer la glace à décorer le gâteau.\u2022 Si l\u2019on a un gâteau de noce, la mariée est invitée à entamer le gâteau qui est ensuite divisé par une autre personne en morceaux et offert aux invités.Rien de plus pratique que de faire un grand gâteau plat joliment décoré avec une glace blanche eu rose très pâle.LE MOIS DU LAIT Crème glacée à la vanille (Congélateur à main) % de tasse de sucre 2 c.à table de fécule de maïs 2 oeufs entiers V2 c.à thé de sel *4 tasses de lait 2 c.à thé de vanille Dans le haut d\u2019un bain-marie, mélanger le sucre, la fécule de maïs Benson ou Canada et le sel.Ajouter les oeufs et bien mélanger.Ajouter graduellement le lait.Cuire sur l\u2019eau bouillante, en brassant sans arrêt, jusqu\u2019à léger épaississement, à peu près 5 ou 6 minutes.Retirer du feu, ajouter la vanille et refroidir.Bien refroidir avant de congeler.Laver et ébouillanter la boîte, le couvercle et le brasseur du congélateur.Verser la cossetarde refroidie dans la boîte.La boîte ne doit pas être plus qu\u2019aux % pleine.Assembler le congélateur.Remplir la baquet de rangs alternés de glace concassée et gros sel, utilisant 8 parties de glace pour 1 partie de sel.Tourner le bras lentement pour commencer.Augmenter graduellement la vitesse et continuer de tourner jusqu\u2019à ce que le bras ne tourne plus facilement.Lorsque la congélation est complète, essuyer le couvercle avec [ Lire la suite page 56 ] Montréal, juin 1952 37 DOMINION ÎIXTllt COMPANY LIMITED ION TEXTILE LIMITEE Il faut voir ces nouvelles UN MODELE ORIGINAL EN PATRON VOGUE 7431 SUN peo f.** cotonnades Cet été, dans tous les magasins, vous remarquerez ces nouveaux et attrayants tissus\u2014vendus à la verge ou sous forme de merveilleuses robes en coton lavable\u2014tous plus charmants et gais les uns que les autres.Et, tout en magasinant, demandez aussi à voir les autres tissus Tex-made offrant un vaste choix de couleurs et de motifs des plus originaux .Vous en serez ravie! 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Montréal, juin 1952 39 ^-[ Suite de la page 30 ] était tard.La grande galerie, avec ses vitraux, s\u2019enfonçait dans l\u2019ombre.Il ne les vit point.Mais la jeune fille, durant quelques secondes, resta effrayée du visage blême et ravagé qui avait presque frôlé le sien.\u2014 Mon Dieu ! murmura-t-elle involontairement, a-t-il toujours été ainsi ?\u2014 Non, répondit la femme de charge à voix basse.Non, pas toujours.Seulement depuis le départ de lady Hélène.\u2014 Lady Hélène ?La mère de William ?Elle n\u2019est donc pas morte ?\u2014 Elle l\u2019est, mademoiselle.Nous l\u2019avons ensevelie dans le cimetière du village, puisqu\u2019elle n\u2019avait point de famille et que lord Gerald ne voulait pas qu\u2019on la mît dans le tombeau des Harlington, un an, jour pour jour, après son départ de Dark-Castle.Et nul, ici, n\u2019a porté le deuil.Ces paroles avaient été les premières un peu personnelles que la femme de charge adressât à Grâce.Dès le lendemain, du reste, comme si elle les eût regrettées, Cecilia se montra plus silencieuse que jamais et plus fermée.Depuis que Grâce et l\u2019enfant avaient élu domicile sur la terrasse, Cecilia éprouvait le besoin de traverser celle-ci bien souvent.Elle passait, rapide, ses clefs dansant au côté, et parfois même ne jetant pas un regard sur le groupe.Mais la jeune fille savait, à n\u2019en pas douter, qu\u2019elle était étroitement surveillée.Elle s\u2019en étonnait, n\u2019imaginant pas comment il eût été possible de manquer de douceur et de bonté envers ce petit William, qui était tout charme, toute confiance et toute sensibilité.Assise près de son élève, devant une table de jardin à parasol, la jeune fille apprenait à William à modeler des animaux dans un bloc de glaise.Un calme infini s\u2019étendait sur la terre et l\u2019eau.L\u2019atmosphère était tout à la fois si joyeuse et si douce que la façade même de Dark-Castle, avec ses créneaux, ses meneaux et ses tours, s\u2019en trouvait transformée.Sur la balustrade de pierre surchauffée, un lézard apparut et s\u2019immobilisa, engourdi de bien-être.\u2014 Voyez donc, William, dit Grâce, vous avez là un modèle.L\u2019enfant leva à peine un regard indifférent, mais revint aussitôt à son ébauche.\u2014 C\u2019est un trop petit animal, mademoiselle.\u2014 Vous en faites donc de gros ?Quels sont-ils ?\u2014 Des chiens.Ainsi, j\u2019aurai une meute.\u2014 Ah ! ah ! vous aimez la chasse, Will ?\u2014 Je crois que je l\u2019aimerai, mademoiselle.J\u2019ai été, jusqu\u2019ici, trop malade pour qu\u2019on me donne un fusil.\u2014 Mais encore ?\u2014 Encore?.Encore?.Eh bien! je chasserai, mais pas seulement le chevreuil.Aussi le grouse, le lièvre et le renard.Grâce sourit : \u2014 Cette occupation ne peut pas remplir une vie, mon chéri.Si vous ne vous intéressiez pas à autre chose, vous seriez un inutile.L\u2019enfant ne répondit pas tout de suite.Sans doute ne voulait-il pas mentir.Il paraissait extrêmement attentif et, sous l\u2019effet de la réflexion, son front se plissait.\u2014 Je ne veux pas être inutile, mademoiselle.Que devrais-je faire pour cela ?\u2014 Oh! c\u2019est bien facile, Will.Il faudra suivre l\u2019exemple que beaucoup de vos ancêtres vous ont laissé.C\u2019étaient de rudes Highlanders, des chefs de clans dévoués à tous ceux qui dépendaient d\u2019eux et dont ils défendaient les droits jusqu\u2019à la mort.Grâce se tut.L\u2019enfant lui avait accordé une attention passionnée.Mais, sans doute, le côté belliqueux de la réponse était-il celui qui l\u2019avait le plus frappé, car il questionna : \u2014 Mais, mademoiselle.et si personne ne m\u2019attaque ?Grâce se mit à rire, et soudain ce fut, imprévue, une explosion de gaieté qui courut, rebondit et vibra d\u2019un bout à l\u2019autre de la terrasse.\u2014 Personne ne vous attaquera, mon chéri, assura la jeune fille, très amusée ; du moins, je l\u2019espère.Et, plus sérieuse cette fois : \u2014 Mais des gens dépendront de vous : vos fermiers, tous les paysans qui vivent sur la terre de Dark-Castle.Vous serez bon pour eux, vous les aiderez de vos conseils.Vous ferez, pour faciliter leurs travaux, tout ce qui pourra amender la terre et les récoltes, et, pour améliorer leur vie, tout ce que vous suggérera votre coeur.Vous interviendrez dans leurs différends, vous prendrez part à leurs peines.Vous serez leur juge, leur conseil et, en même temps que leur maître, leur appui.Les beaux yeux gris, si profondément intelligents, du petit lord ne quittaient point les yeux de Grâce.Et la jeune fille éprouva une intime satisfaction en se disant que, dans son bref passage au château, il lui serait donné de faire un peu de bien.William, maintenant, avait compris.Cependant, il questionna encore : \u2014 C\u2019est si je ne faisais point tout cela, n\u2019est-ce pas, que je serais un inutile ?\u2014 Oui.Et vous ne seriez pas digne de vos ancêtres.Vous ne mériteriez ni le nom, ni le titre de lord Harlington.Mais je crois.Grâce s\u2019interrompit.Violemment repoussée de l\u2019intérieur, l\u2019une des portes-fenêtres, dont les battants étaient entrebâillés, s\u2019ouvrait toute grande et, sur le seuil de son bureau, lord Harlington apparut.La jeune fille demeura d\u2019abord interdite.Le père de William avait un visage plus farouche et plus sombre que jamais.Dans ses yeux, une sourde flamme brûlait.\u2014 Excusez, mademoiselle, cette interruption.inopportune, pria-t-il de la voix aux inflexions glaciales qui, Grâce le savait, dissimulait chez lui quelque émotion.Mais je dois vous enlever à mon fils.Voulez-vous entrer pour quelques instants dans ce bureau ?Une aussi parfaite courtoisie traduisait un ordre.Il n\u2019y avait point à s\u2019y méprendre.Grâce se leva.\u2014 Continuez, William, dit-elle, tendant au petit lord un morceau de glaise.Faites maintenant un beau cheval.Puis elle rejoignit le jeune homme et, sur son invitation, passa devant lui pour pénétrer dans le bureau.Harlington désignait un fauteuil.\u2014 Voulez-vous vous asseoir, mademoiselle ?Lui-même restait debout, appuyé à son bureau, et il parut à la jeune fille plus grand encore qu\u2019elle ne l\u2019avait cru.\u2014 Je ne vous ai point encore remerciée, mademoiselle, de bien vouloir vous charger de l\u2019éducation de mon fils.Croyez, cependant, que je mesure, et le prix de ce que vous nous accordez, et celui de tout ce que vous sacrifiez, en vous enterrant à Dark-Castle.Un fugitif étonnement parut sur le visage de Grâce.Il ne semblait pas à la jeune fille que ce fût pour lui adresser des compliments que lord Gerald l\u2019eut appelée.\u2014 Il n\u2019y a pour moi aucun sacrifice à habiter ce pays, mylord, répondit-elle doucement.Il est beau, sauvage, fier, et d\u2019un charme parfois bouleversant.Il m\u2019a semblé, dès le premier instant, \u201csous votre meilleur jour Quand vous choisissez votre poudre pour le teint, soyez sûre qu\u2019elle est en parfaite harmonie avec la teinte naturelle de votre épiderme.* Puis, pour que votre poudre adhère beaucoup plus longtemps, appliquez-la en pressant\u2014sans tapoter\u2014 avec votre houppe.Enlevez délicatement le surplus.Suivez ce conseil Yardley si vous voulez paraître \u201csous votre meilleur jour\u201d.Profitez de la magie de la Poudre Yardley Feather Pressed.C'est de la poudre ordinaire qui ne peut se répandre.Vous pouvez maintenant vous procurer le superbe Poudrier en Metal Doré pour le nouveau prix modique de $3.95.*Tons Roses: English Peach, English Cameo, Pink Pearl \u2022Tons Crèmes: Honey Glow, Champagne, Golden Rachel *Tons Hâtés: Rose Tan, Gipsy Poudre Anglaise pour le Teint $1.25 par YARDLEY \u2014-OF LONDON 40 La Revue Populaire POURLES DIPLOMES 80% des diplômés questionnés préféraient un Ronson.«pv Y r t M POUR LES JEUNES MARIEES 88% des futures mariées ont déclaré que le Ronson est le briquet de table qu\u2019elles désirent.POUR LA FL1E DES FERES.le 15 juin.75% des pères interviewés ont déclaré: \u201cLe briquet que je désire, c\u2019est un Ronson.\u201d Newport ronson.Un beau briquet de table en riche plaqué d\u2019argent.$13.50 diana ronson.Briquet de table, riche plaqué d\u2019argent poli et satiné.Exergue en argent sterling.banker ronson.Elégant briquet de poche.Email écaille de tortue.Guilloehé.$9.25 V ,,,, Ië i 1 whirlwind ronson.Briquet à l\u2019épreuve du vent, pare-brise magique.Email écaille de tortue.Guilloehé.$12.00 penciliter ronson.Au claire de l\u2019allume, il écrit un mot.Plaqué de rhodium qui ne ternit pas.$15 spartan ronson.Briquet de pupitre en plaqué de chrome.Rainures en émail noir.$15 3 contre 1, les Canadiens le préfèrent à tous les autres briquets réunis Offrez un Ronson et vous êtes un ami de toujours! Parce qu\u2019un Ronson a une grande durée! Sans aucun doute, tout le monde veut un briquet.C\u2019est la façon élégante et commode d\u2019offrir et d\u2019obtenir du feu.Et il est tout à fait dans la note d\u2019avoir des briquets à la maison.La plupart des gens veulent un Ronson! 78% de toutes ces personnes interviewées lors d\u2019une enquête nationale ont déclaré: \"Le briquet que je désire, c\u2019est un Ronson!\u201d Chaque Ronson est fabriqué avec toute la précision de la fine joaillerie.Et ne l\u2019oubliez pas, tous les briquets fonctionnent mieux avec l\u2019essence Ronsonol* et les pierres Ronson Redskin.pour allumer.c\u2019est un briquet! le briquet qui dure c\u2019est un Ronson Art Metal Works (Canada) Ltd., Toronto, Ontario Les briquets illustres ici sont de dimensions réduites.LE MEILLEUR BRIQUET AU MONDE Eruutez \u201cLe Journal de Claude-Henri Grignon\" de Ronron, CKAC Montréal, CHRC Quebec, CKRS Jonquière; et \u201cIt Happened Here\" «le Ronson le Mercredi, 9 Heures, H.N.E.Réseau Diuninion «le Radio Canada.que je le « reconnaissais », tant son aspect parlait à mon coeur.Et, pourtant, je lui trouvais tous les attraits, toutes les douceurs, toutes les séductions de l\u2019imprévu.Quant à Dark-Castle, il faudrait être insensible à toute la poésie enfermée dans ses vieilles murailles pour ne pas s\u2019y plaire.Harlington avait tressailli.Son regard indécis quitta les yeux de Grâce pour se poser sur le tapis.\u2014 J\u2019ai entendu, autrefois, ces mêmes paroles sortir de la bouche d\u2019une femme, murmura-t-il d\u2019une voix sourde.Il n\u2019a pas fallu plus d\u2019un hiver pour changer cet enthousiasme en la haine la plus farouche de ce pays.Lord Gerald avait semblé parler pour lui-même beaucoup plus que pour sa compagne.\u2014 Sans doute connaissez-vous peu de chose de la vie, reprit-il, pour accueillir de gaieté de coeur la pensée d\u2019une longue réclusion auprès d\u2019un enfant malade.Lorsqu\u2019il vous sera donné de goûter à quelques-uns de ses plaisirs, ou seulement, un jour, de les imaginer, vous verrez combien Dark-Castle vous semblera moins poétique ! En prononçant les derniers mots, sa voix accentuait encore une ironie amère.\u2014 Je ne crois pas, mylord, répondit Grâce.Il parut ne pas avoir entendu et, comme pour chasser une pensée importune, passa rudement la main sur son front.\u2014 Que disions-nous?.murmura-t-il après un bref silence, essayant visiblement de reprendre la conversation à son début.Ah ! oui.Je vous remerciais de vous occuper de William.Cependant.\u2014 Cependant?interrogea tranquillement Grâce.Elle sentait qu\u2019entre lord Gerald et elle-même le véritable entretien n\u2019avait pas encore commencé.Et elle n\u2019eût voulu, pour rien au monde, qu\u2019Har-lington la crût prête à s\u2019y dérober.Malgré l\u2019interrogation directe, le jeune homme ne répondit pas.Mais il parut soudain changer de sujet et reprit : \u2014 Je vous dois un aveu, mademoiselle.Lorsou\u2019il fut question de donner une tutelle autre que celle de sa nurse à William, je n\u2019envisageai pas d\u2019introduire une femme à Dark-Castle.Lord Ruthery, au contraire, à cause du jeune âge de l\u2019enfant, s\u2019insurgea contre la venue d\u2019un précepteur.« J\u2019ai une confiance absolue en mon oncle.Je sais son bon sens, sa comoé-tence, son dévouement ; et j\u2019ai, d\u2019ailleurs, l\u2019habitude, n\u2019aimant point m\u2019abs-treindre à un contrôle et à des discus-tions d\u2019ordre matériel, de lui laisser 'a direction de ma maison.De plus, lord Ruthery vous connaissait de réputation et de nom.Vous aviez, je crois me souvenir, accompagné l\u2019un de ses v\u2019eux amis en Amérique en qualité de secrétaire ?Involontairement, Grâce détourna les yeux.\u2014 Oui, mylord.\u2014 C\u2019est cela.Bref, il montra une telle insistance et accumula, pour emporter ma décision, de si bonnes raisons.due je cédai.« J\u2019ai tout lieu, ajouta le jeune homme.sans se départir de sa froideur hautaine, mais en s\u2019inclinant légèrement vers sa compagne, de m\u2019en féliciter.\u2014 Cependant ?Lord Gerald regarda la jeune fille avec une certaine surprise.Ce mot, le même employé par lui tout à l\u2019heure, prouvait que Grâce attendait toujours l\u2019essentiel de sa communication.Et une aussi rapide compréhension, qui faisait honneur à l\u2019intelligence de la jeune fille et révélait son désir d\u2019aller droit au but, n\u2019était pas sans l\u2019étonner.\u2014 Cependant.Ah ! oui ! cependant, il y a, dans la formation de William, certains détails dont j\u2019aimerais que nous nous entretenions.\u2014 Par exemple ?Pour la seconde fois, lord Harlington, malgré son empire sur lui-même, parut quelque peu démonté.\u2014 Par exemple, eh bien ! tenez.il serait bon d\u2019arrêter, d\u2019ores et déjà, les véritables devoirs qu\u2019il convient de présenter à mon fils comme devant, plus tard, lui échoir.\u2014 Pour n\u2019être point un inutile ?Un sourire amer releva la moustache blonde.\u2014 C\u2019est cela même, mademoiselle.Depuis l\u2019apparition d\u2019Harlington sur la terrasse, la jeune fille savait que chacune des paroles de sa conversation avec William lui était parvenue.Et elle mesurait tout ce que l\u2019orgueil d\u2019un homme tel que lui en avait souffert.Grâce avait relevé la t'te et, avec une tranquille assurance, elle soutenait le regard de lord Harlington.\u2014 Parce que, d\u2019après vous, mylord, reprit-elle, j\u2019ai déjà donné quelques fausses idées à William ?Il parut enchanté de cette apparente docilité de la jeune fille à reconnaître ses torts.\u2014 Quelques-unes, oui, affirma-t-il.Grâce demeura muette, attendant qu\u2019il s\u2019expliquât, ce qui ne tarda pas.\u2014 Vos.théories, reprit-il, mademoiselle, et la ligne de conduite que vous indiquez à mon fils dans ses futurs rapports avec ses semblables, se résument, si j\u2019ai bien compris, en peu de mots : confiance, bonté.Or, voyez combien nos sentiments diffèrent : je ne veux pas que mon fils soit confiant et je m\u2019oppose à ce qu\u2019il soit bon ! Avec un demi-sourire, Grâce considéra le jeune homme.Mais la seule vue du visage dur lui ôta immédiatement l\u2019idée que lord Gerald plaisantait.Et la voix âpre et cinglante poursuivit : \u2014 Vous enseignerez à mon fils, reprit-il, changeant de ton et avec une soudaine autorité, le soupçon et la malveillance.Vous lui enseignerez l\u2019égoïsme, c\u2019est-à-dire le libre développement de sa personnalité, l\u2019insensibilité, l\u2019indifférence.Lord Harlington était maintenant debout, devant son bureau, les mains appuyées à celui-ci, le corps légèrement penché dans la direction de Grâce.Sans doute n\u2019avait-il point terminé, mais la jeune fille se leva.\u2014 J\u2019ai l\u2019honneur, murmura-t-elle lentement, de vous demander de me rendre ma liberté, mylord.Il la regarda un instant sans comprendre.Elle reprit : \u2014 Je me refuse à détruire l\u2019âme de William.Harlington se redressa avec une sorte de violence.\u2014 Détruire ?interrogea-t-il, le front contracté.C\u2019est pour éviter qu\u2019elle ne soit détruite et saccagée que je désire l\u2019armer.\u2014 Vous êtes libre, mylord, d\u2019avoir une opinion, encore qu\u2019elle soit contraire au bon sens, à la vérité.Je ne le suis point, moi, d\u2019accepter une tâche à coup sûr néfaste et contre laquelle tous mes sentiments se révoltent.Grâce parlait avec courage, les yeux rivés aux yeux étincelants dont la teinte paraissait, de minute en minute, s\u2019assombrir.A sa surprise, une autre expression, toute d\u2019ironie, anima soudain le visage du jeune homme.\u2014 Je regrette, dit-il, mademoiselle.Mais nos accords, librement consentis, vous font, pour quelque temps encore, la prisonnière de Dark-Castle.Et comme elle ne répondait pas, atterrée de découvrir cette dépendance nouvelle, il reprit, d\u2019un ton léger : \u2014 Lorsque vous avez accepté vos Montréal, juin 1SC2 41 B » Pour 4 personnes, placez une ooite de thon de 7 onces dans une passoire à gros trous et arrosez d'eau chaude.Egouttez bien, faites refroidir; mettez dans un bol avec 2 c.à table de cornichons sucrés hachés et \\s tasse de céleri haché.Comment faire une salade de thon vraiment délicieuse Menu suggéré pour le souper Bouillon de légumes chaud Salade de thon Petits pains croûtés Shortcake aux fraises Thé\tCafé Les hommes aiment les salades substantielles, et en voici une qui plaira à tous .une salade de thon vraiment délicieuse! La mayonnaise aussi est un régal! Fabriquée par Kraft, c\u2019est une véritable mayonnaise, portée à son plus haut point de perfection.Elle est faite d\u2019huile à salade de qualité, d\u2019oeufs, de vinaigre, d\u2019assaisonnement \u2014et de jus de citron frais! Ces ingrédients de choix sont mélangés dans les proportions requises pour donner une riche mayonnaise, d\u2019une saveur exquise.Essayez cette_ fraîche Mayonnaise Kraft.3.Ajoutez graduellement 1 cuillerée à table de jus de citron à % de tasse de Mayonnaise Kraft.Mélangez légèrement avec le thon, salez et poivrez.Pour chaque portion, coupez une tomate pelée en 3 tranches sur le travers.3.Posez une tranche sur de la laitue, couvrez de salade de thon, puis d'une autre tranche, et ainsi de suite finissant avec une tranche de tomate.Garnissez de cresson et d'exquise Mayonnaise Kraft.KRAFT, ¦ s , *« « * * 4» Pour que votre salade de thon soit vraiment délicieuse, ne manquez pas d'employer la Mayonnaise Kraft, satinée et délicatement savoureuse.fonctions auprès de William, mon on-le, à qui j\u2019avais laissé le soin de conduire ces.négociations, me donna une favorable réponse.Mais je crois connaître assez bien les êtres et avoir, envers eux, suffisamment de méfiance (quoi que vous en disiez, cela sert) pour ne point négliger certaines précautions.J\u2019ai redouté que le séjour à Dark-Castle vous pesât bientôt, que vous éprouviez en ces lieux.poétiques et isolés, un insurmontable ennui.Aussi, afin d\u2019éviter que mon fils ne soit rapidement privé de vos soins et, de nouveau, ballotté, j\u2019ai exigé que vous vous engagiez à passer au château au moins huit mois.Je possède votre accord.J\u2019espère que vous ne le renierez point.Il se tut, parut réfléchir et acheva : \u2014 Si j\u2019ai bonne mémoire, vous êtes arrivée le 12 mai à Dark-Castle.Le 12 janvier, si vous le désirez toujours, je vous rendrai votre liberté.Durant quelques secondes, un total accablement pesa sur Grâce.Ainsi, de quelque côté qu\u2019elle tournât ses regards, elle se trouvait garrottée.Mais, très vite, sa fierté la redressa.\u2014 Nul ne m\u2019avait avertie du rôle contre nature que j\u2019aurais à remplir ici, mylord.Comme lorsqu\u2019elle parlait au vieux lord, l\u2019institutrice jetait les mots un peu au hasard.Sans doute ne faisait-elle point fausse route, car le jeune homme haussa les épaules.\u2014 Je vous avoue n\u2019avoir guère pensé que ces.divergences de vues, en matière d\u2019éducation, prendraient à vos yeux une telle importance ! \u2014 Cela est pourtant, mylord.Et je ne puis que vous assurer encore de mon inaptitude à donner à William l\u2019éducation de votre choix.\u2014 Vous espérez sans doute que cet entêtement me poussera à vous rendre votre liberté ?Détrompez-vous, mademoiselle.Quelle que soit votre opinion sur ma personne et mes sentiments, sachez que j\u2019ai le goût du risque.et celui des expériences.« Maintenant, vous pouvez rejoindre mon fils.Elle inclina légèrement la tête.Entre lord Gerald et elle-même, plus rien, en effet, ne restait à dire.Mais, de cette lutte imprévue, la jeune fille sortait victorieuse, puisqu\u2019elle avait sauvegardé sa liberté vis-à-vis de William.CHAPITRE V Depuis quelques jours, Grâce avait vraiment entrepris l\u2019instruction de William.Elle donnait ses leçons dans une pièce voisine de la cham- bre de l\u2019enfant et qui servait au petit lord de salle d\u2019étude et de jeu tout à la fois.Elle voyait assez peu les autres hôtes du château.Depuis leur dernier entretien, lord Gerald ne lui avait plus adressé la parole.Il la saluait distraitement, sans même la regarder, lorsqu\u2019ils se rencontraient dans les galeries de Dark-Castle et aux repas.Mais il semblait que, pour lui, la jeune fille ne comptât pas davantage que les objets et les meubles dont il était entouré, et U ne lui prêtait ni plus de curiosité, ni plus d\u2019attention.Du reste, Harlington continuait à vivre hors de chez lui.Ses journées s\u2019écoulaient à courir les bois et les moors, et, souvent, il ne rentrait pas au château passant la nuit sur les lieux mêmes de la chasse, chez l\u2019un de ses gardes.Il demeura ainsi quatre jours absent.Lorsqu\u2019il revint, son visage était seulement plus bronzé, mais il ne rapportait pas une humeur meilleure.La jeune fille remercia Cecilia et sortit.Un instant plus tard, elle pénétrait dans la vaste pièce où l\u2019attendait lord Ruthery.Il la reçut débout et, tout de suite, venant au fait : \u2014 Je dois m\u2019absenter quelques jours, mademoiselle, et j\u2019ai voulu, avant mon départ, prendre avec vous quelques dispositions concernant William.Il parlait à voix très haute.Les portes sur la terrasse étaient ouvertes et Grâce apercevait, allant et venant, un domestique qui disposait les meubles du jardir \u2014 Cet enfant devra travailler le matin seulement, reprit-il.Cela suffit.L\u2019après-midi, je compte vous fixer une autre tâche.\u2014 Bien, mylord.Il rougit un peu, étendit la main AUSTIN 1952 sa» Ce nouveau modèle A-40 Somerset est maintenant chez tous les distributeurs Austin au Canada.D'une ligne entièrement refondue, cette voiture présente des portes plus larges, donc d'un accès plus facile.L'intérieur est plus vaste et dispose de l'air climatisé.Parmi de nombreux perfectionnements sur les précédents modèles, notons : boutons de porte, freins hydrauliques et un nouveau type de cylindre qui donne plus de reprise pour une consommation d'essence plus réduite. 42 La Revue Populaire BERCEAU AlllOllU ÏNmmmil U c dL Je**', ^njucote Il est toujours bon que les enfants aient un coin bien à eux, où ils peuvent s\u2019amuser sans être dérangés (et sans désorganiser toute la maison!) Un de mes amis a ménagé un coin de sa cave pour ses fillettes et l\u2019a doté d\u2019une coiffeuse faite avec deux caisses à oranges, une tablette pour les relier et un miroir.Les fillettes et leurs petites amies sont ravies d\u2019une telle installation.Cet ami ingénieux a, le mois dernier, construit une \u201cmaison\u201d pour enfants dans sa cour, à l\u2019aide de quatre traverses sur lesquelles une toile tendue formait le toit.Pour le devant, il s\u2019est servi de vieilles draperies dans lesquelles il a taillé deux ouvertures pour imiter les fenêtres.Il a aussi montré à son fils comment faire des fourchettes et des cuillers à salade avec de la latte.Des ustensiles pris à la cuisine servirent de modèles.Le travail fut fait avec une scie à découper, un canif, du papier sablé.et beaucoup de patience! Maintenant, la plupart des garçonnets du voisinage en fabriquent de semblables.La semaine dernière, alors que je visitais un camp du C.A.R.C.j\u2019ai admiré le travail d\u2019un aviateur qui avait décoré une pièce de façon fort attrayante et originale à l\u2019aide d\u2019appliques de son invention.Il avait collé des illustrations de magazines sur du contre-plaqué de %\".Une fois la colle bien sèche, il avait découpé et sablé le contour.A l\u2019arrière, il avait collé trois petites pièces en bois pour les empêcher de toucher directement le mur, ce qui leur donnait un relief saisissant.Ces appliques étaient suspendues au mur par de petits anneaux et deux couches de vernis clair protégeaient les illustrations tout en leur donnant du lustre.ApPÿ>ALtS COLLEZ LE PESSIN SUR OU CONTREPLAQUÉ PE TAILLEZ LES CONTOURS AVEC UNE PETITE SCJE À DÉCOUPER.PLACEZ AU DOS 3 PETITES PIÈCES PE BOIS PE '/a!' D'ÉPAISSEUR.PEUX COUCHES PE VERNIS CLAIR.POUR TRAVERSES EN BOIS DE I\", SUR LESQUELLES ON PEUT CLOUER CA TOILE.FAÇADE: VIEUX TISSU PERCÉ DE 2 OUVERTURES POUR LES FENÊTRES.FABRIQUEE DE 4-LATTES CORROVÉES DE I5HDE LONG, VISSÉES ENSEMBLE EN LES FAISANT DEPASSER DE 3*'.L'APPUIE-PCT EST UN ANNEAU OE l\" DE LARGEUR PÉCOUPÉ DANS UNE BOÎTE PE CONSERVE.UNE SERIE DE CONSEILS PRATIQUES PRÉSENTÉS PAR ARMOIRE A TOUTES FINS FAITE DE CAISSES A ORANGES OU P EMBALLAGE, PLACÉES LES.UNES Sur les autrmet montées sur UNE BASE .COTÉS, DESSUS.ET Porte en contre-plaqué de i/4 Wo?#/** COMME SERVICE AU PUBLIC Montréal, juin 1952 43 comme pour protester d\u2019autres paroles, il se tourna vers la terrasse.\u2014 Fermez ces portes, Jack, ordonna-t-il.Je ne comprends pas comment, avec ce plein soleil, on s\u2019obstine à ne pas isoler les appartements.Sans doute, s\u2019il eût osé, Jack aurait répondu que Son Honneur lui-même exigeait qu\u2019à toute heure de la journée les pièces fussent aérées.Mais il savait trop ce qu\u2019il en coûtait de tenir tête au vieux lord et se contenta d\u2019obéir silencieusement.\u2014 A la bonne heure, murmura lord Ruthery, lorsqu\u2019il eut entendu le bruit des pas du domestique s\u2019éloigner.Nous pouvons nous entretenir librement quelques instants.«Voyez-vous, reprit-il après une interruption de quelques secondes, il m\u2019est assez difficile de vous rencontrer seule à seul sans provoquer l\u2019étonnement.William est le plus souvent entre nous.Aussi dois-je chercher des prétextes.Il m\u2019a paru que mon absence de plusieurs jours en était un.Une sorte d\u2019effarement passa dans le regard de Grâce.Lord Ruthery, se méprenant, ajouta aussitôt : \u2014Nous sommes seuls, mademoiselle, et je parle assez bas pour que même un curieux ne puisse nous entendre.Du reste, rassurez-vous, ces cloisons sont épaisses et.\u2014 Pas si épaisses que vous voulez bien le dire, mylord, murmura la jeune fille d\u2019une voix altérée.R m\u2019arrive parfois d\u2019entendre, de ma propre chambre, le bruit que font les rats dans la pièce voisine : « le salon de la reine », je crois.Sns doute Grâce était-elle trop absorbée par sa propre découverte pour prendre garde aux réactions de lord Ruthery, car elle n\u2019eût point manqué de s\u2019étonner.H avait tressailli violemment, puis jeté vers sa compagne un regard indécis.Et ce ne fut qu\u2019après un instant de silence qu\u2019il murmura d\u2019une voix mal assurée : \u2014 Vous pensez qu\u2019on peut, en prêtant l\u2019oreille.?\u2014 Je le crains, mylord.\u2014 Peut-être avez-vous raison.Je n\u2019aurais pas cru.Il se tut encore, réfléchit quelques secondes et interrogea : \u2014 Ainsi vous êtes parfois, la nuit, dérangée par des galopades.L\u2019esprit de Grâce se trouvait fort bien de l\u2019appartement royal et de ses hôtes indésirables.Néanmoins, elle répondit : \u2014 Ce ne sont pas précisément des galopades, mylord, mais plutôt des grincements sourds.Enfin, le bruit que font, je pense, des rats en train de ronger.\u2014 Cela se produit-il souvent ?\u2014 Non.J\u2019ai été réveillée deux fois seulement (il est vrai que je possède un très bon sommeil) : peu de temps après mon arrivée et cette nuit.\u2014 Ah ! cette nuit aussi ?murmura lord Ruthery.Elle indina affirmativement la tête, surprise que son compagnon accordât une telle importance à ces détails.\u2014 Vous n\u2019êtes pas peureuse, n\u2019est-ce pas, mademoiselle ?interrogea lord Ruthery, avec un sourire forcé.\u2014 Pas le moins du monde, mylord.\u2014 Et vous savez parfaitement que ces bruits sont produits par des rats et non par le fantôme que chaque vieux manoir d\u2019Ecosse se doit de posséder ?L\u2019institutrice se mit à rire : \u2014 Tranquillisez-vous, mylord.Ce n\u2019est pas moi qui parlerai jamais à lord Harlington du fantôme de Dark-Castle et lui donnerai l\u2019occasion de s\u2019emporter contre l\u2019imagination, les vaines terreurs, la crédulité.Lord Ruthery parut satisfait.\u2014 Ah ! laissons cela, dit-il d\u2019un ton enjoué.Nous nous sommes bien égarés ! Et il poursuivit, sans pouvoir, toutefois, reprendre le ton léger du début : \u2014 Donc, mademoiselle, je comptais vous demander un service : celui de m\u2019aider à mettre quelque ordre dans cette bibliothèque.Vos connaissances sont assez étendues, et les loisirs que vous laissera l\u2019instruction de William assez fréquents, pour vous permettre de me seconder d\u2019une manière efficace.Sans un mot, Grâce reçut, des mains de lord Ruthery, une petit anneau auquel s\u2019attachait une clef.\u2014 Il est probable que vous serez dérangée de votre travail, reprit le compagnon de Grâce.Lord Gerald séjourne volontiers dans cette pièce, qui communique avec son proipre bureau, et, lorsqu\u2019il se trouve à Dark-Castle, il y prend parfois le thé avec moi.Je pense que cette particularité ne vous déplaît pas.Toujours cette même intonation qui semblait donner aux mots un double sens et causait à Grâce une sensation de malaise.La jeune fille inclina la tête.\u2014 Je ferai en sorte, mylord, que ma présence ne soit une gêne pour personnes Il la regarda avec une expression admirative.\u2014 Vous êtes stupéfiante ! Pas une seconde, vous n\u2019oubliez votre rôle ! \u2022\u2014Pas une seconde, en effet, convint Grâce avec ironie.\u2014 Ah ! autre chose encore.Mais je vous avoue être un peu gêné et ne point oser.Cette fois, Grâce sourit.L\u2019étrange situation dans laquelle elle se trouvait avait ses moments amusants.\u2014 Osez donc, mylord.\u2014 Voici.Lord Gerald a horreur, je crois, des femmes dont l\u2019unique, ou même le principal souci, est de se parer ; et, à ce sentiment, le souvenir de lady Hélène n\u2019est pas étranger.Cependant, il apprécie l\u2019élégance.Pourrai-je, sans vous blesser, vous suggérer d\u2019échanger contre d\u2019autres cette robe sombre que vous avez portée dès le premier jour ?Une légère rougeur monta au visage de Grâce.Depuis qu\u2019elle avait fait l\u2019abandon de ses bagages, cette robe était la seule qu\u2019elle possédât.Et, bien qu\u2019elle fût de la même taille que la véritable Grâce Fabrège, la jeune fille éprouvait une insurmontable répugnance à se servir des vêtements contenus dans les malles de la disparue.\u2014 Je m\u2019excuse encore, insista lord Ruthery, pour qui l\u2019émotion de Grâce n\u2019était pas passée inaperçue, croyez que votre intérêt seul.\u2014 J\u2019en suis persuadée, mylord, interrompit-elle d\u2019une voix glaciale.Craignant d\u2019avoir dépassé la mesure permise, elle voulut se reprendre.Mais lord Ruthery ne paraissait pas être offensé par la sécheresse de sa réponse, tout au plus surpris et affligé.\u2014 Allons, murmura-t-il, ne trouvant sans doute rien qui puisse prolonger la conversation, à bientôt.Je vous laisse.Et, avec un geste circulaire qui désignait toute la pièce : \u2014 Souvenez-vous que vous êtes ici chez vous.Il tendit la main à Grâce, puis, à pas vifs, se dirigea vers la petite porte qui conduisait aux autres pièces du rez-de-chaussée et disparut.Elle gravit l\u2019escalier, dont la belle rampe à sculptures se continuait par une balustrade ceinturant la galerie.Mais comme elle atteignait celle-ci, la porte par laquelle lord Ruthery s\u2019était éloigné s\u2019ouvrit et le vieux lord lui-même, suivi de lady Ethel, apparut.Ensemble, le père et la fille, se dirigeant vers le hall, traversaient la bibliothèque.Les premier s\u2019apprêtait sans doute à monter en voiture et lady Ethel l\u2019accompagnait.Arrivé devant le bureau, le voyageur s\u2019empara de ses iwlISs ï* \u2022O© a ncj email t omme un le 'aidait \u2014 ou de Paysage Une nouvelle couleur peut rendre vos pièces aussi rafraîchissantes que les premières fleurs et le soleil du printemps.Elle peut vous donner de l\u2019entrain tout comme un voyage à des endroits intéressants.Et que vous l\u2019aimerez doublement lorsque vous décorerez vos murs et plafonds avec la peinture Mate Fluidique Lyt-all inodore\u2014 les boiseries avec le Nouvel Émail Vitralite pour assortir, mélanger ou contraster.Que vous aimiez les couleurs foncées, les teintes délicates ou les tons subtiles, la sélection surpassera vos espérances les plus chères.Car toutes les couleurs Lyt-all et Vitralite sont \u201cmises à l\u2019essai\u201d\u2014ce qui signifie qu\u2019elles sont ce qu\u2019il faut pour n\u2019importe quelle pièce, n\u2019importe quelle exposition.Elles arrivent prêtes à l\u2019usage, pas d\u2019incertitudes de mélange ou d\u2019assortiment.Ces magnifiques peintures sont économiques, aussi.Vous pouvez les rendre neuves en les lavant, d\u2019année en année.Fabriquas par les Fabricants du VERNIS à PLANCHER \u201cttl\u201d PRATT & LAM BE RT - Inc.Fabricants de Peintures et Vernis 149 RUE COURTWRIGHT \u2022 FORT ERIE, ONTARIO 44 La Revue Populaire gants, qu\u2019il y avait laissés, et, tourné vers sa compagne : \u2014 Vous n\u2019avez rien oublié, Ethel?Pas d\u2019autres courses dont vous désiriez me charger ?Sa voix était ironique.Nul doute que la jeune fille ne lui eût déjà fourni une liste fort longue de commissions.\u2014 Non, c\u2019est bien tout.Quand rentrez-vous ?\u2014 Dans trois, quatre jours.Probablement à la fin de la semaine.Lord Ruthery aVait repris sa marche.\u2014 A propos, dit-il soudain, j\u2019allais oublier de vous en prévenir : vous rencontrerez parfois Mlle Fabrège dans la bibliothèque.Je me suis déchargé sur elle d\u2019un ennuyeux classement de livres.Lady Ethel s\u2019était brusquement arrêtée.\u2014 Mlle Fabrège ?répéta-t-elle, avec une si intense surprise que la jeune fille, invisible, cependant, grâce à l\u2019ombre du gros pilier de bois qui reliait l\u2019angle de la balustrade au plafond, s\u2019adossa plus étroitement encore aux rayonnages des murs.Et d\u2019une voix, cette fois, tremblante de colère, Ethel reprit : \u2014 Vous allez mêler cette institutrice à notre vie ?Le vieux lord haussa les épaules.Son front se contracta.Il affecta cependant une sorte de bonhomie.\u2014 Soyez donc un peu plus démocratique, ma chère.Le temps est bien passé où la vieille noblesse écossaise montrait plus de morgue et de hauteur que celle de n\u2019importe quel autre pays ! Vous prétendez, Dieu me pardonne, ne pas dépérir d\u2019ennui en ce maudit Dark-Castle.je le crois.Mais je constate aussi que votre esprit ne s\u2019y élargit guère ! \u2014 Fou ! murmura-t-elle.Fou ! Ne comprenez-vous pas que vous travaillez à nous enlever l\u2019abri de ce toit ! Le vieux lord s\u2019arrêta.\u2014 Je me demande comment.\u2014 Comment ! \u2014 et la jeune fille attachait au visage de son père un regard étincelant \u2014 vous demandez comment ! Croyez-vous donc qu\u2019une nouvelle lady Harlington tolérerait indéfiniment, dans ce château, la présence des parents de son mari ?\u2014 Une nouvelle lady Harlington ?\u2014 Vous comprenez fort bien que je parle de cette jeune fille.« Oui, con'.inua-t-elle sans laisser à Ruthery le temps de prononcer un mot, il a toujours été dangereux d\u2019introduire une femme au foyer d\u2019un homme malheureux, ou qui, du moins, se croit tel.Et cela d\u2019autant plus que cette femme est belle.\u2014 Ce que je n\u2019avais pas imaginé, surtout, murmura-t-il, c\u2019est votre bouleversement à la pensée de voir une autre femme s\u2019installer au château.Comme frappée en plein v'sage, lady Ethel recula de quelques pas.\u2014\tQu\u2019importent mes sentiments, murmura-t-elle d\u2019une voix étouffée, tout en adressant à lord Ruthery un regard de haine.Il s\u2019agit de votre intérêt.\u2014 Je suis seul juge de lui ! « Allons, Ethel, reprit-il aussitôt, avec moins d\u2019âpreté, trêve d\u2019enfantillages.Vous agissez, en ce moment, hors de tout bon sens.Fiez-vous, comme d\u2019habitude, à mon jugement.Laissez-moi.\u2014 Jeter cette institutrice dans les bras de lord Gerald.Non, cent fois non ! Je m\u2019y oppose et je ferai tout pour contrecarrer vos projets.Elle n\u2019acheva pas.D\u2019un geste rapide, Ruthery avait saisi le bras de sa fille, et son étreinte devait être rude, car elle poussa un gémissement.\u2014\tEn voilà assez ! jeta-t-il d\u2019une voix méconnaissable, son visage contre le visage de lady Ethel.Entendez-moi bien : je ne supporterai ni vos révoltes, ni vos caprices ! « Que vous soyez assez dépourvue de raison pour espérer gagner l\u2019amour de Gerald, cela m'importe fort peu.Mais je ne souffrirai pas que dans un domaine, quel qu\u2019il soit, votre fantaisie s\u2019oppose à ma volonté.Lady Ethel n\u2019avait pas bougé.Ce fut seulement une fois la porte refermée qu\u2019elle saisit son front dans ses mains, avec une sorte de désespoir farouche.Et Grâce entendit éclater un long et convulsif sanglot.Puis Ethel laissa retomber ses bras, demeura encore un instant à la même place, accablée ; et enfin, rapidement, comme pour aller cacher ailleurs son désespoir, s\u2019éloigna.CHAPITRE VI \u2019était pour Grâce un ravissement que d\u2019assister aux métamorphoses de ce pays et, malgré la chaleur, elle ne manquait jamais de sortir.Assise auprès de William, dans la charret e anglaise dont l\u2019enfant conduisait fièrement le petit poney fringant à longue crinière, elle goûtait les meilleurs instants de la journée.Alors, mais alors seulement, la jeune fille convenait que l\u2019aventure dans laquelle elle s\u2019était lancée lui aurait, malgré tou\\ procuré de douces heures.Ces promenades avaient lieu vers la fin de l\u2019apr' s-midi.Dans la matinée, Grâce faisait travailler William et, tout de suite après le repas, elle se rendait dans la bibliothèque où ses travaux de rangement avaient commencé.Quant à lord Gerald, il avait, deux ou trois fois, paru dans la bibliothèque.Suivi de deux grands lévriers jaunes, « Elf » (fée) et « Brownie » (le Brownie est un esprit figurant dans les croyances superstitieuses de l\u2019Ecosse), les meilleurs limiers de sa meute et ses préférés, il poussait la porte qui faisait communiquer la pièce avec ses appartements et s\u2019avançait, le visage glacial, la cravache à la main.Il avait toujours paru désagréablement surpris de trouver là les hôtes de Dark-Castle réunis.Malgré l\u2019empressement d\u2019Ethel à l\u2019accueillir, malgré la cordialité de lord Ruthery, il n\u2019échangeait alors, avec ceux-ci, que de brèves paroles.Et Grâce avait remarqué, tandis qu\u2019il répondait distrai ement à ses parents, qu\u2019Harlington, de son regard sombre, ne la quittait pas.Au début du mois d\u2019août, la chaleur devint telle que le petit lord et son institutrice durent interrompre leurs promenades.Mais cette réclusion pesa vite à William et, au bout de quelques jours, celui-ci s\u2019en plaignit.\u2014\tVoyez donc, disait-il ce jour-là à Grâce, de cette voix persuasive et tendre dont il savait si bien se servir pour obtenir quelque faveur, voyez donc, il n\u2019y a plus de soleil ! \u2014\tCertainement, mon chéri, mais c\u2019est parce que le temps est très orageux.Il n\u2019en fait pas moins chaud.Et puis, avant que nous sortions, il pleuvra.\u2014\tPartons donc tout de suite, mademoiselle.Le déjeuner venait de s\u2019achever et Grâce, avant de gagner la bibliothèque était remontée passer quelques mi-nu es auprès de l\u2019enfant.\u2014\tN\u2019allez pas, pour aujourd\u2019hui, retrouver mon oncle Edward, insista-t-il, et sortons sans attendre cinq heures.\u2014\tFaisons vite, alors, William.Un instant plus tard, Grâce et le petit lord, tout joyeux, quittaient la cour de Dark-Cas de et se dirigeaient vers le lac.\u2014\tOù donc nous menez-vous, Will ?questionna Grâce, comme l\u2019enfant faisait tourner le poney dans un chemin inconnu d\u2019elle.Le petit lord sourit.\u2014\tC\u2019est une surprise, mademoiselle.Je vous conduis à la tour des Elfes ! Tant d\u2019histoires, de légendes et de contes avaient bercé les jeunes années de William que l\u2019enfant en demeurait tout imprégné.C\u2019était une sorte de poésie douce et colorée, jaillissant de lui au moindre prétexte et qu\u2019il tenait de Cecilia.Et Grâce se disait parfois que, sans le savoir peut-être, la femme de charge avait fait ce miracle de transformer une enfance solitaire en une enfance riche et émerveillée.-\u2014 Regardez, mademoiselle, on aperçai la tour des Elfes.Du bout de son fouet, il désignait à Grâce une admirable ruine, campée au milieu du paysage, à deux kilomètres environ.Au pied des murailles, le lac se rétrécissait, ne formant qu\u2019une sorte de bassin, qui se prolongeait assez loin en pleine forêt, et dans lequel, assura le petit loid, les cerfs et les chevreuils venaient boire.\u2014 Il y a aussi, dans la forêt, beaucoup de renards et de chats sauvages, poursuivit William, plein d\u2019impor ance.Mais Bob ne les chasse pas, car, s\u2019il le faisait, les coups de feu éloigneraient les chevreuils.\u2014 Qui est Bob ?interrogea Grâce.L\u2019enfant regarda son institutrice avec étonnement.\u2014 Mais, voyons, Bob est le garde principal de Dark-Castle.C\u2019est aussi le frère de Cecilia et mon ami.Et il joue du piIbrock (genre de cornemuse) comme personne.\u2014 Eh bien! j\u2019espère qu\u2019un homme possédant tant de titres nous réservera bon accueil, murmura Grâce d\u2019un ton soucieux, car voici l\u2019orage ! \u2014 Oui, oui, abritons-nous chez Bob ! s\u2019écria William avec enthousiasme.Le poney, stimulé par quelques légers ccups de fouet, bondit en avant ; et bientôt, tout ruisselant, il atteignit la tour.A l\u2019instant où Grâce et l\u2019enfant pénétraient dans la tour, un homme, debout devant une table, s\u2019occupait à nettoyer un fusil.Il leva la tête et son visage de terre cuite, dans lequel brillaient les yeux clairs et doux de Cecilia, s\u2019illumina.\u2014 Bonjour, Bob! s\u2019écria le petit lord.Voulez-vous nous donner l\u2019hospitalité ?Exubérant, il bondissait déjà dans la pièce, tandis que l\u2019homme, ravi, s\u2019empressait.\u2014 Mais certainement, mylord.Je suis toujours heureux, vous le savez, de vous voir.Mais c\u2019est vous qui oubliez le vieux Bob.Depuis longtemps, vous n\u2019étiez pas venu à la tour.L\u2019enfant s\u2019arrêta de gambader, rejeta en arrière ses boucles blondes et prit un air très digne.\u2014 Oh ! c\u2019est que maintenant, Bob, je n\u2019ai plus guère de loisir.Je travaille.Voici Mademoiselle, qui s\u2019occupe de moi.\u2014 Je connais déjà Mademoiselle par Cecilia, assura le garde en adressant un amical sourire à la jeune fille, et je sais comme elle-même et Votre Grâce s\u2019entendent bien.\u2014 Oh ! oui, Bob ! appuya l\u2019enfant, en enveloppant son institutrice d\u2019un chaud regard de tendresse.Je suis très heureux depuis qu\u2019elle est là.Jamais je ne res e seul.Et puis, elle me comprend bien parce qu\u2019elle est jeune.L\u2019enfant s\u2019interrompit et, ainsi que Grâce, leva la tête.On eût dit que là-haut, dans l\u2019une des chambres, quelqu\u2019un remuait.Pourtant, le garde vivait seul.Il était célibataire.\u2014 Ah ! je ne suis qu\u2019un vieux sot ! s\u2019écria Bob au même moment.Je vous laisse debout, mouillés et transis, au lieu de faire du feu.Tout en parlant, le garde s\u2019était rapproché de la cheminée, y avait jeté du menu bois, disposé d\u2019énormes bûches, et bientôt une haute flamme jaillit.La flambée crépita, ronfla, se tordit ; elle emplit le foyer de sa danse échevelée et rutilante.Grâce avait pris l\u2019enfant sur ses genoux.Elle le déchaussait, présentant ses pieds à la chaleur, tandis qu\u2019il protestait : \u2014 Je ne veux pas, mademoiselle.C\u2019est vous qui êtes mouillée, puisque vous m\u2019aviez donné votre manteau.En effet, elle avait, plus que le petit lord, souffert de la pluie et sa robe d\u2019été était trempée.Mais, très vite, le tissu léger reprit sa souplesse et sécha.G âce libéra ses cheveux, dont la masse faisait ruisseler des gouttes d\u2019eau sur son cou et demeura, avec l\u2019enfant, près du feu.Bob venait de sortir pour mettre à l\u2019abri le poney, et le bouchonner.\u2014 Bob est quelqu\u2019un de très bien, n\u2019es -ce pas ?interrogea William.\u2014 Très bien, répondit-elle avec gravité.Il me pla't beaucoup.\u2014 Oh ! c\u2019est un fameux garde, renchérit l\u2019enfant, tout heureux de cette appréciation.Il n\u2019y en a pas un autre, dans tout le Highland, pour surprendre les braconniers qui tendent des rets ou appellent le grouse à la pipe (sorte de pipe en terre dans laquelle les braconniers soufflent, imitant l\u2019appel du grouse afin de tromper et d\u2019attirer les oiseaux).Et pour la chasse.Je voudrais que vous l\u2019entendiez lorsqu\u2019on découple pour le chevreuil et qu\u2019il lance les chiens en les excitant de sa voix forte : \u2014\t« Allez !.Elf !.Brownie ! A peine le petit lord eut-il jeté ces noms, qu\u2019il se produisit sur le palier d\u2019en haut un grand tapage.La porte entrebâillée s\u2019ouvrit sous une violente poussée et, aboyant et se bousculant, les deux grands lévriers de lord Harlington dévalèrent l\u2019escalier et bondirent dans la pièce.Sur le seuil de la por e, demeurée cette fois grande ouverte, lord Gerald lui-même apparut.\u2014 Ces chiens ont cru répondre à la voix de Bob, dit-il t ès sérieusement.Je vous félicite, William.Vous ferez aussi un fameux piqueur.Et, pour la première fois, Grâce aperçut, détendant les traits rigides, une expression presque amusée.Le petit lord avait rougi de plaisir.Il vint au pied de l\u2019escalier attendre son père, qui l\u2019éleva dans ses bras et le regarda longuement avant de le déposer à terre.\u2014 Bob avait raison, mademoiselle, dit lord Harlington, se tournant pour la première fois vers Grâce.Cet enfant est métamorphosé et c\u2019est à vous qu\u2019il le doit.Avec un peu d\u2019embarras, l\u2019orpheline tordait et relevait ses cheveux défaits.L\u2019apparition imprévue de lord Gerald l\u2019avait troublée et elle se rendit compte, à sa maladresse, que ses mains tremblaient.Le jeune homme s\u2019était rapproché de la cheminée.Il portait son habituelle tenue de cheval, était chaussé de hautes bottes que, debout devant le foyer, il offrait machinalement à la flamme.\u2014 Eh bien ! dit-il tout à coup assez brusquement, en faisant volte-face, pourquoi n\u2019achevez-vous point de sécher vos vêtements ?Si je ne me trompe, vous vous teniez là, tantôt, auprès de William.\u2014Je vous remercie, mylord.C\u2019est terminé et je puis.Il la regarda avec colère.\u2014\tRegagner Dark-Castle immédiatement, sous l\u2019orage, n\u2019est-ce pas ?ache-va-t-il.Vous seriez, je le sais, capable de le faire.Sans répondre à cette apostrophe, Grâce, lentement, vint jusqu\u2019à la cheminée et s\u2019assit sur l\u2019un des bancs de pierre qui, à droite et à gauche, la prolongeaient.William, d\u2019un bout à l\u2019autre de la pièce, jouait maintenant avec les grands lévriers.Et ces bêtes, d\u2019un naturel sauvage, se montraient amicales et douces avec lui._ Au-dehors, la pluie faisait rage.On l\u2019entendait frapper la tour avec violence, s\u2019engouffrer en trombe dans les rui- Montréal, juin 1952 45 nés, ruisseler le long des murs, casca-der dans les vieux escaliers.\u2014 Vous êtes fort entêtée, reprit lord Gerald, e assez fifre pour vous sentir blessée de ce que nous n\u2019ayons pas, vous et moi, sur bien des points, la même opinion.L\u2019institutrice garda le silence et lord Gerald dut voir en cela le plus total acquiescement, car il eut un sourire amer.\u2014 Eh bien ! reprit-il, je vous répondrai que mon fils n\u2019a nul besoin de moi, puisqu\u2019il est entre vos mains ; que, pour l\u2019administration intérieure de Dark-Cas'le, j\u2019ai, en mon oncle, la plus absolue confiance, et qu\u2019au surplus, après l\u2019avoir adorée, un homme peut fort bien prendre en haine sa maison ! \u2014 Peut-être, mylord, n\u2019aimez-vous plus le château parce que vous en avez fait une maison morte ?Il tourna vers elle un visage pâli, un regard qui semblait ne point comprendre, mais ne parla pas.Et Grâce reprit : \u2014 Dark-Castle est une magnifique demeure, mylord, mais une demeure bien sombre.On y glisse à pas feutrés.On y parle bas.Nul chant ne s\u2019élève entre ses vieux murs, nul hôte imprévu ne s\u2019arrête, parfois, devant sa porte.Nulle fête, jamais, n\u2019y met son animation.Et cependant, pour William, il faudrait.Grâce ne put continuer.Un sourd éclat de rire l\u2019avait interrompue.Puis ce rire cessa et la voix altérée de lord Gerald répéta : \u2014 Des fê.es !.Ainsi, à vous aussi, il faut des fêtes ! D\u2019un brusque mouvement, il avait abandonné la cheminée et s\u2019était tourné vers Grâce.Mais il fit quelques pas qui l\u2019éloignèrent de la jeune fille et s\u2019immobilisa, les yeux à terre.\u2014 Comme les êtres, malgré leurs visages différents, sont tous les mêmes ! murmura-t-il.Quelle folie de rechercher en eux l\u2019impossible et de vouloir dépasser la limite des âmes ! Il releva la tête, vint de nouveau à Grâce.Son visage avait repris toute la glaciale ironie dont il s\u2019était, un moment, dépouillé, et sa voix, dure et amère, ne semblait plus appartenir au même homme.\u2014 Donc, reprit-il, mademoiselle, vous voudriez voir Dark-Castle vibrant de musique et de chansons, ruisselant de lumières, Dark-Castle empli de monde, animé, trépidant.Dark-Castle.La jeune fille s\u2019était levée.Elle dit froidement : \u2014 Vous vous méprenez, mylord.Les fêtes dont je parle sont celles que, dans tout vieux château d\u2019Ecosse, imposent les traditions.Celles qui groupent, autour du chef de famille, cette famille elle-même et les serviteurs.« C\u2019est la Toussaint, réunissant dans une même pièce et devant un feu flam-bloyant tous les hôtes du château dont chacun raconte, à son tour, une légende.C\u2019est la Noël, avec sa douceur et son abondant échange de cadeaux.Ce sont les fê'.es de chasse, alors que, dans un repas auquel assistent les fermiers, on présente la tête du premier cerf abattu, un gobelet d\u2019argent dans sa bouche, et qu\u2019il appartient au maître de maison de vider d\u2019un seul trait ce gobelet, en portant les toasts.« Voilà, mylord, les fêtes que je regrettais, non pour moi, certes, mais pour William, dont, autant que les murs de Dark-Castle, elles doivent composer l\u2019héritage et qui ne saurait, sans un g- and dommage, en être privé.Pendant que l\u2019institutrice parlait, le visage de lord Gerald s\u2019é\u2019ait éclairé.Lorsqu\u2019elle se tut, il ne répondit pas tout de suite, mais passa plusieurs fois, dans un geste indécis, la main sur son front.Puis le jeune homme laissa retomber son bras.Ses traits étaient de nouveau rendus au calme et même une sorte de douceur les imprégnait.Du regard, il chercha Grâce.Mais la jeune fille n\u2019était plus à ses côtés.Elle avait, à l\u2019autre extrémité de la pièce, rejoint William.Comme il s\u2019approchait d\u2019eux, Bob revint.Sa taille extraordinairement haute se courbait lorsqu\u2019il passait sous l\u2019ogive de la porte.Grâce ne put s\u2019empêcher de sourire en songeant au contraste que devait offrir ce colosse avec la si petite et menue Cecilia.\u2014 Le cheval de Votre Grâce est parfaitement sec et reposé, dit-il, s\u2019adressant au petit lord qu\u2019il affectait de traiter comme un important personnage.Il pourra reprendre gaillardement le chemin de Dark-Castle.\u2014 La pluie a cessé, remarqua Har-lington, arrêté devant une fenêtre.Nous allons pouvoir repartir.En effet, le ciel s\u2019était éclairci et les nuages, chassés par un vent léger, achevaient de se disperser.L\u2019atmosphère, comme il arrive souvent après un orage, semblait allégée et lumineuse.De -vant la tour, les herbes des pelouses se redressaient, portant chacune, à son sommet, une scintillante pierrerie.Des arbres proches, d\u2019autres gouttes d\u2019eau, plus lourdes, celles-là, tombaient au sol avec un doux bruit.Le garde s\u2019était dirigé ve-s un buffet, duquel il tira une vieille bouteille et plusieurs verres.\u2014 Votre Honneur me permettra d\u2019offrir à lord William ceci, qui achèvera de le réchauffer, dit-il, tout en remplissant les verres.Lord Gerald but lentement.Il avait posé sa cravache sur la table et, le regard au loin, semblait maintenant étranger à la réunion.William, au contraire, déjà excité par le vin généreux, parlait beaucoup.Avec complaisance, le vieux Bob lui répondait, contant, pour la vingtième fois peut-être, un épisode de ces légendes qui plongeaient le petit lord dans le ravissement.Et le rire clair de Grâce se mêlait parfois aux voix si différentes du garde et de l\u2019enfant.\u2014 Bob, il faudrait atteler, nous allons rentrer ! C\u2019était lord Gerald qui s\u2019avançait.Devant cette interruption, William, désolé, voulut protester.Il ne le fit pas, pourtant, car Grâce, doucement, lui pressa la main.Mais, afin de ne point encore quitter son ami il suivit celui-ci à l\u2019écurie.\u2014 Vous avez, sur cet enfant, une influence extraordinaire, murmura lord Gerald, à qui cette scène muette n\u2019avait pas échappé.La jeune fille rassemblait son manteau, ses gants et le foulard demeuré au dos d\u2019une chaise, près du feu.\u2014 Je le sais, mylord, répondit Grâce, et c\u2019est pourquoi j\u2019ai refusé d\u2019apporter mon appui à la sorte d\u2019éducation que vous vouliez lui donner.Avec un pâle sourire, il l\u2019apaisa : \u2014 Rassurez-vous.Je ne ferai rien pour que William ne croie plus.Et, d\u2019une voix altérée, il répéta : \u2014 Croire !.Croire en une idée ou en un être !.Croire !.Rêve insensé, but impossible à atteindre quand on a déjà connu les plus cruelles déceptions ! Il se tut et demeura quelques secondes immobile, les yeux à terre.Puis, comme la porte s\u2019ouvrait, il s\u2019avança vers Bob et son fils.\u2014 Le poney est attelé, mylord, et j\u2019ai conduit aussi le cheval de Votre Honneur devant la porte, dit le garde.\u2014 C\u2019est bien.Pas autre chose à me signaler, Bob ?.Ah ! pour ces coupes de bois que je vous annonçais, je réfléchirai.Lord Ruthery prétend qu\u2019elles seraient nécessaires afin d\u2019éclaircir le côté nord de la forêt.Vous n\u2019en êtes, vous-même, point artisan, à cause des animaux.\u2014 Non, mylord, répondit fermement le garde.Abattre des arbres, c\u2019est, avec ROBE PAR NETTIE ROSENSTEIN Sans l\u2019ombre d\u2019un contour révélateur, parce que de toutes les principales serviettes périodiques, seule la Kotex vous donne des bouts plats et pressés.Sans doute\u2014car la confiance et la tranquillité d\u2019esprit vont de pair avec l\u2019absorptivité et la sûreté supérieure de la Kotex .supériorité démontrée dans l'usage ! 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dit-il brusquement, qu\u2019O\u2019Neil me demande.Ou plutôt j\u2019arriverai moi-même, un jour, à la ferme, pour déterminer l\u2019importance des travaux.Puis, il sortit et, quelques secondes plus tard, il était en selle devant la tour.CHAPITRE VII D\u2019une main experte, Cecilia rangeait, dans le grand placard de la chambre de Grâce, toutes les robes appartenant à la jeune fille.A sa surprise, elle avait trouvé là des vêtements d\u2019une élégance extrême, mais aussi d\u2019une telle simplicité qu\u2019une personne non initiée pouvait fort bien ne se rendre compte ni de leur origine, ni de leur valeur.Tel n\u2019était pas le cas de Cecilia, que, du reste, la griffe de grands couturiers parisiens eût suffi à renseigner.La femme de charge tenait à bout de bras la dernière des robes : une tunique de crêpe blanc, à col montant et d\u2019une extrême sobriété de lignes.Elle parut hésiter un instant, puis se tourna vers Grâce.\u2014 Si vous voulez m\u2019en croire, mademoiselle, ne mettez jamais cette robe.Lord Gerald a horreur du blanc et je sais qu\u2019il lui serait pénible de vous voir ainsi vêtue.La jeune fille sourit.\u2014 Croyez-vous donc que lord Harlington remarque ce que je porte ?Cecilia jeta un rapide regard sur sa compagne.Puis elle accrocha à sa tringle la robe en question et, seulement un peu plus tard, sans répondre à la question, expliqua : \u2014 Lady Hélène s\u2019habillait toujours en blanc.Grâce, debout auprès de la femme de charge, tressaillit légèrement.Elle s\u2019en gourmanda aussitôt.Pourquoi le nom de la mère de William la troublait-il ?.Comme poursuivant une conversation déjà engagée, Grâce interrogea : \u2014 Lord Harlington a donc tellement de rancune envers une morte ?\u2014 Dites tant de haine, mademoiselle.Lord Gerald n\u2019a jamais pu pardonner.\u2014 Ses torts devaient être bien grands ?Cecilia haussa les épaules.\u2014 Oui.non ! Sa faute la plus grave fut de n\u2019être point celle que lord Gerald croyait.Comme si ces mots la touchaient particulièrement, Grâce pâlit.Mais la femme de charge ne s\u2019en aperçut point.Déjà elle reprenait : \u2014 Lady Hélène était une jeune Française, une orpheline sans fortune et presque sans famille, que lord Harlington rencontra pendant l\u2019un de ses voyages sur le continent.Lui, crédule et bon, enthousiaste, s\u2019éprit de cette jeune fille, jolie et touchante dans sa pauvreté.Il la ramena en Ecosse, l\u2019épousa.« Ce que fut, très vite, leur vie, je crois que moi seule puis le dire, moi qui ai assisté au désenchantement de lord Gerald, à ses luttes contre lui-même ; enfin, peu à peu, à la mort de son âme véritable, de toute la beauté, la générosité, la confiance qu\u2019elle enfermait.Pour un être tel que lui, la déception fut atroce.Que dire lorsqu\u2019elle se doubla d\u2019un abandon ! La voix altérée de Cecilia sombra dans les derniers mots.Sans doute, de toute sa fidèle affection, la femme de charge revivait les heures douloureuses et leur souvenir la poignait.\u2014 Lady Hélène quitta son enfant ?interrogea Grâce, incrédule.\u2014 Elle fit cela, oui.La venue du petit lord n\u2019avait guère apporté d\u2019apaisement à Dark-Castle.« Enfin, un jour que, l\u2019enfant étant alité, son mari refusait d\u2019accomplir un voyage promis, elle partit.Nous ne devions plus la revoir.Durant toute une année, elle vécut à Edimbourg.Puis elle tomba malade.Nous apprîmes que sa pneumonie s\u2019aggravait.et enfin sa mort.Elle n\u2019avait désiré auprès d\u2019elle ni son mari, ni son fils ! Définitivement, cette fois, Cecilia se tut.Du geste qui lui était habituel, elle caressait les plis de son tablier de soie noire, mais le bouleversement de son visage disait assez combien ces événements étaient restés vivants en elle et quel trouble elle éprouvait à les évoquer.Un long silence s\u2019établit entre Grâce et la femme de charge.Puis, comme malgré elle, la jeune fille interrogea : \u2014 Lady Hélène n\u2019aimait pas son mari, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Non ! dit Cecilia.Elle ne l\u2019aima jamais et il le sut.C\u2019est cette certitude qui dévasta son âme et en fit l\u2019homme farouche, ironique et amer que vous connaissez.« Ah ! acheva-t-elle en soupirant, il y a eu de tristes journées à Dark-Castle ! Tout en parlant, elle repoussait le battant du placard, faisait tourner la clef dans la serrure.Elle ne pouvait longtemps rester inactive, c\u2019était le repos qui la fatiguait.Grâce descendit l\u2019escalier, traversa le hall.Un soleil éblouissant frappait les vitraux, et les armures étaient éclaboussées d\u2019or.De longues trames d\u2019améthyste et de rubis illuminaient le dallage de pierre et les tapis qui, à certains endroits, le couvraient.Lorsqu\u2019elle poussa la porte de la bibliothèque, Grâce eut une hésitation, car la pièce, avec ses volets mi-clos lui parut sombre.Elle avança, cependant, mais faillit pousser un cri à l\u2019instant où une voix bien connue articulait : \u2014 Vous êtes en retard, mademoiselle.Mal remise de son effroi, la jeune fille tourna la tête.Assis dans l\u2019un 4 h VOUS?Avez-vous lu mon conseil aux mamans, dans ma chronique, en page 59 NANCY NYLON Montréal, juin 1952 47 des fauteuils à pieds sculptés qui entouraient le bureau, lord Harlington, une cigarette se consumant entre ses doigts, la regardait approcher.\u2014\tJe vous ai effrayée?murmura-t-il d\u2019une voix plus douce.Grâce s\u2019était arrêtée.Elle ne voulut pas tenir compte de cette interrogation, qui marquait quelque regret, et répondant seulement à la première phrase de lord Harlington : \u2014\tEn effet, je suis en retard, mylord, et je m\u2019excuse.Si vous le permettez, je continuerai mon classement après le repas du soir.De cette façon, mon travail n\u2019aura pas souffert.\u2014 Il ne s\u2019agit pas de cela, répondit Harlington avec une sorte de confusion.Vous attendant, je m\u2019impatientais seulement que vous tardiez.Il s\u2019était levé pour l\u2019accueillir.Sans répondre, la jeune fille se dirigea vers les portes-fenêtres qu\u2019elle ouvrit.Le soleil bondit dans la pièce.La jeune fille était revenue vers Harlington.\u2014 Désirez-vous me donner quelque ordre, mylord ?\u2014 Non ! dit-il assez brusquement.Et comme l\u2019institutrice ne bougeait pas, attendant la communication qui ne pouvait manquer de suivre, il reprit : \u2014 Je voulais vous faire mes adieux.Je pars pour Edimbourg.Silencieusement, elle inclina la tête.Son étonnement augmentait, mais elle n\u2019en voulait rien trahir.\u2014 Vous pouvez quitter Dark-Castle en toute sécurité, mylord.Je veillerai sur William.Il la regarda un instant sans répondre.Peut-être n\u2019était-ce point à son fils qu\u2019il avait pensé en venant dans la bibliothèque.Néanmoins, il murmura : \u2014 Je vous remercie.Comme le jeune homme se taisait, Grâce, se rapprochant du bureau, retira de l\u2019un des tiroirs le registre à couverture de cuir sur lequel était dressée la liste des ouvrages.Puis elle se dirigea vers les rayonnages des murs et commença à travailler.D\u2019un regard incertain, Harlington avait suivi tous les mouvements de la jeune fille.Il venait de reprendre sa place dans le fauteuil et ne semblait pas se décider au départ.\u2014 Ne trouvez-vous pas cette besogne bien ennuyeuse ?questionna-t-il enfin avec une sorte d\u2019impatience.\u2014 Vraiment, non, mylord, répondit Grâce, s\u2019interrompant à peine.J\u2019ai toujours éprouvé de la joie à voir et manier de beaux livres.Et elle s\u2019absorba de nouveau dans son classement.Le visage de lord Gerald exprimait une sourde irritation.Et, soudain, le jeune homme se leva d\u2019un bond, rejoignit Grâce et, avant que l\u2019institutrice ait eu le temps de prévoir son geste, il enlevait un volume de ses mains et le jetait sur le bureau.¦\u2014 Laissez donc cela, ordonna-t-il, la voix brève.Elle le considéra avec stupeur.Sans doute attendait-elle quelque explication.Mais, au même moment, la porte s\u2019ouvrit et, sur le seuil, la silhouette d\u2019Ethel s\u2019immobilisa.\u2014 Gerald ! murmura-t-elle, surprise.Puis son regard fouilla la pièce, découvrit Grâce et une sorte de contraction bouleversa ses traits.Ce fut bref.Deux ou trois secondes plus tard, la jeune fille s\u2019avançait dans la pièce en souriant.Lord Gerald avait accueilli sa cousine d\u2019un regard sombre.Quelques vives paroles semblèrent se presser sur ses lèvres, mais il ne les prononça pas.Avec nonchalance, il s\u2019était éloigné de Grâce et avait regagné son fauteuil.Lady Ethel le rejoignit, sollicita une cigarette et s\u2019assit sur l\u2019accoudoir d\u2019un siège voisin.\u2014 A propos, mademoiselle Fabrège, dit-elle tout à coup, pourriez-vous me communiquer ce livre de théologie ou de morale, je ne me souviens plus, de David Douglas ?C\u2019était une belle édition ancienne, à pages enluminées.Pour répondre au désir de la jeune fille, Grâce abandonna sa place et gagna la galerie.Elle prit, dans l\u2019une de ses poches, la petite clef qui, par son mécanisme, libérait les rayons et se mit à chercher.En bas, dans la bibliothèque, lady Ethel s\u2019entretenait avec son cousin, et, au bout d\u2019un instant, l\u2019institutrice reconnut, se mêlant aux deux voix, celle de lord Ruthery.Après avoir vainement inspecté les rayons auxquels devait appartenir ie volume, Grâce se pencha au-dessus de la balustrade.\u2014 Je ne trouve pas ce que vous désirez, lady Ethel.Peut-être.\u2014 Aucune importance, murmura la fille de lord Ruthery avec un doux sourire.Donnez-moi ce Forbes, à couverture de parchemin, ou l\u2019exemplaire unique de Macknight, signé par l\u2019auteur.Grâce reprit ses recherches.Un moment plus tard, sa voix descendit jusqu\u2019aux occupants de la bibliothèque.\u2014 Ni Forbes, ni Macknight ne sont à leur place, mylord.Dans son désarroi, elle s\u2019adressait à lord Ruthery.Celui-ci paraissait vivement contrarié et la rougeur du mécontentement couvrait son visage.Il ne répondit pas, et ce fut lord Gerald qui, rejoignant la jeune fille, put lui-même constater l\u2019absence des livres cherchés.\u2014 Ils sont probablement mal placés, murmura-t-il.Avec fermeté, Grâce le détrompa.\u2014-Non, mylord.Vous le savez, c\u2019est moi qui ordonne cette bibliothèque et je le fais avec grand soin.Ces volumes ne peuvent, par erreur, avoir été déposés ailleurs.Gerald redescendit lentement, accompagné de Grâce.Comme ils atteignaient la dernière marche, la voix de lady Ethel résonna, et elle était loin de posséder la suavité du début.\u2014 Si je demandais ces livres, c\u2019est que j\u2019avais constaté leur disparition.Je ne pense d\u2019ailleurs pas que quelqu\u2019un s\u2019amuse à lire Forbes, David Douglas ou Macknight !.Mais ces trois exemplaires sont rares et possèdent une grande valeur marchande.Elle s\u2019adressait à Harlington et son accent avait quelque chose de triomphant.Grâce releva la tête.Certes, il ne fallait pas une longue réflexion pour comprendre que la jeune fille l\u2019accusait.Elle allait parler.Lord Ruthery la devança.\u2014 Vous êtes folle, Ethel, murmurait le vieux lord d\u2019une voix frémissante, folle à lier ! Si votre esprit oisif a besoin de drames.ou de distractions, cherchez les uns et les autres où bon vous semblera, mais laissez-nous en paix.Et il appuyait ses paroles d\u2019un regard de haine si farouche que Grâce en demeura effrayée.\u2014 Vous conviendrez, mon père, reprenait lady Ethel, qui faisait un effort pour s\u2019adresser au vieux lord, vous conviendrez que l\u2019absence de ces livres est fort surprenante.Us occupent, dans cette pièce, la place réservée aux exemplaires de valeur, et il n\u2019est possible de les atteindre qu\u2019à l\u2019aide d\u2019une def possédée seulement par Mlle Fabrège et par vous.Comme, je le suppose, vous vous souviendriez, si cela était arrivé, les avoir retirés des rayons, il reste.La sombre fureur dont s\u2019animait le visage de lady Ethel s\u2019était peu à peu transformée en âpre raillerie.Elle regarda son père en clignant des yeux, LUS DE JOUES FEMMES EMPLOIENT LA POUDRE WOODBURY-ET VOUS?2Z* prenez Aspirin senlez-t/oas rite mieux! 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le 20 décembre, vjus deviez me rendre ma liberté.\u2014 Ce n\u2019est pas tout à fait cela, objecta Gerald en souriant.Je n\u2019avais rien promis.Je constate que vous avez une mauvaise mémoire.Elle ne répondit pas.Par avance, la discussion qu\u2019elle prévoyait 1\u2019épuisaft.Le jeune homme avait bu son café.Il reposa sa tasse, se leva.\u2014 Nous ne pouvons régler ce différend ici, poursuivit-il, et légèrement, car il est trop grave.D\u2019autre part, la Danse des Epées aura lieu vers la fin de l\u2019après-midi et je désire, il est.indispensable, que vous m\u2019ayez donné votre réponse avant ce moment.Sa voix faiblissait sur les derniers mots.Mais il se reprit et, avec plus de calme : \u2014 Voulez-vous passer dans mon bureau, Grâce ?Inconsciemment peut-être, elle essaya de retarder l\u2019heure déchirante.\u2014 Je ne me suis pas apprêtée, mylord.\u2014 Vous en aurez tout le temps, assura-t-il.Il s\u2019interrompit, l\u2019enveloppa d\u2019un chaud et lumineux regard et, comme malgré lui, murmura : \u2014 Vous mettrez une robe blanche, n\u2019est-ce pas, Grâce ?J\u2019aimerais, sur vous, cette couleur.Et puis, en un jour comme celui-ci, il le faut.Dans l\u2019excès de sa surprise et de son émotion, la jeune fille fut incapable de répondre.Elle inclina seulement la tète, puis elle suivit lord Gerald.Lorsque Harlington et Grâce atteignirent la porte du bureau, Cecilia se trouvait arrêtée devant celle-ci et y frappait du doigt.Elle se retourna au bruit des pas des jeunes gens et, venant à Gerald, sollicita de lui un entretien.Le jeune homme fit passer devant lui Grâce et la femme de charge, puis, se tournant vers cette dernière : \u2014 Je vous entendrai plus tard, Cecilia.Avec toute l\u2019autorité dont l\u2019avait investie ses longues années de service à Dark-Castle, elle protesta : \u2014 C\u2019est impossible, Votre Honneur.Ce que j\u2019ai à vous dire ne saurait souffrir de retard.Devant cette insistance, les sourcils du jeune homme se froncèrent.\u2014 Je ne puis que vous répéter de revenir dans une heure, dit-il d\u2019un ton sans réplique.La femme de charge regardait Harlington avec stupeur et il dut voir sur le vieux visage, d\u2019ordinaire si paisible, une agitation inaccoutumée, car il reprit plus doucement : \u2014 Je vous le demande, Cecilia.Elle leva sur le jeune homme un regard suppliant, hésita deux ou trois secondes à cause de la présence de Grâce et, si troublée qu\u2019elle ne put davantage retenir sa confidence, balbutia : \u2014 Votre Honneur doit savoir.Les appartements d\u2019en haut.\u2014 Eh bien ?\u2014 Ils sont vides, mylord, vides de toutes leurs richesses.Sans doute ont-elles pris le même chemin que les livres retrouvés à Edimbourg.Cecilia parlait à voix basse et tremblante.A sa grande stupeur, le visage du jeune homme ne trahit pas le bouleversement qu\u2019elle attendait.Lord Gerald se rapprocha seulement de la vieille petite femme et vint, dans un geste amical, appuyer les deux mains à ses épaules.\u2014 Cecilia, dit-il, écoutez-moi.Vous m\u2019apprendriez en ce moment qu\u2019on a pillé de fond en comble le château, enlevé toutes ses tapisseries, ses collections, ses tableaux, descellé ses vitraux, arraché ses stalles, emporté jusqu\u2019au dernier des hanaps d\u2019argent, je vous répéterais encore : nous reparlerons de cela plus tard.J\u2019ai maintenant à conserver, et même à gagner, une chose plus précieuse que toutes celles-là réunies.\u2014 C\u2019est bien, Votre Honneur; je comprends.Pu\u2019s.elle s\u2019éloigna.La jeune fille et Gerald se retrouvaient seuls dans l\u2019appartement.Lorsque, sur Cecilia, la porte se fut refermée, lord Gerald, un moment encore, garda le silence.Il n\u2019avait pas invité l\u2019institutrice à s\u2019asseoir.Lui-même se tenait debout, devant son bureau, le front incliné comme s\u2019il rassemblait des pensées fuyantes, ou peut-être, même, courage et force.Et la jeune fille n\u2019apercevait de lui qu\u2019une haute silhouette sombre et un profil qu\u2019une soudaine angoisse durcissait.\u2014 Grâce, murmura enfin Harlington sans bouger, sans même regarder sa compagne, Grâce, avant d\u2019aborder le sujet de cet entretien, je dois vous poser une question : Grâce, que pensez-vous d\u2019un homme que sa femme a abandonné et trahi ?Avec stupeur, l\u2019institutrice considéra celui qui venait de parler.Mais il ne bougeait pas et c\u2019est en vain qu\u2019elle DOULEURS MENSTRUELLES r La menstruation est naturelle et nécessaire, mais les douleurs menstruelles ne le sont pas.Prenez simplement un comprimé Midol, et soyez à l'aise.Midol agit de 3 façons pour mettre fin aux douleurs menstruelles\u2014soulage les crampes, calme le mal de tête, chasse le \"cafard\u201d.J ¦N GRÂCE À Crème Orientale GOURAUD Protège la peau contre le soleil et le vent sur le terrain de golf.Cette sensation de peau sèche disparait.Une crème embellissante parfaite pour vos réunions du jour ou du soir.\t5 Blanc.Chair.Rachel, Sun-Tan.CONTROLE EXCLUSIF OU SOUT DU DOIGT W Sunbeam ^ rRainKing AUTOMATIQUE PRET EN UN RIEN DE TEMPS A ARROSER DANS LE RAYON DÉSIRE, EN TOURNANT SIMPLEMENT CE CADRAN Un simple tour imprimé au cadran rouge, en haut, suffit à adapter ce sensationnel Rain King automatique à n\u2019importe quel cercle dont le diamètre varie entre 5 et 50 pieds.Alors il arrose automatiquement cette étendue \u2014 répandant l\u2019eau ou à jet subtil ou à gros débit.Il dispense une rosée naturelle, semblable à la pluie, idéale pour toutes les pelouses, en pleine croissance ou ensemencées récemment.Fabrication solide.Belle apparence.Qualité durable.Voyez le Rain King automatique ainsi que les autres fameux gicleurs Rain King chez votre marchand.DISPOSEZ-LE POUR N'IMPORTE QUELLE DISTANCE.Smbeàtn JUSQU'A 50 PIE( .DE 5 PIEDS CORPORATION (CANADA) LIMITED _____32 1 Weston Road, Toronto 9 Montréal, juin 1952 63 chercha ses yeux.C\u2019était la première fois que le jeune homme montrait ainsi à nu la blessure de son coeur inguérissable.Et sa réponse jaillit, spontanée.\u2014 Le coeur et la vie d\u2019un seul être, mylord, ne peuvent, en aucune façon, servir de fondement à notre opinion sur un autre être.Et si une conduite lâche et vile risque de nous influencer, c\u2019est dans un sens de compassion et d\u2019estime pour la victime et, parfois, suivant la vaillance dont l\u2019épreuve a été supportée, même d\u2019admiration.Grâce se tut.Elle avait jeté ces paroles avec une ardeur si passionnée que le silence, en retombant sur la dernière phrase, parut étrange et oppressant.Cette fois, le jeune homme s\u2019était redressé.\u2014 Prenez garde, dit-il d\u2019une voix blanche, prenez garde que je n\u2019exige la preuve absolue de votre sincérité.Lorsqu\u2019on émet une opinion avec tant de feu, il faut en accepter la responsabilité, la soutenir, même, au besoin, par l\u2019exemple.Il s\u2019interrompit, hésita une fraction de seconde, puis plus bas : \u2014 Je suis un homme abandonné, Grâce.M\u2019épouseriez-vous ?La jeune fille avait eu un involontaire recul.Adossée au mur, de l\u2019autre côté du bureau, elle attachait à Gerald un regard presque épouvanté.\u2014 Il ne s\u2019agit pas de moi, murmu-ra-t-elle.\u2014 Au contraire, il s\u2019agit de vous, reprit lord Gerald ; et il s\u2019agit aussi de cette liberté que vous avez résolu de conquérir.Je vous l\u2019ai refusée, mais maintenant je vous l\u2019accorde.Je vous 1 accorde, Grâce, avec l\u2019espoir merveilleux, le désir éperdu, que vous l\u2019abdiquiez entre mes mains.L\u2019émotion d\u2019Harlington rendait presque inintelligibles ses dernières paroles.Et l\u2019institutrice parut, en effet, ne pas les avoir entendues.Toujours appuyée au mur, elle offrait à son compagnon un visage blême et presque insensible, un regard qu\u2019on eût dit absent et dont, cependant, la fixité était douloureuse et effrayée.\u2014 Grâce, murmura Gerald, Grâce, je vous aime.Voulez-vous demeurer toujours à Dark-Castle ?Voulez-vous être la mère de William ?Peut-être le nom de l\u2019enfant arracha-t-il enfin Grâce à cette sorte d\u2019inertie.Elle tressaillit.\u2014 Mylord, murmura-t-elle d\u2019une voix sourde, vous ne me connaissez pas ! \u2014 Je vous «apprendrai», mon enfant chérie, dit-il doucement.J\u2019apprendrai toute votre vie, celle du moins qui fut « la vôtre » avant le jour béni où vous avez franchi le seuil de Dark-Castle pour la première fois.Que m\u2019importe, d\u2019ailleurs ! Je connais votre âme, votre âme nette, claire, généreuse, inépuisable ; votre âme incapable d\u2019une pensée déloyale, de la plus infime dissimulation, du plus léger mensonge ; votre âme droite et lumineuse, et cela me suffit.Depuis que le jeune homme parlait, Grâce sentait la vie se retirer d\u2019elle.Arrivée à l\u2019extrême limite de ses forces, telle était pourtant encore la puissance de sa volonté sur son corps que, de cette défaillance proche, Harling-ton ne s\u2019aperçut point.Il quitta Grâce des yeux, laissa son regard errer un instant sur sa table de travail et continua : \u2014 Je vous ai révélé quelques-unes de nos vieilles coutumes écossaises, et, en particulier, cette Danse des Claymores que vous allez voir bientôt.Mais ce que je ne vous ai pas dit, Grâce, c\u2019est que cette.manifestation possède un sens.Sachez-le donc maintenant.Il n\u2019est pas un manoir, dans tout notre vieil Highland, qui donnerait ce spec- tacle sans raison et comme un simple divertissement.« A la dernière figure de la danse, les épées se dressent et s\u2019entrecroisent.C\u2019est alors que, sous cette voûte, passent, se donnant la main, les époux ouïes fiancés.Ainsi se trouvent consacrés des liens qui, pour les gens de notre pays, ne prennent vraiment leur force et leur signification qu\u2019après ce rite.Gerald s\u2019arrêta.Ses yeux clairs enveloppaient le visage de la jeune fille de leur rayonnante lumière, et, dans sa voix aux inflexions profondes, vibra une douce fierté, tandit qu\u2019il achevait : \u2014 Tout à l\u2019heure, Grâce, dans ce vieux Dark-Castle empli de monde, au milieu de tous ceux que vous m\u2019avez appris à mieux connaître :\tde mes paysans, de mes vassaux, de mes fermiers, je vous tiendrai par la main et vous passerez avec moi sous la voûte des épées.Tout était dit, tout ce que, depuis de longs jours, le jeune homme amassait en lui de persuasion et de tendresse.Et Gerald quitta enfin sa place, vint vers Grâce.\u2014 Vous voudrez bien, n\u2019est-ce pas, mon enfant chérie ?murmura-t-il.Le beau visage dont elle n\u2019évoquait jamais sans un frémissement les yeux clairs, les cheveux d\u2019or, la bouche harmonieuse et ferme, se pencha vers Grâce.Le jeune fille ne sut où elle trouva la force de repousser Gerald de sa main tendue.\u2014 Pourquoi me dire cela maintenant, mylord ?Etait -ce pour emporter ma résistance par l\u2019imminence même de cette fête ?Dans un effort désespéré, Grâce avait retrouvé une partie de sa maîtrise d\u2019elle-même.Mais elle dut détourner les yeux pour éviter le regard de douloureuse surprise de Gerald.Harling-ton s\u2019était redressé.\u2014 Pourquoi j\u2019ai attendu aujourd\u2019hui?reprit-il lentement.Mais je vous ai déjà répondu, Grâce : pour vous laisser le temps d\u2019oublier le passé.Je savais que vous ne verriez pas là une contrainte, et surtout que vous ne refuseriez pas, parce que vous m\u2019aimez ! La jeune fille s\u2019était détachée du mur.Elle avait, appelant à elle tout son courage, fait quelques pas afin de s\u2019éloigner de Gerald et mis, de nouveau, le bureau entre elle et lui.\u2014 On ne peut aussi grossièrement se tromper, reprenait Harlington, venant aussi au bureau et s\u2019y appuyant des deux mains, tandis qu\u2019il se penchait vers la jeune fille.Un être ne fait pas à un autre être tant de dons, il ne lui apporte pas une si totale résurrection, n\u2019accomplit pas sur lui un tel miracle, sans que la puissance infinie de l\u2019amour ne l\u2019y aide.Si vous ne m\u2019aviez pas aimé, Grâce, vous n\u2019auriez pas eu sur moi ce pouvoir ! Un pâle sourire effleura les lèvres de Grace.En même temps, pour ne pas crier de douleur, la jeune fille enfonçait la pointe de ses ongles au creux de ses mains.Gerald avait vu ce sourire.Il se redressa, tandis que sur son visage dévasté passait une inexprimable angoisse.\u2014 Grâce, un seul mot, dit-il d\u2019une voix étouffée, un seul.Je me suis donc trompé ?Vous ne m\u2019aimez pas ?C\u2019était trop.L\u2019épreuve dépassait les forces de Grâce et les lèvres de la jeune fille se refusèrent à formuler une négation.Mais comme elle regardait Harlington avec désespoir, une voix retentit au fond de la pièce.Et les jeunes gens, tournant la tête ensemble et presque avec le même effroi, aperçurent, sur le seuil de la porte ouverte, lady Ethel.\u2014 Soyez donc sans crainte, Gerald, disait la nouvelle venue, avec une âpreté dans laquelle vibraient de fé- Un «wî vous convaincra %* Il y a une difference dons les affesinston+i \u2022Vous ne saurez jamais combien un café \u201cinstant\u201d peut être bon, avant d\u2019avoir essayé le Chase & Sanborn! 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La jeune fille avait refermé ta porte.Mais, avant qu\u2019elle fît un seul pas dans la pièce, Gerald la rejoignit, et, menaçant, lui saisit le bras.\u2014 Ethel, murmura-t-il d\u2019une voix étouffée par la colère, sortez d\u2019ici ! J\u2019ai toujours subi patiemment votre humeur étrange, mais ce que je ne saurais supporter, c\u2019est votre aversion pour Grâce et l\u2019immixtion d\u2019une sombre malveillance dans mes projets les plus chers.Elle se dégagea, mais ne fit pas un mouvement pour se retirer.Dans la phrase impérative du jeune homme, un seul mot paraissait l\u2019avoir frappée.\u2014 Grâce ! jeta-t-elle dans un éclat de rire.Et, ironique, elle répéta, s\u2019avançant vers l\u2019institutrice : \u2014 En vérité.Grâce ! Elle était maintenant tout près de la jeune fille et la regardait avec une étrange fixité.\u2014 Est-il possible que vous ayez été laide, reprit-elle, laide à devoir vous dissimuler à certains yeux ?.Mais quelle revanche, n\u2019est-ce pas ?Oh ! ce doit être une bien enivrante sensation que de changer de visage, et aussi de personnalité.de nom.d\u2019âme ! Lord Gerald s\u2019était de nouveau rapproché de sa cousine.\u2014 Je vous prie encore une fois de sortir ! dit-il, la voix brève.Au besoin, je vous l\u2019ordonne ! Et sachez qu\u2019à partir de cet instant, votre présence à Dark-Castle n\u2019a plus de raison.Le visage sans couleur de lady Ethel blêmit encore.Mais telle était la triomphante fureur qui l\u2019entraînait qu\u2019elle ne parut pas abattue.\u2014 Vous me chassez, Gerald?dit-elle sourdement.Oh ! ne prenez pas cette peine, car je ne saurais demeurer un jour de plus sous le même toit qu\u2019une aventurière.Quant à lord Ruthery, je crois bon de vous avertir qu\u2019après avoir reçu de moi certains.conseils, il a quitté Dark-Castle.Hariington ne répondit pas.De toute évidence, les paroles bizarres de lady Ethel n\u2019avaient aucun sens pour lui.Seul, le nom d\u2019aventurière le fit tressaillir.\u2014 Grâce, murmura-t-il, je vous demande pardon.Cette douceur, et la tendresse qui frémissait dans chaque mot, parurent bouleverser lady Ethel.Elle se retourna brusquement, fit face à Gerald.\u2014 Elle ne s\u2019appelle pas Grâce, jeta-t-elle, sombre et triomphante, et pas davantage Fabrège, mais Irène Vernay.Ce nom, peut-être le connaissez-vous ?Comme si ces mots possédaient un pouvoir maléfique et tout-puissant, Hariington chancela.Son regard plein de stupeur enveloppa Grâce ; mais, devant l\u2019immobile visage aux yeux baissés, il revint vers Ethel, chargé d\u2019une poignante interrogation.Profitant de l\u2019avantage que ce trouble lui donnait, la fille de lord Ruthery s\u2019avança vers Hariington.\u2014 Lady Hélène possédait bien une soeur, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, murmura Gerald.Et sa voix était semblable à celle qu\u2019on entend parfois dans les cauchemars, basse et lointaine.\u2014 Que savez-vous d\u2019elle ?\u2014 Rien.Lady Hélène et elle-même ne s\u2019aimaient pas, leurs relations cessèrent dès notre mariage.Et, depuis longtemps, tout ce qui toucha à lady Hélène m\u2019est devenu étranger.Il s\u2019interrompit deux ou trois secondes, puis, sourdement : \u2014 Peu m\u2019importe que cette femme existe ou soit morte ! Avec une farouche joie, Ethel suivait sur le visage d\u2019Harlington, sur ses lèvres blêmes, l\u2019effort que lui coûtait chaque mot.Lorsque le jeune homme se tut, elle sourit froidement.\u2014\tNon, cette femme n\u2019était pas morte, Gerald.Elle vit et elle est devant vous.La phrase qui concrétisait enfin toutes les accusations retentit avec un sauvage éclat dans la pièce.Puis, le silence retomba, tragique, écrasant.Lord Gerald n\u2019avait pas fait un geste.Toujours debout, face à sa cousine, il paraissait attendre.Et, se décidant enfin aux révélations capitales, Ethel reprit : \u2014\tOui, lady Hélène avait une soeur, une soeur aussi laide qu\u2019elle-même était belle.Vous ne la vîtes qu\u2019une fois, Gerald, car, après cette première rencontre, elle vous évita.Cela était facile.Ces deux jeunes filles, orphelines, n\u2019obéissaient qu\u2019à leur propre fantaisie, et nul ne pouvait contraindre Irène Vernay à vous approcher.« Hélène partit pour l\u2019Ecosse et Irène resta seule ; seule.avec la passion que vous lui aviez inspirée.Vous vous étiez vous-même occupé, Gerald, de séparer les intérêts des deux soeurs, et, désormais, plus rien de commun n\u2019existait entre elles.«Puis, Irène quitta la France.Elle suivait, en qualité de secrétaire, une commission d\u2019études médicales envoyée en Amérique.Et, là-bas, un miracle se produisit.L\u2019un des premiers chirurgiens du nouveau monde, spécialiste des opérations de la face, la vit, et, sur ses prières, l\u2019opéra.Ce fut vraiment plus qu\u2019une réussite, un succès prodigieux, étonnant, et si total que cet homme éminent s\u2019éprit d\u2019Irène et l\u2019épousa.Peu d\u2019années plus tard, le docteur mourut, laissant à Irène sa fortune.Désormais libre, et très riche, la jeune femme n\u2019eut plus qu\u2019un désir : se rapprocher de Gerald, qu\u2019elle ne cessait point d\u2019aimer ! L\u2019institutrice était venue vers Gerald.Elle ne songeait pas à se défendre.Nier l\u2019exactitude des révélations d\u2019Ethel, assurer qu\u2019elle n\u2019avait aucun rapport avec cette Irène Vernay ?A quoi bon ! Même si on la croyait, et c\u2019était bien incertain, sa faute n\u2019en demeurait pas moins lourde, sa responsabilité moins entière, sa conduite moins méprisable, puisqu\u2019elle n\u2019avait point, elle, l\u2019excuse de l\u2019amour.Comme elle allait parler, le jeune homme la devança.Il la regarda douloureusement, puis, extériorisant la pensée qui devait lui sembler la plus cruelle, il murmura d\u2019une voix dévastée : \u2014 Vous vous êtes donnée à un autre, Grâce ! Elle voulut protester.Mais, déjà, il reprenait : \u2014 Vous êtes une femme, et non point l\u2019enfant chérie que j\u2019imaginais ! Sa souffrance, s\u2019exhalant par des mots, ne lui en parut que plus vive, car il poussa un gémissement.\u2014 Ah ! Dieu ! murmura-t-il, l\u2019épreuve injustement méritée est-elle donc le lot perpétuel de certains êtres ?Cet aveu de douleur et d\u2019impuissance bouleversa Grâce plus qu\u2019aucune autre plainte ne l\u2019aurait fait.\u2014 Mylord.balbutia-t-elle, mylord.Il tourna les yeux vers elle et dut lire sur son visage, dans toute sa personne accablée, la sincérité de sa détresse, car il haussa seulement les épaules.\u2014 C\u2019est vrai, dit-il, vous m\u2019aimez ! Et, avec un sourd éclat de rire : \u2014 Le bel amour, et comment ne me trouverais-je pas comblé par sa constance ! Le bel amour, en échange du mien, que vous estimiez si haut ! Il regardait maintenant Grâce avec des yeux étincelants de colère.Et comme la jeune fille, tremblante, ne pouvait prononcer un seul mot, il s\u2019exaspéra : \u2014\tMais défendez-vous donc, cria-t-il avec rage, dites quelque chose ! Il s\u2019éloigna des jeunes filles, vint à la fenêtre.L\u2019ombre d\u2019un soir d\u2019hiver envahissait la pièce et les objets et les êtres y perdaient leurs contours, se faisaient imprécis.\u2014\tVous pouvez vous retirer, dit-il à lady Ethel, et rejoindre votre père.Vous m\u2019assurez qu\u2019il a quitté Dark-Castle, et je m\u2019en réjouis.R m\u2019a ainsi évité de l\u2019en chasser ! Sa voix avait repris toute son assurance.Elle tombait, glaciale et nette.Ethel frissonna.\u2014\tVous me chassez donc aussi ?murmura-t-elle, la voix blanche.\u2014\tEn doutez-vous, lady Ethel ?Et, comme elle demeurait immobile, ne pouvant se décider à obéir, il acheva, impitoyable : \u2014 Nous n\u2019avons plus rien à nous dire.Adieu.Tandis que la jeune fille, d\u2019un pas chancelant, gagnait la porte, Grâce se tourna vers lord Gerald.\u2014 Puis-je moi-même regagner ma chambre, mylord ?H la regarda.Une flamme mauvaise s\u2019allumait dans ses prunelles plus sombres qu\u2019un ciel d\u2019orage.\u2014 Pas encore, dit-il brutalement.Et, tout aussitôt, il reprit : \u2014\tVous vouliez, madame, vivre en nos vieux châteaux d\u2019Ecosse et en connaître les coutumes.Vous vouliez même les acheter, avec leurs souvenirs.et aussi leur possesseur ; et je me trouverais un fort peu galant hôte d\u2019avoir bouleversé, détruit tous ces projets.Une fête va commencer, une fête bien-ridicule, puisqu\u2019elle n\u2019a plus de sens.Qu\u2019importe ! Je veux qu\u2019avant de partir vous en ayez le spectacle.« Je veux surtout, acheva-t-il d\u2019une voix impitoyable, que cette heure, durant laquelle j\u2019avais rêvé de consacrer mon amour, vous soit cruelle.Je veux que vous regrettiez, que vous expiez, que vous souffriez.s\u2019il est vrai que vous m\u2019aimiez ! Tout en parlant, Gerald s\u2019était dirigé vers la petite porte qui donnait accès dans la bibliothèque.D l\u2019ouvrit et parut attendre que la jeune fille se décidât à sortir.Alors, elle traversa la pièce et rejoignit Hariington.Comme elle passait devant lui, rattachée, dans sa détresse, à l\u2019espoir d\u2019un mot qui adoucît leur dernier et déchirant souvenir, le jeune homme dit, la voix glaciale : \u2014 Faites vite, madame.Vous avez peu de temps pour vous habiller.CHAPITRE XII Lorsque Grâce, donnant la main au petit lord, descendit l\u2019escalier qui plongeait dans le hall, déjà de nombreux spectateurs emplissaient celui-ci.Avec une sorte d\u2019effroi, la jeune fille regarda cette foule qui lui parut soudain, dans sa détresse, une marée humaine prête à l\u2019engloutir.Elle n\u2019imaginait point, tant elle se sentait faible, comment ses jambes pourraient la soutenir jusqu\u2019à la fin de la soirée.Cecilia, qui la rejoignit, dissipa une partie de ses angoisses.\u2014 Son Honneur vous prie de ne pas descendre dans le vestibule, dit-elle.Vous vous tiendrez, avec l\u2019enfant, sur la plate-forme de l\u2019escalier.Ainsi, vous verrez parfaitement et ne serez pas bousculée.Depuis qu\u2019elle s\u2019était éloignée, laissant dans le bureau d\u2019Harlington, lord Gerald et Grâce en présence, son imagination vagabondait follement, et son vieux coeur se réjouissait déjà d\u2019un bonheur pressenti et sans doute prochain.Aussi, le visage dévasté de la jeune fille n\u2019était certes pas celui qu\u2019elle attendait. Montréal, juin 1952 65 \u2014 Vous êtes souffrante, mademoiselle ?murmura-t-elle.Il vaudrait mieux ne pas assister à la fête.Je dirai à lord Gerald.Avec vivacité, la jeune fille protesta : \u2014 Non, je vous en prie.Ce que je ressens n\u2019est rien.Un simple malaise.Dans quelques minutes, il n\u2019y paraîtra plus.Et vaillamment, elle essayait de sourire pour rassurer Cecilia.Appuyée maintenant à la balustrade de pierre qui servait de rampe, Grâce laissait ses regards errer au hasard.Au bout des lourds bras de bronze, les torches électriques s\u2019élançaient, éclatantes de lumière.Elles noyaient le vestibule, l\u2019escalier, et jusqu\u2019aux plus lointains appartements dont les portes restaient ouvertes, dans des flots de clarté.Le long des murs, sur une sorte de rebord que formait le dossier de chaque s'alle, brillait une collection de hanaps d\u2019argent au col évasé, aux anses harmonieuses, aux flancs rebondis.Les piliers disparaissaient sous des tapisseries d\u2019un prix inestimable.Mais, au-dessus des portes, au pied des armures, et même tout le long de l\u2019escalier, la décoration de houx aux baies pourpres et de gui pâle, si décriée par lady Ethel, allégeait, de sa note rustique, ce que le vestibule eût pu offrir de trop luxueux et d\u2019écrasant.\u2014¦ C\u2019est déjà beau, n\u2019est-ce pas ?murmura William, émerveillé.Jamais le petit lord n\u2019avait vu sa demeure ainsi parée et il en était tremblant de joie.Dans une sorte d\u2019étreinte convulsive, elle serrait la main de William dans la sienne, s\u2019imprégnant de cette chaleur douce comme son coeur s\u2019était imprégné de la tendresse du petit lord.Ah ! Gerald, Gerald si impitoyable dans la colère, comme vous êtes vengé ! C\u2019est la chair vive de son coeur, toutes ses puissances d\u2019amour et la substance même de sa vie que Grâce laisse ici, auprès de vous et de votre enfant.Afin de ne point, de nouveau, succomber à sa douleur, Grâce se pencha vers le petit lord, lui parla : \u2014 Etes-vous bien, mon chéri ?Etes-vous heureux ?William leva vers la jeune fille son visage ravi : \u2014 Oh ! oui, mademoiselle.Et ses yeux s\u2019attardant sur son institutrice, il acheva avec tendresse : \u2014 Et puis, vous êtes si belle ! Grâce passa doucement la main sur les cheveux de l\u2019enfant et lui sourit faiblement.William, de nouveau tourné vers le hall, s\u2019intéressait au spectacle qu\u2019il offrait, et, dans la foule se plaisait à reconnaître certains fermiers ou leurs enfants.Il les nommait parfois à Grâce.\u2014 Ah ! voici papa.En effet, sur le seuil d\u2019une porte ouverte, celle de la bibliothèque, Gerald apparaissait.Il était vêtu de sombre et son visage, plus sombre encore que son costume, avait repris cette âpreté glaciale que, depuis des mois, Grâce ne lui connaissait plus.Dès son entrée dans le vestibule, Har-lington avait levé les yeux vers l\u2019escalier, comme pour s\u2019assurer que son fils et Grâce se trouvaient là.Il rencontra le regard de la jeune fille et pâlit.Puis, aussitôt, se détournant, il s\u2019avança dans le hall.Depuis un instant déjà, la haute porte surmontée de l\u2019écusson des Harlington, par laquelle les nouveaux venus pénétraient dans le château, ne s\u2019ouvrait plus.Sans doute étaient-ils tous là, ceux auxquels leurs années de service sur les terres de Dark-Castle, leur fidélité, leur labeur, donnaient le droit d assister à cette fête.Et Grâce contempla un instant avec émotion cette as- semblée d\u2019hommes vigoureux, au visage rude, et dont certains portaient encore le bonnet et le plaid jeté sur l\u2019épaule ; de femmes qui, si elles ont renié le costume de la fermière Jenny dans la Dame blanche, conservent malgré tout la jolie jupe courte et le petit tablier.Puis, la jeune fille ferma les yeux.Sa douleur l\u2019assaillit de nouveau avec une telle violence qu\u2019elle eut peur de défaillir.Ses yeux brûlants s\u2019étaient détournés des danseurs.Us erraient, vides de pensée sur la foule, lorsqu\u2019un regard les accrocha.Ce fut rapide comme un éclair, deux yeux noirs, violents et sombres, qui la heurtèrent.Et la clarté qui jaillit du choc parut à la jeune fille entrer en elle comme un poignard.Pour ne pas crier, Grâce avait jeté sa main à ses lèvres.Etait-elle donc, dans l\u2019excès de sa douleur prise de délire, qu\u2019elle crût voir devant elle se dresser une morte ! ! Les Ecossais, maintenant, dansaient dos à dos, mains et épées croisées par derrière, leur refrain scandé par leurs pas.Puis, tendant les bras, ils changeaient de position et se faisaient face comme auparavant.Leurs gestes s\u2019accéléraient, les visages s\u2019animaient, le rythme devenait vif et même fougueux.Le regard angoissé de Grâce fouillait toujours le hall.Et, soudain, la jeune fille tressaillit.Elle ne doutait plus.Non loin d\u2019elle, dans les derniers rangs des spectateurs, celle qu\u2019elle avait prise pour une paysanne se tenait.Sans doute ne cherchait-elle plus à se dissimuler, car l\u2019institutrice aperçut sans peine son visage.Et c\u2019était, en effet, celui de sa compagne d\u2019une heure, de cette inconnue à la beauté étrange et sombre, de cette femme sur laquelle, le soir de la catastrophe, elle avait cru voir s\u2019abattre la mort.Grâce passa sur son front une main tremblante.Il était visible que l\u2019inconnue cherchait à rejoindre Harlington.Adossé à l\u2019un des piliers, à quelques mètres à peine de son fils et de Grâce, le jeune homme, immobile et les bras croisés, semblait prêter la plus grande attention à la danse des Epées.Pas une fois, depuis le début de la soiree, il n avait tourne la tête vers Grâce.Et de William lui-même et de sa joie, il semblait absolument désintéressé ! Sans doute, cet attrait qu\u2019exerçait sur le jeune homme le jeu des danseurs n\u2019était-il qu\u2019apparent, car Gerald aperçut bientôt l\u2019inconnue.Alors que chacun des assistants, tenu en haleine par le spectacle, ne faisait pas un mouvement, cette femme, en effet, se rapprochait insensiblement de lui.Un groupe de quelques personnes les séparait encore.Elle le contourna, s\u2019arrêta devant Gerald, Et Grâce, bien qu\u2019elles fussent prononcées à demi-voix, entendit, ou plutôt devina ces paroles ¦ \u2014 Une étrangère, mylord, sollicite la faveur d être entendue de vous ce soir.Dans un dernier geste de tendresse éperdue, Grâce saisit et pressa la main de l\u2019enfant.Puis, se penchant vers lui, elle murmura rapidement : Restez là, William.Je reviens.Elle se détacha de lui, regarda une seconde encore, avec une intensité désespérée, le visage surpris qui interrogeait le sien et murmura d\u2019une voix brisée : \u2014 Je vous aime, William.Puis, elle se détourna, monta rapidement l\u2019escalier et, traversant la gale-rie, se jeta dans sa chambre.Quelques instants plus tard, ayant seulement pris le temps de revêtir un manteau et d\u2019enfermer son nécessaire de toilette dans un sac de cuir, la jeune fille quittait sa chambre, puis le premier étage, et, par un escalier dérobé, gagnait la sortie de service la plus proche.Grâce allait l\u2019atteindre.Elle péné- I iiPïî No.61 dignité et simplicité Un style combinant la simplicité et la dignité sont apparents dans cet ameublement moderne.L\u2019ameublement Oakwood a tout les caractéristiques saillants des produits portant la marque de fabrication Gibbard \u2014 excellent dessein, de construction solide, permanente, et un magnifique fini durable.Recherchez-le, demandez-le par son nom: OAKWOOD, partout ou le fameux écusson Gibbard est exhibé.wood EN CHENE PAIN GRILli, ET EN CHENE GRIS Fabricants de veaux meubles pour plus de 100 < LE BE*NC\"UnGboEnT donne\tf\u2014 SERVICE' O .)» ! 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